Droit Commercial

Marie Laure Coquelet, Entreprises en difficultés, instruments de paiement et de crédits, aux éditions Dalloz, Collection Hypercours 3ème édition 2009. Cozian, Viandier et Deboissy. Nous allons ici évoquer le droit du financement des entreprises : Il s’agit d’envisager ici un certain nombre de mécanismes juridiques permettant aux entreprises d’obtenir du financement. C’est une question d’actualité parce que depuis la crise financière de 2007, due à la frénésie spéculative de certains établissements bancaires le crédit aux entreprises s’est raréfié. On a par exemple crée un poste de médiateur de crédit pour inciter les banques à prêter aux entreprises, et si elles ne le font pas, elles vont êtres mises sur une liste. On parle ici d’entreprises au sens large, il y aura des éléments dans ce cours qui ne seront pas abordés alors qu’ils participent du financement des entreprises. Il y aura des éléments relevant du droit bancaire, comme ce qui concerne le mécanisme du découvert, de l’escompte mais aussi des éléments de droit des contrats spéciaux comme le prêt à intérêt, ou des mécanismes qui proviennent du droit des sûretés comme le gage. On examinera également le droit des marchés financiers (Actions et obligations cotées).

Introduction
Ce cours porte sur l’examen des règles juridiques gouvernant le financement des entreprises, il s’agit d’envisager les règles de droit qui encadrent le financement des entreprises. Il convient d’exposer le cadre juridique au sein duquel sont mises en œuvre les mécanismes consistant à procurer des fonds aux entreprises. L’entreprise abordée ici procède en tant que notion d’une conception plus large. L’entreprise est, en effet, toute organisation composée d’hommes et de bien poursuivant un but économique, toute organisation un tant soit peu autonome. Dans cette conception large de l’entreprise, il faut retenir que le but économique est la production, la distribution de biens ou la prestation de service à des fins spéculatives ou non. Il s’agira des financements de sociétés à but lucratif et d’organisations à but non lucratif (Loi de 1901), des organisations des fondations ou des collectivités publics. En pur droit, existe-t-il un bloc de règles homogènes portant sur le financement des entreprises ? La réponse est nuancée, on relève dans le Code Monétaire et Financier des dispositions applicables aux crédits, aux entreprises, comme l’ouverture de crédits, la cession de créances professionnelles ou bordereaux Dailly. Le crédit est une technique de financement des entreprises, mais elle est loin d’être la seule, d’autres techniques existent, comme les comptes courants d’associés, l’offre au public d’ordre financier ou montage du type LBO (technique de financement à effet de levier) et plus généralement le recours aux marchés financiers. On ne pourra envisager toutes ces techniques, certaines sont étudiées en droit bancaire, d’autres en droit des contrats spéciaux, d’autres encore en droit des suretés ou en droit des marchés financiers.

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L’étude envisagée ici portera essentiellement sur certains instruments de crédits propres aux entreprises reposant soit sur le droit commun des obligations soit sur des mécanismes spécifiquement commerciaux soit enfin sur la technique sociétaire de la société commerciale. Pour présenter ces éléments dans ce propos introductif, quatre points vont être examinés : - L’objet et les mécanismes du financement des entreprises. L’évolution juridique de ce financement. Les règles applicables. L’actualité de la matière.

A) L’objet et les mécanismes du financement des entreprises  Les sociétés commerciales De manière assez basique, le financement se présente comme toute action consistant à procurer des fonds à celui qui en a besoin, ici l’entreprise. Il s’agit de voir les mécanismes juridiques qui permettent de procurer de l’argent à l’entreprise qui en a besoin. Le financement comporte un objet essentiellement monétaire : procurer de l’argent à une entreprise pour qu’elle puisse payer ses salariés, ses fournisseurs… Quant une entreprise à besoin de financement elle a le choix entre deux possibilités : - Elle fait appel à des ressources internes - Elle fait appel à des ressources externes. On distingue alors le private equity, financement interne, et market equity, financement externe. Faire appel aux ressources internes consisterait à augmenter le capital, notamment en demandant aux associés existants de souscrire à de nouvelles actions ou parts de sociétés en apportant des fonds ou demander à des tiers de participer au capital de la société déjà existante. Cette forme de financement nous la laisserons de coté. D’autres techniques plus spécifiques existent, la plus simple consiste dans les comptes courants d’associés qui ne sont rien d’autres que des prêts constitués à la société par ses propres membres. Relevons aussi le système du capital investissement, illustré par le système de la société de capital risque. Ici des investisseurs surtout des institutions financières entrent dans le capital de sociétés non cotées en bourses mais à fort potentiel de développement en apportant des fonds contre attribution de parts ou actions afin de permettre à ce type de société de croitre en assurant une forte rentabilité à court ou moyen terme aux investisseur, c’est un placement à risque.

Les entreprises publiques et les sociétés coopératives ou mutualistes

Elles ont besoin de financement tout en souhaitant garder intact la constitution de leur capital. Elles usent d’une technique qui leur est réservé la technique des titres participatifs, qui donnent à leur titulaire une part du bénéfice du destinataire du financement en échange des fonds apportés.

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Il s’agit d’un mode de financement interne car les titres participatifs font parti des fonds propres de l’entreprise. Il ne faut pas confondre ces titres participatifs avec les prêts participatifs qui sont consentis par des tiers aux sociétés classiques et rémunérés par des intérêts une part des bénéfices. Alors que les titres participatifs sont réservés aux collectivités publiques ou aux sociétés coopératives ou mutualistes. A considérer les financements externes des entreprises, il apparaît que certaines modalités sont issues de la technique sociétaire alors que d’autres appartiennent à la technique de crédits. A propos du financement externe, l’offre au public de titres financiers s’affirme en premier lieu pour remplacer ce que l’on appelait appel public à l’épargne. On songe ici inévitablement à l’admission à la négociation sur un marché réglementé appelle admission à la cote officielle ou plus simplement admission en bourse. L’offre au public de titres financiers est une notion bien plus large que l’admission en bourse. Il demeure que l’offre au public de titres financiers concerne des actions, des obligations et des instruments financiers bien plus complexes.

Le financement externe par les techniques de crédits

Au cœur des financements des entreprises se situe le crédit qui vient du latin credere signifiant croire. Ce credere est aussi à l’origine du mot confiance. On fait crédit à quelqu’un parce qu’on a confiance en lui. Le créditeur fait confiance au crédité (l’entreprise) parce que le premier sait qu’il sera remboursé par le second. Cette confiance s’appuie sur l’appréciation objective des capacités de remboursement du crédité, ou bien sur les garanties de remboursement fourni par ce crédité. La notion de crédit est essentiellement économique et couvre des réalités très diverses, on a pu douter de son unité conceptuelle en droit. Sur le plan du droit le crédit est défini à l’article L.313 – 1 alinéa 1 du Code Monétaire et Financier qui le définit « constitue une opération de crédit, tout acte par lequel une personne agissant à titre onéreux met ou promet de mettre des fonds à la disposition d’une autre personne, prend dans l’intérêt de celle ci un engagement par signature tel qu’un aval, un cautionnement ou une garantie ». Christian Gavalda et Jean Stoufflet voient trois éléments essentiels et constants dans toute opération de crédit : - Une avance de monnaie financière ou scripturale. - Une rémunération du créditeur. - Une restitution Assez souvent, les éléments de crédit remplissent subsidiairement une opération de paiement. Certains parlent de carte de crédits pour qualifier des cartes de paiement. Il apparaît que dans le financement des entreprises, certaines techniques de crédits s’appuient sur le droit commun alors que d’autres sont spécifiques aux activités commerciales comme les effets de commerce.

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Les instruments de crédits représentent une catégorie qui a grossi au fil du temps.Les effets de commerce Ils occupent une place de choix. il apparaît que les effets de commerce apparaissent 4 . cela ne sera pas le cas. pendant que sa composante effet de commerce subissait un certain vieillissement. un banquier et lui demander s’il connaît la lettre de changes.  Les instruments de crédit typiquement commerciaux . A ce stade. on observe que les entreprises et les établissements bancaires et financiers utilisent des conventions très anciennes pour les adapter aux besoins de financements des entreprises. si on va voir un commerçant. Ce. B) L’évolution historique des mécanismes juridiques de financement des entreprises Cette évolution ne contient pas la même acuité selon que nous considérons les techniques appartenant au domaine du crédit et les techniques de nature sociétaire. 1. le billet à ordres et le warrant sont des effets de commerce. Il en est ainsi du bordereau Dailly. il faut déplorer que la monnaie ne soit pas suffisamment étudiée en droit. Les instruments de crédit aux entreprises suivent une trajectoire historique bien plus longue que les techniques sociétaires. A vrai dire. il nous faut considérer successivement les premiers et les seconds. le billet à ordres. Évolution historique des instruments de crédits aux entreprises On ne peut évoquer l’historique ici. les effets de commerce se composent de trois sortes d’éléments : la lettre de change (Traite).S’agissant des instruments de crédits reposant sur le droit commun des obligations. De son coté l’affacturage repose également sur une convention civile qui est la subrogation conventionnelle par changement de créanciers ou appelée subrogation ex parte creditoris. la monnaie est d’ailleurs le mode usuel d’évaluation des éléments du patrimoine et de règlement des transactions. en raison de sa fongibilité. et surtout des instruments de crédits aux entreprises. Ce point essentiel est le suivant : les instruments de financement s’expriment toujours en somme d’argent. qui est une cession simplifiée de cession de créance professionnelle prenant appui sur la cession de créance de droit commun. Considérons à présent l’évolution historique du financement des entreprises. mais quant à l’utiliser effectivement. le crédit bail qui réunit la vente. sans faire référence à la chronologie. un point essentiel doit être souligné. et le warrant. il répondra probablement par l’affirmative. On doit d’abord retenir que la lettre de change. la location et la promesse de vente dans une sorte de molécule contractuelle. Quand on examine les instruments de crédit aux entreprises. Bien que son régime fasse l’ouverture du Code Monétaire et Financier. en particulier pour la lettre de changes papier. Traditionnellement.

Cette transformation s’est faite grâce à deux dispositifs que nous verrons par la suite : l’acceptation et l’endossement. l’essentiel des propos sera consacré plus particulièrement à la lettre de change qui se trouve à l’origine du système cambiaire. mais aussi change. Par la suite. La lettre de change est un mécanisme juridique particulier. peu commodes à transporter en grande quantité. Il faut également savoir que les règles de droit gouvernant la lettre de change ont été forgées par les commerçants.bien avant les techniques reposant sur les contrats classiques comme le bordereau Dailly. Sachant que ceux-ci sont nés après la lettre de change. qui encadre par la suite bon nombre d’autres instruments de crédit comme le billet à ordres et le warrant. Bonelli obtiendra cette somme non pas en monnaie génoise. la monnaie ayant cours à Marseille. ou le crédit-bail. qui signifie change. Il vient du latin cambium. En ce qui concerne les effets de commerce. Il ne souhaite pas transporter de l’argent sur lui. la somme indiquée sur la lettre. En outre. Il y a donc transport de fonds. Le traveller check marche de la même façon. est écrit que le banquier Fournier (Marseille) remettra au porteur de la lettre. il ne souhaite pas se faire détrousser en chemin. dans la ville de Gênes. d’où lettre de change. Pour comprendre comment est née la lettre de change. Ces règles sont connues sous l’expression « système cambiaire ». c'est-à-dire en monnaie de change. uniquement muni de la lettre sans courir le risque du transport de fonds et obtenir sur place l’argent donc il a besoin. le banquier Fratelli va remettre à Bonelli une lettre. et cette rigueur naît du formalisme propre à la lettre de change. crée à partir d’un formalisme très rigoureux. car la monnaie de cette époque se compose uniquement de pièces métalliques. En plus. et lui remettre la somme dont il a besoin à Marseille. De cette manière. où un commerçant Génois se rend régulièrement à Marseille pour vendre ses marchandises et éventuellement en acheter d’autres. On parle de rigueur du système cambiaire. Bonelli peut se rendre à Marseille. Sur cette lettre. Ce formalisme génère des obligations extrêmement contraignantes pour toute personne ayant signée une lettre de change. En échange de la somme et après s’être fait payé une commission. par lettre. c'est-à-dire Bonelli. Quelle est la meilleure solution pour lui? Cette solution est mise au point à l’époque. mais en monnaie locale. Il va se rendre chez son banquier à Gênes (Fratelli). 5 . la lettre de change est devenue un instrument de crédit. qui ont fait naître des usages en ce domaine. signée de Fratelli. transportons-nous au Moyen-Age.

Dans l’ensemble. codifiée depuis 2000 dans le Code Monétaire et Financier. L’affacturage ne fait pratiquement l’objet d’aucune réglementation spécifique. il fait partie de ces contrats dits en « ing ». C’est en effet la traduction en français du leasing américain. S’agissant du crédit bail. Quant au bordereau Dailly. créé en France en 1981. demeurent vivaces. comme la lettre de changes. Arrivé en France. c’est aussi un contrat en « ing ». Évolution des techniques sociétaires Les techniques de financement qui nous intéressent donnent l’ancienneté au mode externe par rapport au mode interne. le crédit-bail aux entreprises a fait l’objet d’une loi en 1966. .Le droit issu de la lettre de change porte donc le nom de « droit cambiaire ». et le mécanisme de la facture protestable que les pouvoirs publics ont promu à la fin des années 1960 et qui n’a intéressé ni les banques. Il vient du factoring américain. il ne fait pas partie des contrats en « ing ». dans l’ordre chronologique. il faut envisager le crédit-bail. Ce système cambiaire a été exporté dans d’autres instruments de crédit et de paiement. Concernant l’affacturage. 2. Son régime étant encadré par la subrogation conventionnelle par changement de créancier. apparu en France dans les années 1950. et le bordereau Dailly. C’est un mode simplifié de cession ou de nantissement de créances professionnelles. l’affacturage. ex parte creditoris. Quant à l’évolution historique des techniques reposant sur les contrats classiques. ni les entreprises qui les ont complètement ignorés. comme le billet à ordre (Instrument de crédit) ou le chèque (Instrument de paiement). qui de son côté a bien marché. ou de « système cambiaire ». au lendemain de la Seconde Guerre Mondiale. Il succède à deux échecs : un premier échec tenant au crédit de mobilisation de créance commercial (CMCC).Les techniques sociétaires externes 6 . tous les instruments de crédit qui viennent d’être envisagés. Beaucoup prennent une forme dématérialisée aujourd’hui. On a alors créé le bordereau Dailly.

Ici. les bourses de commerce où se négocient des marchandises. moyennes. 7 . D’un côté. L’offre au public de titres financiers se fait désormais sur les marchés réglementés (la Bourse) mais aussi en dehors des marchés réglementés. Ce sont les bourses de valeurs qui nous intéressent ici. ce que nous avons vu comme techniques sociétaires sur le plan interne (Capital-investissement. ces techniques se sont considérablement répandues. les fonds propres vont accueillir un certain nombre de procédés de financement comme le capital investissement ou les titres participatifs. Il ne convient pas de s’attarder sur une matière (la Bourse) qui relève essentiellement du droit des marchés financiers. très probablement en raison de la financiarisation de l’économie. ou petites entendent se financer par renforcement de leurs capitaux propres. la notion de fonds propres a été étudiée notamment dans la situation où il faut reconstituer le capital de la société en utilisant la technique dite du « coup d’accordéon ». car les bourses de commerce ne sont pas en principe des dispositifs de financement. On distingue alors à cette époque deux sortes de Bourses. on entend l’emprise de plus en plus forte des techniques financières souvent hautement spéculatives sur les activités économiques réelles.Il s’agit en particulier du financement par offre au public de titres financiers. titres participatifs) étaient assez peu développés. . il y a des marchés alternatifs procédant de techniques importées des États-Unis. prêts-participatifs.Les techniques sociétaires internes Juste à la fin des années 1960. En droit des sociétés. Depuis lors. en tant que mode de financement des entreprises semble prendre son essor au 18ème siècle. à côté des techniques externes. C’est à cette époque que commence à se développer l’appel public à l’épargne effectué essentiellement par les sociétés anonymes. et de l’autre côté. la notion d’appel public à l’épargne a été abandonnée au profit de la notion d’offre au public de titres financiers. comme ce que l’on appelle les systèmes alternatifs de négociation et les internalisateurs systématiques qui permettent aux entreprises d’obtenir des financements par offre de titres au public. les entreprises grandes. la notion de Bourse de valeur a cédé la place à la notion de marché réglementé. En effet. les bourses de valeur où se négocient des actions et autres titres émis par les sociétés. L’influence des pratiques en vigueur aux États-Unis est ici décisive. La Bourse. Toujours sous l’influence de la notion de l’Union Européenne. Par là. Il nous suffit de savoir que sous l’influence du droit de l’Union Européenne.

S’il faut les présenter par ordre de grandeur décroissante. le droit international et le droit européen. 1. Le droit international et le droit européen 8 . le droit comparé est riche d’enseignement. Ainsi. Le droit comparé Il s’entend de l’analyse des règles de droit issues de deux ordres juridiques différents. c’est faire du droit comparé que d’examiner ensemble les règles qui gouvernent les sociétés commerciales en France et en Argentine. et l’affacturage. Divers éléments se croisent. C) Les sources du droit du financement des entreprises Considérez du point de ces vues de ces sources que le droit du financement des entreprises ne fonctionne pas en schéma linéaire. Ainsi. La source d’inspiration en droit comparé varie en fonction de l’ancienneté des techniques. Cet examen peut révéler les inspirations de chacune de ces deux séries de règles mais aussi révéler leurs influences réciproques ou l’influence de l’une sur l’autre. Il en est notamment du capital-investissement. comme le crédit-bail. 2. fondu par la suite dans le droit international. En droit du financement des entreprises. et le droit interne. Nous avons déjà observé que certains des instruments de crédit les plus récents puisent leur inspiration outre-Atlantique.Ces techniques se sont imposées en France au cours des années 1980. La lettre de change a été forgée en Italie du Nord par les commerçants et les banquiers avant de recevoir un régime proprement français. et sont aujourd’hui très largement encadrées par la loi. ou d’un plus grand nombre d’ordres juridiques. la plupart des techniques sociétaires de financement des entreprises nous viennent des États-Unis. il apparaît d’abord le droit comparé. ou encore du financement de rachat de société avec effet de levier (Leverage managment buy-out. analyse généralement appliquée à une matière donnée. LBO).

le droit international détient un rôle très prégnant. et ratifiées par la France. Le droit interne Aussi bien en matière de techniques de crédit que de techniques sociétaires. L’intervention de l’Union Européenne dans les techniques sociétaires vise surtout à harmoniser les règles nationales applicables aux fonds propres des entreprises pour favoriser le fonctionnement du marché intérieur de l’Union Européenne. 9 . ainsi le régime de la lettre de change et du billet à ordres procède de deux conventions internationales. les règles applicables aux instruments de crédit font l’objet de conventions préparées dans le cadre de la commission des Nations-Unies relatives aux droits du commerce international. Il est tout à fait cohérent de retrouver de la sorte la lettre de change. 3. grâce à la multiplication des mécanismes d’investissement. deux conventions ont été signées à Ottawa le 28 Mai 1988. on note que l’Union Européenne influence beaucoup le droit du financement des entreprises. les lettres gouvernant les fonds propres et le capital investissement dans le Code de Commerce. l’autre sur l’affacturage international.Ces droits sont envisagés de paire. alors que le Conseil de l’Europe n’intervient qu’en marge dans cette matière. l’essentiel des règles applicables figure dans deux Codes : le Code de Commerce. En droit européen. Le droit de l’Union Européenne laisse en réalité de côté les instruments de crédit qui n’ont pas besoin de législation supplémentaire comme la lettre de change pour surtout s’intéresser aux techniques sociétaires.il faut ajouter à cela la Convention du 12 Décembre 2001 sur la cession de créance internationale. l’une sur le crédit-bail international. On soulignera la volonté de l’Union Européenne de promouvoir des techniques juridiques de financement des petites et moyennes entreprises. Dans les relations d’affaires internationales. Ainsi. et le Code Monétaire et Financier. toutes deux signées à Genève le 7 Juin 1930. car le financement des entreprises s’inscrit dans un contexte économique international que l’Union Européenne doit prendre en considération notamment dans sa politique de commerciale extérieure. A considérer les techniques de crédit.

la lettre de change était régie par la lex mercatoria. les premiers textes royaux en cette matière sont essentiellement incitatifs. demeurent silencieux sur un point donné. c'est-à-dire le Code de Commerce et le Code Monétaire et Financier. D) L’actualité du droit du financement des entreprises Le financement des entreprises s’inscrit dans l’actualité . Le Code Civil fait directement allusion à l’affacturage. cette actualité est cliente aussi bien en droit de l’Union Européenne qu’en droit interne. il nous faut dire un mot sur le Code Civil qui joue un rôle important dans le droit du financement des entreprises. René Ricol). l’actualité s’inscrit dans le contexte du marché intérieur. Outre ces deux Codes. Sur le plan interne. Pendant des siècles. ou bien les techniques sociétaires de financement des entreprises. 10 . Cette lex mercatoria se compose surtout d’usages. Ainsi. Ceci étant dit. mais aussi les moyens de fournir aux entreprises les éléments d’un financement amélioré dans le contexte de réalisation du marché intérieur. la matière a été réglementée par la loi puis par des conventions internationales. et destinés à la dynamiser ou bien de techniques relevant de sociétés commerciales. cette crise a conduit également à la raréfaction des crédits aux entreprises. On soulignera encore que les usages commerciaux tiennent leur place dans les sources du droit du financement des entreprises. La crise financière en cours depuis 2007 a conduit les autorités européennes non seulement à repenser les instruments de régulation des marchés financiers. En droit de l’Union Européenne. soumis aux règles du Code Civil relatives à la subrogation conventionnelle. à tel point que le gouvernement a nommé un médiateur du crédit (Mr. 313-1 et suivants). et plus précisément le financement des entreprises dans le marché intérieur dans un contexte de crise. avec notamment comme pouvoir de sanction le fait de dénoncer sur une liste noire les banques ne jouant pas le jeu en terme de financement. l’actualité ne montre pas la même acuité selon qu’on considère les techniques de crédit. Étant entendu que le crédit est régi par le Code Monétaire et Financier (Article L. la lettre de change échappe à la réglementation étatique. Par la suite. C’est un peu le contexte de l’actualité économique qui aura des effets sur le plan juridique.Il s’agit en effet de mécanismes nés de la pratique commerciale. Notons que le crédit-bail et le bordereau Dailly prennent place plutôt dans le Code Monétaire et Financier sans doute à cause de leurs fonctions de crédit. à sa création. Il le fait aussi en tant que droit commun quand les droits spéciaux. Il est tout aussi logique de retrouver dans le Code Monétaire et Financier le régime de l’offre au public de titres financiers.

la pratique bancaire estime depuis une quarantaine d’années que le papier comme support des titres de crédit lui coûtent chers. La lettre de change est aussi une opération juridique à trois personnes. C’est une matière où on observe des renouvellements constants. Cependant. le système est extrêmement simple. le droit des obligations ou le droit des sociétés servent de cadre juridique aux contrats de financement nouveaux. et législative. Actualité du financement des entreprises par le crédit En terme pratique.Le financement des entreprises rassemble des techniques caractérisées par des innovations et des rénovations constantes. A côté de ce dynamisme. C’est l’actualité des instruments de crédit et de paiement. il s’agit d’établir une lettre de change ou un billet à ordre non plus sur du papier. Assez fréquemment. On observe encore que l’actualité n’a pas la même acuité selon que le financement consiste dans le crédit ou bien passe par les techniques sociétaires. mais directement en données numériques dans un fichier d’ordinateur destiné à circuler exclusivement entre les banques. Ces transferts ont pour finalité de procurer des fonds aux entreprises. Pour la lettre de change. Il connaît un succès certain comme le crédit-bail et l’affacturage. 11 . Il existe de nombreuses techniques de mobilisation de créances comme la mobilisation de créance civile. La créativité des agents économiques des professionnels du droit y trouve un bon terrain d’épanouissement. moyennant une contrepartie financière). le titre est pleinement valide. Grossièrement. Considérons particulièrement les situations de transferts de créance. On relève que la mobilisation d’une créance en mode cambiaire s’effectue dans un acte formel comportant des mentions obligatoires. sa signature… Une fois toutes les mentions obligatoires inscrites. le nom de la personne qui crée la lettre de change. On le voit. les instruments de crédits étudiés ici réalisent des transferts de créance. Qu’en est-il précisément ? 1. la circulation des créances en mode cambiaire semble plus discrète. Une évolution s’est dessinée depuis lors et se poursuit encore. hormis le crédit-bail. Il résulte de tout cela que l’actualité de la matière est à la fois pratique. la lettre de change relevé et le billet à ordres relevé traduisent cette tendance vers la dématérialisation. on parle souvent d’ingénierie financière. ou de nantissement de créance professionnelle. Le bordereau Dailly consiste dans un mode très simplifié de cession de créance professionnelle. qui sont aussi des situations juridiques à trois personnes de mobilisation de créances. le transfert de créance porte aussi le nom de mobilisation de créance (Circulation d’une créance de personnes en personnes. elle prend appui sur les nouvelles technologies de l’information et de la communication. et c’est l’actualité. Le législateur intervient aussi soit pour corriger des dérives éventuelles. ces mentions sont par exemple la formule « lettre de change » inscrites sur le papier. qui aboutit parfois à des dérives. agissant au nom de leurs clients ou en nom propre. soit pour donner des impulsions nouvelles aux techniques de financement. Le crédit-bail procure lui aussi des fonds à une entreprise (crédit-preneur) mais sans transfert de créance préalable.

on parlait d’appel public à l’épargne. S’agissant de l’offre au public. mais aussi aux collectivités publiques. Il convient de comprendre la notion d’offre au public et la notion de titres financiers. et leurs déclinaisons que sont les actions convertibles. les techniques de crédit et les techniques sociétaires se distinguent assez nettement : il s’agit de mécanismes bien délimités dans leur régime juridique. Le grand public les connaît peu. Actualité du financement des entreprises par les techniques sociétaires S’agissant des techniques sociétaires. on parle d’offre au public de titres financiers. A côté de la Bourse. 2. Depuis lors. c'est-à-dire d’actions voire d’obligations. Les titres financiers recouvrent en réalité aujourd’hui deux catégories d’éléments : les valeurs mobilières classiques (actions. le droit français considère le papier comme seul support exclusif du titre cambiaire. et les internalisateurs systématiques. titres de capital). En effet. l’offre de titres au public ne consiste pas simplement à aller en Bourse. 12 . ainsi que le chèque dans son processus d’encaissement (Instrument de paiement). désormais appelée marché réglementé (Directive de 1993). il existe à côté des marchés règlementés d’autres marchés : les systèmes alternatifs de négociation (MTF : Multilateral Trading Facilities). cette actualité montre deux séries de techniques : les techniques de crédit et les techniques sociétaires en pleine évolution pour répondre aux besoins de financement des entreprises dans un contexte sécurisé sur le plan juridique. il était question auparavant d’appel public à l’épargne. L’actualité est surtout celle d’une réforme : la réforme de l’offre au public de titres financiers. Ce sont des alternatives aux marchés financiers qui permettent aux entreprises d’obtenir du financement. Dans ce contexte. obligations. Désormais. on assiste à la promotion d’alternatives à la Bourse. Ces titres financiers représentent l’actualité de la matière. mais à utiliser ces autres alternatives à la Bourse. et les contrats financiers (recouvrant des produits financiers tels que contrats à terme fixe et les options). plus précisément du régime juridique. C’est une approche beaucoup plus large. Cet appel public à l’épargne se résumait en quelque sorte à l’introduction en bourse de titres de société dites « cotées ». Du point de vue de la mécanique juridique. une réforme intervenue au début de 2009 a modifié le Code Monétaire et Financier pour y introduire un élément nouveau : la notion de contrat financier. Cela facilité plus généralement le traitement bancaire des instruments de crédits par l’automatisation des procédures. Les titres de capital et les contrats financiers font la matière des titres financiers. cela n’aurait aucun sens. celles-ci connaissent une actualité qui est en fait inscrite dans un contexte un peu ésotérique. Il ne saurait donc être question de les étudier simultanément. Quant aux titres financiers.Cette dématérialisation touche aussi le bordereau Dailly. Jusqu’à la loi du 22 Janvier 2009. D’une manière générale. Son inconvénient majeur pour les titres cambiaires réside dans la perte des prérogatives conférées au porteur par le système cambiaire. Il faut pourtant admettre que le reflux des titres papiers est bien amorcé. et surtout depuis la directive du 21 Avril 2004 relative aux instruments financiers.

et le warrant. Il y a donc mobilisation. alors que d’autres techniques relèvent de pratiques essentiellement et spécifiquement commerciales. transmission d’une créance. ou par recours à la mobilisation de créances Pour obtenir du crédit. 13 . Ceci étant dit. Parmi les techniques empruntant au droit commun des obligations. pour obtenir des liquidités. le crédit-bail. une entreprise qui détient sur l’université Paris X une créance de construction d’un bâtiment va pouvoir céder cette créance à une banque pour obtenir des liquidités immédiates.Partie I – Le financement des entreprises par le recours aux techniques de crédit. On observe pourtant que certaines de ces techniques empruntent beaucoup au droit commun des obligations. l’affacturage. Parmi les techniques empruntant au droit commercial. on voit la lettre de change. Par exemple. généralement un établissement de crédit. Il appartiendra ensuite à l’établissement bancaire de se faire payer directement auprès du client de l’entreprise ayant mobilisé. le billet à ordres. Il y a transmission de la créance à un tiers. l’entreprise mobilise une créance qu’elle détient sur l’un de ses clients. alors même que la construction n’est pas terminée. on observe ainsi la cession de créance professionnelle. les entreprises utilisent la mobilisation de créances. En pratique. nombreuses sont les techniques de mobilisation de créances utilisées par les entreprises.

Pour que cette cession soit opposable aux tiers et au débiteur cédé (Qui n’est pas partie au contrat de vente). L’avant-projet de réforme de droit des obligations envisage d’alléger ce formalisme. C’est la vente d’une créance. technique de cession de créance simplifiée. et peu propice à la circulation de créances par cession. Le vendu dans l’affaire. ce qui n’est pas le cas en l’espèce. Mr X détient une créance sur Mr Y . Ces techniques ont en commun de permettre le financement des entreprises. Plutôt que de dédier un servie à la gestion du recouvrement de ses factures. Si ces formalités ne sont pas respectées. La pratique commerciale agit de la sorte en reprenant de vieux contrats. le droit du financement agit selon le dicton populaire « On fait la meilleure confiture dans les vieux pots ». c’est le débiteur cédé. on a estimé qu’il fallait en présence d’une entreprise disposant d’une faible trésorerie. 14 . En outre. non pas de validité mais d’opposabilité. la créance est inopposable au débiteur cédé. C’est le crédit-bail qui remplit cet office. l’une n’assure que le financement. Cette distinction est importante car un formalisme de validité conditionne la régularité de la cession entre les parties. Tout le monde juge ce formalisme lourd. de vieilles techniques contractuelles pour les mettre à jour et créer des instruments relativement nouveaux de mobilisation des créances. et lui donner la possibilité de pouvoir en devenir propriétaire à terme. Un formalisme d’opposabilité ne conditionne que la possibilité pour les parties de se prévaloir de l’acte de cession à l’égard des tiers. Mr X vend cette créance à Mr Z : c’est la cession de créance. l’entreprise qui a besoin d’assurer une telle gestion tout en obtenant du crédit doit pouvoir le faire. C’est ainsi qu’on a mis au point l’affacturage. on a estimé qu’il devrait pouvoir être possible d’offrir à une entreprise une technique qui puisse lui permettre d’en une certaine mesure d’externaliser le processus de ces créances tout en obtenant du crédit. Il est habituel par ailleurs de considérer que le formalisme de la cession de créance (Article 1690 du Code Civil) est lourd. De plus.Titre I – La mobilisation de créance recourant aux techniques contractuelles de droit commun des obligations Sur ce terrain. mais voulant acquérir du matériel mettre à sa disposition à la fois le cadre juridique pour acquérir ce matériel. Deux d’entres elles emportent la mobilisation de créance. C’est pourquoi la pratique a mis au point le bordereau Dailly. Chapitre I – La cession de créance professionnelle ou bordereau Dailly La cession de créance civile n’est rien d’autre qu’une vente. C’est dans ce contexte qu’est né le bordereau Dailly par la loi du 2 Janvier 1981. et comme acheteur le cessionnaire. Il est né pour offrir aux entreprises et uniquement aux entreprises les moyens de céder ou de nantir ces cessions ou nantissements de créances à des conditions simples. il faut soit l’acceptation par le débiteur cédé dans un acte authentique. mais selon des procédés bien différents. soit le cédant signifie la cession par acte d’huissier au débiteur cédé. avec comme vendeur le cédant.

et la cession à titre de garantie. simplement la cession à titre d’escompte est une cession définitive. on distingue la cession en pleine propriété. Ce n’est pas simple. car trop compliqué. Le bordereau Dailly mobilise des créances professionnelles ou bien en pleine propriété. C’est pourquoi ces conditions de création sont rigoureuses tant sur le fond que sur la forme. est intervenu la proposition d’Etienne Dailly qui a rencontré un plein succès. lequel n’a pas non plus plu aux professionnels. Le bordereau Dailly tire son efficacité d’un formalisme rigoureux emprunté au droit des effets de commerce. c'est-àdire à titre d’escompte. et son décret d’application. Le but. alors que la cession à titre de garantie est temporaire (Cession fiduciaire). et en utilisant la simplicité des effets de commerce (Simplicité du formalisme des effets de commerce). et intéresse par conséquent le crédit public et donc l’ordre public économique. Le texte de référence est la loi du 2 Janvier 1981. aujourd’hui décédé. 313-34 du Code Monétaire et Financier. Le bordereau Dailly est exclusivement affecté au financement des entreprises. Il existe une unité de régime dans le bordereau Dailly. ou bien à titre de garantie sans les lourdeurs de la cession de créance civile. et une transmission à des fins de garantie qui recouvre deux choses la cession en garantie et le nantissement (On cherche à fournir une garantie de financement par une transmission temporaire). Le titre crée vaut soit cession. Dès la moitié des années 1960. mais il faut retenir que du point de vue de la finalité de l’opération. Quel est le vrai nom du bordereau Dailly ? Légalement. codifié dans le Code Monétaire et Financier. On a appelé la cession de créance professionnelle « bordereau Dailly » non pas pour rendre hommage au Sénateur mais parce que c’était une appellation fort commode. l’acte est radicalement nul. Enfin. de toutes ces opérations. Cela n’a absolument pas marché. Ce dualisme en termes de finalité garantie/cession définitive. Section I – Les conditions du bordereau Dailly Ce qui va être dit vaut pour la cession et le nantissement de créance professionnelle. n’occulte pas une réelle unité de régime. en raison de sa simplicité d’utilisation. et cette unité de régime est perceptible aussi bien dans les conditions. 15 . Si on l’appelle bordereau Dailly. [Le nantissement. soit nantissement de créance professionnelle. Dans les deux cas. il y a cession. 313-23 à L.Pourquoi dit-on bordereau Dailly ? Parce que le promoteur de cette technique de cession ou de nantissement de créances professionnelles était le sénateur Etienne Dailly. le gouvernement a voulu répondre aux professionnels qui demandaient l’existence d’un instrument simple de mobilisation des créances commerciales. on va distinguer deux choses : une transmission à titre définitif avec la cession Dailly d’escompte. Ensuite. il a été proposé un instrument appelé « Factures protestables ». c’est la mise en gage de quelque chose]. Au sein même de la cession de créance. le CMCC. est d’obtenir du crédit. Il faut utiliser la formulation précédente. On a d’abord proposé un instrument intitulé « Crédit de mobilisation de créances commerciales ». Le bordereau Dailly est né après plusieurs échecs successifs. c’est un acte de cession/nantissement de créance professionnelle conformément aux articles L. que dans les effets du bordereau Dailly.

ou plutôt un établissement de crédit peut fournir du crédit à titre de profession habituelle. Il vend ces créances à une banque. Le contrat de cession est conclu entre le cédant et le cessionnaire. La rencontre des deux volontés du cédant et du cessionnaire parachève la cession de créance par bordereau Dailly dès lors que les formalités sont remplies. Seuls les établissements de crédit peuvent jouer le rôle de cessionnaire dans un bordereau Dailly. Ces conditions de fond se lisent restrictivement comme toute exception à un principe. C’est sous l’éclairage de ce principe d’interprétation que nous allons apprécier ces conditions de fond. 16 . A) Les conditions tenant aux personnes Dans toute cession de créance. Le cessionnaire est donc toujours un établissement de crédit dans la cession Dailly. composée essentiellement des banques. et le débiteur cédé (Débiteur initial. on observe une chose certaine de ces conditions s’attachent aux créances transmises. d’autres intéressent plutôt les personnes concernées par la transmission. Seule une banque. un droit dérogatoire par rapport au droit commun de la cession de créance. il y a toujours trois personnes : il y a le cédant (Titulaire initial de la créance. les règles applicables au bordereau Dailly prennent appui sur le droit commun de la cession de créance pour développer dans le Code Monétaire et Financier un régime particulier qui recèle des conditions de fond. Le cédant Le cédant est celui qui vend la créance. et des entreprises assimilées aux banques). car il intéresse l’ordre public de direction comme de protection. le cessionnaire (Celui qui achète la créance). Le monopole du crédit est réservé aux établissements de crédit. Le cessionnaire Il est le pivot du système. Quand on observe les conditions de fond du bordereau Dailly. C’est le cessionnaire qui fournit le crédit.§1 – Les conditions de fond du bordereau Dailly On l’a compris. 2. En tant que régime spécial. celui qui achète la créance. La cession Dailly apparaît dès lors comme un droit spécial. qui se trouve embarqué dans la cession sans le voir). La loi dit que le cessionnaire. la cession Dailly est une opération de crédit. est obligatoirement un établissement de crédit (Catégorie de professionnels. la cession de créance civile représente en quelque sorte le droit commun de la cession de créance. qui vend sa créance). La loi du 1er Mars 1984 décide que le monopole de la fourniture de crédit à titre de profession habituelle est réservé aux banques. Or. 1. ou les créances professionnelles qu’il détient sur des tiers. aussi bien aux entreprises qu’aux particuliers.

à savoir qu’il s’agit d’une personne physique ou d’une personne morale. Est-ce à dire que ne peuvent être cédées ou nanties que les créances professionnelles. ou quasi-délictuelles. Le cédant peut aussi être une personne publique. Il devient actif au moment du paiement du bordereau. délictuelles. Il en résulte que les créances non-professionnelles des personnes physiques ne peuvent être cédées. Certaines conditions affectent ainsi les créances soit au regard de leur qualité. la réponse à cette question dépend de la personnalité du cédant. retenons que le cédant est soit une personne physique soit une personne morale. 1. Pour l’heure. industrielle. c'est-à-dire les créances issues d’une activité économique commerciale. industrielle. Il importe peu que ces créances soient contractuelles. c'est-à-dire les créances nées pour les personnes physiques de l’exercice d’une activité professionnelle de nature commerciale. il est identifié dans l’acte de cession comme celui qui doit payer les créances transmises. une personne morale de droit public comme l’Etat ou les collectivités territoriales par exemple. la personnalité morale du cédant emporte présomption irréfragable du caractère professionnel des créances cédées. En d’autres termes. 17 . soit au regard de leur moment d’existence. Cette ouverture au secteur public permet de faire tourner davantage l’économie. artisanale. La condition attachée à la qualité des créances La loi parle d’acte de cession ou de nantissement de créance professionnelle. Il s’agit par exemple des créances de salaire. Néanmoins. artisanale. Il faut savoir que les qualités requises du débiteur cédé sont les mêmes que celles exigées du cédant. B) Les conditions tenant aux créances Toutes les créances n’entrent pas dans le champ d’application du bordereau Dailly. La personne physique ne peut céder que sa créance professionnelle. quasi-contractuelles. ou des traitements de fonctionnaire. 3. agricole ou libérale à l’exclusion de toute autre origine. b) Le cédant est une personne physique La loi n’autorise que la cession ou le nantissement de leur créance professionnelle.Le cédant peut être une personne physique ou une personne morale. a) Le cédant est une personne morale Elles peuvent céder ou nantir toutes leurs créances sans restriction. libérale ou agricole ? Quand on regarde la loi. La personnalité morale du cédant présume irréfragablement la nature professionnelle des créances transmises par bordereau Dailly. Il faut ici distinguer selon que le cédant est une personne morale ou une personne physique. Le débiteur cédé Il joue un rôle passif dans la création du bordereau Dailly. C’est la créance représentant par exemple le prix d’une commande passée à un agriculteur exerçant à titre indépendant.

2. En outre. On veut éviter le surendettement par exemple. Pour qu’un bordereau Dailly soit juridiquement valable. et ce parce qu’il s’agit d’empêcher les salariés de manger leur blé en herbe. . satisfaire aux conditions de fond indiquées dans le §1 de cette section. §2 – Les conditions de forme du bordereau Dailly Le bordereau Dailly est un titre de crédit. Il se pourrait que le projet de réforme du droit des obligations allège ce lourd formalisme d’opposabilité de la cession de créance civile. c’est le banquier cessionnaire qui remplit le formulaire approprié. il faut : . dont le particularisme tient au fait qu’il est un mode simplifié de cession de créance. et ici la simplification s’apprécie en comparaison de la cession de créance de droit commun. le titre est opposable aux tiers. Il faut également préciser que la convention par laquelle le cédant et le débiteur cédé soumettent la transmission par bordereau Dailly à l’accord du débiteur cédé est inopposable au cessionnaire. La simplification réside ici dans le fait que la loi prescrit des mentions dont l’inscription sur un morceau de papier suffit à rendre le titre valide et opposable aux tiers. sur le prix de la cession et la commission à percevoir par le banquier car ce crédit n’est pas gratuit. ou bien quand la cession a été signifiée au débiteur par exploit d’huissier ce qui est bien plus pesant que le formalisme simplifié du bordereau Dailly. En pratique.D’un autre côté. et la cession des créances déjà nées mais non-encore exigibles (Non parvenues à leur terme). Après quoi.D’un côté. Ces deux séries de conditions de fond et de forme déterminent la validité du bordereau Dailly. Les créances déjà nées doivent exister au moins en germes. La condition attachée au moment d’existence de la créance La loi permet la cession ou le nantissement des créances déjà nées. et le cédant n’a plus qu’à signer. car c’est lui qui transmet les créances. La loi permet la cession de créances futures (Non-encore nées).Cette créance ne peut pas être cédée. à condition que cette créance future existe au moins en germes. Comment s’exprime le formalisme qui participe à la fois à la validité et à son opposabilité ? Il s’exprime dans l’inscription sur un bout de papier de mentions obligatoires indiquées 18 . le cédant qui veut se faire ouvrir une ligne de crédit par son banquier va s’accorder avec le banquier sur les créances à céder. la cession peut être annulée. Le formalisme est ici de validité mais ne suffit pas à rendre valide à lui seul le bordereau Dailly. la cession Dailly demeure plus simple dans son formalisme d’opposabilité. le formalisme suffit à lui seul à rendre la cession Dailly opposable aux tiers dès lors que l’acte de cession est rédigé. il s’ajoute au formalisme des conditions de fond. satisfaire aux conditions de forme qui vont être ici décrites. En attendant. En comparaison. De telle sorte que si l’une fait défaut. la cession civile est opposable aux tiers quand le débiteur cédé l’a accepté dans un acte authentique.

la provision correspondant au montant de ce chèque est transmise automatiquement à Monsieur Dalloz. 313-23 à L. D’autres pensent que la rigueur du juge est pleinement justifiée : le formalisme de la cession Dailly est une règle d’exception qui sont d’interprétations strictes. 313-34 du Code Monétaire et Financier. par exemple. Notons par exemple que la stipulation « bordereau Dailly/cession Dailly » inscrite sur le titre n’est pas valable. contenu dans les mentions du bordereau Dailly. Ces mentions sont énumérées à l’article L. de créance civile ne veut pas dire qu’on y transmet que des créances non-professionnelles. la Cour de Cassation a estimé que cette mention était nulle. On crée alors un titre. Elle fait une application rigoureuse de cette disposition. vu une cession Dailly où il était marqué « Agence République du Groupe Hervet ». du lieu de paiement. notamment par l’indication du débiteur. Il faut inscrire soit l’une soit l’autre de ces mentions.Acte de cession de créance professionnelle ou acte de nantissement de créance professionnelle. c’est l’identification du bénéficiaire. Cette transmission n’est possible que grâce à un formalisme simplifié. la cession Dailly opère de la même manière : dès que le banquier prend possession de l’acte de cession. instrument de crédit matérialisant la mobilisation. 313-23 du Code Monétaire et Financier. mais préciser aussi qu’il s’agit d’une cession de créance soumise aux dispositions…Cette précision vise à éviter toute ambiguïté par rapport à la cession de créance civile ou avec d’autres titres de crédit portant mobilisation de créances. Dans une certaine mesure. Cette solution est critiquée au motif que ce qui importe. 313-25 du Code Monétaire et Financier comme des exigences conditionnant l’efficacité et l’opposabilité de l’acte. à peine de nullité du titre. sont les suivantes : . la circulation des créances que ce titre contient. La loi précise que cette désignation peut se faire par « les éléments susceptibles d’effectuer cette désignation. Cette mention est nécessaire pour qualifier l’acte. La désignation/l’individualisation des créances cédées ou données en nantissement. La signature et la date ne figurent pas parmi les mentions obligatoires du bordereau. En exemple. Le nom/dénomination sociale de l’établissement de crédit bénéficiaire. L’irrégularité ou l’absence d’une de ces mentions rend l’acte nul. La loi a séparé l’identification de l’acte de la stipulation du régime juridique auquel il obéit. 313-23 à L. En effet. A) Le formalisme de validité Les mentions requises. étant indiqué dans l’article L. laquelle ne faisait aucun doute en l’espèce.prescrites par la loi. La jurisprudence apprécie restrictivement cette exigence. lorsqu’on signe un chèque à Dalloz. il faut savoir que la cession de droit commun. Cela veut dire que l’acte de cession doit voir couché par écrit le nom du cessionnaire ou sa dénomination sociale. dans un arrêt Com – 23 Octobre 2001. conformément aux articles L. Il faut préciser qu’il s’agit d’une cession de créance professionnelle. il fallait mettre à la place « Société Anonyme Banque Hervet ». du montant des créances ou de leur évaluation et s’il y a lieu de leur 19 - - . les créances sont automatiquement transmises à la banque. On a. 313-34 du Code Monétaire et Financier. dès qu’il a été transmis. - La mention que l’acte est soumis aux articles L.

le bordereau Dailly où il manque une mention est nul . se fait soit à la main. Au regard du contenu et du contexte de l’article L. La théorie de la conversion par réduction peut s’appliquer ici (C’est une des conséquences possibles par la nullité. pour autant que c’est possible. B) Le formalisme d’efficacité et d’opposabilité du bordereau Quand on lit les dispositions du Code Monétaire et Financier. On lit simplement dans cet article que le bordereau est efficace entre les parties et devient opposable aux tiers à compter de sa date. le cédant. on peut s’étonner des positions conférées à la date de la création du bordereau et à la signature du cédant. 313-25 et de l’article L. Notons que l’absence de l’une des mentions légales rend le bordereau nul. il pourra être converti en un autre acte de portée juridique moindre en fonction de la décision du juge. soit de la part du débiteur sur l’existence ou le défaut d’existence de la mobilisation par bordereau Dailly de telle ou telle créance. dit la loi. Le défaut de date ou de signature produit des conséquences différentes en fonction de la mention en cause. La date de création et la signature sont pourtant des mentions importantes. si le débiteur cédé ne paye pas le cessionnaire. Prenons l’absence de signature du cédant. En effet. Cette signature. alors l’acheteur/cessionnaire pourra se retourner contre le cédant pour lui demander de payer. et ne pouvant valoir en mouture initiale). l’absence/l’irrégularité de la signature n’entraîne pas nullité de la cession mais son inopposabilité aux tiers (Tribunal de Commerce de Colmar – 13 Mars 1997). Soulignons que l’individualisation des créances peut d’après la loi être pratiquée par voie électronique. L’article L. c'est-à-dire celui qui vend les créances ou les donne en nantissement par bordereau Dailly. Cela veut dire que la cession Dailly demeure efficace entre les parties quand la signature est irrégulière. 313-23 qui prévoient les mentions obligatoires à inscrire sur le bordereau pour qu’il soit valable. la date de création et la signature du cédant figurent non pas dans l’article L. informatique par exemple en figurant dans un fichier transmis par courrier électronique du cédant au cessionnaire. mais en affectait l’opposabilité aux tiers. soit par tout procédé non-manuscrit. qui ne prévoit pas les sanctions du défaut de signature du cédant ou de l’absence d’inscription de la date de création. En effet. Il a été jugé que l’irrégularité de la signature n’affectait pas la validité de l’acte. 313-27. la jurisprudence considère que le défaut de mentions de la date de création ou le défaut de signature du cédant ne rend pas le titre nul. mais dans l’article L. que la cession prend effet entre les parties et devient opposable aux tiers à compter de la date apposée sur le titre lors de sa remise au cessionnaire. En d’autres termes. 313-27 précise. 313-27. doit signer l’acte de cession/nantissement. entre le cédant et le cessionnaire . En principe donc. La loi précise que c’est au cessionnaire de prouver que telle créance litigieuse fait partie du lot. mais le débiteur 20 .échéance ». consacrées au bordereau Dailly. simplement. Il peut y avoir contestation soit de la part du cédant. Le cédant doit signer l’acte parce qu’il est garant du paiement des créances transmises. en effet. elle consiste en un mécanisme permettant d’attacher des conséquences moindres à un acte nul.

l’acheteur se trouve muni à l’égard du débiteur cédé des mêmes droits que le cédant. faire comme si elle n’existait pas. Par exemple. Cette distinction entre cession et transmission en garantie s’estompant lors du recouvrement du titre. Elle est apposée sur l’acte de cession par le cessionnaire : il remplit toutes les mentions et le cédant n’a plus qu’à signer. c'est-à-dire à l’égard de tous à compter de la date du bordereau Dailly. la cession produit un effet sur les créances en ce sens qu’elle change de titulaire. qui a pour effet de permettre la circulation du bordereau Dailly par simple endossement. A l’occasion. il ne vaut rien. Deuxièmement. A) L’efficacité et l’opposabilité appréciées en considération des créances cédées Quand on transmet. tout en n’étant pas nul. Le transfert vaut pour le principal de la créance. Indiquons la clause à ordres. En effet. si les créances sont garnies de sûreté tel un cautionnement donné pour garantir 21 . à qui le cessionnaire doit pouvoir demander paiement en lieu et place du paiement. à compter de la date d’émission du bordereau Dailly. L’acceptation par le débiteur cédé du bordereau Dailly est aussi une mention facultative. le cessionnaire peut renforcer ses prérogatives en accomplissant certaines diligences prévues par la loi. mobilise une créance par bordereau Dailly. Cette opposabilité vaut surtout pour le débiteur cédé. mais aussi pour les accessoires de la créance. Cependant. le bordereau contient des mentions facultatives. le bordereau Dailly adopte des régimes différents selon qu’il y a cession ou transmission des créances en garantie. des parties à la convention de cession/de nantissement (B).cédé ou n’importe quel tiers intéressé peut ignorer l’existence de la cession. Le titre demeure inopposable et n’a pas d’efficacité entre les parties . Même si en réalité. Section II – Les effets du bordereau Dailly Dans ses effets. Cette date revêt une grande importance en ce sens qu’elle conditionne tout à la fois l’efficacité du titre et l’opposabilité de la cession aux tiers incluant le débiteur cédé. la date de création du bordereau. §1 – L’efficacité juridique de la cession ou du nantissement Cette efficacité juridique tient essentiellement dans l’opposabilité de la cession ou du nantissement erga omnes. il s’opère un transfert des créances qui se déplacent côté créancier du cédant vers le cessionnaire ou vers le créancier nanti. Ces mentions n’affectent ni la validité ni l’efficacité et encore moins l’opposabilité de l’acte. Le cessionnaire. Cette opposabilité s’apprécie en considération des créances cédées (A). Sous-Section I – Les effets de la cession La cession de créance professionnelle produit des effets juridiques habituels aux transmissions de créance. et des tiers à cette convention (C). Ces mentions facultatives sont là pour renforcer et faciliter l’utilisation de la cession Dailly.

C’est la procédure de notification qui le lui permet. Les tiers à la cession sont ici de divers ordres. 313-25 du Code Monétaire et Financier. en vertu de la relativité des conventions. qu’en cas de litige celui-ci se règlerait par arbitrage et non devant les tribunaux ordinaires. Rien de tel dans le bordereau Dailly. normalement payer le cédant qui le lui demande. Le débiteur peut normalement payer le cessionnaire qui lui demande. et il existe un moyen pour le cessionnaire de se réserver l’exclusivité du paiement. le bordereau Dailly est opposable aux tiers. Ce sont là des techniques de consolidation des droits du cessionnaire sur le bordereau Dailly. il faut ou bien que le débiteur ait accepté la cession dans un acte authentique. Par exemple. C’est là qu’on voit l’effet de la simplification en comparaison de la cession de créance civile. il reste tenu vis-à-vis du cédant.les créances transférées. ou bien que la cession ait été signifiée par exploit d’huissier au débiteur cédé. et bien cette clause d’arbitrage attachée aux créances sera transmise en même temps que les créances. le débiteur pourra se libérer entre les mains du cessionnaire si celui-ci le lui demande en lui présentant l’acte de cession. le signataire de l’acte de cession ou de nantissement est garant solidaire du paiement des créances cédées ou données en nantissement ». Si le débiteur cédé ne paye pas le cessionnaire. sauf conventions contraires. Le premier concerné est évidemment le débiteur cédé. et sans stipulation d’un prix. s’il a été convenu entre le cédant et le cédé . C’est l’article L. et cela est opposable à tous sans autres formes de procès. C) L’efficacité et l’opposabilité appréciées au regard des tiers A compter de sa date. Pour que la cession de créance civile soit opposable aux tiers. Il risque donc là d’y avoir un problème si le cédant. Le cédé reste tenu à l’égard du cédant et ce en vertu de la relativité des conventions. la cession de créance transfère au cessionnaire la propriété de la créance . Il peut aussi utiliser une autre procédure qui est l’acceptation. 22 . Il pourra aussi se libérer entre les mains du cédant. ainsi que le nantissement. si celui-ci le lui demande. telle une clause d’arbitrage attachée à la créance. cette cession lui sera opposable. Comme la cession est opposable erga omnes. A compter de la date de la cession. il comporte toutes les mentions datées par le cessionnaire et signées par le cédant. le cautionnement suit la créance selon l’adage « L’accessoire suit le principal ». Il y a un moment d’éviter cette situation peu agréable. Le champ d’application de ce texte englobe aussi bien la cession ordinaire que la cession en garantie. obtient le paiement des créances qu’il a déjà transférées. le cédant devra payer à la place du débiteur cédé. même s’il est informé de la cession. Mais il vaut également pour les accessoires neutres. B) L’efficacité et l’opposabilité appréciées au regard des parties à la convention Le principe légal est ferme en la matière : « Même lorsqu’elle est effectuée à titre de garantie.

Le cessionnaire peut alors réclamer le remboursement du montant de la créance au cédant si le cédant s’est fait payé par le débiteur les sommes relatives aux créances transmises. 23 . Le cessionnaire n’obtiendra pas ce remboursement ou aura peu de chances de l’obtenir si le cédant. Par conséquent. et d’éviter que le cédant ne se fasse payer par le débiteur cédé et ne reverse pas les sommes au cessionnaire. .Le débiteur cédé ne peut opposer certaines exceptions au cessionnaire. notamment les exceptions tirées de ses rapports personnels avec le cédant. c’est une mention facultative apposée sur l’acte de cession. Qu’est ce que l’acceptation du bordereau Dailly ? Techniquement. Il peut le faire de deux manières soit la notification soit par l’acceptation. Alors. le cessionnaire muni du bordereau Dailly pourra obtenir paiement auprès du débiteur cédé. après avoir obtenu le règlement des créances cédées. le cédant et le débiteur cédé sont dans une relation contractuelle à propos des créances transmises par bordereau Dailly. Il en résulte que le débiteur cédé peut payer le cédant (Son créancier initial) même quand le débiteur cédé a été informé de la cession Dailly. La notification consiste à enjoindre au débiteur cédé de lui réserver l’exclusivité du paiement. le cessionnaire peut empêcher le débiteur cédé de régler le cédant. c'est-à-dire une mention dont l’inscription n’affecte pas la validité de l’acte. le cessionnaire interdit au débiteur cédé de payer la créance transmise à d’autres personnes que lui-même. le cessionnaire peut adopter la modalité qu’il veut : il peut ainsi utiliser la lettre recommandée avec accusé de réception. La notification produit des effets dont les deux principaux sont : . elle s’effectue matériellement par un écrit dont le contenu doit être conforme aux prescriptions des articles L. En vertu. une télécopie. Comment se fait cette notification ? La notification est encadrée par le Code Monétaire et Financier.D’abord. A) La notification Par la notification. à peine de nullité. En d’autres termes. l’acte de notification comprend les principales mentions du bordereau Dailly.§2 – La consolidation des droits du cessionnaire Ce sont des techniques permettant de consolider ses droits sur les créances transmises. la lettre simple. B) L’acceptation L’acceptation du bordereau Dailly est prévue par l’article L. 313-29 du Code Monétaire et Financier. la loi donne au cessionnaire ou au créancier nanti les moyens de bloquer les sommes correspondant aux créances entre les mains du débiteur cédé pour s’en réserver le paiement. De son côté. Plus précisément. tombe en faillite. La modalité de notification n’est pas prévue par la loi. de la relativité des conventions. 313-15 du Code Monétaire et Financier. ou un courrier électronique. le débiteur cédé n’est tenu de payer qu’entre les mains du cessionnaire.

(La fraude corrompt tout). ne peut plus payer qu’entre les mains du cessionnaire et entre ses uniques mains. l’acceptation du bordereau Dailly nécessite une formule sacramentelle. D’une part. le débiteur peut accepter sous condition que le cédant exécute ses prestations à son égard. Ainsi. l’acceptation est l’acte par lequel le débiteur cédé s’engage à payer au cessionnaire le montant du bordereau Dailly sans pouvoir opposer la moindre exception hormis la fraude. si le créancier bénéficiaire de la garantie n’est pas remboursé. c’est une vente sauf que cette vente est temporaire. Cela veut dire que même si les créances transmises n’ont pas été exécutées quant aux prestations contenues. La garantie. alors les créances nanties seront réalisées pour payer l’obligation que n’a pu remboursée l’emprunteur. on dit de l’acceptation de la cession Dailly qu’elle produit un effet assez proche de l’acceptation de la lettre de change. le nantissement de créance professionnelle. Matériellement. L’acceptation comporte une formule prescrite par la loi et dont le non-respect entraîne nullité absolue. Quel est cet effet ? L’acceptation produit un effet particulièrement rigoureux vis-à-vis du débiteur cédé. des modalités l’acceptation se fait par écrit et peut être faite sur l’acte de cession lui-même ou par acte séparé. Afin de bien comprendre l’efficacité du bordereau Dailly. utilisé comme mécanisme de garantie.Juridiquement et économiquement. le débiteur cédé qui a accepté doit payer le cessionnaire sans pouvoir opposer la moindre exception hormis la fraude. il convient d’abord de préciser une chose. Du point de vue. Sous-Section II – Les effets de la transmission des créances en garantie Ici. c’est « acte d’acceptation d’une cession de créance professionnelle » quand il s’agit d’une cession ou bien « acte d’acceptation d’un nantissement de créance professionnelle » lorsqu’il s’agit des nantissements. Le débiteur cédé. l’acceptation du bordereau Dailly diffère cependant de son équivalent cambiaire. L’acceptation du bordereau Dailly a été empruntée à l’acceptation de la lettre de change que nous verrons plus loin. Cette formule. la cession en garantie. même si le cédant n’a pas exécuté ses prestations vis-à-vis du débiteur cédé. Du point de vue de ses effets. Le débiteur cédé qui a accepté le bordereau Dailly s’engage à le payer au cessionnaire et ce quoi qu’il arrive sauf fraude du cessionnaire. elle a un effet quasi cambiaire. La cession en garantie. la garantie. sur le plan du droit. Cela est prévu à l’article 313-29 du Code Monétaire et Financier. On va temporairement vendre une créance qui va servir de garantie. C’est l’affectation d’un bien meuble à la garantie du paiement d’une créance donnée en nantissement. le nantissement. de remboursement d’un créancier qui a prêté des fonds. l’expression « transmission en garantie » recouvre deux situations juridiques distinctes. et d’autre part. alors la garantie devient sans 24 . En outre et surtout. Dans cette perspective. peut être définie comme tout mécanisme destiné à couvrir un créancier contre la survenance d’un risque de non-paiement. à la différence de l’acceptation cambiaire. c’est une sûreté. En d’autres termes. qui a accepté. celui-ci doit quand même payer. Si le créancier est remboursé. Cette acceptation peut donc être conditionnelle.

devenu l’article 313-24 du Code Monétaire et Financier. Le financement bancaire ne correspond en outre pas nécessairement à la valeur des créances transmises. on utilisera les sommes nées de la réalisation des créances pour rembourser le créancier bénéficiaire de la garantie. un acte de cession de créance professionnelle par bordereau Dailly. ce transfert de propriété n’est que temporaire et non définitif. ces distinctions s’avèrent pertinentes. on trouve un parfait exemple. la cession définitive. L’effet d’une cession en garantie est le transfert de propriété des créances cédées comme dans la cession-escompte mais. Sur le titre matérialisant une cession-escompte.objet . un concours financier antérieur ou concomitant à cette cession. La cession en garantie transmet donc la propriété de la créance professionnelle mais de façon temporaire. la mention « en garantie » ou bien « à titre de garantie » figurera sur le titre. La cession en garantie procède d’une disposition de la loi bancaire du 29 Janvier 1984. surtout au regard de l’efficacité de la transmission de créance et non pas du point de vue des conditions de créance §1 – La distinction entre cession-escompte. la cession-escompte. La cession pour l’un et le nantissement pour l’autre. La cession en garantie a pour but de garantir tout concours financier. en cas de cession en garantie. Pour bien comprendre la transmission du bordereau Dailly en garantie. on note ici une différence formelle tenant à la désignation des titres en cause. Une différence plus substantielle réside dans les finalités des deux opérations. cession en garantie et nantissement A) La distinction entre cession-escompte et cession en garantie La cession de créance professionnelle à titre de garantie répond aux mêmes conditions de fond et de forme que la cession en pleine propriété. En effet. et donc le bordereau Dailly servira de garantie de remboursement. entre cession en garantie et nantissement. une fois de plus. La différence essentielle réside dans les finalités des deux opérations. s’il n’est pas remboursé. il sera fait état d’une cession de créance professionnelle sans autres précisions. et de l’autre côté. Une première différence apparaît sur la formulation. De son côté. En revanche. 24 Avril 1990. La cession-escompte emporte transfert définitif des créances cédées au cessionnaire tandis que le 25 . il convient de distinguer entre cession-escompte et cession en garantie. tout financement fourni au cédant par le cessionnaire (Un découvert en compte). La loi précise qu’il importe peu qu’un prix soit stipulé dans cette cession en garantie. Deux opérations se juxtaposent dans la cession en garantie. la cession-escompte transmet à titre définitif la créance professionnelle au banquier escompteur. le temps que dure la garantie et le temps que le débiteur cédé rembourse le financement. D’un côté. B) La distinction entre cession-escompte et nantissement Une fois de plus. Dans un arrêt Com.

nantissement consiste en une affectation en garantie des créances transférées, c’est la mise en gage des créances transférées (Transfert des créances à des fins de sûreté). En cas de procédure de faillite ouverte contre le cédant ou contre le débiteur cédé, le créancier nanti est avantagé car il est traité comme un créancier muni de sûretés réelles. Alors que le cessionnaire à titre d’escompte est traité comme un créancier chirographaire. C) La distinction entre cession en garantie et nantissement La question peut se poser de distinguer nantissement et cession en garantie, et ce parce que les deux techniques poursuivent toutes les deux des finalités de garantie. Elles se distinguent assurément dans leur désignation. « Nantissement de créance professionnelle » pour l’une et « Cession de créance professionnelle en garantie » pour l’autre. Toutefois la différence essentielle s’opère dans l’efficacité de l’opération. Le nantissement confère un privilège au sens juridique, au créancier nanti. Il est privilégié, ce qui le fait primer les autres créanciers du débiteur cédé en cas de défaillance du débiteur. Il en résulte qu’en cas de faillite par exemple du cédant, le créancier nanti (Surtout s’il a notifié ses créances) primera les autres créanciers, se fera payer en premier. Cela ne sera le cas du cessionnaire en garantie (Com. 20 Février 2007).

§2 – Les effets spécifiques du nantissement et de la cession en garantie
A)

Les effets spécifiques du nantissement de créance professionnelle

Dans bon nombre de ses aspects, le nantissement de créance professionnelle produit les mêmes effets que la cession. Il en va ainsi du transfert de propriété des créances nanties mais aussi de leur opposabilité aux tiers à compter de la date de nantissement, ainsi que de l’acceptation ou de la notification. Cependant, un effet spécifique s’attache au nantissement, c’est l’effet de garantie. La propriété des créances en cause n’est transmise que pour garantir une dette du cédant envers le cessionnaire. La transmission en nantissement n’est destinée qu’à garantir le remboursement d’une dette du cédant souscrite vis-à-vis du cessionnaire. Il en résulte qu’en cas de paiement, de remboursement de la dette par le cédant, le nantissement tombe, devient sans objet.
B)

Les effets spécifiques de la cession en garantie professionnelle

La cession de créance professionnelle à titre de garantie poursuit l’objectif de procurer une garantie à un banquier qui a octroyé un financement auparavant. Le financement est octroyé soit avant, soit en même temps, soit après la cession en garantie.

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Pour être plus précis, une SARL Duval détient des créances sur la SARL Fournier, et la SARL a besoin d’un prêt de 100 000euros. La SARL Duval va aller voir la BNP pour obtenir ce prêt de 100 000euros. Pour garantir le remboursement de ce prêt, la SARL Duval peut céder à titre temporaire et en garantie du remboursement des 100 000euros les créances qu’elle détient sur la société Fournier. Cette cession peut se faire avant l’octroi du prêt, en même temps que l’octroi de ce prêt. Dès lors, le remboursement des concours (Prêt bancaire garanti par la cession en garantie) entraîne cessation de la garantie. Concrètement, il faut que la banque rétrocède à la société Duval les créances précédemment cédées en garantie. Cette rétrocession, par le cessionnaire au cédant, pose une difficulté. Le législateur demeure silencieux sur les modalités pratiques d’une telle rétrocession. La pratique des établissements de crédit parle, en cette matière, de main levée pour marquer cette restitution de la propriété des créances. Une telle rétrocession étant effectuée, les créances peuvent de nouveau être mobilisées. En attendant, cette rétrocession a soulevé des difficultés sur le plan juridique. On s’est posé la question de savoir comment il fallait l’opérer. La jurisprudence a du se prononcer sur ce point dans le silence de la loi. Faut-il en la matière opérer une cession Dailly inversée du banquier au cédant ? La réponse est négative, dès lors que le cédant n’est pas un banquier. Seule une banque, un établissement de crédit peut être cessionnaire dans un bordereau Dailly. Pour restituer les créances transmises en garantie, on ne peut dans tous les cas se limiter à une inversion de la cession dès lors que le cédant initial n’est pas un banquier. Une Cour d’Appel a jugé que cette rétrocession devait se faire dans les formes de la cession de créance civile, c'est-à-dire que la restitution par le banquier au cédant devait obéir aux formalités de l’article 1690 du Code Civil. La cession devait donc être acceptée par le débiteur cédé ou bien notifiée par voir d’huissier au débiteur cédé pour qu’il y ait opposabilité aux tiers (Cour d’Appel de Versailles – 1er Mars 2001). Cette position a été désavouée par la Première Chambre Civile de la Cour de Cassation, statuant après avoir pris l’avis de la Chambre Commerciale. Dans un arrêt Civ. 1ère – 19 Septembre 2007, la Cour de Cassation jugea que, dans une cession Dailly à titre de garantie, l’effet de garantie « prend fin lorsque son bénéficiaire n’a plus de créance à faire valoir ou lorsqu’il renonce ». Il en résulte que, le cédant originel peut retrouver la propriété de la créance cédée sans formalités particulières. Lorsque la garantie n’a plus lieu d’être, soit parce que le cédant a remboursé le financement, soit parce que le banquier a renoncé à la garantie ; alors la garantie cesse sans formes. Ayant retrouvé la propriété des créances initialement transmises, le cédant peut en percevoir le montant, ou bien mobiliser ces créances de nouveau. Que se passe-t-il si le cédant ne rembourse pas le financement qu’il a obtenu en contrepartie de la cession en garantie ? Que deviennent les créances données en garantie ?

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Le banquier cessionnaire peut en percevoir le montant, en procédant au recouvrement de ces créances. Le banquier peut-il conserver le montant de ses créances données en garantie, afin de se rembourser, puisque le cédant est défaillant ? Il le peut, en vertu de la compensation légale. [Il y a compensation, quand deux personnes sont créancières l’une de l’autre. Alors, il s’opère une compensation entre leurs créances respectives. Il y a un paiement par équivalence, à concurrence de la somme la plus faible]. Il en va de même lorsque le cédant n’a pas remboursé le financement, et que le banquier cessionnaire recouvre les sommes correspondant au montant des sommes données en garantie. Il peut se rembourser sur cette somme par compensation légale. Sous-Section III – Le recouvrement du titre Ici, il n’y a guère de différences entre la cession et le nantissement. Le régime du paiement est identique. §1 – Le paiement effectif Il y a paiement effectif quand l’entreprise de transports en commun, de transports ferroviaires s’aperçoit qu’il fait froid l’hiver, et qu’il faut donc réchauffer le matériel. De ce point de vue, le bordereau Dailly agit de la même manière. Sur présentation du bordereau au débiteur cédé, le cessionnaire obtient le paiement du titre, et le tire s’éteint du fait même. Le banquier va présenter le bordereau Dailly au débiteur cédé, c'est-à-dire au moment où les créances transmises deviennent exigibles. Le débiteur cédé règlera alors le montant correspondant aux créances transmises. Assez souvent, le banquier-cessionnaire ouvre une ligne de crédit au cédant, prend à l’escompte le bordereau, puis laisse le soin au cédant d’assurer lui-même le recouvrement des créances cédées. Il est en effet établi qu’en dehors des hypothèses de notification et d’acceptation, procédures qui ont notamment pour effets que le débiteur cédé ne peut payer qu’entre les mains du banquier-cessionnaire, le cessionnaire charge le cédant de recouvrer les créances et d’en remettre le montant au cessionnaire dont il est alors le mandataire dans le recouvrement. Ceci explique les nombreux litiges existant parfois entre le cessionnaire et le cédant. Par exemple, entre le moment où le cédant perçoit les créances et le moment où il doit les rembourser ; alors il a utilisé l’argent et est tombé en faillite. Le cessionnaire est alors fort embêté. §2 – Le non-paiement du bordereau Dailly Aujourd’hui, le non-paiement du bordereau Dailly résulte très souvent de la mobilisation d’une même créance par voie de bordereau Dailly, et en même temps à l’aide d’un autre titre comme la lettre de change, alors que les créances mobilisées ne suffiront pas à payer les porteurs de chaque titre.
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la société Fournier pour obtenir paiement. débiteur cédé. alors le cessionnaire peut se retourner contre le cédant. Le recours suit les procédures habituelles : mise en demeure. La société Fournier ne doit que 100 000euros. Ce sauf si le débiteur cédé a accepté. peut exercer un recours en paiement contre le débiteur cédé. il n’y a pas de créances cédées. cela se complique.Par exemple. La société Duval a besoin d’un financement de 200 000euros. Nous avons vu dans les conditions de fond du bordereau qu’on pouvait céder simplement des créances en germe. C’est le premier bordereau en date qui l’emporte. Si ces créances simplement en germes finissent par ne pas pousser du tout. A ce titre. le cédant est garant solidaires du paiement du bordereau Dailly qu’il a signé. Quelles sont ses raisons valables de ne pas payer pour le débiteur cédé ? Il y a d’abord le défaut d’existence des créances. Puis aller voir la Société Générale pour céder les mêmes créances et obtenir 100 000euros. Le fait de refuser de payer pour des raisons acceptables de la part du débiteur cédé porte le nom d’opposabilité des exceptions. Ces conflits se règlent alors selon le principe de l’antériorité. et non 200 000euros. Les deux banques se présentent ensuite chez le débiteur cédé. au détriment du cessionnaire. En effet. Ce parce qu’il a obtenu le financement et s’il ne rembourse pas ce financement d’une manière ou d’une autre. auquel cas la charge de la preuve de l’inexistence des créances pèse sur lui. et ainsi obtenir 100 000euros. Dès lors. il se sera enrichi indument. la société Duval a une créance de 100 000euros sur la société Fournier. Ne voulant pas s’embarrasser des arguties éventuelles du débiteur cédé. le cessionnaire se tournera plus volontiers vers le cédant. et le cédant paiera. A) Le recours en paiement du cessionnaire Le cessionnaire. le débiteur cédé doit payer sauf s’il a des raisons acceptables de refuser le paiement. Si les deux bordereaux ont été notifiés. si le débiteur cédé ne paye pas. Il peut également opposer un paiement qu’il a déjà réalisé auprès du cédant. C’est à celui qui invoque un droit de le prouver. suivie d’une injonction de payer obtenue du juge ou d’une assignation classique en justice aux fins de paiement. c’est au cessionnaire de prouver l’existence des créances contre le débiteur cédé qui ne veut pas payer. La société Duval peut aller voir la BNP et lui céder ses créances sur la société Fournier. C’est au cessionnaire de prouver contre le débiteur cédé l’existence des créances cédées conformément à l’article 1315 du Code Civil. Cela veut dire que quand le banquier-cessionnaire présente le bordereau Dailly au débiteur cédé pour obtenir paiement. sauf conventions contraires. 29 . qui n’a pas reçu paiement du bordereau Dailly de la part du débiteur cédé. B) L’application systématique de la règle de l’opposabilité des exceptions Le débiteur cédé peut en principe opposer au cessionnaire toutes les exceptions relatives à la créance cédée.

Dans le bordereau Dailly.La cession Dailly ne rompt pas le rapport initial existant entre le cédant et le débiteur cédé. En effet. C’est la règle inverse qui s’applique. on ne peut s’opposer à un chèque que dans quatre cas : la perte. le débiteur cédé qui a accepté le bordereau Dailly ne peut pas résister à la demande de paiement que lui fait le cessionnaire sauf s’il prouve que le cessionnaire est de mauvaise foi . on estime qu’il a mal payé. Il est donc important de dater la notification afin de fixer le point de départ des effets de la notification. la faillite du porteur du chèque. Si le cessionnaire a notifié la cession. de sorte que le débiteur cédé peut toujours payer le cédant. 30 . On ne peut alors pas tirer argument de la non-livraison de la couette pour faire opposition au paiement du chèque. le vol. Si le débiteur cédé paye le cédant après la notification. Ici. on a signé un chèque et on l’a envoyé à la Redoute pour payer notre couette. qui est l’acte par lequel le banquier-cessionnaire enjoint le débiteur cédé de lui réserver l’exclusivité du paiement des créances transmises par bordereau Dailly. C) L’application ponctuelle de la règle de l’inopposabilité des exceptions Très sommairement. on peut dire qu’il y a inopposabilité des exceptions quand le débiteur qui doit payer une dette ne peut se prévaloir d’une cause de non-paiement de cette dette hormis la mauvaise foi. c'est-à-dire l’achat de la couette. et ce parce qu’il y a inopposabilité des exceptions tirées du rapport de droit initial. le débiteur cédé ne peut opposer au cessionnaire le paiement qu’il a fait au cédant après la notification. Ce paiement là est opposable au débiteur cédé. ne peut pas se prévaloir de quelle que cause que ce soit pour refuser le paiement de cette dette hormis la mauvaise foi du créancier. A titre d’exemple. De même. la règle de l’opposabilité des exceptions est sérieusement atténuée. L’opposabilité des exceptions voit ses effets réduit en cas de notification. et l’inopposabilité des exceptions est l’exception. Le chèque est un titre de paiement régi par l’inopposabilité des exceptions. L’opposabilité d’exceptions est le principe dans le bordereau Dailly. alors la compensation devient impossible après la date de notification. Le débiteur cédé peut opposer au cessionnaire même un paiement par compensation. Au bout de dix jours convenus pour la livraison de la couette. sauf mauvaise foi du banquier-cessionnaire. l’usage frauduleux du chèque. et qu’il doit donc payer deux fois. L’acceptation du bordereau Dailly joue ici pratiquement comme dans un titre cambiaire. Dans quels cas y-a-t-il inopposabilité des exceptions dans le bordereau Dailly ? Dans le cas où le bordereau a été accepté. On peut dire en gros qu’il y a inopposabilité des exceptions quand le débiteur d’une dette ne peut pas s’opposer. l’inopposabilité des exceptions n’est pas la règle de principe. on ne l’a toujours pas reçu alors même que notre chèque n’est pas encore encaissé.

Le compte-client s’oppose au compte fournisseur. c'est-à-dire ces créances. Nous sommes donc intéressées non pas par le comptefournisseur mais par le compte-client. 31 . On entendra souvent parler de compte-client dans l’affacturage. L’affacturage permet en effet à une entreprise d’obtenir des liquidités en mobilisant tout ou partie de ce que l’on appelle en comptabilité son compte-client. Dans l’affacturage. La société Technilog voudrait tout à la fois externaliser la gestion du recouvrement de ces factures. L’affacturage peut apparaître pour cette société comme la solution appropriée. et matérialise l’ensemble des prestations facturées à l’entreprise. les créances qu’elle détient sur les tiers. En comptabilité. appelée affactureur ou factor. c'est-à-dire les prestations que facturent notre entreprise Technilog.Chapitre II – L’affacturage La société Technilog est une SSII (Une société de services et d’ingénierie informatique) fournissant des prestations de service informatique à un grand nombre de clients. c’est un poste comptable qui enregistre en inscriptions l’ensemble des prestations facturées par l’entreprise. l’entreprise se procure du crédit à court terme en transférant tout ou partie de ses créances à une société financière spécialisée. Cette société dispose à cet égard d’un nombre significatifs de créances à recouvrir. et bénéficier d’une ligne de crédit renouvelable auprès d’un établissement bancaire.

Son introduction en France remonte seulement aux années 1960.L’affactureur ou le factor est une société spécialisée dans l’affacturage. §1 – La définition unique de l’affacturage L’affacturage est une technique de crédit de financement tout à fait récente. Il faut ici rappeler une distinction cardinale en matière de crédit et en fonction de la durée entre crédit à court terme. La plus importante société française d’affacturage. car l’entreprise qui recherche du crédit transmet ici des créances de prestations qu’elle a facturées à ses clients. semble-t-il parce que le transfert des créances s’effectue par contrat d’adhésion. Il faut savoir que le nom d’affacturage d’origine est factoring. créée aux EtatsUnis d’Amérique. résultat de la fusion opérée au début des années 2000 entre la Société Française de Factoring et la Slifac (Filiale d’affacturage du Crédit Lyonnais). d’en garantir la bonne fin même en cas de défaillance du débiteur et de régler par anticipation tout ou partie des créances transférées. procède à l’encaissement des factures et engage les procédures contentieuses en cas de besoin. Tout cela a quelque chose à voir avec le mot facture. matérialise un crédit à court terme. à l’affactureur qui enregistre les factures en question. un peu comme la société Eurofactor. La première société française d’affacturage a été créée en 1964. Le crédit à moyen terme est un financement d’une durée supérieure à deux ans et inférieure à sept ans. encore faut-il bien maîtriser son cadre économique. actuellement en activité. à moyen terme et à long terme. l’affacturage comporte une définition unitaire. comme le bordereau Dailly. Section I – La notion d’affacturage L’affacturage est une technique de financement dont le montage peut prendre diverses modalités. Le crédit à long terme est tout financement d’une durée égale ou supérieure à sept ans. La définition de l’affacturage est la suivante. ou fournisseur transmet ses créances à une société d’affacturage dénommée factor ou affactureur. l’entreprise adhérente n’ayant plus qu’à adhérer à ce contrat. « c’est la technique par laquelle un client nommé adhérent. A première vue. Si l’affacturage emprunte la substance de son régime juridique à la subrogation conventionnelle par changement de créancier. Le factor est celui qui va établir les termes du contrat d’adhésion . L’affacturage. l’affacturage s’analyse comme une technique de gestion commerciale car bien souvent l’entreprise adhérente confie la gestion de son compte client ou d’une partie de son compte client au factor. relance les clients tardant à payer. 32 . Le crédit à court terme est un financement qui n’excède pas deux ans. un établissement de crédit soumis au Code Monétaire et Financier qui moyennant rémunération se charge d’opérer le recouvrement. est la société Eurofactor. Malgré cette diversité. c’était la Société Française de Factoring. L’entreprise qui transmet ses créances est dénommée adhérent par les sociétés d’affacturage.

La garantie de bonne fin est donc nécessairement liée à la fourniture d’un financement. Cependant. on distingue donc deux grandes catégories de montage dans l’affacturage. car en même temps que l’entreprise transfère ses créances au factor. le factor met à sa disposition un financement. Pour comprendre la diversité des techniques d’affacturage. Sur la base de ces trois éléments. tout l’éventail de services offerts par l’affacturage. c'est-à-dire l’affactureur/la société financière assure tout à la fois la gestion. financement. Il est souvent pratiqué dans le cadre d’une convention d’escompte liant l’entreprise adhérente à un établissement de crédit. avec les établissements de crédits adoptent tel ou tel procédé en fonction de leurs besoins. C’est un crédit à court terme. Ce new line factoring comporte à son tour plusieurs déclinaisons. Ces 33 . Il y a crédit en ce cas. Le old-line factoring est une technique de financement et de gestion du compte client. à savoir leur enregistrement. Ce n’est pas du tout le droit qui prévoit ces montages. Les entreprises. ce schéma est loin d’être unique. c’est la pratique des affaires. En courant seul le risque du recouvrement. La garantie de bonne fin signifie que l’affactureur prend à sa charge le risque de nonrecouvrement des créances transférées.Cependant. car la mise à disposition des fonds est en principe définitive. dans l’affacturage classique. Il ne dispose d’aucun recours contre l’adhérent. l’affactureur assure vis-à-vis de l’adhérent ce que l’on appelle la garantie de bonne fin de ces créances. La gestion consiste dans le traitement des factures. et garantie de bonne fin. En bref. B) Le new-line factoring Le new-line factoring est une sorte de perfectionnement. la gestion. une somme correspondant à l’anticipation du recouvrement des créances transférées. la relance éventuelle des débiteurs et le recouvrement. des établissements de financement et des entreprises qui a inventé tous ces montages. mais aussi de ramification du oldline factoring. il faut savoir qu’il y a trois éléments qui peuvent faire l’objet de la convention d’affacturage : gestion. Le crédit consiste dans le financement de l’entreprise adhérente. le crédit et la garantie de bonne fin. le crédit et la garantie de bonne fin des créances. Le factor courant seul le risque de nonrecouvrement avec créances mobilisées. par conventions. financement et garantie de bonne fin. utilisant toute la gamme. §2 – Variétés techniques de l’affacturage Les montages financiers de l’affacturage sont divers. il y a trois choses : gestion. l’essentiel dans l’affacturage réside dans le crédit qu’il peut procurer à l’adhérent. A) Le old-line factoring Le old-line factoring est l’affacturage dans lequel le factor.

il faut se rappeler de la Convention d’Ottawa du 28 Mai 1988. il en remet les fruits à l’adhérent. et toute garantie de bonne fin. et l’adhérent n’obtient aucun financement.Le maturity factoring. et assure la gestion des créances transmises. Ici. l’adhérent en remet le montant au factor pour le rembourser du financement accordé. Le factor se contente d’assurer la gestion des créances. c'est-à-dire que c’est l’adhérent qui court le risque de non-recouvrement des créances. la gestion (C'est-à-dire l’enregistrement des factures. Une fois les créances recouvrées. il n’y a pas de crédit en l’espèce.déclinaisons vont éliminer l’un des trois éléments ou deux des trois éléments du old-line factoring. le factor exclut simplement toute garantie de bonne fin des créances transmises. . Il ne reste donc plus que la gestion. et il garantit la bonne fin des créances transmises. 34 . le factor peut exercer un recours en remboursement contre l’adhérent. Si l’on s’en tient au régime interne de l’affacturage. Il ne garantit pas la bonne fin des créances. L’agency factoring. la pratique des affaires. Voici. et le recouvrement des créances) demeure à la charge de l’adhérent. n’a pas souhaité fondre l’affacturage dans le régime du bordereau Dailly. relative à la cession de créances professionnelles et au nantissement de créances professionnelles (Autrement dit. La loi du 2 Janvier 1981.Le factoring with recourse Ici. Sur le plan international. et qu’il en était de même pour l’affacturage. Les exemples dont il vient d’être fait état ne fournissent que des illustrations d’une pratique qui contient davantage de richesses. En revanche. le factor exclut dans le contrat tout financement (tout crédit) de l’adhérent. il faut savoir qu’aucun texte spécial ne fixe un cadre juridique d’ensemble pour cette technique de financement des entreprises. à savoir les établissements de crédit et les entreprises. Ici. qui s’est développée en droit interne mais aussi en droit international. le factor fait deux choses : il consent du crédit à l’adhérent. Si jamais les créances s’avèrent non-recouvrables. le contrat comporte à la fois la gestion qui est attribuée au factor. On peut en dénombrer trois de déclinaisons : . sachant que ce n’est qu’un aperçu. l’affactureur agit en vertu d’un mandat de recouvrement qui lui est donné par l’adhérent. De ce fait. La pratique a estimé que la cession Dailly devait être utilisée à part. et le financement qu’assure le factor. Il lui avance le montant des créances. Cependant. il n’y a que la gestion. En l’occurrence. relative à l’affacturage international. les différentes déclinaisons du new-line factoring. Une fois que les créances ont été recouvrées. en lui avançant le montant des créances transmises. la cession Dailly) avait voulu donner un cadre juridique à l’affacturage. Section II – Le régime juridique de l’affacturage L’affacturage est une modalité du crédit aux entreprises.

ce en examinant très soigneusement la santé économique et financière de l’adhérent potentiel. Au concret. Cette convention est contenue dans l’article 1250 1° du Code Civil (Subrogation conventionnelle par changement de créancier). deux choses sont à examiner. §1 – La transmission des créances dans l’affacturage Dans le régime de ces transmissions de créances par affacturage. les praticiens utilisent aussi bien la cession Dailly que l’affacturage. La subrogation conventionnelle par changement de créancier imprègne tout le régime de l’affacturage. La gamme des techniques de financement s’en trouvent enrichis. L’adhérent choisit assurément le factor . 35 .Il y a là un exemple où la loi est mise en échec par les praticiens. notamment grâce aux documents comptables. Le factor sélectionne l’adhérent. les établissements de crédit soumettent l’affacturage à une convention classique de transmission d’obligations dans une démarche consacrée par la jurisprudence. a) L’affacturage est une convention intuitu personae Un contrat est intuitu personae quand il est conclu essentiellement en considération des qualités personnelles des parties en cause. techniques dont les régimes juridiques sont assez distincts. Cette attitude illustre le rôle important et parfois décisif des professionnels du crédit dans la création et la promotion des techniques de crédit. parce que c’était moi ». En l’occurrence. La loi est mise en échec parce que ces praticiens estiment ne pas y trouver leur compte. mais dans l’affacturage. l’intuitus personae se perçoit surtout du côté du factor. On parle de contrat conclu « parce que c’était lui. A) L’objet de la convention d’affacturage 1. Les caractères de la convention d’affacturage Ils sont au nombre de trois.

En bref. Ces créances sont matérialisées par des factures de livraison de biens ou de prestations de services. alors que l’autre partie n’a de choix que d’y adhérer. la commission d’affacturage couvrant généralement la gestion du compte ouvert par le factor au profit de l’adhérent. . Le contenu de la convention d’affacturage L’affacturage a pour objet le transfert de tout ou partie des créances de l’adhérent. 36 . c’est le factor qui détermine seul les clauses de l’affacturage . Le destinataire de l’offre n’a aucune marge de négociation. dont la teneur doit être également précisée. Il peut être mis en place une procédure d’approbation ou de rejet de certaines créances par le factor. La convention détermine les modalités de cette transmission de créances au factor : transmission par courrier ordinaire. Cette série à venir comportant divers contrats individualisés que l’on désigne par les mots « contrats d’application ». compte-courant qui encadre l’opération et le coût du recouvrement des créances. c’est un contrat à prendre ou à laisser. Généralement.Il examine également l’état de la clientèle de l’adhérent. et bien entendu. le montant de la ligne de crédit ouvert par le factor à l’adhérent. Ce contrat va servir de cadre à d’autres contrats dit d’application. Ce taux de découvert est soumis au régime de l’usure et donc au régime du taux effectif global (TEG). il s’agit d’une commission qui peut comprendre deux éléments : . c) L’affacturage est un contrat-cadre Un contrat-cadre est une convention par laquelle les parties fixent les grandes lignes de toute une série d’autres rapports contractuels à intervenir par la suite.Deuxième élément de la rémunération. toutes ses créances d’un montant supérieur à 5 000euros à la société Eurofactor. compte-courant qui accueille les différentes opérations passées par les deux parties. par télécopie. s’il y a financement. à l’adhérent de choisir de contracter ou non. Chaque transmission isolée constituera un contrat d’application. Le contrat prévoit une rémunération du factor par l’adhérent. la commission de financement ou taux de découvert si financement il y a. par voie électronique. La convention d’affacturage peut contenir certaines clauses importantes profitant au factor. Dans l’affacturage.Premier élément. les délais habituels de recouvrement de l’adhérent avant de se prononcer sur la conclusion éventuelle de la convention d’affacturage. effectuées par l’adhérent auprès de ces propres clients. il peut ainsi être déterminé qu’à partir du 29 Mars 2010. cette rémunération du factor par l’adhérent. b) L’affacturage est un contrat d’adhésion On parle de contrat d’adhésion quand l’une des parties fixe seule les clauses du contrat. la société Z transmettra pendant 5 ans toutes ses factures. 2. ou bien de ne pas y adhérer. Il existera bien souvent une convention de compte-courant entre l’adhérent et le factor. En ce qui concerne.

et par cette clause. il y a transfert de la propriété de créances au factor subrogé. Ainsi marche l’affacturage. mais seulement en tant que mandataire de l’adhérent. prévoit l’approbation des créances par le factor. et se trouve dotée de la plasticité nécessaire pour satisfaire la pratique bancaire et financière dans l’encadrement de l’affacturage. et supporte le risque de non-recouvrement de la créance approuvée. Cette transmission 37 . les praticiens. et surtout les établissements de crédit. Par exemple. que le nouveau créancier dit subrogé (Le factor paye l’ancien créancier. la quittance subrogative peut concerner non seulement une créance isolée mais également un ensemble de créances. Cela va permettre au factor de remplacer l’adhérent dans le rapport d’obligations initial. d’agency factoring ou factoring with recourse. Cette convention a pour but d’éviter que l’adhérent ne garde pour lui les bonnes créances et ne transfère au factor que les créances pourries. ou clause d’exclusivité . en ont jugé autrement et ont estimé que la subrogation conventionnelle par changement de créancier était plus appropriée pour ce type d’opérations. Du jour du paiement du subrogeant par le factor. investit le subrogé de tous les droits. régie par les articles 1689 et suivants du Code Civil ou bien dans la cession de créances professionnelle par bordereau Dailly. Pour les créances rejetées. c'est-à-dire les créances irrécouvrables ou de recouvrements très aléatoires. Il est dès lors subrogé dans le droit de l’adhérent. actions et privilèges contre le débiteur. Le mécanisme s’opère souvent dans le cadre d’un compte-courant. Suivant les dispositions de l’article 1250 1° du Code Civil. Toutefois. celui-ci s’octroie le droit de vérifier la sincérité ou l’exactitude de telle ou telle créance par des enquêtes appropriées.Il y a la clause dite de globalité. Cette subrogation conventionnelle par changement de créancier n’encadre l’affacturage que dans l’hypothèse où il y a financement. Une autre clause. clause par laquelle l’adhérent s’engage à transférer au factor l’ensemble de ces créances. dit subrogeant/adhérent). Il faut donc deux agissement simultanés. au moyen de l’examen de la comptabilité de l’adhérent. L’adhérent courant seul le risque de non-recouvrement. B) Le fondement de la convention d’affacturage La transmission de créances par convention d’affacturage aurait pu trouver un appui juridique dans la cession de créances de droit civil. le régime juridique de la subrogation conventionnelle par changement de créancier dispose que la subrogation doit être expresse et concomitante au paiement. Cette quittance délivrée par le subrogeant. La convention de subrogation par changement de créancier s’avère souple. Uniquement dans les hypothèses de old-line factoring. L’approbation d’une créance signifie généralement que le factor en garantit la bonne fin. stipulée dans la convention d’affacturage. le factor se charge généralement d’en effectuer le recouvrement. moyennant remise de la quittance subrogative. assez fréquente. l’ancien créancier (Le subrogeant/l’adhérent) remette au nouveau créancier (Le subrogé/le factor) une quittance subrogative. Si on est en présence d’un maturity factoring¸ l’affacturage sera encadré par le seul contrat de mandat. et qu’en même temps que le paiement.

L’adhérent ne peut pas transférer plus que ce que lui doit son débiteur au factor. Le factor ne doit percevoir que ce que le créancier initial/l’adhérent peut percevoir. une société X qui vend à terme pour 10 000€ de ciment à une société de construction € de ciment à une société de construction € de ciment à une société de construction Y et transfère par affacturage sa créance à la société financière Z. remplacement de l’adhérent/créancier initial par le factor/créancier subrogé. Il y a un recours contre l’adhérent X pour le reliquat. ou s’il a mal exécuté sa prestation auprès du débiteur ? Le débiteur doit-il néanmoins payer le factor ? Supposons par exemple. Même dans le cas où il y a garantie de bonne fin. le factor peut recourir contre l’adhérent quand les créances transférées ou une créance isolée. qui est véritable titulaire de la créance en vertu de la subrogation. et fourniture de crédit. à savoir incomplet paiement ? Nul ne peut transférer plus de droits qu’il n’en a. Au moment où le factor demande paiement à la société Y/acheteuse. Le rôle du débiteur des créances transmises est passif. et ceci dans le rapport d’obligation. Cependant. Le débiteur doit donc se libérer entre les mains du factor en vertu de la subrogation. Le factor ne touchera que ce qu’aurait pu toucher l’adhérent. l’adhérent qui reçoit du débiteur de bonne foi un paiement doit reverser les fonds au factor. Que se passe-t-il en pratique ? Dans le cas normal. La livraison effective ne correspond qu’à 6 000€. transférée n’existe pas. et non auprès de l’adhérent/créancier initial. le factor peut exercer un recours contre l’adhérent si les créances demeurent impayées. et ceci entre les mains de l’adhérent. quand un débiteur paye de bonne foi une créance transmise par affacturage. 38 . dès lors que la mobilisation de créances a eu lieu de l’entreprise adhérente au factor. il n’y a pas de recours possible. En ce cas. §2 – Le recouvrement des créances dans l’affacturage Dès lors que le transfert de créances a eu lieu de l’entreprise adhérente au factor. Si la garantie de bonne fin est là. l’ignorance qu’il y a eu une transmission de la créance par affacturage. La société d’affacturage peut-elle obtenir les 10 000€. Cette substitution fait que le débiteur ne peut se libérer qu’entre les mains du factor. Que se passe-t-il si l’adhérent n’a pas exécuté sa prestation auprès du débiteur. Le débiteur Y pourra opposer au factor Z l’inexécution partielle de la vente par la société X et ne payer la société Z qu’à concurrence de 6 000€. il doit se contenter de payer le factor subrogé. les créances transférées existent et la transmission par subrogation permet au factor de poursuivre le recouvrement auprès du débiteur. S’il n’existe pas de clause de garantie de bonne fin dans l’affacturage comportant financement. Qu’entend-t-on par bonne foi du débiteur ? On entend la méconnaissance de l’affacturage par le débiteur. La subrogation opère substituions. il est complètement libéré. le factor qui garantit la bonne fin des créances qu’il reçoit ne peut plus exercer aucun recours contre l’adhérent. moyennant paiement.en pleine propriété est opposable à tous du seul fait de la remise de la quittance subrogative. le ciment n’a été livré que pour un montant de 6 000€.

la société C pourra acheter l’équipement ou bien ne pas l’acheter. Il faut que la créance opposée à titre de compensation soit devenue certaine. Le crédit-bail est très couru et très courant. Nous n’en avons retenu ici qu’un qui est le crédit-bail. 39 . Le crédit-bail est complexe dans son encadrement juridique. spécialisée dans la production et la commercialisation de dvds. Les contrats complexes inspirées par le droit civil. qui intéressent la personnalité d’une personne au contrat. cet équipement en location à la société C pendant un certain temps (5 ans par exemple). se doter de ce matériel avec comme perspective la possibilité d’en devenir propriétaire. et donc en devenir propriétaire et donner ensuite ce matériel. qui sont de nature personnelles. La société L va acheter ce matériel. Cette location est assortie d’une promesse de vente souscrite par la société L. a besoin de s’équiper en matériel ultramoderne. sont nombreux. mais non dans ses modalités pratiques.Le principe de l’opposabilité des exceptions s’applique à l’affacturage. promettante au profit de la société C. A la fin de la période locative. ainsi le débiteur peut opposer au factor toutes les exceptions inhérentes à la dette. Le crédit-bail est une opération juridique complexe visant à assurer un crédit. Chapitre III – Le crédit-bail La société C. la compensation pourvue que les conditions de l’exception se réalisent avant la date d’établissement de la quittance subrogative. La société C ne dispose pas de liquidités suffisantes pour acquérir cet équipement. et ayant pour finalité le crédit aux entreprises. bénéficiaire. Certaines exceptions ne concernant pas la dette. Elle veut pourtant s’équiper. et ce en vertu de la promesse. liquide et exigibles avant la date d’établissement de la quittance subrogative. sont-elles transmises ? La jurisprudence énonce que le débiteur peut opposer au factor des exceptions qui ne sont pas inhérentes à la dette. Que va-t-elle faire ? La société C peut s’adresser à la société financière L qui va apporter le financement tout en laissant la société C choisir le matériel. après l’exception n’est plus opposable. Par exemple.

on dit qu’il lève l’option. L’article L. Cependant. L’opération dans son ensemble est donc qualifiée de crédit-bail. Ces caractères généraux intéressent la définition du crédit-bail. prévu dans la convention d’Ottawa du 28 Mai 1988. et les avantages du recours au crédit-bail. Cette location étant assortie d’une promesse unilatérale de vente à son profit ». achète un bien à un fournisseur. spécifique au crédit-bail attaché à une activité professionnelle c'est-à-dire à une activité d’entreprise. La réglementation française en cette matière intervient dans la loi du 2 Juillet 1966. le champ d’application du crédit-bail.Le crédit-bail nous vient également des Etats-Unis d’Amérique. Le crédit-bail permet également de financer les particuliers que les entreprises. et repose sur trois types de contrats. spécialisée dans le crédit-bail. 313-11 du Code Monétaire et Financier. 313-7 à L. il existe un régime juridique propre. consenti à une entreprise ou à un particulier. peuvent assurer un financement par crédit-bail. régime dérogeant sur différents points au droit commun du crédit-bail. il faut le distinguer de contrats voisins. Section I – La notion de crédit-bail Le crédit-bail comporte des caractères généraux. « l’opération de crédit-bail est une technique de crédit par laquelle un client demande à une société de crédit-bail d’acheter un bien en vue de lui louer. Il convient également de rappeler qu’il existe un régime du crédit-bail international. un contrat de vente par lequel une société financière X. 515-2 du Code Monétaire et Financier nous apprend que le crédit-bail fait partie du monopole des sociétés commerciales agrées comme établissements de crédit. Si le locataire décide effectivement d’acheter le bien à l’expiration du bail. un contrat de promesse unilatérale de vente par lequel le crédit-bailleur va s’engager à vendre au crédit-preneur cette promesse conférant au crédit preneur l’option d’acquérir le bien loué à l’issue de la période locative. Pour bien comprendre le crédit-bail. Deuxièmement. on trouve toujours des caractères généraux dans un crédit-bail. L’opération de crédit-bail est triangulaire. Troisièmement. Premièrement. dont les dispositions sont aujourd’hui principalement reprises dans les articles L. où il porte le nom de leasing. un contrat de bail par lequel la société financière nommée crédit-bailleur va louer le bien acheté à un locataire appelé crédit-preneur. D’après Bonneau. 40 . §1 – La définition du crédit-bail Parle-t-on de l’opération économique consistant dans une technique de financement ou bien parle-t-on en termes juridiques d’un contrat déterminé ? Il convient de distinguer les deux choses. Cela veut dire en d’autres termes que seuls des établissements bancaires peuvent consentir du crédit bail.

La réponse est simple. La société B. Par la cessionbail. cessionnaire-bailleur. L’utilisateur final ne dispose pas d’une assise économique suffisante en termes de solvabilité pour obtenir lui-même un crédit bail. que nous allons désigner comme le cessionnaire-bailleur. l’entreprise A est au départ propriétaire d’un bien qu’elle a acheté peu de temps auparavant sans disposer d’assez de trésorerie. le financement. pour ensuite immédiatement en devenir locataire. afin de financer l’acquisition précédente. Elle s’explique de deux manières. lequel ne désir pas supporter le crédit. Pour comprendre ce lease back. La distinction entre le crédit-bail ordinaire et le crédit-bail adossé réside dans la clause de sous-location intégrée dans le contrat de location. Celle-ci va vendre son bien à la société B. alors que dans le crédit-bail ordinaire. Sans cette promesse unilatérale de vente. on se trouve en présence de techniques de financement. l’entreprise A vend le bien à un établissement financier pour obtenir des liquidités. c’est la société financière qui acquière le bien à un fournisseur quelconque pour ensuite louer ce bien à un crédit-preneur.Distinction crédit-bail/location simple C’est la promesse unilatérale de vente consentie par le crédit bailleur au crédit preneur. en consentant en même temps à l’entreprise A une option d’achat à l’issue de la période de location. Distinction crédit-bail/cession-bail Celui-ci vient de la technique anglaise lease back. La question qui se pose dans le lease back est de savoir quel intérêt l’entreprise peut avoir à vendre un bien. Le crédit-bail doit être également distingué du contrat de cession-bail. établissement de crédit spécialisé en matière de crédit-bail. Distinction crédit-bail/crédit-bail adossé Une autre technique de financement très proche du crédit-bail est le crédit-bail adossé. Dans les deux cas (Crédit-bail ordinaire et adossé). Il est à noter que la société de crédit-bail achète le bien au fournisseur et loue immédiatement le bien en question à ce même fournisseur qui peut sous-louer ce bien. va à son tour immédiatement après l’achat louer le même bien à l’entreprise A qui vient de le lui vendre. Il y a également simple location quand on est en présence d’une promesse d’achat du locataire. Cette clause de sous-location a une fonction économique précise. L’utilisateur final ne veut traiter qu’avec son fournisseur. Généralement. 41 . prenons une entreprise A propriétaire d’un bien. dont elle est déjà propriétaire. la relation entre les deux parties serait une simple location. C’est l’opération par laquelle la société de crédit-bail achète un bien à un fournisseur pour le donner aussitôt en location avec l’autorisation donnée au locataire de sous-louer. subordonnée à l’acceptation du bailler (Le locataire qui promet d’acheter au bailleur et non le bailleur qui promet de vendre à l’acheteur). La différence avec le crédit-bail réside dans le fait que le locataire est initialement propriétaire du bien.

on trouvera trois régimes juridiques distincts de crédit-bail. En définitive. le crédit-bail suivra des régimes très différents. quant à la législation applicable. ne règlemente que le crédit-bail sur des biens professionnels. il y a le crédit-bail portant sur des biens professionnels. l’extension du crédit-bail ne pouvait que 42 . il y a le crédit-bail qui ne concerne pas un bien professionnel et qui ne repose pas sur un crédit consenti à un particulier dans le cadre d’un crédit à la consommation. mais il n’en a pas toujours été ainsi. La loi du 2 Juillet 1966 ne visait initialement que les biens d’équipement et le matériel d’outillage. En droit positif. qu’en tant que technique de crédit. C’est encore une opération de crédit. En outre. elle pourra lever l’option pour devenir définitivement propriétaire du bien en question. permettant de stocker de la matière première… Puis le crédit-bail s’est étendu. Si l’on prend les personnes intéressées à l’opération et la destination des biens en cause comme critère. la loi a permis aux entreprises de financer par crédit-bail des biens immobiliers. En troisième lieu. à des entrepôts. B) Les biens visés par le crédit-bail Quels sont les biens faisant l’objet de l’opération de crédit-bail consentie à une entreprise ? Aujourd’hui. une grande diversité règne dans la matière. Il ne s’agissait que de financer des biens meubles tels que les machines servant à l’exercice de son activité économique par l’entreprise. par le contrat de promesse. D’une part. le crédit-bail étudié ici ne concerne que les biens destinés à une activité professionnelle et donc ne concernent que les entreprises. alors le créditbail qui leur est consenti est régi par le Code Monétaire et Financier. reprise par le Code Monétaire et Financier. Il faut penser au siège social de l’entreprise. Dans ce dernier cas. A) La législation applicable Il a été dit précédemment. Par la suite. Les entreprises étant généralement et même uniquement considérées comme agissant dans un cadre professionnel. continuant son développement. le crédit-bail concernait les particuliers. d’autre part par les biens visés par le crédit-bail. En deuxième lieu. §2 – Le champ d’application du crédit-bail Le champ d’application du crédit-bail doit être considéré à deux égards. Ce crédit-bail aux consommateurs suivra pour l’essentiel le régime du droit de la consommation. les entreprises et plus généralement toute personne.Par la location. il y a le crédit-bail consenti à un particulier dans le cadre d’un crédit à la consommation. le seul qui retiendra notre attention ici. La loi du 2 Juillet 1966. on analyse l’opération comme un simple contrat de location avec option d’achat qui relève de la liberté contractuelle. On songe naturellement à l’immobilier d’entreprise. En premier lieu. car c’est le cessionnaire bailleur qui finance toute l’opération. l’entreprise A utilise le bien. aux fonds de commerce ou artisanaux qui sont des biens incorporels.

c'est-à-dire des contrats mis côte à côte et comportant un objet unique. En premier lieu. la loi isole trois catégories de crédit-bail. le créditpreneur/l’entreprise financée peut déduire de son résultat imposable au titre des charges les loyers versés au crédit-bailleur. les logiciels… En bref. Du côté du crédit-preneur. acquisition qui doit pouvoir intervenir à l’issue de la période locative. avantage d’ordre financier et surtout fiscal. L’opération de crédit-bail comporte un avantage principal qui est le suivant : si le preneur ne paye pas les loyers. Le crédit-bail mobilier corporel Le crédit-bail mobilier incorporel Le crédit-bail immobilier. justifient le succès de l’opération de créditbail en tant que technique de crédit. §3 – Les avantages du recours au crédit-bail Le crédit-bail comporte des avantages aussi bien pour le crédit-preneur. En effet. Un groupe de contrat se distingue de la chaîne de contrat. 43 . le crédit-preneur bénéficie d’un bien qui lui permet de mener son activité économique sans avoir à débourser des fonds d’un montant élevé pour l’acquérir. Pourquoi ? Parce que le crédit-bailleur est propriétaire du bien utilisé par le crédit preneur. tant d’un côté que de l’autre. L’entreprise crédit-preneur peut devenir propriétaire du bien. qu’elle peut utiliser sans débourser des fonds d’un montant élevé.toucher ces autres biens incorporels que sont les marques commerciales. classés selon leurs objets. alors le crédit-bailleur peut récupérer le bien et priver ainsi le créditpreneur de l’utilisation de ce bien. les droits d’auteurs etc… De cette évolution. les brevets d’invention. La propriété du bien. En dernier lieu. c'est-à-dire l’entreprise financée. le crédit-preneur peut devenir propriétaire du bien dont il n’est que locataire pendant l’opération de crédit-bail. C’est la raison pour laquelle on considère le crédit-bail comme une opération de crédit. que pour le crédit-bailleur. avantage économique et juridique. technique de financement des entreprises. s’affirme donc comme une garantie de paiement au profit du bailleur. Cet objet unique crée un lien de connexité économique entre les contrats. Le crédit-bail en fait partie : au cœur de l’opération se trouve un même bien. Tous ces avantages. Un groupe de contrat est une juxtaposition de contrat. on perçoit au moins deux avantages. Ces trois contrats représentent des variantes d’une même opération juridique complexe. c'est-à-dire l’entreprise financeuse. Il y a là un avantage économique considérable pour l’entreprise que de bénéficier d’un bien nécessaire à son exploitation. c’est le crédit-bailleur qui a avancé les fonds pour le financement du bien en cause. qui fait l’objet d’une vente. car il détient la faculté d’acquérir le bien en cause en vertu de la promesse de vente souscrite à son profit par le crédit-bailleur. puisqu’il y a avance de fonds. objet du crédit-bail. En second lieu. On parle de complexité car le crédit-bail est un groupe de contrat. d’une location… Le crédit-bail est une juxtaposition de contrats.

un mandat pareillement donné par le crédit-bailleur au crédit-preneur peut être stipulé relativement à la construction de l’immeuble objet du contrat de crédit-bail. le maître d’ouvrage qui est le crédit-bailleur donnera mandat au créditpreneur de suivre les travaux.Section II – Le régime juridique du crédit-bail Il faut savoir qu’il existe des règles constantes à toutes opérations de crédit-bail. et les règles intéressant la publicité du contrat de crédit-bail. Quant à l’exécution du crédit-bail au-delà de mandat. Il va de soit que le crédit-bailleur est le maître d’ouvrage principal et sera seul tenu de payer l’entrepreneur constructeur. Ces règles peuvent être regroupées en deux catégories : celles qui concernent la formation et l’exécution des contrats constitutifs du crédit-bail. Par conséquent. le crédit-preneur s’oblige à tout ce qu’un locataire doit faire : payer à leurs échéances les loyers dus au titre de la location. et immobilier. §1 – Le régime juridique commun au crédit-bail mobilier et immobilier Dans une opération de crédit-bail. puis les règles juridiques spécifiques au crédit-bail mobilier. Considérons le contrat de vente par lequel le crédit-bailleur achète le bien en question auprès d’un fournisseur. devant se contenter de prendre livraison du bien acquis par le crédit-bailleur. le crédit-preneur/l’entreprise financée est un mandataire appelé généralement maître d’ouvrage délégué. De son côté. vendre cette chose au crédit-preneur à l’issue du contrat de location si le crédit-preneur décide d’acquérir/de lever l’option que lui offre la promesse de vente souscrite par le crédit-preneur. à mettre la jouissance d’un bien identifié à la disposition du preneur et d’autre part. Le crédit-preneur. car le crédit preneur n’agit ici qu’en tant que mandataire de crédit-bailleur. D’une part. 44 . mais aussi d’autres règles particulières qui s’appliquent selon que l’objet de l’opération de crédit-bail est un bien meuble ou un bien immeuble. En matière de crédit-bail immobilier. le crédit-bailleur s’oblige principalement à deux choses. et conserver en bon état la chose louée. Vis-à-vis de l’entrepreneur constructeur. du bien à son mandataire qui est le crédit-preneur afin que celui-ci le remette au fournisseur soit verser directement ce prix au fournisseur. nous étudierons successivement le régime juridique commun au crédit-bail mobilier et immobilier. nous ferons abstraction des conditions de validité des contrats tels que prévus par l’article 1108 du Code Civil. en levant l’option que lui offre le crédit-bailleur dans la promesse unilatérale de vente. A) La formation et l’exécution des contrats constitutifs du crédit-bail En l’occurrence. la société financière crédit-bailleresse donne mandat au crédit-preneur d’acquérir le bien en cause. Assez souvent. en ce dernier cas. le crédit-bailleur peut soit verser le prix du matériel. Le crédit-preneur a le droit d’utiliser la chose et surtout celui de l’acheter à l’issue du contrat de bail. et éventuellement de procéder à la réception de l’ouvrage quand celui-ci sera terminé. En agissant de la sorte. on retrouve des règles communes qui font l’unité commune fondamentale de cette technique de financement. Ainsi.

cette restitution ne produit aucun effet. le dépôt de garantie peut-il servir à payer ces obligations ? Les tribunaux estiment que. il est interdit au crédit-bailleur de stipuler par contrat que le locataire paiera l’intégralité des loyers dus. L’opposabilité d’un acte juridique est l’aptitude de cet acte juridique à produire des effets sur les tiers non-parties. l’obligation au paiement des loyers court jusqu’au terme de l’opération de crédit-bail. le créditpreneur restitue le matériel au vendeur car le matériel ne le satisfait pas ? D’après la jurisprudence. Cette solution de compensation judiciaire résulte d’un raisonnement analogique avec un autre raisonnement adopté en matière de location-gérance par la jurisprudence dans un arrêt Com – 17 Mai 1994. La jurisprudence estime que cette indemnité de résiliation anticipée qui n’est pas la même chose que la poursuite du paiement des loyers n’est pas une clause pénale. exigent fréquemment du crédit-preneur qu’il verse au moment de la conclusion du contrat une somme d’argent en vue d’assurer au crédit-bailleur la bonne exécution de ces obligations. Avant terme.Par ailleurs. le contrat de location se poursuivrait comme si de rien n’était. Il s’agit d’un dépôt de garantie. En revanche. En ce sens que les tiers doivent tenir cet acte pour efficace et donc digne d’être respecté en tant qu’élément de droit. cette clause aboutirait à l’exécution complète d’un contrat résilié. en cas de résiliation du crédit-bail. par convention. Si le crédit-preneur n’a pas exécuté toutes ses obligations. la plupart des contrats de vente et de location financière. est parfaitement valable une clause prévoyant que le locataire devra payer une somme correspondant au capital restant dû. On ne peut pas convenir dans une opération de crédit-bail qu’en cas de résiliation de la vente. En effet. En revanche. Le crédit-bail doit s’exécuter jusqu’à son terme. En cas de résiliation anticipée. aucune conséquence sur l’obligation au paiement des loyers mis à la charge du crédit-preneur. B) La publicité des contrats constitutifs du crédit-bail La publicité légale sert à rendre un acte juridique opposable au tiers. souvent appelé « clause d’apport preneur ». l’obligation de paiement des loyers ne pourrait cesser que si le contrat de vente était résilié ou annulé ce qui provoquerait par ricochet la résiliation de la location. et le dépôt de garantie versé par ce crédit-preneur au crédit-bailleur au moment de la conclusion du contrat. les parties peuvent décider par avance que les dépôts de garantie serviront à payer les sommes dues. Cette clause d’apport preneur est restituée à la fin de l’opération lorsque le crédit-preneur a exécuté l’ensemble de ses obligations contractuelles. D’une manière générale. afin de prémunir le crédit-bailleur contre le risque de non-paiement du loyer. En effet. les parties peuvent prévoir une garantie d’exécution stipulée au moment de l’affirmation du contrat. 45 . il est concevable que le juge prononce la compensation entre les sommes restant dues par le crédit-preneur. Qu’arrive-t-il alors si en cours d’exécution du crédit-bail. parmi lesquels figure le crédit-bail.

objet du crédit-bail. §2 – Les règles juridiques spécifiques au crédit-bail mobilier et immobilier A) Le crédit-bail mobilier 1. 313-7 1° du Code Monétaire et Financier dit que le crédit-bail mobilier corporel vise « les opérations de location. Au contraire. La Cour de Cassation juge que s’agissant d’un matériel d’équipement. La publicité passe par l’établissement d’un bordereau d’inscription. objet du crédit-bail dans le patrimoine du crédit-preneur en cas de faillite de ce crédit-preneur. Toutefois il faut garder à l’esprit que l’opération se noue grâce à plusieurs contrats qui se succèdent : une vente de bien meuble. et à défaut de tribunal de commerce dans la circonscription du TGI. sauf si les tiers ont pu avoir connaissance des droits du crédit-bailleur. le crédit-bailleur est identifié comme le véritable propriétaire. Avec cette publicité. La publicité permet au crédit-bailleur d’opposer au créancier la propriété du bien. L’article L. Cette publicité concerne aussi bien le crédit-bail mobilier que le crédit-bail immobilier et son but est d’identifier précisément les biens en cause. et le décret du 4 Juillet 1972 l’organise en pratique. Le crédit-bail mobilier corporel Le crédit-bail mobilier corporel sera envisagé en plusieurs points a) Définition L’article L. Ce bordereau précise la nature de l’objet de l’opération de crédit-bail et sa description sommaire telle qu’il ressort du contrat de crédit-bail. 313-10 du Code Monétaire et Financier pose le principe de cette publicité. avec un fournisseur comme vendeur et une société financière comme acheteur. et c’est la publicité qui les en informe. consigné dans un registre spécial tenu au greffe du Tribunal de Commerce. afin que les tiers puissent savoir quels biens font l’objet d’une opération de crédit-bail. Les créanciers doivent le savoir. le crédit-bailleur peut revendiquer le bien. C’est la destination du bien qui est la location. de biens d’équipement ou de matériels d’outillage achetés en vue de cette location par des entreprises qui en demeurent propriétaires lorsque ces opérations quelles que soient leurs qualifications donnent la possibilité d’acquérir tout ou partie des biens loués moyennant un prix convenu tenant compte pour partie des versements effectués à titre de loyers ». puis une convention dite « contrat de crédit-bail » englobant en réalité deux contrats un contrat de 46 . il n’est pas nécessaire d’indiquer le numéro de série du matériel en question dans le bordereau pour que l’identification puisse en être faite. Le défaut de publicité rend l’opération de crédit-bail inopposable au tiers. avec la publicité.L’opération de crédit-bail pour être opposable aux tiers doit faire l’objet d’une publicité.

à la charge du vendeur et au bénéfice de l’acquéreur. dans le contrat de crédit-bail liant l’acquéreur au locataire. Dès lors. le crédit-bailleur finance l’opération. la réponse est positive. Il procède au retirement du matériel. Dans cette perspective là. Précisions que la garantie d’éviction est due par tout vendeur et prévient l’acheteur contre tout trouble juridique ou matériel émanant d’un tiers tendant à priver l’acheteur du bien vendu. Ainsi le contrat de crédit-bail peut stipuler parfois que l’obligation de livraison de la chose et. le crédit-bailleur se trouve exonéré de toute responsabilité pour retard de livraison ou vice du bien loué. le rôle du crédit-preneur peut être très important. Dans le contrat de vente. Cela est éminemment pratique. b) La répartition des rôles entre le crédit-bailleur et le crédit-preneur Assurément. Cela signifie que c’est le crédit-preneur et lui seul qui bénéficie de ces garanties légales. Le droit commun du louage s’applique donc. le locataire/crédit-preneur agit-il en vertu d’un mandat ? Dans la généralité des cas. Par la suite. Il choisit le matériel acheté puisque c’est lui va l’utiliser. il est prévu que le crédit-bailleur renonce à mettre éventuellement en œuvre les garanties légales d’éviction. à savoir les dispositions des articles 1713 et suivants du Code Civil. c'est-à-dire à l’utilisateur effectif du bien. et les vices cachés contre le vendeur. elle prémunit l’acquéreur de tout vice non-apparent qui rendrait la chose impropre à l’utilisation qui peut en être faite.location par lequel la société financière crédit-bailleresse loue le bien précédemment acquis à une entreprise crédit-preneuse moyennant versement de loyers périodiques ainsi qu’un contrat de promesse unilatérale de vente par lequel la société financière de crédit-bail promet de vendre le bien à l’entreprise crédit-preneuse à l’expiration du contrat de location en diminuant le prix de vente du bien d’au moins une partie des loyers. Quant à la garantie des vices cachés. Ces clauses d’exonérations se nomment « clauses de non-recours ». conclu dans le cadre d’une opération de crédit-bail. d) Exécution des contrats en cause Le Code Monétaire et Financier ne règle que de manière parcellaire les obligations des parties. 47 . la garantie des vices cachés sont directement dus par le vendeur au crédit-preneur sans transiter par le crédit-bailleur. dispositions auxquelles crédit-bailleur et crédit-preneur peuvent apporter des dérogations conventionnelles. La jurisprudence les admet à condition que le crédit-preneur ait choisi le bien loué et que le crédit-bailleur ait transféré au crédit-preneur ces actions contre le vendeur. Ces deux garanties sont attribuées par la loi. et établit le procès verbal de livraison avec le vendeur. vendeur et acquéreur conviennent généralement que ces deux garanties d’éviction et de vices cachés sont transférées au crédit-preneur. Toutefois. ainsi que le fournisseur. c) Le sort des garanties de la vente C’est une autre question que celle de savoir à qui profitent les garanties légales contenues dans la vente ? Ce sont les garanties d’éviction et des vices cachés.

Ou bien.Une des conséquences de ce transfert tient dans le fait que le crédit-preneur. loyers. de l’opération de crédit-bail. 2. Plus précisément. On estime qu’il doit partager avec le crédit-bailleur les risques de l’opération.Le crédit-preneur opte pour l’arrêt du contrat. non plus sur un objet palpable comme une machine. c’est un nouveau crédit-preneur qui vient se substituer à lui dans l’opération. Cette solution confirme le choix de la première chambre civile. et que les conséquences de la résiliation donneront lieu à une indemnité au profit du crédit-bailleur. Le crédit-bail mobilier incorporel Le crédit-bail peut porter à l’occasion. elle consiste dans les loyers que verse le crédit-preneur au crédit-bailleur . . C’est alors le crédit-bailleur qui cède à un tiers le contrat de crédit-bail. Quant à la rémunération du crédit-bailleur par le crédit-preneur. alors le contrat de crédit-bail s’en trouvera-t-il affecté ? Les chambres de la Cour de Cassation se sont divisées sur ce point. Pour clore ce point.Le crédit-preneur choisit la prorogation du contrat de location. et en pareil cas. le crédit-preneur dispose d’une option qui lui offre une alternative à trois branches : . sinon la résiliation de la vente devait provoquer l’anéantissement du contrat de crédit-bail. . le prix de cet achat tient compte des loyers déjà versés. A l’issue du contrat de location. Cette solution peut sembler trop rigoureuse pour le crédit-preneur dans la mesure où il peut être aménagé par contrat. Le tout se traduisant par le contrat de location. La chambre mixte a tranché la question en disant que « la résolution de la vente entraîne nécessairement la résiliation du contrat de crédit-bail sous réserve de l’application des clauses ayant pour objet de régler les conséquences de cette résiliation » Mixte – 23 Novembre 1990. il lève l’option. qui est ensuite mis à la disposition du crédit-preneur par contrat de location. De son côté. la résolution de la vente entraînait anéantissement rétroactif du contrat de bail. notons que le crédit-bail peut faire l’objet d’une cession de contrat. c’est la rémunération de l’avance de fonds consentie par le crédit-bailleur pour acquérir le matériel. l’entreprise financée peut le cas échéant agir directement contre le vendeur en se fondant sur le contrat de vente. 313-7 du Code Monétaire et Financier qui 48 . c’est le crédit-preneur qui vend ses droits et obligations dans le crédit-bail à une autre personne.Le crédit-preneur choisit d’acheter le bien. la chambre commerciale nuançait cette position en distinguant selon que le contrat de crédit-bail comportait ou ne comportait pas de clauses de non-recours. La première chambre civile jugeait que dans tous les cas. et un nouveau créditbailleur vient le remplacer dans la relation juridique avec le crédit-preneur. le contrat de crédit-bail devait être maintenu. mais sur un bien incorporel qui n’a pas moins de valeur qu’un bien corporel. la Cour de Cassation permet au crédit-bailleur et au créditpreneur d’aménager les conséquences de cette situation. qui représentent le salaire de l’avantage procuré au crédit-preneur par le crédit-bailleur. assorti à la promesse unilatérale de vente. à une autre entreprise . S’il y avait une clause. En outre. A supposer que le crédit-preneur obtienne l’anéantissement du contrat de vente. Le crédit-bail sur meubles incorporels est prévu par l’article L.

Cette 49 . Le particularisme le plus remarquable du crédit-bail de biens incorporels réside naturellement dans son objet qui consiste dans un bien meuble incorporel. mais aussi location de fonds d’établissement artisanal ou de l’un des éléments incorporels du fonds de commerce ou du fonds artisanal. Dès lors. Deuxièmement. mais il n’est pas tenu. 313-7. il s’agira d’un fonds de commerce. c’est la même chose. considérer que crédit-bail sur fonds de commerce/artisanal et location-gérance du fonds de commerce/artisanal. qui est un bien meuble incorporel. la plupart du temps. 144-1 du Code de Commerce. ou d’un fonds artisanal. le crédit-bailleur peut mettre directement en crédit-bail un bien qu’il a acquis depuis longtemps. dont la consistance est immatérielle. il existe des cas d’interdiction du crédit-bail mobilier incorporel. Le crédit-bail mobilier incorporel exclut de son champ d’application les opérations de location à l’ancien propriétaire du fonds de commerce. assorti d’une promesse unilatérale de vente. particularité tenant au régime juridique qui peut comporter des spécificités. la loi prévoit que le crédit-bail sur fonds de commerce et sur fonds artisanal obéit au régime de la location-gérance sur fonds de commerce ou sur fonds artisanal tel qu’énoncé à l’article L. On entend de la sorte une chose dans le commerce juridique. Par exemple. Ce n’est pas à dire que le crédit-bailleur n’acquière jamais le bien incorporel qu’il met en crédit-bail : il peut le faire. Quelles sont les particularités du crédit-bail mobilier incorporel ? Premièrement. il apparaît que le crédit-bailleur n’est pas tenu de faire l’acquisition préalable du bien incorporel qu’il met en crédit-bail. Il y a ici spécificité relativement au crédit-bail sur fonds de commerce ou sur fonds artisanal. Quatrièmement. moyennant un prix convenu. il y a d’abord des particularismes tenant au montant de l’opération. ou qu’il a fabriqué lui-même. Toutefois certains dérogations à ce régime de la location-gérance sont prévues et visent à alléger les obligations du crédit-bailleur en réduisant symétriquement les droits du crédit-preneur afin de faciliter ce mode de financement des entreprises : . En fait.La condition imposée au propriétaire d’un fonds de commerce/artisanal d’avoir exploité pendant les 2 ans précédant la mise en location gérance du prêt. tenant compte au moins en partie des versements effectués à titre de loyers. L’article L. ou bien d’un élément incorporel de ce fonds de commerce (La clientèle/Un logiciel). Les schémas économiques et juridiques du crédit-bail sur biens meubles corporels sont substantiellement les mêmes que les schémas sur biens meubles incorporels.envisage cette technique de financement relative aux opérations de location de fonds de commerce. Troisièmement. il existe un particularisme tenant à l’objet de l’opération de crédit-bail sur bien incorporel. 313-7 3° interdit formellement la cession-bail/lease back en matière de biens meubles incorporels. ou de l’établissement artisanal. Cette acquisition se fera.313-7 3°. car la société financière/crédit-bailleresse ne sera pas toujours propriétaire initiale ou fabricante du bien mis en crédit-bail. ce qui constitue une différence avec le crédit-bail sur biens meubles corporels. Il n’y a pas de lease back de fonds de commerce au sens de l’article L. A la lecture du texte de l’article L. par opposition à une chose tangible. S’agissant de cette spécificité propre au fonds de commerce.

un hangar. qui peut être transmise au loueur et donc au crédit-bailleur mais également à cause de la publicité légale fort lourde en cette matière. c’est que le crédit-preneur agit nécessairement en tant que professionnel. dans un entrepôt. L’article L.Enfin. 50 . Que dire du crédit-bailleur en ce cas ? A son propos. Si l’on considère l’objet des contrats. Ce peut être une entreprise autre qu’un établissement de crédit. n’entre pas dans les dispositions du Code Monétaire et Financier relatives au crédit-bail immobilier. et pour résumer. le crédit-bail sur un bien immobilier. est une technique de financement mis en œuvre par un contrat liant deux entreprises dans un cadre exclusivement professionnel. A la lecture de cet article. soit par transfert de plein-droit de la propriété des constructions édifiées sur le terrain appartenant au dit locataire. et n’est pas applicable au crédit-bail en matière de fonds de commerce/artisanal. permettent au locataire de devenir propriétaire de tout ou partie des biens loués au plus tard à l’expiration du bail soit par cession en exécution d’une promesse unilatérale de vente. . on observe d’emblée que les éléments qui soulignent le particularisme du crédit-bail immobilier se trouvent mis en évidence. c'est-à-dire du créditpreneur. Dès lors. on observe qu’il s’agit de biens immobiliers à usage professionnel. quelles que soient leur qualifications. en bref n’importe quel type d’immeuble. B) Le crédit-bail immobilier L’objet spécifique du crédit-bail immobilier est un bien immeuble. une entreprise donne en location des biens immeubles à usage professionnel achetés par elle. le crédit-bail de fonds de commerce/artisanaux est peu couru en raison de la responsabilité solidaire des dettes du locataire-gérant. l’habitation par exemple. Si les immeubles en cause ont un usage professionnel. et plus précisément. la loi éclaire : le crédit-bailleur est obligatoirement une entreprise. Quels sont ces éléments ? Premièrement. affecté à une autre destination. 144-9 du Code de Commerce portant sur l’exigibilité des dettes dans l’hypothèse de la cession du contrat de location-gérance est exclue en matière de crédit-bail sur meubles incorporels consistant dans un fonds de commerce/artisanal.condition est exclue. catégorie d’agents économiques au nombre desquels figurent les entreprises. dans un immeuble déjà construit de bureaux. 313-7 2° du Code Monétaire et Financier le définit ainsi : ce sont les opérations. . soit par acquisition directe ou indirecte des droits de propriété du terrain sur lequel ont été édifiés le/les immeuble(s) loué(s). C’est dire que le crédit-bail d’un bien immobilier. par lesquelles. un établissement de crédit. La destination professionnelle des biens immeubles détermine en l’espèce la qualité du créditpreneur. ou construits pour son compte lorsque ces opérations. C’est un bien immeuble consistant dans un terrain nu. l’article L.Les dispositions du Code de Commerce relatives à la révision des loyers dans la location-gérance ne s’appliquent pas au crédit-bail sur fonds de commerce et sur fonds artisanal. au sens où l’entend le Code Monétaire et Financier. le rapport contractuel en question. D’une manière générale.

le crédit-bailleur va accorder une promesse de vente sur ces parts au crédit-preneur. il est prévu dès le départ qu’à l’issue de la période locative le crédit-preneur devient automatiquement propriétaire de l’immeuble.  Le cas où le bien appartient à une société civile immobilière. il consent un bail à construction au créditpreneur qui construit l’immeuble. Ici. Le professeur Thierry Bonneau propose de distinguer trois techniques dans le crédit-bail immobilier :  Le cas où le bien est la propriété du crédit-bailleur. avec autorisation donnée au crédit-bailleur de construire. et elle loue cet immeuble en location auprès du crédit-preneur. Le bien étant construit. le crédit-preneur peut devenir propriétaire de l’immeuble. les loyers sont versés à la SCI et forment un bénéfice réparti entre les associés. le reste des parts appartenant au crédit-preneur. Sur ce terrain. Ce cas peut se dédoubler en deux situations : . le crédit-preneur peut lever l’option/acheter les parts du crédit-bailleur dans la SCI et devenir ainsi le seul propriétaire de la SCI.Le crédit-bailleur est propriétaire d’un terrain nu. Le cas où le bien est un terrain nu. S’il devient le seul propriétaire de la SCI. De son côté. mais sans avoir les moyens d’édifier cette construction. A l’issue de la période de location de l’immeuble construit. appartenant au crédit-preneur. . On estime en effet que la longue durée du bail permet au crédit-bailleur d’amortir tout le coût de la construction de l’immeuble. le crédit-preneur souhaite édifier une construction qu’il entend utiliser. c’est la SCI qui en est le propriétaire.  Le crédit-preneur est propriétaire d’un immeuble. il devient aussi le propriétaire du bien immobilier. une location de longue durée au créditbailleur. le montage de l’opération. Pendant la période locative. qui détient les parts d’un immeuble construit. Alors. le crédit-bail immobilier suit fondamentalement le même régime que le crédit-bail mobilier ordinaire/corporel. Le crédit-bailleur se rémunère donc avec les dividendes dégagés par les loyers versés à la SCI.L’immeuble est construit par le crédit-bailleur avant de faire l’objet d’un crédit-bail à destination d’une autre entreprise. avec possibilité pour le crédit-preneur de lever l’option sur ces parts à l’issue de la période locative. il faut savoir que le bien appartient à l’origine au crédit-bailleur qui détient l’écrasante majorité des parts de la société (90/95%). 51 . Sans promesse unilatérale de vente. le crédit-bailleur est propriétaire de l’immeuble. aux vues de l’article L. A l’issue de la construction. le crédit-preneur est propriétaire d’un terrain nu sur lequel il va alors consentir un bail. A l’issue de la période de location.Deuxièmement. et il s’engage auprès du créditpreneur à le construire avant de le mettre en crédit-bail. Le crédit-preneur et le crédit-bailleur constituent une SCI. 313-7 2° du Code Monétaire et Financier. on perçoit différents points dans le montage. un bail immobilier d’une durée supérieure à 18 ans]. ou d’un terrain nu à construire. qui est presque toujours emphytéotique [C'est-à-dire. s’il doit l’être. Dans les deux cas. La société crédit-bailleresse est propriétaire du bien immeuble. Il s’agit d’un bail à construction. L’immeuble construit par le crédit-bailleur va être donné en location au crédit-preneur. mais non du terrain qui appartient toujours au crédit-preneur.

Ces clauses résolutoires. La publicité légale permet au crédit-bailleur de rendre opposable son droit de propriété au créancier du crédit-preneur et cela vaut pour toute opération de crédit-bail. D’une manière générale. Diverses raisons peuvent fonder ces clauses résolutoires. le crédit-bail semble nourrir davantage le contentieux que d’autres instruments de crédit comme les effets de commerce dont le régime est bien établi depuis longtemps. Les tiers en question sont surtout les créanciers du crédit-preneur. suscitent un contentieux récurrent. tentés de saisir le bien objet du crédit-bail. sur lesquelles nous ne nous attarderons pas outre faute de temps. l’opération doit être inscrite au Bureau des Hypothèques. de se dégager du contrat de location. et donc pour le crédit-bail immobilier. de location conclus dans le cadre de crédit-bail immobilier. à peine de nullité. l’opération de publicité est facultative. la location est souvent de longue durée. ou les contrats de vente conclus dans ce cadre dès lors que l’opération de crédit-bail est supérieure à douze ans. En ce qui concerne l’opposabilité aux tiers du crédit-bail immobilier. il a été précédemment observé que la publicité légale permettait de rendre opposable aux tiers les droits du crédit-bailleur. 52 . S’agissant en particulier du crédit-bail immobilier. le contrat de crédit-bail immobilier doit prévoir. Par ailleurs. il est fréquent que le crédit-bailleur immobilier insère dans le contrat avec l’accord du crédit-preneur une clause de résiliation anticipée de l’opération.Opposabilité aux tiers des droits du crédit-bailleur Dans toute opération de crédit-bail. 313-9 alinéa 2 du Code Monétaire et Financier. mais qui est la propriété du crédit-bailleur. En dessous de 12 ans. D’après l’article L. qui se trouve en possession du crédit-preneur. il y a une question importante qui est celle de l’opposabilité aux tiers des droits du crédit-bailleur. par exemple. Cette inscription est absolument obligatoire pour tout ce qui concerne les baux. les contrats de bail. les conditions dans lesquelles la résiliation pourra le cas échéant intervenir à la demande du crédit-preneur à bail. l’inexécution d’une des obligations contractuelles comme le non-paiement des loyers par le crédit-preneur ou encore la possibilité pour le crédit-preneur de sortir. Quant à l’exécution du crédit bail immobilier. le temps généralement pour le crédit-bailleur de récupérer son investissement et d’en tirer du profit. d’une manière générale.

Vu de près. les effets de commerce sont matérialisés par des titres de créance. Il n’y a donc rien de surprenant à retrouver les effets de commerce au cœur des instruments de crédit commerciaux. Qu’entend-t-on précisément par effets de commerce ? Quelles raisons justifient une étude particulière de ces instruments de crédit ? Ce sont autant de questions qui appellent des réponses dont les implications dépassent le crédit commercial pour influencer plus largement le crédit bancaire.Titre II –Financement en effets de commerce Les effets de commerce véhiculent le crédit commercial depuis le Moyen Age. les banques ont favorisé depuis plus de trente ans un grand mouvement d’informatisation de la matière. Cette distinction constitue assurément le pivot des effets de commerce mais elle rayonne bien au-delà car c’est au mécanisme cambiaire que le régime du bordereau Dailly est né même si on doit bien savoir que le bordereau Dailly n’est pas un effet de commerce. ayant le papier comme support. Estimant beaucoup trop couteux la gestion des effets de commerce sur support papier. Chapitre I – Les notions fondamentales relatives aux effets de commerce 53 . Traditionnellement. les effets de commerce sont structurés par des éléments de base qui tiennent dans la distinction faite entre rapports fondamentaux et rapports cambiaires.

on relève une rubrique « effets de commerce » dans le bulletin des chambres civiles de la Cour de Cassation. « l’effet de commerce est un titre négociable qui constate l’existence au profit du porteur d’une créance à court terme et qui sert de paiement ». Pour autant. un autre élément de base caractérise les effets de commerce. on a compris l’ensemble des effets de commerce. Quant à la définition même des effets de commerce. la durée à court terme et l’usage de recevoir en paiement les effets de commerce. Premièrement. auteurs du traité de Droit commercial. Celle que nous allons retenir vient de Ripert et Roblot. on a coutume de dire que dans les effets de commerce cohabitent deux séries de rapports juridiques qui représentent la substance de tout effet de commerce : rapports fondamentaux et rapports cambiaires. la négociabilité. Christian Gavalda et Jean Stouflet proposent cinq critères de définition des effets de commerce : la négociabilité. c’est un mécanisme légal ou conventionnel de transmission de titre de créances incorporant des droits patrimoniaux au moyen de modalités simplifiées par comparaison au droit civil et plus particulièrement à la cession de créance civile. qui ne représentent pas la même réalité juridique. Le cas du chèque demeure controversé. L’unanimité se fait pour dire que la lettre de change. En tête de ces précisions vient l’effet de commerce lui-même : qu’est ce qu’un effet de commerce ? Une autre interrogation intéresse le contenu des effets de commerce. La grande majorité des auteurs exclut le chèque de la liste des effets de commerce. le livre V du Code de Commerce comporte comme titre « Des effets de commerce et des garanties ». Les textes font pourtant référence à cette notion d’effets de commerce. et de n’importe quel autre titre juridique. 632-1 4° du Code de Commerce exclut les paiements en effets de commerce du champ d’application des nullités dite de la période suspecte dans les procédures de redressement et de liquidation judiciaire des entreprises. Cette distinction détermine l’étendue des prérogatives du porteur d’un effet de commerce. Cette distinction est la clé de voute du système des effets de commerce. la notion d’effets de commerce n’est pas définie : les auteurs ne s’accordent pas sur la liste même des effets de commerce. Ainsi. avant de considérer l’intérêt qu’il y a à définir les effets de commerce. Une fois que l’on a compris cette distinction. l’article L. En jurisprudence. et à vrai dire l’ensemble des actes juridiques formels. il convient de préciser avant toute chose les notions de base communes à tous les effets de commerce. 54 . l’engagement de payer. l’objet monétaire. C’est la distinction entre création d’un titre et émission d’un titre.Pour bien comprendre la place importante occupée par les effets de commerce dans les instruments de financement des entreprises. et encore moins en jurisprudence. Précisons cette définition. Examinons ces critères. ces auteurs suggèrent la définition suivante. partie index. De même. le billet à ordres. Section I – La notion d’effets de commerce Les effets de commerce ne sont pas définis en législation. et le warrant sont des effets de commerce. il faut la chercher chez les auteurs.

tout effet de commerce constate une obligation de payer la somme indiquée sur le titre. C’est le principal intérêt de dégager la catégorie effet de commerce. Ainsi. les effets de commerce sont assurément. constate un paiement. Quatrièmement. Le chèque est-il un effet de commerce ? Le professeur Thierry Bonneau reconnaît dans le chèque un effet de commerce. si on applique pour lui les critères de l’effet de commerce au chèque. La réponse est que. De sorte que. la lettre de change incorpore des droits cambiaires et des droits fondamentaux. La question qui se pose est celle de savoir en quoi il est utile de dégager une catégorie « effets de commerce ». instrument de crédit ou de paiement. Troisièmement. versement différé par rapport à l’avance de fonds. l’engagement de payer. Il en est ainsi de la lettre de change et du billet à ordres. En d’autres termes. et se transmet par simple endossement. L’intérêt de la notion tient dans le fait que tout titre. dans l’activité commerciale. du point de vue temporel. l’objet monétaire des effets de commerce. préciser la notion d’effets de commerce présente une utilité certaine. tout effet de commerce contient une stipulation de somme d’argent. la lettre de changes. et le crédit à long terme (Plus de 7 ans). Néanmoins. se règlent en effets de commerce. les effets de commerce constatent également une opération de règlement de paiement. tout instrument qualifié « effet de commerce » obéit de plein droit aux mécanismes cambiaires. on paie en effets de commerce en ce sens que certaines transactions surtout les contrats de fourniture à terme. on distingue trois sortes de crédit : le crédit à court terme (Moins de 2 ans). Voyons maintenant l’intérêt de l’opération. 55 . tout effet de commerce comporte nécessairement une durée de vie limitée à deux ans. En effet. Deuxièmement. alors le chèque est indiscutablement un effet de commerce. Le cas du chèque est discuté. Pour lui. le crédit à moyen terme (2 à 7 ans). L’effet de commerce. L’effet de commerce s’exerce dans les opérations de crédit à court terme. controversé. les effets de commerce peuvent être constitués d’instrument de crédit mais ils ne sont pas nécessairement des instruments de crédit. parce que le propre de l’effet de commerce réside en principe dans le régime cambiaire qui s’applique à cette catégorie de titre. des instruments de crédit. pour la plupart. avant tout. lequel endossement présente une grande simplicité par rapport au formalisme de la cession de créance civile.A titre d’exemple. le billet à ordre ou le warrant comporteront à peine de nullité un montant nominal. la durée à court terme de l’effet de commerce. Cinquièmement. malgré sa fonction exclusive de paiement. Cette utilité paraît indiscutable. l’usage de recevoir les effets de commerce en paiement. Il importe peu que cette obligation soit la charge d’un tiers comme le tiret de la lettre de change ou bien de l’auteur du titre lui-même comme dans le billet à ordres. L’auteur du paiement peut obtenir un crédit car il reçoit une avance de fonds qui est ensuite remboursée par versement du montant indiqué sur la lettre de changes. Dans l’activité commerciale. qui représente l’objet du titre. le critère du crédit n’est pas un élément décisif dans la qualification « effet de commerce ».

c’est qu’il utilise des règles propres qui forment le droit cambiaire mais aussi des règles venant du droit civil ou du droit commercial classique que l’on qualifie ici de droit fondamental. ce sont les commerçants qui ont mis au point son contenu. repose sur la distinction essentielle reposant sur rapports fondamentaux/rapports cambiaires. Le régime cambiaire. En outre. Le système de la lettre de change comme de l’ensemble des effets de commerce. On doit en effet savoir que le système cambiaire s’est construit à partir d’usages. séparés qui sont réunis de façon cohérente pour former un ensemble homogène. cet agencement par une série d’usages. qui contestent au chèque la qualification d’effets de commerce.Il demeure que mêmes ceux. Ici. Le droit cambiaire régit les rapports juridiques cambiaires dans les effets de commerce. de séparer ces instruments de ceux qui ne relèvent pas du droit cambiaire. Le système cambiaire représente donc un ensemble de règles de droit étroitement lié et formant un ensemble cohérent. qui imprègne l’ensemble des effets de commerce vient de la lettre de change. Section II – La distinction faite entre rapport fondamental/rapport cambiaire Les effets de commerce sont gouvernés par des règles de droit. du mécanisme cambiaire. Pourquoi le système cambiaire comprend-t-il tout à la fois le droit cambiaire et le droit fondamental ? Pourquoi cette juxtaposition/réunion du droit cambiaire ou fondamental pour former le système cambiaire ? C’est l’efficacité juridique des effets de commerce qui explique cette cohabitation. il y a un intérêt pédagogique à distinguer les effets de commerce par rapport aux autres instruments. Retenons que l’effet de commerce le plus ancien est la lettre de change. et le droit civil ou commercial selon les cas gouvernent les rapports juridiques fondamentaux dans les effets de commerce. consacrés ensuite par les tribunaux puis par la loi. estiment que le chèque est indiscutablement un titre cambiaire. C’est parce que cet ensemble. il n’est pas question de fabrication théorique. l’ensemble formé par les règles issues de la lettre de change. pour les besoins du commerce. On désigne donc par système cambiaire. Un système est un groupe d’éléments distincts. Ce que ce système cambiaire a de singulier. si tenté que le chèque ne soit pas un effet de commerce. d’un point de vue pédagogique. C’est donc l’efficacité juridique et économique des effets de commerce qui explique cette cohabitation du droit cambiaire et du droit fondamental dans le système cambiaire. était utile à l’activité commerciale et plus précisément au fonctionnement des effets de commerce qu’on les a réunis. et régissant les effets de commerce et d’autres titres comme le chèque. que l’on désigne par l’expression système cambiaire. nous avons Primus qui vend à Secondus des marchandises payables dans les 56 . Les effets de commerce relèvent du droit cambiaire et permettent. §1 – Les rapports fondamentaux Exemple : Considérons une lettre de change créée sur la base d’un contrat de vente de marchandises.

Exemple : Je paye mes livres chez Dalloz avec un chèque. Ensuite. elles fondent le titre. je reste débiteur du montant. destiné à payer la lettre de changes. La lettre de change lui permet d’obtenir immédiatement de sa banque des liquidités. qui se nomme provision. il consent un crédit matérialisé par la lettre de changes. D’autre part. c’est une créance fondamentale. en échange du titre. qui se remboursera auprès du client. à l’aide d’un chèque. l’existence de la lettre de change n’aurait aucune justification économique. puisque la vente est à terme. Sans ces rapports fondamentaux. Créance provision que j’ai grâce à mon compte. le bénéficiaire de la lettre de change va recevoir 10 900euros. Ce prix sera versé dans trois mois. Autre exemple : J’habite un studio dont je suis locataire. il va tirer une lettre de change sur son client au bénéfice d’un tiers. Ce client sera payé plus terme. En échange de la remise immédiate de la lettre de changes au bénéficiaire Tertius. et ce parce que tout en étant extérieures à la lettre de change. il y a la créance. Concrètement. grâce à un crédit de trois mois qui sera réglé par l’intermédiaire de la lettre de change qui a la même échéance que la vente de marchandises. Primus/tireur reçoit immédiatement la contre-valeur du titre en espèce alors que le prix des marchandises ne sera payé que dans trois mois. Cette avance devra être remboursée. il y a deux séries de rapports fondamentaux dans ce cas de figure : d’une part. Les deux types de créance qui viennent d’être envisagées sont des rapports fondamentaux. il y a la créance de Primus sur Secondus. à l’ordre de la banque Tertius (Bénéficiaire). correspondant au prix des marchandises vendues. à quoi sert-il au tireur de se compliquer la vie avec une lettre de change. c’est la créance du tireur sur le tiré. Cette créance fondamentale du bénéficiaire sur le tireur se nomme valeur fournie. pour prendre en compte le risque de non-remboursement. Cette créance fondamentale détenue par le tireur Primus sur le tiré Secondus se nomme « provision de la lettre de change ». correspondant à la somme versée par le banquier bénéficiaire Tertius au tireur Primus : le banquier avance une somme. Tout se tient. elles justifient sa création. Si le prix des marchandises est de 10 000. et créance valeur fournie pour Dalloz. que le banquier reçoit au moment où il avance des fonds. qui tant qu’il n’a pas débité mon chèque. qui va lui avancer les liquidités immédiatement. le tiré. alors qu’il lui suffit d’attendre l’échéance de la vente à terme pour se faire verser le prix des marchandises dans trois mois ? Tout simplement parce qu’il a besoin de liquidités immédiatement.trois mois qui suivent. je paye mon loyer de 700€ à mon propriétaire. L’idée est qu’en gros. un agent économique a une créance sur un de ses clients. Le premier rapport fondamental. L’agent économique a besoin de liquidités immédiates. Mon propriétaire est le bénéficiaire. et la banque. En droit. Tous les mois. devenant ainsi créancier du tireur. Primus (Tireur) tire toujours sur Secondus (Tiré) une lettre de change à échéance de trois mois. Le prix des marchandises servira à rembourser au bénéficiaire/banquier l’avance constituée par la valeur fournie. il prélève sa 57 .

Le tiré n’est donc pas obligé cambiairement. Il faut savoir en effet. 58 . §2 – Les rapports cambiaires Le rapport cambiaire s’établit de manière très simple. puisque toute personne ayant signée la lettre de change à quel que titre que ce soit devient débiteur cambiaire. tout personne qui a signé une lettre de change est engagée cambiairement et est tenu de payer cet effet de commerce sans pouvoir opposer la moindre résistance. c'est-à-dire que la fraude corrompt tout. est engagée cambiairement vis-à-vis du porteur légitime de cet effet de commerce. Pour autant. La signature d’un effet de commerce est le seul mode d’établissement d’un rapport cambiaire. comme nous le verrons par la suite. dans les rapports fondamentaux et non dans le rapport cambiaire. Exemple : Primus tireur. La signature du tireur est donc. En outre. L’une et l’autre fondent la lettre de change sur le plan économique. sans opposer de résistance hormis la mauvaise foi du porteur. le tireur doit signer la lettre de change pour qu’elle soit valable. Le tiré intervient dans l’opération car il est débiteur du tireur ou sera débiteur du tireur au plus tard à l’échéance. que toute personne. Secondus tiré. Le débiteur cambiaire est celui qui a signé la lettre de change. et s’il n’est pas débiteur du tireur à l’échéance. à opposer l’exception de défaut de provision au bénéficiaire. alors que le rapport fondamental s’établit par d’autres moyens que la signature de la lettre de change. Le tiré se place donc.commission au passage. il n’est pas obligé de payer le bénéficiaire. en principe. l’une des conditions de validité de la lettre de change. Il n’est même pas obligé de signer la lettre de change. Pourquoi ? Parce que. qui signe un effet de commerce. Le tireur. il est pourtant désigné comme devant signer la lettre de change. on dit que les rapports cambiaires sont régis par la règle de l’inopposabilité des exceptions. et s’il a signé. La seule personne engagée cambiairement dans cette lettre de change est Primus. Il n’est donc pas débiteur cambiaire de la lettre de changes. sachez que les rapports fondamentaux sont dominés par un principe inverse qui est la règle de l’opposabilité des exceptions. Tertius bénéficiaire/banquier. il doit payer le montant du titre au porteur. Cela veut dire que tout débiteur cambiaire doit payer le porteur qui le lui demande. hormis la fraude car fraus omnia corrumpit. Son refus consiste en pareil cas. en plus. pour parachever la validité de la lettre de change se rend en même temps débiteur de la lettre de changes. En termes juridiques. cette signature du tireur fait de celui-ci un débiteur cambiaire. Qu’en est-il du tiré ? La signature de Secondus n’est pas une exigence de validité. En revanche. il n’est pas tenu de signer la lettre de change. Il s’établit par la simple signature d’un effet de commerce. L’adjectif fondamental employé ici signifie que la créance de provision et la valeur fournie sont à la base économique de la lettre de change. avant tout. Plus que cela. en donnant sa signature. La différence entre le rapport fondamental et le rapport cambiaire tient au fait que le rapport cambiaire s’établit par la simple signature de la lettre de change.

et le warrant apparus postérieurement. la création d’une lettre de change ou d’un chèque revient pour le tireur à prendre une feuille blanche ou une formule normalisée. En mettant le chèque dans une enveloppe. retenons que celui-ci conserve la maîtrise du titre tant que le titre est simplement créé. Au-delà des effets de commerce. c’est différent. il est seul engagé cambiairement vis-à-vis du bénéficiaire Tertius. Tertius est devenu créancier de Primus en lui avançant le montant du titre. De la sorte. Par contre. le chèque a été émis. il est simplement crée. à remplir ce papier de l’ensemble des mentions obligatoires prévues par la loi. C’est une démarche très basique. il est de principe que rapports cambiaires et rapports fondamentaux coexistent sans se mélanger ni se confondre dans la lettre de changes. Emettre un titre consiste à s’en déposséder pour son créateur. Ainsi. En résumé. Emettre un effet de commerce. Il faut savoir que la lettre de change n’est pas émise uniquement sur la base de vente de marchandises. Cette juxtaposition se retrouve pareillement dans les autres effets de commerce classiques que sont le billet à ordre. En effet. le tireur ayant seul signé notre lettre de change. par envoi postal. contrat d’ouverture de crédit… Section III – La distinction faite entre création d’un titre/émission d’un titre Le principe Il est à retenir que créer un effet de commerce consiste dans la fabrication matérielle de l’instrument par son auteur. s’en dessaisi au profit du bénéficiaire. Secondus peut payer directement à Tertius par l’effet de la lettre de change. Exemple : Si je rédige un chèque pour une commande La Redoute. elle peut être émise sur la base de n’importe quel contrat d’affaires : contrat de construction d’un immeuble. L’émission est donc étroitement liée au dessaisissement du titre par son créateur au profit du bénéficiaire. qui n’a pas signé la lettre de changes. L’intérêt de la distinction Elle a une portée considérable. La lettre de change est émise quand son auteur après l’avoir créé s’en dépossède. on retrouve les mêmes rapports dans certains instruments de paiement en particulier dans le chèque. ne peut donc être tenu que sur le plan fondamental et non sur le plan cambiaire. ce tireur qui a rempli en tout ou en 59 . et en le postant. et paiera la provision non pas au tireur mais au bénéficiaire de la lettre de change à l’échéance. Le mode de cette dépossession importe peu : de la main à la main. le tiré qui a provision est débiteur sur le plan fondamental et non sur le plan cambiaire. La créance des prix des marchandises vendus devra être versée au bénéficiaire Tertius. Le tiré paiera donc sa dette. et que je garde ce chèque. Comme Primus est lui-même créancier de Secondus. par mandataire… A partir du moment où le créateur d’un titre quel qu’il soit s’en est dépossédé. par la lettre de change. Eu égard à l’auteur du titre. le titre est crée. Pour en revenir précisément au rapport cambiaire.Le tiré. alors il y a émission. Ainsi.

il en est le maître. dès l’émission tous les droits contenus dans le titre. le titre une fois émis échappe complètement à la maîtrise de son créateur. En revanche. 60 . comme un chéquier bancaire. demande à une autre personne dénommée tirée de payer une certaine somme d’argent à une troisième personne. un peu comme le chèque comportant un certain nombre de mentions. du tireur pour nom. à l’instar des effets de commerce et au-delà. Cette distinction entre création et émission est essentielle pour tous les instruments juridiques incorporant des droits. S’agissant de la lettre de change c’est le plus ancien effet de commerce mais c’est également de la lettre de change que proviennent la plupart des mécanismes du système cambiaire (cambium. il y a le warrant. Chapitre II – Les différents effets de commerce ordinaires Traditionnellement. il y a la lettre de change. Tant qu’il ne s’en est pas dépossédé. Section I – La lettre de change Elle peut être définie comme le titre par lequel une personne. change). Les formules de lettre de change peuvent encore se trouver dans le commerce sous forme de carnets à souche. Sachez cependant que lettre de change. ainsi que n’importe quel porteur ultérieur. billet à ordre et warrant ne sont pas les seuls effets de commerce. le bénéficiaire ne dispose d’aucun droit sur le titre simplement créé. Le bénéficiaire de son côté détient. tireur. reçoit tous les droits incorporés. Le tireur d’une lettre de change perd toute maîtrise sur le titre qu’il a émis. Tous les effets de commerce classique tirent l’essentiel de leurs règles de base de la lettre de change. bénéficiaire. il y a le billet à ordre. Le bénéficiaire. Corrélativement.partie la lettre de change peut la modifier. les effets de commerce se composent de trois sortes de titre de crédit qui matérialisent trois types différents d’instruments de crédit. dès l’émission. la détruire ou choisir de la transmettre ou s’abstenir de transmettre. La lettre de change est un morceau de papier.

qui est facultatif. Par ailleurs. le crédit repose sur la confiance. Ainsi. qui est une mention facultative de la lettre de change. Sous-Section I – La naissance de la lettre de change Pour faire naître une lettre change. Ainsi il n’est pas possible d’établir une lettre de change sur du papier toilette. il faut la payer à l’échéance. ce qui fait qu’une lettre de change établie sur papier libre est parfaitement valable. En effet. il suffit de prendre un papier vierge ou un formulaire standardisé. il en va cependant différemment de la condition de capacité. Dans un avenir proche. de le remplir des indications prévues par la loi et de le remettre au bénéficiaire. des lettres de change établies sur fichier informatique et donc dématérialisées. ce qui signifie que sur le plan cambiaire. La confiance dans un effet de commerce résulte des garanties de paiement du titre. Le porteur de la lettre de change peut demander à ce que la traite soit avalisée. est le cautionnement de la lettre de change.Les émetteurs de lettres de change doivent recourir. Le régime actuel de la lettre de change est le fruit d’une longue évolution. Cette obligation ne comporte toutefois pas de sanction. à ces formules normalisées. consiste dans la signature de la lettre de change par le tiré. Il faut aussi rappeler que la lettre de change est un acte de commerce par la forme qui revêt un caractère formel et dérogatoire au droit commun des obligations. Une des principales garanties de la lettre de change est l’acceptation. ayant la même valeur qu’une lettre de change papier se généraliseront. 61 . il est interdit aux mineurs et aux majeurs incapables de signer une lettre de change. elle doit avoir un support papier comportant toutes les mentions prévues par la loi à l’article L511-1 du Code de Commerce. la traite (autre nom) est un simple instrument de transport de fonds de place à place en même temps qu’un instrument de change. elle devient par la suite un moyen de paiement. Cette acceptation. Au départ. par une suite de transformation sur le plan économique et juridique. La lettre de change est un titre. Ainsi. La validité d’une lettre de change dépend exclusivement des formalités qu’elle contient. le droit civil des contrats ne régit pas la validité de la lettre de change. Aujourd’hui sa principale fonction réside dans le crédit. la lettre de change ayant une vie courte. L’aval. c’est un instrument de crédit à court terme. Il faut un papier relativement solide et sérieux. le droit de la consommation interdit en outre aux consommateurs de signer des lettres de change ou des billets à ordre pour rembourser un crédit qui lui a été consenti dans les rapports de consommation. d’après la loi.

le tireur peut jouer aussi le rôle de bénéficiaire. la circulation de la lettre de change doit se faire de porteur en porteur sans entrave. Au moment de la création de la lettre de change. Si le bénéficiaire décide de faire circuler la lettre de change. on en dénombre douze. §1 – Le formalisme de la lettre de change Pour être valable. La lettre de change est en effet un titre de crédit circulant. grâce en effet aux seules formalités du titre. la règle de change doit répondre à des règles précises dont l’inscription sur un papier crée la lettre de change. Le caractère limitatif de cette liste est incontestable car l’acte juridique formel que constitue la lettre de change. ce titre ne serait pas nul. seul la signature des incapables ou du consommateur serait invalidée. il existe d’autres mentions qui ne conditionnent pas la validité de la lettre de change. par exemple pour garantir le paiement de la lettre de change. sans se préoccuper des rapports juridiques à la base du titre. Quant aux personnes qui interviennent dans la lettre de change. par exemple pour faciliter le paiement de la lettre de change. si ce consommateur ou un incapable signait une lettre de change. le droit des effets de commerce qui fait exception au droit civil et les exceptions sont d’interprétation stricte. Pourquoi la lettre de change est-elle un acte juridique formel ? C’est parce que le formalisme imprègne les conditions de validité de ce titre et le formalisme sert ici à deux choses. obéit à un droit d’exception. mais qui sont néanmoins utiles. d’une part à assurer la sécurité juridique du titre. il y aura d’autres porteurs sans limitation de nombre. tiré et bénéficiaire. d’autre part le formalisme permet la circulation rapide de la lettre de change et plus généralement des effets de commerce. Cependant. c’est le tirage à soi-même. toute personne qui utilise une lettre de change doit pouvoir se fier aux mentions qui s’y trouvent indiquées. 1. les autres signatures restant valables. il peut n’y avoir que deux personnes. A) Les mentions obligatoires Article 551-1 I du Code de Commerce : Ces mentions sont énumérées en huit points. donc d’abord un impératif de sécurité juridique.Toutefois. tireur. En application du principe dit de l’indépendance des signatures. triangulaire. mais il y a plus de huit mentions obligatoires. C’est le tireur qui crée la lettre de change. La dénomination lettre de change insérée dans le texte même du titre et exprimée dans la langue du titre 62 . c’est le bénéficiaire qui porte la lettre de change. mais contentons nous du schéma le plus simple. c’est le tiré qui paye la lettre de change à l’échéance. elles sont nécessairement au nombre de trois au moment de la naissance du titre.

soit en chiffre avec des montants différents. Par exemple. il faut donc impérativement inscrire l’expression lettre de change sur le titre qualifié ainsi. la loi précise qu’il est pur et simple. Ce mandat se matérialise généralement par la formule « veuillez payer ». ce qui suppose que ce mandat n’admet aucune condition. Comme en droit civil. ni réserve : « Payez si vous recevez telle quantité de marchandise ». infra). il faut inscrire la somme qui représenta la valeur faciale de la lettre de change. Le mandat pur et simple de payer une somme déterminée Le mandat pur et simple de payer. veuillez payer. 2. par exemple. Une telle stipulation n’est valable que dans une lettre de change tirée à vue (cf. 3. Enfin. c’est aussi la preuve de la vitalité de la lettre de change dans le commerce international. cette somme est généralement libellée en lettre et en chiffre. mais aussi les tiers sur la nature cambiaire du titre et sur le régime juridique particulier et particulièrement rigoureux qu’entraîne la création d’un pareil acte juridique. ainsi que le taux d’intérêt doit être indiqué sur une lettre de change. « insérer dans le texte même du titre ». Cette mention permet d’interpeller tout signataire. ce sera « lettre de change » en française. si le mandat de payer est en français. le montant en lettre prévôt en cas de différence avec le montant en chiffre. il faut insérer la mention dans le corps du texte. Par sécurité. c’est encore l’application du droit civil d’après lequel les stipulations ambigües d’un acte juridique s’interprètent contre le créancier et en faveur du débiteur. Payer une somme déterminée. article L5114 du Code de Commerce. le fait de rédiger toutes les mentions et d’écrire en petit lettre de change. cette langue utilisée est celle de la formule du mandat de payer. La stipulation d’intérêt. Autre point. c’est la moindre somme qui prévôt. les intérêts courent à compter de la date de création du titre. une telle formule n’est pas valide. Il faut que le tireur inscrive sur le titre le montant global de la lettre de change se qui correspond au montant du crédit consenti par le tireur au bénéficiaire. la langue du titre : la mention lettre de change doit être exprimée dans la langue utilisée pour rédiger la lettre de change. dissociation qui ne permettrait pas de percevoir immédiatement la portée de l’engagement cambiaire.La dénomination lettre de change. le législateur entend éviter une dissociation incommode de la mention en question du reste du texte du titre. il faut toujours en revenir au droit commun. Ici on parle de droit civil malgré le fait que le droit cambiaire soit un droit d’exception parce que quand un droit d’exception ne prévoit pas de règles particulières. Par cette formule. La lettre de change peut contenir une stipulation d’intérêt. Si la somme est répétée à plusieurs reprises soit en lettre. ce qui permet de supprimer par avance d’éventuelles ambigüités sur l’acte juridique ainsi crée. Le nom du tiré 63 . c’est une exigence de clarté. La langue employée pour formuler le mandat de payer est la langue qui doit être utilisée pour désigner aussi le titre.

mais à partir d’une date future. en mois et plus rarement en années. Quatrième modalité. mentionnée en jour. le 29 avril 2010. Exemple. comment peut-il se faire payer. La lettre de change peut être considérée comme à vue quand elle porte cette mention. la lettre de change à échéance fixe. laquelle indique un lieu de paiement souvent autre que le domicile du tiré et ce lieu autre est généralement un établissement bancaire. mais si la lettre de change ne comporte aucune indication d’échéance. le porteur se présente pour le paiement auprès du tiré et s’il ne connaît pas son identité. les engagements perpétuels sont interdits en droit français. la lettre de change doit être payée à échéance déterminée. en semaine. elle doit comporter la mention « à vue ». La lettre de change invite le tiré de payer la somme au moment de l’échéance au bénéficiaire. C’est pourquoi le nom du tiré est une condition de validité du titre. C’est une lettre de change qui deviendra à vue au bout de deux mois. date fixe qui marque l’échéance. ou après acceptation. à l’échéance. C’est pourquoi. Ce qui veut dire que la lettre de change peut être présentée au paiement à tout moment. c’est la lettre de change où l’échéance porte une date précise. parce que c’est à partir de ce moment là que s’ouvrent les recours éventuels du porteur demeuré impayé. la lettre de change à un délai de vue. Seule la mention de son nom est exigée par la loi mais son identification effective suppose aussi l’indication de son adresse afin que le porteur sache où se présenter pour paiement. la lettre de change à un certain délai de date. L’échéance est aussi importante. le jour où la lettre de change doit être payée. Première modalité. L’échéance comporte en réalité diverses modalités et quand on examine ces modalités. Deuxième modalité. 64 . on décide que la lettre de change à vue doit être présentée au paiement au maximum dans l’année qui suit sa création. Néanmoins. L’échéance La lettre de change est un acte juridique à exécution différée. étant donné qu’en droit français. La plupart des lettres de change aujourd’hui portent une clause facultative de domiciliation. Ici. on peut en déceler quatre. l’échéance s’exprime par une certaine période de temps. Troisième modalité. la lettre de change à vue. le décompte de ce délai suppose en l’occurrence que la naissance de la lettre de change soit datée et la date de création (autre mention obligatoire) est donc importante.Le nom de la personne qui doit payer la lettre de change doit apparaître sur le titre au moment de sa création. En effet. ce qui est normal car la lettre de change matérialise un crédit à court terme. cette échéance doit être mentionnée dès la naissance du titre. « à 90jours ». on va considérer qu’elle est à vue. L’échéance de la lettre de change est une indication fondamentale car elle fixe le terme de l’opération de crédit contenu dans le titre et éteint l’opération de crédit. On entend par là le titre qui peut être présenté au paiement à tout moment. En effet. 4.

On estime qu’il est nécessaire d’identifier dès le départ le bénéficiaire de la lettre de change.N. c’est un autre lieu prévu par une clause de domiciliation. la lettre de change n’est pas un titre au porteur.5. Com. il peut aussi circuler. 12 Novembre 1992.A. et bien cette mise en circulation par simple endossement n’est pas possible sans la clause à ordre. sont admises parce que ces initiales visent sans hésitation possible. Le lieu de paiement est donc particulièrement important. Cela veut dire que le nom du bénéficiaire doit être impérativement inscrit sur le titre au moment de sa naissance. C’est en effet grâce à la date de création du titre que peut s’effectuer le décompte des différents délais stipulés sur le titre. si ce n’est pas celui-ci.C. L’indication de la date et du lieu de création Ici encore.P. le tiré doit payer à l’échéance au bénéficiaire qui détient la lettre de change. Le lieu de création est également une mention obligatoire et importante d’une part parce qu’elle situe géographiquement le tireur. la naissance du titre.F.F ou E. Mais ce bénéficiaire. Son importance supplémentaire se mesure par rapport à l’existence d’autres mentions telles que l’échéance ou bien l’absence d’échéance. Le lieu de paiement sera souvent. Société Française de Factoring. D’autre part. le titre est quérable. Que dire des initiales et des acronymes ? La Cour de Cassation condamne la mention du nom du bénéficiaire par apposition d’initial ou de griffe sur le titre. D’abord la date de création. ou R. elle fixe dans le temps l’apparition. En effet. Le lieu du paiement Cette mention qui doit être également inscrite sur la lettre de change au moment de sa création est fondamentale pour le porteur.D. lequel est garant ultime du paiement de la lettre de change. C’est-à-dire que c’est le débiteur qui doit se rendre chez le créancier pour qu’il le paye. En principe. Mais.T. le domicile du tiré. Cependant. la Cour de cassation admet que les initiales notoires comme S. ce bénéficiaire initial peut avoir endossé la lettre de change pour obtenir à son tour du crédit. c’est pourquoi elle figure parmi les mentions obligatoires de la lettre de change. concrètement. Cette mention est indispensable. mais pas nécessairement. il y a deux mentions. La clause à ordre. s’agissant de son nom peut receler une ambigüité. 6. Le nom de celui auquel ou à l’ordre duquel le paiement doit être fait On dit souvent que ce bout de texte véhicule deux mentions distinctes. à savoir le nom du bénéficiaire et la clause à ordre. 7. le lieu de création résout des conflits de loi ou de conflits de territorialité 65 . qui s’exprime par la formule « à l’ordre de » est une mention qui permet de faire circuler la lettre de change par simple endossement. Le bénéficiaire initial de la lettre de change peut ne pas être la même personne qui se présente à l’échéance pour le paiement et simplement parce que la lettre de change peut circuler du fait de la clause à ordre. SFF. la lettre de change est quérable et non portable.

puisque la lettre de change est un instrument du commerce international. Le tireur est à NewYork, le tiré à Paris et le bénéficiaire à Madrid.
8.

La signature du tireur à la main ou par tout procédé non manuscrit

Cette mention obligatoire doit pouvoir être décomposée. Tout d’abord, la loi n’exige que la signature du tireur et non son nom. Cependant, lorsque la signature est peu lisible, le nom du tireur devient indispensable pour l’identifier. En tout état de cause, l’adresse du tireur doit également être indiquée afin que le porteur puisse bien identifier ce tireur car il est garant du paiement de la lettre de change. La signature manuscrite est le procédé en usage en matière civile et commerciale. Ce procédé vise à parachever la formation d’un acte juridique. Pendant longtemps, la signature manuscrite fut la seule possible en matière cambiaire, mais les choses ont évolué. Cette possibilité de signature non manuscrite vient de la loi du 16 Juin 1966 qui le permet. Devant les innovations technologiques et la nécessité d’un traitement automatisé et donc plus rapide des titres, le législateur a du s’incliner devant la pratique, la signature à la griffe est donc permise dans la lettre de change. La griffe est un signe distinctif permettant d’identifier sans contestation possible son auteur, c’est l’emprunte reproduisant une identification personnelle de son auteur. En résumé, on peut dénombrer pas moins de douze mentions obligatoires dans la lettre de change. L’inscription de l’ensemble de ces mentions permet de rendre valable une lettre de change. En l’absence d’une seule ou de toutes ces mentions, le papier ne vaut pas comme lettre de change. B) Les mentions facultatives La lettre de change est un acte formel, un acte qui tire sa régularité des seules mentions qui y figurent et non des rapports juridiques dont résulte sa réalisation. Il existe d’autres mentions qui ne conditionnent pas sa régularité mais qui serve son but. Les mentions facilitant l’utilisation de la traite, on relève la clause de domiciliation, clause consistant dans une mention facultative désignant un lieu de paiement autre que le domicile du tiré qui est la personne désignée pour payer la lettre de change. Le domiciliaire, que l’on appelle encore domiciliataire, celui qui met son domicile à disposition pour le paiement, n’est pas un signataire de la lettre de change, sa fonction consiste purement et simplement à mettre son domicile à disposition pour le règlement effectif d’un titre cambiaire. Concrètement, le nom et l’adresse du domiciliaire sont indiqué avec son accord au verso du titre par le tireur. À l’échéance, le porteur se présente au domicile du domiciliaire avec la lettre de change et le domiciliaire paye avec les fonds qu’il a reçu du tiré. Le domiciliaire qui est généralement, mais pas exclusivement un établissement bancaire agit de la sorte après avoir reçu un mandat soit du tireur, soit du tiré. Pratiquement l’ensemble des lettres de change comportent une clause de domiciliation qui en permet un règlement aisé.

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Une autre mention facilitant l’utilisation de la lettre de change consiste dans la clause retour sans protêt ou retour sans frais. Le protêt est un acte d’huissier ou de notaire qui constatr soit le refus d’acceptation d’un titre cambiaire, soit le refus de paiement d’un titre cambiaire. Ce protêt est dressé à la demande du porteur par un notaire ou un huissier. Sans le protêt, le porteur ne pourrait pas avoir accès au recours cambiaire. Lourdes formalités de constitution, il en est de même de sa publicité, le tout comporte un coût des frais dont se porterait volontiers le porteur et les différents signataires cambiaires, les frais du protêt sont d’abord payés par le porteur. C’est pourquoi le tireur, au regard de ces coûts stipulera retour sans protêt ou sans frais qui interdira le protêt dans la lettre de change en cause afin d’en faciliter la réalisation. Malgré cette clause, le recours cambiaire pourra tout de même être possible. Voyons à présent une deuxième sorte de mentions facultatives ayant pour effet de faciliter le titre cambiaire, ce sont des garanties de paiement de la lettre de change. D’abord, l’acceptation qui est une mention facultative de la lettre de change émanant du tiré qui appose sur le titre la mention « accepté », « acceptation » ou toute formule équivalente. Quand le tiré accepte, cela signifie qu’il signe la lettre de change avec la mention « accepté » et ainsi il devient débiteur cambiaire, il doit payer à l’échéance même si à cette date il n’est pas débiteur de la provision. En signant le titre avec la mention acceptation, mention facultative, le tiré devient débiteur cambiaire alors qu’en l’absence de signature de sa part, il est tenu éventuellement de payer seulement sur le plan fondamental de la provision. Pour la validité de la lettre de change, c’est le nom du tiré qui est une mention obligatoire. Une autre garantie de paiement fort prisée dans le mécanisme cambiaire consiste dans une autre mention facultative, l’aval. L’aval est le cautionnement cambiaire qui montre une grande vitalité aujourd’hui encore. L’aval émanera d’un dirigeant de société qui entend garantir le paiement de la lettre de change émise par la société et là le dirigeant fourni son cautionnement. En tout état de cause, les mentions obligatoires, comme les mentions facultatives, obéissent à un formalisme précis. La question à régler à présent est le sort du titre dans lequel une ou plusieurs mentions fait défaut, ou bien ne satisfait pas aux prescriptions du droit cambiaire. §2 – L’irrégularité formelle de la lettre de change La lettre de change est un acte juridique dont les formalités constitutives présentent un caractère essentiel, en effet lorsqu’une irrégularité affecte une mention obligatoire, soit parce que la mention est male rédigée, soit parce que la mention fait défaut, c’est l’existence même de la lettre de change qui en subit les conséquences, en principe, le titre dans lequel une mention obligatoire fait défaut est nul. Cependant, le droit cambiaire prévoit des mécanismes de sauvetage du titre vicié à travers un mécanisme par équivalent largement étendu par la jurisprudence. Jurisprudence qui a crée un système de régularisation.
A)

Le sauvetage du titre irrégulier

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Les deux cas limitativement prévus de sauvetage sont les suppléances légales et les régularisations nées de la jurisprudence. 1. Les suppléances légales Le droit cambiaire n’est pas un système rigide, l’activité des entreprises fait généralement preuve de souplesse. Le système cambiaire ne se montre pas moins flexible, toutefois, cette flexibilité trouve une limite infranchissable dans les impératifs de simplicité, de rapidité et d’efficacité propres aux instruments de crédit. Les cas de suppléance légale, dans le formalisme de la lettre de change sont envisagés dans cette optique par l’article L. 511-1 II du Code de Commerce. Ces suppléances légales sont considérées comme des exceptions à la nullité qui doit anéantir en principe la lettre de change irrégulière. Le titre dans lequel une des énonciations indiquées au I fait défaut, ne vaut pas comme lettre de change, sauf dans les cas déterminés au III à V du présent article. En pratique, il n’existe que trois cas de suppléance légale, le premier se trouve dans l’article L. 511-1 III. Au terme de ce texte, la lettre de change ne comportant pas de date d’échéance est réputée tirée à vue. Cette règle qui porte comme une présomption légale énonçant qu’en l’absence d’indication de datte d’échéance, le titre doit être irréfragablement présumé et mis à vue. Le deuxième cas réside dans l’article L. 511-1 IV, aux termes de ce texte, en l’absence de mentions particulières concernant le lieu de paiement du titre, on estime que le lieu de paiement sera le domicile du tiré, cela signifie que si le lieu de paiement n’est pas indiqué, le paiement se fera à l’endroit indiqué comme domicile du tiré. Le troisième et dernier cas de suppléance figure à l’article L.511-1 V du Code de Commerce. D’après cet article, « la lettre de change n’indiquant pas le lieu de sa création, est considérée comme souscrite au lieu désigné à côté du nom du tireur ». Ce dernier repêchage présente une grande importance, notamment en cas de conflit de loi ou de juridiction quand il s’agit de déterminer la loi applicable à certains rapports juridiques constitutifs de la lettre de change, tels sont les trois cas de suppléance légale, la jurisprudence ne s’en tient cependant pas là.
2.

Les régularisations nées de la jurisprudence

Ici, il s’agit purement et simplement de ce que Georges Ripert appelle formalisme de substitution crée de toute pièce par la jurisprudence. On la retrouve dans d’autres effets de commerce comme le billet à ordre, mais aussi dans les instruments de crédit non cambiaires comme le bordereau Dailly. Pour faire un peu d’histoire, au XIXe siècle, la jurisprudence s’est affranchie, s’est dispensée de l’ordre impératif de la loi pour mettre en place un formalisme de substitution qui représente une variété de régularisation d’actes nuls. La question se pose en ces termes, est-ce que l’on doit se contenter des suppléances légales ou bien est-ce que la jurisprudence peut imaginer d’autres techniques du sauvetage du titre, une autre question s’est posée de savoir si cette régularisation concernée toutes les mentions ou seulement certaines d’entre-elles.

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le détenteur du titre doit régulariser le titre. pour que la défectuosité ou l’omission d’une mission n’entrant pas dans le champ des suppléances légales puisse être faite. par exemple si la date de création fait défaut ou le lieu d’émission de la lettre de change. la jurisprudence exige un accord exprès pour certaines mentions. B) La nullité du titre défectueux Le titre cambiaire étant un acte solennel. En pratique. sans aucune autre mention n’est pas une lettre de change régularisable. Pour certains signataires. ces conditions sont au nombre de trois. Celui qui se prévôt d’une lettre initialement irrégulière doit donc avoir corrigé cette irrégularité après avoir obtenu l’accord des intervenants cambiaires. À défaut le titre sera considéré comme cambiairement nul. D’une manière générale. a) L’accord préalable des signataires de la lettre de change La régularisation suppose l’accord de ceux qui ont déjà signé la lettre de change. les mentions facultatives présentent justement un caractère facultatif par rapport à l’intégrité du titre. c) La régularisation doit être réalisée au plus tard au moment de la présentation au paiement Si elle n’intervient pas avant présentation au paiement. il faut un accord préalable de ceux qui ont déjà signé la lettre change. il faut un accord exprès des signataires. cependant une nullité d’une mention facultative ne porte pas de conséquence sur la régularité du titre alors que le vice d’une mention obligatoire affecte la régularité du vice. le porteur pourra essuyer un échec justifié dans la demande de paiement car le tiré pourra lui dire que la lettre de change est irrégulière. b) Une régularisation effective doit être intervenue Cela veut dire qu’une fois l’accord tacite ou exprès obtenu.On s’accorde sur le fait qu’un simple blanc-seing. La même solution vaudrait pour le tireur ayant remis une lettre de change sans indication du nom du bénéficiaire. en ce qui 69 . Pour schématiser. Com. Cette irrégularité emporte aussi bien les mentions obligatoires que facultative. l’irrégularité de forme emporte nullité. 25 mai 1988. formel. il faut une régularisation effective. il faut un accord de tous les signataires cambiaires. on parle de lettre de change en blanc. voir l’avaliste ou des endosseurs. la jurisprudence énonce que l’accord peut être simplement tacite et non expresse. en acceptant la lettre de change ne comportant pas le nom du bénéficiaire a entendu tacitement autoriser d’avance une régularisation de cette mention. En revanche. c’est-à-dire un acte ne comportant qu’une simple signature. il faut enfin une régularisation effective avant la réalisation du paiement. 7 février 1983. Ces signataires peuvent être le tireur ou encore le tiré accepteur. Si la défectuosité d’une mention obligatoire persiste il faut se résoudre à la nullité. Com. il en va ainsi du tiré accepteur qui. la jurisprudence pose assez nettement les conditions de régularisation.

ainsi. En droit civil. En droit cambiaire. il y a des exceptions à cet effet d’anéantissement de la nullité. soit sur le terrain fondamental en devenant un titre de droit commun. La conversion par réduction de la lettre de change irrégulière Une lettre de change est établie comportant toutes les mentions obligatoires.concerne les irrégularités de forme à caractère substantiel qui résulte du défaut d’une ou plusieurs mentions obligatoires. conversion par réduction. 511-1 II du Code de Commerce qui dit. Cependant. sauf l’indication lettre de change peu valoir comme billet à ordre. un instrument qui comporte toutes les mentions obligatoires d’une lettre de change. On appelle cette transformation. lui permettre de faire naître un autre acte juridique conforme à la volonté des parties afin de permettre aux parties de réaliser l’opération économique qu’elles ont voulue. un contrat de travail nul. il y a donc retour au statut quo ante ave des restitutions qui doivent rétablir les parties dans leur état antérieur. 70 . le titre ainsi créée ne peut pas être considéré comme une lettre de change car il lui manque une mention obligatoire consistant dans la dénomination « lettre de change » et donc le titre n’est pas valable. Sitôt que le juge a prononcé la nullité du titre irrégulier. La deuxième exception concerne les contrats dans lesquels les restitutions en nature ne sont pas possibles. ne vaut pas comme lettre de change. On nomme ainsi un procédé par lequel le juge qui a prononcé la nullité d’un acte juridique va rechercher dans les actes nuls les éléments pouvant lui servir. la jurisprudence estime qu’un pareil titre vicié peut valoir autre chose. Cette mutation résulte d’un mécanisme juridique que l’on appelle conversion par réduction. le titre même nul sur le plan cambiaire peut cependant connaître une certaine fortune juridique. la conversion par réduction est si vivace qu’elle relève du principe reléguant l’anéantissement du titre au rang d’exception. Cette conversion par réduction est l’une des ///de la nullité en droit civil. pour reprendre l’exemple précédent. il y a anéantissement rétroactif de cet acte et de ces effets. Cette conversion par réduction est envisageable pour tous les actes juridiques formels mais s’illustre beaucoup dans les effets de commerce. sauf l’expression lettre de change. La première exception réside dans la confirmation de l’acte nul et opère uniquement quand la nullité est relative. soit sur le terrain du droit cambiaire en dégénérant en un autre titre. par exemple. Comment voulez-vous restituer en nature une force de travail ? La troisième exception est la conversion par réduction. le titre dans lequel une des mentions figurant au I fait défaut. 1. Toutefois. la nullité d’un acte juridique résulte d’un vice affectant la constitution de cet acte. Comment s’illustre-t-elle dans les effets de commerce ? Il faut lire l’article L. cela signifie que ce titre qui ne vaut pas comme lettre de change pourra éventuellement valoir comme autre chose.

quand on reçoit un chèque on va déposer ce chèque sur le compte et donc il faut l’endosser. l’endossement de procuration. Pour endosser une lettre de change. un aval apposé sur une lettre de change nulle. mais acceptée par le tiré. arrêt de la Chambre Commerciale. Par exemple. elle intervient en l’absence de sauvetage et en l’absence de conversion par réduction. pourra éventuellement valoir aussi comme billet à ordre. 23 janvier 2007. À supposer que le titre soit formellement régulier. inscrit le nom d’un nouveau bénéficiaire et remet le titre à ce nouveau bénéficiaire que l’on appelle endossataire. le chèque. ainsi se règlent les vices inhérents au formalisme cambiaire. 71 . Cependant. Comme on l’observe. A) Les participants à l’endossement L’endossement est le fait pour un porteur d’une lettre de change appelé ici endosseur de signer le titre au dos ou bien sur une allonge quand il n’y a plus de place au dos.La circulation par endossement de la lettre de change La lettre de change circule par endossement. Nullité pure et simple La nullité pure et simple sanctionne en principe l’irrégularité formelle de la lettre de change. il va pouvoir être mis en circulation le cas échéant. d’y ajouter le nom d’une autre personne et de se dessaisir du titre au profit de cette autre personne appelée alors endossataire. 2. Pour ce dernier cas. Ce qui sera dit de l’endossement vaudra pour le billet à ordre. l’endossement est un mode de transmission de titre de créance par lequel une personne appelée endosseur signe le titre au dos. si l’on prend un critère téléologique. il faut la détenir. cette trilogie révèle son importance moins dans les conditions que dans les effets de l’endossement. où un billet à ordre non daté vaudra éventuellement comme promesse de payer au sens du droit civil. pourra éventuellement valoir comme cautionnement de droit commun. on est l’endosseur et la banque est l’endossataire. une lettre de change non signée par le tireur. §1 – Les conditions de l’endossement Les conditions de l’endossement doivent être étudiées au regard des personnes qui y participent et en considération des modalités techniques qui le réalisent. Les effets habituels de la nullité se déploient alors avec leur cortège de restitution. pour tous les titres à ordre et donc pour le bordereau Dailly qui n’est pas un titre cambiaire. Il existe trois sortes d’endossement du point de vue de leur finalité. la conversion par réduction se rencontre aussi bien dans les mentions obligatoires que dans les mentions facultatives de la lettre de change.De même. Sous-Section 2 . de remise des parties dans leur état antérieur. le warrant. il y a l’endossement translatif. et l’endossement pignoratif.

quand un endossement en blanc est suivi par un autre endossement. Par ailleurs. Il est parfois assez difficile de saisir le régime de la lettre de change. à savoir l’endossataire. 511-1 à L511-87 du Code de Commerce. accepteur ou non du tireur ou de tout autre obligé. ce faisant le bénéficiaire intervient en tant qu’endosseur et l’autre en tant qu’endossataire. se fait grâce à une mention particulière de la lettre de change qui est la clause à ordre. l’endosseur n’est pas obligé d’inscrire le nom de l’endossataire. L’article L. 72 . l’un des moyens les plus simples de comprendre ce mécanisme consiste à prendre un code de commerce. En cette hypothèse. le bénéficiaire à son tour peut mobiliser cette créance au profit d’un nouveau porteur. le tiré qui peut se trouver dans le situation de porteur à cause de l’endossement. en effet. selon l’article L. L’endossement se fait de façon de très simple au dos de la lettre de change. celui qui a reçu en premier la lettre de change. 511-8 alinéa 3 du Code de Commerce. laquelle permet l’endossement de la lettre de change et plus généralement l’endossement de n’importe quel titre. En outre. sans lire la jurisprudence.511-9 II règle la situation juridique affairant en disant que dans un adossement en blanc. le premier porteur. l’endossement. Le mécanisme est très basique. B) Le mécanisme de l’endossement Mobiliser une créance c’est la mettre en circulation et la lettre de change est un instrument de mobilisation de créance parce que le tireur va transférer au bénéficiaire une créance qu’il détient sur le tiré ce transfert ayant pour but pour le tireur de se procurer du financement auprès du bénéficiaire. un point remarquable des modalités de l’endossement réside dans l’endossement dit au porteur. va signer la lettre de change au dos et remettre cette lettre de change au nouveau porteur. celui qui détient la lettre de change qui en est le possesseur légitime. dans ce cas où l’endosseur ne met pas le nom du nouveau bénéficiaire on parle d’endossement au porteur ou d’endossement en blanc. soit du nom d’une autre personne ou encore donner le titre à un tiers sans remplir le blanc et sans l’adosser. ». En l’espèce les difficultés éventuelles portent moins sur l’endosseur que sur l’endossataire. La lettre de change en elle-même apporte donc mobilisation en elle-même. l’endosseur. En effet. le signataire du dernier endossement est présumé avoir acquis la lettre de change régulièrement. Cet article signifie que l’endossement profite non seulement à des tiers mais également à des personnes déjà présente lors de la création du titre ou ayant signé en tant qu’endosseur ou en vertu d’une autre qualité. « l’endossement peut être fait même au profit du tiré. Ces personnes peuvent endosser la lettre à nouveau. Mais. on va estimer que le détenteur légitime du titre peut remplir le blanc de son nom afin d’aller percevoir le montant du titre.Le premier endosseur est le bénéficiaire originel. le porteur peut remplir le blanc soit de son nom. de lire les articles L. on parle d’ailleurs de titres à ordre s’agissant des titres qui circulent par endossement. En présence d’un endossement en blanc.

La clause non à ordre transforme en quelque sorte la lettre de change en simple titre de créance de droit civil. 511-8 alinéa 4 du Code de Commerce est tout à fait précis. au dos. le texte ajoute. l’opposabilité des exceptions. En présence d’une clause non à ordre.L’article L. l’endossement se fait par la signature du titre au dos. c’est dire que la clause à ordre est déterminante dans la circulation de la lettre de change laquelle se fait par endossement grâce à la clause à ordre. Toujours est-il que la signature s’effectue sur la lettre de change elle-même au verso. Cela veut dire que s’il y a une clause non à ordre dans la lettre de change. À propos d’une signature d’endossement au moyen d’une griffe. 73 . soit par tout procédé non manuscrit ». En signant le titre. celle-ci ne pourra être transmise que sous les formes de l’article 1690 du Code civil. 511-8 alinéa 2 du Code de Commerce affirme en effet qu’en présence d’une clause non à ordre. L’article L. « toute condition à laquelle il est subordonné est réputé non écrite » et d’ajouter. Pour entrer dans le détail. la question se pose alors de savoir si le cachet comportant le logo de l’entreprise endosseuse peut valoir comme griffe. l’acceptation de la lettre de change par acte authentique emportant circulation et avec les effets d’une telle transmission. la transmission du titre cambiaire n’a lieu que sous les formes et avec les effets d’une cession de créance civile. l’endossement doit être pur et simple. Les commentateurs s’accordent pour dire que la griffe doit représenter un graphisme propre à l’endosseur. « l’endossement partiel est nul ». ou bien sur une feuille qui y est attachée et que l’on nomme allonge. au verso avec l’indication du nom du nouveau bénéficiaire et la remise du titre au nouveau bénéficiaire. Y mettre des réserves ou réduire la portée de l’endossement à une somme inférieure au montant du titre prive le mécanisme d’efficacité. Quant à la formule qui accompagne l’endossement. la signature d’endossement. il peut donc être poursuivi en paiement au titre de la solidarité cambiaire au cas où le tiré se montrerait défaillant dans le paiement. pour la raison que le dos peut se trouver garnie d’autres endossement et être surchargé. l’article L. l’endosseur entre dans le mécanisme cambiaire et devient débiteur cambiaire en tant que garant du paiement du titre. La formule « bon pour endossement » suivi de la signature de l’endossement et de la remise du titre à l’endossataire constitue un endossement parfaitement valable. alors on va attacher une feuille supplémentaire sur laquelle l’endossement pourra intervenir. pourquoi signer l’endossement sur une allonge. la transmission d’un titre cambiaire n’a lieu que sous les formes et avec les effets d’une cession de créance de droit civil. arrêt de la Chambre Commerciale du 25 avril 2006. Toute personne ayant signé une lettre de change est engagée cambiairement en tant que garant du paiement du titre. la Cour de Cassation énonce que le simple cachet d’une société ne vaut pas signature non manuscrit au sens de la loi. 511-8 dans son alinéa 7 énonce en effet que l’endossement suppose la signature de l’endosseur et que cette signature est « apposée soit à la main.

mais aussi aux rapports fondamentaux. A) Les effets immuables de l’endossement Parmi les effets immuables. je peux dire que j’endosse sans garantie de paiement ou d’acceptation ce qui fait que si la lettre de change n’est pas payée. l’endossement produit un certain nombre d’effets s’attachant au rapport cambiaire. Au terme de l’alinéa 2 de ce même texte. Néanmoins. la règle ne présente guère de difficulté de compréhension. S’agissant de l’acceptation. et si d’aventure. Dès lors que le porteur agit ainsi. il dispose aussi de certains droits. la lettre de change se trouve de nouveau en circulation par voie d’endossement. en outre. par exemple. 1. Au moment où j’endosse. par ce cas assorti de réserves. Considérons dès lors les effets immuables et les effets variables de l’endossement. Retenons cependant qu’en vertu d’une règle supplétive. le refus d’acceptation engage l’endosseur sur le plan cambiaire. Tout ceci intéresse les obligations de l’endosseur. l’endosseur souscrit une lourde obligation puisqu’il devient engagé cambiaire et à ce titre redevable du montant de la lettre de change. selon que l’endossement est translatif. mais aussi des droits. L’endosseur est tenu de signer le titre lorsqu’il l’endosse.Cependant. en vertu du mécanisme de la conversion par réduction. de procuration ou est pignoratif. ceci en vertu de l’article L. mais également l’acceptation du titre. l’endosseur garanti non seulement le paiement du titre. il faut distinguer ceux qui concernent l’endosseur et ceux qui intéresse plutôt l’endossataire. En endossant. il existe aussi d’autres effets de l’endossement qui varient selon le type d’endossement. pourra valoir sur un autre terrain que sur le plan cambiaire. sa signature. je n’en garantie pas le paiement. 74 . si l’endosseur appose une signature d’endossement irrégulière. il y a pour l’endosseur des obligations. 511-10 alinéa 1er du Code de Commerce. §2 – Les effets de l’endossement En plus de faire entrer l’endosseur dans le mécanisme cambiaire. Effets à l’égard de l’endosseur Ces effets sont de deux ordres. la conversion par réduction pourra transformer cet engagement cambiaire irrégulier. ainsi il est permis à l’endosseur de se dégager de sa garantie de paiement et d’acceptation. éventuellement en une autre sorte d’engagement. malgré cette interdiction. Nous approfondirons cet aspect des choses dans les effets de l’endossement à l’égard de l’endossataire. l’endosseur est censé s’assurer de l’acceptation effective du titre au cas où le porteur prendrait l’initiative de présenter la lettre de change à l’acceptation. ou réduisant la portée de son engagement d’une manière ou d’une autre. il peut interdire un nouvel endossement. l’endosseur peut dire. l’endosseur ne sera pas tenu envers les nouveaux porteurs car les nouveaux endossements auront portés atteintes à son interdiction qui est tout à fait valable. Aussi. sans succès. voyons en premier lieu les obligations de l’endosseur. devient-il garant cambiaire car tout signataire de lettre de change est tenu d’en garantir le paiement. mais il a aussi quelques prérogatives. il existe des effets de l’endossement qui sont immuables. j’interdis tout endossement postérieur au mien.

La doctrine parle à ce propos de chaine d’endossement. en matière de lettre de change. l’endossataire bénéficie de tous les droits nés du titre. toutes les apparences montraient que l’endosseur tenait le titre d’un transfert irrégulier. c’est alors qu’il tirera profit de l’endossement. L’endossataire qui a reçu frauduleusement une lettre de change ou en commettant une faute lourde. ces droits portent sur la valeur monétaire du titre. La seule contrainte que l’endossataire subit réside dans la nécessité pour lui d’être diligent en tant que de besoin pour préserver ces recours cambiaires. doit la restituer sans préjudice de dommages et intérêts. des affirmations mensongères. l’endossataire peut se faire payer le montant du titre à 75 . il doit être porteur légitime. par exemple des mises en scène. Pour disposer de tous les droits nés de l’endossement. S’il y a rupture c’est que celui qui détient ce titre n’est pas le détenteur légitime. l’endossataire est sanctionné par la dépossession du titre sans préjudice de dommages et intérêts à sa charge. Concernant les droits de l’endossataire. il le savait mais il accepte de le recevoir tout de même. ils sont tout ce que confère le système cambiaire. de la lettre de change. on entend ici une strate d’une ancienne gradation des fautes civiles dans laquelle l’auteur du comportement dommageable n’agit pas intentionnellement. Voyons d’abord la qualité de porteur légitime. Cette idée signifie qu’il ne doit pas y avoir de rupture dans la suite des endossements. Par faute lourde.2. Le second alinéa ajoute que si une personne a été dépossédée d’une lettre de change par quelques évènements que ce soit. une telle incompétence dans son agissement que cet agissement est jugé comme revêtant une particulière gravité. 511-11 du Code de Commerce définit ainsi le porteur légitime. L’article L. ici on entend une acquisition frauduleuse du titre cambiaire. le porteur justifiant de son droit de la manière indiquée à l’alinéa précédent n’est tenu de se dessaisir de la lettre que s’il l’a acquise de mauvaise fois ou bien si en l’acquérant il a commis une faute lourde. même si ce dernier est en blanc. une fraude qui peut être constituée par des manœuvres proches du dol civil. En cas de contestation. Pour en bénéficier. le détenteur du titre doit avoir la qualité de porteur légitime. Effets de l’endossement à l’égard de l’endossataire L’endossataire est celui qui reçoit la lettre de change endossé. 511-12 du Code de Commerce. Acte d’huissier ou de notaire constatant le refus de paiement permettant le recours cambiaire. il appartient au porteur de remonter cette chaine en prouvant par tout moyen qu’il tient le titre de Y. lequel tient le titre de X. par exemple. Qu’il s’agisse de mauvaise foi ou de faute lourde. mais montre une telle inconséquence. lequel tient le titre de W. La mauvaise foi diffère de celle contenue dans l’article L. l’endossataire doit satisfaire une condition préalable. Le détenteur d’une lettre de change est considéré comme porteur légitime s’il justifie de son droit par une suite ininterrompue d’endossements. Cela signifie que si c’est nécessaire l’endossataire doit faire dresser un protêt faute de paiement pour pouvoir exercer un recours cambiaire contre les différents signataires de la lettre de change.

1. l’endossataire qui est devenu le porteur disposera pour renforcer ses chances d’être payé de tous les droits compris dans le titre. est-elle réfragable ? Susceptible d’être combattue par la preuve contraire ou au contraire irréfragable. dans les rapports des endosseurs avec des tiers. Un point important doit être clarifié. ensuite l’endossement de procuration et enfin l’endossement pignoratif. En revanche. Ce qu’il faut retenir est que l’endossement translatif emporte transmission de la pleine propriété du titre avec tous les droits de nature cambiaire et fondamentale qui s’y trouve intégrés. un tiers porteur. Concrètement. bon pour 76 . il faut rappeler qu’il y a trois sorte d’endossement. la présomption est irréfragable. que ces droits relèvent des rapports cambiaires ou des rapports fondamentaux. dans les rapports des endosseurs entre eux la présomption est simple. elle peut être renversée. quand le titre est simplement signé au dos. comme l’acceptation ou l’aval. sans indications sur la nature de l’endossement. l’endosseur remet en effet le titre à un mandataire pour que ce mandataire puisse procéder à l’endossement du titre lequel se fait par la signature au dos du titre avec la mention bon pour procuration. on dit que l’endossement est présumé translatif. il y a d’abord l’endossement translatif. Effets de l’endossement translatif C’est l’endossement par lequel le détenteur d’une lettre de change ou de n’importe quel titre à ordre entend transférer la pleine propriété du titre à l’endossataire. La lettre de change est en effet devenue la propriété du nouveau porteur de l’endossataire. D’abord les garanties cambiaires. Il bénéficie également des garanties fondamentales comme la créance de provision qui lui est transférée en même temps que le titre. Effets de l’endossement de procuration Il est celui qui consiste pour le détenteur d’une lettre de change à transmettre le titre à un porteur afin que celui-ci procède au recouvrement du titre. bon pour encaissement. il bénéficie de tous les droits incorporés dans la lettre de change. B) Les effets variables de l’endossement Certains effets de l’endossement voient leur contenu varier selon la nature de l’endossement. à cet égard. mais aussi des garanties légales de paiement de la lettre de change dont la principale est l’inopposabilité des exceptions. réfragable. Dans l’endossement de procuration. le porteur bénéficie de tous les droits rattachés au titre y compris celui d’endosser de nouveau. En outre. Quelle est la valeur de cette présomption. insusceptible d’être combattue ? La jurisprudence opère en l’espèce une distinction. 2. cet endossement est effectué par la signature au dos du titre suivi de la motion endossement translatif ou bien endossement en pleine propriété ou bien toute autre formule équivalente ainsi que de la remise du titre et de… Sitôt réalisé.l’échéance. sans autres précisions.

on consent au bénéficiaire du gage un endossement pignoratif qui est un endossement destiné à affecter le titre en garantie. Cette somme recouvrée se trouve à son tour affectée à la garantie en lieu et place de la lettre de change. Le mandataire sera tenu de procéder au recouvrement de la lettre de change dans les limites des droits de l’endosseur. Cette substitution s’appelle subrogation réelle. en garantie du paiement d’une dette. Il n’est pas propriétaire de la lettre de change et ne peut donc plus de droit qu’il n’en a. Le paiement de la lettre change. les droits de l’endossataire sur le titre sont limités par le mandat constitué par l’endossement de la lettre de change. Par cet endossement pignoratif. en garantie du paiement d’une créance qui lui endossataire détient sur l’endosseur. les garanties cambiaires tirent leur existence de la signature d’un titre cambiaire. il reçoit le titre en gage. « … à titre de garantie ». à l’échéance. mais simple possesseur. la loi ou le contrat prévoit des garanties au profit du porteur de la lettre de change. Le bénéficiaire du gage ne peut donc pas consentir un autre endossement pignoratif. L’endossement pignoratif L’endossement peut être comparé au nantissement de créance par bordereau Dailly. 3. L’endossataire ne peut à son tour consentir qu’un autre endossement de procuration. 77 . sur le fond des choses. Dès lors. Supposons une entreprise bénéficiaire d’une lettre de change et désirant obtenir du crédit auprès d’une Banque. celles qui résultent de la loi. il peut tout au mieux consentir un endossement de procuration. L’endossataire en tant que mandataire agit pour le compte de l’endosseur. Sous-Section III – Les garanties de paiement de la lettre de change La lettre de change est un instrument de crédit. rembourse ce crédit afin de limiter les risques de non paiement de la lettre de change. À l’échéance. bon pour mandat ou toute autre formule équivalente avec naturellement le nom du bénéficiaire nouveau et de la remise du titre à ce nouveau porteur. on distingue deux sortes de garanties cambiaires. d’affecter en garantie la lettre de change dont elle est propriétaire.recouvrement. §1 – Les garanties cambiaires Un engagement cambiaire est crée par la signature de la lettre de change. il est parmi à cette entreprise de donner en gage. « …à titre de gage » ou bien toute formule équivalente. encore moins un endossement translatif car il n’est pas propriétaire du titre. le bénéficiaire ne devient pas propriétaire de la lettre de change. Un endossement pignoratif se forme par la formule « bon pour endossement pignoratif ». Par conséquent. celles qui procèdent de la convention. l’endossataire pignoratif peut encaisser le montant de la lettre de change sans pour autant disposer de la somme à sa guise. l’endossataire ne peut consentir un endossement translatif. Pour constituer un gage en effet de commerce. la Banque est d’accord pour octroyer une ligne de financement à l’entreprise mais veut des garanties de remboursement. Certaines prérogatives cambiaires et fondamentales représentent des garanties qui font parties intégrantes de la lettre de change.

C’est pourquoi il est question de garanties légales en l’espèce. C’est une garantie parce que l’on estime que la signature invalide doit être retranchée de la lettre de change et de tout effet de commerce afin de permettre aux autres de poursuivre leur finalité. il y a trois sortes de garanties légales de paiement de la lettre de change sur le plan cambiaire et tout effet de commerce. 511-5 alinéas 2 et 3 du code de commerce. La signature nulle d’un engagement cambiaire n’affecte pas les autres. Il y a le principe de l’indépendance des signatures. 1. Les signataires dont l’engagement demeure valable doivent payer sans se prévaloir de la nullité invalidant un autre engagement cambiaire ainsi s’explique le fait que la lettre de change signée par un mineur ou majeur incapable puisse être nulle à l’égard de ce mineur ou majeur incapable tout en continuant de déployer ses effets à l’encontre des autres signataires. Cela permet au porteur du titre cambiaire de se faire payer en tout état de cause par les personnes dont les engagements sont valides indépendamment de la nullité d’un engagement cambiaire. Lescot et Roblot et Gavalda et Souflet estiment que le principe vaut même en cas de nullité d’un formalisme substantiel. Au terme de ce principe les engagements cambiaires sont indépendants les uns des autres et la nullité d’un engagement cambiaire n’affecte pas les autres engagements cambiaires. Dès lors. 78 . la solidarité cambiaire et le principe de l’inopposabilité des exceptions. Ces garanties cambiaires légales appartiennent au porteur de toute lettre de change ou de tout effet de commerce régulièrement établi sur le plan formel. Le principe de l’indépendance des signatures C’est un principe essentiel issu du formalisme cambiaire que cette indépendance des signatures. L’indépendance des signatures est invoquée dans les hypothèses de nullité des engagements cambiaires des incapables juridiques ou bien de nullité de mentions facultatives irrégulières ou en cas de supposition de signature. l’aval demeure valable. dans un effet de commerce un signataire cambiaire est engagé en vertu de sa seule signature et la nullité d’un autre engagement cambiaire n’affecte pas le sien. la loi attache à cette signature un effet de garantie au profit du porteur même si le signataire n’a pas voulu expressément garantir ce porteur. La supposition est un engagement cambiaire mensonge qui porte sur des signatures fausses ou imaginaires. si le porteur n’est pas payé par le tiré à l’échéance.A) Les garanties cambiaires légales Quand une personne signe un effet de commerce. il peut s’adresser à tout signataire du titre. Le principe de l’indépendance des signatures est énoncé dans l’article L. Ex : Si la signature d’acceptation est nulle. conditionnant la validité du titre cambiaire (signature du tireur). L’indépendance des signatures fonctionne ainsi concrètement. Selon ces auteurs si la signature du tireur est nulle et bien les autres signatures demeurent valides.

Y ou Z puisse diviser la dette. ceci d’après l’article L. ou avalisés une lettre de change sont tenus solidairement envers le porteur ». 511-44 du Code de commerce qui énonce « tout ceux qui ont tirés. 511-38 et L. Ex : Mr X est créancier de 90 000 euros sur WYZ. Alinéa 1er de l’article L. Il importe peu que le tiré est signé ou non après avoir réclamé sans succès paiement au tiré le porteur peu poursuivre les signataires collectivement ou individuellement. En vertu de la solidarité cambiaire tout signataire devient débiteur direct de la valeur du titre. La solidarité cambiaire En droit civil la solidarité des coobligés à la même dette est la règle selon laquelle lorsque plusieurs débiteurs sont tenus de payer la même dette à un même créancier.511-44 du Code de commerce. C’est l’un des monuments du système cambiaire que le principe de la solidarité des coobligés cambiaires qui se calquent sur la solidarité des coobligés de droit civil. Appliquée différemment. Elle ne défère pas fondamentalement de celle de droit civil et repose textuellement sur les articles L. Cette affirmation supporte un tempérament. sans que W. Naturellement le principe étudié en l’espèce n’intéresse que les rapports cambiaires et non les rapports fondamentaux. le recours du coobligé cambiaire qui a payé ne peut viser que ceux qui ont signés avant lui. le donneur d’ordre. Le mandataire est tenu sur le plan cambiaire mais pas le mandant. le principe aboutirait à des recours sans fins des uns contre les autres. Pour mettre en œuvre ce principe le porteur doit avoir vainement réclamée paiement à celui que le système cambiaire désigne comme devant payer la lettre de change à savoir le tiré. endossés. La solidarité cambiaire produit comme conséquence remarquable d’élevé tout signataire au rang de débiteur direct de la lettre de change. il faut que celui qui a payé en tant que garant se retourne uniquement contre les personnes qui ont signées avant lui et on remonte ainsi au tireur qui est le garant ultime du paiement de la lettre de change qu’il a émise. la solidarité fait que Mr X peut réclamer les 90 000 euros soit à W soit à Y ou encore à Z.Il en va de même pour celui qui signe la lettre de change en passant outre les pouvoirs reçus d’un mandant. 2. 511-47 alinéa 2 du Code de commerce. un seul d’entre eux ou certains seulement. En effet. Le porteur peut s’adresser soit à l’endosseur (signataire de la lettre de change) autant d’endosseur qui sont garants du paiement où peut les mettre en cause collectivement et celui qui paie la totalité se débrouille avec les autres. La loi précise que ce droit appartient également à toute personne ayant remboursé le montant du titre en qualité de garant cambiaire. le créancier peut réclamer le paiement de al totalité de la dette à un seul des débiteur sans que ce débiteur puisse discuter ni diviser la dette. 79 .

La locution à moins que située en plein cœur de l’article introduit en effet une limite avoir agit sciemment au détriment du débiteur. A tireur. qui domine tout le droit cambiaire se trouve énoncé dans l’article L. limite à un principe qui est l’inopposabilité des exceptions. Cet article dispose que « les personnes actionnées en vertu de la lettre de change ne peuvent pas opposer au porteur les exceptions fondées sur leur rapport personnel avec le tireur ou avec les porteurs antérieurs à moins que le porteur en acquérant la lettre n’ait agit sciemment au détriment du débiteur ». il est également le premier endosseur. Sans lui le droit cambiaire n’aurait pas la vigueur qui le caractérise. D l’endosse à son tour au profit de E. 511-12 du Code de commerce. l’entreprise A tire sur B une lettre de change au profit de C.La règle de la solidarité cambiaire peut sembler contre dire le principe de l’indépendance des signatures. La signature cambiaire fait peser sur tous les signataires une obligation et profite au porteur et à lui seul. Il n’en est rien. C est le débiteur initial mais également le premier porteur. En pratique il signifie que tout porteur d’un titre cambiaire qui demande à être payé par un signataire cambiaire ne doit rencontrer aucune résistance fondée sur les rapports fondamentaux comme l’absence de provision ou de valeurs fournies. 80 . Comme C a endossé la lettre de change au profit de D. Ex : L’entreprise A vend à terme des marchandises à B. Il nous faut alors nous livrer à un commentaire de cet article. 1. C endosse la lettre de change au profit de D. la loi énonce ici une règle et une exception. Une vue sommaire de la structure de ce texte permet de mieux saisir son contenu. Dans le système cambiaire les exceptions sont en principe inopposables. ce principe doit être regardé exclusivement du coté du signataire du titre pris isolement.Le contenu du principe : Le principe se situe exclusivement dans les rapports cambiaires. Le principe d’inopposabilité des exceptions agit de même dans un registre plus vaste et plus complexe. A l’inverse la solidarité cambiaire doit essentiellement être considéré du coté du porteur qui peut également être le débiteur initial ou n’importe quelle autre personne ayant payée. B tiré et C bénéficiaire. Le principe même de l’inopposabilité des exceptions Ce principe. Le tiré B a accepté la lettre de change et est donc devenu débiteur cambiaire. . Il contraint le signataire d’un titre cambiaire et donc de la lettre de change à payer le porteur sans pouvoir invoqué un principe de non paiement tiré des principes fondamentaux. Toutefois cette règle de l’inopposabilité des exceptions est tempérée par l’existence de quelques exceptions toujours opposables. C) Le principe de l’inopposabilité des exceptions Ce principe représente l’épine dorsale du système cambiaire. sa signature est indépendante d’un autre débiteur cambiaire.

Il y a abstraction en ce sens que le titre cambiaire peut être efficace en lui même indépendamment des rapports fondamentaux. La provision est un rapport fondamental et non cambiaire. L’inopposabilité des exceptions est une garantie de paiement. Le tireur doit signer la lettre de change pour que celle ci soit valable ce qui en fait un débiteur cambiaire. il profite au dernier porteur mais également à celui qui a payé en tant que garant et qui voudrait se retourner contre les autres signataires du titre. Les deux types de rapports co existent tout au long de la vie du titre. Peut-il invoquer le défaut de provision des marchandises ? Non. 81 . Comment s’opère l’inopposabilité des exceptions.D est le deuxième porteur et le deuxième endosseur. B n’a pas reçu la marchandise vendue et justifiant l’émission de la lettre de change. Le principe de l’inopposabilité des exceptions marche de la sorte tu as signé tu paies sans discussion (à ne pas mettre dans les copies). Le tireur A. On dit parfois en effet que la traite est un acte abstrait car cet acte vaut par lui même grâce au formalisme dont il tire sa validité. Nous avons vu que la solidarité cambiaire contraignait tout ceux qui ont signé la lettre cambiaire de payer le porteur en vertu de leur engagement. Le principe confère un certain degré d’abstraction à la lettre de change. E est le porteur effectif et légitime parce qu’il détient la lettre de change à la suite d’une chaine ininterrompue d’endossement de C à D et de D à E. Cependant l’article L. 511-12 du Code de commerce pose une limite à la règle de l’inopposabilité des exceptions. à B qui est le tiré. à l’échéance le porteur va s’adresser à la personne que le système cambiaire désigne. Cela interdit au tiré signataire cambiaire de refuser de payer en invoquant l’absence de provision qui provient des rapports fondamentaux. C qui pour endosser à du signer ainsi que D. L’émission d’un titre cambiaire mais aussi sa circulation par endossement ne font pas nover les rapports fondamentaux en rapport cambiaire. La doctrine résume cette formulation dans la phrase suivante : « la transmission du titre cambiaire n’emporte pas novation de la créance fondamentale ». Le porteur E pourra demander aux autres signataires de le payer. Il n’est donc pas débiteur du prix des marchandises. parce qu’il a accepté la lettre de change. et que le porteur E ne puisse pas obtenir de lui paiement effectif de la lettre de change. ils ont tous signés la lettre de change et sont donc tous engagés cambiairement. B s’est engagé cambiairement et doit payer en vertu de l’inopposabilité des exceptions sans se prévaloir du rapport fondamental de la non livraison. il l’a signé il est donc devenu débiteur cambiaire. Si le tiré B est en faillite. Le porteur qui n’a pas été payé par le tiré à l’échéance peut donc se retourner contre tout autre signataire qui payera sans pouvoir se prévaloir des rapports fondamentaux du fait du principe de l’inopposabilité des exceptions.

On observe la prééminence de l’un ou l’autre élément. 82 . La mise en œuvre de cette limite suppose la précision de trois éléments. certains points de la lettre de change comme la provision car les Etats signataires n’ont pu se mettre d’accord sur leur propos. 511-12 du Code de commerce pose une limite au principe de l’inopposabilité des exceptions cette limite est la mauvaise foi du porteur.- La mauvaise foi du porteur : limite au principe de l’inopposabilité des exceptions : L’article L. Cette formule n’a pas manqué d’interroger sur le sens exact à lui donner. 511-12 du Code de commerce. En réalité la connaissance du dommage fait partie de la conscience de le causer. D’abord la notion de mauvaise foi ensuite le moment d’appréciation de cette mauvaise foi puis la charge et l’objet de la preuve de cette mauvaise foi. Cette convention a laissé en dehors de son champ. le législateur a entendu mettre en échec. Quand à la mauvaise foi analysé ici elle résulte d’une formule de compromis traduite par l’expression »avoir agit sciemment au détriment du débiteur ». Toutefois dans la pratique jurisprudentielle et dans l’appréciation de cette pratique par la doctrine il y a oscillation entre l’élément objectif et subjectif. le législateur a entendu mettre en échec l’action cambiaire dans le cas où le porteur a eu conscience dans l’endossement du titre de porter préjudice Que faut-il entendre par conscience du dommage ? La simple connaissance de l’exception de suffit pas. l’action cambiaire dans le cas où le porteur à eu conscience en consentant à l’endossement du titre de causer un dommage au débiteur cambiaire par l’impossibilité de se prévaloir vis à vis du tireur ou d’un précédent endosseur des moyens de défense issus de ses relations personnelles avec ce dernier. C’est une formule de compromis entre les pays anglo-saxon partisans de l’idée que cette mauvaise foi devait consister dans la simple connaissance du dommage causé au débiteur cambiaire alors que les pays latins militaient pour la conscience de causer un dommage au débiteur cambiaire. la conscience du porteur de s’octroyer une prérogative juridique tenant à la puissance cambiaire de l’inopposabilité des exceptions tout en causant un dommage à son débiteur. La Cour de Cassation estime que dans la formule de l’article L. Cependant à cette connaissance objective s’ajoute un élément subjectif. 511-12 du Code de commerce : Pour comprendre cette notion de mauvaise foi il faut se souvenir que le régime actuel vient de la Convention de Genève du 7 juin 1930 uniformisant le droit de la lettre de change dans de bon nombre d’Etats hormis les USA et GB. la Cour de Cassation a fixé pour la première fois une interprétation dans quatre arrêts dit arrêts Worms rendus par la section commerciale de la Cour de Cassation du 26 juin 1956. D’après la Cour de Cassation dans la formule de l’article L. Comme les Etats n’arrivaient pas à se mettre d’accord sur une simple formule on a retenu un compromis consistant dans la formule avoir agit sciemment au détriment du débiteur. > La notion de mauvaise foi au sens de l’article L. 511-12.

D’autant plus qu’il incombe à la personne qui se prévaut d’un moyen de défense de rapporter la preuve. propre au droit cambiaire. Cependant. 511-12 du Code de commerce car cette mauvaise foi limite l’application de l’inopposabilité des exceptions qui ne vaut par définition que dans les rapports cambiaires. il n’existe pas de règles particulières en la matière. 83 . La personne actionnée sur le plan fondamental ne peut pas invoquer avec pertinence la mauvaise foi de l’article L. il faut donc s’en référer à l’article 2274 du Code Civil. Par ailleurs il convient de préciser que la mauvaise foi en l’espèce est invoquée par le débiteur cambiaire. La grande difficulté dans l’application de la règle de l’inopposabilité des exceptions semble résider dans l’établissement de sa limite. celui qui a signé le titre. Objet de la preuve de la mauvaise foi : Quant à la charge de la preuve. la jurisprudence le reconnaît de mauvaise foi du seul fait de cette connaissance. Alors que les rapports fondamentaux connaissent le principe de l’opposabilité des exceptions. > La charge et l’objet de la preuve de la mauvaise foi : La charge de la preuve de la mauvaise foi : lorsqu’un droit spécial ne règle pas au moyen de dispositions spéciales des situations données il faut toujours se référé au droit commun hors la charge de al preuve de al mauvaise foi en tant que limite de la règle de l’inopposabilité des exceptions n’est pas déterminé par le droit des exceptions cambiaires. 511-12 permettent à la jurisprudence de dégager une solution claire. C’est au moment ou le débiteur rentre en possession du titre qu’il faut se placer pour juger de sa bonne ou mauvaise foi. Dans notre cas la mauvaise foi du porteur est invoquée par un débiteur cambiaire pour refuser de payer c’est dont au débiteur cambiaire qui allègue la mauvaise foi de la prouver. Pourquoi l’attitude fautive du porteur s’apprécie au moment de l’acquisition du titre par ce porteur alors que le préjudice n’est réparable qu’à l’échéance ? Pascal Diener dit que l’intention dommageable et le dommage existent au moment de l’acquisition du titre mais le préjudice n’est subit qu’à l’échéance il s’agit donc d’un délit civil prolongeant ses effets dans le temps. Que le banquier prenne à l’escompte une lettre de change émise par son client tout en sachant pertinemment que la provision ne sera pas constitué à l’échéance en raison des difficultés économiques du tireur qui est son client. à savoir la mauvaise foi du porteur. la question de la matérialité de la preuve se pose. les termes en acquérant la lettre figurant dans l’article L. Il y a un cas ou la seule connaissance de l’exception suffit. qui doit rapporter la preuve. > Le moment d’appréciation de la mauvaise foi : Le législateur ne précise pas avec netteté ce moment.Par ailleurs et à titre d’exemple on note la position du banquier face à la situation de difficulté économique de son débiteur. Une fois qu’on a dit qu’il incombait au débiteur cambiaire d’établir la mauvaise foi. article 2274 du code civil d’après lequel « la bonne foi est toujours présumée et c’est à celui qui allègue la mauvaise foi à la prouver ». c’est donc à celui qui allègue la mauvaise foi. Aussi faut il en revenir au droit civil.

Il faut savoir que l’opposabilité des exceptions qui régit les rapports fondamentaux déborde parfois le terrain des rapports fondamentaux pour occuper très partiellement la zone des rapports cambiaires. ici le débiteur cambiaire.Il y a certaines situations d’incapacité 84 . systématiquement. Les exceptions toujours opposables Dans les effets de commerce. alors que l’inopposabilité des exceptions gouverne les rapports cambiaires. non plurat preitor (Le droit ne protège pas les imbéciles traduit par Malaurie et Aynès). des indices de cette mauvaise foi. Qu’est ce que « la preuve diabolique » ? Cela concerne la situation où la personne qui doit faire la preuve. les tribunaux ont permis au débiteur cambiaire d’obtenir en justice la nomination d’un expert. En d’autres termes. En pareil cas. En effet. Cela a conduit les juges à restreindre cette voie de l’expertise. d’autres exceptions existent.Certaines situations relèvent de ce que l’on appelle en droit « la preuve diabolique ». mais se trouve hors d’état d’établir une preuve irréfutable. . lorsqu’une mention obligatoire fait défaut comme par exemple l’absence de signature du tireur de la lettre de change. et qui peuvent faire échec à la demande de paiement du porteur sont envisageables : . mais certains débiteurs cambiaires ont eu tendance. en d’autres termes.Il y a les vices apparents du titre. Ainsi. Cette concession faite à l’opposabilité des exceptions par le droit cambiaire n’est pas considérable. de la lettre de change Il faut savoir que tout vice d’irrégularité d’une lettre de change. ou de n’importe quel titre cambiaire est une exception opposable à tout moment par le débiteur cambiaire. mais elles sont d’une autre nature. se trouve objectivement dans la quasi-impossibilité d’établir formellement la preuve du fait qu’il allègue au-delà d’un faisceau d’indices souvent de faible teneur probatoire. En dehors de l’article L. il n’y a pas d’expertise. qui sont toujours opposables par le débiteur cambiaire. à utiliser cette possibilité d’expertise pour refuser de payer en invoquant de façon déraisonnable la mauvaise foi du porteur. de non vigilantibus. Trois situations très différentes où des moyens de défense autres que la mauvaise foi du porteur. L’initiative était salvatrice. 511-12 du Code de Commerce. c’est à celui qui détient un titre de s’assurer que celui-ci est régulier en vérifiant pour la lettre de change que toutes les formalités légales sont réunies. chargé de se prononcer sur l’existence d’une éventuelle mauvaise foi du porteur. celui sur qui pèse le fardeau de la preuve dispose d’indices. Sans indices. l’opposabilité des exceptions régit les rapports fondamentaux. mais mérite d’être soulignée parce que présentant un certain intérêt. et les juges ont tendance à n’ordonner l’expertise que s’il existe au moins un commencement de preuve de la mauvaise foi. le débiteur cambiaire peut s’en prévaloir efficacement pour refuser de payer le porteur. et concernant la mauvaise foi. 2.

le débiteur cambiaire est fondé à opposer au porteur tout moyen de défense issu de leur rapport personnel. bon pour acceptation » ou formule équivalente. un majeur incapable ou un consommateur est nulle à l’égard de ces signataires et d’eux seuls. Exemple : Un patron avait des rapports extraprofessionnels avec sa secrétaire. car le patron avait signé les lettres de change en tant que tiré-accepteur. 511-5 du Code de Commerce. Le patron a ensuite vu ses relations se détériorer avec sa secrétaire. au moment de sa création ? Non. et la secrétaire était porteur. accepté. 1. Cela n’a rien à voir avec les rapports personnels entre le porteur et le débiteur cambiaire. sans interposition de personnes. Le patron a donc du payer. . il faut uniquement le nom du tiré. 85 . En cette hypothèse. souscrits. des majeurs incapables et des consommateurs les lettres de change par eux. que le patron tirait sur lui-même. Ils peuvent donc opposer à tout porteur l’exception d’incapacité. L’acceptation Elle est régie par les articles L. Cela veut dire que la lettre de change signée par une personne mineure. Dans les rapports du débiteur cambiaire avec le porteur. Il y a acceptation quand le tiré signe la lettre de change au recto avec la mention « acceptation. Ces rapports personnels sont ainsi immédiats et extracambiaires. La lettre n’avait pas circulé. le tiré est-il obligé de signer la lettre de change ? En principe non. et a refusé de payer les lettres de change.Il y a les rapports personnels entre le porteur et le débiteur cambiaire La règle de l’inopposabilité des exceptions empêche que le débiteur cambiaire puisse opposer au porteur des exceptions tirées des rapports du débiteur cambiaire avec un autre signataire cambiaire. Est-on obligé de signer la lettre de change. 511-15 à L. c'est-à-dire qu’ils existent entre le porteur et le débiteur. En cette hypothèse. qui rend nul à l’égard des mineurs. Celle-ci se faisait payer par des lettres de change. les exceptions tirées de leur accord personnel sont opposables. et le patron s’est défendu en disant que ces lettres de change avaient été souscrites pour une cause immorale. 511-29 du Code de Commerce.Prévues à l’article L. La secrétaire l’a alors assigné en justice. Le juge a répondu qu’il n’y avait pas inopposabilité des exceptions. de sorte qu’il faut leur permettre l’opposabilité de telles exceptions. B) Les garanties cambiaires conventionnelles Les deux garanties cambiaires qui résultent de la volonté contractuelle sont l’acceptation et l’aval. La secrétaire s’était ainsi trouvée à la tête de quelques lettres de changes tirées à son profit. le porteur se prévaudra efficacement du principe de l’indépendance des signatures pour obtenir paiement auprès des autres signataires du titre. Encours de vie de la lettre de change. et l’inopposabilité des exceptions ne jouaient pas. mais il peut arriver que le tiré signe la lettre de change.

Par exemple. On ne la retrouve dans aucun autre titre cambiaire. 511-7 alinéa 4 du Code de Commerce résume le propos en disant que l’acceptation suppose la provision. c’est la créance de provision. et quand il signe. Si le tiré est une société ou toute autre entreprise personnalisée juridiquement. si jamais les marchandises en question sont livrées. mais il y a un seul cas où il n’a pas le choix. créance fondamentale qui explique l’acceptation qui est pourtant un engagement cambiaire. C’est l’indication du nom du tiré qui est une mention obligatoire. Le tiré a le choix d’accepter ou de ne pas accepter la lettre de change. il y aura défaut d’engagement cambiaire. et cette chose qu’il doit. La rigueur de cet engagement justifie le formalisme strict de l’acceptation. il faut souligner que l’acceptation est une garantie cambiaire qui se pratique exclusivement dans la lettre de change. ni dans le warrant. il doit quelque chose au tireur. Cela ne signifie pas que la validité de l’acceptation dépend de la provision. D’ailleurs. quoiqu’il arrive. Ce double caractère exclut toute réserve ou tout condition du type ‘acceptation valant seulement si livraison de telle quantité de marchandise’. nécessairement manuscrite. 86 . et il payera le porteur à l’aide de la provision (Voir infra). le tiré devient débiteur cambiaire. mais on pourra estimer qu’il est tenu par la promesse de payer subordonné à une condition effectivement remplie. et non sa signature. pourquoi le tiré accepte-t-il alors. le tiré s’engage cambiairement. et encore moins dans le chèque. il s’engage à payer le porteur quoiqu’il arrive. C’est une des explications possibles de l’acceptation. Généralement. il accepte (mais pas exclusivement) parce qu’il est débiteur du tireur. moins rigoureux que les rapports cambiaires ? En effet. L’acceptation procède d’une signature. Dans la lettre de change. cela veut simplement dire que la provision explique pourquoi le tiré signe. a) Conditions de l’acceptation En acceptant la lettre de change. La signature du tiré ne conditionne pas la validité de la lettre de change. En signant. En cas de réserve du tiré.En signant la lettre de change et en y ajoutant une telle mention. la mention d’acceptation est importante. Une question se pose. qu’il pourrait se contenter de demeurer dans les rapports fondamentaux. si le tiré signe en ajoutant « acceptation sous conditions de livraison des marchandises ». et le tiré pourra être tenu par les termes de son engagement conditionnel en vertu par exemple de la théorie de la conversion par réduction. quoique facultative. un de ses dirigeants/représentants signe au nom de la société sans être engagé personnellement. il n’y aura pas acceptation car celle-ci est conditionnelle. ni dans le billet à ordre. L’acceptation est pure et simple. c’est une faculté pour le tiré d’accepter ou de ne pas accepter. l’article L. Ceci étant dit. où il doit accepter la lettre de change. le tiré va signer la lettre de change. il y a une enclume qui lui tombe sur la tête qui s’appelle l’inopposabilité des exceptions. Le tiré accepte généralement parce qu’il détient la provision.

l’aval peut garantir tous les titres cambiaires : lettre de change. dernier alinéa du Code de Commerce qui envisage cette hypothèse. le tiré s’oblige à payer la lettre de change à l’échéance » et dans l’alinéa 2. l’aval de la lettre de change est un cautionnement garantissant le paiement d’une lettre de change ou de tout autre titre cambiaire. qui doit payer la lettre de change à l’échéance. et plus particulièrement l’article L. c’est le cautionnement cambiaire. a) Les conditions de l’aval Qui peut souscrire un aval pour s’obliger à garantir le paiement d’une lettre de change ? L’aval émane de toute personne désireuse de garantir un signataire cambiaire. b) Effets de l’acceptation L’article L. 511-19 du Code de Commerce énonce dans son alinéa 1er « Par l’acceptation. parce que le porteur ne peut en principe se voir opposer la moindre exception hormis sa mauvaise foi.C’est le cas où la lettre de change a été émise en règlement d’une vente commerciale de marchandises effectivement livrées. 2. c’est l’article L. 511-46 ». 511-45 et L. et ses effets. les conditions assez simples de l’aval. billets à ordre. L’aval. de ce qu’est l’aval consiste pour une personne à s’obliger à payer la dette d’une autre personne. qui sont plus complexes. Considérons dès lors successivement. La loi oblige le commerçant qui a reçu les marchandises d’accepter les lettres de change tirées sur lui. l’acceptation fait du tiré un débiteur cambiaire. Si le tiré ne paye pas à l’échéance. 511-15. Ce qui vient d’être dit de l’acceptation ne représente qu’un aperçu d’une matière bien plus riche. chèque… Ce que nous verrons ici de l’aval s’appliquera donc à l’ensemble des titres cambiaires sans exceptions. 511-21 du Code de Commerce. L’aval de la lettre de change Régi par l’article L. Ces recours cambiaires sont particulièrement efficaces. 87 . mais dont les effets le sont un peu moins. Le principe est net. A la différence de l’acceptation qui ne concerne que la lettre de change. au cas où cette autre personne ne paierait pas. le texte ajoute « à défaut de paiement. comme nous venons de le voir dans l’étude de l’inopposabilité des exceptions. warrant. 511-12 du Code de Commerce. le porteur même s’il est le tireur a contre l’accepteur une action directe résultant de la lettre de change pour tout ce qui peut être exigé en vertu des articles L. Le cautionnement. L’aval est une garantie dont les modalités sont simples. alors le porteur peut exercer contre lui les recours cambiaires.

mais en une règle de fond. Il y a donc là une présomption. Le cautionnement cambiaire que constitue l’aval peut porter sur le montant intégral du titre. La baliste doit signer la lettre de change. en disant que la règle selon laquelle l’aval en blanc est réputé avoir été donné pour le compte du tireur ne consiste pas en une présomption. Le silence de l’avaliste signifie que l’aval est donné pour garantir la défaillance du tireur. Toutefois. Sur quoi est donné l’aval ? Il figure en général au recto de la lettre de change. mais l’engagement d’aval ne vise à pallier que la défaillance d’un débiteur cambiaire. signature précédée de la mention ‘bon pour aval’ ou toute mention équivalente. ou bien sur un montant moindre. Quel est le débiteur cambiaire garanti par l’aval ? Il peut y avoir plusieurs signataires de la lettre de change. l’aval suppose la signature de la baliste. En principe. par exemple une société . à condition que cet acte séparé porte la stipulation de son lieu d’établissement. l’engagement d’aval précise le débiteur garanti par l’avaliste. l’aval par acte séparé permet par un seul acte de garantir toute une série de lettre de change. en droit. ce recto peut se trouver complètement rempli avec toutes les mentions obligatoires. toute personne ayant signé une lettre de change peut être secondée par un avaliste. b) Les effets de l’aval 88 . on parle d’aval en blanc. Généralement. ces personnes s’obligent à garantir le paiement de la lettre de change au cas où un débiteur cambiaire viendrait à être défaillant. La Cour de Cassation énonce « l’aval ne peut garantir l’exécution de l’obligation que de l’un des débiteurs cambiaires » (Com – 9 Juillet 1957). La question peut sembler oiseuse. La loi permet alors que l’aval soit donné sur une allonge. et la question se pose de savoir qui est le débiteur cambiaire dont l’avaliste va prévenir la défaillance. Dans ce cas là. mais il peut également ne pas préciser le nom du signataire cambiaire qu’il entend garantir. quand on voit le mot « réputé ». facultatives… De sorte qu’il n’y a plus de place du tout pour avaliser. Est-elle simple ou irréfragable ? La Cour de Cassation a réglé la question dans un arrêt Chambres réunies – 8 Mars 1960. car généralement. la loi répute l’aval en blanc donné pour garantir la défaillance du tireur. on ne peut pas faire la preuve contraire. obligeant le donneur d’aval à désigner le débiteur cambiaire qui est le garanti. En outre. Autrement dit. Ce principe est très important et il en résulte que celui qui n’a pas signé la lettre de change ne peut être garanti par un aval. cela sent la présomption. L’avaliste précise généralement le nom du signataire cambiaire qu’il veut garantir. En quoi consiste l’aval dans sa matérialité ? Dans sa matérialité. ceci pour régler plus aisément les éventuels conflits de loi en droit international privé. En pareil cas. L’aval sur acte séparé est permis. le tiré-non accepteur ne peut pas être garanti par un aval car il n’est pas débiteur cambiaire.Celui qui donne son aval peut être une personne physique ou une personne morale. Par exemple.

voire ambigus. le donneur d’aval acquière les droits résultants de la lettre de change contre le garanti et ceux qui sont tenus envers ce dernier. le principe légal est le suivant. Quand le donneur d’aval/avaliste/avaliseur a payé. 511-21. alinéa 8 du Code de Commerce prévoit que « son engagement est valable alors même que l’obligation qu’il a garantie serait nulle pour toute cause autre qu’un vice de forme ». garantissant une personne déterminée. il dispose d’un recours puisqu’il ne paye qu’en qualité de garant. car le tiré accepteur Dubois est auteur d’une acceptation partielle limitée à 1000. exerce une action récursoire contre un ou plusieurs autres signataires cambiaires. l’avaliste du chemin a qui le porteur demande paiement ne sera pas tenu de payer 2000. L’article L.Le recours du porteur contre le donneur d’aval Lorsque pour une raison ou une autre. Si ce débiteur principal est 89 . le porteur peut exercer un recours cambiaire contre tout signataire. le donneur d’aval ne peut invoquer que les vices apparents du titre. En tant que signataire du titre cambiaire. La loi énonce que le donneur d’aval est tenu de la même manière que celui dont il s’est porté garant. Cela veut dire que le donneur d’aval se trouve un peu dans la situation de la caution. Ce qui enferme une certaine limitation de l’engagement du donneur d’aval. l’avaliste est tenu dans les mêmes termes que le débiteur cambiaire dont il garantit le porteur contre la défaillance. . L’aval est une garantie complexe selon le cas. les effets de l’aval varient selon que le porteur agit en paiement contre le donneur d’aval ou bien selon que le donner d’aval ayant payé. . 511-21 du Code de Commerce : « quand il a payé la lettre de change. qui garantit le créancier contre la défaillance du débiteur principal. Ce tiré accepteur est garanti par un avaliste Duchemin.L’action récursoire : le recours du donneur d’aval après paiement. Ceci étant dit. alors l’avaliste qui le garantit l’est également. Ce qui signifie que le principe de l’inopposabilité des exceptions joue contre le donneur d’aval et au profit du porteur. l’avaliste est un débiteur cambiaire comme un autre. D’après ce texte. et se trouve donc hors d’état de payer la lettre de change. Néanmoins.Ceux-ci sont complexes. Supposons en outre que ce tiré-accepteur Dubois soit en faillite. En cette matière. alors que la lettre de change vaut 2000. mais sera tenu de payer 1000. comme pour n’importe quel obligé cambiaire. Toutefois. et donc contre l’avaliste. l’avaliste voit son engagement limité par celui de la personne dont il prévient la défaillance. Il est empêché d’opposer au porteur les exceptions tirées du rapport personnel liant le porteur ou débiteur cambiaire garanti. Alors. posé par l’article L. Si le débiteur cambiaire est libéré. et en vertu de la lettre de change ». la lettre de change n’a pas été payée. Exemple : Prenons un tiré-accepteur Dubois. l’avaliste se présente comme n’importe quel débiteur cambiaire ou bien comme un débiteur accessoire à l’image d’une caution. qui a limité son acceptation à un montant de 1000.

En réalité. A côté de la provision. Il est donc logique que quand la caution/donneur d’aval paye. ni avalisées. la lettre de change au chèque (Chèque sans provision). car sans elle. et non du droit cambiaire. le titre cambiaire ne reposerait sur rien. §2 – Les garanties extracambiaires de la lettre de change En dehors de la signature cambiaire.défaillant. ceci montre l’ambigüité qui caractérise le mécanisme de l’aval. A partir de ce moment là. il existe des garanties extracambiaires tout aussi variées. Cette cohabitation du droit commun du cautionnement avec le droit cambiaire. dans toutes ses déclinaisons légales ou conventionnelles. d’autres garanties peuvent renforcer la lettre de change comme le cautionnement de droit commun. et si la caution a payé. un certain nombre de conséquences juridiques peuvent être déduites. sur ce point seulement. Boujeka la caractéristique d’être la principale garantie de paiement de la lettre de change. Elle a estimé que le recours du donneur d’aval après paiement devait être tiré du cautionnement de droit commun. ce recours s’appuie sur le droit cambiaire. Il n’est de comparer. La provision présente du point de vue de M. 90 . il puisse disposer d’un recours contre le débiteur défaillant. La provision est la base économique de la lettre de change. cependant. parce que le droit cambiaire obéit à la règle de l’inopposabilité des exceptions alors que le droit commun du cautionnement est soumis à la règle de l’opposabilité des exceptions. A) La provision de la lettre de change La provision est la créance de sommes d’argent que détient le tireur sur le tiré. et en l’occurrence l’article L. On sait que la provision donne toute sa valeur au chèque. L’aval est certes un engagement cambiaire. certains de ces mécanismes relèvent du cautionnement de droit commun comme par exemple le recours du donneur d’aval après paiement. Parmi ces garanties extracambiaires. 511-21 du Code de Commerce. Toutefois. Ce. Ceci est particulièrement important. la provision occupe une place essentielle. et qui sert à payer au bénéficiaire la lettre de change à l’échéance. puisque la majorité des lettres de change ne sont ni acceptées. alors la caution paye. comme l’hypothèque ou encore les lettres d’intention. il a payé la dette qui n’était pas la sienne puisque la caution n’intervient que pour pallier la défaillance du débiteur principal. La question qui peut se poser avant tout est de savoir sur quoi se fonde ce recours du donneur d’aval après paiement ? En principe. droit spécial n’est pas anodine. la jurisprudence n’a pas jugé les choses ainsi.

D’autres opérations économiques. X vend des marchandises à Y pour 10 000. L’échéance est la date buttoir de constitution de la provision. la vente est la seule opération juridique/économique qui peut générer la provision par son prix. En d’autres termes. C’est à l’échéance de la lettre de change qu’il convient donc de se rapporter pour savoir s’il y a provision ou s’il n’y a pas provision. il faut se référer ici au mot « redevable ». La provision doit exister à l’échéance. 511-7 alinéa 2 du Code de Commerce dispose « Il y a provision si. payables le 11 Avril 2010. 91 . à l’échéance du titre pour se placer afin de savoir s’il y a provision. et peut donc immédiatement être présentée au paiement. autre que la vente. La provision doit exister à l’échéance. Ce n’est pas à la date du 11 Janvier 2010 qu’il faut se placer pour apprécier l’existence de la provision mais à la date du 11 Avril 2010. d’une somme au moins égale au montant de la lettre de change ». mais rien n’interdit de la constituer avant l’échéance. mais il n’est pas interdit de la constituer avant l’échéance. Pour savoir en quoi consiste précisément la provision. Dans une lettre de change tirée à vue (Echéance immédiate). et qui servira à payer la lettre de change détenue par Z à l’échéance. Etre redevable de quelque chose. Une autre question vient à l’esprit : avec quoi constitue-t-on la provision ? La lettre de change n’est pas créée obligatoirement sur la base d’une vente de marchandises. c’est devoir quelque chose. puisque la lettre de change a une échéance immédiate. La provision est donc une dette : c’est la dette du tiré envers le tireur ou bien la créance du tireur sur le tiré ce qui est la même chose. La loi précise que l’existence de la provision doit s’apprécier à l’échéance.Mais à la différence de la provision du chèque qui doit exister dès l’émission de ce titre. En quoi consiste précisément cette garantie ? Comment la provision joue-t-elle ce rôle ? 1. Le 11 Janvier 2010. la question se pose : à quel moment peut-être constituée la provision ? C’est tout de suite après l’émission. La provision consiste dans la créance de prix de 10 000 des marchandises que détient le tireur X sur le tiré Y. il y aura provision si à l’échéance. à l’échéance de la lettre de change. peuvent servir de fondements à l’émission d’une lettre de change. Il ne faut pas croire que dans la lettre de change. avec le 11 Avril 2010 comme date d’échéance. celui sur qui elle est fournie est redevable au tireur ou à celui pour compte de qui elle est tirée. la provision de la lettre de change doit être effective seulement à l’échéance. X tire sur Y une lettre de change également de 10 000 au bénéfice de Z. le 10 Janvier 2010. La notion de provision dans la lettre de change L’article L. Par exemple. Cette provision de la lettre de change est considérée comme la garantie du paiement de la lettre de change. le tiré est débiteur du tireur d’une somme au moins égale au montant de la lettre de change.

le tiré est fondé de son côté à verser uniquement le montant de la provision qu’il détient effectivement et dans la limite du montant de la lettre de change. il ne peut verser que 5 000. Cette somme doit au moins être égale au montant de la lettre de change. Cela veut dire que si. Ce rôle s’affirme dans ce que la loi appelle la propriété de la provision. le tiré n’a que 5 000 de dettes envers le tireur. 2. Dans tous les exemples fournis. alors la provision sera le montant de cette promesse qui se matérialisera dans le prêt lui-même. Sur le terrain de la provision toujours. Si le tiré a consenti une promesse de prêt d’argent au tireur qui tire sur cette base une lettre de change. la provision peut être toute créance de somme d’argent du tireur sur le tiré. et ce dès l’émission. Si à l’échéance. La provision versée non pas au tireur qui a emprunté mais au bénéficiaire de la lettre de change. et que la lettre de change n’est que de 10 000. Cette couverture représente l’objet du rapport d’obligation entre le tireur et le tiré. la provision est déterminée par la considération d’une couverture. la provision est toujours une somme d’argent comme le précise la loi. Si pour telle ou telle raison.Toute opération juridique ou économique pouvant entraîner une obligation de somme d’argent. La propriété de la provision est transmise aux porteurs successifs de la lettre de change. La jurisprudence estime cependant que le porteur peut exiger que lui soit versée une provision simplement partielle mais dont le versement ne libèrera pas entièrement le tireur et les autres signataires cambiaires. et la provision est le prix de ces marchandises. 92 . la couverture réside dans les marchandises. peut servir de matériaux de constitution d’une provision de lettre de change. mais il peut immobiliser la provision à son profit entre les mains du tiré. à l’échéance. Voilà qui est étrange puisque l’existence de la provision doit être appréciée à l’échéance. à qui la provision est versée. si le porteur le lui réclame. il ne versera que 10 000 et devra 5 000 au tireur. et constitue le matériau dans lequel est forgé la provision. le tiré détenant la provision refuse de payer à l’échéance. C’est la somme représentant la créance du tireur sur le tiré. dès l’émission de la lettre de change. Le porteur ne peut en principe réclamer un paiement anticipé de la lettre de change. En réalité. le tiré doit 15 000 au tireur. Dans l’exemple précédent. propriété qui appartient au porteur. le droit positif répond que le tireur peut agir contre le tiré en mettant en œuvre l’action dite de provision. En général. Le rôle de garantie de la provision La provision est la principale garantie de paiement de la lettre de change. alors que le montant s’élève à 10 000.

la preuve de la provision doit être rapportée par le porteur. ce texte signifie que dès que le bénéficiaire entre en possession de la lettre de change. A la lettre. et l’alinéa 3 qui dit que la propriété de cette provision est transmise aux porteurs successifs. il peut la bloquer à son profit. C’est comme çà qu’on explique cette théorie de la propriété de la provision. c’est simplement à l’échéance que le porteur peut se faire verser le montant de la lettre de change. le tireur peut en faire ce qu’il veut. Avant l’échéance. Or. b) Les techniques de consolidation de la provision 93 . il devient propriétaire de la provision. sauf si le porteur décide de la bloquer à son profit. l’endossataire qui est le nouveau porteur devient à son tour propriétaire de la provision. et donc le montant de la provision. et ainsi de suite. ne fait rien avant l’échéance. Avant l’échéance. mais si celleci existe. la jurisprudence règle cette contradiction de la façon suivante. Comment peut-on être propriétaire d’une provision qui n’existera qu’à l’échéance ? Il y a comme une contradiction dans l’article L. En bonne logique. le porteur ne peut pas demander le paiement de la provision. Si le bénéficiaire endosse la lettre de change. Retenons l’hypothèse où la provision existe avant l’échéance et le porteur décide de la retenir.Dans cette hypothèse. Si le porteur. C’est comme çà qu’on résout la contraction entre les deux alinéas. le porteur de la lettre de change devrait pouvoir à tout moment exiger du tiré le versement de la provision. nous avons vu que l’existence de la provision s’appréciait à l’échéance et donc. alors le tireur ne peut pas en réclamer le paiement au tiré. Si la provision n’existe pas avant l’échéance. a) La propriété de la provision L’article L. son droit sur la provision ne sera définitivement acquis qu’à l’échéance. comme le tireur peut toujours se libérer du montant de la provision entre les mains du tireur. Qu’appelle-t-on un droit éventuel ? C’est un droit présent à l’acquisition d’un droit futur. Cela veut dire que le porteur qui sait qu’une provision existe avant l’échéance peut l’immobiliser à son profit pour s’en faire la valeur à l’échéance. qui énonce que la provision ne doit exister et être acquittée qu’à l’échéance. et le tiré ne peut pas s’en libérer entre les mains du tireur. le tireur peut toujours constituer la provision entre les mains du tiré. Avec l’aide de la doctrine. Si elle existe avant l’échéance. il va le faire grâce à des techniques de consolidation. et donc dès l’émission. c'est-à-dire que j’ai actuellement le droit de disposer de quelque chose qui n’existera que dans le futur. et si le porteur décide de la bloquer à son profit. Le propre d’un droit éventuel est de pouvoir faire l’objet d’une consolidation avant son exigibilité. Il en résulte que le droit du porteur sur la provision avant l’échéance est un droit éventuel. ce n’est pas grave. sachant que la provision existe. 511-7 alinéa 3 du Code de Commerce dispose « la propriété de la provision est transmise aux porteurs successifs de la lettre de change ». 511-7 entre l’alinéa 2.

la provision ne conditionne pas juridiquement l’acceptation. Provision qui appartient aux rapports fondamentaux. La provision peut expliquer l’acceptation. le porteur n’obtient pas versement de la provision entre ses mains. il est tenu de conserver la provision quand il la détient au seul profit du bénéficiaire. le tiré s’oblige à ne pas se dessaisir de la provision au profit du tireur. En consolidant son droit sur la provision. Il signe la lettre de change. En acceptant la lettre de change. et la saisie conservatoire. . mais il peut y avoir interdépendance. on estime que dès le moment où le tiré a accepté la lettre de change. En effet. L’article L. Cependant. Quelles sont précisément les techniques de consolidation de la provision ? La pratique en dénombre au moins quatre principales : l’acceptation. et prive corrélativement le tiré de la possibilité de payer sa dette au tireur. En effet. les choses peuvent se compliquer : il y a indépendance entre rapports cambiaires et rapports fondamentaux. le tiré accepte généralement mais pas nécessairement parce qu’il est redevable de la provision. il la bloque simplement à son profit et ce jusqu’à l’échéance. Cet engagement cambiaire est en principe indépendant de la provision.La défense de payer 94 . la défense de payer.Le porteur peut ainsi immobilier la provision avant échéance du titre.L’acceptation C’est la même que celle vue précédemment en matière cambiaire. Pour autant. avec la mention « J’accepte ». C’est l’acte par lequel le tiré s’engage cambiairement. 511-7 alinéa 4 du Code de Commerce résume cette situation en disant que l’acceptation suppose la provision. Il ne peut plus verser le montant de la provision au tireur. C’est souvent parce qu’il a provision que le tiré accepte la lettre de change. il peut y avoir relation entre les effets de l’acceptation et la provision. C’est seulement à l’échéance que le porteur exigera du tiré le paiement de la lettre de change. On dit que l’acceptation a un effet de blocage sur la provision. L’acceptation réserve donc la provision au seul profit du porteur. . la convention d’affectation spéciale. L’acceptation se forme uniquement par la signature du tiré. Cette immobilisation empêche le tireur d’obtenir paiement de sa créance auprès du tiré. Nous n’allons nous intéresser qu’à l’acceptation et à la défense de payer. Il faut savoir que s’il y a séparation entre les conséquences cambiaires de l’acceptation et la provision. et l’existence de la provision est indifférente en tant que condition de validité de l’acceptation.

qui doit faire la preuve de la provision ? Est-ce au porteur de prouver l’existence de la provision ? Ou au tiré de prouver l’inexistence de la provision ? d) La preuve de la provision Quels sont les modes de preuve de la provision de la lettre de change ? Celle-ci est un acte de commerce par la forme. par lettre simple/par lettre recommandée avec accusé de réception/par télex/par télégramme/par télécopie/par e-mail… Toutes les procédures sont acceptables à la condition qu’elles ne soient pas équivoques. au profit du bénéficiaire. A l’échéance. c) L’action de provision Dans la lettre de change. Plus encore. et à l’égard des commerçants. 95 . il existe un recours spécial : l’action de provision. il ne doit rien bloquer du tout. et que le tireur et le tiré sont commerçants. et extérieur à la lettre de change. Il faut donc se référer au type de rapports d’obligation à l’origine de la créance de provision pour en déterminer le mode de preuve. l’application de ce texte ne va pas de soit. A l’échéance. jusqu’à l’échéance. et les rapports fondamentaux qui naissent autrement que par la signature du titre. Cette action est exercée. la preuve de la provision se fera par tout moyen dès lors qu’il s’agit d’un acte de commerce. enjoint au tiré de conserver entre ses mains la provision. Si la provision est par exemple le prix d’une vente commerciale de marchandise. parce que la lettre de change est certes un acte de commerce par la forme. naissant de la signature du titre. la preuve de tout ce qui s’y rattache devrait être libre puisqu’en matière commerciale. 110-3 du Code de Commerce). à son profit. Cette procédure se fait de façon très simple. Nous savons que la provision fait partie des rapports fondamentaux. S’il n’a rien. mais il s’en faut de beaucoup que l’ensemble de ces signataires soient des commerçants. C’est une créance de nature fondamentale. en exerçant les recours cambiaires. Son régime est extracambiaires. le porteur qui n’a pas été payé peut exercer des recours aussi sur le plan des rapports fondamentaux.C’est la procédure par laquelle le porteur donne l’ordre. En conséquence. A partir du moment où la défense de payer parvient entre les mains du tiré. il doit bloquer la provision qu’il a entre ses mains. la preuve est libre et se fait par tout moyen (Article L. le porteur qui n’a pas obtenu paiement peut poursuivre en justice les signataires du titre. Toutefois. D’abord. et si la provision n’a pas été versée au porteur. deux sortes de rapports juridiques cohabitent : les rapports cambiaires. la provision n’est pas une créance de nature cambiaire.

la lettre de change doit être payée. Le tireur ne pourra résister victorieusement que si le porteur a été négligent. et donc à se trouve dans la qualité de créancier du tiré. La preuve de la provision en pareil cas se fera selon les règles civiles et notamment les articles 1315 et suivants du Code Civil. Quand le tiré n’a pas accepté la lettre de change. les garanties de la provision profitent au porteur en vertu du principe selon lequel l’accessoire suit le principal. dont les effets juridiques et économiques sont importants. Quand le tiré a accepté la lettre de change. en bref n’importe quelle garantie de paiement. En second lieu. considérons l’action du porteur contre le tireur. la provision est issue d’un contrat de prestation de service existant. En ce sens que tous ceux qui l’ont signé sont tenus de la payer. la lettre de change n’est pas payée. A l’échéance. nous n’en verrons que les grandes lignes. mais la créance de provision peut à son tour comporter des garanties. Cela peut être un cautionnement classique. Il doit donc veiller à ce que la provision existe. une hypothèque. et ayant créé la lettre de change. Il s’agit d’un rapport de droit civil. 96 . Il faut distinguer selon que le porteur agit contre le tiré ou le tireur. S’il agit contre le tiré. et si le porteur exerce contre lui l’action de provision. 511-7 du Code de Commerce). Pourquoi parler de provision ici ? Le tireur est celui qui a crée la lettre de change.Si en revanche. ainsi que la profession d’artisan. un gage mobilier. la provision est une garantie. puisque la profession d’avocat est civile. C’est au porteur de prouver que le tiré a reçu provision. alors le porteur peut se retourner contre le tireur en lui reprochant de ne pas avoir veillé à ce que la provision existe. il doit s’assurer de ce que cette lettre de change sera payée. Dans ce cas. il faut encore distinguer selon que le tiré a accepté ou n’a pas accepté. Qui doit faire la preuve ? On parle de charge de la preuve s’agissant de la personne qui doit rapporter la preuve. Le tireur est garant de la constitution de la provision. c’est à lui tiré de prouver le défaut d’existence de la provision. la jurisprudence est tout à fait claire. Sous-Section IV – Le paiement de la lettre de change La lettre de change est un bout de papier comme le chèque. le porteur se fera au besoin aider par le tireur pour prouver que le tiré a provision. B) Les autres garanties extracambiaires Il n’est pas interdit au tireur ou à d’autres intervenants cambiaires de constituer une garantie supplémentaire. Ici. Il est présumé avoir la provision. En cette circonstance. Notons ce point remarquable. on estime que l’acceptation crée une présomption simple d’existence de la provision au profit du porteur et à la charge du tiré (Alinéa 4 de l’article L. et si à l’échéance. Ce paiement suit un processus dont les modalités peuvent être très variées. extracambiaire au profit du porteur.

mais agit en tant que mandataire. Dès lors. §1 – Le paiement volontaire de la lettre de change Ici. c'est-à-dire tenir le titre d’une remise volontaire par le tireur après émission. Le tiré La lettre de change désigne le tiré comme devant payer à l’échéance. Le porteur doit être légitime. Le domiciliaire C’est un intervenant facultatif. ou il a provision. Rien n’empêchant que ce soit une autre personne. 4. 1. le tiré n’est obligé de payer que dans deux cas : il a accepté. le paiement peut être volontaire. par une clause dite de domiciliation pour donner son domicile comme lieu de paiement. la lettre de change s’éteint. Alors. ou bien posséder le titre en vertu d’une chaîne ininterrompue d’endossement. le tiré paye la lettre de change. il faut considérer les intervenants au paiement et les modalités de paiement. présenter le titre au tiré pour qu’il le paye. il doit réclamer le paiement à l’échéance pour entrer en possession des fonds correspondant au montant de la lettre de change. Le droit cambiaire pose en principe simplement que tout porteur légitime doit. C’est une personne désignée dans la lettre de change. le porteur doit se retourner contre les autres personnes susceptibles de devoir payer. Le tiers intervenant Là aussi. ou forcé. Le domiciliaire est généralement un établissement bancaire. Etant entendu que le domiciliaire n’est pas engagé cambiairement. et ce faisant. Cela ne signifie pas que le tiré doit nécessairement payer la lettre de change. et procéder au paiement entre les mains du porteur. 2. le tiré remet les fonds au domiciliaire pour qu’il paye le porteur. A) Les intervenants au paiement Dans le paiement de la lettre de change. On constate dès lors qu’en matière de lettre de change.Dans le cas normal. Le tiré peut cependant ne pas payer soit parce qu’il n’a pas provision. Le porteur En tant que détenteur de la lettre de change. 3. quatre catégories de personnes sont susceptibles d’intervenir dont certains obligatoirement. Très souvent. 97 . et d’autres facultativement. à l’échéance. c’est un intervenant facultatif. soit pour toute autre raison.

garant ultime de la lettre de change. si le tiré n’a pas accepté. désargenté ne subisse les rigueurs cambiaires. il revient au porteur de prouver l’existence de la provision afin d’obtenir paiement. organismes dont nous préciserons le rôle dans le chapitre consacré aux effets informatiques. Il appartient donc au porteur de se présenter au paiement. Ainsi. ainsi s’éteint la lettre de change.C’est une personne totalement étrangère à la lettre de change qui peut intervenir au paiement du titre. L’action fondamentale Elle réside principalement dans l’action de provision vue précédemment. En revanche. 1. le tiers va payer la lettre de change à la place de ce signataire. Si c’est un endosseur qui paye en tant que garant. A) Le recours en paiement Pour contraindre ceux qui doivent payer la lettre de change à remplir leurs obligations. et il lui appartient de prouver l’absence de provision. et payer à la place du tiré. le porteur dispose à la fois de l’action fondamentale et de l’action cambiaire. et on remonte ainsi de suite jusqu’au tireur. le refus de paiement de la lettre de change peut trouver justification dans une opposition régulière. Si le tiré a accepté. §2 – Le paiement forcé de la lettre de change Quand le porteur n’obtient pas paiement de la lettre de change à l’échéance. grâce à des actions en justice. au domicile du tiré. acquitte la lettre de change et le porteur lui remet le titre payé. 98 . le paiement se fait généralement en chambres de compensation. qui empêche le paiement. du tireur ou à la place de n’importe quelle personne tenue de payer la lettre de change parvenue à échéance. lorsque la lettre de change emprunte un circuit bancaire. Par exemple. il lui est permis comme dans tout acte juridique de forcer le débiteur ou les débiteurs à payer. Cette action de provision est dirigée contre le tiré et plus accessoirement contre le tireur. ou bien à tout autre lieu désigné à cet effet par une clause de domiciliation. Le tiré. dans le cas normal. ne subisse les effets d’une procédure collective pour dette non-payée. le paiement est quérable. Toutefois. Par ailleurs. fondée. Pourquoi cela est-il possible ? L’intervention se justifie par la volonté du tiers d’empêcher qu’un signataire cambiaire. et non portable. la provision est présumée. B) Les modalités de paiement En matière cambiaire. la situation est autre : l’endosseur acquière le titre afin de pouvoir exercer un recours en paiement récursoire contre une personne ayant signée avant lui.

faute de paiement. le porteur ne pourrait pas exercer les recours cambiaires.Un porteur légitime Il n’est nul besoin de s’attarder car nous avons vu dans l’analyse de l’endossement qu’était légitime le porteur qui détenait régulièrement le titre soit en tant que premier bénéficiaire. contre le débiteur cambiaire et agit contre les débiteurs cambiaires dans les délais légaux. L’action cambiaire Elle consiste dans le recours que détient le porteur de toute lettre de change. Le protêt doit être dressé dans les dix jours suivant le refus d’acceptation ou de paiement. a) Les conditions de l’action cambiaire Pour pouvoir exercer les recours cambiaires.A titre d’information. Pour établir le protêt. ou de tout titre cambiaire contre les différents signataires du titre. Le protêt est un acte grave. car il stigmatise une situation juridique peu enviable. il convient de procéder en trois temps. 99 .Un porteur diligent Un porteur est considéré comme diligent sur le plan cambiaire quand il a fait dresser un protêt. D’une part. Qu’est ce qu’un protêt ? C’est un acte d’huissier ou de notaire. Cela est acquis. qui constate sur demande du porteur soit le refus d’acceptation. le porteur doit satisfaire à deux conditions. situé au greffe du Tribunal de Commerce dont dépend le domicile du tiré. Tout refus d’acceptation ou de paiement à l’échéance doit en principe être constaté par ce protêt. le porteur est considéré comme négligent. l’huissier ou le notaire se rend au domicile du tiré et dresse un acte authentique qui est le protêt. Le protêt porte donc comme enjeu l’exercice des recours cambiaires. Passé ce délai. et une copie est remise au porteur. 2. Cet acte authentique reprend l’ensemble du contenu de la lettre de change en question et constante le refus de l’acceptation ou le refus de paiement. soit le refus de paiement d’un titre cambiaire. qui a reçu provision sans pouvoir payer la traite ou la position du tireur qui n’a pu constituer la provision. L’acte est ensuite publié dans un registre approprié. Toute personne ayant signé une lettre de change est en effet tenue cambiairement de payer pour envisager l’action cambiaire. Sans celui-ci. . être un porteur diligent. la faillite du tiré. et ne peut donc exercer de recours que sur le plan fondamental. et il perd le bénéfice des recours cambiaires. être un porteur légitime et d’autre part. Par exemple. il faut savoir que l’action fondamentale peut également reposer sur la valeur fournie. soit à raison d’une chaîne ininterrompue d’endossement. .

Il faut savoir que les mentions « Retour sans protêt ». 100 . Le recours cambiaire s’avère donc d’une grande efficacité grâce à la règle de l’inopposabilité des exceptions. Le porteur qui passe outre. c) La prescription de l’action cambiaire En droit privé. Quant à la mention « Dispense de protêt ». La prescription de l’action cambiaire est particulièrement courte. b) L’efficacité de l’action cambiaire Toute personne ayant signé la lettre de change peut être la cible d’une action cambiaire en paiement. Seule la mauvaise foi peut faire obstacle à l’action du porteur. dont l’équivalent est « Retour sans frais ». Plus précisément. C’est parfaitement possible. contre les endosseurs et le tireur. les endosseurs. Il a le choix. le donneur d’aval. quand la lettre de change porte la mention « Dispense de protêt ». il arrive que les recours cambiaires soient exercés sans le protêt. surtout si celui est de bonne foi. Celui qui dispose d’un droit et ne le défend pas. L’action cambiaire peut viser n’importe quel signataire cambiaire (Le tiré accepteur. Grâce à l’inopposabilité des exceptions. ne saurait disposer indéfiniment du droit d’agir contre celui qui s’en est emparé. le porteur est pratiquement certain d’être payé par un signataire ayant des fonds. et le tireur).Par ailleurs. et « Retour sans frais » signifient absolument la même chose. le porteur peut directement exercer les recours cambiaires. Le porteur qui agit sur le plan cambiaire peut le faire en se fondant sur toutes les garanties que nous avons rencontré . ou bien que les endosseurs agissent les uns contre les autres/contre le tireur. toute action en justice est soumise à une prescription. sa signification est autre. Il faut cependant distinguer trois situations selon que le porteur agit contre le tiré accepteur. ces clauses facultatives ont pour effet d’interdire au porteur de faire dresser un protêt en cas de refus d’acceptation ou en cas de refus de paiement. Le recours cambiaire peut aussi se passer du protêt. Elle a lieu quand la lettre de change a fait l’objet d’un escompte dans le cadre d’une convention de compte courant. et en se fondant plus précisément sur les garanties légales et conventionnelles. fondée sur la signature cambiaire. Cette situation intervient quand la lettre de change porte la mention « Retour sans protêt ». Plus substantiellement. engage sa responsabilité civile. Cette clause laisse le choix au porteur de faire établir un protêt ou de ne pas faire établir cet acte. en présence d’une clause « Retour sans protêt ». Cette action prend la forme d’une action en justice ou bien d’une pratique bancaire que l’on désigne par le mot contre-passation.

L’opposition se fait entre les mains du tiré.Contre le tiré accepteur Cette action se prescrit par trois ans à compter du jour du protêt ou de l’échéance si le protêt n’est pas requis. 511-31 du Code de Commerce. B) L’opposition au paiement de la lettre de change Il existe trois cas d’opposition envisageables en matière cambiaire. Le billet à ordre s’avère être un instrument de crédit et de paiement au pur sens cambiaire. C’est une situation qui permet au tireur de s’opposer légitimement au paiement de la lettre de change. Cette action peut remonter la chaîne des endossements jusqu’au tireur. ou de tout endosseur ou avaliste ayant entre ses mains le titre. Sur un plan technique et fonctionnel. ou bien fait l’objet d’une procédure de sauvegarde. .. ou à compter du jour où l’endosseur a payé un autre endosseur qui a agit contre lui. Le régime de l’opposition est réglé à l’article L. et une telle action se prescrit par 6 mois à compter du jour où l’endosseur à payer le porteur. Sous-Section I – Le billet à ordre Il est très utilisé dans la pratique commerciale. Exemple : Hypothèse où le créancier du porteur décide de pratique une saisie. Chaque endosseur ayant payé peut se retourner contre un endosseur qui a signé avant lui. comme la lettre de change. 101 . attribution du montant de la lettre de change.Les endosseurs agissent les uns contre les autres ou contre le tireur Les endosseurs peuvent avoir payé en tant que garant cambiaire. . Il faut savoir que celui qui peut faire opposition au paiement de la lettre de change.Contre les endosseurs et le tireur Cette action se prescrit par un an à compter du jour du protêt ou de l’échéance en cas d’interdiction ou de dispense de protêt. C’est une démarche traditionnelle que d’assimiler la saisie judiciaire à un cas d’opposition au paiement. en liquidation judiciaire. billet à ordre et warrant divergent. L’opposition est possible quand la lettre de change a été perdue mais aussi quand la lettre de change a été dérobée. en vertu de leur signature. Alors que le warrant agit plus volontiers comme une garantie commerciale que pouvant à l’occasion servir de paiement. mais enfin quand le porteur est en redressement judiciaire. Section II – Le billet à ordres et le warrant Billets à ordres et warrants consistent dans des titres qui recèlent les traits caractéristiques comme des instruments de crédit. c’est le tireur.

Ce titre suit un régime juridique singulier. le paiement par billet à ordre peut devenir obligatoire pour le souscripteur dans certaines hypothèses. Cependant. à l’exclusion des tiers porteurs. parvenu à son échéance. Le billet à ordre est régi par les articles L. 512-1 à L. Si l’on ne se préoccupe que du rapport fondamental. le caractère cambiaire du titre atténue en grande partie cette différence. y-a-t-il provision ? Il faut en effet savoir que le souscripteur émet le billet à ordre parce qu’il est ou sera débiteur 102 . Par ailleurs. la règle ne vaut pas pour les tiers. le fonds de commerce dont le prix demeure impayé par l’acheteur fera l’objet de ce qu’on appelle un billet de fonds que devra souscrire l’acheteur au profit du vendeur correspondant au montant impayé du fonds de commerce. la loi n’autorise l’émission de billet à ordre en règlement de prix d’une vente de marchandise qu’après conclusion d’une convention préalable entre le vendeur et l’acheteur. On y observe en effet un trait relativement original §1. Observons que dans une démarche à rebours. peut-on parler de l’autre créance fondamentale que constitue la provision en matière de billet à ordre ? Existe-t-il une provision dans le billet à ordre ? S’agissant de l’engagement extracambiaire du souscripteur envers le bénéficiaire. Cette valeur fournie représente une créance du bénéficiaire que le souscripteur règlera par le billet à ordre. §1 – Relative originalité du billet à ordre A) Le schéma de base BLANCO Soulignons qu’à la grande différence de la lettre de change. mais aussi un emprunt assez considérable au régime de la lettre de change §2. Cependant.C’est un effet de commerce. Néanmoins. la règle exigeant cette convention préalable ne vaut que dans les rapports du souscripteur avec le bénéficiaire. 512-8 du Code de Commerce. Cette valeur fournie ne diffère pas substantiellement de son équivalent dans la lettre de change. concomitante ou future. il y a incontestablement une valeur fournie consistant dans ce que fourni/donne le bénéficiaire au souscripteur en contrepartie de la remise du billet à ordre. le billet à ordre n’est pas commercial par la forme. En d’autres termes. placé sous le signe de la dualité. Ainsi. B) La distinction entre rapport fondamental et rapport cambiaire Dans le billet à ordre coexistent des rapports cambiaires et des rapports fondamentaux. La règle ne vaut que dans les rapports du souscripteur avec le bénéficiaire à l’exclusion du tiers porteur. émis à vue ou à court terme par une personne appelée « souscripteur » au profit d’une autre personne appelée « bénéficiaire » en paiement ou en garantie d’une créance préexistante. Conclusion rendant possible l’émission du billet à ordre comme mode de paiement des marchandises en question. en matière commerciale.

il existe bien un rapport fondamental correspondant à la dette du souscripteur visà-vis du bénéficiaire et justifiant la création du billet à ordre. elle est antérieure. ou « Dispense de protêt ». Ainsi. 511-7 du Code de Commerce. et plus généralement pour tous les titres cambiaires. 512-3 du Code de Commerce garde le silence sur l’article L. s’appuie sur le motif suivant : l’article L. 511-7 du Code de Commerce). S’agissant des mentions facultatives. car il n’y a pas de tiré. il ne s’agira pas de s’attarder sur les mentions facultatives qui sont à peu de choses près les mêmes dans le billet à ordre et dans la lettre de change. Les règles contenues dans la lettre de change ne s’appliquent pas à l’aveugle. Cette dette du souscripteur vis-à-vis du bénéficiaire constitue la cause du billet à ordre selon Gavalda et Stouflet.du bénéficiaire à l’échéance. Les mentions obligatoires du billet à ordre Ici. Le billet à ordre peut également comporter une clause facultative de domiciliation. Une ancienne jurisprudence énonce que la provision n’existe pas dans le billet à ordre. dans ces dispositions de la lettre de change applicables au billet à ordre. et peut aussi recueillir un aval. 103 . elles sont à peu de choses près les mêmes dans le billet à ordre et dans la lettre de change. On sait en effet que le billet à ordre est un acte juridique formel. C) Le formalisme Le formalisme du billet à ordre présente une nature cambiaire très semblable à celui en vigueur dans la lettre de change. Son montant sert à payer le billet à son échéance. 512-3 du Code de Commerce énumère les dispositions de la lettre de change qui sont applicables au billet à ordre. ainsi que celle « Retour sans protêt ». ou postérieure à la création du billet à ordre. Or. la clause « payable à vue » peut être comportée. concomitante. on n’y retrouve pas les dispositions applicables à la provision de la lettre de change (L. Seulement les titres cambiaires peuvent avoir chacun leur spécificité. un acte qui tire sa régularité des seules mentions obligatoires et non des rapports juridiques sous-jacents. C’est pourquoi l’article L. Il faut savoir que la lettre de change sert de droit commun au titre cambiaire. En revanche. en ce sens que les principes posés en matière de lettre de change valent pour tous les effets de commerce. Cette décision de 1947 énonçant que la provision n’existe pas dans le billet à ordre. Il n’y a pas de provision non plus. 1. Cette dette ne porte pas le nom de provision. nous indiquerons seulement que le billet à ordre ne comporte pas d’acceptation. La Cour de Cassation en a déduit en 1947 qu’il n’y a pas de provision dans le billet à ordre. Pour autant. Est-elle assimilable à la provision de la lettre de change ? La question a fait l’objet d’un débat aigu en jurisprudence et en doctrine. Cette dette est la contrepartie de la valeur fournie.

104 .Venons-en aux mentions obligatoires. deux mentions émergent de cette formule : d’une part le nom du bénéficiaire. tels que le délai de présentation au paiement. Si cet engagement comporte une condition ou une réserve. le billet à ordres procède de la convention de Genève de 1930. soit on insère la mention « billet à ordre ». Ici. 6° L’indication de la date et du lieu où le billet est souscrit. La date revêt la même importance que dans la lettre de change. Dans la lettre de change. Comme dans la lettre de change. dénommé souscripteur. 512-1 du Code de Commerce en fournit la liste exhaustive : 1° La clause à ordre ou la dénomination du titre insérée dans le texte même et exprimé dans la langue employée pour la rédaction du titre. sans réputation du lieu de création est considéré comme émis au lieu écrit à côté du nom du souscripteur. l’article L. il y a pratiquement identité de solution entre la lettre de change et le billet à ordre. 2. 5° Le nom de celui auquel ou à l’ordre duquel le paiement doit être fait. c’est une mention de grande importance car elle permet la computation de tous les délais. Comme dans la lettre de change. pour tenir compte des spécificités de ce titre. Sa vocation internationale est donc évidente d’où la nécessité de fixer son lieu d’émission. à savoir fixer le point de départ d’autres mécanismes de change. Les sanctions du non-respect du formalisme Sous ce régime de sanction. Contrairement à la lettre de change. Elle est utile au porteur pour quérir le paiement du titre. le souscripteur du billet s’engage cambiairement à payer directement le porteur du billet. il stipule le montant exact du titre 3° L’indication de l’échéance. la mention « lettre de change » est une exigence absolue de validité. Le billet à ordre. On retrouve les mêmes cas de suppléances légales que dans la lettre de change. d’autre part la clause à ordre qui permet l’endossement du titre mais aussi en l’occurrence sa désignation en l’absence de l’expression « billet à ordre ». Dans le même mouvement. 7° La signature de celui qui émet le titre. et notamment des délais de recours en paiement et des délais de prescription. 4° L’indication du lieu où le paiement doit s’effectuer. à savoir le billet à ordre sans indication de date d’échéance est réputée tiré à vue. le législateur pose une règle propre au billet à ordre. 2° La promesse pure et simple de payer une somme déterminée. notons que pour son régime actuel. il n’y a pas billet à ordre. cette stipulation pourra naturellement se voir substituer une clause facultative de domiciliation. En ce qui concerne le lieu d’émission. Dans l’article L512-2 du Code de Commerce. la rédaction du billet à ordre réside dans une alternative : soit on se contente de la clause à ordre « Veuillez payez à l’ordre de… » qui emporte qualification en billet à ordre.

méconnu que le billet à ordre. garantie dont la première est l’inopposabilité des exceptions. Si le billet vient à circuler. Toutefois. mais aussi la créance fondamentale. ce titre produit les mêmes effets que la lettre de change. le warrant est multiforme. 105 . Le texte de référence en cette matière est l’article L512-3 du Code de Commerce que nous avons déjà rencontré et qui énumère les dispositions relatives à la lettre de change applicable au billet à ordre. la conversion par réduction pourra jouer. Les effets du formalisme dans le billet à ordre Sauf les règles propres au billet à ordre. Le gage suppose toujours l’existence d’une dette qui lui sert de cause.). §2 – Les emprunts au régime de la lettre de change L’émission d’un billet à ordre régulier emporte transfert au bénéficiaire de tous les droits nés de la signature du billet. Contrairement au billet à ordre. le warrant emprunte au gage de droit commun lequel gage est une sureté consistant pour un débiteur à se dessaisir d’un bien meuble lui appartenant au profit de son créancier ou d’un tiers convenu pour garantir une dette. §1 – Variétés des warrants Né au milieu du XIXe siècle. C’est du point de vue de ces effets que le billet emprunte beaucoup à la lettre de change. c’est le régime de l’endossement de la lettre de change qui va s’appliquer au billet à ordre.) et ses aspects généraux (§2. Le warrant semble être un effet de commerce encore plus ésotérique. Le billet à ordre bénéficie de la plupart des garanties de la lettre de change. transformant souvent le titre nul en promesse de payer ou encore en titre au porteur soumis au principe de l’inopposabilité de l’exception. Le propos sera bref sur cette variété d’effet de commerce dont l’usage s’affirme très spécifique et concernera sa diversité (§1. Enfin. la défectuosité sans réparation d’une mention obligatoire rend le billet à ordre nul. le billet irrégulier et inconvertible en un autre titre est voué à l’anéantissement complet. En outre. garantie par un nantissement de marchandise ou autre bien mobilier. Sous-Section II – Les warrants Gavalda et Stoufflet définissent ainsi le warrant titre négociable représentant une créance de somme d’argent.Il va sans dire que le même mécanisme de régularisation crée par la jurisprudence en matière de lettre de change opère dans le billet à ordre avec les mêmes conditions d’accord préalable des signataires cambiaires et une régularisation effective avant la présentation au paiement. mais aussi la solidarité cambiaire et l’indépendance des signatures.

il y a d’un côté le recepice et de l’autre le warrant lui-même. le warrant procède différemment. réglementé par les articles L. on en confie la garde au débiteur lui-même. le législateur a crée les magasins généraux. veulent des garanties de remboursement de ces crédits. le warrant sert de garantie de paiement d’une créance. Le Commerce repose sur le crédit. Il existe deux sortes de garantie. ce qui octroie le crédit. qui sont des établissements agréés.Bien qu’étant une garantie commerciale. les choses sont encore plus complexes. les choses ne vont pas de même. bien qu’il n’en soit plus nécessairement le propriétaire. et le warrant agricole grevant les récoltes. matière première ou bien manufacturé. Le recepice-warrant est une garantie réelle reposant sur des biens meubles. On parle de recepice-warrant quand les deux titres circulent ensemble. Cependant. il y a le warrant hôtelier portant sur le mobilier d’hôtel. Cependant. Ces endroits spéciaux sont les magasins généraux gérés par les chambres de commerce et d’industrie. là où en droit commun du gage. le débiteur reste propriétaire du bien mise en gage. le warrant industriel constitué par le nantissement d’outillage industriel. Dans un warrant ordinaire. une banque prêteuse. la loi a crée un endroit spécial pour stocker ces marchandises. on en décèle au moins quatre sortes. le débiteur reste en possession des marchandises. Comme le créancier titulaire du warrant ne tient pas nécessairement à s’encombrer avec les marchandises qui servent d’objet au warrant. Dans le gage de droit commun. Comme le créancier. on parlerait de gage sans dépossession. les garanties personnelles qui consistent à adjoindre au débiteur principal. Plutôt que de transporter chez un tiers les biens warrantés. de l’embarras et des frais de gage qu’il aurait engagé dans un gage de droit commun. liés à l’activité du débiteur. Dans le warrant à domicile. il y a en revanche un titre qui constate la propriété des marchandises warrantés. on parle alors de warrant à domicile. c’est l’exemple du cautionnement et les garanties réelles qui reposent sur une ou plusieurs choses fournies par le débiteur et sur lesquelles se paieront le créancier en cas de défaillance du débiteur. lesquelles se transmettent en même temps que le titre qui en constate la propriété. ne veut pas stocker chez lui le bien donné en garantie. Assurément. Dans le warrant. 222-24 et suivants du Code de Commerce. 106 . le gage ou l’hypothèque qui sont des garanties réelles. le warrant constitue luimême un titre de créance négociable. un second débiteur chargé de pallier la défaillance du premier. Ce dépôt empêche le débiteur de pouvoir utiliser le bien donné en gage et dispense le fournisseur de crédit. appelé warrant spécial. le créancier n’en étant que le possesseur et ce jusqu’au paiement de la créance garantie. généralement les banques. procédé encombrant et onéreux. Le peu de fortune du recepice-warrant nous contraint de nous contenter de ces tressaillements. §2 – Les warrants généraux Constitution et circulation frappées d’une certaine lourdeur. habilités à recevoir des biens warrantés pour les stocker. le warrant pétrolier portant sur les produits pétroliers. En fait de warrant à domicile qui prennent place aux côtés des warrants spéciaux.

De son côté. sans que l’on puisse parler de titres cambiaires informatiques. moyennant un titre diminué d’une commission d’escompte si le cessionnaire est un banquier. Ou bien le titre garde son support papier et utilise l’informatique seulement dans son recouvrement. d’un registre à souche situé dans le magasin général qui stock les biens warrantés. le warrant que l’on appelle aussi bulletin de gage qui exprime la fonction de garantie. le bulletin de gage appelé encore warrant se transmet aussi par endossement. La rencontre du droit cambiaire et de l’informatique présente aujourd’hui deux situations juridiques contrastées. BOR que Jeantin nomme effet informatique. Chapitre III – Les effets informatiques Depuis une quarantaine d’années. intrinsèquement commerciaux et circulant par endossement.Le recepice-warrant abrite deux titres pouvant exister ensemble ou séparément. mais uniquement en ce qui concerne l’individualisation des créances cédées. C’est un titre qui comporte un certain nombre de mentions obligatoires et qui constate la propriété des biens déposés en garanties. Ou bien le titre abandonne le papier au profit de l’électronique et son caractère 107 . Pourquoi la loi range t’elle le recepice et le bulletin de gage dans les effets de commerce. De même. Cette expression recouvre une réalité aux éléments forts disparates traduisant l’adaptation de la lettre de change et du billet à ordre à l’électronique et à l’informatique. Le recepice est un titre de propriété des marchandises déposées en magasin général. de sûreté. il le fait parce que ces titres constituent tout deux des titres négociables. l’affectation en garantie du bien déposé en magasin général. recepice et bulletin de gage peuvent faire l’objet d’une transmission simultanée à la même personne. encaissement et il est encore question d’effet de commerce. le porteur de ce titre peut le céder. Bien entendu. Ils sont établis pour chacun à partir d’un carnet à souche. De mon point de vue. Ces deux titres montrent dans leur régime bien plus de finesse que les traits grossiers tracés ci-dessus. le monde des affaires utilise la lettre de change-relevé que l’on appelle encore LCR ainsi que le billet à ordre-relevé. Le bordereau Dailly qui n’est certes pas un titre cambiaire a également pris le train du numérique.

Les titres cambiaires informatisés reposent sur le système interbancaire de télécompensation qui est une institution dont le règlement est certainement opposable à une banque intervenant dans les lettres de change informatisée. tient tout entier dans la nécessité de réduire le coût en moyens humains et matériels du traitement en grand nombre des titres cambiaires.cambiaire se trouve complètement refoulé. la raison d’être du système des titres cambiaires informatisés. qui utilise un tel système. ce qui ne signifie pas qu’elles ne doivent pas être suivies. qui.) 108 . Ici. on entend par là une lettre de change ou un billet à ordre qui conserve un naturel fondamentalement cambiaire.) et le BOR papier (2. nous considèrerons la lettre de change papier (1. Le titre cambiaire informatisé est une réalité mais le titre cambiaire informatique demeure virtuel. Ce règlement a valeur d’usage et dès lors que l’utilisateur n’a pas déclaré expressément ne pas vouloir suivre ces usages. Les établissements bancaires ont voulu en effet réduire les coûts de gestion des instruments papier car cela leur coutait cher et on voulu coupler l’électronique et l’informatique pour automatiser au maximum le traitement dans les circuits bancaires des lettres de change classique et les billets à ordre classique et de ce fait. A) Le mécanisme proprement dit Des trois catégories précédemment vues. Ces règles ont valeur d’usage et n’autorise pas pour autant à un plaideur de se prévaloir de son ignorance pour échapper à toute obligation ainsi qu’à tout autre mécanisme assujettissant une personne aux effets de commerce. ce règlement. Cette nature cambiaire résulte matériellement du support papier et se perçoit essentiellement dans le mécanisme des effets de commerce dès lors que leur recouvrement est informatisé. Les règles applicables sont donc d’essence professionnelle. Sur le fond des choses. Compte tenu de leur spécificité respective. alléger les coûts. C’est la pratique bancaire. avec le concours de la Banque de France ont mis au point le système des titres cambiaires informatisés. Section I – Réalité du titre cambiaire informatisé Quand on parle de titre cambiaire informatisé. dans lesquels on observe que seul le recouvrement est dématérialisé (§2. il est tenu de le respecter. mais aussi à une entreprise.). L’informatique permet de dématérialiser le processus de règlement des titres par l’automatisation.) §1 – Le mécanisme du titre cambiaire informatisé Justification de l’informatisation Il n’existe aucune réglementation étatique d’ensemble et contraignante des LCR et des BOR. seul le recepice warrant reste en dehors de cette technique car son utilisation ne rend pas nécessaire. devenue la fédération française bancaire. il faut observer la persistance du système cambiaire dans le mécanisme des effets de commerce informatisé (§1. à travers des structures comme la Commission de normalisation bancaire et l’association française des banques.

§2 – Le recouvrement des titres cambiaires informatisés Huit jours avant l’échéance de la LCR papier ou du BOR papier. va créer un fichier informatique pour y reporter l’ensemble des mentions contenues dans le BOR version papier. la profession bancaire a décidé que les LCR ne devaient circuler qu’entre banques sauf stipulation LCC pour lettre de change circulante. Le billet à ordre-relevé papier Le BOR papier est émis par le souscripteur qui le remet à un bénéficiaire. À l’image de la LCR. D’ailleurs. Le domiciliaire ou domiciliataire établi à cette fin un relevé qu’il adresse au tiré d’où R dans LCR. Elle comporte tous les attributs d’une lettre de change classique à laquelle il a été ajouté un certain nombre de caractère. Une fois le titre émis dans sa version papier. informatique au système interbancaire de télécompensation et ce sous huit jours suite à la création de l’instrument informatique. opération de crédit bancaire. la banque du tireur ou souscripteur transmet le document informatique à l’ordinateur du SIT dont le rôle est 109 . Fréquemment utilisée dans le cadre de l’escompte. En pratique la LCR papier comporte les mêmes mentions qu’une lettre de change ordinaire. Ces mentions ont pour but d’en faciliter le traitement dans les circuits bancaires informatisés. comme les BOR papier sont généralement émis soient à jour fixe. depuis 1987. autant de caractère qui sont en réalité des mentions facultatives pour une lettre de change ordinaire. La LCR papier peut ainsi servir de support à un crédit bancaire et d’ailleurs l’utilisation des LCR n’a lieu que dans les circuits bancaires. Le titre n’a pas vocation à circuler en dehors du cadre des circuits bancaires. Le bénéficiaire transmet le titre ensuite à un banquier afin d’obtenir du crédit. L’ordinateur s’occupe de ventiler toutes les LCR qu’il reçoit aux différentes banques domiciliataires qui informent chaque tiré de l’existence de la LCR. le BOR ne diffère du titre ordinaire que dans ses modalités de paiement et non dans son processus de création et d’émission. La LCR papier Elle se pratique assez bien dans les relations de droit privé qu’en droit public économique notamment en ce qui concerne les marchés publics. Que fait le banquier qui reçoit ce billet à ordre relevé papier. En outre les LCR papiers.1. aussi une clause de domiciliation toujours bancaire. Une LCR papier est généralement émise par le tireur qui détient une créance sur le tiré et veut obtenir un crédit exclusivement bancaire. Une fois que le banquier a reporté l’ensemble des mentions du billet à ordre relevé papier sur un fichier informatique. cette pratique permet de faciliter le traitement informatique de ces instruments. le tireur le remet à son banquier qui en rapporte les mentions sur un fichier informatique. il va conserver la version papier et transmettre la version informatique au Système Interbancaire de Télécompensation. soit à vue. Ce banquier conserve le titre papier et en transmet la version magnétique. Toutefois elle porte toujours la clause retour sans protêt ce qui en allège le processus de recouvrement.

Le paiement se fait par débit du compte du tiré ou du souscripteur. on estime qu’il y a refus de paiement. ne confère pleine valeur cambiaire qu’au seul titre ayant le papier comme support. les mentions du titre figurent exclusivement sur un support informatique qui circule entre banques. §1 – La LCR informatique Comme le dit Jeantin « est un perfectionnement de la LCR papier ». le titre demeure. le droit français. ici il y a dématérialisation complète du titre. L’instrument comporte en outre les mêmes mentions qu’une lettre de change relevé papier. ne commet aucune faute. complètement affranchi du support papier. Chaque banque adresse au tiré pour la lettre de change.d’assurer le traitement automatisé des titres informatisés et leur répartition aux banques domiciliataires. un relevé comportant deux éléments. ce système se montre très efficace et rapide. seule sa procédure de recouvrement est dématérialisée. Le tireur peut à cet effet créer lui-même le titre sur un fichier à partir des indications fournies par sa banque. Cet exemple permet de dire qu’une fois que le tiré a reçu le relevé. ou alors donner l’ordre à sa banque de créer pour son compte l’instrument entièrement dématérialisé. par exemple en vertu d’une convention de compte. L’instrument ainsi dématérialisé demeure complètement étranger au système cambiaire car jusqu’à présent. Dès le départ. le papier étant totalement récusé. Un titre cambiaire informatique n’existe donc pas La LCR n’ayant que l’informatique comme support n’existe donc pas encore. La dématérialisation des effets de commerce est en marche. d’autre part. Le règlement du titre s’effectue par virement débité sur le compte du tiré LCR papier ou du souscripteur BOR papier. passé ce délai. La banque qui rejette le LCR dans le délai de 6 jours. un duplicata destiné à être conservé par le tiré ou le souscripteur. il a huit jours pour payer. Dans la lettre de change relevé papier comme dans le BOR papier. d’une part un bon à payer à retourner à l’envoyeur. 110 . par ailleurs. En cas de refus de paiement. il a été jugé que la seule inscription au débit du compte du tiré fut elle corroborée par le relevé de LCR adressé par le tireur ne constitue pas un paiement au profit du tireur. d’escompte préexistante. aux termes duquel le tiré ou le bénéficiaire peut accepter de payer le titre. Le recouvrement de la LCR informatique est rigoureusement informatique à celui d’une LCR papier avec l’émission d’un relevé adressé au tiré et le paiement par virement interbancaire. Il n’existe pas à proprement parler de titres informatiques ayant pleine valeur cambiaire. au souscripteur pour le billet à ordre. Dans l’ensemble. le banquier qui a reçu le titre à l’escompte pourra exercer son recours cambiaire par simple contre-passation ou exercer le recours contre tous les signataires. Section II – Virtualité d’un titre cambiaire informatique La pratique bancaire voudrait que puisse exister un titre cambiaire véritablement informatique. La question qui se pose est de savoir quel sort suit le défaut de paiement en chambre de compensation. du moins en ce qui concerne la lettre de change et le billet à ordre.

or le formalisme cambiaire est de validité et non de preuve. Tant qu’il n’aura pas été mis au point un standard informatique accepté par l’ensemble des professionnels la question demeurera en discussion. ayant une nature cambiaire était à l’étude. Un parlementaire a eu la bonne idée de poser la même question au gouvernement qui a fourni une réponse ministérielle en date du 30 novembre 2000 laquelle soutient que la loi du 13 mars 2000 ne permet pas la création de titres électroniques à valeur cambiaire. ajoutant qu’un projet de création de titres informatiques. Ce propos ne vaut pas pour le droit cambiaire qui contient une spécificité qui le rend totalement dérogatoire au droit commun des obligations. entièrement dématérialisé et ayant pleine valeur cambiaire. Certes on soutient parfois qu’entre la preuve et le fond du droit il existe souvent qu’une différence de degré. pragmatisme qui en garanti la vitalité. La pratique ne peut-elle créer un titre informatique dont l’usage habituel par les professionnels du crédit provoquera la naissance d’un titre informatique régit par le système cambiaire. La loi sur la signature électronique régit la matière de la preuve. Cependant. La question a été posée de savoir si grâce à ce texte. nous savons le droit cambiaire plein de ressource et d’un pragmatisme éprouvé. on pouvait créer des effets de commerce informatique.§2 – La perspective du titre cambiaire informatique La loi du 13 mars 2000 portant. identifiable et inaltérable transférable par des procédés équivalent à l’endossement de droits communs. Ce texte marque une évolution notable du droit américain en la matière. il faut un système unique. Pour que le mécanisme fonctionne dit la loi américaine. C’est dire que les Etats membres légifèrent comme ils l’entendent sur les titres cambiaires dématérialisés. marque une véritable révolution du droit française de la preuve. tant dans sa réglementation que dans sa pratique. Le droit de l’Union Européenne conforte ce point de vue et dans une directive du 13 décembre 1999 portant sur un cadre communautaire pour les signatures électroniques. Aussi la loi du 13 mars 2000 ne peut elle générer des titres dématérialisés à caractère cambiaire. Il faut peut être suivre l’exemple des US. En bref. autorise la création d’instruments formels totalement dématérialisés. affirme dans son article 1er « la présente directive ne couvre pas les aspects liés à la conclusion et à la validité des contrats ou d’autres obligations légales lorsque des exigences d’ordre formelle sont prescrites par la législation nationale ou communautaire ». il n’y a pas de possibilité de créer un titre cambiaire informatique affranchi du support papier. surtout si l’on garde à l’esprit le fait que la LCR garde sa création à la seule pratique bancaire. la loi fédérale e-sign act signée par le président Clinton le 30 juin 2000 autorise la signature électronique pour les engagements contractuels mais crée aussi un équivalent du chèque papier sur support informatique. D’après le ministère de l’économie. 111 .

112 .

De tels financements passent par l’émission de titres diffusés auprès du public. Titre 1er : Financement interne. Mme Deckert préfère parler de sollicitation publique des investisseurs dans sa thèse soutenue en novembre 2009 à Paris I. la plupart du temps investi dans les fonds propres et pour une durée limitée en pariant sur une forte rentabilité de la société. par exemple des dividendes prioritaires. formé des apports fournis par les associés représente la dette de la société vis-à-vis des associés. le législateur a changé la terminologie pour retenir offre de titre au public. l’augmentation de capital. Le capital social servira de support à pareil montage financier. surtout commerciales pour lever des capitaux afin de financer les activités des entreprises. Pour comprendre le financement interne d’une société il est nécessaire d’avoir en tête la structure de son patrimoine lequel comprend deux parties. Une société de capital investissement est une société souvent non cotée en bourse dans laquelle une institution financière. il s’agit d’utiliser les mécanismes des sociétés. l’actif et le passif. 113 . les sociétés ou toute entité recherchant du financement peuvent faire appel au marché en particulier au marché financier afin de trouver du financement. Certaines de ces techniques peuvent se déployer à l’intérieur de la société ou à l’intérieur d’autres entités économiques à la recherche de financement. les anglo-saxons nomment toutes ces techniques reposant sur le capital ou assimilés private equity. Les techniques sociétaires de financement des entreprises relèvent en grande partie de l’ingénierie financière. C’est à partir de la comptabilité que l’on peut apprécier de façon brève et concise la valeur du patrimoine d’une entreprise. Ils sont les deux aspects du financement par les techniques sociétaires. L’appel aux investisseurs par émission de titre. Cette technique sociétaire étant usuelle. action. Un auteur. À l’inverse. ainsi que tout autre recours au financement extérieur par la société sont qualifiés Market Equity. Le financement interne peut s’appuyer encore sur le capital social pour développer d’autres formes de concourt financier interne que l’on appelle capital investissement.Deuxième Partie : Financement par recours aux techniques sociétaires. Autrefois. Le capital social se trouve en effet au passif du bilan de la société. plus récemment. elle ne retiendra pas d’avantage notre attention. Ce n’est pas étonnant car le capital. mais surtout des termes comptables. on invoquait l’appel public à l’épargne. Le financement par variation du capital implique avant tout une augmentation du capital. L’actif et le passif sont assurément des expressions juridiques. On rencontrera aussi des prêts de longue durée et/ou de remboursement aléatoire consentis par des tiers à la société moyennant une rémunération particulièrement avantageuse. le financement interne consiste à faire varier d’une certaine manière ces éléments du passif social que constitue le capital et les éléments assimilés au capital. obligations dérivés du fait financier. Ces prêts représentent des ressources si stables qu’on les assimilent au capital social. En l’occurrence.

essentiellement encadré par le droit interne. Mme le professeur Blanche Sousi-Roubi définit les capitaux propres : « Appelés également fonds propres. ou bien de diminuer le capital social pour le mettre à hauteur des capitaux propres. Observons que le capital. Pour savoir quelle est la valeur exacte de l’entreprise. les primes d’émission et primes évalués. les bénéfices de l’exercice dès lors qu’ils ne sont pas distribués. Section I – Les fonds propres en droit interne §1 – La notion de fonds propres stricto sensu Dans son lexique de la banque et des marchés financiers publié chez Dalloz. Ici. Leur appréciation relève du droit. sommes investies par les propriétaires d’une entreprise. Le capital social est une valeur figée dont l’érosion économique ne permet pas véritablement de savoir quelle est la situation économique exacte de l’entreprise. ils accueillent certaines formes de concourt financier. les subventions d’investissement et les provisions réglementés ». c’est le signe d’une très mauvaise santé financière et économique de l’entreprise. Ceux sont des éléments qui permettent de voir quelle est la vraie situation économique de l’entreprise. il leur faut une assise solide en capitaux propres. Ainsi. mais encore de la comptabilité car les capitaux propres et l’ensemble des éléments qui les composent sont des valeurs comptables. Pour que ces dernières entreprises puissent fournir des concourt financiers. ils comprennent le capital. on recourt à une autre notion que sont les capitaux propres qui incorporent un certain nombre d’éléments qui apparaissent au passif de l’entreprise. les écarts de réévaluation. par opposition à ses ressources extérieures. le financement des entreprises. les capitaux propres jouent un autre rôle. Ceci intéresse surtout les modalités de fonctionnement.La notion de fonds propres encore appelés capitaux propres représente une donnée incontournable du financement interne des entreprises. En matière de financement. Chapitre 1er : Les Capitaux Propres Les capitaux ou fonds propres servent traditionnellement d’indicateur de la bonne ou mauvaise santé économique d’une société. quand les capitaux propres baissent en dessous de la moitié du capital social. article L225-248 du Code de Commerce. c’est le droit de l’UE qui fixe le cadre juridique des capitaux propres des établissements de crédit et des entreprises d’investissement. fournis aux entreprises. Elle permet aussi à comprendre d’autres formes qui consistent dans le prêt participatif et les titres participatifs qui devraient relevés du financement externe mais dont les modalités font qualifier de quasi fonds propres. la valeur de ce que recevrait effectivement 114 . Par ailleurs. on peut y déceler les capitaux propres et les éléments qui les forment. les résultats nets et les réserves font partie des capitaux propres. vient aussi d’établissements de crédit ou d’entreprises d’investissement (banques et établissements financiers). Il faut en effet savoir que les capitaux propres traduisent la vraie valeur économique de la société. voire de dissolution des sociétés. en examinant le bilan d’une société. dans une société anonyme qui réalise des pertes. les réserves. c’est le passif interne. c’est un rôle devenu fort important. Plus précisément. Les associés sont tenus ou bien de reconstituer les capitaux propres. les résultats de l’exercice. les réserves.

adoptée dans le cadre du plan d’action relatif aux services financiers adoptée par la commission européenne le 11 mai 1999. En pratique.les associés si la société venait à être dissoute. C’est en ce sens que les capitaux propres expriment la situation financière réelle de la société.… On évoque pour tous ces éléments des quasi fonds propres car ce sont des concours externes. par exemple des emprunts bancaires. ceux qui apportent des quasi fonds propres disposent bien souvent de substantiels avantages. Ces éléments sont assimilés aux fonds propres car ceux sont des concours stables pour l’entreprise. Les règles afférentes aux fonds propres sont les mêmes en raison de la proximité des activités bancaires et financières souvent exercés simultanément par les mêmes opérateurs et aussi en raison de l’identité des risques courus par ces opérateurs. les avances conditionnées. y compris les créanciers chirographaires. les prêts participatifs. d’émission de titres subordonnés. ainsi que le régime de leur surveillance prudentielle sont également prévus. des établissements de crédit et des entreprises d’investissement au sens du droit de l’UE. Cette directive du 14 Juin 2006 opère refonte d’une autre directive du 15 Mars 1993 rendue peu lisible par ses nombreuses modifications. quasiment aussi stables que les apports des associés d’où l’expression quasi fonds propres. le risque de change. par exemple une priorité dans la distribution des dividendes. des financements fournis par des tiers par rapport à la société. par exemple. C’est en effet à travers eux que l’on mesure la capacité de la société à faire face à ces engagements auprès des tiers indépendamment du recours à des concours venant de l’extérieur. §2 – Les quasi fonds propres On y retrouve les produits d’émission de titres participatifs. Il s’agit d’imposer aux entreprises visées des exigences de nature à assurer leur solidité financière et de garantir cette solidité par une dotation financière 115 . Cependant. Le capital investissement s’intègrera dans les capitaux d’investissements s’intègreront dans les fonds propres stricto sensu alors que les titres participatifs seront quasi fonds propres. le risque de position ou encore dit de contrepartie. Section II – Les fonds propres dans l’UE §1 . la directive du 14 juin 2006 détermine l’adéquation des fonds propres. Les modes de calcul de ces fonds propres. La directive du 14 juin 2006 est inspirée par l’accord cadre sur la convergence internationale de la mesure et des normes des fonds propres pris le 26 Juin 2004 par le comité de Bale sur le contrôle bancaire. En contrepartie de cette situation de désavantage. le remboursement de ces quasi fonds propres se trouvent différés à un temps fort éloigné. et vient après désintéressement de tous les créanciers. ceux sont souvent des créanciers dits de dernier rang. il s’agit de contraindre l’entreprise de se prémunir contre un certains nombres de risques inhérent à leur activité. par des gens qui ne sont pas des associés.Les objectifs de la réglementation européenne des fonds propres Le droit de l’UE détermine la nature et le niveau des fonds propres que doivent impérativement détenir un établissement de crédit et une entreprise d’investissement. Ces règles résultent aujourd’hui d’une directive du 14 Juin 2006.

À l’examen.appropriée. les fonds propres des entreprises d’investissement ne reçoivent pas une définition unitaire. l’approche européenne est peu lisible et d’une efficacité assez relative. Le droit de l’UE donne une liste des éléments des fonds propres que les droits nationaux peuvent compléter à condition que les éléments ajoutés remplissent des conditions fixées par l’UE. il convient de tenir compte des données internes à l’entreprise. dès lors que ces éléments satisfont des critères fixés par le droit de l’UE. les réserves de réévaluation. c’est-àdire sur base individuelle. les emprunts subordonnés. Ils peuvent par ailleurs être enrichis d’éléments déterminés par les droits nationaux. les écarts de réévaluation. rapport publié le 25 février 2009 affirme cette inefficacité du dispositif européen et préconise que les Etats membres de l’UE s’accordent sur une définition claire. En pratique. §2 – La notion de fonds propres en droit de l’UE Au concret. mais également des données externes comme la notation de crédit faits par des agences indépendantes. Il demeure que pour calculer les fonds propres. 116 . Ainsi définis. les fonds propres en droit de l’UE révèlent un noyau dur tenant au fond propre de base et des adjuvants consistants dans des fonds propres complémentaires et en réalité. les réserves. Les fonds propres sont donc des instruments techniques de surveillance des entreprises d’investissement et des établissements de crédit en droit de l’UE. les primes d’émission. Ces exigences constituent un standard minimal que les Etats membres peuvent élevés pour les établissements agrées sur leur territoire. servent de base de calcul des fonds propres sur base consolidée. on distingue les fonds propres sur base individuelle qui concernent une entreprise isolée et les fonds propres sur base consolidée qui intéresse un groupe d’entreprise. Les fonds propres comprennent notamment le capital social libéré. Le rapport du groupe présidé par Jacques de Larosière. les fonds propres ordinaires. commune et complète des fonds propres. les fonds propres sur base individuelle reçoivent une définition d’avantage énumérative que conceptuelle.

il s’agit d’entités généralistes comme les banques. parfois à tort. parfois à titre temporaire et moyennant une forte rémunération encadrée par des conventions extra statutaires. Bulletin Jolie Société. Ce capital ne reçoit pas une définition juridique précise en droit positif mais plutôt une définition d’essence professionnelle. il convient d’en exposer les éléments de base. Le capital investissement consiste pour un investisseur à procurer du financement à une entreprise de petite ou de moyenne dimension par une souscription de part de capital. Jean Prieur. lequel voit dans le capital investissement l’investissement en fonds propres ou quasi fonds propres dans les sociétés non cotées en bourse. Les opérations de capital investissement. les entreprises d’investissement. Les PME et le capital risque . P.Chapitre II – Le capital investissement Le capital investissement est une modalité de financement des entreprises propres aux techniques sociétaires. recouvrant le capital risque qui est une simple variété de capital investissement. les compagnies d’assurance. et le régime juridique. ou bien d’entité spécialisée comme les sociétés de capital risque ou bien des fonds communs de placement à risque. Cette approche serait plus étroite que le sens courant de l’expression capital investissement. Ces contrats associent peu ou prou les investisseurs à la recherche de performance par la société cible. On appelle par ailleurs société cible les entreprises qui reçoivent un financement en capital investissement. Pour envisager de façon brève le capital investissement qui appellera en d’autres temps une étude plus approfondie. En effet. Du point de vue de son régime juridique. À la fin des années 1990. La terminologie appropriée est bien capital investissement et non capital risque. Le capital investissement s’est développé en France à partir des années 1990 à la suite des pays anglo-saxons. le capital investissement fait l’objet d’une réglementation assez peu contraignante. 117 . ce qui est souvent le cas. ce mode de financement a de beaucoup contribué à la création des start-up dans le secteur de l’informatique et aussi de l’internet. §1 – Définition du capital investissement Le capital investissement représenterait pour les professionnels le secteur des investissements dans lequel les entreprises en création ou dans leurs premières années recherchent du financement en capital. Le terme cible présente ici. Section I – Éléments de base du capital investissement. sachant que le capital investissement repose sur des techniques issues de l’ingénierie financière. sont généralement effectuées dans les sociétés non cotées ou alors cotées mais dont la capitalisation boursière est inférieure à un montant fixé par le législateur. sachant que cette définition paraît encore trop réductrice.1033. sens courant retenu aussi par la fiscalité. tout autre investisseur professionnel. parfois à raison l’investisseur comme un prédateur à la recherche d’une rentabilité maximale. Octobre 1998. Le législateur encourage cette forme d’investissement par des avantages fiscaux profitant aux investisseurs. l’expression capital investissement embrasse mieux la réalité des choses. La plupart de ces modalités sont régies par le contrat. Quant aux investisseurs.

La plupart du temps. La participation directe au capital de la société cible. librement crée conformément à la loi. en tout état de cause. la définition du capital investissement recouvrira la réalité qui vient d’être décrite. Ce sera au moins 50% des bénéfices. la détermination du prix est du nombre d’actions à souscrire fait parfois l’objet de négociations âpres qui dépendent des performances actuelles et futures de la société cible et la question de savoir si après souscription. nous en relèverons deux. En rémunération de leur investissement. dans des obligations avec bon de souscription d’action. En pratique. 118 . La société cible. Les investisseurs vont souscrire des parts ou actions dans une société existante et à la recherche de financement. Considérons dès lors successivement l’ingénierie et ses supports juridiques. des petites ou moyennes entreprises. les positions de majoritaire et de minoritaire des parties demeureront ou évolueront. la décision implique une prise de contrôle de la société cible par l’investisseur ou bien l’acquisition d’un bloc significatif de parts ou d’actions de la société cible. la souscription de l’investisseur au capital social et l’émission de titres complexes au profit de l’investisseur. à des conditions de prix souvent fixées à l’avance et favorables à l’investisseur. La capacité réside dans la forte rentabilité et le régime fiscal assez favorable de cette forme de financement. §2 – Modalités techniques du capital investissement Les modalités techniques relèvent de l’ingénierie financière à laquelle le droit fournit des supports. En cas de souscription. Ingénierie du capital investissement Diverses techniques permettent de mettre en place l’opération de capital investissement. actions ou parts de société. par exemple. cinq ou dix ans la souscription à son capital par l’investisseur de titres de capital. L’ingénierie financière donne toute sa mesure. s’obligera à accepter après écoulement d’un délai significatif. Par exemple. La société cible émettrice. Ici. 1. de tels pactes prévoient la distribution aux investisseurs de dividendes prioritaires. il faut qu’ils ne puissent être qualifiés de clauses léonines. notamment en ce qui concerne les sociétés cibles qui sont des sociétés non cotées ou des sociétés cotées de faible capitalisation. Émission de titres complexes.Assez fréquemment. Quand les investisseurs sont minoritaires. par exemple encore dans des bons autonomes ou toute autre forme de titre. des pactes d’actionnaires extra statutaire permettront par exemple au fondateur de la société de garantir aux investisseurs la distribution de dividendes à concurrence quote part de bénéfices fixés à l’avance. 2. Ces pactes doivent être conforment à la loi. il y aura augmentation de capital avec droit préférentiel de souscription au profit de l’investisseur. Cette souscription au capital au bout d’un certain délai est à la discrétion de l’investisseur qui peut s’y livrer ou s’en abstenir. la société non quottée pourra ici attirer les investisseurs par émission de titres dits complexes consistant dans des obligations convertibles ou remboursables en action.

les éventuels privilèges que ces titres peuvent comporter comme par exemple la perception de dividendes prioritaires ou bien des clauses de préemption de titre. pactes extrastatutaires. Le protocole d’investissement épuise ses effets après l’adoption des engagements par les assemblées de la société cible. Le pacte d’actionnaire Ce pacte est signé entre les actionnaires majoritaires de la société cible et les investisseurs. l’investisseur court le risque de la dépréciation à court ou moyen terme des actions ou des parts reçues. Support juridique des opérations de capital investissement Le capital investissement implique la souscription de titres dont la mise en œuvre suppose la conclusion de deux types de conventions. Il s’agira de l’assemblée générale ordinaire pour l’ensemble des éléments du protocole d’investissement. sauf les dispositions de la convention qui intéressent les statuts puisque les statuts ne peuvent être modifiés qu’en assemblée générale extraordinaire. interviennent. les pactes d’actionnaires. mais aussi l’incorporation de réserves au capital social pour renforcer l’assise de la société cible ou encore la stipulation de conditions suspensives ou résolutoires pour parfaire les engagements des parties après l’adoption desdits engagements par les associés sur la société cible. Pour remédier à ce risque de dépréciation. 2. Ce pacte peut en réalité être signé entre tous les actionnaires de la société cible et l’investisseur. de l’autre côté. la pratique prévoit des clauses de garantie de la valeur des actifs de la société cible. il a pour objet la détermination des conditions financières de l’entrée de l’investisseur dans le capital. L’inexécution des engagements du protocole d’investissement relève de la responsabilité contractuelle. Quel est l’objet de ce pacte extrastatutaire ? Il porte sur la nature des titres qui vont être souscrits par l’investisseur. le pacte d’actionnaires. 1. la création au profit de l’investisseur de privilèges financiers éventuels. puisqu’il prendra part au capital de la société. se justifie par le fait que les statues de la société cible ne suffisent pas à prévoir tous les risques inhérents au capital investissement. la modification éventuelle de certaines dispositions statutaires en fonction de l’investissement.Au moment de la souscription. 119 . Le protocole d’investissement Ce protocole est une convention signée entre la société cible et l’investisseur. On propose encore. d’un côté le protocole d’investissement. comme remède au risque le remboursement de la prime d’émission à l’investisseur à concurrence de la dépréciation constatée. Pour combler ces insuffisances. garantie fournie par les associés majoritaires à l’investisseur. On dit qu’un tel pacte tire sa raison d’être. Ce remboursement peut prendre par exemple la forme de dividendes exceptionnels distribués aux investisseurs.

La préférence pour les pactes d’actionnaire extrastatutaires. moyennant un prix librement convenu. On lira notamment ceci dans un arrêt de la Cour d’Appel de Paris du 15 Septembre 2000. 120 . cette sorte de clause contient des stipulations par lesquelles un associé souvent majoritaire. ne contrevient pas aux dispositions de l’article 1844-1 du Code Civil. investissant dans une société en vertu d’une opération de capital investissement. Section II – Régime du capital investissement Du point de vue de son régime juridique. est-elle conforme à l’article 1844-1 du Code Civil. ou dirigeant s’engage envers l’un de ses coassociés à lui verser personnellement une rémunération forfaitaire de son apport dans le cas où la société ne distribuerait pas un dividende. en énonçant qu’une clause de rachat d’action souscrite au bénéfice d’un bailleur de fonds. §1 – L’encadrement des conventions mettant en œuvre le capital investissement L’encadrement des conventions de mise en œuvre du capital-investissement s’apprécie avant tout en fonction de leur conformité au contrat de société. se justifie par le secret qui les entoure mais aussi par le nombre parfois limité des parties qui signent cette convention. Une telle clause de rachat d’action est-elle léonine ? La jurisprudence répond par la négative. si la valeur de ces parts baissent en dessous d’un certain niveau. mais aussi le fait que ces pactes extrastatutaires sont régis par l’effet relatif des conventions. Selon le professeur Pasqualini. La question peut être posée d’emblée : une clause de rachat d’action d’un bailleur de fonds. ce qui permet à l’investisseur de limiter les risques et de sortir de la société quand il le souhaite. La jurisprudence précise qu’il importe peu à cet égard qu’il s’agisse d’un engagement unilatéral de rachat. dès lors qu’elle n’a pour objet que d’assurer. pour de telles conventions. le capital investissement peut être considéré à trois égards. ces pactes d’actionnaires peuvent prévoir au profit de l’investisseur une clause de garantie de rémunération encore appelée « clause de dividende minimum ». Cet arrêt a été confirmé par un arrêt Com – 16 Novembre 2004. ou ne répartirait pas un dividende suffisant. que les parts ou actions qu’il va souscrire soient rachetées par les majoritaires à un certain prix. et non la société elle-même. l’investisseur exige dans le pacte d’actionnaire la plupart du temps. et ne sont donc opposables ni à la société ni aux tiers. On retrouve cette clause dans la plupart des pactes extrastatutaires qui mettent en œuvre le capital investissement.Les pactes d’actionnaires peuvent encore prévoir en faveur des investisseurs un certain nombre d’autres prérogatives juridiques. qui répute non-écrites les clauses léonines en matière de société. la transmission des droits sociaux entre associés et qu’elle est sans incidence sur la contribution aux bénéfices et aux pertes dans les rapports sociaux. C’est l’associé stipulant qui est débiteur de cette obligation de versement de dividendes minimales. En pratique. En d’autres termes.

La société d’investissement investira ensuite les fonds fournis par les personnes publiques dans les différentes PME qui en ont besoin. l’investisseur ne court aucun risque quand il peut faire racheter ces actions à tout moment. De telles opérations sont réalisées dans des conditions plus avantageuses pour les sociétés cibles. En revanche. il faut qu’elles ne contreviennent pas à la 121 . Cet arrêt énonce qu’ « il n’est ni illicite ni contraire à l’objet social ou aux statuts de prévoir qu’un actionnaire pourra percevoir des dividendes au-delà de sa participation et la clause assortissant les actions acquises par l’investisseur d’un droit de priorité n’est pas nul dès lors que la clause ne prévoyant pas que l’investisseur recevrait la totalité du profit ou serait exonéré de la totalité des pertes n’est pas stipulée. voir à la perte totale de la valeur de ces actions en raison de la faillite de la société. en concluant simultanément une convention portant sur l’objet et le fonctionnement du fonds d’investissement créée à cette fin. cette opposition semble en voie de s’estomper. dès lors que ces clauses n’aboutissent pas à lui attribuer la totalité des bénéfices ou à lui exonérer totalement des pertes de la société. qu’après un certain temps au court duquel il est resté dans la société. ni la faculté de retrait encadrée dans le temps lui sont consenties. comme le souligne le professeur François Xavier Lucas. Pour que les opérations de capital investissement venant d’investisseurs publics soient conformes au droit de l’Union Européenne. 1ère – 15 Mai 2008. L’investisseur est soumis dans ces conditions à l’aléa social à partir du moment où la rétribution de ces parts sociales par la société dépend des bénéfices distribuables et leur variation.En réalité. elle verse une dotation à un fonds d’investissement géré par une société de capital investissement. La première chambre civile a estimé que cette clause de rachat était léonine. c'est-à-dire les investissements provenant d’entités privées. une clause stipulant des dividendes prioritaires et une clause de rachat d’actions. stipulée au profit de l’investisseur sont tout à fait valides. L’hypothèse est la suivante : une personne publique peut soutenir l’effort d’investissement d’une société. Le capital investissement peut retenir spécifiquement l’attention du droit de l’Union Européenne. il court un véritable risque quand il ne peut faire racheter ses actions. de telle sorte que la clause pourrait être considérée comme léonine. A cette fin. ce d’autant plus que ni la faculté de rachat des parts de l’investisseur. toutefois. Ces apports en fonds propres représentent des opérations de capital investissement. car il s’expose au cours de cette période à la dépréciation de la valeur des actions qu’il détient. que les conditions du marché. Cet auteur François Xavier Lucas relève en outre l’opposition des solutions retenus par la chambre commerciale de la Cour de Cassation et de la première chambre civile de la Cour de Cassation au regard de cette question. sans dépendre de l’exonération de tous risques sociaux. La première chambre civile paraît en effet s’être rapprochée de la position de la chambre commerciale dans un arrêt Civ. » En d’autres termes.

Cette affirmation peut être sujette à discussion. Il s’agit d’éviter que l’investissement public ne fausse la concurrence sur le marché du crédit et du financement.La participation à la gestion Ici. la liberté de choix des actionnaires lors des assemblées doit être respectée. et il demeure que le législateur utilise le levier fiscal pour alléger les charges fiscales grevant les bénéfices issus du capital investissement. L’information peut porter sur la communication par la société-cible de l’investisseur de comptes de résultats trimestriels. 122 . mais par des dommages et intérêts. un problème se pose : comment assurer la présence effective d’un investisseur minoritaire. Il entend toutefois disposer d’une information renforcée afin d’exercer un contrôle sur la recherche effective de performances par la société. §2 – Les modes de participation de l’investisseur à la recherche de performances de la société-cible La rentabilité de la société-cible est la préoccupation majeure des investisseurs. Le non-respect de ce pacte est sanctionné. ce qui ne satisfait pas nécessairement l’investisseur. les objectifs varient en fonction des investisseurs.Le bénéfice d’une information renforcée Ici. Ces investisseurs veulent logiquement être associés d’une manière ou d’une autre à la recherche de performances par la société-cible. ou d’un état périodique de la trésorerie de la société-cible. §3 – Les incitations fiscales profitant à l’investisseur La fiscalité joue un grand rôle dans les opérations de capital-investissement. D’où une autre solution qu’est l’introduction dans les statuts d’une clause de répartition des sièges entre les associés ordinaires et les investisseurs. l’investisseur ne veut pas prendre part à la gestion directe de la société-cible. . Cette information peut aller jusqu’à l’exigence de l’investisseur d’être consulté avant la mise en œuvre d’une opération de prise de contrôle. voir ultra minoritaire dans les organes de gestion quand cet investisseur ne dispose pas d’un nombre suffisant de voix pour avoir un siège au Conseil d’Administration ? La solution réside dans un pacte d’actionnaire prévoyant que les parties voteront pour désigner un ou plusieurs représentants de l’investisseur dans les organes de direction de la société-cible. Ici. Procédant de cette manière. En pareil cas. d’une autre société sur la société-cible. On estime en effet que l’octroi d’avantages fiscaux aux investisseurs les incite puissamment à concourir au dynamisme des sociétés cibles cherchant du financement ce qui contribue au dynamisme de l’économie. C’est par là qu’ils obtiendront un retour sur investissement. le législateur entend stimuler l’économie. ce qui implique que plusieurs candidats leurs soient présentés. non par une exécution en nature c'est-à-dire le vote effectif.réglementation européenne des aides d’Etat. On note deux tendances en cette matière : .

Pour le côté qui reçoit. le préteur participatif sera particulièrement bien payé ? Cette rémunération consiste en un intérêt fixe qui peut être bien supérieur… Cet intérêt pourra en plus être renforcé d’une autre rémunération. non-cotées en bourse. les deux techniques se distinguent singulièrement dans leur régime juridique. Les prêts ont été crées par une loi du 13 juillet 1978. en contre de partie de ce désavantage. Cf : Lexique de la banque et des marchés financiers. Selon le Professeur Blanchit. La rémunération se fait en intérêt. C’est pourquoi on les examine séparément. Section 1 : Les prêts participatifs. la loi du 21 Août 2007 TEPA institue un mécanisme de soutien fiscal au profit du capital investissement. le prêt sera assimilé aux fonds propres. Comme il s’agit d’un crédit. A la différence des prêts participatifs. qui réside dans une « clause de participation au bénéfice 123 . Quel intérêt alors de consentir un tel prêt ? Et bien. code qui prévoit un régime générale et un régime spécifique consentis par l’Etat. Dalloz 2001 L’article L-313-14 CMF prévoit que cette sorte de prêt est inscrite sur une ligne du bilan de la société. ils sont régis par le CMF. Bref. Aussi bien du côté de l’entreprise qui consent le financement que le côté qui le reçoit. ou en faisant appel au marché financier non réglementé. Le particularisme de ce type de prêt réside dans le traitement défavorable du créancier préteur en cas de faillite ou de liquidation judiciaire de la société emprunteuse. il est un créancier « de dernier rang ».De son côté. Nous venons de voir que le préteur participatif est mal traité en cas de faillite ou de liquidation. En effet. les prêts sont des véritables prêts mais réservés exclusivement au financement des entreprises. les préteurs participatifs sont traités sur un pied d’égalité sauf convention contraire requérant l’unanimité. Il s’agit de concours financiers consentis aux entreprises moyennant un intérêt devant être remboursés dans un délai bref. §1 : Le régime générale des prêts participatifs. après l’emprunteur (…) ». Cependant. Les fonds accordés sont assimilés à des fonds propres et sont remboursables après tous les autres créanciers. Chapitre 3 : Les prêts et titres participatifs Ils ont en commun d’être des quasis fonds propres. les prêts participatifs représentent « un type de prêt institué par le législateur en 1978 et présentant deux caractéristiques principales. Entre eux. Ils sont par conséquent régis par le CMF (code monétaire et financier) qui est le siège de la réglementation du crédit. L’impôt de solidarité sur la fortune se trouve dans cette perspective allégée dès lors que le contribuable a investi dans les sociétés cibles. le préteur est remboursé après tous les autres.

Ce groupement a pour but la défense des intérêts du porteur. Il s’agira d’une part significative des dividendes. Le non respect du contenu ou de l’échéancier de ces engagements rendent immédiatement exigibles le remboursement de ce prêt. le prêt participatif accordé par l’Etat suit des règles qui leur sont spécifiques. En d’autres termes. Il s’agit de procurer par ce biais des sources de financement à ces entités. une clause peut prévoir un remboursement anticipé qui ne peut intervenir qu’après 7 ans minimum. société mutualiste ou une SARL. De leur permettre de disposer de fonds propres sans variation de leur capital et sans convoquer…d’une entité privée. 124 . C'est-à-dire que les prêts participatifs consentis par l’Etat obéissent au régime général auxquelles viennent s’ajouter des règles spécifiques. Une telle clause est prioritaire ce qui compense le désavantage du « créancier de dernier rang ». Ce mode de financement qui tient dans les TP est réservé à un certain type précis d’entreprise (secteur publique et mutualiste).3 . Il s’agit pour l’émetteur de se prémunir de la hausse de la partie variable des prêts en les rachetant. les titres achetés seront annulés. l’article L – 313 – 18 CMF exige que nôtre emprunteur souscrive envers l’Etat des engagements précis. le montant de chaque PP consenti par l’Etat est publié tous les ans par souci de transparence. Cette rémunération est calculée sur la base comptable de l’entité émettrice. Quand l’Etat consent des prêts participatifs (PP). Outre les conditions décrites du régime général. Régime : Condition d’émission : l’émetteur est un acteur du secteur public. • La masse des titulaires des TP : tous ceux qui en détiennent issus de la même émission forment ce que la loi appel « une masse qui dispose de plein droit de la personnalité morale ».228 – 27 du code de commerce et l’article R 228 du code de commerce. Ils sont régis par les articles L – 228. Toute autre forme sociale émanant du secteur public peut également en bénéficier. En outre. • Rémunération : elle comporte une partie fixe et une variable. Le délai pour cet achat est d’un an. Section 2 : Les titres participatifs (TP) Les TP sont issus d’une loi du 19 janvier 1983 (décret d’application du 2 mai 1983). L. Il est décidé en AG par un organe de direction de l’entité émettrice. Passé un an. les TP peuvent être rachetés par émetteur pour en garantir le cours en bourse. les porteurs des TP sont des créanciers « d’ultra dernier-rang » • Toutefois. Ils peuvent formuler toute observation sur la gestion de la société. Par ailleurs. §2 : Prêts accordés par l’Etat.net ». • Remboursement et rachat des TP : ces titres ne sont remboursables qu’au moment de la liquidation de l’entité émettrice et seulement après le remboursement de tous les créanciers.

Quand on ouvre le lexique de marchés financiers on ne découvre pas moins de 50 entrées relatives aux activités financières. L’envergure et l’outil doivent être pris en considération. EURONEX est le principal marché. Les pratiques anglo-saxonnes imprègnent le droit français car le dynamisme en matière de financement est plus grande là bas. Il faut envisager le financement par appel aux marchés financiers et la régulation. Chapitre 1 : Le financement par appel aux marchés financiers Le marché du financement des entreprises est protéiforme.421. Toutes les entreprises ne peuvent pas s’adresser au même marché financier et utiliser les mêmes techniques. Tout marché financier dûment autorisé doit être porté à la connaissance du public afin de garantir la protection des investisseurs en France. Ces marchés sont distincts les uns des autres car ils s’échangent des produits non substituables les uns par rapport aux autres. L’existence d’un marché financier nécessite une autorisation préalable du ministre des finances. Il convient de parler ici deS marchéS financiers. Sous l’influence de l’UE.Titre II : Financement externe Ce qui suit consiste en une brève et incomplète présentation d’une matière de M1 (Droit des marchés financiers). la réglementation du financement externe se lit aujourd’hui sous le signe de l’instabilité.2. Son siège est situé à Paris. 125 . Le financement externe est le « market equity » en anglais. Le « marché » est un lieu théorique où s’échangent des produits considérés comme substituables les uns aux autres ( ex : marché de la téléphonie. Il fait ici appel à des autorités de régulation. Toujours est-il que le mécanisme subit des changements en Europe.…). En matière de marché financier. la bourse de valeur est le marché originaire. etc. L’étude de cet ensemble des marchés fait l’objet d’un exposé systématique en droit des marchés financiers. marché des actions. Il apparaît que la réglementation classique ne suffit pas à encadrer ce marché. §1 : Les marchés réglementés Se reporter au CMF article L. Voyons tour à tour les marchés et réglementés et ceux qui ne le sont pas. Section 1 : Diversité des marchés financiers. Il faut considérer le marché précis auquel le financement a recours. La technique a été élaborée aux USA et en Grande Bretagne. Le marché financier réglementé s’entend d’un système multi latéral opéré par le marché facilitant la rencontre en son sein et selon des règles non discrétionnaires de multiples vendeurs et acheteurs pour des instruments financiers afin de parvenir sur des contrats admis à la négociation et qui est géré et fonctionne régulièrement.

C'est-à-dire que celle-ci peut créer des règles qui vont réglementer une partie du marché. Les marchés organisés non réglementés (MONR) Pour bien les comprendre il faut savoir que l’UE a entendue briser le monopole des marchés réglementés sur l’utilisation des instruments. leur création n’est pas soumise à l’autorisation du gouvernement. Il s’agit tout à la fois des préstataires et de marchés d’instruments financiers. à la différence des marchés réglementés. -Obligation d’information renforcée. La situation varie dans les marchés non réglementés. Bref. l’entreprise de marché dispose d’un pouvoir d’auto réglementation. Il existe trois règles à son égard : -Disposition de prévention et de lutte contre les abus de marchés. Des systèmes multilatéraux et infernalisateurs ( ???) sont des alternatives. cette activité fait appel à des capitaux/ à des personnes parfois avertis et parfois non. A. Pourquoi la loi réserve-t-elle une réglementation aux activités des marchés réglementés ? Car. §2 : Les marchés non réglementés En principe. Le SNMO est d’abord un système classique. -Mécanisme de garanties des cours pour des titres donnant droit à une part de capital ou de droit de vote. 126 . le fonctionnement des systèmes multilatéraux relèvent de la réglementation privée et des contrats. Ceci n’est pas un marché organisé ni libre. Entre les marchés réglementés et les SNMO il y a une différence quant à leur origines de création. Un point essentiel. Toutefois. D’une part. c’est un système organisé. la France a pris l’initiative de créer des systèmes multilatéraux de négotiation organisé (SMNO). En transposant la directive MIF ( ?) du 21 avril 2004. c’est le gouvernement d’autre part c’est l’AMF. Cette création doit simplement être validée par l’AMF afin de protéger les investisseurs. le législateur a crée une catégorie : « les marchés organisés non réglementés ». tout instrument de marché non réglementé doit être considéré comme non réglementé. Ce mécanisme n’existe pas dans les SNM classiques. Ceci dit. Les SNMO doivent prévoir ces dispositions.L’entreprise de marché est une personne gérant ou éxploitant un marché réglementé ou lui-même. Les SNMO doivent prévoir un mécanisme d’information des investisseurs.

§1 : Les instruments financiers : Ordonnance n°2009-15 du 8 janvier 2009. A la faveur de cette modification de régime on transfert du code de commerce au CMF. Observons que les titres financiers font partie des instruments financiers mais ne sont pas les seuls puisque ceux-ci regroupent les titres et les contrats financiers. L’appel public à l’épargne disparaît donc laissant place à deux autres techniques.B. Ce texte englobe deux catégories de produits financiers. 2 Les titres de créance à l’exception des effets de commerce et des bons de caisse. La notion d’instrument financier introduite par la loi du 2 juillet 1993 subit une réorganisation de fond en comble. Son objectif est double : il s’agit de renforcer et accroître la compétitivité des marchés financiers. A Paris. L’ordonnance du 22 janvier 2009 relative à l’appel public à l’épargne vient boulverser l’ordre des choses. Cette réforme est presque concomitante avec l’ordonnance relative à l’ordonnance des marchés financiers. 1 Les titres de capital émis par une société par action. A. le marché libre est géré par EURONEX. Section 2 : Modalités de financement par recours aux marchés financiers Ces modalités ont connu des transformations au cours des dernières années encore sous l’influence de l’UE. Ordonnance prise sous habilitation de la loi LMF du 4 aout 2008. En effet. Les marchés libres Il est généralement reconnu que les marchés libres sont relatifs au financement des entreprises de moindre envergure. Cette ordonnance entend mettre le droit français en conformité avec le droit de l’UE et rendre le droit français plus accessible pour les étrangers. L’ordonnance du 8 janvier 2009 regroupe l’ensemble pour en rendre l’identification plus aisée. L’article L-211-1 CMF abrite la définition des instruments financiers. Contrats financiers sont des instruments financiers à terme. L’admission de titres à la négociation sur un marché réglementé. 3 Parts et actions d’office de placement collectif. Ces transformations affectent §1 les instruments financiers. Les titres financiers : Ces titres englobent eux-mêmes trois éléments. 127 . §2 : Les techniques à utiliser Jusqu’à il y a peu on évoquait l’appel public à l’épargne pour désigner le financement des entreprises et autres collectivités par diffusion au public ces titres étant généralement des titres. il y a d’un côté les titres financiers puis de l’autre les contrats financiers. §2 les techniques à utliser.

La notion de marché réglementé est dite ci-dessus. Il s’agit de comprendre comment ce financement est utilisé. Ce mode de financement peut encore être utilisé par l’Etat et les collectivités locales, les associations (loi 1901)… Les titres varient selon la qualité selon la qualité de l’entité. L’entité désireuse de se procurer un financement doit s’assurer un processus encadré par la loi. La démarche à la négociation pose des exigences de structure et d’information au public. Concernant la négociation, elle passe par un prospectus diffusé au public. Ce prospectus détail les quantités et nature des titres émis. La garantie du sérieux tient dans l’intervention de l’AMF qui contrôle et valide ce prospectus en vue de la publication de ce prospectus. La protection des investisseurs se fait par la publication périodique de la situation des entreprises. En effet, la transparence est le meilleur moyen contre les abus. B. Offre public aux titres financiers. Cette technique vient au coté à l’admission de titres sur un marché financier, remplacer l’appel public à l’épargne. L’ordonnance du 22 janvier 2009 modifie l’article L-441- 1 du CMF. L’offre au public des titres financiers recouvre deux types génériques d’opérations. D’abord, une communication quelle que soit la forme et le moyen adressée à des personnes et présentant une information suffisante sur les offres et les titres à offrir de manière à mettre un investisseur dans la situation à acheter ou de souscrire aux titres. Puis, le placement des titres fianciers par des intermédiaires financiers. (Ce sont les techniques génériques. Cf : art. L 411-1 CMF). D’une manière générale, les contraintes imposées aux entités qui recouvrent à l’offre public aux titres financiers dans le but d’obtenir un financement sont moins lourds sur un marché financier. Il demeure que dans les deux cas, les investisseurs doivent être éclairés dans leur choix qui passe par la diffusion d’information mise à la charge des émetteurs.

Chapitre 2 : La régulation du financement par recours au marché financier
Les défaillances des établissements de crédit et des entreprises d’investissement sont généralement attribuées aux insuffisances de contrôle des institutions financière. Le contrôle juridique de ces deux secteurs ne procède pas de la démarche classique consistant à édicter des règles dont la surveillance d’application est donnée à l’administration et dont l’inobservation est sanctionnée par le juge. C’est à partir de la crise de 1929 que les secteurs bancaires reçoivent un mode spécifique d’encadrement et de contrôle. En effet, ici il est question de régulation. Cette démarche vient des USA. Son initiation remonte aux années 1933 et 1934, années aux cours desquelles ont été crées respectivement un organe essentiel de régulation du secteur bancaire et un autre du secteur financier.
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Pour le secteur bancaire il s’agit du FDIC. Pour le secteur fiancier c’est la « security and exchange commissions » SEC. C’est à partir de ces deux modèles qu’ont été bâtis en UE des « autorités de régulation ». Ces autorités ne sont pas des émanations directes de l’Etat mais leur création vient de la loi. D’ailleurs on y retrouve des magistrats, des hauts fonctionnaires, des représentants professionnels du secteur financier. Ils veillent aux grands équilibres d’édicter certaines normes d’habilitation et de maintenir la discipline auprès des professionnels au moyen des sanctions. Cela débouche aujourd’hui sur un paysage de régulation riche. Cette tendance déborde aussi pour gagner un grand nombre d’activités économiques, tellement qu’on parle d’une économie/droit de la régulation ». Toutefois, ici la crise des subprimes a provoqué une prise de conscience visant à renforcer la régulation. Or, un double obstacle entravait jusqu’à présent cette régulation : la globalisation et l’européanisation des activités économiques. En effet, ces activités ont toujours eu tendance à s’affranchir les frontières étatiques. En outre, l’UE poursuit depuis plus d’une trentaine d’années une constitution d’un marché intérieur d’un marché financier qui englobe les finances et la science. A l’échelle mondiale et européenne, les états ont longtemps répugnés à faires des mécanismes ultra nationaux. Pourtant, l’UE mais aussi la France ont très récemment reformés leur mécanisme de régulation. Ces deux mécanismes de régularisation se distinguent bien que la nécessité les conduit à fonctionner sur le mode de la collaboration. Il convient alors d’examiner tour à tour chacune des régulations (UE et française).

Section 1 : La régulation européenne
On le sait maintenant, le financement des entreprises passe souvent par la langue anglaise. Gagne de l’importance quand on raisonne à l’échelle de l’union euro. La toute jeune régulation européenne parle anglais. Elle consiste en deux démarches convergentes : -une dite « top down approach ». Le CERS veillant à la stabilité global du marché financier européen en partant de la globalité des questions posées pour se diriger vers leur resolution. -une dite « bottom up approach » qui consiste à surveiller les difficultés économiques du système financier en prenant chaque établissement financier en rédigeant une synthèse des difficultés de régulation. Dans chaque approche la régulation est opérée par des autorités crées de fraîche date en 2010. Considérons dès lors la régulation macroprudentielle puis microprudentielle.

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§1 : La régulation macroprudentielle par le CERS Pour bien comprendre le rôle du CERS il convient de définir l’objectif de sa mission et qui justifie son existance : c'est-à-dire la surveillance macroprudentielle ce qui signifie l’évaluation, le contrôle et la résolution des risques pouvant affecter les établissements financiers, les investisseurs, et tout utilisateur du marché y compris les Etats. La crise 2007/ 2008 démontre combien cette surveillance est nécessaire. Elle vise à détecter, prévenir les risques « systémiques ». C'est-à-dire, une perturbation dans le système financier susceptible d’avoir de graves répercussions dans l’économie réelle. Ce type de crise survient quand un ou plusieurs établissements financiers se montre défaillant en raison de la mauvaise qualité ou de la combinaison à la fois de la défaillance et de la mauvaise qualité. La crise des subprimes est une illustration=> le marché immobilier défaillant s’étant propagé aux établissements vendant ces produits aux investisseurs. C’est dans ce cadre que naît le CERS. Ordonnance n°1092-2010, ordonnance européenne. Sa création intervient le même jour que trois autres autorités européennes de surveillance macroprudentielle (bancaire, financière et assurances). Le CERS quant à lui est un organe non doté de la perosnnalité morale. Son siège se trouve à Franfurt ce qui n’est pas étonnant puisque c’est la ville où se trouve la BCE (Banque Centrale Européenne). D’autre part, le président de la BCE est aussi le président de droit du CERS. En sont membres de plein droit les présidents des autorités européennes et toutes les autorités nationales en matière de régulation. Les buts du CERS sont au nombre de deux : - Favoriser les échanges d’information entre les autorités européennes, toutes les autorités nationales, et lui-même. - Identifier, évaluer, prévenir et combattre le risque systémique. Voyons dès à présent les principaux critères qui permettent d’identifier les risques systémiques (RS). Ils sont au nombre de trois. - La taille, c'est-à-dire le volume de service financier fournie - La substituabilité ; à savoir la capacité des autres composants du système à fournir les mêmes services financiers. - L’interconnexion qui consiste dans le lien avec les autres composants du système. Ces critères sont principaux ce qui signifie qu’ils peuvent être complétés par d’autres. Il faut préciser avant tout que les actions du CERS ne sont pas contraignantes mais sont surtout incitatives. Sur ce terrain, le CERS peut émettre soit une alerte soit une recommandation (au conseil des ministres ou à la commission européenne, ou à une autorité nationale). La recommandation est essentiellement adressée à une autorité de surveillance. Le destinataire doit l’appliquer ou se justifier de la non-application (règle de « comply or explain » emprunté au droit américain).
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Elle favorise une culture commune en l’examen des paires et une bonne pratique. et d’un exécutif tous deux choisis et approuvés par le Parlement européen. A cela s’oppose l’AEMF (microprudentielle) faite par l’autorité européenne des marchés financiers. Cette nouvelle autorité est née d’un conseil regroupant tous les conseils de surveillance. Le règlement du 24 novembre 2010 est entré en vigeur le 1er janvier 2011. C’est la crise de 2007/2008 qui a provoqué le changement. c’est l’experience seule qui pourra dire si ça marche ou non. Si cela demeure sans effet. c'est-à-dire dans la globalité du système financier aux établissements (« top down approach »). C’est une surveillance macroprudentielle. l’AEMF est en charge des litiges transfrontaliers et trans-sectoriels survenant entre régulateurs nationaux. l’AEMF se voit dotée d’un pouvoir normatif précis : l’édiction de normes techniques. S’agissant de la France. L’ensemble du paysage résulte de transformations profondes qui sont issues de la modernisation des acteurs financiers dont les produits sont de plus en plus complexes. Ces transformations viennent aussi de la CEDH mais aussi de la Cour européenne des droits de l’homme qui statuent en matière disciplinaire soumis aux règles de procès 131 . l’AEMF peut à titre exceptionnel se substituer à une autorité nationale. elle détecte. C’est parceque ne voulaient pas se désaisir de leur prérogatives en la matière. l’AEMF peut les rappeler à l’ordre. En outre. En effet. Elles sont de deux ordres. L’AEMF vient remplacer le comité européen des régulateurs des valeurs mobilères (CERVM). Ces normes sont des règles qui n’impliquent aucun choix stratégique ni aucune implcation politique. Avant même l’application définitive de l’ordonnance du 24 novembre 2010 la France à copier… en instituant un comité de régulation financière avec des buts sensiblement proches mais à l’échelle française. d’un président. ce pouvoir est principalement donné à l’AMF et à l’ACP. Les régulateurs de l’AEMF peut être réglé en une instance de recours dont l’AEAPP. évalue et propose des solutions aux crises systémiques dans une démarche sur le mode du « bottom up » approach.C’est l’expérience qui nous permettra de mesurer l’efficacité du CERS. Section 2 : La régulation interne Nous venons d’observer que la régulation européenne est très récente. depuis son siège situé à Paris. Il a une capacité juridique plus conséquante que le CERS. §2 : La régulation microprudentielle par l’AEMF L’AEMF a été crée par le règlement n°1095-2010 du 24 novembre 2010. A cette fin. les normes de… Si ces autorités nationales s’abstiennent d’appliquer le droit de l’union ou le violent. D’un côté les normes techniques d’application de l’autre. Enfin. Ainsi. l’AEMF grâce à sa qualité de personnalité morale peut exercer sa mission de surveillance financière dans l’UE.

un pouvoir de sanctions à l’encontre des entreprises des marchés.  Le Comité… (CMFRS) 132 .Un organe de sanction qui mène l’enquête. Bref. . Pour accomplir l’ensemble de ses missions. D’abord un pouvoir réglementaire délégué qui lui permet de faire un règlement générale qui pour être appliqué nécessite… Puis. et le conseil des disciplines financières). En effet. Elle est indépendente et est une personne morale. En effet. L’ACP surveille le respect de cette autorisation d’exercice et adopte les sanctions.  L’ACP : C’est une autorité publique indépendante dotée de la personnalité morale. Du coup. à côté de l’AMF éxistait tout un aéropage d’autorités.équitable. ces transformations viennent du droit de l’UE avec lesquelles les régulateurs français doivent négocier. le conseil des marchés financiers – CMF. Elle se compose d’un collège et d’une commission de sanctions Sa mission est de délivrer les sanctions. Chaque organe est indépendant ce qui est une manière d’assurer leur transparence. §1 : L’AMF Créée par la loi du 1er aout 2003.Une commission des sanctions qui juge les plaintes et sanctionne. la CEDH a jugé incompatible le pouvoir de réglementation et sanction. L’AMF a été façonnée sur le modèle de CEDH. Son régime est fixé par l’article 6211 du CMF. des émetteurs des titres et des investisseurs qui violent les règles. Elle résulte de la fusion de trois autorités (la COB. désormais il éxiste trois formations : . efficacité et … § 2 : Les autres autorités de réglementation On pourrait dire qu’à la différence du droit de l’UE qui opère une régulation sectorielle. le droit français regroupe ses autorités en la matière. d’anticiper aux défaillances éventuelles. Elle veille surtout au respect des règles prudentielles aux établissements auxquelles elle donne… Ces règles visent des entreprises d’investissement à toujours avoir assez de fonds ($) pour rembourser leur clients à tout instant. Enfin. l’AMF dispose de deux attributs majeurs. Sa mission consiste dans la protection de l’épargne investit dans les instruments financiers ainsi que tous les autres placements ouverts au public.Un collège qui assume l’essentiel du pouvoir normatif. Elle veille aux investisseurs et au bon fonctionnement du système. . Il subsiste un certain nombre d’autorités/ organismes de consultation en France. L’ordonnance n°2010-76 du 21 janvier 2010 ne touche pas à l’AMF mais regroupe trois anciennes autorités sous le comité des régulateurs français des régulateurs systémiques (CRFRS).

ce comité favorise la coopération. et participe aux travaux des normes internationales et européennes applicables aux normes financières. analyse et évalue les risques systémiques en prenant compte des conseils donnés par le CERS. Chapitre III – Les prêts et les titres participatifs 133 .Crée par l’ordonnance n°2010-76 du 21 janvier 2010 en prenant pour modèle le CERS que l’UE avait encore en projet. Ce comité est composé de huit membres qui sont décrits par l’article L-631-2 du CMF. En outre. Il recueille. ce comité contribue de façon souple à la tâche immense du secteur financier. Il s’agit de : Le ministre de l’économie Le gouverneur de la Banque de France Le vice président de l’ACP Le président de l’AMF Le président des normes comptables Trois personnes qualifiées nommées par le ministre de l’économie Ce comité est une instance de coopération et d’échange entre les institutions que ses membres représentent. Bref.

Etant des opérations de crédit. le prêteur est remboursé après tous les créanciers de cette entreprise emprunteuse. Pour l’entreprise bénéficiant du financement. En effet. le prêteur a une créance dite « de dernier rang ». 1314. Cependant. le prêt participatif est assimilable aux fonds propres. §2 – Prêts participatifs accordés par l’Etat Outre les conditions décrites au régime général décrit ci-dessus. Il s’agit de concours financiers.Les prêts participatifs et les titres participatifs ont en commun d’être des quasi fonds propres. le créancier. Il y a des contreparties à cette position de créanciers de dernier rang. Ces avantages comportent d’abord une rémunération très élevée. Ce sont donc des quasi fonds propres. en cas de faillite/liquidation amiable de la société-cible. Dans le prêt participatif. est un créancier de dernier rang. §1 – Le régime général des prêts participatifs Ils représentent un type de prêts. Cet intérêt n’est pas soumis au régime de l’usure. Le particularisme de ce type de prêts réside dans le traitement particulièrement défavorable du créancier prêteur en cas de faillite ou en cas de liquidation amiable de l’entreprise emprunteuse. Section I – Les prêts participatifs A la différence des titres participatifs qui sont des instruments relevant de la société. ils ont été crées par une loi du 13 Juillet 1978. consentis à une entreprise. et présentant deux caractéristiques principales : les fonds accordés en vertu d’un prêt participatif sont assimilés à des fonds propres. et de ce fait régis par le Code de Commerce. les prêts participatifs sont de véritables prêts réservés au financement des entreprises. titres participatifs et prêts participatifs sont des techniques de financements différents dans leurs régimes. et ce sont des prêts remboursables après toutes les autres créances de l’emprunteur qu’elles soient privilégiées ou chirographaires. aussi bien dans le bilan de l’entreprise qui consent ce crédit que dans le bilan de l’entreprise qui reçoit le financement. moyennant versement d’intérêts. Autrement dit. qui prévoit un régime général des prêts participatifs. de privilèges consentis aux investisseurs. et qui n’ont pas pour vocation d’être remboursés sous de brefs délais. les prêts participatifs sont donc régis par le Code Monétaire et Financier. institués par le législateur en 1978. 134 . au titre de prêts participatifs.du Code Monétaire et Financier prévoit que les prêts participatifs sont écrits sur une ligne particulière. Cette rémunération s’accompagne d’avantages. Le prêteur est rémunéré par un intérêt. l’article L. le prêt participatif consenti par l’Etat suit des règles qui leur sont propres.

parce que les titres participatifs sont remboursables après toutes les autres créances. qui sont nominatifs ou au porteur. et bénéficient d’une rémunération par dividendes prioritaires. Il s’agit de procurer par ce biais des sources de financement à ces entités pour leur permettre de disposer de fonds propres. 135 . Section II – Les titres participatifs Ils sont issus d’une loi du 3 Janvier 1983. et du secteur mutualiste. Ce sont des titres négociables. Par ailleurs. §1 – Les conditions d’émission de titre participatif L’émetteur est une société de titres par actions du secteur public. ainsi qu’en matière financière. Ce sont aussi de quasi fonds propres comme les prêts participatifs. le montant de chaque prêt participatif consenti par l’Etat est publié chaque année (Transparence oblige).Quand l’Etat consent des prêts participatifs à une entreprise. Ce mode de financement est réservé aux entreprises du secteur public. Ils sont aujourd’hui régis par le Code de Commerce. la loi exige que l’emprunteur souscrive envers l’Etat des engagements précis en matière industrielle ou commerciale. sans variation de leurs capitaux ni changement de contrôler de ce type d’entreprise. Le non-respect du contenu ou de l’échéancier de ces engagements rend immédiatement exigible le remboursement de ces prêts participatifs. et son décret d’application du 2 Mai 1983.

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