"THE PURLOINED LETTER" : De Lacan à Derrida et en deçà Au fil de son Séminaire sur "La Lettre volée", Lacan est amené

(et à juste titre) à corriger ce que la traduction de Baudelaire ("volée") a d’imprécis : purloined letter, c’est plus exactement "lettre détournée", "lettre en souffrance" (40)1. Or il semblerait que, si le ministre D. a sans vergogne détourné la lettre de la Reine, Lacan ait quant à lui quelque peu détourné "La lettre volée" -- "The Purloined Letter", autrement dit le texte de Poe. Pour la meilleure des causes possible sans doute -- celle de Freud et du freudisme. Mais tout de même... C’est en tout cas l’avis de Derrida tel qu’exposé en son commentaire dudit Séminaire, "Le facteur de la vérité". Qui s’ouvre, significativement, sur cette réflexion où l’on pourra sans risque subodorer quelque ironie : "La psychanalyse, à supposer, se trouve. Quand on croit la trouver, c’est elle, à supposer, qui se trouve." (441)2. Ce que l’on pourrait éventuellement (la suite y invite) traduire par : Lacan, à supposer, se trouve -- là où l’on pourrait croire qu’il (re)trouve Freud. Scrutant l’édifice lacanien, Derrida en effet constate, entre autres, que Lacan néglige (en fait évacue) deux dimensions du texte poesque, le narrateur d’une part et, la nouvelle étant le terme d’une mini-série (trois enquêtes de Dupin) son intertextualité : négligence qui, une fois réparée, revient à renvoyer au plus flou les bornes de ce texte, sans parler de celles que lui assigne (non gratuitement certes) le Séminaire. Ensuite, Derrida constate que Lacan subrepticement rejoue (compulsion de répétition ?) le drame du conte : avec cette fois Freud dans le rôle de la Reine, Marie Bonaparte (et la clique des détourneurs / dévoyeurs de la Vérité freudienne) dans celui du ministre, enfin Lacan lui-même en tant que super-Dupin. Par ailleurs, selon Derrida Lacan ne soutient sa démonstration que d’une idéalisation du signifiant3 et d’une unité / vérité (présence à soi) de la voix, qui ignore (et pour cause) l’archi-écriture derridienne. Et là où Lacan en guise de conclusion énonce, comme "message ultime" de la "Lettre volée", "qu’une lettre arrive toujours à destination" (53), Derrida en doute. Et pour finir botte en touche : deux fois sur trois Lacan, citant Crébillon (père), aura forcé un dessein en destin. Ce qui, il faut en convenir, épingle assez bien la manière lacanienne. On aura l’occasion d’y revenir. Tout cela est certes bel et bon, mais tout de même un peu maigre, sinon décevant. Car, de ces deux maîtres Jacques, et de leurs règlements de comptes respectifs, le conte de Poe ne trouve guère le sien, lui qui précisément, on le verra, s’occupe aussi, et fort minutieusement, de ces choses.

Au cours des deux substitutions de lettres deux documents à chaque fois sont en jeu. De celle-là notons déjà qu’elle renvoie . Évocation d’un triplement de la récompense. Triades lacaniennes bien sûr. Son entreprise. Or la nouvelle entière (et pas seulement les deux scènes et triades isolées par Lacan) est truffée de ces répétitions offrant une série de (qu’on nous pardonne le jeu de mots) figures du pair. L’adresse du tandem contient trois fois le chiffre trois. L’impair n’y manque pas non plus. est sous le signe de l’impair). Pour ne mentionner que les paires les plus visibles. on le sait. de l’aveu même du Maître. celle du préfet avec le tandem : on passe successivement. par " contrainte " ou " compulsion " plutôt que " automatisme "). Dupin se rend deux fois chez le ministre. Ce dernier mentionne ou cite successivement sept auteurs. Le danger (évoqué par deux fois) de mettre un tiers. Tout juste d’y contribuer de quelques réflexions. humbles fragments supplémentaires qui.4. d’ailleurs. du pair à l’impair puis de l’impair au pair (et le préfet.et de deux). qui est par ailleurs le premier élément à avoir sollicité l’attention lacanienne. Le mot odd. Sans parler de la "trilogie" à laquelle se rattache la nouvelle. L’initiale de Dupin est aussi celle du ministre (quatrième lettre de l’alphabet). à défaut de boucher le "trou" derridien. Le ministre est un homme double (à la fois mathématicien et poète) et a un frère avec lequel le narrateur le confond. soit dans la confidence. deux instruments de musique. et Derrida Lacan (et Freud). soit en possession de la lettre. L’énorme récompense a été doublée d’une visite à l’autre. le chantage du ministre dure depuis dixhuit mois. au cours de ces deux visites. visait explicitement à illustrer l’automatisme de répétition (Wiederholung Zwang) freudien (qui devrait se traduire. sont fouillés par deux fois. Pair / impair Ce n’est pas un hasard si le texte place au début des explications de Dupin la référence au jeu de pair / impair. Ainsi. n’ont d’autre ambition que de jeter un éclairage quelque peu différent sur la nouvelle de Poe. que Poe. Non point qu’il s’agisse ici de remettre en question deux si prestigieux édifices. muni d’une paire de vertes lunettes. le narrateur rêvasse aux deux autres "affaires Dupin" (et donc désigne les deux autres nouvelles). Deux visites au tandem Dupin-narrateur par le préfet de police G. Sur le large bureau de ce dernier. on retiendra encore la notion d’identification. ainsi que les deux demeures adjacentes. L’Atrée de Crébillon père met en scène deux frères. intertextualité oblige. La personne et l’hôtel du ministre D. la citation tronquée de Crébillon compte dix-huit pieds (multiple de trois -. De la discussion par Dupin du jeu pair / impair. et le chiffre de 50 000 francs pour celle de Dupin. L’action se déroule en automne (troisième saison de l’année) 18 --.Sans doute. Dupin détient la lettre durant environ un mois (trente jours donc). Trois lettres en tout sont mises en jeu. qui par deux fois affirme son intention d’exposer l’affaire d’abord. répété avec insistance. auxquelles on peut en ajouter une troisième. de par son initiale " G ". Lacan vise-t-il bien davantage Freud (et Lacan). et le couple surface / profondeur. de rétribuer l’aide de Dupin ensuite.

348). à Dupin la langueur ténébreuse du poète-voyant. que sera envisagée la nouvelle. ou narrateur-protagoniste) résolument partie prenante dans l’affaire. du ministre. Identifications : triades / figures Que le narrateur. bref la surface (l‘apparence) serait la profondeur (la réalité). l’expression (surface) livre les pensées ou sentiments. il n’est peut-être pas nécessaire.de narrateur général) soit. ou intuition des dangers encourus à se laisser entraîner dans le circuit de la lettre ? Car si le préfet. Dans cette partie à trois voix. Mieux : ultimement. entre autres.e. Mais peut-être s’agit-il là encore d’une simple pose.. il n’y aurait de profondeur que fausse ("spurious profundity". poussant systématiquement le préfet à exposer l’affaire.guère éclairante -.’ said Dupin. bref trois figures dans la nouvelle. on obtient deux réactions opposées : " ‘Proceed. quel serait le châtiment de son confident ? Ce n’est qu’assez tardivement dans la scène que Dupin s’intéressera vraiment à l’affaire. la profondeur se ramasserait. 340)7. comme s’il se trouvait déjà sous l’influence de la lettre (lui-même s’avouera plus loin "a partisan of the lady concerned". lorsque le préfet. Vanité. trois lieux et donc trois rôles). ‘Or not. il suffit d’examiner la première visite de G. c’est nettement le narrateur qui mène le jeu. narrateur intradiégétique. des masques et déguisements ? Nous verrons plus loin ce qu’il en est dans la nouvelle. i. dès lors. les précisions de background. Or. qui en forment la trame souterraine. C’est. et le dehors pour le dedans.en dehors de l’escouade policière bien sûr). à l’éclairage de ces diverses composantes. toute de mollesse et de langueur ("pretending to be in the last extremity of ennui". comme l’affirme Derrida (qui le dédouble en narrant-narré.. les digressions. comme le fait Lacan. à ce sujet. Imperturbabilité du premier. Et qu’elle implique le couple surface / profondeur : selon l’écolier "prodige". 346). et que ses interventions se feront plus pointues (ce qui n’empêche nullement ses précédentes répliques de prendre rétrospectivement. en cas d’indiscrétion. (premières scène et triade) pour s’en convaincre. et fait un sort à l’objection : c’est la tirade de Dupin contre les mathématiciens (les axiomes ne sont pas toujours des vérités d’ordre général)5.à pair / impair : dans l’identification à (l’intellect de) l’autre. où . Ainsi. N’empêche : Dupin ici déjà semble adopter la pose même. on passe du pair (2 = 1+1) à l’impair (2 = 1). l’apparence vaudrait donc pour la réalité. tout serait simple surface (trop simple même pour le préfet). ignoré par Lacan (qui l’expédie sous l’étiquette -. toute leur pertinence). de l’autre6.’ said I. Dupin au contraire apparaît lointain. place son caveat (l’interdit de toute indiscrétion à un tiers -. bref l’état d’esprit (profondeur).sollicitude à l’endroit du préfet. D’où : la surface livrerait la profondeur. devait perdre son poste." (331). Paradoxe ? Le texte a prévu la chose. se signifierait toute entière dans la surface. il semble peu enclin à s’investir dans cette affaire pourtant des plus odd. sinon d’un numéro à deux bien rodé par le tandem : au narrateur la rigueur bornée du mathématicien. ayant affirmé son intention d’exposer la chose. Bref. de distinguer trois étapes (trois regards. réticence du second -. à l’occasion de la seconde visite de G. se cantonnant dans les généralités vagues.

relève un quart exclu (461) -.avant l’étape finale. en vient à s’identifier à cette dernière. qui (combinaison éminemment dangereuse. C’est bien le cas du ministre qui. ici son unique fonction. surtout chez un génie sans principes tel que M) se rencontrent en la personne de D. en somme il renvoie (comme jusqu’à un certain point le narrateur) à la figure du mathématicien : "if the minister had been no more than a mathematician" (343). d’identification à la Reine ? On ne le saura pas. En revanche le ministre et Dupin sont tous deux des poètes. là encore. aussi bien la substitution de la lettre que sa remise contre récompense : nouvelle paire de doubles. qui s’identifiera. comme le fait Lacan à propos de sa place d’aveuglement.mais pas forcément comme l’entendent Lacan et Derrida. selon le préfet. L’identification englobe encore l’économie de l’échange. et contre la triade lacanienne. mathématicien-poète (ministre / Dupin). Mais les explications de Dupin. Et même plus particulièrement du jeu de bridge. L’échange. Lacan note toutefois (sans d’ailleurs y insister) un reste : la lettre abandonnée par le ministre. autre thème fort de la nouvelle : dans l’identification.ce qui ne les empêchera pas de succomber à leur tour à l’aveuglement -. et chacun. le préfet n’aurait pas fait chou blanc..8 de loger à la même enseigne Roi et préfet (avant le ministre et Dupin) dans "le symbole de la plus énorme imbécillité" (49) faisant ainsi plus ou moins du monarque la risible figure du cocu de la farce.qui signifie également "coquin". À noter toutefois que la première triade lacanienne appelle encore une autre référence. toujours dernier et seul à ignorer son infortune. mathématicien (préfet / narrateur). Car le Roi ne sait pas qu’il y eût à voir (et après tout. Il est vrai qu’elle est. par le même effet.Derrida pour sa part. on échange sa place pour celle de l’autre. Dans le vol par le ministre (subversion donc de l’échange). elle ne signifie rien de notable. Quatre " figures " donc : Loi (Roi). Alors que ce dernier est celui qui ne peut ni ne veut voir. que la "signature" de son vol par celui-là fût vraiment nécessaire (il y a des chances pour que le ministre. par effet de la lettre (du désir de la Reine. du signifiant lacanien). successivement au ministre et à la Reine -. précise Dupin.ce qui implique que le préfet à son tour s’identifie à (ou à tout le moins reprenne le rôle de) Dupin -. "one of no importance" (333) : simple leurre. de garant du pacte de la foi jurée. il n’a rien à voir : il est précisément celui qui ne peut ni surtout ne doit voir.. ni la signature du voleur (superfétatoire puisque la Reine n’a rien perdu de son manège) ni même le culot de ce "coquin" (qui est partie intégrante de sa réputation et par ailleurs s’énonce suffisamment en son acte). s’y emploie avec zèle. en passant par le ministre et le préfet. de la Reine à Dupin. en tant que symbole de la Loi. De même. d’autant que le nom anglais de ce dernier est knave -. à l’encontre de Dupin et de Lacan. dont on verra qu’elle est loin d’être insignifiante. on pourrait douter. puis de Dupin. De même n’est-il pas juste. outre celles du Roi et de la Reine suggèrent encore deux autres figures. justement le mathématicien et le poète. déconfit certes mais pas stupide. transgression (Reine). le texte s’arrêtant avant : la question toutefois mérite d’être posée.la figure du " narrant-narré ". si l’on considère avec Derrida (qui en outre établit un quadruplement des figures de la nouvelle) que le Roi tient la place du mort. devine d’où vient le . c’est encore. des intellects supérieurs -. celle du jeu de cartes : roi. dame et valet.

non point un nom minuscule comme le ferait un débutant. une autre illustration de la part de Dupin qui. Occasion par ailleurs pour Lacan de déceler chez Dupin une "rage de nature manifestement féminine" (51) : fort bien -sauf que rien dans le texte ne vient soutenir pareille assertion.le dehors trompeur s’annulera-t-il de lui-même sous le regard perçant de cet autre poète. non comme leurre.coup) et suggérer que ce second reste a pour fonction de redoubler le premier. à brouiller le couple apparence / réalité. mais au contraire un nom en vastes lettres se déployant à travers toute la carte. ne se contente pas d’ainsi symboliquement s’approprier la lettre (avec tous les effets délétères que l’on sait). clivée. D’où réponse à la question précédente : il s’agit encore de fac-similé. dit Dupin. ce défigurement visant à fracturer. mais qui. imagine un "immense corps de femme" qui "s’étale dans l’espace du cabinet du ministre" (47). si l’on suit l’envolée lacanienne ("Telle la lettre volée". celui de la carte. peut-être ? L’attitude de Dupin a encore pour fonction de redoubler celle du ministre concernant la lettre. D’où d’ailleurs Lacan. L’adepte à ce jeu. sans doute enivré par l’odor di femina et du coup emporté par un soudain lyrisme. cette manipulation de la lettre. en un parallèle quelque peu forcé avec l’analyste. morceler le signifiant. d’abord. Étrange métaphore pour la lettre. choisira pour égarer l’adversaire. son revers désormais étranger à son avers. vise à illustrer l’aveuglement du "a little too self-evident" (331 -citation que Derrida place ironiquement en exergue de son texte sur " Le séminaire sur ‘La Lettre volée’ " ). pour déguiser le document. mais surtout réaffirmant de la lettre la vérité (c’est-à-dire l’unicité -l’identité à soi)9. Et dans ce domaine du fac-similé. son dehors à son dedans. mais mémento. Mais aussi (surtout ?) d’introduire une autre variante de l’échange. à l’occasion de la signature du chèque de 50 000 francs. Voilà qui à première vue contredit la théorie du petit "surdoué" : or Dupin (poète-voyant). dès sa première visite. 47). On sait que Lacan. il l’avait à moitié déchiré) : la lettre n’est plus une. l’économie de la dette : "an evil turn" (348) de la part de Dupin. y voit de la part de Dupin l’annulation de . sa "signature" (question de Derrida : qu’est-ce qu’une signature entre guillemets ?) est fortement surdéterminée : écriture et citation vengeresse. le ministre ? Or ce trafic. Ce que Lacan bien entendu passe superbement (ou prudemment) sous silence. elle devient hétérogène. qu’il s’agit certes de "déshabiller" de ses fausses apparences. sauvant ainsi sa méthode. frère ou double ennemi de Dupin. rétablira l’homogénéité par une observation qui consiste à jouer l’apparence déguisée contre elle-même (à la dénoncer comme pur déguisement). va connaître. il faut avouer avec Derrida que Dupin ne laisse rien au hasard. dehors / dedans. Puis une troisième instance : lors de la seconde visite du préfet. en la retournant comme un gant pour ensuite inscrire au revers (visible) son adresse (d’une main féminine) et y apposer son sceau (incongruité que repèrent bien Dupin et Lacan mais pas la police). car déjà. il y introduit un clivage (un autre en fait. un coup bas pour un autre. se présente alors à la lettre comme un corps (donc un signifiant) morcelé. En ira-t-il de même du fac-similé laissé par Dupin -. Car ce dernier. "A little too manifest". qui vient donc redoubler la "fausse" lettre qui le recueille. son apparence à sa réalité. sous forme d’un second jeu de devinette. récompense promise par G. En somme cette lettre.

48) mais sans y attacher la moindre importance. après avoir noté sur ce sujet le manque d’une réponse claire chez Lacan. De même que la lettre est et n’est pas la propriété de la Reine : celle-ci en est la dépositaire. dans le tissu du texte lui-même (et ce jusqu’à affecter le lecteur) -. il louche furieusement et exclusivement sur l’escritoire où repose la lettre. que se passe-t-il exactement à ce point ? Le préfet vient de réitérer sa promesse de gratification. lui-même n’en étant là encore que le dépositaire ? N’empêche : cet autre exemple de "poudre au yeux" (26) poesque (mentionnée par Lacan à propos des explications de Dupin)11 donne triplement raison à Derrida. Or. semble-t-il. En somme le texte (avec la complicité de Dupin et du narrateur ?) procède exactement pour le chèque comme auparavant le ministre et Dupin dans leur effort de douer de. Mais quant à la suggestion de la propagation de cet effet pervers de répétition. en marge de la stupéfaction du narrateur et du préfet : Dupin d’un tiroir sort un check-book." (338). et que Dupin ne quitte nullement le circuit symbolique de la lettre. le titre d’un texte qui. banales : "fill me up a check" (338). Or ce chéquier exhibé par Dupin ne peut être que le sien propre. affirme au contraire que l’argent n’est pas neutralisant. Lacan mentionne bien le détail ("le check-book qu’il produit". ce n’est ni au Roi ni à la Reine mais à ce contrat et à la Loi que Dupin retourne la lettre)10. Dupin alors propose l’échange lettre-chèque (ou plutôt l’inverse : Dupin n’a guère confiance. "the Prefect would have been under no necessity of giving me this check" (343). En effet. courantes.certes leur stupéfaction du moment peut expliquer la chose. "filled up and signed a check for fifty thousand francs" (338). toutes les autres références sont normales. non plus d’ailleurs que le préfet ni le narrateur -. I will hand you the letter. Ni sans doute le chéquier celle de Dupin. signer et remettre l’un de ses propres chèques. selon le mot de Lacan. Non seulement quant à la non-annulation de l’effet du signifiant (et la non-sortie de Dupin du circuit de la lettre). par mise en abyme. lui qui pourtant "examined it (le chèque) carefully" (338) ? À vrai dire. le texte fait tout pour "faire passer" la chose (inaperçue) et donc à aveugler à son tour le lecteur (non sans succès semblerait-il). pour Derrida. "since Dupin had requested him to fill up the check" (339). au-dessus ou audessous du manteau de sa cheminée. . mais de sa banque. "la propriété de nullibiété" (33). au nom du contrat de la foi jurée (ainsi. dans les promesses policières) : "You may as well fill me up a check for the amount mentioned.l’effet du signifiant. avant tout. Quelle en sera la valeur ? Dupin pourra tout juste l’accrocher à un bouton de cuivre. A simultanément lieu une chose assez stupéfiante. à travers la figure du préfet et du narrateur (bel et bien avéré du coup partie prenante). et dès lors le préfet va lui remplir. et donc de toute façon l’annulation de l’effet de signifiant et le retrait de Dupin du circuit de la lettre. qui la lettre. Car en dehors du détail de ce "check-book". mais plus tard ? Quant à Derrida. tout comme la lettre est et n’est pas chez le ministre. When you have signed it. ce n’est pas lui mais l’auteur qu’il convient ici d’incriminer. et son retrait du circuit de la lettre. Ce (non-) échange a et n’a pas eu lieu. Comment ce dernier a-t-il pu commettre pareille bourde (être victime d’un tel aveuglement). Ce qui revient à dire que le préfet le paie en monnaie de singe : voilà qui court-circuite radicalement l’échange lettre-argent."La lettre volée" est bien. cependant que Derrida. qui son fac-similé.

à grands renforts de "scientificité". "nom propre". interrogeant minutieusement et en vain tous ces "bâillements infimes d’abîmes mesquins" (35). il perd pied ?). Et effectivement. Quant à la longue et minutieuse description de la fouille de l’hôtel et environs. vengeance pour Dupin. mais Dupin quant à lui n’est pas dupe .spurious profundity derechef. de profondeur. une question : qu’arrivera-t-il dès lors au préfet quand il remettra la missive à la Reine ? Surface / profondeur." (336). signifiant "vide" (ayant donc pour signifié cette vacuité même. Et cependant il concède. de la cave jusqu’au grenier. récit pour le narrateur. for the matter in hand" (339). sphère justement de la profondeur (alors que le jour est le domaine des surfaces)12. de toute façon. par-delà sa signification (castration. C’est que la lettre échappe encore au préfet pour une autre raison : c’est par nature un feuillet (détaché. il semble que le préfet ne puisse envisager les surfaces qu’à leur injecter de la profondeur. Ainsi que dans son assertion que. Rappelons que ses fouilles ont lieu de nuit. de même que la lettre est grimée. d’épaisseur. Mais voilà qui déjà semble conférer à la lettre une certaine "épaisseur". chacun des deux frères ennemis s’avance masqué : opacité des vertes lunettes. Dès lors il s’agirait plutôt de ce mana. Car la lettre volée est successivement investie de plusieurs signifiés13 : haute trahison pour la Reine.. et que décrit Barthes dans l’une de ses Mythologies. et même plusieurs. donc volant de surcroît). feinte de la pose alanguie (cette fois c’est le ministre qui évoque Dupin dans son cabinet d’étude) -. du masque -. autrement dit une surface. et la disponibilité qu’elle implique) pouvant accueillir plusieurs signifiés ponctuels.parle d’une lettre volée. le signifiant du signifié ? Ce qui au passage pose la question du "pur signifiant" (25) lacanien (notion pouvant de prime abord surprendre chez l’inventeur de la pulsion épistémologique). Derechef. outre un mathématicien borné. ainsi dans l’organisation de la fouille : "We divided its entire surface into compartments. qui à la limite n’est autre que. Dupin se fait également et proprement plumer. les espaces vont s’en trouver investis lors de la visite de Dupin au ministre. Est-il possible d’en séparer l’avers du revers ? Ainsi d’ailleurs. Car. le "pur signifiant" ne renvoie qu’à lui-même. Or. justement. dehors / dedans Du préfet. Dupin dit encore : "he perpetually errs by being too deep or too shallow. sinon à d’une part souligner le caractère odd (selon Lacan) du rapport de la lettre (du signifiant) à son lieu. pouvoir pour le ministre. à la lettre un sens. il n’exprime que lui-même.. par le biais d’abord du déguisement. et d’autre part permettre à Dupin de circonscrire très précisément sa propre investigation. à l’exclusion de la surface. Un tel signifiant existet-il (saurait-il exister) ? Après tout même le (bien improprement nommé) nom "propre" possède un signifié. Ou. phallus). c’est un catalogue complet de tous les volumes secrets imaginables et sondables. forte somme pour le préfet. fait de lui peu ou prou. dans la politique de l’autruiche lacanienne. un être de la profondeur.ce qui déjà introduit une distinction entre vraies et fausses surfaces. selon une remarquable expression anglaise malheureusement sans équivalent direct en français : il est perpétuellement out of his depth (il n’est pas dans son élément. Ce qui. Elle ne servira bien entendu à rien. Pour Lacan. dans le signe.

comme Marie Bonaparte. la pose est coutumière -. il connaît son homme. in going the circuit of the room. Dupin relève. Volant la lettre il s’est piégé lui-même. il ne reconnaît pas sa nemesis. affirme Dupin. qui dans son insignifiante banalité à son tour redouble la lettre à dessein malmenée. une cheminée de l’époque. de "bondir". que Lacan par ailleurs énumère. de surcroît sans principes -. le ministre dans sa névrose aurait oublié la lettre. dix-huit mois durant." (346). 346). la complaisance d’un "masochisme" (8) ? Dupin repère sa proie – mais non là où "telle déjà il s’attend à l’y trouver" (47). et par elle : son coup d’audace n’était tout compte fait qu’un impair. certes. mais "a trumpery fillagree card-rack of pasteboard" (346). autrement dit papier épais) répond par sa profondeur propre ("this rack. dans l’ordre du réel. 346)14 -. c’est aussi un emboîtement de profondeurs.déjà mis à contribution dans "The Murders in the Rue Morgue"). l’attirail freudien traditionnel (cloaque maternel. Doublement d’ailleurs : car à l’épaisseur du maquillage de la lettre (autre trait "féminin" ?) le porte-carte (en carton. On pourrait bien sûr invoquer. of being destroyed. ce prétendu "maître absolu" est dans une position de "faiblesse absolue" (44). Il a pourtant toutes les raisons de ne pas le faire. Avec le feu. Et d’ailleurs. âtre et conduit : ainsi la lettre. ‘ said Dupin. se trouve-t-elle exhibée (se détache-t-elle) sur fond de double profondeur. En revanche.il s’agit d’un bluff (le ministre est un joueur. comme Lacan. fell upon. Et ça marche.nouvelle instance de répétition. Ce serait là sa meilleure ( en fait sa seule) défense contre la "malédiction" (42) de l’emprise symbolique. prête à bondir -. car il s’est du coup enchaîné à elle. 332).Dupin ne dit rien de si vigoureusement tourné mais passons.voilà qui eût dû immanquablement attirer le regard friand de volumes du préfet -. c’est plutôt Dupin le chasseur et la lettre la proie. Tout juste la garder à portée de main. non d’emblée la lettre. vagin -. Ou convient-il d’y lire. Mais le chasseur n’est pas bête : il connaît le cerbère. non pour la produire mais la détruire : " ‘That is to say.mais il n’est pas au fait des vertus de la nuit. Le ministre est-il capable de tout ? En tout cas. et surtout du pire ("génie sans principes"). ce qui signerait sa perte dans les deux cas).pas question. those unbecoming as well as those becoming a man". aveuglé à son tour. pas de cette prudence-là. Pour Lacan. En effet. sans pour autant anéantir son pouvoir sur la Reine (puisque relevant de l’imaginaire royal). "derrière ce faux aloi la vigilance de la bête de proie prête à bondir" (46) -. ayant dûment. le pouvoir du ministre est purement de l’ordre de l’imaginaire -. anticipé la chose.. Le bluff. et un tricheur) : faire croire à la Reine qu’il est capable de tout ("who dares all things. En fait non sans un circuit qui redouble celui de la lettre : "my eyes.sur quoi ? La lettre ? Celui venu pour la lui dérober ? Mais. and a man of nerve" (348). pour cette fois. à preuve les craintes de la Reine si le ministre venait à se douter des sombres desseins de la police -..ce qu’il sait depuis belle lurette.("pretending to be in the last extremity of ennui". Et tout cela pend devant l’âtre d’une cheminée15 : suggestion d’une destruction potentielle de l’encombrante missive par le feu purificateur (on est en automne) ? Mais enfin. chez ce tricheur. De l’encombrante missive il ne peut rien faire (ni la rendre ni la divulguer. selon Lacan. which had three or four compartments"." (335). "a desperate man. a ses limites. la chose ne serait pas sans d’intéressantes connotations (en . et puis il s’agit là de profondeur vraiment par trop visible. surface par nature. Ici.

Derrida a vu juste : "A little too self-evident" en effet. Dupin soit du ministre l’exact double. et en haut Freud. feint d’oublier une tabatière (nouveau volume) en or -. Qui énonce qu’il n’y a de toute façon qu’une libido. donc. diégétiquement anticipation. L’incident qui jette le ministre à sa fenêtre est encore un effet du masque : "The pretended lunatic" (348) est au service de Dupin. rétorque Derrida relevant. pour justification d’une seconde visite. avec cette fois du discours comme moyen et fin (à ce propos. frise (au moins) la désinvolture. Ou bien est-ce justement là la punition de ce tiers. éventuelles pistes. le féminin renvoie au masculin (le pair à l’impair ?) : en bas la lettre. Ca débouche vers le haut. Mais pas seulement. même si les aventures de Dupin sont désormais sans descendance. tout chevalier blanc qu’il fût. La chute prospective du ministre désigne une nouvelle profondeur. écho de l’incident du chèque (plus précisément. la référence à Atrée contient plus que (nouvelle instance d’aveuglement ?) Dupin et Lacan n’y semblent discerner : car le geste de sanglante vengeance du roi de Mycènes fut loin d’être sans retombées. que conclure ? D’abord que Poe ne détient nullement le monopole de la "poudre aux yeux" : le discours de Lacan. cette fois vers le bas. Il semble d’abord que dans ce conte. celui-là même qui est la marque du ministre D. Non certes que la chose infirme à proprement parler sa monstration -. Dupin. bien mal venue chez qui se veut servant de la Vérité.c’est-à-dire ce précieux métal dont le ministre s’engage à le rétribuer (francs-or) et dont on a vu ce qu’il advient de cette promesse -. et où foisonnent les redoublements. Pour le reste. à la fois jeu du binaire et réflexion sur le même et l’autre. voire préparation de ce dernier). Autre instance de "spurious profundity" ? Notons encore que le ministre va être lancé par Dupin dans une volubile discussion dont l’enjeu secret est la lettre volée.particulier concernant l’odor di femina -. de vérité et de trajet de la lettre (mais par ailleurs être nocturne) : car tous deux sont de l’affaire les grands perdants. on ne se targuera point de conclure.nouveau redoublement.nouvelle variante (et illustration) de la fable du corbeau et du renard. sinon le culot. à propos de la notion de "profondeur" lacanienne : "La profondeur est la hauteur. l’emporte-pièce. et que plus tard ce dernier à son tour se lancera dans un torrent d’explications dont l’issue sera "La lettre volée" -. Enfin. mais plus modestement de dégager de nos précédentes observations quelques remarques. à proprement parler (la chose ne sert guère l’entreprise lacanienne). quel peut bien être ce sujet qui passionne le ministre au point d’aveugler sa vigilance et de lui faire lâcher son "fromage" ?). Bref. Ainsi cette fin ne se contente-t-elle pas de réactiver l’intertextualité qui hante ce texte : elle promeut encore une ultime ironie. des aises qu’il prend avec le texte du conte. le Logos " (510). homme sans principes. un dernier caveat.mais elle l’entache d’une certaine duplicité.conception Lacan). donc âpre et douloureuse. la bouche précisément où " s’ ‘incarne’ le Nous. ministre dépouillé (de la lettre et de sa puissance) et joueur déconfit au tourbillon de la roulette . grand redresseur de tort.. imprudent confident du coupable secret de la Reine ? Pour solde de tout compte De ce qui précède. masculine.

et contre lequel est dûment averti le préfet. si l’on peut dire. repos. en est un autre16 : qui joue.rien de va plus). l’entêtante perspective d’un reste.tout "partisan of the lady concerned" qu’il se veuille -. à l’inverse de Dupin. le préfet ne perd pas une seconde pour courir échanger cette lettre qui visiblement lui brûle les doigts. La prouesse de Dupin. ici ce sont les mathématiciens. c’est-à-dire de sa poche : "The pretended lunatic was a man in my own pay. malgré la chute de son ennemi ? Et qu’en est-il du narrateur. au moins. Or il est assez clair que ce conte. Et le compte de la Reine avec celui qui durant un an et demi l’a humiliée sera-t-il jamais soldé. il en rallonge néanmoins derechef le circuit (Lacan : "celle dont le trajet a été prolongé". Bref. équitablement dédommagé ? Tout cela suggère. est placée (doublement d’ailleurs) sous le signe du jeu (de deux jeux). de divers couples (ou contraires) -. donc. En tout cas. tout de même quelque peu dupé par Dupin. 348). en son principe. ce tiers plus qu’inopportun redouté par la Reine. menace à la clef. Alors que ce dernier est l’agent de la Reine. n’en soient pas. Or dans cette affaire il est précisément -. des explications de son ami et mentor (autrement dit de la clef du mystère. ces gens bornés. Aux innocents. ne s’arrête pas là). les mains pleines.ceux-là mêmes désignés plus haut comme armature du texte. autrement dit le pair à l’impair (on a relevé la faveur dont jouit celui-ci dans le conte). nous le verrons dans un instant. Dupin dupé (il en sera finalement pour ses frais comme on dit si bien. 40). à la vengeance de Dupin manquera toujours de connaître les pensées de son adversaire découvrant l’auteur de sa déconfiture. voire l’autre au même. Ainsi. soldés. Sans compter que la myopie peut à l’occasion sauver des effets désastreux d’une tête médusienne. avec la compromettante missive. elle recouvre tout à la fois honneur. il n’en va pas de même de celui.mais depuis quand les preux chevaliers se font-ils payer du service de leur dame ? De ce court-circuit du chèque la morale. du héros trancheur de nœud gordien -. dans l’optique lacanienne.17 précisément. Dans ce domaine. est sauve. Quant à la Reine. lui aussi. on connaît assez le goût (voire l’obsession) de .".il semble même qu’il se décharge sur Dupin de la malédiction du signifiant : en d’autres termes. à un autre égard (négatif lui aussi) redouble la transgression déjà une fois commise : sauvant la lettre des griffes ministérielles.(pair. mandaté par elle : et n’est-il pas. on l’a souligné. dès lors que les poètes les leur tirent gracieusement du feu. pour réglés qu’ils paraissent. Il semble toutefois qu’ici les comptes. et placé dans la position peu glorieuse du préfet dont il est réduit à partager l’ahurissement : est-il. puisqu’il en retire un récit. voire du récit qui en découle). si la Reine. Car tout de même Dupin. bancaire. représentant de la loi ? Dès lors c’est le préfet qui s’en sort le mieux.l’outsider. lui imposant un écart supplémentaire (dont l’effet. qui ramassent les marrons. car à lui tout le bénéfice (prestige et récompense) de la quête de la lettre -. D’où il ressort que celui-ci vise à réduire le binaire à l’un. impair et manque. Comme quoi il en va de certains proverbes (ces "sottises" du "plus grand nombre" selon Chamfort que cite Dupin ?) comme des axiomes : il n’est pas toujours vrai qu’au royaume des aveugles les borgnes sont rois. pour autant. passe la lettre -. le signifiant et la vérité y trouvent leur compte. Et le narrateur pour sa part n’est pas en reste. une fois de plus. sécurité.

Sans doute est-ce de ce parcours de la lettre volée (du déplacement.". si l’on y réfléchit. remarquons-le. du texte. pour son compte. avouent ces braves gens. Les discours ne s’envolent que pour mieux essaimer. de toute cette affaire c’est bien le texte (du texte) qui constitue l’indéniable et incontournable reste. sur les affaires courantes. dans le royal boudoir. d’une fiction et de son contenu ? Derrida. dont ce dernier à son tour fait son miel. citant en exergue Baudelaire : "bien que d’abord. Dans le fond. pourrait-on dire : du "texte-surface". où tout d’emblée est donné -. il n’en a jamais douté. D’abord celui du ministre. il en restera (ou aussi bien en adviendra) toujours quelque chose -. le solde de tout compte. Puis celui du préfet.Poe. Que les lettres toujours arrivent ou non. Dès lors quelle est la "vraie". lui qui fait voler en éclats les cadres spécieusement érigés par le Séminaire. Puis celui du ministre dans sa tanière. 20). ils aient eu le soupçon que ce pouvait bien être une simple fiction. comme avers et revers d’une même pièce (d’une même lettre ?)18. Poe répond que. Dont chaque étape se voit placée sous le signe d’un proliférant discours. c’est qu’un discours. comme le veut Lacan. et s’il va chercher la lettre là où elle se trouve : au vu de chacun. Au bout du compte (réglé ou non). dont l’autre n’est que la mise en abyme. Et même. qui rend possible l’existence même de la fiction. last but not least.et le conte au bout du compte. Et (dirait sans doute Lacan) la dualité sexuelle en unicité d’un masculin (du signifiant. du fait de la "trilogie") "solitary letter" finalement quant à elle.du discours. une figure du manque -. Enfin discours de Dupin au narrateur. sorte d’écran de fumée qui lui permet de dérober la missive au nez de la Reine. Et. à la castration freudienne ? Tel le narrateur à Dupin . au profit de Dupin cette fois. qui en outre permet à la figure de l’auteur de se démarquer de son narrateur (bien trop ouvertement limité quant à lui pour assumer pareille orchestration des thèmes). n’est jamais perdu : parlez. Mais c’est pour aussitôt les inscrire dans un vertigineux tourniquet : pas de "Lettre volée" sans lettre volée (ce qui suffit à consacrer dans l’affaire la part du narrateur janusien). ce que suggère le texte (et que relève fort justement Lacan). dont Dupin mine de rien fait son miel. les trois lettres mises en jeu dans le texte en une seule : "The Purloined Letter" pour être précis. Ici contre Lacan Derrida a raison. "musical" à la limite. Car. par les vertus conjuguées du symbolique et de Freud). présente-absente et productrice de discours. nouvelles répétitions : à la valse des discours répond celle des rôles dans ce jeu de dupes. Tout au plus pourrait-on encore voir dans cette missive. à brouiller les limites et réduire les contraires : ce conte en est une excellente illustration. discourez. l’unique substrat. l’effet spéculaire. les (spurious) profondeurs se résolvent en surfaces. la "fausse" ? Où est la vérité. dans ses deux instances conjuguées. Nouveaux dédoublements. véritable (et aussi bien fausse. derechef écran de fumée. les doubles en reflets spéculaires.ce n’est pas un hasard si Dupin récuse violemment les "fausses profondeurs". que demeurent ou non les écrits19. hégélien avant la lettre. narration et diégèse. tout ici est affaire de discours (de texte) : la fameuse lettre est avant tout un discours / texte qui va inlassablement engendrer du discours / texte -. quoi qu’en ait l’adage. De même. à savoir le conte lui-même. du signifiant-phallus) que se déploie a priori le récit (Lacan : "C’est cette vérité." (441).mais renvoie-t-elle pour autant. Jeu dialectique donc. pas de (récit de) lettre volée sans "La lettre volée" : en somme diégèse et narration.

dans son célèbre " Séminaire sur ‘La Lettre volée’ ". Summary: Lacan. on laissera ici à Derrida le dernier mot : "Ce reste est encore de la littérature." (524)20. Derrida challenges that analysis. C. in his famous " Seminar on ‘The Purloined Letter’ ".(via Crébillon). . dans ce cas précis. The present article purports to take up the debate in a perspective both different and complementary. Le présent article se propose de reprendre le débat dans une perspective à la fois autre et complémentaire. carries out a Freudian analysis of Poe’s tale. Denis GAUER. blaming it with somewhat loading the dice by doing away with. Derrida conteste cette analyse. some crucial elements of the text. Université de la Réunion Résumé : Lacan. Et. il serait vain d’aller y chercher (voire y mettre) de fausses profondeurs. se livre a une analyse freudienne de la nouvelle de Poe. M. or else twisting. lui reprochant d’avoir quelque peu pipé les dés en écartant ou altérant certains éléments cruciaux du texte.

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