UNIVERSITÉ DU QUÉBEC À MONTRÉAL

LA VITALITÉ ETHNOLINGUISTIQUE DE LA COMMUNAUTÉ
ALGÉRIENNE DE MONTRÉAL DE LANGUE MATERNELLE ARABE
MÉMOIRE
PRÉSENTÉ
COMME EXIGENCE PARTIELLE
DE LA MAÎTRISE EN LINGUISTIQUE
(CONCENTRATION DIDACTIQUE DES LANGUES)
PAR
NADIA LAKHDARI
MARS 2008
UNIVERSITÉ DU QUÉBEC À MONTRÉAL
Service des bibliothèques
Avertissement
La diffusion de ce mémoire se fait dans le respect des droits de son auteur, qui a signé
le formulaire Autorisation de reproduire et de diffuser un travail de recherche de cycles
supérieurs (SDU-522 - Rév.01-2006). Cette autorisation stipule que «conformément à
l'article 11 du Règlement no 8 des études de cycles supérieurs, [l'auteur] concède à
l'Université du Québec à Montréal une licence non exclusive d'utilisation et de
publication de la totalité ou d'une partie importante de [son] travail de recherche pour
des fins pédagogiques et non commerciales. Plus précisément, [l'auteur] autorise
l'Université du Québec à Montréal à reproduire, diffuser, prêter, distribuer ou vendre des
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intellectuelle. Sauf entente contraire, [l'auteur] conserve la liberté de diffuser et de
commercialiser ou non ce travail dont [il] possède un exemplaire.»
REMERCIEMENTS
Dans une démarche comme celle-ci, qui a duré plusieurs années, il y a évidemment de
nombreuses personnes qui ont contribué, par leur appui et leur enthousiasme, à m'encourager,
à me signaler des pistes et des infonnations. Je ne pourrai pas toutes les nommer ici.
J'aimerais, cependant, remercier tout particulièrement certaines d'entre elles.
Je tiens à remercier en tout premier lieu mon directeur de recherche, Monsieur Robert A.
Papen, d'avoir cru en moi, cru surtout en ma capacité d'aller jusqu'au bout; c'est ce qui m'a
donné la force de continuer. Je tiens à lui exprimer toute ma gratitude pour sa supervision
constante, ses conseils judicieux et sa disponibilité.
Mes remerciements vont aussi à Monsieur Bertrand Fournier du SCAD pour son aide, son
temps et ses conseils tant appréciés.
Je remercie également Mme Lynn Drapeau et M. Paul Pupier qui ont accepté d'être les
lecteurs de ce mémoire et qui ont eu la patience de le lire et de le commenter.
Un grand merci à tous les organismes, associations et individus, membres de la communauté
algérienne de Montréal qui m'ont aidée à distribuer le questionnaire.
J'adresse ma gratitude à mes parents qui ont grandement contribué à faire ce que je suis. Un
gros merci pour leur soutien et leur amour et pour m'avoir transmis la confiance dans mes
moyens et dans la vie, ce qui est fort utile pour faire aboutir un projet à long terme.
Un très grand merci à ma soeur, Sihem, et son mari pour leur présence constante, leur aide
précieuse et généreuse à tous les niveaux.
iii
Mais bien sûr, ma reconnaissance va spécialement à ma fille Mariya, qui a subi pendant des
années mes horaires, mes humeurs, mes soucis. Sa tendresse est bien évidemment l'un des
ferments essentiels de mon mémoire.
Un merci tout spécial à mon mari Ahmed, qui pendant toutes ces années a su m'encourager,
me guider de multiples façons. Il a été mon support au niveau intellectuel et psychologique ce
qui m'a insufflé la motivation nécessaire pour terminer mon mémoire.
À mes parents
Qui ont été à l'origine de ma motivation pour entreprendre ce mémoire.
À mafille Mariya
Qui a été la raison de ma persévérance et la source de mon énergie pour continuer ma
recherche et pour écrire.
À mon mari
Qui m 'a accompagnée tout au long de mon périple.
TABLE DES MATIÈRES
LISTE DES FIGURES ix
LISTE DES TABLEAUX x
RÉSUMÉ xvi
INTRODUCTION 1
CHAPITRE 1
PROBLÉMATIQUE 3
CHAPITRE II
CADRE THÉORIQUE 6
2.1 Introduction 6
2.2 Le concept de la vitalité ethnolinguistique (VE) 7
2.2.1 Les facteurs déterminant la vitalité ethnolinguistique 7
2.2.2 Le modèle de la vitalité ethnolinguistique de Giles, Bourhis et Taylor (1977) 9
2.2.3 La vitalité objective 10
2.2.4 La vitalité ethnolinguistique subjective (VES) 13
2.3 Les critiques du concept de la vitalité ethnolinguistique 15
2.4 Le modèle macroscopique des déterminants du bilinguisme additif et du bilinguisme
soustractif. 16
CHAPITRE III
PORTRAIT SOCIOLINGUISTIQUE DE LA COMMUNAUTÉ ALGÉRIENNE 18
3.1 ·Introduction 18
3.2 Portrait de la communauté algérienne en Algérie 18
3.2.1 Portrait démographique 18
3.2.2 Portrait historique, linguistique et socio-culturel 19
3.3Portrait de la communauté algérienne de Montréal 32
3.3.1 Population d'origine ethnique algérienne 32
3.3.2 Caractéristiques ethnoculturelles (voir tableau 3.1) 32
3.3.4 Caractéristiques linguistiques (Voir tableau 3. 3) 35
3.3.5 Caractéristiques socio-économiques (Voir tableau 3. 4) 36
VI
3.3.6 Caractéristiques de la localisation 38
CHAPITRE IV
MÉTHODOLOGIE 40
4.1 Introduction 40
4.2 Nos choix d'instruments d'enquête: la documentation et le questionnaire 40
4.3 Modes d'administration 41
4.4 Élaboration du questionnaire 42
4.4.1 Description du questionnaire SVQ 43
4.4.2 Description du questionnaire QCEVEL 45
4.4.3 Le questionnaire adapté 45
4.5 Procédure et échantillonnage 48
4.6 Technique d'analyse des résultats 50
CHAPITRE V
PRÉSENTATION ET ANALYSE DES RÉSULTATS 51
5.1 Introduction 51
5.2 La vitalité ethnolinguistique objective (VEO) de la communauté algérienne de langue
maternelle arabe de Montréal 52
5.2.1 Le capital démographique 52
5.2.2 Le support institutionnel 55
5.2.3 Le statut. 60
5.2.4 Conclusion 61
5.3 Résultats de la vitalité ethnolinguistique de la communauté algérienne de Montréal en
termes de perceptions et de croyances (la vitalité ethnolinguistique subjective - VES) .. 62
5.3.1 Comparaison des choix de réponses selon les variables 62
5.3.2 Les données sociodémographiques 63
5.4 La situation actuelle des Algériens à Montréal.. 68
5.4.1 Estimation de la proportion de la population francophone de Montréal que
représentent les Algériens 68
5.4.2 Évaluation du taux de naissance des Algériens de Montréal 69
5.4.3 Évaluation du taux d'immigration annuelle d'Algériens vers Montréal 70
5.4.4 Évaluation du taux annuel d'émigration des Algériens vers d'autres provinces ou
pays 70
l
Vil
5.4.5 Évaluation du statut minoritaire ou majoritaire de la communauté algérienne selon
le quartier ou l'arrondissement 71
5.4.6 Évaluation du degré d'estime vis-à-vis les Algériens de Montréal.. 72
5.4.7 Évaluation du degré de contrôle sur l'économie et le commerce exercé par les
algériens 73
5.4.8 Évaluation du pouvoir politique des Algériens à MontréaL 74
5.4.9 Évaluation de degré de représentativité des Algériens dans la vie culturelle de
Montréal 74
5.4.10 Évaluation du taux d'endogamie ou d'exogamie de la part des Algériens à
Montréal 75
5.4.11 Évaluation du sentiment de fierté de la part des Algériens de Montréal vis-à-vis
de leur histoire et de leurs accomplissements culturels 76
5.4.12 Évaluation de la force et du degré d'activité des Algériens de Montréal.. 77
5.4.13 Évaluation du degré de richesse des Algériens de MontréaL 78
5.4.14 Évaluation future de la force et du degré d'activité des Algériens de Montréal. 78
5.4.15 Évaluation du degré de contact entre les Algériens et la population francophone
de Montréal 79
5.5 La langue arabe et les autres langues connues et utilisées par les Algériens à
Montréal. 80
5.5.1 Évaluation du degré d'estime qu'a la langue arabe à Montréal 81
5.5.2 Évaluation du degré d'estime\prestige de la langue arabe au niveau
international 82
5.5.3 Utilisation des langues à la maison 83
5.5.4 Emploi des langues au travail 88
5.5.5 Utilisation des langues avec la parenté 89
5.5.6 Utilisation des langues avec les amis 90
5.5.7 Opinions concernant l'éducation en français des enfants 91
5.5.8 Évaluation du degré d'enseignement de l'arabe dans les écoles de Montréal 92
5.5.9 Évaluation du degré d'utilisation de l'arabe dans les services publics de
Montréal 92
5.5.10 Évaluation du degré d'utilisation de l'arabe dans les médias (TV, radio, presse
écrite) de Montréal 93
5.5.11 Évaluation du degré d'utilisation de l'arabe dans les institutions
commerciales 94
95
VU!
5.5.12 Évaluation du degré d'utilisation de l'arabe dans les endroits de culte de
Montréal
5.5.13 Évaluation des compétences langagières des langues connues et utilisées par les
Algériens 96
5.5.14 Évaluation de l'utilisation d'une autre langue que l'arabe, le français
ou l'anglais à la maison 105
5.6 Évaluation de ce que la communauté algérienne aimerait voir pour l'arabe 107
5.6.1 Avoir plus de programmes en langue arabe à la télévision 107
5.6.2 Avoir plus d'heures en arabe à la radio 108
5.6.3 Avoir plus de services publics en langue arabe 108
5.6.4 L'éducation des enfants algériens à l'école publique en arabe 109
5.7 Attitude des Algériens vis-à-vis la garde ou la perte de l'arabe 110
5.7.1 Les langues et mon futur personnel... 110
5.7.2 Les langues et le futur de mes enfants 113
5.7.3 L'attitude des parents envers la perte de l'arabe de leurs enfants 116
5.7.4 L'avis des parents sur le maintien ou la perte de l'arabe 117
ANNEXE A
LE QUESTIONNAIRE DE VITALITÉ ETHNOLINGUISTIQUE SUBJECTIVE
CHAPITRE VI
CONCLUSION 119
VERSION FRANCAISE 123
RÉFÉRENCES 139
LISTE DES FIGURES
Figure 2.1 Modèle de la vitalité ethnolinguistique (GILES, Bourhis, Taylor, 1977)
(Tiré de Sachdev et Bourhis, 1993) Il
Figure 4. 2 Échelle de notation de 5 points de types Lickert 48
LISTE DES TABLEAUX
Tableau 3. 1 Caractéristiques ethnoculturelles 33
Tableau 3. 2 Caractéristiques démographiques 34
Tableau 3.3 Caractéristiques linguistiques 36
Tableau 3.4 Caractéristiques socio-économiques 37
Tableau 3.5 Caractéristiques de la localisation 38
Tableau 3.6 Caractéristiques de la localisation 39
Tableau 5.1 Sexe des répondants 64
Tableau 5.2 Catégorie d'age des répondants 64
Tableau 5.3 Niveau de scolarité complété 65
Tableau 5.4 Année d'arrivée à Montréal 66
Tableau 5.5 Âge et niveau de scolarité complété 67
xi
Tableau 5.6 Proportion de la population francophone de Montréal que représentent les
Algériens 68
Tableau 5.7 Taux de naissance 69
Tableau 5.8 Taux d'immigration annuelle d'Algériens vers MontréaL 70
Tableau 5.9 Taux annuel d'émigration des Algériens_vers d'autres provinces ou pays ......... 71
Tableau 5.10 Statut minoritaire ou majoritaire de la communauté algérienne selon le quartier
ou l'arrondissement 72
Tableau 5.11 Degré d'estime vis-à-vis les Algériens de Montréal 73
Tableau 5.12 Degré de contrôle sur l'économie et le commerce exercé par les Algériens..... 74
Tableau 5.13 Pouvoir politique des Algériens à Montréai... 74
Tableau 5.14 Degré de représentativité des Algériens dans la vie culturelle de Montréal ..... 75
Tableau 5.15 Taux d'endogamie ou d'exogamie de la part des Algériens à Montréal.. ......... 76
Tableau 5.16 Sentiment de fierté de la part des Algériens de Montréal vis-à-vis de leur
histoire et de leurs accomplissements culturels 77
Tableau 5.17 Force et degré d'activité actuels des Algériens de MontréaL 77
Xli
Tableau 5.18 Degré de richesse des Algériens de Montréal 78
Tableau 5.19 Force et degré d'activité des Algériens de Montréal dans le futur. 79
Tableau 5.20 Degré de contacts entre les Algériens et la population francophone de
Montréal 80
Tableau 5.21 Degré d'estime\prestige de la langue arabe à Montréal 81
Tableau 5.22 Degré d'estime\prestige de la langue arabe au niveau international 82
Tableau 5.23 Emploi de l'arabe à la maison 84
Tableau 5.24 Emploi du français à la maison 85
Tableau 5.25 Emploi de l'anglais à la maison 87
Tableau 5.26 Emploi d'autre langue à la maison 88
Tableau 5.27 Emploi des langues au travail 89
Tableau 5.28 Utilisation des langues avec la parenté 89
Tableau 5.29 Utilisation des langues avec les amis 90
Tableau 5.30 Opinions concernant l'éducation en français des enfants 91
xiii
92 Tableau 5.31 Degré d'enseignement de l'arabe dans les écoles de Montréa1..
Tableau 5.32 Degré d'utilisation de l'arabe dans les services publics de Montréal 93
Tableau5.33 Degré d'utilisation de l'arabe dans les médias (TV, radio, journaux) de
Montréal. 94
Tableau 5.34 Degré d'utilisation de l'arabe dans les institutions commerciales 95
Tableau 5.35 Degré d'utilisation de l'arabe dans les endroits de culte religieux de
Montréal. 96
Tableau 5.36 Compréhension de l'arabe 97
Tableau 5.37 Production orale de l'arabe 97
Tableau 5.38 Lecture en arabe 98
Tableau 5.39 Écriture de l'arabe 99
Tableau 5040 Compréhension en français 100
Tableau 5Al Production orale en français 100
Tableau 5042 Lecture en français 101
Tableau 5043 Écriture en français 101
XIV
Tableau 5.44 Compréhension en anglais 102
Tableau 5.45 Production orale en anglais 103
Tableau 5.46 Lecture en anglais 104
Tableau 5.47 Écriture en anglais 104
Tableau 5.48 Avoir plus de programmes en langue arabe à la télévision 107
Tableau 5.49 Avoir plus d'heures en arabe à la radio 108
Tableau 5.50 Avoir plus de services publics en langue arabe 109
Tableau 5.51 L'éducation des enfants algériens à l'école publique en arabe 110
Tableau 5.52 Degré d'importance de l'arabe pour le futur personnel III
Tableau 5.53 Degré d'importance du français pour le futur personneL 112
Tableau 5.54 Degré d'importance de l'anglais pour le futur personne!... 113
Tableau 5. 55 Degré d'importance de l'arabe pour les enfants 114
Tableau 5.56 Degré d'importance du français pour les enfants Ils
Tableau 5.57 Degré d'importance de l'anglais pour les enfants 116
xv
Tableau 5.58 Attitude des parents envers la perte de l'arabe de leurs enfants 117
Tableau 5.59 Avis des parents sur la garde ou la perte de l'arabe 118
RÉSUMÉ
La théorie de la vitalité ethnolinguistique permet de comprendre et prédire le
comportement linguistique d'une communauté ethnolinguistique en situation de contact: plus
un groupe a de la vitalité ethnolinguistique, plus il a des chances de survivre et de se
distinguer des autres groupes en maintenant davantage sa langue maternelle, et moins un
groupe a de la vitalité ethnolinguistique, plus sa langue maternelle risque de disparaître et
moins il a de chance de se distinguer des autres groupes.
En se basant sur cette théorie, notre étude se propose de décrire la situation
sociolinguistique de la communauté algérienne de langue maternelle arabe de Montréal ainsi
que de mesurer sa vitalité ethnolinguistique. Nous avons un double objectif: d'une part de
dresser un portrait de la vitalité «objective» de la communauté algérienne de langue
maternelle arabe de Montréal, en décrivant 1) son statut, 2) sa démographie et 3) le support et
le contrôle institutionnels qu'elle a réellement et d'autre part de sonder (par questionnaire) les
perceptions et les attitudes des membres de la communauté sur leur propre vitalité
ethnolinguistique, c'est-à-dire la vitalité «subjective », et ainsi de déterminer les chances de
survie de la langue arabe au sein de cette communauté minoritaire.
Les résultats montrent que la vitalité ethnolinguistique de la communauté algérienne
de langue maternelle arabe est relativement faible quant au maintien de sa langue maternelle.
Désormais, le français est la langue d'usage, adoptée par la majorité, vue comme une langue
d'élite et symbole de la réussite. Par contre, nous observons une vitalité ethnolinguistique
forte dans le domaine religieux, qui est dû au contexte social: les musulmans sont marqués
par leurs coutumes et traditions religieuses auxquelles ils sont très attachés et par
conséquence, on observe le maintien de la langue arabe chez la communauté algérienne, du
moins comme langue du culte.
Cependant, nous pouvons dire que la communauté algérienne de langue maternelle
arabe est une minorité ethnolinguistique avec une faible vitalité ethnolinguistique,
communauté qui aura tendance à s'assimiler linguistiquement et progressivement au sein du
groupe majoritaire francophone, mais qui restera toujours une entité religieuse culturelle.
Mots clés: vitalité ethnolinguistique, communauté algérienne de langue arabe, maintien de la
langue maternelle, minorité ethnoliguistique, assimilation Iiguistique.
INTRODUCTION
Depuis les années 70, un des concepts les plus marquants dans le domaine de la
sociologie du langage est celui de la vitalité ethnolinguistique, développé entre autres par
Oiles, Bourhis et Taylor (1977).
Ce concept représente ce qui permet aux membres d'un groupe d'agir en tant qu'entité
collective distincte en contexte intergroupe (Bourhis et Barrette, 2005). Trois facteurs
principaux influencent cette vitalité: les facteurs de statut, de démographie et de support et
de contrôle institutionnels. Cette taxonomie des variables structurales « objectives»
détermine la vitalité ethnolinguistique d'un groupe et permet son évaluation, mais elle n'est
qu'une étape préliminaire pour définir tout le concept de la vitalité ethnolinguistique. Il se
trouve donc qu'il est très important de faire appel à la vitalité « subjective» et d'étudier
l'ensemble des perceptions et des attitudes qu'a un groupe de sa propre vitalité
ethnolinguistique ainsi que celle qu'a le groupe de la vitalité des autres groupes,
particulièrement le groupe majoritaire et/ou dominant. Ces perceptions sont basées sur les
variables liées aux facteurs démographiques, institutionnels et statutaires, sur le degré
d'activité relevé au sein des différents groupes linguistiques et sur les contacts entre les
groupes.
C'est à travers ce cadre théorique que nous allons tenter de mesurer la vitalité
ethnolinguistique de la communauté algérienne de Montréal afin d'évaluer les chances de
survie de la langue arabe, langue maternelle de la majorité des membres de la communauté
algérienne, au sein de cette communauté, qui d'ailleurs a rarement été l'objet d'étude à
Montréal.
Donc, l'objectif de la présente recherche est double: d'une part dresser un portrait de la
vitalité « objective» de la communauté algérienne de langue maternelle de Montréal, en
2
décrivant 1) son statut, 2) sa démographie et 3) le support et le contrôle institutionnels qu'elle
a réellement et d'autre part de sonder (par questionnaire) les perceptions et les attitudes des
membres de la communauté sur leur propre vitalité ethnolinguistique, ce qui représente la
vitalité « subjective »,
Afin de réaliser notre étude, nous avons élaboré un questionnaire en nous inspirant du
questionnaire développé par Bourhis, Giles et Rosenthal (1981) pour mesurer la vitalité
ethnolinguistique subjective.
Nous exposerons dans le premier chapitre notre problématique en faisant une brève
description de la communauté algérienne de langue maternelle arabe de Montréal. Dans le
deuxième chapitre, nous présenterons la théorie de la vitalité ethnolinguistique proposée dans
. le domaine de la sociologie et de la sociopsychologie du langage, ce qui représente notre
cadre théorique, suivi, dans le chapitre trois, d'un portrait sociolinguistique de la
communauté algérienne dans son pays natal ainsi que dans son pays d'accueil. Dans le
chapitre quatre, nous présenterons la méthodologie qui sera adoptée lors de cette étude ainsi
que les moyens utilisés pour analyser nos résultats. Finalement, le chapitre cinq sera consacré
à la présentation et à l'analyse des résultats. Pour terminer, nous offrons en conclusion
quelques 0 bservations générales.
CHAPITRE 1
PROBLÉMATIQUE
Dans les années 80 et 90, bon nombre d'Algériens ont afflué au Canada; leur arrivée entre
1988 et 1998 s'est d'ailleurs faite à un rythme très élevé, et plusieurs facteurs concomitants
expliquent cette migration importante. Il y a, d'un côté, les difficultés économiques dues à la
crise qui a sévi en Algérie à la fin de la dernière décennie. D'autre part, s'y ajoute la situation
politique catastrophique que l'Algérie a connue depuis 1990. Comme les Algériens étaient en
très grande majorité francophones, ils ont préféré s'établir au Québec plutôt qu'ailleurs au
Canada. Leur connaissance du français s'est révélée être un atout considérable.
Selon Statistique Canada (2001), le gouvernement du Québec a placé l'immigration
algérienne dans les premiers rangs de ses besoins, immédiatement après les Français,
premiers dans le classement des immigrants attendus. Cette attente s'explique par un certain
nombre de facteurs que les autorités provinciales estiment prioritaires dans le choix des
immigrants sélectionnés par les services d'immigration du Québec.
Lors du recensement de 2001 pour la province du Québec (Statistique Canada) 13 545
personnes se sont déclarées d'origine ethnique algérienne; elles sont concentrées
essentiellement dans la région métropolitaine de Montréal, (I2 615, ce qui représente 93,1%
du total). Selon le MICC (2005), ce nombre d'immigrants algériens a beaucoup augmenté et
il est estimé à 14662 immigrants entre 2000 et 2004, ce qui nous donne un total hypothétique
de 28 207 immigrants algériens pour la province du Québec, pour 2004. Mais selon le
consulat d'Algérie à Montréal, ce nombre d'immigrants n'a pas cessé d'augmenter et on
estime que le nombre total d'immigrants algériens se situerait maintenant à environ 35 000.
4
Vivre dans une grande ville métropolitaine à caractère multiethnique comme Montréal,
avoir un contact de la langue maternelle du groupe minoritaire avec les langues officielles du
pays (français et anglais) peut sans doute provoquer chez le groupe minoritaire l'abandon de
sa langue maternelle, l'assimilation au groupe majoritaire et la perte de l'identité; bref, un
affaiblissement ou même la perte de sa vitalité ethnolinguistique. Est-ce le cas de la
communauté algérienne de langue maternelle arabe de Montréal? Y a-t-il un affaiblissement
de la vitalité ethnolinguistique de la communauté algérienne de langue maternelle arabe de
Montréal? C'est ce que nous tenterons de démontrer par notre étude.
Nous savons que la vitalité ethnolinguistique d'une corrununauté n'est pas uniquement
associée au nombre de locuteurs; elle dépend également du support institutionnel et du statut
social du groupe (Giles, Bourhis et Taylor, 1977). Pour qu'elle puisse rester une entité
distincte et active au sein du groupe majoritaire, la minorité doit absolument posséder un
« minimum d'organisation sociale)} (Allard, 1984), de « complétude institutionnelle)}
(Breton, 1964), de « vie communautaire)} (Fishman, 1989, 1990) et de « capital
linguistique)} (Prujiner, Deshaies, Hamers, Clément et Landry, 1984). C'est dans cette
optique que nous allons étudier la vitalité ethnolinguistique de la communauté algérienne de
Montréal.
Nous allons premièrement tenter de dresser un profil sociolinguistique de la corrununauté
algérienne en Algérie ainsi que dans la société d'accueil, en l'occurrence, Montréal.
Par profil sociolinguistique, nous faisons référence à la taille de la population, les
langue(s) parlées et/ou connues, les types d'institutions corrununautaires (religieuses,
commerciales, éducatives, sociales, culturelles, etc.), l'éparpillement ou la concentration
résidentielle de la population, etc.) Pour ce faire, nous allons examiner la situation actuelle
des Algériens à Montréal, ainsi queJes ressources qui leur sont disponibles. Bref, les données
de la vitalité objective.
5
Nous allons ensuite examiner les croyances de la part d'un certain nombre d'immigrants
algériens de Montréal concernant l'arabe, le français et l'anglais, puisque ces langues sont en
relation étroite dans la communauté: l'arabe est la langue maternelle de la majorité des
membres de cette communauté et aussi la langue du culte; le français et, dans une moindre
mesure, l'anglais, sont les langues de la société d'accueil. Aussi nous voulons savoir le rôle
de la langue arabe et son potentiel de survie, ce que la communauté algérienne de langue
maternelle arabe voudrait ou aimerait voir pour l'arabe à Montréal, si c'était possible, et
l'importance de l'arabe et les attitudes des Algériens de langue maternelle arabe de Montréal
envers la possibilité de perdre leur langue maternelle, donc la vitalité subjective.
Au Canada ainsi qu'au Québec, la langue arabe est une langue minoritaire qui n'a aucun
statut officiel. La majorité des membres de la communauté algérienne de Montréal ne peut
donc pas avoir recours ni aux services gouvernementaux, ni à d'autres services dans plusieurs
domaines de la vie publique tels que l'école, les médias, etc., dans sa langue maternelle, et
elle doit utiliser le français ou, éventuellement, l'anglais.
Nous allons donc tenter de mesurer la vitalité ethnolinguistique tant objective que
subjective de la communauté algérienne de langue maternelle arabe de Montréal afin
d'évaluer les chances de survie de la langue arabe au sein de la communauté d'accueil.
Vu que la communauté algérienne de Montréal est minoritaire au sein de la communauté
francophone et que sa langue maternelle, l'arabe, du moins pour la majorité de ses membres,
est une langue minoritaire qui n'a aucun statut officiel, nous nous demandons si les membres
de cette communauté vont manifester une forte vitalité ethnolinguistique vis-à-vis de leur
langue maternelle, et non pas vis-à-vis du français ou de l'anglais, les deux langues les plus
employées de leur société d'accueil. Ainsi, nous nous posons la question à savoir si les
hommes et les femmes de cette communauté, appartenant à différentes catégories d'âge,
différents niveaux de scolarité et différentes années d'arrivée au Québec partagent les mêmes
perceptions.
CHAPITRE II
CADRE THÉORIQUE
2.1 Introduction
Nous proposons dans ce chapitre de passer en revue quelques théories et recherches qui
touchent de près notre étude. Nous présenterons le concept de vitalité ethnolinguistique. Ce
concept a principalement été développé par les recherches et dans les publications de Giles,
Bourhis et Taylor (1977), celles de Bourhis, Giles et Rosenthal (1981), de Bourhis (1984), de
Landry et Bourhis (1997) ainsi que celles de Landry et Allard (1990, 1991, 1993, 1996).
Malgré que les travaux de Landry et Allard (1990, 1991, 1993, 1996) et de Allard et
Landry (1986, 1987, 1992, 1994) sont plus récents que ceux de Giles, Bourhis et Taylor
(1977) ou ceux de Bourhis, Giles et Rosenthal (1981) et que leur modèle est une
conceptualisation plus large 'de la vitalité ethnolinguistique subjective en termes de
croyances, et représente une certaine amélioration au niveau d'analyse socio-psychoJogique
avec la notion des réseaux individuels de contacts linguistiques, notre cadre théorique
s'inspire surtout du modèle de la vitalité ethnolinguistique développé par Giles, Bourhis,
Taylor, 1977 pour les raisons suivantes: les travaux de Landry et Allard s'appliquent surtout
à la situation des francophones minoritaires au Canada plutôt qu'aux groupes minoritaires
immigrants. Deuxièmement, leurs questiormaires s'appliquent surtout à des adolescents,
étudiants au secondaire, plutôt qu'à des immigrants adultes et ils ne convierment pas tels
quels aux besoins de notre étude. Néanmoins, nous tiendrons compte dans notre étude des
réseaux sociaux individuels qui sont très important pour la survie de la langue.
7
2.2 Le concept de la vitalité ethnolinguistique (VE)
Plusieurs facteurs contribuent pour définir le concept de la vitalité ethnolinguistique. C'est ce
que nous détaillerons dans les sections suivantes.
2.2.1 Les facteurs déterminant la vitalité ethnolinguistique
Plusieurs recherches ont traité le phénomène de contact de langues entre groupes
ethnolinguistiques divers vivant dans des pays d'accueil et ainsi la naissance de groupes
majoritaires dominants ou minoritaires dominés ou du moins, subordonnés.
Tajfel (1974, 1978) nous rapporte que les membres de groupes divers cherchent à
percevoir et à maintenir une identité sociale positive. Il en découle qu'ils adopteront,
dépendant de la situation où ils se trouvent, soit l'assimilation, soit la compétition sociale ou
encore la créativité sociale. L'assimilation, selon Tajfel (1974, 1978), est définie comme le
processus par lequel les membres du groupe subordonné assument les caractéristiques du
groupe dominant afin de créer l'égalité avec ce dernier.
Par la compétition sociale, les membres du groupe cherchent à maintenir où atteindre une
position de pouvoir sur le plan culturel, économique et politique en s'impliquant dans une
compétition directe avec l'autre groupe. Et enfin, le processus de la créativité sociale est le
moyen par lequel les membres d'un groupe essaient de s'accorder un caractère distinct positif
vis-à-vis de l'autre groupe.
Néanmoins, lorsque le groupe dominant sent qu'il est menacé par le groupe subordonné,
il en résulte qu'il va chercher à maintenir sa position de pouvoir sur le plan culturel,
économique, politique, ainsi que sur l'identité sociale positive qui en découle, en ayant
8
recours à la compétition sociale. Par contre, le groupe dominé fera appel à sa créativité
sociale ou à l'assimilation s'il perçoit que son identité est peu valorisante.
Les recherches de Lambert (1974) suggèrent qu'il existe deux types de groupes
minoritaires; les uns conservent leur langue d'origine tout en acquérant avec succès la langue
seconde, ce qui représente le bilinguisme additif; par contre, les autres acquièrent la langue
du groupe majoritaire, ce qui entraîne des pertes de compétences et de vitalité de la langue
d'origine, et qui pourrait les mener à la perte totale ou même partielle de leur langue
d'origine en faveur de la langue maj ori taire, ce qui représente le bilinguisme souSJraclif.
Fishman (1989) a étudié les processus sociaux et culturels qui accompagnent l'usage ou
l'abandon d'une langue chez des minorités existant aux États-Unis. Il a pu constater qu'à la
troisième génération d'immigrants, l'héritage ethnique et la langue qui y est liée cessent de
jouer un rôle significatif; d'où le lien qu'il fait, d'emblée, entre l'identité et l'usage d'une
langue, plus particulièrement l'usage de la langue maternelle.
Hamers et Blanc (2000), de leur côté, soulignent que dans le cas de personnes appartenant
à un groupe minoritaire, leurs usages langagiers peuvent être influencés par leur milieu
social, qui reflète, notamment, le prestige et la vitalité de la communauté linguistique
majoritaire. Leur réseau social de communication peut être dominé par la langue seconde.
Ces individus peuvent dévaloriser et rejeter leur propre langue.
Cependant, un problème s'est posé du fait que l'on manquait d'outils qui puissent d'un
côté décrire le milieu social tout en tenant compte des différences individuelles afin qu'ils
soient pratiques et applicables à toutes sortes de situations intergroupes et de l'autre côté, du
fait qu'ils devaient être quantifiables et compatibles avec la méthodologie de la psychologie
sociale.
9
Le problème est résolu dans Giles, Bourhis et Taylor (1977), qui élaborent le concept de
la « vitalité ethnolinguistique ». Ce concept permet d'évaluer les chances de survie des
groupes selon trois critères : leur statut social, leur démographie et leur support
institutionnel (voir Figure 2.1).
D'autres recherches ont aussi démontré l'influence des réseaux sociaux individuels sur les
comportements langagiers. Ainsi, Landry et Allard (1990) et Hamers et Blanc (2000) parlent
du réseau individuel de contacts linguistiques (RICL) comme étant celui qui représente le
niveau où s'actualise la majorité des expériences ethnolinguistiques de l'individu. Il consiste
en toutes les occasions où les individus peuvent utiliser leur langue maternelle: dans les
interactions avec les membres de leur famille, les amis, les voisins, les camarades d'école ou
les collègues de travail.
Aussi, les RICL sont fondamentaux également dans le maintien ou non d'une
communauté linguistique, car ce sont eux qui déterminent leur vitalité relative.
De cela, on pourrait déduire que la langue est un symbole d'identité et de solidarité
culturelle et qu'il est important pour une communauté linguistique de la conserver. Selon
Giles, Bourhis et Taylor (1977), plus un groupe linguistique a de la vitalité ethnolinguistique,
plus la langue a des chances de survivre.
2.2.2 Le modèle de la vitalité ethnolinguistique de Giles, Bourhis et Taylor (1977)
Tajfel (1972) ainsi que Giles, Bourhis et Taylor (1977) ont relevé plusieurs variables
situationnelles et structurelles qui influencent le comportement socio-psychologique, où les
relations intergroupes se produisent. L'ensemble de ces variables constitue ce qu'ils appellent
le concept de vitalité ethnolinguistique.
10
C'est dans un chapitre synthèse d'un livre portant sur la langue, l'ethnicité et les relations
intergroupes que Giles, Bourhis et Taylor (1977) définissent la vitalité ethnolinguistique
comme étant un ensemble de facteurs socioculturels qui font qu'un groupe est susceptible de
se comporter comme une entité distinctive et active dans ses rapports avec d'autres groupes
ethniques. La vitalité ethnolinguistique y est définie par trois variables structurales: 1) le
statut social des groupes; 2) les variables démographiques; 3) le support institutionnel. (Voir
Figure 2.1). Chacune de ces trois dimensions peut contribuer à l'augmentation ou à la
diminution de la VE d'un groupe.
Le degré de VE peut être perçu de façon objective quand il est évalué à partir des services
d'information démographique, institutionnelle, sociologique, économique et politique. On
parle donc de la vitalité ethnolinguistique « objective» (VEO).
2.2.3 La vitalité objective
La VEO est définie par différents facteurs tels que le statut, les facteurs démographiques et le
support et contrôle institutionnels.
Ces facteurs définissent la force d'un groupe ethnolinguistique et les chances de sa survie
dans un contexte de contact des langues. Les groupes ayant un faible degré de VE, selon le
construit théorique de Giles, Bourhis et Taylor (1977), auraient tendance à graduellement
cesser d'utiliser leur langue maternelle et à s'intégrer culturellement à un ou à différents
groupes dominants. De manière inverse, les groupes ayant davantage de VE auraient
tendance à maintenir l'utilisation de leur langue maternelle et à demeurer une entité
collective distincte et active au sein de la société.
11
VITALITÉ ETHNOLINGUISTIQUE
DÉMOGRAPHIE
Répartition
Territoire national
Concentration
Proportion
Nombre
Absolu
Taux de natalité
Mariage exogame
Immigration
Émigration
SUPPORT INSTITUTIONNEL
Statut économique
Média
Éducation
Services gouvernementaux
Statut socio-économique
Industrie/ commerce
Religion
Culture Statut socio-historique
Politique
Leadership et minorités
Statut de la langue
actives
Au niveau local/régional
Support informel
Au niveau international
Figure 2.1 Modèle de la vitalité ethnolinguistique (Giles, Bourhis, Taylor, 1977)
(Tiré de Sachdev et Bourhis, 1993)
12
2.2.3.1 Le statut
Le statut d'un groupe ethnolinguistique se définit en fonction du statut social, économique,
socio-historique et linguistique du groupe. Le statut social fait référence au degré d'estime
qu'un groupe linguistique a de lui-même ou qu'un autre groupe lui accorde. Le statut
économique fait référence au degré de contrôle qu'un groupe linguistique a dans la vie
économique d'une nation, d'une région ou d'une communauté. Le statut socio-historique est
une variable importante pour démontrer qu'un groupe linguistique peut se distinguer d'un
autre groupe sur la base de son histoire, et qu'il a eu à se battre pour assurer sa survie comme
entité collective et finalement le statut linguistique fait référence à la langue parlée par les
membres de la communauté à l'intérieur et à l'extérieur de la communauté et plus le statut
d'un groupe linguistique est élevé, plus son entité collective sera forte, donc plus ce groupe
aura de la vitalité ethnolinguistique.
2.2.3.2 Les facteurs démographiques
Les facteurs démographiques sont ceux qui reflètent le nombre de personnes constituant un
groupe ainsi qu'à leur distribution à l'intérieur d'un territoire donné. La catégorie des facteurs
démographiques se compose des facteurs de distribution, qui font référence à la concentration
numérique des membres d'un groupe linguistique dans les différentes parties du territoire
ainsi qu'à la proportion de personnes constituant un groupe, et des facteurs de nombre qui se
rapportent au nombre absolu de personnes constituant le groupe, au taux de natalité, aux
mariages mixtes, à l'immigration et à l'émigration. Bref, plus le nombre des membres est
élevé, plus la proportion relative est élevée, plus la concentration est élevée dans un certain
endroit, plus la VE est élevée.
13
2.2.3.3 Le support et le contrôle institutionnels
Les facteurs de support et de contrôle institutionnels se rapportent au degré de supports
formels et informels que la langue reçoit dans les différentes institutions d'un milieu. Les
facteurs informels réfèrent à la façon dont le groupe minoritaire s'est organisé pour que ses
intérêts et sa culture persistent dans la nouvelle société. Les facteurs formels, c'est la
représentation qu'a le groupe minoritaire aux conseils décisifs de l'État. À cet effet, Erfurt
(1996, p.64) précise que:
[... ] plus un groupe contrôle ses propres institutions ou exerce du pouvoir au sein
d'organisations sociales importantes, plus élevée sera la vitalité linguistique du
groupe et plus la langue sera utilisée sur les plans social et institutionnel.
Les groupes linguistiques qui satisfont à ces facteurs auront plus de ~ i t a l i t é en tant que
groupe linguistique et auront donc plus de chance de survie.
Ainsi, il appert que la vitalité globale d'une communauté linguistique est le résultat de
l'interaction des ces trois catégories de variables.
2.2.4 La vitalité ethnolinguistique subjective (VES)
Selon Oiles, Bourhis et Taylor (1977), les perceptions de vitalité ethnolinguistique des
membres d'un groupe ethnolinguistique, qui reflètent les positions qu'ils prennent face aux
facteurs de vitalité de leur groupe et du groupe avec lequel ils sont en contact, permettent de
faire des comparaisons sociales, et plus un groupe a de vitalité ethnolinguistique, moins ce
groupe voudra s'assimiler et plus il tentera de maintenir son caractère positif et distinct.
14
En montrant l'importance des perceptions des membres d'un groupe ethnolinguistique
face aux facteurs de vitalité ethnolinguistique, Oiles, Bourhis et Taylor (1977) ont introduit le
concept de la vitalité ethnolinguistique subjective.
La VES est donc l'ensemble des perceptions des facteurs de la vie dans l'étude du
comportement ethnolangagier. Ces perceptions sont basées sur les variables liées aux facteurs
démographiques, institutionnels et statutaires, sur les contacts entre les groupes et sur le
degré d'activité relevé au sein des différents groupes linguistiques. Autrement dit, la VES
renvoie à la perception de la vitalité du groupe dominé et/ou à celle du groupe dominant et
l'envie du groupe dominé d'intégrer une conununauté ethnolinguistique particulière. Plus
spécifiquement, la vitalité devient subjective lorsqu'elle est représentée et intériorisée par une
personne.
Selon Allard (1994), la VES est un concept important puisque les croyances de l'individu
sont très utiles pour prédire le comportement langagier:
La connaissance des perceptions subjectives de la vitalité ethnolinguistique des
membres d'un groupe pourrait aider à expliquer les attitudes intergroupes, les
habiletés et les motivations pour l'apprentissage d'une langue seconde, les attitudes
envers l'utilisation de la langue et l'utilisation des stratégies d'alternance de codes
langagiers. (Allard, 1994, p.l 0)
L'élaboration de ce concept de VES a connu un essor important à la suite de la
publication du Subjective Vitality Questionnaire (SVQ) par Bourhis, Oiles et Rosenthal
(1981). En effet, à l'aide de ce questionnaire, un grand nombre de recherches trouvèrent un
degré de correspondance important entre la vitalité « objective » et les perceptions des
membres d'une conununauté minoritaire de la vitalité ethnolinguistique de leur propre groupe
et fou celle d'un exogroupe.
Plusieurs recherches ont été effectuées dans de nombreux pays et auprès de nombreux
groupes minoritaires et majoritaires sur la base du modèle de Giles, Bourhis et Taylor (1977)
15
afin d'étudier la relation entre: la VEO et la VES ; les perceptions de la VE entre les
membres d'un même groupe ou par rapport à l'autre groupe. Citons par exemple: les
recherches de Kraemer et Olshtain (1989) sur les Juifs et Arabes en Israël, les recherches de
Young, Bell et Giles (1989) sur les Suisses francophones et germanophones, les recherches
de Giles et Johnson (1987) sur les Gallois bilingues du pays de Galles, et les recherches de
Giles, Rosenthal et Young (1985) sur les Halo-Canadiens de la deuxième génération et
AngJo-Australiens.
Les résultats de ces recherches ont démontré que la VES perçue par les membres des
différents groupes étudiés correspond assez bien à la VEO du même groupe.
Par contre, les études de Bourhis et Bédard (1988) sur les Franco-ontariens démontrent
qu'il n'y a pas de compatibilité entre la VEO et la YESo
En fin de compte, Harwood, Giles et Bourhis (1994) notent qu'une combinaison
d'informations objectives et subjectives permet d'évaluer si une minorité linguistique
survivra comme entité culturelle et politique distincte dans les cultures majoritaires.
Il remains that since its introduction the combined notions of objective and subjective
vitality have proven useful as conceptual tools for discussing a broad range of
applied and theoretical issues within the language and ethnicity literature. (Harwood,
Giles et Bourhis, p. 175)
2.3 Les critiques du concept de la vitalité ethnolinguistique
À la suite de Giles, Bourhis et Taylor (1977), plusieurs critiques, à la fois positives et
négatives, ont été formulées sur la théorie de la vitalité ethnolinguistique. Selon Labrie (1984,
p.7), le concept de vitalité ethnolinguistique: « [... ) ne constitue pas en soi une description
aussi globale et aussi détaillée du milieu social que l'on pourrait le souhaiter. »
16
Cependant, selon Harwood, Oiles et Bourhis (1994), il est évident que les processus tels
que le changement de code, les attitudes linguistiques, la communication interethnique et les
conflits ethniques ne pourront plus être étudiés comme auparavant, car la notion de vitalité
ethnolinguistique devra être prise en compte.
Landry et Allard (1994, p. 15) affirment de leur côté que la VE permet de « comprendre
et prédire le comportement langagier dans des contextes multilingues et unilingues. »
2.4 Le modèle macroscopique des déterminants du bilinguisme additif et du bilinguisme
soustractif
Suite aux travaux de Oiles, Bourhis et Taylor (1977) et de Bourhis, Oiles et Rosenthal
(1981), Landry et Allard (1987) ont développé une nouvelle conceptualisation des croyances
de VE. Ils s'inspirent de la nouvelle conceptualisation des facteurs de VE introduite par
Prujiner, Deshaies, Hamers, Blanc, Clément et Landry (1984) et par la suite, fondent leur
modèle macroscopique de développement du bilinguisme additif et soustractif.
Ce modèle est une conceptualisation plus large de la VES car il combine à la fois des
niveaux d'analyse sociologique, socio-psychologique et psychologique.
Le niveau d'analyse sociologique identifie les facteurs de VE d'une communauté. Il est
composé des quatre domaines: démographique, politique, économique et culturel.
Au mveau de l'analyse socio-psychologique, les auteurs ont introduit la notion des
réseaux individuels de contacts linguistiques (RlCL) puisque ces derniers permettent aux
membres d'être récepteurs et/ou transmetteurs d'information linguistique. Ces réseaux sont
divisés en trois types: les contacts interpersonnels, les contacts à travers les médias et les
contacts à travers le soutien éducatif.
17
Au niveau psychologique, on retrouve la disposition d'une personne à vouloir apprendre
et utiliser une langue (aptitude-compétence) et la disposition cognitivo-affective (les
croyances et l'identité).
Dans le cadre de notre travail, nous retiendrons le modèle de Oiles, Bourhis et Taylor
(1977) pour la VEO et celui de Bourhis, Oiles et Rosenthal (1981) pour la VES, tels que
décrits précédemment. Ces modèles suscitent un intérêt particulier pour notre étude, étant
donné qu'ils font référence aux facteurs déterminant le comportement situationnel des
groupes en tant que groupe dans un contexte minoritaire ou majoritaire. Néanmoins, il
importe de préciser que notre intention est de mesurer la vitalité ethnolinguistique tant
objective que subjective de la communauté algérienne de langue maternelle arabe de
Montréal ainsi que de savoir les chances du maintien ou de la perte de la langue arabe au sein
de cette communauté minoritaire.
CHAPITRE III
PORTRAIT SOCIOLINGUISTIQUE DE LA COMMUNAUTÉ ALGÉRIENNE
3.1 Introduction
Afin d'atteindre le but visé de notre étude, à savoir l'analyse de la vitalité ethnolinguistique
de la communauté algérienne de langue maternelle arabe de Montréal, nous ferons un survol
historique et sociolinguistique de cette communauté dans le pays natal ainsi que dans le pays
d'accueil.
3.2 Portrait de la communauté algérienne en Algérie
Dans la section suivante nous allons présenter un portrait démographique, historique, socio­
culturel et linguistique de la communauté algérienne de langue maternelle arabe de Montréal.
3.2.1 Portrait démographique
L'Algérie, en arabe Al Jazii'ir, est un pays du Maghreb. Sa capitale est Alger, et c'cst le
deuxième pays d'Afrique par sa superficie (2'381 741 km
2
), dont les quatre cinquièmes sont
occupés par le Sahara (Encyclopédie Microsoft Encarta, 2004).
Selon Benrabah (2006), en 2006, l'Algérie comptait 32,9 millions d'habitants. La
population est d'ailleurs très jeune: en 2002, on estime à 33,5 % de la population totale la
part des moins de 15 ans, alors que celle des individus âgés de 65 ans et plus est de 4,8 %.
19
Cette population se compose en majorité d'Arabes (82 %) et aussi d'une très forte
minorité berbère (Kabyles, Chaouïas, Zénètes; 17%) (Chaker, 1999). Lassus (1962), nous
rapporte qu'avant l'indépendance, près de 150000 Juifs vivaient en Algérie, certains de
souche très ancienne. Presque tous ont quitté le pays en même temps que les colons
européens (environ 1 million de personnes), essentiellement des Français. En revanche, il
existe une importante communauté algérienne à l'étranger (1,8 million de personnes en
1995).
3.2.2 Portrait historique, linguistique et socio-culturel
Dès la plus haute antiquité (II" millénaire), l'Algérie fut le berceau d'une civilisation berbère,
mais J'histoire du pays ne commença officiellement qu'avec l'arrivée des Phéniciens qui
fondèrent des comptoirs commerciaux. Les Carthaginois suivirent et -reprirent ces mêmes
comptoirs, tout en développant diverses activités côtières, laissant l'intérieur des terres aux
Berbères. Le punique, une langue sémitique voisine de l'hébreu, était la langue des rois
numides, donc la langue officielle de Carthage. Comme le punique se conserva longtemps en
Algérie, les traces de cette langue demeurent encore visibles dans le berbère moderne, surtout
dans le domaine de l'arboriculture.
Au premier siècle avant notre ère, les Romains occupèrent l'Afrique du Nord (dont le
territoire de l'Algérie actuelle) et transmirent leur civilisation aux populations locales.
La chute du Maghreb romain coïncida avec son occupation en 455 par les Vandales, qui
utilisaient leur langue germanique et l'écriture gothique ainsi que le latin dans les domaines
de la législation et la diplomatie. Les Vandales ne se mêlèrent jamais aux populations locales
et n'eurent aucune influence sur la langue des Berbères des montagnes.
Quittant l'Égypte en 647, les armées arabo-musulmanes avancèrent vers l'Ouest et
conquirent tout le Maghreb en 711, Y compris l'Algérie, associée à ce moment là à la
20
Berbérie. Dans l'ensemble, les Berbères adoptèrent très vite l'islam, mais conservèrent leurs
langues.
Pendant longtemps, le latin, l'arabe, les langues berbères et le punique ont coexisté. Des
inscriptions attestant l'usage du latin écrit ont été retrouvées jusqu'aux Il C et 12
c
siècles.
L'implantation de la langue arabe et de l'islam s'est effectuée par les mosquées. Puis les
Berbères des villes adoptèrent progressivement l'arabe, considérant cette langue comme «un
idiome divin». Quant aux Berbères des montagnes, ils ne subirent que très faiblement
l'influence linguistique étrangère et continuèrent à parler leurs langues ancestrales. Ce n'est
qu'après le Il C siècle que le berbère amorcera son déclin. C'est depuis cette époque qu'existe
l'antagonisme entre Berbères et Arabes (ce qui inclut les Berbères arabisés).
Au 16
c
siècle, l'Algérie devint une province de l'Empire ottoman et fut gouvernée par un
dey, ses beys et ses janissaires.
Comme les Vandales avant eux, les Turcs refusèrent de s'assimiler aux populations arabo­
berbères. Durant trois siècles, ils ne sympathisèrent jamais avec ces peuples parlant l'arabe.
Ils demeurèrent une communauté distincte, vivant comme des étrangers en Afrique du Nord
Uusqu'en 1830). Bref, si les Turcs ne favorisèrent pas la diffusion de leur langue, ils ont
permis aux régions de l'intérieur de s'islamiser et de s'arabiser encore davantage. Mais l'arabe
qui s'implanta définitivement en Algérie ne fut pas l'arabe du Coran. Ce fut plutôt un arabe
régionalisé (l'arabe algérien) influencé par le berbère, le latin et le turc. Pendant ce temps, la
langue officielle du pays était le turc osmanli. Comme la population ignorait cette langue, les
fonctionnaires turcs durent avoir recours à des interprètes pour communiquer en berbère et en
arabe algérien avec la majorité de la population. Parallèlement, une langue commerciale
(véhiculaire) se développa entre les Turcs, les «Algériens» et les Européens, à base de
vocabulaire espagnol et d'éléments turcs et des formes syntaxiques inspirées de l'arabe. C'est
surtout par cette langue que l'arabe algérien a acquis ses mots grecs et latins. Cette langue
véhiculaire a continué d'exister après la conquête française de 1830. Cette diversité
21
linguistique a contribué à faire de l'arabe algérien une variété différente de l'arabe du Proche­
Orient. Alors que l'arabe algérien a puisé dans les langues berbère, latine, grecque, turque et
espagnole, l'arabe proche-oriental a bénéficié de caractéristiques arméniennes. Par la suite,
l'éloignement géographique, le temps et le contexte socioculturel ont accentué la
diversification de l'arabe algérien.
À cette époque, dans la France de Charles X, la conquête de l'Algérie n'était qu'un
prétexte pour chasser les corsaires turcs. .Entre le 11 et le 18 mai 1830, la marine
française,embarqua pour conquérir l'Algérie ottomane. Moins d'un mois plus tard, Charles X
était renversé. Contrairement au Maroc et à la Tunisie, la conquête de l'Algérie fut longue.
Les Français l'ont soumise village après village, par des méthodes brutales, alors qu'il leur a
suffi de signer quelques accords (d'État à État) pour imposer un <<protectorat» au Maroc et à
la Tunisie Quinze années après l'arrivée des Français, la population algérienne, qui était
estimée à quelque trois millions en 1830, n'en comptait plus que deux millions, ce qui
pourrait s'apparenter à une forme de génocide.
Le peuplement de l'Algérie par des Européens non français était nécessaire pour faire face
au poids démographique de la population indigène dont l'existence en Algérie menaçait la
pérennité de la présence française. Autrement dit, la population européenne de nationalité
non française était perçue comme un mal nécessaire. C'est pourquoi son assimilation
apparaissait comme une nécessité afin de contrer un danger potentiel susceptible de
compliquer les relations diplomatiques françaises avec les autres pays européens (surtout
l'Espagne et l'Italie).
En 1872, sur une population estimée à deux millions d'habitants, quelque 245 000 étaient
d'origine européenne (12,2 % de la population) et possédaient au moins le quart de l'espace
agricole algérien.
En 1881, l'Algérie fut intégrée directement à la France et fut divisée en trois
départements: Alger (54 861 km
2
), Oran (67 262 km
2
) et Constantine (87 578 km
2
), auxquels
22
s'ajouteront plus tard les Territoires du Sud (1 981 750 km
2
). Tout le territoire fut rattaché au
ministère français de l'Intérieur et dirigé par un gouvernement général.
En général, selon Benrabah (2006), les Arabes fréquentaient leurs écoles coraniques en
arabe dans un système d'éducation parallèle. L'éducation autochtone était financée par les
collectivités locales, non pas par le pouvoir central. Lorsque les Français proposèrent aux
Algériens un enseignement financé par l'État, ces derniers trouvèrent l'offre suspecte, car ils
associaient cette éducation à une «opération d'évangélisation». À partir de 1870,
l'enseignement traditionnel arabe suscita l'hostilité des colons européens qui les appelèrent
«écoles du fanatisme». Les Arabes perçurent ce comportement comme un refus de leur droit
à l'éducation, une atteinte à leur intégrité culturelle et à leur religion. La réaction des Arabes
fut de refuser d'envoyer leurs enfants dans les écoles françaises publiques.
La République finit par capituler et renonça à la scolarisation massive des musulmans,
mais créa pour eux les «écoles gourbis» avec un programme spécial, un instituteur spécial et
un diplôme également spécial. Par exemple, les maîtres affectés dans les bleds algériens
devaient enseigner, mais il leur fallait aussi être cuisiniers, maçons, menuisiers, médecins (ou
vétérinaires), jardiniers et conseillers agronomes pour les adultes, puis secrétaires et écrivains
publics. La seule innovation: l'introduction de la langue française. Mais le français ne s'est
pas répandu beaucoup chez les petits Arabes, car ce sont les Français de souche et les
étrangers assimilés qui ont profité de l'enseignement public en français. Il faut dire aussi que
les Européens ne se sont pas montrés très enthousiastes à dépenser des fonds publics pour
«instruire les indigènes».
Encore au début du 20
c
siècle, les Algériens résistaient au modèle colonial français.
Pendant que quelques grandes familles envoyaient leurs enfants au Proche-Orient, la plupart
des Algériens préféraient laisser leurs enfants grandir dans l'ignorance. Certes, il existait une
petite élite bilingue, favorable aux idées occidentales, qui favorisait l'éducation en français.
Ces deux attitudes entraîneront plus tard des conflits entre les «francisants modernistes» et les
«arabisants islamisants traditionalistes».
23
Haddj aj (1998) nous rapporte que lors de la Première Guerre mondiale, un décret de 1919
accorda la nationalité française à quelque 20 000 Algériens, mais à des conditions
considérées comme particulièrement sévères, comme la renonciation au statut personnel de
musulman (c'est-à-dire, selon le point de vue, la «conversion» ou l'«apostasie»). Les
musulmans demeurèrent, dans leur immense majorité, des «sujets français», jamais des
«citoyens» à part entière, à moins d'abandonner leur religion et prendre celle des «infidèles».
Mais la France fit pire en imposant à l'Algérie (ainsi qu'à toutes ses autres colonies) le Code
de l'indigénat qui correspondrait aujourd'hui à une forme déguisée d'esclavage des
populations autochtones, car elle les dépouillait de toute leur identité.
Évidemment, les colons et certains immigrés français purent dominer la société
algérienne et imposer leur langue, qui devint quasi exclusive dans l'Administration,
l'enseignement et l'affichage. En 1930, le gouvernement colonial pouvait célébrer avec faste
le «Centenaire de l'Algérie française». Une loi française de 1938 déclara même l'arabe
comme «langue étrangère en Algérie». Pendant que les Français et autres Européens
d'Algérie occupaient les villes et les meilleures terres, disposaient d'écoles, de routes et de
services publics efficaces, l'Algérie musulmane habitait les bidonvilles et prenait les petits
champs séchés, le tout sans soins, sans instruction et sans administration.
Le nationalisme algérien se développa après la Première Guerre mondiale, au début, les
Algériens demandaient simplement l'égalité des droits avec les Européens. Mais le projet se
heurta à l'hostilité des colons français et fut abandonné. En 1931, Abdelhamid Ben Badis
fonda l'Association des oulémas réformistes d'Algérie avec pour devise: «L'arabe est ma
langue, l'Algérie est mon pays, l'islam est ma religion». Dans un ouvrage de Tewfiq al­
Madani paru en 1932 et intitulé Le livre de l'Algérie, l'auteur écrivait encore en exergue:
«L'islam est notre religion, l'Algérie notre patrie, la langue arabe est notre langue». Les
nationalistes ne devaient plus l'oublier. Toutefois, toutes les factions du mouvement national
algérien revendiquèrent l'arabe coranique, pas l'arabe algérien. C'est aussi l'arabe coranique,
cette illustre langue de culture, qui était perçue par les autorités coloniales comme un
concurrent au français. Pourtant, en 1954, seulement 300 000 Algériens sur une population de
24
dix millions sauront lire et écrire l'arabe classique. Les écoles coloniales françaises, pour leur
part, compteront le même nombre d'élèves.
Puis tout s'est mis à aller mal en Algérie. Alors qu'en 1958 la Tunisie et le Maroc étaient
déjà indépendants, la situation en Algérie s'était gravement détériorée: le Front de libération
nationale (FLN) avait lancé une insurrection en novembre 1954, entraînant une escalade
militaire. Ce fut en grande partie le conflit algérien qui provoqua le retour du général de
Gaulle «aux affaires» en 1958, il confia à un journaliste: «L'Algérie de papa est morte et, si
on ne le comprend pas, on mourra avec elle».
Le général de Gaulle avait signé un décret rendant obligatoire l'enseignement de la langue
arabe dans les écoles du premier. Ce genre de politique arrivait beaucoup trop tard et le
régime de 1'«Algérie française» était terminé! Les partisans de l'Algérie française se
regroupèrent au sein de l'Organisation de l'Armée Secrète (OAS) et se livrèrent au terrorisme
tant en métropole qu'en Algérie.
La colonisation française, qui avait duré 130 ans, avait suscité un trop profond
ressentiment contre la France de la part des Algériens arabisants et avait bouleversé
totalement le pays. La séparation avec la France en 1962 se fit brutalement au prix d'une
guerre marquée par une affirmation de l'identité collective axée sur l'islam et l'arabe. fi s'est
développé en même temps au sein des arabisants une réaction négative, sinon une intolérance
manifeste à l'égard tant de l'héritage français que de l'héritage berbère. Contrairement à la
Tunisie et au Maroc, le français en Algérie ne fut pas seulement perçu par une certaine élite
islamiste comme une langue étrangère, mais comme le symbole même de la colonisation et
de la soumission. L'anglais était préférable!
L'Algérie accéda formellement à l'indépendance le 5 juillet 1962 dans un climat de guerre
civile et de luttes féroces pour le pouvoir. Les langues en présence étaient alors l'arabe
algérien et le berbère, les deux langues parlées par la population indigène, puis le français,
l'espagnol dans certaines régions de l'Ouest, et l'italien par endroits dans l'Est. L'arabe
25
classique était la langue liturgique que personne ne parlait. L'Algérie nouvellement
indépendante se caractérisait donc par une diversité linguistique héritée de son histoire. Dès
son indépendance, l'Algérie allait être récupérée par une oligarchie qui jouera un rôle
immense dans le devenir linguistique du pays. Le pouvoir allait être détenu par un groupe
restreint détenant une autorité rigide et puissante. Il fallait construire un État unifié avec une
religion unique, une langue unique et un parti politique unique.
En septembre 1962, Ben Bella fut élu président de la République algérienne démocratique
et populaire. Dès le début, il avait annoncé ses couleurs en déclarant par trois fois à l'aéroport
de Tunis, le 14 avril 1962: «Nous sommes arabes. Nous sommes arabes. Nous sommes
arabes!» Il avait aussi affirmé: «L'Algérie est un pays arabe et musulman. On ne le dissociera
pas du reste du monde arabe.» Il suspendit la constitution du pays en octobre 1963 et l'islam
fut décrété «religion d'État». Comme l'arabe classique est le véhicule du Coran, il devint
nécessairement, lui aussi, légitimant. La constitution de 1962 déclarait dans son article 3:
«L'arabe est la langue nationale et officielle». Même si le texte constitutionnel omet
délibérément de spécifier le type d'arabe, il s'agit de l'arabe classique issu du Coran. Le
nouveau régime refusa tout statut à l'arabe algérien et au berbère.
Lors de la rentrée scolaire de 1963, on imposa l'enseignement de l'arabe dans toutes les
écoles primaires, en raison de dix heures d'arabe (sur trente heures par semaine), puis en
1964 ce fut l'arabisation totale de la première année du primaire. Les écoles furent dotées de
manuels et de programmes officiels pour l'enseignement de la langue arabe officielle. La
langue écrite fut volontairement écartée au profit de l'<<arabe oral» (coranique) qui permet de
comprendre «les dialogue simples». À la faveur d'un coup d'État le 19 juin 1965, partisan
d'un socialisme autoritaire, le colonel Houari Boumédienne devient le nouveau président
d'Algérie. Rappelons qu'il avait reçu son instruction presque exclusivement en arabe
classique.
Pendant ce temps, les Algériens purent bénéficier de nombreuses campagnes de
purification linguistique à la radio.
26
En 1967, ce fut l'arabisation de la deuxième année du primaire, suivie de l'implantation
d'une section arabe à la Faculté de droit en 1968 et d'une licence d'histoire en arabe. À partir
de 1970, on imposa l'arabisation complète de l'enseignement primaire et secondaire. On
commença par l'arabisation totale des 3e et 4e années du primaire, puis l'arabisation d'un tiers
de l'enseignement moyen et d'un tiers du secondaire. Tous les manuels arabes traitaient de
façon idyllique le monde arabo-islamique et de son passé prestigieux.
Mais les Berbères furent, panni les Algériens, ceux qui s'opposèrent le plus à
l'arabisation. Leur résistance s'exprima dans l'usage exclusif du berbère et du français dans
tous les lieux publics, que ce soit dans les cafés, les hôtels, les restaurants et les bureaux
administratifs.
En 1979, le colonel Chadli Bendjedid, succéda à Boumediene. Dès son arrivée au
pouvoir, Chadli engagea une politique de libéralisation économique et sociale, mais passa à la
vitesse supérieure en matière d'arabisation et d'islamisation. En 1986, le Parlement algérien
adoptait la loi 86-10 du 19 août, portant sur la création de l'Académie algérienne de langue
arabe, qui devait veiller à l'enrichissement, la promotion et le développement de la langue
arabe pour assurer son rayonnement, mais vu les circonstances difficile que l'Algérie
subissait cette époque, il fut impossible à Chadli de mettre la loi en pratique.
Commencé en 1980, le «printemps berbère» prit par la suite de l'expansion. C'est que les
Berbères remettaient toujours en cause l'arabisation intensive dont ils étaient les grands
perdants. Toute la Kabylie se souleva en bloc. Les premières émeutes éclatèrent en 1988 et
furent vite réprimées. Les autorités algériennes accusent les pays étrangers, dont la France,
d'être la cause de ce soulèvement populaire. Jamais elles pensèrent même que ce pouvait être
leur propre politique de négation de l'identité berbère qui avait pu causer la révolte. Au même
moment, les étudiants islamistes arabisants avaient lancé des grèves afin d'exiger l'application
immédiate de l'arabisation de l'administration; ils estimaient qu'ils ne pouvaient pas trouver
d'emploi aux termes de leurs études avec leur diplôme arabe. L'enseignement supérieur se
27
dégrada rapidement devant l'islamisation, le manque de ressources financières et la pénurie
de manuels arabes.
Les émeutes d'octobre 1988 conduisirent à une libéralisation du régime. Le président
Chadli fit adopter par référendum une nouvelle constitution en février 1989, qui ouvrit
l'Algérie au multipartisme. En fait, c'est le ras-le-bol des Algériens qui avait mis fin au
système du parti unique pour instaurer la liberté d'expression, qui fut rapidement muselée dès
1992. L'ouverture démocratique de 1988 a permis une mise en compétition des langues en
Algérie (arabe algérien, arabe classique, français et berbère), mais c'est le français qui en est
sorti grand vainqueur.
Pendant ce temps, la plupart des personnalités et des hauts cadres de l'État faisaient
instruire leurs enfants en français dans les écoles privées.
Après la longue descente aux enfers de l'Algérie «socialiste», le pays dut passer par la
guerre civile. En 1990, le Front islamique du salut (FIS) remporta les premières élections
municipales démocratiques. Les résultats qu'obtint ce parti confessionnel provoquèrent un
putsch militaire, le Haut Conseil de sécurité (HCS) annulait le résultat des élections. Pendant
ce temps, les autorités algériennes, plus précisément l'armée, firent appel à Mohamed
Boudiaf, alors âgé de 73 ans et réfugié au Maroc, le président resta six mois à la tête du pays
avant de se faire assassiner au cours d'un attentat organisé par l'année. Le peuple algérien a
pu même suivre en direct à la télévision la liquidation de son président. Boudiaf fut le seul
président à être regretté par les Algériens et le seul président à parler aux Algériens dans l'une
des langues du terroir, soit l'arabe algérien tant méprisé par ses prédécesseurs et par ses
successeurs, et passait parfois au français. Lors de sa première apparition à la télévision, il
avait annoncé qu'il fallait parler «en arabe algérien» pour que tous puissent le comprendre.
Boudiaf n'avait aucune sympathie pour les islamistes politiques qu'il qualifiait de
«charlatans» et de «terroristes», il mit sur pied une commission afin de «geler» la loi portant
sur la généralisation de l'utilisation de la langue arabe, juste avant son assassinat le 29 juin
28
1992. Le décret 92/02 du 4 juillet 1992 suspendit ladite loi ( ~ u s q u ' à réunion des conditions
nécessaires». La population algérienne ne s'en plaignit nullement.
L'intensification de la répression devint une priorité pour le régime dirigé par le général
Liamine Zéroual, mais la radicalisation des islamistes entraîna une vague d'attentats visant
surtout les forces de l'ordre, les intellectuels, les journalistes, les artistes et, depuis 1993, les
ressortissants étrangers. Cette situation plongea alors l'Algérie dans l'instabili té et la violence,
tandis que se développait en Kabylie un mouvement de revendication berbère hostile aux
militaires comme aux islamistes. Après avoir utilisé l'arabe algérien et le français durant sa
campagne électorale, Zéroual renoua aussitôt avec la langue froide et aseptisée qu'est l'arabe
classique. Reniant toutes ses promesses électorales, il s'engagea également dans la dictature
de type Boumediene.
De nombreuses manifestations furent organisées dans tout le pays pour revendiquer le
statut de langue nationale au berbère. Lors de la rentrée scolaire de 1993-1994, les autorités
algériennes proposèrent aux parents de faire un choix entre le français et l'anglais. On
invoqua comme justification le fait que l'anglais était la langue par excellence de la science et
de la technologie, et que la plupart des enfants préféraient apprendre l'anglais plutôt que le
français. Comme le programme avait été improvisé, non seulement les manuels n'étaient pas
prêts, mais l'État dut reconnaître qu'il ne disposait pas de professeurs qualifiés.
Malgré la mise en place de nouvelles institutions politiques en 1996, les attentats et les
massacres se poursuivirent, tandis que les mesures d'arabisation hâtives de 1998 étaient très
contestées. Néanmoins, le président Zéroual décida de remettre en vigueur la loi d'arabisation
du 16 janvier 1991 dans l'espoir de satisfaire ses alliés conservateurs et islamistes. Dix jours
avant l'entrée en vigueur effective de la loi, le 5 juillet 1988, le chanteur kabyle Matoub
Lounès était assassiné. Les Berbères investirent encore une fois la rue et détruisirent toutes
les affiches publiques écrites en arabe, laissant intactes celles rédigées en berbère ou en
français. Au lieu de calmer la population, Zéroual la menaça au nom de l'unité de la nation,
alors que celle-ci aspirait à la suppression du centralisme politique. Paralysé par la lutte des
29
clans au sonunet de l'État, Zéroual fut contraint de démissionner deux ans avant la fin de son
mandat.
Abdelaziz Bouteflika, élu en avril 1999, a succédé à Zéroual. Le nouveau président
appela à la réconciliation nationale et manifesta sa volonté d'ouverture en graciant plusieurs
milliers d'islamistes. Abdelaziz Bouteflika a introduit en Algérie une «troisième notion: une
main éradicatrice dans un gant réconciliateur». Cependant, lors du référendum du 16
septembre 1999, une nouvelle vague de violences resurgit avec la campagne menée sur la
«concorde civile» en Algérie. Cette nouvelle vague de violence illustrait l'ampleur des
résistances aux propositions gouvernementales. Pourtant, après des années d'une guerre qui
avait fait plus de 100 000 morts, la société algérienne aspirait certainement à la paix et à la
réconciliation.
L'origine de la crise algérienne tient au fait qu'il n'y a jamais eu de véritable régime
démocratique dans ce pays. Les militaires se sont emparés du pouvoir dès 1962 et ils ont
imposé un régime socialiste autoritaire de type stalinien, avec la complicité du FLN. La lente
descente aux enfers de l'Algérie «socialiste» et la guerre civile révèlent la difficulté de
l'Algérie de trouver son identité autrement que par la religion. De plus, conune les Algériens
n'ont jamais eu de gouvernement élu démocratiquement, il n'est pas surprenant que beaucoup
d'entre eux ont voulu quitter leur pays. Bien qu'il soit difficile d'obtenir des chiffres officiels,
on estime que près d'un demi million d'Algériens sont partis depuis le début des années
quatre-vingt-dix. La plupart ont immigré en France, aux États-Unis, au Canada ou dans les
autres pays arabes, et rien n'indique que le mouvement soit sur le point de s'arrêter.
Dans la question linguistique, le président Bouteflika innove: il s'exprime souvent en
français dans ses déclarations publiques, autant en Algérie qu'à l'étranger. Il témoigne d'une
certaine liberté par rapport à la tradition en déclarant: « Il est impensable [... ] d'étudier des
sciences exactes pendant dix ans en arabe, alors qu'elles peuvent l'être en un an en anglais».
Il résume ainsi les interminables conflits linguistiques en Algérie: «Il n'y ajamais eu de
30
problème linguistique en Algérie, juste une rivalité et des luttes pour prendre la place des
cadres formés en français!»
Le Parlement algérien adopta en avril 2002, à l'unanimité, une modification à la
Constitution instituant le berbère comme «langue nationale». Ce geste historique intervint à
la venue des élections législatives, alors que le climat tendu par les manifestations et les
revendications remettait en cause l'autorité de l'État en Kabylie.
Depuis l'indépendance, les différents leaders algériens ont toujours refusé les liens avec
ce qui est devenu aujourd'hui la Francophonie. L'Algérie s'est toujours dérobée à toutes les
rencontres qui ont donné naissance à la Francophonie. Elle a renoncé, généralement sans
aucune forme d'examen objectif, à toutes les réalisations possibles de l'Agence de
coopération culturelle et technique par crainte de se voir qualifiée de «néo-colonisée».
D'ailleurs, l'Algérie a toujours accusé l'organisation de la francophonie de «visées néo­
colonialistes». Par exemple, les aides proposées par l'Organisation internationale de la
francophonie (OIF) - bourses aux étudiants francophones, formation des enseignants en
langue française et autres types de coopération culturelle - ont été systématiquement
refusées par les Algériens au nom de la spécificité arabo-musulmane du pays. De plus,
chaque fois qu'un chef de gouvernement tentait un tant soi peu de relancer la coopération
culturelle avec la France, on assistait à une levée de boucliers des tenants de l'arabisation
Puis, lors du IX· Sommet de la francophonie de 2002, l'Algérie a fait un virage à 180
degrés. Pour l'Algérie, les modifications apportées à la charte de l'Organisation internationale
de la francophonie au sommet de Bamako, en novembre 2000, qui va plus loin que la
doctrine basée sur l'usage commun de la langue française et prône une conception
respectueuse de la souveraineté, des cultures et des langues des États membres, ont plaidé
pour une adhésion à l'OIF. Par ailleurs, les autorités algériennes veulent souligner l'intérêt
pour leur pays d'intégrer une organisation devenue «un cadre de concertation» et «un forum
pour défendre nos positions, échanger des informations, tisser des relations de coopération et
bénéficier d'aides en matière de formation et de moyens culturels et d'éducation».
31
Le 18 octobre 2002, le président Bouteflika s'est rendu à Beyrouth pour assister au rx
e
Sommet de la francophonie, en tant qu'invité personnel de son homologue libanais, Émile
Lahoud. Dans son discours, le président Bouteflika a expliqué les raisons de la participation
de son pays à cette première réunion. Les raisons avancées par le chef de l'État sont d'abord
politiques.
Pendant ce temps, le chef de la diplomatie algérienne et chef de file du courant islamo­
baâthiste, Abdelaziz Belkhadem, a annoncé que l'Algérie oeuvrait pour adhérer au
Commonwealth et tentait, en même temps, de se rapprocher des pays hispanophones
(Espagne et Amérique latine). Pour revenir à l'Organisation internationale de la
francophonie, en cas d'effective adhésion, l'Algérie ne sera pas appelée à défendre la culture
francophone, encore moins à jouer le promoteur de la langue française à travers le monde.
En voulant édifier un État arabe unifié, les premiers dirigeants algériens n'ont pas choisi
comme fondement de leur politique un nationalisme proprement algérien. L'idéologie était au
contraire déconnectée du peuple algérien parce qu'elle correspondait à un panarabisme
abstrait, trop supranational. On est alors passé de la dépendance d'une France coloniale à une
autre dépendance, celle du Proche-Orient, surtout l'Iran, l'Arabie Saoudite, l'Irak et la Syrie,
ce qui semble bien éloigné du Maghreb. En effet, l'identité arabo-islamiste des dirigeants n'a
jamais coïncidé avec l'idée que les Algériens s'en faisaient. De plus, la francophobie affichée
par l'oligarchie politique n'a guère favorisé le développement socioculturel des Algériens. En
ce sens, on ne peut parler de réussite, même si l'Algérie d'aujourd'hui est méconnaissable par
comparaison à celle du lendemain de l'indépendance. En plus de quarante ans, l'Algérie n'a
pas réussi à éradiquer le français à coup de décrets et de lois. Le peuple algérien continue de
l'employer dans les domaines culturel, économique, éducatif et social au grand dam des
autorités politiques et religieuses. Pire, l'influence de la langue et de la culture française
semble s'intensifier d'année en année, notamment en raison de la réception par satellite des
chaînes de télévision française, qui attirent énormément les Algériens.
32
La bataille de J'arabisation est cependant loin d'être gagnée et, en 2002, face aux
revendications des berbérophones, le berbère accède au statut de langue nationale par un
amendement de la constitution; le berbère est vu comme l'une des trois composantes
fondamentales de l'identité nationale, à côté de l'arabité et de J'islamité.
3.3 Portrait de la communauté algérienne de Montréal
Dans cette section, nous tentons de donner un portrait général de la communauté algérienne
de Montréal, de voir les caractéristiques spécifiques qui lui sont propres.
3.3.1 Population d'origine ethnique algérienne
Tel que nous l'avons indiqué en introduction (p. 10-11), lors du recensement de 2001 pour la
province du Québec (Statistique Canada) 13 545 personnes se sont déclarées d'origine
ethnique algérienne; elles sont concentrées essentiellement dans la région métropolitaine de
Montréal, (12 615, ce qui représente 93,1% des immigrants algériens au Canada) et selon le
MICC (2005), ce nombre d'immigrant algériens a beaucoup augmenté; l'immigration est
estimée à 14662 personnes entre 2000 et 2004, ce qui nous donne un total hypothétique de
28 207 immigrants algériens. Mais selon le consulat d'Algérie à Montréal, ce nombre
d'immigrants n'a pas cessé d'augmenter depuis 2004 et on estime que le nombre total
d'immigrants algériens se situerait maintenant à environ 35 000..
3.3.2 Caractéristiques ethnoculturelles (voir tableau 3.1)
Selon Statistique Canada (2001), trois membres sur quatre de la communauté algérienne de
Montréal sont d'une origine unique, ce qui veut dire que 75% des membres de la
communauté sont de père et mère algériens. La majorité (79,3 %) des membres de cette
-----
--
33
communauté, en incluant les résidents non permanents, sont nés à l'étranger et les deux tiers
(66,7%) de la population immigrée se sont installés ici depuis 1996, La majorité (94,4 %) des
membres de la communauté algérienne, âgés de 15 ans et plus, sont de la première
génération, donc nés à l'étranger. Les membres de cette communauté sont majoritairement
(84,1 %) de religion musulmane.
Tableau 3. 1 Caractéristiques ethnoculturelles
Femmes Hommes Total
Caracteristiques ethllocullureiles
Il % Il % Il %
Genre de réponse
Reponses uniques 4515 74,9 5650 75,1 10165 75,0
Réponses mulliples 1515 25,1 1870 24,9 3380 25,0
Population totale 6030 100,0 7520 100,0 13545 100,0
SCa((/( migracoire
Natifs 1350 22,4 1455 19,3 2 805 20,7
Population immigrée 4 370 72,5 5400 71,8 9765 72,1
Résidents non permanents 310 5,1 670 8,9 975 7,2
Population tolale 6030 100,0 7520 100,0 "13 545 100,0
Période d'Immigrotion
Avanl1971 35 0,8 85 1,6 125 1.3
'1971-1980 75 1,7 170 3,1 245 2,5
1981-1990 395 9,0 675 12,5 1070 11.0
1991-1895 840 18,2 970 18,0 1815 '18,6
1896-2001 3020 68,1 3495 64,7 6515 66,7
Population immigrée 4370 100,0 5400 100,0 9765 100,0
Appanenance ou non aune mmarité Visible
Membre d'un groupe de minorites visibles 3865 64,1 5005 66,6 8870 65,S
Autres 2165 35,9 2515 33,4 4675 34,5
Population totale 6030 100,0 7520 100,0 13545 100,0
Source Statistique Canada, Recensement de 2001, 97F0010XCS01040,
Femmes Hommes ToIJ!
e:hlloculturelle5
(suite)
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fJ
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opportBnJnCe S2C B,t 0',,0 8,S ,j,o
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34
3.3.3 Caractéristiques démographiques (Voir tableau 3. 2)
Environ le tiers (32,2 %) des membres de la communauté algérienne sont âgés de moins de
15 ans, alors que 46,0 % sont âgés de 25 à 44 ans. Cette communauté compte plus d'hommes
(55,5 %) que de femmes (44,5 %).
Dans cette communauté, trois personnes sur cinq (59,8 %) sont légalement mariées et non
séparées et 32,2 % sont célibataires. Au sein des familles, 40,9 % des membres de la
communauté algérienne sont des enfants et 39,0 % des personnes mariées. La proportion des
partenaires en union libre est moins élevée dans cette communauté (3,0 %) que dans la
population québécoise (14,3 %).
Tableau 3. 2 Caractéristiques démographiques
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35
3.3.4 Caractéristiques linguistiques (Voir tableau 3. 3)
La quasi-totalité (97,7 %) des membres de la communauté algérienne connaissent le français,
tandis que moins de la moitié (43,4 %) connaissent l'anglais. Une plus grande proportion de
femmes que d'hommes connaissent uniquement le français (61,2 % contre 49,5 %) et moins
connaissent à la fois le français et l'anglais (35,7 % contre 48,9 %).
Plus de la moitié (58,8 %) des membres de la communauté algérienne sont de langue
maternelle autre que française ou anglaise (l'arabe ou le berbère). Donc, nous pouvons
considérer que l'arabe est la langue maternelle de la MAJORlTÉ des membres de la
communauté algérienne de Montréal.
Nous aurons l'occasion de revenir sur la question de la connaissance et l'emploi des
langues dans la communauté algérienne au chapitre 5, mais il est important de souligner que
selon Statistique Canada, 59,1 % des répondants disent surtout utiliser le français à la maison
alors que 19,5% disent utiliser une autre langue (1 ,arabe) ou que 19,6% donnent des réponses
multiples (probablement le français et l'arabe). Ceci veut donc dire que des 58,8% des gens
qui se disent de langue maternelle «autre» (arabe), il y en a plusieurs qui utilisent
uniquement ou partiellement le français à la maison.
Il est important de noter ici que pour des raisons méthodologiques, nous avons limité
notre enquête à des Algériens dont la langue maternelle est l'arabe, ce qui veut dire que notre
échantillon n'est pas totalement représentatif de la communauté entière. Selon le tableau 3.3
29,5% de la population algérienne de Montréal sont de langue maternelle française et 59,1%
utilisent le français à la maison. Si nous avions inclus dans notre échantillon les Algériens
dont la langue maternelle est le français, il est évident que nos résultats concernant la vitalité
ethnolinguistique de la langue arabe auraient été encore plus faibles. Il faudra constamment
tenir compte de cette exclusion dans la discussion qui suit.
36
Tableau 3. 3 Caractéristiques linguistiques
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3.3.5 Caractéristiques socio-économiques (Voir tableau 3. 4)
Sur le plan de la scolarité, plus de deux personnes sur cinq (41,2 %) de la communauté
algérienne, âgées de 15 ans et plus, détiennent un grade universitaire, ce qui représente près
de trois fois la proportion observée dans l'ensemble de la population québécoise (14,0 %). En
outre, la proportion des personnes qui n'ont pas dépassé le certificat d'études secondaires est
de 21,1 % comparativement à 48,8 % pour l'ensemble du Québec.
37
On dénombre 6 515 personnes d'origine algérienne au sein de la population active
québécoise. Elles affichent un taux d'emploi (51,0 %) inférieur à celui de l'ensemble de la
population du Québec (58,9 %), bien que leur taux d'activité soit supérieur (70,9 % contre
64,2 %). Le taux de chômage (28,0 %) qu'elles présentent est toutefois presque de 20 points
de pourcentage supérieur à celui de l'ensemble du Québec (8,2 %).
Les deux principaux secteurs industriels de la population active expérimentée de la
communauté algérienne sont la fabrication (16,6 %) et les services professionnels,
scientifiques et techniques (13,8 %). Les hommes sont surreprésentés dans les secteurs de la
fabrication et des services professionnels, scientifiques et techniques, alors que les femmes le
sont dans le secteur des soins de santé et de l'assistance sociale, dans les services
d'enseignement et dans le commerce de détail.
Le revenu moyen (22 668$) des personnes d'origine algérienne est inférieur à celui de
l'ensemble du Québec (27 125$). Les femmes de cette communauté déclarent un revenu
moyen inférieur à celui des hommes (14 669$ contre 28 117$), La part du revenu provenant
des transferts gouvernementaux est deux fois plus importante chez les femmes (23,2 %) que
chez les hommes (10,4 %).
Tableau 3.4 : Caractéristiques socio-économiques
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Source: Statistique Canada, Recensement de 2001, 97fOO IOXCB0140
38
3.3.6 Caractéristiques de la localisation
La communauté d'origine algérienne se concentre dans la région métropolitaine de
recensement de Montréal (93,1 %). La région administrative de Montréal regroupe 81,5 % des
membres de cette communauté et on trouve aussi 7,1 % de cette population dans la région
administrative de la Montérégie et 4,1 % dans celle de Laval (Voir tableau 3.5).
Dans la ville de Montréal, 12,9 % des membres de la communauté algérienne habitent
l'arrondissement d'Ahuntsic-Cartierville, 12,1 % celui de Villeray-Saint-Michel-Parc­
Extension, Il,3 % celui de Côte-des-Neiges-Notre-Dame-de-Grâce et 10,5 %
l'arrondissement de 8,7% Mercier-Hochelaga-Maisonneuve et 8,8% pour
Rosemont-Petite Patrie (Voir tableau 3.6).
Tableau 3.5 Caractéristiques de la localisation
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Tableau 3.6 Caractéristiques de la localisation
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CHAPITRE IV
MÉTHODOLOGIE
4.1 Introduction
Il existe différentes méthodes pour obtenir des données sur une population. Selon le type
d'information que le chercheur souhaite recueillir, la précision des réponses désirées dans le
cas d'un questionnaire, le nombre de personnes concernées, etc., le chercheur est appelé à
choisir entre plusieurs alternatives: l'observation, l'entretien ou le questiolli1aire (Krosnick,
1999).
4.2 Nos choix d'instruments d'enquête: la documentation et le questionnaire
Pour la première partie de notre étude, et afin de dresser le portrait de la vitalité « objective»
de la corrununauté algérielli1e de Montréal, nous allons tenter de la décrire objectivement à
partir des sources documentaires disponibles. Pour cela, nous étudierons les indices objectifs
des facteurs de vitalité tels que recueillis par les documents (Statistique Canada, etc.). Nous
pensons que c'est ainsi que nous parviendrons à connaître le degré de vitalité
ethnolinguistique objective du groupe.
Pour la deuxième partie de notre étude, et afin de dresser le portrait de la vitalité
ethnolinguistique « subjective », nous avons opté pour le questionnaire comme outil pour
effectuer notre enquête. L'utilisation du questiolli1aire est très efficace, puisque c'est un
instrument qui permet de recueillir un maximum de données, qui permet de mobiliser un
maximum de personnes en un minimum de temps possible, qui permet un retour rapide des
41
informations, qui peut être adapté en fonction de la population à l'étude et en fonction de
l'objet de recherche, et finalement, parce qu'il est relativement facile d'en vérifier la validité
(Brown, 1997). Il permet aussi le recours au témoignage verbal, et l'accès à des informations
telles que les opinions, les attitudes et les croyances et par l'occasion la facilité de dresser un
tableau descriptif de la communauté étudiée (Robert, 1988).
Notre choix s'est arrêté sur un questionnaire structuré comprenant des questions semi­
fermées. L'avantage de ce type de question est que d'une part tous les répondants ont les
mêmes choix de réponses, ce qui les rend comparables entre elles et d'autre part, cela laisse
moins de place à l'interprétation analytique.
4.3 Modes d'administration
Robert (1988) souligne que trois modes d'administration sont les plus utilisés: le
questionnaire face à face, le questionnaire par téléphone et le questionnaire par la poste ou
auto-administré. Chacun d'eux présente des avantages et des limites.
Le questionnaire face à face a comme avantage la présence de l'intervieweur, qui contrôle
la qualité des données en s'assurant de la bonne compréhension des questions, qu'il s'adresse
à la bonne personne et qu'il contrôle les questions manquantes. En contrepartie, il fait face à
la désirabilité sociale (le fait de donner des réponses qui donnent une image positive de soi),
et aux coûts élevés.
Le questionnaire par téléphone permet de cueillir des données dans un cours délai et à
faible coût, en contrôlant tant la variabilité des intervieweurs que la désirabilité sociale. Parmi
les limites de cette méthode, citons que le questionnaire ne peut pas être trop long, qu'il ne
peut pas contenir de questions complexes et que le répondant ne peut pas aller à son rythme.
42
Le questionnaire par la poste, quant à lui, présente un certain nombre d'avantages dont les
coûts réduits, le contrôle de la désirabilité sociale et l'absence d'influence possible de
l'intervieweur. Quant aux limites, citons par exemple la longue période pour la collecte de
données, le faible taux de réponse et l'absence d'intervieweur.
Puisque notre recherche s'intéresse à la vitalité ethnolinguistique à travers les attitudes et
les perceptions qu'ont les membres de la communauté algérienne envers leur(s) langue(s)
maternelle(s) et que certains des répondants ne pourront ou ne voudront pas avouer leurs
attitudes et perceptions envers leur langue maternelle ainsi que leurs limites dans son
utilisation, ils fourniront donc possiblement de fausses réponses, simplement pour donner une
image posi tive de soi. Il est donc important pour nous de contrôler la désirabilité sociale.
Par conséquence et vu les besoins de notre recherche et les avantages ainsi que les limites
de chaque mode d'administration, nous avons opté pour un questionnaire par la poste.
4.4 Élaboration du questionnaire
En élaborant un questionnaire, il est essentiel de bien cerner l'objectifrecherché, ainsi que le
type d'informations à recueillir (le choix de variables). Plusieurs chercheurs ont souligné ce
point. Citons à titre d'exemple Ghiglione (1987, p. 127):
Pour construire un questionnaire, il faut évidement savoir de façon précise ce que
l'on recherche, s'assurer que les questions ont un sens, que tous les aspects de la
question sont bien élaborés ...
Les questionnaires qui servent à analyser la vitalité ethnolinguistique sont peu nombreux
dans la littérature; parmi eux, citons le Subjective Vitality Questionnaire (SVQ), développé
par Bourhis, Giles et Rosenthal (1981), et qui a été utilisé ou adapté pour d'autres recherches.
43
Citons par exemple, les travaux de Komondouros et McEntee-Atalianis (2007) sur les Grecs
orthodoxes à Istanbul, les recherches de Sayahi (2005) sur les hispanophones au nord du
Maroc, les travaux de Lawson et Sachdev (2004) sur les Sylheti-Bangladais à Londres, ainsi
que les travaux de Mehmet-Ali Aking (2001) sur les Turcs en France et les travaux de
Yagmur, de Bot et Korzilius (1999) sur les Turcs en Australie.
4.4.1 Description du questionnaire SVQ
Le SVQ permet de comparer les perceptions de vitalité ethnolinguistique de groupes
ethnolinguistiques résidant dans une même région, de sous-groupes d'un groupe
ethnolinguistique qui ont été exposés à des expériences ethnolinguistiques différentes, les
relations entre la vitalité ethnolinguistique objective et la vitalité subjective, et les relations
entre la vitalité ethnolinguistique subjective et le comportement langagier, les attitudes, etc.
Chaque item du SVQ permet de mesurer les perceptions d'un membre d'un groupe
linguistique, ce qui permet de déterminer comment ce dernier classe son propre groupe
linguistique par rapport à un autre groupe sur les dimensions importantes de la vitalité
ethnolinguistique.
Ce questionnaire fait la distinction entre des mesures de vitalité ethnolinguistique
française et anglaise. Chacune des questions relatives à la mesure de vitalité ethnolinguistique
française est évaluée en fonction de la question correspondante de la mesure de vitalité
ethnolinguistique anglaise, et vice versa.
L'échelle de vitalité ethnolinguistique (tant française qu'anglaise) comprend 21 questions
réparties en trois sous-échelles. La première sous-échelle porte sur le statut accordé à la
langue et comprend une évaluation des faits suivants:
-l'importance qu'a la langue au niveau régional et international;
-l'importance du groupe ethnique au niveau régional;
44
-la fierté de l'héritage culturel;
- la richesse du groupe au plan économique.
La deuxième sous-échelle est reliée aux facteurs démographiques et comprend une
évaluation des facteurs suivants:
- la répartition de la population;
- le taux de naissance;
- l'immigration;
- l'endogamie;
-l'importance démographique du groupe dans la région.
La troisième sous-échelle porte sur le support institutionnel et comprend des questions
concernant respectivement:
- la fréquence d'usage de la langue dans les services gouvernementaux;
- la fréquence d'usage de la langue dans les organismes religieux;
- la fréquence d'usage de la langue par les mass media;
- la fréquence d'usage de la langue dans les organismes culturels;
-l'importance du groupe ethnique dans la vie économique;
- l'importance du groupe ethnique dans la vie éducationnelle;
-l'importance du groupe ethnique dans la vie politique;
- l'importance du groupe ethnique dans la vie des affaires.
Chaque participant répondait à chacune des questions en indiquant sur une échelle à sept
points la mesure dans laquelle le français et l'anglais étaient importants par rapport au cri tère
proposé. En calculant la moyenne pour l'ensemble des questions des trois sous-échelles, un
score faible (min. 1) indique chez le répondant une perception d'une vitalité extrêmement
faible, alors qu'un score élevé (max. 7) indique la perception d'une vitalité extrêmement
forte. Le point neutre (4) indique la perception d'une vitalité moyenne.
45
Selon Labrie (1984, p. 9), ce questionnaire pennet de: «[... ] mesurer la vitalité
ethnolinguistique subjective telle que les membres du groupe ethnique la perçoivent. »
4.4.2 Description du questionnaire QCEVEL
Les travaux de Landry et Allard les ont conduits à la conceptualisation de la VES comme
système de croyances. Ces recherches ont mené au développement du QCEVEL, un
instrument mesurant le construit de la VE d'une communauté dOIU1ée en termes de système
de croyance.
Le questionnaire comporte de nombreuses questions à structure fermée (choix multiples). Les
réponses sont présentées via une échelle de notation de 9 points de type Lickert. Les
répondants sont invités à encercler un des neuf chiffres pour signifier leur position sur la
question. Ainsi, un score de 1 indique le degré minimal tandis qu'un score de 9 indique le
degré maximal. Un score de 5 représente le milieu, une position médiane sur l'échelle.
4.4.3 Le questionnaire adapté
Par contre, vu la spécificité de notre public cible, c'est-à-dire la communauté algérieIU1e de
langue maternelle arabe de Montréal, notre instrument de mesure est une version modifiée du
questionnaire SVQ de Bourhis, Giles et Rosenthal (1981), La première partie est réservée aux
questions portant sur les dOIU1ées sociodémographiques (sexe, âge, niveau de scolarité,
revenu familial), et la durée de résidence; elles sont généralement les mêmes pour toutes les
recherches. La deuxième partie comprend notre version adaptée des 22 questions du SVQ de
Bourhis, Giles et Rosenthal (1981).
Cette partie du questioIU1aire nous a pennis de recueillir des dOIU1ées sur les perceptions
et les attitudes des répondants par rapport à leur groupe ethnolinguistique ainsi que de
46
mesurer l'évaluation que font les sujets de la vitalité de leur endogroupe dans différents
domaines de la VE, soit: le statut, la démographie et le support et le contrôle institutionnels.
Le questionnaire adapté est composé de quatre parties.
A- La vie des Algériens à Montréal
Les quinze questions de cette partie se concentrent sur la situation actuelle dès Algériens à
Montréal, ainsi que les ressources qui leur sont disponibles sur l'île de Montréal.
B- La langue arabe à Montréal
Les quinze questions de cette partie décrivent le rôle et l'utilisation de l'arabe, du français, de
l'anglais et du berbère ainsi que leurs potentiel de survie; aussi, elles nous fournissent des
informations sur l'auto-évaluation des compétences linguistiques des répondants.
C- Ce que les répondants aimeraient voir pour l'arabe
Les questions de cette partie sont tirées et adaptées du questionnaire QCEVEL de Landry et
Allard. Les quatre questions décrivent ce que les membres de la communauté algérienne de
Montréal voudraient ou aimeraient voir pour l'arabe à Montréal, si c'était possible.
D- Les attitudes des Algériens
Dans cette partie, les répondants doivent évaluer la pertinence d'un certain nombre de
déclarations portant sur l'importance relative de l'arabe ainsi que les attitudes des répondants
envers la possibilité de le perdre, soit eux-mêmes soit leurs enfants.
Pour élaborer cette section, nous avons traduit en français et en anglais, en faisant appel à
un traducteur, les questions pertinentes à notre étude.
Nous avons jugé inutile de traduire les questions en arabe, vu que la très grande majorité
des membres de la communauté algérienne maîtrise le français ou l'anglais.
Pour le type de choix de réponses, nous avons utilisé le même type de choix de réponses que
celui utilisé par Bourhis, Giles et Rosenthal (1981) dans le SVQ, à savoir les réponses à
échelle Lickert, qui varient selon le type de question entre pas du tout et très bien, très
grand, exclusivement, extrêmement, excellent, diminue rapidement et augmente rapidement,
47
aucun et très nombreux ou très grand, minorité très petite et majorité très grande,
complètement indifférent et très concerné, aucun et très nombreux, etc.
La plupart des questions sont conçues de manière à permettre le contrôle de cohérence
interne des réponses. Les réponses proposées sont présentées via une échelle de notation de 5
points de type Lickert (voir Figure 4. 2). Ce genre d'échelle permet aux répondants de
nuancer leurs opinions au lieu de répondre simplement par un oui ou un non.
Les répondants sont invités à encercler un des cinq chiffres pour signifier leur position sur
la question.
Ex:
Estimez le taux de naissance des Algériens à Montréal:
2 3 4 5
Diminue Diminue Stable Augmente Augmente
rapidement légèrement légèrement rapidement
Combien d'Algériens émigrent de Montréal vers d'autres provinces ou pays tous les ans?
2 3 4 5
Aucun Peu Un nombre Nombreux Très nombreux
nombreux modéré
48
À mon avis, mes enfants vont....
2 3 4 5
Plus que Probablement Peut-être Probablement Plus que
certainement perdre leur perdre leur maintenir leur certainement
perdre leur arabe arabe arabe maintenir leur
arabe arabe
Figure 4. 2 Échelle de notation de 5 points de types Lickert
D'autre part, les questions concernant les données sociodémographiques demandent un
choix de réponse nominal.
Exemples:
Si vous utilisez une langue autre que l'arabe, le français ou l'anglais à la maison,
a- Indiquez la langue _
En quelle année êtes-vous arrivé à Montréal? _
4.5 Procédure et échantillonnage
Nous avons distribué notre questionnaire auprès d'environ 120 répondants par le biais de la
poste; néanmoins, sur 120 questionnaires envoyés, nous avons récupéré un total de 90
questionnaires remplis. Ainsi, nous avons pu obtenir un échantillon de 30 répondants pour la
catégorie des 16-21 ans, 33 répondants pour les 22-40 ans, 23 pour les 41-55 et 4 pour les 65
ans et plus.
Étant donné le nombre trop faible de répondants âgés de plus de 65 ans, cette dernière
catégorie n'a pas été prise en compte et nous avons donc éliminé ces quatre questionnaires
Nous avons donc analysé les résultats obtenus uniquement auprès des trois premières
catégories d'âge, pour un total de 86 répondants.
49
Sur les 86 répondants retenus, nous avons eu 40 de sexe féminin et 46 de sexe masculin.
La cueillette des données s'est avérée relativement longue (5 mois) pour la raison suivante: il
a été assez difficile d'obtenir suffisamment de répondants pour les catégories d'âge 41-55 et
65 ans et plus.
La première vague de collecte de données a été faite par des contacts personnels. Ces
répondants ont par la suite servi à dépister d'autres répondants qu'ils connaissaient, suivant
les trois critères de sélection, à savoir: appartenir à la communauté algérienne de Montréal,
avoir l'arabe comme langue maternelle et être âgé d'au moins 16 ans. Ce type de collecte
de donnée est appelé « boule de neige ».
De plus, le centre culturel algérien de Montréal (CCA) nous a permis de recruter d'autres
répondants potentiels. Il s'est chargé de la distribution des questionnaires puis de la cueillette
auprès des répondants; par la suite ces questionnaires remplis ont été envoyés par la poste à
notre adresse.
Nous soulignions encore une fois que nous nous sommes limité à questionner des
membres de la communauté algérienne qui avait l'arabe comme langue maternelle, ce qui
veut dire que ceux-ci ne représentent que moins des deux-tiers de la communauté, étant
donné que quelque 30% des Algériens déclarent qu'ils ont le français comme langue
maternelle. On pourrait justifier notre choix par le fait que nous prenons pour acquis que les
Algériens dont la langue maternelle n'était pas l'arabe (donc surtout le français) auraient ou
pourraient avoir des opinions beaucoup moins favorables envers l'arabe (donc augmenterait
la faiblesse de la VE de l'arabe encore plus), mais nous signalons également que notre choix
méthodologique peut avoir pour effet que les résultats sont plus «positifs» que si nous
n'avions pas exclu les membres de la communauté dont la langue maternelle est le français.
50
4.6 Technique d'analyse des résultats
Une fois que les données étaient recueillies et codées par nous-même (à l'aide du logiciel
Excel), des analyses statistiques descriptives ont été effectuées à l'aide du logiciel de
statistique pour les sciences sociales (SPSS, 1990).
Pour chaque question du questionnaire, nous avons calculé la moyenne des choix de
réponses en fonction de deux variables socio-démographiques : le groupe d'âge et le sexe des
répondants; aussi nous avons tenu compte de la variable de la durée de résidence des
répondants.
Pour comparer les moyennes obtenues selon le groupe d'âge, nous avons utilisé ['analyse
de variance à un facteur suivie de comparaisons de chaque groupe d'âge entre eux.
Les calculs de ces moyennes et des analyses de variance ont été effectués avec le logiciel
statistique SPSS conçu spécialement pour faire le traitement statistique informatisé de
données recueillies lors de recherches en sciences sociales.
Malheureusement, les résultats obtenus lors des analyses de variance nous montrent
qu'aucune de nos variables n'était significative, sauf pour les variables âge et niveau de
scolarité qui sont présentées à la p.68, tableau 5.5 et c'est pour cela que notre analyse sera
limitée à des statistiques descriptives.
CHAPITRE V
PRÉSENTATION ET ANALYSE DES RÉSULTATS
5.1 Introduction
En premier lieu, nous allons tenter de déterminer la vitalité ethnolinguistique objective
(VEO) de la communauté algérielll1e de langue maternelle arabe de Montréal au moyen de
trois types de facteurs: le statut, la démographie et le contrôle et le support institutiolll1els
(Giles et al., 1977).
En deuxième lieu, nous présenterons les résultats obtenus au questionnaire portant sur les
croyances et les attitudes de la communauté algérielll1e de langue maternelle arabe de
Montréal, c'est-à-dire la vitalité ethnolinguistique subjective (VES), selon les trois groupes
d'âge.
Comme nous l'avons mentiolll1é dans le chapitre portant sur notre méthodologie, notre
questiolll1aire est divisé en quatre parties, à savoir a) la vie des Algériens à Montréal, b) la
langue arabe à Montréal, c) ce que les répondants aimeraient voir pour l'arabe et d)
['importance de l'arabe et les attitudes des Algériens envers la possibilité de le perdre. Ces
quatre parties reflètent les croyances et les perceptions de la communauté algérielll1e de
langue maternelle arabe envers sa propr.e vitalité ethnolinguistique.
52
5.2 La vitalité ethnolinguistique objective (VEO) de la communauté algérienne de
langue maternelle arabe de Montréal
Nous allons tenter de dresser un portrait de la communauté algérienne de langue maternelle
arabe de Montréal en utilisant le modèle de la VEO (Giles et al, 1977). Nous examinerons les
facteurs qui déterminent la VEO, tels que la démographie, l'organisation sociale ou le statut
et les supports et contrôles institutionnels.
5.2.1 Le capital démographique
Le capital démographique d'une communauté minoritaire peut se mesurer de manière
objective en tenant compte d'un certain nombre d'indices, tel que le nombre absolu des
membres de la communauté, et dans le mesure du possible, en termes de pourcentage de la
population totale, le taux de natalité, le taux d'exogamie ou d'endogamie, le taux
d'immigration ou d'émigration ainsi que la distribution ou la concentration de la population
visée sur le territoire.
5.2.1.1 La taille de la communauté
Tel que nous l'avons indiqué en introduction (p. 10-11), et à la section 3.3.1, le nombre
d'Algériens dans la région de Montréal se situerait à environ 35000 personnes.
Ce chiffre représente 0,26% de la population totale de la région de Montréal; ceci montre
que les Algériens à Montréal représentent une très petite minorité.
53
5.2.1.2 Le taux de natalité
Le recensement de 2001 (Statistique Canada) nous révèle que la majorité (79,3 %) des
membres de la conununauté algérienne de Montréal est née à l'étranger tandis que 20,7%
d'entre eux sont nés au Québec et que 75% d'eux sont de parents algériens.
Nous ne disposons pas de statistiques exactes sur le taux de natalité dans la conununauté
algérienne de Montréal, toutefois selon Statistique Canada (2001), nous savons que les deux
tiers (66,7%) de la population inunigrée se sont installés ici depuis 1996 et que 94,4 % des
membres de cette conununauté, âgés de 15 ans et plus, sont de la première génération, ce qui
revient à dire, nés à l'étranger. Donc, une différence de presque 15%, qui représente les
membres de la conununauté âgés de moins de 15 ans et qui sont nés à l'étranger.
5.2.1.3 L'endogamie \ exogamie
Selon Deschamps (1978), trois variables sont reliées à l'exogamie: le nombre (selon que le
groupe est minoritaire ou majoritaire), le sexe et la classe sociale.
L'exogamie serait plus forte dans les groupes minoritaires; elle serait également plus forte
chez les fenunes des groupes majoritaires que chez les honunes du même groupe. Mais elle
serait très forte chez les honunes des groupes minoritaires comparativement aux fenunes du
même groupe. Elle serait élevée aussi chez les individus hautement scolarisés,
comparativement aux individus moins scolarisés.
L'endogamie ou le mariage non mixte indique dans quelle mesure les membres du groupe
sont encore liés à leur passé culturel.
54
Selon le consulat général d'Algérie à Montréal, la corrununauté algérienne de Montréal
présente un fort taux d'endogamie. Plus de la moitié des mariages algériens se contractent
entre époux algériens.
5.2.1.4 L'immigration\ émigration
Concernant les données qui représentent le taux d'irrunigration de la corrununauté algérienne
de Montréal, ils ont déjà été présentés au chapitre III. Par contre, pour des données qui
représentent le taux d'émigration, surtout vers d'autres _provinces du Canada, nous ne
disposons d'aucune information qui indique l'existence d'un taux fort ou faible d'émigration.
5.2.1.5 La distribution: concentration en territoire national
Les nouveaux arrivants ont tendance à se concentrer géographiquement dès leur arrivée, dans
les endroits qui manifestent déjà une certaine présence de cette communauté. La corrununauté
algérienne est relativement concentrée géographiquement car la majorité de ses membres
réside dans les quartiers ou arrondissements suivants: Ahuntsic-Cartierville, Villeray-Saint­
Michel-Parc-Extension, Côte-des-Neiges-Notre-Dame-de-Grâce et Saint-Léonard. (Voir
Tableau 3. 6 Caractéristiques de la localisation)
Nous ne disposons pas de données ou d'indices qui peuvent nous indiquer la
concentration ou la proportion exacte de la corrununaùté algérienne dans les quartiers ou
arrondissements cités; ainsi, nous ne pouvons pas juger si la conçentration de la communauté
algérienne est forte ou faible.
Étant donné que selon Statistique Canada (2001), les Algériens ne représentent que
0,26% de la population de la région de Montréal, nous pouvons dire que dans la très grande
55
majorité des cas, les Algériens sont toujours dans une concentration relativement faible, quel
que soit le quartier ou l'arrondissement où ils habitent.
En conclusion, les facteurs démographiques sont reliés au nombre total des membres de
la communauté, à la concentration résidentielle, au degré d'exogamie ou d'endogamie et au
taux de l'inunigrationlémigration.. Plus le groupe répond à ces facteurs, plus il a de vitalité
ethnolinguistique et plus il a une chance de survie.
Nous pouvons tentativement çonclure que selon. les dOIUlées partielles dont nous
disposons, le capital démographique se révèle relativement faible et ne peut à lui seul assurer
la vitalité ethnolinguistique de la communauté algérieIUle de Montréal.
5.2.2 Le support institutionnel
Nous rappelons que selon Bourhis et al. (1981), plus une communauté a un support
institutioIUlel, plus sa vitalité ethnolinguistique est élevée. Aussi à cet effet, selon Erfurt
(1966, p. 64), la vitalité linguistique d'un groupe et donc l'usage de la langue maternelle
dépend largement du degré de contrôle qu'a le groupe sur ses propres institutions ou à quel
point le groupe détient du pouvoir au sein d'organisations sociales importantes.
Les groupes linguistiques qui satisfont à ces facteurs auront plus de vitalité en tant que
groupe linguistique et auront donc plus de chance de survie.
5.2.2.1 Les institutions sociales algériennes
Pour la communauté algérienne, on recoIUlaît qu'elle a accès à quelques ressources comme le
Centre culturel algérien (CCA), l'association des Femmes algérieIUles du Canada,
56
l'association Enfants d'Algérie, le Regroupement des Algériens du Canada et le Cercle des
familles algériennes. Ces associations ont pour objectifs la sauvegarde et la promotion des
valeurs familiales au sein de la communauté algérienne en particulier et au sein de l'ensemble
de la société canadienne en général. Aussi, l'épanouissement de la communauté algérienne en
répondant à ses besoins tant du point de vue social qu'éducatif, l'aidera à trouver un cadre et
des solutions pour son bien-être au sein de la grande famille québécoise et canadienne, tout
en préservant ses valeurs par une intégration saine et positive.
Il existe aussi d'autres associations sociales et sportives typiquement algériennes; citons à
titre d'exemple le club de football, le Rapide d'Algérie, le club d'athlétisme et de lutte de
Jean Talon.
5.2.2.2 Les médias
On reconnaît trois journaux qui sont publiés en arabe à Montréal, spécialement pour la
communauté algérienne et en général pour la communauté arabe. Citons à titre d'exemple,
Alfa, le journal des Algériens de Montréal qui existe depuis dix ans. Tiré à 1 000 exemplaires
à ses débuts, il a connu des pointes à 7 000 exemplaires et envisage de porter ce tirage à
10000 exemplaires par mois. Son père est Mustapha Chelfi, ex-rédacteur en chef en Algérie.
L'Élan et El-waten sont aussi des journaux consultés par la communauté. Tous ces journaux
sont de nature communautaire. Également, la communauté peut avoir un accès direct par
Internet à tous les hebdomadaires publiés en langue arabe, en Algérie, à savoir, El khabar, El
cherouk, El salam, etc.
Pour la radio, il existe à Montréal CCA radio live qui est devenue
SALAMONTREAL.COM, une radio algérienne diffusée en arabe, 3h/jour; et 7joursl7jours,
qui réunit une équipe de bénévoles, animateurs et techniciens, tous dévoués pour bien servir
les membres de la communauté. Son mandat est bien clair : fournir une programmation
originale, riche et diversifiée à ceux et celles qui l'écoutent, qui se veut également un portail
57
d'information précis, juste et fiable. En effet, des rubriques, touchant plusieurs secteurs de la
vie quotidienne de la communauté algérienne ont été conçues pour mieux répondre aux
besoins culturels, artistiques, scientifiques, communautaires.
Aussi la communauté algérienne de Montréal peut suivre toutes les émissions
algériennes, venant directement d'Algérie par télévision payante (câble). Notons finalement
que la présence d'autres médias en langue arabe, qui ne s'adressent pas uniquement à la
communauté algérienne mais à toute la communauté arabe (par ex. la radio du Moyen orient
de Montréal) peut aussi renforcer la présence de l'arabe.
5.2.2.3 L'éducation
Il existe plusieurs écoles musulmanes à Montréal, qui offrent des cours d'arabe et d'islam (la
religion de la communauté algérienne de Montréal). Citons à titre d'exemple l'école Salah
Edinne et l'école musulmane à Saint-Laurent.
Les principaux objectifs visés par ces écoles sont de dispenser une éducation
conventionnelle et religieuse de qualité et de faire découvrir 1'héritage religieux et culturel de
l'islam. Toutefois, suite à la Loi 101, tous les enfants algériens de Montréal se font éduquer
en français, l'enseignement n'est donné qu'en langue française, ce qui peut contribuer à la
perte de VE. Néanmoins, nous ne disposons pas de chiffres exacts sur les Algériens qui
choisissent de s'inscrire dans un CEGEP ou une université anglophones après leurs études
secondaires, ni de chiffres qui indiqueraient le nombre d'Algériens qui fréquentent les écoles
musulmanes. On note aussi qu'il n'existe aucune école proprement algérienne à Montréal et
que l'accès payant aux écoles musulmanes ne serait pas toujours à la portée de tous les
membres de la communauté algérienne.
58
5.2.2.4 Les services gouvernementaux
À Montréal, la communauté algérienne ne peut pas avoir recours aux services
gouvernementaux en arabe, la langue maternelle de la majorité, et elle doit utiliser le français
ou l'anglais.
5.2.2.5 L'industrie
Nous ne disposons d'aucune information exacte qui nous démontre la présence ou l'absence
de la communauté algérienne sur le plan industriel. On note donc que les services formels
sont faibles et ne peuvent à eux seuls assurer la survie de la communauté algérienne de
Montréal.
5.2.2.6 La religion
L'islam est la religion de la communauté algérienne de Montréal. Il est pratiqué dans
plusieurs mosquées (endroit où les musulmans pratiquent l'islam) et il existe plusieurs
mosquées qui sont majoritairement réservées aux Algériens, tel que El tawhid, Fatima, Dar
el arkam, El ouma. Ces mosquées sont dotées d'autres services d'ordre social (tel que
ramasser des dons pour aider les membres défavorisés de la communauté algérienne) et
d'ordre culturel (par ex. célébrer les fêtes religieuses)
La pratique de l'islam favorise beaucoup la survie de l'arabe et représente un indice très
fort pour la préservation de cette langue.
59
5.2.2.7 La culture
La conununauté algérienne possède un héritage culturel riche; c'est un mélange de culture
arabe et de culture musulmane. De nombreuses associations travaillent pour la survie de la
culture algérienne, en organisant des soirées culturelles. Citons par exemple, le Centre
culturel algérien, qui organise chaque année une journée sous le titre du « couscous de la
fraternité» où tous les membres de la conununauté algérienne sont invités et appelés à
présenter la culture algérienne à leurs société d'accueil, à savoir, la conununauté québécoise.
Un autre exemple de la présence de la culture algérienne à Montréal est l'écrivain-poète,
,
Salah Benlabed, qui a été architecte. Lauréat d'un prix international, il a enseigné
l'architecture à l'Université d'Alger. Installé à Montréal depuis 1994, il réalise en décembre
2006, La valise grise, son premier recueil de nouvelles de 168 pages.
Les personnages de ces nouvelles sont des êtres qui ont le cœur en exil. Sur le quai des
départs, ils ont abandonné leurs valises, trop lourdes et trop grises ... Mais le souvenir de
leurs amours disparues ou de leurs pays perdus continue de les hanter, même si leur mémoire
magnanime leur accorde parfois le refuge de l'oubli.
Des pièces de théâtre sont aussi présentées par de jeunes talents algériens, qui traitent
plusieurs sujets intéressants pour la communauté algérienne (l'intégration, les traditions, etc.)
Cependant, la communauté algérienne partage plusieurs activités religieuses (les fêtes
religieuses, aid-el fitr et aid-el adha) culturelles et sociales (le festival de la culture arabe a
Montréal) avec les autres arabophones de Montréal, et ceci ne peut que renforcer la présence
de la langue arabe.
60
5.2.2.8 La politique
À notre connaissance et d'après une consultation auprès de quelques associations algériennes
et de membres de la communauté, nous pouvons signaler l'inexistence d'un représentant
algérien en politique, à quelque niveau que ce soit: municipal, provincial, fédéral.
En conclusion, nous pouvons noter que la langue arabe est bien présente à Montréal grâce
a la culture algérienne et arabe; cependant, la culture seule est insuffisante pour assurer la
survie de la langue arabe.
5.2.3 Le statut
Plus le statut d'un groupe linguistique est élevé, plus son entité collective sera forte, donc
plus ce groupe aura de la vitalité ethnolinguistique.
La communauté algérienne ne possède pas de leviers qui leur assureraient un statut au
sein du groupe majoritaire. Pas de leviers sociaux ou socio-économiques à cause du fait que
ce sont des immigrants récents et relativement peu nombreux et pas de leviers socio­
historiques (1 'histoire de l'Algérie est très compliquée et peu connue; pendant des siècles, elle
n'était qu'une région subalterne, secondaire et dominée par des empires tels les Byzantins, les
Ottomans, les Français, etc.)
Pour le statut de la langue arabe, selon Statistique Canada (2001), plus de la moitié
(58,8% %) des membres de la communauté algérienne sont de langue maternelle autre que
française ou anglaise (donc l'arabe ou le berbère) alors que 29,5% déclarent le français
comme langue maternelle et seulement 1% signalent l'anglais comme Ll. Par contre, 10,6%
donnent des réponses multiples (à savoir, deux langues maternelles, tout probablement
l'arabe et le français).
61
Selon ces chiffres, un haut pourcentage d'Algériens, plus de 40% se déclarent de langue
maternelle autre que l'arabe, et ceci ne peut qu'être un des indices majeurs d'une faible
vitalité objective de la langue arabe.
Malgré la présence d'arabophones autres que les Algériens (Marocains, Tunisiens,
Égyptiens, Libanais, etc.) au 'Québec, nous pouvons constater que la langue arabe est une
langue minoritaire qui n'a aucun s t a ~ t officiel. La communauté algérienne de Montréal ne
peut donc pas avoir recours ni aux services gouvernementaux, ni à d'autres services dans
plusieurs domaines de la vie publique tels que l'école, les médias, etc. dans sa langue
maternelle, et elle doit utiliser le français ou éventuellement l'anglais.
Ce cas n'est pas partout pareil dans le monde, car la langue arabe est utilisée par des
millions de personnes (arabes et musulmans) et par conséquence, le statut de l'arabe peut être
plus élevé ailleurs qu'au Québec.
5.2.4 Conclusion
À partir des facteurs présentés ci-dessus, il nous semble que la VEO de la communauté
algérienne de langue maternelle arabe est relativement faible quant au maintien de sa langue
maternelle. Désormais, le français est la langue d'usage, adoptée par la majorité.
Par contre, nous observons une VEO forte dans le domaine religieux, qui est dû au
contexte social: à Montréal, plusieurs mosquées et associations assurent les pratiques
religieuses et par conséquence, le maintien de la vitalité de la langue arabe chez la
communauté algérienne.
Cependant, si nous faisons référence à la situation des Juifs marocains de Montréal
(Boussougha, 2004), qui représentent une communauté avec une faible VE et qui est toujours
62
considérée comme une entité religieuse culturelle, nous pouvons dire que la communauté
algérienne est une minorité ethnolinguistique avec une faible vitalité ethnolinguistique qui
aura tendance à s'assimiler linguistiquement et progressivement au sein du groupe
majoritaire francophone, mais restera toujours une entité religieuse culturelle.
5.3 Résultats de la vitalité ethnolinguistique de la communauté algérienne de Montréal
en termes de perceptions et de croyances (la vitalité ethnolinguistique subjective - VES)
Dans cette section, nous présentons les résultats obtenus par notre questionnaire sondant les
attitudes et les croyances de la communauté algérienne de langue maternelle arabe de
Montréal envers la langue maternelle (l'arabe, pour la majorité) ainsi qu'envers le français et
l'anglais, telles que déclarées par les membres de la communauté étudiée.
Avant d'exposer les résultats de nos trois groupes d'âge, une analyse statistique des
résultats obtenus démontre que le facteur sexe n'est significatif pour aucun des éléments
retenus (attitudes et croyances). Il n'y a donc aucune différence de croyance ou d'attitude
envers la VES de la part des hommes ou des femmes. Même si ces chiffres pourraient nous
étonner, ils ne sont pas à mettre en doute. Nous n'y reviendrons donc plus.
5.3.1 Comparaison des choix de réponses selon les variables
On distingue entre deux types de variables: les variables indépendantes qui étaient le sexe, le
groupe d'âge, le niveau de scolarité et l'année d'arrivée à Montréal (à noter cependant que 14
répondants se sont déclarés natifs du Québec). Tel que mentionné, le facteur sexe ne semble
jouer aucun 'rôle dans le choix des réponses. Les variables dépendantes représentent les
réponses données aux questions du questionnaire. Pour certaines questions, il y avait un choix
de réponses (1 à 5) et sont donc ordonnés. D'autres questions posaient des choix de réponses
nominaux.
63
Afin de savoir si nos variables jouent un rôle important et significatif pour définir la
vitalité ethnolinguistique de la communauté algérienne, nous avons effectué une comparaison
des choix de réponses.
Pour les questions dont les choix de réponses sont ordonnés, nous avons utilisé le test non
paramétrique de Kruskal-Wallis pour tenir l'ordre des choix de réponses. Si le test global
était significatif, nous avons effectué les comparaisons deux-à-deux et rapportons les p­
valeurs.
Pour les questions dont les choix de réponses sont nominaux, nous avons utilisé le test
d'indépendance du Khi-carré. Étant donné le petit nombre de répondants dans la catégorie
« autre langue» nous avons retiré cette catégorie pour les tests statistiques.
5.3.2 Les données sociodémographiques
Les résultats de cette partie nous présentent les renseignements personnels des répondants,
qui nous permettent le classement et l'analyse des réponses obtenues.
5.3.2.1 Sexe
Notre échantillon est de 86 répondants: 46 hommes, ce qui représente un pourcentage de
53,495% et 40 femmes, ce qui représente un pourcentage de 46,51 %.
64
Tableau 5.1 Sexe des répondants
Sexe Nombre Pourcentage
Masculin 46 53,49%
Féminin 40 46,51 %
Total 86 100%
5.3.2.2 .Âge
Notre échantillon de 86 répondants est divisé en trois catégories d'âges: la première
catégorie inclut les répondants âgés de 16-21 ans, qui représente un pourcentage de 34,88%;
la deuxième catégorie inclut des répondants de 22-40 ans, qui représente un pourcentage de
38,37% et la dernière catégorie d'âge se compose des répondants âgés de 41-55 ans, ce qui
représente un pourcentage de 26,74%.
Tableau 5.2 Catégorie d'âge des répondants
Age Nombre Pourcentage
16-21 ans 30 34,88%
22-40 ans 33 38,37%
41-55 ans 23 26,74%
Total 86 99,99%
5.3.2.3 Niveau de scolarité complétée
Les résultats de cette question nous fournissent des informations sur le niveau de scolarité
complétée de nos répondants.
65
Nous avons obtenu un seul répondant ayant uniquement terminé le niveau primaire, ce
qui représente un pourcentage de 1,16%; 23 répondants ont un niveau secondaire (en Algérie,
le lycée), ce qui représente un pourcentage de 26,74%; 25 répondants ont terminé le niveau
cégep (l'équivalent algérien serait le bac), ce qui représente un pourcentage de 29,07% et 37
répondants ont terminé au moins le premier cycle d'études universitaires, ce qui représente
un pourcentage de 43,02%.
Ces chiffres nous indiquent que plus de deux personnes sur cinq de la communauté
algérienne de Montréal détiennent un grade universitaire, ce qui représente près de trois fois
la proportion observée dans l'ensemble de la population québécoise (14,0 %) (Statistique
Canada, 2001). Ceci nous montre que la communauté algérienne est une communauté très
éduquée.
Tableau 5.3 Niveau de scolarité complété
Niveau de scolarité complété Nombre Pourcentage
Ecole primaire 1 1.16%
Ecole secondaire 23 26.74%
Cégep (bac) 25 29.07%
Université 37 43.02%
Total 86 99,99%
5.3.2.4 Année d'arrivée à Montréal
Les résultats obtenus à la question portant sur quelle année les répondants étaient arrivés à
Montréal, nous donnent les informations telles que consignées au tableau 5.4
66
Tableau 5.4 Année d'arrivée à Montréal
Nombre Pourcentage
Né au Québec 14 16,28%
Arrivé en 1980 1 1,16%
En 1985 1 1,16%
Enl986 3 3,49%
Enl987 2 2,33%
En 1988 3 3,49%
Enl989 4 4,65%
En 1990 8 9,30%
En 1991 1 1,16%
En 1992 3 3,49%
En 1993 1 1,16%
En 1994 4 4,65%
En 1995 2 2,33%
En 1997 1 1,16%
En 1998 5 5,81%
En 1999 3 3,49%
En 2000 7 8,14%
En 2001 4 4,65%
En 2002 4 4,65%
En 2003 7 8,14%
En 2004 2 2,33%
En 2005 3 3,49%
En 2006 3 3,49%
Total 86 99,99%
Ces chiffres nous indiquent qu'une petite minorité des membres de la communauté
algérienne est née ici au Québec (16,28%) et que la forte majorité est née ailleurs (83,72%) et
67
par conséquence est arrivée au' Québec comme immigrants. Un plus grand nombre est arrivé
en 1990 (9,3%), un autre assez grand nombre en 2000 (8,14%) et à nouveau en 2003 (8,14%).
Cela est dû aux événements et à la situation politique et sociale pénible que l'Algérie a
connus depuis 1990.
Les résultats nous montrent qu'aucune de nos variables (indépendantes et dépendantes)
n'était significative, sauf pour les variables âge et niveau de scolarité:
Pour le niveau de scolarité, nous avons regroupé les catégories primaire et secondaire et
nous avons obtenu les résultats suivants:
Comme on pouvait s'y attendre, c'est le groupe des 16-21 ans qui est le moins scolarisé
(53,33% d'eux ont un nivaux primaire ou secondaire; 36,67% ont un niveau de cégep et 10%
ont un niveau universitaire) comparativement aux 22-40 ans dont 12,12% ont un niveau
primaire ou secondaire, 9,09% ont un niveau de cégep et 78,79% ont un niveau universitaire)
et aux 41-55 ans dont 17,39% ont un niveau primaire ou secondaire, 47,83% ont un niveau de
cégep, et 34,78% ont un niveau universitaire.
Tableau 5.5 Âge et niveau de scolarité complété
Groupes d'âge Scolarité (primaire Cégep (bac) Université Total
ou secondaire
16-21 ans 16 Il 3 30
53,33% 36,67% 10%
22-40 ans 4 3 26 33
12,12% 9,09% 78,79%
41-55 ans 4 Il 8 23
17,39% 47,83% 34,78%
Total 24 25 37 86
27,90% 29,06% 43,02%
68
5.4 La situation actuelle des Algériens à Montréal
Dans cette section, nous allons présenter les résultats des croyances concernant la situation
actuelle des Algériens à Montréal, ainsi que les ressources qui leur sont disponibles sur l'île
de Montréal. Nous avons obtenu les résultats suivants:
5.4.1 Estimation de la proportion de la population francophone de Montréal que
représentent les Algériens
Nous pouvons constater que seulement II de nos 86 répondants, c'est-à-dire 12,79% de
l'échantillon, estiment que la communauté algérienne représente 1% ou moins de la
population francophone de Montréal et que 75 répondants (87,21%) déclarent que la
communauté algérienne représente plus de 1% de la population francophone de Montréal. En
réalité et selon statistique Canada (2001), la communauté algérienne ne représente qu'environ
0,26% de la population francophone de Montréal, ce qui est loin des estimations de la
majorité des répondants.
QA1- Pour la population francophone de Montréal, estimez la proportion que les
algériens représentent
Tableau 5.6 Proportion de la population francophone de Montréal que représentent les
Algériens
Proportion de la Nombre de répondants Pourcentage
population francophone
de Montréal
1% et moins II 12,79%
2-4% 32 37,21%
5-7% 37 43,02%
8-10% 4 4,65%
Plus de 10% 2 2,33%
Total 86 99,99%
69
Aussi, il Y a la question de ce que les répondants entendaient par «Montréal»:
uniquement la ville de Montréal elle-même (excluant les villes défusionnées) ou l'île de
Montréal (incluant les villes défusionnées) ou même le Grand Montréal (incluant Laval et la
Rive Sud).
Néanmoins, dans le questionnaire, il était clairement indiqué à la première page que par le
terme « Montréal» nous entendions spécifiquement « l'île de Montréal », donc en incluant
les villes défusionnées de l'Ouest de l'île, etc.
5.4.2 Évaluation du taux de naissance des Algériens de Montréal
Les résultats obtenus à cette question nous rapportent que 77 de nos répondants estiment que
le taux de naissance dans la communauté algérienne de Montréal est stable ou augmente
légèrement, ce qui représente un pourcentage de 89.54%; par contre seulement quatre
répondants pensent que le taux de naissance diminue légèrement, ce qui représente un
pourcentage de 4.65% et aussi seulement cinq répondants estiment que ce taux de naissance
augmente rapidement, avec un pourcentage de 5.81 %.
Ces résultats n'ont pas de causes claires et précises qui pourraient les expliquer.
QA2- Estimez le taux de naissance des Algériens à Montréal
Tableau 5.7 Taux de naissance
Taux de naissance Nombre de répondants Pourcentage
Diminue légèrement 4 4,65%
Stable 39 45,35%
Augmente légèrement 38 44,19%
Augmente rapidement 5 5,81%
Total 86 99,99%
70
5.4.3 Évaluation du taux d'immigration annuelle d'Algériens vers Montréal
D'après nos résultats, 51 répondants éyaluent que les Algériens qui inunigrent à Montréal
tous les ans sont très nombreux ou assez nombreux, ce qui représente un pourcentage de
69.3% et que 35 répondants pensent que les Algériens qui émigrent à Montréal ne sont que
modérément ou peu nombreux, ce qui représente un pourcentage de 40.7%.
QA3- Combien d'Algériens émigrent à Montréal tous les ans?
Tableau 5.8 Taux d'immigration annuelle d'Algériens vers Montréal
Nombre Pourcentage
Peu nombreux 9 10,47%
Nombre modéré 26 30,23%
Nombreux 50 68,14%
Très nombreux 1 1,16%
Total 86 99,99%
5.4.4 Évaluation du taux annuel d'émigration des Algériens vers d'autres provinces ou.
pays
Les résultats de cette question nous montrent que la majorité des répondants, 84 sur 86,
estiment qu'il n'y a aucun, peu ou un nombre modéré d'Algériens qui émigrent de Montréal
vers d'autres provinces ou pays tous les ans.
QA4- Combien d'Algériens émigrent de Montréal vers d'autres provinces ou pays tous
les ans?
71
Tableau 5.9 Taux annuel d'émigration des Algériens vers d'autres provinces ou pays
Nombre Pourcentage
Aucun 8 9,30%
Peu nombreux 75 87,21%
Nombre modéré 1 1,165
Nombreux 2 2,33%
Total 86 99,99%
5.4.5 Évaluation du statut minoritaire ou majoritaire de la communauté algérienne
selon le quartier ou l'arrondissement
Pour les résultats obtenus à cette question, la majorité (76,75%) des répondants estiment que
la communauté algérienne de Montréal représente une très petite minorité ou une légère
minorité, quel-que soit le quartier ou l'arrondissement où ils vivent. Vingt des 86 répondants
pensent que la communauté algérierrne est une très petite minorité (23,26%) et 46 répondants
estiment qu'elle est une légère minorité (53,49). Presque 20% des répondants pensent que les
Algériens ne sont ni véritablement minoritaires ni véritablement majoritaires. Ceci implique
que pour ces répondants, les Algériens représenteraient une proportion assez importante de la
communauté globale pour ne pas être considérée comme nettement minoritaire sans toutefois
avoir le statut ou le nombre du groupe majoritaire.
Par contre, seulement trois répondants pensent que la communauté algérienne représente
une grande majorité. Vu les chiffres démographiques (population globale estimée à environ
35,000, éparpillée dans de nombreux quartiers ou arrondissements), on peut se demander si
ces répondants avaient vraiment compris le sens de la question.
QA5- Dans toutes les régions de Montréal où les Algériens vivent, dans quelle mesure
sont-ils en majorité ou en minorité?
72
Tableau 5. 10 Statut minoritaire ou majoritaire de la communauté algérienne selon le
quartier ou l'arrondissement
Nombre Pourcentage
Très petite minorité 20 23,26%
Légère minorité 46 53,49%
Ni minoritaire ni majoritaire 17 19,77%
Grande majorité 3 3,49%
Total 86 99,99%
5.4.6 Évaluation du degré d'estime vis-à-vis les Algériens de Montréal
Les résultats obtenus à cette question nous montrent que 51 répondants (60,47%) estiment
qu'à Montréal les Algériens sont assez bien, bien et même très bien considérés et que 34
répondants (39,53%) pensent qu'ils ne sont pas du tout ou un pas très bien considérés, ce qui
veut dire que plus du tiers des Algériens sentent qu'ils sont mal vus et mal considérés par le
groupe majoritaire.
À notre avis, ces chiffres reflètent tout probablement le résultat d'un mélange
d'événements que le monde a connus depuis le Il septembre 2001, le conflit mondial entre
les chrétiens et les musulmans, la guerre en Irak et en Afghanistan, la présence des talibans,
les accommodements raisonnables et déraisonnables, etc.
QA6- À Montréal, comment les Algériens sont-ils considérés?
73
Tableau 5.11 Degré d'estime vis-à-vis les Algériens de Montréal
Nombre Pourcentage
Pas du tout 5 5,81%
Pas très bien 29 33,72%
Assez bien 41 47,67%
Bien 9 10,47%
Très bien 2 2,33%
Total 86 99,99%
5.4.7 Évaluation du degré de contrôle sur l'économie et le commerce exercé par les
algériens
Selon nos résultats, 75 répondants sur 86, ce qui représente un pourcentage de 87,21 %,
estiment que les Algériens ne contrôlent pas du tout ou très peu l'économie et le commerce à
Montréal et que seulement onze répondants (12,8%) pensent que les Algériens contrôlent
assez bien ou même bien l'économie et le commerce à Montréal.
Ces chiffres nous montrent que les membres de la communauté algérienne de Montréal ne
contrôlent pas l'économie et le commerce à Montréal et qu'ils n'ont aucun pouvoir
économique dans leur société d'accueil.
QA7- À Montréal, jusqu'à quel point les Algériens contrôlent-ils l'économie et le
commerce?
74
Tableau 5. 12 Degré de contrôle sur l'économie et le commerce exercé par les Algériens
Nombre Pourcentage
Pas du tout 31 36,05%
Peu 44 51,16%
Assez bien 9 10,47%
Bien 2 2,33%
Total 86 99,99%
5.4.8 Évaluation du pouvoir politique des Algériens à Montréal
Les résultats obtenus à cette question nous disent que la presque totalité des répondants, 84
sur 86, pensent que les Algériens n'ont aucun ou très peu d'influence politique (des résultats
attendus).
QA8- À Montréal, jusqu'à quel point les Algériens ont-ils du pouvoir politique?
Tableau 5.13 Pouvoir politique des Algériens à Montréal
Nombre Pourcentage
Aucun 55 63,95%
Un peu 29 33,72%
grand 2 2,33%
Total 86 99,99%
5.4.9 Évaluation de degré de représentativité des Algériens dans la vie culturelle de
Montréal
Les résultats nous révèlent que la majorité des répondants, 71 sur 86, ce qui représente un
pourcentage de 82,56%, pensent que les Algériens ne sont pas du tout ou peu représentés
75
dans la vie culturelle à Montréal et que quinze répondants (17,44%) croient qu'ils sont bien
ou même très bien représentés.
D'après ces résultats, nous pouvons dire que la culture algérienne n'est pas assez
présentée à Montréal et que la communauté algérienne de langue maternelle arabe devrait se
manifester davantage et présenter plus sa culture.
QA9- À Montréal, jusqu'à quel point les Algériens sont-ils représentés dans la vie
cultureHe (par ex. les festivals, les concerts, les expositions d'art, etc.)?
Tableau 5.14 Degré de représentativité des Algériens dans la vie culturelle de Montréal
Nombre Pourcentage
Pas du tout 18 20,93%
Un peu 53 61,63%
Bien 12 13,95%
Très bien 3 3,49%
Total 86 99,99%
5.4.10 Évaluation du taux d'endogamie ou d'exogamie de la part des Algériens à
Montréal
Nos résultats nous montrent qu'une majorité de répondants, 52 sur 86, avec un pourcentage
de 60,46 %, pensent que les Algériens épousent exclusivement, souvent ou assez souvent
d'autres Algériens. Seulement six répondants (6,98%) estiment que les Algériens n'épousent
jamais d'autre Algériens. Il reste que près du tiers des répondants considèrent que c'est
l'exogamie (aucune ou peu d'unions inter-Algériens) qui est le modèle des unions maritales
chez les Algériens. Il va sans dire que ces chiffres indiquent une vision pessimiste de la VES
chez ces répondants, puisqu'on sait que les mariages mixtes mènent souvent à la perte de la
langue maternelle d'origine chez les enfants de la première génération.
76
QA10- À Montréal, jusqu'à quel point les Algériens épousent-ils d'autres Algériens?
Tableau 5.15 Taux d'endogamie ou d'exogamie de la part des Algériens à Montréal
Mariage entre Algériens Nombre Pourcentage
Pas du tout 6 6,98%
Dnpeu 28 32,56%
Moyennement 23 26,74%
Souvent 28 32,56%
Exclusivement 1 1,16%
Total 86 99,99%
5.4.11 Évaluation du sentiment de fierté de la part des Algériens de Montréal vis-à-vis
de leur histoire et de leurs accomplissements culturels
Les résultats nous signalent que la majorité, 59 sur 86 répondants, ce qui représente un
pourcentage de 68,59%, pense que les Algériens sont très ou mêmes extrêmement fiers de
leur histoire et de leurs accomplissement culturels et que seulement deux répondants (2.33%)
pensent que les Algériens ne sont pas très fiers de leur histoire et de leurs accomplissement
culturels.
QA11- À Montréal, jusqu'à quel point les Algériens sont-ils fiers de leur histoire et de
leurs accomplissements culturels?
77
Tableau 5.16 Sentiment de fierté de la part des Algériens de Montréal vis-à-vis de leur
histoire et de leurs accomplissements culturels
Nombre
Pas du tout fier 0
Un peu fier 2
Moyennement fier 25
Très fier 34
Extrêmement fier 25
Total 86
Pourcentage
0%
2,33%
29,06%
39,53%
29,06%
99,99%
5.4.12 Évaluation de la force et du degré d'activité des Algériens de Montréal
Une assez faible majorité des répondants, 48 sur 86, ce qui représente un pourcentage de
55,81 %, pensent que les Algériens sont moyennement forts et actifs, 21 répondants (24,41 %)
pensent qu'ils ne sont pas du tout ou peu forts et actifs et 17 répondants (19,76%) croient
qu'ils sont très ou même extrêmement forts et actifs.
QA12- À Montréal, jusqu'à quel point les Algériens sont-ils forts et actifs?
Tableau 5.17 Force et degré d'activité actuels des Algériens de Montréal
Pas du tout
Un peu
Moyennement
Très
Extrêmement
Total
Nombre Pourcentage
2 2,32%
19 22,09%
48 55,81 %
12 13,95%
5 5,81%
86 99,99%
78
Les résultats nous montrent que les membres de la communauté algérienne ne partagent
pas du tout la même opinion sur le fait que les Algériens sont forts et actifs.
Nous n'avons aucune explication particulière qUi pourrait justifier la divergence
d'opinion des répondants.
5.4.13 Évaluation du degré de richesse des Algériens de Montréal
La majorité des répondants, 60 sur 86, un pourcentage de 69.75%, pense que les Algériens
sont un peu ou moyennement riches, 19 répondants (22,09%) pensent qu'ils ne sont pas du
tout riches et sept répondants (8.13%) croient qu'ils sont surtout très riches.
QA13- À Montréal, jusqu'à quel point les Algériens sont-ils riches?
Tableau 5.18 Degré de richesse des Algériens de Montréal
Nombre Pourcentage
Pas du tout 19 22,09%
Un peu 25 29,06%
Moyennement 35 40,69%
Très 7 8,13%
Extrêmement 0 0%
Total 86 99,99%
5.4.14 Évaluation future de la force et du degré d'activité des Algériens de Montréal
Les résultats nous révèlent que presque la moitié des répondants, 42 sur 86 (48,82%) pense
que dans vingt ou trente ans les Algériens seront très ou extrêmement forts et actifs. Vingt­
79
cinq répondants (29,06%) croient qu'ils seront moyermement forts et actifs et 19 répondants
(22,08%) estiment qu'ils ne seront pas du tout ou un peu forts et actifs.
QAI4- À Montréal, dans 20 à 30 ans, jusqu'à quel point les Algériens seront-ils forts et
actifs?
Tableau 5.19 Force et degré d'activité des Algériens de Montréal dans le futur
Nombre Pourcentage
Pas du tout fort et actif 2 2,32%
Un peu fort et actif 17 19,76%
Moyennement fort et actif 25 29,06%
Très fort et actif 25 29,06%
Extrêmement fort et actif 17 19,76%
Total 86 99,99%
Comparant les chiffres obtenus à cette question aux chiffres présentés à la section 5.3. 12,
on constate que l'opinion des répondants est très différente puisque presque la moitié des
répondants (43 répondants, 48,82%) pense que les Algériens seront très ou extrêmement
forts et actifs comparé à 17 répondants (19,76%) qui croient qu'ils sont très ou même
extrêmement forts et actifs actuellement.
Nous pouvons expliquer ces résultats par le fait que les répondants sont positifs et voient
que la situation de la communauté algérierme est en chemin d'amélioration et que les
Algériens seront plus forts et actifs dans vingt ou trente ans par rapport à maintenant.
5.4.15 Évaluation du degré de contact entre les Algériens et la population francophone
de Montréal
La majorité des répondants, 68 sur 86, ce qui représente un pourcentage de 79,05%, pense
qu'il existe effectivement un contact entre les Algériens et la population francophone de
80
Montréal; par contre, presque 35% considère que ce contact n'est que modéré, alors que
44,17% considère que ces contacts sont fréquents ou même intenses. Dix-huit répondants
(20,82%) croient que le contact est absent ou pas fréquent.
Ces chiffres nous montrent qu'en général, l'opinion des répondants concernant le degré
de contact entre les deux groupes, minoritaire (les Algériens) et le groupe majoritaire (les
francophones de Montréal), existe à des degrés variables, probablement en vertu des
expériences personnelles vécues par les individus.
QA15- En général, le contact entre les Algériens et la population francophone de
Montréal est ...
Tableau 5.20 Degré de contacts entre les Algériens et la population francophone de
Montréal
Nombre Pourcentage
absent 5 5,81%
Pas fréquent 13 15,1 %1
Modéré 30 34,88%
Fréquent 25 29,06%
Intense 13 15,11%
Total 86 99,99%
5.5 La langue arabe et les autres langues connues et utilisées par les Algériens à
Montréal
Dans cette partie, nous allons présenter les résultats des quinze questions qui tentent de
sonder le rôle de la langue arabe et de celui du français ou de l'anglais pour les Algériens de
Montréal ainsi que le potentiel de survie de l'arabe, et l'emploi des langues au sein de la
famille ainsi qu'au travail. Aussi, les résultats nous fournissent des données intéressantes sur
81
la COIll1alSSance d'autres langues et l'évaluation des compétences linguistiques des
répondants.
5.5.1 Évaluation du degré d'estime qu'a la langue arabe à Montréal
Avant de questionner les répondants sur la ou les langues qu'ils utilisent quotidiennement,
soit il la maison, soit au travail, ou encore avec les amis, nous nous sommes intéressée aux
opinions des répondants quant à leur évaluation du degré d'estime que portaient lesgens à la
langue arabe.
Selon nos résultats, la majorité des répondants, 74 sur 86, ce qui représente un
pourcentage de 86,05%, pensent qu'à Montréal, la langue arabe n'est pas du tout ou peu
considérée et seulement douze répondants (13,93%) croient qu'elle est modérément ou même
bien considérée.
Ces chiffres nous montrent qu'en général la langue arabe à Montréal est une langue
minoritaire qui n'est pas bien considérée.
QB1- À Montréal, jusqu'à quel point la langue arabe est-elle considérée?
Tableau 5.21 Degré d'estime qu'a la langue arabe à Montréal
Nombre Pourcentage
Pas du tout 11 12,79%
Peu 63 73,26%
Modérément 9 10,47%
Bien 3 3,49%
Total 86 99,99%
82
5.5.2 Évaluation du degré d'estime\prestige de la langue arabe au niveau international
Nous nous demandions si l'évaluation du peu d'estime qu'a la langue arabe à Montréal est
également reflétée ailleurs dans le monde. Nous avons donc posé la question, à savoir si nos
répondants croyaient qu'ailleurs dans le monde la langue arabe avait beaucoup, modérément
ou peu d'estime.
Selon les résultats, un bonne majorité des répondants, 69 sur 86 (80,23%), légèrement
moins que le pourcentage obtenu pour Montréal, pense qu'au niveau international, la langue
arabe n'est pas du tout ou peu considérée et 17 répondants (19,77%), un pourcentage
également légèrement plus élevé que pour Montréal, croient qu'elle est modérément, bien ou
très bien considérée.
QB2- Sur le niveau international, jusqu'à quel point la langue arabe est-elle
considérée?
Tableau 5.22 Degré d'estime\prestige de la langue arabe au niveau international
Nombre Pourcentage
Pas du tout 5 5,81%
Peu 64 74,42%
Modérément 10 Il,63%
Bien 6 6,98%
Très bien 1 1,16%
Total 86 99,99%
Il reste donc que la très grande majorité des répondants sont d'avis que la langue arabe
n'est pas très bien considérée, ni à Montréal ni ailleurs dans le monde. Tout au plus, peut-on
dire qu'ailleurs la langue arabe est légèrement mieux considérée. Ceci découlant peut-être du
fait qu'ailleurs, les arabophones sont plus nombreux, voire même en situation dominante.
83
5.5.3 Utilisation des langues à la maison
Nous cherchions à connaître quelle était la langue ou éventuellement quelles étaient les
langues utilisées à la maison ainsi que dans ce second cas, le degré de fréquence d'emploi de
chacune des langues.
5.5.3.1 L'arabe
Comme on pouvait s'y attendre, la majorité des répondants (82 sur 86 répondants: 95,35%),
déclarent qu'ils utilisent l'arabe à la maison de temps en temps, souvent ou toujours.
Seulement quatre répondants (4,66%) affirment qu'ils l'utilisent rarement ou jamais.
Ceci veut dire que même les Algériens nés au Québec ou arrivés il y a plus de 20 ans, qui
représentent environ 20% de la population totale des Algériens au Québec, utilisent
régulièrement l'arabe au foyer. Ceci serait un indice de forte vitalité ethnolinguistique. Les
résultats démontrent également que près de 28% utilisent uniquement l'arabe au foyer. Ceci
implique aussi que les enfants nés dans ces familles apprennent tous l'arabe comme langue
première et qu'ils pourraient même être monolingues en arabe lorsqu'ils arrivent à l'âge
scolaire. Évidemment, les nombreuses garderies francophones ou mixtes où ces bambins
risquent d'aboutir lorsque la mère travaille, feront en sorte que mêmes les enfants de familles
où on utilise uniquement l'arabe au foyer pourraient avoir acquis le français ou du moins en
auraient acquis une certaine compétence, avant d'arriver à l'âge scolaire.
QB3a- À la maison, vous utilisez l'arabe
84
Tableau 5.23 Emploi de l'arabe à la maison
Emploi de l'arabe à la Nombre Pourcentage
maison
Jamais 2 2,33%
Rarement 2 2,33%
De temps en temps 21 24,42%
Souvent 37 43,02%
Toujours 24 27,91%
Total 86 99,99%
Nous admettons que notre échantillon de répondants n'est pas nécessairement
représentatif de la communauté algérienne dans son ensemble puisque nous avons comme
critère de sélection que la langue arabe devait être la langue maternelle du répondant. Or, les
chiffres de Statistique Canada démontrent qu'un bon pourcentage (surtout chez les femmes)
d'Algériens de Montréal affiche le français comme langue maternelle et qu'environ 10%
considèrent que c'est le français et l'arabe qui sont leurs langues maternelles. Il est donc
évident que ceux-ci étaient exclus de notre échantillon.
Il n'est donc pas étonnant de voir que 28% des répondants disent TOUJOURS utiliser
l'arabe à la maison. On ne peut que se demander quels résultats on aurait obtenus à cette
question si on avait inclus les Algériens qui se déclaraient de langue maternelle française.
5.5.3.2 Le français
Quant à l'utilisation du français à la maison, la majorité des répondants, 52 sur 86, donc
60,47%, déclarent qu'ils l'utilisent de temps en temps, rarement ou même jamais. Trente
quatre répondants (39,53%) affirment qu'ils l'utilisent souvent ou toujours.
QB3b- À la maison, vous utilisez le français
85
Tableau 5.24 Emploi du français à la maison
Emploi du français à la Nombre Pourcentage
maison
Jamais 3 3,49%
Rarement 11 12,79%
De temps en temps 38 44,19%
Souvent 29 33,72%
Toujours 5 5,81%
Total 86 99,99%
Encore une fois, ces chiffres laissent perplexes. On peut supposer que les trois répondants
ayant indiqué qu'ils n'utilisent jamais l'arabe au foyer emploient alors toujours une autre
langue ... surtout le français. Or, il y a cinq répondants qui admettent toujours parler français
au foyer. Nous ne savons pas d'où viennent alors les deux répondants supplémentaires. Il est
possible que parmi les cinq répondants qui disent toujours parler français à la maison il y en a
qui utilisent également des mots arabes, c'est-à-dire qu'ils font de l'alternance codique entre
le français et l'arabe, mais que ce sont des mots ou des bouts de phrase en arabe qui sont
insérés dans une matrice française, plutôt que le contraire.
Sauf qu'il est aussi important de souligner que selon les données de Statistique Canada
que nous avons présentées au ch. III, près du tiers des femmes (32%) déclarent avoir le
français comme langue maternelle et 27,5% des hommes (pour un total de 29,5%) pour la
communauté entière. En plus, 10,6% disent qu'ils ont plus d'une langue maternelle. Il est
donc possible qu'une partie de ceux-là auraient le français comme l'une de leurs langues
maternelles.
Aussi, 59,1% des répondants admettent utiliser le français le plus souvent à la maison,
alors que seulement 19,5% disent utiliser une langue autre que le français ou l'anglais - tout
probablement l'arabe (et peut-être le berbère) .... Ceci représente un chiffre très important
86
surtout si on ajoute à ce chiffre les 10,6% des répondants qui ont donné des réponses
multiples et dont on peut être raisonnablement certain qu'il s'agit du français et de l'arabe.
Le fait qu'environ 59% des Algériens utilisent déjà le français le plus souvent à la maison
indiquerait que les enfants algériens des adultes utilisant le plus souvent le français à la
maison risquent de ne pas apprendre l'arabe comme langue maternelle mais plutôt le
français ... ce qui serait un signe d'une très faible vitalité ethnolinguistique, surtout si on le
compare aux résultats obtenus par le questionnaire.
Encore une fois du fait que notre échantillon de répondants était « biaisé» en faveur de
l'arabe, il n'est pas nécessairement représentatif de la communauté algérienne dans son
ensemble puisque nous avons comme critère de sélection que la langue arabe devait être la
langue maternelle du répondant, cela explique l'incompatibilité entre les réponses données au
recensement de 2001 et celles obtenues par notre questionnaire.
5.5.3.3 L'anglais
Pour l'utilisation de l'anglais à la maison, la grande majorité (85 répondants sur 86, un
pourcentage de 98,83%) déclarent qu'ils l'utilisent de temps en temps, rarement ou jamais et
seulement un seul répondant (l ,16%) dit qu'il l'utilise toujours.
QB3c- À la maison, vous utilisez l'anglais
87
Tableau 5.25 Emploi de l'anglais à la maison
Emploi de l'anglais à la Nombre Pourcentage
maison
Jamais 38 44,19%
Rarement 41 47,67%
De temps en temps 6 6,98%
Souvent 0 0%
Toujours 1 1,16%
Total 86 99,99%
Nous faisons la même remarque que précédemment. Deux répondants admettent ne
jamais utiliser l'arabe au foyer, ce qui implique qu'ils utilisent toujours une autre langue, soit
le berbère, soit le français, soit l'anglais. Mais nous avons vu qu'il y en a cinq qui disent
toujours utiliser le français et qu'il y en a un autre qui utilise toujours l'anglais, pour un total
de six qui utilisent toujours une langue autre que l'arabe au foyer alors que le tableau 5.22
nous montre que seulement deux disent ne jamais utiliser l'arabe au foyer. On verra
également ci-dessous que cette autre langue utilisée au foyer ne peut être le berbère, étant
donné que seulement quatre répondants sur 86 ont admis utiliser quelques fois ou même
rarement cette langue au foyer. Faut-il attribuer ce manque de « logique» au fait que certains
des répondants font à vrai dire de l'alternance codique entre le français et l'arabe et que leur
réponse est donc ambiguë ou faut-il plutôt croire que les répondants n'ont pas toujours été
complètement logiques avec eux-mêmes en répondant aux questions?
5.5.3.4 Autres langues
La lourde majorité des répondants (82/86) n'ont pas répondu à la question, sauf quatre
répondants qui affirment qu'ils utilisent rarement le berbère à la maison.
88
QB4- Si vous utilisez une langue autre que l'arabe, le français ou l'anglais à la maison,
a- Indiquez la langue
b- Indiquez la fréquence d'utilisation
Tableau 5.26 Emploi d'autre langue à la maison
Langue autre Nombre Fréquence d'emploi
Berbère 4 Rarement
On peu donc conclure que si notre échantillon est représentatif de la majorité des
membres de la communauté algérienne de Montréal, la langue ancestrale des Algériens, le
berbère, n'est à peu près jamais utilisé à la maison et que les enfants ne l'apprendront pas
comme langue maternelle.
Dans les questions QB5, QB6 et QB7 les répondants ont à choisir parmi quatre choix
différents la réponse qui leur convient le plus.
5.5.4 Emploi des langues au travail
Nous nous intéressions également à la langue de travail; à savoir quelle était la proportion
d'Algériens qui utilisent régulièrement ou assez souvent l'arabe, le français ou l'anglais au
travail. Soixante-dix-huit sur nos 86 répondants ont répondu à la question; on suppose que les
huit autres répondants ne travaillent pas et que c'est pour cela qu'ils n'ont pas répondu.
La très, très forte majorité des répondants (70 sur 78, un pourcentage de 89,74%)
déclarent qu'au travail ils utilisent le plus souvent le français; seulement quatre répondants
(5,13%) disent qu'ils utilisent l'arabe, trois répondants (3,85%) affirment qu'ils utilisent
l'anglais et un seul répondant déclare qu'il utilise une autre langue, sans spécifier laquelle.
89
QB5-Au travail, vous utilisez le plus souvent...
Tableau 5.27 Emploi des langues au travail
Nombre Pourcentage
Arabe 4 5,13%
Français 70 89,74%
Anglais 3 3,85%
Autre langue 1 1,28%
Total 78 99,99%
Ces chiffres impliquent qu'une très forte majorité des répondants se trouvent dans une
situation quotidienne où ils doivent utiliser le français comme langue de communication.
5.5.5 Utilisation des langues avec la parenté
Les réponses nous montrent que les deux-tiers des répondants, 57 sur 86 (66,28%) utilisent le
plus souvent l'arabe avec la parenté, que 25 répondants (29,07%) utilisent le français, que
personne n'utilise l'anglais et que seulement quatre répondants (4,64%) utilisent une autre
langue, sans spécifier laquelle.
QB6- Avec la parenté, vous utilisez le plus souvent...
Tableau 5.28 Utilisation des langues avec la parenté
Nombre Pourcentage
Arabe 57 66,28
Français 25 29,07
Anglais
° °
Autre langue 4 4,65
Total 86 99,99
90
D'après ces chiffres, on pourrait déduire que la langue arabe est très utilisée avec la
parenté et qu'elle occupe une grande place dans la vie quotidienne de la corrununauté
algérienne. Sauf qu'il ne faut pas oublier que notre échantillon était biaisé en faveur de
l'arabe puisque nous avons corrune critère de sélection que la langue arabe devait être la
langue maternelle du répondant. Il faut aussi souligner que les choix de réponse étaient « ... Ie
plus souvent », ce qui n'exclut pas que quelqu'un qui utilise le plus souvent l'arabe avec la
parenté pourrait utiliser également, mais moins souvent, une autre langue, en l'occurrence, le
français.
5.5.6 Utilisation des langues avec les amis
Les résultats obtenus nous montrent qu'une faible majorité des répondants, 46/86, ce qui
représente un pourcentage de 53,49%, utilise le plus souvent le français avec les amis, 39
répondants (45,35%) utilisent l'arabe et qu'un seul répondant (1,16%) utilise une autre
langue avec ses amis.
QB7- Avec vos amis, vous utilisez le plus souvent...
·Tableau 5.29 Utilisation des langues avec les amis
Nombre Pourcentage
Arabe 39 45,35
Français 46 53,49
Anglais 0 0
Autre langue 1 1,16
Total 86 99,99
Ces résultats démontrent qu'encore une fois c'est la langue française qui est le plus
souvent utilisée avec les amis, tout corrune au travail. Bien sûr, l'arabe vient en seconde
91
position. On note également que les Algériens ne se font pas d'amis chez les anglophones ou
du moins, ils n'utilisent pas l'anglais avec eux.
5.5.7 Opinions concernant l'éducation en français des enfants
Dans cette question, on demandait aux répondants jusqu'à quel point le fait que leurs enfants
soient éduqués en français leur semblait un avantage ou un désavantage.
La majorité des répondants, 57 répondants sur 86, ce qui représente un pourcentage de
66,28%, pense que le fait que leur enfants soient éduqués en français est un avantage ou
même un grand avantage, 24 répondants (27,91%) pensent que cela est simplement
acceptable et seulement cinq répondants (5,81%) pensent que c'est un petit avantage. Aucun
répondant ne croit que c'est un désavantage.
Les résultats nous indiquent que les membres de la communauté algérienne réalisent bien
les avantages que leurs enfants ont d'être éduqués en français, vu qu'ils vivent en milieu
majoritaire francophone.
QB8- Si vous avez des enfants à l'école, le fait qu'ils sont éduqués en français est...
Tableau 5.30 Opinions concernant l'éducation en français des enfants
Nombre Pourcentage
Grand désavantage 0 0
Petit avantage 5 5,81
Acceptable 24 27,91
Avantage 53 61,63
Grand avantage 4 4,65
Total 86 99,99
92
5.5.8 Évaluation du degré d'enseignement de l'arabe dans les écoles de Montréal
La grande majorité des répondants, 82 répondants, ou 95,34%, pensent que dans les écoles
de Montréal, la langue arabe n'est jamais ou rarement enseignée et seulement quatre
répondants (4,65%) pensent qu'elle est enseignée moyennement ou souvent.
D'après ces résultats, nous pouvons conclure que selon l'opinion de notre échantillon, la
langue arabe n'a aucune place dans les écoles de Montréal et que les membres de la
communauté algérienne sont obligés d'être éduqués en français ou en anglais.
QB9- Dans les écoles de Montréal, à quel degré la langue Arabe est-elle enseignée?
Tableau 5.31 Degré d'enseignement de l'arabe dans les écoles de Montréal
Nombre Pourcentage
Jamais 34 39,53%
Rarement 48 55,81%
Moyennement 1 1,16%
Souvent 3 3,49%
Exclusivement 0 0%
Total 86 99,99%
5.5.9 Évaluation du degré d'utilisation de l'arabe dans les services publics de
Montréal.
Quatre-vingt cinq des 86 répondants, ou 98,84%, disent que dans les services publics de
Montréal, la langue arabe n'est jamais ou rarement utilisée et un seul répondant pense qu'elle
est utilisée moyennement.
93
Ces chiffres nous indiquent qu'on considère que la langue arabe n'est pas du tout utilisée
dans les services publics de Montréal et qu'encore une fois les membres de la communauté
algérieIU1e sont obligés d'utiliser le français ou l'anglais pour avoir accès aux différents
services publics.
QB10- Dans les services publics de Montréal, à quel degré la langue arabe est-elle
utilisée (par exemple, dans les cliniques de santé, les services sociaux, etc.) ?
Tableau 5.32 Degré d'utilisation de l'arabe dans les services publics de Montréal
Nombre Pourcentage
Jamais 46 53,49%
Rarement 39 45,35%
Moyennement 1 1,16%
Souvent 0 0%
exclusivement 0 0%
Total 86 99,99%
5.5.10 Évaluation du degré d'utilisation de l'arabe dans les médias (TV, radio, presse
écrite) de Montréal
La très grande majorité des répondants, 84 répondants sur 86, ou 97,68%, disent que dans les
médias de Montréal, la langue arabe n'est jamais ou est rarement utilisée et seulement deux
répondants (2,33%) pensent qu'elle est utilisée moyeIU1ement.
QBll- Dans les media (TV, radio, journaux) de Montréal, à quel degré la langue Arabe
est elle utilisée?
94
Tableau 5.33 Degré d'utilisation de l'arabe dans les médias (TV, radio, journaux) de
Montréal.
Nombre Pourcentage
Jamais 42 48,84%
Rarement 42 48,84%
Moyennement 2 2,33%
Souvent 0 0%
Exclusivement 0 0%
Total 86 99,99%
On pourrait conclure que la langue arabe semble presque absente dans les médias à
Montréal et la cause de ces résultats est encore une fois le nombre minoritaire que
représentent les Algériens.
5.5.11 Évaluation du degré d'utilisation de l'arabe dans les institutions commerciales
La grande majorité des répondants, 79 répondants, ce qui représente un pourcentage de
91,86%, disent que dans les institutions commerciales de Montréal, la langue arabe n'est
jamais ou rarement utilisée et seulement sept répondants (8,14%) pensent qu'elle est utilisée
moyelU1ement ou même souvent.
Ces résultats nous révèlent que selon l'opinion des répondants la langue arabe est très
absente dans les institutions commerciales et ceci est dû au manque d'institutions
commerciales développées et contrôlées par les Algériens.
QB12- Dans les institutions commerciales, jusqu'à quel point la langue Arabe est-elle
utilisée?
95
Tableau 5.34 Degré d'utilisation de l'arabe dans les institutions commerciales
Nombre Pourcentage
Jamais 22 25,58%
Rarement 57 66,28%
Moyennement 6 6,98%
Souvent 1 1,16%
Exclusivement
°
0%
Total 86 99,99%
5.5.12 Évaluation du degré d'utilisation de l'arabe dans les endroits de culte de
Montréal
La majorité des répondants, 69 répondants, un pourcentage de 80,24%, disent que dans les
endroits de culte de Montréal, la langue arabe est souvent ou exclusivement utilisée.
Dix sept répondants (19,77%) pensent que l'arabe n'est jamais, rarement ou
moyennement utilisée.
Ces résultats peuvent être expliqués comme suit: Être musulman ne faisait pas partie des
critères de sélection pour notre échantillon et qu'environ 16% des membres de la
communauté algérienne ne sont pas musulmans (ils sont catholique, protestant, juif ou ils
n'ont aucune appartenance religieuse) et par conséquence ne fréquentent pas les lieux de
culte des musulmans (mosquée) mais d'autres lieux de culte (chrétiens ou juifs).
Néanmoins nous pouvons conclure que la langue arabe est fortement présente dans les
endroits de culte de Montréal puisque c'est la langue qui est utilisée exclusivement dans les
mosquées, lieu de culte musulman, ce qui est la religion typique des Algériens.
96
QB13- Dans les endroits de culte de Montréal, jusqu'à quel point la langue arabe
est-elle utilisée?
Tableau 5.35 Degré d'utilisation de l'arabe dans les endroits de culte de
Montréal.
Nombre Pourcentage
Jamais 5 5,81%
Rarement 6 6,98%
Moyennement 6 6,98%
Souvent 56 65,12%
Exclusivement 13 15,12%
Total 86 99,99%
5.5.13 Évaluation des compétences langagières des langues connues et utilisées par les
Algériens.
Nous nous intéressions à comment les membres de la communauté algérienne de Montréal
évaluaient leurs compétences langagières en arabe, en français, en anglais et en d'autres
langues. Le questionnaire incluait donc des questions portant sur leur évaluation en
compréhension, en production orale, en lecture et en écriture. Voici les résultats obtenus.
5.5.13.1 Compétences en arabe
Dans cette partie, on demandait aux répondants comment ils évaluaient leurs compétences
langagières en arabe: en compréhension, en production orale, en lecture et en écriture
QB14a- Évaluez votre compétence en arabe
97
5.5.13.1.1 Compréhension
La totalité des répondants déclarent qu'ils comprennent bien, très bien ou de manière
excellente l'arabe. Ces chiffres ne surprennent pas puisque c'est la langue maternelle de la
majorité des Algériens et aussi avoir la langue arabe comme langue maternelle faisait partie
des critères de sélection de nbtre échantillon. Néanmoins on pourrait s'étonner que 18,6 %
considèrent que leur compréhension de l'arabe n'est que « bonne ».
Tableau 5.36 Compréhension de l'arabe
Nombre Pourcentage
Pas du tout 0 0%
Peu 0 0%
Bien 16 18,60%
Très bien 44 51,16%
Excellent 1 30,23%
Total 86 99,99%
5.5.13.1.2 Production orale
La totalité des répondants déclarent qu'ils parlent bien, très bien ou de manière excellente
l'arabe.
Tableau 5.37 Production orale de l'arabe
Nombre Pourcentage
Pas du tout 0 0%
Peu 1 1,16%
Bien 22 25,58%
Très bien 35 40,70%
Excellent 28 32,56%
Total 86 99,99%
98
Encore une fois, on pourrait s'étonner qu'environ le quart des répondants admettent que
leur arabe oral n'est que « bon». Serait-ce parce que la variété d'arabe qu'ils parlent est
l'arabe vernaculaire et non pas l'arabe standard, ce qui pourrait les inciter à apporter des
jugements de valeur par rapport à leur propre variété d'arabe?
5.5.13.\.3 Lecture
La grande majorité des répondants, 74 répondants, un pourcentage de 88,37%, déclarent
qu'ils lisent bien, très bien ou même de manière excellente l'arabe. Dix répondants (11,63%)
affirment qu'ils lisent peu l'arabe. Parmi eux (6 répondants), soit 60% appartient à la
catégorie d'âge 16-21 ans.
Tableau 5.38 Lecture en arabe
Nombre Pourcentage
Pas du tout
°
0%
Peu 10 11,6%3
Bien 25 29,07%
Très bien 25 29,07%
Excellent 26 30,23%
Total 86 99,99
5.5.13.1.4 Écriture
La grande majorité des répondants, 70 répondants, un pourcentage de 81,4%, déclarent qu'ils
écrivent bien, très bien ou de manière excellente l'arabe; 16 répondants (18,60%) affirment
qu'ils l'écrivent seulement un peu.
La majorité des 16 répondants qui disent écrire un peu l'arabe (9 répondants) appartient à
la catégorie d'âge 16-21 ans.
99
Tableau 5.39 Écriture de l'arabe
Nombre Pourcentage
Pas du tout 0 0%
Peu 16 18,6%0
Bien 22 25,58%
Très bien 27 31,40%
Excellent 21 24,42%
Total 86 99,99%
D'après ces résultats, on peut conclure que les répondants qui évaluent leurs compétences
en lecture et en écriture arabe comme faibles (réponse « peu») appartiennent en général à la
catégorie d'âge 16-21 ans, qui ont eu moins de chance d'apprendre à lire et à écrire en arabe
vu le petit nombre d'heures offert par les mosquées pour l'enseignement de l'arabe (2 hl
semaine).
5.5.13.2 Compétences en français
Dans cette partie, on demandait aux répondants comment ils évaluaient leurs compétences
langagières en français: en compréhension, en production orale, en lecture et en écriture.
QB14b- Évaluez votre compétence en français:
5.5.13.2.1 Compréhension
La grande majorité des répondants, 83 répondants, ou 96,51 %, déclarent qu'ils comprennent
bien, très bien ou de manière exceliente le français et trois répondants affirment qu'ils ne le
comprennent qu'un peu ou même pas du tout.
100
Tableau 5.40 Compréhension en français
Nombre Pourcentage
Pas du tout 1 1,16%
Peu 2 2,33%
Bien 8 9,30%
Très bien 45 52,33%
Excellent 30 34,88%
Total 86 99,99%
5.5.13.2.2 Production orale
La très grande majorité des répondants, 84 répondants, ou 97,67% déclarent qu'ils parlent
bien, très bien ou même exceJJemment le français et deux répondants affinnent qu'ils le
parlent seulement un peu ou même pas du tout.
Tableau 5.41 Production orale en français
Nombre
Pas du tout 1
Peu 1
Bien 10
Très bien 48
Excellent 26
Total 86
Pourcentage
1,16%
1,16%
11,63%
55,81%
30,23%
99,99%
101
5.5.13.2.3 Lecture
La grande majorité des répondants, 83 répondants (96,51 %) déclarent qu'ils lisent bien, très
bien ou davantage le français et trois répondants (3,49%) affirment qu'ifs le lisent seulement
un peu ou pas du tout.
Tableau 5.42 Lecture en français
Nombre Pourcentage
Pas du tout 1 1,16%
Peu 2 2,33%
Bien 13 15,12%
Très bien 44 51,16%
Excellent 26 30,23%
Total 86 99,99%
5.5.13.2.4 Écriture
La très grande majorité des répondants, 84 répondants, ou 97,86%, affirment qu'ils écrivent
bien, très bien ou de manière excellente le français et deux répondants disent qu'ils l'écrivent
un peu.
Tableau 5.43 Écriture en français
Nombre Pourcentage
Pas du tout 0 0%
Peu 2 2,33%
Bien 18 20,93%
Très bien 46 53,49%
Excellent 20 23,26%
Total 86 99,99%
102
Pour la langue française, on pourrait conclure qu'elle aussi occupe une grande place dans
la vie quotidienne des Algériens, puisque la grande majorité des répondants déclarent qu'ils
la maîtrisent très bien ou même de manière excellente. Néanmoins, cette très bonne
connaissance du français pourrait causer un sérieux problème pour le maintien de la langue
arabe, qui, elle, est minoritaire au Québec.
5.5.13.3 Compétences en anglais
Dans cette partie, on demandait aux répondants comment ils évaluaient leurs compétences
langagières en anglais: en compréhension, en production orale, en lecture et en écriture
QB14c- Évaluez votre compétence en anglais
5.5.13.3.1 Compréhension
La majorité des répondants, 50 répondants, ou 58,14%, déclarent qu'ils comprennent bien,
très bien ou de manière excellente l'anglais alors que 34 répondants (41,86%) affirment
qu'ils le comprennent un peu ou même pas du tout. Notons qu'il y a quand même moins de
répondants qui évaluent leur compétence en anglais comme étant aussi bonne que leur
compétence en français, ce qui ne devrait surprendre personne.
Tableau 5.44 Compréhension en anglais
Nombre Pourcentage
Pas du tout 4 4,65%
Peu 32 37,21 %
Bien 32 37,21 %
Très bien 16 18,60%
Excellent 2 2,33%
Total 86 99,99%
103
5.5.13.3.2 Production orale
Exactement la moitié des répondants, 43 répondants, déclarent qu'ils parlent bien, très bien
ou excellemment l'anglais et l'autre moitié affirme qu'ils comprennent un peu ou pas du
tout l'anglais.
Tableau 5.45 Production orale en anglais
Nombre Pourcentage
Pas du tout 5 5,81%
Peu 38 44,19%
Bien 27 31,40%
Très bien 15 17,44%
Excellent 1 1,16%
Total 86 99,99%
À noter qu'il y a 36 répondants qui admettent qu'ils ne comprennent pas du tout ou qu'ils
ne comprennent que peu l'anglais alors qu'il y en a 43 qui admettent qu'ils ne le parlent pas
du tout ou que très peu. Les compétences «passives» sont en général plus élevées que les
compétences « actives» et les chiffres reflètent cette réalité.
5.5.13.3.3 Lecture
Un peu plus de la moitié des répondants, 47 répondants, 54,65%, déclarent qu'ils ne lisent
pas du tout ou peu l'anglais et 37 répondants (45,35%) affirment qu'ils le lisent bien, très
bien ou excellemment. Il est donc évident qu'en général, la moitié des Algériens lisent peu
l'anglais mais que l'autre moitié le lit couramment.
104
Tableau 5.46 Lecture en anglais
Nombre Pourcentage
Pas du tout 3 3,49%
Peu 44 51,16%
Bien 22 25,58%
Très bien 15 17,44%
Excellent 2 2,33%
Total 86 99,99%
5.5.13.3.4 Écriture
La majorité des répondants, 48 répondants, ce qui représente un pourcentage de 59,3%
déclarent qu'ils n'écrivent pas du tout ou peu l'anglais et que 35 répondants (40,7%)
affinnent qu'ils l'écrivent bien, très bien ou d'une manière excellente.
Tableau 5.47 Écriture en anglais
Nombre Pourcentage
Pas du tout 4 4,65%
Peu 47 54,65%
Bien 24 27,91%
Très bien 10 11,63%
Excellent 1 1,16%
Total 86 99,99%
On peut conclure d'après les résultats obtenus que l'anglais n'occupe pas une très grande
place dans la vie des Algériens, comparé à la place de l'arabe ou du français. Néanmoins, un
nombre impressionnant de répondants semblent avoir une assez bonne compétence à
comprendre et à parler l'anglais. On peut d'ailleurs se demander où ces derniers auraient non
seulement appris l'anglais mais l'auraient perfectionné, étant donné que la majorité est née et
105
scolarisée en Algérie à une période où l'anglais n'était pas une matière scolaire obligatoire.
faut-il croire alors que ces immigrants aient suivi des cours d'anglais suite à leur arrivée au
Québec (on peut s'en douter quelque peu) ou qu'ils l'aient simplement acquis « sur le tas »,
en écoutant ou visionnant les médias anglophones? Il reste que les résultats sont étonnants et
sans explication réelle.
5.5.14 Évaluation de l'utilisation d'une autre langue que l'arabe, le français ou l'anglais
à la maison
Par cette question, on demandait aux répondants d'évaluer leur utilisation d'une autre langue
que l'arabe, le français ou l'anglais à la maison.
QB15- Si vous utilisez une langue autre que l'arabe, le français ou l'anglais
à la maison,
A- Indiquez la langue
B- Évaluez vos compétences
5.5.14.1 Indication de la langue
La majorité des répondants (82) n'ont pas répondu à la question, sauf quatre répondants qui
affirment utiliser le berbère à la maison. Cela nous confirme que la très, très grande majorité
des répondants utilise soit l'arabe, soit le français (ou même éventuellement l'anglais) à la
maison et que c'est une très petite minorité qui utilise le berbère.
5.5.14.2 Évaluation des compétences en berbère
Nous voulions connaître les des compétences langagières en berbère.
Évidemment, ces questions se limitent aux quatre répondan.ts qui ont admis utiliser le berbère
à la maison.
106
5.5.14.2.1 Compréhension
Tous les répondants déclarent qu'ils comprennent très bien ou excellemment le berbère.
5.5.14.2.2 Production orale
Tous des répondants déclarent qu'ils parlent berbère très bien ou excellemment. Les tableaux
ou les figures pour les données sur le berbère sont inutiles étant donné le nombre de
répondants. Je les ai éliminés.
5.5.14.2.3 Lecture
Trois des quatre répondants déclarent qu'ils lisent seulement un peu le berbère; l'autre
répondant dit qu'Hie lit bien.
5.5.14.2.4 Écriture
Tous des répondants déclarent qu'ils n'écrivent qu'un peu le berbère. Puisque le berbère est
la langue maternelle des répondants qui l'utilisent à la maison, ils le maîtrisent bien sauf en
lecture et en écriture car l'écriture ainsi que la lecture du berbère est relativement
compliquée, surtout pour les plus âgés.
107
5.6 Évaluation de ce que la communauté algérienne aimerait voir pour l'arabe
Dans cette partie, noue présentons les résultats des quatre questions qui décrivent ce que les
répondant aimeraient voir pour l'arabe à Montréal, si c'était possible.
5.6.1 Avoir plus de programmes en langue arabe à la télévision
Trois quarts des répondants, 64 répondants, affirment qu'ils aimeraient avoir un peu ou
modérément plus de programmes en langue arabe à la télévision et l'autre quart (23.53%)
aimerait avoir beaucoup plus ou extrêmement plus de programmes en langue arabe à la
télévision. Par contre, un seul répondant considère qu'il n'aimerait pas du tout avoir plus de
programmes en langue arabe à la télévision et un autre répondant n'a pas répondu à la
question.
QC1- Aimeriez-vous avoir plus de programmes en langue arabe à la télévision?
Tableau 5.48 Avoir plus de programmes en langue arabe à la télévision
Nombre Pourcentage
Pas du tout 1 1,18%
Un peu 30 35,29%
Modérément 34 40%
Beaucoup 14 16,47%
Extrêmement 6 7,06%
Total 85 99,99%
108
5.6.2 Avoir plus d'heures en arabe à la radio
Trois quarts des 86 répondants, (64 répondants) affirment qu'ils aimeraient avoir un peu ou
modérément plus d'heures en langue arabe à la radio et un peu moins du quart, (23,53%) des
répondants aimerait avoir beaucoup ou extrêmement plus d'heures en langue arabe à la radio.
Un répondant ne veut pas avoir plus d'heures en langue arabe à la radio et un répondant n'a
pas répondu à la question.
QC2- Aimeriez-vous avoir plus d'heures en arabe à la radio?
Tableau 5.49 Avoir plus d'heures en arabe à la radio
Nombre Pourcentage
Pas du tout 1 1,18%
Un peu 30 35,29%
Modérément 34 40%
Beaucoup 14 16,47%
Extrêmement 6 7,06%
Total 85 99,99%
5.6.3 Avoir plus de services publics en langue arabe
La majorité des répondants, 62 répondants, ou 72,09%, affirment qu'ils aimeraient avoir un
peu ou modérément plus de services publics en langue arabe; 17 répondants (19,77%)
aimeraient avoir beaucoup ou extrêmement plus de services publics en langue arabe. Cette
fois, sept répondants (8,14%) n'aimeraient pas du tout avoir plus de services publics en
langue arabe.
QC3- Aimeriez-vous avoir plus de services publics en langue arabe?
109
Tableau 5.50 Avoir plus de services publics en langue arabe
Nombre Pourcentage
Pas du tout 7 8,14%
Un peu 32 37,21%
Modérément 30 34,885
Beaucoup 14 16,28%
Extrêmement 3 3,49%
Total 86 99,99%
5.6.4 L'éducation des enfants algériens à l'école publique en arabe
Une bonne majorité des répondants (63/86 ou 72,95%) déclarent qu'ils n'aimeraient pas du
tout, qu'ils n'aimeraient qu'un peu ou modérément pouvoir faire éduquer leur enfants à
l'école publique en arabe alors que les autres 23 répondants (26,75%) aimeraient pouvoir
effectivement faire éduquer leur enfants à l'école publique en arabe.
Ces résultats nous montrent que les membres de la communauté algérienne ne tiennent
pas beaucoup au fait que leurs enfants soient éduqués à l'école publique en arabe. On pourrait
expliquer cela par le fait qu'ils sont conscients de l'importance d'une éducation en français
d'une part et de l'inutilité d'une éducation en arabe d'autre part dans une province
francophone.
QC4- Aimeriez-vous pouvoir faire éduquer vos enfants à l'école publique en arabe?
110
Tableau 5.51 L'éducation des enfants algériens à l'école publique en arabe
Nombre Pourcentage
Pas du tout 12 13,95%
Un peu 36 41,86%
Modérément 15 17,44%
Beaucoup 13 15,12%
Extrêmement 10 11,63%
Total 86 99,99%
En conclusion, ces résultats nous montrent que la majorité des membres de la
communauté algérienne aimerait avoir plus de programmes et d'heures en langue arabe à la
télévision et à la radio. Aussi ils affirment qu'ils aimeraient avoir plus de services publics en
langue arabe. Néanmoins, ils ne tiennent pas beaucoup au fait que leurs enfants soient
éduqués à l'école publique en arabe.
5.7 Attitude des Algériens vis-à-vis la garde ou la perte de l'arabe
Nous avons posé une série de question sur le degré d'importance que prenaient l'arabe, le
français et l'anglais pour le futur personnel des répondants ainsi que pour leurs enfants. Les
résultats suivants décrivent donc l'importance relative de l'arabe et les attitudes des Algériens
envers la possibilité de la perdre.
5.7.1 Les langues et mon futur personnel
Par cette question, nous voulions savoir le degré d'importance que prenaient l'arabe, le
français et l'anglais pour le futur personnel des répondants.
III
5.7.1.1 L'arabe et mon futur personnel
Quarante-sept répondants, pour un pourcentage de 54,65%, pensent que pour leur futur
personnel, l'arabe est très important ou extrêmement important et 39 répondants (45,35% des
répondants) pensent que pour leur futur personnel, l'arabe n'est pas du tout, pas trop ou
moyennement important.
QD1A- Pour mon futur personnel, je crois que l'arabe est ...
Tableau 5.52 Degré d'importance de l'arabe pour le futur personnel
Degré d'importance de Nombre Pourcentage
l'arabe
Pas du tout important 3 3,49%
Pas trop important 7 8,14%
Moyennement important 29 33,72%
Très important 36 41,86%
Extrêmement important II 12,79%
Total 86 99,99%
Notons ici le clivage assez important dans les opinions des membres de la communauté
algérienne quant à l'importance de l'arabe. Un peu plus de la moitié considère que leur
langue est très ou extrêmement importante et un pourcentage presque aussi élevé considère
qu'au contraire il n'a pas beaucoup d'importance. Cela n'augure rien de bon pour la vitalité
ethnolinguistique de cette communauté surtout que notre échantillon était biaisé en faveur de
l'arabe puisque nous avons exigé que la langue maternelle des répondants soit l'arabe.
112
5.7.1.2 Le français et mon futur personnel
Une écrasante majorité des répondants, 80/86, un pourcentage de 93,02%, pense que pour
leur futur personnel, le français est très important ou extrêmement important et seulement six
répondants pensent que pour leur futur personnel, le français n'est que moyennement
important. Personne ne considère que le français n'a que peu ou n'a aucune importance.
QDIB- Pour mon futur personnel, je crois que le français est ...
Tableau 5.53 Degré d'importance du français pour le futur personnel
Degré d'importance du Nombre Pourcentage
français
Moyennement important 6 6,98%
Très important 54 62,79%
Extrêmement important 26 30,235
Total 86 99,99%
5.7.1.3 L'anglais et mon futur personnel
Une bonne majorité des répondants, 77 ou 89,53%, pensent que pour leur futur personnel,
l'anglais est très ou extrêmement important et neuf répondants (l 0,47%) pensent que pour
leur futur personnel, l'anglais n'est pas du tout, pas trop, ou moyennement important.
QBICl- Pour mon futur personnel, je crois que l'anglais est...
113
Tableau 5.54 Degré d'importance de l'anglais pour le futur personnel
Degré d'importance de Nombre Pourcentage
l'anglais
Pas du tout important 2 2,33%
Pas trop important 2 2,33%
Moyennement important 5 5,81%
Très important 44 51,16%
Extrêmement important 33 38,37%
Total 86 99,99%
Nous pouvons noter que les membres de la communauté algérienne pour leur futur
personnel classent le français en premier lieu, suivi de l'anglais et c'est l'arabe qui occupe la
dernière place. Ce classement reflète l'importance que les répondants attribuent à chaque
langue et veut beaucoup dire pour la vitalité ethnolinguistique de la communauté algérienne
et ainsi pour le maintien de la langue arabe.
5.7.2 Les langues et le futur de mes enfants
Notre questionnaire visait à connaître ce que les répondants pensaient quant à l'importance de
la langue arabe pour le futur de leurs enfants.
5.7.2.1 L'arabe et le futur de mes enfants
La majorité des répondants, 51, ou un pourcentage de 59,3%, pensent que pour leurs enfants,
l'arabe est très ou extrêmement important et 27 répondants (31,40%) pensent que l'arabe est
moyennement important alors que huit répondants (9,3%) pensent que l'arabe n'est pas du
tout ou pas trop important pour leur enfants.
114
Il est intéressant de noter qu'un plus grand nombre de répondants considère que l'arabe
est très ou extrêmement important pour leurs enfants (59,3%) que pour leur propre futur
persormel (54,65%).
QD2A- Pour mes enfants, je crois que l'arabe est ...
..Tableau 5. 55 Degré d'importance de l'arabe pour les enfants
Degré d'importance de Nombre Pourcentage
l'arabe
Pas du tout important 4 4,65%
Pas trop important 4 4,65%
Moyennement important 27 31,40%
Très important 32 37,21%
Extrêmement important 19 22,09%
Total 86 99,99%
5.7.2.2 Le français et le futur de mes enfants
La borme majorité des répondants, 68, pour un pourcentage de 79,06%, pense que pour leurs
enfants, le français est très ou extrêmement important; quinze répondants (17,44%) pensent
que le français n'est que moyermement important et trois répondants pensent que le français
n'est pas trop important pour leurs enfants.
QD2B- Pour mes enfants, je crois que le français est ...
115
Tableau 5.56 Degré d'importance du français pour les enfants
Degré d'importance du Nombre Pourcentage
français
Pas du tout important 0 0%
Pas trop important 3 3,48%
Moyennement important 15 17,44%
Très important 45 52,32%
Extrêmement important 23 26,74%
Total 86 99,99%
Conune pour leur propre futur, la majorité des répondants sont convaincus de la très
grande importance de la langue française dans la vie de leurs enfants.
5.7.2.3 L'anglais et le futur de mes enfants
De la même façon, un nombre semblable de répondants (77,89%) pensent que pour leurs
enfants, l'anglais est très ou extrêmement important alors que 16 répondants (18,60%)
pensent que l'anglais sera moyennement important et trois répondants croient que l'anglais
n'est pas trop important pour leurs enfants.
QD2C- Pour mes enfants, je crois que l'anglais est ...
116
Tableau 5.57 Degré d'importance de l'anglais pour les enfants
Degré d'importance de Nombre Pourcentage
l'anglais
Pas du tout important 0 0%
Pas trop important 3 3,48%
Moyennement important 16 18,60%
Très important 35 40,69%
Extrêmement important 32 37,20%
Total 86 99,99%
Ces résultats nous indiquent que les membres de la communauté algérienne pour le futur
de leurs enfants classent le français et l'anglais en premier lieu, suivi de l'arabe. Les chiffres
obtenus pour l'anglais, tant pour leur futur personnel que pour celui de leurs enfants
pourraient surprendre quelque peu. On note qu'une forte majorité donne beaucoup
d'importance à cette langue, immédiatement derrière le français. Évidemment, les Algériens,
même s'ils sont fortement francophones, savent qu'ils vivent au Canada et que ce pays est
majoritairement anglophone.
5.7.3 L'attitude des parents envers la perte de l'arabe de leurs enfants
La majorité des répondants, 66 ou 76,73%, seraient légèrement ou même très concernés si
leurs enfants parlaient uniquement le français ou l'anglais et perdaient leur arabe, 14
répondants (16,27%) seraient modérément indifférents et six répondants (6,97%) seraient
relativement ou complètement indifférents. Ces chiffres démontrent quand même que 20
répondants, ou presque le quart du total, seraient indifférents à des degrés variables au fait
que leurs enfants devaient perdre leur langue maternelle, l'arabe. Ces résultats n'augurent
effectivement rien de très bon pour la vitalité ethnolinguistique de la communauté algérienne
arabophone.
QD3- Si mes enfants parlaient juste le français (ou l'anglais) et perdaient leur arabe, je
117
serai. ..
Tableau 5.58 Attitude des parents envers la perte de l'arabe de leurs enfants
Attitude des parents Nombre Pourcentage
Complètement indifférent 1 1,16%
Un peu indifférent 5 5,81%
Modérément indifférent 14 16,27%
Un peu concerné 34 39,53%
Très concerné 32 37,20%
Total - 86 99,99%
5.7.4 L'avis des parents sur le maintien ou la perte de l'arabe
Néanmoins, la majorité des répondants, 53, pour un pourcentage de 61,62%, pensent que
leurs enfants vont probablement ou plus que certainement maintenir leur arabe; 22
répondants (25,85%) croient que leurs enfants vont peut-être perdre leur arabe et onze
répondants (12,78%) pensent que tout probablement ou même très certainement leurs enfants
vont perdre leur arabe. Ceci veut dire qu'un nombre assez élevé de répondants (33/86 ou
38,63%) considèrent la possibilité d'une perte éventuelle (à divers degrés) de l'arabe chez
leurs enfants et que moins de 20% considèrent qu'ils vont très certainement le maintenir.
QD4- À mon avis, mes enfants vont....
118
Tableau 5.59 Avis des parents sur le maintien de l'arabe.
Nombre Pourcentage
Plus que certainement perdre leur arabe 2 2,32%
Probablement perdre leur arabe 9 10,46%
Peut être perdre leur arabe 22 25,85%
Probablement maintenir leur arabe 36 41,86%
Plus que certainement maintenir leur arabe 17 19,76%
Total 86 99,99%
En conclusion, ces résultats nous montrent que la majorité des membres de la
communauté algérienne seront concernés si leurs enfants devaient perdre leur langue
maternelle (l'arabe), chose un peu contradictoire, vu le fait qu'ils ne donnent pas beaucoup
d'importance à cette langue comparativement à l'importance attribuée au français et à
l'anglais (voir 5.6.2) et vu le fait qu'une bonne proportion considèrent probable la perte de
l'arabe chez leurs enfants.
L'explication qui pourrait éclaircir cette contradiction est que les Algériens ne semblent
pas assez conscients que le fait de ne pas donner beaucoup d'importance à l'arabe les mène
directement vers la perte éventuelle de la langue maternelle, particulièrement chez leurs
enfants, ce qui caractérise évidemment une vitalité ethnolinguistique faible.
CHAPITRE VI
CONCLUSION
Notre étude avait un double objectif: d'une part dresser un portrait de la vitalité « objective»
de la communauté algérienne de langue maternelle arabe de Montréal, en décrivant 1) son
statut, 2) sa démographie et 3) le support et le contrôle institutionnels qu'elle a réellement et
d'autre part de sonder (par questionnaire) les perceptions et les attitudes des membres de la
communauté sur leur propre vitalité ethnolinguistique, ce qui représente la vitalité
« subjective ».
La communauté algérienne est minoritaire à Montréal; elle est quotidiennement
confrontée au phénomène du contact des langues, ce qui pourrait mener à l'abandon de sa
langue maternelle (l'arabe pour la majorité) en faveur du français et de l'anglais, langues du
groupe majoritaire. Donc, notre objectif était de ·déterminer si la langue arabe a des chances
de survivre au sein de cette communauté minoritaire.
Pour ce faire, nous avons retenu le modèle de Giles, Bourhis et Taylor (1977) pour la
vitalité objective et celui de Bourhis, Giles et Rosenthal (1981) pour la vitalité subjective.
Rappelons que l'assimilation d'une minorité ethnolinguistique ou d'un individu est due à
plusieurs facteurs, tels que le rapport entre les groupes existants, le statut des langues en
présence, la perception du groupe ou de l'individu face à sa valeur, la légalité et la légitimité
de la langue.
Plusieurs recherches sur le maintien ou la perte de la langue (Anderson, 1982; Jaspeart et
Kroon, 1989; Seliger et Vago, 1991) ont démontré que le contact des langues est un des
120
principaux facteurs de perte de la langue maternelle dans l'environnement de la langue
seconde et que l'acquisition et l'utilisation à long terme de la langue seconde ont pour
conséquence une perte des compétences de la langue maternelle.
Les études de Gonzo et Saitarelli (1993) concernant les familles immigrées affirment
qu'en trois ou quatre générations, les langues des immigrés en contact avec la langue du
groupe dominant sont condamnées à mourir.
Tel est le cas de la communauté algérienne de langue maternelle arabe de Montréal.
Vivant une situation de contact des langues (avec le français et l'anglais), le maintien de leur
langue maternelle est conditionné par leur VE.
Selon les travaux de Giles, Bourhis et Taylor (1977), les domaines tels que le statut
institutionnel, les données démographiques, le contrôle et le soutien institutionnel composent
la vitalité du groupe et que l'évaluation dans ces domaines permet sa classification en vitalité
faible, moyenne ou forte.
Au niveau de la «vitalité ethnolinguistique objective », la communauté algérienne de
Montréal a tendance à manifester une faiblesse.
Le poids démographique est un principal atout; il influence la perception de la légitimité,
que le groupe ait accès au contrôle institutionnel requis pour répondre à ses besoins. Ceci
n'est pas le cas de la communauté algérienne de Montréal, qui est minoritaire au sein de la
communauté montréalaise.
Le contrôle institutionnel du groupe reflète le contrôle sur sa destinée; un groupe
minoritaire doit avoir un minimum de «complétude institutionnelle» pour survire et se
développer. Pour la communauté algérienne de Montréal, si elle démontre une certaine
autonomie dans les institutions, elle ne fait pas augmenter la vitalité de sa langue maternelle.
121
Le statut du groupe reflète sa force; plus le statut est élevé, plus son entité collective sera
forte, donc plus ce groupe aura de la vitalité ethnolinguistique. Le groupe Algériens
manifeste une position faible au niveau du statut.
Après l'évaluation de ces domaines pour notre échantillon, nous concluons que la
communauté algérienne de langue maternelle arabe de Montréal manifeste une faible vitalité
pour sa langue maternelle et qu'elle se dirige vers une assimilation linguistique et peut ne
pas être considérée comme un groupe collectif linguistiquement distinct dans la communauté
d'accueil mais un groupe distinct religieusement et culturellement. (Bourhis et al. ,1981).
Le domaine de la religion s'avère un principe d'appartenance à l'ensemble de tous les
musulmans et pour cela la communauté algérienne restera toujours une entité distincte des
autres groupes, particulièrement non musulmans.
Pour la culture, la communauté algérienne de Montréal se comporte comme une entité
distincte. Notons par exemple la célébration des fêtes nationales (la fête de l'indépendance);
au niveau musical, les concerts de musique algérienne qui sont organisés régulièrement par
des membres de la communauté; au niveau sportif, les tournois de soccer, etc.
En conclusion, la communauté algérienne est un groupe distinct au niveau de la religion
et de la culture par rapport à la communauté montréalaise.
Pour « la vitalité ethnolinguistique subjective », qui est l'étude des attitudes des membres
d'un groupe minoritaire vis-à-vis l'utilisation de leur langue maternelle et l'envie de la
conserver, malgré que la majorité des membres de la communauté algérienne sera concernée
si leurs enfants devaient perdre leur langue maternelle (l'arabe), notre échantillon a montré
que l'utilisation du français et de l'arabe demeurait presque identique dans tous les contextes:
maison, évènements sociaux et communautaires, etc.
122
Sauf que le français se démarque et occupe la première place dans les domaines de
l'éducation et du travail, suivi de l'anglais et c'est l'arabe qui occupe la dernière place.
L'influence du français sur les Algériens est due aux circonstances historiques: par
l'occupation française, la France a implanté non seulement sa langue mais sa culture. Donc,
ce n'est pas étonnant qu'à Montréal, ville francophone, la langue la plus utilisée par la
communauté algérienne soit le français.
En conclusion, nous pouvons dire que la VES de la communauté algérienne de langue
maternelle arabe est relativement faible et que les membres de la communauté algérienne ont
tendance à adopter une attitude donnée envers le groupe majoritaire et donc envers la langue
de ce groupe, à savoir, le français. Comme conséquence le français est devenu la langue
d'usage, adoptée par la majorité, vue comme une langue élite et symbole de la réussite. Par
\
contre, nous observons une VES forte dans le domaine religieux, qui est dû au contexte
social et par conséquence, le maintien de la vitalité de la langue arabe chez la communauté
algérienne.
On peut considérer que la langue arabe, par son nombre de locuteurs dans le monde, n'est
pas menacée à court terme. Néanmoins, les résultats de notre recherche nous amènent à
réfléchir sur l'avenir qu'a la langue arabe chez la communauté algérienne de Montréal.
Par ailleurs, il serait plus intéressant, dans d'autres études ultérieures sur la communauté
algérienne de Montréal d'avoir un échantillon de taille plus importante que celui de notre
étude pour mieux faciliter les croisements au niveau des attitudes et comme résultat offrira un
meilleur profil de la situation de la communauté algérienne de Montréal.
Il serait important aussi de sélectionner des Algériens qui déclarent que leur langue
maternelle est le français plutôt que l'arabe, ce qui donnerait un portrait plus «juste» de la
communauté (en vertu des statistiques de Statistique Canada).
ANNEXE A
LE QUESTIONNAIRE DE VITALITÉ ETHNOLINGUISTIQUE SUBJECTIVE
VERSION FRANCAISE
QUESTIONNAIRE
Ce questiolU1aire comprend 5 parties. Chacune des parties vous demande quelque chose de
différent même si elles peuvent vous paraître similaires à première vue.
Lisez attentivement les directives données au début de chaque partie; celles-ci vous
expliquent ce que vous avez à faire.
En lisant chaque question, examinez attentivement les descriptions données avec l'échelle 1 à
5(ou de 1 à 4) puisque celles-ci ne sont pas toujours les mêmes d'une question à l'autre. Dans
toutes les parties du questiolU1aire, vous répondez en encerclant le chiffre qui correspond le
mieux à votre opinion.
Dans ce questionnaire, ce sont vos opinions sur différents sujets que nous voulons cOlU1aÎtre.
Il est donc très important que vos réponses soient sincères et précises et que vous répondiez à
toutes les questions.
Dans ce questiolU1aire, nous utilisons l'expression « Montréal» pour inclure toute l'Île de
Montréal.
124
Toutes vos réponses sont confidentielles; elles ne seront divulguées à personne. Si quelque
chose n'est pas clair, n'hésitez pas à nous demander des explications
(BEKLAKHDARI@YAHaa.FR).
Merci de votre collaboration.
125
DONNÉES SOCIODÉMOGRAPHIQUES
Dans cette première partie, nous avons besoin de quelques renseignements plus
personnels; ces renseignements sont très importants car ils nous permettront le classement
ainsi que l'analyse des réponses. Veillez ne cocher qu'une seule réponse par question.
1- Sexe: Masculin Féminin
D D
2-Âge a) 16- 21 ans
b) 22- 40 ans
D
c) 41- 55 ans D
D
d) 56 ans et plus
3- Niveau de scolarité complété a) École primaire
b) École secondaire (lycée) D
c) CÉGEP (bac) D
d) Université D
4- Quelle est votre profession?
5- Quel est votre revenu annuel?
Répondez à la question suivante seulement si vous n'êtes pas né à Montréal
6- En quelle année êtes-vous arrivé à Montréal ?--------­
126
A. LA VIE DES ALGÉRIENS À MONTRÉAL
Voici 15 questions concernant la situation actuelle des Algériens à Montréal, ainsi que les
ressources disponibles aux Algériens sur l'île de Montréal. Pour chacune des questions,
encerclez le chiffre sur l'échelle de 1 à 5 qui correspond le mieux à votre opinion.
1- Pour la population francophone de Montréal, estimez la proportion que les algériens
représentent:
2 3 4 5
1% et moins 2à4% 5à7% 8 à 10% plus de 10%
2- Estimez le taux de naissance des Algériens à Montréal:
2 3 4 5
Diminue Diminue Stable Augmente Augmente
rapidement légèrement légèrement rapidement
3- Combien d'Algériens émigrent à Montréal tous les ans?
2 3 4 5
Aucun Peu Un nombre Nombreux Très nombreux
nombreux modéré
4- Combien d'Algériens émigrent de Montréal vers d'autres provinces ou pays tous les
ans?
2 3 4 5
Aucun Peu Un nombre Nombreux Très nombreux
nombreux modéré
127
5- Dans toutes les régions de Montréal où les Algériens vivent, dans quelle mesure sont­
ils en majorité ou en minorité?
2 3 4 5
Très petite Légère Ni minorité Grande Très grande
minorité minorité ni majorité majorité majorité
6- À Montréal, comment les Algériens sont-ils considérés?
2 3 4 5
Pas du tout Pas très bien Assez bien Bien Très bien
7- À Montréal, jusqu'à quel point les Algériens contrôlent-ils l'économie et le
commerce?
2 3 4 5
Pas du tout Pas très bien Assez bien Bien Très bien
8- À Montréal, jusqu'à quel point les Algériens ont-ils du pouvoir politique?
2 3 4 5
Aucun Un peu Modéré Grand Très grand
9- À Montréal, jusqu'à quel point les Algériens sont-ils représentés dans la vie culturelle
(par ex. les festivals, les concerts, les expositions d'art, etc.)?
2 3 4 5
Pas du tout Un peu Modéré Grand Très grand
128
10- À Montréal, jusqu'à quel point les Algériens épousent-ils d'autres Algériens?
2 3 4 5
Pas du tout Un peu Moyennement Souvent Exclusivement
11- À Montréal, jusqu'à quel point les Algériens sont-ils fiers de leur histoire et de leurs
aécomplissements culturels?
2 3 4 5
Pas du tout Un peu Moyennement Très Extrêmement
12- À Montréal, jusqu'à quel point les Algériens sont-ils forts et actifs?
2 3 4 5
Pas du tout Un peu Moyennement Très Extrêmement
13- À Montréal, jusqu'à quel point les Algériens sont-ils riches?
2 3 4 5
Pas du tout Un peu Moyennement Très Extrêmement
14- À Montréal, dans 20 à 30 ans, jusqu'à quel point les Algériens seront-ils forts et
actifs?
2 3 4 5
Pas du tout Un peu Moyennement Très Extrêmement
129
15- En général, le contact entre les Algériens et la population francophone de Montréal
est...
2 3 4 5
Absent Infréquent Modéré Fréquent Intense
B. LA LANGUE ARABE À MONTRÉAL
Les 15 questions de cette partie décrivent le rôle de la langue arabe ainsi que son potentiel de
survie; aussi, elles nous fournissent des informations sur vos compétences linguistiques. Pour
chaque question, vous encerclez le numéro sur l'échelle de 1 à 5 (ou de 1 à 4 pour quelques
questions) qui, selon vous, décrit le mieux votre opinion.
1- À Montréal, jusqu'à quel point la langue arabe est-elle considérée?
2 3 4 5
Pas du tout Peu Modérément Bien Très bien
2- Sur le niveau international, jusqu'à quel point la langue arabe est-elle considérée?
2 3 4 5
Pas du tout Peu Modérément Bien Très bien
3- À la maison, vous utilisez
a- L'arabe:
2 3 4 5
Jamais Rarement De temps en Souvent Toujours
temps
130
b- Le français:
2 3 4 5
Jamais Rarement De temps en Souvent Toujours
temps
c- L'anglais:
2 3 4 5
Jamais Rarement De temps en Souvent Toujours
temps
4- Si vous utilisez une langue autre que l'arabe, le français ou l'anglais à la maison,
a- 1ndiq uez la langue -------------------------------------------­
b- Indiquez la fréquence d'utilisation
2 3 4
Peu souvent Assez souvent Très souvent Exclusivement
5- Au travail, vous utilisez le plus souvent...
2 3 4
L'arabe Le français L'anglais Une autre langue
6- Avec la parenté, vous utilisez le plus souvent. ..
2 3 4
L'arabe Le français L'anglais Une autre langue
131
7- Avec vos amis, vous utilisez le plus souvent...
1 2 3 4
L'arabe Le français L'anglais Une autre langue
8- Si vous avez des enfants à l'école, le fait qu'ils sont éduqués en français est...
2 3 4 5
Un grand Un petit Acceptable Un avantage Un grand
désavantage désavantage avantage
9- Dans les écoles de Montréal, à quel degré la langue Arabe est-elle enseignée?
2 3 4 5
Jamais Rarement Moyennement Souvent Exclusivement
10- Dans les services publics de Montréal, à quel degré la langue arabe est-elle utilisée
(par exemple, dans les cliniques de santé, les services sociaux, etc.) ?
2 3 4 5
Jamais Rarement Moyennement Souvent Exclusivement
11- Dans les media (TV, radio, journaux) de Montréal, à quel degré la langue Arabe est
-elle utilisée?
2 3 4 5
Jamais Rarement Moyennement Souvent Exclusivement
132
12- Dans les institutions commerciales, jusqu'à quel point la langue Arabe est-elle
utilisée?
2 3 4 5
Jamais Rarement Moyennement Souvent Exclusivement
13- Dans les endroits de culte religieux de Montréal, jusqu'à quel point la langue arabe
est-elle utilisée?
2 3 4 5
Jamais Rarement Moyennement Souvent Exclusivement
14- Évaluez votre compétence en:
A- Arabe:
Comprendre:
2 3 4 5
Pas du tout Un peu Bien Très bien Excellent
Parler:
2 3 4 5
Pas du tout Un peu Bien Très bien Excellent
Lire:
2 3 4 5
Pas du tout Un peu Bien Très bien Excellent
133
Écrire:
Pas du tout
2
Un peu
3
Bien
4
Très bien
5
Excellent
B- Français
Comprendre:
Pas du tout
2
Un peu
3
Bien
4
Très bien
5
Excellent
Parler:
Pas du tout
2
Un peu
3
Bien
4
Très bien
5
Excellent
Lire:
2 3 4 5
Pas du tout Un peu Bien Très bien Excellent
Écrire:
2 3 4 5
Pas du tout Un peu Bien Très bien Excellent
134
C- Anglais:
Comprendre:
2 3 4 5
Pas du tout Un peu Bien Très bien Excellent
Parler:
2 3 4 5
Pas du tout Un peu Bien Très bien Excellent
Lire:
2 3 4 5
Pas du tout Un peu Bien Très bien Excellent
Écrire:
2 3 4 5
Pas du tout Un peu Bien Très bien Excellent
15- Si vous utilisez une langue autre que l'arabe, le français ou l'anglais
à la maison,
A- Indiquez la langue -----------------------------------­
B- Évaluez vos compétences à:
135
Comprendre:
2 3 4 5
Pas du tout Un peu Bien Très bien Excellent
Parler:
2 3 4 5
Pas du tout Un peu Bien Très bien Excellent
Lire:
2 3 4 5
Pas du tout Un peu Bien Très bien Excellent
Écrire:
2 3 4 5
Pas du tout Un peu Bien Très bien Excellent
C. CE QUE VOUS AIMERIEZ VOIR POUR L'ARABE
Les 4 questions suivantes décrivent ce que vous VOUDRIEZ ou AIMERIEZ voir pour
l'arabe à Montréal, si c'était possible. Encerclez le chiffre sur l'échelle de 1 à 5 qui
correspond le mieux à ce que vous désireriez.
136
Si c'était possible à Montréal,
1- Aimeriez-vous avoir plus de programmes en langue arabe à la télévision?
2
3 4 5
Pas du tout Un peu Modérément Beaucoup Extrêmement
2- Aimeriez-vous avoir plus d'heures en arabe à la radio?
2 3 4 5
Pas du tout Un peu Modérément Beaucoup Extrêmement
3- Aimeriez-vous avoir plus de services publics en langue arabe?
2 3 4 5
Pas du tout Un peu Modérément Beaucoup Extrêmement
4- Aimeriez-vous pouvoir faire éduquer vos enfants à l'école publique en arabe?
2 3 4 5
Pas du tout Un peu Modérément Beaucoup Extrêmement
D. ATTITUDES DES ALGERIENS
Les 4 phrases suivantes décrivent l'importance de l'arabe et les attitudes des Algériens
envers la possibilité de la perdre. Encerclez le chiffre sur l'échelle de 1 à 5 qui correspond le
mieux à votre avis.
137
1- Pour mon futur personnel, je crois que ...
A- L'arabe est ...
2 3 4 5
Pas du tout Pas trop Moyennement Très Extrêmement
important important important important important
B- Le français est ...
2 3 4 5
Pas du tout Pas trop Moyennement Très Extrêmement
important important important important important
C- L'anglais est...
2 3 4 5
Pas du tout Pas trop Moyennement Très Extrêmement
Important important important important important
2- Pour mes enfants, je crois que ...
A- L'arabe est...
2 3 4 5
Pas du tout Pas trop Moyennement Très Extrêmement
important important important important important
B- Le français est...
2 3 4 5
Pas du tout Pas trop Moyennement Très Extrêmement
important important important important important
138
C- L'anglais est ...
2 3 4 5
Pas du tout Pas trop Moyennement Trés Extrêmement
importante important important important important
3- Si mes enfants parlaient juste le français (ou l'anglais) et perdaient leur arabe, je
serai. ..
2 3 4 5
Complètement Un peu Modérément Un peu Très
indifférent indifférent indifférent concerné concerné
4- À mon avis, mes enfants vont. ...
2 3 4 5
Plus que Probablement Peut être Probablement Plus que
certainement perdre leur perdre leur maintenir leur certainement
perdre leur arabe arabe arabe maintenir
arabe leur arabe
MERCI D' AVOIR COMPLÉTÉ CE QUESTIONNAIREl
RÉFÉRENCES
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Avertissement

La diffusion de ce mémoire se fait dans le respect des droits de son auteur, qui a signé le formulaire Autorisation de reproduire et de diffuser un travail de recherche de cycles supérieurs (SDU-522 - Rév.01-2006). Cette autorisation stipule que «conformément à l'article 11 du Règlement no 8 des études de cycles supérieurs, [l'auteur] concède à l'Université du Québec à Montréal une licence non exclusive d'utilisation et de publication de la totalité ou d'une partie importante de [son] travail de recherche pour des fins pédagogiques et non commerciales. Plus précisément, [l'auteur] autorise l'Université du Québec à Montréal à reproduire, diffuser, prêter, distribuer ou vendre des copies de [son] travail de recherche à des fins non commerciales sur quelque support que ce soit, y compris l'Internet. Cette licence et cette autorisation n'entraînent pas une renonciation de [la] part [de l'auteur] à [ses] droits moraux ni à [ses] droits de propriété intellectuelle. Sauf entente contraire, [l'auteur] conserve la liberté de diffuser et de commercialiser ou non ce travail dont [il] possède un exemplaire.»

REMERCIEMENTS

Dans une démarche comme celle-ci, qui a duré plusieurs années, il y a évidemment de nombreuses personnes qui ont contribué, par leur appui et leur enthousiasme, à m'encourager,

à me signaler des pistes et des infonnations. Je ne pourrai pas toutes les nommer ici.
J'aimerais, cependant, remercier tout particulièrement certaines d'entre elles.

Je tiens à remercier en tout premier lieu mon directeur de recherche, Monsieur Robert A. Papen, d'avoir cru en moi, cru surtout en ma capacité d'aller jusqu'au bout; c'est ce qui m'a donné la force de continuer. Je tiens à lui exprimer toute ma gratitude pour sa supervision constante, ses conseils judicieux et sa disponibilité.

Mes remerciements vont aussi à Monsieur Bertrand Fournier du SCAD pour son aide, son temps et ses conseils tant appréciés.

Je remercie également Mme Lynn Drapeau et M. Paul Pupier qui ont accepté d'être les lecteurs de ce mémoire et qui ont eu la patience de le lire et de le commenter.

Un grand merci à tous les organismes, associations et individus, membres de la communauté algérienne de Montréal qui m'ont aidée à distribuer le questionnaire.

J'adresse ma gratitude à mes parents qui ont grandement contribué à faire ce que je suis. Un gros merci pour leur soutien et leur amour et pour m'avoir transmis la confiance dans mes moyens et dans la vie, ce qui est fort utile pour faire aboutir un projet à long terme.

Un très grand merci à ma soeur, Sihem, et son mari pour leur présence constante, leur aide précieuse et généreuse à tous les niveaux.

mes soucis. Un merci tout spécial à mon mari Ahmed. . qui a subi pendant des années mes horaires. mes humeurs. Il a été mon support au niveau intellectuel et psychologique ce qui m'a insufflé la motivation nécessaire pour terminer mon mémoire. me guider de multiples façons. qui pendant toutes ces années a su m'encourager. Sa tendresse est bien évidemment l'un des ferments essentiels de mon mémoire.iii Mais bien sûr. ma reconnaissance va spécialement à ma fille Mariya.

À mes parents Qui ont été à l'origine de ma motivation pour entreprendre ce mémoire. . À mon mari Qui m 'a accompagnée tout au long de mon périple. À mafille Mariya Qui a été la raison de ma persévérance et la source de mon énergie pour continuer ma recherche et pour écrire.

1) 3.TABLE DES MATIÈRES LISTE DES FIGURES LISTE DES TABLEAUX RÉSUMÉ INTRODUCTION CHAPITRE 1 PROBLÉMATIQUE CHAPITRE II CADRE THÉORIQUE 2.5 Caractéristiques socio-économiques (Voir tableau 3.3 La vitalité objective 2.2.4 Le modèle macroscopique des déterminants du bilinguisme additif et du bilinguisme 16 soustractif.1 Population d'origine ethnique algérienne 3.2 Le concept de la vitalité ethnolinguistique (VE) 2.3.2 Caractéristiques ethnoculturelles (voir tableau 3.2.2. 4) 18 18 18 18 19 32 32 32 35 36 .3Portrait de la communauté algérienne de Montréal 3. linguistique et socio-culturel 3.3.2.3 Les critiques du concept de la vitalité ethnolinguistique ix x xvi 1 3 6 6 7 7 9 10 13 15 2.4 Caractéristiques linguistiques (Voir tableau 3.2 Portrait de la communauté algérienne en Algérie 3. Bourhis et Taylor (1977) 2.1 Les facteurs déterminant la vitalité ethnolinguistique 2.2.1 ·Introduction 3.1 Introduction 2.1 Portrait démographique 3.3.4 La vitalité ethnolinguistique subjective (VES) 2.2 Portrait historique.2 Le modèle de la vitalité ethnolinguistique de Giles.2. 3) 3.3. CHAPITRE III PORTRAIT SOCIOLINGUISTIQUE DE LA COMMUNAUTÉ ALGÉRIENNE 3.

1 Introduction 51 51 5. 5.4 Conclusion 52 55 60 61 5.2 Description du questionnaire QCEVEL 4.3 Évaluation du taux d'immigration annuelle d'Algériens vers Montréal 62 63 68 68 69 70 5.6 Caractéristiques de la localisation 38 CHAPITRE IV MÉTHODOLOGIE 4.2 La vitalité ethnolinguistique objective (VEO) de la communauté algérienne de langue maternelle arabe de Montréal 52 5.3.4.1 Description du questionnaire SVQ 4.2.4 Élaboration du questionnaire 4.4.4.3 Le questionnaire adapté 4.2 Nos choix d'instruments d'enquête: la documentation et le questionnaire 4.1 Estimation de la proportion de la population francophone de Montréal que représentent les Algériens 5..1 Introduction 4.4.2 Évaluation du taux de naissance des Algériens de Montréal 5.3 Modes d'administration 4.VI 3.VES) ..4.4 Évaluation du taux annuel d'émigration des Algériens vers d'autres provinces ou pays 70 l .2 Les données sociodémographiques 5.3. 62 5.1 Le capital démographique 5.6 Technique d'analyse des résultats 40 40 40 41 42 43 45 45 48 50 CHAPITRE V PRÉSENTATION ET ANALYSE DES RÉSULTATS 5.3 Le statut.2 Le support institutionnel 5.1 Comparaison des choix de réponses selon les variables 5.3.4 La situation actuelle des Algériens à Montréal.2.4.2. 5.2.5 Procédure et échantillonnage 4.4.3 Résultats de la vitalité ethnolinguistique de la communauté algérienne de Montréal en termes de perceptions et de croyances (la vitalité ethnolinguistique subjective .

9 Évaluation du degré d'utilisation de l'arabe dans les services publics de Montréal 80 81 82 83 88 89 90 91 92 92 5.8 Évaluation du pouvoir politique des Algériens à MontréaL 74 5.5 Évaluation du statut minoritaire ou majoritaire de la communauté algérienne selon le quartier ou l'arrondissement 71 5.5. 72 5.6 Utilisation des langues avec les amis 5.4.4.5.6 Évaluation du degré d'estime vis-à-vis les Algériens de Montréal.2 Évaluation du degré d'estime\prestige de la langue arabe au niveau international 5.7 Opinions concernant l'éducation en français des enfants 5.4.5. radio.11 Évaluation du sentiment de fierté de la part des Algériens de Montréal vis-à-vis de leur histoire et de leurs accomplissements culturels 76 5.5.15 Évaluation du degré de contact entre les Algériens et la population francophone de Montréal 79 5.4.4.5.7 Évaluation du degré de contrôle sur l'économie et le commerce exercé par les 73 algériens 5.5.13 Évaluation du degré de richesse des Algériens de MontréaL 77 78 5..5.4.4.5.11 Évaluation du degré d'utilisation de l'arabe dans les institutions commerciales 94 ..4 Emploi des langues au travail 5.9 Évaluation de degré de représentativité des Algériens dans la vie culturelle de Montréal 74 5.5 Utilisation des langues avec la parenté 5. presse écrite) de Montréal 93 5.3 Utilisation des langues à la maison 5.14 Évaluation future de la force et du degré d'activité des Algériens de Montréal.4.4.4. 5.10 Évaluation du taux d'endogamie ou d'exogamie de la part des Algériens à Montréal 75 5.5.Vil 5.12 Évaluation de la force et du degré d'activité des Algériens de Montréal.5 La langue arabe et les autres langues connues et utilisées par les Algériens à Montréal.5.5.1 Évaluation du degré d'estime qu'a la langue arabe à Montréal 5. 5. 78 5.4.10 Évaluation du degré d'utilisation de l'arabe dans les médias (TV.8 Évaluation du degré d'enseignement de l'arabe dans les écoles de Montréal 5.

. 5.1 Avoir plus de programmes en langue arabe à la télévision 5.5..2 Les langues et le futur de mes enfants 5.13 Évaluation des compétences langagières des langues connues et utilisées par les Algériens 96 5.4 L'éducation des enfants algériens à l'école publique en arabe 5.3 Avoir plus de services publics en langue arabe 5.6.VU! 5.6.1 Les langues et mon futur personnel.4 L'avis des parents sur le maintien ou la perte de l'arabe CHAPITRE VI CONCLUSION ANNEXE A LE QUESTIONNAIRE DE VITALITÉ ETHNOLINGUISTIQUE SUBJECTIVE VERSION FRANCAISE RÉFÉRENCES 123 139 105 107 107 108 108 109 110 110 113 116 117 119 .3 L'attitude des parents envers la perte de l'arabe de leurs enfants 5.7.7.14 Évaluation de l'utilisation d'une autre langue que l'arabe.6 Évaluation de ce que la communauté algérienne aimerait voir pour l'arabe 5.5.12 Évaluation du degré d'utilisation de l'arabe dans les endroits de culte de Montréal 95 5.5. le français ou l'anglais à la maison 5.6.7.7.6.7 Attitude des Algériens vis-à-vis la garde ou la perte de l'arabe 5.2 Avoir plus d'heures en arabe à la radio 5.

2 Échelle de notation de 5 points de types Lickert 48 . 1977) (Tiré de Sachdev et Bourhis.LISTE DES FIGURES Figure 2. Bourhis. Taylor.1 Modèle de la vitalité ethnolinguistique (GILES. 1993) Il Figure 4.

3 Niveau de scolarité complété 65 Tableau 5.1 Sexe des répondants 64 Tableau 5.4 Année d'arrivée à Montréal 66 Tableau 5.LISTE DES TABLEAUX Tableau 3.6 Caractéristiques de la localisation 39 Tableau 5.4 Caractéristiques socio-économiques 37 Tableau 3.3 Caractéristiques linguistiques 36 Tableau 3.2 Catégorie d'age des répondants 64 Tableau 5. 1 Caractéristiques ethnoculturelles 33 Tableau 3.5 Âge et niveau de scolarité complété 67 . 2 Caractéristiques démographiques 34 Tableau 3.5 Caractéristiques de la localisation 38 Tableau 3.

74 Tableau 5. 71 Tableau 5.9 Taux annuel d'émigration des Algériens_vers d'autres provinces ou pays ......xi Tableau 5....15 Taux d'endogamie ou d'exogamie de la part des Algériens à Montréal.14 Degré de représentativité des Algériens dans la vie culturelle de Montréal ... 74 Tableau 5.8 Taux d'immigration annuelle d'Algériens vers MontréaL 70 Tableau 5..7 Taux de naissance 69 Tableau 5.10 Statut minoritaire ou majoritaire de la communauté algérienne selon le quartier ou l'arrondissement 72 Tableau 5. 76 Tableau 5... 75 Tableau 5..13 Pouvoir politique des Algériens à Montréai.....16 Sentiment de fierté de la part des Algériens de Montréal vis-à-vis de leur histoire et de leurs accomplissements culturels 77 Tableau 5. .17 Force et degré d'activité actuels des Algériens de MontréaL 77 ..11 Degré d'estime vis-à-vis les Algériens de Montréal 73 Tableau 5...12 Degré de contrôle sur l'économie et le commerce exercé par les Algériens.6 Proportion de la population francophone de Montréal que représentent les Algériens 68 Tableau 5.......

30 Opinions concernant l'éducation en français des enfants 91 . 79 Tableau 5.28 Utilisation des langues avec la parenté 89 Tableau 5.Xli Tableau 5.23 Emploi de l'arabe à la maison 84 Tableau 5.19 Force et degré d'activité des Algériens de Montréal dans le futur.24 Emploi du français à la maison 85 Tableau 5.27 Emploi des langues au travail 89 Tableau 5.20 Degré de contacts entre les Algériens et la population francophone de Montréal 80 Tableau 5.25 Emploi de l'anglais à la maison 87 Tableau 5.21 Degré d'estime\prestige de la langue arabe à Montréal 81 Tableau 5.18 Degré de richesse des Algériens de Montréal 78 Tableau 5.22 Degré d'estime\prestige de la langue arabe au niveau international 82 Tableau 5.29 Utilisation des langues avec les amis 90 Tableau 5.26 Emploi d'autre langue à la maison 88 Tableau 5.

35 Degré d'utilisation de l'arabe dans les endroits de culte religieux de Montréal.37 Production orale de l'arabe 97 Tableau 5. 94 Tableau 5..32 Degré d'utilisation de l'arabe dans les services publics de Montréal 93 Tableau5. radio.38 Lecture en arabe 98 Tableau 5.31 Degré d'enseignement de l'arabe dans les écoles de Montréa1.36 Compréhension de l'arabe 97 Tableau 5.34 Degré d'utilisation de l'arabe dans les institutions commerciales 95 Tableau 5.33 Degré d'utilisation de l'arabe dans les médias (TV. 92 Tableau 5.xiii Tableau 5. 96 Tableau 5. journaux) de Montréal.39 Écriture de l'arabe 99 Tableau 5040 Compréhension en français 100 Tableau 5Al Production orale en français 100 Tableau 5042 Lecture en français 101 Tableau 5043 Écriture en français 101 .

46 Lecture en anglais 104 Tableau 5.45 Production orale en anglais 103 Tableau 5.57 Degré d'importance de l'anglais pour les enfants 116 .50 Avoir plus de services publics en langue arabe 109 Tableau 5.52 Degré d'importance de l'arabe pour le futur personnel III Tableau 5.49 Avoir plus d'heures en arabe à la radio 108 Tableau 5.48 Avoir plus de programmes en langue arabe à la télévision 107 Tableau 5..44 Compréhension en anglais 102 Tableau 5. 55 Degré d'importance de l'arabe pour les enfants 114 Tableau 5.. 113 Tableau 5.54 Degré d'importance de l'anglais pour le futur personne!.XIV Tableau 5.53 Degré d'importance du français pour le futur personneL 112 Tableau 5.47 Écriture en anglais 104 Tableau 5.51 L'éducation des enfants algériens à l'école publique en arabe 110 Tableau 5.56 Degré d'importance du français pour les enfants Ils Tableau 5.

xv Tableau 5.58 Attitude des parents envers la perte de l'arabe de leurs enfants 117 Tableau 5.59 Avis des parents sur la garde ou la perte de l'arabe 118 .

. En se basant sur cette théorie. minorité ethnoliguistique. Les résultats montrent que la vitalité ethnolinguistique de la communauté algérienne de langue maternelle arabe est relativement faible quant au maintien de sa langue maternelle. maintien de la langue maternelle. communauté algérienne de langue arabe. plus il a des chances de survivre et de se distinguer des autres groupes en maintenant davantage sa langue maternelle. adoptée par la majorité. le français est la langue d'usage. assimilation Iiguistique. 2) sa démographie et 3) le support et le contrôle institutionnels qu'elle a réellement et d'autre part de sonder (par questionnaire) les perceptions et les attitudes des membres de la communauté sur leur propre vitalité ethnolinguistique. Mots clés: vitalité ethnolinguistique. vue comme une langue d'élite et symbole de la réussite. qui est dû au contexte social: les musulmans sont marqués par leurs coutumes et traditions religieuses auxquelles ils sont très attachés et par conséquence. communauté qui aura tendance à s'assimiler linguistiquement et progressivement au sein du groupe majoritaire francophone. et moins un groupe a de la vitalité ethnolinguistique. nous pouvons dire que la communauté algérienne de langue maternelle arabe est une minorité ethnolinguistique avec une faible vitalité ethnolinguistique. en décrivant 1) son statut. on observe le maintien de la langue arabe chez la communauté algérienne. et ainsi de déterminer les chances de survie de la langue arabe au sein de cette communauté minoritaire. Cependant.RÉSUMÉ La théorie de la vitalité ethnolinguistique permet de comprendre et prédire le comportement linguistique d'une communauté ethnolinguistique en situation de contact: plus un groupe a de la vitalité ethnolinguistique. Désormais. mais qui restera toujours une entité religieuse culturelle. c'est-à-dire la vitalité «subjective ». plus sa langue maternelle risque de disparaître et moins il a de chance de se distinguer des autres groupes. du moins comme langue du culte. nous observons une vitalité ethnolinguistique forte dans le domaine religieux. notre étude se propose de décrire la situation sociolinguistique de la communauté algérienne de langue maternelle arabe de Montréal ainsi que de mesurer sa vitalité ethnolinguistique. Nous avons un double objectif: d'une part de dresser un portrait de la vitalité «objective» de la communauté algérienne de langue maternelle arabe de Montréal. Par contre.

Trois facteurs principaux influencent cette vitalité: les facteurs de statut. qui d'ailleurs a rarement été l'objet d'étude à Montréal. C'est à travers ce cadre théorique que nous allons tenter de mesurer la vitalité ethnolinguistique de la communauté algérienne de Montréal afin d'évaluer les chances de survie de la langue arabe. au sein de cette communauté. Cette taxonomie des variables structurales « objectives» détermine la vitalité ethnolinguistique d'un groupe et permet son évaluation. langue maternelle de la majorité des membres de la communauté algérienne. mais elle n'est qu'une étape préliminaire pour définir tout le concept de la vitalité ethnolinguistique. un des concepts les plus marquants dans le domaine de la sociologie du langage est celui de la vitalité ethnolinguistique. 2005). Ces perceptions sont basées sur les variables liées aux facteurs démographiques.INTRODUCTION Depuis les années 70. institutionnels et statutaires. l'objectif de la présente recherche est double: d'une part dresser un portrait de la vitalité « objective» de la communauté algérienne de langue maternelle de Montréal. en . Il se trouve donc qu'il est très important de faire appel à la vitalité « subjective» et d'étudier l'ensemble des perceptions et des attitudes qu'a un groupe de sa propre vitalité ethnolinguistique ainsi que celle qu'a le groupe de la vitalité des autres groupes. Bourhis et Taylor (1977). Donc. particulièrement le groupe majoritaire et/ou dominant. développé entre autres par Oiles. de démographie et de support et de contrôle institutionnels. Ce concept représente ce qui permet aux membres d'un groupe d'agir en tant qu'entité collective distincte en contexte intergroupe (Bourhis et Barrette. sur le degré d'activité relevé au sein des différents groupes linguistiques et sur les contacts entre les groupes.

Nous exposerons dans le premier chapitre notre problématique en faisant une brève description de la communauté algérienne de langue maternelle arabe de Montréal. Pour terminer. Finalement. le domaine de la sociologie et de la sociopsychologie du langage. nous présenterons la théorie de la vitalité ethnolinguistique proposée dans . suivi.2 décrivant 1) son statut. ce qui représente notre cadre théorique. Dans le chapitre quatre. 2) sa démographie et 3) le support et le contrôle institutionnels qu'elle a réellement et d'autre part de sonder (par questionnaire) les perceptions et les attitudes des membres de la communauté sur leur propre vitalité ethnolinguistique. Dans le deuxième chapitre. Giles et Rosenthal (1981) pour mesurer la vitalité ethnolinguistique subjective. d'un portrait sociolinguistique de la communauté algérienne dans son pays natal ainsi que dans son pays d'accueil. nous présenterons la méthodologie qui sera adoptée lors de cette étude ainsi que les moyens utilisés pour analyser nos résultats. ce qui représente la vitalité « subjective ». . Afin de réaliser notre étude. nous avons élaboré un questionnaire en nous inspirant du questionnaire développé par Bourhis. nous offrons en conclusion quelques 0 bservations générales. dans le chapitre trois. le chapitre cinq sera consacré à la présentation et à l'analyse des résultats.

ils ont préféré s'établir au Québec plutôt qu'ailleurs au Canada. bon nombre d'Algériens ont afflué au Canada.CHAPITRE 1 PROBLÉMATIQUE Dans les années 80 et 90. le gouvernement du Québec a placé l'immigration algérienne dans les premiers rangs de ses besoins. leur arrivée entre 1988 et 1998 s'est d'ailleurs faite à un rythme très élevé. ce qui nous donne un total hypothétique de 28 207 immigrants algériens pour la province du Québec. Selon le MICC (2005). elles sont concentrées essentiellement dans la région métropolitaine de Montréal. pour 2004. . les difficultés économiques dues à la crise qui a sévi en Algérie à la fin de la dernière décennie. et plusieurs facteurs concomitants expliquent cette migration importante. ce qui représente 93. Leur connaissance du français s'est révélée être un atout considérable. s'y ajoute la situation politique catastrophique que l'Algérie a connue depuis 1990. immédiatement après les Français. d'un côté. Mais selon le consulat d'Algérie à Montréal. ce nombre d'immigrants n'a pas cessé d'augmenter et on estime que le nombre total d'immigrants algériens se situerait maintenant à environ 35 000. Comme les Algériens étaient en très grande majorité francophones. Il y a. Lors du recensement de 2001 pour la province du Québec (Statistique Canada) 13 545 personnes se sont déclarées d'origine ethnique algérienne. premiers dans le classement des immigrants attendus.1% du total). ce nombre d'immigrants algériens a beaucoup augmenté et il est estimé à 14662 immigrants entre 2000 et 2004. Selon Statistique Canada (2001). D'autre part. Cette attente s'explique par un certain nombre de facteurs que les autorités provinciales estiment prioritaires dans le choix des immigrants sélectionnés par les services d'immigration du Québec. (I2 615.

commerciales.). la minorité doit absolument posséder un « minimum d'organisation sociale)} (Allard. elle dépend également du support institutionnel et du statut social du groupe (Giles. avoir un contact de la langue maternelle du groupe minoritaire avec les langues officielles du pays (français et anglais) peut sans doute provoquer chez le groupe minoritaire l'abandon de sa langue maternelle. de « complétude institutionnelle)} (Breton. les types d'institutions corrununautaires (religieuses. nous faisons référence à la taille de la population. éducatives. etc. 1990) et de « capital linguistique)} (Prujiner. 1984). Bourhis et Taylor. 1984). etc. un affaiblissement ou même la perte de sa vitalité ethnolinguistique. Par profil sociolinguistique. les données de la vitalité objective. en l'occurrence. C'est dans cette optique que nous allons étudier la vitalité ethnolinguistique de la communauté algérienne de Montréal. l'éparpillement ou la concentration résidentielle de la population. l'assimilation au groupe majoritaire et la perte de l'identité.) Pour ce faire. Clément et Landry. 1977). culturelles. Montréal. Pour qu'elle puisse rester une entité distincte et active au sein du groupe majoritaire. Nous savons que la vitalité ethnolinguistique d'une corrununauté n'est pas uniquement associée au nombre de locuteurs.4 Vivre dans une grande ville métropolitaine à caractère multiethnique comme Montréal. . sociales. les langue(s) parlées et/ou connues. Hamers. 1964). nous allons examiner la situation actuelle des Algériens à Montréal. Est-ce le cas de la communauté algérienne de langue maternelle arabe de Montréal? Y a-t-il un affaiblissement de la vitalité ethnolinguistique de la communauté algérienne de langue maternelle arabe de Montréal? C'est ce que nous tenterons de démontrer par notre étude. ainsi queJes ressources qui leur sont disponibles. Nous allons premièrement tenter de dresser un profil sociolinguistique de la corrununauté algérienne en Algérie ainsi que dans la société d'accueil. de « vie communautaire)} (Fishman. Bref. bref. 1989. Deshaies.

Nous allons donc tenter de mesurer la vitalité ethnolinguistique tant objective que subjective de la communauté algérienne de langue maternelle arabe de Montréal afin d'évaluer les chances de survie de la langue arabe au sein de la communauté d'accueil. l'anglais. . dans sa langue maternelle. etc. ce que la communauté algérienne de langue maternelle arabe voudrait ou aimerait voir pour l'arabe à Montréal. Aussi nous voulons savoir le rôle de la langue arabe et son potentiel de survie. les deux langues les plus employées de leur société d'accueil. est une langue minoritaire qui n'a aucun statut officiel. Ainsi. la langue arabe est une langue minoritaire qui n'a aucun statut officiel. l'arabe. Au Canada ainsi qu'au Québec. puisque ces langues sont en relation étroite dans la communauté: l'arabe est la langue maternelle de la majorité des membres de cette communauté et aussi la langue du culte. nous nous posons la question à savoir si les hommes et les femmes de cette communauté. La majorité des membres de la communauté algérienne de Montréal ne peut donc pas avoir recours ni aux services gouvernementaux. donc la vitalité subjective. sont les langues de la société d'accueil. le français et. nous nous demandons si les membres de cette communauté vont manifester une forte vitalité ethnolinguistique vis-à-vis de leur langue maternelle. Vu que la communauté algérienne de Montréal est minoritaire au sein de la communauté francophone et que sa langue maternelle. du moins pour la majorité de ses membres. les médias.. et elle doit utiliser le français ou. et l'importance de l'arabe et les attitudes des Algériens de langue maternelle arabe de Montréal envers la possibilité de perdre leur langue maternelle. dans une moindre mesure. éventuellement. ni à d'autres services dans plusieurs domaines de la vie publique tels que l'école. si c'était possible.5 Nous allons ensuite examiner les croyances de la part d'un certain nombre d'immigrants algériens de Montréal concernant l'arabe. le français et l'anglais. différents niveaux de scolarité et différentes années d'arrivée au Québec partagent les mêmes perceptions. appartenant à différentes catégories d'âge. l'anglais. et non pas vis-à-vis du français ou de l'anglais.

1993. 1993. 1994) sont plus récents que ceux de Giles. Malgré que les travaux de Landry et Allard (1990. 1992. celles de Bourhis. . Néanmoins. Nous présenterons le concept de vitalité ethnolinguistique. notre cadre théorique s'inspire surtout du modèle de la vitalité ethnolinguistique développé par Giles. Bourhis et Taylor (1977) ou ceux de Bourhis. 1991. leurs questiormaires s'appliquent surtout à des adolescents. nous tiendrons compte dans notre étude des réseaux sociaux individuels qui sont très important pour la survie de la langue. Taylor. plutôt qu'à des immigrants adultes et ils ne convierment pas tels quels aux besoins de notre étude. de Bourhis (1984). Giles et Rosenthal (1981) et que leur modèle est une conceptualisation plus large 'de la vitalité ethnolinguistique subjective en termes de croyances. Giles et Rosenthal (1981). Bourhis.1 Introduction Nous proposons dans ce chapitre de passer en revue quelques théories et recherches qui touchent de près notre étude. et représente une certaine amélioration au niveau d'analyse socio-psychoJogique avec la notion des réseaux individuels de contacts linguistiques. 1987. 1996) et de Allard et Landry (1986. étudiants au secondaire. 1991.CHAPITRE II CADRE THÉORIQUE 2. Ce concept a principalement été développé par les recherches et dans les publications de Giles. 1996). 1977 pour les raisons suivantes: les travaux de Landry et Allard s'appliquent surtout à la situation des francophones minoritaires au Canada plutôt qu'aux groupes minoritaires immigrants. de Landry et Bourhis (1997) ainsi que celles de Landry et Allard (1990. Deuxièmement. Bourhis et Taylor (1977).

économique. il en résulte qu'il va chercher à maintenir sa position de pouvoir sur le plan culturel. selon Tajfel (1974. L'assimilation. Néanmoins. Il en découle qu'ils adopteront. dépendant de la situation où ils se trouvent. 1978). Et enfin. Tajfel (1974. lorsque le groupe dominant sent qu'il est menacé par le groupe subordonné. 1978) nous rapporte que les membres de groupes divers cherchent à percevoir et à maintenir une identité sociale positive. le processus de la créativité sociale est le moyen par lequel les membres d'un groupe essaient de s'accorder un caractère distinct positif vis-à-vis de l'autre groupe. politique.1 Les facteurs déterminant la vitalité ethnolinguistique Plusieurs recherches ont traité le phénomène de contact de langues entre groupes ethnolinguistiques divers vivant dans des pays d'accueil et ainsi la naissance de groupes majoritaires dominants ou minoritaires dominés ou du moins. soit la compétition sociale ou encore la créativité sociale.2. Par la compétition sociale. soit l'assimilation. C'est ce que nous détaillerons dans les sections suivantes. est définie comme le processus par lequel les membres du groupe subordonné assument les caractéristiques du groupe dominant afin de créer l'égalité avec ce dernier. subordonnés.7 2.2 Le concept de la vitalité ethnolinguistique (VE) Plusieurs facteurs contribuent pour définir le concept de la vitalité ethnolinguistique. ainsi que sur l'identité sociale positive qui en découle. 2. en ayant . les membres du groupe cherchent à maintenir où atteindre une position de pouvoir sur le plan culturel. économique et politique en s'impliquant dans une compétition directe avec l'autre groupe.

ce qui représente le bilinguisme additif. Ces individus peuvent dévaloriser et rejeter leur propre langue. Par contre.8 recours à la compétition sociale. par contre. notamment. Il a pu constater qu'à la troisième génération d'immigrants. soulignent que dans le cas de personnes appartenant à un groupe minoritaire. les autres acquièrent la langue du groupe majoritaire. l'héritage ethnique et la langue qui y est liée cessent de jouer un rôle significatif. d'emblée. qui reflète. de leur côté. un problème s'est posé du fait que l'on manquait d'outils qui puissent d'un côté décrire le milieu social tout en tenant compte des différences individuelles afin qu'ils soient pratiques et applicables à toutes sortes de situations intergroupes et de l'autre côté. ce qui représente le bilinguisme souSJraclif. ce qui entraîne des pertes de compétences et de vitalité de la langue d'origine. du fait qu'ils devaient être quantifiables et compatibles avec la méthodologie de la psychologie sociale. Leur réseau social de communication peut être dominé par la langue seconde. plus particulièrement l'usage de la langue maternelle. Hamers et Blanc (2000). et qui pourrait les mener à la perte totale ou même partielle de leur langue d'origine en faveur de la langue maj ori taire. Cependant. le prestige et la vitalité de la communauté linguistique majoritaire. Fishman (1989) a étudié les processus sociaux et culturels qui accompagnent l'usage ou l'abandon d'une langue chez des minorités existant aux États-Unis. les uns conservent leur langue d'origine tout en acquérant avec succès la langue seconde. le groupe dominé fera appel à sa créativité sociale ou à l'assimilation s'il perçoit que son identité est peu valorisante. Les recherches de Lambert (1974) suggèrent qu'il existe deux types de groupes minoritaires. entre l'identité et l'usage d'une langue. leurs usages langagiers peuvent être influencés par leur milieu social. . d'où le lien qu'il fait.

1). L'ensemble de ces variables constitue ce qu'ils appellent le concept de vitalité ethnolinguistique.2. Il consiste en toutes les occasions où les individus peuvent utiliser leur langue maternelle: dans les interactions avec les membres de leur famille. qui élaborent le concept de la « vitalité ethnolinguistique ». Aussi. leur démographie et leur support institutionnel (voir Figure 2. Selon Giles. où les relations intergroupes se produisent.9 Le problème est résolu dans Giles. les RICL sont fondamentaux également dans le maintien ou non d'une communauté linguistique. les amis.2 Le modèle de la vitalité ethnolinguistique de Giles. 2. les camarades d'école ou les collègues de travail. les voisins. . De cela. Bourhis et Taylor (1977) Tajfel (1972) ainsi que Giles. plus un groupe linguistique a de la vitalité ethnolinguistique. Bourhis et Taylor (1977). Bourhis et Taylor (1977) ont relevé plusieurs variables situationnelles et structurelles qui influencent le comportement socio-psychologique. Landry et Allard (1990) et Hamers et Blanc (2000) parlent du réseau individuel de contacts linguistiques (RICL) comme étant celui qui représente le niveau où s'actualise la majorité des expériences ethnolinguistiques de l'individu. D'autres recherches ont aussi démontré l'influence des réseaux sociaux individuels sur les comportements langagiers. on pourrait déduire que la langue est un symbole d'identité et de solidarité culturelle et qu'il est important pour une communauté linguistique de la conserver. plus la langue a des chances de survivre. car ce sont eux qui déterminent leur vitalité relative. Ce concept permet d'évaluer les chances de survie des groupes coexist~nts selon trois critères : leur statut social. Ainsi. Bourhis et Taylor (1977).

Les groupes ayant un faible degré de VE.1). (Voir Figure 2. institutionnelle.10 C'est dans un chapitre synthèse d'un livre portant sur la langue. Le degré de VE peut être perçu de façon objective quand il est évalué à partir des services d'information démographique. Bourhis et Taylor (1977). les facteurs démographiques et le support et contrôle institutionnels. selon le construit théorique de Giles. On parle donc de la vitalité ethnolinguistique « objective» (VEO). Chacune de ces trois dimensions peut contribuer à l'augmentation ou à la diminution de la VE d'un groupe. économique et politique. auraient tendance à graduellement cesser d'utiliser leur langue maternelle et à s'intégrer culturellement à un ou à différents groupes dominants.2. La vitalité ethnolinguistique y est définie par trois variables structurales: 1) le statut social des groupes.3 La vitalité objective La VEO est définie par différents facteurs tels que le statut. l'ethnicité et les relations intergroupes que Giles. sociologique. Ces facteurs définissent la force d'un groupe ethnolinguistique et les chances de sa survie dans un contexte de contact des langues. maternelle et à demeurer une entité . Bourhis et Taylor (1977) définissent la vitalité ethnolinguistique comme étant un ensemble de facteurs socioculturels qui font qu'un groupe est susceptible de se comporter comme une entité distinctive et active dans ses rapports avec d'autres groupes ethniques. les groupes ayant davantage de VE auraient tendance à maintenir l'utilisation de leur langue collective distincte et active au sein de la société. 2. De manière inverse. 3) le support institutionnel. 2) les variables démographiques.

Taylor. Bourhis. 1977) (Tiré de Sachdev et Bourhis.1 Modèle de la vitalité ethnolinguistique (Giles. 1993) .11 VITALITÉ ETHNOLINGUISTIQUE DÉMOGRAPHIE SUPPORT INSTITUTIONNEL Répartition Statut économique Territoire national Média Éducation Concentration Services gouvernementaux Proportion Industrie/ commerce Statut socio-économique Nombre Religion Absolu Culture Statut socio-historique Taux de natalité Politique Mariage exogame Leadership actives et minorités Statut de la langue Au niveau local/régional Immigration Support informel Émigration Au niveau international Figure 2.

et qu'il a eu à se battre pour assurer sa survie comme entité collective et finalement le statut linguistique fait référence à la langue parlée par les membres de la communauté à l'intérieur et à l'extérieur de la communauté et plus le statut d'un groupe linguistique est élevé. socio-historique et linguistique du groupe. 2. Le statut socio-historique est une variable importante pour démontrer qu'un groupe linguistique peut se distinguer d'un autre groupe sur la base de son histoire.1 Le statut Le statut d'un groupe ethnolinguistique se définit en fonction du statut social. économique. donc plus ce groupe aura de la vitalité ethnolinguistique. plus le nombre des membres est élevé. plus la concentration est élevée dans un certain endroit.2 Les facteurs démographiques Les facteurs démographiques sont ceux qui reflètent le nombre de personnes constituant un groupe ainsi qu'à leur distribution à l'intérieur d'un territoire donné. plus la proportion relative est élevée.2. plus la VE est élevée. d'une région ou d'une communauté. au taux de natalité.12 2. Le statut économique fait référence au degré de contrôle qu'un groupe linguistique a dans la vie économique d'une nation. La catégorie des facteurs démographiques se compose des facteurs de distribution. plus son entité collective sera forte. Bref. qui font référence à la concentration numérique des membres d'un groupe linguistique dans les différentes parties du territoire ainsi qu'à la proportion de personnes constituant un groupe. et des facteurs de nombre qui se rapportent au nombre absolu de personnes constituant le groupe. . aux mariages mixtes.3.3. Le statut social fait référence au degré d'estime qu'un groupe linguistique a de lui-même ou qu'un autre groupe lui accorde. à l'immigration et à l'émigration.2.

4 La vitalité ethnolinguistique subjective (VES) Selon Oiles. moins ce groupe voudra s'assimiler et plus il tentera de maintenir son caractère positif et distinct. il appert que la vitalité globale d'une communauté linguistique est le résultat de l'interaction des ces trois catégories de variables.2. Les facteurs formels. Bourhis et Taylor (1977).3. p.13 2.. . plus élevée sera la vitalité linguistique du groupe et plus la langue sera utilisée sur les plans social et institutionnel. les perceptions de vitalité ethnolinguistique des membres d'un groupe ethnolinguistique.. À cet effet. qui reflètent les positions qu'ils prennent face aux facteurs de vitalité de leur groupe et du groupe avec lequel ils sont en contact.2. Les facteurs informels réfèrent à la façon dont le groupe minoritaire s'est organisé pour que ses intérêts et sa culture persistent dans la nouvelle société. 2. Erfurt (1996.64) précise que: [.3 Le support et le contrôle institutionnels Les facteurs de support et de contrôle institutionnels se rapportent au degré de supports formels et informels que la langue reçoit dans les différentes institutions d'un milieu. Les groupes linguistiques qui satisfont à ces facteurs auront plus de groupe linguistique et auront donc plus de chance de survie. et plus un groupe a de vitalité ethnolinguistique. c'est la représentation qu'a le groupe minoritaire aux conseils décisifs de l'État. permettent de faire des comparaisons sociales. ] plus un groupe contrôle ses propres institutions ou exerce du pouvoir au sein d'organisations sociales importantes. ~italité en tant que Ainsi.

la vitalité devient subjective lorsqu'elle est représentée et intériorisée par une personne. la VES renvoie à la perception de la vitalité du groupe dominé et/ou à celle du groupe dominant et l'envie du groupe dominé d'intégrer une conununauté ethnolinguistique particulière. les habiletés et les motivations pour l'apprentissage d'une langue seconde.14 En montrant l'importance des perceptions des membres d'un groupe ethnolinguistique face aux facteurs de vitalité ethnolinguistique. Plus spécifiquement. Bourhis et Taylor (1977) ont introduit le concept de la vitalité ethnolinguistique subjective. Oiles. Oiles et Rosenthal (1981).l 0) L'élaboration de ce concept de VES a connu un essor important à la suite de la publication du Subjective Vitality Questionnaire (SVQ) par Bourhis. Autrement dit. Selon Allard (1994). La VES est donc l'ensemble des perceptions des facteurs de la vie dans l'étude du comportement ethnolangagier. institutionnels et statutaires. p. à l'aide de ce questionnaire. les attitudes envers l'utilisation de la langue et l'utilisation des stratégies d'alternance de codes langagiers. 1994. En effet. (Allard. Ces perceptions sont basées sur les variables liées aux facteurs démographiques. Plusieurs recherches ont été effectuées dans de nombreux pays et auprès de nombreux groupes minoritaires et majoritaires sur la base du modèle de Giles. Bourhis et Taylor (1977) . un grand nombre de recherches trouvèrent un degré de correspondance important entre la vitalité « objective » et les perceptions des membres d'une conununauté minoritaire de la vitalité ethnolinguistique de leur propre groupe et fou celle d'un exogroupe. la VES est un concept important puisque les croyances de l'individu sont très utiles pour prédire le comportement langagier: La connaissance des perceptions subjectives de la vitalité ethnolinguistique des membres d'un groupe pourrait aider à expliquer les attitudes intergroupes. sur les contacts entre les groupes et sur le degré d'activité relevé au sein des différents groupes linguistiques.

Bell et Giles (1989) sur les Suisses francophones et germanophones. Par contre. p. Giles et Bourhis. à la fois positives et négatives. les recherches de Young. Harwood. plusieurs critiques. p. deuxième génération et Les résultats de ces recherches ont démontré que la VES perçue par les membres des différents groupes étudiés correspond assez bien à la VEO du même groupe. et les recherches de Giles. les recherches de Giles et Johnson (1987) sur les Gallois bilingues du pays de Galles. ont été formulées sur la théorie de la vitalité ethnolinguistique. les perceptions de la VE entre les membres d'un même groupe ou par rapport à l'autre groupe. Rosenthal et Young (1985) sur les Halo-Canadiens de la AngJo-Australiens. Selon Labrie (1984. Giles et Bourhis (1994) notent qu'une combinaison d'informations objectives et subjectives permet d'évaluer si une minorité linguistique survivra comme entité culturelle et politique distincte dans les cultures majoritaires. les études de Bourhis et Bédard (1988) sur les Franco-ontariens démontrent qu'il n'y a pas de compatibilité entre la VEO et la YESo En fin de compte.. Il remains that since its introduction the combined notions of objective and subjective vitality have proven useful as conceptual tools for discussing a broad range of applied and theoretical issues within the language and ethnicity literature. 175) 2. ) ne constitue pas en soi une description aussi globale et aussi détaillée du milieu social que l'on pourrait le souhaiter. (Harwood. le concept de vitalité ethnolinguistique: « [.15 afin d'étudier la relation entre: la VEO et la VES ..3 Les critiques du concept de la vitalité ethnolinguistique À la suite de Giles. Citons par exemple: les recherches de Kraemer et Olshtain (1989) sur les Juifs et Arabes en Israël.7). » . Bourhis et Taylor (1977).

Landry et Allard (1987) ont développé une nouvelle conceptualisation des croyances de VE. » 2. la communication interethnique et les conflits ethniques ne pourront plus être étudiés comme auparavant. Ce modèle est une conceptualisation plus large de la VES car il combine à la fois des niveaux d'analyse sociologique. socio-psychologique et psychologique. économique et culturel. Landry et Allard (1994. 15) affirment de leur côté que la VE permet de « comprendre et prédire le comportement langagier dans des contextes multilingues et unilingues. Oiles et Rosenthal (1981). Ces réseaux sont divisés en trois types: les contacts interpersonnels. les contacts à travers les médias et les contacts à travers le soutien éducatif. Deshaies. fondent leur modèle macroscopique de développement du bilinguisme additif et soustractif. Le niveau d'analyse sociologique identifie les facteurs de VE d'une communauté. . Blanc. selon Harwood.4 Le modèle macroscopique des déterminants du bilinguisme additif et du bilinguisme soustractif Suite aux travaux de Oiles. Bourhis et Taylor (1977) et de Bourhis. p.16 Cependant. Oiles et Bourhis (1994). il est évident que les processus tels que le changement de code. les auteurs ont introduit la notion des réseaux individuels de contacts linguistiques (RlCL) puisque ces derniers permettent aux membres d'être récepteurs et/ou transmetteurs d'information linguistique. Clément et Landry (1984) et par la suite. Hamers. Il est composé des quatre domaines: démographique. Au mveau de l'analyse socio-psychologique. les attitudes linguistiques. politique. Ils s'inspirent de la nouvelle conceptualisation des facteurs de VE introduite par Prujiner. car la notion de vitalité ethnolinguistique devra être prise en compte.

nous retiendrons le modèle de Oiles. Ces modèles suscitent un intérêt particulier pour notre étude. Néanmoins. on retrouve la disposition d'une personne à vouloir apprendre et utiliser une langue (aptitude-compétence) et la disposition cognitivo-affective (les croyances et l'identité). étant donné qu'ils font référence aux facteurs déterminant le comportement situationnel des groupes en tant que groupe dans un contexte minoritaire ou majoritaire.17 Au niveau psychologique. il importe de préciser que notre intention est de mesurer la vitalité ethnolinguistique tant objective que subjective de la communauté algérienne de langue maternelle arabe de Montréal ainsi que de savoir les chances du maintien ou de la perte de la langue arabe au sein de cette communauté minoritaire. tels que décrits précédemment. Oiles et Rosenthal (1981) pour la VES. Dans le cadre de notre travail. . Bourhis et Taylor (1977) pour la VEO et celui de Bourhis.

3. Selon Benrabah (2006).1 Introduction Afin d'atteindre le but visé de notre étude. en 2006. en arabe Al Jazii'ir.1 Portrait démographique L'Algérie. . dont les quatre cinquièmes sont occupés par le Sahara (Encyclopédie Microsoft Encarta. La population est d'ailleurs très jeune: en 2002.5 % de la population totale la part des moins de 15 ans. 2004). socio­ culturel et linguistique de la communauté algérienne de langue maternelle arabe de Montréal. à savoir l'analyse de la vitalité ethnolinguistique de la communauté algérienne de langue maternelle arabe de Montréal.8 %. Sa capitale est Alger. est un pays du Maghreb.CHAPITRE III PORTRAIT SOCIOLINGUISTIQUE DE LA COMMUNAUTÉ ALGÉRIENNE 3. alors que celle des individus âgés de 65 ans et plus est de 4. l'Algérie comptait 32. et c'cst le deuxième pays d'Afrique par sa superficie (2'381 741 km 2 ).2 Portrait de la communauté algérienne en Algérie Dans la section suivante nous allons présenter un portrait démographique. on estime à 33. historique.2.9 millions d'habitants. nous ferons un survol historique et sociolinguistique de cette communauté dans le pays natal ainsi que dans le pays d'accueil. 3.

2 Portrait historique. Zénètes. 17%) (Chaker. 1999). Lassus (1962). une langue sémitique voisine de l'hébreu. surtout dans le domaine de l'arboriculture. les traces de cette langue demeurent encore visibles dans le berbère moderne. Presque tous ont quitté le pays en même temps que les colons européens (environ 1 million de personnes). Comme le punique se conserva longtemps en Algérie.8 million de personnes en 1995). certains de souche très ancienne. les armées arabo-musulmanes avancèrent vers l'Ouest et conquirent tout le Maghreb en 711. nous rapporte qu'avant l'indépendance. linguistique et socio-culturel Dès la plus haute antiquité (II" millénaire). La chute du Maghreb romain coïncida avec son occupation en 455 par les Vandales. Les Carthaginois suivirent et -reprirent ces mêmes comptoirs. essentiellement des Français. Chaouïas. associée à ce moment là à la .19 Cette population se compose en majorité d'Arabes (82 %) et aussi d'une très forte minorité berbère (Kabyles. Les Vandales ne se mêlèrent jamais aux populations locales et n'eurent aucune influence sur la langue des Berbères des montagnes. donc la langue officielle de Carthage.2. Au premier siècle avant notre ère. l'Algérie fut le berceau d'une civilisation berbère. Quittant l'Égypte en 647. Le punique. il existe une importante communauté algérienne à l'étranger (1. En revanche. 3. laissant l'intérieur des terres aux Berbères. tout en développant diverses activités côtières. près de 150000 Juifs vivaient en Algérie. était la langue des rois numides. mais J'histoire du pays ne commença officiellement qu'avec l'arrivée des Phéniciens qui fondèrent des comptoirs commerciaux. qui utilisaient leur langue germanique et l'écriture gothique ainsi que le latin dans les domaines de la législation et la diplomatie. Y compris l'Algérie. les Romains occupèrent l'Afrique du Nord (dont le territoire de l'Algérie actuelle) et transmirent leur civilisation aux populations locales.

les «Algériens» et les Européens. Comme les Vandales avant eux. ils ne subirent que très faiblement l'influence linguistique étrangère et continuèrent à parler leurs langues ancestrales. Quant aux Berbères des montagnes. Parallèlement. Au 16 c siècle. Comme la population ignorait cette langue. C'est surtout par cette langue que l'arabe algérien a acquis ses mots grecs et latins. une langue commerciale (véhiculaire) se développa entre les Turcs. à base de vocabulaire espagnol et d'éléments turcs et des formes syntaxiques inspirées de l'arabe. Bref. Ce fut plutôt un arabe régionalisé (l'arabe algérien) influencé par le berbère.20 Berbérie. Cette diversité . Ils demeurèrent une communauté distincte. ils ne sympathisèrent jamais avec ces peuples parlant l'arabe. Des inscriptions attestant l'usage du latin écrit ont été retrouvées jusqu'aux Il C et 12c siècles. considérant cette langue comme «un idiome divin». L'implantation de la langue arabe et de l'islam s'est effectuée par les mosquées. vivant comme des étrangers en Afrique du Nord Uusqu'en 1830). l'arabe. les Berbères adoptèrent très vite l'islam. Pendant longtemps. Ce n'est qu'après le Il C siècle que le berbère amorcera son déclin. C'est depuis cette époque qu'existe l'antagonisme entre Berbères et Arabes (ce qui inclut les Berbères arabisés). les langues berbères et le punique ont coexisté. ils ont permis aux régions de l'intérieur de s'islamiser et de s'arabiser encore davantage. mais conservèrent leurs langues. les Turcs refusèrent de s'assimiler aux populations arabo­ berbères. les fonctionnaires turcs durent avoir recours à des interprètes pour communiquer en berbère et en arabe algérien avec la majorité de la population. Durant trois siècles. Puis les Berbères des villes adoptèrent progressivement l'arabe. le latin. l'Algérie devint une province de l'Empire ottoman et fut gouvernée par un dey. la langue officielle du pays était le turc osmanli. Cette langue véhiculaire a continué d'exister après la conquête française de 1830. ses beys et ses janissaires. le latin et le turc. Pendant ce temps. si les Turcs ne favorisèrent pas la diffusion de leur langue. Dans l'ensemble. Mais l'arabe qui s'implanta définitivement en Algérie ne fut pas l'arabe du Coran.

Les Français l'ont soumise village après village.Entre le 11 et le 18 mai 1830. C'est pourquoi son assimilation apparaissait comme une nécessité afin de contrer un danger potentiel susceptible de compliquer les relations diplomatiques françaises avec les autres pays européens (surtout l'Espagne et l'Italie). auxquels . l'Algérie fut intégrée directement à la France et fut divisée en trois départements: Alger (54 861 km2 ). Oran (67 262 km2 ) et Constantine (87 578 km 2 ). . par des méthodes brutales. Moins d'un mois plus tard. alors qu'il leur a suffi de signer quelques accords (d'État à État) pour imposer un <<protectorat» au Maroc et à la Tunisie Quinze années après l'arrivée des Français. l'arabe proche-oriental a bénéficié de caractéristiques arméniennes. turque et espagnole. ce qui pourrait s'apparenter à une forme de génocide. Par la suite. la population algérienne. la population européenne de nationalité non française était perçue comme un mal nécessaire. la conquête de l'Algérie n'était qu'un prétexte pour chasser les corsaires turcs. n'en comptait plus que deux millions. qui était estimée à quelque trois millions en 1830. l'éloignement géographique. la conquête de l'Algérie fut longue. la marine française. À cette époque.21 linguistique a contribué à faire de l'arabe algérien une variété différente de l'arabe du Proche­ Orient. le temps et le contexte socioculturel ont accentué la diversification de l'arabe algérien. Alors que l'arabe algérien a puisé dans les langues berbère. dans la France de Charles X. quelque 245 000 étaient d'origine européenne (12.2 % de la population) et possédaient au moins le quart de l'espace agricole algérien. En 1872. Autrement dit.embarqua pour conquérir l'Algérie ottomane. Contrairement au Maroc et à la Tunisie. Le peuplement de l'Algérie par des Européens non français était nécessaire pour faire face au poids démographique de la population indigène dont l'existence en Algérie menaçait la pérennité de la présence française. latine. grecque. sur une population estimée à deux millions d'habitants. En 1881. Charles X était renversé.

Pendant que quelques grandes familles envoyaient leurs enfants au Proche-Orient. Par exemple. ces derniers trouvèrent l'offre suspecte. Il faut dire aussi que les Européens ne se sont pas montrés très enthousiastes à dépenser des fonds publics pour «instruire les indigènes». Encore au début du 20c siècle. qui favorisait l'éducation en français. médecins (ou vétérinaires). non pas par le pouvoir central. jardiniers et conseillers agronomes pour les adultes. puis secrétaires et écrivains publics. favorable aux idées occidentales. mais il leur fallait aussi être cuisiniers. selon Benrabah (2006). . La réaction des Arabes fut de refuser d'envoyer leurs enfants dans les écoles françaises publiques.22 s'ajouteront plus tard les Territoires du Sud (1 981 750 km 2 ). menuisiers. car ce sont les Français de souche et les étrangers assimilés qui ont profité de l'enseignement public en français. Certes. Mais le français ne s'est pas répandu beaucoup chez les petits Arabes. Ces deux attitudes entraîneront plus tard des conflits entre les «francisants modernistes» et les «arabisants islamisants traditionalistes». il existait une petite élite bilingue. les Algériens résistaient au modèle colonial français. En général. les Arabes fréquentaient leurs écoles coraniques en arabe dans un système d'éducation parallèle. Les Arabes perçurent ce comportement comme un refus de leur droit à l'éducation. La République finit par capituler et renonça à la scolarisation massive des musulmans. maçons. une atteinte à leur intégrité culturelle et à leur religion. les maîtres affectés dans les bleds algériens devaient enseigner. la plupart des Algériens préféraient laisser leurs enfants grandir dans l'ignorance. mais créa pour eux les «écoles gourbis» avec un programme spécial. l'enseignement traditionnel arabe suscita l'hostilité des colons européens qui les appelèrent «écoles du fanatisme». un instituteur spécial et un diplôme également spécial. La seule innovation: l'introduction de la langue française. L'éducation autochtone était financée par les collectivités locales. Lorsque les Français proposèrent aux Algériens un enseignement financé par l'État. car ils associaient cette éducation à une «opération d'évangélisation». Tout le territoire fut rattaché au ministère français de l'Intérieur et dirigé par un gouvernement général. À partir de 1870.

l'auteur écrivait encore en exergue: «L'islam est notre religion. Une loi française de 1938 déclara même l'arabe comme «langue étrangère en Algérie». Dans un ouvrage de Tewfiq al­ Madani paru en 1932 et intitulé Le livre de l'Algérie. selon le point de vue. Évidemment. à moins d'abandonner leur religion et prendre celle des «infidèles». les colons et certains immigrés français purent dominer la société algérienne et imposer leur langue. car elle les dépouillait de toute leur identité. l'Algérie musulmane habitait les bidonvilles et prenait les petits champs séchés.23 Haddj aj (1998) nous rapporte que lors de la Première Guerre mondiale. comme la renonciation au statut personnel de musulman (c'est-à-dire. seulement 300 000 Algériens sur une population de . au début. des «sujets français». de routes et de services publics efficaces. l'Algérie est mon pays. pas l'arabe algérien. Toutefois. le tout sans soins. jamais des «citoyens» à part entière. en 1954. cette illustre langue de culture. disposaient d'écoles. Mais le projet se heurta à l'hostilité des colons français et fut abandonné. le gouvernement colonial pouvait célébrer avec faste le «Centenaire de l'Algérie française». l'enseignement et l'affichage. mais à des conditions considérées comme particulièrement sévères. Le nationalisme algérien se développa après la Première Guerre mondiale. C'est aussi l'arabe coranique. les Algériens demandaient simplement l'égalité des droits avec les Européens. qui était perçue par les autorités coloniales comme un concurrent au français. sans instruction et sans administration. En 1931. Mais la France fit pire en imposant à l'Algérie (ainsi qu'à toutes ses autres colonies) le Code de l'indigénat qui correspondrait aujourd'hui à une forme déguisée d'esclavage des populations autochtones. toutes les factions du mouvement national algérien revendiquèrent l'arabe coranique. Pourtant. l'Algérie notre patrie. Abdelhamid Ben Badis fonda l'Association des oulémas réformistes d'Algérie avec pour devise: «L'arabe est ma langue. Les nationalistes ne devaient plus l'oublier. l'islam est ma religion». la langue arabe est notre langue». un décret de 1919 accorda la nationalité française à quelque 20 000 Algériens. dans leur immense majorité. En 1930. Les musulmans demeurèrent. qui devint quasi exclusive dans l'Administration. la «conversion» ou l'«apostasie»). Pendant que les Français et autres Européens d'Algérie occupaient les villes et les meilleures terres.

La séparation avec la France en 1962 se fit brutalement au prix d'une guerre marquée par une affirmation de l'identité collective axée sur l'islam et l'arabe. sinon une intolérance manifeste à l'égard tant de l'héritage français que de l'héritage berbère. si on ne le comprend pas. entraînant une escalade militaire. compteront le même nombre d'élèves. Ce fut en grande partie le conflit algérien qui provoqua le retour du général de Gaulle «aux affaires» en 1958. le français en Algérie ne fut pas seulement perçu par une certaine élite islamiste comme une langue étrangère. La colonisation française. mais comme le symbole même de la colonisation et de la soumission. on mourra avec elle». Alors qu'en 1958 la Tunisie et le Maroc étaient déjà indépendants. puis le français. L'arabe . l'espagnol dans certaines régions de l'Ouest. Ce genre de politique arrivait beaucoup trop tard et le régime de 1'«Algérie française» était terminé! Les partisans de l'Algérie française se regroupèrent au sein de l'Organisation de l'Armée Secrète (OAS) et se livrèrent au terrorisme tant en métropole qu'en Algérie.24 dix millions sauront lire et écrire l'arabe classique. il confia à un journaliste: «L'Algérie de papa est morte et. les deux langues parlées par la population indigène. pour leur part. Puis tout s'est mis à aller mal en Algérie. avait suscité un trop profond ressentiment contre la France de la part des Algériens arabisants et avait bouleversé totalement le pays. Contrairement à la Tunisie et au Maroc. fi s'est développé en même temps au sein des arabisants une réaction négative. Le général de Gaulle avait signé un décret rendant obligatoire l'enseignement de la langue arabe dans les écoles du premier. qui avait duré 130 ans. L'anglais était préférable! L'Algérie accéda formellement à l'indépendance le 5 juillet 1962 dans un climat de guerre civile et de luttes féroces pour le pouvoir. Les langues en présence étaient alors l'arabe algérien et le berbère. la situation en Algérie s'était gravement détériorée: le Front de libération nationale (FLN) avait lancé une insurrection en novembre 1954. Les écoles coloniales françaises. et l'italien par endroits dans l'Est.

il devint nécessairement.» Il suspendit la constitution du pays en octobre 1963 et l'islam fut décrété «religion d'État». l'Algérie allait être récupérée par une oligarchie qui jouera un rôle immense dans le devenir linguistique du pays. Le nouveau régime refusa tout statut à l'arabe algérien et au berbère. on imposa l'enseignement de l'arabe dans toutes les écoles primaires. . L'Algérie nouvellement indépendante se caractérisait donc par une diversité linguistique héritée de son histoire. La constitution de 1962 déclarait dans son article 3: «L'arabe est la langue nationale et officielle». Pendant ce temps. Lors de la rentrée scolaire de 1963. Les écoles furent dotées de manuels et de programmes officiels pour l'enseignement de la langue arabe officielle. Ben Bella fut élu président de la République algérienne démocratique et populaire. le colonel Houari Boumédienne devient le nouveau président d'Algérie. une langue unique et un parti politique unique. en raison de dix heures d'arabe (sur trente heures par semaine). il s'agit de l'arabe classique issu du Coran. Nous sommes arabes!» Il avait aussi affirmé: «L'Algérie est un pays arabe et musulman. La langue écrite fut volontairement écartée au profit de l'<<arabe oral» (coranique) qui permet de comprendre «les dialogue simples». En septembre 1962. On ne le dissociera pas du reste du monde arabe. légitimant. Dès le début. Comme l'arabe classique est le véhicule du Coran. les Algériens purent bénéficier de nombreuses campagnes de purification linguistique à la radio. lui aussi. Rappelons qu'il avait reçu son instruction presque exclusivement en arabe classique. Dès son indépendance. puis en 1964 ce fut l'arabisation totale de la première année du primaire. Nous sommes arabes. À la faveur d'un coup d'État le 19 juin 1965. il avait annoncé ses couleurs en déclarant par trois fois à l'aéroport de Tunis.25 classique était la langue liturgique que personne ne parlait. Il fallait construire un État unifié avec une religion unique. partisan d'un socialisme autoritaire. Même si le texte constitutionnel omet délibérément de spécifier le type d'arabe. Le pouvoir allait être détenu par un groupe restreint détenant une autorité rigide et puissante. le 14 avril 1962: «Nous sommes arabes.

Les premières émeutes éclatèrent en 1988 et furent vite réprimées. succéda à Boumediene. les étudiants islamistes arabisants avaient lancé des grèves afin d'exiger l'application immédiate de l'arabisation de l'administration. Au même moment. les hôtels. mais vu les circonstances difficile que l'Algérie subissait cette époque. le Parlement algérien adoptait la loi 86-10 du 19 août. Commencé en 1980. on imposa l'arabisation complète de l'enseignement primaire et secondaire. suivie de l'implantation d'une section arabe à la Faculté de droit en 1968 et d'une licence d'histoire en arabe. panni les Algériens.26 En 1967. la promotion et le développement de la langue arabe pour assurer son rayonnement. que ce soit dans les cafés. Jamais elles pensèrent même que ce pouvait être leur propre politique de négation de l'identité berbère qui avait pu causer la révolte. ils estimaient qu'ils ne pouvaient pas trouver d'emploi aux termes de leurs études avec leur diplôme arabe. C'est que les Berbères remettaient toujours en cause l'arabisation intensive dont ils étaient les grands perdants. Les autorités algériennes accusent les pays étrangers. dont la France. le «printemps berbère» prit par la suite de l'expansion. Dès son arrivée au pouvoir. qui devait veiller à l'enrichissement. mais passa à la vitesse supérieure en matière d'arabisation et d'islamisation. Tous les manuels arabes traitaient de façon idyllique le monde arabo-islamique et de son passé prestigieux. Toute la Kabylie se souleva en bloc. Leur résistance s'exprima dans l'usage exclusif du berbère et du français dans tous les lieux publics. les restaurants et les bureaux administratifs. d'être la cause de ce soulèvement populaire. En 1979. puis l'arabisation d'un tiers de l'enseignement moyen et d'un tiers du secondaire. On commença par l'arabisation totale des 3e et 4e années du primaire. le colonel Chadli Bendjedid. portant sur la création de l'Académie algérienne de langue arabe. Mais les Berbères furent. ceux qui s'opposèrent le plus à l'arabisation. ce fut l'arabisation de la deuxième année du primaire. il fut impossible à Chadli de mettre la loi en pratique. À partir de 1970. En 1986. L'enseignement supérieur se . Chadli engagea une politique de libéralisation économique et sociale.

En 1990. français et berbère). Lors de sa première apparition à la télévision. Après la longue descente aux enfers de l'Algérie «socialiste». le manque de ressources financières et la pénurie de manuels arabes. le pays dut passer par la guerre civile. En fait. mais c'est le français qui en est sorti grand vainqueur. plus précisément l'armée. Pendant ce temps. le Front islamique du salut (FIS) remporta les premières élections municipales démocratiques. la plupart des personnalités et des hauts cadres de l'État faisaient instruire leurs enfants en français dans les écoles privées. Le président Chadli fit adopter par référendum une nouvelle constitution en février 1989. le président resta six mois à la tête du pays avant de se faire assassiner au cours d'un attentat organisé par l'année. soit l'arabe algérien tant méprisé par ses prédécesseurs et par ses successeurs. Les émeutes d'octobre 1988 conduisirent à une libéralisation du régime. Le peuple algérien a pu même suivre en direct à la télévision la liquidation de son président. Pendant ce temps. L'ouverture démocratique de 1988 a permis une mise en compétition des langues en Algérie (arabe algérien. qui fut rapidement muselée dès 1992. arabe classique. Boudiaf fut le seul président à être regretté par les Algériens et le seul président à parler aux Algériens dans l'une des langues du terroir. juste avant son assassinat le 29 juin . et passait parfois au français. firent appel à Mohamed Boudiaf. Les résultats qu'obtint ce parti confessionnel provoquèrent un putsch militaire. il mit sur pied une commission afin de «geler» la loi portant sur la généralisation de l'utilisation de la langue arabe. le Haut Conseil de sécurité (HCS) annulait le résultat des élections. c'est le ras-le-bol des Algériens qui avait mis fin au système du parti unique pour instaurer la liberté d'expression. qui ouvrit l'Algérie au multipartisme. alors âgé de 73 ans et réfugié au Maroc. les autorités algériennes.27 dégrada rapidement devant l'islamisation. il avait annoncé qu'il fallait parler «en arabe algérien» pour que tous puissent le comprendre. Boudiaf n'avait aucune sympathie pour les islamistes politiques qu'il qualifiait de «charlatans» et de «terroristes».

les ressortissants étrangers. tandis que les mesures d'arabisation hâtives de 1998 étaient très contestées. les autorités algériennes proposèrent aux parents de faire un choix entre le français et l'anglais. Paralysé par la lutte des . alors que celle-ci aspirait à la suppression du centralisme politique. les intellectuels. tandis que se développait en Kabylie un mouvement de revendication berbère hostile aux militaires comme aux islamistes.28 1992. et que la plupart des enfants préféraient apprendre l'anglais plutôt que le français. L'intensification de la répression devint une priorité pour le régime dirigé par le général Liamine Zéroual. Zéroual renoua aussitôt avec la langue froide et aseptisée qu'est l'arabe classique. les attentats et les massacres se poursuivirent. La population algérienne ne s'en plaignit nullement. laissant intactes celles rédigées en berbère ou en français. Au lieu de calmer la population. non seulement les manuels n'étaient pas prêts. Cette situation plongea alors l'Algérie dans l'instabili té et la violence. De nombreuses manifestations furent organisées dans tout le pays pour revendiquer le statut de langue nationale au berbère. les artistes et. On invoqua comme justification le fait que l'anglais était la langue par excellence de la science et de la technologie. il s'engagea également dans la dictature de type Boumediene. Après avoir utilisé l'arabe algérien et le français durant sa campagne électorale. le 5 juillet 1988. Dix jours avant l'entrée en vigueur effective de la loi. depuis 1993. Zéroual la menaça au nom de l'unité de la nation. le président Zéroual décida de remettre en vigueur la loi d'arabisation du 16 janvier 1991 dans l'espoir de satisfaire ses alliés conservateurs et islamistes. mais l'État dut reconnaître qu'il ne disposait pas de professeurs qualifiés. Malgré la mise en place de nouvelles institutions politiques en 1996. Reniant toutes ses promesses électorales. Néanmoins. Les Berbères investirent encore une fois la rue et détruisirent toutes les affiches publiques écrites en arabe. le chanteur kabyle Matoub Lounès était assassiné. Le décret 92/02 du 4 juillet 1992 suspendit ladite loi (~usqu'à réunion des conditions nécessaires». Lors de la rentrée scolaire de 1993-1994. mais la radicalisation des islamistes entraîna une vague d'attentats visant surtout les forces de l'ordre. Comme le programme avait été improvisé. les journalistes.

L'origine de la crise algérienne tient au fait qu'il n'y a jamais eu de véritable régime démocratique dans ce pays. une nouvelle vague de violences resurgit avec la campagne menée sur la «concorde civile» en Algérie.. Cependant. conune les Algériens n'ont jamais eu de gouvernement élu démocratiquement. et rien n'indique que le mouvement soit sur le point de s'arrêter. le président Bouteflika innove: il s'exprime souvent en français dans ses déclarations publiques. Zéroual fut contraint de démissionner deux ans avant la fin de son mandat.29 clans au sonunet de l'État. avec la complicité du FLN. a succédé à Zéroual. élu en avril 1999. Pourtant. après des années d'une guerre qui avait fait plus de 100 000 morts. Bien qu'il soit difficile d'obtenir des chiffres officiels. on estime que près d'un demi million d'Algériens sont partis depuis le début des années quatre-vingt-dix. Dans la question linguistique. autant en Algérie qu'à l'étranger. il n'est pas surprenant que beaucoup d'entre eux ont voulu quitter leur pays. Le nouveau président appela à la réconciliation nationale et manifesta sa volonté d'ouverture en graciant plusieurs milliers d'islamistes. Abdelaziz Bouteflika. la société algérienne aspirait certainement à la paix et à la réconciliation. Il résume ainsi les interminables conflits linguistiques en Algérie: «Il n'y ajamais eu de . aux États-Unis. Il témoigne d'une certaine liberté par rapport à la tradition en déclarant: « Il est impensable [. Cette nouvelle vague de violence illustrait l'ampleur des résistances aux propositions gouvernementales. Les militaires se sont emparés du pouvoir dès 1962 et ils ont imposé un régime socialiste autoritaire de type stalinien. alors qu'elles peuvent l'être en un an en anglais». Abdelaziz Bouteflika a introduit en Algérie une «troisième notion: une main éradicatrice dans un gant réconciliateur». au Canada ou dans les autres pays arabes.. lors du référendum du 16 septembre 1999. La lente descente aux enfers de l'Algérie «socialiste» et la guerre civile révèlent la difficulté de l'Algérie de trouver son identité autrement que par la religion. La plupart ont immigré en France.] d'étudier des sciences exactes pendant dix ans en arabe. De plus.

juste une rivalité et des luttes pour prendre la place des cadres formés en français!» Le Parlement algérien adopta en avril 2002. Depuis l'indépendance. ont plaidé pour une adhésion à l'OIF. chaque fois qu'un chef de gouvernement tentait un tant soi peu de relancer la coopération culturelle avec la France. les autorités algériennes veulent souligner l'intérêt pour leur pays d'intégrer une organisation devenue «un cadre de concertation» et «un forum pour défendre nos positions. . à l'unanimité. L'Algérie s'est toujours dérobée à toutes les rencontres qui ont donné naissance à la Francophonie. les aides proposées par l'Organisation internationale de la francophonie (OIF) bourses aux étudiants francophones. des cultures et des langues des États membres. on assistait à une levée de boucliers des tenants de l'arabisation Puis. Par exemple. D'ailleurs. tisser des relations de coopération et bénéficier d'aides en matière de formation et de moyens culturels et d'éducation». les modifications apportées à la charte de l'Organisation internationale de la francophonie au sommet de Bamako. Elle a renoncé. les différents leaders algériens ont toujours refusé les liens avec ce qui est devenu aujourd'hui la Francophonie. l'Algérie a fait un virage à 180 degrés. en novembre 2000. alors que le climat tendu par les manifestations et les revendications remettait en cause l'autorité de l'État en Kabylie. généralement sans aucune forme d'examen objectif. De plus. échanger des informations. formation des enseignants en ont été systématiquement langue française et autres types de coopération culturelle - refusées par les Algériens au nom de la spécificité arabo-musulmane du pays. Pour l'Algérie. une modification à la Constitution instituant le berbère comme «langue nationale». à toutes les réalisations possibles de l'Agence de coopération culturelle et technique par crainte de se voir qualifiée de «néo-colonisée». l'Algérie a toujours accusé l'organisation de la francophonie de «visées néo­ colonialistes». Par ailleurs. lors du IX· Sommet de la francophonie de 2002. qui va plus loin que la doctrine basée sur l'usage commun de la langue française et prône une conception respectueuse de la souveraineté.30 problème linguistique en Algérie. Ce geste historique intervint à la venue des élections législatives.

l'Irak et la Syrie. économique. on ne peut parler de réussite. Dans son discours. L'idéologie était au contraire déconnectée du peuple algérien parce qu'elle correspondait à un panarabisme abstrait. De plus. en cas d'effective adhésion. Le peuple algérien continue de l'employer dans les domaines culturel. On est alors passé de la dépendance d'une France coloniale à une autre dépendance. encore moins à jouer le promoteur de la langue française à travers le monde. l'influence de la langue et de la culture française semble s'intensifier d'année en année. qui attirent énormément les Algériens. celle du Proche-Orient. en tant qu'invité personnel de son homologue libanais. . de se rapprocher des pays hispanophones (Espagne et Amérique latine). Pendant ce temps. éducatif et social au grand dam des autorités politiques et religieuses. même si l'Algérie d'aujourd'hui est méconnaissable par comparaison à celle du lendemain de l'indépendance. Pour revenir à l'Organisation internationale de la francophonie. trop supranational. a annoncé que l'Algérie oeuvrait pour adhérer au Commonwealth et tentait. l'Algérie ne sera pas appelée à défendre la culture francophone. En plus de quarante ans. l'Arabie Saoudite. En effet. l'identité arabo-islamiste des dirigeants n'a jamais coïncidé avec l'idée que les Algériens s'en faisaient. la francophobie affichée par l'oligarchie politique n'a guère favorisé le développement socioculturel des Algériens. notamment en raison de la réception par satellite des chaînes de télévision française. ce qui semble bien éloigné du Maghreb. les premiers dirigeants algériens n'ont pas choisi comme fondement de leur politique un nationalisme proprement algérien. Abdelaziz Belkhadem. le président Bouteflika s'est rendu à Beyrouth pour assister au rx e Sommet de la francophonie. Pire. en même temps. le chef de la diplomatie algérienne et chef de file du courant islamo­ baâthiste. l'Algérie n'a pas réussi à éradiquer le français à coup de décrets et de lois. Les raisons avancées par le chef de l'État sont d'abord politiques. Émile Lahoud.31 Le 18 octobre 2002. le président Bouteflika a expliqué les raisons de la participation de son pays à cette première réunion. En ce sens. En voulant édifier un État arabe unifié. surtout l'Iran.

de voir les caractéristiques spécifiques qui lui sont propres. ce qui représente 93. ce qui veut dire que 75% des membres de la communauté sont de père et mère algériens. à côté de l'arabité et de J'islamité. 3.. lors du recensement de 2001 pour la province du Québec (Statistique Canada) 13 545 personnes se sont déclarées d'origine ethnique algérienne.3. ce qui nous donne un total hypothétique de 28 207 immigrants algériens.3 Portrait de la communauté algérienne de Montréal Dans cette section. (12 615. 10-11). le berbère accède au statut de langue nationale par un amendement de la constitution. le berbère est vu comme l'une des trois composantes fondamentales de l'identité nationale. 3.1 Population d'origine ethnique algérienne Tel que nous l'avons indiqué en introduction (p. ce nombre d'immigrants n'a pas cessé d'augmenter depuis 2004 et on estime que le nombre total d'immigrants algériens se situerait maintenant à environ 35 000 . La majorité (79.1) Selon Statistique Canada (2001).1% des immigrants algériens au Canada) et selon le MICC (2005).2 Caractéristiques ethnoculturelles (voir tableau 3.3. elles sont concentrées essentiellement dans la région métropolitaine de Montréal. en 2002. face aux revendications des berbérophones. Mais selon le consulat d'Algérie à Montréal. 3. ce nombre d'immigrant algériens a beaucoup augmenté. nous tentons de donner un portrait général de la communauté algérienne de Montréal. l'immigration est estimée à 14662 personnes entre 2000 et 2004.3 %) des membres de cette .32 La bataille de J'arabisation est cependant loin d'être gagnée et. trois membres sur quatre de la communauté algérienne de Montréal sont d'une origine unique.

4 100.0 Siarur (les gè:lé.2 100.1 :.~se S2C GC3C iJJe 33. Recensement de 2001.1 100.4 72.7 9. J.0 Appanenance ou non a une mmarité Visible 3865 2165 6030 64.3 71.6 3.3 2.1 100. La majorité (94." .t 0'.6 33. CJ:Jc.2 tj.S' 4..2 68.5 18.8 1.:1940 !ne i r~! -' 1 9~..0 Membre d'un groupe de minorites visibles Autres Population totale Source Statistique Canada.7 100.1 7. GS~ 5.'~ (1.'1'3 ~ 3SC 20 S'SS 82 I~ S.JIllJne Jui'/e AlItre~· rel.0 -- .0 64.1 100.0 migra coire 1 350 4 370 310 6030 22.C Il 385 ::'~.0 5005 2515 7520 66.0 25.on$ f' générat 01' 2i générat on 3' gènsr"t on st plu.0 85 170 675 970 3495 5400 1. âgés de 15 ans et plus.]g69 de 1~ J:iS "t pus .o L3 5JS 8 t?C 370 I~C 100).0 7S2» " J"~ 55 1 1 00 8. 5240 10Q.1) .0 10165 3380 13545 75.5 11.~I !:. 1: 05 IG8 1. donc nés à l'étranger.3 lCC IfC 7~ 4 ~-lG:1 SJ B 21S GCi .9 25.5 5.~.0 8870 4675 13545 65.9 100.9 100.7 72.0 125 245 1070 1815 6515 9765 1.7%) de la population immigrée se sont installés ici depuis 1996.8 :l IR" 100.1 %) de religion musulmane. PopuIJ\ol' .? SJ2X 31') 40 6)'lS .~ Au.9 100.j.'0 n % Re!igion Catl-Diique Prl)t8$tJ~t8 :'/lu.éris~iques e:hlloculturelle5 Femmes Hommes ----ToIJ! fJ / (suite) n % n .33 communauté. Les membres de cette communauté sont majoritairement (84.(ûÎ. sont nés à l'étranger et les deux tiers (66.:. Tableau 3.~ 05 (.0 18.é 40 l.1 J.S 100<1 .6 66.1 ü.4 %) des membres de la communauté algérienne.>j')~ opportBnJnCe P-::pulot ül' tlt~ll-E:: fe'!g. sont de la première génération.0 2 805 9765 975 "13 545 20..1 12. en incluant les résidents non permanents.7 100.8 8.::.1 24.0 '18.1 35. 1 Caractéristiques ethnoculturelles Femmes Caracteristiques ethllocullureiles Il Hommes Total % Il % Il % Genre de réponse Reponses uniques Réponses mulliples Population totale SCa((/( 4515 1515 6030 74.0 5650 1870 7520 75.5 100.: B. 97F0010XCS01040.E.0 100.2.0 1455 5400 670 7520 19.0 Natifs Population immigrée Résidents non permanents Population tolale Période d'Immigrotion Avanl1971 '1971-1980 1981-1990 1991-1895 1896-2001 Population immigrée 35 75 395 840 3020 4370 0.S 34.

t:n~E-nt morié(e) 2 S~S lC~ 2'0.27C 3~I.2.545 32.::' 7.0 1 C-"c Ilmié(E-) et non sèparél'i-I rna. La proportion des partenaires en union libre est moins élevée dans cette communauté (3. 21.0 %) que dans la population québécoise (14..D 235 -ICC IC5 ~t 125 2.". . 2 Caractéristiques démographiques . 7 S~)) ~·:·..2· :54.:"elnmes CJ~iJc~eris~iqlles Hommes Il ':.j7 Di"iorC~'::12) Veuf.3 1üCJ 22f S S2C 2 DI.5 %). 2) Environ le tiers (32..O fam. 8potses P8rtenJir:es.1.10 TatJ' n GC3-C ~..0 1:.0 OS 3eJ 20.'li c/.S st?uls Enfants l~JPS les fan~Jle.2 S'j.) 12.:.1 .ép~rtà(e l.' 24 1 ) Co.ers de recen. . Au sein des familles.2') 303 0.5' 37. 'JJ.9 % des membres de la communauté algérienne sont des enfants et 39.l!1S 81 pus S.ion des pJrt:cid.1 2.1 :. 10 ~ 31). - ." '.') 175 19-5 2025 535 6 C15 3. inO 2 nE2-1') -10 29')1) 1 S2l) 74.5 0.7 2.:'::e 248-'3 Er.~ ':1.7" 3 -1 10 1'f") 6:5 7 . ·.2 1.2 32 <'.0) ':::.s iOUJOll'S . S4C 2 ". ~.l~fe POI"i?I't.7 . (.8 %) sont légalement mariées et non séparées et 32.3 100.!? 125 S( PcpublM..B 2..3 Caractéristiques démographiques (Voir tableau 3.6 4.0 % des personnes mariées.2 HE. Tableau 3.'ega l CéFb~~Çlire ~8g~l8Illent .2 IGC.3 %).4 .J.:.34 3.0 '1'}).9 1COCO.-24 ~n5 2S--I-I ans -IS-G4 al~s 135 J.'.ICS E-I plus Pcpulat"01C.0 % sont âgés de 25 à 44 ans. Dans cette communauté._.0 -"1..)'1$ :. 4S~ ::·6. alors que 46.~ n 1._"'--démogrJD:l'qlles ---­ ..iWJi.C l.~G ~!:: [:exe Groupe cfdge J-li: Jns -Iel.'7niOn~'a" .. ~ ':. 2 C25 "2C 2225 43C 75 GC3C 3-1.7 4')..6 46.:. Cette communauté compte plus d'hommes (55.2 % sont célibataires.îgée dE' 1S.eg3.SCC .10lale ÊiDi rri(1l.G ~I)J.O 1 920 297.:.3 1". -... en L~I~ion j.5 %) que de femmes (44..2 %) des membres de la communauté algérienne sont âgés de moins de 15 ans.C 1.C' 227.seme.' 'IS..$ de recensement PersonnB2 110f$ bmil'8 de reCE'I'Sem8m Poplilatol~ dans le$ menag~s pl" v~s 4:3 2.<~ <JJ..3 43. trois personnes sur cinq (59.1 l'}J...G 2 SSS ~.O) -I3E 1 2SS G23S 1 515 14C 1?. 40.3.. Vell'''.Q 41C 3.clIx.

3. 59.3 29.8 %) des membres de la communauté algérienne sont de langue maternelle autre que française ou anglaise (l'arabe ou le berbère).6% donnent des réponses multiples (probablement le français et l'arabe). Si nous avions inclus dans notre échantillon les Algériens dont la langue maternelle est le français.1 % des répondants disent surtout utiliser le français à la maison alors que 19. ce qui veut dire que notre échantillon n'est pas totalement représentatif de la communauté entière.4 Caractéristiques linguistiques (Voir tableau 3. Selon le tableau 3. il y en a plusieurs qui utilisent uniquement ou partiellement le français à la maison.7 %) des membres de la communauté algérienne connaissent le français. Nous aurons l'occasion de revenir sur la question de la connaissance et l'emploi des langues dans la communauté algérienne au chapitre 5. nous pouvons considérer que l'arabe est la langue maternelle de la MAJORlTÉ des membres de la communauté algérienne de Montréal. Plus de la moitié (58. nous avons limité notre enquête à des Algériens dont la langue maternelle est l'arabe. il est évident que nos résultats concernant la vitalité ethnolinguistique de la langue arabe auraient été encore plus faibles. Une plus grande proportion de femmes que d'hommes connaissent uniquement le français (61.5% de la population algérienne de Montréal sont de langue maternelle française et 59. arabe) ou que 19.7 % contre 48. .5% disent utiliser une autre langue (1 .4 %) connaissent l'anglais. 3) La quasi-totalité (97.2 % contre 49.35 3.8% des gens qui se disent de langue maternelle «autre» (arabe).1% utilisent le français à la maison. Il est important de noter ici que pour des raisons méthodologiques. Donc. tandis que moins de la moitié (43. mais il est important de souligner que selon Statistique Canada. Il faudra constamment tenir compte de cette exclusion dans la discussion qui suit.9 %). Ceci veut donc dire que des 58.5 %) et moins connaissent à la fois le français et l'anglais (35.

36 Tableau 3.'?:IJ:ssa..r " GC3C .~' 207(1 90 44$(1 ... âgées de 15 ans et plus..3 7395 :'U 43. . 10 .--_..': \!.20 0..1 . 212 :)0. 1 1.(.~'.5 Caractéristiques socio-économiques (Voir tableau 3.~lItres 45 3JSC 57C 1) C3C 'JI 57. to:3l& :aQ. .. Tolo! ·)i .8 % pour l'ensemble du Québec. plus de deux personnes sur cinq (41.._.G 11))... ce qui représente près de trois fois la proportion observée dans l'ensemble de la population québécoise (14..5 1.. 7:.çal$..0 9U I)..nC3i$ 1S3C 32.7 968 ')A c 2" ~ t"" J9.les l'rg~18tiquèS femmes Homme...::-. n 3i)SC 2 I~C __. la proportion des personnes qui n'ont pas dépassé le certificat d'études secondaires est de 21.:ée ie pius SOll'ie:ll j ia maison FrJilçais Anglai:.·fjzi/SSé!r..n 21 2C! 5 19.~ 7:..0 10). les ?~ ". ­ .·. et 3!lgia.l.0 :-.::. 3 Caractéristiques linguistiques .!!e ~'n:lçêJi.. ~" n % CO.2 ~'% 4CCG 2'). En outre..: IGG.$ (" J'. --_.545 3. 7JC5 S825 :3230 hl'.0 Anglai:.el!l6ment :~i frallç~is ni J"i~is 'liC 1) C3C 2S W.3 135 7SGG 144C "13545 Réponses lTIu'ilipls> PopuIJ\:ol< \otale 9. ...c. Cilf(j.~ An~13is . !3GG 19.'lce à~: (lançais el de j'ang1tÛS FrailÇJis seulement Fr. 4) Sur le plan de la scolarité.s C~.O 2.20 1C('.0 %).8 It~. HG 10.5 48.1) 1(1)..1 % comparativement à 48.(0 1..9 98..) LJ!luue péjo'. Autrss Répo:lses 11l~liti~le~ F:)pulJbll' tolJle :.'. détiennent un grade universitaire. % Il .J secs 24C 264G ~ Eo~I.2 %) de la communauté algérienne.:.'igue marernel:'e Fr~.Œ 1 11."_. Ul..8 1 Go) 154':' 1440 7~20 0) .) U 1003 2ie 13 ~45 pcpuIJt·or._-_.0 :JJO 5'J.(' 4:. 1:' é-" 27.~ ~J 3ï20 ~ :'7~ 584li 2~ 35. __ ­ .3.-.:îeris:iq.5 1..

.9 % contre 64. Les deux principaux secteurs industriels de la population active expérimentée de la communauté algérienne sont la fabrication (16.a 41.ieau il~:èrieur au cet c'é~.9 %).8 7.0 370 376 . 97fOO IOXCB0140 .e 7.4 : Caractéristiques socio-économiques Fenimes TctJ CJiJCiéris:iqJes sec o-èCC'10111iques n P:JS :)J.nférieur au bacc.3 11.2 12. - 5240 -­ -- .2 %) que chez les hommes (10. Recensement de 2001. bien que leur taux d'activité soit supérieur (70.IV:I 37G 4GG m l :.1 ':.0 45C 27S 148G 2.: 12es 735 755 Ei85 1GaD 645 3785 'j 185 13.ces seccnd3iœs CeMical c'el~ées secon:I3ires SBl:lement Ft)r:.e école de ll1ét:ers C9rt'tC3t w d:p:ô~'e collég.. ::4C 7. scientifiques et techniques (13. alors que les femmes le sont dans le secteur des soins de santé et de l'assistance sociale." 585 G3:) 109 7.re d~l. ('. Les hommes sont surreprésentés dans les secteurs de la fabrication et des services professionnels.~jon posts8ccnd3irs pa'":isl1e Cert':CJt O~ dip'6.8 %).>. dans les services d'enseignement et dans le commerce de détail.2 10.1 di pl. Le revenu moyen (22 668$) des personnes d'origine algérienne est inférieur à celui de l'ensemble du Québec (27 125$). ~.. Le taux de chômage (28.1~ Cart.37 On dénombre 6 515 personnes d'origine algérienne au sein de la population active québécoise.1 S. scientifiques et techniques. univers:toire .~ [.n '6.0JO 2})O "J9 IOC.. Les femmes de cette communauté déclarent un revenu moyen inférieur à celui des hommes (14 669$ contre 28 117$).2 %).0 %) qu'elles présentent est toutefois presque de 20 points de pourcentage supérieur à celui de l'ensemble du Québec (8.2 %).:'13 et DUS 63E ..\1.1 l1.0 7.0 .70 41:) 0'" .0 %) inférieur à celui de l'ensemble de la population du Québec (58. Tableau 3. G:Jde universitaire Popubt.rA' âgée de 15 :. Elles affichent un taux d'emploi (51."ié Jireini :'l. Source: Statistique Canada.6 %) et les services professionnels. _­ 10:).::ü .~ ~.2 ...4 %). La part du revenu provenant des transferts gouvernementaux est deux fois plus importante chez les femmes (23..lf '1!"/eJiI de sco:J.C 8.

38

3.3.6 Caractéristiques de la localisation

La communauté d'origine algérienne se concentre dans la région métropolitaine de recensement de Montréal (93,1 %). La région administrative de Montréal regroupe 81,5 % des membres de cette communauté et on trouve aussi 7,1 % de cette population dans la région administrative de la Montérégie et 4,1 % dans celle de Laval (Voir tableau 3.5).

Dans la ville de Montréal, 12,9 % des membres de la communauté algérienne habitent l'arrondissement d'Ahuntsic-Cartierville, 12,1 % celui de Villeray-Saint-Michel-Parc­ Extension, Il,3

%

celui

de

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l'arrondissement de

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Rosemont-Petite Patrie (Voir tableau 3.6).

Tableau 3.5 Caractéristiques de la localisation
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CHAPITRE IV

MÉTHODOLOGIE

4.1 Introduction

Il existe différentes méthodes pour obtenir des données sur une population. Selon le type d'information que le chercheur souhaite recueillir, la précision des réponses désirées dans le cas d'un questionnaire, le nombre de personnes concernées, etc., le chercheur est appelé à choisir entre plusieurs alternatives: l'observation, l'entretien ou le questiolli1aire (Krosnick, 1999).

4.2 Nos choix d'instruments d'enquête: la documentation et le questionnaire

Pour la première partie de notre étude, et afin de dresser le portrait de la vitalité « objective» de la corrununauté algérielli1e de Montréal, nous allons tenter de la décrire objectivement à partir des sources documentaires disponibles. Pour cela, nous étudierons les indices objectifs des facteurs de vitalité tels que recueillis par les documents (Statistique Canada, etc.). Nous pensons que c'est ainsi que nous parviendrons à connaître le degré de vitalité ethnolinguistique objective du groupe.

Pour la deuxième partie de notre étude, et afin de dresser le portrait de la vitalité ethnolinguistique « subjective », nous avons opté pour le questionnaire comme outil pour effectuer notre enquête. L'utilisation du questiolli1aire est très efficace, puisque c'est un instrument qui permet de recueillir un maximum de données, qui permet de mobiliser un maximum de personnes en un minimum de temps possible, qui permet un retour rapide des

En contrepartie. qu'il ne peut pas contenir de questions complexes et que le répondant ne peut pas aller à son rythme. qui peut être adapté en fonction de la population à l'étude et en fonction de l'objet de recherche. Le questionnaire face à face a comme avantage la présence de l'intervieweur. 1988). les attitudes et les croyances et par l'occasion la facilité de dresser un tableau descriptif de la communauté étudiée (Robert. et aux coûts élevés. et l'accès à des informations telles que les opinions. et finalement. le questionnaire par téléphone et le questionnaire par la poste ou auto-administré. L'avantage de ce type de question est que d'une part tous les répondants ont les mêmes choix de réponses. citons que le questionnaire ne peut pas être trop long. cela laisse moins de place à l'interprétation analytique. Chacun d'eux présente des avantages et des limites. qui contrôle la qualité des données en s'assurant de la bonne compréhension des questions. Parmi les limites de cette méthode. 1997). il fait face à la désirabilité sociale (le fait de donner des réponses qui donnent une image positive de soi). qu'il s'adresse à la bonne personne et qu'il contrôle les questions manquantes. en contrôlant tant la variabilité des intervieweurs que la désirabilité sociale.3 Modes d'administration Robert (1988) souligne que trois modes d'administration sont les plus utilisés: le questionnaire face à face. Notre choix s'est arrêté sur un questionnaire structuré comprenant des questions semi­ fermées. Le questionnaire par téléphone permet de cueillir des données dans un cours délai et à faible coût. . parce qu'il est relativement facile d'en vérifier la validité (Brown. 4. ce qui les rend comparables entre elles et d'autre part. Il permet aussi le recours au témoignage verbal.41 informations.

Il est donc important pour nous de contrôler la désirabilité sociale. Giles et Rosenthal (1981). présente un certain nombre d'avantages dont les coûts réduits. p. 127): Pour construire un questionnaire. il faut évidement savoir de façon précise ce que l'on recherche. ainsi que le type d'informations à recueillir (le choix de variables). Puisque notre recherche s'intéresse à la vitalité ethnolinguistique à travers les attitudes et les perceptions qu'ont les membres de la communauté algérienne envers leur(s) langue(s) maternelle(s) et que certains des répondants ne pourront ou ne voudront pas avouer leurs attitudes et perceptions envers leur langue maternelle ainsi que leurs limites dans son utilisation. citons par exemple la longue période pour la collecte de données...42 Le questionnaire par la poste. simplement pour donner une image posi tive de soi.4 Élaboration du questionnaire En élaborant un questionnaire. que tous les aspects de la question sont bien élaborés . Citons à titre d'exemple Ghiglione (1987. et qui a été utilisé ou adapté pour d'autres recherches. le contrôle de la désirabilité sociale et l'absence d'influence possible de l'intervieweur. . il est essentiel de bien cerner l'objectifrecherché. quant à lui. Quant aux limites. développé par Bourhis. le faible taux de réponse et l'absence d'intervieweur. s'assurer que les questions ont un sens. Les questionnaires qui servent à analyser la vitalité ethnolinguistique sont peu nombreux dans la littérature. nous avons opté pour un questionnaire par la poste. ils fourniront donc possiblement de fausses réponses. Par conséquence et vu les besoins de notre recherche et les avantages ainsi que les limites de chaque mode d'administration. Plusieurs chercheurs ont souligné ce point. 4. parmi eux. citons le Subjective Vitality Questionnaire (SVQ).

et vice versa. les travaux de Komondouros et McEntee-Atalianis (2007) sur les Grecs orthodoxes à Istanbul. les attitudes. La première sous-échelle porte sur le statut accordé à la langue et comprend une évaluation des faits suivants: -l'importance qu'a la langue au niveau régional et international. et les relations entre la vitalité ethnolinguistique subjective et le comportement langagier. -l'importance du groupe ethnique au niveau régional. les relations entre la vitalité ethnolinguistique objective et la vitalité subjective. etc. . ainsi que les travaux de Mehmet-Ali Aking (2001) sur les Turcs en France et les travaux de Yagmur.4. Chacune des questions relatives à la mesure de vitalité ethnolinguistique française est évaluée en fonction de la question correspondante de la mesure de vitalité ethnolinguistique anglaise. les travaux de Lawson et Sachdev (2004) sur les Sylheti-Bangladais à Londres. Chaque item du SVQ permet de mesurer les perceptions d'un membre d'un groupe linguistique.43 Citons par exemple.1 Description du questionnaire SVQ Le SVQ permet de comparer les perceptions de vitalité ethnolinguistique de groupes ethnolinguistiques résidant dans une même région. de Bot et Korzilius (1999) sur les Turcs en Australie. les recherches de Sayahi (2005) sur les hispanophones au nord du Maroc. Ce questionnaire fait la distinction entre des mesures de vitalité ethnolinguistique française et anglaise. ce qui permet de déterminer comment ce dernier classe son propre groupe linguistique par rapport à un autre groupe sur les dimensions importantes de la vitalité ethnolinguistique. 4. de sous-groupes d'un groupe ethnolinguistique qui ont été exposés à des expériences ethnolinguistiques différentes. L'échelle de vitalité ethnolinguistique (tant française qu'anglaise) comprend 21 questions réparties en trois sous-échelles.

-l'importance du groupe ethnique dans la vie économique.la répartition de la population.l'importance du groupe ethnique dans la vie éducationnelle. En calculant la moyenne pour l'ensemble des questions des trois sous-échelles.l'importance du groupe ethnique dans la vie des affaires.la richesse du groupe au plan économique. Le point neutre (4) indique la perception d'une vitalité moyenne. Chaque participant répondait à chacune des questions en indiquant sur une échelle à sept points la mesure dans laquelle le français et l'anglais étaient importants par rapport au cri tère proposé.44 -la fierté de l'héritage culturel. 7) indique la perception d'une vitalité extrêmement forte.la fréquence d'usage de la langue dans les services gouvernementaux. 1) indique chez le répondant une perception d'une vitalité extrêmement faible.l'endogamie. . . La troisième sous-échelle porte sur le support institutionnel et comprend des questions concernant respectivement: . . La deuxième sous-échelle est reliée aux facteurs démographiques et comprend une évaluation des facteurs suivants: .la fréquence d'usage de la langue par les mass media. . . -l'importance démographique du groupe dans la région. .l'immigration.la fréquence d'usage de la langue dans les organismes culturels. . . -l'importance du groupe ethnique dans la vie politique. .la fréquence d'usage de la langue dans les organismes religieux. alors qu'un score élevé (max.le taux de naissance. un score faible (min. .

2 Description du questionnaire QCEVEL Les travaux de Landry et Allard les ont conduits à la conceptualisation de la VES comme système de croyances. p. Les réponses sont présentées via une échelle de notation de 9 points de type Lickert. elles sont généralement les mêmes pour toutes les recherches.4. Ces recherches ont mené au développement du QCEVEL. ] mesurer la vitalité ethnolinguistique subjective telle que les membres du groupe ethnique la perçoivent.45 Selon Labrie (1984. ce questionnaire pennet de: «[ . Les répondants sont invités à encercler un des neuf chiffres pour signifier leur position sur la question. c'est-à-dire la communauté algérieIU1e de langue maternelle arabe de Montréal. un score de 1 indique le degré minimal tandis qu'un score de 9 indique le degré maximal. Le questionnaire comporte de nombreuses questions à structure fermée (choix multiples). revenu familial). une position médiane sur l'échelle. Un score de 5 représente le milieu. notre instrument de mesure est une version modifiée du questionnaire SVQ de Bourhis. Ainsi. Giles et Rosenthal (1981). niveau de scolarité. La première partie est réservée aux questions portant sur les dOIU1ées sociodémographiques (sexe. et la durée de résidence. Giles et Rosenthal (1981). 4. âge. Cette partie du questioIU1aire nous a pennis de recueillir des dOIU1ées sur les perceptions et les attitudes des répondants par rapport à leur groupe ethnolinguistique ainsi que de . vu la spécificité de notre public cible.3 Le questionnaire adapté Par contre..4. La deuxième partie comprend notre version adaptée des 22 questions du SVQ de Bourhis.. » 4. 9). un instrument mesurant le construit de la VE d'une communauté dOIU1ée en termes de système de croyance.

ainsi que les ressources qui leur sont disponibles sur l'île de Montréal.La langue arabe à Montréal Les quinze questions de cette partie décrivent le rôle et l'utilisation de l'arabe. qui varient selon le type de question entre pas du tout et très bien. nous avons traduit en français et en anglais. A. Pour le type de choix de réponses. Nous avons jugé inutile de traduire les questions en arabe. C. vu que la très grande majorité des membres de la communauté algérienne maîtrise le français ou l'anglais. elles nous fournissent des informations sur l'auto-évaluation des compétences linguistiques des répondants. excellent.46 mesurer l'évaluation que font les sujets de la vitalité de leur endogroupe dans différents domaines de la VE. Pour élaborer cette section. du français. B. à savoir les réponses à échelle Lickert. Giles et Rosenthal (1981) dans le SVQ. diminue rapidement et augmente rapidement. exclusivement. aussi.Ce que les répondants aimeraient voir pour l'arabe Les questions de cette partie sont tirées et adaptées du questionnaire QCEVEL de Landry et Allard.La vie des Algériens à Montréal Les quinze questions de cette partie se concentrent sur la situation actuelle dès Algériens à Montréal. Le questionnaire adapté est composé de quatre parties. Les quatre questions décrivent ce que les membres de la communauté algérienne de Montréal voudraient ou aimeraient voir pour l'arabe à Montréal. extrêmement. si c'était possible. en faisant appel à un traducteur. très grand. les questions pertinentes à notre étude. de l'anglais et du berbère ainsi que leurs potentiel de survie. .Les attitudes des Algériens Dans cette partie. soit: le statut. la démographie et le support et le contrôle institutionnels. soit eux-mêmes soit leurs enfants. D. nous avons utilisé le même type de choix de réponses que celui utilisé par Bourhis. les répondants doivent évaluer la pertinence d'un certain nombre de déclarations portant sur l'importance relative de l'arabe ainsi que les attitudes des répondants envers la possibilité de le perdre.

La plupart des questions sont conçues de manière à permettre le contrôle de cohérence interne des réponses. 2). Les réponses proposées sont présentées via une échelle de notation de 5 points de type Lickert (voir Figure 4. minorité très petite et majorité très grande. complètement indifférent et très concerné. Ex: Estimez le taux de naissance des Algériens à Montréal: 2 3 4 5 Diminue rapidement Diminue légèrement Stable Augmente légèrement Augmente rapidement Combien d'Algériens émigrent de Montréal vers d'autres provinces ou pays tous les ans? 2 3 4 5 Aucun Peu nombreux Un nombre modéré Nombreux Très nombreux . aucun et très nombreux.47 aucun et très nombreux ou très grand. Les répondants sont invités à encercler un des cinq chiffres pour signifier leur position sur la question. etc. Ce genre d'échelle permet aux répondants de nuancer leurs opinions au lieu de répondre simplement par un oui ou un non.

. Ainsi.Indiquez la langue En quelle année êtes-vous arrivé à Montréal? _ _ 4. les questions concernant les données sociodémographiques demandent un choix de réponse nominal. 23 pour les 41-55 et 4 pour les 65 ans et plus.48 À mon avis. Exemples: Si vous utilisez une langue autre que l'arabe. nous avons récupéré un total de 90 questionnaires remplis. nous avons pu obtenir un échantillon de 30 répondants pour la catégorie des 16-21 ans. 2 Plus que certainement perdre leur arabe Probablement perdre leur arabe 3 Peut-être perdre leur arabe 4 Probablement maintenir leur arabe 5 Plus que certainement maintenir leur arabe Figure 4. 33 répondants pour les 22-40 ans.. Étant donné le nombre trop faible de répondants âgés de plus de 65 ans. pour un total de 86 répondants. cette dernière catégorie n'a pas été prise en compte et nous avons donc éliminé ces quatre questionnaires Nous avons donc analysé les résultats obtenus uniquement auprès des trois premières catégories d'âge. a. sur 120 questionnaires envoyés. 2 Échelle de notation de 5 points de types Lickert D'autre part. .. le français ou l'anglais à la maison. néanmoins.5 Procédure et échantillonnage Nous avons distribué notre questionnaire auprès d'environ 120 répondants par le biais de la poste. mes enfants vont.

La cueillette des données s'est avérée relativement longue (5 mois) pour la raison suivante: il a été assez difficile d'obtenir suffisamment de répondants pour les catégories d'âge 41-55 et 65 ans et plus.49 Sur les 86 répondants retenus. mais nous signalons également que notre choix méthodologique peut avoir pour effet que les résultats sont plus «positifs» que si nous n'avions pas exclu les membres de la communauté dont la langue maternelle est le français. à savoir: appartenir à la communauté algérienne de Montréal. On pourrait justifier notre choix par le fait que nous prenons pour acquis que les Algériens dont la langue maternelle n'était pas l'arabe (donc surtout le français) auraient ou pourraient avoir des opinions beaucoup moins favorables envers l'arabe (donc augmenterait la faiblesse de la VE de l'arabe encore plus). . suivant les trois critères de sélection. par la suite ces questionnaires remplis ont été envoyés par la poste à notre adresse. La première vague de collecte de données a été faite par des contacts personnels. Il s'est chargé de la distribution des questionnaires puis de la cueillette auprès des répondants. Ces répondants ont par la suite servi à dépister d'autres répondants qu'ils connaissaient. étant donné que quelque 30% des Algériens déclarent qu'ils ont le français comme langue maternelle. nous avons eu 40 de sexe féminin et 46 de sexe masculin. De plus. Nous soulignions encore une fois que nous nous sommes limité à questionner des membres de la communauté algérienne qui avait l'arabe comme langue maternelle. Ce type de collecte de donnée est appelé « boule de neige ». le centre culturel algérien de Montréal (CCA) nous a permis de recruter d'autres répondants potentiels. ce qui veut dire que ceux-ci ne représentent que moins des deux-tiers de la communauté. avoir l'arabe comme langue maternelle et être âgé d'au moins 16 ans.

6 Technique d'analyse des résultats Une fois que les données étaient recueillies et codées par nous-même (à l'aide du logiciel Excel). nous avons utilisé ['analyse de variance à un facteur suivie de comparaisons de chaque groupe d'âge entre eux. les résultats obtenus lors des analyses de variance nous montrent qu'aucune de nos variables n'était significative.68.5 et c'est pour cela que notre analyse sera limitée à des statistiques descriptives. nous avons calculé la moyenne des choix de réponses en fonction de deux variables socio-démographiques : le groupe d'âge et le sexe des répondants. des analyses statistiques descriptives ont été effectuées à l'aide du logiciel de statistique pour les sciences sociales (SPSS. sauf pour les variables âge et niveau de scolarité qui sont présentées à la p. aussi nous avons tenu compte de la variable de la durée de résidence des répondants. 1990). Malheureusement. tableau 5. .50 4. Les calculs de ces moyennes et des analyses de variance ont été effectués avec le logiciel statistique SPSS conçu spécialement pour faire le traitement statistique informatisé de données recueillies lors de recherches en sciences sociales. Pour chaque question du questionnaire. Pour comparer les moyennes obtenues selon le groupe d'âge.

.e vitalité ethnolinguistique. notre questiolll1aire est divisé en quatre parties. nous allons tenter de déterminer la vitalité ethnolinguistique objective (VEO) de la communauté algérielll1e de langue maternelle arabe de Montréal au moyen de trois types de facteurs: le statut. Comme nous l'avons mentiolll1é dans le chapitre portant sur notre méthodologie. la démographie et le contrôle et le support institutiolll1els (Giles et al. En deuxième lieu. nous présenterons les résultats obtenus au questionnaire portant sur les croyances et les attitudes de la communauté algérielll1e de langue maternelle arabe de Montréal. 1977). . b) la langue arabe à Montréal. c'est-à-dire la vitalité ethnolinguistique subjective (VES). selon les trois groupes d'âge.CHAPITRE V PRÉSENTATION ET ANALYSE DES RÉSULTATS 5. c) ce que les répondants aimeraient voir pour l'arabe et d) ['importance de l'arabe et les attitudes des Algériens envers la possibilité de le perdre. Ces quatre parties reflètent les croyances et les perceptions de la communauté algérielll1e de langue maternelle arabe envers sa propr.1 Introduction En premier lieu. à savoir a) la vie des Algériens à Montréal.

2. 5. . le nombre d'Algériens dans la région de Montréal se situerait à environ 35000 personnes. en termes de pourcentage de la population totale. le taux de natalité. et à la section 3.26% de la population totale de la région de Montréal. 1977). Nous examinerons les facteurs qui déterminent la VEO. l'organisation sociale ou le statut et les supports et contrôles institutionnels. tel que le nombre absolu des membres de la communauté. le taux d'exogamie ou d'endogamie. 5. ceci montre que les Algériens à Montréal représentent une très petite minorité.1 Le capital démographique Le capital démographique d'une communauté minoritaire peut se mesurer de manière objective en tenant compte d'un certain nombre d'indices. et dans le mesure du possible.52 5.2.2 La vitalité ethnolinguistique objective (VEO) de la communauté algérienne de langue maternelle arabe de Montréal Nous allons tenter de dresser un portrait de la communauté algérienne de langue maternelle arabe de Montréal en utilisant le modèle de la VEO (Giles et al.1. Ce chiffre représente 0.1 La taille de la communauté Tel que nous l'avons indiqué en introduction (p. le taux d'immigration ou d'émigration ainsi que la distribution ou la concentration de la population visée sur le territoire. 10-11). tels que la démographie.1.3.

Mais elle serait très forte chez les honunes des groupes minoritaires comparativement aux fenunes du même groupe.4 % des membres de cette conununauté.2. . comparativement aux individus moins scolarisés.7% d'entre eux sont nés au Québec et que 75% d'eux sont de parents algériens. âgés de 15 ans et plus. Nous ne disposons pas de statistiques exactes sur le taux de natalité dans la conununauté algérienne de Montréal.1. une différence de presque 15%.2 Le taux de natalité Le recensement de 2001 (Statistique Canada) nous révèle que la majorité (79. le sexe et la classe sociale. Donc. elle serait également plus forte chez les fenunes des groupes majoritaires que chez les honunes du même groupe.3 %) des membres de la conununauté algérienne de Montréal est née à l'étranger tandis que 20. qui représente les membres de la conununauté âgés de moins de 15 ans et qui sont nés à l'étranger. L'exogamie serait plus forte dans les groupes minoritaires. Elle serait élevée aussi chez les individus hautement scolarisés. 5.2.3 L'endogamie \ exogamie Selon Deschamps (1978). trois variables sont reliées à l'exogamie: le nombre (selon que le groupe est minoritaire ou majoritaire). nous savons que les deux tiers (66. ce qui revient à dire.7%) de la population inunigrée se sont installés ici depuis 1996 et que 94. sont de la première génération. nés à l'étranger.1. L'endogamie ou le mariage non mixte indique dans quelle mesure les membres du groupe sont encore liés à leur passé culturel.53 5. toutefois selon Statistique Canada (2001).

5. la corrununauté algérienne de Montréal présente un fort taux d'endogamie. Plus de la moitié des mariages algériens se contractent entre époux algériens. ils ont déjà été présentés au chapitre III. surtout vers d'autres _provinces du Canada. 6 Caractéristiques de la localisation) Nous ne disposons pas de données ou d'indices qui peuvent nous indiquer la concentration ou la proportion exacte de la corrununaùté algérienne dans les quartiers ou arrondissements cités. Villeray-Saint­ Michel-Parc-Extension. Côte-des-Neiges-Notre-Dame-de-Grâce et Saint-Léonard. ainsi. nous ne disposons d'aucune information qui indique l'existence d'un taux fort ou faible d'émigration. les Algériens ne représentent que 0. Étant donné que selon Statistique Canada (2001).5 La distribution: concentration en territoire national Les nouveaux arrivants ont tendance à se concentrer géographiquement dès leur arrivée. (Voir Tableau 3.2.1. nous ne pouvons pas juger si la conçentration de la communauté algérienne est forte ou faible. nous pouvons dire que dans la très grande . La corrununauté algérienne est relativement concentrée géographiquement car la majorité de ses membres réside dans les quartiers ou arrondissements suivants: Ahuntsic-Cartierville. Par contre. dans les endroits qui manifestent déjà une certaine présence de cette communauté.2. 5.54 Selon le consulat général d'Algérie à Montréal. pour des données qui représentent le taux d'émigration.26% de la population de la région de Montréal.1.4 L'immigration\ émigration Concernant les données qui représentent le taux d'irrunigration de la corrununauté algérienne de Montréal.

p. les Algériens sont toujours dans une concentration relativement faible. En conclusion.1 Les institutions sociales algériennes Pour la communauté algérienne. (1981). le capital démographique se révèle relativement faible et ne peut à lui seul assurer la vitalité ethnolinguistique de la communauté algérieIUle de Montréal. on recoIUlaît qu'elle a accès à quelques ressources comme le Centre culturel algérien (CCA). au degré d'exogamie ou d'endogamie et au taux de l'inunigrationlémigration. selon Erfurt (1966. plus sa vitalité ethnolinguistique est élevée. plus une communauté a un support institutioIUlel. Aussi à cet effet.2. Les groupes linguistiques qui satisfont à ces facteurs auront plus de vitalité en tant que groupe linguistique et auront donc plus de chance de survie.55 majorité des cas.. plus il a de vitalité ethnolinguistique et plus il a une chance de survie. 5. la vitalité linguistique d'un groupe et donc l'usage de la langue maternelle dépend largement du degré de contrôle qu'a le groupe sur ses propres institutions ou à quel point le groupe détient du pouvoir au sein d'organisations sociales importantes. . à la concentration résidentielle. l'association des Femmes algérieIUles du Canada.2 Le support institutionnel Nous rappelons que selon Bourhis et al. les dOIUlées partielles dont nous disposons. quel que soit le quartier ou l'arrondissement où ils habitent. Nous pouvons tentativement çonclure que selon. 5.2. 64).2. les facteurs démographiques sont reliés au nombre total des membres de la communauté. Plus le groupe répond à ces facteurs.

il a connu des pointes à 7 000 exemplaires et envisage de porter ce tirage à 10000 exemplaires par mois. une radio algérienne diffusée en arabe. etc. spécialement pour la communauté algérienne et en général pour la communauté arabe. qui se veut également un portail . ex -rédacteur en chef en Algérie. 5. Il existe aussi d'autres associations sociales et sportives typiquement algériennes. à savoir.2. citons à titre d'exemple le club de football. Son mandat est bien clair : fournir une programmation originale. Également.2. Aussi. le journal des Algériens de Montréal qui existe depuis dix ans. Tous ces journaux sont de nature communautaire. Pour la radio. riche et diversifiée à ceux et celles qui l'écoutent. El cherouk. 3h/jour. il existe à Montréal CCA radio live qui est devenue SALAMONTREAL. Son père est Mustapha Chelfi. qui réunit une équipe de bénévoles. L'Élan et El-waten sont aussi des journaux consultés par la communauté. Ces associations ont pour objectifs la sauvegarde et la promotion des valeurs familiales au sein de la communauté algérienne en particulier et au sein de l'ensemble de la société canadienne en général.COM. l'aidera à trouver un cadre et des solutions pour son bien-être au sein de la grande famille québécoise et canadienne. le Rapide d'Algérie.56 l'association Enfants d'Algérie.2 Les médias On reconnaît trois journaux qui sont publiés en arabe à Montréal. et 7joursl7jours. tous dévoués pour bien servir les membres de la communauté. le club d'athlétisme et de lutte de Jean Talon. El khabar. El salam. Alfa. la communauté peut avoir un accès direct par Internet à tous les hebdomadaires publiés en langue arabe. le Regroupement des Algériens du Canada et le Cercle des familles algériennes. Citons à titre d'exemple. l'épanouissement de la communauté algérienne en répondant à ses besoins tant du point de vue social qu'éducatif. animateurs et techniciens. tout en préservant ses valeurs par une intégration saine et positive. en Algérie. Tiré à 1 000 exemplaires à ses débuts.

suite à la Loi 101. juste et fiable. scientifiques. touchant plusieurs secteurs de la vie quotidienne de la communauté algérienne ont été conçues pour mieux répondre aux besoins culturels.57 d'information précis. En effet. qui ne s'adressent pas uniquement à la communauté algérienne mais à toute la communauté arabe (par ex. Toutefois. Les principaux objectifs visés par ces écoles sont de dispenser une éducation conventionnelle et religieuse de qualité et de faire découvrir 1'héritage religieux et culturel de l'islam. Citons à titre d'exemple l'école Salah Edinne et l'école musulmane à Saint-Laurent. On note aussi qu'il n'existe aucune école proprement algérienne à Montréal et que l'accès payant aux écoles musulmanes ne serait pas toujours à la portée de tous les membres de la communauté algérienne. ni de chiffres qui indiqueraient le nombre d'Algériens qui fréquentent les écoles musulmanes. Notons finalement que la présence d'autres médias en langue arabe. communautaires. des rubriques. Aussi la communauté algérienne de Montréal peut suivre toutes les émissions algériennes. tous les enfants algériens de Montréal se font éduquer en français.2. qui offrent des cours d'arabe et d'islam (la religion de la communauté algérienne de Montréal).2. venant directement d'Algérie par télévision payante (câble). ce qui peut contribuer à la perte de VE. Néanmoins. la radio du Moyen orient de Montréal) peut aussi renforcer la présence de l'arabe. nous ne disposons pas de chiffres exacts sur les Algériens qui choisissent de s'inscrire dans un CEGEP ou une université anglophones après leurs études secondaires. l'enseignement n'est donné qu'en langue française. artistiques. .3 L'éducation Il existe plusieurs écoles musulmanes à Montréal. 5.

Fatima. tel que El tawhid. la langue maternelle de la majorité. la communauté algérienne ne peut pas avoir recours aux services gouvernementaux en arabe. et elle doit utiliser le français ou l'anglais. Ces mosquées sont dotées d'autres services d'ordre social (tel que ramasser des dons pour aider les membres défavorisés de la communauté algérienne) et d'ordre culturel (par ex.2.6 La religion L'islam est la religion de la communauté algérienne de Montréal. 5. 5.2. El ouma. Dar el arkam.2.2.58 5.4 Les services gouvernementaux À Montréal. On note donc que les services formels sont faibles et ne peuvent à eux seuls assurer la survie de la communauté algérienne de Montréal.5 L'industrie Nous ne disposons d'aucune information exacte qui nous démontre la présence ou l'absence de la communauté algérienne sur le plan industriel.2. célébrer les fêtes religieuses) La pratique de l'islam favorise beaucoup la survie de l'arabe et représente un indice très fort pour la préservation de cette langue. . Il est pratiqué dans plusieurs mosquées (endroit où les musulmans pratiquent l'islam) et il existe plusieurs mosquées qui sont majoritairement réservées aux Algériens.2.

c'est un mélange de culture arabe et de culture musulmane.2. le Centre culturel algérien.59 5. Salah Benlabed. les traditions. qui traitent plusieurs sujets intéressants pour la communauté algérienne (l'intégration. Mais le souvenir de leurs amours disparues ou de leurs pays perdus continue de les hanter. etc. la communauté algérienne partage plusieurs activités religieuses (les fêtes religieuses. à savoir.) Cependant. et ceci ne peut que renforcer la présence de la langue arabe. il a enseigné l'architecture à l'Université d'Alger. Citons par exemple. De nombreuses associations travaillent pour la survie de la culture algérienne.. en organisant des soirées culturelles. . qui a été architecte. qui organise chaque année une journée sous le titre du « couscous de la fraternité» où tous les membres de la conununauté algérienne sont invités et appelés à présenter la culture algérienne à leurs société d'accueil.7 La culture La conununauté algérienne possède un héritage culturel riche. Sur le quai des départs. aid-el fitr et aid-el adha) culturelles et sociales (le festival de la culture arabe a Montréal) avec les autres arabophones de Montréal. Installé à Montréal depuis 1994. La valise grise. Les personnages de ces nouvelles sont des êtres qui ont le cœur en exil.. il réalise en décembre 2006. Un autre exemple de la présence de la culture algérienne à Montréal est l'écrivain-poète.2. son premier recueil de nouvelles de 168 pages. même si leur mémoire magnanime leur accorde parfois le refuge de l'oubli. trop lourdes et trop grises . la conununauté québécoise. . ils ont abandonné leurs valises. Lauréat d'un prix international. Des pièces de théâtre sont aussi présentées par de jeunes talents algériens.

etc. plus son entité collective sera forte. les Ottomans.60 5. Par contre. selon Statistique Canada (2001). donc plus ce groupe aura de la vitalité ethnolinguistique. provincial. 10. secondaire et dominée par des empires tels les Byzantins. les Français. la culture seule est insuffisante pour assurer la survie de la langue arabe. nous pouvons signaler l'inexistence d'un représentant algérien en politique.6% donnent des réponses multiples (à savoir. La communauté algérienne ne possède pas de leviers qui leur assureraient un statut au sein du groupe majoritaire. . tout probablement l'arabe et le français). 5. elle n'était qu'une région subalterne. Pas de leviers sociaux ou socio-économiques à cause du fait que ce sont des immigrants récents et relativement peu nombreux et pas de leviers socio­ historiques (1 'histoire de l'Algérie est très compliquée et peu connue.3 Le statut Plus le statut d'un groupe linguistique est élevé. à quelque niveau que ce soit: municipal.2.8 La politique À notre connaissance et d'après une consultation auprès de quelques associations algériennes et de membres de la communauté. fédéral. pendant des siècles.2. En conclusion.5% déclarent le français comme langue maternelle et seulement 1% signalent l'anglais comme Ll.8% %) des membres de la communauté algérienne sont de langue maternelle autre que française ou anglaise (donc l'arabe ou le berbère) alors que 29. deux langues maternelles.2.) Pour le statut de la langue arabe. cependant. plus de la moitié (58. nous pouvons noter que la langue arabe est bien présente à Montréal grâce a la culture algérienne et arabe.

il nous semble que la VEO de la communauté algérienne de langue maternelle arabe est relativement faible quant au maintien de sa langue maternelle. et elle doit utiliser le français ou éventuellement l'anglais. le maintien de la vitalité de la langue arabe chez la communauté algérienne. etc. qui représentent une communauté avec une faible VE et qui est toujours . Cependant.4 Conclusion À partir des facteurs présentés ci-dessus. Malgré la présence d'arabophones autres que les Algériens (Marocains. dans sa langue maternelle. 5. etc. nous pouvons constater que la langue arabe est une langue minoritaire qui n'a aucun sta~t officiel. plusieurs mosquées et associations assurent les pratiques religieuses et par conséquence. Libanais. car la langue arabe est utilisée par des millions de personnes (arabes et musulmans) et par conséquence.) au 'Québec. plus de 40% se déclarent de langue maternelle autre que l'arabe. un haut pourcentage d'Algériens. 2004). le français est la langue d'usage. Par contre. le statut de l'arabe peut être plus élevé ailleurs qu'au Québec. les médias. La communauté algérienne de Montréal ne peut donc pas avoir recours ni aux services gouvernementaux. Désormais.2. si nous faisons référence à la situation des Juifs marocains de Montréal (Boussougha.61 Selon ces chiffres. Ce cas n'est pas partout pareil dans le monde. qui est dû au contexte social: à Montréal. Égyptiens. nous observons une VEO forte dans le domaine religieux. Tunisiens. ni à d'autres services dans plusieurs domaines de la vie publique tels que l'école. adoptée par la majorité. et ceci ne peut qu'être un des indices majeurs d'une faible vitalité objective de la langue arabe.

Il n'y a donc aucune différence de croyance ou d'attitude envers la VES de la part des hommes ou des femmes. il y avait un choix de réponses (1 à 5) et sont donc ordonnés. le groupe d'âge. Avant d'exposer les résultats de nos trois groupes d'âge. une analyse statistique des résultats obtenus démontre que le facteur sexe n'est significatif pour aucun des éléments retenus (attitudes et croyances). D'autres questions posaient des choix de réponses nominaux. 5. Nous n'y reviendrons donc plus. .3. telles que déclarées par les membres de la communauté étudiée.1 Comparaison des choix de réponses selon les variables On distingue entre deux types de variables: les variables indépendantes qui étaient le sexe. Tel que mentionné. nous pouvons dire que la communauté algérienne est une minorité ethnolinguistique avec une faible vitalité ethnolinguistique qui aura tendance à s'assimiler linguistiquement et progressivement au sein du groupe majoritaire francophone. 5. Les variables dépendantes représentent les réponses données aux questions du questionnaire. pour la majorité) ainsi qu'envers le français et l'anglais. Même si ces chiffres pourraient nous étonner.62 considérée comme une entité religieuse culturelle. nous présentons les résultats obtenus par notre questionnaire sondant les attitudes et les croyances de la communauté algérienne de langue maternelle arabe de Montréal envers la langue maternelle (l'arabe.VES) Dans cette section. mais restera toujours une entité religieuse culturelle.3 Résultats de la vitalité ethnolinguistique de la communauté algérienne de Montréal en termes de perceptions et de croyances (la vitalité ethnolinguistique subjective . le facteur sexe ne semble jouer aucun 'rôle dans le choix des réponses. ils ne sont pas à mettre en doute. Pour certaines questions. le niveau de scolarité et l'année d'arrivée à Montréal (à noter cependant que 14 répondants se sont déclarés natifs du Québec).

ce qui représente un pourcentage de 53. 5. Étant donné le petit nombre de répondants dans la catégorie « autre langue» nous avons retiré cette catégorie pour les tests statistiques.2 Les données sociodémographiques Les résultats de cette partie nous présentent les renseignements personnels des répondants.495% et 40 femmes. nous avons effectué une comparaison des choix de réponses.63 Afin de savoir si nos variables jouent un rôle important et significatif pour définir la vitalité ethnolinguistique de la communauté algérienne.2.3. qui nous permettent le classement et l'analyse des réponses obtenues.1 Sexe Notre échantillon est de 86 répondants: 46 hommes. . nous avons utilisé le test non paramétrique de Kruskal-Wallis pour tenir l'ordre des choix de réponses. 5. Pour les questions dont les choix de réponses sont ordonnés.3. avons effectué les comparaisons deux-à-deux et rapportons les p­ Pour les questions dont les choix de réponses sont nominaux. nous valeurs. nous avons utilisé le test d'indépendance du Khi-carré. Si le test global était significatif.51 %. ce qui représente un pourcentage de 46.

51 % 100% 5.Âge Notre échantillon de 86 répondants est divisé en trois catégories d'âges: la première catégorie inclut les répondants âgés de 16-21 ans.74%. Tableau 5.88% 38. ce qui représente un pourcentage de 26. la deuxième catégorie inclut des répondants de 22-40 ans.2 Catégorie d'âge des répondants Age 16-21 ans 22-40 ans 41-55 ans Total Nombre 30 33 23 86 Pourcentage 34.74% 99.2 . qui représente un pourcentage de 34.49% 46.3.3 Niveau de scolarité complétée Les résultats de cette question nous fournissent des informations sur le niveau de scolarité complétée de nos répondants.2.3. qui représente un pourcentage de 38.1 Sexe des répondants Sexe Masculin Féminin Total Nombre 46 40 86 Pourcentage 53.99% 5.88%.64 Tableau 5. .37% 26.2.37% et la dernière catégorie d'âge se compose des répondants âgés de 41-55 ans.

4 . Ceci nous montre que la communauté algérienne est une communauté très éduquée. 2001). nous donnent les informations telles que consignées au tableau 5.74%.02% 99. ce qui représente un pourcentage de 43.3.16% 26.02%.07% et 37 répondants ont terminé au moins le premier cycle d'études universitaires. ce qui représente un pourcentage de 26.0 %) (Statistique Canada.3 Niveau de scolarité complété Niveau de scolarité complété Ecole primaire Ecole secondaire Cégep (bac) Université Total Nombre 1 23 25 37 86 Pourcentage 1.74% 29. Tableau 5.2.07% 43. 25 répondants ont terminé le niveau cégep (l'équivalent algérien serait le bac). Ces chiffres nous indiquent que plus de deux personnes sur cinq de la communauté algérienne de Montréal détiennent un grade universitaire.99% 5. ce qui représente un pourcentage de 1.16%. ce qui représente près de trois fois la proportion observée dans l'ensemble de la population québécoise (14.65 Nous avons obtenu un seul répondant ayant uniquement terminé le niveau primaire. ce qui représente un pourcentage de 29. 23 répondants ont un niveau secondaire (en Algérie. le lycée).4 Année d'arrivée à Montréal Les résultats obtenus à la question portant sur quelle année les répondants étaient arrivés à Montréal.

65% 8.16% 1.16% 3.49% 4.49% 2.99% 1 1 3 2 3 4 8 1 3 1 4 2 1 5 3 7 4 4 7 2 3 3 86 Ces chiffres nous indiquent qu'une petite minorité des membres de la communauté algérienne est née ici au Québec (16.33% 3.65% 9.14% 2.49% 3.16% 4.33% 3.14% 4.81% 3.28%) et que la forte majorité est née ailleurs (83.33% 1.30% 1.65% 4.65% 2.72%) et .28% 1.16% 3.66 Tableau 5.4 Année d'arrivée à Montréal Nombre Né au Québec Arrivé en 1980 En 1985 Enl986 Enl987 En 1988 Enl989 En 1990 En 1991 En 1992 En 1993 En 1994 En 1995 En 1997 En 1998 En 1999 En 2000 En 2001 En 2002 En 2003 En 2004 En 2005 En 2006 Total 14 Pourcentage 16.49% 1.16% 5.49% 99.49% 8.

Cela est dû aux événements et à la situation politique et sociale pénible que l'Algérie a connus depuis 1990.67% ont un niveau de cégep et 10% ont un niveau universitaire) comparativement aux 22-40 ans dont 12.33% 22-40 ans 4 12.14%) et à nouveau en 2003 (8.79% ont un niveau universitaire) et aux 41-55 ans dont 17. Un plus grand nombre est arrivé en 1990 (9. 9. nous avons regroupé les catégories primaire et secondaire et nous avons obtenu les résultats suivants: Comme on pouvait s'y attendre.02% 86 23 33 30 Cégep (bac) Université Total . 47.14%). sauf pour les variables âge et niveau de scolarité: Pour le niveau de scolarité. Tableau 5.83% ont un niveau de cégep. c'est le groupe des 16-21 ans qui est le moins scolarisé (53.12% 41-55 ans 4 17.78% 37 43.06% 3 10% 26 78.09% Il 47. un autre assez grand nombre en 2000 (8.78% ont un niveau universitaire. 36. et 34.83% 25 29.90% Il 36.33% d'eux ont un nivaux primaire ou secondaire.67 par conséquence est arrivée au' Québec comme immigrants. Les résultats nous montrent qu'aucune de nos variables (indépendantes et dépendantes) n'était significative.09% ont un niveau de cégep et 78.39% ont un niveau primaire ou secondaire.67% 3 9.39% Total 24 27.12% ont un niveau primaire ou secondaire.3%).5 Âge et niveau de scolarité complété Groupes d'âge Scolarité (primaire ou secondaire 16-21 ans 16 53.79% 8 34.

la communauté algérienne ne représente qu'environ 0. Nous avons obtenu les résultats suivants: 5.68 5. c'est-à-dire 12.79% de l'échantillon. estimez la proportion que les algériens représentent Tableau 5.Pour la population francophone de Montréal. En réalité et selon statistique Canada (2001).4.79% 37.99% 2-4% 5-7% 8-10% Plus de 10% Total 32 37 4 2 86 . ainsi que les ressources qui leur sont disponibles sur l'île de Montréal.21% 43.6 Proportion de la population francophone de Montréal que représentent les Algériens Proportion de la population francophone de Montréal 1% et moins II Nombre de répondants Pourcentage 12.26% de la population francophone de Montréal.33% 99.4 La situation actuelle des Algériens à Montréal Dans cette section.21%) déclarent que la communauté algérienne représente plus de 1% de la population francophone de Montréal.65% 2. ce qui est loin des estimations de la majorité des répondants. QA1.02% 4. estiment que la communauté algérienne représente 1% ou moins de la population francophone de Montréal et que 75 répondants (87. nous allons présenter les résultats des croyances concernant la situation actuelle des Algériens à Montréal.1 Estimation de la proportion de la population francophone de Montréal que représentent les Algériens Nous pouvons constater que seulement II de nos 86 répondants.

ce qui représente un pourcentage de 89. Ces résultats n'ont pas de causes claires et précises qui pourraient les expliquer. ce qui représente un pourcentage de 4.7 Taux de naissance Taux de naissance Diminue légèrement Stable Augmente légèrement Augmente rapidement Total Nombre de répondants 4 39 38 5 86 Pourcentage 4.4. par contre seulement quatre répondants pensent que le taux de naissance diminue légèrement.2 Évaluation du taux de naissance des Algériens de Montréal Les résultats obtenus à cette question nous rapportent que 77 de nos répondants estiment que le taux de naissance dans la communauté algérienne de Montréal est stable ou augmente légèrement.81% 99.65% et aussi seulement cinq répondants estiment que ce taux de naissance augmente rapidement. QA2. il Y a la question de ce que les répondants entendaient par «Montréal»: uniquement la ville de Montréal elle-même (excluant les villes défusionnées) ou l'île de Montréal (incluant les villes défusionnées) ou même le Grand Montréal (incluant Laval et la Rive Sud).19% 5.81 %. Néanmoins. donc en incluant les villes défusionnées de l'Ouest de l'île.Estimez le taux de naissance des Algériens à Montréal Tableau 5.99% . etc. 5. dans le questionnaire. il était clairement indiqué à la première page que par le terme « Montréal» nous entendions spécifiquement « l'île de Montréal ».54%.35% 44. avec un pourcentage de 5.69 Aussi.65% 45.

14% 1. ce qui représente un pourcentage de 40. 51 répondants éyaluent que les Algériens qui inunigrent à Montréal tous les ans sont très nombreux ou assez nombreux. estiment qu'il n'y a aucun. QA4.4. 84 sur 86. peu ou un nombre modéré d'Algériens qui émigrent de Montréal vers d'autres provinces ou pays tous les ans.47% 30.23% 68.Combien d'Algériens émigrent de Montréal vers d'autres provinces ou pays tous les ans? . ce qui représente un pourcentage de 69. pays Les résultats de cette question nous montrent que la majorité des répondants. QA3.4 Évaluation du taux annuel d'émigration des Algériens vers d'autres provinces ou.70 5.99% 5.16% 99.8 Taux d'immigration annuelle d'Algériens vers Montréal Nombre Peu nombreux Nombre modéré Nombreux Très nombreux Total 9 26 50 1 86 Pourcentage 10.7%.3 Évaluation du taux d'immigration annuelle d'Algériens vers Montréal D'après nos résultats.4.3% et que 35 répondants pensent que les Algériens qui émigrent à Montréal ne sont que modérément ou peu nombreux.Combien d'Algériens émigrent à Montréal tous les ans? Tableau 5.

on peut se demander si ces répondants avaient vraiment compris le sens de la question. éparpillée dans de nombreux quartiers ou arrondissements). Vingt des 86 répondants pensent que la communauté algérierrne est une très petite minorité (23.26%) et 46 répondants estiment qu'elle est une légère minorité (53. quel-que soit le quartier ou l'arrondissement où ils vivent.99% 5. Presque 20% des répondants pensent que les Algériens ne sont ni véritablement minoritaires ni véritablement majoritaires.49). Vu les chiffres démographiques (population globale estimée à environ 35.4.71 Tableau 5.75%) des répondants estiment que la communauté algérienne de Montréal représente une très petite minorité ou une légère minorité. les Algériens représenteraient une proportion assez importante de la communauté globale pour ne pas être considérée comme nettement minoritaire sans toutefois avoir le statut ou le nombre du groupe majoritaire.5 Évaluation du statut minoritaire ou majoritaire de la communauté algérienne selon le quartier ou l'arrondissement Pour les résultats obtenus à cette question. seulement trois répondants pensent que la communauté algérienne représente une grande majorité. Par contre.33% 99.Dans toutes les régions de Montréal où les Algériens vivent.000. dans quelle mesure sont-ils en majorité ou en minorité? . la majorité (76.165 2. Ceci implique que pour ces répondants.30% 87.9 Taux annuel d'émigration des Algériens vers d'autres provinces ou pays Nombre Aucun Peu nombreux Nombre modéré Nombreux Total 8 75 1 2 86 Pourcentage 9. QA5.21% 1.

le conflit mondial entre les chrétiens et les musulmans. 10 Statut minoritaire ou majoritaire de la communauté algérienne selon le quartier ou l'arrondissement Nombre Très petite minorité Légère minorité Ni minoritaire ni majoritaire Grande majorité Total 20 46 17 3 Pourcentage 23.4. QA6. À notre avis.72 Tableau 5. ce qui veut dire que plus du tiers des Algériens sentent qu'ils sont mal vus et mal considérés par le groupe majoritaire.53%) pensent qu'ils ne sont pas du tout ou un pas très bien considérés. la présence des talibans.99% 86 5.26% 53. comment les Algériens sont-ils considérés? .49% 19.À Montréal. la guerre en Irak et en Afghanistan. bien et même très bien considérés et que 34 répondants (39.6 Évaluation du degré d'estime vis-à-vis les Algériens de Montréal Les résultats obtenus à cette question nous montrent que 51 répondants (60.77% 3. etc. les accommodements raisonnables et déraisonnables. ces chiffres reflètent tout probablement le résultat d'un mélange d'événements que le monde a connus depuis le Il septembre 2001.47%) estiment qu'à Montréal les Algériens sont assez bien.49% 99.

47% 2.81% 33.21 %.73 Tableau 5.8%) pensent que les Algériens contrôlent assez bien ou même bien l'économie et le commerce à Montréal.4.99% 5. QA7.72% 47.7 Évaluation du degré de contrôle sur l'économie et le commerce exercé par les algériens Selon nos résultats. 75 répondants sur 86. jusqu'à quel point les Algériens contrôlent-ils l'économie et le commerce? . ce qui représente un pourcentage de 87.67% 10.À Montréal. estiment que les Algériens ne contrôlent pas du tout ou très peu l'économie et le commerce à Montréal et que seulement onze répondants (12. Ces chiffres nous montrent que les membres de la communauté algérienne de Montréal ne contrôlent pas l'économie et le commerce à Montréal et qu'ils n'ont aucun pouvoir économique dans leur société d'accueil.11 Degré d'estime vis-à-vis les Algériens de Montréal Nombre Pourcentage Pas du tout Pas très bien Assez bien Bien Très bien Total 5 29 41 9 2 86 5.33% 99.

ce qui représente un pourcentage de 82. pensent que les Algériens ne sont pas du tout ou peu représentés .4.À Montréal.72% 2.33% 99.95% 33.99% 44 9 2 86 5. pensent que les Algériens n'ont aucun ou très peu d'influence politique (des résultats attendus).4.8 Évaluation du pouvoir politique des Algériens à Montréal Les résultats obtenus à cette question nous disent que la presque totalité des répondants. jusqu'à quel point les Algériens ont-ils du pouvoir politique? Tableau 5.16% 10.47% 2.05% 51.74 Tableau 5. QA8.9 Évaluation de degré de représentativité des Algériens dans la vie culturelle de Montréal Les résultats nous révèlent que la majorité des répondants. 84 sur 86.56%. 71 sur 86.13 Pouvoir politique des Algériens à Montréal Nombre Aucun Un peu grand Total 55 29 2 86 Pourcentage 63.99% 5. 12 Degré de contrôle sur l'économie et le commerce exercé par les Algériens Nombre Pas du tout Peu Assez bien Bien Total 31 Pourcentage 36.33% 99.

75 dans la vie culturelle à Montréal et que quinze répondants (17.46 %. puisqu'on sait que les mariages mixtes mènent souvent à la perte de la langue maternelle d'origine chez les enfants de la première génération. D'après ces résultats. Il va sans dire que ces chiffres indiquent une vision pessimiste de la VES chez ces répondants.63% 13. pensent que les Algériens épousent exclusivement.4. souvent ou assez souvent d'autres Algériens.49% 99. Il reste que près du tiers des répondants considèrent que c'est l'exogamie (aucune ou peu d'unions inter-Algériens) qui est le modèle des unions maritales chez les Algériens. les concerts.)? Tableau 5. les festivals.95% 3. QA9. avec un pourcentage de 60. Seulement six répondants (6.10 Évaluation du taux d'endogamie ou d'exogamie de la part des Algériens à Montréal Nos résultats nous montrent qu'une majorité de répondants. 52 sur 86. nous pouvons dire que la culture algérienne n'est pas assez présentée à Montréal et que la communauté algérienne de langue maternelle arabe devrait se manifester davantage et présenter plus sa culture. etc.À Montréal.14 Degré de représentativité des Algériens dans la vie culturelle de Montréal Nombre Pas du tout Un peu Bien Très bien Total 18 53 12 3 86 Pourcentage 20.99% 5. . les expositions d'art.93% 61.44%) croient qu'ils sont bien ou même très bien représentés.98%) estiment que les Algériens n'épousent jamais d'autre Algériens. jusqu'à quel point les Algériens sont-ils représentés dans la vie cultureHe (par ex.

pense que les Algériens sont très ou mêmes extrêmement fiers de leur histoire et de leurs accomplissement culturels et que seulement deux répondants (2.À Montréal.4.98% 32.16% 99.15 Taux d'endogamie ou d'exogamie de la part des Algériens à Montréal Mariage entre Algériens Pas du tout Dnpeu Moyennement Souvent Exclusivement Total Nombre 6 28 23 28 1 86 Pourcentage 6.11 Évaluation du sentiment de fierté de la part des Algériens de Montréal vis-à-vis de leur histoire et de leurs accomplissements culturels Les résultats nous signalent que la majorité. jusqu'à quel point les Algériens sont-ils fiers de leur histoire et de leurs accomplissements culturels? .74% 32.76 QA10.56% 1.33%) pensent que les Algériens ne sont pas très fiers de leur histoire et de leurs accomplissement culturels. ce qui représente un pourcentage de 68.59%.99% 5. QA11.À Montréal. jusqu'à quel point les Algériens épousent-ils d'autres Algériens? Tableau 5. 59 sur 86 répondants.56% 26.

95% 5.09% 55.16 Sentiment de fierté de la part des Algériens de Montréal vis-à-vis de leur histoire et de leurs accomplissements culturels Nombre Pas du tout fier Un peu fier Moyennement fier Très fier Extrêmement fier Total 0 2 25 34 25 86 Pourcentage 0% 2.81 % 13.4.81% 99.06% 39. ce qui représente un pourcentage de 55. QA12.32% 22.77 Tableau 5.99% . pensent que les Algériens sont moyennement forts et actifs.81 %.06% 99.33% 29.99% 5. 48 sur 86. jusqu'à quel point les Algériens sont-ils forts et actifs? Tableau 5.12 Évaluation de la force et du degré d'activité des Algériens de Montréal Une assez faible majorité des répondants.41 %) pensent qu'ils ne sont pas du tout ou peu forts et actifs et 17 répondants (19. 21 répondants (24.76%) croient qu'ils sont très ou même extrêmement forts et actifs.53% 29.17 Force et degré d'activité actuels des Algériens de Montréal Nombre Pas du tout Un peu Moyennement Très Extrêmement Total 2 19 48 12 5 86 Pourcentage 2.À Montréal.

78 Les résultats nous montrent que les membres de la communauté algérienne ne partagent pas du tout la même opinion sur le fait que les Algériens sont forts et actifs.13 Évaluation du degré de richesse des Algériens de Montréal La majorité des répondants. 60 sur 86. pense que les Algériens sont un peu ou moyennement riches.82%) pense que dans vingt ou trente ans les Algériens seront très ou extrêmement forts et actifs.4.09%) pensent qu'ils ne sont pas du tout riches et sept répondants (8.99% 5. QA13.18 Degré de richesse des Algériens de Montréal Nombre Pas du tout Un peu Moyennement Très Extrêmement Total 19 25 35 7 0 86 Pourcentage 22. Vingt­ .75%.À Montréal.14 Évaluation future de la force et du degré d'activité des Algériens de Montréal Les résultats nous révèlent que presque la moitié des répondants.4.06% 40.13%) croient qu'ils sont surtout très riches. un pourcentage de 69.69% 8. 19 répondants (22. 5. jusqu'à quel point les Algériens sont-ils riches? Tableau 5.13% 0% 99. 42 sur 86 (48.09% 29. Nous n'avons aucune explication particulière qUi pourrait justifier la divergence d'opinion des répondants.

on constate que l'opinion des répondants est très différente puisque presque la moitié des répondants (43 répondants.06%) croient qu'ils seront moyermement forts et actifs et 19 répondants (22.99% Comparant les chiffres obtenus à cette question aux chiffres présentés à la section 5.32% 19. qui croient qu'ils sont très ou même Nous pouvons expliquer ces résultats par le fait que les répondants sont positifs et voient que la situation de la communauté algérierme est en chemin d'amélioration et que les Algériens seront plus forts et actifs dans vingt ou trente ans par rapport à maintenant.76% 99. 48.3.08%) estiment qu'ils ne seront pas du tout ou un peu forts et actifs.15 Évaluation du degré de contact entre les Algériens et la population francophone de Montréal La majorité des répondants.19 Force et degré d'activité des Algériens de Montréal dans le futur Nombre Pas du tout fort et actif Un peu fort et actif Moyennement fort et actif Très fort et actif Extrêmement fort et actif Total 2 17 25 25 17 86 Pourcentage 2. jusqu'à quel point les Algériens seront-ils forts et actifs? Tableau 5. QAI4.À Montréal. pense qu'il existe effectivement un contact entre les Algériens et la population francophone de .76% 29.76%) extrêmement forts et actifs actuellement.06% 29.05%.06% 19. ce qui représente un pourcentage de 79.4. 12.82%) pense que les Algériens seront très ou extrêmement forts et actifs comparé à 17 répondants (19. 68 sur 86. dans 20 à 30 ans. 5.79 cinq répondants (29.

et l'emploi des langues au sein de la famille ainsi qu'au travail. Dix-huit répondants (20. Ces chiffres nous montrent qu'en général. probablement en vertu des expériences personnelles vécues par les individus.20 Degré de contacts entre les Algériens et la population francophone de Montréal Nombre absent Pas fréquent Modéré Fréquent Intense Total 5 13 30 25 13 86 Pourcentage 5.88% 29. presque 35% considère que ce contact n'est que modéré. minoritaire (les Algériens) et le groupe majoritaire (les francophones de Montréal). les résultats nous fournissent des données intéressantes sur .1 %1 34. l'opinion des répondants concernant le degré de contact entre les deux groupes.En général..82%) croient que le contact est absent ou pas fréquent. nous allons présenter les résultats des quinze questions qui tentent de sonder le rôle de la langue arabe et de celui du français ou de l'anglais pour les Algériens de Montréal ainsi que le potentiel de survie de l'arabe.99% 5.5 La langue arabe et les autres langues connues et utilisées par les Algériens à Montréal Dans cette partie. alors que 44.80 Montréal. Aussi. QA15.11% 99. le contact entre les Algériens et la population francophone de Montréal est..81% 15.06% 15.17% considère que ces contacts sont fréquents ou même intenses. Tableau 5. existe à des degrés variables. par contre.

1 Évaluation du degré d'estime qu'a la langue arabe à Montréal Avant de questionner les répondants sur la ou les langues qu'ils utilisent quotidiennement.49% 99.81 la COIll1alSSance d'autres langues et l'évaluation des compétences linguistiques des répondants.79% 73. 74 sur 86.21 Degré d'estime qu'a la langue arabe à Montréal Nombre Pas du tout Peu Modérément Bien Total 11 Pourcentage 12.5. soit au travail.47% 3. Selon nos résultats. la langue arabe n'est pas du tout ou peu considérée et seulement douze répondants (13. QB1. ou encore avec les amis. nous nous sommes intéressée aux opinions des répondants quant à leur évaluation du degré d'estime que portaient lesgens à la langue arabe. 5.À Montréal. ce qui représente un pourcentage de 86. soit il la maison.99% 63 9 3 86 .05%.93%) croient qu'elle est modérément ou même bien considérée. jusqu'à quel point la langue arabe est-elle considérée? Tableau 5. la majorité des répondants.26% 10. Ces chiffres nous montrent qu'en général la langue arabe à Montréal est une langue minoritaire qui n'est pas bien considérée. pensent qu'à Montréal.

un bonne majorité des répondants. Ceci découlant peut-être du fait qu'ailleurs. voire même en situation dominante.98% 1. 69 sur 86 (80.77%). à savoir si nos répondants croyaient qu'ailleurs dans le monde la langue arabe avait beaucoup. la langue arabe n'est pas du tout ou peu considérée et 17 répondants (19.81% 74. ni à Montréal ni ailleurs dans le monde.42% Il.99% Il reste donc que la très grande majorité des répondants sont d'avis que la langue arabe n'est pas très bien considérée. pense qu'au niveau international. QB2. jusqu'à quel point la langue arabe est-elle considérée? Tableau 5. un pourcentage également légèrement plus élevé que pour Montréal. .63% 6. les arabophones sont plus nombreux. peut-on dire qu'ailleurs la langue arabe est légèrement mieux considérée. Nous avons donc posé la question. croient qu'elle est modérément. légèrement moins que le pourcentage obtenu pour Montréal. bien ou très bien considérée.16% 99.Sur le niveau international.5. Selon les résultats. modérément ou peu d'estime.2 Évaluation du degré d'estime\prestige de la langue arabe au niveau international Nous nous demandions si l'évaluation du peu d'estime qu'a la langue arabe à Montréal est également reflétée ailleurs dans le monde.23%). Tout au plus.22 Degré d'estime\prestige de la langue arabe au niveau international Nombre Pas du tout Peu Modérément Bien Très bien Total 5 64 10 6 1 86 Pourcentage 5.82 5.

5.35%). Les résultats démontrent également que près de 28% utilisent uniquement l'arabe au foyer.3.5.83 5. souvent ou toujours. Ceci implique aussi que les enfants nés dans ces familles apprennent tous l'arabe comme langue première et qu'ils pourraient même être monolingues en arabe lorsqu'ils arrivent à l'âge scolaire.À la maison. les nombreuses garderies francophones ou mixtes où ces bambins risquent d'aboutir lorsque la mère travaille. Ceci veut dire que même les Algériens nés au Québec ou arrivés il y a plus de 20 ans. déclarent qu'ils utilisent l'arabe à la maison de temps en temps. Évidemment. Ceci serait un indice de forte vitalité ethnolinguistique. QB3a. qui représentent environ 20% de la population totale des Algériens au Québec. utilisent régulièrement l'arabe au foyer.5.3 Utilisation des langues à la maison Nous cherchions à connaître quelle était la langue ou éventuellement quelles étaient les langues utilisées à la maison ainsi que dans ce second cas. la majorité des répondants (82 sur 86 répondants: 95. Seulement quatre répondants (4. le degré de fréquence d'emploi de chacune des langues. feront en sorte que mêmes les enfants de familles où on utilise uniquement l'arabe au foyer pourraient avoir acquis le français ou du moins en auraient acquis une certaine compétence. avant d'arriver à l'âge scolaire.66%) affirment qu'ils l'utilisent rarement ou jamais. vous utilisez l'arabe .1 L'arabe Comme on pouvait s'y attendre.

84

Tableau 5.23 Emploi de l'arabe à la maison Emploi de l'arabe à la maison
Jamais Rarement De temps en temps Souvent Toujours Total 2 2 21 37 24 86 2,33% 2,33% 24,42% 43,02% 27,91% 99,99%

Nombre

Pourcentage

Nous admettons que notre échantillon de répondants n'est pas nécessairement représentatif de la communauté algérienne dans son ensemble puisque nous avons comme critère de sélection que la langue arabe devait être la langue maternelle du répondant. Or, les chiffres de Statistique Canada démontrent qu'un bon pourcentage (surtout chez les femmes) d'Algériens de Montréal affiche le français comme langue maternelle et qu'environ 10% considèrent que c'est le français et l'arabe qui sont leurs langues maternelles. Il est donc évident que ceux-ci étaient exclus de notre échantillon.

Il n'est donc pas étonnant de voir que 28% des répondants disent TOUJOURS utiliser l'arabe à la maison. On ne peut que se demander quels résultats on aurait obtenus à cette question si on avait inclus les Algériens qui se déclaraient de langue maternelle française.

5.5.3.2 Le français

Quant à l'utilisation du français à la maison, la majorité des répondants, 52 sur 86, donc 60,47%, déclarent qu'ils l'utilisent de temps en temps, rarement ou même jamais. Trente quatre répondants (39,53%) affirment qu'ils l'utilisent souvent ou toujours.

QB3b- À la maison, vous utilisez le français

85

Tableau 5.24 Emploi du français à la maison Emploi du français à la maison
Jamais Rarement De temps en temps Souvent Toujours Total 3
11

Nombre

Pourcentage

3,49% 12,79% 44,19% 33,72% 5,81% 99,99%

38 29 5 86

Encore une fois, ces chiffres laissent perplexes. On peut supposer que les trois répondants ayant indiqué qu'ils n'utilisent jamais l'arabe au foyer emploient alors toujours une autre langue ... surtout le français. Or, il y a cinq répondants qui admettent toujours parler français au foyer. Nous ne savons pas d'où viennent alors les deux répondants supplémentaires. Il est possible que parmi les cinq répondants qui disent toujours parler français à la maison il y en a qui utilisent également des mots arabes, c'est-à-dire qu'ils font de l'alternance codique entre

le français et l'arabe, mais que ce sont des mots ou des bouts de phrase en arabe qui sont
insérés dans une matrice française, plutôt que le contraire.

Sauf qu'il est aussi important de souligner que selon les données de Statistique Canada que nous avons présentées au ch. III, près du tiers des femmes (32%) déclarent avoir le français comme langue maternelle et 27,5% des hommes (pour un total de 29,5%) pour la communauté entière. En plus, 10,6% disent qu'ils ont plus d'une langue maternelle. Il est donc possible qu'une partie de ceux-là auraient le français comme l'une de leurs langues maternelles.

Aussi, 59,1% des répondants admettent utiliser le français le plus souvent à la maison, alors que seulement 19,5% disent utiliser une langue autre que le français ou l'anglais - tout probablement l'arabe (et peut-être le berbère) ....Ceci représente un chiffre très important

86

surtout si on ajoute à ce chiffre les 10,6% des répondants qui ont donné des réponses multiples et dont on peut être raisonnablement certain qu'il s'agit du français et de l'arabe.

Le fait qu'environ 59% des Algériens utilisent déjà le français le plus souvent à la maison indiquerait que les enfants algériens des adultes utilisant le plus souvent le français à la maison risquent de ne pas apprendre l'arabe comme langue maternelle mais plutôt le français ... ce qui serait un signe d'une très faible vitalité ethnolinguistique, surtout si on le compare aux résultats obtenus par le questionnaire.

Encore une fois du fait que notre échantillon de répondants était « biaisé» en faveur de l'arabe, il n'est pas nécessairement représentatif de la communauté algérienne dans son ensemble puisque nous avons comme critère de sélection que la langue arabe devait être la langue maternelle du répondant, cela explique l'incompatibilité entre les réponses données au recensement de 2001 et celles obtenues par notre questionnaire.

5.5.3.3 L'anglais

Pour l'utilisation de l'anglais à la maison, la grande majorité (85 répondants sur 86, un pourcentage de 98,83%) déclarent qu'ils l'utilisent de temps en temps, rarement ou jamais et seulement un seul répondant (l ,16%) dit qu'il l'utilise toujours.

QB3c- À la maison, vous utilisez l'anglais

. soit le français.99% Nombre Pourcentage Nous faisons la même remarque que précédemment.3. On verra également ci-dessous que cette autre langue utilisée au foyer ne peut être le berbère. ce qui implique qu'ils utilisent toujours une autre langue.22 nous montre que seulement deux disent ne jamais utiliser l'arabe au foyer.67% 6.5.25 Emploi de l'anglais à la maison Emploi de l'anglais à la maison Jamais Rarement De temps en temps Souvent Toujours Total 38 41 6 0 1 86 44. soit le berbère. étant donné que seulement quatre répondants sur 86 ont admis utiliser quelques fois ou même rarement cette langue au foyer. Mais nous avons vu qu'il y en a cinq qui disent toujours utiliser le français et qu'il y en a un autre qui utilise toujours l'anglais. sauf quatre répondants qui affirment qu'ils utilisent rarement le berbère à la maison. pour un total de six qui utilisent toujours une langue autre que l'arabe au foyer alors que le tableau 5.98% 0% 1. Faut-il attribuer ce manque de « logique» au fait que certains des répondants font à vrai dire de l'alternance codique entre le français et l'arabe et que leur réponse est donc ambiguë ou faut-il plutôt croire que les répondants n'ont pas toujours été complètement logiques avec eux-mêmes en répondant aux questions? 5. soit l'anglais.16% 99.4 Autres langues La lourde majorité des répondants (82/86) n'ont pas répondu à la question.19% 47.87 Tableau 5. Deux répondants admettent ne jamais utiliser l'arabe au foyer.

5. seulement quatre répondants (5.Indiquez la fréquence d'utilisation Tableau 5. . on suppose que les huit autres répondants ne travaillent pas et que c'est pour cela qu'ils n'ont pas répondu. le berbère.Indiquez la langue b.13%) disent qu'ils utilisent l'arabe. le français ou l'anglais à la maison.Si vous utilisez une langue autre que l'arabe. très forte majorité des répondants (70 sur 78. un pourcentage de 89. n'est à peu près jamais utilisé à la maison et que les enfants ne l'apprendront pas comme langue maternelle. QB6 et QB7 les répondants ont à choisir parmi quatre choix différents la réponse qui leur convient le plus. trois répondants (3.85%) affirment qu'ils utilisent l'anglais et un seul répondant déclare qu'il utilise une autre langue.74%) déclarent qu'au travail ils utilisent le plus souvent le français. la langue ancestrale des Algériens. sans spécifier laquelle.88 QB4. à savoir quelle était la proportion d'Algériens qui utilisent régulièrement ou assez souvent l'arabe. le français ou l'anglais au travail.26 Emploi d'autre langue à la maison Langue autre Berbère Nombre 4 Fréquence d'emploi Rarement On peu donc conclure que si notre échantillon est représentatif de la majorité des membres de la communauté algérienne de Montréal.5.4 Emploi des langues au travail Nous nous intéressions également à la langue de travail. a. Soixante-dix-huit sur nos 86 répondants ont répondu à la question. Dans les questions QB5. La très.

. Tableau 5.5.07%) utilisent le français. 57 sur 86 (66. 5.13% 89.65 ° 99. que personne n'utilise l'anglais et que seulement quatre répondants (4.99% Ces chiffres impliquent qu'une très forte majorité des répondants se trouvent dans une situation quotidienne où ils doivent utiliser le français comme langue de communication.64%) utilisent une autre langue. vous utilisez le plus souvent.85% 1.99 . vous utilisez le plus souvent.74% 3.28%) utilisent le plus souvent l'arabe avec la parenté.07 ° 4 86 4.28% 99.5 Utilisation des langues avec la parenté Les réponses nous montrent que les deux-tiers des répondants. que 25 répondants (29. QB6.28 Utilisation des langues avec la parenté Nombre Arabe Français Anglais Autre langue Total 57 25 Pourcentage 66...27 Emploi des langues au travail Nombre Arabe Français Anglais Autre langue Total 4 70 3 1 78 Pourcentage 5. sans spécifier laquelle.89 QB5-Au travail. Tableau 5.28 29.Avec la parenté..

29 Utilisation des langues avec les amis Nombre Arabe Français Anglais Autre langue Total 39 46 0 1 86 Pourcentage 45.16%) utilise une autre langue avec ses amis.6 Utilisation des langues avec les amis Les résultats obtenus nous montrent qu'une faible majorité des répondants..35%) utilisent l'arabe et qu'un seul répondant (1.49 0 1.Avec vos amis. le français.90 D'après ces chiffres. Ie plus souvent ». ce qui représente un pourcentage de 53. QB7.. mais moins souvent. Bien sûr. Sauf qu'il ne faut pas oublier que notre échantillon était biaisé en faveur de l'arabe puisque nous avons corrune critère de sélection que la langue arabe devait être la langue maternelle du répondant. vous utilisez le plus souvent. 5.. utilise le plus souvent le français avec les amis.16 99. 46/86.49%.99 Ces résultats démontrent qu'encore une fois c'est la langue française qui est le plus souvent utilisée avec les amis.35 53.5. 39 répondants (45. une autre langue. en l'occurrence. Il faut aussi souligner que les choix de réponse étaient « .. ·Tableau 5. tout corrune au travail. l'arabe vient en seconde . ce qui n'exclut pas que quelqu'un qui utilise le plus souvent l'arabe avec la parenté pourrait utiliser également. on pourrait déduire que la langue arabe est très utilisée avec la parenté et qu'elle occupe une grande place dans la vie quotidienne de la corrununauté algérienne.

on demandait aux répondants jusqu'à quel point le fait que leurs enfants soient éduqués en français leur semblait un avantage ou un désavantage..28%. le fait qu'ils sont éduqués en français est. 57 répondants sur 86.81 27.Si vous avez des enfants à l'école. Tableau 5.99 . Les résultats nous indiquent que les membres de la communauté algérienne réalisent bien les avantages que leurs enfants ont d'être éduqués en français. QB8.7 Opinions concernant l'éducation en français des enfants Dans cette question. 24 répondants (27.63 4. ce qui représente un pourcentage de 66.65 99. La majorité des répondants.91 61. On note également que les Algériens ne se font pas d'amis chez les anglophones ou du moins. pense que le fait que leur enfants soient éduqués en français est un avantage ou même un grand avantage. ils n'utilisent pas l'anglais avec eux. vu qu'ils vivent en milieu majoritaire francophone.81%) pensent que c'est un petit avantage.30 Opinions concernant l'éducation en français des enfants Nombre Grand désavantage Petit avantage Acceptable Avantage Grand avantage Total 0 5 24 53 4 86 Pourcentage 0 5.91%) pensent que cela est simplement acceptable et seulement cinq répondants (5. 5.91 position. Aucun répondant ne croit que c'est un désavantage.5..

QB9.5. nous pouvons conclure que selon l'opinion de notre échantillon.34%.Dans les écoles de Montréal.16% 3.81% 1. Quatre-vingt cinq des 86 répondants. pensent que dans les écoles de Montréal.49% 0% 99.5. 82 répondants.8 Évaluation du degré d'enseignement de l'arabe dans les écoles de Montréal La grande majorité des répondants. ou 98. D'après ces résultats.92 5.65%) pensent qu'elle est enseignée moyennement ou souvent. . à quel degré la langue Arabe est-elle enseignée? Tableau 5.84%. disent que dans les services publics de Montréal.99% 5. la langue arabe n'est jamais ou rarement enseignée et seulement quatre répondants (4. la langue arabe n'est jamais ou rarement utilisée et un seul répondant pense qu'elle est utilisée moyennement.53% 55.9 Évaluation du degré d'utilisation de l'arabe dans les services publics de Montréal.31 Degré d'enseignement de l'arabe dans les écoles de Montréal Nombre Jamais Rarement Moyennement Souvent Exclusivement Total 34 48 1 3 0 86 Pourcentage 39. la langue arabe n'a aucune place dans les écoles de Montréal et que les membres de la communauté algérienne sont obligés d'être éduqués en français ou en anglais. ou 95.

QB10. presse écrite) de Montréal La très grande majorité des répondants. ou 97. 84 répondants sur 86. à quel degré la langue arabe est-elle utilisée (par exemple. QBll. radio. les services sociaux. journaux) de Montréal.35% 1.32 Degré d'utilisation de l'arabe dans les services publics de Montréal Nombre Jamais Rarement Moyennement Souvent exclusivement Total 46 39 1 0 Pourcentage 53. la langue arabe n'est jamais ou est rarement utilisée et seulement deux répondants (2.Dans les media (TV.5. disent que dans les médias de Montréal.49% 45. etc. radio.33%) pensent qu'elle est utilisée moyeIU1ement.) ? Tableau 5.Dans les services publics de Montréal.10 Évaluation du degré d'utilisation de l'arabe dans les médias (TV. dans les cliniques de santé.93 Ces chiffres nous indiquent qu'on considère que la langue arabe n'est pas du tout utilisée dans les services publics de Montréal et qu'encore une fois les membres de la communauté algérieIU1e sont obligés d'utiliser le français ou l'anglais pour avoir accès aux différents services publics. à quel degré la langue Arabe est elle utilisée? .68%.99% 0 86 5.16% 0% 0% 99.

ce qui représente un pourcentage de 91. journaux) de Montréal. QB12. Ces résultats nous révèlent que selon l'opinion des répondants la langue arabe est très absente dans les institutions commerciales et ceci est dû au manque d'institutions commerciales développées et contrôlées par les Algériens.84% 48.86%.Dans les institutions commerciales. jusqu'à quel point la langue Arabe est-elle utilisée? . la langue arabe n'est jamais ou rarement utilisée et seulement sept répondants (8. disent que dans les institutions commerciales de Montréal. 5.33 Degré d'utilisation de l'arabe dans les médias (TV.5. 79 répondants.11 Évaluation du degré d'utilisation de l'arabe dans les institutions commerciales La grande majorité des répondants.84% 2.33% 0% 0% 99. Nombre Jamais Rarement Moyennement Souvent Exclusivement Total 42 42 2 0 0 86 Pourcentage 48.94 Tableau 5. radio.14%) pensent qu'elle est utilisée moyelU1ement ou même souvent.99% On pourrait conclure que la langue arabe semble presque absente dans les médias à Montréal et la cause de ces résultats est encore une fois le nombre minoritaire que représentent les Algériens.

77%) pensent que l'arabe n'est jamais. protestant. lieu de culte musulman.16% 0% 99.98% 1.58% 66.12 Évaluation du degré d'utilisation de l'arabe dans les endroits de culte de Montréal La majorité des répondants.95 Tableau 5. . disent que dans les endroits de culte de Montréal.28% 6.24%. rarement ou moyennement utilisée. 69 répondants. Ces résultats peuvent être expliqués comme suit: Être musulman ne faisait pas partie des critères de sélection pour notre échantillon et qu'environ 16% des membres de la communauté algérienne ne sont pas musulmans (ils sont catholique. Dix sept répondants (19.99% 86 ° 5. un pourcentage de 80. juif ou ils n'ont aucune appartenance religieuse) et par conséquence ne fréquentent pas les lieux de culte des musulmans (mosquée) mais d'autres lieux de culte (chrétiens ou juifs). la langue arabe est souvent ou exclusivement utilisée.34 Degré d'utilisation de l'arabe dans les institutions commerciales Nombre Jamais Rarement Moyennement Souvent Exclusivement Total 22 57 6 1 Pourcentage 25. Néanmoins nous pouvons conclure que la langue arabe est fortement présente dans les endroits de culte de Montréal puisque c'est la langue qui est utilisée exclusivement dans les mosquées. ce qui est la religion typique des Algériens.5.

99% 86 5.13.12% 99.12% 15. on demandait aux répondants comment ils évaluaient leurs compétences langagières en arabe: en compréhension. en anglais et en d'autres langues. Nous nous intéressions à comment les membres de la communauté algérienne de Montréal évaluaient leurs compétences langagières en arabe.5.13 Évaluation des compétences langagières des langues connues et utilisées par les Algériens. Nombre Jamais Rarement Moyennement Souvent Exclusivement Total 5 6 6 56 13 Pourcentage 5. en production orale.81% 6.1 Compétences en arabe Dans cette partie. en français. en lecture et en écriture QB14a.Évaluez votre compétence en arabe .Dans les endroits de culte de Montréal. en production orale.35 Degré d'utilisation de l'arabe dans les endroits de culte de Montréal. Voici les résultats obtenus. jusqu'à quel point la langue arabe est-elle utilisée? Tableau 5. Le questionnaire incluait donc des questions portant sur leur évaluation en compréhension.98% 65. 5.96 QB13.5.98% 6. en lecture et en écriture.

très bien ou de manière excellente l'arabe. très bien ou de manière excellente l'arabe.16% 25.23% 99. Tableau 5.13.99% 5.5.97 5.36 Compréhension de l'arabe Nombre Pas du tout Peu Bien Très bien Excellent Total 0 0 16 44 1 86 Pourcentage 0% 0% 18.1.58% 40.1. Ces chiffres ne surprennent pas puisque c'est la langue maternelle de la majorité des Algériens et aussi avoir la langue arabe comme langue maternelle faisait partie des critères de sélection de nbtre échantillon.1 Compréhension La totalité des répondants déclarent qu'ils comprennent bien.60% 51.13.16% 30. Néanmoins on pourrait s'étonner que 18.70% 32.2 Production orale La totalité des répondants déclarent qu'ils parlent bien. Tableau 5.6 % considèrent que leur compréhension de l'arabe n'est que « bonne ».5.99% .37 Production orale de l'arabe Nombre Pas du tout Peu Bien Très bien Excellent Total 0 1 22 35 28 86 Pourcentage 0% 1.56% 99.

on pourrait s'étonner qu'environ le quart des répondants admettent que leur arabe oral n'est que « bon».6%3 29.23% 99.5. 70 répondants. très bien ou même de manière excellente l'arabe. un pourcentage de 88.38 Lecture en arabe Nombre Pas du tout Peu Bien Très bien Excellent Total Pourcentage 0% 11.4%.37%.13. (6 répondants). déclarent qu'ils lisent bien.99 10 25 25 26 86 ° 5. . un pourcentage de 81.13.\.1. La majorité des 16 répondants qui disent écrire un peu l'arabe (9 répondants) appartient à la catégorie d'âge 16-21 ans. très bien ou de manière excellente l'arabe. Dix répondants (11.63%) affirment qu'ils lisent peu l'arabe. 16 répondants (18. déclarent qu'ils écrivent bien.07% 29.5.4 Écriture La grande majorité des répondants. ce qui pourrait les inciter à apporter des jugements de valeur par rapport à leur propre variété d'arabe? 5. Parmi eux catégorie d'âge 16-21 ans. Serait-ce parce que la variété d'arabe qu'ils parlent est l'arabe vernaculaire et non pas l'arabe standard. 74 répondants.3 Lecture La grande majorité des répondants.60%) affirment qu'ils l'écrivent seulement un peu.98 Encore une fois.07% 30. soit 60% appartient à la Tableau 5.

5. on peut conclure que les répondants qui évaluent leurs compétences en lecture et en écriture arabe comme faibles (réponse « peu») appartiennent en général à la catégorie d'âge 16-21 ans. QB14b.99% 27 21 86 D'après ces résultats.13. on demandait aux répondants comment ils évaluaient leurs compétences langagières en français: en compréhension.51 %.58% 31.99 Tableau 5. 5.1 Compréhension La grande majorité des répondants. déclarent qu'ils comprennent bien.6%0 25.40% 24.5. 83 répondants.2.39 Écriture de l'arabe Nombre Pas du tout Peu Bien Très bien Excellent Total 0 16 22 Pourcentage 0% 18. .2 Compétences en français Dans cette partie. en production orale.Évaluez votre compétence en français: 5. en lecture et en écriture.42% 99. très bien ou de manière exceliente le français et trois répondants affirment qu'ils ne le comprennent qu'un peu ou même pas du tout. qui ont eu moins de chance d'apprendre à lire et à écrire en arabe vu le petit nombre d'heures offert par les mosquées pour l'enseignement de l'arabe (2 hl semaine).13. ou 96.

100 Tableau 5.2 Production orale La très grande majorité des répondants. 84 répondants.33% 34.67% déclarent qu'ils parlent bien.30% 52.40 Compréhension en français Nombre Pas du tout Peu Bien Très bien Excellent Total 1 2 8 45 30 86 Pourcentage 1. très bien ou même exceJJemment le français et deux répondants affinnent qu'ils le parlent seulement un peu ou même pas du tout.16% 1.23% 99.88% 99. Tableau 5.16% 2.16% 11.99% 5.33% 9.5.41 Production orale en français Nombre Pas du tout Peu Bien Très bien Excellent Total 1 1 10 48 26 86 Pourcentage 1.2. ou 97.13.99% .81% 30.63% 55.

très bien ou de manière excellente le français et deux répondants disent qu'ils l'écrivent un peu. affirment qu'ils écrivent bien.49% 23.99% 44 26 86 5.101 5.51 %) déclarent qu'ils lisent bien.33% 20.5.2.13.33% 15. Tableau 5.13.42 Lecture en français Nombre Pas du tout Peu Bien Très bien Excellent Total 1 2 13 Pourcentage 1. 83 répondants (96.93% 53.16% 2.12% 51. Tableau 5.2.99% .49%) affirment qu'ifs le lisent seulement un peu ou pas du tout. très bien ou davantage le français et trois répondants (3.5.16% 30. 84 répondants.43 Écriture en français Nombre Pas du tout Peu Bien Très bien Excellent Total 0 2 18 46 20 86 Pourcentage 0% 2.23% 99.86%.26% 99. ou 97.4 Écriture La très grande majorité des répondants.3 Lecture La grande majorité des répondants.

en production orale. elle.21 % 18. 5. qui. ou 58.44 Compréhension en anglais Nombre Pas du tout Peu Bien Très bien Excellent Total 4 32 32 16 2 86 Pourcentage 4.3.102 Pour la langue française.65% 37. on demandait aux répondants comment ils évaluaient leurs compétences langagières en anglais: en compréhension. en lecture et en écriture QB14c. puisque la grande majorité des répondants déclarent qu'ils la maîtrisent très bien ou même de manière excellente.13. Tableau 5.5. déclarent qu'ils comprennent bien.5.21 % 37.3 Compétences en anglais Dans cette partie. Notons qu'il y a quand même moins de répondants qui évaluent leur compétence en anglais comme étant aussi bonne que leur compétence en français.13. on pourrait conclure qu'elle aussi occupe une grande place dans la vie quotidienne des Algériens. est minoritaire au Québec. cette très bonne connaissance du français pourrait causer un sérieux problème pour le maintien de la langue arabe.33% 99.86%) affirment qu'ils le comprennent un peu ou même pas du tout. ce qui ne devrait surprendre personne.1 Compréhension La majorité des répondants.14%.60% 2.Évaluez votre compétence en anglais 5. Néanmoins.99% . très bien ou de manière excellente l'anglais alors que 34 répondants (41. 50 répondants.

3. 47 répondants. 5.35%) affirment qu'ils le lisent bien.2 Production orale Exactement la moitié des répondants. très bien ou excellemment l'anglais et l'autre moitié affirme qu'ils comprennent un peu ou pas du tout l'anglais.103 5. déclarent qu'ils ne lisent pas du tout ou peu l'anglais et 37 répondants (45. déclarent qu'ils parlent bien.5.81% 44.13.13.3. . Tableau 5. la moitié des Algériens lisent peu l'anglais mais que l'autre moitié le lit couramment. Il est donc évident qu'en général. très bien ou excellemment.99% 27 15 1 86 Total À noter qu'il y a 36 répondants qui admettent qu'ils ne comprennent pas du tout ou qu'ils ne comprennent que peu l'anglais alors qu'il y en a 43 qui admettent qu'ils ne le parlent pas du tout ou que très peu.65%.3 Lecture Un peu plus de la moitié des répondants. Les compétences « passives» sont en général plus élevées que les compétences « actives» et les chiffres reflètent cette réalité. 43 répondants.44% 1. 54.45 Production orale en anglais Nombre Pas du tout Peu Bien Très bien Excellent 5 38 Pourcentage 5.16% 99.19% 31.5.40% 17.

Tableau 5. On peut d'ailleurs se demander où ces derniers auraient non seulement appris l'anglais mais l'auraient perfectionné. étant donné que la majorité est née et .47 Écriture en anglais Nombre Pas du tout Peu Bien Très bien Excellent Total 4 47 24 10 1 86 Pourcentage 4. très bien ou d'une manière excellente. Néanmoins.13.99% On peut conclure d'après les résultats obtenus que l'anglais n'occupe pas une très grande place dans la vie des Algériens.99% 5.3.58% 17.104 Tableau 5.7%) affinnent qu'ils l'écrivent bien.65% 54.46 Lecture en anglais Nombre Pas du tout Peu Bien Très bien Excellent Total 3 44 22 15 2 86 Pourcentage 3.65% 27. 48 répondants.4 Écriture La majorité des répondants.33% 99.91% 11.5. comparé à la place de l'arabe ou du français. ce qui représente un pourcentage de 59. un nombre impressionnant de répondants semblent avoir une assez bonne compétence à comprendre et à parler l'anglais.16% 25.16% 99.3% déclarent qu'ils n'écrivent pas du tout ou peu l'anglais et que 35 répondants (40.49% 51.63% 1.44% 2.

5.14. le français ou l'anglais à la maison. très grande majorité des répondants utilise soit l'arabe. soit le français (ou même éventuellement l'anglais) à la maison et que c'est une très petite minorité qui utilise le berbère.Indiquez la langue B.Si vous utilisez une langue autre que l'arabe.5. Évidemment.14. ces questions se limitent aux quatre répondan. QB15. en écoutant ou visionnant les médias anglophones? Il reste que les résultats sont étonnants et sans explication réelle. Cela nous confirme que la très.2 Évaluation des compétences en berbère Nous voulions connaître les évaluation~ des compétences langagières en berbère.Évaluez vos compétences 5.105 scolarisée en Algérie à une période où l'anglais n'était pas une matière scolaire obligatoire. A.5. 5. faut-il croire alors que ces immigrants aient suivi des cours d'anglais suite à leur arrivée au Québec (on peut s'en douter quelque peu) ou qu'ils l'aient simplement acquis « sur le tas ».14 Évaluation de l'utilisation d'une autre langue que l'arabe. le français ou l'anglais à la maison Par cette question. le français ou l'anglais à la maison.ts qui ont admis utiliser le berbère à la maison. on demandait aux répondants d'évaluer leur utilisation d'une autre langue que l'arabe. sauf quatre répondants qui affirment utiliser le berbère à la maison.1 Indication de la langue La majorité des répondants (82) n'ont pas répondu à la question.5. .

5.5.14. Je les ai éliminés.2.14.2. l'autre répondant dit qu'Hie lit bien.106 5.5. 5.2 Production orale Tous des répondants déclarent qu'ils parlent berbère très bien ou excellemment.2.3 Lecture Trois des quatre répondants déclarent qu'ils lisent seulement un peu le berbère. 5. 5.14. Les tableaux ou les figures pour les données sur le berbère sont inutiles étant donné le nombre de répondants. ils le maîtrisent bien sauf en lecture et en écriture car l'écriture ainsi que la lecture du berbère est relativement compliquée.2. .5. surtout pour les plus âgés. Puisque le berbère est la langue maternelle des répondants qui l'utilisent à la maison.4 Écriture Tous des répondants déclarent qu'ils n'écrivent qu'un peu le berbère.14.1 Compréhension Tous les répondants déclarent qu'ils comprennent très bien ou excellemment le berbère.

99% .Aimeriez-vous avoir plus de programmes en langue arabe à la télévision? Tableau 5.18% 35. si c'était possible. QC1.29% 40% 16.6 Évaluation de ce que la communauté algérienne aimerait voir pour l'arabe Dans cette partie.47% 7. 5.06% 99. affirment qu'ils aimeraient avoir un peu ou modérément plus de programmes en langue arabe à la télévision et l'autre quart (23. 64 répondants.1 Avoir plus de programmes en langue arabe à la télévision Trois quarts des répondants. Par contre.53%) aimerait avoir beaucoup plus ou extrêmement plus de programmes en langue arabe à la télévision. noue présentons les résultats des quatre questions qui décrivent ce que les répondant aimeraient voir pour l'arabe à Montréal.6.48 Avoir plus de programmes en langue arabe à la télévision Nombre Pas du tout Un peu Modérément Beaucoup Extrêmement Total 1 30 34 14 6 85 Pourcentage 1.107 5. un seul répondant considère qu'il n'aimerait pas du tout avoir plus de programmes en langue arabe à la télévision et un autre répondant n'a pas répondu à la question.

53%) des répondants aimerait avoir beaucoup ou extrêmement plus d'heures en langue arabe à la radio.77%) aimeraient avoir beaucoup ou extrêmement plus de services publics en langue arabe. affirment qu'ils aimeraient avoir un peu ou modérément plus de services publics en langue arabe.47% 7. Cette fois. 17 répondants (19. (23. QC2. (64 répondants) affirment qu'ils aimeraient avoir un peu ou modérément plus d'heures en langue arabe à la radio et un peu moins du quart. ou 72.Aimeriez-vous avoir plus d'heures en arabe à la radio? Tableau 5.49 Avoir plus d'heures en arabe à la radio Nombre Pas du tout Un peu Modérément Beaucoup Extrêmement Total 1 30 34 14 6 85 Pourcentage 1. Un répondant ne veut pas avoir plus d'heures en langue arabe à la radio et un répondant n'a pas répondu à la question. 62 répondants.2 Avoir plus d'heures en arabe à la radio Trois quarts des 86 répondants.09%. QC3.06% 99.Aimeriez-vous avoir plus de services publics en langue arabe? . sept répondants (8.6.6.18% 35.3 Avoir plus de services publics en langue arabe La majorité des répondants.99% 5.14%) n'aimeraient pas du tout avoir plus de services publics en langue arabe.108 5.29% 40% 16.

Ces résultats nous montrent que les membres de la communauté algérienne ne tiennent pas beaucoup au fait que leurs enfants soient éduqués à l'école publique en arabe.50 Avoir plus de services publics en langue arabe Nombre Pas du tout Un peu Modérément Beaucoup Extrêmement Total 7 32 30 14 3 86 Pourcentage 8.885 16.109 Tableau 5.49% 99.28% 3. QC4.21% 34.Aimeriez-vous pouvoir faire éduquer vos enfants à l'école publique en arabe? .14% 37. On pourrait expliquer cela par le fait qu'ils sont conscients de l'importance d'une éducation en français d'une part et de l'inutilité d'une éducation en arabe d'autre part dans une province francophone.75%) aimeraient pouvoir effectivement faire éduquer leur enfants à l'école publique en arabe.6. qu'ils n'aimeraient qu'un peu ou modérément pouvoir faire éduquer leur enfants à l'école publique en arabe alors que les autres 23 répondants (26.99% 5.4 L'éducation des enfants algériens à l'école publique en arabe Une bonne majorité des répondants (63/86 ou 72.95%) déclarent qu'ils n'aimeraient pas du tout.

1 Les langues et mon futur personnel Par cette question. Néanmoins. Aussi ils affirment qu'ils aimeraient avoir plus de services publics en langue arabe.86% 17.44% 15. le français et l'anglais pour le futur personnel des répondants. nous voulions savoir le degré d'importance que prenaient l'arabe.99% En conclusion.110 Tableau 5.95% 41.12% 11. Les résultats suivants décrivent donc l'importance relative de l'arabe et les attitudes des Algériens envers la possibilité de la perdre. ils ne tiennent pas beaucoup au fait que leurs enfants soient éduqués à l'école publique en arabe. 5.7.63% 99. le français et l'anglais pour le futur personnel des répondants ainsi que pour leurs enfants.7 Attitude des Algériens vis-à-vis la garde ou la perte de l'arabe Nous avons posé une série de question sur le degré d'importance que prenaient l'arabe. ces résultats nous montrent que la majorité des membres de la communauté algérienne aimerait avoir plus de programmes et d'heures en langue arabe à la télévision et à la radio. 5. .51 L'éducation des enfants algériens à l'école publique en arabe Nombre Pas du tout Un peu Modérément Beaucoup Extrêmement Total Pourcentage 12 36 15 13 10 86 13.

.Pour mon futur personnel. QD1A.79% 99.35% des répondants) pensent que pour leur futur personnel. pas trop ou moyennement important.49% 8.III 5..52 Degré d'importance de l'arabe pour le futur personnel Degré d'importance de l'arabe Nombre Pourcentage Pas du tout important Pas trop important Moyennement important Très important Extrêmement important Total 3 7 29 36 II 3. pensent que pour leur futur personnel. l'arabe n'est pas du tout.65%..1 L'arabe et mon futur personnel Quarante-sept répondants. Tableau 5.99% 86 Notons ici le clivage assez important dans les opinions des membres de la communauté algérienne quant à l'importance de l'arabe. Un peu plus de la moitié considère que leur langue est très ou extrêmement importante et un pourcentage presque aussi élevé considère qu'au contraire il n'a pas beaucoup d'importance.86% 12. je crois que l'arabe est .14% 33.72% 41. l'arabe est très important ou extrêmement important et 39 répondants (45. pour un pourcentage de 54. Cela n'augure rien de bon pour la vitalité ethnolinguistique de cette communauté surtout que notre échantillon était biaisé en faveur de l'arabe puisque nous avons exigé que la langue maternelle des répondants soit l'arabe.1.7.

7.1. 80/86.... le français n'est que moyennement important. Personne ne considère que le français n'a que peu ou n'a aucune importance.7.47%) pensent que pour leur futur personnel. l'anglais n'est pas du tout. .98% 62.112 5.53 Degré d'importance du français pour le futur personnel Degré d'importance du français Moyennement important Très important Extrêmement important Total 6 54 26 86 6.79% 30. QBICl. je crois que le français est .53%. l'anglais est très ou extrêmement important et neuf répondants (l 0. un pourcentage de 93.99% Nombre Pourcentage 5.235 99.02%.Pour mon futur personnel. ou moyennement important.Pour mon futur personnel. pas trop. le français est très important ou extrêmement important et seulement six répondants pensent que pour leur futur personnel. pense que pour leur futur personnel.3 L'anglais et mon futur personnel Une bonne majorité des répondants. QDIB.1.. pensent que pour leur futur personnel. 77 ou 89.2 Le français et mon futur personnel Une écrasante majorité des répondants. je crois que l'anglais est. Tableau 5.

40%) pensent que l'arabe est moyennement important alors que huit répondants (9.33% 5.113 Tableau 5.99% Nombre Pourcentage 44 33 86 Nous pouvons noter que les membres de la communauté algérienne pour leur futur personnel classent le français en premier lieu.7.54 Degré d'importance de l'anglais pour le futur personnel Degré d'importance de l'anglais Pas du tout important Pas trop important Moyennement important Très important Extrêmement important Total 2 2 5 2. Ce classement reflète l'importance que les répondants attribuent à chaque langue et veut beaucoup dire pour la vitalité ethnolinguistique de la communauté algérienne et ainsi pour le maintien de la langue arabe.1 L'arabe et le futur de mes enfants La majorité des répondants.2.2 Les langues et le futur de mes enfants Notre questionnaire visait à connaître ce que les répondants pensaient quant à l'importance de la langue arabe pour le futur de leurs enfants.7. 5. l'arabe est très ou extrêmement important et 27 répondants (31.37% 99.81% 51. . pensent que pour leurs enfants.33% 2. 5.3%) pensent que l'arabe n'est pas du tout ou pas trop important pour leur enfants. 51. ou un pourcentage de 59.3%.16% 38. suivi de l'anglais et c'est l'arabe qui occupe la dernière place.

le français est très ou extrêmement important. ...3%) que pour leur propre futur persormel (54.99% 32 19 86 5. .40% 37. je crois que l'arabe est .114 Il est intéressant de noter qu'un plus grand nombre de répondants considère que l'arabe est très ou extrêmement important pour leurs enfants (59.06%. pense que pour leurs enfants.2 Le français et le futur de mes enfants La borme majorité des répondants. 55 Degré d'importance de l'arabe pour les enfants Degré d'importance de l'arabe Pas du tout important Pas trop important Moyennement important Très important Extrêmement important Total 4 4 27 Nombre Pourcentage 4.7.2.65%).21% 22. quinze répondants (17. 68. QD2B..09% 99.65% 4.44%) pensent que le français n'est que moyermement important et trois répondants pensent que le français n'est pas trop important pour leurs enfants. pour un pourcentage de 79. je crois que le français est .65% 31. QD2A.Pour mes enfants...Tableau 5.Pour mes enfants.

5. un nombre semblable de répondants (77. je crois que l'anglais est . QD2C.115 Tableau 5.74% 99.56 Degré d'importance du français pour les enfants Degré d'importance du français Pas du tout important Pas trop important Moyennement important Très important Extrêmement important Total Nombre Pourcentage 0 3 15 45 23 86 0% 3.99% Conune pour leur propre futur.32% 26.60%) pensent que l'anglais sera moyennement important et trois répondants croient que l'anglais n'est pas trop important pour leurs enfants..89%) pensent que pour leurs enfants.Pour mes enfants. .. la majorité des répondants sont convaincus de la très grande importance de la langue française dans la vie de leurs enfants.3 L'anglais et le futur de mes enfants De la même façon.48% 17.44% 52.7. l'anglais est très ou extrêmement important alors que 16 répondants (18.2.

seraient légèrement ou même très concernés si leurs enfants parlaient uniquement le français ou l'anglais et perdaient leur arabe. Ces résultats n'augurent effectivement rien de très bon pour la vitalité ethnolinguistique de la communauté algérienne arabophone.27%) seraient modérément indifférents et six répondants (6. On note qu'une forte majorité donne beaucoup d'importance à cette langue. ou presque le quart du total. 66 ou 76.116 Tableau 5. immédiatement derrière le français.57 Degré d'importance de l'anglais pour les enfants Degré d'importance de l'anglais Pas du tout important Pas trop important Moyennement important Très important Extrêmement important Total Nombre 0 3 16 35 32 86 Pourcentage 0% 3. Les chiffres obtenus pour l'anglais. QD3.69% 37. l'arabe.48% 18. savent qu'ils vivent au Canada et que ce pays est majoritairement anglophone. tant pour leur futur personnel que pour celui de leurs enfants pourraient surprendre quelque peu. suivi de l'arabe. Évidemment. les Algériens.Si mes enfants parlaient juste le français (ou l'anglais) et perdaient leur arabe.60% 40.20% 99.7. même s'ils sont fortement francophones. seraient indifférents à des degrés variables au fait que leurs enfants devaient perdre leur langue maternelle.3 L'attitude des parents envers la perte de l'arabe de leurs enfants La majorité des répondants.97%) seraient relativement ou complètement indifférents. 14 répondants (16. 5.73%. Ces chiffres démontrent quand même que 20 répondants. je .99% Ces résultats nous indiquent que les membres de la communauté algérienne pour le futur de leurs enfants classent le français et l'anglais en premier lieu.

117

serai. ..

Tableau 5.58 Attitude des parents envers la perte de l'arabe de leurs enfants
Attitude des parents Complètement indifférent Un peu indifférent Modérément indifférent Un peu concerné Très concerné Total Nombre 1 5 14 34 32 Pourcentage 1,16% 5,81% 16,27% 39,53% 37,20% 99,99%

-

86

5.7.4 L'avis des parents sur le maintien ou la perte de l'arabe

Néanmoins, la majorité des répondants, 53, pour un pourcentage de 61,62%, pensent que leurs enfants vont probablement ou plus que certainement maintenir leur arabe; 22 répondants (25,85%) croient que leurs enfants vont peut-être perdre leur arabe et onze répondants (12,78%) pensent que tout probablement ou même très certainement leurs enfants vont perdre leur arabe. Ceci veut dire qu'un nombre assez élevé de répondants (33/86 ou 38,63%) considèrent la possibilité d'une perte éventuelle (à divers degrés) de l'arabe chez leurs enfants et que moins de 20% considèrent qu'ils vont très certainement le maintenir.

QD4- À mon avis, mes enfants vont....

118

Tableau 5.59 Avis des parents sur le maintien de l'arabe. Nombre
Plus que certainement perdre leur arabe Probablement perdre leur arabe Peut être perdre leur arabe Probablement maintenir leur arabe Plus que certainement maintenir leur arabe Total 2 9 22 36 17 86

Pourcentage
2,32% 10,46% 25,85% 41,86% 19,76% 99,99%

En conclusion, ces résultats nous montrent que la majorité des membres de la communauté algérienne seront concernés si leurs enfants devaient perdre leur langue maternelle (l'arabe), chose un peu contradictoire, vu le fait qu'ils ne donnent pas beaucoup d'importance à cette langue comparativement à l'importance attribuée au français et à l'anglais (voir 5.6.2) et vu le fait qu'une bonne proportion considèrent probable la perte de l'arabe chez leurs enfants.

L'explication qui pourrait éclaircir cette contradiction est que les Algériens ne semblent pas assez conscients que le fait de ne pas donner beaucoup d'importance à l'arabe les mène directement vers la perte éventuelle de la langue maternelle, particulièrement chez leurs

enfants, ce qui caractérise évidemment une vitalité ethnolinguistique faible.

CHAPITRE VI

CONCLUSION

Notre étude avait un double objectif: d'une part dresser un portrait de la vitalité « objective» de la communauté algérienne de langue maternelle arabe de Montréal, en décrivant 1) son statut, 2) sa démographie et 3) le support et le contrôle institutionnels qu'elle a réellement et d'autre part de sonder (par questionnaire) les perceptions et les attitudes des membres de la communauté sur leur propre vitalité ethnolinguistique, ce qui représente la vitalité

« subjective ».

La communauté algérienne est minoritaire à Montréal; elle est quotidiennement confrontée au phénomène du contact des langues, ce qui pourrait mener à l'abandon de sa langue maternelle (l'arabe pour la majorité) en faveur du français et de l'anglais, langues du groupe majoritaire. Donc, notre objectif était de ·déterminer si la langue arabe a des chances de survivre au sein de cette communauté minoritaire.

Pour ce faire, nous avons retenu le modèle de Giles, Bourhis et Taylor (1977) pour la vitalité objective et celui de Bourhis, Giles et Rosenthal (1981) pour la vitalité subjective.

Rappelons que l'assimilation d'une minorité ethnolinguistique ou d'un individu est due à plusieurs facteurs, tels que le rapport entre les groupes existants, le statut des langues en présence, la perception du groupe ou de l'individu face à sa valeur, la légalité et la légitimité de la langue.

Plusieurs recherches sur le maintien ou la perte de la langue (Anderson, 1982; Jaspeart et Kroon, 1989; Seliger et Vago, 1991) ont démontré que le contact des langues est un des

Vivant une situation de contact des langues (avec le français et l'anglais). Bourhis et Taylor (1977). les domaines tels que le statut institutionnel. Pour la communauté algérienne de Montréal. que le groupe ait accès au contrôle institutionnel requis pour répondre à ses besoins. le maintien de leur langue maternelle est conditionné par leur VE. les données démographiques. Le contrôle institutionnel du groupe reflète le contrôle sur sa destinée. un groupe minoritaire doit avoir un minimum de «complétude institutionnelle» pour survire et se développer. les langues des immigrés en contact avec la langue du groupe dominant sont condamnées à mourir. . Tel est le cas de la communauté algérienne de langue maternelle arabe de Montréal. il influence la perception de la légitimité.120 principaux facteurs de perte de la langue maternelle dans l'environnement de la langue seconde et que l'acquisition et l'utilisation à long terme de la langue seconde ont pour conséquence une perte des compétences de la langue maternelle. qui est minoritaire au sein de la communauté montréalaise. Le poids démographique est un principal atout. le contrôle et le soutien institutionnel composent la vitalité du groupe et que l'évaluation dans ces domaines permet sa classification en vitalité faible. moyenne ou forte. Au niveau de la «vitalité ethnolinguistique objective ». Selon les travaux de Giles. la communauté algérienne de Montréal a tendance à manifester une faiblesse. Ceci n'est pas le cas de la communauté algérienne de Montréal. si elle démontre une certaine autonomie dans les institutions. elle ne fait pas augmenter la vitalité de sa langue maternelle. Les études de Gonzo et Saitarelli (1993) concernant les familles immigrées affirment qu'en trois ou quatre générations.

les tournois de soccer. la communauté algérienne de Montréal se comporte comme une entité distincte. Notons par exemple la célébration des fêtes nationales (la fête de l'indépendance). qui est l'étude des attitudes des membres d'un groupe minoritaire vis-à-vis l'utilisation de leur langue maternelle et l'envie de la conserver. Le groupe Algériens manifeste une position faible au niveau du statut. (Bourhis et al. etc. Pour « la vitalité ethnolinguistique subjective ». .121 Le statut du groupe reflète sa force. plus le statut est élevé. Le domaine de la religion s'avère un principe d'appartenance à l'ensemble de tous les musulmans et pour cela la communauté algérienne restera toujours une entité distincte des autres groupes. notre échantillon a montré que l'utilisation du français et de l'arabe demeurait presque identique dans tous les contextes: maison. nous concluons que la communauté algérienne de langue maternelle arabe de Montréal manifeste une faible vitalité pour sa langue maternelle et qu'elle se dirige vers une assimilation linguistique et peut ne pas être considérée comme un groupe collectif linguistiquement distinct dans la communauté d'accueil mais un groupe distinct religieusement et culturellement. la communauté algérienne est un groupe distinct au niveau de la religion et de la culture par rapport à la communauté montréalaise. particulièrement non musulmans. En conclusion. malgré que la majorité des membres de la communauté algérienne sera concernée si leurs enfants devaient perdre leur langue maternelle (l'arabe). Après l'évaluation de ces domaines pour notre échantillon. au niveau sportif. etc. .1981). les concerts de musique algérienne qui sont organisés régulièrement par des membres de la communauté. au niveau musical. donc plus ce groupe aura de la vitalité ethnolinguistique. Pour la culture. évènements sociaux et communautaires. plus son entité collective sera forte.

n'est pas menacée à court terme. On peut considérer que la langue arabe. la France a implanté non seulement sa langue mais sa culture. la langue la plus utilisée par la communauté algérienne soit le français. nous observons une VES forte dans le domaine religieux. les résultats de notre recherche nous amènent à réfléchir sur l'avenir qu'a la langue arabe chez la communauté algérienne de Montréal. dans d'autres études ultérieures sur la communauté algérienne de Montréal d'avoir un échantillon de taille plus importante que celui de notre étude pour mieux faciliter les croisements au niveau des attitudes et comme résultat offrira un meilleur profil de la situation de la communauté algérienne de Montréal. L'influence du français sur les Algériens est due aux circonstances historiques: par l'occupation française. adoptée par la majorité. Il serait important aussi de sélectionner des Algériens qui déclarent que leur langue maternelle est le français plutôt que l'arabe. à savoir.122 Sauf que le français se démarque et occupe la première place dans les domaines de l'éducation et du travail. Comme conséquence le français est devenu la langue d'usage. Néanmoins. Donc. . le maintien de la vitalité de la langue arabe chez la communauté algérienne. vue comme une langue élite et symbole de la réussite. il serait plus intéressant. Par ailleurs. par son nombre de locuteurs dans le monde. En conclusion. ce n'est pas étonnant qu'à Montréal. ce qui donnerait un portrait plus «juste» de la communauté (en vertu des statistiques de Statistique Canada). nous pouvons dire que la VES de la communauté algérienne de langue maternelle arabe est relativement faible et que les membres de la communauté algérienne ont tendance à adopter une attitude donnée envers le groupe majoritaire et donc envers la langue de ce groupe. suivi de l'anglais et c'est l'arabe qui occupe la dernière place. le français. Par \ contre. ville francophone. qui est dû au contexte social et par conséquence.

Il est donc très important que vos réponses soient sincères et précises et que vous répondiez à toutes les questions. examinez attentivement les descriptions données avec l'échelle 1 à 5(ou de 1 à 4) puisque celles-ci ne sont pas toujours les mêmes d'une question à l'autre. Dans ce questionnaire. celles-ci vous expliquent ce que vous avez à faire. vous répondez en encerclant le chiffre qui correspond le mieux à votre opinion.ANNEXE A LE QUESTIONNAIRE DE VITALITÉ ETHNOLINGUISTIQUE SUBJECTIVE VERSION FRANCAISE QUESTIONNAIRE Ce questiolU1aire comprend 5 parties. . En lisant chaque question. Lisez attentivement les directives données au début de chaque partie. Dans ce questiolU1aire. Chacune des parties vous demande quelque chose de différent même si elles peuvent vous paraître similaires à première vue. ce sont vos opinions sur différents sujets que nous voulons cOlU1aÎtre. nous utilisons l'expression « Montréal» pour inclure toute l'Île de Montréal. Dans toutes les parties du questiolU1aire.

n'hésitez pas à nous demander des explications (BEKLAKHDARI@YAHaa.124 Toutes vos réponses sont confidentielles. . elles ne seront divulguées à personne.FR). Merci de votre collaboration. Si quelque chose n'est pas clair.

En quelle année êtes-vous arrivé à Montréal ?--------­ .21 ans b) 22.Sexe: Masculin D Féminin D D D D D D D 2-Âge a) 16.125 DONNÉES SOCIODÉMOGRAPHIQUES Dans cette première partie. 1.Quel est votre revenu annuel? Répondez à la question suivante seulement si vous n'êtes pas né à Montréal 6.Quelle est votre profession? 5. ces renseignements sont très importants car ils nous permettront le classement ainsi que l'analyse des réponses.55 ans d) 56 ans et plus 3.Niveau de scolarité complété a) École primaire b) École secondaire (lycée) c) CÉGEP (bac) d) Université 4. nous avons besoin de quelques renseignements plus personnels.40 ans c) 41. Veillez ne cocher qu'une seule réponse par question.

LA VIE DES ALGÉRIENS À MONTRÉAL Voici 15 questions concernant la situation actuelle des Algériens à Montréal.Estimez le taux de naissance des Algériens à Montréal: 2 Diminue rapidement Diminue légèrement 3 Stable 4 5 Augmente rapidement Augmente légèrement 3. encerclez le chiffre sur l'échelle de 1 à 5 qui correspond le mieux à votre opinion.Combien d'Algériens émigrent de Montréal vers d'autres provinces ou pays tous les ans? 2 Aucun Peu nombreux 3 Un nombre modéré 4 5 Très nombreux Nombreux . 1. Pour chacune des questions.Pour la population francophone de Montréal.Combien d'Algériens émigrent à Montréal tous les ans? 2 Aucun Peu nombreux 3 Un nombre modéré 4 Nombreux 5 Très nombreux 4. estimez la proportion que les algériens représentent: 2 1% et moins 3 5à7% 4 5 plus de 10% 2à4% 8 à 10% 2.126 A. ainsi que les ressources disponibles aux Algériens sur l'île de Montréal.

)? 2 Pas du tout Un peu 3 Modéré 4 5 Très grand Grand .Dans toutes les régions de Montréal où les Algériens vivent.À Montréal. etc. jusqu'à quel point les Algériens contrôlent-ils l'économie et le commerce? 2 Pas du tout Pas très bien 3 Assez bien 4 5 Très bien Bien 8. les concerts.À Montréal. jusqu'à quel point les Algériens sont-ils représentés dans la vie culturelle (par ex. les festivals.À Montréal.À Montréal. jusqu'à quel point les Algériens ont-ils du pouvoir politique? 2 Aucun Un peu 3 Modéré 4 5 Très grand Grand 9. comment les Algériens sont-ils considérés? 2 Pas du tout Pas très bien 3 Assez bien 4 5 Très bien Bien 7. dans quelle mesure sont­ ils en majorité ou en minorité? 2 Très petite minorité Légère minorité 3 Ni minorité ni majorité 4 5 Très grande majorité Grande majorité 6. les expositions d'art.127 5.

À Montréal.À Montréal. dans 20 à 30 ans. jusqu'à quel point les Algériens épousent-ils d'autres Algériens? 2 3 4 5 Pas du tout Un peu Moyennement Souvent Exclusivement 11. jusqu'à quel point les Algériens seront-ils forts et actifs? 2 Pas du tout Un peu 3 4 5 Extrêmement Moyennement Très .À Montréal. jusqu'à quel point les Algériens sont-ils riches? 2 Pas du tout Un peu 3 4 5 Extrêmement Moyennement Très 14.À Montréal. jusqu'à quel point les Algériens sont-ils forts et actifs? 2 Pas du tout Un peu 3 4 5 Extrêmement Moyennement Très 13. jusqu'à quel point les Algériens sont-ils fiers de leur histoire et de leurs aécomplissements culturels? 2 Pas du tout Un peu 3 Moyennement 4 5 Très Extrêmement 12.À Montréal.128 10.

129

15- En général, le contact entre les Algériens et la population francophone de Montréal est...
2 Absent Infréquent 3 Modéré

4
Fréquent

5
Intense

B. LA LANGUE ARABE À MONTRÉAL

Les 15 questions de cette partie décrivent le rôle de la langue arabe ainsi que son potentiel de survie; aussi, elles nous fournissent des informations sur vos compétences linguistiques. Pour chaque question, vous encerclez le numéro sur l'échelle de 1 à 5 (ou de 1 à 4 pour quelques questions) qui, selon vous, décrit le mieux votre opinion.

1- À Montréal, jusqu'à quel point la langue arabe est-elle considérée?

2 Pas du tout Peu

3 Modérément

4
Bien

5
Très bien

2- Sur le niveau international, jusqu'à quel point la langue arabe est-elle considérée?

2 Pas du tout Peu

3 Modérément

4
Bien

5
Très bien

3- À la maison, vous utilisez a- L'arabe:

2 Jamais Rarement

3 De temps en temps

4
Souvent

5 Toujours

130

b- Le français:

2 Jamais Rarement

3 De temps en temps

4
Souvent

5 Toujours

c- L'anglais:

2 Jamais Rarement

3 De temps en temps

4

5
Toujours

Souvent

4- Si vous utilisez une langue autre que l'arabe, le français ou l'anglais à la maison, a- 1n d iq uez la la ngue -------------------------------------------­

b- Indiquez la fréquence d'utilisation

2 Peu souvent Assez souvent

3 Très souvent

4

Exclusivement

5- Au travail, vous utilisez le plus souvent...

2 L'arabe Le français

3 L'anglais

4

Une autre langue

6- Avec la parenté, vous utilisez le plus souvent. ..

2 L'arabe Le français

3 L'anglais

4

Une autre langue

131

7- Avec vos amis, vous utilisez le plus souvent...

1 L'arabe

2
Le français

3
L'anglais

4

Une autre langue

8- Si vous avez des enfants à l'école, le fait qu'ils sont éduqués en français est...

2
Un grand désavantage Un petit désavantage

3
Acceptable

4

5 Un grand avantage

Un avantage

9- Dans les écoles de Montréal, à quel degré la langue Arabe est-elle enseignée?

2
Jamais Rarement

3
Moyennement

4

5 Exclusivement

Souvent

10- Dans les services publics de Montréal, à quel degré la langue arabe est-elle utilisée (par exemple, dans les cliniques de santé, les services sociaux, etc.) ?
2
Jamais Rarement

3
Moyennement

4

5 Exclusivement

Souvent

11- Dans les media (TV, radio, journaux) de Montréal, à quel degré la langue Arabe est -elle utilisée?
2
Jamais Rarement

3
Moyennement

4

5 Exclusivement

Souvent

Dans les institutions commerciales.Dans les endroits de culte religieux de Montréal. jusqu'à quel point la langue arabe est-elle utilisée? 2 Jamais Rarement 3 Moyennement 4 5 Exclusivement Souvent 14.132 12. jusqu'à quel point la langue Arabe est-elle utilisée? 2 Jamais Rarement 3 Moyennement 4 5 Exclusivement Souvent 13.Évaluez votre compétence en: A.Arabe: Comprendre: 2 Pas du tout Un peu 3 Bien 4 5 Excellent Très bien Parler: 2 Pas du tout Un peu 3 Bien 4 5 Excellent Très bien Lire: 2 Pas du tout Un peu 3 Bien 4 5 Excellent Très bien .

133 Écrire: 2 Pas du tout Un peu 3 Bien 4 5 Excellent Très bien B.Français Comprendre: 2 Pas du tout Un peu 3 Bien 4 5 Excellent Très bien Parler: 2 Pas du tout Un peu 3 Bien 4 5 Excellent Très bien Lire: 2 Pas du tout Un peu 3 Bien 4 5 Excellent Très bien Écrire: 2 Pas du tout Un peu 3 Bien 4 5 Excellent Très bien .

Indiquez la langue -----------------------------------­ B. le français ou l'anglais à la maison.134 C.Évaluez vos compétences à: .Si vous utilisez une langue autre que l'arabe.Anglais: Comprendre: 2 Pas du tout Un peu 3 Bien 4 Très bien 5 Excellent Parler: 2 Pas du tout Un peu 3 Bien 4 Très bien 5 Excellent Lire: 2 Pas du tout Un peu 3 Bien 4 Très bien 5 Excellent Écrire: 2 Pas du tout Un peu 3 Bien 4 Très bien 5 Excellent 15. A.

CE QUE VOUS AIMERIEZ VOIR POUR L'ARABE Les 4 questions suivantes décrivent ce que vous VOUDRIEZ ou AIMERIEZ voir pour l'arabe à Montréal. . si c'était possible. Encerclez le chiffre sur l'échelle de 1 à 5 qui correspond le mieux à ce que vous désireriez.135 Comprendre: 2 Pas du tout Un peu 3 Bien 4 5 Excellent Très bien Parler: 2 Pas du tout Un peu 3 Bien 4 5 Excellent Très bien Lire: 2 Pas du tout Un peu 3 Bien 4 5 Excellent Très bien Écrire: 2 Pas du tout Un peu 3 Bien 4 5 Excellent Très bien C.

1.Aimeriez-vous avoir plus d'heures en arabe à la radio? 2 Pas du tout Un peu 3 Modérément 4 5 Extrêmement Beaucoup 3.Aimeriez-vous avoir plus de services publics en langue arabe? 2 Pas du tout Un peu 3 Modérément 4 5 Extrêmement Beaucoup 4.Aimeriez-vous pouvoir faire éduquer vos enfants à l'école publique en arabe? 2 Pas du tout Un peu 3 Modérément 4 5 Extrêmement Beaucoup D.Aimeriez-vous avoir plus de programmes en langue arabe à la télévision? 2 Pas du tout Un peu 3 Modérément 4 5 Extrêmement Beaucoup 2. . Encerclez le chiffre sur l'échelle de 1 à 5 qui correspond le mieux à votre avis. ATTITUDES DES ALGERIENS Les 4 phrases suivantes décrivent l'importance de l'arabe et les attitudes des Algériens envers la possibilité de la perdre.136 Si c'était possible à Montréal.

.. 2 Pas du tout important Pas trop important 3 Moyennement Très important important 4 5 Extrêmement important C.... 2 Pas du tout important Pas trop important 3 Moyennement Très important 4 5 Extrêmement important important . 2 Pas du tout Important Pas trop important 3 Moyennement Très important 4 5 Extrêmement important important 2..L'anglais est. 2 Pas du tout important Pas trop important 3 Moyennement important 4 5 Extrêmement important Très important B.Le français est.L'arabe est.. je crois que .137 1... 2 Pas du tout important Pas trop important 3 Moyennement Très important 4 Extrêmement important 5 important B.Pour mes enfants. A..Pour mon futur personnel.... je crois que ..L'arabe est . A.Le français est .

2 Complètement indifférent Un peu indifférent 3 Modérément indifférent 4 5 Très concerné Un peu concerné 4.Si mes enfants parlaient juste le français (ou l'anglais) et perdaient leur arabe. 2 Plus que certainement perdre leur arabe Probablement perdre leur arabe 3 Peut être perdre leur arabe 4 5 Plus que certainement maintenir leur arabe Probablement maintenir leur arabe MERCI D' AVOIR COMPLÉTÉ CE QUESTIONNAIREl .À mon avis. . mes enfants vont.L'anglais est. . 2 Pas du tout importante Pas trop important 3 Moyennement important Trés 4 5 Extrêmement important important 3. je serai......138 C.

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