UNIVERSITÉ DE SAVOIE

ECOLE DOCTORALE SISEO

THÈSE DE DOCTORAT
Spécialité Génie Civil et Sciences de l’Habitat
Environnements de simulation
adaptés à l’étude du comportement énergétique
des bâtiments basse consommation

Co-dirigée par Etienne WURTZ et Gilbert ACHARD
Soutenue publiquement le 9 décembre 2008 par
Pierre TITTELEIN
Composition du jury :
Rapporteurs : J.-J. ROUX Professeur INSA de Lyon
A. TROMBE Professeur INSA de Toulouse
Examinateurs : G. ACHARD Professeur Université de Savoie
L. MORA Maître de conférence Université Bordeaux 1
B. PEUPORTIER Maître de recherche HDR MINES Paristech
E. WURTZ Directeur de recherche CNRS Université de Savoie
Invité : P. RIEDERER Ingénieur de recherche CSTB

Laboratoire Optimisation de la Conception et Ingénierie de l’Environnement

UNIVERSITÉ DE SAVOIE
ECOLE DOCTORALE SISEO

THÈSE DE DOCTORAT
Spécialité Génie Civil et Sciences de l’Habitat
Environnements de simulation
adaptés à l’étude du comportement énergétique
des bâtiments basse consommation

Co-dirigée par Etienne WURTZ et Gilbert ACHARD
Soutenue publiquement le 9 décembre 2008 par
Pierre TITTELEIN
Composition du jury :
Rapporteurs : J.-J. ROUX Professeur INSA de Lyon
A. TROMBE Professeur INSA de Toulouse
Examinateurs : G. ACHARD Professeur Université de Savoie
L. MORA Maître de conférence Université Bordeaux 1
B. PEUPORTIER Maître de recherche HDR MINES Paristech
E. WURTZ Directeur de recherche CNRS Université de Savoie
Invité : P. RIEDERER Ingénieur de recherche CSTB
Disponible en ligne : http://tel.archives-ouvertes.fr/tel-00350664/fr/
Laboratoire Optimisation de la Conception et Ingénierie de l’Environnement

A Elise
A Samuel et Josik


Je sais que je ne sais rien (Socrate)

I
Remerciements
Je tiens à remercier Etienne Wurtz et Gilbert Achard, mes co-directeurs de thèse,
dont j’ai apprécié l’encadrement et la disponibilité malgré leurs nombreuses activités.
Ils ont su me faire découvrir chacun à leur façon les nombreuses facettes du monde de
la recherche.
Je remercie également Alain Trombe et Jean-Jacques Roux qui ont accepté d’être
les rapporteurs de cette thèse et avec qui j’ai eu plaisir à échanger à propos de ce travail.
Mes remerciements vont également à Laurent Mora qui a su m’aider pendant ce
travail à mieux comprendre le fonctionnement de SIMSPARK, à Bruno Peuportier pour
nos échanges sur les bâtiments basse consommation et à Peter Riederer pour l’intérêt
qu’il porte à mon travail. Merci à eux d’avoir accepté de faire partie du jury de cette
thèse.
Je voudrais également remercier ceux qui ont contribué à ce travail au travers des
nombreux échanges que j’ai eu avec eux. Je pense à mes collègues doctorants ou ex
doctorants Layal Chahwane, Louis Stephan, Paul Bourdoukan et Chadi Maalouf mais
également à Elena Palomo del Barrio, Alain Bastide, Stéphane Thiers et aux acteurs des
projets Dynasimul et Maisonpassive.
Ces travaux ont été réalisés dans le cadre du Laboratoire Optimisation de la
Conception et Ingénierie de l’Environnement au sein de l’Institut National de l’Energie
Solaire. Merci à Yves Gonthier et Lingai Luo, directeurs successifs du laboratoire, pour
leur accueil. Merci aussi à tous les membres du LOCIE et de l’INES qui m’ont soutenu
pendant ces trois ans et apporté un cadre de travail agréable et sympathique. Merci
particulièrement à Bai Yu ma collègue de bureau pour avoir pris soin de moi pendant
ces trois années.
Enfin, je veux remercier ma famille qui me soutient depuis toujours (Pajou qui
m’a donné le goût d’apprendre…), ma belle famille qui est, elle aussi, un appui
important ainsi que mes amis pour tout ce qu’on vit ensemble. Merci à Elise pour ce
qu’elle m’apporte tous les jours et à Samuel et Josik pour les quelques nuits de sommeil
complètes qu’ils m’ont laissées pendant ces trois ans…
Merci à Trek (mon vélo) de m’avoir accompagné tous les jours et par tous les
temps, il a été pour moi une bonne source d’inspiration et de réflexion.


II

III
Résumé
Titre : Environnements de simulation adaptés à l’étude du comportement
énergétique des bâtiments basse consommation
En France, à partir de 2012, tous les bâtiments neufs devront répondre aux critères
de basse consommation, c'est-à-dire qu’ils devront consommer moins de 50
kW.h/(m².an) en énergie primaire pour le chauffage, le refroidissement, la ventilation, la
production d'eau chaude sanitaire et l'éclairage (à moduler selon la région et l’altitude).
La simulation numérique a un rôle important à jouer pour atteindre cet objectif.
Les environnements de simulation énergétique existants ont été conçus pour des
bâtiments classiques pour lesquels les consommations sont beaucoup plus importantes
que celles fixées pour 2012, il faut donc voir si les modèles mais aussi les méthodes de
simulations utilisés correspondent toujours aux spécificités de ces nouveaux bâtiments.
L’objectif de ce travail est de montrer l’intérêt d’utiliser un environnement de
simulation basé sur les systèmes d’équations pour étudier le comportement énergétique
des bâtiments basse consommation.
Pour cela, plusieurs modèles ont été implémentés dans l’environnement
SIMSPARK. Il s’agit d’un modèle de matériau à changement de phase, d’un modèle de
prise en compte du rayonnement de courtes longueurs d’onde par calcul de la tache
solaire et d’un modèle d’échangeur air-sol. Ils ont été intégrés dans un modèle global de
bâtiment basse consommation ce qui a permis de montrer les avantages de
l’environnement de simulation utilisé. Le fait qu’il soit orienté objet permet de valider
indépendamment les nouveaux modèles puis de les intégrer facilement à un modèle de
niveau hiérarchique supérieur. Le fait qu’il soit basé sur les systèmes d’équations a
permis grâce à la non orientation a priori du modèle d’inverser le sens de résolution de
plusieurs problèmes dans une simulation dynamique. Enfin, la robustesse des méthodes
de résolution utilisées a été éprouvée.
Mots clé :
Simulation dynamique, bâtiments basse consommation, environnement orienté
objet, environnement basé sur les systèmes d’équations, SPARK, SIMSPARK, matériau à
changement de phase, tache solaire, échangeur air-sol, inversion de modèles, efficacité
énergétique d’un bâtiment.

IV

V
Abstract
Title: Simulation environments adapted to the study of energy behaviour of low-
consumption buildings
Beginning in 2012, every new building in France will have to meet low-
consumption standards. This means that their primary energy consumption will have to
be under 50 kW.h/(m².year) for heating, cooling, ventilation, lighting and hot water
production. Digital simulation can contribute greatly to reaching this objective.
Existing energy simulation environments were designed for classic buildings that
have much higher consumption than the standards set for 2012, so it is important to see
whether the models as well as the simulation methods used still correspond to these new
building requirements. The objective of this work is to show the advantages of using an
equation-based simulation environment to study the energy behaviour of buildings.
For that purpose, several models were implemented in SIMSPARK platform: a
phase-change material model, a model to take into account long-wave radiation
calculating sunspot position, and an earth-to-air heat exchanger model. They were
integrated into a global model of a low-consumption building to show the advantages of
the simulation environment used. Its object-oriented feature make it possible to validate
independently new models and then to integrate them easily into a model at a higher
hierarchical level. Since the environment is equation-based and it is not ex ante
oriented, the resolution direction of some problems could be inversed in a dynamic
simulation. Finally, the robustness of the resolution methods used is shown.
Keywords:
Dynamic simulation, low-consumption building, object-oriented environment,
equation-based environment, SPARK, SIMSPARK, phase-change material, sunspot, earth-
to-air heat exchanger, model reversion, building energy efficiency.

VI

VII
Sommaire
Remerciements ................................................................................................................. I
Résumé ........................................................................................................................... III
Abstract ........................................................................................................................... V
Sommaire ..................................................................................................................... VII
Nomenclature ................................................................................................................ XI
Liste des figures .......................................................................................................... XIX
Liste des tableaux .................................................................................................... XXIII

Introduction ..................................................................................................................... 1

Chapitre I : Positionnement de la simulation numérique dans la réduction de
l’impact environnemental des bâtiments ...................................................................... 3
1 Analyse théorique de la réduction de l’impact environnemental des bâtiments ... 4
1.1 Analyse du cycle de vie des bâtiments ......................................................... 4
1.2 Démarche de réduction de la consommation d’énergie dans le bâtiment ..... 8
1.3 Maîtrise des besoins de chauffage et confort d’été ....................................... 9
2 Règles de l’art des bâtiments basse consommation ............................................ 14
2.1 Labels certifiant la performance énergétique des bâtiments ....................... 14
2.1.1 Exigences des labels ........................................................................... 14
2.1.2 Règles de l’art préconisées ................................................................. 16
2.2 Maisons de la plateforme INCAS ............................................................... 21
2.3 Conclusion .................................................................................................. 23
3 Couplage de l’analyse théorique et des règles de l’art ........................................ 25
3.1 La simulation au service de la théorie et des règles de l’art ....................... 25
3.2 Retour d’expérience et comparaison inter logiciels .................................... 26
4 Conclusion .......................................................................................................... 29

Chapitre II : Simulation du comportement énergétique des bâtiments basse
consommation ................................................................................................................ 31
1 Outils de simulation et bâtiments basse consommation ..................................... 32
1.1 Besoins en terme de simulation des bâtiments basse consommation ......... 32
1.2 Environnements de simulation existants ..................................................... 36
1.2.1 Architecture logicielle des environnements de simulation ................. 36
1.2.2 Classification en terme d’usage des outils existants ........................... 40
1.3 Choix d’un environnement de simulation ................................................... 45
2 SIMSPARK : environnement de simulation pour les bâtiments basse
consommation ............................................................................................................. 48
2.1 SPARK : le cœur de SIMSPARK .................................................................... 48
2.1.1 Description d’une simulation dans SPARK .......................................... 48
2.1.2 Principales propriétés de SPARK ......................................................... 56
2.2 SIMSPARK : Simulation des bâtiments dans SPARK .................................... 59
2.2.1 Structure de la bibliothèque de SIMSPARK .......................................... 59
2.2.2 Evolution de la plateforme SIMSPARK ................................................ 60
3 Conclusion .......................................................................................................... 63


VIII
Chapitre III : Développement de modèles adaptés à la description de bâtiments
basse consommation ...................................................................................................... 65
1 Modélisation d’un panneau de matériaux à changement de phase ..................... 66
1.1 Matériaux à changement de phase dans le bâtiment ................................... 66
1.2 Modèle utilisé .............................................................................................. 67
1.3 Utilisation du modèle .................................................................................. 70
1.4 Conclusion ................................................................................................... 73
2 Etude du rayonnement de Courtes Longueurs d’Onde (CLO) ............................ 74
2.1 Rayonnement CLO arrivant sur l’enveloppe extérieure ............................. 74
2.2 Prise en compte de la tache solaire dans une pièce ..................................... 77
2.2.1 Etat de l’art .......................................................................................... 78
2.2.2 Calcul de la position et de la surface de la tache solaire ..................... 79
2.2.3 Prise en compte de la tache solaire dans la simulation thermique ...... 83
2.2.4 Discussion sur le choix du modèle ...................................................... 83
3 Modélisation d’un échangeur air-sol (puits canadien) par la méthode convolutive
des facteurs de réponse ................................................................................................ 85
3.1 Etat de l’art des modèles d’échangeurs air-sol ............................................ 85
3.1.1 Modèles analytiques ............................................................................ 85
3.1.2 Modèles numériques ........................................................................... 87
3.2 Description du modèle développé ............................................................... 89
3.2.1 Bilan des flux en surface du tube sur une tranche ............................... 90
3.2.2 Bilan des flux en surface du sol sur une tranche ................................. 92
3.2.3 Evaluation du flux conductif par la méthode des facteurs de réponse
sur une tranche .................................................................................................... 93
3.2.4 Bilan le long du tube de l’échangeur air-sol ....................................... 98
3.2.5 Choix des paramètres de réglage du calcul ......................................... 99
3.3 Comparaison du modèle développé à un modèle analytique .................... 103
3.4 Discussion sur le modèle de l’échangeur air-sol ....................................... 105
3.4.1 Intérêts du modèle ............................................................................. 105
3.4.2 Perspectives d’évolution du modèle .................................................. 106
3.4.3 Discussion sur le choix du modèle .................................................... 106
4 Conclusion ......................................................................................................... 108

Chapitre IV : Intégration des modèles pour l’évaluation des bâtiments basse
consommation. ............................................................................................................. 109
1 Matériaux à changement de phase et bâtiment .................................................. 110
1.1 Intégration des MCP au bâtiment .............................................................. 110
1.2 Choix de la température de fusion du MCP .............................................. 114
2 Inertie et tache solaire ....................................................................................... 117
2.1 Evolution annuelle de la tache solaire sur les parois d’une pièce ............. 117
2.2 Tache solaire et comportement thermique du bâtiment ............................ 120
3 Couplage d’un échangeur air-sol avec un bâtiment basse consommation ........ 126
3.1 Rayonnement CLO et échangeur air / sol. ................................................ 126
3.2 Echangeur air-sol et ventilation double flux ............................................. 128
4 Inversion de modèles pour le suivi expérimental .............................................. 136
4.1 Inversion d’un modèle de paroi à changement de phase ........................... 136
4.2 Inversion d’un modèle complet de bâtiment ............................................. 139
5 Efficacité solaire d’un bâtiment ........................................................................ 142
5.1 Définition de l’efficacité solaire d’un bâtiment ........................................ 142
5.2 Méthode de calcul de l’efficacité solaire ................................................... 143

IX
5.3 Etude de cas : maison individuelle de la plateforme INCAS ................... 145
6 Conclusion ........................................................................................................ 152

Conclusions et perspectives ........................................................................................ 155

Bibliographie ............................................................................................................... 157

Annexes:

Annexe I : Caractéristiques des maisons de la plateforme INCAS ........................ 165
Annexe II : Modèles de base des transferts de chaleur dans SIMSPARK ................ 167
Annexe III : Formules utilisées pour le calcul de la surface de la tache solaire .... 171


X

XI
Nomenclature
Lettres minuscules

Notations Unités Signification

a m
2
.s
-1
Diffusivité thermique
alb - Albédo
af
rad
Angle orienté entre la projection sur le sol de la
normale à une paroi et le sud
as rad
Angle orienté entre les projections sur le sol de
la normale à une paroi et du rayon solaire
az rad Azimut du soleil
cr - Common-ratio
dec rad
Déclinaison : angle formé par la direction du
soleil et le plan équatorial terrestre
e - Efficacité
g
- Facteur de transmission solaire
h W.m
-2
.K
-1
Coefficient d’échange par convection
hs rad Hauteur du soleil
i rad
Angle entre le rayon solaire et la normale à une
paroi
inc rad
Inclinaison : angle constant que fait la terre avec
le plan équatorial du soleil
j
-
Jour de l’année (1 si 1 janvier, 35 si 4 février
etc.)
l deg Longitude
ref
l
deg
Longitude de référence. Correspond à la
longitude au centre du fuseau horaire considéré
m kg.s
-1
Débit massique d’un fluide
X
n
-
Nombre de pas de temps sur lequel on fait la
somme pour le calcul de l’admittance X
Y
n
-
Nombre de pas de temps sur lequel on fait la
somme pour le calcul de la transmittance Y
Z
n
-
Nombre de pas de temps sur lequel on fait la
somme pour le calcul de l’admittance Z

XII
Notations Unités Signification

( )
n
o t
générique
Fonction négligeable devant la puissance n-
ième de t
p
s Période d’un signal
q
W Flux de chaleur
q0
W Flux de chaleur primaire (pour le rayonnement)
q'
W.m
-1
Flux de chaleur linéique
q''
W.m
-2
Densité de flux de chaleur
r m Rayon intérieur du tube
i
u
générique Valeur de la variable u au pas de temps i
i
u
générique
Valeur de la dérivée temporelle de la variable u
au pas de temps i
v m.s
-1
Vitesse
A
x
m Coordonnée du point A sur l’axe x
A
y
m Coordonnée du point A sur l’axe y
z m Profondeur dans le sol
A
z
m Coordonnée du point A sur l’axe z

XIII

Lettres majuscules

Notations Unités Signification

A m² Aire d’une surface
AH rad Angle Horaire
p
C
J.kg
-1
.K
-1
Capacité calorifique
D m Diamètre du tube
E W.m
-2
Eclairement
E0 W.m
-2
Eclairement Primaire
u
E
J Energie solaire utile
f
H
m Hauteur d’une fenêtre
K W.m
-1
Conductance
f
L
m Longueur d’une fenêtre
p
L
m Longueur d’une pièce
Nu - Nombre de Nusselt
P W Puissance de chauffage ou de rafraîchissement
Pr - Nombre de Prandtl
Re - Nombre de Reynolds
S m² Surface d’un élément (mur, fenêtre…)
T K Température
Tc °C Température de confort
Tf
°C
Température de fusion d’un matériau à
changement de phase
DM T °C
Daily Mean Temperature : moyenne journalière
de la température
TG h Heure au méridien de Greenwich
RM T °C
Running Mean Temperature : moyenne
glissante de la température.
TS h Temps solaire
U W.K
-1

Coefficient de déperdition d’une paroi ou d’une
menuiserie
ˆ bat
U
W.K
-1

Coefficient de déperdition du bâtiment défini par
la RT 2005

XIV
Notations Unités Signification

V m
3
Volume de matériau
p
W
m Largeur d’une pièce
| |
X i
W.m
-1
i
eme
terme de l’admittance X
| |
Y i
W.m
-1
i
eme
terme de la transmittance Y
| |
Z i
W.m
-1
i
eme
terme de l’admittance Z


XV

Grec

Notations Unités Signification

o - Absorptivité
o m
Profondeur de pénétration d’un signal périodique
dans un milieu
t A s Pas de temps de simulation
x
t A
s
Pas de temps de la sollicitation pour le calcul de
l’admittance X
y
t A
s
Pas de temps de la sollicitation pour le calcul de
la transmittance Y
z
t A
s
Pas de temps de la sollicitation pour le calcul de
l’admittance Z
x A m Epaisseur d’une tranche
c - Emissivité
q
- Rendement
u rad Angle entre un plan incliné et l’horizontale
ì W.m
-1
.K
-1
Conductivité thermique
µ
Pa.s Viscosité de l’air
t -
Rapport entre le périmètre d’un cercle et son
diamètre
µ
Kg.m
-3
Masse volumique
0
o
W.m
-2
.K
-4
Constante de Stefan-Boltzmann (5,67.10
8
)
t - Transmitivité d’une paroi transparente
t
±

-
Transmitivité d’une paroi transparente pour un
rayon qui lui est perpendiculaire
max
t
s Plus grande constante de temps du système
¢
rad Latitude
e rad.s
-1
Pulsation d’un signal

XVI

Indices

Notations Signification

a Relatif à l’air
abs Absorbé
air Relatif à l’air
am A l’amont d’une paroi, d’une cellule…
amp
Amplitude d’un signal
av A l’aval d’une paroi, d’une cellule…
b En bas (sur le plancher)
c Relatif à la convection
ca Casquette
ciel Relatif au ciel
cond Conductif
conv Convectif
cons De consigne
CLO De courtes longueurs d’onde
d Diffus (pour le rayonnement CLO)
dr A droite
D Direct (pour le rayonnement CLO)
e A l’est
ec Eclairé
GLO De grandes longueurs d’ondes
h horizontal
1
2
i + Relatif à l’interface entre la maille i et la maille i+1
infl
D’influence (pour une longueur)
init Initiale
m Masque
n Au nord
o A l’ouest
p
Relatif à la paroi

XVII
Notations Signification

pas
Passif
PV Photovoltaïque
r De rayonnement (pour un flux CLO)
R Réfléchi (pour le rayonnement CLO)
ray
Relatif au rayonnement
ref
De référence
rel Reliquat
RP Régime permanent
s Au sud
sol Relatif au sol
source Relatif à une source
sp
A la surface intérieur du tube de l’échangeur air-sol
sse A la surface extérieure du sol
th Thermique
tr Transmis (pour un flux)
vent Relatif au vent

XVIII

Abréviations

Notations Signification

ACV Analyse de Cycle de Vie
AIE Agence Internationale de l’Energie
API Application Program Interface
CAO Conception Assistée par Ordinateur
CESI Chauffe-eau Solaire Individuel
CFD Computational fluid dynamics
CLO Courtes longueurs d’onde
DLL Dynamic Link Library
JORF Journal Officiel de la République Française
GES Gaz à Effet de Serre
GIEC Groupement International d’expert sur l’Evolution du Climat
GLO Grandes Longueurs d’Ondes
MCP Matériau à Changement de Phase
NOCT Normal Operating Cell Temperature
PMV
Predicted Mean Vote : critère de confort défini dans la norme
ISO 7730.
RT 2005 Réglementation Thermique 2005
SHON Surface Hors Œuvre Nette
SPARK Simulation Problem Analysis and Research Kernel
SRE Surface de Référence Energétique
SOC
Standard Operating Conditions (pour le test des panneaux
photovoltaïques)
STC
Standard Test Condition (pour les tests de cellules
photovoltaïques)

XIX
Liste des figures
Figure I.1 : Contribution des différentes sources d’impact au bilan global (Peuportier
2003) ................................................................................................................................. 6
Figure I.2 : Sensibilité du GWP à différents paramètres (Peuportier 2001) ..................... 7
Figure I.3 : Démarche négaWatt ....................................................................................... 8
Figure I.4 : Exemple d’étude de confort sur le diagramme de Givoni (Stephan et al.
2008) ............................................................................................................................... 11
Figure I.5 : Température intérieure de la maison soumise à une source de chaleur
convective fictive égale à un pourcentage du flux solaire reçu par la maison. ............... 12
Figure I.6 : Vue 3D de la géométrie d’une maison de la plateforme INCAS (Philippe
Bouche Architecte) ......................................................................................................... 21
Figure I.7 : Plan de l’intérieur des maisons (Philippe Bouche Architecte) .................... 22
Figure I.8 : Effet des dispositifs adoptés sur la température intérieure en été ................ 25
Figure I.9 : Suivi expérimental des consommations de chauffage de 32 maisons passives
à Hanovre (énergie finale) (Feist 2006) .......................................................................... 26
Figure I.10 : Validation expérimentale du logiciel PHPP (Feist 2006) ............................ 27
Figure I.11 : Comparaison des besoins de chauffage d’une maison simulés par plusieurs
logiciels ........................................................................................................................... 28

Figure II.1 : Représentation graphique d’une macro-classe : conv_cond_RP_pt.cm ..... 53
Figure II.2 : Représentation graphique d’un fichier programme
(trans_ch_mur_RP_pt.pr) ............................................................................................... 55
Figure II.3 : Structure de la bibliothèque de SIMSPARK ................................................. 60

Figure III.1 : Modèles expérimental et analytique de la capacité calorifique du MCP
(Kuznik et al. 2008) ........................................................................................................ 68
Figure III.2 : Réponse du modèle de MCP à un échelon de température d’air d’un côté
de la plaque (Kuznik et al. 2008). T
e
et T
i
représentent les températures de surface
extérieure et intérieur ...................................................................................................... 69
Figure III.3 : Réponse du modèle de MCP à un échelon de température d’air d’un côté
de la plaque après intégration dans SIMSPARK ............................................................... 70
Figure III.4 : Sollicitation sur la plaque de MCP ............................................................ 71
Figure III.5 : Plaque de MCP sollicitées par une variation de température extérieure
sinusoïdale : T
min
=10°C, T
max
=25°C ............................................................................... 71
Figure III.6 : Plaque de MCP sollicitées par une variation de température extérieure
sinusoïdale : T
min
=20°C, T
max
=40°C ............................................................................... 72
Figure III.7 : Plaque de MCP sollicitées par une variation de température extérieure
sinusoïdale : T
min
=10°C, T
max
=30°C ............................................................................... 72
Figure III.8 : Angles relatifs au soleil et à la position de la façade ................................ 75
Figure III.9 : Réduction de la section efficace de la fenêtre due à l’épaisseur de la paroi
(tiré de Serres 1997) ........................................................................................................ 78
Figure III.10 : Paramétrage géométrique de la tache solaire .......................................... 79
Figure III.11 : Vue de dessus d’une fenêtre protégée pour le paramétrage des masques
latéraux ............................................................................................................................ 81
Figure III.12 : Vue de dessus d’une fenêtre protégée pour le paramétrage de la casquette
........................................................................................................................................ 82
Figure III.13 : Vue dans le plan d’un rayon solaire pour le calcul de la partie éclairée
d’une fenêtre protégée .................................................................................................... 82

XX
Figure III.14 : Superposition de deux processus thermiques élémentaires pour la
résolution du problème de tube enterré (Soontornchainacksaeng 1993) ........................ 86
Figure III.15 : Discrétisation de l’échangeur air-sol ....................................................... 90
Figure III.16 : Structure 2D pour les calculs du flux entrant dans le tube ...................... 90
Figure III.17 : Bilan des échanges à la surface du tube ................................................... 91
Figure III.18 : Bilan des échanges en surface du sol ....................................................... 92
Figure III.19 : Structure 2D pour les calculs de facteurs de réponse (conduction seule) 93
Figure III.20 : Sollicitations et réponses à considérer pour les calculs de facteurs de
réponse ............................................................................................................................ 94
Figure III.21 : Sollicitation élémentaire en surface du sol .............................................. 94
Figure III.22 : Exemple de facteurs de réponse (admittance Z) calculés avec COMSOL
......................................................................................................................................... 95
Figure III.23 : Décomposition des sollicitations en sollicitations triangulaires
élémentaires ..................................................................................................................... 96
Figure III.24 : Paramétrage des mailles du tube .............................................................. 99
Figure III.25 : Flux entrant en surface du sol en régime permanent ............................. 102
Figure III.26 : Comparaison des températures de sortie du tube avec un modèle
analytique pour une sollicitation de période 1 jour ....................................................... 103
Figure III.27 : Comparaison des températures de sortie du tube avec un modèle
analytique pour une sollicitation de période 1 an .......................................................... 104
Figure III.28 : Exemple de configuration qu’il est possible d’étudier avec le modèle de
l’échangeur air-sol développé ....................................................................................... 105
Figure III.29 : Cas d’un échangeur air-sol avec deux tubes .......................................... 106

Figure IV.1 : Evolution de la puissance de chauffage à l’étage .................................... 111
Figure IV.2 : Evolution de la température à l’étage en intersaison ............................... 112
Figure IV.3 : Evolution de la température à l’étage en été ........................................... 113
Figure IV.4 : Capacité calorifique en fonction de la température de fusion du MCP ... 114
Figure IV.5 : Effet de la température de fusion du MCP sur le comportement thermique
du bâtiment .................................................................................................................... 115
Figure IV.6 : Géométrie du cas test étudié .................................................................... 117
Figure IV.7 : Distribution de la tache solaire avec fenêtre au sud pendant une journée
....................................................................................................................................... 118
Figure IV.8 : Distribution annuelle moyenne de la tache solaire due à une seule fenêtre
au sud ............................................................................................................................. 119
Figure IV.9 : Géométrie étudiée dans le cas test ........................................................... 120
Figure IV.10 : Puissance de chauffage dans la pièce du rez-de-chaussée, bâtiment en
béton .............................................................................................................................. 121
Figure IV.11 : Puissance de chauffage dans la pièce de l’étage, bâtiment en béton ..... 122
Figure IV.12 : Puissance de chauffage dans la pièce du rez-de-chaussée, bâtiment à
ossature bois .................................................................................................................. 123
Figure IV.13 : Puissance de chauffage dans la pièce de l’étage, bâtiment à ossature bois
....................................................................................................................................... 123
Figure IV.14 : Prise en compte du rayonnement CLO - Température de sortie du tube en
hiver ............................................................................................................................... 126
Figure IV.15 : Prise en compte du rayonnement CLO - température de sortie du tube en
été .................................................................................................................................. 127
Figure IV.16 : Effet de la prise en compte du CLO sur la température de sortie du tube
....................................................................................................................................... 127
Figure IV.17 : By-pass sur l’échangeur air-sol et sur la ventilation double flux .......... 129

XXI
Figure IV.18 : Température intérieure du bâtiment couplé à un échangeur air-sol en été
...................................................................................................................................... 130
Figure IV.19 : Puissance de chauffage du bâtiment couplé à un échangeur air-sol en
hiver .............................................................................................................................. 132
Figure IV.20 : Puissance de chauffage du bâtiment avec ventilation simple flux ........ 133
Figure IV.21 : Evolution de la capacité calorifique dans une tranche au cours du temps
...................................................................................................................................... 138
Figure IV.22 : Capacité calorifique obtenue par méthode inverse ou par le modèle ... 138
Figure IV.23 : Taux de renouvellement d’air imposé / taux trouvé par méthode inverse
en hiver ......................................................................................................................... 139
Figure IV.24 : Comparaison du taux de renouvellement d’air imposé et de celui trouvé
par méthode inverse en été (avec surventilation nocturne) ........................................... 140
Figure IV.25 : Cas de figure possibles pour le calcul de l’efficacité solaire passive ... 144
Figure IV.26 : Comportement de la maison avec ou sans soleil l’été .......................... 147
Figure IV.27 : Comportement de la maison avec ou sans soleil ................................... 147
Annexes
Figure A-1 : Plan du rez-de-chaussée de la maison béton, isolant extérieur ................ 166
Figure A-2 : Plan de l’étage de la maison béton, isolant extérieur ............................... 166
Figure A-3 : Paramétrage géométrique du problème de tache solaire .......................... 171
Figure A-4 : Projection des coins de la fenêtre sur un plan infini contenant le plancher
...................................................................................................................................... 172
Figure A-5 : Projection des coins de la fenêtre sur un plan infini contenant le mur du
fond ............................................................................................................................... 172
Figure A-6 : Position de la tache solaire - cas n°1 ........................................................ 174
Figure A-7 : Position de la tache solaire - cas n°2 ........................................................ 174
Figure A-8 : Position de la tache solaire - cas n°3 ........................................................ 175
Figure A-9 : Position de la tache solaire - cas n°4 ........................................................ 176
Figure A-10 : Position de la tache solaire - cas n°5 ...................................................... 176
Figure A-11 : Position de la tache solaire - cas n°6 ...................................................... 177
Figure A-12 : Position de la tache solaire - cas n°7 ...................................................... 178
Figure A-13 : Position de la tache solaire - cas n°8 ...................................................... 178
Figure A-14 : Position de la tache solaire - cas n°9 ...................................................... 179
Figure A-15 : Position de la tache solaire - cas n°10 .................................................... 180
Figure A-16 : Position de la tache solaire - cas n°11 .................................................... 180
Figure A-17 : Position de la tache solaire - cas n°12 .................................................... 181
Figure A-18 : Position de la tache solaire - cas n°13 .................................................... 182
Figure A-19 : Position de la tache solaire - cas n°14 .................................................... 183
Figure A-20 : Position de la tache solaire - cas n°15 .................................................... 183
Figure A-21 : Position de la tache solaire - cas n°16 .................................................... 184
Figure A-22 : Position de la tache solaire - cas n°17 .................................................... 185
Figure A-23 : Position de la tache solaire - cas n°18 .................................................... 185
Figure A-24 : Position de la tache solaire - cas n°19 .................................................... 186



XXII

XXIII
Liste des tableaux
Tableau II.1 : Caractéristiques, avantages et inconvénients des environnements de
simulation monolithiques ................................................................................................ 38
Tableau II.2 : Caractéristiques, avantages et inconvénients des environnements de
simulation modulaires ..................................................................................................... 39
Tableau II.3 : Caractéristiques, avantages et inconvénients des environnements de
simulation basés sur les systèmes d’équations ............................................................... 39
Tableau II.4 : Coefficients de la formule empirique de McAdams ................................ 50
Tableau III.1 : Exemples de coefficients de l’admittance Z ........................................... 95
Tableau III.2 : Exemple de choix du nombre de termes de la somme .......................... 101
Tableau IV.1 : Effet des plaques de MCP sur les besoins de chauffage et le confort .. 113
Tableau IV.2 : Répartition moyenne du flux CLO selon la saison ............................... 119
Tableau IV.3 : Besoins de chauffage du bâtiment à forte inertie ................................. 124
Tableau IV.4 : Besoins de chauffage du bâtiment à faible inertie ................................ 124
Tableau IV.5 : Conditions d’utilisation des by-pass de l’échangeur air-sol et de la
ventilation double flux .................................................................................................. 129
Tableau IV.6 : Confort d’été dans une maison basse consommation avec échangeur air-
sol .................................................................................................................................. 131
Tableau IV.7 : Besoins de chauffage d’une maison basse consommation couplée à un
échangeur air-sol ........................................................................................................... 133
Tableau IV.8 : Consommation du ventilateur ramené à la surface du bâtiment ........... 134
Tableau IV.9 : Répartition du flux solaire à la surface d’une maison de la plateforme
INCAS .......................................................................................................................... 146
Tableau IV.10 : Efficacité solaire passive d’une maison de la plateforme INCAS ...... 148
Tableau IV.11 : Efficacité solaire passive d’une maison moins performante .............. 148
Tableau IV.12 : Efficacité solaire photovoltaïque d’une maison de la plateforme INCAS
(50 m² de capteurs) ....................................................................................................... 149
Tableau IV.13 : Efficacité solaire active thermique d’une maison de la plateforme
INCAS (4 m² de capteurs) ............................................................................................ 150
Tableau IV.14 : Efficacité solaire totale d’une maison de la plateforme INCAS ........ 150

Annexes
Tableau A-1 : Caractéristiques de l’enveloppe de la première maison de la plateforme
INCAS .......................................................................................................................... 165
Tableau A-2 : Caractéristiques de l’enveloppe de la deuxième maison de la plateforme
INCAS .......................................................................................................................... 165
Tableau A-3 : Menuiseries utilisées dans les deux maisons ......................................... 165
Tableau A-4 : Notations utilisées pour le calcul de la tache solaire ............................. 173



1
Introduction
Selon les experts du GIEC
1
, il est quasiment assuré que le réchauffement
climatique observé depuis un siècle est lié aux gaz à effet de serre (GES) produits par
l’activité humaine
2
. Pour limiter l’aggravation de ce phénomène, les pays développés
doivent réduire leurs émissions de GES. Tous les secteurs d’activité sont concernés
mais le bâtiment a une position particulière car d’après un rapport du Programme des
Nations Unies pour l'Environnement (PNUE)
3
, 20% de la consommation d'énergie et
plus de 45 millions de tonnes d’émission de CO2 par an pourraient être évitées d'ici
2010 par la mise en œuvre de normes plus ambitieuses pour les bâtiments existants et
neufs en Europe.
En France, le Grenelle de l’environnement a permis de définir des objectifs de
réduction des consommations énergétiques à court terme et à partir de 2012, tous les
bâtiments neufs devront remplir les critères de la basse consommation, c'est-à-dire
consommer moins de 50 kW.h/(m².an) en énergie primaire pour le chauffage, le
refroidissement, la ventilation, la production d'eau chaude sanitaire et l'éclairage des
locaux. L’objectif avoué pour 2020 est de ne plus construire que des bâtiments à énergie
positive, c'est-à-dire qui produisent sur l’année plus d’énergie qu’ils n’en consomment.
Pour faire face à ce défi, une rupture technologique est nécessaire et elle doit
s’accompagner d’une rupture au niveau de la façon de simuler les bâtiments. En effet,
les outils de simulation existants ont été développés pour des bâtiments classiques qui
consomment beaucoup plus d’énergie que les objectifs fixés, c’est pourquoi il faut
revoir les méthodes de simulation employées, les modèles utilisés mais aussi se poser
des questions sur l’outil le mieux adapté pour répondre aux besoins en terme de
simulation.
Ce travail a pour objectif de montrer l’intérêt de l’utilisation d’un environnement
de simulation en rupture adapté à l’étude énergétique de ces bâtiments qui consomment
peu d’énergie. Cet environnement devra nous permettre lever les verrous scientifiques
que posent ces nouveaux bâtiments. Il s’agit de bien prendre en compte les phénomènes
couplés au sein du bâtiment, ainsi que leur couplage avec des systèmes de faible
puissance mais également d’optimiser la gestion des apports solaires pour éviter les

1
Groupement International d’expert sur l’Evolution du Climat
2
Climate Change 2007: Synthesis Report; Summary for Policymakers. An Assessment of the
Intergovernmental Panel on Climate Change. http://www.ipcc.ch/pdf/assessment-
report/ar4/syr/ar4_syr_spm.pdf
3
Assessment or Policy Instruments for Reducing Greenhous Gas Emissions from Building. United
Nation Environment Programme. Sustainable buidings and Construction Initiative.
http://www.unep.fr/shared/publications/pdf/WEBx0126xPA-SBCIpolicyTool.pdf
Introduction
2
surchauffes l’été et réduire voire annuler les besoins de chauffage l’hiver en utilisant de
façon intelligente le stockage passif d’énergie.
Dans une première partie, nous verrons quelle place tient la simulation numérique
dans la conception des bâtiments basse consommation par rapport aux règles de l’art et
aux analyses théoriques.
La deuxième partie sera consacrée à la recherche de l’environnement le mieux
adapté à la simulation de ces bâtiments. Elle contient une présentation succincte des
outils existants et une présentation plus détaillée de l’outil retenu pour mener ces
travaux.
La troisième partie présente les modèles implémentés au cours de ce travail,
soient un modèle de matériaux à changement de phase, un modèle de prise en compte
du rayonnement à l’intérieur des bâtiments basé sur l’étude de la position de la tache
solaire et un modèle d’échangeur air-sol utilisant la méthode des facteurs de réponse.
Dans la quatrième partie seront présentés des exemples d’utilisation des modèles
présentés auparavant qui servent à illustrer les intérêts de l’environnement utilisé. Nous
définirons enfin la notion d’efficacité solaire d’un bâtiment qui permet de mieux
appréhender la part de l’énergie solaire qui lui est utile.


3
Chapitre I : Positionnement de la simulation numérique dans la
réduction de l’impact environnemental des
bâtiments
RÉSUMÉ DU CHAPITRE : Dans ce chapitre, nous présenterons tout d’abord une
approche théorique de l’impact environnemental des bâtiments pour pouvoir apprécier
le poids de l’étude thermique du bâtiment sur l’impact global et en comprendre les
enjeux. Nous regarderons également quelles sont les solutions que les règles de l’art
nous proposent pour maîtriser les besoins de chauffage et obtenir le confort d’été. Nous
verrons enfin comment appréhender à la fois ces aspects théoriques et pratiques par la
simulation numérique pour concevoir au mieux des bâtiments basse consommation.
Chapitre I : Positionnement de la simulation numérique dans la réduction de l’impact environnemental des bâtiments

4
L’objectif de ce chapitre est de montrer la contribution que peut apporter la
simulation numérique à la réduction de l’impact environnemental des bâtiments. Pour
cela, nous présenterons tout d’abord une analyse théorique des moyens de réduire cet
impact en utilisant en particulier l’analyse du cycle de vie appliquée aux bâtiments.
Nous ferons ensuite un tour d’horizon des règles de l’art qui servent actuellement de
base à la construction de bâtiments performants pour nous intéresser dans une dernière
partie à la simulation numérique vue comme un pont entre l’approche théorique et
l’approche expérimentale issue des règles de l’art.
1 Analyse théorique de la réduction de l’impact environnemental des
bâtiments
Ces dernières décennies, la prise de conscience du poids que représentent les
bâtiments sur l’environnement a amené à l’émergence des concepts de « bâtiments
écologiques », de « constructions bioclimatiques », de « maisons solaires » etc.
Cependant les choix réalisés n’ont pas toujours été très pertinents pour réduire l’impact
environnemental de ces constructions. Une analyse théorique est donc nécessaire pour
définir des critères d’analyse et proposer une démarche qui permette d’aborder le
problème de façon rationnelle.
1.1 Analyse du cycle de vie des bâtiments
L’analyse du cycle de vie est un outil qui permet d’évaluer l’impact
environnemental d’un produit de manière globale en prenant en compte toutes les
phases de son existence allant de sa fabrication à sa destruction ou éventuellement son
recyclage. Elle est régie par une norme (ISO 14040) et peut être appliquée en particulier
à l’étude des bâtiments.
Pour quantifier un impact environnemental, on se sert d’indicateurs qui permettent
d’évaluer le niveau de nuisance environnementale dans un domaine bien précis pour le
cycle complet du produit. Un projet européen (REGENER 1997) a été réalisé pour
étudier l’application de l’analyse de cycle de vie aux bâtiments et aboutir à une
sélection des indicateurs les plus importants à considérer. Ils sont classés en quatre
catégories que sont l’utilisation des ressources naturelles, la pollution à l’échelle
planétaire, les déchets et une dernière catégorie regroupant l’écotoxicité et la toxicité
humaine.
Parmi ces indicateurs, on peut citer :
- La consommation d’énergie primaire (dans la catégorie « utilisation des
ressources naturelles ») qui, à partir de la quantité d’énergie finale relative à
1 Analyse théorique de la réduction de l’impact environnemental des bâtiments
1.1 Analyse du cycle de vie des bâtiments
5
chaque poste de consommation et après conversion adéquate selon la source
énergétique, quantifie la quantité d’énergie primaire utilisée par le bâtiment.
Unité : Tep
1

- Le GWP100 (dans la catégorie « pollution à l’échelle planétaire ») qui
quantifie le potentiel de réchauffement de la planète du produit sur les 100 ans à
venir en ramenant l’ensemble des émissions de gaz à effet de serre à une émission
équivalent de CO2. Unité : kg CO2 équivalent
- Le poids des déchets inertes (dans la catégorie « déchets ») qui quantifie la
masse de déchets générés par le produit en excluant les déchets radioactifs et les
déchets dangereux qui font l’objet d’indicateurs spécifiques. Unité : tonne
- Le smog d’été (dans la catégorie « écotoxicité / toxicité humaine ») qui
quantifie la masse de gaz pouvant entraîner du smog d’été en ramenant
l’ensemble des émissions ayant un effet sur le smog à une émission équivalente
de SO2. Unité : kg SO2 équivalent
Après avoir fait l’analyse du cycle de vie, on aura donc une valeur chiffrée de
chacun de ces indicateurs mais cette information est difficile à interpréter. Il faut donc
un élément de comparaison tel que la valeur de l’indicateur pour un bâtiment de la
même taille et dans la même région (Peuportier 1998) pour pouvoir estimer si le résultat
est bon ou non.
Il est également intéressant, en faisant un inventaire précis, de voir les
contributions des différents postes (transport, matériau, électricité, chauffage…) ou des
différentes phases du cycle de vie (construction, utilisation, rénovation, déconstruction)
sur le résultat final de l’indicateur. On peut ainsi identifier sur quels points il est utile de
travailler et c’est à cette fin que l’analyse de cycle de vie nous intéresse ici car elle
permet de savoir sur quel poste et sur quelle phase du projet on peut le plus réduire les
impacts environnementaux des bâtiments.
L’ACV d’une maison française standard de 100m² située en région parisienne a
été réalisée par Peuportier (2003). La figure I.1 présente un résumé des résultats
obtenus, les valeurs nominales des indicateurs étant ramenées à l’unité pour voir la part
de chaque source d’impact dans chacun des indicateurs étudiés.

1
Tonne équivalent pétrole (1 Tep=41,87 GJ)
Chapitre I : Positionnement de la simulation numérique dans la réduction de l’impact environnemental des bâtiments

6

Figure I.1 : Contribution des différentes sources d’impact au bilan global (Peuportier 2003)
En considérant l’indicateur GWP100, on voit que les matériaux utilisés (partie
noire de la 1° barre) y contribuent à hauteur de 4% alors que le chauffage (partie rouge
de la 1° barre) y contribue à plus de 40%. Par cet histogramme, on se rend bien compte
que le choix des matériaux de construction qui est souvent mis en avant dans les
habitations dites « écologiques » a un effet assez faible sur la plupart des indicateurs
environnementaux dans le cas d’une maison standard (sauf sur le poste « autres
déchets »). Bien entendu, il faut ensuite interpréter tous ces résultats en se demandant
quels poids relatifs on donne aux indicateurs les uns par rapport aux autres. Si la volonté
est de réduire les déchets dus au bâtiment, il faudra accorder plus d’importance aux
matériaux choisis. De même si l’on avait étudié un indicateur de toxicité humaine, les
matériaux auraient sûrement joué un rôle important. On voit également dans cet
histogramme que les sources liées à la consommation énergétique des bâtiments (eau
chaude, électricité, chauffage) ont un fort impact sur la plupart des indicateurs.
Une autre étude portant sur la comparaison d’une maison standard française,
d’une maison dite « solaire » et d’une maison à ossature bois a été réalisée par
Peuportier (2001). Les résultats de l’étude concernant l’indicateur GWP100 sont
présentés par l’histogramme de la figure I.2.
1 Analyse théorique de la réduction de l’impact environnemental des bâtiments
1.1 Analyse du cycle de vie des bâtiments
7


Figure I.2 : Sensibilité du GWP à différents paramètres (Peuportier 2001)
L’une des conclusions que l’on peut tirer de ce graphique est que, dans tous les
cas de figure étudiés, l’impact sur le GWP100 de la phase construction est assez faible
(voire parfois négligeable) par rapport à la phase d’utilisation du bâtiment pour des
constructions classiques (on aurait sûrement trouvé le même genre de résultat sur
l’indicateur énergie primaire utilisée). Plusieurs études suédoises (Adalberth 1997;
Winther et Hestnes 1999) en viennent aux mêmes conclusions.
Cependant, pour des bâtiments ayant de très faibles consommations d’énergie, on
commence à observer un équilibre entre l’énergie nécessaire à le construire et l’énergie
utilisée pendant son utilisation (Thormark 2002; Joelsson et Gustavsson 2008).
Si l’on regarde maintenant la répartition des consommations d’énergie pendant la
durée de vie d’un bâtiment, Adalberth (1997) montre que dans des constructions
classiques, une grande partie de l’énergie utilisée pendant le cycle de vie du bâtiment est
due aux consommations de chauffage et de ventilation. Il montre dans une étude plus
récente (Adalberth 2000) que dans des bâtiments basse consommation, la part de la
consommation de chauffage et de ventilation atteint le même ordre de grandeur que la
part de consommation pour l’eau chaude et peut être plus faible que la part électricité
spécifique et éclairage.
Ainsi, on peut dire que pour réduire l’impact environnemental d’un bâtiment, il
est pertinent de commencer par réduire ses consommations énergétiques pendant sa
phase d’utilisation, sachant qu’une fois que cette part est réduite, les phases construction
et déconstruction peuvent devenir non négligeables.
Concernant la part du chauffage dans la consommation d’énergie pendant
l’utilisation du bâtiment, il est primordial de la limiter au maximum sachant qu’une fois
que ce point a été travaillé, son impact peut devenir du même ordre de grandeur que
Chapitre I : Positionnement de la simulation numérique dans la réduction de l’impact environnemental des bâtiments

8
celui des autres postes de consommation d’énergie (en particulier la production d’eau
chaude sanitaire).
1.2 Démarche de réduction de la consommation d’énergie dans le bâtiment
Nous avons donc vu qu’il était important, pour réduire l’impact environnemental
d’un bâtiment, de réduire ses consommations énergétiques. L’association négaWatt
1

propose la démarche générale suivante qui devrait être le fondement de toute action de
maîtrise d’énergie dans tous les domaines :

Figure I.3 : Démarche négaWatt
L’idée est de réduire la consommation énergétique par les trois leviers que sont la
sobriété, l’efficacité et le recours à des énergies renouvelables. Dans le domaine du
bâtiment, il est parfois difficile de distinguer ce qui relève de la sobriété (réduction des
besoins) et ce qui relève de l’efficacité (réduction des consommations). Nous inclurons
donc ici le levier sobriété dans le levier efficacité.
Efficacité énergétique
L’efficacité énergétique des bâtiments passe par une bonne conception
architecturale, un traitement adapté de l’enveloppe et du renouvellement d’air mais
aussi par une bonne gestion du bâtiment (ouverture - fermeture des stores, températures
de consigne adaptées etc.). Nous verrons en détail au paragraphe 2 quels sont les
moyens d’atteindre cet objectif d’efficacité.
Utilisation des énergies renouvelables
Une fois que les consommations énergétiques ont été réduites, on a, par là même,
réduit l’énergie finale nécessaire au fonctionnement du bâtiment. Pour réduire encore

1
Voir le manifeste négaWatt téléchargeable sur http://www.negawatt.org/
1 Analyse théorique de la réduction de l’impact environnemental des bâtiments
1.3 Maîtrise des besoins de chauffage et confort d’été
9
l’impact environnemental dû à la consommation énergétique, on peut avoir recours à
des énergies renouvelables et ainsi réduire la consommation d’énergie primaire. Des
énergies renouvelables telles que le bois-énergie, l’énergie solaire (thermique ou
photovoltaïque), l’énergie géothermique sont aujourd’hui facilement intégrables aux
bâtiments. La source peut, en outre, être capitalisée au niveau du quartier ou au niveau
de la ville.
Par cette méthode raisonnée en deux étapes, on appréhende mieux les efforts à
réaliser pour réduire la consommation en énergie primaire des bâtiments.
1.3 Maîtrise des besoins de chauffage et confort d’été
Après avoir mis l’accent sur une démarche cohérente pour réduire la
consommation énergétique des bâtiments, attardons nous maintenant sur les points
précis que sont la maîtrise des besoins de chauffage et le confort d’été.
Confort d’été dans les bâtiments
Le confort thermique est défini comme « un état de satisfaction du corps vis-à-vis
de l’environnement thermique ». Il dépend donc de la température de l’air qui entoure
l’individu mais également des températures de surface des éléments environnants
(rayonnement), de la vitesse de l’air et de l’humidité. Il dépend également d’aspects
psychologiques, physiologiques et culturels dont nous ne parlerons pas ici. Les
exigences de confort doivent donc être définies en prenant en compte tous ces
paramètres.
La façon la plus simple d’appréhender le confort d’été consiste à considérer
uniquement l’effet de la température ambiante et à évaluer le nombre d’heures durant
lesquelles cette température dépasse une valeur donnée (souvent 26 ou 27°C). Pour
prendre en compte le rayonnement dans le confort, on peut introduire la notion de
température opérative qui est une moyenne pondérée de la température d’air et de celle
des parois.
Une autre méthode d’évaluation du confort se basant uniquement sur la
température d’air passe par la notion de confort adaptatif. L’idée est de se dire que s’il
fait plus chaud à l’extérieur, on peut tolérer une température à l’intérieur plus
importante (entre autres parce qu’on adapte son habillement). On peut alors évaluer la
température de confort comme une fonction affine de la moyenne glissante des
températures « TRM » (McCartney et Nicol 2002).
RM Tc a T b = · +
(I.1)
Chapitre I : Positionnement de la simulation numérique dans la réduction de l’impact environnemental des bâtiments

10
« a » et « b » sont des coefficients dépendant du pays considéré. Ils ont pour la
France des valeurs respectivement de 0,049 et 22.58°C. TRM est évaluée chaque jour en
fonction de sa valeur au jour précédent et de la valeur de la température moyenne du
jour précédent également :
, , RM RM DM
j 1 j 1
T 0 8 T 0 2 T
÷ ÷
= · + ·
(I.2)
On peut alors calculer une zone de confort qui s’étend de part et d’autre de la
température de confort. On considère que pour des températures « éloignées » de moins
de 2,5°C de part et d’autre de Tc, 90% des personnes sont satisfaites par la température.
Ce pourcentage baisse à 80% pour un écart de température de 3,5°C. Pour le climat de
Chambéry par exemple, 80% des personnes soumises à une température dans la plage
qui s’étend 19,1°C à 26,1°C en hiver sont satisfaites du confort, alors qu’en été les
bornes peuvent monter à 23°C Ŕ 30°C.
Pour prendre en considération le fait que le confort thermique dépend de la vitesse
de l’air, du rayonnement, de la température de l’air et de l’habillement, la norme ISO
7730 définit le Predicted Mean Vote (PMV) issu de la théorie de Fanger
1
. Celui-ci a été
modifié récemment par Ole Fanger et Toftum (2002) pour prendre en compte un facteur
d’attente (expectancy factor) en fonction du pays dans lequel on se trouve car la
tolérance à la chaleur dépend des habitudes du pays.
La méthode PMV ne prend pas en compte la part de l’humidité dans la sensation
de confort. Pour cela, on peut utiliser la méthode de Givoni (présentée par Stephan et al.
2008) qui consiste à placer sur un graphique (appelé diagramme de Givoni) les points
correspondant à la situation observée ou simulée avec en ordonnée l’humidité absolue et
en abscisse la température. On regarde ensuite si ces points rentrent dans une zone qui
dépend de la vitesse de l’air et qui est définie comme zone de confort (voir figure I.4).

1
ISO 7730, Moderate Thermal Environments- Determination of the PMV and PPD Indices and
Specification of the Conditions for Thermal Comfort, 1994
1 Analyse théorique de la réduction de l’impact environnemental des bâtiments
1.3 Maîtrise des besoins de chauffage et confort d’été
11

Figure I.4 : Exemple d’étude de confort sur le diagramme de Givoni (Stephan et al. 2008)
Cette méthode graphique permet de bien se rendre compte de quelques techniques
que l’on peut utiliser pour améliorer le confort dans le bâtiment. On peut voir par
exemple que plus la vitesse d’air est importante, plus la zone de confort est grande. Une
ambiance peut donc être confortable avec une température de 30°C si la vitesse de l’air
dans la pièce est de 0,5 m/s, d’où l’utilisation possible de brasseurs d’air ou encore de la
ventilation naturelle pour améliorer le confort. De même, on se rend compte qu’à une
température donnée, si l’on baisse l’humidité de l’air, on peut passer d’une zone
d’inconfort à une zone de confort. C’est ce qui est utilisé dans les systèmes de
climatisation qui, en même temps qu’ils apportent de la fraîcheur à un local, diminuent
son taux d’humidité.
Discussion autour des besoins de chauffage
Pour évaluer les besoins de chauffage d’un bâtiment, on impose une température
de consigne pour le chauffage et on évalue l’énergie nécessaire à maintenir cette
consigne pendant la saison de chauffe. C’est cette énergie que l’on appelle besoins de
chauffage du bâtiment et qui est souvent quantifiée en kilowatt heure par mètre carré et
par an [kW.h/(m².an)].
Pour mieux se rendre compte de ce que représentent les besoins de chauffage
d’une maison performante (besoins d’environ 20 kW.h/(m².an)), nous avons réalisé une
étude pour savoir quel pourcentage du flux solaire arrivant sur la maison il faudrait
récupérer à chaque instant pour maintenir sa température intérieure en hiver au niveau
inférieur de la zone de confort. La maison étudiée, soumise aux conditions climatiques
de Chambéry, possède une structure en béton avec 20 cm d’isolant à l’extérieur (elle est
présentée de façon plus précise au paragraphe 2.2 de ce chapitre). On calcule le flux
Chapitre I : Positionnement de la simulation numérique dans la réduction de l’impact environnemental des bâtiments

12
solaire total reçu par la maison à l’aide des formules présentées au paragraphe 2.1 du
chapitre III et on en réinjecte instantanément une partie comme source de chaleur
convective dans la maison en supposant (cas d’école) que la conversion rayonnement /
convection est parfaite. La figure I.5 montre l’évolution de température dans la maison
en fonction du pourcentage de flux conservé pendant une semaine d’hiver.

Figure I.5 : Température intérieure de la maison soumise à une source de chaleur convective
fictive égale à un pourcentage du flux solaire reçu par la maison.
La courbe en bas du graphique représentant l’éclairement solaire horizontal qui
est très faible nous indique que l’on est sur une succession de jours très défavorables.
Les trois courbes dans la partie supérieure du graphique représentent les températures
intérieures de la maison en évolution libre soumises à une source de chaleur
proportionnelle au rayonnement solaire total qui frappe la maison. On remarque que
celle qui est au-dessus des deux autres, et qui représente une récupération de 20% du
flux solaire, se situe toujours dans la zone de confort matérialisée par la courbe en
pointillés larges. On peut donc dire que si l’on arrivait à convertir instantanément 20%
du flux solaire arrivant sur la maison en flux convectif, on pourrait subvenir aux besoins
de chauffage d’une maison passive. On voit bien par contre que ceci engendre des
surchauffes importantes et qu’il faudrait une bonne gestion de l’énergie pour les éviter.
L’enjeu est en fait de concevoir des bâtiments capables de récupérer, stocker et
restituer efficacement l’énergie solaire de façon à combler ses besoins de chauffage qui
sont très faibles, sans créer de surchauffe. Les bâtiments basse consommation
permettent donc d’envisager le recours à des énergies renouvelables qui couvriraient
1 Analyse théorique de la réduction de l’impact environnemental des bâtiments
1.3 Maîtrise des besoins de chauffage et confort d’été
13
une grande partie, voire la totalité de leurs besoins de chauffage. On peut même
envisager des bâtiments dont le bilan énergétique annuel net est positif en associant à
une bonne maîtrise de l’énergie une production raisonnable d’électricité photovoltaïque.
On parle alors de bâtiments à énergie positive.
Chapitre I : Positionnement de la simulation numérique dans la réduction de l’impact environnemental des bâtiments

14
2 Règles de l’art des bâtiments basse consommation
Cette partie a pour but de faire un tour d’horizon des règles de l’art relatives au
confort d’été et la maîtrise des besoins de chauffage dans les bâtiments énergétiquement
performants. Pour ce faire, nous nous baserons sur les spécifications que donnent les
labels qui certifient ce type de bâtiment et nous verrons par la suite les choix retenus
pour la réalisation concrète de deux maisons à l’Institut National de l’Energie Solaire
(INES).
2.1 Labels certifiant la performance énergétique des bâtiments
Les labels qui certifient les performances énergétiques des bâtiments permettent
d’appréhender les règles de l’art qui régissent ces constructions car, non seulement ils
imposent des exigences quant aux besoins de chauffage ou aux consommations des
bâtiments, mais en plus ils proposent des solutions techniques permettant de les
atteindre. Trois labels seront présentés ici dans le cas particulier des bâtiments
résidentiels neufs (il existe une multitude de cas possible qu’il n’est pas utile de détailler
ici). Il s’agit du label allemand Passivhaus, du label suisse Minergie et du label français
BBC-effinergie.
2.1.1 Exigences des labels
Le label Passivhaus
1
délivré par le Passivhaus Institut de Darmstadt certifie les
bâtiments dits passifs c'est-à-dire, selon leur définition, ceux dans lesquels il est possible
de maintenir un climat intérieur confortable sans système de chauffage ou de
rafraîchissement actif. Les exigences principales sont les suivantes (on voit qu’elles
donnent quand même la possibilité d’utiliser un système de chauffage) :
- Besoins de chauffage inférieurs à 15 kW.h/(m².an)
- Consommation totale du bâtiment (chauffage, eau chaude sanitaire (ECS),
ventilation et électricité spécifique) inférieure à 120 kW.h/(m².an) d’énergie
primaire
- Puissance de chauffage maximale : 10 W/m²
- Etanchéité à l’air 0.6 vol/h pour une différence de pression de 50 Pa entre
l’intérieur et l’extérieur

1
http://www.passiv.de/
2 Règles de l’art des bâtiments basse consommation
2.1 Labels certifiant la performance énergétique des bâtiments
15
- Ventilation double flux (récupérateur de chaleur avec rendement de plus de
75%)
Le standard Minergie, quant à lui, se décline selon deux labels de niveaux
différents que sont Minergie et Minergie P, le second étant l’application de la
démarche du premier pour les bâtiments passifs. Les exigences principales sont les
suivantes :
- Besoins de chauffage inférieurs à 60% de la valeur limite imposée par la
réglementation suisse
1
pour Minergie (respectivement 40% pour Minergie P)
- Indice pondéré de dépense énergétique (tel que défini dans la norme suisse)
inférieur à 38 (respectivement 30) kW.h/(m².an) ce qui comprend le chauffage,
l’eau chaude sanitaire et l’éclairage pondérés en fonction de la source d’énergie
utilisée.
- Surcoût par rapport à une solution classique inférieur à 10% (respectivement
15%)
- Etanchéité à l’air inférieure à 0,6 volumes par heure (Minergie P seulement)
- Appareils électroménagers de classe A, A+ pour les réfrigérateurs (Minergie P
seulement)
Le label BBC-effinergie qui est issu du travail de l’association Collectif
Effinergie
2
a été repris dans la réglementation française
3
sous le nom de label
« bâtiment basse consommation énergétique, BBC 2005 » qui est le niveau le plus
exigeant du label « Haute Performances Energétiques ». Il n’impose quant à lui qu’un
seul critère qui est la consommation maximale en énergie primaire fixée à 50
kWh/(m².an), à moduler selon la zone climatique et l'altitude prenant ainsi en compte la
différence de climat qui existe au travers de la France ce qui rend ce critère plus adapté
aux spécificités françaises.
Il est difficile de comparer ces labels qui utilisent des critères différents et même
des surfaces différentes pour les calculs des besoins de chauffage (SRE
4
pour les labels

1
SIA 380/1: L'énergie thermique dans le bâtiment, Norme Suisse. 2001
2
http://www.effinergie.org/
3
Arrêté du 8 mai 2007 relatif au contenu et aux conditions d'attribution du label « haute performance
énergétique » (JORF n°112 du 15 mai 2007 page 8909 texte n° 35)
http://admi.net/jo/20070515/SOCU0750649A.html
4
Surface de Référence Energétique définie comme la somme des surfaces de tous les locaux chauffés, y
compris l'assiette des murs
Chapitre I : Positionnement de la simulation numérique dans la réduction de l’impact environnemental des bâtiments

16
Allemand et suisse, SHON
1
pour BBC-Effinergie) mais ils permettent quand même
quelques réflexions sur les concepts qu’ils proposent.
Dans l’ensemble de ce document, quand nous parlons de bâtiment « passif », nous
entendons par là des bâtiments pouvant répondre aux standards définis par les labels
Passivhaus ou Minergie P ; quand nous parlons de bâtiment « basse consommation »,
nous englobons l’ensemble des bâtiments pouvant satisfaire l’un des label décrit ici, une
maison passive est donc pour nous un cas particulier de bâtiment basse consommation.
2.1.2 Règles de l’art préconisées
Afin d’atteindre les objectifs fixés par les labels, la démarche couramment
adoptée consiste à travailler en premier lieu sur l’architecture du bâtiment puis de
s’intéresser à l’optimisation de l’enveloppe, au traitement du renouvellement d’air et
enfin à l’utilisation de systèmes énergétiques adaptés. Nous verrons ici les règles de
l’art qui concernent chacun de ces points et qui peuvent être préconisées par les labels
mais aussi ce que les nouvelles technologies qui se développent actuellement peuvent
nous apporter pour répondre à certaines de ces problématiques. Notons dès maintenant
que ce n’est pas parce qu’un bâtiment ne répond pas à l’ensemble de ces règles qu’il ne
sera pas basse consommation et qu’elles sont dictées par des retours d’expérience dans
un climat donné et pour des habitudes de construction données. On peut donc pour
chaque nouveau bâtiment remettre en question ces règles pour avoir une réponse
adaptée à sa situation particulière.
2.1.2.1 Dispositions architecturales
Les choix architecturaux ont un impact très important sur le comportement
thermique d’un bâtiment. C’est donc dès la phase d’avant projet qu’il faut avoir en tête
quelques principes qui permettent de réduire les déperditions d’un bâtiment et de ne pas
créer d’importantes surchauffes l’été. C’est sur ce point que les labels sont en général
les plus flexibles et la principale recommandation que l’on peut trouver dans les
standards Minergie et Passivhaus concerne l’orientation du bâtiment et la présence
d’ouvertures qui doivent permettre d’optimiser les gains solaires. On peut quand même
citer d’autres règles de l’art communément admises comme la compacité de la
construction qui permet de limiter pour un volume donné la surface des murs en contact
avec l’extérieur et donc les déperditions mais aussi la disposition des pièces qui
favorise le placement au sud des pièces à vivre (séjour, cuisine etc.) et au nord des

1
Surface Hors Œuvre Nette : c’est la somme des surfaces de plancher hors oeuvre de chaque niveau
d’une construction à laquelle on déduit les surfaces de comble, balcon, loggia et quelques autres surfaces
considérées comme non habitable
2 Règles de l’art des bâtiments basse consommation
2.1 Labels certifiant la performance énergétique des bâtiments
17
espaces tampons (cellier, hall d’entrée etc.). L’architecture du bâtiment doit également
anticiper sur le confort d’été en prévoyant des protections pour les vitrages qui
peuvent soit passer par des systèmes fixes (ex : casquettes) soit par des protections
amovibles (ex : stores extérieurs, volets) soit encore par une végétation caduque qui
permet de protéger en été et de laisser passer le soleil en hiver.
2.1.2.2 Traitement de l’enveloppe
Le traitement de l’enveloppe du bâtiment est primordial pour limiter ses
déperditions et c’est un point sur lequel les labels abondent en recommandations
chiffrées.
Parois opaques
Pour limiter les déperditions au niveau des parois opaques, les labels imposent
une forte isolation qui est caractérisée par un coefficient de déperdition U à ne pas
dépasser. Pour les labels Minergie P et Passivhaus, U ne doit pas dépasser la valeur de
0,15 W/(m².°C) alors que pour Minergie, la valeur de 0,2 W/(m².°C) est retenue ce qui
correspond à des épaisseurs d’isolant classique allant de 20 à 40 cm. On peut également
utiliser, pour atteindre ces objectifs, des technologies plus novatrices telles que les
isolants sous vide qui peuvent être particulièrement avantageux dans le cas de la
rénovation où le manque de place est un problème important. Pour augmenter les
apports solaires gratuits, on peut également utiliser des isolants transparents qui se
posent à l’extérieur d’un mur et laissent passer le rayonnement solaire tout en
maintenant une bonne isolation. Ce type d’isolant fait l’objet d’une description
approfondie dans les annexes de la thèse de Flory-Celini (2008).
Les parois opaques peuvent également servir à apporter de l’inertie au bâtiment
mais aucun label ne l’impose ou ne le suggère. Il est pourtant reconnu qu’elle permet de
limiter les surchauffes en été mais il reste à prouver, et c’est l’un des verrous
scientifique qu’il faudra lever dans les années à venir, que dans le cas de bâtiments
basse consommation, elle peut être également très intéressante en hiver. De plus,
l’isolation importante rend les températures de parois proches de la température d’air
évitant ainsi le phénomène de paroi froide ce qui fait qu’il n’est pas indispensable
d’avoir un système radiant pour compenser l’inconfort. Il devient donc pertinent de
proposer des solutions de chauffage utilisant l’air comme vecteur énergétique. L’air
étant peu inerte, il est donc utile que la structure même du bâtiment le soit pour lisser la
demande de puissance de chauffage.
Pour profiter de l’inertie apportée par les parois, on placera préférentiellement
l’isolation à l’extérieur. Stephan et al (2008) ont montré que l’ajout d’un panneau de
Chapitre I : Positionnement de la simulation numérique dans la réduction de l’impact environnemental des bâtiments

18
gypse devant un mur inertiel (béton coulé) avait une influence importante sur le confort
d’été dans un bâtiment en climat chaud. Signalons que pour augmenter artificiellement
l’inertie, de nombreuses études se tournent actuellement vers les matériaux à
changement de phase (études présentées au paragraphe 1.1 du chapitre III). Plusieurs
produits sont déjà commercialisés soit sous forme de microbilles insérées dans des
panneaux de gypse, soit sous forme de matériau polymérique placé entre deux feuilles
réfléchissantes.
Menuiseries
Les menuiseries utilisées font l’objet de deux critères, elles doivent avoir un
coefficient de déperdition global faible (U<0,8 W/(m².°C) pour Passivhaus et U<0,7
pour Minergie P), mais doivent aussi avoir un facteur de transmission lumineuse « g »
supérieur à 50%. Ces critères imposent donc l’utilisation de triples vitrages à faible
émissivité partout ce qui peut être discutable dans le cas d’une maison qui se trouverait
dans un climat plus chaud que celui de l’Allemagne ou de la Suisse, aucune nuance
n’étant faite sur le type de fenêtre à utiliser en fonction de l’orientation de la façade sur
laquelle elle se trouve. On voit là les limites de ces labels qui contraignent l’utilisation
d’une solution qui n’est pas forcément la plus adaptée, les triples vitrages faisant perdre
une partie des gains solaires possibles par leurs faibles facteur de transmission
lumineuse.
Pour gérer les apports solaires au travers des vitrages, il existe maintenant des
solutions dynamiques passives comme les vitrages thermochromes ou photochromes
dont l’opacité augmente avec la température ou l’intensité du rayonnement, et des
solutions dynamiques actives comme les vitrages électrochromes dont l’opacité est
réglée en fonction du courant électrique imposé.
Perméabilité à l’air
Comme le montrent les exigences des labels (critère imposé de 0,6 volume par
heure sous une différence de pression intérieur / extérieur de 50 Pascals), la
perméabilité à l’air des bâtiments peut également jouer un rôle important dans les
déperditions d’un bâtiment basse consommation. Une étude du centre d’études
techniques de l’équipement de Lyon
1
(CETE) appliquée au cas des maisons de la

1
Etude réalisée dans le cadre du projet ANR PREBAT Maisonpassive présenté dans son le rapport
d’avancement aux six mois (2008)
2 Règles de l’art des bâtiments basse consommation
2.1 Labels certifiant la performance énergétique des bâtiments
19
plateforme INCAS a montré qu’en se plaçant à la limite de la RT 2005
1
concernant
l’indice de perméabilité à l’air, on peut avoir des besoins de chauffage deux fois plus
importants que si l’on prend garde à l’étanchéité en respectant une valeur cible. Il est
donc nécessaire de limiter les fuites d’air qui sont principalement localisées au niveau
(Carrié et al. 2006) :
- des liaisons façades et planchers (liaison mur / dalle sur terre plein, liaison mur
/ dalle ou plancher en partie courante…)
- des menuiseries extérieures (seuil de porte palière, seuil de porte fenêtre,
liaison mur / fenêtre au niveau du linteau...)
- des équipements électriques (interrupteurs sur paroi extérieure, prises de
courant sur paroi extérieure…)
- des trappes et des éléments traversant les parois (trappe d’accès aux combles,
trappe d’accès aux gaines techniques…)
Pour limiter la perméabilité à l’air, il faut prendre en compte cette question dès la
conception du bâtiment pour éviter, si possible, de percer l’enveloppe et quand on ne
peut faire autrement, d’utiliser des moyens de colmatage des ouvertures (manchons,
joints, injection etc.)
2.1.2.3 Renouvellement d’air
Le bâtiment étant le plus hermétique possible aux infiltrations parasites, le
renouvellement d’air doit être réalisé par une ventilation mécanique (imposée par tous
les labels). Pour éviter d’insuffler en hiver de l’air froid directement dans la maison, les
deux principaux systèmes utilisés dans les bâtiments basse consommation sont la
ventilation double flux et l’échangeur air-sol. Le couplage de ces deux systèmes fait
l’objet d’une étude au paragraphe 3 du chapitre IV.
Ventilation double flux
Dans une ventilation double flux avec récupération de chaleur, un échangeur
permet de mettre en contact thermique l’air sortant de la maison et l’air entrant ce qui
permet en hiver de préchauffer l’air insufflé dans la maison. Le label Passivhaus impose
un rendement de ces échangeurs de plus de 80% ce qui est l’ordre de grandeur des
appareils existants (CSTB 2007). La plupart des appareils sont donc pourvus de by-pass

1
Réglementation thermique définie dans l’arrêté du 24 mai 2006 relatif aux caractéristiques thermiques
des bâtiments nouveaux et des parties nouvelles de bâtiments (JORF n°121 du 25 mai 2006 page 7747
texte n° 14) http://admi.net/jo/20060525/SOCU0610625A.html
Chapitre I : Positionnement de la simulation numérique dans la réduction de l’impact environnemental des bâtiments

20
pour couper cette ventilation double flux en été et en mi-saison quand elle n’est pas
utile. En hiver, une résistance électrique intégrée sert à dégivrer l’échangeur si
nécessaire. On peut utiliser ce type d’appareil soit pour ventiler un bâtiment complet (on
parle alors de centrale double flux), soit pour une ventilation par pièce (on parle alors de
systèmes double flux locaux ou décentralisés). Les systèmes double flux locaux peuvent
d’ailleurs être utilisés à des fins de ventilation et de chauffage. Ils peuvent en effet
intégrer une résistance électrique, un circuit d’eau chaude ou même une petite pompe à
chaleur.
Echangeur air-sol
Le principe d’un échangeur air-sol (appelé aussi en France puits canadien ou
encore puits provençal) est simple, on fait passer l’air de renouvellement dans un tube
enterré ce qui permet son préchauffage en hiver et son rafraîchissement en été grâce à
l’inertie du sol. Ce système a fait l’objet d’une modélisation présentée au paragraphe 3
du chapitre III et d’une étude couplée avec un bâtiment basse consommation au
paragraphe 3 du chapitre IV.
2.1.2.4 Systèmes énergétiques adaptés aux bâtiments basse consommation
Dans un bâtiment dont les besoins de chauffage sont très faibles, les systèmes
énergétiques à mettre en place doivent être adaptés. Les labels Passivhaus et Minergie P
nous donnent un bon ordre de grandeur de la puissance de chauffage à mettre en place
car ils fixent leur limite à 10 W/m². Cette puissance, très faible par rapport à ce qui est
nécessaire dans un bâtiment classique, donne tout son sens à l’utilisation d’énergies
renouvelables qui peuvent alors couvrir une grande partie des besoins énergétiques de la
maison.
Les systèmes installés dans les bâtiments basse consommation sont soit des
systèmes séparés pour la production d’eau chaude sanitaire, le chauffage et le
renouvellement de l’air, soit des systèmes compacts qui intègrent ces trois
fonctionnalités. Pour une description plus détaillée des différentes technologies
existantes (systèmes solaires combinés, photovoltaïque intégré, stockage de chaleur,
systèmes compacts, micro cogénération etc.), le lecteur se référera à une comparaison
internationale réalisée récemment par le CSTB (2007) et qui contient une partie sur ce
sujet.

Nous avons vu ici, au travers des labels, quelles sont les règles de l’art qui
permettent de concevoir des bâtiments basse consommation. Voyons maintenant un
2 Règles de l’art des bâtiments basse consommation
2.2 Maisons de la plateforme INCAS
21
exemple d’application concret de tous ces concepts sur des maisons individuelles qui
seront construites prochainement à l’INES.
2.2 Maisons de la plateforme INCAS
L’Institut National de l’Energie Solaire (INES - Chambéry, France) accueillera
bientôt une plateforme d’expérimentation de bâtiments basse consommation nommée
INCAS qui regroupera des maisons individuelles de géométrie identique. L’objectif
principal est de disposer de constructions basse consommation qui permettent valider
les modèles thermo-aérauliques développés par les chercheurs, c’est pourquoi, pour
limiter les paramètres de la validation, ces maisons ne seront pas habitées et la présence
des occupants sera représentée par des charges internes. On pourra ainsi, pour un même
climat et une évolution des charges internes identique, comparer le comportement de
ces habitations.
Dispositions architecturales
La conception des maisons de la plateforme INCAS s’est faite dès le départ en
faisant travailler ensemble un architecte, un constructeur et des spécialistes de l’énergie.
La géométrie adoptée pour ces maisons est très simple par volonté de compacité mais
aussi pour pouvoir valider les codes de simulation qui seront utilisés pour évaluer leur
comportement thermique.

Figure I.6 : Vue 3D de la géométrie d’une maison de la
plateforme INCAS (Philippe Bouche Architecte)
Chapitre I : Positionnement de la simulation numérique dans la réduction de l’impact environnemental des bâtiments

22

N

Figure I.7 : Plan de l’intérieur des maisons (Philippe Bouche Architecte)
Une attention particulière a été portée à l’aménagement des espaces intérieurs. Il
n’y a aucun couloir pour éviter de perdre de l’espace chauffé inutilement. Un sas est
prévu comme espace tampon pour la porte d’entrée au nord-est. Le cellier (autre espace
tampon) placé au nord servira également de local pour installer les systèmes de mesure.
Les pièces de vie (séjour et chambres) sont au sud. Les fenêtres sont équipées de volets
qui servent en été de protection solaire. Au sud, elles sont protégées par des casquettes
constituées par le balcon et l’avancée du toit à l’étage.
Enveloppe
L’enveloppe de la première maison sera constituée de murs de type « cavity
wall », c'est-à-dire d’un double mur de blocs de béton entre lesquels on vient placer un
isolant. La deuxième sera constituée de béton plein avec isolant à l’extérieur. Leurs
caractéristiques sont détaillées dans l’annexe I.
Le coefficient de déperdition prévu pour les parois opaques en contact avec
l’extérieur est de 0,15 W/(m².K) grâce à la mise en place de 20 cm d’isolant. Le
revêtement intérieur sera réalisé en enduit de chaux pour profiter de l’inertie des murs.
Concernant les fenêtres, des doubles vitrages à faible émissivité seront disposés sur les
façades sud, est et ouest, alors que la façade nord sera pourvue de triples vitrages. La
première maison sera équipée de menuiseries en PVC alors que celles de la deuxième
seront en bois.
Une attention toute particulière a été prise pour éviter les ponts thermiques et
limiter les percements des façades extérieures afin de maintenir une bonne perméabilité
à l’air.
2 Règles de l’art des bâtiments basse consommation
2.3 Conclusion
23
Renouvellement d’air
Les deux premières maisons seront équipées de ventilation double flux avec, pour
la première, un système multifonction (qui assure également de le chauffage aéraulique
et l’ECS) et pour la deuxième un système indépendant à haute efficacité. Du fait que le
niveau de la nappe phréatique affleure le sol en hiver à l’endroit où les maisons seront
construites, la mise en place d’un échangeur air-sol n’a pas été retenue.
Systèmes énergétiques
Ces maisons devront être à même de tester différents systèmes au cours de leur
vie, c’est pourquoi elles seront toutes équipées de façon à pouvoir recevoir une grande
variété de systèmes qu’il est pertinent de mettre en place dans ce type de maison. Leur
toiture sera par ailleurs couverte de panneaux photovoltaïques et la rambarde du balcon
sera constituée de capteurs solaires thermiques. Les équipements de base qui seront
installés dès le départ sur les deux premières maisons ont été définis.
Pour la première maison :
- Appareil multifonction fournissant chauffage aéraulique et ECS (avec appoint
intégré par batterie électrique ou batterie à eau sur l’air neuf).
- Appoint de chauffage éventuel par émetteurs de chaleur électriques à effet
Joule.
Pour la deuxième maison :
- Appoint de chauffage par panneaux radiants électriques
- Chauffe-eau solaire individuel avec appoint par résistance électrique dans le
ballon
2.3 Conclusion
Nous avons donc décrit dans cette partie les labels utilisés pour certifier les
performances énergétiques des bâtiments ainsi que les règles de l’art qui permettent de
construire des bâtiments basse consommation en maintenant un confort acceptable
pendant toute l’année à l’intérieur. Nous avons vu enfin l’application de ces principes à
la conception des maisons de la plateforme INCAS.
Comme nous l’avons constaté, les règles de l’art utilisées sont souvent fortement
liées à un climat et à une manière de construire donnés, c’est pourquoi il est nécessaire
de prendre du recul par rapport à leur applications et de mener une réflexion les
Chapitre I : Positionnement de la simulation numérique dans la réduction de l’impact environnemental des bâtiments

24
associant aux principes théoriques présentés dans le premier paragraphe de ce chapitre,
ce en quoi la simulation numérique peut nous aider.
3 Couplage de l’analyse théorique et des règles de l’art
3.1 La simulation au service de la théorie et des règles de l’art
25
3 Couplage de l’analyse théorique et des règles de l’art
Dans le monde de l’industrie, on utilise souvent des prototypes pour tester un
nouveau produit. Dans le domaine du bâtiment c’est impossible, chaque bâtiment étant
unique par son architecture, sa structure, ses équipements mais aussi par son
environnement et le climat qu’il subit. C’est ici que la simulation numérique prend
tout son sens car elle peut venir en complément de retours d’expériences faites sur des
réalisations in situ habitées pour aider à la conception de bâtiments nouveaux. Elle peut
permettre de chiffrer les améliorations apportées par la mise en place de tel ou tel
dispositif constructif pour savoir leur poids relatif dans l’amélioration globale du
comportement du bâtiment.
3.1 La simulation au service de la théorie et des règles de l’art
Pour illustrer ces propos, nous prenons un exemple de cas pour lequel la
simulation dynamique vient en complément des règles de l’art pour évaluer l’effet de
dispositions visant à améliorer le confort d’été dans une des maisons de la plateforme
INCAS (présentée au paragraphe 2) sur l’évolution de sa température intérieure. Les
dispositions étudiées sont la mise en place de casquettes au-dessus des fenêtres sud,
l’ajout de stores extérieurs fermés en journée sur les fenêtres de la façade ouest et la
mise en place d’une surventilation nocturne.

Figure I.8 : Effet des dispositifs adoptés sur la température intérieure en été
Chapitre I : Positionnement de la simulation numérique dans la réduction de l’impact environnemental des bâtiments

26
On peut voir sur la figure I.8 que le cas de base (courbe en haut du graphique),
pour lequel aucun dispositif n’est mis en place pour l’amélioration du confort d’été,
amène des températures simulées très au-dessus de la limite de confort (entre 35 et
40°C). Cette simulation conventionnelle a pour but de voir l’apport de chacun des
dispositifs constructifs mais pas de représenter l’évolution de température dans un cas
réel.
Dans le cas 1, des casquettes sont mises en place au-dessus des fenêtres de la
façade sud et on peut voir que ce dispositif permet de réduire la température intérieure
de quelques degrés tout en restant à des niveaux encore très élevés. Ce n’est qu’en
ajoutant des stores extérieurs sur les fenêtres de la façade ouest (cas 2) que la
température intérieure atteint des niveaux aux limites de la température de confort. Dans
le cas 3 enfin, on peut voir qu’en ajoutant une surventilation nocturne, on peut atteindre
des niveaux de température dans la zone de confort.
La simulation peut donc aider à appréhender l’efficacité des mesures que nous
recommandent les règles de l’art et à prendre des décisions quant aux choix à adopter
pour améliorer le comportement du bâtiment.
3.2 Retour d’expérience et comparaison inter logiciels
Il existe très peu de retours d’expérience sérieux portant sur un nombre important
de suivis de bâtiments basse consommation. Le Passivhaus Institut a réalisé le suivi de
la consommation de maisons passives de trois quartiers situés dans trois villes
allemandes (Feist 2006).

Figure I.9 : Suivi expérimental des consommations de chauffage
de 32 maisons passives à Hanovre (énergie finale) (Feist 2006)
3 Couplage de l’analyse théorique et des règles de l’art
3.2 Retour d’expérience et comparaison inter logiciels
27
La figure I.9 représente la consommation de 32 maisons identiques situées dans le
quartier Kronsberg d’Hanovre par ordre d’efficacité croissant. On voit que, bien
qu’elles soient de même géométrie, de même enveloppe et soumises au même climat,
leur consommation varie de 3 à 32 kW.h/(m².an). Cette variation répond à une loi
normale et on peut se dire que ces écarts sont sûrement dus à l’usage qu’en font les
occupants (température de consigne de chauffage, ouverture des portes et fenêtres, taux
d’occupation, charges internes etc.). Ces maisons avaient été dimensionnées à l’aide du
logiciel PHPP qui est basé sur un calcul statique des consommations sur une base
réglementaire (voir paragraphe 1.2.2 du chapitre II) et il est intéressant de comparer les
résultats de simulation et les résultats de mesure.

Figure I.10 : Validation expérimentale du logiciel PHPP (Feist 2006)
Sur la figure, les carrés jaunes représentent les résultats de calcul avec PHPP et les
barres bleues les moyennes des mesures sur quatre quartiers dont trois quartiers passifs.
On peut voir qu’à chaque fois les résultats de simulation sont très proches de la
moyenne des consommations des bâtiments réels ce qui montre que même avec un outil
de simulation très simple mais adapté aux bâtiments étudiés, on peut obtenir une bonne
estimation des consommations dans ces maisons.
Une autre étude a été réalisée pour comparer les besoins de chauffages simulés
avec quatre logiciels (PHPP, COMFIE, TRNSYS et SIMSPARK) sur le cas de la maison
double mur de la plateforme INCAS
1
.

1
Dans le cadre du projet ANR PREBAT Maisonpassive
Chapitre I : Positionnement de la simulation numérique dans la réduction de l’impact environnemental des bâtiments

28

Figure I.11 : Comparaison des besoins de chauffage
d’une maison simulés par plusieurs logiciels
Ces logiciels sont très différents les uns des autres de par leur architecture, leur
niveau de finesse et les modèles qui y sont implémentés (voir paragraphe 1.2.2 du
chapitre II) pourtant, on peut voir sur la figure I.1 que leurs résultats de simulation des
besoins de chauffage sont très proches.
Au vu du retour expérimental et de cette comparaison entre logiciels, on peut donc
considérer que les résultats des outils de simulation actuels concernant les besoins de
chauffage conventionnels d’une maison basse consommation sont concordants et
correspondent à la moyenne des consommations en énergie finale relevées
expérimentalement. Il est donc pertinent de réaliser des simulations numériques du
comportement des bâtiments basse consommation en voyant bien que les défis dans ce
domaine sont sûrement ailleurs que dans les calculs de besoins de chauffage pour
lesquels des outils très simples mais adaptés sont capables de donner de bons résultats.
La simulation dynamique doit donc pour être pertinente être capable d’étudier les
interactions entre les phénomènes physiques en jeu dans les bâtiments qu’il est difficile
de mesurer spécifiquement.

29
4 Conclusion
Dans ce premier chapitre, nous avons vu que l’analyse du cycle de vie du
bâtiment est une étape essentielle pour connaître l’impact environnemental de chaque
période de son existence. Ceci est d’autant plus vrai que l’arrivée de bâtiments basse
consommation change beaucoup le poids relatif de ces périodes en réduisant de façon
importante le poids de la phase d’exploitation. Nous avons montré également que si une
maison basse consommation était capable de récupérer 20% du rayonnement solaire qui
l’atteint de façon instantanée en hiver, ses besoins de chauffage seraient nuls. L’un des
enjeux dans ces bâtiments est donc de récupérer, de stocker et de restituer efficacement
l’énergie solaire qu’ils reçoivent pour combler les besoins de chauffage et maintenir le
confort à l’intérieur.
Nous avons vu également que la simulation numérique permet de mieux
appréhender le comportement énergétique des bâtiments basse consommation et d’aider
à leur conception et à la comparaison des solutions constructives possibles dans des
conditions différentes de celles dont sont issues les règles de l’art. Elle constitue donc
un pont entre l’approche théorique et les règles de l’art issues du retour d’expérience.
Cependant, bien que la simulation numérique des bâtiments existe maintenant
depuis plusieurs dizaines d’années, il faut se poser la question de savoir si les méthodes
utilisées pour la simulation des bâtiments classiques sont encore valables dans le cas de
bâtiments basse consommation. Quels sont les nouveaux problèmes qui se posent ? Le
chapitre suivant tentera de répondre à ces questions et fera le point sur les
environnements de simulation existants. Celui qui a été choisi pour réaliser ce travail
sera ensuite décrit de manière précise.

30



31
Chapitre II : Simulation du comportement énergétique des
bâtiments basse consommation
RÉSUMÉ DU CHAPITRE : Dans ce chapitre, nous verrons dans un premier temps
quels sont les besoins des chercheurs en terme d’environnement de simulation pour
analyser le comportement énergétique des bâtiments basse consommation. Nous ferons
ensuite un tour d’horizon des outils existants pour nous permettre de choisir celui qui
est le plus adapté. Nous présenterons enfin l’environnement SIMSPARK qui a été choisi
pour mener ces travaux.
Chapitre II : Simulation du comportement énergétique des bâtiments basse consommation

32
Dans le chapitre précédent, nous avons présenté les stratégies à mettre en œuvre
pour concevoir un bâtiment basse consommation. Nous avons vu que la simulation
pouvait jouer un rôle important dans ce processus.
Dans le deuxième chapitre, nous décrirons d’un point de vue plus opérationnel
comment faire correspondre les besoins en terme de simulation des bâtiments basse
consommation et les outils disponibles ou à développer. Nous présenterons ensuite
l’environnement de simulation SIMSPARK qui a été utilisé dans ce travail et qui possède
un certain nombre d’avantages pour répondre à cette problématique.
1 Outils de simulation et bâtiments basse consommation
La simulation des bâtiments basse consommation avec les mêmes outils et les
mêmes modèles que les bâtiments classiques peut poser question. En effet, leurs besoins
de chauffage étant extrêmement faibles, leur isolation étant renforcée, ils ne se
comportent pas de la même manière que les bâtiments classiques et leur simulation
mérite d’être redéfinie pour prendre en compte un comportement très différent. Nous
verrons ici, tout d’abord, quels sont les besoins en terme de simulation des bâtiments
basse consommation, puis nous ferons un tour d’horizon des environnements existants
pour savoir lequel choisir pour répondre au mieux aux besoins définis précédemment.
1.1 Besoins en terme de simulation des bâtiments basse consommation
Les besoins en terme d’environnement de simulation changent en fonction de
l’état d’avancement d’un projet, ce qui explique la grande diversité des outils qui
existent pour simuler le comportement énergétique des bâtiments. Il faut en effet
disposer d’outils simples pour pouvoir faire rapidement, dès la phase d’esquisse, des
choix judicieux qui sont primordiaux pour ne pas aboutir à une proposition qu’il sera
par la suite difficile de rendre performante. Dans une phase un peu plus avancée, au
niveau de l’avant projet, l’outil de simulation doit permettre d’optimiser l’enveloppe du
bâtiment pour réduire ses besoins de chauffage et de rafraîchissement. On peut alors se
permettre de passer un peu plus de temps à tester quelques variantes qui permettent
d’arriver à des performances intéressantes. Les outils utilisés doivent donc être un peu
plus sophistiqués et plus précis. Par la suite, on doit être capable de donner une
estimation des consommations du bâtiment, de dimensionner leurs systèmes etc. On
utilise alors une troisième catégorie d’outils pour lesquels un plus grand nombre
d’entrées est nécessaire et qui sont donc souvent moins conviviaux, plus longs à prendre
en main mais qui permettent de connaître avec précision le comportement dynamique
du bâtiment sur le plan énergétique. Pour regarder encore plus finement les grandeurs
thermo-aérauliques dans des pièces, il est également possible d’utiliser des outils tels
1 Outils de simulation et bâtiments basse consommation
1.1 Besoins en terme de simulation des bâtiments basse consommation
33
que la CFD
1
ou la LES
2
mais cette catégorie ne sera pas abordée ici car ces outils ne
permettent pas une étude dynamique du bâtiment complet.
Les chercheurs doivent apporter de la connaissance dans chacune de ces
catégories d’environnement pour améliorer, selon les cas, la rapidité, la simplicité ou
encore la précision de ces outils. Dans ce travail, nous avons besoin d’un environnement
de la troisième catégorie pour étudier précisément les phénomènes globaux mis en jeu
dans les bâtiments. Ce paragraphe cherche à mettre en évidence les qualités que doit
posséder un tel environnement pour faciliter notre travail et nous permettre de répondre
aux défis de la simulation des bâtiments de demain.
Comportement dynamique
Les bâtiments basse consommation offrent un champ d’application nouveau à la
simulation du comportement énergétique du bâtiment. En effet, dans les bâtiments
classiques, les déperditions au travers des parois sont tellement importantes (entre 50%
et 70%) par rapport à la totalité des déperditions que leur prise en compte permet
d’obtenir un bon ordre de grandeur de la puissance de chauffage nécessaire (calcul du
U
bât
dans la RT 2005). En travaillant en quasi-statique on peut alors obtenir une
estimation des besoins de chauffage. Cette façon de faire, bien qu’elle ait fait ses
preuves (voir paragraphe 3.2 du chapitre I) et qu’elle soit suffisante à un niveau d’avant
projet, ne l’est plus quand on veut étudier plus finement les phénomènes en jeu.
L’inertie, par exemple, peut en effet avoir une grande influence sur le comportement du
bâtiment. Tout le monde s’accorde à dire qu’elle est très utile en été pour améliorer le
confort mais un des verrous scientifiques à lever dans le cadre des bâtiment basse
consommation est de savoir s’il est possible, en utilisant au mieux l’inertie, de se passer
complètement de chauffage en hiver par stockage et restitution efficace de l’énergie
reçue par le bâtiment. Ce genre d’étude excluant les modèles quasi-statiques, il devient
primordial d’utiliser des outils de simulation dynamiques pour être au plus près de la
réalité.
Pour prendre en compte de la meilleure façon possible la dynamique des
bâtiments, l’environnement d’accueil des simulations doit pouvoir suivre au mieux les
variations temporelles des grandeurs physiques en jeu (températures, polluants, flux
etc.). Pour cela, il doit posséder des méthodes de résolution mettant en œuvre un pas de
temps variable. Ainsi, lors de changements brusques de certaines grandeurs physiques,
le pas de temps peut être réduit automatiquement pour coller au mieux à ces variations.

1
Computational Fluid Dynamics
2
Large Eddy Simulation
Chapitre II : Simulation du comportement énergétique des bâtiments basse consommation

34
Il doit de plus posséder un intégrateur robuste pour intégrer précisément les grandeurs
physiques même quand elles sont soumises à des variations importantes.
Nouvelles technologies du bâtiment
Dans les bâtiments basse consommation, on voit apparaître de nouvelles
technologies dont certaines ont été présentées au chapitre I. On pense en particulier aux
matériaux à changement de phase, aux vitrages électrochromes ou photochromes, aux
isolants sous vide, mais aussi aux systèmes innovants de faible puissance tels que la
cogénération par moteur Stirling. Il faut, pour pouvoir les intégrer dans un
environnement de simulation, que ce dernier soit le plus modulaire possible. De plus,
ces technologies peuvent faire apparaître des modèles fortement non linéaires (MCP,
vitrages électrochromes etc.) qui requièrent des méthodes de résolution adaptées au
problème à résoudre avec contrôle de la convergence.
Phénomènes couplés
Outre le comportement dynamique et l’intégration des nouvelles technologies,
l’environnement de simulation de demain devra prendre en compte les phénomènes
couplés. On pense par exemple au cas classique du couplage thermique - aéraulique. Ce
type de couplage peut se faire en utilisant deux programmes différents qui
communiquent en utilisant des méthodes de type « ping-pong » ou « oignon » (Hensen
1995), mais peut aussi être réalisé en intégrant l’ensemble des équations qui
caractérisent les phénomènes couplés dans un même système d’équation. On évite
ainsi les problèmes de couplage entre logiciels et les pertes de temps, de performance et
de précision qui en résultent. Certains travaux nécessitent d’ailleurs le couplage direct
des phénomènes au niveau des équations, ce qui est le cas de l’étude des transferts
thermo-hydriques à l’intérieur des parois pour caractériser l’absorption et la désorption
de l’humidité dans les matériaux.
Analyse de sensibilité, optimisation
Beaucoup de grandeurs physiques dans le bâtiment sont connues avec une grande
incertitude. C’est le cas des coefficients de convection entre les parois et l’air mais aussi
de l’émissivité de certaines surfaces, ou de la conductivité ou des propriétés hydriques
de certains matériaux. Pour pouvoir quantifier l’erreur sur les résultats fournis par l’outil
utilisé, l’environnement de simulation doit pouvoir proposer au chercheur une analyse
de sensibilité. Il doit donc être capable, soit de réaliser lui-même cette analyse de
sensibilité, soit d’intégrer un programme permettant de le faire. Le programme
1 Outils de simulation et bâtiments basse consommation
1.1 Besoins en terme de simulation des bâtiments basse consommation
35
SUNDIALS
1
par exemple qui permet de réaliser des analyses de sensibilité est disponible
sous forme de DLL
2
et peut donc être appelé dans les environnements qui acceptent ce
type d’insertion. De la même manière, il faut pouvoir intégrer des méthodes
d’optimisation dans l’environnement de simulation, soit en son sein même, soit en
faisant appel à des programmes externes (GENOPT
3
, GALIB
4
etc.)
Simulation en temps réel avec retour expérimental
Pour pouvoir utiliser au mieux, de façon intelligente, les bâtiments basse
consommation, il faudra également que les utilisateurs ou les gestionnaires de ces
bâtiments disposent d’un outil précis, intégré au bâtiment qui puisse en simuler le
comportement en temps réel. Un tel outil aurait pour objectif d’aider à prendre de
bonnes décisions sur ce qu’il faut faire pour optimiser le confort et réduire les
consommations. Il pourrait par exemple indiquer à quel moment il est intéressant de
fermer les stores, de surventiler, en anticipant le comportement du bâtiment en fonction
de la météorologie prévue pour les heures ou les jours suivants ou de celle mesurée les
heures ou les jours précédents. Pour cela, l’environnement de simulation devra être
capable de fournir des modèles exécutables conviviaux utilisables dans des boîtiers de
contrôles ou des systèmes de gestion technique centralisée (GTC).
Il faudrait également que cet environnement soit capable de prendre en compte
des mesures en temps réel pour corriger certains paramètres de réglage et détecter des
dysfonctionnements du bâtiment. Pour cela, la possibilité d’inversion de ses modèles
s’avère nécessaire pour pouvoir valoriser l’information des données expérimentales
acquises en temps réel. C’est un point très important car, à l’heure actuelle,
l’exploitation intelligente du suivi expérimental direct et précis du bâtiment est
impossible, ce qui fait que l’usager n’est pas capable de connaître à tout instant s’il y a
des dérives au niveau du comportement énergétique du bâtiment. Il faudrait pouvoir, sur
le même principe que ce que l’on trouve dans les automobiles récentes, avoir un relevé
expérimental qui permette d’afficher la consommation instantanée du bâtiment pour
pouvoir éventuellement agir en conséquence.

1
Outil open source disponible sur https://computation.llnl.gov/casc/sundials/main.html
2
Dynamically Linked Library
3
http://gundog.lbl.gov/GO/
4
http://lancet.mit.edu/ga/
Chapitre II : Simulation du comportement énergétique des bâtiments basse consommation

36
Maintenance
Beaucoup d’outils de simulation sont devenus obsolètes car ils n’ont pas été
maintenus après le départ de leur développeur. Pour qu’un environnement puisse être
toujours à la pointe du développement, le plus simple actuellement est de rendre le code
ouvert (sous licence open source par exemple), mais également lisible au niveau de sa
structure et de sa documentation.

Après avoir vu les qualités que devrait avoir un environnement de simulation
performant, voyons ce que nous proposent les outils existants.
1.2 Environnements de simulation existants
1.2.1 Architecture logicielle des environnements de simulation
Les outils de simulation diffèrent à la fois par leur objectif (calculs de besoins de
chauffage, évaluation des consommations, dimensionnement de systèmes etc.) et par
leur structure propre. Ils peuvent être classés en trois catégories (Mora 2003) :
- Les environnements monolithiques
- Les environnements modulaires
- Les environnements basés sur les systèmes d’équations
Nous présenterons ici, pour chaque catégorie d’environnement, leurs
caractéristiques, leurs avantages et leurs inconvénients. Avant cela, et pour éviter les
confusions, revenons sur un concept qui est utilisé par des environnements de
simulations appartenant à chacune de ces trois catégories : la programmation orientée
objet.
Programmation orientée objet
La programmation orientée objet se base sur la notion fondamentale d’objet. Un
objet représente un concept, une idée ou une entité du monde physique, comme une
porte, une maison ou une touche de clavier d’ordinateur. Dans le monde informatique,
un objet se traduit par une structure de données, ce qui sous-entend la gestion, la
classification et le stockage de celles-ci. L’objet regroupe donc en son sein les données
et les moyens de traitement des données.
1 Outils de simulation et bâtiments basse consommation
1.2 Environnements de simulation existants
37
Un programme ou un langage de programmation est dit « orienté objet » s’il
possède les caractéristiques suivantes (Eckel 2002) :
- Encapsulation des données et des méthodes au sein de classes
L’encapsulation traduit directement le concept d’objet. L’idée est de rassembler
dans une même entité appelée « classe » les structures de données, les fonctions et les
procédures qui réalisent le traitement de données. Les classes sont en quelque sorte les
types de briques qui constituent le programme, les briques elles mêmes étant appelées
« objet » (plusieurs objets peuvent être issus de la même classe). L’intérêt de ce concept
est de concevoir des parties de code robustes et réutilisables dans d’autres codes. Il
permet aussi de segmenter le développement du code et donc d’en faciliter la
maintenance et l’ajout de fonctionnalités.
- Héritage des classes
Le principe de l’héritage réside dans le fait que de nouvelles classes appelées
classes « filles » héritent des propriétés des classes d’origine appelées classes « mères ».
Ainsi, si une classe mère « bâtiment » possède les données « mur », « porte »,
« adresse », et la méthode « maintenir une ambiance intérieure donnée », la classe fille
« maison » hérite de ces données et de ces méthodes mais peut aussi en avoir d’autres
comme « fenêtre », « jardin », « protéger de l’effraction » etc.
- Polymorphisme
Le polymorphisme correspond à la possibilité pour un opérateur ou une fonction
d'être utilisable dans des contextes différents. Par exemple, si on définit une fonction
relative à la géométrie plane « agrandir de 50% », il faut que cette fonction soit
applicable à la fois à des classes différentes telles qu’un triangle, un carré ou encore un
cercle. Cette propriété permet encore une fois d’augmenter la lisibilité du code.
Il faut bien comprendre que ce n’est pas parce qu’un environnement de simulation
est basé sur un langage de programmation objet qu’il sera lui-même orienté objet. De
même, il est possible de faire un programme orienté objet sans utiliser de langage de
programmation orienté objet. On retrouve donc des environnements basés sur les
équations, modulaires, ou même monolithiques utilisant ce type de langage. Voyons
maintenant en détail ces différents environnements.
Environnements monolithiques
Les environnements monolithiques se caractérisent par une architecture de calcul
conçue en un seul bloc algorithmique. Ils sont faits pour répondre à un besoin précis en
terme de simulation (calcul des besoins de chauffage, calcul des consommations,
Chapitre II : Simulation du comportement énergétique des bâtiments basse consommation

38
dimensionnement de systèmes etc.). Leurs fonctionnalités sont définies lors de leur
conception et en raison de leur structure figée, il est assez difficile de les modifier par la
suite, ce qui constitue l’inconvénient principal de ce genre d’environnement. L’avantage
de cette restriction des fonctionnalités est que le développeur peut choisir des méthodes
de calcul adaptées au problème et ainsi fortement gagner en efficacité au niveau de la
résolution. Le tableau II.1 présente les principales caractéristiques, les avantages et les
inconvénients de ce type d’environnement.
Environnements monolithiques
Caractéristiques Avantages Inconvénients
- Architecture algorithmique
monobloc
- Fonctionnalités définies
lors de la conception
- Données entrée / sortie
prédéfinies
- Efficacité et facilité d’utilisation
- Interface utilisateurs souvent
graphique
- Méthodes de calcul adaptées
au problème spécifique ; donc
faible temps de calcul
- Sorties limitées
- Code souvent de type
« boîte noire » ou difficile à
comprendre
- Difficile de modifier le
code pour ajouter des
fonctionnalités


Tableau II.1 : Caractéristiques, avantages et inconvénients
des environnements de simulation monolithiques
Environnements modulaires
Pour pallier la difficulté de modifier les environnements monolithiques, des
environnements modulaires sont apparus en s’inspirant de l’approche objet. Pour Sahlin
(1996) un environnement modulaire doit répondre aux deux critères suivants :
- Les modèles sont traités en tant que données. La caractéristique principale d’un
environnement de simulation modulaire réside dans le fait que les modèles
mathématiques sont interchangeables, l’environnement permet donc à des
modèles radicalement différents d’être utilisés pour décrire le même phénomène
physique.
- La modélisation et la méthode de résolution sont séparées dans les modules.
Bien que peu d’environnements modulaires permettent de sélectionner le solveur,
l’architecture doit donc permettre d’en changer.
Dans un environnement modulaire, la construction du code passe par
l’assemblage de modules pour la formulation et la résolution du problème, chaque
module réalisant une tâche élémentaire. L’intérêt de ce type d’approche est de permettre
la création d’une banque de modules spécialisés que l’on peut réutiliser pour différentes
applications. L’inconvénient principal est que les modules sont orientés a priori c'est-à-
dire que les entrées et les sorties et donc le sens de résolution du problème sont fixés.
On est obligé, pour résoudre un problème dans le sens inverse, de développer un
1 Outils de simulation et bâtiments basse consommation
1.2 Environnements de simulation existants
39
nouveau module alors que les équations qui régissent le phénomène sont bien souvent
les mêmes que dans le module de base.
Environnements modulaires
Caractéristiques Avantages Inconvénients
- Structure basée sur des
modules directionnels
- Langage de connexion
directionnel
- Changement de solveur
possible
- Facilité d’interchanger des
modèles (facilité de
développement)
- Librairie de modèles
souvent très fournie
- Interface utilisateurs
souvent ergonomique

- Prise en main assez longue
pour l’utilisateur
- Résolution orientée des
problèmes
- Les modèles peuvent être
des boîtes noires


Tableau II.2 : Caractéristiques, avantages et inconvénients
des environnements de simulation modulaires
Environnements basés sur les systèmes d’équations
Les environnements de simulation basés sur les systèmes d’équations permettent
d’éviter le problème du sens de résolution inhérent aux environnements modulaires. En
effet, ils permettent de formuler le problème à résoudre uniquement en terme
d’association d’équations et de systèmes d’équations. L’utilisateur de ce genre
d’environnement n’a donc pas à ce soucier a priori de la façon dont le calcul est réalisé,
l’agencement des équations étant réalisé par un assembleur interne. On peut ainsi se
focaliser sur la description physique du problème à traiter sans avoir à se soucier du
codage qu’il y aura derrière.
Environnements basés sur les systèmes d’équations
Caractéristiques Avantages Inconvénients
- Spécification du problème
basé uniquement sur les
équations
-Connexion non
directionnelle
- Structuration hiérarchisée
- Techniques de résolution
ambitieuses
- Non orientation a priori du
problème
- Procédure de résolution
adaptée choisie par
l’environnement
- Lisibilité totale du code
(boîte blanche)

- Prise en main assez longue
pour l’utilisateur
- Interface utilisateur souvent
peu ergonomique.


Tableau II.3 : Caractéristiques, avantages et inconvénients
des environnements de simulation basés sur les systèmes d’équations
On peut ajouter aux avantages de ce type de code le fait qu’il permet un couplage
simple entre des domaines scientifiques différents en procédant par connexion des
variables des équations issues de chacun des domaines considérés.
Chapitre II : Simulation du comportement énergétique des bâtiments basse consommation

40
1.2.2 Classification en terme d’usage des outils existants
Il existe un très grand nombre d’outils de simulation dont un recensement assez
complet par champ d’application est disponible sur le site Internet du département de
l’énergie des Etats-Unis
1
. Les outils qui traitent spécifiquement du comportement
aéraulique tels que COMIS ou CONTAM ne seront pas détaillés ici. Nous proposerons par
contre une description succincte de quelques outils représentatifs de ceux qui permettent
de prédire le comportement thermique des bâtiments et qui sont utilisés aujourd’hui par
les architectes, les bureaux d’étude et / ou les chercheurs. Ils sont classés selon leur
usage et le niveau d’expertise qu’ils requièrent.
Une bonne partie des logiciels présentés ci-dessous a fait l’objet de comparaisons
initiées par l’Agence Internationale de l’Energie (Judkoff et Neymark 1995; Neymark et
Judkoff 2002). D’autres ont été comparés au niveau de leurs possibilités et des modèles
qu’ils contiennent (Crawley et al. 2008)
Obtenir des tendances
La première catégorie comprend des outils dédiés à l’étude des bâtiments en phase
d’avant projet qui requièrent un niveau d’expertise faible. Ils possèdent des interfaces de
saisie très performantes qui permettent de les utiliser très simplement. Ils permettent
d’obtenir rapidement des tendances sur le comportement thermique du bâtiment (en
particulier ses besoins de chauffage) et ne peuvent évaluer ses consommations que par
des règles simples et statiques (pas de simulation dynamique des systèmes).
PHPP
2
(pour « Passive House Planning Package ») est développé par le
Passivhaus Institut de Darmstadt. Cet outil basé sur une approche quasi-statique du
calcul des besoins de chauffage se présente sous forme d’un classeur Excel dans lequel
on renseigne les données relatives au bâtiment à décrire et d’un guide très détaillé
comportant les règles de l’art pour concevoir des bâtiments basse consommation. Les
besoins de chauffage sont alors évalués sur la base de normes européennes
3
par un
calcul des déperditions moyennes mensuelles et des apports solaires et internes. Comme
son mode de calcul n’est pas dynamique, PHPP ne permet pas d’appréhender le confort
d’été du bâtiment, il est pourtant très utilisé par les architectes allemands pour la
conception des maisons passives.

1
http://apps1.eere.energy.gov/buildings/tools_directory/ : 340 outils de simulation présentés
2
Commercialisé en France par l’association « la maison passive France » : http://www.lamaisonpassive.fr
3
EN 13829 et EN 13790
1 Outils de simulation et bâtiments basse consommation
1.2 Environnements de simulation existants
41
ECOTECT
1
est une suite logicielle comprenant un modeleur 3D performant et
convivial qui permet de renseigner les données d’entrée pour le calcul du comportement
thermique et acoustique du bâtiment ainsi que pour les calculs d’ombre, d’éclairage
naturel etc. Il possède une structure monolithique fermée (boîte noire) qui ne permet pas
de savoir son principe de fonctionnement. Son interface graphique très conviviale et
l’intégration des calculs d’acoustique et d’éclairage en fait un outil très adapté pour les
architectes et pour les bureaux d’étude en phase amont de conception des bâtiments.
Optimiser l’enveloppe
Cette deuxième catégorie, assez proche de la première, comporte des outils qui
peuvent être utilisés dans une phase un peu plus avancée de la conception du bâtiment.
Ils permettent d’aller jusqu’à l’optimisation de l’enveloppe et l’assistance à la maîtrise
d’ouvrage dans le cadre d’un projet de haute qualité environnementale par exemple.
CODYBA (pour « COmportement DYnamique des BAtiments ») est un outil
développé à Lyon sur la base des travaux de thèse de Roux (1984) dont l’objectif
principal est de prédire la consommation d'énergie et les amplitudes de variation des
températures et de l'humidité dans le bâtiment (Noël et al. 2005). Le cœur de calcul
d’architecture modulaire utilise la réduction modale du problème physique, ce qui le
rend très rapide. Le système matriciel obtenu est résolu exclusivement par la méthode
itérative de Jacobi pour éviter les problèmes de convergence. Dans la version actuelle,
une interface de saisie permet de renseigner facilement les données nécessaires au
calcul. La nouvelle version de cet outil appelée KOZIBU est actuellement en bêta test.
KOZIBU a conservé les méthodes de résolution de CODYBA mais il a été programmé en
utilisant une hiérarchie de classes pour représenter le bâtiment. Il se présente pour
l’utilisateur comme une boîte noire qui fait appel à d’autres logiciels par l’intermédiaire
d’un langage neutre de programmation. Il peut en particulier échanger avec un logiciel
de CAO ou d’autres logiciels de thermique du bâtiment tels que TRNSYS.
COMFIE (de l’anglais « comfy » : confortable) a été développé à la fin des années
80 au centre d’énergétique de Paris pour faire face au manque de logiciels simple
d’utilisation prenant en compte la dynamique du comportement thermique du bâtiment
(Salomon et al. 2005). Il présente un cœur de calcul développé en Pascal dans
l’environnement Delphi dans lequel le problème de thermique du bâtiment est réduit par
méthode modale. La réduction permet des temps de calcul de l’ordre de quelques
secondes pour une simulation annuelle. Le cœur de calcul appelle à chaque pas de

1
Commercialisé par AUTODESK : http://www.squ1.com/products/ecotect
Chapitre II : Simulation du comportement énergétique des bâtiments basse consommation

42
temps 10 modules de façon séquentielle. Dans la version commercialisée actuellement
1
,
un seul module est utilisé pour simuler la présence d’un échangeur air-sol. Les autres
modules sont soit en cours de développement, soit utilisés en interne par les
développeurs, soit non affectés. En ce sens, on peut dire que COMFIE possède un cœur
ayant une structure monolithique mais qu’il présente quand même une certaine forme de
modularité. Un logiciel appelé ALCYONE permet de saisir graphiquement en 3D la
géométrie du bâtiment et d’importer les données vers l’interface graphique de COMFIE
appelée PLÉIADE. Les données renseignées dans PLÉIADE ainsi que les résultats de la
simulation thermique peuvent ensuite être récupérés pour être utilisés dans le logiciel
EQUER qui permet de faire l’analyse du cycle de vie du bâtiment.
Bien que les outils de cette catégorie intègrent des systèmes énergétiques simples
leur permettant de donner les consommations du bâtiment sur la base de rendements
moyens, ils ne permettent pas de tenir compte du fonctionnement réel dynamique des
systèmes.
Dimensionner les équipements, calculer des consommations
Cette troisième et dernière catégorie regroupe les environnements qui permettent
de prendre en compte des phénomènes beaucoup plus complexes ce qui se paye souvent
en terme de convivialité et parfois de rapidité de calcul. Le niveau d’expertise requis est
donc plus important que dans les deux premières catégories mais ces environnements
permettent de considérer des systèmes de régulation complexes, des équipements
particuliers ou encore des systèmes de contrôle dans le but de donner une représentation
plus fine du comportement du bâtiment, de dimensionner ses équipements et d’en
calculer les consommations. On trouve dans cette catégorie des environnements
appartenant aux trois types d’architecture logicielle présentés précédemment.
ESP-R (Clarke 1985) est un environnement développé en C++ qui permet la
résolution de problèmes de thermique, d’acoustique et d’éclairage. C’est un outil
développé à la base par des chercheurs de l’université de Strathclyde à Glasgow
(Ecosse) dans une structure monolithique en C++ sous environnement Unix. Il possède
une bibliothèque de modèles bien fournie qui a fait l’objet d’un grand nombre de tests
de validation (Strachan et al. 2008) principalement dans le cadre d’annexes de l’Agence
Internationale de l’Energie. Il a été rendu « open source » récemment ce qui rend ses
possibilités de développement très importantes bien qu’il ait une structure monolithique.
ENERGYPLUS (Lawrence Berkeley National Laboratory 2007) est né aux Etats
Unis grâce à la volonté du département de l’énergie de recentrer ses financements

1
Pléiade+Comfie 2.4
1 Outils de simulation et bâtiments basse consommation
1.2 Environnements de simulation existants
43
autour d’un seul outil de simulation des bâtiments. Il se présente en fait comme un
gestionnaire de simulation (« simulation manager » en anglais) qui fait appel à plusieurs
modules pour estimer les besoins énergétiques des bâtiments utilisant différentes
sources d’énergie (modèle d’enveloppe de bâtiment, modèles de ciel, calcul d’ombre,
boucle d’air, systèmes etc.). Le cœur du modèle de bâtiment est basé sur deux
programmes de simulation monolithiques : BLAST et DOE-2. Il possède une bibliothèque
de modèles importante mais plutôt adaptée à la simulation des systèmes existant aux
Etats-Unis. Il ne possède pas d’interface graphique propre mais plusieurs interfaces sont
disponibles sur le marché
1
et un « plugin » a été développé récemment pour pouvoir
utiliser le modeleur 3D SKETCH’UP pour la saisie géométrique du bâtiment et à terme
servir d’interface graphique complète.
TRNSYS (SEL et al. 2004) (pour « TRaNsient SYstem Simulation program ») est
un environnement modulaire développé en collaboration par l’université de Wisconsin
(Madison), une entreprise privée de la même ville (TESS), le groupe TransSolar en
Allemagne et le CSTB en France. TRNSYS SIMULATION STUDIO est la structure d’accueil
associée qui permet, d’une part, d’utiliser les modèles existants pour réaliser des
simulations dynamiques et de développer de nouveaux modèles qui doivent satisfaire à
un protocole prédéfini pour pouvoir converser avec le noyau de calcul (Keilholz et Sette
2005). Le dialogue entre le noyau de calcul et les modèles se fait depuis la version 16
par l’intermédiaire de DLL, ce qui évite à l’utilisateur de compiler les modèles avant de
pouvoir les utiliser et permet une intégration aisée de nouveaux composants. Une
interface graphique performante (IISIBAT « pour Interface Intelligente de SImulation
des BATiments ») permet de réaliser la construction de la simulation et la saisie des
données. La bibliothèque de modèles disponibles est très importante et toujours en cours
de développement. Chaque modèle possède sa propre méthode de résolution et un
gestionnaire permet de sélectionner un ordre de résolution des différents modèles
utilisés. L’ordre choisi est par contre très dépendant de celui dans lequel les modèles ont
été connectés par l’utilisateur (Sowell et Haves 2001). Il est donc possible de le choisir
soi-même pour que la résolution soit plus en phase avec le comportement physique.
Deux solveurs différents sont disponibles par défaut, l’un est basé sur une méthode
itérative classique par substitution, l’autre utilise en plus une méthode de relaxation
numérique pour résoudre certains problèmes de convergence.
SIMULINK est une plateforme de simulation multi-domaines servant à la
modélisation de systèmes dynamiques. Elle se présente comme une interface graphique
du logiciel MATLAB permettant une représentation des fonctions mathématiques et des
systèmes sous forme de diagrammes en bloc. C’est un environnement modulaire

1
La plus évoluée est sans doute design builder : http://www.designbuilder.co.uk/
Chapitre II : Simulation du comportement énergétique des bâtiments basse consommation

44
convivial développé dans un langage de programmation simple propre à MATLAB et qui
utilise son solveur matriciel. Dans cet environnement, une bibliothèque de modèles
relatifs au comportement thermique du bâtiment appelée SIMBAD a été développée par
le CSTB. Cette bibliothèque comprend des modèles de bâtiments multizones, ainsi que
des modèles d’éléments de production (PAC, chaudière ...), de distribution (conduits,
pompe…), d’émission (convecteurs, planchers chauffants…) et de régulation (Chlela
2008). Le couplage des modèles se fait graphiquement en insérant des blocs et en les
liant entre eux.
DYMOLA (pour DYnamic MOdeling LAboratory) est un environnement de
simulation qui utilise le langage de programmation orienté objet MODELICA en lui
apportant un assembleur et un solveur d’équations très efficaces. C’est un
environnement basé sur les systèmes d’équations qui est très utilisé dans un grand
nombre de domaines scientifiques. La méthode d’assemblage des équations qu’il utilise
et qui n’est pas complètement publiée le rend particulièrement performant par rapport
aux autres environnements qui se servent de MODELICA (Wetter et al. 2008). DYMOLA
est particulièrement adapté à la simulation de systèmes complexes qui mettent en jeu
des phénomènes ayant trait à des domaines scientifiques variés comme, par exemple,
l’étude de voitures à pile à combustible prenant en compte les phénomènes couplés
mécaniques, chimiques, thermiques et autres qui sont en jeu. Une bibliothèque de
modèles du comportement thermique du bâtiment et des systèmes appelée ATPLUS
1

(Hoh et al. 2005) est développée à l’université de Kaiserslautern mais elle assez peu
fournie et, a notre connaissance, assez peu utilisée.
IDA (Sahlin 1991) est lui aussi un environnement basé sur les systèmes
d’équations. Pour résoudre un problème dans IDA, il faut écrire chaque équation sous
forme résiduelle c'est-à-dire sous la forme d’une expression que le solveur se charge de
faire tendre vers zéro (ex : F[x’, x, y, t]=0). Les liens entre les équations se font par
l’intermédiaire d’équations linéaires de connexions qui sont écrites soit sous forme
d’identification (ex : P-Q=0), soit sous forme de conservation (ex : P+Q-R=0).
L’ensemble de ces équations (équations physiques et équations de couplage) est résolu
par une méthode itérative de type Newton appliquée à des matrices très grandes et très
creuses (superLU). Plusieurs environnements de simulation sont dérivés de IDA dont
IDA-ICE (pour Indoor Climate and Energy) qui permet de caractériser le comportement
énergétique des bâtiments et qui possède une bibliothèque de modèles assez fournie
avec une interface graphique très conviviale adaptée aux besoins des bureaux d’étude.

1
La bibliothèque ATplus est disponible sur le site de Modelica http://www.modelica.org/libraries et
documentée sur le site de l’université de Kaiserslautern : http://www.eit.uni-
kl.de/litz/forschung/BuildingSimulation/Modelica-html/help/ATplus.html#ATplus
1 Outils de simulation et bâtiments basse consommation
1.3 Choix d’un environnement de simulation
45
SPARK (pour Simulation Problem Analysis for Research Kernel), anciennement
SPANK, est un environnement basé sur les systèmes d’équations. Son fonctionnement est
décrit en détail au paragraphe 2.1 de ce chapitre, mais pour donner quelques points de
comparaison avec les autres environnements, on peut dire que sa particularité réside
dans le fait que la description des équations se fait en écrivant chaque variable d’une
expression en fonction des autres pour permettre l’utilisation de la méthode des graphes
pour l’assemblage des équations. La plateforme SIMSPARK (présentée en détails au
paragraphe 2.2 de ce chapitre) qui dérive de SPARK permet de simuler le comportement
énergétique des bâtiments. Sa bibliothèque de modèles permet de prendre en compte les
phénomènes couplés thermo-hydro-aérauliques au sein de l’enveloppe et d’intégrer un
certain nombre de systèmes énergétiques.
1.3 Choix d’un environnement de simulation
Nous avons vu au paragraphe précédant une panoplie d’outils qui permettent de
simuler le comportement thermique des bâtiments. Il faut maintenant choisir parmi eux
celui qui répond le mieux à nos besoins, que nous avons détaillés au paragraphe 1.1.
Nous avons vu qu’il était important d’avoir une grande modularité dans
l’architecture logicielle de façon à intégrer facilement de nouveaux modèles. On peut
donc exclure les environnements monolithiques qui n’offrent pas cette souplesse. Notre
choix s’est logiquement porté sur un environnement de simulation basé sur les
systèmes d’équations car ce type d’outil répond aux besoins suivants :
- Couplage de modèles - ils permettent un couplage en amont, au niveau des
équations, entre des modèles de différentes natures et de différents domaines
scientifiques.
- Dialogues entre logiciels - ils possèdent des traducteurs de formats de modèles
neutres
1
(Nataf 1995; Sahlin 1996) ce qui leur permet de communiquer
facilement entre eux et avec d’autres types d’environnements qui utilisent ce type
de modèle.
- Inversion de modèles - ils permettent l’utilisation des modèles physiques dans
différents sens de résolution car leur formalisme n’impose pas d’emblée les
entrées et les sorties des phénomènes décrits, ce qui évite d’avoir à reprogrammer
le même modèle plusieurs fois quand on souhaite le considérer sous un angle
différent de celui pour lequel il a été conçu.

1
Neutral Model Format (NMF) en anglais
Chapitre II : Simulation du comportement énergétique des bâtiments basse consommation

46
- Lisibilité Ŕ l’objet de base étant l’équation, il est facile de voir quelles sont
celles qui ont été utilisées dans un modèle et comment elles ont été agencées.
Parmi les environnements basés sur les systèmes d’équations à notre disposition,
nous avons donc étudié trois possibilités : DYMOLA / MODELICA avec la bibliothèque
ATPLUS, IDA-ICE basé sur l’environnement IDA et SIMSPARK basé sur l’environnement
SPARK.
L’intérêt principal de DYMOLA réside dans le fait qu’il est très répandu dans
l’industrie dans un grand nombre de domaines scientifiques et que son solveur est
robuste et très rapide (bien qu’on ne connaisse pas précisément toutes les méthodes
qu’il utilise). Cependant, dans le domaine du bâtiment, la bibliothèque de modèles qu’il
possède est assez limitée et son prix peut également être un frein à son développement.
Entre IDA et SPARK, la différence principale réside dans le mécanisme de
résolution adopté :
- pour IDA, les équations sont mises sous forme résiduelle pour résoudre le
problème numérique de manière itérative avec une méthode de résolution adaptée
aux matrices creuses,
- pour SPARK, les équations sont explicitées dans tous les sens ce qui permet la
décomposition en composants à l’aide de la méthode des graphes et la résolution
indépendante de chaque sous-système.
Bien qu’aucun benchmark n’ait été réalisé de façon précise pour comparer les
deux solveurs, il semble que la méthode adoptée par SPARK le rend plus rapide à cause
du fait que, même s’ils sont plus nombreux, la dimension des systèmes à inverser est
beaucoup plus petite que dans IDA (Sowell et Haves 2001).
SIMSPARK est développé depuis maintenant une dizaine d’années en France,
d’abord au LEPTAB
1
de La Rochelle, puis au LOCIE
2
à Chambéry. Les études réalisées
avec cet environnement dans le cadre de thèses de doctorat ont porté sur la modélisation
des transferts thermo-aérauliques dans le bâtiment par les modèles zonaux (Wurtz 1995;
Musy 1999) et par des modèles de différents niveaux de finesse associés (Mora 2003),
sur l’étude thermo-hydro-aéraulique des locaux climatisés (Cordeiro Mendonça 2004)
mais également sur l’étude de systèmes de rafraîchissement par dessiccation de type
« dessicant cooling » (Maalouf 2006; Bourdoukan 2008).
C’est donc sur la base de ces constatations sur l’architecture et la robustesse de
SPARK, ainsi que sur l’expérience acquise et les modèles développés au sein de cet

1
Laboratoire d'études des phénomènes de transfert appliqués au bâtiment
2
Laboratoire Optimisation de la Conception et Ingénierie de l’Environnement
1 Outils de simulation et bâtiments basse consommation
1.3 Choix d’un environnement de simulation
47
environnement par la création de SIMSPARK, que nous avons choisi d’utiliser et de
développer cet outil dans le cadre de ce travail.
Chapitre II : Simulation du comportement énergétique des bâtiments basse consommation

48
2 SIMSPARK : environnement de simulation pour les bâtiments basse
consommation
SIMSPARK n’est pas l’environnement de simulation idéal. C’est à notre sens celui
qui est pour l’instant le plus adapté pour résoudre les problèmes présentés au paragraphe
précédent. Il est basé sur l’environnement SPARK dont nous verrons en détail le
fonctionnement dans un premier temps, pour ensuite décrire dans une deuxième partie
celui de SIMSPARK.
2.1 SPARK : le cœur de SIMSPARK
SPARK est un environnement de simulation généraliste basé sur les systèmes
d’équations qui permet de résoudre de façon efficace des systèmes d’équations algébro-
différentielles discrètes. Bien qu’il ait été développé dans l’optique de simuler le
comportement thermique des bâtiments, il peut être utilisé pour résoudre des systèmes
d’équations de n’importe quel domaine scientifique. Son développement a été réalisé
principalement par le Simulation Research Group (SRG) au Lawrence Berkeley
National Laboratory (Californie, Etats Unis).
2.1.1 Description d’une simulation dans SPARK
SPARK étant basé sur un langage de programmation orienté objet, la description
d’un problème doit être elle-même pensée en terme d’objets. L’objet de base dans
SPARK est l’équation (classe atomique), les équations sont regroupées en système
d’équations (macro-classe), les systèmes d’équations étant eux-mêmes gérés par un
dernier type d’objet : l’objet programme.
Objet équation (classe atomique)
Chaque équation est définie de manière non orientée dans ce que l’on nomme une
classe atomique qui est décrite dans un fichier texte à l’aide d’un langage de
programmation simple décrit ci-dessous.
Prenons l’exemple simple de la classe qui évalue le flux convectif à la surface
d’une paroi. L’équation est la suivante (loi de Newton) :
( )
conv am av
q h T T '' = · ÷
(II.1)
Pour utiliser des caractères génériques, on l’écrira dans SPARK sous la forme :
2 SimSpark : environnement de simulation pour les bâtiments basse consommation
2.1 Spark : le cœur de SimSpark
49
( ) _ _ _ _ d flx conv h T am T av = · ÷
(II.2)
Les variables qui communiqueront avec les autres équations sont appelées des
« ports ». Les ports de cette classe atomique sont donc « d_flx_conv » (densité de flux
de chaleur par convection), « h » (coefficient de convection au niveau de la paroi),
« T_am » (température en amont - par convention le flux est défini comme étant positif
de l’amont vers l’aval.) et « T_av » (température en aval). Ils sont définis au début du
fichier après une courte documentation de la classe :
PORT d_flx_conv "densité de flux par convection" [W/m^2];
PORT h "Coefficient de convection sur la paroi" [W/(m^2.deg_C)];
PORT t_am "température amont" [deg_C] MIN=-50 MAX=100;
PORT t_av "température aval" [deg_C] MIN=-50 MAX=100;
L’équation qui relie les variables peut être donnée de façon indicative :
EQUATIONS
{
d_flx_conv=h*(t_am-t_av);
}
Ensuite, les fonctions qui peuvent être construites avec la classe atomique sont
déclarées :
FUNCTIONS
{
d_flx_conv = convection_RP_pt__d_flx_conv(h, t_am, t_av);
h = convection_RP_pt__h(d_flx_conv, t_am, t_av);
t_am = convection_RP_pt__t_am(d_flx_conv, h, t_av);
t_av = convection_RP_pt__t_av(d_flx_conv, h, t_am);
}
On indique ici au code qu’avec cette classe atomique, on peut évaluer d_flx_conv
s’il connaît les variables h, t_am et t_av mais qu’il peut aussi calculer h si les variables
d_flx_conv, t_am et t_av sont connues, etc. Pour que SPARK puisse résoudre le problème
de façon non orientée, il faut en effet, quand c’est possible, décrire une équation par
plusieurs fonctions qui donnent chaque variable de l’équation en fonction des autres
variables. Reste ensuite à donner un contenu aux fonctions qui viennent d’être définies.
Pour la première par exemple, on aura :
EVALUATE( convection_RP_pt__d_flx_conv ) {
ARGDEF( 0, h);
ARGDEF( 1, t_am);
ARGDEF( 2, t_av);

double d_flx_conv;
d_flx_conv=h*(t_am-t_av);

RETURN( d_flx_conv )
}
Chapitre II : Simulation du comportement énergétique des bâtiments basse consommation

50
On précise après le mot clé « EVALUATE » la fonction décrite, puis, on donne
dans le « ARGDEF » les noms des variables que l’on va utiliser localement dans cette
fonction (on reprend souvent le nom des ports). Reste enfin à décrire la façon dont la
variable de sortie de la fonction doit être calculée. Cette dernière étape est écrite à l’aide
d’un programme en C++ dans lequel on peut décrire des phénomènes d’une grande
complexité. Pour le cas présenté ci-dessus, le programme à écrire est, on le voit, très
simple, on indique ensuite avec « RETURN » la variable qui a été calculée. Cette façon
de faire est utilisée pour décrire chacune des quatre fonctions déclarées dans cette classe
atomique.
Un utilitaire (appelé SPARKSIM), intégré dans SPARK, permet de générer
automatiquement les classes atomiques relatives aux équations simples (telles que la
précédente) grâce à un couplage avec un logiciel de calcul formel.
Les choses peuvent se compliquer par exemple si l’équation à décrire est discrète.
Par exemple, pour calculer le coefficient de convection sur une paroi exposée au vent
par la méthode de McAdams, (1954) on doit utiliser l’équation suivante :
_ 5.678
0.3048
n
V
h ext a b
(
| |
= · + ·
(
|
\ .
(
¸ ¸

(II.3)
où V est la vitesse du vent sur la paroi, h_ext est le coefficient de convection
extérieur et a, b et n sont des paramètres dépendant de la rugosité de la paroi que l’on
peut déterminer à partir du tableau suivant :
V < 4.88 (m/s) 4.88 ≤ V < 30.48 (m/s) Nature de
la surface
a b n a b n
lisse 0.99 0.21 1 0 0.5 0.78
rugueuse 1.09 0.23 1 0 0.53 0.78


Tableau II.4 : Coefficients de la formule empirique de McAdams
On peut définir la fonction de la classe atomique associée à cette formule de la
manière suivante :
EVALUATE( h_ext__h_ext){
ARGDEF( 0, rugo);
ARGDEF( 1, wind);

double h_ext;
double a, b, n;

if ( rugo == 0)//la surface est lisse
{
if (wind<4.8)
{
a = 0.9244;
b = 0.5564;
2 SimSpark : environnement de simulation pour les bâtiments basse consommation
2.1 Spark : le cœur de SimSpark
51
n = 0.4594;
}
else
{
a = 0;
b = 0.5;
n = 0.78;
}
}
else if ( rugo == 1)//la surface est rugueuse
{
if (wind<4.8)
{
a = 1.09;
b = 0.23;
n = 1;
}
else
{
a = 0;
b = 0.53;
n = 0.78;
}
}

h_ext = 5.678*(a + b*pow((wind/0.3048),n));

RETURN( h_ext )
}
On voit donc qu’il est possible d’écrire des classes atomiques d’une complexité
importante dans la mesure où la description de l’équation est possible en C++.
Notons que dans la dernière version de SPARK, il est possible de définir des
fonctions qui possèdent plusieurs sorties. On peut par exemple définir une classe
atomique dans laquelle on calcule la capacité calorifique et la conductivité d’un
matériau à changement de phase en fonction de sa température.
Il peut y avoir également des cas pour lesquels on ne peut pas ou on ne veut pas
écrire de façon explicite l’un ou plusieurs des inverses d’une équation. SPARK donne
alors la possibilité d’écrire l’équation de manière résiduelle c'est-à-dire en déplaçant les
termes de façon à avoir une expression égale à zéro. On précise alors que la fonction est
de type « RESIDUAL » et SPARK réalisera des itérations au sein même de cette classe
pour résoudre l’équation dans ce sens si nécessaire. Par exemple, si l’on veut faire le
produit de deux nombres a et b, le résultat étant c, il est bien sûr possible d’écrire tous
les inverses de cette équation. Cependant, quand on exprime a en fonction de c et b, on
a besoin d’écrire un quotient. On pourrait alors voir apparaître des problèmes de
convergence pour des valeurs de b très petites. On écrit alors l’équation de manière
résiduelle :
0 c a b = ÷ ·
(II.4)
Chapitre II : Simulation du comportement énergétique des bâtiments basse consommation

52
La classe atomique correspondante se présente ainsi :
FUNCTIONS {
c = safprod__c( a, b ) ;
a = RESIDUAL safprod__residual( a, b, c ) ;
b = RESIDUAL safprod__residual( a, b, c ) ;
}

EVALUATE( safprod__residual ){
ARGDEF(0, a);
ARGDEF(1, b);
ARGDEF(2, c);

double residual = c-a*b;

RETURN( residual ) ;
}
EVALUATE( safprod__c ){
ARGDEF(0, a);
ARGDEF(1, b);

double c;
c = a*b;

RETURN( c ) ;
}
On voit donc que SPARK permet de décrire à peu près tout type d’équation par
l’intermédiaire des classes atomiques.
Objet système d’équations (macro-classe)
Pour permettre la modularité des programmes développés dans SPARK, les
équations qui représentent le comportement d’un même élément sont regroupées au sein
d’une macro-classe qui constitue donc un système d’équations. Au sein d’une macro-
classe, on connecte donc les équations (classes atomiques) par leurs variables (ports).
Prenons l’exemple de la résolution d’un problème de transfert de chaleur à travers
le mur en régime permanent (sans considérer le rayonnement pour simplifier la
présentation). Le système d’équations qui régit ce problème est le suivant :
( )
( )
( )
am a,am s ,am
s ,am s ,av
av s ,av a,av
q h T T
q T T
e
q h T T
ì
¦ '' = · ÷
¦
¦
'' = · ÷
´
¦
¦ '' = · ÷
¹

(II.5)
On a donc deux équations de convection et une équation de conduction. Voici une
représentation graphique de la macro-classe que l’on crée :
2 SimSpark : environnement de simulation pour les bâtiments basse consommation
2.1 Spark : le cœur de SimSpark
53

Figure II.1 : Représentation graphique d’une macro-classe : conv_cond_RP_pt.cm
Chaque petite boîte représente un objet. Les boîtes « classes atomiques » sont
arrondies aux angles tandis que les macro-classes ne le sont pas. Autour de chaque
objet, on voit apparaître ses ports précédés d’un point « . ». Le nom de l’objet est
précisé en bas à gauche et le nom de la classe en haut centré. Pour une classe atomique,
on fait apparaître l’équation qu’elle représente au centre de la boîte.
Dans cette macro-classe, on va donc créer trois objets (conv_am, cond et
conv_av) avec deux classes atomiques (convection_RP_pt.cc et conduction_RP_pt.cc)
car on utilise deux fois la même équation de convection. Les objets communiquent entre
eux par l’intermédiaire de leurs ports. Ici par exemple le port « .t_av » de l’objet
« cond » (qu’on appelle « cond.t_av ») et le port « conv_av.t_am » sont liés pour créer
la variable « t_surf_av ». Cette variable n’est pas elle-même un port de la macro-classe
conv_cond_RP_pt (elle n’est pas représentée à l’extérieur de la boîte et n’est pas
précédée par un point). Elle ne pourra donc pas communiquer avec d’autres objets à un
niveau supérieur. La variable « .d_flx », quant à elle, est un port de la macro-classe (elle
est située à l’extérieur de la boîte et est précédée d’un point). Elle représente la densité
de flux de chaleur à travers la paroi qui, en régime permanent, est le même pour la
convection intérieure, extérieure et la conduction. Ce port est donc lié aux ports
correspondants de chacun des trois objets, il pourra donc communiquer avec d’autres
objets.
Chapitre II : Simulation du comportement énergétique des bâtiments basse consommation

54
Le langage utilisé pour réaliser tous ces liens est encore une fois très simple. On
déclare d’abord quels sont les ports de la macro-classe, exactement de la même façon
que dans les classes atomiques :
PORT d_flx "densité de flux de chaleur à travers le mur" [W/m^2];
PORT t_am "température en amont du mur" [deg_C] MIN=-50 MAX=100;
PORT t_av "température en aval du mur" [deg_C] MIN=-50 MAX=100;
PORT h_am "Coefficient de convection amont" [W/(m^2.deg_C)] MIN=0;
PORT h_av "Coefficient de convection aval" [W/(m^2.deg_C)] MIN=0;
PORT lambda "Conductivité du matériau" [W/(m.deg_C)] MIN=0;
PORT e "épaisseur du mur" [m] MIN=0;
Ensuite, on déclare quelles sont les classes que l’on utilise (classes atomiques ou
même macro-classes car il n’y a aucune différence dans la façon de les appeler) et quel
nom on donne aux objets que l’on crée ainsi :
DECLARE conduction_RP_pt cond; //équation de conduction
DECLARE convection_RP_pt conv_am; //équation de convection en amont
DECLARE convection_RP_pt conv_av; //équation de convection en aval
Enfin, on définit les liens entre les ports des différents objets et les ports de la
macro-classe ainsi créée :
LINK .d_flx cond.d_flx_cond, conv_am.d_flx_conv, conv_av.d_flx_conv
"densité de flux de chaleur à travers le mur";
LINK .t_am conv_am.t_am "température en amont du mur";
LINK t_surf_am conv_am.t_av,cond.t_am "température de surface amont";
LINK t_surf_av conv_av.t_am,cond.t_av "température de surface aval";
LINK .t_av conv_av.t_av "température en aval du mur";
LINK .h_am conv_am.h "coefficient de convection intérieur";
LINK .h_av conv_av.h "coefficient de convection extérieur";
LINK .lambda cond.lambda "conductivité du matériau";
LINK .e cond.e "épaisseur du mur";
Objet programme
Enfin, pour piloter la simulation, on utilise un fichier programme qui appelle un
certain nombre de classes atomiques et de macro-classes. Les objets ainsi définis sont
liés entre eux de la même façon que dans une macro-classe. Dans ce programme (et
seulement à ce dernier niveau), on définit quelles sont les entrées et les sorties du
modèle.
Prenons l’exemple d’un programme qui calculerait le flux de chaleur à travers un
mur, en régime permanent, avec un coefficient d’échange convectif à l’extérieur qui
varie en fonction du vent et de la qualité de surface. On utilise toutes les classes
présentées jusqu’à présent. Voici comment on peut représenter ce programme
schématiquement :
2 SimSpark : environnement de simulation pour les bâtiments basse consommation
2.1 Spark : le cœur de SimSpark
55

Figure II.2 : Représentation graphique d’un fichier programme (trans_ch_mur_RP_pt.pr)
On a donc un objet (prod) qui lie le flux de chaleur en fonction de la densité de
flux et de la surface, un objet (h_ext) qui calcule le coefficient de convection extérieur
(celui-là est orienté ; on ne peut pas calculer la rugosité en fonction des autres
paramètres) et un dernier objet (mur) qui fait le bilan thermique et qui est lui une macro-
classe.
Au niveau de la façon de programmer, on procède de la même façon que pour les
macro-classes sauf qu’il n’y a plus de ports (car un programme ne peut pas être lié à un
autre par des variables) et qu’apparaissent des mots clés (INPUT et REPORT) pour
définir si une variable est une entrée ou une sortie :
DECLARE conv_cond_RP_pt mur; //transfert de chaleur dans le mur
DECLARE safprod prod;//pour avoir le flux en W
DECLARE h_ext_pt h_e; //calcul le coefficient de convection ext
LINK flx prod.c "flux de chaleur à travers le mur" REPORT;
LINK d_flx mur.d_flx,prod.a "densité de flux de chaleur à
travers le mur";
LINK t_ext mur.t_am "température en amont du mur" INPUT;
LINK t_int mur.t_av "température en aval du mur" INPUT;
LINK rugo h_e.rugo "Qualité de surface" INPUT;
LINK h_ext mur.h_am,h_e.h_ext "Coef convection ext" REPORT;
LINK h_int mur.h_av "Coef convection int" INPUT;
LINK lambda mur.lambda "Conductivité du matériau" INPUT;
LINK e mur.e "épaisseur du mur" INPUT;
Chapitre II : Simulation du comportement énergétique des bâtiments basse consommation

56
LINK S prod.b "surface du mur" INPUT;
LINK wind h_e.wind "vitesse du vent" INPUT;
Avec ce programme, on peut calculer le flux de chaleur en fonction des autres
paramètres. Maintenant, si l’on souhaite calculer la conductivité du matériau en se
fixant un flux de chaleur, il suffit de changer les mots clés sur les lignes relatives à ces
deux variables. On aurait alors le programme suivant :
DECLARE conv_cond_RP_pt mur; //transfert de chaleur dans le mur
DECLARE safprod prod;//pour avoir le flux en W
DECLARE h_ext_pt h_e; //calcul coefficient convection ext
LINK flx prod.c "flux de chaleur à travers le mur" INPUT;
LINK d_flx mur.d_flx,prod.a "densité de flux de chaleur à
travers le mur";
LINK t_ext mur.t_am "température en amont du mur" INPUT;
LINK t_int mur.t_av "température en aval du mur" INPUT;
LINK rugo h_e.rugo "Qualité de surface" INPUT;
LINK h_ext mur.h_am,h_e.h_ext "Coef convection ext" REPORT;
LINK h_int mur.h_av "Coef convection int" INPUT;
LINK lambda mur.lambda "Conductivité du matériau" REPORT;
LINK e mur.e "épaisseur du mur" INPUT;
LINK S prod.b "surface du mur" INPUT;
LINK wind h_e.wind "vitesse du vent" INPUT;
Seuls les deux mots surlignés ont changé entre les deux programmes.
2.1.2 Principales propriétés de SPARK
Après avoir décrit la façon de programmer un problème dans SPARK, voyons
maintenant quelles sont ses principales propriétés.
Modularité
Par sa structure de développement orienté objet, SPARK possède de façon
intrinsèque l’une des propriétés importantes d’un environnement de simulation : la
modularité. En effet, la structuration des équations en macro classes qui représentent un
phénomène et qui sont reliées entre elles par leurs variables (leurs ports) donne la
possibilité d’interchanger facilement les modèles.
Dans SIMSPARK on a choisi de conserver une uniformité dans la façon d’écrire les
ports liés aux parois, on utilise des macro-ports (regroupement de ports) qui permettent
de réaliser facilement les connexions des parois avec des zones thermiques. Par exemple
on a un macro-port qui regroupe les caractéristiques liées à la face amont d’une paroi :
PORT surf_am "caractéristiques liées la face amont de la paroi"
,.t "température" [deg_C] MIN=-50 MAX=100
,.S "surface" [m^2]
,.ray "flux par rayonnement" [W]
;
2 SimSpark : environnement de simulation pour les bâtiments basse consommation
2.1 Spark : le cœur de SimSpark
57
On définit sur la première ligne le nom du macro-port, dans les lignes suivantes,
on décrit, après la virgule, chaque sous-port associé. Comme les ports, les macro-ports
sont définis en début des macro-classes. Le macro-port précédent sert en particulier à
coupler le modèle de paroi à un modèle de rayonnement pour lequel on a besoin de
toutes ces caractéristiques (surface, température de surface, flux par rayonnement).
Ainsi, en conservant le même formalisme dans l’écriture macro-ports des parois, on
pourra changer le modèle de paroi simplement en changeant le nom de la paroi qu’on
déclare dans le fichier programme qui gère la simulation. On passe donc d’une paroi
simple à une paroi à deux couches en changeant uniquement l’écriture suivante :
DECLARE paroi_am_v_RAY_pt i_eo_0_0_0;//paroi amont à l’est
par celle-ci :
DECLARE paroi_am_v_double_RAY_pt i_eo_0_0_0;//paroi amont à l’est
Réduction du temps de calcul
Pour résoudre un système d’équations, SPARK utilise la méthode des graphes.
Cette méthode est connue pour son application au cas du voyageur de commerce qui
doit se rendre dans n villes en parcourant le moins de trajet possible. Elle peut
s’appliquer d’une façon assez analogue pour trouver le chemin le plus court possible
pour aller d’équation en équation par l’intermédiaire des variables jusqu’à avoir décrit
tout le système. C’est ce que fait SPARK.
Pour un système d’équations complet, les liaisons ainsi que les variables sont
analysées. SPARK détecte premièrement l’ensemble des variables qui peuvent être
calculées sans avoir à itérer (ce qu’on ferait à la main pour résoudre un système par
substitution), puis il regroupe ces calculs dans un premier composant qu’on appelle
composant faible (car il ne nécessite pas d’itération). Il analyse ensuite le reste du
graphe en repérant des sous-systèmes d’équations qui nécessitent des itérations (on les
appellent composants forts) et d’autres composants faibles. Chaque composant est alors
résolu séparément dans un ordre défini.
Cette façon de procéder permet de travailler sur la résolution de plusieurs sous-
systèmes d’équations beaucoup plus petits que le système global. De plus, toutes les
équations qui sont résolues dans les composants faibles ne nécessitent aucune itération
et donc quasiment aucun temps de calcul. Le temps de calcul total est ainsi très
fortement réduit (Sowell et Haves 2001) sans perdre d’informations physiques.
Chapitre II : Simulation du comportement énergétique des bâtiments basse consommation

58
Robustesse
SPARK tient sa robustesse de plusieurs facteurs. Tout d’abord, à cause de
l’utilisation de la méthode des graphes, le problème de base est réduit et l’inversion à
réaliser se fait sur des petits sous-systèmes indépendants. Sur chacun de ces
composants, différentes méthodes de résolution peuvent être adoptées (Lawrence
Berkeley National Laboratory et Ayres Sowell Associates Inc 2003). La méthode par
défaut est celle de Newton-Raphson, mais le logiciel peut aussi utiliser la méthode des
sécantes, la méthode de Newton perturbée ou tout simplement la méthode de
substitution. En fonction de la méthode utilisée, il est possible d’en préciser les
paramètres de contrôle (coefficients de relaxation de la méthode de Newton-Raphson)
ou de laisser à SPARK le soin de le faire.
Pour inverser les matrices dans ces méthodes de résolution, différentes stratégies
peuvent être adoptées. La méthode par défaut est l’élimination de Gauss mais il est
également possible d’utiliser une décomposition LU, SVD ou encore LU creuse (Davis
2004). Ces méthodes d’inversion influent davantage sur le temps de calcul que sur la
robustesse de la résolution.
Pour réaliser l’intégration d’une variable dans SPARK, on utilise un type de classe
atomique particulier appelé « intégrateur » et défini par le mot clé CLASSTYPE
INTEGRATOR. Ce type de classe atomique possède obligatoirement trois ports : « xdot »,
« x » et « dt » et réalise obligatoirement l’opération suivante :
x xdot dt = ·
}

(II.6)
Sept intégrateurs sont programmés, du plus simple (intégrateur Euler explicite du
premier ordre) à des intégrateurs d’ordre élevés (méthode d’Adams-Bashforth-Moulton
4° ordre). Si aucune de ces méthodes ne convient, on peut également créer soi-même un
nouvel intégrateur de la même façon que l’on crée une classe atomique classique en
spécifiant simplement qu’il s’agit d’une classe intégrateur pour profiter des avantages
réservés à ce genre de classe. En effet, pour faire face aux problèmes de convergence,
SPARK permet depuis sa dernière version, de travailler en pas de temps variable sur les
variables dynamiques (celles reliées à un intégrateur). Ainsi quand un problème de
convergence est détecté, le solveur va revenir en arrière, réduire le pas de temps et
refaire le calcul jusqu’à obtenir la convergence. L’intérêt d’avoir une classe spécifique
pour les intégrateurs réside également dans le fait que, les ports ayant des noms bien
définis, on peut passer d’un intégrateur à un autre en changeant juste le nom de cet
intégrateur dans la macro-classe ou le problème qui l’utilise.
2 SimSpark : environnement de simulation pour les bâtiments basse consommation
2.2 SimSpark : Simulation des bâtiments dans Spark
59
Couplage avec d’autres logiciels
Plusieurs possibilités de couplage s’offrent aux développeurs de SPARK, il est en
effet possible d’appeler des modèles de SPARK dans d’autres programmes mais aussi
d’intégrer des modèles d’autres programmes dans une simulation SPARK.
Pour appeler des modèles de SPARK dans d’autres programmes, un modèle SPARK
peut être transcrit complètement en langage C++ puis transporté dans une DLL qui peut
être appelée par d’autres programmes compatibles. Un exemple de couplage entre
SPARK et une feuille EXCEL par l’intermédiaire d’un programme VBA a été présenté par
Sowell et Mochier (2003). Un couplage beaucoup plus intéressant à été développé entre
SPARK et ENERGYPLUS (Lawrence Berkeley National Laboratory 2007). Il permet donc
d’utiliser des modèles développés dans SPARK au sein d’ ENERGYPLUS (Sowell et al.
2004).
Pour intégrer des modèles d’autres programmes dans SPARK, on utilise cette fois
une classe atomique à valeur multiple (MVO
1
). Cette classe atomique peut être utilisée
simplement quand on veut calculer plusieurs valeurs avec les mêmes entrées (par
exemple si l’on veut extraire les racines d’un polynôme du second degré) mais aussi
pour y intégrer des modèles d’autres programmes développés dans un langage
compatible avec le C++ (C, Fortran etc.) (Sowell et al. 2004).
2.2 SIMSPARK : Simulation des bâtiments dans SPARK
L’objectif de la plateforme SIMSPARK est de bâtir autour de SPARK un
environnement de simulation capable de simuler le comportement thermo-hydro-
aéraulique des bâtiments (Tittelein et al. 2008a).
2.2.1 Structure de la bibliothèque de SIMSPARK
Dans le but de capitaliser les avancées de chaque développeur de SIMSPARK, une
structure de bibliothèque de modèles a été adoptée. Elle se divise en trois grandes
parties :
- Représentation des phénomènes de l’ambiance : AIR
- Représentation des phénomènes dans les murs : ENVELOPPE
- Représentation des systèmes énergétiques et de ventilation : SYSTEMES
La structure détaillée est présentée en figure II.3

1
Multi-Value Object
Chapitre II : Simulation du comportement énergétique des bâtiments basse consommation

60

Figure II.3 : Structure de la bibliothèque de SIMSPARK
2.2.2 Evolution de la plateforme SIMSPARK
Les premiers travaux sur SIMSPARK ont porté sur la modélisation du
comportement thermo-aéraulique des bâtiments par la méthode zonale (Wurtz 1995).
Cette méthode qui consiste à partitionner le volume d’une pièce en un petit nombre
d’éléments est intermédiaire entre le modèle à un nœud par pièce et les modèles fins de
type CFD. Dans chaque élément, on écrit des bilans de masse et d’énergie tandis que les
interfaces sont déterminées par des lois reliant les débits aux différences de pression/
Ainsi peut-on réaliser des études de phénomènes couplés de transfert de masse et de
chaleur mais aussi de propagation de polluants. L’implémentation du modèle zonal a été
réalisée en créant dans SPARK un objet regroupant les équations qui régissent les bilans
au sein d’une zone et un objet regroupant celles qui régissent les interfaces. On exploite
ainsi le fait que cet environnement est orienté objet pour pouvoir appeler le nombre de
fois voulu chacun des objets sans avoir à les recréer.
C’est en utilisant cette propriété qu’il a été possible d’implémenter la génération
automatique des modèles zonaux (Musy 1999). Des modèles de zones soumises à des
écoulements dominants telles que les zones de panache, les zones de couche limite, les
zones contenant un émetteur ou encore des zones de jet de différents types ont alors été
développés. Ils ont été utilisés pour déterminer l’écoulement et le champ de température
dans une pièce soumise à des écoulements moteurs ainsi que dans le cas de plusieurs
pièces en communication par de grandes ouvertures. Pour étudier de façon complète les
écoulements dans les pièces en prenant en compte leurs interactions avec l’enveloppe
du bâtiment, des modèles de parois basés sur une discrétisation 1D en différences finies
de l’équation de la chaleur ont été implémentés. La méthode des enceintes fictives
(Walton 1980) (voir annexe II) a été utilisée pour prendre en compte le rayonnement
2 SimSpark : environnement de simulation pour les bâtiments basse consommation
2.2 SimSpark : Simulation des bâtiments dans Spark
61
dans les pièces. Ce modèle a l’avantage de permettre de s’affranchir du calcul des
facteurs de formes qui peut rapidement être très lourd dans le cas de la méthode zonale.
Pour prédire le comportement thermo-aéraulique d’un bâtiment, il n’est pas
forcément nécessaire d’avoir recours à un modèle zonal dans chacune de ses pièces. De
même, ce modèle peut s’avérer insuffisant pour décrire certaines pièces de grande taille.
C’est en partant de ces constatations qu’a été développé dans SIMSPARK une méthode
de couplage de modèles de différents niveaux de finesse (Mora 2003). On peut ainsi
utiliser un modèle CFD dans un atrium par exemple, un modèle nodal dans une pièce de
bureau et un modèle zonal dans un autre. C’est dans le cadre de ces travaux qu’a été
structurée la plateforme SIMSPARK avec une bibliothèque de modèles et une interface de
saisie permettant de sélectionner facilement les modèles à utiliser pour créer la
simulation d’une pièce avec modèle nodal ou zonal.
Afin de caractériser le comportement thermo-hydro-aéraulique des locaux
climatisés, les phénomènes de sorption d’humidité dans les parois ont été étudiés
(Cordeiro Mendonça 2004). Pour ce faire, des modèles prenant en compte les transferts
hydriques dans les parois ont été implémentés dans SIMSPARK. Le couplage entre les
équations qui régissent les transferts thermiques et celles qui régissent les transferts
hydriques a été réalisé directement grâce au fait que SPARK est basé sur les systèmes
d’équations mais aussi grâce à l’utilisation du modèle aux différences finies pour la
conduction dans les parois. Il n’aurait, en effet, pas été possible avec un modèle basé sur
les facteurs de réponse, qui est certes plus rapide, mais ne permet pas de connaître le
champ de températures à tout instant. Des modèles d’appareils de climatisation et de
régulation ont également été implémentés au cours de ce travail ce qui a permis de
montrer l’influence de la prise en compte des phénomènes hydriques dans le
comportement d’un bâtiment en soulignant le fait que le principal obstacle aux
méthodes utilisées était la connaissance du comportement des matériaux.
En utilisant ces résultats, le potentiel de rafraîchissement d’un système évaporatif
à désorption avec régénération solaire plus communément appelé « desiccant cooling »
a été étudié (Maalouf 2006), l’idée étant de savoir pour un type de bâtiment et un type
de climat donnés s’il est intéressant d’utiliser ce système. Pour cela une méthode
d’évaluation basés sur un principe de lignes limites sur le diagramme de l’air humide a
été mise en place pour les différents modes de fonctionnement du desiccant cooling.
Cette étude a pu être prolongée (Bourdoukan 2008) par le développement d’un modèle
complet de l’installation (roue dessicante, roue sensible, humidificateurs, batterie de
régénération, capteurs sous vide à caloduc et ballon de stockage) qui a été validé par
une expérimentation grandeur réelle à La Rochelle et qui a permis de définir des
stratégies de contrôle et d’optimisation de ces systèmes.
Chapitre II : Simulation du comportement énergétique des bâtiments basse consommation

62
D’autres travaux sont actuellement en cours pour étudier la ventilation naturelle,
l’effet de l’inertie sur les bâtiments basse consommation ainsi que le comportement des
bâtiments basse consommation à ossature bois.

Comme on peut le voir, de nombreux travaux ont été réalisés à l’aide de la
plateforme SIMSPARK qui ont permis de la valider et de l’étoffer. Les environnements
de simulation existants ont pour la plupart été conçus pour simuler des bâtiments
classiques ; notre travail a pour but de montrer l’intérêt d’utiliser SIMSPARK
spécifiquement en vue de concevoir des bâtiments basse consommation, ce qui
nécessite des adaptations. Nous nous servirons d’une partie des modèles qui ont été
développés en particulier les modèles de parois, de fenêtres, de rayonnement, de bilans
d’ambiance etc. (voir annexe II) qui permettent de simuler le bâtiment par la méthode
nodale.

63
3 Conclusion
Dans ce chapitre, nous avons cherché l’environnement de simulation le plus
adapté pour développer les connaissances des chercheurs dans le domaine de l’étude du
comportement énergétique des bâtiments. Nous avons vu que les environnements basés
sur les systèmes d’équations permettent :
- de faciliter l’étude des phénomènes couplés par le couplage direct au niveau
des équations,
- de définir des modèles de façon non orientée,
- de créer des codes lisibles et maintenables.
Nous avons vu également que pour pouvoir simuler au mieux certains systèmes
qui apparaissent avec les bâtiments basse consommation, il est important que l’outil
utilisé possède un solveur robuste avec des méthodes de calcul avancées. Sur la base de
ces constations et d’une étude comparative de différents environnements répondant à
ces critères, nous avons choisi l’environnement de simulation SIMSPARK pour mener ce
travail car il semble réaliser le meilleur compromis parmi toutes ces conditions.
Dans une deuxième partie, nous avons montré les stratégies que SPARK utilise
pour résoudre les systèmes d’équations en passant par la méthode des graphes et la
décomposition du système d’équation global en composants résolus séparément. Nous
avons vu que SIMSPARK propose une bibliothèque de modèles de différents niveaux de
précision qu’il est nécessaire de compléter pour étudier les bâtiments qui consomment
peu d’énergie.
Dans le chapitre suivant, nous montrerons les avancées réalisées dans le cadre de
ce travail au niveau de la modélisation de phénomènes et de systèmes adaptés à la
description des bâtiments basse consommation.

64



65
Chapitre III : Développement de modèles adaptés à la
description de bâtiments basse consommation
RÉSUMÉ DU CHAPITRE : Dans ce chapitre nous présenterons les modèles
développés au cours de ce travail et qui sont intéressants soit par l’approche utilisée soit
par leur mode de résolution. Les modèles présentés ici sont :
- un modèle de matériau à changement de phase,
- un modèle de prise en compte du rayonnement de courtes longueurs d’onde à
l’extérieur et à l’intérieur du bâtiment,
- un modèle d’échangeur air-sol (puits canadien).
Chapitre III : Développement de modèles adaptés à la description de bâtiments basse consommation

66
Dans le chapitre précédent, nous avons mis en évidence les besoins en terme
d’environnement de simulation pour les bâtiments basse consommation qui ont mené au
choix de l’environnement SIMSPARK pour réaliser ce travail.
Dans ce chapitre, nous présenterons les modèles qui ont été développés dans le
cadre de ce travail dans le but de mettre en évidence l’intérêt de l’environnement de
simulation utilisé. Pour chacun de ces modèles (matériau à changement de phase,
rayonnement CLO, échangeur air-sol) un bref état de l’art sera présenté. Il sera suivi
d’une description détaillée du modèle. Les modèles seront intégrés dans une
modélisation globale du bâtiment au chapitre suivant dans lequel nous présenterons les
principaux résultats de simulation.
1 Modélisation d’un panneau de matériaux à changement de phase
Les matériaux à changement de phase font partie des technologies en rupture que
l’on souhaite actuellement intégrer dans les bâtiments. Leur comportement est régi par
des équations non linéaires traduisant le changement d’état au niveau d’un front de
fusion mobile. L’idée est ici de montrer l’efficacité de SPARK à résoudre efficacement
ce genre de problème non linéaire.
1.1 Matériaux à changement de phase dans le bâtiment
Les matériaux à changement de phase (MCP) utilisés dans le bâtiment profitent
principalement du changement de phase solide/liquide. Lorsque la température du
matériau augmente, il passe de l’état solide à l’état liquide et cette réaction
endothermique absorbe la chaleur du milieu environnant. A l’inverse, quand la
température diminue, la réaction est exothermique et le matériau restitue la chaleur au
milieu environnant. Les matériaux à changement de phase sont donc particulièrement
intéressants dans les bâtiments à faible inertie (type bâtiment à ossature bois ou
métallique) car ils permettent de limiter les fluctuations de température en été et / ou de
puissance en hiver. Leur faible rapport encombrement sur énergie stockée les rend
particulièrement pertinents dans le cas de la rénovation de bâtiments existants.
Concernant l’état de l’art sur les MCP, on peut citer le rapport final de l’annexe 17
de l’agence internationale de l’énergie (IEA-A17 2005) qui contient une revue générale
sur les MCP, les travaux de Principi et Fioretti dans le cadre de l’annexe 44 de l’AIE
(IEA-A44 2005) et les travaux de Tyagi et Buddhi (2007) sur l’utilisation des MCP
dans le domaine du bâtiment.
Le choix d’un MCP se fait en fonction de sa température et de sa chaleur latente
de fusion. Une liste des matériaux utilisables dans le bâtiment contenant ces données est
1 Modélisation d’un panneau de matériaux à changement de phase
1.2 Modèle utilisé
67
recensée dans les références citées précédemment. Le choix de la température de fusion
est particulièrement important à fixer en fonction du type d’intégration et de
l’application que l’on souhaite. En effet, il faut que la variation de température du MCP
considéré évolue chaque jour de part et d’autre du point de fusion pour exploiter la
totalité de la chaleur latente de fusion du matériau car il peut arriver dans le cas
contraire de ne pas avoir du tout de changement de phase. Cette situation est décrite par
(Virgone et Kuznik 2008) qui ont observé lors d’une étude expérimentale sur un
bâtiment tertiaire que les bureaux étaient tellement chauffés que le changement de phase
n’avait lieu que le week-end quand la consigne de chauffage était baissée.
L’utilisation des MCP peut se faire soit de façon active, en utilisant de l’énergie
produite par l’homme, soit de façon passive, en utilisant l’énergie disponible dans
l’environnement (énergie solaire ou variation de température) (Tyagi et Buddhi 2007).
Parmi les systèmes actifs, on a par exemple les planchers chauffants électriques qui
utilisent une couche de MCP afin de profiter des tarifs intéressants de l’électricité la nuit
pour stocker de la chaleur qui sera restituée quelques heures plus tard (Lin et al. 2005).
Néanmoins, la plupart des intégrations de MCP se font de manière passive. On peut
avoir de l’intégration de MCP macro-encapsulés dans des blocs de béton ou dans du
béton coulé (Hawes et al. 1990), ou ils peuvent être placés à l’intérieur de panneaux de
gypse ou de structure polymérique qui viennent s’intégrer sur ou dans les murs
(Feldman et al. 1991).
Deux produits sont actuellement commercialisés en France, la société BASF
propose un MCP micro-encapsulé intégré dans un panneau de gypse
1
tandis que la
société DuPont de Nemour a développé un produit composé de 60% de MCP inclus
dans une structure polymérique
2
. Il se présente sous forme de plaques assez flexibles de
5 mm d’épaisseur laminées entre deux feuilles d’aluminium et ce sont les
caractéristiques de ce produit que nous allons modéliser dans SIMSPARK.
1.2 Modèle utilisé
Modèle de base
Le modèle de base utilisé est celui développé par Kuznik et al (2008). Une étude
expérimentale par calorimétrie a permis de donner l’évolution de la capacité calorifique
du matériau utilisé dans la plaque en fonction de sa température (voir figure III.1), un
modèle analytique a ensuite été formulé pour reproduire au mieux la courbe
expérimentale (voir équation (III.1)).

1
Produit appelé micronal. http://www.basf.fr/
2
Produit appelé Energain. http://www2.dupont.com/
Chapitre III : Développement de modèles adaptés à la description de bâtiments basse consommation

68

Figure III.1 : Modèles expérimental et analytique de
la capacité calorifique du MCP (Kuznik et al. 2008)
2
2
22 6
4
22 6
3
4250 10750 si T 22,6°C
4250 10750 si T>22,6°C
, T
p
, T
e
C
e
÷ | |
÷
|
\ .
÷ | |
÷
|
\ .
¦
¦
+ · s
¦
=
´
¦
¦
+ ·
¹

(III.1)
Concernant la conductivité thermique, le modèle reproduisant au mieux les
mesures est le suivant :
0 22si T 22,6°C
0 18si T>22,6°C
,
,
ì
s ¦
=
´
¹

(III.2)
Les transferts de chaleur au sein du panneau sont modélisés à l’aide d’une
discrétisation 1D de l’équation de la chaleur par différences finies. Dans chacune des
tranches, la conductivité et la chaleur massique sont considérées comme uniformes et
variables avec la température, donc dans le temps, en fonction des équations (III.1) et
(III.2).
L’article qui présente ce modèle, explique les difficultés numériques liées à la
méthode d’intégration temporelle adoptée (Euler implicite). On peut voir apparaître ce
problème en comparant la réponse du modèle à une sollicitation : échelon de
température d’air d’un côté de la plaque, maintien de la température d’air constante de
l’autre (voir figure III.2).
1 Modélisation d’un panneau de matériaux à changement de phase
1.2 Modèle utilisé
69


Figure III.2.a : Pas de temps 3600 s Figure III.2.b : Pas de temps 100 s
Figure III.2 : Réponse du modèle de MCP à un échelon de température d’air d’un côté de la
plaque (Kuznik et al. 2008). T
e
et T
i
représentent les températures de surface extérieure et
intérieur
Pour faire face à ce problème qui survient quand le pas de temps de calcul est trop
grand, un test de sensibilité est réalisé à chaque pas de temps en étudiant le rayon
spectral du jacobien de la matrice qui relie le champ de température au pas de temps
n+1 au champ au pas de temps n. Si ce rayon spectral est inférieur à un, on conserve le
pas de temps initial, sinon, le pas de temps est réduit jusqu’à ce que le critère soit
vérifié. On réussit alors à obtenir un modèle qui ne pose plus de problème d’instabilité.
Intégration du modèle dans SIMSPARK
Pour intégrer ce modèle dans SIMSPARK, un modèle de paroi simple (présenté en
annexe II) est utilisé. Comme dans celui de Kuznik et al, une discrétisation 1D de
l’équation de la chaleur par différences finies permet de représenter les transferts de
chaleur par conduction. Dans ce modèle de paroi, la capacité calorifique et la
conductivité du matériau sont des paramètres classiquement donnés comme des entrées
(INPUT) dont la valeur est fournie par l’utilisateur. La variable qui représente la
capacité calorifique est donc reliée à une classe atomique qui décrit l’équation (III.1).
De la même façon, la variable représentant la conductivité est reliée à une classe
atomique qui décrit l’équation (III.2).
Reste alors à choisir le schéma d’intégration à utiliser. Pour éviter les problèmes
de convergence présentés ci-dessus, on utilise un schéma d’intégration d’Euler (1°
ordre) ou un schéma d’intégration trapézoïdal (2° ordre), avec, dans les deux cas, un
contrôle d’erreur et un pas de temps variable. Ainsi, les problèmes d’instabilité
numérique ne se manifestent plus car ils sont directement gérés par le contrôle d’erreur
du schéma d’intégration utilisé. Nous avons, pour le montrer, réalisé l’étude de Kuznik
Chapitre III : Développement de modèles adaptés à la description de bâtiments basse consommation

70
et al (2008) dont les résultats sont présentés à la figure III.2. Les résultats obtenus après
intégration du modèle dans SIMSPARK sont présentés à la figure III.3.

Figure III.3 : Réponse du modèle de MCP à un échelon de température d’air
d’un côté de la plaque après intégration dans SIMSPARK
Les légers écarts que l’on peut observer sur la valeur atteinte en régime permanent
par rapport aux courbes présentées à la figure III.2 sont dus au fait que l’auteur a
considéré dans ses simulations une valeur de conductivité du matériau à changement de
phase qui ne varie pas en fonction de la température (pris constant égal à 0,2 W/(m.K))
1.3 Utilisation du modèle
Ce paragraphe a pour but de montrer des résultats de simulation obtenus avec le
modèle de matériaux à changement de phase seul. Des simulations prenant en compte
son interaction avec le bâtiment seront présentés au chapitre suivant.
Réponse à une variation sinusoïdale sur la température de l’air extérieur
Pour se rendre compte de l’influence des changements de phase sur le
comportement d’une couche de MCP, nous avons réalisé une simulation dans laquelle
une plaque de MCP est soumise à une variation de température extérieure sinusoïdale de
période 24 heures. La température intérieure est maintenue constante ainsi que les
coefficients d’échange (voir figure III.4) :
1 Modélisation d’un panneau de matériaux à changement de phase
1.3 Utilisation du modèle
71

h
ext
=25W/(m².K)
h
int
=20W/(m².K)
T
int
=24°C
T
ext

T
max

T
min

MCP
épaisseur :
1cm

Figure III.4 : Sollicitation sur la plaque de MCP
On fait varier les valeurs minimales et maximales de la température extérieure
(T
max
et T
min
) et on regarde l’évolution du flux sur la surface intérieure. On relève la
capacité calorifique au centre de la plaque pour voir l’évolution du changement de
phase. L’épaisseur de la plaque étant faible, cette mesure est assez représentative de ce
qui se passe dans toute la plaque. Pour que le changement d’état du MCP soit sollicité,
il faut que la température varie de part et d’autre de sa température de fusion.

Figure III.5 : Plaque de MCP sollicitées par une variation
de température extérieure sinusoïdale : T
min
=10°C, T
max
=25°C
Sur la figure III.5, pour laquelle la température extérieure varie entre 10 et 25°C,
on se rend compte en regardant la courbe du bas qui représente la capacité calorifique
que le matériau n’a pas le temps de se liquéfier totalement et à l’heure 25 sa température
redescend sans qu’il n’ait atteint l’état liquide.
Chapitre III : Développement de modèles adaptés à la description de bâtiments basse consommation

72

Figure III.6 : Plaque de MCP sollicitées par une variation
de température extérieure sinusoïdale : T
min
=20°C, T
max
=40°C
Sur la figure III.6, on voit que c’est le phénomène inverse qui se produit. La
température du matériau ne descend pas suffisamment en-dessous de la température de
fusion pour que le MCP se solidifie complètement.

Figure III.7 : Plaque de MCP sollicitées par une variation
de température extérieure sinusoïdale : T
min
=10°C, T
max
=30°C
Sur la figure III.7, par contre on voit que la température du MCP passe bien de
part et d’autre de la température de fusion avec une amplitude suffisante pour qu’il
passe de l’état solide à l’état liquide deux fois par jour.
On pourrait également tracer le même genre de figure avec une sollicitation qui
fasse que le MCP ne soit pas du tout sollicité soit parce que sa température serait
1 Modélisation d’un panneau de matériaux à changement de phase
1.4 Conclusion
73
toujours trop élevée (il resterait alors toujours liquide), soit parce qu’elle est toujours
trop faible (il reste alors toujours solide). Le problème réside dans le fait que dans la
pratique, on ne maîtrise pas les sollicitations. La seule manière de faire que le MCP soit
correctement sollicité réside donc soit dans le choix de son mode d’intégration dans
l’enveloppe (qui joue sur les variations de températures qu’il va subir), soit dans le
choix du point de fusion (choix réalisé par le fabricant).
1.4 Conclusion
Nous avons montré dans ce paragraphe l’intérêt de se servir d’un solveur
performant qui nous permet de nous affranchir de certains problèmes numériques et de
nous concentrer sur les modèles. Dans le paragraphe 1 chapitre IV, ce modèle sera
utilisé pour montrer la possibilité d’inverser un problème avec MCP qui peut être
particulièrement intéressant pour le suivi expérimental de ce type de matériau.
Chapitre III : Développement de modèles adaptés à la description de bâtiments basse consommation

74
2 Etude du rayonnement de Courtes Longueurs d’Onde (CLO)
Pour traiter la partie courtes longueurs d’onde du spectre solaire arrivant sur terre,
on a l’habitude de considérer qu’elle est indépendante de la température de la surface
qu’elle atteint tant les variations de température de cette surface sont faibles en regard
de la différence entre cette température et celle du soleil. On la traite donc comme un
flux dont l’intensité est donnée par les fichiers météorologique sous la forme d’un
éclairement direct horizontal (E
D,h
) et d’un éclairement diffus horizontal (E
d,h
). Le but
de ce paragraphe est de montrer la façon dont ces deux données sont transformées dans
SIMSPARK pour évaluer la partie CLO du rayonnement atteignant et pénétrant dans le
bâtiment.
2.1 Rayonnement CLO arrivant sur l’enveloppe extérieure
Le flux par rayonnement CLO arrivant sur l’enveloppe extérieure du bâtiment est
évalué par la somme des flux diffus, direct et réfléchi par le sol. Les équations
présentées ici ont été utilisées pour faire le calcul du rayonnement total frappant la
maison dans le cas d’étude présenté au paragraphe 1.3 du chapitre I.
CLO r,D r,d r,R
q q q q '' '' '' '' = + +
(III.3)
La densité de flux absorbé par le mur est alors évalué à l’aide du coefficient
d’absorption de la paroi :
CLO,t CLO
q q o '' '' = ·
(III.4)
Nous détaillerons ici le calcul des trois composantes du flux CLO.
Rayonnement CLO diffus
La prise en compte du rayonnement diffus se fait à l’aide d’un modèle de ciel
isotrope, c'est-à-dire que l’on considère que la luminance du ciel est la même quelle que
soit la direction. On calcule donc le rayonnement diffus par la formule suivante :
( ) 1
2
r ,d d ,h
cos
q E
u | | +
'' = ·
|
\ .

(III.5)
2 Etude du rayonnement de Courtes Longueurs d’Onde (CLO)
2.1 Rayonnement CLO arrivant sur l’enveloppe extérieure
75

as
hs
x
z
y
x
x1
x
θ
sud
az
af
i

Figure III.8 : Angles relatifs au soleil et à la position de la façade
Rayonnement CLO réfléchi par le sol
Pour prendre en compte le rayonnement réfléchi, on considère qu’une fois qu’il a
frappé le sol, le rayonnement direct se réfléchit de façon diffuse. On obtient donc la
formule suivante :
( )
( )
1
2
r,R d ,h D,h
cos
q alb E E
u | | ÷
'' = · · +
|
\ .

(III.6)
Rayonnement CLO direct
Pour évaluer correctement le rayonnement direct reçu par un bâtiment, on doit en
calculer sa composante perpendiculaire à la paroi réceptrice. Pour cela, il est nécessaire
de connaître la direction des rayons solaires et donc la position du soleil (azimut et
hauteur du soleil). Les formules utilisées pour les calculer reposent sur l’hypothèse d’un
mouvement circulaire de la terre sur le plan équatorial du soleil. Elles ont été reprises
directement de la littérature à l’exception des formules (III.9) et (III.12) qui ont été
modifiées légèrement par l’ajout d’un terme dépendant du temps solaire (TS) pour avoir
une évolution continue dans le temps à l’échelle de la seconde. En effet, les formules de
la littérature donne une évolution qui varie seulement de jour en jour.
L’azimut est calculé à partir de l’expression suivante :
Chapitre III : Développement de modèles adaptés à la description de bâtiments basse consommation

76
( )
( )
( ) ( ) ( ) ( )
sin AH
tan az
sin cos AH cos tan ¢ ¢ o
=
· ÷ ·

(III.7)
La hauteur du soleil est déduite de la formule suivante :
( ) ( ) ( ) ( ) ( ) ( ) sin hs sin sin cos cos cos AH ¢ o ¢ o = · + · ·
(III.8)
La déclinaison (« dec ») est évaluée en fonction de l’inclinaison (« inc ») et du
jour de l’année :
( ) ( )
81 2
24
365
TS
j
sin dec sin inc sin
t
| |
| |
+ ÷ · ·
| |
\ .
|
= ·
|
|
\ .

(III.9)
L’angle horaire est évalué directement à partir du temps solaire :
( ) 12
12
TS
AH
t · ÷
=
(III.10)
Pour prendre en compte le fait que la trajectoire de la terre n’est pas circulaire
mais elliptique ainsi que l’inclinaison de son axe de rotation propre par rapport à son
orbite, on corrige le calcul du temps solaire par un terme appelé équation du temps (ET)
qui est calculé à partir de la théorie de Kepler sur le mouvement orbital des planètes. Il
dépend également de la longitude (l) du lieu considéré :
60 15
ref
l l
ET
TS TG
÷
= + +
(III.11)
Avec
( ) ( ) ( ) 9 87 2 7 53 1 5
2 81
24
365
ET , sin B , cos B , sin B
TS
j
B
t
¦ = · · ÷ · ÷ ·
¦
¦
| |
´
· · + ÷
|
¦ \ .
=
¦
¹

(III.12)
Le temps au méridien de Greenwich (TG) est alors lié au temps local en
considérant le fuseau horaire dans lequel on se trouve ainsi que l’éventuel changement
d’horaire été - hiver.
Connaissant la position du soleil, on calcule pour chaque paroi l’angle (as) entre
la projection au sol du rayon solaire et la projection au sol de la normale à la paroi :
as az af = ÷ ÷
(III.13)
2 Etude du rayonnement de Courtes Longueurs d’Onde (CLO)
2.2 Prise en compte de la tache solaire dans une pièce
77
Ces angles sont définis par la figure III.8. On évalue alors le flux arrivant sur la
paroi par la relation :
( )
( ) ( )
( )
r ,D D,h
sin cos as
q E cos
tan hs
u
u
| | ·
'' = · +
|
|
\ .

(III.14)
Cette relation conduit à des résultats aberrants pour des hauteurs de soleil très
faibles car on peut alors avoir un flux très important qui arrive sur la paroi. Il faut donc
limiter son application à des hauteurs de soleil suffisantes, la formule est ainsi appliquée
pour des hauteurs de soleil supérieures à 5 degrés. Pour des hauteurs inférieures, on
considère que le flux arrivant sur la paroi est nul.
Ainsi, à partir de ces équations, on peut évaluer à tout instant le rayonnement
solaire CLO arrivant sur une paroi inclinée.
2.2 Prise en compte de la tache solaire dans une pièce
Le rayonnement solaire direct entrant par une fenêtre est souvent pris en compte
dans les logiciels de façon simplifiée (Bryn et Schiefloe 1996). Pour les uns, tout le flux
arrive au sol, pour les autres, le flux radiatif est pris en compte comme une source de
flux convectif ce qui est une approximation grossière qui ne permet pas de prendre en
compte l’inertie interne du bâtiment vis-à-vis du rayonnement solaire qui déphase et
amortit les gains solaires avant qu’ils ne deviennent des charges convectives. Dans
d’autres logiciels encore, le pourcentage de flux arrivant sur chaque paroi est laissé à
l’appréciation de l’utilisateur et gardé constant pendant toute la durée de la simulation.
Une règle couramment adoptée est alors de considérer que 60% du flux arrive sur le sol.
Wray et Balcomb (1979) présentent le logiciel SUNSPOT qui évalue la position de
la tache solaire et qui a été validé expérimentalement sur des cellules de test. Ils ont
conclu que le comportement thermique n’était pas sensible à la distribution du
rayonnement solaire. Wall (1997), quant à lui, a mis en évidence le fait que les besoins
de chauffage dans des espaces fortement vitrés étaient sous-estimés dans la plupart des
logiciels à cause de la mauvaise prise en compte du rayonnement solaire.
La question est de savoir si ces conclusions sont toujours valables dans le cas des
bâtiments basse consommation. Ils ne sont pas souvent fortement vitrés mais les parois
sont tellement bien isolées qu’il est intéressant de vérifier si les résultats d’études
anciennes restent toujours valables. C’est pour répondre à cette question que nous avons
développé un modèle de prise en compte de la tache solaire.
Chapitre III : Développement de modèles adaptés à la description de bâtiments basse consommation

78
2.2.1 Etat de l’art
Il existe plusieurs méthodes de calcul de la surface de la tache solaire sur les
parois intérieures d’une pièce.
Serre et Trombe (Serres 1997; Trombe et al. 1999) proposent une méthode
géométrique basée sur la projection de l’ouverture de la fenêtre (considérée comme un
étant rectangulaire) sur des plans infinis verticaux et horizontaux. On calcule ensuite
l’intersection entre le parallélogramme obtenu et le rectangle que constitue la paroi
réelle en utilisant une méthode qui consiste à couper un polygone successivement
suivant les côtés du deuxième. Pour prendre en compte l’épaisseur de la paroi qui
supporte la fenêtre, une ouverture fictive est calculée à chaque pas de temps en fonction
de la position du soleil (voir figure III.9).


figure III.9 : Réduction de la section efficace de la fenêtre
due à l’épaisseur de la paroi (tiré de Serres 1997)
Le bureau d’étude Sorane a conçu un logiciel appelé SUNREP (Chuard 1992) qui
peut servir de pré-processeur à des logiciels comme TRNSYS par exemple. Le principe
est de décomposer la fenêtre en petits éléments rectangulaires. On considère ensuite un
seul rayon passant au centre d’un élément rectangulaire et on regarde à quel endroit ce
rayon va se projeter sur les murs d’une pièce parallélépipédique. On peut prendre en
compte dans ce cas la présence de masques de position et de formes polygonales
quelconques.
Le logiciel qui, aujourd’hui, prend en compte la tache solaire de la façon la plus
complète est sans nul doute ENERGYPLUS (Lawrence Berkeley National Laboratory
2007), un module permet en effet d’en calculer la position et la surface dans une pièce
convexe de géométrie quelconque. On procède par projection de polygones dont on
calcule la position des sommets et quand la projection a lieu sur plusieurs surfaces, on
détermine la position du nouveau sommet sur la ligne d’intersection. On décompose
enfin les polygones trouvés en triangles élémentaires dont on calcule l’aire, le masque
pouvant avoir une position et une géométrie polygonale quelconques.
2 Etude du rayonnement de Courtes Longueurs d’Onde (CLO)
2.2 Prise en compte de la tache solaire dans une pièce
79
2.2.2 Calcul de la position et de la surface de la tache solaire
L’idée est de développer ici un modèle simple et peu coûteux en temps de calcul
pour l’intégrer dans une simulation globale du bâtiment réalisée avec la plateforme
SIMSPARK (Tittelein et al. 2008b). Le calcul de la position de la tache solaire se fait de
façon géométrique en assimilant la pièce à un parallélépipède rectangle et la fenêtre à un
rectangle. Le paramétrage utilisé est présenté en figure III.10.

A
D C
B
D’
E
E’
B’
C’
as
hs
x
z
y
O
x
x1
P
Q
R
S
T
U V
s
n
e
o
b
y
A

L
p

z
A

H
p

W
p

H
f

L
f


Figure III.10 : Paramétrage géométrique de la tache solaire
Principe de calcul
En fonction de la position de la fenêtre et de celle du soleil, on distingue 20 cas de
figure pour lesquels l’endroit où la tache va se projeter nécessite un calcul différent
(entièrement sur le sol, entièrement sur le mur face à la fenêtre, à cheval sur les 2…).
Comme il y a beaucoup de cas et que les formules peuvent être très longues, seuls les
résultats des deux premiers cas sont présentés dans le corps de ce document, les autres
sont précisés et illustrés dans l’annexe III :
- cas_1: B', C’, D’, E’ sur b (toute la tache est au plancher)
- cas_2: B', E' sur b et C', D' sur n (la tache est à cheval sur le plancher et sur la
paroi opposée à la fenêtre)
Pour distinguer ces différents cas, il suffit de connaître la position de la projection
des 4 coins de la fenêtre sur un mur du fond supposé infini (B1, C1, D1, E1) et sur le
plancher supposé infini (B2, C2, D2, E2) en imaginant que l’un ne masque pas l’autre.
Par exemple, si B1, C1, D1, E1 sont dans le rectangle OPQR, on est dans le cas 1 pour
Chapitre III : Développement de modèles adaptés à la description de bâtiments basse consommation

80
lequel la tache solaire est entièrement sur le sol. Par simple calcul de géométrie dans
l’espace, on obtient les formules donnant ces coordonnées :
( )
( )
( )
( )
B1 A
f
B1 A A
cos as
x = -z
tan hs
L sin as
y = y - -z
2 tan hs
·
·

(III.15)
On peut savoir dans quel cas on se trouve en comparant ces coordonnées aux
dimensions de la pièce :
C1 p D1 p C1
C2 B2 C2 D2 p
si (x -W et y L et y 0): cas 1
si (z 0 et z 0 et y 0 et y L ): cas 2
> s >
> s > s

(III.16)
Une fois que l’on sait dans quel cas on se trouve, la surface de la tache solaire est
évaluée sur chaque paroi en décomposant les polygones projetés en triangles
élémentaires. À partir des coordonnées des points définissant la géométrie de la tache
(polygone), on calcule les coordonnées de chaque vecteur nécessaire à la description des
triangles élémentaires et on peut calculer les aires par la formule suivante :
Aire d’un triangle B’C’D’ : =
2
B CD
B C B D
A
' ' '
' ' ' ' .
 
(III.17)
On obtient alors l’aire de la tache solaire sur chaque paroi en fonction des
caractéristiques géométriques du problème et de la position du soleil par des formules
explicites :
Cas 1 :
( )
( )
( )
b f f
n
o
e
s
cos hs
A = L cos as H
sin hs
A = 0
A = 0
A = 0
A = 0
¦
· · · ¦
¦
¦
¦
¦
¦
¦
¦
´
¦
¦
¦
¦
¦
¦
¦
¦
¹

(III.18)

2 Etude du rayonnement de Courtes Longueurs d’Onde (CLO)
2.2 Prise en compte de la tache solaire dans une pièce
81
Cas 2 :
( )
( )
( )
( )
b A p f
n A f p f
o
e
s
cos as
A = -z +W L
tan hs
tan hs
A = z +H -W L
cos as
A = 0
A = 0
A = 0
¦
| |
¦ · ·
|
|
¦
\ .
¦
| | ¦
· ·
|
¦
|
\ . ¦
¦
¦¦
´
¦
¦
¦
¦
¦
¦
¦
¦
¦
¹

(III.19)
Prise en compte des protections solaires
Pour prendre en compte d’éventuelles protections solaires, un calcul géométrique
des dimensions de la partie éclairée de la fenêtre (H
f,ec
et L
f,ec
) est réalisé (Tittelein et al.
2007). L’hypothèse forte retenue est de considérer que ces protections ont des longueurs
infinies.

x
D
m,g

L
f,ec

as
y
W
m,g

D
m,dr

L
f

W
m,dr

x1
x

Figure III.11 : Vue de dessus d’une fenêtre protégée pour le paramétrage des masques latéraux
Pour les masques latéraux, on calcule la largeur de fenêtre éclairée par le soleil
(L
f,ec
) en utilisant la formule suivante :
( )
( ) ( )
( )
( ) ( )
, ,
,
, ,
, , ,
, ,
f f m g m g
f ec
f f m dr m dr
min L max 0 L D W tan as
L min
min L max 0 L D W tan as
| |
+ ÷ ·
|
=
|
| + + ·
\ .

(III.20)
Chapitre III : Développement de modèles adaptés à la description de bâtiments basse consommation

82

W
ca

y
W
ca

x1
x
as

Figure III.12 : Vue de dessus d’une fenêtre protégée pour le paramétrage de la casquette

x1
H
f

H
f,ec

H
ca

W
ca

hs
z

Figure III.13 : Vue dans le plan d’un rayon solaire pour le calcul
de la partie éclairée d’une fenêtre protégée
Pour la casquette qui peut être au-dessus de la fenêtre, on calcule la hauteur de
fenêtre éclairée (H
f,ec
) en utilisant la formule suivante :
( )
( )
,
,
f ec f f ca ca
tan hs
H min H H H W
cos as
| |
= + ÷ ·
|
|
\ .

(III.21)
Dans les calculs qui permettent d’évaluer la surface de la tache solaire, on utilisera
donc les dimensions de la fenêtre éclairée plutôt que celles de la fenêtre réelle. Il faudra
juste compenser le fait que la position de la fenêtre éclairée est légèrement différente en
calculant la nouvelle coordonnée y du point milieu de l’allège :
,
,
,
,
0:
2
0:
2
f f ec
A ec A
f f ec
A ec A
L L
si as y y
L L
si as y y
÷ | |
> = ÷
|
\ .
+ | |
s = ÷
|
\ .

(III.22)
2 Etude du rayonnement de Courtes Longueurs d’Onde (CLO)
2.2 Prise en compte de la tache solaire dans une pièce
83
On a ainsi toutes les données pour faire le calcul de la surface de la tache solaire
sur toutes les parois intérieures d’une pièce parallélépipédique avec prise en compte des
masques.
2.2.3 Prise en compte de la tache solaire dans la simulation thermique
Connaissant la surface de la tache solaire sur chaque mur, on peut alors connaître
le flux CLO frappant chaque paroi. Pour cela, on calcule l’éclairement primaire qui la
frappe en fonction de l’angle d’incidence « i » des rayons solaires sur la paroi et de
l’éclairement extérieur par les relations :

Parois est :
( )
, , De r D
E0 q tan as t '' = · ·
(III.23)
Parois nord :
, , D n r D
E0 q t '' = ·
Parois ouest :
( )
, , Do r D
E0 q tan as t '' = ÷ · ·
Plancher :
, , Db D h
E0 E t = ·
Le facteur de transmission qui intervient dans ces formules dépend lui aussi de
l’angle d’incidence :
( ) ( ) ( )
. . cos i 2 5 1 5625 cos i t t
±
= · · ÷ ·
(III.24)
On peut ensuite évaluer le flux primaire qui arrive sur chaque paroi en multipliant
la densité de flux trouvée en (III.23) par la surface de la tache solaire sur cette paroi.
Pour le plancher, par exemple, on aurait donc :
, , Db b Db
q0 A E0 = ·
Idem pour n, o et e
(III.25)
On considère ensuite ce flux comme étant un flux primaire uniformément réparti
sur la paroi et on applique la méthode des enceintes fictives présentée en annexe II pour
caractériser le rayonnement dans la pièce.
2.2.4 Discussion sur le choix du modèle
Le modèle adopté offre un certain nombre d’avantages car il est simple à
programmer et à résoudre pour n’importe quel solveur, les flux primaires étant évalués
de façon explicite (voir formules en annexe III). Il permet à chaque pas de temps de
connaître la répartition de la tache solaire sur les surfaces sans qu’aucune itération ne
Chapitre III : Développement de modèles adaptés à la description de bâtiments basse consommation

84
soit nécessaire, le temps de calcul associé est donc négligeable par rapport à la
simulation thermique du bâtiment dans sa globalité.
Cependant, le fait de répartir uniformément le flux primaire apporté par la tache
solaire sur la surface complète de la paroi est une hypothèse forte qui modifie
certainement le comportement thermique du mur. Une autre solution aurait été de
considérer deux surfaces pour chaque mur, l’une recevant la tache solaire et l’autre non.
La somme des aires de ces deux surfaces serait égale à l’aire totale du mur mais chacune
des aires de ces deux surfaces varierait dans le temps. Le problème avec ce type de
modélisation, c’est qu’elle va à l’encontre du modèle 1D choisi pour les murs dans la
méthode nodale. En effet, si l’on a une surface dont l’aire varie dans le temps et dans
l’espace, il faudrait considérer que certains points du mur reçoivent à un temps donné le
rayonnement solaire direct, d’autres ne le reçoivent pas et ne l’ont pas encore reçu et
d’autre encore l’ont reçu il y a un certain temps et ne le reçoivent plus. On a alors une
multiplicité de cas à considérer pour lesquels il faudrait en fait réaliser un maillage
surfacique 2D voire un maillage complet 3D du mur car les apports de chaleur
transversaux ne doivent pas être négligeables quand un point reçoit un fort rayonnement
solaire. La méthode choisie doit donc homogénéiser les flux en jeu mais elle est plus
précise que celle qui consiste à répartir le flux de façon constante dans le temps.
3 Modélisation d’un échangeur air-sol (puits canadien) par la méthode convolutive des facteurs de réponse
3.1 Etat de l’art des modèles d’échangeurs air-sol
85
3 Modélisation d’un échangeur air-sol (puits canadien) par la méthode
convolutive des facteurs de réponse
L’échangeur air-sol est un système simple constitué d’un ou plusieurs tubes
enterrés dont la bouche d’entrée recueille l’air extérieur et dont celle de sortie est reliée
au système de ventilation du bâtiment. Profitant de l’inertie du sol, l’air est préchauffé
en hiver tandis qu’il est rafraîchi en été.
3.1 Etat de l’art des modèles d’échangeurs air-sol
On trouve aujourd’hui dans la littérature un grand nombre de modèles
d’échangeurs air-sol qui ont été développés pour des applications soit dans le domaine
des bâtiments soit dans celui des serres horticoles.
3.1.1 Modèles analytiques
Modèles basiques
Parmi les modèles analytiques, on trouve un très grand nombre de modèles qui
considèrent que la température du sol n’est pas influencée par la présence de
l’échangeur. Le modèle d’échangeur air-sol le plus simple est celui proposé par Badescu
et Sicre (2003) qui suppose qu’à une profondeur suffisante, la température du sol est
constante pendant toute l’année et égale à 10°C. Il suppose que le tube est très long et
qu’on peut considérer que la température de sortie de l’air est égale à la température du
sol. On a donc une température de sortie de l’échangeur constante toute l’année égale à
10°C.
Sans utiliser une hypothèse aussi simpliste, plusieurs auteurs (Tzaferis et al. 1992;
Serres et al. 1997; De Paepe et Janssens 2003; Ghosal et Tiwari 2006; Tiwari et al.
2006) considèrent que la température de surface du tube « T
sp
» ne varie pas le long de
celui-ci et peuvent donc évaluer la température de l’air en sortie du tube en fonction de
sa température d’entrée analytiquement en utilisant une relation du type :
( ) ( )
( )
( )
t
NUT L
sortie sp entrée sp
T T T T 1 e
÷
÷ = ÷ · ÷
(III.26)
Où « NUT(L
t
) » est le nombre d’unités de transfert correspondant à la longueur du
tube défini par :
Chapitre III : Développement de modèles adaptés à la description de bâtiments basse consommation

86
( )
,
sp t
t
p air
h D L
NUT L
m C
t · · ·
=
· 

(III.27)
Tzaferis et al (1992) ont comparé huit modèles (quatre analytiques et quatre
numériques) qui se différencient par la manière de calculer la température de sortie en
fonction de la température d’entrée, la température de surface du tube étant fixée. On
trouve que tous ces modèles donnent à peu près les mêmes résultats, ce qui n’est pas
étonnant car le même type d’approche est utilisé par tous, la façon d’écrire le problème
étant la seule différence.
La température de surface du tube est reliée à la température dans le sol à la
profondeur du tube par la résistance thermique de celui-ci. Certains auteurs considèrent
que la température de sol est constante par morceaux (Serres et al. 1997). D’autres (De
Paepe et Janssens 2003; Ghosal et Tiwari 2006; Tiwari et al. 2006) calculent
analytiquement la réponse d’un mur semi infini soumis à une sollicitation surfacique
périodique :
( )
2
,
,
2
z
a
sol sse amp sse
T z t T T e cos t z
a
e
e
e
÷ ·
·
| |
= ÷ · · · ÷ ·
|
|
·
\ .
(III.28)
Modèles élaborés
Parmi les modèles les plus élaborés pour étudier le comportement d’un échangeur
air-sol, on trouve l’analyse semi analytique de Soontornchainacksaeng (1993) dans
laquelle le sol est décomposé en tranches dans lesquelles la résolution du problème
thermique est réalisé analytiquement.
Le modèle est basé sur la décomposition du problème thermique d’un tube dans le
sol considéré comme un milieu semi-infini 2D en deux problèmes élémentaires résolus
séparément :

Figure III.14 : Superposition de deux processus thermiques élémentaires
pour la résolution du problème de tube enterré (Soontornchainacksaeng 1993)
3 Modélisation d’un échangeur air-sol (puits canadien) par la méthode convolutive des facteurs de réponse
3.1 Etat de l’art des modèles d’échangeurs air-sol
87
La résolution du problème (II) se fait de manière classique (pas d’influence du
tube) alors que celle du problème (III) utilise la méthode de la ligne source miroir, c'est-
à-dire qu’on considère une ligne source fictive (tube) symétrique à la première par
rapport au sol et d’intensité opposée (délivrant un flux « -q(t) »). La réponse à ce
problème est donnée analytiquement pour une sollicitation surfacique en créneau et le
régime dynamique complet est obtenu par superposition de réponses à des créneaux
d’intensité différente, ce qui donne lieu à un calcul de séries réalisé numériquement. On
peut alors à tout instant connaître le champ de température partout dans la tranche
considérée. Ce modèle a l’avantage de pouvoir se transposer à l’étude d’échangeurs à
tubes multiples, par contre, il ne prend pas en compte le rayonnement au niveau du sol.
De plus, la décomposition en ces deux sous-problèmes élémentaires n’est pas exacte et
reste valable uniquement si l’on considère que les échanges au niveau du tube n’ont
aucun effet sur ce qui se passe en surface. Le modèle n’est donc valable que pour des
tubes profonds et des sollicitations de périodes pas trop grandes (la réponse à un signal
de période annuelle est mal prise en compte)
Un autre modèle analytique développé par Hollmuller (2003) est basé sur la
résolution de l’équation de la chaleur en coordonnées cylindriques en régime
dynamique soumis à une variation de température d’entrée sinusoïdale. Une condition
aux limites adiabatiques ou à température imposée est envisagée à la périphérie du
volume de sol cylindrique qui est influencé et dont les dimensions sont données a priori.
La solution analytique fait apparaître un diamètre d’influence (voir formule (III.58)
page 104) qui provient d’une analyse du problème « mur » (non cylindrique) et qui
dépend de la période de la sollicitation. La sollicitation réelle est décomposée en série
de Fourier pour que la réponse du système puisse être calculée par superposition des
réponses analytiques aux différentes composantes sinusoïdales constituant la
sollicitation périodique. Ce modèle fournit donc une réponse analytique complète au
problème dynamique mais ne prend pas en compte l’influence éventuelle des échanges
au niveau du sol sur l’échangeur et ne considère pas la géométrie réelle. Nous
comparerons les résultats de ce modèle avec celui que nous avons développé (voir
paragraphe 3.3).
A côté de tous ces modèles analytiques on trouve également dans la littérature un
grand nombre de modèles numériques.
3.1.2 Modèles numériques
Parmi les modèles numériques rencontrés dans la littérature, certains considèrent
que seule une partie du sol est influencée par l’échangeur (on les appellera pour la suite
Chapitre III : Développement de modèles adaptés à la description de bâtiments basse consommation

88
modèles de type A) alors que d’autres considèrent le problème global jusqu’à la surface
du sol (modèles de type B).
Modèles de type A
Plusieurs modèles considèrent le problème de l’échangeur à un seul tube en
considérant que seul un cylindre de sol autour du tube est perturbé par l’échangeur
(Mihalakakou et al. 1994; Giardina 1995; Kumar et al. 2003). Le modèle de
(Mihalakakou et al. 1994) se base sur une discrétisation du sol en cylindres
concentriques et en mailles axiales. La méthode numérique utilisée est décrite par
l’auteur comme un mix de la méthode des différences finies et la méthode des éléments
finis. Le recollement avec le sol non perturbé n’est pas décrit précisément (diamètre
considéré, type de frontière…). Le modèle proposé par Giardina (1995) a été développé
à la base pour les échangeurs eau-sol, mais c’est la méthode de résolution de la
conduction dans le sol qui nous intéresse ici. Par rapport au modèle précédent, chaque
cylindre est découpé en portions angulaires et la méthode des différences finies est
utilisée pour la discrétisation. Sur la frontière du maillage qui est fixée à 4 pieds (1,22
m), on considère que la température est égale à la température du sol non perturbé (à la
profondeur de cette frontière) calculée avec une équation du type de celle présentée par
la formule (III.28). Le modèle de Kumar et al (2003) reprend, quant à lui, le même
principe que celui de Mihalakakou et al (1994) mais en couplant les phénomènes de
transfert de masse et d’humidité. De la même façon, le recollement avec le sol non
perturbé est très peu expliqué.
Le modèle proposé par Thiers et Peuportier (2008) permet de prendre en compte
l’interaction entre plusieurs tubes en parallèle sur une même nappe. Un maillage en
volumes finis avec un nombre limité de mailles est utilisé, ce qui permet un calcul très
rapide. Pour chaque tube, deux mailles cylindriques concentriques sont utilisées plus
une troisième si les différents tubes sont assez éloignés les uns des autres. Si les tubes
sont trop proches, la troisième maille les englobe tous pour prendre en compte leurs
interactions. Sur la surface extérieure de cette troisième maille on impose une
température égale à la moyenne des températures du sol non perturbé (calculés encore
une fois par la formule (III.28)) aux niveaux haut et bas de la maille. Ce modèle peut
prendre en compte l’influence du bâtiment sur l’échangeur en faisant intervenir un
terme supplémentaire dans le bilan permettant de calculer la température du sol.
3 Modélisation d’un échangeur air-sol (puits canadien) par la méthode convolutive des facteurs de réponse
3.2 Description du modèle développé
89
Modèles de type B
Le modèle de Bojic et al (1997) propose une discrétisation 1D de l’équation de la
chaleur avec des mailles horizontales. Il étudie un échangeur avec plusieurs tubes
parallèles et coplanaires en ne considérant pas la géométrie cylindrique du système. Ce
modèle prend en compte dans l’équation de bilan à la surface du sol le rayonnement
ainsi que les échanges convectifs par un coefficient d’échange global. Le raccordement
entre le modèle de sol et la nappe de tubes se fait par l’intermédiaire d’un flux source
dans une maille qui est calculé à partir de la différence de température entre le sol et
l’air circulant dans les tubes.
Les autres modèles rencontrés dans la littérature prennent en compte de façon plus
détaillée les échanges en réalisant des études en 2D ou en 3D. Le modèle de Badescu
(2007) propose un découpage en tranches perpendiculaires aux tubes. Sur chacune de
ces tranches, la résolution de l’équation de la chaleur est réalisée par la méthode de
formulation en volume de contrôle. Le recollement entre les différentes tranches se fait
au niveau de l’air circulant dans le tube (aucun flux axial n’est considéré dans le sol).
Deux modèles d’échangeurs peuvent prendre en compte des nappes multiples (Boulard
et al. 1989a; Boulard et al. 1989b; Gauthier et al. 1997) ; ce sont des modèles 3D de sols
comprenant des tubes de sections carrées de même surface d’échange que les tubes réels
dans lesquels le problème conductif est résolu par la méthode des volumes finies en
considérant des conditions adiabatiques aux frontières du volume de contrôle. Le
modèle de Gauthier et al (1997) permet la prise en compte de sols non homogènes. Un
dernier modèle a été développé sur cette base par Hollmuller (2002). Ce modèle peut
prendre en compte des géométries, des caractéristiques de sol et des conditions de
surface plus variées. Il utilise également la méthode des volumes finis pour la résolution
mais peut en plus prendre en compte d'éventuelles infiltrations d'eau et des pertes de
charge ainsi que le contrôle du sens du flux d'air circulant dans les tubes.
3.2 Description du modèle développé
Le modèle numérique que nous avons développé se classe dans la catégorie « type
B » de ceux qui considèrent l’influence de l’échangeur jusqu’à la surface du sol et
résolvent le problème de conduction 2D. L’originalité est de proposer en plus une
réduction du problème grâce à la méthode convolutive des facteurs de réponse. Le
principe du modèle est le suivant, on réalise une discrétisation du système en n tranches
perpendiculaires au tube et d’épaisseur Δx :
Chapitre III : Développement de modèles adaptés à la description de bâtiments basse consommation

90

x
z
Δx Δx Δx Δx Δx … …
1 2 i
n-1 n
… …
Tube
Entrée d’air
Sortie d’air
Sol
Air extérieur

Figure III.15 : Discrétisation de l’échangeur air-sol
Pour chaque tranche, on cherche à évaluer le flux de chaleur q’
sp
qui entre dans le
tube (en W/m) en fonction de la température extérieure T
ext
et de la température de l’air
au sein du tube T
ap
.

T
sp

T
sse

q’
sp

y
z
Échangeur air-sol
q’
sse

T
ap

T
ext


Figure III.16 : Structure 2D pour les calculs du flux entrant dans le tube
Pour évaluer ce flux, on découple les transferts conductifs des autres transferts de
chaleur. Le flux conductif est donc calculé à partir des températures de surface du tube
T
sp
et du sol T
sse
. Ces deux températures sont calculées à partir d’un bilan de surface.
Cette décomposition induit l’hypothèse de l’uniformité de la température en
surface du sol ainsi qu’en surface du tube sur une tranche d’épaisseur Δx.
3.2.1 Bilan des flux en surface du tube sur une tranche
La température étant considérée comme uniforme en surface du tube sur chaque
tranche et en négligeant l’absorption du rayonnement par l’air à l’intérieur du tube, on
considère qu’il n’y a aucun échange radiatif à la surface interne du tube.
3 Modélisation d’un échangeur air-sol (puits canadien) par la méthode convolutive des facteurs de réponse
3.2 Description du modèle développé
91
Le bilan d’énergie se réduit donc à un flux conductif d’un côté et à un flux
convectif de l’autre.

y
z
T
ap

T
sp
q’
sp

h
cp

D

Figure III.17 : Bilan des échanges à la surface du tube
L’équation de bilan est donc la suivante :
( )
'
sp sp sp ap
q h D T T t = · · · ÷
(III.29)
Pour évaluer le coefficient d’échange convectif il faut connaître les
caractéristiques de l’écoulement à l’aide des nombres adimensionnés qui le
caractérisent :
- Le nombre de Reynolds qui explicite le régime de l’écoulement
air
air
v D
Re
µ
µ
· ·
=
(III.30)
- Le nombre de Prandtl qui caractérise le rapport entre la viscosité et la
diffusivité thermique du fluide
air air
air
Cp
Pr
µ
ì
·
=
(III.31)
- Le nombre de Nusselt qui correspond à un coefficient d’échange convectif
adimensionné
sp
air
h D
Nu
ì
·
=
(III.32)
Un grand nombre de corrélations ont été utilisées par différents auteurs pour relier
ces trois nombres et en déduire le coefficient d’échange superficiel par convection.
Nous retiendrons la formulation simplifiée (équation (III.33)) proposée par Hollmuller
(2002) à partir de la formule de Gnielinski (1975, cité par Hollmuller 2002).
Chapitre III : Développement de modèles adaptés à la description de bâtiments basse consommation

92
( )
0,8 0,4
0, 214 100 Nu Re Pr = · ÷ ·
(III.33)
La simplification apportée par Hollmuller porte sur des termes correctifs qui dans
la configuration d’un échangeur air-sol peuvent être considérés comme négligeables car
ils apportent une correction inférieure à 2%.
A l’aide de toutes ces équations ((III.29) à (III.33)), on peut caractériser les
échanges convectifs en surface du tube de l’échangeur air-sol.
Il reste à caractériser la conduction dans le sol ainsi que les échanges en surface.
3.2.2 Bilan des flux en surface du sol sur une tranche
Les échanges considérés en surface du sol sont les suivants (voir figure III.18) :
- Echanges convectifs
- Echanges par rayonnement de courtes longueurs d’onde
- Echanges par rayonnement de grandes longueurs d’onde

T
sse

y
z

T
ext

conv
q''

glo
q''
clo
q''
sse
q'

Figure III.18 : Bilan des échanges en surface du sol
Certains auteurs prennent également en compte les échanges latents dans ce bilan
(Hollmuller 2002; Badescu 2007; Thiers et Peuportier 2008). Dans un premier temps, ce
paramètre n’a pas été pris en compte dans notre étude.
Le bilan s’écrit donc de la façon suivante :
( )
sse conv clo glo infl
q q q q L ' '' '' '' = + + ·
(III.34)
Dans ce bilan, on fait apparaître une longueur d’influence car le terme conductif
s’exprime en W/m alors que les termes convectif et radiatifs sont des flux surfaciques
en W/m². La façon d’évaluer cette longueur d’influence est présentée dans le paragraphe
3 Modélisation d’un échangeur air-sol (puits canadien) par la méthode convolutive des facteurs de réponse
3.2 Description du modèle développé
93
3.2.5 car elle utilise les résultats du calcul du flux conductif dans le sol présentés au
paragraphe 3.2.3.
Les autres termes de l’équation (III.34) vérifient les relations suivantes :
- Flux convectif :
( )
conv se ext sse
q h T T '' = · ÷
(III.35)
- Flux radiatif de courtes longueurs d’onde :
( ) ( )
, ,
1
clo d h D h
q alb E E '' = ÷ · +
(III.36)
Il est calculé directement avec les données météorologiques représentant les
éclairements directs et diffus horizontaux et de l’albédo du sol.
- Flux radiatif de grandes longueurs d’onde :
( )
4 4
0 glo sse ciel sse
q T T o c '' = · · ÷
(III.37)
La température de ciel utilisée est la même que celle calculée pour évaluer le
rayonnement GLO sur les parois (Cordeiro Mendonça 2004).
On a ainsi réalisé un bilan de flux complet en surface du sol. Il ne reste donc plus
qu’à évaluer le flux conductif dans le sol.
3.2.3 Evaluation du flux conductif par la méthode des facteurs de réponse
sur une tranche
Le sous-problème conductif à résoudre est présenté en figure III.19.

T
sp

T
sse

q’
sp

y
z
Échangeur air-sol
q’
sse


Figure III.19 : Structure 2D pour les calculs de facteurs de réponse (conduction seule)
Chapitre III : Développement de modèles adaptés à la description de bâtiments basse consommation

94
Un facteur de réponse représente le flux (ici en W/m) répondant à une sollicitation
en température triangulaire de hauteur unitaire (telle que présentée à la figure III.21) sur
l’une des frontière tout en laissant les autres frontières à température nulle.

0
1
Température
de surface
du sol
imposée
Température
de surface
du tube
imposée
0
1
Admittance X Transmittance Y Admittance Z
Air extérieur
sol
Flux calculé
(W/m)


0
1
0
1
Air extérieur
sol

Air extérieur
sol

0
1
0
1
t
T
s
T
s
T
s

T
s
T
s
T
s

t t
t t t

Figure III.20 : Sollicitations et réponses à considérer pour les calculs de facteurs de réponse
Dans notre cas, deux frontières sont considérées (la surface du sol et la surface
intérieure de l’échangeur air-sol). Pour la configuration donnée ici, les facteurs de
réponse à calculer sont au nombre de trois (voir figure III.20) :
- L’admittance X qui représente le flux en surface du sol pénétrant dans le sol et
répondant à une sollicitation en surface du sol (figure III.21)

T
sse

t
T
sp
=0
Δt
x
Δt
x

1°C

Figure III.21 : Sollicitation élémentaire en surface du sol
- L’admittance Z qui représente le flux gagné par l’échangeur air-sol et
répondant à une sollicitation triangulaire au même endroit
- La transmittance Y peut, quant à elle, être calculée de deux manières. On peut
soit imposer une variation triangulaire de température en surface du sol et
recueillir le flux en surface intérieure du tube (c’est comme cela que le calcul est
présenté à la figure III.20), soit imposer une variation triangulaire de température
en surface intérieure du tube et recueillir le flux à la surface du sol. La réciprocité
des transferts de chaleur nous enseigne que ces deux résultats seront identiques.
3 Modélisation d’un échangeur air-sol (puits canadien) par la méthode convolutive des facteurs de réponse
3.2 Description du modèle développé
95
Pour ce calcul, on peut choisir un pas de temps de sollicitation différent de celui
de chaque admittance.
Sur la base de la structure 2D définie sur la figure III.19, on utilisera un logiciel de
calcul de conduction dynamique aux éléments finis
1
pour calculer les facteurs de
réponse du système.
Les résultats obtenus avec ce logiciel sur un exemple sont présentés à la figure
III.22.

Figure III.22 : Exemple de facteurs de réponse (admittance Z) calculés avec COMSOL
A partir de la courbe d’évolution du flux en fonction du temps, on peut déduire le
facteur de réponse associé en relevant les points correspondant au flux à chaque
multiple de l’intervalle de temps de la sollicitation (Z[0] correspond à la réponse au pas
de temps 1800, Z[1] correspond à la réponse au pas de temps 3600 etc.)
On obtient donc sur cet exemple :
Z[0] Z[1] Z[2] Z[3] Z[4] Z[5] Z[6] Z[7] Z[8] …
51,00 -25,99 -4,66 -2,41 -1,55 -1,11 -0,84 -0,67 -0,55 …


Tableau III.1 : Exemples de coefficients de l’admittance Z
Pour pouvoir utiliser les résultats des facteurs de réponse, il faut décomposer les
sollicitations (température de surface du tube et du sol) en sollicitations élémentaires
triangulaires imbriquées (voir figure III.23). En effet, la partie AA’ de la sollicitation
réelle peut être approximée par le segment de droite AA’ qui résulte de la somme des
segments AO’ et OA’.

1
COMSOL Multiphysics 3.4
Chapitre III : Développement de modèles adaptés à la description de bâtiments basse consommation

96

T
s

t
Δt
A’ A
O’ O
t t-Δt t-2Δt t-3Δt

Figure III.23 : Décomposition des sollicitations en sollicitations triangulaires élémentaires
On peut alors recomposer les signaux de sortie par superposition :
0 0
sp sse y sp z
i i
q ( t ) Y[i ] T ( t i t ) Z[i ] T ( t i t )
· ·
= =
' = · ÷ · A ÷ · ÷ · A
¿ ¿

(III.38)
0 0
sse sse x sp y
i i
q ( t ) X[i ] T ( t i t ) Y[i ] T ( t i t )
· ·
= =
' = · ÷ · A ÷ · ÷ · A
¿ ¿

(III.39)
Ces relations correspondent en fait à l’une des meilleures approximations de
l’intégrale de convolution qui apparaît lors de l’application du théorème de Duhamel
qui permet de calculer la réponse à une sollicitation quelconque connaissant la réponse
indicielle d’un système.
Les sommes infinies apparaissant dans les relations précédentes sont
impraticables au niveau numérique. Pour contourner le problème tout en gardant une
bonne précision nous voudrions utiliser une première propriété des facteurs de réponse :
à partir d’un certain rang, ils forment une progression géométrique (Peavy 1978). La
raison de cette progression est appelée le « common-ratio » qui se calcule à partir de la
formule (III.40) :
max
t
cr exp
t
| |
A
= ÷
|
\ .

(III.40)
τ
max
étant la constante de temps principale du système étudié qui,
malheureusement, dans notre cas, est très élevée en raison de l’inertie thermique relative
au sol et le common-ratio a donc une valeur très proche de 1. Il est donc inexploitable
pour construire les séries adjointes de « conduction transfer functions » (CTF)
nécessaire à la théorie de Peavy (1978).
3 Modélisation d’un échangeur air-sol (puits canadien) par la méthode convolutive des facteurs de réponse
3.2 Description du modèle développé
97
Pour réduire les sommes infinies, nous allons utiliser une seconde propriété des
facteurs de réponse qui se déduit du résultat du problème de conduction en régime
permanent :
0 0
sp,RP sse sp
i i
q T Y[i ] T Z[i ]
· ·
= =
' = · ÷ ·
¿ ¿

(III.41)
0 0
sse,RP sse sp
i i
q T X[i ] T Z[i ]
· ·
= =
' = · ÷ ·
¿ ¿

(III.42)
Les deux flux précédents sont égaux en régime permanent et peuvent être calculés
par :
( )
sse,RP sp,RP sse sp
q q K T T ' ' = = · ÷
(III.43)
où K est la conductance du système entre la surface du sol et le tube. Par
identification, on obtient donc :
0 0 0 i i i
X[i ] Y[i ] Z[i ] K
· · ·
= = =
= = =
¿ ¿ ¿

(III.44)
On peut grâce à la formule (III.44) connaître la somme des termes des admittances
ou de la transmittance pour un rang supérieur à n
z
:
1 0
Z
Z
n
i n i
Z[ i ] K Z[ i ]
·
= + =
= ÷
¿ ¿

Idem pour X et Y
(III.45)
La somme des termes de 0 à n
X,
n
Y
ou n
Z
peut être calculée directement et une fois
pour toute. Pour déterminer la valeur de K, on utilise le même maillage que celui qui a
permis de déterminer l’admittance et la conductance en utilisant un calcul en régime
permanent pour lequel on impose une température de surface du sol égale à 1°C et du
tube égale à 0°C. Le flux calculé est alors égal à K.
Les séries qui interviennent dans les relations (III.38) et (III.39) peuvent
maintenant être écrites de la façon suivante:
0 0 1
z
z
n
sp z sp z sp z
i i i n
Z[i ] T ( t i t ) Z[i ] T ( t i t ) Z[i ] T ( t i t )
· ·
= = = +
· ÷ · A = · ÷ · A + · ÷ · A
¿ ¿ ¿

Idem pour X et Y
(III.46)
Chapitre III : Développement de modèles adaptés à la description de bâtiments basse consommation

98
Il faut ensuite faire l’hypothèse que, pour un rang supérieur à n
z
(n
z
restant à
définir), on peut considérer que l’effet des températures peut être moyenné :
1
1 1
Z Z
sp sp
i n i n
Z[ i ] T ( t i t )#T Z[ i ]
· ·
= + = +
· ÷ · A ·
¿ ¿

Idem pour X et Y
(III.47)
On fait intervenir dans cette équation la moyenne des températures de surface,
mais il faut choisir sur quel intervalle de temps cette moyenne doit être considérée.
La réécriture de l’équation (III.38) nous donne alors l’expression (III.48) du flux
arrivant en surface du tube :
0 0
0 0
Y Y
Z Z
n n
sp sse y sse
i i
n n
sp z sp
i i
q ( t ) Y[ i ] T ( t i t ) T K Y[ i ]
Z[ i ] T ( t i t ) T K Z[ i ]
= =
= =
| |
' = · ÷ · A + · ÷ |
|
\ .
| |
÷ · ÷ · A ÷ · ÷ |
|
\ .
¿ ¿
¿ ¿

(III.48)
De même, la réécriture de l’équation (III.39) nous donne l’expression du flux
entrant en surface du sol :
0 0
0 0
X X
Y Y
n n
sse sse x sse
i i
n n
sp y sp
i i
q ( t ) X[ i ] T ( t i t ) T K X[ i ]
Y[ i ] T ( t i t ) T K Y[ i ]
= =
= =
| |
' = · ÷ · A + · ÷ |
|
\ .
| |
÷ · ÷ · A ÷ · ÷ |
|
\ .
¿ ¿
¿ ¿

(III.49)
3.2.4 Bilan le long du tube de l’échangeur air-sol
Pour chaque tranche, on a déterminé une relation liant la température d’air du
tube, les conditions climatiques extérieures et le flux arrivant au travers du tube. Il faut
maintenant faire un bilan sur la longueur du tube pour pouvoir donner l’évolution de
température d’air en son sein.
Pour chaque tranche, on associe une maille d’air contenu dans le tube. Le
paramétrage de cette maille est donné par la figure III.24
3 Modélisation d’un échangeur air-sol (puits canadien) par la méthode convolutive des facteurs de réponse
3.2 Description du modèle développé
99

x
z
T
i
T
i+1/2
T
i+1
T
i-1/2
T
i-1

q’
i

q’
i+1

q’
i-1

Δx

Figure III.24 : Paramétrage des mailles du tube
Le bilan des flux sur une maille peut s’écrire de cette façon :
2
1 1
2 2
air i air air air
i i
T
m Cp T q x m Cp T Cp x r
t
µ t
÷ +
c
' · · + · A = · · + · · A · · ·
c
 
(III.50)
Au vu des vitesses d’air dans le tube (de l’ordre de 1 m/s) et du pas de temps de
calcul adopté (de l’ordre du quart d’heure en vue du couplage avec le bâtiment), l’effet
du stockage d’énergie dans l’air sera ici négligé. On obtient donc le bilan simplifié
suivant :
2
1 1
2 2
0
i air air
i i
q x r Cp v T T µ t
÷ +
| |
' · A + · · · · · ÷ =
|
\ .

(III.51)
Les températures intervenant dans la formule (III.51) sont les moyennes des
températures des mailles de part et d’autre :
1
1
2
2
i i
i
T T
T
÷
÷
+
=
(III.52)
Pour la première maille, T
i-1
est la température extérieure. Pour la dernière maille,
T
i+1
est la température de soufflage en sortie du tube.

3.2.5 Choix des paramètres de réglage du calcul
La formulation du problème telle qu’elle a été posée implique des choix quant à
un certain nombre de paramètres (choix du nombre de termes sur lequel on fait les
sommes ; choix de la valeur de température moyenne etc.). Plusieurs possibilités
existent pour faire ces choix ; voici celles qui ont été retenues.
Chapitre III : Développement de modèles adaptés à la description de bâtiments basse consommation

100
Choix du pas de temps des sollicitations pour le calcul des facteurs de réponse
Deux contraintes bornent le choix du pas de temps des sollicitations (demi-base
du triangle) car il doit forcément être supérieur ou égal au pas de temps global de la
simulation et il doit permettre de reproduire de façon assez fidèle les sollicitations.
Comme les sollicitations sont les données météorologiques de température et
d’ensoleillement, on ne descendra pas en-dessous d’un pas de temps de trois heures
pour en avoir une bonne représentation. Le pas de temps des sollicitations peut être
différent pour les trois facteurs de réponse mais pour n’avoir que deux calculs à réaliser
par le logiciel d’éléments finis, il est plus simple de choisir le même pas de temps pour
la transmittance Y et l’une des deux admittances. On peut ainsi réaliser une seule
simulation pour laquelle on recueille les flux en surface du sol et en surface du tube et
calculer directement deux facteurs de réponse. On choisira de préférence le même pas
de temps pour l’admittance X et la transmittance Y car elles ont toutes deux des
constantes de temps très élevées, la constante de temps de l’admittance Z étant
beaucoup plus faible. Connaissant toutes ces contraintes, le choix qui a été fait est de
conserver le même pas de temps de sollicitation pour les trois facteurs de réponse et de
le choisir égal au pas de temps de la simulation globale qui est de l’ordre d’une demi-
heure à une heure.
Choix de la discrétisation spatiale
Pour représenter le plus fidèlement possible les transferts de chaleur le long du
tube il vaut mieux choisir les tranches les plus petites possibles pour le calcul (voir
figure III.15), le modèle utilisé ici permettant, d’ailleurs, de choisir des épaisseurs de
tranches non uniformes le long du tube. Pour aboutir à un temps de calcul raisonnable, à
une bonne représentation du problème et par souci de simplicité, on conservera ici des
tranches de largeur constante égale à 1 à 2 mètres.
Choix des paramètres n
X
, n
Y
et n
Z

Ces paramètres représentent le nombre de termes des séries qui apparaissent dans
le calcul des flux à la surface du sol et du tube. Pour les choisir, on se sert de la
propriété des facteurs de réponse donnée par l’équation (III.44) qui signifie qu’on
connaît la somme de tous les termes de chacun des facteurs de réponse. On choisit donc
ces paramètres tels que :
3 Modélisation d’un échangeur air-sol (puits canadien) par la méthode convolutive des facteurs de réponse
3.2 Description du modèle développé
101
0
90
Z
n
i
Z[ i ] K %
=
= ×
¿

Idem pour n
X
et n
Y

(III.53)
Si ce critère unique était conservé, ce nombre pourrait être très élevé
particulièrement au niveau du calcul de l’admittance X et parfois au niveau de la
transmittance Y à cause des constantes de temps très importantes de ces deux facteurs
de réponse. On choisit donc d’adopter un second critère qui donne une borne supérieure
au précédent correspondant à 1 an d’historique de températures. Ce second critère peut
donc s’écrire :
Z Z
n t 1an · A s
Idem pour n
X
et n
Y
(III.54)
En utilisant un pas de temps de sollicitations de trente minutes, on trouve par
exemple les valeurs suivantes :
n
x
n
y
n
z
Tube à 0,6 mètres 17520* (1 an) 6550 (136 jours) 490 (10 jours) * : le deuxième critère est atteint
Tube à 2 mètres 17520* (1 an) 17520* (1 an) 3590 (75 jours) (.) : temps correspondant

Tableau III.2 : Exemple de choix du nombre de termes de la somme
On voit dans le tableau III.2 que pour un tube peu profond (60 cm), la deuxième
condition est atteinte pour n
X
, c'est-à-dire que même à faible profondeur, la constante de
temps de l’admittance X est très grande, n
X
correspondra donc toujours à un calcul
réalisé sur un an. Pour la transmittance Y, le nombre de termes de la série considérée
n’atteint pas le deuxième critère pour un tube peu profond mais l’atteint à 2 m. Enfin,
pour n
Z
, il ne vérifiera jamais ce deuxième critère car sa constante de temps est faible.
Choix de la valeur de température moyenne à considérer
Le choix des températures moyennes à considérer dans les formules (III.48) et
(III.49) doit lui aussi être lié à l’inertie du phénomène étudié. On utilisera donc un
critère identique à celui du nombre de termes des séries défini précédemment en
calculant la moyenne des températures de surface de la manière suivante :
( )
( )
2
1
Z
Z
n
sp Z
i n
sp
Z
T t i t
T t
n
·
= +
÷ · A
=
¿
Idem avec n
X
et n
Y

(III.55)
Chapitre III : Développement de modèles adaptés à la description de bâtiments basse consommation

102
On calcule la moyenne à chaque pas de temps sur les n
Y
termes qui précèdent le
dernier terme utilisé pour faire le calcul complet de la somme. On a donc des moyennes
sur un temps de l’ordre de 10 à 100 jours pour l’admittance Z, de 100 jours à 1 an sur la
transmittance Y et de 1 an sur l’admittance X.
Choix de la largeur d’influence
Pour le choix de la largeur d’influence utile pour boucler le problème en surface
du sol (voir paragraphe 3.2.2), on examine le résultat du calcul en régime permanent
réalisé pour évaluer la conductance du système. Dans ce calcul, on imposait une
température de surface du sol de 1°C et une température de surface du tube de 0°C. On
extrait de ce calcul la répartition du flux de chaleur engendré le long de la surface.
0
0.2
0.4
0.6
0.8
1
1.2
1.4
1.6
1.8
-6 -4 -2 0 2 4 6
abscisse [m]
f
l
u
x

[
W
/
m
²
]

Figure III.25 : Flux entrant en surface du sol en régime permanent
A partir de la figure III.25, on calcule l’aire sous cette courbe à une certaine
distance de part et d’autre de la verticale du tube. Cette aire est un flux en W/m que l’on
compare à la conductance du système. On choisi donc L
infl
tel que :
2
2
90
infl
infl
L
sse
L
q dx K %
÷
'' · = ×
}

(III.56)
On considère ainsi que la longueur d’influence est celle à travers laquelle 90% du
flux total arrivant dans le tube en régime permanent est passé en surface. En considérant
un sol classique, on trouve une longueur d’influence de l’ordre de 4 mètres quand le
tube est à 60 centimètres de profondeur et de 25 mètres pour un tube à 2 mètres de
profondeur.
3 Modélisation d’un échangeur air-sol (puits canadien) par la méthode convolutive des facteurs de réponse
3.3 Comparaison du modèle développé à un modèle analytique
103
Initialisation du calcul
Comme le calcul utilisant les facteurs de réponse nécessite de connaître
l’historique des températures sur une certaine période, pendant toute cette période, le
flux arrivant dans chaque maille est considéré comme nul. Ce n’est qu’après cette
période initiale que le calcul se fait réellement ; ainsi, le temps à partir duquel le calcul
des facteurs de réponse est réalisé (t
init
) est défini par :
( )
2 2 2
init x x y y z z
t max n t , n t , n t = · · A · · A · · A
(III.57)
Comme nous avons vu précédemment que la valeur de n
X
.Δt
X
était souvent égale à
un an, la période d’initialisation du calcul est souvent de 2 ans.
3.3 Comparaison du modèle développé à un modèle analytique
Le système étudié est un échangeur à un tube de 20 mètres de long, de 10
centimètres de rayon et enterré à 2 mètres de profondeur. Il est mis en place dans un sol
homogène. Le débit dans le tube a été fixé à 250 m
3
/h pendant toute l’année. Pour
valider notre modèle, celui-ci a été comparé au modèle analytique de Hollmuller (2003)
implémenté dans un programme appelé BuriedPipes®. Pour pouvoir comparer les
résultats précisément, deux sollicitations sont étudiées. Ces sollicitations sont des
variations sinusoïdales de température d’entrée d’air dans le tube de périodes 1 jour et 1
an. Ainsi, la réponse à la sollicitation est donnée exactement par le modèle analytique
(pour un signal quelconque, la décomposition en séries de Fourier permettrait d’obtenir
un résultat approché). On obtient alors les résultats suivants :

Figure III.26 : Comparaison des températures de sortie du tube
avec un modèle analytique pour une sollicitation de période 1 jour
Chapitre III : Développement de modèles adaptés à la description de bâtiments basse consommation

104

Figure III.27 : Comparaison des températures de sortie du tube
avec un modèle analytique pour une sollicitation de période 1 an
Concernant la sollicitation journalière, on se rend compte que le modèle
numérique correspond parfaitement à la courbe issue du modèle analytique alors que
pour la sollicitation annuelle, les deux courbes n’ont pas tout à fait le même déphasage
par rapport à la température d’entrée et n’ont pas non plus le même amortissement. Pour
comprendre d’où viennent ces écarts, il faut regarder d’un peu plus près le modèle de
Hollmuller. Celui-ci montre que la profondeur de pénétration « δ » qui correspond à la
réduction de 63% de l’amplitude d’un signal sinusoïdal de période « p » peut
valablement être estimée par une relation issue d’un raisonnement en conduction plane
(formule (III.58)).
a p
o
t
·
=
(III.58)
En considérant une diffusivité du sol de 7,9.10
-7
m
2
.s
-1
, on trouve donc une
profondeur de pénétration de 15 cm pour un signal de période 1 jour. Ainsi, à 75 cm de
distance du tube (5·δ), l’amplitude du signal a diminué de 99% et l’influence d’une
sollicitation en surface du sol est alors très faible. C’est pourquoi on retrouve le même
résultat avec les deux modèles. Par contre, pour une période d’un an, la profondeur de
pénétration calculée (2,85 m) est supérieure à la distance entre le tube et le sol, ce qui
signifie que ce modèle analytique ne permet donc pas de prendre en compte
correctement la réponse à des signaux d’amplitude annuelle, c’est pourquoi on trouve
un écart important entre les deux modèles.
On peut donc dire d’après ces résultats de comparaison que dans le domaine de
validité du modèle analytique, les deux modèles concordent. On ne peut par contre pas
vraiment considérer que notre modèle est entièrement validé car il faudrait pour cela le
3 Modélisation d’un échangeur air-sol (puits canadien) par la méthode convolutive des facteurs de réponse
3.4 Discussion sur le modèle de l’échangeur air-sol
105
comparer à une expérimentation ou à un modèle numérique plus détaillé comme par
exemple un modèle éléments finis 3D dynamique.
3.4 Discussion sur le modèle de l’échangeur air-sol
3.4.1 Intérêts du modèle
Temps de calcul
Le premier intérêt du modèle réside dans le fait que le temps de simulation est
réduit par rapport à une simulation complète dynamique qui aurait une précision
similaire. Avec un ordinateur de bureau classique (processeur double cœur 2,13 GHz, 3
Go de RAM), pour une simulation annuelle avec un pas de temps de trente minutes et
une discrétisation longitudinale en 10 mailles, on obtient un temps de calcul de l’ordre
du quart d’heure.
Géométrie et caractéristiques du sol quelconques
Comme le calcul des facteurs de réponse se fait à l’aide d’un logiciel éléments
finis, on peut définir la géométrie et les caractéristiques que l’on veut pour le sol. On
peut par exemple étudier le cas de figure présenté en figure III.28 :

y
z

Figure III.28 : Exemple de configuration qu’il est possible d’étudier avec le modèle de
l’échangeur air-sol développé
Ce cas correspond à celui d’un échangeur air-sol situé sur un terrain en pente dont
les caractéristiques du sol varient en fonction de la profondeur. Le sol a été excavé et
remplis d’une petite couche de sable pour poser le tube avant d’être remblayé ce qui
donne une géométrie et des caractéristiques de sol bien particulières qu’il est possible
ici de prendre en compte.
Chapitre III : Développement de modèles adaptés à la description de bâtiments basse consommation

106
3.4.2 Perspectives d’évolution du modèle
Interaction de plusieurs tubes
Il est possible avec ce modèle d’étudier des systèmes d’échangeurs air-sol avec
plusieurs tubes. Prenons l’exemple d’un système à deux tubes parallèles.

T
sp1

T
sse

q’
1

y
z
T
sp2

q’
2

q’
3


Figure III.29 : Cas d’un échangeur air-sol avec deux tubes
Pour étudier ce système, on devra calculer en tout 9 facteurs de réponse. On devra
recueillir les trois flux q’
1
, q’
2
et q’
3
pour une sollicitation en triangle de température sur
T
sse
, T
sp1
et T
sp2
.

Ensuite, on utilisera le même type de recomposition que dans le cas
d’un tube unique.
Caractéristiques de sol variables au cours du temps
Il est également possible d’étudier avec ce type de modèle un sol dont les
caractéristiques thermo-physiques varieraient brusquement. Ce serait le cas par exemple
du sol présenté à la figure III.28 si la partie contenant le tube était en sable. En cas de
forte pluie, on pourrait avoir une conductivité du matériau qui varie, influençant le
comportement de l’échangeur air-sol. Cette discontinuité serait prise en compte dans le
modèle par le calcul de deux séries de facteurs de réponse différentes. On conserverait
en mémoire les caractéristiques du sol en fonction du temps et on scinderait la somme
de l’équation (III.48) en un certain nombre de sommes utilisant des facteurs de réponse
différents. La programmation de ce modèle serait un peu plus compliquée mais tout à
fait envisageable.
3.4.3 Discussion sur le choix du modèle
Le modèle que nous avons élaboré présente un certain nombre de limites :
3 Modélisation d’un échangeur air-sol (puits canadien) par la méthode convolutive des facteurs de réponse
3.4 Discussion sur le modèle de l’échangeur air-sol
107
- Il ne considère pas la transmission de chaleur axiale dans le sol. Cette
hypothèse a également été adoptée dans la plupart des modélisations d’échangeur
air-sol.
- Il ne prend pas en compte la présence à proximité du tube d’un bâtiment qui
peut avoir de l’influence sur la température du sol.
- La modélisation de systèmes avec un grand nombre de tubes qui interagissent
peut rapidement s’avérer fastidieuse d’un point de vue programmation.
- Les paramètres de réglage du calcul présentés au paragraphe 3.2.5 ont été
choisis certes de manière raisonnée mais avec malgré tout une part d’arbitraire.
D’autres choix auraient été possible et un calage de ces paramètres serait donc
nécessaire pour coller au mieux à la réalité.
En partant sur la même base de modélisation au niveau du découpage en tranches,
on aurait pu résoudre autrement le problème permettant d’évaluer les transferts
conductifs. En utilisant un logiciel permettant de réaliser un maillage 2D avec un calcul
conductif aux différences finies, on pose le problème de transfert conductif sous forme
d’un modèle d’état. On projette ensuite ce modèle d’état sur une base modale et on
réalise une réduction modale. Le modèle conductif est alors réduit par une autre
méthode que celle des facteurs de réponse qui a l’avantage de donner le résultat sous
forme d’un système d’équations différentielles du premier ordre qui peut être
directement intégré dans SIMSPARK. Ce modèle permet également de remonter à tout
moment au champ de température dans le sol et donc de considérer également un sol
dont les caractéristiques thermo-physiques varient. Il est actuellement en cours de
développement et sera comparé au modèle utilisant la méthode des facteurs de réponse.
Dans le chapitre suivant, nous présenterons le couplage entre le modèle
d’échangeur air-sol développé et un bâtiment basse consommation.

108
4 Conclusion
Dans ce chapitre, nous avons présenté les modèles qui ont été implémentés dans le
cadre de ce travail.
Le modèle relatif au comportement des matériaux à changement de phase nous a
permis de mettre en évidence l’intérêt de procéder aux simulations à l’aide d’un solveur
robuste dont les méthodes d’intégration sont adaptées aux problèmes intrinsèquement
non linéaires.
Le modèle de prise en compte de la tache solaire que nous avons développé aide à
mieux appréhender la répartition des flux CLO dans une pièce. Il permet de calculer par
des formules explicites la surface de la tache solaire sur chacune des parois d’une pièce
parallélépipédique. Il permet également par son intégration à la méthode des enceintes
fictives de prendre en compte son effet sur le comportement thermique du bâtiment.
Enfin, le modèle d’échangeur air-sol basé sur un découpage en tranches
perpendiculaires au tube propose de réduire le problème de conduction 2D par la
méthode convolutive des facteurs de réponse. Chaque facteur de réponse est calculé à
partir d’un logiciel qui résout l’équation de la chaleur par éléments finis. L’intérêt est
d’obtenir un modèle détaillé pouvant prendre en compte une géométrie quelconque et
présentant des temps de calcul raisonnables.
L’intérêt de ces modèles se situe dans leur intégration à des simulations plus
globales du comportement du bâtiment. Le but du chapitre suivant est de montrer le
couplage entre différents modèles de façon à caractériser leurs effets sur le
comportement de bâtiments basse consommation.


109
Chapitre IV : Intégration des modèles pour l’évaluation des
bâtiments basse consommation.
RÉSUMÉ DU CHAPITRE : Dans ce chapitre, nous présenterons des études réalisées à
l’aide des modèles développés dans la plateforme SIMSPARK. Ces études, basées sur une
approche globale des phénomènes, correspondent à des cas particuliers et elles n’ont pas
l’ambition de servir à tirer des conclusions générales sur tel ou tel type de système ou de
phénomène. Nous y montrerons l’intérêt d’une plateforme de simulation performante
pour répondre à des problèmes de simulation qui peuvent se poser dans le cas de
bâtiments basse consommation. Les études menées portent sur l’intégration de plaques
de MCP dans une maison basse consommation, l’effet de la tache solaire sur le
comportement thermique d’un bâtiment, le couplage d’un échangeur air-sol et d’une
maison basse consommation, l’inversion de modèles pour le suivi expérimental et enfin
la définition et le calcul de l’efficacité solaire d’un bâtiment.
Chapitre IV : Intégration des modèles pour l’évaluation des bâtiments basse consommation.

110
Dans le chapitre précédent, nous avons décrit les principaux modèles qui ont été
implémentés dans SIMSPARK au cours de ce travail. Il s’agit d’un modèle de MCP, d’un
modèle d’échangeur air-sol et d’un modèle de prise en compte du rayonnement CLO.
Ces modèles, couplés avec ceux qui ont déjà été développés dans d’autres travaux nous
ont permis de réaliser des simulations plus globales sur le comportement thermique des
bâtiments.
Ce dernier chapitre présente des applications concrètes de l’utilisation de
l’ensemble des modèles développés pour la simulation des bâtiments basse
consommation. Nous présenterons dans un premier temps une analyse sur l’intégration
de plaques de MCP dans un bâtiment soumis à des surchauffes puis une étude sur l’effet
de la prise en compte de la tache solaire sur le comportement thermique du bâtiment.
Ensuite, nous montrerons l’effet de l’utilisation d’un échangeur air-sol sur le
préchauffage et le rafraîchissement de l’air d’un bâtiment basse consommation. Nous
verrons également comment il est possible, grâce à l’utilisation de l’environnement
SPARK, d’inverser des modèles dynamiques de bâtiments et de parois à changement de
phase. Enfin, nous calculerons l’efficacité solaire d’un bâtiment, après en avoir donné
une définition précise.
L’objectif premier de ce chapitre n’est pas de donner des réponses générales à des
problématiques qui se posent dans le domaine des bâtiments basse consommation mais
plutôt de montrer l’intérêt de l’utilisation de la plateforme SIMSPARK avec des modèles
complets de bâtiment pour arriver à des résultats de simulation intéressants. En effet, les
simulations ont été réalisées ici avec une météo unique, pour des géométries données
sans réaliser une analyse paramétrique ou une démarche d’optimisation qui auraient
permis d’obtenir des résultats représentatifs de cas plus généraux.
1 Matériaux à changement de phase et bâtiment
1.1 Intégration des MCP au bâtiment
Pour étudier l’effet de la mise en place de plaques de MCP dans un bâtiment basse
consommation, nous avons choisi de prendre comme support d’étude une maison ayant
exactement les mêmes caractéristiques que celles de la plateforme INCAS (présentée au
premier chapitre) mais possédant une enveloppe légère à ossature bois avec 20 cm
d’isolant. Pour rappel, ces maisons sur deux niveaux sont de géométrie simple de base
presque carrée (7.5 m par 8.5 m), et de surface habitable 100 m² environ. Très peu
vitrées au nord, elles sont équipées de fenêtres à double vitrage de faible émissivité sur
les trois autres façades. Les plaques de MCP sont intégrées en parement intérieur de
toutes les parois verticales de l’enveloppe. Les simulations sont réalisées avec un
1 Matériaux à changement de phase et bâtiment
1.1 Intégration des MCP au bâtiment
111
modèle nodal à un nœud par étage et on compare le comportement thermique des
maisons avec une seule plaque de MCP (5 mm), avec deux plaques superposées (1 cm)
mais aussi sans MCP en utilisant à la place une plaque ayant les mêmes conductivité et
capacité calorifique que le MCP à l’état solide.

Figure IV.1 : Evolution de la puissance de chauffage à l’étage
Les courbes de la partie supérieure de la figure IV.1 représentent l’évolution de la
capacité calorifique des MCP tandis que celles de la partie inférieure représentent
l’évolution de la puissance de chauffage dans les différents cas de figure. On peut voir
que la capacité calorifique des MCP varie de 8000 à 12000 J/(kg.°C) alors que le
potentiel total de variation est de 4500 à 15000 J/(kg.°C) environ. On ne tire donc pas
complètement parti de la chaleur latente des MCP. Cependant, l’effet sur l’évolution de
la puissance de chauffage est visible et on se rend compte que la mise en place du MCP
réduit un peu l’amplitude de variation de cette puissance, comme si le bâtiment
présentait plus d’inertie. Cette réduction est assez faible et si l’on relève la puissance
maximale demandée sur la saison de chauffe, elle est quasiment identique dans les trois
cas. Voyons maintenant l’effet des MCP en intersaison.
Chapitre IV : Intégration des modèles pour l’évaluation des bâtiments basse consommation.

112

Figure IV.2 : Evolution de la température à l’étage en intersaison
Sur la figure IV.2, la partie supérieure représente, dans les trois cas, l’évolution de
la température intérieure à l’étage qui reste dans la zone de confort matérialisée par les
deux courbes en trait continu fort. On peut voir qu’à cette période, le MCP est sollicité
de façon importante (sa capacité calorifique varie entre 5000 et environ 13000 J/(kg.°C)
chaque jour) mais sans atteindre sa valeur maximale. Cela est dû au fait que sa
température ne descend jamais en-dessous de la température de fusion. L’évolution des
températures se fait dans la zone de confort mais la présence des MCP peut entraîner
des chutes de température jusqu’à la limite basse de confort.
1 Matériaux à changement de phase et bâtiment
1.1 Intégration des MCP au bâtiment
113

Figure IV.3 : Evolution de la température à l’étage en été
En été (figure IV.3), on peut voir que la capacité calorifique du MCP varie peu car
sa température est toujours suffisamment haute pour qu’il reste liquide. Ainsi, en été, ce
bâtiment équipé de plaques de MCP a-t-il un comportement très proche de celui d’un
bâtiment qui n’aurait pas de MCP, ce qui se traduit par des courbes d’évolution de
température intérieure quasiment confondues.
sans MCP 5 mm de MCP 1 cm de MCP
Nombre d'heure en dehors de la zone
de confort [h]
433 410 365
Nombre de degrès heure en dehors de
la zone de confort [°C.h]
601 580 502
Besoins de chauffage [kW.h/(m².an)] 20.4 20.2 20.1

Tableau IV.1 : Effet des plaques de MCP sur les besoins de chauffage et le confort
Le tableau IV.1 présente les résultats globaux annuels concernant les besoins de
chauffage et le confort. La dernière ligne met en évidence l’effet quasiment nul de la
mise en place de panneaux de MCP sur les besoins de chauffage. En effet, en hiver,
même si les MCP sont sollicités, l’énergie qu’ils dégagent à un moment de la journée
est absorbée à un autre moment. L’amplitude de la courbe de puissance demandée est
certes réduite par les MCP mais son intégrale, qui donne les besoins de chauffage, reste
quasiment inchangée par rapport au cas sans MCP.
Chapitre IV : Intégration des modèles pour l’évaluation des bâtiments basse consommation.

114
La première ligne du tableau nous indique que le nombre d’heures en dehors de la
zone de confort est très important dans la configuration de base sans MCP (plus de 400
heures). Le bâtiment présente des surchauffes importantes en été à cause de sa faible
inertie. La mise en place d’un système permettant d’augmenter le confort d’été tel que
les plaques MCP se justifie donc pleinement. On voit pourtant que le gain est assez
faible car la mise en place de deux plaques de MCP sur toute la surface intérieure des
murs verticaux de l’enveloppe (soit 150 m²) n’entraîne qu’une réduction de 15% des
heures de surchauffe et du nombre de degrés-heure au-dessus de la température de
confort. Nous avons vu que cela était dû au fait qu’en été, les MCP ne sont quasiment
pas sollicités car ils restent toujours liquides, leur température de fusion étant trop basse.
1.2 Choix de la température de fusion du MCP
Pour voir l’effet du choix de la température de fusion des MCP sur le
comportement du bâtiment, nous avons modifié l’équation (III.1) qui relie la capacité
calorifique à la température du MCP. Nous pouvons ainsi prendre en compte une
température de fusion « Tf » différente de celle du matériau réel qui était de 22.6°C,
tout en conservant le même genre d’évolution :
2
2
4
3
4250 10750 si T Tf
4250 10750 si T>Tf
Tf T
p
Tf T
e
C
e
÷ | |
÷
|
\ .
÷ | |
÷
|
\ .
¦
¦
+ · s
¦
=
´
¦
¦
+ ·
¹

(IV.1)

Figure IV.4 : Capacité calorifique en fonction de la température de fusion du MCP
1 Matériaux à changement de phase et bâtiment
1.2 Choix de la température de fusion du MCP
115
La figure IV.4 présente la variation de la capacité calorifique en fonction de la
température du MCP dans différents cas. On voit que le changement de l’équation
n’entraîne qu’un décalage de la courbe originale suivant l’axe de la température. La
configuration de bâtiment présentée précédemment avec 1 cm de MCP est retenue dans
l’étude de l’influence de la température de fusion du MCP qui varie entre 19°C et 33°C

Figure IV.5 : Effet de la température de fusion du MCP
sur le comportement thermique du bâtiment
Nous avons vu précédemment que la mise en place du MCP avec une température
de fusion de 22.6°C n’influait presque pas sur les besoins de chauffage du bâtiment. La
courbe quasiment droite en haut de la figure IV.5 montre que le résultat est le même
quelle que soit la température de fusion choisie. Les deux autres courbes, qui donnent
une idée du confort dans le bâtiment, présentent un minimum pour une température de
fusion de 29°C. Si les plaques de MCP intégrées dans le bâtiment ont pour objectif
d’augmenter le confort d’été, il vaudrait donc mieux choisir un matériau qui change de
phase à une température plus élevée de l’ordre de 29°C. Cela est dû au fait que la
température de la plaque varie en été souvent autour de cette valeur et que le MCP
pourrait donc changer plus souvent de phase.
Conclusion
On peut dire que la mise en place de plaques de MCP intégrées en parement
intérieur a un effet très restreint sur les besoins de chauffage dans notre cas d’étude car
leur température (environ 19°C) ne se trouve pas dans la zone de variation de la capacité
Chapitre IV : Intégration des modèles pour l’évaluation des bâtiments basse consommation.

116
calorifique. Concernant le confort d’été, il est légèrement amélioré par la présence des
MCP mais la température de fusion choisie n’est pas optimale pour cette application.
On peut dire que, pour que les MCP aient un réel impact sur le comportement du
bâtiment, il faut qu’ils soient bien choisis (température de fusion adaptée) en fonction
de leur intégration et en fonction de la dynamique de variation de leurs températures
intérieures, ce qui nécessite une simulation dynamique adéquate.
Rappelons que le but n’est pas ici de donner des conclusions générales sur le
comportement d’un bâtiment équipé de plaques de MCP mais plutôt de montrer l’intérêt
de l’environnement de simulation utilisé. On voit ici que, pour prendre en compte le
matériau à changement de phase, nous avons simplement ajouté à l’objet qui traduit le
phénomène de conduction dans les parois deux équations qui régissent l’évolution de la
capacité calorifique et de la conductivité du matériau en fonction de sa température. Cet
objet modifié a simplement remplacé l’objet existant dans la simulation globale du
bâtiment. On peut donc dire que :
- le fait que l’environnement soit basé sur les systèmes d’équations permet une
prise en compte aisée de nouveaux phénomènes ;
- le fait qu’il soit orienté objet à tous les niveaux permet de remplacer de la
même manière et de façon aussi simple une équation qu’un modèle de paroi ou
un modèle d’enveloppe complet ;
- la robustesse du solveur est telle qu’il n’est pas nécessaire de se soucier de la
résolution numérique de problèmes non linéaires tels que ceux mis en jeu
lorsqu’on utilise des matériaux à changement de phase.
2 Inertie et tache solaire
2.1 Evolution annuelle de la tache solaire sur les parois d’une pièce
117
2 Inertie et tache solaire
Comme nous l’avons vu au paragraphe 2.2 du chapitre III, les programmes de
simulation utilisés pour évaluer le comportement thermique d’un bâtiment considèrent
souvent de façon forfaitaire la répartition des apports solaires à l’intérieur des bâtiments.
Nous avons vu qu’il était possible de prendre en compte de façon plus précise l’effet de
la tache solaire dans la simulation en calculant sa surface sur chaque paroi puis évaluant
le flux solaire primaire atteignant chaque mur. Ce paragraphe a pour but de montrer
l’effet de la prise en compte de la tache solaire dans la simulation thermique d’un
bâtiment. Pour cela, nous étudierons tout d’abord sa répartition pendant une année.
2.1 Evolution annuelle de la tache solaire sur les parois d’une pièce

Figure IV.6 : Géométrie du cas test étudié
On choisit d’étudier le cas particulier d’une pièce parallélépipédique (une
chambre par exemple) située à Chambéry (latitude : 45° ; longitude : -5,88°) dont les
dimensions sont présentées à la figure IV.6. On peut déterminer l’évolution de la tache
solaire par le pourcentage de flux solaire CLO atteignant chaque paroi à tout instant à
l’aide des formules présentées dans le paragraphe 2.2.2 du chapitre III.
Chapitre IV : Intégration des modèles pour l’évaluation des bâtiments basse consommation.

118

Figure IV.7.a : 1° jour du printemps
(20 mars)
Figure IV.7.b : 1° jour de l’été
(21 juin)


Figure IV.7.c : 1° jour de l’automne
(21 septembre)
Figure IV.7.d : 1° jour de l’hiver
(21 décembre)
Figure IV.7 : Distribution de la tache solaire avec fenêtre au sud pendant une journée
La figure IV.7 présente la distribution de la tache solaire sur les parois de la pièce
étudiée pour quatre jours particuliers de l’année. Pour le jour du solstice d’été, on voit
qu’à partir du moment où la fenêtre est atteinte par les rayons du soleil, la tache se
répartit entre le mur ouest et le plancher. A partir de 11h et jusqu’à 15h environ, seul le
plancher est atteint puis la paroi est à son tour éclairée. Pour le jour du solstice d’hiver,
on voit bien que la répartition est complètement différente, le plancher n’étant atteint
que pendant quelques heures autour de midi. Pour les jours d’équinoxe de printemps et
d’automne, la répartition est quasiment identique, seul un décalage temporel dû au
passage heure d’été / heure d’hiver et à l’équation du temps les différencie.
En calculant pour chaque jour la moyenne des flux qui arrivent sur chaque paroi,
on peut obtenir la distribution moyenne de la tache solaire sur toute l’année.
2 Inertie et tache solaire
2.1 Evolution annuelle de la tache solaire sur les parois d’une pièce
119

Figure IV.8 : Distribution annuelle moyenne de la tache solaire due à une seule fenêtre au sud
D’après la figure IV.8, on peut dire que l’hypothèse très fréquemment faite dans
les modèles de simulation qui consiste à considérer que la répartition de la tache solaire
sur les parois intérieures d’un bâtiment reste constante au cours du temps semble assez
grossière. Dans notre cas, elle serait applicable éventuellement pour les projections sur
les parois est et ouest qui varient un peu moins que les deux autres. Si les courbes qui
représentent le flux sur ces deux parois ne sont pas confondues c’est parce que la fenêtre
est excentrée sur la paroi sud.
Plancher Paroi est Paroi Nord Paroi ouest
toute l'année 46.3% 26.0% 12.2% 15.5%
juillet, août 71.4% 20.0% 0.0% 8.6%
novembre, décembre,
janvier, février
16.1% 29.7% 35.3% 18.9%

Tableau IV.2 : Répartition moyenne du flux CLO selon la saison
Le tableau IV.2 résume sous forme numérique les résultats présentés
graphiquement à la figure IV.8. On peut noter que sur l’année, le pourcentage moyen du
flux qui arrive au sol est d’environ 50%, ce qui est assez proche de la valeur prise
habituellement quand on considère une répartition constante (60%). Cependant si l’on
regarde la moyenne sur la saison de chauffe, on se rend compte que ce pourcentage
baisse à 15% environ et que c’est alors la paroi nord qui reçoit le plus de flux solaire.
Ainsi, grâce au calcul de la position de la tache solaire, peut-on mieux
appréhender la façon dont le flux solaire CLO primaire se répartit sur les différentes
parois du local. Reste à savoir maintenant si le fait de prendre en compte de façon plus
précise la tache solaire influe sur le comportement thermique simulé du bâtiment.
Chapitre IV : Intégration des modèles pour l’évaluation des bâtiments basse consommation.

120
2.2 Tache solaire et comportement thermique du bâtiment
Présentation du cas étudié
Afin d’étudier l’influence de la prise en compte de la tache solaire sur le calcul du
comportement thermique d’un bâtiment, un cas d’école a été étudié. On reprend la
géométrie de pièce présentée à la figure IV.6 pour laquelle la répartition annuelle de la
tache solaire a été présentée et on considère alors deux pièces de ce type superposées
(voir figure IV.9). On souhaite ici isoler le phénomène étudié pour en voir l’influence
sur le comportement thermique, c’est pourquoi le cas choisi est simple et ne correspond
pas forcément à un cas de figure qu’on retrouverait couramment dans la réalité.

Figure IV.9 : Géométrie étudiée dans le cas test
Un modèle à un nœud par pièce est utilisé et deux types d’enveloppe ont été
testés :
- Une enveloppe fortement inertielle avec des murs en béton lourd et une
isolation extérieure
- Une enveloppe de faible inertie de type ossature bois.
Les deux enveloppes ont le même niveau d’isolation, soit 20 cm d’isolant. On
compare alors le comportement thermique de ces deux pièces soumises aux conditions
climatiques de Chambéry pendant la saison de chauffe en prenant en compte ou non le
calcul de la tache solaire. Les hypothèses choisies dans les simulations varient en
fonction du cas de figure étudié de la façon suivante :
- Cas 1 : La position de la tache solaire est prise en compte dans le calcul à
chaque pas de temps par la méthode géométrique présentée précédemment.
2 Inertie et tache solaire
2.2 Tache solaire et comportement thermique du bâtiment
121
- Cas 2 : La totalité du rayonnement CLO direct qui entre dans la pièce est
répartie sur le plancher pendant toute l’année.
- Cas 3 : 60% du rayonnement CLO direct qui entre dans la pièce est réparti sur
le plancher et le reste est réparti au prorata des autres surfaces (hypothèse
couramment utilisée).
- Cas 4 : Le pourcentage de flux qui atteint chaque paroi pendant la saison de
chauffe est calculé dans une simulation préliminaire ne prenant en compte que le
calcul géométrique de la position de la tache solaire. On calcule alors la moyenne
du pourcentage de flux arrivant sur chaque paroi (ici 16.1% sur le plancher,
29.7% à l’est etc.) et on utilise ce pourcentage dans la simulation thermique
annuelle pour répartir le flux qui entre par la fenêtre de façon constante pendant
toute l’année. On utilise donc le calcul de tache solaire comme un pré-processeur
de la simulation thermique.
Résultats de simulation
L’objectif est ici de voir l’effet du modèle de répartition du flux solaire direct sur
le comportement thermique d’un bâtiment pendant la saison de chauffe. La puissance de
chauffage dans chacune des pièces a été tracée pour une succession de deux jours
ensoleillés et de deux jours sans soleil (figure IV.10 et figure IV.11).

Figure IV.10 : Puissance de chauffage dans la pièce du rez-de-chaussée, bâtiment en béton
Chapitre IV : Intégration des modèles pour l’évaluation des bâtiments basse consommation.

122

Figure IV.11 : Puissance de chauffage dans la pièce de l’étage, bâtiment en béton
La courbe noire correspond au modèle où le rayonnement solaire arrive
entièrement au sol. On remarque que pour le rez-de-chaussée (figure IV.10), cette
courbe est au-dessous de toutes les autres alors que c’est le contraire pour l’étage (figure
IV.11). On met aussi en évidence qu’en considérant que le rayonnement arrive
entièrement au sol (cas 2), on arrive à une surestimation importante de la puissance de
chauffage au rez-de-chaussée et une sous-estimation à l’étage. Ceci est dû au fait qu’un
flux de chaleur, plus important que dans le cas 1, transite par la dalle de béton qui
sépare les deux étages. Le même phénomène se retrouve dans le cas 3 pour lequel on
considère que 60% du flux atteint le plancher. Dans le cas 4, où un pré-calcul a été
réalisé, on remarque que les courbes de puissance de chauffage sont quasiment
superposées à celles du cas de référence (cas 1). Pour bien comprendre ce phénomène, il
faut remarquer que les moments pendant lesquels les courbes de puissance présentent
les plus forts écarts dans les différents cas correspondent à la fin de la nuit, c'est-à-dire à
un moment où aucun rayon ne pénètre par la fenêtre (voir la courbe présentant
l’éclairement solaire direct horizontal). Ainsi, les écarts entre les différentes puissances
de chauffes sont-ils dus au fait que les parois restituent l’énergie qu’elles ont stockée de
manière différente en fonction de l’éclairement reçu pendant la journée. C’est pourquoi
il n’est pas trop étonnant que pour les deux cas où l’énergie moyenne reçue pendant la
journée par chaque paroi est identique (cas 1 et cas 4), on obtienne quasiment les
mêmes puissances de chauffe. Voyons maintenant ce qui se passe dans chacune des
deux pièces pour un bâtiment à faible inertie (bâtiment à ossature bois).
2 Inertie et tache solaire
2.2 Tache solaire et comportement thermique du bâtiment
123

Figure IV.12 : Puissance de chauffage dans la pièce
du rez-de-chaussée, bâtiment à ossature bois

Figure IV.13 : Puissance de chauffage dans la pièce de l’étage, bâtiment à ossature bois
On remarque que pour ce bâtiment à ossature bois, la puissance de chauffage est
quasiment la même quelle que soit la façon de prendre en compte le rayonnement
solaire sur les deux étages. Ce résultat se comprend en considérant que, les parois étant
légères, elles ne stockent pas suffisamment d’énergie la journée pour en restituer la nuit.
Chapitre IV : Intégration des modèles pour l’évaluation des bâtiments basse consommation.

124
La façon dont la tache solaire a frappé les parois durant la journée a donc peu
d’influence sur le comportement nocturne.
cas 1 (calcul de
la tache solaire)
cas 2 (répartition
forfaitaire: tout sur
le sol)
cas 3 (répartition
forfaitaire: 60%
sur le sol)
cas 4 (répartition
constante avec
calcul
préliminaire)
Besoins de chauffage
[kW.h/(m².an)]
17.2
(référence)
15.7 16.4 17.1
Écart par rapport au
cas 1
- 8.5% 4.6% 0.1%
Besoins de chauffage
[kW.h/(m².an)]
21.7
(référence)
23.2 22.5 21.6
Écart par rapport au
cas 1
- -7.1% -3.5% 0.3%
étage
RDC

Tableau IV.3 : Besoins de chauffage du bâtiment à forte inertie
Le tableau IV.3 présente les écarts entre les besoins de chauffage dans les
différents cas considérés pour le bâtiment à forte inertie. Le cas de figure pris comme
référence est celui pour lequel le calcul de la position de la tache solaire est réalisé à
chaque pas de temps. On se rend compte que l’écart entre les besoins de chauffage avec
et sans prise en compte de la position de la tache solaire peut atteindre 8,5%. On voit
également que le fait de réaliser un pré-calcul des coefficients de répartition moyen sur
les parois suffit à garantir un résultat très proche de celui que l’on aurait avec le calcul
de tache solaire (moins de 0.3% d’écart). Le tableau IV.4 permet, quant à lui, de voir
que, quelle que soit la façon dont la répartition du flux solaire direct se fait dans la
pièce, l’estimation des besoins de chauffage varie peu quand le bâtiment possède une
faible inertie. Ce résultat est en accord avec ce que nous avons vu précédemment au
niveau des courbes de puissance dans les deux pièces.
cas 1 (calcul de
la tache solaire)
cas 2 (répartition
forfaitaire: tout sur
le sol)
cas 3 (répartition
forfaitaire: 60%
sur le sol)
cas 4 (répartition
constante avec
calcul
préliminaire)
Besoins de chauffage
[kW.h/(m².an)]
20.8
(référence)
20.3 20.6 20.8
Écart par rapport au
cas 1
- 2.6% 1.4% 0.1%
Besoins de chauffage
[kW.h/(m².an)]
25.8
(référence)
26.3 26.1 25.7
Écart par rapport au
cas 1
- -2.2% -1.1% 0.1%
étage
RDC

Tableau IV.4 : Besoins de chauffage du bâtiment à faible inertie
Conclusion
On peut donc dire en résumé que, dans l’exemple étudié ici, le pré-calcul des
coefficients de répartition de la tache solaire pendant la saison de chauffe permet
2 Inertie et tache solaire
2.2 Tache solaire et comportement thermique du bâtiment
125
d’obtenir des résultats de simulation du comportement thermique du bâtiment
quasiment similaires à ceux du cas où l’on calculerait ces coefficients à chaque pas de
temps. Ce résultat semble valable avec un bâtiment à forte ou à faible inertie. Nous
avons montré par contre qu’il était important de ne pas choisir au hasard ces coefficients
sous peine d’obtenir des écarts de comportement qui peuvent être importants en
particulier dans le cas de bâtiments à forte inertie.
Nous pouvons voir, à travers ce cas d’étude, qu’un environnement de simulation
basé sur les systèmes d’équations permet le couplage aisé entre un modèle de
rayonnement complexe et le modèle de bâtiment existant, simplement par le
raccordement des variables de flux radiatifs au niveau des parois.
Chapitre IV : Intégration des modèles pour l’évaluation des bâtiments basse consommation.

126
3 Couplage d’un échangeur air-sol avec un bâtiment basse consommation
Dans cette partie, nous allons étudier l’influence de l’échangeur air-sol sur le
comportement d’un bâtiment. Avant cela, nous avons voulu savoir quelle était
l’influence du rayonnement solaire sur le comportement de l’échangeur air-sol.
3.1 Rayonnement CLO et échangeur air / sol.
L’objectif de ce paragraphe est d’étudier l’influence de la prise en compte du
rayonnement CLO arrivant au sol sur les résultats de simulation de l’échangeur air-sol.
En effet, certains modèles négligeant ce facteur, il est intéressant de vérifier son
influence sur le résultat final.
L’étude présentée ici a été réalisée avec un échangeur à tube unique de 20 m de
longueur, de 10 cm de rayon et enterré, selon le cas, à 2 m ou 60 cm de profondeur dans
un sol homogène de diffusivité 7,9.10
-7
m
2
.s
-1
. Les sollicitations utilisées (température
extérieure et ensoleillement) sont issues des données météorologiques de Chambéry,
l’albédo du sol considéré étant de 0,2 et la vitesse du fluide circulant dans le tube fixée
toute l’année à 3 m.s
-1
. Pour étudier l’effet de la prise en compte, à la surface du sol, du
rayonnement solaire CLO sur la température de sortie du tube, on réalise une simulation
sans ensoleillement et une avec.

Figure IV.14.a : Tube à 60 cm, hiver Figure IV.14.b : Tube à 2 m, hiver
Figure IV.14 : Prise en compte du rayonnement CLO - Température de sortie du tube en hiver
On peut voir premièrement sur la figure IV.14 que la température de sortie de l’air
est plus importante (avec ou sans prise en compte du rayonnement CLO) pour un tube
plus profond à cause de l’inertie plus importante qui peut être mobilisée en profondeur.
On voit également que le fait de négliger le flux CLO a pour effet de changer
l’amortissement entre la température d’entrée (égale à la température extérieure) et la
température de sortie du tube. L’amplitude de la température de sortie ainsi que son
3 Couplage d’un échangeur air-sol avec un bâtiment basse consommation
3.1 Rayonnement CLO et échangeur air / sol.
127
déphasage par rapport au signal d’entrée ne sont, par contre, presque pas influencés par
la prise en compte du rayonnement CLO.

Figure IV.15.a : Tube à 60 cm, été Figure IV.15.b : Tube à 2 m, été
Figure IV.15 : Prise en compte du rayonnement CLO - température de sortie du tube en été
Si l’on s’intéresse maintenant au comportement estival (figure IV.15), on peut
tirer les mêmes conclusions qu’en hiver, c'est-à-dire que la prise en compte du
rayonnement solaire n’influe ni sur le déphasage ni sur l’amplitude mais provoque un
décalage important entre les températures de sortie dans les deux cas de figure. Pour le
tube à 60 cm de profondeur, l’écart en sortie du tube peut atteindre 5°C.

Figure IV.16 : Effet de la prise en compte du CLO sur la température de sortie du tube
On peut voir, sur la figure IV.16, que l’écart entre la température de sortie avec et
sans prise en compte du rayonnement CLO est plus important l’été que l’hiver car
l’ensoleillement est plus important l’été. On remarque aussi que cet écart est plus grand
pour le tube enterré à 60 cm, ce qui se comprend aisément par le fait qu’en profondeur
on subit moins les effets de ce qui se passe en surface. Mais cet effet peut être inversé
Chapitre IV : Intégration des modèles pour l’évaluation des bâtiments basse consommation.

128
au début de l’hiver où se font sentir à 2 m de profondeur les effets des températures
estivales. Ce qui peut surprendre par contre, ce sont les valeurs de ces écarts qui sont
assez importantes. On monte à 6°C d’écart pour le tube qui se trouve à 60 cm et à plus
de 3°C d’écart à 2 m. Ainsi, on peut dire que même pour des profondeurs assez
importantes, on ne peut pas négliger l’effet du rayonnement de surface. On comprend
également que plus la valeur de l’albédo du sol est faible, plus l’effet sera important sur
les résultats.
Après avoir étudié de façon indépendante le modèle d’échangeur air-sol, on peut
facilement, grâce à la structure orientée objet de l’environnement de simulation utilisé,
le coupler avec un modèle de bâtiment déjà existant.
3.2 Echangeur air-sol et ventilation double flux
L’idée est ici de montrer l’effet de l’utilisation d’un échangeur air-sol sur le
comportement d’un bâtiment basse consommation. Le bâtiment étudié est la maison de
la plateforme INCAS qui possède des murs composés de 20 cm de béton lourd à
l’intérieur et de 20 cm d’isolant à l’extérieur. Ses caractéristiques sont définies
précisément en 0. Les conditions climatiques subies sont celles de Chambéry.
On vient connecter à la bouche d’entrée d’air de la ventilation double flux de la
maison, la bouche de sortie de l’échangeur air-sol qui se trouve dans un sol de
diffusivité 7,9.10
-7
m
2
/s. Son diamètre est de 20 cm, sa longueur de 40 m. La vitesse
dans le tube unique est calculée à partir du débit de ventilation dans le bâtiment. Elle est
donc variable dans le temps si l’on surventile le bâtiment par exemple.
Le couplage entre les deux modèles est réalisé par la connexion de la variable de
température de sortie de l’échangeur air-sol à celle de la température d’entrée de la
ventilation double flux. Ce couplage n’est pas direct car on met en place deux by-pass
pour réguler l’air entrant dans la maison. La seconde variable qui relie le modèle
d’échangeur air-sol à celui du bâtiment est la vitesse d’air dans le tube qui est liée au
taux de renouvellement d’air de la maison.
Stratégies de régulation de l’air entrant dans la maison
La mise en place de deux by-pass permet d’injecter dans la maison l’air à la
température la plus appropriée en fonction de ses besoins. Un schéma représentant le
principe de ces by-pass est présenté à la figure IV.17.
3 Couplage d’un échangeur air-sol avec un bâtiment basse consommation
3.2 Echangeur air-sol et ventilation double flux
129

Echangeur air-sol
T
ext

T
1

T
ext

T
3

T
2

T
int

Echangeur
double flux
T
4

By-pass
échangeur air-sol
By-pass échangeur
double flux
T
2


Figure IV.17 : By-pass sur l’échangeur air-sol et sur la ventilation double flux
Quatre modes de fonctionnement sont possibles en fonction de la position des by-
pass. Pour savoir dans quel mode on se trouve, on utilise les conditions présentées dans
le tableau IV.5.
Conditions Valeur de T
2
Valeur de T
4

Période de chauffe T
int
< T
cons,chau
+ΔT
set
T
2
=max(T
1
,T
ext
) T
4
=max(T
2
,T
3
)
Reste du temps T
int
≥ T
cons,chau
+ ΔT
set
T
2
=min(T
1
,T
ext
) T
4
=min(T
2
,T
3
)


Tableau IV.5 : Conditions d’utilisation des by-pass de l’échangeur air-sol et de la ventilation
double flux
On pourrait résumer ces conditions en disant que pendant la période de chauffe,
on s’arrange pour que la température de soufflage dans le bâtiment soit la plus
importante possible alors que le reste du temps on injecte l’air le plus froid possible tout
en restant dans une plage n’entraînant pas d’inconfort. Pour ne pas trop rafraîchir l’air
intérieur en intersaison, la période de chauffe est définie comme étant le temps pendant
lequel la température intérieure est égale à la température de consigne de chauffage à
laquelle on ajoute quelques degrés (ΔT
set
est pris égal à 2 ou 3°C). Remarquons qu’avec
les conditions précisées ci-dessus, il est possible que la ventilation double flux soit
active en été dans le cas où la température intérieure est inférieure à la température
extérieure. On peut alors refroidir l’air soufflé à l’intérieur grâce à l’échangeur air-air.
Une condition s’ajoute à celles qui sont présentées précédemment pour gérer la
surventilation : on considère que si la température intérieure dépasse une température de
consigne de rafraîchissement (on peut prendre par exemple 26°C), on augmente le débit
de ventilation.
Cas étudiés
On cherche donc ici à comparer l’effet de l’échangeur air-sol et de celui de la
ventilation double flux sur le comportement du bâtiment. Pour cela, nous avons mené
une étude sur le comportement d’une maison basse consommation avec un échangeur à
Chapitre IV : Intégration des modèles pour l’évaluation des bâtiments basse consommation.

130
différentes profondeurs et avec une ventilation simple ou double flux. Les
configurations étudiées sont les suivantes :
- Pas d’échangeur air-sol
- Echangeur air-sol à 60 cm de profondeur
- Echangeur air-sol à 2 m de profondeur
Comportement estival
La figure IV.18 montre l’évolution de la température intérieure du bâtiment dans
ces différentes configurations.

Figure IV.18 : Température intérieure du bâtiment couplé à un échangeur air-sol en été
La courbe qui a la plus grande amplitude représente la température extérieure
tandis que les trois autres qui sont assez proches représentent la température intérieure
dans les 3 cas de figure étudiés. La rupture de pente observée sur les courbes de
température intérieure au moment de la montée en température est due à l’arrêt de la
surventilation (fin de nuit en été). On peut voir que les résultats sont très proches pour
les trois configurations et que la courbe présentant l’évolution de température dans le
cas où l’on utilise un tube à 60 cm de profondeur se superpose à celle qui représente
l’évolution sans échangeur air-sol (courbe avec des croix). L’échangeur à 60 cm de
profondeur ne semble donc pas apporter beaucoup de rafraîchissement à la maison en
3 Couplage d’un échangeur air-sol avec un bâtiment basse consommation
3.2 Echangeur air-sol et ventilation double flux
131
été dans la configuration étudiée. L’échangeur à 2 m de profondeur permet quant à lui
de réduire la température du bâtiment d’environ 1°C pour cette semaine là.
Pour étudier de façon plus complète l’effet de l’échangeur air-sol sur le
comportement estival du bâtiment, nous avons évalué le confort intérieur pour chaque
configuration. Nous avons également réalisé la même étude en utilisant une ventilation
simple flux. Pour chaque configuration, nous avons évalué le confort d’été en calculant
le nombre de degrés-heure au-dessus de la température de confort ainsi que le nombre
d’heures où la température intérieure dépasse la température de confort de plus de 2°C
et de plus de 3.5°C. Ces deux bornes correspondent à un pourcentage respectivement de
90% et de 80% de personnes satisfaites du confort. Les résultats numériques sont
présentés dans le tableau II.1
Échangeur air-sol
Nombre de
degrés-heure au
dessus de la
température de
confort [°C.h]
Gain apporté par
l'échangeur air-sol sur
le nombre de degrés-
heure supérieur à la
température de confort
Nombre
d'heure au
dessus de T
confort +2.5°C
[h]
Nombre
d'heure au
dessus de T
confort +3.5°C
[h]
aucun 3029 - 188 21
profondeur: 2m 2581 15% 74 1
profondeur: 60cm 2683 11% 156 6

Tableau IV.6 : Confort d’été dans une maison basse consommation avec échangeur air-sol
La référence prise dans ce tableau est celle du cas où l’on n’a pas d’échangeur air-
sol (première ligne). On peut voir que le nombre de degrés-heure au-dessus de la
température de confort est réduit de 15% par la mise en place de l’échangeur air-sol à 2
m de profondeur alors qu’il n’est que de 11% avec un tube à 0.6 m. Le nombre d’heures
correspondant à plus de 90% de personnes satisfaites (avant dernière colonne du
tableau) qui était déjà faible dans la configuration de base a été divisé par 2.5 dans le
cas du tube à 2m alors qu’il a à peine baissé de 20% dans le cas du tube à 60 cm. Il faut
bien voir qu’ici le cas de base a été étudié pour limiter les surchauffes par des moyens
passifs tels que les protections solaires, ou des moyens actifs tels que la surventilation,
c’est pourquoi l’augmentation du confort ne semble pas très significative pour un
bâtiment déjà très performant.
Comportement hivernal
Voyons maintenant comment se comporte l’ensemble « échangeur air-sol +
bâtiment » en période d’hiver. La figure IV.19 présente l’évolution de la puissance de
chauffage du bâtiment dans les différentes configurations considérées.
Chapitre IV : Intégration des modèles pour l’évaluation des bâtiments basse consommation.

132

Figure IV.19 : Puissance de chauffage du bâtiment couplé à un échangeur air-sol en hiver
Les courbes présentées sur la figure IV.19 représentent la puissance de chauffage
dans les trois cas de figure étudiés pendant une semaine froide. La température
extérieure est également représentée. Les courbes présentant l’évolution de la puissance
de chauffage avec un tube à 2 m ou avec un tube à 60 cm sont quasiment confondues
c'est-à-dire que la profondeur du tube a ici très peu d’influence sur la puissance de
chauffage dans le bâtiment. Elles sont par contre en-dessous de celle qui représente la
puissance de chauffage dans le cas où il n’y aurait pas d’échangeur air-sol. Pour savoir
si l’absence d’écart entre la puissance de chauffage avec tube à 60 cm et avec tube à 2m
est due à la présence d’une ventilation double flux, nous avons réalisé la même
simulation en utilisant une ventilation simple flux (résultats présentés à la figure IV.20).
3 Couplage d’un échangeur air-sol avec un bâtiment basse consommation
3.2 Echangeur air-sol et ventilation double flux
133

Figure IV.20 : Puissance de chauffage du bâtiment avec ventilation simple flux
On voit ici logiquement que les puissances de chauffe requises sont plus
importantes du fait de l’absence de récupération de chaleur ; par contre on se rend
compte que l’écart entre la puissance de chauffage avec un tube à 2 m ou à 60 cm est
maintenant sensible bien qu’encore très faible. Le tableau IV.7 présente un récapitulatif
de ces résultats portant sur les besoins de chauffage annuels.
Type de ventilation
Échangeur air-sol aucun
profondeur:
2 m
profondeur:
60 cm
aucun
profondeur:
2 m
profondeur:
60 cm
Besoins de chauffage
[kW.h/(m².an)]
18 15 16 36 24 27
Gain apporté par
l'échangeur air-sol
référence 16% 11% référence 33% 24%
Gain apporté par la mise
en place d'une ventilation
double flux
50% 37% 42%
Gain apporté par la
ventilation double flux et
l'échangeur air-sol
50% 58% 56% référence 33% 24%
références
Ventilation double flux Ventilation simple flux

Tableau IV.7 : Besoins de chauffage d’une maison basse consommation
couplée à un échangeur air-sol
On remarque d’après ce tableau que l’échangeur air-sol n’est vraiment intéressant
en hiver que lorsque la ventilation est à simple flux : on peut réduire d’un tiers les
Chapitre IV : Intégration des modèles pour l’évaluation des bâtiments basse consommation.

134
besoins de chauffage avec le tube à 2 m, le tube à 60 cm s’avère, quant à lui, moins
efficace avec seulement 24% de gains.
Pour se rendre compte un peu mieux de la valeur des gains apportés par
l’échangeur air-sol, on évalue l’ordre de grandeur de l’énergie nécessaire pour faire
fonctionner son ventilateur pendant une année. Pour cela, on utilise une puissance
électrique forfaitaire donnée dans la RT 2005 pour un ventilateur performant en
fonction du débit de ventilation voulu : 0,45 W/(m
3
/h). Le ventilateur fonctionne toute
l’année car un débit d’air minimum est conseillé dans le tube pour des problèmes
d’hygiène. En été, en cas de surventilation, il atteint un nouveau régime qui engendre
une surconsommation.
hiver été intersaison
Consommation du
ventilateur [kW.h/(m².an)]
1.6 5.3 2.2

Tableau IV.8 : Consommation du ventilateur ramené à la surface du bâtiment
On voit donc dans le tableau IV.8 que le fonctionnement du ventilateur pendant la
saison de chauffe est de 1,6 kW.h/(m²). Sachant qu’on ne peut pas l’arrêter en
intersaison, si on affecte la moitié de la consommation d’intersaison, on se rend compte
que le gain apporté par l’échangeur air-sol au niveau des besoins de chauffage (2 à 3
kW.h/(m².an) est du même ordre que la consommation électrique qu’il requiert pour son
fonctionnement dans le cas de ce bâtiment basse consommation équipé d’une
ventilation double flux. Cela n’est plus vrai si la maison est équipée d’une ventilation
simple flux. On voit aussi que la consommation du ventilateur en été (5,3 kW.h/m² ou
6,4 kW.h/m² si on inclue la moitié des consommations d’intersaison) est assez
importante par rapport aux besoins de chauffage totaux du bâtiment.
Si l’on étudie maintenant le gain apporté par la ventilation double flux (avant-
dernière ligne du tableau IV.7), on se rend compte qu’il est important (on divise par 2
les besoins de chauffage) dans le cas où aucun échangeur air-sol n’est couplé au
bâtiment. Par contre, quand on a un échangeur air-sol, l’apport du double flux est un
peu plus faible (37% avec tube à 60 cm et 42% avec tube à 2 m).
En prenant pour référence le cas du bâtiment avec ventilation simple flux et pas
d’échangeur air-sol (dernière ligne du tableau IV.7), on observe que l’apport de la
ventilation double flux est de 50%, l’apport de l’échangeur air-sol est de 33% et l’apport
des deux systèmes couplés n’est que de 58%. En effet, les deux systèmes ayant le même
but à l’origine, et jouant sur les mêmes grandeurs physiques, le couplage des deux peut
ne pas s’avérer d’une grande efficacité. On voit donc que dans le cas étudié, la
ventilation double flux semble plus efficace que l’échangeur air-sol pour réduire les
besoins de chauffage de la maison.
3 Couplage d’un échangeur air-sol avec un bâtiment basse consommation
3.2 Echangeur air-sol et ventilation double flux
135
Conclusion
Nous avons donc pu constater par les simulations réalisées que pour la maison
basse consommation étudiée ici, l’échangeur air-sol apporte un supplément de confort
en été qui est plus important si le tube est à 2 m de profondeur que s’il est à 60 cm. En
hiver, la profondeur semble jouer un rôle moins important dans le cas où la maison est
équipée d’une ventilation double flux. Cette ventilation double flux semble d’ailleurs
plus efficace en hiver que l’échangeur air-sol qui nécessite plus d’énergie pour le
fonctionnement de son ventilateur que le gain qu’il apporte au niveau des besoins de
chauffage.
Rappelons enfin que cette étude porte sur un cas bien précis et qu’on ne peut pas,
à partir des résultats, se permettre de généraliser le comportement étudié à celui de tous
les bâtiments basse consommation dans tous les climats. Cependant, les résultats
observés corroborent ceux que l’on peut trouver dans la littérature (Bojic et al. 1997;
Chlela et al. 2007).
Il faut ici également remettre en question la fiabilité des résultats de simulation.
En effet, on voit que les écarts obtenus sur les besoins de chauffage dans les différents
cas de figure étudiés sont importants en valeurs relatives (15%, 30%) mais assez faibles
en valeurs absolues (3 à 10 kW.h/(m².an)) ce qui est du même ordre de grandeur par
exemple que la consommation du ventilateur de l’échangeur air-sol.
Ce cas d’étude montre encore une fois l’intérêt d’un environnement de simulation
orienté objet car on peut, d’une part, valider le modèle de l’échangeur air-sol seul et,
d’autre part, après cette validation, coupler le modèle développé à un modèle existant de
bâtiment, validé également de son côté, pour en voir le comportement global.
Chapitre IV : Intégration des modèles pour l’évaluation des bâtiments basse consommation.

136
4 Inversion de modèles pour le suivi expérimental
L’objectif de cette partie est de montrer les possibilités qu’offre l’environnement
de simulation SIMSPARK en terme d’inversion de modèles pour le suivi expérimental.
Le terme « inversion de modèle » est en fait impropre car les systèmes d’équations
utilisés n’ayant pas, à la base, de sens de résolution imposé, il n’y a pas vraiment de
« sens inverse ». Il faut plutôt prendre cette idée d’inversion de modèle comme
l’utilisation du modèle d’une manière non usuelle.
4.1 Inversion d’un modèle de paroi à changement de phase
Prenons le cas d’une plaque de matériau à changement de phase telle que celle
modélisée au paragraphe 1 du chapitre III et utilisée dans le paragraphe précédent. Pour
déterminer expérimentalement la variation de la capacité calorifique de cette plaque en
fonction de sa température, on utilise classiquement un calorimètre dans lequel on place
un échantillon du matériau dont on fait varier la température dans une plage de mesure
donnée. On relève alors le dégagement de chaleur au cours du temps pour en déduire la
capacité calorifique du matériau en fonction de sa température.
Imaginons maintenant que l’on veuille connaître la capacité calorifique de la
plaque sans utiliser de calorimètre. On relève les variations de température d’air de part
et d’autre de la plaque ainsi que les variations de températures de surface. On considère
des coefficients d’échange rayonnement / convection globalisés de part et d’autre entre
la plaque et le milieu extérieur. Cette expérience n’a pas été menée en grandeur réelle
mais a été simulée en utilisant le modèle de MCP présenté précédemment soumis à une
variation de température d’air sinusoïdale d’un côté et maintenue constante de l’autre
(cas présenté à la figure III.4). Les valeurs relevées sont alors considérées comme des
relevés expérimentaux.
On utilise alors un modèle de paroi simple à deux nœuds. Ce modèle est
acceptable car la plaque est très fine (5 mm) et a donc un comportement assez proche
d’un corps à température uniforme. Les deux capacités sont considérées comme des
sorties du modèle et les températures de surface et d’air extérieur comme des entrées.
Pour que l’assemblage des équations puisse se faire, il a été nécessaire de développer un
modèle de dérivation numérique car l’équation utilisée pour calculer la capacité
calorifique du matériau est la suivante :
, , cond am cond av
MCP
q q
Cp
T
V
t
µ
÷
=
c
· ·
c

(IV.2)
4 Inversion de modèles pour le suivi expérimental
4.1 Inversion d’un modèle de paroi à changement de phase
137
Modèle de dérivateur
Le modèle choisi est de type implicite du second ordre. On se sert donc des
valeurs de la fonction au pas de temps de simulation et aux deux pas de temps
précédents pour évaluer la dérivée de la fonction. On utilise la formule de Taylor pour
donner une relation entre la valeur de la dérivée de la fonction au pas de temps i et les
valeurs de la fonction aux temps i, i-1 et i-2 (voir formules (IV.3) et (IV.4)).
( )
2
2 i
i 1 i i i i i
t
u u t u u o t
2
÷
A
= ÷A · + · + A  
(IV.3)
( )
( )
( )
2
i i 1 2
i 2 i i i 1 i i i
t t
u u t t u u o t
2
÷
÷ ÷
A +A
= ÷ A +A · + · + A   (IV.4)
En soustrayant les formules (IV.3) et (IV.4) pour faire disparaître le terme de
dérivée seconde, on obtient alors une expression de la dérivée première de u de second
ordre valable pour un pas de temps variable (équation (IV.5)).
( )
( )
2
2 2
i i 2 i i 1 i 1 i 1 i i 1 i
i
2 2
i i 1 i i 1
t u t t u t 2 t t u
u
t t t t
÷ ÷ ÷ ÷ ÷
÷ ÷
A · ÷ A +A · + A + · A · A ·
=
A · A +A · A
 (IV.5)
Application au cas d’étude
Ce modèle de dérivateur étant intégré à SIMSPARK, on applique alors au modèle
de plaque les sollicitations en température définies au début de ce paragraphe en laissant
libre les capacités calorifiques dans chacune des deux tranches de discrétisation du
modèle.
Chapitre IV : Intégration des modèles pour l’évaluation des bâtiments basse consommation.

138

Figure IV.21 : Evolution de la capacité calorifique dans une tranche au cours du temps
La figure IV.21 qui représente l’évolution de la capacité calorifique au cours du
temps montre que le calcul pose des problèmes aux moments où la température atteint
un extremum. Ceci est dû au fait que la formule utilisée par SPARK pour réaliser le
calcul de la capacité calorifique (formule (IV.2)) fait apparaître au dénominateur la
dérivée de la température qui passe à ces instants là par des valeurs très proches de zéro
et qui pourrait même s’annuler. Pour éviter cela, on peut définir une valeur minimale
très faible mais non nulle de la dérivée (la valeur 10
-23
est souvent utilisée dans SPARK à
cet effet).

Figure IV.22 : Capacité calorifique obtenue par méthode inverse ou par le modèle
La figure IV.22 présente l’évolution de la capacité calorifique du MCP en
fonction de sa température. En comparant au modèle théorique, il apparaît que la
4 Inversion de modèles pour le suivi expérimental
4.2 Inversion d’un modèle complet de bâtiment
139
méthode utilisée fonctionne avec une très bonne précision pour la plage de température
dans laquelle le matériau a été sollicité. Les seuls écarts visibles se trouvent aux
extrémités de la courbe. On a donc intérêt à solliciter le matériau sur une grande plage
de température pour éviter ces effets de bord et balayer toute la plage de changement de
phase.
4.2 Inversion d’un modèle complet de bâtiment
Ayant constaté que l’inversion de modèle fonctionne très bien au niveau d’une
paroi, nous avons voulu aller plus loin et voir s’il était possible d’inverser un modèle
complet de bâtiment à un autre niveau que celui des parois. Le modèle utilisé est celui
de la maison INCAS avec des murs en béton et une isolation extérieure qui a été
présenté au premier chapitre. Il est soumis aux conditions météorologiques de
Chambéry et on cherche cette fois-ci à retrouver le taux de renouvellement d’air de la
maison en imposant la température intérieure et la puissance de chauffage à chaque pas
de temps. Une première simulation est donc réalisée de façon classique en imposant un
taux de renouvellement d’air pouvant varier l’été pour surventiler le bâtiment et une
régulation permettant de calculer la puissance de chauffage nécessaire. Cette puissance
et la température intérieure sont relevées et considérées alors comme des données
d’entrée du problème (données expérimentales). Pour pouvoir inverser le modèle
classique, la régulation a été supprimée, ce qui permet d’imposer à la fois la température
et la puissance de chauffage. Pour que SPARK puisse trouver un agencement de façon à
résoudre le système d’équation, il faut encore une fois utiliser le modèle de dérivateur
présenté au paragraphe précédent afin, cette fois-ci, de calculer la dérivée de la
température de l’air intérieur et non plus la dérivée de la température de paroi.

Figure IV.23 : Taux de renouvellement d’air imposé / taux trouvé par méthode inverse en hiver
Chapitre IV : Intégration des modèles pour l’évaluation des bâtiments basse consommation.

140
La figure IV.23 présente une comparaison entre le taux de renouvellement imposé
dans la simulation classique et celui calculé par méthode inverse en fonction de la
température d’air intérieure et de la puissance de chauffage. On peut voir que, pendant
l’hiver, sans surventilation, le taux de renouvellement d’air trouvé par la méthode
inverse est très proche du taux réellement imposé. L’inversion fonctionne donc très
bien.

Figure IV.24 : Comparaison du taux de renouvellement d’air imposé
et de celui trouvé par méthode inverse en été (avec surventilation nocturne)
En été, quand la surventilation nocturne est activée, la figure IV.24 montre qu’on
arrive à suivre l’évolution du taux de renouvellement d’air bien qu’il passe de façon
assez brutale d’une valeur à une autre. On peut quand même noter que le résultat par
méthode inverse présente des discontinuités et n’est pas parfaitement égal au taux de
renouvellement réellement imposé. Ces écarts sont dus aux variations brusques de
température d’air au moment du début de la surventilation qui génèrent des problèmes
numériques pour le calcul de la dérivée. Pour résoudre ce problème, il faudrait que
SPARK permette de considérer d’autres variables que celles qui sont liées aux
intégrateurs comme des variables dynamiques pour pouvoir appliquer une méthode de
résolution plus performante, ce dérivateur n’étant pas considéré de la même façon qu’un
intégrateur.
4 Inversion de modèles pour le suivi expérimental
4.2 Inversion d’un modèle complet de bâtiment
141
Conclusion
Ainsi, sur ces deux exemples, nous avons pu montrer l’intérêt d’utiliser SIMSPARK
pour réaliser un suivi expérimental en inversant le sens de résolution habituellement
adopté dans les simulations. L’inversion, rendue possible grâce à l’environnement de
simulation utilisé qui est basé sur les systèmes d’équations permet de retrouver la
capacité calorifique d’un matériau à changement de phase en mesurant les températures
d’air de part et d’autre de la plaque ainsi que les températures de surface. Nous avons
montré également qu’il était possible de calculer le taux de renouvellement d’air dans
un bâtiment en mesurant sa température intérieure ainsi que la puissance de chauffage
nécessaire à subvenir à ses besoins de chauffage. Ceci peut être particulièrement
intéressant dans un cas où la ventilation naturelle est utilisée et où le taux de
renouvellement d’air n’est pas connu a priori.
Cette façon d’inverser le problème est assez évidente en régime permanent mais
ne l’était pas en dynamique et nous avons pu montrer ici que grâce au développement
d’un dérivateur, on pouvait obtenir des résultats intéressants. Bien sûr, comme les
« résultats d’expérimentations » étaient en fait issus de simulations, on s’est placé dans
un cas très favorable pour ce genre d’étude et il faudrait maintenant vérifier dans la
pratique si cette approche peut fonctionner avec la même précision sur la base de
« vraies » valeurs expérimentales.
Chapitre IV : Intégration des modèles pour l’évaluation des bâtiments basse consommation.

142
5 Efficacité solaire d’un bâtiment
Nous avons vu que pour caractériser le comportement énergétique d’un bâtiment,
on utilise souvent comme critère ses besoins de chauffage, ses besoins de
rafraîchissement ou encore sa consommation totale en énergie primaire. Ces critères ne
permettent pas de quantifier l’effet du rayonnement solaire sur le bâtiment. C’est sur la
base de cette constatation que nous avons défini la notion d’efficacité solaire d’un
bâtiment.
5.1 Définition de l’efficacité solaire d’un bâtiment
Par définition, l’efficacité solaire d’un bâtiment est la part du flux solaire
atteignant le bâtiment qui est valorisée pendant une période donnée. Cette valorisation
peut prendre plusieurs formes ; le flux solaire peut servir à chauffer directement le
bâtiment de façon passive ou à l’éclairer, mais il peut aussi être utilisé de façon
indirecte s’il est capté par un panneau solaire thermique ou transformé en électricité par
un module photovoltaïque. L’énergie récupérée n’est, dans ce cas, pas forcément utile
au bâtiment mais elle entre quand même dans le cadre de la définition.
L’efficacité solaire est donc calculée comme la somme des efficacités dues à
chaque type d’utilisation :
bat passif active
e e e = +
(IV.6)
L’efficacité passive étant due aux apports concernant à la fois les besoins de
chauffage et d’éclairage alors que l’efficacité active est liée à tout système actif utilisant
l’énergie solaire. Pour chaque catégorie d’utilisation, l’efficacité est calculée comme
étant le rapport de l’énergie récupérée et de l’énergie totale qui atteint le bâtiment
pendant une période donnée :
périodeutile
énergiesolaireutile
énergiesolaire totalereçuepar lebâtiment
e
(
=
(
¸ ¸

(IV.7)
L’énergie solaire utile est définie pour chaque catégorie et doit toujours être
positive.
5 Efficacité solaire d’un bâtiment
5.2 Méthode de calcul de l’efficacité solaire
143
5.2 Méthode de calcul de l’efficacité solaire
Flux solaire arrivant sur le bâtiment
Pour pouvoir évaluer chacun des termes du calcul de l’efficacité solaire d’un
bâtiment, il faut premièrement évaluer la quantité d’énergie qui l’atteint dans une
période donnée. Pour cela, on peut utiliser les formules (III.3) à (III.14) qui permettent
de calculer le flux solaire arrivant sur une surface inclinée au cours du temps en
fonction de son inclinaison, son orientation par rapport au sud et des flux CLO directs et
diffus horizontaux donnés par les fichiers météo. On peut alors évaluer le flux CLO
arrivant sur chaque surface du bâtiment exposé aux rayons solaires (façades et toit). En
intégrant ce flux au cours du temps, on peut en déduire l’énergie reçue par le bâtiment
sur la période considérée.
Efficacité solaire passive thermique
L’efficacité solaire passive thermique du bâtiment caractérise la part de l’énergie
solaire frappant la maison qui est utile au bâtiment pour limiter ses besoins de chauffage
pendant une période donnée. Pour la calculer, on réalise deux simulations. La première
est une simulation dynamique classique pour évaluer les besoins de chauffage et de
refroidissement du bâtiment en fonction d’une température de consigne imposée. La
seule originalité de cette simulation réside dans le fait que l’on force la température du
bâtiment à se maintenir dans une zone pour laquelle 80% des utilisateurs du bâtiment
sont satisfaits du confort. On utilise la température de confort adaptatif présentée par
McCartney et Nicol (2002). On fixe comme température de consigne du chauffage la
température de confort adaptatif moins 3,5°C et comme température de consigne de
refroidissement la température de confort adaptatif plus 3,5°C. Ainsi, on peut connaître
à chaque instant la puissance de chauffage et de rafraîchissement qui serait nécessaire
au bâtiment pour se maintenir dans la zone de confort même si en pratique le bâtiment
n’est pas pourvu de climatisation. On réalise alors une seconde simulation avec les
mêmes contraintes sur la température intérieure mais cette fois-ci, on modifie le fichier
météo pour annuler à tout instant le rayonnement solaire. On obtient ainsi la puissance
de chauffage et de rafraîchissement qui serait nécessaire s’il n’y avait pas de soleil pour
se maintenir entre les bornes de température fixées. Différents cas de figure peuvent se
présenter (voir figure IV.25). Pour prendre en compte le fait que le soleil peut avoir un
effet négatif sur le confort (si le rafraîchissement est nécessaire), on considère que
l’énergie utile au bâtiment peut alors prendre des valeurs négatives.
Chapitre IV : Intégration des modèles pour l’évaluation des bâtiments basse consommation.

144

Figure IV.25 : Cas de figure possibles pour le calcul de l’efficacité solaire passive
Sur la figure IV.25, on peut voir que dans le premier cas, la puissance demandée
est positive avec ou sans soleil. Les températures sont donc, pour les deux simulations,
égales à la température de consigne basse. La simulation avec soleil donne bien sûr une
puissance de chauffage moins importante que sans soleil, l’efficacité doit donc être
positive. Dans le cas 5, la puissance demandée est négative dans la simulation avec
soleil (rafraîchissement), alors que sans soleil, on n’aurait pas besoin de rafraîchir
(puissance nulle), l’efficacité solaire est alors considérée comme négative. Pour prendre
en compte cette convention, la formule utilisée pour calculer l’énergie récupérée est la
suivante :
, 0
sans soleil avec soleil
période
utile
Energie solaireutile max P P dt
| | (
|
(
| = ÷
(
|
(
|
(
¸ ¸ \ .
}

(IV.8)
L’intégration sur la période considérée de la différence entre les valeurs absolues
des puissances obtenues dans les deux simulations donne donc une estimation de
l’énergie solaire passive utile au bâtiment qui peut être positive ou négative selon les
cas. Il ne reste plus qu’à diviser cette énergie, si elle est positive, par l’énergie totale
reçue par le bâtiment (formule (IV.7)) pour obtenir la part passive de l’efficacité solaire.
5 Efficacité solaire d’un bâtiment
5.3 Etude de cas : maison individuelle de la plateforme INCAS
145
Efficacité solaire passive pour l’éclairage
Pour évaluer l’énergie solaire utile pour l’éclairage, on procèdera de la même
manière que pour l’énergie solaire utile thermique, c'est-à-dire qu’on réalise deux
simulations pour connaître la consommation due au poste éclairage dans un cas avec
soleil et dans un autre cas sans soleil. On peut ensuite utiliser la formule (IV.8) dans
laquelle les valeurs absolues sont superflues pour calculer l’énergie solaire due à
l’éclairage et en déduire l’efficacité solaire associée par la formule (IV.7).
Efficacité solaire active : panneaux photovoltaïques
Pour évaluer la partie de l’efficacité solaire de la maison due aux panneaux
photovoltaïques, on considère très simplement que l’énergie solaire utile est égale à
l’énergie électrique récupérée sur une période donnée. On peut donc appliquer la
formule suivante :
périodeutile
énergiesolaire totalereçuepar lebâtiment
elec
période utile
PV
P dt
e
·
=
}

(IV.9)
Efficacité solaire active : capteurs solaires thermiques
Ce cas est beaucoup plus complexe à étudier puisqu’il existe un grand nombre de
configurations utilisant des capteurs solaires thermiques (planchers solaires directs
(PSD), chauffe-eau solaire individuel (CESI) etc.) qui nécessitent des méthodes de
calcul qui peuvent être différentes. On cherchera donc pour chaque cas la meilleure
définition de l’énergie solaire utile. Dans le cas d’un CESI, on réalise une simulation
classique du système et une avec un système de référence qui aurait les mêmes
fonctions mais sans panneaux solaires (exemple : un chauffe-eau électrique). On définit
alors l’efficacité solaire utile comme étant la différence entre la consommation du
système de référence et la consommation de l’appoint du CESI. On peut alors évaluer
l’efficacité solaire du CESI encore une fois par la formule (IV.8).
5.3 Etude de cas : maison individuelle de la plateforme INCAS
Ce paragraphe présente l’application de la notion d’efficacité solaire d’un
bâtiment dans le cas de la maison de la plateforme INCAS en béton avec isolation
extérieure. Cette maison est couverte de panneaux photovoltaïques sur le pan sud de sa
Chapitre IV : Intégration des modèles pour l’évaluation des bâtiments basse consommation.

146
toiture (inclinaison 30°) et possède 8 m² de panneaux solaires thermique intégrés en
garde corps du balcon de l’étage dont 4 m² serviront pour l’instant à alimenter un CESI
les 4 m² restants pourront servir plus tard à d’autres applications (système solaire
combiné etc.). L’étude n’est donc menée pour l’instant que sur le cas du CESI seul. Le
calcul de l’efficacité solaire de la maison est effectué en considérant la météorologie de
Chambéry.
Flux solaire arrivant sur le bâtiment
Le tableau IV.9 présente la répartition du flux solaire sur les différentes parties du
bâtiment pendant différentes périodes de l’année.
Année
complète
Période
hivernale (20
nov. - 8 mars)
Période
estivale (1 mai
- 15 sept.)
Période
d'intersaison
226442 31558 129853 71931
référence 13.9% 57.3% 31.8%
pan de toiture sud 29.4% 31.7% 28.1% 30.8%
pan de toiture nord 18.8% 10.9% 22.8% 14.5%
façade est 10.1% 8.7% 10.8% 9.2%
façade sud 18.1% 28.0% 13.8% 22.3%
façade ouest 15.5% 13.8% 15.6% 15.9%
façade nord 8.1% 6.9% 8.8% 7.4%
Répartition temporelle
R
é
p
a
r
t
i
t
i
o
n

s
p
a
t
i
a
l
e
Energie totale reçue [kW.h]
Période considérée

Tableau IV.9 : Répartition du flux solaire à la surface d’une maison de la plateforme INCAS
Premièrement, on peut constater que l’énergie totale reçue par le bâtiment pendant
la période hivernale qui correspond à la période de chauffe est de plus de 30 000 kW.h ;
sachant que le bâtiment a des besoins de chauffage d’un peu moins de 2 000 kW.h, on
voit que le rapport est d’environ 15. Sur l’année complète, le bâtiment reçoit environ
200 000 kW.h, soit 100 fois ce qu’il faut pour couvrir ses besoins de chauffage. On peut
voir également que la partie la plus ensoleillée est le pan de toiture sud qui capte
environ 30% de l’énergie solaire totale arrivant sur le bâtiment quelle que soit la saison.
La différence entre les valeurs relevées sur les façades est et ouest est due aux masques
lointains mais également au fait que le brouillard est souvent présent le matin dans la
zone de construction de la maison qui se situe juste à côté de la station météo utilisée.
Efficacité solaire passive de la maison
Dans cette étude de cas, la partie due à l’éclairage n’a pas été étudiée. Pour
évaluer l’efficacité solaire passive de la maison, on réalise donc une simulation de son
5 Efficacité solaire d’un bâtiment
5.3 Etude de cas : maison individuelle de la plateforme INCAS
147
comportement classique et une simulation sans soleil avec les modèles développés dans
la plateforme SIMSPARK.

Figure IV.26 : Comportement de la maison avec ou sans soleil l’été
Sur la figure IV.26, on peut voir le comportement de la maison pendant trois jours
en été. On remarque que la température intérieure sans soleil est la plupart du temps
égale à la température de consigne basse et qu’avec soleil, elle atteint parfois la
température de consigne haute. On a donc des moments pendant lesquels le
rafraîchissement est nécessaire dans le cas où le soleil frappe la maison ce qui entraîne
une baisse de l’efficacité.

(a) Période d’intersaison (b) Période d’hiver
Figure IV.27 : Comportement de la maison avec ou sans soleil
Sur la figure IV.27, on peut voir qu’en hiver et en intersaison, la température
intérieure sans soleil est toujours égale à la température de consigne basse alors que la
température intérieure avec soleil peut la dépasser de quelques degrés. Dans ces deux
configurations, on obtient une puissance de chauffage supérieure pour la simulation
sans soleil et donc logiquement une efficacité positive.
Chapitre IV : Intégration des modèles pour l’évaluation des bâtiments basse consommation.

148
Période Année Hiver Intersaison Eté
Efficacité solaire passive 2.7% 6.7% 3.4% 1.2%

Tableau IV.10 : Efficacité solaire passive d’une maison de la plateforme INCAS
Le tableau IV.10 présente les résultats du calcul de l’efficacité solaire passive de
la maison selon la période considérée. On se rend compte que sur l’année, seul 2.7% du
flux solaire atteignant la maison est utile de façon passive. Sur la saison hivernale, ce
pourcentage monte à 6.7% tandis qu’en été il descend à 1.2%. Il est intéressant de
comparer ces résultats à ceux d’une maison moins performante. Nous avons donc
réalisé l’étude pour une maison de la même géométrie mais d’un plus faible niveau
d’isolation (10 cm) et utilisant une ventilation simple flux. Les besoins de chauffage de
cette maison s’élèvent à 45 kW.h/(m².an).
Période Année Hiver Intersaison Eté
Efficacité solaire passive 3.5% 7.1% 5.0% 1.6%

Tableau IV.11 : Efficacité solaire passive d’une maison moins performante
On peut voir que l’efficacité solaire d’une maison qui est moins performante est
plus importante quelle que soit la période considérée. Ce résultat peut se comprendre
par le fait qu’on a des périodes pour lesquelles, dans le bâtiment performant, les apports
solaires ne servent plus qu’à améliorer le confort (la température intérieure est
supérieure à la température de consigne basse) alors que pour le bâtiment moins
performant, les apports solaires servent à maintenir la température de consigne,
l’énergie solaire utile étant alors non nulle.
Le calcul de l’efficacité solaire passive thermique peut servir à comparer deux
solutions constructives qui conduisent aux mêmes besoins de chauffage. La solution qui
a la plus grande efficacité solaire passive est celle qui utilise le mieux les apports
gratuits alors que l’autre se sert plutôt par exemple de plus d’isolant pour en arriver aux
mêmes besoins de chauffage.
Efficacité solaire active de la maison
Nous avons tout d’abord étudié la part de l’efficacité solaire due aux panneaux
solaires photovoltaïques. Un modèle simple a été utilisé pour évaluer la puissance
délivrée par ces panneaux. Dans ce modèle, on considère que le rendement du capteur
décroît avec sa température d’un pourcentage de perte de rendement constant tous les
degrés (voir formule (IV.10)). Ce coefficient de perte de rendement est une donnée
5 Efficacité solaire d’un bâtiment
5.3 Etude de cas : maison individuelle de la plateforme INCAS
149
fournie par le constructeur tout comme le rendement dans les conditions standard de test
(STC
1
)
( ) ( )
,
1 25
PV PV STC PV
perte T
q
q q = ÷ ÷ · ÷
(IV.10)
Pour calculer la température du panneau, on utilise le « modèle NOCT
2
»
(présenté dans: Amy de la Breteque 2006) qui permet de la déterminer en fonction du
rendement du panneau, de la température d’air extérieure, de l’éclairement et des
caractéristiques optiques du verre utilisé.
( )
, r CLO
PV
PV a
q
1
T T NOCT 20
800
q
t o
''
÷ | |
= + · · ÷
|
·
\ .

(IV.11)
Connaissant le rendement du capteur, on peut alors calculer la puissance
électrique qu’il est capable de fournir par la relation (IV.5)
elec PV CLO
P q q = ·
(IV.12)
Au final, pour la surface de panneaux que possède la maison de la plateforme
INCAS (50 m² sur le pan de toiture sud) et en considérant un rendement dans les
conditions standard de test (STC) de 14.1%, on trouve les résultats suivants :
Période Année Hiver Intersaison Eté
Efficacité solaire photovoltaïque 4.0% 4.7% 4.3% 3.7%

Tableau IV.12 : Efficacité solaire photovoltaïque d’une maison
de la plateforme INCAS (50 m² de capteurs)
On peut voir que l’efficacité solaire photovoltaïque est plus importante en hiver
qu’en été, ce qui est logique car le rendement des panneaux est plus faible à hautes
températures (été) ; elle reste quand même toute l’année bien plus régulière que
l’efficacité solaire passive.
Le calcul de l’efficacité solaire des capteurs thermiques a été réalisé à l’aide de
TRANSOL qui est un logiciel spécifique dérivé de TRNSYS et développé par le CSTB
pour la prédiction des performances thermiques des installations de production d’eau
chaude solaire. Ce logiciel permet de simuler de façon dynamique le comportement
d’un CESI.

1
Température de cellule de 25°C et éclairement de 1000W.
2
NOCT signifie Normal Operating Cell Temperature et correspond à la température qu’a le panneau dans
les conditions standard de fonctionnement (SOC pour Standard Operating Conditions) c'est-à-dire une
température extérieure de 20°C, un éclairement de 800W et une vitesse d’air de 1m/s.
Chapitre IV : Intégration des modèles pour l’évaluation des bâtiments basse consommation.

150
Période Année Hiver Intersaison Eté
Efficacité solaire capteurs
solaires thermiques
0.4% 0.8% 0.4% 0.2%

Tableau IV.13 : Efficacité solaire active thermique d’une maison
de la plateforme INCAS (4 m² de capteurs)
On peut voir que l’efficacité due aux capteurs solaires thermiques est très faible
de par le fait que la surface de capteur utilisée est elle aussi très faible par rapport à la
surface totale du bâtiment qui reçoit le flux solaire.
Efficacité solaire totale de la maison
En ajoutant les efficacités active et passive, on obtient les résultats suivants :
Période Année Hiver Intersaison Eté
Efficacité solaire passive
(thermique uniquement)
2.7% 6.7% 3.4% 1.2%
Efficacité solaire photovoltaïque
(50 m² de capteurs)
4.0% 4.7% 4.3% 3.7%
Efficacité solaire CESI (4 m² de
capteurs)
0.4% 0.8% 0.4% 0.2%
Efficacité solaire totale 7.1% 12.2% 8.1% 5.2%

Tableau IV.14 : Efficacité solaire totale d’une maison de la plateforme INCAS
On peut voir dans le tableau IV.14 que la part du photovoltaïque dans l’efficacité
solaire du bâtiment est prépondérante, ce qui est dû au fait que les panneaux couvrent
entièrement le pan de toiture sud qui reçoit 30% du rayonnement solaire annuel. Sur la
période d’hiver, on voit quand même que la part passive de l’efficacité solaire est
supérieure à la part active. On peut voir également dans la dernière ligne du tableau que
l’efficacité solaire totale de la maison est bien plus importante en hiver qu’en été ce qui
est dû au fait que les capteurs solaires fonctionnent mieux à basse température et que les
besoins en énergie solaire passive sont plus forts.
Conclusion
Dans cette partie, nous avons donné une définition de l’efficacité solaire d’un
bâtiment qui représente la part du soleil atteignant la maison qui est valorisée soit de
façon passive (chauffage, éclairage), soit de façon active (production d’eau chaude ou
d’électricité). Il faut bien voir que ce n’est pas parce qu’un bâtiment a une efficacité
solaire importante qu’il est performant, c’est pourquoi il est important de la mettre en
5 Efficacité solaire d’un bâtiment
5.3 Etude de cas : maison individuelle de la plateforme INCAS
151
balance avec d’autres grandeurs qui caractérisent le comportement du bâtiment telles
que les besoins de chauffage, de rafraîchissement etc. On peut imaginer se servir de ce
nouveau critère pour évaluer des solutions constructives qui privilégient les apports
solaires dans les bâtiments telles que les isolants transparents par exemple.

152
6 Conclusion
Dans ce chapitre, nous avons présenté quelques applications concrètes de
l’utilisation des modèles développés au cours de ce travail qui montrent l’intérêt
d’utiliser un environnement de simulation performant pour la simulation globale du
comportement thermique de bâtiments basse consommation.
Dans un premier temps, nous avons évalué l’effet de l’intégration de plaques de
MCP en parement intérieur d’une maison basse consommation. Nous avons vu que dans
le cas étudié, la présence de ces plaques n’influençait quasiment pas les besoins de
chauffage du bâtiment et que la température de fusion choisie pour le MCP n’était pas
optimale pour augmenter le confort en été. Une étude menée dans ce cas en faisant
varier la température de fusion a montré que le confort est maximal pour un changement
de phase à 29°C.
Dans un deuxième temps, nous avons étudié l’effet de la prise en compte de la
tache solaire sur le comportement thermique d’un bâtiment basse consommation. Nous
avons vu que si le bâtiment a une forte inertie, la prise en compte de la tache solaire
dans le calcul se justifie. En considérant par exemple que tous le flux arrivant par la
fenêtre est projeté au sol, les besoins de chauffages de la pièce à l’étage vont être
surestimés et ceux de la pièce du bas seront sous-estimés, ce qui n’est pas le cas avec
des bâtiments légers. La prise en compte de la position de la tache solaire peut se faire
directement par un calcul à chaque pas de temps ou par un pré-calcul du pourcentage de
flux atteignant chaque surface pendant la saison de chauffe, les résultats étant
sensiblement identiques.
Nous avons ensuite présenté le couplage du modèle d’échangeur air-sol avec celui
du bâtiment et ainsi étudié l’impact de la mise en place de ce système sur le
comportement en été et en hiver d’une maison basse consommation. Nous avons alors
pu nous rendre compte que dans le cas du bâtiment basse consommation étudié,
l’échangeur air-sol apporte bien un surplus de confort en été, mais que son efficacité est
assez faible en hiver du fait de la présence de la ventilation double flux qui a un peu le
même rôle de préchauffage de l’air que lui.
L’étude suivante avait pour but de montrer l’intérêt d’utiliser un environnement
de simulation basé sur les systèmes d’équations pour sa capacité à inverser le sens de
résolution des problèmes en l’appliquant au suivi expérimental. Ce principe a été
appliqué à l’étude de l’évolution de la capacité calorifique d’une plaque de matériaux à
changement de phase ainsi qu’à l’étude du taux de renouvellement d’air dans une
maison à partir de la mesure de la température intérieure et de la puissance de
chauffage. Nous avons montré qu’en partant de résultats de simulations (expériences
6 Conclusion

153
fictives), la précision obtenue est satisfaisante ; il reste maintenant à vérifier si dans un
cas expérimental réel les résultats peuvent être aussi corrects.
Nous avons enfin présenté le concept d’efficacité solaire d’un bâtiment qui utilise
le fait que la simulation peut étudier des phénomènes qui physiquement n’ont pas lieu
(bâtiment soumis à une sollicitation extérieure sans ensoleillement pendant une année)
pour évaluer la capacité du bâtiment à utiliser le rayonnement solaire qu’il reçoit. Nous
avons vu que la récupération d’énergie pouvait être passive (thermique ou éclairage) ou
active (avec des capteurs solaire) et que la part de ces deux types de récupération
pouvait être équilibrée sur l’année.
Ces cinq études ont été appliquées à des cas bien particuliers et n’ont pas pour but
de tirer des conclusions sur les phénomènes considérés mais plutôt sur l’intérêt de
l’environnement de simulation utilisé. Nous avons pu voir que, grâce à celui-ci, le
couplage des modèles ne posait pas de problème car il s’agit juste de connecter entre
elles les variables communes des différents systèmes d’équations utilisés. Le module
d’assemblage d’équations de SPARK permet ensuite de trouver la méthode de résolution
du système complet la plus adaptée, ce qui nous affranchit de la réflexion sur la manière
de résoudre numériquement le problème physique posé. Nous avons vu également
l’intérêt du fait qu’il soit basé sur les systèmes d’équations pour permettre l’inversion de
modèles.

154



155
Conclusions et perspectives
L’objectif de ce travail était de montrer l’intérêt de l’utilisation d’une plateforme
de simulation performante dans l’étude du comportement énergétique des bâtiments
basse consommation.
Dans la première partie, nous avons vu que l’analyse du cycle de vie permet de se
rendre compte de la part importante que représentent les consommations de chauffage et
de rafraîchissement d’un bâtiment sur son impact environnemental global par rapport
aux autres postes de consommation. Nous avons montré l’importance de capter, de
stocker et de restituer efficacement l’énergie solaire qu’un bâtiment reçoit pour limiter
ses besoins voire aller vers des bâtiments sans aucun système de chauffage. Cette partie
nous a également permis de montrer que la simulation a un rôle important à jouer pour
aller vers des conceptions innovantes et remettre en cause dans certains cas les règles de
l’art qui sont issues de retours d’expériences réalisées dans des conditions climatiques
spécifiques.
Nous avons ensuite présenté les besoins des chercheurs en terme
d’environnements de simulation qui leur permettent de développer des connaissances
sur les bâtiments basse consommation de façon efficace et adaptée, le but étant de
choisir parmi les outils existants celui qui est le plus approprié pour notre travail. Il s’est
avéré que le choix d’un environnement orienté objet basé sur les systèmes d’équations
était judicieux pour profiter de ses propriétés de modularité, de lisibilité, de non
orientation des modèles mais aussi pour la robustesse des solveurs qu’il utilise.
L’environnement SIMSPARK a été choisi pour mener ce travail car il semble répondre à
la plupart des exigences requises.
Dans une troisième partie, nous avons présenté les modèles qui ont été intégrés
dans la plateforme SIMSPARK au cours de ce travail. Un modèle de plaques contenant
des matériaux à changement de phase a permis de montrer la robustesse des méthodes
de calcul utilisées ainsi que les facilités offertes par le fait que l’environnement est basé
sur les systèmes d’équations. Un modèle de prise en compte de l’effet du rayonnement
CLO dans le bâtiment considérant la position de la tache solaire et un modèle
d’échangeur air-sol basé sur la méthode des facteurs de réponse ont été développés pour
montrer les avantages de l’environnement utilisé.
Dans la dernière partie, ces modèles ont été utilisés au sein de simulations plus
globales du comportement thermique des bâtiments basse consommation montrant ainsi
l’utilité de l’environnement orienté objet, le couplage se faisant directement par les
variables. La robustesse des méthodes de calcul utilisées et la non orientation des
modèles spécifique aux environnements basés sur les systèmes d’équations nous ont
Conclusions et perspectives

156
permis d’inverser un modèle de matériaux à changement de phase et un modèle complet
de bâtiment dans le cadre d’un suivi expérimental fictif.
La validation par l’expérimentation des modèles utilisés pour simuler les
bâtiments basse consommation est essentielle pour pouvoir justifier l’utilisation de la
simulation numérique dans l’étude de leur comportement énergétique. A cet effet, la
plateforme INCAS de l’INES nous permettra de disposer d’un support expérimental
dans lequel l’ensemble des paramètres non mesurables seront maîtrisés pour pouvoir
comparer les résultats de simulation et les résultats expérimentaux sur une base
parfaitement connue.
Les résultats présentés ici en terme d’exploitation de modèles sont issus de cas
particuliers au niveau des caractéristiques de bâtiments et de systèmes étudiés mais
aussi au niveau des contraintes météorologiques subies. Il s’agira de réaliser des études
paramétriques de manière à tirer des conclusions plus générales sur les comportements
étudiés. On pense par exemple au cas du couplage de l’échangeur air-sol et de la
ventilation double flux qui s’est avéré dans le cas étudié peu efficace en hiver mais qui
devrait être testé dans d’autres conditions.
Un travail reste également à faire afin d’exploiter l’environnement SIMSPARK
pour permettre le traitement des données expérimentales en temps réel afin de prédire le
comportement du bâtiment, de suggérer à l’utilisateur les actions les plus adaptées pour
limiter ses consommations énergétiques et d’analyser les dysfonctionnements éventuels.
L’utilisation d’énergies renouvelables telles que l’électricité photovoltaïque étant
justifiée dans les bâtiments basse consommation, on voit souvent cohabiter deux types
d’énergies : l’énergie thermique et l’énergie électrique. Une bonne gestion des sources
d’énergie en fonction des besoins, du confort et des conditions météorologiques
permettrait de faire baisser les consommations globales du bâtiment et d’en limiter les
pics. Les phénomènes pouvant être physiquement couplés, il faudra être capable de les
coupler aussi au niveau des environnements de simulation qui existent dans ces deux
domaines. Ce couplage se fera peut être par l’intermédiaire de l’environnement
MODELICA dont SPARK pourrait bientôt devenir le solveur (Wetter et al. 2008).
L’environnement développé permettra une étude approfondie concernant la
gestion des apports gratuits dans les bâtiments basse consommation afin d’acquérir une
meilleure connaissance des phénomènes dynamiques de captation, stockage et
restitution de l’énergie solaire. La notion d’efficacité solaire des bâtiments définie dans
ce travail permettra de comparer les différentes solutions qui pourraient se dégager de
ces études.


157
Bibliographie
Adalberth, K. (1997). "Energy use during the life cycle of single-unit dwellings: Examples." Building and
Environment 32(4): 321-329. http://www.sciencedirect.com/science/article/B6V23-3SMT80B-
5/1/e5454e26fa8d986eae2d2ec539f461be
Adalberth, K. (2000). "Energy use in four multi-family houses during their life cycle." International
Journal of Low Energy and Sustainable Buildings 1.
http://www.byv.kth.se/avd/byte/leas/view_article.asp?param=ID&data=6
Allard, F., C. Inard et A. Roldan (1985). Caractérisation théorique et expérimentale du comportement
thermique d'une cellule d'habitation perturbée par des rayonnements de courtes et grandes longueurs
d'onde. CNRS PIRSEM, Paris (Commanditaire); INSA de Lyon. LEH,
Amy de la Breteque, E. (2006). Etude du comportement thermique de modules photovoltaïques en vue de
la prédiction de leur production électrique sur site. Thèse de doctorat. Université de Provence. 280.
Badescu, V. (2007). "Simple and accurate model for the ground heat exchanger of a passive house."
Renewable Energy 32(5): 845-855. http://www.sciencedirect.com/science/article/B6V4S-4JTR8YR-
1/2/01ebab5f7c3293fbdb37b61dca0d023c
Badescu, V. et B. Sicre (2003). "Renewable energy for passive house heating: II. Model." Energy and
Buildings 35(11): 1085-1096. http://www.sciencedirect.com/science/article/B6V2V-4B3F5D2-
3/2/b1ee447ad349c6a2d198dfbf3fb8aa7f
Bojic, M., N. Trifunovic, G. Papadakis et S. Kyritsis (1997). "Numerical simulation, technical and
economic evaluation of air-to-earth heat exchanger coupled to a building." Energy 22(12): 1151-1158.
http://www.sciencedirect.com/science/article/B6V2S-3SN7B0F-
4/2/ff70324e97d21e96fb4440b83600de5b
Boulard, T., E. Razafinjohany et A. Baille (1989a). "Heat and water vapour transfer in a greenhouse with
an underground heat storage system part I. Experimental results." Agricultural and Forest Meteorology
45(3-4): 175-184. http://www.sciencedirect.com/science/article/B6V8W-4894NK3-
9Y/2/2aff40e9d2b191a7dd94a8ce314783e0
Boulard, T., E. Razafinjohany et A. Baille (1989b). "Heat and water vapour transfer in a greenhouse with
an underground heat storage system part II. Model." Agricultural and Forest Meteorology 45(3-4): 185-
194. http://www.sciencedirect.com/science/article/B6V8W-4894NK3-
B0/2/23e301cec094260309e45515a072a914
Bourdoukan, P. (2008). Etude numérique et expérimentale destinée à l’exploitation des techniques de
rafraîchissement par dessiccation avec régénération par énergie solaire. Thèse de doctorat. Université
de La Rochelle.
Bryn, I. et P. A. Schiefloe (1996). Atrium models for the analysis of thermal comfort and energy use. A
report of task 12 Building Energy Analysis and Design Tools for Solar Applications. Project A.3
Atrium Model Development., International Energy Agency, S. H. a. C. program, http://www.iea-
shc.org/publications/category.aspx?CategoryID=17
Carrié, R., R. Jobert, M. Fournier et H. V. Elslande (2006). Perméabilité à l’air de l’enveloppe des
bâtiments. Généralités et sensibilisation. CETE de Lyon, http://www.cete-
lyon.equipement.gouv.fr/home_fichiers/domainesactivite/auhc/generalites_et_sensibilisationv2.32-
600dpi.pdf
Chlela, F. (2008). Développement d’une méthodologie de conception de bâtiments à basse consommation
d’énergie. Thèse de doctorat. Université de La Rochelle. 302 p. http://tel.archives-ouvertes.fr/tel-
00271813/en/
Chlela, F., A. Husaunndee, C. Inard et P. Riederer (2007). "Numerical evaluation of earth to air heat
exchangers and heat recovery ventilation systems." The International journal of ventilation 6(1).
http://www.ijovent.org.uk/IJV%20Vol%206/IJV%20V6%20No%201/IJV%20Abstracts%20Vol%206
%20No%201%20Paper%203.htm
Chuard, D. (1992). Solar distribution computing program. IEA Task 12 Project A 3 - ATRIA, SORANE
SA
Bibliographie

158
Clarke, J. A. (1985). The ESP system: towards a neuw generation of building energy analysis program.
Dans les actes de: Building simulation, Berkeley (California, USA).
http://www.ibpsa.org/proceedings/BS1985/BS85_215_227.pdf
Cordeiro Mendonça, K. (2004). Modélisation thermo-hydro-aéraulique des locaux climatisés selon
l'approche zonale (prise en compte des phé nomè nes de sorption d'humidité). Thèse de doctorat.
Université de la Rochelle. 134 p.
Crawley, D. B., J. W. Hand, M. Kummert et B. T. Griffith (2008). "Contrasting the capabilities of
building energy performance simulation programs." Building and Environment 43(4): 661-673.
http://www.sciencedirect.com/science/article/B6V23-4MH8B8B-
5/2/5a3e247ef73a4eef5a15070ae78e5259
CSTB (2007). Comparaison internationale bâtiment et énergie. Rapport final, PREBAT, ADEME,
PUCA, http://www.prebat.net/benchmark/benchmark.html
Davis, T. A. (2004). "A column pre-ordering strategy for the unsymmetric-pattern multifrontal method."
ACM Transactions on Mathematical Software 30(no. 2): 165-195.
http://doi.acm.org/10.1145/992200.992205
De Paepe, M. et A. Janssens (2003). "Thermo-hydraulic design of earth-air heat exchangers." Energy and
Buildings 35(4): 389-397. http://www.sciencedirect.com/science/article/B6V2V-47BXB66-
1/2/529ecb15791419aea74a72782ec42e2d
Eckel, B. (2002). Thinking in Java, Prentice-Hall, http://www.mindview.net/Books/TIJ/
Feist, W. (2006). Passive House Standard Ŕ A Proven Energy Saver, Passivhaus Institut.
http://www.passivhaustagung.de/Passive_House_E/Passivehouse_measured_consumption.html
Feldman, D., D. Banu, D. Hawes et E. Ghanbari (1991). "Obtaining an energy storing building material
by direct incorporation of an organic phase change material in gypsum wallboard." Solar Energy
Materials 22(2-3): 231-242. http://www.sciencedirect.com/science/article/B7571-4829W33-
GG/2/a53e90fdc1bc7f340cf2a6ddfcf50f24
Flory-Celini, C. (2008). Modélisation et positionnement de solutions bioclimatiques dans le bâtiment
résidentiel existant. thèse de doctorat. l’Université Lyon 1 Claude Bernard. Lyon, 365 p.
Gauthier, C., M. Lacroix et H. Bernier (1997). "Numerical simulation of soil heat exchanger-storage
systems for greenhouses." Solar Energy 60(6): 333-346.
http://www.sciencedirect.com/science/article/B6V50-3SN62GN-
3/2/1601200747ff495661e05d8bfe743e76
Ghosal, M. K. et G. N. Tiwari (2006). "Modeling and parametric studies for thermal performance of an
earth to air heat exchanger integrated with a greenhouse." Energy Conversion and Management 47(13-
14): 1779-1798. http://www.sciencedirect.com/science/article/B6V2P-4HK03C8-
2/2/1832b605019eacb453415a5ce3edfa6f
Giardina, J. J. (1995). Evaluation of ground coupled heat pumps for the state of wisconsin. Masters of
science. University of Wisconsin-Madison. http://digital.library.wisc.edu/1793/7799
Gnielinski, V. (1975). "Neue Gleichungen für den Wärme- und den Stoffübergang in turbulent
durchströmten Rohren und Kanälen." Forsch. Ing.-Wes. 41((1)): 8-15.
Hawes, D. W., D. Banu et D. Feldman (1990). "Latent heat storage in concrete. II." Solar Energy
Materials 21(1): 61-80. http://www.sciencedirect.com/science/article/B7571-4829W2F-
G0/2/6c283eac12489aeb8cc759121c8bf592
Hensen (1995). Modelling coupled heat and air flow: ping-pong Vs onions. Dans les actes de: 16th AIVC
conference, PalmSpring, USA. http://www.esru.strath.ac.uk/Documents/pp_vs_onions.pdf
Hoh, A., T. Haase, T. Tschirner et D. Müller (2005). A combined thermo-hydraulic approach to
simulation of active building components applying Modelica. Dans les actes de: the 4th International
Modelica Conference, March 7-8, Hamburg (Allemagne).
http://www.modelica.org/events/Conference2005/online_proceedings/Session6/Session6b2.pdf
Hollmuller, P. (2002). Utilisation des échangeurs air/sol pour le chauffage et le rafraîchissement des
bâtiments. Mesures in situ, modélisation analytique, simulation numérique et analyse systémique. Thèse
de doctorat. Faculté des Sciences de l'Université de Genève. Genève, 176 p.
http://www.unige.ch/cyberdocuments/theses2002/HollmullerP/these_front.html
Bibliographie
159
Hollmuller, P. (2003). "Analytical characterisation of amplitude-dampening and phase-shifting in air/soil
heat-exchangers." International Journal of Heat and Mass Transfer 46(22): 4303-4317.
http://www.sciencedirect.com/science/article/B6V3H-49322HC-
1/2/dbbf4f9ae69f85225f01c124377d7d75
IEA-A17 (2005). Implementing agreement on energy conservation through energy storage. Annex 17,
Final report Agence Internationale de l'Energie,
http://www.fskab.com/annex17/FINAL%20REPORT.pdf
IEA-A44 (2005). PCM (Phase Change Materials), state of art. ECBCS - Annex 44, subtask A:
responsive building elements, Agence Internationalle de l'énergie, http://annex44.civil.aau.dk/
Joelsson, A. et L. Gustavsson (2008). A Life Cycle Energy Perspective on the Passive House Concept.
Dans les actes de: The First International Conference on Building Energy and Environment, Dalian
(Chine). http://bechtelrh.colorado.edu/ceae/cobee/publications.htm
Judkoff, R. et J. Neymark (1995). International Energy Agency building energy simulation test
(BESTEST) and diagnostic method. Technical report. NREL/TP--472-6231, International Energy
Agency, http://apps1.eere.energy.gov/buildings/tools_directory/doe_sponsored_bestest.cfm
Keilholz, W. et P. Sette (2005). Les évolutions de TRNSYS - La version 16. Dans les actes de: Journée
thématique SFT-IBPSA, La Rochelle. http://perso.univ-lr.fr/fcherqui/IBPSAmars/textes/AM1-05-
Abadie.pdf
Kumar, R., S. Ramesh et S. C. Kaushik (2003). "Performance evaluation and energy conservation
potential of earth-air-tunnel system coupled with non-air-conditioned building." Building and
Environment 38(6): 807-813. http://www.sciencedirect.com/science/article/B6V23-48CFFG8-
1/2/3c57b4e4587622ea430dab9037457264
Kuznik, F., J. Virgone et J.-J. Roux (2008). "Energetic efficiency of room wall containing PCM
wallboard: A full-scale experimental investigation." Energy and Buildings 40(2): 148-156.
http://www.sciencedirect.com/science/article/B6V2V-4N2D2TF-
1/2/b8ba18454870893680fd96419b7b0f6d
Lawrence Berkeley National Laboratory (2007). EnergyPlus engineering reference; The reference to
EnergyPlus calculations, 881 p.
http://www.eere.energy.gov/buildings/energyplus/pdfs/engineeringreference.pdf
Lawrence Berkeley National Laboratory et Ayres Sowell Associates Inc (2003). SPARK 2.0 reference
manual, 188 p. http://simulationresearch.lbl.gov/VS201/doc/SPARKreferenceManual.pdf
Lin, K., Y. Zhang, X. Xu, H. Di, R. Yang et P. Qin (2005). "Experimental study of under-floor electric
heating system with shape-stabilized PCM plates." Energy and Buildings 37(3): 215-220.
http://www.sciencedirect.com/science/article/B6V2V-4D67C1C-
1/2/4804e94da8df7c0f32d7b628f2546b67
Maalouf, C. (2006). Etude du potentiel de rafraîchissement d'un sytè me é vaporatif à dé sorption avec
régénération solaire. Thèse de doctorat. Université de la Rochelle. 196 p. http://tel.archives-
ouvertes.fr/tel-00134779/en/
McAdams, W. H. (1954). Heat Transmission, McGraw-Hill New York-London,
McCartney, K. J. et J. F. Nicol (2002). "Developing an adaptive control algorithm for Europe." Energy
and Buildings 34(6): 623-635. http://www.sciencedirect.com/science/article/B6V2V-45B66DG-
4/2/590b06c8e72fa8454d52c91af8954f77
Mihalakakou, G., M. Santamouris et D. Asimakopoulos (1994). "Modelling the thermal performance of
earth-to-air heat exchangers." Solar Energy 53(3): 301-305.
http://www.sciencedirect.com/science/article/B6V50-49GTP0G-
9/2/90d814b5544508702e1b528a87d87899
Mora, L. (2003). Prédiction des performances thermo-aérauliques des bâtiments par association de
modèles de différents niveaux de finesse au sein d'un environnement orienté objet. Thèse de doctorat.
Université de la rochelle. 196 p. http://tel.archives-ouvertes.fr/tel-00003984/en/
Musy, M. (1999). Génération automatique de modèles zonaux pour l'étude du comportement thermo-
aéraulique des bâtiments. Thèse de doctorat. Université de la Rochelle. 257 p.
Bibliographie

160
Nataf, J.-M. (1995). "A direct translator from neutral model format to the SPARK simulation
environment." Energy and Buildings 23(2): 131-139.
http://www.sciencedirect.com/science/article/B6V2V-3VV9GF1-
7/2/988f709159ddd2caec88f9ea4f001819
Neymark, J. et R. Judkoff (2002). International Energy Agency building energy simulation test and
diagnostic method for heating, ventilating, and air-conditioning equipment models (HVAC BESTEST).
Volume 1: Cases E100ŔE200, Technical Report. NREL/TP-550-30152, International Energy Agency,
http://apps1.eere.energy.gov/buildings/tools_directory/doe_sponsored_bestest.cfm
Noël, J., J.-J. Roux et J. Virgone (2005). Présentation et perspectives du logiciel Codyba. Dans les actes
de: Journée thématique SFT-IBPSA, mars 2005. http://perso.univ-
lr.fr/fcherqui/IBPSAmars/textes/AM1-01-Noel.pdf
Ole Fanger, P. et J. Toftum (2002). "Extension of the PMV model to non-air-conditioned buildings in
warm climates." Energy and Buildings 34(6): 533-536.
http://www.sciencedirect.com/science/article/B6V2V-45CNB2P-
2/2/f0fd65d4d9956108fa3e2191a71b0888
Peavy, B. A. (1978). "A note on response factors and conduction transfer functions." ASHRAE
Transactions 84(Part 1).
Peuportier, B. (1998). Le projet européen REGENER. Analyse du cycle de vie des bâtiments. Ecole des
mines de Paris, http://www-cep.ensmp.fr/francais/themes/cycle/pdf/regenerbologne.pdf
Peuportier, B. (2001). "Life cycle assessment applied to the comparative evaluation of single family
houses in the French context." Energy and Buildings 33(5): 443-450.
http://www.sciencedirect.com/science/article/B6V2V-42BSHXM-
4/1/d3ffe3954f1b044c0ed46517f3dd9d9c
Peuportier, B. (2003). Eco-conception des bâtiments: bâtir en préservant l'environnement. Paris, les
Presses de l'Ecole des mines, 276 p.
REGENER (1997). European methodology for the evaluation of environmental impact of buildings - Life
cycle assessment -. European commission, directorate general XII for science, research and
development, programme apas, http://www-cep.ensmp.fr/francais/themes/cycle/pdf/regener1.pdf
Roux, J.-J. (1984). Proposition de modèles simplifiés pour l'étude du comportement thermique des
bâtiments. Thèse de doctorat. Institut National des Sciences Appliquées de Lyon. Lyon, 201p.
Sahlin, P. (1991). IDA solver, a tool for building and energy systems simulation. Dans les actes de:
Building simulation, 20-22 aout. http://www.ibpsa.org/proceedings/BS1991/BS91_339_348.pdf
Sahlin, P. (1996). Modelling and Simulation Methods for Modular Continuous Systems in Buildings.
Department of Building Sciences, Royal Institute of Technology, S-100 44 STOCKHOLM, SWEDEN:
187p. http://www.equa.se/dncenter/thesis.pdf
Salomon, T., R. Mikolasek et B. Peuportier (2005). Outil de simulation thermique du bâtiment, COMFIE.
Dans les actes de: Journée thématique SFT-IBPSA, mars 2005. http://perso.univ-
lr.fr/fcherqui/IBPSAmars/textes/AM1-03-Salomon.pdf
SEL, Transsolar, CSTB et TESS (2004). TRNSYS 16 user's manuel, Solar Energy Laboratory, University
of Wisconsin (Madison)
Serres, L. (1997). Etude de l'impact d'une perturbation thermique locale de type tache solaire. Influence
sur le confort thermique. Thèse de doctorat. Institut National des Sciences Appliquées de Toulouse. 147
p.
Serres, L., A. Trombe et J. H. Conilh (1997). "Study of coupled energy saving systems sensitivity factor
analysis." Building and Environment 32(2): 137-148.
http://www.sciencedirect.com/science/article/B6V23-3SMSMJC-
8/2/c133dc7b435d3ec2ec5baba2d8db310b
Soontornchainacksaeng, T. (1993). Etude expérimentale et théorique du comportement thermique d'un
échangeur air-sol. Application à l'habitat individuel. Thèse de doctorat. Institut National des Sciences
Appliquées de Toulouse. Toulouse
Bibliographie
161
Sowell, E. F. et P. Haves (2001). "Efficient solution strategies for building energy system simulation."
Energy and Buildings 33(4): 309-317. http://www.sciencedirect.com/science/article/B6V2V-
42BSNXB-4/2/87884a6a84379c7d070d361eef14214c
Sowell, E. F. et M. A. Moshier (2003). Application of the SPARK Kernel. Dans les actes de: Building
simulation, Eindoven, International Building Performance Simulation Association.
http://www.ibpsa.org/proceedings/BS2003/BS03_1235_1242.pdf
Sowell, E. F., M. A. Moshier, P. Haves et D. Curtil (2004). Graph-Theoretic Methods in Simulation
Using SPARK. Dans les actes de: High Performance Computing Symposium of the Advanced
Simulation Technologies Conference, April 18-22, Arlington, VA.
http://gundog.lbl.gov/dirpubs/55522.pdf
Stephan, L., P. Tittelein, E. Wurtz et B. Souyri (2008). Achieving thermal comfort using natural
ventilation Ŕ Effect of internal finishing. Dans les actes de: The 29th AIVC Conference on advanced
building ventilation and environmental technology for addressing climate change issues, 14-16 octobre,
Kyoto (Japon).
Strachan, P. A., G. Kokogiannakis et I. A. Macdonald (2008). "History and development of validation
with the ESP-r simulation program." Building and Environment 43(4): 601-609.
http://www.sciencedirect.com/science/article/B6V23-4MKTXPK-
2/2/b239a1abacca3bc65a826c577baa1941
Thiers, S. et B. Peuportier (2008). "Thermal and environmental assessment of a passive building equipped
with an earth-to-air heat exchanger in France." Solar Energy 82(9): 820-831.
http://www.sciencedirect.com/science/article/B6V50-4S3G8HG-
1/2/daf8b787394520d9b764f90e3d06cca9
Thormark, C. (2002). "A low energy building in a life cycle--its embodied energy, energy need for
operation and recycling potential." Building and Environment 37(4): 429-435.
http://www.sciencedirect.com/science/article/B6V23-452V6BK-
D/1/5d879003d1aed685f842138bf4b12886
Tittelein, P., E. Wurtz et G. Achard (2007). Simulation numérique de l'interaction de systèmes
énergétiques du bâtiment à l'aide d'une plateforme de simulation basée sur le solveur SPARK. Dans les
actes de: 18° Congrès Français de Mécanique (CFM2007), 29 08 2008, Grenoble.
http://hdl.handle.net/2042/15897
Tittelein, P., E. Wurtz et G. Achard (2008a). "Simspark platform evolution for low-energy building
simulation." International Scientific Journal of Alternative Energy and Ecology 6: 25-29.
Tittelein, P., E. Wurtz, G. Achard et L. Stephan (2008b). Distribution of beam solar radiation in
buildings. Effect on heating demand. Dans les actes de: The first international Conference On Building
Energy and Environment, Dalian (China). http://bechtelrh.colorado.edu/ceae/cobee/publications.htm
Tiwari, G. N., M. A. Akhtar, A. Shukla et M. Emran Khan (2006). "Annual thermal performance of
greenhouse with an earth-air heat exchanger: An experimental validation." Renewable Energy 31(15):
2432-2446. http://www.sciencedirect.com/science/article/B6V4S-4J3WH9J-
3/2/6c76f2d9d2b9b5198c4a39b0047181a0
Trombe, A., L. Serres et M. Moisson (1999). "Solar radiation modelling in a complex enclosure." Solar
Energy 67(4-6): 297-307. http://www.sciencedirect.com/science/article/B6V50-40WMSP4-
C/2/975c43a6fd17b3136cc138e10e208af1
Tyagi, V. V. et D. Buddhi (2007). "PCM thermal storage in buildings: A state of art." Renewable and
Sustainable Energy Reviews 11(6): 1146-1166. http://www.sciencedirect.com/science/article/B6VMY-
4HJ41R4-1/2/e38adb136487128ee1f795b09d164bf3
Tzaferis, A., D. Liparakis, M. Santamouris et A. Argiriou (1992). "Analysis of the accuracy and
sensitivity of eight models to predict the performance of earth-to-air heat exchangers." Energy and
Buildings 18(1): 35-43. http://www.sciencedirect.com/science/article/B6V2V-47X812J-
98/2/7f2fe4dc6bcad4dc39f74dc83bcf13a8
Virgone, J. et F. Kuznik (2008). Experimental and numerical results of summer confort in a building
equipped with phase change matierials (PCM). Dans les actes de: The first international Conference On
Building Energy and Environnement, Dalian (China).
http://bechtelrh.colorado.edu/ceae/cobee/publications.htm
Bibliographie

162
Wall, M. (1997). "Distribution of solar radiation in glazed spaces and adjacent buildings. A comparison
of simulation programs." Energy and Buildings 26(2): 129-135.
http://www.sciencedirect.com/science/article/B6V2V-3SNKR1K-
1/2/eae9924a369e09793bc9c7209ccbd482
Walton, G. N. (1980). "A new algorithm for radiant interchange in rooms loads calculations." ASHRAE
Transactions 86(II): 190Ŕ208
Wetter, M., P. Haves, M. A. Moshier et E. F. Sowell (2008). Using Spark as a solver for Modelica. Dans
les actes de: SimBuild 2008: Third National Conference of IBPSA-USA, July 30 Ŕ August 1, Berkeley.
http://simulationresearch.lbl.gov/WETTER/download/SB08-03-1-Wetter.pdf
Winther, B. N. et A. G. Hestnes (1999). "Solar Versus Green: The Analysis of a Norwegian Row House."
Solar Energy 66(6): 387-393. http://www.sciencedirect.com/science/article/B6V50-3X64FS7-
1/1/1343903d4ce23d13b427ffe3c967ce90
Wray, W. O. et J. D. Balcomb (1979). "Sensitivity of direct gain space heating performance to
fundamental parameter variations." Solar Energy 23(5): 421-425.
http://www.sciencedirect.com/science/article/B6V50-497BD8T-
3M/2/408f0687fec82a9c398c1391f5dd5f57
Wurtz, E. (1995). Modelisation tridimensionnelle des transferts thermiques et aérauliques dans le
bâtiment en environnement oriente objet. Thèse de doctorat. 208 p.


163
ANNEXES
Annexe I : Caractéristiques des maisons de la plateforme INCAS ........................ 165
Annexe II : Modèles de base des transferts de chaleur dans SIMSPARK ................ 167
Annexe III : Formules utilisées pour le calcul de la surface de la tache solaire .... 171


164

165
Annexe I :Caractéristiques des maisons de la plateforme INCAS
Type de paroi Matériau
Epaisseur
[cm]
Conductivité
[W/(m.°C)]
Masse
volumique
[kg/m
3
]
Chaleur
spécifique
[J/(kg.°C)]
Blocs béton 15 0,74 800 648
Laine de verre
semi rigide
20 0,035 12 840
Mur extérieur

Blocs béton 15 0,74 800 648
Polystyrène
extrudé
25 0,029 15 880
Hourdis 16 1,23 1300 648
Plancher bas

Béton plein 4 1,75 2400 880
Laine de verre
semi rigide
40 0,035 12 840
Combles

Plâtre gypse 1 0,42 1200 837
Plancher intermédiaire
Béton plein 22 1,75 2400 880


Tableau A-1 : Caractéristiques de l’enveloppe de la première maison de la plateforme INCAS
Type de paroi Matériau
Epaisseur
[cm]
Conductivité
[W/(m.°C)]
Masse
volumique
[kg/m
3
]
Chaleur
spécifique
[J/(kg.°C)]
Béton plein 20 1.75 800 648
Mur extérieur

Polystyrène
extrudé
20 0,035 12 840
Polystyrène
extrudé
25 0,029 15 880
Hourdis 16 1,23 1300 648
Plancher bas

Béton plein 4 1,75 2400 880
Laine de verre
semi rigide
40 0,035 12 840
Combles

Plâtre gypse 1 0,42 1200 837
Plancher intermédiaire
Béton plein 22 1,75 2400 880


Tableau A-2 : Caractéristiques de l’enveloppe de la deuxième maison de la plateforme INCAS
Type de vitrage Coefficient de transfert
thermique U
w
[W/(m².°C)]
Facteur solaire
(-)
Double Vitrage peu émissif,
lame argon, cadre PVC
1.3 0.54
Triple Vitrage peu émissif, lame
argon, cadre PVC
0.86 0.44


Tableau A-3 : Menuiseries utilisées dans les deux maisons

166

Figure A-1 : Plan du rez-de-chaussée de la maison béton, isolant extérieur

Figure A-2 : Plan de l’étage de la maison béton, isolant extérieur


167
Annexe II : Modèles de base des transferts de chaleur dans
SIMSPARK
Cette annexe résume les principaux modèles existants dans SIMSPARK qui ont été
utilisés dans ce travail. Ces modèles ont été décrits plus précisément dans les manuscrits
des thèses de ceux qui les ont implémentés dans SIMSPARK (Wurtz 1995; Musy 1999;
Mora 2003; Cordeiro Mendonça 2004). L’approche nodale a été adoptée pour
caractériser le comportement des bâtiments étudiés. Le principe de cette approche est de
découper le bâtiment en zones thermiques. Pour chaque zone, à chaque instant, les
variables d’état sont considérées comme uniformes. On y applique les lois de
conservation de masse et d’énergie. Restent à caractériser correctement les transferts de
masse et d’énergie en jeu entre ces zones et entre les zones et l’environnement extérieur
du bâtiment.
1. Modèle de zone
Bilan massique sur l’air
Sur chaque zone, on réalise un bilan de masse d’air en considérant qu’il ne peut
pas y avoir d’accumulation. La somme des débits massiques d’air entrant dans cette
zone est donc nulle :
1
0
n
air ,i
i
m
=
=
¿

(AII.1)
Bilan thermique
On explicite ici le fait que la somme des flux entrant pendant un temps dt dans
une zone thermique et du flux source est égale à la quantité de chaleur nécessaire pour
faire varier la température de l’air de la zone de dT
air
pendant la même durée.
1
n
source i air air air
i
dt q q Cp dT µ
=
| |
· + = · ·
|
|
\ .
¿

(AII.2)
La gestion de la dérivée temporelle de la température est réalisée directement par
SPARK (voir paragraphe 2.1.2 page 58)
Les flux entrant dans la zone thermique peuvent être soit des flux venant des
parois, soit des flux venant des bouches d’entrée ou de sortie d’air, le flux entrant est
alors calculé à partir de l’enthalpie de l’air liée à la température de soufflage :

168
i air soufflé air air soufflé
q m Cp T = · · 
(AII.3)
2. Modèles de transfert de chaleur
Les transferts de chaleurs à considérer pour caractériser les échanges entre les
zones sont les transferts par conduction dans les parois ainsi que les échanges
superficiels par convection et par rayonnement. On a donc au niveau de chaque surface
considérée un bilan des flux de ce type (par convention, tous les flux sont pris ici
convergeant vers la surface) :
0
cond conv ray
q q q + + =
(AII.4)
Transfert de chaleur par conduction dans les parois
Le modèle dynamique adopté pour caractériser les transferts conductifs est de
type différences finies 1D. Le mur est discrétisé en n tranches. Sur chacune de ces
tranches, on réalise un bilan de densité de flux :
1 1
2 2
i
i i
T
q q Cp x
t
µ
+ ÷
c
'' '' ÷ = · · A ·
c

(AII.5)
Entre chaque tranche, la densité de flux est évaluée par une simplification 1D de
la loi de Fourier :
( )
1
1
2
i i
i
T T
q
x
ì
+
+
· ÷
'' =
A

(AII.6)
Echanges superficiels par convection
Les échanges superficiels par convection sont pris en compte de façon simplifiée
par l’intermédiaire de la loi de Newton :
( )
conv c s air
q h T T '' = · ÷
(AII.7)
Le coefficient d’échange est choisi en fonction de la position de la paroi
considérée (plafond, plancher, mur vertical) pour les surfaces intérieures des murs et
déterminé en fonction de la vitesse du vent à l’extérieur.
Annexe II : Modèles de base des transferts de chaleur dans SimSpark
169
Echanges par rayonnement
- Rayonnement à l’intérieur du bâtiment
Les échanges par rayonnement sont pris en compte par la méthode des enceintes
fictives (Walton 1980). Son implémentation dans SIMSPARK est détaillée dans la thèse
de Cordeiro Mendonça (2004). Son principe est le suivant : si l’on considère le
rayonnement entre n surfaces, le rayonnement de la surface « i » avec les n-1 autres
surfaces est rapporté à son rayonnement avec une surface unique « f
i
» appelée enceinte
fictive qui possède des caractéristiques de rayonnement qui sont des moyennes
pondérées des caractéristiques des n-1 autres surfaces.
Pour le rayonnement CLO, on peut donc calculer l’exitance primaire de f
i
et en
déduire l’éclairement total de la surface « i ». On réalise ce calcul pour toutes les
surfaces de la pièce considérée et comme le calcul des facteurs de forme est approché et
qu’il ne vérifie pas la condition de complémentarité (leur somme n’est pas égale à 1) le
bilan radiatif sur l’ensemble de la pièce est excédentaire. On calcule donc le reliquat
d’énergie radiative par l’équation suivante :
r,rel r,abs r,tr r,D r,d
q q q q q = + ÷ ÷
(AII.8)
On redistribue ensuite ce reliquat sur toutes les surfaces en fonction de leur
absorptivité puis on le recalcule jusqu’à obtenir un reliquat proche de zéro par itération.
Pour le rayonnement GLO, on évalue la densité de flux de chaleur de
rayonnement nette GLO pour la surface « i » en fonction de la température de f
i
et on
corrige cette grandeur en redistribuant le reliquat en fonction des propriétés radiatives
des surfaces.
Cette méthode approchée a l’avantage de prendre en compte le flux radiatif CLO
qui peut ressortir par les fenêtres et d’éviter le calcul des facteurs de forme, ce qui
simplifie grandement le code de calcul. Elle donne de bons résultats pour des
géométries de pièces pas trop élancées (Allard et al. 1985).
Les données à fournir pour ce calcul, outre les caractéristiques radiatives des
parois, sont l’ensemble des flux primaires direct et diffus des parois. Une méthode pour
évaluer ces flux primaires est présentée au paragraphe 2.2 du chapitre III.
- Rayonnement à l’extérieur du bâtiment
Le rayonnement GLO est calculé à partir de la température du ciel, de la
température du sol, de l’émissivité de la surface et de l’angle entre la surface considérée
et l’horizontale :

170
( ) ( )
4 4 4
0
1 1
2 2
GLO p sp sol ciel
cos cos
q T T T
u u
o c
| |
| | | | ÷ +
'' = · · ÷ · ÷ ·
|
| |
|
\ . \ .
\ .

(AII.9)
On obtient aisément cette formule par la méthode des radiosités en considérant
que les surfaces du ciel et du sol sont très grandes par rapport à la surface de la paroi.
Le calcul du rayonnement CLO est détaillé dans le paragraphe 2 du chapitre III.


171
Annexe III : Formules utilisées pour le calcul de la surface de la
tache solaire
Le but de cette annexe est de donner l’ensemble des équations qui permettent le
calcul de la surface de la tache solaire.
Paramétrage du problème

A
D C
B
D’
E
E’
B’
C’
as
hs
x
z
y
O
x
x1
P
Q
R
S
T
U V
s
n
e
o
b
y
A

L
p

z
A

H
p

W
p

H
f

L
f


Figure A-3 : Paramétrage géométrique du problème de tache solaire
La fenêtre rectangulaire est positionnée sur une façade par le milieu de l'allège A
(milieu du bas de la fenêtre) et on calcule la projection de la tache solaire sur toutes les
surfaces de la pièce (nord "n", est "e", ouest "o" et bas "b", on choisit la notation comme
si la face où est la fenêtre était la face sud)
Le repère adopté est (O, x y z) avec O coin inférieur gauche de la façade de la
fenêtre, x la normale à la façade vers l'extérieur, z l’axe vertical vers le haut et y le
complémentaire pour que (O x y z) soit orthonormé direct.
On appelle B', C', D', E' les projetés de B, C, D, E sur les surfaces intérieures de la
pièce. Ces points peuvent soit être tous sur le sol, soit tous sur la paroi nord etc. et en
tout, 20 cas différents sont à distinguer. Pour les distinguer, on calcule les coordonnées
des projetés B1, C1, D1 et E1 des quatre coins de la fenêtre sur un plan infini qui
contient le plancher de la pièce (voir figure A-4).

172

D C
B
D1
E
E1 B1
C1
as
hs
x
z
y
O
x
x1

Figure A-4 : Projection des coins de la fenêtre sur un plan infini contenant le plancher
On voit sur la figure A-4 que le point D1 est une projection fictive car le rayon
serait normalement arrêté par la paroi est. De la même façon, on calcule la position des
projetés des quatre coins de la fenêtre sur la paroi du fond et on les appelle B2, C2, D2
et E2

D C
B
D2
E
E2
B2
C2
hs
x
z
y
O
x
x1

Figure A-5 : Projection des coins de la fenêtre sur un plan infini contenant le mur du fond
On compare ensuite les coordonnées de ces points aux coordonnées des murs. Les
formules seront données ici dans une notation lisible par un code de calcul pour pouvoir
être copiées directement, c’est pourquoi elles diffèrent légèrement des notations
utilisées dans le corps de la thèse :
Annexe III : Formules utilisées pour le calcul de la surface de la tache solaire
173
notation signification unité
Lp Longueur de la pièce (longueur de la paroi qui supporte la fenêtre) [m]
Wp Largeur de la pièce (distance entre la fenêtre et la surface opposée) [m]
yA Coordonnée 2 de A dans (O x y z) [m]
zA Coordonnée 3 de A dans (O x y z) [m]
Lf Largeur de la fenêtre [m]
Hf Hauteur de la fenêtre [m]
as
Angle entre la projection du rayon solaire sur le sol et la normale à la
fenêtre (opposé de l'azimut si façade sud)
[rad]
hs Hauteur du soleil [rad]
xB1 Coordonnée 1 de B1 dans (O x y z) [m]
yB1 Coordonnée 2 de B1 dans (O x y z) [m]
xC1 Coordonnée 1 de C1 dans (O x y z) [m]
yC1 Coordonnée 2 de C1 dans (O x y z) [m]
yD1 Coordonnée 2 de D1 dans (O x y z) [m]
xE1 Coordonnée 1 de E1 dans (O x y z) [m]
yE1 Coordonnée 2 de E1 dans (O x y z) [m]
zB2 Coordonnée 3 de B2 dans (O x y z) [m]
zC2 Coordonnée 3 de C2 dans (O x y z) [m]
yC2 Coordonnée 2 de C2 dans (O x y z) [m]
yD2 Coordonnée 2 de D2 dans (O x y z) [m]
Sb Surface de la tache solaire sur la paroi du bas [m²]
Sn
Surface de la tache solaire sur la paroi 'nord' (en supposant que la
fenêtre est sur la paroi sud)
[m²]
So
Surface de la tache solaire sur la paroi 'ouest' (en supposant que la
fenêtre est sur la paroi sud)
[m²]
Se
Surface de la tache solaire sur la paroi 'est' (en supposant que la
fenêtre est sur la paroi sud)
[m²]
Ss
Surface de la tache solaire sur la paroi 'sud' (en supposant que la
fenêtre est sur la paroi sud donc cette surface est toujours nulle)
[m²]
and Opérateur booléen "et" -
>= Opérateur "supérieur ou égal" -
<= Opérateur "inférieur ou égal" -
fabs() Valeur absolu d'un nombre -

Tableau A-4 : Notations utilisées pour le calcul de la tache solaire
Cas 0 : Le soleil ne rentre pas dans la pièce
C’est un cas particulier qui est détecté soit quand la section efficace de la fenêtre
(qui prend en compte les masques solaires, voir figure III.9) est nulle, soit quand le
soleil n’est pas en face de la paroi de la fenêtre. On a alors :
Sb=0;
Sn=0;

174
So=0;
Se=0;
Ss=0;
Cas 1: B', C', D’, E’ sur le plancher

Figure A-6 : Position de la tache solaire - cas n°1
- Conditions pour lesquelles ce cas est atteint :
xC1>=-Wp and yD1<=Lp and yC1>=0
- Surface de la tache solaire sur chaque paroi :
Sb=fabs(Lf*cos(as)*Hf*cos(hs)/sin(hs));
Sn=0;
So=0;
Se=0;
Ss=0;
Cas 2: B', E' sur le plancher et C', D' sur la paroi nord

Figure A-7 : Position de la tache solaire - cas n°2
Annexe III : Formules utilisées pour le calcul de la surface de la tache solaire
175
- Conditions pour lesquelles ce cas est atteint :
zC2>=0 and zB2<=0 and yC2>=0 and yD2<=Lp
- Surface de la tache solaire sur chaque paroi :
Sb=fabs((-zA*cos(as)/tan(hs)+Wp)*Lf);
Sn=fabs((zA+Hf-Wp*tan(hs)/cos(as))*Lf);
So=0;
Se=0;
Ss=0;
Cas 3: B', C’, E’ sur le plancher et D' sur la paroi est

Figure A-8 : Position de la tache solaire - cas n°3
- Conditions pour lesquelles ce cas est atteint :
xC1>=-Wp and yC1<=Lp and yE1<=Lp and yD1>=Lp
- Surface de la tache solaire sur chaque paroi :
Sb=fabs(Lf*(-(zA+Hf)*cos(as)/tan(hs)+zA*cos(as)/tan(hs)))-
0.5*fabs(((Lp-yA-0.5*Lf)/tan(as)+(zA+Hf)*cos(as)/tan(hs))*(Lp-yA-
0.5*Lf+(zA+Hf)*sin(as)/tan(hs)));
Sn=0;
So=0;
Se=0.5*fabs((zA+Hf+(Lp-yA-0.5*Lf)*tan(hs)/sin(as))*((Lp-yA-
0.5*Lf)/tan(as)+(zA+Hf)*cos(as)/tan(hs)));
Ss=0;
Cas 4: B', C’ sur le plancher et D', E' sur la paroi est

176

Figure A-9 : Position de la tache solaire - cas n°4
- Conditions pour lesquelles ce cas est atteint :
xC1>=-Wp and yC1<=Lp and yE1>=Lp
- Surface de la tache solaire sur chaque paroi :
Sb=fabs((yA-0.5*Lf-zA*sin(as)/tan(hs)-Lp)*(-
zA*cos(as)/tan(hs)+(zA+Hf)*cos(as)/tan(hs)))-0.5*fabs((-
zA*cos(as)/tan(hs)+(zA+Hf)*cos(as)/tan(hs))*(-
zA*sin(as)/tan(hs)+(zA+Hf)*sin(as)/tan(hs)));
Sn=0;
So=0;
Se=0.5*fabs(Hf*((Lp-yA-
0.5*Lf)/tan(as)+(zA+Hf)*cos(as)/tan(hs)))+0.5*fabs((-
zA*cos(as)/tan(hs)+(zA+Hf)*cos(as)/tan(hs))*(zA+(Lp-yA-
0.5*Lf)*tan(hs)/sin(as)));
Ss=0;
Cas 5: B' sur le plancher et C', D', E' sur la paroi est

Figure A-10 : Position de la tache solaire - cas n°5
- Conditions pour lesquelles ce cas est atteint :
Annexe III : Formules utilisées pour le calcul de la surface de la tache solaire
177
xB1>=-Wp and yB1<=Lp and yE1>=Lp and yC1>=Lp and yC2>=Lp
- Surface de la tache solaire sur chaque paroi :
Sb=0.5*fabs((-zA*cos(as)/tan(hs)-(Lp-yA+0.5*Lf)/tan(as))*(yA-0.5*Lf-
zA*sin(as)/tan(hs)-Lp));
Sn=0;
So=0;
Se=0.5*fabs(((Lp-yA-0.5*Lf)/(tan(as))-(Lp-
yA+0.5*Lf)/(tan(as)))*Hf)+0.5*fabs((zA+Hf+((Lp-
yA+0.5*Lf)*tan(hs))/(sin(as)))*((Lp-yA+0.5*Lf)/(tan(as))-(Lp-yA-
0.5*Lf)/(tan(as))))+0.5*fabs((zA+((Lp-yA-
0.5*Lf)*tan(hs))/(sin(as)))*(-(zA*cos(as))/(tan(hs))-(Lp-
yA+0.5*Lf)/(tan(as))));
Ss=0;
cas_5t=1;
Cas 6: B', E' sur le plancher et C', D' sur la paroi est

Figure A-11 : Position de la tache solaire - cas n°6
- Conditions pour lesquelles ce cas est atteint :
xE1>=-Wp and yE1<=Lp and yC1>=Lp and yC2>=Lp
- Surface de la tache solaire sur chaque paroi :
Sb=0.5*fabs((-zA*cos(as)/tan(hs)-(Lp-
yA+0.5*Lf)/tan(as))*Lf)+0.5*fabs((yA+0.5*Lf-zA*sin(as)/tan(hs)-
Lp)*((Lp-yA-0.5*Lf)/tan(as)-(Lp-yA+0.5*Lf)/tan(as)));
Sn=0;
So=0;
Se=0.5*fabs(((Lp-yA-0.5*Lf)/tan(as)-(Lp-yA+0.5*Lf)/tan(as))*(-zA-Hf-
(Lp-yA-0.5*Lf)*tan(hs)/sin(as)))+0.5*fabs(((Lp-yA-0.5*Lf)/tan(as)-(Lp-
yA+0.5*Lf)/tan(as))*(-zA-Hf-(Lp-yA+0.5*Lf)*tan(hs)/sin(as)));
Ss=0;

178
Cas 7: B', C’, D’, E’ sur la paroi est

Figure A-12 : Position de la tache solaire - cas n°7
- Conditions pour lesquelles ce cas est atteint :
yB1>=Lp and yC2>=Lp
- Surface de la tache solaire sur chaque paroi :
Sb=0;
Sn=0;
So=0;
Se=fabs((Hf*Lf)/tan(as));
Ss=0;
Cas 8: B', C’, D’, E’ sur la paroi nord

Figure A-13 : Position de la tache solaire - cas n°8
- Conditions pour lesquelles ce cas est atteint :
zB2>=0 and yC2>=0 and yD2<=Lp
Annexe III : Formules utilisées pour le calcul de la surface de la tache solaire
179
- Surface de la tache solaire sur chaque paroi :
Sb=0;
Sn=Hf*Lf;
So=0;
Se=0;
Ss=0;
Cas 9: B', C' sur la paroi nord et D', E' sur la paroi est

Figure A-14 : Position de la tache solaire - cas n°9
- Conditions pour lesquelles ce cas est atteint :
zB2>=0 and yC2<=Lp and yD2>=Lp
- Surface de la tache solaire sur chaque paroi :
Sb=0;
Sn=fabs((yA-0.5*Lf-Wp*tan(as)-Lp)*Hf);
So=0;
Se=fabs(Hf*(-Wp-(Lp-yA-0.5*Lf)/tan(as)));
Ss=0;
Cas 10: B' sur le plancher, C' sur la paroi nord et D', E' sur la paroi est

180

Figure A-15 : Position de la tache solaire - cas n°10
- Conditions pour lesquelles ce cas est atteint :
xB1>=-Wp and yB1<=Lp and zC2>=0 and yC2<=Lp and yD2>=Lp and yE1>=Lp
- Surface de la tache solaire sur chaque paroi :
Sb=0.5*fabs((-zA*cos(as)/tan(hs)+Wp)*(yA-0.5*Lf-zA*sin(as)/tan(hs)-
Lp)-(-zA*sin(as)/tan(hs)+Wp*tan(as))*(-
zA*cos(as)/tan(hs)+Wp))+0.5*fabs((yA-0.5*Lf-zA*sin(as)/tan(hs)-
Lp)*(zA*cos(as)/tan(hs)-Wp));
Sn=fabs((zA+Hf-Wp*tan(hs)/cos(as))*(yA-0.5*Lf-Wp*tan(as)-Lp));
So=0;
Se=0.5*fabs((Hf-(Wp*tan(hs))/(cos(as))-((Lp-yA-
0.5*Lf)*tan(hs))/(sin(as)))*(-Wp-(Lp-yA-0.5*Lf)/(tan(as)))-(-Wp-(Lp-
yA-0.5*Lf)/(tan(as)))*(-(Wp*tan(hs))/(cos(as))-((Lp-yA-
0.5*Lf)*tan(hs))/(sin(as))))+0.5*fabs((-Wp-(Lp-yA-
0.5*Lf)/(tan(as)))*(zA+Hf-(Wp*tan(hs))/(cos(as))))+0.5*fabs((-zA-((Lp-
yA-0.5*Lf)*tan(hs))/(sin(as)))*((zA*cos(as))/(tan(hs))-Wp));
Ss=0;
Cas 11: B', E’ sur le plancher, C' sur la paroi nord, D' sur la paroi est

Figure A-16 : Position de la tache solaire - cas n°11
Annexe III : Formules utilisées pour le calcul de la surface de la tache solaire
181
- Conditions pour lesquelles ce cas est atteint :
xB1>=-Wp and yB1<=Lp and zC2>=0 and yC2<=Lp and yD2>=Lp and yE1<=Lp
- Surface de la tache solaire sur chaque paroi :
Sb=0.5*fabs((-(zA*cos(as))/(tan(hs))+Wp)*Lf)+0.5*fabs(-(-Wp-(Lp-yA-
0.5*Lf)/(tan(as)))*(-Lf-Wp*tan(as)+(zA*sin(as))/(tan(hs)))+(yA-0.5*Lf-
Wp*tan(as)-Lp)*((zA*cos(as))/(tan(hs))-Wp))+0.5*fabs((-Wp-(Lp-yA-
0.5*Lf)/(tan(as)))*(yA-0.5*Lf-Wp*tan(as)-Lp));
Sn=fabs((-zA-Hf+Wp*tan(hs)/cos(as))*(yA-0.5*Lf-Wp*tan(as)-Lp));
So=0;
Se=0.5*fabs(((Lp-yA-0.5*Lf)/tan(as)+Wp)*(zA+Hf+(Lp-yA-
0.5*Lf)*tan(hs)/sin(as)))+0.5*fabs((zA+Hf-Wp*tan(hs)/cos(as))*((Lp-yA-
0.5*Lf)/tan(as)+Wp));
Ss=0;
Cas 12: B', D’, E’ sur le plancher et C' sur la paroi ouest

Figure A-17 : Position de la tache solaire - cas n°12
- Conditions pour lesquelles ce cas est atteint :
xC1>=-Wp and yD1>=0 and yB1>=0 and yC1<=0
- Surface de la tache solaire sur chaque paroi :
Sb=0.5*fabs((-
(zA*cos(as))/(tan(hs))+((zA+Hf)*cos(as))/(tan(hs)))*Lf)+0.5*fabs((-
(zA*cos(as))/(tan(hs))+((zA+Hf)*cos(as))/(tan(hs)))*(yA+0.5*Lf-
((zA+Hf)*sin(as))/(tan(hs)))-(-Lf-
(zA*sin(as))/(tan(hs))+((zA+Hf)*sin(as))/(tan(hs)))*(-
((zA+Hf)*cos(as))/(tan(hs))+(yA-
0.5*Lf)/(tan(as))))+0.5*fabs((((zA+Hf)*cos(as))/(tan(hs))-(yA-
0.5*Lf)/(tan(as)))*(-yA-0.5*Lf+((zA+Hf)*sin(as))/(tan(hs))));
Sn=0;
So=0.5*fabs(((zA+Hf)*cos(as)/tan(hs)-(yA-0.5*Lf)/tan(as))*(-zA-Hf+(yA-
0.5*Lf)*tan(hs)/sin(as)));
Se=0;

182
Ss=0;
Cas 13: D', E’ sur le plancher et B', C’ sur la paroi ouest

Figure A-18 : Position de la tache solaire - cas n°13
- Conditions pour lesquelles ce cas est atteint :
xC1>=-Wp and yD1>=0 and yB1<=0
- Surface de la tache solaire sur chaque paroi :
Sb=0.5*fabs((-zA*cos(as)/tan(hs)+(zA+Hf)*cos(as)/tan(hs))*(yA+0.5*Lf-
zA*sin(as)/tan(hs))-(-zA*cos(as)/tan(hs)+(zA+Hf)*cos(as)/tan(hs))*(-
zA*sin(as)/tan(hs)+(zA+Hf)*sin(as)/tan(hs)))+0.5*fabs((-
zA*cos(as)/tan(hs)+(zA+Hf)*cos(as)/tan(hs))*(yA+0.5*Lf-
zA*sin(as)/tan(hs)));
Sn=0;
So=0.5*fabs(Hf*(-(zA+Hf)*cos(as)/tan(hs)+(yA-
0.5*Lf)/tan(as)))+0.5*fabs((-zA+(yA-0.5*Lf)*tan(hs)/sin(as))*(-
zA*cos(as)/tan(hs)+(zA+Hf)*cos(as)/tan(hs)));
Se=0;
Ss=0;
Cas 14: E' sur le plancher, C', B’, D’ sur la paroi ouest
Annexe III : Formules utilisées pour le calcul de la surface de la tache solaire
183

Figure A-19 : Position de la tache solaire - cas n°14
- Conditions pour lesquelles ce cas est atteint :
xB1>=-Wp and yE1>=0 and yB1<=0 and yD1<=0 and yD2<=0
- Surface de la tache solaire sur chaque paroi :
Sb=0.5*fabs((-zA*cos(as)/tan(hs)+(yA+0.5*Lf)/tan(as))*(yA+0.5*Lf-
zA*sin(as)/tan(hs)));
Sn=0;
So=0.5*fabs((-zA+(yA-0.5*Lf)*tan(hs)/sin(as))*(-
zA*cos(as)/tan(hs)+(yA+0.5*Lf)/tan(as)))+0.5*fabs((zA-(yA-
0.5*Lf)*tan(hs)/sin(as))*(-(yA-0.5*Lf)/tan(as)+(yA+0.5*Lf)/tan(as))-(-
(yA-0.5*Lf)/tan(as)+(yA+0.5*Lf)/tan(as))*(-(yA-
0.5*Lf)*tan(hs)/sin(as)-
Hf+(yA+0.5*Lf)*tan(hs)/sin(as)))+0.5*fabs(Hf*(-(yA-
0.5*Lf)/tan(as)+(yA+0.5*Lf)/tan(as)));
Se=0;
Ss=0;
Cas 15: B', E’ sur le plancher et C', D’ sur la paroi ouest

Figure A-20 : Position de la tache solaire - cas n°15
- Conditions pour lesquelles ce cas est atteint :

184
xE1>=-Wp and yB1>=0 and yD1<=0 and yD2<=0
- Surface de la tache solaire sur chaque paroi :
Sb=0.5*fabs((-zA*cos(as)/tan(hs)+(yA-0.5*Lf)/tan(as))*(yA-0.5*Lf-
zA*sin(as)/tan(hs))-(yA-0.5*Lf-zA*sin(as)/tan(hs))*(-
zA*cos(as)/tan(hs)+(yA+0.5*Lf)/tan(as)))+0.5*fabs((-
zA*cos(as)/tan(hs)+(yA+0.5*Lf)/tan(as))*Lf);
Sn=0;
So=0.5*fabs((-(yA-0.5*Lf)/tan(as)+(yA+0.5*Lf)/tan(as))*(-zA-
Hf+(yA+0.5*Lf)*tan(hs)/sin(as)))+0.5*fabs((-(yA-
0.5*Lf)/tan(as)+(yA+0.5*Lf)/tan(as))*(-zA-Hf+(yA-
0.5*Lf)*tan(hs)/sin(as)));
Se=0;
Ss=0;
Cas 16: B', C’, D’, E’ sur la paroi ouest

Figure A-21 : Position de la tache solaire - cas n°16
- Conditions pour lesquelles ce cas est atteint :
yE1<=0 and yD2<=0
- Surface de la tache solaire sur chaque paroi :
Sb=0;
Sn=0;
So=fabs(Lf*Hf/tan(as));
Se=0;
Ss=0;
Cas 17: D', E’ sur la paroi nord et B', C’ sur la paroi ouest
Annexe III : Formules utilisées pour le calcul de la surface de la tache solaire
185

Figure A-22 : Position de la tache solaire - cas n°17
- Conditions pour lesquelles ce cas est atteint :
zB2>=0 and yD2>=0 and yC2<=0
- Surface de la tache solaire sur chaque paroi :
Sb=0;
Sn=fabs((-yA-0.5*Lf+Wp*tan(as))*Hf);
So=fabs((-(yA-0.5*Lf)/tan(as)+Wp)*Hf);
Se=0;
Ss=0;
Cas 18: E' sur le plancher, B', C’ sur la paroi ouest et D' sur la paroi nord

Figure A-23 : Position de la tache solaire - cas n°18
- Conditions pour lesquelles ce cas est atteint :
xB1>=-Wp and yE1>=0 and zC2>=0 and yD2>=0 and yC2<=0 and yB1<=0
- Surface de la tache solaire sur chaque paroi :

186
Sb=0.5*fabs((-yA-0.5*Lf+zA*sin(as)/tan(hs))*(zA*cos(as)/tan(hs)-
Wp))+0.5*fabs((zA*cos(as)/tan(hs)-Wp)*(-yA-0.5*Lf+Wp*tan(as)));
Sn=fabs((-zA-Hf+Wp*tan(hs)/cos(as))*(-yA-0.5*Lf+Wp*tan(as)));
So=0.5*fabs((-zA-Hf+(Wp*tan(hs))/(cos(as)))*((zA*cos(as))/(tan(hs))-
Wp))+0.5*fabs(-(-((yA-0.5*Lf)*tan(hs))/(sin(as))-
Hf+(Wp*tan(hs))/(cos(as)))*((zA*cos(as))/(tan(hs))-(yA-
0.5*Lf)/(tan(as)))+(-(yA-0.5*Lf)/(tan(as))+Wp)*(zA-((yA-
0.5*Lf)*tan(hs))/(sin(as))))+0.5*fabs((-(yA-0.5*Lf)/(tan(as))+Wp)*Hf);
Se=0;
Ss=0;
Cas 19: B', E’ sur le plancher, C' sur la paroi ouest, D' sur la paroi nord

Figure A-24 : Position de la tache solaire - cas n°19
- Conditions pour lesquelles ce cas est atteint :
xB1>=-Wp and zC2>=0 and yD2>=0 and yC2<=0 and yB1>=0
- Surface de la tache solaire sur chaque paroi :
Sb=0.5*fabs(((zA*cos(as))/(tan(hs))-Wp)*(-yA-
0.5*Lf+Wp*tan(as)))+0.5*fabs(((zA*cos(as))/(tan(hs))-Wp)*(-
yA+0.5*Lf+(zA*sin(as))/(tan(hs)))-((zA*cos(as))/(tan(hs))-Wp)*(-yA-
0.5*Lf+(zA*sin(as))/(tan(hs))))+0.5*fabs((-
yA+0.5*Lf+(zA*sin(as))/(tan(hs)))*((yA-0.5*Lf)/(tan(as))-Wp));
Sn=fabs((-zA-Hf+Wp*tan(hs)/cos(as))*(-yA-0.5*Lf+Wp*tan(as)));
So=0.5*fabs(((yA-0.5*Lf)/tan(as)-Wp)*(-zA-Hf+(yA-
0.5*Lf)*tan(hs)/sin(as)))+0.5*fabs(((yA-0.5*Lf)/tan(as)-Wp)*(-zA-
Hf+Wp*tan(hs)/cos(as)));
Se=0;
Ss=0;




Environnements de simulations adaptés à l’étude
du comportement énergétique des bâtiments basse consommation
En France, à partir de 2012, tous les bâtiments neufs devront répondre aux critères de basse
consommation, c'est-à-dire qu’ils devront consommer moins de 50 kW.h/(m².an) en énergie primaire pour
le chauffage, le refroidissement, la ventilation, la production d'eau chaude sanitaire et l'éclairage (à
moduler selon la région et l’altitude). La simulation numérique a un rôle important à jouer pour atteindre
cet objectif.
Les environnements de simulation énergétique existants ont été conçus pour des bâtiments
classiques pour lesquels les consommations sont beaucoup plus importantes que celles fixées pour 2012,
il faut donc voir si les modèles mais aussi les méthodes de simulations utilisés correspondent toujours aux
spécificités de ces nouveaux bâtiments. L’objectif de ce travail est de montrer l’intérêt d’utiliser un
environnement de simulation basé sur les systèmes d’équations pour étudier le comportement énergétique
des bâtiments basse consommation.
Pour cela, plusieurs modèles ont été implémentés dans l’environnement SIMSPARK. Il s’agit d’un
modèle de matériau à changement de phase, d’un modèle de prise en compte du rayonnement de courtes
longueurs d’onde par calcul de la tache solaire et d’un modèle d’échangeur air-sol. Ils ont été intégrés
dans un modèle global de bâtiment basse consommation ce qui a permis de montrer les avantages de
l’environnement de simulation utilisé. Le fait qu’il soit orienté objet permet de valider indépendamment
les nouveaux modèles puis de les intégrer facilement à un modèle de niveau hiérarchique supérieur. Le
fait qu’il soit basé sur les systèmes d’équations a permis grâce à la non orientation a priori du modèle
d’inverser le sens de résolution de plusieurs problèmes dans une simulation dynamique. Enfin, la
robustesse des méthodes de résolution utilisées a été éprouvée.
Mots clé :
Simulation dynamique, bâtiments basse consommation, environnement orienté objet,
environnement basé sur les systèmes d’équations, SPARK, SIMSPARK, matériau à changement de phase,
tache solaire, échangeur air-sol, inversion de modèles, efficacité énergétique d’un bâtiment.

Simulation environments adapted to the study
of energy behaviour of low-consumption buildings
Beginning in 2012, every new building in France will have to meet low-consumption standards.
This means that their primary energy consumption will have to be under 50 kW.h/(m².year) for heating,
cooling, ventilation, lighting and hot water production. Digital simulation can contribute greatly to
reaching this objective.
Existing energy simulation environments were designed for classic buildings that have much higher
consumption than the standards set for 2012, so it is important to see whether the models as well as the
simulation methods used still correspond to these new building requirements. The objective of this work
is to show the advantages of using an equation-based simulation environment to study the energy
behaviour of buildings.
For that purpose, several models were implemented in SIMSPARK platform: a phase-change
material model, a model to take into account long-wave radiation calculating sunspot position, and an
earth-to-air heat exchanger model. They were integrated into a global model of a low-consumption
building to show the advantages of the simulation environment used. Its object-oriented feature make it
possible to validate independently new models and then to integrate them easily into a model at a higher
hierarchical level. Since the environment is equation-based and it is not ex ante oriented, the resolution
direction of some problems could be inversed in a dynamic simulation. Finally, the robustness of the
resolution methods used is shown.
Keywords:
Dynamic simulation, low-consumption building, object-oriented environment, equation-based
environment, SPARK, SIMSPARK, phase-change material, sunspot, earth-to-air heat exchanger, model
reversion, building energy efficiency.

UNIVERSITÉ DE SAVOIE
ECOLE DOCTORALE SISEO

THÈSE DE DOCTORAT Spécialité Génie Civil et Sciences de l’Habitat

Environnements de simulation adaptés à l’étude du comportement énergétique des bâtiments basse consommation

Co-dirigée par Etienne WURTZ et Gilbert ACHARD Soutenue publiquement le 9 décembre 2008 par

Pierre TITTELEIN

Composition du jury : Rapporteurs : J.-J. ROUX A. TROMBE Examinateurs : G. ACHARD L. MORA B. PEUPORTIER E. WURTZ Invité : P. RIEDERER Professeur INSA de Lyon Professeur INSA de Toulouse Professeur Université de Savoie Maître de conférence Université Bordeaux 1 Maître de recherche HDR MINES Paristech Directeur de recherche CNRS Université de Savoie Ingénieur de recherche CSTB

Disponible en ligne : http://tel.archives-ouvertes.fr/tel-00350664/fr/ Laboratoire Optimisation de la Conception et Ingénierie de l’Environnement

A Elise A Samuel et Josik .

.

Je sais que je ne sais rien (Socrate) .

.

Ils ont su me faire découvrir chacun à leur façon les nombreuses facettes du monde de la recherche. Enfin. dont j’ai apprécié l’encadrement et la disponibilité malgré leurs nombreuses activités. Louis Stephan. elle aussi. Merci aussi à tous les membres du LOCIE et de l’INES qui m’ont soutenu pendant ces trois ans et apporté un cadre de travail agréable et sympathique. je veux remercier ma famille qui me soutient depuis toujours (Pajou qui m’a donné le goût d’apprendre…). Merci à Elise pour ce qu’elle m’apporte tous les jours et à Samuel et Josik pour les quelques nuits de sommeil complètes qu’ils m’ont laissées pendant ces trois ans… Merci à Trek (mon vélo) de m’avoir accompagné tous les jours et par tous les temps. pour leur accueil. il a été pour moi une bonne source d’inspiration et de réflexion. ma belle famille qui est. Stéphane Thiers et aux acteurs des projets Dynasimul et Maisonpassive. un appui important ainsi que mes amis pour tout ce qu’on vit ensemble. Ces travaux ont été réalisés dans le cadre du Laboratoire Optimisation de la Conception et Ingénierie de l’Environnement au sein de l’Institut National de l’Energie Solaire. à Bruno Peuportier pour nos échanges sur les bâtiments basse consommation et à Peter Riederer pour l’intérêt qu’il porte à mon travail.Remerciements Je tiens à remercier Etienne Wurtz et Gilbert Achard. mes co-directeurs de thèse. Je voudrais également remercier ceux qui ont contribué à ce travail au travers des nombreux échanges que j’ai eu avec eux. Merci particulièrement à Bai Yu ma collègue de bureau pour avoir pris soin de moi pendant ces trois années. Alain Bastide. Je remercie également Alain Trombe et Jean-Jacques Roux qui ont accepté d’être les rapporteurs de cette thèse et avec qui j’ai eu plaisir à échanger à propos de ce travail. Merci à eux d’avoir accepté de faire partie du jury de cette thèse. I . Merci à Yves Gonthier et Lingai Luo. Je pense à mes collègues doctorants ou ex doctorants Layal Chahwane. Mes remerciements vont également à Laurent Mora qui a su m’aider pendant ce travail à mieux comprendre le fonctionnement de SIMSPARK. directeurs successifs du laboratoire. Paul Bourdoukan et Chadi Maalouf mais également à Elena Palomo del Barrio.

II .

matériau à changement de phase. tous les bâtiments neufs devront répondre aux critères de basse consommation. Mots clé : Simulation dynamique. d’un modèle de prise en compte du rayonnement de courtes longueurs d’onde par calcul de la tache solaire et d’un modèle d’échangeur air-sol. c'est-à-dire qu’ils devront consommer moins de 50 kW. plusieurs modèles ont été implémentés dans l’environnement SIMSPARK.h/(m². la ventilation.an) en énergie primaire pour le chauffage. la production d'eau chaude sanitaire et l'éclairage (à moduler selon la région et l’altitude). environnement orienté objet. III . la robustesse des méthodes de résolution utilisées a été éprouvée. SIMSPARK. inversion de modèles. échangeur air-sol. Il s’agit d’un modèle de matériau à changement de phase.Résumé Titre : Environnements de simulation adaptés à l’étude du comportement énergétique des bâtiments basse consommation En France. SPARK. Ils ont été intégrés dans un modèle global de bâtiment basse consommation ce qui a permis de montrer les avantages de l’environnement de simulation utilisé. environnement basé sur les systèmes d’équations. Le fait qu’il soit basé sur les systèmes d’équations a permis grâce à la non orientation a priori du modèle d’inverser le sens de résolution de plusieurs problèmes dans une simulation dynamique. Les environnements de simulation énergétique existants ont été conçus pour des bâtiments classiques pour lesquels les consommations sont beaucoup plus importantes que celles fixées pour 2012. Pour cela. Le fait qu’il soit orienté objet permet de valider indépendamment les nouveaux modèles puis de les intégrer facilement à un modèle de niveau hiérarchique supérieur. L’objectif de ce travail est de montrer l’intérêt d’utiliser un environnement de simulation basé sur les systèmes d’équations pour étudier le comportement énergétique des bâtiments basse consommation. Enfin. bâtiments basse consommation. à partir de 2012. le refroidissement. il faut donc voir si les modèles mais aussi les méthodes de simulations utilisés correspondent toujours aux spécificités de ces nouveaux bâtiments. La simulation numérique a un rôle important à jouer pour atteindre cet objectif. tache solaire. efficacité énergétique d’un bâtiment.

IV .

earthto-air heat exchanger. Since the environment is equation-based and it is not ex ante oriented. phase-change material. The objective of this work is to show the advantages of using an equation-based simulation environment to study the energy behaviour of buildings. ventilation. sunspot. equation-based environment. Its object-oriented feature make it possible to validate independently new models and then to integrate them easily into a model at a higher hierarchical level.Abstract Title: Simulation environments adapted to the study of energy behaviour of lowconsumption buildings Beginning in 2012. model reversion. Digital simulation can contribute greatly to reaching this objective.h/(m². the robustness of the resolution methods used is shown. lighting and hot water production. every new building in France will have to meet lowconsumption standards. Keywords: Dynamic simulation. a model to take into account long-wave radiation calculating sunspot position.year) for heating. object-oriented environment. and an earth-to-air heat exchanger model. V . SPARK. This means that their primary energy consumption will have to be under 50 kW. low-consumption building. cooling. building energy efficiency. For that purpose. the resolution direction of some problems could be inversed in a dynamic simulation. SIMSPARK. Existing energy simulation environments were designed for classic buildings that have much higher consumption than the standards set for 2012. several models were implemented in SIMSPARK platform: a phase-change material model. so it is important to see whether the models as well as the simulation methods used still correspond to these new building requirements. Finally. They were integrated into a global model of a low-consumption building to show the advantages of the simulation environment used.

VI .

...........................2 Retour d’expérience et comparaison inter logiciels .................................................................................................................... 25 3... 14 2................................2...................................... 1 Chapitre I : Positionnement de la simulation numérique dans la réduction de l’impact environnemental des bâtiments .................... XXIII Introduction ............................... VII Nomenclature .................................2 Evolution de la plateforme SIMSPARK ........................... III Abstract....................................................................... 60 3 Conclusion .................................. XIX Liste des tableaux ...................................2 Démarche de réduction de la consommation d’énergie dans le bâtiment .................. 8 1................................................3 Maîtrise des besoins de chauffage et confort d’été ..... 4 1.................Sommaire Remerciements ................................................................................... 14 2....................... 16 2............................................... 26 4 Conclusion ................... 9 2 Règles de l’art des bâtiments basse consommation ......................................... V Sommaire ...........................1 Labels certifiant la performance énergétique des bâtiments ...................................................2 Principales propriétés de SPARK ........................................................................................................................................................... 23 3 Couplage de l’analyse théorique et des règles de l’art ..................... 4 1...................................... 3 1 Analyse théorique de la réduction de l’impact environnemental des bâtiments ...............................................1... 59 2..............1 Analyse du cycle de vie des bâtiments ...................... XI Liste des figures ..2.......1 Architecture logicielle des environnements de simulation ........2..................1 SPARK : le cœur de SIMSPARK ................................................ 63 VII .................1 Besoins en terme de simulation des bâtiments basse consommation .......................................... 59 2........ 29 Chapitre II : Simulation du comportement énergétique des bâtiments basse consommation.................................................................................................................................... 45 2 SIMSPARK : environnement de simulation pour les bâtiments basse consommation ..........1 Exigences des labels ..................................................................................1.... 31 1 Outils de simulation et bâtiments basse consommation ....................................1.....1 Description d’une simulation dans SPARK ................................. 56 2.......................2 Maisons de la plateforme INCAS ............................................................................................ I Résumé ..............................................................................................3 Choix d’un environnement de simulation .................................... 21 2.......................2 SIMSPARK : Simulation des bâtiments dans SPARK . 32 1............. 48 2..2 Classification en terme d’usage des outils existants .......2...........................1 La simulation au service de la théorie et des règles de l’art .......... 25 3................................. 48 2......................................................1 Structure de la bibliothèque de SIMSPARK...................................................2 Environnements de simulation existants..................................................................3 Conclusion ....................................................... 36 1.........1............................................................................................................2 Règles de l’art préconisées .............................................. 40 1........................................................................ 48 2................................................ 32 1...... 36 1....................... 14 2.....

. 117 2..................... 98 3....................................................... 66 1...............................................................................2 Bilan des flux en surface du sol sur une tranche ........1 Matériaux à changement de phase dans le bâtiment .....................1 Etat de l’art ..........1..................... 83 2.1 Intégration des MCP au bâtiment .... 77 2.............................................2 Méthode de calcul de l’efficacité solaire.......................................... 73 2 Etude du rayonnement de Courtes Longueurs d’Onde (CLO) ... 110 1..................2 Echangeur air-sol et ventilation double flux ..................... 126 3........................2 Modèle utilisé .............. 90 3....1 Rayonnement CLO et échangeur air / sol.3 Evaluation du flux conductif par la méthode des facteurs de réponse sur une tranche .............................................4........... 142 5....... 110 1.......................2.1 Etat de l’art des modèles d’échangeurs air-sol ........................................................................ 67 1.... 126 3.........................4......3 Discussion sur le choix du modèle .......................................................................................................................................1 Inversion d’un modèle de paroi à changement de phase ...........................2...........4 Discussion sur le choix du modèle .................. 74 2..................................................................................................................1 Evolution annuelle de la tache solaire sur les parois d’une pièce ..................... 139 5 Efficacité solaire d’un bâtiment ......................................................................... 106 3..................2................................................................................................... 142 5....1 Intérêts du modèle ................................................................................................. 79 2........ 85 3.....2.... 128 4 Inversion de modèles pour le suivi expérimental ....................... 85 3.......... 114 2 Inertie et tache solaire . 108 Chapitre IV : Intégration des modèles pour l’évaluation des bâtiments basse consommation............2..2 Perspectives d’évolution du modèle ............3 Comparaison du modèle développé à un modèle analytique . 70 1............... ........................ 65 1 Modélisation d’un panneau de matériaux à changement de phase ...........................................2 Inversion d’un modèle complet de bâtiment ............ 105 3...........................................................................................................................2....................................... 99 3..........1 Définition de l’efficacité solaire d’un bâtiment .......................................... 85 3.........2 Calcul de la position et de la surface de la tache solaire .................4 Bilan le long du tube de l’échangeur air-sol ......................1 Bilan des flux en surface du tube sur une tranche ....... 117 2.................. 78 2...........................2..............2 Prise en compte de la tache solaire dans une pièce ....................1 Modèles analytiques ...... 120 3 Couplage d’un échangeur air-sol avec un bâtiment basse consommation ..2............................. 106 4 Conclusion ..................................................... 103 3......1 Rayonnement CLO arrivant sur l’enveloppe extérieure ..................................................... 74 2................2 Modèles numériques .............2 Tache solaire et comportement thermique du bâtiment ..................................................................................................2 Choix de la température de fusion du MCP .......... 136 4..... 87 3.....2.................. 105 3.... .............. 83 3 Modélisation d’un échangeur air-sol (puits canadien) par la méthode convolutive des facteurs de réponse ............................... 92 3.......3 Prise en compte de la tache solaire dans la simulation thermique ..4 Discussion sur le modèle de l’échangeur air-sol .................... 136 4...........4 Conclusion ....................................Chapitre III : Développement de modèles adaptés à la description de bâtiments basse consommation .4...1.. 93 3....2 Description du modèle développé ........................................ 89 3.........................................................................3 Utilisation du modèle ................................................ 143 VIII .................5 Choix des paramètres de réglage du calcul .................................... 109 1 Matériaux à changement de phase et bâtiment...... 66 1..........................................................................

..................................................... 145 Conclusion .6 5........ 157 Annexes: Annexe I : Caractéristiques des maisons de la plateforme INCAS ................... 167 Annexe III : Formules utilisées pour le calcul de la surface de la tache solaire..... 171 IX ............................................................................................... 165 Annexe II : Modèles de base des transferts de chaleur dans SIMSPARK.................................................... 155 Bibliographie .......................................................3 Etude de cas : maison individuelle de la plateforme INCAS ............... 152 Conclusions et perspectives .................................................................

X .

Correspond à la longitude au centre du fuseau horaire considéré Débit massique d’un fluide Nombre de pas de temps sur lequel on fait la somme pour le calcul de l’admittance X Nombre de pas de temps sur lequel on fait la somme pour le calcul de la transmittance Y Nombre de pas de temps sur lequel on fait la somme pour le calcul de l’admittance Z a alb af as az cr dec e g h hs i inc j l lref  m nX nY nZ XI .s-1 Signification Diffusivité thermique Albédo Angle orienté entre la projection sur le sol de la normale à une paroi et le sud Angle orienté entre les projections sur le sol de la normale à une paroi et du rayon solaire Azimut du soleil Common-ratio Déclinaison : angle formé par la direction du soleil et le plan équatorial terrestre Efficacité Facteur de transmission solaire Coefficient d’échange par convection Hauteur du soleil Angle entre le rayon solaire et la normale à une paroi Inclinaison : angle constant que fait la terre avec le plan équatorial du soleil Jour de l’année (1 si 1 janvier.m-2. 35 si 4 février etc.Nomenclature Lettres minuscules Notations Unités m2.K-1 rad rad rad deg deg kg.s-1 rad rad rad rad W.) Longitude Longitude de référence.

Notations

Unités

Signification

o tn
p

 

générique s W W W.m W.m m générique générique m.s-1 m m m m
-1 -2

Fonction négligeable devant la puissance nième de t Période d’un signal Flux de chaleur Flux de chaleur primaire (pour le rayonnement) Flux de chaleur linéique Densité de flux de chaleur Rayon intérieur du tube Valeur de la variable u au pas de temps i Valeur de la dérivée temporelle de la variable u au pas de temps i Vitesse Coordonnée du point A sur l’axe x Coordonnée du point A sur l’axe y Profondeur dans le sol Coordonnée du point A sur l’axe z

q

q0 q q

r ui
 ui

v
xA yA

z zA

XII

Lettres majuscules
Notations
A AH

Unités m² rad J.kg .K m W.m W.m J m W.m m m W m² K °C °C °C h °C h W.K-1 W.K-1
-1 -2 -2 -1 -1

Signification Aire d’une surface Angle Horaire Capacité calorifique Diamètre du tube Eclairement Eclairement Primaire Energie solaire utile Hauteur d’une fenêtre Conductance Longueur d’une fenêtre Longueur d’une pièce Nombre de Nusselt Puissance de chauffage ou de rafraîchissement Nombre de Prandtl Nombre de Reynolds Surface d’un élément (mur, fenêtre…) Température Température de confort Température de fusion d’un matériau à changement de phase Daily Mean Temperature : moyenne journalière de la température Heure au méridien de Greenwich Running Mean Temperature : moyenne glissante de la température. Temps solaire Coefficient de déperdition d’une paroi ou d’une menuiserie Coefficient de déperdition du bâtiment défini par la RT 2005

Cp
D
E

E0

Eu

Hf
K

Lf Lp
Nu
P Pr

Re S
T

Tc

Tf
TDM

TG
TRM

TS
U

Ubat ˆ

XIII

Notations
V

Unités m3 m W.m-1 W.m-1 W.m-1

Signification Volume de matériau Largeur d’une pièce ieme terme de l’admittance X ieme terme de la transmittance Y ieme terme de l’admittance Z

Wp Y i  X i 

Z i 

XIV

Grec
Notations Unités m s s s s m rad W.m .K Pa.s Kg.m-3 W.m .K s rad rad.s
-1 -2 -4 -1 -1

Signification Absorptivité Profondeur de pénétration d’un signal périodique dans un milieu Pas de temps de simulation Pas de temps de la sollicitation pour le calcul de l’admittance X Pas de temps de la sollicitation pour le calcul de la transmittance Y Pas de temps de la sollicitation pour le calcul de l’admittance Z Epaisseur d’une tranche Emissivité Rendement Angle entre un plan incliné et l’horizontale Conductivité thermique Viscosité de l’air Rapport entre le périmètre d’un cercle et son diamètre Masse volumique Constante de Stefan-Boltzmann (5,67.108) Transmitivité d’une paroi transparente Transmitivité d’une paroi transparente pour un rayon qui lui est perpendiculaire Plus grande constante de temps du système Latitude Pulsation d’un signal



t

t x

t y
t z
x



 


0




 max

XV

d’une cellule… En bas (sur le plancher) Relatif à la convection Casquette Relatif au ciel Conductif Convectif De consigne De courtes longueurs d’onde Diffus (pour le rayonnement CLO) A droite Direct (pour le rayonnement CLO) A l’est Eclairé De grandes longueurs d’ondes horizontal Relatif à l’interface entre la maille i et la maille i+1 D’influence (pour une longueur) Initiale Masque Au nord A l’ouest Relatif à la paroi a abs air am amp av b c ca ciel cond conv cons CLO d dr D e ec GLO h i 1 2 infl init m n o p XVI .Indices Notations Signification Relatif à l’air Absorbé Relatif à l’air A l’amont d’une paroi. d’une cellule… Amplitude d’un signal A l’aval d’une paroi.

Notations pas Signification Passif Photovoltaïque De rayonnement (pour un flux CLO) Réfléchi (pour le rayonnement CLO) Relatif au rayonnement De référence Reliquat Régime permanent Au sud Relatif au sol Relatif à une source A la surface intérieur du tube de l’échangeur air-sol A la surface extérieure du sol Thermique Transmis (pour un flux) Relatif au vent PV r R ray ref rel RP s sol source sp sse th tr vent XVII .

Réglementation Thermique 2005 Surface Hors Œuvre Nette Simulation Problem Analysis and Research Kernel Surface de Référence Energétique Standard Operating Conditions (pour le test des panneaux photovoltaïques) Standard Test Condition (pour les tests de cellules photovoltaïques) XVIII .Abréviations Notations ACV AIE API CAO CESI CFD CLO DLL JORF GES GIEC GLO MCP NOCT PMV RT 2005 SHON SPARK SRE SOC STC Signification Analyse de Cycle de Vie Agence Internationale de l’Energie Application Program Interface Conception Assistée par Ordinateur Chauffe-eau Solaire Individuel Computational fluid dynamics Courtes longueurs d’onde Dynamic Link Library Journal Officiel de la République Française Gaz à Effet de Serre Groupement International d’expert sur l’Evolution du Climat Grandes Longueurs d’Ondes Matériau à Changement de Phase Normal Operating Cell Temperature Predicted Mean Vote : critère de confort défini dans la norme ISO 7730.

................2 : Réponse du modèle de MCP à un échelon de température d’air d’un côté de la plaque (Kuznik et al................................. 2008)................................9 : Réduction de la section efficace de la fenêtre due à l’épaisseur de la paroi (tiré de Serres 1997) . 75 Figure III................................. 27 Figure I.................................3 : Structure de la bibliothèque de SIMSPARK .....................................................................................8 : Effet des dispositifs adoptés sur la température intérieure en été .................................................6 : Vue 3D de la géométrie d’une maison de la plateforme INCAS (Philippe Bouche Architecte) ................. 25 Figure I................................ 72 Figure III.......................... 22 Figure I............................................... 28 Figure II..................................... 53 Figure II.4 : Exemple d’étude de confort sur le diagramme de Givoni (Stephan et al....... 71 Figure III............................................................. 21 Figure I.................................... 2008) ..................................................................................11 : Vue de dessus d’une fenêtre protégée pour le paramétrage des masques latéraux...................................................5 : Plaque de MCP sollicitées par une variation de température extérieure sinusoïdale : Tmin=10°C............. 78 Figure III...............4 : Sollicitation sur la plaque de MCP ............................................................ Te et Ti représentent les températures de surface extérieure et intérieur ................2 : Représentation graphique d’un fichier programme (trans_ch_mur_RP_pt..........12 : Vue de dessus d’une fenêtre protégée pour le paramétrage de la casquette ...................7 : Plan de l’intérieur des maisons (Philippe Bouche Architecte) ....................................................................................................... 82 Figure III...................1 : Modèles expérimental et analytique de la capacité calorifique du MCP (Kuznik et al...... 6 Figure I...................13 : Vue dans le plan d’un rayon solaire pour le calcul de la partie éclairée d’une fenêtre protégée .................................... 60 Figure III........ 2008) ............................................................................................................ 79 Figure III...Liste des figures Figure I.cm ............. 8 Figure I............................7 : Plaque de MCP sollicitées par une variation de température extérieure sinusoïdale : Tmin=10°C............................................ 70 Figure III......................................................2 : Sensibilité du GWP à différents paramètres (Peuportier 2001) ................................................................ 55 Figure II.....5 : Température intérieure de la maison soumise à une source de chaleur convective fictive égale à un pourcentage du flux solaire reçu par la maison..............pr) ........... 11 Figure I............................9 : Suivi expérimental des consommations de chauffage de 32 maisons passives à Hanovre (énergie finale) (Feist 2006) ..6 : Plaque de MCP sollicitées par une variation de température extérieure sinusoïdale : Tmin=20°C................................................................................................ Tmax=30°C ................................................... 72 Figure III. 81 Figure III. 69 Figure III......... 12 Figure I....................................... ........ Tmax=40°C ............................................................................ 82 XIX ..................................11 : Comparaison des besoins de chauffage d’une maison simulés par plusieurs logiciels ..............................3 : Démarche négaWatt ...........................................10 : Validation expérimentale du logiciel PHPP (Feist 2006) .................................... 68 Figure III.......... 7 Figure I.............. 71 Figure III.................10 : Paramétrage géométrique de la tache solaire ........8 : Angles relatifs au soleil et à la position de la façade ......... Tmax=25°C ...........3 : Réponse du modèle de MCP à un échelon de température d’air d’un côté de la plaque après intégration dans SIMSPARK ..............................................................................1 : Représentation graphique d’une macro-classe : conv_cond_RP_pt. 26 Figure I..........................1 : Contribution des différentes sources d’impact au bilan global (Peuportier 2003) ............................................................

.................................................. 92 Figure III...23 : Décomposition des sollicitations en sollicitations triangulaires élémentaires ...................................................16 : Effet de la prise en compte du CLO sur la température de sortie du tube .............................13 : Puissance de chauffage dans la pièce de l’étage.............................17 : Bilan des échanges à la surface du tube.... 94 Figure III.........14 : Superposition de deux processus thermiques élémentaires pour la résolution du problème de tube enterré (Soontornchainacksaeng 1993) ............6 : Géométrie du cas test étudié ....................... bâtiment en béton .................................... 122 Figure IV............................................. 90 Figure III..............................................................................5 : Effet de la température de fusion du MCP sur le comportement thermique du bâtiment ..........................................8 : Distribution annuelle moyenne de la tache solaire due à une seule fenêtre au sud......................... 127 Figure IV.................................................. 115 Figure IV...................................................................................................................................................7 : Distribution de la tache solaire avec fenêtre au sud pendant une journée .................................. 105 Figure III.............................27 : Comparaison des températures de sortie du tube avec un modèle analytique pour une sollicitation de période 1 an ................................................... 111 Figure IV.........4 : Capacité calorifique en fonction de la température de fusion du MCP ..............10 : Puissance de chauffage dans la pièce du rez-de-chaussée............................................................................... 114 Figure IV..... 113 Figure IV...................15 : Discrétisation de l’échangeur air-sol ....1 : Evolution de la puissance de chauffage à l’étage ................. 123 Figure IV...................................................................................................................................15 : Prise en compte du rayonnement CLO ........... 104 Figure III..........29 : Cas d’un échangeur air-sol avec deux tubes ........Figure III................ 119 Figure IV............................................16 : Structure 2D pour les calculs du flux entrant dans le tube ........ 102 Figure III..... 112 Figure IV..................... 90 Figure III...................................20 : Sollicitations et réponses à considérer pour les calculs de facteurs de réponse ........................................................................ bâtiment à ossature bois ....................................11 : Puissance de chauffage dans la pièce de l’étage..... 129 XX ................. 120 Figure IV..................................... 99 Figure III................................... 118 Figure IV.. 127 Figure IV.. bâtiment en béton ....3 : Evolution de la température à l’étage en été ..............................................................................................................................19 : Structure 2D pour les calculs de facteurs de réponse (conduction seule) 93 Figure III...............25 : Flux entrant en surface du sol en régime permanent ...................12 : Puissance de chauffage dans la pièce du rez-de-chaussée.................................18 : Bilan des échanges en surface du sol ... 94 Figure III............... 106 Figure IV...................... 126 Figure IV........................................................................................................................................... 121 Figure IV.......22 : Exemple de facteurs de réponse (admittance Z) calculés avec COMSOL ...........................................................................................................24 : Paramétrage des mailles du tube......9 : Géométrie étudiée dans le cas test ........2 : Evolution de la température à l’étage en intersaison ...................................................................................................17 : By-pass sur l’échangeur air-sol et sur la ventilation double flux ...température de sortie du tube en été ............................................................................. 103 Figure III......................................14 : Prise en compte du rayonnement CLO ..............Température de sortie du tube en hiver ............. 96 Figure III......................... 123 Figure IV.......... 117 Figure IV....... 95 Figure III................... bâtiment à ossature bois ........................................21 : Sollicitation élémentaire en surface du sol .................................26 : Comparaison des températures de sortie du tube avec un modèle analytique pour une sollicitation de période 1 jour ................. 91 Figure III....................... 86 Figure III.....................................................28 : Exemple de configuration qu’il est possible d’étudier avec le modèle de l’échangeur air-sol développé ......................................

.....cas n°1 ........................24 : Comparaison du taux de renouvellement d’air imposé et de celui trouvé par méthode inverse en été (avec surventilation nocturne).............................................................................................26 : Comportement de la maison avec ou sans soleil l’été ................cas n°2 ...........................cas n°12 ...................... 174 Figure A-7 : Position de la tache solaire ........................................................................................................................ 166 Figure A-3 : Paramétrage géométrique du problème de tache solaire ....................................... 166 Figure A-2 : Plan de l’étage de la maison béton.................... 144 Figure IV........... 186 XXI .. 172 Figure A-5 : Projection des coins de la fenêtre sur un plan infini contenant le mur du fond ...20 : Puissance de chauffage du bâtiment avec ventilation simple flux ...........................................cas n°15 ... 130 Figure IV......................cas n°13 .................................Figure IV.......................cas n°7 ....................................cas n°8 ...............cas n°18 ... 138 Figure IV................................................................ 139 Figure IV..........cas n°14 .......... 176 Figure A-11 : Position de la tache solaire ..........................cas n°10 ............... 171 Figure A-4 : Projection des coins de la fenêtre sur un plan infini contenant le plancher ............ 184 Figure A-22 : Position de la tache solaire ..................................cas n°19 ............................................................................cas n°5 ..................................................................................... isolant extérieur ...............................................22 : Capacité calorifique obtenue par méthode inverse ou par le modèle ................18 : Température intérieure du bâtiment couplé à un échangeur air-sol en été ............................................... 175 Figure A-9 : Position de la tache solaire .................................cas n°17 ................................................................................ 177 Figure A-12 : Position de la tache solaire .... 178 Figure A-13 : Position de la tache solaire .........19 : Puissance de chauffage du bâtiment couplé à un échangeur air-sol en hiver ........ 183 Figure A-20 : Position de la tache solaire ................27 : Comportement de la maison avec ou sans soleil................................................21 : Evolution de la capacité calorifique dans une tranche au cours du temps ............... 185 Figure A-23 : Position de la tache solaire ...................................................... 180 Figure A-17 : Position de la tache solaire ......... 185 Figure A-24 : Position de la tache solaire ................................. 181 Figure A-18 : Position de la tache solaire ........................... 140 Figure IV....................................................... 183 Figure A-21 : Position de la tache solaire ..........................................................23 : Taux de renouvellement d’air imposé / taux trouvé par méthode inverse en hiver ......................................... 178 Figure A-14 : Position de la tache solaire ........................ 133 Figure IV.............................. 147 Annexes Figure A-1 : Plan du rez-de-chaussée de la maison béton...........................................................................cas n°6 .. 174 Figure A-8 : Position de la tache solaire ...................cas n°3 ...cas n°16 .......................................................................cas n°11 ............................... 179 Figure A-15 : Position de la tache solaire ................................ 147 Figure IV.... isolant extérieur .25 : Cas de figure possibles pour le calcul de l’efficacité solaire passive ....cas n°4 ........... 172 Figure A-6 : Position de la tache solaire ...... 132 Figure IV............................. 180 Figure A-16 : Position de la tache solaire ................................cas n°9 ........................................................................................... 182 Figure A-19 : Position de la tache solaire ........... 138 Figure IV................................... 176 Figure A-10 : Position de la tache solaire ..........

XXII .

............................................................6 : Confort d’été dans une maison basse consommation avec échangeur airsol ..................................... 119 Tableau IV................................... 149 Tableau IV...11 : Efficacité solaire passive d’une maison moins performante .....................................................................1 : Exemples de coefficients de l’admittance Z .. 101 Tableau IV...........3 : Besoins de chauffage du bâtiment à forte inertie ............... 124 Tableau IV...............................................................................Liste des tableaux Tableau II.............5 : Conditions d’utilisation des by-pass de l’échangeur air-sol et de la ventilation double flux ....................................1 : Caractéristiques......... 124 Tableau IV..........2 : Exemple de choix du nombre de termes de la somme ............2 : Caractéristiques...................8 : Consommation du ventilateur ramené à la surface du bâtiment ........... 165 Tableau A-4 : Notations utilisées pour le calcul de la tache solaire .................14 : Efficacité solaire totale d’une maison de la plateforme INCAS ..... 148 Tableau IV............................................................... 129 Tableau IV............. 148 Tableau IV.......12 : Efficacité solaire photovoltaïque d’une maison de la plateforme INCAS (50 m² de capteurs) .......... 38 Tableau II.........4 : Besoins de chauffage du bâtiment à faible inertie .................................................................................9 : Répartition du flux solaire à la surface d’une maison de la plateforme INCAS ................ avantages et inconvénients des environnements de simulation modulaires ........................................ 131 Tableau IV.......................................... 150 Annexes Tableau A-1 : Caractéristiques de l’enveloppe de la première maison de la plateforme INCAS ..13 : Efficacité solaire active thermique d’une maison de la plateforme INCAS (4 m² de capteurs) ........................................................................................2 : Répartition moyenne du flux CLO selon la saison ...................... 134 Tableau IV................... 113 Tableau IV........................................... 95 Tableau III...............................................................................................................................3 : Caractéristiques.................................. 165 Tableau A-2 : Caractéristiques de l’enveloppe de la deuxième maison de la plateforme INCAS ....................................4 : Coefficients de la formule empirique de McAdams ..........................1 : Effet des plaques de MCP sur les besoins de chauffage et le confort ........................................10 : Efficacité solaire passive d’une maison de la plateforme INCAS.................. 146 Tableau IV..................... 165 Tableau A-3 : Menuiseries utilisées dans les deux maisons ....................................................................... 39 Tableau II................. 50 Tableau III.......... avantages et inconvénients des environnements de simulation basés sur les systèmes d’équations ............. 133 Tableau IV............................... 39 Tableau II......... 173 XXIII .................... 150 Tableau IV...........................................................................................7 : Besoins de chauffage d’une maison basse consommation couplée à un échangeur air-sol .......... avantages et inconvénients des environnements de simulation monolithiques ................

.

ainsi que leur couplage avec des systèmes de faible puissance mais également d’optimiser la gestion des apports solaires pour éviter les 1 2 Groupement International d’expert sur l’Evolution du Climat Climate Change 2007: Synthesis Report. http://www. An Assessment of the Intergovernmental Panel on Climate Change. le refroidissement. Tous les secteurs d’activité sont concernés mais le bâtiment a une position particulière car d’après un rapport du Programme des Nations Unies pour l'Environnement (PNUE)3.fr/shared/publications/pdf/WEBx0126xPA-SBCIpolicyTool. tous les bâtiments neufs devront remplir les critères de la basse consommation.Introduction Selon les experts du GIEC1. Cet environnement devra nous permettre lever les verrous scientifiques que posent ces nouveaux bâtiments. une rupture technologique est nécessaire et elle doit s’accompagner d’une rupture au niveau de la façon de simuler les bâtiments.ipcc. le Grenelle de l’environnement a permis de définir des objectifs de réduction des consommations énergétiques à court terme et à partir de 2012. la production d'eau chaude sanitaire et l'éclairage des locaux. En France. L’objectif avoué pour 2020 est de ne plus construire que des bâtiments à énergie positive. http://www. Summary for Policymakers.pdf 3 Assessment or Policy Instruments for Reducing Greenhous Gas Emissions from Building.an) en énergie primaire pour le chauffage.pdf 1 . Sustainable buidings and Construction Initiative.ch/pdf/assessmentreport/ar4/syr/ar4_syr_spm. 20% de la consommation d'énergie et plus de 45 millions de tonnes d’émission de CO2 par an pourraient être évitées d'ici 2010 par la mise en œuvre de normes plus ambitieuses pour les bâtiments existants et neufs en Europe. Ce travail a pour objectif de montrer l’intérêt de l’utilisation d’un environnement de simulation en rupture adapté à l’étude énergétique de ces bâtiments qui consomment peu d’énergie. c’est pourquoi il faut revoir les méthodes de simulation employées. les pays développés doivent réduire leurs émissions de GES. les outils de simulation existants ont été développés pour des bâtiments classiques qui consomment beaucoup plus d’énergie que les objectifs fixés. il est quasiment assuré que le réchauffement climatique observé depuis un siècle est lié aux gaz à effet de serre (GES) produits par l’activité humaine2. United Nation Environment Programme.h/(m².unep. En effet. c'est-à-dire consommer moins de 50 kW. Il s’agit de bien prendre en compte les phénomènes couplés au sein du bâtiment. les modèles utilisés mais aussi se poser des questions sur l’outil le mieux adapté pour répondre aux besoins en terme de simulation. la ventilation. c'est-à-dire qui produisent sur l’année plus d’énergie qu’ils n’en consomment. Pour limiter l’aggravation de ce phénomène. Pour faire face à ce défi.

soient un modèle de matériaux à changement de phase. Nous définirons enfin la notion d’efficacité solaire d’un bâtiment qui permet de mieux appréhender la part de l’énergie solaire qui lui est utile. La deuxième partie sera consacrée à la recherche de l’environnement le mieux adapté à la simulation de ces bâtiments. 2 . nous verrons quelle place tient la simulation numérique dans la conception des bâtiments basse consommation par rapport aux règles de l’art et aux analyses théoriques. Elle contient une présentation succincte des outils existants et une présentation plus détaillée de l’outil retenu pour mener ces travaux. un modèle de prise en compte du rayonnement à l’intérieur des bâtiments basé sur l’étude de la position de la tache solaire et un modèle d’échangeur air-sol utilisant la méthode des facteurs de réponse. Dans une première partie. La troisième partie présente les modèles implémentés au cours de ce travail.Introduction surchauffes l’été et réduire voire annuler les besoins de chauffage l’hiver en utilisant de façon intelligente le stockage passif d’énergie. Dans la quatrième partie seront présentés des exemples d’utilisation des modèles présentés auparavant qui servent à illustrer les intérêts de l’environnement utilisé.

nous présenterons tout d’abord une approche théorique de l’impact environnemental des bâtiments pour pouvoir apprécier le poids de l’étude thermique du bâtiment sur l’impact global et en comprendre les enjeux. Nous regarderons également quelles sont les solutions que les règles de l’art nous proposent pour maîtriser les besoins de chauffage et obtenir le confort d’été. Nous verrons enfin comment appréhender à la fois ces aspects théoriques et pratiques par la simulation numérique pour concevoir au mieux des bâtiments basse consommation.Chapitre I : Positionnement de la simulation numérique dans la réduction de l’impact environnemental des bâtiments RÉSUMÉ DU CHAPITRE : Dans ce chapitre. 3 .

de « maisons solaires » etc. 1. la pollution à l’échelle planétaire. Pour cela. Pour quantifier un impact environnemental.Chapitre I : Positionnement de la simulation numérique dans la réduction de l’impact environnemental des bâtiments L’objectif de ce chapitre est de montrer la contribution que peut apporter la simulation numérique à la réduction de l’impact environnemental des bâtiments. Nous ferons ensuite un tour d’horizon des règles de l’art qui servent actuellement de base à la construction de bâtiments performants pour nous intéresser dans une dernière partie à la simulation numérique vue comme un pont entre l’approche théorique et l’approche expérimentale issue des règles de l’art. à partir de la quantité d’énergie finale relative à 4 . Elle est régie par une norme (ISO 14040) et peut être appliquée en particulier à l’étude des bâtiments. les déchets et une dernière catégorie regroupant l’écotoxicité et la toxicité humaine. Une analyse théorique est donc nécessaire pour définir des critères d’analyse et proposer une démarche qui permette d’aborder le problème de façon rationnelle. la prise de conscience du poids que représentent les bâtiments sur l’environnement a amené à l’émergence des concepts de « bâtiments écologiques ». Cependant les choix réalisés n’ont pas toujours été très pertinents pour réduire l’impact environnemental de ces constructions. on se sert d’indicateurs qui permettent d’évaluer le niveau de nuisance environnementale dans un domaine bien précis pour le cycle complet du produit. 1 Analyse théorique de la réduction de l’impact environnemental des bâtiments Ces dernières décennies.1 Analyse du cycle de vie des bâtiments L’analyse du cycle de vie est un outil qui permet d’évaluer l’impact environnemental d’un produit de manière globale en prenant en compte toutes les phases de son existence allant de sa fabrication à sa destruction ou éventuellement son recyclage. Un projet européen (REGENER 1997) a été réalisé pour étudier l’application de l’analyse de cycle de vie aux bâtiments et aboutir à une sélection des indicateurs les plus importants à considérer. Ils sont classés en quatre catégories que sont l’utilisation des ressources naturelles. Parmi ces indicateurs. on peut citer :  La consommation d’énergie primaire (dans la catégorie « utilisation des ressources naturelles ») qui. de « constructions bioclimatiques ». nous présenterons tout d’abord une analyse théorique des moyens de réduire cet impact en utilisant en particulier l’analyse du cycle de vie appliquée aux bâtiments.

1 présente un résumé des résultats obtenus. chauffage…) ou des différentes phases du cycle de vie (construction. Unité : kg CO2 équivalent  Le poids des déchets inertes (dans la catégorie « déchets ») qui quantifie la masse de déchets générés par le produit en excluant les déchets radioactifs et les déchets dangereux qui font l’objet d’indicateurs spécifiques. Unité : tonne  Le smog d’été (dans la catégorie « écotoxicité / toxicité humaine ») qui quantifie la masse de gaz pouvant entraîner du smog d’été en ramenant l’ensemble des émissions ayant un effet sur le smog à une émission équivalente de SO2. Unité : Tep1  Le GWP100 (dans la catégorie « pollution à l’échelle planétaire ») qui quantifie le potentiel de réchauffement de la planète du produit sur les 100 ans à venir en ramenant l’ensemble des émissions de gaz à effet de serre à une émission équivalent de CO2. Unité : kg SO2 équivalent Après avoir fait l’analyse du cycle de vie.1 Analyse théorique de la réduction de l’impact environnemental des bâtiments 1. en faisant un inventaire précis. les valeurs nominales des indicateurs étant ramenées à l’unité pour voir la part de chaque source d’impact dans chacun des indicateurs étudiés. L’ACV d’une maison française standard de 100m² située en région parisienne a été réalisée par Peuportier (2003). on aura donc une valeur chiffrée de chacun de ces indicateurs mais cette information est difficile à interpréter. La figure I.87 GJ) 5 . rénovation. matériau. 1 Tonne équivalent pétrole (1 Tep=41.1 Analyse du cycle de vie des bâtiments chaque poste de consommation et après conversion adéquate selon la source énergétique. utilisation. quantifie la quantité d’énergie primaire utilisée par le bâtiment. déconstruction) sur le résultat final de l’indicateur. de voir les contributions des différents postes (transport. Il est également intéressant. On peut ainsi identifier sur quels points il est utile de travailler et c’est à cette fin que l’analyse de cycle de vie nous intéresse ici car elle permet de savoir sur quel poste et sur quelle phase du projet on peut le plus réduire les impacts environnementaux des bâtiments. électricité. Il faut donc un élément de comparaison tel que la valeur de l’indicateur pour un bâtiment de la même taille et dans la même région (Peuportier 1998) pour pouvoir estimer si le résultat est bon ou non.

1 : Contribution des différentes sources d’impact au bilan global (Peuportier 2003) En considérant l’indicateur GWP100.Chapitre I : Positionnement de la simulation numérique dans la réduction de l’impact environnemental des bâtiments Figure I. les matériaux auraient sûrement joué un rôle important. il faut ensuite interpréter tous ces résultats en se demandant quels poids relatifs on donne aux indicateurs les uns par rapport aux autres. on voit que les matériaux utilisés (partie noire de la 1° barre) y contribuent à hauteur de 4% alors que le chauffage (partie rouge de la 1° barre) y contribue à plus de 40%. Si la volonté est de réduire les déchets dus au bâtiment. d’une maison dite « solaire » et d’une maison à ossature bois a été réalisée par Peuportier (2001). 6 . On voit également dans cet histogramme que les sources liées à la consommation énergétique des bâtiments (eau chaude. il faudra accorder plus d’importance aux matériaux choisis. Bien entendu. électricité. Par cet histogramme. Une autre étude portant sur la comparaison d’une maison standard française. Les résultats de l’étude concernant l’indicateur GWP100 sont présentés par l’histogramme de la figure I. De même si l’on avait étudié un indicateur de toxicité humaine.2. chauffage) ont un fort impact sur la plupart des indicateurs. on se rend bien compte que le choix des matériaux de construction qui est souvent mis en avant dans les habitations dites « écologiques » a un effet assez faible sur la plupart des indicateurs environnementaux dans le cas d’une maison standard (sauf sur le poste « autres déchets »).

Adalberth (1997) montre que dans des constructions classiques.1 Analyse théorique de la réduction de l’impact environnemental des bâtiments 1. on commence à observer un équilibre entre l’énergie nécessaire à le construire et l’énergie utilisée pendant son utilisation (Thormark 2002. Cependant. l’impact sur le GWP100 de la phase construction est assez faible (voire parfois négligeable) par rapport à la phase d’utilisation du bâtiment pour des constructions classiques (on aurait sûrement trouvé le même genre de résultat sur l’indicateur énergie primaire utilisée). sachant qu’une fois que cette part est réduite. on peut dire que pour réduire l’impact environnemental d’un bâtiment. la part de la consommation de chauffage et de ventilation atteint le même ordre de grandeur que la part de consommation pour l’eau chaude et peut être plus faible que la part électricité spécifique et éclairage. une grande partie de l’énergie utilisée pendant le cycle de vie du bâtiment est due aux consommations de chauffage et de ventilation. son impact peut devenir du même ordre de grandeur que 7 . Si l’on regarde maintenant la répartition des consommations d’énergie pendant la durée de vie d’un bâtiment. pour des bâtiments ayant de très faibles consommations d’énergie. il est pertinent de commencer par réduire ses consommations énergétiques pendant sa phase d’utilisation. Ainsi. il est primordial de la limiter au maximum sachant qu’une fois que ce point a été travaillé.1 Analyse du cycle de vie des bâtiments Figure I. Winther et Hestnes 1999) en viennent aux mêmes conclusions. Plusieurs études suédoises (Adalberth 1997.2 : Sensibilité du GWP à différents paramètres (Peuportier 2001) L’une des conclusions que l’on peut tirer de ce graphique est que. Joelsson et Gustavsson 2008). les phases construction et déconstruction peuvent devenir non négligeables. Il montre dans une étude plus récente (Adalberth 2000) que dans des bâtiments basse consommation. Concernant la part du chauffage dans la consommation d’énergie pendant l’utilisation du bâtiment. dans tous les cas de figure étudiés.

un traitement adapté de l’enveloppe et du renouvellement d’air mais aussi par une bonne gestion du bâtiment (ouverture . Dans le domaine du bâtiment.). Nous verrons en détail au paragraphe 2 quels sont les moyens d’atteindre cet objectif d’efficacité. l’efficacité et le recours à des énergies renouvelables.2 Démarche de réduction de la consommation d’énergie dans le bâtiment Nous avons donc vu qu’il était important. il est parfois difficile de distinguer ce qui relève de la sobriété (réduction des besoins) et ce qui relève de l’efficacité (réduction des consommations).negawatt. températures de consigne adaptées etc.fermeture des stores.Chapitre I : Positionnement de la simulation numérique dans la réduction de l’impact environnemental des bâtiments celui des autres postes de consommation d’énergie (en particulier la production d’eau chaude sanitaire). Pour réduire encore 1 Voir le manifeste négaWatt téléchargeable sur http://www. par là même.3 : Démarche négaWatt L’idée est de réduire la consommation énergétique par les trois leviers que sont la sobriété. on a. réduit l’énergie finale nécessaire au fonctionnement du bâtiment. L’association négaWatt1 propose la démarche générale suivante qui devrait être le fondement de toute action de maîtrise d’énergie dans tous les domaines : Figure I. 1. Utilisation des énergies renouvelables Une fois que les consommations énergétiques ont été réduites. pour réduire l’impact environnemental d’un bâtiment. de réduire ses consommations énergétiques. Efficacité énergétique L’efficacité énergétique des bâtiments passe par une bonne conception architecturale.org/ 8 . Nous inclurons donc ici le levier sobriété dans le levier efficacité.

attardons nous maintenant sur les points précis que sont la maîtrise des besoins de chauffage et le confort d’été. Il dépend également d’aspects psychologiques. être capitalisée au niveau du quartier ou au niveau de la ville. Pour prendre en compte le rayonnement dans le confort. l’énergie solaire (thermique ou photovoltaïque). Confort d’été dans les bâtiments Le confort thermique est défini comme « un état de satisfaction du corps vis-à-vis de l’environnement thermique ». Les exigences de confort doivent donc être définies en prenant en compte tous ces paramètres.1) 9 . l’énergie géothermique sont aujourd’hui facilement intégrables aux bâtiments. La source peut. Il dépend donc de la température de l’air qui entoure l’individu mais également des températures de surface des éléments environnants (rayonnement). de la vitesse de l’air et de l’humidité. physiologiques et culturels dont nous ne parlerons pas ici. On peut alors évaluer la température de confort comme une fonction affine de la moyenne glissante des températures « TRM » (McCartney et Nicol 2002). L’idée est de se dire que s’il fait plus chaud à l’extérieur. Tc  a  TRM  b (I. on peut introduire la notion de température opérative qui est une moyenne pondérée de la température d’air et de celle des parois. on peut avoir recours à des énergies renouvelables et ainsi réduire la consommation d’énergie primaire. 1. La façon la plus simple d’appréhender le confort d’été consiste à considérer uniquement l’effet de la température ambiante et à évaluer le nombre d’heures durant lesquelles cette température dépasse une valeur donnée (souvent 26 ou 27°C). en outre.3 Maîtrise des besoins de chauffage et confort d’été Après avoir mis l’accent sur une démarche cohérente pour réduire la consommation énergétique des bâtiments.1 Analyse théorique de la réduction de l’impact environnemental des bâtiments 1. on appréhende mieux les efforts à réaliser pour réduire la consommation en énergie primaire des bâtiments. Des énergies renouvelables telles que le bois-énergie.3 Maîtrise des besoins de chauffage et confort d’été l’impact environnemental dû à la consommation énergétique. Par cette méthode raisonnée en deux étapes. Une autre méthode d’évaluation du confort se basant uniquement sur la température d’air passe par la notion de confort adaptatif. on peut tolérer une température à l’intérieur plus importante (entre autres parce qu’on adapte son habillement).

2008) qui consiste à placer sur un graphique (appelé diagramme de Givoni) les points correspondant à la situation observée ou simulée avec en ordonnée l’humidité absolue et en abscisse la température. Celui-ci a été modifié récemment par Ole Fanger et Toftum (2002) pour prendre en compte un facteur d’attente (expectancy factor) en fonction du pays dans lequel on se trouve car la tolérance à la chaleur dépend des habitudes du pays. 90% des personnes sont satisfaites par la température.Determination of the PMV and PPD Indices and Specification of the Conditions for Thermal Comfort. 1994 10 . 2  TDM j 1 (I. La méthode PMV ne prend pas en compte la part de l’humidité dans la sensation de confort.1°C à 26. la norme ISO 7730 définit le Predicted Mean Vote (PMV) issu de la théorie de Fanger1.5°C de part et d’autre de Tc. Ils ont pour la France des valeurs respectivement de 0. TRM est évaluée chaque jour en fonction de sa valeur au jour précédent et de la valeur de la température moyenne du jour précédent également : TRM  0. du rayonnement. 1 ISO 7730.1°C en hiver sont satisfaites du confort.Chapitre I : Positionnement de la simulation numérique dans la réduction de l’impact environnemental des bâtiments « a » et « b » sont des coefficients dépendant du pays considéré. on peut utiliser la méthode de Givoni (présentée par Stephan et al. 80% des personnes soumises à une température dans la plage qui s’étend 19. Pour cela. Pour le climat de Chambéry par exemple. de la température de l’air et de l’habillement. On regarde ensuite si ces points rentrent dans une zone qui dépend de la vitesse de l’air et qui est définie comme zone de confort (voir figure I. 8  TRM j 1  0. Pour prendre en considération le fait que le confort thermique dépend de la vitesse de l’air.58°C. alors qu’en été les bornes peuvent monter à 23°C Ŕ 30°C.5°C. On considère que pour des températures « éloignées » de moins de 2.049 et 22.4).2) On peut alors calculer une zone de confort qui s’étend de part et d’autre de la température de confort. Moderate Thermal Environments. Ce pourcentage baisse à 80% pour un écart de température de 3.

on peut passer d’une zone d’inconfort à une zone de confort.3 Maîtrise des besoins de chauffage et confort d’été Figure I. Une ambiance peut donc être confortable avec une température de 30°C si la vitesse de l’air dans la pièce est de 0. plus la zone de confort est grande. Discussion autour des besoins de chauffage Pour évaluer les besoins de chauffage d’un bâtiment.2 de ce chapitre).h/(m².an)]. Pour mieux se rendre compte de ce que représentent les besoins de chauffage d’une maison performante (besoins d’environ 20 kW. 2008) Cette méthode graphique permet de bien se rendre compte de quelques techniques que l’on peut utiliser pour améliorer le confort dans le bâtiment.4 : Exemple d’étude de confort sur le diagramme de Givoni (Stephan et al.an)). soumise aux conditions climatiques de Chambéry.5 m/s. On calcule le flux 11 . on se rend compte qu’à une température donnée. on impose une température de consigne pour le chauffage et on évalue l’énergie nécessaire à maintenir cette consigne pendant la saison de chauffe. en même temps qu’ils apportent de la fraîcheur à un local. si l’on baisse l’humidité de l’air. C’est cette énergie que l’on appelle besoins de chauffage du bâtiment et qui est souvent quantifiée en kilowatt heure par mètre carré et par an [kW.1 Analyse théorique de la réduction de l’impact environnemental des bâtiments 1. diminuent son taux d’humidité. d’où l’utilisation possible de brasseurs d’air ou encore de la ventilation naturelle pour améliorer le confort. De même. La maison étudiée.h/(m². nous avons réalisé une étude pour savoir quel pourcentage du flux solaire arrivant sur la maison il faudrait récupérer à chaque instant pour maintenir sa température intérieure en hiver au niveau inférieur de la zone de confort. C’est ce qui est utilisé dans les systèmes de climatisation qui. On peut voir par exemple que plus la vitesse d’air est importante. possède une structure en béton avec 20 cm d’isolant à l’extérieur (elle est présentée de façon plus précise au paragraphe 2.

On peut donc dire que si l’on arrivait à convertir instantanément 20% du flux solaire arrivant sur la maison en flux convectif. Les trois courbes dans la partie supérieure du graphique représentent les températures intérieures de la maison en évolution libre soumises à une source de chaleur proportionnelle au rayonnement solaire total qui frappe la maison. et qui représente une récupération de 20% du flux solaire. Figure I. Les bâtiments basse consommation permettent donc d’envisager le recours à des énergies renouvelables qui couvriraient 12 . stocker et restituer efficacement l’énergie solaire de façon à combler ses besoins de chauffage qui sont très faibles. se situe toujours dans la zone de confort matérialisée par la courbe en pointillés larges.Chapitre I : Positionnement de la simulation numérique dans la réduction de l’impact environnemental des bâtiments solaire total reçu par la maison à l’aide des formules présentées au paragraphe 2. on pourrait subvenir aux besoins de chauffage d’une maison passive. La figure I. sans créer de surchauffe. On voit bien par contre que ceci engendre des surchauffes importantes et qu’il faudrait une bonne gestion de l’énergie pour les éviter.1 du chapitre III et on en réinjecte instantanément une partie comme source de chaleur convective dans la maison en supposant (cas d’école) que la conversion rayonnement / convection est parfaite.5 : Température intérieure de la maison soumise à une source de chaleur convective fictive égale à un pourcentage du flux solaire reçu par la maison. La courbe en bas du graphique représentant l’éclairement solaire horizontal qui est très faible nous indique que l’on est sur une succession de jours très défavorables. On remarque que celle qui est au-dessus des deux autres.5 montre l’évolution de température dans la maison en fonction du pourcentage de flux conservé pendant une semaine d’hiver. L’enjeu est en fait de concevoir des bâtiments capables de récupérer.

On peut même envisager des bâtiments dont le bilan énergétique annuel net est positif en associant à une bonne maîtrise de l’énergie une production raisonnable d’électricité photovoltaïque. 13 .3 Maîtrise des besoins de chauffage et confort d’été une grande partie.1 Analyse théorique de la réduction de l’impact environnemental des bâtiments 1. voire la totalité de leurs besoins de chauffage. On parle alors de bâtiments à énergie positive.

2. Il s’agit du label allemand Passivhaus.an) d’énergie primaire  Puissance de chauffage maximale : 10 W/m²  Etanchéité à l’air 0.1 Labels certifiant la performance énergétique des bâtiments Les labels qui certifient les performances énergétiques des bâtiments permettent d’appréhender les règles de l’art qui régissent ces constructions car.de/ 14 .an)  Consommation totale du bâtiment (chauffage. ceux dans lesquels il est possible de maintenir un climat intérieur confortable sans système de chauffage ou de rafraîchissement actif. Pour ce faire. du label suisse Minergie et du label français BBC-effinergie. eau chaude sanitaire (ECS).Chapitre I : Positionnement de la simulation numérique dans la réduction de l’impact environnemental des bâtiments 2 Règles de l’art des bâtiments basse consommation Cette partie a pour but de faire un tour d’horizon des règles de l’art relatives au confort d’été et la maîtrise des besoins de chauffage dans les bâtiments énergétiquement performants.h/(m². Trois labels seront présentés ici dans le cas particulier des bâtiments résidentiels neufs (il existe une multitude de cas possible qu’il n’est pas utile de détailler ici). selon leur définition.passiv. nous nous baserons sur les spécifications que donnent les labels qui certifient ce type de bâtiment et nous verrons par la suite les choix retenus pour la réalisation concrète de deux maisons à l’Institut National de l’Energie Solaire (INES). 2.h/(m². ventilation et électricité spécifique) inférieure à 120 kW. non seulement ils imposent des exigences quant aux besoins de chauffage ou aux consommations des bâtiments. Les exigences principales sont les suivantes (on voit qu’elles donnent quand même la possibilité d’utiliser un système de chauffage) :  Besoins de chauffage inférieurs à 15 kW.1 Exigences des labels Le label Passivhaus1 délivré par le Passivhaus Institut de Darmstadt certifie les bâtiments dits passifs c'est-à-dire.6 vol/h pour une différence de pression de 50 Pa entre l’intérieur et l’extérieur 1 http://www.1. mais en plus ils proposent des solutions techniques permettant de les atteindre.

net/jo/20070515/SOCU0750649A. y compris l'assiette des murs 15 .1 Labels certifiant la performance énergétique des bâtiments  Ventilation double flux (récupérateur de chaleur avec rendement de plus de 75%) Le standard Minergie. Norme Suisse. Il n’impose quant à lui qu’un seul critère qui est la consommation maximale en énergie primaire fixée à 50 kWh/(m². Il est difficile de comparer ces labels qui utilisent des critères différents et même des surfaces différentes pour les calculs des besoins de chauffage (SRE4 pour les labels 1 2 SIA 380/1: L'énergie thermique dans le bâtiment.6 volumes par heure (Minergie P seulement)  Appareils électroménagers de classe A. à moduler selon la zone climatique et l'altitude prenant ainsi en compte la différence de climat qui existe au travers de la France ce qui rend ce critère plus adapté aux spécificités françaises.effinergie. l’eau chaude sanitaire et l’éclairage pondérés en fonction de la source d’énergie utilisée.an) ce qui comprend le chauffage. 2001 http://www. le second étant l’application de la démarche du premier pour les bâtiments passifs. quant à lui.  Surcoût par rapport à une solution classique inférieur à 10% (respectivement 15%)  Etanchéité à l’air inférieure à 0. BBC 2005 » qui est le niveau le plus exigeant du label « Haute Performances Energétiques ».h/(m². se décline selon deux labels de niveaux différents que sont Minergie et Minergie P.html 4 Surface de Référence Energétique définie comme la somme des surfaces de tous les locaux chauffés.an). Les exigences principales sont les suivantes :  Besoins de chauffage inférieurs à 60% de la valeur limite imposée par la réglementation suisse1 pour Minergie (respectivement 40% pour Minergie P)  Indice pondéré de dépense énergétique (tel que défini dans la norme suisse) inférieur à 38 (respectivement 30) kW.org/ 3 Arrêté du 8 mai 2007 relatif au contenu et aux conditions d'attribution du label « haute performance énergétique » (JORF n°112 du 15 mai 2007 page 8909 texte n° 35) http://admi.2 Règles de l’art des bâtiments basse consommation 2. A+ pour les réfrigérateurs (Minergie P seulement) Le label BBC-effinergie qui est issu du travail de l’association Collectif Effinergie2 a été repris dans la réglementation française3 sous le nom de label « bâtiment basse consommation énergétique.

balcon. une maison passive est donc pour nous un cas particulier de bâtiment basse consommation. SHON1 pour BBC-Effinergie) mais ils permettent quand même quelques réflexions sur les concepts qu’ils proposent. la démarche couramment adoptée consiste à travailler en premier lieu sur l’architecture du bâtiment puis de s’intéresser à l’optimisation de l’enveloppe. loggia et quelques autres surfaces considérées comme non habitable 16 . nous entendons par là des bâtiments pouvant répondre aux standards définis par les labels Passivhaus ou Minergie P . cuisine etc. C’est donc dès la phase d’avant projet qu’il faut avoir en tête quelques principes qui permettent de réduire les déperditions d’un bâtiment et de ne pas créer d’importantes surchauffes l’été. nous englobons l’ensemble des bâtiments pouvant satisfaire l’un des label décrit ici.1.1 Dispositions architecturales Les choix architecturaux ont un impact très important sur le comportement thermique d’un bâtiment.1. 2.2 Règles de l’art préconisées Afin d’atteindre les objectifs fixés par les labels. Dans l’ensemble de ce document. Notons dès maintenant que ce n’est pas parce qu’un bâtiment ne répond pas à l’ensemble de ces règles qu’il ne sera pas basse consommation et qu’elles sont dictées par des retours d’expérience dans un climat donné et pour des habitudes de construction données. 2. On peut quand même citer d’autres règles de l’art communément admises comme la compacité de la construction qui permet de limiter pour un volume donné la surface des murs en contact avec l’extérieur et donc les déperditions mais aussi la disposition des pièces qui favorise le placement au sud des pièces à vivre (séjour. Nous verrons ici les règles de l’art qui concernent chacun de ces points et qui peuvent être préconisées par les labels mais aussi ce que les nouvelles technologies qui se développent actuellement peuvent nous apporter pour répondre à certaines de ces problématiques.Chapitre I : Positionnement de la simulation numérique dans la réduction de l’impact environnemental des bâtiments Allemand et suisse. au traitement du renouvellement d’air et enfin à l’utilisation de systèmes énergétiques adaptés. C’est sur ce point que les labels sont en général les plus flexibles et la principale recommandation que l’on peut trouver dans les standards Minergie et Passivhaus concerne l’orientation du bâtiment et la présence d’ouvertures qui doivent permettre d’optimiser les gains solaires. On peut donc pour chaque nouveau bâtiment remettre en question ces règles pour avoir une réponse adaptée à sa situation particulière.2. quand nous parlons de bâtiment « basse consommation ». quand nous parlons de bâtiment « passif ».) et au nord des 1 Surface Hors Œuvre Nette : c’est la somme des surfaces de plancher hors oeuvre de chaque niveau d’une construction à laquelle on déduit les surfaces de comble.

2 W/(m². On peut également utiliser. Stephan et al (2008) ont montré que l’ajout d’un panneau de 17 .15 W/(m². L’air étant peu inerte. l’isolation importante rend les températures de parois proches de la température d’air évitant ainsi le phénomène de paroi froide ce qui fait qu’il n’est pas indispensable d’avoir un système radiant pour compenser l’inconfort. les labels imposent une forte isolation qui est caractérisée par un coefficient de déperdition U à ne pas dépasser. Il est pourtant reconnu qu’elle permet de limiter les surchauffes en été mais il reste à prouver.2 Traitement de l’enveloppe Le traitement de l’enveloppe du bâtiment est primordial pour limiter ses déperditions et c’est un point sur lequel les labels abondent en recommandations chiffrées. pour atteindre ces objectifs.1 Labels certifiant la performance énergétique des bâtiments espaces tampons (cellier.°C) est retenue ce qui correspond à des épaisseurs d’isolant classique allant de 20 à 40 cm. Il devient donc pertinent de proposer des solutions de chauffage utilisant l’air comme vecteur énergétique.). Les parois opaques peuvent également servir à apporter de l’inertie au bâtiment mais aucun label ne l’impose ou ne le suggère. volets) soit encore par une végétation caduque qui permet de protéger en été et de laisser passer le soleil en hiver. Parois opaques Pour limiter les déperditions au niveau des parois opaques. on peut également utiliser des isolants transparents qui se posent à l’extérieur d’un mur et laissent passer le rayonnement solaire tout en maintenant une bonne isolation. hall d’entrée etc. Pour augmenter les apports solaires gratuits.1. et c’est l’un des verrous scientifique qu’il faudra lever dans les années à venir.°C) alors que pour Minergie. L’architecture du bâtiment doit également anticiper sur le confort d’été en prévoyant des protections pour les vitrages qui peuvent soit passer par des systèmes fixes (ex : casquettes) soit par des protections amovibles (ex : stores extérieurs. la valeur de 0.2 Règles de l’art des bâtiments basse consommation 2. Pour les labels Minergie P et Passivhaus. on placera préférentiellement l’isolation à l’extérieur. elle peut être également très intéressante en hiver. 2.2. il est donc utile que la structure même du bâtiment le soit pour lisser la demande de puissance de chauffage. que dans le cas de bâtiments basse consommation. des technologies plus novatrices telles que les isolants sous vide qui peuvent être particulièrement avantageux dans le cas de la rénovation où le manque de place est un problème important. Ce type d’isolant fait l’objet d’une description approfondie dans les annexes de la thèse de Flory-Celini (2008). Pour profiter de l’inertie apportée par les parois. U ne doit pas dépasser la valeur de 0. De plus.

Signalons que pour augmenter artificiellement l’inertie. Pour gérer les apports solaires au travers des vitrages.1 du chapitre III).Chapitre I : Positionnement de la simulation numérique dans la réduction de l’impact environnemental des bâtiments gypse devant un mur inertiel (béton coulé) avait une influence importante sur le confort d’été dans un bâtiment en climat chaud. Ces critères imposent donc l’utilisation de triples vitrages à faible émissivité partout ce qui peut être discutable dans le cas d’une maison qui se trouverait dans un climat plus chaud que celui de l’Allemagne ou de la Suisse. Menuiseries Les menuiseries utilisées font l’objet de deux critères. et des solutions dynamiques actives comme les vitrages électrochromes dont l’opacité est réglée en fonction du courant électrique imposé. aucune nuance n’étant faite sur le type de fenêtre à utiliser en fonction de l’orientation de la façade sur laquelle elle se trouve.°C) pour Passivhaus et U<0.8 W/(m². les triples vitrages faisant perdre une partie des gains solaires possibles par leurs faibles facteur de transmission lumineuse. Perméabilité à l’air Comme le montrent les exigences des labels (critère imposé de 0. soit sous forme de matériau polymérique placé entre deux feuilles réfléchissantes. la perméabilité à l’air des bâtiments peut également jouer un rôle important dans les déperditions d’un bâtiment basse consommation.6 volume par heure sous une différence de pression intérieur / extérieur de 50 Pascals). On voit là les limites de ces labels qui contraignent l’utilisation d’une solution qui n’est pas forcément la plus adaptée. de nombreuses études se tournent actuellement vers les matériaux à changement de phase (études présentées au paragraphe 1. Une étude du centre d’études techniques de l’équipement de Lyon1 (CETE) appliquée au cas des maisons de la 1 Etude réalisée dans le cadre du projet ANR PREBAT Maisonpassive présenté dans son le rapport d’avancement aux six mois (2008) 18 . il existe maintenant des solutions dynamiques passives comme les vitrages thermochromes ou photochromes dont l’opacité augmente avec la température ou l’intensité du rayonnement. Plusieurs produits sont déjà commercialisés soit sous forme de microbilles insérées dans des panneaux de gypse. elles doivent avoir un coefficient de déperdition global faible (U<0.7 pour Minergie P). mais doivent aussi avoir un facteur de transmission lumineuse « g » supérieur à 50%.

seuil de porte fenêtre. liaison mur / fenêtre au niveau du linteau. Le label Passivhaus impose un rendement de ces échangeurs de plus de 80% ce qui est l’ordre de grandeur des appareils existants (CSTB 2007). on peut avoir des besoins de chauffage deux fois plus importants que si l’on prend garde à l’étanchéité en respectant une valeur cible. d’utiliser des moyens de colmatage des ouvertures (manchons.html 19 . 2006) :  des liaisons façades et planchers (liaison mur / dalle sur terre plein.3 Renouvellement d’air Le bâtiment étant le plus hermétique possible aux infiltrations parasites. injection etc. Pour éviter d’insuffler en hiver de l’air froid directement dans la maison.) 2..net/jo/20060525/SOCU0610625A. de percer l’enveloppe et quand on ne peut faire autrement. le renouvellement d’air doit être réalisé par une ventilation mécanique (imposée par tous les labels).1. joints. liaison mur / dalle ou plancher en partie courante…)  des menuiseries extérieures (seuil de porte palière.1 Labels certifiant la performance énergétique des bâtiments plateforme INCAS a montré qu’en se plaçant à la limite de la RT 2005 1 concernant l’indice de perméabilité à l’air. Il est donc nécessaire de limiter les fuites d’air qui sont principalement localisées au niveau (Carrié et al. il faut prendre en compte cette question dès la conception du bâtiment pour éviter. trappe d’accès aux gaines techniques…) Pour limiter la perméabilité à l’air..2. prises de courant sur paroi extérieure…)  des trappes et des éléments traversant les parois (trappe d’accès aux combles. Ventilation double flux Dans une ventilation double flux avec récupération de chaleur.2 Règles de l’art des bâtiments basse consommation 2.)  des équipements électriques (interrupteurs sur paroi extérieure. La plupart des appareils sont donc pourvus de by-pass 1 Réglementation thermique définie dans l’arrêté du 24 mai 2006 relatif aux caractéristiques thermiques des bâtiments nouveaux et des parties nouvelles de bâtiments (JORF n°121 du 25 mai 2006 page 7747 texte n° 14) http://admi. si possible. Le couplage de ces deux systèmes fait l’objet d’une étude au paragraphe 3 du chapitre IV. un échangeur permet de mettre en contact thermique l’air sortant de la maison et l’air entrant ce qui permet en hiver de préchauffer l’air insufflé dans la maison. les deux principaux systèmes utilisés dans les bâtiments basse consommation sont la ventilation double flux et l’échangeur air-sol.

1.). soit pour une ventilation par pièce (on parle alors de systèmes double flux locaux ou décentralisés). le chauffage et le renouvellement de l’air. systèmes compacts. Nous avons vu ici. on fait passer l’air de renouvellement dans un tube enterré ce qui permet son préchauffage en hiver et son rafraîchissement en été grâce à l’inertie du sol. Cette puissance.Chapitre I : Positionnement de la simulation numérique dans la réduction de l’impact environnemental des bâtiments pour couper cette ventilation double flux en été et en mi-saison quand elle n’est pas utile. Les systèmes installés dans les bâtiments basse consommation sont soit des systèmes séparés pour la production d’eau chaude sanitaire. Les systèmes double flux locaux peuvent d’ailleurs être utilisés à des fins de ventilation et de chauffage. 2. En hiver. Pour une description plus détaillée des différentes technologies existantes (systèmes solaires combinés. Voyons maintenant un 20 . une résistance électrique intégrée sert à dégivrer l’échangeur si nécessaire.2. un circuit d’eau chaude ou même une petite pompe à chaleur. On peut utiliser ce type d’appareil soit pour ventiler un bâtiment complet (on parle alors de centrale double flux). Les labels Passivhaus et Minergie P nous donnent un bon ordre de grandeur de la puissance de chauffage à mettre en place car ils fixent leur limite à 10 W/m². Ils peuvent en effet intégrer une résistance électrique. donne tout son sens à l’utilisation d’énergies renouvelables qui peuvent alors couvrir une grande partie des besoins énergétiques de la maison. le lecteur se référera à une comparaison internationale réalisée récemment par le CSTB (2007) et qui contient une partie sur ce sujet. au travers des labels. Ce système a fait l’objet d’une modélisation présentée au paragraphe 3 du chapitre III et d’une étude couplée avec un bâtiment basse consommation au paragraphe 3 du chapitre IV. micro cogénération etc. très faible par rapport à ce qui est nécessaire dans un bâtiment classique. stockage de chaleur.4 Systèmes énergétiques adaptés aux bâtiments basse consommation Dans un bâtiment dont les besoins de chauffage sont très faibles. soit des systèmes compacts qui intègrent ces trois fonctionnalités. Echangeur air-sol Le principe d’un échangeur air-sol (appelé aussi en France puits canadien ou encore puits provençal) est simple. photovoltaïque intégré. quelles sont les règles de l’art qui permettent de concevoir des bâtiments basse consommation. les systèmes énergétiques à mettre en place doivent être adaptés.

On pourra ainsi. 2. pour un même climat et une évolution des charges internes identique. c’est pourquoi.2 Maisons de la plateforme INCAS exemple d’application concret de tous ces concepts sur des maisons individuelles qui seront construites prochainement à l’INES. Dispositions architecturales La conception des maisons de la plateforme INCAS s’est faite dès le départ en faisant travailler ensemble un architecte. Figure I.2 Règles de l’art des bâtiments basse consommation 2. un constructeur et des spécialistes de l’énergie. pour limiter les paramètres de la validation. ces maisons ne seront pas habitées et la présence des occupants sera représentée par des charges internes.Chambéry.2 Maisons de la plateforme INCAS L’Institut National de l’Energie Solaire (INES . La géométrie adoptée pour ces maisons est très simple par volonté de compacité mais aussi pour pouvoir valider les codes de simulation qui seront utilisés pour évaluer leur comportement thermique. comparer le comportement de ces habitations. France) accueillera bientôt une plateforme d’expérimentation de bâtiments basse consommation nommée INCAS qui regroupera des maisons individuelles de géométrie identique. L’objectif principal est de disposer de constructions basse consommation qui permettent valider les modèles thermo-aérauliques développés par les chercheurs.6 : Vue 3D de la géométrie d’une maison de la plateforme INCAS (Philippe Bouche Architecte) 21 .

Le revêtement intérieur sera réalisé en enduit de chaux pour profiter de l’inertie des murs. Leurs caractéristiques sont détaillées dans l’annexe I. Le cellier (autre espace tampon) placé au nord servira également de local pour installer les systèmes de mesure. Enveloppe L’enveloppe de la première maison sera constituée de murs de type « cavity wall ». Concernant les fenêtres. Il n’y a aucun couloir pour éviter de perdre de l’espace chauffé inutilement. c'est-à-dire d’un double mur de blocs de béton entre lesquels on vient placer un isolant. Une attention toute particulière a été prise pour éviter les ponts thermiques et limiter les percements des façades extérieures afin de maintenir une bonne perméabilité à l’air.Chapitre I : Positionnement de la simulation numérique dans la réduction de l’impact environnemental des bâtiments N Figure I. Un sas est prévu comme espace tampon pour la porte d’entrée au nord-est. Les pièces de vie (séjour et chambres) sont au sud. est et ouest.7 : Plan de l’intérieur des maisons (Philippe Bouche Architecte) Une attention particulière a été portée à l’aménagement des espaces intérieurs. alors que la façade nord sera pourvue de triples vitrages. La première maison sera équipée de menuiseries en PVC alors que celles de la deuxième seront en bois. Au sud.K) grâce à la mise en place de 20 cm d’isolant. des doubles vitrages à faible émissivité seront disposés sur les façades sud. Les fenêtres sont équipées de volets qui servent en été de protection solaire. 22 . Le coefficient de déperdition prévu pour les parois opaques en contact avec l’extérieur est de 0. elles sont protégées par des casquettes constituées par le balcon et l’avancée du toit à l’étage. La deuxième sera constituée de béton plein avec isolant à l’extérieur.15 W/(m².

Pour la deuxième maison :  Appoint de chauffage par panneaux radiants électriques  Chauffe-eau solaire individuel avec appoint par résistance électrique dans le ballon 2. Les équipements de base qui seront installés dès le départ sur les deux premières maisons ont été définis. Pour la première maison :  Appareil multifonction fournissant chauffage aéraulique et ECS (avec appoint intégré par batterie électrique ou batterie à eau sur l’air neuf). la mise en place d’un échangeur air-sol n’a pas été retenue. Du fait que le niveau de la nappe phréatique affleure le sol en hiver à l’endroit où les maisons seront construites.2 Règles de l’art des bâtiments basse consommation 2. Nous avons vu enfin l’application de ces principes à la conception des maisons de la plateforme INCAS. pour la première.3 Conclusion Nous avons donc décrit dans cette partie les labels utilisés pour certifier les performances énergétiques des bâtiments ainsi que les règles de l’art qui permettent de construire des bâtiments basse consommation en maintenant un confort acceptable pendant toute l’année à l’intérieur. un système multifonction (qui assure également de le chauffage aéraulique et l’ECS) et pour la deuxième un système indépendant à haute efficacité.  Appoint de chauffage éventuel par émetteurs de chaleur électriques à effet Joule. les règles de l’art utilisées sont souvent fortement liées à un climat et à une manière de construire donnés.3 Conclusion Renouvellement d’air Les deux premières maisons seront équipées de ventilation double flux avec. c’est pourquoi il est nécessaire de prendre du recul par rapport à leur applications et de mener une réflexion les 23 . Leur toiture sera par ailleurs couverte de panneaux photovoltaïques et la rambarde du balcon sera constituée de capteurs solaires thermiques. Systèmes énergétiques Ces maisons devront être à même de tester différents systèmes au cours de leur vie. Comme nous l’avons constaté. c’est pourquoi elles seront toutes équipées de façon à pouvoir recevoir une grande variété de systèmes qu’il est pertinent de mettre en place dans ce type de maison.

24 .Chapitre I : Positionnement de la simulation numérique dans la réduction de l’impact environnemental des bâtiments associant aux principes théoriques présentés dans le premier paragraphe de ce chapitre. ce en quoi la simulation numérique peut nous aider.

1 La simulation au service de la théorie et des règles de l’art Pour illustrer ces propos.8 : Effet des dispositifs adoptés sur la température intérieure en été 25 . chaque bâtiment étant unique par son architecture. Dans le domaine du bâtiment c’est impossible. Les dispositions étudiées sont la mise en place de casquettes au-dessus des fenêtres sud.3 Couplage de l’analyse théorique et des règles de l’art 3. 3. C’est ici que la simulation numérique prend tout son sens car elle peut venir en complément de retours d’expériences faites sur des réalisations in situ habitées pour aider à la conception de bâtiments nouveaux. Figure I. nous prenons un exemple de cas pour lequel la simulation dynamique vient en complément des règles de l’art pour évaluer l’effet de dispositions visant à améliorer le confort d’été dans une des maisons de la plateforme INCAS (présentée au paragraphe 2) sur l’évolution de sa température intérieure. Elle peut permettre de chiffrer les améliorations apportées par la mise en place de tel ou tel dispositif constructif pour savoir leur poids relatif dans l’amélioration globale du comportement du bâtiment. l’ajout de stores extérieurs fermés en journée sur les fenêtres de la façade ouest et la mise en place d’une surventilation nocturne. ses équipements mais aussi par son environnement et le climat qu’il subit. on utilise souvent des prototypes pour tester un nouveau produit. sa structure.1 La simulation au service de la théorie et des règles de l’art 3 Couplage de l’analyse théorique et des règles de l’art Dans le monde de l’industrie.

Cette simulation conventionnelle a pour but de voir l’apport de chacun des dispositifs constructifs mais pas de représenter l’évolution de température dans un cas réel. Dans le cas 1.9 : Suivi expérimental des consommations de chauffage de 32 maisons passives à Hanovre (énergie finale) (Feist 2006) 26 . Le Passivhaus Institut a réalisé le suivi de la consommation de maisons passives de trois quartiers situés dans trois villes allemandes (Feist 2006). on peut atteindre des niveaux de température dans la zone de confort. Figure I. pour lequel aucun dispositif n’est mis en place pour l’amélioration du confort d’été.2 Retour d’expérience et comparaison inter logiciels Il existe très peu de retours d’expérience sérieux portant sur un nombre important de suivis de bâtiments basse consommation.Chapitre I : Positionnement de la simulation numérique dans la réduction de l’impact environnemental des bâtiments On peut voir sur la figure I. Ce n’est qu’en ajoutant des stores extérieurs sur les fenêtres de la façade ouest (cas 2) que la température intérieure atteint des niveaux aux limites de la température de confort. Dans le cas 3 enfin.8 que le cas de base (courbe en haut du graphique). La simulation peut donc aider à appréhender l’efficacité des mesures que nous recommandent les règles de l’art et à prendre des décisions quant aux choix à adopter pour améliorer le comportement du bâtiment. 3. amène des températures simulées très au-dessus de la limite de confort (entre 35 et 40°C). des casquettes sont mises en place au-dessus des fenêtres de la façade sud et on peut voir que ce dispositif permet de réduire la température intérieure de quelques degrés tout en restant à des niveaux encore très élevés. on peut voir qu’en ajoutant une surventilation nocturne.

leur consommation varie de 3 à 32 kW. TRNSYS et SIMSPARK) sur le cas de la maison double mur de la plateforme INCAS1.2. de même enveloppe et soumises au même climat. Ces maisons avaient été dimensionnées à l’aide du logiciel PHPP qui est basé sur un calcul statique des consommations sur une base réglementaire (voir paragraphe 1. Figure I. charges internes etc.2 Retour d’expérience et comparaison inter logiciels La figure I. Une autre étude a été réalisée pour comparer les besoins de chauffages simulés avec quatre logiciels (PHPP. on peut obtenir une bonne estimation des consommations dans ces maisons.9 représente la consommation de 32 maisons identiques situées dans le quartier Kronsberg d’Hanovre par ordre d’efficacité croissant.2 du chapitre II) et il est intéressant de comparer les résultats de simulation et les résultats de mesure.3 Couplage de l’analyse théorique et des règles de l’art 3. Cette variation répond à une loi normale et on peut se dire que ces écarts sont sûrement dus à l’usage qu’en font les occupants (température de consigne de chauffage.h/(m². 1 Dans le cadre du projet ANR PREBAT Maisonpassive 27 . COMFIE.an). On peut voir qu’à chaque fois les résultats de simulation sont très proches de la moyenne des consommations des bâtiments réels ce qui montre que même avec un outil de simulation très simple mais adapté aux bâtiments étudiés.10 : Validation expérimentale du logiciel PHPP (Feist 2006) Sur la figure. bien qu’elles soient de même géométrie. les carrés jaunes représentent les résultats de calcul avec PHPP et les barres bleues les moyennes des mesures sur quatre quartiers dont trois quartiers passifs. On voit que. ouverture des portes et fenêtres.). taux d’occupation.

leur niveau de finesse et les modèles qui y sont implémentés (voir paragraphe 1.Chapitre I : Positionnement de la simulation numérique dans la réduction de l’impact environnemental des bâtiments Figure I. on peut donc considérer que les résultats des outils de simulation actuels concernant les besoins de chauffage conventionnels d’une maison basse consommation sont concordants et correspondent à la moyenne des consommations en énergie finale relevées expérimentalement.11 : Comparaison des besoins de chauffage d’une maison simulés par plusieurs logiciels Ces logiciels sont très différents les uns des autres de par leur architecture. La simulation dynamique doit donc pour être pertinente être capable d’étudier les interactions entre les phénomènes physiques en jeu dans les bâtiments qu’il est difficile de mesurer spécifiquement. Il est donc pertinent de réaliser des simulations numériques du comportement des bâtiments basse consommation en voyant bien que les défis dans ce domaine sont sûrement ailleurs que dans les calculs de besoins de chauffage pour lesquels des outils très simples mais adaptés sont capables de donner de bons résultats. on peut voir sur la figure I.1 que leurs résultats de simulation des besoins de chauffage sont très proches. 28 .2. Au vu du retour expérimental et de cette comparaison entre logiciels.2 du chapitre II) pourtant.

Quels sont les nouveaux problèmes qui se posent ? Le chapitre suivant tentera de répondre à ces questions et fera le point sur les environnements de simulation existants. ses besoins de chauffage seraient nuls. il faut se poser la question de savoir si les méthodes utilisées pour la simulation des bâtiments classiques sont encore valables dans le cas de bâtiments basse consommation. Elle constitue donc un pont entre l’approche théorique et les règles de l’art issues du retour d’expérience. nous avons vu que l’analyse du cycle de vie du bâtiment est une étape essentielle pour connaître l’impact environnemental de chaque période de son existence. Nous avons vu également que la simulation numérique permet de mieux appréhender le comportement énergétique des bâtiments basse consommation et d’aider à leur conception et à la comparaison des solutions constructives possibles dans des conditions différentes de celles dont sont issues les règles de l’art. Celui qui a été choisi pour réaliser ce travail sera ensuite décrit de manière précise. de stocker et de restituer efficacement l’énergie solaire qu’ils reçoivent pour combler les besoins de chauffage et maintenir le confort à l’intérieur. L’un des enjeux dans ces bâtiments est donc de récupérer. Ceci est d’autant plus vrai que l’arrivée de bâtiments basse consommation change beaucoup le poids relatif de ces périodes en réduisant de façon importante le poids de la phase d’exploitation. Nous avons montré également que si une maison basse consommation était capable de récupérer 20% du rayonnement solaire qui l’atteint de façon instantanée en hiver. Cependant.4 Conclusion Dans ce premier chapitre. 29 . bien que la simulation numérique des bâtiments existe maintenant depuis plusieurs dizaines d’années.

30 .

nous verrons dans un premier temps quels sont les besoins des chercheurs en terme d’environnement de simulation pour analyser le comportement énergétique des bâtiments basse consommation.Chapitre II : Simulation du comportement énergétique des bâtiments basse consommation RÉSUMÉ DU CHAPITRE : Dans ce chapitre. Nous ferons ensuite un tour d’horizon des outils existants pour nous permettre de choisir celui qui est le plus adapté. Nous présenterons enfin l’environnement SIMSPARK qui a été choisi pour mener ces travaux. 31 .

Chapitre II : Simulation du comportement énergétique des bâtiments basse consommation Dans le chapitre précédent. ils ne se comportent pas de la même manière que les bâtiments classiques et leur simulation mérite d’être redéfinie pour prendre en compte un comportement très différent. Dans le deuxième chapitre. Dans une phase un peu plus avancée. leurs besoins de chauffage étant extrêmement faibles. tout d’abord. on doit être capable de donner une estimation des consommations du bâtiment. Nous verrons ici. au niveau de l’avant projet. nous décrirons d’un point de vue plus opérationnel comment faire correspondre les besoins en terme de simulation des bâtiments basse consommation et les outils disponibles ou à développer. plus longs à prendre en main mais qui permettent de connaître avec précision le comportement dynamique du bâtiment sur le plan énergétique. dès la phase d’esquisse. l’outil de simulation doit permettre d’optimiser l’enveloppe du bâtiment pour réduire ses besoins de chauffage et de rafraîchissement. Pour regarder encore plus finement les grandeurs thermo-aérauliques dans des pièces. ce qui explique la grande diversité des outils qui existent pour simuler le comportement énergétique des bâtiments. Nous avons vu que la simulation pouvait jouer un rôle important dans ce processus. 1.1 Besoins en terme de simulation des bâtiments basse consommation Les besoins en terme d’environnement de simulation changent en fonction de l’état d’avancement d’un projet. On utilise alors une troisième catégorie d’outils pour lesquels un plus grand nombre d’entrées est nécessaire et qui sont donc souvent moins conviviaux. Les outils utilisés doivent donc être un peu plus sophistiqués et plus précis. des choix judicieux qui sont primordiaux pour ne pas aboutir à une proposition qu’il sera par la suite difficile de rendre performante. 1 Outils de simulation et bâtiments basse consommation La simulation des bâtiments basse consommation avec les mêmes outils et les mêmes modèles que les bâtiments classiques peut poser question. En effet. leur isolation étant renforcée. quels sont les besoins en terme de simulation des bâtiments basse consommation. On peut alors se permettre de passer un peu plus de temps à tester quelques variantes qui permettent d’arriver à des performances intéressantes. Il faut en effet disposer d’outils simples pour pouvoir faire rapidement. puis nous ferons un tour d’horizon des environnements existants pour savoir lequel choisir pour répondre au mieux aux besoins définis précédemment. nous avons présenté les stratégies à mettre en œuvre pour concevoir un bâtiment basse consommation. Par la suite. il est également possible d’utiliser des outils tels 32 . de dimensionner leurs systèmes etc. Nous présenterons ensuite l’environnement de simulation SIMSPARK qui a été utilisé dans ce travail et qui possède un certain nombre d’avantages pour répondre à cette problématique.

selon les cas. il doit posséder des méthodes de résolution mettant en œuvre un pas de temps variable. lors de changements brusques de certaines grandeurs physiques. nous avons besoin d’un environnement de la troisième catégorie pour étudier précisément les phénomènes globaux mis en jeu dans les bâtiments. par exemple. Comportement dynamique Les bâtiments basse consommation offrent un champ d’application nouveau à la simulation du comportement énergétique du bâtiment. Pour cela. En travaillant en quasi-statique on peut alors obtenir une estimation des besoins de chauffage.).2 du chapitre I) et qu’elle soit suffisante à un niveau d’avant projet. la simplicité ou encore la précision de ces outils. Ce genre d’étude excluant les modèles quasi-statiques. la rapidité. En effet. Tout le monde s’accorde à dire qu’elle est très utile en été pour améliorer le confort mais un des verrous scientifiques à lever dans le cadre des bâtiment basse consommation est de savoir s’il est possible. en utilisant au mieux l’inertie. peut en effet avoir une grande influence sur le comportement du bâtiment. Pour prendre en compte de la meilleure façon possible la dynamique des bâtiments. Dans ce travail. ne l’est plus quand on veut étudier plus finement les phénomènes en jeu. Cette façon de faire. L’inertie. l’environnement d’accueil des simulations doit pouvoir suivre au mieux les variations temporelles des grandeurs physiques en jeu (températures. Ainsi. les déperditions au travers des parois sont tellement importantes (entre 50% et 70%) par rapport à la totalité des déperditions que leur prise en compte permet d’obtenir un bon ordre de grandeur de la puissance de chauffage nécessaire (calcul du Ubât dans la RT 2005).1 Outils de simulation et bâtiments basse consommation 1. le pas de temps peut être réduit automatiquement pour coller au mieux à ces variations. il devient primordial d’utiliser des outils de simulation dynamiques pour être au plus près de la réalité. dans les bâtiments classiques. polluants.1 Besoins en terme de simulation des bâtiments basse consommation que la CFD1 ou la LES2 mais cette catégorie ne sera pas abordée ici car ces outils ne permettent pas une étude dynamique du bâtiment complet. bien qu’elle ait fait ses preuves (voir paragraphe 3. Les chercheurs doivent apporter de la connaissance dans chacune de ces catégories d’environnement pour améliorer. Ce paragraphe cherche à mettre en évidence les qualités que doit posséder un tel environnement pour faciliter notre travail et nous permettre de répondre aux défis de la simulation des bâtiments de demain. flux etc. 1 2 Computational Fluid Dynamics Large Eddy Simulation 33 . de se passer complètement de chauffage en hiver par stockage et restitution efficace de l’énergie reçue par le bâtiment.

Analyse de sensibilité. l’environnement de simulation doit pouvoir proposer au chercheur une analyse de sensibilité. On pense par exemple au cas classique du couplage thermique . aux isolants sous vide. pour pouvoir les intégrer dans un environnement de simulation. On pense en particulier aux matériaux à changement de phase. vitrages électrochromes etc. On évite ainsi les problèmes de couplage entre logiciels et les pertes de temps. on voit apparaître de nouvelles technologies dont certaines ont été présentées au chapitre I. Il faut. Certains travaux nécessitent d’ailleurs le couplage direct des phénomènes au niveau des équations. De plus. Il doit donc être capable. que ce dernier soit le plus modulaire possible. Phénomènes couplés Outre le comportement dynamique et l’intégration des nouvelles technologies.Chapitre II : Simulation du comportement énergétique des bâtiments basse consommation Il doit de plus posséder un intégrateur robuste pour intégrer précisément les grandeurs physiques même quand elles sont soumises à des variations importantes. l’environnement de simulation de demain devra prendre en compte les phénomènes couplés. soit de réaliser lui-même cette analyse de sensibilité. Ce type de couplage peut se faire en utilisant deux programmes différents qui communiquent en utilisant des méthodes de type « ping-pong » ou « oignon » (Hensen 1995). ou de la conductivité ou des propriétés hydriques de certains matériaux. optimisation Beaucoup de grandeurs physiques dans le bâtiment sont connues avec une grande incertitude. ces technologies peuvent faire apparaître des modèles fortement non linéaires (MCP. Le programme 34 . ce qui est le cas de l’étude des transferts thermo-hydriques à l’intérieur des parois pour caractériser l’absorption et la désorption de l’humidité dans les matériaux. mais peut aussi être réalisé en intégrant l’ensemble des équations qui caractérisent les phénomènes couplés dans un même système d’équation. Pour pouvoir quantifier l’erreur sur les résultats fournis par l’outil utilisé. soit d’intégrer un programme permettant de le faire.aéraulique. C’est le cas des coefficients de convection entre les parois et l’air mais aussi de l’émissivité de certaines surfaces. de performance et de précision qui en résultent. Nouvelles technologies du bâtiment Dans les bâtiments basse consommation. aux vitrages électrochromes ou photochromes. mais aussi aux systèmes innovants de faible puissance tels que la cogénération par moteur Stirling.) qui requièrent des méthodes de résolution adaptées au problème à résoudre avec contrôle de la convergence.

sur le même principe que ce que l’on trouve dans les automobiles récentes.gov/casc/sundials/main. avoir un relevé expérimental qui permette d’afficher la consommation instantanée du bâtiment pour pouvoir éventuellement agir en conséquence.1 Besoins en terme de simulation des bâtiments basse consommation SUNDIALS1 par exemple qui permet de réaliser des analyses de sensibilité est disponible sous forme de DLL2 et peut donc être appelé dans les environnements qui acceptent ce type d’insertion.mit. soit en faisant appel à des programmes externes (GENOPT3. Un tel outil aurait pour objectif d’aider à prendre de bonnes décisions sur ce qu’il faut faire pour optimiser le confort et réduire les consommations. il faudra également que les utilisateurs ou les gestionnaires de ces bâtiments disposent d’un outil précis.1 Outils de simulation et bâtiments basse consommation 1. GALIB4 etc. Il pourrait par exemple indiquer à quel moment il est intéressant de fermer les stores. il faut pouvoir intégrer des méthodes d’optimisation dans l’environnement de simulation. Pour cela. de façon intelligente. Pour cela. De la même manière. Il faudrait pouvoir. ce qui fait que l’usager n’est pas capable de connaître à tout instant s’il y a des dérives au niveau du comportement énergétique du bâtiment. la possibilité d’inversion de ses modèles s’avère nécessaire pour pouvoir valoriser l’information des données expérimentales acquises en temps réel. C’est un point très important car.gov/GO/ 4 http://lancet. 1 2 Outil open source disponible sur https://computation.lbl. en anticipant le comportement du bâtiment en fonction de la météorologie prévue pour les heures ou les jours suivants ou de celle mesurée les heures ou les jours précédents. l’environnement de simulation devra être capable de fournir des modèles exécutables conviviaux utilisables dans des boîtiers de contrôles ou des systèmes de gestion technique centralisée (GTC). les bâtiments basse consommation.html Dynamically Linked Library 3 http://gundog. soit en son sein même.llnl. Il faudrait également que cet environnement soit capable de prendre en compte des mesures en temps réel pour corriger certains paramètres de réglage et détecter des dysfonctionnements du bâtiment.) Simulation en temps réel avec retour expérimental Pour pouvoir utiliser au mieux. l’exploitation intelligente du suivi expérimental direct et précis du bâtiment est impossible. de surventiler. intégré au bâtiment qui puisse en simuler le comportement en temps réel. à l’heure actuelle.edu/ga/ 35 .

leurs caractéristiques.1 Architecture logicielle des environnements de simulation Les outils de simulation diffèrent à la fois par leur objectif (calculs de besoins de chauffage. Programmation orientée objet La programmation orientée objet se base sur la notion fondamentale d’objet. Pour qu’un environnement puisse être toujours à la pointe du développement. mais également lisible au niveau de sa structure et de sa documentation. évaluation des consommations. le plus simple actuellement est de rendre le code ouvert (sous licence open source par exemple). ce qui sous-entend la gestion. Après avoir vu les qualités que devrait avoir un environnement de simulation performant. et pour éviter les confusions. une maison ou une touche de clavier d’ordinateur. voyons ce que nous proposent les outils existants. Un objet représente un concept. Avant cela. une idée ou une entité du monde physique. 36 .Chapitre II : Simulation du comportement énergétique des bâtiments basse consommation Maintenance Beaucoup d’outils de simulation sont devenus obsolètes car ils n’ont pas été maintenus après le départ de leur développeur. leurs avantages et leurs inconvénients. 1. la classification et le stockage de celles-ci. dimensionnement de systèmes etc. comme une porte.2 Environnements de simulation existants 1.) et par leur structure propre.2. un objet se traduit par une structure de données. Ils peuvent être classés en trois catégories (Mora 2003) :  Les environnements monolithiques  Les environnements modulaires  Les environnements basés sur les systèmes d’équations Nous présenterons ici. pour chaque catégorie d’environnement. Dans le monde informatique. L’objet regroupe donc en son sein les données et les moyens de traitement des données. revenons sur un concept qui est utilisé par des environnements de simulations appartenant à chacune de ces trois catégories : la programmation orientée objet.

Environnements monolithiques Les environnements monolithiques se caractérisent par une architecture de calcul conçue en un seul bloc algorithmique. et la méthode « maintenir une ambiance intérieure donnée ». Il permet aussi de segmenter le développement du code et donc d’en faciliter la maintenance et l’ajout de fonctionnalités. L’idée est de rassembler dans une même entité appelée « classe » les structures de données. un carré ou encore un cercle. On retrouve donc des environnements basés sur les équations.2 Environnements de simulation existants Un programme ou un langage de programmation est dit « orienté objet » s’il possède les caractéristiques suivantes (Eckel 2002) :  Encapsulation des données et des méthodes au sein de classes L’encapsulation traduit directement le concept d’objet. il est possible de faire un programme orienté objet sans utiliser de langage de programmation orienté objet. « adresse ». « protéger de l’effraction » etc.  Héritage des classes Le principe de l’héritage réside dans le fait que de nouvelles classes appelées classes « filles » héritent des propriétés des classes d’origine appelées classes « mères ». Il faut bien comprendre que ce n’est pas parce qu’un environnement de simulation est basé sur un langage de programmation objet qu’il sera lui-même orienté objet. « porte ». Ainsi. Voyons maintenant en détail ces différents environnements.1 Outils de simulation et bâtiments basse consommation 1. il faut que cette fonction soit applicable à la fois à des classes différentes telles qu’un triangle. De même.  Polymorphisme Le polymorphisme correspond à la possibilité pour un opérateur ou une fonction d'être utilisable dans des contextes différents. ou même monolithiques utilisant ce type de langage. si on définit une fonction relative à la géométrie plane « agrandir de 50% ». Ils sont faits pour répondre à un besoin précis en terme de simulation (calcul des besoins de chauffage. L’intérêt de ce concept est de concevoir des parties de code robustes et réutilisables dans d’autres codes. « jardin ». 37 . si une classe mère « bâtiment » possède les données « mur ». Les classes sont en quelque sorte les types de briques qui constituent le programme. la classe fille « maison » hérite de ces données et de ces méthodes mais peut aussi en avoir d’autres comme « fenêtre ». les briques elles mêmes étant appelées « objet » (plusieurs objets peuvent être issus de la même classe). Cette propriété permet encore une fois d’augmenter la lisibilité du code. les fonctions et les procédures qui réalisent le traitement de données. Par exemple. calcul des consommations. modulaires.

On est obligé. l’architecture doit donc permettre d’en changer.Sorties limitées .Architecture algorithmique monobloc .1 : Caractéristiques. Bien que peu d’environnements modulaires permettent de sélectionner le solveur. Caractéristiques .Difficile de modifier le code pour ajouter des fonctionnalités Tableau II. Le tableau II. L’intérêt de ce type d’approche est de permettre la création d’une banque de modules spécialisés que l’on peut réutiliser pour différentes applications. pour résoudre un problème dans le sens inverse.Chapitre II : Simulation du comportement énergétique des bâtiments basse consommation dimensionnement de systèmes etc. chaque module réalisant une tâche élémentaire.1 présente les principales caractéristiques. il est assez difficile de les modifier par la suite. l’environnement permet donc à des modèles radicalement différents d’être utilisés pour décrire le même phénomène physique. L’avantage de cette restriction des fonctionnalités est que le développeur peut choisir des méthodes de calcul adaptées au problème et ainsi fortement gagner en efficacité au niveau de la résolution. avantages et inconvénients des environnements de simulation monolithiques Environnements modulaires Pour pallier la difficulté de modifier les environnements monolithiques. de développer un 38 .). Leurs fonctionnalités sont définies lors de leur conception et en raison de leur structure figée.Fonctionnalités définies lors de la conception .Code souvent de type « boîte noire » ou difficile à comprendre .Méthodes de calcul adaptées au problème spécifique . Dans un environnement modulaire.Interface utilisateurs souvent graphique . Pour Sahlin (1996) un environnement modulaire doit répondre aux deux critères suivants :  Les modèles sont traités en tant que données. la construction du code passe par l’assemblage de modules pour la formulation et la résolution du problème. ce qui constitue l’inconvénient principal de ce genre d’environnement.  La modélisation et la méthode de résolution sont séparées dans les modules.Données entrée / sortie prédéfinies Environnements monolithiques Avantages .Efficacité et facilité d’utilisation . des environnements modulaires sont apparus en s’inspirant de l’approche objet. donc faible temps de calcul Inconvénients . les avantages et les inconvénients de ce type d’environnement. L’inconvénient principal est que les modules sont orientés a priori c'est-àdire que les entrées et les sorties et donc le sens de résolution du problème sont fixés. La caractéristique principale d’un environnement de simulation modulaire réside dans le fait que les modèles mathématiques sont interchangeables.

3 : Caractéristiques.Interface utilisateurs souvent ergonomique Inconvénients .2 Environnements de simulation existants nouveau module alors que les équations qui régissent le phénomène sont bien souvent les mêmes que dans le module de base.Prise en main assez longue basé uniquement sur les problème pour l’utilisateur équations .Spécification du problème . On peut ainsi se focaliser sur la description physique du problème à traiter sans avoir à se soucier du codage qu’il y aura derrière.Les modèles peuvent être des boîtes noires Tableau II.Structure basée sur des modules directionnels . ils permettent de formuler le problème à résoudre uniquement en terme d’association d’équations et de systèmes d’équations.Résolution orientée des problèmes . avantages et inconvénients des environnements de simulation basés sur les systèmes d’équations On peut ajouter aux avantages de ce type de code le fait qu’il permet un couplage simple entre des domaines scientifiques différents en procédant par connexion des variables des équations issues de chacun des domaines considérés.Interface utilisateur souvent -Connexion non adaptée choisie par peu ergonomique. Caractéristiques .Non orientation a priori du . avantages et inconvénients des environnements de simulation modulaires Environnements basés sur les systèmes d’équations Les environnements de simulation basés sur les systèmes d’équations permettent d’éviter le problème du sens de résolution inhérent aux environnements modulaires. 39 . directionnelle l’environnement .Techniques de résolution (boîte blanche) ambitieuses Tableau II. Environnements basés sur les systèmes d’équations Caractéristiques Avantages Inconvénients . En effet.Facilité d’interchanger des modèles (facilité de développement) .Langage de connexion directionnel .Structuration hiérarchisée . L’utilisateur de ce genre d’environnement n’a donc pas à ce soucier a priori de la façon dont le calcul est réalisé. l’agencement des équations étant réalisé par un assembleur interne.Changement de solveur possible Environnements modulaires Avantages .Lisibilité totale du code .Prise en main assez longue pour l’utilisateur .1 Outils de simulation et bâtiments basse consommation 1.2 : Caractéristiques.Procédure de résolution .Librairie de modèles souvent très fournie .

les bureaux d’étude et / ou les chercheurs.eere. Neymark et Judkoff 2002). Comme son mode de calcul n’est pas dynamique.lamaisonpassive. Ils permettent d’obtenir rapidement des tendances sur le comportement thermique du bâtiment (en particulier ses besoins de chauffage) et ne peuvent évaluer ses consommations que par des règles simples et statiques (pas de simulation dynamique des systèmes). Une bonne partie des logiciels présentés ci-dessous a fait l’objet de comparaisons initiées par l’Agence Internationale de l’Energie (Judkoff et Neymark 1995. Nous proposerons par contre une description succincte de quelques outils représentatifs de ceux qui permettent de prédire le comportement thermique des bâtiments et qui sont utilisés aujourd’hui par les architectes. D’autres ont été comparés au niveau de leurs possibilités et des modèles qu’ils contiennent (Crawley et al. PHPP2 (pour « Passive House Planning Package ») est développé par le Passivhaus Institut de Darmstadt. Les besoins de chauffage sont alors évalués sur la base de normes européennes3 par un calcul des déperditions moyennes mensuelles et des apports solaires et internes.gov/buildings/tools_directory/ : 340 outils de simulation présentés Commercialisé en France par l’association « la maison passive France » : http://www. il est pourtant très utilisé par les architectes allemands pour la conception des maisons passives.2 Classification en terme d’usage des outils existants Il existe un très grand nombre d’outils de simulation dont un recensement assez complet par champ d’application est disponible sur le site Internet du département de l’énergie des Etats-Unis1. Ils possèdent des interfaces de saisie très performantes qui permettent de les utiliser très simplement. Les outils qui traitent spécifiquement du comportement aéraulique tels que COMIS ou CONTAM ne seront pas détaillés ici.energy. Cet outil basé sur une approche quasi-statique du calcul des besoins de chauffage se présente sous forme d’un classeur Excel dans lequel on renseigne les données relatives au bâtiment à décrire et d’un guide très détaillé comportant les règles de l’art pour concevoir des bâtiments basse consommation. Ils sont classés selon leur usage et le niveau d’expertise qu’ils requièrent.Chapitre II : Simulation du comportement énergétique des bâtiments basse consommation 1. 2008) Obtenir des tendances La première catégorie comprend des outils dédiés à l’étude des bâtiments en phase d’avant projet qui requièrent un niveau d’expertise faible.fr 3 EN 13829 et EN 13790 40 . PHPP ne permet pas d’appréhender le confort d’été du bâtiment.2. 1 2 http://apps1.

La nouvelle version de cet outil appelée KOZIBU est actuellement en bêta test.1 Outils de simulation et bâtiments basse consommation 1. Ils permettent d’aller jusqu’à l’optimisation de l’enveloppe et l’assistance à la maîtrise d’ouvrage dans le cadre d’un projet de haute qualité environnementale par exemple. La réduction permet des temps de calcul de l’ordre de quelques secondes pour une simulation annuelle.squ1. 2005). une interface de saisie permet de renseigner facilement les données nécessaires au calcul. Il possède une structure monolithique fermée (boîte noire) qui ne permet pas de savoir son principe de fonctionnement.com/products/ecotect 41 . COMFIE (de l’anglais « comfy » : confortable) a été développé à la fin des années 80 au centre d’énergétique de Paris pour faire face au manque de logiciels simple d’utilisation prenant en compte la dynamique du comportement thermique du bâtiment (Salomon et al. Son interface graphique très conviviale et l’intégration des calculs d’acoustique et d’éclairage en fait un outil très adapté pour les architectes et pour les bureaux d’étude en phase amont de conception des bâtiments. d’éclairage naturel etc. Le système matriciel obtenu est résolu exclusivement par la méthode itérative de Jacobi pour éviter les problèmes de convergence. comporte des outils qui peuvent être utilisés dans une phase un peu plus avancée de la conception du bâtiment. KOZIBU a conservé les méthodes de résolution de CODYBA mais il a été programmé en utilisant une hiérarchie de classes pour représenter le bâtiment. Le cœur de calcul appelle à chaque pas de 1 Commercialisé par AUTODESK : http://www. ce qui le rend très rapide. Dans la version actuelle. Il se présente pour l’utilisateur comme une boîte noire qui fait appel à d’autres logiciels par l’intermédiaire d’un langage neutre de programmation. Optimiser l’enveloppe Cette deuxième catégorie. CODYBA (pour « COmportement DYnamique des BAtiments ») est un outil développé à Lyon sur la base des travaux de thèse de Roux (1984) dont l’objectif principal est de prédire la consommation d'énergie et les amplitudes de variation des températures et de l'humidité dans le bâtiment (Noël et al.2 Environnements de simulation existants ECOTECT1 est une suite logicielle comprenant un modeleur 3D performant et convivial qui permet de renseigner les données d’entrée pour le calcul du comportement thermique et acoustique du bâtiment ainsi que pour les calculs d’ombre. assez proche de la première. Le cœur de calcul d’architecture modulaire utilise la réduction modale du problème physique. Il peut en particulier échanger avec un logiciel de CAO ou d’autres logiciels de thermique du bâtiment tels que TRNSYS. 2005). Il présente un cœur de calcul développé en Pascal dans l’environnement Delphi dans lequel le problème de thermique du bâtiment est réduit par méthode modale.

d’acoustique et d’éclairage. 2008) principalement dans le cadre d’annexes de l’Agence Internationale de l’Energie. Le niveau d’expertise requis est donc plus important que dans les deux premières catégories mais ces environnements permettent de considérer des systèmes de régulation complexes. on peut dire que COMFIE possède un cœur ayant une structure monolithique mais qu’il présente quand même une certaine forme de modularité. Les autres modules sont soit en cours de développement. de dimensionner ses équipements et d’en calculer les consommations. ESP-R (Clarke 1985) est un environnement développé en C++ qui permet la résolution de problèmes de thermique.4 42 . ils ne permettent pas de tenir compte du fonctionnement réel dynamique des systèmes. Il a été rendu « open source » récemment ce qui rend ses possibilités de développement très importantes bien qu’il ait une structure monolithique. des équipements particuliers ou encore des systèmes de contrôle dans le but de donner une représentation plus fine du comportement du bâtiment. On trouve dans cette catégorie des environnements appartenant aux trois types d’architecture logicielle présentés précédemment. C’est un outil développé à la base par des chercheurs de l’université de Strathclyde à Glasgow (Ecosse) dans une structure monolithique en C++ sous environnement Unix. Il possède une bibliothèque de modèles bien fournie qui a fait l’objet d’un grand nombre de tests de validation (Strachan et al. En ce sens. Dans la version commercialisée actuellement1. un seul module est utilisé pour simuler la présence d’un échangeur air-sol. soit utilisés en interne par les développeurs.Chapitre II : Simulation du comportement énergétique des bâtiments basse consommation temps 10 modules de façon séquentielle. calculer des consommations Cette troisième et dernière catégorie regroupe les environnements qui permettent de prendre en compte des phénomènes beaucoup plus complexes ce qui se paye souvent en terme de convivialité et parfois de rapidité de calcul. Un logiciel appelé ALCYONE permet de saisir graphiquement en 3D la géométrie du bâtiment et d’importer les données vers l’interface graphique de COMFIE appelée PLÉIADE. Les données renseignées dans PLÉIADE ainsi que les résultats de la simulation thermique peuvent ensuite être récupérés pour être utilisés dans le logiciel EQUER qui permet de faire l’analyse du cycle de vie du bâtiment. Bien que les outils de cette catégorie intègrent des systèmes énergétiques simples leur permettant de donner les consommations du bâtiment sur la base de rendements moyens. soit non affectés. ENERGYPLUS (Lawrence Berkeley National Laboratory 2007) est né aux Etats Unis grâce à la volonté du département de l’énergie de recentrer ses financements 1 Pléiade+Comfie 2. Dimensionner les équipements.

boucle d’air. Il ne possède pas d’interface graphique propre mais plusieurs interfaces sont disponibles sur le marché1 et un « plugin » a été développé récemment pour pouvoir utiliser le modeleur 3D SKETCH’UP pour la saisie géométrique du bâtiment et à terme servir d’interface graphique complète. une entreprise privée de la même ville (TESS). Il possède une bibliothèque de modèles importante mais plutôt adaptée à la simulation des systèmes existant aux Etats-Unis. 2004) (pour « TRaNsient SYstem Simulation program ») est un environnement modulaire développé en collaboration par l’université de Wisconsin (Madison). Le dialogue entre le noyau de calcul et les modèles se fait depuis la version 16 par l’intermédiaire de DLL.co. Chaque modèle possède sa propre méthode de résolution et un gestionnaire permet de sélectionner un ordre de résolution des différents modèles utilisés. d’utiliser les modèles existants pour réaliser des simulations dynamiques et de développer de nouveaux modèles qui doivent satisfaire à un protocole prédéfini pour pouvoir converser avec le noyau de calcul (Keilholz et Sette 2005). calcul d’ombre. le groupe TransSolar en Allemagne et le CSTB en France. SIMULINK est une plateforme de simulation multi-domaines servant à la modélisation de systèmes dynamiques. d’une part. Une interface graphique performante (IISIBAT « pour Interface Intelligente de SImulation des BATiments ») permet de réaliser la construction de la simulation et la saisie des données.2 Environnements de simulation existants autour d’un seul outil de simulation des bâtiments. TRNSYS (SEL et al. TRNSYS SIMULATION STUDIO est la structure d’accueil associée qui permet. Il est donc possible de le choisir soi-même pour que la résolution soit plus en phase avec le comportement physique. ce qui évite à l’utilisateur de compiler les modèles avant de pouvoir les utiliser et permet une intégration aisée de nouveaux composants. Il se présente en fait comme un gestionnaire de simulation (« simulation manager » en anglais) qui fait appel à plusieurs modules pour estimer les besoins énergétiques des bâtiments utilisant différentes sources d’énergie (modèle d’enveloppe de bâtiment.1 Outils de simulation et bâtiments basse consommation 1. C’est un environnement modulaire 1 La plus évoluée est sans doute design builder : http://www. Deux solveurs différents sont disponibles par défaut. l’un est basé sur une méthode itérative classique par substitution. systèmes etc. L’ordre choisi est par contre très dépendant de celui dans lequel les modèles ont été connectés par l’utilisateur (Sowell et Haves 2001). Le cœur du modèle de bâtiment est basé sur deux programmes de simulation monolithiques : BLAST et DOE-2. modèles de ciel.uk/ 43 . La bibliothèque de modèles disponibles est très importante et toujours en cours de développement. Elle se présente comme une interface graphique du logiciel MATLAB permettant une représentation des fonctions mathématiques et des systèmes sous forme de diagrammes en bloc.).designbuilder. l’autre utilise en plus une méthode de relaxation numérique pour résoudre certains problèmes de convergence.

C’est un environnement basé sur les systèmes d’équations qui est très utilisé dans un grand nombre de domaines scientifiques. L’ensemble de ces équations (équations physiques et équations de couplage) est résolu par une méthode itérative de type Newton appliquée à des matrices très grandes et très creuses (superLU)..org/libraries et documentée sur le site de l’université de Kaiserslautern : http://www.unikl. chimiques. planchers chauffants…) et de régulation (Chlela 2008). La méthode d’assemblage des équations qu’il utilise et qui n’est pas complètement publiée le rend particulièrement performant par rapport aux autres environnements qui se servent de MODELICA (Wetter et al.html#ATplus 44 . soit sous forme de conservation (ex : P+Q-R=0). assez peu utilisée.. DYMOLA est particulièrement adapté à la simulation de systèmes complexes qui mettent en jeu des phénomènes ayant trait à des domaines scientifiques variés comme. 2008).de/litz/forschung/BuildingSimulation/Modelica-html/help/ATplus. x. par exemple. de distribution (conduits. il faut écrire chaque équation sous forme résiduelle c'est-à-dire sous la forme d’une expression que le solveur se charge de faire tendre vers zéro (ex : F[x’. DYMOLA (pour DYnamic MOdeling LAboratory) est un environnement de simulation qui utilise le langage de programmation orienté objet MODELICA en lui apportant un assembleur et un solveur d’équations très efficaces. une bibliothèque de modèles relatifs au comportement thermique du bâtiment appelée SIMBAD a été développée par le CSTB. pompe…).). thermiques et autres qui sont en jeu. Pour résoudre un problème dans IDA. chaudière . IDA (Sahlin 1991) est lui aussi un environnement basé sur les systèmes d’équations. Dans cet environnement. Les liens entre les équations se font par l’intermédiaire d’équations linéaires de connexions qui sont écrites soit sous forme d’identification (ex : P-Q=0). l’étude de voitures à pile à combustible prenant en compte les phénomènes couplés mécaniques. 2005) est développée à l’université de Kaiserslautern mais elle assez peu fournie et. Cette bibliothèque comprend des modèles de bâtiments multizones. a notre connaissance. ainsi que des modèles d’éléments de production (PAC. d’émission (convecteurs.Chapitre II : Simulation du comportement énergétique des bâtiments basse consommation convivial développé dans un langage de programmation simple propre à MATLAB et qui utilise son solveur matriciel. Le couplage des modèles se fait graphiquement en insérant des blocs et en les liant entre eux.eit.modelica. Une bibliothèque de modèles du comportement thermique du bâtiment et des systèmes appelée ATPLUS1 (Hoh et al. t]=0). 1 La bibliothèque ATplus est disponible sur le site de Modelica http://www. Plusieurs environnements de simulation sont dérivés de IDA dont IDA-ICE (pour Indoor Climate and Energy) qui permet de caractériser le comportement énergétique des bâtiments et qui possède une bibliothèque de modèles assez fournie avec une interface graphique très conviviale adaptée aux besoins des bureaux d’étude. y.

1 Outils de simulation et bâtiments basse consommation 1.3 Choix d’un environnement de simulation SPARK (pour Simulation Problem Analysis for Research Kernel). 1. que nous avons détaillés au paragraphe 1.ils permettent l’utilisation des modèles physiques dans différents sens de résolution car leur formalisme n’impose pas d’emblée les entrées et les sorties des phénomènes décrits. est un environnement basé sur les systèmes d’équations. 1 Neutral Model Format (NMF) en anglais 45 .2 de ce chapitre) qui dérive de SPARK permet de simuler le comportement énergétique des bâtiments. Sahlin 1996) ce qui leur permet de communiquer facilement entre eux et avec d’autres types d’environnements qui utilisent ce type de modèle. entre des modèles de différentes natures et de différents domaines scientifiques. mais pour donner quelques points de comparaison avec les autres environnements. La plateforme SIMSPARK (présentée en détails au paragraphe 2.  Inversion de modèles . anciennement SPANK. On peut donc exclure les environnements monolithiques qui n’offrent pas cette souplesse. ce qui évite d’avoir à reprogrammer le même modèle plusieurs fois quand on souhaite le considérer sous un angle différent de celui pour lequel il a été conçu. Nous avons vu qu’il était important d’avoir une grande modularité dans l’architecture logicielle de façon à intégrer facilement de nouveaux modèles.1. on peut dire que sa particularité réside dans le fait que la description des équations se fait en écrivant chaque variable d’une expression en fonction des autres pour permettre l’utilisation de la méthode des graphes pour l’assemblage des équations. Son fonctionnement est décrit en détail au paragraphe 2. au niveau des équations.ils permettent un couplage en amont.  Dialogues entre logiciels .ils possèdent des traducteurs de formats de modèles neutres1 (Nataf 1995. Notre choix s’est logiquement porté sur un environnement de simulation basé sur les systèmes d’équations car ce type d’outil répond aux besoins suivants :  Couplage de modèles . Sa bibliothèque de modèles permet de prendre en compte les phénomènes couplés thermo-hydro-aérauliques au sein de l’enveloppe et d’intégrer un certain nombre de systèmes énergétiques.3 Choix d’un environnement de simulation Nous avons vu au paragraphe précédant une panoplie d’outils qui permettent de simuler le comportement thermique des bâtiments.1 de ce chapitre. Il faut maintenant choisir parmi eux celui qui répond le mieux à nos besoins.

la dimension des systèmes à inverser est beaucoup plus petite que dans IDA (Sowell et Haves 2001). Entre IDA et SPARK. la bibliothèque de modèles qu’il possède est assez limitée et son prix peut également être un frein à son développement.  pour SPARK. puis au LOCIE2 à Chambéry. L’intérêt principal de DYMOLA réside dans le fait qu’il est très répandu dans l’industrie dans un grand nombre de domaines scientifiques et que son solveur est robuste et très rapide (bien qu’on ne connaisse pas précisément toutes les méthodes qu’il utilise). Bourdoukan 2008). IDA-ICE basé sur l’environnement IDA et SIMSPARK basé sur l’environnement SPARK.Chapitre II : Simulation du comportement énergétique des bâtiments basse consommation  Lisibilité Ŕ l’objet de base étant l’équation. Les études réalisées avec cet environnement dans le cadre de thèses de doctorat ont porté sur la modélisation des transferts thermo-aérauliques dans le bâtiment par les modèles zonaux (Wurtz 1995. la différence principale réside dans le mécanisme de résolution adopté :  pour IDA. les équations sont explicitées dans tous les sens ce qui permet la décomposition en composants à l’aide de la méthode des graphes et la résolution indépendante de chaque sous-système. il semble que la méthode adoptée par SPARK le rend plus rapide à cause du fait que. il est facile de voir quelles sont celles qui ont été utilisées dans un modèle et comment elles ont été agencées. SIMSPARK est développé depuis maintenant une dizaine d’années en France. ainsi que sur l’expérience acquise et les modèles développés au sein de cet 1 2 Laboratoire d'études des phénomènes de transfert appliqués au bâtiment Laboratoire Optimisation de la Conception et Ingénierie de l’Environnement 46 . C’est donc sur la base de ces constatations sur l’architecture et la robustesse de SPARK. Parmi les environnements basés sur les systèmes d’équations à notre disposition. d’abord au LEPTAB1 de La Rochelle. sur l’étude thermo-hydro-aéraulique des locaux climatisés (Cordeiro Mendonça 2004) mais également sur l’étude de systèmes de rafraîchissement par dessiccation de type « dessicant cooling » (Maalouf 2006. dans le domaine du bâtiment. les équations sont mises sous forme résiduelle pour résoudre le problème numérique de manière itérative avec une méthode de résolution adaptée aux matrices creuses. même s’ils sont plus nombreux. Bien qu’aucun benchmark n’ait été réalisé de façon précise pour comparer les deux solveurs. Cependant. nous avons donc étudié trois possibilités : DYMOLA / MODELICA avec la bibliothèque ATPLUS. Musy 1999) et par des modèles de différents niveaux de finesse associés (Mora 2003).

que nous avons choisi d’utiliser et de développer cet outil dans le cadre de ce travail.1 Outils de simulation et bâtiments basse consommation 1.3 Choix d’un environnement de simulation environnement par la création de SIMSPARK. 47 .

Bien qu’il ait été développé dans l’optique de simuler le comportement thermique des bâtiments. 2. Prenons l’exemple simple de la classe qui évalue le flux convectif à la surface d’une paroi. L’objet de base dans SPARK est l’équation (classe atomique). Son développement a été réalisé principalement par le Simulation Research Group (SRG) au Lawrence Berkeley National Laboratory (Californie. la description d’un problème doit être elle-même pensée en terme d’objets. les systèmes d’équations étant eux-mêmes gérés par un dernier type d’objet : l’objet programme. Il est basé sur l’environnement SPARK dont nous verrons en détail le fonctionnement dans un premier temps.1. il peut être utilisé pour résoudre des systèmes d’équations de n’importe quel domaine scientifique. C’est à notre sens celui qui est pour l’instant le plus adapté pour résoudre les problèmes présentés au paragraphe précédent. L’équation est la suivante (loi de Newton) :  qconv  h  Tam  Tav  (II.1) Pour utiliser des caractères génériques.Chapitre II : Simulation du comportement énergétique des bâtiments basse consommation 2 SIMSPARK : environnement de simulation pour les bâtiments basse consommation SIMSPARK n’est pas l’environnement de simulation idéal. Etats Unis). les équations sont regroupées en système d’équations (macro-classe). pour ensuite décrire dans une deuxième partie celui de SIMSPARK. Objet équation (classe atomique) Chaque équation est définie de manière non orientée dans ce que l’on nomme une classe atomique qui est décrite dans un fichier texte à l’aide d’un langage de programmation simple décrit ci-dessous.1 SPARK : le cœur de SIMSPARK SPARK est un environnement de simulation généraliste basé sur les systèmes d’équations qui permet de résoudre de façon efficace des systèmes d’équations algébrodifférentielles discrètes.1 Description d’une simulation dans SPARK SPARK étant basé sur un langage de programmation orienté objet. on l’écrira dans SPARK sous la forme : 48 . 2.

quand c’est possible. h). L’équation qui relie les variables peut être donnée de façon indicative : EQUATIONS { d_flx_conv=h*(t_am-t_av). t_av). décrire une équation par plusieurs fonctions qui donnent chaque variable de l’équation en fonction des autres variables. h "Coefficient de convection sur la paroi" [W/(m^2.) et « T_av » (température en aval). d_flx_conv=h*(t_am-t_av). t_av).par convention le flux est défini comme étant positif de l’amont vers l’aval. Les ports de cette classe atomique sont donc « d_flx_conv » (densité de flux de chaleur par convection). ARGDEF( 2.deg_C)]. Ils sont définis au début du fichier après une courte documentation de la classe : PORT PORT PORT PORT d_flx_conv "densité de flux par convection" [W/m^2]. Pour que SPARK puisse résoudre le problème de façon non orientée. t_av). « h » (coefficient de convection au niveau de la paroi). t_am.1 Spark : le cœur de SimSpark d _ flx _ conv  h  T _ am  T _ av  (II. ARGDEF( 1.2 SimSpark : environnement de simulation pour les bâtiments basse consommation 2. } On indique ici au code qu’avec cette classe atomique. « T_am » (température en amont . t_am = convection_RP_pt__t_am(d_flx_conv. h. t_av = convection_RP_pt__t_av(d_flx_conv. h = convection_RP_pt__h(d_flx_conv. les fonctions qui peuvent être construites avec la classe atomique sont déclarées : FUNCTIONS { d_flx_conv = convection_RP_pt__d_flx_conv(h. h. on aura : EVALUATE( convection_RP_pt__d_flx_conv ) { ARGDEF( 0. Pour la première par exemple. t_am et t_av mais qu’il peut aussi calculer h si les variables d_flx_conv. t_am). t_av "température aval" [deg_C] MIN=-50 MAX=100. t_am "température amont" [deg_C] MIN=-50 MAX=100. etc. double d_flx_conv. t_am. on peut évaluer d_flx_conv s’il connaît les variables h. il faut en effet. RETURN( d_flx_conv ) } 49 . Reste ensuite à donner un contenu aux fonctions qui viennent d’être définies.2) Les variables qui communiqueront avec les autres équations sont appelées des « ports ». t_av). t_am et t_av sont connues. } Ensuite. t_am).

double a. Les choses peuvent se compliquer par exemple si l’équation à décrire est discrète.99 1.9244.48 (m/s) b 0. Pour le cas présenté ci-dessus. on indique ensuite avec « RETURN » la variable qui a été calculée. h_ext est le coefficient de convection extérieur et a. Cette façon de faire est utilisée pour décrire chacune des quatre fonctions déclarées dans cette classe atomique.8) { a = 0. wind). 50 . permet de générer automatiquement les classes atomiques relatives aux équations simples (telles que la précédente) grâce à un couplage avec un logiciel de calcul formel.23 n 1 1 a 0 0 4.88 ≤ V < 30. double h_ext.21 0. pour calculer le coefficient de convection sur une paroi exposée au vent par la méthode de McAdams.5564. (1954) on doit utiliser l’équation suivante : n   V   h _ ext  5. le programme à écrire est. rugo).53 n 0. b et n sont des paramètres dépendant de la rugosité de la paroi que l’on peut déterminer à partir du tableau suivant : Nature de la surface lisse rugueuse V < 4.3) où V est la vitesse du vent sur la paroi. Par exemple. Cette dernière étape est écrite à l’aide d’un programme en C++ dans lequel on peut décrire des phénomènes d’une grande complexité.78 Tableau II.5 0. Reste enfin à décrire la façon dont la variable de sortie de la fonction doit être calculée.4 : Coefficients de la formule empirique de McAdams On peut définir la fonction de la classe atomique associée à cette formule de la manière suivante : EVALUATE( h_ext__h_ext){ ARGDEF( 0. puis. on le voit.Chapitre II : Simulation du comportement énergétique des bâtiments basse consommation On précise après le mot clé « EVALUATE » la fonction décrite. Un utilitaire (appelé SPARKSIM).3048      (II.09 b 0.88 (m/s) a 0. if ( rugo == 0)//la surface est lisse { if (wind<4. n.78 0. intégré dans SPARK. très simple. b = 0. b. on donne dans le « ARGDEF » les noms des variables que l’on va utiliser localement dans cette fonction (on reprend souvent le nom des ports). ARGDEF( 1.678   a  b      0.

4594. quand on exprime a en fonction de c et b.53. } else { a = 0. b = 0.3048). RETURN( h_ext ) } On voit donc qu’il est possible d’écrire des classes atomiques d’une complexité importante dans la mesure où la description de l’équation est possible en C++. } else { a = 0. le résultat étant c. Notons que dans la dernière version de SPARK. il est possible de définir des fonctions qui possèdent plusieurs sorties. si l’on veut faire le produit de deux nombres a et b. Cependant. Par exemple. On peut par exemple définir une classe atomique dans laquelle on calcule la capacité calorifique et la conductivité d’un matériau à changement de phase en fonction de sa température.09. On pourrait alors voir apparaître des problèmes de convergence pour des valeurs de b très petites.678*(a + b*pow((wind/0. n = 0.8) { a = 1. b = 0.23. il est bien sûr possible d’écrire tous les inverses de cette équation. n = 1.1 Spark : le cœur de SimSpark n = 0. On écrit alors l’équation de manière résiduelle : 0  c  a b (II. } } else if ( rugo == 1)//la surface est rugueuse { if (wind<4. } } h_ext = 5.78.78.4) 51 . On précise alors que la fonction est de type « RESIDUAL » et SPARK réalisera des itérations au sein même de cette classe pour résoudre l’équation dans ce sens si nécessaire. b = 0.n)). Il peut y avoir également des cas pour lesquels on ne peut pas ou on ne veut pas écrire de façon explicite l’un ou plusieurs des inverses d’une équation. SPARK donne alors la possibilité d’écrire l’équation de manière résiduelle c'est-à-dire en déplaçant les termes de façon à avoir une expression égale à zéro. on a besoin d’écrire un quotient.5. n = 0.2 SimSpark : environnement de simulation pour les bâtiments basse consommation 2.

av   (II. } On voit donc que SPARK permet de décrire à peu près tout type d’équation par l’intermédiaire des classes atomiques. ARGDEF(1. b. Objet système d’équations (macro-classe) Pour permettre la modularité des programmes développés dans SPARK. c ) . Prenons l’exemple de la résolution d’un problème de transfert de chaleur à travers le mur en régime permanent (sans considérer le rayonnement pour simplifier la présentation). a). } EVALUATE( safprod__residual ){ ARGDEF(0. Voici une représentation graphique de la macro-classe que l’on crée : 52 . b). on connecte donc les équations (classes atomiques) par leurs variables (ports).Chapitre II : Simulation du comportement énergétique des bâtiments basse consommation La classe atomique correspondante se présente ainsi : FUNCTIONS { c = safprod__c( a. c). Au sein d’une macroclasse. b ) . c = a*b. ARGDEF(1. b. double residual = c-a*b. double c. b = RESIDUAL safprod__residual( a. RETURN( residual ) . les équations qui représentent le comportement d’un même élément sont regroupées au sein d’une macro-classe qui constitue donc un système d’équations.am     q   Ts . b).am  Ts . RETURN( c ) . ARGDEF(2. a).5) On a donc deux équations de convection et une équation de conduction. c ) . Le système d’équations qui régit ce problème est le suivant : q  ham  Ta .av  Ta . } EVALUATE( safprod__c ){ ARGDEF(0.av  e  q  hav  Ts .am  Ts . a = RESIDUAL safprod__residual( a.

il pourra donc communiquer avec d’autres objets. en régime permanent. on voit apparaître ses ports précédés d’un point « .cm Chaque petite boîte représente un objet. 53 .t_av ») et le port « conv_av. cond et conv_av) avec deux classes atomiques (convection_RP_pt.cc et conduction_RP_pt. Ici par exemple le port « . Pour une classe atomique.2 SimSpark : environnement de simulation pour les bâtiments basse consommation 2. Cette variable n’est pas elle-même un port de la macro-classe conv_cond_RP_pt (elle n’est pas représentée à l’extérieur de la boîte et n’est pas précédée par un point). Les objets communiquent entre eux par l’intermédiaire de leurs ports. on fait apparaître l’équation qu’elle représente au centre de la boîte.1 Spark : le cœur de SimSpark Figure II. est le même pour la convection intérieure. extérieure et la conduction. quant à elle. Les boîtes « classes atomiques » sont arrondies aux angles tandis que les macro-classes ne le sont pas. Elle représente la densité de flux de chaleur à travers la paroi qui. on va donc créer trois objets (conv_am. La variable « .t_am » sont liés pour créer la variable « t_surf_av ». Autour de chaque objet. Elle ne pourra donc pas communiquer avec d’autres objets à un niveau supérieur. Dans cette macro-classe. Ce port est donc lié aux ports correspondants de chacun des trois objets. est un port de la macro-classe (elle est située à l’extérieur de la boîte et est précédée d’un point).t_av » de l’objet « cond » (qu’on appelle « cond.d_flx ».cc) car on utilise deux fois la même équation de convection. ». Le nom de l’objet est précisé en bas à gauche et le nom de la classe en haut centré.1 : Représentation graphique d’une macro-classe : conv_cond_RP_pt.

d_flx_conv "densité de flux de chaleur à travers le mur".t_av conv_am. Objet programme Enfin. conv_am. on définit quelles sont les entrées et les sorties du modèle. surface amont".h_am .deg_C)] MIN=0.d_flx_cond. conv_av.deg_C)] MIN=0. Les objets ainsi définis sont liés entre eux de la même façon que dans une macro-classe.t_am conv_am.t_am conv_av.d_flx LINK LINK LINK LINK LINK LINK LINK LINK cond. en régime permanent. pour piloter la simulation. exactement de la même façon que dans les classes atomiques : PORT PORT PORT PORT PORT PORT PORT d_flx t_am t_av h_am h_av lambda e "densité de flux de chaleur à travers le mur" [W/m^2]. .h_av . "conductivité du matériau". "Coefficient de convection amont" [W/(m^2. aval du mur".h cond. "épaisseur du mur" [m] MIN=0.t_am.h conv_av. Prenons l’exemple d’un programme qui calculerait le flux de chaleur à travers un mur. "température en amont du mur" [deg_C] MIN=-50 MAX=100.cond. On utilise toutes les classes présentées jusqu’à présent.deg_C)] MIN=0. Ensuite. On déclare d’abord quels sont les ports de la macro-classe. on utilise un fichier programme qui appelle un certain nombre de classes atomiques et de macro-classes. on déclare quelles sont les classes que l’on utilise (classes atomiques ou même macro-classes car il n’y a aucune différence dans la façon de les appeler) et quel nom on donne aux objets que l’on crée ainsi : DECLARE conduction_RP_pt DECLARE convection_RP_pt DECLARE convection_RP_pt cond.t_am t_surf_am t_surf_av . "température en aval du mur" [deg_C] MIN=-50 MAX=100. Voici comment on peut représenter ce programme schématiquement : 54 . surface aval". conv_am. //équation de conduction conv_am.Chapitre II : Simulation du comportement énergétique des bâtiments basse consommation Le langage utilisé pour réaliser tous ces liens est encore une fois très simple.e "température "température "température "température en de de en amont du mur". "épaisseur du mur".t_av conv_av. //équation de convection en amont conv_av. avec un coefficient d’échange convectif à l’extérieur qui varie en fonction du vent et de la qualité de surface.t_av . "coefficient de convection extérieur". Dans ce programme (et seulement à ce dernier niveau). on définit les liens entre les ports des différents objets et les ports de la macro-classe ainsi créée : LINK .cond.t_av. "Conductivité du matériau" [W/(m.e "coefficient de convection intérieur".d_flx_conv.lambda .lambda cond. //équation de convection en aval Enfin. "Coefficient de convection aval" [W/(m^2.

LINK LINK LINK LINK LINK LINK LINK t_ext t_int rugo h_ext h_int lambda e mur. //calcul le coefficient de convection ext LINK flx prod. Au niveau de la façon de programmer. //transfert de chaleur dans le mur DECLARE safprod prod. LINK d_flx mur. INPUT. INPUT.//pour avoir le flux en W DECLARE h_ext_pt h_e.2 : Représentation graphique d’un fichier programme (trans_ch_mur_RP_pt.h_am.a "densité de flux de chaleur à travers le mur". REPORT.e "épaisseur du mur" 55 .d_flx.prod.h_ext "Coef convection ext" mur.h_e.t_am mur. un objet (h_ext) qui calcule le coefficient de convection extérieur (celui-là est orienté . INPUT.rugo "Qualité de surface" mur. on procède de la même façon que pour les macro-classes sauf qu’il n’y a plus de ports (car un programme ne peut pas être lié à un autre par des variables) et qu’apparaissent des mots clés (INPUT et REPORT) pour définir si une variable est une entrée ou une sortie : DECLARE conv_cond_RP_pt mur.c "flux de chaleur à travers le mur" REPORT.lambda "Conductivité du matériau" mur. INPUT.h_av "Coef convection int" mur.1 Spark : le cœur de SimSpark Figure II.2 SimSpark : environnement de simulation pour les bâtiments basse consommation 2. h_e.pr) On a donc un objet (prod) qui lie le flux de chaleur en fonction de la densité de flux et de la surface. on ne peut pas calculer la rugosité en fonction des autres paramètres) et un dernier objet (mur) qui fait le bilan thermique et qui est lui une macroclasse. INPUT.t_av "température en amont du mur" "température en aval du mur" INPUT.

//transfert de chaleur dans le mur DECLARE safprod prod.rugo "Qualité de surface" mur. INPUT.h_ext "Coef convection ext" mur.t_am mur. En effet.2 Principales propriétés de SPARK Après avoir décrit la façon de programmer un problème dans SPARK. on peut calculer le flux de chaleur en fonction des autres paramètres.. Avec ce programme.//pour avoir le flux en W DECLARE h_ext_pt h_e. REPORT.t "température" [deg_C] MIN=-50 MAX=100 . on utilise des macro-ports (regroupement de ports) qui permettent de réaliser facilement les connexions des parois avec des zones thermiques. Par exemple on a un macro-port qui regroupe les caractéristiques liées à la face amont d’une paroi : PORT surf_am "caractéristiques liées la face amont de la paroi" . 56 . On aurait alors le programme suivant : DECLARE conv_cond_RP_pt mur.wind "vitesse du vent" Seuls les deux mots surlignés ont changé entre les deux programmes.ray "flux par rayonnement" [W] . INPUT. //calcul coefficient convection ext LINK flx prod. INPUT.t_av "température en amont du mur" "température en aval du mur" INPUT. INPUT.Chapitre II : Simulation du comportement énergétique des bâtiments basse consommation LINK LINK S wind prod.e "épaisseur du mur" prod. Dans SIMSPARK on a choisi de conserver une uniformité dans la façon d’écrire les ports liés aux parois..lambda "Conductivité du matériau" mur.c "flux de chaleur à travers le mur" INPUT..1. LINK LINK LINK LINK LINK LINK LINK LINK LINK t_ext t_int rugo h_ext h_int lambda e S wind mur. h_e. SPARK possède de façon intrinsèque l’une des propriétés importantes d’un environnement de simulation : la modularité. 2.a "densité de flux de chaleur à travers le mur". REPORT.prod.wind "surface du mur" "vitesse du vent" INPUT.h_av "Coef convection int" mur. INPUT. INPUT. il suffit de changer les mots clés sur les lignes relatives à ces deux variables. la structuration des équations en macro classes qui représentent un phénomène et qui sont reliées entre elles par leurs variables (leurs ports) donne la possibilité d’interchanger facilement les modèles.d_flx.h_am.b "surface du mur" h_e.h_e. voyons maintenant quelles sont ses principales propriétés. INPUT.b h_e. si l’on souhaite calculer la conductivité du matériau en se fixant un flux de chaleur. LINK d_flx mur.S "surface" [m^2] . Maintenant. Modularité Par sa structure de développement orienté objet.

Le temps de calcul total est ainsi très fortement réduit (Sowell et Haves 2001) sans perdre d’informations physiques. on pourra changer le modèle de paroi simplement en changeant le nom de la paroi qu’on déclare dans le fichier programme qui gère la simulation. température de surface. 57 . Le macro-port précédent sert en particulier à coupler le modèle de paroi à un modèle de rayonnement pour lequel on a besoin de toutes ces caractéristiques (surface. Cette façon de procéder permet de travailler sur la résolution de plusieurs soussystèmes d’équations beaucoup plus petits que le système global. De plus.//paroi amont à l’est par celle-ci : DECLARE paroi_am_v_double_RAY_pt i_eo_0_0_0. SPARK détecte premièrement l’ensemble des variables qui peuvent être calculées sans avoir à itérer (ce qu’on ferait à la main pour résoudre un système par substitution). Chaque composant est alors résolu séparément dans un ordre défini. Elle peut s’appliquer d’une façon assez analogue pour trouver le chemin le plus court possible pour aller d’équation en équation par l’intermédiaire des variables jusqu’à avoir décrit tout le système. Cette méthode est connue pour son application au cas du voyageur de commerce qui doit se rendre dans n villes en parcourant le moins de trajet possible. Pour un système d’équations complet. on décrit.2 SimSpark : environnement de simulation pour les bâtiments basse consommation 2. flux par rayonnement). dans les lignes suivantes. C’est ce que fait SPARK. toutes les équations qui sont résolues dans les composants faibles ne nécessitent aucune itération et donc quasiment aucun temps de calcul. Comme les ports. après la virgule. en conservant le même formalisme dans l’écriture macro-ports des parois.1 Spark : le cœur de SimSpark On définit sur la première ligne le nom du macro-port.//paroi amont à l’est Réduction du temps de calcul Pour résoudre un système d’équations. On passe donc d’une paroi simple à une paroi à deux couches en changeant uniquement l’écriture suivante : DECLARE paroi_am_v_RAY_pt i_eo_0_0_0. Ainsi. puis il regroupe ces calculs dans un premier composant qu’on appelle composant faible (car il ne nécessite pas d’itération). SPARK utilise la méthode des graphes. Il analyse ensuite le reste du graphe en repérant des sous-systèmes d’équations qui nécessitent des itérations (on les appellent composants forts) et d’autres composants faibles. les liaisons ainsi que les variables sont analysées. les macro-ports sont définis en début des macro-classes. chaque sous-port associé.

Sur chacun de ces composants. le problème de base est réduit et l’inversion à réaliser se fait sur des petits sous-systèmes indépendants. différentes méthodes de résolution peuvent être adoptées (Lawrence Berkeley National Laboratory et Ayres Sowell Associates Inc 2003). pour faire face aux problèmes de convergence.6) Sept intégrateurs sont programmés. Tout d’abord. les ports ayant des noms bien définis. on peut également créer soi-même un nouvel intégrateur de la même façon que l’on crée une classe atomique classique en spécifiant simplement qu’il s’agit d’une classe intégrateur pour profiter des avantages réservés à ce genre de classe. « x » et « dt » et réalise obligatoirement l’opération suivante : x   xdot  dt (II. Ainsi quand un problème de convergence est détecté. Pour réaliser l’intégration d’une variable dans SPARK. on peut passer d’un intégrateur à un autre en changeant juste le nom de cet intégrateur dans la macro-classe ou le problème qui l’utilise. La méthode par défaut est l’élimination de Gauss mais il est également possible d’utiliser une décomposition LU. En fonction de la méthode utilisée. réduire le pas de temps et refaire le calcul jusqu’à obtenir la convergence. il est possible d’en préciser les paramètres de contrôle (coefficients de relaxation de la méthode de Newton-Raphson) ou de laisser à SPARK le soin de le faire. 58 . la méthode de Newton perturbée ou tout simplement la méthode de substitution. différentes stratégies peuvent être adoptées. Pour inverser les matrices dans ces méthodes de résolution. En effet.Chapitre II : Simulation du comportement énergétique des bâtiments basse consommation Robustesse SPARK tient sa robustesse de plusieurs facteurs. on utilise un type de classe atomique particulier appelé « intégrateur » et défini par le mot clé CLASSTYPE INTEGRATOR. L’intérêt d’avoir une classe spécifique pour les intégrateurs réside également dans le fait que. Ces méthodes d’inversion influent davantage sur le temps de calcul que sur la robustesse de la résolution. Ce type de classe atomique possède obligatoirement trois ports : « xdot ». de travailler en pas de temps variable sur les variables dynamiques (celles reliées à un intégrateur). du plus simple (intégrateur Euler explicite du premier ordre) à des intégrateurs d’ordre élevés (méthode d’Adams-Bashforth-Moulton 4° ordre). SVD ou encore LU creuse (Davis 2004). le solveur va revenir en arrière. à cause de l’utilisation de la méthode des graphes. SPARK permet depuis sa dernière version. Si aucune de ces méthodes ne convient. La méthode par défaut est celle de Newton-Raphson. mais le logiciel peut aussi utiliser la méthode des sécantes.

2 SimSpark : Simulation des bâtiments dans Spark Couplage avec d’autres logiciels Plusieurs possibilités de couplage s’offrent aux développeurs de SPARK. 2. un modèle SPARK peut être transcrit complètement en langage C++ puis transporté dans une DLL qui peut être appelée par d’autres programmes compatibles.2 SimSpark : environnement de simulation pour les bâtiments basse consommation 2. 2. il est en effet possible d’appeler des modèles de SPARK dans d’autres programmes mais aussi d’intégrer des modèles d’autres programmes dans une simulation SPARK. Pour intégrer des modèles d’autres programmes dans SPARK. Un exemple de couplage entre SPARK et une feuille EXCEL par l’intermédiaire d’un programme VBA a été présenté par Sowell et Mochier (2003). Elle se divise en trois grandes parties :  Représentation des phénomènes de l’ambiance : AIR  Représentation des phénomènes dans les murs : ENVELOPPE  Représentation des systèmes énergétiques et de ventilation : SYSTEMES La structure détaillée est présentée en figure II. Pour appeler des modèles de SPARK dans d’autres programmes.1 Structure de la bibliothèque de SIMSPARK Dans le but de capitaliser les avancées de chaque développeur de S IMSPARK. Un couplage beaucoup plus intéressant à été développé entre SPARK et ENERGYPLUS (Lawrence Berkeley National Laboratory 2007).) (Sowell et al. 2008a). Il permet donc d’utiliser des modèles développés dans SPARK au sein d’ ENERGYPLUS (Sowell et al. on utilise cette fois une classe atomique à valeur multiple (MVO1).2 SIMSPARK : Simulation des bâtiments dans SPARK L’objectif de la plateforme SIMSPARK est de bâtir autour de SPARK un environnement de simulation capable de simuler le comportement thermo-hydroaéraulique des bâtiments (Tittelein et al.2. une structure de bibliothèque de modèles a été adoptée. 2004). 2004). Cette classe atomique peut être utilisée simplement quand on veut calculer plusieurs valeurs avec les mêmes entrées (par exemple si l’on veut extraire les racines d’un polynôme du second degré) mais aussi pour y intégrer des modèles d’autres programmes développés dans un langage compatible avec le C++ (C.3 1 Multi-Value Object 59 . Fortran etc.

Cette méthode qui consiste à partitionner le volume d’une pièce en un petit nombre d’éléments est intermédiaire entre le modèle à un nœud par pièce et les modèles fins de type CFD. les zones de couche limite.2 Evolution de la plateforme SIMSPARK Les premiers travaux sur SIMSPARK ont porté sur la modélisation du comportement thermo-aéraulique des bâtiments par la méthode zonale (Wurtz 1995).3 : Structure de la bibliothèque de SIMSPARK 2. Pour étudier de façon complète les écoulements dans les pièces en prenant en compte leurs interactions avec l’enveloppe du bâtiment. La méthode des enceintes fictives (Walton 1980) (voir annexe II) a été utilisée pour prendre en compte le rayonnement 60 . Ils ont été utilisés pour déterminer l’écoulement et le champ de température dans une pièce soumise à des écoulements moteurs ainsi que dans le cas de plusieurs pièces en communication par de grandes ouvertures.Chapitre II : Simulation du comportement énergétique des bâtiments basse consommation Figure II. Dans chaque élément. On exploite ainsi le fait que cet environnement est orienté objet pour pouvoir appeler le nombre de fois voulu chacun des objets sans avoir à les recréer. L’implémentation du modèle zonal a été réalisée en créant dans SPARK un objet regroupant les équations qui régissent les bilans au sein d’une zone et un objet regroupant celles qui régissent les interfaces. des modèles de parois basés sur une discrétisation 1D en différences finies de l’équation de la chaleur ont été implémentés. C’est en utilisant cette propriété qu’il a été possible d’implémenter la génération automatique des modèles zonaux (Musy 1999). Des modèles de zones soumises à des écoulements dominants telles que les zones de panache.2. on écrit des bilans de masse et d’énergie tandis que les interfaces sont déterminées par des lois reliant les débits aux différences de pression/ Ainsi peut-on réaliser des études de phénomènes couplés de transfert de masse et de chaleur mais aussi de propagation de polluants. les zones contenant un émetteur ou encore des zones de jet de différents types ont alors été développés.

2 SimSpark : Simulation des bâtiments dans Spark dans les pièces. qui est certes plus rapide. En utilisant ces résultats. un modèle nodal dans une pièce de bureau et un modèle zonal dans un autre. humidificateurs. le potentiel de rafraîchissement d’un système évaporatif à désorption avec régénération solaire plus communément appelé « desiccant cooling » a été étudié (Maalouf 2006). en effet. On peut ainsi utiliser un modèle CFD dans un atrium par exemple. Ce modèle a l’avantage de permettre de s’affranchir du calcul des facteurs de formes qui peut rapidement être très lourd dans le cas de la méthode zonale. 61 . Pour cela une méthode d’évaluation basés sur un principe de lignes limites sur le diagramme de l’air humide a été mise en place pour les différents modes de fonctionnement du desiccant cooling. roue sensible. batterie de régénération. des modèles prenant en compte les transferts hydriques dans les parois ont été implémentés dans SIMSPARK. Afin de caractériser le comportement thermo-hydro-aéraulique des locaux climatisés. Cette étude a pu être prolongée (Bourdoukan 2008) par le développement d’un modèle complet de l’installation (roue dessicante. mais ne permet pas de connaître le champ de températures à tout instant. Pour ce faire. l’idée étant de savoir pour un type de bâtiment et un type de climat donnés s’il est intéressant d’utiliser ce système. il n’est pas forcément nécessaire d’avoir recours à un modèle zonal dans chacune de ses pièces.2 SimSpark : environnement de simulation pour les bâtiments basse consommation 2. Des modèles d’appareils de climatisation et de régulation ont également été implémentés au cours de ce travail ce qui a permis de montrer l’influence de la prise en compte des phénomènes hydriques dans le comportement d’un bâtiment en soulignant le fait que le principal obstacle aux méthodes utilisées était la connaissance du comportement des matériaux. pas été possible avec un modèle basé sur les facteurs de réponse. les phénomènes de sorption d’humidité dans les parois ont été étudiés (Cordeiro Mendonça 2004). C’est en partant de ces constatations qu’a été développé dans SIMSPARK une méthode de couplage de modèles de différents niveaux de finesse (Mora 2003). Pour prédire le comportement thermo-aéraulique d’un bâtiment. Le couplage entre les équations qui régissent les transferts thermiques et celles qui régissent les transferts hydriques a été réalisé directement grâce au fait que SPARK est basé sur les systèmes d’équations mais aussi grâce à l’utilisation du modèle aux différences finies pour la conduction dans les parois. ce modèle peut s’avérer insuffisant pour décrire certaines pièces de grande taille. C’est dans le cadre de ces travaux qu’a été structurée la plateforme SIMSPARK avec une bibliothèque de modèles et une interface de saisie permettant de sélectionner facilement les modèles à utiliser pour créer la simulation d’une pièce avec modèle nodal ou zonal. De même. Il n’aurait. capteurs sous vide à caloduc et ballon de stockage) qui a été validé par une expérimentation grandeur réelle à La Rochelle et qui a permis de définir des stratégies de contrôle et d’optimisation de ces systèmes.

de nombreux travaux ont été réalisés à l’aide de la plateforme SIMSPARK qui ont permis de la valider et de l’étoffer. l’effet de l’inertie sur les bâtiments basse consommation ainsi que le comportement des bâtiments basse consommation à ossature bois. Les environnements de simulation existants ont pour la plupart été conçus pour simuler des bâtiments classiques . de bilans d’ambiance etc. de fenêtres. 62 . Comme on peut le voir. de rayonnement.Chapitre II : Simulation du comportement énergétique des bâtiments basse consommation D’autres travaux sont actuellement en cours pour étudier la ventilation naturelle. (voir annexe II) qui permettent de simuler le bâtiment par la méthode nodale. notre travail a pour but de montrer l’intérêt d’utiliser SIMSPARK spécifiquement en vue de concevoir des bâtiments basse consommation. ce qui nécessite des adaptations. Nous nous servirons d’une partie des modèles qui ont été développés en particulier les modèles de parois.

Nous avons vu que les environnements basés sur les systèmes d’équations permettent :  de faciliter l’étude des phénomènes couplés par le couplage direct au niveau des équations.  de définir des modèles de façon non orientée. nous avons cherché l’environnement de simulation le plus adapté pour développer les connaissances des chercheurs dans le domaine de l’étude du comportement énergétique des bâtiments.3 Conclusion Dans ce chapitre. il est important que l’outil utilisé possède un solveur robuste avec des méthodes de calcul avancées. Nous avons vu également que pour pouvoir simuler au mieux certains systèmes qui apparaissent avec les bâtiments basse consommation. Dans le chapitre suivant. nous avons montré les stratégies que SPARK utilise pour résoudre les systèmes d’équations en passant par la méthode des graphes et la décomposition du système d’équation global en composants résolus séparément. nous avons choisi l’environnement de simulation SIMSPARK pour mener ce travail car il semble réaliser le meilleur compromis parmi toutes ces conditions. nous montrerons les avancées réalisées dans le cadre de ce travail au niveau de la modélisation de phénomènes et de systèmes adaptés à la description des bâtiments basse consommation. Dans une deuxième partie. 63 .  de créer des codes lisibles et maintenables. Sur la base de ces constations et d’une étude comparative de différents environnements répondant à ces critères. Nous avons vu que SIMSPARK propose une bibliothèque de modèles de différents niveaux de précision qu’il est nécessaire de compléter pour étudier les bâtiments qui consomment peu d’énergie.

64 .

un modèle de matériau à changement de phase. 65 .un modèle de prise en compte du rayonnement de courtes longueurs d’onde à l’extérieur et à l’intérieur du bâtiment.Chapitre III : Développement de modèles adaptés à la description de bâtiments basse consommation RÉSUMÉ DU CHAPITRE : Dans ce chapitre nous présenterons les modèles développés au cours de ce travail et qui sont intéressants soit par l’approche utilisée soit par leur mode de résolution. . Les modèles présentés ici sont : . .un modèle d’échangeur air-sol (puits canadien).

L’idée est ici de montrer l’efficacité de SPARK à résoudre efficacement ce genre de problème non linéaire. Lorsque la température du matériau augmente. Dans ce chapitre. 1 Modélisation d’un panneau de matériaux à changement de phase Les matériaux à changement de phase font partie des technologies en rupture que l’on souhaite actuellement intégrer dans les bâtiments. Le choix d’un MCP se fait en fonction de sa température et de sa chaleur latente de fusion. Leur comportement est régi par des équations non linéaires traduisant le changement d’état au niveau d’un front de fusion mobile. nous présenterons les modèles qui ont été développés dans le cadre de ce travail dans le but de mettre en évidence l’intérêt de l’environnement de simulation utilisé. rayonnement CLO. Une liste des matériaux utilisables dans le bâtiment contenant ces données est 66 . les travaux de Principi et Fioretti dans le cadre de l’annexe 44 de l’AIE (IEA-A44 2005) et les travaux de Tyagi et Buddhi (2007) sur l’utilisation des MCP dans le domaine du bâtiment. Il sera suivi d’une description détaillée du modèle. on peut citer le rapport final de l’annexe 17 de l’agence internationale de l’énergie (IEA-A17 2005) qui contient une revue générale sur les MCP. échangeur air-sol) un bref état de l’art sera présenté. A l’inverse. nous avons mis en évidence les besoins en terme d’environnement de simulation pour les bâtiments basse consommation qui ont mené au choix de l’environnement SIMSPARK pour réaliser ce travail. Pour chacun de ces modèles (matériau à changement de phase.1 Matériaux à changement de phase dans le bâtiment Les matériaux à changement de phase (MCP) utilisés dans le bâtiment profitent principalement du changement de phase solide/liquide. 1. quand la température diminue. Les matériaux à changement de phase sont donc particulièrement intéressants dans les bâtiments à faible inertie (type bâtiment à ossature bois ou métallique) car ils permettent de limiter les fluctuations de température en été et / ou de puissance en hiver. la réaction est exothermique et le matériau restitue la chaleur au milieu environnant.Chapitre III : Développement de modèles adaptés à la description de bâtiments basse consommation Dans le chapitre précédent. il passe de l’état solide à l’état liquide et cette réaction endothermique absorbe la chaleur du milieu environnant. Les modèles seront intégrés dans une modélisation globale du bâtiment au chapitre suivant dans lequel nous présenterons les principaux résultats de simulation. Concernant l’état de l’art sur les MCP. Leur faible rapport encombrement sur énergie stockée les rend particulièrement pertinents dans le cas de la rénovation de bâtiments existants.

Parmi les systèmes actifs. Deux produits sont actuellement commercialisés en France. un modèle analytique a ensuite été formulé pour reproduire au mieux la courbe expérimentale (voir équation (III. la plupart des intégrations de MCP se font de manière passive. ou ils peuvent être placés à l’intérieur de panneaux de gypse ou de structure polymérique qui viennent s’intégrer sur ou dans les murs (Feldman et al. soit de façon passive. Une étude expérimentale par calorimétrie a permis de donner l’évolution de la capacité calorifique du matériau utilisé dans la plaque en fonction de sa température (voir figure III. la société BASF propose un MCP micro-encapsulé intégré dans un panneau de gypse1 tandis que la société DuPont de Nemour a développé un produit composé de 60% de MCP inclus dans une structure polymérique2.2 Modèle utilisé Modèle de base Le modèle de base utilisé est celui développé par Kuznik et al (2008). en utilisant l’énergie disponible dans l’environnement (énergie solaire ou variation de température) (Tyagi et Buddhi 2007). en utilisant de l’énergie produite par l’homme. il faut que la variation de température du MCP considéré évolue chaque jour de part et d’autre du point de fusion pour exploiter la totalité de la chaleur latente de fusion du matériau car il peut arriver dans le cas contraire de ne pas avoir du tout de changement de phase. Cette situation est décrite par (Virgone et Kuznik 2008) qui ont observé lors d’une étude expérimentale sur un bâtiment tertiaire que les bureaux étaient tellement chauffés que le changement de phase n’avait lieu que le week-end quand la consigne de chauffage était baissée. http://www2. Néanmoins.fr/ Produit appelé Energain. on a par exemple les planchers chauffants électriques qui utilisent une couche de MCP afin de profiter des tarifs intéressants de l’électricité la nuit pour stocker de la chaleur qui sera restituée quelques heures plus tard (Lin et al. http://www. 2005). 1 2 Produit appelé micronal.1)).2 Modèle utilisé recensée dans les références citées précédemment. 1.basf. 1990).dupont. 1991). En effet.com/ 67 . Il se présente sous forme de plaques assez flexibles de 5 mm d’épaisseur laminées entre deux feuilles d’aluminium et ce sont les caractéristiques de ce produit que nous allons modéliser dans SIMSPARK. L’utilisation des MCP peut se faire soit de façon active. On peut avoir de l’intégration de MCP macro-encapsulés dans des blocs de béton ou dans du béton coulé (Hawes et al. Le choix de la température de fusion est particulièrement important à fixer en fonction du type d’intégration et de l’application que l’on souhaite.1).1 Modélisation d’un panneau de matériaux à changement de phase 1.

2).6T     4  si T  22. 22si T  22. 2008) 2   22 .1) et (III. le modèle reproduisant au mieux les mesures est le suivant :   0. donc dans le temps. On peut voir apparaître ce problème en comparant la réponse du modèle à une sollicitation : échelon de température d’air d’un côté de la plaque.Chapitre III : Développement de modèles adaptés à la description de bâtiments basse consommation Figure III. Dans chacune des tranches. maintien de la température d’air constante de l’autre (voir figure III. en fonction des équations (III. explique les difficultés numériques liées à la méthode d’intégration temporelle adoptée (Euler implicite).6°C 4250  10750  e  Cp   2  22 .6°C  (III.6°C 0.1) Concernant la conductivité thermique.6T      4250  10750  e  3  si T > 22.6°C (III. L’article qui présente ce modèle.2).1 : Modèles expérimental et analytique de la capacité calorifique du MCP (Kuznik et al.18si T > 22.2) Les transferts de chaleur au sein du panneau sont modélisés à l’aide d’une discrétisation 1D de l’équation de la chaleur par différences finies. la conductivité et la chaleur massique sont considérées comme uniformes et variables avec la température. 68 .

on utilise un schéma d’intégration d’Euler (1° ordre) ou un schéma d’intégration trapézoïdal (2° ordre).b : Pas de temps 100 s Figure III.a : Pas de temps 3600 s Figure III. Comme dans celui de Kuznik et al. les problèmes d’instabilité numérique ne se manifestent plus car ils sont directement gérés par le contrôle d’erreur du schéma d’intégration utilisé.2. avec.2 : Réponse du modèle de MCP à un échelon de température d’air d’un côté de la plaque (Kuznik et al. dans les deux cas. réalisé l’étude de Kuznik 69 . Si ce rayon spectral est inférieur à un. Dans ce modèle de paroi. le pas de temps est réduit jusqu’à ce que le critère soit vérifié. 2008). la capacité calorifique et la conductivité du matériau sont des paramètres classiquement donnés comme des entrées (INPUT) dont la valeur est fournie par l’utilisateur. Te et Ti représentent les températures de surface extérieure et intérieur Pour faire face à ce problème qui survient quand le pas de temps de calcul est trop grand. sinon. La variable qui représente la capacité calorifique est donc reliée à une classe atomique qui décrit l’équation (III. De la même façon.2. Ainsi.1 Modélisation d’un panneau de matériaux à changement de phase 1. Nous avons. on conserve le pas de temps initial. On réussit alors à obtenir un modèle qui ne pose plus de problème d’instabilité. Pour éviter les problèmes de convergence présentés ci-dessus. une discrétisation 1D de l’équation de la chaleur par différences finies permet de représenter les transferts de chaleur par conduction.2 Modèle utilisé Figure III.2). un modèle de paroi simple (présenté en annexe II) est utilisé. un contrôle d’erreur et un pas de temps variable. un test de sensibilité est réalisé à chaque pas de temps en étudiant le rayon spectral du jacobien de la matrice qui relie le champ de température au pas de temps n+1 au champ au pas de temps n. Intégration du modèle dans SIMSPARK Pour intégrer ce modèle dans SIMSPARK. la variable représentant la conductivité est reliée à une classe atomique qui décrit l’équation (III. Reste alors à choisir le schéma d’intégration à utiliser. pour le montrer.1).

Chapitre III : Développement de modèles adaptés à la description de bâtiments basse consommation et al (2008) dont les résultats sont présentés à la figure III.2 sont dus au fait que l’auteur a considéré dans ses simulations une valeur de conductivité du matériau à changement de phase qui ne varie pas en fonction de la température (pris constant égal à 0. Réponse à une variation sinusoïdale sur la température de l’air extérieur Pour se rendre compte de l’influence des changements de phase sur le comportement d’une couche de MCP.2 W/(m. La température intérieure est maintenue constante ainsi que les coefficients d’échange (voir figure III. Les résultats obtenus après intégration du modèle dans SIMSPARK sont présentés à la figure III. nous avons réalisé une simulation dans laquelle une plaque de MCP est soumise à une variation de température extérieure sinusoïdale de période 24 heures. Des simulations prenant en compte son interaction avec le bâtiment seront présentés au chapitre suivant.3 Utilisation du modèle Ce paragraphe a pour but de montrer des résultats de simulation obtenus avec le modèle de matériaux à changement de phase seul.3.3 : Réponse du modèle de MCP à un échelon de température d’air d’un côté de la plaque après intégration dans SIMSPARK Les légers écarts que l’on peut observer sur la valeur atteinte en régime permanent par rapport aux courbes présentées à la figure III. Figure III.2.4) : 70 .K)) 1.

71 . Pour que le changement d’état du MCP soit sollicité. On relève la capacité calorifique au centre de la plaque pour voir l’évolution du changement de phase. Figure III. Tmax=25°C Sur la figure III. il faut que la température varie de part et d’autre de sa température de fusion. cette mesure est assez représentative de ce qui se passe dans toute la plaque.5 : Plaque de MCP sollicitées par une variation de température extérieure sinusoïdale : Tmin=10°C.5.3 Utilisation du modèle Text Tmax Tmin Tint=24°C hext=25W/(m².K) Figure III. pour laquelle la température extérieure varie entre 10 et 25°C. on se rend compte en regardant la courbe du bas qui représente la capacité calorifique que le matériau n’a pas le temps de se liquéfier totalement et à l’heure 25 sa température redescend sans qu’il n’ait atteint l’état liquide.K) MCP épaisseur : 1cm hint=20W/(m².4 : Sollicitation sur la plaque de MCP On fait varier les valeurs minimales et maximales de la température extérieure (Tmax et Tmin) et on regarde l’évolution du flux sur la surface intérieure. L’épaisseur de la plaque étant faible.1 Modélisation d’un panneau de matériaux à changement de phase 1.

Tmax=30°C Sur la figure III. On pourrait également tracer le même genre de figure avec une sollicitation qui fasse que le MCP ne soit pas du tout sollicité soit parce que sa température serait 72 . par contre on voit que la température du MCP passe bien de part et d’autre de la température de fusion avec une amplitude suffisante pour qu’il passe de l’état solide à l’état liquide deux fois par jour.6 : Plaque de MCP sollicitées par une variation de température extérieure sinusoïdale : Tmin=20°C.7 : Plaque de MCP sollicitées par une variation de température extérieure sinusoïdale : Tmin=10°C.7. Figure III. Tmax=40°C Sur la figure III.6. on voit que c’est le phénomène inverse qui se produit. La température du matériau ne descend pas suffisamment en-dessous de la température de fusion pour que le MCP se solidifie complètement.Chapitre III : Développement de modèles adaptés à la description de bâtiments basse consommation Figure III.

73 . Dans le paragraphe 1 chapitre IV.4 Conclusion Nous avons montré dans ce paragraphe l’intérêt de se servir d’un solveur performant qui nous permet de nous affranchir de certains problèmes numériques et de nous concentrer sur les modèles. soit dans le choix du point de fusion (choix réalisé par le fabricant).1 Modélisation d’un panneau de matériaux à changement de phase 1. Le problème réside dans le fait que dans la pratique. on ne maîtrise pas les sollicitations. ce modèle sera utilisé pour montrer la possibilité d’inverser un problème avec MCP qui peut être particulièrement intéressant pour le suivi expérimental de ce type de matériau.4 Conclusion toujours trop élevée (il resterait alors toujours liquide). La seule manière de faire que le MCP soit correctement sollicité réside donc soit dans le choix de son mode d’intégration dans l’enveloppe (qui joue sur les variations de températures qu’il va subir). 1. soit parce qu’elle est toujours trop faible (il reste alors toujours solide).

direct et réfléchi par le sol.1 Rayonnement CLO arrivant sur l’enveloppe extérieure Le flux par rayonnement CLO arrivant sur l’enveloppe extérieure du bâtiment est évalué par la somme des flux diffus.h 2   (III.d  qr.d     Ed .t    qCLO Nous détaillerons ici le calcul des trois composantes du flux CLO. Le but de ce paragraphe est de montrer la façon dont ces deux données sont transformées dans SIMSPARK pour évaluer la partie CLO du rayonnement atteignant et pénétrant dans le bâtiment.     qCLO  qr.5) 74 .3) La densité de flux absorbé par le mur est alors évalué à l’aide du coefficient d’absorption de la paroi :   qCLO. on a l’habitude de considérer qu’elle est indépendante de la température de la surface qu’elle atteint tant les variations de température de cette surface sont faibles en regard de la différence entre cette température et celle du soleil.h) et d’un éclairement diffus horizontal (Ed.Chapitre III : Développement de modèles adaptés à la description de bâtiments basse consommation 2 Etude du rayonnement de Courtes Longueurs d’Onde (CLO) Pour traiter la partie courtes longueurs d’onde du spectre solaire arrivant sur terre.D  qr.h). 2. On la traite donc comme un flux dont l’intensité est donnée par les fichiers météorologique sous la forme d’un éclairement direct horizontal (ED.4) La prise en compte du rayonnement diffus se fait à l’aide d’un modèle de ciel isotrope.3 du chapitre I. c'est-à-dire que l’on considère que la luminance du ciel est la même quelle que soit la direction. On calcule donc le rayonnement diffus par la formule suivante :  1  cos     qr . Les équations présentées ici ont été utilisées pour faire le calcul du rayonnement total frappant la maison dans le cas d’étude présenté au paragraphe 1.R (III. Rayonnement CLO diffus (III.

9) et (III. L’azimut est calculé à partir de l’expression suivante : 75 .R  alb      Ed . Les formules utilisées pour les calculer reposent sur l’hypothèse d’un mouvement circulaire de la terre sur le plan équatorial du soleil.2 Etude du rayonnement de Courtes Longueurs d’Onde (CLO) 2. on doit en calculer sa composante perpendiculaire à la paroi réceptrice. On obtient donc la formule suivante :  1  cos     qr . le rayonnement direct se réfléchit de façon diffuse.12) qui ont été modifiées légèrement par l’ajout d’un terme dépendant du temps solaire (TS) pour avoir une évolution continue dans le temps à l’échelle de la seconde. En effet. Elles ont été reprises directement de la littérature à l’exception des formules (III. les formules de la littérature donne une évolution qui varie seulement de jour en jour.h  2   (III.8 : Angles relatifs au soleil et à la position de la façade Rayonnement CLO réfléchi par le sol Pour prendre en compte le rayonnement réfléchi. on considère qu’une fois qu’il a frappé le sol. il est nécessaire de connaître la direction des rayons solaires et donc la position du soleil (azimut et hauteur du soleil).h  ED.1 Rayonnement CLO arrivant sur l’enveloppe extérieure z i hs θ x as x x1 x af az sud y Figure III. Pour cela.6) Rayonnement CLO direct Pour évaluer correctement le rayonnement direct reçu par un bâtiment.

12) Le temps au méridien de Greenwich (TG) est alors lié au temps local en considérant le fuseau horaire dans lequel on se trouve ainsi que l’éventuel changement d’horaire été . Il dépend également de la longitude (l) du lieu considéré : TS  TG  ET lref  l  60 15 (III.13) 76 .9) L’angle horaire est évalué directement à partir du temps solaire : AH    TS  12  12 (III. Connaissant la position du soleil.7) La hauteur du soleil est déduite de la formule suivante : sin  hs   sin    sin    cos    cos    cos  AH  (III.87  sin  2  B   7 . on calcule pour chaque paroi l’angle (as) entre la projection au sol du rayon solaire et la projection au sol de la normale à la paroi : as  az  af (III.hiver.11)  ET  9.5  sin  B    TS   Avec  2    j   81 24 B     365  (III.8) La déclinaison (« dec ») est évaluée en fonction de l’inclinaison (« inc ») et du jour de l’année :  TS    j  24  81  2    sin  dec   sin  inc   sin   365          (III.10) Pour prendre en compte le fait que la trajectoire de la terre n’est pas circulaire mais elliptique ainsi que l’inclinaison de son axe de rotation propre par rapport à son orbite.53  cos  B   1.Chapitre III : Développement de modèles adaptés à la description de bâtiments basse consommation tan  az   sin    cos  AH   cos    tan   sin  AH  (III. on corrige le calcul du temps solaire par un terme appelé équation du temps (ET) qui est calculé à partir de la théorie de Kepler sur le mouvement orbital des planètes.

Ainsi.2 Prise en compte de la tache solaire dans une pièce Le rayonnement solaire direct entrant par une fenêtre est souvent pris en compte dans les logiciels de façon simplifiée (Bryn et Schiefloe 1996). le pourcentage de flux arrivant sur chaque paroi est laissé à l’appréciation de l’utilisateur et gardé constant pendant toute la durée de la simulation. Une règle couramment adoptée est alors de considérer que 60% du flux arrive sur le sol. 2. 77 .2 Prise en compte de la tache solaire dans une pièce Ces angles sont définis par la figure III. pour les autres. tout le flux arrive au sol. Ils ont conclu que le comportement thermique n’était pas sensible à la distribution du rayonnement solaire. Pour les uns. la formule est ainsi appliquée pour des hauteurs de soleil supérieures à 5 degrés. on peut évaluer à tout instant le rayonnement solaire CLO arrivant sur une paroi inclinée. Wray et Balcomb (1979) présentent le logiciel SUNSPOT qui évalue la position de la tache solaire et qui a été validé expérimentalement sur des cellules de test. quant à lui. Ils ne sont pas souvent fortement vitrés mais les parois sont tellement bien isolées qu’il est intéressant de vérifier si les résultats d’études anciennes restent toujours valables. La question est de savoir si ces conclusions sont toujours valables dans le cas des bâtiments basse consommation.8.D  ED. on considère que le flux arrivant sur la paroi est nul.2 Etude du rayonnement de Courtes Longueurs d’Onde (CLO) 2. Wall (1997). à partir de ces équations. Pour des hauteurs inférieures. Il faut donc limiter son application à des hauteurs de soleil suffisantes. On évalue alors le flux arrivant sur la paroi par la relation :  sin    cos  as    qr .14) Cette relation conduit à des résultats aberrants pour des hauteurs de soleil très faibles car on peut alors avoir un flux très important qui arrive sur la paroi. Dans d’autres logiciels encore. C’est pour répondre à cette question que nous avons développé un modèle de prise en compte de la tache solaire. a mis en évidence le fait que les besoins de chauffage dans des espaces fortement vitrés étaient sous-estimés dans la plupart des logiciels à cause de la mauvaise prise en compte du rayonnement solaire.h   cos       tan  hs    (III. le flux radiatif est pris en compte comme une source de flux convectif ce qui est une approximation grossière qui ne permet pas de prendre en compte l’inertie interne du bâtiment vis-à-vis du rayonnement solaire qui déphase et amortit les gains solaires avant qu’ils ne deviennent des charges convectives.

On peut prendre en compte dans ce cas la présence de masques de position et de formes polygonales quelconques. prend en compte la tache solaire de la façon la plus complète est sans nul doute ENERGYPLUS (Lawrence Berkeley National Laboratory 2007). un module permet en effet d’en calculer la position et la surface dans une pièce convexe de géométrie quelconque. On calcule ensuite l’intersection entre le parallélogramme obtenu et le rectangle que constitue la paroi réelle en utilisant une méthode qui consiste à couper un polygone successivement suivant les côtés du deuxième. Le principe est de décomposer la fenêtre en petits éléments rectangulaires. on détermine la position du nouveau sommet sur la ligne d’intersection. Trombe et al. aujourd’hui. le masque pouvant avoir une position et une géométrie polygonale quelconques. Pour prendre en compte l’épaisseur de la paroi qui supporte la fenêtre. 1999) proposent une méthode géométrique basée sur la projection de l’ouverture de la fenêtre (considérée comme un étant rectangulaire) sur des plans infinis verticaux et horizontaux. On procède par projection de polygones dont on calcule la position des sommets et quand la projection a lieu sur plusieurs surfaces.Chapitre III : Développement de modèles adaptés à la description de bâtiments basse consommation 2. une ouverture fictive est calculée à chaque pas de temps en fonction de la position du soleil (voir figure III. On décompose enfin les polygones trouvés en triangles élémentaires dont on calcule l’aire. figure III.9).9 : Réduction de la section efficace de la fenêtre due à l’épaisseur de la paroi (tiré de Serres 1997) Le bureau d’étude Sorane a conçu un logiciel appelé SUNREP (Chuard 1992) qui peut servir de pré-processeur à des logiciels comme TRNSYS par exemple. Le logiciel qui. 78 .1 Etat de l’art Il existe plusieurs méthodes de calcul de la surface de la tache solaire sur les parois intérieures d’une pièce. On considère ensuite un seul rayon passant au centre d’un élément rectangulaire et on regarde à quel endroit ce rayon va se projeter sur les murs d’une pièce parallélépipédique. Serre et Trombe (Serres 1997.2.

D' sur n (la tache est à cheval sur le plancher et sur la paroi opposée à la fenêtre) Pour distinguer ces différents cas. E1 sont dans le rectangle OPQR. E’ sur b (toute la tache est au plancher)  cas_2: B'. D’. D1. on distingue 20 cas de figure pour lesquels l’endroit où la tache va se projeter nécessite un calcul différent (entièrement sur le sol. V z S Lf hs R Hf B o O b yA as x Lp zA C A B’ C’ D Hp E E’ P D’ T s U n e Q Wp y x1 x Figure III. E' sur b et C'. C1.2. E1) et sur le plancher supposé infini (B2. Par exemple. il suffit de connaître la position de la projection des 4 coins de la fenêtre sur un mur du fond supposé infini (B1. si B1. D1. à cheval sur les 2…). E2) en imaginant que l’un ne masque pas l’autre.2 Prise en compte de la tache solaire dans une pièce 2.2 Etude du rayonnement de Courtes Longueurs d’Onde (CLO) 2. Le paramétrage utilisé est présenté en figure III. seuls les résultats des deux premiers cas sont présentés dans le corps de ce document.10. on est dans le cas 1 pour 79 . Le calcul de la position de la tache solaire se fait de façon géométrique en assimilant la pièce à un parallélépipède rectangle et la fenêtre à un rectangle. C2.2 Calcul de la position et de la surface de la tache solaire L’idée est de développer ici un modèle simple et peu coûteux en temps de calcul pour l’intégrer dans une simulation globale du bâtiment réalisée avec la plateforme SIMSPARK (Tittelein et al. D2. C1. les autres sont précisés et illustrés dans l’annexe III :  cas_1: B'. entièrement sur le mur face à la fenêtre. C’. 2008b). Comme il y a beaucoup de cas et que les formules peuvent être très longues.10 : Paramétrage géométrique de la tache solaire Principe de calcul En fonction de la position de la fenêtre et de celle du soleil.

15) tan  hs  On peut savoir dans quel cas on se trouve en comparant ces coordonnées aux dimensions de la pièce : si (xC1  -W p et yD1  L p et yC1  0): cas 1 si (zC2  0 et z B2  0 et yC2  0 et yD2  L p ): cas 2 (III. À partir des coordonnées des points définissant la géométrie de la tache (polygone). on obtient les formules donnant ces coordonnées : xB1= -z A  yB1= y A cos  as  tan  hs  2 -z A  Lf sin  as  (III.16) Une fois que l’on sait dans quel cas on se trouve.Chapitre III : Développement de modèles adaptés à la description de bâtiments basse consommation lequel la tache solaire est entièrement sur le sol.18) 80 . on calcule les coordonnées de chaque vecteur nécessaire à la description des triangles élémentaires et on peut calculer les aires par la formule suivante : Aire d’un triangle B’C’D’ : ABCD =   BC   BD 2 (III.17) On obtient alors l’aire de la tache solaire sur chaque paroi en fonction des caractéristiques géométriques du problème et de la position du soleil par des formules explicites :  cos  hs   Ab = L f  cos  as   H f  sin  hs    A = 0  n    Cas 1 :  Ao = 0   A = 0  e    As = 0   (III. la surface de la tache solaire est évaluée sur chaque paroi en décomposant les polygones projetés en triangles élémentaires. Par simple calcul de géométrie dans l’espace.

dr  Wm.ec  min L .dr x as x1 Wm. g m. L’hypothèse forte retenue est de considérer que ces protections ont des longueurs infinies. L  D  W  tan  as  f f m. L f  Dm.dr y Dm. max 0.       (III. Wm. max 0.2 Prise en compte de la tache solaire dans une pièce    cos  as   Ab =  -z A  +W p   L f   tan  hs        tan  hs    Lf  An =  z A+H f -W p   cos  as        Cas 2 :  Ao = 0     Ae = 0   A = 0  s   (III.ec et Lf.g Lf.19) Prise en compte des protections solaires Pour prendre en compte d’éventuelles protections solaires.20) 81 . g  min    min L f .ec) est réalisé (Tittelein et al. un calcul géométrique des dimensions de la partie éclairée de la fenêtre (Hf.2 Etude du rayonnement de Courtes Longueurs d’Onde (CLO) 2. 2007).ec Lf Figure III.ec) en utilisant la formule suivante : L f .dr  tan  as        . on calcule la largeur de fenêtre éclairée par le soleil (Lf.11 : Vue de dessus d’une fenêtre protégée pour le paramétrage des masques latéraux Pour les masques latéraux.g x Dm.

ec) en utilisant la formule suivante :  tan  hs   H f .ec  y A     L f .ec   2   L f .Chapitre III : Développement de modèles adaptés à la description de bâtiments basse consommation Wca x as x1 Wca’ y Figure III.ec  y A     Lf si as  0 : y A.22) 82 .ec x1 Figure III.ec  min  H f . H f  H ca  Wca    cos  as     (III.ec   2  (III.12 : Vue de dessus d’une fenêtre protégée pour le paramétrage de la casquette Wca’ z Hca hs Hf Hf. Il faudra juste compenser le fait que la position de la fenêtre éclairée est légèrement différente en calculant la nouvelle coordonnée y du point milieu de l’allège :  Lf si as  0 : y A. on calcule la hauteur de fenêtre éclairée (Hf.21) Dans les calculs qui permettent d’évaluer la surface de la tache solaire.13 : Vue dans le plan d’un rayon solaire pour le calcul de la partie éclairée d’une fenêtre protégée Pour la casquette qui peut être au-dessus de la fenêtre. on utilisera donc les dimensions de la fenêtre éclairée plutôt que celles de la fenêtre réelle.

o et e On considère ensuite ce flux comme étant un flux primaire uniformément réparti sur la paroi et on applique la méthode des enceintes fictives présentée en annexe II pour caractériser le rayonnement dans la pièce.D  tan  as   E0D. on aurait donc : q0D. on peut alors connaître le flux CLO frappant chaque paroi.2. on calcule l’éclairement primaire qui la frappe en fonction de l’angle d’incidence « i » des rayons solaires sur la paroi et de l’éclairement extérieur par les relations : Parois est : Parois nord : Parois ouest : Plancher :  E0D.e    qr .5625  cos  i   (III.4 Discussion sur le choix du modèle Le modèle adopté offre un certain nombre d’avantages car il est simple à programmer et à résoudre pour n’importe quel solveur.2 Prise en compte de la tache solaire dans une pièce On a ainsi toutes les données pour faire le calcul de la surface de la tache solaire sur toutes les parois intérieures d’une pièce parallélépipédique avec prise en compte des masques.o    qr . par exemple.b    ED. Pour le plancher.h (III. Pour cela.3 Prise en compte de la tache solaire dans la simulation thermique Connaissant la surface de la tache solaire sur chaque mur. 2. les flux primaires étant évalués de façon explicite (voir formules en annexe III).5  1.23) Le facteur de transmission qui intervient dans ces formules dépend lui aussi de l’angle d’incidence :      cos  i    2.2 Etude du rayonnement de Courtes Longueurs d’Onde (CLO) 2.b  Ab  E0D.23) par la surface de la tache solaire sur cette paroi.25) Idem pour n.D  tan  as  E0D. Il permet à chaque pas de temps de connaître la répartition de la tache solaire sur les surfaces sans qu’aucune itération ne 83 .n    qr .2. 2.24) On peut ensuite évaluer le flux primaire qui arrive sur chaque paroi en multipliant la densité de flux trouvée en (III.D  E0D.b (III.

si l’on a une surface dont l’aire varie dans le temps et dans l’espace.Chapitre III : Développement de modèles adaptés à la description de bâtiments basse consommation soit nécessaire. La méthode choisie doit donc homogénéiser les flux en jeu mais elle est plus précise que celle qui consiste à répartir le flux de façon constante dans le temps. le temps de calcul associé est donc négligeable par rapport à la simulation thermique du bâtiment dans sa globalité. c’est qu’elle va à l’encontre du modèle 1D choisi pour les murs dans la méthode nodale. Une autre solution aurait été de considérer deux surfaces pour chaque mur. d’autres ne le reçoivent pas et ne l’ont pas encore reçu et d’autre encore l’ont reçu il y a un certain temps et ne le reçoivent plus. On a alors une multiplicité de cas à considérer pour lesquels il faudrait en fait réaliser un maillage surfacique 2D voire un maillage complet 3D du mur car les apports de chaleur transversaux ne doivent pas être négligeables quand un point reçoit un fort rayonnement solaire. le fait de répartir uniformément le flux primaire apporté par la tache solaire sur la surface complète de la paroi est une hypothèse forte qui modifie certainement le comportement thermique du mur. l’une recevant la tache solaire et l’autre non. Le problème avec ce type de modélisation. La somme des aires de ces deux surfaces serait égale à l’aire totale du mur mais chacune des aires de ces deux surfaces varierait dans le temps. il faudrait considérer que certains points du mur reçoivent à un temps donné le rayonnement solaire direct. Cependant. 84 . En effet.

l’air est préchauffé en hiver tandis qu’il est rafraîchi en été. Ghosal et Tiwari 2006. 3.1 Modèles analytiques Modèles basiques Parmi les modèles analytiques.1. Le modèle d’échangeur air-sol le plus simple est celui proposé par Badescu et Sicre (2003) qui suppose qu’à une profondeur suffisante. on trouve un très grand nombre de modèles qui considèrent que la température du sol n’est pas influencée par la présence de l’échangeur. 1992. plusieurs auteurs (Tzaferis et al. 3.1 Etat de l’art des modèles d’échangeurs air-sol On trouve aujourd’hui dans la littérature un grand nombre de modèles d’échangeurs air-sol qui ont été développés pour des applications soit dans le domaine des bâtiments soit dans celui des serres horticoles. Sans utiliser une hypothèse aussi simpliste. Tiwari et al.26) Où « NUT(Lt) » est le nombre d’unités de transfert correspondant à la longueur du tube défini par : 85 . On a donc une température de sortie de l’échangeur constante toute l’année égale à 10°C. 2006) considèrent que la température de surface du tube « Tsp » ne varie pas le long de celui-ci et peuvent donc évaluer la température de l’air en sortie du tube en fonction de sa température d’entrée analytiquement en utilisant une relation du type : Tsortie  Tsp   Tentrée  Tsp   1  eNUT  L   t (III. Il suppose que le tube est très long et qu’on peut considérer que la température de sortie de l’air est égale à la température du sol. Serres et al. 1997.3 Modélisation d’un échangeur air-sol (puits canadien) par la méthode convolutive des facteurs de réponse 3. De Paepe et Janssens 2003. Profitant de l’inertie du sol. la température du sol est constante pendant toute l’année et égale à 10°C.1 Etat de l’art des modèles d’échangeurs air-sol 3 Modélisation d’un échangeur air-sol (puits canadien) par la méthode convolutive des facteurs de réponse L’échangeur air-sol est un système simple constitué d’un ou plusieurs tubes enterrés dont la bouche d’entrée recueille l’air extérieur et dont celle de sortie est reliée au système de ventilation du bâtiment.

14 : Superposition de deux processus thermiques élémentaires pour la résolution du problème de tube enterré (Soontornchainacksaeng 1993) 86 . on trouve l’analyse semi analytique de Soontornchainacksaeng (1993) dans laquelle le sol est décomposé en tranches dans lesquelles la résolution du problème thermique est réalisé analytiquement. La température de surface du tube est reliée à la température dans le sol à la profondeur du tube par la résistance thermique de celui-ci. 2006) calculent analytiquement la réponse d’un mur semi infini soumis à une sollicitation surfacique périodique : Tsol  z. On trouve que tous ces modèles donnent à peu près les mêmes résultats.28) Modèles élaborés Parmi les modèles les plus élaborés pour étudier le comportement d’un échangeur air-sol. ce qui n’est pas étonnant car le même type d’approche est utilisé par tous. t   Tsse  Tamp. D’autres (De Paepe et Janssens 2003. la température de surface du tube étant fixée. Certains auteurs considèrent que la température de sol est constante par morceaux (Serres et al. Ghosal et Tiwari 2006. la façon d’écrire le problème étant la seule différence. Tiwari et al.27) Tzaferis et al (1992) ont comparé huit modèles (quatre analytiques et quatre numériques) qui se différencient par la manière de calculer la température de sortie en fonction de la température d’entrée. air (III. Le modèle est basé sur la décomposition du problème thermique d’un tube dans le sol considéré comme un milieu semi-infini 2D en deux problèmes élémentaires résolus séparément : Figure III. 1997).sse  e  z  2a     cos    t  z    2a    (III.Chapitre III : Développement de modèles adaptés à la description de bâtiments basse consommation NUT  Lt   hsp    D  Lt  m  C p .

Ce modèle fournit donc une réponse analytique complète au problème dynamique mais ne prend pas en compte l’influence éventuelle des échanges au niveau du sol sur l’échangeur et ne considère pas la géométrie réelle. c'està-dire qu’on considère une ligne source fictive (tube) symétrique à la première par rapport au sol et d’intensité opposée (délivrant un flux « -q(t) »). Le modèle n’est donc valable que pour des tubes profonds et des sollicitations de périodes pas trop grandes (la réponse à un signal de période annuelle est mal prise en compte) Un autre modèle analytique développé par Hollmuller (2003) est basé sur la résolution de l’équation de la chaleur en coordonnées cylindriques en régime dynamique soumis à une variation de température d’entrée sinusoïdale. certains considèrent que seule une partie du sol est influencée par l’échangeur (on les appellera pour la suite 87 .58) page 104) qui provient d’une analyse du problème « mur » (non cylindrique) et qui dépend de la période de la sollicitation. On peut alors à tout instant connaître le champ de température partout dans la tranche considérée. Ce modèle a l’avantage de pouvoir se transposer à l’étude d’échangeurs à tubes multiples. 3. la décomposition en ces deux sous-problèmes élémentaires n’est pas exacte et reste valable uniquement si l’on considère que les échanges au niveau du tube n’ont aucun effet sur ce qui se passe en surface.2 Modèles numériques Parmi les modèles numériques rencontrés dans la littérature.1. De plus. Nous comparerons les résultats de ce modèle avec celui que nous avons développé (voir paragraphe 3. La solution analytique fait apparaître un diamètre d’influence (voir formule (III.3).1 Etat de l’art des modèles d’échangeurs air-sol La résolution du problème (II) se fait de manière classique (pas d’influence du tube) alors que celle du problème (III) utilise la méthode de la ligne source miroir. La sollicitation réelle est décomposée en série de Fourier pour que la réponse du système puisse être calculée par superposition des réponses analytiques aux différentes composantes sinusoïdales constituant la sollicitation périodique. ce qui donne lieu à un calcul de séries réalisé numériquement. Une condition aux limites adiabatiques ou à température imposée est envisagée à la périphérie du volume de sol cylindrique qui est influencé et dont les dimensions sont données a priori. La réponse à ce problème est donnée analytiquement pour une sollicitation surfacique en créneau et le régime dynamique complet est obtenu par superposition de réponses à des créneaux d’intensité différente. A côté de tous ces modèles analytiques on trouve également dans la littérature un grand nombre de modèles numériques.3 Modélisation d’un échangeur air-sol (puits canadien) par la méthode convolutive des facteurs de réponse 3. par contre. il ne prend pas en compte le rayonnement au niveau du sol.

Chapitre III : Développement de modèles adaptés à la description de bâtiments basse consommation

modèles de type A) alors que d’autres considèrent le problème global jusqu’à la surface du sol (modèles de type B). Modèles de type A Plusieurs modèles considèrent le problème de l’échangeur à un seul tube en considérant que seul un cylindre de sol autour du tube est perturbé par l’échangeur (Mihalakakou et al. 1994; Giardina 1995; Kumar et al. 2003). Le modèle de (Mihalakakou et al. 1994) se base sur une discrétisation du sol en cylindres concentriques et en mailles axiales. La méthode numérique utilisée est décrite par l’auteur comme un mix de la méthode des différences finies et la méthode des éléments finis. Le recollement avec le sol non perturbé n’est pas décrit précisément (diamètre considéré, type de frontière…). Le modèle proposé par Giardina (1995) a été développé à la base pour les échangeurs eau-sol, mais c’est la méthode de résolution de la conduction dans le sol qui nous intéresse ici. Par rapport au modèle précédent, chaque cylindre est découpé en portions angulaires et la méthode des différences finies est utilisée pour la discrétisation. Sur la frontière du maillage qui est fixée à 4 pieds (1,22 m), on considère que la température est égale à la température du sol non perturbé (à la profondeur de cette frontière) calculée avec une équation du type de celle présentée par la formule (III.28). Le modèle de Kumar et al (2003) reprend, quant à lui, le même principe que celui de Mihalakakou et al (1994) mais en couplant les phénomènes de transfert de masse et d’humidité. De la même façon, le recollement avec le sol non perturbé est très peu expliqué. Le modèle proposé par Thiers et Peuportier (2008) permet de prendre en compte l’interaction entre plusieurs tubes en parallèle sur une même nappe. Un maillage en volumes finis avec un nombre limité de mailles est utilisé, ce qui permet un calcul très rapide. Pour chaque tube, deux mailles cylindriques concentriques sont utilisées plus une troisième si les différents tubes sont assez éloignés les uns des autres. Si les tubes sont trop proches, la troisième maille les englobe tous pour prendre en compte leurs interactions. Sur la surface extérieure de cette troisième maille on impose une température égale à la moyenne des températures du sol non perturbé (calculés encore une fois par la formule (III.28)) aux niveaux haut et bas de la maille. Ce modèle peut prendre en compte l’influence du bâtiment sur l’échangeur en faisant intervenir un terme supplémentaire dans le bilan permettant de calculer la température du sol.

88

3 Modélisation d’un échangeur air-sol (puits canadien) par la méthode convolutive des facteurs de réponse 3.2 Description du modèle développé

Modèles de type B Le modèle de Bojic et al (1997) propose une discrétisation 1D de l’équation de la chaleur avec des mailles horizontales. Il étudie un échangeur avec plusieurs tubes parallèles et coplanaires en ne considérant pas la géométrie cylindrique du système. Ce modèle prend en compte dans l’équation de bilan à la surface du sol le rayonnement ainsi que les échanges convectifs par un coefficient d’échange global. Le raccordement entre le modèle de sol et la nappe de tubes se fait par l’intermédiaire d’un flux source dans une maille qui est calculé à partir de la différence de température entre le sol et l’air circulant dans les tubes. Les autres modèles rencontrés dans la littérature prennent en compte de façon plus détaillée les échanges en réalisant des études en 2D ou en 3D. Le modèle de Badescu (2007) propose un découpage en tranches perpendiculaires aux tubes. Sur chacune de ces tranches, la résolution de l’équation de la chaleur est réalisée par la méthode de formulation en volume de contrôle. Le recollement entre les différentes tranches se fait au niveau de l’air circulant dans le tube (aucun flux axial n’est considéré dans le sol). Deux modèles d’échangeurs peuvent prendre en compte des nappes multiples (Boulard et al. 1989a; Boulard et al. 1989b; Gauthier et al. 1997) ; ce sont des modèles 3D de sols comprenant des tubes de sections carrées de même surface d’échange que les tubes réels dans lesquels le problème conductif est résolu par la méthode des volumes finies en considérant des conditions adiabatiques aux frontières du volume de contrôle. Le modèle de Gauthier et al (1997) permet la prise en compte de sols non homogènes. Un dernier modèle a été développé sur cette base par Hollmuller (2002). Ce modèle peut prendre en compte des géométries, des caractéristiques de sol et des conditions de surface plus variées. Il utilise également la méthode des volumes finis pour la résolution mais peut en plus prendre en compte d'éventuelles infiltrations d'eau et des pertes de charge ainsi que le contrôle du sens du flux d'air circulant dans les tubes.

3.2 Description du modèle développé
Le modèle numérique que nous avons développé se classe dans la catégorie « type B » de ceux qui considèrent l’influence de l’échangeur jusqu’à la surface du sol et résolvent le problème de conduction 2D. L’originalité est de proposer en plus une réduction du problème grâce à la méthode convolutive des facteurs de réponse. Le principe du modèle est le suivant, on réalise une discrétisation du système en n tranches perpendiculaires au tube et d’épaisseur Δx :

89

Chapitre III : Développement de modèles adaptés à la description de bâtiments basse consommation

Air extérieur

1 2


Sol

i

… n-1 n

Entrée d’air x

Tube

Sortie d’air

z

Δx Δx … Δx … Δx Δx

Figure III.15 : Discrétisation de l’échangeur air-sol

Pour chaque tranche, on cherche à évaluer le flux de chaleur q’sp qui entre dans le tube (en W/m) en fonction de la température extérieure Text et de la température de l’air au sein du tube Tap.
Text q’sse q’sp y z Tap Échangeur air-sol Tsp

Tsse

Figure III.16 : Structure 2D pour les calculs du flux entrant dans le tube

Pour évaluer ce flux, on découple les transferts conductifs des autres transferts de chaleur. Le flux conductif est donc calculé à partir des températures de surface du tube Tsp et du sol Tsse. Ces deux températures sont calculées à partir d’un bilan de surface. Cette décomposition induit l’hypothèse de l’uniformité de la température en surface du sol ainsi qu’en surface du tube sur une tranche d’épaisseur Δx.

3.2.1

Bilan des flux en surface du tube sur une tranche

La température étant considérée comme uniforme en surface du tube sur chaque tranche et en négligeant l’absorption du rayonnement par l’air à l’intérieur du tube, on considère qu’il n’y a aucun échange radiatif à la surface interne du tube.

90

3 Modélisation d’un échangeur air-sol (puits canadien) par la méthode convolutive des facteurs de réponse 3.2 Description du modèle développé

Le bilan d’énergie se réduit donc à un flux conductif d’un côté et à un flux convectif de l’autre.

q’sp

Tsp D hcp

y z

Tap

Figure III.17 : Bilan des échanges à la surface du tube

L’équation de bilan est donc la suivante :
q 'sp  hsp    D  Tsp  Tap

(III.29)

Pour évaluer le coefficient d’échange convectif il faut connaître les caractéristiques de l’écoulement à l’aide des nombres adimensionnés qui le caractérisent :  Le nombre de Reynolds qui explicite le régime de l’écoulement
Re 

air  v  D air

(III.30)

 Le nombre de Prandtl qui caractérise le rapport entre la viscosité et la diffusivité thermique du fluide

Pr 

Cpair  air

air

(III.31)

 Le nombre de Nusselt qui correspond à un coefficient d’échange convectif adimensionné

Nu 

hsp  D

air

(III.32)

Un grand nombre de corrélations ont été utilisées par différents auteurs pour relier ces trois nombres et en déduire le coefficient d’échange superficiel par convection. Nous retiendrons la formulation simplifiée (équation (III.33)) proposée par Hollmuller (2002) à partir de la formule de Gnielinski (1975, cité par Hollmuller 2002).

91

on fait apparaître une longueur d’influence car le terme conductif s’exprime en W/m alors que les termes convectif et radiatifs sont des flux surfaciques en W/m². La façon d’évaluer cette longueur d’influence est présentée dans le paragraphe 92 .18 : Bilan des échanges en surface du sol Certains auteurs prennent également en compte les échanges latents dans ce bilan (Hollmuller 2002. Badescu 2007. Dans un premier temps.2 Bilan des flux en surface du sol sur une tranche Les échanges considérés en surface du sol sont les suivants (voir figure III. Le bilan s’écrit donc de la façon suivante :    qsse   qconv  qclo  q   Linfl glo (III. 214  Re0. on peut caractériser les échanges convectifs en surface du tube de l’échangeur air-sol.Chapitre III : Développement de modèles adaptés à la description de bâtiments basse consommation Nu  0.18) :  Echanges convectifs  Echanges par rayonnement de courtes longueurs d’onde  Echanges par rayonnement de grandes longueurs d’onde y z  qconv q glo Text  qclo Tsse  qsse Figure III.29) à (III. Il reste à caractériser la conduction dans le sol ainsi que les échanges en surface.4   (III.8  100  Pr 0. A l’aide de toutes ces équations ((III.33)).34) Dans ce bilan. Thiers et Peuportier 2008). 3.33) La simplification apportée par Hollmuller porte sur des termes correctifs qui dans la configuration d’un échangeur air-sol peuvent être considérés comme négligeables car ils apportent une correction inférieure à 2%.2. ce paramètre n’a pas été pris en compte dans notre étude.

3 Modélisation d’un échangeur air-sol (puits canadien) par la méthode convolutive des facteurs de réponse 3.2 Description du modèle développé

3.2.5 car elle utilise les résultats du calcul du flux conductif dans le sol présentés au paragraphe 3.2.3. Les autres termes de l’équation (III.34) vérifient les relations suivantes :  Flux convectif :

 qconv  hse  Text  Tsse 
 Flux radiatif de courtes longueurs d’onde :
 qclo  1  alb    Ed ,h  ED ,h 

(III.35)

(III.36)

Il est calculé directement avec les données météorologiques représentant les éclairements directs et diffus horizontaux et de l’albédo du sol.  Flux radiatif de grandes longueurs d’onde :
q   0   sse  Tciel 4  Tsse 4 glo

(III.37)

La température de ciel utilisée est la même que celle calculée pour évaluer le rayonnement GLO sur les parois (Cordeiro Mendonça 2004). On a ainsi réalisé un bilan de flux complet en surface du sol. Il ne reste donc plus qu’à évaluer le flux conductif dans le sol.

3.2.3

Evaluation du flux conductif par la méthode des facteurs de réponse sur une tranche
Le sous-problème conductif à résoudre est présenté en figure III.19.

Tsse q’sse q’sp y z Échangeur air-sol Tsp

Figure III.19 : Structure 2D pour les calculs de facteurs de réponse (conduction seule)

93

Chapitre III : Développement de modèles adaptés à la description de bâtiments basse consommation

Un facteur de réponse représente le flux (ici en W/m) répondant à une sollicitation en température triangulaire de hauteur unitaire (telle que présentée à la figure III.21) sur l’une des frontière tout en laissant les autres frontières à température nulle.
Admittance X Température de surface du sol imposée 1 Ts 0 Air extérieur Flux calculé (W/m) t Transmittance Y 1 Ts 0 Air extérieur t Admittance Z 1 Ts 0 Air extérieur t

sol 1 Ts 0 t

sol 1 Ts 0 t

sol 1 Ts 0 t

Température de surface du tube imposée

Figure III.20 : Sollicitations et réponses à considérer pour les calculs de facteurs de réponse

Dans notre cas, deux frontières sont considérées (la surface du sol et la surface intérieure de l’échangeur air-sol). Pour la configuration donnée ici, les facteurs de réponse à calculer sont au nombre de trois (voir figure III.20) :  L’admittance X qui représente le flux en surface du sol pénétrant dans le sol et répondant à une sollicitation en surface du sol (figure III.21)
Tsse 1°C Tsp=0

Δtx

Δtx

t

Figure III.21 : Sollicitation élémentaire en surface du sol

 L’admittance Z qui représente le flux gagné par l’échangeur air-sol et répondant à une sollicitation triangulaire au même endroit  La transmittance Y peut, quant à elle, être calculée de deux manières. On peut soit imposer une variation triangulaire de température en surface du sol et recueillir le flux en surface intérieure du tube (c’est comme cela que le calcul est présenté à la figure III.20), soit imposer une variation triangulaire de température en surface intérieure du tube et recueillir le flux à la surface du sol. La réciprocité des transferts de chaleur nous enseigne que ces deux résultats seront identiques.

94

3 Modélisation d’un échangeur air-sol (puits canadien) par la méthode convolutive des facteurs de réponse 3.2 Description du modèle développé

Pour ce calcul, on peut choisir un pas de temps de sollicitation différent de celui de chaque admittance. Sur la base de la structure 2D définie sur la figure III.19, on utilisera un logiciel de calcul de conduction dynamique aux éléments finis1 pour calculer les facteurs de réponse du système. Les résultats obtenus avec ce logiciel sur un exemple sont présentés à la figure III.22.

Figure III.22 : Exemple de facteurs de réponse (admittance Z) calculés avec COMSOL

A partir de la courbe d’évolution du flux en fonction du temps, on peut déduire le facteur de réponse associé en relevant les points correspondant au flux à chaque multiple de l’intervalle de temps de la sollicitation (Z[0] correspond à la réponse au pas de temps 1800, Z[1] correspond à la réponse au pas de temps 3600 etc.) On obtient donc sur cet exemple :
Z[0] 51,00 Z[1] -25,99 Z[2] -4,66 Z[3] -2,41 Z[4] -1,55 Z[5] -1,11 Z[6] -0,84 Z[7] -0,67 Z[8] -0,55 … …

Tableau III.1 : Exemples de coefficients de l’admittance Z

Pour pouvoir utiliser les résultats des facteurs de réponse, il faut décomposer les sollicitations (température de surface du tube et du sol) en sollicitations élémentaires triangulaires imbriquées (voir figure III.23). En effet, la partie AA’ de la sollicitation réelle peut être approximée par le segment de droite AA’ qui résulte de la somme des segments AO’ et OA’.

1

COMSOL Multiphysics 3.4

95

Chapitre III : Développement de modèles adaptés à la description de bâtiments basse consommation

Ts A A’

Δt t-3Δt t-2Δt

O t-Δt

O’ t

t

Figure III.23 : Décomposition des sollicitations en sollicitations triangulaires élémentaires

On peut alors recomposer les signaux de sortie par superposition :

 qsp ( t )   Y [ i ]  Tsse ( t  i  t y )   Z [ i ]  Tsp ( t  i  t z )
i 0  i 0 

(III.38)

 qsse ( t )   X [ i ]  Tsse ( t  i  t x )  Y [ i ]  Tsp ( t  i  t y )
i 0 i 0

(III.39)

Ces relations correspondent en fait à l’une des meilleures approximations de l’intégrale de convolution qui apparaît lors de l’application du théorème de Duhamel qui permet de calculer la réponse à une sollicitation quelconque connaissant la réponse indicielle d’un système. Les sommes infinies apparaissant dans les relations précédentes sont impraticables au niveau numérique. Pour contourner le problème tout en gardant une bonne précision nous voudrions utiliser une première propriété des facteurs de réponse : à partir d’un certain rang, ils forment une progression géométrique (Peavy 1978). La raison de cette progression est appelée le « common-ratio » qui se calcule à partir de la formule (III.40) :
 t  cr  exp      max 

(III.40)

τmax étant la constante de temps principale du système étudié qui, malheureusement, dans notre cas, est très élevée en raison de l’inertie thermique relative au sol et le common-ratio a donc une valeur très proche de 1. Il est donc inexploitable pour construire les séries adjointes de « conduction transfer functions » (CTF) nécessaire à la théorie de Peavy (1978).

96

44) connaître la somme des termes des admittances ou de la transmittance pour un rang supérieur à nz : i nZ 1   Z[i]  K  Z[i] i 0 nZ (III.RP  Tsse   Y [ i ]  Tsp   Z [ i ] i 0 i 0   (III. Par identification.41)  qsse. Le flux calculé est alors égal à K. Pour déterminer la valeur de K.45) Idem pour X et Y La somme des termes de 0 à nX. Les séries qui interviennent dans les relations (III. on utilise le même maillage que celui qui a permis de déterminer l’admittance et la conductance en utilisant un calcul en régime permanent pour lequel on impose une température de surface du sol égale à 1°C et du tube égale à 0°C.46) Idem pour X et Y 97 .44) On peut grâce à la formule (III. on obtient donc :  X [ i ]  Y [ i ]   Z [ i ]  K i 0 i 0 i 0    (III.RP  Tsse   X [ i ]  Tsp   Z [ i ] i 0 i 0   (III.2 Description du modèle développé Pour réduire les sommes infinies.3 Modélisation d’un échangeur air-sol (puits canadien) par la méthode convolutive des facteurs de réponse 3. nY ou nZ peut être calculée directement et une fois pour toute.RP  qsp.RP  K  Tsse  Tsp   (III. nous allons utiliser une seconde propriété des facteurs de réponse qui se déduit du résultat du problème de conduction en régime permanent :  qsp.42) Les deux flux précédents sont égaux en régime permanent et peuvent être calculés par :   qsse.43) où K est la conductance du système entre la surface du sol et le tube.39) peuvent maintenant être écrites de la façon suivante:  Z [ i ]  Tsp ( t  i  t z )   Z [ i ] Tsp ( t  i  t z )  i 0 i 0  nz i nz 1   Z [ i ]  Tsp ( t  i  t z ) (III.38) et (III.

mais il faut choisir sur quel intervalle de temps cette moyenne doit être considérée.4 Bilan le long du tube de l’échangeur air-sol Pour chaque tranche. la réécriture de l’équation (III. les conditions climatiques extérieures et le flux arrivant au travers du tube.39) nous donne l’expression du flux entrant en surface du sol : nX nX    ( t )   X [ i ]  Tsse ( t  i  t x )  Tsse   K   X [ i ]  qsse   i 0 i 0   nY    Y [ i ]  Tsp ( t  i  t y )  Tsp   K   Y [ i ]    i 0 i 0   nY (III. La réécriture de l’équation (III. pour un rang supérieur à nz (nz restant à définir). Il faut maintenant faire un bilan sur la longueur du tube pour pouvoir donner l’évolution de température d’air en son sein. Pour chaque tranche.49) 3.48) du flux arrivant en surface du tube : nY nY    qsp ( t )   Y [ i ]  Tsse ( t  i  t y )  Tsse   K   Y [ i ]    i 0 i 0   nZ    Z [ i ]  Tsp ( t  i  t z )  Tsp   K   Z [ i ]    i 0 i 0   nZ (III. on a déterminé une relation liant la température d’air du tube.48) De même. Le paramétrage de cette maille est donné par la figure III.38) nous donne alors l’expression (III.Chapitre III : Développement de modèles adaptés à la description de bâtiments basse consommation Il faut ensuite faire l’hypothèse que. on peut considérer que l’effet des températures peut être moyenné : i nZ 1   Z [ i ]  Tsp ( t  i  t1 )# Tsp  i nZ 1   Z[i] (III.47) Idem pour X et Y On fait intervenir dans cette équation la moyenne des températures de surface. on associe une maille d’air contenu dans le tube.2.24 98 .

99 .51) Les températures intervenant dans la formule (III.3 Modélisation d’un échangeur air-sol (puits canadien) par la méthode convolutive des facteurs de réponse 3. l’effet du stockage d’énergie dans l’air sera ici négligé. voici celles qui ont été retenues. Pour la dernière maille.52) Pour la première maille. Plusieurs possibilités existent pour faire ces choix . choix de la valeur de température moyenne etc.24 : Paramétrage des mailles du tube Le bilan des flux sur une maille peut s’écrire de cette façon :  m  Cpair  T   qi  x  m  Cpair  T  air  Cpair  x    r 2  T t i 1 2 i 1 2 (III.).5 Choix des paramètres de réglage du calcul La formulation du problème telle qu’elle a été posée implique des choix quant à un certain nombre de paramètres (choix du nombre de termes sur lequel on fait les sommes .50) Au vu des vitesses d’air dans le tube (de l’ordre de 1 m/s) et du pas de temps de calcul adopté (de l’ordre du quart d’heure en vue du couplage avec le bâtiment). Ti+1 est la température de soufflage en sortie du tube. On obtient donc le bilan simplifié suivant :   qi  x  air    r 2  Cpair  v   T 1  T 1   0  i 2 i 2  (III. Ti-1 est la température extérieure.51) sont les moyennes des températures des mailles de part et d’autre : T  Ti 1  Ti 2 i 1 2 (III. 3.2 Description du modèle développé x z q’i-1 q’i q’i+1 Ti-1 Ti-1/2 Ti Ti+1/2 Ti+1 Δx Figure III.2.

d’ailleurs. on ne descendra pas en-dessous d’un pas de temps de trois heures pour en avoir une bonne représentation. il est plus simple de choisir le même pas de temps pour la transmittance Y et l’une des deux admittances. Pour aboutir à un temps de calcul raisonnable. on conservera ici des tranches de largeur constante égale à 1 à 2 mètres. On peut ainsi réaliser une seule simulation pour laquelle on recueille les flux en surface du sol et en surface du tube et calculer directement deux facteurs de réponse.44) qui signifie qu’on connaît la somme de tous les termes de chacun des facteurs de réponse. On choisit donc ces paramètres tels que : 100 . Comme les sollicitations sont les données météorologiques de température et d’ensoleillement. Choix des paramètres nX. nY et nZ Ces paramètres représentent le nombre de termes des séries qui apparaissent dans le calcul des flux à la surface du sol et du tube. de choisir des épaisseurs de tranches non uniformes le long du tube. Choix de la discrétisation spatiale Pour représenter le plus fidèlement possible les transferts de chaleur le long du tube il vaut mieux choisir les tranches les plus petites possibles pour le calcul (voir figure III.Chapitre III : Développement de modèles adaptés à la description de bâtiments basse consommation Choix du pas de temps des sollicitations pour le calcul des facteurs de réponse Deux contraintes bornent le choix du pas de temps des sollicitations (demi-base du triangle) car il doit forcément être supérieur ou égal au pas de temps global de la simulation et il doit permettre de reproduire de façon assez fidèle les sollicitations. Pour les choisir. à une bonne représentation du problème et par souci de simplicité. Connaissant toutes ces contraintes. la constante de temps de l’admittance Z étant beaucoup plus faible. On choisira de préférence le même pas de temps pour l’admittance X et la transmittance Y car elles ont toutes deux des constantes de temps très élevées.15). on se sert de la propriété des facteurs de réponse donnée par l’équation (III. le modèle utilisé ici permettant. le choix qui a été fait est de conserver le même pas de temps de sollicitation pour les trois facteurs de réponse et de le choisir égal au pas de temps de la simulation globale qui est de l’ordre d’une demiheure à une heure. Le pas de temps des sollicitations peut être différent pour les trois facteurs de réponse mais pour n’avoir que deux calculs à réaliser par le logiciel d’éléments finis.

le nombre de termes de la série considérée n’atteint pas le deuxième critère pour un tube peu profond mais l’atteint à 2 m.55) 101 .) : temps correspondant Tableau III. Enfin. la constante de temps de l’admittance X est très grande.6 mètres Tube à 2 mètres 17520* (1 an) 17520* (1 an) ny 6550 (136 jours) 17520* (1 an) nz 490 (10 jours) 3590 (75 jours) * : le deuxième critère est atteint (. on trouve par exemple les valeurs suivantes : nx Tube à 0. ce nombre pourrait être très élevé particulièrement au niveau du calcul de l’admittance X et parfois au niveau de la transmittance Y à cause des constantes de temps très importantes de ces deux facteurs de réponse. Choix de la valeur de température moyenne à considérer Le choix des températures moyennes à considérer dans les formules (III.54) Idem pour nX et nY En utilisant un pas de temps de sollicitations de trente minutes.48) et (III. nX correspondra donc toujours à un calcul réalisé sur un an.49) doit lui aussi être lié à l’inertie du phénomène étudié. Ce second critère peut donc s’écrire : nZ  tZ  1an (III.2 : Exemple de choix du nombre de termes de la somme On voit dans le tableau III. pour nZ. la deuxième condition est atteinte pour nX.3 Modélisation d’un échangeur air-sol (puits canadien) par la méthode convolutive des facteurs de réponse 3. Pour la transmittance Y.2 que pour un tube peu profond (60 cm). On choisit donc d’adopter un second critère qui donne une borne supérieure au précédent correspondant à 1 an d’historique de températures.53) Idem pour nX et nY Si ce critère unique était conservé. c'est-à-dire que même à faible profondeur. On utilisera donc un critère identique à celui du nombre de termes des séries défini précédemment en calculant la moyenne des températures de surface de la manière suivante : 2nZ Tsp  t   i nZ 1  Tsp  t  i  tZ  nZ Idem avec nX et nY (III.2 Description du modèle développé  Z [ i ]  K  90% i 0 nZ (III. il ne vérifiera jamais ce deuxième critère car sa constante de temps est faible.

on examine le résultat du calcul en régime permanent réalisé pour évaluer la conductance du système. Cette aire est un flux en W/m que l’on compare à la conductance du système. Choix de la largeur d’influence Pour le choix de la largeur d’influence utile pour boucler le problème en surface du sol (voir paragraphe 3. On a donc des moyennes sur un temps de l’ordre de 10 à 100 jours pour l’admittance Z. 102 .8 0.2 1 0. on trouve une longueur d’influence de l’ordre de 4 mètres quand le tube est à 60 centimètres de profondeur et de 25 mètres pour un tube à 2 mètres de profondeur. En considérant un sol classique.8 1.4 0.2).25. on calcule l’aire sous cette courbe à une certaine distance de part et d’autre de la verticale du tube. Dans ce calcul.2.56) On considère ainsi que la longueur d’influence est celle à travers laquelle 90% du flux total arrivant dans le tube en régime permanent est passé en surface. 1.4 1.Chapitre III : Développement de modèles adaptés à la description de bâtiments basse consommation On calcule la moyenne à chaque pas de temps sur les nY termes qui précèdent le dernier terme utilisé pour faire le calcul complet de la somme. on imposait une température de surface du sol de 1°C et une température de surface du tube de 0°C.6 0. On choisi donc Linfl tel que : Linfl  Linfl 2  2  qsse  dx  K  90% flux [W/m²] (III.25 : Flux entrant en surface du sol en régime permanent A partir de la figure III.6 1. On extrait de ce calcul la répartition du flux de chaleur engendré le long de la surface. de 100 jours à 1 an sur la transmittance Y et de 1 an sur l’admittance X.2 0 -6 -4 -2 0 abscisse [m] 2 4 6 Figure III.

3 Modélisation d’un échangeur air-sol (puits canadien) par la méthode convolutive des facteurs de réponse 3. Pour pouvoir comparer les résultats précisément. 2  nz  t z   (III. 2  n y  t y . le temps à partir duquel le calcul des facteurs de réponse est réalisé (tinit) est défini par : tinit  max 2  nx  t x .3 Comparaison du modèle développé à un modèle analytique Le système étudié est un échangeur à un tube de 20 mètres de long. le flux arrivant dans chaque maille est considéré comme nul. la période d’initialisation du calcul est souvent de 2 ans.ΔtX était souvent égale à un an. ainsi. Pour valider notre modèle. deux sollicitations sont étudiées. la réponse à la sollicitation est donnée exactement par le modèle analytique (pour un signal quelconque. Le débit dans le tube a été fixé à 250 m3/h pendant toute l’année. Il est mis en place dans un sol homogène.26 : Comparaison des températures de sortie du tube avec un modèle analytique pour une sollicitation de période 1 jour 103 . la décomposition en séries de Fourier permettrait d’obtenir un résultat approché). On obtient alors les résultats suivants : Figure III.3 Comparaison du modèle développé à un modèle analytique Initialisation du calcul Comme le calcul utilisant les facteurs de réponse nécessite de connaître l’historique des températures sur une certaine période. 3. de 10 centimètres de rayon et enterré à 2 mètres de profondeur. pendant toute cette période. Ce n’est qu’après cette période initiale que le calcul se fait réellement . Ces sollicitations sont des variations sinusoïdales de température d’entrée d’air dans le tube de périodes 1 jour et 1 an. Ainsi.57) Comme nous avons vu précédemment que la valeur de nX. celui-ci a été comparé au modèle analytique de Hollmuller (2003) implémenté dans un programme appelé BuriedPipes®.

ce qui signifie que ce modèle analytique ne permet donc pas de prendre en compte correctement la réponse à des signaux d’amplitude annuelle.s-1. l’amplitude du signal a diminué de 99% et l’influence d’une sollicitation en surface du sol est alors très faible.58) En considérant une diffusivité du sol de 7. C’est pourquoi on retrouve le même résultat avec les deux modèles.58)). la profondeur de pénétration calculée (2. On ne peut par contre pas vraiment considérer que notre modèle est entièrement validé car il faudrait pour cela le 104 . Ainsi. les deux modèles concordent.  a p  (III.Chapitre III : Développement de modèles adaptés à la description de bâtiments basse consommation Figure III. On peut donc dire d’après ces résultats de comparaison que dans le domaine de validité du modèle analytique.10-7 m2. les deux courbes n’ont pas tout à fait le même déphasage par rapport à la température d’entrée et n’ont pas non plus le même amortissement.85 m) est supérieure à la distance entre le tube et le sol. à 75 cm de distance du tube (5·δ).9. Pour comprendre d’où viennent ces écarts. Par contre.27 : Comparaison des températures de sortie du tube avec un modèle analytique pour une sollicitation de période 1 an Concernant la sollicitation journalière. on trouve donc une profondeur de pénétration de 15 cm pour un signal de période 1 jour. pour une période d’un an. il faut regarder d’un peu plus près le modèle de Hollmuller. Celui-ci montre que la profondeur de pénétration « δ » qui correspond à la réduction de 63% de l’amplitude d’un signal sinusoïdal de période « p » peut valablement être estimée par une relation issue d’un raisonnement en conduction plane (formule (III. c’est pourquoi on trouve un écart important entre les deux modèles. on se rend compte que le modèle numérique correspond parfaitement à la courbe issue du modèle analytique alors que pour la sollicitation annuelle.

Avec un ordinateur de bureau classique (processeur double cœur 2. Le sol a été excavé et remplis d’une petite couche de sable pour poser le tube avant d’être remblayé ce qui donne une géométrie et des caractéristiques de sol bien particulières qu’il est possible ici de prendre en compte.4 Discussion sur le modèle de l’échangeur air-sol 3.4 Discussion sur le modèle de l’échangeur air-sol comparer à une expérimentation ou à un modèle numérique plus détaillé comme par exemple un modèle éléments finis 3D dynamique. on peut définir la géométrie et les caractéristiques que l’on veut pour le sol. 3.13 GHz. on obtient un temps de calcul de l’ordre du quart d’heure.1 Intérêts du modèle Temps de calcul Le premier intérêt du modèle réside dans le fait que le temps de simulation est réduit par rapport à une simulation complète dynamique qui aurait une précision similaire.3 Modélisation d’un échangeur air-sol (puits canadien) par la méthode convolutive des facteurs de réponse 3.28 : y z Figure III. Géométrie et caractéristiques du sol quelconques Comme le calcul des facteurs de réponse se fait à l’aide d’un logiciel éléments finis. 105 .28 : Exemple de configuration qu’il est possible d’étudier avec le modèle de l’échangeur air-sol développé Ce cas correspond à celui d’un échangeur air-sol situé sur un terrain en pente dont les caractéristiques du sol varient en fonction de la profondeur. pour une simulation annuelle avec un pas de temps de trente minutes et une discrétisation longitudinale en 10 mailles. On peut par exemple étudier le cas de figure présenté en figure III. 3 Go de RAM).4.

On devra recueillir les trois flux q’1. q’2 et q’3 pour une sollicitation en triangle de température sur Tsse. Ce serait le cas par exemple du sol présenté à la figure III.2 Perspectives d’évolution du modèle Interaction de plusieurs tubes Il est possible avec ce modèle d’étudier des systèmes d’échangeurs air-sol avec plusieurs tubes. Prenons l’exemple d’un système à deux tubes parallèles. Tsp1 et Tsp2. 3. on utilisera le même type de recomposition que dans le cas d’un tube unique. La programmation de ce modèle serait un peu plus compliquée mais tout à fait envisageable. q’3 y z q’1 Tsp1 Tsse q’2 Tsp2 Figure III. On conserverait en mémoire les caractéristiques du sol en fonction du temps et on scinderait la somme de l’équation (III. Caractéristiques de sol variables au cours du temps Il est également possible d’étudier avec ce type de modèle un sol dont les caractéristiques thermo-physiques varieraient brusquement. En cas de forte pluie.29 : Cas d’un échangeur air-sol avec deux tubes Pour étudier ce système.4. Cette discontinuité serait prise en compte dans le modèle par le calcul de deux séries de facteurs de réponse différentes.3 Discussion sur le choix du modèle Le modèle que nous avons élaboré présente un certain nombre de limites : 106 .48) en un certain nombre de sommes utilisant des facteurs de réponse différents.28 si la partie contenant le tube était en sable. on pourrait avoir une conductivité du matériau qui varie. influençant le comportement de l’échangeur air-sol. Ensuite.4.Chapitre III : Développement de modèles adaptés à la description de bâtiments basse consommation 3. on devra calculer en tout 9 facteurs de réponse.

5 ont été choisis certes de manière raisonnée mais avec malgré tout une part d’arbitraire.  Il ne prend pas en compte la présence à proximité du tube d’un bâtiment qui peut avoir de l’influence sur la température du sol.4 Discussion sur le modèle de l’échangeur air-sol  Il ne considère pas la transmission de chaleur axiale dans le sol. D’autres choix auraient été possible et un calage de ces paramètres serait donc nécessaire pour coller au mieux à la réalité. 107 . Cette hypothèse a également été adoptée dans la plupart des modélisations d’échangeur air-sol. on aurait pu résoudre autrement le problème permettant d’évaluer les transferts conductifs. Il est actuellement en cours de développement et sera comparé au modèle utilisant la méthode des facteurs de réponse. Ce modèle permet également de remonter à tout moment au champ de température dans le sol et donc de considérer également un sol dont les caractéristiques thermo-physiques varient. En utilisant un logiciel permettant de réaliser un maillage 2D avec un calcul conductif aux différences finies.2.  La modélisation de systèmes avec un grand nombre de tubes qui interagissent peut rapidement s’avérer fastidieuse d’un point de vue programmation. En partant sur la même base de modélisation au niveau du découpage en tranches. On projette ensuite ce modèle d’état sur une base modale et on réalise une réduction modale. Dans le chapitre suivant. nous présenterons le couplage entre le modèle d’échangeur air-sol développé et un bâtiment basse consommation. Le modèle conductif est alors réduit par une autre méthode que celle des facteurs de réponse qui a l’avantage de donner le résultat sous forme d’un système d’équations différentielles du premier ordre qui peut être directement intégré dans SIMSPARK.  Les paramètres de réglage du calcul présentés au paragraphe 3. on pose le problème de transfert conductif sous forme d’un modèle d’état.3 Modélisation d’un échangeur air-sol (puits canadien) par la méthode convolutive des facteurs de réponse 3.

Le but du chapitre suivant est de montrer le couplage entre différents modèles de façon à caractériser leurs effets sur le comportement de bâtiments basse consommation. Le modèle de prise en compte de la tache solaire que nous avons développé aide à mieux appréhender la répartition des flux CLO dans une pièce. Le modèle relatif au comportement des matériaux à changement de phase nous a permis de mettre en évidence l’intérêt de procéder aux simulations à l’aide d’un solveur robuste dont les méthodes d’intégration sont adaptées aux problèmes intrinsèquement non linéaires. Chaque facteur de réponse est calculé à partir d’un logiciel qui résout l’équation de la chaleur par éléments finis. 108 . L’intérêt est d’obtenir un modèle détaillé pouvant prendre en compte une géométrie quelconque et présentant des temps de calcul raisonnables. nous avons présenté les modèles qui ont été implémentés dans le cadre de ce travail. le modèle d’échangeur air-sol basé sur un découpage en tranches perpendiculaires au tube propose de réduire le problème de conduction 2D par la méthode convolutive des facteurs de réponse. Il permet de calculer par des formules explicites la surface de la tache solaire sur chacune des parois d’une pièce parallélépipédique.4 Conclusion Dans ce chapitre. Il permet également par son intégration à la méthode des enceintes fictives de prendre en compte son effet sur le comportement thermique du bâtiment. L’intérêt de ces modèles se situe dans leur intégration à des simulations plus globales du comportement du bâtiment. Enfin.

l’effet de la tache solaire sur le comportement thermique d’un bâtiment. Nous y montrerons l’intérêt d’une plateforme de simulation performante pour répondre à des problèmes de simulation qui peuvent se poser dans le cas de bâtiments basse consommation. Ces études. basées sur une approche globale des phénomènes. l’inversion de modèles pour le suivi expérimental et enfin la définition et le calcul de l’efficacité solaire d’un bâtiment.Chapitre IV : Intégration des modèles pour l’évaluation des bâtiments basse consommation. 109 . le couplage d’un échangeur air-sol et d’une maison basse consommation. RÉSUMÉ DU CHAPITRE : Dans ce chapitre. nous présenterons des études réalisées à l’aide des modèles développés dans la plateforme SIMSPARK. correspondent à des cas particuliers et elles n’ont pas l’ambition de servir à tirer des conclusions générales sur tel ou tel type de système ou de phénomène. Les études menées portent sur l’intégration de plaques de MCP dans une maison basse consommation.

couplés avec ceux qui ont déjà été développés dans d’autres travaux nous ont permis de réaliser des simulations plus globales sur le comportement thermique des bâtiments. Nous présenterons dans un premier temps une analyse sur l’intégration de plaques de MCP dans un bâtiment soumis à des surchauffes puis une étude sur l’effet de la prise en compte de la tache solaire sur le comportement thermique du bâtiment. elles sont équipées de fenêtres à double vitrage de faible émissivité sur les trois autres façades. Nous verrons également comment il est possible. Ce dernier chapitre présente des applications concrètes de l’utilisation de l’ensemble des modèles développés pour la simulation des bâtiments basse consommation. d’inverser des modèles dynamiques de bâtiments et de parois à changement de phase. Ces modèles.1 Intégration des MCP au bâtiment Pour étudier l’effet de la mise en place de plaques de MCP dans un bâtiment basse consommation.5 m par 8. d’un modèle d’échangeur air-sol et d’un modèle de prise en compte du rayonnement CLO. Les plaques de MCP sont intégrées en parement intérieur de toutes les parois verticales de l’enveloppe.5 m). grâce à l’utilisation de l’environnement SPARK. nous avons décrit les principaux modèles qui ont été implémentés dans SIMSPARK au cours de ce travail. nous avons choisi de prendre comme support d’étude une maison ayant exactement les mêmes caractéristiques que celles de la plateforme INCAS (présentée au premier chapitre) mais possédant une enveloppe légère à ossature bois avec 20 cm d’isolant. ces maisons sur deux niveaux sont de géométrie simple de base presque carrée (7. et de surface habitable 100 m² environ. après en avoir donné une définition précise.Chapitre IV : Intégration des modèles pour l’évaluation des bâtiments basse consommation. En effet. Les simulations sont réalisées avec un 110 . Très peu vitrées au nord. Pour rappel. Dans le chapitre précédent. les simulations ont été réalisées ici avec une météo unique. 1 Matériaux à changement de phase et bâtiment 1. pour des géométries données sans réaliser une analyse paramétrique ou une démarche d’optimisation qui auraient permis d’obtenir des résultats représentatifs de cas plus généraux. Ensuite. L’objectif premier de ce chapitre n’est pas de donner des réponses générales à des problématiques qui se posent dans le domaine des bâtiments basse consommation mais plutôt de montrer l’intérêt de l’utilisation de la plateforme S IMSPARK avec des modèles complets de bâtiment pour arriver à des résultats de simulation intéressants. Enfin. Il s’agit d’un modèle de MCP. nous calculerons l’efficacité solaire d’un bâtiment. nous montrerons l’effet de l’utilisation d’un échangeur air-sol sur le préchauffage et le rafraîchissement de l’air d’un bâtiment basse consommation.

comme si le bâtiment présentait plus d’inertie.1 Matériaux à changement de phase et bâtiment 1. Cette réduction est assez faible et si l’on relève la puissance maximale demandée sur la saison de chauffe.1 Intégration des MCP au bâtiment modèle nodal à un nœud par étage et on compare le comportement thermique des maisons avec une seule plaque de MCP (5 mm). avec deux plaques superposées (1 cm) mais aussi sans MCP en utilisant à la place une plaque ayant les mêmes conductivité et capacité calorifique que le MCP à l’état solide. l’effet sur l’évolution de la puissance de chauffage est visible et on se rend compte que la mise en place du MCP réduit un peu l’amplitude de variation de cette puissance. Figure IV. On ne tire donc pas complètement parti de la chaleur latente des MCP. Cependant. 111 .°C) alors que le potentiel total de variation est de 4500 à 15000 J/(kg. On peut voir que la capacité calorifique des MCP varie de 8000 à 12000 J/(kg. Voyons maintenant l’effet des MCP en intersaison. elle est quasiment identique dans les trois cas.°C) environ.1 représentent l’évolution de la capacité calorifique des MCP tandis que celles de la partie inférieure représentent l’évolution de la puissance de chauffage dans les différents cas de figure.1 : Evolution de la puissance de chauffage à l’étage Les courbes de la partie supérieure de la figure IV.

112 . Cela est dû au fait que sa température ne descend jamais en-dessous de la température de fusion.Chapitre IV : Intégration des modèles pour l’évaluation des bâtiments basse consommation. L’évolution des températures se fait dans la zone de confort mais la présence des MCP peut entraîner des chutes de température jusqu’à la limite basse de confort. Figure IV.2 : Evolution de la température à l’étage en intersaison Sur la figure IV.2. la partie supérieure représente. On peut voir qu’à cette période. le MCP est sollicité de façon importante (sa capacité calorifique varie entre 5000 et environ 13000 J/(kg. l’évolution de la température intérieure à l’étage qui reste dans la zone de confort matérialisée par les deux courbes en trait continu fort. dans les trois cas.°C) chaque jour) mais sans atteindre sa valeur maximale.

1 : Effet des plaques de MCP sur les besoins de chauffage et le confort Le tableau IV.h/(m². qui donne les besoins de chauffage. Ainsi.3).h] Besoins de chauffage [kW.1 Tableau IV. en hiver.4 5 mm de MCP 410 580 20. La dernière ligne met en évidence l’effet quasiment nul de la mise en place de panneaux de MCP sur les besoins de chauffage.2 1 cm de MCP 365 502 20. 113 . l’énergie qu’ils dégagent à un moment de la journée est absorbée à un autre moment.1 Matériaux à changement de phase et bâtiment 1.an)] 433 601 20. En effet.3 : Evolution de la température à l’étage en été En été (figure IV. même si les MCP sont sollicités. en été. sans MCP Nombre d'heure en dehors de la zone de confort [h] Nombre de degrès heure en dehors de la zone de confort [°C. ce bâtiment équipé de plaques de MCP a-t-il un comportement très proche de celui d’un bâtiment qui n’aurait pas de MCP. L’amplitude de la courbe de puissance demandée est certes réduite par les MCP mais son intégrale. reste quasiment inchangée par rapport au cas sans MCP. on peut voir que la capacité calorifique du MCP varie peu car sa température est toujours suffisamment haute pour qu’il reste liquide. ce qui se traduit par des courbes d’évolution de température intérieure quasiment confondues.1 présente les résultats globaux annuels concernant les besoins de chauffage et le confort.1 Intégration des MCP au bâtiment Figure IV.

tout en conservant le même genre d’évolution : 2   Tf T     4  si T  Tf 4250  10750  e  Cp   2  Tf T      4250  10750  e  3  si T > Tf  (IV. 1. leur température de fusion étant trop basse. La première ligne du tableau nous indique que le nombre d’heures en dehors de la zone de confort est très important dans la configuration de base sans MCP (plus de 400 heures). nous avons modifié l’équation (III.2 Choix de la température de fusion du MCP Pour voir l’effet du choix de la température de fusion des MCP sur le comportement du bâtiment. La mise en place d’un système permettant d’augmenter le confort d’été tel que les plaques MCP se justifie donc pleinement.6°C. Le bâtiment présente des surchauffes importantes en été à cause de sa faible inertie.1) qui relie la capacité calorifique à la température du MCP.Chapitre IV : Intégration des modèles pour l’évaluation des bâtiments basse consommation. On voit pourtant que le gain est assez faible car la mise en place de deux plaques de MCP sur toute la surface intérieure des murs verticaux de l’enveloppe (soit 150 m²) n’entraîne qu’une réduction de 15% des heures de surchauffe et du nombre de degrés-heure au-dessus de la température de confort. les MCP ne sont quasiment pas sollicités car ils restent toujours liquides. Nous avons vu que cela était dû au fait qu’en été.1) Figure IV. Nous pouvons ainsi prendre en compte une température de fusion « Tf » différente de celle du matériau réel qui était de 22.4 : Capacité calorifique en fonction de la température de fusion du MCP 114 .

On voit que le changement de l’équation n’entraîne qu’un décalage de la courbe originale suivant l’axe de la température.4 présente la variation de la capacité calorifique en fonction de la température du MCP dans différents cas.5 : Effet de la température de fusion du MCP sur le comportement thermique du bâtiment Nous avons vu précédemment que la mise en place du MCP avec une température de fusion de 22. présentent un minimum pour une température de fusion de 29°C. il vaudrait donc mieux choisir un matériau qui change de phase à une température plus élevée de l’ordre de 29°C. La configuration de bâtiment présentée précédemment avec 1 cm de MCP est retenue dans l’étude de l’influence de la température de fusion du MCP qui varie entre 19°C et 33°C Figure IV. Si les plaques de MCP intégrées dans le bâtiment ont pour objectif d’augmenter le confort d’été.5 montre que le résultat est le même quelle que soit la température de fusion choisie. La courbe quasiment droite en haut de la figure IV.1 Matériaux à changement de phase et bâtiment 1.6°C n’influait presque pas sur les besoins de chauffage du bâtiment. Les deux autres courbes. qui donnent une idée du confort dans le bâtiment. Cela est dû au fait que la température de la plaque varie en été souvent autour de cette valeur et que le MCP pourrait donc changer plus souvent de phase.2 Choix de la température de fusion du MCP La figure IV. Conclusion On peut dire que la mise en place de plaques de MCP intégrées en parement intérieur a un effet très restreint sur les besoins de chauffage dans notre cas d’étude car leur température (environ 19°C) ne se trouve pas dans la zone de variation de la capacité 115 .

 le fait qu’il soit orienté objet à tous les niveaux permet de remplacer de la même manière et de façon aussi simple une équation qu’un modèle de paroi ou un modèle d’enveloppe complet . il faut qu’ils soient bien choisis (température de fusion adaptée) en fonction de leur intégration et en fonction de la dynamique de variation de leurs températures intérieures. ce qui nécessite une simulation dynamique adéquate. 116 . On peut dire que. pour prendre en compte le matériau à changement de phase. pour que les MCP aient un réel impact sur le comportement du bâtiment. il est légèrement amélioré par la présence des MCP mais la température de fusion choisie n’est pas optimale pour cette application. calorifique. On voit ici que.Chapitre IV : Intégration des modèles pour l’évaluation des bâtiments basse consommation. nous avons simplement ajouté à l’objet qui traduit le phénomène de conduction dans les parois deux équations qui régissent l’évolution de la capacité calorifique et de la conductivité du matériau en fonction de sa température. Cet objet modifié a simplement remplacé l’objet existant dans la simulation globale du bâtiment.  la robustesse du solveur est telle qu’il n’est pas nécessaire de se soucier de la résolution numérique de problèmes non linéaires tels que ceux mis en jeu lorsqu’on utilise des matériaux à changement de phase. Concernant le confort d’été. Rappelons que le but n’est pas ici de donner des conclusions générales sur le comportement d’un bâtiment équipé de plaques de MCP mais plutôt de montrer l’intérêt de l’environnement de simulation utilisé. On peut donc dire que :  le fait que l’environnement soit basé sur les systèmes d’équations permet une prise en compte aisée de nouveaux phénomènes .

88°) dont les dimensions sont présentées à la figure IV. Ce paragraphe a pour but de montrer l’effet de la prise en compte de la tache solaire dans la simulation thermique d’un bâtiment.1 Evolution annuelle de la tache solaire sur les parois d’une pièce Figure IV.1 Evolution annuelle de la tache solaire sur les parois d’une pièce 2 Inertie et tache solaire Comme nous l’avons vu au paragraphe 2. Nous avons vu qu’il était possible de prendre en compte de façon plus précise l’effet de la tache solaire dans la simulation en calculant sa surface sur chaque paroi puis évaluant le flux solaire primaire atteignant chaque mur. longitude : -5. 117 .6.2 Inertie et tache solaire 2.2 du chapitre III. les programmes de simulation utilisés pour évaluer le comportement thermique d’un bâtiment considèrent souvent de façon forfaitaire la répartition des apports solaires à l’intérieur des bâtiments.2. On peut déterminer l’évolution de la tache solaire par le pourcentage de flux solaire CLO atteignant chaque paroi à tout instant à l’aide des formules présentées dans le paragraphe 2.6 : Géométrie du cas test étudié On choisit d’étudier le cas particulier d’une pièce parallélépipédique (une chambre par exemple) située à Chambéry (latitude : 45° .2 du chapitre III. 2. Pour cela. nous étudierons tout d’abord sa répartition pendant une année.

b : 1° jour de l’été (21 juin) Figure IV. A partir de 11h et jusqu’à 15h environ.c : 1° jour de l’automne (21 septembre) Figure IV. 118 . Figure IV. on peut obtenir la distribution moyenne de la tache solaire sur toute l’année.7 : Distribution de la tache solaire avec fenêtre au sud pendant une journée La figure IV.Chapitre IV : Intégration des modèles pour l’évaluation des bâtiments basse consommation. En calculant pour chaque jour la moyenne des flux qui arrivent sur chaque paroi. Pour le jour du solstice d’été. le plancher n’étant atteint que pendant quelques heures autour de midi.a : 1° jour du printemps (20 mars) Figure IV.7.7. Pour le jour du solstice d’hiver. on voit qu’à partir du moment où la fenêtre est atteinte par les rayons du soleil. on voit bien que la répartition est complètement différente. seul le plancher est atteint puis la paroi est à son tour éclairée.7 présente la distribution de la tache solaire sur les parois de la pièce étudiée pour quatre jours particuliers de l’année.d : 1° jour de l’hiver (21 décembre) Figure IV.7. Pour les jours d’équinoxe de printemps et d’automne. seul un décalage temporel dû au passage heure d’été / heure d’hiver et à l’équation du temps les différencie. la répartition est quasiment identique.7. la tache se répartit entre le mur ouest et le plancher.

on peut dire que l’hypothèse très fréquemment faite dans les modèles de simulation qui consiste à considérer que la répartition de la tache solaire sur les parois intérieures d’un bâtiment reste constante au cours du temps semble assez grossière. le pourcentage moyen du flux qui arrive au sol est d’environ 50%. 119 .2 résume sous forme numérique les résultats présentés graphiquement à la figure IV.2% 0. janvier.4% 16.2 : Répartition moyenne du flux CLO selon la saison Le tableau IV.8 : Distribution annuelle moyenne de la tache solaire due à une seule fenêtre au sud D’après la figure IV. Plancher toute l'année juillet.8.0% 35.3% 71.5% 8. août novembre. Ainsi.9% Tableau IV.6% 18. Si les courbes qui représentent le flux sur ces deux parois ne sont pas confondues c’est parce que la fenêtre est excentrée sur la paroi sud. décembre.7% Paroi Nord 12.3% Paroi ouest 15.8. on se rend compte que ce pourcentage baisse à 15% environ et que c’est alors la paroi nord qui reçoit le plus de flux solaire. février 46.1 Evolution annuelle de la tache solaire sur les parois d’une pièce Figure IV.1% Paroi est 26. peut-on mieux appréhender la façon dont le flux solaire CLO primaire se répartit sur les différentes parois du local. On peut noter que sur l’année. Dans notre cas. Reste à savoir maintenant si le fait de prendre en compte de façon plus précise la tache solaire influe sur le comportement thermique simulé du bâtiment. Cependant si l’on regarde la moyenne sur la saison de chauffe.2 Inertie et tache solaire 2. elle serait applicable éventuellement pour les projections sur les parois est et ouest qui varient un peu moins que les deux autres. grâce au calcul de la position de la tache solaire.0% 20.0% 29. ce qui est assez proche de la valeur prise habituellement quand on considère une répartition constante (60%).

On compare alors le comportement thermique de ces deux pièces soumises aux conditions climatiques de Chambéry pendant la saison de chauffe en prenant en compte ou non le calcul de la tache solaire. Figure IV. 2. Les hypothèses choisies dans les simulations varient en fonction du cas de figure étudié de la façon suivante :  Cas 1 : La position de la tache solaire est prise en compte dans le calcul à chaque pas de temps par la méthode géométrique présentée précédemment.2 Tache solaire et comportement thermique du bâtiment Présentation du cas étudié Afin d’étudier l’influence de la prise en compte de la tache solaire sur le calcul du comportement thermique d’un bâtiment. Les deux enveloppes ont le même niveau d’isolation. soit 20 cm d’isolant.6 pour laquelle la répartition annuelle de la tache solaire a été présentée et on considère alors deux pièces de ce type superposées (voir figure IV. 120 . On souhaite ici isoler le phénomène étudié pour en voir l’influence sur le comportement thermique.9). On reprend la géométrie de pièce présentée à la figure IV.Chapitre IV : Intégration des modèles pour l’évaluation des bâtiments basse consommation. un cas d’école a été étudié.9 : Géométrie étudiée dans le cas test Un modèle à un nœud par pièce est utilisé et deux types d’enveloppe ont été testés :  Une enveloppe fortement inertielle avec des murs en béton lourd et une isolation extérieure  Une enveloppe de faible inertie de type ossature bois. c’est pourquoi le cas choisi est simple et ne correspond pas forcément à un cas de figure qu’on retrouverait couramment dans la réalité.

Figure IV.11). On utilise donc le calcul de tache solaire comme un pré-processeur de la simulation thermique. 29. On calcule alors la moyenne du pourcentage de flux arrivant sur chaque paroi (ici 16.  Cas 4 : Le pourcentage de flux qui atteint chaque paroi pendant la saison de chauffe est calculé dans une simulation préliminaire ne prenant en compte que le calcul géométrique de la position de la tache solaire. La puissance de chauffage dans chacune des pièces a été tracée pour une succession de deux jours ensoleillés et de deux jours sans soleil (figure IV.2 Tache solaire et comportement thermique du bâtiment  Cas 2 : La totalité du rayonnement CLO direct qui entre dans la pièce est répartie sur le plancher pendant toute l’année. Résultats de simulation L’objectif est ici de voir l’effet du modèle de répartition du flux solaire direct sur le comportement thermique d’un bâtiment pendant la saison de chauffe.) et on utilise ce pourcentage dans la simulation thermique annuelle pour répartir le flux qui entre par la fenêtre de façon constante pendant toute l’année.1% sur le plancher.  Cas 3 : 60% du rayonnement CLO direct qui entre dans la pièce est réparti sur le plancher et le reste est réparti au prorata des autres surfaces (hypothèse couramment utilisée).10 et figure IV. bâtiment en béton 121 .10 : Puissance de chauffage dans la pièce du rez-de-chaussée.2 Inertie et tache solaire 2.7% à l’est etc.

11 : Puissance de chauffage dans la pièce de l’étage. Ceci est dû au fait qu’un flux de chaleur. les écarts entre les différentes puissances de chauffes sont-ils dus au fait que les parois restituent l’énergie qu’elles ont stockée de manière différente en fonction de l’éclairement reçu pendant la journée. Figure IV.10). Le même phénomène se retrouve dans le cas 3 pour lequel on considère que 60% du flux atteint le plancher. 122 . On remarque que pour le rez-de-chaussée (figure IV. C’est pourquoi il n’est pas trop étonnant que pour les deux cas où l’énergie moyenne reçue pendant la journée par chaque paroi est identique (cas 1 et cas 4). on remarque que les courbes de puissance de chauffage sont quasiment superposées à celles du cas de référence (cas 1). bâtiment en béton La courbe noire correspond au modèle où le rayonnement solaire arrive entièrement au sol. Ainsi. on arrive à une surestimation importante de la puissance de chauffage au rez-de-chaussée et une sous-estimation à l’étage. Pour bien comprendre ce phénomène.11).Chapitre IV : Intégration des modèles pour l’évaluation des bâtiments basse consommation. on obtienne quasiment les mêmes puissances de chauffe. c'est-à-dire à un moment où aucun rayon ne pénètre par la fenêtre (voir la courbe présentant l’éclairement solaire direct horizontal). On met aussi en évidence qu’en considérant que le rayonnement arrive entièrement au sol (cas 2). Voyons maintenant ce qui se passe dans chacune des deux pièces pour un bâtiment à faible inertie (bâtiment à ossature bois). Dans le cas 4. cette courbe est au-dessous de toutes les autres alors que c’est le contraire pour l’étage (figure IV. transite par la dalle de béton qui sépare les deux étages. plus important que dans le cas 1. où un pré-calcul a été réalisé. il faut remarquer que les moments pendant lesquels les courbes de puissance présentent les plus forts écarts dans les différents cas correspondent à la fin de la nuit.

bâtiment à ossature bois Figure IV.12 : Puissance de chauffage dans la pièce du rez-de-chaussée. elles ne stockent pas suffisamment d’énergie la journée pour en restituer la nuit. Ce résultat se comprend en considérant que. les parois étant légères. 123 .13 : Puissance de chauffage dans la pièce de l’étage.2 Tache solaire et comportement thermique du bâtiment Figure IV. bâtiment à ossature bois On remarque que pour ce bâtiment à ossature bois. la puissance de chauffage est quasiment la même quelle que soit la façon de prendre en compte le rayonnement solaire sur les deux étages.2 Inertie et tache solaire 2.

6 0.1 0.4% 26. le pré-calcul des coefficients de répartition de la tache solaire pendant la saison de chauffe permet 124 .6 1. Le cas de figure pris comme référence est celui pour lequel le calcul de la position de la tache solaire est réalisé à chaque pas de temps. cas 2 (répartition cas 3 (répartition cas 1 (calcul de forfaitaire: tout sur forfaitaire: 60% la tache solaire) le sol) sur le sol) Besoins de chauffage [kW.h/(m².1% 25. quant à lui. Le tableau IV.3 : Besoins de chauffage du bâtiment à forte inertie Le tableau IV.3 2.2 (référence) 21.4 permet.1 -1.1% 16.6% 22.5%.Chapitre IV : Intégration des modèles pour l’évaluation des bâtiments basse consommation. de voir que. cas 2 (répartition cas 3 (répartition cas 1 (calcul de forfaitaire: tout sur forfaitaire: 60% la tache solaire) le sol) sur le sol) Besoins de chauffage [kW.an)] Écart par rapport au cas 1 Besoins de chauffage [kW.3 -2. La façon dont la tache solaire a frappé les parois durant la journée a donc peu d’influence sur le comportement nocturne.h/(m².5% 23.5% cas 4 (répartition constante avec calcul préliminaire) 17.6% 26.3 présente les écarts entre les besoins de chauffage dans les différents cas considérés pour le bâtiment à forte inertie.1% cas 4 (répartition constante avec calcul préliminaire) 20.3% d’écart).1% RDC étage Tableau IV.1% 21.7 0.8 0. l’estimation des besoins de chauffage varie peu quand le bâtiment possède une faible inertie.h/(m².h/(m². Ce résultat est en accord avec ce que nous avons vu précédemment au niveau des courbes de puissance dans les deux pièces.3% RDC étage Tableau IV.2% 20.7 8.an)] Écart par rapport au cas 1 20.an)] Écart par rapport au cas 1 Besoins de chauffage [kW. dans l’exemple étudié ici.8 (référence) 20.4 4.5 -3.4 : Besoins de chauffage du bâtiment à faible inertie Conclusion On peut donc dire en résumé que.2 -7. On voit également que le fait de réaliser un pré-calcul des coefficients de répartition moyen sur les parois suffit à garantir un résultat très proche de celui que l’on aurait avec le calcul de tache solaire (moins de 0.8 (référence) 25.an)] Écart par rapport au cas 1 17. On se rend compte que l’écart entre les besoins de chauffage avec et sans prise en compte de la position de la tache solaire peut atteindre 8. quelle que soit la façon dont la répartition du flux solaire direct se fait dans la pièce.7 (référence) 15.

Nous avons montré par contre qu’il était important de ne pas choisir au hasard ces coefficients sous peine d’obtenir des écarts de comportement qui peuvent être importants en particulier dans le cas de bâtiments à forte inertie. à travers ce cas d’étude. 125 . simplement par le raccordement des variables de flux radiatifs au niveau des parois. Ce résultat semble valable avec un bâtiment à forte ou à faible inertie.2 Inertie et tache solaire 2. Nous pouvons voir. qu’un environnement de simulation basé sur les systèmes d’équations permet le couplage aisé entre un modèle de rayonnement complexe et le modèle de bâtiment existant.2 Tache solaire et comportement thermique du bâtiment d’obtenir des résultats de simulation du comportement thermique du bâtiment quasiment similaires à ceux du cas où l’on calculerait ces coefficients à chaque pas de temps.

14 que la température de sortie de l’air est plus importante (avec ou sans prise en compte du rayonnement CLO) pour un tube plus profond à cause de l’inertie plus importante qui peut être mobilisée en profondeur. à 2 m ou 60 cm de profondeur dans un sol homogène de diffusivité 7.14. il est intéressant de vérifier son influence sur le résultat final.2 et la vitesse du fluide circulant dans le tube fixée toute l’année à 3 m. à la surface du sol.a : Tube à 60 cm. du rayonnement solaire CLO sur la température de sortie du tube. 3.Chapitre IV : Intégration des modèles pour l’évaluation des bâtiments basse consommation. En effet.b : Tube à 2 m. selon le cas. L’amplitude de la température de sortie ainsi que son 126 . 3 Couplage d’un échangeur air-sol avec un bâtiment basse consommation Dans cette partie. hiver Figure IV. On voit également que le fait de négliger le flux CLO a pour effet de changer l’amortissement entre la température d’entrée (égale à la température extérieure) et la température de sortie du tube. certains modèles négligeant ce facteur.14. l’albédo du sol considéré étant de 0. de 10 cm de rayon et enterré.9. Figure IV.s-1. nous allons étudier l’influence de l’échangeur air-sol sur le comportement d’un bâtiment. Pour étudier l’effet de la prise en compte. Avant cela. hiver Figure IV.1 Rayonnement CLO et échangeur air / sol.14 : Prise en compte du rayonnement CLO . L’objectif de ce paragraphe est d’étudier l’influence de la prise en compte du rayonnement CLO arrivant au sol sur les résultats de simulation de l’échangeur air-sol. on réalise une simulation sans ensoleillement et une avec.s-1.Température de sortie du tube en hiver On peut voir premièrement sur la figure IV. nous avons voulu savoir quelle était l’influence du rayonnement solaire sur le comportement de l’échangeur air-sol. L’étude présentée ici a été réalisée avec un échangeur à tube unique de 20 m de longueur.10-7 m2. Les sollicitations utilisées (température extérieure et ensoleillement) sont issues des données météorologiques de Chambéry.

ce qui se comprend aisément par le fait qu’en profondeur on subit moins les effets de ce qui se passe en surface. Pour le tube à 60 cm de profondeur.3 Couplage d’un échangeur air-sol avec un bâtiment basse consommation 3. l’écart en sortie du tube peut atteindre 5°C. que l’écart entre la température de sortie avec et sans prise en compte du rayonnement CLO est plus important l’été que l’hiver car l’ensoleillement est plus important l’été. c'est-à-dire que la prise en compte du rayonnement solaire n’influe ni sur le déphasage ni sur l’amplitude mais provoque un décalage important entre les températures de sortie dans les deux cas de figure.15. sur la figure IV. déphasage par rapport au signal d’entrée ne sont.1 Rayonnement CLO et échangeur air / sol.15. été Figure IV. On remarque aussi que cet écart est plus grand pour le tube enterré à 60 cm. par contre.a : Tube à 60 cm. été Figure IV. Figure IV. presque pas influencés par la prise en compte du rayonnement CLO.15).température de sortie du tube en été Si l’on s’intéresse maintenant au comportement estival (figure IV.b : Tube à 2 m. Figure IV.15 : Prise en compte du rayonnement CLO . on peut tirer les mêmes conclusions qu’en hiver. Mais cet effet peut être inversé 127 .16.16 : Effet de la prise en compte du CLO sur la température de sortie du tube On peut voir.

Chapitre IV : Intégration des modèles pour l’évaluation des bâtiments basse consommation. Elle est donc variable dans le temps si l’on surventile le bâtiment par exemple. plus l’effet sera important sur les résultats. Ainsi. Le bâtiment étudié est la maison de la plateforme INCAS qui possède des murs composés de 20 cm de béton lourd à l’intérieur et de 20 cm d’isolant à l’extérieur. 3. on peut dire que même pour des profondeurs assez importantes. Un schéma représentant le principe de ces by-pass est présenté à la figure IV. on ne peut pas négliger l’effet du rayonnement de surface. Après avoir étudié de façon indépendante le modèle d’échangeur air-sol. Stratégies de régulation de l’air entrant dans la maison La mise en place de deux by-pass permet d’injecter dans la maison l’air à la température la plus appropriée en fonction de ses besoins.9. Son diamètre est de 20 cm. on peut facilement. 128 . Ses caractéristiques sont définies précisément en 0. Ce qui peut surprendre par contre. au début de l’hiver où se font sentir à 2 m de profondeur les effets des températures estivales.10-7 m2/s.2 Echangeur air-sol et ventilation double flux L’idée est ici de montrer l’effet de l’utilisation d’un échangeur air-sol sur le comportement d’un bâtiment basse consommation. Les conditions climatiques subies sont celles de Chambéry. ce sont les valeurs de ces écarts qui sont assez importantes. Le couplage entre les deux modèles est réalisé par la connexion de la variable de température de sortie de l’échangeur air-sol à celle de la température d’entrée de la ventilation double flux. La vitesse dans le tube unique est calculée à partir du débit de ventilation dans le bâtiment. le coupler avec un modèle de bâtiment déjà existant. sa longueur de 40 m. On monte à 6°C d’écart pour le tube qui se trouve à 60 cm et à plus de 3°C d’écart à 2 m.17. Ce couplage n’est pas direct car on met en place deux by-pass pour réguler l’air entrant dans la maison. On comprend également que plus la valeur de l’albédo du sol est faible. On vient connecter à la bouche d’entrée d’air de la ventilation double flux de la maison. La seconde variable qui relie le modèle d’échangeur air-sol à celui du bâtiment est la vitesse d’air dans le tube qui est liée au taux de renouvellement d’air de la maison. grâce à la structure orientée objet de l’environnement de simulation utilisé. la bouche de sortie de l’échangeur air-sol qui se trouve dans un sol de diffusivité 7.

on augmente le débit de ventilation. la période de chauffe est définie comme étant le temps pendant lequel la température intérieure est égale à la température de consigne de chauffage à laquelle on ajoute quelques degrés (ΔTset est pris égal à 2 ou 3°C). Pour cela.chau+ΔTset Tint ≥ Tcons. On peut alors refroidir l’air soufflé à l’intérieur grâce à l’échangeur air-air.T3) Période de chauffe Reste du temps Tableau IV.T3) T4=min(T2. on utilise les conditions présentées dans le tableau IV. Conditions Tint < Tcons. Cas étudiés On cherche donc ici à comparer l’effet de l’échangeur air-sol et de celui de la ventilation double flux sur le comportement du bâtiment. Remarquons qu’avec les conditions précisées ci-dessus.3 Couplage d’un échangeur air-sol avec un bâtiment basse consommation 3. on s’arrange pour que la température de soufflage dans le bâtiment soit la plus importante possible alors que le reste du temps on injecte l’air le plus froid possible tout en restant dans une plage n’entraînant pas d’inconfort.Text) Valeur de T4 T4=max(T2. Pour savoir dans quel mode on se trouve.chau+ ΔTset Valeur de T2 T2=max(T1.17 : By-pass sur l’échangeur air-sol et sur la ventilation double flux Quatre modes de fonctionnement sont possibles en fonction de la position des bypass.Text) T2=min(T1.2 Echangeur air-sol et ventilation double flux By-pass échangeur air-sol Text T1 Text T2 By-pass échangeur double flux T2 Echangeur double flux T3 T4 Tint Echangeur air-sol Figure IV. Une condition s’ajoute à celles qui sont présentées précédemment pour gérer la surventilation : on considère que si la température intérieure dépasse une température de consigne de rafraîchissement (on peut prendre par exemple 26°C). Pour ne pas trop rafraîchir l’air intérieur en intersaison. il est possible que la ventilation double flux soit active en été dans le cas où la température intérieure est inférieure à la température extérieure.5 : Conditions d’utilisation des by-pass de l’échangeur air-sol et de la ventilation double flux On pourrait résumer ces conditions en disant que pendant la période de chauffe. nous avons mené une étude sur le comportement d’une maison basse consommation avec un échangeur à 129 .5.

18 : Température intérieure du bâtiment couplé à un échangeur air-sol en été La courbe qui a la plus grande amplitude représente la température extérieure tandis que les trois autres qui sont assez proches représentent la température intérieure dans les 3 cas de figure étudiés.18 montre l’évolution de la température intérieure du bâtiment dans ces différentes configurations. On peut voir que les résultats sont très proches pour les trois configurations et que la courbe présentant l’évolution de température dans le cas où l’on utilise un tube à 60 cm de profondeur se superpose à celle qui représente l’évolution sans échangeur air-sol (courbe avec des croix). différentes profondeurs et avec une ventilation simple ou double flux. L’échangeur à 60 cm de profondeur ne semble donc pas apporter beaucoup de rafraîchissement à la maison en 130 . Figure IV.Chapitre IV : Intégration des modèles pour l’évaluation des bâtiments basse consommation. Les configurations étudiées sont les suivantes :  Pas d’échangeur air-sol  Echangeur air-sol à 60 cm de profondeur  Echangeur air-sol à 2 m de profondeur Comportement estival La figure IV. La rupture de pente observée sur les courbes de température intérieure au moment de la montée en température est due à l’arrêt de la surventilation (fin de nuit en été).

Nous avons également réalisé la même étude en utilisant une ventilation simple flux. c’est pourquoi l’augmentation du confort ne semble pas très significative pour un bâtiment déjà très performant. Les résultats numériques sont présentés dans le tableau II.19 présente l’évolution de la puissance de chauffage du bâtiment dans les différentes configurations considérées. Comportement hivernal Voyons maintenant comment se comporte l’ensemble « échangeur air-sol + bâtiment » en période d’hiver. Le nombre d’heures correspondant à plus de 90% de personnes satisfaites (avant dernière colonne du tableau) qui était déjà faible dans la configuration de base a été divisé par 2. nous avons évalué le confort d’été en calculant le nombre de degrés-heure au-dessus de la température de confort ainsi que le nombre d’heures où la température intérieure dépasse la température de confort de plus de 2°C et de plus de 3. La figure IV.6 m. Il faut bien voir qu’ici le cas de base a été étudié pour limiter les surchauffes par des moyens passifs tels que les protections solaires. ou des moyens actifs tels que la surventilation.5°C. L’échangeur à 2 m de profondeur permet quant à lui de réduire la température du bâtiment d’environ 1°C pour cette semaine là.5°C confort [°C.6 : Confort d’été dans une maison basse consommation avec échangeur air-sol La référence prise dans ce tableau est celle du cas où l’on n’a pas d’échangeur airsol (première ligne).5°C confort +3. On peut voir que le nombre de degrés-heure au-dessus de la température de confort est réduit de 15% par la mise en place de l’échangeur air-sol à 2 m de profondeur alors qu’il n’est que de 11% avec un tube à 0. 131 .h] température de confort [h] [h] aucun profondeur: 2m profondeur: 60cm 3029 2581 2683 15% 11% 188 74 156 21 1 6 Tableau IV. Pour étudier de façon plus complète l’effet de l’échangeur air-sol sur le comportement estival du bâtiment.1 Nombre de Gain apporté par Nombre Nombre degrés-heure au l'échangeur air-sol sur d'heure au d'heure au Échangeur air-sol dessus de la le nombre de degrésdessus de T dessus de T température de heure supérieur à la confort +2. Pour chaque configuration. nous avons évalué le confort intérieur pour chaque configuration.2 Echangeur air-sol et ventilation double flux été dans la configuration étudiée. Ces deux bornes correspondent à un pourcentage respectivement de 90% et de 80% de personnes satisfaites du confort.5 dans le cas du tube à 2m alors qu’il a à peine baissé de 20% dans le cas du tube à 60 cm.3 Couplage d’un échangeur air-sol avec un bâtiment basse consommation 3.

La température extérieure est également représentée.19 représentent la puissance de chauffage dans les trois cas de figure étudiés pendant une semaine froide. Figure IV. Les courbes présentant l’évolution de la puissance de chauffage avec un tube à 2 m ou avec un tube à 60 cm sont quasiment confondues c'est-à-dire que la profondeur du tube a ici très peu d’influence sur la puissance de chauffage dans le bâtiment. 132 . Elles sont par contre en-dessous de celle qui représente la puissance de chauffage dans le cas où il n’y aurait pas d’échangeur air-sol. nous avons réalisé la même simulation en utilisant une ventilation simple flux (résultats présentés à la figure IV.Chapitre IV : Intégration des modèles pour l’évaluation des bâtiments basse consommation. Pour savoir si l’absence d’écart entre la puissance de chauffage avec tube à 60 cm et avec tube à 2m est due à la présence d’une ventilation double flux.19 : Puissance de chauffage du bâtiment couplé à un échangeur air-sol en hiver Les courbes présentées sur la figure IV.20).

7 présente un récapitulatif de ces résultats portant sur les besoins de chauffage annuels.3 Couplage d’un échangeur air-sol avec un bâtiment basse consommation 3.an)] Gain apporté par l'échangeur air-sol Gain apporté par la mise en place d'une ventilation double flux Gain apporté par la ventilation double flux et l'échangeur air-sol Ventilation double flux aucun 18 référence profondeur: profondeur: 2m 60 cm 15 16% 16 11% Ventilation simple flux aucun 36 référence profondeur: profondeur: 2m 60 cm 24 33% 27 24% 50% 37% 42% références 50% 58% 56% référence 33% 24% Tableau IV.2 Echangeur air-sol et ventilation double flux Figure IV.7 : Besoins de chauffage d’une maison basse consommation couplée à un échangeur air-sol On remarque d’après ce tableau que l’échangeur air-sol n’est vraiment intéressant en hiver que lorsque la ventilation est à simple flux : on peut réduire d’un tiers les 133 . par contre on se rend compte que l’écart entre la puissance de chauffage avec un tube à 2 m ou à 60 cm est maintenant sensible bien qu’encore très faible. Type de ventilation Échangeur air-sol Besoins de chauffage [kW.20 : Puissance de chauffage du bâtiment avec ventilation simple flux On voit ici logiquement que les puissances de chauffe requises sont plus importantes du fait de l’absence de récupération de chaleur . Le tableau IV.h/(m².

6 kW. moins efficace avec seulement 24% de gains.h/(m². Si l’on étudie maintenant le gain apporté par la ventilation double flux (avantdernière ligne du tableau IV.3 intersaison 2. En prenant pour référence le cas du bâtiment avec ventilation simple flux et pas d’échangeur air-sol (dernière ligne du tableau IV. quand on a un échangeur air-sol.h/m² si on inclue la moitié des consommations d’intersaison) est assez importante par rapport aux besoins de chauffage totaux du bâtiment. 134 .2 Tableau IV. on se rend compte que le gain apporté par l’échangeur air-sol au niveau des besoins de chauffage (2 à 3 kW.h/m² ou 6. on se rend compte qu’il est important (on divise par 2 les besoins de chauffage) dans le cas où aucun échangeur air-sol n’est couplé au bâtiment.an)] 1. quant à lui. besoins de chauffage avec le tube à 2 m. Par contre. et jouant sur les mêmes grandeurs physiques.8 : Consommation du ventilateur ramené à la surface du bâtiment On voit donc dans le tableau IV.8 que le fonctionnement du ventilateur pendant la saison de chauffe est de 1. Pour se rendre compte un peu mieux de la valeur des gains apportés par l’échangeur air-sol.3 kW.an) est du même ordre que la consommation électrique qu’il requiert pour son fonctionnement dans le cas de ce bâtiment basse consommation équipé d’une ventilation double flux. hiver Consommation du ventilateur [kW. On voit donc que dans le cas étudié.7). le tube à 60 cm s’avère. En été. On voit aussi que la consommation du ventilateur en été (5.h/(m²). on observe que l’apport de la ventilation double flux est de 50%.6 été 5. le couplage des deux peut ne pas s’avérer d’une grande efficacité.4 kW. on évalue l’ordre de grandeur de l’énergie nécessaire pour faire fonctionner son ventilateur pendant une année. il atteint un nouveau régime qui engendre une surconsommation. en cas de surventilation. En effet.45 W/(m3/h). Sachant qu’on ne peut pas l’arrêter en intersaison. on utilise une puissance électrique forfaitaire donnée dans la RT 2005 pour un ventilateur performant en fonction du débit de ventilation voulu : 0.h/(m². l’apport de l’échangeur air-sol est de 33% et l’apport des deux systèmes couplés n’est que de 58%. Pour cela. la ventilation double flux semble plus efficace que l’échangeur air-sol pour réduire les besoins de chauffage de la maison.Chapitre IV : Intégration des modèles pour l’évaluation des bâtiments basse consommation. si on affecte la moitié de la consommation d’intersaison. Cela n’est plus vrai si la maison est équipée d’une ventilation simple flux. les deux systèmes ayant le même but à l’origine.7). Le ventilateur fonctionne toute l’année car un débit d’air minimum est conseillé dans le tube pour des problèmes d’hygiène. l’apport du double flux est un peu plus faible (37% avec tube à 60 cm et 42% avec tube à 2 m).

après cette validation. d’une part. se permettre de généraliser le comportement étudié à celui de tous les bâtiments basse consommation dans tous les climats. En hiver. les résultats observés corroborent ceux que l’on peut trouver dans la littérature (Bojic et al. Cependant. Cette ventilation double flux semble d’ailleurs plus efficace en hiver que l’échangeur air-sol qui nécessite plus d’énergie pour le fonctionnement de son ventilateur que le gain qu’il apporte au niveau des besoins de chauffage. Il faut ici également remettre en question la fiabilité des résultats de simulation. on voit que les écarts obtenus sur les besoins de chauffage dans les différents cas de figure étudiés sont importants en valeurs relatives (15%. Rappelons enfin que cette étude porte sur un cas bien précis et qu’on ne peut pas.h/(m². valider le modèle de l’échangeur air-sol seul et. En effet.3 Couplage d’un échangeur air-sol avec un bâtiment basse consommation 3. 1997. 135 . la profondeur semble jouer un rôle moins important dans le cas où la maison est équipée d’une ventilation double flux. d’autre part. 2007).2 Echangeur air-sol et ventilation double flux Conclusion Nous avons donc pu constater par les simulations réalisées que pour la maison basse consommation étudiée ici. l’échangeur air-sol apporte un supplément de confort en été qui est plus important si le tube est à 2 m de profondeur que s’il est à 60 cm.an)) ce qui est du même ordre de grandeur par exemple que la consommation du ventilateur de l’échangeur air-sol. 30%) mais assez faibles en valeurs absolues (3 à 10 kW. Ce cas d’étude montre encore une fois l’intérêt d’un environnement de simulation orienté objet car on peut. coupler le modèle développé à un modèle existant de bâtiment. Chlela et al. pour en voir le comportement global. à partir des résultats. validé également de son côté.

Les deux capacités sont considérées comme des sorties du modèle et les températures de surface et d’air extérieur comme des entrées. il n’y a pas vraiment de « sens inverse ». On relève les variations de température d’air de part et d’autre de la plaque ainsi que les variations de températures de surface. Pour déterminer expérimentalement la variation de la capacité calorifique de cette plaque en fonction de sa température. Ce modèle est acceptable car la plaque est très fine (5 mm) et a donc un comportement assez proche d’un corps à température uniforme. Pour que l’assemblage des équations puisse se faire. Imaginons maintenant que l’on veuille connaître la capacité calorifique de la plaque sans utiliser de calorimètre. On utilise alors un modèle de paroi simple à deux nœuds. de sens de résolution imposé.Chapitre IV : Intégration des modèles pour l’évaluation des bâtiments basse consommation. On considère des coefficients d’échange rayonnement / convection globalisés de part et d’autre entre la plaque et le milieu extérieur. Les valeurs relevées sont alors considérées comme des relevés expérimentaux. on utilise classiquement un calorimètre dans lequel on place un échantillon du matériau dont on fait varier la température dans une plage de mesure donnée. il a été nécessaire de développer un modèle de dérivation numérique car l’équation utilisée pour calculer la capacité calorifique du matériau est la suivante : Cp  qcond .av T  V  MCP t (IV. 4.am  qcond . à la base. On relève alors le dégagement de chaleur au cours du temps pour en déduire la capacité calorifique du matériau en fonction de sa température. Cette expérience n’a pas été menée en grandeur réelle mais a été simulée en utilisant le modèle de MCP présenté précédemment soumis à une variation de température d’air sinusoïdale d’un côté et maintenue constante de l’autre (cas présenté à la figure III. Il faut plutôt prendre cette idée d’inversion de modèle comme l’utilisation du modèle d’une manière non usuelle. Le terme « inversion de modèle » est en fait impropre car les systèmes d’équations utilisés n’ayant pas. 4 Inversion de modèles pour le suivi expérimental L’objectif de cette partie est de montrer les possibilités qu’offre l’environnement de simulation SIMSPARK en terme d’inversion de modèles pour le suivi expérimental.1 Inversion d’un modèle de paroi à changement de phase Prenons le cas d’une plaque de matériau à changement de phase telle que celle modélisée au paragraphe 1 du chapitre III et utilisée dans le paragraphe précédent.2) 136 .4).

137 .4) pour faire disparaître le terme de dérivée seconde. i-1 et i-2 (voir formules (IV.1 Inversion d’un modèle de paroi à changement de phase Modèle de dérivateur Le modèle choisi est de type implicite du second ordre.  ui  ti 2  ui 2   ti  ti 1   ui 1  ti 12  2  ti  ti 1  ui 2   ti  ti 12  ti 2  ti 1 (IV.4 Inversion de modèles pour le suivi expérimental 4.3) et (IV.4)). On se sert donc des valeurs de la fonction au pas de temps de simulation et aux deux pas de temps précédents pour évaluer la dérivée de la fonction. on obtient alors une expression de la dérivée première de u de second ordre valable pour un pas de temps variable (équation (IV.5) Application au cas d’étude Ce modèle de dérivateur étant intégré à SIMSPARK.5)).4) En soustrayant les formules (IV. on applique alors au modèle de plaque les sollicitations en température définies au début de ce paragraphe en laissant libre les capacités calorifiques dans chacune des deux tranches de discrétisation du modèle.3) ui 2   ui   ti  ti 1   ui   ti  ti1 2  u  o  2 ti2  (IV. On utilise la formule de Taylor pour donner une relation entre la valeur de la dérivée de la fonction au pas de temps i et les valeurs de la fonction aux temps i.  ui 1  ui  ti  ui  ti 2   ui  o ti 2 2   i (IV.3) et (IV.

il apparaît que la 138 .22 : Capacité calorifique obtenue par méthode inverse ou par le modèle La figure IV. Ceci est dû au fait que la formule utilisée par SPARK pour réaliser le calcul de la capacité calorifique (formule (IV. En comparant au modèle théorique. on peut définir une valeur minimale très faible mais non nulle de la dérivée (la valeur 10-23 est souvent utilisée dans SPARK à cet effet).Chapitre IV : Intégration des modèles pour l’évaluation des bâtiments basse consommation.2)) fait apparaître au dénominateur la dérivée de la température qui passe à ces instants là par des valeurs très proches de zéro et qui pourrait même s’annuler.21 : Evolution de la capacité calorifique dans une tranche au cours du temps La figure IV. Figure IV.21 qui représente l’évolution de la capacité calorifique au cours du temps montre que le calcul pose des problèmes aux moments où la température atteint un extremum. Figure IV.22 présente l’évolution de la capacité calorifique du MCP en fonction de sa température. Pour éviter cela.

2 Inversion d’un modèle complet de bâtiment méthode utilisée fonctionne avec une très bonne précision pour la plage de température dans laquelle le matériau a été sollicité. Pour pouvoir inverser le modèle classique. On a donc intérêt à solliciter le matériau sur une grande plage de température pour éviter ces effets de bord et balayer toute la plage de changement de phase. cette fois-ci. Les seuls écarts visibles se trouvent aux extrémités de la courbe. ce qui permet d’imposer à la fois la température et la puissance de chauffage. Figure IV. il faut encore une fois utiliser le modèle de dérivateur présenté au paragraphe précédent afin. Cette puissance et la température intérieure sont relevées et considérées alors comme des données d’entrée du problème (données expérimentales). Le modèle utilisé est celui de la maison INCAS avec des murs en béton et une isolation extérieure qui a été présenté au premier chapitre. Une première simulation est donc réalisée de façon classique en imposant un taux de renouvellement d’air pouvant varier l’été pour surventiler le bâtiment et une régulation permettant de calculer la puissance de chauffage nécessaire.2 Inversion d’un modèle complet de bâtiment Ayant constaté que l’inversion de modèle fonctionne très bien au niveau d’une paroi. Pour que SPARK puisse trouver un agencement de façon à résoudre le système d’équation. 4.23 : Taux de renouvellement d’air imposé / taux trouvé par méthode inverse en hiver 139 . la régulation a été supprimée. nous avons voulu aller plus loin et voir s’il était possible d’inverser un modèle complet de bâtiment à un autre niveau que celui des parois. de calculer la dérivée de la température de l’air intérieur et non plus la dérivée de la température de paroi.4 Inversion de modèles pour le suivi expérimental 4. Il est soumis aux conditions météorologiques de Chambéry et on cherche cette fois-ci à retrouver le taux de renouvellement d’air de la maison en imposant la température intérieure et la puissance de chauffage à chaque pas de temps.

L’inversion fonctionne donc très bien. On peut quand même noter que le résultat par méthode inverse présente des discontinuités et n’est pas parfaitement égal au taux de renouvellement réellement imposé. la figure IV. La figure IV.24 : Comparaison du taux de renouvellement d’air imposé et de celui trouvé par méthode inverse en été (avec surventilation nocturne) En été. ce dérivateur n’étant pas considéré de la même façon qu’un intégrateur. sans surventilation.24 montre qu’on arrive à suivre l’évolution du taux de renouvellement d’air bien qu’il passe de façon assez brutale d’une valeur à une autre. Figure IV. Ces écarts sont dus aux variations brusques de température d’air au moment du début de la surventilation qui génèrent des problèmes numériques pour le calcul de la dérivée. On peut voir que. pendant l’hiver. le taux de renouvellement d’air trouvé par la méthode inverse est très proche du taux réellement imposé. 140 .Chapitre IV : Intégration des modèles pour l’évaluation des bâtiments basse consommation. Pour résoudre ce problème.23 présente une comparaison entre le taux de renouvellement imposé dans la simulation classique et celui calculé par méthode inverse en fonction de la température d’air intérieure et de la puissance de chauffage. quand la surventilation nocturne est activée. il faudrait que SPARK permette de considérer d’autres variables que celles qui sont liées aux intégrateurs comme des variables dynamiques pour pouvoir appliquer une méthode de résolution plus performante.

141 . Ceci peut être particulièrement intéressant dans un cas où la ventilation naturelle est utilisée et où le taux de renouvellement d’air n’est pas connu a priori. comme les « résultats d’expérimentations » étaient en fait issus de simulations.2 Inversion d’un modèle complet de bâtiment Conclusion Ainsi. Cette façon d’inverser le problème est assez évidente en régime permanent mais ne l’était pas en dynamique et nous avons pu montrer ici que grâce au développement d’un dérivateur.4 Inversion de modèles pour le suivi expérimental 4. Nous avons montré également qu’il était possible de calculer le taux de renouvellement d’air dans un bâtiment en mesurant sa température intérieure ainsi que la puissance de chauffage nécessaire à subvenir à ses besoins de chauffage. nous avons pu montrer l’intérêt d’utiliser SIMSPARK pour réaliser un suivi expérimental en inversant le sens de résolution habituellement adopté dans les simulations. on pouvait obtenir des résultats intéressants. Bien sûr. L’inversion. sur ces deux exemples. on s’est placé dans un cas très favorable pour ce genre d’étude et il faudrait maintenant vérifier dans la pratique si cette approche peut fonctionner avec la même précision sur la base de « vraies » valeurs expérimentales. rendue possible grâce à l’environnement de simulation utilisé qui est basé sur les systèmes d’équations permet de retrouver la capacité calorifique d’un matériau à changement de phase en mesurant les températures d’air de part et d’autre de la plaque ainsi que les températures de surface.

L’énergie récupérée n’est. 5 Efficacité solaire d’un bâtiment Nous avons vu que pour caractériser le comportement énergétique d’un bâtiment. L’efficacité solaire est donc calculée comme la somme des efficacités dues à chaque type d’utilisation : ebat  epassif  eactive (IV.7) L’énergie solaire utile est définie pour chaque catégorie et doit toujours être positive. le flux solaire peut servir à chauffer directement le bâtiment de façon passive ou à l’éclairer. on utilise souvent comme critère ses besoins de chauffage. Cette valorisation peut prendre plusieurs formes .Chapitre IV : Intégration des modèles pour l’évaluation des bâtiments basse consommation. 142 . Pour chaque catégorie d’utilisation. dans ce cas. 5. mais il peut aussi être utilisé de façon indirecte s’il est capté par un panneau solaire thermique ou transformé en électricité par un module photovoltaïque. ses besoins de rafraîchissement ou encore sa consommation totale en énergie primaire. l’efficacité solaire d’un bâtiment est la part du flux solaire atteignant le bâtiment qui est valorisée pendant une période donnée.1 Définition de l’efficacité solaire d’un bâtiment Par définition. l’efficacité est calculée comme étant le rapport de l’énergie récupérée et de l’énergie totale qui atteint le bâtiment pendant une période donnée :   énergiesolaire utile e   énergiesolaire totale reçue par le bâtiment  période utile (IV.6) L’efficacité passive étant due aux apports concernant à la fois les besoins de chauffage et d’éclairage alors que l’efficacité active est liée à tout système actif utilisant l’énergie solaire. C’est sur la base de cette constatation que nous avons défini la notion d’efficacité solaire d’un bâtiment. pas forcément utile au bâtiment mais elle entre quand même dans le cadre de la définition. Ces critères ne permettent pas de quantifier l’effet du rayonnement solaire sur le bâtiment.

On obtient ainsi la puissance de chauffage et de rafraîchissement qui serait nécessaire s’il n’y avait pas de soleil pour se maintenir entre les bornes de température fixées. on peut connaître à chaque instant la puissance de chauffage et de rafraîchissement qui serait nécessaire au bâtiment pour se maintenir dans la zone de confort même si en pratique le bâtiment n’est pas pourvu de climatisation. on modifie le fichier météo pour annuler à tout instant le rayonnement solaire. En intégrant ce flux au cours du temps.5°C. Différents cas de figure peuvent se présenter (voir figure IV. La première est une simulation dynamique classique pour évaluer les besoins de chauffage et de refroidissement du bâtiment en fonction d’une température de consigne imposée.3) à (III.2 Méthode de calcul de l’efficacité solaire Flux solaire arrivant sur le bâtiment Pour pouvoir évaluer chacun des termes du calcul de l’efficacité solaire d’un bâtiment. Pour prendre en compte le fait que le soleil peut avoir un effet négatif sur le confort (si le rafraîchissement est nécessaire). Pour la calculer.14) qui permettent de calculer le flux solaire arrivant sur une surface inclinée au cours du temps en fonction de son inclinaison.5°C et comme température de consigne de refroidissement la température de confort adaptatif plus 3. On utilise la température de confort adaptatif présentée par McCartney et Nicol (2002). il faut premièrement évaluer la quantité d’énergie qui l’atteint dans une période donnée. son orientation par rapport au sud et des flux CLO directs et diffus horizontaux donnés par les fichiers météo. Pour cela.5 Efficacité solaire d’un bâtiment 5. Ainsi. Efficacité solaire passive thermique L’efficacité solaire passive thermique du bâtiment caractérise la part de l’énergie solaire frappant la maison qui est utile au bâtiment pour limiter ses besoins de chauffage pendant une période donnée. La seule originalité de cette simulation réside dans le fait que l’on force la température du bâtiment à se maintenir dans une zone pour laquelle 80% des utilisateurs du bâtiment sont satisfaits du confort. on considère que l’énergie utile au bâtiment peut alors prendre des valeurs négatives.2 Méthode de calcul de l’efficacité solaire 5. on réalise deux simulations. On peut alors évaluer le flux CLO arrivant sur chaque surface du bâtiment exposé aux rayons solaires (façades et toit). On réalise alors une seconde simulation avec les mêmes contraintes sur la température intérieure mais cette fois-ci. On fixe comme température de consigne du chauffage la température de confort adaptatif moins 3. on peut en déduire l’énergie reçue par le bâtiment sur la période considérée.25). on peut utiliser les formules (III. 143 .

l’efficacité doit donc être positive. Pour prendre en compte cette convention. Il ne reste plus qu’à diviser cette énergie. Figure IV. la puissance demandée est positive avec ou sans soleil.25 : Cas de figure possibles pour le calcul de l’efficacité solaire passive Sur la figure IV.7)) pour obtenir la part passive de l’efficacité solaire. Les températures sont donc. on n’aurait pas besoin de rafraîchir (puissance nulle). 144 . alors que sans soleil. par l’énergie totale reçue par le bâtiment (formule (IV. La simulation avec soleil donne bien sûr une puissance de chauffage moins importante que sans soleil. la formule utilisée pour calculer l’énergie récupérée est la suivante :       Energie solaireutile  max    Psans soleil  Pavec soleil dt  . Dans le cas 5.Chapitre IV : Intégration des modèles pour l’évaluation des bâtiments basse consommation. la puissance demandée est négative dans la simulation avec soleil (rafraîchissement). égales à la température de consigne basse. on peut voir que dans le premier cas. 0    période    utile       (IV. l’efficacité solaire est alors considérée comme négative.8) L’intégration sur la période considérée de la différence entre les valeurs absolues des puissances obtenues dans les deux simulations donne donc une estimation de l’énergie solaire passive utile au bâtiment qui peut être positive ou négative selon les cas.25. pour les deux simulations. si elle est positive.

) qui nécessitent des méthodes de calcul qui peuvent être différentes.8) dans laquelle les valeurs absolues sont superflues pour calculer l’énergie solaire due à l’éclairage et en déduire l’efficacité solaire associée par la formule (IV. on réalise une simulation classique du système et une avec un système de référence qui aurait les mêmes fonctions mais sans panneaux solaires (exemple : un chauffe-eau électrique). Cette maison est couverte de panneaux photovoltaïques sur le pan sud de sa 145 . On peut ensuite utiliser la formule (IV. 5.5 Efficacité solaire d’un bâtiment 5.3 Etude de cas : maison individuelle de la plateforme INCAS Ce paragraphe présente l’application de la notion d’efficacité solaire d’un bâtiment dans le cas de la maison de la plateforme INCAS en béton avec isolation extérieure. on considère très simplement que l’énergie solaire utile est égale à l’énergie électrique récupérée sur une période donnée. On peut donc appliquer la formule suivante : ePV  période utile Pelec  dt énergie solaire totale reçue par le bâtiment période utile (IV.8). On peut alors évaluer l’efficacité solaire du CESI encore une fois par la formule (IV. On définit alors l’efficacité solaire utile comme étant la différence entre la consommation du système de référence et la consommation de l’appoint du CESI.7). Efficacité solaire active : panneaux photovoltaïques Pour évaluer la partie de l’efficacité solaire de la maison due aux panneaux photovoltaïques. Dans le cas d’un CESI. c'est-à-dire qu’on réalise deux simulations pour connaître la consommation due au poste éclairage dans un cas avec soleil et dans un autre cas sans soleil. on procèdera de la même manière que pour l’énergie solaire utile thermique. On cherchera donc pour chaque cas la meilleure définition de l’énergie solaire utile.9) Efficacité solaire active : capteurs solaires thermiques Ce cas est beaucoup plus complexe à étudier puisqu’il existe un grand nombre de configurations utilisant des capteurs solaires thermiques (planchers solaires directs (PSD). chauffe-eau solaire individuel (CESI) etc.3 Etude de cas : maison individuelle de la plateforme INCAS Efficacité solaire passive pour l’éclairage Pour évaluer l’énergie solaire utile pour l’éclairage.

Chapitre IV : Intégration des modèles pour l’évaluation des bâtiments basse consommation.).8% 14.9 présente la répartition du flux solaire sur les différentes parties du bâtiment pendant différentes périodes de l’année. toiture (inclinaison 30°) et possède 8 m² de panneaux solaires thermique intégrés en garde corps du balcon de l’étage dont 4 m² serviront pour l’instant à alimenter un CESI les 4 m² restants pourront servir plus tard à d’autres applications (système solaire combiné etc.6% 8.h. on réalise donc une simulation de son 146 . sachant que le bâtiment a des besoins de chauffage d’un peu moins de 2 000 kW. la partie due à l’éclairage n’a pas été étudiée. Pour évaluer l’efficacité solaire passive de la maison.5% 8.4% 18.8% 10. on peut constater que l’énergie totale reçue par le bâtiment pendant la période hivernale qui correspond à la période de chauffe est de plus de 30 000 kW.8% 71931 31. Période considérée Energie totale reçue [kW.8% 30.h. L’étude n’est donc menée pour l’instant que sur le cas du CESI seul.9 : Répartition du flux solaire à la surface d’une maison de la plateforme INCAS Premièrement.8% 15. le bâtiment reçoit environ 200 000 kW.2% 22.1% 22.0% 13. soit 100 fois ce qu’il faut pour couvrir ses besoins de chauffage.1% 15.8% 13.h] Répartition temporelle Année complète 226442 référence 29.1% 18.4% Répartition spatiale pan de toiture sud pan de toiture nord façade est façade sud façade ouest façade nord Tableau IV.8 mars) . On peut voir également que la partie la plus ensoleillée est le pan de toiture sud qui capte environ 30% de l’énergie solaire totale arrivant sur le bâtiment quelle que soit la saison. .8% 10. La différence entre les valeurs relevées sur les façades est et ouest est due aux masques lointains mais également au fait que le brouillard est souvent présent le matin dans la zone de construction de la maison qui se situe juste à côté de la station météo utilisée.5% 9.7% 10.9% 31.1% Période Période Période hivernale (20 estivale (1 mai d'intersaison nov.9% 129853 57.3% 15. Efficacité solaire passive de la maison Dans cette étude de cas. on voit que le rapport est d’environ 15.8% 6.h . Le calcul de l’efficacité solaire de la maison est effectué en considérant la météorologie de Chambéry.9% 7.9% 8.15 sept. Sur l’année complète.3% 28.7% 28. Flux solaire arrivant sur le bâtiment Le tableau IV.) 31558 13.

(a) Période d’intersaison (b) Période d’hiver Figure IV. On a donc des moments pendant lesquels le rafraîchissement est nécessaire dans le cas où le soleil frappe la maison ce qui entraîne une baisse de l’efficacité.27. elle atteint parfois la température de consigne haute. on obtient une puissance de chauffage supérieure pour la simulation sans soleil et donc logiquement une efficacité positive. on peut voir le comportement de la maison pendant trois jours en été. 147 . Dans ces deux configurations. Figure IV.26.27 : Comportement de la maison avec ou sans soleil Sur la figure IV. la température intérieure sans soleil est toujours égale à la température de consigne basse alors que la température intérieure avec soleil peut la dépasser de quelques degrés.5 Efficacité solaire d’un bâtiment 5. On remarque que la température intérieure sans soleil est la plupart du temps égale à la température de consigne basse et qu’avec soleil.3 Etude de cas : maison individuelle de la plateforme INCAS comportement classique et une simulation sans soleil avec les modèles développés dans la plateforme SIMSPARK.26 : Comportement de la maison avec ou sans soleil l’été Sur la figure IV. on peut voir qu’en hiver et en intersaison.

1% Intersaison 5.2%. Sur la saison hivernale.11 : Efficacité solaire passive d’une maison moins performante On peut voir que l’efficacité solaire d’une maison qui est moins performante est plus importante quelle que soit la période considérée.7% Intersaison 3. les apports solaires ne servent plus qu’à améliorer le confort (la température intérieure est supérieure à la température de consigne basse) alors que pour le bâtiment moins performant. dans le bâtiment performant. Il est intéressant de comparer ces résultats à ceux d’une maison moins performante. Nous avons donc réalisé l’étude pour une maison de la même géométrie mais d’un plus faible niveau d’isolation (10 cm) et utilisant une ventilation simple flux. Le calcul de l’efficacité solaire passive thermique peut servir à comparer deux solutions constructives qui conduisent aux mêmes besoins de chauffage. Efficacité solaire active de la maison Nous avons tout d’abord étudié la part de l’efficacité solaire due aux panneaux solaires photovoltaïques.0% Eté 1.an).10 : Efficacité solaire passive d’une maison de la plateforme INCAS Le tableau IV. Un modèle simple a été utilisé pour évaluer la puissance délivrée par ces panneaux. Ce coefficient de perte de rendement est une donnée 148 .6% Tableau IV. On se rend compte que sur l’année.10 présente les résultats du calcul de l’efficacité solaire passive de la maison selon la période considérée. l’énergie solaire utile étant alors non nulle. La solution qui a la plus grande efficacité solaire passive est celle qui utilise le mieux les apports gratuits alors que l’autre se sert plutôt par exemple de plus d’isolant pour en arriver aux mêmes besoins de chauffage. Ce résultat peut se comprendre par le fait qu’on a des périodes pour lesquelles. ce pourcentage monte à 6.h/(m².10)).2% Tableau IV. Période Efficacité solaire passive Année 3.7% du flux solaire atteignant la maison est utile de façon passive.5% Hiver 7.Chapitre IV : Intégration des modèles pour l’évaluation des bâtiments basse consommation. Dans ce modèle.4% Eté 1. Les besoins de chauffage de cette maison s’élèvent à 45 kW.7% tandis qu’en été il descend à 1. les apports solaires servent à maintenir la température de consigne. seul 2. Période Efficacité solaire passive Année 2. on considère que le rendement du capteur décroît avec sa température d’un pourcentage de perte de rendement constant tous les degrés (voir formule (IV.7% Hiver 6.

7% Tableau IV. Le calcul de l’efficacité solaire des capteurs thermiques a été réalisé à l’aide de TRANSOL qui est un logiciel spécifique dérivé de TRNSYS et développé par le CSTB pour la prédiction des performances thermiques des installations de production d’eau chaude solaire.10) Pour calculer la température du panneau. on peut alors calculer la puissance électrique qu’il est capable de fournir par la relation (IV. de la température d’air extérieure. 149 . 1 2 Température de cellule de 25°C et éclairement de 1000W.12 : Efficacité solaire photovoltaïque d’une maison de la plateforme INCAS (50 m² de capteurs) On peut voir que l’efficacité solaire photovoltaïque est plus importante en hiver qu’en été. pour la surface de panneaux que possède la maison de la plateforme INCAS (50 m² sur le pan de toiture sud) et en considérant un rendement dans les conditions standard de test (STC) de 14. on trouve les résultats suivants : Période Efficacité solaire photovoltaïque Année 4. elle reste quand même toute l’année bien plus régulière que l’efficacité solaire passive. on utilise le « modèle NOCT2 » (présenté dans: Amy de la Breteque 2006) qui permet de la déterminer en fonction du rendement du panneau.1%. de l’éclairement et des caractéristiques optiques du verre utilisé.7% Intersaison 4. NOCT signifie Normal Operating Cell Temperature et correspond à la température qu’a le panneau dans les conditions standard de fonctionnement (SOC pour Standard Operating Conditions) c'est-à-dire une température extérieure de 20°C. un éclairement de 800W et une vitesse d’air de 1m/s.3% Eté 3.STC  1  perte  TPV  25  (IV.CLO   800   NOCT  20   (IV.11) Connaissant le rendement du capteur.0% Hiver 4.  1 PV TPV  Ta        qr .5 Efficacité solaire d’un bâtiment 5. ce qui est logique car le rendement des panneaux est plus faible à hautes températures (été) .5) P  PV  qCLO elec (IV. Ce logiciel permet de simuler de façon dynamique le comportement d’un CESI.3 Etude de cas : maison individuelle de la plateforme INCAS fournie par le constructeur tout comme le rendement dans les conditions standard de test (STC1)  PV   PV .12) Au final.

14 que la part du photovoltaïque dans l’efficacité solaire du bâtiment est prépondérante.2% Tableau IV. nous avons donné une définition de l’efficacité solaire d’un bâtiment qui représente la part du soleil atteignant la maison qui est valorisée soit de façon passive (chauffage.7% 4.2% 5.7% 4.1% Eté 1. ce qui est dû au fait que les panneaux couvrent entièrement le pan de toiture sud qui reçoit 30% du rayonnement solaire annuel. Il faut bien voir que ce n’est pas parce qu’un bâtiment a une efficacité solaire importante qu’il est performant.4% 4.1% Hiver 6.4% Eté 0.13 : Efficacité solaire active thermique d’une maison de la plateforme INCAS (4 m² de capteurs) On peut voir que l’efficacité due aux capteurs solaires thermiques est très faible de par le fait que la surface de capteur utilisée est elle aussi très faible par rapport à la surface totale du bâtiment qui reçoit le flux solaire.3% 0. soit de façon active (production d’eau chaude ou d’électricité).8% Intersaison 0.Chapitre IV : Intégration des modèles pour l’évaluation des bâtiments basse consommation.2% 3.0% 0. on obtient les résultats suivants : Période Efficacité solaire passive (thermique uniquement) Efficacité solaire photovoltaïque (50 m² de capteurs) Efficacité solaire CESI (4 m² de capteurs) Efficacité solaire totale Année 2.7% 0. On peut voir également dans la dernière ligne du tableau que l’efficacité solaire totale de la maison est bien plus importante en hiver qu’en été ce qui est dû au fait que les capteurs solaires fonctionnent mieux à basse température et que les besoins en énergie solaire passive sont plus forts.2% Intersaison 3.14 : Efficacité solaire totale d’une maison de la plateforme INCAS On peut voir dans le tableau IV. c’est pourquoi il est important de la mettre en 150 . Sur la période d’hiver. Efficacité solaire totale de la maison En ajoutant les efficacités active et passive. on voit quand même que la part passive de l’efficacité solaire est supérieure à la part active.4% 8.4% 7.4% Hiver 0.7% 0. Période Efficacité solaire capteurs solaires thermiques Année 0. éclairage). Conclusion Dans cette partie.2% Tableau IV.8% 12.

On peut imaginer se servir de ce nouveau critère pour évaluer des solutions constructives qui privilégient les apports solaires dans les bâtiments telles que les isolants transparents par exemple. de rafraîchissement etc.3 Etude de cas : maison individuelle de la plateforme INCAS balance avec d’autres grandeurs qui caractérisent le comportement du bâtiment telles que les besoins de chauffage. 151 .5 Efficacité solaire d’un bâtiment 5.

Nous avons vu que si le bâtiment a une forte inertie. nous avons étudié l’effet de la prise en compte de la tache solaire sur le comportement thermique d’un bâtiment basse consommation. Nous avons alors pu nous rendre compte que dans le cas du bâtiment basse consommation étudié. l’échangeur air-sol apporte bien un surplus de confort en été. mais que son efficacité est assez faible en hiver du fait de la présence de la ventilation double flux qui a un peu le même rôle de préchauffage de l’air que lui. ce qui n’est pas le cas avec des bâtiments légers. Une étude menée dans ce cas en faisant varier la température de fusion a montré que le confort est maximal pour un changement de phase à 29°C. nous avons évalué l’effet de l’intégration de plaques de MCP en parement intérieur d’une maison basse consommation. nous avons présenté quelques applications concrètes de l’utilisation des modèles développés au cours de ce travail qui montrent l’intérêt d’utiliser un environnement de simulation performant pour la simulation globale du comportement thermique de bâtiments basse consommation.6 Conclusion Dans ce chapitre. Ce principe a été appliqué à l’étude de l’évolution de la capacité calorifique d’une plaque de matériaux à changement de phase ainsi qu’à l’étude du taux de renouvellement d’air dans une maison à partir de la mesure de la température intérieure et de la puissance de chauffage. Nous avons montré qu’en partant de résultats de simulations (expériences 152 . les résultats étant sensiblement identiques. L’étude suivante avait pour but de montrer l’intérêt d’utiliser un environnement de simulation basé sur les systèmes d’équations pour sa capacité à inverser le sens de résolution des problèmes en l’appliquant au suivi expérimental. Nous avons vu que dans le cas étudié. Dans un deuxième temps. Nous avons ensuite présenté le couplage du modèle d’échangeur air-sol avec celui du bâtiment et ainsi étudié l’impact de la mise en place de ce système sur le comportement en été et en hiver d’une maison basse consommation. La prise en compte de la position de la tache solaire peut se faire directement par un calcul à chaque pas de temps ou par un pré-calcul du pourcentage de flux atteignant chaque surface pendant la saison de chauffe. En considérant par exemple que tous le flux arrivant par la fenêtre est projeté au sol. la présence de ces plaques n’influençait quasiment pas les besoins de chauffage du bâtiment et que la température de fusion choisie pour le MCP n’était pas optimale pour augmenter le confort en été. Dans un premier temps. les besoins de chauffages de la pièce à l’étage vont être surestimés et ceux de la pièce du bas seront sous-estimés. la prise en compte de la tache solaire dans le calcul se justifie.

6 Conclusion

fictives), la précision obtenue est satisfaisante ; il reste maintenant à vérifier si dans un cas expérimental réel les résultats peuvent être aussi corrects. Nous avons enfin présenté le concept d’efficacité solaire d’un bâtiment qui utilise le fait que la simulation peut étudier des phénomènes qui physiquement n’ont pas lieu (bâtiment soumis à une sollicitation extérieure sans ensoleillement pendant une année) pour évaluer la capacité du bâtiment à utiliser le rayonnement solaire qu’il reçoit. Nous avons vu que la récupération d’énergie pouvait être passive (thermique ou éclairage) ou active (avec des capteurs solaire) et que la part de ces deux types de récupération pouvait être équilibrée sur l’année. Ces cinq études ont été appliquées à des cas bien particuliers et n’ont pas pour but de tirer des conclusions sur les phénomènes considérés mais plutôt sur l’intérêt de l’environnement de simulation utilisé. Nous avons pu voir que, grâce à celui-ci, le couplage des modèles ne posait pas de problème car il s’agit juste de connecter entre elles les variables communes des différents systèmes d’équations utilisés. Le module d’assemblage d’équations de SPARK permet ensuite de trouver la méthode de résolution du système complet la plus adaptée, ce qui nous affranchit de la réflexion sur la manière de résoudre numériquement le problème physique posé. Nous avons vu également l’intérêt du fait qu’il soit basé sur les systèmes d’équations pour permettre l’inversion de modèles.

153

154

Conclusions et perspectives
L’objectif de ce travail était de montrer l’intérêt de l’utilisation d’une plateforme de simulation performante dans l’étude du comportement énergétique des bâtiments basse consommation. Dans la première partie, nous avons vu que l’analyse du cycle de vie permet de se rendre compte de la part importante que représentent les consommations de chauffage et de rafraîchissement d’un bâtiment sur son impact environnemental global par rapport aux autres postes de consommation. Nous avons montré l’importance de capter, de stocker et de restituer efficacement l’énergie solaire qu’un bâtiment reçoit pour limiter ses besoins voire aller vers des bâtiments sans aucun système de chauffage. Cette partie nous a également permis de montrer que la simulation a un rôle important à jouer pour aller vers des conceptions innovantes et remettre en cause dans certains cas les règles de l’art qui sont issues de retours d’expériences réalisées dans des conditions climatiques spécifiques. Nous avons ensuite présenté les besoins des chercheurs en terme d’environnements de simulation qui leur permettent de développer des connaissances sur les bâtiments basse consommation de façon efficace et adaptée, le but étant de choisir parmi les outils existants celui qui est le plus approprié pour notre travail. Il s’est avéré que le choix d’un environnement orienté objet basé sur les systèmes d’équations était judicieux pour profiter de ses propriétés de modularité, de lisibilité, de non orientation des modèles mais aussi pour la robustesse des solveurs qu’il utilise. L’environnement SIMSPARK a été choisi pour mener ce travail car il semble répondre à la plupart des exigences requises. Dans une troisième partie, nous avons présenté les modèles qui ont été intégrés dans la plateforme SIMSPARK au cours de ce travail. Un modèle de plaques contenant des matériaux à changement de phase a permis de montrer la robustesse des méthodes de calcul utilisées ainsi que les facilités offertes par le fait que l’environnement est basé sur les systèmes d’équations. Un modèle de prise en compte de l’effet du rayonnement CLO dans le bâtiment considérant la position de la tache solaire et un modèle d’échangeur air-sol basé sur la méthode des facteurs de réponse ont été développés pour montrer les avantages de l’environnement utilisé. Dans la dernière partie, ces modèles ont été utilisés au sein de simulations plus globales du comportement thermique des bâtiments basse consommation montrant ainsi l’utilité de l’environnement orienté objet, le couplage se faisant directement par les variables. La robustesse des méthodes de calcul utilisées et la non orientation des modèles spécifique aux environnements basés sur les systèmes d’équations nous ont

155

Conclusions et perspectives

permis d’inverser un modèle de matériaux à changement de phase et un modèle complet de bâtiment dans le cadre d’un suivi expérimental fictif. La validation par l’expérimentation des modèles utilisés pour simuler les bâtiments basse consommation est essentielle pour pouvoir justifier l’utilisation de la simulation numérique dans l’étude de leur comportement énergétique. A cet effet, la plateforme INCAS de l’INES nous permettra de disposer d’un support expérimental dans lequel l’ensemble des paramètres non mesurables seront maîtrisés pour pouvoir comparer les résultats de simulation et les résultats expérimentaux sur une base parfaitement connue. Les résultats présentés ici en terme d’exploitation de modèles sont issus de cas particuliers au niveau des caractéristiques de bâtiments et de systèmes étudiés mais aussi au niveau des contraintes météorologiques subies. Il s’agira de réaliser des études paramétriques de manière à tirer des conclusions plus générales sur les comportements étudiés. On pense par exemple au cas du couplage de l’échangeur air-sol et de la ventilation double flux qui s’est avéré dans le cas étudié peu efficace en hiver mais qui devrait être testé dans d’autres conditions. Un travail reste également à faire afin d’exploiter l’environnement SIMSPARK pour permettre le traitement des données expérimentales en temps réel afin de prédire le comportement du bâtiment, de suggérer à l’utilisateur les actions les plus adaptées pour limiter ses consommations énergétiques et d’analyser les dysfonctionnements éventuels. L’utilisation d’énergies renouvelables telles que l’électricité photovoltaïque étant justifiée dans les bâtiments basse consommation, on voit souvent cohabiter deux types d’énergies : l’énergie thermique et l’énergie électrique. Une bonne gestion des sources d’énergie en fonction des besoins, du confort et des conditions météorologiques permettrait de faire baisser les consommations globales du bâtiment et d’en limiter les pics. Les phénomènes pouvant être physiquement couplés, il faudra être capable de les coupler aussi au niveau des environnements de simulation qui existent dans ces deux domaines. Ce couplage se fera peut être par l’intermédiaire de l’environnement MODELICA dont SPARK pourrait bientôt devenir le solveur (Wetter et al. 2008). L’environnement développé permettra une étude approfondie concernant la gestion des apports gratuits dans les bâtiments basse consommation afin d’acquérir une meilleure connaissance des phénomènes dynamiques de captation, stockage et restitution de l’énergie solaire. La notion d’efficacité solaire des bâtiments définie dans ce travail permettra de comparer les différentes solutions qui pourraient se dégager de ces études.

156

http://www. I. A report of task 12 Building Energy Analysis and Design Tools for Solar Applications. C. D. Fournier et H. F.ieashc." Agricultural and Forest Meteorology 45(3-4): 175-184. (2000). Jobert...asp?param=ID&data=6 Allard. http://www.. Model. "Energy use during the life cycle of single-unit dwellings: Examples.sciencedirect. technical and economic evaluation of air-to-earth heat exchanger coupled to a building. Thèse de doctorat. http://www. Inard et P.equipement. http://www.cetelyon. A. E. 302 p.uk/IJV%20Vol%206/IJV%20V6%20No%201/IJV%20Abstracts%20Vol%206 %20No%201%20Paper%203." Energy 22(12): 1151-1158.sciencedirect. "Renewable energy for passive house heating: II. http://www. Model. Husaunndee. G. Kyritsis (1997)." Building and Environment 32(4): 321-329. Thèse de doctorat.org/publications/category. IEA Task 12 Project A 3 . program.. Université de La Rochelle. Riederer (2007). Etude numérique et expérimentale destinée à l’exploitation des techniques de rafraîchissement par dessiccation avec régénération par énergie solaire. H. V. K. Université de Provence. P.htm Chuard. "Numerical simulation.archives-ouvertes. Project A.. Paris (Commanditaire). M.3 Atrium Model Development. Atrium models for the analysis of thermal comfort and energy use. et B.. http://www. "Heat and water vapour transfer in a greenhouse with an underground heat storage system part I. CNRS PIRSEM." The International journal of ventilation 6(1).org. International Energy Agency.com/science/article/B6V2S-3SN7B0F4/2/ff70324e97d21e96fb4440b83600de5b Boulard. Experimental results. Badescu. Perméabilité à l’air de l’enveloppe des bâtiments.byv." Agricultural and Forest Meteorology 45(3-4): 185194. F. S.fr/tel00271813/en/ Chlela. Développement d’une méthodologie de conception de bâtiments à basse consommation d’énergie. 280. http://tel.sciencedirect. R.sciencedirect. Razafinjohany et A." Renewable Energy 32(5): 845-855. Elslande (2006).com/science/article/B6V23-3SMT80B5/1/e5454e26fa8d986eae2d2ec539f461be Adalberth. E. Caractérisation théorique et expérimentale du comportement thermique d'une cellule d'habitation perturbée par des rayonnements de courtes et grandes longueurs d'onde. a. Razafinjohany et A. T. (2008).com/science/article/B6V2V-4B3F5D23/2/b1ee447ad349c6a2d198dfbf3fb8aa7f Bojic.se/avd/byte/leas/view_article.kth. Sicre (2003). Baille (1989a). Trifunovic. Baille (1989b). Amy de la Breteque.aspx?CategoryID=17 Carrié. LEH. E.ijovent. R. "Simple and accurate model for the ground heat exchanger of a passive house. INSA de Lyon.32600dpi.sciencedirect. Solar distribution computing program.com/science/article/B6V8W-4894NK39Y/2/2aff40e9d2b191a7dd94a8ce314783e0 Boulard. K. Schiefloe (1996).pdf Chlela. Généralités et sensibilisation.com/science/article/B6V8W-4894NK3B0/2/23e301cec094260309e45515a072a914 Bourdoukan. V. et P. F. (2008). Etude du comportement thermique de modules photovoltaïques en vue de la prédiction de leur production électrique sur site. http://www.sciencedirect. T.gouv. "Energy use in four multi-family houses during their life cycle. M. Université de La Rochelle." International Journal of Low Energy and Sustainable Buildings 1. Inard et A. http://www. Bryn. Roldan (1985). (1997). Papadakis et S. V. (1992). C. SORANE SA 157 . "Heat and water vapour transfer in a greenhouse with an underground heat storage system part II." Energy and Buildings 35(11): 1085-1096.. http://www. "Numerical evaluation of earth to air heat exchangers and heat recovery ventilation systems.ATRIA. (2006). http://www. Thèse de doctorat.com/science/article/B6V4S-4JTR8YR1/2/01ebab5f7c3293fbdb37b61dca0d023c Badescu. N. A.Bibliographie Adalberth. CETE de Lyon. (2007). C.fr/home_fichiers/domainesactivite/auhc/generalites_et_sensibilisationv2.

sciencedirect. D.und den Stoffübergang in turbulent durchströmten Rohren und Kanälen. (2004). Thèse de doctorat." Building and Environment 43(4): 661-673.1145/992200. Janssens (2003). Modélisation thermo-hydro-aéraulique des locaux climatisés selon l'approche zonale (prise en compte des phenomenes de sorption d'humidité). Masters of science. "Neue Gleichungen für den Wärme. T. Rapport final.prebat. "Numerical simulation of soil heat exchanger-storage systems for greenhouses. 365 p. University of Wisconsin-Madison.Bibliographie Clarke. March 7-8. D. (2008).com/science/article/B7571-4829W33GG/2/a53e90fdc1bc7f340cf2a6ddfcf50f24 Flory-Celini. C. Lacroix et H.mindview. 176 p. et G. (1995).wisc.sciencedirect. Lyon. Bernier (1997). K.org/10. "Latent heat storage in concrete. D. K. Comparaison internationale bâtiment et énergie. Genève. USA). (1975).ac.sciencedirect.. Modelling coupled heat and air flow: ping-pong Vs onions. (2004).. Hawes. Hawes et E. Faculté des Sciences de l'Université de Genève.pdf Hollmuller." Energy and Buildings 35(4): 389-397.pdf Hoh. simulation numérique et analyse systémique. "A column pre-ordering strategy for the unsymmetric-pattern multifrontal method. D.strath. http://www. modélisation analytique. Berkeley (California. D.sciencedirect. PUCA. (2002). N. Ing. http://www. D. http://www. http://www.. B. J. Dans les actes de: the 4th International Modelica Conference. Dans les actes de: Building simulation." Forsch. A. Thinking in Java. http://doi. Passivhaus Institut. (1985).html Feldman. Passive House Standard Ŕ A Proven Energy Saver. Dans les actes de: 16th AIVC conference. et A. Ghanbari (1991). thèse de doctorat. 134 p.. Evaluation of ground coupled heat pumps for the state of wisconsin. 41((1)): 8-15.com/science/article/B7571-4829W2FG0/2/6c283eac12489aeb8cc759121c8bf592 Hensen (1995). J.992205 De Paepe. 2): 165-195. Griffith (2008).acm. Hamburg (Allemagne). W.modelica.ch/cyberdocuments/theses2002/HollmullerP/these_front. "Thermo-hydraulic design of earth-air heat exchangers.passivhaustagung. l’Université Lyon 1 Claude Bernard." Solar Energy Materials 21(1): 61-80. (2006).sciencedirect. "Contrasting the capabilities of building energy performance simulation programs. A." Solar Energy Materials 22(2-3): 231-242.com/science/article/B6V23-4MH8B8B5/2/5a3e247ef73a4eef5a15070ae78e5259 CSTB (2007). http://www. B. Müller (2005). M. T.. Feldman (1990). A. Hand." ACM Transactions on Mathematical Software 30(no. M. PalmSpring. P. V. Tschirner et D. PREBAT. USA.com/science/article/B6V50-3SN62GN3/2/1601200747ff495661e05d8bfe743e76 Ghosal. http://www.esru.org/events/Conference2005/online_proceedings/Session6/Session6b2. J.com/science/article/B6V2V-47BXB661/2/529ecb15791419aea74a72782ec42e2d Eckel. Mesures in situ. J.net/Books/TIJ/ Feist. (2002).unige. http://www. "Obtaining an energy storing building material by direct incorporation of an organic phase change material in gypsum wallboard. W. http://www. M. Haase.sciencedirect. C. http://www.edu/1793/7799 Gnielinski. http://www. Modélisation et positionnement de solutions bioclimatiques dans le bâtiment résidentiel existant. Kummert et B. Thèse de doctorat. T. Utilisation des échangeurs air/sol pour le chauffage et le rafraîchissement des bâtiments." Energy Conversion and Management 47(1314): 1779-1798. Tiwari (2006).html 158 .com/science/article/B6V2P-4HK03C82/2/1832b605019eacb453415a5ce3edfa6f Giardina. Gauthier.org/proceedings/BS1985/BS85_215_227. M. Prentice-Hall. "Modeling and parametric studies for thermal performance of an earth to air heat exchanger integrated with a greenhouse. Crawley.-Wes. http://www.net/benchmark/benchmark. ́ ̀ Université de la Rochelle. A combined thermo-hydraulic approach to simulation of active building components applying Modelica.pdf Cordeiro Mendonça. http://www. W. T.uk/Documents/pp_vs_onions.html Davis." Solar Energy 60(6): 333-346. http://digital.de/Passive_House_E/Passivehouse_measured_consumption.ibpsa. Banu. II.library. Banu et D. ADEME. The ESP system: towards a neuw generation of building energy analysis program. http://www.

energy. La Rochelle. http://www. NREL/TP--472-6231. Neymark (1995). McGraw-Hill New York-London. Xu. Implementing agreement on energy conservation through energy storage. A.gov/buildings/energyplus/pdfs/engineeringreference. Qin (2005).Annex 44.sciencedirect." Energy and Buildings 40(2): 148-156.sciencedirect.fr/tel-00003984/en/ Musy. http://tel.." Building and Environment 38(6): 807-813. http://tel. M.cfm Keilholz. Kaushik (2003). G.com/science/article/B6V23-48CFFG81/2/3c57b4e4587622ea430dab9037457264 Kuznik. http://perso. Final report Agence Internationale de l'Energie.com/science/article/B6V2V-4N2D2TF1/2/b8ba18454870893680fd96419b7b0f6d Lawrence Berkeley National Laboratory (2007)." International Journal of Heat and Mass Transfer 46(22): 4303-4317. http://annex44. "Energetic efficiency of room wall containing PCM wallboard: A full-scale experimental investigation. http://www. Dans les actes de: Journée thématique SFT-IBPSA. et J. Annex 17.energy..edu/ceae/cobee/publications.com/annex17/FINAL%20REPORT.La version 16. "Modelling the thermal performance of earth-to-air heat exchangers. et J.pdf Kumar.htm Judkoff. Sette (2005). X. state of art. (1999). McCartney. Université de la Rochelle. (2003).univ-lr. Di. Nicol (2002). C. C.civil.eere.colorado. Etude du potentiel de rafraîchissement d'un syteme evaporatif a desorption avec ̀ ́ ̀ ́ régénération solaire. International Energy Agency building energy simulation test (BESTEST) and diagnostic method.archivesouvertes. Dans les actes de: The First International Conference on Building Energy and Environment. http://apps1. Thèse de doctorat. http://www. L. F. Ramesh et S.fskab. P.pdf IEA-A44 (2005)." Energy and Buildings 37(3): 215-220.sciencedirect. http://www.com/science/article/B6V2V-45B66DG4/2/590b06c8e72fa8454d52c91af8954f77 Mihalakakou.com/science/article/B6V50-49GTP0G9/2/90d814b5544508702e1b528a87d87899 Mora.pdf Lin. R. The reference to EnergyPlus calculations.sciencedirect. EnergyPlus engineering reference. Prédiction des performances thermo-aérauliques des bâtiments par association de modèles de différents niveaux de finesse au sein d'un environnement oriente objet. Roux (2008). Santamouris et D. subtask A: responsive building elements. K. W. F..lbl. Dalian (Chine). ́ Université de la rochelle. H. (2003).gov/VS201/doc/SPARKreferenceManual. 159 .sciencedirect.dk/ Joelsson. Heat Transmission. W. R. 196 p.aau. J.sciencedirect.gov/buildings/tools_directory/doe_sponsored_bestest.fr/tel-00134779/en/ McAdams. A Life Cycle Energy Perspective on the Passive House Concept. "Performance evaluation and energy conservation potential of earth-air-tunnel system coupled with non-air-conditioned building. ECBCS . SPARK 2. "Experimental study of under-floor electric heating system with shape-stabilized PCM plates. K. Y.-J.Bibliographie Hollmuller. Les évolutions de TRNSYS . (1954). J. Thèse de doctorat. "Analytical characterisation of amplitude-dampening and phase-shifting in air/soil heat-exchangers. Thèse de doctorat.archives-ouvertes. H. http://www. S. http://www. 257 p.com/science/article/B6V2V-4D67C1C1/2/4804e94da8df7c0f32d7b628f2546b67 Maalouf." Solar Energy 53(3): 301-305." Energy and Buildings 34(6): 623-635. R. Gustavsson (2008). Zhang. 196 p. et L. et P.. "Developing an adaptive control algorithm for Europe. 188 p. Yang et P.eere.com/science/article/B6V3H-49322HC1/2/dbbf4f9ae69f85225f01c124377d7d75 IEA-A17 (2005). http://www. International Energy Agency. Université de la Rochelle. 881 p. PCM (Phase Change Materials). Technical report. http://simulationresearch. Agence Internationalle de l'énergie. Asimakopoulos (1994). Génération automatique de modèles zonaux pour l'étude du comportement thermoaéraulique des bâtiments. http://www. M.0 reference manual. http://bechtelrh. (2006).fr/fcherqui/IBPSAmars/textes/AM1-05Abadie.pdf Lawrence Berkeley National Laboratory et Ayres Sowell Associates Inc (2003). Virgone et J.

programme apas. Volume 1: Cases E100ŔE200. (1998).se/dncenter/thesis.energy. S-100 44 STOCKHOLM. R. P. A. Peuportier. 147 p.equa. P. "Extension of the PMV model to non-air-conditioned buildings in warm climates. (1978). J. Etude expérimentale et théorique du comportement thermique d'un échangeur air-sol.fr/fcherqui/IBPSAmars/textes/AM1-03-Salomon.org/proceedings/BS1991/BS91_339_348. B.. http://www. IDA solver. Conilh (1997).com/science/article/B6V23-3SMSMJC8/2/c133dc7b435d3ec2ec5baba2d8db310b Soontornchainacksaeng.pdf Roux. mars 2005.univlr. and air-conditioning equipment models (HVAC BESTEST). "A note on response factors and conduction transfer functions. Analyse du cycle de vie des bâtiments. J. http://www. 201p. Présentation et perspectives du logiciel Codyba.sciencedirect. Technical Report.pdf SEL. Solar Energy Laboratory. http://perso. http://www-cep.-J. NREL/TP-550-30152. (1996). TRNSYS 16 user's manuel. research and development.fr/francais/themes/cycle/pdf/regener1. Thèse de doctorat. Thèse de doctorat. European commission. Eco-conception des bâtiments: bâtir en préservant l'environnement. Toftum (2002).univlr. Institut National des Sciences Appliquées de Toulouse. Peuportier (2005).-M.com/science/article/B6V2V-45CNB2P2/2/f0fd65d4d9956108fa3e2191a71b0888 Peavy. H. a tool for building and energy systems simulation. les Presses de l'Ecole des mines.. (1995). Royal Institute of Technology. (2003). et R. Dans les actes de: Building simulation.sciencedirect. Dans les actes de: Journée thématique SFT-IBPSA. International Energy Agency. Serres." Building and Environment 32(2): 137-148. Ecole des mines de Paris. (1993). COMFIE. Transsolar. Application à l'habitat individuel. Le projet européen REGENER.pdf Salomon. International Energy Agency building energy simulation test and diagnostic method for heating. J. http://perso.fr/fcherqui/IBPSAmars/textes/AM1-01-Noel. http://www. University of Wisconsin (Madison) Serres.cfm Noël. CSTB et TESS (2004). Mikolasek et B. Outil de simulation thermique du bâtiment. 276 p.ibpsa. (1984). Judkoff (2002). http://www. (1991). (2001). http://www-cep.-J. REGENER (1997). Trombe et J.sciencedirect. http://apps1.gov/buildings/tools_directory/doe_sponsored_bestest.ensmp." ASHRAE Transactions 84(Part 1). B. Lyon. SWEDEN: 187p.fr/francais/themes/cycle/pdf/regenerbologne.eere. T. T. (1997). A. http://www.com/science/article/B6V2V-3VV9GF17/2/988f709159ddd2caec88f9ea4f001819 Neymark. Thèse de doctorat.pdf Sahlin. P. ventilating.sciencedirect. L.Life cycle assessment -. "Life cycle assessment applied to the comparative evaluation of single family houses in the French context." Energy and Buildings 23(2): 131-139. Institut National des Sciences Appliquées de Toulouse. Proposition de modèles simplifiés pour l'étude du comportement thermique des bâtiments. Institut National des Sciences Appliquées de Lyon.. Sahlin. et J. Toulouse 160 . directorate general XII for science." Energy and Buildings 33(5): 443-450. Influence sur le confort thermique. Paris.pdf Ole Fanger.com/science/article/B6V2V-42BSHXM4/1/d3ffe3954f1b044c0ed46517f3dd9d9c Peuportier. J. "A direct translator from neutral model format to the SPARK simulation environment. mars 2005. Etude de l'impact d'une perturbation thermique locale de type tache solaire. Department of Building Sciences.ensmp. L. http://www. Virgone (2005).Bibliographie Nataf. B. Dans les actes de: Journée thématique SFT-IBPSA. B. J. Roux et J. "Study of coupled energy saving systems sensitivity factor analysis. 20-22 aout." Energy and Buildings 34(6): 533-536.pdf Peuportier. European methodology for the evaluation of environmental impact of buildings . Modelling and Simulation Methods for Modular Continuous Systems in Buildings.

. "Efficient solution strategies for building energy system simulation.com/science/article/B6V23-4MKTXPK2/2/b239a1abacca3bc65a826c577baa1941 Thiers. Macdonald (2008). 29 08 2008. http://bechtelrh.. Distribution of beam solar radiation in buildings. Simulation numérique de l'interaction de systèmes énergétiques du bâtiment à l'aide d'une plateforme de simulation basée sur le solveur SPARK. Curtil (2004). E." Renewable Energy 31(15): 2432-2446. Buddhi (2007). E. Graph-Theoretic Methods in Simulation Using SPARK. D. Dalian (China). http://www. et M. P. J. Moshier. P.pdf Stephan. Stephan (2008b).sciencedirect. http://www." Solar Energy 82(9): 820-831. http://www." Renewable and Sustainable Energy Reviews 11(6): 1146-1166.com/science/article/B6V50-4S3G8HG1/2/daf8b787394520d9b764f90e3d06cca9 Thormark.edu/ceae/cobee/publications. "Annual thermal performance of greenhouse with an earth-air heat exchanger: An experimental validation." International Scientific Journal of Alternative Energy and Ecology 6: 25-29. et F. N. A. M.gov/dirpubs/55522. P. "A low energy building in a life cycle--its embodied energy. Application of the SPARK Kernel. L. Moshier (2003).htm Tiwari. Santamouris et A. http://www. G.edu/ceae/cobee/publications. Dans les actes de: The first international Conference On Building Energy and Environnement. April 18-22. "History and development of validation with the ESP-r simulation program.sciencedirect." Energy and Buildings 18(1): 35-43. Serres et M. Effect on heating demand. "Analysis of the accuracy and sensitivity of eight models to predict the performance of earth-to-air heat exchangers." Energy and Buildings 33(4): 309-317.net/2042/15897 Tittelein. Kyoto (Japon). Experimental and numerical results of summer confort in a building equipped with phase change matierials (PCM). (2002). Dalian (China). Kokogiannakis et I. http://www. S..sciencedirect. International Building Performance Simulation Association.sciencedirect. Wurtz et B. Souyri (2008).. "PCM thermal storage in buildings: A state of art.. A. Kuznik (2008). Eindoven. Tittelein.com/science/article/B6V4S-4J3WH9J3/2/6c76f2d9d2b9b5198c4a39b0047181a0 Trombe. et B. M. Emran Khan (2006). energy need for operation and recycling potential. Arlington.pdf Sowell. P.com/science/article/B6V50-40WMSP4C/2/975c43a6fd17b3136cc138e10e208af1 Tyagi." Building and Environment 43(4): 601-609. Haves (2001). V. M.org/proceedings/BS2003/BS03_1235_1242. Dans les actes de: The first international Conference On Building Energy and Environment. Dans les actes de: Building simulation. VA. A.com/science/article/B6V2V-47X812J98/2/7f2fe4dc6bcad4dc39f74dc83bcf13a8 Virgone. Strachan.com/science/article/B6VMY4HJ41R4-1/2/e38adb136487128ee1f795b09d164bf3 Tzaferis. et D.sciencedirect. E." Building and Environment 37(4): 429-435. E.. Peuportier (2008). http://www. Achard et L.sciencedirect. "Solar radiation modelling in a complex enclosure.com/science/article/B6V23-452V6BKD/1/5d879003d1aed685f842138bf4b12886 Tittelein. http://www.htm 161 . A. P. F. Dans les actes de: High Performance Computing Symposium of the Advanced Simulation Technologies Conference. A. Dans les actes de: The 29th AIVC Conference on advanced building ventilation and environmental technology for addressing climate change issues.ibpsa. A.. http://hdl. http://gundog.colorado. F. G. E. P. F. E.com/science/article/B6V2V42BSNXB-4/2/87884a6a84379c7d070d361eef14214c Sowell.handle. Argiriou (1992). Shukla et M. Tittelein. G. "Simspark platform evolution for low-energy building simulation. http://www." Solar Energy 67(4-6): 297-307. et P.Bibliographie Sowell. 14-16 octobre. Achieving thermal comfort using natural ventilation Ŕ Effect of internal finishing. Moisson (1999). Haves et D. V.lbl.. Achard (2007). Akhtar.colorado. Dans les actes de: 18° Congrès Français de Mécanique (CFM2007). C. Wurtz. A.sciencedirect. E. Liparakis. http://bechtelrh. Wurtz et G. "Thermal and environmental assessment of a passive building equipped with an earth-to-air heat exchanger in France. A..sciencedirect. L. Wurtz et G. Achard (2008a). http://www. Grenoble.

G. N. (1995). http://www. 162 ." Solar Energy 66(6): 387-393. Using Spark as a solver for Modelica. http://www. July 30 Ŕ August 1.sciencedirect. A comparison of simulation programs. (1980). Modelisation tridimensionnelle des transferts thermiques et aérauliques dans le bâtiment en environnement oriente objet.Bibliographie Wall. P.com/science/article/B6V2V-3SNKR1K1/2/eae9924a369e09793bc9c7209ccbd482 Walton. "Sensitivity of direct gain space heating performance to fundamental parameter variations.sciencedirect. "Distribution of solar radiation in glazed spaces and adjacent buildings." Solar Energy 23(5): 421-425. Hestnes (1999). M. W. M. Berkeley." ASHRAE Transactions 86(II): 190Ŕ208 Wetter. 208 p. A. Balcomb (1979). Haves. E.gov/WETTER/download/SB08-03-1-Wetter. "A new algorithm for radiant interchange in rooms loads calculations. B. Thèse de doctorat.com/science/article/B6V50-3X64FS71/1/1343903d4ce23d13b427ffe3c967ce90 Wray. et A. G. http://simulationresearch. D. Dans les actes de: SimBuild 2008: Third National Conference of IBPSA-USA. http://www.pdf Winther. "Solar Versus Green: The Analysis of a Norwegian Row House. et J. F. O.sciencedirect.lbl. (1997)." Energy and Buildings 26(2): 129-135. Moshier et E. M. N..com/science/article/B6V50-497BD8T3M/2/408f0687fec82a9c398c1391f5dd5f57 Wurtz. Sowell (2008).

............ANNEXES Annexe I : Caractéristiques des maisons de la plateforme INCAS .............. 171 163 ............ 167 Annexe III : Formules utilisées pour le calcul de la surface de la tache solaire. 165 Annexe II : Modèles de base des transferts de chaleur dans SIMSPARK......

164 .

lame argon.°C)] 20 1.Annexe I :Caractéristiques des maisons de la plateforme INCAS Type de paroi Mur extérieur Matériau Blocs béton Laine de verre semi rigide Blocs béton Masse Chaleur Epaisseur Conductivité volumique spécifique [cm] [W/(m.42 1.75 800 648 20 25 16 4 40 1 22 0.035 0.035 0.23 1. lame argon.°C)] 15 20 15 25 16 4 40 1 22 0.035 0.54 0.75 0.74 0. cadre PVC Triple Vitrage peu émissif.°C)] (-) 1.75 0.75 800 12 800 15 1300 2400 12 1200 2400 648 840 648 880 648 880 840 837 880 Plancher bas Polystyrène extrudé Hourdis Béton plein Laine de verre semi rigide Plâtre gypse Béton plein Combles Plancher intermédiaire Tableau A-1 : Caractéristiques de l’enveloppe de la première maison de la plateforme INCAS Type de paroi Mur extérieur Matériau Béton plein Polystyrène extrudé Masse Chaleur Epaisseur Conductivité volumique spécifique [cm] [W/(m.74 0.°C)] [kg/m3] [J/(kg.44 Tableau A-3 : Menuiseries utilisées dans les deux maisons 165 .035 0.23 1.86 0.029 1.029 1.75 12 15 1300 2400 12 1200 2400 840 880 648 880 840 837 880 Plancher bas Polystyrène extrudé Hourdis Béton plein Laine de verre semi rigide Plâtre gypse Béton plein Combles Plancher intermédiaire Tableau A-2 : Caractéristiques de l’enveloppe de la deuxième maison de la plateforme INCAS Type de vitrage Double Vitrage peu émissif.°C)] [kg/m3] [J/(kg.3 0. cadre PVC Coefficient de transfert Facteur solaire thermique Uw [W/(m².42 1.

Figure A-1 : Plan du rez-de-chaussée de la maison béton. isolant extérieur Figure A-2 : Plan de l’étage de la maison béton. isolant extérieur 166 .

2) La gestion de la dérivée temporelle de la température est réalisée directement par SPARK (voir paragraphe 2. les variables d’état sont considérées comme uniformes. Cordeiro Mendonça 2004).1. On y applique les lois de conservation de masse et d’énergie.2 page 58) Les flux entrant dans la zone thermique peuvent être soit des flux venant des parois. Pour chaque zone.i  0 i 1 n (AII. le flux entrant est alors calculé à partir de l’enthalpie de l’air liée à la température de soufflage : 167 . Ces modèles ont été décrits plus précisément dans les manuscrits des thèses de ceux qui les ont implémentés dans SIMSPARK (Wurtz 1995. Mora 2003. La somme des débits massiques d’air entrant dans cette zone est donc nulle :   mair . Musy 1999. Le principe de cette approche est de découper le bâtiment en zones thermiques. Restent à caractériser correctement les transferts de masse et d’énergie en jeu entre ces zones et entre les zones et l’environnement extérieur du bâtiment. 1. à chaque instant.1) Bilan thermique On explicite ici le fait que la somme des flux entrant pendant un temps dt dans une zone thermique et du flux source est égale à la quantité de chaleur nécessaire pour faire varier la température de l’air de la zone de dTair pendant la même durée.Annexe II : Modèles de base des transferts de chaleur dans SIMSPARK Cette annexe résume les principaux modèles existants dans SIMSPARK qui ont été utilisés dans ce travail. on réalise un bilan de masse d’air en considérant qu’il ne peut pas y avoir d’accumulation. L’approche nodale a été adoptée pour caractériser le comportement des bâtiments étudiés. Modèle de zone Bilan massique sur l’air Sur chaque zone. n   dt   qsource   qi    air  Cpair  dTair   i 1   (AII. soit des flux venant des bouches d’entrée ou de sortie d’air.

Le mur est discrétisé en n tranches. plancher. Sur chacune de ces tranches.6) Echanges superficiels par convection Les échanges superficiels par convection sont pris en compte de façon simplifiée par l’intermédiaire de la loi de Newton :  qconv  hc  Ts  Tair  (AII. On a donc au niveau de chaque surface considérée un bilan des flux de ce type (par convention.5) Entre chaque tranche. on réalise un bilan de densité de flux : q 1 i 2  q 1 i 2    Cp  x  Ti t (AII. mur vertical) pour les surfaces intérieures des murs et déterminé en fonction de la vitesse du vent à l’extérieur. Modèles de transfert de chaleur Les transferts de chaleurs à considérer pour caractériser les échanges entre les zones sont les transferts par conduction dans les parois ainsi que les échanges superficiels par convection et par rayonnement. qi  mair soufflé  Cpair  Tair soufflé (AII. la densité de flux est évaluée par une simplification 1D de la loi de Fourier : q    Ti  Ti 1  x 1 i 2 (AII.7) Le coefficient d’échange est choisi en fonction de la position de la paroi considérée (plafond. 168 . tous les flux sont pris ici convergeant vers la surface) : qcond  qconv  qray  0 (AII.3) 2.4) Transfert de chaleur par conduction dans les parois Le modèle dynamique adopté pour caractériser les transferts conductifs est de type différences finies 1D.

ce qui simplifie grandement le code de calcul. Une méthode pour évaluer ces flux primaires est présentée au paragraphe 2.  Rayonnement à l’extérieur du bâtiment Le rayonnement GLO est calculé à partir de la température du ciel. Son principe est le suivant : si l’on considère le rayonnement entre n surfaces. le rayonnement de la surface « i » avec les n-1 autres surfaces est rapporté à son rayonnement avec une surface unique « fi » appelée enceinte fictive qui possède des caractéristiques de rayonnement qui sont des moyennes pondérées des caractéristiques des n-1 autres surfaces. 1985).d (AII. On réalise ce calcul pour toutes les surfaces de la pièce considérée et comme le calcul des facteurs de forme est approché et qu’il ne vérifie pas la condition de complémentarité (leur somme n’est pas égale à 1) le bilan radiatif sur l’ensemble de la pièce est excédentaire. de la température du sol. Pour le rayonnement CLO. Pour le rayonnement GLO. On calcule donc le reliquat d’énergie radiative par l’équation suivante : qr. sont l’ensemble des flux primaires direct et diffus des parois. on évalue la densité de flux de chaleur de rayonnement nette GLO pour la surface « i » en fonction de la température de fi et on corrige cette grandeur en redistribuant le reliquat en fonction des propriétés radiatives des surfaces. Son implémentation dans SIMSPARK est détaillée dans la thèse de Cordeiro Mendonça (2004).abs  qr.D  qr.2 du chapitre III. Les données à fournir pour ce calcul. outre les caractéristiques radiatives des parois.8) On redistribue ensuite ce reliquat sur toutes les surfaces en fonction de leur absorptivité puis on le recalcule jusqu’à obtenir un reliquat proche de zéro par itération.Annexe II : Modèles de base des transferts de chaleur dans SimSpark Echanges par rayonnement  Rayonnement à l’intérieur du bâtiment Les échanges par rayonnement sont pris en compte par la méthode des enceintes fictives (Walton 1980). Cette méthode approchée a l’avantage de prendre en compte le flux radiatif CLO qui peut ressortir par les fenêtres et d’éviter le calcul des facteurs de forme. Elle donne de bons résultats pour des géométries de pièces pas trop élancées (Allard et al.rel  qr. de l’émissivité de la surface et de l’angle entre la surface considérée et l’horizontale : 169 .tr  qr. on peut donc calculer l’exitance primaire de fi et en déduire l’éclairement total de la surface « i ».

Le calcul du rayonnement CLO est détaillé dans le paragraphe 2 du chapitre III.9) On obtient aisément cette formule par la méthode des radiosités en considérant que les surfaces du ciel et du sol sont très grandes par rapport à la surface de la paroi. 170 . 4  1  cos    4  qGLO   0   p   Tsp     Tsol  2     1  cos    4     Tciel   2    (AII.

D'. C. E' les projetés de B. x y z) avec O coin inférieur gauche de la façade de la fenêtre. 20 cas différents sont à distinguer. est "e". Ces points peuvent soit être tous sur le sol. E sur les surfaces intérieures de la pièce. on choisit la notation comme si la face où est la fenêtre était la face sud) Le repère adopté est (O. D1 et E1 des quatre coins de la fenêtre sur un plan infini qui contient le plancher de la pièce (voir figure A-4). C'. ouest "o" et bas "b". Paramétrage du problème V z S Lf hs R Hf B o O b yA as x Lp zA C A B’ C’ D Hp E E’ P D’ T s U n e Q Wp y x1 x Figure A-3 : Paramétrage géométrique du problème de tache solaire La fenêtre rectangulaire est positionnée sur une façade par le milieu de l'allège A (milieu du bas de la fenêtre) et on calcule la projection de la tache solaire sur toutes les surfaces de la pièce (nord "n". D. C1. x la normale à la façade vers l'extérieur. on calcule les coordonnées des projetés B1. z l’axe vertical vers le haut et y le complémentaire pour que (O x y z) soit orthonormé direct. Pour les distinguer. et en tout. On appelle B'. soit tous sur la paroi nord etc.Annexe III : Formules utilisées pour le calcul de la surface de la tache solaire Le but de cette annexe est de donner l’ensemble des équations qui permettent le calcul de la surface de la tache solaire. 171 .

Les formules seront données ici dans une notation lisible par un code de calcul pour pouvoir être copiées directement. C2. c’est pourquoi elles diffèrent légèrement des notations utilisées dans le corps de la thèse : 172 . on calcule la position des projetés des quatre coins de la fenêtre sur la paroi du fond et on les appelle B2. De la même façon. D2 et E2 z C D E C2 D2 B hs O B2 E2 y x x1 x Figure A-5 : Projection des coins de la fenêtre sur un plan infini contenant le mur du fond On compare ensuite les coordonnées de ces points aux coordonnées des murs.z hs C D E B1 C1 E1 y D1 B O as x1 x x Figure A-4 : Projection des coins de la fenêtre sur un plan infini contenant le plancher On voit sur la figure A-4 que le point D1 est une projection fictive car le rayon serait normalement arrêté par la paroi est.

173 . soit quand le soleil n’est pas en face de la paroi de la fenêtre.Annexe III : Formules utilisées pour le calcul de la surface de la tache solaire notation signification Lp Longueur de la pièce (longueur de la paroi qui supporte la fenêtre) Wp Largeur de la pièce (distance entre la fenêtre et la surface opposée) yA zA Lf Hf as hs xB1 yB1 xC1 yC1 yD1 xE1 yE1 zB2 zC2 yC2 yD2 Sb Sn So Se Ss and >= <= fabs() Coordonnée 2 de A dans (O x y z) Coordonnée 3 de A dans (O x y z) Largeur de la fenêtre Hauteur de la fenêtre Angle entre la projection du rayon solaire sur le sol et la normale à la fenêtre (opposé de l'azimut si façade sud) Hauteur du soleil Coordonnée 1 de B1 dans (O x y z) Coordonnée 2 de B1 dans (O x y z) Coordonnée 1 de C1 dans (O x y z) Coordonnée 2 de C1 dans (O x y z) Coordonnée 2 de D1 dans (O x y z) Coordonnée 1 de E1 dans (O x y z) Coordonnée 2 de E1 dans (O x y z) Coordonnée 3 de B2 dans (O x y z) Coordonnée 3 de C2 dans (O x y z) Coordonnée 2 de C2 dans (O x y z) Coordonnée 2 de D2 dans (O x y z) Surface de la tache solaire sur la paroi du bas Surface de la tache solaire sur la paroi 'nord' (en supposant que la fenêtre est sur la paroi sud) Surface de la tache solaire sur la paroi 'ouest' (en supposant que la fenêtre est sur la paroi sud) Surface de la tache solaire sur la paroi 'est' (en supposant que la fenêtre est sur la paroi sud) Surface de la tache solaire sur la paroi 'sud' (en supposant que la fenêtre est sur la paroi sud donc cette surface est toujours nulle) Opérateur booléen "et" Opérateur "supérieur ou égal" Opérateur "inférieur ou égal" Valeur absolu d'un nombre unité [m] [m] [m] [m] [m] [m] [rad] [rad] [m] [m] [m] [m] [m] [m] [m] [m] [m] [m] [m] [m²] [m²] [m²] [m²] [m²] - Tableau A-4 : Notations utilisées pour le calcul de la tache solaire Cas 0 : Le soleil ne rentre pas dans la pièce C’est un cas particulier qui est détecté soit quand la section efficace de la fenêtre (qui prend en compte les masques solaires. On a alors : Sb=0. voir figure III.9) est nulle. Sn=0.

Se=0. E’ sur le plancher Figure A-6 : Position de la tache solaire . Ss=0. Cas 2: B'. D' sur la paroi nord Figure A-7 : Position de la tache solaire . Se=0. Ss=0. C'. Cas 1: B'.cas n°1  Conditions pour lesquelles ce cas est atteint : xC1>=-Wp and yD1<=Lp and yC1>=0  Surface de la tache solaire sur chaque paroi : Sb=fabs(Lf*cos(as)*Hf*cos(hs)/sin(hs)).cas n°2 174 . D’. E' sur le plancher et C'. So=0.So=0. Sn=0.

Se=0. Ss=0.5*fabs(((Lp-yA-0. E’ sur le plancher et D' sur la paroi est Figure A-8 : Position de la tache solaire . Se=0.5*Lf)/tan(as)+(zA+Hf)*cos(as)/tan(hs))).5*fabs((zA+Hf+(Lp-yA-0.Annexe III : Formules utilisées pour le calcul de la surface de la tache solaire  Conditions pour lesquelles ce cas est atteint : zC2>=0 and zB2<=0 and yC2>=0 and yD2<=Lp  Surface de la tache solaire sur chaque paroi : Sb=fabs((-zA*cos(as)/tan(hs)+Wp)*Lf). So=0.5*Lf)*tan(hs)/sin(as))*((Lp-yA0.5*Lf+(zA+Hf)*sin(as)/tan(hs))). Ss=0. Cas 4: B'. C’ sur le plancher et D'. Cas 3: B'. Sn=fabs((zA+Hf-Wp*tan(hs)/cos(as))*Lf). C’.5*Lf)/tan(as)+(zA+Hf)*cos(as)/tan(hs))*(Lp-yA0.cas n°3  Conditions pour lesquelles ce cas est atteint : xC1>=-Wp and yC1<=Lp and yE1<=Lp and yD1>=Lp  Surface de la tache solaire sur chaque paroi : Sb=fabs(Lf*(-(zA+Hf)*cos(as)/tan(hs)+zA*cos(as)/tan(hs)))0. E' sur la paroi est 175 . Sn=0. So=0.

Cas 5: B' sur le plancher et C'. E' sur la paroi est Figure A-10 : Position de la tache solaire . So=0. D'.cas n°5  Conditions pour lesquelles ce cas est atteint : 176 . Se=0.5*fabs((zA*cos(as)/tan(hs)+(zA+Hf)*cos(as)/tan(hs))*(zA*sin(as)/tan(hs)+(zA+Hf)*sin(as)/tan(hs))).5*fabs((zA*cos(as)/tan(hs)+(zA+Hf)*cos(as)/tan(hs))*(zA+(Lp-yA0.5*Lf-zA*sin(as)/tan(hs)-Lp)*(zA*cos(as)/tan(hs)+(zA+Hf)*cos(as)/tan(hs)))-0.cas n°4  Conditions pour lesquelles ce cas est atteint : xC1>=-Wp and yC1<=Lp and yE1>=Lp  Surface de la tache solaire sur chaque paroi : Sb=fabs((yA-0.Figure A-9 : Position de la tache solaire . Ss=0. Sn=0.5*Lf)/tan(as)+(zA+Hf)*cos(as)/tan(hs)))+0.5*Lf)*tan(hs)/sin(as))).5*fabs(Hf*((Lp-yA0.

5*Lf)*tan(hs))/(sin(as)))*((Lp-yA+0.5*Lf-zA*sin(as)/tan(hs)Lp)*((Lp-yA-0.5*LfzA*sin(as)/tan(hs)-Lp)).5*Lf)/(tan(as))-(Lp-yA0. 177 .5*fabs((-zA*cos(as)/tan(hs)-(LpyA+0.5*Lf)/tan(as))).5*Lf)*tan(hs)/sin(as))).5*fabs((zA+Hf+((LpyA+0.5*fabs((yA+0.5*Lf)/tan(as))*Lf)+0.Annexe III : Formules utilisées pour le calcul de la surface de la tache solaire xB1>=-Wp and yB1<=Lp and yE1>=Lp and yC1>=Lp and yC2>=Lp  Surface de la tache solaire sur chaque paroi : Sb=0. Ss=0.5*Lf)/(tan(as))-(LpyA+0.5*fabs((zA+((Lp-yA0.5*Lf)/(tan(as))))+0. Se=0. Cas 6: B'.5*Lf)/tan(as)-(LpyA+0.5*Lf)/(tan(as)))*Hf)+0.5*fabs(((Lp-yA-0. cas_5t=1.5*Lf)/tan(as))*(yA-0. Sn=0.cas n°6  Conditions pour lesquelles ce cas est atteint : xE1>=-Wp and yE1<=Lp and yC1>=Lp and yC2>=Lp  Surface de la tache solaire sur chaque paroi : Sb=0.5*Lf)*tan(hs)/sin(as)))+0.5*Lf)*tan(hs))/(sin(as)))*(-(zA*cos(as))/(tan(hs))-(LpyA+0. So=0. E' sur le plancher et C'.5*fabs((-zA*cos(as)/tan(hs)-(Lp-yA+0.5*fabs(((Lp-yA-0. D' sur la paroi est Figure A-11 : Position de la tache solaire .5*Lf)/tan(as)-(Lp-yA+0.5*Lf)/tan(as)-(Lp-yA+0.5*Lf)/tan(as))*(-zA-Hf(Lp-yA-0.5*Lf)/(tan(as)))). Sn=0. Se=0. So=0.5*fabs(((Lp-yA-0. Ss=0.5*Lf)/tan(as))*(-zA-Hf-(Lp-yA+0.

Se=fabs((Hf*Lf)/tan(as)).cas n°7  Conditions pour lesquelles ce cas est atteint : yB1>=Lp and yC2>=Lp  Surface de la tache solaire sur chaque paroi : Sb=0. C’. Sn=0. D’. So=0.Cas 7: B'. C’. E’ sur la paroi est Figure A-12 : Position de la tache solaire . E’ sur la paroi nord Figure A-13 : Position de la tache solaire . Ss=0. Cas 8: B'. D’.cas n°8  Conditions pour lesquelles ce cas est atteint : zB2>=0 and yC2>=0 and yD2<=Lp 178 .

Ss=0. Se=fabs(Hf*(-Wp-(Lp-yA-0. C' sur la paroi nord et D'. E' sur la paroi est 179 .Annexe III : Formules utilisées pour le calcul de la surface de la tache solaire  Surface de la tache solaire sur chaque paroi : Sb=0.5*Lf)/tan(as))). Cas 9: B'. Se=0. Sn=Hf*Lf. Cas 10: B' sur le plancher. So=0. Ss=0.cas n°9  Conditions pour lesquelles ce cas est atteint : zB2>=0 and yC2<=Lp and yD2>=Lp  Surface de la tache solaire sur chaque paroi : Sb=0. E' sur la paroi est Figure A-14 : Position de la tache solaire . Sn=fabs((yA-0. So=0. C' sur la paroi nord et D'.5*Lf-Wp*tan(as)-Lp)*Hf).

5*Lf)*tan(hs))/(sin(as)))*(-Wp-(Lp-yA-0. C' sur la paroi nord.5*Lf-zA*sin(as)/tan(hs)Lp)*(zA*cos(as)/tan(hs)-Wp)).cas n°10  Conditions pour lesquelles ce cas est atteint : xB1>=-Wp and yB1<=Lp and zC2>=0 and yC2<=Lp and yD2>=Lp and yE1>=Lp  Surface de la tache solaire sur chaque paroi : Sb=0.5*fabs((Hf-(Wp*tan(hs))/(cos(as))-((Lp-yA0. Se=0. Sn=fabs((zA+Hf-Wp*tan(hs)/cos(as))*(yA-0. Ss=0. E’ sur le plancher. D' sur la paroi est Figure A-16 : Position de la tache solaire .5*fabs((-Wp-(Lp-yA0.5*Lf)*tan(hs))/(sin(as)))*((zA*cos(as))/(tan(hs))-Wp)).5*Lf)/(tan(as)))-(-Wp-(LpyA-0.5*fabs((-zA*cos(as)/tan(hs)+Wp)*(yA-0.5*Lf)/(tan(as)))*(zA+Hf-(Wp*tan(hs))/(cos(as))))+0.5*Lf-Wp*tan(as)-Lp)).5*fabs((-zA-((LpyA-0.cas n°11 180 .5*Lf)/(tan(as)))*(-(Wp*tan(hs))/(cos(as))-((Lp-yA0.5*Lf-zA*sin(as)/tan(hs)Lp)-(-zA*sin(as)/tan(hs)+Wp*tan(as))*(zA*cos(as)/tan(hs)+Wp))+0.5*fabs((yA-0.Figure A-15 : Position de la tache solaire . Cas 11: B'. So=0.5*Lf)*tan(hs))/(sin(as))))+0.

Sn=0. Sn=fabs((-zA-Hf+Wp*tan(hs)/cos(as))*(yA-0.5*Lf+((zA+Hf)*sin(as))/(tan(hs)))).5*Lf-Wp*tan(as)-Lp)).Annexe III : Formules utilisées pour le calcul de la surface de la tache solaire  Conditions pour lesquelles ce cas est atteint : xB1>=-Wp and yB1<=Lp and zC2>=0 and yC2<=Lp and yD2>=Lp and yE1<=Lp  Surface de la tache solaire sur chaque paroi : Sb=0.5*Lf)*tan(hs)/sin(as))).5*Lf((zA+Hf)*sin(as))/(tan(hs)))-(-Lf(zA*sin(as))/(tan(hs))+((zA+Hf)*sin(as))/(tan(hs)))*(((zA+Hf)*cos(as))/(tan(hs))+(yA0.5*Lf-Wp*tan(as)-Lp)).5*fabs(-(-Wp-(Lp-yA0.5*Lf)/tan(as)+Wp)).5*Lf)/(tan(as)))*(-Lf-Wp*tan(as)+(zA*sin(as))/(tan(hs)))+(yA-0.cas n°12  Conditions pour lesquelles ce cas est atteint : xC1>=-Wp and yD1>=0 and yB1>=0 and yC1<=0  Surface de la tache solaire sur chaque paroi : Sb=0.5*fabs(((zA*cos(as))/(tan(hs))+((zA+Hf)*cos(as))/(tan(hs)))*Lf)+0.5*Lf)/(tan(as)))*(-yA-0.5*Lf)/tan(as))*(-zA-Hf+(yA0. Se=0.5*fabs(((zA*cos(as))/(tan(hs))+((zA+Hf)*cos(as))/(tan(hs)))*(yA+0.5*Lf)/tan(as)+Wp)*(zA+Hf+(Lp-yA0.5*fabs((-(zA*cos(as))/(tan(hs))+Wp)*Lf)+0.5*Lf)/(tan(as)))*(yA-0.5*fabs(((zA+Hf)*cos(as)/tan(hs)-(yA-0. 181 . Cas 12: B'.5*fabs(((Lp-yA-0. Se=0.5*fabs((zA+Hf-Wp*tan(hs)/cos(as))*((Lp-yA0.5*Lf)/(tan(as))))+0. Ss=0.5*fabs((-Wp-(Lp-yA0. So=0. So=0.5*fabs((((zA+Hf)*cos(as))/(tan(hs))-(yA0.5*Lf)*tan(hs)/sin(as)))+0. D’. E’ sur le plancher et C' sur la paroi ouest Figure A-17 : Position de la tache solaire .5*LfWp*tan(as)-Lp)*((zA*cos(as))/(tan(hs))-Wp))+0.

So=0.cas n°13  Conditions pour lesquelles ce cas est atteint : xC1>=-Wp and yD1>=0 and yB1<=0  Surface de la tache solaire sur chaque paroi : Sb=0. E’ sur le plancher et B'.5*fabs((zA*cos(as)/tan(hs)+(zA+Hf)*cos(as)/tan(hs))*(yA+0.5*fabs((-zA*cos(as)/tan(hs)+(zA+Hf)*cos(as)/tan(hs))*(yA+0.5*Lf)/tan(as)))+0. Sn=0.5*LfzA*sin(as)/tan(hs))).5*fabs((-zA+(yA-0. D’ sur la paroi ouest 182 . C’ sur la paroi ouest Figure A-18 : Position de la tache solaire .Ss=0.5*Lf)*tan(hs)/sin(as))*(zA*cos(as)/tan(hs)+(zA+Hf)*cos(as)/tan(hs))). Se=0. Cas 13: D'.5*fabs(Hf*(-(zA+Hf)*cos(as)/tan(hs)+(yA0. B’. Cas 14: E' sur le plancher.5*LfzA*sin(as)/tan(hs))-(-zA*cos(as)/tan(hs)+(zA+Hf)*cos(as)/tan(hs))*(zA*sin(as)/tan(hs)+(zA+Hf)*sin(as)/tan(hs)))+0. Ss=0. C'.

D’ sur la paroi ouest Figure A-20 : Position de la tache solaire .5*Lf)*tan(hs)/sin(as)Hf+(yA+0.cas n°15  Conditions pour lesquelles ce cas est atteint : 183 .5*Lf)/tan(as)+(yA+0.5*fabs((-zA+(yA-0.5*Lf)/tan(as))).5*Lf)/tan(as)+(yA+0. So=0. Se=0. E’ sur le plancher et C'.5*fabs((zA-(yA0.Annexe III : Formules utilisées pour le calcul de la surface de la tache solaire Figure A-19 : Position de la tache solaire .5*fabs(Hf*(-(yA0. Sn=0.5*Lf)/tan(as))*(yA+0.5*Lf)*tan(hs)/sin(as)))+0.5*Lf)/tan(as))-((yA-0.5*Lf)/tan(as)))+0.5*Lf)/tan(as)+(yA+0.5*Lf)*tan(hs)/sin(as))*(-(yA-0.5*LfzA*sin(as)/tan(hs))).cas n°14  Conditions pour lesquelles ce cas est atteint : xB1>=-Wp and yE1>=0 and yB1<=0 and yD1<=0 and yD2<=0  Surface de la tache solaire sur chaque paroi : Sb=0.5*Lf)/tan(as))*(-(yA0.5*fabs((-zA*cos(as)/tan(hs)+(yA+0. Cas 15: B'.5*Lf)*tan(hs)/sin(as))*(zA*cos(as)/tan(hs)+(yA+0. Ss=0.

5*Lf)/tan(as)))+0. E’ sur la paroi nord et B'. Ss=0.5*fabs((-(yA-0.5*LfzA*sin(as)/tan(hs))-(yA-0.5*Lf)/tan(as))*(-zA-Hf+(yA0.5*Lf)/tan(as))*Lf). Se=0.xE1>=-Wp and yB1>=0 and yD1<=0 and yD2<=0  Surface de la tache solaire sur chaque paroi : Sb=0.5*fabs((-zA*cos(as)/tan(hs)+(yA-0. E’ sur la paroi ouest Figure A-21 : Position de la tache solaire . C’. Cas 17: D'.5*Lf)/tan(as))*(yA-0.cas n°16  Conditions pour lesquelles ce cas est atteint : yE1<=0 and yD2<=0  Surface de la tache solaire sur chaque paroi : Sb=0.5*Lf)/tan(as)+(yA+0.5*Lf-zA*sin(as)/tan(hs))*(zA*cos(as)/tan(hs)+(yA+0.5*Lf)*tan(hs)/sin(as)))+0.5*Lf)/tan(as))*(-zAHf+(yA+0. Sn=0.5*Lf)/tan(as)+(yA+0. D’. Ss=0.5*fabs((-(yA0. Cas 16: B'.5*fabs((zA*cos(as)/tan(hs)+(yA+0. So=0. So=fabs(Lf*Hf/tan(as)).5*Lf)*tan(hs)/sin(as))). Se=0. Sn=0. C’ sur la paroi ouest 184 .

B'. So=fabs((-(yA-0.cas n°17  Conditions pour lesquelles ce cas est atteint : zB2>=0 and yD2>=0 and yC2<=0  Surface de la tache solaire sur chaque paroi : Sb=0. Ss=0.5*Lf+Wp*tan(as))*Hf). Sn=fabs((-yA-0. Cas 18: E' sur le plancher.cas n°18  Conditions pour lesquelles ce cas est atteint : xB1>=-Wp and yE1>=0 and zC2>=0 and yD2>=0 and yC2<=0 and yB1<=0  Surface de la tache solaire sur chaque paroi : 185 .Annexe III : Formules utilisées pour le calcul de la surface de la tache solaire Figure A-22 : Position de la tache solaire . Se=0. C’ sur la paroi ouest et D' sur la paroi nord Figure A-23 : Position de la tache solaire .5*Lf)/tan(as)+Wp)*Hf).

Sb=0.5*Lf+(zA*sin(as))/(tan(hs))))+0.5*Lf)*tan(hs)/sin(as)))+0.5*Lf)/(tan(as)))+(-(yA-0.5*Lf)*tan(hs))/(sin(as))Hf+(Wp*tan(hs))/(cos(as)))*((zA*cos(as))/(tan(hs))-(yA0.cas n°19  Conditions pour lesquelles ce cas est atteint : xB1>=-Wp and zC2>=0 and yD2>=0 and yC2<=0 and yB1>=0  Surface de la tache solaire sur chaque paroi : Sb=0.5*fabs((zA*cos(as)/tan(hs)-Wp)*(-yA-0. So=0.5*Lf+Wp*tan(as))).5*fabs((-(yA-0.5*Lf+Wp*tan(as))).5*Lf)*tan(hs))/(sin(as))))+0.5*fabs((-yA-0.5*Lf)/(tan(as))+Wp)*Hf).5*Lf+(zA*sin(as))/(tan(hs)))-((zA*cos(as))/(tan(hs))-Wp)*(-yA0.5*fabs(((zA*cos(as))/(tan(hs))-Wp)*(-yA0.5*fabs(((yA-0. Sn=fabs((-zA-Hf+Wp*tan(hs)/cos(as))*(-yA-0. Se=0.5*Lf)/(tan(as))-Wp)). Se=0.5*Lf+(zA*sin(as))/(tan(hs)))*((yA-0.5*Lf+zA*sin(as)/tan(hs))*(zA*cos(as)/tan(hs)Wp))+0.5*Lf+Wp*tan(as))).5*Lf+Wp*tan(as)))+0.5*fabs((-zA-Hf+(Wp*tan(hs))/(cos(as)))*((zA*cos(as))/(tan(hs))Wp))+0. D' sur la paroi nord Figure A-24 : Position de la tache solaire . Ss=0.5*fabs(((zA*cos(as))/(tan(hs))-Wp)*(yA+0.5*fabs(-(-((yA-0.5*Lf)/tan(as)-Wp)*(-zAHf+Wp*tan(hs)/cos(as))). So=0. Cas 19: B'. Ss=0.5*Lf)/(tan(as))+Wp)*(zA-((yA0.5*fabs((yA+0. 186 .5*fabs(((yA-0. E’ sur le plancher. Sn=fabs((-zA-Hf+Wp*tan(hs)/cos(as))*(-yA-0.5*Lf)/tan(as)-Wp)*(-zA-Hf+(yA0. C' sur la paroi ouest.

.

c'est-à-dire qu’ils devront consommer moins de 50 kW. efficacité énergétique d’un bâtiment. tous les bâtiments neufs devront répondre aux critères de basse consommation.Environnements de simulations adaptés à l’étude du comportement énergétique des bâtiments basse consommation En France. earth-to-air heat exchanger. the resolution direction of some problems could be inversed in a dynamic simulation. la production d'eau chaude sanitaire et l'éclairage (à moduler selon la région et l’altitude). and an earth-to-air heat exchanger model. They were integrated into a global model of a low-consumption building to show the advantages of the simulation environment used. plusieurs modèles ont été implémentés dans l’environnement SIMSPARK. low-consumption building. so it is important to see whether the models as well as the simulation methods used still correspond to these new building requirements. Les environnements de simulation énergétique existants ont été conçus pour des bâtiments classiques pour lesquels les consommations sont beaucoup plus importantes que celles fixées pour 2012. Le fait qu’il soit basé sur les systèmes d’équations a permis grâce à la non orientation a priori du modèle d’inverser le sens de résolution de plusieurs problèmes dans une simulation dynamique. environnement orienté objet. échangeur air-sol. Il s’agit d’un modèle de matériau à changement de phase. object-oriented environment. cooling. Pour cela. For that purpose. à partir de 2012. phase-change material. several models were implemented in SIMSPARK platform: a phase-change material model. La simulation numérique a un rôle important à jouer pour atteindre cet objectif. lighting and hot water production. la robustesse des méthodes de résolution utilisées a été éprouvée. la ventilation. Keywords: Dynamic simulation. Existing energy simulation environments were designed for classic buildings that have much higher consumption than the standards set for 2012. tache solaire. building energy efficiency.h/(m². SIMSPARK. environnement basé sur les systèmes d’équations. Since the environment is equation-based and it is not ex ante oriented. SIMSPARK. every new building in France will have to meet low-consumption standards. il faut donc voir si les modèles mais aussi les méthodes de simulations utilisés correspondent toujours aux spécificités de ces nouveaux bâtiments. bâtiments basse consommation. The objective of this work is to show the advantages of using an equation-based simulation environment to study the energy behaviour of buildings. matériau à changement de phase. Ils ont été intégrés dans un modèle global de bâtiment basse consommation ce qui a permis de montrer les avantages de l’environnement de simulation utilisé. inversion de modèles.an) en énergie primaire pour le chauffage. model reversion. This means that their primary energy consumption will have to be under 50 kW. Finally. sunspot. SPARK. d’un modèle de prise en compte du rayonnement de courtes longueurs d’onde par calcul de la tache solaire et d’un modèle d’échangeur air-sol. Digital simulation can contribute greatly to reaching this objective. the robustness of the resolution methods used is shown. Mots clé : Simulation dynamique. SPARK. a model to take into account long-wave radiation calculating sunspot position. equation-based environment.year) for heating. Enfin. Le fait qu’il soit orienté objet permet de valider indépendamment les nouveaux modèles puis de les intégrer facilement à un modèle de niveau hiérarchique supérieur. Simulation environments adapted to the study of energy behaviour of low-consumption buildings Beginning in 2012. .h/(m². le refroidissement. ventilation. L’objectif de ce travail est de montrer l’intérêt d’utiliser un environnement de simulation basé sur les systèmes d’équations pour étudier le comportement énergétique des bâtiments basse consommation. Its object-oriented feature make it possible to validate independently new models and then to integrate them easily into a model at a higher hierarchical level.

Sign up to vote on this title
UsefulNot useful