Lettre d’information du Système des Nations Unies à Madagascar

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Edition 01 PAUVREtE

Les enfants malgaches en situation de pauvreté et de privation critique

Qu’ils soient en situation de pauvreté monétaire ou qu’ils vivent audessus du seuil de pauvreté qui est de 468 800 Ariary, de nombreux enfants malgaches grandissent dans un environnement qui ne satisfait pas leurs besoins fondamentaux et qui ne leur offre pas la protection suffisante pour leur épanouissement personnel. L’étude sur l’Analyse de la pauvreté des enfants publiée par l’UNICEF met en exergue les situations de pauvreté et de privation auxquelles sont confrontés les enfants malgaches. P.02

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Résultats de l’enquête comportementale et biologique auprès des hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes EMPLOI Les Salons Régionaux de l’Emploi (SRE) pour servir de passerelle entre croissance, pauvreté et emploi.

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PAUVREtE

Les enfants malgaches en situation de pauvreté et de privation critique
Qu’ils soient en situation de pauvreté monétaire ou qu’ils vivent au-dessus du seuil de pauvreté qui est de 468 800 Ariary, de nombreux enfants malgaches grandissent dans un environnement qui ne satisfait pas leurs besoins fondamentaux et qui ne leur offre pas la protection suffisante pour leur épanouissement personnel. L’étude sur l’Analyse de la pauvreté des enfants publiée par l’UNICEF met en exergue les situations de pauvreté et de privation auxquelles sont confrontés les enfants malgaches.

L

es enfants vivent une* situation plus intense et plus critique que les adultes en termes de pauvreté monétaire. A Madagascar, 82% des enfants de moins de 18 ans vivent en dessous du seuil de pauvreté, un taux plus élevé que la moyenne nationale qui est de 76%. Cette situation ne favorise, ni leur accès aux services sociaux de base, ni leur protection, et ne permet pas de ce fait un plein respect de leurs droits. L’étude sur l’Analyse de la pauvreté des enfants publiée par l’UNICEF, basée sur les indicateurs monétaire et de privation, sévère ou moins sévère, s’inspire de l’étude globale mandatée au niveau du siège de l’organisation. Cette étude utilise les indicateurs discutés et retenus au niveau global avec l’appui de l’Université de Bristol. Les données de l’EPM 2010 et l’EDS 2008-2009 sont les bases de l’analyse. D’autres indicateurs de privation sont également analysés en corrélation avec la pauvreté monétaire selon la méthodologie proposée par David Gordon et Al. pour mettre en évidence l’ampleur et la profondeur de la pauvreté des enfants.

La forte incidence de la pauvreté monétaire pour 82% des enfants de moins

régions, le sexe du chef de ménage dans lequel ils vivent, le nombre d’enfants

des enfants. En général, ceux qui sont les plus affectés par la pauvreté monétaire sont les enfants de moins de six ans (84,4%), ceux qui vivent en milieu rural (86,6%), ceux qui sont élevés au sein d’un ménage dont le chef est sans instruction (90,8%), de niveau primaire (86,5%), ou une femme (83,7%). Les enfants les moins affectés sont ceux qui ont entre 15-17 ans (75,4%), ceux qui vivent

...A Madagascar, 82% des enfants de moins de 18 ans vivent en dessous du seuil de pauvreté ...
de 18 ans est sujette à des variations plus ou moins importantes selon leurs milieux de résidence, leurs dans le ménage, les activités du chef de ménage, le niveau d’instruction de ce dernier et les classes d’âge

* www.unicef.org/madagascar

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en milieu urbain (61,7%), ou dans un ménage où le chef a un niveau d’étude secondaire (60,5) ou universitaire (16,3%). Beaucoup d’enfants font ainsi face à des privations en matière de santé, de nutrition, d’éducation, de logement, d’accès à l’eau, d’accès aux infrastructures d’assainissement, de protection et d’information. Ces privations, qu’elles soient sévères ou moins sévères, affectent leur développement et leur épanouissement et concernent également les enfants qui ne sont pas pauvres monétairement. Selon les milieux de résidence des enfants, les privations des enfants en milieu rural, qu’elles soient sévères ou moins sévères, sont généralement supérieures à la moyenne nationale pour chaque privation. Contrairement à la situation urbaine, comparable à la situation nationale, elles se démarquent dans le domaine de la protection où plus de 21% et de 18,8% des enfants du milieu urbain n’habitent pas avec l’un des deux parents (orphelins, parents divorcés, autres cas) et n’habitent pas avec les 2 parents (orphelins et autres cas).

Les domaines de privation des enfants
(en pourcentage)

Sources : EDS 2008-2009, nos propres calculs

Si les privations en logement et en installation sanitaire sont les plus alarmantes, avec des proportions très élevées, les autres privations sont tout aussi importantes et présentent de fortes disparités selon les groupes d’âge des enfants, leur sexe, les régions où ils habitent, leur quintile de bien-être et leur région de résidence. A Madagascar, 84,5% des enfants de moins de 18 ans habitent dans un logement avec 4 personnes ou plus

par chambre ou dans un logement sans plafond et 55,6% de ce même groupe d’enfants vivent dans un logement avec cinq (ou plus) personnes par chambre et dans un logement avec sol sans aucune protection. tandis que la privation en assainissement touche 97,9% des enfants de moins de 18 ans utilisant des installations sanitaires non améliorées et plus de 47% d’enfants de ce même groupe ne disposant pas de toilettes ou de système d’évacuation des excréments. En termes de nutrition, la privation se traduit par le retard de croissance et la situation des enfants de moins de 5 ans à Madagascar est critique. En effet, un enfant de moins de 5 ans sur deux connait une privation sévère et se trouve à moins de 2 écarttype pour le retard de croissance (taille pour âge),

tandis qu’un enfant de moins de 5 ans sur quatre se trouve en situation de privation sévère, se situant à moins de 3 écart-type. Ces deux formes de privation affectent surtout les enfants issus des quintiles de bien-être pauvre à moyen et vivant en milieu rural. La privation d’un enfant de moins de deux ans en matière de vaccination est importante. Un enfant de moins de 2 ans sur deux connait une privation moins sévère parce que n’ayant pas reçu les huit vaccins (BCG, DtCoq1, DtCoq2, DtCoq3, Polio0, Polio1, Polio2, et rougeole), tandis que 13,3% des enfants de 12-23 mois n’ont jamais reçu de vaccination. Ils sont ainsi en situation de privation sévère. Les enfants de moins de 2 ans vivant en milieu urbain sont mieux protégés que ceux habitant en zone rurale car ils ne constituent

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dire qui n’a jamais fréquenté l’école et ne fréquente pas l’école actuellement, est de 14,2%, tandis que 10,8% des enfants du même groupe d’âge sont dans une situation de privation moins sévère. Ils n’ont pas achevé le cycle primaire et ne sont pas actuellement scolarisés. Les 22 régions de Madagascar sont affectées différemment par la privation des enfants. Chaque région est caractérisée par une ou plusieurs privations moins sévères et privations sévères selon leur spécificité socioéconomique respective. Les niveaux de privation sont tout aussi élevés dans toutes les régions, mais il est important de signaler les régions où le niveau de privation est plus important que la moyenne nationale. Ainsi, dans les régions d’Androy et Anosy, les privations moins sévères et sévères en nutrition, assainissement, logement et protection touchent les enfants selon leur catégorie d’âge concernée, amplifiées

par les privations sévères dans les domaines de santé, eau, éducation et information. Ce sont les régions les plus vulnérables pour les enfants, d’autant plus que 95,2% et 87,2% des enfants respectivement dans ces deux régions vivent en dessous du seuil de pauvreté. Les régions de Melaky et Atsimo Andrefana sont plus touchées par les privations moins sévères et sévères en logement et assainissement, avec plus d’accent pour les privations sévères en santé, éducation et information. Pour les régions de Vatovavy Fitovinany, Ihorombe et Atsimo Atsinanana, à part les privations communes des régions en assainissement et en logement, elles sont concernées par les privations sévères en santé, éducation, nutrition et la privation moins sévère en protection. Les régions de la Haute Matsiatra, Itasy, Bongolava, Amoron’i Mania

et Vakinankaratra sont concernées par la privation sévère en nutrition et les privations moins sévères en santé et en information. tandis que les régions de Sofia, Betsiboka, Analanjirofo et Atsinanana sont touchées par la privation sévère en eau. Les régions de Diana, SAVA, Atsinanana et Boeny sont particulièrement touchées par les privations sévères et moins sévères en protection. Le non-respect du droit à l’information handicape le développement et l’avenir d’un enfant, et ne pas avoir accès à l’information constitue une privation pour les enfants malgaches. Plus de 27% d’entre eux n’ont accès à aucun moyen de communication : ni radio, ni télévision, ni téléphone, ni journal imprimé, ni ordinateur. Cette privation sévère est particulièrement importante dans le Sud et le Sud-Est ou elle touche plus de 60% des enfants. tandis que plus de 47% en sont moins sévèrement privés. Ces derniers n’ont pas accès à la radio ou à la télévision. Les enfants qui n’habitent pas avec leurs parents sont mal protégés et exposés à différents risques. C’est le cas de près de 20% d’enfants de moins de 18 ans qui ne vivent pas avec l’un des deux parents et des 14,6% d’enfants qui n’habitent pas avec les deux parents. Cependant, le fait de vivre avec les parents biologiques ne garantit pas l’exclusion des enfants du monde du travail, ni une exposition moindre aux violences et autres exploitations. Néanmoins, la perte de parents biologiques

que 2,8% de ceux qui n’ont jamais reçu de vaccins. Par ailleurs, les difficultés d’accès à l’eau, qui demeurent un problème pour les ménages malgaches, affectent davantage les enfants. 2,3% des enfants de moins de 18 ans peuvent avoir accès à de l’eau de qualité, mais celle-ci se trouve souvent à plus de 30 minutes de leur domicile. Cette situation affecte d’autant plus les enfants car ce sont eux qui sont souvent chargés de l’approvisionnement en eau du ménage. La situation est plus critique car 37,1% des enfants sont sévèrement privés d’eau, ou doivent utiliser l’eau des rivières, des lacs, des ruisseaux et des digues ou doivent chercher de l’eau à plus de 30 minutes du domicile. La situation de privation des enfants de 6-18 ans en éducation est élevée. A Madagascar, beaucoup d’efforts ont été faits, mais ceux-ci restent insuffisants. Au niveau national, la proportion d’enfants de 6-17 ans affectée par la privation sévère, c’est-à-

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est un facteur aggravant les risques et le défaut de protection. Les différentes privations touchent également les enfants qui ne sont pas pauvres monétairement. Selon la méthodologie de David Gordon et Al., on note une forte disparité entre les enfants pauvres et les enfants non pauvres monétairement. En effet, ¾ des enfants non pauvres monétairement sont touchés par deux formes de privation sévère (au sens AIP ou autres indicateurs de privation : habitation, eau, installation sanitaire et information). En revanche, la quasi-totalité des enfants pauvres monétairement présente au moins une forme de privation. Lorsqu’un enfant est touché par au moins deux formes de privation sévère, on parle de la pauvreté absolue selon cette même méthodologie. Ainsi, plus de trois enfants sur quatre vivent dans la pauvreté absolue. Cette situation concerne plus de 86% des enfants pauvres monétairement tandis qu’elle concerne 46% pour les enfants non pauvres monétairement. Cette forme de privation présente également de forte disparité selon les milieux de résidence et les régions où vivent les enfants. Comment atteindre les enfants pauvres et privés de leurs droits ? Cette étude servira de référence sur la situation des enfants malgaches pour toutes les interventions de développement et d’élaboration de politiques et de stratégies de lutte contre la pauvreté en réponse aux besoins spécifiques et surtout pour renforcer le respect des

droits de l’enfant. Il faudra au préalable assurer et accompagner la mise en œuvre effective du renforcement de l’administration pour appliquer les normes d’efficacité, de transparence, de recherche de qualité, d’éthique professionnelle ainsi que l’adéquation de la structure organique de l’administration par rapport aux besoins de la population. Ensuite les actions devront rentrer dans le cadre du processus de décentralisation du pouvoir et de déconcentration de l’administration tout en identifiant et apportant progressivement des solutions aux contraintes matérielles, financières et techniques des structures décentralisées que sont la région, la commune et plus récemment les localités. L’étude permettra de réfléchir sur les cadres permettant d’assurer la durabilité des actions d’augmentation de revenu et de consommation des ménages ainsi que celles d’amélioration de la qualité des services sociaux. La recommandation majeure sera d’influencer les débats politiques sur les dépenses dans les secteurs sociaux en intégrant le concept de la pauvreté des enfants dans les systèmes nationaux de définition d’indicateurs, notamment pour le suivi des OMD1, et dans la mise en œuvre des stratégies de réduction de la pauvreté aussi bien au niveau national que décentralisé et en les intégrant dans le processus de planification, de budgétisation et de suivi en faveur des enfants

SANTE PUBLIQUE

Craintes d’une épidémie de polio et reprise de la saison pesteuse
Un prélèvement effectué par l’Institut Pasteur de Madagascar (IPM) sur huit enfants sains dans la région Atsimo-Andrefana, district de toliara, en mai 2011, a révélé trois cas positifs de Vaccin direct polio virus (VDPV). Ces résultats font craindre la résurgence d’une épidémie de polio d’autant que les derniers cas ont été enregistrés en 2005. Mais ces résultats montrent surtout que la couverture de la vaccination de routine est faible. Des mesures doivent ainsi être prises d’urgence pour augmenter la couverture vaccinale et améliorer les impacts de la vaccination sur la protection de la population. La Semaine de la santé de la mère et de l’enfant (SSME), une campagne soutenue par l’UNICEF et l’OMS pour offrir un paquet de services gratuits aux mères et aux enfants est une opportunité pour donner une chance à tous les enfants de bénéficier des vaccins contre ce virus. La surveillance épidémiologique devrait également être impérativement renforcée pour s’assurer qu’il n’y ait pas de cas de VDPV avec des symptômes de paralysie. Par ailleurs, la saison pesteuse, qui va de septembre à mai, semble en train de reprendre. Les données de surveillance de la peste montrent une recrudescence des cas suspects de peste ces dernières semaines. A la semaine 40 (semaine du 3 octobre), 13 cas suspects, pour la plupart de forme pulmonaire (46%) avec 4 décès, ont été notifiés contre 4 seulement la semaine précédente. Avec 10 cas sur 13, le district sanitaire de Miarinarivo semble l’une des localités les plus touchées, et un cas positif a été notifié à Antananarivo Renivohitra. Des données récentes transmises à l’IPM indiquent également que tsiroanomandidy, district contigu de Miarinarivo, est également un foyer récemment actif. 25 nouveaux cas, tous de forme bubonique et dont 14 positifs au test bandelette rapide, y ont été récemment notifiés. 4 décès y ont également été enregistrés. Les partenaires se préparent pour apporter des réponses rapides face à cette situation. Les médicaments, les insecticides, les kits de protection et les nasses à rat sont déjà prépositionnés, tandis que des actions de sensibilisation et d’assainissement sont organisées dans tous les foyers pesteux

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LUttE CONtRE LE VIH Et LE SIDA

Résultats de l’enquête comportementale et biologique auprès des hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes

L

’épidémie du VIH à Madagascar est peu active, à moins de 1%, mais il persiste des facteurs de risque et de vulnérabilité susceptibles de créer des conditions favorables à une progression de l’épidémie. Il importe ainsi de placer la prévention au cœur de la réponse face au VIH en direction des groupes les plus vulnérables. Ainsi, une enquête comportementale et biologique auprès des hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes (HSH) a été menée en 2010 dans les zones urbaines basées dans cinq (5) villes: Antananarivo, toamasina, Mahajanga, toliara et Antsiranana, et financée par le Fonds Mondial de Lutte contre le Sida, la tuberculose et le Paludisme/ Round 8, l’ONUSIDA et l’OMS. La méthode utilisée était le Respondent Driven Sampling (RDS) appelé aussi échantillonnage déterminé par les répondants. C’est la méthode recommandée pour les études auprès de sous-groupe de population dépourvus de base de sondage. Les résultats rapportés de l’enquête bio-comportementale de base chez les HSH sont des valeurs pondérées qui tiennent compte du poids normalisé et standardisé des HSH entre les sites d’enquête. Près de quinze pour cent (14,7%) de la population des HSH enquêtés sont séropositifs

Prévalence du VIH et de la syphilis chez les Hommes ayant des rapports Sexuels avec les Hommes (HSH) par site, ESCOMB Madagascar, 2010
Site
Effectif pondéré (N) 625 133 107 76 56 996 RPR + TPHA + 28 7 7 5 3 51 Prévalence de la syphilis (%) 4,5 5,5 7,0 7,0 4,5 5,1 IC (95%) VIH + Prévalence du VIH (%) 17,6 16,0 9,0 0,0 10,0 14,7 IC (95%)

Antananarivo Toamasina Mahajanga Toliara Antsiranana Ensemble

[2,9 - 6,1] [1,5 - 9,5] [1,9 - 12,0] [1,3 - 13,0] [0,0 - 10,0] [3,7 - 6,5]

110 21 10 0 6 147

[14,5 20,5] [9,6 - 22,4] [3,3 - 14,6] [1,8 - 18,2] [12,5 16,9]

au VIH. La prévalence de la syphilis active dans la population des HSH des mêmes zones est de 5,1%. Les prévalences du VIH par site révèlent des disparités très marquées. trois sites, à savoir : toliara (0%), Mahajanga (9,0%) et Antsiranana (10,0%) se caractérisent par des prévalences du VIH

inférieures à la moyenne de l’ensemble des sites. Par contre, à Antananarivo (17,6%) et toamasina (16,0%), les prévalences du VIH en sont supérieures. Quant à la syphilis, l’écart des prévalences entre les sites d’enquête est relativement moins marqué. Dans les villes de Mahajanga et de toliara (7,0%) et toamasina

(5,5%), les prévalences de la syphilis sont plus élevées comparées à celles d’Antananarivo et d’Antsiranana (4,5%). Ces résultats vont ainsi permettre d’orienter la stratégie de lutte contre le VIH dans le prochain plan stratégique national, à l’endroit de ces groupes les plus vulnérables

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EMPLOI

Les Salons Régionaux de l’Emploi (SRE) pour servir de passerelle entre croissance, pauvreté et emploi.
Les jeunes et les femmes subissent de plein fouet les effets des contextes de crise. La stimulation du marché du travail au niveau régional est primordiale en mettant l’emploi au centre des actions à promouvoir.

D

ans son étude intitulée « tendances mondiales de l’emploi 2011 : le défi d’une reprise de l’emploi », le Bureau international du travail (BIt) avertit qu’avec un chômage mondial qui, selon les chiffres officiels, atteint un niveau record pour la troisième année d’affilée depuis le début de la crise économique, la faible reprise en matière d’emploi devrait se poursuivre en 2011. La reprise sur les marchés du travail est très disparate, avec la persistance d’un chômage élevé et un découragement croissant dans les pays développés en même temps qu’une hausse de l’emploi et un nombre toujours élevé de travailleurs pauvres occupant un emploi vulnérable dans les pays en développement. En dépit d’un fort rebond de la croissance économique dans de nombreux pays, le nombre de personnes au chômage a atteint 205 millions de personnes en 2010, un chiffre sensiblement égal à celui de 2009, soit 27,6 millions de personnes de plus qu’en 2007, juste avant que la crise économique mondiale éclate. Le BIt prévoit un taux mondial de chômage de 6,1% en 2011, ce qui porte le nombre de chômeurs à 203,3 millions dans le monde.

Dans ce contexte, le Directeur général du BIt, Juan Somavia, a souligné que : « il existe un défi commun : nous devons repenser le modèle de nos politiques macroéconomiques et faire de la création d’emplois de qualité, du travail décent, un objectif central de la politique macroéconomique en même temps qu’une forte croissance, une inflation faible et des politiques

budgétaires équilibrées. Nous ne devons pas oublier que c’est la qualité du travail qui définit la qualité d’une société ». Il a également déclaré que « Le chômage des jeunes constitue une priorité mondiale » et « La faible reprise en matière de travail décent ne fait que renforcer l’incapacité persistante de l’économie mondiale à garantir un avenir pour tous ces jeunes.

Cela mine la cohésion sociale et familiale ainsi que la crédibilité des politiques mises en œuvre ». Le BIt souligne l’importance des mesures qui peuvent contribuer à stimuler la création d’emplois et donner un nouvel élan à une reprise durable de l’emploi, mettant l’accent sur le fait que l’amélioration des résultats du marché du travail

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et des femmes à travers l’emploi et l’entrepreneuriat. Objectifs et résultats des Salons Régionaux de l’Emploi Dans ce cadre, des Salons Régionaux de l’Emploi (SRE) ont été organisés par le BIt dans les Régions Diana (les 16 et 17 juin 2011) et Boeny (les 1er et 2 juillet 2011). Les principaux objectifs visés par le BIt dans l’organisation des Salons Régionaux de l’Emploi se situent à deux niveaux : (i) la stimulation du marché du travail au niveau régional pour faire face aux effets de la crise ; (ii) le lancement de l’élaboration de la Stratégie Régionale de Promotion de l’Emploi (SRPE) pour Diana et Boeny. Pour Diana et Boeny, plus de 55 exposants, 4900 visiteurs, 600 postes à pourvoir, 900 CV collectés, 1500 jeunes formés (rédaction de CV, lettre de motivation, entretien d’embauche, bilan de compétences, rapport de stage, culture d’entreprise, culture de crédit, montage de business-plan) constituent les principaux résultats des SRE. Le Système des Nations Unies a accompagné le BIt dans la promotion de l’Agenda du travail décent, en l’occurrence le PNUD qui a toujours coopéré avec le BIt pour aider les Régions à se doter d’une SRPE (cas des Régions Atsimo-Andrefana et Vatovavy-Fitovinany). L’emploi jouera ainsi son rôle de répartiteur des fruits de la croissance dans la lutte contre la pauvreté

contribuerait à une reprise macroéconomique plus large et pourrait aider à compenser les effets négatifs des mesures d’assainissement budgétaire. De même, le développement de l’entrepreneuriat, l’investissement dans l’économie réelle, des marchés du travail qui ne soient pas exclusifs, et une croissance alimentée par les revenus du travail sont les moyens pour enclencher cette croissance tandis que des mesures destinées à étendre la protection sociale et à améliorer la qualité des emplois peuvent aboutir à des résultats plus durables. Cas de Madagascar Madagascar, un pays à fortes potentialiés économique et sociale, se trouve dans une situation de pauvreté aggravée par les impacts de la double crise financière mondiale et politique intérieure sur l’emploi et le travail. Les retombées négatives de cette crise sont fortement ressenties par

l’ensemble de la population dont 76,4% vivent déjà en dessous du seuil de pauvreté et fragilisent surtout le secteur privé si l’on ne cite que le nombre d’emplois perdus estimés à plus de 200.000 depuis 2008. Le pays est confronté à un dysfonctionnement grandissant du marché du travail qui se traduit par une perte massive d’emplois, la déstabilisation des demandes sur le marché et la faiblesse chronique des offres et de la productivité. Cette faible productivité trouve fondamentalement son origine dans l’inadéquation et le déficit du système d’éducation et de formation professionnelle, comparé aux besoins de l’économie et du développement social du pays. Par ailleurs, d’autres faits relatifs au développement du pays entrent en ligne de compte : (i) la disparité interrégionale flagrante en dépit des efforts consentis à développer une politique de

décentralisation et à mettre en place des programmes régionaux. En outre, la vulnérabilité des ménages ne leur permet pas d’amortir les chocs issus des périodes d’instabilité politique ou des cataclysmes naturels, du fait de la faiblesse de la productivité de l’emploi qui est la principale source de revenus des ménages ; (ii) la structure démographique de Madagascar caractérisée par une population active (15-65 ans) de 87,9%, une population jeune de 56% et une population féminine qui constitue un peu plus de la moitié de la population totale soit 50,6%. Ainsi est-il nécessaire de stimuler le marché du travail au niveau des régions qui ont élaboré des plans régionaux de développement mettant l’emploi au centre des actions à promouvoir et à renforcer pour impulser une économie régionale percutante, touchant la vie de la population tout en renforçant la dynamique contribution des jeunes

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