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La question prioritaire de constitutionnalité devant le Conseil de prud’hommes

La révision constitutionnelle du 23 juillet 2008 a introduit dans la Constitution du 4 octobre 1958 un article 61-1 disposant que : « Lorsque, à l’occasion d’une instance en cours devant une juridiction, il est soutenu qu’une disposition législative porte atteinte aux droits et libertés que la Constitution garantit, le Conseil constitutionnel peut être saisi de cette question sur renvoi du Conseil d’Etat ou de la Cour de cassation qui se prononce dans un délai déterminé ». Tout justiciable a donc la possibilité de soulever, devant le juge, la question de la constitutionnalité d’une loi applicable au litige dont il est partie. Ce dispositif de QPC (question prioritaire de constitutionnalité) peut permettre de contester des dispositions néfastes pour les salariés qui n’ont pas fait l’objet de recours au moment de leur vote par le Parlement. Mais des employeurs peuvent aussi y trouver un nouveau procédé dilatoire pour retarder le moment du jugement. C’est au conseil de prud’hommes de jouer un rôle de filtre et de décider s’il va ou non recevoir une QPC soulevée par une des parties. S’il la reçoit, il la transmet à la Cour de cassation et sursoit à statuer en attendant la décision de celle-ci, puis éventuellement du Conseil constitutionnel. S’il l’écarte, l’instance se poursuit normalement (cf. schéma ci-dessous et détails exposés dans la suite de cette fiche).

Sommaire de la fiche : I. II. III. IV. V. Traitement d’une QPC soumise à un conseil de prud’hommes Le formalisme de la QPC Champ d’application et critères de validité de la QPC L’instruction de la QPC QPC et normes internationales page page page page page 2 3 5 8 13

Cette fiche fait référence aux textes suivants :    OO : Ordonnance organique du 7 novembre 1958 (créant le Conseil constitutionnel), modifiée par la loi organique du 10 décembre 2009. CPC : Code de procédure civile. CIV : Circulaire de la direction des Affaires civiles et du Sceau du ministère de la Justice, CIV/04/2010 du 24 février 2010.

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Egalement devant les juridictions administratives. La présente fiche traite exclusivement des QPC soulevées devant le conseil de prud’hommes. qui peut comporter des variantes exposées dans la note. auquel cas elle est transmise au Conseil d’état et non à la Cour de cassation. Traitement d’une QPC soumise à un conseil de prud’hommes Partie à l’instance Dépôt d’une QPC Conseil de prud’hommes Demande d’avis Parquet NON : Reçoit la QPC ? L’instance se poursuit sans changement OUI Cour de cassation OUI Conseil constitutionnel Annule le texte de loi ? NON : Transmet la QPC ? L’instance se poursuit sans changement NON : L’instance se poursuit sans changement OUI : L’instance reprend dans le nouveau contexte législatif Remarques :   Ce schéma donne une vue d’ensemble succincte du traitement normal d’une QPC. 2 .I. La QPC peut aussi être soulevée en cause d’appel ou devant d’autres tribunaux judiciaires.

II. elle devra être présentée à ce stade de l’instance. être 3 . II.3 Quand ? En principe la QPC peut être soulevée à tous les stades d’un procès.II. elle doit. L’instance qui fait l’objet d’une interruption (CPC article 369) ou d’une suspension (CPC article 377) n’est pas en cours au sens du Code de procédure civile et ne permet pas le dépôt d’une QPC.2 Où ?   La QPC peut être soulevée devant le Conseil de Prud’hommes. Pour la même raison. La QPC étant un moyen au soutien d’une prétention. n’est donc pas autonome et ne pourra pas être soulevée après clôture des débats devant le conseil. c’est-à-dire que si la question vient au soutien d’une demande devant être soulevée à un moment particulier de l’instance. Le formalisme de la QPC Le dépôt d’une QPC est soumis à de strictes conditions de forme dont le non respect entraîne le rejet. En effet le législateur a précisé que cette procédure doit être soulevée « à l’occasion d’une instance » et constitue un moyen qui vient à l’appui d’une prétention.   Illustration : si une QPC vient au soutien d’une prétention constituant une exception de procédure.  II.1 Qui ?  Les parties à l’instance (y compris les parties intervenantes) sont les seules à pouvoir poser une QPC. ce qui exclut le bureau de conciliation. Seule une formation susceptible de juger l’affaire peut se prononcer sur une QPC. le régime juridique de la QPC suit celui de la prétention. ce propos doit être nuancé. à peine d’irrecevabilité. Le juge ne peut relever d’office une QPC. Cependant. La question ne peut donc être soulevée que devant le bureau de jugement ou la formation de référé.  La QPC doit être soulevée dans le cadre d’une instance en cours.

conformément aux dispositions régissant la procédure prud’homale. Cette condition doit être respectée à peine de nullité. L’écrit doit contenir la motivation venant au soutien de la QPC.4 Comment ? Une QPC doit être présentée par un écrit distinct et motivé. ci-dessous les conditions de fond que doit remplir une QPC). 4 .soulevée simultanément et avant toute défense au fond ou fin de non recevoir (CPC article 74). Plus précisément :  Ces exigences s’appliquent également aux procédures orales et par conséquent à la procédure prud’homale. l’écrit doit contenir l’indication de la disposition législative contestée. II.   Remarque : Par analogie avec les règles régissant les actes de procédure devant être motivés. que le juge doit relever d’office (OO article 23-1 et CPC article 126-2). Ainsi. le droit ou la liberté constitutionnellement garanti. Elle ne peut se contenter de déposer ses écritures au greffe.  En dehors de l’exigence de motivation. la partie qui dépose une QPC doit reprendre oralement sa demande à l’audience. et doit permettre de comprendre en quoi la disposition contestée contrevient à la norme constitutionnelle (cf. L’écrit présentant la QPC doit être distinct de la demande originelle et de toute écriture que la partie peut éventuellement déposer dans le cadre de l’instance en cours. l’écrit n’est soumis à aucun formalisme particulier. Mais. on peut en déduire que le moyen doit être articulé.

» Les lois antérieures à 1958 entrent dans le champ de la nouvelle procédure. loi organique ou ordonnance ratifiée par le Parlement). comme « la bonne administration de la justice » (selon l’opinion majoritaire des commentaires doctrinaux suscités par la QPC et sous réserve de la position qu’adopterait le Conseil constitutionnel si le cas se présentait). la Constitution du 4 octobre 1958 et ses modifications ultérieures. Pour plus de précisions. au motif qu’elle contrevient à un droit ou une liberté garanti par la constitution. Ce peut-être aussi une loi du pays de Nouvelle-Calédonie. la Charte de l'environnement de 2004 et les principes fondamentaux reconnus par les lois de la République.III. les arrêtés ou les décisions individuelles ne peuvent donc pas faire l'objet d'une question prioritaire de constitutionnalité (ce sont des actes administratifs dont le contrôle relève de la compétence des juridictions administratives). Il s’agit de l’ensemble des droits et libertés figurant dans le bloc de constitutionnalité : la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen de 1789. le Préambule de la Constitution de 1946. III. 5  . consulter la CIV. les décrets. C'est donc essentiellement un texte voté par le Parlement (loi.   2) … au regard des « droits et libertés que la Constitution garantit ». Les ordonnances qui n'ont pas été ratifiées. La régularité de la procédure d’adoption d’une loi.1 Champ d’application de la QPC 1) La QPC doit contester une « disposition législative »…  Selon le Conseil constitutionnel « il s'agit d'un texte adopté par l'autorité détenant le pouvoir législatif. Sa transmission à la Cour de cassation suppose donc qu’elle vérifie plusieurs conditions de fond. Champ d’application et critères de validité de la QPC La QPC a pour but de contester une disposition législative applicable au règlement de l’affaire en cours. Ne peuvent être invoqués à l’appui d’une QPC :  Ce que le Conseil constitutionnel appelle les « objectifs à valeur constitutionnelle » .

le juge doit faire application de la disposition contestée. pour trancher le litige. sauf changement des circonstances ». cidessous l’articulation entre une QPC et l’invocation d’une norme internationale). Le droit communautaire et international puisque le conseil constitutionnel se refuse à tout contrôle de conventionalité. « le changement des circonstances » doit être compris comme « changement intervenu. depuis la précédente décision.  Il s’agit par exemple d’une éventuelle incidence de la charte de l’environnement de 2004 sur une disposition législative qui avait été considérée comme conforme aux dispositions constitutionnelles mais qui ne le serait pas à la charte. c’est à dire de la conformité du droit interne aux traités et normes ratifiés par la France (cf. 6  . de droit ou de fait. Concernant les changements dans les circonstances de droit ou de fait : il pourrait s’agir d’un revirement de jurisprudence du Conseil ou d’une matière marquée par une évolution rapide des techniques (cf. ce qui exclu une question venant au soutien d’une prétention irrecevable. De plus. la QPC pouvant aussi porter sur la validité de la procédure. qui affectent la portée de la disposition législative critiquée ». CIV qui donne l’exemple de la bioéthique ou des NTIC). III. Elle doit : 1) être applicable au litige ou à la procédure en cours (OO article 23-2 1°) C’est-à-dire que. Cette condition doit être entendue largement. par exemple une demande reconventionnelle ou additionnelle sans lien de rattachement suffisant avec la prétention d’origine (CPC article 70).2 Trois critères de validité La loi prévoit trois autres conditions nécessaires pour qu’une question rentrant dans le champ défini précédemment soit transmise à la Cour de cassation. 2) ne pas avoir été déjà tranchée (OO article 23-2 2°) La disposition ne doit pas avoir « déjà été déclarée conforme à la Constitution dans les motifs ou le dispositif d’une décision du Conseil constitutionnel. dans les normes de constitutionnalité applicables ou dans les circonstances. la QPC doit venir au soutien d’une prétention susceptible d’être examinée. Selon le Conseil constitutionnel.

ci-dessous). Il conviendra de prêter attention aux décisions du Conseil constitutionnel. 3) ne pas être « dépourvue de caractère sérieux » (OO article 23-2 3°). On n’attend pas du conseil de prud’hommes qu’il se livre à un véritable examen de constitutionnalité (c’est le rôle du Conseil constitutionnel). La notion de caractère sérieux peut être définie comme « de nature à faire naître un doute dans un esprit éclairé ». un examen du sérieux des arguments avancés par la partie auteur de la question est indispensable. qui devrait préciser la notion de « changement des circonstances » au fil de sa jurisprudence. Le juge ne doit pas « se sentir obligé » de transmettre toute QPC qui lui est soumis.Remarques :   On peut se référer au répertoire des dispositions déclarées conformes à la Constitution réalisé par la Conseil constitutionnel. 7 . d’autant que le refus de transmission. est susceptible de recours (cf. contrairement à l’acceptation. ni même au « filtrage approfondi » qu’opérerait la Cour de cassation. Ce critère vise à écarter les questions fantaisistes ou dilatoires. En revanche.

IV. c’est-à-dire après les exceptions de procédure ou les fins de non recevoir. ni de débattre du fond de la question. elle doit être examinée en même temps que celui-ci. tout en veillant à ce que la procédure n’accuse pas de retard. Cette exigence doit être comprise comme imposant au juge de statuer dès qu’il est en capacité de vérifier si les conditions de transmission sont réunies. L’instruction de la QPC IV. les arguments des parties sur la recevabilité d’une QPC devront être débattus dans le respect de l’oralité et du contradictoire. la QPC doit être examinée par le juge avant le fond de l’affaire. Dans ce cas. II. si la question est relative au fond de l’affaire. notamment dans le cadre d’un référé. CPC article 429). Le plus souvent. Le report éventuellement nécessaire pour recueillir l’avis du Parquet devra donc être réduit au minimum. cela obligera à reporter l’audience (à une date dont le Parquet doit être informé. la juridiction communique l’affaire au ministère public « afin qu’il puisse faire connaître son avis » (OO article 23-1). sauf s’il est possible d’assurer la présence immédiate du Parquet. Cela ne signifie pas qu’un jugement ou une ordonnance doive être rendu sur le champ. Attention : si la QPC n’est pas présentée sous la forme d’un écrit distinct (cf. Deux règles particulières ont été édictées :  Dès qu’une QPC est soulevée. il n’y a pas lieu d’interrompre ou de reporter l’audience pour saisir le Parquet. 8 . En particulier. En revanche. Si elle se rapporte à un incident d’instance. une exception ou une fin de non recevoir. Le moment de l’examen de la QPC dépend de la prétention qu’elle soutient. En revanche.  « La juridiction statue sans délai » (OO article 23-2). le jugement ou l’ordonnance devra porter mention de l’évocation d’une QPC et du motif de son rejet. le conseil ne peut que relever d’office son irrecevabilité.4 ci-dessus).1 Règles générales L’instruction d’une QPC et la décision de la transmettre ou non à la Cour de cassation obéissent aux règles de la procédure prud’homale (CPC article 126-4).

même si elle concerne un incident d’instance. si celle-ci nécessite une autre audience non liée à la QPC (mesures d’instruction.  Le refus de transmettre une QPC est susceptible de recours mais « ne peut être contesté qu’à l’occasion d’un recours contre la décision réglant tout ou partie du litige » (OO article 23-2.3 La décision de refus de transmission Selon le cas (cf. le délibéré sur la QPC devra avoir lieu sans attendre celle-ci. ci-dessus). communication de pièces. La décision devra être prise dès que les conditions en sont remplies (tenue d’une audience où la QPC a été débattue contradictoirement. mentionner que le Parquet a donné son avis et présenter les motifs du rejet. dans les formes habituelles. une exception ou une fin de non recevoir. En effet. concernant les faits examinés). etc. le refus de transmettre une QPC fait l’objet d’une décision autonome ou est inclus dans le jugement ou l’ordonnance rendu sur l’ensemble de l’affaire. après délibéré dans les formes habituelles. invocation d’un droit ou liberté garanti constitutionnellement).2 La prise de décision C’est le bureau de jugement ou la formation de référé dans son ensemble qui doit statuer. nouveauté et caractère sérieux). l’absence d’un des critères de validité (applicabilité au litige.IV. Le conseil peut décider de poursuivre l’audience pour examiner la totalité de l’affaire. IV. 9 . dernier alinéa). Aucune disposition n’impose un délibéré immédiat et particulier sur la QPC. le Parquet ayant pu donner son avis). Ces motifs peuvent être :   une irrecevabilité pour non respect des formes impératives de la QPC. le constat que la question soulevée ne correspond pas au champ d’application de ce dispositif (contestation d’une disposition législative précise. Il en résulte les modalités suivantes d’information :  le greffe avise les parties et le ministère public de la décision du conseil . En revanche. la décision devra comporter le rappel des arguments des parties. la loi réserve le monopole de l’examen de la QPC au président de la formation de jugement uniquement pour certaines juridictions échevinales énumérées à l’article 126-3 du Code de procédure civile. Quoi qu’il en soit.

rétracter ce refus et transmettre la question. l’avis doit préciser qu’il ne peut être contesté que si le recours contre la décision a pour objet de contester la solution donnée au litige lui-même . cet avis aux parties doit préciser que le refus de transmettre ne peut être contesté qu’à l’occasion d’un recours contre une décision réglant tout ou partie du litige (CPC article 126-7) . la décision de refus n’a été motivée que par la non applicabilité au litige de la disposition législative contestée par la QPC . la juridiction peut. lorsque ce refus a été exclusivement motivé par la constatation que la disposition législative contestée n'était pas applicable au litige ou à la procédure en cause. la décision de rétractation n’a pas à être précédée ni suivie d’une réouverture des débats. dans les deux cas (décision autonome ou incluse dans une décision tranchant au fond). le conseil entend finalement appliquer cette disposition à la solution du litige. en invoquant d’autres motifs au refus de transmission. si elle entend à l'occasion de l'examen de l'affaire faire application de cette disposition. la décision du conseil doit être notifiée aux parties selon les modalités habituelles. Ce n’est pas une procédure autonome et il n’est pas nécessaire que la partie à l’origine de la QPC en fasse la demande. Toutefois.   La faculté de rétractation du refus de transmission « Le refus de transmettre la question dessaisit la juridiction du moyen tiré de la question prioritaire de constitutionnalité. Prise par le conseil alors que les parties ont débattues l’affaire dans son entier. il devrait alors justifier sa position dans l’ordonnance ou le jugement définitif. 10 . si le refus est inclus dans la décision tranchant au fond. Remarque : si le conseil se ravisait et entendait finalement appliquer la disposition contestée sans rétracter un précédent refus de transmission uniquement motivé par sa non applicabilité au litige. » (CPC article 126-6) La rétractation ne peut donc intervenir que si les trois conditions suivantes sont remplies :    le conseil a rendu une décision de refus de transmission avant l’examen complet de l’affaire .

En revanche.     11 .les éventuels écrits des parties en réponse ou en réplique. sous réserve qu’ils soient contenus dans des écrits distincts et motivés. Il est donc préférable d’énoncer explicitement la question dans le dispositif de la décision plutôt que de se référer aux écritures de la partie qui a soulevé la QPC.IV. cf. par exemple si elle critique plusieurs dispositions et qu’il estime que seules certaines de ces critiques répondent aux critères de transmission. dernier alinéa). mais il ne sont pas écartés des débats et doivent être pris en compte par le conseil et évoqués dans sa décision. . Une décision de transmission n’est susceptible d’aucun recours (OO article 232.4 La décision de transmettre une QPC Lorsqu’il estime que les conditions de forme et de fond sont réunies. CIV). Le conseil ne peut modifier la question dans sa substance. La rédaction de la décision  La QPC doit apparaître clairement dans le dispositif de la décision. à savoir : . mais il peut restituer à la question son exacte qualification et reformuler la question sans la transformer. il n’est pas autorisé à modifier la disposition législative ou les droits ou libertés constitutionnels invoqués par les parties. Il peut décider de la transmettre partiellement. .l’avis du ministère public. Remarque : les écrits en réponse ou en réplique qui ne traitent pas exclusivement de la QPC ne peuvent être transmis (décision du Conseil constitutionnel n° 2009-595 DC . ou encore préciser le fondement constitutionnel invoqué par la partie. Il peut par exemple énoncer le texte législatif contenant la disposition contestée par les parties. La décision doit aussi préciser les écrits qui devront être transmis à la Cour de cassation.l’écrit distinct et motivé qui a soulevé la QPC. Il peut également reformuler la question en cas de transmission partielle de la QPC. le conseil transmet la QPC à la Cour de cassation.

Lorsque le sursis risquerait d’entraîner des conséquences irrémédiables ou manifestement excessives pour les droits d’une partie. sans délai et par tout moyen. Mais ce sursis à statuer n’obéit pas tout à fait aux règles de droit commun et ne suspend pas le cours de l’instruction (OO article 23-3. La transmission de la décision    La décision de transmission est envoyée par le greffe à la Cour de cassation dans les 8 jours de son prononcé. Cette possibilité concerne notamment le cas d’une QPC posée devant la formation de référé. Cette décision n’étant susceptible d’aucun recours.  Dans ces deux cas.   Les exceptions au principe du sursis à statuer:  Lorsque la loi ou le règlement prévoit que la juridiction doit statuer dans un délai déterminé ou en urgence (cela concerne le bureau de jugement siégeant en la forme du référé et la formation de référé dans le cas où la compétence de celle-ci est fondée sur l’urgence). Au contraire. 1er alinéa). si le conseil considère que l’instruction ou les échanges entres les parties doivent se poursuivre. le conseil a également la faculté de statuer sur les points qui doivent être immédiatement tranchés. il en précise les modalités dans la décision de transmission. Néanmoins le greffe en avise les parties et le ministère public.Le sursis à statuer La décision qui transmet la QPC prononce également un sursis à statuer car la suite donnée à la question prioritaire est nécessairement déterminante pour la solution du litige. le sursis à statuer suspend le cours de l’affaire jusqu’à ce que la décision relative à la question prioritaire soit rendue. La décision doit donc préciser les suites données à l’instance :  Dans le cas où aucun acte d’instruction n’est à prévoir et que les débats ne peuvent utilement se poursuivre sans la solution de la QPC. dès le prononcé de la décision de transmission (CPC 12 . le conseil peut statuer immédiatement. la décision étant rendue sur le fond en tout ou partie est immédiatement susceptible de recours. elle n’a pas à être notifiée. Il peut également prendre les mesures provisoires ou conservatoires qui s’imposent dans l’attente de la décision statuant sur la QPC (OO article 23-3. 1er alinéa).

octobre 2010. le juge doit en principe statuer d’abord sur la QPC (OO article 23-2.article 126-7). le délai d’un mois pour présenter les observations devant la Cour de cassation court à partir de ce prononcé (CPC article 126-9). S’il décide de transmettre la QPC : .  Lorsque la disposition est contestée au regard du droit de l’Union européenne. auquel cas elle est abrogée et la question de la conventionalité ne se pose plus . V. QPC et normes internationales Dans le cas où une disposition législative est contestée à la fois par une QPC et au regard d’une norme internationale ou européenne. .  Si le conseil décide de ne pas transmettre la QPC. de la France. Un grand merci à Sylvaine JEGAT. stagiaire à DLAJ de janvier à juillet 2010. dont le travail sur la QPC a largement contribué à la rédaction de cette fiche. 13 . En effet. CIV page 17).ou bien elle est déclarée conforme à la Constitution (ou non transmise par la Cour de cassation) et le juge pourra alors examiner sa conformité aux engagements internationaux. il pourra trancher la question de conventionalité (conformité de la disposition législative aux traités et normes ratifiés par la France) dans le cadre de son examen du fond de l’affaire. la transmission de la QPC à la Cour de cassation ne fait pas obstacle à ce que la formation de jugement saisisse la CJUE d’une question préjudicielle (cf. 5ème alinéa).ou bien le Conseil constitutionnel déclare la disposition non conforme à la Constitution.  Philippe MASSON.