You are on page 1of 1

/ Saverne

Mardi 11 octobre 2011

RSU 01

1

Saverne / Une « marche pour la dignité »

Le bilinguisme à tout prix
Hier, la « marche pour la dignité », ou « Alsatian pride » a fait une halte à Saverne. Cette action rassemble une poignée de militants qui défendent le bilinguisme et protestent contre une modification annoncée de son enseignement en 2012.
Cette marche doit rallier Sarre-Union à Colmar entre le 9 et 16 octobre. Dirigée par le conseiller général de Sarre-Union David Heckel et la conseillère municipale Andrée Munchenbach (Schiltigheim) ainsi que Denis Lieb, ancien conseiller général de Sarre-Union, cette Alsatian pride a pour but de protester contre une expérimentation prévoyant de modifier la répartition des heures de l’enseignement bilingue en 2012, changement annoncé par Armande le Pellec, recteur de l’académie de Strasbourg.

accueillir à Saverne. « J’en ferai la demande officielle au président de Région Philippe Richert », assure-t-il.

« En Alsace on a une double culture qu’il faut redécouvrir »
Les manifestants, soutenus par quelques sympathisants, ont offert à l’édile un drapeau rouge et blanc, « le vrai drapeau de l’Alsace », avant de continuer leur route en direction de Monswiller, Steinbourg et Lupstein. Demain, ils seront du côté de Wissembourg. Au fil de leur marche, ils espèrent aussi sensibiliser le grand public à la question du bilinguisme. « On a abattu la frontière entre la France et l’Allemagne, il ne faut pas la garder au niveau linguistique ! En Alsace, on n’a pas de frontières dans nos têtes, on a une double culture, qu’il nous faut redécouvrir » estime Andrée Munchenbach. « L’Éducation nationale a mis l’alsacien au ban de l’école. Elle a puni ceux qui parlaient alsacien, leur a donné honte. Maintenant, elle doit réconcilier les Alsaciens avec leur langue et le réintégrer à l’école », milite cette convaincue du bilinguisme. Tous ne partagent pas cet avis tranché. « L’Éducation nationale se doit de relayer le bilinguisme. Mais c’est aux parents et aux familles d’initier d’abord la démarche », estime Christophe Dantzer, professeur d’histoire géographie et parent d’élève. La question vaut bien un débat… ou une marche. Camille Andres

« C’est un démantèlement de la filière bilingue qui s’annonce »
« C’est un démantèlement de la filière bilingue qui s’annonce, on veut passer au même résultat avec moins d’heures en allemand », s’inquiète Audrey Kopp, directrice de l’école ABCM, école privée bilingue de Saverne. Le projet prévoit d’ouvrir des classes bilingues avec 16 heures de cours en français et 8 heures en allemand. Jusqu’à présent, les classes bilingues sont paritaires, avec 12 heures dans chaque langue. Pour soutenir la poignée de marcheurs de l’Alsatian pride, portant quatre grands drapeaux rouges et blancs, cette enseignante est venue devant la mairie avec ses élèves de moyenne et grande section. Ces derniers ont entonné quelques chants en allemand, tandis que les militants discutaient à bâtons

Les marcheurs ont été rejoints par les élèves de l’école bilingue ABCM. (Photo DNA)
rompus avec le député-maire Émile Blessig, venu à leur rencontre devant la mairie de Saverne. « Si je comprends bien, votre manifestation comprend une part de régionalisme et une part de défense de l’enseignement bilingue ? » « Oui car les deux sont indissociables », estime Andrée Munchenbach. « Il ne faut pas saborder cette double culture ». « Mais le recteur n’a jamais proposé de mettre fin à l’enseignement bilingue », argumente le député-maire. « Oui, mais passer de 13 heures à 8 heures d’allemand comme le prévoit le recteur en prétendant qu’on aura les mêmes résultats, ça ne marchera pas », rétorque Denis Lieb. « Des postes d’enseignants sont menacés par c e t t e ex p é r i m e n ta t i o n » , ajoute-t-il. S’en est suivie une discussion sur le bilinguisme qui a mis à jour les réelles inquiétudes des marcheurs. « En Allemagne, il n’y a pas de chômeurs. Les Alsaciens n’auraient pas ce niveau de vie s’ils ne pouvaient pas travailler en Allemagne. Et s’ils ne savent plus parler allemand, ils vont perdre ces emplois possibles », argumente Denis Lieb. « La connaissance de l’allemand est évidemment utile dans notre région », convient Émile Blessig. « La question est: pourquoi n’y a-t-il pas beaucoup d’enfants de milieux populaires qui choisissent d’apprendre cette langue ? » s’interroge-t-il. L’élitisme de certaines filières franco-allemandes est reconnu par les défenseurs du bilinguisme eux-mêmes. « Mais il faut dire qu’il y a peu de sites bilingues ! L’Education nationale ne respecte pas ce à quoi elle s’était engagée dans certaines conventions vis-à-vis de la Région ! » s’indigne Denis Lieb. Une thématique qui sera peut-être abordée au printemps prochain lors des assises du bilinguisme qu’Émil e B l e s s i g s o u h a i t e ra i t

Faits divers
NEUWILLER-LÈS-SAVERNE

Région de Saverne / Primaires du PS

Perte de contrôle

1208 participants ce dimanche
Ce n’est pas une élection. Mais c’est un peu, au plan national, le lancement de la campagne présidentielle du PS. Et, au niveau local, l’occasion pour les socialistes de faire parler d’eux avant les législatives de 2012. Les primaires du PS, organisées ce dimanche et le prochain, ont mobilisé 1208 personnes en un jour.

Le conducteur s’est extrait luimême du véhicule. (Photo DNA)

Hier vers 16h15, un conducteur âgé de 66 ans, qui demeure à Neuwiller-lès-Saverne, a perdu le contrôle de son véhicule alors qu’il circulait sur la RD 73. Il a quitté la route à mi-chemin entre la ferme du Tiergarten et Neuwiller. Sa voiture s’est couchée sur le flanc et a percuté le talus. Légèrement blessé, le conducteur, qui était seul à bord, s’était extrait du véhicule à l’arrivé des secours. Il a été conduit à l’hôpital de Saverne par les pompiers de Bouxwiller. Les gendarmes de Bouxwiller étaient sur place pour les constats.

Il juge le résultat de dimanche « satisfaisant ». Le secrétaire de la section locale du PS Rémy Vettor tablait sur « mille votants ». Il y en aura eu 990 sur les trois c a n to n s d e S ave r n e, Bouxwiller et Marmoutier (environ 25 000 dans le BasRhin). Du côté de Hochfelden, Emmanuel Recht se félicite des 218 votants qui se sont déplacés : « Je suis agréablement surpris, c’est plus que je ne l’espérais ». Car, plus que le nombre de votes pour l’un ou l’autre candidat, ce sont les chiffres de la participation qui étaient attendus par les responsables locaux du PS, comme preuve de leur capacité à mobiliser pour les prochaines législatives.

Bloc-notes Retard. Les résultats locaux de la primaire ne sont parvenus à la rédaction qu’hier midi, pour cause de soucis techniques internes au PS. La première fois, comme on sait, ce n’est pas toujours parfait… ❏ Hollande devant, Aubry juste derrière. Comme ailleurs en Alsace, Martine Aubry se maintient mieux, en seconde position, qu’au plan national. Elle passe même devant Hollande à Saverne et Dettwiller, quand les deux sont à égalité à Bouxwiller. En revanche, à T h a l - M a r m o u t i e r, Monswiller, Pfaffenhoffen, Ingwiller, Dossenheim et Hochfelden, Hollande est en tête. Partout (sauf à Dettwiller, où il est devancé d’une voix par Ségolène Royal), le troisième homme est Arnaud Montebourg. Rémy Vettor voit dans tout ceci « une percée sur Saverne de la gauche située un peu plus à gauche ». Poursuivant : « Je me réjouis que Martine Aubry fasse mieux qu’au national, parce que c’est la candidate que j’ai

Les chiffres
990 votes exprimés sur les cantons de Saverne, Bouxwiller et Marmoutier : François Hollande 38,59 % (382 votes), Martine Aubry 33,64 % (333), Arnaud Montebourg 17,27 % (171) Manuel Valls 5,56 % (55), Ségolène Royal 4,85 % (48), Jean-Michel Baylet 1 vote. 484 personnes ont voté dans le canton de Saverne (262 à Saverne, 155 à Monswiller, 67 à Dettwiller), 316 dans le canton de Bouxwiller (91 à Pfaffenhoffen, 80 à Ingwiller, 73 à Dossenheim, 72 à Bouxwiller), 190 dans le canton de Marmoutier (à Thal-Marmoutier). Par ailleurs, 218 personnes ont voté dans le canton de Hochfelden (à Hochfelden).
soutenue dès le début ». Il ne donne toutefois pas de consigne de vote pour le second tour de ces primaires, dimanche. ❏ Qui sont les votants ? Selon Rémy Vettor, « à Saverne, c’étaient des sympathisants de gauche. À Pfaffenhoffen, il y avait plus de gens qui avaient voté Sarkozy, mais qui sont déçus et qui m’ont dit « il faut que ça change ». » ❏ Bureaux de vote. « Des maires de droite ou de centre-droit ont accepté dans leur commune l’installation d’un bureau de vote provisoire. Aucun maire n’a posé de problème », contrairement à ce qui a pu survenir ailleurs.
❏ Pour dimanche prochain. Ça se passe dans les mêmes bureaux, aux mêmes horaires, selon les mêmes modalités, à part que « ceux qui ont participé au premier tour n’auront pas besoin de repayer 1 euro » de participation. Cet argent, selon Rémy Vettor, est comptabilisé dans le cadre du compte de campagne du PS pour l’élection présidentielle. ❏ Et les législatives ? Pour 2012, ce qui préoccupe les acteurs locaux, c’est tout autant les législatives que les présidentielles. Localement, « on va s’y attaquer tout de suite après » ce dimanche, affirme Rémy Vet-

tor. Ce que l’on sait déjà : le secteur ne sera « pas réservé à une femme comme la dernière fois ». Autrement dit, une femme pourra se présenter, mais il n’y aura pas de parachutage — on se souvient du fiasco de 2007, lorsque la direction du PS avait bouté hors de Saverne le responsable local Nicolas Olszak, pour y installer une candidate… qui n’est jamais venue ! Et cette fois, qui sera candidat ? « Pour l’instant, une personne souhaite être candidat », glisse Rémy Vettor, sibyllin. En ce qui le concerne, il se dit « en pleine réflexion ». Quant à Emmanuel Recht, dont le nom circule de temps à autre, il indique : « C’est une question qui ne se pose pas pour l’instant ». Mais parions que ça va cogiter sérieusement, dès dimanche soir prochain, au sein du PS local. Emmanuel Viau
◗ Dimanche 16 octobre, second

tour des primaires du PS, de 9h à 19h. www.lesprimairescitoyennes.fr