Bernard Flusin

Le Panégyrique de Constantin VII Porphyrogénète pour la
translation des reliques de Grégoire le Théologien (BHG 728)
In: Revue des études byzantines, tome 57, 1999. pp. 5-97.

Résumé
Le panégyrique en l'honneur du retour des reliques de Grégoire de Naziance BHG 728 a pour auteur Constantin
Porphyrogénète. Il est conservé en deux recensions légèrement différentes dont l'une correspond au discours prononcé le 19
janvier 946 : l'empereur célèbre alors l'anniversaire de son accession au pouvoir suprême. Le texte est édité et traduit. Dans
l'introduction, l'étude des sources et des modèles — discours de Grégoire ; deux panégyriques en l'honneur du retour des
reliques de Jean Chrysostome dus à Léon VI et Constantin VII ; Ancien Testament — permet de déterminer le sens d'un discours
et d'une cérémonie qui mettent en scène l'empereur, le patriarche et la sainteté.
Abstract
REB 57 1999 France p. 5
Bernard Flusin, Le Panégyrique De Constantin VII Porphyrogénète pour la translation des reliques de Grégoire le Théologien
(BHG 728). — This Panegyric for the return of the relics of St Gregory of Nazianzus (BHG 728), ascribed to Constantine
Porphyrogenitus, is preserved in two slightly different versions, one of which was delivered as a speech on the 19th January 946,
the anniversary of the emperor's accession to the supreme power. The text is here edited and translated. In the introduction the
text's sources and models (Gregory's Orations, two Panegyrics for the return of the relics of St John Chrysostom by Leo VI and
Constantine VII, the Old Testament) are examined, thus explaining the meaning of the speech and the ceremony for which it was
composed, involving Emperor, Patriarch and their holiness.

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Flusin Bernard. Le Panégyrique de Constantin VII Porphyrogénète pour la translation des reliques de Grégoire le Théologien
(BHG 728). In: Revue des études byzantines, tome 57, 1999. pp. 5-97.
doi : 10.3406/rebyz.1999.1967
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/rebyz_0766-5598_1999_num_57_1_1967

LE PANEGYRIQUE DE CONSTANTIN VII
PORPHYROGÉNÈTE
POUR LA TRANSLATION DES RELIQUES
DE GRÉGOIRE LE THÉOLOGIEN (BHG 728)

Bernard FLUSIN

Résumé : Le panégyrique en l'honneur du retour des reliques de Grégoire de Naziance
BHG 728 a pour auteur Constantin Porphyrogénète. Il est conservé en deux recensions
légèrement différentes dont l'une correspond au discours prononcé le 19 janvier 946 :
l'empereur célèbre alors l'anniversaire de son accession au pouvoir suprême. Le texte est
édité et traduit. Dans l'introduction, l'étude des sources et des modèles — discours de
Grégoire ; deux panégyriques en l'honneur du retour des reliques de Jean Chrysostome
dus à Léon VI et Constantin VII ; Ancien Testament — permet de déterminer le sens d'un
discours et d'une cérémonie qui mettent en scène l'empereur, le patriarche et la sainteté.
Le panégyrique sur la translation du corps de Grégoire de Nazianze
BHG 728, sans nom d'auteur dans les manuscrits et resté anonyme dans
l'édition des Ada Sanctorum1, doit être attribué, comme nous l'avons
montré ailleurs2, à l'empereur Constantin VIL II acquiert de ce fait une
importance nouvelle non seulement comme témoin du culte du
Théologien, mais aussi comme monument de l'activité hagiographique
qui se développe autour du Porphyrogénète — et à son initiative —,
ainsi que comme un bon exemple des grandes translations de reliques
qui se multiplient dans la deuxième partie du 10e siècle. Chacun de ces
points appelle une étude spéciale3. Nous nous contenterons ici d'éditer le
1. Act. SS. Maii II (1680), 766-771 ; 3e édition, p. xui-xlvi.
2. L'empereur et le Théologien : à propos de la Translation des reliques de Grégoire de
Nazianze (BHG 728), dans I. Hutter et I. SevCenko (éd.), ΑΕΤΟΣ. Studies in honour of
Cyril Mango, presented to him on April 14, 1998, Stuttgart et Leipzig 1998, p. 137-153.
3. Pour les grandes translations de reliques aux 10e- 12e s., voir B. Flusin, Construire une
nouvelle Jérusalem. Constantinople et les reliques, à paraître dans M. Amir Moezzi et
J. Scheid (éd.), L'Orient dans l'histoire religieuse de l'Europe. Actes du colloque internatio
nal
EPHE Section des Sciences religieuses — Université de Jérusalem, Paris, février 1999.
Revue des Études Byzantines 57, 1999, p. 5-97.

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BERNARD FLUSIN

texte et d'en éclairer le sens en le rapportant aux principaux modèles
dont l'auteur s'est inspiré.
I. L'auteur et la date
Dans les deux témoins manuscrits dont nous disposons, le discours
BHG 728, muni d'un titre initial et, dans un cas, d'un titre final, est
transmis sans nom d'auteur4. Peut-être cette circonstance est-elle due au
fait que, dans les deux cas, l'œuvre figure presque comme un appendice
à la longue vie de Grégoire le Théologien par le prêtre Grégoire BHG
723. Le panégyrique cesse d'être anonyme si l'on prend connaissance de
la fin du texte non pas dans le Taurinensis gr. 126 (§§38T et 39T à la fin
de notre édition), mais dans le manuscrit de Moscou (§§44-45). C'est un
empereur qui parle. Il est assis «sur le trône de ses pères». C'est lui qui
institue la fête du retour de Grégoire et promeut (προβάλλομαι, 1. 698)
celui-ci protecteur de l'Empire. Comme nous savons par le De thematibus, le Synaxaire de Constantinople et par les chroniqueurs5 que c'est
Constantin VII qui a fait revenir de Cappadoce le corps de Grégoire pour
le déposer aux Saints-Apôtres, l'identification de la personne qui parle
ne fait guère de doute.
Faut-il en conclure aussitôt que Constantin Porphyrogénète est l'au
teur du panégyrique que nous éditons ? Si l'on entend par là celui qui a
couvert le discours de son autorité et qui l'a prononcé, la réponse est
positive. Mais la question se pose différemment si l'on se place du point
de vue de la création littéraire. Le cas de la Vita Basilii, analysé par
I. Sevcenko6, incite à la prudence. Celui de la Lettre de Constantin
Porphyrogénète à s. Grégoire à l'occasion de la translation de son corps
{BHG 727) fournit un parallèle plus étroit encore, d'autant qu'il s'agit là
d'un document lié au texte que nous étudions. Quand Sakkélion l'édite
en 1885, il n'hésite pas, en prenant appui sur le texte lui-même, à l'attr
ibuerau Porphyrogénète7. Mais la conservation de la lettre dans la corre
spondance
de Théodore Daphnopatès avec un titre expliquant que celui-ci
4. Voir notre édition : Panég., Tit. et 1. 730.
5. De them., éd. Pertusi, p. 66, 1. 85-88 ; Synax CP, col. 401-402, 1. 53-55 ; col. 404,
1. 59-405, 1. 42 ; col. 422, 1. 21-26 ; Syméon Magister, Bonn, p. 755. La mention de la
translation de Grégoire dans le De them, fournit une indication intéressante pour la date de
rédaction du livre I de ce traité, ou s'il s'agit, comme il est bien possible, d'une interpolat
ion,
pour la date de l'archétype du traité ; voir A. Ahrweiler, Sur la date du De
Thematibus de Constantin VII Porphyrogénète, TM 8, 1981, p. 1-5, qui propose de dater
la translation d'après 956 (date qui, selon nous, ne peut être retenue), et le De them, de la
fin du règne de Constantin.
6. 1. SevCenko, La biographie de l'empereur Basile Ier, dans La civilta bizantina dal IX
all'Xl secolo, aspetti e problemi, [Università degli studi di Bari. Centro di Studi Bizantini.
Corsi di Studi II, 1977], Bari 1978, p. 91-127
7. 1. Sakkélion, Κωνταντίνου Ζ' Πορφυρογέννητου επιστολή προς Γρηγόριον τον
της Θεολογίας Έπώνυμον, Λελτίον της Ίτορικης 'Εταιρείας της 'Ελλάδος 2,
1885, ρ. 261-265 (et planche après la p. 384).

LE PANÉGYRIQUE DE CONSTANTIN VII PORPHYROGÉNÈTE

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avait écrit pour le compte de l'empereur (ώς εκ του βασιλέως
Κωνσταντίνου του Πορφυρογέννητου σχεδιασθείσα) a conduit
J. Darrouzès et L.G. Westerink, en 1978, à revenir avec raison sur l'attr
ibution retenue par Sakkélion, qui paraissait pourtant solidement établie8.
Il existe, autour de Constantin VII, tout un cercle de lettrés qui lui prê
tent à l'occasion leur plume, et c'est un fait dont il faut tenir compte. Le
panégyrique en l'honneur de Grégoire a-t-il été écrit par l'empereur luimême, ou par un nègre ? I. Sevcenko a bien rappelé que la formation
rhétorique de Constantin avait laissé à désirer : lui-même s'en plaint et,
chose plus remarquable, son correspondant et ami Théodore de Cyzique
lui donne raison9. Le panégyrique BHG 728, malgré des lourdeurs, des
faiblesses, une langue parfois incorrecte, est cependant une assez belle
œuvre, qui suppose un auteur habile et savant. Constantin était-il en
mesure d'écrire de telles pages ? Nous n'avons pas trouvé comment
répondre à cette question. La comparaison du panégyrique en l'honneur
de Grégoire avec le discours de Daphnopatès pour la translation de la
main du Baptiste BHG 845 montre des points de contact, mais qui n'ex
cèdent
pas ce qu'on peut attendre dans un tel cas, où deux auteurs
contemporains traitent de sujets voisins10. Dans l'ensemble, le style de
Daphnopatès est plus limpide que celui de l'auteur du panégyrique.
Mais, bien que nous croyions souvent discerner dans l'éloge de Grégoire
la présence de Constantin, et qu'il n'y ait rien, dans ce texte, qui excède
la culture qu'il avait acquise11, nous ne saurions exclure que l'empereur,
pour rédiger son œuvre, se soit fait au moins assister.
Un autre obstacle doit être levé. Le texte que nous éditons est transmis
sous deux formes, l'une plus brève, attestée par le Taurinensis, l'autre
plus longue, dans le Mosquensis. Il peut paraître risqué de prendre appui
sur la prière finale du Mosquensis pour attribuer l'œuvre à Constantin
Porphyrogénète avant d'avoir déterminé la relation qui existe entre les
deux états du texte.
Pour la plus grande partie du panégyrique (§§1-32, 34-37), les manusc
ritsde Turin et de Moscou concordent et ne divergent, comme il est
8. Voir J. Darrouzès, L. G. Westerink, Théodore Daphnopatès. Correspondance, [Le
Monde Byzantin], Paris 1978, p. 18.
9. Voir I. SevCenko, Re-reading Constantine Porphyrogenitus, dans J. Shepard, S.
Franklin (éd.), Byzantine Diplomacy. Papers from the twenty-fourth Spring Symposium
of Byzantine Studies, Cambridge, March 1990, (Variorum), Aldershot 1992, p. 178-179 ;
pour la lettre de Constantin VII à Théodore de Cyzique et la réponse de celui-ci, voir
J. Darrouzès, Épistoliers byzantins du Xe siècle, [Archives de l'Orient chrétien 6], Paris
1960, p. 323-325.
10. Théodore Daphnopatès, Discours sur la translation de la main de saint JeanBaptiste {BHG 849), éd. Latysev, Dve reci..., Pravoslavnyj Palestinskij Sbornik, 59,
1910, p. 15-38. Nous avons noté les parallèles que nous avons cru remarquer dans
notre apparat des sources : voir Panég., §§18, 19, 21, 26, 27, 46. Il ne faut pas exclure
la possibilité que Daphnopatès se soit inspiré du panégyrique composé par Constant
in
VII.
11. Sur la culture de Constantin, voir SevCenko, Re-reading Constantine
Porphyrogenitus (cf. n. 9), p. 168-178.

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BERNARD FLUSIN

normal pour les deux témoins d'un même texte, que sur des points de
détail. C'est à partir du §37 qu'ils se séparent, le discours, dans le
Taurinensis, s'achevant rapidement, tandis qu'il se prolonge assez long
temps (§§38-46) dans le Mosquensis. Cette divergence finale est précé
dée
d'une autre variation notable : une dizaine de lignes du Mosquensis,
correspondant au paragraphe 33 de notre édition, n'ont pas de correspon
dant
dans le Taurinensis. L'analyse de cette différence nous paraît de
nature à éclairer le rapport entre les deux états du texte.
Dans la version longue du panégyrique, le paragraphe 33 occupe une
place particulière. Il est suivi immédiatement en effet d'une phrase de
transition : «Ainsi donc, ce qui fut accompli lors de l'actuel retour par
ceux qui aiment le plus ardemment la foi et le plus sincèrement cet
homme, ou comment tout le peuple, partout répandu, participa au carac
tèreauguste de la fête, c'est là ce qu'il est impossible de passer sous
silence même à qui le voudrait, et qu'il est si difficile de chanter comme
il le faudrait» 12. Nous sommes à la fin de la partie narrative du discours,
celle où est longuement décrite Γάνακομιδή des reliques de Grégoire.
Le récit de la translation et des cérémonies qui l'entourent est écrit au
passé. Au paragraphe 32 encore, c'est au passé que l'auteur relate les
derniers actes du transfert : «Quand ils eurent approché des portes de
l'église et qu'ils furent entrés dans ce deuxième ciel ..., quand ils eurent
déposé cette sainte châsse avec de semblables honneurs à l'intérieur du
saint chœur, pour lui-même..., il a trouvé le repos» 13. Puis l'auteur passe
au présent, présent que l'on peut croire intemporel («pour lui-même ... il
leur verse à grande profusion la grâce de l'Esprit» 14). Mais dans le para
graphe
33, les marques temporelles se font plus insistantes ; non seul
ement le temps employé est, avec constance, le présent, mais le passage
est scandé par l'anaphore de l'adverbe de temps νυν. De plus, le lieu luimême est indiqué comme présent : la châsse est «la châsse qu'on voit
ici», της βλεττομένης ταύτης σοροϋ15.
L'authenticité du passage n'est guère douteuse. Dans l'économie
générale du texte, il a deux fonctions : d'une part il fait écho à Yekphrasis des Saints- Apôtres qui vient en tête de l'ouvrage, la vision du Christ
dans la coupole renvoyant à la mention de cette même image dans Yekphrasis 16, d'autre part, au terme du long récit de la translation, ce pas
sage au présent fait figure d'aboutissement. Le temps de l'événement
rejoint celui du discours. La châsse entre au sanctuaire, l'orateur parle.
Il nous semble donc très probable que ce passage a été, non pas ajouté
dans la version longue (M), mais retranché dans la version courte (T). La
raison de cette intervention, outre la volonté d'abréger, nous paraît être à
12. Panég., 1. 495-499.
13. Ibid., 1. 472-476.
14. Ibid., 1. 475-480.
15. Ibid., 1. 490. La référence à la châsse qu'on voit est intéressante, puisque cette
châsse sera par la suite cachée dans le tombeau du saint.
16. Ibid., 1. 491 et 108-9.

LE PANÉGYRIQUE DE CONSTANTIN VII PORPHYROGÉNÈTE

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chercher dans les marques d'actualité dont ces lignes sont saturées.
L'abréviateur, en les supprimant, allège le texte de références trop pres
santes à des circonstances qui appartiennent désormais au passé. C'est la
même évolution que nous proposons de voir pour l'invocation finale
(§§44-46). Cette adresse et cette prière, si personnelles, ne se conçoivent
guère que dans la bouche même de l'empereur. La fin du Taurinensis,
plus discrète, se trouve dégagée des circonstances précises du jour même
du retour des reliques de Grégoire. Des deux états du texte, celui que
porte le Mosquensis nous paraît donc correspondre au discours que l'em
pereur
Constantin a prononcé le jour de l'événement qu'il relate. Le
texte du Taurinensis, abrégé, allégé de ce qui le relie à un moment parti
culier, a été adapté pour être lu ensuite.
L'abréviateur, comme nous avons eu l'occasion de le suggérer17, ne
nous paraît pas être différent de l'auteur du panégyrique. Les para
graphes
propres au texte du Taurinensis (§§38T et 39T de notre édition)
sont en effet écrits de la même plume et de la même encre que le reste du
texte. C'est ce qui ressort des échos qu'on y relève de deux discours de
Grégoire dont nous verrons plus loin qu'ils ont servi de modèles à l'au
teur du panégyrique : les Orationes 42 (Supremum vale) et 43 (Oratio
funebris Basilii Caesariensis). Par ailleurs, nous pensons reconnaître
dans certaines expressions de la péroraison l'écho d'un autre modèle uti
lisé par l'auteur, le discours de Léon VI le Sage sur la translation du
corps de Jean Chrysostome18.
Le remanieur, qui est selon nous identique à l'auteur, est intervenu
dans le texte — son texte — avec discrétion. La suppression du para
graphe
33, que nous avons analysée, est rendue possible par le fait que le
paragraphe 34 lui aussi se réfère au terme de la cérémonie et à cet instant
présent où Grégoire est revenu près de son troupeau19. Quant à la réfec
tionde la fin, elle se caractérise par la suppression énergique d'une partie
purement encomiastique et autonome, consacrée d'abord aux œuvres de
Grégoire, puis à la fête20, ensuite par la présence plus discrète de l'auteur
dans les dernières lignes. Mais il faut remarquer que les passages à la
première personne, dans la fin du Taurinensis, peuvent parfaitement
prendre place dans la bouche de l'empereur Constantin VII et ne pren
nent même pleinement leur sens qu'à cette condition21.
Nous proposons donc de voir dans le texte de Τ une réfection exécutée
par l'auteur même du panégyrique, peu après la première rédaction, pour
adapter le discours à l'usage liturgique qui sera désormais le sien lors de
la fête anniversaire de la translation. Quant au texte de M, selon nous
primitif, il se présente ainsi que nous l'avons dit comme celui qui fut
17.
18.
39T.
19.
20.
21.

Flusin, L'empereur et le Théologien (voir note 2), p. 146.
Léon VI, Transi, p. 487-497. Voir l'apparat des sources de notre édition, §§38T et
Panég., 1. 500-3.
Ibid., §§38-43.
Ibid., §38T, 1. 733-6 ; 744 ; 746.

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prononcé le jour même du retour des reliques. Sans doute le début du
discours est-il de ce point de vue ambigu : il y est question de la cérémon
ie
présente comme de l'une des fêtes annuelles du Théologien22, et
cette façon de s'exprimer semble mieux appropriée à une fête annivers
aire
qu'au jour même du retour. Certains marqueurs temporels, comme
ceux qu'on rencontre dans les paragraphes 10-13, sont trop peu nets pour
que nous en tirions argument : le maintenant, l'aujourd'hui dont il est
question, et qui voit le retour du Théologien, peut être en effet le présent
répétitif de la commémoration plutôt que celui, unique, de l'instant sin
gulier.
Mais il n'en est pas de même pour les paragraphes 33 et 34. Au
terme d'une séquence narrative, l'emploi du présent et des adverbes de
temps qui l'accompagnent marquent l'instant où, la dépouille de
Grégoire venant de pénétrer dans le sanctuaire, l'orateur parle. Nous
sommes au jour même du «présent retour» : έν ττ) παρούση άνακομιδη,
dit le texte23. C'est ce jour-là que Constantin Porphyrogénète, aux
Saints- Apôtres, sous la coupole ornée de l'image du Christ, non loin de
la barrière de chancel et de la châsse qu'on peut voir encore 24, prononce
son discours.
Peut-on dater ce jour? Le texte, de ce point de vue, ne comporte
qu'une indication assez vague : nous sommes «en hiver, alors que tomb
ait la neige» 25. Mais le Synaxaire de Constantinople enregistre la trans
lation du corps du Théologien et il est naturel de penser que la commém
oration de cet événement se fait à date anniversaire.
La déposition des reliques de Grégoire est mentionnée en deux
endroits par les Synaxaires. Le 25 janvier, jour où l'on commémore la
mort
du
saint,
certaines
notices
rappellent
que
Constantin
Porphyrogénète fit revenir le corps de Cappadoce à Constantinople :
Μετετέθη δε το αγιον αύτοϋ λείψανον εκ Καππαδοκίας επί την
Κωνσταντινούπολιν παρά Κωσταντίνου του φιλοχρίστου βασιλέως
τοϋ πορφυρογέννητου, και κατετέθη έν τω ναω των άγιων και
πανευφήμων αποστόλων, ένθα και ή σύναξις αύτοϋ επιτελείται26.
Mais la synaxe dont il est question n'est pas la fête célébrant cette trans
lation. Celle-ci est à fixer au 19 janvier d'après le témoignage des deux
classes Β et M du Synaxaire : Ή άνακομιδή των λειψάνων τοϋ αγίου
Γρηγορίου του Θεολόγου, δν άνεκόμισεν Κωνσταντίνος ό
Πορφυρογέννητος (Ba) ; eH εις τον ναον των αγίων αποστόλων
άνακομιδη του έν άγίοις πατρός ημών Γρηγορίου του Θεολόγου
(M) 27. La nouvelle commémoration, au 19 janvier, le lendemain de la
22. Ibid., 1. 2-3.
23. Ibid., 1. 495.
24. Ibid., 154-5 (l'église et le chancel) ; 490 (la châsse).
25. Ibid., 1. 441-2.
26. Synax. CP, col. 422, 1. 21-26. Le manuscrit H précise, dans une addition, que le
corps fut ramené d'Arianze : ibid., 1. 46-48.
27. Synax. CP, col. 401-402, 1. 53-55 ; col. 404, 1. 59-405, 1. 42.

LE PANÉGYRIQUE DE CONSTANTIN VII PORPHYROGÉNÈTE

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fête des saints Athanase et Cyrille d'Alexandrie, venait ainsi prendre
place en tête d'une série intéressante. Le Synaxaire de Constantinople
enregistre en effet les cérémonies suivantes28 :
- 19 janvier : translation du corps de s. Grégoire ;
- 22 janvier : aux Saints- Apôtres, martyre de s. Timothée apôtre, avec proces
sion
depuis la Grande Église ;
- 25 janvier : aux Saints-Apôtres, s. Grégoire, avec procession depuis la
Grande Eglise ;
- 27 janvier : aux Saints- Apôtres, translation du corps de s. Jean Chrysostome,
avec procession depuis la Grande Église.
Comme on le voit, le choix de la date de Γ άνακομιδή de Grégoire
n'est pas sans habileté. Il institue une sorte d'octave où la mémoire de
Grégoire, célébrée deux fois — c'est pourquoi l'orateur insiste pour bien
marquer que la fête du 19 janvier est plus importante que celle du 2529
— , se trouve associée à celle de l'apôtre Timothée et de Jean
Chrysostome au cours de festivités centrées sur les Saints-Apôtres, église
chère au cœur de Constantin VII 30.
Peut-on préciser l'année où l'empereur fit procéder à la translation ?
L'auteur lui-même, bien placé pour être informé, présente la décision
qu'il a prise comme contemporaine du début de son règne31. Il faut cer
tainement
entendre par là le début du règne personnel de Constantin VII.
Celui-ci se débarrasse de son beau-père Romain Ier le 16 décembre 944
et de ses beaux-frères Etienne et Constantin le 27 janvier 945. Cette der
nière date est remarquable. D'une part, elle interdit de placer dès 945 le
retour de la relique de Grégoire. D'autre part, elle montre la relation qui
s'établit entre l'actualité politique et les fêtes des saints. Constantin VII,
nous dit Liutprand, avait été averti d'un attentat préparé par ses beauxfrères et avait réussi, trois jours après cet avertissement, à faire arrêter les
fils de Romain Lécapène au cours d'un banquet32. Il nous paraît clair
que le Porphyrogénète a attribué à la protection des saints fêtés dans ces
journées pour lui mouvementées — saints pour lesquels il avait déjà une
28. Synax. CP, col. 401-425 ; J. Mateos, Le Typikon de la Grande Église. Tome I. Le
cycle des douze mois, [OCA 165], Rome 1962, p. 202-212 (pour les trois dernières fêtes
seulement).
29. Panég., §9.
30. On sait que c'est à la demande de Constantin VII que Constantin le Rhodien a
entrepris sa description des Saints-Apôtres: Constantin le Rhodien, vv. 425-431
(Description des œuvres d'art et de l'église des saints Apôtres de Constantinople. Poème
en vers iambiques par Constantin le Rhodien, publié d'après le manuscrit du Mont-Athos
par É. Legrand et suivi d'un commentaire archéologique par Th. Reinach, Paris, 1896, p.
18).
31. Panég., 1.246-8.
32. Liutprand, Antapodosis, V, 22 (éd. P. Chiesa, Liudprandi Cremonensis Opera
omnia, [Corpus Christianorum. Continuatio Mediaevalis, 156], Turnhout 1998, p. 136137). D'après Liutprand, Diavolinos, qui, trouvant l'empereur plongé dans ses livres, le
prévient de l'attentat préparé par ses beaux-frères, aurait dit: Cenatum te post triduum
Constantinus et Stephanus invitabunt (ibid., p. 136, 1. 465-466).

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BERNARD FLUSIN

dévotion personnelle marquée 33 — la défaite de ses rivaux et sa propre
accession au pouvoir suprême. Plusieurs passages du panégyrique qu'il
prononce prennent alors un relief particulier. Ainsi, les quelques lignes
où Constantin se glorifie d'avoir dépassé les autres empereurs par la
piété nous paraissent susceptibles d'une double lecture34. L'expression
que nous trouvons au §45, où l'auteur déclare que c'est grâce aux prières
de Grégoire qu'il est assis sur le trône de ses pères 35, prend un sens préc
is. Accessoirement, la mention qui est faite dans la deuxième version du
discours des «ardents protecteurs» de l'empereur que sont les apôtres,
celle aussi, chaleureuse, de Jean Chrysostome, s'éclairent aussi 36. La
fête qu'institue le Porphyrogénète, enfin «parvenu à la parfaite mesure
de la stature du Christ» 37, célèbre l'anniversaire de son autokratoria3* .
Nous proposons donc de dater du lundi 19 janvier 946 la déposition
du corps de Grégoire le Théologien dans le chœur des Saints- Apôtres.
C'est ce jour-là aussi que Constantin VII prononce l'éloge dont le
manuscrit de Moscou nous conserve le texte.
II. Le texte
Le discours que prononce l'empereur Constantin est un panégyrique
savant. Sa prose rythmée où chaque kôlon, ou presque, s'achève par une
clausule soignée, la diversité du vocabulaire, la variété des styles mérite
raient d'être étudiées. Nous nous limiterons ici à quelques remarques sur
le plan et la composition du texte, avant d'examiner les modèles dont
l'auteur s'est inspiré pour élaborer son œuvre et en construire le sens.

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33. Il nous dit qu'il a étudié depuis l'enfance les œuvres de Grégoire (Panég., 1. 698-9)
et Basile le Petit lui dédie un commentaire des Orationes (PG 36, 1073-1076) ;
Théophane continué (Bonn, p. 457, 1. 18-22) rappelle son amour pour Jean Chrysostome,
en l'honneur duquel il a sans doute composé un panégyrique (Constantin Porphyrogénète,
Discours sur la translation des reliques de saint Jean Chrysostome BHG 878d, éd.
Dyobouniotès, EEThS 1, 1926, p. 306-319 : sur l'attribution de cette œuvre, voir ci-des
sous) ; quant à sa dévotion pour les apôtres, elle est attestée par Constantin le Rhodien, v.
429, éd. Legrand, p. 18 : φιλεΐ γαρ αυτούς καΐ ποθεί ξενοτρόπως | ώς οντάς αύτοϋ
προστάτας σωτηρίους κόσμου τε παντός ασφαλείς ποδηγέτας.
34. Panég., 1. 700-3.
35. Ibid., 1. 704-705.
36. Ibid., §38T, 1. 744, 746.
37. Ibid., 1. 699-700. Cette expression, que Constantin reprend de saint Paul (Éph. 4,
13), nous paraît désigner le moment où Constantin parvient en pleine possession du pou
voir impérial et des charismes qui l'accompagnent ; on retrouvera la même référence à
saint Paul, avec le même sens, dans la lettre que Théodore de Cyzique adresse à
Constantin, et où il exprime son espoir que celui-ci ne tardera pas à entrer en possession
de son héritage : J. Darrouzès, Épistoliers byzantins, p. 319, 1. 6-14.
38. On trouve dans le Livre des cérémonies, I, 71-72, éd. Vogt, t. 2, p. 88-93, deux
chapitres consacrés à l'anniversaire de l'accession d'un empereur au pouvoir suprême. Je
remercie M. G. Dagron, à qui je dois cette référence.

LE PANÉGYRIQUE DE CONSTANTIN VII PORPH YROGÉNÈTE

13

Plan du discours
A. Prooimion (§§1-6)
a. Occasion de la fête : le retour de Grégoire (§1).
b. Grégoire est au-dessus de tout éloge ; insuffisance de l'orateur, qui, cepend
ant,ne se dérobera pas ; eminente sainteté de Grégoire ; appel à la colla
boration
de l'assistance (§§2-6).
B. L'occasion de la fête (§§7-13)
a. L'église des Saints- Apôtres accueille Grégoire (§ 7).
b. Digression : ekphrasis des Saints-Apôtres (§§ 7-8).
c. Reprise du sujet (§§ 9-13) : le retour de Grégoire est plus digne d'être célé
bréque sa mort.
C. Narration : Vie et mort de Grégoire ; translation de ses reliques (§§14-33)
a. Retour en arrière : Vie et mort de Grégoire ; sa sépulture (§§14-18).
- Vie abrégée de Grégoire (§§14-16).
- Retour au sujet principal : mort de Grégoire (§17).
-Le corps de Grégoire reste en Cappadoce, dans l'attente de temps
meilleurs (§§17-18).
b. L'empereur Constantin fait revenir le corps du Théologien : (§§19-22).
- Décision de l'empereur et envoi de l'escorte (§§19-20).
- Lettre de l'empereur au Théologien (§21).
- Miracle : le corps du Théologien se laisse reconnaître (§22).
c. La translation (§§ 23-34).
- De la Cappadoce à Constantinople : cortège, puis adventus, auquel parti
cipe l'empereur (§§23-25).
- Traversée du Bosphore (§26).
- Au palais (§27).
- Transfert du palais aux Saints-Apôtres (§28-30).
- Arrivée aux Saints- Apôtres ; pourquoi cette église (§31).
- La châsse entre dans le sanctuaire (§32).
- Grégoire est avec les apôtres et regarde le Christ qui bénit l'église (§33).
D. Éloge de Grégoire et de la fête (§§34-43)
a. Éloge de Grégoire (§§34-39).
- Conclusion sur la partie précédente ; Grégoire, revenu près de son trou
peau, jouit du fruit de ses peines et surveille ses ouailles (§34).
- Grégoire, plus que personne, a mérité les révélations de la Trinité et
obtenu de s'en faire l'interprète (§35).
- Éloge des œuvres de Grégoire (§36-39).
b. Éloge de la fête ; ses types (§§40-43).
c. Grégoire, toujours vivant, nous regarde et protège son troupeau (§43).
E. Péroraison : dédicace du discours, institution de la fête, prière finale
(§§44-46)
a. Offrande du discours : §44.
b. Institution de la fête ; Grégoire «promu» protecteur de l'Empire (§45).
c. Prière personnelle (§45).
d. Invocation à Grégoire pour tous les participants à la fête, et doxologie
(§46).

14

BERNARD FLUSIN

Composition
Comme on le voit, la dispositio du discours, dont l'auteur prend soin
de souligner les articulations principales, est soignée. Plus discrètement,
le panégyrique est organisé aussi par une série de thèmes développés ou
repris tout au long de l'œuvre, à laquelle ils confèrent sa cohérence. Le
long et lourd prologue, écrit dans un style sublime qui tend vers l'obscur
ité,
définissant le sens de la fête selon une formule du reste empruntée à
Grégoire lui-même, fixe en même temps la tâche de Γ orateur et le but du
discours : «l'essentiel d'une fête, c'est de faire mémoire de Dieu, ... puis
d'exalter le caractère auguste de la célébration» 39.
L'importance de la fête, en effet, est annoncée d'entrée, et son occa
sion ne tarde pas à être précisée : il s'agit, après ses victoires sur les héré
tiques,
du retour triomphal de Grégoire «chez les siens dans la foi» 40. Le
corps du prologue est constitué en fait par l'éloge du saint, amorcé dès la
première phrase, repris ensuite avec l'annonce d'une thèse : la sainteté de
Grégoire, «réceptacle parfaitement déiforme de tous les mystères cachés
de la théologie» 41, transfiguré par la lumière trinitaire, devenu lui-même
«lumière seconde» 42, est eminente. Éloge de la fête et éloge de Grégoire
se confondent, puisque celui-ci est «cause» de la fête et qu'il en est le
«meneur»43. Soulignant la grandeur du sujet, l'orateur développe le
topos de sa propre indignité. Seules l'indulgence et l'aide du saint ren
dent possible sa tâche, pour laquelle il demande la collaboration des
auditeurs, recourant à cette occasion à une référence biblique 44 qui sou
ligne le caractère sacré du discours qu'il prononce.
Le mouvement général est annoncé par une image : «allons, ... avan
çons-nous
désormais comme vers quelque sanctuaire que la lumière
divine illumine» 45. Le discours, se dirigeant vers l'habitacle de la Trinité
qu'est Grégoire, se joint ainsi au cortège qui se rend vers les SaintsApôtres. Panégyrie et panégyrique ne font qu'un comme le montre l'i
ntéressante
formule sur laquelle s'achève le prologue : «Allons donc, il
nous faut cependant ... nous attacher à notre propos maintenant que nous
avons donné à cette fête un bel et suffisant exorde» 46.
Le début du développement ne va pas sans quelque surprise. Si le
thème — l'occasion de la fête — était attendu, son traitement l'est
moins. L'accent se déplace en effet pour passer de celui qui est accueilli
à celle qui accueille, «l'église», dont le nom est repris, volontairement,
jusqu'à satiété. La fête de Grégoire est aussi celle des Saints-Apôtres où
39. Panég., 1. 3-6 ; cf. Grég. Naz., Or. 39, PG 36, 345B14.
40. Panég., 1. 18-9.
41. Ibid., 1.56-8.
42. Ibid., 1. 65.
43. Ibid., 1. 4, 18.
44. Ibid., 1. 72-6 (le modèle de la parole prophétique n'est cependant évoqué que de
façon négative).
45. Ibid., 1.50-1.
46. Ibid., 1. 76-7.

LE PANÉGYRIQUE DE CONSTANTIN VII PORPH YROGÉNÈTE

15

s'achève le retour du saint et où parle l'orateur. Entre le Théologien et
l'église existent du reste des affinités, qu'on souligne : Grégoire est
«l'égal des apôtres» ; il est lui-même «temple vivant de la Trinité» 47. Le
lieu de la sépulture, choisi par l'empereur en personne, est ainsi justifié :
non seulement l'église des Saints- Apôtres mais plus spécialement son
«adyton» 48.
Uekphrasis qui suit est donc parfaitement en place. Présentée techn
iquement
comme une digression49, comme un «instant de plaisir» dont
on se détachera bientôt pour revenir au sujet, elle n'est pas cependant un
simple ornement. À l'éloge du saint se joint l'éloge de l'église, autre
paradis qui accueille le corps du Théologien, image de l'autre monde où
son âme est allée. Plus subtilement, la mention du Pantocrator dans la
grande coupole, point culminant de Yekphrasis, prépare l'image sur
laquelle l'orateur terminera son récit : Grégoire, parvenu dans le sanc
tuaire des Saints-Apôtres, regarde le Christ de la coupole, qui bénit
l'église et l'assemblée 50.
Achevant sa digression, l'auteur revient à son propos principal et,
dans une série d'anaphores, exalte la grandeur de la fête. Le passage
s'ouvre par une synkrisis : le retour de Grégoire est plus précieux que sa
mort. L'ensemble du passage (§§9-13) est l'occasion pour l'auteur de
décerner au saint une série de titres, qui souvent correspondent à des
thèmes développés par ailleurs : «bon pasteur» et «théologien», «champ
ionde la Trinité», «colonne très lumineuse de l'orthodoxie», «hié
rarque»,
et, au terme de la série, «grand prêtre assimilé à Dieu»51.
Simultanément, par touches successives, l'auteur donne une dimension
universelle et cosmique à la fête, dont il énumère les participants : «le
ciel» et ses habitants ; «les saints temples et les anges qui veillent sur
eux» ; les «enfants» du père qu'est Grégoire, les «amants de sa sagesse» ;
enfin, au terme d'un passage plus travaillé, où, par souci de variété, les
anaphores s'agrémentent d'antithèses, «les saints apôtres» 52.
Ce long mouvement oratoire, célébrant le retour du saint, conduit ainsi
déjà aux Saints-Apôtres. Le discours semble parvenu à son terme. Il faut
le «ramener en arrière» 53 pour construire une narration ordonnée.
S'ouvre alors en effet une longue diègèsis54 (§§14-33), dont les parties
sont bien distinguées. La vie de Grégoire, d'abord, est traitée brièvement
dans un style simple et clair, qui va s' accélérant, avec, pour finir, une

47. Ibid., 1. 78-9, 84.
48. Ibid., 1. 85.
49. Ibid., 1. 86, 115-6.
50. Ibid., \- 108-9,491.
51. Ibid.,1. 118, 131, 133, 145, 151.
52. Ibid., 1. 124-5, 142-4, 139, 153-4, 174.
53. Ibid., 1. 176.
54. C'est le terme dont se sert Léon VI pour désigner une partie semblable : Léon VI,
Transi., p. 489, 1. 1-2 ab imo.

16

BERNARD FLUSIN

prétérition où sont sèchement évoqués toute une série d'événements 55. Il
faut éviter le koros, l'ennui de l'auditeur qui a déjà eu lecture de la Vie.
Le discours, retournant à son véritable propos (της υποθέσεως56),
reprend ensuite un rythme plus ample pour raconter solennellement la
mort du saint et s'arrête un instant pour évoquer le corps reposant sur «le
sol des Cappadociens» 57. Commence alors, théâtralement, la seconde
partie de la narration, consacrée au retour de la sainte dépouille. C'est à
cette occasion qu'entre en scène l'autre grand personnage de l'action :
l'empereur, désigné par une longue périphrase58. Les diverses étapes du
retour, bien distinguées, depuis la décision impériale jusqu'à l'arrivée à
Constantinople, sont alors décrites — à l'avance sans doute, car il est
douteux qu'un tel discours ait pu être improvisé — dans un long passage
où est enclavée une lettre impériale et qui entrelace récits et
descriptions : ekphrasis du voyage de retour, du passage du Bosphore, du
cortège à Constantinople. Avant l'arrivée aux Saints- Apôtres (§32), la
narration est suspendue pour un passage d'allure très oratoire (§31) : il
s'agit, une fois encore, de justifier la décision prise par l'empereur de
déposer le corps de Grégoire aux Saints-Apôtres, dans le sanctuaire, en
symétrie avec la dépouille de Jean Chrysostome, et la longue série d'anaphores s'achève sur l'image des deux corps saints couvrant l'autel
comme les deux Chérubins l'avaient fait pour l'arche d'alliance. Au
terme de la narration, Grégoire est parvenu au lieu de son repos, sous la
grande coupole, et contemple l'image du Christ évoquée dans Y ekphras
is
initiale. Le récit est arrivé jusqu'à l'instant présent, jusqu'au «mainte
nant»du discours. Temps de renonciation et temps de l'énoncé se
confondent (§33).
Grégoire, jouissant désormais du fruit de ses peines, repose auprès de
son troupeau, qu'il surveille (§35). L'auteur entreprend un éloge du saint
(§35) et plus spécialement de ses œuvres (§36), qui culmine avec la des
cription
de l'effet produit par celles-ci sur leur lecteur et avec Γ enumerat
ion
des types vétérotestamentaires auxquels on les rapporte — théophanie du Sinaï ; feu et char de feu d'Élie ; mâchoire de Samson ; épée de
feu du Chérubin ; braise d'Isaïe — ou des réalités du Nouveau Testament
auxquelles on les compare : langues de feu de la Pentecôte, lys des
champs. L'éloge de Grégoire s'achève avec l'image — inspirée sans
doute par l'une des mosaïques de l'église59 — des peuples accourant
pour jouir de son enseignement comme ils l'avaient fait pour celui des
apôtres, mais de plus loin encore (§39).
Après les louanges de Grégoire vient l'éloge de la fête (§§40-42),
construit là aussi à l'aide d'une série de types de l'Ancien Testament : la
55. Panég., §16.
56. Ibid., 1. 216.
57. Ibid., 1. 238.
58. Ibid., 1. 246-8.
59. Nous savons en effet par que l'une des mosaïques des Saints- Apôtres représentait
une scène semblable : Léon VI, Transi., p. 496, 1. 8-10.

LE PANÉGYRIQUE DE CONSTANTIN VII PORPH YROGÉNÈTE

17

châsse contenant le corps du Théologien est une nouvelle arche de Noé,
une nouvelle corbeille de Moïse, une nouvelle arche d'alliance. Le dis
cours,
avec son ample structure symétrique, se referme. Grégoire, vivant
maintenant de la vraie vie, est désormais au ciel où il jouit de façon plus
pure des biens réservés aux justes, et d'où il «nous protège» et veille sur
le troupeau accru par ses travaux (§43).
Le panégyrique s'achève enfin par une longue adresse à Grégoire
(§§44-46). Tout comme le temps de l'événement s'était fondu avec celui
du discours, l'orateur et l'empereur, jusqu'à maintenant dédoublés, ne
font plus qu'un désormais et c'est en souverain que l'auteur, à la pre
mière
personne, offre au Théologien son œuvre, le «promeut» protecteur
de l'Empire, institue la fête, lui adresse une prière tout d'abord personn
elle,puis, plus largement, appelle sa protection sur les participants à la
fête.
III.- Un modèle rhétorique : le Théologien
Pour composer son panégyrique, Constantin a utilisé plusieurs
sources. Nous en avons identifié cinq : l'Écriture, bien sûr, mais aussi la
Vie de Grégoire par Grégoire le Prêtre, à laquelle il renvoie 60 ; la lettre
écrite par Daphnopatès au nom de l'empereur et adressée à Grégoire,
qu'il faut dater de 945 61 ; deux discours sur la translation du corps de
saint Jean Chrysostome62 ; les œuvres de Grégoire lui-même, dont nous
parlerons en premier.
Constantin VII, qui dit ou fait dire qu'il a médité les écrits du
Théologien63, s'en inspire en effet pour célébrer le saint. Il en dresse le
catalogue, cite quelques mots, fait une référence évidente au titre d'un de
ses discours 64. Mais les contacts entre le discours impérial et les œuvres
de Grégoire ne se limitent pas à cela. Les emprunts tacites et les réminis
cencessont massifs. Nous n'en avons découvert qu'une partie. Certains
discours n'ont été mis à contribution qu'occasionnellement. C'est le cas
peut-être de YOratio 7 (Oratio funebris in Caesarium fratrem65) ; mais
les expressions relevées se retrouvent ailleurs chez Grégoire ; de YOratio
15 (In Macchabaeorum laudem), qui peut avoir fourni la formule, à vrai
dire banale, du renvoi à la Vie qui vient d'être lue66 ; plus sûrement de
60. BHG 723 ; cf. Panég., 1. 179-80.
61. BHG 727 ; la lettre date de 945, ou des premiers jours de 946, ainsi que l'avaient
bien vu J. Darrouzès et L. G. Westerink, Théodore Daphnopatès. Correspondance, p.
18, parce qu'elle n'a de sens et de fonction que si elle a été rendue publique avant l'éloge
que nous éditons.
62. BHG 877h et 878d.
63. Panég., 1. 248-9, 698-9 ; Daphnopatès, ep.W, p. 143, 1. 24.
64. Panég., §36 (œuvres de Grégoire) ; 1. 156-7 (Grég. Naz., or. 26) ; 1. 221-2 (citation
explicite).
65. Panég., §4.
66. Ibid., §14.

18

BERNARD FLUSIN

Y Oratio 21 (In laudem magni Athanasiï) dont deux expressions curieu
sement insignifiantes ont été reprises 67 ; de Y Oratio 33 (Contra Arianos
et de seipso6S) ; 39 (In sancta Lumina69) ; de Y Oratio 45 (In sanctum
Pascha10). Mais Constantin, pour son panégyrique, s'est inspiré princ
ipalement
de deux discours bien précis : les Orationes 42 (Supremum
vale) et 43 (In laudem Basilii). Dans le relevé qui suit, nous ne reprenons
pas tous les parallèles que nous avons cru pouvoir noter et qui figurent
dans Γ apparatus fontium, mais seulement ceux qui établissent la dépen
dance de Constantin par rapport à ces deux discours, et qui permettent de
mieux observer sa technique.
BHG 728

Or. 42, Supremum vale (PG 36, col.
457-492)
1) §12. Νυν ό το μικρόν τοϋτο
η"
πάλαι ποίμνιον και βραχύ αύξήσας 460 A3 -5 : Τούτο τό ποίμνιον ν δτε
τε και πλατύνας
μικρόν τε και ατελές ήν
2) §13 Χθες της καλής μετοικίας
των ιερών άπωκίζετο αποστόλων,
και προς την φίλην αύτω έρημίαν
άπέτρεχε*
νυν
έπάνεισι
προς
αυτούς και ως της αθλήσεως
διδασκάλους και ως συμπανηγυρίσων αύτοΐς τελεώτερον εί και μη
πρότερον δια τον εκ των εναντίων
Σαταν τε και σκόλοπα.

489B13-C2: Χαίρετε απόστολοι, q
καλή μετοικία, οί έμοί διδάσκαλοι
της αθλήσεως, εί και μη πολλάκις
ύμΐν έπανηγύρισα, ίσως τόν του
υμετέρου Παύλου Σαταν περιφερών
εν τω σώματι προς τό συμφέρον, δι'
δ ν νυν υμών αποικίζομαι.

3) §34 και τους οφθαλμούς κύκλω
άρας όρα τόν έαυτου λαόν ου τών
τούτου λόγων έξεταστήν ως τό
άλλ'
έπι&υμητήν
πρότερον,
έν&εώτατον, ... μεμνημένους τών
λιθασμών,

472Α1-2 :
ΎΑρον
κύκλω
τους
οφθαλμούς σου, και Ί'δε, πας ό τών
έμών λόγων εξεταστής
492C5 : μέμνησθέ μου τών λιθασμών

4) §43 και καταρτίζει τούτου τό
ποίμνιον και κατασκευάζει Κυρίω
λαόν
περιούσιον,
δνπερ
άπό
σταγόνος ποταμόν άπετέλεσεν, και
άπό
κόκκου
νάπυος
δένδρον
κατάκομον και πολύκαρπον, και
άπό
παραφυάδος
αμπελον
εύκληματοΰσαν και εις τα της
οικουμένης έπεκταν$εΐσαν δρια.

469Β4-6 : λαός περιούσιος άπό στα
γόνος
ποταμός δλος, άπό σπινθηρος λαμπάς ουράνιος, άπό κόκκου
νάπυος δένδρον, πτηνών άνάπαυμα
464C13-14 : και ή μικρά παραφυάς
εκείνη
άμπελος
εύκληματοΰσα
γίνεται

67.
68.
69.
70.

Ibid.,
Ibid.,
Ibid.,
Ibid.,

§§1 et 5.
§30.
§1.
§§1,33, 37,43-4

LE PANÉGYRIQUE DE CONSTANTIN VII PORPHYROGENETE

19

5) §46 Ί'δε τοις τών καθ' ημάς Ναζιραίων
χοροστασίας,
ψαλμωδιών
αρμονίας, στάσεις παννύγους,

489C7 :
Χαίρετε,
Ναζιραίων
χοροστασίαι, ψαλμωδιών άρμονίαι,
στάσεις
πάννυγοι,
παρθένων
σεμνότης

6) §46 ίστόρησον τον ναόν δν ε£
Ίε€ούς
'Ιερουσαλήμ πεποίηκας,
ποίμνην εκ μάνδρας και ηλιον εκ
θρυαλλίδος

489Β8-9 : δν Ίεβούς ... Ιερουσαλήμ
πεποιήκαμεν
460Α3-5 : Τοϋτο το ποίμνιον ή"ν
δτε μικρόν τε και ατελές η\> ... καΐ
ουδέ ποίμνιον, άλλα ποίμνης
Ίχνος μήτε μάνδρα περιεχόμενον
Or. 43, In laudem Basilii (PG 36, col.
493-606)

BHG 728
1) §14 Και επειδή τών της
Καισαρέων μετέσγε παιδευτηρίων,

512A7-9 : έπι τήν Καισαρέων πόλιν
επείγεται,
τών
τηδε
μεθέζων
παιδευτηρίων

2)
§14 £υνωρΐ(
όμότροπος
και
γνωριζόμενοι.

525Α14-15 : £υνωρΐ( ουκ ανώνυμος
και
οντες
παρ'
αύτοΐς
και
άκούοντες

ευσεβής
οντες

και
και

3) §17 έποθεΐτο δε τούτω ή προς
Χριστόν άνάλυσις και μετάθεσις,
και τό αύτου
παρ'
κατοπτεύειν
κηρυχθεϊσαν
τρανότερον
#είαν
τήν

604D-605A: Εί δέ μετασταίημεν,
δέξαιο κάκείθεν ήμας ταΐς σεαυτοΰ
σκηναΐς, ώς αν άλλήλοις συζώντες
και συνεποπτεύοντες τήν άγίαν και
Τριάδα και τών εν αίνίγμασι και μακαρίαν Τριάδα, καθαρώτερόν τε
σκιαΐς έμφάσεων τήν κατά πρόσω και τελεώτερον, η"ς νυν μετρίως
πον
άλήθειαν ένοπτρίζεσθαι,
δεδέγμεθα τάς έμφάσεις, ενταύθα
σταίημεν της εφέσεως,
4) §25 ταΰτα γαρ Μωσέως η"ν και
Ίησου του Ναυή και
παρ'τουου" έμοΰ
Χρίστου και θεού,
και
τούτοις τό τα τοιαύτα τερατουργεΐν

544Β 11-13 : ταΰτα γαρ Μωυσέως ?jv
κα\ Ήλιου και του έμοΰ θεοΰ παρ'
οδ κάκείνοις τό ταΰτα δύνασθαι.

5) §34 ταϋτά έστιν α και παρελθε'ιν
βουλου-ένω αδύνατον

557Β12-13 : και ουδέ
παρελθείν δυνατόν.

6) §36 les œuvres de Grégoire

585BC : les œuvres de Basile

7) §43 εποπτεύει υ,έν ημάς άνωθεν

604D1 : Συ
άνωθεν,

8) §44 Ταυτά σοι Γρηγόριε

604C9 : Ταΰτά σοι παρ' ημών, ώ
Βασίλειε

9) §38 Τ εν τοΰτο έσπουδακότων
και
u-όνον
ταΐς
τοιαύταις

493Α13-Β2: οΤς βίος έστι ν ό λόγος,
gy τοοτο έσπουδακόσι και ulovov.

δέ

ημάς

βουλουιένω

έποπτεύοις

20

BERNARD FLUSIN

ένευδοχιμεΐν ύποθέσεσι.

ταΐς τοιαύτας ένευδοκιμεΐν ύποθέσεσιν

10) §38Τ Δεΰτε οδν περιστάντες
έμοί

31) 604 Β1 : Δεΰρο δη περιστάντες
με

11) §39Τ Ταυτά σοι παρ' ημών, <5
θεία και ιερά κεφαλή,

604C9-D2 : Ταϋτά σοι παρ' ήμων, <3
Βασίλειε ... Συ δε ημάς έποπτεύοις
άνωθεν, <5 θεία και ιερά κεφαλή,

L'utilisation insistante par Constantin des discours 42 et 43 a plusieurs
fonctions. Les références à Vor. 42, Supremum vale, sont, de ce point de
vue, les plus riches. La translation du corps du Théologien de Cappadoce
à Constantinople est présentée en effet comme une revanche par rapport
aux événements qui, en 381, avaient conduit Grégoire à démissionner de
son siège et à quitter la capitale pour la province : et ce sont précisément
les adieux, assez amers, que le saint avait prononcés à cette occasion que
nous conserve le discours 42. Au départ humiliant «d'hier» s'oppose le
retour triomphal «aujourd'hui» (cf. 2) auprès d'un peuple maintenant
plein d'affection (cf. 3). L'autre thème emprunté au même discours est
celui du petit troupeau que Grégoire a accru (cf. 1, 4, 6).
Le discours 43, pour sa part, fait figure de source au sens propre, et
Grégoire lui emprunte, à travers Grégoire le Prêtre parfois 71, ce qu'il dit
de la vie du saint. Mais en même temps, l'éloge de Basile est un modèle
littéraire par rapport auquel Constantin construit son discours. De ce
point de vue, le parallèle entre ce que Grégoire dit des œuvres de Basile
et ce que Constantin dit de celles de Grégoire (cf. 6) est intéressant. Mais
on peut noter aussi que les emprunts ne sont pas tous aussi substantiels.
Ils aident parfois notre auteur — et il n'est bien sûr pas le seul, Grégoire
ayant influencé maint orateur sacré — à construire des passages pure
ment rhétoriques : simple formule (cf. 5) ; début de la dédicace (8 et 11) ;
appel à l'auditoire (10). Ces observations, jointes à celles que nous avons
faites pour d'autres discours, conduisent à supposer plusieurs types d'uti
lisation
par Constantin des œuvres du Théologien. Certainement, l'auteur
du panégyrique a relu plume à la main certaines des Orationes. Mais il
les connaît intimement, peut leur emprunter des thèmes et des expres
sionsqui montrent qu'il les a méditées, et aussi, sans doute, qu'il en a
appris des passages par cœur pour se former à la rhétorique : il a été,
comme il le dit lui-même, «nourri du lait» des discours de Grégoire, et il
71. La vie abrégée de Grégoire, aux §§14-16 du panégyrique, suit dans l'ensemble le
récit de Grégoire le Prêtre, et nous avons noté les lieux parallèles dans notre apparat des
sources ; mais les termes mêmes dont se sert Constantin VII sont le plus souvent repris
directement du Théologien. Le Synaxaire de Constantinople signale que ceux qui ont écrit
la vie du saint n'avaient pas d'autre source que ses œuvres : Synax. CP, 421, 30-422, 12.

LE PANÉGYRIQUE DE CONSTANTIN VII PORPHYROGÉNÈTE

21

n'est pas étonnant que l'archevêque de Césarée Basile le Petit ait pensé
lui être agréable en lui dédiant, comme cadeau de Noël, un commentaire
de ces discours 72.
IV. — Une symétrie :
Grégoire de Ναζιανζέ et Jean Chrysostome
Si les œuvres de Grégoire ont fourni à Constantin un modèle d'élo
quence,
l'empereur a construit aussi non seulement son panégyrique,
mais l'ensemble de la cérémonie qu'il a conçue en référence à la transla
tion
du corps de saint Jean Chrysostome. C'est ce qu'indiquent à la fois
les dates liturgiques, le lieu choisi pour la tombe de Grégoire, les rela
tions qu'on peut établir entre les textes enfin. Aussi, avant d'examiner
ceux-ci, nous intéresserons-nous tout d'abord à la déposition du saint
dans le chœur des Saints- Apôtres.
Un corps dans le saint des saints
Constantin VII, d'après ses propres dires, avait décidé lui-même du
lieu où l'on devait déposer le corps de Grégoire, dans «Vadyton» des
Saints- Apôtres 73. Il ne faisait là rien d'exceptionnel : Léon VI avait pro
cédé de même pour les reliques de Lazare et de Madeleine déposées dans
le sanctuaire du monastère qu'il venait de fonder74 ; surtout, aux SaintsApôtres eux-mêmes, le corps du Théologien, comme nous le verrons,
n'était pas seul. Cependant, on peut suivre tout au long du panégyrique
comme une ligne argumentative qui est destinée à expliquer pourquoi
l'empereur avait choisi précisément cet endroit et pourquoi il était légi
time de déposer des ossements dans le saint des saints. Elle se développe
en affirmant bien sûr la sainteté eminente de Grégoire, mais aussi, plus
spécifiquement, celle de son corps.
Grégoire est saint. C'est ce que souligne en particulier le paragraphe 4
de notre édition qui montre le Théologien et son âme illuminés par la
Trinité, inhabités et transformés par elle de sorte que Grégoire devient
«lumière seconde par sa participation à la lumière première». C'est dire
qu'il est l'égal des anges 75. Quant au corps, il est tout d'abord confondu
avec Grégoire lui-même et c'est à ce titre que Constantin justifie sa
72. Panég., 1. 698-9 ; des extraits du commentaire de Basile le Petit, avec l'épître dédicatoire, sont édités dans PG 36, 1073-1202 (pour Constantin lecteur de Grégoire, voir
col. 1077 A).
73. Ibid., 1. 264.
74. Voir R. Janin, La géographie ecclésiastique de l'empire byzantin. I, Le siège de
Constantinople et le patriarcat œcuménique. III, Les églises et les monastères, 2e éd.,
Paris 1969, p. 299.
75. Sur les anges comme secondes lumières nées de la première ou serviteurs de celleci, voir Grég. Naz, Or. 6, 12, PG 35, col. 737B ; Or. 38, PG 36, col. 320C10-1 1.

22

BERNARD FLUSIN

déposition dans le chœur des Saints- Apôtres : l'église «vient offrir au
saint des saints le trésor, bien digne de la sainteté, de la théologie» ; «elle
a enveloppé dans son adyton le temple vivant de la Trinité» 76. Entre la
sainteté du lieu et celle du Théologien s 'établit une harmonie.
Mais l'argumentation se fait plus précise. Les ossements que décou
vrent les envoyés impériaux sont extraordinaires : ils répandent une
odeur exquise, ont conservé leur agencement, présentent «un aspect mer
veilleux
et insolite» 77. Le corps du saint est «une dépouille sacrée» 78, et
c'est à lui sans doute que s'applique désormais l'expression «habitacle
de la Trinité»79. Constantin justifie ces propositions en montrant les
anges qui s'étonnent de voir «qu'un homme revêtu d'un corps ... avant
même la résurrection finale avait transformé en immortalité ce qui est
mortel, provoqué la transmutation de la poussière pour la rendre immatér
ielle,et fait participer à leur propre nature ce qui n'était que matière» 80.
Comme le montre la référence à saint Paul, le corps de Grégoire est déjà,
avant la résurrection, un corps glorieux. Il est «une dépouille
angélique» 81, participant à la nature des anges parce que Grégoire,
lumière seconde, est l'égal de ceux-ci. Il est très saint et très pur
(αγνότατου καΐ καθαρωτάτου), comme l'était l'arche d'alliance 82.
L'argumentation, qui s'est développée jusque-là en contrepoint, peut
maintenant paraître au premier plan. Dans le passage correspondant à
notre paragraphe 31, Constantin reprend les titres qui permettent à
Grégoire d'être déposé dans le sanctuaire des Saints-Apôtres : héraut de
la Trinité, il mérite de partager au ciel et sur terre la demeure des
apôtres ; successeur de Jean Chrysostome et son égal, il est digne d'être
enseveli près de lui ; «saintement forgé par l'Esprit», même mort, il ne
doit pas être exilé loin des lieux où il célébrait les mystères. Les deux
prêtres que sont Grégoire et Jean doivent être près du lieu du sacrifice.
Le climax du passage donne enfin le sens du monument que Constantin,
en choisissant le lieu de la déposition, a entendu construire : les deux
dépouilles, pleines d'une sainteté angélique, deviennent comme deux
Chérubins protégeant la table d'autel. Le sanctuaire des Saints- Apôtres,
où sont déposés symétriquement les corps de Jean et de Grégoire, se
trouve ainsi conçu sur le modèle de l'arche d'alliance.
Les deux sépultures
Comment se présentait concrètement le sanctuaire des Saints-Apôtres
après la déposition des reliques de Grégoire ?
76.
77.
78.
79.
80.
81.
82.

Panég., §6
Ibid., 1. 319-320.
Ibid., 1. 330.
Ibid., 1. 333.
Ibid., 1. 335-9.
Ibid., 1.344-5.
Ibid., 1. 405-6.

LE PANEGYRIQUE DE CONSTANTIN VII PORPHYROGÉNÈTE

23

Le Synaxaire de Constantinople, pour la saint Timothée, donne une
idée assez précise de l'autel. Justinien, nous dit-il, lorsqu'il reconstruisit
les Saints-Apôtres, fit recouvrir d'argent la sainte table, mais ne la
déplaça pas «à cause de la déposition des reliques» 83. Cette expression
est peu claire. Faut- il comprendre «à cause des reliques qu'il y fait dépos
er», mais cette solution paraît peu logique, ou plutôt «à cause des
reliques qui étaient déposées là» ? On sait qu'au cours des travaux, les
ouvriers de Justinien avaient découvert sous le dallage, sans qu'aucun
signe extérieur ne signale leur présence, trois coffres de bois renfermant,
d'après les inscriptions qu'ils portaient, les reliques des saints Timothée,
André et Luc 84. L'empereur les fit déposer dans la table d'autel. Mais il
y avait d'autres reliques près de la sainte table, celles de Jean
Chrysostome, et peut-être cette proximité tout autant que le lieu où
furent découverts les restes des apôtres imposa-t-elle de laisser l'autel à
sa place, ce qui, dit le synaxariste, entraîna pour conséquence que le
sanctuaire se trouva au milieu de l'église de Justinien. Des reliques du
Chrysostome, le Synaxaire nous apprend qu'elles furent déposées «sous
le sanctuaire des Saints- Apôtres» ou «sous l'autel des Saints- Apôtres» 85.
Certains textes prétendent qu'elles étaient dans une châsse d'argent86.
De la même façon, les reliques de Grégoire de Nazianze, déposées elles
aussi dans le chœur de la même église, étaient dans une châsse d'argent.
Mésaritès, à la fin du 12e siècle, nous a laissé des lieux une image assez
précise 87
κάν μεν τφ προς αρκτον τούτου μέρει ώς προς δυσμάς 'Ιωάννης ό
μέγας, ό χρυσούς και γλώτταν και νουν και χρυσού παντός
τιμιότερος, ό αληθινός άρχιεράρχης Κυρίου, ό τον πρωτοποίμενα
μιμησάμενος και την ψυχήν αύτου θείς υπέρ τών προβάτων αύτοΰ, το
μέγα θαύμα της οικουμένης, έπ 'εδάφους την του σκήνους αύτου
κατάθεσιν
ε'ιληχε,
μύρα
βλύζων
όσώραι
πάσαν
εύωδίαν
ύπεραλλόμενα, ώς εκ πηγής πολυχεύμονος του ίερου σώματος αύτου
αναβλύζοντα και τον εις τύπον αύτου μεμορφωμένον αργυρον και τω
83. "Υστερον δε το αγιον αύτοο μετεκομίσθη λείψανον έν Κωνσταντινουπόλει
καΐ κατετέθη μετά 'Ανδρέου και Λουκά ... ένδον της άγιας τραπέζης του ναοΰ τών
αγίων αποστόλων, ον Κωνστάντιος μεν άνήγειρεν ό βασιλεύς, 'Ιουστινιανός δε ύ
στερον
φιλοτιμοτέραν... ανοικοδομεί λαμπρώς και μετασκευάζει, καΐ κάλλος αύτω
και μέγεθος τό γε περών νυν και όρώμενον άποδίδωσι, πλην της μυστικής και
θείας τραπέζης. Ταύτης γαρ άπέσχετο μόνης καλώς εκείνος και όσίως ποιών δια
την τών ιερών λειψάνων κατάθεσιν Οιο καί κατά μέσον εις δεϋρο τον ναδν ϊδρυται.
'Εξ αργύρου οδν την τράπεζαν καθαρωτάτου κατακευάσας, έν αύτω φιλοχρίστως
τα τών αποστόλων Χρίστου άπεθησαύρισε σώματα (Synax. CP, col. 412).
84. Procope, De aed., I.iv, 19-21.
85. ήτις και ύπο γην κέκρυπται κάτωθεν της αγίας τραπέζης (Synax. CP, col.
427-428, 1. 35-36) ; κατετέθη ύπό το θυσιαστήριον τών αγίων αποστόλων (Synax. CP,
col. 426, 1. 28-30).
86. Cosmas Vestitor, Or. IVa in translatione Johannis Chrysostomi, éd. Dyobouniôtès,
p. 73 ; Léon VI, Transi., §4, éd. Halkin, p. 491.
87. Mésaritès, § xxxvm, 3-4, éd. G. Downey, Nikolaos Mesarites : Description of the
Church of the Holy Apostles at Constantinople, Transactions of the American
Philosophical Society. New Series —Volume 47, Part 6, 1957, p. 914-915.

24

BERNARD FLUSIN
του τάφου λίθω έπανακειμενον διατοροΰντα δυνάμει θειοτέρα τινι καΐ
μετά πλείστης όσης της ρύμης άναπιδύοντα κάκ κεφαλής μεν κάκ
χειρός, εστί δ'οτε κάκ γονάτων αρχόμενα κάπι τον πώγωνα και την
ώαν της αρχιερατικής στολής αύτου καταβαίνοντα σύμπαντα τεκατ'
τον
τάφον περιλιμνάζοντα...Ώς προς μεσημβρίαν δε και τούτου
αντικρύ Γρηγόριος ό της θεολογίας επώνυμος, το πυρ πνευσαν στόμα
καΐ πδσαν αιρεσιν καταφλέξαν, έν τετραγώνω έτερομήκει
περιγραφόμενος λάρνακι πυρρακιζούση την χρόαν, οτι και ό κείμενος
έν αύτη πυρράκης η"ν μετά κάλλους πνευματικού, τω πυρι μεν του
πνεύματος τόν νουν και την καρδίαν ές άει διαθερμαινόμενος, τώ δε
κάλλει των λόγων την γλώτταν κατακοσμούμενος. Αύτη δε ή ιερά
Χρίστου τράπεζα τα των εις σφαγην εαυτούς υπέρ αύτου δόντων
σώματα Λουκά και 'Ανδρέου και Τιμοθέου των αποστόλων δσα και
ασυλον θησαυρόν κατακρύπτει παρ' έαυτη, έξ αργύρου πασά
πεποιημένη καθαρού τε καΐ διειδους.
C'est-à-dire: «Et dans la partie nord [du carré entourant l'autel], vers
l'ouest, le grand Jean, d'or par la langue et par l'intellect et plus précieux
que tout l'or du monde, le vrai grand prêtre du Seigneur, celui qui, imitant le
premier pasteur, exposa sa vie pour ses brebis, la grande merveille du
monde habité, a obtenu que son corps fût déposé sur le sol. À toute heure, il
fait sourdre des huiles parfumées qui surpassent toutes les fragrances et qui,
s'écoulant de son corps comme d'une source aux flots abondants, traversant,
sous l'effet d'une force divine, l'argent modelé à son effigie qui recouvre la
pierre de son tombeau, jaillissant avec l'élan le plus violent de sa tête, de sa
main, parfois même de ses genoux, et descendant sur sa barbe et sur le bord
de la robe que porte ce grand prêtre (cf. Ps. 132, 2), forment un lac qui
entoure tout le tombeau... Au sud de celui-ci, lui faisant face, Grégoire, qui
porte le nom de la théologie, la bouche soufflant le feu qui incendie toutes
les hérésies, est inscrit dans un sarcophage rectangulaire à la couleur de feu,
car celui qui gît au-dessous était lui aussi de feu et doté d'une beauté spiri
tuelle, l'intellect et le cœur rendus ardents pour toujours par le feu de
l'Esprit, et la langue ornée des beautés de la rhétorique. Quant à la sainte
table du Christ elle-même, faite tout entière d'un argent pur et brillant, elle
cache en elle comme un inviolable trésor les corps de ceux qui se sont fait
tuer pour le Christ, les apôtres Luc, André et Timothée.»

La description de Mésaritès peut être retenue, à cette réserve près que
le corps de Jean Chrysostome n'est pas déposé sur le sol, mais plutôt,
comme le dit le synaxariste, au-dessous. La sépulture de Grégoire se
trouve disposée en face de celle de Jean par rapport à l'autel, au sudouest de celui-ci. La châsse d'argent dessinée peut-être par Constantin
n'est pas visible. Elle est dans la tombe. On voit que, si les deux tom
beaux
sont symétriques par rapport à l'autel, il existe aussi de grandes
différences. A la tombe paléo-chrétienne de Jean Chrysostome, couverte
d'une plaque d'argent à l'effigie du saint 88 et d'où jaillit un myron mira88. Ce dispositif est intéressant : s'agit-il d'un monument qui aurait traversé sans subir
de dommages la période iconoclaste, ou d'une restauration à situer après le rétablissement
de l'orthodoxie ?

LE PANÉGYRIQUE DE CONSTANTIN VII PORPHYROGÉNÈTE

25

culeux, s'oppose le sarcophage en marbre couleur de feu du Théologien,
pour lequel on ne signale aucun dispositif spécial pour le culte de la
relique.
Une autre œuvre de Constantin VII : BHG 878d
Le corps du Théologien se trouve ainsi, aux Saints-Apôtres, déposé en
face de celui de son troisième successeur. Le rapport étroit entre les deux
saints explique l'emploi qui est fait par Constantin VII de textes relatifs
au transfert du corps de Jean Chrysostome. Dans le riche dossier de ce
dernier, nous prendrons en considération deux pièces : la première, BHG
877h, publiée sans nom d'auteur par F. Halkin, doit être attribuée,
comme l'a bien montré P. Devos89, au propre père de Constantin VII,
Léon VI, et a pour modèle un panégyrique de Cosmas Vestitor 90 ; la
seconde, BHG 878d, a été éditée par K.I. Dyobouniôtès91 sous le nom de
Constantin Porphyrogénète, d'après un manuscrit de Paris, le Paris, gr.
137. Cette attribution, contestée par I. Sevcenko 92, n'est pas sans impor
tancepour notre propos et il convient d'en examiner le bien fondé.
Le discours BHG 877d, dans les deux manuscrits qui étaient connus
de l'éditeur, se présente avec un titre assez détaillé. Le voici tel qu'on
peut le lire dans l'édition Dyobouniôtès et dans le Barb. gr. V. 10 :
Κωνσταντίνου εν αύτω τω Χριστώ τώ αίωνίω βασιλεϊ βασιλέως,
υ ίου Λέοντος τοϋ σοφωτάτου και αειμνήστου βασιλέως [καΐ
αειμνήστου βασιλέως om. Barb.], λόγος ήνίκα το του σοφοΰ
Χρυσοστόμου
ιερόν και αγιον σκήνος έκ της ύπερορίας
άνακομισΦέν ώσπερ τις πολύολ&ος καΐ πολυέραστος ένετέθη
θησαυρός τη βασιλίδι ταύτη καΐ ύπερλάμπρω πόλεων. On peut comp
arer la forme du nom de l'auteur avec ce qu'on trouve en tête du Livre
des cérémonies : Κωνσταντίνου του φιλοχρίστου εν αύτω τω Χριστώ
τω αίωνίω βασιλεϊ βασιλέως, υ ίου Λέοντος τοϋ σοφωτάτου και
αειμνήστου βασιλέως σύνταγμα93. Les deux formules sont, comme
on le voit, assez parallèles. Il convient de chercher dans le texte même
s'il y a quelque indice qui confirme ou infirme l'attribution de la pièce.
Disons tout d'abord, négativement, que le style du panégyrique BHG
877d (Jean Chrysostome) nous a paru en général moins élevé que celui
de la Translatio BHG 728 (Grégoire). Mais cette constatation ne nous
paraît pas décisive : un même auteur, surtout s'il a auprès de lui des
conseillers, peut adopter, en divers moments de sa vie, divers styles.
89. F. Halkin, Douze récits byzantins sur Saint Jean Chrysostome, [Subsidia hagiographica 60], Bruxelles, 1977, p. 487-497 ; P. Devos, La Translation de S. Jean Chrysostome
BHG 877h : une œuvre de l'empereur Léon VI, An. Boll. 107, 1989, p. 5-29.
90. CPG 8145 ; voir Th. Antonopoulou, The Homilies of the Emperor Leo VI, Leyde,
New York, Cologne 1997, p. 136-138.
91. EEThS 1, 1926, p. 306-319
92. Voir SevCenko, Re-reading Constantine Porphyrogenitus (cf. n. 9), p. 187, n. 49.
93. De cer., éd. A. Vogt, 1. 1, Paris 1967, p. 1.

26

BERNARD FLUSIN

Dans le texte même, une expression laisse penser que la personne qui
prononce le panégyrique BHG 877d est considérable. C'est le passage
sur lequel Dyobouniôtès s'était du reste appuyé pour accepter l'attribu
tion
du discours au Porphyrogénète tel qu'il le trouvait dans les manusc
rits94: 'Οράτε otoç εγώ κοινωνών και του ζήλου καΐ της αγάπης
του θαυμάσιου τούτου καΐ αξιέπαινου πατρός. Par ailleurs, l'orateur
s'adresse en un endroit aux empereurs en des termes qui, s'ils peuvent
d'abord faire penser qu'il n'est pas lui-même empereur, s'expliquent
aussi bien s'il est lui-même membre du collège impérial : Δεΰτε δε
συμπληροΰτέ μοι την έπιτάφιον τούτω των ύμνων ωδήν... Οι
βασιλείς τον λαμπρύνοντα ... 95. On note aussi un certain sens de la
hiérarchie et du cérémonial chez l'auteur, qui distingue dignitaires et
commun du peuple, qui fait une place à part au Sénat et qui, dans la
prière finale, après avoir appelé les intercessions du saint sur les emper
eurs et les archevêques, mentionne les «sujets», ou encore qui, dans un
autre endroit, s'adresse au saint en utilisant un terme qui peut rappeler
certaines expressions du Livre des cérémonies : άρχιερεΰ θεοπρόβλητε96.
Plus que ces indices assez minces, ou plus que le fait que rien ne s'op
pose à l'attribution à Constantin VII, c'est la situation de BHG 878d
dans la constellation des textes relatifs à la translation du corps de Jean
Chrysostome qui nous paraît intéressante. Elle conduit en effet à dater du
10e siècle l'œuvre attribuée à Constantin, qui, rappelons-le, n'est connue
que par des manuscrits tardifs.
Il est certain que BHG 87 8d et le discours de Léon VI sur le même
sujet ne sont pas indépendants l'un de l'autre. C'est ce que montrent plu
sieurs
lieux parallèles. Voici l'un d'entre eux :
BHG 877h (Léon VI), §7, éd. Halkin, p. 495, 1. 11-17: 'Εντεύθεν έπι τους
'Αποστόλους του Λόγου ό ύποφήτης άπρει λαμπαδουχούμενος μεν...
όχήματι δε βασιλικω καθάπερ 'Ηλίας τω πυρίνω αρματι διφρευόμενος·
ει δε και Έλισσαΐος συνεποχοο.. τώ πατρί, ό περί ταϋτα πονών και
διακονούμενος μαθητής τώ διδασκάλω χάρις, τώ και προελομένω εις
μαθητείαν και άναδείξαντι του θρόνου κυρίως διάδοχον.
BHG 878d (Constantin VII), éd. Dyobouniôtès p. 315: Εΐθ' ούτως τη
βασιλική κελεύσει του αύτοκράτορος το ίερον εκείνο σκηνος βασιλείω
αρματι εύλαβώς αμα και αισίως επετέθη καθάπερ ήλιος τω πυρίνω
αρματι διφρευόμενος. Εί δε και Πρόκλος συνέποχος ηλ> τώ σοφώ
Χρυσοστόμω περί το αγιον αύτοΰ σκηνος πονών και διακόνων, χάρις
τω καλώ διδασκάλω τώ και προελομένω εις μαθητείαν και
άναδείξαντι και θρόνου και άρετης κύριον διάδοχον.

94. Const., loh. Chr., p. 317.
95. Ibid., p. 317 ; pour I. SevCenko, Re-reading Constantine Porphyrogenitus (cf. n. 9),
p. 173, ce passage fournit un argument contre l'attribution à Constantin.
96. Const., loh. Chr., p. 315, 1. 22 ; De cer., II, 52, éd. Vogt, t. Il, p. 28, 1. 27 (à propos
des empereurs).

LE PANÉGYRIQUE DE CONSTANTIN VII PORPHYROGÉNÈTE

27

Pour donner une meilleure image du dossier, nous reproduisons ici le même
passage dans un autre éloge édité par F. Halkin, BHG 878m, qui entretient
des rapports très étroits avec le discours de Léon VI :
BHG 878m, §11, éd. Halkin, p. 533, 1. 17-20: Εντεύθεν επί τους
αποστόλους του θεανθρώπου Λόγου ό της οικουμένης λαμπτήρ
διαυγέστατος άπήει λαμπροφορούμενος τώ τοΰ βασιλέως όχήματι, ώς
ό Θεσβίτης 'Ηλίας τώ πυρίνω διφρηλατούμενος άρματι.
Syméon, pour sa part, a simplement ceci :
BHG 877, §8, éd. Halkin, p. 485, 1. 1-3 ab imo : Είτα βασιλικω πάλιν ή σορός
έπιτεθείσα όχήματι,
και Πρόκλου
φημί
τοΰ
θείου
αύτη
συνεποχουμένου ...
BHG 878m, qui paraît dépendre du discours de Léon et ne pas
avoir
eu
d'influence
sur
l'œuvre
supposée
de
Constantin
Porphyrogénète, peut être laissé de côté. Nous voyons que les deux
autres pièces donnent deux textes très parallèles, au point qu'on peut se
servir d'une édition pour corriger l'autre : le char du Soleil de l'édition
Dyobouniôtès devient, avec plus de vraisemblance, le char d'Élie dans
l'autre texte ; inversement, Dyobouniôtès donne une solution pour
quelques lettres que F. Halkin n'avait pu lire (συνέποχος ?jv), ou pro
pose une ponctuation meilleure pour un passage qui avait arrêté le savant
Bollandiste (χάρις τώ καλώ διδασκάλω).
Pour preuve que BHG 87 8d (Constantin) et BHG 877 (Syméon) sont
liés l'un à l'autre, nous invoquerons un passage qui n'a de parallèle ni
dans l'œuvre de Léon VI ni dans BHG 878m, ces deux textes ne com
mençant
leur narration qu'après le départ en exil de Jean Chrysostome :
BHG 878d (Constantin), éd. Dyobouniôtès p. 307 : THv οτε καλώς είχε τω
λαώ Κυρίου τά πράγματα καΐ ταΐς έκκλησίαις Θεού το άστασίαστον
ένεπολιτεύετο και ή προς αλλήλους αγάπη ωσπερ τις κλήρος πατρώος
έτηρεϊτο και έφυλάττετο και τό Χρίστου γεώργιον έπληθύνετο και
πάντες εσπευδον έκζητεϊν τον θεόν και ταίς τρίβοις των θείων αύτοΰ
πορεύεσθαι εντολών, δταν ό μέγας οδτος της ορθοδοξίας κανών ...
BHG 877 (Syméon) éd. Halkin, §1, p. 475, 1. 5-9 : rHv οτε καλώς είχε τω λαώ
Κυρίου τά πράγματα και ταΐς έκκλησίαις έτηρεϊτο τό άστασίαστον
και δεσμοΐς αγάπης άλύτοις συνείχοντο και τά ημέτερα ήνθει και τό
Χρίστου γεώργιον έπληθύνετο, οτε δηλαδή ό μέγας οδτος της
ορθοδοξίας κανών ...
Quant à l'enchaînement des trois textes, il nous paraît pouvoir être
illustré par l'exemple suivant, emprunté à un épisode où, peu avant la
mort de Jean, les apôtres Pierre et Jean apparaissent au saint. Les mots
communs aux textes 1 et 2 ou aux textes 1 et 3 sont soulignés ; les mots
communs aux textes 2 et 3 sont en italiques :
1) BHG 877h (Léon), éd. Halkin, p. 489, 1. 15-21 : και πάλιν αύτώ τους
αποστόλους Πέτρον και Ίωάννην καθά και πρότερον έξαπέστειλεν,
τινά κομίζοντας τών πολλών και μακρών πόνων και άθλων έπι τέλει
τοΰ άριστέως, επισφραγίζοντας την άνάρρησιν, κροτοΰντας τά
νικητήρια, τά γέρα της νίκης, τά βραβεία, τους άμαραντίνους

28

BERNARD FLUSIN
στεφάνους τω νικητ?) διανέμοντας, αμβροσία σιτίζοντας συντηρούση
τούτον μέχρι του χαιροΰ της αναλύσεως ασιτον.
2) BHG 878d (Constantin), éd. Dyobouniôtès, p. 309 : Πέτρον και Ίωάννην
τους προκρίτους και τιμίους των αποστόλων αύτω πάλιν
έζαποστέλλει εύαγελιζομένους των πολλών και μακρών πόνων και
άθλων την άνάπαυλαν, έπφρωνύντας τον άριστέα, επισφραγίζοντας
την άνάρρησιν, κροτοΰντας τα νικητήρια, τα γέρα της νίκης, τα
βραβεία, τους αμάραντους στεφάνους, την δόξαν, ην κληρονομήσειε
συν αύτοις, τον πικρον θάνατον του καταράτου γυναίου δια της των
σκωλήκων βρώσεως προσημαίνοντας ώς έχθίστου, ώς άποπτύστου, ώς
κυνών άξιου και της τούτων περίπλοκης, άνθ' ών εις αυτόν
έπλημμέλησεν, άμβροσίαν σιτίζοντας. Συντηροΰσι τούτον μέχρι του
καιρού της προς θεον έκδημίας καΐ αναλύσεως ασιτον.
3) BHG 877 (Syméon), §3, éd. Halkin, p. 477, 1. 7 ab imo - p. 478, 1. 3 : ... τοις
και διακόνοις του ευαγγελίου και των μαθητών οίκειοτάτοις και
πρώτοις χρησάμενος Πέτρω και 'Ιωάννη. Οϊ παραστάντες αύτώ
άθεάτοις έπιστασίαις, έπιρρωνύουσι τον άριστέα, διανιστώσιν,
άλείφουσι προς τα σκάμματα, μικρού και την προς τα ποθούμενα
ένδημίαν και τα της νίκης γέρα καΐ των μακρών καμάτων τάς
μεγάλας άμοιβάς έκείνας και της μεγαλοδώρου δεξιάς δντως
ευαγγελίζονται· εΐτα και την καταστροφών αύτώ του καταράτου
γυναίου παρεγγυώνται, οτι μη δια μακρού δαπάνη σκωλήκων, ου
νόσου, γενήσεται.

Il est souvent délicat d'établir dans quel ordre s'enchaînent les textes.
Ici, le texte BHG 878d peut être interprété comme une amplification de
BHG 877h97, avec, pour la prophétie des apôtres sur la mort d'Eudoxie,
le recours à une autre source. La metaphrase pour sa part a en commun
avec les deux textes plusieurs mots, mais elle partage avec BHG 878d
une expression (έπιρρωνύουσι τον άριστέα) et un élément (la prophétie
des apôtres sur la mort de l'impératrice) qu'on ne trouve pas dans le pre
mier texte. Enfin, BHG 878d a en commun avec le texte de Léon VI plu
sieurs
mots et une phrase (Συντηροΰσι τούτον μέχρι του καιρού της
προς θεον έκδημίας και αναλύσεως ασιτον) qui n'a pas d'équivalent
chez Syméon. Cette dernière observation interdit pratiquement de voir
dans BHG 87 8d un dérivé de la metaphrase. Il nous paraît établi que
BHG 877h a été utilisé par l'auteur de BHG 878d et que le Métaphraste a
employé à son tour en particulier98 BHG 878d. Le texte BHG 878d
paraît donc devoir être daté entre le règne de Léon VI et le moment où, à
la fin du 10e siècle, le Métaphraste est actif. Cette datation nous porte à

97. À première vue, l'évolution inverse (BHG 877h serait un abrégé de BHG 878d)
n'est pas exclue ; mais Th. Antonopoulou a identifié le modèle dont s'inspire Léon, le
panégyrique de Cosmas Vestitor CPG 8145, et les expressions qu'elle identifie comme
empruntées par Léon à Cosmas ne sont pas reprises dans CPG 878d : voir Th.
Antonopoulou, The Homilies of the Emperor Leo VI, Leyde, New York, Cologne 1997,
p. 136-138.
98. Le Métaphraste, comme il le fait souvent, a utilisé plusieurs textes : voir note 107.

LE PANÉGYRIQUE DE CONSTANTIN VII PORPHYROGÉNÈTE

29

admettre, après Dyobouniôtès, que l'attribution à Constantin VII attestée
par les manuscrits peut être retenue.
Une référence
Le problème de la relation entre le panégyrique que nous éditons et les
deux textes relatifs au Chrysostome dont nous venons de parler se pose
en des termes différents de celui des emprunts aux Orationes de
Grégoire de Nazianze. Il est clair en effet que Constantin VII connaissait
la Translatio BHG 877h, œuvre de son père Léon VI, puisqu'il l'avait
utilisée pour écrire son propre discours sur le même sujet {BHG 878d).
Nous pouvons donc tenir ce point pour acquis et nous contenter d'exami
ner
ce que le Porphyrogénète, pour son discours en l'honneur du
Théologien, a repris à un dossier qu'il connaissait si bien. Il faut pour
cela rappeler, en suivant le discours dû à Léon VI, ce qui s'était passé
dans le cas de Jean Chrysostome :
À la suite de ses démêlés avec Eudoxie, et par la faute de celle-ci qui ne
supportait pas que Jean lui reprochât de s'être emparée injustement du
champ d'une veuve, l'évêque de Constantinople est envoyé en exil : Cucuse,
Arabissos, Pityonte, où il meurt après que les apôtres Pierre et Jean, les mart
yrs Basiliskos et Loukianos lui sont apparus. À Constantinople, Eudoxie
meurt dévorée par les vers ; Théodose II succède à Arcadios ; Proclus
devient le sixième successeur de Jean au siège de Constantinople. La qua
trième
année de son pontificat, à la demande de la partie saine du peuple de
la capitale, il prie l'empereur de faire revenir d'exil le corps de Jean et de
rétablir son nom dans les diptyques. Théodose II accueille avec chaleur cette
demande. Il envoie à Comanes une escorte et une châsse d'argent". Mais il
agit maladroitement et, «trompé par de pauvres hardes et un mince di
adème»,
il croit qu'un ordre 10° suffira à faire revenir la relique. Jean refuse :
son corps se pétrifie et ne peut être enlevé de sa sépulture. L'empereur,
après consultation, reconnaît sa faute et adresse alors au saint une lettre
ouverte, écrite de sa propre main, où il s'excuse de s'être comporté comme
envers un simple cadavre et d'avoir agi impérieusement101. Maintenant, il
s'adresse à Jean comme à un vivant, et, loin d'ordonner, supplie102. Jean
agrée la supplique. Son corps, dans la «châsse impériale» 103, traverse les
provinces dont les habitants se relaient pour l'acclamer. Quand il arrive à
Chalcédoine, l'empereur, le patriarche Proclus, le peuple se portent à sa ren
contre.
Alors que la nef impériale, entourée de mille embarcations, ramène à
Constantinople la châsse du saint, un vent violent se lève et pousse la galère
jusqu'au champ de la veuve. Puis la mer se calme, la galère impériale, avec
la châsse et son escorte, reprend sa traversée, qui est l'objet d'une ekphrasis,

99. Éd. Halkin, p. 491, §4, 1. 3-4.
100. Ibid., p. 491, §3, 1. 3 ab imo.
101. προστακτικώς, éd. Halkin, p. 492, 1. 5.
102. Ibid., p. 492, 1. 6, 9-10.
103. Ibid., p. 492, 1. 20.

30

BERNARD FLUSIN
et vient aborder près de Saint-Thomas. Là, l'empereur s'adresse à la relique,
l'embrasse, lui offre les insignes impériaux 104, demande pour sa mère un
pardon que le saint accorde, si bien que la tombe d'Eudoxie cesse d'être agi
tée de tremblements. Proclus adresse au saint des paroles de bienvenue.
Jean, réinstallé sur son trône, donne miraculeusement la paix à son peuple,
et Proclus lui répond. La relique, tenue par Proclus, est alors convoyée aux
Saints- Apôtres sur le char impérial et déposée dans le chœur de l'église,
d'où elle regarde, vers le haut, l'image inimitable du Christ dans la cou
pole 105. Suit, dans le texte de Léon VI, une ekphrasis des Saints-Apôtres
dont Yadyton abrite désormais le Chrysostome : «il fallait en effet ... qu'il
fût aux côtés des apôtre jusqu'à l'ultime et commune résurrection» 106. Le
discours de Léon s'achève classiquement par un appel à l'auditoire, puis par
une adresse au saint, auquel il offre son discours et présente une ultime
prière.

Le discours de Constantin VII sur les reliques de Jean Chrysostome,
pour sa part, suit pour l'essentiel le texte de Léon VI. Il l'amplifie cepend
ant, l'enrichit en employant au moins une autre source, reprend plus
haut dans la vie du saint, étoffe la partie finale. Il supprime Y ekphrasis
des Saints- Apôtres et transforme la lettre impériale : le thème du corps
vivant, dominant chez Léon, devient secondaire, tandis que passe au pre
mier plan celui de l'attitude de l'empereur qui s'adresse au saint non plus
en souverain, mais en suppliant 107. Plusieurs additions sont à signaler,
parce qu'elles ont des parallèles dans le panégyrique que nous éditons :
ainsi, Constantin, à la différence de Léon, note l'embarras dans lequel se
trouvent les envoyés impériaux devant la relique pétrifiée 108 ; ou encore,
dans Y ekphrasis de Yadventus, il signale la présence de femmes s'exposant à la vue des hommes 109.
La Translatio de Grégoire BHG 728 nous semble avoir emprunté à
BHG 877h {Translatio de Jean par Léon) et à BHG 878d {Translatio de
Jean par Constantin) plusieurs expressions, plus nombreuses dans le pre
mier cas que dans le second. Mais, comme on le voit, c'est l'ensemble
du panégyrique et des cérémonies en l'honneur de Jean que s'inspire le
texte que nous éditons. L'œuvre de Constantin VII se trouve ainsi
construite en référence à des cérémonies qui se sont déroulées sous
Théodose II et à un discours de son père. Cette double mimesis, à la fois
104. Ibid., p. 494, 1. 6-9.
105. Ibid., §7, p. 495 (έργον άμίμητον, 1. 2 ab into ; cf. Panég., 1. 93).
106. Ibid., §7, p. 495-496.
107. Voir Const., loh. Chr., p. 312-313 ; c'est ce thème qui est repris dans Panég., §
21 ; la lettre rédigée par Daphnopatès (Théodore Daphnopatès, Lettre 11 {BHG 727), éd.
J. Darrouzès, L. G. Westerink, Théodore Daphnopatès. Correspondance, [Le Monde
Byzantin], Paris 1978, p. 143-145) témoigne de la même évolution. Au contraire, Syméon
Métaphraste, pour la translation de Jean Chrysostome (éd. Halkin, p. 482), commence par
le thème du corps vivant, ce qui montre bien qu'il n'a pas eu pour source unique le dis
cours de Constantin VII sur le même sujet.
108. Const., loh. Chr., p. 312 ; Panég., 1. 307-10.
109. Ibid., p. 313 ; Panég., 1. 431-3.

LE PANÉGYRIQUE DE CONSTANTIN VII PORPHYROGÉNÈTE

31

des cérémonies impériales organisées par la dynastie théodosienne et de
l'œuvre de Léon VI, est intéressante en elle-même. Elle permet aussi, par
l'analyse des ressemblances et des différences, de mieux fixer le sens du
texte que nous éditons.
V.- Préfigurations
Les références à l'Écriture contribuent elles aussi à donner au panégyr
ique
tout son sens. Il ne s'agit pas ici des citations isolées, dont on trou
vera la liste dans l'apparat des sources, mais du recours insistant à
quelques passages bien précis de la Bible.
Alors que la relique arrive près de la capitale, le voyage du cortège qui
avait convoyé la dépouille d'Arianze à Constantinople est comparé à
trois événements de l'Histoire sainte : l'Exode ; la conquête de la Terre
Promise par Josué ; le voyage des mages à Bethléem n0. Puis, classique
ment,
Vadventus lui-même est rapporté à l'entrée triomphale du Christ à
Jérusalem au jour des Rameaux m. À Constantinople, le transfert de la
relique reproduit celui de l'arche d'alliance dans la cité de David tel que
le raconte le Livre des règnes m. Parmi ces diverses références, celles
qui renvoient à l'Ancien Testament sont les plus explicites. Une phrase
en effet vient bientôt en donner la clé : «La sainte châsse, donc, était por
tée comme le fut jadis l'arche qui la préfigurait, mais par les prêtres de la
grâce» 113. L'arche d'alliance, ή τυπική κιβωτός, se trouve donc être le
«type», la préfiguration de la châsse renfermant les reliques du
Théologien. Les principales références à l'Ancien Testament s'organi
sent
dès lors : l'arche conduite par Moïse et par Israël, transportée par
Josué au-delà du Jourdain, établie par David dans Sion, préfigure la
châsse rapportée de Cappadoce, franchissant le Bosphore, déposée à
Constantinople dans l'église des Saints- Apôtres. Et Constantin VII éta
blit bien le rapport qu'il y a entre les événements de l'Ancien Testament
et ceux qui se déroulent à son époque : les premiers ne sont que les préfi
gurations,
les ombres des seconds114. Les prêtres qui avaient porté sur
leurs épaules l'arche au passage du Jourdain étaient moins que les
«prêtres de la grâce» qui portent aujourd'hui la relique. En un sens, la
châsse est plus précieuse que l'arche, qui ne faisait que l'annoncer.
Cette conception, selon laquelle «les ombres d'autrefois» 115 valent
moins que les réalités présentes, celles de l'âge de la grâce, rejoint en
somme celle de l'exégèse ordinaire. Mais il y a détournement. Alors que,
pour l'exégèse, les types de l'Ancien Testament préfigurent les réalités
110.
111.
112.
113.
114.
115.

Panég., 1.359-66.
Ibid., 1.369-70.
Ibid., 1.401-8.
Ibid., 1.434-5.
Ibid., 1.614-6.
Ibid., 1.614-5.

32

BERNARD FLUSIN

du Nouveau, ici, ils sont appliqués à celles de l'instant présent. Ce pro
cédé est mis en œuvre dans plusieurs développements. Le premier
concerne les écrits de Grégoire et principalement ses discours théolo
giques, qui sont comparés aux théophanies du Sinaï 116 : celui qui en
approche est frappé par «des coups de tonnerre et des éclairs ... venant
comme d'un mont Sinaï» ; le feu qui jadis brûlait dans le buisson est
désormais présent en eux ; les écrits de Grégoire sont la «terre sainte» de
laquelle Moïse ne peut approcher sans dénouer ses sandales. Quant à la
châsse du Théologien, elle est plus que l'arche de Noé, que la corbeille
de Moïse ou que l'arche d'alliance117. Cette dernière comparaison, la
plus importante, s'épanouit alors et chacun des objets qui, selon l'épître
aux Hébreux, était déposé dans l'arche devient le type d'une vertu de
Grégoire 118.
De tels passages, qui peuvent sembler d'abord purement rhétoriques
— simples synkriseis et hyperboles appelées par les exigences d'une él
oquence
élevée — nous paraissent intéressants pour la conception que les
Byzantins ont pu se faire de la sainteté du Théologien — celui par qui
Dieu parle, plus que celui qui parle de Dieu — et de l'autorité de ses
œuvres, considérées comme inspirées. Mais ils ont aussi une autre fonct
ion. Si Grégoire, ou son corps, est plus saint que les objets déposés dans
l'arche, y compris les tables de la Loi, et si la châsse qu'on transfère est
une nouvelle arche, alors Constantinople, qui accueille le saint comme
l'avaient fait les enfants pour le Christ au jour des Rameaux, est une
Nouvelle Jérusalem 119, et l'empereur est un nouveau David, un nouveau
Josué, ou, comme le dit le texte lui-même, un nouveau Moïse 120. Le sens
de la cérémonie est ainsi non seulement de célébrer la sainteté de
Grégoire, mais aussi de rehausser la dignité impériale.
VI.- Une cérémonie et son sens
La translation du corps du Théologien, avant d'être l'objet d'une com
mémoration
annuelle où prendra place le discours de Constantin VII tel
qu'il se trouve dans le manuscrit de Turin, a été elle-même, en même
temps qu'un événement, une cérémonie bien réglée dont le panégyrique
impérial prononcé ce jour-là est à la fois le protocole, la description et le
point d'aboutissement.
À la différence de la translation de Jean Chrysostome, dont l'initiative
revenait au peuple, puis au patriarche Proclus, tout commence ici avec la
116. Ibid., §37.
117. Ibid., §41.
118. Ibid., 1.638-649.
119. Ibid., 1.371-2.
120. Ibid., 1. 638-9. L'expression «notre nouveau Moïse» nous paraît renvoyer sans
ambiguïté à l'empereur lui-même qui, dans le texte, jusqu'à la prière finale, est mentionné
à la troisième personne, et qui a fait exécuter la nouvelle arche : Panég., 1. 264-6.

LE PANÉGYRIQUE DE CONSTANTIN VII PORPHYROGÉNÈTE

33

décision que l'empereur, mû par l'Esprit, prend au début de son règne et
qu'il communique «à de saints hommes formés aux sciences sacrées» m,
c'est-à-dire sans doute au synode et au patriarche. Ceux-ci, inspirés par
Dieu, donnent leur assentiment à ce qui est le résultat de la délibération
impériale (bouleuma)122, et que le synode «supplie» 123 l'empereur d'ac
complir.
Constantin, comme l'avait fait son lointain prédécesseur, orga
nise alors l'escorte chargée d'aller recueillir la dépouille; il fixe luimême l'endroit où le corps sera déposé «à l'intérieur de l'adyton» des
Saints-Apôtres, dessine la châsse d'argent 124. Contrairement à Théodose,
empereur maladroit, il ne commet pas l'impair de traiter légèrement la
relique, mais recourt tout de suite à la solution qui, dans le cas du
Chrysostome, n'avait été trouvée qu'à la suite d'un échec : il adresse au
Théologien une supplique écrite 125, dans laquelle il prend la posture
d'un esclave. De loin, il se prosterne tout entier devant le Théologien, et
déploie devant ses pas les insignes de l'Empire.
La requête impériale est agréée par le Théologien. C'est ce que sou
ligne le discret récit de miracle qui occupe le paragraphe 22 de notre édi
tion. Les envoyés de l'empereur, arrivés en Cappadoce, se trouvent dans
l'embarras (απορία). Guidés sans doute par les épigrammes de
Grégoire 126, peut-être aussi par des données locales, ils ont retrouvé les
deux tombeaux familiaux où sont déposés d'une part la mère de
Grégoire et son frère Césaire, d'autre part le saint lui-même et son père.
Mais comment distinguer les restes du Théologien de ceux de Grégoire
l'Ancien ? Les envoyés à leur tour recourent à la prière et à la supplicat
ion,
et le miracle se produit. Le saint leur accorde son concours et ils
n'ont pas de peine à reconnaître les ossements qu'ils cherchent, qui
exhalent une bonne odeur, et dont on note qu'ils avaient conservé leur
agencement. Est ainsi affirmée l'authenticité de la relique qu'on rap
porte.
Mais on remarquera que ces notations sont discrètes, comme si la
dépouille n'avait guère besoin d'être authentifiée. On notera aussi à quel
point l'auteur du panégyrique est réservé dans l'usage du miraculeux 127.
Le retour lui-même est décrit en termes généraux et ce n'est qu'avec
l'arrivée aux alentours de la capitale que le récit se fait plus précis.
121. Ibid., 1.255-6.
122. Panég., 1. 256, 258 : βούλευμα.
123. Ibid., 1. 258 : καθικέτευον.
124. Ibid., 1. 264-6.
125. Ibid., 1. 273 : ÔV εγγραμμάτου ίκετηρίας.
126. Voir par ex. Anthologie grecque, VIII, 77, 83, 84, éd. P. Waltz, t. VI, Paris, 1960,
p. 56, 58 ; il est possible aussi que l'empereur ait disposé d'informations locales. J.-Cl.
Cheynet me fait remarquer qu'il n'est guère pensable que Constantin VII ait procédé à ce
transfert sans être d'accord avec la famille des Phôkas, dont on connaît les liens à la fois
avec la Cappadoce et avec la dynastie macédonienne.
127. Si l'auteur du panégyrique n'hésite guère devant les hyperboles, il n'orne son
texte d'aucun récit de miracle, soit que Grégoire le Théologien ne soit pas un saint thau
maturge,
soit qu'il y ait là une tendance plus générale de l'hagiographie produite au 10e
siècle dans le milieu de la cour impériale.

34

BERNARD FLUSIN

L'empereur, les évêques, le peuple ont préparé Yadventus (άπαντή,
προσυπαντάν 128) du saint. L'empereur en personne s'est porté à sa ren
contre
sur la côte asiatique et c'est lui-même qui, sur la galère impériale
sans doute 129, porte la châsse d'argent lors de la traversée du Bosphore
illuminé par les cierges. Le corps est ensuite déposé (κατάθεσις 13°) au
palais dans une église dont le nom n'est pas précisé. Il est probable que
la nef impériale a abordé au port du Boucoléon, et il est naturel de penser
que l'église est celle de Notre Dame du Pharos. Mais les termes mêmes
du discours (το ... του μεγάλου βασιλέως άνάκτορον 131) font plutôt
songer à l'église du Seigneur.
Après les dévotions impériales, le corps va être transféré
(μετεφέρετο 132) en cortège (προπομπή133) jusqu'aux Saints- Apôtres.
La relique en effet n'est pas destinée à rester au palais, qu'elle sanctifie
par sa présence, mais dont on prend soin de préciser qu'il était déjà sanct
ifié par ailleurs. La cérémonie devient alors purement religieuse, ou plut
ôt, ecclésiastique. Elle s'organise sur le modèle d'autres cérémonies du
même genre, que la littérature ou l'iconographie 134 nous font connaître,
et, ultimement, reproduit le transfert de l'arche d'alliance tel que le rap
porte
le Livre des règnes. La châsse est désormais portée sur les épaules
d'évêques ou de métropolites (άρχιερατικοΐς ωμοις 135), suivis à pied
par l'empereur qu'accompagne le patriarche. À la sortie du palais, la
relique, mais aussi l'empereur et son cortège, sont accueillis par le Sénat,
organisé hiérarchiquement: les patrices d'abord, le reste des sénateurs
ensuite. Nous avons affaire ici à l'une de ces dochai que le Livre des
cérémonies décrit si souvent. L'expression assez vague dont se sert
Constantin VII (au sortir des «vestibules impériaux» 136) interdit d'être
précis. Nous ne sommes certainement pas encore à la Chalkè. Comme
souvent, la sortie du palais s'entend par rapport au palais au sens res
treint,
c'est-à-dire le Palais sacré, et nous sommes soit à la sortie de
l'église du Seigneur, soit à quelque autre sortie.

128. Panég., 1. 368, 373.
129. Même quand l'empereur ne participe pas en personne à Vadventus, c'est sur la
galère impériale que les grandes reliques traversent le Bosphore : cf. Théodore
Daphnopatès, Discours sur la translation de la main de saint Jean-Baptiste (BHG 849),
éd. Latysev, p. 31, 1. 17-18.
130. Panég., 1. 397.
131. Ibid., 1.388-9.
132. Ibid., 1. 399.
133. Ibid., 1. 402.
134. Dans le Ménologe de Basile, les images des transferts de reliques (par ex. celles
de Michel III ou d'Anastase le Perse) reprennent le type iconographique des illustrations
du Livre de Josué (Jos. 3, 15 : cf. Vat. gr. 747, fol. 218v et Vat. gr. 746, fol. 443r). Pour
ce rapprochement, voir J. Durand, Reliques et reliquaires..., dans H. Rey-Delque (éd.),
Les croisades, l'Orient et l'occident d'Urbain II à Saint Louis, Milan 1997, pp. 378-379.
135. Ibid., 1. 404.
136. Ibid., 1.411.

LE PANÉGYRIQUE DE CONSTANTIN VII PORPHYROGÉNÈTE

35

Ce n'est qu'ensuite que le peuple, à son tour, accueille la relique:
accueil enthousiaste, qui fera refluer le cortège. Mais on peut se demand
er
si cet incident s'est réellement produit — il faudrait alors supposer
que cette partie au moins du panégyrique a été improvisée ou composée
après coup — ou s'il s'agit là d'une simple fiction littéraire, d'un trait
banal appartenant à une ekphrasis de fête composée avant l'événement.
Cet accueil du peuple est sans doute à situer à la Chalkè, par où le cor
tège sort pour gagner la ville, et peut-être la grande salle de la Chalkè
est-elle une de ces tholoi mentionnées au §29. Le cortège suit alors l'it
inéraire
habituel, par la Mésè, jusqu'à hauteur des Saints- Apôtres, et c'est
le paysage monumental de ces grandes avenues à portiques qui est évo
qué en des termes assez généraux, où l'on peut retrouver des échos de
Grégoire de Nazianze et de l'Écriture 137.
Le cortège arrive à son but. La relique entre aux Saints- Apôtres et
pénètre au sanctuaire. Vient le moment du discours 138, dont la fin, com
posée d'une dédicace et d'une prière, contient encore deux éléments que
nous voulons souligner: l'institution (συνίστημι 139) de la fête, la pro
motion
(προβάλλομαι) de Grégoire comme protecteur (ύπερασπιστην
και έπίκουρον 140) de l'Empire.
Cette grande cérémonie et la fête annuelle que l'empereur institue sont
dues à la dévotion personnelle que Constantin VII a pour Grégoire. C'est
là ce qu'affirme le discours lui-même, quand il insiste sur l'amour que le
Porphyrogénète porte au saint ou quand il représente la décision impér
iale comme inspirée par la lecture assidue des œuvres du Théologien 141.
Plus précisément, Constantin rappelle que c'est à la protection et à l'i
ntercession
de Grégoire qu'il doit de régner et d'être assis sur le trône de
ses pères, faisant ainsi allusion, comme nous l'avons vu, aux circons
tances qui ont entouré son accession au pouvoir suprême. Dans la
seconde version du panégyrique, plus froide, d'autres saints particulièr
ement
chers à Constantin sont évoqués aux côtés de Grégoire : Jean
Chrysostome et les apôtres 142. Est ainsi constitué un petit groupe dont
les membres ont pour trait commun d'être rassemblés aux SaintsApôtres.
Mais s'il est intéressant de voir se dessiner le sanctoral privé du
Porphyrogénète, le sens de la cérémonie et du discours qui l'accompagne
ne peut guère se réduire à cela. Sont en effet mis en scène d'une part
137. Grég. Naz., Or. 43, PG 36, 601B7 ; le terme de τριώροφα, déjà présent chez
Grégoire, semble être un écho de la description du temple de Salomon (III Règnes 6, 8).
138. Il semble qu'il y ait eu, avant ce dernier, lecture de la vie de Grégoire (cf. Panég.,
1. 179-80). D'autres éléments de la cérémonie (pannychis, hymnes) sont évoqués aux 11.
717-20 ; voir aussi 1. 735-8.
139. Panég., 1. 697.
140. Ibid., 1. 697-8.
141. Ibid., 1. 247-9, 688-9.
142. Ibid., 1. 744, 746.

36

BERNARD FLUSIN

l'empereur, d'autre part le saint, et ce saint est un ancien patriarche de
Constantinople qui a porté bien haut l'honneur de son siège 143. À la fois
dans les mots et dans les choses se révèlent ainsi des rapports entre les
dignités impériale et patriarcale, ou entre l'empereur et la sainteté.
Très sagement, Constantin rappelle qu'il connaît «la différence qu'il y
a entre la royauté et le sacerdoce» 144 et les gestes qu'il accomplit à
l'égard de Grégoire, inspirés par ceux de Théodose devant le corps du
Chrysostome, s'adressent bien au patriarche: c'est comme «grand
prêtre» que Grégoire est déposé près de l'autel des Saints-Apôtres, c'est
à ce titre aussi que l'empereur se prosterne devant lui, c'est devant ses
pas qu'il étend les insignes impériaux et c'est sa châsse qu'il enveloppe
de la pourpre. La glose dont Constantin VII accompagne ce geste dans le
cas de Jean Chrysostome mérite d'être notée : «Et donc, il déploie aussi
le manteau impérial par-dessus cette sainte dépouille, lui soumettant par
là, bien évidemment, le pouvoir vraiment impérial des Romains, et parce
qu'il espérait aussi qu'à travers ce manteau l'Empire des Romains lui
aussi serait sanctifié» 145.
À côté de ce déploiement d'honneurs dont bénéficie le patriarche
mort, le titulaire du siège fait assez pauvre figure. À la différence de ce
qui s'était passé au retour du corps de Jean Chrysostome, il n'est pas
assis sur un char et ne tient pas la châsse, mais suit à pied aux côtés de
l'empereur. Théophy lacté Lécapène, qui bien sûr n'est pas nommé, n'obt
ient qu'un bref satisfecit 146. La dignité patriarcale ressort peut-être gran
diede la cérémonie ; le patriarche vivant, non.
Auprès du héros de la fête, c'est l'empereur qui accapare les regards.
Autant que le saint, l'organisateur du culte est exalté. La châsse de
Grégoire est une nouvelle arche. Mais les figures de l'Ancien Testament
sont convoquées au profit de l'empereur, «notre nouveau Moïse» 147, qui
a fait réaliser l'arche et qui, tel un Nouveau David, l'accompagne dans la
Nouvelle Jérusalem, qui est habilité aussi, dans certains espaces, à tou
cher cette arche, ou bien, aux Saints- Apôtres, à prononcer le panégyr
ique.Constantin VII, au début de son règne personnel, non seulement
célèbre son autokratoria, affirme sa légitimité, montre le cas qu'il fait du
sacerdoce et de l'Église, mais aussi, comme son père Léon VI avait su le

143. Le Synaxaire de Constantinople, col. 422, rappelle que Grégoire a fait de l'Église
de Constantinople un patriarcat et lui a assuré le deuxième rang après l'ancienne Rome.
144. Panég., 1. 269-70 ; sur la distinction entre le sacerdoce et l'empire, telle qu'on la
trouve dans le préambule de la Novelle 6 de Justinien, ou dans la bouche de Jean
Tzimiskès, cf. G. Dagron, Empereur et prêtre. Étude sur le césaropapisme byzantin,
Paris, 1996, p. 312-313
145. Και öfj καί τήν βασίλειον χλαΐναν προσεφαπλοϊ άνωθεν τοΰ ίερου εκείνου
σκήνους ώς ύπεξούσιον αύτφ δήθεν ποιών τήν αυτοκρατορικών δντως τών
'Ρωμαίων αρχήν, όμου τε δι' αύτης άγιασθηναι και το 'Ρωμαίων κράτος
έττηλπικώς : éd. Dyobouniôtès, p. 315.
146. Panég., 1. 409-10.
147. Ibid., 1. 639.

LE PANÉGYRIQUE DE CONSTANTIN VII PORPHYROGÉNÈTE

37

faire pour la translation du corps de Lazare 148, il dévoile devant ses
sujets le rapport étroit qui unit la dignité impériale et la sainteté.
VII.- L'ÉDITION
Le panégyrique pour la translation du corps de Grégoire de Nazianze
BHG 728 nous est connu par deux manuscrits 149, qui nous ont été acces
sibles grâce à des microfilms conservés à l'Institut de recherche et d'his
toire des textes. La photographie du manuscrit de Moscou, de médiocre
qualité, pose quelques problèmes de lecture pour le haut de la colonne
intérieure de chaque page. Nous avons indiqué dans notre apparat les
incertitudes les plus graves résultant de cette particularité.
Le plus ancien des deux témoins que nous utilisons est un manuscrit
de Moscou 150 (Musée historique, Bibliothèque synodale 162 [Vlad. 380]
= M), en parchemin, comptant 369 folios de 35x28 cm., écrit sur deux
colonnes avec 30 à 33 lignes d'écriture. Sa copie, achevée le 25 février
1022 (5e indiction, AM 653 [0] : voir le colophon au folio 369v), est
l'œuvre du moine Théophane d'Iviron. Le manuscrit appartient aux der
nières
productions de ce copiste. Il a pour contenu une collection non
ménologique de textes hagiographiques. Notre texte, aux folios 274v288, occupe l'essentiel du 35e cahier et les sept premiers folios du 36e
(aux fol. 28 lv et 282, au milieu de la marge inférieure, on peut lire les
signatures λε' et λς')· II porte le numéro 22 (fol. 274v, marge supérieure)
et fait suite à la Vie de s. Grégoire de Nazianze par Grégoire le Prêtre
BHG 723, dont le titre final se lit au folio 274v, au bas de la première
colonne.
L'autre manuscrit 151, conservé à Turin (Turin, Bibl. naz., gr. 116 [B III
31] = T), a été utilisé par les Bollandistes pour l'édition du texte dans les
Acta Sanctorum152. Il s'agit d'un gros volume de papier, de 442 folios,
écrit à pleine page, avec 27 lignes par page. A. Ehrhard le date des 15e16e siècles. Ce ménologe pour janvier, particulièrement riche, mélan
geant textes métaphrastiques et pré-métaphrastiques («vermischter
148. Voir Flusin, L'empereur et le Théologien (cf. note 2), p. 152.
149. Nicodème l'Hagiorite, Συναξαριστής των δώδεκα μηνών του δλου ένιαυτοΰ,
Venise, 1819, à l'occasion de la fête de la translation de s. Grégoire le 19 janvier, signale
en note un manuscrit conservé à Iviron qui contenait le panégyrique que nous éditons : il
s'agit sans doute du codex qui se trouve aujourd'hui à Moscou.
150. Voir A. Ehrhard, ÎJeberlieferung und Bestand der hagiographischen und homile
tischen Literatur der griechischen Kirche von den Anfängen bis zum Ende des 16.
Jahrhunderts, t. III, Leipzig, 1952, p. 741-742 ; B. Fonkic, F. Poliakov, Manuscrits grecs
de la Bibliothèque synodale (en russe), Moscou 1993, p. 124-125, avec bibliographie ; sur
Théophane d'Iviron, voir J. Irigoin, Pour une étude des centres de copie, Scriptorium 13,
1959, p. 200-204 ; G. Cavallo, G. de Gregorio e M. Maniaci, Scritture, libri e testi nelle
aree provinciali di Bisanzo, 1-2, Spolète 1991, p. 37, 40, 70.
151. Voir J. Pasini, A. Rivautella, F. Berta, Codices manuscripti Bibliothecae Regii
Taurinensis Athenaeii, 1. 1, Turin 1749, p. 218-222 ; Ehrhard, t. III, p. 199-201.
152. Act. SS. Maii II (1680), 766-771 ; 3e édition, p. xlii-xlvi.

38

BERNARD FLUSIN

Metaphrast»), a une structure parallèle à celle de l'ancien ménologe de
janvier en un seul volume, et réunit plusieurs collections hagiogra
phiquesanciennes. Notre texte, qui se trouve aux folios 371v-379v, porte
le numéro 39 dans le manuscrit, mais est en réalité le quarantième du
recueil. Il fait suite à la Vie de s. Grégoire de Nazianze par Grégoire le
Prêtre BHG 723, dont le titre se lit au fol. 371 ν dans la marge.
Les deux manuscrits M et T, comme nous l'avons vu, représentent deux
états du texte. Cependant, pour leur partie commune (§§1-37, à l'exception
des dix premières lignes du §33), ils peuvent être considérés comme les
témoins d'un même texte. Tous deux remontent à un archétype, qu'il faut
situer tout près de l'original du texte ou qui se confond avec lui, et qui
n'est pas exempt de fautes. Par deux fois (§5, 1. 73 et §19, 1. 253), il nous a
paru nécessaire de rétablir un verbe qui, dans les deux manuscrits, fait
défaut. Chacun des deux témoins, correct dans l'ensemble, a des fautes
propres. Théophane d'Iviron, qui se plaint dans son colophon d'avoir la
vue mauvaise, commet en effet des erreurs de lecture : §3, 1. 43, il semble
avoir été trompé par une abréviation (του πατρός Τ : τούπίσω Μ) ; de
même, §17, 1. 225, il écrit πατρίδα au lieu de τριάδα, que conserve T.
Celui-ci, de son côté, présente des fautes qui remontent à la lecture hâtive
de lettres minuscules : §8, 1. 105 άτλαντιβών (-κών Μ) ; §28, 1. 401
σκηρώματος (-νώματος M). Surtout, à plusieurs reprises, il omet certains
mots du texte et ces fautes s'expliquent le plus souvent par un saut du
même au même : par exemple, §2, 1. 29, alors que M porte ει τοσούτον
εύδοκιμήσειν χαριτωθήσεταΐ1 ει δε μη τοσούτον, Τ omet les mots que
nous avons soulignés (voir aussi §29, 1. 416-7, §30, 1. 438-9 ; §31, 1. 46970; §36, 1.559).
Toutes les leçons propres à Τ ne s'expliquent pas cependant par des
fautes commises par le copiste, ni rjar des erreurs de Théophane d'Iviron,
ou de l'un de leurs prédécesseurs. A plusieurs reprises, le texte de Τ nous
a paru plus élégant que celui de M. Le rythme, en certains endroits, est
plus soigné. Ainsi, §10, 1. 132, alors que M écrit το τών αιρέσεων
κατα&άλλει όχύρωμα και άνυψοϊ το τών ορθοδόξων σύστημα, qui,
satisfaisant pour le parallélisme, a pour inconvénient de laisser le dernier
kôlon se terminer sur une clausule irrégulière, Τ a l'ordre suivant : τών
ορθοδόξων το σύστημα, avec une bonne clausule cette fois. Ou encore,
§22, 1. 327, dans M, la phrase se termine mal (ποΦούμενον ποιμένα),
avec trois syllabes entre les deux derniers accents) ; T, renonçant à l'hyperbate, a un rythme plus satisfaisant (ποιμένα ποθούμενον). La même
attention portée aux clausules s'observe au §25, 1. 360 et 365. Les él
isions
sont marquées dans T (par ex., §14, 1. 191 Εΐθ'ό), qui emploie le
duel (§22, 1. 311), connaît la déclinaison attique (§32, 1. 472), soigne
l'ordre des mots là où le rythme le permet (voir l'hyperbate §23, 1. 330),
emploie des verbes composés là où M a des formes plus simples (voir
§9, 1. 126). Ces différences nous laissent supposer que le texte de T a
subi de très légères retouches stylistiques, un phénomène qu'on peut
mettre en relation avec le fait qu'il s'agit en somme d'une seconde édi
tion, à moins qu'il ne se soit produit plus tardivement.

LE PANÉGYRIQUE DE CONSTANTIN VII PORPHYROGÉNÈTE

39

Le but de notre édition est de donner une image claire de l'état du
texte attesté par M, tout en permettant au lecteur de prendre connais
sance
du texte de T. Pour la partie commune aux deux témoins (§§1-37),
nous avons suivi de ce fait le manuscrit M. Nous l'avons corrigé là où
cela nous a paru nécessaire grâce au témoignage de T, en quelques rares
cas contre l'accord des deux témoins. Nous avons évité d'introduire dans
notre texte les leçons propres à Τ qui nous ont paru être des améliorat
ions
ultérieures et qu'on trouvera dans l'apparat critique. Pour les par
ties propres à M, nous avons suivi ce témoin unique, en proposant
quelques corrections. La partie propre à Τ est éditée selon le même prin
cipe après le texte de M (§§38T et 39T).
Notre accentuation, pour les enclitiques, suit les règles classiques.
Dans les manuscrits, la réalité est parfois différente : les mots paroxytons
suivis d'un enclitique disyllabique portent régulièrement l'accent d' encrise (p. ex., §7, 1. 84 et 85 ωσπέρ τίνες, αλλόν τίνα) ; ποτέ est accen
tué
sur la finale (ώς ποτέ Τ §30, 1. 363). La ponctuation des manuscrits
souligne le rythme de la phrase ; nous avons pour notre part suivi les
usages modernes. De même, la division en paragraphes est la nôtre.
Pour l'apparat des sources, outre les références à l'Écriture pour
lequelles nous avons repris les abréviations proposées par la collection
des Sources chrétiennes, nous avons renvoyé, pour les œuvres de
Grégoire de Nazianze, à la Patrologie grecque plutôt qu'aux éditions
modernes.

SlGLES ET ABRÉVIATIONS
M = Moscou, Musée historique, Bibl. syn. 162 (Vlad. 380).
Τ = Turin, Bibl. naz., gr. 116 (B III 31).
Const., loh. Chr. = Constantin Porphyrogénète, Discours sur la translation des
reliques de saint Jean Chrysostome (BHG 878d), éd. Dyobouniôtès, EEThS 1,
Athènes 1926, p. 306-319.
Daphnopatès, Ep. 11 = Théodore Daphnopatès, Lettre 11 (BHG 727), éd. J.
Darrouzès, L. G. Westerink, Théodore Daphnopatès. Correspondance, [Le
Monde Byzantin], Paris 1978, p. 143-145.
Daphnopatès, loh. Bapt. = Théodore Daphnopatès, Discours sur la translation
de la main de saint Jean-Baptiste (BHG 849), éd. LatySev, «Dve reci...»,
Pravoslavnyj Palestinskij Sbornik, 59, 1910, p. 15-38.
Grég. Naz., Or. = Grégoire de Nazianze, Orationes, PG 35 et 36.
Greg. Presb., Vita Greg. Naz. = Grégoire le Prêtre, Vie de s. Grégoire de
Nazianze (BHG 723), PG 35, col. 244-304.
Leo VI, Transi. = Léon VI, Translation des reliques de s. Jean Chrysostome
(BHG 877h), éd. F. Halkin, Douze récits byzantins sur Saint Jean Chrysostome,
[Subsidia hagiographica 60], Bruxelles 1977, p. 487-497.

40

BERNARD FLUSIN
Discours pour le retour des reliques
de notre saint père Grégoire le Théologien.
Bénis, Seigneur.

1. C'est une fête sainte et splendide que le retour de l'admirable
Grégoire le Théologien, et, de toutes ses fêtes annuelles, la plus splendide
et la plus sublime — or l'essentiel d'une fête, c'est de faire mémoire de
Dieu, à qui le héros de la fête doit d'être honoré et célébré ainsi, puis d'en
exalter avec un plaisir ineffable le caractère auguste — , oui, le retour de
l'illustre Grégoire que, plus que personne que je sache, la nature a fait
naître sans taches, modelant en lui un être exempt de passions comme
lorsque fut façonné le premier homme, de sorte que nous, qui avons profité
ou, pour mieux dire, qui profitons aujourd'hui encore des avantages et des
grâces immenses, tels que personne n'en saurait dire la nature et le
nombre, qu'il nous dispense et par lesquels, nous dévoilant les mystères
qui passent l'entendement, il a posé pour nous les lois d'une ascension
vers des sommets plus élevés et vers une vie plus divine, nous donc, nous
avons compris qu'il fallait le fêter non seulement parce qu'il a mérité de
comprendre les choses surnaturelles, ni parce qu'il est le réceptacle de
toute sagesse divine et humaine, ni parce qu'il fut donné à ses parents à la
suite de leur prière de sorte que c'est avant sa naissance comme après qu'il
était façonné et agencé par l'Esprit saint, ce qui ne se voit que rarement,
mais aussi parce qu'il est le maître de la fête d'aujourd'hui, qui l'a vu reve
nirchez les siens dans la foi, et parce qu'il revient en vainqueur après avoir
érigé autrefois sur les hérétiques des trophées pour lesquels nous célébrons
en son honneur une fête plus brillante encore.
2. Puis donc qu'il s'est montré au-dessus de toute louange et de toute
éloquence, si puissante fût-elle, et puisque personne, fût-il bien supérieur
aux autres, ne s'aventurerait à l'effleurer fût-ce en restant dans le vesti
bule de sa demeure, il n'y a pas lieu de craindre, alors que mon cas est
réellement tout différent, qu'il ne se suffise pas à lui seul comme sujet
d'éloge, tout de même que les beautés naturelles, qui repoussent bien
loin tout maquillage superflu. Et si le discours se risque à venir le tou
cher timidement, il aura bien du mérite s'il obtient seulement d'être
agréé ; mais, η 'obtiendrait- il pas même ce résultat, du moins l'empresse
ment
dont il témoigne lui vaudra-t-il d'être accepté. Quant à parvenir au
but, on verra qu'il en est aussi loin et aussi distant que peuvent l'être des
choses terrestres les choses célestes, qui nous dépassent.

§1 1-3 Πανηγυρι.ς ... ύπεραίρουσα : Greg. Naz., Or. 45, PG 36, 624C1. 3-4
κεφάλαιον — Θεοί) : Greg. Naz., Or. 39, PG 36, 345B14. 8-9 ού μέν — δσων : Greg.
Naz., Or. 21, PG 35, 1084A7. 17 κατηρτίζετο πνεύματι : Greg. Naz., Or. 43, PG 36,
541A14et604A14.

LE PANÉGYRIQUE DE CONSTANTIN VII PORPH YROGÉNÈTE

41

Λόγος εις την έπάνοδον τών λειψάνων του εν άγίοις πατρός ημών
Γρηγορίου του Θεολόγου.
Κύριε, εύλόγησον.

5

10

15

20

1 . Πανήγυρις ιερά και ύπέρλαμπρος ή του θαυμαστού Γρηγορίου
και Θεολόγου επάνοδος, καΐ τών ετησίων αύτου πανηγύρεων ή
λαμπρότατη και ύπεραίρουσα - κεφάλαιον δε πανηγύρεως
ταύτης αίτίω το ούτω τιμδσθαι και
μνημονεΐ5σαι Θεού, παρ' ου τω
μεθ'
πανηγυρίζεσθαι, κάντευθεν
ηδονής ανέκφραστου το εκείνης
άποθειάζειν σε^άσμιον -, Γρηγορίου εκείνου, δν ως ούκ οΐδ' ε'ι τίνα
άλλον ή φύσις άσπίλως άπογεννήσασα το της πρώτης πλάσεως εκ
παθών άνεπίμικτον έν αύτω διεμόρφωσεν, ώστε μεγίστων και ου
μεν οδν ε'ιποι τις άν ήλίκων και δσων των άπ 'αυτοί) ωφελειών και
δι'
χαρίτων έπαπολαύσαντες, η μάλλον ειπείν απολαύοντες, ||(275)
ων τα υπέρ εννοιαν ήμϊν έκκαλύψας μυστήρια ύψηλοτέρας
αναβάσεως και
θειοτέρας άγωγης νομοθέτης καθέστηκεν,
πανηγυρίζειν αύτω δεΐν ύπειλήφαμεν, ού μόνον ως άξίω της τών
ούδ'
ύπερφυών καταλήψεως,
ως δοχείω πάσης θ-είας τε και
ούδ'
ανθρωπινής σοφίας,
ώς δεδωμένω δώρον εύχης τοις
γεννήσασι, εξ ου και πρό της ώδίνος και μετά την ώδΐνα τω
παναγίω διεπλάττετο και κατηρτίζετο Πνεύματι, δπερ έπ' ολίγων
εστίν ίδεϊν, άλλα και ώς καΦηγεμόνι της νυν εορτής έν ?) προς τους
οικείους της πίστεως έπεδήμησεν, και ώς άπό τίνος νίκης και
τροπαίων
δι'
ά και λαμπροτέραν
έπανιόντι, ω\>
συγκροτουμεν
κατά τών αίρετιζόντων
αύτω την πανήγυριν.
πριν άνεστήσατο,

2. "Οτι μεν οδν υπέρτερος παντός επαίνου και πάσης λόγου
δυνάμεως άναδέδεικται και ούδ' έν προΦύροις ψαύειν αύτου τις
κατατολμήσειεν, κάν δτι μάλιστα τών άλλων ύπέρκειται, ούκ
25 εστίν, ούχ οΰτως έχούσης της αληθείας, μη ού μόνος αυτός έαυτω
διαρκέση προς ευφημίας ύπόθεσιν, ωσπερ αί φυσικά! τών μορφών,
τάς κομμωτικάς περιεργίας μακράν άπωθούμεναι. Ει δε μικρόν τι
προσθχγειν ό λόγος νεανιεύσοιτο, πολλού μεν άν εσται άξιος, ει
τοσούτον εύδοκιμήσειν χαριτωθ-ήσεται· ει δέ μη τοσούτον, της
30 μέντοι προθυμίας άποδεκτέος, του δέ γε καθήκοντος τοσούτω
διεστηκώς όφθήσεται και άπολιπόμενος δσω τών έπ! γης τά υπέρ
ήμας κα! ουράνια.
Tit. 1-2 έγκώμιον εις τήν έπάνοδον τοο τιμίου λειψάνου τοΰ έν θεολογία
ύπεραστράψαντος πατρός ημών Γρηγορίου Τ.
1 . 2 και Θεολόγου om. Τ || 4 τώ ... αίτίω Τ: τδ ... αΐ'τιον Μ || 6 άποθιάζει Μ || 10 ή απολαύοντες om. Τ || 13 ώς ά£ίω Τ : άξίως Μ || 15 δεδωμένος Μ || 20 ένεστησατο
Μ.
2. 23 ουδέ εν Μ || 25 μη ού Τ : μη Μ || 27 περγίας Τ || 28 προσθήγειν Μ || 29
τοσοίΐτον - μη om. Τ || 31 άπολειπό- Τ.

42

BERNARD FLUSIN

3. Voilà donc comment il m'était possible de triompher, parce que la
défaite était inévitable. Et si, pour les autres, produire un éloge qui
dépasse ou égale les exploits qu'il célèbre est une grande chose, pour
moi qui juge que ne pas proférer un mot équivaut à atteindre la moitié du
tout, ne pas même approcher ce qui est supérieur est chose plus grande et
plus agréable encore. Mais puisque l'intellect est vaincu par la grandeur
des exploits de cet homme, puisque la force de l'éloquence, cédant
devant lui, se rétracte, et qu'il se produit là encore quelque chose de
semblable à l'effet des rayons du soleil sur les yeux faibles, ou à celui de
l'infranchissable étendue des mers dont les limites, du fait de leur
immensité, échappent à la vue, même ainsi je ne saurais trouver là pré
texte à déserter, car je peux m'en remettre à la miséricorde de ce père,
puisqu'en cela aussi il l'a emporté largement sur les autres, à la fois en
triomphant par sa miséricorde de ceux qui avaient péché envers lui et en
pardonnant à ceux qui, se lançant dans une entreprise qui passe leurs
forces, restent impuissants devant un but qu'ils ne peuvent atteindre.
4. Ainsi donc, puisque nous avons montré qu'il était hors d'atteinte
pour tout éloge, mais qu'il n'y avait pour nous nul danger à lui présenter
notre louange, allons, après avoir bénéficié un peu des grâces qui éma
nent de lui, avançons-nous désormais comme vers quelque sanctuaire
que la lumière divine illumine. Car cet homme, plus qu'aucun, est divin
et sacré, oui, il l'est plus encore que toute offrande divine et sacrée que
l'on fait à Dieu. En effet, celui que la lumière surnaturelle et incompréh
ensiblede la Trinité a baigné de ses rayons, celui bien plutôt auquel la
Trinité même, venue habiter dans son âme, a révélé et montré ses indi
cibles
mystères, comment ne serait-il pas le séjour de toute sainteté, le
réceptacle parfaitement déiforme de tous les mystères cachés de la théo
logie ? Car tout comme la lumière du soleil, venant frapper les matières
diaphanes, les rend plus lumineuses en mêlant son rayon à la transpa
rente
pureté de la matière, de la même façon aussi, la lumière trinitaire,
baignant de ses rayons l'âme très pure de Grégoire et, pour ainsi dire, se
mélangeant à elle, l'a rendue beaucoup plus transparente et plus lumi
neuse que la lumière solaire. C'est pourquoi on l'a vu paraître comme un
luminaire dans le monde, portant la parole de vie, et, selon sa participa
tion
à la lumière première, comme une lumière seconde qui vient illumi
ner
ceux qui sont dans l'ignorance de cette lumière trinitaire.
5. Voilà donc quel est mon jugement sur ce point, dussé-je donner à
croire que je suis un audacieux pour ainsi m' attaquer à une entreprise qui
passe ma mesure. Et vous tous, gens d'éloquence et serviteurs de l'autel,
§3 40-41 oTov — δψεων : Greg. Naz., Or. 43, PG 36, 497A14-B1.
§4 50 μικράν άπορροήν : Greg. Naz., Or. 7, PG 35, 776C5-6. 51 ως προς —
βαδιούμεθα : Greg. Naz., Or. 43, PG 36, 496C13. 64 φωστήρ — ζωής : Phil. 2, 15;
Const., loh. Chr., p. 318.
§5 68-71 όσοι του λόγου — καΐ άλλος άλλο τι : Greg. Naz., Or. 43, PG 36,

LE PANÉGYRIQUE DE CONSTANTIN VII PORPHYROGÉNÈTE

43

3. Και οΰτως μοι λοιπόν ύπηρ£ε νικαν, τω την η"τταν
άναμφίλεκτον άπενέγκασθαι· καΐ ει τοις άλλοις μέγα το
35 παραδραμεϊν η παρισώσαι τοις εργοις τον επαινον, μείζον έμοί και
χαρίεν, τω μηδέ λόγους προίεσθαι Ί'σον κρίνοντι του παντός ||
(275ν) έφικέσθαι τών μέσων, τό μηδέ έγγύθεν προσιέναι τοις
κρείττοσιν. Άλλ'έπεί τω μεγέθει των του ανδρός κατορθωμάτων
ηττάται μέν νους, τό των λόγων δε κράτος υποχωρεί και
40 συστέλλεται και γίνεται τι τοιούτον κάνταΰθα, οίον περί την
ήλιακήν ακτίνα ταϊς άσθενέσι των όψεων, η περί τα μακρά και
άδιεξίτητα πελάγη τοις όφθαλμοίς δι' άπειρίαν ούχ οριζόμενα, ούδ'
ούτως λιποταξίου σχοίην λαδάς, τω συμπαθεί του πατρός έμαυτόν
αναθεμένος, ό'τι κάν τούτω των άλλων κατά πολύ διήνεγκεν
45 συμπάθεια νικών ού μόνον τους εις αυτόν άμαρτήσαντας, αλλά
καΐ συγγνώμην διδούς τοις προς τι των μειζόνων έπεκτεινομένοις,
έξατονουσι δε τω άνεφίκτω του πράγματος.

50

55

60

65

4. Ούκουν, έπείπερ του μέν τό προς επαίνους άπρόσιτον
άπεδείξαμεν, ήμΐν δέ καθ·' δσον οΓόν τε την εύφημίαν προσάγειν
άκίνδυνον, φέρε, μικράν άπορροήν των αύτου χαρισμάτων
δεξάμενοι, ως προς τι θεολαμπές ιερόν διά των έξης |3αδιούμεθα.
Θείος γάρ ει καί τις άλλος και ιερός ό άνήρ και παντός θείου και
ίεροΰ αναθήματος θειότερός τε καί ίερώτερος. ΤΩι γάρ τό
ύπερφυές και άκατάληπτον της Τριάδος περιέλαμψε φως, μάλλον
δέ ή Τριάς αύτη τη εκείνου ψυχή ένσκηνώσασα των απορρήτων
αύτης μυστηρίων την δήλωσιν άπεκάλυψεν, πώς ού πάσης μέν
άγιότητος ενδιαίτημα, πάσης δέ κρυφιομύστου θεηγορίας δοχείον
θεοειδέστατον ; Ώς γάρ προς τάς διαφανείς ΰλας τό ήλιακόν
εμπίπτον φώς φωτοειδεστέρας εργάζεται συγκιρναμένης της
άκτίνος τη της ΰλης διαύγεια και καθαρότητι, ούτως και του
τριαδικού φωτός τη τούτου κα&αρωτάτη ψυχή περιλάμψαντος και
οίον άνακραθέντος αύτη, 1 1(276) πολλώ διαυγεστέραν και
φωτοειδεστέραν του ηλιακού φωτός άπειργάσατο, έξ οδ και
φωστήρ εν κόσμω λόγον επέχων ζωής και κατά μετουσίαν του
πρώτου φωτός φώς δεύτερον και φωτιστικόν τών έν αγνοία του
τριαδικού φωτός άναδέδεικται.

5. Ούτως μέν εγώ περί τούτο κέκρικα ει καί θρασύς νομισθείην
και εις τά άμετρα έκτεινόμενος- ύμεΐς δέ, δσοι του λόγου καί δσοι
του βήματος, όσοι της θεωρίας και ό'σοι της πράξεως, επί τουτονί
70 τον αγώνα συνέλθετε μοι καί κάμνοντι περί τον λόγον
3 . 33 οϋτω Τ || τφ Τ : τό Μ || 36 χάριεν Τ || τώ nos : τδ ΜΤ || 37 μηδ' Τ || 40
κάνταΰθα τοιοότον Τ || 41 ταϊς Τ: τοις Μ || 42 τοις όφθαλμοΐς Μ : τα Τ || ού
χωριζόμενα Μ || 43 λαβάς Τ : λαβδσι Μ || τοο πατρός Τ : τούπίσω Μ || 44
Οιενήνεγκε Τ.
4. 49 μεθ' όσον Τ || 52 ό om. M || 55 δ 'ή Τ || 60 οΰτω Τ.
5 . 67 οΰτω Τ II τούτου Τ ||

44

BERNARD FLUSIN

que vous soyez adonnés à la contemplation ou à la vie pratique, venez me
soutenir dans la lutte où je m'engage, venez me protéger tandis que je peine
pour ce discours, apportez votre contribution à ces louanges, et venez cha
cun ajouter de nouvelles paroles dignes de ce retour. Car même si toutes les
langues, purifiées par le charbon ardent du Séraphin ou trempées au feu de
l'Esprit, concouraient à ce même but, elles ne sauraient suffire à exposer
dignement le moindre des avantages qui appartiennent à ce grand homme.
Allons donc, il faut cependant nous risquer, et nous attaquer à notre propos
maintenant que nous avons donné à cette fête un bel et suffisant exorde.
6. C'est une église apostolique et auguste qui accueille en son sein le
héraut égal en honneur aux apôtres, l'initié aux grondements du tonnerre
céleste, une église magnifique et tout à fait splendide qui apporte au saint
des saints le trésor, bien digne de la sainteté, de la théologie, une église
— et n'allez pas me reprocher d'être insatiable, puisque, si j'éprouve ce
sentiment, c'est à cause de l'ardeur de mon zèle — , oui, une église vra
iment tout admirable et bien digne d'être chantée qui a enveloppé dans
son adyton le temple vivant de la Trinité plus que divine.
7. Cette église — car je veux, aux auditeurs présents, offrir un instant
de plaisir — , par sa grandeur, égale dirait-on le firmament céleste et, par
les lumières qui s'y répandent, ressemble aux feux scintillants des
étoiles. Aux amis de cette fête, les réalités présentes suggèrent par
avance et symbolisent la splendeur de l'autre monde. Ici, on peut admir
erl'habileté des constructions ainsi qu'une grandeur à la mesure de
l'œuvre ; ici, les règles de l'égalité sont fermement établies, les lois de
l'harmonie fermement respectées. Oui, outre cela, les plaques de marbre,
toutes blanches ou mêlant diverses couleurs, dont les unes, dans leur
beauté, dessinent naturellement des lignes aux formes diverses tandis
qu'ailleurs leurs fragments assemblés produisent des tableaux à la re
ssemblance
d'animaux variés ou d'autres êtres encore, avec aussi leur
agencement et leur ajustement si lisses qu'ils échappent au regard, revê
tant la surface des murs comme de tuniques brodées d'or, persuadent les
sens de reconnaître dans ce sanctuaire plein de beauté un autre lieu
planté de mille fleurs ainsi que de mille arbres. Car les colonnes, dispo
séesen cercle tout autour, ou celles qui prennent appui sur le pourtour
des galeries supérieures, par la diversité naturelle de leurs couleurs, sem
blent des végétaux parvenus à la taille des arbres.
8. Des arcs immenses qui s'élancent dans les airs, reposant sur des
piliers semblables à ceux d'Atlas, unis à leurs extrémités qui se rejo
ignent entre elles et raffermis par l'appui qu'ils se donnent mutuellement,
604B. 68-71 οσοι του βήματος — συνεπαμύνασΦε : Greg. Naz., Or. 21, PG 35,
1092C10-1093A1. 73 το σεραφικώ — ανθρακι : Is. 6, 6.
§7 86-103 Leo VI, Transi, §7, p. 495-496.
§8 104-114 Leo VI, Transi, §7, p. 495-496. 109 άμίμητον : Leo VI, Transi, §7,

LE PANÉGYRIQUE DE CONSTANTIN VII PORPHYROGÉNÈTE

45

συνεπαμύνασθε, και τον επαινον συμμερίσασθε, καΐ άλλος άλλο τι
τών της επανόδου άξιων προσφθέγξασθε. Ουδέ γαρ ει πάντων αί
γλώσσαι τω σεραφικω καταργείσαι ανθρακι <τύχοιεν> ή τω του
παρακλήτου Πνεύματος
στομωθεϊσαι πυρ! και
εις ταύτδ
75 συνελθουσαι, δυνηθείεν αν τι τών έκείνω προσόντων άξίως
διαλα&εΐν. Πειρατέον δ'ούν και άντιληπτέον της υποθέσεως, |
καλώς και άποχρώντως ήμίν προοιμιασθείσης της πανηγύρεως.
6. Ναός αποστολικός και σεβάσμιος τον τών αποστόλων
ίσότιμον κήρυκα και τών της ουρανίου βροντής άπηχημάτων
80 μύστην έγκολποΰται και υποδέχεται, ναός μεγαλοπρεπής και
ύπέρλαμπρος το άγιοπρεπές της θεολογίας θησαύρισμα προς τα
τών άγιων άνατίθησιν αγία, ναός - και μη μοι μέμψησθε της
απληστίας τούτο πάσχοντι δια ζήλου θερμότητα - ύπερθαύμαστος
όντως και άξιύμνητος το της ύπερθέου Τριάδος εμψυχον τέμενος
85 τών εαυτού άδυτων ει'σω περιεστείλατο.
7. Οδτος, Ινα μικρόν τι προς ήδονήν τοις παρουσι χαρίσωμαι,
μεγέθει μέν, ώς αν τις ε'ιποι, τω ούρανίω άπείκασται στερεώματι,
φωτοχυσία δέ τοις τών άστρων ώμοίωται
φρυκτωρήμασι, και
σύμβολα της εκείθεν λαμπρότητος τα παρόντα τοις φιλεόρτοις
90 πρου'παινίσσεται. "Ενθα και οικοδομών εύτεχνία θαυμάζεται, ||
(276ν) και μέγεθος αναλογούν τω ποιήματι, καΐ ίσότητος δροι
διαπεπήγασι και συμμετρίας νόμοι διατετήρηνται, ναι μην και
πλακών διαλεύκων και πολυχρόων αί φυσικώς εις πολυμόρφους
γραμμάς σχηματιζόμεναι ώραιότητες, α!' τε άπό συνθέτων
95 τμημάτων
προς
διαφόρων
ζώων
η
τίνων
αλλων
ειδών
ζωγραφούμεναι ομοιότητας και ή έπι τούτοις άρμογη και
παράθεσις τώ λείω την δψιν διαλανθάνουσαι, ώσπερ τινές
χρυσόστικτοι χιτώνες τάς τών τοίχων δψεις καταστολίζουσαι,
άλλον τινά πολυανθη και πολύδενδρον χώρον τό περικαλλές ιερόν
100 ύπολαμδάνειν
την
α'ισθησιν
πείθουσιν,
ατε
τών
κύκλω
περιηγμένων
κιόνων
και
τών
τοίς
άνωθεν
περιδρόμοις
περιερηρεισμένων δίκην φυτών άποδενδρωθέντων τη φυσική τών
χρωμάτων διαφορότητι.
8. 'Υπερμεγέθεις δέ και διαέριοι άψϊδες ώς επί τίνων
105 ατλαντικών έπικείμεναι στηριγμάτων και τ?) προς αλληλα τών
ακρών | συνθέσει κοινοποιούμεναι και διαλλήλοις έδράσμασι
στερροποιούμεναι την χρυσοφόρον έκείνην όροφήν ύπερείδουσιν,
εφ'
fjç υπερθεν δεσποτικός χαρακτήρ χρυσολαμπέσι ψηφΐσιν
έγγέγραπται, τοσούτον τό έκ της τέχνης ύπερφυές και άμίμητον
71 συνεπαμύνασθε Τ || 73 τύχοιεν addidi.
6. 83 θερμότητος Τ.
7. 88 φωταγωγία Τ || 90 οικοδόμων Τ || 92 -γασιν Τ || 93 at Μ || 95 η tlvöv Μ || 96
ομοιότητες Τ || 97 δΊαλανθάνουσα Τ || ώσπέρ τίνες Μ || 99 αλλόν τίνα Μ || 102
περιερηρεισμένων nos : περιερρεισμένων Μ έρηρεισμένων Τ.
8. 105 άτλαντιβών Τ || επικείμενα Τ || 107 χρυσόροφον Τ || 109 τοσοοτο Τ ||

46

BERNARD FLUSIN

soutiennent cette coupole fameuse, ornée d'or, sur laquelle, tout au-dess
us,
est peinte en tesselles rayonnant d'or l'effigie du Maître, à laquelle
l'art a su donner une apparence si extraordinairement inimitable qu'on la
dirait animée et qu'elle emplit d'effroi et de stupeur ceux qui fixent leurs
yeux sur elle. Quant aux autres coupoles, un peu plus basses que celle du
centre, et dont la disposition dessine un carré, elles organisent et unissent
ce temple sacré comme si c'était un monde formé de quatre éléments.
9. Eh bien donc, même si notre discours, nous entraînant vers les merv
eilles
de cette église, nous a distraits un instant, il nous faut cependant
revenir à notre propos, il nous faut, à nous les amis de la fête, célébrer cette
solennité d'une façon toute spirituelle. La fête et la solennité d'aujourd'hui,
consacrée au bon pasteur et au théologien du Christ, proclame à son de
trompe et indique son retour auprès de nous, et ce retour, je le sais et consi
dèrebeaucoup plus précieux même que le départ qui conduisit <Grégoire>
hors de ce monde auprès de Dieu. Car l'enseignement de ce départ, c'est sa
séparation d'avec nous et pour ainsi dire sa retraite, tandis que la leçon
d'aujourd'hui, c'est son retour vers nous et, après tant d'années, son rappel.
Il me semble aussi que le ciel lui-même se réjouit avec l'air lumineux et
serein, et que ses habitants, possédés par l'amour de ce pasteur et de ce doct
eur, jubilent, exultent et applaudissent avec une joie éclatante.
10. Aujourd'hui vraiment, en effet, l'Orient, venu du ciel, nous a visi
tés. De l'est, comme un soleil aux mille feux, il a fait lever le Théologien
et dissipé la tristesse que nous avions d'être privés de lui. Aujourd'hui, la
Trinité, produisant son champion sur le devant de la scène, abat la forte
resse des hérésies, exalte l'armée des orthodoxes. Aujourd'hui, la
colonne toute resplendissante de l'orthodoxie, marchant en tête du
peuple de la grâce, après avoir traversé comme un désert la longue suite
des siècles, loin d'être éclipsée comme l'ancienne, qui la préfigurait obs
curément,
après son arrivée se dresse au milieu de nous et de sa lumière
illumine tous les ordres des orthodoxes.
11. À l'instant, le père revient comme d'un long voyage, et ses
enfants, pressés autour de lui, au comble de la joie, se transforment pour
accueillir un divin changement. À l'instant, le pasteur s'est avancé vers
son troupeau, et ses brebis spirituelles accourent joyeusement à lui, abri
tées désormais de toutes les attaques. À l'instant, les temples sacrés, se
joignant à cette église sainte qui imite le ciel pour célébrer cette solen
nité, entraînant dans leurs chœurs joyeux les anges qui veillent sur eux,
fêtent le rappel du hiérarque, le Théologien.
p. 495, 1. 2 ab imo.
§9 118 του καλοϋ ποιμένος : Jn 10, 1 1.
§10 128 ανατολή — έπεσκέψατο : Le 1, 78. 133-134 στύλος ... προηγούμενος : Ex.
13, 21-22.
§11 140 θείαν άλλοίωσιν : Ps. 76, 1 ; Greg. Naz., Or. 43, PG 36, 585C6.

LE PANEGYRIQUE DE CONSTANTIN VII PORPHYROGENETE

47

110 κληρωσάμενος, ώς εμπνους ύποτοπάζεσθαι και φρίκης καΐ
θαύματος έμπιμπλδν τους προς αυτόν ατενίζοντας. Αι δ' αλλαι
των οροφών μικρόν ύπο'βε&ηκυΐαι τω μεγέθει του μέσου και εις
τετράπλευρον σχήμα διαγραφόμεναι, ωσπερ τινά τετράστοιχον
κόσμον το ιερόν συνιστώσι καΐ συνέχουσι τέμενος.
115

9. 'Αλλ' ει και προς τα του ναού θαύματα λαδών ό λόγος ήμας
άπησχόλησεν, έττανιτέον προς το προκείμενον και πανηγυριστέον
τοις φιλεόρτοις πνευματικώτατα. 'Η σήμερον εορτή και πανήγυρις
του καλού ποιμένος και θεολόγου Χρίστου τήν προς ήμας αύτου
έπανέλευσιν διασαλ||(277)πίζει και ύποδείκνυσιν, ήν και της εκ
120 τοΰδε τοϋ βίου προς θεόν αναλύσεως πολλω τιμιωτέραν οΐδα και
τίθημι. Δι' εκείνης μεν γαρ τήν άφ' ημών αύτου διάστασιν και οίον
άναχώρησιν διδασκόμενα, δια δε ταύτης τήν προς ήμας έττάνοδον
και δια μακρών τών χρόνων έπανάκλησιν παιδευόμεθα. Δοκώ μοι
και
αυτόν
τον
ούρανόν
τω
αέρι
λαμπρόν
αίθριάζοντι
125 συναγάλλεσθαι και τους περί αυτόν τω φίλτρω του ποιμένος και
διδασκάλου κατεχόμενους ήδεσθαί τε καΐ σκιρτάν και κροτεϊν
λαμπρόν καΐ χαρμόσυνον.
10. Σήμερον γαρ αληθώς ανατολή έξ ύψους ήμας έπεσκέψατο, εξ
έωας τον θεολόγον ώς πολύφωτον άνατείλασα ηλιον, και τό
130 σκυθρωπόν της περί αυτόν στερήσεως διαλύσασα. Σήμερον ή
Τριάς, τόν εαυτής ύπέρμαχον θεατρίζουσα, τό τών αιρέσεων
καταδάλλει όχύρωμα και άνυψοί τό τών ορθοδόξων σύστημα.
Σήμερον ό της ορθοδοξίας φωτοειδέστατος | στύλος και του εν
χάριτι λαού προηγούμενος, τήν τών μακρών χρόνων παραδρομήν
135 άλλ'
οία τίνα δια&ας ερημον, ούχ ώς ό παλαιός και σκιώδης έκλέλοιπεν,
έλθών εστη μέσον ημών, τώ εαυτού φωτι καταπυρσεύων τα
τών ορθοδόξων πληρώματα.
1 1 . "Αρτι του πατρός ώς άπό τίνος αποδημίας έπανιόντος, περί
αυτόν τα τέκνα συναθροιζόμενα τω ύπερ&άλλοντι της χαράς προς
140 θείαν άλλοίωσιν μετατρέπονται. "Αρτι του ποιμένος προς τήν
εαυτού ποίμνην είσελάσαντος περιχαρώς τούτω τα λογικά
προσίασι θρέμματα, έπι€ουλαΐς άπάσαις άνάλωτα. "Αρτι τά ιερά
τεμένη τω θείω τούτω και ούρανομιμήτω ναω συμπανηγυρίζοντα
και τους εφόρους αυτών αγγέλους συγχορευτας της ευφροσύνης
145 παραλαμ^άνοντα του ίεράρχου και Θεολόγου τήν έπανάκλησιν
έορτάζουσι.
110 εμπνουν Τ || 113 άγραφόμενοα Τ || ώσπέρ τίνα ΜΤ.
9. 125 αυτήν Μ || 126 άνασκι,ρταν Τ.
10. 129 του θεολόγου Μ || 130 ή om. Τ || Ι32τώνόρθ. τ6 σύστ. Τ.
11. 142 ]άίς άπάσαις[ leg. nequ. M || 142-3 ]ρά τεμένη[ leg. nequ. M ||
143 ]ούρανομιμήτφ - άγγέ[ leg. nequ. M || 144-145 ]συγχορευτάς - παραλαμβάνον[
leg. nequ. M.

48

BERNARD FLUSIN

12. Maintenant, celui qui avait augmenté et accru ce troupeau de petit
et réduit qu'il était jadis pour lui donner la belle ordonnance qu'il a pré
sentement,
revenu vers lui, se réjouit et exulte parce qu'il voit que ses
peines, maintenant tout autant que de son vivant, ont fait progresser son
accroissement. Aujourd'hui le grand prêtre devenu semblable à Dieu
reprend possession de sa chaire, la Trinité brille d'un éclat plus vif, la foi
s'exprime avec confiance, les amants de la sagesse de ce grand homme
se bousculent et affluent auprès de cette église, auprès de cette sainte
barrière pour jouir de la dépouille du Théologien. Maintenant, revenu de
l'exil lointain où il avait été déposé comme autrefois il était revenu de la
campagne, voici qu'il reçoit de nous en retour notre amour, qu'il éteint la
flamme qu'avait allumée son éloignement et qu'il nous exhorte à prendre
part aux grâces qui émanent de lui et qu'il a ramenées avec lui à l'occa
sion
de son retour.
13. Hier, on le chassait de son trône, et la troupe des hérétiques redress
ait
la tête et fanfaronnait parce que notre puissance et notre force nous
étaient enlevées. Aujourd'hui il est ramené vers ce trône, et les champ
ions de la malignité frémissent de crainte tandis que bat en retraite la
foule funeste des démons qui guide leur armée. Hier, contraint de rentrer
chez lui, il se hâtait de se retirer et il entendait dire à ceux dont la foi
était plus ardente qu'avec lui, c'était la Trinité qu'on chassait.
Aujourd'hui, oubliant sa maison et son père, il revient plein d'ardeur,
ramenant avec lui la Trinité, rendu à ceux qui l'aiment et illuminant des
âmes qui, privées de lui, étaient dans l'abattement. Hier il était chassé du
beau séjour qu'il partageait avec les saints apôtres et courait vers sa
chère solitude ; maintenant, le voici qui revient vers eux à la fois comme
vers ses maîtres dans les combats et pour célébrer avec eux une fête plus
parfaite, lui qui n'avait pu le faire plus tôt à cause de l'écharde satanique
qu'avaient plantée ses adversaires.
14. Mais allons, il est bon de ramener notre discours en arrière et de
mentionner quelques événements de la vie de ce père, afin qu'ainsi nous
embrassions brièvement selon un juste rythme ce qu'il a antérieurement
accompli, et qu'il en résulte pour nous une narration ordonnée et appro§12 147-8 Νυν — πλατύνας: Greg. Naz., Or. 42, PG 36, 460A3-5.
151 ό
άφωμοιωμένος — άρχιερεύς : Hébr. 7, 3. 156-7 έξ άγροΰ έπανελθύν : Greg. Naz.,
Or. 26, PG 35, 1228, tit.
§13 167-8 συνεκβάλλειν — Γΐκουε : Greg. Naz., Carmen de seipso, v. 1100, PG 37,
1105; Greg. Presb., Vita Greg. Naz., PG 35, 285B1. 168-9 έπιλαθόμενος — αύτου :
Gen. 12, 1.
171 της καλής μετοικίας : Greg. Naz., Or. AI, PG 36, 489B14. 173-4
ώς — διδασκάλους : Greg. Naz., Or. 42, PG 36, 489BC15. 174 συμπανηγυρισων —
πρότερον : Greg. Naz., Or. 42, PG 36, 489C16. 175 Σαταν τε και σκόλοπα : // Cor.
12, 7 ; Greg. Naz., Or. 42, PG 36, 489C17.
§14 179-80 ως — δεδηλωκε : Or. 15, PG 35, 913A1. 179-183 Οδτος — έσφάλησαν :
Greg. Presb., Vita Greg. Naz., PG 35, 248AB. 183-6 Και επειδή — μετεφέρετο :
Greg. Presb., Vita Greg. Naz., PG 35, 248CD.

LE PANÉGYRIQUE DE CONSTANTIN VII PORPHYROGÉNÈTE

49

12. Νυν ό τό μικρόν τούτο πάλαι ποίμνιον και βραχύ αύξήσας τε
και πλατύνας και εις τήν παρουσαν καλλονήν ||(277ν) και
κατάστασιν άγαγών, προς τοΰτο έπανελθών, χαίρει και γέγηθεν,
150 ούχ ήττον νυν ήπερ ζών τους οικείους καμάτους προς αυξησιν
έπιδεδωκότας θεώμενος. Νυν ό αφομοιωμένος τω θεώ άρχιερεύς
τήν οίκείαν καθέδραν απολαμβάνει, και άναλάμπει τρανότερον ή
Τριάς, και ό της πίστεως λόγος παρρησιάζεται, και οί της εκείνου
σοφίας έρασται περί τούτον ι τον ναδν και την ίεράν ταύτην
155 κιγκλίδα συνωθούνται τε και συνεισρέουσι, του θεολογικού
κατεντρυφήσαι σκηνώματος. Νυν ωσπερ πρότερον εξ άγρου
έπανελθών
της
άπωκισμένης
καΐ
μακράς
καταθέσεως,
άντιλαμ&άνει τον εξ ημών πόθον και την εκ της διαστάσεως
σδέννυσι φλόγα και μετασχεΐν των εξ αύτοΰ χαρίτων προτρέπεται,
160 ας επανερχόμενος έαυτω συνεισήνεγκεν.
1 3 . Χθες άπηίλαύνετο τοί) θρόνου και το των αιρετικών σύστημα
έπηρτό τε και ήλαζονεύετο ώς του έν ήμίν κράτους και της ισχύος
καθηρημένης. Σήμερον εισάγεται προς αυτόν, και όρρωδοΰσι μεν
οι της κακίας προστάται, ύπεξίσταται δε ή τούτων στρατηγός τών
165 δαιμόνων
πληθύς
και
ολέθριος.
Χθες,
άπαίρειν
ο'ικοι
κατηναγκάζετο καΐ προς την άναχώρησιν κατηπείγετο και
συνεκ£άλλειν έαυτω την Τριάδα παρά τών θερμότερων της
πίστεως ηκουε· σήμερον, έπιλαθόμενος του ο'ικου και του πατρός
αύτου επανέρχεται πρόθυμος, συνεισάγων έαυτώ την Τριάδα και
170 τοις ποθουσιν αποδιδόμενος, καΐ φαιδρύνων ψυχάς αϊ τη εκείνου
στερήσει κατηφιώσαι διέκειντο. Χθες της καλής μετοικίας τών
ιερών άπωκίζετο αποστόλων, και προς την φίλην αύτω έρημίαν
άπέτρεχε* 11(278) νυν έπάνεισι προς αυτούς και ώς της αθλήσεως
διδασκάλους καΐ ώς συμπανηγυρίσων αύτοϊς τελεώτερον ει και μη
175 πρότερον δια τόν εκ τών εναντίων Σαταν τε καΐ σκόλοπα.
14. Άλλα γαρ καλόν δίνω τόν λόγον έπαναγαγεϊν, και μικρά
περί της του πατρός μνημονεΰσαι διαγωγής, IV οΰτω κατά ρυθμόν
τών αύτω προΰπηργμένων βραχέως διειλημμένων, ακόλουθος και
αρμόζουσα ήμίν επακολούθηση διήγησις. Οδτος, ώς ό περί εκείνου
180 βίος
τοις φιλομαθέσι
δεδήλωκε,
πατρίδος
μεν εφυ
της
Καππαδοκών, γονέων δέ εύσε^εία συζώντων και θεω το πλείστον,
μάλλον δέ τό παν άνατεθηκότων, ώς και καρπόν ευχής τούτον
λα&είν και μή άποτυχεΐν &ν έλπίζοντες ούκ έσφάλησαν. Και επειδή
12. 154 τούτον! post corr. (I s.l.) M || 154-5 ΐεράν - κιγκλίδα Τ: έτέραν κιγκλ.
ταύτην Μ || 155 συνωθοΰντες Μ || 157 άνελθών Μ || 159 έζ αύτοΰ χαρίτων om. M
|| 160 συνεισή iter. ut videtur et del. M.
13. 164 ύπερίσταται Τ || 168 ηκουσεν Τ || έπιλαθόμενος + κα! Τ || 169 προθύμως Μ
[Ι 173 άπέτρεχε Τ : απέρχεται Μ || 174 αυτούς Μ.
14. 177 ρυθμόν + κα! τάξιν Τ || 179 ήμίν Μ: ή νυν Τ || επακολουθήσει Μ ||
181 συζώντων ευσέβεια Τ ||

50

BERNARD FLUSIN

priée. Notre homme donc, ainsi que sa vie l'a montré à ceux qui aiment à
s'instruire, à sa naissance, eut pour patrie la Cappadoce et pour parents
de pieuses personnes qui avaient consacré à Dieu l'essentiel ou plutôt la
totalité de leur vie, si bien qu'ils reçurent Grégoire comme le fruit de
leur prière et qu'ils ne furent pas frustrés des espoirs qu'ils avaient just
ement conçus. Après qu'il eut goûté aux écoles de Césarée, on l'envoya
vers les maîtres de Palestine et d'Alexandrie, puis il se transporta à
Athènes. C'est alors qu'il fit naufrage et que, de son côté, l'apparition de
ses parents lui procura la vie sauve, tandis que ceux-ci, par une vision,
avaient la révélation de la délivrance de leur enfant. C'est là aussi qu'il
fait connaissance avec Basile le Grand, et tous deux, pratiquant la philo
sophie, recherchant la vertu, la familiarité avec Dieu et l'ascension vers
lui, sont une paire d'amis partageant la piété et les mêmes mœurs, et se
font connaître pour tels. Ensuite, l'un revient à Césarée avant que l'autre,
arrivant après lui, ne se consacre tout joyeux à ses parents, auxquels,
naguère sauvé par leurs prières, il donnait en retour tous ses soins. Et
après avoir obtenu par le bain du baptême la renaissance après laquelle il
aspirait, il embrasse avec Basile le séjour dans le Pont, puis revient vers
son père, qui lui avait donné l'onction sacerdotale, avant d'aller à
Séleucie mener une vie de retraite et de silence.
15. Peu après, de retour, le voici qui combat contre les hérétiques. Il
réconcilie Basile avec le précédent pontife et, par de nobles combats,
prend part à ses côtés à l'ascension qui le porte vers le siège eminent tan
dis que de son côté il reçoit de lui l'imposition des mains qui lui confère
la dignité épiscopale. Ensuite, sous l'effet de l'inspiration divine, il se
rend à Byzance, et c'est la lutte incessante contre les tenants de l'opinion
adverse, sa victoire à lui, leur défaite à eux, l'accroissement quotidien du
nombre de ceux qu'il sauve, la ruine des pneumatomaques, la déroute
des alliés d'Eunome, l'effondrement des défenseurs d'Apollinaire, et,
pour finir, la lapidation qu'ils lui font subir, son salut et sa délivrance
miraculeux.
16. Et donc, pour laisser de côté la révérence que tous lui manifest
aient,l'hypocrisie du philosophe cynique, l'amour et les dispositions
paternels qu'il lui témoigna et la révolte de celui-ci contre son propre
184 των — παιδευτηρίων : Greg. Naz., Or. 43, PG 36, 512A7-9.
186-8 ήνίκα —
άπολύτρωσις : Greg. Presb., Vita Greg. Naz., PG 35, 249AC. 188-91 "Ενθα —
γνωριζόμενοι : Greg. Presb., Vita Greg. Naz·, PG 35, 252A-257A. 189 αναγνωρίζεται
Βασιλείω: Greg. Naz., Or. 43, PG 36, 513A9-10. 189 φιλοσοφοΰσιν αμφω : Greg.
Naz., Or. 43, PG 36, 520C9-11. 190-191 ξυνωρίς — γνωριζόμενοι : Greg. Naz., Or.
43, PG 36, 525A14-15. 191-2 ό μέν — πρότερον : Greg. Naz., Or. 43, PG 36,
529A12-3. 191-4 Είτα — #εραπείαν : Greg. Presb., Vita Greg. Naz., PG 35,
257AB. 192-4 ό δέ — θεραπείαν : Greg. Naz., Or. 43, PG 36, 529C12-14. 194 δια
λουτρού παλιγγενεσίας : The 3, 5. 194-195 Και της — τυχών : Greg. Presb., Vita
Greg. Naz., PG 35, 257B. 195 μετά Βασιλείου — κατασπάζεταί : Greg. Naz., Or. 43,
PG 36, 536B8-9; Greg. Presb., Vita Greg. Naz., PG 35, 260B. 196 κάκεϊθεν —

LE PANÉGYRIQUE DE CONSTANTIN VII PORPHYROGÉNÈTE

51

τών της Καισαρέων μετέσχε παιδευτηρίων, απεστάλη προς τους εν
185 Παλαιστίνη και 'Αλεξάνδρεια παιδευτάς κάκεί$εν Άθ-ήνησι
μετεφέρετο* | ήνίκα καΐ ναυαγίω περιπεσών, αύτω μεν ή δια της
των τεκόντων έμφανείας ένηργείτο σωτηρία, έκείνοις δε ή τοΰ
παιδδς έδηλοΰτο δι'
δψεως άπολύτρωσις. "Εν#α δη
και
αναγνωρίζεται Βασιλείω τω μεγάλω, και φιλοσοφοΰσιν αμφω την
190 άρετήν και την προς $εδν οικείωσιν και άνάδασιν, ξυνωρις εύσε&ής
και όμότροπος καΐ δντες και γνωριζόμενοι. Είτα, ό μέν πρδς την
Καισαρέων άνεκομίζετο πρότερον, ό δε μετ' άυτδν τοις γονεΰσι
χαίρων έαυτδν έπέδωκεν &ν τη εύχη διασωθείς άντεδίδου την
θεραπείαν. Και της εφέτης αύτω δια λουτρού παλιγγενεσίας
195 τυχών, μετά Βασιλείου την εις Πόντον διατρι&ήν κατασπάζεται*
κάκείθεν πρδς τδν πατέρα έπάνεισιν, ύφ' οδ και εις ιερέα χριστείς,
πρδς Σελεύκειαν δια τδ άναχωρητικδν και ησυχον μετανίσταται.
15. Μετ' ού πολύ δε έπανιών, πρδς τους κακοδόξους
ανταγωνίζεται || (278ν) και καταλλάσσει μέν Βασίλειον τω πρδ
200 τούτου προέδρω, άγώσιν δε ουκ άγεννέσι της πρδς την ύψηλοτέραν
παρ'
αύτώ καΦέδραν συνεφάπτεται αναβάσεως,
αύτοΰ δε πρδς
επισκοπής χειροθ-ετεϊται αξίωμα. 'Εντεύθεν ή πρδς τδ Βυζάντιον
εκ &είας έπιπνοίας αύτοΰ έπιφοίτησις, ή πρδς τους άντιδόξους
άδιάπαυστος συμπλοκή, ή τούτου νίκη, ή εκείνων η"ττα, ή
205 κα#'έκάστην προσθήκη των σωζόμενων, ή των πνευματομάχων
κα&αίρεσις, ή των Εύνομίου συμμάχων κατάλυσις, ή των
Άπολλιναρίου προασπιστών κατάπτωσις και τέλος ό ύπ' αυτών
λιπασμός, και ή παράδοξος σωτηρία και λύτρωσις.
16. "Ιν' οδν έάσω την παρά πάντων αύτω προσουσαν αιδώ καΐ
210 την του κυνικού φιλοσόφου ύπόκρισιν, την πατρικην πρδς αύτδν
στοργην καΐ διάΦεσιν, την κατά του πατρδς αύτοΰ έπανάστασιν,
184 απεστάλη Μ : άπέπλει Τ || 186 ή δια Τ : ηδη Μ || 191 Εΐθ' ό Τ || 193 χαίρων Μ :
φέρων Τ || διασωθείς τη εύχη Τ || άπεδίδου Μ.
15. 198 Ô' έπαν- Τ || 200 δε nos : δ' Τ om. Μ || post άγεννέσι add. και supra lin. M ||
ύψηλοτέραν + μέν Μ || 207 άπολιναρίου ΜΤ.
έπάνεισιν : Greg. Presb., Vita Greg. Naz-, PG 35, 260C. 196 ύφ' οδ — χριστείς :
Greg. Presb., Vita Greg. Naz., PG 35, 260A. 197 προς Σελεύκειαν — μετανίσταται :
Greg. Presb., Vita Greg. Naz., PG 35, 273A8-10.
§15 199-200 καταλλάσσει — προέδρω: Greg. Presb., Vita Greg. Naz., PG 35,
268AB. 200-1 άγώσιν — αναβάσεως : Greg. Presb., Vita Greg. Naz., PG 35,
268C. 200-1 της - αναβάσεως : cf. Greg. Naz., Or. 43, PG 36, 545C2-3. 201-2 παρ'
αύτου — αξίωμα : Greg. Presb., Vita Greg. Naz., PG 35, 269AB. 202-3 'Εντεύθεν —
έπιφοίτησις : Greg. Presb., Vita Greg. Naz., PG 35, 276AB. 203-4 ή προς τους —
σωζόμενων : Greg. Presb., Vita Greg. Naz., PG 35, 276C-277B. 205 ή καθ'έκάστην
— σωζόμενων : Act. 2, 43. 206-7 ή των2 — κατάπτωσις : Greg. Presb., Vita Greg.
Naz., PG 35, 277BC. 207-8 τέλος — λύτρωσις : Greg. Presb., Vita Greg. Naz., PG 35,
277C. 208 λιθασμός : Greg. Naz., Or. 42, PG 36, 492C5.
§16 209 την — αιδώ : Greg. Presb., Vita Greg. Naz., PG 35, 280A. 210-1 την τοο

52

BERNARD FLUSIN

père, l'empereur qui lui restitue son trône, la possession de son siège
confirmée par une réunion conciliaire, la retraite de notre homme à cause
de ces événements et son départ pour sa patrie, et la façon dont il sut, par
des combats plus grands encore, renverser les hérésies et les écraser, afin
donc de passer tout cela sous silence par crainte de lasser, il faut que j'en
vienne au point de mon sujet que voici.
17. Comme ce bienheureux, succombant aux luttes et aux travaux
pour la piété, arrivé physiquement au déclin de sa vie, fané, parvenu à
une vieillesse pénible, mais dans toute la force et la verdeur de son
esprit, ne cessait même alors de s'engager contre ses opposants et de les
affronter, et les frappait et les blessait, pour reprendre ses propres termes,
de sa langue et de son encre jusqu'à ce qu'il eût ainsi débarrassé sa patrie
de la souillure qu'ils lui communiquaient et qu'il l'eût restaurée, comme
il aspirait aussi à partir et à migrer vers le Christ, à observer plus clair
ement la divine Trinité dont il s'était fait le héraut et à contempler face à
face la réalité des reflets qu'il avait vus en énigme et en ombre, pour luimême, purifié tout entier par la philosophie et la vie de silence, et qui ne
retenait aucune des taches qui nous marquent, il s'en alla vers la vie éter
nelle qui ne connaît pas la vieillesse, recrue vénérable accroissant le
nombre des saints pères, venant partager les tentes des patriarches, le
séjour des confesseurs, le rang et la gloire de tous les hérauts sacrés avec
lesquels, voyant plus distinctement la lumière incompréhensible de la
Trinité sainte et royale, il se réjouit et exulte éternellement ; et, tandis
que son corps auguste et très pur est déposé dans un tombeau aux côtés
de son père, il nous laisse sa vie comme un souvenir digne de toute
louange, une, esquisse salutaire, comme un enseignement aussi qui forme
les âmes et les élève des choses terrestres jusqu'au ciel.
18. Ainsi donc, c'est la terre des Cappadociens qui détenait sa
dépouille comme celle d'un protecteur et d'un fondateur de leur cité ;
mais elle était négligée et n'avait nulle part aux honneurs qu'elle mérit
ait. Cela dura très longtemps, soit que Dieu éprouvât notre foi, voulant
voir si nous ne nous affligerions pas d'être ainsi privés d'un si grand tré
sor, soit qu'il en réservât la révélation pour des temps appropriés, comme
il le fait souvent pour ses jugements, négligeant les époques d'ignorance,
mais connaissant d'avance celles où régnera la foi et leur destinant la
révélation de ses indicibles secrets.
κυνικοί) — επανάσταση : Greg. Presb., Vita Greg. Naz., PG 35, 280C-284B. 212
την1 — άπόδοσιν : Greg. Presb., Vita Greg. Naz., PG 35, 292A6-7. 212-3 την2 —
βε€αίωσιν : Greg. Presb., Vita Greg. Naz., PG 35, 293A, 296C. 213-5 την δια ταοτα
— άπελέπτυνεν : Greg. Presb., Vita Greg. Naz., PG 35, 297A-301C.
§17 218-9 σώματι — έληλακότι : cf. Greg. Naz., Or. 42, PG 36, 481B9-10; Or. 43, PG
36, 604C; Or. 45, PG 36, 664B. 223-7 έποθεΐτο — ένοπτρίζεσθαι : cf. Greg. Naz.,
Or. 43, PG 36, 604D6-605A. 226 εν αίνίγμασι : / Cor. 13, 12.
§18 238-9 ως τίνα — οΐκιστην : cf. Greg. Naz., Or. 43, PG 36, 529C8-10. 243-4 τους
χρόνους — ύπερορώντος : Act. 17, 30; Daphnopatès, loh. Bapt., §15, p. 29, 1. 8.

LE PANEGYRIQUE DE CONSTANTIN VII PORPHYROGENETE

53

την εκ βασιλέως του | θρόνου άπόδοσιν, την έκ συνοδικής
συνελεύσεως της καθέδρας βε£αίωσιν, την δια ταύτα του ανδρός
ύποχώρησιν και προς την πατρίδα έξέλευσιν, και δπως άγώσι
215 μείζοσι τα των αιρέσεων ανέτρεψε τε και άπελέπτυνεν, Ινα ταΰτα
πάντα δια τον κόρον παρήσω, ενταύθα της υποθέσεως γένωμαι.

220

225

230

235

17. Έπε! γαρ άπειρηκότι τω μακαρίω τούτω τοις υπέρ της
ευσέβειας άγώσι και πόνοις, και σώματι μεν παρη^ηκότι και
άπηνθηκότι και προς βαρύ γήρας έληλακότι, πνεύματι δ'άκμάζοντι
ούδ'
και νεάζοντι,
ούτως έληγε της προς τους αντιδίκους
συμπλοκής και άντιπαρατάξεως, άλλα κατά την εκείνου φωνήν και
δια γλώσσης και μέλανος ε£αλλέ τε και κατετίτρωσκεν, εως του έ£
αυτών άγους την πατρίδα καθήρε και άνεσώσατο, έποθεϊτο δε
τούτω ή προς Χριστόν άνάλυσις και μετά||(279)θεσις, και το
κατοπτεύειν τρανότερον την παρ' αύτου κηρυχθείσαν θείαν Τριάδα
και των εν αίνίγμασι και σκιαΐς έμφάσεων την κατά πρόσωπον
άλήθειαν ένοπτρίζεσθαι, ό μεν όλος φιλοσοφία και ησυχία
κεκαθαρμένος και μηδέν τών εν ήμϊν σπίλων έπισυρόμενος
μετήλθε προς την άγήρω και αίωνίαν ζωήν, προσθήκη τιμία τοις
ίεροΐς πατράσι γενόμενος, και τοις πατριάρχαις όμόσκηνος, και
τοις όμολογηταΐς όμοδίαιτος, και πασιν ίεροκήρυξιν όμοταγής και
ομόδοξος, μεθ' ών και το άκατάληπτον φώς της αγίας και
βασιλικής Τριάδος έκτυπώτερον ένορών, αιωνίως γέγηθε και
άγάλλεται, σώμα δέ το τούτου σεμνδν και άγνότατον τάφω μετά
πατρός κατατίθεται, μνήμην έπαινετήν και ύποτύπωσιν σωτηρίας
και ψυχών παιδαγωγίαν και προς ουρανούς έκ τών γηίνων
άνά^βασιν τον εαυτού βίον ήμϊν έπαφείς.

1 8 . ΕΤχε μεν οδν το σκήνωμα | το Καππαδοκών έδαφος ώς τίνα
πολιουχον και οίκιστήν, παρεωραμένον δέ και της προσηκούσης
240 τιμής άμέθεκτον και τούτο έπι πολύ, είτε του θεοΰ την πίστιν ημών
δοκιμάζοντος, ει
μη δυσχεραίνοιμεν τηλικούτου θησαυρού
στερούμενοι, ε'ιτε χρόνοις ιδίοις τήν άποκάλυψιν ταμιεύοντος, οία
πολλά τών εκείνου κριμάτων, τους χρόνους μεν της αγνοίας
ύπερορώντος, τους δέ της πίστεως προγινώσκοντος, κάν τούτοις
245 άνακαλύπτοντος τών μυστηρίων αύτου τά απόρρητα.

16. 215 άνέτρεψεν Τ || 216 παρήσω nos : παρείσω Μ παρελθών Τ.
17. 217 της supra lin. Μ || 219 βαθύ Τ || πνεΰμα Τ || 220 οΰτως Μ : ώς Τ ||
αντιδίκους Μ : εναντίους Τ || 221 έκείνω Μ || 222 και μέλανος om. Τ || 225
κηρυχθείσαν om. Τ || Τριάδα Τ : πατρίδα Μ || 227 σοφία Τ || 230 πατρασιν Τ || 2323 και βασιλικής om. Τ || 233 γέγηθεν Τ.
18. 239 post προσηκούσης spatium 12 fere lit. M || 244 κάν Τ.

54

BERNARD FLUSIN

19. Alors que les sceptres romains venaient de parvenir entre les
mains d'un empereur fidèle et pieux, qui avait même nom et même zèle
que le premier qui régna, qui manifestait pour notre homme une révé
rence extrême et qu'on voyait méditer longuement et étudier avec appli
cation ses discours tout en s'étonnant <qu'on crût juste> de laisser ainsi
exposé à tout vent dans un lieu d'exil celui qui avait entrepris de telles
luttes et de tels travaux pour la reine des villes, qu'il avait purifiée de la
souillure de l'hérésie, au lieu de le rappeler pour qu'il revînt vers le trou
peau qui avait été l'objet de ses labeurs, voici que cet empereur, comme
mû par Dieu et sous l'emprise de l'Esprit très saint, se lève pour engager
cette recherche et expose sa résolution à de saints hommes formés aux
sciences sacrées.
20. Et quand ceux-ci, sous l'effet de quelque inspiration divine, eurent
consenti à sa résolution, le suppliant de la mener à son terme, ils se laisse
convaincre par leurs exhortations excellentes et, même si ce fut d'une
façon différente, voici qu'il rivalise avec le grand Précurseur, préparant
lui aussi les voies du grand Théologien et grand pontife comme celui-ci
l'avait fait jadis pour Jésus quand il vint dans la chair séjourner parmi
nous. Tout aussitôt donc, du plus vite qu'il pouvait, il tenait prêts ceux
qui iraient recueillir la dépouille et, après avoir dessiné le plan du lieu où
elle serait déposée à l'intérieur de l'adyton et, outre cela, cette châsse si
belle, modelée par la foi plus encore que par l'argent qui l'orne, que faitil ? Alla-t-il imaginer d'user avec arrogance de son pouvoir impérial
pour faire transférer la dépouille du saint ? Ne sut-il pas garder le ton
d'humilité qui convient à un esclave? Ou bien l'observa-t-il, mais en
négligeant la différence qu'il y a entre la royauté et le sacerdoce ? Ou
bien examina-t-il convenablement tous ces points, mais sans savoir payer
en retour notre homme avec des hymnes et des acclamations ? Non
certes ! Mais après avoir en son honneur accompli et réalisé chacune de
ces choses, c'est par une supplique écrite qu'il lui demande de revenir.
En quels termes ?
21. «Ô toi, source inépuisable de la théologie, adorateur et héraut à la
voix très puissante de la Trinité sainte, il faudrait que tu fusses escorté
par les puissances angéliques et par les esprits de tous les saints, car il
n'est pas permis que des honneurs et des hommages simplement matér
iels soient adressés à celui qui s'est montré au-dessus d'eux, puisque,
par l'effet de son extraordinaire intimité avec Dieu, il s'est immergé en
Lui, et resplendit en toute clarté des rayons émanés de là-haut. Mais
§19 246-8 "Αρτι. — καθισταμένων: cf. Daphnopatès, loh. Bapt., §11, p. 24, 1. 2223. 248-9 πλείστον — έπιδεικνυμένω : cf. Daphnopatès, Ep. 11, 1. 24-25. 249-53
και θαυμάζοντι — <δίκαιον κρίνοιτο> : cf. Daphnopatès, Ep. 11, 1. 33-35
§20 259-60 τώ μεγάλω — τρίδων : Matth. 3, 3. 266-8 Μη Φράσεως — έτήρησεν : cf
Daphnopatès, Ep. 11, \. 13-14; 25-27
§21 275-306 cf. Daphnopatès, Ep. 11; Const., loh. Chr., p. 312, 1. 3 ab imo - 313, 1. 8;
Leo VI, Transi., p. 492. 281-2 'Αλλ' έπε! — κεκοινώνηκας : Daphnopatès, loh.
Bapt.,§2,p. 18,1.21-22.

LE PANÉGYRIQUE DE CONSTANTIN VII PORPHYROGÉNÈTE

55

19. "Αρτι δε τών 'Ρωμαϊκών σκήπτρων υπό βασιλεϊ πιστω και
θεοσε&εϊ και του πρώτου βασιλεύσαντος όμωνύμω και όμοζήλω και
πλείστον δσον τον άνδρα τιμώντι καθισταμένων, πολλήν τε περί
τους αύτοΰ λόγους μελέτην και φιλοπονίαν έπιδεικνυμένω καΐ
250 θαυμάζοντι ει τηλικούτους αγώνας και πόνους περί ||(279ν) την
βασιλίδα τών πόλεων ένστησάμενον και του της αίρέσεως άγους
ταύτην περικαθάραντα υπαιθρον οΰτω και ύπερόριον παροραν
<δίκαιον κρίνοιτο> και μη προς ην έκοπίασε ποίμνην άνακληθήναί
τε και έπανελθεϊν, ώσπερ τις ένθους και κάτοχος τω παναγίω
255 γενόμενος Πνεύματι, διανίσταται προς την ζήτησιν και το
βούλευμα Εεροΐς και τά θεία πεπαιδευμένοις άνδράσιν άνατίθησιν.
20. Έπε! δ' εκείνοι εκ τίνος θείας έπιπνοίας έπένευσαν τώ
βουλεύματι και προς την έκπλήρωσιν καθικέτευον, πείθεται ταϊς
άγαθαΐς αυτών είσηγήσεσι και τρόπον έτερον τω μεγάλω
260 συναμιλλαται Προδρόμω, έτοιμαστης και οδτος τών τρί&ων του
μεγάλου θεολόγου και άρχιποιμένος γενόμενος, ως εκείνος ποτέ
του προς ημάς δια σαρκός ένδημήσαντος Ίησου. Και δη παρευθύ,
ως είχε τάχους, | εύτρέπιζε τους άναληψομένους το σκήνωμα και
τον τής καταθέσεως τόπον έντδς τών άδυτων άπογραψάμενος και
265 συν τούτοις την περικαλλεστάτην έκείνην και τη πίστει μάλλον ή
τοις έξ αργύρου κοσμήμασι μεμορφωμένην σορόν, τί δαί ; Μη
θρασέως ούτως και βασιλικώς μετενεγκεϊν το του αγίου σκήνος
διενοήσατο ; Ου το ταπεινόν τε καΐ δοΐ3λον έτήρησεν ; * Η ταύτα
μεν
διεφύλαξε,
βασιλείας
δε
και
ίερωσύνης
διαφοραν
270 παρε&λέψατο ; "Η και περί τούτων μέν καλώς διεσκέψατο, ουκ
έπαξίοις δε ύμνωδίαις και εύφημίαις αυτόν άντημείψατο ; Ου μέν
οδν, άλλ'εκαστον τούτων επί τω άνδρι και τετελεκώς και
ένηργηκώς, δι' εγγραμμάτου ίκετηρίας την έπάνοδον έξαιτείται.
Τις δε αυτή ;
275

21. «Σε μέν, (5 της θεολογίας πηγή ανεξάντλητε και της αγίας
Τριάδος λατρευτά και κήρυξ μεγαλοφωνότατε, 11(280) άξιον ταϊς
άγγελικαϊς δορυφορεΐσθαι δυνάμεσι και πάντων αγίων τοις
πνεύμασιν, δτι μή θέμις ταΐς εκ της ΰλης τιμαϊς και άφοσιώσεσι
τον υπεράνω τούτων άναδειχθέντα τιμασθαι ατε τω ύπερδάλλοντι
280 της προς θεδν οίκειώσεως αύτω συγκραθέντα και ταΐς εκείθεν
αύγαΐς τρανότερον άστραπτόμενον. Άλλ' έπε! και αυτός έξ Ί'σου
της υλικής ταύτης σαρκός ήμϊν κεκοινώνηκας και δεσμοΐς
άρρήκτοις φύσεως έλειτούργησας, ει και τω έγκρατεϊ βίω τους
19.247 πρώτως Τ || 248 καθισταμένω Μ || 249 αυτοί) Μ: τούτου Τ ||
250 ύπερθαυμάζοντι Τ || 253 δίκαιον κρίνοιτο addidi cf. Daphnopatès, Ep. 11, 1. 32
(ου δίκαιον κρίνομεν) || μή om. M.
20. 257 εκείνοι Μ : ώς Τ || 261 θεολόγου Τ : om. Μ || εκείνος ποτέ Μ || 263 καΐ om.
Τ || 267 ούτω Τ || 272 τφ + ίερώ Τ || 274 τίς δε αϋτη Τ : τί δε αδθις Μ.
21. 277 δυνάμεσιν Τ || 280 αυτών ut vid. M ||

56

BERNARD FLUSIN

puisque toi aussi, au même titre que nous, tu as eu part à cette chair
matérielle et que tu as été soumis aux liens infrangibles de la nature,
même si, par ta vie de continence, tu as su triompher de ses bornes,
puisque tu as exploré les mesures de l'amour et de la foi et que tu
assumes, par le fait d'être semblable, la foi de ton semblable, mesure
aujourd'hui encore notre amour et regarde l'ardeur de notre foi, pénètre
les profondeurs de notre cœur, scrute nos pensées et reconnais que c'est
avec l'attitude d'un esclave et non avec les façons d'un souverain que
nous t'appelons à revenir. Imite le premier grand prêtre, et vraiment
grand, le Christ, qui, prêtant l'oreille à ceux qui l'appelaient, n'a pas
laissé un retard ternir le voyage qu'il entreprenait. Rivalise avec son
humilité sans pareille, lui qui n'a pas dédaigné de se rendre au tombeau
d'un ami déjà mort afin de procurer à d'autres le salut; montre-toi tel
que lui et viens à nous, dont, par les dispositions de ton esprit, tu ne t'es
pas détaché, que tu n'as pas laissés orphelins, mais dont tu as fait en
sorte, en illuminant nos intelligences par ton livre théologique, que grâce
à lui nous te possédions encore, donnant à ceux qui t'aiment de ne jamais
être séparés de toi grâce à la représentation qui se forme dans notre intel
lect. Voici en effet que devant toi, même si c'est de très loin, nous nous
prosternons tout entier et que nous déployons devant tes pieds sacrés les
insignes impériaux. Fais un signe d'assentiment, laisse-toi fléchir,
reviens vers le troupeau qui t'aime, retourne à ton peuple ! Viens dans
une ville où tu as affermi le vrai dogme de la foi qui était en péril, où tu
as permis que la Trinité qu'on y blasphémait fût conçue et adorée de
façon orthodoxe ! C'est ainsi en effet que tu pourras procurer à notre
âme ce qui lui est utile et que tu verras, plus que dans le passé, s'ac
croître
le nombre de ceux que tu gagnes à la piété.»
22. Après avoir tracé ces mots, l'autocrator très fidèle les confie à
ceux qu'il tenait prêts pour cette mission et qui, parvenus chez les
Cappadociens après un rapide voyage, viennent au tombeau du grand
<Grégoire>, où l'embarras qu'ils éprouvent divise leurs pensées. Quel
est cet embarras ? De son vivant, le bienheureux avait fait tailler deux
tombeaux pour qu'on y déposât les défunts de sa famille et c'est dans
l'un d'entre eux qu'il avait été enseveli avec son propre père. Comme ils
ne pouvaient reconnaître celui qu'ils cherchaient, ils se tournent vers la
prière, lèvent les bras vers le ciel, versent des larmes, implorent que se
révèle celui qu'ils aiment, et — ô grâce venue des cieux ! — voici qu'il
se révèle à ceux qui l'implorent, qu'il s'empresse miséricordieusement
auprès de ceux qui le cherchent. Ses précieux ossements, de quelque
façon, étaient intacts quand ils les découvrirent, ils avaient conservé leur
286-7 μέτρησον — έμδάτευσον : Daphnopatès, Ep. 11,1. 23-24 288-9 καΐ γνώ&ι —
έκκαλούμε&α : Daphnopatès, Ep. 11, 1. 14; 1. 25-27 286-7 μέτρησον - άπόβλεψον :
Daphnopatès, loh. Bapt., §23, p. 38, 1. 9-10. 289-293 Μίμησαι — άπηζίωσεν : Jn 11,
11-15. 290 αρχιερέα Χρι,στόν : Hébr. 9, 11. 291 αναβολή : Daphnopatès, Ep. 11, 1.
27. 294 έλ#έ : Daphnopatès, Ep. 11, 1. 31.
295 ους — άπέλιπες : Jn 14, 18. 296

LE PANÉGYRIQUE DE CONSTANTIN VII PORPHYROGÉNÈTE

57

ταύτης δρους ύπερνενίκηκας, και μέτρα πόθου και πίστεως
285 έστοχάσω και τω όμοίω την του όμοιου πίστιν προσείληφας,
μέτρησον και νυν ημών τον πόθον και προς το της πίστεως ζέον
άπό&λεψον, έμ€άτευσον εις τα της καρδίας ημών βάθη, τους
διαλογισμούς έρεύνησον και γνώθι δτι εν προσχήματι δουλείας, ου
δεσποτείας σε τρόπω προς την έπάνοδον έκκαλούμεθα. Μίμησαι
290 τον πρώτον και μέγαν αρχιερέα Χριστόν, δς τοις κα|λοΰσι
πειθόμενος άνα&ολη την πορείαν ούκ ημ-βλυνε* ζήλωσον αύτου την
άνείκαστον ταπεινότητα, δς ουδέ προς τάφον νεκρού και φίλου
γενέσθαι άπηξίωσεν IV έτέροις την σωτηρίαν χαρίσηται, και
τοιούτος όφθείς, έλθέ πρδς ήμδς &ν ούκ άπέστης τη σχέσει του
295 πνεύματος, ους ορφανούς ούκ άπέλιπες, άλλα τη θεολογώ σου
βί&λω τάς ημών διανοίας φωταγωγών εχειν σε δια ταύτης
παρεσκεύασας και δια της κατά νουν άνατυπώσεως το άδιάστατον
έχαρίζου τοις άγαπώσί σε. 'Ιδού γάρ σοι και μακράν άφεστηκότες
δλους εαυτούς ύποκλίνομεν και τά της βασιλείας επίσημα προ τών
300 σών αγίων ύφαπλοΰμεν ποδών. Έπίνευσον, έπικάμφθητι, πρδς την
ποθούσαν σε ποίμνην έπάνελθε, πρδς τον σδν λαδν έπιστράφηθι,
ε'ισελθε πρδς πόλιν έν f) τδν ορθόν της πίστεως λόγον έστήριξας
κινδυνεύοντα, έν fj την Τριάδα βλάσφημου μένην όρθοδόξως
νοείσθαί τε και λατρεύεσθαι παραδέδωκας. Ούτως γάρ και ήμϊν ||
305 (280ν) χαριούμενος ε'ιης την εις ψυχήν ώφέλειαν και πλείους έξεις
υπέρ το πρότερον τους διά σου τη εύσε&εία προστιθεμένους.»
22. Ταΰτα ό πιστότατος έγχαράξας αυτοκράτωρ έπιδίδωσι τοις
εις τούτο ήτοιμασμένοις, oî πορείας τάχει την Καππαδοκών
καταλα&όντες τω του μεγάλου τάφω προσίασιν, τη εντεύθεν
310 απορία τους λογισμούς μεριζόμενοι. Τίς δε ή απορία ; Ζώντι τω
μακαρίω, δύο τάφων αύτω διαλελαξευμένων τών έκ του γένους
τελευτώντων χάριν της καταθέσεως, έν ένι τούτων μετά του ιδίου
πατρδς ό μακάριος συνετέθαπτο. Ώς δέ άγνωστος η\> ό
επιζητούμενος, τρέπονται πρδς ίκετείαν, α'ιρουσι χείρας πρδς
315 ούρανόν, έκχέουσι δάκρυα, του ποθούμενου την φανέρωσιν
έξαιτούμενοι, καΐ ώ της άνωθεν χάριτος, φανε|ρουται τοις
285 άμοίω Μ || 286 ήμϊν Μ || 288 προσσχήμοπη Μ προσεχήματι Τ || 290 μέγα
πρώτον Τ || 291 ημβλυνεν Τ || 293 παραγενέσθαι Τ || ι'ν' Τ: δν Μ ||
παρεσκεύαζες Τ || 299 ύποκλίνωμεν Μ || 302 της πίστεως om. M || 304 οΰτω Τ.
22. 308 έτοι.- Τ || 309 προσήεσαν Τ || 311 δυοΐν τάφοιν -μένοιν Τ || 312 έν ένΙ
θατέρω Τ || 312-3 τοΰ - πατρός Μ: πατρδς ίεροΐ3 Τ || 313 ό μακάριος om.

καΐ
297
Μ:
Τ ||

τάς ημών — φωταγωγών : Daphnopatès, Ερ. 77, 1. 34. 298 Ιδού — άφεστηκότες :
Daphnopatès, Ερ. 77,1. 16. 299 όλους — ύποκλίνομεν : Daphnopatès, Ερ. 77,1. 36-37.
299-300 τα της — ποδών: Leo VI, Transi, §6, p. 494, 1. 8-9.
300 Έπίνευσον:
Daphnopatès, Ερ. 77, 1. 37. 300 έπικάμφθητι : Daphnopatès, Ep. 11, 1. 20-21. 300-1
προς — έπάνελΦε : Daphnopatès, Ερ. 11, 1. 29. 302 εϊσελΦε προς πόλιν :
Daphnopatès, Ερ. 11, 1. 29-30.
§22 307 Ταΰτα — αυτοκράτωρ: Const., loh. Chr., p. 312, 1. 3 ab imo.
316-7
φανεροϋται τοις ίκετεύουσιν : cf. Daphnopatès, Ερ. 77, 1. 21.

58

BERNARD FLUSIN

agencement naturel et ils exhalaient un parfum extraordinaire et inef
fable, tandis qu'ils présentaient un spectacle merveilleux et étrange. Ils
les recueillirent comme le demandait leur sainteté et les déposèrent dans
la châsse d'argent. À ce spectacle, la joie et les larmes submergeaient
ceux qui les emportaient et ceux qui les laissaient partir, ceux-ci, parce
qu'on les privait d'un si riche trésor, quand bien même on ne l'emportait
que pour lui rendre de plus grands honneurs — chacun, d'habitude, se
défait difficilement de ce qu'il aime — , les autres, non seulement parce
qu'ils avaient obtenu ce qu'ils cherchaient, mais parce qu'ils allaient
offrir à l'empereur et à l'Etat le pasteur qu'ils regrettaient depuis long
temps.
23. Ils marchaient donc du mieux qu'ils pouvaient et avaient repris
leur chemin, ils marchaient parmi les hymnes qui jamais ne se taisaient,
parmi des flambeaux qui toujours brillaient, pleins de déférence et de
révérence pour cette dépouille sainte. À ce que je crois, les portes
célestes aussi, alors, furent soulevées devant ce miracle extraordinaire et
nouveau. Parmi les anges, certains descendirent pour escorter le récep
tacle de la Trinité sainte et pour marcher en procession devant sa châsse
sacrée, tandis que les autres, du ciel, observaient cette cérémonie et ce
passage étranges, et, perplexes, étaient tout stupéfaits de voir qu'un
homme revêtu d'un corps avait à ce point franchi les limites des corps
qu'avant même la résurrection finale il avait transformé en immortalité
ce qui était mortel, transmué la poussière pour la rendre immatérielle, et
fait participer à leur propre nature ce qui était matériel.
24. Quelle éloquence pourrait représenter les prodiges qui s'accomplir
ent
en chemin ? De partout, les foules affluaient, avec une même et
seule foi, un seul et même zèle, chacun s 'empressant de dépasser son
voisin, et ils étaient poussés, comme avance une troupe rangée en
bataille, vers cette châsse sacrée, les uns accompagnant cette dépouille
angélique à laquelle ils rendaient hommage, les autres l'accueillant par
des hymnes et des cantiques. Les uns s'empressaient de l'honorer avec
des flambeaux, des parfums, et tout ce par quoi l'on rend honneur à ce
qui est saint ; les autres accouraient simplement pour la voir, sûrs d'y
puiser une sanctification. Pour les prêtres et les moines, les premiers se
portaient en avant pour accueillir, comme le veut la dignité sacerdotale,
le hiérarque et le pasteur, tandis que les autres honoraient et embrass
aientcelui qui s'était distingué dans l'ascèse. Que dire des habitants des
villes et des campagnes ? Car eux non plus, on ne les voyait pas négliger
de célébrer cette procession, mais chacun d'entre eux, selon ce qui lui
était possible et selon ses ressources, rendit à la dépouille de nouveaux
honneurs grâce à ce dont il disposait : pour tel, c'était le fait de posséder,
§23 331
τας επουρανίους — πύλας : Ps. 23, 7 et 9.
μεταβαλεϊν : / Cor. 15, 53 et 54.
§24 347 προς θέαν μόνην : Greg. Naz., Or. 43, PG 36, 601B6.

337-8 το θνητόν —

LE PANEGYRIQUE DE CONSTANTIN VII PORPHYROGENETE

59

ίκετεύουσιν και τοις ζητοΰσι συμπαθώς έφαμίλλεται, τίνα τρόπον
των τούτου τιμίων οστών σώων και κατά την οίκείαν άρμονίαν
εύρημένων και καινοτέραν τε και άρρητον εύωδίαν άναδιδόντων,
320 και θαυμαστήν τίνα και άσυνή-Ο-η θέαν εχόντων, α και άγιοπρεπώς
άνακομισάμενοι τη άργυρέα σορω έναπέθεντο. Προς ταϋτα χαρά
και δάκρυα παρά τε των κομιζόντων και των παραπεμπόντων
έπεκέχυντο,
τοις
μεν
τοιούτου
θησαυρού
και
πλούτου
άποστερουμένοις ει και προς μείζω τιμήν άπενήνεκτο - φιλεϊ γαρ
325 έκαστος δυσαποστάτως εχειν προς το ποθούμενον -, τοις δε ώς μη
μόνον του ζητουμένου τυχουσιν, άλλα και βασιλεΐ και πολιτεία
χαριουμένοις τον εκ πολλοί) ποθούμενον ποιμένα.
23. Έδάδιζον οδν ώς είχον και προς πορείαν έτράποντο,
έ^άδιζον δε ||(281) υμνοις άσιγητοις καΐ άειφανέσι λαμπαδουχίαις
330 το ιερόν εκείνο σκήνωμα τιμώντες και σε&αζόμενοι. Δοκώ μοι και
τάς επουρανίους τότε διαρθήναι πύλας τω ύπερφυεί και καινω του
θαύματος και τους μεν των αγγέλων συγκατιέναι και δορυφορείν
το της αγίας Τριάδος κατοικητήριον και της ίερας αύτου
προπομπεύειν σορού, τους δε άνωθεν διασκοπεϊν την ζένην ταύτην
335 τελετήν και μετά&ασιν, διαπορεΐν τε και ύπερεκπλήττεσθαι ει
σώμα
περικείμενος
άνθρωπος
οΰτω
τα
του
σώματος
ύπερανα&έ&ηκεν, ώς προ της τελευταίας άναδιώσεως το θνητδν εις
άθανασίαν μετα&αλείν και μεταστοιχειώσαι προς άϋλίαν τον χουν
και όμοφυές τούτοις άποτελέσαι το ύλικόν.
24. Πώς δ' αν τις τω λόγω παραστήσειεν τα κατά την πορείαν
παραδόξως τελούμενα ; "Οχλοι πανταχόθεν έπέρρεον συν μια τη
πίστει και προθυμία, και άλλος άλλον παρελθεϊν κατηπείγετο και
προς την ίεράν έκείνην σορόν ώς άπό τίνος παρατάξεως
συνηλαύνοντο, οί μεν συμπορευόμενοι και την τιμήν τω άγγελικω
345 σκηνώματι απονέμοντες, οί δε ύμνωδίαις και άσμασιν αύτο
δεξιούμενοι, και οί μεν λαμπάσι και μύροις και πασιν οΤς τά θεία
τιμάται τούτο τιμαν διεσπούδαζον, οί δε και προς θέαν μόνην
έπέτρεχον, άγιασμόν εκ τούτου άντλήσαι πιστεύοντες· ιερείς δε
και μονάζοντες οι μεν ίεροπρεπώς τον ίεράρχην καΐ ποιμένα
350 προσυπεδέχοντο, οί δε ώς άσκητικώς διαπρέψαντα έτίμων και
ούδ'
περιεπτύσσοντο. Τί δα! και αστικοί και εγχώριοι ; Ουδέ γάρ
οδτοι άσυντελεϊς προς τήν προπομπήν καθωρώντο, αλλά και
αυτών έκαστος καθ' δσον οίος τε ή\> και δι' ών εύπόρει τήν τιμήν
|

340

317 και legi nequ. Μ || έφαμίλλεται Μ : εμφανίζεται Τ || 319 καΐ1 Τ : legi nequ. M ||
τε ut vid. M : om. Τ || άναδιδόντα ut vid. M || 320 ασυνήθη Μ : ού συνήθη τήν
έμφάνειαν και Τ || 321 άργυρέα om. Τ || 322 παρά Μ : προς Τ || 327 ποιμένα
ποθούμενον Τ.
23. 330 σκήνωμα post σεβαζόμενοι transp. Τ || 335 κατάβασιν Μ || διαπορεΐν τε Μ :
και διαπορεΐν Τ.
24. 341 τη om. Τ || 346 ό μέν Τ || 350 προυπεδέχοντο Τ || ώς om. Τ || 351 δε Μ ||
352 οδτοι'Μ : αυτοί Τ ||

60

BERNARD FLUSIN

pour tel autre, qui n'avait rien, l'action de grâces, pour celui-ci son
ardeur, pour celui-là une foi à l'abri du doute ; un autre accompagnait les
chanteurs d'hymnes, un autre encore prodiguait ses soins à ceux qui sui
vaient,
et tous montraient de l'empressement à l'honorer, parce que l'in
citation
mutuelle multipliait leur zèle.
25. C'est ainsi qu'après avoir en se relayant parcouru cette longue et
difficile route ils se présentèrent aux frontières de la capitale. Et s'ils
n'avaient pour les guider ni nuée ni colonne de feu, ni soleil qui s'arrête
ni étoile qu'on voit luire — tout cela en effet appartient à Moïse, à Josué
fils de Navé et à mon Christ et Dieu, qui a donné à ceux-ci de faire de
tels prodiges selon la mesure et la grâce de ceux qui reçoivent ce don — ,
ils étaient cependant animés et conduits par la puissance et la présence
invisible de celui qu'ils transportaient. Alors, oui, alors l'empereur, avec
les prêtres et les habitants de la Grande Ville, faisaient des préparatifs
pour aller l'accueillir, et ils rivalisaient entre eux à qui l'emporterait dans
le zèle et la foi. Comme jadis les enfants avaient accueilli par leurs accla
mations
Jésus entrant dans Jérusalem, de la même façon, aujourd'hui
encore, ils se portaient avec des hymnes et des honneurs semblables à la
rencontre de l'imitateur du Christ pour l'accueillir à son entrée dans la
Jérusalem nouvelle où nous sommes.
26. Et donc, quand ils furent arrivés à la mer, on put voir un spectacle
à la fois doux et chargé d'effroi. Car la mer, qui avait changé en douceur
la rudesse sauvage à laquelle la saison l'excitait, calme, ses vagues légè
rement
creusées, offrait à la nef une navigation sans obstacles et, présen
tant
pour ainsi dire son dos à l'imitateur du Christ, elle lui rendait la tr
aversée
aisée et agréable. Quant à l'empereur, assis tout en haut à l'avant
de la poupe, portant contre son sein cette châsse admirable, il paraissait
marcher au-dessus de la mer et l'on eût dit qu'une force divine lui faisait
fouler du pied les flots. L'éclat de la lumière des lampes, venant frapper
la surface lisse de l'eau, transformée en un scintillement, était réfractée
vers les airs qu'elle illuminait tout entiers d'une lumière éblouissante.
27. Que se passe-t-il ensuite ? Ils arrivent au palais impérial et pren
nent le chemin qui mène à la merveilleuse église qui s'y trouve, digne
demeure du grand Roi. Et comme l'empereur ne pouvait se lasser
d'étreindre le corps du Théologien et de se fondre avec lui, voici qu'il
l'embrasse à nouveau, qu'il enlace la châsse, qu'il répand force larmes et
§25 360-1 νεφέλη — πυρός: Ex. 13, 21-22. 361 στάσει τε ηλίου: Jos. 10, 1214. 361 αστέρος φωτοφανεία : Matth. 2, 9. 362-5 ταύτα — χάριν : Greg. Naz., Or.
43, PG 36, 544B8-9. 364-5 προς — χάριν : Ephés. 4, 7. 369-70 καΐ ώσπερ —
έδεξιοϋντο : Matth. 21, 8-11 et 15.
§26 374 Ώς — έπέβαινον : Daphnopatès, loh. Bapt., §18, p. 32, 1. 1. 377
γαληνιώσα: Daphnopatès, loh. Bapt., §18, p. 32, 1. 2. 382-3
πεζεύειν —
έφαντάζετο : Matth. 14, 22-33.
§27 391-4 περιπτύσσεται - πίστεως : Daphnopatès, loh. Bapt., §18, p. 32, 1. 10-13.

LE PANÉGYRIQUE DE CONSTANTIN VII PORPHYROGÉNÈTE

61

προσαπένειμεν, ό μεν το εχειν, ό δε την άντι του μη εχειν
355 εύχαριστίαν, ||(28ΐν) και ό μεν προθυμίαν, ό δέ πίστιν άδίστακτον,
αλλος το τοις ύμνολόγοις συνέπεσθαι, έτερος το των επομένων
άντιλαμ&άνεσθαι, και πάντες προς το τιμαν έγίνοντο πρόθυμοι,
τον ζήλον δια της παραθήξεως πλεονάζοντες.
25. Οΰτως άμοι&αδόν την μακράν και δυσχερή πορείαν
360 διηνυκότες, τοις όρίοις επέστησαν της βασιλευούσης· και νεφέλη
μεν η στύλω πυρός, στάσει τε ηλίου και αστέρος φωτοφανεία
καθοδηγείσθαι ουκ εΤχον - ταύτα γαρ Μωσέως ήν και Ίησοϋ του
Ναυη και του έμοΰ Χρίστου και θεού, παρ' οδ και τούτοις το τα
τοιαύτα τερατουργείν προς το των ούτως δεχόμενων και μέτρον
365 και χάριν -, δυνάμει δέ και άοράτω επιστασία του παρ' αυτών
διακομιζομένου δυναμούμενοί τε και οδηγούμενοι. | Τότε δη τότε
βασιλεύς μεν σύν ίερευσι και τοις την μεγαλόπολιν οίκουσι τα της
άπαντης προευτρέπιζον, και αλλος αλλον προθυμία και πίστει
νικαν ήγωνίζετο" και ωσπερ το πριν παίδες τον Ίησουν της
370 'Ιερουσαλήμ επιβαίνοντα ταϊς εύφημίαις έδεζιουντο, τον αυτόν
τρόπον και νυν τόν εκείνου μιμητήν προς την νέαν ταύτην
μεθ'
όμοιας
ύμνωδίας
και
τιμής
'Ιερουσαλήμ
είσιόντα
προσυπήντων και ύπεδέχοντο.
26. Ώς οδν της θαλάσσης έπέδαινον, ήν ίδείν θέαμα ηδύ τε
375 όμου και θάμπους άνάπλεον. Ή μεν γαρ το τραχύ και αγριον
μετα&αλουσα προς ήμερότητα, καίπερ τοΐ3 καιρού προς τούτο
διερεθίζοντος, γαληνιώσα μικρόν ύποκυρτουμένοις τοις κύμασι,
τόν πλουν παρεϊχεν άκώλυτον τη νηΐ και ωσπερ τα νώτα
ύφαπλοΐ5σα τω μιμητή Χρίστου κοϋφον και άταλαίπωρον τόν
380 διάπλουν ήργάζετο· βασιλεύς δέ έπι πρύμναν ||(282) μετέωρος
προκαθήμενος και τήν θαυμαστήν ταύτην σορόν περιφερών
έγκόλπιον πεζεύειν υπέρ θαλάσσης έώκει, και κρείττονι δυνάμει
πεζοπορεΐν τήν ύγράν έφαντάζετο. Ή δέ του φωτός τών λαμπάδων
διαύγεια τω λείω του ύδατος προσεμπίπτουσα καΐ εις μαρμαρυγήν
385 μεταποιουμένη, κάκεΐθεν ανακλώμενη προς τόν αέρα, δλον
άπετέλει φωτολαμπη και ύπέρλαμπρον.
27 . Τίνα οδν τα μετά ταΪ5τα ; Φθάνουσι τά βασίλεια και προς
τόν έν αύτοϊς πολυθαύμαστον ναόν, το αξιοπρεπές του μεγάλου
βασιλέως άνάκτορον, άνακλίνουσι. Και επειδή κόρος ούκ ή\> της
390 βασιλικής περιπλοκής τε και άνακράσεως προς το θεολογικόν
σκήνος, περιπτύσσεται τούτο καΐ αδθις, περιφύεται τη σορω,
δακρυρροεϊ, εκπλήττεται, το μεν ύπό περιχαρείας και της του
354
25.
365
26.
27.

το Τ : τω Μ || αντί om. Τ || 356 έτερος Μ : αλλος Τ || το Τ : τω Μ.
359 δυσχρη Τ || 360 τοϊς της βασ. όρ. έπ. Τ || 363 το om. Τ || 364 έχομένων Τ ||
χάριν Μ : χάρισμα Τ.
377 ΰποκυρτουμένη Τ || 380 δ' έπ! Τ || 384 διαύγεια Μ.
389 άνακλίνουσιν Τ || 390 περίπλοκης τε καΐ άνακράσεως post 391 σκηνος

62

BERNARD FLUSIN

qu'il s'émerveille, à la fois parce qu'il est tout joyeux d'avoir saisi et de
détenir celui qu'il désirait, à la fois aussi par gratitude et sous l'emprise
de la foi qui ne connaît absolument pas le doute, et aussi, bien évidem
ment,afin de communiquer la grâce et la sainteté émanant de ce corps
aux palais eux-mêmes, qui certes, même auparavant, n'en avaient pas été
dépourvus.
28. Quand il eut été déposé suffisamment longtemps au palais impér
ial,on l'en fit sortir et on le transporta au grand temple des Apôtres. Et
faut-il penser que ce cortège fut simple et monotone, ou très éclatant et
brillant, bien digne de la dépouille du Théologien ? Assurément, il fut
très brillant et splendide, supérieur aux processions qu'il y eut jamais. Le
saint était convoyé hors du palais dans une châsse ornée de la pourpre
impériale et portée sur les épaules de grands prêtres, car il est interdit à
ceux qui n'en sont pas dignes de toucher à ce qui est très saint et très
pur: témoin, autrefois, le fameux Ozan qu'on vit, pour avoir touché
l'arche alors qu'il ne le devait pas, devenir la proie du feu. Quant à l'em
pereur,
qui avait obtenu l'objet de ses désirs, objet plus grand que tout et
dont le monde même ne saurait égaler la valeur, il suivait avec le grand
prêtre fidèle et divinement sage, marchant à ses côtés. Mais quand ils
furent sortis des vestibules impériaux, alors, aussitôt, les dignitaires du
Sénat, inscrits au nombre des pères des empereurs, et tout ce qui, dans le
Sénat, est subordonné et inférieur, accueillirent celui qui tire son nom de
la théologie ; et non seulement leur âme était illuminée, mais, par l'éclat
extérieur de leurs vêtements, ils faisaient paraître leur joie intérieure.
29. Et comme ils se proposaient d'aller à pied vers les quartiers de la
ville, voici que se porte à leur rencontre la foule des citoyens, assemblée
en si grand nombre et envahissant l'espace à tel point que l'empereur et
les prêtres, se trouvant à l'étroit, étaient repoussés vers l'endroit d'où ils
sortaient. Car les uns, rassemblés en plein air dans les rues, honoraient
de leurs hymnes le cortège, tandis que d'autres, se pressant même jusque
près des rotondes elles-mêmes, s'efforçaient de voir la sainte châsse ne
fût-ce que de loin ; d'autres encore, affluant dans les galeries aux nomb
reuses
colonnes et dans les portiques élevés, se gorgeaient tout leur soûl
d'un spectacle dont on ne peut se lasser, alors que certains enfin, mont
ant autour des bâtiments aériens, élevés de trois étages, parfois même
grimpés tout en haut des toits, regardaient de là celui qui était le héros de
la fête. Et il n'y avait aucune partie de l'avenue qui n'eût d'avance été
occupée et qui ne le fût encore par des hommes, des femmes, des
vieillards, des jeunes gens, des enfants. Car tous semblablement étaient
poussés par la même foi à célébrer le grand Théologien, si bien que
même les vierges qu'on ne peut voir, tout juste sorties de leurs apparte§28 406-8 Όζαν — παρανάλωμα : II Sam. 6, 3-8.
§29 422-6 οί δε και προς τάς θόλους — τριώροφους οίκοδομάς : Greg. Naz., Or. 43,
PG 36, 601B7. 431-3 ως καΐ αύτας - όψεων : Const., loh. Chr., p. 313, 1. 18-20.

LE PANÉGYRIQUE DE CONSTANTIN VII PORPHYROGÉNÈTE

63

ποθούμενου λαβής τε καΐ κατασχέσεως, το δε ύπ' εύγνωμο|σύνης
και της εις άκρον αδίστακτου πίστεως, το δε πρόδηλον, Ινα και
395 αυτά τα ανάκτορα της έξ αύτοΰ μεταδω χάριτος τε και άγιότητος,
?)ς ουδέ πρώην έστέρητο.

400

405

410

415

28. Έπε! δε ίκανώς είχεν αύτω ή εν βασιλείοις κατάθεσις,
εκείθεν μεν ύπεξήγετο και προς τον μέγαν των αποστόλων σηκδν
ΤΑρ'
μετεφέρετο.
οδν άπλην τίνα και μονοειδη την τοιαύτην
μεταφοράν οίητέον, η φαιδροτάτην και λαμπράν και του
θεολογικού σκηνώματος έπαξίαν ; Μένουν γε λαμπροτάτην και
περιφανεστάτην,
και
των
πώποτε
προπομπών
κρείττονα.
Έξεκομίζετο μέν των βασιλείων ό άγιος έπι σοροΰ βασιλική
πορφυρίδι
περικεκοσμημένης
και
άρχιερατικοϊς
ώμοις
εποχούμενης δτι μη θέμις τοϊς άναξίοις του αγνότατου και
καθαρωτάτου έφάπτεσθαι* και τούτου πίστις, Όζάν εκείνος ό
παλαιός, δς μη κατά το προσήκον της κι&ωτοΰ έφαψάμενος, πυρός
έδείκνυτο παρανάλωμα. ||(282ν) Βασιλεύς δέ, ως του μεγίστου
πάντων και μηδ' αύτου του κόσμου ίσοστασίου τυχών έφετου, σύν
άρχιερεϊ πιστω και θεόφρονι συνείπετό τε και συνε&άδιζεν. Άλλ'
ώς των βασιλικών προαυλίων έξήεσαν, εκείθεν ευθύς οι των εν
τέλει της συγκλήτου βουλής και
εις
πατέρας βασιλέων
άπογραφόμενοι, δσον τε περί την σύγκλητον ύπο&ε&ηκδς και
κατώτερον τον της θεολογίας έπώνυμον ύπεδέχοντο, ου μόνον
κατά ψυχην φαιδρυνόμενοι, άλλα και ταις έκτος λαμπρότησι των
στολών το έντος περιχαρές ύπεμφαίνοντες.

29. Ώς δέ βαδίζειν προς το της πόλεως αμφοδον προϋθεντο,
ύπήντα μέν το της πολιτείας πλήθος τοσούτον συναθροισθέν και
οΰτως περιχυθέν ώς στενοχωρεϊσθαι και βασιλέα και ιερείς και
420 προς την εξοδον άνακόπτεσθαι. Ο Ε μέν γαρ περί τάς των οδών
υπαίθρους
συναθροιζόμενοι
ταϊς
ύμνωδίαις
έτίμων
την
προπομπήν, οί δέ και προς τάς θόλους αύτας συρρηγνύμενοι και
μακρόθεν ίδεϊν την ίεράν σορδν ήγωνίζοντο, έτεροι προς τάς
πολυστύλους αίθουσας και τας μετεώρους στοάς έπισυρρέοντες
425 του ακόρεστου θεάματος ένεπίμπλαντο, άλλοι περί τάς μεταρσίας
και τριώροφους οίκοδομάς, εστίν δ' δπου και τάς άκροτάτας
όροφάς ύπερανιόντες, εκείθεν έσκόπουν τον της πανηγύρεως
αίτιον καΐ ουκ ?jv ουδέν των της λεωφόρου μερών, δ μη
προκατείληπτο καΐ προκατελαμ&άνετο άνδράσι, γυναιξί, γέρουσι,
430 νέοις, παισί. Πάντας γαρ ομοίως ή πίστις προς την του μεγάλου
θεολόγου συνήλαυνε τελετήν, ώς και αύτάς τάς των παρθένων
transp. Τ || 396 έστέρηντο Τ.
28. 397 δ' ίκανώς Τ || 401 σκηρώματος Τ || 403 έκομίζετο Τ || 411 ώς : σ supra lin.
Μ ||411έξίεσανΤ.
29. 417-8 το της - μεν om. Τ || 424 κοά post μετεώρους transp.
Τ || 427
ύπερανίοντες Τ || 428 των om. Τ || 43 1 παρθαιθένων ut vid. ante corr. T.

64

BERNARD FLUSIN

ments, affrontaient le regard des hommes pour voir les mystères de la
fête qui se déroulait.
30. Cette châsse précieuse, donc, était portée, comme le fut jadis
l'arche qui la préfigurait, mais par les prêtres de la grâce, transportée
comme un trésor céleste, cachant en elle les indicibles et incompréhens
ibles
mystères de Dieu. On la conduisait au milieu des rues, au milieu
du jour ; elle passait au milieu d'une foule si nombreuse et on l'emmen
ait
au lieu où elle devait reposer. Des milliers de flambeaux illuminaient
la fête si bien que la lumière qu'ils irradiaient triomphait des rayons du
soleil et qu'en plein hiver, alors que tombait la neige, on voyait paraître
un autre soleil tout resplendissant.
31. Après que ce saint cortège se fut déroulé avec tant d'éclat, ils arr
ivèrent
à l'église eminente et illustre des Apôtres. Il fallait en effet que
celui qui avait fait paraître un zèle égal au leur et qui avait partout par
ses proclamations répandu la lumière de la Trinité sainte méritât, aux
yeux de tous, de participer non seulement aux mêmes honneurs qu'eux
dans les cieux, mais aussi au même séjour et à la même demeure qu'eux
sur la terre. Il ne fallait pas que fût déposé loin de la châsse du père aux
discours d'or, du luminaire de la terre habitée, ni relégué loin de lui celui
qui avait illuminé la Ville Reine peu avant lui, ou plutôt avec lui en des
temps et des œuvres semblables ; mais il fallait qu'il fût déposé près de
lui, et qu'il participât à la sépulture aussi de celui dont il avait été si
proche par l'ardeur de la piété. Il fallait qu'avec le grand, le resplendiss
ant,
le toujours vigilant œil de la pénitence, avec le héraut et le garant
miséricordieux et très compatissant de la miséricorde et de la compass
ion
fût déposé et enseveli l'initié et l'adorateur de la Trinité bienheu
reuse
et plus que divine, l'interprète et le docteur de ses mystères et celui
qui a exposé clairement au monde sa connaissance, et qu'il obtînt pour y
demeurer le même lieu sacré et inaccessible. Il fallait que fût introduit
dans le saint des saints le corps saintement façonné par l'Esprit et qu'il
ne fût pas séparé, même après la mort, de ceux que, de son vivant, il
venait initier aux mystères d'en-haut. Il fallait que, lorsqu'on sacrifie
l'agneau pur et sans taches, ses sacrificateurs et ses prêtres purs fussent
présents avec la victime pour célébrer le sacrifice et que, du ciel, ils fis
sent descendre sur les participants à la fête la présence de l'Esprit. Il fal
lait que leurs corps très purs, pleins de la sainteté des anges, se tinssent
comme l'image des Chérubins de part et d'autre du propitiatoire, voilant
de leur sainteté surabondante les mystères redoutables qu'on ne doit pas
voir.
§30 434-5 ως ποτέ ή τυπική κιβωτός : Jos. 3, 15-16. 437 δια μέσης - μέση : Greg.
Naz., Or. 33, PG 36, 221A15-B1.
§31 445-9 "Εδει γαρ — άναδειχθηναι. : Leo VI, Transi, §7, p. 495, 1. 18-20. 455
της μετανοίας όφθαλμο : Const. loh. Chr., p. 316, 1. 9-10 ab imo. 469-70 οΓά τίνα
— ίλαστηρίου : Ex. 25, 17-21.

LE PANÉGYRIQUE DE CONSTANTIN VII PORPHYROGÉNÈTE

65

αθέατους άρτι των θαλάμων ύπεξιέναι και αρρένων καταθαρρήσαι
δψεων και της τελούμενης εορτής κατιδεϊν το μυστήριον.
30. Έφέρετο οδν ή τιμία εκείνη σορός, ως ποτέ ή τυπική
435 κιβωτός, τοις της χάριτος ίερευσιν ||(283) εποχούμενη, οίον τις
ουράνιος θησαυρός, των ακατάληπτων του θεού μυστηρίων
συγκρύπτουσα τά απόρρητα* ηγετο διά μέσης όδου έν ημέρα μέση,
μέσον τοσούτου πλήθους δια&ι'βαζομένη και προς τον της
καταπαύσεως τόπον άπαγομένη, και λαμπάδες μέν μυριοπληθείς
440 τήν έορτήν κατεφαίδρυνον ως το εκείθεν άπαυγαζόμενον φως τάς
ήλιακάς ακτίνας ύπερνικαν και χειμώνος ωρα και καταφορά
νιφετοϋ ήλιον άλλον πολυφαή καταφαίνεσθαι.
3 1 . Ούτως της ιεράς εκείνης προπομπής τελεσθείσης και μετά
τοσαύτης φαιδρότητος, προς τον ύπερφερή και περιώνυμον των
445 αποστόλων ναον κατηντήκασιν. "Εδει γάρ τον όμόζηλον αύτοϊς
άναδειχθέντα και διά του ιδίου κηρύγματος το της άγιας Τριάδος
φως πανταχού διαπλώσαντα μή μόνης της έν ούρανοΐς ισοτιμίας,
αλλά και της κάτω συσκηνίας και συνοικίας όμοδίαιτον
άναδειχθήναι. 'Έδει μή μακράν της του χρυσολόγου πατρός και
450 φωστήρος της οικουμένης σορού τον μικρω προ αύτου τήν
βασιλίδα καταλαμπρύναντα, μάλλον δε συν αύτω έν όμοιο ις
καιροΐς τε και πράγμασιν, άποκεϊσθαί τε και άπορρήγνυσθαι, αλλά
κατ'
πλησίον
εύσέ&ειαν
είναι τηούκαταθέσει
διειστήκεικαιθερμότητος.
κοινωνεΐν και
"Εδει
τηςτωταφής
μεγάλω
οδ της
καΐ
455 πολυφαεΐ και άκοιμήτω της μετανοίας όφθαλμω και το της
εύσπλαγχνίας και συμπαθείας εύσπλάγχνω και συμπαθεστάτω
κήρυκι και εγγυητή τον της ύπερθέου και μακαριάς Τριάδος
μύστην και λατρευτήν και του ταύτης μυστηρίου ύφηγητήν και
διδάσκαλον και τοις έν κόσμω τήν ταύτης γνώσιν διατρανώσαντα
460 και συντεθείσθαι και συντετάφθαι και τον αύτον ιερόν και
άνεπί-βατον χώρον ||(283ν) εις κατοικίαν άποκληρώσασθαι. "Εδει
προς τά των άγιων άγια το άγιότευκτον σκήνος είσαχθήναι του
Πνεύματος και μηδέ μετά νέκρωσιν άφορισθήναι, οίς έν σαρκι
προσιών έμυσταγώγει τά κρείττονα. "Εδει του καθαρού και
465 αχράντου θυομένου άμνου τους καθαρούς αύτου θύτας και ιερείς
συμπαρεΐναι τω θύματι και τήν θυσίαν ίερουργεΐν, και τήν του
Πνεύματος άνωθεν κατάγειν τοίς πανηγυρισταΐς έπιφοίτησιν.
"Εδει τά καθαρώτατα και αγγελικής άγιότητος πλήρη τούτων
σκηνώματα οΤά τίνα χερου&ικά έκτυπώματα εκατέρωθεν του
470 ίλαστηρίου έφεστώτα κατακαλύπτειν τω περιόντι της άγιότητος τά
των μυστηρίων φρικτά και αθέατα.
30. 434 ώς ποτέ Τ || 437 δια Τ : Οέ Μ || 438-9 καΐ- άπαγομένη om. Τ || 439 μέν Μ :
δέΤ.
31. 444 πολυώνυμον Τ || 446 ιδίου Μ : οικείου Τ || 453 καΐ της Μ : δια της Τ || 462
τό om. Τ || 469-70 εκατέρωθεν - έφεστώτα om. T.

66

BERNARD FLUSIN

32. Quand ils eurent approché des portes de l'église et qu'ils furent
entrés dans ce deuxième ciel, qui est, lui, sur la terre, quand ils eurent
déposé cette sainte châsse avec de semblables honneurs à l'intérieur du
saint chœur, pour lui, étendu dans le saint des saints tel un objet pré
cieux,
un trésor céleste et divin, il a trouvé le repos pour les siècles des
siècles ; quant à ceux qui étaient épris de désir et d'amour pour lui, leur
apparaissant invisiblement, examinant le désir et le zèle de chacun, il
leur verse à grande profusion la grâce de l'Esprit qui jaillit de lui.
33. Maintenant cette église, image du ciel, éclairée et illuminée non
seulement par ses propres beautés, mais par les beautés aussi provenant
du Théologien, convoque ici les puissances célestes et réunit pour la
solennité présente tous les chœurs des justes et tous les collèges des
saints. Maintenant, l'œil toujours vigilant de la piété, qui jamais ne se
ferme, l'interprète et le docteur des paroles de Dieu vient célébrer la fête
avec les apôtres du Christ, se réjouit avec eux, et il jubile et exulte de
partager leur séjour. Maintenant, il se tient à son poste — la châsse qu'on
voit ici — et observe de loin le Seigneur qui, depuis l'or éclatant des
voûtes, veille sur la foule ici assemblée et qui, de ses lèvres comme
mobiles, lui crie : «Aujourd'hui, c'est le salut, non seulement pour le
monde visible et le monde invisible, mais aussi pour cette maison magnif
iqueet auguste.»
34. Ainsi donc, ce qui fut accompli lors de l'actuel retour par ceux qui
aimaient le plus ardemment la foi et le plus sincèrement cet homme, et
comment tout le peuple, partout répandu, contribua de toutes ses forces à
rendre auguste cette fête, c'est là ce qu'il est impossible de passer sous
silence même à qui le voudrait, et qu'il est si difficile de chanter comme
il conviendrait. Et maintenant, revenu à sa bergerie, il a regroupé ses bre
bis ; de retour auprès du troupeau qu'il a lui-même accru et qui s'est
développé, levant les yeux et les promenant alentour, il voit que son
peuple ne scrute plus ses discours comme il le faisait autrefois, mais
qu'il est pris pour eux d'un amour très divin, qu'il est affermi dans
l'Esprit, qu'il est parvenu à la perfection des dogmes, qu'il est purifié
dans la sainteté, au souvenir de ses lapidations, de ses travaux, de ses
sueurs, des morts quotidiennes qu'il a endurées pour eux et supportées à
cause de la Trinité sainte pour laquelle il acceptait toutes les souffrances
et tous les dangers, afin de ne mettre aucun de ses trois éléments à l'écart
§33 489-90 επί της — άποσκοπεύει. : Hab. 2, 1. 491 τόν άνωθεν — Κύριον : Leo
VI, Transi., §7, ρ. 495, 1. 3 ab imo - p. 496, 1. 1. 493-4 Σήμερον — οίκω : Le 19, 9;
Greg. Naz., Or. 45, PG 36, 624A12-4.
§34 498-9 παρελθεϊν — αδύνατον : Greg. Naz., Or. 43, PG 36, 557B12-13. 501-2
προς τδ — όδευσαν : Greg. Naz., Or. 42, PG 36, 460A3-5; Daphnopatès, Ep. 11, 1. 3031. 502 τους οφθαλμούς κύκλω αράς : Is. 60, 4; Greg. Naz., Or. 42, PG 36, 472A12; Or. 16, PG 35, 937C1-3. 503 έξεταστήν : Greg. Naz., Or. 42, PG 36, 472A2. 5045 κατηρτισμένον έν πνεύματι, : Greg. Naz., Or. 43, PG 36, 604A13-14. 506
μεμνημένους των λιθασμών : Greg. Naz., Or. 42, PG 36, 492C5.

LE PANÉGYRIQUE DE CONSTANTIN VII PORPHYROGÉNÈTE

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32. Ώς δέ ταϊς του ναοΰ πύλαις προσήγγισαν και προς τούτον
τόν έπι γης δεύτερον ούρανόν είσήεσαν και την ίεράν έκείνην
σορόν | μεθ 'όμοιας τιμής εντός του ίερου έναπέθεντο βήματος,
475 αύτδς μεν ώς ούράνιον και θείον κειμήλιον και θησαύρισμα εν τοις
αγίων άγίοις άνακλιθείς την εις αιώνας αιώνων άνάπαυσιν εΰρατο*
τοις δέ τώ εκείνου πόθω και φίλτρω κατεσχημένοις άοράτως
επιφαινόμενος και τόν έκαστου πόθον και ζήλον περισκοπών την
εξ
αύτου
βρύουσαν
χάριν
του
Πνεύματος
άφθονώτατα
480 έττιδαψιλεύεται.
3 3 . Νυν ό ούρανομίμητος οδτος ναός ου μόνον τοις παρ 'εαυτού
κάλλεσιν,
άλλα
και
τοις παρά του
θεολόγου
κάλλεσιν
λαμπρυνόμενος και καταλαμπόμενος, τάς ουράνιους δυνάμεις
ενταύθα παρίστησιν και πάντα μέν χορόν δικαίων, πάντα δέ αγίων
485 σύλλογον προς την παρουσαν συναθροίζει πανήγυριν. Νυν ό
γρήγορος της ευσέβειας και άνύστακτος οφθαλμός και της
θεολογίας υφηγητής και διδάσκαλος συμπανηγυρίζει τοις Χρίστου
άποστόλοις 11(284) και συνευφραίνεται και τη τούτων όμοσκηνία
συγγέγηθέ τε και συναγάλλεται. Νυν μάλλον έπι της εαυτού
490 φυλακής ιστάμενος, της βλεπομένης ταύτης σορού, άποσκοπεύει
τόν ανωθεν άπό της χρυσαυγούς οροφής εποπτεύοντα Κύριον και
δια των οίον έναρθρων χειλέων τοις ενταύθα συνεληλυθόσιν
έπιφωνουντα «Σήμερον σωτηρία, ου μόνον τω όρατω και άοράτω
κόσμω, άλλα δη και τω μεγαλόπρεπε! καΐ σεδασμίω τούτω ο'ικω».
495

34. Τά μέν οδν έν τη παρούση άνακομιδη τελεσθέντα παρά των
θερμότερων της πίστεως και των γνησιωτέρων εραστών του
ανδρός, και δπως ό σύμπας λαός περιχυθείς καθ' δσον οΤόν τε ήν
τήν πανήγυριν έσε€άσθησαν, ταυτά έστιν α και παρελθείν
βουλομένω αδύνατον και προσηκόντως έξυμνεΐν έργωδέστατον.
500 Και νυν προς τήν οίκείαν μάνδραν είσελάσας τά εαυτού συνήγαγε
θρέμματα, και προς τό παρ' αύτοΰ πλατυνθέν ποίμνιον | και εις
προσθήκην όδευσαν έπιφοιτήσας και τους οφθαλμούς κύκλω άρας
όρα τόν εαυτού λαόν ου των τούτου λόγων έξεταστήν ώς τό
πρότερον, άλλ' έπιθυμητήν ένθεώτατον, αλλά κατηρτισμένον έν
505 Πνεύματι, αλλά τετελειωμένον έν δόγμασιν, αλλά κεκαθαρμένον
έν άγιότητι, μεμνημένους τών λιθασμών, τών πόνων, τών ιδρωτών,
τών καθ'ήμέραν θανάτων ους υπέρ αυτών έκαρτέρησεν, ους διά
τήν άγίαν Τριάδα ύπήνεγκεν, υπέρ ής αλγεινά πάντα και
κινδύνους εφερεν Ινα μή τι τών τριών αλλήλων αποξένωση και
510 ζημιωθΐ) τών ωνπερ έκέκτητο τό κάλλιστόν τε και τιμιώτατον,
μάλλον δέ άλλους ζημιώση τήν σωτηρίαν, ή διά τήν πονηράν
συναίρεσιν τήν τών προσώπων διαφοράν άναιρών, ή διά τήν
32. 472 νεώ Τ || τούτον! Τ || 476 εϋρετο Τ.
33. 481-94 Νυν - οΐκψ om. Τ || 490 άποσκοπεύει nos cf. Hab. 2, 1 : άποσοπεύει M.
34. 508 ?jç + καΐ Τ || οίλλοις Μ || 511 ζημιώσει Μ || 512 το ... διάφορον Τ ||

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-

BERNARD FLUSIN

les uns des autres, pour éviter d'être privé de ce qu'il avait acquis de plus
beau et de plus précieux, ou plutôt pour ne pas priver autrui du salut, soit
en supprimant la différence des personnes par la criminelle confusion,
soit en lacérant l'honneur égal qui s'attache à leur essence en opérant la
séparation, qui est pire encore. Car il sait bien, cet intellect vraiment
digne d'un prêtre et tout illuminé par Dieu, oui, il sait bien qui vient à lui
avec une foi préservée du doute et qui avec hésitation, qui a su faire sor
tir des semences de sa théologie un épi prolifique, et qui s'est desséché
dans la stérilité. Il sait qui a multiplié le talent et qui l'a enfoui dans la
terre ; il n'ignore pas qui, comme de l'ivraie, croît en même temps que le
froment très pur des dogmes, et qui a su garder à la moisson du Christ le
foisonnement de ses beaux épis.
35. Non vraiment, personne, ni autrefois, ni maintenant, ni dans l'aven
ir,ne s'est ainsi arraché au monde et envolé vers les choses divines ni
ne s'est élevé à une telle pureté qu'il ait obtenu de contempler la visionmême de l'inconcevable beauté. Qui d'autre a aimé à ce point la philoso
phie
la plus sublime? qui d'autre s'est fondu tout entier en elle, lui
subordonnant la philosophie humaine au point de fondre ensemble l'ha
bileté rhétorique qu'on trouve dans l'une avec ce que l'autre a reçu d'au
guste de sa méditation des choses divines et de modeler ainsi une seule
image formée d'une variété de styles ? S'il est arrivé à quelqu'un d'autre
parmi ceux qui ont vu le jour de transcender ainsi le monde sensible, de
pénétrer à l'intérieur des cieux et, après avoir dépouillé l'enveloppe de
chair, de voir le saint des saints, c'est ce que je ne saurais dire ; mais que
ce grand homme de Dieu est partout célèbre pour avoir dépassé tout le
monde dans la sagesse pratique et contemplative, et qu'il n'est aucun
dogme de la théologie que ne lui ait révélé la Trinité elle-même, qui lui a
accordé la grâce d'être ainsi inspiré, et encore d'exposer et de fixer par
écrit de tels dogmes, c'est ce que je sais clairement et que j'affirme pour
ceux qui l'ignoreraient.
36. Quelles considérations sublimes et célestes, rapprochant de Dieu
et améliorant celui qui les pratique, ne recueillerait pas celui qui parcourt
son livre théologique ? S'il fréquente ses discours panégyriques, ne serat-il pas frappé d'étonnement devant le grand mystère de l'économie
divine et de tout ce qui l'accompagne? Quand il lit ses œuvres sur le
sacerdoce, ne comprendra-t-il pas la sublimité de celui-ci et la bassesse
de la nature mortelle, et les qualités que doit avoir celui qui veut entre
prendre
un tel service ? Quand il pénètre dans ses discours théologiques,
ne se défera-t-il pas aussitôt de ce qui est charnel, ne montera-t-il pas
vers la montagne, n'entrera-t-il pas dans la nuée pour voir l'arrière de
515-7 τίνες οι τα σπέρματα — άποξηρανθέντες : Matth. 13, 3-9. 518-9 τίς ό τό
τάλαντον — κατορωρυχώς : Matth. 15, 20-25. 519-21 τίνες τφ καΦαρωτάτω —
διετηρησαν : Matth. 13, 24-30.
§36 539-59 Greg. Naz., Or. 43, PG 36, 585BC. 547-8 προς — χωρήσει : Ex. 24, 13 et
18. 548τατοϋ — οπίσθια: Ex. 33, 23.

LE PANÉGYRIQUE DE CONSTANTIN VII PORPHYROGÉNETE

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πονηροτέραν διαίρεσιν το της ουσίας όμότιμον διασπών. Οΐδε γαρ
οΤδεν ό ίεροπρεπέστατος νους και θεολαμπέστατος ||(284ν) τίνες οί
515 άδιστάκτως αύτω προσερχόμενοι και τίνες οί άμφι-βόλως, τίνες οί
τά
σπέρματα
της
αύτου
θεολογίας
πολύχουν
στάχυν
άπεργασάμενοι και τίνες οί δι' άκαρπίαν άποξηρανθέντες.
Έπίσταται τίς ό το τάλαντον πολυπλασιάσας και τίς ό τοΰτο εις
γην κατορωρυχώς· ουκ αγνοεί τίνες τώ καθαρωτάτω σίτω των
520 δογμάτων ώς ζιζάνια συμ&λαστάνουσι, και τίνες το του Χρίστου
λήϊον πΐον και εϋσταχυν διετήρησαν.
35. "Οντως ούδεις των πάλαι και νυν η έσομένων εαυτόν οΰτως
η κόσμου άπέρρηξεν η προς τα θεία έπτέρωσεν η προς τοσαύτην
αναδέθηκε καθαρότητα, ώς και αύτης της του αμήχανου κάλλους
525 καταξιουσθαι οράσεως. Ποίος δε άλλος έπι τοσούτω την άνωτάτω
φιλοσοφίαν ήγάπησε και δλος ταύτη συνανεκράθη και την
άνθρωπίνην αύτη καθυπέζευξεν, ώς της μεν το εν λόγοις εντεχνον,
της δε το εν θείοις | πάνσεπτον εις ένν συγκεράσασθαι και μίαν
εικόνα ποικίλαις μεμορφωμένην ΐδέαις διατυπώσασθαι ; Ει μεν οδν
530 έτέρω τινι των εις φως προεληλυθότων έξεγένετο τοσούτον
ύπεραναδηναι την α'ισθησιν και ε'ισω των ουρανίων χωρησαι και το
της σαρκός ύφελόντι προκάλυμμα τά των αγίων αγία κατοπτεϋσαι,
ειπείν ουκ εχω· δτι δε μείζων των πάντων ό μέγας οδτος ανΦρωπος
του #εοΰ έπι σοφία πρακτική τε και Φεωρητικη δια^εδόηται και
535 ουδέν αύτω των της -9-εολογίας δογμάτων ο μη προς της Τριάδος
αύτης άποκεκάλυπτο παρ 'ης και το έμπνεΐσΦαι τα τοιαΐ3τα και
δογματίζειν και συγγράφειν κεχάριστο, οΐδα σαφώς και τοις
άγνοουσιν έκτίθημι.
36. Τί γαρ αν τις των υψηλών και ουρανίων θεωρημάτων η #εω
540 προσοικειούντων και βελτιούντων τον χρώμενον την Φεολόγον
αύτου βί&λον ||(285) μετερχόμενος ού καρπώσοιτο ; Ούχι τοις
πανηγυρικοίς αύτοί3 λόγοις προσομιλών το μέγα του θεού της
οικονομίας μυστήριον έκπλαγησεται, και δσα ταύτης ακόλουθα ;
Ού τοις περί ίερωσύνης έντυγχάνων ε'ισεται και το ταύτης υψος
545 και το της θνητής φύσεως ταπεινόν, και οίον είναι χρή τον
τηλικούτοις ύπηρετήσοντα ; Ού τοις περί θεολογίας έμ€ατεύων
ευθύς των σαρκικών άποστήσεται, καΐ προς τό δρος άνα&ήσεται
και της νεφέλης ε'ισω χωρήσει και τα του θεού κατίδοι οπίσθια ; Ού
τοις τούτου έπιταφίοις και έγκωμίοις έμμελετών προς τό κρείττον
550 άλλοιωθήσεται, και δια μεν τών προς άρετην καΐ βίον αληπτον
έπαναχθήσοιτο, δια δε τών τό καρτερικόν παιδευθήσεται ; Ναι μην
515άδιάστατοςΤ 518 εις Μ: προς Τ.
35. 522 ουδέν Μ 526 ήγάπησεν Τ || δλως Μ || 527 εν λόγοις om. Τ || 528 μίαν +
κάλλους Τ || 531 ουρανών Τ || 536 άπεικεκαλύπτο ante corr. άπεκεκάλυπτο post
corr. Τ if 537 κεχάρισται T.
36. 542-543 της οικονομίας του Θεοΰ Τ || 546 ύπηρετησαντα Τ || 548 κατίδει Μ

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BERNARD FLUSIN

Dieu ? Quand il médite ses oraisons funèbres et ses éloges, ne se transformera-t-il pas pour s'améliorer et ne sera-t-il pas guidé par les uns vers
une vertu et une vie irréprochables, formé à la constance par les autres ?
Et certes, quand il feuillette les discours sur la paix, il saura réconcilier
avec lui-même ce qui est en lutte ; quand il entend les œuvres qu'il s'est
adressées à lui-même, il embrassera sa douceur dans le Christ et son
genre de vie, et quand il écoute ses discours dogmatiques, il triomphera
facilement de l'opinion adverse. S'il vient à prendre connaissance de ses
lettres aussi, il se gorgera de leur inexprimable douceur ; avec ses
poèmes, il se lavera de l'amertume qui empêche de se désaltérer aux
lettres païennes ; avec ses prières nocturnes, il montera jusqu'au ciel luimême et son intellect s'unira à Dieu.
37. Pour ma part donc, chaque fois que je veux entreprendre de parler
de ses œuvres, aussitôt des pensées telles des coups de tonnerre et des
éclairs me frappent, venant comme d'un mont Sinaï, plus retentissantes
que des trompettes ; fumée et ténèbres m'entourent, m' empêchant d'aller
plus avant, et me voici tout frappé de stupeur, tout rempli de terreur parce
que, sur ces œuvres, le Seigneur est descendu au milieu du feu. Et qui
donc, après y avoir plongé son intellect, ne voit pas le feu d'Élie descen
dant
du ciel, ou le char de flammes qui l'enlève dans les airs, ou la colonne
de feu précédant Israël, ou la mâchoire avec laquelle Samson fracasse les
phalanges étrangères, ou pour mieux dire, le souffle violent de l'Esprit des
cendu
à grand bruit sur les apôtres, manifestant la grâce sous la forme de
langues de feu ? Comment ne serait-on transporté hors de soi quand on se
figure le feu autrefois brûlant dans le buisson présent désormais dans les
pensées de notre homme, et la voix de Dieu qui en sort pour dire non seu
lement
à ceux dont la vertu égale celle de Moïse, mais à ceux aussi, s'il en
est, qui le dépassent, de dénouer le lien qui rattache au monde d'ici-bas
pour marcher alors, dépouillé des réalités inférieures, sur le sol de la terre
sainte, c'est-à-dire des écrits du Théologien ?
38. Si quelqu'un voulait comparer les discours de notre homme à l'épée
de feu du jardin d'Éden ou bien à ce fameux charbon ardent avec lequel un
Séraphin jadis avait purifié les lèvres d'un prophète, même ainsi, il trou
vera que la réalité est conforme à de tels modèles : car ses discours consu
ment comme des broussailles l'hérésie malsaine de ses adversaires, mais
ils illuminent tous ceux qui ont marché dans la lumière de la Trinité et ont
été ainsi conduits à la connaître. La louange donnée par les saints évang
iles aux lys des champs souligne moins leur beauté florissante qu'elle
§37 561-2 ως άττό — βάλλουσιν : Ex. 19, 16. 562-3 σαλπίγγων — σφοδρότερον : Ex.
19, 16 et 19. 565 δια τό — Κύριον : Ex. 19, 18-20. 566-7 τό Ήλιου — κατερχόμενον
: IV Rois 1,12. 567-8 τό εκ — μεταρσιον : IV Rois 2, 1 1. 568 τον — προηγούμενον :
Ex. 13, 21-22. 569 τήν σιαγόνα — φάλαγγας: Jug. 15, 14-19. 570-2 τήν
κατελθοΰσαν — γλωσσών : Ac. 2, 2-3. 574 τοις κατά Μωσέα τήν άρετήν : Greg.
Naz., Or. 45, PG 36, 637B6-7. 575-7 τόν προς — θεολόγου : Ex. 3, 1-5.

LE PANEGYRIQUE DE CONSTANTIN VII PORPHYROGENETE

71

και τους ειρηνικούς άνελίττων καταλλάξοι προς εαυτόν τό
μαχόμενον, και τους εις εαυτόν έκφω|νη$έντας άκουτιζόμενος, την
εν Χριστώ πραότητα και πολιτείαν άσπάσοιτο, και τους περί
555 δογμάτων ένωτιζόμενος ευκόλως κατα£αλεΐ τό άντίδοξον. "Αν δε
και των επιστολών ελθοι προς πεΐραν, ήδύτητος άφράστου
έμφορηΦήσοιτο, άν δε και των έμμετρων έπων, της ελληνικής
άλμης τό αποτον άποκλύσοιτο, αν δε και νυκτερινών ευχών, εις
αυτόν ούρανόν άνα&ήσεται και $εω νοητώς συγγενήσεται.
560

37. Έγώ γουν όπηνίκα τούτοις την γλώτταν έπαφεϊναι
θελήσοιμι, αύτίκα με ως άπό τίνος ορούς Σιναίου βροντά! και
άστραπαι
βάλλουσιν
νοημάτων,
και
σαλπίγγων
ήχουσι
σφοδρότερον, και καπνός και γνόφος περικυκλοΐ, την εις τα πρόσω
πορείαν άπείργοντα1 και δλος κατεπτηχώς και δέους άνάπλεως
565 γίνομαι, δια τό έπ' αύτοίς έν πυρ! καταδε&ηκέναι τον Κύριον. Τίς
δε κα! τον νουν αύτοίς έμ&αΦύνας ||(285ν) ου τό Ήλιου πυρ
ούρανό#εν όρα κατερχόμενον, η τό έκ φλογός άρμα τούτον έξάραν
μετάρσιον, η τον έκ πυρός στυλον του 'Ισραήλ προηγούμενον, η
την σιαγόνα Σαμψών τας αλλοφύλων συγκόπτουσαν φάλαγγας,
570 ειπείν δε μάλλον την κατελΦοΰσαν μετ' ήχου βιαίαν πνοήν έπ! τους
αποστόλους του Πνεύματος κα! την χάριν έν ε'ιδει πύρινων
γλωσσών ύποδείξασαν ; Πώς δε ούκ έξίσταταί τις τό έν τη βάτω
πρότερον άναπτόμενον πυρ έν τοις τούτου νοήμασι φανταζόμενος
και τον $εόν έκ τούτων φθεγγόμενον, μη δτι τοϊς κατά Μωσέα την
575 άρετήν, άλλα κα! ε'ι τινι τούτου ύψηλοτέρω, τόν προς τα κάτω
δεσμόν διαλύσασΦαι κα! τηνικαυτα γυμνόν τών χαμαιζήλων της
αγίας γης είτουν συγγραφής έπιβήναι του θεολόγου ;
38. Ει δε κα! προς την έν Εδέμ φλογίνην ρομφαίαν η τόν
σεραφικόν | εκείνον αν#ρακα φ πάλαι προφήτης τα χείλη
580 διακεκάΦαρτο τους τούτου λόγους άπεικονίζειν τις βούλοιτο, εύροι
κα! ούτως τά πράγματα τοις τύποις προσαρμοζόμενα, και
άναλωτικούς μεν της φρυγανώδους τών εναντίων κακοδοξίας τε
κα! σα&ρότητος, φωτιστικούς δε τών δσοι τω της Τριάδος φωτ!
έπορεύΦησαν κα! προς τήν ταύτης έπίγνωσιν ώδηγήθησαν. Ό μεν
585 οδν έν τοις ίεροίς έυαγγελίοις περ! τών του άγρου κρίνων έπαινος
ού μάλλον παρέστησε τήν έπαν&ουσαν αύτοϊς ωραιότητα ή του
552 ειρηνικούς - εαυτόν om. Τ || 558 άποκλούσοιτο Μ || 559 ούρανόν αυτόν Τ || καΐ
θεώ - συγγενήσεται om. T.
37. 562 βάλλουσι Τ || σάλπιγγες ήχουσαι Τ || 564 κατεπηχώς Τ || 567 ούρανόθεν :
άνωθεν Τ || 572 Πώς δέ : hinc valde diversa habet T vide recensionem breviorem ad calcem huius editionis.
§38 578 τήν — ρομφαίαν : Gen. 3, 24.
6, 6. 585 τών —κρίνων : Matth. 6, 28.

578-80 τόν σεραφικόν — διακεκά#αρτο : Is.

72

BERNARD FLUSIN

n'indique la majesté du créateur ; et dans le cas qui nous occupe, comme
l'émerveillement est plus grand, ce qu'on admire se révèle grand aussi.
Oui vraiment, les merveilleux discours du père fleurissent et se couvrent
encore de nouvelles fleurs, mais immarcescibles ; ils répandent un doux
parfum, mais éternellement. Et si, à cause des mille couleurs qui éblouis
sent
le regard, on voulait donner la victoire à ces fleurs, même alors il
m'est possible de triompher. Car les fleurs et les lys ne sont pas embellis
par la multiplicité des couleurs autant que les divines affirmations de notre
homme sont fleuries de mille façons, comme par des couleurs, de toutes
les variétés chatoyantes du style : de sorte que même Salomon, dans toute
sa gloire, ne saurait imiter l'une d'entre elles.
39. Voilà pourquoi ce n'est pas seulement une reine gouvernant un
petit territoire, ni même tout ce que l'Attique peut compter d'orateurs
illustres, ni seulement de tout endroit de la terre où il y a des hommes
qu'on accourt pour entendre ses sages paroles ; mais les occupants des
confins du monde habité et tous ceux, s'il en est, qui ont émigré au-delà
affluent tous ensemble aussi pour que l'expérience directe confirme ce
qu'ils ont entendu dire et qui les a charmés ; et ni les colonnes d'Hercule,
ni les collines d'Afrique, ni les montagnes qui s'élèvent dans les airs audessus des nuées, ni les précipices abrupts et infranchissables, ni l'im
mensité
des mers, ni les neiges des régions hyperboréennes, ni les cha
leurs torrides de l'Inde, ni rien d'autre de tout ce qui peut faire obstacle
et repousser ne saurait freiner l'ardeur de leur élan, mais de toutes les
races et de toutes les générations qu'il y a sous le ciel, comme autrefois
pour jouir de l'enseignement des apôtres, ils accourent attirés par la dou
ceur de sa théologie.
40. Puisqu'il en est ainsi, et maintenant que le saint pasteur, avec tant
de louanges, a reçu l'éloge qui convenait, qu'y a-t-il de plus charmant
que la fête présente ? Quoi de plus brillant que cette solennité ? Quoi de
plus aimable et de plus auguste que le transfert de la sainte dépouille du
Théologien, que voici devant nous ? Si quelqu'un cherche à comparer les
ombres d'autrefois avec les réjouissances d'aujourd'hui, il verra celles-ci
l'emporter de beaucoup sur les autres et les dépasser. L'ancienne arche,
sauvée du naufrage du monde, avait Noé, étincelle qui devait ranimer le
genre humain : mais seulement pour un temps, et bien court. Cette arche
théologique si auguste, aujourd'hui, contient le Noé de notre génération,
véritablement juste et parfait. Par son intellect, il gouverne de belle façon
l'arche spirituelle non faite de main d'homme, qu'il a sauvée de vagues
qui n'étaient pas matérielles, mais spirituelles, lui qui est devenu le père
de nombreux peuples dans la foi et qui, jusqu'à ce jour, assiste ceux qui
sont nés de lui et reste à leurs côtés.
595-6 ως μηδ' αυτόν — άπομιμήσασΦαι : Matth. 6, 29.
§39 597-8 βασίλισσα — γης : /// Rois 10, 1-2; Greg. Naz., Or. 43, PG 36,
596B11. 600 και οί — οικουμένης : Greg. Naz., Or. 43, PG 36, 596B13. 608 ώς
πριν — διδασκαλίαν : Ac. 2, 5-6.

LE PANÉGYRIQUE DE CONSTANTIN VII PORPHYROGÉNÈTE

73

δημιουργού το μεγαλεΐον ύπέφηνεν ενταύθα δε μείζονος δντος
του θαύματος, μέγα και τό θαυμαζόμενον άποδείκνυται. 'Ανθεί
γαρ τώ δντι και αναβάλλει και τά πολυθαύμαστα του πατρός
590 λόγια, αλλά άμαράντως, και εύωδεϊ, άλλ'άτελευτήτως. Ει και
χροιών ποικιλίαις έκπληττούσαις την όψιν δοίη τις αύτοϊς τό
ύπέρτερον, και οΰτως τό νικαν μοι περίεστιν. 11(286) Ου γαρ
τοσούτον άνθη και κρίνα πολυμορφία χροιών καθωράϊσται, ώς τα
τούτου θεόφθεγκτα δόγματα παντοδαπέσι λόγων ίδέαις οΓά τισι
595 χροιαίς περιήνθισται και πεποίκιλται, ώς μηδ' αυτόν τόν
Σολομώντα εν πάση τη δό£η αύτοϋ ώς εν τούτων άπομιμήσασθαι.
39. Δια τοι τοϋτο και ου βασίλισσα μόνη μικροί) μέρους
ούδ'
άρχουσα γης, ουδέ της 'Αττικής δσον προς λόγους έπίσημον,
δπου γης εϊσί τίνες προς τό της αύτοϋ σοφίας άκοΰσαι
600 συντρέχουσιν, άλλα και οί άπό περάτων της οικουμένης και ε'ι
τίνες είσι ταύτης πορρωτέρω άπωκισμένοι, τη άκοη θελγόμενοι,
προς την διά της πείρας άπόδειξιν συνεισρέουσιν &ν ούχ
'Ηράκλειαι στηλαι, ού Λι€υκοι κολωνοί, ούχ ύπερνεφη και
μετάρσια δρη, ού τραχεΐαι και άβατοι φάραγγες, ού πελάγη
605 μακρότατα, ούχ υπερβόρειοι νιφετοί, ού καύσωνες 'Ινδικοί, ούκ
άλλο τι | των δσα κωλύειν οίδε και άναστέλλειν της όρμης επέχει
τό πρόθυμον, αλλ' εκ παντός γένους και πάσης ηλικίας της ύπό
τόν ούρανόν, ώς πριν προς την τών αποστόλων διδασκαλίαν, ού
τως προς την γλυκύτητα της τούτου θεολογίας έφέλκονται.
610

40. Ούτως οδν τούτων εχόντων και διά τοσούτων επαίνων την
προσήκουσαν εύφημίαν του ίερου ποιμένος άπειληφότος, τί της
παρούσης εορτής χαριέστερον ; Τί της πανηγύρεως ταύτης
λαμπρότερον ; Τί της μεταΦέσεως του ίερου και θεολογικού τούτου
σκήνους πο&εινότερον και σε^ασμιώτερον ; Ει γάρ τις παραί>άλλοι
615 σκιώδη και παλαιά προς τά νυν ευφρόσυνα, εύρήσει ταύτα εκείνων
πολλω τω μέτρω ύπερανεστηκότα και υπερκείμενα. Ή μεν οδν
παλαιά κιβωτός, του κοσμικοί) ναυαγίου διασωΦεΐσα, είχε
σπινθήρα του γένους τόν Νώε, άλλ' έπι χρόνον και ούκ επί πολύ- ή
δε θεολογική αΰτη και σε&ασμία κιβωτός ||(286ν) έχει νυν τόν ώς
620 αληθώς δίκαιον και τέλειον Νώε της καθ 'ημάς γενεάς νοουντά τε
και διακυβερνώντα καλώς την νοητήν και άχειρότευκτον κι&ωτόν,
και ούκ εξ αισθητού κλυδωνίου, άλλ' έκ νοητού ταύτην
διασώσαντα και πατέρα πολλών εθνών διά πίστεως χρηματίσαντα,
και μέχρι του νυν συμπαρόντα τοις εξ αύτοϋ και συμμένοντα.

38. 590 άτελευτήτως nos : άτευτήτως Μ.
§40 616-8 Ή μέν οδν — Νώε : Gen. 6, 14-8, 9.
17,5.

623 πατέρα πολλών εθνών : Gen.

74

BERNARD FLUSIN

41. Jadis fut recueilli dans l'eau le coffre qui portait Moïse et le pré
servait
pour qu'il accomplît des œuvres étonnantes. Quant à ce coffre,
qui contient le Théologien, ce n'est pas dans un fleuve, mais dans une
sépulture lointaine qui menaçait de disparaître comme l'eau qui s'écoule,
qu'il a été recueilli, et non par la fille de Pharaon, mais par celle du roi
véritable, le Christ, je veux parler de l'Église. Et le visionnaire divin
qu'il renferme, le nôtre, n'est pas un petit enfant, mais il est adulte pour
l'âge de l'esprit et du corps. Il n'est pas gardé pour conduire l'Israël
charnel, ni pour faire paraître, à cause de l'imperfection de ceux qui
prient, les miracles que vit cette époque, mais <...des miracles> accomp
lis
secrètement, et dont on ne saurait approcher en sécurité sans s'être
auparavant purifié et rendu familier de Dieu par sa vie. Moïse construisit
une arche selon le modèle qui lui avait été montré, car les choses d'alors
n'étaient que l'esquisse des réalités stables. Mais notre nouveau Moïse a
construit cette arche spirituelle, chargée de choses saintes. À l'intérieur
de l'ancienne, il y avait les tables, la cruche, la verge, un encensoir d'or
massif; le trésor qu'enferme celle-ci, c'est ce grand homme de Dieu, ce
digne vase de l'Esprit, dont les tables sont le cœur où le doigt de Dieu a
écrit ; la cruche, ce qu'il y a dans son intelligence de semblable à l'or et
de capable de contenir la véritable manne venue du ciel ; la verge, la fe
rmeté
dont il a fait preuve face à l'assaut des périls et l'appui qu'il a
donné à la piété ; l'encensoir, le feu divin et immatériel de son cœur, feu
dans lequel les vertus composées et simples sont portées à incandescence
et éprouvées, de telle sorte qu'elles font rayonner plus loin un éclat plus
vif que celui de l'or, et qu'émane d'elles un parfum plus doux que tous
les aromates.
42. Jadis les prêtres, portant l'arche, franchirent le Jourdain et les eaux
se partagèrent devant eux, mais se réunirent ensuite à nouveau. L'arche
que voici, la nôtre, celle de la grâce, a franchi une longue suite de temps
et une distance dans l'espace qui ne peut être facilement mesurée, et elle
ne s'est pas débarrassée d'un simple courant matériel, mais elle a su
stopper l'élan humide et fluent qui pousse la race humaine vers le mal.
Elle les a franchis comme sur la terre sèche, en passant par notre empire
tout de pureté, qui ne s'attache aucune des réalités fluctuantes, mais qui
en a inversé le cours pour les rejeter dans quelque courant. Elle n'a pas
arrêté le soleil, car il n'y avait rien qui obligeât à bouleverser les él
éments
ni à se venger des ennemis en s 'emparant de leur pays : ces réali
tésgrossières, c'était l'époque d'alors qui les nécessitait, pour son
redressement. Non, le soleil de justice, mon Jésus et mon Dieu, elle ne
l'arrête pas, certes, parce qu'il ne peut être contenu dans un lieu, à cause
§41 625 Άνελήφθη — ύδατος : Ex. 2, 5. 629 παρά — Φαραώ : Ex. 2, 5. 637
Κατεσκεύασε — αύτώ : Ex. 25, 39. 638 τύπος — έστώτων : Hébr. 8, 5. 640-1
πλάκες — πάγχρυσον : Hébr. 9, 3.
§42 650-1 Διηλθον — διαιρεΦέντων : Jos. 3, 15-16. 651-2 επί — συνεληλύ&χσι :
Jos. 4, 18. 656 έν ζηρα : Jos. 3, 17. 658 ηλιον δέ ούκ εστησεν : Jos. 10, 1213. 661-2 Τον δέ — ήλων : Mal. 3, 20. 664 στάσιν : Jos. 10, 13.

LE PANÉGYRIQUE DE CONSTANTIN VII PORPHYROGENETE
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41. Άνελήφθη ποτέ ή θήκη Μωσέως εξ ύδατος, ένδον αυτόν
περιφέρουσα και
προς ύπουργίαν παραδόξων πραγμάτων
διαφυλάττουσα* άνελήφθη καΐ ή θεολογική αΰτη θήκη ούκ άπό
ποταμού άλλ' εξ ύπερορίου και δίκην ΰδατος διαρρεούσης ταφής,
και ου παρά της θυγατρός Φαραώ άλλα παρά της του αληθινού
βασιλέως Χριστοί) θυγατρός, της εκκλησίας φημί, καΐ ού
νηπιάζοντα τόν καθ 'ημάς θεόπτην φέρουσα αλλά τέλειον και την
πνευματικην και σωματικήν ήλικίαν, | και ούκ εις δημαγωγίαν του
σαρκικού 'Ισραήλ φυλαττόμενον ή τών του τότε καιρού θαυμάτων
έπίδειξιν, διά τό ατελές τών ευχόμενων, αλλά <...> μυστικώς
ενεργούμενων, &ν ούκ άν τις ασφαλώς έπι^αίνειν δύναιτο, μή
πρότερον καθηγνισμένος και θεω διά πολιτείας προσωκειωμένος.
Κατεσκεύασε Μωΰσής κι€ωτόν κατά τόν δειχθέντα τύπον αύτω*
τύπος γάρ ή\> τά τότε τών έστώτων. Κατεσκεύασε και ό καθ 'ημάς
νέος Μωύ'σής τήν πνευματικην ταύτην και ίεροφόρον κι€ωτόν, και
τά μέν ένδον της παλαιάς, πλάκες, στάμνος, ρά&δος καΐ
θυμιατήριον πάγχρυσον, της δέ τό θησαύρισμα ό μέγας οδτος
άνθρωπος του θεοΰ και άξιον σκεύος του Πνεύματος, οδ πλάκες
μέν ή καρδία, δακτύλω γραφεϊσα θεοΰ, στάμνος δέ τό χρυσοειδές
και δεκτικόν της διανοίας του αληθινού και ουρανίου μάννα,
ράβδος δέ τό στερρόν προς τάς τών κινδύνων έπιφοράς και
στηρικτικόν προς εύσέδειαν, θυμιατήριον δέ, τό της καρδίας 11(287)
θείον και άΰλον πυρ εν φ τών αρετών αι'τε σύνθεται καΐ μονοειδείς
έκπυρούμεναι και δοκιμαζόμεναι τηλαυγεστέραν μέν χρυσίου
αύγήν, θυμηρεστέραν δέ αρωμάτων τήν εύωδίαν έκπέμπουσι.

650

42. Διήλθον ποτέ οι ιερείς τόν Ίορδάνην τήν κι&ωτόν α'ιροντες,
τών υδάτων αύτοίς διαιρεθέντων, άλλ' επί τό αυτό πάλιν
συνεληλύθασι. Διήλθε και ή καθ'ήμας αΰτη της χάριτος κιβωτός
χρόνου μακρού παρολκήν και τόπου διάστημα μή ραδίως
μετρούμενον, ού ρουν αίσθητόν διασμήξασα, αλλά τήν ύγράν και
655 ροώδη και προς τά χείρω του ανθρωπίνου γένους όρμήν
άναχαιτίσασα1 ως εν ξηρ<|χ μέν, διά καθαρας της ημών πολιτείας
και μηδέν τών ρευστών έπισυρομένης άλλ' ε'ις τίνα ρουν τήν
τούτων άντιστρεψάσης φοράν, ηλιον δέ ούκ εστησεν. Ουδέ γάρ ήν
τι τό κατεπείγον, ώστε και στοιχεία καινοτομεΐν και τήν κτήσιν
660 τών αντιπάλων λαμβάνειν | εις άμυναν τούτων γάρ ό τότε καιρός
έδεΐτο τών παχύτερων προς έπανόρθωσιν. Τόν δέ της δικαιοσύνης
ηλιον, τόν έμόν Ίησουν και θεόν, ούκ έστησε μέν δτι μή τόπω
χωρητόν κατά τό της ουσίας άγραφον και άπεριόριστον, έπιλάμψαι
δέ ταϊς καρδίαις τών δεχόμενων πεποίηκεν και στάσιν άν τις
665 κυρίως ύπολάδοι τό συνεχές της έπιλάμψεως αίνιττομένην διά
41. 634 έπίδειξιν nos : έπίδειξις Μ || post άλλα lac. statui || 636 πότερον Μ || 645 τδ
στερρόν supra lin. M || 646 στηρικτικόν nos : στηρικτική Μ.
42. 653 παρολκήν nos : παρολκη Μ || 663 χωρητά dubitanter legi in M || 665
αίνιττομένην nos : αίνιττόμενος Μ.

76

BERNARD FLUSIN

de son essence qui ne peut être circonscrite ni délimitée ; mais elle l'a
fait briller dans les cœurs de ceux qui la recevaient, et sans doute pour
rait-on
comprendre à juste titre que «l'arrêt» signifiait la continuité de
cette illumination, qui, dans toute sa pureté, demeure auprès de ceux
pour qui elle brillait sans les quitter ni s'éloigner.
43. Ce grand homme de Dieu, après sa mort aussi plus que de son
vivant, donne à croire éminemment qu'il vit en Dieu — demeurant et
étant avec Lui — de la vie réellement vraie et immortelle, qui jamais ne
cesse ou ne déchoit. Comment pourrait-il en être autrement ? Car lui qui,
alors même qu'il était encore de ce monde, ne cessait de philosopher sur
cette vie, de s'attacher à elle et de l'embrasser, éprouvant, avant la disso
ciation qui est le lot commun, la séparation volontaire, il était tout entier
emmené vers cette vie, et, tout entier hors de lui, par une indicible union
mystérique, il jouissait des biens que les justes espèrent et dont aujour
d'huiν profite plus purement encore, à la fois veillant sur nous depuis le
ciel, nous qu'il protège de ses ailes déployées comme des oisillons qu'il
ramène au nid où il nous nourrit de ses doctrines théologiques et nous
garde à l'abri des morsures venimeuses du serpent, et à la fois nous
envoyant du ciel la grâce de l'Esprit, lui qui, fortifiant le troupeau de cet
Esprit, prépare pour le Seigneur un peuple choisi qu'il a su, de simple
goutte qu'il était, transformer en un fleuve, de graine de moutarde en un
arbre à la belle ramure toute chargée de fruits, et de simple pousse en une
vigne aux beaux sarments, qui s'étend jusqu'aux extrémités de la terre
habitée.
44. Voilà, Grégoire, ce que moi qui grâce à toi règne sur l'héritage
aimé du Christ, moi dont le souffle vit de toi plutôt que de l'air, je te
consacre en offrande à toi qui es enseveli depuis tant d'années. Voilà ce
que je t'offre, ce que je chante et dis pour toi. Au lieu de tous les pré
sents
terrestres, au lieu de la tunique attique de la fable, j'ai choisi
comme offrande un discours, ce qu'il y a de plus beau au monde et de
plus édifiant. Car c'est le discours plus que toute autre chose qui faisait
ta joie, c'est par lui que ta vie durant tu philosophais sur les secrets de
Dieu. Après ta mort, c'est lui encore qui t'accueille et te régale et qui te
couronne avec les honneurs qui te sont dus.
45. Voilà le retour que, moi qui place en toi ma confiance, moi qui te
fête, j'institue aujourd'hui en même temps que je te nomme le défenseur
et le protecteur de l'Empire, car c'est du lait de tes paroles théologiques
§43 677 εποπτεύει — άνωθεν : Greg. Naz., Or. 43, PG 36, 604D1. 677-8 διεις —
περισκέπει : Deut. 32, 11. 682 κατασκευάζει — περιοόσιον : Greg. Naz., Or. 45,
660A13. 682 λαόν περιούσιον : The 2, 14. 683-4 δνπερ — δένδρον : Greg. Naz.,
Or. 42, PG 36, 469B4-6. 683-4 άπό κόκκου — δένδρον : Matth., 13, 31-32. 684-6
άπδ παραφυάδος — όρια : Greg. Naz., Or. 42, PG 36, 464C13-14.
§44. 691 λόγον — - κάλλιστον : Greg. Naz., Or. 45, PG 36, 625B.

LE PANÉGYRIQUE DE CONSTANTIN VII PORPHYROGÉNÈTE
καθαρότητος άμεταστάτως και
διατηρούμενον.

670

675

680

685

άμεταθέτως

τοις

77

λαμπομένοις

43. Οδτος ό μέγας άνθρωπος του θεοϋ και μετά θάνατον ηπερ
ζών τα εξαίρετα πιστεύειν δίδωσιν ως έν θεω ζη, και διαμένει και
σύνεστι, την όντως άληθινήν ζωή ν και άνώλεθρον και μηδέποτε
λήγουσαν η διαπίπτουσαν, και πώς γαρ ου ; "Ος γε και περιών έν
$>ίω περί αυτής έφιλοσόφει άει και ταύτης άντείχετό τε και
περιείχετο, προ της κοινής διαζεύζεως την κατά γνώμην πάσχων
διάλυσιν, δλος προς αυτήν έπανήγετο, ||(287ν) δλος εαυτοί) αυτός
έξιστάμενος, ενώσει κρυφιομύστω και άπορρήτω, κατετρύφα των
έν έλπίσιν αγαθών τοϊς δικαίοις· ών καΐ νυν καθαρώτερον
έπαπολαύων εποπτεύει μέν ήμας άνωθεν και διεϊ,ς τάς εαυτού
πτέρυγας, οία νεοσσούς περισκέπει και προς την ιδίαν καλιάν
έπανάγει,
έκτρέφων
τοις θεολόγοις
αύτου
δόγμασι
και
άνεπί'βουλεύτους τών ίο&όλων δηγμάτων τοΐ3 δφεως συντηρών,
έπιπέμπει δε και την άνωθεν χάριν του Πνεύματος και καταρτίζει
τούτου το ποίμνιον και κατασκευάζει Κυρίω λαδν περιούσιον,
δνπερ άπδ σταγόνος ποταμδν άπετέλεσεν, και άπδ κόκκου νάπυος
Οένδρον κατάκομον και πολύκαρπον, και άπδ παραφυάδος
άμπελον εύκληματουσαν και εις τά της οικουμένης έπεκτανθεΐσαν
δρια.

44. Ταυτά σοι Γρηγόριε ό διά σου βασιλεύων έγώ της
ήγαπημένης | Χρίστου κληρονομιάς και σε πνέων μάλλον η τδν
αέρα μετά πολυχρόνιον ταφην άνατίθημι, ταυτά σοι προσφέρω και
690 προσάδω και προσλαλώ και άντι δώρου παντός γεηροΰ και πέπλου
'Αττικού
μυθικού,
λόγον,
τδ
πάντων
κάλλιστον
και
ψυχωφελέστατον, καρποφορώ, φ και ζών έχαιρες μάλλον η τοις
άλλοις και δι' αύτου τά θεία φιλοσόφων και απόρρητα διετέλεις,
και θανών τδν αύτδν έχεις δεξιούμενόν τε και έστιώντα και ταϊς
695 πρεπούσαις τιμαις καταστέφοντα.
45. Ταύτην σοι την άνακομιδην ό έν σοι πεποιθώς και εορτάζω
και συνίστημι σήμερον, και σε της βασιλείας ύπερασπιστην και
έπίκουρον προβάλλομαι ως και τω τών θεολόγων σου ρημάτων
γάλακτι εκτραφείς και εις μέτρον τέλειον της Χρίστου ηλικίας
700 έληλακώς και βασιλέας ύπερ'βαλών, ει μη μέγα τούτο ειπείν, τη
ευσέβεια και περί σε μεγαλοψυχία, τω περί σε φίλτρω, ||(288) τους
43. 674 έαυτοο nos : έαυτώ Μ.
45. 696 έορτάζων Μ.
§45 698-9 τώ τών — εκτραφείς : Daphnopatès, Ερ. 11, 1. 24; Const., loh. Chr., p. 319, 1.
20-21. 699-700
μέτρον — έληλακώς: Eph. 4, 13; Theod. Cyzic, ep. ad
Constantinum imp., ed. J. Darrouzès, Épistoliers byzantins, p. 319, 1. 6-14.

78

BERNARD FLUSIN

que j'ai été nourri, de sorte que je suis parvenu jusqu'à la parfaite mesure
de la stature du Christ et que j'ai dépassé, si du moins il n'y a nul orgueil
à le dire, par la piété, la munificence et l'amour que je t'ai témoignés,
tous les empereurs qui jamais ont mis leur zèle à le faire, après les avoir
écartés du coude et repoussés. C'est sur ce point seulement que je lutte
pour vaincre, moi qui, pour le reste, pratique la modestie et l'humilité.
Puissé-je, gardé par tes prières, assis grâce à elles sur le trône de mes
pères, rester toujours protégé par les ailes de ton intercession et gardé par
ton alliance de sorte que mon règne, pendant de longues années, reste à
l'abri des complots tandis que ma race et mon empire seront préservés de
tout dommage pour une longue suite de siècles.
46. Eh bien donc, toi qui es la bouche de Dieu, le réceptacle du Père,
l'instrument saintement façonné de l'Esprit, toi qui es la règle et le gar
dien du sacerdoce, la source inépuisable de la théologie ; ô toi le héraut
de la Trinité sainte, son interprète et son docteur, le digne révélateur de
ses mystères ; ô toi, la gloire et l'orgueil de la race humaine, l'exaltation
du peuple chrétien et son ornement, regarde, oui regarde aujourd'hui
vers nous. Viens parmi nous invisiblement, vois les chœurs de nos
Naziréens, l'harmonie de nos chants, vois nous debout toute la nuit, vois
tous les hommes et toutes les femmes rivaliser de vertu grâce à tes ense
ignements
! Considère ce temple que tu as transformé, de Jébus qu'il
était, en Jérusalem, en troupeau débordant de sa bergerie, et de simple
mèche en soleil. Et que nous qui, dans ce temple, célébrons aujourd'hui
brillamment ta fête, nous puissions te trouver intercédant et priant pour
nous devant Dieu. Et que nous profitions quelque peu grâce à toi de ton
illumination et de ta récompense, nous qui glorifions le Père qui n'a pas
connu de commencement, le Fils lui aussi sans commencement, l'Esprit
saint qui avec eux a même gloire, chacun étant Dieu quand on le consi
dère en lui-même, alors qu'ils forment tous trois un seul Dieu en trois
hypostases qu'on ne peut séparer, à qui la gloire, l'honneur, l'adoration,
maintenant et toujours et pour les siècles des siècles. Amen.
Pour le retour des reliques de saint Grégoire le Théologien.

§46 716-7 γενοΰ - άοράτως : Daphnopatès, loh. Bapt., §23, p. 38, 1. 5-6. 717-8 τάς
των —παννύχους : Greg. Naz., Or. 42, PG 36, 489C7. 720-1 öv έξ — πεποίηκας :
Greg. Naz., Or. 42, PG 36, 489B8-9.

LE PANÉGYRIQUE DE CONSTANTIN VII PORPHYROGÉNÈTE

79

δσοι ποτέ προς τοΰτο γεγόνασι ζηλωτοά παραγκών ισάμενός τε καΐ
παρωσάμενος· ενταύθα μόνον ύπερνικαν ανταγωνίζομαι, τοις
άλλοις μετριοφρονών τε και ταπεινούμενος. "Ος και σαϊς δεήσεσι
705 διαφυλαχτείς και προς τον πατρώον βασίλειον θρόνον κεκαθικώς,
ε'ιην διαπαντδς ταΐς της πρεσβείας σου σκεπόμενος πτέρυξι και τη
ση συμμαχία φρουρούμενος, και την βασιλείαν επί χρόνοις
μακροίς διεξάγων άνεπι&ούλευτον, συντηρουμένων μοι άλω^ήτως
και του γένους και του κράτους, εις μακραιώνων χρόνων
710 έπέκτασιν.
46. Άλλ' ώ στόμα θεού και Πατρός δοχείον και Πνεύματος
όργανον άγιότευκτον <5 ίερωσύνης κανών και συντήρησις και
θεολογίας πηγή ακένωτος* <5 της αγίας Τριάδος κήρυξ και ύφηγητά
καΐ διδάσκαλε και του ταύτης μυστηρίου έκφάντωρ επάξιε* <5 του
715 ανθρωπίνου γένους | δόξα και καύχημα και του χριστιανικού φύλου
άνύψωμα και καλλώπισμα, επιδε και νυν έφ'ήμας επιδε. Γενου
μέσον ημών άοράτως· Ί'δε τας των καθ' ήμδς Ναζιραίων
χοροστασίας, ψαλμωδιών αρμονίας, στάσεις παννύχους, δσον εν
άνδράσιν και δσον έν γυναιξί, ταίς σαϊς διδαχαϊς την άρετήν
720 εφάμιλλους· ίστόρησον τον ναόν δν εξ 'Ιερούς Ιερουσαλήμ
πεποίηκας, ποίμνην εκ μάνδρας και ηλιον εκ θρυαλλίδος, έν φ σοι
και ημείς σήμερον την πανήγυριν έπιτελουντες φαιδρώς ευροιμέν
σε τα προς θεόν υπέρ ημών και έντυγχάνοντα και δεόμενον, και
τύχοιμεν μικρας της παρά σου έλλάμψεώς τε και άντιδόσεως,
725 δοξάζοντες Πατέρα τον αναρχον, Υίόν τον συνάναρχον, Πνεύμα
αγιον το τούτοις όμόδοξον, θεόν μεν εκαστον καθ' εαυτό
νοούμενον, και τα τρία ενα θεόν τρισυπόστατον και άδιαίρετον φ
πρέπει ή δόξα και ή τιμή και ή προσκύνησις· νυν και άει και εις
τους αιώνας τών αιώνων. 'Αμήν.
730

Εις την άνακομιδήν του αγίου Γρηγορίου του Θεολόγου. ||

46. 723 δεόμενον nos : γινόμενον Μ.

80

BERNARD FLUSIN
[Version brève]

38T. Mais ces récits veulent d'autres loisirs, et l'éloquence d'hommes
de telle sorte qu'ils n'ont eu pour seule et unique étude que de briller en
de telles matières. Allons donc, vous qui m'entourez, vous le lot du
Christ, la part que Dieu a choisie, vous, les vrais nourrissons de cette
Grande Ville et les auxiliaires zélés de mon affection, parcourant ses
paroles théologiques, reprenez cette ode ! Chantons avec intelligence,
réglons-nous en fixant notre attention sur les hymnes, mettons de l'ordre
dans nos cœurs et, dirigeant vers lui nos regards, voyons Grégoire le
Théologien venu s'établir dans cette belle demeure, l'église des apôtres,
où il a bien souvent célébré des fêtes ! Je suis sûr en effet qu'il n'est pas
le seul à avoir quitté les séjours célestes pour venir fêter avec nous cette
solennité et participer à notre allégresse, mais qu'est ici présent aujour
d'hui le chœur aussi des apôtres, mes ardents protecteurs, les gardiens
très sûrs du monde habité, et, outre ceux-ci, la bouche charmante et toute
d'or, mon Chrysorrhoas, le fleuve tout limpide, aux ondes de miel, qui
irrigue l'Église, le compatissant garant de la pénitence, l'instrument très
sonore de l'enseignement, et toutes les autres âmes des bienheureux, car
toujours les esprits des justes, pour les brillantes fêtes des saints, glori
fient le Seigneur.
39T. Voilà, divine et sainte tête, les pauvres choses sans beauté que,
telles les vagissements des enfants, nous t'offrons ; et toi, par tes inter
cessions,
conduis-nous vers un monde meilleur, du bâton de tes discours
guide-nous aussi vers les enclos du salut et, par tes prières, accorde-nous
en retour de jouir dans l'au-delà plus parfaitement des mystères de la
Trinité supralumineuse, grâce à l'initiation et à la purification dont nous
aurons profité ici-bas, et que tu aies, pour t' assister dans ta prière, le
chœur des douze apôtres et de tous ceux qui, comme toi, ont su plaire à
Dieu depuis le début des siècles et qui glorifient le Seigneur, à qui la
gloire et la puissance, maintenant et toujours et pour les siècles des
siècles. Amen.

§38T 731 ταϋτα - ετέρας : Theoph. Cont. (Vita Basiliï), Bonn, p. 212, 1. 2-4. 732-3 ëv
— ύποθέσεσι : Greg. Naz., Or. 43, PG 36, 493A13-B2. 733-4 Δεΰτε — έμοί : Greg.
Naz., Or. 43, PG 36, 604B 1. 739-40 την καλήν — μετοικίαν : Greg. Naz., Or. 42, PG
36, 489B13. 740-1 προς ην — έπανηγύρισεν : Greg. Naz., Or. 42, PG 36, 489BC.
§39T 752 Ταΰτά σοι παρ' ημών : Greg. Naz., Or. 43, 604C9 et D2; Leo VI, Transi, §8,
p. 497, 1. 1-2. 752 (S θεία — κεφαλή : Greg. Naz., Or. 43, PG 36, 604C9-D5; Or. 16,
PG 35, 961C1-2. 753 τα των παίδων ψελλίσματα : Leo VI, Transi, §1, p. 488, 1. 1 12.

LE PANÉGYRIQUE DE CONSTANTIN VII PORPH YROGENETE

81

Recensio brevior

735

740

745

750

38T. Άλλα ταύτα μεν σχολής ετέρας τα διηγήματα και
ανθρώπων γλώττης τοιούτων ||(379ν) εν τούτο έσπουδακότων και
μόνον ταΐς τοιαύταις ένευδοκιμεϊν ύποθέσεσι. Δεύτε οδν
περιστάντες έμοί, ώ κλήρος Χρίστου και μερΐ,ς ή θεόλεκτος, οι
τησδε της μεγαλοπόλεως γνησιότατοι τρόφιμοι και της έμης
φιλίας σπουδαίοι θεραπευταί, τάς θεολογικάς εκείνου φωνάς
άναπτύξαντες την ωδήν ανακρούσατε. Ψάλλοντες έν συνέσει, έν
προσοχή των ύ'μνων ρυθμίζοντες εαυτούς, έν καταστάσει καρδίας
προς αυτόν άναδλέποντες, Ί'δωμεν τον θεολόγον Γρηγόριον την
καλήν ταύτην μετοικίαν του αποστολικού ναού άσπασάμενον προς
ην πολλάκις έπανηγύρισεν. Πείθομαι γαρ μή μόνον αυτόν τάς
ουράνιους καταλιπόντα διατρι&άς μεθ' ημών πανηγυρίζειν και
συναγάλλεσθαι, αλλά και τον των αποστόλων χορόν τήδε παρεϊναι
νυν, τους έμούς θερμούς προστάτας και της οικουμένης
ασφαλέστατους φρουρούς, προς δε τούτοις και το τερπνόν και
πάγχρυσον στόμα, τόν έμόν Χρυσορρόαν και της εκκλησίας
διειδέστατον και μελίρρυτον ποταμόν, τόν της μετανοίας
έγγυητήν εύκατάνυκτον και της διδασκαλίας εύηχέστατον
όργανον, και ει τίνες άλλαι των μακαρίων ψυχαί, έπείπερ δικαίων
πνεύματα διαπαντός έν ταΐς των άγιων λαμπροτησι δοξολογουσι
τόν Κύριον.

39Τ. Ταΰτά σοι παρ' ημών, <5 θεία και ιερά κεφαλή, μικρά τε και
άκαλλή και οία τά τών παίδων ψελλίσματα· σύ δέ, ταΐς πρεσ&είαις
ταΐς σαΐς διεξάγοις ημάς προς τά κρείττω, τη βακτηρία τών λόγων
755 σου και όδηγοίης προς τάς της σωτηρίας αύλάς, και άντιδοίης
εύχαΐς σου την τελεωτέραν έκεΐσε μυσταγωγίαν της ύπερφώτου
Τριάδος, διά της ενταύθα μυήσεως και καθάρσεως, έχων
συλλήπτορας της αιτήσεως την της δωδεκάδος τών αποστόλων
χορείαν καΐ τών οΤος σύ άπ' αιώνος θεω εύαρεστηκότων και
760 δοξαζόντων τόν Κύριον αύτω ή δόξα και τό κράτος, νυν και άει
και εις τους αιώνας τών αιώνων. 'Αμήν.

3 8Τ 750 πνεύματα nos : πν(εΰμ)α Τ.

82

BERNARD FLUSIN
INDEX

Αθήναι
'Αλεξάνδρεια
Άπολλινάριος
'Αττική
'Αττικός
Βασίλειος
Βυζάντιον
Γρηγόριος
'Εδέμ
Εύνόμιος
'Ηλίας
'Ηράκλειος
Θεολόγος
Ίεδούς
'Ιερουσαλήμ
Ίησους
'Ινδικός
'Ιορδάνης
'Ισραήλ
Καισαρεύς
Καππαδόκαι
Κύριος
Λιδυκός
Μωσής
Μωυσής
Ναζιραΐος
Ναυή
Νώε
Όζάν
Παλαιστίνη
Πνεΰμα
Πατήρ
Πόντος
Πρόδρομος
Σαμψών
' Ρωμαϊκός
Σατδν
Σελεύκεια
Σιναΐον
Σολομών
Τριάς
Υιός
Φαραώ
Χριστός
Χρυσορρόας
α&ατος
αγαθός
άγάλλεσθαι
αγαπάν
αγγελικός

185
185
207
598
691
189; 195; 199
203
1; 6; 687; 730; 739
578
206
566
603
2; 145; 730
720
370; 372; 720
262; 362; 369; 662
605
650
568; 633
184; 192
181; 238; 308
491; 565; 682; 751; 760
603
362; 574; 625
637; 639
717
363
618; 620
406
185
711; 725
17; 74; 255; 463; 467;
479; 505; 571; 642; 681;
711; 725
195
260
246
569
175
197
561
596
54; 55; 84; 131; 153; 167;
169; 225; 233; 276; 303;
333; 446; 457; 508; 535;
583; 713; 757
725
629
118; 224; 290; 363; 379;
487; 520; 554; 630; 688;
699; 734
746
604
259; 676;
234
298; 526; 688
277; 344; 468

άγγελος
αγειν
άγεννής
άγήρως
αγιασμός
άγιοπρεπής
άγιοπρεπώς
αγιος
άγιότευκτος
άγιων αγία
άγιότης
άγνοείν
αγνοία
αγνός
άγνωστος
άγος
άγραφος
άγριος
αγρός
αγωγή
άγων
άγωνίζεσθαι
αδιαίρετος
άδιάπαυστος
άδιάστατος
άδιεζίτητος
αδίστακτος
άδιστάκτως
αδύνατος
αδυτος
άεί
άειφανής
αθανασία
άήρ
αθέατος
αθλησις
αιδώς
αίθουσα
αίθριάζειν
αίνιγμα
αΐνίττεσθαι
αΐρειν
α'ι'ρεσις
αίρετίζειν
αιρετικός
αϊσθησις
αισθητός
α'ιτησις
αϊτιος
αιών
αιώνιος
αιωνίως
άκαλλής
άκαρπία

144; 332
149; 437
200
229
348
81
320
232; 267; 275; 277; 300
333; 403; 446; 484; 508
577; 713; 726; 730; 750
462; 712
57; 395; 468; 470; 506
82; 462; 476; 532
519; 538
65; 243
234; 405
313
223; 251
663
375
156; 585
12
70; 200; 214; 218; 250
369; 423
727
204
297
42
355; 394
515
499
85; 264
672; 728; 760
329
124; 385; 689
338
432; 471
173
209
424
124
226
665
314; 502; 650
131; 215; 251
20
161
100; 531
622; 654
758
4; 428
476; 476; 729; 729; 759
761; 761
229
233
753
517

LE PANÉGYRIQUE DE CONSTANTIN VII PORPHYROGÉNETE
54; 232; 436
713
50
219
601
455
178; 543
425
168; 599
553
106
394; 426
41; 60; 441
378
162
508
25; 227
629; 644; 670
128; 620
550
550
140
569
558
708
590
45
291
240
666
666
68
524
109
465
359
685
660
515
417
9; 24; 28; 44; 75; 87; 340;
539; 555; 557; 558; 635;
664
άνα€αίνειν
524; 547; 559
12; 190; 201; 237
άνά<βασις
337
άνα^ίωσις
άναδλέπειν
739
291
αναβολή
αναγνώριζε ιν
189
άναδεικνύναι
23; 66; 279; 446; 449
άναδιδόναι
319
άναθάλλειν
589
ανάθημα
53
άναιρεϊν
512
άνακαλεΐν
254
άνακαλύπτειν 245
άνακεράννυσθαι 62
άνακλδν
385
άνακλίνειν
389; 476
495; 696; 730
άνακομιδή
ακατάληπτος
ακένωτος
ακίνδυνος
άκμάζειν
ακοή
ακοίμητος
ακόλουθος
άκούειν
ακόρεστος
άκουτίζειν
άκρον
ακρος
άκτίς
άλαζονεύειν
ακώλυτος
αλγεινός
αλήθεια
αληθινός
αληθώς
άλλοιοϋν
αληπτος
άλλοίωσις
αλλόφυλος
άλμη
άλω€ήτως
άμαρτάνειν
άμαράντως
άμβλυνε ιν
άμέθεκτος
άμεταθέτως
άμεταστάτως
άμετρος
αμήχανος
αμίμητος
άμοιβαδόν
αμνός
άμπελος
άμυνα
άμφι^όλως
αμφοδον
αν

άνακομίζειν
ανακόπτε ιν
άνάκρασις
άνακρούειν
άνάκτορον
άναλαμδάνειν
άναλάμπειν
άναλογεΐν
άνάλυσις
άναλωτικός
άνάλωτος
άναμφίλεκτος
ανάξιος
άνάπαυσις
άνάπλεως
άνάπτειν
άναπτύσσειν
άναρχος
άναστέλλειν
άνασώζειν
άνατείλειν
άνατιθέναι
ανατολή
άνατρέφειν
άνατύπωσις
άναχαιτίζειν
άναχώρησις
άναχωρητικός
άνείκαστος
ανέκφραστος
άνελίττειν
ανεξάντλητος
άνεπίδατος
άνεπ ιδούλευτος
άνεπίμικτος
ανέφικτος
άνήρ
άνθεΐν
ανθός
ανθραξ
ανθρώπινος
άνιστάναι
άνθρωπος
άνταγωνίζεσθαι
άνταμεί£ειν
άντέχειν
άντιδιδόναι
αντίδικος
άντίδοξος
άντίδοσις
άντιλαμ-βάνειν
άντιληπτέος
αντίπαλος
άντιστρέφειν
άντιπαράταξις
άντλεϊν
άνύστακτος
άνυψοΰν
άνύψωμα

83

192; 321
420
390
737
389; 395
263; 625; 627
152
91
120; 224
582
142
34
405
476
375; 564
573
737
725
606
223
129
44; 82; 182; 256; 689
128
215
297
656
122; 166
197
292
5
552
275
461
680; 708
8
47
38; 52; 213; 248; 256
272; 429; 497; 719
588
593
73; 579
15; 527; 655; 715
336; 533; 642; 668; 732
20
199; 703
271
672
193; 755
220
204; 555
724
158; 357
76
660
221
658
348
486
132
716

84
ανω
άνωθεν

BERNARD FLUSIN

176; 525
101; 316; 334; 467; 491;
677; 681
670
άνώλεθρος
388
αξιοπρεπής
13; 28; 72; 276; 642
άξιος
84
άξιύμνητος
αξίωμα
202
75
άξίως
365; 493
αόρατος
477;
717
άπάγειν
άοράτως
439
άπαίρειν
165
άπανθεΐν
219
368
άπαντή
απαξιούν
293
άπασχολεϊν
116
άπαυγάζειν
440
άπεικάζεσθαι
87
άπεικονίζειν
580
άπειπεΐν
217
άπείργειν
564
απειρία
42
άπελαύνειν
161
άπεργάζεσθαι 63; 517
663
απεριόριστος
άπήχημα
79
απληστία
83
399
άπλοΰς
άποδλέπειν
287
άπογενναν
7
άπογράφειν
264; 413
άποδεικνύναι
49; 588
602
άπόδειξις
30
άποδεκτέος
άποδενδροΰσθαι 102
αποδημία
138
άποδιδόναι
170
212
άπόδοσις
αποθειάζειν
6
άποικίζειν
157; 172; 601
άποκαλύπτειν 56; 536
242
άποκάλυψις
άποκεϊσθαι
452
άποκληροΐ3ν
461
άποκλύζεσθαι 558
άπολαμβάνειν 152; 611
άπολαύειν
10
άπολείπειν
31; 295
άπολεπτύνειν
215
188
άπολύτρωσις
άπομιμεΐσθαι
596
άπονέμειν
345
άποξενοΰν
509
άποξηραίνειν
517
απορία
310; 310
άπορρηγνύναι 452; 523
55; 245; 437; 675; 693
απόρρητος
50
απορροή
άποσκοπεύειν 490

άποστέλλειν
άποστερεΐν
αποστολικός
απόστολος
άποτελειν
αποτος
άποτρέχειν
άποτυγχάνειν
άποφέρειν
άποχρώντως
απρόσιτος
άπωθεϊν
αρα
άργύρεος
αργυρός
αρετή
άρμα
άρμογή
άρμοζε ιν
αρμονία
άρρηκτος
αρρην
άρρητος
άρτι
αρχειν
αρχιερατικός
άρχιερεύς
άρχιποιμήν
αρωμα
ασθενής
άσίγητος
άσκητικώς
δσμα
άσπάζεσθαι
άσπίλως
αστήρ
αστικός
αστραπή
άστράπτειν
δίστρον
ασυνήθης
άσυ ντελής
ασφαλής
ασφαλώς
άταλαίπωρος
άτελευτήτως
άτενίζειν
ατελής
ατλαντικός
αυγή
αδθις
αυλή
άϋλία
αϋλος
αύξάνειν
αϋξησις
αύτίκα
αυτοκράτωρ
άφθόνως

184
324
78; 740
78; 172; 398; 445; 4!
571; 608; 743; 758
339; 386; 683
558
173
183
34; 324
77
48
27
399
321
266
190; 550; 575; 647; 719
567
96
179
318; 718
283
432
319
138; 140; 142; 246; 432
598
404
151; 290; 410
261
649
41
329
350
345
554; 740
7
361
351
562
281
88
320
352
745
635
379
590
634
111
105
281; 649
391
755
338
647
147
150
561
307
479

LE PANEGYRIQUE DE CONSTANTIN VII PORPHYROGENETE
αφισταναι
άφομοιουν
άφορίζειν
άφοσίωσις
αφραστος
άχειρότευκτος
άχραντος
άψίς
βαδίζειν
βάθος
βακτηρία
βάλλειν
βαρύς
βασιλεία
βασίλειον
βασίλειος
βασιλεύειν
βασιλεύς
βασιλικός
βασιλικώς
βασίλισσα
βασιλίς
βάτος
βελτιοΰν
βε€αίωσις
βήμα
βίαιος
βί€λος
βίος
βλασφημεϊν
βλέπειν
βούλεσθαι
βούλευμα
βουλή
βραχέως
βραχύς
βροντή
βρύειν
γάλα
γαληνιδν
γεηρός
γενεά
γενναν
γένος
γέρων
γη
γηΦεϊν
γήινος
γήρας
γιγνώσκειν
γίνεσθαι
γλυκύτης
γλώσσα

294; 298; 547
151
463
278
556
621
465
104
51; 328; 329; 417
287
754
222; 562
219
269; 299; 697; 707
387; 397; 403
705
247; 360; 687
212; 246; 326; 367;
389; 408; 412; 419;
700
233; 390; 403; 411
267
251; 451
597
572
213
540
69; 474
570
296; 541
120; 180; 237; 283;
672
303
490
499; 580
256; 258
412
178
147
79; 561
479
699
377
690
620
16
311; 607; 618; 655;
715
429
31; 473; 519; 577;
599
149; 233
236
219
288
40; 216; 230; 255;
293; 357; 565; 702;
723
609
73; 222; 572

380;
630;

550;

709;
598;

261;
716;

γλώττα
γνήσιος
γνόφος
γνώμη
γνωρίζειν
γνώσις
γονεύς
γραμμή
γράφε ιν
γρήγορος
γυμνός
γυνή
δαίμων
δάκρυον
δακρυρροεΐν
δάκτυλος .
δέησις
δεικνύναι
δεϊν
δεκτικός
δένδρον
δεξιοΰσ&αι
δέος
δεσμός
δεσποτεία
δεσποτικός
δεϋρο
δέχεσΦαι
δήγμα
δηλουν
δήλωσις
δημαγωγία
δημιουργός
διαδαίνειν
διαδιδάζειν
διαδοαν
διαγράφειν
διαγωγή
διαέριος
διάζευξις
διάθεσις
διαίρειν
διαίρεσις
διακαθαίρειν
διακεϊσθαι
διακομίζειν
διακυδερναν
διαλαμ'βάνειν
διαλανθάνειν
διαλαξεύειν
διάλευκος
διάλληλος
διαλογισμός
διαλύε ιν
διάλυσιν
διαμένειν
διαμορφοΰν
διανιστάναι
διανοεϊν

85

560; 732
496; 735
563
673
191
459
181; 192
94
643
486
576
429; 719
165
315; 322
392
643
704
408; 637
13; 445; 449; 454; 461
464; 468; 661
644
684
346; 370; 694
564
282; 576
289
108
733
51; 364; 664
680
180; 188
56
632
587
135
438
534
113
177
104
673
211
331; 651
513
580
171
366
621
76; 178
97
311
93
106
288
130; 576
674
669
8
255
268

86
διάνοια
διανύειν
διαπαντός
διαπηγνύναι
διαπίπτειν
διαπλάττειν
διάπλου ν
διάπλους
διαπορεΐν
διαπρέπειν
διαρκεϊν
διαρρεΐν
διασαλπίζειν
διασκέπτεσθαι
διασκοπεϊν
διασμήχειν
διασπαν
διασπουδάζειν
διάστασις
διάστημα
διασώζε ιν
διατελεϊν
διατηρεΐν
διατρανοΰν
διατριβή
διατυποΟν
διαύγεια
διαυγής
διαφανής
διάφερε ιν
διαφορά
διάφορος
διαφυλάττε ιν
διαφορότης
διδασκαλία
διδάσκαλος
διδάσκειν
διδαχή
διδόναι
διειδής
διεξάγειν
διερεθίζειν
διέρχεσθαι
διήγημα
διήγησις
διιέναι
διιστάναι
δίκαιος
δικαιοσύνη
δόγμα
δίκη
δογματίζειν
δοκεΐν
δοκιμάζειν
δόξα
δοξάζειν
δοξολογεϊν
δορυφορεΐν
δουλεία

BERNARD FLUSIN
296; 644
360
706; 750
92
671
17
447
380
335
350
26
628
119
270
334
654
513
347
121; 158
653
193; 617; 623
693
92; 521; 667
459
195; 742
529
60; 384
62
58
44
269; 512
95
103
269; 627; 705
608; 748
126; 174; 459; 487; 714
122
719
15; 46; 591; 669
747
708; 754
377
650; 652
731
179
677
31; 454
253; 484; 620; 676; 749
661
102; 628
505; 520; 535; 555; 594;
679
537
123; 330
241; 648
596; 715; 728; 760
725; 760
750
277; 332
288

δούλος
δοχεϊον
δύναμις
δυναμοϋν
δύνασθαι
δυσαποστάτως
δυσχεραίνειν
δυσχερής
δωδεκάς
δώρον
έδν
εγγράμματος
έγγράφειν
εγγυητής
έγγύθεν
έγκόλπιος
έγκολποΰσθαι
εγκρατής
έγκώμιον
έγχαράττειν
εγχώριος
έδαφος
εδρασμα
έθνος
είδέναι
εΤδος
εΐκών
ειρηνικός
εΐσάγειν
είσελαύνειν
είσέρχεσθαι
εΐσήγησις
εΐσιέναι
ε'ι'σω
εκατέρωθεν
έκγίνεσθαι
έκκαλεΐν
έκκαλύπτειν
εκκλησία
έκκομίζειν
έκλείπειν
έκπέμπειν
έκπλήρωσις
έκπλήττειν
έκπυροΰν
έκτείνειν
έκτιθέναι
έκτρέφειν
έκτύπωμα
έκτυπώς
έκφωνεϊν
έκφάντωρ
έκχέειν
έλαύνειν
ελλαμψις
ελληνικός
έλπίζειν
έλπίς
έμ'βαθύνειν

268
14; 57; 711
23; 277; 365; 382; 483
366
75; 635
325
241
359
758
15; 690
209
273
109
457; 748
37
382
80
283
549
307
351
238
106
623
6; 120; 513; 514; 537;
544; 606
95; 571
529
552
163; 462
141,500
302
259
372; 473
85; 531; 548
469
530
289
11
630; 746
403
135
649
258
392; 543; 591
648
68
538
679; 699
469
233
714
553
315
219; 700
724
557
183
676
566

LE PANÉGYRIQUE DE CONSTANTIN VII PORPHYROGÉNÈTE
έμ€ατεύειν
έμμελεταν
έμμετρος
έμπιμπλαν
έμπιμπλάναι
έμπίπτειν
έμπνεϊσθαι
εμπνους
έμφάνεια
εμφασις
έμφορείσθαι
έμψυχος
έναντίος
έναποτιθέναι
έναρθρος
ένδημείν
ενδιαίτημα
ένδον
ένεργεϊν
ένευδοκιμείν
ενθεος
ένθους
ένιστάναϋ
έννοια
ένοπτρίζεσθαι
ένοραν
ένσκηνοΰν
έντεχνος
έντυγχάνειν
ενωσις
ένωτίζεσθαι
εξαίρετος
έξαίρειν
έξαιτεϊν
έξατονεϊν
έξέλευσις
έξιέναι
εξεταστής
έξιστάναι
έξοδος
έξυμνεΐν
έοικέναι
εορτάζει
εορτή
επαινετής
έπαινος
έπαίρειν
έπακολουθεΐν
έπανάγειν
έπανάκλησις
έπανάστασις
έπανέλευσις
έπανέρχεσθαι
έπανθεϊν
έπανιέναι
επάνοδος
έπανόρθωσις
επάξιος

287; 546
549
557
111
425
59
536
110
187
226
557
84
175; 582
321; 474
492
262
57
625; 640
187; 273; 635
733
504
254
251
11
227
233
55
527
544; 723
675
555
669
567
273; 316
47
214
503
411
572; 675
420
499
382
146; 696
18; 117; 433; 440; 612
235
22; 35; 48; 71; 585; 610
162
179
176; 551; 674; 679
123; 145
211
119
149; 157; 160; 169; 254;
301
586
20; 116; 138; 173; 196;
198
2; 72; 122; 273; 289
661
271; 401; 714

έπαπολαύειν
10; 677
έπαφιέναι
237; 560
710
έπέκτασις
έπεκτείνειν
46; 685
έπεκχέειν
323
έ'πεσθαι
356
έπέχειν
64; 606
έπιδαίνειν
370; 374; 577; 635
142
έπι€ουλή
584
έπίγνωσις
έπιδαψιλεύεσθαι 480
έπιδεικνύναι
249
634
έπίδειξις
έπιδημεΐν
19
έπιδιδόναι
151; 193; 307
έπιζητεϊν
314
504
επιθυμητής
έπικάμπτειν
300
έπικεΐσθαι
105
698
επίκουρος
έπιλάμπειν
663
665
έπίλαμψις
έπιλανθάνειν
168
έπινεύειν
257; 300
έπιπέμπειν
681
έπίπνοια
203; 257
έπιρρεΐν
341
299; 598
επίσημος
έπισκέπτεσθαι 128
202
επισκοπή
έπίστασθαι
518
επιστασία
365
556
επιστολή
επιστρέφε ιν
301
έπισύρειν
228; 657
έπισυρρεϊν
424
549
επιτάφιος
έπιτελεΐν
722
έπιτρέχειν
348
έπιφαίνεσθαι
478
έπιφοιτδν
502
203; 467
έπιφοίτησις
έπιφορά
645
έπιφωνεϊν
493
έποπτεύειν
491; 677
557
έπος
331
επουράνιος
έποχεϊσθαι
405; 435
414
επώνυμος
154; 496
έργάζεσθαι
εραστής
59; 380
έργον
35
499
εργώδης
έρευναν
288
έρημία
172
135
έρημος
ερχεσθαι
136; 294; 556
έστιδν
694
2
ετήσιος
έτοιμάζειν
308

87

BERNARD FLUSIN
έτοιμαστής
εύαγγέλιος
εύαρεστείν
ευγνωμοσύνη
εύδοκιμεΐν
εύηχης
ευθύς
εύκατάνυκτος
εύκληματεΐν
ευκόλως
εύπορεϊν
εύρίσκειν
ευσέβεια
εύσε€ής
εύσπλαγχνία
εΰσπλαγχνος
εϋ στάχυ ς
εύτεχνία
εύτρεπίζειν
ευφημία
ευφροσύνη
ευφρόσυνος
ευχαριστία
εϋχεσθαι
ευχή
εύωδεΐν
εύωδία
έφαμίλλεσθαι
εφάμιλλος
έφάπτεσθαι
έφέλκειν
έφετός
έφικνείσθαι
έφιστάναι
έφορδν
έφορος
έώα
ζεϊν
ζήλος
ζηλοΟν
ζηλωτής
ζημιοΰν
ζην
ζητεϊν
ζήτησις
ζιζάνιον
ζωγραφεΐν
ζωή
ζώον
ηδεσθαι
ηδονή
ηδύς
ήδύτης
ηλιακός
ηλικία
ήλίκος
ήλιος
ημέρα

260
585
759
393
29
748
411; 547
748
685
555
353
319; 476; 580; 615; 722
181; 218; 306; 454; 486;
646; 701
190
456
456
521
90
263
26; 49; 271; 370; 611
144
615
355
634
15; 182; 193; 558; 756
590
319; 649
317
720
406; 407
609
194; 409
37
360; 470
716; 716
144
129
286
83; 358; 478
291
702
510; 511
150; 310; 669; 669; 692
317; 326
255
520
96
64; 229; 670
95
126
5; 86
374
556
41; 58; 63; 441
607; 632; 699
9
129; 361; 442; 658; 662;
721
437

ήμερότης
ησυχία
ήσυχος
η"ττα
ήτταν
η"ττον
ήχεϊν
χ
θάλαμος
θάλασσα
θάμπος
θαΰμα
θάνατος
θαύμαζε ιν
θαυμαστός
θέα
θέαμα
θεασθαι
θεάτριζε ιν
θεηγορία
θείος
θέλγε ιν
θέλειν
θέμις
θεοειδής
θεολαμπής
θεολογία
θεόλεκτος
θεολογικός
θεολόγος
θεόπτης
θεός

θεοσε€ής
θεόφθεγκτος
θεόφρων
θεραπεία
θεραπευτής
θερμός
θεώρημα
θερμότης
θεωρητικός
θεωρία
θή
θησαύρισμα
θησαυρός
θνήσκειν
θνητός
θόλος

376
227
197
33; 204
39
150
562
570
432
374; 382
375
507; 668
111; 115; 332; 588; 633
90; 250; 588
1; 320; 381
320; 347
374; 425
151
131
57
12; 14; 52; 52; 53; 140;
143; 203; 225; 256; 257;
346; 475; 523; 528; 647;
693; 752
601
561
278; 405
58
51; 514
734
81; 275; 414; 487; 516;
535; 546; 609; 713
155; 390; 401; 613; 619;
627; 736
118; 129; 261; 295; 431;
482; 540; 577; 679; 698;
739
631
4; 120; 151; 181; 190;
240; 280; 363; 436; 534;
539; 542; 548; 559; 574;
636; 642; 643; 662; 668;
669; 711; 723; 726; 727;
759
247
594
410
194
736
167; 496; 744
83; 454
539
534
69
625; 627
81; 475; 641
241; 323; 436
694
337; 545
422

LE PANÉGYRIQUE DE CONSTANTIN VII PORPHYROGENETE
θρασέως
θρέμμα
θρασύς
θρόνος
θρυαλλίς
θύειν
θυγάτηρ
θΟμα
θυμήρης
θυμιατήριον
θυσία
θύτης
ιδέα
'ίδιος
ΐδρώς
ιεράρχης
ιερεύς
ίεροκηρυξ
ιερόν
ιεροπρεπής
ίεροπρεπώς
ιερός

ΐερουργεΐν
ΐεροφόρος
ΐερωσύνη
ίκανώς
ίκετεία
ίκετεύειν
ΐκετηρία
ΐλαστήριον
ΐοδόλος
ίσος
ΐσοστάσιος
ίσότης
ισοτιμία
ισότιμος
ΐστάναι
ίστορεϊν
ισχύς
καθαγνίζειν
καθαιρεϊν
καθαίρειν
καθαίρεσθαι
καθαίρεσις
καθαρός
καθαρότης
κάθαρσις
καθέδρα
καθηγεμών
καθήκειν
καθίζειν
καθικετεύειν
καθιστάναι
καθοδηγεΐν

267
67
142; 501
161; 212; 705
721
629; 630
465
466
649
641; 646
466
465
529; 594
242; 312; 446; 678
506
145; 349
196; 348; 367; 419; 435;
465; 650
231
51; 99
514
349
1; 52; 53; 53; 114; 142;
154; 172; 230; 256; 330;
333; 343; 423; 443; 460;
473; 474; 585; 611; 613;
752
466
639
269; 544; 712
397
314
317
273
470
680
36; 281
409
91
447
79
136; 490; 638; 658; 662
720
162
636
73; 163
223, 228
505
206
61; 406; 464; 465; 468;
519; 656; 676
60; 524; 666
757
152; 201; 213
18
30
705
258
12; 248
362

89

καθορδν
352; 433; 548
καθυποζευγνύναι 527
καθωραΐζειν
593
319; 331
καινός
καινοτομεΐν
659
376; 452; 633; 660
καιρός
κακία
164
κακοδοξία
582
198
κακόδοξος
655
κακός
καλεΐν
290
καλιά
678
148
καλλονή
482; 482; 524
κάλλος
καλλώπισμα
716
118; 171; 176; 510; 691
καλός
740
77; 270; 621
καλώς
150
κάματος
κάμνε ιν
70
κανών
712
563
καπνός
καρδία
287; 643; 646; 664; 738
182
καρπός
καρποΰν
541
καρποφορεϊν
692
καρτερεϊν
507
551
καρτερικός
καταδαίνειν
565
κατα&άλλειν
132; 555
κατάγειν
467
καταθαρρεΐν
432
157; 264; 312; 397; 453
κατάθεσις
κατακαλύπτειν 470
684
κατάκομος
καταλαμβάνε ιν 309
καταλάμπειν
483
καταλαμπρύνειν 451
καταλείπειν
742
14
κατάληψις
καταλλάσσειν 199; 552
206
κατάλυσις
καταναγκάζειν 166
κατανταν
445
καταζιοΰν
525
439
κατάπαυσις
καταπτήσσειν 564
207
κατάπτωσις
καταπυρσεύειν 136
καταρτίζειν
17; 504; 681
κατασκευάζειν 637; 638; 682
κατασπάζεσθαι 195
149; 738
κατάστασις
καταστέφειν
695
καταστολίζειν 98
393
κατάσχεσις
κατατίθεσθαι
235
κατατιτρωσκειν 222
κατατολμαν
24
κατατρυφδν
675

90
καταφαιδρύ νε ιν
καταφαίνεσθαι
καταφορά
κατεντρυφαν
κατεπείγειν
κατέρχεσθαι
κατέχειν
κατηφιαν
κατοικητήριον
κατοικία
κατοπτεύειν
κατόρθωμα
κατορύσσειν
κάτοχος
καύσων
καύχημα
κειμήλιον
κεφάλαιον
κεφαλή
κήρυγμα
κήρυξ
κηρύσσειν
κιδωτός
κιγκλίς
κινδυνεύειν
κίνδυνος
κίων
κληρονομιά
κλήρος
κληροΰν
κλυδώνιον
κοινοποιεΐν
κοινός
κοινωνεϊν
κόκκος
κολωνός
κομίζειν
κομμωτικός
κοπιάζειν
κόρος
κόσμημα
κοσμικός
κόσμος
κουφός
κράτος
κρείττων
κρίμα
κρίνε ιν
κρίνον
κροτεΐν
κρυφιόμυστος
κτασθαι
κτήσις
κύκλος
κΟμα
κυνικός
κυρίως

BERNARD FLUSIN
440
442
441
156
166; 342; 659
567; 570
126; 477
171
333
461
225; 532
38
519
254
605
715
475
3
752
446
79; 276; 457; 713
225
407; 435; 617; 619; 621;
637; 639; 650; 652
155
303
509; 645
101
688
734
110
622
106
673
282; 453
683
603
322
27
253
216; 389
266
617
64; 114; 409; 459; 494;
523
379
39; 162; 709; 760
38; 382; 402; 464; 549;
754
243
36; 67; 585
593
126
57; 675
510
659
100; 502
377
210
665

κωλύειν
λαβή
λαμβάνειν
λαμπαδουχία
λαμπάς
λάμπειν
λαμπρός

606
43; 393
115; 183; 660
329
346; 383; 439
666
3; 21; 124; 127; 400; 401;
613
89; 415; 750
λαμπρότης
λαμπρύνειν
483
134; 301; 497; 503; 682
λαός
λάτρευε ιν
304
276; 458
λατρευτής
λέγειν
9; 10; 87; 533; 570; 700
97; 384
λείος
λειτουργείν
283
428
λεωφόρος
λήγε ιν
220; 671
λήϊον
521
208; 506
λιθασμός
λιποταζιου λαβή 43
141
λογικός
590
λόγιον
310
λογισμός
22; 28; 36; 39; 64; 68; 70;
λόγος
115; 153; 176; 249; 302;
340; 503; 527; 542; 580;
594; 598; 691; 754
33
λοιπός
λουτρόν
194
208
λύτρωσις
217; 311; 313; 457; 749
μακάριος
μακραίων
709
μακράν
27; 298; 449
μακρόθεν
423
μακρός
41; 123; 134; 157; 359;
605; 653; 708
μάνδρα
500; 721
644
μάννα
384
μαρμαρυγή
μάχεσθαι
553
μεγαλείον
587
367; 735
μεγαλόπολις
μεγαλοπρεπής 80; 494
276
μεγαλόφωνος
μεγαλοψυχία
701
μέγας
8; 34; 35; 46; 189; 215;
259; 261; 290; 309; 324;
388; 398; 408; 430; 454;
533; 533; 542; 587; 588;
641; 668; 700
38; 87; 91; 112
μέγεθος
μέλαν
222
249
μελέτη
747
μελίρρυτος
μέμφεσθ-αι
82
μερίζειν
310
734
μερίς
428; 597
μέρος
37; 112; 136; 437; 438; 717
μέσος

LE PANÉGYRIQUE DE CONSTANTIN VII PORPHYROGENETE
μεταδάλλειν
μετάδασις
μεταδιδόναι
μετάθεσις
μετανίστασθαι
μετάνοια
μεταποιεϊν
μετάρσιος
μεταστοιχειοΟν
μετατρέπειν
μεταφέρειν
μεταφορά
μετέρχεσθαι
μετέχειν
μετέωρος
μετοικία
μετουσία
μετρεϊν
μετριοφρονεΐν
μέτρον
μικρός
μιμεΐσθαι
μιμητής
μιμνήσκεσθαι
μνήμη
μνημονεύειν
μονάζων
μονοειδής
μόνον
μόνος
μορφή
μορφοΟν
μύησις
μυθικός
μυριοπληθής
μύρον
μυσταγωγεΐν
μυσταγωγία
μυστήριον
μύστης
μυστικώς
ναί
ναός
ναπυ
ναυάγιον
ναϋς
νεάζειν
νεανιεύειν
νεκρός
νέκρωσις
νέος
νεοσσός
νεφέλη
νηπιάζειν
νικδν

338; 376
335
395
224; 613
197
455; 747
385
425; 568; 604
338
140
186; 267; 399
400
229; 541
159; 184
380; 424
171; 740
64
286; 654
704
284; 364; 616; 699
27; 50; 86; 112; 147; 176;
377; 450; 597; 724; 752
289
371; 379
506
235
4; 177
349
399; 647
13; 45; 326; 414; 481;
493; 703; 733; 741
25; 347; 447; 597
26
266; 529
757
691
439
346
464
756
11; 56; 245; 433; 436;
458; 471; 543; 714
80; 458
634
92; 551
78; 80; 82; 115; 143; 154;
388; 445; 472; 481; 720;
740
683
186; 617
378
220
28
292
463
371; 430; 639
678
360; 548
631
33; 45; 369; 592

νίκη
νιφετός
νοεΐν
νοητός
νοητώς
νομίζειν
νομοθέτης
νόμος
νους
νυκτερινός
νώτον
ξένος
ξηρά
ζυνωρίς
όδεύειν
όδηγεΐν
οδός
ο'ι'εσθαι
οίκεΐν
οικείος
οΐκείωσις
οικιστής
οίκοδομεΐν
οικοδομή
ο'ι'κοι
οικονομία
οίκος
οικουμένη
ολέθριος
ολίγος
όλος
όμοδίαιτος
ομόδοξος
όμόζηλος
όμοιος
όμοιότης
όμοιοΰν
ομοίως
όμοσκηνία
όμολογητής
όμόσκηνος
όμοταγής
ομότιμος
όμοΰ
όμότροπος
όμοφυής
ομώνυμος
δντως
όραν
οπίσθιος
δρασις
όργανον
ορατός
ορθοδοξία
ορθόδοξος
όρθοδόξως
όρίζειν
ορθός

91

19; 204
442; 605
304; 620; νόημα562; 573
621; 622
559
67
12
92
39; 297; 514; 566
558
378
334
656
190
502
366; 584; 755
420; 437
400
367
19; 150; 152; 318; 500
190; 280
239
90
426
165
543
168; 494
450; 600; 685; 744
165
17
227; 299; 385; 526; 564;
674; 674
231; 448
232; 726
247; 445
285; 285; 372; 451; 474
96
88
430
231
488
230
231
513
191
375
339
247
84; 522; 670
548
18; 31; 294; 298; 374;
423; 503; 567; 717; 739
525
493
712; 749
133
132; 137
303
302
42

92
οριον
ορμή
opoç

BERNARD FLUSIN

360; 686
606; 655
547; 561; 604
91; 284
οροφή
107; 112; 427; 491
όρρωδεΐν
163
295
ορφανός
όστοΰν
318
ουράνιος
32; 79; 87; 436; 475; 483;
531; 539; 644; 742
ούρανόθεν
567
ούρανομίμητος 143; 481
ουρανός
124; 236; 315; 447; 473;
559; 608
ουσία
513; 663
42; 455; 486; 502
οφθαλμός
680
όφις
341
όχλος
όχύρωμα
132
41; 97; 98; 188; 433; 591
οψις
641; 746
πάγχρυσος
8
πάθος
παιδαγωγία
236
παιδεύειν
123; 256; 551
παιδευτήριον
184
185
παιδευτής
188; 369; 430; 753
παϊς
πάλαι
147; 522; 579
135; 407; 615; 617; 640
παλαιός
παλιγγενεσία
194
πάλιν
651
17; 255
πανάγιος
πανηγυρίζειν
5; 13; 116; 741; 742
542
πανηγυρικός
πανήγυρις
1; 2; 3; 21; 77; 117; 427;
485; 498; 612; 722
πανηγυριστής 467
718
πάννυχος
528
πάνσεπτος
πανταχόθεν
341
πανταχού
447
594
παντοδαπής
παρα&άλλειν
614
παραδλέπειν
270
παραγκωνίζειν 702
παραδιδόναι
304
208; 626
παράδοξος
341
παραδόξως
134
παραδρομή
97
παράθεσις
358
παράθηξις
74
παράκλητος
παραλαμβάνε ιν 145
παρανάλωμα
408
παραπέμπειν
322
παρασκευάζει 297
343
παράταξις
παρατρέχειν
35
684
παραφυάς

παρεΐναι

86; 89; 148; 485; 495;
612; 743
παρέρχεσθαι
342; 498
παρευθύ
262
παρέχειν
378
παρηδδν
218
431
παρθένος
παριέναι
216
παρισοΰν
35
παριστάναι
340; 484; 586
653
παρολκή
παρορδν
239; 252
παρρησιάζεσθαι 153
παρωθεϊν
703
πάσχειν
83; 673
πατήρ
43; 138; 168; 177; 196;
211; 230; 235; 313; 412;
449; 589; 623
230
πατριάρχης
210
πατρικός
180; 214; 223
πατρίς
705
πατρώος
661
παχύς
πεζεύειν
382
πεζοπορεϊν
383
πείθειν
100; 258; 291; 696; 741
πείρα
556; 602
76
πειρατέος
42; 604
πέλαγος
πέπλον
690
600
πέρας
περιάγειν
101
περιανθίζειν
595
101
περίδρομος
περιεΐναι
470; 592; 671
περιεργία
27
περιερείδειν
102
περιέχειν
673
περιιστάναι
734
περικαθαίρειν 252
99; 265
περικαλλής
περικεϊσθαι
336
περικοσμεΐν
404
περικυκλοΰν
563
περιλάμπειν
54; 61
682
περιούσιος
περιπίπτειν
186
390
περιπλοκή
περιπτύσσειν
351; 391
περισκέπειν
678
περισκοπεΐν
478
περιστέλλειν
85
402
περιφανής
περιφέρε ιν
381; 626
περιφύειν
391
περιχάρεια
392
416
περιχαρής
141
περιχαρώς
περιχεΐσθαι
419; 497
444
περιώνυμος

LE PANÉGYRIQUE DE CONSTANTIN VII PORPHYROGENETE
275; 713
348; 669
19; 153; 168; 240; 244;
265; 284; 285; 286; 302;
342; 355; 368; 394; 406;
430; 496; 623
246; 307; 410
πιστός
π ίων
521
93; 640; 642
πλάξ
7
πλάσις
πλατύνειν
148; 501
πλεόναζε LV
358
418; 438
πλήθος
165
πληθύς
468
πλήρης
π-λήρωμα
137
πλησίον
453
378
πλους
323
πλούτος
πνεϊν
688
πνεΰμα
219; 278; 295; 750
632; 639
πνευματικός
117
πνευματικώς
πνευματομάχος 205
570
πνοή
ποθειν
170; 223; 301; 315; 325;
327; 393
614
ποθεινός
158; 284; 286; 477; 478
πόθος
ποιεϊν
664; 721
91
ποίημα
ποικιλία
591
ποικίλλειν
595
529
ποικίλος
ποιμήν
118; 125; 140; 327; 349;
611
141; 253; 301; 721
ποίμνη
ποίμνιον
147; 501; 682
239
πολιούχος
251; 302; 417
πόλις
πολιτεία
326; 418; 554; 636; 656
741
πολλάκις
99
πολυανθής
99
πολύδενδρος
πολυθαύμαστος 388; 589
684
πολύκαρπος
πολυμορφία
593
93
πολύμορφος
πολυπλασιάζειν 518
πολύς
28; 44; 62; 120; 181; 198;
240; 243; 248; 248; 305;
327; 616; 618; 623
424
πολύστυλος
442; 455
πολυφαής
129
πολύφωτος
516
πολύχους
689
πολυχρόνιος
93
πολύχρους
511; 513
πονηρός
218; 250; 506
πόνος
πηγή
πιστεύειν
πίστις

πορεία

291; 308; 328; 3564
πορεύεσθαι
584
πόρρω
601
404
πορφυρίς
628; 683; 747
ποταμός
300
πους
πράγμα
47; 452; 581; 626
534
πρακτική
69
πρα&ς
554
πραότης
πρέπειν
695; 728
πρεσβεία
706; 753
πρίν
20; 369; 608
207
προασπιστής
προαύλιον
411
προδάλλεσθαι 698
προγινώσκειν
244
394
πρόδηλος
200
πρόεδρος
προέρχεσθαι
530
προευτρεπίζειν 368
προηγεΐσθαι
134; 568
προθυμία
30; 342; 355; 368
169; 357; 607
πρόθυμος
πρόθυρον
23
προιέναι
36
προκαθήσθαι
381
προκάλυμμα
532
προκαταλαμδάνειν 429; 429
προκεΐσθαι
116
προοιμιάζειν
77
προπομπεύειν 334
352; 402; 422; 443
προπομπή
προσάγειν
49
προσάδειν
690
προσαπονέμειν 354
προσαρμόζειν 581
προσεγγίζειν
472
προσεΐναι
75; 209
προσεμπίπτειν 384
προσέρχεσθαι 515
προσήκειν
239; 407; 61 1
499
προσηκόντως
205; 229; 502
προσθήκη
προσθίγειν
28
προσιέναι
37; 142; 309; 464
728
προσκύνησις
προσλαλείν
690
προσλαμ€άνειν 285
προσοικειοΰν
540; 636
προσομιλεΐν
542
738
προσοχή
164; 744
προστάτης
προστιθέναι
306; 417
προσυπαντδν
373
προσυποδέχεσθαι 350
προσφέρειν
689
προσφθέγγεσθαι 72
πρόσχημα
288

93

94
πρόσω
πρόσωπον
πρότερον

BERNARD FLUSIN

563
226; 512
156; 175; 192; 306;
573; 636
προτρέπειν
159
πρού'παινίσσεσθαι 90
προΰπαρχε ιν
178
προφήτης
579
πρύμνα
380
πρώην
396
πρώτος
7; 65; 247; 290
πτεροΰν
523
πτέρυξ
678; 706
πύλη
331; 472
πυρ
74; 361; 407; 565;
568; 573; 647
πύρινος
571
ράβδος
640; 645
ραδίως
653
ρευστός
657
ρήμα
698
ρομφαία
578
ρους
654; 657
ροώδης
655
ρυθμίζειν
738
ρυθμός
177
σαθρότης
583
σάλπιγζ
562
σαρκικός
547; 633
σαρξ
262; 282; 463; 532
σαφώς
537
σ€εννύναι
159
σεδάζειν
330; 498
σεβάσμιος
6; 78; 494; 614; 619
σεμνός
234
σεραφικός
73; 579
σηκός
398
σήμερον
117; 128; 130; 133;
168; 493; 697; 722
σιαγών
569
σίτος
519
σκέπε ιν
706
σκεύος
642
σκήνος
267; 391; 462; 614
σκήνωμα
156; 238; 263; 330;
401; 469
σκήπτρον
246
σκιά
226
σκιρταν
126
σκιώδης
135; 615
σκόλοψ
175
σκοπεΐν
427
σκυθρωπός
130
σορός
266; 321; 334; 343;
391; 403; 423; 434;
474; 490
σοφία
15; 154; 534; 599
σπέρμα
516
σπίλος
228
σπινθήρ
618

504;

566;

163;

345;

381;
450;

σπουδάζει
732
σπουδαίος
736
σταγών
683
στάμνος
640; 643
στάσις
361; 664; 718
στάχυς
516
στενοχωρεϊν
419
στερείν
242; 396
στερέωμα
87
στέρησις
130; 171
στερροποιεΐν
107
στερρός
645
στήλη
603
στήριγμα
105
στηρίζειν
302
στηρικτικός
646
στοά
424
στοιχεΐον
659
στολή
416
στόμα
711; 746
στομοΰν
74
στοργή
211
στοχάζειν
285
στρατηγός
164
στύλος
133; 361; 568
συγγηθεΐν
489
συγγίγνεσθαι
559
συγγνώμη
46
συγγράφειν
537
συγγραφή
577
συγκατιέναι
332
συγκεραννύναι 280; 526; 528
συγκιρνάναι
59
σύγκλητος
412; 413
συγκόπτειν
569
συγκροτεΐν
21
συγκρύπτειν
437
συγχορευτής
144
συζην
181
συλλήπτωρ
758
σύλλογος
485
συμ^αδίζειν
410
συμ^λαστάνειν 520
σύμ^ολον
89
συμμαχία
707
σύμμαχος
206
συμμένειν
624
συμμερίζειν
71
συμμετρία
92
συμπάθεια
45; 456
συμπαθής
43; 456
συμπαθώς
317
συμπανηγυρίζειν143; 174; 487
συμπαρεΐναι
466; 624
σύμπας
497
συμπλοκή
204; 221
συμπορεύεσθαι 344
συναγάλλεσθαι 125; 489; 743
συνάγειν
500
συναθροίζειν
139; 418; 421; 485

LE PANÉGYRIQUE DE CONSTANTIN VII PORPHYROGENETE
512
συναιρεσις
συναμιλλασθαι 260
725
συνάναρχος
συνεΐναι
670
συνεισάγειν
169
συνεισρεΐν
155; 602
συνείσφερε ιν
160
συνεκ€άλλειν
167
συνελαύνειν
344; 431
213
συνέλευσις
συνεπαμύνειν 71
συνέπεσθαι
356; 410
συνέρχεσθαι
70; 75; 492; 652
737
σύνεσις
συνευφραίνεσθαι488
συνεφάπτεσθαι 201
συνέχειν
114
665
συνεχής
συνθάπτειν
313; 460
106
σύνθεσις
94; 647
σύνθετος
συνισταν
114
συνιστάναι
697
212
συνοδικός
συνοικία
448
συντηρεϊν
680; 708
712
συντήρησις
συντιθέναι
460
συντρέχειν
600
συνωθεϊν
155
συρρηγνύναι
422
συσκηνία
448
συστέλλειν
40
σύστημα
132; 161
σφάλλειν
183
σφόδρα
563
294
σχέσις
σχήμα
113
σχηματίζει
94
731
σχολή
σώζειν
205
σώμα
218; 234; 336; 336
632
σωματικός
318
σώος
σωτηρία
187; 208; 235; 293; 493;
511; 755
τάλαντον
518
ταμιεύειν
242
268; 545
ταπεινός
292
ταπεινότης
ταπεινοΰν
704
453; 628; 689
ταφή
234; 292; 309; 311
τάφος
263; 308
τάχος
τέκνον
139
τελεϊν
272; 341; 433; 443; 495
174; 620; 631; 699; 756
τέλειος
τελειοΰν
505
335; 431
τελετή
337
τελευταίος

τελευταν
τέλος
τέμενος
τερατουργεϊν
τερπνός
τετράπλευρος
τετράστοιχος
τέχνη
τηλαυγής
τηνικαΰτα
τηρεΐν
τιθέναι
τίκτειν
τιμάν
τιμή
τίμιος
τμήμα
τοίχος
τόπος
τρανός
τραχύς
τρέπειν
τριαδικός
τρίτος
τρισυπόστατος
τριώροφος
τροπαΐον
τρόπος
τρόφιμος
τυγχάνειν
τυπικός
τύπος
υγρός
ύδωρ
ϋλη
υλικός
υμνολόγος
ϋμνος
ύμνωδία
ύπαιθρος
ύπανταν
ύπάρχειν
ύπεμφαίνειν
ύπεξάγειν
ύπεζιέναι
ύπεξιστάναι
ύπεραίρειν
ύπερανάβαίνειν
ύπερανιέναι
ύπερανιστάναι
υπεράνω
υπερασπιστής
ύπερ€άλλειν
υπερβόρειος
ύπερείδειν
ύπερεκπλήττειν
ύπερθαύμαστος
ΰπερθεν

95

312
207; 412
84; 114; 143
364
745
113
113
109
648
576
268
121
187
4; 248; 279; 330; 347;
347; 350; 357; 421
240; 278; 324; 344; 353;
372; 474; 695; 728
120; 229; 318; 434; 510
95
98
264; 439; 653; 662
152; 225; 281
375; 604
314; 328
61; 66
260
727
426
20
259; 289; 317; 371
735
73; 195; 326; 409; 724
434
581; 637; 638
383; 654
384; 625; 628; 651
58; 60; 278
282; 339
356
329; 738
271; 345; 372; 421
252; 421
418
33
416
398
432
164
3
337; 531
427
616
279
697
139; 279; 700
605
107
335
83
108

96
ύπέρ&εος
ύπερκεΐσΦαι
ύπέρλαμπρος
υπέρμαχος
υπερμεγέθης
ύπερνεφής
ύπερνικαν
ύπερορδν
ύπερόριος
υπέρτερος
ύπερφερής
ύπερφυής
ύπηρετείν
ύπέρφωτος
ύπο€αίνειν
ύποδεικνύναι
ύποδέχεσΦαι
ύπό&εσις
ύποκλίνειν
ύπόκρισις
ύποκυρτοΰν
ύπολαμ<βάνειν
ύποτοπάζειν
ύποτύπωσις
υπουργία
ύποφαίνειν
ύποφέρειν
ύποχωρείν
ύποχώρησις
ύφαιρεΐν
ύφαπλοΰν
υφηγητής
υψηλός
ΰψος
φαιδρός
φαιδρότης
φαιδρύνειν
φαιδρώς
φάλαγξ
φάναι
φανεροΟν
φανέρωσις
φαντάζεσθαι
φάραγξ
φέρε ιν
φθάνε ιν
φθέγγειν
φιλεϊν
φιλέορτος
φιλία
φιλομαθής
φιλοπονία
φίλος
φιλοσοφείν
φιλοσοφία
φιλόσοφος
φίλτρον
φλόγινος
φλόζ
φορά

BERNARD FLUSIN
84; 457
24; 616
1; 81; 386
131
104
603
284; 441; 703
244
252; 628
22; 592
444
14; 54; 109; 331
756
546
112;413
119; 572
80; 373; 414
26; 76; 216; 733
299
210
377
13; 100; 665
110
235
626
587
508
39
214
532
300; 379
458; 487; 713
11; 201; 539; 575
128; 544
400
444
170; 415
722
569
630
316
315
383; 573
604
50; 434; 509; 631
387
574
324
89; 117
736
180
249
172; 292
189; 672; 693
227; 526
210
125; 477; 701
578
159; 567
658

φρίκη
φρικτός
φρουρεϊν
φρουρός
φρυγανώδης
φρυκτώρημα
φύειν
φυλακή
φυλάττειν
φΰλον
φυσικός
φυσικώς
φύσις
φυτόν
φωνή
φως
φωστήρ
φωταγωγεΐν
φωτιστικός
φωτοειδής
φωτολαμπής
φωτοφανεία
φωτοχυσία
χαίρειν
χαμαίζηλος
χαρά
χαρακτήρ
χαρίεις
χαρίζεσ&αι
χάρις
χάρισμα
χαριτοον
χαρμόσυνος
χείλος
χειμών
χείρ
χειροθετεϊν
χερουδικός
Χ^ές
χιτών
χορεία
χορός
χοροστασία
χους
χρή
χρηματίζει
χρησΦαι
χρίειν
χριστιανικός
χροιά
χρόνος
χρυσαυγής
χρυσίον
χρυσοειδής

110
471
707
745
582
88
180
490
633
715
26; 102
93
7; 283; 545
102
221; 736
54; 59; 61; 63; 65; 65 ; 66
136; 232; 383; 440; 447:
530; 583
64; 450
296
65; 583
59; 63; 133
386
361
88
149; 193; 692
576
139; 321
108
36; 612
86; 293; 298; 305; 327
537
10; 134; 159; 312; 316
365; 395; 435; 479; 571
652; 681
50
29
127
492; 579
441
314
202
469
161; 165; 171
98
759
484; 743
718
338
545
623
540
196
715
591; 593; 595
123; 134; 242; 243; 618;
653; 707; 709
491
648
643

LE PANÉGYRIQUE DE CONSTANTIN VII PORPHYROGENETE
χρυσολάμπης
χρυσολόγος
χρυσόστικτος
χρυσοφόρος
χρώμα
χωρεΐν
χωρητός
χώρος
ψάλλε ιν
ψαλμωδία
ώαύειν

108
449
98
107
103
531; 548
663
99; 461
737
718
23

ψέλλισμα
ψηφίς
ψυχή
ψυχωφελής
ώδή
ώδίς
ωρα
ώμος
ώραιότης
ωφέλεια

97

753
108
55; 61; 170; 236; 305
415; 749
692
737
16; 16
404
441
586
9; 305

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