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62e Année - N˚19183 - 1,30 ¤ - France métropolitaine ---

Jeudi 28 septembre 2006

Fondateur : Hubert Beuve-Méry - Directeur : Jean-Marie Colombani

Budget 2007 : le gouvernement affiche rigueur et équité sociale
Impôts Malgré les baisses annoncées, les prélèvements obligatoires restent élevés, à 43,7 % du PIB
e dernier projet de loi de finances de la législature, que Thierry Breton et Jean-François Copé devaient présenter mercredi 27 septembre en conseil des ministres, montre que le pire est sans doute passé : avec le retour de la croissance et un effort de maîtrise des dépenses, le déficit budgétaire devrait être limité à 41,6 milliards d’euros en 2007 ; celui des finances publiques (Etat, Sécurité sociale et collectivités locales) être ramené à 2,5 % du PIB ; l’endettement doit se réduire de trois points de PIB en 2006 et 2007, après quatre années consécutives de hausse. Les prélèvements obligatoires (impôts et cotisations sociales) devraient légèrement baisser, à 43,7 % du PIB. Mais MM. Breton et Copé ne veulent pas se laisser enfermer dans une querelle d’héritage, alors que le PS a qualifié le quinquennat de « cinq années perdues pour la France ». Ils ont choisi d’attaquer sur la question du pouvoir d’achat et de la paupérisation des classes moyennes. Accusés par la gauche d’avoir creusé la fracture sociale et fait des cadeaux fiscaux aux 10 % de Français les plus aisés, les deux hommes assurent que les 4 milliards de baisses d’impôts liées à la refonte du barème bénéficieront dans les trois quarts des cas à des ménages gagnant moins de 35 000 euros par an. Un célibataire touchant deux fois le smic supportait jusqu’à présent 2 000 euros d’impôt sur le revenu. Il en paiera, selon Bercy, 300 de moins. La forte revalorisation de la prime pour l’emploi, cet impôt négatif mis en place par Lionel Jospin, auquel 1 milliard supplémentaire est consacré dans le budget de 2007, jouera en faveur des revenus modestes. « Si l’on ajoute les effets cumulés des baisses d’impôts, de la revalorisation du smic et de la hausse de la PPE, un célibataire au smic commence le mois avec 130 euros de plus en 2007 qu’en 2002 », avait insisté M. Copé dès le 19 septembre. L’exemple, qui n’a pas été contesté par l’opposition, devrait beaucoup servir pour conquérir l’électorat ouvrier et employé. a

Ségolène Royal participera sans enthousiasme aux débats du PS
’irai. » Ségolène Royal a décidé de participer aux débats publics que le Parti socialiste organisera entre les candidats à l’investiture avant le premier tour du vote des militants, le 16 novembre. En déplacement à Dakar, la favorite des sondages a jugé risquée cette confrontation interne, alors que la droite « n’a pas à passer cette épreuve ». Estimant être la seule à avoir « gardé la dignité du débat », elle s’est demandé « si la machine à perdre n’est pas enclenchée ». Interrogée par un militant qui l’adjurait d’« aller jusqu’au bout », elle en a fait la promesse : « Ce sera le serment de Dakar. » A Paris, le maire, Bertrand Delanoë, est fragilisé par sa fidélité à Lionel Jospin après le ralliement de sept de ses adjoints à Mme Royal. François Rebsamen, numéro deux du PS, estime dans nos colonnes que M. Jospin a « l’impérieux devoir » de ne pas être candidat. a

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Lire pages 10, 11, 19 et 22

Goldman Sachs s’intéresse aux fonds de pension

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a Les orientations. a Gagnants et perdants. a L’avis de Méhaignerie. a La réforme fiscale.

Claire Guélaud

Tablant sur une croissance comprise entre 2 et 2,5 % en 2007, Bercy a pour objectifs un déficit budgétaire limité à 41,6 milliards d’euros, une dette réduite de trois points de PIB, une dépense « maîtrisée », une réforme fiscale « centrée sur les classes moyennes ».

Parmi les 34 missions budgétaires prévues par le projet de loi de finances, les plus fortes variations de crédit concernent les régimes spéciaux de retraite (+ 10,9 %), la justice (+ 5,2 %), la santé (+ 5,5 %), les transports (– 3,9 %), le travail et l’emploi (– 3,9 %).

« En cinq ans, 120 000 emplois publics supplémentaires ont été créés », déclare le président (UMP) de la commission des finances de l’Assemblée nationale. « Nous pensons que l’Etat gère mal, car il est loin, et on peut rendre un meilleur service à un meilleur coût ». Pages 20-21

De la prime pour l’emploi au bouclier fiscal plafonnant les impôts à 60 % des revenus, de la déclaration préremplie à la télédéclaration, en passant par la mise en place d’un interlocuteur fiscal unique, le vade-mecum du contribuable.
Lire nos informations page 27 et notre éditorial page 2

u Royaume-Uni, la célèbre banque d’affaires américaine veut racheter des fonds de pension d’entreprise. Alors que le régulateur britannique a récemment autorisé ces opérations, plusieurs assureurs ont fait connaître leur appétit pour un marché qui s’annonce très lucratif. Car les entreprises sont prêtes à brader ces fonds qui plombent leurs comptes et leur avenir. Le système des fonds de pension à l’anglaise est virtuellement en faillite : le déficit total du secteur atteignait 146 milliards d’euros en 2005. Goldman Sachs devrait donc créer une filiale d’assurance-vie, secteur dont l’institution était jusqu’ici totalement absente, pour accueillir et gérer ces futurs actifs. La banque compte sur son savoir-faire dans le domaine des produits dérivés pour limiter les risques. a
Lire page 16

L’opéra de New York cherche PAGE TROIS Passeports et secrets de famille son public dans la rue La demande de délivrance d’un passeport biométrique
se heurte souvent à une très longue attente. La raison n’est pas technique mais déontologique : pour présenter sa demande, il faut d’abord obtenir une copie intégrale de son acte de naissance. Or cette copie, auparavant transmise de mairie à mairie pour les mariages, contient des renseignements très précis sur la filiation et peut révéler une naissance sous X ou une adoption. Craignant de provoquer des drames, les responsables de l’état civil cherchent à temporiser…

Environnement

L’éthanol reçoit un coup de pouce
Le ministre de l’économie, Thierry Breton, a annoncé, mardi 26 septembre, l’installation, d’ici à la fin 2007, de 500 pompes distribuant un carburant moins cher et plus propre composé à 85 % d’éthanol. Après Ford, Saab, Volvo et Cadillac, les constructeurs Renault et Peugeot-Citroën se sont engagés à proposer des véhicules adaptés dès le premier trimestre 2007. Page 8

Des New-Yorkais assistent dans la rue à la retransmission sur grand écran de « Madame Butterfly ». JAKE PRICE/WPN POUR « LE MONDE »

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eter Gelb, le nouveau patron du Metropolitan Opera de New York, a pris une série de mesures qui bousculent l’établissement lyrique le plus réputé du monde. « Faire adhérer le Met à la vie d’aujourd’hui », tel est son credo. La décision la plus spectaculaire est la diffusion, le 25 septembre, de Madame Butterfly de

Puccini sur grand écran et dans la rue. La répétition a également été ouverte aux New-Yorkais. D’autres initiatives ont été prises comme l’édition de « disques instantanés » à acheter à l’issue des représentations, la diffusion d’opéras à la télévision, à la radio et dans des salles de cinéma. a
Lire page 28

Football

Des insultes sanctionnées
C’est une première en Ligue 1 : un joueur du FC Nantes a été expulsé, dimanche dernier, du terrain pour avoir insulté un joueur adverse. Quelques jours plus tôt, Patrick Vieira (Milan AC) était sanctionné pour avoir insulté un arbitre. Page 18

Afrique CFA 1200 F CFA, Algérie 60 DA, Allemagne 1,70 ¤, Antilles-Guyane 1,80 ¤, Autriche 1,70 ¤, Belgique 1,30 ¤, Canada 3 $, Danemark 17 KRD, Espagne 1,80 ¤, Finlande 2,20 ¤, Grande-Bretagne 1,10 £, Grèce 1,80 ¤, Hongrie 495 HUF, Irlande 1,80 ¤, Italie 1,80 ¤, Luxembourg 1,30 ¤, Maroc 10 DH, Norvège 20 KRN, Pays-Bas 1,70 ¤, Portugal cont. 1,80 ¤, Réunion 1,80 ¤, Suède 20 KRS, Suisse 2,50 FS, Tunisie 1,6 DT, USA 3.00 $.

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ÉDITORIAL

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Jeudi 28 septembre 2006

Effort tardif

Mission périlleuse au Liban
n choisissant de s’installer à Barrachit, des pays qui contribuent à la Finul : ceux-ci sont un plateau difficile d’accès dans le sud soupçonnés d’utiliser la résolution 1701 des du Liban, les soldats français avaient Nations unies (l’arrêt des hostilités et l’envoi en mémoire le souvenir du camp du d’une force internationale au Liban) comme Drakkar. Lors de cet attentat à la voitu- « bras armé » de la résolution 1559 (qui prévoit re piégée, le 23 octobre 1983, à Beyrouth, revendi- le désarmement des milices, c’est-à-dire notamqué par le « Mouvement de la révolution islamique ment du Hezbollah). Leurs alarmes sont infondées : la Finul, pas libre », 58 parachutistes avaient été tués. Les musulmans chiites fanatiques composant plus que l’armée libanaise, n’a l’intention de s’impliquer dans le désarmement du cette organisation paravent Hezbollah. Celui-ci peut être tranavaient probablement été maniquille : le « désarmement des milipulés par les services de renseiLAURENT ZECCHINI ces » est une antienne pour chefs gnement syriens, mais la planifid’Etat occidentaux, qui n’a et cation de cette action terroriste est attribuée à Imad Moughnieh, chef du service n’aura aucune traduction concrète sur le terrain. extérieur du Hezbollah. Vingt-trois ans après ce Certes, l’armement des casques bleus – en particutraumatisme, les soldats français opèrent, sous lier celui des soldats français – en impose, et ils disles couleurs de l’ONU, un retour à hauts risques posent de « règles d’engagement » suffisamment « robustes » pour restreindre les velléités de fauau pays du Cèdre. Les troupes internationales composant la For- teurs de troubles potentiels, qu’il s’agisse de Tsace internationale des Nations unies au Liban hal, de l’armée libanaise ou du Hezbollah. Sauf que la Finul est un colosse aux pieds d’ar(Finul) achèvent ces jours-ci leur déploiement au sud du fleuve Litani, alors que l’armée israélien- gile. C’est une force de dissuasion, et non d’interne se retire de l’autre côté de la « ligne bleue », position. Il suffirait qu’une des parties décide de abandonnant ses positions aux soldats de l’ar- reprendre les hostilités pour la placer dans une mée libanaise. Ce chassé-croisé s’est effectué situation politique et militaire intenable. Si des avec un calme et une discipline qui laissent bien soldats français étaient amenés à ouvrir le feu augurer du mandat des casques bleus. Pourtant, contre ceux d’Israël ou contre des combattants les services de renseignement occidentaux sont du Hezbollah, les conséquences en seraient incalculables : tempête diplomatique et escalade miliinquiets. Des Etats – la Syrie et l’Iran – et une myriade taire d’un côté, intensification de la menace terrod’organisations islamistes voient sans plaisir riste de l’autre. Bien des étincelles pourraient remettre le feu s’installer en terre d’Islam des milliers de « soldats chrétiens ». Les médias proches du Hezbol- aux poudres dans le sud du Liban : une salve de lah alertent déjà l’opinion arabe sur les arrière- roquettes en territoire israélien, un autre enlèvepensées présumées des « troupes d’occupation » ment de soldats de Tsahal, entraîneraient un nou-

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e ministre des finances, Thierry Breton, devait présenter, mercredi 27 septembre, un projet de budget 2007 qu’il a placé sous le signe de la « responsabilité ». Il prévoit un déficit réduit à 2,5 % du produit intérieur brut (PIB) et souligne qu’il aura diminué de deux points la dette du pays entre 2006 et 2007. On peut relever les cadeaux offerts par le premier ministre il y a un mois (prime pour l’emploi, allocations aux étudiants, primes de transport, etc.). On peut argumenter que le taux de croissance entre 2 et 2,5 % pour 2007 sur lequel sont calculés les éléments budgétaires est, selon les économistes indépendants, trop optimiste. On peut aussi mettre en doute le surcroît de consommation des ménages de 0,5 % que produiront les baisses d’impôts programmées l’an prochain. Il n’empêche : l’effort de M. Breton de tenir les comptes de la nation est louable et peu fréquent en année électorale. Mais il est bien tardif. D’abord parce que ce budget n’est qu’un demi-budget qui sera logiquement remis en cause par le prochain gouvernement, quelle que soit sa couleur, issu des urnes à la fin du printemps. Surtout parce que le quinquennat aura été marqué par quatre premières années de grave dérive budgétaire que cet effort de dernière minute est loin de compenser. Tout le programme électoral de Jacques Chirac était appuyé sur une croissance de 3 % l’an. Dès 2002, l’expansion est tombée à 1,2 %, et la France s’est enfermée dans une paralysante quasi-stagnation. Mais le gouvernement, espérant toujours que le ciel allait s’éclaircir en cours d’année, n’en a pas tiré les conséquences sur ses dépenses budgétaires. Le déficit est dès lors passé au-dessus de la barre de Maastricht de 3 % en 2002, 2003 et 2004, et est tout juste revenu à 2,9 % en 2005. La dette du pays a grimpé de huit points de PIB, atteignant un record inquiétant, comme en témoigne le nombre de livres qui sortent cet automne sur le thème « On a ruiné nos enfants ». La cause de ces mécomptes est l’inflation des dépenses publiques, qui ont crû toutes ces années plus vite que l’économie, alors qu’elles allaient dans l’autre sens avant 2001. Le gouvernement a baissé les impôts et vante la réforme fiscale qui s’appliquera l’an prochain. Mais, comme il a fortement augmenté les taxes et autres impôts locaux, le total des prélèvements pesant sur les Français reste très lourd. La situation des finances publiques s’est donc fortement dégradée sous ce quinquennat. L’effort de M. Breton est tardif et reste largement insuffisant. Surtout, la prise de conscience de l’état réel des finances du pays au sein du monde politique ne semble pas faite, ni chez les socialistes, dont le « projet » prévoit des dépenses non financées, ni à l’UMP, dont le président hésite sur sa philosophie budgétaire. a

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ANALYSE

Bio ma non troppo par Colcanopa

vel engrenage, avec le risque de voir une armée israélienne, dangereusement humiliée lors de la guerre du 12 juillet, vouloir restaurer son mythe d’invincibilité en anéantissant cette fois le potentiel militaire du Parti de Dieu. Même s’il faut relativiser les rodomontades d’Hassan Nasrallah, qui affirme détenir encore « plus de 20 000 roquettes », les spécialistes occidentaux conviennent que le Hezbollah dispose de « réserves » humaines suffisantes pour remplacer ses combattants tués (entre 400 et 500), de ressources financières quasi illimitées grâce à la rente pétrolière de l’Iran, et d’armes puissantes non encore utilisées, comme les roquettes Zelzal-2, d’une portée d’environ 150 kilomètres, qui ne sont encore que des armes de dissuasion dans un équilibre de la terreur avec Israël. Pourtant, en dépit d’un potentiel militaire qui reste menaçant, le Hezbollah a besoin de temps pour reconstituer ses forces et restaurer son image de marque. La Finul pourrait donc connaître une période de relative tranquillité, du moins tant que le Hezbollah n’aura pas acquis la conviction que sa stratégie politique consistant à provoquer la chute du gouvernement de Fouad Siniora pour imposer un « gouvernement d’union nationale » ne mène nulle part. C’est à ce moment-là que le risque d’une fuite en avant terroriste peut se produire, à l’initiative du Parti de Dieu ou d’autres acteurs. Si la menace de sanctions internationales pour punir Téhéran de son programme nucléaire militaire se précise, le régime des mollahs pourrait être tenté de lancer un avertissement aux Occidentaux, en choisissant de frapper la Finul. La Syrie, si le rapport Brammertz sur l’assassinat de l’ancien président Rafic Hariri devait désigner des commanditaires au sein du régime alaouite, pourrait, elle aussi, choisir d’adresser un « message » fort aux Nations unies. Comment ne pas songer à l’assassinat de l’ambassadeur de France Louis Delamare, en 1981 ? Candidats potentiels Face à cette double incertitude, la France est dans une position vulnérable. Outre qu’elle fait partie de la troïka européenne sur le dossier iranien, l’attitude solitaire de Jacques Chirac, qui persiste à refuser tout dialogue avec la Syrie, pourtant l’une des clés d’une stabilisation à long terme de la région, n’est pas de bon augure. La Syrie, pas plus que l’Iran, n’aurait besoin d’agir à visage découvert, y compris via le Hezbollah. Celui-ci est passé maître dans l’art de se dissimuler derrière des groupuscules, comme ceux qui ont revendiqué, dans les années 1985 et 1986, une série d’attentats à Paris et d’enlèvements d’Occidentaux à Beyrouth. Mais il existe bien d’autres organisations islamistes au Liban, susceptibles de prêter leur concours aux deux puissances régionales, en agissant seules ou sous le « label Al-Qaida ». Les groupes salafistes établis à Tripoli et à Saïda, comme Osbat Al-Ansar, les Palestiniens du FPLP-CG (Front populaire de libération de la Palestine-Commandement général) d’Ahmed Jibril, les activistes du PSNS (Parti social national syrien), sont quelques-uns des candidats potentiels à l’action terroriste. Le Hezbollah ne contrôle pas tous ces mouvements, mais on dit à Beyrouth que le Parti de Dieu a « tissé un tapis » au sud du Liban. Cela signifie qu’aucune action violente ne pourrait s’y produire sans avoir, au minimum, son accord tacite. Au total, cela fait bien des menaces potentielles pour la Finul. Et des raisons de penser que celle-ci, envoyée en gendarme de la paix au Liban, pourrait bien se retrouver en position d’otage. a

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Variations caraïbes
olo Barst chante pour le premier festi- caractère très personnel s’y est trempé. J’écrivais val caribéen à Paris (arts plastiques, sur tout ce qui me tombait sous la main. On me conteurs, débats, du 27 septembre au trouvait vraiment bizarre. » Quand je suis arrivé au grand lycée Schœl1er octobre, à la Maison des cultures du monde : 01-42-64-58-22). Kolo Barst cher de Fort-de-France, je ne me sentais pas touest l’auteur de Février 74. Ce lent blues créole jours d’accord avec ce que racontaient mes proarracherait des larmes à un ministre de l’inté- fesseurs. Dans toutes les matières, je retrouvais rieur. Il raconte les événements de février 1974 mes problèmes : en latin, dans l’histoire des Gauen Martinique (punch, cocotiers, sable fin) : la les, dans la formation de la langue française, l’histoire générale des colonisalutte pour le smic horaire à Bastions, chez les Grecs, partout. se-Pointe ; sa féroce répresCULTURE » Je ne lâche jamais les partision ; les morts de 1974. cularismes du créole. Je les suiAimé Césaire est né à Bassevais depuis les langues ancienPointe en 1913. Puisqu’il est le FRANCIS MARMANDE nes. Je me suis très tôt passionpoète le plus vivant, le grand cri nègre, on l’oublie. Février 2006, dans son né pour les règles phonétiques très précises auxquelles le créole – sans qu’intervienne en rien le bureau : « Comment vivait-on à Basse-Pointe dans les hasard ou l’ignorance – répond. Le créole, c’est la langue des maîtres appréhendée par des années 1920 ? – Les planteurs avaient remplacé les esclaves oreilles africaines et restituée par des gosiers afripar de nouveaux immigrés venus d’Inde, les cains : ce que m’ont confirmé mes cours de pho“coolies”. Mon père avait appris quelques mots nétique historique en Sorbonne. L’âme africaipour les saluer, les encourager. Plus loin, une ne, vous ne la retrouvez pas dans le vocabulaire, grosse usine : les Nègres en étaient les ouvriers, mais dans la syntaxe. – Césaire, c’est un nom d’esclave ? des Nègres presque purs. Et plus loin encore, les – Evidemment : le nom du propriétaire de Blancs, les propriétaires. Ce petit point de notre petite île résumait donc le vaste monde : Blancs, mon arrière-arrière-grand-père. La première Asiatiques, Noirs. J’ai toujours été curieux des fois que mon ami Senghor m’invite au Sénégal, civilisations, des tempéraments. Très vite, mon je lui demande de visiter la Casamance. Fantasti-

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CHRONIQUE

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que ! On dirait la Martinique : je reconnais les arbres, les climats, c’est une tout autre Afrique. Senghor souhaite me présenter la personne qui dirige la région, il s’agit d’une reine, la reine Sebeth. Elle décide d’organiser une réception en mon honneur, avec tous les hommes éminents de la région. Par tous les sentiers de la forêt, ils déboulent en tenue d’apparat. On m’assied dans le salon. Brusquement, une porte s’ouvre. Entre une petite dame : la reine Sebeth. Je me lève, je vois la reine, je reste sidéré, je veux l’embrasser : tout le portrait de ma grand-mère Eugénie, Maman Ninie… Mes aïeux viennent de là. » Je comprends tout à coup pourquoi ma grand-mère, dans sa petite commune du Lorrain, en Martinique, elle qui n’était rien, jouait le rôle de reine du quartier. Aucun évêque, aucun directeur d’école ne pouvait prendre possession de sa charge sans rendre visite à Maman Ninie. Qui l’avait nommée ? Personne. Mais tout le monde l’avait toujours considérée comme une reine, la reine du quartier. Elle n’en savait rien. On m’avait envoyé chez Maman Ninie parce qu’il n’y avait pas d’école à Basse-Pointe. C’est elle qui m’a appris à lire. Un jour, je l’entends qui gueule après une jeune fille qui lui demandait conseil. Elle hurlait : “Epouse-le, il te foutra des coups, et après tu ne viendras pas te plaindre.” Maman Ninie était une reine morale. » a

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SÉCURITÉ Une copie intégrale de l’acte de naissance est exigée lors d’une demande de passeport biométrique. ET ÉTAT CIVIL Pour les personnes adoptées ou nées sous X, c’est parfois l’occasion de douloureuses révélations

Le passeport qui en dit trop
lle a, comme beaucoup, deman- droit au motif qu’elle pourrait y découvrir dé une copie intégrale de son une vérité que ses parents lui ont cachée ? acte de naissance afin d’obtenir Et comment justifier les délais de réflexion, un passeport biométrique. Mais voire les refus ? Dans ces situations, les services d’état elle s’attend, comme certains, à patienter plusieurs semaines, voire plu- civil tentent, comme ils peuvent, de s’assusieurs mois. « Tout ça parce que ma mère a rer que la personne connaît son histoire. accouché sous X et que j’ai été adoptée dans « Nous les prenons à part pour les faire parles années 1950 !, raconte Graciane, la vice- ler un peu, poursuit Françoise Valette. S’ils présidente de l’association Les X en colère. nous disent tout de suite qu’ils ont été adopLes mairies refusent de délivrer des copies inté- tés, nous leur délivrons le document. S’ils grales d’acte de naissance aux personnes nées connaissent des bribes de leur histoire, des sous X ou adoptées, de peur de leur révéler des rumeurs, des bouts de conversation entensecrets sur leurs origines. C’est ridicule et cela dues ici et là, nous faisons attention. En nous empêche d’obtenir notre passeport ! revanche, si ça ne vient pas, nous évitons de Nous sommes désormais assignées à résiden- leur remettre la copie en main propre. Nous leur disons par exemple que nous allons ce sur le territoire français. » Depuis le printemps, tous les citoyens contacter la préfecture. » Ces précautions, qui aboutissent souqui demandent un passeport biométrique doivent présenter à la préfecture une copie vent à la saisine du parquet, ont fini par intégrale de leur acte de naissance. « Il ne engendrer des lenteurs et des embarras s’agit pas d’un simple extrait de naissance superflus. Des personnes qui savaient parmais d’une véritable copie des registres d’état faitement qu’elles étaient nées sous X ont civil, précise un magistrat. Ce document attendu des semaines leur copie intégrale mentionne les lieux et dates de naissance, d’acte de naissance sans que la mairie leur mais aussi les changements de nom, de pré- donne la moindre explication. Des homnom, de nationalité ou de sexe, les mariages, mes d’affaires pressés qui s’apprêtaient à les divorces, et surtout, la filiation. Si une per- partir à l’étranger ont vu leur demande de sonne est née sous X, la copie intégrale le préci- passeport bloquée alors qu’ils n’ignoraient se. Si une personne a été adoptée, elle le précise rien de leur histoire. « J’ai été saisi de trois aussi. Et si cette adoption a eu lieu avant la cas, j’en ai ensuite découvert d’autres, et les création de l’adoption plénière, en 1966, la problèmes iront crescendo au fil des renouvelcopie indique même le nom des parents biolo- lements de passeport, explique le député (UMP) du Rhône, Philippe Cochet. Ces giques. » citoyens adoptés avant 1966 Au fil des demandes, les mairies ont donc appris à A Lyon, un homme font leur demande, mais les mairies ou les parquets ne leur manier ces documents avec à qui ses parents donnent aucune nouvelle sans d’infinies précautions. « Si » nous tombons, en établissant adoptifs avaient leur expliquer pourquoi. écrite Dans une question une copie intégrale d’acte de publiée au Journal officiel le naissance, sur un accouchement toujours tu 8 août, Philippe Cochet a sous X ou une adoption, nous son histoire a demandé au ministère de l’infaisons toujours très attention à ne pas dévoiler brutalement ces découvert la vérité térieur de mettre un terme à ces difficultés « particulièreinformations aux demandeurs, de sa filiation ment préjudiciables ». explique Françoise Valette, la eu le cas d’une chef du service d’état civil de la en faisant refaire « Nous avonsqui n’a pas pu grand-mère mairie du 14e arrondissement, son passeport rejoindre ses enfants à l’étranà Paris. C’est à leur famille, pas ger pour les vacances faute de à nous, de leur apprendre la véripasseport biométrique alors qu’elle savait té sur leurs origines. » Jusqu’à cette année, ces situations qu’elle était adoptée », poursuit le député. étaient rares : la copie intégrale de l’acte de Le ministère de l’intérieur n’a pas encore naissance n’était demandée que pour le répondu à cette question écrite, mais il a mariage et elle était souvent transmise de précisé au Monde que les difficultés mairie à mairie sans que les futurs époux seraient « traitées au cas par cas afin d’évil’aient en main. Depuis l’instauration du ter que les usagers se voient privés de passepasseport biométrique, des milliers de port et qu’ils apprennent fortuitement la véricitoyens se sont adressés à leurs mairies té sur leurs origines ». Pour le Conseil national pour l’accès sans se douter que ce document pouvait leur révéler des secrets de famille. A Lyon, aux origines personnelles (CNAOP), qui un homme à qui ses parents adoptifs tente, depuis 2002, de faciliter le rapproavaient toujours tu son histoire a ainsi chement entre les enfants adoptés ou nés découvert la vérité de sa filiation en faisant sous X et leurs parents biologiques, les réticences des mairies et des parquets sont refaire son passeport. Pour éviter qu’une telle demande se d’un autre âge. « Elles sont empreintes transforme en drame familial, la plupart d’une culture du secret qui n’est plus en adédes mairies appliquent l’instruction généra- quation avec les principes d’aujourd’hui, soule relative à l’état civil : pour obtenir une ligne la secrétaire générale du Conseil, copie intégrale de leur acte de naissance, Marie-Christine Le Boursicot. Depuis les personnes adoptées avant 1966 doivent 2002, nous cherchons, au contraire, à aider clairement indiquer qu’elles savent avoir les personnes adoptées ou nées sous X à été adoptées. Mais que faire si la personne retrouver leurs parents biologiques. Il faut ne mentionne pas son adoption ? Com- s’adapter à l’évolution de la société. » a ment lui refuser un document auquel elle a Anne Chemin

E

A Lyon, l’embarras des magistrats
LYON CORRESPONDANTE RÉGIONALE

L’histoire circule au palais de justice de Lyon. Un homme se serait suicidé en juin en apprenant à la lecture de la copie intégrale de son acte de naissance, nécessaire à l’établissement de son passeport, qu’il était un enfant adopté. Le procureur de la République Xavier Richaud confirme que l’information lui est parvenue mais qu’il n’a pu la vérifier. Saisie d’une autre affaire similaire mais moins dramatique, la procureure adjointe, responsable de l’état civil, Christiane Poli-Dauchelle, a demandé au chef du parquet d’interroger la chancellerie pour savoir si elle devait ou non

autoriser la mairie de Lyon à transmettre de tels documents susceptibles de rompre la confidentialité de la filiation des enfants adoptés avant 1966. « Lorsque nous recevons les dossiers, explique Mme PoliDauchelle, nous ignorons totalement si les personnes concernées connaissent leur véritable filiation. Comment donc juger de l’opportunité de leur communiquer ce document ? Nous avons deux textes qui se contredisent. Nous ne savons que faire ». En août, M. Richaud a saisi le chef du bureau du droit des personnes au ministère de la justice de cette question. Il n’a toujours pas reçu de réponse. En attendant, le parquet a décidé de geler ces décisions.

Huit demandes transmises par la mairie de Lyon sont en attente de traitement. A la chancellerie, on indique qu’une réunion a eu lieu entre le ministère de la justice et celui de l’intérieur, mais qu’aucune solution n’a encore été dégagée. Place Beauvau, on précise que des instructions ont été données aux préfectures de « traiter les dossiers au cas par cas ». Le procureur de Lyon espère une « réponse globale, applicable dans tous les parquets de France, qui permette de satisfaire l’exigence de cette pièce, voulue par le gouvernement dans un souci de prévenir la fraude documentaire, sans attenter au respect de la vie privée ». a
Sophie Landrin

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INTERNATIONAL

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Jeudi 28 septembre 2006

Etats-Unis La « guerre contre le terrorisme » domine la campagne pour le scrutin législatif du 7 novembre

L’Irak et Al-Qaida, enjeux des élections américaines
WASHINGTON CORRESPONDANTE

45 jours des élections législatives américaines du 7 novembre, le climat s’est subitement durci entre les républicains, qui s’efforcent de concentrer les débats sur la « guerre contre le terrorisme », et les démocrates, qui entendent replacer l’Irak au centre de la campagne. Alors que la gauche bénéficiait d’un net avantage dans les sondages, le « septembre sécuritaire » des républicains, doublé d’une diminution notable du prix de l’essence, a vu l’écart se réduire, provoquant la nervosité des démocrates et l’entrée en piste de l’ancien président Bill Clinton. Depuis fin août, le président George Bush avait réussi à imposer un ordre du jour correspondant au sujet qui donne encore un léger avantage à son camp, la protection des Américains. Le Congrès, qui n’a encore voté aucune loi de finan-

A

ces et encore moins la réforme de l’immi- mant que George Bush était mal placé gration, a été entièrement mobilisé sur pour critiquer, ayant reçu un mois avant les projets de loi sur la détention des sus- les attentats une note l’informant que pects d’Al-Qaida, les écoutes téléphoni- Ben Laden cherchait à « frapper à l’intérieur des Etats-Unis ». ques et la sécurité des ports. La secrétaire d’Etat En parallèle, une polémiCondoleezza Rice, qui était que s’est développée sur la « Au moins, à l’époque conseillère à la prétendue faiblesse des sécurité nationale à la Maidémocrates de l’équipe Clinj’ai essayé son Blanche, a vertement ton. Alors qu’il avait accepté [de pourchasser répliqué. « Les démocrates de parler de ses œuvres carin’ont pas laissé de plan stratétatives sur la chaîne conservaBen Laden], gique » contre le terrorisme, trice Fox News, l’ancien préa-t-elle dit. Les chaînes de sident s’est soudain retrouvé contrairement télévision ont immédiateobligé d’expliquer pourquoi à certains… » ment montré son témoignail n’avait pas plus vigoureusege devant la commission ment pourchassé Oussama Bill Clinton officielle d’enquête sur le Ben Laden, le chef d’Al-Qaida. Il s’est penché en avant, l’index accu- 11-Septembre. Elle y reconnaissait que sateur. « Au moins, j’ai essayé, a-t-il dit. l’équipe Clinton avait laissé « un ensemble d’idées », certaines étant potentielleContrairement à certains… » Son épouse Hillary, candidate dans ment opérationnelles. Dimanche, l’Irak est tout à coup revel’Etat de New York, l’a défendu en esti-

nu au premier plan avec la parution dans la presse d’articles résumant la teneur d’un rapport confidentiel du National Intelligence Estimates (NIE), rédigé par les seize agences du renseignement et remis au Congrès le 26 avril. Le document affirme que la guerre a accentué la menace terroriste et que le mouvement djihadiste mondial est en expansion. Le président Bush, visiblement agacé, a dénoncé ces fuites mardi et a pris la décision, très inhabituelle, de mettre le document sur la place publique. Il ne s’agit que de trois pages mais les extraits sont sans appel. Dès le milieu de l’aprèsmidi, tous les médias reprenaient l’expression de « cause célèbre », en français dans le texte, contenue dans le rapport pour décrire ce qu’est devenu l’Irak pour les djihadistes. Les démocrates ont tenté de profiter au mieux de la situation. Leur chef de file à la Chambre des représentants, Nancy

Pelosi, a essayé d’obtenir un débat en séance, mais il a été rejeté. Les républicains ont contrecarré en soulignant que le NIE indique qu’un retrait d’Irak serait considéré comme une victoire par les djihadistes. Selon eux, M. Bush a donc raison lorsqu’il fait de l’Irak le centre de la guerre frontale qu’il entend mener contre Al-Qaida et ses affiliés. « Mon opinion est que, si nous n’étions pas en Irak, ils (les djihadistes) trouveraient une excuse quelconque parce qu’ils ont de l’ambition », a lui-même assuré M. Bush. Les démocrates lui ont demandé de déclassifier l’ensemble du rapport. La stratégie irakienne de l’administration n’a pas évolué. M. Bush attend les conclusions du groupe de réflexion sur l’Irak conduit par l’ex-secrétaire d’Etat James Baker. Celui-ci a déjà prudemment indiqué qu’il ne publiera pas ses recommandations avant les élections. a
Corine Lesnes

VERBATIM

Une « cause célèbre » pour les djihadistes
LE RAPPORT de synthèse du renseignement américain (National Intelligence Estimates) est intitulé « Tendances du terrorisme mondial : implications pour les Etats-Unis ». Extraits. Nous estimons que le mouvement djihadiste mondial, qui inclut les réseaux affiliés à Al-Qaida, des groupes terroristes indépendants ainsi que des réseaux et cellules émergentes, se développe et s’adapte aux efforts antiterroristes (…). Les activistes qui s’identifient comme des djihadistes (…) augmentent à la fois en nombre et en termes de dispersion géographique. Si cette tendance se poursuit, les menaces contre des intérêts américains aux Etats-Unis et à l’étranger vont être plus nombreuses, conduisant à une augmentation des attaques dans le monde. Le conflit irakien est devenu une cause célèbre [en français dans le texte] pour les IRAK JUSTICE djihadistes, nourrissant un profond ressentiment envers l’engagement américain dans le monde musulman et suscitant des sympathisants pour le mouvement djihadiste au niveau mondial. Les djihadistes considèrent l’Europe comme un lieu important pour attaquer des intérêts occidentaux. Les réseaux extrémistes dans la diaspora musulmane en Europe facilitent le recrutement et préparent le terrain à des attaques urbaines comme cela a été illustré (…) à Madrid en 2004 et à Londres en 2005. S’il y avait une perception de victoire djihadiste [en Irak], cela inspirerait plus de combattants à poursuivre la lutte ailleurs (…), si les djihadistes avaient l’impression et donnaient l’impression, en quittant l’Irak, d’avoir échoué, nous pensons que moins de combattants seraient inspirés pour poursuivre la lutte.

M. Musharraf : 369 suspects contre des millions de dollars
n pleine guerre antiterroriste, le président du Pakistan, Pervez Musharraf, a eu le temps d’écrire ses mémoires et de les publier chez un éditeur américain. Entre deux rendez-vous avec le président George Bush, il fait la promotion de son livre sur les chaînes de télévision et dans les cercles de réflexion américains. Mardi 26 septembre au soir, M. Musharraf était l’invité du « Daily Show » de Jon Stewart, une émission télévisée très populaire mais politiquement très incorrecte, diffusée par Central Comedy. C’est la première fois qu’un chef d’Etat se produit dans ce programme, a fortiori un ancien général parvenu au pouvoir par un coup d’Etat. Il a fait le salut militaire en arrivant sur le plateau. Cinq ans après le 11-Septembre, M. Musharraf parle en toute franchise, sans ce soucier de froisser les responsables américains, afghans et indiens.

E

«

Dans son livre, In the Line of Fire, il affirme que, tout de suite après les attentats, les Etats-Unis l’ont menacé de ramener le Pakistan « à l’âge de pierre » s’il ne prenait pas le parti de Washington. Les intéressés ont démenti avoir utilisé cette expression. « Plus d’extrémisme dans le monde » Mardi, M. Musharraf a confirmé ce qu’il avait écrit sans développer davantage. Il révèle dans ses mémoires que le Pakistan a capturé 689 suspects et en a remis 369 aux Etats-Unis. « Nous avons gagné des millions de dollars de prime », a-t-il dit. Il met notamment en cause les Etats-Unis et l’Arabie saoudite pour avoir produit un « monstre » en soutenant les islamistes contre l’URSS dans les années 1980. Dans un entretien à la chaîne de télévision CNN, M. Musharraf a reproché à Hamid Karzaï, le président afghan, de

»

« faire l’autruche » et de ne pas voir « l’insurrection pachtoune » qui est en train de se développer dans son pays. M. Karzaï a répondu qu’il « connaissait parfaitement ses difficultés ». Les deux hommes doivent participer à un dîner mercredi autour de M. Bush. Cela n’empêche pas M. Musharraf de contredire le président américain sur la guerre en Irak. Selon lui, elle a « certainement conduit à plus de terrorisme et d’extrémisme dans le monde ». « De George W. Bush ou Oussama Ben Laden, qui gagnerait un vote populaire au Pakistan ? », lui a demandé Jon Stewart. « Je pense qu’ils perdraient tous les deux lamentablement », a répondu le chef de l’Etat pakistanais. La semaine dernière, des rumeurs de putsch ont traversé le Pakistan alors que M. Musharraf était à New York, trahissant la nervosité qui règne à Islamabad. a
C. Ls (Washington, correspondante)

IRAK UN HÔPITAL DE BAGDAD EN GRÈVE POUR PROTESTER CONTRE LES VIOLENCES POLICIÈRES

Confusion au procès de Saddam Hussein jugé pour « génocide » des Kurdes
« SILENCE ! Personne ne parle ! Saddam dehors ! », a hurlé le juge à l’accusé. Pour la seconde fois en une semaine, le juge Mohamed Al-Oreibi Al-Majid Al-Khalifa a ordonné, mardi 26 septembre, l’expulsion de Saddam Hussein. Depuis l’ouverture du procès de l’ex-raïs, jugé pour génocide contre les Kurdes dans l’affaire des campagnes « Anfal » en 1988, les cris et les gesticulations font plus de bruit que les témoignages des victimes qui se succèdent à la barre. Un premier juge, Abdallah Al-Amiri, a été révoqué, le 19 septembre, après avoir déclaré au tribunal que « Saddam Hussein n’était pas un dictateur ». Sa révocation a entraîné le boycottage des avocats de la défense, l’arrivée d’avocats commis d’office par le nouveau juge. Et, finalement, une confusion totale qui a conduit, mardi, le juge à suspendre les audiences jusqu’au 9 octobre. « Ce n’est pas le procès que nous attendions, déplore Seywan Barzani, représentant des Kurdes d’Irak en France. Il devait être retentissant. Nous voulions que tous les Irakiens apprennent notre histoire. Au final, c’est du sabotage ! Ce procès reflète l’état actuel de l’Irak. Il est chaotique, mal foutu et communautariste. » Soulagement chez les Kurdes Outre les incidents liés au renvoi du premier juge, M. Barzani critique le choix des juges, opéré, selon lui, d’après des critères confessionnels. Lors du premier procès de Saddam Hussein, qui concernait l’assassinat de 218 chiites à Doujaïl en 1982 et dont le verdict est attendu en octobre, le juge était kurde. Aujourd’hui, où l’on juge un « génocide » contre les Kurdes, le juge est chiite. « Comme si c’était un gage d’intégrité ! s’insurge M. Barzani. Pourquoi n’est-il pas kurde, chrétien ou sunnite ? Ce choix institutionnalise, dans l’enceinte du tribunal, les divisions communautaires de l’Irak. Le dialogue de sourds que se livrent la défense et la partie civile est également significatif. Les uns dénoncent “les crimes d’un monstre”, les autres “des traîtres à la solde de l’Iran”. Les témoins évoquent les “peshmergas”, la défense les “rebelles”… Les avocats ne sont même pas parvenus à s’accorder sur un lexique commun. Comment, dans ces conditions, espérer un résultat ? » Un enjeu du procès repose en partie sur les termes utilisés. Pour prouver qu’il y a eu génocide, les avocats de la partie civile doivent démontrer que les Kurdes ont été visés en tant que groupe ethnique. Outre que les traductions des témoignages sont, selon M. Barzani, « lentes et incorrectes », les témoins ont été choisis au hasard. « L’un d’eux raconte qu’il a perdu sept de ses proches, un autre vingt-cinq, commente-t-il. Sur le plan juridique, cela ne fait pas avancer le procès. » Chris Kutschera, expert du Kurdistan, porte un regard plus positif sur le procès de l’ancien raïs. De retour d’un voyage dans le Kurdistan irakien, il décrit « la fièvre qui s’est emparée des Kurdes, cloués devant leurs postes de télévision chez eux ou, en foule, dans les tchaïkhané, “les maisons de thé”. Pour la génération qui a vécu les campagnes d’Anfal, entendre les détails de ce qu’elle a subi est un grand soulagement. “Ce que nous avons souffert est en train de rentrer dans l’Histoire”, m’a dit un Kurde de Dohouk. » Les élites locales, en revanche, regrettent les lacunes du procès. « Ils estiment que les experts ne sont pas suffisamment armés juridiquement pour mener un procès pour génocide, explique M. Kutschera. Pour eux, ce tribunal n’est pas à la hauteur du défi posé. » « J’espère que ce procès révélera qu’il a existé des soldats irakiens qui ont déposé leur fusil et refusé les ordres, conclut-il. On sait pratiquement tout sur Saddam Hussein. Mais on ignore comment sa machine à tuer a pu fonctionner si longtemps, sans le moindre grain de sable pour la faire vaciller. » a
Cécile Hennion

KHALID MOHAMMED/AP

A l’hôpital Yarmouk de Bagdad, les malades et leurs proches attendent, mardi 26 septembre, la fin de la grève illimitée lancée par les médecins de l’établissement. Le personnel médical entend protester contre l’attitude d’un commando de police irakien qui a passé à tabac un des médecins de l’hôpital parce qu’il tardait à prendre en charge l’un de leurs coéquipiers blessé. Selon l’établissement, le policier a été soigné et sauvé un peu plus tard. Les médecins ont prévenu que la grève durerait jusqu’à ce que le ministère irakien de la défense mette en place des

mesures pour les protéger de la violence des commandos de police. Selon l’Agence France-Presse (AFP), les violences en Irak ont fait, mardi, au moins 22 morts. Un kamikaze à moto a foncé sur le siège du Parti communiste à Bagdad, tuant 5 personnes. Dans le quartier Zayouna (centre), deux bombes ont explosé, tuant deux civils et blessant 26 personnes. Au sud-ouest de la capitale, des heurts entre groupes armés ont fait trois morts et dix blessés, selon la police.

ÉTATS-UNIS

Condamnation d’un Pakistanais accusé d’avoir voulu acheter des missiles pour Al-Qaida
SAN DIEGO.

www Sur lemonde.fr : « Les visages de Saddam Hussein, de la guerre au procès » (portfolio).

Un Pakistanais, accusé d’avoir voulu revendre de la drogue afin d’acheter des missiles antiaériens pour le mouvement djihadiste Al-Qaida, a été condamné, mardi 26 septembre, à dixhuit ans de prison par un tribunal de

San Diego (Californie). Syed Mustajab Shah, 55 ans, arrêté en 2002, avait plaidé coupable. Ses deux coaccusés, le Pakistanais Muhammed Abid Afridi et un Américain d’origine indienne, Ilyas Ali, avaient été condamnés en avril à cinq ans de prison. Les trois hommes s’étaient rendus de Karachi (sud du Pakistan) à Hongkong le 15 septembre 2002 pour négocier

l’échange avec des Américains de 5 tonnes de haschisch et 600 kg d’héroïne contre la valeur de quatre missiles antiaériens portables Stinger, destinés, selon eux, à Al-Qaida ou aux talibans afghans. Leurs interlocuteurs américains s’étaient avéré être des agents gouvernementaux, et les autorités de Hongkong les avaient ensuite extradés vers les Etats-Unis. – (AFP.)

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Jeudi 28 septembre 2006

INTERNATIONAL
DIPLOMATIE ÉMILE LAHOUD ACCUSE JACQUES CHIRAC

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La crise avec la Syrie exclut le Liban du Sommet de la francophonie
LE DOSSIER libanais et les relations au point mort entre l’Elysée et la Syrie sont venus jeter une ombre sur le 11e Sommet de la francophonie, qui se tient, jeudi 27 et vendredi 28 septembre à Bucarest, en présence de Jacques Chirac et d’une soixantaine de chefs d’Etat et de gouvernement. Le président du Liban, Emile Lahoud, a accusé, mercredi, la France d’avoir exercé des pressions sur la Roumanie pour qu’il ne soit pas invité. M. Lahoud a jugé « profondément regrettable que le président roumain se soit soumis aux pressions directes exercées par le président français, Jacques Chirac, et n’ait pas adressé une invitation au chef de l’Etat libanais, contrairement aux us et coutumes internationales ». Il a annoncé que le Liban boycotterait le sommet, et que toute participation d’un responsable libanais serait considérée comme une « présence personnelle ». Le porte-parole de l’Elysée, Jérôme Bonnafont, a démenti, mercredi, que la moindre pression ait été exercée sur la Roumanie en vue d’écarter M. Lahoud. Il a affirmé qu’il n’y avait eu, sur cette question, aucun contact entre M. Chirac et le président roumain, Traian Basescu. « La Roumanie a souhaité inviter le Liban dans les formes qui mettent les actions de la francophonie en conformité avec les décisions de l’ONU », a dit M. Bonnafont. Le premier ministre libanais, Fouad Siniora, qui, lui, a été invité, a décidé de décliner l’offre, compte tenu des tensions que suscite cet épisode au sein du pouvoir libanais. M. Siniora a fait savoir qu’il dépêcherait à Bucarest son ministre de la culture, Tarek Mitri, à titre personnel. Le président Lahoud est accusé par la majorité parlementaire au Liban d’être l’homme de la Syrie, dont les relations avec la France se sont détériorées en 2004 lorsque Paris et Washington ont travaillé de concert au vote de la résolution 1559 du Conseil de sécurité de l’ONU. Ce texte réclamait le départ des troupes syriennes du Liban et la tenue dans ce pays d’une élection présidentielle libre de toute ingérence. M. Lahoud s’oppose au désarmement du mouvement chiite Hezbollah, qui est appuyé par la Syrie et l’Iran. Il impute à la France sa mise en quarantaine par une partie des pays occidentaux, depuis l’assassinat, en février 2005, du premier ministre libanais Rafic Hariri, avec lequel M. Chirac entretenait des liens étroits. M. Siniora a été, à l’inverse, l’interlocuteur privilégié de la France lors des efforts diplomatiques visant à mettre fin au conflit de juillet et août entre le Hezbollah et Israël. Cette activité diplomatique a débouché sur le vote de la résolution 1701 à l’ONU et le renfort de la force internationale déployée au Liban sud. Cette présence militaire renforcée et le rôle éminent qu’y jouent les troupes françaises ont été critiqués par M. Lahoud, qui a estimé que cela équivaudrait à imposer un nouveau mandat au Liban. M. Chirac, qui a fait de son soutien au Liban un élément important de sa politique étrangère, devait saisir l’occasion du sommet de Bucarest pour mobiliser les pays francophones autour du thème de la reconstruction du pays du Cèdre et de la restauration de sa pleine souveraineté. La déclaration finale du sommet devrait comporter plusieurs paragraphes consacrés au Liban. Beyrouth avait accueilli, en 2002, un Sommet de la francophonie, événement perçu comme un symbole de la reconstruction du pays après la guerre civile. M. Lahoud avait à l’époque joué l’hôte du sommet, au cours duquel la France avait pesé pour que la dimension politique de la francophonie soit renforcée. a
Natalie Nougayrède (avec Mouna Naïm à Beyrouth)

Ban Ki-moon, soutenu par Washington, est favori pour succéder à Kofi Annan
Dans un entretien au « Monde », le Sud-Coréen se dit « très encouragé » par les scrutins informels organisés au Conseil de sécurité. Le mandat de M. Annan expire le 31 décembre
NEW YORK (Nations unies) CORRESPONDANT

e ministre des affaires étrangères sud-coréen, Ban Ki-moon, un diplomate effacé, a émergé comme favori pour succéder, après le 31 décembre, à Kofi Annan au poste de secrétaire général de l’ONU. A la veille d’un scrutin informel, mais potentiellement décisif, prévu jeudi 28 septembre à l’ONU, le candidat sud-coréen bénéficie, selon des sources diplomatiques, de l’appui discret des Etats-Unis et ne semble pas susciter l’opposition des quatre autres membres permanents du Conseil de sécurité. Dans la suite d’un l’hôtel, en face de l’ONU, M. Ban, entouré de son équipe, affiche un sourire modeste. « Je suis très encouragé par mes premiers résultats », déclare au Monde le ministre, dans un français hésitant. Visage lisse, lunettes fines, le candidat, âgé de 62 ans, a toutes les raisons d’être optimiste. Au cours du dernier scrutin informel, le 14 septembre, il a remporté le soutien de 14 des 15 pays siégeant au Conseil de sécurité. Officiellement, il revient aux 192 membres de l’Assemblée générale de l’ONU de nommer le successeur de Kofi Annan, sur recommandation du Conseil de sécurité. Dans les faits, les cinq membres permanents du Conseil (Chine, Etats-Unis, France, Grande-Bretagne et Russie) départagent les candidats au cours d’un processus très secret, fait de votes informels, à bulletins secrets. Cette année, en vertu d’une tradition de rotation entre les

L

Annan chargé de la communication, lui continents, le poste doit revenir à l’Asie. M. Ban n’est réputé ni pour son cha- aussi candidat, n’a d’ailleurs pas jeté risme ni pour son éloquence. Son débit l’éponge. Arrivé second, avec 10 voix sur est lent, sa voix timide et ses paroles, en 15, l’écrivain indien espère rallier des anglais comme en français, prudentes et pays qui ont soutenu plusieurs candimesurées. « Lorsque c’est nécessaire, j’élè- dats à la fois. L’homme est brillant, ve la voix », se défend M. Ban. « Mon sty- loquace, en français notamment, et à le de leadership est, pourrait-on dire, l’aise devant les caméras. La France, elle, reste très discrète sur “soft”, mais j’ai à gérer des dossiers très difficiles, et si j’étais peu actif ou timide, mon son candidat. « Nous sommes attachés à gouvernement ne m’aurait pas nommé à ce que le secrétaire général puisse travailler en français », explique toutefois ce poste », poursuit-il. De fait, M. Ban est un professionnel l’ambassadeur de France à l’ONU, Jeande la diplomatie, cordial, doté d’une soli- Marc de la Sablière. Ban Ki-moon l’a de expérience de médiateur. En presque compris. Il prend quatre heures de quarante ans de carrière, il a occupé les cours de français chaque week-end. Les observateurs jugent sa campagne plus hauts postes, y compris auprès de « très professionnelle ». l’ONU, et a personnelleLorsque le président franment géré la crise nucléaire « Mon style çais, Jacques Chirac, a prénord-coréenne. « J’ai été deux fois conseiller à la sécuride leadership est, senté à l’ONU son projet de taxe sur les billets d’avions té nationale, pour deux présipourrait-on dire, pour financer la lutte dents différents », fait-il valoir. “soft”, [mais] lorsque contre le sida, M. Ban a pris la parole pour annoncer, en M. Ban fait campagne sur français, que son gouvernele thème de la réforme de c’est nécessaire, ment participerait au prol’ONU, si cher à Washingj’élève la voix » jet. Il a voyagé dans tous les ton, et prône un « changepays membres du Conseil ment de culture » de nature à Ban Ki-moon de sécurité, distribuant à « relever le professionnalisme et l’intégrité » de l’organisation. Il veut l’occasion les largesses que peut se « réduire les incompréhensions » entre payer un pays à l’économie florissante. Aucun des candidats de dernière l’ONU et les Etats-Unis. Selon des sources diplomatiques, les minute ne semble en mesure de renverEtats-Unis, qui n’ont jamais voulu d’un ser la tendance. Ni la présidente lettone, homme fort à la tête de l’ONU, ont indi- Vaira Vike-Freiberga, contre laquelle qué à quelques pays, notamment par la joue le jeu régional, ni l’universitaire voix du numéro trois du département afghan Ashraf Ghani, peu connu. Arrivé d’Etat, Nicholas Burns, qu’ils soute- troisième, le premier ministre adjoint de naient Ban Ki-moon et souhaitaient la Thaïlande, Surakiart Sathirathai, a accélérer le processus. Si, jeudi, le sou- été affaibli par le coup d’Etat dans son tien des cinq permanents du Conseil pays. Et les candidatures des diplomadevient apparent, son élection pourrait tes jordanien, Zeid Ra’ad Zeid Al-Husêtre précipitée. Mais les revirements sein, et sri-lankais, Jayantha Dhanapala, n’ont jamais décollé. a font aussi partie du processus. Shashi Tharoor, l’adjoint de Kofi Philippe Bolopion

MAURITANIE AVANT LES ÉLECTIONS LÉGISLATIVES DE NOVEMBRE

Le chef de la junte mauritanienne se présente en « arbitre » du processus démocratique
EST-CE la fin de l’état de grâce en Mauritanie ? Alors que les échéances électorales se rapprochent – législatives et municipales en novembre, présidentielle en mars 2007 –, les critiques pleuvent sur la junte au pouvoir, accusée de mettre en cause le processus du retour à la démocratie présenté, jusqu’à présent, comme un modèle pour l’Afrique. Paradoxalement, l’ancienne formation au pouvoir, le Parti républicain pour la démocratie et le renouveau (PRDR), se retrouve au côté d’une kyrielle d’organisations qui lui étaient opposées pour dénoncer « l’ingérence » de la junte dans le processus électoral. Ces accusations laissent de marbre le chef de la junte, le colonel Ely Ould Mohammed Vall, président d’un pays pauvre et peu peuplé mais doté de ressources minérales, halieutiques et pétrolières considérables. De passage mardi 26 septembre à Paris, où il a été reçu par le président français Jacques Chirac, avant de participer au Sommet de la francophonie à Bucarest, cet officier austère s’est défendu de revenir sur ses promesses. « On fait de nous des boucs émissaires. Nous ne remettrons pas en cause nos engagements. Les élections seront libres, transparentes. L’administration restera neutre. Les observateurs indépendants seront les bienvenus et aucun des responsables actuels ne se présentera », affirme-t-il au Monde. Si, en France, l’ancienne puissance coloniale, le discours continue à séduire, en Mauritanie les partis politiques redoutent que, derrière les mots, la junte ne cherche à susciter des candidats « indépendants » pour faire pièce aux formations traditionnelles et barrer la route à un possible retour du parti de l’ex-président Maaouiya Ould Taya. Des réunions à la présidence avec des personnalités de la société civile nourrissent ces craintes. Les calculs prêtés à la junte agacent le colonel Vall. « On ne force personne à se présenter, affirme l’homme fort de Nouakchott. Mais les partis traditionnels sont fossilisés. Ils ne séduisent qu’une minorité de Mauritaniens, peut-être un électeur sur dix. Les autres sont tentés de se tourner vers des indépendants. Les partis classiques ne peuvent pas s’y opposer. » Quant à l’hypothèse d’une victoire du parti de l’ancien chef d’Etat, aujourd’hui exilé à l’étranger, le président la balaie d’un revers de la main. « Les Mauritaniens ont tiré un trait sur le passé et ça m’étonnerait qu’il gagne. Mais si ce devait être le cas, nous respecterions le choix des Mauritaniens. Nous sommes des arbitres. Pas des joueurs. » a
Jean-Pierre Tuquoi

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INTERNATIONAL
JAPON

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Jeudi 28 septembre 2006

En Chine, la lutte anticorruption conforte l’influence du président Hu Jintao
La chasse aux corrompus, dont la dernière victime est le chef du PC à Shanghaï, s’inscrit dans une lutte de factions opposant l’actuel président et les proches de son prédécesseur, Jiang Zemin
PÉKIN CORRESPONDANT

Shinzo Abe forme un cabinet à tonalité conservatrice et veut renforcer ses pouvoirs
TOKYO CORRESPONDANT

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ne fois de plus, le régime pékinois vient de mettre en pratique le vieux proverbe chinois recommandant la méthode suivante : « Il faut tuer un poulet pour effrayer les singes. » Le poulet, en l’occurrence, est Chen Liangyu, secrétaire du Parti communiste de Shanghaï limogé pour corruption, lundi 25 septembre. C’est un cacique d’importance puisqu’il était à la fois le numéro un du Parti communiste chinois (PCC) dans l’entité urbaine la plus prospère du pays et un membre du bureau politique. Depuis l’éviction et la condamnation à quinze ans de prison, en 1995, de Chen Xitong, l’ex-maire de Pékin, on n’avait pas vu un dignitaire aussi haut placé faire les frais d’une purge anticorruption. La nomenklatura de Shanghaï se retrouve sous haute surveillance : des policiers ont été déployés dans les ports et aéroports de la cité pour éviter la fuite de responsables soupçonnés tandis que les passeports des hauts dirigeants locaux ont été confisqués, selon les quotidiens hongkongais Ta Kung Pao (proche de Pékin) et Hongkong Economic Times. La strangulation du poulet supposant qu’il y ait des singes à effrayer, le message envoyé par le président Hu Jintao, également chef du PCC, est limpide : il s’agit de réaffirmer la prééminence, urbi et orbi, de la direction centrale du parti auprès des provinciaux, dont les responsables ont tendance à prospérer dans leur jungle respective. Les observateurs voient dans ce limogeage hautement médiatisé en Chine une façon de dire aux gradés du parti que personne n’est à l’abri de la punition impériale et de démontrer au public qu’en ces temps incertains, où le rythme de la croissance creuse les inégalités, les « crimes économiques » ne resteront pas impunis.

Des habitants de Shanghaï ont manifesté, jeudi 21 septembre, devant le Bureau du travail et des affaires sociales après avoir appris le scandale des fonds de pension. Le chef du Parti communiste de la ville a, depuis, été limogé. PATRICK ZACHMANN/MAGNUM Mardi, la presse s’est fait l’écho de l’événement, souvent en « une » des journaux. L’organe du comité central du parti, Le Quotidien du peuple, s’est offert le luxe de publier une page réservée aux commentaires des internautes. Il en a été de même sur le site de l’agence de presse Chine nouvelle, Xinhua.net, où l’on pouvait lire des réflexions du genre : « Le pouvoir absolu peut provoquer la corruption absolue. Il faut donc en finir avec le clientélisme, rendre au public la gestion des affaires publiques et veiller à la transparence dans la promotion des cadres… » M. Chen est aussi la première victime d’importance d’une campagne anticorruption déclenchée au printemps. Des têtes tombent : en juin, le vice-maire de Pékin, Liu Zhihua, a été limogé pour corruption et « comportement dissolu » après avoir été notamment accusé d’entretenir à grand frais une concubine. Le même mois, le vice-chef d’état-major de la marine, Wang Shouye, qui était également membre du Comité permanent de l’Assemblée générale du peuple (ANP), a été démis de toutes ses fonctions pour « crime économique ». En août, le directeur du bureau municipal du travail et des affaires sociales de Shanghaï, Zhu Junyi, a été écarté pour avoir touché des pots-devin et pioché dans la caisse de son département. La liste est non exhaustive. Vers le 17e congrès du parti Mais derrière la volonté affichée de purger les « ripoux », se cache le souci du président Hu d’assurer son contrôle de l’appareil : Chen Liangyu était non seulement le secrétaire du parti de la capitale économique de la Chine mais aussi le chef de file de la soi-disant « clique de Shanghaï », dont l’ancien président Jiang Zemin fut le patron. A l’approche du 17e congrès du parti, l’année prochaine, il s’agit pour Hu Jintao de se débarrasser des affidés de M. Jiang, dont l’influence reste importante à Shanghaï et même parmi les 24 membres du bureau politique. Mais le quotidien hongkongais The South China Morning Post estimait, mercredi, que le limogeage de l’ancien homme fort de Shanghaï indique que l’« ère de Jiang Zemin se clôt tandis que l’aube se lève vraiment désormais sur celle de Hu Jintao ». La mainmise de M. Hu sur la direction collégiale du parti semble en effet en bonne voie. a
Bruno Philip

Le cabinet formé mardi 26 septembre par le nouveau premier ministre japonais, Shinzo Abe, a une forte tonalité conservatrice. Plus que la diversité des sensibilités au sein du Parti libéral démocrate (PLD), sa composition témoigne du souci de M. Abe de s’entourer de personnes partageant ses idées sur les dossiers qui lui tiennent à cœur et de celles qui l’ont soutenu dans sa campagne. Il reflète également les priorités du premier ministre : mettre l’accent sur la diplomatie et la sécurité nationale. M. Abe entend renforcer les pouvoirs de décision du bureau du premier ministre en prenant modèle sur le National Security Council de la Maison Blanche. Il a augmenté le nombre de ses conseillers. Des postes nouvellement créés reviennent ainsi à Yuriko Koike, chargée de la sécurité nationale, et à Kyoko Nakayama, qui suivra la question des kidnappés japonais par des agents nord-coréens dans les années 1970-1980. Une question sur laquelle M. Abe a toujours fait preuve d’une intransigeance qui lui a valu une bonne part de sa popularité. Le secrétaire du cabinet et porte-parole du gouvernement, de fait le « numéro 2 » de l’équipe au pouvoir, Yasuhisa Shiozaki, économiste de formation, ancien vice-ministre des affaires étrangères, est une personnalité très proche de M. Abe. Réformes économiques Le ministre des affaires étrangères Taro Aso, qui conserve le portefeuille qu’il avait dans le précédent gouvernement, s’est engagé au cours d’une conférence de presse à favoriser une rencontre au sommet entre M. Abe et le président chinois, Hu Jintao. Peut-être, dès novembre dans le cadre du Forum économique Asie-Pacifique. M. Aso, qui est arrivé en seconde position dans la course à la présidence du PLD après M. Abe, semble avoir assoupli sa position vis-à-vis de la Chine et de la Corée du Sud après avoir attisé la tension par des déclarations quelque peu provocatrices. L’autre rival de M. Abe dans la campagne pour la présidence du PLD, Sadakazu Tanigaki, ministre des finances du cabinet sortant, a été écarté du gouvernement. Il a été remplacé par Koji Omi. M. Abe, qui s’est engagé à poursuivre les réformes structurelles de son prédécesseur Junichiro Koizumi, n’a pas confié les portefeuilles économiques à des « poids lourds » du PLD. Hiroko Ota, professeure d’économie, prend les fonctions de ministre d’Etat chargée de la politique économique et budgétaire. Proche de Heizo Takenaka, qui fut à différentes fonctions l’artisan du redressement du système bancaire et des réformes dans les cabinets Koizumi, Mme Ota devrait poursuive sur cette voie sans que l’on s’attende à de nouvelles initiatives. Le portefeuille de l’économie, du commerce et de l’industrie (METI) revient à un bureaucrate, Akira Amari, qui a été ministre du travail dans les années 1990 et a fortement soutenu M. Abe dans sa course au pouvoir. a
Philippe Pons

Le scandale de Shanghaï illustre les travers d’un système opaque
SHANGHAÏ CORRESPONDANT

Le scandale des fonds de pension qui secoue Shanghaï illustre l’ampleur des distorsions que, en matière de techniques de gestion et de lois du marché, peut générer un système d’administration essentiellement non démocratique et non concurrentiel des affaires publiques et privées. Que Shanghaï, la plus sophistiquée des économies chinoises, soit au cœur de la tourmente, accroît les enjeux. Depuis l’installation à Shanghaï en août d’inspecteurs de la Commission disciplinaire centrale du parti, se dessine une cartographie des pratiques dont se nourrit la transition économique chinoise. Au moins une dizaine de personnalités de l’élite de Shanghaï sont aujourd’hui interrogées par les enquêteurs, pour un détourISLAM

nement de fonds de près de 3 milliards de yuans (300 millions d’euros). Comme les autres collectivités locales, Shanghaï reçut, à la fin des années 1980, la mission de gérer elle-même les retraites de ses quelque 17 millions de résidents. L’administration concernée crée d’abord une société mais subit de lourdes pertes. Pour plus de sécurité, les fonds sont confiés à un professionnel de la finance, la Shanghai Pudong Development Bank, qui s’engage sur un taux fixe de retour. Or la banque, liée au pouvoir local, va financer plusieurs projets immobiliers de grande envergure. En 1997, le gouvernement central, conscient des dérives, impose que les fonds de pension soient placés dans des bons du Trésor. Le Bureau du travail et des affaires sociales de Shanghaï mettra plusieurs années à recouvrer les fonds

confiés à la Pudong Development Bank, mais procédera à d’autres placements via de nouvelles entités. En outre, la caisse qui regroupe les contributions patronales n’est pas concernée. Nouvelles règles Sont aujourd’hui éclaboussées par le scandale Shanghaï Electric, le fournisseur d’électricité de la mégapole, Fuxi Investment, qui a financé avec l’argent des retraites l’autoroute Shanghaï-Hangzhou, ou encore le groupe New Huangpu. Autre promoteur concerné, Shui On Land, la société de Hongkong qui a créé Xintiandi, un quartier « branché » au cœur de Shanghaï : elle vient d’annoncer le remboursement anticipé des prêts accordés par la Shanghai Pudong Development Bank. Si Pékin a déjà fait savoir que de nouvelles règles allaient être mises en place, et que
IRAN-RUSSIE

la gestion des fonds de pension pourrait être recentralisée, on peut douter que toute la lumière soit faite sur l’audit de Shanghaï. Déjà, la presse officielle se félicite que « presque toutes les sommes ont été récupérées ». In fine, c’est le système politique qui serait mis en question par la population qui est exaspérée par les compensations à bas prix, les procédés mafieux des sociétés de démolition, le silence des médias locaux et l’impossible recours à la justice. Mercredi 27 septembre, devant le Bureau du travail et des affaires sociales de Shanghaï, où ils manifestent chaque semaine depuis trois ans pour que leur pension soit relevée, des retraités avaient sorti un écriteau conciliant : « Nous soutenons la décision sage du gouvernement central contre les officiels corrompus. » Un policier s’empressa de l’arracher. a
Brice Pedroletti

La Conférence islamique exige des excuses du pape
Réunis en marge de l’Assemblée générale des Nations unies, les ministres des affaires étrangères de l’Organisation de la Conférence islamique (OCI) – qui regroupe 56 Etats musulmans – ont demandé au pape Benoît XVI, mardi 26 septembre, de présenter ses excuses après
NEW YORK.

son discours du 12 septembre en Allemagne sur l’islam et la violence. Exprimant leur « profond regret » devant de telles déclarations, les ministres exigent du Vatican qu’il les « retire » ou les « corrige ». Ils disent craindre que ces propos « n’engendrent une situation de tension entre le monde musulman et le Vatican, au détriment des intérêts des deux parties ». – (Reuters.)

CATHOLICISME

Mgr Milingo, ex-archevêque de Lusaka, excommunié
Emmanuel Milingo, 76 ans, ancien archevêque de Lusaka (Zambie), a été excommunié par le pape, mardi 26 septembre, après avoir ordonné, dimanche à Washington, quatre évêques mariés. Les relations entre Rome et Mgr Milingo étaient depuis longtemps orageuses. Connu pour ses talents d’exorciste, il avait épousé, en mai 2001 à New York, Maria Sung, une Coréenne de 48 ans, membre de la secte Moon. Mais, en août suivant à Castelgandolfo, il se repentait devant le pape, provoquant à Rome des manifestations de la secte Moon et une grève de la faim de Maria Sung. Réapparaissant en juillet 2006 à Washington, Mgr Milingo avouait avoir repris contact avec la secte et revivre avec Maria Sung. Il se lançait dans un nouveau combat pour le mariage des prêtres, que le Vatican, après avoir « attendu avec une patience vigilante », vient de sanctionner.
VATICAN.

La centrale nucléaire de Bouchehr devrait démarrer en septembre 2007
MOSCOU.

Manière Mani re de voir 89
LE MONDE diplomatique
Bimestriel, octobre-novembre 2006

84 rue de Rennes 33 rue P.Champs 25 rue du Commerce 115 rue d’Alésia 52 rue St-Placide 91 rue la Boétie

Paris Paris Paris Paris Paris Paris

6 1 15 14 6 8

M°Rennes M°Bourse M°P.-Grenelle M°Alésia M°St-Placide M°F.-Roosevelt

La Russie et l’Iran se sont mis d’accord, mardi 26 septembre, sur le lancement de la centrale nucléaire de Bouchehr en septembre 2007. Ce projet est, en principe, destiné à produire de l’énergie nucléaire civile. Selon cet accord, « la centrale commencera à produire de l’énergie en novembre 2007 et le combustible nucléaire y sera livré au plus tard six mois avant le lancement de la centrale, c’est-à-dire en mars 2007 », a précisé Sergueï Novikov, porte-parole de l’Agence fédérale russe de l’énergie atomique (Rosatom). La Russie envisage d’envoyer dès mars 2007 environ 80 tonnes de combustible nucléaire à Bouchehr. Une accélération des travaux, souhaitée par Téhéran, aurait obligé les Russes à livrer le combustible nucléaire dès cet automne. – (AFP.)

TRENTE ANS D’HISTOIRE ET DE RÉVOLTES
UN AN APRÈS
Les raisons d’une colère, par Laurent Bonelli Casser l’apartheid à la française, par Dominique Vidal Comment la droite américaine exploitait les émeutes, par Serge Halimi Quartiers populaires et désert politique, par Abdellali Hajjat, etc.

SÉGRÉGATION URBAINE
La gauche et les cités, un rendez-vous manqué, par Olivier Masclet Replis communautaires à Sarcelles, par Akram B. Ellyas Ce que Dreux nous a appris, par Paul Moreira, etc.

ENFANTS DE L’IMMIGRATION
Les femmes des quartiers sortent de l’ombre, par Marina Da Silva Il n’y a pas de « modèle », par Gérard Noiriel Enseigner dans des banlieues perdues, par Maurice Lemoine Ces « étrangers » si vulnérables, si coupables, par Alain Gresh, etc.

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ENVIRONNEMENT & SCIENCES

0123
Jeudi 28 septembre 2006

M. Breton désire accélérer l’implantation de la filière éthanol
Le ministre de l’économie a annoncé que la France aura 500 pompes de ce biocarburant d’ici à la fin de 2007
e ministre de l’économie a annoncé, mardi 26 septembre, que la France disposera d’ici à la fin de 2007 de 500 pompes pour distribuer de l’E85, un carburant composé à 85 % d’éthanol et à 15 % d’essence. Thierry Breton « souhaite que le gouvernement soutienne sans réserve [son] lancement dans l’intérêt du pouvoir d’achat des Français, de notre indépendance énergétique et de nos filières industrielles ». Le rapport sur le sujet, commandé le 7 juin à l’ancien champion du monde de formule 1 Alain Prost, a été rendu public mardi. Ses recommandations devraient déboucher sur des mesures gouvernementales, probablement annoncées lors du Mondial de l’automobile qui s’ouvre le 30 septembre. Le rapport Prost appelle les acteurs principaux de la filière – agriculteurs, pétroliers et constructeurs automobiles – à proposer très vite une alternative aux produits pétroliers.

L

La distribution de l’E85 nécessite des véhicules flex-fuel. Ils peuvent recevoir jusqu’à 85 % d’éthanol, mais aussi rouler avec 100 % d’essence sans plomb. La plupart des constructeurs maîtrisent une technologie qui concerne 75 % des voitures neuves vendues au Brésil : Ford propose déjà une Focus flex-fuel ; Saab, Volvo et Cadillac sont prêts ; PSA Peugeot-Citroën et Renault se sont engagés à en commercialiser début 2007. Le système flex-fuel coûte environ 200 euros et l’on ne sait pas si les constructeurs en feront cadeau à leur client. Pour M. Breton, l’E85 devra être vendu à un prix « assez proche du prix du gazole », autour de 0,80 euro le litre. Une mise en œuvre qui risque d’être compliquée car l’éthanol a une densité énergétique très inférieure au gazole : pour parcourir la même distance qu’avec un litre de gazole, il faut environ 1,56 litre d’E85. Par ailleurs, le rendement d’un moteur diesel étant supérieur de 10 % à celui d’un moteur essence, le différentiel en termes de surconsommation atteint au total 72 %. L’E85 devrait par conséquent être vendu environ 0,60 euro pour supporter la concurrence du gazole.

Tout dépendra donc de l’effort fiscal qu’est prêt à consentir le gouvernement. Il n’a avancé aucun chiffre. Jean-Louis Schilansky, délégué général de l’Union française des industries pétrolières (UFIP), indique que « 1 % de biocarburant incorporé coûte 200 millions d’euros par an à l’Etat pour que son prix soit compétitif avec celui de l’essence ou du gazole ». « L’E85 sera fondamentalement plus cher que les carburants classiques, affirme-t-il, et pour concurrencer le gazole, il faudra une défiscalisation massiTROIS UTILISATIONS En France, le bioéthanol est produit avec du blé, des betteraves ou du maïs. Il peut être utilisé : Directement mélangé à l’essence. Il est alors incorporé en faible proportion (5 % en France, 10 % en Suède…). Transformé en ETBE avant d’être mélangé à l’essence. Les pétroliers ont le monopole de la production d’Ethyl tertio butyl éther (49 % de bioéthanol et 51 % de produits pétroliers). Sous forme d’E85. Ce carburant, composé de 85 % d’éthanol et 15 % d’essence, alimente les véhicules flex-fuel.

ve. » L’E85 à 0,60 centime le litre ? C’est à peu près le prix de revient pour les agriculteurs capables d’en fabriquer. Comment gagneront-ils leur vie ? « Il faudra des contrats avec les pétroliers pour que les producteurs ne soient pas lésés », répond le ministre de l’agriculture, Dominique Bussereau. Car « les exploitants n’ont plus de marge de manœuvre pour faire baisser leurs prix », prévient Philippe Pinta, président d’Orama, qui regroupe les filières céréales. « Vigilant » À long terme, les agriculteurs français auront-ils assez de terres pour assurer la production ? Les pétroliers ne seront-ils pas tentés d’acheter de l’éthanol à base de canne à sucre au Brésil, à un coût moindre coût pour un rendement énergétique supérieur ? M. Bussereau ne veut pas « substituer une nouvelle dépendance aux bioénergies importées » à la dépendance actuelle aux hydrocarbures et assure qu’il se montrera « vigilant » dans les négociations sur la levée des barrières douanières. Par ailleurs, le prix devra intégrer le surcoût de l’équipement des stations-service pour les pétroliers. « Cela implique

un investissement dans la logistique et la distribution, même s’il n’est pas énorme », note M. Schilansky. Il estime qu’avec 500 stations-service équipées de pompes E85 (sur 13 500), « on atteint la masse critique si elles sont placées dans les grandes villes et sur les axes routiers importants ». Chez Total, on rappelle que l’« on fait des biocarburants depuis douze ans » et que le groupe va fournir en E85 la flotte automobile de la Ville de Paris. En octobre, il mettra en service la première pompe de la capitale. Il n’en reste pas moins que le pétrolier défend surtout le biodiesel. Près de 70 % des nouvelles immatriculations sont des véhicules diesels, et la France doit importer le quart de sa consommation de gazole. Agriculteurs, constructeurs et pétroliers privilégient aussi l’incorporation directe de biocarburants (à peine 2 %) dans l’essence et le gazole. Les voitures actuelles peuvent en tolérer jusqu’à 10 % sans modification technique, alors que l’objectif fixé par le gouvernement prévoit que les biocarburants devront représenter 5,75 % de la consommation totale fin 2008. a
Jean-Michel Bezat, Laetitia Clavreul et Stéphane Lauer

DROIT INTERNATIONAL DOMMAGES ÉCOLOGIQUES DE LA GUERRE

POLLUTION UN PROJET DE DIRECTIVE EUROPÉENNE

Le Liban demande réparation à Israël pour la marée noire

Désaccord entre les instances de l’UE sur la qualité de l’air
STRASBOURG BUREAU EUROPÉEN

Dans le port de Beyrouth, mardi 26 septembre. De 10 000 à 15 000 tonnes de carburant ont été déversées, selon le gouvernement libanais. M.NAAMANI/AFP LE LIBAN entend poursuivre Israël devant une instance juridique internationale en raison des dommages que l’invasion israélienne a causés à son environnement cet été. C’est ce qu’a déclaré au Monde Yaacoub Sarraf, le ministre libanais de l’environnement. « Le gouvernement a pris la décision d’établir un dossier pour être prêt à engager une procédure en droit international, indique-t-il. Nous préparons ce dossier en collectant les données et en recoupant les informations sur les dommages avec les ministères concernés, qui sont ceux du tourisme, de la santé et de l’agriculture. Nous sommes en contact permanent avec le ministère de la justice pour les modalités, les confirmations des rapports, la validation des données. De son côté, il étudie les options possibles pour présenter cette plainte. » Le Liban se plaint de la marée noire provoquée par le bombardement de la centrale électrique de Jiyeh, au sud de Beyrouth, les 13 et 15 juillet. Les bombes ont éventré les réservoirs de pétrole de la centrale : « De 10 000 à 15 000 tonnes de carburant », précise le ministre, se sont déversées dans la mer, provoquant une pollution d’une ampleur jamais vue dans l’est de la Méditerranée. » Selon M. Sarraf, la marée noire et la pollution atmosphérique provoquée par l’incendie de la centrale ont causé desdommages à l’environnement, à la pêche, au tourisme, et à la santé, du fait des retombées de la pollution sur les zones agricoles. 120 km de côtes sont souillées. De surcroît, dit-il, « nous sommes quasi certains que des bombes au phosphore ont été utilisées », tandis que de nombreux incendies se sont produits. « Il est possible que l’armée israélienne ait initié des incendies pour essayer de déloger des résistants, dit M. Sarraf. Une commission du ministère de l’agriculture examine tous les sites d’incendie pour tenter d’en déterminer les causes. » L’environnement n’avait encore jamais été invoqué par un Etat comme motif de querelle juridiASTRONOMIE
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que liée à une intervention militaire. Un traité sur ce thème, la « Convention sur l’interdiction d’utiliser des techniques de modification de l’environnement à des fins militaires » est certes entré en vigueur en 1978. Inspiré de la destruction des forêts par les herbicides utilisés par l’armée américaine lors de la guerre du Vietnam, il n’a, depuis, jamais été activé. La démarche libanaise pourrait créer une jurisprudence si elle parvenait à son terme. « Crime de guerre » La Cour pénale internationale (CPI) pourrait être saisie, à partir de l’article 8 du « Statut de Rome », qui est entré en vigueur en 2002. Selon le texte, est qualifié de « crime de guerre », sur lequel la Cour a juridiction, le fait de « lancer intentionnellement une attaque en sachant qu’une telle attaque causera (…) à l’environnement naturel un dommage étendu, durable et sévère qui serait clairement excessif relativement aux avantages concrets et directs anticiannées-lumière de la Terre, ces deux planètes, des géantes gazeuses, ont été baptisées WASP-1b et WASP-2b. Toutes deux évoluent sur des orbites très proches de leurs étoiles respectives.
GRIPPE AVIAIRE

Hervé Kempf

QUESTIONS D’INFO

pés ». Mais la CPI juge en principe les personnes, pas les Etats. Par ailleurs, ni le Liban ni Israël n’en sont parties. La Cour de justice internationale est une autre possibilité mais sa saisine suppose que les deux Etats concernés en soient d’accord. Il est douteux qu’Israël se joigne au Liban dans cette voie. Une autre voie serait celle du recours au Conseil de sécurité des Nations unies. En avril 1991, celuici avait établi une commission de compensation des dommages – y compris environnementaux – causés par l’Irak dans son invasion du Koweït. Mais la procédure suppose l’accord unanime du Conseil. Une commission des Nations unies est venue au Liban pour examiner le dossier, indique M. Sarraf. « Je ne sais pas si nous parviendrons au but, poursuit-il. Le ministère de la justice cherche à trouver les moyens légaux pour que notre cause soit entendue et que notre dossier soit accepté. » a

A quel rythme l’Union européenne doit-elle lutter contre la pollution atmosphérique ? Cette question oppose le Parlement, qui a amendé une directive sur la qualité de l’air, mardi 26 septembre, et la Commission, qui avait proposé un calendrier plus soutenu pour l’élimination des petites particules qui se déposent dans les poumons. Le commissaire Stavros Dimas, en charge de l’environnement, a indiqué, mardi, qu’il ne pourrait accepter certains votes du Parlement européen, parce qu’ils « affaibliraient » son texte à l’excès. Et ce en dépit de la large majorité qu’ils ont obtenue : 494 voix contre 126 et 17 abstentions. Bien que le rapporteur du Parlement, Holger Krahmer (libéral allemand), affirme avoir fait preuve d’« ambition », c’est manifestement le réalisme qui l’a emporté à Strasbourg : « Si vous créez trop vite une législation trop contraignante, personne ne pourra l’appliquer et elle ne servira à rien ! », a expliqué, sans états d’âme, l’eurodéputée conservatrice néerlandaise Ria Oomen-Ruijten, lundi 25 septembre. Les Verts, les communistes et les socialistes français, notamment, ont condamné sans succès les sursis accordés aux Etats, qualifiés de « honteux », par l’écologiste suédoise Satu Hassi. M. Dimas n’accepte notamment pas les nouveaux reports que le Parlement souhaite octroyer pour l’élimination des particules PM 10 (d’un diamètre inférieur à 10 microns, soit 1/100e de millimètre). Il estime avoir fait une concession suffisante, en proposant de reculer au 1er janvier 2010 l’obligation faite aux Etats, dès le 1er janvier 2005, de ne pas dépasser plus de 35 jours par an un plafond de concentration de 50 µg par mètre cube.

M. Dimas a fait cette concession après avoir constaté que seuls quatre pays (Suède, Finlande, Danemark et Irlande) pourraient tenir les délais. En juin, le Conseil a approuvé son nouveau calendrier, alors même que certains de ses membres réclamaient des dérogations plus larges, notamment les Pays-Bas. Ambitions modérées Le Parlement propose néanmoins d’attendre 2013 pour imposer un plafond de 33 µg par jour, qui pourrait dépasser 55 jours par an. Le Bureau européen de l’environnement, ONG basée à Bruxelles, critique le « changement cosmétique » qui consiste à abaisser le plafond de 50 à 33 µg, tout en allongeant les délais. Du fait que le commissaire rejette cet amendement, il ne pourra être adopté au Conseil qu’avec l’unanimité des Vingt-Cinq, et réintroduit au Parlement en deuxième lecture qu’avec la majorité des voix des inscrits. Les eurodéputés n’ont pas osé revenir sur la principale innovation de la directive, qui consiste à légiférer sur les plus fines particules, les PM 2,5 (dont le diamètre est inférieur à 2,5 microns) : elles « raccourcissent l’espérance de vie statistique dans l’Union européenne de huit mois », selon la Commission. Les Etats-Unis ne tolèrent pas plus de 15 µg par m3 depuis des années et l’OMS en recommande 10. Les ambitions modérées de la Commission (25 µg en 2010, avec dérogation possible jusqu’en 2015) ont été fort critiquées par la communauté scientifique et les ONG. Après bien des atermoiements, le Parlement a renoncé à les réduire encore. Il s’est prononcé pour un plafond de concentration de 20 µg par m3 et par an, au 1er janvier 2015. a
Rafaële Rivais

QUESTIONS D’INFO
Le Monde - LCP-Assemblée nationale - France Info

Un nouvel instrument détecte deux exoplanètes
Avant même son inauguration officielle, prévue le 30 novembre, le spectrographe Sophie (Spectrographe pour l’observation des phénomènes sismologiques et exoplanétaires), installé à l’Observatoire de Haute Provence, a permis la détection de deux nouvelles exoplanètes. L’instrument britannique SuperWASP, installé aux Canaries, a également été utilisé. Situées à 1 000 et 500

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Suspicion de contamination interhumaine en Indonésie
Un Indonésien dont le frère et la sœur sont suspectés d’avoir contracté la grippe aviaire a été confirmé porteur du virus H5N1, ont annoncé, mercredi 27 septem-

Brochure sur demande écrite au : CNAM – Marketing Industriel 40, rue des Jeûneurs – 75002 PARIS m 01 40 27 21 30 - 01 40 27 29 78 mail : nehme@cnam.fr

bre, les autorités sanitaires indonésiennes. Une enquête est en cours sur une éventuelle contamination interhumaine. L’Indonésie fait face à une situation sanitaire en rapide dégradation. Le dimanche 24 septembre, Djakarta annonçait les 50e et 51e décès humains causés par le H5N1 sur son territoire. Un 17e décès a été signalé en Thaïlande le mardi 26 septembre. 147 personnes sont mortes de la grippe aviaire dans le monde depuis 2003. – (AFP.)

Frédéric Haziza, LCP-Assemblée nationale Patrick Roger, Le Monde et Marie-Eve Malouines, France Info
reçoivent , ministre délégué aux Collectivités Territoriales, secrétaire général délégué de l'UMP.

Brice Hortefeux

sur LCP-Assemblée nationale jeudi 28 septembre à 20 heures
Rediffusions : jeudi 28 septembre à 00 h 15, vendredi 29 septembre à 13 h 30 et 21 heures, samedi 30 septembre à 12 h 30 et dimanche 1er octobre à 23 h 30.

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Jeudi 28 septembre 2006

EUROPE & POLITIQUE

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Union européenne L’adhésion de la Roumanie et de la Bulgarie au 1er janvier 2007

La police française sereine face à la criminalité de l’Est
aut-il avoir peur de la Roumanie et dans l’Union, poursuit M. Flaesch. Des équila Bulgarie dans l’Union européen- pes entières de la PJ ont été accueillies à Bucane ? Quatre mois après un rapport rest. » « La coopération policière mise en platrès critique sur la lutte contre la corrup- ce en 2002 [GLO, groupe de liaison tion et les dysfonctionnements de la jus- opérationnelle] pour lutter contre la prostitutice dans ces deux pays, et, concernant tion des enfants roumains fonctionne très les Bulgares, sur la criminalité organisée bien, nous avons d’excellents contacts et leur « toujours active », la Commission a fina- police est très structurée », précise-t-il. lement officialisé, mardi 26 septembre à « Quant à la grande criminalité, ses ramificaStrasbourg, son avis favorable à l’entrée tions sont déjà en place et l’entrée dans de ces deux pays dans l’Union européen- l’Union n’y changera rien. » « La décision de durcir les exigences envers ne au 1er janvier 2007. Cette décision, qui est assortie de certai- la Bulgarie a sans doute eu un effet positif », nes précautions, doit être entérinée par le ajoute Mme Ragaru. Un nouveau procureur Conseil européen de décembre. Il ne fait « très efficace », Boris Veltchev, a été nomtoutefois aucun doute qu’elle sera suivie, mé en février. Le 30 mars, le Parlement de l’idée ayant depuis longtemps prévalue Sofia a adopté une série d’amendements qu’en définitive il ne servait à constitutionnels pour réduire rien d’attendre et que l’Union l’immunité des députés et « Les soutiens aurait plus de moyens de presdes magistrats. En juin, la financiers sions pour demander à ces Bulgarie a renforcé sa législapays de résoudre leurs problèblanchieuropéens devraient tion en matièreAde mi-août, mes s’ils sont à l’intérieur de ment d’argent. la l’Union. la Banque nationale de Bulgapermettre L’optimisme, ou du moins un renforcement rie signait avec le parquet la sérénité de Bruxelles, est général un accord l’engapartagé en France, où les de la coopération geant à transmettre toute experts se veulent rassurants. indication portant sur une policière » « Il n’y aura pas d’invasion du malversation financière et à crime ou de la corruption en faciliter l’accès du parquet Christian Flaesch, Europe », estime Nadège aux comptes suspects. Fin Police judiciaire de Paris Ragaru, de l’IRIS (Institut des août, un rapport gouvernerelations internationale et stratégiques). mental bulgare faisait état du démantèleAu contraire, « les soutiens financiers euro- ment de 112 groupes criminels, d’une baispéens devraient permettre un renforcement se de 36 % des meurtres et d’une réduction de la coopération policière », explique Chris- de 7 % des crimes en général en 2006. tian Flaesch, chargé des brigades centrales Comme pour les nouveaux adhérents de à la Police judiciaire à Paris. Le rapport de 2004 qui attendent toujours, l’entrée de la la Commission prévoit que des objectifs Bulgarie et de la Roumanie dans l’espace précis en matière de lutte contre la crimina- Schengen ne sera pas non plus immédiate. lité et la corruption seront fixés et qu’un La suppression des contrôles aux frontiè« mécanisme de coopération et de vérifica- res intérieures ne sera possible que lorsque tion » sera mis en place pour mesurer les les deux Etats auront fait la preuve qu’ils progrès accomplis. sont prêts à se conformer aux règles com« Ces pays ont voulu préparer leur entrée munautaires.

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En ce qui concerne la libre circulation des travailleurs, la procédure prévue pour la Bulgarie et la Roumanie sera celle qui a été appliquée aux Etats d’Europe centrale et orientale. Chaque pays pourra choisir de leur imposer une période transitoire, pouvant aller jusqu’à sept ans à partir de la date d’adhésion. Le risque d’une vague de travailleurs immigrés venus des deux futurs membres, les plus pauvres de l’Union, sont minimisés à Paris. Au ministère de l’emploi de Gérard Larcher, on se déclare serein, rappelant que des accords bilatéraux devront fixer les règles de circulation avec les deux pays

comme ceux qui ont déjà été conclus ou sont en passe de l’être avec les autres pays entrés dans l’Union en 2004. Depuis le mois de mai, le gouvernement a ouvert l’accès des salariés de l’Est à certaines professions. Mais rien n’est encore décidé concernant les deux futurs nouveaux entrants, indique-t-on au ministère de l’emploi. L’Espagne et l’Italie ont accueilli ces dernières années bon nombre de Roumains arrivés la plupart du temps illégalement. Leur nombre est estimé à 300 000 en Espagne. Mais la crainte d’une vague d’immigrants roumains et bulgares a été surtout émise, ces dernières semaines, par les Bri-

tanniques, qui avaient renoncé lors de l’élargissement de 2004 à appliquer les clauses transitoires prévues par les accords d’adhésion, accueillant depuis lors plus de 500 000 immigrants de l’Est. Londres a laissé entendre qu’il pourrait être cette fois plus restrictif. Dans une interview au Financial Times, le premier ministre roumain, Calin Tariceanu, s’est voulu rassurant mardi 26 septembre. « Des personnes avec un niveau d’éducation élevé peuvent vouloir aller au Royaume-Uni, mais je ne pense pas qu’il y en ait tellement », a-t-il dit. a
Henri de Bresson et Anne Rodier (avec Thomas Ferenczi à Bruxelles)

BRUXELLES, STRASBOURG BUREAU EUROPÉEN

Il n’y aura pas de nouvel élargissement sans réforme préalable des institutions, a affirmé, mardi 26 septembre à Strasbourg, le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, en annonçant l’entrée de la Bulgarie et de la Roumanie dans l’Union en 2007. « Après l’achèvement de ce cinquième élargissement, a-t-il déclaré devant le Parlement européen, je crois qu’un aménagement institutionnel doit précéder tout élargissement futur. C’est le moyen d’assurer que l’Union élargie fonctionnera d’une manière efficace et harmonieuse. » La veille, le premier ministre français, Dominique de Villepin, en visite à Bruxelles, avait approuvé M. Barroso. « Avec la Roumanie et la Bulgarie, nous atteignons une étape, avait-il dit. Il est impor-

tant que nous puissions progresser dans les règles avant d’aborder de nouvelles étapes ». Des négociations d’adhésion sont en cours avec la Croatie et la Turquie depuis 2005, alors qu’un processus de préadhésion a été engagé avec quatre autres pays des Balkans. Le président Jacques Chirac a fait adopter en 2005, pendant la campagne référendaire sur la Constitution européenne, une disposition constitutionnelle imposant un référendum en France pour tout futur élargissement après celui de la Croatie. Le président de la Commission européenne s’est défendu, mardi, de préconiser une « pause » dans le processus d’élargissement. Il a souligné que le Conseil européen de juin 2006 avait décidé que des mesures doivent être prises « au plus tard au cours du deuxième semestre de 2008 » pour poursui-

vre le processus de réforme de l’UE et qu’aucune nouvelle adhésion n’était prévue avant cette date. Il a aussi rappelé que le traité de Nice fait obligation de réformer la composition de la Commission à partir du moment où l’UE comprend vingt-sept Etats. Au Parlement européen, Daniel Cohn-Bendit, coprésident du groupe des Verts, hostile à l’adhésion immédiate de la Bulgarie et de la Roumanie, a vivement réagi. « M. Barroso vient de nous faire une déclaration extraordinaire : pour la prochaine fois il faudra une réforme institutionnelle. Nous avons dit cela quand on était dix, (…) nous disons cela à vingt-cinq et je vous promets qu’on dira cela à trente, trente-cinq, quarante, quarante-cinq. Il y en a assez de nous mentir comme cela. » a
Thomas Ferenczi et Raphaëlle Rivais

HONGRIE LE PREMIER MINISTRE GYURCSANY OBTIENT L’APPUI DE L’UE

La Commission soutient le plan d’austérité hongrois
BRUXELLES BUREAU EUROPÉEN

Tandis que les manifestations antigouvernementales s’essoufflent à Budapest, le premier ministre hongrois, Ferenc Gyurcsany, a été vivement encouragé, mardi 26 septembre, par la Commission européenne à appliquer rigoureusement sa politique d’austérité. Le collège des commissaires a approuvé le plan de convergence hongrois et recommandé aux ministres des finances européens d’accorder une année supplémentaire, jusqu’à la fin 2009, au gouvernement Gyurcsany pour la mise en œuvre. Joaquin Almunia, le commissaire européen chargé des affaires économiques et monétaires, estime « globalement plausible » le scénario présenté par M. Gyurcsany, qui prévoit que le déficit public passe du niveau « record » de

10,1 % cette année, à 3,2 % d’ici à trois ans. « L’accord de la Commission tranche le débat en Hongrie sur la nécessité de mettre en œuvre le plan d’austérité », a commenté mardi le ministre des finances, Janos Veres, à Budapest : « Cela démontre que le pays se trouve sur la bonne route. » C’est l’aveu du premier ministre d’avoir menti sur sa politique économique qui avait déclenché les émeutes en Hongrie. Le plan avalisé par la Commission prévoit, notamment, de réduire les dépenses publiques, de relever les prix du gaz de près de 30 % et de l’électricité de plus de 10 %, et d’augmenter les impôts. Viktor Orban, leader de l’opposition (Fidesz, droite conservatrice), promet, au contraire, des baisses d’impôts en cas de retour au pouvoir. En guise d’avertissement, M. Almunia a cependant rappelé

que la Commission et le Conseil ont déjà constaté à deux reprises, en janvier et en novembre 2005, que le gouvernement de M. Gyurcsany « n’avait pas pris les mesures nécessaires pour mettre un terme au dérapage des comptes publics » depuis l’adhésion de la Hongrie à l’Union en 2004. Il s’est enfin défendu de vouloir interférer dans la vie politique hongroise à quelques jours des élections municipales du 1er octobre. Il a rappelé que l’évaluation du programme transmis par Budapest le 1er septembre, avant le déclenchement des émeutes, a eu lieu à la date prévue : « Si nous devions tenir compte des calendriers électoraux des uns et des autres, nous ne ferions jamais rien », a-t-il affirmé, en promettant de suivre « rigoureusement » l’application du plan. a
Philippe Ricard

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M. Cohn-Bendit dénonce les « mensonges » de M. Barroso sur le processus d’élargissement

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GRANDE-BRETAGNE

EUROPE & POLITIQUE

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Jeudi 28 septembre 2006

Tony Blair tourne la page en galvanisant les travaillistes
LONDRES CORRESPONDANT

Ségolène Royal redoute les confrontations au PS qui pourraient « enclencher la machine à perdre »
« J’irai », a lâché à contrecœur Mme Royal, en visite au Sénégal, après avoir été informée de la décision prise par son parti d’organiser six débats publics entre les candidats à l’investiture du PS
DAKAR ENVOYÉE SPÉCIALE

Tony Blair a réussi ses adieux au Parti travailliste. Son treizième et dernier discours devant le congrès du Labour, mardi 26 septembre, à Manchester, prononcé une heure durant, dans une atmosphère chaleureuse où alternaient l’optimisme, l’humour et l’émotion, fut de l’avis général l’un des meilleurs de sa carrière. Ce fut une allocution énergique, sans nostalgie et entièrement tournée vers l’avenir : « Le seul héritage qui compte pour moi, c’est une quatrième victoire électorale du parti. » Certes, a reconnu M. Blair, la voix brisée, « c’est dur de partir, mais on ne peut pas continuer pour toujours ». Après avoir défendu le bilan de son mandat, y compris la guerre en Irak (« Le terrorisme n’est pas de notre faute. Il n’est pas la conséquence de notre politique étrangère »), le premier ministre a exhorté son parti à l’audace et au combat : « Le courage est notre ami, la prudence notre ennemie. La première règle en politique, c’est qu’il n’y a pas de règle. Chacun crée sa propre chance. Si vous perdez foi en vousmême, les gens perdront foi en vous. » Service minimum Comme prévu, Tony Blair n’a ni précisé la date de son départ de Downing Street ni adoubé comme successeur son ministre des finances, Gordon Brown. Il lui a rendu un hommage fort, mais bref : « Sans Gordon Brown, le New Labour n’aurait jamais vu le jour ni remporté trois victoires électorales. C’est un homme remarquable, un serviteur remarquable de son pays. Voilà la vérité. » Il a préféré réagir avec une plaisanterie à la gaffe prêtée la veille à sa femme Cherie qui aurait lancé après un propos de Gordon Brown : « C’est un mensonge. » « Au moins, a déclaré M. Blair, à propos de sa femme, je n’ai pas à m’inquiéter de la voir filer avec le brave type de la maison d’à côté. » Gordon Brown qui travaille dans « la maison d’à côté », au 11 Downing Street, n’a pu réprimer un éclat de rire. Mais nul doute qu’il aurait préféré que M. Blair fasse un peu plus que le service minimum. Sans cesse, Tony Blair a tenté, mardi, de galvaniser ses troupes : « Soyez fiers de votre bilan. Ignorez les mauvais sondages. » Il a incité le Labour à croire en son avenir, à défendre ses valeurs, à défier les conservateurs : « Les tories ? Mon conseil : occupez-vous d’eux. » Son discours pourrait aider les travaillistes à tourner la page sur les déchirements des dernières semaines. Les derniers mots prononcés – « Vous êtes l’avenir. Faites-en le meilleur profit » –, M. Blair eut droit à neuf minutes d’ovation debout et ses plus zélés supporteurs brandissaient d’affectueuses pancartes : « Merci Tony », « Tu es trop jeune [53 ans] pour prendre ta retraite », « Tu as rendu la Grande-Bretagne meilleure ». Le mot de la fin pourrait revenir à un ancien ministre, Geoffrey Robinson : « Maintenant, nous allons devoir apprendre à vivre sans lui. » a
Jean-Pierre Langellier

’irai. » Informée de la décision prise par l’ensemble des responsables socialistes réunis en bureau national, mardi 26 septembre, d’organiser six débats publics pour confronter les candidats à l’investiture présidentielle du PS, Ségolène Royal a réagi depuis le Sénégal : « Par rapport à ces débats internes qui vont être imposés, j’irai, parce que je ne veux pas qu’on dise : elle refuse », a-t-elle expliqué aux militants et sympathisants socialistes français qu’elle avait conviés en fin de journée dans un

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cercle français de Dakar. « En même temps, a ajouté la candidate favorite des sondages, j’ai une responsabilité très importante, c’est que ces débats servent le combat suivant, et que ce temps-là ne soit pas perdu pour les Français. » En réponse à une question de la salle sur ce sujet, la présidente de la région Poitou-Charentes n’a pas caché son peu d’enthousiasme pour ce qu’elle qualifie de « spectacle un peu curieux ». « Ça va être une période assez pénible, a-t-elle déclaré, au sens où elle est risquée si ces débats ne servent pas le pays. » A contrecœur, Mme Royal se plie à la décision adoptée par le parti. « La droite, elle, n’a pas à passer cette épreuve de débats internes, de vote », a-t-elle souligné, avant de dénoncer les « attaques » dont elle estime être l’objet permanent de la part de ses concurrents : « Je suis la seule à avoir gardé la dignité du débat. C’est parfois un peu lourd à porter », a-t-elle affirmé. Une mise au point qui ne l’a pas empêchée de décocher ses flèches. « Si on commence à penser

que n’importe qui peut être élu, alors on n’a qu’à tirer au sort », a ironisé Mme Royal. Après le premier débat public de Lens, Lionel Jospin avait estimé que tous les candidats pouvaient « perdre ou gagner ». Sur sa lancée, Ségolène Royal a poursuivi : « Je vois qu’il y a déjà des contestations [du vote]. C’est à se demander si certains n’ont pas envie de perdre, si la machine à perdre n’est pas enclenchée. Il va falloir être forts, nous, les militants qui avons envie de gagner. »

La confrontation entre les futurs candidats déclarés du PS n’est pas de nature, toutefois, à entamer sa détermination, et, mardi soir, Mme Royal l’a de nouveau prouvé. Quand un militant, après lui avoir reproché d’avoir « un concurrent au foyer, ça fait désordre », l’adjurait d’aller « jusqu’au bout », elle a répondu dans un éclat de rire : « Je vais suivre le conseil qui m’est donné. Ce sera le serment de Dakar. » a
Isabelle Mandraud

Le PS adopte une « charte du débat »
LE BUREAU national du PS a adopté le 26 septembre une « charte d’organisation du débat interne » pour la désignation de son candidat. Six débats seront organisés avant le premier tour du 16 novembre : trois télévisés (10 et 17 octobre, 7 novembre sur LCP-AN et Public Sénat), trois dans des fédérations (19 et 26 octobre, 9 novembre, retransmis sur www.parti-socialiste.fr). Chaque débat aura un thème : questions économiques et sociales, questions de société, d’environnement et de démocratie, questions internationales et place de la France en Europe et dans le monde. Les candidats disposeront de trente minutes chacun sans confrontation directe et répondront tous aux mêmes questions. a

A Dakar, la candidate privilégie « l’écoute et les contacts »
DAKAR ENVOYÉE SPÉCIALE

Un peu gênée, Majdiguène Cissé avoue ne « pas très bien connaître la position de Ségolène Royal » sur la régularisation des immigrés clandestins. Peut-être est-ce pour cette raison que l’ancienne porte-parole des sans-papiers à Paris, rentrée au Sénégal en 2000, s’emmêle en appelant la socialiste française « Mme Sarkozy ». Passé le moment de surprise, ce lapsus déclenche les rires des deux femmes, mardi 26 septembre, dans les salons de la résidence de l’ambassadeur de France à Dakar. Il n’entache pas leurs convergences de vue sur un autre volet, l’aide au développement. « Là, on est d’accord », souligne Mme Cissé, qui travaille sur un projet de « cité des femmes » dans la capitale sénégalaise. Comme Mme Royal, elle évoque l’argent de l’Europe qui n’arrive pas aux destinataires et comme la socialiste française elle bâtit son projet en mettant en avant la question des énergies renouvelables. C’est la méthode Royal, que Jean-Louis Bianco, ancien secrétaire général de l’Elysée sous François Mitterrand devenu l’un de ses porte-parole de campagne, résume ainsi : « En rupture avec la politique FranceAfrique traditionnelle, respectueuse des pays en développement. » Cette rupture, la candidate à l’investiture s’ingénie à la promouvoir sans relâche depuis son arrivée, lundi, au Sénégal, pays où elle est née il y a cinquante-trois ans. Pas de grand discours de politique étrangère, pas de « plan », pas de programme : elle est, répète-t-elle, « en phase d’écoute et de contact ». En visite dans un bidonville de la capitale sénégalaise, Mme Royal s’attache donc à parler avec les pileuses de mil et les lavandières qui souhaiteraient créer une centrale d’achats. Elle prend soin de mettre en avant auprès du président Abdoulaye Wade son idée de construire des réchauds solaires, plutôt que de parler des flux migratoires. « Il s’est montré intéressé, il a même qualifié ce projet de révolutionnaire », s’est-elle félici-

Mme Royal visite le centre Enda Ecopole, où les gens peuvent apprendre à retraiter leurs déchets, le 26 septembre près de Dakar. AXEL DE RUSSE/ABACAPRESS.COM

tée à la sortie avant, tout de même, de préciser le contexte : « Il m’a reçue en tant que fille du pays, présidente de région et en tant que personnalité politique engagée dans un processus dont on ne connaît pas l’issue. » Accueillie peu après par le Parti socialiste sénégalais, au milieu d’une foule qui scandait son prénom, Mme Royal a poursuivi son leitmotiv : réformer l’aide au développement, débloquer l’argent de l’Europe, mieux la répartir dans des actions « décentralisées » constituent pour elle la meilleure façon de « maîtriser » les flux migratoires. « On ne construira pas des barbelés autour de l’Europe », prévient-elle.

Mieux vaut donc « donner les moyens aux jeunes de rester dans leur pays ». A plusieurs reprises, la candidate élude les questions directes sur l’immigration en donnant la parole aux élus socialistes qui l’accompagnent, Gilbert Roger, maire de Bondy, ou bien Victorin Lurel, président de la région Guadeloupe. Ou bien elle en parle à petites touches : « Ce sont toujours les mêmes quartiers qui reçoivent l’immigration clandestine, il faudra avoir la capacité de bien répartir sur tout le territoire », affirme-t-elle, devant des militants socialistes français qui l’interrogent sur le sujet. « Il faudra revenir à une régularisation

régulière avec les dix ans [disposition qui permettait aux étrangers d’être régularisés au bout de ce laps de temps sur le sol français supprimée par le gouvernement] et ensuite faire du cas par cas », a-t-elle indiqué. Mercredi, Mme Royal devait rencontrer le collectif des mères de famille de Thiaroye qui luttent pour empêcher les jeunes de s’embarquer sur des bateaux de fortune pour l’Espagne et dont la présidente, Yayi Bayam Diouf, a perdu un fils dans ces circonstances tragiques. Cela fait partie des « contacts » qu’elle souhaite pour « avoir une vision globale des choses ». a
I. M.

Redevenir la fille de sa mère...
LE ROMAN LE PLUS ÉMOUVANT DE LA RENTRÉE LITTÉRAIRE
© Ph Denis Chapoullié

AlbinMichel

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Jeudi 28 septembre 2006

EUROPE & POLITIQUE
SECTES

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La commission d’enquête de l’Assemblée confirme M. Hunault
Le bureau de la commission d’enquête de l’Assemblée sur les sectes et les mineurs a entendu, mardi 26 septembre, les explications de Michel Hunault, député (UDF) de la Loire-Atlantique, sur sa présence, en juillet, à un colloque organisé par une émanation de la Scientologie (Le Monde du 18 septembre). Les parlementaires ont estimé qu’« il ne s’agissait que d’une présence purement fortuite et subreptice qui ne remet en aucune manière en cause la légitimité de son secrétaire à poursuivre ses travaux au sein de la commission ».
PARTI SOCIALISTE

Le maire de Paris est fragilisé par sa fidélité à M. Jospin me après le ralliement à M Royal de plusieurs adjoints
M. Delanoë réunira son équipe municipale pour un séminaire de rentrée, dans l’Essonne, à partir de vendredi. La droite parisienne se range derrière Mme de Panafieu
e maire de Paris, Bertrand Delanoë, a prévu de réunir, vendredi 29 et samedi 30 septembre, à Marcoussis (Essonne), son équipe municipale au grand complet, composée d’adjoints PS, Verts et PCF pour un séminaire de rentrée annuel. A l’ordre du jour : la circulation à Paris. Les débats promettent d’être animés, car pour la première fois, les maires d’arrondissement sont conviés. Plusieurs d’entre eux (3e, 4e, 13e) critiquent violemment l’adjoint aux transports (Verts) Denis Baupin qui, dans le projet de plan de déplacement de Paris qui sera voté début 2007 au Conseil de Paris, envisage de nouvelles restrictions pour les voitures à Paris (Le Monde du 20 septembre). Le maire de Paris se dit soucieux « d’apaiser la voirie parisienne ». Le budget 2008 de la Ville devrait consentir un effort important pour les transports en commun, notamment plus de bus dans les nouveaux couloirs, a-t-il promis, lundi 25 septembre. Mais « je ne serai pas l’otage du lobby automobile », a-t-il aussitôt ajouté. L’opposition UMP et UDF n’entend pas laisser la majorité seule accaparer le débat. M. Delanoë est « l’homme qui a inventé les embouteillages la nuit », s’est exclamé, lundi 25 septembre, Françoise de Panafieu. Avec d’autant plus de vigueur que la candidate (UMP) à la Mairie de Paris a été élue, le même jour, – 51 voix sur 51 votants – à la tête du groupe UMP à l’Hôtel de Ville. Ce qui lui permet de prendre la tête d’une famille enfin « unitaire et soudée », a-t-elle insisté. M. Delanoë se retrouve, lui, dans la « royaliste » de la première heure, sept tourmente des primaires internes au PS adjoints (PS) au maire de Paris – Christopour la candidature à la présidentielle de phe Caresche (porte-parole de 2007. Sa fidélité à Lionel Jospin, qu’il Mme Royal), Christian Sautter, Olga Trosconsidère comme « le meilleur président tiansky, Christophe Girard, François pour la France pour 2007-2012 », le met Dagnaud, Lyne Cohen-Solal, Mireille en porte-à-faux par rapport à Flam – devaient participer à une bonne partie des mili« Si Lionel Jospin une réunion d’organisation tants et de responsables sociade la campagne de se présente, listes parisiens. Dans sa secMme Royal à Paris. Un appel tion du 18e arrondissement, parisien en sa faveur, lancé je n’exclus pas mardi dans les sections du celle de Lionel Jospin, un des manifs de PS, comporte leur signature comptage récent place Ségolène Royal largement en tête militants PS contre avec celle de Dominique Bertinotti, maire (PS) du 4e et parmi les militants. En un an, la fédération de Paris, la plus lui, rue du Regard » d’une cinquantaine de resimportante de France, est pasponsables PS parisiens. Les Christophe Caresche sée de 9 000 à 19 000 adhé- député « royaliste » du 18e amis de Mme Royal espèrent rents. « C’est grâce à l’effet aussi le ralliement de Ségo », clament les supporters de la prési- Patrick Bloche, président de la fédération dente de la région Poitou-Charentes. Or, socialiste de Paris. parmi les plus actifs partisans de cette derM. Delanoë n’a rien tenté pour dissuanière se retrouve une partie de l’équipe der les membres de son équipe de rallier municipale de M. Delanoë. Mme Royal. « Je ne suis pas un notable qui Mercredi 27 septembre, à l’invitation fonctionne dans le clanisme, dit-il. Ce n’est de Roger Madec, maire (PS) du 19e et pas à moi de dire où est le bien et le mal. » Tous lui reconnaissent ce mérite. Cela n’empêche pas M. Caresche, député du 18e arrondissement, fief de M. Jospin, et adjoint à la sécurité du maire de Paris, de s’inquiéter. « Les primaires à Paris risquent d’être très violentes, dit-il. Si Lionel Jospin se présente, je n’exclus pas des manifs de militants PS contre lui, rue du Regard [domicile de M. Jospin] ». Pour Bertrand Delanoë, poursuit un autre élu « royaliste » parisien, « il sera du coup très difficile d’aller expliquer son choix aux militants ». Pour beaucoup, le maire de Paris risque de faire les frais de son soutien à M. Jospin. « Il faut qu’il se méfie, avertit un socialiste parisien, tout se passe comme si l’image de la rénovation qu’incarnait Delanoë dans la vie politique au niveau local et national était en train de lui échapper au profit de Ségolène. » La droite exploite le filon : « Bertrand Delanoë se ringardise en soutenant Jospin », affirme Jean-François Legaret, maire (UMP) du 1er arrondissement, porte-parole du groupe à l’Hôtel de Ville. M. Delanoë a pris une nouvelle fois ses distances, lundi, vis-à-vis de Mme Royal : « Atypique, Ségolène ? Je la trouve assez classique, au contraire, dans sa manière de faire de la politique. La démocratie participative, je n’en parle pas, moi, je l’ai fait ! », s’est-il exclamé. Première adjointe à la mairie de Paris qui soutient M. Jospin, Anne Hidalgo le pense aussi : « Le ringardisme n’est pas forcément là où on le dit. Delanoë incarne la rénovation en profondeur et non en apparence. » Lundi, le maire de Paris confiait : « Je n’ai pas peur et j’ai le sens du temps. » Avant de laisser planer, comme à chaque fois que la question lui est posée dans les moments délicats, des doutes sur sa volonté de se représenter aux élections municipales de 2008. a
Béatrice Jérôme

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Le strauss-kahnien Alain Richard tend la main à Lionel Jospin
Alain Richard, proche de Dominique Strauss-Kahn, souhaite que Lionel Jospin reprenne « un rôle politique actif ». Dans un communiqué, diffusé mardi 26 septembre, l’ancien ministre de la défense estime que l’engagement aux côtés de « DSK » ne doit conduire « ni à dénigrer la réflexion politique de Lionel Jospin ni à manquer de respect pour sa personnalité ». Il se démarque ainsi de JeanMarie Le Guen, autre proche de M. Strauss-Kahn, qui avait reproché à M. Jospin « une démarche personnelle teintée de mépris pour les autres ».
UNION EUROPÉENNE

M. Sarkozy voudrait arrimer les élections municipales à la présidentielle de 2007
MARS 2008, telle est, en principe, l’échéance des prochaines élections municipales après l’adoption de la loi du 15 décembre 2005 prorogeant d’un an la durée du mandat des conseillers municipaux et des conseillers généraux. Ce report était destiné à éviter la concentration sur la seule année 2007 des scrutins présidentiel, législatifs et sénatoriaux ainsi que des élections municipales et cantonales. Défendu par le ministre de l’intérieur, Nicolas Sarkozy, ce calendrier ne satisfait guère le président de l’UMP, Nicolas Sarkozy. Le candidat à l’élection présidentielle préférerait, en cas de victoire, que cette dynamique puisse bénéficier à son parti dans les scrutins suivants. Aussi envisage-t-il une réorganisation du calendrier électoral de telle sorte que les municipales aient lieu en octobre 2007. « Ce que la loi a fait, la loi peut le défaire », plaide son bras droit, Brice Hortefeux, ministre délégué aux collectivités territoriales. Un scénario que Bertrand Delanoë juge « inconcevable ». Le maire de Paris a prévu d’achever plusieurs de ses chantiers fin 2006 pour ménager une pause avant les municipales. a

Conflit social entre le Parlement et son personnel d’appoint
Le Parlement européen va se défaire d’ici au 31 décembre de 300 personnes embauchées à Strasbourg pour les sessions plénières. Le Parlement a signé un contrat avec l’agence Manpower, qui impose un recrutement prioritaire des personnes actuellement en poste. Les agents ont décidé de l’attaquer devant la Cour de Luxembourg. « Une société d’intérim commet un délit de marchandage quand elle met du personnel à disposition d’une personne morale de droit public », a expliqué, mardi 26 septembre, leur avocat, Me Ralph Blindlauer, qui demande que les contrats soient requalifiés en CDI à temps partiel. – (Corresp.)

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SOCIÉTÉ

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Jeudi 28 septembre 2006

Education Professionnalisation des parcours et soutien aux étudiants les plus faibles sont expérimentés

Les solutions des universités contre l’échec
L
a proposition du ministre délégué à l’enseignement supérieur de François Goulard d’instaurer un entretien avant l’inscription à l’université pour une meilleure orientation des futurs bacheliers (Le Monde du 22 septembre) a été plutôt bien accueillie par les universités. Nombre d’entre elles, conscientes de la nécessité de limiter les échecs massifs en première année, ont déjà mis en place des solutions pour professionnaliser les parcours et proposer du soutien aux plus faibles. « Plusieurs dizaines d’universités proposent lors du premier semestre des modules d’enseignement visant à construire un projet professionnel », assure Yannick Vallée, premier vice-président de la Conférence des présidents d’université (CPU). C’est le cas notamment à Aix-Marseille-I ou à Poitiers qui tirent un bilan positif de ces initiatives et souhaitent les élargir aux filières littéraires et de sciences humaines alors qu’elles étaient réservées jusqu’alors aux scientifiques. « Bilan de compétences » « La plupart des étudiants s’engagent dans des disciplines qu’ils n’ont jamais étudiées au lycée, comme la psychologie. Ils se font des idées fausses sur le contenu des cours et sur les débouchés, explique JeanPierre Gesson, président de l’université de Poitiers. L’option “projet personnel et professionnel” que nous avons mise en place leur permet de discuter avec un intervenant extérieur sur ce qu’ils souhaitent faire plus tard et éventuellement de se réorienter. » Mais de tels enseignements sont fortement consommateurs de moyens. « Notre ambition est de généraliser dès l’année prochaine cette initiative, assure Paul Tardo, président de l’université d’AixMarseille-I. Mais cela nécessite un encadrement énorme. Pour être efficaces, les groupes ne doivent pas dépasser dix étudiants. » Les 3,7 millions d’euros accordés sur projet à une cinquantaine d’établissements d’enseignement supérieur par le gouvernement au titre de l’égalité des chances ont toutefois apporté une petite bouffée d’oxygène comme à Lille-II ou Paris-XIII (Villetaneuse). A Lille-II, dès cette année, les étudiants en échec à la fin du premier semestre seront reçus par un enseignant pour identifier l’origine de leurs défaillances et leur proposer, si nécessaire une réorientation. Cette disposition, qui concerne les filières des sciences et techniques des activités physiques et sportives (STAPS) et de droit, devrait également concerner, en juin 2007, les étudiants en fin de deuxième année de licence dont les notes sont très faibles. Dans un second temps, à la rentrée 2007, les étudiants qui s’inscriront dans ces filières passeront « un bilan de compétences » et ceux qui auront des lacunes importantes devront suivre une remise à niveau sous forme de travaux dirigés durant le premier semestre. « Nous envisageons de rendre ce cours obligatoire, indique Pierre Mathiot, vice-président en charge de la vie universitaire. Car le principe du volontariat ne permet pas de toucher les plus concernés. » En 1997, François Bayrou avait tenté de développer la possibilité de se réorienter en fin de premier semestre et le soutien par le tutorat mais les étudiants le plus en difficulté y ont peu recouru. « L’orientation, si elle n’est pas dirigée, ne sert pas à grand-chose, confirme Alain Neuman, président de l’université Paris-XIII qui accueille 45 % de boursiers. Quant au tutorat, ça n’est pas facile non plus car ce sont les meilleurs qui viennent voir les tuteurs. Nous allons essayer de mettre en place des dispositifs un peu plus contraignants. » Parallèlement à ces initiatives, de plus en plus d’universités tentent de développer des filières ouvertes sur le marché du travail. Ainsi, Grenoble-II qui compte 22 licences professionnelles va monter à 30 à la rentrée prochaine. Confrontée à une baisse de 500 à 700 étudiants à cette rentrée et de 1 300 l’an dernier, l’université Rennes-II (lettres, sciences humaines et sociales) ambitionne, de son côté, de tripler le nombre de licences professionnelles d’ici à 2008 – elle en compte cinq aujour-

Université Paris-XII (Créteil), 15 mars. Le monde universitaire a réservé un bon accueil à la proposition du ministre délégué à l’enseignement supérieur, François Goulard, d’instaurer un entretien avant l’inscription à l’université. JULIEN DE WECK POUR « LE MONDE » d’hui. Elle projette également de réorganiser son offre de formation en cinq parcours à finalité professionnelle : métiers de l’action sanitaire et sociale, de l’administration, de l’information et de la communication, du livre et de l’édition, du patrimoine. « Nous voulons rendre les réalités d’insertion plus visibles et il est faux de dire que les universités de sciences humaines et sociales sont des fabriques à chômeurs », considère Marc Gontard, son président. a
Martine Laronche et Catherine Rollot

A Nantes, l’accès en psychologie limité par la sectorisation L’éducation
CETTE ANNÉE, seuls les bacheliers de Loire-Atlantique et de Vendée ont pu s’inscrire en première année de licence de psychologie à l’université de Nantes. Ce recours à la sectorisation devrait permettre de désengorger l’unité de formation et de recherche (UFR) de psychologie, l’une des plus demandées dans la filière des lettres et sciences humaines à Nantes. 424 étudiants sont ainsi inscrits en première année cette rentrée, contre 649 l’an passé. Président de l’université, François Resche justifie ce choix en invoquant les capacités d’accueil limitées et le nombre insuffisant d’enseignants dans cette filière. Les interrogations concernant les débouchés des étudiants en psychologie ont également pesé sur cette décision. M. Resche estime ainsi qu’un important travail doit être fait au niveau de l’orientation : « La psychologie est peu ou pas enseignée au lycée, et certains étudiants en ont une idée floue lorsqu’ils s’inscrivent. C’est une discipline qui a ses débouchés, mais beaucoup ne franchissent pas le cap de la première année ». En phase avec M. Resche concernant le manque de moyens, Mathias Tessier, président de l’Unef à l’université de Nantes, condamne une décision prise « sans concertation ». Estimant qu’il est « impossible de prédire quels seront les débouchés dans cinq ou dix ans », il regrette la mise en place de cette « sélection ». Depuis plusieurs années, les universités franciliennes ont recours, elles aussi, à la sectorisation dans certaines filières, afin notamment d’éviter un déséquilibre entre les établissements parisiens et ceux de banlieue. A Nantes, ce procédé est déjà appliqué à la filière santé et à l’UFR des sciences et techniques des activités physiques et sportives (Staps). « En psychologie, il y a une spécialisation en fonction des universités, précise Mathias Tessier. Quelques étudiants, même s’ils sont minoritaires, font le choix d’aller dans une université plutôt qu’une autre en fonction du contenu des cours. » Pour la direction de l’université, « cette motivation ne peut être prise en compte », l’enseignement étant « quasiment identique » d’une faculté à l’autre en première année. Si une dizaine de dérogations ont été accordées, un grand nombre d’étudiants ont été réorientés vers les UFR de psychologie des deux autres universités de l’académie, celles du Maine et d’Angers. a
Fabien Roux

nationale en grève
LES CINQ fédérations d’enseignants Faen, Ferc-CGT, FSU, Sgen-CFDT et Unsa-Education ont appelé à une grève nationale, jeudi 28 septembre pour protester contre le projet de budget 2007, qui prévoit la suppression de 8 700 postes. Dans le premier degré, 600 postes seraient créés alors que 2 400 seraient supprimés dans le second degré. Une baisse de 3 600 postes équivalant à des décharges statutaires serait également prévue, à laquelle s’ajoute la suppression de 3 600 postes d’enseignants stagiaires. Enfin 500 postes administratifs disparaîtraient tandis que 350 emplois d’infirmières et d’assistantes sociales seraient annoncés. Le budget définitif devait être présenté le 27 septembre. a tions du même type. – (AFP.)
CULTES

IMMIGRATION DÉPÔTS GROUPÉS DE RECOURS CONTRE LES REFUS DE RÉGULARISATION

VOTE DES ÉTRANGERS

Manifestations de soutien aux sans-papiers devant les préfectures
LE RÉSEAU éducation sans frontières (RESF) appelait à une journée nationale de manifestation, mercredi 27 septembre, devant toutes les préfectures, pour dénoncer les conditions d’application de la circulaire du 13 juin. A cette occasion, dans plusieurs grandes villes, devait être effectué un dépôt groupé de recours contre les décisions préfectorales de refus de régularisation. Depuis la rentrée scolaire, les permanences des collectifs de soutien ne désemplissent pas. Le mardi soir, dans le local de la rue Saint-Maur, à Paris, où le collectif des écoles du 11e tient une permanence, c’est une véritable bousculade. La dizaine de bénévoles présents, quelque peu débordés, écoutent et conseillent, une à une, les familles déboutées qui brandissent leur lettre de refus de régularisation. Ils s’appliquent dans leurs conseils, dictant scrupuleusement le texte précis du recours « à recopier à la main, de sa plus belle plume », pressant les parents d’apporter de nouvelles pièces pouvant témoigner de leur pleine intégration : une photo de classe de leur enfant, une lettre de l’association des parents d’élève dont ils sont membres… Autant d’efforts qui risquent de rester vains. « Les familles s’accrochent à cet espoir : le recours est pour elles une étape dans leur parcours du combattant pour être régularisées. Mais ce recours au préfet risque d’être une nouvelle source de désillusion », s’inquiète Anne de Blic, l’une des bénévoles. Les familles non régularisées ont la possibilité de déposer un recours gracieux auprès du préfet ou un recours hiérarchique auprès du ministre de l’intérieur. Même s’ils les aident dans leurs démarches, les collectifs de soutien ne se font guère d’illusions sur les chances de succès de ces recours. « Pour M. Sarkozy, l’opération est bouclée, explique JeanFrançois Martinez du Groupe d’information et de soutien des immigrés (Gisti). Il avait annoncé 6 000 régularisations. Il y en a eu 6 924 et il n’entend pas en accepter une de plus. Les préfectures, quant à elles, ont fait ce qui leur avait été demandé, dans le cadre du quota qui leur a été fixé. Il n’y a donc pas plus de chances d’obtenir satisfaction auprès d’elles. » Faibles chances de succès Restent les recours contentieux, devant les tribunaux administratifs (TA). Mais là encore, les chances de succès sont faibles. En effet, contrairement à une loi ou un décret, une circulaire ne crée pas de droits, elle n’a donc aucune valeur juridique contraignante. Il y a donc peu de chances que les TA annulent des décisions prises sur le fondement de la circulaire. Cependant, les juristes spécialistes du droit des étrangers fourbissent leurs armes et n’écartent pas la possibilité d’engager des recours contentieux en se fondant sur le respect du principe d’égalité. « Même lorsque l’administration exerce son pouvoir discrétionnaire, elle est tenue de respecter le principe d’égalité », explique Me Dany Cohen, avocat à Marseille et membre du Syndicat des avocats de France (SAF, gauche). Ce principe pourrait être évoqué lorsque dans un cas l’administration a accordé un titre de séjour et dans d’autres refusé une telle régularisation, et ce, alors que les familles déboutées ou régularisées se trouvaient dans la même situation. « Les cas de familles aux situations comparables mais ayant eu une réponse de la préfecture différente sont nombreux », relève Me Cohen. Dans l’avis qu’elle a remis le 4 septembre, la Haute Autorité de lutte contre les discriminations et pour l’égalité (Halde) a appelé le ministre de l’intérieur à être attentif aux « contraintes attachées au principe d’égalité qui commandent un traitement égal des personnes placées dans une situation comparable ». RESF songe d’ailleurs à saisir une nouvelle fois la Halde, non plus sur la circulaire en général, mais sur des cas particuliers en invoquant ce principe d’égalité. Pour l’heure, enseignants et parents d’élève mobilisés autour des familles entendent maintenir la pression. Et ressaisir l’administration est un moyen de montrer que le dossier n’est pas refermé. a
Laetitia Van Eeckhout

Référendum à Gennevilliers et à La Courneuve
La mairie (PCF) de Gennevilliers (Hauts-de-Seine) a annoncé, mardi 26 septembre, son intention d’organiser, le 12 novembre, un référendum sur le droit de vote des résidents étrangers sur sa commune. En Seine-Saint-Denis, La Courneuve organisera le sien le 1er octobre. Saint-Denis, Stains, Le Blanc-Mesnil et Aubervilliers ont déjà organisé des consulta-

45 % des Français contre la critique des religions
Un sondage de l’hebdomadaire La Vie réalisé par l’institut CSA, les 20 et 21 septembre, auprès de 1 004 personnes, indique que 45 % des Français estiment qu’il ne faut pas critiquer les religions et 53 % que les tensions entre chrétiens et musulmans vont augmenter dans les années à venir.

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Jeudi 28 septembre 2006

SOCIÉTÉ
JUSTICE L’AFFAIRE AVAIT CONDUIT AU VOTE D’UNE LOI

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Après un non-lieu, interrogations autour de l’agression d’un homosexuel
LILLE CORRESPONDANT

Le fantôme de Michel Delfau s’invite au procès de Pierre Bédier
L’industriel, décédé en juillet 2005, était soupçonné d’avoir accordé des pots-de-vin aux prévenus qui comparaissent pour « recel d’abus de biens sociaux » et « corruption passive »
comme ces derniers l’ont assuré dans le fau. Avant 1998, Pierre Bédier connaissait un homme amoureux d’Aloka, avec cabinet du juge Philippe Courroye ? Michel Delfau, qui partageait avec Pier- laquelle il rêvait de vivre la moitié de l’anre Bédier « la passion du gaullisme » née à Pondichéry en Inde dans « le depuis que les deux hommes s’étaient ren- palais » qu’il s’était acheté. Après cette contrés au début des années 1980, « se date, « ce n’était plus le même ». Meurtri croyait intouchable », a affirmé Jean-Pier- par « une trahison conjugale », il n’a plus re Pécriaux, son expert comptable. « Tout qu’un souci : « Je brûlerai la chandelle par lui était permis. » Il gérait ses sociétés les deux bouts », aurait-il confié à sans se soucier des banques qui récla- M. Bédier. De fait, Michel Delfau multiplie les maient ses bilans. Toujours selon M. Pécriaux, « travailler avec lui était stres- conquêtes féminines. Il roule en Ferrari – « une pompe à gonzesses », comme il dit – sant ». Le Delfau dont M. Pécriaux parle, celui séduit les copines de ses fils qu’il emmène qui dans les années 1970 dans des hôtels prestigieux à Deauville et « réglait les problèmes avec les syndicats à Cannes. Il dépense sans compter, à par la force », n’a rien du Delfau que Pier- coups de cartes de crédit ou en puisant re Bédier a côtoyé pendant près de vingt dans la trésorerie de ses sociétés. A cela ans. « Avec Michel on a sympathisé au pre- s’ajoutent les pots-de-vin qu’il verse à certains élus, dont, selon l’accumier regard », a expliqué l’ansation, Pierre Bédier et cien secrétaire d’Etat. Le Au dîner chez Gilles Forray. Quand, en débit rapide et la faconde d’un homme habitué à Ducasse à 969 ¤, décembre 2001, Aloka Delfau, épousée en 1989, décide manier le verbe en public, l’acoffert par de dénoncer cette dérive à la tuel président du conseil justice, leur relation s’est général des Yvelines a évoMichel Delfau, détériorée depuis près de qué la relation qu’il entreteM. Bédier assure trois ans. Ils vivent encore nait avec son ami. « J’avais un principe avec Michel : tu avoir répondu par sous le même toit. Lui refuse le divorce et attend qu’elle m’invites, je t’invite. » Ainsi, au dîner chez Ducas- un déjeuner au Ritz s’en aille. Elle écrit au juge à deux reprises. Mardi 26 sepse, offert en janvier 2002 par Michel Delfau à 969 euros la soirée, Pier- tembre, le président Olivier Leurent a lu re Bédier assure avoir répondu par un des extraits de ses dépositions. « Il se déjeuner à la terrasse du Ritz. « Moins coû- croyait au-dessus des lois », a-t-elle déclaré teux que chez Ducasse, mais l’addition était au juge tout en indiquant que ni « la rantout de même coquette, M. le président », cœur » ni « le ressentiment » ne motia-t-il lâché. Et Pierre Bédier tient à le dire vaient sa démarche. D’autres proches de haut et fort : il ne croit rien des « déclara- Michel Delfau, auditionnés par le juge tions infâmes et monstrueuses » faites en Courroye, mais qui comme Aloka Delfau août 2003 par Yann et Elise Lorant. Selon n’ont pas été cités comme témoin au prolui, il n’y a là qu’« un tissu de mensonges » cès, ont abondé dans le même sens, évoconfectionné par Aloka Delfau, l’épouse quant sur procès-verbal un homme qui délaissée de Michel. Toutefois, Pierre « s’estimait intouchable et croyait que tout Bédier le concède, « il y a eu deux pério- s’achetait ». a des » dans ses relations avec Michel DelYves Bordenave

U

n fantôme hante la 11e chambre correctionnelle du tribunal de Paris devant laquelle comparaissent, depuis le 25 septembre, le député (UMP) Pierre Bédier, ancien secrétaire d’Etat aux programmes immobiliers de la justice, Jacques Masdeu-Arus, également député (UMP), Gilles Forray, élu municipal (UMP) de Poissy (Yvelines) et un expert comptable, Jean-Pierre Pécriaux (Le Monde du 26 septembre). Ce fantôme, c’est celui de Michel Delfau, décédé en juillet 2005 à 72 ans, alors qu’il était poursuivi pour « abus de biens sociaux ». Cet industriel, propriétaire de sociétés de nettoyage et de gardiennage était soupçonné d’avoir accordé des largesses aux prévenus qui répondent aujourd’hui de « recel d’abus de biens sociaux » et de « corruption passive ». Quel homme se cachait derrière le portrait tout en contraste brossé à l’audience ? « Un colosse, bâti comme un deuxième ligne de rugby, un entrepreneur dynamique », qu’on imagine truculent à entendre M. Bédier que Michel Delfau considérait comme « son fils adoptif » ? « Un merveilleux fou animé d’une grande bonté », dont son ami M. Forray a gardé le souvenir ? Ou cet individu « extrêmement autoritaire, hautain, désagréable et méprisant auquel il ne fallait pas tenir tête », qu’a décrit M. Pécriaux ? A moins que Michel Delfau n’ait été ce personnage « pervers » qui se serait livré, il y a près de vingt ans, à des attouchements sur les enfants de son épouse, Yann Lorant et sa sœur Elise,

L’affaire avait ému l’opinion publique. Le 16 janvier 2004, Sébastien Nouchet, 35 ans, cuisinier, vivant en couple depuis quatorze ans avec un autre homme, était retrouvé brûlé dans son jardin de Nœuxles-Mines (Pas-de-Calais). Selon ses déclarations, il venait d’être agressé par trois voisins. Immédiatement, on évoque un acte à caractère homophobe. L’émotion suscitée avait conduit les députés à voter, le 8 décembre 2004, une loi créant la Haute Autorité contre les discriminations et incluant un dispositif contre le sexisme et l’homophobie. Lundi 25 septembre, après plus de deux ans et demi d’enquête, Sophie Chounavelle, juge d’instruction au tribunal de Béthune (Pas-de-Calais), a rendu un nonlieu dans cette affaire (Le Monde du 27 septembre). « Il ne résulte pas de l’information judiciaire des charges suffisantes contre la personne incarcérée puis libérée en cours de procédure », a estimé la justice. « Nous avons cherché dans toutes les directions, agression ou suicide, sans résultat, souligne le procureur de la République de Béthune, Louis Wallon. Dans ce dossier, la victime avait subi en novembre 2002 des actes de violence élucidés ; là le mystère demeure. Selon l’avocat de monsieur Nouchet, ce non-lieu indique que nous pensons qu’il y a eu agression ; mais non. Si Me Delclos le croit, il doit faire appel dans les dix jours. » Brûlé au troisième degré L’avocat de Salon-de-Provence, JeanJacques Delclos, qui a repris le dossier, n’en a pas l’intention. « Ce non-lieu ne nous fait pas plaisir, reconnaît-il. Un renvoi du suspect en cour d’assises n’a aucune chance d’aboutir. Je ne conseille pas à mon client de faire appel mais j’aimerais qu’il me le confir-

me. Ni sa mère ni moi ne parvenons à le joindre depuis vingt-quatre heures. » Sébastien Nouchet, d’abord reparti dans sa région d’origine, serait actuellement en Normandie. « J’estime que la théorie de l’agression n’est pas remise en cause et que la tentative de suicide n’est pas reconnue, rectifie l’avocat. Je connais mieux les Corses que les Nordistes mais je m’aperçois que ceuxci sont aussi “taiseux”. J’espère seulement qu’un jour un témoin parlera dans le bassin minier. » Car Me Delclos réfute la thèse du suicide. « Ses tentatives antérieures ont toujours été du théâtre symbolique, justifie-t-il. S’immoler ne cadre pas à sa personnalité. Là il a subi une souffrance atroce, il est handicapé, arrive à peine à parler. » Brûlé au troisième degré, le cuisinier avait été hospitalisé à Charleroi (Belgique) et subi plusieurs greffes de peau. A l’époque, il avait désigné trois hommes comme étant ses agresseurs : d’anciens voisins, dont un jeune homme né en 1983, ouvertement homophobe, condamné et emprisonné après l’avoir agressé deux ans plus tôt, à Lens. L’affaire avait été très médiatisée : apparition de la mère et du compagnon de la victime sur les plateaux télé, lettres de Jacques Chirac et Jean-Pierre Raffarin au couple homosexuel… Et réception de la mère de Sébastien par Dominique Perben : le garde des Sceaux de l’époque demandait au procureur de compléter son réquisitoire pour obtenir la circonstance aggravante d’homophobie. Et promettait un dispositif législatif nouveau, traduit dans les faits par la loi du 8 décembre 2004. « L’affaire a pris une tournure qui a dépassé le dossier, reconnaît Louis Wallon, le procureur de Béthune. Il en est sorti du positif. » Quant au président de l’association SOS-Homophobie, Jacques Lizé, il a rappelé, mardi, les « 131 cas d’agression physique signalés en 2005 et les nombreux procès en cours ». a
Geoffroy Deffrennes

PROCÈS L’AFFAIRE DES FAUX ÉLECTEURS DU 3e ARRONDISSEMENT DE PARIS

« On a l’impression, monsieur, que vous avez le trouillomètre à zéro ! »
TOUT autour de Philippe Gondoux, presque à le frôler, sont assis ses anciens « patrons ». Son ex-supérieur hiérarchique, lorsqu’il était affecté au bureau des élections du 3e arrondissement de Paris, l’ancien maire de cet arrondissement, Jacques Dominati, et ses plus proches collaborateurs. Un peu plus loin à droite, il ne peut manquer d’apercevoir deux des représentants de l’actuelle majorité municipale, Yves Contassot (Verts) et Lyne Cohen-Solal (PS). Il a toujours été politiquement proche des premiers, aujourd’hui prévenus. Il est, en qualité de fonctionnaire de la Ville de Paris, au service des seconds, parties civiles. Il est aussi témoin dans le procès qui les oppose devant la 16e chambre du tribunal correctionnel de Paris. C’est peu dire que la situation de M. Gondoux, mardi 26 septembre, est inconfortable. Le rappel, par le président Jean-Claude Kross, de ses déclarations devant les gendarmes puis devant le juge d’instruction lui est un supplice. Il est vrai que le témoin s’était montré plutôt bavard pour expliquer les pratiques qui sévissaient au bureau des élections du 3e arrondissement en cette fin 1988, veille d’échéances municipales importantes pour la majorité d’alors et pour son maire, Jacques Chirac, qui venait d’être battu à l’élection présidentielle. Imprimés vierges Il avait notamment raconté comment le premier adjoint de Jacques Dominati, Jack-Yves Bohbot, ou la secrétaire générale de l’époque se faisaient remettre des imprimés vierges d’inscription sur les listes électorales et en rapportaient d’autres dûment remplis, sans que les personnes désireuses de s’inscrire ne se soient présentées au bureau des élections. « C’est normal, selon vous, de donner des imprimés à remplir à la secrétaire générale ?, lui demande M. Kross. – C’était ma supérieure hiérarchique, répond le témoin. – Et à des élus ? – Euh, peut-être, je ne sais pas. – Avez-vous une idée de l’usage de ces imprimés vierges ? – Je préfère la garder pour moi – On vous a peut-être demandé de ne pas respecter la procédure ? – Je ne
FAIT DIVERS

LA BOUTIQUE AUX 1000 TABLES

connais pas la procédure. – Mais monsieur, vous êtes fonctionnaire au bureau des élections ! », s’exclame le président. Jean-Claude Kross reprend ses lectures. « Vous avez déclaré : “Les dossiers des faux électeurs étaient bien sûr incomplets”. Confirmez-vous ? – Quand les informations venaient par la voie hiérarchique, je ne les vérifiais pas. – Mais avez-vous constaté des irrégularités ? – Je n’en ai constaté qu’une, c’était la mienne », souffle de plus en plus bas le témoin, qui figure lui-même parmi les électeurs frauduleusement inscrits. Le vice-procureur, Laurent Zukowicz, l’interrompt. « Et votre femme ? – Euh, oui aussi. – Et la sœur de votre femme ? » Un « oui » vient mourir dans le micro. Le président lui cite un autre extrait de ses procès-verbaux, dans lesquels il évoquait « une liste de faux électeurs que nous devions retirer nous-mêmes et ne pas poster », et qui était ensuite « remise à M. Bohbot ». « C’est par erreur que j’ai dit ça ! affirme le témoin. – A vous entendre, on a l’impression, monsieur, que vous avez le trouillomètre à zéro !, observe M. Kross. Un peu de courage, voyons ! » Puis, comme s’il se parlait à lui-même, il ajoute : « Enfin, après tout, personne ne vous demande d’être un héros ! » a
Pascale Robert-Diard

LA SEULE BOUTIQUE P ARISIENNE CONSACRÉE AUX T ABLES BASSES C lassique S C ontemporaine S En fer forgé, métal, boiS Pierre, verre, altuglasS Carrées, rectangulaireS R ondes ou ovale S
OBJETS DE DÉCORATION LISTES DE MARIAGE

Une adolescente retrouvée chez un homme rencontré sur Internet
Une adolescente sri-lankaise de 14 ans, résidant en Suisse, disparue depuis près de trois mois, a été retrouvée, le 21 septembre, à Miramas (Bouches-du-Rhône) chez un retraité de 56 ans, avec qui elle correspondait sur Internet depuis plus de deux ans. L’homme a été mis en examen pour « atteintes sexuelles sur

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ÉCONOMIE & ENTREPRISES

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Jeudi 28 septembre 2006

Automobile Le patron du groupe, Jean-Martin Folz, chiffre à 10 000 les départs de salariés et d’intérimaires en 2006

PSA Peugeot-Citroën intensifie sa cure de rigueur
SA-Peugeot-Citroën a annoncé, mardi 26 septembre, un plan de rigueur afin de redresser sa rentabilité. Le deuxième constructeur européen a perdu un demi point de parts de marché sur les huit premiers mois, tandis qu’au premier semestre sa marge opéra-

P

CHIFFRES Effectifs. Le groupe employait 208 500 personnes fin 2005 (dont 140 055 pour la seule division automobile), contre 172 440 à la fin 2000. Les effectifs à l’international ont été multipliés par trois en dix ans. Ils s’élevaient à 82 440 fin 2005, contre 28 400 fin 1996. 64 190 personnes travaillaient en Europe, 18 250 dans le reste du monde. Chiffre d’affaires. Il s’est élevé à 56,2 milliards d’euros en 2005 (+ 0,3 %), et à 22,98 milliards d’euros (– 1,7 %) au premier semestre 2006. Résultat opérationnel. Il était de 1,94 milliard d’euros en 2005, contre 2,48 milliards en 2004, et de 691 millions au premier semestre 2006, contre 1,28 milliard sur la même période de 2005.

tionnelle est tombée à 2,4 % contre 4,1 % un an plus tôt. Pour affronter cette situation, le PDG, Jean-Martin Folz, qui a annoncé son départ à la retraite début 2007, tente d’optimiser l’outil industriel du groupe mais sans entreprendre une profonde restructuration. Mesure la plus spectaculaire et la plus immédiate : une réduction du nombre des intérimaires et des contrats temporaires. Au total, l’effectif des sites européens aura diminué de 10 000 personnes entre janvier 2006 et janvier 2007. Compte tenu des 2 000 embauches réalisées dans son usine de Trnava (Slovaquie), ce sont près de 12 000 départs qui auront lieu. Ce chiffre comprend 2 000 suppressions d’emplois au Royaume-Uni, conséquence de la fermeture de l’usine britannique de Ryton, annoncée en avril. Pour le reste, « l’essentiel des départs, qui concernent la France et l’Espagne a déjà été réalisé », précise-t-on dans le groupe. Le but est d’optimiser le taux d’utilisation des usines pour le ramener à 100 % dès 2007 contre un peu plus de 90 % actuellement. Parallèlement, les embauches sont gelées. Cette maîtrise de la masse salariale couplée à une réduction des frais géné-

raux, devrait se traduire par une écono- Désormais, afin de ne pas perturber le calenmie annuelle de 125 millions d’euros sur drier de lancement et le coût du développement, ces interventions n’interviendront le second semestre 2006. Par ailleurs, PSA veut ramener ses que lors de fenêtres de tir très précises et en dépenses d’investissement à 2,5 mil- tout cas pas au-delà de 18 mois après le lanliards contre 3 milliards actuellement. cement du projet », explique au Monde Gilles Michel, directeur de la « Il ne s’agit pas de lancer stratégie industrielle de moins de modèles, mais de PSA. L’accélération du rythrationaliser nos investisseCe plan doit me des lancements vise à staments grâce à la montée en permettre biliser l’âge moyen des puissance des coopérations modèles du groupe à 3,3 ans déjà nouées ou en cours de au groupe à partir de 2008 contre l’être avec d’autres construcde traverser sans 4,5 ans aujourd’hui. teurs », explique un portePSA veut aussi passer à la parole du groupe. Ce volet du trop de casse vitesse supérieure à l’interplan comprend l’arrêt du prola période national. Le constructeur jet de construction d’une prévoit de lancer huit nouseconde usine en Slovaquie, de succession veaux modèles en Chine déjà annoncé le 7 septembre de M. Folz entre 2007 et 2009. Au Mer(Le Monde du 9 septembre). cosur, 5 nouvelles voitures Le groupe veut aussi améliorer la productivité de ses activités de seront commercialisées sur la même développement de nouveaux modèles. période. En Europe, six nouvelles silL’objectif est de réduire de 15 % les coûts houettes viendront s’ajouter à la gamme de R & D. Il s’agit notamment d’accélérer d’ici à 2009. Trois sont déjà connues : la le rythme des lancements et de raccourcir C4 Picasso, qui complète l’offre de monosles délais de développement. « Jusqu’à pace de Citroën ; un petit véhicule utilitaiprésent les modifications ou les ajustements re fabriqué en collaboration avec Fiat et sur un projet étaient effectués au fil de l’eau. un petit 4 X 4, qui sera lancé en 2007.

Ce plan n’a rien d’une révolution. Il doit être interprété comme un ensemble de mesures – dont une bonne part était déjà connues – susceptibles de permettre à PSA de traverser sans trop de casse une période délicate. Jean-Martin Folz veut laisser la place nette à son successeur, sans pour autant prendre des options stratégiques sur lesquelles il serait ensuite difficile de revenir. La Bourse a trouvé une certaine logique à cette position : le titre Peugeot affichait mercredi matin une hausse de 2,46 % à 44,76 euros. Pourtant les problèmes de PSA sont loin d’être résolus. Les performances de plusieurs modèles comme les Peugeot 107 et 407 restent décevantes. La 207 remplit ses objectifs, sans plus. Dans ce contexte, le groupe a deux ou trois années difficiles devant lui avant le lancement de la Peugeot 308 en 2008. Par conséquent, le plan présenté mardi ne comprend aucun objectif précis de rentabilité ou de ventes. PSA vise toujours une marge opérationnelle de 6 % du chiffre d’affaires, mais quand ? Ce sera au successeur de M. Folz de le dire. a
Stéphane Lauer

MONDIALISATION PALMARÈS DE LA COMPÉTITIVITÉ

Attractivité : la France en baisse, selon le Forum de Davos
LA COMPÉTITIVITÉ de la France est à nouveau mise en cause dans le Global Competitiveness Report 2006-2007, le palmarès publié, mardi 26 septembre, par le World Economic Forum (WEF), organisateur du célèbre Forum de Davos. La France, classée dix-huitième, régresse de six places, tandis que la Suisse accède à la première marche. Les EtatsUnis glissent de leur côté de la première à la sixième place. Le WEF mélange des données macro et microéconomiques pour établir ce classement visant à indiquer aux investisseurs les pays dans lesquels l’environnement est le plus propice aux affaires. Les indicateurs pris en compte sont quantitatifs (déficit public…) et qualitatifs (état des infrastructures ou du système éducatif par exemple). Ces derniers sont issus d’un sondage mené auprès de 11 000 décideurs de 125 pays. Certains « maux », aux yeux du WEF, sont communs à la France et aux Etats-Unis. La fiscalité en particulier, qu’il s’agisse des taux d’imposition ou de la législation fiscale. Mais « le coût du terrorisme » pénalise les Etats-Unis tandis que la France pâtit de la rigidité du marché du travail, entre autres. Le rejet du contrat première embauche (CPE) a marqué les auteurs du rapport. Sinon, « le pays possède une superbe infrastructure physique en matière de transport, d’énergie et de communication ». L’enseignement primaire et le système de santé sont également bien notés. Objectivité critiquée « On perd en tout et pour tout huit centièmes de point de compétitivité sur une échelle de un à sept, a précisé mardi sur BFM la ministre déléguée au commerce extérieur, Christine Lagarde. Cela ne me paraît pas dramatique. » Institutions, qualité des infrastructures, niveau d’innovation technologique, dépenses des entreprises en recherche et développement et système de propriété intellectuelle sont autant d’atouts qui ont propulsé la Suisse en première place. Les pays nordiques sont aussi bien placés grâce à leurs surplus
SIDÉRURGIE

Un recul de six places
CLASSEMENT DE L’ATTRACTIVITÉ DES PAYS ÉTABLI PAR LE FORUM DE DAVOS RANG 2006 RANG 2005

1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20

SUISSE FINLANDE SUÈDE DANEMARK SINGAPOUR ÉTATS-UNIS JAPON ALLEMAGNE PAYS-BAS ROYAUME-UNI HONGKONG NORVÈGE TAÏWAN ISLANDE ISRAËL CANADA AUTRICHE FRANCE AUSTRALIE BELGIQUE

4 2 7 3 5 1 10 6 11 9 14 17 8 16 23 13 15 12 18 20

Source : World Economic Forum

FNOUS SOMES PIRES LcLeEis VOUS ÊT E UeVmer r d NoOs l s Tu

UELSEURS, RM M D O

budgétaires, leurs faibles niveaux d’endettement, et leurs systèmes de santé et d’éducation. En revanche, la Chine passe de la quarante-huitième à la cinquante-quatrième place. Son taux de croissance, conjugué à une faible inflation, et à un des taux d’épargne parmi les plus élevés du monde, ne suffit pas à compenser les effets négatifs d’un système bancaire encore en grande partie étatique, ou de taux de scolarisation et d’équipement en nouvelles technologies encore faibles. Ce palmarès, comme la vingtaine d’autres diffusés et analysés par l’Agence française des investissements internationaux dans son étude sur La réalité des classements internationaux, n’est cependant pas à prendre au pied de la lettre. Dans l’avant-propos de cette étude, Elie Cohen, directeur de recherche au CNRS et membre du Conseil d’analyse économique, en critique sévèrement l’objectivité. a
Annie Kahn

Mittal contraint de lancer une OPA sur Arcelor Brasil
Le régulateur boursier brésilien a confirmé, mardi 26 septembre, que Mittal était tenu de lancer une offre publique d’achat (OPA)

sur les actions des minoritaires de la filiale brésilienne d’Arcelor. Cette décision est de nature à renchérir le coût du mariage MittalArcelor de 3,5 à 5 milliards d’euros par rapport aux 25 milliards d’euros de l’OPA initiale.

0123
Jeudi 28 septembre 2006

ÉCONOMIE & ENTREPRISES
JUSTICE

15
Les dirigeants de Palace Parfums condamnés à trois ans de prison ferme
ROUEN CORRESPONDANT

En Espagne, la bataille autour de l’électricien Endesa s’intensifie et se complexifie
Le groupe allemand E.ON a relevé, mardi, son offre d’achat. La veille, l’entreprise locale de construction Acciona avait acquis 10 % d’Endesa, par ailleurs convoité par l’espagnol Gas Natural
MADRID CORRESPONDANTE

es événements se bousculent dans le secteur énergétique espagnol. En l’espace de vingt-quatre heures, l’allemand E.ON a été contraint d’améliorer les termes de son offre publique d’achat (OPA) sur Endesa, première entreprise électrique espagnole, tandis qu’un projet de fusion des numéros deux et trois du secteur, Iberdrola et Union Fenosa, se profile sous la houlette du constructeur ACS. Mardi 26 septembre, dans la soirée, E.ON a porté de 25,40 euros à 35 euros le prix offert pour l’achat des actions d’Endesa dans le cadre de la contre-OPA qu’il a lancée en février sur ce dernier. Le numéro un de l’électricité en Espagne était alors la cible, depuis septembre 2005, d’une OPA hostile de la première entreprise gazière espagnole, Gas Natural. L’entreprise allemande y a été poussée par l’annonce, lundi soir, par Acciona, quatrième entreprise espagnole de construction et d’infrastructures, de l’acquisition de 10 % du capital d’Endesa. Cela fait d’elle le premier actionnaire de l’électricien, devant Caja Madrid (9,9 %) et Axa (5,35 %). L’entreprise, détenue à près de 60 % par la famille Entrecanales, n’a pas exclu de monter jusqu’à 24,9 % du capital, le seuil au-delà duquel une OPA doit être déclenchée étant fixé à 25 %, afin de « lui permettre de participer à la gestion d’Endesa », selon la note remise à la Commission nationale et marché des valeurs (CNMV), l’organisme de régulation de la Bourse de Madrid. Elle devra, pour cela, obtenir l’accord de la Commission nationale de l’énergie (CNE). Financé par le Banco Santander, Acciona a déboursé 32 euros par action, soit un montant de 3,4 milliards d’euros. Monter jusqu’à 24,9 % du capital lui coûterait 8,4 milliards d’euros. L’irruption d’Acciona semble avoir pris de court les autres acteurs de la lutte pour la prise de contrôle d’Endesa. Elle

L

Un technicien d’Endesa sur le site de la centrale électrique de San Adria de Besos, dans la banlieue de Barcelone. MARIO FOURMY/REA intervient au moment où, après des mois avaient violé les règles européennes en d’un combat rendu plus âpre et plus matière de concurrence. Madrid avait d’ailleurs semblé reconconfus encore par les ramifications politiques du dossier, la situation semblait jus- naître la supériorité de la position d’E.ON : lors de sa rencontre en Allematement s’éclaircir au bénéfice d’E.ON. L’offre de l’entreprise allemande était gne avec la chancelière Angela Merkel, le 12 septembre, M. Zapatero certes apparue plus solide y que celle de Gas Natural Le 12 septembre, avait assuré qu’il » àaurait « une fin heureuse cette (21,30 euros par action), M. Zapatero avait histoire. Il faudra probablemais elle était combattue par le gouvernement espagnol. assuré qu’il y aurait ment encore patienter pour la connaître. Désireux de faire naître une En quelques heures, l’inientreprise énergétique natio- « une fin heureuse » tiative d’Acciona est venue nale de taille à affronter la à cette histoire. bouleverser ce scénario et a compétition européenne, Il faudra encore contraint E.ON à surenchéJosé Luis Rodriguez Zaparir. D’abord parce qu’Acciotero a tenté de toutes ses forpatienter pour na a acheté les actions d’Ences de défendre son chamla connaître desa un quart plus cher que pion, Gas Natural, contre ce que proposait E.ON iniE.ON, quitte à modifier les tialement. En second lieu parce que l’une règles du jeu en cours de partie. La Commission européenne a finale- des conditions posées par E.ON à la ment sanctionné ces procédés et donné conclusion de l’OPA est la modification raison au groupe allemand, mardi, des statuts de l’électricien espagnol, qui jugeant que les autorités espagnoles limitent à 10 % les droits de vote d’un Gaz de France (actuellement légèrement supérieur à 30 euros), après versement d’un dividende exceptionnel de 1 euro aux actionnaires de Suez. même actionnaire. Un noyau hostile, rassemblé autour d’Acciona, compliquerait la suppression de cette clause. Ce n’est pas la première fois que ce groupe, qui se trouve déjà au deuxième rang espagnol de l’énergie éolienne, tente d’entrer dans le capital d’une compagnie d’électricité traditionnelle. Il y a quelques mois, il avait été tenté d’entrer dans le tour de table actionnarial d’Union Fenosa. Il avait alors été supplanté par un autre constructeur espagnol, ACS, présidé par Florentino Perez. Or c’est précisément ACS, détenteur de 35 % d’Union Fenosa, qui vient de donner un ordre d’achat de 10 % d’Iberdrola, à 37 euros par action, soit 11 % au-dessus de la cotation. L’objectif d’ACS, qui deviendrait ainsi le premier actionnaire d’Iberdrola, serait, spécule la presse espagnole, la fusion des deux électriciens, qui détrôneraient alors Endesa pour la place de premier groupe énergétique espagnol. a
Cécile Chambraud

Le tribunal correctionnel de Dieppe a condamné, mardi 26 septembre, à trois ans de prison ferme et 50 000 euros d’amende chacun les deux principaux dirigeants de la société Palace Parfums qui, pendant les congés de Noël 2002, avaient déménagé les machines et le stock de l’entreprise, basée à Saint-Nicolas-d’Aliermont (Seine-Maritime). Peggy Maaz et Nadim Khouri-Klink, les principaux actionnaires de la société Parfum des champs, maison mère de Palace Parfums, étaient poursuivis pour banqueroute, abus de biens sociaux et travail dissimulé. Le tribunal a suivi les réquisitions du procureur de la République et a confirmé le mandat d’arrêt international lancé contre ces deux personnes, désormais installées au Liban, leur pays d’origine. Le frère de Mme Maaz, Rony Maaz, gérant de Parfum des champs, a été condamné à neuf mois de prison avec sursis. Philippe Nanot, gérant de Palace Parfums, mais rapidement reconnu comme « l’homme de paille » de la famille Maaz, a de son côté écopé de douze mois de prison avec sursis. L’affaire, qui avait jeté au chômage 47 personnes, essentiellement des femmes occupant des emplois peu qualifiés, avait éclaté aux premières heures de janvier 2003 : les salariés avaient trouvé l’entreprise vide. Des riverains avaient seulement remarqué des rotations de camions. « Patrons voyous » L’affaire avait conduit le ministre des affaires sociales et de l’emploi de l’époque, François Fillon, à parler de « patrons voyous », en dénonçant une « opération frauduleuse, passible de sanctions pénales pouvant aller jusqu’à la privation de liberté ». La procédure a traîné en longueur. Il a fallu attendre un arrêt de la cour d’appel de Rouen, en janvier 2005, pour l’obtention des premières indemnités. En juin 2006, l’audience du tribunal correctionnel de Dieppe a réservé une surprise pour ces femmes, dont bon nombre n’occupent que des emplois précaires dans une région où le chômage dépasse les 12 %. L’avocat de Rony Maaz, Me Francis Szpiner, a remis à l’avocate des parties civiles, devant le tribunal, un chèque de 112 500 euros signé par la mère des prévenus. « Nous avons considéré que les agissements de mes clients avaient constitué un préjudice moral qui demande réparation et que nous tenions à honorer », a-t-il expliqué. « Enfin, ce sont les patrons qui sont reconnus coupables et non plus les employés », a souligné mardi Sophie Somont, l’une des porte-parole des salariés, après l’énoncé du jugement. Leur avocate, Me Marie-Pierre Ogel, a reconnu un « jugement exemplaire et sans précédent » pour la « première affaire de déménagement à la cloche de bois jugée ». Les ex-Palace Parfums ont obtenu 1 500 euros de dommages et intérêts chacun. Le jugement du tribunal de Dieppe va leur permettre d’aller devant les prud’hommes pour obtenir le paiement de travaux effectués à domicile et d’heures supplémentaires. a
Etienne Banzet

ÉNERGIE

Albert Frère n’exclut pas de monter au capital du futur groupe GDF-Suez
Albert Frère, premier actionnaire du groupe français d’énergie et d’environnement Suez, n’exclut pas de monter au capital du futur groupe énergétique Suez-Gaz de France, affirme-t-il dans un entretien au mensuel L’Expansion, mercredi 27 septembre. « Je ne peux pas vous dire que je ne monterai pas dans le capital », déclare ainsi M. Frère. A propos des modalités de la fusion, que certains actionnaires de Suez jugent défavorables à leur égard, M. Frère affirme qu’« on ne changera pas la parité ». « Mais les conditions d’échange, fixées en février, ne sont plus nécessairement les mêmes. On verra s’il y a lieu de donner un dividende et s’il y a moyen de satisfaire les actionnaires », ajoute-t-il. Selon le projet de fusion, une action Suez (actuellement proche de 35 euros) équivaut à un titre

Moscou va vérifier le respect des engagements de Total et TNK-BP
Les autorités russes vont « vérifier » que la compagnie française Total et la russobritannique TNK-BP respectent leurs « accords de licence » dans l’exploitation respective du gisement de Khariaga et de Kovykta, a rapporté, mardi 26 septembre, l’agence Ria Novosti. Total contrôle 50 % du champ de Khariaga (Grand Nord). Le groupe a assuré respecter l’accord de partage de production. Ce contrat, passé entre le gouvernement russe et les compagnies étrangères, leur offre en principe des garanties de stabilité en échange d’un partage des revenus avec l’Etat russe. En visite à Paris vendredi dernier, le président russe, Vladimir Poutine, avait déclaré que les rumeurs d’un retrait de licence de Total étaient « fortement exagérées ». TNK-BP était menacé, mardi, d’un

retrait de licence, en raison de violations de licence et de la loi sur le respect de l’environnement.
SERVICES

Les autorités russes menacent de mettre fin au projet Sakhaline II
Le ministre russe des ressources naturelles, Iouri Troutnev, a menacé, mardi 26 septembre, d’arrêter le projet pétrolier et gazier Sakhaline II si le groupe britannique Shell ne règle pas les « dommages écologiques » infligés à l’île. M. Troutnev a annoncé qu’une équipe d’experts était partie lundi pour Sakhaline afin de vérifier le respect des normes environnementales. Ces vérifications concernent la phase 2 du projet, qui englobe la construction d’un gazoduc couplé à un oléoduc de 800 km du nord au sud de l’île, d’une usine de gaz naturel liquéfié, de deux plates-formes pétrolières et d’un terminal pétrolier.

La Poste : Bruxelles souhaite la suppression de la garantie d’Etat
La Commission européenne demandera « la semaine prochaine ou la semaine d’après » aux autorités françaises de supprimer la garantie illimitée accordée par l’Etat à La Poste et qui permet à celle-ci d’emprunter, a annoncé, mardi 26 septembre, le porte-parole de Neelie Kroes, la commissaire européenne à la concurrence. En autorisant, le 21 décembre 2005, la création de la Banque postale, la Commission européenne avait précisé que la garantie illimitée de l’Etat à La Poste ferait l’objet d’une « procédure séparée ». La Banque postale ne bénéficie pas de cette garantie.

© FFT/Direction de la Communication - Photos : Éric Della Torre - Gilles Danger

16
JUSTICE

ÉCONOMIE & FINANCES

0123
Jeudi 28 septembre 2006

L’ex-PDG de WorldCom

et l’ancien directeur financier d’Enron
en prison
L’ANCIEN DIRECTEUR financier du courtier en énergie américain Enron, Andrew Fastow (44 ans), a été condamné, mardi 26 septembre, à six ans de prison et a été immédiatement incarcéré. Le même jour, l’ex-PDG de l’opérateur téléphonique américain WorldCom, Bernard Ebbers (65 ans), a lui aussi été écroué. M. Fastow risquait dix ans de prison pour avoir aidé à dissimuler l’ampleur des pertes d’Enron, qui a fait faillite fin 2001. Mais il a bénéficié de sa décision de collaborer avec la justice et de témoigner contre ses anciens patrons, Kenneth Lay et Jeffrey Skilling. M. Fastow avait créé et dirigé les sociétés financières qui servaient à Enron à dissimuler l’ampleur de ses pertes et à faire croire aux marchés financiers que le groupe était en pleine santé. M. Skilling connaîtra de son côté la durée de sa peine de prison fin octobre. Il a été reconnu coupable de fraude en mai (Le Monde du 27 mai). M. Lay est décédé en juillet d’une crise cardiaque après avoir été lui aussi reconnu coupable (Le Monde du 7 juillet). Avant l’« affaire Enron », l’« affaire WorldCom » avait elle aussi symbolisé les excès du capitalisme américain dans les années 1990. M. Ebbers, condamné en juillet 2005 pour fraude et complot à la suite de la faillite de son entreprise, s’est présenté, mardi, à la prison d’Oakdale, en Louisiane, pour commencer à y purger sa peine de vingt-cinq ans. a

Goldman Sachs se lance sur le marché des fonds de pension
Au Royaume-Uni, la banque d’affaires veut racheter des « pension funds » privés. Les entreprises cherchent à se débarrasser de ce fardeau qui pèse sur leur avenir
LONDRES CORRESPONDANT

TABLEAU DE BORD

Allemagne
Le baromètre Ifo, mesurant le moral des chefs d’entreprise, s’est établi à 104,9 points en septembre, contre 105 en août, a annoncé, mardi 26 septembre, l’institut de conjoncture privé. La composante des activités actuelles des industriels a grimpé à 111,3 points, mais celle des attentes sur six mois a baissé, à 98,9 points. L’indicateur du moral des consommateurs allemands s’élève à 8,8 points, contre 8,6 un mois plus tôt, dans l’enquête de septembre de l’institut GfK, publiée mercredi 27 septembre. L’indicateur mesurant leurs attentes a augmenté d’un point en septembre, à 12,4 points.

ue va faire Goldman Sachs dans les fonds de pension, un monde que la célèbre banque d’affaires américaine ne connaît pas ? La City s’interroge alors que le numéro un mondial des métiers financiers a confirmé, mardi 26 septembre, son projet de créer une filiale d’assurance-vie pour se lancer dans le rachat de fonds de pension d’entreprises au Royaume-Uni. Il en a demandé l’autorisation à l’Autorité britannique des services financiers (FSA). En Grande-Bretagne, l’Etat ne verse qu’une maigre indemnité aux retraités du privé. En complément de quoi, les employeurs ont longtemps garanti à leur personnel une pension calculée sur le salaire de fin de carrière. Ce système des fonds d’entreprises est aujourd’hui en faillite virtuelle. Il n’a pas résisté à l’allongement de la durée de la vie, au sous-financement chronique des dernières années et aux erreurs de gestion. Le déficit total du secteur atteignait plus de 100 milliards de livres l’an dernier (146 milliards d’euros). La majorité des entreprises ont donc décidé de fermer ces fonds traditionnels

Q

à leurs nouveaux salariés. Désormais, ces mettent de limiter, le cas échéant, les perderniers cotisent, au côté de leur tes. Les avoirs des fonds de pension briemployeur, à un plan d’épargne-retraite. tanniques sont investis à hauteur de Dans ce contexte, les employeurs sont 60 % en actions. La direction de la future compagnie prêts à brader ces fonds de pension, d’autant qu’ils sont désormais obligatoi- d’assurance-vie a d’ailleurs été confiée à rement inscrits au bilan et surveillés de Addy Loudladis, qui a fait une grande parprès par les agences de notation et les tie de sa carrière dans le secteur des produits financiers sophistiqués. analystes. Cette nouvelle aventure permet, au pasUn marché très lucratif s’est ainsi créé. La perspective de la prochaine réforme sage, à Goldman de garder l’une des femdes retraites, qui doit être finalisée cet mes les plus puissantes de la City, récemautomne, n’a pas freiné cet enthousias- ment écartée de la direction des activités en Europe au profit du Franme, même s’il est évident çais Yoel Zaoui. qu’elle limitera la liberté d’acLe déficit Ensuite, ce nouveau crétion des propriétaires de ces neau offre des possibilités fonds de pension. du système d’investissement très lucratiAlors que la FSA a récembritannique ves à l’activité de capital-risment autorisé le rachat de que, en plein essor, de la bances « pension funds », on des fonds que d’affaires. Enfin, malgré assiste, dans cette activité, à d’entreprises l’existence d’une muraille de une véritable ruée des assuchine entre les entreprises et reurs – Prudential, Legal & General et Swiss Re, dépassait, en 2005, leurs fonds de pension, la aujourd’hui, Aviva et la filiales 100 milliards propriété de ces derniers ne peut que faciliter les liens le britannique du néerlande livres avec ces premières. dais Aegon demain. Le rachat de fonds de penGoldman Sachs – une institution qui s’apparente à un supermar- sion demande, en revanche, un savoir-faiché de la finance offrant toute la gamme re que Goldman Sachs, contrairement aux des services, des émissions d’obligations assureurs, ne possède pas a priori : la préaux transactions en devises, des fusions- vision des évolutions démographiques. Il s’agit de calculs complexes, comme acquisitions au négoce de matières premières… – est la première banque d’affai- en atteste l’augmentation de quatre ans de l’espérance de vie moyenne au Royaures à se manifester sur ce terrain. Elle estime disposer d’atouts supplé- me-Uni entre 2002 et 2005. Mais la banmentaires. D’abord, l’institution de Fleet que d’affaires a les moyens d’embaucher Street possède un vrai savoir-faire dans des spécialistes. a le domaine des produits dérivés qui perMarc Roche VALEURS DU CAC40
Mini 2006 PER

Espagne
Le déficit de la balance commerciale a chuté de 17,1 % en juillet sur un an, à 7,17 milliards d’euros, a indiqué, mardi 26 septembre, le ministère du commerce et de l’industrie.

Etats-Unis
L’indice de confiance des consommateurs a progressé à 104,5 points en septembre, contre 100,2 points en août, a annoncé, mardi 26 septembre, l’institut de conjoncture privé Conference Board, alors que les analystes tablaient sur une hausse à 103 points.

Argentine
Le gouvernement maintient sa politique d’excédent fiscal de 21,82 milliards de pesos (5,45 milliards d’euros), soit 3 % du produit intérieur brut, et de taux de change compétitif, à environ 3,10 pesos pour un dollar, a affirmé, mardi 26 septembre, la ministre de l’économie, Felisa Miceli, en présentant le projet de budget 2007.

DISTRIBUTION RECENTRAGE SUR LE PÔLE LUXE

LES BOURSES DANS LE MONDE 27/9, 9h55
Pays Indice Dernier cours % var. Maxi 2006

Le groupe PPR réfléchirait à la cession de l’enseigne Fnac
LE GROUPE PPR envisagerait de vendre la Fnac. Selon Les Echos du mercredi 27 septembre, les banques UBS et Goldman Sachs auraient contacté plusieurs très gros fonds d’investissement comme Permira, KKR, CVC et Cinven pour leur proposer de racheter la chaîne de produits culturels. Selon nos informations, JeanPaul Giraud, ancien PDG de la Fnac et actuel patron de GO Sport, regarde également le dossier, sous la forme d’un rachat d’entreprise par endettement (LBO). Toutefois, à ce jour, les banques n’ont pas été officiellement mandatées par PPR, qui ne faisait aucun commentaire mercredi matin. La valeur de la Fnac aurait été évaluée à environ 2 milliards d’euros. Cette somme ne comprend que l’exploitation des magasins puisque l’enseigne n’est pas propriétaire des murs. Après les cessions (en mars 2005) du distributeur Rexel, spécialisé dans le matériel électrique, et tout récemment des magasins SICAV ET FCP
SÉLECTION publiée sous la responsabilité de l'émetteur

Mercredi 27 septembre 9h30
Valeur Dernier cours Cours préc. % var. /préc. % var. 31/12 Plus haut Plus bas Divid. net Code ISIN

FRANCE

CAC 40 CAC Mid100 CAC Small 90 SBF 250

5239,55 27/9 6924,43 27/9 7552,16 26/9 3669,45 26/9 5991,40 27/9 5913,80 27/9 8416,13 27/9 2261,34 26/9

0,38 0,38 0,17 1,37 0,52 0,68 0,40 0,55

5329,16 11/5 7678,54 11/5 8710,94 11/5 3755,62 9/5 6162,37 11/5 6137,10 21/4 8427,60 27/9 2375,54 20/4

4564,69 14/6 6002,28 2/1 7242,38 18/7 3244,18 13/6 5243,71 14/6 5467,40 13/6 7123,18 13/6 10661,15 20/1 2012,78 18/7 14045,53 14/6

13,00

Printemps (Le Monde du 15 juin), les rumeurs vont bon train sur la volonté de PPR de se désengager du secteur de la distribution pour se concentrer sur le luxe. « Une telle opération serait forcément bien accueillie par le marché », soulignent les analystes du gérant Aurel Leven. Elle a effectivement du sens au regard des performances comparées de ces deux activités. Au premier semestre 2006, le pôle luxe de PPR pesait ainsi 20 % du chiffre d’affaires du groupe mais près de 40 % de son résultat opérationnel courant. La Fnac, elle, pèse 25 % du chiffre d’affaires du groupe, mais seulement 13 % du résultat. Avec une rentabilité de 3,6 %, elle peine à faire la preuve de son potentiel de croissance. Le réseau de magasins en centre-ville est saturé, d’où la volonté de développer un concept en périphérie. Par ailleurs, l’enseigne souffre de la déflation sur les produits techniques et de l’effondrement des ventes de disques. a
Cécile Ducourtieux et Stéphane Lauer

13,80 13,50 12,20 16,10 15,10 24,70 18,20

ALLEMAGNE ROYAUME UNI SUISSE ETATS-UNIS

DAX Index FTSE 100 index Swiss market Nasdaq composite

Dow Jones ind. 11669,39 26/9 Nikkei 225 15947,87 27/9

0,81 11670,27 26/9 2,51 17563,37 7/4

JAPON

PER - Price Earning Ratio (ou cours/bénéfice) : cours de Bourse divisé par le bénéfice par action estimé pour l'exercice courant. PER : Jacques Chahine Finances ; données : la Cote Bleue. n/d : valeur non disponible.

COURS DE L'EURO
Achat Vente

OR
MERCREDI 27 SEPTEMBRE 9h55
Cours % var.

dollar us ................................1,2689...........1,2692 yen .......................................148,6300 ......148,6600 couronne tchéque.............28,4120.........28,4320 couronne danoise ...............7,4584...........7,4594 livre sterling.........................0,6706...........0,6707 forint hongrois...............271,3700 ......272,3700 zloty polonais ......................3,9620...........3,9720 couronne suédoise ..............9,2968...........9,3018 couronne slovaque ..........37,3550.........37,4560 franc suisse ...........................1,5782...........1,5789 couronne norvég. ...............8,2810...........8,2850 rouble...................................33,9220.........34,0210 livre turque...........................1,8966...........1,9066 dollar australien ................1,6885...........1,6895 dollar canadien...................1,4140...........1,4150 yuan chinois .......................10,0192.........10,0292 won sud-coréen ............1197,3000 ....1198,3000 dollar néo-zéland...............1,9194...........1,9294 rand sud-africain................9,6582...........9,6682

ONCE D'OR EN DOLLAR.................591,00 ........1,07

PÉTROLE
MERCREDI 27 SEPTEMBRE 9h55
Cours % var.

LIGHT SWEET CRUDE.......................61,01 ........1,40

TAUX
TAUX D'INTÉRÊT LE 27/9
Taux j.le j. Taux 3 mois Taux 10 ans Taux 30 ans

france royaume-uni italie allemagne japon états-unis suisse

3,02 4,85 3,02 3,02 0,35 5,28 1,68

3,37 5,07 3,37 3,37 0,42 5,36 1,76

3,66 4,51 3,94 3,67 1,62 4,65 2,33

3,83 4,30 4,21 3,88 2,18 4,86 2,51

ACCOR ............................◗.....54,65......53,80 .....1,58 ...17,63 ......54,65 .....42,30 ....1,15 ...FR0000120404 AGF ....................................◗ .....98,20......98,20.......n/d ...17,32....105,00 .....83,20 ....3,60 ...FR0000125924 AIR LIQUIDE ......................◗ ...160,80 ...160,70 .....0,06 .....8,86....167,60 ...140,26 ....3,85 ...FR0000120073 ALCATEL A .........................◗........9,57........9,55 .....0,21 ....-8,60 ......13,82........8,27 ....0,16 ...FR0000130007 ALSTOM.............................◗ .....74,65......74,55 .....0,13 ...53,54 ......84,80 .....48,52 .....n/d ...FR0010220475 AXA....................................◗ .....29,44......29,23 .....0,72 ...10,09 ......30,09 .....23,00 ....0,88 ...FR0000120628 BNP PARIBAS ....................◗ .....84,60......84,30 .....0,36 ...24,77 ......85,00 .....66,65 ....2,60 ...FR0000131104 BOUYGUES........................◗ .....41,86......41,82 .....0,10 .....1,36 ......47,40 .....36,05 ....0,90 ...FR0000120503 CAP GEMINI ......................◗ .....42,23......42,19 .....0,09 ...24,54 ......47,90 .....33,71 ....0,50 ...FR0000125338 CARREFOUR ......................◗ .....50,10......50,10.......n/d ...26,58 ......50,40 .....37,61 ....1,00 ...FR0000120172 CREDIT AGRICOLE ............◗ .....34,58......34,40 .....0,52 ...29,95 ......34,69 .....26,65 ....0,94 ...FR0000045072 DANONE............................◗ ...110,30 ...110,40....-0,09 ...24,99....112,20 .....85,20 ....1,70 ...FR0000120644 DEXIA.................................◗ .....20,11......19,96 .....0,75 .....3,18 ......22,19 .....17,50 ....0,53...BE0003796134 EADS ..................................◗ .....22,75......22,60 .....0,66..-28,68 ......35,42 .....16,75 ....0,49...NL0000235190 EDF .....................................◗ .....43,89......43,48 .....0,94 ...37,24 ......49,10 .....31,81 ....0,79 ...FR0010242511 ESSILOR INTL.....................◗ .....79,15......79,50....-0,44 ...16,06 ......83,85 .....66,65 ....0,94 ...FR0000121667 FRANCE TELECOM ............◗ .....17,95......17,95.......n/d..-14,48 ......21,94 .....15,50 ....1,00 ...FR0000133308 GAZ DE FRANCE................◗ .....31,61......31,50 .....0,35 ...27,67 ......32,00 .....24,64 ....0,68 ...FR0010208488 LAFARGE............................◗ ...101,00 ...101,80....-0,79 ...32,89....104,90 .....73,55 ....2,55 ...FR0000120537 LAGARDERE ......................◗ .....56,95......56,60 .....0,62..-12,38 ......68,90 .....53,00 ....1,10 ...FR0000130213 L'OREAL .............................◗ .....79,85......79,80 .....0,06 ...27,15 ......84,05 .....62,30 ....1,00 ...FR0000120321 LVMH MOET HEN.............◗ .....80,20......80,15 .....0,06 .....6,86 ......85,95 .....68,75 ....0,90 ...FR0000121014 MICHELIN ..........................◗ .....56,05......55,60 .....0,81 ...18,05 ......60,60 .....43,21 ....1,35 ...FR0000121261 MITTAL STEEL A ................◗ .....26,59......25,94 .....2,51 ....-1,59 ......27,37 .....23,00 ....0,07...NL0000361947 PERNOD RICARD ..............◗ ...165,10 ...164,10 .....0,61 ...12,01....173,50 ...140,30 ....1,12 ...FR0000120693 PEUGEOT ...........................◗ .....44,64......43,55 .....2,50 ....-8,34 ......54,30 .....38,91 ....1,35 ...FR0000121501 PPR .....................................◗ ...117,00 ...114,20 .....2,45 ...22,96....117,30 .....87,85 ....2,72 ...FR0000121485 PUBLICIS GROUPE ............◗ .....31,21......31,11 .....0,32 .....6,16 ......33,78 .....27,30 ....0,36 ...FR0000130577 RENAULT ...........................◗ .....89,45......89,25 .....0,22 ...29,83 ......97,50 .....68,90 ....2,40 ...FR0000131906 SAINT-GOBAIN.................◗ .....56,85......57,65....-1,39 ...13,13 ......60,80 .....49,06 ....1,36 ...FR0000125007 SANOFI-AVENTIS .............◗ .....69,80......69,90....-0,14 ....-5,68 ......79,85 .....66,90 ....1,52 ...FR0000120578 SCHNEIDER ELECTRIC.......◗ .....87,80......87,30 .....0,57 ...16,52 ......93,40 .....70,85 ....2,25 ...FR0000121972 SOCIETE GENERALE ..........◗ ...127,90 ...127,70 .....0,16 ...23,10....129,40 ...101,00 ....4,50 ...FR0000130809 STMICROELECTRONICS ...◗ .....13,39......13,31 .....0,60..-11,73 ......16,56 .....11,34 ....0,07...NL0000226223 SUEZ...................................◗ .....35,38......34,87 .....1,46 ...34,52 ......36,15 .....26,34 ....1,00 ...FR0000120529 THOMSON.........................◗ .....12,35......12,31 .....0,32..-30,23 ......19,32 .....11,65 ....0,30 ...FR0000184533 TOTAL ................................◗ .....51,35......50,95 .....0,79 ....-1,94 ......57,40 .....46,52 ....3,48 ...FR0000120271 VEOLIA ENVIRON. ............◗ .....47,70......46,77 .....1,99 ...24,74 ......49,45 .....36,49 ....0,85 ...FR0000124141 VINCI..................................◗ .....87,40......86,75 .....0,75 ...22,51 ......87,40 .....69,53 ....1,30 ...FR0000125486 VIVENDI.............................◗ .....28,33......28,43....-0,35 .....7,07 ......29,60 .....24,74 ....1,00 ...FR0000127771
Cours en euros. ◗ : valeur pouvant bénéficier du service de règlement différé (SRD). # : valeur faisant l'objet d'un contrat d'animation. Plus haut et plus bas : depuis le 1/1/2006. n/d : valeur non disponible.

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ATOUT EUROLAND D ATOUT EUROPE C ATOUT EURO MONDED ATOUT FRANCE C ATOUT FRANCE D ATOUT MODERATIONSC ATOUT MONDE C ATOUT VERT HORIZ C ATOUT VIVACTIONS C CAPITOP EUROBLIG C CAPITOP EUROBLIG D CAPITOP MONETAIREC CAPITOP REVENUS D
date

Dernier cours connu le 27/9 à 9h

171,03 547,04 43,16 229,80 189,64 105,93 45,29 15,03 109,94 125,67 85,91 206,66 165,71

25/9 25/9 21/9 25/9 25/9 25/9 22/9 22/9 25/9 25/9 25/9 27/9 25/9

CIC JAPON CIC OBLIGATIONS D CIC PLAN BOURSE CIC PROF.TEMPERE CIC PROFILE EQUILI CIC PROFILE DYNAMI CIC USA CIC OBLI C.T. D

6,82 25,87 13,19 161,93 20,03 27,88 13,25 134,40

25/9 26/9 25/9 25/9 25/9 25/9 26/9 26/9

Multi-promoteurs
CM ACTIONS EURO C CM FRANCE ACTIONSC CM MID-ACT.FRANCE CM MONDE ACTIONS C CM OBLIG.COURT T.C CM OBLIG.LONG T.C CM OBLIG.MOYEN T.C CM OBLIG.QUATRE CM OPTION DYNAM.C CM OPTION EQUILI.C 25,22 41,17 46,17 275,27 186,69 137,33 411,26 172,24 37,73 70,70 26/9 26/9 26/9 26/9 26/9 26/9 26/9 26/9 26/9 26/9

Valeur

Cours

en euro valeur

Fonds communs de placements
ECUR.1,2,3 FUTUR ECUR.ACTS EUROPEC ECUR.CAPIPREMIEREC ECUR.CAPITAL.C ECUR.DYNAMIQUE +D ECUR.ENERGIE D ECUR.EURIBOR ECUR.EXPANSION C ECUR.INVEST D ECUR.MONEPRE.INSTC ECUR.MONEPREMIEREC ECUR.SECURIPREM.C ECUREUIL SENSIPREM ECUR.TRESORERIE C ECUR.TRIMESTRIEL D 53,86 19,06 2523,19 52,62 40,95 47,11 1132,53 16628,36 58,05 107372,83 2198,41 2366,65 3116,66 61,00 264,34 25/9 25/9 25/9 25/9 25/9 25/9 25/9 25/9 25/9 25/9 25/9 25/9 25/9 25/9 25/9

EURCO SOLIDARITE MONELION JOUR C MONELION JOUR D SICAV 5000 SLIVAFRANCE SLIVARENTE SLIVINTER TRILION

261,51 531,50 420,92 169,35 282,23 41,76 136,34 797,69 94,92 189,23 155,54 175,68 149,09 170,17 64,91 197,14 301,42

25/9 25/9 25/9 25/9 25/9 25/9 25/9 25/9 25/9 25/9 25/9 25/9 25/9 25/9 25/9 25/9 25/9

Fonds communs de placements
CM OPTION MODER.C 23,41 26/9

Fonds communs de placements
DYNALION EUROPE EGERIS AC 25-65C EGERIS AC 25-65D EGERIS AC 55-100C EGERIS AC 55-100D EGERIS AC PEA25-65 EGERIS ACPEA55-100 EGERIS PRUDENT INTERLION

Fonds communs de placements
HDF CAPITAL APPR. HDF EUROPE EQUITY HDF GLOBAL EQUITY HDF GLOBALOPPORTUN HDF MULTI ALTERNAT 480,41 603,39 483,39 539,71 421,97 22/9 22/9 22/9 22/9 22/9

LBPAM ACTIONS PACIFIQUE D 19,74 25/9 LBPAM ACTIONS DEV DUR C 131,75 25/9 LBPAM ACTIONS DEV DUR D 124,66 25/9 LBPAM ACTIONS EURO R 30,20 25/9 LBPAM ACTIONS FRANCE D 94,82 25/9 LBPAM ACTIONS INDICE FRANCE 41,75 25/9 LBPAM ACTIONS INDICE EURO 97,31 25/9 LBPAM ACTIONS MIDCAP C 120,38 25/9 LBPAM ACTIONS MIDCAP D 113,54 25/9 LBPAM ACTIONS PACIFIQUE C 21,92 25/9 LBPAM MONETAIRE 1 C 117,76 25/9 LBPAM MONETAIRE 2 C 109,00 25/9 LBPAM OBLI COURT TERME C 22,74 25/9 LBPAM OBLI COURT TERME D 17,79 25/9 LBPAM OBLI LONG TERME 1 C 139,40 25/9 LBPAM OBLI LONG TERME 1 D 129,15 25/9 LBPAM OBLI MONDE C 142,91 25/9 LBPAM OBLI MONDE D 123,70 25/9 LBPAM OBLI REVENUS 767,94 25/9 LBPAM OBLI MOYEN TERME C 224,10 25/9 LBPAM OBLI MOYENTERME D 177,46 25/9 LBPAM PROFIL 100 C 74,90 25/9 LBPAM PROFIL 100 D 70,50 25/9 LBPAM PROFIL 15 C 212,93 25/9 LBPAM PROFIL 15 D 198,32 25/9 LBPAM PROFIL 50 C 226,52 25/9 LBPAM PROFIL 50 D 211,40 25/9 LBPAM PROFIL 80 C 238,61 25/9 LBPAM PROFIL 80 D 223,37 25/9 LBPAM PROFIL 80 PEA C 89,08 25/9 LBPAM PROFIL 80 PEA D 83,98 25/9 LBPAM TRESORERIE 2 C 2904,68 26/9 LBPAM TRESORERIE 2 D 2256,23 26/9

LBPAM ALTERNA 10 R LBPAM ALTERNA 25 E LBPAM OBLI CREDIT LBPAM OBLI EUROPE C LBPAM OBLI EUROPE D

113,64 10002,94 128,68 113,61 102,99

25/9 25/9 25/9 25/9 25/9

F&C US SM CAP USD

84,65 26/9

Fonds communs de placements
FED.ACTS.ETHIQUES 87,09 25/9 FED.CROISSANCE C 52,35 25/9 FED.EPAR.ACTS 65,08 25/9 FED.EURO DYNAMIQ. 31,90 25/9 FED MULTI ACTS EUR 143,17 22/9 FED MULTI 21E SIEC 59,01 22/9 PRO FED.OBL. 39,40 25/9 PRO FED.OBL.CONVER 23,98 25/9 FED OBLIG.VARIABLE 21,79 25/9 ...................................................................................... ...................................................................................... ...................................................................................... ...................................................................................... ...................................................................................... ...................................................................................... ...................................................................................... ...................................................................................... ...................................................................................... ...................................................................................... ......................................................................................

FCP Multi-gestion
F&C BIOPHARMA F&C EM MKTS BD USD F&C EUR INFL LINK F&C EURO HI.YLD.BD F&C EURO.CORP. F&C EUROP SM CAP A F&C EUROPEAN EQTY F&C FAR EAST EQUIT F&C GL CONVER BOND F&C GL REAL ESTATE F&C GL.EMG.MKT.USD F&C COM GL EM MKTS F&C JAPAN.EQTY F&C NORTH AMER EQ. F&C PACIFIC EQTY F&C STEWARDSHI.INT 16,69 12,65 10,23 15,23 18,68 15,82 16,79 11,17 12,32 18,25 17,38 102,99 27,41 23,18 33,08 9,73 26/9 26/9 26/9 26/9 26/9 26/9 26/9 26/9 26/9 26/9 26/9 26/9 26/9 26/9 26/9 26/9

Fonds communs de placements
LBPAM 1ERE MONETAIRE E 7894,01 26/9 LBPAM 1ERE MOYEN TERME 10766,87 25/9 LBPAM ACTIONS FINANCE 100,38 25/9 LBPAM ACTIONS EUROPE C 71,08 25/9 LBPAM ACTIONS EUROPE D 71,09 25/9 LBPAM ACTIONS SANTE 110,58 25/9 LBPAM ACTIONS TECHNOLOGIE 26,25 25/9 LBPAM ACTIONS TELECOM 43,20 25/9 LBPAM ALTERNA 10 E 6126,99 25/9

chaque lundi avec

ATOUT QUANTEURO D CAAM ACTS EUROPE C CAPITOP MONDOBLIG

116,07 25/9 352,97 25/9 65,81 22/9

Fonds communs de placements
CIC FRANCE D CIC EURO OPPORTUNI CIC EUROLEADERS C 37,05 26/9 35,34 26/9 41,74 26/9

LBPAM ACTIONS AMERIQUE C LBPAM ACTIONS AMERIQUE D LBPAM ACTIONS FRANCE C LBPAM ACTIONS MONDE C LBPAM ACTIONS MONDE D

21,71 20,05 103,79 208,69 178,85

25/9 25/9 25/9 25/9 25/9

0123 daté mardi

0123
Jeudi 28 septembre 2006

MÉDIAS
PRESSE

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Laurent Joffrin ne quittera pas le « Nouvel Obs » pour « Libération »
Le directeur de la rédaction du Nouvel Observateur, Laurent Joffrin, ne viendra pas diriger celle de Libération, a-t-il indiqué sur le site Internet nouvelobs.com. « J’ai passé beaucoup de temps à Libération, donc le sort du journal ne m’est pas indifférent, mais je n’ai pas l’intention de quitter le Nouvel Observateur », précise le journaliste, qui fut rédacteur en chef à Libération jusqu’en 1988, avant de rejoindre l’hebdomadaire de Claude Perdriel et Jean Daniel. Edouard de Rothschild, le principal actionnaire du quotidien, qui souhaitait la venue de M. Joffrin, a rencontré mardi 26 septembre, à la veille du conseil d’administration du journal, un autre candidat, Edwy Plenel, ancien directeur de la rédaction du Monde.
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France Télévisions veut rentabiliser la filière de production de France 3
Des négociations sont ouvertes pour faire passer, dès 2007, les six unités régionales et les 471 salariés de cette division au service de l’ensemble du groupe
’est l’un des chantiers les plus importants du virage éditorial et stratégique de France Télévisions », dit-on dans l’entourage de Patrick de Carolis, président du groupe public. Depuis plusieurs semaines, la direction générale de France 3 planche sur une réforme de la filière de production de cette chaîne. Début 2007, elle devrait se transformer en une filière transversale, au service de l’ensemble du groupe. Les enjeux de cette réforme seront présentés lors du prochain comité central d’entreprise de la chaîne, mardi 3 octobre. Répartie en six unités régionales de productions (URP) implantées dans huit capitales régionales avec une coordinaMOYENS DE PRODUCTION 6 unités régionales de production (URP) emploient 471 personnes en France et regroupent les moyens de tournage et de post-production de France 3. 6 cars de vidéo mobile assurent la captation de spectacles vivants, jeux, manifestations sportives (Roland-Garros, Tour de France, Intervilles...). Ils devraient être équipés en haute définition numérique à partir de 2007. 4 équipes de tournage assurent la majeure partie de la réalisation des téléfilms de France 3. Elles sont basées à Lille, Lyon, Marseille et Bordeaux.

C

tion centrale à Paris, cette filière, issue du démantèlement de l’ORTF en 1974, concourt à la production de fictions, magazines, documentaires et est utilisée pour tous les grands événements sportifs achetés par France Télévisions (Tour de France, Roland-Garros…). En tout, elle emploie 471 personnes à temps complet sur les 5 000 salariés permanents que compte France 3. Geneviève Giard, directrice générale de France 3. DAVID ADEMAS/PIXPALACE « Nous sommes la seule chaîne française à posséder un tel outil de production mais il 2010, pointait la mauvaise situation finan- conise, entre autres, une baisse des charest malheureusement déficitaire, souligne cière de France 3 et de son réseau de 24 ges variables et fixes de la filière, la pérenGeneviève Giard, directrice générale de stations régionales. Pour y remédier, les nité de l’emploi et le financement des France 3, chargée du dossier par la prési- experts de Bercy recommandaient, entre moyens de production en haute définidence du groupe. C’est dans un souci de autres, « la cession » de la filière de pro- tion (HD). « Pour l’instant, ce chantier n’a de partibonne gestion que nous voulons la ramener duction en raison de ses coûts « hors du à l’équilibre en la faisant travailler pour marché » et de la « distorsion de concurren- cipatif que le nom », déplore pour sa part ce » qu’elle induit entre sec- Marc Chauvelot, secrétaire du syndicat l’ensemble du groupe. » En teur public et privé. national CGT de la radio télévision 2005, la filière de production, « La réussite Si M. de Carolis s’est (SNRT). Pour sauver et équilibrer la filièdont les résultats financiers de cette réforme déclaré en « désaccord re, la CGT a déjà proposé dans un « Livre apparaissent dans les comptotal » avec ces mesures, il a blanc », publié en mai 2006, la création tes de France 3, affichait un sera le signe engagé une rationalisation d’un groupement d’intérêt économique déficit de 1,6 million d’euros des moyens de production (GIE) qui permettrait d’échapper à la pour un chiffre d’affaires de que l’entreprise de France 3. « Il n’existe filialisation, et d’être surtout « un vérita84 millions d’euros. est capable aucun plan social à l’étude, ble partenaire du groupe ». Selon la CGT, Promue « chantier participatif » – auquel doivent être de se moderniser assure Mme Giard. Sans par- l’avantage de cette proposition serait de ler de rentabilité, le but est en « déplacer la filière du terrain financier à associés les personnels et les et de bouger » priorité de rétablir l’équilibre celui de l’économie ». syndicats – par la présidence de la filière et d’élargir le périLe syndicat réclame aussi la révision de France Télévisions, cette Geneviève Giard mètre de ses clients. » Et de des « décrets Tasca » de 1986, obligeant réforme suscite débats et polésouligner : « Nous sommes les chaînes publiques à externaliser, en miques depuis plusieurs années au sein d’une chaîne tiraillée entre sa vocation très attendus par l’Etat actionnaire sur ce grande partie, la production de leurs prorégionale initiale et ses ambitions de chaî- sujet. La réussite de cette réforme sera le grammes. « Si nous n’avons pas de signes signe que l’entreprise est capable de se tangibles de la part de la direction, nous ne nationale. Début 2006, un rapport de l’Inspection moderniser et de bouger ». D’autant que le allons être vite en désaccord », prévient générale des finances (IGF), commandé groupe vient de se voir octroyer une haus- M. Chauvelot. Début novembre, au cours par le ministre de l’économie Thierry Bre- se de 2,5 % de sa dotation publique issue d’un comité central extraordinaire, la ton, dans la perspective de la négociation de la redevance audiovisuelle (Le Monde direction de France 3 devrait présenter son projet élaboré pour la filière. a du contrat d’objectifs et de moyens du 31 août). La directrice générale de France 3 pré(COM) de France Télévisions jusqu’à Daniel Psenny

WPP et Universal marient marques et musique
Le groupe publicitaire britannique WPP et la maison de disques Universal Music ont annoncé, mardi 26 septembre, la création d’une coentreprise baptisée BrandAmp. Cette société installée à Londres aura pour mission de développer des partenariats entre les marques clientes du groupe publicitaire et les artistes sous contrat avec Universal.
RADIO

Arrêt de travail très suivi au sein du réseau France Bleu
L’arrêt de travail de 24 heures, auquel avait appelé l’ensemble des syndicats de Radio France, mardi 26 septembre, a été très suivi au sein du réseau France Bleu. Selon les syndicats, 34 stations sur 41 ont été perturbées. La direction de Radio France estime que 183 journalistes sur les 285 en fonction ce jour-là se sont déclarés en grève pour protester contre les conditions de titularisation des journalistes. Le plan de la direction de Radio France prévoit la titularisation, sur trois ans, de 45 journalistes en situation précaire (CDD et pigistes), dont 30 en 2006.

18

SPORTS

0123
Jeudi 28 septembre 2006

Les insultes ne restent plus impunies sur les terrains de football
Le défenseur du FC Nantes Mauro Cetto a été expulsé, dimanche 24 septembre, pour avoir insulté un joueur adverse. Une première en Ligue 1
auro Cetto ne comprend pas : « J’ai été insulté par Carrasso [gardien de l’OM], je lui répète la même chose. Et c’est moi qui sort. » Dimanche 24 septembre, lors de la rencontre opposant son équipe à l’Olympique de Marseille, le défenseur argentin du FC Nantes l’a appris à ses dépens : les insultes, longtemps tolérées sur les terrains, y auront désormais la vie dure. Aussi loin que peut remonter dans ses archives la direction des activités sportives à la Ligue de football professionnel (LFP), jamais un joueur n’avait été expulsé pour insulte. Quelques jours auparavant, Patrick Vieira, avec le Milan AC, était exclu pour trois matches. Si les fautes commises lors de la rencontre contre l’AS Rome lui ont valu deux cartons jaunes, synonyme d’un match de suspension, il a été plus lourdement sanctionné pour avoir insulté l’arbitre au moment où celui-ci l’avertissait pour la seconde fois. « Un match sans insulte, c’est imaginable, affirme Matthew Leggett, maître de conférences à l’université Paris-X et auteur d’une étude sur l’insulte dans l’univers politique. Il suffirait d’appliquer davantage les règles envers l’autre et, surtout, envers l’arbitre : le joueur canalise sa frustration vers le seul symbole d’autorité susceptible d’aller contre ses intérêts. » L’observation d’une rencontre suffit à se rendre compte des tensions existantes entre les joueurs évoluant, notamment, dans une même zone de jeu. Quand un tacle régulier ou un débordement ne suffisent plus à effacer un adversaire, le recours à l’insulte peut offrir une alternative commode – et, jusqu’à présent, peu coûteuse – à sa déstabilisation. « L’injure, l’intimidation, le harcèlement verbal font aussi partie de l’arsenal des joueurs, explique Patrick Mignon, responsable du laboratoire de sociologie de l’Institut national du sport (Insep). Qu’elle agisse dans le registre sexuel ou raciste, la palette est large. Le but est de mettre l’adversaire sous pression jusqu’à ce qu’il commette une faute avec, à la clé, un coup franc, un penalty ou une expulsion qui peuvent être déterminants. » L’épisode « Zidane » A ce titre, la confrontation entre Zinédine Zidane et Marco Materazzi est emblématique. Largement diffusée sur les écrans du monde entier, l’altercation entre le meneur de jeu français, auteur d’un coup de tête contre le défenseur italien lors de la finale du Mondial, est-elle à l’origine de cette prise de conscience du corps arbitral ? Pour la première fois, l’« agressé », également tenu responsable pour avoir « provoqué » verbalement son adversaire, a été sanctionné par la Fédération internationale de football (FIFA). « Outre la multiplication des comportements haineux émanant de certains supporteurs ou du banc de touche, l’épisode « Zidane » n’est pas étranger à cette reprise en main par les arbitres, affirme Patrick Mignon. Mais cela devrait aussi changer la pratique des entraîneurs. » Selon le L’arbitre Tony Chapron expulse le défenseur argentin du FC Nantes Mauro Cetto, dimanche 24 septembre. LAHALLE/PRESSE SPORTS sociologue, ils sont soumis à une ambivalence : « D’un côté, ils veulent être « réglos », de l’autre, ils veulent tout faire pour gagner. L’entraîneur doit aussi se rappeler qu’il est un éducateur. » Profitant de l’éclairage exceptionnel de cet épisode, Joseph Blatter, le président de la FIFA, a annoncé qu’il souhaitait organiser une cérémonie de réconciliation publique entre Zinédine Zidane et Marco Materazzi. Alors que Patrick Mignon n’y voit qu’« un effet d’apparat de plus » du patron du football mondial, Matthew Leggett estime qu’elle pourrait avoir des vertus pédagogiques : « Si les joueurs sont vraiment sincères, cela peut réparer des dommages, non seulement sur le plan sportif, mais aussi sur le plan social. Et pas seulement en France. » a
Jean-Jacques Larrochelle

M

Le PSG convoque Vikash Dhorasoo à un « entretien préalable »
LA DIRECTION du Paris-Saint-Germain a diffusé, mardi 26 septembre, un communiqué annonçant que Vikash Dhorasoo était convoqué à « un entretien préalable », certainement lundi 2 octobre, et qu’en attendant le joueur faisait « l’objet d’une mise à pied conservatoire ». Ce même communiqué justifie ces décisions par « les déclarations publiques et les comportements récents » de l’international français. Durant le week-end, Vikash Dhorasoo, qui, depuis quatre matches, avait été relégué avec l’équipe réserve, avait exprimé son sentiment d’« être humilié » et estimé que l’entraîneur, Guy Lacombe, avait « menti » à son sujet. Celui-ci avait alors parlé de « fautes professionnelles », réclamé des sanctions pour « voir la force du club » et des « excuses publiques » (Le Monde du 26 septembre). La procédure engagée par les dirigeants du club peut déboucher sur une sanction financière ou un licenciement. Le joueur, âgé de 33 ans, est sous contrat avec le club parisien jusqu’en juin 2007. a

Lille poursuit son apprentissage européen
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LENS ENVOYÉ SPÉCIAL

EN CADEAU
Les meilleurs extraits de « Apprendre à lire à l’école »

Il faut du temps pour structurer un club. Il faut des années pour se forger un palmarès. Face au Milan AC, six fois champion d’Europe (1963, 1969, 1989, 1990, 1994 et 2003), Lille a signé un match nul (0-0) prometteur, mardi 26 septembre, au Stade Bollaert de Lens, pour le compte de la 2e journée de la première phase de la Ligue des champions. Si la première période fut insipide, les Dogues peuvent se targuer d’avoir fait jeu égal avec une équipe qui alignait cinq joueurs sacrés champions du monde en juillet 2006 : Gennaro Gattuso, Alberto Gilardino, Alessandro Nesta, Andrea Pirlo et Filippo Inzaghi. « Ce soir, mes joueurs ont beaucoup appris, a expliqué l’entraîneur des Lillois, Claude Puel. Face à cette équipe, ils ont acquis de l’expérience. S’il y a eu du déchet en première mi-temps, c’est parce qu’ils voulaient trop en faire, notamment dans la récupération. Ils retiendront que dans un match de ce niveau il faut prévoir des plages de repos. Milan le sait depuis bien longtemps. » L’apprentissage continue donc

pour les Lillois, qui, grâce à ce résultat, conservent leurs chances pour la suite de la compétition puisque, dans l’autre rencontre du groupe H, l’AEK Athènes a concédé le match nul devant Anderlecht (1-1). Avec deux points, le LOSC se classe derrière le Milan AC (4 points), à égalité avec Anderlecht. « Franchement, ce Milan AC ne m’a pas plus impressionné que ça », a déclaré l’Ivoirien Kader Keita, qui s’est créé l’une des plus belles occasions du match en s’offrant un slalom dans la vieille garde milanaise (57e). Prendre exemple sur Lyon Lille devait se rassurer. Après deux déconvenues consécutives en Ligue 1, contre Toulouse (1-3) et à Lyon (1-4), cette équipe réputée pour sa solidité patinait depuis quelques semaines. Si la lutte pour le titre s’annonce déjà hypothétique – le Losc est 9e après sept journées –, le club n’a jamais caché son ambition de participer aux 8es de finale de la Ligue des champions. Ce résultat face à l’un des grands d’Europe peut-il donner une nouvelle impulsion à l’équipe ? « Rassurer n’est pas le mot, a confié Claude Puel après le

coup de sifflet final. Si on a retrouvé nos vertus en Coupe d’Europe, on a encore du mal à se repositionner en championnat. » « A la fin du match, les joueurs étaient fiers mais je ne pense pas qu’on ait franchi un palier, a affirmé le capitaine, Grégory Tafforeau. On le fera lorsqu’on arrivera à être réguliers, à jouer plus souvent comme on l’a fait en seconde période. On doit prendre exemple sur Lyon. En matière d’état d’esprit et de régularité, Lyon est un modèle. » Le LOSC, qui jouait l’année dernière au Stade de France en Ligue des champions, accueillera l’AEK Athènes, le 17 octobre, et toujours à Lens. Entre-temps, il recevra Nice à Villeneuve-d’Ascq, le 30 septembre, pour le compte de la 8e journée de L1. Car Lille n’a toujours pas de terrain à lui. La future enceinte de 50 000 places qui sera destinée au club verra le jour en 2009 ou 2010. La Communauté urbaine devra se prononcer courant octobre en faveur d’un partenariat public-privé, qui devra être validé par une mission du ministère des finances. Il faut aussi du temps pour bâtir un stade. a
Pierre Lepidi

Lyon s’impose à Bucarest
89e MINUTE : après un beau mouvement collectif, Juninho, à la limite de la surface de réparation, talonne pour Karim Benzema, qui marque le troisième but de l’Olympique lyonnais. Tous les spectateurs du stade Steaua Bucarest se lèvent et applaudissent malgré la défaite de leur équipe (3-0). Mardi 27 septembre, les quintuples champions de France ont encore montré la densité de leur jeu et leur efficacité : « Pour moi, a résumé leur entraîneur, Gérard Houllier, c’était une démonstration de beau football et de sang-froid ». En remportant ainsi son deuxième match de la première phase de la Ligue des champions, l’OL a pris la tête du groupe E. Gérard Houllier s’est déclaré « confiant » pour la suite de la compétition et la qualification pour les huitièmes de finale. Dans la deuxième confrontation du groupe, l’autre prétendant, que l’OL a battu (2-0) le 13 septembre, le Real Madrid, a largement dominé le Dynamo Kiev (5-1). a RÉSULTATS
Groupe E Steaua Bucarest-Olympique lyonnais (0-3) ; Real Madrid-Dynamo Kiev (5-1). Groupe F Benfica Lisbonne-Manchester United (0-1) ; Celtic Glasgow-FC Copenhague (1-0). Groupe G Arsenal-FC Porto (2-0) ; CSKA Moscou-Hambourg SV (1-0). Groupe H Lille-Milan AC (0-0) ; AEK Athènes-Anderlecht (1-1).

FOOTBALL

Newcastle licencie son entraîneur adjoint
Mis en cause dans une émission de la BBC sur la corruption dans le football anglais, Kevin Bond a été démis de son poste d’entraîneur adjoint de Newcastle (Premier league), mardi 26 septembre.
RUGBY

Dossier - Comment leur donner confiance ?
Aider le jeune à s’exprimer en public, à accepter son corps et à construire une véritable estime de soi en dépit des notes. Enseignants et psychologues vous donnent des clés pour partir sur de bonnes bases.

Nouvelle défaite de Biarritz
Le champion de France, Biarritz, a enregistré son 3e revers de la saison en s’inclinant sur la pelouse du promu Montauban (19-13), mardi 26 septembre, lors de la 8e journée du Top 14. Le Stade français, qui s’est imposé à Brives (21-6), conserve la tête du classement devant Toulouse, vainqueur de Castres (35-3).

Supplément spécial - Faire réussir les « nuls »
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Numéro de septembre 2006

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Jeudi 28 septembre 2006

Décryptages

19 Portrait

Patrick Mennucci
PARCOURS

«Ségolin» le bateleur de Ségolène
1955 Naissance à Marseille. 1969 Adhère au Parti socialiste. 1995 Devient membre du courant Gauche socialiste. 2002 Lâché par la fédération des Bouches-du-Rhône aux élections législatives. 2004 Vice-président de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur. 2006 Fait campagne pour Ségolène Royal.

Tout à la fois garde du corps, loueur de voitures, guide spécialisé des baronnies socialistes, cette figure de la fédération des Bouches-du-Rhône est l’homme à tout faire de la favorite des sondages
on nom n’apparaît même pas sur le carton d’invitation envoyé par Jean-Noël Guérini, président du conseil général des Bouches-du-Rhône, et Eugène Caselli, patron de la fédération socialiste du département, pour le premier grand meeting de campagne de Ségolène Royal, vendredi 29 septembre, à Vitrolles. Depuis sept mois, Patrick Mennucci est pourtant le bateleur de la candidate socialiste favorite des sondages. Tout à la fois garde du corps, loueur de voitures, guide spécialisé des baronnies socialistes, il est, dit-il, « celui qui ouvre les portes » et « cela [lui] va très bien ». Il a ouvert celles des fédérations socialistes à Ségolène Royal et commencé en parallèle, le 9 septembre à Caen, une tournée solitaire pour expliquer aux militants le principe de l’« adhésion Royal » : « On ne fait pas un courant, on soutient une candidate. » Avec son 1,85 mètre et ses 100 kilos, Patrick Mennucci ne passe pas inaperçu. Du Chili, où il a accompagné Ségolène Royal au mois de février, aux Fêtes de la rose bretonne ou ariégeoise de septembre, son visage rond apparaît sur toutes les photos, à l’arrière-plan de la candidate. Cette suite de pérégrinations ininterrompues lui a valu le surnom, lancé diton par le maire UMP de Marseille, de « Ségolin ». A sa massive stature devenue familière s’ajoute une voix tonitruante aux accents chantants du Vieux-Port. Avec un haut-le-cœur, des responsables socialistes racontent encore le dîner de clôture de l’université d’été du PS, à La Rochelle, fin août, lorsqu’à la table des présidentiables « Ségolin », assis à côté de « Ségolène », appelait au rassemblement à sa façon : « Allez, y aura à manger pour tout le monde ! » Un mois plus tard, sa diatribe contre « l’école du vice », le Mouvement des jeunes socialistes (MJS) ainsi qualifié pour chercher des noises à Ségolène Royal, a failli lui coûter cher. Jugé « trop impulsif » par la candidate, il ne devait plus s’occuper que des déplacements. Mais le viceprésident du conseil régional de Provence-

S

Alpes-Côte-d’Azur n’aime guère être pris pour un simple tour-opérateur. « Etre un bon organisateur, plaide-t-il, c’est être capable de savoir s’il faut une Vel Satis ou un Espace pour un déplacement et de parler politique à la présidente du Chili ou au directeur de cabinet du président du conseil général de l’Aude. » C’est sa compétence, fondée sur une connaissance encyclopédique de la tradition orale du PS, qui a fait de cet enfant né dans le sérail socialiste marseillais un directeur de campagne recherché. S’il s’est aujourd’hui un peu brouillé avec son président de région Michel Vauzelle, celuici ne tarissait pas d’éloges à son propos lors de sa campagne de 2004. Et quand, la même année, Michel Rocard fut désigné tête de liste de l’insaisissable circonscription sud-est pour les européennes, on fit encore appel à lui pour guider, avec succès, l’ancien premier ministre des tribunes de l’OM à la tombe de l’incontournable Gaston Defferre. Pour cette « connaissance intime » du parti, vantée par François Hollande, Ségolène Royal s’est décidée à son tour à faire appel à lui après le test du Chili, puis, au mois de mars, une première réunion publique ratée à Arras, dans le Pas-deCalais. Curieux attelage que celui d’une candi-

date prompte à bousculer les habitudes des caciques du parti pour soigner son image de « rénovatrice », avec un homme qui en sait un bout sur les manœuvres d’appareil. Petit-fils d’immigré de Toscane, Patrick Mennucci a grandi dans le quartier historique d’implantation italien-

J’en ai un peu marre qu’on me prenne pour un bœuf

ne, la Cabucelle, non loin d’une certaine famille Livi – celle d’Yves Montand. Son père, ouvrier, communiste, successivement employé dans une huilerie, une cimenterie et les docks de Marseille, devint le protégé de l’influent député Andrieux, chauffeur de taxi et par la même occasion membre enthousiaste de la SFIO. Sa mère est déjà socialiste. Le fils unique suit sans broncher le chemin fami-

lial : à 14 ans, il a sa carte. Depuis, Patrick Mennucci a gravi tous les étages. D’abord à « l’école du vice », le Mouvement des jeunes socialistes, puis à la MNEF, avant d’être élu pour la première fois adjoint au maire de Vitrolles en 1977, et enfin à Marseille en 1983. Redevenu « simple militant », entre 1989 et 1995, il ouvre un garage Renault à la Timone, mais repart de plus belle dans les batailles socialistes en rejoignant le courant Gauche socialiste cofondé par son ami Julien Dray. Dix ans plus tard, le voilà président du groupe socialiste à la mairie de Marseille, membre de la direction et du bureau national du PS – où, fait-il remarquer, « il n’y a pas que des perdreaux de l’année » –, installé aux premières loges de la prochaine élection présidentielle. Oublié le sérieux accroc des législatives de 2002 quand, pour cause d’union de la gauche, la fédération des Bouches-du-Rhône du PS soutint contre lui… un candidat communiste. A l’époque, Patrick Mennucci, animateur local de la Gauche socialiste, affirmait qu’il gênait dans son parti « ceux qui ne pensent qu’à se partager des territoires », c’est-à-dire tous ses chefs. Il s’opposait alors « à la dérive social-démocrate que représenterait un “blairisme” à la française ». Diplômé de Sciences Po à Aix-en-Provence et titulaire d’un DESS de gestion, il

tient à rappeler que, dans une fédération peu friande de débats intellectuels, il a toujours « animé les discussions de fond », et s’il s’est rallié au panache de la présidente de Poitou-Charentes, c’est bien « sur des questions de fond ». « En trois phrases, elle s’est fait entendre des couches populaires qui ne nous écoutaient plus », soutient-il, en prenant pour exemple ses propositions sur la sécurité et le traitement des délinquants. Lionel Jospin, pour lequel il a collé tant d’affiches, appartient pour lui à une époque révolue : « Opposer la démocratie représentative à la démocratie participative comme il le fait, c’est idiot. » Aujourd’hui, il se verrait bien député du centre de Marseille, dans l’ancien fief de Gaston Defferre, et supporte de plus en plus mal son image d’homme d’appareil : « J’en ai un peu marre, lance-t-il, qu’on me prenne pour un bœuf. » Dans le monde de « Ségolène », l’ancien pilier de courant, habitué des congrès et des AG, militant du non à la Constitution européenne, tente de gommer ses réflexes, tout en confessant un petit regret : « C’est quand même une équipe où on est souvent seul. » a
Isabelle Mandraud et Michel Samson Photo Olivier Metzger pour « Le Monde »

20
DETTE PUBLIQUE
en % du PIB

Focus

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Jeudi 28 septembre 2006

Le cadre général du budget
DÉFICIT PUBLIC DÉFICIT BUDGÉTAIRE
en milliards d’euros Loi de finances initiale Réalisé 55,1 45,2 46,9

PRÉLÈVEMENTS OBLIGATOIRES
en % du PIB

CROISSANCE DU PIB EN VOLUME
en %

62,4 58,2

64,4

66,6

64,6

63,6

en % du PIB

0
49,3 – 3,2 – 2,9 – 2,7– 2,5

56,9

44,6

43,9

43,5

41,6

43,1 42,8 43,1

44,0 44,0

43,7
+1,2 +1,1

+2,3

entre 2 et 2,5

50
2002 03 04 05 06* 07*
Source : ministère des finances

– 4,2
2002 03

– 3,7
04

30
05 06* 07*

42,7
06* 07*

+1,2

30,4

40
2002 03 04 05 06* 07*

0
2002 03 04 05 06* 07*
* prévisions

2002

03

04

05

Réduire le déficit public et soutenir la consommation
UN DÉFICIT budgétaire limité à 41,6 milliards d’euros en 2007, une dette réduite de trois points de produit intérieur brut (PIB) en deux ans, une dépense « maîtrisée », plus de 15 000 fonctionnaires non remplacés après leur départ à la retraite : le dernier projet de loi de finances du quinquennat et, probablement, de la présidence chiraquienne, a été placé sous le signe de la « responsabilité » et de l’« efficacité ». Soucieux de ne pas être accusés d’avoir cédé à la facilité et à la tentation du laxisme à sept mois de l’élection présidentielle, le ministre de l’économie Thierry Breton, le ministre délégué au budget Jean-François Copé et leurs équipes assurent s’être battus sur tous les fronts : la maîtrise de la dépense – bien que cette dernière reste à un niveau très élevé (52,9 % du PIB) –, la diminution d’un endettement qui avait battu des records en 2005 (atteignant alors 66,6 % du PIB), la modernisation raisonnée de l’Etat et une réforme fiscale qu’ils assurent « centrée sur les classes moyennes ». Le rebond de la croissance en 2006 et ses 5 milliards d’euros de plus-values fiscales ont fait beaucoup aussi pour donner au ministère des finances la possibilité de présenter, mercredi 27 septembre, en conseil des ministres, un projet de budget qui permette à la France de tenir ses engagements européens et de s’inscrire, selon les vœux de Dominique de Villepin, dans une trajectoire de désendettement.

Les principaux postes de dépense par mission
Plafonds 2007, en milliards d’euros

Enseignement scolaire 60,3 Engagements financiers de l’Etat 40,9 36,2 Défense Recherche et enseignement sup. 21,2 15,7 Sécurité 12,6 Travail et emploi 12,2 Solidarité et intégration 9,0 Transports

Source : ministère des finances

Comme l’avait souhaité et proclamé à plusieurs reprises le ministre de l’économie, la dette publique devrait être réduite de deux points en 2006 et d’un point supplémentaire en 2007 pour s’établir autour de 63,6 % du PIB. Le déficit des finances publiques (Etat, Sécurité sociale et collectivités locales), légèrement révisé à la baisse cette année, tombera à 2,5 % du PIB dès 2007. Un niveau dit « stabilisant » car il permet à la dette de cesser de prospérer. Les prélèvements obligatoires (impôts et cotisations sociales), qui étaient restés stables cette année, baissent à 43,7 % du PIB.

Pour bâtir le projet de loi de finances, Bercy a retenu la même fourchette de croissance qu’en 2006 (2 à 2,5 %) alors que la plupart des conjoncturistes prévoient un léger tassement de l’activité en France. Mais les prévisions du ministère intègrent également un prix du baril de pétrole élevé (70 dollars) et une élasticité des recettes fiscales à la croissance plus faible qu’en 2006. Des hypothèses relativement prudentes pour pouvoir faire face à une conjoncture plus dégradée, si les ralentissements américain, avec le recul des mises en chantier, et allemand, avec la hausse prévue de trois points de TVA, se

mettaient à peser davantage sur l’économie française. A Bercy, qui fait de la maîtrise des finances publiques une sorte de leitmotiv, les cabinets de MM. Breton et Copé ne sont pas peu fiers de pouvoir afficher, après trois années de stabilisation, une première sous la forme d’une diminution de 1 % des dépenses de l’Etat en volume (hors inflation). Elles s’élèveront au total à 268 milliards d’euros. Et serviront notamment à financer les lois de programmation (défense, sécurité intérieure…) et à porter l’aide publique au développement à 0,5 point de PIB, comme l’avait souhaité le président de la République. L’année 2007 doit aussi marquer l’entrée en vigueur de la réforme fiscale présentée en 2005 et votée avec le budget 2006. D’un montant global de 6 milliards d’euros, elle comporte plusieurs volets. En particulier un allégement global d’impôt de près de 4 milliards d’euros, « centré sur les classes moyennes », grâce à une refonte du barème de l’impôt sur le revenu (réduction du nombre de tranches de 7 à 5, diminution des taux et intégration de l’abattement de 20 %). Selon les calculs de Bercy, les deux tiers des gains générés par cette réforme sont concentrés sur des ménages dont les revenus annuels sont inférieurs à 35 000 euros. Ils ne font pas partie, tant s’en faut, des 10 % de Français les plus riches auxquels sont allés, affirme le Parti socialiste, 5,5 milliards des 8,5 milliards

d’euros de baisses d’impôt décidées depuis 2002. Un autre dispositif sera également applicable dès le mois de janvier 2007 : le « bouclier fiscal », qui plafonne les impôts directs (impôt sur le revenu, impôts locaux et, éventuellement, impôt de solidarité sur la fortune) à 60 % des revenus et dont, selon le ministère, 90 % des bénéficiaires sont des contribuables aux revenus modestes. Autant de mesures qui avec la forte revalorisation de la prime pour l’emploi (PPE – 948 euros au niveau du smic) – devraient contribuer à soutenir la consommation et à prendre, le cas échéant, le relais de la demande intérieure. En l’absence de réforme, le pouvoir d’achat des ménages croîtrait de 2,2 % à 2,3 % en 2007. Avec les baisses d’impôts, sa progression serait bien supérieure puisqu’elle atteindrait 2,8 %, a calculé Bercy. Les entreprises, elles, bénéficieront du plafonnement attendu de la taxe professionnelle à 3,5 % de la valeur ajoutée et d’un certain nombre de mesures plus ciblées sur les petites et moyennes entreprises de croissance, les fameuses « gazelles » chères à Renaud Dutreil. Le gouvernement les soigne d’autant plus qu’elles sont généralement très créatrices d’emplois et qu’il s’attend dans les mois qui viennent à être jugé sur sa capacité à faire baisser encore plus le chômage. a
Claire Guélaud

Budget 2007 Les gagnants, les perdants
Régimes spéciaux de retraite et santé affichent de fortes hausses de crédits. « Accès et retour à l’emploi » et transports sont les deux laissés-pour-compte. Le projet de loi de finances, présenté mercredi 27 septembre, vise à ramener le déficit de l’Etat à 41,6 milliards d’euros
Mission par mission, les choix de l’Etat
EN RYTHME D’ÉVOLUTION DES CRÉDITS en %
BUDGETS EN AUGMENTATION

Régimes sociaux et retraites Santé Justice Sécurité sanitaire Défense

+ 10,9
+ 5,5 + 5,0 + 4,2 + 2,2 – 2,6 – 3,9 – 5,3

L

Ville et logement Travail et emploi Transports
BUDGETS EN DIMINUTION

EN CRÉATIONS OU SUPPRESSIONS DE POSTES
EN AUGMENTATION

Recherche Gendarmerie Justice

+ 1 568
+ 1 387 + 548

Agriculture Transport, équipement – 2 988 Bercy – 3 000 Défense – 7 133 Education nationale*
– 936 – 1 267
EN DIMINUTION

Source : ministère des finances

* Enseignement et recherche (dont – 8 701 : enseignement scolaire)

e budget 2007 est le deuxième à être organisé selon les règles de la loi organique relative aux lois de finances (LOLF) votée en 2001. Désormais, le budget est divisé en 34 missions (sécurité, transports, justice, etc.), découpées en plus de 130 programmes. Chaque mission peut relever de plusieurs ministères, ce qui complique la tâche des conseillers budgétaires et de ministres très attachés à pouvoir se targuer d’avoir arraché à Bercy des crédits en hausse pour leur ministère. Voici, dans le projet de loi de finances pour 2007, quelques missions qui ont connu les plus fortes variations de crédits. Les régimes spéciaux de retraite (+ 10,9 %). L’Etat consacrera, en 2007, près de 5 milliards d’euros à l’équilibre des caisses de retraite des régimes spéciaux de la SNCF (2,7 milliards d’euros), de la RATP (354 millions d’euros), mais aussi des mineurs et des ouvriers de la Seita (devenue Altadis, 973 millions d’euros) ainsi que des marins et salariés de la pêche (719 millions d’euros). Allouée au titre de la « solidarité nationale », cette subvention concerne 875 000 pensionnés, plus nombreux que les actifs cotisants. Si une réforme du financement est en suspens à la RATP, aucun projet n’est engagé à la SNCF. Faute de lancer la réforme de ces régimes, l’Etat envisage

des économies sur leur gestion. Lors de la présentation du projet de loi de financement de la Sécurité sociale, mardi 26 septembre, Philippe Bas, ministre délégué à la Sécurité sociale (PLFSS), a assuré qu’« il ne peut être question que les salariés et retraités du régime général aient à supporter le financement même partiel » d’une réforme qui, selon le chef de l’Etat, n’est pas à l’ordre du jour. La justice (+ 5,2 %). En affichant une hausse de 5,2 % de ses crédits de paiement (6,27 milliards d’euros), le ministère de la justice bénéficie toujours d’un effort soutenu. Celui-ci s’inscrit, sans l’atteindre, dans le cadre fixé par la loi de programmation pour la justice de 2002, qui visait un budget de 7 milliards d’euros et la création de 10 100 nouveaux emplois en cinq ans. Le budget de la justice judiciaire (les tribunaux, hors justice administrative) se monte à 2,6 milliards d’euros, contre 2,48 milliards en 2006. La maîtrise des frais de justice, qui absorbent une part majeure des crédits de fonctionnement, n’est pas réglée. L’administration pénitentiaire reste la deuxième mission par ordre d’importance, avec 2,24 milliards d’euros de crédits. Ceux de la Protection judiciaire de la jeunesse augmentent de 60 millions (799 millions d’euros). Le budget de l’accès au droit diminue (338 millions, contre 350 en 2006), même si l’aide juridictionnelle (323 millions d’euros) progresse de 6 %. Enfin, la mission Conduite et pilotage, qui avait absorbé l’essentiel

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des nouveaux fonctionnaires de greffe en dées à 6 millions de ménages pour leur 2006, affiche 282 millions d’euros permettre de trouver un toit ou de s’y maintenir. Ces aides seront revalorisées (260 millions en 2006). Santé (+ 5,5 %) et sécurité sani- de 1,8 % au début de l’année 2007. Le développement et l’amélioration de taire (+ 4,2 %). La mission Santé, qui englobe les programmes d’action et de l’habitat constitue le deuxième poste de prévention en matière de santé publique, dépenses (un peu plus de 1 milliard augmente de 8,07 % avec 430,56 mil- d’euros). En 2007, 100 000 logements lions d’euros contre 398,39 en 2006. La locatifs sociaux devraient être réalisés plupart des crédits, intégrés au program- (contre 80 000 financés en 2005). Après me Santé et prévention (290 millions avoir diminué en 2003, les moyens de d’euros) sont dévolus au renforcement l’Agence nationale de l’habitat vont légède la prévention du sida, au dépistage du rement s’accroître : + 27 millions d’euros cancer et aux programmes de diminu- en « autorisations d’engagement » pour tion de la consommation d’alcool et de remettre sur le marché locatif des habitatabac. 104 millions d’euros seront consa- tions inoccupées ou « à loyer maîtrisé ». La politique de la ville et le programcrés à la poursuite des réformes hospitalières (gouvernance, mise en place de la me national de rénovation urbaine reprétarification à l’activité). Le programme sentent l’autre volet de la mission. L’interDrogue et toxicomanie subit une diminu- vention financière de l’Etat pour les opétion de 33,87 % (37 millions d’euros en rations de démolitions-reconstructions 2007 contre 55 en 2006) expliquée en par- dans les zones urbaines sensibles devrait tie par un transfert de crédits vers le pro- être plus importante. gramme Santé et prévention. Travail et emploi (– 3,9 %). Les créLa mission Sécurité sanitaire est en aug- dits de paiement de la mission Travail et mentation globale de 4,2 %. Le program- emploi, avec un total de 12,64 milliards me Veille et sécurité sanitaire, qui vise à d’euros, affichent une baisse d’environ renforcer la capacité de réponse de l’Etat 4 % comparés à 2006, soit quelque aux crises sanitaires, augmente de 2,1 % 530 millions d’euros en moins. Dans ce avec 105,25 millions d’euros contre 103,09 poste, tous les programmes voient leurs millions en 2006. 555 millions d’euros, dotations augmenter sauf celui consacré à « l’accès et le retour à l’eminclus dans le programme ploi ». Le recul est de 13 % Sécurité et qualité sanitaire Les crédits pour ce programme qui de l’alimentation, seront représente près de 50 % des consacrés à la surveillance de paiement crédits de paiement, et qui des conditions de production de la mission est consacré à la lutte contre des végétaux (biocides, Travail le chômage, à la promotion déchets, OGM) et au contrôle et emploi des parcours adaptés, notamdes animaux d’élevage. ment, ou encore les disposiDéfense (+ 2,2 %). affichent tifs d’accompagnement et Pour la cinquième année une baisse d’orientation des 16-25 ans. consécutive, les crédits du d’environ Cette baisse s’expliquerait ministère sont conformes notamment par une diminuaux objectifs de la loi de pro- 4 % comparée tion de la dotation au Fonds grammation militaire à 2006 de solidarité, qui verse l’allo2003-2008. L’enveloppe globale de 47,7 milliards d’euros (47,8 mil- cation spécifique de solidarité. Les quatre autres programmes voient liards d’euros en 2006) représente un budget de continuité, les crédits d’équipe- leur budget augmenter ou stagner. La ment progressant de 2 %. Rien ne permet plus forte hausse (42 %) concerne le donc d’étayer la crainte que les crédits « développement de l’emploi », avec les militaires soient la « variable d’ajuste- actions en faveur de la création d’emplois, ment » du déficit budgétaire à l’occasion la compensation de certains allégements de la campagne présidentielle. Les mis- de charges ciblées, les mesures pour les sions Défense et Sécurité mobilisent services à la personne ou les hôtels, cafés 97 % des crédits. 3,7 milliards d’euros et restaurants, pour un total de 1,255 milliard d’euros. Le ministère de l’emploi fait sont alloués aux anciens combattants. Le budget permettra la création de valoir que l’engagement de l’Etat en 1 012 emplois, dont 950 pour la gendar- faveur de l’emploi représente au total quelmerie, et une cinquantaine pour la direc- que 42 milliards d’euros : les 12,64 miltion générale de la sécurité extérieure liards de la mission Travail et emploi, (DGSE). La multiplication des opéra- 20,2 milliards au titre des compensations tions extérieures a conduit à porter leurs d’exonérations de charges qui apparaicrédits de paiement à 375 millions tront dans le PLFSS 2007 et 3,7 milliards d'euros (contre 175 millions d’euros en de la prime pour l’emploi. 2006). Transports (– 5,3 %). Le budget de S’agissant des programmes, la mesure la mission Transports bénéficiera de la plus significative est l’inscription 8,81 milliards d’euros de crédit de paied’une deuxième tranche de 700 millions ment, dont près de 1,3 milliard d’euros au d’euros pour le deuxième porte-avions, titre de la contribution de l’Etat au désence qui manifeste la volonté du gouverne- dettement de Réseau ferré de France et de ment de couper court aux prédictions de la SNCF. L’Agence de financement des certains spécialistes pour qui ce projet, infrastructures de transport de France (AFITF), qui finance les nouveaux projets trop cher, ne se fera pas. Ville et logement (– 2,6 %). Le d’infrastructures de transports, voit son budget de la mission Ville et logement rôle confirmé. La modernisation de la sécurité maritidevrait bénéficier de 7,16 milliards d’euros de crédits de paiement en 2007, me sera engagée notamment avec l’instaldont près de 6 milliards sont captés par lation de stations radio et de radars à Guerdeux programmes consacrés à l’habitat nesey et à la pointe du Raz. Le Comité interministériel de la Sécuriet aux plus démunis. Le premier programme, qui représente presque 5 mil- té routière a décidé de déployer 500 radars liards d’euros, recouvre, pour l’essentiel, automatiques en plus des 1 500 déjà les aides personnelles au logement, accor- annoncés. a

Recherche : en deçà des promesses
INSTALLANT, lundi 25 septembre à l’Elysée, le Haut Conseil de la science et de la technologie, Jacques Chirac se félicitait : « La science, la recherche et l’innovation sont des priorités nationales. J’ai voulu que la France se donne les moyens de son ambition. Avec la loi sur la recherche, la nation consent un effort financier sans précédent depuis un quart de siècle : en trois ans, 6 milliards d’euros de plus, 6 000 postes supplémentaires. » Les chiffres sont ronds, font impression, mais appellent, à la lecture du projet de loi de finances 2007, une analyse plus poussée. Les 6 milliards d’euros annoncés correspondent à la promesse faite en janvier 2005 par le chef de l’Etat, en réponse à la fronde des scientifiques, d’accroître leurs crédits de un milliard d’euros par an pendant trois ans. Soit, en cumul, 6 milliards d’euros (1 milliard la première année, 1 [+ 1] la deuxième, 1 [+ 1+1 ]la troisième). Ce milliard supplémentaire sera bien dépensé en 2007, comme il l’a été en 2006 et 2005. Mais l’argent supplémentaire ne bénéficiera pas à la seule recherche, désormais regroupée avec l’enseignement supérieur au sein de la Mission interministérielle recherche et enseignement supérieur (Mires). En outre, la moitié seulement de ce « bonus » est inscrite au budget de la Mires, qui avoisine 21,2 milliards d’euros, contre 20,7 milliards en 2006, soit une hausse d’environ 2,5 %. Le reste se répartit entre l’Agence nationale de la recherche (ANR) et les aides fiscales aux entreprises, telles que le crédit d’impôt recherche.

L’effort consenti pour les chercheurs
ÉVOLUTION DU BUDGET...

en %

DE LA RECHERCHE DE L’ENSEIGNEMENT SUPÉRIEUR

+ 5,39 + 2,23 + 2,05
0

+ 2,94 + 1,08 + 1,01

+ 3,50

+ 2,5

– 1,34
2002 2003 2004 2005 2006 2007*
* prévisions

Source : Le Monde, Quid, ministère des finances

La situation financière des laboratoires ne devrait donc guère s’améliorer, d’autant que l’enveloppe de la Mires est, pour l’essentiel, affectée aux salaires. « En 2005 et 2006, dans les labos, on n’a pas vu la moindre évolution positive. En 2007, les crédits de fonctionnement vont encore stagner à un niveau notoirement insuffisant », déplore l’association Sauvons la recherche (SLR). Quant aux postes, un peu plus de 1 500 devraient être créés en 2007 dans les organismes et les universités. Il y en avait eu 3 000 en 2006 (et seulement 150 en 2005). Les 6 000 ne sont donc pas atteints, même en comptabilisant les 1 000 postes universitaires obtenus de haute lutte par les chercheurs au printemps

2004, et dont l’ouverture effective s’était reportée sur 2005. Or, en août 2005, à Reims, le chef de l’Etat avait publiquement fait état de « 3 000 postes supplémentaires en 2006 et autant en 2007 ». « Le non-respect de ses engagements par l’Etat constitue un signal extrêmement négatif pour les jeunes. Il n’est pas de nature à restaurer la confiance et la dynamique dont notre recherche a besoin », regrette Bertrand Monthubert, président de SLR. Même déception pour Jacques Fossey, secrétaire général du Syndicat national des chercheurs scientifiques (SNCSFSU) : « L’objectif de consacrer 3 % du PIB à la recherche et au développement, en 2010, est clairement abandonné. » a
Pierre Le Hir

PIERRE MÉHAIGNERIE, PRÉSIDENT (UMP) DE LA COMMISSION DES FINANCES DE L’ASSEMBLÉE NATIONALE

« En cinq ans, 120 000 emplois publics supplémentaires ont été créés »
Le budget 2007 prévoit plus de 15 000 suppressions de postes dans les ministères. Est-ce une rupture par rapport aux années précédentes ?

La fonction publique de l’Etat en chiffres
SELON LE GOUVERNEMENT EMPLOIS BUDGÉTAIRES ÉQUIVALENTS TEMPS PLEIN TRAVAILLÉS**

Aborder le problème de l’emploi public sous le seul angle de l’administration d’Etat est réducteur, car la fonction publique d’Etat et la fonction publique territoriale sont fortement imbriquées et leur champ d’intervention respectif n’est pas suffisamment délimité. Le projet de budget pour 2007 prévoit de ne pas remplacer 15 000 fonctionnaires qui partent à la retraite. Critiquer cette mesure de bonne gestion de l’Etat alors qu’en 2007 les collectivités locales vont créer au moins 30 000 emplois publics supplémentaires ne me semble pas responsable. Le solde des emplois publics d’Etat, qui est en légère régression, et celui des emplois publics des collectivités locales, qui est en forte progression, représentent 120 000 emplois publics supplémentaires sur cinq ans. Leur nombre avait déjà été accru d’un million au cours des vingt années précédentes. A ce titre, la France représente une anomalie en Europe.
Comment analysez-vous cette exception française ?

17 214 13 675 6 553

4 973 5 378

0

– 993 – 4 537 – 7 392 – 5 430

– 15 032
1998 1999 2000 2001 2002 2003 2004 2005 2006 2007

* hors appelés, hors mesures d’ordre et hors budgets annexes ** mode de comptabilisation des emplois selon la LOLF

La rigueur, une affaire de présentation ?
SOUS-ESTIMATION des dépenses, transformation de ces dernières en moindres recettes, etc. : il existe différents moyens pour présenter un projet de loi de finances sous un jour favorable. Député (UDF) de la Marne et membre de la commission des finances de l’Assemblée, Charles Amédée de Courson, formé dans une grande école de commerce (l’Essec) et magistrat de la Cour des comptes, se fait chaque année une spécialité de traquer les petites et grandes astuces comptables qui permettent à Bercy d’afficher, parfois à bon compte, une rigueur budgétaire. Ainsi, pour 2007, la baisse de 1 % en euros constants des dépenses de l’Etat ne tient pas compte du prélèvement sur recettes de quelque 2,7 milliards d’euros au profit de l’Union européenne et des collectivités locales, ni des dégrèvements et remboursements de 600 millions sur les impôts locaux, encore moins du milliard de la prime pour l’emploi. Nombre de dépenses nouvelles, fait remarquer M. de Courson, sont basculées en crédits d’impôt : les 170 millions d’euros d’aide aux restaurateurs, les 60 millions d’euros accordés aux petites et moyennes entreprises en forte croissance, ou encore le chèque transport (30 millions d’euros). Au total, la dépense brute progresserait de 7,4 à 7,5 milliards d’euros, soit trois fois plus que les 2,1 milliards retenus par M. Copé. Compte tenu de ce constat et de son analyse des dépenses de Sécurité sociale, qui progressent à un rythme de 4 % en 2007, le spécialiste UDF des questions budgétaires ne croit guère à la possibilité de réduire l’endettement de deux points. Avec un déficit de l’Etat d’environ 42 milliards d’euros, il faudrait vendre, selon lui, quelque 77 milliards d’euros d’actifs parmi les 120 milliards encore cessibles pour diminuer la dette. « Avec 16,6 milliards d’euros de produit de cessions d’actifs affectés au désendettement, on était loin du compte en 2006 », s’exclame le député. M. de Courson redoute que l’Etat, pour diminuer la charge des intérêts de la dette et en limiter la progression à 200 millions d’euros, soit tenté de transformer une large part de la dette à taux fixe de la France en une dette à taux variable à court terme. Avec tous les dangers que recèlerait un tel choix sur le marché monétaire. a
C. Gu.

L’évolution de l’emploi public
SELON L’INSEE

Nos voisins européens ont l’habitude de dire que la France est suradministrée et sous-organisée. Le président socialiste d’une région du sud de la France me racontait récemment qu’il avait réuni autour d’une même table les différents acteurs concernés par un projet d’implantation d’entreprise et qu’ils étaient au nombre de 27. Il n’est plus possible de continuer ainsi : il faut s’atteler à la simplification de la vie des Français et des entreprises, et ainsi passer d’une société de défiance à une société de confiance. Dans ce domaine, la rupture est nécessaire. Contrairement à ceux qui défendent l’idée qu’il faut plus d’Etat, plus de dépenses publiques et plus de règlements, nous pensons que l’Etat gère mal car il est loin et que l’on peut rendre un meilleur service public à un meilleur coût. Le Canada, le Danemark et d’autres pays ont su réduire leurs dépenses publiques et le train de vie de l’Etat, tout en favorisant le retour au quasi-plein emploi. Pourquoi pas nous ? En France, les politiques publiques ne souffrent pas d’une insuffisance de moyens mais d’une confusion de leurs objectifs et d’une complexité des procédures. Par ailleurs, le rôle du Parlement n’est pas de légiférer toujours plus mais de rendre

en millions d’équivalents temps plein
5,2 5,1 5,0 4,9 4,8 4,7

1990 91

92

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96

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davantage efficient le contrôle de la dépense publique. Si à chaque fois nous nous demandions : cette dépense sert-elle l’intérêt général ? Le projet qu’elle finance peut-il être réalisé à moindre coût ? Pourrait-il être rendu par une autre administration ou confié au secteur privé ? Ce « benchmarking » nous permettrait de réduire davantage l’endettement, de sécuriser le système de santé et de retraites et d’améliorer le pouvoir d’achat de ceux qui, par leur revenu, estiment ne pas appartenir à la classe moyenne.

Quelle rupture prônez-vous ?

Pour entraîner l’opinion publique, il faut que les réformes soient accompagnées d’un esprit de justice et d’exemplarité. Cela passe notamment par la mise en place d’un gouvernement resserré autour de quinze ministres et par la réduction des dépenses des grandes institutions, y compris du Parlement. Si l’exemplarité au sommet va de pair avec l’esprit de responsabilité, nous convaincrons. a
Propos recueillis par C. Gu.

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Lelivre dujour
L’œil sévère d’un philosophe

Débats

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Jeudi 28 septembre 2006

Jospin a-t-il le devoir de se présenter ?
Le Parti socialiste s’est renouvelé, il n’attend pas de recours. Il veut assurer la victoire en 2007

P

roaméricain, parce que les EtatsUnis incarnent et garantissent les libertés fondamentales, proisraélien, parce que l’Etat d’Israël est légitime et démocratique, sévère envers l’Europe et la France, parce qu’elles oublient leurs propres valeurs en faisant le jeu du totalitarisme islamiste, voilà un essai qui tranche ! Il s’appuie sur un choix philosophique clair et net en faveur des valeurs de la démocratie, et en tire les conséquences de manière cohérente. Une telle évidence paraît souvent, hors de France, aussi banale qu’elle semble ici discutable. Ces pages sont donc à méditer, au moment où s’aiguisent les affrontements dans le monde entier, et où s’ouvrent ici les débats préélectoraux. Evidemment, le philosophe n’est inscrit à aucun parti, ne donne aucun conseil de vote. Mais il invite, en solitaire, chacun à réfléchir, à se poser des questions gênantes, inhabituelles, voire désagréables. Se

L

ionel Jospin, l’homme, le camarade qui a théorisé « Je dis ce que je fais, je fais ce que je dis », celui qui a déclaré au mois de juin : « Je ne serai pas un candidat de plus, je veux être une solution et non un problème », fait chaque jour semble-t-il un pas de plus vers l’annonce de sa candidature. Il en a bien sûr le droit, mais en a-t-il le devoir ? Posons-nous simplement cette question : qu’est-ce qui justifierait la candidature de Lionel Jospin ? L’intérêt du Parti socialiste ? Celui-ci compte, en 2006, 210 000 adhérents, soit près du double qu’en 1995, lorsqu’il fallut départager Henri Emmanuelli, premier secrétaire, et Lionel Jospin, à cette époque porté par les sondages. Serions-

François Rebsamen
Maire de Dijon, numéro deux du Parti socialiste nous moins forts aujourd’hui ? Depuis 2003, nous avons remporté toutes les élections intermédiaires ; certes nous nous sommes divisés sur l’Europe mais nous avons su restaurer notre unité au congrès du Mans. Dès lors, quel sens pourrions-nous donner au mot recours que voudrait incarner Lionel Jospin ? Recours par rapport à quel danger ? François Hollande a été très largement réélu premier secrétaire, il est en cela le garant de notre cohésion. Notre

rassemblement n’est nullement menacé, les socialistes n’ont pas peur de leurs débats et des arguments qu’ils échangent. Ils ne craignent pas la comparaison entre les candidats, mais ils redoutent les effets d’une confrontation provoquée, non maîtrisée, que rien ne justifie. Serions-nous alors à la recherche d’une candidature pour gagner et qui nous ferait défaut aujourd’hui ? Ce n’est faire injure à personne que de constater que la candidature de Ségolène Royal est souhaitée par de nombreux militants et qu’elle dispose, à six mois de l’élection présidentielle, d’un potentiel électoral susceptible de faire gagner les socialistes et la gauche. Serions-nous à la recherche de candidats capables de diriger le pays ? Tous les candidats déclarés ont du talent et l’expé-

Politique par Napo

Il faut croire en la politique de Christian Delacampagne Editions de La Martinière, 216 p., 17 ¤ soucier de ce qui est vrai plutôt que de ce qui flatte l’opinion, s’efforcer de combattre les aveuglements, c’est une fonction essentielle de l’intellectuel. On sera reconnaissant envers Christian Delacampagne de lui rendre sa singularité. Il est vrai que cet intellectuel est atypique. Normalien, agrégé de philosophie, il a passé une grande partie de sa vie à parcourir le globe au lieu de rester enfermé entre une bibliothèque et une salle de classe. Il a vécu, entre autres, au Caire et à TelAviv, sillonné l’Afrique et l’Asie, avant de partager son temps entre France et EtatsUnis. Auteur d’une trentaine d’ouvrages, dont une Histoire du racisme et une Histoire de l’esclavage, il a longtemps collaboré au Monde et enseigne aujourd’hui à la prestigieuse université Johns Hopkins de Baltimore. Ses voyages, géographiques autant que philosophiques, lui ont appris à voir le monde, et les enjeux politiques du siècle, bien autrement qu’on ne se les imagine en France ou même en Europe. Après avoir crié, autour de 1968, « Elections, piège à cons ! », le penseur s’est convaincu que la démocratie et ses valeurs ne peuvent être abandonnées. La menace la plus grave provient du totalitarisme islamiste, nouvelle forme de fascisme : Delacampagne soutient, contrairement à d’autres, que ce fondamentalisme progresse dans le monde de jour en jour. Augmentent donc, corrélativement, les risques de perte des libertés, d’intolérance, de suppression de l’égalité des sexes, de disparition de la laïcité. Face à ce danger, l’Europe s’aveugle, devient nihiliste, sombre dans l’oubli de ses propres valeurs. Au lieu de défendre la démocratie, elle temporise dans la plus pure tradition munichoise. A cet aveuglement participent certains intellectuels de renom : Delacampagne cite les bêtises proférées par Baudrillard, ou par Derrida, à propos du 11-Septembre. Dans ce processus autodestructeur, la France semble atteindre des sommets. Ses blocages, ses pannes politiques, sa politique étrangère aberrante font système avec son non à l’Europe. Le philosophe démonte les contradictions altermondialistes et forme le vœu que l’Europe et la France retrouvent leur place dans les combats pour les libertés. a
Roger-Pol Droit

rience requise ; tous ont été ministres, élus ou réélus députés. Enfin, peut-il y avoir un doute sur la légitimité de nos candidats déclarés à représenter le Parti socialiste ? C’est là le cœur de l’argumentation développée par Lionel Jospin pour justifier sa propre candidature, laissant penser que celle de Ségolène Royal menacerait la conception qu’il se fait de notre parti. Un tel argument n’est pas recevable, car le soutien affiché d’ores et déjà par près de la moitié des dirigeants des fédérations socialistes, un très grand nombre de responsables et d’élus, garantit, si besoin en était, notre unité et l’adéquation de la candidature Royal à l’identité du Parti socialiste, ainsi que son ancrage dans nos valeurs communes. Les Françaises et les Français veulent ardemment un renouvellement du personnel politique et une profonde rénovation qui puisse leur redonner espoir et confiance dans leur avenir. Ségolène Royal incarne plus que tout autre cette attente, c’est pour cela que sa candidature pèse et s’impose dans notre débat. Ce débat affecte différemment Lionel Jospin. Son histoire dans le Parti d’Epinay, ses luttes avec nous, devraient lui donner une vision claire de notre histoire collective. Sa place et son rôle au cours de ces trente années font partie de notre

Le cours des choses que nous avons façonné appelle un changement lisible, franc et durable dans lequel pourra se reconnaître avec la gauche une majorité de nos concitoyens

Aucourrier deslecteurs
Marketing politique
Comme l’a remarqué François Bayrou, le débat public est bien trop polarisé sur le duel Sarkozy-Royal. Ne devrait-on avoir le choix finalement qu’entre deux produits politiques issus des études de marketing les plus « fines » : tables rondes des citoyens consommateurs sur un site Internet pour l’une, bâtons rompus avec les citoyens clients de l’autre ? D’après les études de tendance, le peuple réclamerait de la fermeté et de l’autorité. Eh bien, on lui en donnera, faisant assaut de démagogie et de fausses bonnes idées ! Il faut ratisser large (…), un coup à droite un jour, un coup à gauche un autre. Ou bien ils nous font le coup du chiffon rouge agité dans le but de créer la réaction inévitable du taureau furieux. J’en ai assez de ces sempiternelles polémiques (…). Ces deux personnages politiques sont-ils capables d’émettre des opinions non « marketées » ? (…) Ça fait assez longtemps déjà que j’ai dépassé le stade de l’overdose avec Nicolas Sarkozy, et je

commence à atteindre mon point limite avec Ségolène Royal. (…)
Christine Lourdou Villejuif (Val-de-Marne)

Enseignants-chercheurs
Le projet de préinscription des lycéens à l’université semble a priori une bonne idée (Le Monde du 22 septembre). Mais qui va gérer cette procédure ? Qui va éplucher les centaines de dossiers des candidats et, comme le prévoit la réforme, recevoir individuellement ceux qui feraient un choix d’orientation peu judicieux ? Assurément de jeunes maîtres de conférences, à qui l’on demande par ailleurs de prendre des responsabilités administratives de plus en plus lourdes, d’assurer des cours de qualité dans des conditions souvent difficiles et, surtout, de publier régulièrement des travaux de recherche pointus dans un environnement de plus en plus concurrentiel. Or il faut le dire : remplir ces différentes missions avec conscience n’est possible qu’au prix d’un investissement en temps déjà considérable. Dès lors c’est tromper les lycéens que de leur faire croire que leur dossier pourrait faire l’objet d’un examen personnalisé. En ce sens, la question

récurrente des moyens alloués à l’université en dissimule une autre, étrangement absente des débats : celle de la reconnaissance du travail des enseignants-chercheurs. La pauvreté de l’université française ne peut se gérer indéfiniment par l’augmentation de la charge de travail de personnels. (…)
Jacques Rodriguez Lille (Nord)

« Trialogue »
Je relève avec surprise, dans le titre, puis en conclusion d’une des tribunes libres publiées dans Le Monde du 23 septembre, le terme « trialogue », désignant en l’occurrence le dialogue entre les trois religions monothéistes. En effet « trialogue », qui ne figure dans aucun dictionnaire, est bel et bien un barbarisme, fondé sur l’idée que, dans « dialogue », le préfixe dia- signifie « deux ». Or il n’en est rien : dia- signifie « entre » (deux ou plusieurs personnes), et un dialogue reste un dialogue, même s’il réunit trois interlocuteurs ou davantage, comme, par exemple, ceux de Platon, les divers Dialogues des morts ou le Dialogue des orateurs de Tacite.
René Martin Antony (Hauts-de-Seine)

culture militante. Les socialistes lui demandent de conserver cette noblesse et cette vérité qu’il a théorisées dans l’action politique. Les pages qu’il a écrites avec les socialistes font notre fierté et figurent en bonne place auprès de celles de François Mitterrand, Léon Blum ou Jean Jaurès. Mais depuis son départ, notre parti s’est transformé, le cours des choses que nous avons façonné appelle un changement lisible, franc et durable dans lequel pourra se reconnaître avec la gauche une majorité de nos concitoyens. Lors du congrès de Dijon, François Hollande concluait en mai 2003 au retour des socialistes et clôturait nos travaux par cette phrase : « Nous sommes aujourd’hui en charge de la responsabilité du Parti socialiste. C’est à notre tour d’ouvrir une nouvelle étape, d’écrire une nouvelle page, d’amorcer un nouveau cours. » Le devoir de Lionel Jospin, en cette rentrée, c’est conformément à l’histoire du Parti socialiste de transmettre le meilleur de son expérience, c’est d’aider les socialistes à construire leur avenir avec les Français, c’est enfin de se mettre à nos côtés au service de la victoire en mai 2007 qui seule lavera l’affront du 21 avril 2002. Pour toutes ces raisons, pour l’unité de notre parti, Lionel Jospin a l’impérieux devoir de ne pas se porter candidat à la candidature. a

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Jeudi 28 septembre 2006

Débats

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Nous ne rembourserons pas vos dettes
Des jeunes, éduqués, plutôt de droite pointent l’injustice faite à leur génération

« Big Pharma » nous surveille
Firmes, ordonnances et conflits d’intérêts
idéliser le client est le rêve de quiconque fait profession de vendre. Les grandes firmes pharmaceutiques en rêvent aussi, dans leur puissant mouvement de banalisation de la consommation pharmaceutique. Car elles savent qu’il est bien moins coûteux de fidéliser un client que d’en trouver un nouveau : six fois moins coûteux, selon certaines études. Et elles estiment qu’elles perdent chaque année 30 milliards de dollars de ventes (sur 600 milliards de ventes mondiales), parce que des patients interrompent leur traitement. Depuis quelques années, les firmes pharmaceutiques ont investi dans la fidélisation de leurs « clients », les patients, sous prétexte de les aider à bien suivre leurs traitements chroniques. L’« observance » des traitements a ses bons et ses mauvais côtés. Il est dommage d’interrompe un traitement trop tôt. Parfois, le patient a bien raison de l’interrompre en raison d’effets indésirables, ou parce qu’il est inefficace.Mais la poursuite ou non du traitement est une affaire à discuter entre patient et professionnels de santé. L’intrusion des firmes pharmaceutiques dans l’« accompagnement » des patients à bien suivre leur traitement a commencé aux Etats-Unis, où la marchandisation des médicaments est plus avancée qu’en Europe. Là-bas le prix des médicaments est libre, les firmes peuvent faire de la promotion auprès du public pour des médicaments de prescription, et les « programmes d’aide à l’observance », forme sophistiquée de cette publicité, se multiplient. Ces programmes arrivent en France, par la petite porte. Les députés français doivent bientôt se prononcer sur un projet de loi d’« adaptation au droit communautaire dans le domaine du médicament ». Son article 29-10 prévoit d’autoriser le gouvernement à légaliser les « actions d’accompagne-

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ous ne sommes pas une jeunesse égoïste. Nous ne faisons pas le procès de nos aînés. Nous demandons une prise de conscience. Ce message est le cri d’alarme d’une classe d’âge. Nos grands-parents ont reconstruit notre pays. Nos parents ont découvert le chômage de masse. Quant à nous, nous devons vivre dans une société plus instable, précaire et concurrentielle que jamais. Le manque de moyens de nos universités, les difficultés à trouver un emploi stable, les problèmes pour se loger ne sont que quelques-unes de nos difficultés quotidiennes. Notre pays subit déjà la concurrence des nouvelles puissances comme la Chine ou le Brésil. Notre place sur la scène internationale décroît, l’Europe est en panne. Tout cela nous le savons et sommes en majorité prêts à l’assumer. Par contre, nous refusons de voir notre avenir hypothéqué. Depuis vingt-cinq ans, tous nos dirigeants ont agi comme s’il allait de soi que nous allions assumer la dette publique qu’ils accumulent. Aucun ne s’est demandé si nous le pourrions et, encore moins, si cela était juste. Avec 2 000 milliards d’euros de dette (dont 900 milliards d’engagements de retraites, chiffres cités par le rapport Péberau), la France assume une charge qui pèse lourdement sur ses finances publiques : les intérêts de la dette. Chaque année, notre Etat dépense 45 milliards uniquement pour attendre. La dette n’est pas remboursée, elle nous est transférée au

Clément Pitton
Président d’Impulsion Concorde, groupe de réflexion d’étudiants et jeunes actifs prix de 125 millions d’euros par jour, soit l’équivalent de 84 écoles maternelles. Si elle avait servi à préparer l’avenir, elle serait saine, supportable et juste. Ce n’est pas le cas. Dans une société qui construit l’avenir, les dépenses publiques de R & D et de formation augmentent plus vite que la moyenne. En France, depuis vingt-cinq ans, c’est le contraire. De 1993 à 2003, les dépenses de formation par étudiant se contentaient d’une croissance de 0,4 % par an contre 2,7 % pour la dépense publique globale. Celles de R & D ont baissé en points de PIB et le patrimoine de l’Etat a été divisé par trois en vingt-deux ans. Cette dette n’est pas saine. Due à la folle dépense de ces vingt-cinq dernières années, elle est le fruit d’une complète désorganisation de notre administration. Le Parlement n’a jamais eu si peu de pouvoir. Nos structures administratives sont pléthoriques et désorganisées. Nos dirigeants ne connaissent qu’une réponse : de nouvelles dépenses. Ils ne se demandent pas si les mesures prises sont efficaces. Ils se contentent de les empiler. Cette dette n’est pas juste. Si certains affirment que le transfert à notre génération de 2 000 milliards de dette sera sans conséquence, c’est une tromperie. Les titres de la dette sont possédés par les plus

riches des Français, et par des fonds de pension en majorité anglo-saxons. Le remboursement de la dette publique impliquera un transfert d’argent de la France vers l’étranger et des plus pauvres vers les plus riches. Et, chaque année, notre Etat rognera les services publics pour payer les intérêts de la dette. Enfin, cette dette n’est pas supportable. Des centaines d’entreprises et de futurs entrepreneurs quittent notre territoire faute de contreparties satisfaisantes à des impôts historiquement élevés. Mais le pire est la menace que cet endettement fait peser sur nos parents : le nonpaiement de leurs retraites. Seule dette de l’Etat à pouvoir juridiquement être remise en cause, les retraites serviront de variable d’ajustement. C’est en cela que, si rien n’est fait, nous ne paierons pas vos dettes. Sacrifier le paiement des retraites pour éviter de réformer notre Etat est un choix qui a été fait par deux fois, en 1993 et en 2003. Ce choix, nous le refusons, et c’est pourquoi il faut réformer notre Etat. La réforme est possible, la Suède et le Canada l’ont prouvé. Quatre principes ont guidé les dirigeants de ces pays et doivent guider les nôtres : repartir de la feuille blanche ; faire partager à tous l’effort, historique ; la réforme doit être rapide ; l’exemple doit venir d’en haut. Nous nous sommes concentrés sur la méthode. Les choix concrets, eux, incombent à nos dirigeants politiques. Eux seuls ont la légitimité du vote populaire. Et nous, nous devons, par la mobilisation citoyenne, faire de la dette publique l’enjeu de cette année présidentielle. a

ment des patients soumis à des traitements médicamenteux, conduites par les établissements pharmaceutiques » par voie d’ordonnance, donc sans possibilité pour le Parlement d’en débattre, alors que ces programmes s’apparentent à de la publicité grand public pour médicaments de prescription. Or cette publicité est interdite en Europe. Ce projet d’ordonnance prévoit que les firmes pourront mettre en place des « dispositifs individualisés (relance téléphonique, numéro vert, éducation personnalisée pour les patients, envoi d’infirmiers à domicile, etc.) ». Ainsi la boucle serait bien bouclée dans un monde organisé par « Big Pharma » : forte implication dans la « formation » initiale et continue des professionnels et dans l’« information » des patients, influences déterminantes dans le processus d’autorisation de mise sur le marché des médicaments, et, pour clore le dispositif, contrôle du malade pour être sûr qu’il prend bien toutes ses gélules et atteint bien son quota de consommation… Il est temps de mettre un terme à cette dérive dangereuse. L’un des constats d’un rapport sénatorial récent sur le médicament (Le Monde du 14 juin 2006) était l’omniprésence des conflits d’intérêts et la confusion des genres qui sévit dans le monde médico-pharmaceutique. Avec ces nouveaux programmes, elle deviendrait totale : comment imaginer qu’une firme, juge et partie, soit en mesure d’expliquer à un patient qu’il ferait mieux d’arrêter son traitement ou d’en changer ? Les patients que nous sommes tous ont besoin que les parlementaires en débattent sur le fond et refusent d’en être dessaisis par voie d’ordonnance. a Jacques Juillard, président de l’association Mieux prescrire Bruno Toussaint, directeur de la rédaction de la revue « Prescrire »

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Reportage

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Jeudi 28 septembre 2006

Promenade dans la région pendant la campagne électorale. « Touristes bienvenue, demandeurs d’asile dehors », peut-on lire sur une des affiches. ARNO WIEGMANN/REUTERS

En MecklembourgPoméranieOccidentale, le score obtenu par le parti néonazi allemand lors des élections régionales en septembre n’a pas surpris. Chômage aidant, l’extrême droite impose désormais ses idées

kermünde, ce sont les noms de Thor et Wotan qui sont arrivés en tête. Deux divinités issues de la mythologie, reprises à son compte par le régime d’Adolf Hitler et très en vogue dans les milieux d’extrême droite actuels. Dans la circonscription la plus défavorisée d’Ueckermünde, bourgade de 10 000 âmes, le NPD a recueilli plus de 30 % des voix. Le parti n’y a toutefois pas pignon sur rue, non plus que dans la plupart des communes de la région. Tout juste existe-t-il une boîte postale et, sur le site Internet du parti, un numéro de téléphone portable – qui sonnait dans le vide lors de nos nombreux appels. Tino Müller, le candidat NPD dans la circonscription, n’est pas dans l’annuaire. Son visage souriant de jeune homme propre sur lui, tempes dégagées et chemise à carreaux, trône pourtant sur de nombreuses affichettes accrochées aux lampadaires et aux poteaux du moindre hameau du coin. ncien des Jeunesses vikings, cet ancien maçon de 28 ans dirige une des « camaraderies libres », groupuscules locaux de néonazis, sur lesquelles le parti s’est appuyé en vue des régionales. Il s’est distingué en prenant la tête d’une « initiative de citoyens » contre le transfert d’un camp de demandeurs d’asile à Ueckermünde – où seulement 1 % de la population est d’origine étrangère, comme dans le reste du « Meck-Pom ». En dépit de ce maigre pedigree, Tino Müller a été élu le 17 septembre au Parlement régional. Tout comme le chef de file régional du NPD, Stefan Köster, condamné pour avoir frappé une femme à terre lors d’une manifestation antiraciste. Ou encore Udo Pastörs, tête de liste, qui a publiquement regretté qu’« un Hitler ne naisse que tous les mille ans ». Le chômage et le désœuvrement des jeunes ne suffisent pas à expliquer la percée du NPD. Il y a aussi l’insécurité psychologique provoquée par l’adhésion à l’Union européenne de la Pologne voisine, en mai 2004. « L’extrême droite a exploité la peur du Polonais qui vient prendre le travail ou les allocations des Allemands, en oubliant de dire que nos voisins créent des emplois chez nous », souligne Lothar Meistring, le maire de Löcknitz, la dernière bourgade avant la frontière. Seize ans après la réunification, ajoute cet ancien cadre de l’ex-Parti communiste est-allemand, les gens qui sont dans le pétrin se sont tournés vers le NPD parce que « c’est le seul parti qui, depuis, n’a pas encore participé au gouvernement régional ». Dans sa commune (2 900 habitants), ce vote protestataire a valu au NPD 19 % des voix, alors qu’un de ses deux sympathisants déclarés a été condamné pour avoir dégradé le monument à la mémoire des juifs persécutés ici, lors de la Nuit de cristal, en 1938. Pour Jutta Hartlich, il y a aussi un problème d’éducation. Le fait que, du temps de la RDA, le nazisme était assimilé, dans le discours public, à l’Allemagne de l’Ouest a laissé des traces dans l’esprit des gens. « A l’école, on apprenait que nous, à l’Est, nous n’avions rien à nous reprocher », se souvient la quinquagénaire. Aujourd’hui encore, dit-elle, « ce n’est pas perçu comme un problème nous concernant directement ». Enfin, le NPD a mené une campagne électorale nettement plus active que ses adversaires. Sur les affiches, ses slogans se font souvent ciblés, en phase avec les préoccupations des gens : « Gardez les écoles ! », « L’avenir plutôt que l’ANPE ». En face, le Parti social-démocrate (SPD), qui dirige la coalition sortante au pouvoir depuis huit ans, proclamait : « Le succès continue »… Il a perdu dix points par rapport au précédent scrutin, à 30 %. Pour sa campagne dans le « MeckPom », estimée à plus de 400 000 euros par les autorités, le NPD a pu compter sur l’argent et le coup de main de militants venus de Saxe, le seul autre Land du pays où il siégeait déjà dans un Parlement régional, grâce à un score de 9,2 % en 2004. Deux ans après, le bilan de son action à Dresde donne de l’espoir à certains opposants. Le parti est en perte de vitesse dans les sondages. Ses provocations incessantes commencent à lasser ses électeurs d’un jour. Le NPD, simple feu de paille ? A Pasewalk, Detlef Nase, responsable de la Croix-Rouge locale, n’y croit guère : « Hélas, ce parti est là pour durer, déplore-t-il. Ses cadres vont gagner en expérience et les jeunes d’aujourd’hui continueront à voter pour lui. » a

A

Antoine Jacob Berlin, correspondant

M e r d u N o rd Schwerin

Mer Baltique
Ueckermünde

MecklembourgPoméranieOccidentale
BELG. LUX.

Berlin Dresde

POLOGNE

Saxe RÉP. TCHÈQUE AUTRICHE

ALLEMAGNE
FRANCE

SUISSE

250 km

les

néonazis
font la norme
Andreas, un blond filiforme de 23 ans au voire à l’étranger. Andreas y pense parfois, crâne presque rasé. Pour passer le temps, mais il ne se sent pas armé pour. « Ce sont lui et ses amis se racontent les cancans du surtout les filles qui s’en vont, elles sont plus coin et commentent le feuilleton vu à la télé débrouillardes que les garçons », note Jutta Hartlich. Psychothérapeute, elle tient perla veille au soir. Les élections du 17 septembre ? « Non, manence en haut de la place du marché de on n’en parle pas entre nous. De toute façon, Pasewalk, pour conseiller les alcooliques et elles ne changeront rien », lâche Andreas. les drogués du canton. « Beaucoup d’homAu fil de la discussion, le jeune homme, qui mes du coin ont perdu tout espoir d’améliorarefuse de donner son nom de famille, tion. » Les plus fragiles sont « dans un état admet toutefois qu’il a donné sa voix au dépressif proche de la léthargie ». Hélas, soufNPD. Approuvé par ses copains, Andreas fle-t-elle, bon nombre de communes n’ont « espère que ce parti fera quelque chose » plus les moyens ou l’idée de proposer à la jeunesse des activités pour pour lui trouver un travail. briser le désœuvrement. Depuis qu’il a quitté le lycée, il a Ici, mieux Le NPD et ses sympathidécroché quelques stages chez sants se sont engouffrés des artisans, mais rien de dura- vaut arborer dans cette brèche. Depuis ble. Il attend, comme tant une coupe quelques années, ils ont d’autres. Le chômage frappe de cheveux multiplié les initiatives au près de 30 % de la population ultracourte pour niveau local. Pas seulement active de Pasewalk. en organisant, ici et là, des Le canton d’Uecker Randow éviter les ennuis concerts de rock nationalisest l’un des plus pauvres du pays. Le tourisme vert n’a pas suffi à rem- te ou de musique dite « white power », vanplacer les emplois garantis par les abattoirs tant la suprématie de la race blanche. Ils et les entreprises agricoles d’Etat, du temps ont voulu ratisser plus large en s’adressant, de la RDA. Depuis la réunification du pays, de manière anodine, aux adolescents et aux il y a seize ans, plus de 200 000 des 2 mil- jeunes parents. A Ueckermünde, l’extrême droite a orgalions d’habitants de Mecklembourg-Poméranie-Occidentale – le « Meck-Pom » nisé un tournoi de football. A Hammer, dans le jargon local – l’ont quitté pour trou- c’est une kermesse folklorique, avec danses ver du travail dans l’ouest de l’Allemagne, en costumes traditionnels, qui a permis de célébrer les racines germaniques. Ailleurs, d’autres fêtes ont eu lieu en l’honneur des moissons ou des nouveau-nés du village, dont les parents ont été réinvités plus tard autour d’une bière gratuite. « Là où il sent qu’il y a du répondant, le NPD multiplie ses efforts pour enfoncer le clou », constate Markus Birzer, qui dirige une organisation régionale de prévention contre l’extrême droite, l’Académie pour la politique, l’économie et la culture. Elle est installée à Schwerin, la capitale du « MeckPom, » où siègent désormais six élus du parti néonazi. Selon lui, la stratégie du NPD se révèle payante. Peu à peu, les idées qu’il véhicule, grâce aux revues et aux CD de musique distribués gratuitement devant les lycées, deviennent la norme chez les adolescents des campagnes de l’exRDA. Ici, désormais, mieux vaut arborer une coupe de cheveux ultra-courte pour éviter les ennuis. Ceux qui refusent ou se rangent dans le camp des « antifascistes » font attention de ne pas sortir seuls dans la rue. Le fils de l’oculiste d’Ueckermünde s’est fait tabasser pour l’avoir oublié. Dans ces zones rurales, Markus Birzer constate « un début d’hégémonie culturelle » de l’extrême droite. Un exemple : lorsqu’on a demandé au public comment baptiser des louveteaux qui venaient de naître au zoo d’Uec-

Le pays où

e long des routes droites qui traversent des groupements de fermes proprettes en briques rouges, les affiches de l’extrême droite allemande, une semaine après les élections régionales du 17 septembre, donnent encore le ton : « Défendezvous ! », « Courage pour le changement », « Ça suffit ! » Près de la frontière polonaise, dans l’est du Land de MecklembourgPoméranie-Occidentale, certains villages ont voté jusqu’à plus de 30 % pour les néonazis du Parti national démocrate (NPD). Un score qui vient jeter une ombre sur cette région peuplée de champs, de forêts et de lacs, prisée des vacanciers berlinois et, au nord, ses plages de sable blanc baignées par la mer Baltique. Bourgade de 12 000 habitants, Pasewalk passerait presque pour modérée : « seulement » 9,7 % de l’électorat ont opté pour le NPD. Le clocher en ardoise de l’église se voit de loin dans cette plaine qui fut l’un des greniers de l’ex-République démocratique d’Allemagne (RDA). Sur la place du marché, surdimensionnée au regard de la faible activité qui y règne, trois jeunes assis sur un banc s’ennuient ferme. « Il n’y a rien à faire ici », bougonne

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Rendez-vous

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Jeudi 28 septembre 2006

Goûts

Le « fish and chips » allégé
Le poisson frit dans le jus de rôti de bœuf, les larges frites au vinaigre, le tout arrosé de thé au lait : ce mets « so British » mais un peu gras se réinvente
WHITBY (Yorkshire) ENVOYÉ SPÉCIAL

i par hasard vous avez l’outrecuidance de demander à Sharon, la serveuse du Magpie Café, la recette de la pâte à frire du « fish and chips », la réponse, d’une voix rugueuse, venue du fond du Yorkshire, est sans appel : « C’est comme le CocaCola, c’est secret. » Dans ce restaurant de Whitby, petit port de pêche du nord-est de l’Angleterre, on ne badine pas avec la tradition du plat national qu’est le fish and chips. On vient en effet de partout pour communier à Whitby, dans une discrète connivence faite de gestes partagés, dans la gloire de cette institution. En ce samedi, il a fallu faire quarante minutes de queue sous la pluie avant de pouvoir accéder, par un escalier à rampe, à la salle à manger du Magpie Café.

S

Avec une purée de pois A l’instar des bonnes vieilles valeurs de la cuisine d’Albion, les principes du fish and chips sont éternels. Le poisson, entier, est frit dans le jus de rôti de bœuf. Il est souvent accompagné de sauce tartare, voire de ketchup. La morue vient largement en tête du hitparade des préférences, suivie du haddock, de la plie ou du merlan. Les frites, larges, pas trop cuites, sont assaisonnées de vinaigre et de sel. Ce plat qui se moque des modes est servi avec une purée de pois épaisse, légèrement sucrée. Le pain blanc est conseillé pour caler l’estomac. Les puristes ne songeraient jamais à commander une bouteille de vin blanc. Ils préfèrent le déluge de thé au lait, voire, pour les plus coriaces, la stout, la bière brune qui remonte à la nuit des

temps. Après la dernière bouchée absorbée aussi lentement qu’une hostie, il ne reste plus qu’à digérer, à l’aide d’un chocolat à la menthe. Il paraît bien loin, le temps du poisson frit emballé dans un tabloïd – le Sun de préférence, qui, paraît-il, absorbait bien l’huile. La section des plats à emporter du Magpie Café sert le poisson dans un papier spécial absorbant. « Malgré la hausse du prix du poisson, les affaires ne vont pas trop mal, merci. C’est du classique, du bétonné », affirme Ray, le patron. Le fish and chips reste le numéro

un incontesté de la restauration rapide britannique, loin devant les hamburgers, currys ou kebabs. Selon la Sea Fish Industry Authority, l’organisme britannique de la promotion de la pêche, en 2005, les 11 500 restaurants, baraques et vendeurs ambulants ont débité 280 000 portions à partir de 60 000 tonnes de poisson. Le chiffre d’affaires de cette industrie florissante représente plus de 1 milliard de livres (1,5 milliard d’euros). Deux amateurs sur trois le consomment à la maison. « Le poisson-frites a un effet de nivellement social, apprécié des

riches comme des pauvres. C’est un repas consistant, bon pour la santé », indique le chroniqueur gastronomique Terry Durack. A l’écouter, Winston Churchill appréciait à ce point cette spécialité qu’il l’avait exclue du rationnement pendant la guerre. Portions gargantuesques A l’instar des pubs, le fish and chips s’exporte désormais dans le monde entier, en particulier dans les pays du Commonwealth. Manhattan, à New York, possède quatre établissements de ce type, aux portions gargantuesques. A Shan-

PARIS 6 e

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La presse gastronomique est unanime :
« Yugaraj est l’un des meilleurs et des plus authentiques indiens de Paris ». Ses atouts : un grand chef et son savoir-faire, des produits nobles à la hauteur de sa réputation, un beau décor, un service attentionné. Les vins les mieux adaptés, des plats inédits. Ici l’on sort des sentiers battus : gambas au cumin, cailles fumées au poivre rouge de Pondichéry, ananas Victoria rôti aux épices. MENU 29,80 €, FORMULE à midi en semaine 19 €, CARTE 36 € environ. YUGARAJ - 14, rue Dauphine - Paris 6e
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L

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e célèbre palais des viandes de qualité rouvre ses portes après une rénovation des plus réussies. Que les fidèles amateurs se rassurent : le cadre a conservé son cachet et la personnalité qui fait son charme. Rafraîchi plutôt que transformé, l’authentique décor années trente a encore gagné en espace et en confort pour ses hôtes. La superbe porte à tambour et l’immense baie vitrée, réchauffée de rideaux clairs, offrent une belle clarté. Les tons naturels et le bois demeurent, tonifiés de luminaires ornés de cornes de bovin en métal et habillés d’abats jour rouges, rappelant l’âme des maquignons de La Villette. Large sourire, immenses assiettes et proportions

géantes sont toujours au rendezvous pour savourer une viande bien née, rassise et persillée comme il faut. Pavé du chevillard ou des mandataires, chateaubriand des bidochards, onglet… s’ils sont dits “maigres” dépassent tout de même les 300 g et la pièce de bœuf les 500 g ! Pour les “petites” faims, certains morceaux sont proposés en 200 g. Notez qu’on n’a surtout pas changé les fameux desserts ni la judicieuse carte des vins !
Au Bœuf Couronné
188, avenue Jean Jaurès 75 019 Paris - Tél. : 01 42 39 44 44
Ouvert 7 jours sur 7, de midi à 15 h et de 19 h à minuit. Service voiturier midi et soir.

ghaï doit s’ouvrir la réplique d’un restaurant du Dorset, où rien ne manquera sur la table, pas même l’obligatoire vinaigre au malt de couleur brunâtre made in England. Mais le fish and chips est aujourd’hui la cible de la lutte contre l’obésité, devenue la priorité du gouvernement Blair en matière de santé publique. En effet, les Britanniques se classent désormais au deuxième rang du surpoids en Europe, derrière les Grecs, mais devant les Allemands. Les diététiciens dénoncent sa forte teneur en sucre, graisse animale, sel et acides gras. Une petite portion « pèse » 870 calories en moyenne. Pour survivre, le fish and chips se réinvente. L’heure est désormais à la friture à l’huile végétale, en particulier de tournesol. Un nombre croissant de restaurants offrent une formule vapeur ou grillée. Le riz ou les pâtes remplacent progressivement les frites. La sauce est allégée : huile d’olive, salsa, hollandaise ou aux herbes. Résultat de cette pincée de fantaisie provoquée par la chasse aux kilos superflus : les plus grands restaurateurs anglais mettent le fish and chips – nouvelle formule – à leur menu. Basé en Cornouailles, le chef Rick Stein a concocté une version moderne en proposant de la sole, du thon, du maquereau ou du turbot pour

remplacer la morue venue d’Islande, trop souvent congelée. L’Ivy, restaurant de Covent Garden, à Londres, offre ainsi à sa clientèle branchée une fine tranche de morue grillée, quelques pommes allumettes et des petits pois vapeur. Aux dernières nouvelles, le mannequin Kate Moss en raffole. a
Marc Roche

Magpie Café, 14 Pier Road, Whitby, Nord Yorkshire, www.magpiecafe.co.uk

fiche pratique
Où manger. L’Oscar des
meilleurs « chippies » en 2005, décerné par la Sea Fish Industry Authority est allé à Hodgson Chippy, 96th Prospect Street, Lancaster. En deuxième position figure Andy’s Fish Bar, 53-55 Market Street, Church Gresley, Swadlincote. S’est classé troisième : McDermott’s Fish and Chips, 6th The Forestdale Centre, Featherbed Lane, Addington, Croydon, Surrey. S’organiser. La plupart des restaurants fish and chips n’acceptent pas les réservations. Il faut dès lors s’armer de patience et faire la queue, en particulier le weekend. Certains établissements sont dépourvus de licence permettant de vendre de l’alcool. On peut dans ce cas apporter vin ou bière, à condition de régler la « taxe du tire-bouchon ».

Bonne table 35º Ouest a rouvert
Pascal Yar, ancien directeur du Gaya Rive Gauche, a rouvert 350 Ouest, club des amateurs de poissons du 7e arrondissement de Paris. Un sobre décor, des nappes immaculées, des assiettes rondes, et c’est reparti avec le jeune Reddy Merienne qui trousse une cuisine parfumée et colorée : sardines tièdes en rougail, tartare de poisson sauce Caesar (aux anchois) et langoustines poêlées servies en

accompagnement d’un velouté de cresson. Le bar rôti aux cèpes et jus de veau réduit comme le saintpierre aux coques et câpres servi avec un jus légèrement mousseux renouvellent le genre, sans excès. Quelques desserts gourmands, des vins au verre, cave très courte mais judicieuse.
Petit menu au déjeuner (vin et café compris) : 29 euros. A la carte, compter 55 euros. 35, rue de Verneuil, 75007 Paris. Tél. : 01-42-86-98-88. Ouvert du mardi au samedi.

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Jeudi 28 septembre 2006

MODES DE VIE

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Quelle maison pour les enfants du divorce ?
Selon certains pédopsychiatres, la résidence alternée serait dommageable à long terme, notamment pour les jeunes enfants
aurène, 12 ans, s’inquiète : elle a encore oublié son livre de maths chez son père, alors que, cette semaine, elle réside chez sa mère. Benjamin, 7 ans, se demande s’il va pouvoir suivre des cours de tennis avec ses copains. Ils ont lieu près de chez sa mère, mais son père acceptera-t-il de l’accompagner ? Milan, 14 ans, n’ose pas réclamer à sa belle-mère les fournitures scolaires qui lui manquent… Pour les enfants qui vivent en résidence alternée une semaine chez leur père, une autre chez leur mère, la rentrée scolaire est l’occasion de renouer avec un emploi du temps compliqué. Aux tracas liés au transfert des affaires personnelles et scolaires d’un domicile à l’autre, parfois tous les trois ou quatre jours, s’ajoutent les soucis habituels d’un mois de septembre. Qu’il s’agisse des réunions entre parents et professeurs ou des invitations d’anniversaire, l’enfant en garde alternée passe son temps à jongler. Le plus souvent pratiquée à l’amiable, cette forme de garde a été formalisée par la loi du 4 mars 2002. Elle devrait être complétée par la « possibilité du partage des allocations familiales » dont Philippe Bas, le ministre de la famille, a annoncé mardi 26 septembre l’inscription dans le projet de loi de financement de la Sécurité sociale pour 2007. Sur les 2 millions d’enfants dont les parents sont divorcés ou séparés, on estime aujourd’hui à 10 % ceux dont la résidence alternée est imposée par voie judiciaire. « Désormais, les juges aux affaires familiales la préconisent pour des enfants de plus en plus jeunes », s’alarme l’association gre-

L

tutrice parisienne chargée d’enfants de 7 à 8 ans. Cependant, ce partage du temps de vie de l’enfant en deux parts égales « a priori fonctionne car il positionne les deux parents sur un pied d’égalité », affirme Alain Cazenave, président de l’association SOSPapa. A condition, toutefois, que les deux domiciles soient proches et que chaque parent ait les moyens d’allouer un espace propre à l’enfant. Pour aider à l’organisation de la famille décomposée, la société Filomédia commercialise depuis le 1er septembre le MémoCarnet, « une sorte de supercarnet de correspondance entre papa et maman pour que le quotidien des trois ne se transforme pas en galère ». Un week-end sur deux Convaincu, Arnaud n’avait pas hésité à accepter, en septembre 2005, la garde alternée que son ex-femme lui proposait. « Je pensais que c’était pour moi le moyen de partager un peu de quotidien avec mon fils de 4 ans, de lui transmettre mes valeurs », dit-il. Mais, après un an, il est inquiet. Chez lui, son fils paraît joyeux mais il « flotte », ne sait pas où est « sa » maison et fait des cauchemars. « Il se réveille en disant que sa maman part en Afrique et qu’il veut aller avec elle mais qu’elle n’a pas le temps », raconte ce père. Pour que son enfant soit « chez lui quelque part », Arnaud vient de décider de ne partager avec son fils qu’un mercredi et un week-end sur deux. En attendant qu’il grandisse. Sur fond de bataille pour la pension alimentaire, « il ne faut pas que les parents oublient que c’est le confort de l’enfant qui est prioritaire. Il est normal de voir les deux parents autant que possible, mais, selon les âges, les besoins vont être différents », confirme Catherine Audibert, psychologue. Car ce que l’adulte pense être un anodin changement de lieu consiste chaque fois pour l’enfant à changer de parent, d’univers et de vie. a
Florence Amalou

JACQUES GUILLET

nobloise L’Enfant d’abord, à l’origine de la publication du Livre noir de la garde alternée (à paraître le 5 octobre chez Dunod). Des pédopsychiatres y exposent les effets négatifs de ce mode de garde sur les enfants de moins de 4 ou 6 ans. Selon eux, la rupture répétée entre le jeune enfant et sa figure primaire d’attachement (la mère) peut conduire, plus tard, à des troubles de la personnalité (état dépressif, difficulté à se lier). « Les conséquences nocives chez l’enfant de sa sépara-

tion avec l’adulte privilégié ont été étudiées depuis la première moitié du XXe siècle. Elles sont d’autant plus difficiles à supporter par l’enfant que celui-ci est plus jeune et que la séparation est plus longue », écrit le docteur Hana Rottman. Ainsi, lors du transfert d’un domicile à l’autre, des cris, un certain mutisme ou des crises d’asthme peuvent traduire l’angoisse du très jeune enfant qui, s’il aime son père, ne possède pas encore la « mémoire » de sa mère, et va se vivre comme seul au monde.

La garde alternée est une « bombe à retardement », affirme de son côté la pédiatre Edwige Antier dans son livre Dolto en héritage, tout comprendre, pas tout permettre (éd. Robert Laffont, 2005, 282 p., 19 euros). Les enfants qui vivent en garde alternée « ont un sentiment d’anxiété permanent (quel jour sommes-nous ?, qui vient me chercher ?, je reste à l’étude ou je sors à 16 h 30 ?) », auquel s’ajoute le fait qu’« ils sont parfois incapables de se situer dans le temps », témoigne une insti-

FISC DES DÉMARCHES À EFFECTUER AUSSI POUR LES NON-IMPOSABLES

Bien s’y prendre pour profiter des baisses d’impôts en 2007
LA RÉFORME fiscale présentée en 2005 prévoit une refonte du barème couplée à une baisse de 4 milliards d’euros de l’impôt sur le revenu et la mise en place d’un « bouclier fiscal » plafonnant les impôts à 60 % des revenus. Ces mesures s’appliqueront dès janvier 2007. Elles supposent que les contribuables, même non imposables, fassent des démarches auprès de l’administration pour en bénéficier. Prime pour l’emploi (PPE). Les 250 000 bénéficiaires de la PPE, auxquels l’administration réclame tout ou partie des sommes touchées comme acompte, doivent, « dans les meilleurs délais, se signaler auprès de leur trésorerie, (…) afin de bénéficier de l’octroi d’une remise gracieuse chaque fois que leur situation le justifie ». Tel devrait être le cas des 125 000 personnes qui ont perdu cette prime pour avoir basculé dans le chômage. Déclaration préremplie (DPR) et télédéclaration. Testée en 2005, la DPR a été généralisée cette année. 16 % des contribuables ont dû cependant la rectifier, pour trois raisons : l’information était erronée ou incomplète, l’abattement spécial de certaines professions n’était pas pris en compte ou encore l’administration fiscale avait commis des erreurs. En 2007, la DPR pourrait être étendue aux rémunérations des employés à domicile payés à l’aide d’un chèque emploi-service universel (CESU). Par ailleurs, l’avantage de 20 euros accordé aux télédéclarants (5,7 millions en 2006) est maintenu l’an prochain. Baisses d’impôt. Les premières diminutions de l’impôt sur le revenu interviendront dès le début de l’année sous la forme d’une baisse de 8 % (dans la limite de 300 euros) des acomptes de février et de mai ou des premiers versements mensualisés. Dès janvier, le ministère de l’économie mettra une calculatrice en ligne à la disposition des contribuables qui choisissent de moduler leurs acomptes en raison de rentrées d’argent irrégulières. Bouclier fiscal. Pour bénéficier de ce dispositif plafonnant à 60 % des revenus les impôts directs (impôt sur le revenu + taxe d’habitation + taxe foncière + impôt de solidarité sur la fortune), il faut déposer au fisc, à partir du 1er janvier 2007, une demande de remboursement de trop-perçu. Sont pris en compte dans les revenus : les salaires et les pensions, les bénéfices industriels et commerciaux, les revenus fonciers et les intérêts et plus-values de placements. Un outil de simulation sur Internet aidera les contribuables à savoir s’ils font partie des quelque 100 000 personnes potentiellement concernées. Interlocuteur fiscal unique. Dès le début 2007, 7 millions de foyers fiscaux pourront effectuer leurs démarches fiscales courantes dans un même lieu : soit un hôtel des finances regroupant les services des impôts et du Trésor public (60 devraient être ouverts début 2007), soit dans un point « accueil finances », testé dans l’Ain, l’Essonne, le Loiret et en Meurthe-et-Moselle. Services en ligne. Sur le site impots.gouv.fr (rubrique Particuliers), un compte fiscal est proposé à chaque usager. Il lui offre une vision globale de ses données fiscales personnelles sur les trois dernières années. Il est aussi possible de s’abonner à une lettre d’information fiscale personnalisable. a
Claire Guélaud

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« La démocratie.fr »

vous propose…

Les débats du Monde
Lundi 9 octobre 2006 à 20 h 30
Comment Internet bouscule la politique, sa communication et sa pratique Avec Pierre Rosanvallon, professeur au Collège de France, président du
cercle de réflexions La République des idées. Isabelle Falque-Pierrotin, conseiller d’État, déléguée générale du Forum des droits sur l’Internet. Bruno Patino, président du Monde Interactif, éditeur du Monde.fr. Thierry Solère, responsable du site Internet de l’UMP, élu au conseil général des Hauts-de-Seine. Young-Shim Park, correspondante en France d’OhmyNews, premier journal en ligne coréen axé sur le processus démocratique. Etienne Chouard, professeur à Marseille, artisan du « non » au référendum et animateur du site Plan C pour une constitution citoyenne.

Vous êtes

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Bénéficiez d’un abonnement gracieux de 6 mois au Monde du lundi daté mardi
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... et d’autres invités.
Un débat coanimé par Gérard Courtois, directeur des rédactions du Monde, et Serge Marti, association pour la Fondation Le Monde en partenariat avec TNS Sofres, et avec l’intervention de Brice Teinturier, directeur général adjoint - directeur du département Stratégies d'Opinion.

en association avec le Théâtre du Rond-Point, direction Jean-Michel Ribes

Réservations :
2 bis, avenue Franklin-D.-Roosevelt - 75008 Paris Tél.: 01-44-95-98-21 - www.theatredurondpoint.fr
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Informations :

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*SDL, abonnés du Monde, du Monde de l’éducation, du Monde « Dossiers et documents », du Monde.fr et du Théâtre du Rond-Point, sur présentation d’un justificatif. Dans la limite des places disponibles.

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CULTURE

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Jeudi 28 septembre 2006

A New York, l’opéra grand public

MUSIQUE

Le patron du Met a pris des mesures inédites visant à capter l’audience la plus large
NEW YORK ENVOYÉ SPÉCIAL

D

ans la file d’attente, à l’entrée du Metropolitan Opera de New York, en cette soirée d’ouverture de saison, lundi 25 septembre, deux critiques musicaux américains toisent la cohue huppée qui foule un tapis rouge. Une présentatrice de télévision s’entretient sur grand écran avec David Bowie ou Susan Sarandon. « Je n’ai jamais vu ça : on se croirait aux Oscars ! », ironise le premier. « Rien ne sera plus comme avant », philosophe le second. Le Met n’est plus le même depuis que Peter Gelb le dirige. Nommé en 2005, cet ancien

patron de Sony Classical, manager et producteur de musique classique, a pris les rênes cet été du premier établissement lyrique au monde. Bien décidé à faire adhérer le Met à « la culture générale et à la vie d’aujourd’hui », bref à l’ouvrir aux New-Yorkais et même au monde. Et à le faire savoir, avec un insolent talent pour la communication. Depuis des lustres, l’ouverture de la saison du Met était d’un conservatisme figé : des stars donnaient des extraits d’opéras dans des mises en scène sans risques alors qu’un dîner rassemblait mécènes – essentiels pour un opéra financé surtout par le privé et la vente de billets – et personnalités qui avaient les moyens de se payer un fauteuil (jusqu’à 1 500 dollars). Cette saison, tout a changé. D’abord, une œuvre intégrale est présentée dans une nouvelle production (Madame Butterfly, de Puccini, mise en scène par le cinéaste Anthony Minghella, l’auteur du Patient anglais). De plus, le spectacle est retransmis en direct, en plein air et gratuitement, à la fraî-

Lundi 25 septembre, des milliers de New-Yorkais ont assisté à la retransmission sur écran géant, à Times Square, de « Madame Butterfly », de Puccini, donné en ouverture de saison au Metropolitan Opera (à gauche). JAKE PRICE/WPN POUR « LE MONDE » - KEN HOWARD / METROPOLITAN OPERA che, sur deux sites : un écran géant est installé sur la façade de l’opéra devant la Plaza, et à quelques centaines de mètres, à Times Square, trois autres sont accrochés sur des immeubles de Broadway dont la tour Nasdaq. Ce n’est pas la première fois qu’un opéra est ainsi diffusé. La nouveauté est que cette opération va au-delà du coup médiatique en s’inscrivant dans une série de mesures qui visent à ouvrir le Met au public non spécialisé. Quelques exemples : l’ouverture gratuite de la répétition générale de Madame Butterfly aux New-Yorkais et une visite des coulisses et du plateau (une première) ; la négociation avec les syndicats du Met en faveur de la diffusion télévisée et/ou radiodiffusée d’une centaine de représentations sur le site Internet du Met (www.metopera. com) et, quatre fois par semaine, sur la chaîne par satellite payante Sirius (www.sirius.com/metopera), en sus de la transmission sur des chaînes publiques américaines (avec un relais en France assuré par France Musique) des célèbres matinées du samedi ; une collection de DVD ; l’édition de disques « instantanés » à acheter à l’issue de la représentation ; la diffusion en direct, à partir du 30 décembre, de six représentations dans des salles de cinéma aux Etats-Unis, au Canada et en Europe via Odeon/UCI. Par ailleurs, le Met lance un programme de commandes de comédies musicales et poursuit, en l’accentuant, la politique en faveur de la création ou de premières à New York d’opéras contemporains (signés Tan Dun, John Adams ou Osvaldo Golijov). Le « vieux » Met, raillé en Europe pour son conservatisme, dépasse de plusieurs têtes tout ce qui a été imaginé jusqu’ici pour que l’opéra passe le cap du XXIe siècle. Grand art et Hollywood Ainsi, sur la Plaza, un vaste parterre de sièges pliants est aligné devant l’écran géant. Un couple, avec deux petites filles médusées dans les bras, regarde, jusqu’à ce que les gamines crient un peu : « Ici au moins, elles ne dérangent personne ! » plaisantent-ils. Elles ne dérangent pas ce jeune garçon qui regarde les images sans avoir quitté le casque de son iPod, branché sur une autre musique. Plus tard, à Times Square, des passants demandent de quoi il s’agit. Une policière assure : « C’est en direct de Carnegie Hall », confondant deux grosses institutions musicales de la ville. Beaucoup appellent leurs amis au téléphone et leur font entendre le son des chanteurs à travers le récepteur. Les touristes prennent des photos de Butterfly. Une étudiante se plonge dans le programme distribué par des appariteurs : « Je ne suis jamais allée à l’opéra, mais je regarderai sur Internet », promet-elle. En raison du vacarme de Times Square, on ne jugera pas les chanteurs, mais le spectacle est assurément… spectaculaire, dans un genre très épuré. La Butterfly de Minghella est superbe visuellement et a la qualité rare de plaire au public traditionnel et à ceux que Peter Gelb souhaite attirer. Il semble avoir réussi son « coup », ce que confirme le New York Times du 26 septembre, qui consacre à l’événement une photo en « une » et plusieurs articles à cet « hybride presque étrange de grand art et d’Hollywood ». Anthony Tommasini conclut sa critique : « Tout le monde va parler du Met. On ne se souvient pas de la dernière fois qu’une telle chose a pu être dite. » a
Renaud Machart

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... au cinéma

vous invite…

pour découvrir le film de Jean-Pierre Darroussin

Madame Butterfly, de Giacomo Puccini. James Levine (direction), Anthony Minghella (mise en scène), Metropolitan Opera de New York, jusqu’au 18 novembre. Tél. : 00-1-212- 362-60-00. www.metopera.org

LE PRESSENTIMENT

PETER GELB, DIRECTEUR GÉNÉRAL DU METROPOLITAN OPERA DE NEW YORK

« Le Met s’ouvre au cœur de la ville »
En quoi vous distinguez-vous de votre prédécesseur, Joseph Volpe ?

Pour recevoir votre invitation valable pour deux personnes
(100 places au total)

Je crois beaucoup à la régénération du genre par des artistes extérieurs à la mise en scène d’opéra et par des metteurs en scène qui ne sont jamais venus au Met, comme Patrice Chéreau ou Luc Bondy. Joseph Volpe, que je respecte et avec lequel j’ai bien travaillé pendant la période où il m’a passé le relais, ne voyageait pas. Notre Madame Butterfly est une coproduction avec l’English National Opera de Londres. Ce signe d’ouverture est nouveau.
Le Met était surtout connu pour ses stars du chant, pas pour ses mises en scène…

A Broadway, les vrais artistes ne trouvent plus les conditions qu’a encore connues le jeune Stephen Sondheim à ses débuts. S’il avait 20 ans aujourd’hui, il ne pourrait travailler selon l’exigence qui a été la sienne. Adam Guettel est l’un des compositeurs les plus brillants d’aujourd’hui, mais le système commercial de Broadway ne lui permet pas de s’exprimer. Dans le cadre de ce programme, il ne fera pas fortune mais il trouvera de vrais moyens artistiques. Ces œuvres seront données au Théâtre Vivian-Beaumont,

attenant au Lincoln Center, et pourront, j’espère, créer un pont entre les deux publics.
Comment s’est passée la négociation des droits de diffusion et d’édition des spectacles et avec les puissants syndicats du Met ?

Les trois principaux syndicats de la maison ont été vite conscients qu’il fallait emboîter ce pas pour assurer l’avenir du Met et qu’il s’ouvre sur le cœur de la ville et au-delà. Cette maison est celle de tout le monde, pas celle d’un clan de privilégiés et d’initiés. a Propos recueillis par R. Ma.

envoyez vos coordonnées à :

opération « LE PRESSENTIMENT »
Le Monde Publicité - Service Culture 80, boulevard Auguste-Blanqui - 75707 PARIS Cedex 13
Les informations recueillies à cette occasion sont exclusivement destinées au Monde et à ses partenaires. Vous disposez d’un droit d’accès, de rectification et de suppression des données vous concernant (art. 27 de la loi informatique et libertés).

Le Met reste la maison des stars du chant que le public adore. Mais ce public s’est érodé, il y a moins de monde et il nous faut modifier la donne. Je pense que la dimension théâtrale peut régénérer les choses. La nouveauté ne fera pas fuir le public traditionnel et risque sûrement d’attirer ceux qui ne viennent jamais au Met parce qu’ils pensent que c’est le temple du vieillot. Je compte beaucoup sur La Flûte enchantée resserrée et « familiale » de Julie Taymor, à la fin de l’année.
Pourquoi commandez-vous aussi des comédies musicales ?

bec kett
festival
a malte martin atelier graphique | assité par adeline goyet | licence nº 19125

à l’athénée 28 sept › 9 déc o1 53 o5 19 19 www.atheneetheatre.com

findepartie BernardLevy ladernièrebande/ Krapp’slasttape XavierMarchand/ HenryPillsbury ledépeupleur MichelDidym

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Jeudi 28 septembre 2006

CULTURE
CHANSON

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Bernard Lavilliers aborde l’écueil Ferré
EN INTERPRÉTANT l’intégrale des chansons de Georges Brassens, Maxime Le Forestier avait inventé un jeu : tout chanter, avec une guitare, sans chichis ni ordre, après un tirage au sort agile opéré par le public. Bernard Lavilliers n’a pas choisi ce cours délicieux et ludique pour aborder l’œuvre de Léo Ferré, qui se prête peu au butinage. Ferré, selon Lavilliers, c’est du sérieux. Du politique et de la révolution. Le Forestier chaussait ses lunettes de vue pour tourner les pages de son encyclopédie Brassens. Lavilliers force sur le cuir et les ors, anneau à l’oreille, pantalon noir. Vingt-trois chansons, poèmes et récitations : le voyage qu’il propose serpente dans les différentes périodes du maître, sans souci de chronologie, si ce n’est la proposition initiale, La Vie d’artiste, composée en 1950 (poème de Francis Claude). Le Forestier chantait Brassens dans la petite salle de L’Européen, à Paris, avant d’assurer des dizaines de dates. Lavilliers a chanté Ferré une seule soirée parisienne, en grande pompe, au Théâtre du Châtelet, le 25 septembre, avec un orchestre symphonique. Avant une tournée de huit concerts. Lavilliers chante Ferré réunit dans la salle deux tribus parfois désunies : les amoureux de Léo Ferré et les inconditionnels de l’auteur de Fensch Vallée. Ce récital est l’aboutissement d’une longue série d’hommages à Léo Ferré rendus par Lavilliers – dans les festivals (La Rochelle, Bourges), et ses concerts où Poètes… vos papiers et Est-ce ainsi que les hommes vivent sont devenus des rendez-vous attendus. La voix n’y suffit pas Il y aura donc ici les grands succès (Avec le temps, La « the » Nana, Merde à Vauban, C’est extra), les textes fleuves (La Mémoire et la Mer, Franco la Muerte) ou encore Comme à Ostende, Le Temps du tango, magnifiquement habillés par l’Orchestre symphonique Pasdeloup. Au commencement, le roi est nu : seul avec un pianiste (Xavier Tribolet, qui reprend ensuite toutes sortes de claviers) pour les cinq premiers morceaux. La voix, grave, de Lavilliers n’y suffit pas. Il est perdu, sans sud, dans une âpreté mélancolique qui accepte mal l’exotisme et la rythmique rock. Les mélodies très particulières, à la fois linéaires et serpentines, que Ferré interprétait d’une voix vibrante, plongent Bernard Lavilliers dans la perplexité. Les mots sortent mal, la diction s’emprunte dans les cabotinages. Neuf autres chansons sont livrées en quartet (Xavier Tribolet avec Vincent Faucher à la guitare, Gil Gimenez à la batterie et l’excellent Thierry Fanfant à la contrebasse), le reste avec l’Orchestre Pasdeloup, que Ferré lui-même avait dirigé en 1975. Ainsi entouré, Lavilliers reprend ses marques, revenant au mambo pour Monsieur William (Caussimon/Ferré), au baroque pour Les Corbeaux (Rimbaud/Ferré) et à l’énergie farouche pour une Etrangère (Aragon/Ferré) encore plus manouche qu’à l’origine. a
Véronique Mortaigne

Peut-on sauver l’Ecomusée d’Alsace ?
Ce site atypique, dont la fréquentation reste importante, est situé près de Mulhouse. Il est aujourd’hui étranglé par des problèmes financiers
’Ecomusée d’Alsace, à Ungersheim, commune de 1 900 habitants du Haut-Rhin, peut-il être sauvé, et à quel prix ? Situé entre Mulhouse et Colmar, il traverse une grave crise financière sur fond de querelles politiques. L’établissement, emblématique, a été placé en observation dans le cadre d’une procédure de sauvegarde au mois de mars. Voilà qu’il n’a plus de directeur : Marc Grodwohl, qui l’avait fondé en 1984, a donné sa démission le 17 septembre, en même temps que le président de l’association de l’Ecomusée, François Capber. M. Grodwohl a également quitté sa fonction de président du directoire de la société anonyme Ecoparcs, qui gère le restaurant, la bouti- Parmi les 70 bâtiments de l’Ecomusée d’Alsace, cette maison de vigneron, construite en 1706 à Wettolsheim. BERTRAND RIEGER/HEMIS.FR que et l’hôtel de l’Ecomusée. Tout l’inverse de l’Ecomusée d’Alsace, sionnels du patrimoine, qui n’ont jamais Les deux hommes n’avaient guère le 2,2 millions d’euros de passif au mois de choix : le conseil général du Haut-Rhin et juin 2006 » – incluant un plan social de structure associative née d’un « projet de porté l’Ecomusée d’Alsace dans leur cœur. la région Alsace avaient déposé en août un 500 000 euros ayant conduit à la suppres- fous ». Dans les années 1970, Marc Grod- Marc Grodwohl, éternel franc-tireur, n’a plan de reprise de la structure posant com- sion de 12 postes en juin. Surtout, ce plan wohl militait pour la sauvegarde et la res- jamais obtenu le titre de conservateur et la me condition l’arrivée d’une nouvelle équi- prévoit « une politique commerciale et pro- tauration d’habitats ruraux. Certains d’en- Commission nationale d’évaluation des pe. La chambre commerciale du tribunal motionnelle » en « concertation active » tre eux ne pouvant être réhabilités sur pla- Musées de France lui a même refusé l’habiavec le Bioscope, un parc d’at- ce, il a eu l’idée, avec des amis, de démon- litation à gérer scientifiquement ses collecde grande instance de Colmar se prononcera sur ce plan le Le site a su toucher traction mitoyen de l’Ecomu- ter les maisons et de les reconstruire à tions. Décrit comme une forte tête, il a eu sée, consacré à l’environne- l’identique dans un autre lieu. Au fil des longtemps de mauvaises relations avec la 24 octobre. un large public : ment et au développement ans, M. Grodwohl a étendu son domaine, Fédération des écomusées et musées de En vingt ans, le départesite d’une Pour l’instant, la ment et la région ont investi 350 000 visiteurs durable. le département ont notamment en annexant le S’étendant société (FEMS), qui estimait que son entreprise relevait plus du parc d’attraction que ancienne mine de potasse. région et respectivement dans l’Ecomubudgété 35 millions d’euros, désormais sur 110 hectares, l’Ecomusée d’un établissement scientifique. sée 22 et 11 millions d’euros. par an dans La présidente de la Fédération, Julie entre 2001 et 2016, pour sou- est un village de 70 maisons avec des espaDans leur « projet de pérennisation », le président du les périodes fastes, tenir le Bioscope, qui a ces naturels, des animaux, une rivière et Guiyot-Corteville, a écrit le 19 septembre à plus collections d’art ses portes au mois de conseil général, Charles But6 millions depuis ouvert a connu une médiocre l’une desFrance.grandes su toucher un lar- la directrice des Musées de France, Francine Mariani-Ducray, car elle « pense à tout forain en Le site a juin et tner, et le président de la son ouverture ge public : 350 000 visiteurs par an dans ce savoir-faire qui pourrait disparaître ». première saison. région, Adrien Zeller (UMP), Ce rapprochement n’en- les périodes fastes, 6 millions depuis son « L’Ecomusée d’Alsace est un symbole. Il a expriment la crainte que les « deniers publics investis » soient « dilués chante guère les salariés de l’Ecomusée, ouverture. Mais sa fréquentation chute – réussi le pari d’une démocratisation culturelen cas de cessation d’activité », reprochant réunis en collectif. Filiale à 100 % de la même si les chiffres actuels (260 000 visi- le, il s’autofinance à 80 %, ce qui est excepdes « erreurs de gestion économiques et com- Compagnie des Alpes – une entreprise teurs par an) feraient pâlir d’envie n’impor- tionnel pour un musée », explique Mme Guiyot-Corteville, qui déplore « un cotée en Bourse qui détient 35 parcs de loi- te quel musée local. merciales » et un « échec de la stratégie ». Dès l’origine, l’Ecomusée a déclenché désengagement notoire de l’Etat, qui se réperNi M. Buttner ni M. Zeller n’ont souhai- sirs, dont le Musée Grévin et le Parc Astété s’exprimer, la procédure judiciaire étant rix –, le Bioscope, un partenariat entre des réactions enthousiastes ou indignées cute sur les collectivités locales et met à mal en cours. Leur plan prévoit, entre autres, public et privé, présente une culture d’en- – « déraciner » les habitations a été consi- les projets associatifs ». a déré comme un sacrilège par les profesde supprimer 49,5 emplois et de « couvrir treprise affirmée. Clarisse Fabre

L

LIVRE L’UNIVERSITÉ COMPLUTENSE DE MADRID S’ASSOCIE AU PROJET DU MOTEUR DE RECHERCHE AMÉRICAIN

La bibliothèque de Google fait une percée en Europe
C’EST UN PAS DE PLUS vers la construction d’un réseau mondial permettant la consultation en ligne de milliers d’ouvrages en différentes langues. Mardi 26 septembre, les dirigeants du moteur de recherche américain Google ont annoncé avoir conclu un partenariat avec l’université publique Complutense de Madrid – une des plus anciennes et des plus importantes d’Espagne – sur le programme « Google recherche de livres ». Celui-ci permettra la numérisation en masse des ouvrages de fonds de la bibliothèque de la faculté madrilène. Une percée majeure pour le plus grand projet actuel de bibliothèque en ligne. Pour Google, il s’agit en effet de la première signature d’un accord avec une université européenne non anglophone. Jusqu’à présent, le moteur américain avait signé des accords avec la Bibliothèque du Congrès ainsi qu’avec la New York Public Library, les universités du Michigan et de Californie, celles de Stanford, et Harvard, plus en Grande-Bretagne, l’université d’Oxford. Carlos Bertoza, président de l’université Complutense, précise que l’accord ne concerne que « les ouvrages tombés dans le domaine public » qui seront désormais « accessibles au plus grand nombre ». Cette bibliothèque universitaire, qui comprend 3 millions d’ouvrages, est l’une des plus importantes du monde hispanophone, la deuxième après la Bibliothèque nationale espagnole. Elle contient des milliers d’ouvrages en espagnol tombés dans le domaine public, des œuvres de Cervantès à celles de Sor Juana de la Cruz, mais aussi de nombreux livres en français, allemand, latin, italien et anglais. En partenariat Pour les dirigeants de Google, cet accord est une manière de rappeler que le programme « recherche de livres » n’est pas « exclusivement américain » et qu’il a aussi pour but de « se tourner vers d’autres cultures et d’autres langues ». Les deux institutions sont censées travailler en partenariat pour assurer la numérisation des ouvrages hors copyright. A terme, seront mis en ligne des centaines de milliers d’ouvrages hispanophones. Les chefsd’œuvre de la littérature espagnole seront accessibles sur la Toile, en Espagne, en Amérique latine et par tous les HispanoAméricains. « Il existe plus de 400 millions d’hispanophones à travers le monde », expliquent les dirigeants de Google. Cet accord constitue une pierre dans le jardin de Jean-Noël Jeanneney, président de la BNF et surtout chef de file du projet concurrent de bibliothèque numérique européenne (BNE). Au printemps, M. Jeanneney avait même fait une tournée en Amérique latine pour exhorter les bibliothèques sud-américaines à numériser elles-mêmes leur patrimoine littéraire, et à réagir au projet Google de numérisation de 15 millions de livres. a
Alain Beuve-Méry

Lavilliers chante Ferré, le 29 septembre à Gennevilliers, le 6 octobre à Avignon, le 8 à Bruxelles au Cirque royal, le 10 à Roubaix, le 13 aux Sablesd’Olonne, le 14 à Eysines, le 21 à Toulouse, le 24 à l’Auditorium Maurice-Ravel à Lyon.

HAUTE COUR DE JUSTICE DIVISION DE LA CHANCELLERIE TRIBUNAL COMMERCIAL

N° 1813 DE 2006

DANS L’AFFAIRE DE LA COMPAGNIE D’ASSURANCE SUISSE « WINTERTHUR » - et DE TENECOM LIMITED

Patrimoine La Russie ne restituera pas d’œuvres d’art à l’Allemagne
La Russie ne rendra pas à l’Allemagne les œuvres d’art saisies par l’Armée rouge à la fin de la seconde guerre mondiale, a déclaré, mardi 26 septembre, le ministre de la culture russe, Alexandre Sokolov. Ce dernier n’envisage que des « compensations ». – (AFP.)

- et DE LA LOI DE 2000 SUR LES SERVICES ET LES MARCHÉS FINANCIERS, AVIS EST PAR LES PRESENTES DONNE, conformément à l’article 114(2) de la Loi de 2000 sur les Services et les Marchés Financiers (la « Loi »), qu’une ordonnance a été prononcée par la Haute Cour de Justice de Sa Majesté le 7 septembre 2006, conformément à l’article 111 de la Loi, sanctionnant un projet (le « Projet ») relatif à la cession à Tenecom Limited des polices souscrites au nom de la Compagnie d’Assurance Suisse « Winterthur » par H.S. Weavers Underwriting Agencies Limited entre le 1er janvier 1967 et le 31 décembre 1983. Dans le cadre du Projet, la cession entrera en vigueur le 30 septembre 2006. En ce qui concerne toute police, dans la mesure où : 1. 2. le risque est situé en France ; et le titulaire de la police est en droit d’annuler la police suite au Projet conformément aux dispositions du droit français,

Un vitrail de Rouen retrouve ses couleurs
Le vitrail Saint-Pierre de la cathédrale de Rouen (première moitié du XVe siècle) sera de nouveau visible, à partir du 18 octobre, après une longue restauration (d’un coût de 90 000 euros) entreprise grâce au mécénat de la Fondation d’entreprise Gaz de France.

en bonne forme malgré ses cinq cents ans, et le public devrait pouvoir continuer à l’admirer « très longtemps » si l’on en prend bien soin, ont annoncé, mardi 26 septembre, des experts canadiens. Des chercheurs du Conseil national de recherches du Canada (CNRC) ont utilisé une technique d’imagerie numérique en trois dimensions pour étudier le tableau. Le CNRC a analysé pendant un an les données recueillies au Louvre pendant seize heures avec un scanner 3D, par bandes de 4 cm. – (AFP.)

27 septembre. La donation est estimée à 2,3 millions d’euros. Elle permet l’entrée dans les collections nationales d’œuvres d’artistes français et étrangers, peu ou

pas représentées, tels que Thomas Struth, Andreas Gursky, Thomas Ruff, Martin Parr, Eric Poitevin, Sophie Ristelhueber, Karen Knorr ou Lynne Cohen. – (AFP.)

La Caisse des dépôts offre des photographies au Centre Pompidou
Quelque sept cents photographies réalisées entre 1980 et 2003 par plus de deux cents artistes viennent d’être données par la Caisse des dépôts au Centre Pompidou. Cette collection, rassemblée de 1990 à 2005, est présentée dans une exposition à Beaubourg, dans son intégralité, à partir du

le titulaire de la police disposera alors d’un délai de 21 jours suivant la date de publication de cet avis en France (ou, le cas échéant, toute période plus longue autorisée par le droit français) pour annuler ladite police. Date : 27 septembre 2006 Lovells (Réf. : C4/CSR) Atlantic House, Holborn Viaduct, London EC1A 2FG Tél. : 020 7296 2000, Fax : 020 7296 2001 Avocats de la Compagnie d’Assurance Suisse « Winterthur » et de Tenecom Limited

Art « La Joconde » en forme, selon des experts
La Joconde, le chef-d’œuvre peint par Léonard de Vinci, est encore

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CULTURE

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Jeudi 28 septembre 2006

Une autre et belle lecture de « Bérénice »
THÉÂTRE

Jean-Louis Martinelli met en scène la pièce de Racine au Théâtre des Amandiers, à Nanterre

D

ans sa mise en scène de Bérénice, de Racine, Jean-Louis Martinelli a choisi, pour l’action des comédiens, un dispositif bifrontal. Le public n’est pas assis face à la scène, mais des deux côtés d’un espace rectangulaire où vont et viennent les comédiens. Il n’y a pas de décor avec colonnes ou autres. La vision, libre, ne s’attache qu’aux acteurs. Chéreau avait fait la même chose quand il avait présenté Phèdre. L’essentiel de la mise en scène de Martinelli est la vérité du moment. L’air est calme. Les acteurs sont à ce qu’ils disent à l’instant où ils le disent. Il n’y a ni distanciation ni aucun académisme. Les silences comptent pour quelque chose, chacun prend le temps de répondre, de s’orienter, de ne pas être pris de court. En un sens, nous avons le sentiment de n’être pas au théâtre. Bérénice ne va pas comprendre pourquoi Titus ne l’épouse pas. Elle le croit très troublé encore par la mort de son père. Titus, de son côté, dans le dos de Bérénice, donne plusieurs fois pour prétexte qu’il ne peut enfreindre « les lois » de Rome. C’est-à-dire qu’il ne peut, à Rome, promulguer impératrice une femme qui d’autre part est une reine. Bérénice laisse entendre que le cœur du

Marie-Sophie Ferdane, touchante de sincérité dans le rôle-titre de « Bérénice ». BENOITE FANTON/CIT’EN SCENE peuple lui est acquis, mais Titus ne prend au sérieux que ce qu’il redoute de la réaction du Sénat. La piste antisémite Quelle est la pensée de Racine ? Il pense que Titus est remis de la mort de son père. Et la vérité de l’Histoire – Titus le sait bien – est que, lorsqu’il est tombé amoureux de Bérénice en Judée et l’a fait venir à Rome, elle n’était la reine de quoi que ce soit. Ou bien alors Racine, ou bien Titus et Bérénice font les innocents. Le nœud du conflit, la raison du renvoi de Bérénice, est qu’elle est juive. Quand Racine écrit sa pièce, les juifs sont interdits de séjour en France. Il y a quelques petits ghettos à Bordeaux, Nantes, Rouen, et le pape, à Avignon, protège « ses » juifs. Mais les lettres patentes de 1615 sont en vigueur : « Nous avons dit, ordonné, voulu et déclaré : Que tous lesdits juifs qui se trouveront en cestuy notre royaume seront tenus sous peine de la vie et de la confiscation de tous leurs biens d’en vuider et de se retirer hors d’iceluy, incontinent. » L’antisémitisme, en ce temps, est partout en France, y compris sous les plumes publiques. C’est Malherbe : « Le judaïsme s’est étendu jusqu’à la Seine. Il serait à souhaiter qu’il fût demeuré sur le Jourdain, et que cette canaille ne fût point mêlée, comme elle est, parmi les gens de bien. » C’est, à Versailles même, Bossuet : « Peuple monstrueux, qui n’a ni feu ni lieu. » C’est Massillon : « Ce peuple furieux demande que son sang soit sur lui et sur toute sa postérité. » Seule une voix se consacre aux juifs, à leur histoire, à leur destin, à leur religion, avec droiture et des soins particuliers : c’est celle de Blaise Pascal. Et comment oublier que le futur auteur de Bérénice, le jeune Jean Racine, a traduit, de Flavius Josèphe et de

Phocion, de longues pages consacrées aux esséniens : « Ils sont infiniment plus soigneux que tout le reste des juifs, dit-il, à s’abstenir de tout travail des mains les jours de sabbat. » Les éditeurs, commentateurs, enseignants tiennent pour rien la naissance de Bérénice en Judée. Dans la dernière édition du théâtre de Racine dans la Bibliothèque de la Pléiade, Georges Forestier précise tout de même, en note, que « la juive Bérénice ne pouvait se mêler aux cérémonies romaines ». La mise en scène de Jean-Louis Martinelli est avant tout dans la direction du jeu. Elle est d’une très rare approche. Les acteurs disent les alexandrins comme si les vers étaient la nature même de s’exprimer. Ils vivent, ils respirent, c’est comme s’ils ne savaient rien par cœur. Marie-Sophie Ferdane (Bérénice) est d’une sincérité, d’un sérieux et d’une aisance qui touchent vraiment. Patrick Catalifo (Titus) est authentique et naturel. Hammou Graïa donne une conscience déchirée d’Antiochus, mais avec la même réalité réfléchie. Une belle approche de Bérénice, hors de toutes les idées reçues. a
Michel Cournot

Un opéra retiré en Allemagne par peur de réactions islamiques
l y a trois ans, la scène finale d’Idoménée, opéra de Mozart joué au Deutsche Oper de Berlin, avait juste causé quelques remous. A l’issue de l’ultime note, Idoménée, le roi de Crète, revenait sur scène avec un sac ensanglanté. Contrairement au livret, le personnage ne sortait pas la tête de son fils, réclamée par Poséidon pour pouvoir retourner sur son île, mais celles du dieu de la mer, de Jésus, de Bouddha et de Mahomet. Aujourd’hui, cette scène, imaginée par le metteur en scène Hans Neuenfels, vaut l’annulation des représentations de cette œuvre, qui devait être rejouée en novembre, de peur qu’elle ne suscite des réactions parmi les musulmans. Au nom du principe de précaution, la direction du Deutsche Oper, l’une des trois salles d’opéra de Berlin, a décidé, lundi 25 septembre, de déprogrammer Idoménée et de proposer à la place Les Noces de Figaro et La Traviata. Il en va de « la sécurité du public et des collaborateurs de l’opéra », plaide la directrice de l’établissement, Kirsten Harms. La police régionale de Berlin avait en effet mis en garde la direction de l’opéra contre d’éventuelles réactions inopportunes de la part de musulmans susceptibles d’être offensés. La police a affirmé ne pas avoir été informée de menaces à l’encontre du Deutsche Oper. Tout juste a-t-elle reçu, en juin, un coup de téléphone anonyme d’une personne ayant vu Idoménée qui s’inquiétait de l’impact de la scène finale. La police s’est « contentée » de faire part de l’évolution de la situation après les réactions suscitées par l’affaire des caricatures de Mahomet. Publiés à l’automne 2005 dans un quotidien danois puis dans d’autres pays dont l’Allemagne, ces dessins avaient provoqué la colère de bon nombre de musulmans de par le monde. La représentation blasphématoire du prophète aurait été l’élément décisif ayant incité des jeunes Libanais à vouloir commettre des attentats à la valise piégée, le 31 juillet, dans deux trains régionaux allemands. Mal conçues, les valises n’avaient pas explosé. La décision surprise du Deutsche Oper a suscité un vaste débat sur la liberté d’expression. Peut-on renoncer à ce principe sans aucun débat, à la simple évocation d’une éventuelle menace ? Quand bien même la menace serait vraisemblable, doit-on reculer de la sorte ? L’annulation d’Idoménée ne revient-elle pas à donner raison aux extrémistes de tous bords ? La polémique va bon train outre-Rhin. Les responsables politiques, notamment, ont dénoncé, tant à droite qu’à gauche, cet « acte d’autocensure ». Hans Neuenfels, l’auteur de la mise en scène, a reproché à la directrice du Deutsche Oper d’avoir cédé à « l’hystérie ». Tout en affirmant qu’Idoménée reviendrait un jour à l’affiche, Mme Harns a tenu face au tollé de critiques. Elle soutient que si un incident avait eu lieu lors des quatre représentations prévues, on lui aurait reproché de ne pas avoir tenu compte des avertissements de la police et du contexte tendu autour du thème religieux. Une des rares personnalités à avoir approuvé sa décision est le président du Conseil de l’islam, une des organisations représentant les quelque trois millions de musulmans – en grande majorité des Turcs – résidant en Allemagne. Ali Kizilkaya aurait souhaité qu’Idoménée, dans la mise en scène d’Hans Neuenfels, n’ait même jamais eu lieu. a

I

Bérénice, de Jean Racine. Mise en scène : Jean-Louis Martinelli. Avec Patrick Catalifo, Marie-Sophie Ferdane, Hammou Graïa, Zakariya Gouram, Mounir Margoum… Théâtre Nanterre-Amandiers, 7, avenue Pablo-Picasso, Nanterre (Hauts-de-Seine). RER Nanterre-Préfecture, puis navette. Tél. : 01-46-14-70-00. Du mardi au samedi à 20 h 30, dimanche à 15 h 30, jusqu’au 29 octobre, puis du 7 au 19 novembre. De 12 ¤ à 24 ¤.

THÉÂTRE « WINCH ONLY », À CHAILLOT

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... au cinéma

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La famille en délire selon Marthaler
N’EST PAS Christoph Marthaler qui veut. Lui-même peine parfois à s’égaler. Le metteur en scène suisse a en effet été plus visionnaire et inspiré que dans ce Winch Only (littéralement, « réservé au treuillage »), titre de son dernier spectacle théâtral et musical, créé en mai au Kunsten Festival des arts de Bruxelles, et présenté en ouverture de saison au Théâtre de Chaillot à Paris. Au début, cela ressemble à du Marthaler pur jus. Au rez-dechaussée, la juxtaposition sommaire d’un prétoire de tribunal sur fond de salon de famille cheminéepiano-fauteuil ; à l’étage, la vitrine à bibelots et trophées, le portant à costumes avec son armada de tutus accrochés comme volailles à la chaîne d’abattage. Oraison du soir Trois hommes en costumes cravates – Marc Bodnar, Graham F. Valentine, Bendix Dethleffsen (également pianiste) – et trois femmes, mère et filles – Olivia Grigolli, Rosemary Hardy, Sasha Rau –, tous remarquables comédiens, jouant avec une savoureuse virtuosité la geste « marthalérienne », de la tendresse iconoclaste au pathétique par défaut, de la poésie décalée au ridicule qui fait vivre. Le sujet du spectacle convoque la famille au banc des accusés, via Le Couronnement de Poppée de Monteverdi (sombre histoire de sexe, meurtre et pouvoir). Est-ce d’en avoir dénoncé les abus de pouvoirs et l’entropie affective, la pénible cohabitation des corps, l’impossible copulation des esprits ? Il y a ici une surenchère du propos. Comme si, aspiré par son sujet, le metteur en scène s’était pris au jeu du procès par accumulation de preuves, à l’instar de ces enquêteurs zélés devenus assassins par procuration. Reste que le spectacle regorge de moments forts et fous. « Ce n’est pas en entassant néant sur néant que nous pouvons espérer », profère la jeune intello à lunettes, sœur de la grande tige sexy. Mais si, répond Marthaler quand il unit les voix en une apaisante oraison du soir sur le Lied Du bist die Ruh de Schubert, soigne le fils viscéralement attaché à sa mère avec une pile de 45-tours de Mireille Matthieu, piège un hilarant choral de Bach pendant la photo de famille, mime par le bruitage des voix façon dessin animé l’abus du père incestueux et dominateur. Mais cocu. Quand à la mère, qui boit en cachette, pète à l’étage, et chante avec une possessive hystérie qui fait bramer la famille entière le vibrionnant « Pleurez, pleurez mes yeux », extrait du Cid de Massenet, sans doute cache-t-elle sous le tailleur léopard trop court, les bas résille trop larges, et la coiffure plaquée 1930 le chagrin de ce jeune fils disparu, dont l’éternel portrait souriant, bras tendus, trône au-dessus du foyer sans feu. Il y a dans Winch Only le treuillage d’épaves d’espérances, de naufrages solitaires. Les morts travaillent chez les vivants. Juste retour des choses puisque « les vivants sont des morts en vacances ». a
Marie-Aude Roux

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Winch Only, conception et mise en scène de Christoph Marthaler, d’après des textes d’Henri Michaux, Franz Kafka et Maurice Maeterlinck. Avec Anna Wiebrock et Frida Schneider (scénographie), Sarah Schittek (costumes), Dierk Breimeier (lumière), Juliette Galamez (son). Théâtre national de Chaillot, 1, place du Trocadero, Paris-16e. Tél. : 01-53-65-30-00. Le 26 septembre. Prochaines représentations les 27 et 28 septembre, à 20 h 30. De 17 ¤ à 33 ¤. www.theatre-chaillot.fr. Tournée française : Strasbourg, du 12 au 16 octobre ; Toulouse, les 18 et 19 novembre ; Bordeaux du 23 au 25 novembre ; Dijon, du 30 novembre au 3 décembre.

Antoine Jacob (Berlin, correspondant)

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MÉTÉO & JEUX
Le 28.09.2006
EN EUROPE
11° 22°
Températures à l’aube et l’après-midi

0123
Jeudi 28 septembre 2006

Jeudi 28 septembre 2006 Lille Lille Quelques pluies 30 km/h 13° 21° à l’ouest
Cherbourg
20 km/h

1020 DANS LE MONDE
15 22 14 13 11 12 14 15 16 13 15 16 9 17 10 20 16 9 18 13 17 6 23 14 13 5 11 14 14 11 9 19 11 11 9 10 22 26 24 21 20 25 22 26 22 20 16 17 20 21 26 26 24 24 22 22 27 20 33 19 22 10 22 28 20 18 22 25 24 25 22 24

H

1015

En Europe
28.09.2006 12h TU

1005

1010

Amiens Rouen

15° 21°
Caen

14° 21°

14° 21° 10° 22°

Metz

Brest

16° 20°

Rennes

14° 23°
Orléans

PARIS Châlons- 21° 13° en-Champagne Strasbourg

10°

16° 21°
Nantes

22°

12° 23°
Poitiers

10° 22°

Dijon

15° 21°

10° 22°
ClermontFerrand

Besançon

10° 22°
Chamonix

14° 21°
Limoges

Lyon 11°

30 km/h

12° 22°
Bordeaux Bordeaux

10° 23°

22°
Grenoble

5° 19°

13° 24°

9° 23°

10 km/h

Toulouse Biarritz

Montpellier

Nice Marseille

14° 24°

11° 25°
Perpignan

14° 23° 16° 25°

14° 25°
10 km/h Ajaccio

17° 24°

Amsterdam couvert Athènes orageux Belgrade couvert Berlin averses éparses Berne assez ensoleillé Bratislava beau1015 temps Bruxelles couvert Budapest assez ensoleillé Bucarest pluvieux Copenhague très nuageux Dublin faible pluie Edimbourg couvert Helsinki ensoleillé Istanbul orageux Kiev très nuageux La Valette beau temps Lisbonne assez ensoleillé Ljubljana ensoleillé Londres pluie éparse Luxembourg très nuageux Madrid assez ensoleillé Moscou beau temps Nicosie assez ensoleillé Oslo averses éparses Prague assez ensoleillé Reykjavik assez ensoleillé Riga ensoleillé Rome beau temps Sofia faible pluie Stockholm assez ensoleillé Tallin assez ensoleillé Tirana averses éparses Varsovie très nuageux Vienne beau temps Vilnius assez ensoleillé Zagreb beau temps

beau temps 16 27 Alger beau temps 18 34 Amman averses modérées 23 29 Bangkok beau temps 23 29 Beyrouth ensoleillé 12 22 Brasilia Buenos Aires assez ensoleillé 13 25 ensoleillé 23 31 Dakar assez ensoleillé 24 32 Djakarta beau temps 29 36 Dubai 23 28 Hongkong beau temps 16 34 Jérusalem beau temps 980 averses éparses 21 30 Kinshasa beau temps 17 40 Le Caire ensoleillé 9 21 Mexico averses éparses 14 20 Montréal assez ensoleillé 14 27 Nairobi 26 36 New Delhi beau temps ensoleillé 12 24 New York beau temps 13 27 Pékin assez ensoleillé 10 25 Pretoria beau temps 13 24 Rabat ensoleillé 10 25 Séoul 27 32 Singapour très nuageux assez ensoleillé 12 24 Sydney beau temps 10 28 Téhéran assez ensoleillé 18 27 Tokyo beau temps 18 27 Tunis 15 24 Washington orageux

Reykjavik Reykjavik

T D
99

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D
Edimbourg

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Oslo Stockholm Riga Copenhague Minsk Amsterdam Londres Bruxelles Munich Berne Berlin Prague Varsovie Kiev Vienne Budapest Odessa Zagreb Belgrade Rome Sofia Istanbul Bucarest Helsinki St-Pétersbourg10

10

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Dublin

1015 Moscou

Paris

A

A

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Milan

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OUTREMER

1020
24 25 17 22 25 18 29 31 24 28 30 24

H

Cayenne Fort-de-Fr. Nouméa Papeete Pte-à-Pitre St-Denis

beau temps assez ensoleillé assez ensoleillé ensoleillé averses éparses beau temps

A
< -5°

Anticyclone Front chaud Occlusion

A D

Séville Tunis Alger

D

Ankara Athènes

Dépression Front froid Thalweg
Rabat Beyrouth Tripoli Jérusalem

1010
Le Caire

-5 à 0°

0 à 5°

5 à 10° 10 à 15° 15 à 20° 20 à 25° 25 à 30° 30 à 35° 35 à 40° >40°

Dans le monde Le violent typhon “Xangsane”traverse le nord des Philippines
Anchorage 10° 13° St-Pétersbourg 8° 21° Vancouver 16° 27° Chicago 11° 17° Québec 11° 17° Paris 13° 22° Barcelone 17° 25° Marrakech 14° 28° Bagdad 17° Tripoli 37° 19° Riyad 27° 19° 39° Khartoum 23° 40° Yaoundé 20° 23° Ankara 14° 27° Omsk 6° 10° Irkoutsk 11° 22°

< -5°

-5 à 0°

0 à 5°

5 à 10° 10 à 15° 15 à 20° 20 à 25° 25 à 30° 30 à 35° 35 à 40°

>40°

16° 25°

ST-VENCESLAS COEFF. DE MARÉE:62

LEVER: 07h44 COUCHER: 19h35 PARIS

LEVER: 14h27 COUCHER: 21h45 PARIS
Honolulu 21° 27°

En France
Jeudi, une perturbation de faible activité intéressera une partie ouest de la France, avec de nombreux nuages à l'ouest d'une ligne passant par les côtes charentaises et le détroit du Pas de Calais, et quelques pluies par endroit en journée. Sur le reste d'une large moitié nord de la France, éclaircies et passages nuageux parfois importants alterneront, avec encore quelques grisailles matinales dans certaines vallées ou plaines. En direction de la Méditerranée ou des Pyrénées, le soleil brillera davantage avec quelques passages nuageux. Les températures afficheront des valeurs douces pour la saison.

Los Angeles 17° 28°

Miami

25° 29°

Kaboul 15° 24° Karachi 25° 35°

Vladivostock 8° 21°

Cumul pluviométrique le 28.09.2006
> 50 mm 15-50 mm 5-15 mm 1-5 mm < 1 mm

Managua 24° 30°

Shanghai 18° 27° Hanoi 21° 34° Kuala Lumpur 27° 35°

Caracas 25° 32° Lima 19° 29° La Paz -0° 13° 9° 24°

Abidjan 19° 28°

Rio de Janeiro 15° 26°

Antananarivo 8° 20° Le Cap 15° 28°

Port Moresby 25° 28° Alice Springs 14° 33° Auckland Auckland 11° 19°

Vendredi
15° 20° 14° 22° 14° 23° 15° 21° 12° 24° 15° 24° 13° 25° 15° 25° 17° 24°

Jours suivants
Région Nord-Ouest
11° 23° 13° 24°

Santiago du Chili

Samedi
14° 22° 15° 22° 14° 21° 17° 24° 17° 24°

Dimanche Lundi
14° 21° 14° 23° 14° 22° 15° 26° 17° 26° 17° 21° 16° 21° 14° 22° 17° 27° 16° 27°

Météorologue en direct au 0899 700 703
(1,34 € l’appel + 0,34 € la minute) 7 jours/7 de 6h30-18h
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Ile-de-France Nord-Est Sud-Ouest Sud-Est

http://www.meteonews.fr

MOTS CROISÉS Nº 06 - 229

BRIDGE Nº 2 221 PLUS DURE SERA LA CHUTE Les ouvertures de barrage sont toujours très gênantes pour les adversaires, tandis que le partenaire sait en général à quoi s’en tenir. Dans cette donne jouée dans un tournoi en Espagne, l’adversaire en Ouest, avec son beau jeu, était obligé de contrer les enchères de Sud.
V987 AV53 A A963 ARD4 N 982 O E 9 S R D 10 8 4 6532 D 10 6 4 DV8 72 10 R7 10 7 6 5 4 3 2 V5

SUDOKU Nº 276 rant n’a réalisé que ses trois As et s’est consolé en pensant qu’en tournoi par paires cette chute vertigineuse n’était quère qu’un zéro, exactement comme un petit contrat qu’on serait le seul à chuter ! LE SACRIFICE D’ARGINE Ce coup très brillant est un bon exercice de technique. Il a été réussi au cours d’un match entre le Blue Team italien et la France. Mettez-vous à la place du déclarant en Sud en cachant les mains d’Est-Ouest et faites votre plan de jeu.
AR4 8765 RV D876 2 R 10 3 86543 A R 10 2 863 9 O E AD972 S V954 D V 10 9 7 5 ADV42 10 3 N

Solution du no 275

Retrouvez nos grilles sur www.lemonde.fr 1 I II III IV V VI VII VIII IX X
HORIZONTALEMENT VERTICALEMENT

9 6 8 5 2 3 3 1 9 1 2 3 6

8

4 1 5 8 7 9

9 1 3 7 8 5 6 4 2

2 7 8 3 6 4 1 5 9

6 4 5 2 9 1 7 8 3

4 8 7 5 2 9 3 6 1

1 9 6 8 4 3 2 7 5

3 5 2 6 1 7 8 9 4

8 6 9 4 3 2 5 1 7

5 3 4 1 7 6 9 2 8

7 2 1 9 5 8 4 3 6

2

3

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8

9 10 1 1 12

Moyen
Compl´tez toute la e grille avec des chiffres allant de 1 ` 9. a Chaque chiffre ne doit ˆtre utilis´ qu’une e e seule fois par ligne, par colonne et par carr´ de neuf cases. e

7 5

9

R´alis´ par Koalog (http://sudoku.koalog.com) e e

Un jeu pour chaque jour
Lundi daté mardi Affaire de logique Mardi daté mercredi Scrabble Mercredi daté jeudi Bridge Jeudi daté vendredi L’art en question Samedi daté dimanche-lundi Echecs

Le Loto
Les résultats sont
publiés dans cette page dans nos éditions datées dimanche-lundi, mardi et vendredi

Ann. : E. don. N.-S. vuln.

(1) prix conseillé en cuir Batick • Photo non contractuelle

I. Ne facilite pas la compréhension. II. Production tyrolienne. Se jette dans la Baltique. III. Bien grasses. Label de qualité. IV. Présida l’Angola. Ettore et Rembrandt. V. S’occupe de tout à la Chambre. Fort et piquant en cuisine. VI. Vieux ruminant disparu. Etat en Inde. Pan dans la jupe. VII. Fournir des informations. VIII. Dans les traditions. Petit ensemble organisé. Population africaine. IX. Surveillance et dépendance. Enfant de la capitale. X. Travailleras pour pouvoir récolter demain.
Solution du n° 06 - 228 Horizontalement

1. Agréable à table dans le verre et dans l’assiette. 2. A souvent un air louche. Tourne la nuit. 3. Apprécie les forts tirages. Pour les proches. 4. Complètement dépouillés. 5. Dans les comptes à la City. Sans aucune valeur. 6. Sorti de l’esprit d’Alfred. Beau morceau pour l’artiste. 7. Opposé au pouvoir. Préposition. 8. Surmonté de chantilly. 9. Fit du tort. On la retrouve camée. 10. Premier tour de cadran. Possessif. Le petit est fort. 11. Philosophe fasciste. Sur la table. 12. Passerais par le chas.
Philippe Dupuis

Ouest –
passe contre contre

Nord –
contre passe passe

Est
4 passe passe passe

Sud
passe 4 4 passe

Ann. : S. don. Tous vuln.

Ouest ayant entamé le 9 de Carreau, comment le coup a-t-il pu se dérouler pour que le déclarant perde 2 000 points (sept levées de chute) au contrat de QUATRE PIQUES ? Réponse Pour limiter les dégâts, le déclarant espérait une répartition 3-2 des atouts et le Roi de Cœur en Ouest. Il a donc pris l’entame avec l’As de Carreau et joué le 7 de Pique du mort. Après avoir fait le 10 de Pique sec, Est a contre-attaqué le Valet de Trèfle. Le déclarant a fait l’As et continué atout. Mais le ciel lui est tombé sur la tête, car Ouest s’est empressé de tirer As, Roi et Dame de Pique. Ensuite, il a fait ses quatre Trèfles affranchis avant de jouer le 9 de Cœur. L’impasse échouant, la défense a encore fait le Roi de Cœur et le Roi de Carreau, la dixième levée du flanc ! Bref, le décla-

Sud
1 contre 3

Ouest
contre 2 passe

Nord
surc. contre 4

Est
2 3 passe...

Fauteuil Stressless® Orion et son pouf

1560

(1)

T H E I N N O VAT O R S O F C O M F O R T ™ * *

Après avoir entamé le Roi de Trèfle, Ouest contre-attaqua le 2 de Pique, qui était certainement un singleton. Comment le déclarant en Sud a-t-il gagné le contrat de QUATRE CŒURS contre toute défense ? Note sur les enchères Avec seulement 10 points d’honneur et un puissant bicolore de majeures, l’ouverture de « 1 Pique » était possible. Le contre d’Ouest était un contre d’appel (léger !), et l’enchère de « 2 Cœurs » était la « couleur d’exclusion », ainsi que le « 2 Piques » d’Ouest, convention spéciale du système romain.
Philippe Brugnon

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Verticalement

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HOME SALONS DOMUS Centre Commercial Domus 93110 Rosny sous Bois

0123
Jeudi 28 septembre 2006

CARNET
Danielle Herrbach, sa femme, Ses enfants Et les familles Lasry, Herrbach-Vidal, Domec, ont la tristesse de faire part du décès de Poitiers. Catherine Dumas, Sylvie et Clément Jouelis, Nadine Lepève-Charron, Philippe et Florence Lepève, ses enfants, Ses petits-enfants Et son arrière-petit-fils, ont la douleur de faire part du décès de On nous prie d'annoncer le décès de

33
Anniversaires de décès
Nous rappelons à votre souvenir

Conférences
Les conférences de la Fondation Franco-Japonaise Sasakawa reprennent avec deux conférences démonstrations • le jeudi 28 septembre 2006, à 17 heures, « Un monde ouvert : connaître sa culture par la découverte d’une autre culture », par Jérôme Wacquiez et Masato Matsuura de la Compagnie des Lucioles (Théâtre), • le jeudi 12 octobre 2006, à 17 heures, « La flûte Shakuhachi en France, Pratique et tradition », par Daniel Lifermann (musique) Fondation Franco-Japonaise Sasakawa 27 rue du Cherche-Midi, Paris 6e. Entrée libre et gratuite dans la limite des places disponibles Réservation : gallian@club-internet.fr www.ffjs.org

M. Jean ŒCONOMOS,
ingénieur en chef hors classe à la SNCF, survenu à Paris, le 9 août 2006, à l'âge de quatre-vingt-un ans. L'inhumation a eu lieu dans la plus stricte intimité, au caveau de famille, à Meung-sur-Loire (Loiret). 43, rue Château-Landon, 75010 Paris. Mme Michelle de Raffin de la Raffinie, son épouse, Emmanuel de Raffin de la Raffinie, Anne de Raffin de la Raffinie Et Thierry Lejeune, ses enfants, Arthur, Alix, Auriane, ses petits-enfants Et toute la famille, ont la douleur de faire part du décès de

Le Carnet
Annoncez vos événements
par téléphone : 01 57 28 28 28 par e-mail : carnet@mondepub.fr par fax : 01 57 28 21 36 au journal ou par courrier : Le Monde - Carnet 80 boulevard Auguste Blanqui 75707 Paris cedex 13
Tarif : à partir de 18 f TTC la ligne Un justificatif d’identité sera demandé. Réduction abonnés Téléphone abonnements : 0 825 000 778

Rabah BELAMRI,
poète et romancier, qui nous quittait le 28 septembre 1995. à l'aube le cœur s'en va vers le poème planter la soif dans un mot R.B.

René HERRBACH,
professeur agrégé d'Allemand, survenu le 23 septembre 2006, dans sa quatre-vingt-quatrième année. La cérémonie aura lieu au crématorium de Valenton, avenue de la Fontaine SaintMartin (Val-de-Marne), le 28 septembre, à 14 heures. 19, boulevard Voltaire, 94210 La Varenne-Saint-Hilaire. Mme Jacqueline Honoré, Sa famille, Ses amis, Ses anciens collègues, ont la profonde douleur de faire part du décès de

M. Agathon LEPÈVE, professeur d'Éducation physique à la retraite, chevalier de la Légion d'honneur, chevalier de l'ordre national du Mérite, chevalier des Palmes académiques, médaillé de la Jeunesse et des Sports,
survenu le 24 septembre 2006, dans sa quatre-vingt-sixième année. La cérémonie religieuse aura lieu le jeudi 28 septembre, à 15 heures, en la cathédrale Saint-Pierre de Poitiers, suivie de l'inhumation au cimetière de la Pierre Levée, dans l'intimité familiale. Cet avis tient lieu de faire-part et de remerciements. Mme François Mariani, son épouse, Colomba Mariani, Marie-Françoise et Charles-Henri Flammarion, Jean Mariani et Emmanuelle Wollman, ses enfants, Sébastien et Nathalie, Mathieu et Vita, Noémie, Louise-Laure, Colomba, Adrien, Simon, ses petits-enfants, Thomas, son arrière-petit-fils, ont la tristesse de faire part du décès du

Charles.
Il y a un mois, tu nous quittais. Nous pensons à toi chaque jour. Nos fous rires nous manquent. Tes amis au travail. Il y a quinze ans,

M. Louis de RAFFIN de la RAFFINIE,
survenu le 23 septembre 2006, à l'âge de soixante-dix-neuf ans. La cérémonie religieuse sera célébrée le jeudi 28 septembre, à 11 heures, en l'église Saint-Merri, 78, rue Saint-Martin, Paris 4e. Ni fleurs ni couronnes. L'inhumation aura lieu le vendredi 29 septembre, à Aurillac (Cantal). Aline Picault, sa sœur, Laurence Wilputte-Verdenne, sa fille et Noël, Jean-François, Laurence et Julien Fressard, Ses proches Et toute sa famille, ont la douleur de faire part du décès de

Formations
Prospective et stratégie des organisations : Les formations de Master et de doctorat en Sciences de Gestion du Conservatoire national des arts et métiers reprennent le lundi 2 octobre 2006, à 18 h 15, amphithéâtre 3, 2, rue Conté, Paris 3e. Cours du soir sur la prospective et ses méthodes, la planification par scénarios, le management stratégique, les grandes tendances du futur, le développement durable et la prospective territoriale. Renseignements : 01 40 27 25 30. E-mail : sec.prospective@cnam.fr Site internet du LIPSOR : http://www.laprospective.fr

M. Jacques HONORÉ,
agrégé de l'Université, ancien professeur à l'École normale d'Auteuil, le 25 septembre 2006, à Tours. Une cérémonie religieuse aura lieu en l'église Sainte-Julitte de Saint-Cyr-surLoire, le vendredi 29 septembre, suivie de l'inhumation à Paris, au cimetière du Montparnasse, à 15 heures. Cet avis tient lieu de faire-part. 37 bis, rue Rouelle, 75015 Paris.

Philippe COULAUD
nous quittait brutalement. Il avait trente-trois ans. Il aimait passionnément la vie. Nous te porterons dans notre cœur à jamais Toi, mon fils, mon frère, mon ami.

AU CARNET DU « MONDE »

Naissances
C'est une fille ! Entre été et automne,

Rosalie SAVIGNEUX,
est née le 20 septembre 2006, à Béziers (Hérault). Nous sommes tous très contents ! Melchior et Théophile, ses frères, Laurence et Luc, ses parents, (Valros, Hérault), Anne, François SAVIGNEUX, (Grenoble, Maubec, Isère), Nicole et Roland CHAUVELOT, (Neuilly-sur-Marne, Seine-Saint-Denis), ses grands-parents, Liliane et Raymond LOINTIER, (Paris 17e), ses arrière-grands-parents.

Avis de messe
Le 14 août 2006,

docteur François MARIANI, Andrée HUISMAN,
dite Dédée, aurait eu soixante-quinze ans aujourd'hui. Elle nous a quittés brutalement, le 12 juillet 2006, Ses anciennes camarades des lycées Victor Hugo et Fénelon, du groupe « Ames Vaillantes », Ses collègues d'Algérie, de Moselle et du Bas-Rhin, de la Région parisienne et du Sud-Ouest, Sa famille proche et lointaine et a rejoint nos parents dans le vieux cimetière de Vieux-Boucau (Landes). M. Alfred Laloum, son époux, Le docteur Olivier Laloum et son fils François, Mme Béatrice Chateau et son fils Maxime, Mlle Sylvie Laloum, ses enfants et petits-enfants, M. et Mme Jacques Laloum et leurs enfants, Mme Marc Laloum et son fils Philippe, M. et Mme Pierre Faucogney et leur fils Laurent, ses sœur, beaux-frères, belles-sœurs, neveux et nièce, ont la tristesse de faire part du décès de survenu à Paris, le 16 septembre 2006, dans sa quatre-vingt-seizième année. Les obsèques ont eu lieu dans l'intimité familiale. 233, rue de Vaugirard, 75015 Paris. Saintes. Mano, son épouse, Claude, sa fille, Michèle et Guy Lett, sa sœur et son beau-frère, et leurs enfants Françoise Monod sa belle-sœur et ses enfants Et toute la famille, ont la douleur de faire part du décès brutal du

M. Olivier LECERF
était inhumé à Reugny en Touraine.
Une messe en sa mémoire sera célébrée le vendredi 13 octobre, à 19 h 15, en l'église Notre-Dame de Grâce de Passy, 10, rue de l'Annonciation, Paris 16e.

Cours
COURS D'ARABE Tous niveaux, jour, soir, samedi, Inscriptions AFAC : 01 42 72 20 88. La Cité de l'architecture et du patrimoine lance à partir du 26 octobre 2006, les cours publics, consacrés à l'histoire de l'architecture de l'Antiquité à nos jours, tous les jeudis de 18 h 30 à 20 h 30. Les conférences thématiques, les lundis de 18 h 30 à 20 h 30. Les cours et conférences auront lieu au Palais de Chaillot, Trocadéro, Paris 16e. Informations, programme et tarifs au 01 58 51 59 98. Dossiers d'inscription disponibles sur www.citechaillot.fr

Mme Georgette VERDENNE,
veuve de M. Roger-Serge VERDENNE, survenu en son domicile le 22 septembre 2006, dans sa quatre-vingt-unième année. Les obsèques ont eu lieu le mercredi 27 septembre, à 14 h 45, au crématorium de Saintes (Charente-Maritime). Cet avis tient lieu de faire-part.

Décès
Toute l'équipe de Charlie Hebdo, a la douleur de faire part du décès de

De la part de Bertrand Collomb, président de Lafarge, Bruno Lafont, directeur général, Les membres du conseil d'administration, du comité éxécutif Ainsi que tous les collaborateurs et collaboratrices de Lafarge.

Bernar, Bernard BOULITREAU,
décédé le jeudi 21 septembre 2006, au matin. Nos pensées vont vers sa famille et tous les lecteurs de Bernar. Jacques et Anne-Marie Dauplais, ses parents, Annick et Mustapha Farès, Elisabeth et Philippe Salomon, Armelle Dauplais et Michèle Harinthe, Agnès et Martin Cellerier, Bruno et Nadège Dauplais, Marie-Pascale et Thierry Varène, Emmanuelle et Guillaume Redaud, son frère, ses sœurs, ses beaux-frères et sa belle-sœur, Ses neveux et nièces, Ses filleuls, Les familles Dauplais et Thirouin Et ses nombreux amis, ont la douleur de faire part du décès de

docteur Christian MONOD,
survenu le 24 septembre 2006. Un dernier hommage lui sera rendu le jeudi 28 septembre, à 15 heures, au temple protestant de Saintes, cour Reverseaux. Cet avis tient lieu de faire-part.

CHINE - INDE
Les deux géants bouleversent le monde. Faut-il en avoir peur ?

Mme Andrée LALOUM,
née NÉDELEC, survenu le 22 septembre 2006. Ses obsèques ont eu lieu dans la plus stricte intimité. Mme Huguette Mongrolle, Ses enfants, Ses petits-enfants et arrière-petitsenfants, ont la tristesse de faire part du décès de

DÉCOLONISATION
1956 - 2006 : une histoire sans fin ?

Françoise MONTIER,
née BADER, nous a quittés le 24 septembre 2006, à 16 heures. François, Tes enfants et leurs conjoints Et tes petits-enfants te garderont toujours dans leur cœur. Mimi on t'aime. Son nom sera rappelé au cours de l'office du Shabbat qui sera célébré rue Copernic, le vendredi 29 septembre, à 18 heures. L'enterrement aura lieu dans la plus stricte intimité. francois.montier@noos.fr

LES CLÉS DE L’INFO
L’essentiel de l’actualité du mois

Marie-Christine DAUPLAIS,
survenu le 26 septembre 2006, à l'âge de cinquante-quatre ans. La cérémonie religieuse sera célébrée le vendredi 29 septembre, à 10 heures, en l'église Notre-Dame de Tourny (Eure).

Yves MONGROLLE,
survenu le 20 septembre 2006, à l'âge de quatre-vingt-six ans. La cérémonie religieuse a eu lieu en l'église Saint-Sulpice et l'inhumation au cimetière Montmartre.

Octobre 2006

chez votre marchand de journaux

34
TF1
20.50 L’Homme de ta vie.
Téléfilm. Laurence Katrian. Avec Arielle Dombasle, Michèle Bernier, Bertrand Lacy (Fr. - Bel., 2006, d). Une artiste futile, amoureuse d’un médecin humaniste, tente d’attirer son attention.

TÉLÉVISION & RADIO
Lasélectiontélévision
France 3
20.50 Vie privée, vie publique.
Argent, famille : un sujet qui fâche ? Magazine présenté par Mireille Dumas. Avec Brigitte Bardot, Charlotte de Turckheim, Nathalie Corré, Alain Soral, Olivier Seban… d. 22.50 et 23.25 Ce soir

0123
Jeudi 28 septembre 2006

Mercredi27septembre
France 2
20.55 L’Etat de Grace.
Feuilleton [1 et 2/6]. Pascal Chaumeil. Avec Anne Consigny, André Marcon, Zinédine Soualem (France, 2006) d.

Canal +
20.10 Football.
Girondins Bordeaux PSV Eindhoven Ligue des champions (1re phase, 2e journée, groupe C). 20.45 Coup d’envoi en direct de Bordeaux. 22.35 Les autres rencontres de la soirée, dont Levski Sofia Chelsea, Werder Brême - FC Barcelone, Liverpool - Galatasaray, Valence - AS Roma...

Arte
20.15 Le Monde des courses.
[3/5] Casaque bleue.

M6
20.10 Touche pas à mes filles.
Série (saison 3, 24/24). Amour, chèvre et margaritas d.

MERCREDI 27 SEPTEMBRE

JEUDI 28 SEPTEMBRE

La fiction L’Etat de Grace
20.55 France 2 Une femme

La série Prison Break
20.50 M6 Suite des aventures

20.40 Les Mercredis de l’Histoire.
Victoire dans le Pacifique [2/2] L’invasion du Japon. Documentaire. Austin Hoyt (2005).

20.40 Kaamelott. 20.50 Missing.
La Peur au ventre. Rien ne sert de courir. L’Homme sans visage Série (S3, 4 à 6/20) 0. Avec Caterina Scorsone, Vivica A. Fox.

22.50 L’Arène de France.
Magazine présenté par Stéphane Bern. Les politiques sont-ils des « peoples » comme les autres ? Faut-il donner tous les droits aux homos ? Invités : Jean-Luc Romero, Macha Méril...

22.35 Close to Home/ Juste cause.
Le Bon Docteur 0. Sous la menace Série (S1, 11 et 8/22). Avec Jennifer Finnigan, Kimberly Elise d.

ou jamais.
Magazine présenté par Frédéric Taddéï.

21.35 Arte reportage. 22.30 Le Dessous des cartes.
Magazine. Papouasie, la question Grasberg.

23.00 Soir 3, Keno. 0.00Le Meilleur pour la fin.
Magazine.

23.15 Mayday : alerte maximum.
Documentaire. Vol JAL 123 : les commandes ne répondent plus 0. Erreur sur la cible.

0.00Mon beau-père, mes parents et moi
Film Jay Roach. Avec

22.40 La Saison des goyaves a
Film Nhat Minh Dang.

0.10 Affaires non classées.
Série (S1, 7 et 8/8) d. Un secret meurtrier [1-2/2]. Avec Amanda Burton (95 min) 0.

1.05 Journal, Météo. 1.30 Des mots de minuit.
Magazine présenté par Philippe Lefait (90 min).

1.00 NYPD Blue.
Série (S3, 16/22). Solidarité féminine. Avec Jimmy Smits, Dennis Franz (45 min) d.

Ben Stiller, Robert De Niro, Dustin Hoffman, Barbra Streisand (Etats-Unis, 2004, v.o., d, 110 min).

Avec Bai Binh Bui, Lan Huong Nguyen (Viet. France, 2000, v.o., d).

0.20Arte info. 0.35 Court-circuit.
Magazine (50 min)

1.05 Enquête exclusive.
Le gang qui terrorise l’Amérique (45 min) 2.

présidente de la République ? En France, il faut, pour l’instant, se tourner vers la fiction télévisée pour imaginer un tel scénario. C’est ce qu’a fait France 2 avec cette comédie en six épisodes d’une heure chacun, qui raconte l’histoire de Grace Bellanger (Anne Consigny), ancienne militante associative, élue présidente au grand dam de ses comparses masculins. Sous ses airs de comédie légère, cette fiction ne se prive pas de décortiquer les rouages de la vie politique française et d’en égratigner le machisme ambiant.

carcérales de Michael Scofield, emprisonné volontaire pour faire évader son frère Lincoln, condamné à la peine capitale pour un meurtre qu’il dit ne pas avoir commis. Dans les deux épisodes diffusés ce soir, la tâche se complique pour le petit groupe de candidats à l’air libre. Non seulement l’accès au tunnel devient compliqué mais un nouveau prisonnier vient se greffer au groupe.

Le documentaire Placebo/Franz Ferdinand
22.40 Arte Ce documentaire

CÂBLE, SATELLITE, TNT France 5
19.00 Le Magazine de la santé au quotidien. 20.00Bonsoir les zouzous. 20.35 Opération survie.
[4/7] Nuage mortel sur Tchernobyl.

L’animation Panshel
13.30 Piwi Depuis la rentrée,

MAGAZINES
20.45 En quête d’action.
Professions nocturnes. W 9

21.35 Le Raid sur Dieppe. Histoire 21.40 Mariage à l’anglaise.
[1 et 2/6]. Odyssée

MUSIQUE
20.40 Concerts sauvages.
Louise Attaque. France 4

TÉLÉFILMS
20.50 Délivre-nous du mal.
Bradford May 2 13ème RUE

20.50 Les Dossiers de Téva.
Femmes d’élite : entre enfer ou passion. Téva

23.10 Joshua Redman.
Jazz à Juan 2003. Mezzo

0.45 93, faubourg Saint-Honoré. Dîner
Serial Lover. Paris Première

23.35 L’Ecole des Roms. Odyssée 0.05Afghanistan, un Etat impossible ? Histoire

SÉRIES
20.45 Star Trek : Voyager.
Un futur en danger [2/2]. Le Seigneur de la guerre. Querelle de succession (S3). Jimmy

FILMS
20.45 L’Arnaqueur.
Robert Rossen (Etats-Unis, 1961, N., v.m., 140 min). TCM

21.35 Défis et histoires des sciences.
La grande histoire du gène. 22.30 C dans l’air. Magazine.

SPORTS EN DIRECT DOCUMENTAIRES
19.50 Pilot Guides. Chine. Voyage 20.10 Quand les marmottes sifflent. Planète 20.45 « La Boudeuse » autour du monde.
[1er volet]. Direct 8

20.50 Columbo.
SOS Scotland Yard. TV Breizh

20.45 Football.
Ligue des champions (1re phase, 2e journée) : Inter Milan - Bayern Munich. Sport+

22.15 Le Doulos.
Jean-Pierre Melville (1961, N., 110 min). TPS Ciné Club

23.15 Meurtres à l’anglaise.
Solidarité oblige (saison 2, 1/4, v.m.). Jimmy

23.40 C’est notre affaire.
Invité : Marius Fabre.

0.10 Le Crocodile du Nil, éternel survivant.
Documentaire (50 min).

20.45 Football.
Ligue des champions : Liverpool Galatasaray. Canal + Sport

23.55 Guêpier pour trois abeilles.
Joseph L. Mankiewicz (EU, 1966, v.m., 125 min). TPS Cinétoile

0.05Chapeau melon et bottes de cuir. Steed
et la voyante (S8). TV Breizh.

la chaîne jeunesse du câble et du satellite propose une nouvelle série animée en 3D, dont le personnage central est un petit panda ailé. Pansha vit avec ses amis au sein d’un royaume aux couleurs éclatantes, qui rappelle les premiers jeux vidéo. Petite particularité qui gâche la vie du jeune héros : il est le seul à ne pas pouvoir décoller. Mais le Pandasan, dieu du royaume aux faux airs de Bouddha, décide que, à force d’entraînement, il pourra s’envoler.

inédit d’Arnaud Legoff et Fred Fiol, sous-titré « Summer Tour 2006 », est une sorte de road movie musical, entrecoupé de larges extraits de concerts. La fraîcheur des Franz Ferdinand, avec leur musique fougueuse et dansante, tranche avec la maturité, par moments sombre et torturée, de Placebo. « Parfois, les festivals sont trop grands pour moi, je trouve ça intimidant, c’est difficile d’avoir une connexion avec les gens », confie le chanteur de Placebo, Brian Molko, à qui ces tournées estivales laissent un sentiment mitigé.

Le magazine Envoyé spécial
20.50 France 2 Après le scandale

CHRONIQUE DOMINIQUE DHOMBRES

La Thema La Génération précaire
15.15 Arte Les récentes manifesta-

La « joie infernale » de Ségolène
C’EST devenu une habitude chez elle, et cela ne lui a pas trop mal réussi jusqu’ici. Ségolène Royal ne fait rien comme les autres candidats à l’investiture du Parti socialiste pour l’élection présidentielle. Dans les journaux télévisés du soir, mardi 26 septembre, on les voyait se bousculer devant les grilles de la rue de Solférino comme des usagers de la SNCF prêts à tout pour obtenir des billets de TGV à 5 euros. Ils venaient discuter au siège du PS des conditions d’organisation de la campagne interne, en particulier des trois futurs débats télévisés. Au même moment, l’intéressée, royale, c’est le cas de le dire, était à des milliers de kilomètres de là, à Dakar. Elle y était reçue avec tous les égards dus à une princesse socialiste, native du lieu, qui plus est. « La population vous accueille dans la thématique d’une joie infernale », lui disait une Sénégalaise, tout de blanc vêtue. « Une joie infernale, cela me va très bien », répondait Ségolène en riant. On pouvait voir la scène sur France 2, suivie d’un dépôt de gerbe sur la tombe de Léopold Sédar Senghor et d’une audience avec le président Abdoulaye Wade. Même chose sur TF 1, avec, en prime, un tacle destiné à Nicolas Sarkozy, venu deux jours plus tôt à Dakar pour tenter de lui voler la vedette. « C’est le hasard, vous ne croyez pas ? », lançait-elle. Mais sa flèche la plus dure, elle la lâchait un peu plus tard en évoquant les luttes internes au Parti socialiste. « C’est à se demander si certains n’ont pas envie de perdre, si la machine à perdre n’est pas déclenchée », disait-elle. Un certain Lionel Jospin, à la fois responsable et victime de la calamiteuse campagne de 2002, lequel s’efforce actuellement de revenir sur le devant de la scène et de lui barrer la route, a dû, à ce moment-là, entendre ses oreilles tinter. Ségolène Royal n’a pas, en tout cas, mal choisi son moment pour se rendre au Sénégal. Indigènes, le film de Rachid Bouchareb avec Jamel Debbouze, sort mercredi 27 septembre dans cinq cents salles. Il raconte l’histoire des tirailleurs sénégalais et maghrébins qui ont combattu, pendant la seconde guerre mondiale, du mont Cassin jusqu’à l’Alsace, pour la libération de la France. Jacques Chirac devait annoncer, le même jour, une revalorisation de leurs pensions, gelées depuis 1959. Ségolène leur a rendu hommage, à Dakar, et rappelé que son père, militaire de carrière, avait jadis commandé certains d’entre eux. Cela avait évidemment plus d’allure que de se presser rue de Solférino pour régler des détails de cuisine interne. Elle est vraiment infernale, non ? a

tions anti-CPE ont mis en lumière les inquiétudes de la jeunesse face au manque de débouchés professionnels, aux bas salaires et aux stages à répétition. Cette « Thema » allemande raconte le quotidien de stagiaires longue durée et revient, en détail, sur les grandes manifestations du printemps 2006, en France.

de l’affaire d’Outreau, Valérie Gaget-Deslandes et Matthieu Birden sont allés à Bordeaux pour suivre, pendant six mois, la promotion 2006 de l’Ecole nationale de la magistrature (ENM), considérée par certains comme « l’école du doute ». Ce reportage du magazine « Envoyé spécial » est suivi de l’excellent film documentaire de Raymond Depardon, Instants d’audience, la 10e chambre, programmé à 23 h 00, dans la case « Infrarouge ».

Jeudi28septembre
TF1
20.00Journal, Météo. 20.50 Une femme d’honneur.
Violences conjugales Série. Michaël Perrotta. Avec Corinne Touzet, Guillaume Zublena d. Enquête sur le meurtre d’une jeune femme qui avait trouvé refuge dans une association pour femmes battues.

France 2
20.50 Envoyé spécial.
Magazine présenté par Guilaine Chenu, Françoise Joly. Sommaire : Les bleus de la justice ; Turkménistan : bienvenue à Niazovland, etc. d.

France 3
20.20 Plus belle la vie. 20.55 Stupeur et Tremblements a
Film Alain Corneau.

Canal +
20.05 Le Grand Journal, la suite. 20.50 Desperate Housewives.
Sexe, voisins et vidéo. L’Ex-Femme de sa vie Série (S2, 7-8/24) 0. Avec Teri Hatcher, Marcia Cross, Felicity Huffman (2005) d.

Arte
20.00Le Journal de la culture. Magazine. 20.10 Arte Météo. 20.15 Le Monde des courses.
[4/5]. Les sabots de cristal. Documentaire. Patrick Jan.

M6
20.10 La Star de la famille.
Série (S1, 1/25). Les deux font la paire d. 20.40 Kaamelott. Série.

23.00 Infrarouge.
10e Chambre instants d’audience a a Film Raymond Depardon. Documentaire (France, 2003) d. Une immersion dans les audiences de la 10e chambre. Une vision de l’institution judiciaire de l’intérieur.

22.35 La Méthode Cauet.
Divertissement. Invités : Lionel Richie, Djibril Cissé, Rossy de Palma.

Avec Sylvie Testud, Kaori Tsuji, Taro Suwa. Drame (Fr., 2002) d. Une jeune Belge travaillant dans une entreprise japonaise est mutée à l’entretien des toilettes. 22.45 et 23.25 Ce soir

20.50 Prison Break.
Cause perdue. Un de trop Série (S1, 10 et 11/22) 0. Avec Wentworth Miller, Dominic Purcell, Robin Tunney, Frank Grillo (Etats-Unis) d.

20.40 Urga
Film Nikita Mikhalkov.

22.15 Weeds.
Sur les bancs de la fac. Le Feu d’expiation Série (S1, 7-8/10) 0. Avec Mary-Louise Parker, Elizabeth Perkins.

ou jamais.
Magazine.

Avec Badema, Bayaertu, Vladimir Gostyukhin, Babouchka (Russie, 1991, v.o., d).

En vente chez votre marchand de journaux

23.00 Soir 3, Keno. 0.35 NYPD Blue. Série
(S3, 17/22). Hollie et le poisson-lune.

22.40 Placebo/Franz Ferdinand.
Summer Tour 2006 Documentaire. Arnaud Legoff (2006, v.o.). 0.10 Tracks. Magazine.

22.25 11-11 : les portes de l’enfer.
Téléfilm. M. Bafaro. Avec Laura Mennell, Paul Dzenkiw, Christie Will (Canada, 2004, d) 2.

0.55 Star Academy. 1.40 Les Coulisses de l’économie. 2.40 Reportages.
Mon chien est un champion (25 min) d.

0.45 Journal, Météo. 1.10 Infrarouge.
L’Amour à l’ombre 2 Reportage d’Alain-Michel Blanc (55 min) d.

1.20 Espace francophone.
Chanter dans la francophonie : concert à Bucarest (25 min).

23.10 Concert privé de Placebo. 0.10 Assaut sur le central 13 a a
Film J.-François Richet.

Lasélectionradio
MERCREDI 27 SEPTEMBRE JEUDI 28 SEPTEMBRE

1.00 La Vie en face.
La Trace vermillon Documentaire (55 min).

Avec Ethan Hawke (Etats-Unis - France, 2004, 105 min, d) 2.

0.20Météo. 0.30Vive la cantine !
[2e volet] Documentaire (105 min).

Journée spéciale « Indigènes » 2 000 ans d’histoire
13.30 France Inter Avec la sortie du film Indigènes, Patrice Gelinet reçoit Eric Deroo (La Force noire, Tallandier).

2 000 ans d’histoire
13.30 France Inter 1956 : la première centrale nucléaire française, avec Jean-Pierre Poirier, historien des sciences.

CÂBLE, SATELLITE, TNT France 5
19.00 Le Magazine de la santé au quotidien. 20.00Bonsoir les zouzous. 20.40 Ubik. Magazine. 21.35 Le Bateau livre.
Invités : CK Williams, Raymond Federman, Umberto Eco, Lionel Naccache.

DÉBATS
20.30 Questions d’info.
Invité : Brice Hortefeux. LCP

MAGAZINES
22.15 Les Livres de la 8.
Amélie Nothomb, Jean-Eric Boulin, Robert Badinter. Direct 8

20.45 Call Center à Bombay. National Geo 22.25 Légion : la grande aventure. [3-4/4]. W 9 22.50 Pilot Guides. Chine. Voyage 23.00 Jazz Collection.
John Coltrane. Mezzo

MUSIQUE
1.00 Stefano Di Battista.
Marciac, en 2003. Mezzo

TÉLÉFILMS
20.40 Dalida.
Joyce Bunuel. [2/2]. France 4

A l’air libre
18.00 Europe 1 Pierre-Marie Christin, ancien directeuradjoint de l’information sur RTL, anime un débat quotidien entre auditeurs et journalistes.

Le Choix des livres
15.30 France Culture

FILMS
19.40 Cujo.
Lewis Teague (EU, 1983, 80 min) 2 TPS Cinextrême

SÉRIES
20.45 Brigade spéciale.
Paris sur Internet. Autoroute numéro 1. Harcèlement (saison 3, 8 à 10/13). TMC

22.45 Les Dossiers de Téva.
Chirurgie esthétique : Rêve ou enfer ? Téva

23.10 Au-delà de la haine. Planète

20.50 Spartacus.
Stanley Kubrick (Etats-Unis, 1960, 185 min). Histoire

Tewfik Hakem s’entretient avec Eric Deroo pour ses différents ouvrages consacrés à la question coloniale.

Travaux publics
18.30 France Culture La troisième

20.45 The Shield.
Sol Negro. Dérapage. La Corde au cou (S3, 7 à 9/15) 0 Jimmy 23.15 La Part du diable. Scalp [1-2/2] (S2, 1-2/6) 0 TMC

22.33 Les Rimaquoi. 22.35 C dans l’air. Magazine. 23.45 On n’est pas que des parents. J’ai
rencontré mon amour au Népal.

SPORTS EN DIRECT
19.30 Football. Coupe de l’UEFA
(1er tour retour) : Auxerre Dinamo Zagreb. Sport+ 21.30 Football. Coupe de l’UEFA (1er tour retour) : Tottenham Slavia Prague. Eurosport

La Bande à Bonnaud
16.30 France Inter Frédéric Bon-

22.20 Vidéodrome.
David Cronenberg (Canada, 1982, v.m., 100 min) 2 TCM

DOCUMENTAIRES
19.50 Les Ours, mon fils et moi. National Geographic 19.50 Pilot Guides.
Marrakech et Dubaï. Voyage

0.15 Brazil.
Terry Gilliam (GB, 1984, v.m., 135 min). TPS Home Cinéma

0.10 Six Feet Under.
Rendez-vous à Black Forest (S4, 10/12, v.m.) 0 Jimmy.

naud reçoit Rachid Bouchareb, le réalisateur d’Indigènes, et Sami Bouajila, l’un des comédiens.

génération des néo-ruraux, en direct du cyber café de Faux-laMontagne (Creuse).

Littérature et histoire
22.15 Judaïques FM Haïm Cherki

0.15 Les Lièvres d’Ecosse.
Documentaire (45 min).

Prima la musica
20.00 France Musique Gurrelieder,

Les codes du CSA 0 Déconseillé aux moins de 10 ans 2 Déconseillé aux moins de 12 ans 6 Déconseillé aux moins de 16 ans 8 Déconseillé aux moins de 18 ans. Les cotes des films a On peut voir a a A ne pas manquer a a a Chef-d’œuvre ou classique. Sous-titrage spécial pour les sourds et malentendants d.

d’Arnold Schönberg.

reçoit la romancière Michèle Halberstadt pour son livre Café viennois (Albin Michel).

Jeudi 28 septembre 2006

0123
DÉCRYPTAGES
PORTRAIT
19 Patrick Mennucci.
Cette figure de la fédération socialiste des Bouches-du-Rhône est l’homme à tout faire de Ségolène Royal.

35

L’ACTUALITÉ
ÉDITORIAL & ANALYSES
2 Editorial. Effort tardif. Mission périlleuse au Liban,
par Laurent Zecchini.

La Nipponne nue qui choque Charleroi

Variations caraïbes.
La chronique « Culture » de Francis Marmande.

U

PAGE TROIS
3 Biométrie. Le passeport qui
en dit trop pour les personnes adoptées ou nées sous X.

FOCUS
20 France. Le budget 2007.

DÉBATS
22 Jospin a-t-il le devoir de se présenter ?
Par François Rebsamen.

INTERNATIONAL
4 Etats-Unis. Vive polémique
entre M. Bush et les démocrates à propos de la guerre en Irak. 5 ONU. Entretien avec le SudCoréen Ban Ki-moon, favori pour succéder à Kofi Annan. Francophonie. La crise avec la Syrie exclut le Liban. 6 Chine. La lutte contre la corruption et la présidence.

23 Nous ne rembourserons pas vos dettes, par Clément Pitton. « Big Pharma » nous surveille,
par Jacques Juillard et Bruno Toussaint.

ENQUÊTE
24 Allemagne. Le Land où
les néonazis font la norme.

SCIENCES & ENVIRONNEMENT
8 Bioéthanol. 500 pompes pour
en distribuer d’ici à fin 2007.

RENDEZ-VOUS
GOÛTS
26 Mets. Le « fish and chips »
s’allège et se réinvente.

Marée noire. Le Liban veut obtenir réparation de la part d’Israël.

EUROPE
9 Criminalité. Faut-il avoir peur
de la Roumanie et de la Bulgarie ? Hongrie. La Commission soutient le plan d’austérité.

MODES DE VIE
27 Divorces. La résidence
alternée remise en cause.

CULTURE
28 Musique. New York
met le Met sur grand écran.

n retraité en colère attend les premiers visiteurs du musée de la photographie de Charleroi, mardi 26 septembre. « J’ai vu les autorités de la ville, j’exige le retrait de cette image », grogne-t-il. Il désigne du doigt, sans le regarder, un grand panneau qui orne la façade et reproduit un nu du sulfureux photographe japonais Nobuyoshi Araki. Seul mais affirmant s’exprimer au nom d’un groupe de protestataires, l’homme attend de pied ferme le directeur, Xavier Canonne, et agit, ditil, « pour le bien-être de la société ». La très belle image géante, représentant une jeune Nipponne nue, gants et bas noirs, le sexe masqué par des plumes de la même teinte, était depuis quelques jours un sujet de polémique à la place des Essarts. L’exposition de 4 000 photographies d’Araki, venue en droite ligne de Londres, où elle n’a suscité aucune polémique, est ouverte depuis trois jours et le restera jusqu’au 14 janvier 2007. A Mont-sur-Marchienne, quartier populaire où le musée s’est installé il y a une vingtaine d’années, les commerçants parlent d’une pétition. Au café Le Central, à la librairie Huwart et au restaurant La Gallina, on se divisait sur la nécessité d’exposer ce portrait, sans toujours remarquer qu’il est étrangement surmonté d’une statue pieuse. Le musée a, il est vrai, installé ses collections et ses expositions dans un ancien couvent de carmélites. Dans la nuit de dimanche à lundi, la polémique a pris une autre tournure. « Une sale tournure », commente un officier de police. Des

cocktails Molotov ont été lancés contre le bâti- voulait, en fait, « ligoter la réalité » : « Je veux ment. Ils n’ont causé que peu de dégâts, ne par- ficeler le réel parce que je ne peux ficeler rien venant qu’à endommager très partiellement d’autre. Ni le cœur de Yoko, la femme que j’aime, le grand portrait extérieur. Mais cette attaque, ni celui de personne. On ne peut pas ficeler les la première du genre, a créé la consternation. âmes, elles sont intouchables. Et c’est parce que les Au lendemain des faits, les employés sont ten- âmes sont intouchables que je veux ficeler le visidus et Xavier Canonne est sorti de son bureau ble, en prendre possession pour moi seul. » Les premiers visiteurs de l’exposition ont pour parler à chacun. Il bénéficie d’un soutien unanime quand il affirme qu’il résistera à tou- consigné leurs impressions dans un livre d’or : « Honneur à la Belgique, quelle belle affiche à l’ente censure et ne retirera jamais l’affiche. trée ! », écrit une étrangère. Une Dans les salles, l’exposition dame confesse, en revanche, illustre l’incroyable prolixité d’Araki, qui, aujourd’hui âgé de Sur la façade du musée, qu’elle est « outrée » : « A-t-on pensé aux hommes perturbés qui 66 ans, a réalisé des millions de une image ont déjà du mal à maîtriser leurs clichés et rédigé trois cents géante représente pulsions ? » « Etonnons-nous livres. Araki mêle constamment l’insolite et le réel. Comme une jeune femme nue, ensuite que des musulmans intégristes viennent perpétrer des l’écrit l’un de ses critiques, il gants et bas noirs, attentats », se lamente une autre « provoque – solitairement et visiteuse. salutairement – le désastre dans le sexe masqué Etonné, fâché, le directeur le monde, de tous les arts et de toupar des plumes du musée souligne que tes les idées sur l’art ». d’autres expositions consaLes fleurs, Tokyo, des de la même crées ici à la grande pauvreté, enfants, des plats cuisinés, son teinte aux femmes en prison ou aux chat Chiro, sa femme Yoko – enfants de la guerre ont suscité morte en 1990 : Araki a tout mis « en boîte », constituant un gigantesque puzz- bien moins de réactions et interroge le retraité en colère : « Est-ce plus acceptable qu’un corps le qui mêle la beauté, la vie et la mort. Au Japon, où il est l’objet d’un véritable culte, nu de femme ? », demande-t-il. « C’est la réaliet ailleurs dans le monde, il est surtout connu té, monsieur », réplique l’autre. Qui promet de pour ses nus audacieux, parfois marqués par le revenir « accompagné » si l’affiche n’est pas sublime, parfois par la complaisance, ainsi que ôtée dans les 24 heures. a pour ses images de femmes ligotées. Evidentes Jean-Pierre Stroobants obsessions sexuelles ? L’artiste a expliqué qu’il (Charleroi, envoyé spécial)

POLITIQUE & SOCIÉTÉ
10 PS. Ségolène Royal redoute la « machine à perdre ». 11 Paris. Plusieurs adjoints de M. Delanoë, proche de M. Jospin, se rallient à Mme Royal. 12 Education. Les solutions des universités contre l’échec. 13 Justice. Après l’agression d’un homosexuel.

29 Patrimoine. Comment
sauver l’Ecomusée d’Alsace ? 30 Théâtre. Une autre et belle lecture de Bérénice.

SERVICES
32 Météo & Jeux. 33 Carnet. 34 Télévision & Radio.

0123.fr
Faut-il supprimer la carte scolaire ? Débat en direct avec Faride Hamana, président de la Fédération des conseils de parents d’élèves, jeudi à 11 heures. Un chat à la « une ». Les sorties cinéma du mercredi 27 septembre Les critiques, portraits et entretiens du Monde sur les principaux films à l’affiche, en une sélection d’images. Un portfolio à la « une » et en séquence Cinéma.

ÉCONOMIE & ENTREPRISES
14 Automobile. Plan de rigueur
chez PSA-Peugeot-Citroën.

15 OPA. L’allemand E.ON
relève son offre sur Endesa.

16 Banques. Goldman Sachs
rachète des fonds de pension.

MÉDIAS
17 Télévision. Réforme
de la production à France 3.

SPORTS
18 Football. Les insultes ne restent plus impunies.

SOCIÉTÉ DES RÉDACTEURS DU MONDE L’ASSEMBLÉE GÉNÉRALE de la Société des rédacteurs du Monde (SRM) a approuvé, mardi 26 septembre, trois résolutions. 271 journalistes actifs ou retraités, représentant 1 002 parts (sur les 1 416 que compte la SRM), ont participé au vote. Trois principes ont été adoptés : la création d’une structure destinée à mettre à l’abri la marque Le Monde (à 89,6 %) ; la dissociation des fonctions de président du directoire de la société Le Monde Partenaires et associés (LMPA) et de directeur de l’exploitation et de la publication du quotidien Le Monde (78,4 %) ; la mutualisation d’une partie des droits de la SRM avec la Société civile des personnels des Publications de la Vie catholique (83,6 %). Les deux premières résolutions ne pourront être mises en œuvre qu’après leur adoption par les conseils de surveillance du groupe Le Monde. L’assemblée générale de la SRM, réunie extraordinairement, a adopté une réforme de ses statuts portant, notamment, sur les conditions d’admission à la société et la possibilité pour un cogérant d’effectuer trois mandats consécutifs de trois ans. a

IL Y A 50 ANS DANS « LE MONDE »

La mort de Lucien Febvre
LUCIEN FEBVRE, membre de l’Institut, professeur honoraire au Collège de France, est mort à Saint-Amour (Jura), où les obsèques seront célébrées demain matin vendredi 28 septembre. Lucien Febvre était né à Nancy le 22 juillet 1878. Ancien élève de l’Ecole normale supérieure, agrégé de l’université, docteur ès lettres, il fit toute sa carrière dans l’enseignement. Professeur à la faculté des lettres de Dijon, puis à celle de Strasbourg, il fut appelé en 1930 au Collège de France, où fut créée pour lui la chaire d’histoire de la civilisation moderne. En même temps, il enseignait à l’Ecole pratique des hautes études, où il devait créer une section des sciences économiques et sociales. De 1935 à 1940, il fut le président du comité de l’Encyclopédie française, dont il avait conçu le plan et dont il dirigea la rédaction. L’importante œuvre historique laissée par Lucien Febvre porta d’abord sur le XVIe siècle, et particulièrement sur la Franche-Comté à cette époque, ainsi que sur la période de la Réforme. Dès le début de ses recherches, il s’était appliqué à mettre en valeur l’importance du facteur économique et à découvrir d’une façon générale les causes profondes des événements. Lucien Febvre exerça ainsi une action considérable sur l’évolution des études historiques et leur organisation. C’est dans le dessein de rapprocher historiens, économistes et sociologues qu’il avait fondé et dirigeait la revue Annales d’histoire économique et sociale. a
(28 septembre 1956.)
a Tirage du Monde daté mercredi 27 septembre 2006 : 424 208 exemplaires.

Vendredi 29 septembre en région parisienne et samedi 30 septembre partout en France

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La nouvelle

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Mondial de l’Automobile - Hall 5.2

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