Jean Darrouzès

Listes épiscopales du concile de Nicée (787)
In: Revue des études byzantines, tome 33, 1975. pp. 5-76.

Résumé REB 33 1975Francep. 5-76 J. Darrouzès, Listes episcopates du concile de Nicée (787) . — Les listes conciliaires restent la source principale de la géographie ecclésiastique ancienne (jusqu'au IXe s.). Celles du concile de 787 portent témoignage de la situation particulière des évêchés de l'Illyricum avant leur intégration dans le système hiérarchique byzantin. L'étude de la répartition intérieure des suffragants par métropoles repose sur un tableau général des noms selon les diverses listes de présence et de signature ; les noms grecs de ce tableau sont reclassés dans un index alphabétique des sièges (en français). Malgré la médiocrité des éditions, l'utilisation de ces listes est possible à condition d'appliquer les critères de la hiérarchie des sièges.

Citer ce document / Cite this document : Darrouzès Jean. Listes épiscopales du concile de Nicée (787). In: Revue des études byzantines, tome 33, 1975. pp. 5-76. doi : 10.3406/rebyz.1975.2026 http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/rebyz_0766-5598_1975_num_33_1_2026

LISTES ÉPISCOPALES DU CONCILE DE NICÉE (787)

Jean DARROUZÈS

Les listes épiscopales du concile de Nicée en 787 tirent leur intérêt de la date du concile, du nombre des participants et de la variété des listes : deux de présence, deux de vote et deux de signature. Comme la perspective d'une édition critique est très lointaine, une étude sommaire de ces listes dans l'édi tion la plus consultée me paraît d'autant plus utile que la présentation des noms par les éditeurs anciens, surtout dans les listes de présence, ne facilite nullement la consultation. En donnant à chaque liste un sigle propre, on distingue : A = protocole de la première session; liste de présence à l'ouverture du concile le 11 septembre : Mansi 12, 994-999. Β = votes à la deuxième session, le 26 septembre : Mansi 12, 1086-1111. C = votes à la troisième session, le 28 (29) septembre : Mansi 12, 11461154. Liste écourtée dans le compte rendu : les évêques venant après Gotthia sont censés répondre unanimement et ne sont pas énumérés. Cette liste n'est donc utilisée que pour le relevé des métropoles ; bien qu'elle n'ait aucune utilité pour la liste globale, il faut lui réserver son sigle. D = signature donnée à la fin de la quatrième session, le 1er octobre : Mansi 13, 133-152; suivent les signatures des moines dont il n'y a rien à dire ici. Ε = protocole de la septième session, le 13 octobre : Mansi 13, 365-373. F = signature de la définition (ορός) de foi, sans date, à la suite du compte rendu de la septième session : Mansi 13, 380-397.

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II existe deux traductions latines du texte grec des actes. Celle d'Anastase le Bibliothécaire, en raison de sa date, possède une autorité comparable à celle du texte grec, dont on ne connaît aucun manuscrit aussi ancien; son édition n'est pas plus avancée que celle du texte grec du point de vue critique1, mais comme les défauts ne portent pas sur les mêmes passages ou les mêmes noms, la traduction ancienne garde ses avantages. La traduc tion due à Gybertus Longolius2, dont on ne connaît pas le modèle grec, donne lieu à une constatation troublante au sujet des listes. Tandis qu'il n'y a aucune contradiction fondamentale entre le grec édité et la traduction d'Anastase, la seconde traduction comporte deux anomalies. D'une part, la liste C, abrégée dans la recension gréco-latine, est décalquée sur la liste B, comme si les autres évêques (οι λοιποί επίσκοποι)3 passés sous silence s'étaient prononcés en C exactement dans le même ordre qu'en B. D'autre part la liste finale de cette traduction, au lieu de correspondre à la liste grécolatine des signatures (notre F), s'aligne exactement sur la liste E. Cette quasiidentité de Ε et de F satisfait la logique : les signatures4 ajoutées à la fin des actes de la septième session paraissent incomplètes et contradictoires si elles ne concordent pas avec la liste des Pères inscrits au protocole comme présents. Il semble que c'est au nom de la logique que le traducteur, ou son 1. Des variantes du latin dénoncent quelques accidents de la tradition du texte : erreur de copie d'une liste en deux colonnes (voir p. 29), insertion de Theophanes Lebedi (voir p. 28). 2. Mansi 13, 497 (note de Hardouin). Les listes correspondant à B, C et F se trouvent dans les colonnes 540-547, 561-569, 731-739. 3. Mansi 12, 1154B; après les évêques cités nommément, le compte rendu dit : οι λοιποί όσιώτατοι επίσκοποι έξεφώνησαν ; ce qui devient dans la traduction de Longolius (13, 569e) : reliqui autem episcopi et venerabiles monachi exclamaverunt. Ces moines, qui ne sont pas cités à la troisième session, reçoivent l'invitation à s'exprimer dans la finale de la liste B (12, 111H). 4. La signature impériale (Constantin et Irène) fut apposée au cours de la séance d'appar at palais de Magnaura : Mansi 13, 413e; Théophane, ad ann. 6280 : De Boor, p. au 463. Les exemplaires divulgués ne portent pas trace de cette signature, mais ce n'est pas le seul détail qui oblige de poser le problème de la forme authentique des Actes. Au sujet de la lettre du pape Hadrien lue à la seconde session, Anastase avait constaté que le texte grec omettait les passages concernant la politique impériale et l'élection de Taraise : Mansi 12, 1072 (note de Hardouin), 1073^ (note d'Anastase). Il me paraît difficile d'inter préter la note d'Anastase comme l'a fait L. Wallach, The Greek and Latin versions of II Nicaea and the synodica of Hadrian I (JE 2448), Traditio 22, 1966, p. 103-125; si Anastase pouvait utiliser pour son travail l'exemplaire authentique envoyé au pape, il y aurait trouvé non seulement le texte latin mais aussi le texte grec d'une traduction intégrale, mais il n'a ajouté que le texte latin. Selon Wallach, la lettre latine figurait dans l'authentique et les coupures de la traduction grecque proviennent d'une copie expurgée sous le premier patriarcat de Photius. Toute la tradition du texte dépendrait donc de cette copie divulguée au ixe siècle. Cela ne me paraît pas ressortir de la note d'Anastase qui parle du texte publié en 787.

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modèle grec non identifié, opère une harmonisation qui fait concorder la liste de présence Ε avec la liste de signature F. Avec ce rapport entre la liste Ε et la liste F, on touche à un point capital. En supposant que le texte grec et la version ancienne représentent le texte authentique déformé seulement par les accidents naturels, mais de faible envergure, la différence des deux nombres (343 en E, 302 en F)5 ne provient pas d'un accident ; elle correspond à une réalité historique, aux conditions différentes — de date certainement, de lieu très probablement — qui com mandent la formation des deux listes. La liste F n'est pas calquée sur la liste E, mais les noms manquants ne représentent pas le groupe d'opposants attestés au début du concile et réintégrés6 ; il ne s'agit pas non plus d'une lacune grave, parce que la liste des signatures conserve son ordonnance propre, une répartition des évêques exacte selon la hiérarchie des sièges et leur appartenance à une province. J'anticipe un peu sur les conclusions d'une analyse, parce que les actes du Concile ne fournissent pas une autre hypo thèse de travail. Il en irait tout autrement si une opposition s'était manifestée au cours des débats, ou bien si la tradition du texte présentait une contradic tion le grec et le latin ; comme il n'y a pas lieu d'envisager une absten entre tion pour raison dogmatique, ni une lacune importante par perte accidentelle de noms, la seule hypothèse de départ est que la liste F se trouve dans les mêmes conditions que les autres et que son état dépend des modalités réelles de la signature finale. Dès le moment où les listes conciliaires (présence ou signature) adoptent le classement hiérarchique fondé sur la dignité du siège, elles présupposent l'existence d'une liste type et le recours à un état administratif qui sert de norme à la chancellerie pour les préséances. Pour le premier concile (Nicée, 325), la liste originale ne suivait pas probablement un ordre géographique ; les 318 Pères sont connus par des listes remaniées dans les collections cano niques7. La liste des Pères de Chalcédoine (451) repose déjà sur des données différentes : les actes donnent au moins trois listes authentiques, dont la plus longue appartient à la sixième session et constitue la signature de l'horos. Que ces trois listes soient indépendantes, c'est-à-dire composées exactement pour la circonstance de l'acte où les place le compte rendu, 5. Le total exact ne peut être arrêté d'après la seule édition. 6. L'existence d'un groupe d'opposants se manifeste au niveau supérieur (métropol ites-archevêques) par des absences : listes ABC, sessions 1-3. Au-dessous, et en général dans les autres listes, les raisons d'absence sont indéterminées. On peut soupçonner seulement que les différences entre D et E proviennent des fautes courantes de transmis sion, jusqu'à la finale propre à E ; voir p. 000. 7. E. Honigmann, La liste originale des Pères de Nicée, Byz. 14, 1939, p. 17-76.

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ou qu'elles soient dérivées d'une source commune — celle dont Honigmann a proposé la reconstruction8 — , le principe de classement des sièges confo rmément à un état administratif est adopté. Ce principe régit ensuite toutes les listes conciliaires ; l'étude de la liste du Ve concile (553) peut servir de modèle9. Mais de même que toutes les listes conciliaires souffrent d'un mal commun, la perte des originaux, de même les listes administratives ne sont parvenues jusqu'à nous qu'à travers des compilations. Il faut attendre le début du Xe siècle pour rencontrer un texte qui se réclame de l'autorité civile et ecclésiastique : Léon VI et Nicolas Ier. A la fin du ixe siècle, les maîtres de cérémonies utilisaient encore un livret mis sous le patronage de l'archevêque Epiphane et témoin d'une époque antérieure au concile de 787. Deux autres listes sont postérieures au concile : la Notitia 8, dite aussi de Nicéphore (Ier, patriarche : 806-815) et celle de Basile de Jalimbana10. On ne manque donc pas de points de repère pour établir la répartition hié rarchique des sièges (métropoles, archevêchés, évêchés suffragants) et la répartition des suffragants par métropoles. Plus que le nombre exact des Pères, c'est en effet cette répartition qui intéresse au premier chef l'histoire et la géographie11. Au dire de Michel le Syrien12, le concile de Hiéra (ou des Iconoclastes, en 753) réunissait les évêques des provinces de Rome, de Dalmatie, d'Hellade, de Cilicie et de Sicile : ce chroniqueur sous-entend naturellement que ces évêques se joignent à ceux du territoire impérial (par hypothèse, ceux de 8. E. Honigmann, The original list of the members of the council of Nicaea, the RobberSynod and the council of Chalcedon, Byz. 16, 1942-1943, p. 41-80. Une édition critique ne peut apporter tous les renseignements que fournirait la forme diplomatique de l'original. 9. E. Chrysos, Die Bischofslisten des v. ökumenischen Konzils (553), Bonn 1966 (cité dans la suite : Chrysos); les tableaux comparatifs des listes dans cet ouvrage s'arrêtent au vie concile. 10. Les listes sont citées par le nom de leur auteur suivi du numéro du siège d'après l'édition reçue : — Epiphane = H. Gelzer, Ungedruckte und ungenügend veröffentliche Texte der Notitiae episcopatuum, Abhandlungen (Munich) 21, 1901, p. 534-542. — Nicéphore = Notitiae 6, 8 et 9 de Parthey. — Parthey = G. Parthey, Hieroclis Synecdemus et Notitiae graecae episcopatuum, Berlin 1866. — Basile de Jalimbana = H. Gelzer, Georgii Cyprii Descriptio orbis romani, Leipzig 1890, p. 1-27 (les nos 1-529). — Léon = même édition qu'Epiphane, p. 550-559. — Notitia (numérotée de 1 à 13, sans indication d'auteur) = édition de Parthey. — Hiéroklès (ou Synekdèmos), avec la numérotation reçue dans les diverses éditions. 11. Pour la topographie des sièges j'aurai l'occasion de citer plusieurs fois : Ramsay = W. M. Ramsay, The Historical Geography of Asia Minor, Londres 1890. Robert, Villes = L. Robert, Villes d'Asie Mineure2, Paris 1962. 12. Michel le Syrien, Chronicon, xi, 24 : Chabot, II, p. 520.

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la Notitia d'Epiphane). Sans expliciter une telle division géographique de l'extérieur et de l'intérieur du territoire, Théophane13 avance le nombre de 338 Pères pour ce concile de 753, mais il ne cite pas celui des Pères de 787. Au second concile de Nicée, la question d'actualité est bien la situation exacte des évêchés occidentaux, dont les listes conciliaires sont en mesure de donner une image plus exacte que les listes administratives de date indétermi née, ou qu'il faut dater précisément par référence aux points fixes des listes réelles. Il s'agit au fond de savoir si la réaction dogmatique s'accompagne d'une réaction politique, civile et ecclésiastique, contre la politique occi dentale des Iconoclastes. Durant la période où s'accomplit insensiblement l'intégration des évêchés occidentaux dans le système administratif de l'empire, quelle étape représente le concile de 787 et comment se reflète dans la hiérarchie des sièges cette évolution historique ? La question s'est posée à l'égard d'un autre document, la Notitia du Parisinus 1555a dite de De Boor, le premier éditeur 14, ou des Iconoclastes. Cette seconde appel lation paraît abusive, si on entend par là que le document correspond à un acte authentique des empereurs de même dénomination; l'impossibilité de concilier les listes de cette compilation globalement et par parties avec cel les des Notitiae spécifiques (d'Epiphane à Léon) interdit en tout cas d'utili ser document comme un témoin de l'état des sièges épiscopaux15, alors ce qu'il exige aussi certaines précautions comme simple document géogra phique16. Pour l'analyse des listes, les noms des sièges sont disposés en cinq colon nes avec une numérotation unique qui permet de repérer immédiatement le nom désigné par son sigle et son numéro. Dans les colonnes ABD, on reproduit strictement le mot édité, avec quelques noms entre parenthèses pour indiquer une anomalie. Dans les colonnes EF, la transcription des 13. Théophane, ad ann. 6245 : De Boor, p. 427. 14. C. De Boor, Nachträge zu den Notitiae episcopatuum, Zeitschrift für Kirchenge schichte 1891, p. 302 s. Les éditeurs grecs postérieurs (S. Eustratiadès et G. Konidarès) 12, ont surestimé la portée de ce document pour la géographie ecclésiastique ; voir A. Bon, Le Péloponnèse byzantin jusqu" en 1204, Paris 1951, p. 22. 15. Le cas de la métropole d'Athènes en est un exemple : V. Laurent, L'érection de la métropole d'Athènes et le statut de l'Illyricum au vme siècle, EB 1, 1943, p. 60-63 ; après l'érection de la métropole, qui eut lieu déjà sous le patriarche Taraise, la titulature des évêques d'Athènes s'adapta progressivement aux usages byzantins en passant du titre d'archevêque à celui de métropolite. La position de G. Konidarès (Χαριστήριον εις Άναστάσιον Κ. Όρλάνδον, IV, Athènes 1967-68, ρ. 251-252) est que la liste de ce taktikon de De Boor reposait sur des documents d'archives du patriarcat œcuménique, c'est-à-dire que le patriarcat aurait dressé cette liste vers 733-745 ; ensuite cette liste aurait servi de règle au concile de 787, par exemple pour le classement de Chypre. 16. E. Honigmann, Le Synekdèmos d'Hiéroklès, Bruxelles 1939, p. 3-5.

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noms tient compte d'au moins deux manuscrits1 7 qui permettent d'éliminer des lacunes du texte édité. Mais la tradition manuscrite, comme en témoi gnent toutes les éditions de listes conciliaires et de Notitiae, comporte des variantes concernant le redoublement des consonnes, les iotacismes complex es, l'accentuation du génitif pluriel (type Πέρτων-Περτών). Pour trans poser ces formes au nominatif, il faut recourir nécessairement à la tradition et à l'usage le plus courant, sans corriger toutefois l'unanimité sur une forme donnée (Χαφετόπων, au lieu de Χαιρέταπα-Κερέταπα ) ; même discutables, ces formes conservent leur intérêt. Néanmoins ce travail de critique passe généralement au second plan, parce qu'il exige une véritable édition. De même les noms des évêques, omis dans le tableau général et relevés seul ement dans les listes partielles, exigeraient un apparat considérable sans grand profit pour l'identification des sièges ; on insistera cependant sur quelques cas où la différence des noms de personne fournit le critère indi spensable pour la distinction des villes homonymes et l'élimination des doublets. L'abréviation de certains noms grecs produit une hésitation fréquente sur Κωνσταντΐνος-Κώνστας, Γρηγόριος-Γεώργιος et autres, parfois même du grec au latin (Θεόδωρος-Theodosius, Λέων-Leontius, Μαριανός-Marinus) ; même en choisissant le nom attesté le plus grand nombre de fois, on n'est pas sûr d'atteindre le nom exact. A. — MÉTROPOLES Les métropoles sont enregistrées dans six listes : deux de présence (AE), deux de vote (BC), deux de signature (DF) ; le nombre et la variété favorisent l'observation des divergences réelles qui séparent une liste conciliaire d'une liste administrative. Si on élimine des listes les sièges présumés extérieurs à l'empire, en l'occurrence des sièges occidentaux, l'accord entre les préséances conciliaires et l'ordre des Notitiae1 saute 17. J'ai utilisé une collation manuscrite de H. Gelzer sur le Vatican. Ottobon. 27, f. 192-200, auquel il donnait le sigle H; mais le témoin le plus important paraît être le manuscrit V, c'est-à-dire le Taurinensis Β II 9, f. 135r~v, 138r~v. J'adopte la forme cor recte, ou plus normale (par rapport au texte imprimé), quand elle est attestée par l'un de ces témoins ; cependant il ne s'agit pas ici d'établir un apparat critique, mais de réduire les anomalies. 1 . La concordance avec les trois Notitiae est indiquée par le numéro de la dernière colon ne : numéro commun pour les métropoles à Epiphane, Nicéphore et Basile de Jalimbana. Les métropoles totalement absentes sont donc : 11 Sébasteia, 13 Mélitènè, 28 Philippoupolis, 32 Markianoupolis. L'ordre des noms est aligné sur celui de la liste F, sauf pour Séleukeia et Sylaion ; entre F et A (par rapport à la Notifia, où les sièges occidentaux ne figurent pas) la différence concerne A 20-24.

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aux yeux. Laissant de côté pour le moment les sièges qui ne figurent pas dans la Notifia d'Epiphane, j'examinerai les divergences qui peuvent s'expliquer par les circonstances du concile, et les variations en queue de liste qui troublent l'ordre et le total des métropoles. Variations occasionnelles Dans une liste conciliaire les divergences ne sont réellement expliquées que si les Actes donnent une raison, comme c'est le cas pour la plupart des absences dans la liste A. Le protocole d'ouverture omet les suspects d'hérésie, exclus de droit, dont le concile doit régler la situation. Basile d'Ankyra, Théodore de Myra et Théodose d'Amorion (un archevêque) comparaissent et sont réhabilités dès la première session2 ; ils votent à la deuxième : Β 4, 16 et 60. Les autres suspects, dont la cause reste en suspens à la fin de la première session, ne sont réintégrés qu'au début de la troi sième3, où ils prennent part au vote ; il s'agit d'Hypatios de Nikaia, Grégoire de Pisinous, Léon d'Ikonion, Léon de Rhodos, Grégoire de Pisidia, Nicolas de Hiérapolis et Léon de Karpathos (un archevêque) : C 8, 19, 24-26, 31 et D 78 (les archevêchés ne figurant pas en C). Dans l'intervalle, au début de la deuxième session, un mandator impérial présente au concile Grégoire de Néokaisareia qui fait amende honorable séance tenante et dont l'absolution est prononcée aussi à l'ouverture de la tro isième session4; il vote à son rang : C 15. En dehors de ces suspects, on remarque l'absence des représentants de la Thrace et de la Macédoine (Hérakleia, Thessalonikè, Traïanoupolis) et de celui de Sidè, qui ne s'explique plus par la même raison. Il en est de même pour les absences dans la liste F dont la raison ne se trouve pas exprimée. Pour l'ordre des sièges, les dérogations les plus graves se produisent dans la liste de vote. Au niveau des métropoles, la liste Β ne s'écarte pas plus que les autres de l'ordre établi ; en C au contraire, on voit Katanè, Tauroménion, Gotthia et Karpathos, assimilés ailleurs aux archevêchés, s'infiltrer parmi les métropoles : C 16, 18, 32 et 35 ; les deux derniers toutefois ne franchissent pas le rang de Hiérapolis (C 31), mais les dépla cements de plus faible envergure constatés aussi en Β (26 : Katanè avant 2. Mansi 12, 1007e, 1015e"0 : comparution et réhabilitation. 3. Mansi 12, 1015°, 1054£ : comparution et annonce de réhabilitation pour la pro chaine séance; mais cette réhabilitation est retardée par la comparution imprévue de Grégoire de Néokaisareia à l'ouverture de la seconde session, qui fait renvoyer à la tro isième session la sentence définitive. 4. Mansi 12, 105 H, 1119^-ß.

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Adrianoupolis) montrent que les membres du concile se permettent quelques dérogations aux préséances au cours des séances de vote. Dans les listes de signature il n'y a qu'une dérogation en D 5-6 par comparaison avec F 4-5 ; la liste finale observe la préséance des Notitiae, tandis que D place Hérakleia sous Ankyra. Dans ce cas il y a donc lieu de vérifier si le chan gement est authentique5. Mais dans les listes de présence, où l'ordre dépend uniquement de la chancellerie qui rédige le protocole, on relève aussi une variation semblable : A 11-12 par rapport à Ε 16-17; le second protocole inverse une fois la préséance en mettant Amaseia au-dessus de Tyana. Le cas de Thessalonikè en D 4 et Ε 1 1 repose sur d'autres données, du fait que la métropole ne figure que dans deux listes, et de nature diffé rente ; au sujet d'un siège qui n'est pas encore inscrit dans les Notitiae il est délicat, sinon impossible, de se prononcer. Le seul indice qui pourrait être défavorable à la liste Ε au niveau des métropoles est l'omission très probable de Syrakousai ; c'est en effet au niveau de D 37 (tableau général et liste des archevêchés) que se produit une première rupture du parallé lismeentre D et E. Un trait commun à presque toutes ces variations est qu'elles concernent des délégués6. Théoriquement le légat siège de plein droit à la place du titulaire, même s'il n'a pas lui-même rang d'évêque. Prenons le cas de Léon, légat de Sidè : c'est un prêtre de Sainte-Sophie (de Constantinople) étranger par conséquent au diocèse qu'il représente ; son absence à l'ouver ture concile suggère l'hypothèse que le mandat lui est parvenu avec du retard; en effet son absence en A ne s'explique pas par les mêmes raisons que l'absence des suspects et des représentants de Thrace-Macédoine, soit une raison de droit, soit une raison géographique. Les variations de rang de Mokissos peuvent dépendre aussi de la personnalité du légat,

5. S'il y a inversion de noms, la faute pouvait se trouver dans le modèle qui servit pour la traduction d'Anastase; dans sa préface, ce dernier déclare vouloir corriger la traduction faite sous Hadrien Ier, mais ne parle pas d'une copie différente, ou d'un autre exemplaire du texte grec; celui qui était conservé à Rome n'était pas nécessairement un authentique (avec signatures autographes) et des variantes pouvaient se produire dans les copies de chancellerie. Le schéma théorique établi par L. Wallach (Traditio 22, 1966, p. 113-114) uniquement par rapport à la lettre d'Hadrien Ier demande à être confirmé pour l'ensemble dans lequel elle s'insère. 6. Les délégués, dont le nom est accompagné de la lettre t. (τοποτηρητής, τόπον επέχων ) , sont désignés le plus souvent par le terme έκ προσώπου en D (signatures) ; l'autre liste de signatures (F) emploie généralement τοποτηρητής, quelquefois τόπον επέχων (F 15, 21), une fois έκ προσώπου (F 12). J'omets le nom du topotérète lorsque le nom de l 'évoque est cité : par exemple Thomas de Sardinia représenté par le diacre Epiphane.

LISTES ÉPISCOPALES DU CONCILE DE NICÉE (787) Siège Kaisareia Ephésos Konstantia Thessalonikè Hérakleia Ankyra Kyzikos Sardeis Nikomèdeia Krètè Nikaia Chalkèdon Sidè Sardinia Dyrrachion Amaseia Tyana Gangrai Klaudioupolis Néokaisareia Pisinous Myra Stauroupolis K. Laodikeia Synada Ikonion Antiocheia P. Pergè Nikopolis Ep. Mokissos Phasis Traïanoupolis Rhodos Séleukeia Sylaion Adrianoupolis Hiérapolis Titulaire Agapios Jean Constantin Théophylacte Léon Basile Nicolas Euthyme Pierre Elie Hypatios Staurakios Léon t. Thomas Nicéphore Daniel Nicolas t. Constantin Nicétas Grégoire Grégoire Théodore Théophylacte t. Eustathe Michel Léon Georges Constantin Anastase (Grégoire t.) Christophore Grégoire t. Léon Théodore Basile Manuel Nicolas A 1 2 3 _ _ _ 4 5 6 8 7 _ 9 10 11 12 13 14 — — — 15 16 17 — — 18 19 23 20 — 21 22 24 — Β 1 2 3 _ 4 5 6 7 8 _ 9 12 11 10 — 13 14 15 — — 16 17 19 18 — 20 21 24 22 — 23 25 27 — C 1 2 3 _ _ 4 5 6 7 9 8 10 13 12 11 — 14 — 20 15 19 23 30 27 22 24 26 28 17 — 34 — 25 29 21 — 31 D 1 2 3 4 6 5 7 8 9 10 11 12 13 14 15 17 16 19 20 21 22 23 27 24 25 28 26 30 29 18 33 31 32 40 36 34 35 Ε 1 2 3 11 4 5 6 7 8 9 10 12 13 14 15 17 16 19 20 21 22 23 27 24 25 28 26 30 29 18 33 31 32 39 36 34 35 F 1 2 3 _ 4 5 6 7 8 9 10 11 12 15 16 13 — 14 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 17 28 29 — 30 33 32 31 34

13 Notitia 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 12 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 29 30 31 33

Grégoire, prêtre des Saints-Apôtres à Constantinople (Β 24)7 ; il n'occupe la place officielle (entre Pergè et Phasis) que dans la signature finale; partout ailleurs il est déplacé surtout en D 18 = Ε 18, où le légat se joint à un groupe régional un peu large (Amaseia, Tyana, Gangrai). Le délégué 7. Grégoire en BE devient Georges en DF, sans variante dans le latin; ce délégué est toujours prêtre. Dans la liste A, le délégué est un moine Nicolas, impossible à confondre avec Grégoire-Georges; ce Nicolas fut remplacé au cours du concile pour une raison inconnue. Ces variations confirment le rapport entre la délégation et l'instabilité de la préséance.

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de la métropole n'était donc pas nécessairement un résident, et le droit coutumier reconnaît au métropolite une certaine liberté dans le choix du délégué personnel. Dans la liste F, outre l'absence de Thessalonikè, on relève celle de deux légats, celui de Traïanoupolis citée deux fois comme Thessalonikè, et celui de Tyana. Ce dernier s'intitule higoumène d'Apros ; du moment que ce nom de monastère n'est pas attesté dans la région de Tyana et qu'un métropolite avait la faculté de choisir son délégué ailleurs que dans son diocèse, rien n'empêche d'admettre l'identité de nom avec la ville d'Apros8. Dès lors apparaît un lien qui unit les trois noms omis dans la liste F ; sans affirmer que les trois personnages quittèrent ensemble le concile, on peut envisager le rapport entre l'absence dans la liste et la position géographique des villes. Quelles que soient les raisons positives de ces diverses variantes, la proportion des divergences par rapport à la liste administrative est si faible qu'on peut la considérer comme nulle; en d'autres termes la Notitia d'Epiphane sert de norme pour le classement des métropoles de l'empire byzantin au concile de 787. Nombre des métropoles Dans la période antérieure et encore au VIe concile le nom de la métro pole était accompagné du nom de la province : Cappadoce, Europe, etc.9. Cet usage disparaît graduellement et le déterminatif ne sert plus en général qu'à distinguer des villes homonymes ; Antiocheia de Pisidie, Stauroupolis de Carie ont la particularité de pouvoir échanger le nom de la ville avec celui de la province, et on rencontre aussi Sikélia pour Syrakousai. Il n'y a pas cependant de méthode officielle pour désigner par un terme distinctif la métropole, l'archevêché et l'évêché, si bien qu'il est impossible à première vue de déterminer le rang de la ville. En effet quand tous les Pères, à l'exception naturellement des légats, signent indistinctement évêque de telle ou telle ville, les articulations hiérarchiques du corps episcopal ne se discernent pas aisément : métropolites en tête, archevêques, puis les suffragants des métropolites dans l'ordre de préséance de leur propre chef. Le partage entre les sièges ne se fait pas à la première lecture, mais 8. Le renseignement le plus sûr concernant cette ville est qu'elle était située sur la via Egnatia; mais l'archevêque d'Apros ne suit pas les mouvements de l 'higoumène Grégoire, délégué de Tyana. 9. Voici quelques cas isolés : Hérakleia de Thrace (DEF : Europe était un nom périmé), Nikopolis de (Vieille) Epire (ABD), Andrinople de Thrace (AE); Dyrrachion: Δυρραχιανών χώρας της 'Ιλλυρικών επαρχίας (D). Avec la désuétude du nom de province, on constate une plus grande indépendance par rapport à la division ancienne des diocèses (Pont-Asie) qui jouait encore un rôle dans les préséances conciliaires au vie siècle; voir Chrysos, p. 162-163.

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par comparaison avec les listes connues, en particulier les deux Notitiae (Epiphane et Nicéphore) qui s'accordent sur le nombre de trente-trois métropoles (1 Césarée - 33 Hiérapolis). La liste A observe une concor dance presque parfaite, puisqu'elle ne déplace que le siège de Mokissos : selon l'estimation des Notitiae, ce dernier devrait avoir en A le n° 19. Mais l'ordre de ce protocole, qui semble au début du concile se conformer au classement officiel, ne se maintient pas de manière aussi rigoureuse dans le protocole suivant (D), où Ankyra, par exemple, passe avant Hérakleia; c'est un cas où l'erreur de copie devient probable, tellement l'ordre des dix-douze premiers sièges était considéré comme intouchable. Avant les ixe-xe siècles, cette stabilité s'étendait d'ailleurs à toute la liste. Les vingt-six premiers sièges (Césarée-Mokissos) n'ont pas varié depuis Justinien jusqu'au IXe siècle, et Léon VI ne modifia leur ordre que par insertion de 16 Thessalonique, 27 Corinthe, 28 Athènes ; le rang de Mokissos passe alors à 29. Mais on touche déjà là à une autre question, celle de la place des évêchés de rillyricum, qu'il faut examiner à part. Après l'époque de Justinien, on avait donc enregistré l'entrée de sept nouveaux sièges : 27 Phasis - 33 Hiérapolis. Dans les listes historiques (présence aux séances et signature en corps), qui témoignent directement du mouvement des sièges et de l'érection des métropoles nouvelles, c'est toujours en queue de liste que se manifestent les changements dont les listes administratives ne rendent compte qu'à retardement10, du moins selon les recensions qui en sont conservées. Autour du point fixe, à la limite inférieure constituée par Hiérapolis, l'ordre se relâche très nettement dans toutes les listes, comme le montre la comparaison avec les Notitiae (ordre commun d' Epiphane, Nicéphore et Basile de Jalimbana). Notitiae 26 27 28 29 30 31 32 33 Mokissos Phasis Philippoupolis Traïanoupolis Rhodos Adrianoupolis Markianoupolis Hiérapolis Séleukeia Sylaion A 23 20 — — — 24 — — 21 22 Β 24 22 — — — 27 — — 23 25 C 34 — — — — — 31 29 21 D 18 33 — 31 32 34 — 35 30 36 Ε 18 33 — 31 32 34 — 35 39 36 F 28 29 — — 30 31 — 34 33 32

10. Presque toutes les Notitiae contiennent des notes additionnelles concernant une ville, la date ou l'auteur d'un changement, par exemple la note sur Maximianai dans Basile de Jalimbana : EO 34, 1935, p. 467-469 (V. Laurent); REB 19, 1961, p. 198-207 (V. Grumel).

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Le témoignage concernant Séleukeia et Sylaion est loin d'être unanime, mais l'hésitation en cet endroit prend un sens positif en indiquant une ascension des deux villes dont le statut officiel est en cours d'évolution. La métropole de Séleukeia appartient au patriarcat d'Antioche ; elle passe sous le contrôle politique et ecclésiastique de la capitale à la faveur des troubles qui obscurcissent le patriarcat d'Antioche pendant tout le Ve siècle. En A, Séleukeia dépasse même Mokissos; sa place est plus modeste en F, juste avant Hiérapolis ; comme cette liste est aussi la seule qui conserve dans sa finale l'ordre strict des Notitiae pour les autres sièges, la place de Séleukeia parmi les métropoles d'empire paraît établie. Mais il se trouve que cette métropole, en vertu de son rang parmi les sièges de Syrie, obtient aussi dans d'autres circonstances11 un rang très proche de celui qu'elle occupe en 787. Il s'ensuit que la place de Séleukeia dans les listes présentes supporte deux explications; par rapport au concile iconoclaste de 753, où la Cilicie était représentée12, la métropole d'Isaurie paraît jouer un rôle équivalent en 787, mais la délégation orientale est trop réduite pour permettre une comparaison valable. Le cas de Sylaion indique un autre genre d'évolution en rapport avec la situation intérieure de la province. Les Notitiae postérieures emploient plusieurs fois l'expression Pergè ήτοι Sylaion13, dont le sens a été maintes fois vérifié. Le jumelage (ou la fusion) Pergè-Sylaion qui semble définitif au début du ixe siècle s'annonce déjà en 787 par le rang donné à la ville; sans avoir figuré dans la liste intermédiaire des archevêchés, bien que Pergè aussi ait son propre évêque au concile, Sylaion fait concurrence à sa métropole. De plus les suffragants paraissent eux aussi divisés, mais la formation des groupes dans cette partie de la Pamphylie14 ne fournit pas de renseignements décisifs concernant les rapports de Sylaion avec Pergè. Au-dessus de Hiérapolis, deux variantes de nom concernant Mokissos et Phasis attirent l'attention sur deux autres villes qui connaîtront un sort inégal mais semblable encore à celui de Sylaion. Le délégué de Mokissos, le prêtre Georges, s'intitule une fois représentant de Nazianzos: εκπροσώπου Ναζιανζού του θρόνου (D 18). Ce prêtre, s'il s'identifie avec Grégoire prêtre 1 1 . Chrysos, p. 147 et 1 78 ; en 553, le rapport de préséance entre Hiérapolis et Séleukeia est à peu près le même qu'en 787, où Séleukeia ne paraît pas traitée avec la même faveur que les sièges d'Occident. 12. Selon le témoignage de Michel le Syrien : voir p. 8, note 12. 13. Nicéphore (Notifia 6), 32 = Basile de Jalimbana, 32; V. Laurent, Le corpus des sceaux de l'empire byzantin, V, 1, Paris 1963, p. 409. L'autre recension de Nicéphore (Notifia 8, 32) ne cite pas Sylaion. 14. Cette dispersion touche aussi Orymna, un suffragant de Sidè; voir p. 40.

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des Saints-Apôtres de Constantinople (Β 24 : voir ci-dessus, p. 14, note 8), doit faire écho à un fait de notoriété publique et qu'il connaît au moins par le témoignage des évêques locaux. Mokissos ne sera pas supplantée comme métropole par Nazianzos, mais celle-ci possédera le titre pendant un certain temps15. Christophore de Phasis (Lazique) peut s'intituler simplement de Phasis (A 20), Φασίδος ήτοι Τραπεζοϋντος (D 33), Τραπεζοΰντος (F 29). La chanc ellerie inscrit le titre légal, le signataire affirme une prétention ou une situation locale différente ; la confusion confine à l'anarchie dès le concile puisque Trapézous dépend du Pont Polémoniaque, et elle se manifeste aussi dans les Notitiae du ixe siècle où Trapézous est enregistré à la fois comme archevêché et comme suffragant : Nicéphore, 82 et 320 = Basile de Jalimbana, 77 et 268. La titulature de Christophore découle apparem ment repli du métropolite de Phasis sur Trébizonde ; on sait seulement d'un que l'érection effective de Trébizonde au rang de métropole dans la seconde moitié du IXe siècle s'entoura d'agitation16, mais celle-ci transparaît déjà dans les signatures de 787. Certes le témoignage de ces listes perd beaucoup de sa valeur par suite de l'imprécision du titre episcopal. A défaut des actes d'érection, les indices de variation de rang au seuil de la hiérarchie supérieure dévoilent quelques mouvements précis à l'intérieur du corps episcopal, mais les conciles sont trop rares pour nourrir la statistique des métropoles de manière substantielle. B. — ARCHEVÊCHÉS Aucune marque ne sépare le degré hiérarchique des archevêques du degré précédent ou du degré suivant, puisque ni les villes ni les évêques ne sont dotés d'aucun titre distinctif1. La cohésion propre d'un groupe n'est donc mise en évidence que par la confrontation avec la liste admin istrative ; sans ce fil conducteur, les rapports permanents de préséance 15. L'érection de Nazianzos se produit dans la seconde moitié du xie siècle : Ramsay, p. 285. Les deux villes sont métropoles dans la Notifia 10, 31 et 74 : Parthey, p. 198-199. 16. V. Laurent, op. cit., p. 495; Grumel, Regestes, nos 439-440. 1. Cela se vérifie dans la plupart des conciles : Chrysos, p. 25-33 (présence et souscrip tion) les tableaux (p. 146-147), l'auteur ne met pas de séparation entre les métropoles ; dans et les archevêchés. A l'articulation des degrés, les confusions peuvent se produire entre métropoles et archevêchés, non entre archevêchés et évêchés, parce que ceux-ci se groupent. Par exemple, en 553, Séleukeia se trouve en contact avec les archevêchés (byzantins), mais aucun archevêché ne descend au-dessous des suffragants du prototrône (Césarée de Cappadoce), sinon par accident.

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entre les archevêques seraient presque impossibles à démêler à un moment précis et surtout dans leur enchevêtrement avec les Occidentaux. Le nombre de ces derniers au niveau des archevêques constitue d'ailleurs une anomalie, du moment que la plupart des sièges représentés ne méritent pas cette préséance; la proportion sans précédent de Calabrais et de Siciliens à cette date invite donc à étudier dans son ensemble la position des Occi dentaux. Archevêchés du patriarcat Sans préjuger de la solution exacte réservée à une édition critique, je signale d'abord les difficultés les plus voyantes et les plus faciles à su rmonter ; elles se remarquent surtout dans la liste B. Le diacre Jean τόπον επέχων Άποστολίας-Apostolicae Sedïs (Β 35) est un hapax ; à la lettre il diffère du moine Jean délégué de Patras (E 43), et de l'évêque Jean de Trokalis (A 38, etc.), tous deux absents en Β ; cette mention reste en suspens. Β 51 et Β 133 forment doublet, à cause du nom de Basile et de la variante Νησίων (AB), των Λιπαριτών νήσου (DEF), ensuite parce que Basile Λίπρων n'a aucun support en Asie (B 133). L'autre doublet de B (58 = 243) résulte d'une erreur complexe concernant Nikopolis (voir p. 41-42). La contraction Γαλάτιος... 'Ρηγίου (Β 62) provient d'un saut ; le même numéro comprend certainement Galaton [de Syracuse, Constantin] de Rhègïon, dont les noms devaient être, en B, plus rapprochés qu'en D (37 et 43) ou F (35 et 40) ; le parallélisme laisse supposer que Syracuse est tombée aussi de façon accidentelle dans la liste E. Les décalages de rang dans la liste B sont aussi les plus accentués : 26 Katanè, 105 Derkoi, 152 Karinè; ils ont même cause que dans la liste C, dont rénumération se termine ainsi : 31 Hiérapolis, 32 Karpathos, 33 Amorion, 34 Phasis, 35 Gotthïa2. Il est intéressant de voir les trois suspects (Hiérapolis, Karpathos, Amorion) se prononcer ensemble; le protocole est certainement moins strict dans les séances de vote, comme on le voit dès le début. Dans la liste D, la contamination explique l'omission de Nikopolis (voir p. 41), une ville que E 66 qualifie par erreur 'Αρμενίας δευτέρας ; ce déterminatif ne convient qu'à un seul archevêché, celui d'Hérakleioupolis (Pidachthoè) ; la mention Hérakleia (E 82) se corrige dans la finale de la même liste (E 332). Entre D et E se joue aussi le nom de Patrai ; selon toute probabilité τόπον ποιούμενος Προκοπίου (D 44) correspond à εκ προσώπου Πατρών (Ε 43), parce que la première expression est inusitée 2. Mansi 13, 1154·4; on sait qu 'Amorion fut réintégré en seconde session, Karpathos à la troisième (avec Hiérapolis).

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et que D emploie généralement la seconde ; en soi il n'est pas impossible que le nom de l'évêque soit authentique, comme dans les autres cas où le nom de l'évêque est cité avec celui du délégué et de la ville. Au sujet de ces noms, la correction est suggérée par le parallélisme. Pour Pompèïoupolis, Maurianos (ADEF) l'emporte sur Marianos (B) ; pour Syrakousai: Γαλάτων AD, Π(α)λάτων F, Γαλάτιος Β. Pour Smyrne, deux délégués ont dû se relayer : Grégoire (A), Antoine (DEF). Le nom du délégué de Gotthia est toujours Cyrille; par erreur Β le dit évêque, tandis que l'évêque se nomme Jean en D, Nicétas en F. Dans l'édition le nom de Nikopolis pour Nicétas (F 36) est un lapsus, si bien que le nom de l'évêque de Gotthia est douteux : on a le choix entre Jean et Nicétas. Les absences suivent le même rythme que dans la liste des métropoles. Pour les deux suspects, Karpathos et Amorion, dont l'absence est justifiée en A, on est surpris de voir qu'ils manquent à la signature finale; rien n'indique qu'ils s'abstiennent pour raison dogmatique. Des Occidentaux, Patras et les trois évêques de Dalmatie, manquent l'ouverture, ainsi que des Orientaux parmi les plus éloignés : Sébastoupolis, Koloneia, Euchaïta, Kotrada, Hérakleioupolis. A la suite des métropolites et des délégués métropolitains de Macédoine-Thrace, Drizipara et Derkoi doivent manquer en A pour la même raison. Les mentions uniques, dont les deux premiers exemples se trouvent ici, sont toujours suspectes : celle d'Apostolias (B 35) doit provenir d'une faute de copie indéterminée; celle de Damianos de Mitylènè (E 89) n'a contre elle que le décalage de rang, puisque la rareté du nom de Damianos (un seul autre cas éloigné : Damianos de Méros) écarte l'éventualité d'une confusion ; l'archevêque ne s'éloigne pas beau coup de son milieu en siégeant parmi les suffragants d'Asie, mais une mention (sur cinq listes) ne suffit pas pour certifier sa présence. La comparaison avec les listes officielles, les mêmes que pour les métrop oles, attire l'attention sur les noms qui s'écartent notablement de l'ordre (colonne de droite : Notitia). Les archevêchés d'Odyssos et de Tomi étant absents, c'est Bizyè qui prend la tête. Une ville dépasse certainement et de loin la tête de liste : Gotthia. Sougdaiai, inférieure en A, rejoint Gotthia en DEF ; dans la signature F 36-37, Séleukeia qui séparait les deux villes en DE a été écartée. Ces mouvements ont une raison géographique. D'une part, Gotthia pallie en quelque sorte par sa préséance l'absence des deux premiers de liste (Mysîe et Scythie) ; d'autre part, Sougdaiai occupe au début du concile la place qui correspond dans la Notitia à celle de Cherson et de Bosporos, entre Kypséla et Kotrada. Plus tard, Gotthia et Sougdaiai restent voisines dans la Notitia qui les enregistre comme archevêchés : Léon, 99-100 (archevêchés 44-45). Le rang élevé des deux villes témoigne

20 Siège Reggio Gotthia Patrai Katanè Tauroménion Messina Panormos Bibona Léontinè Tauriana H. Kyriakè Krotoné Nèsia Lip. Karinè Trokalis Lilybaion Tropaion Nikotéra Syrakousai Bizyè Pompèïoupolis Smyrnè Léontopolis Salonintianè Apameia Apostolias Germia ArkadioupolJs Sébastoupolis Parion Milètos Nikopolis Proikonèsos Koloneia Abaritianoi Méthymnè Kios Apros Kypséla Euchaïta Sougdaiai Apsartianoi Karpathos Kotrada Drizipara Mésembria Derkoi Hérakleioupolis Amorion Mitylènè Titulaire

J. DARROUZÈS A Β D 43 39 (44) 45 46 47 48 50 49 52 53 55 54 56 51 57 58 59 37 60 61 42 — 62 63 — 64 65 66 68 69 (67) 70 71 72 73 74 75 76 38 41 77 78 79 80 81 82 — 83 — Ε 42 38 43 44 45 46 47 48 49 51 52 54 53 55 50 56 57 58 — 59 60 41 — 61 62 — 63 64 65 67 68 66 69 70 71 72 73 74 75 37 40 76 77 78 79 80 81 82 83 89 F 35 36 — 38 39 41 42 43 44 45 46 48 47 49 51 50 52 53 40 56 55 57 — 106 58 — 59 60 64 61 62 68 63 65 107 66 67 69 70 54 37 108 — 72 73 74 75 71 — Notitia

Constantin Nicétas/Jean ? Jean t. Théodore Jean Gaudiosus Théodore Etienne Constantin Théodose Christophore Théotime Basile Constantin Jean Théophane Théodore Serge Etienne Théodore Maurianos Grégoire t. N. t. Jean Eustrate Jean t. Pierre Jean Constantin t. Sisinnios Epiphane Grégoire t. Nicétas t. Nicétas Ursus Eustrate Léon Jean Théophylacte Théophylacte Etienne Laurent Léon Eustathe Cyriaque Léon Grégoire Théodore Théodore Damianos

25 (62) 26 — 30 — 27 26 28 29 29 33 30 37 31 39 32 42 33 44 34 46 35 48 36 51 37 152 — 38 — 39 40 55 41 57 42 (62) 43 31 44 28 45 32 46 40 — — 47 34 — 35 48 36 49 38 — — 50 41 51 43 52 58 53 45 — 244 — — 54 47 55 50 56 52 57 54 — — 58 56 — — — (632) — — — 61 59 59 — 105 — — 60 — —

44 45 46 47 49 51 52 75 55 56 57 58 61 62 63 64 69 70 68 72 73 74

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d'un fait historique qui n'est pas attesté par d'autres sources. La Noîitia De Boor traite le nom de Gotthia uniquement comme nom d'éparchie et avance le nom de Doros (ό Δώρου) pour la ville principale; mais ce document ne concerne pas directement la hiérarchie épiscopale3. Pour compléter ce mouvement régional, l'archevêché d'Abasgie, Sébastoupolis, passe des derniers rangs à un niveau plus élevé ; mais à la différence des deux autres, dont la liste administrative ignore la place avant le xe siècle, Sébastoupolis ne reçoit en 787 qu'un avancement temporaire. Euchaïta ne figure pas dans la liste A ; la liste F la place au-dessus de Bizyè et les listes DE donnent la séquence suivante : Hiérapolis, Sylaion, Sikélia, Euchaïta, Gotthia, Séleukeia. La promotion d'Euchaïta se produisit au IXe siècle dans des circonstances qui révèlent une des causes de l'érection des métropoles : l'ambition d'une personne jointe à la prospérité de la ville4. L'analogie avec Trébizonde ne manque pas de force, en raison du voisinage géographique et des ambitions qui font sortir les villes de leur rang à partir déjà de 787. Le dernier nom remarquable est celui de Derkoi. Comme le nom manque dans la Notifia, même parmi des suifragants, Derkoi en queue de liste fait la même figure que Sylaion au seuil des métropoles. Le franchissement est clair, sauf en B, dont l'autorité n'est pas suffisante pour annuler DEF. D'après l'estimation du concile, Derkoi est détaché de sa province, l'Europe thrace, et siège parmi les archevêques ; ce rang n'est inscrit qu'à la fin du IXe siècle : Léon, 78 (23e archevêché sur 49). D'une manière générale les variations de rang correspondent donc très clairement à des changements historiques, qui affectent davantage les régions périphériques de l'empire et des villes dont le statut est en cours de mutation. Pour préciser le sens du témoignage il faudrait aussi tenir compte des villes absentes et des régions non représentées par comparaison avec la liste administrative globale ; mais il importe surtout ici de mettre en relief les rapports très positifs entre une liste conciliaire et les Notitiae. 3. F. Dvornik, Les légendes de Constantin et de Méthode vues de Byzance, Prague 1933, p. 163-168. Je ne crois pas que le témoignage de la vie de Jean de Gotthia confirme le titre episcopal du kastron de Doros, comme l'insinue Dvornik ; voir AASS, juin, VII, p. 167 (§ 5). Au vme siècle, la hiérarchie épiscopale de la région paraît informe du fait qu'il n'y a pas de métropole clairement établie et reconnue. 4. L'érection est due à Photius : Grumel, Regestes, n° 257 ; le patriarche évinça l'archevêque antérieur pour caser un de ses partisans. En raison du pouvoir constitu tionnel que l'empereur exerce à l'égard des métropoles, l'action patriarcale présuppose une action impériale, dont les motifs sont également variables; le favoritisme y joue aussi un rôle.

22 Place des Occidentaux

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L'annexion de l'Illyricum pose de nombreuses questions aux historiens5. Si le fait est indéniable, on ignore les dates, les modalités de l'intégration des villes dans le système administratif de l'empire, tant du point de vue civil qu'ecclésiastique. Les listes de 787 fournissent un poste d'observation privilégié en raison de la conjoncture historique, de la composition de l'assemblée et du traitement réservé à des sièges qui ne sont pas encore intégrés dans le système byzantin mais dont le sort est en train de se jouer. L'indétermination du statut politique et ecclésiastique que suggère l'hési tation des Notitiae trouve une certaine confirmation dans les listes concil iaires. Après le silence de la Notifia d'Epiphane, les listes montrent que le rattachement à l'empire se fit lentement et avec une certaine confusion6 ; il faut attendre plus d'un siècle le seul document qui se présente avec la garantie officielle, la Taxis de Léon VI et Nicolas Ier. Nicéphore : Notitia 6/8 12 13 14 15 41 42 43 44 83 84 87 91 92 Krètè Korinthos Sikélia Thessalonikè Athènai Patrai Larissa Philippos Thèbai Athènai Aigina Katanè Rhègion Basile DE JALIMBANA 521 522 522a 523 524 525 526 527 Thessalonikè Syrakousai Krètè Korinthos Rhègion Nikopolis Athènai Patrai LÉON VI 13 16 27 28 31 32 34 35 39 42 44 48 50 Sikélia Thessalonikè Korinthos Athènai Kalabria Patrai Larissa Naupaktos Philippos Dyrrachion Katanè Hagia Séverine Néai Patrai

Le contexte de ces enumerations montre clairement le fossé qui les sépare. D'ailleurs Nicolas Ier dit expressément, dans la préface de l'ordre de préséance7, que le nouveau tableau était destiné à mettre fin aux querelles 5. On a discuté le sens du témoignage donné par Théophane le Chronographe : V. Grumel, L'annexion de l'Illyricum oriental, de la Sicile et de la Calabre au patriarcat de Constantinople, Recherches de se. rel. 40, 1951-1952, p. 191-200; M. V. Anastos, The transfer of Illyricum, Calabria and Sicily to the juridiction of the patriarchate of Constantinople, Studibiz, e ne oil. 9, 1957, p. 12-31. 6. Dans les recensions de la Notifia de Nicéphore (Notitia 6 et 8) les insertions indiquent une mise à jour de la Notitia antérieure d'Epiphane. 7. Grumel, Regestes, n° 598 ; Dölger, Regesten, n° 538. En plus du titre il faut lire le texte : PG 119, 817-820 = Parthey, p. 331-322.

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entre villes d'Orient et d'Occident en procédant à un rangement qu'on avait omis de faire jusqu'alors (en 901-902, et sous-entendu : depuis l'annexion des évêchés occidentaux). La différence entre la Notitia 6/8 et celle de Léon prend un sens historique, puisque la première se contentait d'intercaler par groupes les sièges occidentaux sans les fondre dans une hiérarchie globale. Ce travail, comme celui de Basile de Jalimbana, est une opération de compilateur, une interpolation qui témoigne de la confusion administ rative. Les listes de 787 seront appréciées par rapport à ces témoignages sans doute, mais aussi par rapport aux actes conciliaires dont la conception de Γοίκουμένη n'est pas exactement la même que celle des législateurs byzantins8. Du moins, en d'autres circonstances, cet univers devant lequel se trouvait la chancellerie fut plus étendu. Ainsi, en 553, il fallait définir des préséances non seulement entre Rome et Constantinople, mais par rapport aux diocèses d'Orient, d'Egypte et d'Afrique. Ces circonstances sont cependant trop rares pour qu'une règle générale s'en dégage : c'est par la critique interne des listes qu'il faut retrouver l'idée qui dirige le classement à une date donnée. La disposition des sièges occidentaux s'adapte aux catégories byzantines de manière toute superficielle, mais leur place ne correspond pas en général à la situation réelle du siège et à sa valeur propre. Une seule métropole, la Crète (sous-entendre : Gortynè), se présente avec ses suffragants, qui pren nent rang dans la liste conformément au rang de leur métropolite : la Crète se trouve entre Nicomédie et Nicée, ses suffragants, entre les deux provinces de Bithynie. Les suffragants de l'Hellade, privés de leur métropolite, se rangent à la suite des Cretois. Dans la Notitia 8, le rang de la Crète équivaut à celui de 787 ; mais ensuite, après une éclipse notable (Taxis de Léon), la Crète tombe, sous les Comnènes et les Paléologues, à un rang inférieur, le trentième (entre Mokissos et la Calabre). Le traitement de la Crète diffère donc de celui de Chypre, l'archevêché autocéphale qui reste dans l'orbite du patriarcat byzantin et se maintient en tout temps à une place privilégiée. Parmi les autres sièges enclavés dans les métropoles, la Sardaigne et Nikopolis d'Epire ne figureront pas dans les listes byzantines. Thessalonique et Dyrrachion, représentées seulement par leur évêque9, recevront aussi une place plus modeste dans la Taxis de Léon. L'absence de Corinthe 8. Parthey, p. 3221"3 : τας πόλεις... διαγράφεσθαι, ώσπερ τινί οικουμένη βραχεία: συνεχομένας ; en fait l'oikouménè de 787 s'identifie plus qu'il ne paraît à celle du début du xc siècle. 9. A la première séance Dyrrachion est représenté par le moine Jean délégué par Nicéphore, l'évêque qui assiste aux réunions suivantes.

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et d'Athènes et la très faible participation de la Macédoine (Thessalonique seulement en DE) montrent clairement que toute la région, du point de vue ecclésiastique, n'entretient pas avec le patriarcat de Constantinople les mêmes relations que les métropoles de son ressort. Les villes de Sicile et de Calabre se trouvent entre la dernière métropole (A 25 : Andrinople, D 35 : Hiérapolis) et le premier archevêché qui est, en 787, Bizyè (A 43, D 60). Syracuse, ou Sikélia, occupe une place variable, la dernière en A et la première en D; dans Β 62, il y a confusion avec Rhègion et la liste Ε saute la ville ; l'archevêque Thomas n'assistait pas au concile où il était représenté par le prêtre Galaton. Reggio et Catana restent en tête, mais la suite de 1 'enumeration est confuse : cinq Siciliens, trois Calabrais, quatre Siciliens, deux Calabrais. Il n'y a donc aucun classement hiérarchique des sièges ; la chancellerie byzantine ignorait ce classement, mais elle accor dait honneur exceptionnel aux évêchés de Sicile et de Calabre en les un rangeant en corps à cette place. C'est peut-être une conséquence de la lettre du pape Hadrien Ier à Constantin et Irène, qui protestait contre l'usurpation des Iconoclastes10. Une chose est certaine : ces sièges ne sont pas encore intégrés totalement dans le système administratif des métropoles du patriar cat. Parmi les représentants de l'Occident, au même niveau hiérarchique, on relève encore Patras (D 44, Ε 43). Ce n'est peut-être qu'une coïncidence, mais il faut la relever : le délégué de Patras suivit la même conduite que l'archevêque de Thessalonique. L'absence de ce dernier dans les signatures est surprenante11. Les absences dans la liste F peuvent provenir de plusieurs causes; dans la mesure où il ne s'agit pas d'une abstention dogmatique, ni d'une corruption accidentelle de la liste, ces absences doivent s'expliquer par une circonstance historique et par une raison commune qui concerne Patras et Thessalonique, puis Karpathos, Amorion et un certain nombre d'évêques. La conclusion la plus naturelle est que ces Pères du concile étaient partis quand on signa l'horos. Enfin à une place notablement inférieure, trois autres évêques se mêlent aux archevêques byzantins et sont désignés sous la même forme (εκκλησία, diocèse, avec l'épithète de la ville ou ethnique) : Salonintianè, Abaritianoi, 10. Mansi 12, 1073c-ß; Anastase le Bibliothécaire trouva que le texte de la lettre d'Hadrien lu en traduction au concile n'était pas complet et il a ajouté les parties manq uantes. On a émis l'hypothèse que ces omissions proviennent en réalité d'une révision des Actes faite sous Photius (voir p. 6, note 4) ; Anastase me paraît dire clairement que la lettre d'Hadrien fut expurgée pour ménager les opposants, dont l'action avait d'ailleurs empêché le concile en 786. 11. Un rapport géographique peut être envisagé entre Thessalonique, Traïanoupolis, et indirectement Tyana : voir p. 14.

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Apsartianoi. Les trois évêques se rejoignent dans F 106-108, entre les suffragants d'Asie et ceux de Chypre, donc entre la deuxième et la troisième métropole : ce qui correspond encore à cet endroit à une haute préséance. Ces noms n'appartiennent à aucune liste des évêchés byzantins, mais ils sont identifiables : Salona (Spalato), Arba (Rab), Apsara-Opsara (Ozor). On a mis en doute l'existence à cette date d'un Jean de Salona attesté dans la liste épiscopale latine de la ville12 et sur lequel il n'y a pas d'autre témoi gnage que la mention du concile ; le nom de Jean a certainement beaucoup plus de poids que ceux de Pierre et de Léon, cités par une chronique tardive. Les mentions grecques d'Abaritianoi et d'Apsartianoi n'ont pas attiré l'attention des historiens. Farlati pourtant avait relevé les noms d'Ursus Abaritiensis et de Laurentius Apsartianensis13, sans prêter attention à la qualité de leur mention historique. Selon Constantin Porphyrogénète14, le peuplement de ces îles s'était maintenu jusqu'à son temps et dans l'orbite de l'empire. A l'époque du concile on ne sait pas quels rapports les deux évêques Ursus et Laurent entretenaient avec leur métropolite (Aquila). La liste E, dans sa finale confuse où se rencontrent des évêques isolés de plusieurs provinces, inscrit un évêque Jean de Dékatéra : Ε 327. Il faudra revenir sur ce nom dans l'examen du contexte, mais on peut dire déjà que l'identification repose sur le témoignage de Constantin Porphy rogénète ; il s'agit de l'évêque de Cattaro (Kotor), dont la forteresse avait résisté aux incursions arabes. La place de cet isolé ne contredit en rien le rang honorifique des évêques de la même région, comme on le verra par l'analyse de cette finale Ε où se trouve le nom en hapax. Il est donc bien évident que tous les Occidentaux (Italie du Sud, Dalmatie, Macédoine, Hellade et Crète) reçurent au concile une préséance qui les mit globalement au-dessus des Orientaux, c'est-à-dire, dans cette circons tance,des métropoles et des évêchés du patriarcat de Constantinople. S'il y eut dans ce geste diplomatique un semblant de concession à l'égard de l'ancienne Rome, la lettre de Taraise à Hadrien Ier après le concile montre que cette concession n'allait pas très loin ; selon le patriarche, le concile 12. D. Farlati, lllyricum sacrum, III, Venise 1751, p. 42. L'évêque Jean porte le même nom que Jean le Ravennate bien connu par son activité dans le diocèse de Salona (Spalato, Split) au vne siècle ; voir la comparaison moderne des listes dans F. Bulic et J. Bervaldi, Kranotaksa solinskih biskupa uz dodatak Kronotaksa spljetskih nadbiskupa, Zagreb 1912, p. 170 (et tableaux annexes) ; à défaut, voir le compte rendu de l'ouvrage : An. Boll. 33, 1914, p. 270-271. 13. Op. cit., V, p. 183. 14. De administrando imperio, 29 : Moravcsik-Jenkins, p. 138285~290 (Commentary, p. 112). Le texte ne dit rien de la langue, de la nationalité, du statut ecclésiastique des îles d'Arba et d'Opsara où la population s'est maintenue.

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comprenait les apocrisiaires du pape, les délégués des Eglises d'Orient (Jean et Thomas) et l'assemblée de tous les évêques du diocèse de Constantinople : συναθροισθέντων πάντων τών θεοφιλών επισκόπων της ενταύθα διοικήσεως1 5. Ainsi les honneurs rendus aux délégués occidentaux — légats du pape exceptés — n'ont pas tout le sens qu'on pourrait supposer dans un concile œcuménique. L'oikouménè dont il s'agit est surtout celle qui gravite autour de l'empereur et du patriarche de la nouvelle Rome ; avant de trouver leur place fixe dans l'orbite — ce qui demanda plus d'un siècle —, les évêchés occidentaux connurent une période de surestimation à laquelle le concile de 787 donne le ton. Et c'est le synode de Constantinople qui procéda à un reclassement à l'entrée du Xe siècle. Mais bien avant cette mesure administrative, selon la déclaration de Taraise, ces sièges étaient considérés comme rattachés au diocèse patriarcal et au pouvoir impérial. C. — ÉVÊCHÉS SUFFRAGANTS Tandis que les métropoles et les archevêchés se rangent dans leur groupe selon un ordre comparable à celui des Notitiae, les évêchés de province ne suivent aucune règle évidente en dehors de la préséance du groupe déter minée par le rang de leur métropole. Cette corrélation entre la préséance de la métropole et celle de ses évêchés permet sans doute d'analyser les groupes par référence aux listes administratives, mais à l'intérieur du groupe aucune règle ne commande l'ordre des évêchés. Si dans l'intervalle de quel ques semaines les évêques peuvent se ranger de plusieurs manières, alors que la dignité du siège ne varie pas et que l'évêque est le même, il est évident que la préséance n'est pas déterminée à l'avance et de l'extérieur, comme pour les dignitaires supérieurs, du moins dans ces réunions générales, où doit se reflé ter cependant l'usage observé par les évêques à l'intérieur de leur province. 1. Cappadoce : métropole de Kaisareia La liste Β omet Basilika Therma1 ; un saut du même au même est probable, du fait que les deux évêques s'appellent Georges. La même liste échange 15. Mansi 13, 459. Il y a une allusion à la formule de convocation dans Théophane, ad ann. 6278 (De Boor, p. 461 n~12) : ol βασιλείς προσεκαλέσαντο πάντας τους υπό την έξουσίαν αυτών επισκόπους ; d'après le contexte, le chroniqueur ne retire de ce total que les apocrisiaires de Rome et d'Orient, soit quatre personnes. 1. Un monastère de Therma est représenté au concile par l'archimandrite Baanès : Mansi 13, 152β; ce nom ne doit avoir aucun rapport avec la ville de Cappadoce. La ville qui portait en Galatie seconde le nom de Therma, en 451, se nommait autrement en 787 :

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d'ailleurs le nom de deux évêques : Jean de Nyssa (Cappadoce) avec Théo dose de Nyssa (Asie) ; il est plus facile aux copistes de brouiller les noms qu'aux évêques de changer de place. Dans la traduction latine, la liste A donne Grégoire pour Georges2. Siège Nyssa Basilika Therma Kamouliana Kiskissa (oi) Titulaire Jean Georges Georges Sotèrichos A 60 61 62 63 Β 63 — 64 65 D 84 85 86 87 Ε 84 85 86 87 F 76 77 79 78

2. Asie : métropole d'Ephésos La métropole d'Ephèse a toujours eu le plus grand nombre de suffragants, au moins jusqu'au xme siècle, et la longueur de sa liste autorise quelques remarques générales qui s'appliquent aux autres métropoles, dont le nombre moins élevé des suffragants ne permet pas un examen aussi concluant. On constate que l'ordre des sièges d'une province est beaucoup moins impératif que celui des hauts dignitaires entre eux, et même qu'il ne suit pas de règle absolue. Une concordance se dessine entre trois groupes : AB, DE, F. Mises à part des dérogations extraordinaires (B 53 : Priènè parmi les arche vêchés ; Ε 331 : Arkadioupolis en appendice), les évêques d'une province restent groupés mais en ordre variable. La liste A observe un certain ordre hiérarchique, puisque les topotérètes viennent à la fin ; mais DE les mettent avant des évêques en titre ; on ne peut donc envisager une préséance de la personne au nom de l'ancienneté dans l'ordre. En général les Notitiae s'accordent sur une place de premier (πρωτόθρονος), qui est Hypaipa (Epiphane, 84 ; Nicéphore, 101 ; Basile de Jalimbana, 94) pour la province d'Asie ; cette préséance ne se rencontre qu'en DE. La liste A évoque plutôt des rapports de voisinage et un certain ordre géographique à partir de la vallée du Méandre (Mastaura, etc.) jusqu'au nord de la province dans le golfe d'Atrammytion ; le groupe du nord se maintient assez bien (MyrinèPhokaia) dans les autres listes, sauf dans F, où même les petites unités géographiques se disloquent. soit Myrikion ( = Μηρυκίου : Basile de Jalimbana, 274), soit Hag. Agapètos (Léon, 306). Les localités de Bithynie dont le nom est associé à des thermes (Pythia, Prousa) n'ont pas de monastère dénommé Therma. C'est une des principales différences entre la liste épiscopale et la liste des monastères (suite de la liste D) que celle-ci n'a aucun point de repère géographique. 2. La forme originale de Kiskissos est incertaine probablement par la faute des éditeurs ; le pluriel n'apparaît pas dans les variantes des Notitiae.

J. DARROUZES Siège Mastaura Brioula Nyssa Tralleis Magnesia A. Prinè Anéa Magnesia M. Palaiapolis Kaloè Algiza Eugaza Baréta Hypaipa Erythra Lébédos Kymè Tymnos Myrinè Elaia Pitanè Pergamos Atrammytion Atandros Assos Phokeia Gargara Agaè Sion Tion Arkadioupolis Titulaire Constantin Georges Théodose Théophylacte Basile Ignace Sabas Basile Grégoire Théophane Léon Nicodème Lykastos Théophylacte Eustathe Théophane Stratonikos Théophile Cosmas Olbianos Pardos Basile Basile Marianos Jean Léon Nicéphore t. Constantin t. Philippe Théophylacte Nicéphore A 64 65 66 67 68 69 70 71 72 73 74 75 76 77 78 79 80 81 82 83 84 85 86 87 88 89 90 91 92 93 — Β 66 67 68 69 70 53 71 73 72 74 75 76 77 78 — 79 80 — 81 82 83 84 85 86 87 89 90 91 92 — 88 D 90 91 94 89 95 92 97 96 99 100 101 102 103 88 107 105 106 108 109 110 111 112 113 114 115 116 98 93 104 — — Ε 91 93 95 90 91 92 98 97 100 101 102 103 104 88 108 106 107 109 110 111 112 113 114 115 116 117 99 94 105 — 331 F 81 82 83 84 97? — 103 97? 95 92 87 102 99 91 83 89 — 105 85 86 94 90 98 96 93 101 100 88 — 104

Parmi les particularités notables3, on relève dans la liste A la mention unique de Tion, que les Notitiae citent sous la forme Τέου (Epiphane, 113; Τέως : Hiéroklès, 66011); la forme Τίων se rapproche de l'ethnique Τηιων des monnaies. Après l'ouverture du concile, l'évêque Théophylacte disparaît. Au sujet de Sion, dont le topotérète se nomme Théognis, D est le seul à citer le nom de l'évêque Philippe ; le rapprochement de Sion et Tion (A 92-93) présente une certaine analogie avec celui de Kios-Chios (B 49-50), mais comme les listes sont différentes, on imagine difficilement un jeu de scribe. Dans la liste E, Tralleis et Lébédos se retrouvent en doublet dans la finale, et la seconde ville avec une erreur sur le nom de l'évêque : 3. L'orthographe commune de Πρίνης relève de l'iotacisme; la variante Τύμνων-Τύμνον provient sans doute de l'interprétation des finales par les éditeurs.

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Théophanes (E 329) devient Thomas (E 106) ; mais la liste F, dont la traduc tion latine place Theophanes Lebedi entre Apameia et Germia, c'est-à-dire des archevêchés, connaît certainement la bonne place du siège : entre Nyssa et Tralleis, selon le manuscrit V de Gelzer. Les évêques des deux villes homonymes, Magnesia du Sipyle et du Méandre, se nomment Basile, bien séparés dans la liste A et voisins dans DE ; en cet endroit la liste F doit opérer une contraction. L'épithète de la ville Μαγνησίας 'Ανήλιου se retrouve dans Basile de Jalimbana, 113 ; la forme Ηπιλου de la liste E doit correspondre à une mauvaise lecture de Σιπύλου. Arkadioupolis, évêché d'Asie, pouvait être confondu avec Arkadioupolis, archevêché d'Europe (Thrace). La liste B, comme elle a échangé les noms des évêques de Nyssa (B 63 et 66), donne le même nom à l'archevêque et à l'évêque d'Arkadioupolis ; selon E et F, l'évêque se nommait Nicéphore. Au niveau du diocèse d'Asie, une divergence notable entre le grec et le latin se fait jour dans la liste E. Une lacune du grec (Pargamos, Atrammytion, Atandros) est comblée d'après le manuscrit V de Gelzer, mais le latin reste en désordre. Le décalage des noms dans le latin peut s'expliquer en partie par la copie défectueuse d'une liste disposée en deux colonnes ; il faut rétablir l'ordre en combinant les noms de la première colonne (85-103 : Basilika Therma-Assos) avec ceux de la seconde (104-121 : KamoulianaKallioupolis).

1 Basilika Therma 3 Kiskissos 5 Mitylènè 7 Mastaura...

Grec 85 87 89 91

Latin 85 87 88 89...

2 4 6 8

Kamouliana Hypaipa Tralleis Priènè...

Grec 86 88 90 94

Latin 104 105 106 107...

Suivant le point de départ de l'erreur, Mitylène pourrait se trouver avant Hypaipa, c'est-à-dire entre la Cappadoce et l'Asie, au lieu de tomber entre les deux évêchés d'Asie, Hypaipa et Tralleis. L'anomalie du latin doit être expliquée par une édition critique de la version d'Anastase. 3. Europe : métropole d'Hérakleia Dans cette province, l'ordre des sièges donne l'impression d'une plus grande stabilité, sauf dans la liste F qui offre plus de divergences ; celle-ci donne quatre noms de plus, dont trois seulement figurent aussi dans E.

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Brysis et Nikaia (ou Nikè)4 passeront parmi les archevêchés sous Léon VI. Le nom de Madyta ne s'est pas encore imposé, puisque l'évêque Léonide signe encore : de Koila (F 117), qui était le nom ancien, comme l'indiquent DE : ήτοι, Κοίλα. Ce cas montre que le second terme de l'équivalence n'in dique pas nécessairement l'appellation nouvelle qui supplante l'ancienne. La liste F donne un évêché inconnu par ailleurs : Lithoprosopon. Dans la liste E, ce nom se trouve en finale entre Lébédos et Arkadioupolis (Asie) ; malgré ses divergences, la liste F semble préférable pour la localisation de Lithoprosopon, mais un témoignage indépendant serait encore nécessaire pour situer cet évêché dans la métropole d'Héraclée en toute certitude.

Siège [Nikaia Rhaidestos Panion Kallioupolis Madyta (Koila) Tzouroulon Charioupolis Daonion Théodoroupolis Chalkis Brysis Lizika Lithoprosopon Hexamilion Métra

Titulaire Léon Jean Jean Melchisédech Léonidès Sisinnios Théophylacte Thomas Grégoire Sisinnios Jean Benjamin Jean Constantin t. Constantin

A 94 95 96 97 98 99 100 101 102 103 104 — — —

Β 93 94 95 96 — 97 98 99 100 101 102 — — —

D 117 118 119 121 122 120 123 124 125 127 126 — — —

Ε 328 118 119 120 122 123 121 124 125 126 128 127 330 — 333

F 1141 115 118 116 117 122 119 — 126 121 — 123 120 124 125

4. Galatie : métropole d'Ankyra Sur les sept suffragants que les Notitiae attribuent à la Galatie, six sont présents; il manque Tabia (Epiphane, 127 = Nicéphore, 151). La liste E, qui donne le nom de Kibia-Tabia avec hésitation, pourrait contenir un vestige de la présence au concile de ce septième évêque. Le nom de Kinna ne provoque pas tout seul les deux variantes Nèssos et Kibia-Tabia. En D, Nèssos peut provenir d'une confusion à partir du nom de l'évêque Synésios, tandis que le passage de Kinna à Tabia suppose une faute intermédiaire. Deux fois la traduction de Longolius maintient le nom de Tabia, mais elle 4. Mais Nikaia ne fait pas partie en réalité de cette province; son insertion F 114 doit s'expliquer par l'analyse de la finale particulière de la liste E : voir p. 56-58.

LISTES ÉPISCOPALES DU CONCILE DE NICÉE (787) Siège Ioulioupolis Aspona Kinna Anastasioupolis Minzos (Mnizos) Bèrinoupolis Titulaire Constantin Pierre Synésios Théophile Léon Anthime A 105 106 107 108 109 110 Β 107 110 111 112 — — D 133 137 (134) 135 136 138 Ε 134 138 (135) 136 137 139

31 F 127 131 130 128 129 132

ignore Nèssos qui devient Cynes5. Ce serait un grand hasard que l'évêque de Tabia porte le même nom que l'évêque de Kinna, bien que Synésios se rencontre plusieurs fois au concile ; la présence effective de Tabia aurait laissé plus de traces. La rencontre Iounopolis-Ioulioupolis (Β 106-107)6, deux noms à l'ortho graphe très instable, devient possible dans la liste B, où les votants ne suivent pas strictement les préséances, et s'écartent même de leur province. On ne sait si le jeu de mots provient du scribe ou des évêques eux-mêmes. 5. Chypre : métropole de Konstantia Tandis que la métropole se maintient constamment au troisième rang, les suffragants perdent deux rangs dans AB, en passant après Ancyre, un rang dans DE, en passant après Héraclée ; seule la liste F les inscrit au même rang que leur chef, après Ephèse, ou plutôt après les trois évêques de Dalmatie que la liste F a regroupés en cet endroit (F 107-109). A ce niveau très élevé, les variations de place doivent indiquer que les évêques de Chypre, à cause de Pautocéphalie de leur métropole, étaient moins familiarisés avec les préséances synodales, que les évêchés du patriarcat Siège Kythroi Soloi Kition Trimithous Amathous Titulaire Spyridon Eustathe Théodore Georges Alexandre A 111 112 113 114 115 Β — 113 114 115 116 D 128 129 130 131 132 F 110 109 111 112 113

Ε 129 130 131 132 133

5. Comparer les trois passages : Mansi 13, 624°, 725A, 734B ; le nom de l'évêque Synés iosfait le lien entre Κίννης (AB), Νήσσου (D), Κφίας/Ταβίας (Ε), Κίνης (F). 6. L'iotacisme introduit Ίλιούπολις ou Ήλιούπολις ; aucune liste ne donne le nom exact de Mnizos.

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observent plus strictement. Pour les villes de Chypre, on a déjà signalé la curiosité Παλαιάς Κύθρων (D), Παλαιάς ήτοι Χύτρων (Ε)7. 6. Hellespont : métropole de Kyzikos La place des suffragants varie selon les listes : AB, après Héraclée; DE, après Ancyre ; F, après Sardes. La place normale à la suite des suffra gants d'Ancyre n'est pas troublée par le fait que le métropolite d'Ancyre était sur la sellette comme suspect à la première session (A) ; il reprend son rang en B, et le procès fait au métropolite ne met pas en cause les suffragants. Au niveau des trois sièges Héraclée, Ancyre et Cyzique, la liste D offre une petite variante, mais sans rapport avec celle qui affecte les évêchés d 'Hellespont. En tout cas la chancellerie elle-même ne répugne pas à adopter deux ordres de préséance, A et Ε étant des protocoles ; il est plus facile d'intervertir les noms des métropoles individuellement qu'un groupe de suffragants, mais l'erreur est possible dans les deux cas. Cependant la liste F ne se contente pas de renvoyer 1 'Hellespont après la Lydie (Sardes), elle brouille complètement l'ordre des noms par rapport aux autres listes : ou bien les évêques n'ont pas signé l'horos dans l'ordre, ou bien la transmis sion cette liste — comme il est plus probable — est défectueuse ; les de noms de Lydie témoignent du même désordre, sans provoquer cependant de confusion entre des évêchés de province différente. Du point de vue historique, la mention d'Adraneia a son importance, parce que les Notitiae manifestent à l'égard de cette ville une certaine hésiSiège Mélitoupolis Adraneia Germé Adranouthèrai Poimanènon Okè Dardanos Lampsakos Palaia Ileos Troas Abydos Titulaire Michel Sisinnios Théodore Basile Léon Syméon Stratègios Jean Théodote Nicétas Léon Théodore A 116 — 117 118 119 120 121 122 123 124 125 126 Β 118 117 119 120 121 122 — 123 — 124 125 126 D 139 140 141 142 143 144 145 146 147 149 148 150 Ε 140 141 142 143 144 145 146 147 148 151 149 150 F 159 160 155 153 150 154 158 151 156 152 — 157

7. H. Grégoire, Saint Démétrianos évêque de Chytri, BZ 16, 1907, p. 206-208 : remar quessur l'étendue de l'agglomération ; il existe encore un toponyme Παλαίκυθρον. On corrige les coquilles d'éditeur : A 109 (Κύπρων) et D 129 (Γόλων).

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tation provenant de l'existence des trois noms : Adranouthèrai8, Adrianoi et Adrianeia, dont l'orthographe de l'époque (Adran-) estompe le souvenir ou l'étymologie remontant à l'empereur Hadrien. A ce sujet, Ramsay9 avait relevé le témoignage des Notitiae qui se résume dans ce tableau. Epiphane Adrianou thèrai Nicéphore Adrianou thèrai Adraneia Adrianôn Basile de Jalimbana Adrianou thèrai Adrianôn (Adrianoi)

Hellespont l \ Bithynie :

Selon Ramsay, Adrianeia-Adrianoi était une ville limitrophe des deux provinces. Mais cette hypothèse d'une ville unique (Adrianouthèrai étant ici hors de question), au sujet de laquelle l'auteur imagine une querelle entre les deux métropoles, ne cadre pas avec la réalité ; les archéologues ont identifié Hadrianeia d'Hellespont, sur le Makestos, à Balat-Dursunbey, et Hadrianoi de Bithynie, sur le Rhyndakos, à Atranos-Orhaneli. Dans la Notitia de Nicéphore les noms ne constituent pas un doublet ni le vestige d'un siège avec deux évêques concurrents, comme le pense Ramsay, mais le document s'aligne en ce point comme en plusieurs autres sur les listes du concile. Le cas de Palaia doit être aussi résolu autrement que ne l'a fait Ramsay, qui considère Palaia comme un substitut de Parion. Cela ne serait possible que dans le cas où le nom apparaîtrait une seule fois et avec un nom d'évêque qui favorise l'identification. Or Sisinnios de Parion, archevêque, n'a rien de commun avec Théodote de Palaia. Ramsay admet aussi que Palaia représente un nom indigène à distinguer du grec Palaia (polis). Un certain ordre géographique se reconnaît dans la disposition en deux groupes séparés par Okè (non identifié) : les évêchés de l'intérieur et ceux de la côte ouest. Dans ce second groupe, Palaia ne correspond pas nécessairement à une ville côtière et on pourrait penser à Pionia ou Skepsis (Palaioskepsis) dont les évêques sont attestés au ve siècle. Les archéologues relèvent la ressem blance entre le turc Balia (Bazar köy) et Palia, mais Balia serait l'ancienne 8. Les deux villes d 'Adranouthèrai et de Timénothyrai échangent pratiquement le second terme; on lit ('Αδριανού )-θύρων ABDE, -θηρών F, tandis que Τιμενουθήρων ne varie pas : voir p. 48, note 37. L'orthographe d'Iléos est très fragile : υλαιου, ηλαιου, ιλαιου ; le nom de son évêque Nicétas devient Neilos en E, Nektarios en F. 9. Ramsay, p. 161. Sur la distinction bien établie entre Hadrianeia et Hadrianoi, voir Robert, Villes, p. 89, 199, 372 et 412.

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J. DARROUZÈS

Argiza10, une ville qui n'a pas eu le titre d'évêché. En Hellespont, la suc cession des toponymes est encore un peu confuse. 7. Lydie : métropole de Sardeis Les quatre premières listes donnent une impression de stabilité, malgré les absences plus nombreuses qu'ailleurs à l'ouverture du concile (A). La liste F, dont les vides sont plus difficiles à expliquer (refus de signature, départ de l'évêque, défaut de copie ?), adopte un ordre inconciliable avec celui des listes précédentes ; mais elle met en tête Philadelphie, comme la plupart des Notitiae. De même cette liste atteste l'identité de Périkomma et Aurèlioupolis grâce au nom de l'évêque ; la Notifia 10, 226 (Parthey, p. 205) a retenu l'équation Aurèlioupolis ήτοι Περικώμεως, ainsi que plu sieurs autres équivalences vérifiables. On ne voit pas cependant à quoi correspond : Gregorius loci servator (τοποτηρητής) Eramiae (F 136), même dans les Notitiae. Faute d'équivalent grec même approximatif pour cet hapax, il faudra recourir à l'édition critique du texte d'Anastase le Bi bliothécaire. Ramsay a proposé une identification de Kéraseis (Kérasa) avec Akrasos (Nakrasa) qui ne tient pas11. La Notitia 10, 235 (Parthey, p. 205) propose l' équivalence Akarassos (Akrasos) = Lipara, qui aurait une apparence de fon dement en Β 134 : Basile évêque Λίπρων ; les noms des évêques Constantin (Akrasos) et Basile (Lipara ?) étant distincts, les deux évêchés de Lydie se raient donc attestés, en 787, comme tout à fait indépendants. Mais dans la liste B, qui donne Λίπρων (interprété Λιπ(ά)ρων), il se produit de nombreux déplacements de rang et le nom de l'évêque Basile suggère la possibilité d'un doublet avecAmaprrcov (Νησίων), c'est-à-dire l'île de Lipari. En fait, il n'y a pas d'autre doublet dans la liste B et la seule chose qui laisse persister un doute sur l'existence réelle de Basile de Lipara est l'isolement du témoi gnage, comme pour le nom d'Eramia; il faut un témoignage extérieur et de préférence contemporain pour confirmer la valeur de ces mentions uniques. 10. F. W. Hasluck, Cyzicus, Cambridge 1910, p. 112-113. Au procès du patriarche Niphon (mars 1314), l'acte d'accusation rédigé par Nicéphore Choumnos cite comme évêché unique Παλαιάς καΐ Πιονίας : J. F. Boissonade, Anecdota graeca e codicibusregiis, V, Paris 1833, p. 263. D'après ce document les deux villes doivent être écartées de la Troade: Robert, Villes, p. 364 et 427. 11. Ramsay, p. 126; Robert, Villes, p. 273-274. On peut se demander si la Notitia 10 n'aurait pas trouvé précisément dans les listes du concile l'occasion de faire le rapproche ment Akrasos et Lipara ; la seule objection est que la liste B ne rapproche pas maté entre riellement les deux noms (omission d 'Akrasos) de manière à provoquer une glose savante.

LISTES ÉPISCOPALES DU CONCILE DE NICÉE (787) Siège Tripolis Trakoula Sala Tabala Silandos Périkomma Thyateira Sétai Akrasos Lip(a)ra Maionia Stratonikeia Philadelpheia Tralleis Gordos Daldè Hyrkanis Attaleia Hermokapèleia Hiérokaisareia Kéraseis Eramia Titulaire Anastase Léon Etienne Jean Etienne Nicolas Isoès t. Jean Constantin Basile Théophane Michel Lykastos Michel Grégoire Jean Eustathe Joseph Théopistos Zacharias Michel Grégoire t. A 127 128 129 130 131 — — 132 — — 133 — 134 135 136 137 138 — 139 — — — Β 127 128 129 130 131 132 — 133 — 134 135 136 137 138 139 140 114 142 — 143 — — D 152 151 154 153 155 156 157 158 159 — 160 161 162 163 164 165 166 167 168 169 170 — Ε 152 153 154 155 157 158 156 159 160 — 161 162 334 335 163 164 165 166 167 168 169 —

35 F 143 147 — 140 134 142 — 138 — — 135 133 145 146 139 148 149 141 144 137 136

Toutes les listes s'accordent sur le nom de Tabala, alors que les Notitiae ne connaissent que Gabala. Une simple confusion des lettres initiales fournirait une explication suffisante pour un cas particulier, mais non pour une série aussi importante, du moment que le nom ancien Tabala est bien établi12 ; la faute de copie se rencontre dans la liste du concile de Chalcédoine où Honigmann maintient Tabala comme authentique et Gabala com mevariante13. Faute de mentions dans les sources byzantines, on ne sait dans quelle mesure Gabala s'est substitué à Tabala comme appellation courante, car le nom turc Davala se rattache plutôt au nom ancien ; la forme Gabala transmise par les Notitiae demande donc à être contrôlée de l'extérieur14. 8. BlTHYNIE : MÉTROPOLE DE NlKOMÈDEIA Deux évêchés des plus proches du siège du concile, Prousa et Prainétos, ne sont pas présents au début, et le second est en plus détaché de ses collègues. 12. L. Robert, La Carie. II. Le Plateau de Tabai et ses environs, Paris 1954, p. 82-84. 13. Byz. 16, 1941-1942, p. 55 (n° 263). 14. Pour l'orthographe on ne retrouve pas exactement en Sétai l'ancien Saittai ; d'autres variantes touchent Silandos (Silangos, Silandros) et Maioneia (Myonia, Lymaion).

J. DARROUZES Siège Hélénoupolis Lophos Apollonias Kaisareia B. Basilinoupolis Aristè Adranous Daskylion Prousa Prainétos Titulaire David Kyrion Théophylacte Constantin Georges Léon Nicéphore Basile t. Théodore Jean A 140 141 142 143 144 145 146 147 — — Β 144 145 147 146 148 149 150 151 — — D 171 172 174 175 176 177 178 173 179 — Ε 170 171 173 174 175 176 177 172 178 343 F 169 164 161 162 163 165 166 168 167 302

La liste Β (152 : Karinè) admet ici un évêque étranger qui vote hors de son groupe. Pour le reste les quatre listes s'accordent; DE ne déplacent que Daskylion, tandis que F suit un ordre différent comme dans la plupart des provinces. De ces villes de Bithynie les seules qui ne sont pas encore identifiées sont Lophos et Aristè (Néokaisareia)15. En 787, Aristè et Néokaisareia fusionnent, tandis que la Notifia de Léon (224 et 227) les distingue encore ; mais cet inventaire administratif n'implique pas que les deux évêchés sont en activité. Si le nom d'un monastère Eristè coïncide avec celui de la ville, celle-ci se situe à l'ouest ou au sud-ouest de l'Olympe, dans la région d'Atroa; l'évêché devait être intermédiaire entre Adranous et Apollonias. L'équivalence proposée par les Notitiae et quelques variantes des listes conciliaires montrent que Lophos-Kadosia-Gallos sont unis par des rap ports géographiques et historiques : ce sont des villes ou des bourgades qui abritent le siège episcopal d'un district. Aucun des trois noms n'a été localisé et les hésitations concernant la rivière Gallos (à l'est ou à l'ouest du Sangarios) gênent quelque peu l'identification de la ville homonyme. D'après un itinéraire de Théodore de Sykéôn, on rencontrait un lieu nommé Galos sur le parcours de Nicomédie à Germia16, par la route certainement qui passe à l'est du Sangarios. De même qu'il existait au moins deux rivières du nom de Gallos17, cette appellation pouvait appartenir à une localité 15. Comme monastère, Eristè apparaît dans la Vie de saint Joannice, 13 : A ASS, novembre, IV, p. 344. Ce monastère, qui porte peut-être le même nom que la ville (Aristè ou Eristè), est situé dans une région nommée Pandèmos, reliée, semble-t-il, à celle d'Atroa. Les listes DE citent Νεοκαισαρείας ήτοι 'Αρίστης. 16. Vie de Théodore de Sykéôn, 160 : Festugière, I, p. 138e4"66 ; la χώρα (et le τόπος) του Γάλου se rencontre après un arrêt είς Σύνας, mais il n'est pas précisé à quelle distance de Nicomédie s'arrête le saint. 17. Sur ce problème du Gallos, voir l'article de W. Ruge concernant la Phrygie : RE 20/1, 795-798; M. Waelkens, Pessinonte et le Gallos, Byz. 41, 1971, p. 349-373.

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sans rapport avec la rivière. A l'est de la Bithynie, les frontières des deux métropoles (Nicomedie et Nicée) n'ont jamais été bien définies, mais d'après la carte il semble impossible que Nicomedie étende sa juridiction à l'est de Prousa, sur la vallée du Gök Su, le Gallos de la Phrygie Epictète. Gallos (Kadosia-Lophos) ne pouvant donc se trouver dans cette région, au sud de Nicée, il faut s'orienter vers l'autre partie de la province et vers la partie du thème des Optimates qui rejoignait, à l'est du Sangarios, le thème des Bucellaires. C'est ce que suggère peut-être aussi l'ordre des listes où, mis à part Prainétos qui est hors-cadre, se dessine un ordre géographique : les évêchés les plus proches de Nicomedie sont Hélénoupolis et Lophos ; l'autre partie commence à Basilinoupolis et se trouve presque coupée de la métropole par l'archevêché de Kios. On constate ici la différence avec les Notitiae, qui, du moins pour Nicomedie, mettent en fin de liste les évêchés les plus récents, à savoir Gallos, Néokaisareia, Kadosia-Lophoi (Epiphane, 181-183), ou Gallos-Lophoi, Daphnousia, Eristè (Basile de Jalimbana, 199-201 = Léon, 225-227). 9-10. Crète et Grèce La place de ces évêques est déterminée par celle du métropolite de Crète qui siège entre Nicomedie et Nicée ; en l'absence de leur propre chef (Athè nes,Corinthe), les évêques d'Achaïe et d'Hellade se rangent très haut, à la place présumée de leur archevêque, qui tombe beaucoup plus bas, comme nous l'avons dit18, lorsque ces diocèses sont réellement intégrés dans l'ordre byzantin sous Léon VI. L'absence de ces évêques au début du concile (toute la Crète, sauf le métropolite, et une bonne partie des autres) n'a rien d'étonnant. Le concile, ouvert à Constantinople en 786, avait été empêché par une sédition des troupes excitées par un parti d'évêques19. Les Pères se dispersèrent, mais Irène garda sous la main les apocrisiaires du pape et ceux d'Orient20 ; une nouvelle convocation fut lancée au mois de mai 787. Aucune source ne précise le nombre des évêques réunis dès 786 dans le capitale, la plupart durent faire deux fois le voyage. La Grèce n'envoya au concile qu'une très faible délégation ; toute la région continentale, les futures métropoles de Naupacte, Larissa, Néopatras, est représentée par le seul archevêque de Nikopolis d'Epire. Les évêchés si peu nombreux de l'Hellade, Egine, Oréos, Porthmos, sont loin de donner 18. Voir le schéma, p. 22-23. 19. Mansi 12, 991, 999°. 20. Théophane : De Boor, p. 462.

J. DARROUZES Siège (9. Crète) Lampe Hérakleion Knossos Kydonia Kisamos Soubrita Phoinix Arkadia Eleuthernè Kantanos Chersonèsos Titulaire Epiphane Théodore Anastase Méliton Léon Théodore Léon Jean Epiphane Photeinos Sisinnios A — — — — — — — — — — — — — 108 253 254 255 — — — D 180 181 182 183 184 185 186 187 188 189 190 191 192 193 194 195 196 197 198 — Ε 179 180 181 182 183 184 185 186 187 188 189 190 191 192 193 194 195 196 197 336 F 179 — 170 173 177 178 175 176 172 174 171 188 189 183 182 181 184 185 190 180

(10. Achaïe - Hellade) Képhallènia Georges t. Kerkyra Philippe Troizènè Antoine Monembasia Pierre Aigina Gabriel Porthmos Léon Oréos Philippe Zakynthos Léon Lemnos Jean

de leurs métropoles l'image qu'en donne la Notitia des Iconoclastes (ou De Boor); c'est dans cette partie surtout que le document ne doit pas être considéré comme une liste d'évêchés. Le seul détail qu'on relèvera ici est la mention de Jean de Limbos (F 181) que la liste Ε cite en finale avec la forme correcte du nom : Lemnos. Rattachée aux îles de PHellade dans le Synekdèmos de Hiéroklès (6485-6492), l'île devient archevêché dans la Notitia de Léon, 82 ; c'est peut-être pour cela qu'elle dépend à peine ici d'un groupe. Par comparaison avec les autres évêques occidentaux21, ceux des provinces de Crète et d 'Hellade, assimilés aux suffragants des métropoles byzantines, semblent plus avancés dans leur intégration à la hiérarchie du patriarcat et de l'empire. 11. BlTHYNIE : MÉTROPOLE DE NlKAIA II est paradoxal que le métropolite de la ville où se tint le concile fut un des principaux suspects dénoncés à la séance d'ouverture. La métropole 21. Voir la liste des archevêques, p. 20. Le haut rang obtenu par les évêchés très obscurs de Salona, Arba et Apsara fait contraste avec celui des évêchés grecs plus proches de la capitale.

LISTES ÉPISCOPALES DU CONCILE DE NICÉE (787) Siège Mêla Gordoserba Linoè Titulaire Nicétas Néophyte Léon A 148 149 150 Β 153 154 155 D 200 201 199 Ε 199 200 198

39 F 186 187

de Nicée est aussi une de celles dont les évêchés sont le moins connus; les trois qui sont représentés en 787 sont ceux de la Notitia d'Epiphane (185-187) et de Nicéphore (213-215). Les trois évêchés ajoutés par Basile de Jalimbana (206, 208, 209 = Notitia de Léon 232-234) furent créés au cours du ixe siècle ; on en a la preuve au moins pour Maximianai22. Le nom de Mêla est un peu incertain du fait que les Notitiae offrent diverses variantes (Μελίτου, Μελανών, Μελής) et donnent une équivalence avec Modrina, qui pose un autre problème, car suivant que Modrina est mise en rapport avec Modra sur le Gallos de Phrygie Epictète (Strabon), ou Modrènè à la frontière du thème des Bucellaires (Constantin Porphyrogénète), on aboutit à deux identifications contradictoires : Inegöl(?) à l'ouest, Mudurnu à l'est. Mêla, qui fut nommée aussi Ioustinianoupolis, était certainement l'évêché le plus notable ; et le fait que Mélagina fut toujours une importante propriété impériale23 favorise l'hypothèse de Ramsay sur un rapprochement entre Mêla, Mélina et Mélagina, dont la position est intermédiaire entre Inegöl et Mudurnu, un peu au sud de Lefke. Aucune de ces identifications n'est encore certaine. La seule ville ancienne qui devint évêché de Nicée, Taios (Regio Tattaios), se trouve à l'est du Sangarios, où se pose le problème des frontières avec la métropole de Nicomédie ; nous pensons que cette métropole dépassait aussi le San garios et possédait sur la rive est l'évêché de Lophos (Kadosia - Gallos : voir p. 36). 12-15. Pamphylie, Hélénopont, Arménie II, Cappadoce II : métropoles de Sidè, Amaseia, Sébasteia, Tyana A mesure qu'on avance dans les listes, il serait très difficile de les accorder24, si le protocole initial (liste A) n'avait pas été aussi bien ordonné : d'une part il observe le même ordre dans les préséances des métropolites 22. C'est une note concernant cette ville qui sert en grande partie à dater la compila tionBasile de Jalimbana : voir p. 15, note 10. de 23. Comme ville de garnison, Mélagina (Malagina) joua un certain rôle entre le concile avorté de 786 et celui de 787 : Mansi 12, 991e. 24. Les variantes concernant Etenna ont leur pendant dans les Notitiae : Parthey, p. 347, sous Έτταίνης ; la forme Γέμων (dans F 191) n'est cependant qu'une faute d'édi tion; il doit en être de même pour Zèla : Σήλων Α, Ζάλων D.

40 Siège Aspendos Etenna Orymna Amisos Zèla Zalichos Sinopè Andrapa (12. Sidè) Titulaire Léon Jean Etienne

J. DARROUZES A 151 152 Β C 203 202 D 202 201 341 337 203 206 204 205 — — Ε 193 191 266 194

156

(13. Amas eia) Léon Constantin Jean Grégoire Théodore

153 154 155 156

157 257 158

204 207 205 206 — 208

(14. Sébasteia : métropolite absent) Nikopolis Anô Georges 157 Sasima (15. Tyana) Constantin 158

— 159

— 192

et celles des suffragants et d'autre part cet ordre concorde avec celui des Notitiae de l'époque (Epiphane, Nicéphore), à condition de tenir compte de quelques absences : par exemple, à ce niveau, celle des métropolites de Sébasteia et de Mélitènè. Au sujet de la Pamphylie, on a remarqué l'ascension de Sylaion vers le rang des métropoles (voir p. 16). L'inci dence de cette ascension, parmi les suffragants, n'est peut-être pas négli geable : Orymna que je rattache à Sidè d'après la Notitia (Epiphane, 193 = Nicéphore, Notitia 8, 266), passe, dans F 266, en Pamphylie seconde (Pergè). Il doit exister un problème territorial concernant la répartition des évêchés entre ces métropoles ; sans doute Orymna n'est cité que deux fois (arrivée tardive ?), mais quel empêchement interdit à l'évêque de se joindre à sa province officielle ? Il faut relever les mentions de Zalichos pour comprendre la suite. A 155 : Μαριανου τοποτηρητου Ζαλίχου ; Β 257 : 'Ανδρόνικος πρεσβύτερος και εκ προσώπου Λεοντοπόλεως, ήτοι Ζαλίχου ; D 204 : 'Ανδρόνικος πρ. και εκ πρ. 'Ιωάννου έπ. Ζαλίχου ; Ε 203 : Κώνστα επισκόπου Ζαλίχων. L'accord des deux listes indépendantes BD fait donner la préférence à Andronic comme légat et à Jean comme évêque. En effet, le nom de Konstas donné par Ε est une contamination évidente avec Constantin de Zèla. Le nom de Marianos en A ne provient pas d'une confusion semblable, puisque l'homonyme le plus proche, Marianos, topotérète de Théodore d 'Andrapa, ne figure pas dans les listes AB ; on peut imaginer

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que ce Marianos, après l'arrivée du légat Andronic, reçut le mandat de représenter un autre évêque de la même province25. Le problème de la représentation de l'Arménie seconde est encore plus compliqué, parce que le métropolite n'a même pas envoyé de légat et que l'évêché de Nikopolis entraîne une confusion avec l'archevêché homonyme de Thrace, aggravée par la confusion facile entre Grégoire et Georges; il faut confronter les différentes mentions des deux sièges, auxquelles on ajoutera celles du siège de Koloneia qui provoquent une nouvelle confusion. A 52 : Grégoire prêtre et topotérète de Nikopolis A 157 : Georges évêque de Nikopolis "Ανω (latin : superioris) Β 58 Β 243 Β 244 D 67 D 71 Ε 66 Ε 71 F 65 F 69 Grégoire prêtre et tenant lieu de l'év. de Nikopolis X... et topotérète de Nikopolis X... et topotérète de Koloneia Grégoire prêtre et ék prosôpou de Nicétas év. de Koloneia Jean prêtre et ék prosôpou de Nicétas év. de Koloneia Grégoire prêtre et ék prosôpou de Nikopolis 'Αρμενίας δευτέρας Jean prêtre et topotérète de Koloneia Jean prêtre et ék prosôpou du trône de Koloneia Grégoire prêtre et topotérète du trône de Nikopolis

Dans ce tableau, le témoignage de A montre son isolement mais aussi sa valeur, puisque la place des noms exclut toute contamination, tandis que la différence des noms et des titres distingue les personnes ; Koloneia ne figure pas dans cette liste. Il n'y a ensuite aucune difficulté à reconnaître, au niveau des archevêchés, le même topotérète Grégoire en Β 58, F 69, puis en D 67 et Ε 66, après correction. En D 67, le copiste est passé de Νικοπόλεως à Νικήτα et supprime donc l'archevêché de Nikopolis en donnant deux topotérètes à l'évêque (= archevêque) de Koloneia; comme cette liste est la seule à mentionner le nom de l'évêque, celui-ci reste douteux. En Ε 66, il faut certainement supprimer l'indication de l'Arménie seconde, puisqu'il s'agit de Nikopolis, archevêché de Thrace. En Β 243 et 244, la succession des deux sièges rappelle le voisinage des deux noms dans les listes DEF, de même que le titre du personnage (et topotérète) permet de suppléer pour Nikopolis Grégoire prêtre, et pour Koloneia Jean prêtre. Β 243 apparaît donc comme un doublet de Β 58. 25. Smyrne paraît aussi avoir eu deux délégués : voir p. 19. Ces changements n'ont pas le même sens pour un nom d'évêque ; si on admet que le titulaire du siège n'a pas changé pendant le concile, le changement provient d'une erreur.

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Le nom de Nikopolis d'En-Haut, que nous n'avons pas rencontré ailleurs, pourrait s'expliquer par l'histoire même de Nikopolis : détruite par un tremblement de terre en 499, elle fut reconstruite sur les ruines de la ville romaine par Justinien. La nouvelle ville occupait vraisembla blement terrasse supérieure où se dresse le village turc de Purkh, reconnu la par Franz Cumont26. Les rapports entre Nikopolis et Koloneia pourraient expliquer la faute de la liste Ε (66), du moins en partie, car le scribe ne devait pas ignorer l'archevêché homonyme de Thrace; c'est le voisinage de Koloneia27 dans la liste des archevêchés qui entraîne l'addition d'Arménie seconde, peut-être aussi l'erreur concernant Hérakleioupolis (E 82). 16-18. Paphlagonie, Honorias et Pont : métropoles de Gangrai, Klaudioupolis et Néokaisareia Siège Amastris Iounopolis Dadybra Sora Titulaire (16. Gangrai) Grégoire Hérakleios Nicétas Théophane A 159 160 161 162 163 164 165 166 Β 103 106 160 104 161 164 162 163 181 — 165 — — D 209 210 211 212 214 215 — 213 — 218 216 217 219 Ε 207 208 209 210 212 213 214 211 338 217 215 216 218 F — 195 197 196 201 200 199 198 202 203 206 205 204

(17. Klaudioupolis) Prousias Théophile Krateia Constantin Adrianoupolis Nicétas Hérakleia P. Jean Tios Michel (18. Néokaisareia) Komana Théodore Rhyzaion Nicétas Polémonion Constantin Kérasous Jean

167 168 — —

Les suffragants de la Paphlagonie et de l'Honorias sont les mêmes, au complet, que dans les Notitiae : Epiphane 230-233, 235-239; Nicéphore (Notifia 8) 307-310, 313-317. A part Michel de Tios, les autres noms ne posent pas de problème ; la mention du topotérète Sabas n'est pas incomp atible, en Β 181, avec l'arrivée de l'évêque Michel (E 338) qui signe 26. F. et E. Cumont, Voyage d'exploration archéologique dans le Pont et la Petite Arménie (Studia Pontica, II), Bruxelles 1906, p. 308-309. 27. La notice liturgique sur Jean de Koloneia pourrait aussi susciter une réminiscence : Syn. CP (7 déc), H. Delehaye, col. 286.

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ensuite avec ses collègues (F 202) ; mais ce passage de la liste Β n'est pas très sûr. Les listes DEF subissent en cet endroit des accidents de transmission du texte. En raison de l'accord continu entre D et E, leurs divergences proviennent d'omissions : Nicétas d'Adrianoupolis et (Michel) de Tios ont dû être sautés par un copiste. Dans Ε 210-212, la collation du manusc rit de Gelzer comble la lacune survenue dans le grec (saut de ThéoV phane à Théophile) : Théophane <de Sora, Jean d'Hérakleia, Théophile} de Prousa. Dans F, où nous avons rétabli le grec d'après le même manuscrit (du n° 176 à 200) le saut se produit de Nicétas à Nicétas, F 197-199 : Nicétas <de Dadybra, Jean d'Hérakleia, Nicétas} d'Adrianoi. Le fait que la version latine a reclassé Nicétas Cladibrensis (même forme dans le latin E) avant Arkadia28 indique que cette erreur est ancienne et que le manuscrit V mérite la plus grande attention. Dans le diocèse du Pont le groupe homogène attesté à la fin du concile (DEF) ne comprend pas Trébizonde (voir Epiphane, 241 = Nicéphore, 320), mais ajoute Rhoizaion (Rhizaion, Rhyzaion) à la liste des Notitiae. La liste F (29) montre que l'évêque Christophore de Phasis peut prendre le titre de Trébizonde. Cette titulature reste à vérifier par l'édition critique, mais la Notifia de Nicéphore, qui inscrit deux fois Trébizonde (82 : arche vêché, 320 : suffragant), témoigne aussi de l'ascension de la ville qui sera élevée au rang de métropole durant le IXe siècle. 19-20. Galatie II et Lycie : métropoles de Pisinous et Myra Les deux groupes montrent une cohésion remarquable et une assiduité exemplaire, bien que les métropolites aient été mis en suspicion au début du concile ; la cohésion des suffragants indique peut-être qu'ils n'ont pas suivi leurs chefs, mais elle peut signifier aussi bien qu'ils les ont soutenus en corps pour obtenir leur réintégration. En Galatie seconde, Amorion, dont l'évêque était suspect, se détache de sa province au moins comme archevêque. La Notitia de Nicéphore {Notifia 8, 81 et 326) cite la ville deux fois, comme Trébizonde. 28. C'est-à-dire entre F 175 et F 176 de notre liste. Dans la version latine de F, il doit exister un rapport entre le reclassement de Nicétas Cladibrensis et celui de Theophanes Lebedi absent également dans le grec et situé par le latin entre F 58 et F 59, trop haut pour un évêché d'Asie. L'intervalle qui concerne Dadybra (de 175 à 198) est égal à celui qui concerne Lébédos (59 à 81 : début de l'Asie dans la liste F) ; cette répétition laisse supposer un défaut ancien à distance égale ou parallèle.

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J. DARROUZES A 169 170 171 172 173 174 175 176 177 178 179 180 181 182 183 184 185 Β 166 167 — 168 169 — 170 171 172 173 174 175 176 177 178 179 180 D 220 221 228 225 226 233 223 229 234 227 236 230 224 231 235 232 222 Ε 219 220 227 224 225 232 222 228 233 226 235 229 223 230 234 231 221 F 207 208 214 — 210 218 209 216 219 213 221 220 211 212 222 215 217

(19. Pisinous) Klanéos Nicéphore Troknada Léon (20. Myra) Korydalla Léon Patara Anastase Georges Nissa Araxos Etienne Pinnara Théodore Sidyma Nicodème Oiniandos Georges Kandiba Constantin Zènonopolis Staurakios Limyra Léon Kaunos Etienne Tlos Constantin Komba Constantin Orykanda Pierre t. Phasélis Jean t.

La liste A semble avoir adopté un ordre hiérarchique en plaçant les topotérètes à la fin pour la province de Lycie, comme elle le fait aussi pour l'Asie; ce doit être un ordre d'ancienneté dans l'ordination, car il ne correspond pas à l'ordre des Notitiae, où ce critère ne pouvait jouer. Mais les autres listes ne confirment pas l'autorité de cet ordre initial ; la séquence des noms atteste plusieurs fois la formation de trois groupes indépendants : AB, DE, F. C'est à l'occasion de l'examen de cette liste de Lycie que Ramsay attribue à Hiéroklès un emploi des sources ecclé siastiques qui a paru très exagéré à Honigmann29. Au sujet des toponymes de Lycie, on constate surtout la difficulté de retrouver la forme première. Ce n'est pas l'édition30 qui en est la seule responsable, bien que les termi naisons de génitif y soient souvent résolues de manière contradictoire ; ainsi Arykanda se lit : Όρικάνδων AE, -Sou F, -δης D, Τρκανών Β ; de même il faut retrouver Kaunos à travers Καύνων AB, Κανούας D, Κάμνου 29. Ramsay, p. 424-425; cf. Ε. Honigmann, Le Synekdèmos d' Hiéroklès, Bruxelles 1939, p. 3. 30. L'édition est responsable sans doute de la transcription de finales (Κλανέων AB, Άράξων Α, Σιδύμου Β), probablement de l'omission en Ε 229-230 : Λέων έπ. <Λιμύρων Κωνσταντίνος έπ.> Τλών. Mais devant une suite comme Ούνιάνδου (Α), Ούνιάνδων (Β), Οίνιάνδου (D), Ύνιάνδου (Ε), Ύνιάνδου (F) on s'aperçoit que les copies manuscrites doivent poser des problèmes complexes.

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EF. Certains noms ont pu évoluer à l'époque byzantine, mais non jusqu'à ces déformations. 21. Carie : métropole de Stauroupolis La liste de Carie présente dans A la même disposition que pour la province précédente, avec les topotérètes en queue de liste. Par exception, la liste F garde exactement le même ordre que A, tandis que les listes DE conservent des unités géographiques (en partant de l'ouest : Kibyra, Tabai, Néapolis), qui ne contredisent pas l'ordre de A. Ces affinités régionales jouent certainement un rôle plus important que l'ordre hiérar chique des personnes ou des cités, souvent indiscernable, surtout en ce qui concerne les dates d'ordination des évêques. Par exception, la liste A a répété en tête des suffragants le nom du topotérète de la métropole de Carie : celle-ci avait pris nom de Stauroupolis pour couvrir le nom ancien d'Aphrodisias ; mais le nom de la province, dans la titulature, a toujours concurrencé le nom de la ville31 de façon plus régulière ou plus fréquente que dans les autres métropoles. A part une petite lacune dans la liste Ε (245, rétabli grâce au latin et au manuscrit V de Gelzer) et les variantes d'orthographe, le texte n'a souffert qu'à la fin de la liste F, où apparaît un désaccord entre le grec et le latin, qui est lui-même défectueux : F 234, Nicetas episcopus. Il n'y a

Siège Karia Kibyra Tabai Néapolis Alabanda Hérakleia L. lassos Mylassa Bargylia Mindos Stadeia Stratonikeia Hyllarima Amyzon Halikarnassos Kéramos

Titulaire Théophylacte t. Grégoire Basile Dorothée Constantin Grégoire David Grégoire Serge Jean Staurakios Grégoire Anthime Théophylacte t. Nicétas t. Marianos t.

A 186 187 188 189 190 191 192 193 194 195 196 197 198 199 200 201

Β 182 183 184 — 185 186 187 188 189 190 191 — — 259 —

D 237 238 239 240 244 241 242 243 245 246 247 — — 248 —

Ε 236 237 238 239 243 240 241 242 244 245 246 — — 247 —

F 223 224 225 226 227 228 229 230 231 232 233 — — 234 235 .

31. V. Laurent, Le Corpus des sceaux de l'empire byzantin, V, 1, Paris 1963, p. 377-378.

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aucun risque à rétablir par conjecture la concordance avec les autres listes : 234 Νικήτας ανάξιος πρεσβύτερος και υποψήφιος < Αλικαρνασσού > 235 Μαυριανός <άνάξιος πρεσβύτερος και ύποψήφιος> Κεράμου 236 <Παυλος> ανάξιος επίσκοπος πόλεως Άκμωνείας. Un double saut du même au même fait monter Kéramos en 234 et Akmoneia en 235. Mais il résulte clairement du témoignage des autres listes que Nicétas diacre (BDF), élu évêque, est déjà ordonné prêtre pendant le concile ; Maurianos doit être dans la même situation par rapport au siège de Kéramos, mais la liste A n'a pas donné son titre d'ordination (diacre ou prêtre). Au sujet de Stadia (Stadeia), un évêché quasi inconnu32, le Vatican. Ottobon. 27 (f. 199V) ajoute της Κνίδου au nom de cette ville, qui s'identifie donc à l'ancien évêché de Knidos, représenté au concile de Chalcédoine. 22. Phrygie (Pacatiana) : métropole de Laodikeia Le partage de la Phrygie en deux métropoles au cours du Ve siècle entraîna par la suite diverses péripéties. Entre la Notitia d'Epiphane et celle de Léon subsiste une différence de cinq évêchés et la différence est plus élevée si on tient compte des variantes de nom entre les deux. Ici, Siège Chonai Chairétopa Oualentia Pelta(i) Atanassos Euméneia Akmoneia Timénouthèrai Traïanoupolis Alé(os ?) Lounda Appia Siblia Trapézoupolis Sébastè Kidyssos Titulaire Dosithée ? Michel Pantoléon Georges Christophore Léon Paul Grégoire Philippe ? Léon Nicéphore Georges Jean Zacharias Léon André A 202 203 204 205 206 207 208 209 210 211 212 213 — — — — Β 192 193 194 195 196 197 198 199 200 201 202 203 220 232 258 — D 266 249 250 251 252 253 256 257 254 255 258 259 260 261 262 265 Ε 263 248 249 250 251 252 253 254 255 256 257 258 259 260 261 262 F 241 246 245 242 — 239 236 247 240 237 — 243 244 238 — —

32. Je n'ai pas trouvé mention de Stadeia dans l'ouvrage de L. Robert qui décrit prin cipalement le plateau ouest de la Carie ; si une source permet d'expliquer l'origine du nom de Stadeia, elle doit être encore peu connue.

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c'est seulement la liste Ε qui donne tous les noms en suite ininterrompue, en changeant seulement le rang de Chonai par rapport à AB. Les quatre derniers, absents dans A, pourraient être des suspects réadmis comme leur métropolite après une profession de foi ; le concile ne donne pas cependant de précisions sur l'attitude des suffragants à l'ouverture de l'assemblée. A part les quatre derniers, les autres évêchés paraissent rangés dans un ordre géographique du sud vers le nord, avec Euméneia et Akmoneia au centre, l'évêché d'Appia (le plus éloigné de Laodicée) se trouvant en queue. La place variable de Chonai, qui correspond à un groupement fréquent des listes (AB, DE, F), n'indique rien sur la situation de la ville dans la métropole du point de vue administratif; elle devint archevêché (Léon, 87), mais AB la laissent dans son cadre régional. L'itinéraire de Hiéroklès a servi de point de départ pour l'identifica tion de Valentia (Oualentia), dont le nom n'a pas été admis par les Notitiae. L'ordre des listes, en 787, invite à chercher l'évêché dans la même région que Sanaos, près du lac d'Anaua (Aci göl). Mais Sanaos ne fut pas un évêché, à la différence de Synaos-Ankyra : Epiphane, 322 = Nicéphore, 406 = Basile de Jalimbana, 355. Il semble probable que la Notitia de Léon admet un doublet en plaçant un Synaos sous Laodicée, puis Ankyra et Synaos sous Hiérapolis : Léon, 388, 619-620; rien n'indique que ce Synaos pourrait être Sanaos-Valentia33. Kérétapa appartient à la même région de la province, mais dans son cas, le nom romain de Diokaisareia qui semble désigner la même ville n'est pas utilisé pour l'évêché. L'identifi cation site n'entraîne pas nécessairement l'identité de deux toponymes, du quand la paire peut être dissociée34. Un toponyme turc Kayser peut conserver aussi le nom de Diokaisareia sans livrer le site de Kérétapa. Le cas d'Alia-Alina est probablement différent; l'identification proposée par Honigmann35 repose sur une forme grecque du nom qui n'est pas sûre, car les listes donnent ici un radical Aie-, non Alin- ; celui-ci n'est 33. L'identification proposée par Ramsay vaut pour Sanaos, comme l'a montré plus récemment Robert, Villes, p. 338-340 ; n'ayant pas lu l'article où ce dernier a exposé ses preuves {Anatolia 4, 1959), j'ignore s'il prend position au sujet du doublet Synaos de la Notitia. 34. Robert, Villes, p. 105-121, 318-338. Il y a de bonnes raisons d'identifier KérétapaDiokaisareia dans la plaine de Karayiik avec un toponyme persistant, Kaysar-Kayser ; Kayadibi indiqué par Ramsay (plus a l'ouest) n'est pas le seul site urbain à envisager ; bien que rien n'oblige à séparer les deux noms, une dissociation reste possible. Cet exemple montre que l'emploi de ήτοι a son importance pour une identification, car on ne relève pas dans les listes d'évêchés une équivalence concernant Kérétapa (Chairétopa) ou Valentia (Oualentia). 35. Byz. 10, 1935, p. 643-645.

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même pas certain dans les Notitiae, si bien que le rapprochement avec un Alin viran (ruines d'Alin) perd son point d'appui36. Naturellement la forme des noms utilisée à la date du concile n'est pas nécessairement la vraie. Kérétapa est suffisamment attesté pour prouver que la forme adoptée ici par toutes les listes est le fruit d'une recomposition étymologique : Χαφέτοπα37. Les noms difficiles comme Kidyessos n'arrivent pas à trouver la forme correcte, qui a pu évoluer ; dans les deux citations du concile, la finale est estropiée et les Notitiae proposent toute la variété des iotacismes en omettant aussi Y epsilon : Κΐ,δυσ-, Κιδισ-, Κηδισ(Parthey, p. 355), plus ici Κισησ-. Pas une fois on ne trouve Πελτών ; Χωνών une seule fois, mais avec doute. Le plus difficile est de déterminer, dans une édition sans apparat réel, ce qui revient à l'éditeur et ce qui correspond à l'usage du temps, et dans quelle mesure les pièces administrat ives conservent l'usage local. Parmi les noms d'évêques deux variantes sont à relever. Traïanoupolis (AB = Tranoupolis DEF) a pour évêque Léon (AB) ou Philippe (DEF) ; on préférera Philippe parce que Léon doit s'introduire par contamination entre Léon d'Euméneia et Léon d'Aléos (Alia). L'évêque de Chonai est ou bien Théodose (AB), ou bien Dosithée (DEF) ; la confusion de ces deux noms n'est pas courante, mais le groupe DEF a toujours l'avantage parce qu'il correspond à deux signatures indépendantes (D et F) et à un protocole. Malheureusement on ne peut appliquer ce critère très simple à la solution de toutes les difficultés venues de l'édition. Le désaccord inhabituel entre D et Ε doit provenir d'un déplacement de noms accidentel, qui brouille la distinction avec la province précédente (D 266, Chonai, vient après Nakoleia) et avec la province suivante (voir Amblada, D 278 et Ε 276). Dans la liste F, la succession des nos 253-257 du texte latin est confirmée au moins par un manuscrit grec, la collation de V par Gelzer. Certains noms ne retrouvent nulle part la forme correcte ou classique, à cause de la complexité de la forme (Prymnèssos, Kinnaboros)38, ou par suite de fautes habituelles : chute de la lettre initiale dans <St>ektorion, ou difficulté dans la finale du génitif dans Otrous (A donne Ότρών, les autres "Οτρου ou "Οστρου). 36. Même comme toponyme turc, le nom Alinveren est moins significatif que ne le pensait Honigmann : cf. Robert, Villes, p. 431, note 3. 37. De même l'accord orthographique sur Τιμενουθήρων peut dépendre d'une fausse étymologie concernant Téménothyrai ; la confusion est inverse dans Hadrianouthèrai (voir p. 33 n. 8). 38. La variante concernant Prymnèssos (Προ- AB, Πρυ- DE) se rencontre au concile de Chalcédoine ; celle de Κινναβώρου (-Βάρεως DEF) semble plutôt une faute d'écriture.

LISTES ÉPISCOPALES DU CONCILE DE NICÉE (787) 23. Phrygie (Salutaria) : métropole de Synada

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La liste A renvoie en finale les légats, ou topotérètes. Dans un territoire aussi tourmenté que celui de cette métropole, il est difficile de déterminer un ordre précis ; mais dans la liste A, si on excepte les sièges avec légats (A 223-225), subsiste un ordre du sud vers le nord, d'Eukarpia à Midaeion (cf. Hiéroklès, 6768-6783). C'est un ordre qui se disloque dans les autres listes. Siège Eukarpia Hiérapolis Nakoleia Prymnèssos Phyteia Kinnaboros Augoustoupolis Kottyaeion Midaeion Dokimion Mèros Ipsos Otrous <St>ektorion Polybotos Titulaire Constantin Michel Nicétas Christophore Nicolas Théophylacte Nicétas Constantin Georges Léon Damianos Théophylacte t. Etienne t. Jean t. Grégoire t. A 214 215 216 217 218 219 220 221 222 — — 223 224 225 — Β 204 205 109 206 207 208 209 210 211 212 213 214 215 216 — D 264 271 268 275 272 273 276 267 277 269 274 263 279 270 280 Ε 268 269 265 274 271 272 275 264 278 266 273 267 277 270 279 F 252 253 249 — 259 256 255 250 248 251 254 258 260 — 257

Les quatre suppléants reçoivent une titulature curieuse. Dès l'entrée au concile, les deux topotérètes de Stektorion et d'Otrous prennent le titre d'ura^cptoç (A 224-225), puis comme leurs confrères d'Ipsos et de Polybotos, ils sont prêtres et ék prosôpou (BDEF, avec variante : topotérète en Β et F) ; le délégué d 'Ipsos, économe (AB), est ensuite prêtre (DEF). Ces variantes sont dans la ligne habituelle de la tradition diverse des trois groupes AB, DE, F ; par exception, A se montre ici plus précis qu'en d'autres endroits pour les titres des clercs. Rien n'empêchait un prêtre, en province surtout, d'être économe diocésain. Il est surprenant que le titre d'hypopsèphios (évêque élu) cède la place à celui de prêtre ; mais il est possible que ces élus ne soient que diacres au début du concile, comme il ressort de la titulature de Nicétas diacre (A 200), qui devient prêtre hypopsèphios (F 234). 24-25. Lycaonie et Pisidie : métropoles d'Ikonion et Antiocheia La délégation de la Lycaonie est très faible : deux évêques seulement sur quatorze ou quinze (Epiphane, 363-376 ; Nicéphore, 450-464) ; la position personnelle du métropolite, un des opposants du début du concile, autant que l'éloignement de la province explique cette abstention.

50 Siège Amblada Perta Titulaire (24. Ikonion) Constantin Epiphane

J. DARROUZÈS A 226 227 228 229 — 230 231 232 233 234 235 236 237 Β 217 218 219 221 — 222 223 224 — — — — 225 D 278 — 281 282 — 287 283 284 285 286 288 289 — Ε 276 339 280 281 504 286 282 283 284 285 287 288 — F 261 262 264 263 265 — — — — — — — —

(25. Antiocheia P.) Philomèlion Sisinnios Pappa Michel Jean Tymbriada Sagalassos Jean Apameia K. Sisinnios Konata Constantin Adada Nicéphore Tityassos Pierre Léon Baris Séleukeia P. Pierre Léon t. Sozopolis

La délégation de Pisidie comprend les deux tiers des évêchés, très diminués en Β et F. L'ordre de ADE est le même, sauf pour Sagalassos ; on ne peut en tirer aucun renseignement certain. Deux villes ont leur nom très malt raité, surtout Tityassos, selon l'orthographe de Hiéroklès, difficile à retrouver dans les trois mentions. Ramsay (Asia Minor, p. 388) cite la forme Petrasi, d'après la version latine du concile par Longolius ; cette forme aberrante combine le nom de l'évêque (Pierre) avec celui de la ville. 26-27. Pamphylie (II) et Cappadoce (III) : métropoles Mokissos de Pergè et

L'état des évêchés de Pamphylie dénote une grande confusion. Déjà Sylaion se détache et se range pendant le concile avec les métropoles à quelques rangs en-dessous de Pergè. En AB, plus de la moitié des évêques sont absents ou s'abstiennent pour des raisons inconnues. Ensuite, ils se divisent en deux groupes ; le second, Eudokias-Adrianè, se place après les évêques d'Andrinople (DE), après les évêques des Cyclades (F). Ces divisions s'affirment dans deux listes de signature (DF) et dans un protocole intermédiaire (E). La cause de ces variations, qui ne dépend pas non plus de la situation géographique, est impossible à apercevoir. En effet les deux suffragants de Mokissos, qui n'ont rien de commun avec la Pamphylie, s'intercalent aussi entre les deux groupes. On relèvera la forme Μαγύδων (Magyda, neutre) qui se distingue de la forme Magydos attestée par Hiéroklès et les Notitiae ; mais il est difficile

LISTES ÉPISCOPALES DU CONCILE DE NICÉE (787) Siège Titulaire A 238 239 240 — — — — — — — — Β 226 — 227 228 — — 260 261 262 — 256 D 291 — 290 292 303 304 305 306 307 293 294 Ε 290 — 289 291 302 303 304 305 306 292 293

51 F 268 — 267 269 277 279 281 278 280 270 —

(26. Pergè) Magyda Marianos Attaleia Paul Phogla Nicéphore Andida Léon Eudokias Calliste Lagina Constantin Korydala Jean Kremma Théodore Adrianè Constantin Parnassos Doara (27. Mokissos) Etienne Bardanès

de se prononcer uniquement d'après une finale de génitif. Ce doit être aussi la finale qui trouble la transcription de Lagina : Λάγνων, lire Λαγ(ί)νων. Il est probable qu'il ne faut pas corriger Phogla; la confusion même entre Φόγλων et Φλόγων indique l'importance de la consonne initiale ; les Notitiae donne Πούγλων, mais l'alternance du pi et du phi se retrouve en d'autres noms : Pygéla/Phygéla. 28. ISAURIE : MÉTROPOLE DE SÉLEUKEIA Dans la liste A, la métropole d'Isaurie clôt la liste des suffragants qui se trouvaient présents à la séance d'ouverture du concile. Par rapport aux listes suivantes, le premier protocole ne cite pas les suffragants de Mokissos, Andrinople, Rhodes, Hiérapolis. Dans la liste des métropoles les changements de rang se produisent en A par l'exclusion temporaire Siège Sibyla Prakana Germanikoupolis Kélentéris Sykè Kardabounda Mousbada Lamos Zènonolis Dalisandos Lauzanda Arkanda Philadelpheia Titulaire Léonce Manzon Théodore Eustathe Sisinnios Zacharias Sisinnios Eustathe Théophylacte Constantin Anastase Macaire Etienne A 241 242 243 244 245 246 247 248 249 250 251 252 — Β 238 229 230 231 233 234 235 236 — — — — 237 D 319 311 316 312 317 313 314 315 — 318 — — 320 Ε 318 310 315 311 316 312 313 314 — 317 319 F 294 290 — 291 — 296 292 293 — — 295

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de Rhodes et de Hiérapolis, en DE par le rang supérieur de Mokissos et inférieur de Séleukeia, en F par le déplacement de Mokissos et d'Andrinople. Dans la liste des suffragants, la situation semble plus confuse en raison du partage de la Pamphylie (Pergè) en deux groupes39, mais il apparaît aussi que les évêchés dans la même liste ne suivent pas exactement le rang de leur métropole. A (228-fin) Antiocheia P. Pergè Séleukeia Β (219-fin) Antiocheia P. Pergè (a) Séleukeia Adrianoupolis Rhodos Mokissos Pergè (b) D (= E) (281-330) Antiocheia P. Pergè (a) Mokissos Adrianoupolis Pergè (b) Rhodos Séleukeia Hiérapolis F (264-301) Antiocheia P. Pergè (a) Mokissos Rhodos Pergè (b) Adrianoupolis Séleukeia Hiérapolis

A cause des omissions (AB), ou des additions (EF), la liste D serait donc la seule à se terminer par les suffragants de la trente-troisième métro poledes Notitiae (Epiphane, Nicéphore) ; mais le caractère occasionnel des omissions et des additions confirme l'impression que du côté des métropoles comme du côté des suffragants c'est Hiérapolis qui était considérée en 787 comme fin de liste. Les Notitiae n'enregistrent pas franchement l'annexion au patriarcat de Constantinople de la province d'Isaurie, rattachée à Antioche depuis l'origine. Représentée d'abord par les archevêchés de Léontopolis et de Kotrada dans la liste administrative (Epiphane, 47 et 68), l'Isaurie donne lieu à des mentions contradictoires : d'une part elle est dite annexée avec 24 villes (Basile de Jalimbana, 529 : note), d'autre part cette métropole a perdu ses suffragants (Notitia 3, 451). La Notitia de Léon lui donne le titre Séleukeia de Pamphylie et lui accorde 22 villes : Léon, 497-518; par rapport à Mokissos et Hiérapolis, son rang est alors équivalent à celui du concile de 787. J'ai dit au sujet de la métropole que son rang antérieur dans les listes œcuméniques ne permet pas de comparer son traitement avec celui des Occidentaux, en 787 ; tandis que ceux-ci sont déclassés au début du Xe siècle par rapport aux préséances de 787, Séleukeia 39. Je néglige un autre partage en deux groupes, celui des Cyclades (Rhodes) : D 308310, 322-323 = Ε 307-309, 325-326 = F 271-276 (où Samos, isolée en finale Ε 342, a été reclassée exactement). Ce désordre en finale est donc plus accentué en DE que dans la liste F.

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et ses suffragants se maintiennent à un niveau relativement constant40, de sorte que le déséquilibre entre la situation antérieure et postérieure est imperceptible en 787. Les variantes inévitables concernent les finales de noms (Lamos-Lama), peut-être la prononciation (Mosbada-Mousbada) ; ce sont en général des fautes communes : Sibyla (iotacisme et redoublement de la consonne), Kélendéris = Bélendéris en A41. L'équivalence Prakana ήτοι Diokaisareia est intéressante, parce que l'ancien nom de Prakana, peu attesté hors du concile, subsiste au xne siècle42. On manque de renseignements sur Sykè et Kardabounda. La liste A s'achève par la mention d'Arkanda, qui est un hapax ; la localité ne semble pas attestée, ni en Isaurie, ni ailleurs. Le nom le plus rapproché est celui d'Arakanda (Orykanda au concile : A 184, F 215), la ville de Lycie représentée par le topotérète Pierre. Il ne serait pas impossible que l'évêque Macaire soit l'évêque de la même ville, qui laisse le rôle actif à son légat, mais cela implique qu'il y a un doublet dans la liste A, ou un rejet inhabituel. Il semble que Kinnamos cite la ville de Laranda sous le ηοπι'Αράνδης πόλεως43 ; le même rappro chement peut être envisagé pour Arkanda, en raison surtout du voisinage entre Laranda et l'Isaurie. On constate en effet pour Dalisandos, rattaché à l'Isaurie, que la même Notitia peut l'inscrire en Pamphylie et en Isaurie : Léon, 248 et 510 (cf. Néa taktika, 1359 et 1612). Ce n'est probablement qu'un doublet, mais qui s'explique par le voisinage des provinces ; en 787, Laranda aurait pu se joindre à l'Isaurie. L'hypothèse reste fragile en raison de la précision habituelle de la liste A et de la difficulté que poserait le passage de Lar- à Ark(anda). 29. Cyclades : métropole de Rhodos Les évêques des Cyclades, dont le métropolite Léon était suspect, ne figurent pas dans la liste A ; un seul paraît en B, mais en position curieuse auprès de l'archevêché de Kios. La liste Β opère d'autres rapprochements de même genre (Iounopolis-Ioulioupolis : Β 106-107), qui n'ont rien à 40. Voir p. 16. 41. La confusion du kappa et du bêta se produit souvent (cf. D 227, Κανδίκων, pour Κανδίβων), mais ce n'est pas toujours une faute ancienne, ou antérieure aux éditions. Au sujet de Sibyla, voir les remarques de Ramsay, p. 345 ; on fera remarquer seulement que les diverses formes de Sibylla (Sibila, Sibèla) ne favorisent pas un rapprochement avec Psèbila, Psibèla (Lycaonie). 42. Kinnamos : Bonn, p. 39 et 66 ; citation par Ramsay, p. 364. 43. Kinnamos : Bonn, p. 190 ; il s'agit du retour de Manuel Comnène : Ramsay, p. 382. La confusion Laranda-Arkanda ne serait pas plus surprenante que plusieurs autres, par chute de la lettre initiale : Stektorion-Ektorion, Gordoserba-Doserba, etc.

54 Siège Chios Mèlos Léros Andros Tènos Samos Titulaire Théophile Galation Serge Constantin Eustathe Hérakleios

J. DARROUZES Β 49 — — — — — D 308 309 310 322 323 — Ε 307 308 309 325 326 342 F 271 274 272 275 276 273

voir avec l'administration. Le groupe des évêques dissocié en DE se reforme dans la liste F, où Samos cité seulement par Ε 342 retrouve sa place. Il est donc intéressant de vérifier en cet endroit le rapport de la liste F avec la traduction de Longolius, qui est censée donner en cet endroit les signatures de l'horos44. Contrairement à ce qu'on attendrait, cette traduction repro duitexactement et avec les mêmes intervalles la liste E, qui est celle du protocole de la septième session et non celle des signatures de l'horos. Cette dépendance se vérifie d'un bout à l'autre, mais la solution du problème dépend de l'édition critique. La place des Cyclades dans la liste F se maintient dans l'intervalle voulu par les Notitiae de l'époque (Epiphane, Nicéphore), entre Mokissos (métropole représentée uniquement par Parnassos : F 270) et Hiérapolis. 30. HÉMIMONT : MÉTROPOLE D 'ADRIANOUPOLIS D'après la comparaison des variantes, les formes Perbéris, Pamphylon et Gariéla45 sont les mieux attestées en 787. Pour l'ordre des évêchés, une concordance remarquable se maintient partout avec un seul dépla cement, en F, de Skopélos et Gariéla. Les listes BDE placent l'Hémimont avant les Cyclades, mais F conserve l'ordre d'Epiphane : 37 Rhodes, 38 Andrinople (cf. Nicéphore, 37-38). Siège Débeltos Sozopolis Boulgarophygon Plotinoupolis Perbéris Pamphylon Skopélos Gariéla Titulaire Eustrate Euthyme Théodore Georges Basile Michel Roubim Sisinnios Β 245 246 247 248 249 250 251 252 D 295 296 297 298 299 300 301 302 Ε 294 295 296 297 298 299 300 301 F 282 283 284 285 288 289 286 287

44. Mansi 13, 738D-739^. 45. Citons Περβεραίον D(E), -βέρεως DEF; Παμφύλου BF, -φίλου DE; Γαριέλων D(E), -άδου Β -έλης F.

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La représentation de la Thrace (au sens large)46 au concile de 787 compren ait métropolites d'Héraclée (Europe) avec ses suffragants, de Traïanoules polis (Rhodopes) et d'Andrinople (Hémimont) ; on ne reconnaît aucun suffragant de Traïanoupolis, et le métropolite de Philippopoli (Thrace) ne fait aucune apparition. Parmi les suffragants d'Andrinople un seul nom reste inconnu : Perbéris, qui a dû disparaître en prenant une nouvelle appellation. Plotinoupolis correspond très probablement à Didymoteichos. Gariéla ne devait pas être très éloigné d'Hypsala (Kypséla, turc : Ipsala) et fournit le point le plus méridional de la province, dont Débeltos représente l'autre pôle. Après 787, le siège de Pamphylon, voisin de Charioupolis (turc : Hairabolu), passe sous la juridiction d'Héraclée : Léon, 167 ; il n'est mentionné ni dans la Notitia d'Epiphane ni dans celle de Nicéphore. Un peu plus tard, dans la seule liste Ε (328), se présente Nicée de Thrace qui correspond à F 114. Cette partie constitue un appendice qu'il faut étudier à part. 31. Phrygie (Pacatiana II) : métropole de Hiérapolis Les suffragants de Hiérapolis, comme ceux de Rhodes, absents dans la liste A, partagent peut-être le sort de leurs métropolites traités en suspects dans la première session ; le concile ne déclare rien à leur sujet, mais la coïncidence est notable. Tous les absents de la liste A ne sont pas nécessa irement des opposants, de même que les évêques présents au concile qui ne figurent pas dans la liste F ; les raisons doivent être diverses. Siège Métalloupolis Kadoi Tibérioupolis Ankyra Azanoi Mosyna Dionysioupolis Synaos Titulaire Eudoxios t. Théodore Michel Constantin Jean Théophylacte Basile Etienne Β — 239 240 — 241 — 242 — D 321 324 325 326 327 328 329 330 Ε 320 321 — — — 322 323 324 F — 299 — 298 300 301 — 297

Le partage de la Phrygie Pacatiana (Kapatiana presque toujours dans les textes byzantins), avec deux métropoles très proches l'une de l'autre et un territoire étiré du sud vers le nord (nord-ouest), ne semble pas une réussite du point de vue administratif. On se demande comment les évêchés 46. Le nom de Thrace est beaucoup plus vivant qu'Hémimont ; les villes d'Héraclée, d'Andrinople, de Nicée sont dites de Thrace pour être distinguées des homonymes.

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du groupe nord comme Aizanoi, Ankyra, Synaos47 pouvaient entretenir des relations fréquentes et régulières avec Hiérapolis ; de plus Timénouthyrai et Traïanoupolis, dépendant de Laodicée, coupent presque le terri toire de Hiérapolis vers le centre. Les suffragants de Hiérapolis varient de cinq (Epiphane, 458-462) à neuf (Léon, 615-623) : entre deux le nombre a doublé, puisqu'Anastasioupolis (Epiphane, 460) disparaît. Ramsay pense que Phoba (Léon, 618) correspond à Anastasioupolis ou Dionysioupolis, omis dans la Notîtia de Léon ; mais ces villes ne sont pas bien identifiées, en particulier Anastasioupolis, que Jones estime pouvoir situer à Pépouza48, la célèbre cité des Montanistes. Pépouza était représentée au concile par le monastère qui portait son nom49, mais elle n'a pas acquis de titre episco pal. reste une zone peu explorée au centre de la province. Il

D. — FINALE DE LA LISTE Ε Le parallélisme entre les listes D et Ε s'arrête naturellement à la fin de la liste D qui correspond à Ε 324 ; après reclassement d'Andros et Tènos (E 325-326) dans le groupe des Cyclades, que la liste disperse50, il reste une série de dix-sept évêchés, Ε 327-343, dont il faut étudier la situation. Le tableau comparatif montre clairement que c'est le rapport entre la liste Ε et la liste F qui doit fournir l'explication. Les évêchés attestés par plus de deux listes sont en effet déjà enregistrés à leur place normale, dans leur province ; cependant la liste Β ne classe pas exactement Τιος et elle opère un changement de nom qui explique aussi sa mention d'Arkadioupolis51. Les doublets de la liste Ε (339 = 105, 332 = 82) impliquent aussi un change ment nom de l'évêque ; il reste une dizaine de sièges communs à la liste du Ε et à la liste F. Pour les sièges attestés uniquement par EF, la correspondance entre l'ordre de la finale Ε et l'ordre de reclassement dans la province opéré dans la liste F montre que cet appendice de la liste Ε suit un ordre hiérar47. Sur le dédoublement de Synaos, voir p. 47. 48. A. H. M. Jones, The Cities of the Eastern Roman Provinces, Oxford 1971, p. 72 et 394 ; le site de ces villes demande à être précisé : cf. Robert, Villes, p. 140. 49. Mansi 13, 154e; texte latin seulement, ajouté en marge : Euthymius hegumenus Pepuzentium. La chute de ce nom dans le grec peut provenir du fait que l'higoumène précédent se nomme aussi Euthyme et que le monastère suivant se nomme Ouzias (avec un higoumène Antoine) ; le saut du même au même serait postérieur à la version d'Anastase le Bibliothécaire. 50. Voir p. 52-53. 51. Voir p. 29.

LISTES ÉPISCOPALES DU CONCILE DE NICÉE (787) Ε (finale) Dékatéra Jean Nikaia Thr. Lébédos Lithoprosopon Arkadioupolis Hérakleioupolis Métra Philadelpheia Tralleis Lemnos Amisos Tios Perta Tymbriada Orymna Samos Prainetos A — — 79 — — — — 134 135 — 153 — 227 — — — — Β — — 79 -— 88 — — 137 138 — — (181) 218 — — — — D — — 105 — — — — 162 163 — — — — — — — — Ε — — 106 — — 82 — — — — — — — — — — — F — 114 (59?) 120 104 71 125 133 145 181 194 202 262 265 266 273 302 Province (Illyricum) Europe Asie Europe Asie Arménie I Europe Lydie Lydie (Hellade) Hélénopont Honorias Lycaonie Pisidie Pamphylie Cyclades Bithynie

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327 328 329 330 331 332 333 334 335 336 337 338 339 340 341 342 343

chique. A part Prainetos, déclassé des deux côtés comme appartenant à la Bithynie, les autres évêchés regagnent dans la liste F la place qui leur convient parmi les suffragants ; dans cette fin de protocole (E) la chancellerie a tenu compte de la préséance de ces évêchés les uns par rapport aux autres et le fait même que Prainetos reste déclassé en Ε et F confirme le caractère exceptionnel de cette place. En remontant jusqu'à Hérakleioupolis (doublet à éliminer en raison du classement correct parmi les archevêchés : Ε 82, F 72)52, on constate que l'ordre de préséance des éparchies est respecté. C'est dans le groupe de tête Ε 327-331 que naissent les difficultés. La distinction d 'Arkadioupolis archevêché (Europe) et d 'Arkadioupolis évêché (Asie) est correcte malgré l'échange des noms opéré par Β 38 et 88. A ce niveau, Ε 331 atteint la deuxième métropole, et F 104 donne la vraie place de cet évêché. Cela se confirme par l'identification facile de Lébédos, où cependant le témoignage de la liste F est brouillé par un accident ; la traduction latine 53 a intercalé Théophane de Lébédos entre les archevêchés 52. Sur Hérakleioupolis, voir p. 18. L'île de Lemnos, selon le classement de Hiéroklès, appartenait à l 'Hellade ; elle est donc en place dans F 181. Dans la finale E, Lemnos vient après les évêchés de Lydie (Sardes, la sixième métropole dans Epiphane) et se tient donc aussi à son rang, celui de la Crète et de l'Hellade (voir p. 37). 53. Mansi 13, 384β : Apameia (58), Lébédos (59), Germia (60), Arkadioupolis (61), etc. Du moment que le rang normal de Lébédos est assuré par les listes ABD, l'identif ication pose aucune difficulté ; mais il est possible que l'insertion de Lébédos dans la ne liste grecque F (Vatican. Ottobon. 27) provienne d'une correction faite sur les autres listes. Je n'ai pas inscrit Lébédos dans la liste générale F, parce que le passage reste à vérifier pour l'édition critique.

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d'Apameia et de Germia (F 58-59) et précisément au-dessus de l'archevêché d'Arkadioupolis (F 60) ; ce voisinage est peut-être à l'origine de cette erreur d'insertion, mais dans le Vatican. Ottobon. 27 (f. 198V), Théophane de Lébédos s'inscrit à la place de Théodose de Nyssa (F 83) en pleine province d'Asie. L'omission ou le déplacement de Lébédos résulte donc d'un accident de transmission du texte. Ces constatations ne sont pas inutiles parce que les deux évêchés, Lébédos et Arkadioupolis, encadrent un autre évêché, Lithoprosopon, attesté seulement par Ε 330 et F 120 et inconnu des Notitiae. Au-dessus, Nicée de Thrace est reclassé en F 114; ces quatre sièges obtien nent préséance suivante dans la liste F : la F F F F (59/83) 104 114 121 Lébédos Arkadioupolis Nikaia Lithoprosopon Asie (2e métropole) Asie entre les suffragants de Chypre et d'Héraclée Europe (3 e métropole, ou 4e après Chypre)

La seule différence entre Ε et F est que la liste Ε donne l'impression de situer Lithoprosopon en Asie ; l'Europe paraît mieux indiquée, mais il faut un témoignage extérieur pour lever le dernier doute. La difficulté concernant Nikaia de Thrace n'est pas résolue pour autant. Ignorée des Notitiae (à l'exception de la Notifia De Boor, qui situe la ville en Hémimont), Nikaia (dite aussi Nikè) avait un archevêque sous le patriar che Photius, qui envoya Jean de Nikè en Arménie54. Léon de Nikaia, victime des Bulgares en 817, est dit évêque dans le Synaxaire, mais cela n'exclut pas la possibilité que le siège soit un archevêché55. Le classement de Nikaia en F 114 ne manque pas d'étonner. Veut-on l'annexer à la pro vince d'Europe, ou bien veut-on lui reconnaître un rang particulier en le plaçant entre les suffragants de Chypre et ceux d'Europe ? En fait la ville appartenait à l'Hémimont (Andrinople), non à l'Europe (Héraclée) ; la place d'un suffragant d 'Andrinople serait donc dans le groupe F 282-289, 54. Voir la notice de V. Grumel : REB 14, 1956, p. 169-173 ; le texte de Photius : REB 29, 1971, p. 14118. 55. Syn. CP(22janv.) : H. Delehaye, col. 414-416. Le nom de Léon n'est pas mentionné dans les récits parallèles : Théophane Continué (Bonn, p. 216-217), Kédrènos (Bonn, II, p. 184-185). Les chroniqueurs appliquent à Manuel d 'Andrinople le titre άρχιερεύς et l'épithète ίερώτατος ; le Synaxaire nomme le métropolite Manuel άγιώτατος επίσκοπος, Georges de Débeltos άρχιερεύς et Léon de Nikaia επίσκοπος. Ce ne sont donc pas les sources censées plus proches des réalités ecclésiastiques qui conservent les termes techniques et observent la propriété des termes ; la mention de l 'évêque Léon ne signifie strictement rien concernant le titre de son siège à la date de l'événement. Les deux victimes de l'année 817, Manuel et Léon, ne doivent pas différer des deux évêques, Manuel d 'Andrinople et Léon de Nicée, qui assistèrent au concile.

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beaucoup plus bas. A défaut d'autre preuve positive, on pourrait donc inter préter le rang de Nikaia de Thrace comme celui de plusieurs autres villes en voie de promotion qui se détachent d'une façon ou de l'autre de leur milieu naturel : Sylaion, Trapézous par exemple. Dans ce cas, la position de Nikaia en Ε 328 aurait un sens équivalent à celui de F 1 14, et même plus fort puisque Ε situe la ville avant les suffragants d'Asie. Le critère de la préséance devient très délicat à manier dans une liste fragmentaire, mais puisque le principe semble avoir été appliqué avec méthode, certaines conclusions sont permises. Pour achever l'analyse, il faut en effet envisager le cas du premier nom de la liste, Dékatéra, attesté uniquement par E. Un tel isolement ne porterait pas à conséquence, si l'évêché et son titulaire Jean étaient connus par ailleurs. La Notitia De Boor (des Iconoclastes) cite un groupe insolite de suffragants de Philippopoli : 7. ό Λιθοπροσώπου, 8. 6 Δεκαστέρων, 9. ό Λεβέδου56. Il est certain d'une part que ces toponymes n'ont jamais été relevés dans cette éparchie, surtout comme évêchés, et que d'autre part ce groupement des noms doit provenir de la liste du concile de 787. La place même de ces noms dans la liste Ε a été interprété par un compilateur comme équivalant approximativement à celle des suffragants de Philippopoli ; ni la métropole, ni les suffragants ne paraissent au concile. Le reclassement de Lébédos en Asie, de Lithoprosopon en Europe enlève toute autorité à cette Notitia concernant aussi Dékastéra, c'est-à-dire Dékatéra. Dans la liste conciliaire, Dékatéra prend un relief particulier par sa position en tête d'une série dotée de son ordre hiérarchique propre. Conformément aux préséances, l'évêché ne pouvait passer avant les suffragants de l'Asie que pour trois raisons : ou bien il appartenait à la métropole de Césarée, ou bien c'était un archevêché, ou bien c'était un évêché occidental assimilé en 787 à un archevêché. La troisième hypothèse est la seule valable, parce que les sources byzantines ne connaissent qu'un Dékatéra : Cattaro, ou Kotor. Constantin Porphyrogénète37 relate l'insuccès d'une attaque arabe contre Dékatéra en 867 ; les listes latines concernant l'évêché ne mentionnent pas l'évêque Jean58. 56. Passage vérifié sur le manuscrit : Parisin, gr. 1555 A, f. 27. 57. De administrando imperio, 29 : Bonn, p. 13056 (= Moravcsik- Jenkins, p. 12792 ; Commentary, p. 110) ; De thematibus : Bonn, p. 61 15 (= Pertusi, p. 98). La forme Δεκάτερα se trouve dans Théophane Continué : Bonn, p. 28910 ; la variante Δεκάταρα/ Δεκάτορα dans Kédrènos : Bonn, II, p. 219. Tous ces auteurs s'accordent à dire que seule la partie basse (κάτω) souffrit de l'incursion. La chronique de Dioclia cite la ville sous le nom Ecatarum : VI. MoSin, Ljetopis Popa Dukljanina, Zagreb 1950, p. 54 ; dans ce même passage Ar bum (Arbuam, Arbe) et Absarum sont mis sous la juridiction de Spalato (partition de la Dalmatie en 1077). 58. D. Farlati, lllyricum sacrum, VI, Venise 1751, p. 429-430.

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ν Entre le témoignage inconsistant de la Notifia des Iconoclastes et celui du De administrando imperio, aucune hésitation n'est possible. Bien que rejeté apparemment en queue de liste, Dékatéra occupe un rang équivalent à celui des évêchés de la côte dalmate, Salona, Arba et Apsara, que la liste F classe précisément au-dessus des suffragants de Chypre (F 106-108), tandis que Nikaia est F 114, après les suffragants de Chypre; dans les autres listes, Salona, Arba et Apsara sont séparés, mais dans les rangs plus élevés des archevêchés. La situation de la Dalmatie à la fin du Ve siècle est encore très confuse. Constantin Porphyrogénète a recueilli des documents concer nant survivance de la population sur les refuges côtiers, mais il ne donne la pas de renseignements sur les Eglises. En définitive la finale de la liste Ε porte la marque d'un travail méthodique. La chancellerie qui a rédigé ce protocole paraît avoir enregistré d'abord tous les signataires de la quatrième session, moines exceptés (fin de la liste D), avec quelques erreurs qui provoquent le décalage d'un ou deux rangs ; certaines peuvent provenir de la transmission du texte. Entre la quatrième session (1er octobre) et la septième (13 octobre), l'état des évêques subit des modifications qui nécessitent une mise à jour de la liste ; des noms sont ajoutés à la liste déjà prête, mais dans un certain ordre59 que la liste suivante confirme comme réel et valable. Tout au long de l'analyse, on a constaté que la liste F a son caractère propre et que par rapport à AB et DE elle adopte presque partout un ordre divergent. Cela provient de la nature de la liste et de sa date : d'une part les signataires ne se rangent pas selon un ordre dicté par la chancellerie, mais avec une certaine liberté à l'intérieur du groupe provincial ; d'autre part, bien que transcrites à la fin des actes de la septième session, les signatures ne furent pas nécessairement recueillies le jour même (13 octobre) mais au cours d'une réunion appropriée, peut-être durant une cérémonie de clôture, et à Constantinople. L'abstention pour raison dogmatique étant peu probable après la réintégration des principaux récalcitrants, les divergences de la liste F proviennent des modalités de la signature ; d'après l'état des éditions, les fautes de transmission s'expliquent 59. Des enumerations fragmentaires et occasionnelles observent l'ordre hiérarchique quand elles correspondent à un acte officiel ; c'est le cas de la délégation envoyée au pape Vigile en 553 : Chrysos, p. 41-42 (Deputationsliste I et II). Au concile de 787, les suspects sont également en ordre hiérarchique avec de légères inversions entre métropolites : Mansi 12, 1015e'73 ; après Ancyre, Myra, Amorion (1er groupe), Nicée, Rhodes, Pisinous, Ikonion, Pisidia, Hiérapolis, Karpathos (2e groupe) ; la seule inversion est celle de Rhodes ; plus loin (1119s), il n'y en a que deux, mais l'archevêque (de Karpathos) est toujours dernier. La rigueur de la préséance s'applique dans les mentions qui supposent la rédaction d'un acte par la chancellerie, mais le sens hiérarchique subsiste dans les enumerations moins protocolaires.

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par des erreurs courantes dans la copie des listes (sauts du même au même, transpositions, omissions, additions marginales, etc.), qui ne mettent pas en cause la valeur globale de la liste et son caractère authentique, malgré l'impression défavorable que suscitent par endroits les lacunes. A la fin de cette recherche, j'ai eu la curiosité de vérifier le total des évêchés attestés en additionnant simplement les nombres partiels (métropoles, archevêchés et suffragants par provinces). On obtient le nombre de trois cent soixante, auquel il faut ajouter les cinq présidents laissés ici hors numér ation. Or ce total de trois cent soixante-cinq concorde, à deux unités près, avec le nombre de trois cent soixante-sept qui est celui de la tradition jur idique garantie par Photius, Balsamon, Aristènos et Harménopoulos60. Un total de trois cent cinquante61, bien que provenant d'un témoin direct, le patriarche Nicéphore, paraît avoir été arrondi, tandis qu'un nombre plus précis suppose un travail de vérification des diverses listes qui pouvait être fait par la chancellerie de la même manière que par les érudits à l'heure actuelle d'après le texte des Actes. Théoriquement on peut imaginer que l'une des listes authentiques du concile contenait ce nombre exact de trois cent soixante-sept (ou cinq) noms; mais ce détail important aurait été connu déjà sous le patriarche Nicéphore. Il est donc vraisemblable que le nombre avancé par Photius provient d'une liste globale obtenue par la comparaison des diverses listes et composée sans doute pour les besoins de l'administration civile et ecclésiastique. Le fait que les listes, telles que les présentent des éditions médiocres, permettent d'obtenir un résultat très proche des calculs anciens indique clairement que les textes authentiques n'ont pas eu besoin d'être trafiqués au ixe siècle, et en hypothèse par Photius, pour que la tradition juridique adopte un nombre plus précis que celui de Nicéphore. 60. Lettre de Photius à Michel de Bulgarie : PG 102, 649e; Balsamon et Aristènos: PG 137, 876<4, 884B ; Harménopoulos : PG 150, 48/}. 61. C. De Boor, Nicephori opuscula historica, Leipzig 1880, p. 100. La lettre du pa triarche Nicéphore à Léon III donnerait le nombre de cent cinquante : PG 100, 193B ; le texte, édité d'après le Coislin. 32, contient une erreur rectifiée par un autre témoin, le Coislin. 211, f. 325. D'après son biographe, Nicéphore assista au concile comme fonc tionnaire impérial ; il doit s'identifier avec l'asèkrètis impérial qui lit une lettre du pape : Mansi 12, 1055^ ; cf. P. J. Alexander, The Patriarch Nicephorus of Constantinople, Oxford 1958, p. 60-61. Nicéphore s'acquitte vraisemblablement de cette lecture, parce que la traduction était l'œuvre de la chancellerie impériale qu'il représentait ; il est impossible (contrairement à l'hypothèse de P. Alexander) d'identifier l'asèkrètis Nicéphore avec le mandator anonyme qui vient de remettre au concile le jugement de Grégoire de Néocésarée. Il ne me semble pas certain non plus, comme le dit L. Wallach (Traditio 22, 1966, p. 106-107), que Nicéphore ait lu personnellement au concile le texte latin de la lettre papale.

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J. DARROUZES Ε. — CONCORDANCE DES LISTES

Ordre d'inscription (numéro à gauche) selon les diverses listes. Le signe -> indi que que le même nom continue. Entre parenthèse, des noms douteux ou restitués. Quelques finales (πόλεως=πολ. ) sont abrégées. On garde l'orthographe de l'édition, sauf dans les colonnes EF où des corrections ont été faites d'après un manuscrit. 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 34 35 36 37 38 39 40 41 42 43 44 A Καισαρείας 'Εφέσου Κωνσταντείας Κυζίκου Σάρδης Νικομήδειας Χαλκηδόνος Κρήτης Σαρδινίας Δυρραχίου Άμασείας Τυάνων Γαγγρών Κλαυδιουπόλ. Σταυροπολιτών Λαοδικείας Συνάδων Πέργης Νικοπόλεως Φασιδίου Σέλευκε ίας Συλαίου Μωκισσοΰ Άδριανουπόλ. 'Ρηγίου Γοτθίας Κατάνης Ταύρο μένε ίας Μεσσήνης Πανόρμου Βιβόνων Λεοντίνης Ταυριανών Άγ. Κυριακής Κροτώνης Νησίων Καρίνης Τροκάλεως Λιλυβαίου Τροπαίων Νικοτερών Συρακούσιων Βιζύης Πομπή ϊουπόλ. Β -> -> 'Αγκύρας Κυζίκου Σάρδης Νικομήδειας Χαλκηδόνος -> Σαρδινίας Σίδης Τυανέων Γαγγρών Κλαυδιουπόλ. Μύρων Καρίας Συνάδων Λαοδικείας Πέργης Νικοπόλεως Φάσιδος Σελευκείας Μωκισοϋ Συλαίου Κατάνης 'Αδριανουπόλ. Πομπηϊουπόλ. Ταυρομενίας Γοτθίας Βιζύης Σμύρνης Μεσσήνης 'Απαμείας 'Αποστολίας Γερμίων Πανόρμου Άρκαδιουπόλ. Βιβόντων Λεοντοπόλεως Παρ ίου Λεοντίνης Μιλήτων Ταυριανής D -> -> Θεσσαλονίκης 'Αγκύρας Ηράκλειας Κυζίκου Σάρδεων Νικομήδειας Κρητών νήσου Νικαίας Χαλκηδόνος (Σίδης) Σαρδινίας Δυρραχιανών Τυάνων Άμασείας Ναζιανζού Γαγγρών Κλαυδιουπόλ. Νεοκαισαρείας Πισινοϋντος Μύρων Λαοδικείας Συνάδων Αντιοχείας Π. Καρίας 'Ικονίου Νικοπόλεως Πέργης Τραϊανουπόλ. 'Ρόδου Φάσιδος Τραπ. Άδριανουπόλ. Ίεραπόλεως Συλαίου Σικελίας Εύχαϊτών Γότθων Σελευκείας Σουγδάων Σμύρνης 'Ρηγίου (Προκοπίου) Ε -> Ήρακλίας Άγκυρας Κυζίκου Σάρδ(εων) Νικομήδειας Κρητών νήσου Νικαίας Θεσσαλονίκης Σίδης -> Δυρραχίου -> -> Μωκισοϋ -> -> -^. -> -> F ->Κυπρίων νήσου -> -> -> -> Κρήτης -^· Χαλκηδόνος Σιδητών Άμασείας Γαγγρών Σαρδινίας Δυρραχίου Νικοπόλεως Κλαυδιουπόλ. Νεοκαισαρείας Πισινοϋντος Μύρων Σταυρουπόλ. Λαοδικείας Συνάδων 'Ικονίου -> Πέργης Μωκησοϋ Τραπεζοϋντος 'Ρόδου Άδριανουπόλ. Συλαίου Σελευκείας Ίεραπόλεως 'Ρηγίου Γοτθίας Σουγδάων Κατάνης Ταυρομενίου Συρακούσης Μεσήνης Πανόρμου Βιβόνων Λεοντίνης (-ινης)

-> -> —> Φάσιδος ->■ -> -> Εύχαΐτων Γοτθίας Σελευκείας Σουγδάων Σμύρνης 'Ρηγίου Πατρών Κατάνης

LISTES ÉPISCOPALES DU CONCILE DE NICÉE (787) Β Προικοννήσου Άγ. Κυριακής Μεθύμνης Κροτώνων Χίου Κίου Νησίων "Απρου Πρίνης Κυψέλλων Τροπαίων Σουγδαίων Νικοτέρων Νικοπόλεως Μεσημβρίας 'Αμωρίου Δρισιπάρων ('Ρηγίου) Νύσσης Καμουλιανών Κισκισσών Μασταύρων Βριούλλων Νύσσης Τράλλης (Magnesiae) Άνέων Μαγνησίας Μ. Κάλπης Άλγίζων Εύγάζων Βαρετών Ύπαίπων Μυένης Έλαίας Πιττάνης Περγάμου Άτραμμυτοϋ Άτάνδρου Άσσου Άρκαδιουπόλ. D Ταυρομενίου Κατάνης Ταυρομενείου Μεσσήνης Πανόρμου Μεσσήνης (Panormi) (Βιβώνων) (Leontinae) Λεοντίνης Βιβώνων Τροκάλεως Ταυριανής Τροκάλεως Άγ. Κυριακής Τ αυριανή ς Άγ. Κυριακής Λιπαριτών Λιπαριτών Κροτώνων Κροτώνων Καρίνης Λιλυβαίου Καρίνης Τροπαίων Λιλυβαίου Τροπαίων Νικοτέρων Νικοτέρων Βιζύης Πομπηϊουπόλ. Βιζύης Πομπηϊουπόλ. Σαλονιντίας Σαλονηντιανής Άπαμείας Β. (Άπαμείας) Β. Γερμίων Άρκαδιουπόλ. Γερμίων Άρκαδιουπόλ. Σεβαστουπόλ. Σεβαστουπόλ. Νικοπόλεως Παρίου (Κολωνείας ) Παρίου Μιλήτου Προικονήσου Μιλήτου Προικοννήσου Κολωνείας Ίβαριτιανών (Κολωνείας) Άβαριτιανών Μεθύμνης Κίου Μεθύμνης Άπρω (ω /ου) Κίου Κυψέλλων "Απρου Κυψέλλων Άψετιανών Άψαρητιανών Καρπάθου Καρπάθου των Τράδων Κροτάδων Δριζιπάρων ...Ζυπάρων Μεσημβρίας Δέρκων Μεσημβρίας Δέρκων 'Ηράκλειας Αμορίου Νύσσης Βασ. Θερμών Καμουλιάνων Κισκισσών (Hypaepensium) Ύπαίπων Τράλλης Μιτυλήνης Μασταύρων Τράλλης Βριούλων Μασταύρων Πρίνης Βριούλων Άγάης Νύσσης Άγάης Μαγνησίας Νύσσης Μαγνησίας Μ. Μαγνησίας

63 Ταυριανών Άγ. Κυριακής Λιπαριτών Κροτώνων Καρίνης Λιλυβαίου Τροκάλεως Τροπαίων Νικοτέρων Εύχαίτων Πομπηϊουπόλ. Βιζύης Σμύρνης Άπαμείας Γερμίων Άρκαδιουπόλ. Παρίου Μιλήτου Προικονήσου Σεβαστουπόλ. Κολωνείας Μεθύμνης Κίου Νικοπόλεως "Απρου (ου /ω) Κυψέλλων Ήρακλειουπόλ. Κοτράδων Δριζυπάρων Μεσημβρίας Δέρκων Νύσσης Βασ. Θερμών Κισκισσών Καμουλιάνων Μιτυλήνης Μασταύρων Βριούλων Νύσσης+Λεβέδου Τράλλης Έλαίας Πιτάνης Άλγίζων Σ ιών Κύμης Άτραμμυτείου Ύπαίπων Καλόης Φωκίας Περγάμου Παλαιάς Πόλεως Άσσων (-οϋ)

45 46 47 48 49 50 51 52 53 54 55 56 57 58 59 60 61 62 63 64 65 66 67 68 69 70 71 72 73 74 75 76 77 78 79 80 81 82 83 84 85 86 87 88 89 90 91 92 93 94 95 96

Σμύρνης Λεοντοπόλεως Άπαμείας Γερμίο:>ν Άρκαδιουπόλ. Παρίου Μιλήτου Νικοπόλεως Προικοννύσου Μεθύμνης Κίου "Απρου Κυψάλλων Σουγδάων Μεσημβρίας Νύσσης Βασ. Θερμών Καμουλιανών Κισκισσών Μασταύρων Βριούλων Νύσσης Τράλλης Μαγνησίας Ά. Πρίνης Άνέων Μαγνησίας Μ. Παλαιάς Πόλεως Καλόης Άλγίζων Εύάζων Βαρετών Ύπαίπων Ερυθρών Λεβέδων Κύμης Τύμνων Μυρρίνης Έλαίας Πιτάνης Περγάμου Άτραμμυτείου Άτάνδρον Άσσου Φωκείας Γάργαρων Άγάης Σιών Τίων 'Ραιδεστού Π αν ίου Καλλιουπόλεως

'Ραιδεστού Π αν ίου Καλλιουπόλ. Μαδύτων

(ν 4 A Μαδύτων Τζουρουλοϋ Χαριουπόλεως Ταονίου Θεοδωρουπόλ. Χαλκίδος Βρύσεως Λιζίκου Ίουλιουπόλεως Άσπόνης Κίννης Άναστασιουπόλ. Μίνζου Βερινουπόλεως Κύπρων Σόλων Κιτίου Τριμιθοΰντος Άμαθοΰντος Μελετιουπόλεως Γέρμης Άδρανουθύρο:>ν Ποιμανηνών "Ωκης Δαρδάνων Λαμψάκου Παλαιών Ίλέου Τρωάδων 'Αβύδου Τριπόλεως Τρακούλων Σάλων Ταβάλων Σιλάγγου Σέτων Μυωνίας Φιλαδέλφειας Τράλλης Γόρδων Δάλδης Όρκάνης Έρμοκαπηλείας Έλενουπόλεως Λόφου Άπολλωνιάδος Καισαρείας Βασινουπόλεως 'Αρίστης 'Αδρανούς Δασκυλίου Μελής Β

J. DARROUZES D Άνέων Γάργαρων Παλαιάς Πόλ. Καλόης Άλγίζων Εύάζων Βαρετών Σ ιών Λεβένδου Κύμης 'Ερυθρών Τύμνου Μυρίνης Έλαίας Πιτάνης Περγάμου Άτραμμυτείου Άτάνδρου Άσσου Φωκίας 'Ραιδεστού Πανίου Καλλιουπόλ. Χαριουπόλεως Μαδύτου Κ. Τζουρουλοϋ Δαονίου Θεοδωρουπόλ. Χαλκίδος Λιζύκων Βρύσεως Παλ. Κύθρων (Σόλων) Κιτίου Τριμιθοΰντος Άμαθοΰντος Ίλιουπόλεως Νήσσου Άναστασιουπόλ. Μίνζου Άσπόνων Βερινουπόλεως Μελιτουπόλεως Άδρανίας Γέρμης Άδρανοθύρων Ποιμανινών "Ωκης Δαρδάνου Λαμψάκου Παλατών Τρωάδων Ε Μεάνδρου Άνέων Γάργαρων Παλαιάς Πόλ. Καλόης Άλγίζων Εύγάζων Βαρετών Σιών Λεβέδου Κύμης 'Ερυθρών Τύμνων Μυρίνης Έλαίας Ποττάνης Περγάμου Άτραμυτ (είου ) Άτάνδρων Άσσου Φωκίας 'Ραιδεστοΰ Πανίου Καλλιουπόλ. Χαριουπόλεως Μαδύτου Κ. Τζουρουλοϋ Δαονίου Θεοδωρουπόλ. Χαλκίδος Λιζίκων Βρύσεως Παλ. Κύθρων Σόλων Κιτίου Τριμιθοΰντος Άμαθούντων Ηλιουπόλεως (Κι-) (Τα) βίας Άναστασιουπόλ. Μίνζου Άσπόνης Βερινουπόλεως Μελητουπόλεως Αδρανείας Γέρμης Άδρανουθύρων Ποιμανινοΰ "Ωκης Δαρδάνου Λαμψάκου Παλαίων (-ών ) F Μαγνησίας Άτάνδρου Βαρετών Άγάης Γάργαρων Εύάζων Άνέων Άρκαδιουπόλ. Μυρίνης Σαλουντιανης Άβαριτιανών Άψαρτιανών Σόλων Κύθρων Κιτίου Τριμιθοΰντος Άμαθοΰντος Νικαίας Θρ. 'Ραιδεστοΰ Καλλιουπόλ. Κοίλων Πανίου Χαρ ιουπόλεως Λιθοπροσώπου Χαλκίδος Τζουρουλοϋ Λιζίκων Έξαμιλίου Μέτρων Θεοδωρουπόλ. Ίουλιουπόλεως Άναστασιουπόλ Μίνζου Κίνης Άσπόνης Βερινουπόλεως Φιλαδέλφειας Σιλανδου Μαιονίας (Eramiae ?) Κερασέων Σετών Δάλδης Ταβάλων Έρμοκαπηλείας Αύρηλιουπόλ. Τριπόλεως Ίεροκαισαρείας Τράλλων Γόρδου Τρακούλων Ύρκανίδος

97 98 99 100 101 102 103 104 105 106 107 108 109 110 111 112 113 114 115 116 117 118 119 120 121 122 123 124 125 126 127 128 129 130 131 132 133 134 135 136 137 138 139 140 141 142 143 144 145 146 147 148

Χαρ ιουπόλεως Δαονίου Θεοδωρουπόλ. Χαλκίδος Βρύσεως Λιζίκων Άμάστριδος Σαρών Δέρκων Ίουνοπόλεως Ίουλιουπόλεως Τροιζήνος Νακωλείας Άσπόνης Κίννης Άναστασιουπόλ. Σόλων Κιτίου Τριμιθοΰντος Άμαθοΰντος 'Αδρανείας Μελιτουπόλ. Γέρμης Άδρανουθύρων Ποιμανινοΰ "Ωκης Λαμψάκου Ίλεοΰ Τρωάδων -> ~> -» -> Ταβάλλων Σιλανδου Περικόμματος Σέτων Λίπρων Μαιωνείας Στρατονικείας Φιλαδέλφειας Τράλλης Γόρδων Δάλδης Όρκάνης Άτταλείας Ίεροκαισαρείας Έλενοπόλεως Λόφου Καισαρείας Άπολλωνιάδος Βασινουπόλεως

LISTES ÉPISCOPALES DU CONCILE DE NICÉE (787) Β 149 150 151 152 153 154 155 156 157 158 159 160 161 162 163 164 165 166 167 168 169 170 171 172 173 174 175 176 177 178 179 1 80 181 182 183 184 185 186 187 188 189 190 191 192 193 194 195 196 197 198 199 200 Γορδοσέρβων Λινόης Άσπένδων Έτένων Άμίνσου Σήλων Ζαλίχου Σινώπης Νικοπόλεως Άνω Σασίμων Αμάστρης Ίουνοπόλεως Δαδύβρων Σόρων Προυσιάδος Κρατείας Άδριανουπόλ. Ηράκλειας Κομάνων Τοιζαίου Κλανέων Τροκνάδων Κορυδάλων Πατάρων Νισσα Άράξων Πιννάρων Σιδύμων Ούνιάνδου Κανδήβων Ζηνωνοπόλεως Λιμύρων Καύνων Τλών Κόμβων Όρικάνδων Φασήλιδος Καρίας Κιβύρης Τάβων Νεαπόλεως Άλαβάνδων 'Ηράκλειας Ίασσοϋ Μυλάβων Βεγυλίων Μίνδου Σταδίας Στρατονικείας 'Υλαρίμων Άμυζόνος 'Αλικαρνασσού 'Αρίστης Άδρανοϋ Δασκυλίου Καρίνης Μέλης Γορδοσέρβων Λινόης Έτένων Ζήλων Σινώπης Σασίμων Δαδύβρων (Προυσιάδος) Άδριανουπόλ. 'Ηράκλειας Κρατείας 'Ρυζαίου Κλανέων Τρωκνάδων Πατάρων Νύσσης Πινάρων Σιδύμου Ούνιάνδων Κανδίβων Ζηνοπόλεως Λιμύρων Καύνων Τλών Κόμβρων 'Τρκανών Φασήλιδος Τίου Κιβύρης Τάβων Νεαπόλεως 'Ηράκλειας Ίασσοϋ Μυλάσσου (Βεγυλίων) Μύβδου Σταδείας Στρατονίας Χώνων Χαιρετόπων Οΰαλεντίας Πέλτων Άτανασσοϋ Εύμενείας Άκμονείας Τιμενουθήρων Τραϊανουπόλ. D 'Τλαίου 'Αβύδου Τρακούλων Τριπόλεως Ταβάλων Σάλων Σιλάνδρου Περικόμματος Θυατήρων Σέτων 'Ακρασοϋ Λύμα ίων Στρατονικείας Φιλαδέλφειας (Τράλλης) Γόρδου Δάλδης 'Τρκανής Άτταλείας Έρμοκαπηλίας Ίεροκαισαρείας Κερασέων Έλενοπόλεως Λόφου Δασκυλίου Άπολλωνιάδος Καισαρείας Βασιλινουπόλ. Νεοκαισαρείας 'Αδρανούς Προύσης Λάμπης Ήρακλειουπόλ. Κνωσσοϋ Κυδωνιάς Κισάμου Σουβρίτων Φοίνικος 'Αρκαδίας Έλευθέρνης Καντάνου Χερσονήσου Κεφαλληνίας Κερκυραίων Τροιζήνος Μονεμβασίας Αίγίνης Πορθμού Ώρεοΰ Ζακύνθου Λινόης Μέλλης

65

Άτταλείας Ποιμανινοΰ Ήλαίου /'Ιλίου Λαμψάκου — >■ Ήλαίου /'Ιλίου Άδρανουθηρών Τρακούλων "Ωκης Ταβάλων Γέρμης Θυατ(εί)ρων Παλαίων(-ών) Αβύδου Σιλάνδου Περικόμματος Δαρδάνου Σέτων /Σετών Μελιτουπόλεως 'Ακρασοΰ Άδρανίας Μαιονίας Άπολλωνιάδος Καισαρείας Β. Στρατονικείας Βασιλινουπόλ. Γόρδου Λόφου Δάλδης (-ής) Αρίστης 'Τρκανής Άδρανοΰς 'Ατταλείας Έρμοκαπηλίας Προύσης Ίεροκαισαρείας Δασκυλίον Καισαρέων Έλενουπόλεως Έλενουπόλεως Κνωσσοϋ Χερσονήσου Λόφου Δασκυλίου Έλευθέρνης Άπολλωνιάδος Κυδωνίας Καντάνου Καισαρείας Βασιλινουπόλ. Φοινικίου Νεοκαισαρείας Αρκαδίας Κισάμου Άδρανοϋ (ς ) Σουβρίτων Προύσης Λάμπης Λάμπης Ήρακλειουπόλ. Λήμνου Κνωσσοΰ Αίγίνης Μονεμβασίας Κυδωνίας Κισάμου Τροιζήνος Σουβρίτων Πορθμοΰ Ώρεοϋ Φοίνικος Αρκαδίας Μέλης Γορδοσέρβων Έλευθέρνης Καντάνου Κεφαλήν ίας Κερκυραίων Χερσονήσου Ζακύνθου Κεφαλληνίας Κερκυραίων Έτένων Σασίμων Τροιζήνος Άσπονδου Μονεμβασίας Άμισοΰ Αίγίνης Πορθμού Ίουνοπόλεως Ώρεοΰ Σωρών Δαδύβρων Ζακύνθου Ηράκλειας Μ. Λινόης Άδριανών Μέλης Γορδοσέρβων Κρατείας Τροάδ/ων/ος

66 A Κεράμων Χώνων Χαιρετόπων Ούελεντίας Πέλτων Άτανασοϋ Εύμενείας Άκμωνείας Τιμενουθήρων Τραϊανουπόλ. Άλέου Λούνδων Άππίας Εύκαρπίας Ίεραπόλεως Νακωλείας Προβυσσοϋ Φυτείας Κινναβώρου Αύγουστουπόλ. Κοττυαείου Μηδιαίου Ύψοΰ Ότρών Έκτορίου Άμβλάδων Πέρτων Φιλομηλίου Πάππων Σαγαλλάου Άπαμείας Κ. Κονάνης Άδάδων Τυασοϋ Βάρης Σελευκείας Μ. Σωζοπόλεως Μαγύδων Άτταλίας Φλόγγων Σιβύλλων Πρακάνων Γερμανικοπόλ. Βελενδέρεως Συκης Καρδαβούνδων Μουσβάδων Λάμων Ζηνουπόλεως Δαλισανδοΰ Λαυζάνδων Άρκάνδων Β

J. DARROUZÈS D ...Δοσέρβων Άλέους Λούνδων (Έτέννων) Άσπένδου Άππείας Ζάλων Εύκαρπίας Ίεραπόλεως Σινώπης Προμισου Άνδράπων Ζαλίχων Φυτείας Σασίμων Κινναβόρου Αύγουστοπόλ. Άμάστρης Κοττυαίου Ίουνοπόλεως Μηδαείου Δαδύβρων Σόρων Δοκιμείου Μήρου Ηράκλειας "Αψου Προυσιάδος "Οτρου Κρατείας Έκτορίου 'Ριζαίου Άμαλάνδρων Πολεμωνίου Περτεών Κομάνων Φιλομηλίου Κερασούντος Κλανέου Σιβλείας Πάπων Τροκνάδων Σαγαλλείου Φασήλιδος Πιννάρων Άπαμείας Κ. Κανάνης Κανούας Πάτρων Σωζοπόλεως Μαγύδων Νάσας Φλόγων Κανδίβων Άνδίδων Κορυδάλων Πρακάνων Σιδύμων Γερμανικοπόλ. Λιμύρων Τλών Κελενδέρεως Τραπεζοπόλεως Όρικάνδης Άράξου Συκης Καρδαβούνδων Οίνιάνδου Μουρβάδων Κόμβων Λάμων Ζηνουπόλεως Φιλαδέλφειας Κιβύρης Σιβίλλων Τάβων Νεαπόλεως Κάδους Τιβεριουπόλεως Άλαβάνδου Άζάνων Ίασσοϋ Διονυσιουπόλ. (Mylasensium) Βαργυλίων Νικοπόλεως Κολωνέ ίας Ήρακλείας Λ. Δεβελτοϋ Μύβδου Ζωροπόλεως Σταδίας Βουλγαροφύγου Στρατονικείας Πλουτινουπόλ. 'Αλικαρνασσού Χαιρετόπων Περβέρεως Παμφύλου Ούαλεντίας Πέλτων Σκοπελέως Γαριάδου Άντανασοΰ Ε Έτένων Άσπένδου Ζήλων Σινώπης Άνδράπων Ζαλήχων Άμάστρης Ίωνοπόλεως Δαδύβρων Σόρων Ήρακλείας Προυσιάδος Κρατείας Άδριανουπόλ. 'Ρυζαίου Πολεμωνίου Κομάνων Κερασούντος Κλανέου Τρωκνάδων Φασήλιδος Πιννάρων Κάμνου Πατάρων Νησα /Νισδ Κανδίβων Κορυδάλων Σιδύμων Λιμύρων Τλών Όρυκάνδων Άράξου 'Τνιάνδου Κόμβων Ζηνοπόλεως Κιβύρης Τάβων (-ων) Νεαπόλεως Άλαβάνδων Ίασσοϋ Μυλάσσης Βαργυλίου Ήρακλείας Λ. Μύνδου Σταδείας Στρατονικείας Αλικαρνασσού Χαιρετόπων Ούαλεντίας Πέλτων (-τλ- ) Άτανασ(σ)οΰ Εύμενείας F Προυσιάδος Τίου Κομάνων Κερασούντος Πολεμωνίου 'Ρυζαίου Κλανέου Τροκνάδων Πιννάρων Νήσσα Κάμνου Τλών Κανδίβων Κορυδάλων Όρικάνδου Σιδύμων Φασηλίδος Άράξου 'Τνιάνδου Λιμύρων Ζηνοπόλεως Κόμβων (-ών) Κιβύρης Τάβων (-ών ) Νεαπόλεως Άλαβάνδου Ήρακλείας Ίασσοϋ Μυλάσσης Βαργυλίων Μίνδου Σταδείας (Κνίδου) Στρατονικείας Αλικαρνασσού Κεράμου Άκμωνείας Αλέων (-ών ) Τραπεζουπόλεως Εύμενείας Τρανοπόλεως Χώνων-Χωνών Πέλτων Άππίας Σουβλίου Ταλατίας Χαιρετόπων Τιμενουθήρων Μηδαείου Νακωλείας Κοττυαείου Δοκιμείου Εύκαρπίας

201 202 203 204 205 206 207 208 209 210 211 212 213 214 215 216 217 218 219 220 221 222 223 224 225 226 227 228 229 230 231 232 233 234 235 236 237 238 239 240 241 242 243 244 245 246 247 248 249 250 251 252

LISTES ÉPISCOPALES DU CONCILE DE NICÉE (787) D 253 254 255 256 257 258 259 260 261 262 263 264 265 266 267 268 269 270 271 272 273 274 275 276 277 278 279 280 281 282 283 284 285 286 287 288 289 290 291 292 293 294 295 296 297 298 299 300 301 302 303 304 Μονεμβασίας Έγένης Πορθμού Δοάρων Λεοντοπόλεως Σεβαστής ' Αλικαρνασσού Κορυδάλων Κρημνών Άδριανής Εύμενείας Τρανουπόλεως 'Αλέων (Acmoniae) (Timenutensium) (Λούνδων) (Άππίας) Σύβεως Τραπεζουπόλεως Σεβάστειας 'Τψοΰ Εύκαρπίας Κηδισωσοΰ ΨΌνοΰντος Κ. Κοττυαείου Νακωλείας Δοκιμίου Έκτορείου Ίεραπόλεως Φυτείας Κινναβόρεως Μύρου Πρυμισοΰ Αύγουστοπόλεως Μιδαείου Άμβλάδων ("Οτρου) Πολυβάτου Φιλομηλίου Πάπων Άπαμείας Κ. (Κονάνης ) Άδάδων Τοτιάσσου Συγαλασσοϋ Βάρης Σέλευκε ίας Φλόγων Μαγύδων Άνδίδων Παρνασσού Δοάρων Δεβελτοΰ Σωζοπόλεως Βουλγαροφύγου Πλωτινουπόλεως Περβεραίου Παμφίλου Σκοπέλου Γαριέλων Εύδοκιάδος Λιγύνων

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Άκμονείας Ιεραπόλεως Μηροΰ Τιμενουθήρων Αύγουστοπόλεως Τρανουπόλεως 'Αλέου (-ων) Κινναβάρ(εως) Πολυβώτου Λούνδων "Ιψου Άππίας Σιβλίων/Σίβεως Φυτείας Τραπεζουπόλεως "Οστρου Άμβλάδων Σεβαστής Πέλτων Κιδεστοΰ Πούππων Τόνων Κ. Φιλομηλίου Κοττυαείου Τυμβριάδων Νακωλείας Δοκιμείου Όρύμνων "Ιψου Φόγλων Μαγύδων Εύκαρπίας <Άν>δίδων Ίεραπόλεως Παρνασσού Άκτορίου Χίου Φυτείας Λέρου Κινναβάρεως Σάμου Μήρου (Μυ-) Προμισοΰ Μήλου Αύγουστοπόλεως "Ανδρου Άμβλάδων Τήνου "Οτρου Εύδοκιάδος Μιδαείου Κρεμνών Πολυβώτου Λαγ(ί)νων Φιλομηλίου Άδριανής Πάπ(π)ων Κοδρούλων Δεβελτοΰ Άπαμείας Κ. Σωζοπόλεως Κονάνης Άδάδων Βουλγαροφύγου Τοτιασσοϋ Πλουτινο (υ )πόλεως Άγαλασσοϋ Γαρι(έ)λης Σκοπέλου Βάρης Σέλευκε ίας Περβέρεως Φόγλων Παμφ(ύ)λου Μαγύδων Πρακάνων Άνδίδων Κελενδέρεως Παρνασσού Μουσβάδων Δοάρων Λάμου Σιβίλ(λ)ων Δεβελτοΰ Σωζοπόλεως Φιλαδέλφειας Βουλγαροφύγου Καρδαβούνδων Πλουτινουπόλεως Συννάου Περβέρεως(-εραίου) Άγκυρας Παμφίλου Κάδους Σκοπέλου Άζάνους Μοσύνων Γαριέλων Πραινέτου Εύδοκιάδος Λαγ(ίνων) Κουδρούλων

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J. DARROUZES D Κουδρούλων Κρημνών Άδριανής Χίου Μήλου Λέρου Διοκαισαρείας Κελεντέρεως Καρδαβούνθου Μοσβάδων Λάμου Γερμανικοπόλεως Συκής Δαλισανδοϋ Σιβήλων Φιλαδέλφειας Μετελλουπόλεως "Ανδρου Τήνου Κάδων Τιβεριουπόλεως Άγκυρας Άζάνων Μοσύνων Διονυσουπόλεως Συνάου Ε Κρημνών Άδριανής Χίου Μήλου Λέρου Διοκαισαρείας Πρ. Κελενδέρεως Καρδαβούνδων Μουσβάδων Λάμου Γερ μανικοπόλεως Συκηα(-κίων) Δαλισανδοΰ Σιβήλων Φιλαδέλφειας Μετελλουπόλεως Κάδων Μοσύνων Δ ιονυσουπόλεως Συννάου "Ανδρου Τήνου Δεκατέρων Νικαίας Θράκης Λεβέδου Λιθοπροσώπου Άρκαδιουπόλεως Ήρακλειουπόλεως Μ. Μέτρων Φιλαδέλφειας Τράλλεων Λήμνου Άμισοϋ Τίου Πέρτων /Περτών Τυμβριάδων Όρύμνων Σάμου Πραινέτου

305 306 307 308 309 310 311 312 313 314 315 316 317 318 319 320 321 322 323 324 325 326 327 328 329 330 331 332 333 334 335 336 337 338 339 340 341 342 343

LISTES ÉPISCOPALES DU CONCILE DE NICÉE (787)

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F. — LISTE ALPHABÉTIQUE DES SIÈGES Renvoi au numéro de la liste précédente et à la colonne indiquée par les lettres. Les noms sont relevés d'après la forme la plus probable attestée par les listes précédentes ; la forme correcte est indiquée entre parenthèses, quand il s'agit d'une déformation notable et surtout en début de mot ; on néglige la plupart des va riantes en fin de mot, des iotacismes, les redoublements de consonne et la diff érence entre omicron et oméga. En petites capitales : les provinces (avec la récapitulation de leurs suffragants) et les métropoles. Abaritianoi (Arba, Rab) 72 D, 71 E, 107 F. Abydos 126 AB, 150 DE, 157 F. Achaïe, avec Hellade. Adada 233 A, 285 B, 284 E. Adraneia (Hellesp.) 117 B, 140 D, 141 E, 160 F. Adranous (Bith.) 146 A, 150 B, 178 D, 177 E, 166 F. Adranouthèrai 118 A, 120 B, 142 D, 143 E, 153 F. Adrianè (Pamph.) 262 B, 307 D, 306 E, 280 F. Adrianoupolis (Hem.) 24 A, 27 B, 34 DE, 31 F. Adrianoupolis (Hon.) 165 A, 162 B, 214 E, 199 F (Adrianoi). Agaè 91 AB, 93 D, 94 E, 100 F. Agalassos : (S)agalassos 286 E. Aigina 254 B (Egénè), 195 D, 194 E, 181F. Aizonoi, voir Azanoi. Akmoneia 208 A, 198 B, 256 D, 253 E, 236 F. Akrasos 159 D, 160 E. Aktorion, pour Stektorion 270 E. Alabanda 190 A, 240 D, 239 A, 226 F. Amalanda, voir Amblada. Amaseia 11 A, 17 DE, 13 F. Amastris 159 A, 103 B, 109 D, 207 E. Amathous 115 A, 116 B, 132 D, 133 E, 113F. Amblada (Amalanda) 226 A, 217 B (Amalandra), 278 D, 276 E, 261 F. Amisos 153 A, 337 E, 194 F. Amorion 60 B, 83 DE. Amyzon 199 A. Anastasioupolis 108 A, 112 B, 135 D, 136 E, 128 F. Andida 228 B, 292 D, 291 E, 269 F. Andrapa 206 D, 205 E. Andros 322 D, 325 E, 275 F. Anéa (Anaia) 70 A, 71 B, 97 D, 98 E, 113 F. Anèlios, voir Magnesia A-. Ankyra (Gai.) 4 B, 5 DEF. Ankyra (Phr.) 326 D, 298 E. Antandros, voir Atandros. Antiocheia Pisideias 24 DEF. Apameia Bithynias 47 A, 34 B, 63 D, 62 E, 58 F. Apameia Kibotos 231 A, 223 B, 283 D, 282 E. Apollonias 142 A, 147 B, 174 D, 173 E, 161 F. Apostolias (?) 35 B. Appia 213 A, 203 B, 259 D, 258 E, 243 F. Apros 56 A, 52 B, 75 D, 74 E, 69 F. Apsartianoi (Apsara, Ozor) 77 D, 76 E, 108 F. Apsos, pour Ipsos 214 B. Araxos (-xa) 174 A, 233 D, 232 E, 218 F. Arba, voir Abaritianoi. Aristè ( =Néokaisareia) 145 A, 149 B, 177 D, 176 E, 165 F. Arkadia 187 D, 186 E, 176 F. Arkadioupolis (Thr.) 49 A, 38 B, 65 D, 64 E, 60 F. Arkadioupolis (Asie) 88 B, 331 E, 104 F. Arkanda (pour Laranda ?) 252 A ; cf. p. 53. Arménie (Sébasteia) : Nikopolis Anô ; cf. p. 42. Arykanda, voir Orykanda. Asie (Ephésos) : Agaè, Algiza, Anéa (Anaia), Arkadioupolis, Assos, Atand ros, Atrammytion, Baréta, Brioula, Elaia, Erythra, Gargara, Hypaipa, Kaloè, Kymè, Lébédos, Magnesia

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J. DARROUZES Cappadoce (III. Mokissos) : Doara, Parnassos ; cf. p. 50. Carie (Karia, Stauroupolis) : Alabanda, Amyzon, Bargylia, Halikarnassos, Hérakleia Latmou, Hyllarima, lassos, Kéramos, Kibyra, Mindos, Mylassa, Néapolis, Stadeia (= Knidos), Stratonikeia, Tabai ; cf. p. 45. Cattaro, voir Dékatéra. Chairétopa (Kérétapa) 203 A, 193 B, 249 D, 248 E, 246 F. Chalkèdon 7 A, 9 B, 12 DE, 11 F. Chalkis 102 A, 100 B, 125 D, 126 E, 121 F. Chandax, voir Kantanos. Charioupolis 99 A, 97 B, 120 D, 121 E, 119 F. Chersonèsos 190 D, 189 E, 171 F. Chios 49 B, 308 D, 307 E, 271 F. Chonai (Kolossai) 202 A, 192 B, 266 D, 263 E, 241 F. Chypre (Kypros, Konstantia) : Amathous, Kition, Kythroi (Palaia), Soloi, Trimithous ; cf. p. 31. Crète (Krètè, Gortyna) : Arkadia, Cher sonèsos, Eleuthernè, Hérakleion, Kant anos, Kisamos, Knossos, Kydonia, Lampe, Phoinix, Soubrita ; cf. p. 37. Cyclades (Rhodos) : Andros, Chios, Léros, Mèlos, Samos, Tènos ; cf. p. 54. Dadybra 161 A, 160 B, 211 D, 209 197 F. Daldè 137 A, 140 B, 165 D, 164 139 F. Dalisandos 250 A, 318 D, 317 E. Daonion 100 A, 98 B, 123 D, 124 E. Dardanos 121 A, 145 D, 146 E, 158 Daskylion 147 A, 151 B, 173 D, 172 168 F. Débeltos 245 B, 295 D, 294 E, 282 Dékatéra (Cattaro, Kotor) 327 E. Derkos (-koi) 105 B, 82 D, 81 E, 75 Diokaisareia = Prakana 311 D, 310 Dionysioupolis 242 B, 329 D, 323 Doara 256 B, 294 D, 293 E. Dokimion 212 B, 269 D, 266 F, 252 Doserba : <Gor)doserba 201 D. Drizipara 61 B, 80 D, 79 E, 73 F. Dyrrachion 10 AB, 15 DE, 16 F. E, E,

Anèlios, Magnesia Maiandrou, Mastaura, Myrina, Nyssa, Palaiapolis, Pergamos, Phokeia, Pitanè, Prinè (Priènè), Sion, Tion, Tralleis, Tymnos ; cf. p. 27. Aspendos 151 A, 203 D, 202 E, 193 F. Aspona 106 A, 110 B, 137 D, 138 E, 131 F. Assos 88 A, 87 B, 115 D, 116 E, 96 F. Atanassos 206 A, 196 B, 252 D, 251 E. Atandros (Antandros) 87 A, 86 B, 1 14 D, 115 E, 98 F. Atrammytion (-ttion) 86 A, 85 B, 113 D, 114 E, 90 F. Attaleia (Lydie) 142 Β, 167 D, 166 Ε, 149 F. Attaleia (Pamph.) 239 A. Augaza, voir Eugaza. Augoustoupolis 220 A, 209 B, 276 D, 275 E, 255 F. Aurèlioupolis = Périkomma 142 F. Azanoi (Aizanoi) 241 B, 327 D, 300 F. Baréta 76 A, 77 B, 103 D, 104 E, 99 F. Bargylia 194 A, 188 B, 243 D, 242 E, 230 F. Baris 235 A, 288 D, 287 E. Basilika Therma 61 A, 85 DE, 77 F. Basilinoupolis 144 A, 148 B, 176 D, 175 E, 163 F. Bégylia, pour Bargylia 194 A. Bélendéris, pour Kélendéris 244 A. Bèrinoupolis 110 A, 138 D, 139 E, 132 F. Bibona 31 A, 39 B, 50 D, 48 E (Kib-), 43 F. Bithynie (I. Nikomèdeia) : Adranous, Apollonias, Aristè ( = Néokaisareia), Basilinoupolis, Daskylion, Hélénoupolis, Kaisareia, Lophos, Prainétos, Prousa ; cf. p. 36. Bithynie (II. Nikaia) : Gordoserba, Linaè, Mêla; cf. p. 38. Bizyè 43 A, 31 B, 60 D, 59 E, 56 F. Boulgarophygon 247 B, 297 D, 296 E, 284 F. Brioula 65 A, 67 B, 91 D, 93 E, 82 F. Brysis 103 A, 101 B, 127 D, 128 E. Cappadoce (I. Kaisareia) : Basilika Therma, Kamouliana, Kiskissos, Nyssa ; cf. p. 26. Cappadoce (II. Tyana) : Sasima ; cf. p. 39.

F. E, F. F. E. E. F.

Egénè (île d'Egine), pour Aigina 254 B. Ektorion (pour (St)ektorion) 225 A, 216 B, 270 D, 270 E (Aktorion).

LISTES ÉPISCOPALES DU CONCILE DE NICÉE (787) Elaia 83 A, 82 B, 110 D, 111 E, 85 F. Eleuthernè 188 D, 187 E, 172 F. Ephésos 2 ABDEF. Eramia ? 136 F; cf. p. 34. Erythra 78 A, 107 D, 108 E. Etenna 152 A, 156 B, 202 D (Stenna), 201 E, 191 F. Euaza, pour Eugaza 75 A, 102 DF. Euchaïta 38 D, 37 E, 54 F. Eudokias 303 D, 302 E, 277 F. Eugaza (et Euaza) 75 A, 76 B, 102 D, 103 E, 102 F. Eukarpia 214 A, 204 B, 264 D, 268 E, 252 F. Euménia 207 A, 197 B, 253 D, 252 E, 239 F. Europe (ou Thrace, Hérakleia) : Brysis, Chalkis, Charioupolis, Daonion, Hexamilion, Kallioupolis, Lithoprosopon (?), Lizika, Madyta ( = Koila), Métra, Nikaia, Panion, Rhaidestos, Théodoroupolis, Tzouroulon ; cf. p. 29. Galatia, pour Oualentia 245 F. Galatie (I. Ankyra) : Anastasioupolis, Aspona, Bèrinoupolis, Ioulioupolis, Kinna, Minzos (Mnizos) ; cf. p. 30. Galatie (II. Pisinous) : Klanéos, Troknada; cf. p. 43. Gangrai 13 A, 14 B, 19 DE, 14 F. Gargara 90 AB, 98 D, 99 E, 101 F. Gariéla 252 B, 302 D, 301 E, 287 F. Germanikoupolis 243 A, 230 B, 316 D, 315 E. Germé 117 A, 119 B, 141 D, 142 E, 155 F. Germia 48 A, 36 B, 64 D, 63 E, 59 F. Goloi, pour Soloi 129 D. Gordos 136 A, 139 B, 165 D, 164 E, 146 F. Gordoserba 149 A, 154 B, 201 D, 200 E, 187 F. Gotthia 26 A, 30 B, 39 D, 38 E, 36 F. Hadr-, voir Adr-. Hagia Kyriakè 34 A, 46 B, 53 D, 52 E, 46 F. Halikarnassos 200 A, 259 B, 248 D, 247 E, 234 (F). Hélénopont (Amaseia) : Amisos, Andrapa, Sinopè, Zalichos (= Léontopolis), Zèla; cf. p. 33. Hélénoupolis 140 A, 144 B, 171 D, 170 E, 169 F.

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Hélioupolis, pour Ioulioupolis 134 E. Hellade (et Achaïe) : Aigina, Kephallènia, Kerkyra, Lemnos, Monembasia, Oréos, Porthmos, Troizènè, Zakynthos; cf. p. 37-38. Hellespont (Kyzikos) : Abydos, Adraneia, Adranouthèrai, Dardanos, Germé, Iléos, Lampsakos, Mélitoupolis, Okè, Palaia, Poimaninon, Troas ; cf. p. 32. Hémimont (Adrianoupolis) : Boulgarophygon, Débeltos, Gariéla, Pamphylon, Perbéris, Plotinoupolis, Skopélos, Sozopolis ; cf. p. 54. Hérakleia (Europe ou Thrace) 6 D, 4EF. Hérakleia, pour Hérakleioupolis 82 E. Hérakleia Latmou 191 A, 185 B, 244 D, 243 E, 227 F. Hérakleia Pontou 166 A, 163 B, 213 D, 211 E, 198 F. Hérakleion 181 D, 180 E. Hérakleioupolis (= Pidachthoè) 82 et 332 E, 71 F. Hermokapèleia 139 A, 168 D, 167 E, 141 F. Hexamilion 124 F. Hiérapolis (Phr. Pac.) 35 DE, 34 F. Hiérapolis (Phr. Sal.) 215 A, 205 B, 271 D, 269 E, 253 F. Hiérokaisareia 143 B, 169 D, 168 E, 144 F. Honorias (Klaudioupolis) : Adrianoupolis, Hérakleia Pontou, Krateia, Prousias, Tios; cf. p. 42. Hyllarima 198 A (Hyla-). Hypaipa 77 A, 78 B, 88 DE, 91 F. Hyrkana, pour Orykanda 179 B. Hyrkanis 138 A (Orkanè), 141 B, 166 D, 165 E, 148 F. lassos 192 A, 185 B, 241 D, 240 E, 228 F. Ibaritianoi, pour Abar- 71 E. Ikonion 28 DE, 25 F. Iléos (Ilaios) 124 AB, 149 D, 151 E, 152 F. Ioulioupolis 105 A, 107 B, 133 D (Iliou-), 134 E (Héliou-), 127 F. Iounopolis 160 A, 106 B, 210 D, 208 E, 195 F. Ipsos 223 A, 214 B (Apsos), 263 D, 267 E, 258 F.

72

J. DARROUZÈS Klanéos 169 A, 166 B, 220 D, 219 E, 207 F. Klaudioupolis 14 A, 15 B, 20 DE, 18 F. Knidos = Stadeia 232 F (cf. p. 46). Knossos 182 D, 181 E, 170 F. Koila = Madyta 117 F. Koloneia 224 B, 71 D, 70 E, 65 F. Komana 167 A, 218 D, 217 E, 203 F. Komba 183 A, 178 B, 235 D, 234 E, 222 F. Konana 232 A, 234 B (Kan-), 284 D, 283 E. Konstantia Kyprou 3 ABDEF. Korydala (Lycie) 171 A, 228 D, 227 E, 214 F. Korydala (Pamph.) 260 B, 305 D, 304 E, 281 F. Kotor, voir Dékatéra. Kotiada 79 D, 78 E, 72 F. Kottyaeion 221 A, 210 B, 267 D, 264 E, 250 F. Koudroula, pour Korydala 305 D, 304 E. Krateia 164 AB, 215 D, 213 E, 200 F. Kremna 261 B, 306 D, 305 E, 278 E. Krètè (Gortynè) 8 AB, 10 D, 9 EF. Krotonè 35 A, 48 B, 55 D, 54 E, 48 F. Kydonia 183 D, 182 E, 173 F. Kymè 80 AB, 106 D, 107 E, 89 F. Kyproi, pour Kythroi 111 A. Kypros, voir Konstantia. Kypséla 57 A, 54 B, 76 D, 75 E, 70 F. Kythroi (Paloria Kythron DE) 111 A (Kyproi), 128 D, 129 E, 110 F. Kyzikos 4 A, 5 B, 7 D, 6 EF. Lagina 304 D, 303 E, 279 F (Lagna). Lamos 248 A, 236 B, 315 D, 314 E, 293 F. Lampe 180 D, 179 EF. Lampsakos 122 A, 123 B, 146 D, 147 E, 151 F. Laodikeia 16 A, 19 B, 24 DE, 23 F. Laranda (dans Arkanda ?), voir p. 53. Lauzanda 251 A. Lébédos 79 AB, 105 D, 106 (et 329) E, 83 F (cf. p. 28-29). Lemnos 336 E, 180 F (Limbos). Léontinè 32 A, 42 B, 49 DE, 44 F. Léontopolis (Hélén.) = Zalichos 257 B. Léontopolis (Isaurie) 46 A, 40 B. Léros 310 D, 309 E, 272 F. Lilybaion 39 A, 57 D, 56 E, 50 F. Limbos, pour Lemnos 180 F.

IsAURiE (Séleukeia) : Arkanda (?), Dalisan dos, Germanikoupolis, Kardabounda, Kélentéris, Lamos, Lauzanda, Mousbada, Prakana ( = Diokaisareia), Sibyla, Sykè, Zènoupolis ; cf. p. 51. Kadoi 239 Β, 324 D, 321 Ε, 299 F. Kaisareia (Bith.) 143 A, 146 B, 175 D, 174 E, 162 F. Kaisareia (Capp.) 1 ABDEF. Kallioupolis 96 A, 95 B, 119 D, 120 E, 116 F. Kaloè 73 A, 74 B (Kalpè), 100 D, 101 Ε, 92 F. Kamnos, pour Kaunos 223 E, 211 F. Kamouliana 62 A, 64 B, 86 DE, 79 F. Kanana, pour Konana 224 B. Kandiba 178 A, 173 B, 227 D, 226 E, 213 F. Kantanos (Chantax) 1 89 A, 1 88 E, 1 74 F. Kardabounda 246 A, 234 B, 313 D, 312 E, 296 F. Karia (= Stauroupolis) 15 (et 186) A, 17 B, 27 DE, 22 F. Karinè 37 A, 152 B, 56 D, 55 E, 49 F. Karpathos 78 D, 77 E. Katanè 27 A, 26 B, 45 D, 44 E, 38 F. Kaunos 181 A, 176 B, 224 D (Kanoua), 223 E (Kamnos), 211 F. Kélentéris (-déris) 244 A (Bel-), 231 B, 312 D, 311 E, 291 F. Képhallènia 191 D, 190 E, 188 F. Kéramos 201 A, 235 F. Kéraseis 170 D, 169 E, 137 F. Kérasous 219 D, 218 E, 204 F. Kérétapa, voir Chairétopa. Kerkyraioi (Kerkyra) 192 D, 191 E, 189 F. Kibia, pour Kinna 135 E. Kibona, pour Bibona 48 E. Kibyra 187 A, 182 B, 237 D, 236 E, 223 F. Kidyssos (Kidyessos) 265 D (Kèdisosos), 262 E (Kidestos). Kinna 107 A, 111 B, 134 D (Nèssos), 135 E (Kibia ?), 130 F. Kinnaboros 219 A, 208 B, 273 D, 272 E, 256 F. Kios 55 A, 50 B, 74 D, 73 E, 67 F. Kisamos (Kiss-) 184 D, 183 E, 177 F. Kiskissa (-soi) 63 A, 65 B, 87 DE, 78 F. Kition 113 A, 114 B, 130 D, 131 E, 111 F.

LISTES ÉPISCOPALES DU CONCILE DE NICÉE (787) Limyra 180 A, 175 B, 230 D, 229 E, 220 F. Linosè 150 A, 155 B, 199 D, 198 E. Lip(a)ra 134 B; cf. p. 34. Liparitai (Lipari), voir Nèsia. Lithoprosopon 330 E, 120 F. Lizika 104 A, 102 B, 126 D, 127 E, 123 F. Lophos 141 A, 145 B, 172 D, 171 E, 164 F. Lounda 212 A, 202 B, 258 D, 257 E. Lycaonie (Ikonion) : Amblada, Perta; cf. p. 49. Lycie (Myra) : Araxos, Kandiba, Kaunos, Komba, Korydala, Limyra, Nissa, Oiniandos, Orykanda, Patara, Phasèlis, Pinnara, Sidyma, Tlos, Zènonopolis ; cf. p. 43. Lydie (Sardeis) : Akrasos, Attaleia, Daldè, Eramia (?), Gordos, Hermokapèleia, Hiérokaisareia, Hyrkanis, Kéraseis, Lip(a)ra, Maionia, Périkomma (= Aurèlioupolis), Philadelpheia, Sala, Sétai (Saittai), Silandos, Stratonikeia, Tabala, Thyateira, Trakoula, Tralleis, Tripolis ; cf. p. 34. Lymaia, pour Maionia 160 D. Madyta 97 A, 96 B, 121 D, 122 E, 117 F (Koila). Magnesia Anèlios (Sipylou) 68 A, 70 B, 95 D, 96 E, 97 (F). Magnesia Maiandrou 71 A, 73 B, 96 D, 97 E (F). Magyda 238 A, 226 B, 291 D, 290 E, 268 F. Maionia 133 A, 135 B, 160 D (Lymaia), 161 E, 135 F. Mastaura 64 A, 66 B, 90 D, 91 E, 91 F. Mèdaeion, voir Midaeion. Mégylia, pour Bargylia 188 B. Mêla 148 A, 153 B, 200 D, 199 E, 186 F. Mélitoupolis 1 1 6 A, 1 1 8 B, 1 39 D, 140 E, 159 F. Mèlos (île de Milo) 309 D, 308 E, 274 F. Mèros 213 B, 274 D, 273 E, 254 F. Mésembria 59 AB, 81 D, 80 E, 74 F. Messina 29 A, 33 B, 47 D, 46 E, 41 F. Mételloupolis 321 D, 320 E. Méthymnè 54 A, 47 B, 73 D, 72 E, 66 F. Métra 333 E, 125 F. Midaeion (Méd. ABF) 222 A, 211 B, 277 D, 278 E, 248 F. Milètos 51 A, 43 B, 69 D, 68 E, 62 F.

73

Milo (île), voir Mèlos. Mindos 195 A, 189 B (Mybdos), 245 D, 244 E, 231 F. Minzos (Mnizos) 109 A, 136 D, 137 E, 129 F. Mitylènè 89 E. Mokissos 23 A, 24 B, 18 D (Nazianzos), 18 E, 28 F. Monembasia 253 B, 194 D, 193 E, 182 F. Mosyna 328 D, 322 E, 301 F. Mousbada 247 A, 235 B, 314 D (Mosb-), 313 E, 292 F. Mybdos, pour Mindos 189 B, 245 D. Myéna, pour Myrinè 81 B. Mylassa 193 A (Mylaba), 187 B, 242 D, 241 E, 229 F. Myonia, pour Maionia 133 A. Myra 16 B, 23 DE, 21 F. Myrinè 82 A, 81 B (Myéna), 109 D, 110 E, 105 F. Mytilène, voir Mitylènè. Nakoleia 261 A, 109 B, 268 A, 265 E, 249 F. Nazianzos = Mokissos 18 D. Néapolis 189 A, 148 B, 239 D, 238 E, 225 F. Néokaisareia 21 DE, 19 F. Néokaisareia = Aristè 177 D, 176 E. Nèsia (Lipari) 36 A, 51 B, 54 D, 53 E, 47 F. Nèssos, pour Kinna 134 D. Νίκαια (Bith.) 11 D, 10 EF. Nikaia (Thr.) 328 D, 114F; cf. p. 30, 58. Nikomèdeia 6 A, 7 B, 9 D, 8 EF. Nikopolis (Ep.) 19 A, 21 B, 29 DE, 17 F. Nikopolis (Thr.) 52 A, 58 (et 243) B, 67 (D), 66 E, 68 F. Nikopolis Ano (Arm.) 157 A. Nikotéra 41 A, 57 B, 59 D, 58 E, 53 F. Nissa (Lycie) 173 A, 169 B (Ny-), 226 D (Na-), 225 E, 210 F (Ne-). Nyssa (Asie) 66 A, 68 B, 94 D, 95 E, 83 F. Nyssa (Capp.) 60 A, 63 B, 84 DE, 76 F. Oiniandos 177 A (Oun-), 172 B (Oun-), 234 D, 233 E (Yn-), 219 F (Yn-). Okè 120 A, 122 B, 144 D, 145 E, 154 F. Oréos 197 D, 196 E, 185 F. Orkanè, pour Hyrkanis 138 A, 141 B.

74

J. DARROUZES Philomèlion 228 A, 219 B, 281 D, 282 E, 264 F. Phogla (Phloga ABD ; pour Pogla) 240 A, 227 B, 290 D, 289 E, 267 F. Phoinix 186 D, 185 E, 175 F. Phokeia (-kia DEF) 89 AB, 1 1 6 D, 1 1 7 E, 93 F. Phrygie Pac. (I. Laodikeia) : Akmoneia, Aléos, Appia, Atanassos, Chairétopa, Chonai, Euméneia, Kidyessos, Lounda, Oualentia, Peltai, Sébastè, Siblia, Timénouthèrai, Traïanoupolis, Trapézoupolis; cf. p. 46. Phrygie Pac. (II. Hiérapolis) : Ankyra, Azanoi, Dionysioupolis, Kadoi, Mételloupolis, Mosyna, Synaos, Tibèrioupolis ; cf. p. 55. Phrygie Sal. (Synada) : Augoustoupolis, Dokimion, Eukarpia, Hiérapolis, Ipsos, Kinnaboros, Kottyaeion, Mèros, Midaeion, Nakoleia, Otrous, Phyteia, Polybotos, Prymnessos, (St)ektotion ; cf. p. 49. Phyteia 218 A, 207 B, 272 D, 271 E, 259 F. Pidachthoè = Hérakleioupolis 332 E. Pinnara 175 A, 170 B, 223 D, 222 E, 209 F. Pisinous 22 DE, 20 F. Pitanè 84 A, 83 B, 1 1 1 D, 1 12 E, 86 F. Plotinoupolis 248 A, 298 D, 297 E, 285 F. Pogla, voir Phogla. Poimaninon 1 19 A (-ènon), 121 B, 143 D, 144 E, 150 F. Polémonion 217 D, 216 E, 205 F. Polybotos 280 D, 279 E, 257 F. Pompèïoupolis 44 A, 28 B, 61 D, 60 E, 55 F. Pont (Néokaisareia) : Kérasous, Komana, Polémonion, Rhyzaion; cf. p. 42-43. Porthmos 255 B, 196 D, 195 E, 184 F. Prakana ( = Diokaisareia) 242 A, 229 B, 311 D, 310 E, 290 F. Prinè (pour Priènè) 69 A, 58 B, 92 DE. Proikonèsos 53 A, 45 B, 70 D, 69 E, 65 F. Prokopiou, pour Patrai 44 D. Promissos (pour Prymnessos) 217 A (-byssos), 206 B, 275 D (Pry-), 274 E. Prousa 179 D, 178 E, 167 F. Prousias 163 A, 161 B, 214 D, 212 E, 201 F.

Orykanda (pour Arykanda) 1 84 A, 1 79 Β (Hyrkana), 232 D, 231 E, 215 F. Orymna 341 E, 266 F. Otrous 224 A, 215 B, 279 D, 277 E, 260 F. Oualentia (Valentia) 204 A, 1 94 B, 250 D, 249 E, 245 F (Galatia). Ouniandos, pour Oiniandos 1 77 A, 1 72 B. Ozor, voir Apsartianoi. Palaia (Hellesp.) 123 A, 147 D (Palata), 148 E, 156 F. Palaia (= Kythroi) 128 D, 129 E. Palaiapolis (Asie) 72 AB, 99 D, 100 Ε, 95 F. Pamphilon (-ylon) 250 B, 300 D, 299 E, 289 F. Pamphylie (I. Sidè) : Aspendos, Etenna, Orymna; cf. p. 39. Pamphylie (II. Pergè, Sylaion) : Adrianè, Andida, Attaleia, Eudokias, Korydala, Kremna, Lagina, Magyda, Phogla ; cf. p. 50. Panion 95 A, 94 B, 1 18 D, 1 19 E, 1 18 F. Panormos 30 A, 37 B, 48 D, 47 E, 42 F. Paphlagonie (Gangrai) : Amastris, Dadybra, Iounopolis, Sora ; cf. p. 42-43. Pappa 229 A, 221 B, 282 D, 281 E, 263 F. Parion 50 A, 41 B, 68 D, 67 E, 61 F. Parnassos 293 D, 292 E, 270 F. Patara 172 A, 168 B, 225 D (Patra), 224 E. Patrai 44 D (Prokopiou), 43 E. Pelta, pour Perta 262 F. Pelta(i) 205 A, 195 B, 251 D, 250 E, 242 F. Perbéris 249 B, 299 D (-éraion), 298 E, 288 F. Pergamos 85 A, 84 B, 112 D, 113 E, 94 F. Pergè 1 8 A, 20 B, 30 DE, 27 F. Périkomma 132 B, 156 D, 158 E, 142 F (Aurèlioupolis). Perta 227 A, 218 B, 339 E, 262 F (Pelta). Phasèlis 185 A, 180 B, 222 D, 221 A, 217 F. Phasis (Trapézous DF) 20 A, 22 B, 33 DE, 29 F. Philadelphia (Isaurie) 237 B, 320 D, 319 E, 295 F. Philadelpheia (Lydie) 134 A, 137 B, 161 D, 334 E, 133 F.

LISTES ÉPISCOPALES DU CONCILE DE NICÉE (787) Prymissos (pour Prymnèssos), voir Promissos. Rab, voir Abaritianoi. Rhaidestos 94 A, 93 B, 117 D, 118 E, 115 F. Rhègion (Reggio) 25 A, 62 (B), 43 D, 42 E, 35 F. Rhodos 32 DE, 30 F. Rhyzaion 168 A (Rhoi-), 165 B, 216 D (Rhi-), 215 E, 206 F. Sagallassos 230 A, 222 B, 287 D, 286 E (Ag-). Saittai, voir Sétai. Sala 129 B, 154 DE. Salonintianè (Salona) 62 D, 61 E, 106 F. Samos 342 E, 273 F. Sara, pour Sora 104 B. Sardeis 5 A, 6 B, 8 D, 7 EF. Sardinia 9 A, 11 B, 14 DE, 15 F. Sasima 158 A, 159 B, 208 D, 192 F. Sébastè 258 B, 262 D (-teia), 261 E. Sébastoupolis 66 D, 65 E, 64 F. Sèla, pour Zèla 154 A. Séleukeia (Isaurie) 21 A, 23 B, 40 D, 39 E, 33 F. Séleukeia (Pisidie) 236 A, 289 D, 288 E. Séta(i) (pour Saittai) 132 A, 133 B, 158 D, 159 E, 138 F. Siblia 220 B, 260 D (Sybéos), 259 E, 244 F (Soublion). Sibyla (-ylla, -ila) 241 A, 238 B, 319 D, 318 E, 194 F. Sidè 12 B, 13 DE, 12 F. Sidyma 176 A, 171 B, 229 D, 228 E, 216 F. Sikélia, voir Syrakousai. Silandos 131 A (-angos), 131 B, 155 D, 175 E, 134 F. Sinopè 156 A, 158 B, 205 D, 204 E. Sion 92 AB, 104 D, 105 E, 88 F. Skopélos 251 A, 301 D, 300 E, 286 F. Smyrnè 45 A, 32 B, 42 D, 41 F, 57 F. Soloi 112 A, 113 B, 129 D (Goloi), 130 E, 109 F. Sora 162 A, 104 B (Sara), 212 D, 210 E, 196 F. Soublion, pour Siblia 244 F. Soubrita (Sybrita) 185 D, 184 E, 178 F. Sougdaiai 58 A, 56 B, 41 D, 40 E, 37 F. Sozopolis (Hém.) 246 B (Zoro-), 296 D, 295 E, 283 F.

75

Sozopolis (Pis.) 237 A, 225 B. Stadeia 196 A, 190 B, 246 D, 245 E, 232 F (= Knidos). Stalles, pour Tralleis 163 D. Stauroupolis (= Karia) 15 (et 186) A, 17 B, 27 DE, 22 F. (St)ektorion, voir Ektorion. Stenna (Tennensium), voir Etenna. Stratonikeia (Carie) 197 A, 191 B, 247 D, 246 E, 233 F. Stratonikeia (Lydie) 136 B, 161 D, 162 E. Sybéos, pour Siblia 260 D. Sykè 245 A, 233 B, 317 D, 316 E. Sylaion 22 A, 25 B, 36 DE, 32 F. Synada 17 A, 18 B, 25 DE, 24 F. Synaos 330 D, 324 E, 297 F. Syrakousai (Sikélia) 42 A, 62 (B), 37 D, 40 F. Tabai 188 A, 183 B, 238 D, 237 E, 224 F. Tabala 130 AB, 153 D, 155 E, 140 F. Tabia (ou Kibia ?), pour Kinna 135 E. Tauriana 33 A, 44 B, 52 D, 51 E, 45 F. Tauroménion 28 A, 29 B, 46 D, 45 E, 39 F. Tènos (île de Tinos) 323 D, 326 E, 276 E. Théodoroupolis 101 A, 99 B, 124 D, 125 E, 126 F. Thessalonikè 4 D, 11 E. Thyateira 157 D, 156 E. Tibèrioupolis 240 B, 325 D. Timénouthèrai (-thyrai) 209 A, 199 B, 257 D, 254 E, 247 F. Tinos (île), voir Tènos. Tion 93 A. Tios 181 B, 338 E, 202 F. Tityassos 234 A (Tyassos), 286 D, 285 E (Tot-). Tlos 182 A, 177 B, 231 D, 230 E, 212 F. Traïanoupolis (Phrygie) 210 A, 200 B, 254 D (Tranou-), 255 E, 240 F (Trano-). Traïanoupolis (Rhodopes) 31 DE. Trakoula 128 AB, 151 D, 153 E, 147 F. Tralleis (Asie) 67 A, 69 B, 89 D, 90 E, 84 F. Tralleis (Lydie) 135 A, 138 B, 163 D, 335 E, 145 F. Trapézoupolis 232 B, 261 D, 260 E, 238 F. Trapézous (= Phasis) 33 D, 29 F.

76

J. DARROUZÈS Ε, Valentia, voir Oualentia. Yniandos, pour (Oi)niandos ou (O)uniandos 233 E, 219 F. Zakynthos 198 D, 197 E, 190 F. Zalichos 155 A, 257 B (Léontopolis), 207 D, 206 E. Zèla 154 A (Sèla), 157 B, 204 D (Zala), 203 E. Zènonopolis (Isaurie) 249 A (Zènoup-). Zènonopolis (Lycie) 1 79 A, 1 74 B, 236 D, 235 E, 221 F. Zoropolis, pour Sozopolis 246 B.

Trimithous 114 A, 115 Β, 131 D, 132 112 F. Tripolis 127 AB, 152 DE, 143 F. Troas 125 AB, 148 D, 149 E. Troizènè 108 Β, 193 D, 192 Ε, 183 Trokalis 38 A, 51 D, 50 Ε, 51 F. Troknada 170 A, 167 Β, 221 D, 220 208 F. Tropaion 40 A, 55 B, 58 D, 57 E, 52 Tyana 12 A, 13 B, 16 DE. Tyasos, pour (Ti)tyassos 234 A. Tymbriada 340 E, 265 F. Tymnos 81 A, 108 D, 109 E. Tzouroulon 98 A, 122 D, 123 E, 122

F. Ε, F.

F.

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