Université Paris 8 Institut Français d’Urbanisme

RONAN MARJOLET

La notion de développement durable dans les projets urbains français

DESS Aménagement et Urbanisme
Sous la direction de : Jean-Claude HAUVUY

Année 2004-2005

La notion de développement durable dans les projets urbains français Mémoire de DESS

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La notion de développement durable dans les projets urbains français Mémoire de DESS

Remerciements

Avant toute chose, je tiens à remercier Monsieur Jean-Claude Hauvuy, mon directeur de mémoire, pour ses conseils avisés, sa sympathie, et surtout, sa volonté de rencontrer et d’écouter les étudiants qui s’intéressent aux problématiques urbaines et à l’urbanisme en général. Je souhaite également adresser un grand remerciement à toute l’équipe de l’Agence Innovapresse qui m’a formidablement bien accueillie lors de mon stage : merci, à Jean Haudouin pour sa confiance et ses conseils ; merci à Marie-Christine Vatov qui a su me guider lors de cette expérience journalistique ; merci à Valérie L., Magali, Anne, Martine, Caroline et Valérie G. (mes collègues) pour leur sympathie et leur accueil ; merci à Gérard Sorlin pour son professionnalisme et sa contribution « involontaire » au choix de mon sujet. Je tiens également à remercier Laurent Théry qui, depuis de nombreuses années, apporte beaucoup à ma passion pour l’Urbanisme et la Ville. Merci également à Angélique, pour son accueil parisien lors de cet été 2005. Merci aux membres de l’Echo pour m’avoir sans cesse demandé quand est ce que j’en aurais fini ! Merci aux membres de ma famille pour leur confiance, et spécialement à mes parents qui ont bien voulu m’accueillir à nouveau chez eux et qui ont toujours respecté mes choix. Merci et bonne chance à mes amis de promotion de l’IFU : Mary, Franck, Antony, Isabelle, Tristan et bien d’autres… Enfin, une pensée aux ami(e)s de Nantes, de Finlande et d’ailleurs…. qui n’ont cessé de m’encourager pour la rédaction de ce mémoire, qui ont manifesté leur souhait de me voir finir mes études, mais surtout qui m’ont accordé un peu de temps pour penser à eux et à l’avenir.

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La notion de développement durable dans les projets urbains français Mémoire de DESS 4 .

3.2. la référence de l’engagement des collectivités locales en France ___________ 3.3.1) L’engagement européen _______________________________________________________ 3.2.2)Méthode____________________________________________________________________ 2.1) Le développement durable à travers les institutions (la durabilité en Europe et en France) __ 3.2.3) Un lien entre les deux notions « Développement Durable et Projet Urbain » ? _____________ 1.2) 44 projets urbains français _______________________________________________________ 1.1.1) L’expansion du « Projet Urbain » en France_________________________________________ 1.2) Un outil de promotion du développement durable local_______________________________ 3.1.1) De multiples définitions _______________________________________________________ 1.2) Définitions du développement durable ______________________________________________ 1.2.1) Un fantasme.1) Les origines du Développement Durable ____________________________________________ 1.2.3) La ville durable_________________________________________________________________ 11 15 15 16 18 19 II) Une notion intrinsèquement contradictoire _________________________ 22 2. une utopie ? ________________________________________________________ 23 2.3) la généralisation de la démarche_________________________________________________ 3.2.3.3) Le développement durable.2.2) Les Agendas 21. amorce le débat de l’avenir des villes et de la planète __________ 27 III) Les institutions et les collectivités s’organisent ___________________ 28 3.2.2) L’organisation du développement durable en France _________________________________ 3.1.1) Le Forum des Projets Urbains __________________________________________________ 1.2) Les origines du succès du projet urbain ___________________________________________ 1.1) Le contexte d’émergence de la notion de projet urbain _______________________________ 1.3) Limites ____________________________________________________________________ 78 78 79 79 5 .1) Classer les projets_______________________________________________________________ 2.1.1) Les réseaux assurant la promotion du développement durable__________________________ 3.2) Des « défauts » assez similaires _________________________________________________ 1.2) Des contradictions profondes _____________________________________________________ 24 2.3) Un avenir en commun_________________________________________________________ 60 60 61 62 64 64 70 72 72 74 76 II) La prise en compte du développement durable dans les projets urbains ____________________________________________________________________ 78 2.1) Objectifs ___________________________________________________________________ 2.1.2) Un contexte de plus en plus favorable au développement durable _______________________ 3.1.1.2.3 La conceptualisation du développement durable _____________________________________ 1.2.1) Des enjeux plutôt partagés _____________________________________________________ 1.3) Quelles définitions pour la notion de « Projet Urbain » ?______________________________ 1.2.2 Vers une définition du développement durable ______________________________________ 1.La notion de développement durable dans les projets urbains français Mémoire de DESS TABLE DES MATIERES INTRODUCTION________________________________________ 7 Partie 1 _________________________________________________ Le développement durable en France ________________________ 11 I) La notion de développement durable_________________________________ 11 1.1.2) L’engagement français ________________________________________________________ 3.1) Qu’est ce qu’un Agenda 21 ? ___________________________________________________ 3.2 Quels sont les projets urbains présentés____________________________________________ 1.3) Normalisation et démarches qualité ______________________________________________ Conclusion partie 1 ________________________________________________________________ 28 28 32 40 40 43 44 49 49 52 54 59 Partie 2 _________________________________________________ Evaluation des intentions durables des projets urbains __________ 60 I) Projet urbain et développement durable _____________________________ 60 1.

La notion de développement durable dans les projets urbains français Mémoire de DESS
2.2) Tableau d’analyse des 44 projets __________________________________________________ 81 2.2.1) Principes ___________________________________________________________________ 81 2.2.2) Des projets différenciés _______________________________________________________ 82

III) Typologie des Projets urbains 2004 ________________________________ 85
3.1) Une notion quasi inexistante ______________________________________________________ 3.2) Un effort minimum______________________________________________________________ 3.3) Le développement durable inséré dans la réflexion ___________________________________ 3.4) Une démarche de développement durable intégrée dans le projet _______________________ Conclusion partie 2 ________________________________________________________________ 85 86 88 90 94

Partie 3 _________________________________________________ Des projets urbains durables ? _____________________________ 95
I L’engagement des projets urbains dans le développement durable_ 95
1.1) Répartition géographique des projets ______________________________________________ 95 1.1.1) Taille des villes porteuses et typologie des projets___________________________________ 95 1.1.2) Le portage « politique » des projets ______________________________________________ 97 1.1.3) Typologie et thématique des projets ______________________________________________ 99 1.2) Les projets urbains outils des démarches de développement durable ? __________________ 101 1.2.1 Le cas des projets initiateurs d’une politique de développement durable _________________ 102 1.2.2 Démarche de développement durable et projets urbains menés de front __________________ 105 1.2.3 Les projets issus des démarches de développement durable ___________________________ 107 1.3) Une démarche triptyque au cœur des projets urbains ? _______________________________ 110 1.3.1) L’environnement, le premier souci du développement durable français _________________ 113 1.3.2) Les projets urbains durables, outils de développement économique ? ___________________ 115 1.3.3) Une timide intégration des démarches de démocratie locale, de solidarité internationale et de promotion culturelle ou patrimoniale _________________________________________________ 117 1.3.4) L’aspect social du développement durable, l’autre parent pauvre des démarches françaises__ 119

II) Les villes se mettent sur la bonne voie_____________________________ 122
2.1) Le début d’un changement des comportements _____________________________________ 2.2) Angers, site pilote français_______________________________________________________ 2.3) Les quartiers durables de demain déjà conçus en Europe du nord ? ____________________ 2.3.1) L’Europe du nord, berceau du développement durable ? _____________________________ 2.3.2) Quelques exemples de quartiers durables en Europe du Nord _________________________ Conclusion partie 3 _______________________________________________________________ 122 124 126 126 128 137

CONCLUSION ________________________________________ 138 BIBLIOGRAPHIE _____________________________________ 142 TABLES DES CARTES ET FIGURES _____________________ 145 ANNEXES ___________________________________________ 146
ANNEXE 1__________________________________________________________________ 147 ANNEXE 2__________________________________________________________________ 158 ANNEXE 3__________________________________________________________________ 166 ANNEXE 4__________________________________________________________________ 171 ANNEXE 5__________________________________________________________________ 175

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La notion de développement durable dans les projets urbains français Mémoire de DESS

INTRODUCTION
Depuis plusieurs années, la France s’est engagée dans une volonté de respecter les grands traités, protocoles et divers sommets internationaux tels Stockholm (1972), Rio (1992), Johannesburg (2002) ; mettant en avant le besoin urgent de modifier les pratiques usuelles de développement afin de mieux prendre en compte les impératifs dû au respect de l’environnement et au respect des populations du monde. Depuis ce début de prise de conscience affiché au plus haut niveau de l’Etat, le terme de « développement durable » n’a cessé d’être employé, défendu, promu. Autrefois réservé à une élite internationale des questions de développement économique et de préservation de l’environnement, cette expression est aujourd’hui utilisée à tort et à travers par nombre de professionnels, d’organismes, d’institutions ou d’entreprise sans que ceux-ci donnent pour autant une définition ou bien sans que ces organisations puissent réellement montrer en quoi leur action respecte les principes du développement durable. Aujourd’hui, qui pourrait s’opposer à cette notion ? Personne !, puisqu’il est difficile et surtout ne serait pas politiquement correct de contester les bienfaits d’un développement basé sur l’équilibre harmonieux entre le respect de l’environnement, l’équité sociale et une croissance économique viable. Le développement durable s’impose donc dans la vie politique, économique, écologique et sociale de notre société. Pour autant, les divergences sont grandes dès lors qu’il s’agit de le définir. Quand certains disent du développement durable qu’il est un concept, d’autres parlent de doctrine, d’autres d’utopie et certains de démarche. Une chose est sûre, le terme est très polysémique et probablement en train d’être galvaudé. La ville, l’urbanisme, les politiques urbaines et environnementales ne sont pas en reste à ce sujet. L’Etat, les institutions publiques, les collectivités locales et bien évidemment la législation se sont également emparés du terme. Tout d’abord, il s’agit d’un impératif pour notre République dès lors que ses représentants ont signé divers textes internationaux reconnaissant l’urgence écologique devant laquelle se trouve notre planète et par conséquent nos sociétés. Comme le précise Kofi Annan, Secrétaire Général de l’ONU à Johannesburg en 2002 : « Cessons de nous dissimuler l’état de danger dans lequel se trouve la terre, ou de

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La notion de développement durable dans les projets urbains français Mémoire de DESS prétendre que protéger l’environnement coûte trop cher, quand nous savons très bien que ne rien faire coûtera bien plus cher encore » Pendant que « tous » s’essayent en vain de trouver des définitions communes sur les manières de se développer autrement ; les villes, principales concentrations des populations et des activités participent fortement à la phénoménale dégradation de l’environnement global depuis plusieurs années. Les collectivités locales se retrouvent alors face à l’urgence de réformer leurs fonctionnements et leurs pratiques pour, d’un côté diminuer les nuisances dont elles ont la responsabilité et, d’un autre côté, augmenter la qualité de vie de leur territoire synonyme d’attractivité pour la population et important pour la santé économique de la ville. On voit là toute la difficulté des collectivités locales pour développer de manière équilibrée leurs territoires. Elles doivent composer selon un exercice délicat, puisque tendre vers l’équilibre nécessite de réussir des « mariages » entre objectifs souvent contradictoires tels que la protection de l’environnement et le développement économique. Qu’en est-il vraiment de la situation des collectivités locales face à la prise en compte du développement durable dans leurs politiques et leurs actions ? Au cours du dernier Forum des projets urbains français, 45 projets urbains étaient présentés à un public de professionnels des questions d’aménagement et d’urbanisme. Cette manifestation réunit chaque année des projets urbains d’échelles différentes et présente un panel très varié de la complexité des enjeux auxquels les villes françaises doivent faire face pour proposer la ville de demain. Ces 45 projets ne sont pas un classement des meilleures opérations nationales, elles relèvent plus de la volonté des porteurs de projets de communiquer sur leurs ambitions, leurs avancées, leur savoir faire , etc…Ce panel de projets représente en revanche, une possibilité d’échantillonnage de la situation nationale. Participant à l’organisation de ce 4eme Forum, nous avons remarqué avec les membres de l’équipe, que « l’intégration de véritables stratégies de développement économique et de considérations environnementales est de plus en plus présente dans l’ossature des projets »1. L’autre point très remarquable, et qui va constituer l’interrogation principale de ce mémoire, est que la quasi totalité des projets revendique une prise en compte des principes du « développement durable » pour mener à bien leurs objectifs. Ce qui nous amène directement

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Le Guide des Projets Urbains 2004, Hors série d’Urbapress Information, Paris, 2004, 206p.

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des mesures de développement durable qui ont été réalisées. un survol pour une évaluation postérieure qui serait alors un véritable bilan. même de manière abstraite. Une première partie nous permettra de préciser ce qu’est la notion de développement durable en retraçant son parcours dans les discours internationaux et en faisant le point sur ce que les instituions françaises ont mis au point pour intégrer cette notion.La notion de développement durable dans les projets urbains français Mémoire de DESS à la question centrale de ce mémoire : Où en est-on de la prise en compte des principes du développement durable dans les projets urbains français ? Cette problématique étant posée. que très peu de mise en œuvre d’actions de développement durable. cette analyse permettra de 2 Comme l’on dit quartier durable ou ville durable. il nous restera à rechercher si les projets urbains. quelques années après. à partir de leurs intentions concernant leurs actions se référant ou non au développement durable. Ce mémoire est en quelque sorte une première étape. sont des déclencheurs du développement urbain durable. Une deuxième partie s’attaquera à l’analyse de l’échantillon de 44 projets urbains soumis à une enquête sur la prise en compte du développement durable. Si parfois. ce travail de « photographie des intentions ». nous n’avons pas trouvé de travaux sur la prise en compte du développement durable au stade des projets (les travaux concernent généralement les actions mises en œuvre). à savoir que tous ces projets ne sont guère aboutis. Nous ne pouvons alors observer. les description ou les analyses de projets manquent de précisions pour chacune des communes. ou bien s’ils sont des outils d’application des engagements politiques pris par les collectivités locales en matière de développement durable? Mais aussi de connaître quels sont les différents niveaux d’implications des collectivités françaises dans les démarches de développement durable appliquées aux projets urbains ? Et s’il est possible de dire qu’il existe des « projets urbains durables »2 en France ? La notion de développement durable est souvent floue car mal définie. c’est que nous atteignons une des limites de ce travail . A notre connaissance. 9 . le développement social et la protection de l’environnement. Notre parti dans ce mémoire. Nous développerons également l’aspect contradictoire de la notion de développement durable en évoquant la difficile harmonie entre les trois axes que sont le développement économique. Il faut malgré ces limites commencer. ils sont « projets ». qui se trouvent être des opérations d’aménagement au cœur des villes françaises. sera d’essayer de rendre compte des différences entre projets urbains. Charnière centrale de ce mémoire.

La notion de développement durable dans les projets urbains français Mémoire de DESS classer les projets en fonction de leur attachement aux démarches relatives au développement durable. Enfin nous terminerons par une analyse plus fine des projets afin de déterminer si le développement durable est annonciateur d’une réelle modification des pratiques et s’il est envisagé comme un nouveau modèle de développement des villes. 10 .

Miossec. article intitulé : Développement durable : affaire de tous. L’allemand Friedrich va ensuite préciser qu’il faut utiliser les ressources naturelles de manière durable. va faire connaître le concept de développement durable et permettre de le consolider. envisagé comme contraire à la volonté divine d’une part et aux intérêts économiques de la nation d’autre part. les plus pénalisées par les dégradations écologiques. approches de géographes . essayer de les améliorer et même de les 3 4 Du nom de Grö Harlem Brundtland. dans la revue Historiens&Géographes n°387 de juillet 2004. c’est un développement qui répond aux besoins du présent (exigence sociale) sans compromettre la capacité des générations futures de répondre à leurs propres besoins (exigence écologique). Mais c’est surtout le rapport Brundtland3 (« Notre avenir à tous ». Yvette Veyret. alors Premier ministre de la Norvège. qui au terme d’une étude de trois ans.1) Les origines du Développement Durable Le terme apparaît pour la première fois dans un texte de l’Union Internationale de Conservation de la nature en 1980. qui insistait déjà sur le gaspillage des ressources naturelles. Paul Arnould. largement diffusé par la suite : Le développement durable. elle plonge ses racines au 18e siècle dans les travaux de Malthus qui dénonçait déjà l’insuffisance des ressources pour une population en augmentation. Vers une géographie du développement durable 11 . Le rapport insiste sur deux points : nos choix de développement doivent prendre en compte les générations futures et les populations pauvres. publié en 1987).La notion de développement durable dans les projets urbains français Mémoire de DESS Partie 1 Le développement durable en France I) La notion de développement durable 1. En 1864. Comme le précisent trois géographes français4. la notion de développement durable n’est pas une idée neuve. c’est le géographe américain Marsh. Ces deux exigences sont à l’origine de la définition du développement durable que propose le rapport.

avec le rapport « Meadows »de 1972. des hypothèses et des réalités.La notion de développement durable dans les projets urbains français Mémoire de DESS augmenter. animateur de la politique extérieur des Etats-Unis sous la présidence de Richard Nixon 12 . ils insistent et développent leur théorie de la « croissance zéro ». La prudence écologique. lance une réflexion prospective sur le devenir de la planète. Le tournant principal a lieu dans les années soixante-dix. tous les ingrédients des discours catastrophiques sont là. les experts du club de Rome5 dénoncent les effets de l’industrialisation et de l’urbanisation . Le Club de Rome édite alors un rapport qui reprend ses réflexions : « les limites à la croissance » en 1972. Dans ce droit fil vont naître alors les premiers parcs américains (Yellowstone) et les premières grandes associations de protection de la nature. l’écodéveloppement paraît encore trop radical aux yeux des 5 En 1968. disparition des ressources et pollution puis changement climatique sans que ces termes ne soient toujours clairement définis . Au 19e et 20e siècle. L’écodéveloppement aura une courte vie officielle puisqu’il est censuré par Kissinger6 en 1974. c'est-à-dire la recherche d’un développement en harmonie avec la nature. 6 Secrétaire d’état américain. désertification érosion des sols. à savoir mobiliser les décideurs. composé d’une poignée d’universitaires du « Massachusetts Institute of Technology » et d’entrepreneurs philanthropes. A la fin du 20e siècle ces inquiétudes pour la planète (plus que pour les hommes qui la peuplent bien souvent) atteignent leur but. SACHS repose sur trois piliers : l’autonomie des décisions et la recherche des modèles propres à chaque contexte historique. sur les possibilités d’un développement à long terme. où le développement durable commence à se dessiner sous le terme « d’écodéveloppement ». Les discours sont systématiquement dramatisés. le Club de Rome. et permettre aux mouvements qui développent ces points de vue d’être véritablement reconnus. culturel et économique La prise en charge équitable des besoins de tous les hommes. qui selon I. mais tous n’ont pas fait l’objet d’une véritable analyse scientifique pour en établir le bien fondé. et. sans que l’on fasse toujours la part des modèles. et s’appuient sur quelques éléments qui mobilisent les population : déforestation. Le mouvement « conservationniste » américain qui naît au 19e siècle s’interroge quant à lui. Associant les problèmes de développement du Sud à la question environnementale et aux modes de vie du Nord. Le premier « Sommet de la Terre » à lieu à Stockholm en 1972. intitulé « Halte à la croissance ».

mais ce n’est pas elle qui est la cause de ces problèmes. L’enjeu. à égale distance des propositions extrêmes des malthusiens –entendons le diagnostic établi par le rapport Meadows – et des chantres de l’abondance illimitée de la nature ». Un panorama du débat économique au sujet du développement durable. Né au lendemain de la Seconde Guerre Mondiale.la dimension sociale . une sorte de « voie moyenne. qui exprime un compromis entre les besoins du développement et les exigences écologiques. Il s’agit notamment de mettre en œuvre une « planification participative » permettant un juste équilibre entre le marché. Je pense que ces trois idées ont encore beaucoup à donner. Historiens&Géographes n°387 Selon Ignacy Sachs.la dimension culturelle . Les cinq dimensions de la durabilité ou de l’écodéveloppement sont : .Sachs (1993). se préoccupent aussi de questions environnementales. laquelle apparaîtra au début des années 1980. et en les corrigeant à la lumière des expériences vécues et des immenses transformations qu’a connues le monde pendant cette époque ». via notamment un choix de « techniques appropriées ». c’est de trouver les modalités et les usages de la croissance qui rendent compatibles le progrès social et la gestion saine des ressources et du milieu. la croissance est un lieu d’amplification des problèmes environnementaux. L’Ecodéveloppement Le terme « écodéveloppement » est lancé par les organisateurs de la Conférence de Stockholm après que celle-ci ait vu une opposition frontale entre les pays du Nord et ceux du Sud. au moins en partie. S’inscrivant dans la perspective ouverte par les théories du développement endogène. Sachs (2003) « de renouer avec le débat des années 1950-1960. plus ouverte. un concurrent de l’expression de développement soutenable. tout à leur objectif de développement. Il s’agit. compatible avec son contexte culturel. institutionnel et écologique.la dimension économique . utilisant au mieux les ressources naturelles. en même temps. l’Etat protecteur et la planification. non pas en revenant en arrière. ce capitalisme réformé était fondé sur trois idées : le plein emploi comme objectif central. écrit I. La nécessité du développement est réaffirmée. il importe que chaque communauté définisse par elle-même son propre « style de développement ». Selon lui. déclare I. qui s’est peu à peu élargie pour devenir une philosophie générale du développement.la dimension spatiale . Il doit donc être possible d’inventer une croissance respectueuse de l’environnement. On lui substituera le terme de développement durable. à la base du capitalisme réformé que nous avons connu au cours des Trente Glorieuse. afin que ces derniers. et de revenir. Franck Dominique Vivien. conçue au départ pour répondre à la dynamique particulière des économies rurales du Tiers Monde. mais elle doit être mise au service du progrès social et de la gestion raisonnable des ressources et des milieux naturels . mais cet objectif doit se décliner dans une pluralité de trajectoires et une diversité de modèles d’économie mixte. mais en renouant avec elles. l’écodéveloppement est un développement des populations par ellesmêmes. La croissance en tant que telle n’est pas rejetée. s’adaptant à u environnement qu’elles transforment sans détruire.la dimension écologique 13 .La notion de développement durable dans les projets urbains français Mémoire de DESS autorités américaines. notion plus floue. L’écodéveloppement est un précurseur et. l’Etat et la société civile. Ignacy Sachs est l’économiste qui a attaché son nom à cette doctrine.

pour qui le développement durable reste un concept tout à fait utopique si l’on ne retient que sa définition la plus humaniste. Trente ans auparavant. Selon Jacques Theys et Cyria Emelianoff. On craint par exemple la capture du terme et des ses implications par le libéralisme. Si l’on en croit le Gouvernement chinois : « la condition préalable à une croissance durable est la croissance ». Travailler à un développement durable signifie pour certains verdir l’économie. d’écosystème ou « d’empreinte écologique » (= chiffrer les ressources et les superficies utilisée pour le développement des villes de manière directe ou indirecte) n’aura eu finalement que peu de retombées pratiques. groupes. on a souvent reproché et on reproche encore au développement durable. nécessairement éthique. Développée à partir des années 1960. pour d’autres faire perdurer une situation en l’état. son usage à mauvais escient. susceptible de légitimer des politiques qui en sont fort éloignées. ce qu’on reprochait par exemple à l’écologie urbaine : à savoir d’être une notion fourre tout. un concept victime d’un effet de mode. individus. de travail. En raison de son caractère transversal. l’application au milieu urbain des notions de métabolisme. chercheurs. Mais véritablement. dans Les contradictions de la ville durable (revue Le débat n°113) 14 . limitée à des flux de matière et d’énergie. à des fins de propagande communicationnelle. etc. à des idées anciennes. en inventant « l’écologie humaine ». La notion est suffisamment souple pour se prêter à toutes les appropriations. n’avait pas su éviter non plus une vision en partie darwinienne des sociétés urbaines et un déterminisme des relations sociales par la nature. Cette phrase exprime assez bien le sentiment de nombreux pays. Certains le réduisent dès son apparition. L’écologie urbaine L’écologie urbaine en tant que discipline scientifique n’a connu en effet qu’un succès très limité.. l’école de Chicago. Elle s’est fourvoyée dans un quantitativisme étroit dont elle n’est pas parvenue à se dégager. afin de mesurer la portée de cette notion. On redoute également la récupération du concept. une auberge espagnole. que l’on peut résumer en trois questions : la question de la prise en compte du long terme. relayant les idéologies perdues et reposant sur un réalisme différent du réalisme économique la question de la justice dans l’accès aux ressources environnementales –eau. le développement durable pose une problématique inédite à l’époque . nature – et à un environnement de qualité – cadres de vie. de loisirs -. La tentative de « représenter la ville comme un écosystème » n’a conduit qu’à réduire la complexité des activités urbaines à une vision systémique assez pauvre. ou bien voient en cette notion. air. la question d’un nouveau projet de société.La notion de développement durable dans les projets urbains français Mémoire de DESS Le développement durable pose alors des questions de société inédites qu’il est important d’identifier.

sur une terre dont les ressources seraient utilisées plus raisonnablement. 1991.2) Définitions du développement durable 1.1) De multiples définitions Si l’on établissait un « hit parade » du vocabulaire sociopolitique contemporain. David Pearce. respectueux du pluralisme culturel et écologiquement viable ? Mais comment peut-on s’entendre sur une telle notion puisqu’elle dispose de multiples définitions. « Le développement durable est un développement qui assure les conditions d’amélioration de la qualité de vie pour chaque individu (ou au moins de la préservation des niveaux existants) et la sécurité de l’homme dans l’environnement (dans la société et dans l’environnement naturel) ». économiste « vert » du Royaume-Uni « Le développement durable est un ensemble d’aspirations économiques et sociales qui peuvent être réalisées et maintenues en respectant les conditions de justice inter et intergénérationnelles vis-à-vis des biens environnementaux. éthiquement admissible. Comment en effet ne pas adhérer à l’idée d’un développement économiquement pérenne. socialement équitable.2.La notion de développement durable dans les projets urbains français Mémoire de DESS 1. » Sauver la planète. » Académie des Sciences de Russie . exemples : Notre avenir à tous. Conseil sur les changements dans les écosystèmes anthropiques. Rapport Brundtland « Le développement durable est un développement qui répond aux besoins du présent sans compromettre la capacité des générations futures à satisfaire leurs propres besoins. Le développement durable. d’épanouissement humain et culturel. c’est tout à la fois modifier les modes de production. UICN/PNUE/WWF « Le développement durable signifie améliorer la qualité de vie tout en respectant la capacité de charge des écosystèmes sur lesquelles elle repose ». 1987. 15 . faire évoluer les pratiques de consommation…mais aussi pour chacun ses actes au quotidien ». nul doute que l’expression « développement durable » arriverait en très bonne position. les espèces et les milieux préservés.(…). Ministère français de l’Environnement : « Qu’est ce le développement durable ? Permettre à tous les peuples de la planète à un niveau satisfaisant de développement social et économique.

la durée possède une dimension longue qui met en perspective le fait historique. 16 . Tout comme durable. évoque immédiatement la notion de temps dans une perspective constructive. en rendant efficiente la consommation des ressources naturelles. Le développement durable est avant tout une démarche qui aboutit à une profonde inflexion des politiques actuelles. de faire reposer les modes de productions et de consommation sur une nouvelle éthique ». Dans la gamme des temporalités. rentable. 1. Le développement durable constitue une démarche. Durable. Il s’agit de penser et agir autrement. Par rapport à l’événementiel. En se situant à l’intersection de l’économique. Dans le registre de la définition des termes du mot développement durable. une dynamique. en recherchant une efficacité économique à long terme et en intégrant la dimension sociale. Historiens&Géographes n°387). bien plus qu’un ensemble de normes à atteindre. un processus d’évolution. profitable. soutenable. un gage de sérieux et de validité. à davantage de justice sociale et au respect des écosystèmes. Ainsi. nous pouvons cités à nouveau Alain Miossec. une série de termes à connotation immédiatement positive.2 Vers une définition du développement durable Pris dans Dossier d’experts. économiques et sociales politiquement correct : viable. c’est la mise en pratique d’un certain nombre de principes contribuant à l’amélioration du bien-être. acceptable. valable….2. souhaitable. qui se sont amusés à les détailler : Durable : C’est un mot magique. en respectant les écosystèmes. Le développement lui.La notion de développement durable dans les projets urbains français Mémoire de DESS Association 4D (Dossiers et Débats pour le Développement Durable) « Le développement durable. le développement durable est une démarche globale qui concilie ces trois piliers de la vie en société et établit un processus vertueux d’évolution. dès l’abord. Paul Arnould. Pour les biologistes il est soigneusement distingué de croissance qui évoque un phénomène de nature fondamentalement quantitative et cumulative. désirable. équitable. défendable. est un phénomène marqué certes par une tendance à la croissance mais doublée de sauts qualitatifs correspondants à des améliorations spectaculaires vers des états de structure de pus en plus perfectionnés. outils de développement durable de Bruno Carlier. Développement : Vocable économique ou écologique. le durable semble. admirable. Les Agendas 21. du social et de l’environnement. Il ne peut que susciter l’adhésion. qualifient des pratiques écologiques. il vise à garantir un développement équilibré et équitable. Yvette Veyret (Cf.

qui intègre l’économie.La notion de développement durable dans les projets urbains français Mémoire de DESS Dans cet esprit. et où qu’elles vivent. Au contraire.le défi de l’écogestion des ressources naturelles. évolutive. le développement durable est conçu comme une idée ouverte. responsable. quelles qu’elles soient.le défi d’un logement pour tous 4. équité sociale). voire conservatrice. De ce fait. pragmatique. par rapport à l’homme et au développement économique. économie.le défi de la durabilité socio-économique 8.le défi du partenariat entre acteurs locaux 2. c'est-à-dire un ensemble d’éléments en interaction entre eux et avec leur environnement) le principe de participation le principe d’articulation du court et du long terme le principe de responsabilité Le développement durable est un processus qui vise à relever plusieurs défis fondamentaux pour les années à venir : 1. A côté de cette logique. Il ne peut être identifié à l’idéologie défensive. la nature.le défi de l’aménagement urbain 5. La préservation de l’environnement et des équilibres des écosystèmes doit tenir compte de la réalité sociale et des besoins des populations. le social et l’environnement dans sa construction même.le défi de l’insuffisance des ressources humaines et financières 3. de certains tenants de l’écologie politique pour lesquels l’environnement se suffit quasiment à lui-même. ce mode d’évolution s’appuie également sur plusieurs principes qui conditionnent la démarche de développement durable : le principe de solidarité (solidarité dans le temps et solidarité entre les pays. le développement durable positionne le développement social comme pivot du développement économique et de la protection environnementale.le défi d’une politique alternative de transports 6.le défi de la solidarité Nord-Sud 17 . les projets doivent toujours intégrer ces trois composants indissociables de développement durable (environnement. de l’énergie et des déchets 7. notamment entre les pays du Nord et du Sud) le principe de précaution le principe systémique (approche globale et transversale de toutes les relations existant à l’intérieur d’un système. Il ne s’agit pas de privilégier l’environnement.

2. afin de mieux transmettre ses fondements. Figure 1 Les trois piliers du Développement Durable Social DD Economie Environnement Responsabilité sociale équitable DD Responsabilité économique vivable viable Responsabilité environnementale Figure 2 Les trois sphères du développement durable 18 . Celui-ci ce conceptualise au travers des schémas qui lui ont été consacrés.3 La conceptualisation du développement durable Outre les définitions littéraires du développement durable.La notion de développement durable dans les projets urbains français Mémoire de DESS 1.

c'est-à-dire des mutations qui affectent l’habitat humain. Cette première acceptation du terme. climatiques). 19 . ce qui délégitime l’action politique Le projet des villes durables adresse plusieurs types de questions. La ville durable est un projet de ville qui ne peut se comprendre en dehors de son contexte.La notion de développement durable dans les projets urbains français Mémoire de DESS 1. les choix. énoncée clairement lors de la conférence de Rio en 1992. Or les villes ne satisfont pas les besoins existants. tout en compromettant la possibilité pour les générations futures de bénéficier d’un environnement sain. Il existe des villes et des formes de croissance économique qui ne sont pas durables. due à l’accroissement des disparités au Nord comme au Sud. ce concept suppose aussi la capacité de répondre aux besoins du présent. l’Homme et la Biosphère ». Les villes actuelles ne sont pas durables dans la mesure où elles sont le siège d’inégalités croissantes et où leur développement implique une dégradation des conditions écologiques planétaires. Défini à Rio. durable au sens pérenne. à sa reproductibilité. au renforcement de l’exclusion et de la précarité . sans carences (eau potable. Une crise écologique. l’affirmation des pouvoirs urbains. Il devient en effet de plus en plus manifeste aux yeux des citoyens que l’économie gouverne les décisions. est nécessaire mais insuffisante. L’émergence des villes durables. caractérisée par des problèmes d’environnement globaux qui menacent les générations présentes et futures . du concept et des réseaux de villes. préservé. une crise sociale. Une première a trait à la longévité du modèle de développement actuel. Trois mutations semblent alors déterminantes : la révolution urbaine mondiale. matières premières et biodiversité) ni risques majeures (nucléaires. tant d’un point de vue scientifique qu’opérationnel. une crise globale des pouvoirs publics. La durabilité n’exprime pas seulement la faculté de se reproduire dans le temps. a lieu sur fond de mutation urbaine et sur fond de crise.3) La ville durable La notion de ville durable est récente. énergie. au sens de la simple maintenance dans le temps. des institutions étatiques et de la culture politique. l’étalement urbain. Le terme apparaît en 1988 dans le programme de l’UNESCO intitulé « Man And Biosphere ».

qui tend à se défaire lorsque les activités et les lieux d’habitat s’étendent sans frein. et peu s’accommoder de différentes morphologies urbaines. Une seconde définition de la ville durable. Face aux tendances actuelles de l'urbanisation. 3.La notion de développement durable dans les projets urbains français Mémoire de DESS Cyria Emelianoff est enseignante chercheuse à l’Université du Maine au Mans. de sa diversité culturelle intrinsèque.C’est une ville capable de se maintenir dans le temps. est celle d’une ville qui offre une qualité de vie en tous lieux et une relative compacité. 20 . Pour se projeter dans l’avenir. Cette exigence appelle une mixité sociale et fonctionnelle ainsi qu’une relative compacité. Une troisième définition. on peut définir la ville durable en trois temps : 1. Elle nous en donne une définition détaillée aux multiples entrés : Une première définition de la ville durable est celle d’une ville qui a pour projet préliminaire la permanence de la mémoire. précise que la ville durable est celle qui se réapproprie un projet politique relatif à un choix de développement. dans ses diverses formes culturelles. dans la ligne des recommandations du Sommet de la Terre et de l’Agenda 21. Les villes qui entrent en résonance avec ces préoccupations définissent. de l’identité urbaine héritée. c'està-dire simplement. et notamment sur les aspects concernant la ville durable. 2.La ville durable est en conséquence une ville qui se réapproprie u projet politique. quelles formes donner à la recherche d’un développement équitable sur un plan écologique et social. de son patrimoine. ce qui dans le contexte actuel peut entraîner la révision de quelques certitudes. pour endiguer la pollution automobile. défini à grands traits par l’Agenda 21 élaboré à Rio.La ville durable doit pouvoir offrir une qualité de vie en tous lieux et des différentiels moins forts entre les cadres de vie. vis à vis de leur territoire et de l’ensemble de la planète. Elle est une des spécialistes françaises de la question du développement durable dans les politiques institutionnelles. un sens collectif. du patrimoine. favorisant la mixité fonctionnelle et sociale. de sa mémoire. de garder une identité. à l’échelon local. la pérennité de la ville. un dynamisme à long terme. d’une distance critique par rapport au présent. la ville a besoin de tout son passé.

La notion de développement durable dans les projets urbains français Mémoire de DESS Selon la Commission française du développement durable définit la ville durable comme une ville : dont les habitants disposent des moyens d’agir pour qu’elle soit organisée et fonctionne dans les conditions politiques. où le domaine public favorise le sentiment de communauté et la mobilité et où l’information s’échange à la fois face à face et électroniquement Une ville compacte et polycentrique qui protège la campagne. Une ville conviviale. institutionnelles. l’éducation et l’espoir sont distribués de manière équitable et où chacun participe au gouvernement. où l’art. où l’ouverture d’esprit et l’expérimentation mobilisent tout le potentiel de ses ressources et permettent une réaction rapide au changement Une ville écologique. la nourriture. Paris. ni le fonctionnement. 2000. 7 Richard Rogers. ni. de qualité des milieux et de limitation des consommations de ressources qui ne compromet ni le renouvellement des ressources naturelles alentour. rassemble et intègre les communautés dans des quartiers et optimise la proximité Une ville diversifiée où un large éventail d’activités qui s’entrecroisent crée de l’animation de l’inspiration et donne naissance à une vie publique essentielle. La ville durable c’est : une ville juste. qui minimise son impact sur l’environnement. les grands équilibres régionaux et planétaires indispensables au développement durable des autres communautés qui s’attache à préserver les capacités de vie et des potentialités de choix des générations futures Tandis que pour Richard Rogers7. où le paysage et la forme bâtie sont équilibrés et où les bâtiments et infrastructures sont sûrs et efficaces dans leur utilisation des ressources. l’architecture et le paysage enflamment l’imagination et émeuvent l’esprit Une ville créatrice. Une ville belle. l’hébergement. où la justice. édition Le Moniteur. 214p 21 . enfin. les relations et la dynamique des écosystèmes micro régionaux englobants. Des villes pour une petite planète. sociales et culturelles satisfaisantes pour eux et équitables pour tous dont le fonctionnement et la dynamique satisfont à des objectifs de sécurité des conditions biologiques de vie.

8 Dans l’article « A la recherche du développement durable: un détour par les indicateurs ». Qui ne saurait adhérer au souci de mettre en harmonie le rentable. une rhétorique qui cherche à concilier des contraires. Nature Sciences Sociétés. Jacques Theys8 Le développement durable a été tout de suite présenté comme une idée neuve. dans Le Développement durable de l’utopie au concept. Derrière la pétition de principes faisant de cette harmonieuse trinité vertueuse la recette du miracle du développement durable ne peut on pas déceler une forme de mystification qui tend à faire croire que tout est compatible ou que la vertu incantatoire des slogans peut masquer les formidables inégalités sociales et spatiales à l’œuvre sur la planète ? […] Cette question du DD n’est peut être qu’une formidable entreprise de mystification. un concept qui renouvelait la conception de la politique. un écran de fumée destiné à masquer l’acuité de la crise environnementale en la diluant dans l’économique et le social. un horizon. Une ville durable est simplement une ville qui initie une ou plusieurs dynamiques de développement durable. Paris 2001. Editeur scientifique Marcel Jollivet. comme l'explique le rapport du groupe d'experts européens conduisant la campagne des villes durables (lancée à Aalborg).La notion de développement durable dans les projets urbains français Mémoire de DESS La ville durable est un projet. Il est possible alors. Cette démarche pose des questions politiques et éthiques. De nouveaux chantiers pour la recherche. Editions ELSEVIER. relatives au développement humain planétaire et à l'héritage qui sera légué aux générations futures. de tendre vers cet horizon. le viable et l’équitable ? La conjonction des trois idéaux ne peut que susciter l’enthousiasme. Elle est d'abord un cadre où prennent sens des projets collectifs. 285p 22 . mais non de réaliser in extenso un développement durable. II) Une notion intrinsèquement contradictoire Pour certains le terme développement durable est un oxymore. en aucun cas une réalité. La réalité de la mise en harmonie s’avère nettement plus délicate. l’écologique et le social. réconciliait les trois courants de réflexion les plus féconds mais aussi les plus hégémoniques de ces dernières années : l’économique.

Comme le précise Jacques Theys et Cyria Emelianoff10: on peut raisonnablement penser que la thématique de la « ville durable » va renouveler profondément le débat sur la ville. Les contradictions de la ville durable. Nouvellement présente dans le débat public français. des réseaux de villes. Paul Arnould et Yvette Veyret9 2. la notion de « ville durable » suscite pourtant dans de nombreux pays européens. le social et l’environnement). les générations à venir. en réaffirmant des enjeux éthiques. revue le Débat n°113 de tous. le développement durable est une utopie dès lors qu’il est envisagé comme concept que l’on chercherait à mettre à tout prix en place. mais plutôt une orientation. économique et écologique. approches de géographes . Mais on peut également craindre que ce 9 Dans la revue Historiens&Géographes n°387 de juillet 2004. l’expression « ville durable » est confuse et il n’est pas étonnant qu’elle puisse donner lieu à des interprétations ou des appropriations locales totalement divergentes. Vers une géographie du développement durable 10 23 . une situation idéale et illusoire au centre de ses trois piliers (l’économie. des associations. En réalité. le développement durable ne cherche pas un point d’équilibre. La magie et l’artifice du mot consistent à mettre les territoires entre parenthèse pour inscrire les projets et les états d’une dynamique évolutive qui gomme toute différenciation sociale. Formidable tour de passe-passe sémantique mais aussi magistral succès politique et médiatique qui oblige à s’interroger sur les vertus réelles de ce nouveau paradigme. une utopie ? Le développement durable est-il un modèle utopique ? Pour beaucoup de spécialistes. Mais elle est loin de recueillir un consensus et la question de sa validité est ouverte.1) Un fantasme. un intérêt grandissant et multiforme auprès des collectivités locales. Comme le terme de « développent durable ». des Etats ou même des entreprises. une vision capable de mettre en cohérence et d’intégrer les différentes politiques publiques.La notion de développement durable dans les projets urbains français Mémoire de DESS Le caractère formidablement novateur du développement durable. article intitulé : Développement durable : affaire Cf. quelles que soient leurs tailles. pour ne privilégier que le futur. Il donne un sens au développement des collectivités. Il devient alors une forme d’idéologie. Selon Alain Miossec. c’est que c’est un mot et un concept qui rompt avec les catégories spatiales et sociales pour privilégier l’unique dimension temporelle.

la ville durable apparaît davantage comme une œuvre composite. une réflexion qui part de l’existant et réclame une attention vigilante à l’environnement local. Jean-Marc Holtz.La notion de développement durable dans les projets urbains français Mémoire de DESS discours de bons sentiments. La ville durable est une utopie d’un genre nouveau. C’est donc un modèle vers lequel on tend. Historiens&Géographes n°387 juillet 2004 24 . parfois capables d’inverser durablement des évolutions. Difficile donc de nommer utopie. à la géographie et aux habitants des lieux.2) Des contradictions profondes Comme nous l’avons précisé plus haut. pragmatique. l’aménagement du territoire. ne serve finalement qu’à masquer des contradictions insurmontables. Pour le fond : tous les objectifs de la ville durable sont résumés dans la définition que Ebenezer Howard propose de la cité-jardin au congrès de la « Garden City and Town Planning association de 1919 » : une cité-jardin. le développement durable est une notion qui renouvelle le débat sur la ville. elle prend forme au travers de multiples expériences originales. Plutôt que de s’incarner dans un modèle unique et parfait. les principes actuels de croissance économique reposent sur des modes de consommation et de production 11 La ville durable : une nouvelle utopie ?. dans aucun dessin. 2. l’environnement et le social. etc. Cette démarche demande à envisager un projet d’avenir pour les territoires et par conséquent pour la société. Comment concevoir un développement harmonieux entre trois « sphères » dont les développements autonomes sont profondément contradictoires ? En effet. Vers une géographie du développement durable. c'est-à-dire une démarche à construire et à suivre. très souple. c’est une ville conçue pour assurer dans de bonnes conditions la vie et le travail de ses habitants. façonnée par de multiples mains. émergente un peu partout et foncièrement optimiste. contextuel et par définition toujours inachevé. Le développement durable serait donc une nouvelle forme de modèle. expérimental. nous précise Jean-Marc Holtz11. Mais derrière cette belle image d’un modèle qui serait censé harmoniser l’économie. Pour la forme : l’idée de la ville durable ne s’incarne. Ce qui change. à priori. se cache de réelles difficultés de mise en œuvre. c’est moins le fond que la forme. Aujourd’hui. Elle a juste la taille qui convient pour permettre le plein développement de la vie sociale.

néfastes au développement de solutions d’intérêt commun. la recherche d’un développement autonome. Leurs développements sont beaucoup trop divergents. est loin d’être acquise. y compris à l’environnement. la rentabilité économique des entreprises semble. Voilà encore une fois. ce qui serait. un exemple d’image de l’harmonie entre la sphère économique et la sphère sociale. et décide de s’appliquer à créer un nouveau système fondé sur les principes du développement durable. La prise de conscience mondiale de l’avenir de l’humanité et avant celle-ci. la valorisation des particularismes. l’organisation économique et sociale de toutes les nations change de cap. Celle-ci encourage des décisions partisanes et individualistes. On ne peut donc pas envisager sérieusement que dès demain. peut être. Le développement durable serait donc une perpétuelle tentative de rapprochement de valeurs. Et pourtant.La notion de développement durable dans les projets urbains français Mémoire de DESS qui sont loin d’avoir pris parfaitement en compte la protection de la nature et des ressources naturelles. Comme le précise Olivier Godard12 : peut on sérieusement défendre l’idée de la ville durable en recourant à la fois à un impératif catégorique de protection de la planète et à un discours presque totalement opposé. Le principal « ennemi » du développement durable serait l’immédiateté. mais il serait urgent d’appliquer ces principes à court terme. Le développement durable envisage donc des solutions pour le long terme. La contradiction majeure du développement durable se trouve donc dans une approche utopique de la notion. Futuribles n°209. Le développement durable et le devenir des villes. pour envisager un rapprochement allant de soi. L’harmonie entre les trois sphères ne peut être « naturelle ». aujourd’hui. c'est-à-dire peuplés des catégories sociales les plus défavorisées. de celui de la planète. Ou encore. possédant un environnement urbain de qualité. quand ce n’est pas sur un repli identitaire ou communautariste ? La ville durable doit elle d’abord contribuer à la solution 12 Olivier Godard. ou d’objectifs contraires. des changements de comportement radicaux doivent être pris rapidement si l’on en juge l’état de la planète. De même qu’il est rare d’observer dans les villes des quartiers qualifiés de « pauvres ». l’une des contradictions du développement durable. centré sur la vulnérabilité de chaque territoire. Une contradiction forte est également soulevée par l’intrusion du global au niveau local. 1999 25 . Mais cette démarche devrait son salut au fait qu’elle débouche sur des solutions profitables à tous. Bonnes et fausses bonnes idées. à l’origine. peu soucieuse du plein emploi ou d’une meilleure répartition des richesses . dans des perspectives de long terme.

c'est-à-dire une solution de compromis qui trouve sa place dans un contexte consensuel entre des acteurs. Nous avons choisis d’illustrer notre propos avec un schéma inspiré de celui d’ Anne Marie Ducroux13. Pour illustrer les difficultés mêmes de la notion de développement durable. 342p 26 . Ce schéma propose de montrer les difficultés de l’harmonisation entre les trois objectifs du développement durable que sont : la cohésion sociale. Editions Autrement. la rentabilité économique et l’intégration de l’environnement. Le développement durable ne peut alors être envisagé que dans une position centrale . Paris 2002.La notion de développement durable dans les projets urbains français Mémoire de DESS des grands problèmes mondiaux – au prix éventuel de sa propre croissance – ou plutôt s’assurer de la viabilité à long terme de son propre développement.fournisseurs Développement durable Environnement naturel Rentabilité économique Actionnaires « Mouvements écologistes » Intégration de l’environnement Figure 3 Le développement durable au centre d’objectifs contradictoires 13 Dans : Les nouveaux utopistes du développement durable. Anne Marie Ducroux. Cohésion sociale Société civile Collaborateurs Clients. collection Mutations n°216.

174p. avant tout. l’ensemble des acteurs concernés doivent trouver un consensus. Il s’agit là d’objectifs contradictoires. sociale. Le développement durable est peut être donc. éditions de l’Aube. La ville durable aurait donc comme objectif prioritaire. le développement durable favoriserait le débouché de compromis entre les notions de rentabilité économique. lié à la prospérité de la ville14. Ce propos montre bien la difficulté majeure sur lequel repose l’idée d’une ville durable : elle doit concilier croissance économique et préservation/amélioration de son environnement. la ville est une grande valeur économique (confrontée à la compétitivité). c'est-à-dire un accord sur des règles communes. Datar. Dans cette hypothèse. Quatre métropoles européennes. culturelle . sauf si l’on envisage uniquement de l’activité non industrielle.3) Le développement durable. le bien être de la population locale à long terme. l’orientation des investissements. Mais cet objectif serait il socialement acceptable ? Nous voilà au cœur des incessantes contradictions de la ville durable. un processus capable de mettre des idées contraires en débat. 2. 27 . un « agitateur d’idées ». qui pourrait être celui d’une vision partagée de l’avenir de la planète ou de l’avenir des villes (en fonction de l’échelle à laquelle on envisage une démarche de développement durable). l’orientation du développement technologique et les changements institutionnels cadrent avec les exigences du futur autant qu’avec celles du présent ». Il s’agirait donc davantage d’un changement culturel. « le développement durable est un processus de changement dans lequel l’exploitation des ressources.qui risque en réalité d’être détruite par une série d’actions en retour engendrées par son développement spontané et la suprématie des décisions de court terme. qui verrait l’instauration d’une démarche fondée sur l’arbitrage entre des notions qui sont traditionnellement dans une relation conflictuelle car contradictoire. Elle doit en réalité. rechercher un équilibre perpétuel entre les différentes fonctions urbaines pour que celles-ci puissent participer ensemble au développement de la ville dans le long terme. 1997. Dirigé par Roberto Camagni et Maria Cristina Gibelli. de protection de l’environnement et de cohésion sociale.La notion de développement durable dans les projets urbains français Mémoire de DESS Dans l’abstrait. Il est en mesure de 14 Le Développement urbain Durable. amorce le débat de l’avenir des villes et de la planète Selon le Rapport Brundtland de 1987. Pour que les compromis soient possibles.

capable d’endiguer la pauvreté et de contenir la destruction de l’environnement. Il est un facteur d’évolution des mentalités. Et la Commission des Communautés européennes d’ajouter une définition complémentaire : c’est une politique et une stratégie visant à assurer une continuité 28 . III) Les institutions et les collectivités s’organisent 3.1) Le développement durable à travers les institutions (la durabilité en Europe et en France) 3. L’article 2 de ce traité prône notamment une croissance durable : la communauté a pour mission de promouvoir une croissance durable et non-inflationniste respectant l’environnement et d’inventer des modes de développement et donc de consommations pour assurer le bien-être des hommes d’aujourd’hui. le développement durable est un pari sur l’avenir au terme duquel une économie performante est une condition nécessaire à la satisfaction des besoins humains.1) L’engagement européen Indéniablement. Dès le traité de Maastricht. l’Europe s’est doté d’un projet et d’orientations faisant référence au développement durable. la cohésion sociale. traditionnellement cantonnée à produire toujours plus de biens et de services. En définitive. les politiques européennes ont pesé. comme par exemple le commerce équitable. C’est une notion qui élargit la notion de croissance. la qualité de l’environnement. à de nouveaux impératifs de qualité. en y adaptant des limites. entre les adeptes d’une durabilité faible. qui vantent les vertus des marchés ouverts à la concurrence et aux innovations technologiques. et les partisans d’une durabilité forte.1. et pèsent encore beaucoup dans l’intégration du développement durable dans tout un tas de politiques nationales et locales. de corriger ses effets les plus négatifs. capable d’encourager des rapprochements de points de vue antagonistes. qui estiment urgent de réorienter la croissance. sans compromettre celui des hommes de demain.La notion de développement durable dans les projets urbains français Mémoire de DESS renouveler les réflexions théoriques sur ce qu’est un mode de développement soutenable.

la protection et la promotion du patrimoine historique et des espaces naturels intra urbains. la Commission européenne propose au travers de ce livre vert. […]. l’eau. L’Union européenne. Elle souhaite et agit en faveur d’une plus grande équité à l’échelle mondiale. affiche depuis quelques années des objectifs stratégiques au niveau international. quant à elle. elles aussi commencé par prendre en compte cette démarche par l’entrée environnementaliste.La notion de développement durable dans les projets urbains français Mémoire de DESS dans le temps du développement économique et social. a) une première approche par l’environnement Les institutions européennes agissent donc depuis 15 ans pour que le développement durable entre dans les mœurs. Il s’agissait de proposer un instrument utile pour identifier les difficultés que rencontrent les villes et trouver des solutions adaptées à leurs problèmes. il est indiqué que pour être efficace. les transports urbains. de fixer des objectifs de qualité pour l’air. d’un partenariat efficace pour le développement durable. tout d’abord. fixé comme objectif d’encourager les autorités locales à relever le défi de trouver des solutions aux problèmes d’environnement qui se posent dans de nombreuses villes. il est essentiel de mieux comprendre l’origine des problèmes environnementaux qui menacent nos villes afin de trouver des solutions durables. dans le respect de l’environnement. des déchets et de l’eau. mais également les options sociales et économiques qui sont à la base des problèmes. 29 . La politique communautaire s’est. et sans compromettre naturelles indispensables à l’activité humaine. Elles ont. En quelque sorte. la gestion de l’environnement urbain doit être basée sur une stratégie d’ensemble agissant sur plusieurs domaines clefs : l’urbanisme. des niveaux maximaux pour le bruit. d’une meilleure intégration de l’environnement et du développement durable au niveau international. mais aussi de les aider à y parvenir. la Commission européenne a publié un « Livre Vert sur l’environnement urbain ». de repenser les modèles actuels d’organisation et d’urbanisation. Face à la complexité du système urbain. En 1990. dans des directives et des recommandations. Relativement tôt. voire indispensable. Même s’il est utile. Dans cet ouvrage. et la gestion de l’énergie. la Commission européenne s’est engagée en faveur du développement durable. Cela signifie qu’il faut non seulement examiner les causes immédiates de la dégradation de l’environnement. l’industrie urbaine. il faut aller au-delà d’une approche sectorielle. l’introduction précise : Pour résoudre les problèmes liés à l’environnement urbain.

Suite à cette première étape. En 1991. La campagne européenne des villes durables fait sans aucun doute parti de ce contexte15. et la nécessité de poursuivre l’intégration des considérations environnementales dans d’autres politiques en matière d’agriculture.La notion de développement durable dans les projets urbains français Mémoire de DESS L’ouvrage aborde également les lignes d’actions communautaires qui doivent aider à parvenir à un développement durable : la législation les recommandations et les orientations les aides financières les mesures économiques et fiscales Ce « Livre vert » va devenir l’un des principaux jalons du passage du concept de la ville écologique à celui de la ville durable. 30 . le programme a été axé sur quatre domaines : le changement climatique. un contexte favorable a permis l’émergence des questions de développement durable urbain dans les collectivités locales. dans la revue de l’association 4D. Le cinquième programme (1993-2000) intitulé « vers un développement soutenable ». le Conseil des Communes et Régions d’Europe (CCRE) a organisé des rencontresdébats dans plusieurs villes européennes autour du thème de l’environnement urbain. de transports. Le sixième programme (2000-2010) intitulé : « Environnement 2010 : notre avenir. Le groupe rédige alors un rapport « Ville durables européennes » qui analyse notamment les progrès enregistrés dans les Etats 15 Nous retraçons l’historique de la campagne européenne des villes durables grâce aux grandes étapes décrites dans l’article de N. la santé et l’environnement. la Commission européenne créé un groupe de 40 experts indépendants qui ont mis en place le projet « Villes durables » en 1993. Mais l’intégration de la notion de développement durable va également être portée par deux programmes communautaires en faveur de l’environnement. a lui été proposé par la Commission européenne. notre choix » . la nature et la diversité biologique et la gestion des ressources naturelles. Cette fois.Sougareva « Histoire des villes durables européennes ». d’énergie et d’aménagement du territoire. b) La Campagne des villes durables européennes Depuis le début des années 1990. Ce nouveau programme met en avant l’importance de mettre en place des formes nouvelles de participation des citoyens et des entreprises.Holec et N. qui a surtout cherché à s’attaquer aux racines des problèmes écologiques plutôt qu’à en traiter les symptômes.

et sur le lancement par la même occasion la campagne des villes durables européennes. La conférence d’Aalborg. qui réunit 67 collectivités locales (Lille. la première Conférence européenne des villes durables est organisée à Aalborg (Danemark) en 1994. devient le maître mot des processus d’agendas 21 locaux. Mèze. mais dont la mise en œuvre est relativement libre et qui bénéficie de l’appui de réseaux et contacts permanents. 196p. Paris. Elle est placée sous le thème de l’élargissement de l’Union Européenne. plus de 200 collectivités vont rejoindre les premiers signataires. Après Aalborg qui fut la conférence de lancement. elle est co-organisée par les institutions européennes et la campagne des villes durables européennes. Cet évènement débouche sur la signature de la Charte d’Aalborg (Cf. et ce chiffre ne va cesser d’augmenter. véritable réseau fédérant les villes participantes. l’idée qu’il faut faire participer d’autres acteurs que les élus. En 1996. Le commissaire européenne à l’environnement y présente le développement durable comme une priorité pour le projet 16 Caroline Speirs. Lyon. Le concept de développement durable : l’exemple des villes françaises. Pour répondre aux propositions. apparaît ainsi comme une initiative très positive à l’égard de la promotion du développement durable. Outre de faire le point sur les avancées et de mettre en avant les difficultés de mise en œuvre des principes de l’Action 21 de Rio et de la Charte d’Aalborg. Enfin. la troisième conférence des villes durables européennes a lieu à Hanovre. En un an. 31 . pour la France). à la mise en place d’agendas 21 locaux . la deuxième conférence des villes durables européennes a lieu à Lisbonne . Nancy. comme le précise caroline Speirs 16: il s’agit en effet d’un engagement volontaire des collectivités. Poitiers et Strasbourg. l’Harmattan.La notion de développement durable dans les projets urbains français Mémoire de DESS membres concernant la mise en œuvre des Agendas 21 et la prise en compte des objectifs d’écodéveloppement dans les politiques nationales. 2003. En 2000. Toutes les villes européennes qui le souhaitent sont en effet invitées à rejoindre cette campagne en signant la Charte d’Aalborg. assorti d’exigences claires. Ce projet vise avant tout à encourager les réflexions sur la durabilité dans les agglomérations urbaines européennes et à favoriser les échanges d’expériences entre collectivités locales européennes engagées ou intéressées par le développement durable. Annexes 5) qui marque l’engagement des collectivités participantes. deux principes vont être retenus : l’importance de donner un contenu opérationnel aux agendas 21 locaux adoptés et la nécessité de concevoir des méthodes et des outils de mise en œuvre appropriés. qu’il faut encourager la participation et le partenariat.. Lisbonne est davantage celle du temps de l’action.

Au cours des années quatre-vingt. ma lutte contre les pollutions. les réflexions sont principalement axées sur la gouvernance. à partir des propositions du groupe d’expert de l’environnement urbain. les mesures engagées à Lisbonne et le cadre communautaire et financier des institutions européennes va permettre aux institutions et collectivités locales françaises. la définition d’outils d’évaluation et de suivi des mesures mises en place dans le cadre des agendas 21 locaux . un certain nombre d’instruments contractuels entre l’Etat et les collectivités ont amorcé d’une approche globale et intégrée des politiques territoriales. 3. les premiers documents locaux relatifs à l’écologie urbaine et à la protection de l’environnement apparaissent dans les politiques des collectivités locales. Dans les années soixante-dix. De manière relativement coordonnée. Pour faire suite aux engagements pris par l’Etat français lors de la conférence de Rio. la nature en ville. Le lancement de la Charte d’Aalborg. montrent un engagement croissant des collectivités locales dans des démarches de développement durable et notamment les agendas 21 locaux. c’est l’Etat qui s’est davantage démené pour faire naître des programmes d’action assez larges dans une dizaine de villes : les protocoles d’environnement urbain (1983). Mulhouse. Cette décennie est surtout marquée par l’importante loi 17 D’après l’ouvrage De l’écologie urbaine au développement durable.1. Besançon. Dossiers d’experts. Agence régionale de l’environnement de Haute-Normandie. C’est à partir de 1995 que la France a mis en place un arsenal législatif pour faire face à ses engagements dans le domaine du développement durable. Cette approche globale s’est généralisée au début des années 90. les déplacements. elles ont porté leurs efforts en direction de domaines très variés tels que : la protection du patrimoine architectural et urbain. Cette fois. une poignée de villes françaises se sont lancées dans une politique environnementale : Dijon. La Rochelle17. 2001 32 .La notion de développement durable dans les projets urbains français Mémoire de DESS européen. Juin. la pédagogie environnementale et même l’emploi (dans le domaine de la protection de la nature). Cette campagne des villes durables européennes et les conférences qui la suivent. elles aussi de bénéficier d’un contexte porteur.2) L’engagement français Alors qu’apparaissent France les premières démarches de développement durable (Agendas 21 locaux).

Cette réforme va permettre à la gestion du territoire en France de passer d’un état centralisé à un état aux territoires multiples. Ils ont pour objet de faciliter l’élaboration de programmes d’action autour de l’environnement. syndicats. Il est alors important que la gestion de l’environnement devienne progressivement l’affaire de toute la société : entreprise. à partir d’un diagnostic établi par des experts et cofinancé par le ministère de l’environnement. le ministère de l’Environnement va proposer un effort d’adaptation important de la politique française. suite à l’évaluation des protocoles environnement urbain. a) les premiers outils destiné à promouvoir une gestion En 1990. Ces plans ont pour objectif de commencer à mettre en œuvre une politique globale de l’environnement qui dépasse l’approche sectorielle traditionnelle (eau. en quelque sorte toute la population. Ces PME ne vont pas remporter beaucoup de succès puisqu’ils abordent à peine les problèmes d’organisation et de fonctionnement des mairies en matière d’environnement et on note déjà 33 . associations.…). collectivités locales. mais surtout à un changement des méthodes de gestion. structures intercommunales vont désormais participer et avoir en charge de nombreuses compétences notamment celle de l’aménagement du territoire. La décentralisation permettra surtout de poser la question de l’échelon pertinent pour la conduite de politiques relatives au développement durable. Les plans municipaux d’environnement (PME) sont établis. Ces différents échelons : communes. en lançant le Plan national pour l’environnement (PNE). administrations. espaces naturels. régions. Toujours en 1990.La notion de développement durable dans les projets urbains français Mémoire de DESS Deferre sur la décentralisation qui débute en 1982. Celui-ci est caractérisé par trois grandes orientations : un élargissement des ambitions. c'est-à-dire que la France doit mieux valoriser et protéger ses ressources. départements. déchets. l’Etat a entrepris une démarche de contractualisation en direction des villes. à l’innovation et à la formation. garantir à chacun une qualité de l’environnement élevée et contribuer à la gestion des problèmes internationaux et planétaires une augmentation des moyens et des compétences un changement des méthodes Le PNE vise alors une meilleure orientation de la dépense par une priorité accrue à l’investissement. bruits.

Ils restent la première tentative d‘outils locaux en faveur de l’environnement. Elle vise à intégrer l’environnement dans l’ensemble des autres politiques menées par la collectivité territoriale (transport. Elles constituent un outil destiné à promouvoir une gestion environnementale des territoires nécessaires à une politique globale d’environnement. etc. associations. La charte pour l’environnement constitue une démarche globale. entreprises. Il est cependant nécessaire de traduire la charte dans les documents réglementaires de planification spatiale. Elle doit être : ▪ Intégrée Elle doit dépasser la démarche sectorielle des domaines traditionnels de l’environnement (eau. urbanisme. déchets. Il est important de mettre en place un « système de suivi évaluation » auquel tous les partenaires sont associés pour assurer la pérennité de la charte. développement social et économique. la manière dont le législateur français a progressivement et transversalement intégré le développement durable dans le fondement même des lois. 34 . ▪ Planifiée A l’aide d’un programme d’action. ou même infracommunaux (quartier). les chartes pour l’environnement succèdent aux PME.) ▪ Participative Tout le monde doit être concerné par cette démarche : habitants. et la définition et la hiérarchisation des priorités à moyen terme ▪ Spatiale Les chartes accordent beaucoup d’importance à la notion de territoire. bruit. Ces « grandes lois » traduisent.La notion de développement durable dans les projets urbains français Mémoire de DESS un manque de participation du public. Elles sont encore utilisées aujourd’hui par quelques communes. b) Un arsenal législatif Voici une série de lois choisies volontairement puisqu’elles expriment peut être le mieux. Le but premier de ces chartes est de faciliter la définition de politiques locales d’environnement allant dans le sens du développement durable. La charte peut être élaborée à des niveaux communaux ou intercommunaux. Les chartes pour l’environnement : En 1992. espaces naturels. etc.… ▪ Pédagogique La charte permet de mieux connaître et faire connaître les phénomènes complexes qui régissent notre environnement et nos comportements ▪ Stratégique Le diagnostic doit permettre l’élaboration d’une stratégie avec les différents objectifs à atteindre. Ces chartes sont les premières à prendre en compte les enjeux du développement durable.).

35 . Il s’agit de prévenir un risque de dommages graves et irréversibles à l’environnement tout en respectant un coût économique acceptable principe de prévention : l’action préventive et la correction des atteintes à l’environnement visent à utiliser les meilleures techniques disponibles à un coût économiquement acceptable principe du pollueur-payeur implique que les coûts résultants des mesures de prévention. relative au renforcement de la protection de l’environnement. une série importante de textes législatifs et réglementaires à caractère environnemental. le bruit (1992) la loi sur l’air et la mise en place des plans de déplacements urbains (1996) le plan de lutte contre le changement climatique et la nouvelle réglementation thermique RT (2000) La loi Barnier La loi Barnier du 2 février 199518. les paysages. affirme quatre principes fondateurs du développement durable : (La loi Barnier définit le développement durable conformément à la définition donnée dans le rapport Brundtland) principe de précaution : l’absence de certitude. 18 Codifiés à l’article L.110-1 du Code de l’environnement. ne doit pas retarder l’adoption de mesures effectives et proportionnées. ces dernières années. On peut citer à cet égard : la loi sur les déchets (1976) les lois sur l’eau.La notion de développement durable dans les projets urbains français Mémoire de DESS d’un point de vue sociétal. Chacun doit avoir accès aux informations relatives à l’environnement. compte tenu des circonstances scientifiques et techniques du moment. le changement politique intervenu en matière de développement durable. y compris celles concernant les substances et les activités dangereuses. de réduction de la pollution et de lutte contre celle-ci doivent être supportés par les pollueurs principe de participation s’inscrit dans la ligne des conventions de Rio et d’Aarhus (1998) sur l’accès à l’information. Le législateur a également introduit.

La notion de développement durable dans les projets urbains français Mémoire de DESS Les lois Voynet et Chevènement La loi d’orientation pour l’aménagement et le développement durable du territoire (LOADDT) du 25 juin 1999 consacre l’ancrage territorial des politiques de développement durable. et mettent l’accent davantage sur les services rendus que sur les équipements. compétences qui peuvent inclure l’aménagement de l’espace. La loi spécifie les impératifs des schémas de services collectifs des espaces naturels et ruraux. économique ou sociale sur lesquels les acteurs locaux bâtissent un projet de développement durable. historique. Cette loi fait explicitement référence à la démarche Agenda 21 local comme outil de mise en œuvre du développement durable. dite loi Chevènement. L’élaboration du programme global de développement prévoit l’association de la société civile (socioprofessionnels. Les schémas concernent : (1) l’enseignement supérieur et la recherche . La loi du 12 juillet 1999. (8) les espaces naturels et ruraux . populations). (3) la santé . Ces contrats permettent à l’Etat de donner des moyens spécifiques aux collectivités pour mettre en œuvre des projets collectifs en déclinaison des contrats de plan Etat – régions. (4) l’information et la communication . (5) le transport des voyageurs . les communautés d’agglomérations et les communautés urbaines. Pays et Agglomérations sont des territoires présentant une cohésion géographique. Ils s’inscrivent dans une logique de besoin et non plus d’offre. La consultation et la concertation avec les habitants doivent prévaloir à tout projet du contrat.… 36 . Cette loi a pour objectif de renforcer le développement économique et social dans un but d’équilibre territorial. (6) le transport de marchandises . Ces regroupements de communes ont des compétences différentes . relative au renforcement et à la simplification de la coopération intercommunale clarifie le paysage des établissements publics à coopération intercommunale à fiscalité propre en ne retenant que trois groupements : les communautés de communes. (9) le sport. la loi impose l’intégration des principes du développement durable dans les documents contractuels de planification locale : les chartes de pays et les chartes d’agglomération. associatifs. Désormais. la gestion de l’environnement. Elle a aussi pour souci de protéger l’environnement. le développement économique. Ces neufs schémas relèvent d’une planification territoriale plus qu’une planification sectorielle. qui constituent un outil de prospective et de planification stratégique qui va dans le sens du développement durable. culturelles. (7) l’énergie . les transports. (2) la culture . La loi impose la création d’un Conseil de développement pour organiser les partenariats entre élus et non élus.

Sans y faire explicitement référence. Avec la loi Démocratie de proximité. la démocratie participative en affirmant le caractère réglementaire du principe de participation issu de la conférence de Rio. au logement social et aux institutions sociales. La loi Démocratie de proximité La loi du 28 février 2002 consacre. l’accès à l’emploi. mais aussi celui des pays et des agglomérations en vue de favoriser la passation des contrats de plan entre ces entités. Désormais. ne concernait que les grands projets. avec la création de la Commission nationale du débat public (CNDP). posent des éléments essentiels pour l’intégration du développement durable. Cette loi a permis au législateur de compléter le droit du public à l’information en matière d’environnement. c'est-à-dire la création de territoires capables de proposer un projet global de développement durable. Trois grands principes marquent le socle de la loi : l’intégration des personnes en difficultés la prévention des situations pouvant engendrer l’exclusion la participation de l’ensemble des partenaires de l’économie solidaires et sociales La loi aborde principalement les thématiques des ressources minimales pour chacun. relative à l’insertion. la CNDP devient une autorité administrative indépendante 37 . la réalisation de plans départementaux en matière de logement social. d’une certaine manière. La seconde favorise l’intercommunalité. Loi d’orientation relative à la lutte contre les exclusions La loi du 29 juillet 1998.La notion de développement durable dans les projets urbains français Mémoire de DESS La loi fixe les règles du régime des différents regroupements. les régions et l’Etat. le citoyen a un droit d’accès aux informations relatives à l’environnement et le droit à être associé au processus d’élaboration des projets ayant une incidence grave sur l’environnement ou l’aménagement du territoire. La procédure du débat public instaurée par la loi du 2 février 1995. à l’accès à l’emploi. elle s’inspire des principes du développement durable. votées en 1999. Ces deux lois complémentaires. La première est un pas décisif et direct vers la reconnaissance du rôle des territoires dans la mise en œuvre du développement durable. Cette loi peut être considérée comme le pilier de l’axe social du développement durable si l’on regroupe l’ensemble des principales lois énumérées ici.

au terme d’une période de 20 ans. Les nouveaux documents d’urbanisme (SCOT. PADD) doivent répondre aux impératifs suivants : équilibre en matière de développement et de renouvellement urbain. Elle privilégie une meilleure répartition du logement social . sportives. Les SCOT permettent aux communes appartenant à un bassin 38 . PLU. transport. de développement rural. mais surtout demande. La loi SRU lutte également contre l’étalement urbain. des risques naturels et technologiques participation des citoyens durant les études concernant les documents d’urbanisme et enquêtes publiques ▪ Les schémas de cohérence territoriale (SCOT) sont les successeurs des schémas directeurs d’aménagement et d’urbanisme (SDAU) qui avaient pour objet d’organiser la destination des sols. disposent d’une offre suffisante de logements locatifs sociaux accessibles aux ménages à ressources modestes ou moyennes. c’est une information plus grande des citoyens et une participation accrue de l’opposition aux décisions qui sont organisées. carte communale. La loi Solidarité Renouvellement Urbain (et Urbanisme et Habitat) La loi du 13 décembre 2000.La notion de développement durable dans les projets urbains français Mémoire de DESS chargée d’organiser le débat public pour des projets entrant dans son champ de compétence élargi. logement. afin de garantir plus largement le respect du principe de participation. Les SCOT tiennent compte de nombreuses données dans un souci de transversalité des espaces sur lesquels pourront se fonder les Agendas 21 locaux (urbanisme. de loisirs. réforme en profondeur les documents d’urbanisme avec un objectif : assurer le nécessaire équilibre entre les activités économiques et la protection de l’environnement. de préservation des espaces agricoles et naturels et forestiers diversité des activités (économiques. La loi place les agglomérations au cœur des politiques urbaines et donne aux élus des documents d’urbanisme plus riches et plus concertés permettant de définir les priorités de l’agglomération. le fléau des villes en ce qui concerne les politiques de déplacements. espaces naturels. Globalement.…).…) et mixité sociale dans l’habitat urbain et rural économie dans l’utilisation des espaces et des ressources précaution en tenant compte des nuisances. culturelles. dite SRU. que les agglomérations de plus de 50 000 habitants (plus de 3500 en Île de France) et ayant moins de 20% de logements sociaux.

Un SCOT comprend trois documents : un rapport de présentation qui expose un diagnostic de l’environnement et des besoins de développement le projet d’aménagement et de développement durable (PADD) qui présente le projet partagé par les collectivités pour l’aménagement et la protection de l’environnement de leurs territoires. dans le respect du principe de subsidiarité19. ces PLU devront être compatibles. les directives territoriales d’aménagement (DTA). et de progressivement se doter d’outils de promotion du développement durable . des implantations commerciales et/ou industrielles. mais aussi les chartes de parcs naturels régionaux. Leur élaboration s’inscrit dans une logique transversale qui dépasse la seule organisation de l’occupation des sols. les schémas de mise en valeur de la mer (SMVM). mais aussi des orientations d’aménagement facultatives et d’un règlement. c'est-à-dire que le PLU définit aussi le projet d’aménagement et de développement durable de la commune. un ensemble législatif a concrétisé l’ancrage territorial du développement durable. ceci pour répondre notamment aux attentes et aux besoins des citoyens. Désormais. leurs politiques dans le domaine de l’urbanisme. non seulement avec les dispositions nationales d’urbanisme. de l’habitat. ▪ Les plans locaux d’urbanisme (PLU) sont les documents qui succèdent aux plans d’occupation des sols (POS). qui sera composé d’un PADD. les SCOT. les plans de déplacements urbains (PDU) et les programmes locaux d’habitat (PLH). Les progrès réalisés par l’Etat ont surtout permis aux collectivités territoriales de s’adapter aux changements. Il s’agit d’un document politique qui exprime les objectifs stratégiques retenus pour les années futures.La notion de développement durable dans les projets urbains français Mémoire de DESS de vie de mettre en cohérence. des déplacements et de l’environnement. La loi urbanisme et Habitat a précisé le contenu du PLU. 19 Délégation des pouvoirs dans une hiérarchie verticale 39 . Un document d’orientation qui précise les orientations d’aménagement permettant de mettre en œuvre le projet défini dans le PADD. c) Les derniers éléments majeurs en France Comme nous l’avons vu.

Cette Charte de l’Environnement étant insérée dans la Constitution de 1958. qui prennent les objectifs de l’Agenda 21. lui permettant de modeler l’ensemble de son droit. 3. Cette Charte de l’Environnement a fait l’objet d’une loi constitutionnelle puis votée au Parlement en février 2005. Un agenda 21 local est ainsi une mise en œuvre concrète et locale du concept de développement durable. dans le domaine du développement durable. En juin 2003. des objectifs communs et des plans d’action « réalistes mais ambitieux ». pour chaque domaine des ministères. 40 . pour les années à venir. de nouveaux textes réglementaires et législatifs devraient voir le jour.La notion de développement durable dans les projets urbains français Mémoire de DESS En 2002.2. Sur cette base. constitue un plan d’action mondial pour un développement durable au 21ème siècle. Comme le précise Caroline Speirs 20: faire entrer la Charte dans la Constitution française au même niveau que la déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen de 1789 et que le Préambule de la Constitution de 1946. le président de la République. en 1992. a proposé la mise en place d’une Charte de l’Environnement. Ce document a pour ambition de donner au gouvernement un cadre d’intervention. Jacques Chirac. la Commission interministériel de lutte contre l’effet de serre (CIES) et le Comité interministériel de prévention des risques naturels majeurs (CIPRNM). les collectivités sont incitées à mettre en place des Agendas 21 locaux. Le concept de développement durable : l’exemple des villes françaises Le Comité interministériel pour le développement durable (créé en février 2003) se substitue aux trois instances préexistantes que sont le Comité interministériel de l’Environnement (CIEN). Il s’agit véritablement du « plan de bataille » pour le gouvernement comportant des axes stratégiques. le Comité interministériel pour le développement durable21 a adopté un document intitulé « Stratégie nationale de développement durable ». la loi LOADDT fait 20 21 Cf. En France. assortis de calendrier.2) Les Agendas 21. depuis juin 1999. défini lors du sommet de la terre à Rio. de sa vie sociale à partir des exigences du développement durable. poursuivant ainsi l’ancrage de la démarche de durabilité en France. et de son économie. la référence de l’engagement des collectivités locales en France 3. constitue en effet une action fortement symbolique. Il s’agit pour la France de se doter d’un levier juridique et politique.1) Qu’est ce qu’un Agenda 21 ? « L’Agenda 21 ». reconnaissant le droit de l’homme à l’environnement comme un principe fondamental de la République. Dans ce cadre.

41 . groupes socioprofessionnels. L’agenda 21 local. Une quatrième orientation transversale s’y ajoute : la gouvernance . ils doivent permettre de mesurer l’efficacité des actions en fonction des objectifs fixés. citoyens. à l’origine de la décision prise par la collectivité un état des lieux qui vise à établir un diagnostic global (points forts et points faibles) et présente les éléments de la problématique locale en termes de développement durable une série d’objectifs à atteindre un plan d’actions concrètes et de propositions. l’efficacité économique. l’équité sociale. des indicateurs sont à définir . Elle doit donc être suivie. comme outil obligatoire de mise en œuvre du développement durable. Trois orientations sont prises en compte : la protection de l’environnement. Pour l’évaluation. Il fixe un projet de territoire à long terme décliné en programmes d’action soumis à une évaluation régulière. Un agenda 21 se compose des éléments suivants : une stratégie politique. (Cf. fixés à court. L’Agenda 21 local est un document stratégique et opérationnel pour le long terme. L’agenda 21 local est un processus qui engage une collectivité ou.La notion de développement durable dans les projets urbains français Mémoire de DESS explicitement référence à la démarche d’Agenda 21. L’association « 4D » propose une synthèse de la démarche Agenda 21 local. Figure 4). établi de façon à répondre aux objectifs de développement durable. il s’agit là d’établir un nouveau mode de concertation entre la collectivité et la population. moyen ou long terme une série d’indicateurs et de moyen d’évaluation La publication d’un agenda 21 local n’est pas une finalité en soit. mais le début d’une démarche qui a vocation à devenir pérenne. faire l’objet d’une évaluation permanente et d’un recadrage dans le temps. un territoire (regroupement de communes).…). plus généralement. c’est aussi un document élaboré par la collectivité (élus et services) en concertation avec la population (associations.

doit être une démarche qui part de la demande des habitants. contrat de vile) Production de données évaluatives sur les effets des actions de la première phase et nouveau diagnostic Révision de la stratégie et nouveaux programmes pour une nouvelle phase Figure 4 : La démarche d’Agenda 21 Un agenda 21 local. Partir de la demande pour définir les politiques publiques à mettre en œuvre ne va pourtant pas de soi. de recueil de données. 42 . les citoyens désignent leurs représentant et « se laissent » gouverner pendant la durée du mandat. contrat d’agglomération. d’analyse des comportements. dans sa conception. Pour cela il est nécessaire de mettre en place des systèmes d’observation. d’évaluation des politiques publiques. Il s’agit là d’une remise en cause du modèle de fonctionnement classique des sociétés démocratiques : les hommes politiques définissent des orientations pour le long terme pour la population.La notion de développement durable dans les projets urbains français Mémoire de DESS Dispositif de gouvernance locale. de leurs besoins en matière de services et d’équipements. débat public et évaluation démocratique Diagnostic global et intégré Elaboration d’une stratégie à long terme ou Agenda 21 local Traduction en programmes d’action Traduction spatiale de la stratégie Mise en œuvre d’une première phase des programmes d’action (contrat de pays.

à mettre en place. ainsi que l’organisation administrative pour les mettre en place. les organisations locales et les entreprises privées afin d’adopter un « programme Action 21 » à l’échelon de la collectivité. Il est évident que le mode d’association des citoyens à la vie locale et l’organisation municipale peuvent être forts différents d’une collectivité à une autre. au niveau le plus haut de l’exécutif local. tout en les associant aux décisions politiques. pour que les règlements soit appliqués et que l’intérêt général soit garanti contre l’intérêt particulier. la culture administrative est culturellement tournée vers le commandement. C’est en ça que chaque agenda 21 local est unique. Les agendas 21 essayent donc de mettre en œuvre de nouveau type de gouvernance. à leur échelle. les associations. Enfin.La notion de développement durable dans les projets urbains français Mémoire de DESS Le modèle émergent. commerciales et industrielles et d’obtenir l’information nécessaire à l’élaboration des stratégies les plus appropriées. l’Agenda 21 doit s’inscrire dans un territoire.…Toutefois l’intercommunalité représente un outil intéressant pour le développement durable et les Agendas 21. les autorités locales ont été appelées. Lors du Sommet de la Terre de Rio. L’agenda 21 local est avant tout issu de la volonté des acteurs de s’inscrire dans une dynamique. ce qui nécessite une modification assez fondamentale de l’approche française de la gestion publique. Celui-ci doit correspondre à une zone cohérente de vie à l’échelle de laquelle une gestion coordonnée des trois dimensions du développement durable a du sens. (Cf. les citoyens. 43 .2) Un outil de promotion du développement durable local Les autorités locales sont des acteurs incontournables du développement durable. Annexe 4. Compte tenu des enjeux. a pour principe de faire remonter les attentes d’une partie des citoyens. des programmes intégrant les principes du développement durable : Il faudrait que toutes les collectivités locales instaurent un dialogue avec les habitants. il revient aux élus de définir les modalités de mise en œuvre des démarches d’agendas 21. appelé « démocratie participative » ou « gouvernance locale ». Il n’y a pas non plus de règles strictes pour la délimitation de l’espace le plus adéquat à la mise en perspective de l’idée du développement durable. En France. « L’espace » de l’agenda 21 doit se construire au sein du débat public. communautaires. 3. Chapitre 28 de l’Agenda 21 lancé à Rio). entre les acteurs publics locaux. La concertation et la recherche d’un consensus permettraient aux collectivités locales de s’instruire au contact des habitants et des associations locales. civiques.2.

Le MATE a donc pris l’initiative. Toutefois les initiatives locales en France n’ont cessé d’augmenter depuis. par les incitations diverses proposées par l’Etat. sociales et environnementales elles ont en charge et surveillent les processus de planification elles fixent les orientations et les réglementations locales en matière d’environnement elles apportent leur concours à l’application des politiques d’environnement. des politiques de développement économique. Elles sont les premières autorités de référence. voulant aller plus loin que les dispositifs réglementaires ou ceux se reposant sur le volontariat. des politiques sociales adoptées à l’échelon national ou infranational elles jouent un rôle essentiel dans l’éducation. depuis 1997. ainsi que des démarches et des outils adaptés et innovants alliant développement local et social. sous la double impulsion. Le programme d’Action de Rio prévoyait que le processus de développement des agendas 21 allait être rapide. la mobilisation et la prise en compte du public en faveur du développement durable. notamment en matière de démocratie locale et de partenariat. de lancer des appels à projets pour contribuer à l’émergence d’initiatives locales en faveur de la réalisation d’Agendas 21 locaux. deuxièmement. a souhaité aider les collectivités locales à mettre en œuvre de nouvelles pratiques. Toutes les villes ou autorités locales des pays participants devaient avoir engagé leurs démarches en 1996. exploitent et entretiennent les infrastructures économiques. en matière d’intégration des politiques de développement durable. le nombre de collectivités françaises effectivement impliquées dans de telles démarches était faible. des élus locaux et des représentants territoriaux et. Quatre ans après Rio. Cette 44 .3) la généralisation de la démarche a) Les appels à projets du ministère Le ministère de l'Aménagement du Territoire et de l'Environnement (MATE).La notion de développement durable dans les projets urbains français Mémoire de DESS Pourquoi les collectivités locales ont-elles été sollicitées ? Elles ont en réalité été identifiées comme des acteurs clefs pour plusieurs raisons : elles construisent.2. 3. premièrement.

pour cette première consultation. (Cf. afin d’intégrer le concept de développement durable dans les contrats de ville diffuser plus largement auprès des collectivités et des services de l’Etat le concept même de développement durable et sensibiliser largement les acteurs non initiés au développement durable associer et mobiliser les acteurs institutionnels et les associations militantes du développement durable à la préparation et l’élaboration d’agendas 21 locaux. De nombreuses manifestations ou publications se sont référées au développement durable. pour permettre la constitution d’un premier pôle de compétences et d’expériences sur le sujet faire un appel à l’innovation et aux expériences des collectivités les plus avancées dans le développement durable afin de nourrir en contenu des agendas 21 locaux Cependant. afin de capitaliser et de diffuser l’expérience acquise par les collectivités territoriales. l'appel à projet intéressera le seul champ de l'urbain. la loi LOADDT a été votée et le développement durable repose désormais sur une assise réglementaire et législative. malgré tout entendu au sens large de territoire "sous influence urbaine". les moyens mis en œuvre et les bonnes pratiques dans ce domaine. Toutes les tailles de villes étaient représentées. contribuant ainsi à l’explication des enjeux qui s’y 45 . agglomération. lancées en 1994.La notion de développement durable dans les projets urbains français Mémoire de DESS initiative a principalement pour objectif de repérer les démarches. 16 Lauréats ont été désignés. annexe des lauréats aux appels à projets) 2000 : la 2ème génération d’appel à projet Depuis 1997. bassin-versant-ville. 51 collectivités ont répondu à l’appel à projets. 1997 : la 1ére génération d’appel à projet Intitulé « appel à projets sur les outils et les démarches en vue de la réalisation d'Agendas 21 locaux » . même des communes rurales pourtant exclues du champ de l’appel à projets. quartiers-ville.). pays-ville centre. cette première expérience était surtout destinée aux collectivités locales ayant déjà engagé une réflexion de développement local durable à travers diverses démarches globale comme par exemple un contrat de ville ou une charte pour l’environnement ou encore l’adhésion à la charte d’Aalborg dans le cadre de la Campagne des villes européennes durables.territoires périurbains etc. c'est-à-dire comprenant aussi des territoires en interrelation avec des systèmes urbains ou d'autres niveaux de territoires ou de décision (interrelations régions-villes. Les objectifs affichés dans ce premier appel à projet comprenaient quatre axes de travail : élargir la démarche des chartes pour l’environnement.

que le premier appel à projets. composé d’institutions. à l’intégration des préoccupations environnementales et sociales dans les processus de production et de consommation de biens et de services. Elles doivent participer à mettre en relation la demande et l’offre de produits et de services qui minimisent les impacts environnementaux et sociaux. quant à elles. celui-ci s'adresse aux collectivités locales déjà engagées dans une démarche globale et intégrée de développement local durable. ils prévoient de conjuguer le développement économique avec l’équité sociale. Dans un contexte opérationnel qui favoris les politiques locales plus intégrées et qui poursuit son objectif d’expérimentation et d’innovation. conventions ou labels développement de services collectifs publics ou privés de qualité démarche d’échange et de coopération entre villes De la même manière. le comité de pilotage de l’appel à projets insiste par exemple sur: les outils de régulation les moyens de gestion et les moyens de financements adaptés les outils d'aide à la décision et les outils de suivi les outils et des dispositifs d'évaluation environnementale. le Comité de pilotage d’appel à projets. économique et sociale la mise en place de dispositifs spécifiques d'information. a conclu à l’intérêt d’un deuxième appel à projets sur les outils et démarches en vue de la réalisation d’agendas 21 locaux . organismes HLM. Parmi ces démarches : démarche de recherche-développement développement d’activités économiques et la création d’emplois pérennes des " filières " d'éducation et de formation mise en place de conditions d’implantation des activités dans l’agglomération mise en oeuvre de partenariats entre les acteurs économiques et sociaux élaboration de chartes. la participation démocratique et le long terme. le respect de l’environnement. en particulier. doivent pouvoir contribuer. SEM. cette fois ci en " privilégiant le thème de l’économie. 46 . Il est également demandé aux projets de mettre en évidence de quelle façon. Mais cet appel à projets s’adresse aussi à des organismes (associations. au moyen de quels outils et de quelles démarches. Cette seconde opération vise en priorité les projets étant de nature à faciliter la mise en place de nouveaux systèmes organisationnels pour une nouvelle " gouvernance. de sensibilisation et de communication. d’associations et fédérations intéressées. de consultation et de concertation la mise en place de dispositifs permettant l’expression de la solidarité économique et sociale et écologique les innovations technologiques et organisationnelles Les démarches recommandées.La notion de développement durable dans les projets urbains français Mémoire de DESS rattachent et donnant l’occasion de préciser les démarches et les outils qui y participent. Parmi les outils que les projets peuvent mettre en œuvre.

Comme pour la première consultation. etc. Il s'agit en particulier de conjuguer les principes de la loi SRU : diversité des fonctions urbaines. mixité sociale. requalification de paysage urbain. dans le cadre d’une opération d’aménagement telle que définie ci-dessus : . agricoles. un haut niveau de qualité en termes de développement durable. urbaines ou industrielles) ou fragiles (espaces naturels) ou encore des opérations garantissant la multifonctionnalité des espaces ruraux en zone d’influence urbaine qui viseraient.La notion de développement durable dans les projets urbains français Mémoire de DESS syndicats. Ce peut être. 2003 : la 3ème génération d’appel à projet Le troisième appel à projets sur les “ outils et démarches en vue de la réalisation d’agendas 21 locaux ” aborde une phase opérationnelle avec la mise en oeuvre des principes du développement durable dans les projets d'aménagement.soit des méthodes d’analyse. respect de l’environnement et du patrimoine culturel. de construction. maîtrise de l’étalement urbain. Cet appel vise des projets innovants concernant des opérations d’aménagement. friches touristiques. permettant de définir un haut niveau de qualité de l’aménagement . les projets devront intéresser des territoires "sous influence urbaine". du niveau global (projet urbain) à celui du lieu de vie (habitat).). 104 réponses ont été reçues pour ce second appel à projets. d’évaluation ou de suivi des processus d’élaboration de projets.soit des outils ou des démarches qui mettent en place les conditions d’une gouvernance locale .soit des méthodes prenant clairement en compte les critères de choix économiques. socialement et écologiquement responsables . de réhabilitation ou de rénovation urbaine (Grands Projets de Ville.soit des pratiques novatrices en matière de conduite d’opérations 47 . entreprises) qui présenteront un projet commun avec une collectivité locale répondant aux spécifications ci dessus. de réhabilitation d’espaces dégradés (zones d’activités. Les porteurs de projet doivent proposer des outils et des démarches pouvant intéresser les différentes phases de conception et/ou de mise en oeuvre des opérations d’aménagement. 29 projets ont été désignés lauréats. aménagement de centre-ville ou de coeur de village. qui sont aussi des fondements pour un développement urbain durable. à tous les stades. Ce troisième appel à projets doit contribuer à définir les conditions et les critères de qualité nécessaires à l’intégration des principes du développement durable dans la conception et la conduite d’aménagements inscrits dans une démarche de développement durable de type agenda 21 local.

pour aborder les questions de cohésion et d’équité sociales et spatiales à travers les actions d’aménagement. qui recense les agendas ou les démarches d’agendas 21. CC. constructeurs. associations. Les collectivités territoriales intéressées doivent. 125 dossiers ont été reçus pour ce troisième appel à projets. entreprises. de management et de gestion des espaces ou des équipements et aménagements . CA. Tandis que les acteurs de l’aménagement. encore une foi. maîtres d'oeuvre. Phénomène plus récent : la mise en place d’Agenda 21 départementaux et régionaux. On peut compter à l'heure actuelle quelque 200 initiatives pour des politiques intégrées de développement durable. Les départements et les régions jouent un rôle important dans la dynamique du développement durable : nombre d’entre eux apportent un appui méthodologique et financier aux communes et aux agglomérations pour la mise en œuvre d’Agenda 21 locaux Le Comité 21. doivent montrer leur adhésion à une dynamique de développement durable.soit des modes d’incitation.soit des actions ou des outils permettant le transfert des expériences et des savoir-faire Ce troisième appel à projets s'adresse à l'ensemble des décideurs publics et opérateurs associés aux démarches d'aménagements : maîtres d’ouvrage. Il vient compléter les approches environnementales et économiques traitées dans les deux premiers. parcs régionaux) 48 .La notion de développement durable dans les projets urbains français Mémoire de DESS . dont 80 sont des Agenda 21. Cet appel à projets intéresse les collectivités territoriales et l’ensemble des acteurs déjà engagés dans une démarche de développement durable : aménageurs. associations et acteurs de l’aménagement. 41 projets ont été désignés lauréats b) De plus en plus de collectivités se lancent dans une démarche d’agenda 21 L’engagement des collectivités locales dans des démarches d’Agenda 21 territoriaux s’est très fortement développé depuis quelques années et notamment en 2002 (une année après les élections municipales de 2001). dénombre : 14 agendas ou démarches de Conseils régionaux 18 agendas ou démarches de Conseils Généraux 34 agendas ou démarches de groupements Intercommunaux (CU. agissant en partenariat avec une collectivité locale. déjà être engagées dans des réflexions et démarches de développement durable. agissant en partenariat avec les collectivités dans le cadre du projet présenté.

constitution de groupes d’échanges d’expériences ou de pools d’expertise … • Des programmes permanents sur la mise en pratique du développement durable. « Directions des achats et développement durable » . Ils sont répartis en quatre Collèges : entreprises. mutualisation des démarches et des outils. 3. l’échange d’expériences. Les travaux de ces programmes sont régis par des groupes de pilotage composés d’adhérents des 4 Collèges. « Agenda 21 territoriaux » . établissements publics et médias.1) Les réseaux assurant la promotion du développement durable Nous nous sommes efforcés à ne retenir que les 3 associations qui réalisent effectivement une fonction de réseau à destination des collectivités locales.a été créé en 1994. 49 . Le Comité 21 Le Comité 21 -Comité français pour l’environnement et le développement durableassociation loi 1901. « Education au développement durable». dans la droite ligne des engagements français pour contribuer à l'ancrage en France du développement durable.La notion de développement durable dans les projets urbains français Mémoire de DESS 53 agendas ou démarches Communaux Soit 119 agendas ou démarches dont (80 agendas semble-t-il). associations. mise en réseau des adhérents. la conception de recommandations : « Entreprises et développement durable » .2. à l’élaboration de propositions concertées. Les premières années de l'association ont été essentiellement consacrées à la pédagogie du développement durable et à l’échange entre les adhérents. Aujourd’hui. « Coopération en Europe et en Méditerranée» . collectivités. Cette complémentarité contribue aux échanges d’expériences.2) L’organisation du développement durable en France 3. 300 décideurs socio-économiques sont membres de cette association indépendante. l’action du Comité 21 se décompose en quatre axes d'intervention : • L’accompagnement des adhérents dans la mise en oeuvre opérationnelle des stratégies de développement durable : formation et sensibilisation interne. à la mise en oeuvre de programmes d'actions et de projets-pilote. mobilisant l'ensemble des composantes de la société civile. qui permettent l’identification des « bonnes pratiques ».

33 Villes. de connaissances et d’expériences à travers la mise en réseaux des différents acteurs du territoire (individus. Cette approche se retrouve dans l’ensemble des activités développées par 4D. 16 Communautés. scientifiques : ministres. en transversalité et en concertation avec les quatre collèges : • Accompagner l’éducation au développement durable • Ancrer le développement durable dans les territoires • Promouvoir un développement économique responsable • Renforcer les échanges européens et stimuler la coopération euro-méditerranéenne Le Comité 21 comporte des membres institutionnels dont 18 Régions. réunissant retours d’expériences et recommandations stratégiques et méthodologiques. Fondation Ailes. institutionnels. ASTS. de Coordination Sud. 4D est membre fondateur du Réseau Action Climat (RAC . 4D favorise le partage d’informations. après le « Sommet de la terre » de Rio. ONG. • Des rencontres-débats mensuelles entre les adhérents et des décideurs institutionnels. Depuis 2005. APDD. du Centre de Recherche et d’Information pour le Développement (CRID) et de l’Office international de l’Eau (Oieau) et a un accord d’adhésion réciproque avec la revue mensuelle Alternatives Economiques. Comité 21. 23 Départements.La notion de développement durable dans les projets urbains français Mémoire de DESS • L’édition d’ouvrages. Par la suite. le Comité 21 oriente ses travaux autour de quatre axes développés. Depuis sa création. Orée. à différentes échelles (du local à l’international). experts. CLER. est membre du Bureau Européen de l’Environnement (BEE). collectivités. que l’association 4D a été créée afin de constituer un réseau citoyen pour la promotion du développement durable et pour le suivi des engagements pris par la France comme par les autres Etats membres de l’ONU. elle a été désignée pour assurer la coordination des organisations de la société civile française à l’occasion du nouveau sommet qui s’est tenu en 2002 à Johannesburg.France).. de l’Alliance des pays du Nord pour la durabilité (ANPED). dirigeants d'entreprises et d'associations. L’association 4D (Dossiers et Débats pour le Développement Durable) C’est en 1993.. de l’Observatoire de l’Organisation de Coopération et de Développement Economiques (OCDE Watch). 4D anime un « comité des réseaux » qui permet notamment des échanges entre associations comme ECOPOLE.) et ce. L’association 4D c’est aussi : 50 . élus. économiques.

recueille et diffuse les expériences françaises et européennes du développement durable. vidéo. la nature en ville. sont ainsi accessibles. dossiers documentaires. avec une expertise interne et un réseau d’experts. Divers experts exposent leurs points de vue et mettent la salle en débats autour de thème aussi variés que le tourisme durable. 4D travaille à la création d’un Observatoire national des Agendas 21 locaux et des pratiques territoriales de développement durable. etc. (…Le projet Observatoire sera inauguré à l’automne 2005. 4D propose des formations sur le développement durable. la démographie. cet Observatoire vise à valoriser les Agendas 21 locaux mais aussi les pratiques territoriales de développement durable. 4D. agents des collectivités. Comme son nom l’indique. Les Maires fondateurs de l’association Les Eco 51 . ▪ Des Formations au développement durable. Celui-ci est ouvert depuis le mois de février 2005.. aux associations . Elle effectue également un travail d’évaluation et d’analyse des politiques publiques. la fiscalité locale.. ▪ Les Mardis de 4D à Paris et à Montpellier. dans leur politique. En effet certains Agenda 21 locaux sont encore en projet ou viennent juste d’être délibérés par les collectivités. L’observatoire se donne pour objectif de favoriser et accélérer la mise en oeuvre du développement durable à l’échelle territoriale. Cdrom. ▪ Des expertises. Ces formations donnent une vision d’ensemble des enjeux du développement durable et des outils pour une mise en oeuvre à l’échelle du territoire.. des études et de l’accompagnement de collectivités. . l’accès à l’eau.. des organismes publics. 4D organise chaque mois depuis 10 ans des conférences autour d’un thème du développement durable. un centre de ressources sur le développement durable. revues. les transports. Près de 4000 ouvrages. des expériences. etc. ▪ Un Observatoire National des Agendas 21 locaux et des pratiques territoriales de développement durable. des méthodes et des outils sur le développement durable.La notion de développement durable dans les projets urbains français Mémoire de DESS ▪ L’Espace René Dumont... Les premières activités du projet auront lieu au cours de l’année 2006…) Les Eco Maires Les Eco Maires fédèrent et agissent pour et avec près de 700 communes ou EPCI dont les élus ont choisi d’inscrire. tandis que certaines intègrent par ailleurs le développement durable dans leurs politiques publiques. destinées aux élus locaux. l’approche environnementale et le développement durable comme prioritaire.

En effet. Pour cela. Cette Commission.2) Un contexte de plus en plus favorable au développement durable Outre le fait que les collectivités peuvent s’impliquer politiquement dans une démarche de développement durable . Autour de ces élus des partenaires essentiels participent aux réflexions qui s'accompagnent d'études et de tests sur des communes pilotes. innovation. la réforme du Code des marchés publics permet la prise en compte de la notion de développement durable dans les contrats que les collectivités passent avec le secteur marchand. ce que tous les sommets sur l’environnement ont affirmé depuis Rio. réels " laboratoires " aux réflexions innovantes sur des thèmes reconnus comme clefs. il leur faut également des moyens législatifs pour pouvoir réaliser ces conditions. méthodologique. Certains travaux des commissions sont diffusés via des guides ou des manifestations. « l’agir localement -penser globalement » s’est largement imposé depuis. leur volonté de placer l’environnement au cœur de leurs préoccupations d’élus de terrain. elle a développé des Commissions thématiques. Ainsi.La notion de développement durable dans les projets urbains français Mémoire de DESS Maires se sont regroupés en 1989 pour afficher. Les Eco Maires est aujourd’hui le premier réseau national d’élus mobilisé sur les problématiques environnementales et de développement durable. recherche – L’association a rapidement mis en place diverses actions de valorisation des initiatives locales. et des expériences très pertinentes ont émergé concrètement. 3. le réseau est aujourd’hui devenu un réel outil pour les acteurs du territoire et les enjeux nationaux. En partenariat avec Gaz de France. en-dehors de tout clivage partisan. 52 . De précurseur en terme politique. réunissant des représentants de collectivités locales s’est notamment appuyée sur des expériences européennes de quartiers durables. Ces élus pressentaient que l’échelon local est un maillon essentiel des politiques environnementales. l’association a développé des commissions. Dans ce cadre. Les Eco Maires agissent en faveur des démarches globales pour l’environnement et le développement durable. Ces laboratoires soutiennent des réflexions innovantes sur des thèmes reconnus comme clés. Après 15 ans d’activité.2. l’Association Les Eco Maires a ainsi lancé une Commission chargée d’établir un cadre de référence sur le thème « Pour un Développement durable à l’échelle du quartier ». Parmi ses activités « quotidiennes » : – échanges d’expériences. mutualisation des compétences.

en effet. concernant la gestion d’une ligne d’autobus urbains à Helsinki. la Commission des Communautés européennes a adopté une communication interprétative présentant diverses possibilités d’intégrer les clauses environnementales en vue de la réforme des directives européennes sur les marchés publics. notamment de sa dimension environnementale. Cependant en juillet 2001. notamment au travers de l’article 14 qui permettait d’inclure dans les cahiers des charges des clauses visant à promouvoir l’emploi de personnes rencontrant des difficultés particulières d’insertion. que des conditions d’exécution ne devaient pas avoir d’effet discriminatoire et ne devaient pas constituer en critère de choix. peu ou pas été exploitées en raison des craintes de contentieux qu’elles représentaient. La notion de développement durable au travers. et ce. Ces clauses n’ont. arrêt « Concordia ». 53 .La notion de développement durable dans les projets urbains français Mémoire de DESS Les marchés publics et le développement durable : Le précédent Code des marchés publics offrait déjà la possibilité d’introduire des exigences d’ordre environnemental ou social dans la commande publique. dans la mesure où ce choix n’est pas discriminatoire et ne porte pas atteinte à la libre concurrence. Il est alors possible de prescrire des méthodes particulières. à lutter contre le chômage ou à protéger l’environnement. Cette directive faisait valoir que les considérations environnementales pouvaient être prises en compte dès la définition de l’objet du marché. de demander l’utilisation de produits 22 Jurisprudence du 17 septembre 2002. Le code précisait. pour la plupart. à divers moments importants de la procédure : la prise en compte des capacités techniques de l’entreprise à répondre à des exigences environnementales l’inscription des conditions d’exécution au niveau du cahier des charges la possibilité d’en faire un critère de choix lors de l’ouverture des offres Les personnes publiques peuvent donc désormais choisir un produit ou un service plus respectueux de l’environnement et des principes de développement durable. notamment en regard d’une jurisprudence de 200222 qui a considéré le critère écologique comme pouvant être un critère de choix d’une offre économiquement la plus avantageuse. La ville avait choisi des autobus moins polluants et moins bruyants. Le nouveau Code des marchés publics publié en janvier 2004 prévoit la possibilité de prendre en compte des critères de développement durable lors de la passation des marchés. est ainsi prise clairement en considération dans le Nouveau Code des marchés publics.

Parmi les objectifs et les mesures concrètes évoquées dans ces réunions. qui lui confèrent une aptitude à satisfaire les besoins 54 . et concrétisées à travers une première série d’opérations expérimentales. L’association s’est fixée deux objectifs : proposer des méthodes visant à améliorer la qualité des bâtiments neufs et existants des secteurs résidentiels et tertiaires. les démarches entreprises dans le secteur environnemental ont été initiée par le programme « Ecologie et habitat » lancé par le plan « Construction et architecture » en 1992. lancées en 1993.…). La qualité environnementale d’un bâtiment correspond aux caractéristiques de celui-ci.La notion de développement durable dans les projets urbains français Mémoire de DESS respectueux de l’environnement. L’association HQE a donné deux définitions de la qualité environnementale des bâtiments : l’une descriptive. En France. Ces objectifs de développement durable concernent directement le cadre de vie bâti et. le secteur de la construction (habitat. une prise de conscience environnementale s’est amorcée. d’acheter des produits se référant à des labels écologiques ou des labels de commerce équitable.2. l’autre tournée vers les exigences de la HQE : ▪ La première définition s’inscrit dans une définition normative de la qualité au sens de la norme ISO NF EN 8402 : la qualité d’une entité correspond à l’ensemble des caractéristiques de cette entité qui lui confère l’aptitude à satisfaire des besoins implicites ou explicites. et en particulier les constructions publiques assurer la promotion de la qualité environnementale en s’appuyant sur une définition explicite et sur un système de management. de ses équipements et du reste de la parcelle.… 3. plus particulièrement.3) Normalisation et démarches qualité a) La Haute Qualité Environnementale (HQE) Suite aux Sommets de Rio en 1992. nous pouvons citer : la diminution des émissions de CO2 dans l’atmosphère. l’amélioration des réduction de consommation d’énergie. etc. activités. et de Kyoto en 1997. équipements. etc. L’association « HQE » est née de ce programme et s’est développée grâce aux travaux qu’elle a menés avec l’Ateque (atelier d’évaluation de la qualité environnementale des bâtiments). la réduction de la production de déchets.

appliquée par des maîtres d’ouvrage volontaires et visant trois exigences complémentaires : la maîtrise des impacts environnementaux d’un bâtiment la préservation des ressources naturelles la création d’un environnement intérieur sain et confortable pour les utilisateurs 55 . ni ne norme. dès le début des études (programmation. les coûts différés de toutes natures inhérents à la vie future du bâtiment.(3) chantier à faibles nuisances ▪ Ecogestion (volonté de maîtriser les effets dus à l’exploitation du bâtiment) (4) gestion de l’énergie (5) gestion de l’eau . ▪ La seconde définition constitue une clarification et une mise en ordre opérationnelle des « cibles » à atteindre. depuis sa programmation jusqu’à la fin de sa « vie ») . évolutive. C’est avant tout une démarche multi-acteur. viabilité. Le coût initial est composé de la somme des coûts d’approche (frais de recherche. outre le coût d’investissement initial. d’études diverses…) et des coûts de réalisation (acquisition foncière. de mutation. Les quatorze cibles retenues pour « réussir » une opération HQE sont classées selon deux domaines et quatre familles : Domaine I : maîtrise des impacts sur l’environnement extérieur ▪ Ecoconstruction : (volonté de maîtriser les effets dus à l’existence même du bâtiment.(2) choix intégré des procédés et produits de construction .(11) confort olfactif La démarche HQE intègre l’approche en termes de coût global du bâtiment. conception). frais financiers…) La démarche HQE n’est ni un label.(6) gestion des déchets d’activités . ni une réglementation.(1) relation harmonieuse des bâtiments avec leur environnement immédiat .La notion de développement durable dans les projets urbains français Mémoire de DESS de maîtrise et des impacts sur l’environnement extérieur et la création d’un environnement sain et confortable. Cette approche consiste à prendre en compte. coûts des travaux.(14) qualité de l’eau (8) confort hygrothermique (9) confort acoustique .(7) gestion de l’entretien et de la maintenance Domaine II : création d’un environnement intérieur satisfaisant ▪ Confort ▪ Santé (12) conditions sanitaires des espaces (13) qualité de l’air .(10) confort visuel .

Ce système est un mode d’organisation interne qui permet de structurer une démarche d’amélioration permanente de ses résultats vis-à-vis de l’environnement. Les normes internationales contribuent ainsi à simplifier les méthodes et les processus de production. des processus ou des services soient aptes à leur emploi.] La norme ISO 1400123 prescrit l’ensemble des exigences à respecter pour mettre en place un système de management environnemental au sein d’un organisme quel qu’il soit. Cette norme est conçue pour servir de référentiel d’audit et permet donc d’engager un processus de certification. alors qu’une cible correspond à une exigence de performance particulière. d’un bilan exhaustif des sources de pollution. dans les conditions requises. une étape fondamentale pour la mise en place de son système de management environnemental. d’une part. la persistance dans le milieu naturel. et d’autre part. Juin 2004. la probabilité d’apparition. de celles qui peuvent être maîtrisées en interne dans les processus de production. contractuelle. outils de développement durable. l’intensité (quantité de produits polluants). de mesures des impacts associés. des produits.La notion de développement durable dans les projets urbains français Mémoire de DESS b) La norme ISO 14001 [ Les normes sont des accords documentés contenant des spécifications techniques ou autres critères précis destinés à être utilisés systématiquement en tant que règles. La détermination des aspects environnementaux est donc. Techni Cités. parmi ces sources de pollution. (Il est cependant rare d’être dans l’impossibilité absolue de maîtriser les aspects environnementaux de sa production) La détermination des aspects environnementaux significatifs : les critères de choix pour mesure l’impact d’un aspect environnemental peuvent être : la sévérité. de voisinage ou financière) L’identification des aspects environnementaux significatifs va servir de base à l’établissement d’objectifs et de cibles environnementaux. L’identification. elles accroissent la fiabilité et l’efficacité des biens et des services qui sont utilisés. la sensibilité du milieu récepteur. dans ce contexte. Un objectif représente un but à caractère général. et ainsi de formuler une politique et des objectifs prenant en compte les obligations législatives et les informations relatives aux impacts environnementaux significatifs générés par l’activité de l’organisme. rejets et déchets. lignes directrices ou définitions de caractéristiques pour assurer que des matériaux. la contrainte (réglementaire. 160p 56 . Dossier d’Experts. Cette identification s’effectue en trois étapes : la réalisation. 23 D’après Bruno Carlier dans Les Agendas 21.

Le référentiel de la certification Habitat & Environnement a été élaboré avec les représentants de la filière construction et les associations de consommateurs. de gestion des matières premières et des déchets. La mise en œuvre d’un système de management environnemental offre la possibilité de disposer d’un outil dynamique permettant de gérer les points critiques en matière de risque d’impact sur l’environnement des activités d’un organisme (collectivité.…). la certification Habitat & Environnement est une démarche qui a pour objectif de prendre en compte la préservation de l'environnement tout au long du cycle de vie du logement. cette certification peut être considérée comme une opportunité extérieure offerte à l’entreprise pour lui faire modifier des comportements. tous type d’organismes peuvent demander la certification ISO 14001. L’étape d’après-certification doit permettre l’autoévaluation des impacts environnementaux et par conséquent de poursuivre un processus continu qui demandera la détermination d’objectifs et de cibles encore plus ambitieux. Comme pour toute démarche de qualité. La certification Habitat & Environnement est applicable aux opérations de logements neufs en immeubles collectifs et individuels groupés. c) la norme Habitat et Environnement Lancée en 2003 par l'Association QUALITEL. dans son ensemble. La certification est délivrée par un organisme certificateur. Elle permet aussi une maîtrise des coûts. entreprise. L’établissement d’objectifs et de cibles doit s’accompagner d’indicateurs permettant de suivre le respect de ces derniers. l’objectif est la diminution des déchets. la certification de produits définie par le code de la consommation 57 . à partir de ces objectifs et cibles. Enfin. etc. Il concerne 24 A la fois au service des professionnels et des particuliers. Tous les secteurs d’activité. il est possible d’élaborer et de rédiger une politique environnementale et d’entamer une démarche d’amélioration continue. par la prévention. replacer explicitement la gestion de l’environnement en tant qu’axe majeur du management et faire participer tous ses membres à un projet d’amélioration. la cible peut être de décider de diminuer de 20% la production de ses déchets. en articulation avec la démarche HQE et les principes de la certification QUALITEL24.La notion de développement durable dans les projets urbains français Mémoire de DESS Par exemple. l’Association QUALITEL et sa filiale CERQUAL sont les seuls organismes appliquant au logement. et de la recherche d’une utilisation de technologies propres. si l’on souhaite diminuer sa production de déchets.

vous devez remettre aux occupants et au gestionnaire un guide décrivant les caractéristiques de l'opération et des logements et indiquant les bonnes pratiques à tenir afin de veiller dans le temps au maintien de leurs performances environnementales 58 . dont 3 sont systématiquement retenus (thème 1. au moins 6 thèmes sur 7 doivent être satisfaits. planification des tâches bruyantes.. de l'air. notamment en terme de gestion des déchets du chantier et de la maîtrise de ses impacts sur l'environnement par la réduction de diverses nuisances (sensibilisation des intervenants à la démarche environnementale.. 3 et 7). en fonction d'un profil choisi.) ▪ Thème 3 : Energie et réduction de l'effet de serre Il s'agit de contribuer à la réduction des émissions de gaz à effet de serre au travers d'un choix approprié de l'énergie et de la performance des logements. il est impératif de respecter des exigences minimales. Ce thème définit votre engagement dans la démarche environnementale. Doivent être pris en compte : . en fonction du profil choisi.les spécificités du site et les attentes des parties concernées . nettoyage du chantier. ▪ Thème 4 : Filière constructive . des eaux.La notion de développement durable dans les projets urbains français Mémoire de DESS l'environnement intérieur et extérieur du logement ainsi que le comportement de ses utilisateurs.la manière de maîtriser les processus en phase programmation et conception ▪ Thème 2 : Chantier propre Ce thème fait état des objectifs environnementaux du chantier. au confort thermique d'hiver et d'été. information des riverains et traitement de leurs éventuelles réclamations. Pour le thème non retenu.choix des matériaux Ce thème concerne le choix et l'étiquetage environnemental des matériaux utilisés ainsi que la durabilité de l'enveloppe du bâtiment ▪ Thème 5 : Eau Ce thème porte sur la qualité des équipements individuels et collectifs choisis ainsi que sur la maîtrise des consommations d'eau ▪ Thème 6 : Confort et santé Une importance particulière est accordée à l'acoustique intérieure et extérieure. Pour afficher la certification "Habitat & Environnement". limitation de la pollution des sols. Le référentiel Habitat & Environnement : ▪ Thème 1 : Management environnemental de l'opération. Le référentiel de la certification Habitat & Environnement repose sur sept thèmes environnementaux. réduction des nuisances. à l'aération et à la ventilation des logements et enfin à l'adaptation des locaux au tri sélectif des déchets ménagers ▪ Thème 7 : Gestes verts Au moment de la livraison.l'organisation de l'opération pour atteindre les niveaux de performance des thèmes techniques .

Les principes du développement durable ne sont pas nés de ces dernières années. Leur utilisation est grandissante dans le jargon de la politique de la ville. Les Agendas 21 locaux comptent parmi les outils d’engagement les plus répandus. En quelques années de nombreux outils. sociaux et environnementaux contradictoires. . est très récent. le terme. Promues à Rio en 1992. en revanche. Cette utilisation hyper fréquente renforce de plus en plus l’idée que le développement durable est une notion floue et abstraite. 59 . normes et réseaux d’acteurs aident les collectivités à s’engager dans une démarche de développement durable. Le développement durable n’est pas un modèle qui tenterait d’harmoniser le développement économique. Il s’agit avant tout d’une démarche globale qui cherche à concilier des intérêts économiques. C’est pourquoi au niveau européen et français de nombreuses mesures et lois incitent les collectivités locales à s’engager dans des démarches similaires.La notion de développement durable dans les projets urbains français Mémoire de DESS Conclusion partie 1 Le développement durable et la ville durable sont des termes aux multiples définitions. le développement social et la protection de l’environnement. pour tendre vers un développement équilibré et équitable. de l’aménagement et de l’urbanisme. les démarches de développement durable nécessitent une volonté politique forte.

ce qui laisse une bonne marge d’interprétation à ses utilisateurs.La notion de développement durable dans les projets urbains français Mémoire de DESS Partie 2 Evaluation des intentions durables des projets urbains I) Projet urbain et développement durable 1. Il ne s’agit pas d’un néologisme issu des propos d’un auteur qui aurait pris le soin d’en donner le sens et le mode d’emploi. correspondant à deux décennies (1955-1975) incluses dans la faste période des « Trente Glorieuses ». à savoir le début de l’exercice des compétences issues des lois de décentralisation. L’utilisation du terme est tout de suite unanime auprès de nombre de techniciens et responsables politiques d’agence d’urbanisme et de Société d’économie mixte (SEM). C’est aussi le moment de l’émergence de la ville comme nouveau cadre de l’action publique.1) Le contexte d’émergence de la notion de projet urbain La formule « Projet Urbain » apparaît à la fin des années 1970. Le contenu de cette notion est toujours resté un peu vague.1. pour impliquer les habitants dans le dignostic de leur quartier et dans le choix des décisions à opérer pour reconstruire leur quartier de banlieue. 25 Tel que les associations qui ont vu le jour à Grenoble. à partir du moment où étaient rejetés les projets de rénovations fonctionnalistes. 60 .1) L’expansion du « Projet Urbain » en France 1. du renouvellement des doctrines et des pratiques professionnelles. Le terme se reconnaît alors dans la concordance des redéfinitions du cadre de l’action publique locale. Cette notion correspond notamment à l’engagement de professionnels de l’urbanisme auprès d’associations urbanos-populaires25 et de la rupture de ces mêmes professionnels avec « 20 ans de pratiques planificatrices ».

Deux autres réalités sont à l’origine de la réussite du « Projet Urbain ». Le projet devient alors la mise en projet des acteurs. Moment à partir duquel. 1. la place importante du management et de nouvelles méthodes de travail dans l’administration publique. les collectivités locales prennent (en partie) le pas sur l’Etat. Ces termes marquent de nouvelles conduites de projet. Pour une fois. dans la décennie suivante. différents termes issus de la gestion et de l’économie comme « marketing urbain ». C’est. Pourtant. la notion de « Projet Urbain » découle d’une volonté de rompre avec la planification urbaine des années 1970 et de rassembler en quelque sorte des professionnels critiques de cet urbanisme. Il apporte de nouvelles pratiques professionnelles articulées à l’action publique. avant tout.. Cette approche de mise en projet des acteurs.La notion de développement durable dans les projets urbains français Mémoire de DESS En France. et un dispositif technico-social peut être envisagé pour évaluer et élaborer un projet. C’est en quelque sorte une expression qui légitime le changement de la profession. « partenariat public-privé ». De ce contexte va naître. un terme qui permet de faire la différence entre deux époques : celle "d’avant" qui faisait de l’urbanisme au travers des méthodes planificatrices . et la relance d’un débat sur le rôle de la ville dans l’économie. les modèles antérieurs de la ville sont relativisés pour donner une nouvelle définition du projet.. des réflexions sur les banlieues. et qui marque la fin de l’interventionnisme de l’Etat. le terme fait question étant donnés la concurrence entre ses définitions. puisque de 61 . La notion de projet urbain apparaît plus largement pendant les années 1980 dans un contexte où sont créées les lois de décentralisation. du moins à travers son emploi plus que fréquent dans de nombreux textes ou ouvrages. le terme place l’organisation stratégique et les méthodologies de conception partagée au cœur de la discussion. qui annonce une alternative à l’urbanisme fonctionnaliste. mais plus encore les nombreuses manières de le faire ou de le conduire.1. présente différentes caractéristiques : l’aménagement relève de l’action plurielle. « management urbain ».2) Les origines du succès du projet urbain Le projet urbain est un terme qui fait loi dans les champs professionnels de l’urbanisme aujourd’hui. La première est le rapport Etat/Collectivités locales qui apparaît avec les lois de décentralisation. en référence au modèle anglo-saxon. et celle "d’aujourd’hui" qui consiste à articuler des méthodes de conception diversifiées.

un ici et maintenant ou un nouvel ailleurs : quelques réflexions sommaires.3) Quelles définitions pour la notion de « Projet Urbain » ? Les définitions ont pu évoluer dans le temps. Extrait de l’ouvrage intitulé Le Projet urbain. Les définitions se distinguent également par l’importance accordée à la dimension visuelle ou. Le Projet Urbain devient alors une démarche qui doit en toute logique créer un bouleversement juridique et professionnel au sein de l’institution qui le mène. 62 . mais où. 1. sur celle des moyens de l’action publique. enseignante à l’Institut d’urbanisme de Lyon. expérimentation et professions. a le désir de faire partager "sa vision" de la ville. mais elle distingue une conception du projet très personnelle aux yeux du concepteur. Ces règles et conduites amènent à une double légitimation. Le « social » est davantage considéré comme un facteur ou une contrainte. Il naît en raison des nouvelles conditions de production de la ville qui vont notamment pouvoir se révéler dans les modalités de concours et de nouvelles possibilités d’organisation de la conception. édité en 2000. Selon Viviane Claude26. dont la culture sociale est parfois faible. du fait de l’influence plus ou moins importante des professions de l’urbanisme. La seconde est le rapport du projet à la ville. dans ces cas là. soit par un maître d’œuvre jugé capable de réaliser le projet. Le projet devient une solution dans la ville. par ailleurs. Le projet est reconnu soit par des négociations locales entre différents acteurs. L’architecte. En raison de ce double renversement. rien n’est fait pour prendre en compte la participation des citoyens à la vie locale. Une 2ème définition est à rapprocher de la première.La notion de développement durable dans les projets urbains français Mémoire de DESS nombreuses compétences vont leur être attribuées. les pratiques de projet prennent appui sur des règles et des conduites localisées et non plus généralisées. texte écrit par Viviane CLAUDE. le « social » reste à l’arrière-plan des formes spatiales pour ces professionnels. Cet ouvrage constitue les actes d’un colloque tenu à Marseille. Cependant. Enjeux. architecte-urbaniste. avec la valorisation des lieux ou la « mixité sociale/spatiale » comme visée à atteindre. Au-delà d’une définition. Sous la direction d’Alain HAYOT et d’André SAUVAGE. alors que les formes quant à elles sont la source du travail et l’essence du projet.1. plusieurs définitions sont à évoquer : Une 1ère définition est relative à la conception des architectes-urbanistes (l’essentiel des troupes) pour qui le projet est affaire de modelages ou remodelages spatiaux. cependant. il 26 Le projet urbain.

il couvre souvent des notions aussi diverses que stratégie de ville.La notion de développement durable dans les projets urbains français Mémoire de DESS s’agit plutôt d’une culture du « coup de force » pour ces concepteurs. projet de recomposition d’un grand ensemble ou d’un espace public. gouvernance) . mais qui fit flores: dessein et dessin de la ville. Quelles villes voulons-nous ? Quelles villes aurons-nous ? Actes du colloque de La Rochelle. Collections du CERTU. 2001. habillant de manière scintillante de vulgaires opérations de promotion immobilière. ce sont des situations où les habitants sont très associés à la définition du projet. opération de grande dimension. Une 4ème définition consiste à considérer le projet urbain comme capacité à intéresser. Le projet urbain demeure polysémique. La diversité des définitions peut conduire à rendre la notion de « projet urbain » très confuse. mais aussi à la taille des villes qui ne peuvent toutes avoir les mêmes priorités et mêmes ambitions aux vues de leurs contextes respectifs. à faire "bouger" divers acteurs et à organiser un processus de changement. qui se traduit par un renouveau de l’esthétique du plan. C’est la forme de projet issue de l’ingénierie et de l’entreprise qui consiste à permettre la conduite du changement. Comme le précise Ariella Masboungi27. « le projet urbain est un terme qui reste « à la mode ». 27 Projet Urbain. villes durables. C’est la définition la plus récente et qui concurrence directement les deux premières. Cette diversité correspond à la fois aux différences de stratégies des villes. Sous la direction de Thérèse Spector. En général. aux différentes conceptions de l’urbanisme et du développement urbain par une équipe politique à la tête d’une commune . mobilité. Une 3ème définition repose sur la dynamique du rapport social/spatial qui est au cœur du processus de projet.. ou encore projet d’agglomération ». rêve nostalgique ou outil d’avenir ? Villes du XXIe siècle. Jacques Theys et François Ménard. Mais il est source d’ambiguïtés et couvre souvent des pratiques peu nobles. Situations où les sciences sociales se sont beaucoup investies parce qu’elles peuvent aider à appréhender les dynamiques socio spatiales qui apparaissent ou bien qui sont provoquées. 814p 63 . Défini il y a dix ans environ par un jeu de mot aujourd’hui usé. Tome II (formes urbaines.

Le FPU permet de « faire le point » sur le lancement de nouveaux projets urbains ou bien de connaître l’état d’avancement de projets en cours. mais aussi européenne puisque depuis les débuts de la manifestation des villes allemandes. Ouverte aux des responsables politiques et 64 . DDE.1) Le Forum des Projets Urbains La manière de choisir les projets urbains auxquels nous aurions pu nous intéressés a été une des premières préoccupations dès le début des réflexions sur ce mémoire. a) Qu’est ce que le FPU ? Le Forum des Projets Urbains est un rendez-vous annuel de professionnels de l’urbanisme. ainsi que des investisseurs. eau. anglaises. …). Le FPU est depuis 2001. Il s’agit d’une journée consacrée aux projets menés par les organismes « producteurs » de la ville. des gestionnaires de services urbains (transport. le Forum des Projets Urbains. Le FPU est une plate-forme d’information indépendante permanente sur les principales opérations d’aménagement en cours à l’échelle française. environnement. La réalisation d’un stage au sein de l’organisme organisateur du FPU. des promoteurs. OPAC. un lieu périodique (annuel) d’information et d’échange de savoir-faire et d’expériences sur le thème de l’aménagement. énergie. espagnoles sont venues présenter leurs projets. Il s’agit d’un lieu d’échange et de débats rassemblant des participants avant tout « professionnels » : des élus. des techniciens de collectivités locales. des architectes-urbanistes. nous a permis de trouver le moyen d’utiliser un panel préétabli permettant ainsi d’échapper aux conséquences d’un choix arbitraire.2.2) 44 projets urbains français 1. Société d’Economie Mixte. comment arriver à répertorier un certain nombre d’exemples pour qu’ils puissent être comparés. des responsables de structure de (re)développement urbain (agence d’urbanisme. En effet.La notion de développement durable dans les projets urbains français Mémoire de DESS 1. différenciés. il nous fallait obtenir un panel représentatif de la diversité des démarches et projets en cours. analysés ? Pour réaliser une sorte de photographie de « la notion de développement durable dans les projets urbains français ». CCI) mais aussi des bailleurs sociaux. des établissements publics d’aménagement.

La notion de développement durable dans les projets urbains français Mémoire de DESS techniques de projets et aux différents acteurs de l’aménagement, cette manifestation leur permet de mutualiser leurs expériences de conduite de projet. Le FPU constitue une occasion de rencontrer des partenaires, des investisseurs, des promoteurs, des commercialisateurs et des prestataires dans une perspective d’émulation entre projets. Le Forum se consacre à la présentation de projets urbains français (soit un large panel de projets volontairement plafonnés entre 40-50). Les thèmes abordés concernent des projets : de rénovation urbaine (ORU, GPV, OPAH, en centre ville, en entrées de ville, dans les quartiers de gare,…) de réhabilitation de friches industrielles, militaires, commerciales et de loisirs d’aménagement lié à la création de lignes nouvelles de TCSP (transport en commun en site propre), de redéfinition de voiries et d’espaces publics d’aménagement (place, voies piétonnes, littoral) lié à des équipements structurants : culturels, universitaires, sportifs, commerciaux,… Pour ce 4ème FPU, 44 projets ont été présentés à près de 1500 participants. Comme le précise le Guide des Projets Urbains, l’ouvrage qui rassemble les 44 présents, le FPU permet d’observer « la diversité des projets qui conforte l’idée que le projet urbain se décline à des échelles de territoires très variées, et affirme la complexité des enjeux à relever pour concevoir la ville de demain ».Ces 44 projets illustrent le devenir des villes françaises, qui choisissent le projet urbain comme un des éléments moteur de leur développement. Allant des projets phares (Eurallile, Euroméditerranée, Lyon Confluence,…) à des projets beaucoup plus modestes, le guide tente de montrer où en sont les villes françaises avec cette nouvelle façon de faire la ville. Jean Audouin (président du groupe Innovapresse) et Laurent Théry (Président de l’AFPPU) précisent : « le rôle du projet urbain dans la stratégie d’une ville ou dans le projet de ville est primordial pour son devenir. Chacun des 44 projets est un processus circonstancié à l’échelle de la ville. Tous ces projets de territoires aux enjeux complexes, aux échelles de temps et d’espace variés et aux jeux d’acteurs décisifs, permettent aux villes de se projeter dans un avenir qu’elles souhaitent maîtriser. »

b) Liste alphabétique des 44 projets retenus par le Forum des Projets Urbains en 2004 :

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La notion de développement durable dans les projets urbains français Mémoire de DESS                          Bassens Cenon Floirac Lormont Bassens Cenon Floirac Lormont Béthune Blagnac Bordeaux Boulogne-Billancourt Boulogne-sur-mer Caen-la-mer Agglomération Cergy-Pontoise Chanteloup-les-Vignes Chaumont Colombes Compiègne Corbeil-Essonnes Dunkerque Fleury-lès-Aubrais Gonesse Grenoble Hérouville-Saint-Clair L’Isle d’Abeau Ivry La Roche-sur-Yon Le Havre Les Mureaux Lille Métropole Euralille  Le parc des Coteaux de Garonne pour fédérer le territoire Une carte de Qualité pour des Opérations de renouvellement urbain Requalification et restructuration du quartier Mont-Liébaut Le projet urbain d’Aéroconstellation Plan Guide de la Garonne, grand parc de la Rive Droite Aménagement des terrains Renault, Opération Seguin Rives de Seine Renouvellement urbain du quartier Transition Réaménagement des espaces portuaires : nouveau bassin Aménagement des Quais de l’Oise Zac des Feucherets Reconversion d’une friche industrielle en centre commercial, culturel et habitat Rénovation urbaine du quartier de l’Europe Ile Marante Reconversion urbaine et architecturale de la friche Royallieu Restructuration du quartier de la Nacelle Neptune 2 : la maturité Restructuration de friches industrielles et opération de renouvellement urbain Projet de création d’une Zac multi-sites Réhabilitation de la friche Bouchayer-Viallet Renouvellement urbain du cœur de ville Du projet de territoire au projet urbain, une agglomération en constitution L’élaboration d’un projet urbain du secteur Avenir/ Gambetta en Seine Amont Projet de développement stratégique de la ville 2004-2015 Ville Port : deux stratégies, une ambition Requalification de la Cité Renault Le prolongement du centre d’affaires et la jonction des deux Zac

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La notion de développement durable dans les projets urbains français Mémoire de DESS                    Lille Sud Lyon Marseille Meaux Metz Nanterre Nantes Nantes Nice Pantin Pessac Rennes Rennes Roubaix, Tourcoing, Wattrelos Saint-Etienne Saint-Nazaire Strasbourg Val-de-Reuil Vaulx-en-Velin Renouvellement urbain de Lille Sud Lyon Confluence Euroméditerranée, Opération d’intérêt national Programme de rénovation urbaine des quartiers de Beauval et de la Pierre Collinet Grand Projet de Ville de Metz Borny Seine Arche, une opération de recomposition urbaine d’intérêt national Les Machines de l’Ile Création de la ligne 4 de transport en commun en site propre Quartier Saint-Jean d’Angely : un fragment de ville Rénovation urbaine du quartier des Courtillères Un projet d’aménagement pour le centre-ville Zac Mac-Mahon : une ancienne caserne transformée en pôle de quartier La Courrouze : un nouveau morceau de ville sur un site de friches militaires Projet de l’Union Châteaucreux : une nouvelle cité d’affaires Ville Port Phase 2 : un projet, une stratégie et un programme de développement Porte de France : une requalification urbaine et paysagère pour une entrée de ville Opération de renouvellement urbain du Germe de Ville Renouvellement Urbain du centre-ville

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de rédaction. l’architecture. l’environnement. agence de presse. de conception graphique. journaux et diverses parutions 28:  Lettres confidentielles (hebdomadaires) : Urbapress Informations . le logement. Le Carnet d'adresses de l'immobilier    Enquêtes et reportages pour des tiers Numéros spéciaux et de congrès. actuel Président Directeur Général. à l’échelle nationale. ce groupe a diversifié ces compétences en deux pôles complémentaires aujourd’hui : un pôle presse. et l’organisation de rencontres « clés en mains » ou « à la carte » sur des thèmes variés pour ses clients (grandes institutions publiques en majorité. Ce pôle a en charge la rédaction de plusieurs revues. 68 . numéros éphémères Forum des projets urbains (annuel) un pôle communication. qui regroupe quinze journalistes permanents répartis en trois secteurs (ville. qui regroupe dix-sept consultants/chefs de projets/directeurs artistiques.La notion de développement durable dans les projets urbains français Mémoire de DESS c) Les deux principaux instigateurs du FPU : Le 1er FPU a été organisé en 2001. Innovapresse Conseil et Image(s). Décideurs d'Ile-de-France Périodiques : La Lettre du Patrimoine Immobilier . Le Guide des Projets Urbains . pour assurer des fonctions de conseil. l’immobilier. l’Agence Innovapresse. Le Groupe Innovapresse INNOVAPRESSE & Communication est un groupe créé en 1974 par Jean Audouin. industrie) et vingt-cinq correspondants en régions. la ville…Autrefois. Le Courrier du logement . 28 La liste comporte les noms des revues recensées en 2004. Stratégies de développement local . La Lettre de la Pierre . mais également associations ou organismes d’acteurs de la ville). le développement local. architecture. actes. Harvest . Il est organisé par le groupe Innovapresse pour le compte de l’AFPPU. Presse Environnement . Cette entreprise de presse s’est spécialisée depuis trente ans dans l’information sur les thématiques de l’aménagement. Le Journal de la Production  Périodiques (annuels) : Le Guide des Investisseurs Institutionnels . L'Année du logement . Le Classement des Promoteurs . de stratégie.

communication de projet/concertation . Fédération des maires de villes moyennes (FMVM). Association des Communautés Urbaines de France (ACUF). 69 . 29 Réseau Ferré de France. stratégie . de l’Habitat et de la Construction (Ministère de l’Aménagement du territoire). ALTAREA (promoteur). Nexity Ville & Projet (promoteur). synthèses. pour des collectivités territoriales ou des institutions publiques ou para publiques essentiellement 29: Conseil. Direction Générale de l’Urbanisme. Club Ville et aménagement. Partenaires Développement. Fédération des Sociétés d'Economie Mixte direction immobilière de la Poste. Conseil Général des Ponts et Chaussées (CGPC). animation. marketing direct pour collectivités et institutions . association des maires Ville et Banlieue de France (AMVBF). Espacité. Délégation interministérielle à la ville (DIV). Agence d’Urbanisme Bordeaux Agglomération (AURBA). Union Sociale pour l’Habitat (USH). Association des maires des grandes villes françaises (AMGVF). étude d'image . Les membres et partenaires de l’AFPPU sont des personnes morales ou des personnes représentant leur organisme. Agence d’Urbanisme de Lille Métropole. Fédération Nationale des SEM (FNSEM). président de la SAMAO (Société d’Aménagement de la Métropole Ouest Atlantique) en charge du projet Île de Nantes.La notion de développement durable dans les projets urbains français Mémoire de DESS Ce pôle réalise des missions diverses. Fédération Nationale des Agences d’Urbanisme (FNAU). enregistrement. etc. Présidée par Laurent Théry30. GIE Ville et Transport. Agence Nationale pour la Rénovation Urbaine (ANRU). audiovisuelle et infographique et diffusion pour conventions et congrès. réalisation de journaux et périodiques (internes ou externes) . 30 Laurent Théry. rapports d'activité. ancien Directeur Général de la Communauté Urbaine de Nantes. EPA Plaine de France. Agence Nationale pour l'Amélioration de l'Habitat (ANAH). L’AFPPU (Association Française pour la Promotion des Projets Urbains) L’Association Française pour la Promotion des Projets Urbains est une association loi 1901. audit. Direction Générale de l’Urbanisme. création d’identité visuelle (logo. plaquettes institutionnelles. de l’Habitat et de la Construction (DGUHC/MELT). président de l’AFPPU. organisation d'événementiel "clés en mains" . Caisse des Dépôts et Consignations (CDC). Les membres de l’association ont des responsabilités professionnelles ou associatives dans les instituions ou entreprises suivantes : Société d’Aménagement de l’Ouest Atlantique (Samoa). cette association a pour objectif de promouvoir des projets urbains à travers la manifestation du Forum des Projets Urbains. crée en 2001 à l’occasion de la première édition du FPU. Société d'Aménagement et de Développement des Villes et du département du Val-de-Marne (Sadev 94). charte graphique) . BOUYGUES IMMOBILIER.

2. La Roche-sur-Yon . Grand Lyon (Vaulx-en-Velin) 70 . Rennes Métropole . par la nature de leurs compétences. étant donné qu’ils sont en charge de l’aménagement des espaces publics des territoires communaux. Cenon. (L’Union) . Lille Caen. Dunkerque. Floirac. Pantin. d’agglomération ou urbaine Etablissement Public d’Aménagement EPA GIP de GPV 3 4 Plaine de France (Gonesse) . une ville s’est désistée). Boulogne-Billancourt. Il s’agit à la fois d’une opération de communication et de démonstration d’un savoir-faire auprès d’un auditoire de professionnels. Pour pouvoir réunir une liste de 45 projets (à quelques jours du Forum. sont retenus pour figurer dans le guide et pour présenter oralement (avec l’aide de supports graphiques) leurs projets.La notion de développement durable dans les projets urbains français Mémoire de DESS 1. 25% Strasbourg . a) Qui sont les porteurs ? Les « porteurs de projets » sont les organismes qui présentent le projet urbain. les communes ou collectivités territoriales telles que les regroupements de communes ont. Ivry-sur-Seine . Hérouville Saint Clair . Seine Arche (Nanterre) -Bassens. Le Havre . Métropole.2 Quels sont les projets urbains présentés Les 44 projets présentés sont issus d’une sélection répondant à des principes simples. Compiègne. Immobilière 3F (Colombes. les organisateurs ont tout d’abord réalisé un démarchage auprès de municipalités et d’organismes aménageurs. en fonction de l’avancée des travaux. Nantes Métropole Grenoble. Dans tous les cas. Cergy-Pontoise . une responsabilité vis-à-vis de la maîtrise d’ouvrage. seuls les porteurs de projets ayant répondus dans les délais et ayant fourni l’ensemble des documents demandés. 21% 16% EuaLille. Corbeil Essonne et Les Mureaux) 7% 7% 9% 9 7 Blagnac. Saint-Etienne SEM d’aménagement Communautés de communes. Soreli (Lille). Ville 11 Bordeaux. Lormont -Boulogne-sur-mer -Metz Borny Office HLM 2 Pas-de-Calais Habitat (Béthune). Lyon. Nantes. Euroméditerranée (Marseille) . Epida (L’Isle d’Abeau) . Chaumont. Rennes . Ils en ont la maîtrise d’ouvrage ou bien la maîtrise d’œuvre. Pour finaliser la liste. La liste est donc composée de projets volontaires à présenter leur démarche à un public de professionnels. Nice .

Béthune . universitaires. les institutions publiques et leurs partenaires.5% b) Quels sont les thèmes abordés ? Chaque projet présenté est unique.La notion de développement durable dans les projets urbains français Mémoire de DESS Promoteurs OPAC Agence d’Urbanisme Agence/bureau d’architecture et d’urbanisme 2 2 1 1 Nexity Foncier Conseil (Chanteloup-les-Vignes). Lyon Confluence . Fleury-lesAubrais . OPAH. Lormont . Cenon.…) Réhabilitation de friches (industrielles. sportifs. militaires. Pantin . Ces regroupements sont en partie arbitraires31. Saint-Nazaire . GPV. C’est pourquoi. Les Mureaux . Rennes (Mac Mahon) . Le Havre .…) GPV de Bassens. il concerne ici. en entrées de ville. Dunkerque . Floirac. littoral) lié à des équipements structurants (culturels. Lille (Lille Saint-Etienne . Nice . Rennes (La Courrouze) .Val de Reuil Boulogne-Billancourt . mais ils correspondent assez globalement aux attentes actuelles des municipalités en terme de démarche d’aménagement. économiques. Un classement demande alors de faire des choix. Pessac Délégation au développement de la Région nazairienne (Saint-Nazaire) Agence RVA (Val-de-Reuil) 2. Euralille . Chanteloup-les-Vignes . Caen . Euroméditerranée Marseille . il est toutefois possible de classer les projets en fonction de leur thématique principale. avant tout les projets qui suivent une démarche contractuelle avec l’Etat.5% 4. Strasbourg .5% 2. Metz . dans les quartiers de gare. Cependant. Meaux . 71 . Île de Nantes . Bien évidemment ce thème est presque présent dans l’ensemble des projets présentés. Seine Arche (Nanterre) . Grenoble . En tête de cette classification. se trouve le thème de la rénovation et du renouvellement urbain. Corbeil-Essonne . Chaumont .5% 4. Gonesse . Boulogne-sur-mer . leur complexité demanderait à les inclure dans plusieurs thématiques. Rénovation et renouvellement urbain (ORU. Colombes . Sud). Vaulx-en-Velin 15 11 9 31 Pour plusieurs des projets présentés. voies piétonnes. en centre ville. Compiègne . AUDI (Fleury-les-Aubrais) Meaux . Lille (L’Union) Blagnac . commerciales et de loisirs) Aménagement (place.

L’Isle d’Abeau . de redéfinition de voiries et d’espaces publics Projet de ville. Nantes . Floirac et Lormont . Pessac 4 On constate donc la forte présence de projets suivant une démarche contractuelle. 1. Cependant. GPV de Bassens. de conseils de réflexions et autres assemblées dont le but est de se saisir des problèmes complexes relatifs aux enjeux de la « ville de demain ».3. il faut mettre en œuvre de nouvelles organisations de travail pour construire collectivement de la ville. par leur prise en compte.1) Des enjeux plutôt partagés Le projet urbain et le développement durable permettent d’appréhender deux évolutions majeures de la ville. Plan Guide de site. mais aussi des projets concernant des friches urbaines ainsi que des aménagement de grande envergure. tels les GPV . et l’incertitude encore plus grande dès lors que l’on projette les actions dans le temps. Hérouville Saint-Clair . La Roche-sur-Yon 5 Cergy-Pontoise . C’est ce à quoi les deux notions essayent de s’attacher le plus possible. Cenon. Ce faisant. Un objectif commun des deux notions est l’acceptation de l’erreur.… Bordeaux . et peut donc ainsi tenter de les éviter. la création de commissions. Ceci ne peut être réalisable que si l’on conçoit un processus de production qui considère un certain nombre de difficultés. Il s’agit pour la première fois ans l’histoire moderne de l’aménagement (et de l’urbanisme) que les décideurs et les techniciens acceptent et surtout mettent en avant l’impossibilité d’organiser et de gérer un projet sans le moindre problème. L’aménagement résultant de plus en plus d’une action plurielle. 72 .La notion de développement durable dans les projets urbains français Mémoire de DESS Aménagement lié à la création de lignes nouvelles de TCSP (transport en commun en site propre). Charte. L’action de production urbaine doit désormais fonctionner en introduisant le doute tout au long de ses réflexions. elles favorisent. Ces derniers impliquent une forte restructuration urbaine pour permettre à l’ensemble des fonctions urbaines de venir s’implanter sur des territoires autrefois dévalorisés que les collectivités souhaitent désormais révéler et revaloriser. professionnels et publics acceptent désormais l’incertitude puisque chacun comprend que l’aménageur ne peut être responsable de tous les aléas d’un projet.3) Un lien entre les deux notions « Développement Durable et Projet Urbain » ? 1. Ivry .

Pour ce faire. les deux notions ont cependant en commun de (re)définir localement les grands enjeux économiques. 73 . éditions de l’Aube. environnementaux et sociaux (à travers la lutte contre les inégalités. Datar. l’eau et les espaces naturels qui les entourent). la pauvreté.La notion de développement durable dans les projets urbains français Mémoire de DESS Comment vivra-t-on demain en ville ? Comment se logeront les citadins. le développement durable et les projets urbains ont des objectifs en commun Nous pouvons les retrouver dans une définition32 du développement urbain durable : la densification du bâti par le comblement partiel des espaces interstitiels et la réutilisation des friches urbaines la mixité accrue à l’échelle micro-territoriale (le quartier) le contrôle de la consommation du sol périurbain non encore urbanisé la réduction des surfaces des lots destinés à l’habitat pavillonnaire et l’adoption de modèles résidentiels plus denses. comment se déplaceront-ils. les dégâts sociaux et les nuisances). 174p. Nous l’avons dit. Quatre métropoles européennes. Ce sont donc bien des interrogations communes que ces notions abordent. il est primordial d’élaborer des méthodes de gestion du système urbain. et par conséquent des enjeux en commun. Ces objectifs étant inscrits dans la plupart des Plan Locaux d’Urbanisme relatifs à la Loi Solidarité et Renouvellement Urbain. 1997. Dirigé par Roberto Camagni et Maria Cristina Gibelli. quelles seront leurs activités ? Toutes ces questions trouvent une partie de leur réponse dans les réflexions que peuvent se poser les villes dans le cadre d’un projet urbain ou de leur projet de développement durable. où travailleront-ils. le projet urbain réajuste une partie de l’objet qu’est la ville. 32 Développement urbain Durable. Distinctes. Alors que le Développement Durable s’applique directement à la ville (pour ce qui est de la consommation ou de la destruction de biens non renouvelables tels que l’air. un espace en permanente mutation pour lequel l’application des principes d’économie des ressources environnementales n’est pas aisé. simultanées entre ces trois champs. pour le court terme et avant tout le long terme. qui « prône » la lutte contre l’étalement urbain et qui encourage l’émergence de zones socialement et fonctionnellement mixtes.

publications. Ces termes participent alors. aux difficultés de mise en œuvre des politiques globales.2) Des « défauts » assez similaires Probablement le principal point commun entre les deux notions. une des principales vertus de ces deux notions. et sans aucun doute ce qui leur fait le plus défaut . 436p 74 . 2001.La notion de développement durable dans les projets urbains français Mémoire de DESS Paradoxalement. Les contradictions peuvent également venir du fait des différences d’échelle entre les territoires pris en compte au travers des deux notions. L’organisation de compétitions ouvertes sur des projets territoriaux à long terme. aux documents des administrations. des contradictions peuvent alors apparaître. Un projet urbain se consacre. Marc Sauvez. La ville et l’enjeu du DD. présente l’intérêt d’offrir un espace d’investissement civique et de légitimation politique qui peut s’avérer décisif pour le développement de la démocratie locale. Certains qualifient projet urbain et développement durable de « mots valises ». Un projet de développement durable. c’est l’utilisation intempestive de ces termes dans un grand nombre de documents. un des autres enjeux mis en avant dans les définitions des deux termes. 1. est élaboré de manière à englober tout le territoire local. à la communication des collectivité . accolés aux consignes des lois. Mais des contradictions peuvent surgir entre développement durable et projet urbain d’une ville.3. 2. La documentation française. etc. Partie I.3. Dans la distinction des échelles. dans la plus grande majorité des cas. promotions. Collection des rapports officiels. Rapport au ministre de l’Aménagement du territoire et de l’Environnement. Selon Marc Sauvez34. ne serait donc pas leurs aptitudes à gommer les contradictions. sans pour autant être à chaque fois explicités et définis. mais plutôt leur capacité à les mettre en débat. « Qu’est ce que la « politique de la ville » ? Qu’est ce qu’un « projet urbain » ? Le « renouvellement urbain » consiste-t-il à refaire des HLM dans les grands ensembles. à détruire le logement social de fait dans les quartiers aisés ou à refaire la ville sur elle-même ? L’ »aménagement » consiste-t-il à planter des arbres et mettre des fontaines 33 34 Cf. C'est-à-dire des mots sans cesse. à un morceau du territoire de la ville. Paris. comme nous l’avons vu dans notre première partie33. quant à lui. Tout d’abord perce que le projet urbain peut mettre en avant un processus de développement économique peu soucieux des exigences écologiques du site.

Au cœur des deux notions. 35 Jacques Theys et Cyria Emelianoff.La notion de développement durable dans les projets urbains français Mémoire de DESS dans les quartiers résidentiels. Celle d’un « hédonisme foncièrement individualiste » et celle d’un « souci plus politique relatif aux biens communs ». Pourtant. sont souvent « significatives d’usages variables par des milieux professionnels très morcelés ». Il est alors délicat et difficile de réussir à mettre en place des organisations susceptibles d’y parvenir. une faible culture de créativité collective. Et comme le souligne toujours Marc Sauvez. selon Jacques Theys et Cyria Emelianoff 35. La promotion d’un projet urbain et du développement durable doit réussir à trouver de justes milieux pour ne pas voir l’un ou l’autre des « clans » organiser farouchement une opposition pouvant être fatale aux objectifs souhaités. comme de nombreux autres mots concernant le champ de l’urbanisme. Celle-ci rejoint la notion de gestion des risques où l’on commence tout juste à mettre en place des dispositifs. Une tardive et délicate apparition de la prise en compte du temps. Pire. l’écologie a toujours été partagée entre deux passions contradictoires. associer des partenaires et travailler sur des opérations longues et complexes ? » Projet Urbain et Développement durable sont à significations multiples. revue Le Débat. elles mettent en avant une esquive des professionnels concernant des évolutions nécessaires dans leurs pratiques qu’ils n’ont toujours pas intégré à leur savoir-faire. les ambiguïtés relatives à une utilisation abusive d’un terme. le thème de l’écologie prend une place primordiale. Les contradictions de la ville Durable. n°113 75 . tandis que d’autres argumenteront pour se soustraire à l’intérêt général. C’est donc au nom d’un même respect pour l’environnement que certains privilégieront une addition d’intérêts propres. Développement durable et projet urbain ont en commun cette lutte d’intérêts qui met en conflit les partisans d’une ville écologique se différenciant par des moyens et des buts profondément opposés. ou à monter des opérations à risque . Autres points communs des deux notions : une série de contextes français qui ne jouent pas en faveur d’une généralisation des démarches de développement durable et de projet urbain.

le système social. Celui-ci doit probablement accepter de partager son pouvoir de décision ou bien tout du moins changer ses modes de décision. la capacité de régler des conflits et la volonté de dessein stratégique . et en aucun cas l’application d’un modèle optimal prédéfini auquel il suffirait de se référer. Dirigé par Roberto Camagni et Maria Cristina Gibelli. Quatre métropoles européennes. qui s’étalent dans le temps au travers de leur « production ». Le projet urbain ne peut pas ignorer l’application d’une démarche de développement durable s’il veut anticiper un maximum de risques auxquels il est soumis. la réponse efficace à apporter est celle « d’un système ou modèle de développement intégrant tous ces domaines et prenant mieux en compte afin de supprimer ou d’atténuer les impacts négatifs »37. Datar. Le développement durable a besoin du projet urbain comme levier d’actions. le système physique –« built and cultural heritage ». rendements croissants ou stables dans le temps. synergies).3. développement économique…).3) Un avenir en commun Projet Urbain et Développement Durable sont des processus basés sur l’apprentissage collectif.et le système de l’environnement36. et l’évolution de l’action publique qui tend vers une culture de l’immédiat . Mais il ne faut pas simplement faire la somme des aspects et des objectifs différents qu’ils peuvent susciter. Les associer revient à considérer ensemble les différents systèmes composant la ville : le système économique. 1997. Même si les enjeux du développement durable et du projet urbain sont sectoriels (logement. puisqu’il permet de remettre à plat des systèmes de gestion et de proposer un nouveau dessein de la ville. une certaine inadéquation entre les deux notions. 36 D’après Développement urbain Durable. Marc Sauvez 76 . risques. Les deux notions ne peuvent plus désormais aller l’une sans l’autre.La notion de développement durable dans les projets urbains français Mémoire de DESS Un rapport difficile et ambigu avec « le politique ». transports. éditions de l’Aube. à cause des modes de gestion urbaine et de la demande sociale de résolution des dysfonctionnements 1. le plus important est de les considérer dans leur co-évolution et leurs interactions dynamiques (externalités. 174p 37 Cf. L’ « avenir » des deux notions est donc intimement lié.

Accepter et défendre le fait qu’il est impossible de développer de manière équivalente diverses zones d’une agglomération. et à appliquer techniquement et politiquement leurs principes. il reste à former les professionnels à ces démarches.) les multiples avantages de l’agglomération (équipements. Si l’adéquation entre les deux notions ne fait aucun doute. Alors que la très grande majorité des acteurs et de l’opinion publique n’envisage pas que la ville de demain (c'est-à-dire celle que l’on construit dans les projets urbains) ignore les principes du développement durable . reste à un niveau très moyen dans les pratiques. présents et à venir. imposent le respect des principes de la durabilité. entreprises. et à l’ensemble de la zone urbaine : une efficacité pour le développement économique envisagée sur le long terme en prenant en compte (internalisation) les coûts sociaux et la construction d’un marché qui évalue les avantages futurs et pas seulement les avantages immédiats une efficacité distributive. etc. à la prévention des risques. est d’offrir des conditions optimums pour le développement à long terme des différentes zones de la ville. Déjà les différentes lois relatives à l’aménagement.) une égalité environnementale. Désormais développement durable et projet urbain seront associés. Il s’agit là d’une petite révolution presque aussi importante que la prise en compte du doute et de l’incertitude. Roberto Camagni et Maria Cristina Gibelli 77 .La notion de développement durable dans les projets urbains français Mémoire de DESS Il ne s’agit pas d’édifier la ville de l’égalité. est tout à fait nouveau. à la démocratie participative. peut-on dire qu’aujourd’hui les aménageurs se sont mis à l’heure de Rio. Johannesburg ou Aalborg ? 38 Cf. Cependant. . L’objectif auquel s’attache les deux notions. etc. aux occupations des sols. si elles sont menées de front. l’intégration de ces démarches respectueuse du développement durable ou du projet urbain. et à l’inverse offrir aux nouveaux utilisateurs du site (habitants. etc. permettant au plus grand nombre des habitants d’une même ville de jouir des nouveaux services urbains proposés par le projet. mais plutôt celle de l’équité (de la justice sociale) . transports. L’application des principes du développement durable à une démarche de projet urbain permet à une ville d’intégrer quelques principes fondamentaux38 s’appliquant à la fois au quartier recomposé. c'est-à-dire qu’il ne s’agit pas tant ou seulement de produire des valeurs environnementales que d’en garantir l’accès et la jouissance à tous les citadins. et c’est notamment grâce à cet objectif que les deux notions peuvent parfaitement s’harmoniser et se rendre complémentaires.

II) La prise en compte du développement durable dans les projets urbains 2. nous devons voir en quoi ces projets font référence aux principes du développement durable et quelles démarches ils prétendent suivre pour mener à bien leurs aménagements. Assiste-t-on.1) Classer les projets 2. à chaque nouvelle opération d’aménagement.réaliser un tableau de lecture de la prise en compte du développement durable . Sociétés d’aménagement. Pour ce faire. à la réalisation d’objectifs concrets par les collectivités locales pour qu’elles respectent les démarches de développement durable qu’elles se sont imposées.analyser le tableau pour obtenir une typologie des projets urbains 78 . si elles sont préalables à la définition d’un projet urbain ou bien si celui-ci est le vecteur d’une prise de conscience locale. c'est-à-dire quelles sont les intentions de ces projets en terme de mise en œuvre de démarches et d’actions de développement durable.1. Cette photographie prétend rendre compte de l’état d’avancement des projets urbains en matière de démarche de développement durable. Cette image permet de classer les projets urbains selon une typologie à la fois simple et représentative des progrès en terme de changement des pratiques des collectivités locales. Elle permet également d’observer si les démarches de développement durable concernent toutes sortes de villes. Les 44 projets qui ont été présentés au Forum des Projets Urbains en novembre 2004 y seront analysés.1) Objectifs L’objet de ce mémoire consiste à donner une vue d’ensemble de la prise en compte du développement durable dans les projets urbains français. et autres organismes aménageurs.La notion de développement durable dans les projets urbains français Mémoire de DESS Les collectivités locales et les maîtres d’ouvrage ont-ils pris à bras le corps le défi auxquels ils doivent faire face : changer profondément les manières de faire et les moyens de produire la ville. Les objectifs sont donc : .

norme Iso. La recherche des informations s’est faite de manière bibliographique.3) Limites Cette « photographie » n’est en aucun cas exhaustive. ainsi que les questionnaires et documents rédigés par les porteurs de projet.2)Méthode Pour construire cette image de l’état d’intégration du développement durable dans les projets urbains français. Par conséquent certains projets parmi les 44 de la liste relèvent plus de l’opération immobilière. la définition du développement durable est toute aussi variée. document administratifs. des Transports.).1. du Tourisme et de la Mer. Le choix d’une sélection préétablie s’avère être une première « limite » de cet essai de typologie des projets urbains français. Toutes les informations qui ont semblé intéressantes pour répondre aux objectifs de conception du tableau ont été répertoriées et triées projet par projet.La notion de développement durable dans les projets urbains français Mémoire de DESS 2. de l’Aménagement du Territoire. Mais peu importe. les projets ne sont pas sur « la même longueur d’onde ». etc. nous avons analysé plusieurs documents.1. ▪ Une deuxième étape a consisté à rechercher si les projets étaient engagés dans des démarches normalisées en matière de développement durable (HQE. et divers organismes publics. ▪ Une première étape a consisté à analyser les textes du Guide des Projets Urbains. ou de l’aménagement simple d’espace public. documents publics) et également par l’utilisation de l’outil Internet en récupérant uniquement les documents téléchargeables sur les « sites Internet » des porteurs de projet. Elle peut aussi très bien paraître floue et abstraite. Charte de l’environnement. Dans un premier temps. Encore une fois. du Ministère de l’Environnement et du Développement Durable et du Ministère de l’Equipement. très variée selon les porteurs de projets. la définition d’un projet urbain est. ayant servi à la rédaction de chacun des « chapitres » consacrés à chaque projet. etc. Dans un second temps. étant donné qu’elle s’intéresse aux intentions des projets en terme de développement durable. comme on a pu le voir. le développement durable s’affirme être une 79 .) ▪ Une troisième étape a été de rechercher si les collectivités locales et les organismes porteurs de projets étaient engagés dans les politiques de mise en œuvre du développement durable (Agenda 21. 2. documentaire (presse.

Notre classement juge la prise en compte du développement durable dans les projets urbains et dans l’action des collectivités locales en charge de ces opérations. il existe des différences importantes entre les actions menées et souhaitées. la répartition des compétences au sein du service. Juin 2002. Une autre limite correspond à l’essai de typologie des projets urbains. Raphaël COLAS. Il se base sur les intentions des porteurs de projets et non pas sur leurs réalisations. Etant donné que nous nous interrogeons sur la prise en compte d’une notion difficile à définir. Il existe bien une 39 L’engagement des collectivités locales en faveur du développement durable : quelle réalité aujourd’hui en France ? Recensement – Etude de cas. Cette répartition en 4 classes correspond avant tout à un regroupement simple et équilibré. Il existe autant de façon de faire du développement durable que de contextes locaux. Pour reprendre les propos de Raphaël Colas39 dans son mémoire : les démarches de développement durable « naissent » dans des collectivités très différentes et prennent ellesmêmes des formes différentes et ne sont pas (encore ?) réalisées en suivant une méthodologie bien établie. qui permet avant tout de révéler des distinctions dans l’engagement des projets en faveur du développement durable. les 44 projets qui se répartissent sur un barème allant de 1 à 12.La notion de développement durable dans les projets urbains français Mémoire de DESS démarche libre de tout modèle puisque c’est dans chaque contexte local qu’il faut trouver des propositions propres. IFU. les différences dans les problèmes locaux. Il est important de noter que nous n’avons pas trouvé de travaux de recherche correspondant à la thématique de l’intention des démarches durables dans les projets urbains. Etant donné les différences importantes des projets en fonction de leur état d’avancement. Encadré par Luc Adolphe 80 . même si les projets affirment presque tous agir en faveur du développement durable. Donc.…) influent beaucoup. Il devient donc intéressant d’étudier un grand nombre de cas (44 projets). Plusieurs limites sont donc à prendre en compte pour mesurer la valeur de ce travail. Mémoire de DESS. la structuration des services. le déséquilibre aurait été trop important. Il s’agit là d’appréciations parfois aléatoires étant donné que nous manquons d’informations précises sur les moyens d’actions et de mise en œuvre des mesures se voulant du développement durable. Nous avons fait le choix de regrouper en 4 classes. nous ne pouvions pas favoriser dans notre classement les projets qui ont déjà mis en œuvre des actions durables. pour montrer les différences entre les approches. notre jugement peut s’avérer subjectif. Ces distinctions sont révélatrices du degré d’investissement du porteur. Les éléments de contexte micro local.

Cette grille peut s’avérer être un critère utile dans un processus d’évaluation car elle facilite les comparaisons et aide à apporter une appréciation qualitative (points faibles. les nouveaux outils de la politique des villes en terme d’urbanisme. les « colonnes » du tableau comportent des intitulés relatifs aux interrogations préalables pour analyser et classer le degré d’implication de chaque projet : . Cependant cette grille sert surtout à comparer des démarches engagées de développement durable. la note attribuée reflète alors le niveau de « durabilité » atteint. 81 . Ensuite.…). sociale. selon l’association 4D (Dossiers et Débats pour le Développement Durable). Cet essai de typologie entre beaucoup plus dans une démarche qui participerait à l’élaboration d’un observatoire40 français des pratiques de développement durable dans le domaine de l’aménagement urbain et plus précisément des projets urbains.2) Tableau d’analyse des 44 projets 2. les projets sont classés en fonction du score qu’ils ont obtenu. Il s’agit d’une grille qui s’inspire des démarches qualité. économique et une dernière relative à la gouvernance et à la démocratie participative). la normalisation du développement durable n’est pas une fin en soi. Tout d’abord.01 ». Chaque critère est pondéré sur une échelle de valeur allant de 0 à 4 .La notion de développement durable dans les projets urbains français Mémoire de DESS grille d’analyse pour évaluer les politiques de développement durable. 2. voilà pourquoi nous n’avons pas souhaité suivre des règles de mesures du développement durable préétablies. conformément aux objectifs fixés. ce qui n’est pas notre cas. Elle permet d’apprécier la performance des démarches au travers d’une grille de questionnement organisée autour de quatre dimensions (environnementale. carences. Sont-ils en adéquation avec les principes du développement durable ? 40 Cet observatoire est en projet.mettre en évidence les objectifs des projets urbains. mise au point par le ministère de l’Equipement : la grille « RST.2. L’ordre est croissant. De plus. forts. ce sont vingt-huit critères qui sont passés en revue.1) Principes Les tableaux ont été construits en plusieurs étapes. Nous nous intéressons aux intentions de développement durable dans les projets urbains. Au total.

la date approximative de durée du projet et également le « score » relatif au degré d’implication.relever les actions envisagées en faveur du développement durable. Le tableau n°2 reprend les « scores » obtenus par les projets et présente les projets triés par un classement croissant : des projets les moins soucieux du développement durable aux projets les plus sérieux.2. Sont indiqués également le nom du projet. Les projets sont ils engagés dans le respect de normes telles que la HQE ou l’Iso 14001. et autres documents d’orientation ? . Quelles sont les actions souhaitées relatives à cette notion ? .préciser l’engagement de(s) collectivités locales en faveur des politiques du développement durable. La dernière colonne du tableau 2 indique une distinction en 4 classes des projets. classes obtenues en prenant la moitié du score maximum comme médiane. Quels sont leurs rapports aux Agendas 21. ainsi que la « note » apposée pour élaborer le score obtenu par le projet en fonction du degré d’intégration du développement durable et des objectifs de durabilité que le porteur s’impose. Le tableau n°1 (Annexe 1) indique textuellement les informations pour chaque projet. aux chartes pour l’environnement.2) Des projets différenciés Le tableau récapitulatif du classement : (page suivante) Ce tableau n°2 correspond à une synthèse du tableau n°1 global de 10 pages que nous avons préféré indiquer en annexes. puis en composant deux classes (moyenne basse et moyenne haute)de 3 points chacune. le nom du porteur du projet. Une colonne en couleur indique 4 classes de projets à différencier. On obtient alors les résultats suivants : Classe Score de 1 à 2 Score de 3 à 5 Score de 6 8 Score de 9 à 12 typologie Une notion quasi inexistante Un effort minimum Le développement durable inséré dans la réflexion dans le projet urbain proportion 8 projets (soit 18%) 16 projets (soit 36%) 10 projets (soit 23%) Une démarche de développement durable intégrée 10 projets (soit 23%) 82 . 2.La notion de développement durable dans les projets urbains français Mémoire de DESS .connaître le positionnement des collectivités en faveur de la « normalisation » du développement durable.

La notion de développement durable dans les projets urbains français Mémoire de DESS Tableau classement 83 .

La notion de développement durable dans les projets urbains français Mémoire de DESS Tableau classement 84 .

qui ne peuvent prétendre financièrement à la recomposition complète d’un pan entier de leur territoire. a une approche du développement durable par l’intermédiaire de la charte de développement durable du Pays de Chaumont. Boulogne-sur-mer. mais aussi peut être les projets urbains les moins susceptibles de d’être considéré comme tels. Pour une deuxième raison. ce qui est du court terme à l’échelle de la production urbaine. Gonesse et Meaux) sont ceux qui auraient le plus de difficulté à obtenir le titre de « projet urbain » si une classification officielle existait. La ville de Chaumont quant à elle. une région connue pour s’être engagée relativement tôt dans les démarches de développement durable.La notion de développement durable dans les projets urbains français Mémoire de DESS III) Typologie des Projets urbains 2004 3. Colombes. Il s’agit de rénovation urbaine ou de reconversion de friches industrielles pour une ou deux fonctions urbaines (nouvelles conditions d’habitat et soutient de l’activité économique). Il s’agit d’ailleurs d’une ville du Nord Pas de Calais. Fleury-les-aubrais. Mais la création d’un 85 . ces projets sont plutôt en retard. ces projets ne revendiquent essentiellement qu’une thématique au cœur de leur projet. aucunes mesures d’équité sociale sauf peut être le fait que les projets concernés par des rénovations urbaines s’attaquent à restructurer des quartiers d’habitat social. Sur ce cas de Béthune. Aucunes actions précises ne sont envisagées en faveur d’un développement économique. aucuns aménagements soucieux d’un patrimoine environnemental. Il est a noter également que beaucoup de ces projets ont des « durées de projet » relativement courte de l’ordre de quelques 5 à 10 ans. Ces projets manquent donc d’ambition en terme de multifonctionnalité urbaine pour créer de véritables morceaux de ville. Chaumont. Nous entendons par là que les 8 projets de cette classe (Béthune. Concernant l’engagement dans des politiques de développement durable. Pour ce qui est de la prise en compte du développement durable.1) Une notion quasi inexistante Cette première classe comporte les « plus mauvais élèves » de la prise en compte du développement durable. Ceci pour une première raison qui correspond à la taille de ces villes : des villes moyennes. une seule de ces huit villes (Béthune) envisage de souscrire à une démarche d’Agenda 21. Corbeil-Essonne. conforme à l’esprit de la Loi d’Orientation pour l’Aménagement et le Développement Durable du Territoire (LOADDT dite loi Voynet). la prise en compte du développement durable n’est pas flagrante.

avant tout un seul et unique domaine : les transports. Bordeaux. 86 . promoteurs) . en passant par des SEM. Nous pouvons noter également que les porteurs sont majoritairement des organismes responsables de parc de logement (bailleurs sociaux. les objectifs généraux des projets sont plus à même de s’accorder avec les principes du développement durable. L'Isle d'Abeau. Hérouville-Saint-Clair.La notion de développement durable dans les projets urbains français Mémoire de DESS centre commercial ne respecte qu’un objectif de cette charte : celui de renforcer le poids de Chaumont comme ville centre de ce territoire. puisqu’ils représentent en quelque sorte les mauvais exemples .2) Un effort minimum Cette deuxième classe est la plus importante avec 16 projets : le projet de Bassens Cenon Lormont Floirac . ce qui confirme l’aspect un peu « monofonctionnel » des approches par l’intermédiaire de l’habitat. Les projets urbains ont des thématiques variées allant de GPV à des opérations globales d’envergure tel Euroméditerranée. Néanmoins. nous ne nous étendrons pas sur ces projets. 3. c'est-à-dire des villes qui n’ont. l’espace public. Le changement des pratiques d’aménagement ne s’est pas encore imprégné de durabilité. dans cette 2nde classe. pas fait de choix en faveur du développement durable. Caen. Les projets consistent à changer une image ternie. Ces efforts sur la « qualité urbaine » concernent. Par choix. Ivry. aménageurs. Metz. améliorer l’état actuel en implantant de nouvelles attractivités. Compiègne. Les porteurs sont également très diversifiés. des EPA aux agences d’architecture et d’urbanisme. le logement ou l’environnement (parcs et jardins). Plusieurs villes se situent dans le bassin de la région parisienne. L’amélioration du cadre de vie commence également à devenir une thématique auquel les projets souhaitent s’attaquer pour changer l’image de la ville ou du quartier. Pessac et Val-de-Reuil. Pantin. Dans un premier temps. Nice. Les Mureaux. Ces villes sont plus importantes que celles de la première classe (2 villes majeures en France : Marseille et Bordeaux). Ces objectifs s’attachent plus à l’identité du territoire sur lequel le site se trouve. Il est connu que l’intercommunalité dans le région Ile de France n’est pas encore très développée. a priori. Cergy Pontoise. ce qui serait une autre piste de réflexion pour comprendre la faible prise en compte du développement durable dans ces villes. valoriser des lieux. Marseille. Chanteloup-Les-Vignes.

Les actions et aménagements envisagés ont davantage d’intérêt pour les aspects mis en avant par le développement durable. font du développement durable sans le savoir ou en ne le revendiquant presque pas. Ces projets. Floirac.La notion de développement durable dans les projets urbains français Mémoire de DESS les objectifs généraux de certains projets peuvent aborder globalement une amélioration multifonctionnelle. Cenon. les circulations et les transports. les démarches locales de politiques de développement durable sont plus nombreuses (9 villes sur 16). Cette classe représente donc un grand nombre de villes françaises qui. au moins dans l’intention. tous ces « projets urbains » sont des documents d’orientation et d’engagement publics. Une seule (Chanteloup-les-Vignes) a fait le choix d’un aménagement certifié (Iso 14001) concernant un équipement de traitement d’eau de pluie pour l’ensemble de l’opération. Les porteurs sont à la fois dans des contraintes de temps relativement courtes (de l’ordre de 4 à 10 ans) respectant les contractualisations (pour les GPV ou les dossiers Anru par exemple) qu’ils ont pu signer avec d’autres collectivités ou institutions. Certaines collectivités locales possèdent une Charte de développement durable. Les durées des projets sont à la fois plus longues et moins précises. les espaces publics. ces actions concernent souvent la valorisation des paysages. même s’ils ne se revendiquent pas ouvertement comme des outils permettant la prise en compte des principes du développement durable. Il s’agit peutêtre des moyens d’action. y ressemble fortement. la charte de qualité pour le GPV (Bassens. Mais plusieurs n’ont mis en œuvre aucune démarche spécifique. Globalement. mais également sur des périodes très vagues qui révèlent le côté ambitieux du projet mais aussi le côté aléatoire du long terme.villes de l’agglomération bordelaise). d’autres ont lancé un Agenda 21 et certaines sont prêtes à ce lancer. ou bien deuxièmement. à travers lesquels il est plus le facile d’intervenir avec des volontés de respecter des principes de base du développement durable : une meilleure prise en compte de l’environnement des sites. une offre de mobilité ou de modes de transports moins polluant accrue. premièrement. une bonne étape dans la réalisation évolutive des projets urbains auxquels ils sont attachés. le projet de territoire pour l’Isle d’Abeau . ou 87 . Il est important de noter que le Plan Guide de Bordeaux. le schéma d’aménagement urbain de référence ainsi que les 183 engagements d’Ivry. Lormont . Ils sont dans ce sens. Pour cette 2nde classe. Deux communes (Pessac et Pantin) font état de services ou de personnels municipaux en charge du développement durable. qui débutent dans l’engagement en sa faveur.

Strasbourg.3) Le développement durable inséré dans la réflexion La troisième classe est composée de 10 projets : celui de Bassens Cenon Floirac Lormont. Ces projets sont des grandes opérations à l’échelle de quartiers entiers (souvent centraux) ou sur un territoire important par rapport à la taille de la ville (le projet de nouvelle ligne de TCSP de Nantes par exemple). bureaux. nouveaux équipements de 88 . troisièmement. Il s’agit là uniquement de villes qualifiées de « principales villes françaises » dans de nombreux classements. les objectifs sont plus affinés que les précédents. comme si les solutions envisagées avaient été réfléchies longuement pour chacun des sites. Les intentions d’actions et d’aménagements correspondent à des choix politiques forts en terme d’environnement (des hectares de parcs sont annoncés plutôt que surfaces urbanisées). Le Havre. Il faut noter que certaines villes ou certains projets (Euralille par exemple) sont déjà rodés. mais il s’agit globalement de recomposition complète de quartiers avec toutes les fonctions urbaines incluses : logements. communauté urbaine. Les opérations ont des singularités fortes. activités. Saint-Nazaire. Les projets sont très variés. Vaulx-en-Velin. et par conséquent la définition des objectifs à atteindre est peut-être moins floue. Les actions annoncées par les porteurs sont plus difficiles à définir. Saint-Etienne. Les projets de cette 3ème classe sont plus précis. se sont avant tout des périodes longues sauf pour une opération plus restreinte (la transformation de la caserne Mac Mahon à Rennes). pour l’autre une thématique environnement/loisirs. Grenoble. respectivement Bordeaux et Lyon). Les porteurs sont soit des SEM ou des collectivités locales (ville. ou de villes moyennes importantes (nous y incluons les villes de banlieue des grandes agglomération. les objectifs des projets sont très transversaux et recoupent ainsi de nombreux domaines. de qualité urbaine (trame urbaine évolutive. Seuls les projets de Nantes (ligne de transport en commun) et de Bassens Cenon Floirac Lormont (création d’un immense parc) se différencient en traitant pour l’un une thématique transport. communauté d’agglomération).La notion de développement durable dans les projets urbains français Mémoire de DESS encore. hormis quelques phasages indiqués. loisirs. 3. Rennes (Mac-Mahon).…De ce fait. Lille pour Euralille. Sinon. Nantes (ligne de TCSP). qui n’ont pas encore trouvé la manière dont elles pourraient s’engager plus fortement. Les durées des projets sont plutôt non précisées car probablement longues dans le temps. une seule est une agence d’urbanisme de la ville (Saint-Nazaire).

mais se réfère à l’Agenda 21 du Grand Lyon) . Ces aménagements reflètent relativement bien l’esprit dans lequel ces projets ont choisi de s’orienter : proposer une alternative aux modes de production traditionnels. pas assez transversaux. Quatre villes ont été lauréates de l’appel à projet ministériel. d’exposition et de création artistique). un des quartiers du projet nazairien. ensuite un nouveau matériel roulant hybride : carburant-électricité). Cenon. Floirac et Bassens n’ont pas encore le leur!). Certaines villes ou projets sont des références dans la littérature consacrée au développement urbain durable français et aux projets urbains français. ne semble pas être véritablement acquise. Globalement cette classe se comporte bien aux yeux des pratiques de développement durable. 35% de logements sociaux pour les constructions neuves) et également sur des modes de transport en commun (à Nantes. au vu de ces références.La notion de développement durable dans les projets urbains français Mémoire de DESS services publics. Les intentions en terme de développement durable ne sont pas à la hauteur de ce que l’on pourrait 89 . La certification et la normalisation ne concernent que le projet de parc qui a retenu une démarche HQE pour sa construction et son aménagement . Lille. et que le projet d’Agenda 21 pour le Petit Maroc. mail d’accès à la gare). la communauté de villes à laquelle elle se rattache l’est (exemple de Vaulx-en-Velin. Ce sont aussi des efforts entrepris en faveur de l’architecture et des nouvelles formes d’habitat (opération expérimentale de logements sociaux. nous pourrions nous attendre à mieux. Touts les territoires (les collectivités locales) qui portent ces projets sont engagés dans des démarches de développement durable. L’engagement peut également être indirect : si la ville elle-même n’est pas engagée. et on peut noter que Nantes. à savoir des Agendas 21 ou des chartes (Communauté Urbaine de Bordeaux par exemple). Cependant. secteurs résidentiels d’habitat mixtes. Mais peut-être parce qu’ils sont trop spécifiques. Strasbourg et Grenoble sont des villes pionnières en France en ce qui concerne les démarches d’Agenda 21 (en référence aux dates de lancement). ou d’offre de loisir et d’accès à la culture (centre de la mer et du développement durable. peut-être un peu trop « anciens » (on pense à Euralille). Certes. qui n’a pas d’Agenda 21. des bus simples pour la 1ère étape de la nouvelle ligne de TCSP. salles de spectacles. projets de jeunes architectes. alors la démarche d’intégration du développement durable comme élément moteur du projet. ou bien une ville parmi le groupe de commune porteur est engagé (Lormont a lancé un Agenda 21. le développement durable est bel et bien présent dans la réflexion et dans l’action qui mène les projets.

Lyon. portuaires ou militaires. Lyon. et compte probablement les villes et les projets les plus soucieux du développement durable sur le territoire français. dont les emprises reposent sur des friches industrielles. mais celles-ci manquent peut être un peu d’ambition. mais aussi pour l’un d’entre eux à l’échelle complète de l’agglomération (La Roche-sur-Yon). La 90 . Ces nouveaux « morceaux de ville » sont imaginés sur un tissu urbain existant souvent proche du centre de l’agglomération ou bien sur des espaces périphériques à la ville centre . les collectivités et les responsables des projets revendiquent de nouvelles pratiques se voulant du développement durable. Notons que plusieurs de ces SEM sont très récentes. C’est un projet qui vise à densifier l’agglomération toulousaine au niveau de ses franges. Seine Arche) et une ville (La Roche-sur-Yon). La Roche-sur-Yon. Pour les neuf autres. Lille. il s’agit d’opérations de grande envergure pour composer de nouveaux quartiers. étant donné qu’elles ont été créées pour s’occuper de l’aménagement des projets dont elles ont la charge de la maîtrise d’ouvrage (suite à des délégations de maîtrise d’ouvrage des villes ou agglomérations). Nantes. Boulogne-Billancourt. Ces projets sont pour la plupart des projets de renom qui sont sans aucun doute parmi les meilleurs projets urbains français. le terrain est situé en périphérie de l’agglomération toulousaine. c'est-à-dire que les porteurs ne prévoient pas de faire de leurs sites. 3. un EPA (Nanterre.4) Une démarche de développement durable intégrée dans le projet Cette 4ème et « ultime » classe est celle des « meilleurs élèves » du panel. Nous pouvons compter 10 villes ou projets sur cette classe : Blagnac.La notion de développement durable dans les projets urbains français Mémoire de DESS attendre de tels projets. Nanterre. si l’on en croit encore une fois la littérature spécialisée sur la question qui cite fréquemment : Lille. Lille et Roubaix Tourcoing Wattrelos (L’Union). représentatifs des ambitions métropolitaines de leurs villes apparentées. Ces projets s’opèrent sur des territoires urbains de grande taille à l’échelle des agglomérations concernées. Les projets sont portés par des SEM d’aménagement (5 projets). Seine Arche. Nantes. Le développement durable n’est pas une particularité de ces projets. des sites pilotes pour la prise en compte de la durabilité. Pour le projet Aéroconstellation de Blagnac. l’Ile Seguin. à proximité de l’aéroport international et de la base de construction de l’entreprise aéronautique Airbus. Sans aucun doute. etc. Rennes (La Courrouze). des communautés urbaines ou d’agglomération (3 projets). sur d’anciens terrains agricoles. Dunkerque.

Lyon. d’activités économiques. qui semble t-il sera renouvelé (après réajustements et réévaluations) pour une nouvelle période. en ce qui concerne La Roche-sur-Yon. La durée des projets est globalement longue. De la diversité dans les formes urbaines. Ces objectifs s’attachent à anticiper et à construire une ville moderne d’avenir pour ces territoires précis . Pour ce qui est des actions à mettre en oeuvre en terme d’aménagement. Seul le projet de Lille Sud semble être plus restreint dans le temps .La notion de développement durable dans les projets urbains français Mémoire de DESS SEM Blagnac Constellation. 1/3 …) pour Blagnac. Lille sud et projet de l’Union. Nantes propose une opération pour animer son projet (Les Machines de l’Ile). la SEM Lyon Confluence et la Samoa (société d'aménagement de la métropole Ouest Atlantique) sont des sociétés mixtes très jeunes (quelques années d’existence seulement).Nous incluons aussi Boulogne-Billancourt. il ne s’agit que du projet de ville. Les objectifs présentés sont vastes et multifonctionnels. de populations. Dunkerque) Des exigences en ce qui concerne la réduction des consommations d’énergie (Lyon et Nantes. par : Des exigences de qualité environnementale et de qualité urbaine pour les constructions et les espaces (Blagnac. des activités du textile et de la mode pour Lille Sud et Lille L’Union) L’implantation d’équipements originaux permettant le rayonnement du site. et les modes d’habitat essentiellement pour Rennes . avec le notamment la participation au programme Européen Concerto). ils sont très transversaux et recoupent des thématiques associées logiquement par soucis de cohérence. Des engagements chiffrés concernant des espaces verts en terme de surfaces à réaliser (hectares de parcs. avec les projets que nous avons vu précédemment. de patrimoine et d’environnement. Ils comportent surtout une donnée qui représente un enjeu important : celui d’être affirmé comme modèle de réussite sur l’ensemble du territoire. la SAEM Val de Seine Aménagement. car même si la Fondation Pinault a décidé de se retirer du 91 . ces villes-là « font la différence ».et Dunkerque qui souhaitent poser les bases de l’habitat de demain : diversifié et mixé. ils abordent des problématiques de logement. Boulogne-Billancourt. puisque beaucoup indiquent une dizaine d’année pour une phase seulement. La mixité des fonctions et des peuplements est une donnée impérative pour ces projets qui suivent « à la lettre » les règles établies par les nouvelles lois en matière d’urbanisme.La Courrouze . L’implantation de nouvelles activités économiques thématiques en lien avec le contexte local (nouvelles activités sur les bassins de Dunkerque .

car ce « Projet de Ville » est un document stratégique fort préparant les orientations à long terme pour ce territoire. Nanterre et Rennes Toutes ces actions représentent des trames centrales dans l’originalité des projets. d’autres équipements culturels. organiser les modalités de la 92 .La notion de développement durable dans les projets urbains français Mémoire de DESS site. elle permet de faciliter son accessibilité pour un monde professionnel en demande de formation et de reconnaissance. il s’agit là d’une bonne manière de pratiquer le développement durable : ne pas se précipiter. Un respect et une mise en valeur de l’environnement dans un double bénéfice (respect de la nature et attractivité des lieux) pour La Roche-sur-Yon. Presque tous les projets s’impliquent dans le respect de systèmes normés de respect du développement durable. Si la normalisation n’est pas le développement durable. Egalement Lyon avec la construction d’un grand pôle de loisirs et du musée des Confluences. il s’agit de celui de La Roche-sur-Yon. Ce document a été élaboré à la suite du lancement des réflexions sur menées lors de « la quinzaine de l’urbanisme et du développement durable » en 2002. un seul projet relève du projet de ville. mais aussi par rapport aux 43 autres . ce sont enchaînées plusieurs opérations telles que la création d’une mission développement durable au sein du service de stratégie et de prospective de la ville . mais bel et bien les jalons d’un projet urbain à l’échelle de toute la ville qui est prise dans son intégralité. ludiques et scientifiques sont prévus. d’autres décident d’obtenir une certification "Habitat & Environnement" (CERQUAL et QUALITEL) pour les constructions de logement (Blagnac). puis la décision d’élaborer un agenda 21. Ces actions représentent des engagements. Cette volonté est à saluer puisqu’elle marque la compréhension de ces organismes à effectuer un travail global d’organisation de leur entreprise et à transformer leurs pratiques. Deux projets se sont engagés dans l’obtention de la norme Iso 14001 pour l’ensemble de l’autorité en charge du projet (EPA Seine Arche et Sem Blagnac Constellation). d’autres choisissent d’imposer la norme HQE pour toutes les futures constructions sur leurs sites (exigences auprès des constructeurs et promoteurs). Tout ceci est de l’ordre de l’exemplarité . qui sont les véritables moteurs des projets urbains eux-mêmes. Ensuite. Certains font le choix de mettre en œuvre un agenda 21 spécifique au futur quartier. Ce projet est singulier par rapport aux autres de sa classe. Dans cette ultime classe. mais aussi au travers des volontés politiques qui construisent la base de chacun des projets. Il ne s’agit pas d’un projet urbain d’aménagement.

et concernent une multitude de fonctions. Ensuite. concernant leur démarche de développement durable. Toutes les villes de cette 4ème classe sont engagées dans des Agenda 21. le plus. Cette 4ème classe est celle des projets qui semblent les plus concernés par le développement durable. Dans plusieurs cas. La « jeunesse » de ces projets ne nous permet pas encore de tirer un bilan sur la réalisation des intentions de départ concernant les aménagements et les constructions. il mérite bel et bien son placement dans la classe de projets les plus en avance sur la prise en compte du développement durable. il est fort probable que les actions qui seront menées soient en adéquation avec les volontés affichées d’un développement équilibré.La notion de développement durable dans les projets urbains français Mémoire de DESS réflexion. s’engager dans des démarches pour construire et élaborer la ville durable de demain. ils sont également ceux qui ont su. parmi tous les projets analysés. De toute évidence ces projets sont sur des territoires urbains de grande importance. et ce depuis 1997. élaborer une stratégie. Si ce projet n’est en réalité qu’une série d’engagements et non pas une explication des futurs aménagements. qui entraînent par conséquent une transversalité entre tous les sous-projets. Nous trouvons donc les ambitions les plus fortes en matière de prise en compte des impératifs de la durabilité. La forte implication de ces villes et leur activité importante en terme d’engagement en font des villes participantes à des programmes européens et comptent parmi les meilleurs appels à projets ministériels. La durabilité se trouve à chaque fois. ces projets sont considérés comme pilotes pour leurs collectivités. s’engager dans une démarche. Ces communes ou communautés de communes sont actives dans les politiques d’engagement en faveur du développement durable et ce depuis longtemps parfois. Néanmoins. 93 . la commune centre a engagé son agenda 21 et « a entraîné » dans son sillage quelques temps après la collectivité locale de coopération intercommunale dont elle est la ville centre. Si ces projets urbains comptent parmi les plus emblématiques des projets urbains français . au cœur des réflexions de ces projets.

L’Ile Séguin de BoulogneBillancourt. Aéroconstellation à Blagnac. etc. en réalisant un classement de leurs prises en compte du développement durable. les projets urbains où le développement durable est inséré dans la réflexion . Les meilleurs projets selon notre classement sont ceux qui concernent les grandes opérations d’urbanisme à l’échelle nationale (Lyon Confluence. et enfin les projets urbains qui intègrent une démarche de développement durable.). 94 .La notion de développement durable dans les projets urbains français Mémoire de DESS Conclusion partie 2 Notre travail sur la notion de développement durable dans les projets urbains français a consisté à analyser 44 projets distincts. Ces grands projets sont considérés par les collectivités locales comme des sites pilotes pour construire à leur manière. La typologie obtenue retient 4 classes de projets urbains : les projets où la notion de développement durable est quasi inexistante . l’Île de Nantes. les projets urbains qui font un effort minimum en faveur du développement durable . Les ambitions présentées par ces projets placent la durabilité au cœur de leurs réflexions. Ces projets ont tous été présentés au 4ème Forum des Projets Urbains en 2004. leur idée de la ville moderne : la ville durable. Ce classement a été obtenu selon des critères qualitatifs et quantitatifs qui s’intéressaient davantage aux intentions en terme de développement durable qu’aux réalisations effectives puisqu’il s’agit d’opérations à l’état de projets. Seine Arche à Nanterre.

ainsi que l’Isle d’Abeau et Roubaix-Tourcoing-Wattrelos sont des regroupements de communes pour un seul et même projet. ils ne reflètent en aucun cas.1) Taille des villes porteuses et typologie des projets Pour réaliser cette carte. pour ne pas provoquer un écart entre les villes d’île de France et les collectivités locales de province. Nous avons procédé ainsi. toute précaution gardée.1.1) Répartition géographique des projets Dans cette « géographie » du développement durable et des projets urbains français. Etant donné que les projets sont issus de la liste du Forum des Projets Urbains. Carte 1: Typologie des projets et taille des villes porteuses 95 . Seuls les projets de Bassens-Cenon-Floirac-Lormont . 1. illustrant la répartition des projets en fonction de leur typologie (en 4 classes. relative à notre étude. très fréquemment regroupée en communauté. nous pouvons. nous avons pris en compte la population de la ville concernée par le projet urbain. concernant leur prise en compte du développement durable) et leur « portage » réalisé par une ville seule ou un regroupement de communes. préciser quelques remarques.La notion de développement durable dans les projets urbains français Mémoire de DESS Partie 3 Des projets urbains durables ? I L’engagement des projets urbains dans le développement durable 1. une liste exhaustive du développement durable en France. Cf. A ce titre nous avons réalisé une deuxième carte. Les remarques à venir ne concernent donc pas l’ensemble des villes ou des projets urbains français.

La notion de développement durable dans les projets urbains français Mémoire de DESS Carte 1 96 .

En Ile de France. Lormont et Floirac est signalé.La notion de développement durable dans les projets urbains français Mémoire de DESS Les projets les plus performants dans la prise en compte du développement durable. En effet. Carte 2 : Quelles collectivités portent les projets ? 97 . Cette carte nous confirme qu’il y a un lien entre la taille des communes et leur prise en compte du développement durable. L’importance de la population d’une commune et son budget sont intimement liés. Il peut s’agir d’une commune. Nanterre et Boulogne Billancourt comptent parmi les communes les plus peuplées et elles se classent dans la catégorie qui fournit le plus d’effort pour engager une démarche de développement durable. d’une communauté de communes. Néanmoins. mais il s’agit en réalité de chacune des villes.1.2) Le portage « politique » des projets Les porteurs de projets. Cf. Sur cette carte. le projet de Cenon. Bassens. porté par la ville . sont très divers. Les principales villes françaises (les plus peuplées) sont concernées. d’une communauté urbaine . le portage politique des projets est réalisé par une ou plusieurs collectivités. Elles peuvent également faire valoir un effort minimum dans ce sens (Marseille. sont menés dans des villes de grande taille. Bordeaux et Nice par exemple). mais aussi pour engager un projet urbain de taille plus ou moins importante. une commune de grande taille possède d’avantages de moyens pour agir significativement dans le domaine du développement durable. ou dans certains cas d’une association de deux collectivités (en fonction de la répartition des compétences). d’une communauté d’agglomération. nous l’avons vu précédemment. sans pour autant qu’il s’agisse de la communauté urbaine de Bordeaux. 1. Les moyens financiers sont sans aucun doute un facteur déterminant pour les collectivités pour qu’elles pissent agir de manière transversale dans les actions qu’elles mènent en faveur du développement durable.

La notion de développement durable dans les projets urbains français Mémoire de DESS Carte 2 98 .

les deux villes de l’Ile de France les plus actives en terme de développement durable (selon notre classement). on constate. que plusieurs « pôles » se distinguent : un pôle Ouest autour de Rennes à La Roche-sur-Yon. à savoir qu’ils sont révélateurs d’une prise en compte locale du développement durable. 1. Une seule (Boulogne Billancourt) est pilotée par une communauté d’agglomération. On peut également préciser que Nanterre et Boulogne-Billancourt. Une fois encore le lien entre forte population et forte prise en compte est vérifié. Carte 3 : Typologie et thématique des projets 99 . c’est que les projets les moins engagés dans des démarches de développement durable.La notion de développement durable dans les projets urbains français Mémoire de DESS Ce que l’on peut constater. Et que 10 projets sur 15. que nous avons associé à une différenciation des projets selon leurs thématiques principales. nous avons conservé le classement en 4 classes .1. sont considérés comme faisant des efforts significatifs dans l’intégration des démarches de développement durable dans leurs objectifs. un pôle du centre Est autour de Lyon. Ces pôles comportent bien évidemment plusieurs projets présentés. Cf. mais que l’ont peut classer dans la partie « haute » de notre classement . Néanmoins. Chaque projet se voit donc attribuer un symbole correspondant à sa thématique et d’une couleur pour indiquer son degré d’intégration de la notion de développement durable. un pôle Nord.3) Typologie et thématique des projets Pour réaliser cette carte. portés par une collectivité locale regroupant plusieurs communes. sont aussi parmi les villes les plus peuplées du pourtour parisien. plus forte qu’ailleurs sur l’hexagone. sont politiquement portés par des communes (en majorité).

La notion de développement durable dans les projets urbains français Mémoire de DESS Carte 3 100 .

peut être à cause des dépollutions des sites et de la reconquête d’une valeur positive pour ces territoires parfois laissés à l’abandon. Une généralisation timide comparé à certains pays d’Europe comme l’Allemagne (600 communes en 1998) ou la Suède (où presque la totalité des communes ont élaboré leur A21) . sept relèvent d’opération de renouvellement urbain. ce qui pourrait expliquer la moindre importance de l’intégration de la notion. Parmi les problématiques de ce mémoire. Saint Etienne et Strasbourg sont classés dans la partie haute de notre classement. 1. alors que nous assistons probablement aujourd’hui à un début de généralisation des engagements dans les démarches d’Agendas 21. sont 4 fois dans la classe 4 et 2 fois dans la classe 3. Ces opérations très sectorielles impliquent dores et déjà une implication forte en faveur de la transformation des modes de circulation. nous avons pu observer que les démarches d’engagement dans des politiques de développement durables se sont étalées sur plusieurs années. mais que l’on doit notamment au nombre exceptionnel de communes en France (36000). est assez peu pourvue en projet « bon élève » . c’est qu’aucune thématique ne se détache vraiment. Seule celle relevant de l’aménagement de transport en commun en site propre ou de redéfinition de voirie ne compte aucun projet en classe 4. On remarque tout de même que les projets concernant des friches (11 projets) à reclasser et transformer.La notion de développement durable dans les projets urbains français Mémoire de DESS Ce que nous pouvons constater. On peut également constater que sur onze projets en Ile de France. mais cette thématique des friches rendrait les projets plus à même de prendre en compte le développement durable dans leurs opérations. seul Lille Sud. nous essayons de savoir si les projets urbains se révèlent être des outils au service du développement durable mis en place par une collectivité ou bien si au contraire ce sont eux qui participent à l’amorce des démarches en faveur du développement durable. 101 . C'està-dire que l’on ne peut associer une thématique à une meilleure prise en compte du développement durable.2) Les projets urbains outils des démarches de développement durable ? Au travers de nos recherches sur la prise en compte du développement durable dans les projets urbains français. Certaines communes se sont engagées dès les années 1997-1998. Cette thématique qui revendique le 1/3 des projets. Il ne s’agit pas vraiment d’une tendance forte.

Fleury-les-Aubrais.Pessac . Cenon.1 Le cas des projets initiateurs d’une politique de développement durable Pour 12 collectivités porteuses de projets (ou groupe de collectivités).Le Havre . Lormont (les 2 projets) .Saint-Nazaire . ils dépassent le cadre souvent sectoriel de certains aménagements.2. une charte pour l’environnement ou le développement durable. nous permet d’avoir une idée sur le rôle des projets urbains face aux démarches de développement durable. Colombes. Saint-Etienne et Val-de-Reuil.La notion de développement durable dans les projets urbains français Mémoire de DESS Le tableau réalisé. puisque plusieurs projets ne sont engagés dans aucune démarches ou actions en faveur du développement durable .Pantin . La réussite d’un projet urbain consiste à mener à bien des actions diverses et pouvant aller dans un même sens. Gonesse.Blagnac . celui du développement d’un 102 .Boulogne-Billancourt . l’engagement dans une démarche de développement durable s’est faite a posteriori du lancement du projet.Bassens. ou les indications concernant le lancement des projets ou leurs durées n’ont pas été trouvés lors des recherches. ChanteloupLes-Vignes. 1.Lille (pour Euralille) . Néanmoins. Les projets urbains étant des opérations souvent complexes. Floirac. ne seront donc pas prises en compte dans cet essai de classement des projets selon leur rapport aux démarches de développement durable. la décision de réaliser un projet urbain précède la décision de s’engager dans une démarche telle qu’un agenda 21. L’Isle d’Abeau.Vaulx-en-Velin Dans tous ces cas. Corbeil Essonne. pour l’analyse des 44 projets. Ces collectivités sont les suivantes : . Cergy Pontoise. Les projets concernant les communes de Boulogne-sur-mer. Metz.Ivry-sur-Seine . Meaux. Hérouville-SaintClair.Béthune .Bordeaux . nous ne pouvons faire une bilan exhaustif. Marseille. On peut se demander alors si les projets ne participent pas à une prise de conscience locale qui consiste à doter le développement durable de véritables moyens et d’affirmer une réelle politique grâce à laquelle la collectivité pourra s’appuyer pour réaliser les objectifs qu’elle s’est fixée.

Il peut agir en initiateur. les responsables du projet peuvent être intéressés à s’engager explicitement dans une démarche de développement durable. . il faut être dans le moule de la ville européenne parfaite qui suit les évolutions en vogue.). visant à lui donner une image moderne et soucieuse de l’équilibre du territoire. . Ne soyons pas trop naïfs tout de même et constatons que très souvent. Peu importe si les faits son avérés et si les réflexions ont pris le temps d’être partagées. que l’émergence d’une démarche de développement durable peut être facilitée par des projets urbains. « du moment » pour conserver un rang. locales. L’engagement dans une démarche de développement durable va alors s’appuyer sur le projet urbain et va « profiter » de la dynamique du projet. C'est-à-dire qu’il va offrir une opportunité pour la collectivité de se saisir plus rapidement de la question du développement durable sur son territoire sur des domaines variés et non plus sectoriels. les engagements dans des démarches de développement durable correspondent : . et qui par conséquent décide d’un agenda 21 pour combler le déficit accumulé en terme de communication sur la protection de l’environnement. En cherchant des solutions alternatives. 103 . Le projet urbain peut être considéré de plusieurs manières : il peut agir en catalyseur. que l’on peut qualifier. La transversalité est alors requise pour toutes les actions engagées. économiques et conciliant des objectifs divergents .etc.à la prise de conscience tardive de la collectivité en faveur du développement durable. les porteurs de projets peuvent alors se rendre compte qu’ils s’engagent dans des logiques de développement durable. qui peut être à l’origine d’un changement d’équipe municipale ou d’équipe en charge du projet (maîtrise d’ouvrage.à un virage politique du projet. Par l’intermédiaire des volontés politiques ou techniques sur la qualité et l’efficacité des opérations menées.La notion de développement durable dans les projets urbains français Mémoire de DESS territoire. concepteurs. C’est à ce titre.à une étape qui a tendance à devenir obligatoire pour toutes les villes et surtout agglomérations qui prétendent être reconnues nationalement voire à l’échelle européenne. Les villes doivent se doter de politiques.

▪ Il est intéressant de constater que les projets de Blagnac et de Boulogne Billancourt. En ce sens. certains relèvent d’un caractère un peu particulier : ▪ Le projet de Saint-Nazaire est dans sa 2ème étape. Les démarches de développement durable ayant été prise a posteriori. quelles seraient les conséquences pour les collectivités si les projets engagés ne respectaient pas les engagements ? A priori. en toute logique. mais nous constatons que très peu de territoires peuvent se permettre cette démarche. La dynamique qu’Euralille a offerte à Lille a sans aucun doute permis une prise de conscience forte à l’échelle de toute l’agglomération sur ses capacités à faire autrement son développement urbain. Cette catégorie de projets pose en vérité un problème majeur. L’idéal du législateur veut que les PLU découlent des SCOT . Mais cela ne veut il pas dire que le projet dicte la démarche de développement durable pour l’ensemble du territoire de la collectivité ? Ce qui va. avant de se rattacher à des engagements plus communicatifs tels que la HQE. Celles-ci n’ont pu être que postérieure à la conception globale du projet. même s’il est teinté de durabilité. Cela ressemble fortement à l’élaboration des SCOT (schéma de cohérence territoriale) qui se trouvent souvent être réalisés bien après l’élaboration des PLU (Plans locaux d’urbanisme) relatifs aux communes composant le territoire. 104 . la norme Iso 14001 et les agendas 21. Cette opération a vu le jour à la fin des années 80. à l’encontre des principes du développement durable local qui doit refléter les attentes partagées d’un groupe de décision composé d’acteurs locaux aux intérêts complémentaires et divergents. ne se sont engagés dans des démarches de développement durable que plusieurs années (quatre à cinq) après leur lancement. les collectivités prennent leurs précautions pour inscrire des engagements conformes aux objectifs du projet urbain. Initié au début des années 90. que le projet initie la démarche d’engagement. le projet. qui comptent parmi les leaders de notre classement. Peut être ces projets ont privilégié une démarche locale et individuelle. ne découle pas des démarches qu’a engagé la ville de Lille et la métropole lilloise à la fin des années 90. ce n’est qu’il y a très peu de temps que la ville décide de se lancer dans une démarche d’agenda 21 et pense même réaliser un quartier 21 sur le site du projet. ▪ Le projet d’Euralille est un des tous premiers projets urbains français. Cette inversion des « procédures » dans le temps est un classique des collectivités françaises.La notion de développement durable dans les projets urbains français Mémoire de DESS Parmi ces projets. Ceci a une conséquence importante : ces deux projets ont choisi de développer des démarches très poussées notamment en terme d’exigences environnementales pour les constructions. On comprend alors.

2. Leur engagement politique dans le développement durable n’a donc pas nécessité de réforme importante dans leurs modes opérationnels.2 Démarche de développement durable et projets urbains menés de front Pour les 7 projets suivants.Nice . Dans une situation de projet urbain et de démarche de développement durable menés de front.Compiègne . Le piège étant. L’avantage certain. il est possible de penser qu’il s’agisse du résultat d’un travail stratégique important à l’échelle de la collectivité locale.La notion de développement durable dans les projets urbains français Mémoire de DESS Des collectivités (Saint-Nazaire.Les Mureaux Pour quelques collectivités. est celui où le portage politique est fort et décide de s’attaquer en même 105 . Lorsque développement durable et projet urbain se retrouvent menés de front.Chaumont . sans pour autant l’affirmer comme tel (la notion n’était pas encore utilisée comme outil de communication).Dunkerque . que de s’évertuer à définir seul un projet global incluant l’implication logique de plusieurs communes ou acteurs locaux.Nanterre . Pourtant ces collectivités menaient déjà des actions et des politiques conformes au développement durable. Lille) ont également profité de leur démarche de projet urbain pour s’engager dans une démarche de développement durable. il est nécessaire d’avoir une volonté politique forte pour les mener à bien. la question de l’engagement dans une démarche de développement durable et la décision de lancer un projet urbain sont souvent très liées. Ces deux « actions » d’une collectivité résultent d’un travail de fond pour proposer un nouvel élan pour le développement de la ville. la décision de s’engager dans une démarche de développement durable et le lancement de l’opération coïncident presque. le projet urbain et l’engagement dans une démarche de développement durable demande une énergie importante de la part des décideurs et des services des collectivités en charge de réfléchir au futur de leurs territoires. est qu’il est plus facile de contribuer à un effort collectif et global (pour autant que celui-ci soit fructueux) . d’aboutir à des situations de crise ne permettant pas de poursuivre les ambitions préétablies. Mener dans une période quasi identique.Lyon . 1. le meilleur des cas. Cela correspond à une période de refonte des politiques locales d’aménagement et de développement. Cette juxtaposition des lancements et engagements peut s’expliquer de manière différente selon les cas : . A l’origine de ces engagements.

personnels. au fur et à mesure que Lyon Confluence offrait à l’agglomération lyonnaise un espace d’ambitions importantes. ▪ Le cas de Compiègne est encore plus simple. ce qui empêche à priori toute contradiction forte. sans pour autant y adjoindre les moyens nécessaires (temps. la décision de l’opération et la mise en place de la charte de développement durable du Pays de Chaumont ont été faite dans une durée très restreinte (un à deux ans maximum). associations des acteurs locaux. Le résultat est en général médiocre. commencé au début des années 90. La décision du projet urbain est très récente et l’idée d’un Agenda 21 sur ce même site a concordé avec les premières études et prises de positions stratégiques. Parmi les projets énoncés ont peut remarquer : ▪ Le cas de Chaumont. ▪ Le cas de Nanterre est encore plus significatif car le projet définit une démarche de développement durable pour une partie importante de la commune. Il est alors difficile de reconnaître les véritables efforts de la collectivité dans ces opérations . c'est-à-dire renforcer le poids de son aire de chalandise. Le pire des cas est celui des collectivités qui décident de cumuler ces deux « entreprises ». ▪ Pour Lyon. Le développement durable est en réalité le maître mot. le fondement de la continuité du projet urbain prévu sur une période longue. Le projet urbain est lui106 . Les deux évolutions. etc. Cette 2ème phase est complètement en adéquation avec la démarche d’agenda 21 pour l’agglomération et de quartier 21 sur le site. D’importants moyens sont nécessaires pour pouvoir le faire puisque cela demande du temps et des moyens humains conséquents. les fondations du projet Confluence se sont forgées à l’époque de la charte d’écologie urbaine de la ville de Lyon. ils peuvent se retrouver masqués par les bonnes intentions qui abondent dans les discours de communication. La préparation de la charte et le projet d’aménagement ont été menés dans les mêmes temps. ▪ Pour Dunkerque. Le projet et la démarche sont encore dans une phase de définition. en se précipitant dans leurs élaborations. Cette dernière s’est petit à petit muée en Agenda 21 du Grand Lyon. réunions publiques.). il s’agit d’une deuxième étape du projet Neptune. La création de ce centre commercial coïncide bien avec la volonté de donner à Chaumont un rôle de ville économique centre pour le territoire du Pays de Chaumont.La notion de développement durable dans les projets urbains français Mémoire de DESS temps à des problématiques de grande envergure. du projet et de la politique de développement durable ont progressées conjointement lors des dernières années. équipes mandatées. le projet urbain et la démarche de développement durable souffre alors d’une grande banalité et se retrouve pourvu de grands sens communs.

Grenoble . la démarche de développement durable a été engagée avant la décision de lancer le projet urbain. si l’on se refaire à notre classification de la prise en compte du développement durable.La Roche-sur-Yon . Leur étape de réalisation. mais ils placent tous trois le développement durable au cœur de leurs ambitions. Wattrelos et Lille Métropole) Dans ces cas là. Le projet urbain est le projet de développement durable de la ville . Elle permet une adéquation importante et favorise peut être aussi la réalisation d’objectifs dans des délais plus courts.3 Les projets issus des démarches de développement durable Pour les 7 collectivités suivantes (et pour 10 projets différents).Rennes (les 2 projets) . Tourcoing.2. Ces projets sont très différents. que se sont engagées à réaliser ces collectivités locales. La proximité entre les deux élaborations. Lyon et Nanterre sont parmi les meilleurs projets urbains.L’Union (Roubaix. quelle soit la première ou la seconde. joue en leur faveur. surtout par rapport au paysage français en matière de développement durable local. 1. nous sommes là dans le cas le plus extrême où les deux projets sont confondus. un agenda 21. Dunkerque.Lille Sud . celle du projet et celle de la démarche.La notion de développement durable dans les projets urbains français Mémoire de DESS même à l’origine d’une charte de développement durable et l’EPA Seine Arche a été certifié pour son management de développement durable.Strasbourg . a été imprégnée des objectifs de durabilité fixés dans les démarches de développement durable.Nantes (les 2 projets) . 107 . donc mené véritablement simultanément. Nous sommes là dans une configuration où le projet urbain suit les objectifs annoncés dans une démarche pouvant être : une charte de développement durable.etc… . Ces démarches ont surtout permis d’établir un terrain favorable aux projets urbains pour qu’ils puissent être élaborés en prenant appui sur un engagement politique en faveur du développement durable pris par des mesures ou des documents préalables. les démarches de développement durable ont été relativement « précoces ».Caen .

L’arbitrage est plus aisé. Le projet urbain devient un levier d’action du développement durable local. Le GPV de Lille Sud est même programmé pour être un modèle HQE et développement durable à l’échelle de l’agglomération. Cet agenda local s’est ensuite étendu à l’échelle de la métropole lilloise. et depuis chaque année est placée sous une thématique spéciale (eau en 2001. les transversalités sont en général maximum. La ville de Lille a tout d’abord commencé l’engagement dans une démarche de développement durable au cours de la décennie 90 par un plan local d’action environnement et développement durable (réflexions entre 1995 et 1999). il suffit alors de définir les moyens d’action. Dans les cas où le projet urbain découle des axes de développement durable d’une collectivité. Ensuite. Si la démarche de développement durable n’a pas pu être préalable à l’opération d’envergure qu’est Euralille. puisque ce sont les décideurs politiques qui actent. Tourcoing et Wattrelos) sont également similaires étant donné qu’ils se situent sur une même agglomération et qu’ils ont été lancés presque en même temps.La notion de développement durable dans les projets urbains français Mémoire de DESS Nous sommes dans le contexte que l’on peut qualifier de « modèle ». Ce « modèle » nécessite donc un portage politique fort. premièrement. les actions du projet urbain qui devront être menées pour réaliser les ambitions annoncées. les principes de développement durable local et. et plusieurs communes de l’agglomération ont également souscrit à un agenda 21 : Roubaix et Tourcoing en 2003 par exemple. deuxièmement. Les agendas 21 ont été lancés en 2003. Quant à l’Union. C’est celui. l’Agenda 21 lillois a été signé en 2000. ▪ Les deux cas concernant l’agglomération lilloise (Lille Sud et l’Union sur les communes de Roubaix. ville nature en 2005). le projet fera l’objet d’attention toute particulière étant donné que le site est une vaste zone de friches et que la résolution des problèmes de pollution 108 . il s’agit d’un projet urbain de développement pourvus d’objectifs à réaliser dans une période de 10 ans approximativement (2004-2015). puisqu’il est alors plus aisé de définir des projets se rattachant à plusieurs objectifs. où la réflexion et les choix d’orientation sont pris avant toute prise de décision concernant l’aménagement d’un site. Dans ces deux cas. même si ceux-ci sont contradictoires. les autres projets urbains sont fortement teintés des objectifs de l’agenda 21 lillois et métropolitain. chantier qualité en 2004. puisque les orientations ont été fixées . Les différences entre les projets répertoriés restent significatives : ▪ Le cas de Caen et de La Roche-sur-Yon est assez similaire même si la prise en compte du développement durable n’est pas au même degré.

la caserne Mac Mahon et le nouveau quartier La Courrouze. En 1998. la maîtrise des consommations d'énergie. Pour autant l’implication dans un agenda 21 est récente. La ville a également accueilli les journées préparatoires du Sommet de Johannesburg en 2002. une charte pour l’environnement en 2000. La Courrouze était envisagée comme « quartier durable » et en parallèle la ville de Rennes devint lauréat de l’appel à projet ministériel en 2003 ( l’élaboration d’outils et de démarches en vue de la réalisation d’agendas 21 locaux). etc. Ces deux projets suivent les décisions stratégiques de développement des transports collectifs et de développement de la ville par une densification de son centre. Le projet s’articule donc sur un (re) développement durable pour un site aujourd’hui en crise. marquant ainsi son attachement de longue date aux principes du développement durable. membre depuis 1987 du réseau européen Ville Santé. et d’autre part de réflexions sur l’ambition à donner au développement de l’agglomération en confortant son cœur. membre du réseau Cité Vie41 en 1993. Les projets urbains de Rennes sont le support et la traduction de la politique 41 Réseau européen faisant la promotion de l’amélioration de la gestion des ressources. Le projet urbain est donc bien un outil d’action pour mettre en œuvre les politiques de développement durable engagées au préalable. ▪ Pour les deux projets de Nantes. Ce prix récompensait la ville pour son réseau de compétences pour les acteurs mobilisés sur des opérations d'aménagement renouvelables et durables. en reprenant les principaux axes. Dans ces axes. portent les objectifs de durabilité inscrits sur les ambitions de développement de la ville de Rennes. la diminution des pollutions. en 2004 pour la ville de Rennes. l’évaluation des résultats 109 .La notion de développement durable dans les projets urbains français Mémoire de DESS est un gage de réussite. Il n’empêche que les deux projets. l’implication des populations. et l’agglomération devrait emboîter le pas très prochainement. la ville de Nantes a lancé son agenda 21 et la communauté urbaine la suivra en 2004. Avant même que des décisions précises en terme d’opération et d’aménagement ne soient prises. le développement de l’île de Nantes est un des atouts majeurs de la ville pour redéfinir son projet de développement. Ces objectifs sont clairement indiqués dans les premiers documents d’orientation que l’on peut rattacher à la politique de développement durable de Nantes. ils sont le fruit d ‘une part de réflexions stratégiques sur les déplacements urbains et le rôle des transports publics dans la redynamisation de quartiers. ▪ La ville de Rennes s’est quant à elle engagée dans de nombreuses démarches issues des premières volonté d’intégrer le développement durable dans les politiques urbaine : projet de paysage en 1993. le traitement et valorisation des déchets.

Sans afficher fortement une politique de développement durable. mais le choix d’une « ville durable » est à ce prix . Les projets urbains. et de favoriser un environnement viable. s’ils se veulent être attentifs au respect du développement durable. de la protection de l’environnement et également attentif à la lutte contre toutes les exclusions. de promouvoir des économies durables. On obtient alors des projets qui reflètent la politique de développement voulu. un entretien constant.3) Une démarche triptyque au cœur des projets urbains ? Si l’on se réfère aux principes du développement durable que nous avons tenté de définir dans la partie 1. N’oublions pas non plus que le développement durable inclus la solidarité entre les populations et les générations. la prise en compte du développement durable devance la décision d’opérer un projet de quartier soucieux de ces mêmes principes. sur un morceau du territoire.La notion de développement durable dans les projets urbains français Mémoire de DESS municipale d’anticipation du devenir de la ville dans un souci de cohérence. projet d’aménagement doit être compatible avec ces principes. Le projet urbain devient un outil d’application des démarches locales de développement durable. La tâche est ardue. c'est-à-dire qu’il encourage les actions bénéfiques pour les pays en développement. elle élabore des documents indiquant ses objectifs et ses directives pour tenter d’obtenir un développement le plus harmonieux possible. de promouvoir de nouveaux comportements. la ville de Rennes et l’agglomération rennaise poursuivent leurs objectifs. 1. et une volonté puissante pour faire en sorte que la ville puisse offrir au plus grand nombre des conditions de vie agréable. si les collectivités dépassent l’effet de mode d’un seul projet. de proposer un nouveau modèle de partage de l’espace. Dans cette logique. les modes de développement d’une grande partie de leur territoire. de modifier les modes de réalisation. engager une telle démarche dans le développement d’un espace urbain reviendrai à ce soucier de prérogatives propres au respect de l’environnement. Une fois de plus. chaque nouveau projet urbain. à la lutte contre les inégalités sociales et au bon fonctionnement économique des activités. Dès lors que cet axe politique est décidé. Les projets urbains offrent alors la possibilité. Lorsque la collectivité décide de s’attaquer en profondeur à son mode développement. doivent s’efforcer de construire une justice sociale. elle demande des investissements conséquents. elles pourront modifier projet par projet. soucieux du développement économique. qu’il favorise les processus de décisions 110 .

…). la participation et le développement social. les politiques urbaines mises en œuvre devront à la fois répondre aux priorités sociales. Les défis que doit relever la ville pour accomplir un développement durable sont : . à relever des défis qu’elle se fixe elle-même pour améliorer son cadre de vie. Une démarche de développement durable revient. Dans l’ouvrage de Caroline Speirs42.La notion de développement durable dans les projets urbains français Mémoire de DESS démocratiques (concertation) et qu’il incite à la préservation du patrimoine (legs des générations précédentes). Pour cela.réduire les pollutions. la solidarité Nord-Sud. pour la collectivité locale. et les nuisances . Il s’agit de limier les atteintes au milieu naturel et à la santé . les villes privilégient une entrée à partir de laquelle s’enchaînent progressivement d’autres domaines d’action. Citation de la page 100. économiques et écologiques. les dégradations de l’environnement. sociales. Le concept de développement durable : l’exemple des villes françaises. L’Harmattan. . Paris. historiques.dépasser les cloisonnements techniciens et engager une gestion urbaine transversale . 43 Cf. cinq entrées sont définies pour élaborer un programme de développement durable urbain dans le contexte français : l’aménagement et l’urbanisme. la réinsertion et la cohésion sociale43. 2003. mais tout en favorisant l’activité économique. Ces orientations de développement ne doivent pour autant s’effectuer sans un travail de partenariat avec les différents acteurs de la vie publique et en concertation avec les habitants. Le concept de développement durable : l’exemple des villes françaises. l’environnement. valoriser les potentialités écologiques de la région.etc. les emplois et la formation. Chaque collectivité locale qui se lance dans une démarche de développement durable doit définir son propre projet. Comme le précise l’auteur : dans un souci de « transversaliser » leurs politiques. l’économie. de participation) 42 Caroline Speirs. p 91 111 .renouveler la démocratie locale (plus de consultation. Les orientations doivent également combiner les perspectives de long terme et les priorités immédiates . économiser les ressources. mais aussi garantir au plus grand nombre de citoyen de jouir des services urbains et de lutter contre toutes les formes de ségrégation. adapté à son contexte (spécificités culturelles. restaurer les lieux dégradés. En règle générale le triptyque du développement durable (développement économiqueprotection de l’environnement – développement social) est le socle de cette notion polysémique. économiques.

Françoise Rouxel. selon quatre grandes rubriques : l’aménagement. Les villes qui ont choisi de privilégier l’aménagement ou les transports et les déplacements. l’environnement. en dépit de l’aspect « fédérateur » de cette démarche. 45 Le DD approche méthodologique dans les diagnostics territoriaux. le font en général en privilégiant certaines actions jugées porteuses. même si des actions précises sont menées dans les autres domaines comme les créations « d’emploi verts » ou le réaménagement des espaces publics des quartiers en difficulté…. 2000. les éléments patrimoniaux. les éléments naturels. Collections du Certu. même si cet objectif est déclaré. de l’énergie et des déchets .La notion de développement durable dans les projets urbains français Mémoire de DESS . mais qui sont généralement mal reliées aux préoccupations relatives au développement social et sont souvent menées sans lien avec une 44 cadre de vie entendu comme la vision subjective qu’a chaque individu de l’environnement dans lequel il évolue quotidiennement. l’économique. le social.…) . le cadre classique de l’environnement urbain est rarement dépassé pour aborder les volets économiques et social.améliorer le cadre de vie44 urbain (le bâti. ont parfois des difficultés à coordonner toutes les actions à mener dans les domaines de l’environnement et surtout celles ayant trait à la lutte contre l’exclusion et à l’action économique. Dans les cas où l’entrée environnementale est privilégiée. 148p 112 . Les villes ou agglomérations qui affichent une volonté de contribuer au développement de leur zone économique en élaborant des programmes d’action dans ce domaine.favoriser l’écogestion des ressources naturelles.exiger des qualités écologiques pour les constructions nouvelles Dans leurs travaux45. les transports. Dominique Rist. les espaces verts. Françoise Rouxel et Dominique Rist ont essayé de dégager les principales entrées opérationnelles utilisées par les collectivités locales pour intégrer dans leurs actions les principes du développement durable. Ils ont retenu cinq types de démarches différentes : des démarches fondées sur l’aménagement et l’urbanisme des démarches environnementales des démarches fondées sur le lien entre environnement et économie des démarches participatives des démarches tiers-mondistes Les expériences qu’ils ont étudiées montrent que les villes soucieuses de mettre en œuvre une politique transversale le font en partant de thèmes ou de problèmes considérés comme centraux pour leur avenir.

Françoise Rouxel. à l’aménagement ou l’urbanisme (des thèmes très transversaux) ou bien elles peuvent tout simplement manquer de précision. La couleur bleue a été utilisée pour caractériser les éléments donnant un accent appuyé sur l’axe économique . en règle général. Nous pouvons en revanche essayer de déterminer quels axes du développement durable. Or. Nous devons ceci à un contexte qui a privilégié l’aspect technicien qu’offrait la protection de la nature. le premier souci du développement durable français L’approche française du développement durable s’est principalement focalisée sur l’angle environnemental. forte d’une sensibilité partagée et d’une réglementation abondante en ce domaine alors que le développement durable se conçoit comme un processus de développement qui prend en compte à la fois l’environnement. de la solidarité entre les populations et les générations.1) L’environnement.La notion de développement durable dans les projets urbains français Mémoire de DESS politique environnementale. 2000. ainsi qu’en faveur de l’action culturel et de la promotion du patrimoine.3. Tableau 1 en annexes) les axes auxquels se référaient les objectifs et les actions concrètes en faveur du développement durable. Pour ce faire. il serait délicat d’analyser tous nos projets en fonction des défis qu’ils souhaitent relever.Collections du Certu. les indications restées en noir sont des objectifs ou des actions que nous n’avons pu réellement classer.Dominique Rist. Les projets urbains sont par définition des projets aux thématiques transversales. Ces premiers éléments de compréhension nous encouragent à connaître les spécificités des prises en compte du développement durable par nos 44 projets urbains. 46 Le DD approche méthodologique dans les diagnostics territoriaux. nous avons essayé d’indiquer dans le tableau global (cf. 148p 113 . Aujourd’hui encore. la couleur verte pour les éléments portant sur la protection de l’environnement ou le développement de la nature en ville . Les villes qui s’appuient sur la politique de la ville et du développement social urbain effectuent rarement le lien avec l’économie et l’environnement. 1. la couleur rouge pour l’aspect plus « social » des objectifs ou actions . le social et l’économique46. l’environnement est le fer de lance des politiques de développement durable des collectivités locales en France. les collectivités privilégient pour mener à bien leurs objectifs. enfin la couleur jaune-orange pour les actions et objectifs en faveur de la démocratie locale. Nous avons utilisé quatre couleurs . Elles se rapportent.

C’est notamment par ce biais que nombre d’actions en faveur des quartiers défavorisés ont vu le jour puisque ces derniers ne sont pas non plus toujours favorisés par le paysage proche. Il n’est nullement envisagé de revenir à un cadre de vie comme le prévoyaient les urbanistes fonctionnalistes ou les futuristes italiens. A qui sont-elles destinées par exemple lorsqu’elles concernent le cadre de vie urbain ? La qualité de l’environnement bâti. Ce constat les autorités françaises s’en sont emparées et on peut être parfois trop axé le développement durable de ces quartiers par l’amélioration de l’environnement. presque tous (hormis ceux qui n’ont aucune action significative) ont une ou plusieurs actions en faveur de l’environnement . Septembre 1998. le développement durable exige de bien considérer les dimensions sociales de toutes les politiques d’environnement. que se soit : La création d’espaces verts. sous entendu « verdoyant »47. la promotion de 47 L’amélioration du cadre de vie est souvent envisagé comme un paysage urbain néo rural. Etant donné qu’elle ne rencontre a priori aucune opposition. L’accent mis sur l’environnement dans les démarches de développement durable est redevable de la démarche écologique qui demandait que l’environnement soit pris en compte dans toutes les politiques. et où les modes de transports occupent une place toujours croissante. UMR 180 CNRS Ecole normale supérieure de Fontenay Saint Cloud 114 . ou service d’action dans les collectivités locales. Comme si naïvement. A partir des années 70. des équipements et services. ne va alors pas cesser de prendre de l’ampleur. la préservation de sites écologiques. cette thématique va se poursuivre jusqu’à l’avènement médiatique du développement durable au cours de la décennie 90. Pour autant comme le souligne Cyria Emelianoff48. Le thème de la ville verte. 48 Dans La ville durable. Pourtant cet objectif primordial dans le développement durable aux yeux d’une majorité des français. c'est-à-dire hyper bétonné. c'est-à-dire très végétalisé. ils pensaient résoudre les problèmes économiques et sociaux importants par le seul « miracle » d’un environnement enfin harmonieux. avec beaucoup de tranquilité. Document du centre de Biogéographieécologie. la mise en valeur de paysages et des rivières. l’environnement fait son apparition en tant que politique. la réduction de nuisances (pollutions diverses). certains services municipaux se sont penchés sur les questionnements qu’offrait l’écologie urbaine. est aussi celui qui pose véritablement la question du changement de développement économique (peut-on continuer à produire sans se soucier des nuisances ?) et de la possibilité d’offrir à tous les individus un cadre de vie agréable. la qualité de la végétation et du paysage diffèrent du tout au tout dans les quartiers aisés et les quartiers d’habitat social.La notion de développement durable dans les projets urbains français Mémoire de DESS Relativement tôt. Etat des lieux en Europe et prospective.etc. Parmi les 44 projets étudiés.

C’est aussi celui qui peu le plus intervenir dans les compétences des collectivités locales sans que celles-ci ne soient obligées de prendre des risques politiques important.2) Les projets urbains durables. Cela ne va pas sans réglementations de plus en plus strictes pour limiter les pollutions des industries lourdes. l’environnement est « l’axe le plus populaire » aux yeux des aménageurs et des décideurs. au contraire. Elles doivent donc se soumettre aux restrictions législatives. 1. une grande majorité des acteurs locaux et de la population applaudissent les villes qui mettent un point d’honneur à améliorer significativement leur environnement. Celles-ci engageraient difficilement de leur propre chef des mesures environnementales puisqu’elles représentent des coûts de production importants. c’est aussi l’axe qui a été le plus investit par les entreprises puisqu’elles ont du proposer des innovations technologiques pour offrir des solutions non ou peu polluantes. Dans leur grande majorité. etc. rares sont les projets dont l’entrée économique est celle qui est mise en avant. l’exigence de construction HQE. en espérant que cela n’empiète pas sur leur développement économique. outils de développement économique ? En terme de démarche de développement durable. Sans aucun doute.La notion de développement durable dans les projets urbains français Mémoire de DESS modes de transports non polluants ou moins polluants (transports collectifs). Les villes ou agglomérations qui affichent une volonté de contribuer au 115 . même si ces objectifs sont déclarés. La réduction des consommations d’énergies est également intégrée dans une démarche environnementale. même si des actions précises sont menées dans les autres domaines comme les créations « d’emploi verts » ou le réaménagement des espaces publics des quartiers en difficulté. Le cadre classique de l’environnement urbain est rarement dépassé pour aborder les volets économiques et sociaux. la construction de systèmes alternatifs pour la récupération des eaux pluviales. En effet. les collectivités affirment leur engagement dans le développement durable en choisissant d’investir le champ de l’environnement. Nombreux sont.3. Il y a donc un début de consensus pour dire que globalement la protection de l’environnement est une affaire de tous et qu’il faut s’efforcer d’agir en sa faveur. alors qu’elle pourrait tout aussi bien être envisagée de manière sociale ou économique (réduction des factures pour les ménages et les entreprises). Dans ce sens. les projets où l’entrée environnementale est privilégiée.

Plusieurs de ces projets se situent sur une façade maritime ou fluviale. ou au moins être en mesure d’accueillir des activités très diversifiées (commerces. Un projet urbain de centre ville n’attirera pas d’activités industrielles et encouragera à peine l’activité artisanale. Un « projet urbain durable » met en général l’accent sur un cadre environnemental optimum. il s’agit d’entreprises rêvées pour les communes. or celles-ci ne sont pas nombreuses. qui mettent l’accent sur un secteur économique en pleine croissance. l’implantation d’entreprises de pointe. En quelque sorte. du côté de l’économie sociale.La notion de développement durable dans les projets urbains français Mémoire de DESS développement de leur aire économique en élaborant des programmes d’action dans ce domaine. outre le fait qu’offrir un cadre agréable est un bon outil de marketing territorial. on peut dire que les projets urbains favorisent le développement économique local. Que font les projets en terme de développement économique ? Parmi les 44 projets. la création d’espaces commerciaux. Et inversement. certains mettent l’accent sur le développement économique du site. accompagnent l’élaboration des projets urbains. Elle est cependant la moins développée.…). le projet urbain possède assez peu de marges de manœuvre pour anticiper les aléas d’une économie aujourd’hui globalisée. services. tertiaire supérieur). Globalement. Puisque l’économie locale n’existe pas en vase clos. Ce sont souvent d’anciens sites industriels qui 116 . Pour tenter d’être le plus équilibré possible. que les porteurs de projets misent sur l’attractivité de l’eau pour espérer voir de nouvelles implantations d’entreprises se réaliser. Cependant ces actions sont généralement mal reliées aux préoccupations relatives au développement social et sont souvent menées sans lien avec une politique environnementale. La dimension économique fait partie de l’une des trois dimensions du développement durable. Axer le projet sur un développement économique important nécessite d’être en mesure d’insérer une activité économique non polluante. d’immeubles de bureaux. rares sont les projets qui peuvent prétendre à attirer plusieurs domaines économiques. embauchant majoritairement la population locale. un projet de périphérie ne favorisera pas directement des emplois d’envergure métropolitaine (sous entendu. Cependant. capable de s’intégrer sur une dynamique de marché de longue durée. artisanat. On note ici. industrie. En effet. le font en général en privilégiant certaines actions jugées porteuses. le développement économique d’un projet urbain doit si possible permettre à plusieurs domaines d’activité de s’implanter. se cantonnant parfois aux franges molles de la logique de marché.

Nantes) . de la solidarité entre les populations et les générations. D’autres projets misent sur le développement d’une activité de pointe dans un territoire qui est déjà spécialisé dans un domaine. ainsi que le développement de la culture et l’action en faveur de la préservation du patrimoine.3. Chaumont. Strasbourg). permet également une accroche en terme de marketing urbain pour l’implantation de nouvelles activités sur un ancien site industriel. souhaite redévelopper l’activité textile mais dans des domaines plus spécifiques : la mode. agir en faveur de la démocratie (Rennes). Bassens-Cenon-FloiracLormont) . Vaulx-en-Velin. développer la solidarité et la coopération (Marseille. mais il est davantage la conséquence de l’action des trois autres. il ne peut pas être dissocié des trois autres qui sont abondamment cités. Caen et bien évidemment Marseille). nous pouvons relever quelques objectifs et actions d’un autre genre : donner un élan culturel au quartier (pour Marseille. Ces collectivités souhaitent développer leur centre ville.3) Une timide intégration des démarches de démocratie locale. 117 . Le choix d’un site emblématique fort. Les démarches de développement durable intègre également la promotion de la démocratie locale. Grenoble. implanter de nouveaux équipements culturels (Bassens-Cenon-Floirac-Lormont. Plusieurs sites. Pessac. En réalité. de solidarité internationale et de promotion culturelle ou patrimoniale Au travers des projets présentés. Avec la création d’un lieu d’exposition. préserver le patrimoine (Grenoble. quant à eux. qui peut s’avérer être un cadre intéressant à rénover pour des commerces spécialisés ou des entreprises locales souhaitant une situation particulière (Rennes. Fleury-les-aubrais). Rennes. mettent l’accent sur l’activité économique via les activités commerciales.La notion de développement durable dans les projets urbains français Mémoire de DESS souhaitent se reconvertir en pôle tertiaire en offrant un environnement « aquatique » synonyme de confort aujourd’hui (Saint-Nazaire. Il peut également s’agir de trouver une nouvelle fonction à une friche industrielle ou militaire. Nanterre) . Ce « quatrième axe » est plutôt vaste. celui de Nantes. le projet envisage de s’en servir comme atout touristique et développer ainsi des activités économiques parallèles. On pense à Lille qui sur les projets de l’Union et de Lille Sud. Les Muraux) Un cas s’avère particulier. ou bien au contraire développer de petits centres commerciaux multipolaires dans des quartiers résidentiels (La Roche-sur-Yon. la création et les nouveaux matériaux innovants. Le Havre. 1.

La notion de développement durable dans les projets urbains français Mémoire de DESS Cependant. et font de la concertation sur leurs actions politiques de manière très minimaliste. en règle général. Toutes ces actions sont malheureusement trop souvent menées de manière sectorielle . et surtout ont la possibilité d’engager un discours tout à fait honnête et novateur pour la démocratie locale. Ce sont des politiques qui ont souvent été engagées plus tôt ou qui sont réalisées de manière autonome dans l’exercice d’une collectivité. Les Conseils de développement sont des instances nouvellement crées par les villes ou les communauté de villes qui sont certainement les plus a même de travailler en faveur du développement durable et d’en faire la promotion. des jeunes. des chefs d’entreprise. Sont présents dans ce genre d’assemblée : des associations. des retraités. Ces conseils ne sont pas une alternative aux assemblées d’élus. Aujourd’hui la grande majorité des collectivités respectent la loi. les différents objectifs que ce quatrième axe encourage sont. des membres de communautés immigrées. Nombreuses sont les villes qui tentent de mettre en place des systèmes de concertation ou de consultation des citoyens. d’autres agissent en faveur d’actions de coopération décentralisée pour venir en aide à d’autres collectivités des pays en voie de développement. Beaucoup d’entre elles préservent leur patrimoine ou agissent pour développer une offre culturelle variée . déjà engagés par les collectivités locales. même si la législation française laisse peu de marges de manœuvre aux communes. mais ils représentent un souffle 118 . les Conseils de développement sont les plus emblématiques. Ils peuvent alors travailler sur des sujets prospectifs sur le développement de leur agglomération et soumettent alors leurs propositions par des rapports prospectifs. mais également parce que le développement d’une « gouvernance » sur un territoire est devenu un élément de marketing urbain.… Leurs travaux sont consultatifs (aucun pouvoir de décision. tout d’abord puisque la loi a rendu obligatoire quelques principes de démocratie participative. des défenseurs de l’environnement. mais à qui l’on demande de travailler ensemble. N’étant soumis à aucune pression liée à des enjeux électoraux. Ils regroupent tout un tas d’acteurs locaux aux intérêts très divergents. Parmi ces initiatives. des directeurs d’institutions publiques. et peu découlent d’une véritable démarche globale de développement durable. des personnes qualifiées. alors ceux-ci prennent la mesure de leur rôle. Plusieurs se sont engagées en ce sens. En revanche on commence tout juste à relever quelques initiatives originales en matière de démocratie locale. des syndicats. ces conseils peuvent prendre le temps de peser leurs décisions. il n’y a aucun élu). mais si l’autorité locale donne des moyens de fonctionnement à ces conseils de développement. des professeurs d’université.

l’autre parent pauvre des démarches françaises Si l’on en croit Jacques Theys et Cyria Emelianoff49. Les aspect sociaux sont pris en compte de manière marginale. Sur ce point là. L’omnipotence de la protection de l’environnement a 49 Jacques Theys et Cyria Emelianoff. Force est de constater que les politiques publiques françaises engagées dans le domaine du développement durable n’ont pas fait de l’équité sociale (c'est-à-dire la justice sociale) une forte priorité. La rénovation et la restructuration de bâtiments anciens sont très fréquentes dans l’armature des projets urbains français. la transversalité des moyens d’action n’est pas encore tout à fait intégré. paysager ou architectural comme l’une des bases de leur opération. le plus souvent par la création d’emplois relevant des programmes de l’agenda eux mêmes. De plus. 1. Dans la perspective d’animer un quartier naissant. on peut leur reprocher leur manque d’insertion de ces actions dans les démarches de développement durable. lorsqu’une ville est en expansion. ce genre d’équipement peut parfaitement remplir cette fonction. des équipements culturels dans leurs programmes de construction.4) L’aspect social du développement durable. n°113 119 . Ce que l’on peut tout de même constater. Le débat.La notion de développement durable dans les projets urbains français Mémoire de DESS nouveau pour proposer des orientations de long terme aux collectivités locales trop souvent empêtrées dans l’immédiateté.3. il n’est pas difficile d’observer que la majorité des « Agendas 21 locaux » adoptés par les villes n’accordent à la dimension sociale qu’une place toute rhétorique. il arrive fréquemment qu’elle souffre d’un manque d’offre culturelle pour pouvoir satisfaire toutes sortes de populations. souvent. Les projets urbains prévoient également. c’est que beaucoup de projets urbains présentés font valoir la préservation d’un patrimoine industriel. Cependant. Cela permet de revaloriser des sites. Les contradictions de la ville durable. Les collectivités au travers ou non de leurs projets urbains agissent en faveur de ce « quatrième axe ». et ainsi espérer (re)développer des quartiers.

notamment en ce qui concerne le développement social. aux incitations à l’embauche. les villes doivent être en mesure de connaître les limites de leurs actions. professeur à l’Institut polytechnique de Milan. Mais il serait illusoire de croire que des opérations d’aménagement puisse gommer durablement la pauvreté. Sous la direction de Thérèse Spector. met du temps à être pleinement intégrée dans les démarches de développement durable. pour des raisons historiques. etc. Selon S. a surtout été investi par les « environnementalistes. L’autonomie des pouvoirs locaux n’est pas encore assez forte en France. le chômage ou l’échec scolaire. Selon Roberto Camagni. puis les économistes» avant d’intéresser les géographes ou les urbanistes. Dans ces cas là. Quelles villes voulons-nous ? Quelles villes aurons-nous ? Actes du colloque de La Rochelle. Jacques Theys et François Ménard. au profit de finalités qui privilégient leur intégration réelle. pour corriger la vision essentiellement écologique de la ville durable . Il s’agit. et doivent faire preuve d’innovation et de volonté politique dans leur démarche de développement durable. Les stratégies de développement durable souhaitent réduire les inégalités sociales.…même si celles-ci se veulent exemplaires de la durabilité. mais qu’il s’agit en réalité d’un enjeu central. mobilité. et sans doute même de l’enjeu essentiel du développement durable. cette solidarité sociale. d’une redéfinition radicale des objectifs traditionnels de compétitivité urbaine.La notion de développement durable dans les projets urbains français Mémoire de DESS relégué l’axe social du développement durable dans une position défavorable. gouvernance). Cependant. aux règles du travail. Bailly50. de solidarité sociale et de gestion de l’environnement. Tome II (formes urbaines. la précarité. le mal logement. la dimension sociale du développement durable n’est pas simplement une pièce rapportée. relèvent des compétences du gouvernement et non des assemblées des collectivités locales. Tout ce qui touche à l’emploi. villes durables. Collections du CERTU. que l’on rajouterait après coup. Il reste encore beaucoup d’efforts à mener pour rattraper le retard. une rustine. et cela aussi bien pour les générations futures que pour celles d’aujourd’hui. Juillet 2001. Elles peuvent agir et agissent sur l’accessibilité des services publics et des équipements publics pour les classes sociales les plus modestes. le développement durable est d’abord un concept normatif qui. mais les actions d’aménagement le peuvent-elles complètement ? Les collectivités locales sont limitées dans leurs moyens d’action pour réduire les inégalités. pour Roberto Camagni. 50 Villes du XXIe siècle. pour pouvoir agir localement sur des mesures qui concernent encore aujourd’hui l’échelle nationale. 814p 120 .

Il lui reste à devenir une véritable ambition politique.La notion de développement durable dans les projets urbains français Mémoire de DESS Les projets que nous avons étudiés essayent d’intégrer au mieux cet enjeu du social . Pour cela. permettre une nouvelle offre d’équipements et d’espaces publics (Pessac. monopolise toutes les actions en faveur du développement durable. Le « quatrième axe ». mais nous relevons souvent des intentions bien générales : favoriser la mixité sociale (comment ? le projet de Corbeil-Essonnes ne le précise pas. Vaulx-en-Velin). une utopie. est sûrement celui qui a été le moins investit par les collectivités. 121 . Elles doivent si possible encourager et développer des formes d’activités capables de proposer des emplois. Une ville durable. Il ne faut pas que les communes se contente d’agir sur la fonction du logement. Mais il ne faut pas oublier qu’un projet urbain se construit sur de nombreuses années et qu’il faut rapidement donner à ces projets des ambitions sociales fortes. Dunkerque et Blagnac non plus). ou encore permettre à tous les citoyens de bénéficier des nouveaux équipements envisagés sur les sites en construction. à la santé et aux services publics par une offre nouvelle d’équipements et d’habitat. en France. en proposant 35% des constructions pour l’une et une opération expérimentale pour l’autre. Le développement économique est lui aussi dans une posture plutôt défavorable. Bien sûr il est plus facile d’intervenir sur l’environnement et sur le développement économique lorsqu’on lance une opération d’aménagement. telles que Grenoble ou Saint-Nazaire s’engagent en faveur du logement social sur le site du projet urbain. la sphère de l’environnement est sans aucun doute celle qui. socialement juste reste encore très largement un slogan. Il ne lui manque plus que d’être intégré encore plus fortement dans les démarches de projets urbains. quant à lui a déjà été intégré par les collectivités. ainsi que la création d’un centre de santé. Certaines villes. Plusieurs villes ont déjà acté le fait que 20 à 25 % des constructions d’habitat seront investit par le logement social sur l’ensemble du territoire de leurs projets urbains. La ville de Pantin est peut être celle qui a pris le plus la mesure du développement social en misant sur une nouvelle accessibilité au logement. Enfin. puisque les moyens d’action des collectivités sont trop limités pour qu’elles puissent complètement agir sur le marché économique local. les collectivités locales doivent petit à petit intégrer le développement social dans leurs démarches de développement durable. dans les projets urbains. puisque l’on prépare l’aspect général du site en mutation. L’aspect social du développement durable.

et notamment les villes (qui nous intéressent précisément) se sont engagées dans des démarches prospectives. les politiques françaises ont fait des progrès significatifs. de nombreuses villes investissent dans de nouvelles démarches de développement urbain qui induisent des réflexions et des pratiques innovantes. Le principal avantage de cette approche. l’orientation du développement technique et institutionnel sont déterminés en fonction des besoins tant actuels qu’à venir. s’inscrivent dans une réflexion plus globale du traitement de leurs problèmes qui est plus proche des exigences du développement durable. Nous ne prétendons certainement pas qu’il s’agit d’un processus simple. sous l’impulsion des directives européennes. le développement social urbain et la solidarité Nord-Sud (coopération décentralisée). propices à l’émergence d’une culture du développement durable : la planification de l’espace. aux principes du développement durable. Aujourd’hui. Des choix douloureux s’imposent. mais plutôt un processus de changement dans lequel l’exploitation des ressources. A ce titre. le développement durable est bien une affaire de volonté politique. l’environnement urbain. de gouvernance. En France. explicitement ou non. Depuis le début des lois de décentralisation. le choix des investissements. les démarches des villes françaises en matière d’urbanisme. et également dans les autres pays européens. les collectivités territoriales. En parallèle de la montée des mouvements de défense de l’environnement et des idées d’écodéveloppement. la planification économique et le développement social. Dans leur majorité. En dernière analyse. l’émergence des projets urbains va de pair avec celle du développement durable. c’est qu’elle laisse une entière liberté aux collectivités 122 .1) Le début d’un changement des comportements La commission Brundtland soulignait avec insistance que le développement durable n’est pas un état d’équilibre. les collectivités locales sont de plus en plus nombreuses à s’engager dans des démarches de développement durable. Tous ces savoir-faire accumulés dans ces différents domaines contribuent à l’émergence de nouvelles pratiques se référant.La notion de développement durable dans les projets urbains français Mémoire de DESS II) Les villes se mettent sur la bonne voie 2.

Le constat est que les politiques urbaines locales. souvent des approches très sectorielles. Pour cela. Si l’on en croit l’augmentation du nombre des signataires de la charte d’Aalborg. d’intégrer les précautions environnementales. Il reste au développement durable. les entreprises par exemple. économiques et sociales. de la croissance importante de la démarche HQE dans les nouvelles constructions . à devenir une démarche systématique pour l’ensemble des politiques publiques en matière d’aménagement et de gestion de la ville.La notion de développement durable dans les projets urbains français Mémoire de DESS territoriales pour définir leurs mesures et les actions qu’elles souhaitent mettre en œuvre. car le marché est pour le moment incapable. Cet obstacle s’explique en partie par le fait que les politiques gouvernementales ne portent pas encore la globalité nécessaire au dépassement des approches sectorielles. les approches de développement durable des collectivités rencontrent une difficulté non négligeable. Les villes qui ont choisi de privilégier une entrée thématique (aménagement. le développement durable devra sûrement être programmé beaucoup plus strictement. se heurtent aux limites de la transversalité. économie ou autre) ont du mal à coordonner les actions qu’elles conduisent dans les autres domaines. au moins dans le cadre de l’action des collectivités locales. espérons que le « virus de la durabilité » envahisse d’autres secteurs de notre société. les programmes d’actions liés à la protection de l’environnement sont menés sans lien réel avec les préoccupations relatives au développement social ou à la lutte contre le chômage. les collectivités locales françaises se mettent sur la voie du développement durable. le changement des comportements est en route. Cependant. environnement. du nombre d’opération d’aménagement certifié Iso 14001. du nombre de villes s’engageant dans un agenda 21. alors les communes françaises se responsabilisent petit à petit. Il s’agit là sûrement d’un des premières raisons du succès des agendas 21. 123 . Statistiquement. On peut dire qu’aujourd’hui. à lui seul. Egalement par le fait que les collectivités locales ne peuvent toujours pas expérimenter certaines pratiques qui dépasseraient le cadre strict de leurs compétences. puisqu’elles disposent de moyens conséquents pour mettre en œuvre leur politique de développement durable. le développement durable s’est invité dans les démarches opérationnelles et dans les réflexions de projets urbains. En quelques années (une bonne dizaine). Par exemple. dans les communes qui centrent leurs efforts sur le développement économique. Une fois le secteur public investit. Seules quelques agglomérations importantes peuvent tendre vers la transversalité.

la nouvelle équipe municipale a décidé de s’engager dans une stratégie à long terme pour le développement durable. l’élaboration d’une charte d’écologie urbaine.ville durable » s’inscrit dans les objectifs prioritaires de la ville d’Angers et respecte l’équilibre des trois domaines du 124 . le nouveau maire a voulu dépasser cette première approche strictement environnementale considérant qu’elle ne permettait pas de donner une cohérence suffisante à l’action publique. Après les élections municipales de 1995. il s’agit d’initier une politique d’incitation en faveur du management environnemental dans le secteur industriel. Dans ces premières démarches. tout de même. Cette ville pionnière est devenue une référence pour de nombreuses villes françaises qui aujourd’hui désirent construire leurs démarches d’agenda 21. la collectivité locale s’est avant tout attachée à inclure l’environnement dans sa politique générale. En 1996. Il s’agit de la ville d’Angers dans le Maine et Loire.2) Angers. Ces villes ont très certainement comme point commun. la ville répond à l’appel à projet du ministère de l’Aménagement du territoire et de l’Environnement en présentant le projet « Angers – ville durable ». puis en 1990 la création d’une maison de l’environnement et en 1992. une est importante. mais également le fait d’avoir bénéficié au départ de leur engagement d’impulsions politiques fortes. qui n’est pas recensée dans notre étude. Nantes ou Dunkerque sont fréquemment cités en tête des villes les plus dynamiques et les plus précoces dans l’intégration des logiques du développement durable dans leurs actions. une première étape importante puisque toutes les villes les plus avancées l’ont fait). Alors que l’ancienne équipe avait déjà donné une impulsion favorable. Une ville. le Conseil municipal adhère à la charte d’Aalborg (en général. leur taille et leur organisation. L’engagement précoce de la ville d’Angers a commencé dès 1983 par la création d’un service de l’environnement. et en devient lauréat en 2000. Certaines comptent.La notion de développement durable dans les projets urbains français Mémoire de DESS 2. Celles-ci ne sont pas toujours les collectivités françaises les plus avancées en matière de développement durable. Si chacune des 40 actions du projet « Angers. Parmi les mesures inscrites. parmi les plus représentatives des démarches de développement durable urbain en France. est actuellement le fer de lance du réseau des agendas 21 locaux de France. Lyon. Cette action a été envisagée avec le concours d’une association dont le but est de réunir entreprises et collectivités autour d’objectifs communs. En 1999. site pilote français Notre étude s’est intéressée à 44 projets urbains relatifs à trente à quarante villes ou agglomérations. Lille.

un Plan de déplacement urbain et le patrimoine urbain) . maîtrise et économie des énergies. L’action est donc sans fin. engendrant chaque fois de nouveaux objectifs et de nouveaux défis. le conseil municipal a également signé un protocole d’accord avec l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (ADEME) qui s’engage à lui apporter son expertise pour l’élaboration de l’Agenda 21 angevin (le projet « Angers – ville durable »). 125 . Elle implique un bilan annuel des actions entreprises et de leurs résultats.la ville d’Angers préserve ses ressources et son cadre de vie (lutte contre les pollutions et nuisances. en même temps que l’ensemble des acteurs locaux. le territoire et les générations). C'est-à-dire que très tôt la ville s’est « offert » les services d’une institution experte pour l’aider à concevoir un projet réalisable.La notion de développement durable dans les projets urbains français Mémoire de DESS développement durable. Le plan d’action se présente sous la forme de 40 fiches regroupées autour de 4 axes : .la ville d’Angers valorise son territoire (l’aménagement du territoire. impliqués dans la démarche. Commencée avec des actions simples et efficaces. Le succès de l’agenda 21 de la ville d’Angers résulte dans la volonté de mettre en place une démarche pragmatique qui a pour but de mettre en œuvre un plan d’action et de réaliser des opérations concrètes de développement durable. puisse intégrer les principes du développement durable et agir ainsi en conséquence. bon nombre d’actions comportent des enjeux décisifs dans le secteur économique.la ville d’Angers se mobilise (mise en place de démarches et outils pour la mise en oeuvre de l’agenda 21. En 1999. coopération Nord-Sud. la démarche de développement durable d’Angers a su éviter d’engager des objectifs irréalisables dans un premier temps. elle contribue au mieux vivre des citoyens (solidarité avec les quartiers défavorisés. le développement durable de la ville d’Angers est avant tout une démarche pragmatique et progressive. La complexité des actions à mener doit grandir d’année en année. la solidarité (entre les hommes.la ville d’Angers est solidaire. démarches HQE) . la précaution (laisser la possibilité de laisser mûrir ses actions) et la participation. et amélioration de la qualité de vie) Avec trois principes. ainsi que par la sensibilisation et la participation des acteurs locaux) .

La notion de développement durable dans les projets urbains français Mémoire de DESS Parmi les projets de la ville pour se construire un avenir durable, on peut citer : l’aménagement d’un quartier durable, la révision du PLU (Plan Local d’Urbanisme) dans le respect des principes du développement durable, le développement des politiques d’économie solidaires, la promotion de l’écotourisme, une gestion des déchets liés à l’activité du BTP et des collectivités territoriales, la mise en place d’une démarche HQE sur l’ensemble du territoire angevin. Dans son agenda 21, la ville précise plusieurs objectifs dont la réalisation de projets tels que : la création d’une première ligne de tramway en 2008, des opérations de renouvellement urbain dans les quartiers de la Roseraie, du Verneau, Du Grand Pigeon, de Monplaisir et de Belle-Beille ; des opérations qui ne consistent pas seulement à la rénovation du bâti mais aussi à repenser l’organisation du quartier, à réaliser des pôles de ville dotés de toutes les fonctions urbaines, à requalifier et diversifier l’offre d’habitat, à renforcer les services de proximité et à soutenir la création d’activités économiques. Sont prévus également des opérations d’aménagement sur des friches industrielles proches de la gare, la création d’un nouveau centre commercial des Halles, la reconquête des berges de la Maie et la mise en valeur de l’île St Aubin. L’agenda prévoit aussi, l’aménagement du plateau des Capucins sur 170 hectares, avec un quartier aux normes de développement durable (éco-quartier). La ville d’Angers souhaite que ce nouveau quartier devienne une référence nationale en y privilégiant la HQE pour les constructions, en organisant les déplacements au profit des transports différents de l’automobile, en réalisant un grand mail vert pour rejoindre la rivière et surtout en équipant ce nouvel espace de services et d’équipements de proximité. Angers anticipe donc sont projet urbain durable.

2.3) Les quartiers durables de demain déjà conçus en Europe du nord ? 2.3.1) L’Europe du nord, berceau du développement durable ? Alors que les villes françaises essayent de s’impliquer de plus en plus dans les démarches de développement durable, les pays d’Europe du Nord s’y sont déjà attelés depuis la décennie 90. La Suède, le Danemark, l’Allemagne ou les Pays-Bas ont, bien avant la France, appliqué les principes de cette notion dans leurs projets de construction ou de rénovation de quartiers. Les pays scandinaves et l’Allemagne comptent un grand nombre de villes engagées dans un Agenda 21, ou bien qui ont signé la Charte d’Aalborg. Pour exemple 126

La notion de développement durable dans les projets urbains français Mémoire de DESS l’Allemagne comptait 600 agendas 21 en 1998 et la Suède a imposé à ces communes de s’engager dans un agenda 21. Le retard est donc politique mais aussi culturel. Est-ce un hasard, si l’on doit la définition la plus communément admise du développement durable à l’ex premier ministre norvégien : Grö Harlem Brundtland ? Il est intéressant de constater que les pratiques européennes du développement durable sont très diversifiées (d’après Cyria Emelianoff) : la mobilisation communautaire : au Royaume-Uni et en Irlande, les communautés sont l’unité qui favorise la diversité culturelle, les relations de proximité, et constituent le niveau adéquat de responsabilisation face aux problèmes écologiques et aux enjeux démocratiques les écotechniques et écoprocédés : l’Allemagne et les Pays-Bas ont plutôt une approche technique qui découle bien souvent de mesures fiscales et réglementaires fortes, mises en place après d’importants dommages environnementaux les modes de vie durable : la Norvège, la Suède, la Finlande, le Danemark, les PaysBas, l’Allemagne, l’Autriche sont soucieux des impacts globaux de leurs comportements et gestes quotidiens la planification volontariste :l’Allemagne, les Pays-Bas et la Suisse sont fréquemment cités en exemple en matière d’urbanisme, d’habitat et de transport (villes compactes, localisation des activités, transports « doux »,…) la qualité de vie : l’Italie, l’Espagne, la France sont plutôt sensibles à cette problématique et leurs grandes villes vantent leur «hospitalité urbaine » -thème emprunté à Jean Viard-. Comme le montre cette classification, les pays scandinaves ont pour souci majeur, le changement des comportements, c'est-à-dire une réelle modification du mode de développement classique des sociétés occidentales. Leur entrée dans le développement durable n’intègre pas seulement l’action des pouvoirs publics, mais également celle des citoyens, des entreprises, bref de tous les acteurs locaux. Outre les grandes manifestations médiatiques sur le renouvellement urbain que l’on peut voir au travers de Barcelone, Bilbao, Lisbonne, Londres, Birmingham, Gênes, etc., une multiplicité d’exemples se réalisent un peu partout en Europe. Mais c’est en Europe du Nord qu’ils sont le plus systématiquement en accord avec les perspectives de développement durable par l’application de nouvelles technologies douces et par la participation directe ou la 127

La notion de développement durable dans les projets urbains français Mémoire de DESS recherche de l’adhésion de la population. La majorité des expériences se fait sur site déblayé de toute occupation, même dans les secteurs les plus centraux des villes. On y a quelquefois, conservé un bâtiment " symbole " et les réhabilitations des édifices souvent industriels sont davantage destinées aux équipements et services qu’à l’habitation. La réhabilitation proprement dite concerne surtout les quartiers ouvriers unitaires en cités ou grands ensembles. Les quartiers mixtes historiques de quelques grandes villes sont aussi des terrains propices à l’expérimentation d’un nouvel art de ville.

2.3.2) Quelques exemples de quartiers durables en Europe du Nord En effectuant un séjour d’étude dans la ville de Tampere en Finlande, grâce au programme Erasmus, j’ai pu profiter de cette occasion pour visiter quelques villes scandinaves. L’une des raisons pour lequel j’ai fait le choix de cette destination, était la possibilité d’aller observer la création et la réalisation de quartiers cités comme « quartiers durables » par le réseau des villes durables européennes (relatif à la Charte d’Aalborg). Trois quartiers ont retenu mon attention le quartier Bo01 à Malmö (Suède) le quartier Hammarby Sjöstad, à Stockholm (Suède) le quartier Vesterbro, à Copenhague (Danemark)

a) B01, Malmö À l'occasion d'un salon européen sur l'habitat durable organisé en 2001, le projet de démonstration en grandeur nature «d'une cité écologique du futur» B01 s'est implanté sur le quartier Västra Hamnen, une ancienne friche portuaire. Résolument tourné vers les innovations techniques, technologiques et esthétiques, le quartier Bo01 a pour objectif l'autonomie énergétique (Bo signifie habitat en suédois, 01 pour 2001). Le côté social de la durabilité, ainsi que les valeurs de l'entraide et de la coopération sont aussi a la base du projet. De plus, il est a noté un grand nombre d’actions en matière de recyclage et de transport :

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comptera 10 000 habitants en 2010. dont Bo01 fait partie. et pour s’engager dans la production d’une ville du 21 siècle. . de la tour de 140 m de hauteur (Turning Torso51) aux parcelles d’habitations réalisées par des architectes de plus de 15 pays différents (European Village). Le concept énergétique prévoit 100 % d'énergies renouvelables à partir de pompes à chaleurs marines ou aquifères mais aussi grâce à des capteurs solaires pour la chaleur. Bo01 devrait compter à son terme en 2006.la priorité dans le tracé des rues est systématiquement accordée aux piétons et aux voies cyclables. Les déchets sont triés et évacués par un réseau souterrain en vide d’air. Offrir des logements diversifiés attrayants et abordables pour une large gamme d’habitants. L'électricité est générée par des éoliennes. autrefois occupée par des activités industrielles.les eaux usées sont traitées de manière à extraire les métaux lourds et les composants phosphorés.La notion de développement durable dans les projets urbains français Mémoire de DESS .l’ensemble des matériaux de construction des bâtiments et des infrastructures publiques ont été choisis pour leur caractère recyclable . achevé fin 2005 129 . Les buts premiers de Bo01 étaient : Construire un ensemble résidentiel à la fine pointe du progrès et écologiquement durable alimenté par des énergies renouvelables. Revitaliser une ancienne friche industrielle pour générer une croissance économique. . environ 1400 habitants et le secteur Västra Hamnen (secteur ouest du port de Malmö). 51 Turning Torso est une tour en spirale de 140 m de hauteur réalisé par Santiago Calatrava.les plans des appartements et des immeubles ont été étudiés afin de prendre en compte le tri des déchets. Le projet se singularise par la variété et la qualité des traitements architecturaux des immeubles d'habitation et de bureaux (600 unités sur 9 ha). La biodiversité a été renforcée grâce à des nouveaux parcs et mares. 60 styles différents composent le quartier . .les bus utilisent des combustibles alternatifs non polluants La ville de Malmö (250 000 habitants) a donc décidé d’urbaniser ce secteur de la ville pour marquer son souhait de reconquérir sa façade maritime.

Les actions écologiques répondent globalement à une demande sociale et servent une certaine conception du développement local. En effet. Un autre quartier.La notion de développement durable dans les projets urbains français Mémoire de DESS Si l’aspect environnemental du projet urbain est indéniable. Ekostaden Augustenborg est un projet particulièrement intéressant et transversal concernant un quartier en difficulté. Une ségrégation sociale du développement durable serait à l’œuvre. L’objectif de rendre abordable les logements n’a pas été réalisé. En effet. Le quartier est donc une zone d’habitat pour une population essentiellement favorisée. Bo01 n’est pas le seul quartier que la ville a souhaité orienter vers le développement urbain durable. La ville connaît un nouvel essor. La principale limite concerne les répercutions sociales et économiques du projet qui ne semblent pas encore à la mesure des difficultés notamment en terme de réduction du taux de chômage. Cependant. Du projet de réhabilitation écologique découle un véritable projet de quartier dans lequel les problématiques sociales et économiques ne semblent pas oubliées. Les intentions de départ du projet Bo01 de Malmö étaient très ambitieuses et tentaient de s’approcher au maximum d’un modèle de ville durable. beaucoup plus populaire. l’aspect social du développement durable « a pêché ». Cependant. est également engagé dans une démarche de développement durable et il semble que c’est 130 . ce quartier est en grande partie habitée par des populations de classes sociales moyenne et haute. la ville de Malmö a elle-même fait un constat d’échec vis-à-vis de l’aspect social du projet. La participation et l’implication de la population semblent être un des points forts d’Ekostaden. on peut également préciser que les choix énergétiques et les choix de construction favorisent une économie tournée vers les principes du développement durable. les habitants apparaissent au centre du processus. où les difficultés de la transition économique se font sentir et le chômage s’élève à des taux vertigineux. En revanche. la ville de Malmö est en train de renouveler en profondeur son tissu urbain. Il s’agit du projet « Ekostaden (Ecocity) Augustenborg » qui a débuté dans le contexte de l’Agenda 21 de Malmö. et à ce titre. L’action d’«Ekostaden Augustenborg» est orientée vers une volonté de mener un projet écologique qui répond dans le même temps à une demande sociale et à la nécessité de favoriser les initiatives locales. Un projet de développement urbain durable est également à l’œuvre dans un des quartiers est de la ville. Mais la ville de Malmö ne se contente pas de réaliser la ville durable pour une seule partie de sa population. Il concerne un quartier d’habitat social d’environ 300 habitants. comme l’a constaté la municipalité. Les grands déséquilibres entre l’Ouest et l’Est ont incité la municipalité d’agir pour la zone orientale de l’agglomération.

squares et quais. de part et d’autre du bras de mer : un plan de ville moderne semi ouvert fait d’une zone traditionnelle de centre ville très unie et d’une zone urbaine contemporaine plus ouverte et bien aérée. le projet d’Hammarby Sjöstad possède une grande qualité paysagère. b) Hammarby Sjöstad. Le projet a consisté à saisir une opportunité unique transformer une ancienne zone industrielle et portuaire en un environnement urbain moderne. Dans tous les cas. le nouveau quartier d’Hammarby est implanté sur une ancienne zone industrielle fortement polluée. grâce notamment à la création de nombreux parcs. Ce quartier était initialement prévu pour accueillir le village olympique. Le projet est composé en deux partie. Bien évidemment. les intentions sont bonnes et les réalisations remarquables malgré leurs défauts. Quand la candidature aux jeux olympiques a échoué.La notion de développement durable dans les projets urbains français Mémoire de DESS bien toute la ville qui va petit à petit glisser vers la constitution d’une ville durable. Stockholm À proximité du centre ville de Stockholm. Le site du projet se trouve. Le réaménagement des anciens docks a demandé une reconstruction complète des infrastructures. les considérations durables sont à rattacher aux objectifs de l’agenda 21 de la ville. Quand le quartier sera complètement développé. il comptera 20 000 habitants. qui fut l’un des premiers pour une capitale européenne. Composé autour d’un bras de mer et d’un petit marais. L’omniprésence de l’eau offre une mise en scène majestueuse pour ce nouveau quartier écologique destiné à accueillir près de 9 000 logements dans des immeubles de grande qualité architecturale. Les 131 . Hammarby Sjöstad est le plus grand projet de développement urbain de Stockholm de ces dernières années. dans la continuité naturelle du centre de Stockholm. Hammarby Sjöstad ajoute une nouvelle extension au développement de Stockholm. se seront 30 000 personnes qui vivront et travailleront dans cette zone. et au total. Mais celle-ci est toute proche du centre de la ville. puisque la capitale suédoise était candidate pour les « Jeux » de 2004. des bureaux. des activités tertiaires. le projet a été refaçonné pour prendre la forme qu’il a aujourd’hui. Les importantes considérations écologiques et le plan sont restés malgré une nouvelle planification pour associer une atmosphère de centre ville et une architecture moderne. Il a fallu recomposer complètement les formes urbaines et les axes de circulation pour pouvoir les adapter aux nouvelles fonctions que l’on a voulu implanter : du logement. promenades.

les toits plats et les façades de couleurs face à l’eau sont des exemples de l’application d’une conception architecturale moderne.des investissements importants ont été fait dans les transports publics pour réduire l’usage de la voiture : des bus. un ferry qui fait la navette entre les deux rives. mais aussi les nouvelles constructions qu’elles soient pour du logement ou pour des activités.La notion de développement durable dans les projets urbains français Mémoire de DESS dimensions des rues. des vues sur l’eau. un tramway qui traverse le quartier. les duplex. Il en est de même pour la dimension sociale du programme. Le quartier étant une large extension du centre de Stockholm. va directement influencer la sphère économique par l’intégration de critères durables dans la logique de marché . un large panel d’activités de commerces et d’activités de services sont en cours d’installation. Le modèle « Ecocycle » d’Hammarby prévoit un recyclage des eaux usées avec récupération de chaleur issue de la station d’épuration. L’énergie photovoltaïque est également en cours d’installation pour répondre aux besoins domestiques en énergie. Comme le veut la « culture » suédoise en matière de développement durable. la densité et les longueurs des îlots. la mixité des usages ont été travaillées en fonction d’espacements contemporains. Le projet comporte la création d’une bibliothèque. les balcons et les terrasses généreux. et un système de covoiturage local disponible pour les résidents (qui fonctionne !). d’un foyer pour personne âgées.un centre d’information et d'exposition permanente informe les habitants et l’ensemble des visiteurs sur les comportements environnementaux. de même pour la sphère sociale puisque 132 . le changement des comportements notamment en matière de protection de l’environnement. La dimension économique du développement durable de ce quartier est avant tout axée sur les activités liées à la production d’énergie renouvelables et liées à la construction de bâtiments à haute qualité environnementale. . . les larges surfaces de vitres. Cette organisation urbaine est réalisée autour d’éléments importants qui sont les piliers de la dynamique de ce quartier : créer un environnement urbain agréable. des parcs et de la lumière. La restriction de la profondeur des bâtiments. l’agencement des appartements. avec valorisation thermique des déchets ainsi que l’utilisation des déchets organiques pour produire du biogaz. le respect des règles d’accessibilité pour tous dans les équipements publics.le quartier possède son propre modèle d’écogestion. .

Au départ. capitale du Danemark (450 000 habitants. La municipalité a décidé de lancer un plan global de réhabilitation urbaine du quartier dans lequel des considérations écologiques étaient demandées. la municipalité a. ce quartier ne réussit pas à tendre vers une composition sociale mixte.La notion de développement durable dans les projets urbains français Mémoire de DESS l’accès à un environnement urbain pour tous est une règle essentielle dans les politiques locales en Suède. entre intentions et réalisations. 1. quartier central populaire de Copenhague. depuis quelques années. les prix immobiliers restent trop importants pour pouvoir obtenir une composition sociale diversifiée. A Copenhague.. Les différents projets de réhabilitation menés dans ce quartier ont contribué à l’élaboration de la politique municipale en matière d’écologie urbaine. Les projets durables suédois seraient victimes de leurs succès auprès des investisseurs qui n’hésitent pas. adopté une stratégie 133 . Copenhague Vesterbro. en limite sud du district de Vesterbro. les différences sont minimes. Pourtant le principal défaut. connaît un processus de renouvellement depuis 1990. Une des clés du succès de la rénovation écologique a été la forte implication des habitants. Parmi les nombreuses mesures prises. Cette démarche a été particulièrement approfondie sur l’îlot d’habitation Hedebygade.. est un défaut de grande importance. Dans ce cadre des groupes de travail pluridisciplinaires se mettent en place pour un renouvellement écologique et participatif. Encore une fois. en façades de cage d'escalier ou entre deux façades (au-dessus d'une rue pour alimenter l'éclairage public) l’aménagement de cours intérieures vertes des laveries écologiques communes des cuves enterrées pour la récupération de l’eau de pluie. à investir de manière importante dans ces nouveaux modes de conception environnementale. c) Vesterbro. citons : l'amélioration du confort avec la création de verrières ou bow-window le renforcement de l'isolation la mise en place de panneaux photovoltaïques en toitures. Malgré les intentions et les efforts.4 millions dans l’aire métropolitaine). a priori. Comme à Malmö. le niveau de confort dans ce quartier était un des plus faibles de la ville. Le quartier durable semble être une tendance en passe d’être véritablement réalisée en Suède.

a été construit entre 1852 et 1920. Cet îlot caractéristique des années 1880. 52 International Council for Local Environmental Initiatives 134 . Dans ce cadre. en 1991.La notion de développement durable dans les projets urbains français Mémoire de DESS énergétique globale en vue de réduire les consommations énergétiques sur son territoire et les impacts sur l'environnement qui y sont liés et donc d'atteindre les objectifs fixés au niveau national. la municipalité a décidé. à cause de l’expansion urbaine en périphérie. Le motif urbain se compose d’une. Des travaux d’isolation extérieure sont engagés. colorant les façades extérieures. projet qui visait essentiellement à identifier et analyser les actions à instaurer pour réduire les émissions de gaz à effet de serre (principalement de CO2) au niveau urbain. le district de Vesterbro a alors vu émerger un projet de renouvellement. de participer au projet international « Urban CO2 Reduction Project » lancé par l'ICLEI52. Abandonné jusque dans les années 80. plutôt sommaire. C'est un quartier essentiellement résidentiel. C’est dans ce cadre qu’aura lieu la réhabilitation de l’îlot Hedebygade. Parallèlement à la mise en place d’un processus de participation regroupant les habitants et les étudiants du quartier . Les 19 pâtés de maisons du quartier comptent 4 000 appartements et environ 6 500 habitants. Le projet de réhabilitation devient alors un site d’expérimentation écologique pilote. se compose d’immeubles alignés le long des rues et de cours intérieures en arrière du front bâti. Les immeubles sont de propriété privée. un accord entre le ministère du logement et la ville aboutit à concevoir un projet démonstratif des technologies de pointe en matière d’habitat écologique. situé près de la gare centrale. de rues et de squares. Les habitations sont restructurées et agrandies par des avancées extérieures pour permettre l’aménagement de salles de bain. avant d’être diffusé sur l’ensemble du quartier. Les immeubles de Hedebygade abritent 300 logements et une quarantaine d’ateliers et de sites industriels. Une société municipale de renouvellement coordonne le projet de réhabilitation qui vise avant tout à améliorer le confort. Le Quartier de Vesterbro. Le projet de réhabilitation a d’abord commencé par l’îlot “Hedebygade”. La réhabilitation sera toutefois largement financée par les structures publiques de la ville et de l’état (95%). il est composé d’une succession d’îlots serrés. des immeubles.

L’effort écologique s’est poursuivi au-delà du domaine énergétique pur. Les exigences de qualité 53 relatif à la bioclimatologie en architecture. a été étalée sur cinq ans. Cette initiative de projet de renouvellement global revient à la ville de Copenhague qui a fait réaliser ce projet par deux sociétés publiques de renouvellement. L’ensemble du quartier de Vesterbro a été réhabilité selon les mêmes principes écologiques et participatifs. L’une des principales leçons à tirer de cet exemple de quartier durable. les balcons . qui est de l’ordre du simple au double. Différents systèmes permettant une consommation d’énergie moindre sont développés : des panneaux solaires chauffants à eau chaude sur les toits. des récupérateurs de chaleur individuels dans chaque logement. Les surcoûts engagés pour la mise en place des dispositifs écologiques ne dépassent pas de plus de 30% ceux d’une opération classique. des locaux de collecte et des systèmes de compost ont été aménagés. Il s’agit bien d’une opération de réhabilitation urbaine qui avait pour fondement de réussir à intégrer les principes de développement durable dans sa réalisation. Le retour sur investissement viendra des économies réalisées. il est certain que l’augmentation progressive des loyers n’a pu empêcher le départ forcé des plus modestes. 135 . c'est-à-dire l’utilisation de ressources naturelles pour chauffer ou éclairer une habitation. les façades. Toutefois. La collecte sélective des déchets est organisée au niveau de l’îlot. L’exemple du quartier de Vesterbro nous indique que l’insertion du développement durable dans un projet urbain n’est pas exclusive aux nouveaux quartiers en construction. des espaces communs à l’immeuble de laveries et de salles communes sont créés aux rez-de-chaussée des immeubles ou dans la cour intérieure. Sur la volonté des habitants. En accord avec la ville. Chaque cour intérieure a fait l’objet d’un aménagement paysager distinguant des espaces communs à l’ensemble de l’îlot et des espaces semi-privatifs pour chaque immeuble. est qu’il a été réalisé dans un quartier de type « ancien ». l’augmentation des loyers. le « bioclimatisme 53» passif est largement utilisé : surfaces vitrées et les puits de lumières. L’esprit communautaire danois ancré dans la culture de ce pays et l’intérêt pour la promotion des énergies douces dans un cadre de vie urbain rendent possible ce type d’opération de réel renouvellement urbain par préservation de l’héritage et adaptation à un idéal contemporain. Les appartements sont munis de chauffage par rayonnement à partir du plancher et de systèmes informatisés de contrôle de gestion d’énergie pour suivre la consommation réelle d’énergie.La notion de développement durable dans les projets urbains français Mémoire de DESS Au niveau énergétique.

Cependant. la question sociale du développement durable urbain était de fait posée dans ce quartier très populaire . 136 . De même. et encore une fois on ne peut que constater l’échec de la municipalité qui n’a pas su comment empêcher le départ des plus démunis du quartier. est importante si l’on souhaite que la population s’engage elle-même à modifier ses comportements et à comprendre les enjeux du développement durable. L’aspect social du développement durable est une fois de plus pris à défaut. ce projet illustre comment une concertation poussée.La notion de développement durable dans les projets urbains français Mémoire de DESS environnementales ne doivent pas être réservées aux nouvelles constructions. pour mettre en place une démarche de développement durable.

Notre étude montre également que les projets urbains sont à la fois les initiateurs des démarches de développement durable mais aussi de simples outils territoriaux et opérationnels de la mise en œuvre des politiques de développement durable. Hammarby ou Vesterbro comptent parmi les premières belles réalisations de quartiers durables. quelques améliorations 137 . Déjà en Europe du nord. une démarche de développement durable est plus facilement engagée lorsque la collectivité dispose de moyens financiers conséquents. L’aspect économique et l’aspect social du développement durable sont encore assez peu investis par les collectivités locales. Le « poids » de l’environnement et de la qualité urbaine est encore très fort dans la manière dont. Les actions envisagées dans les projets urbains sont majoritairement des actions mettant en priorité la protection de l’environnement et l’écogestion. en France. on peut dire que globalement les collectivités françaises « prennent la direction » du développement durable. Ces deux remarques confirment que. Leur réussite devrait permettre de généraliser les démarches de développement durable dans la conception ou la réhabilitation des quartiers en y apportant. des projets urbains sont passés des intentions à la réalité. Dans ce dernier cas. nous avons pu observer quelques éléments de compréhension sur l’engagement des projets urbains français dans le développement durable.La notion de développement durable dans les projets urbains français Mémoire de DESS Conclusion partie 3 Au travers de notre classement. bien sûr. Cependant. le projet urbain est par conséquent le site pilote du développement urbain durable pour la ville qui l’a engagé. La taille importante des villes ou agglomérations est également un facteur déterminant pour une meilleure prise en compte du développement durable dans les projets. outre un portage politique fort. les collectivités conçoivent le développement durable. La ville d’Angers est répertoriée comme la ville française pilote en terme de développement durable et l’ensemble de ses projets se rattache à son agenda 21 local. Les quartiers de Bo01. Les projets les plus engagés relèvent de collectivités locales regroupant plusieurs communes telles que les communautés urbaines. Les projets urbains semblent de plus en plus s’engager dans la mise en oeuvre d’opérations oeuvrant pour le développement durable.

Pourtant. et l’ambition est louable puisqu’elle consiste à ne pas détériorer davantage l’environnement et la condition des populations à l’échelle de la planète. mais bel et bien une démarche dans laquelle s’engagent les collectivités locales. Loin d’être un concept ou un modèle à suivre. Si cette analyse peu sembler parfois floue et abstraite. les collectivités locales traitent du développement durable. bien souvent. Si tout le monde s’accorde à reconnaître les vertus d’un tel développement. pour une collectivité locale. Il consiste. il est difficile de trouver un tel consensus sur la définition et les modes de réalisation du développement durable. elle nécessite de trouver un équilibre entre des intérêts contradictoires pour envisager. En France. au travers des intentions programmées dans les projets urbains qu’elles mettent en œuvre. le développement durable est considéré par certains comme une douce utopie. elle résulte directement de la façon dont. Notre travail nous a permis de réaliser un classement des projets urbains pour mieux différencier les manières dont le développement durable était pris en compte. Cette notion est en général 138 . économiques et environnementaux pour chaque opération d’aménagement ou chaque politique de gestion. non plus seulement un souhait évoqué par les grandes institutions internationales. A ce titre. ni l’environnement. ni les activités économiques. La problématique auquel nous nous sommes attaqués tente de savoir de quelle manière le développement durable est pris en compte par ces collectivités. à considérer de la même manière les impératifs sociaux. force est de constater que les collectivités locales s’engagent depuis plusieurs années dans des démarches de développement durable.La notion de développement durable dans les projets urbains français Mémoire de DESS CONCLUSION Le développement durable est devenu en quelques années. à terme un développement qui ne lèse ni les populations. Notion contradictoire. La tâche s’avère difficile et délicate puisqu’il s’agit de faire reposer les modes de production et de consommation sur une nouvelle éthique . les directives européennes et la construction d’un arsenal législatif favorable permettent aujourd’hui aux communes ou aux regroupements de communes de s’engager dans la mise en œuvre d’actions se voulant conformes au développement durable. le développement durable s’affirme comme une démarche.

et enfin les projets urbains qui intègrent une démarche de développement durable. Ce classement a été obtenu selon des critères qualitatifs et quantitatifs qui s’intéressaient davantage aux intentions en terme de développement durable qu’aux réalisations effectives. de mettre en place concrètement leurs politiques de développement durable. Aéroconstellation à Blagnac. concernent les grandes opérations d’urbanisme à l’échelle nationale. tout en restant vague et les moyens de mise en œuvre sont très peu explicités. l’Île Séguin à Boulogne-Billancourt. les « meilleurs projets » que nous avons relevés. Il s’agit dans ces cas là de considérer le projet urbain comme un outil spatial et opérationnel d’une démarche locale de développement durable. l’Ile de Nantes. Neptune 2 à Dunkerque. Nous avons pu remarquer. Si les « petits projets » sont assez peu investis dans la mise en œuvre du développement durable. considérés comme des modèles. Nous avons pu distinguer 4 classes de projets différents : les projets où la notion de développement durable est quasi inexistante . Lyon Confluence. Le projet urbain peut aussi être le « déclencheur » d’une prise de conscience locale en faveur d’une démarche de durabilité. le projet urbain peut être considéré comme un moyen. les 139 . survol qui peut nous éclairer sur l’état actuel des politiques de développement durable dans les collectivités locales françaises. Même dans les projets scandinaves. des sites pilotes pour le développement durable à l’échelle locale et certains ne cachent pas leur ambition de devenir des sites pilotes français : une vitrine de l’aménagement durable français. etc. En réalité. pour les collectivités locales. que l’aspect social du développement durable n’est pas le point fort des intentions françaises.La notion de développement durable dans les projets urbains français Mémoire de DESS considérée comme indispensable dans une communication politique. Il offre alors la possibilité à une collectivité locale de lancer un processus d’agendas 21. que notre entreprise de classement ne se veut en aucun cas être un exercice de comparaison des mises en œuvres du développement durable de chaque projet. en général indiquées dans leurs agendas 21 locaux. les projets urbains où le développement durable est inséré dans la réflexion . puisqu’il s’agit d’opérations à l’état de projets. Il est important de repréciser dans cette conclusion. les projets urbains qui font un effort minimum en faveur du développement durable . celles-ci montrent tout de même leurs limites. Si l’on peut constater que les intentions d’un bon nombre de projets vont dans le sens d’une démarche de ville durable. comptent parmi les projets urbains les plus engagés dans la prise en compte du développement durable dans la réflexion même de leurs projets. Ces projets sont en quelque sorte. Il s’agit bel et bien d’un survol sur les intentions des projets urbains en matière de développement durable . notamment.

le développement durable serait en passe de devenir une démarche qui se généralise pour tout un tas d’actions et de réalisations. Notre travail s’inscrit globalement dans une démarche similaire. pour la suite. l’association 4D vient tout juste de lancer un observatoire national des Agendas 21 et des pratiques territoriales de développement durable. Bien sûr. Néanmoins. au travers de leurs projets urbains. S’il n’y a aucun doute sur leur capacité à produire une ville plus respectueuse de l’environnement et capable d’encourager le développement d’activités économiques éco-responsables. et qui permettrait probablement de conforter une économie locale productrice de valeurs durables. C’est en tout cas ce qu’ils ambitionnent au travers de leurs intentions. Aujourd’hui. et peut dans la mesure du possible apporter sa pierre à l’édifice. il serait judicieux de poursuivre ce travail en analysant plus en profondeur les projets ou du moins ceux qui s’engagent le plus en faveur de la ville durable. Cependant. Si nous n’avions pas réussis a trouvé de travaux de recherche comparables. Il s’agira. afin de mieux préparer une évaluation postérieure.La notion de développement durable dans les projets urbains français Mémoire de DESS municipalités font un constat d’échec à propos de cet aspect social. à l’entame de ce mémoire. En effet. dix pourraient éventuellement être considérés comme des « projets urbains durables ». une réhabilitation soucieuse de l’environnement . La réalisation de tous ces quartiers à haute qualité environnementale en serait l’exemple même. Cette première analyse n’est qu’une première étape qui ne considère que les intentions de départ. Une deuxième étape consisterait à généraliser pour l’ensemble des territoires d’une ville. Mais pouvons-nous pour autant blâmer cette éventualité ? La « courte histoire de la mise en œuvre du développement durable » nous montre qu’une première étape consisterait à prouver que la conception d’une ville écologiquement viable est possible. 140 . de se focaliser sur les véritables réalisations des projets urbains en matière de développement durable. Nous pouvons nous interroger sur leur capacité à réaliser la mixité sociale que les collectivités souhaitent dans ces quartiers. ces projets ne semblent pas prendre une tournure différente de celles des quartiers durables déjà réalisés en Suède ou au Danemark. Ce mémoire nous a permis de nous apercevoir que les collectivités locales. il se pourrait que de tels travaux voient le jour. Mais tout ceci ne reste qu’une hypothèse. étaient en train de mettre en œuvre des démarches de développement durable. il devient également un vecteur de ségrégation sociale puisque les nouvelles créations de quartiers durables connaissent une tendance à la gentrification. Parmi nos 44 projets urbains français.

La notion de développement durable dans les projets urbains français Mémoire de DESS 141 .

L’Harmattan. Dossier d’Experts.196 p. Datar. 174p. Nathalie Holec. 236p Développement urbain Durable. Développement Durable. 148p Le Développement durable de l’utopie au concept. Edition du Cherche Midi. 436p L’écodéveloppement. 2000. 142 . Marc Sauvez. 1997. 1998. Collection des rapports officiels. Rapport au ministre de l’Aménagement du territoire et de l’Environnement. Collections du CERTU. Nature Sciences Sociétés. 285p Les Agendas 21. 195p. Bruno CARLIER. La ville durable. Serge Wachter (Directeur d’ouvrage).La notion de développement durable dans les projets urbains français Mémoire de DESS BIBLIOGRAPHIE Ouvrages : De l’écologie urbaine au Développement Durable. Dominique Rist. 363p. Paris 2001. Techni-Cités. Françoise Rouxel. Juin 2004. La ville et l’enjeu du développement durable. Ecole normale supérieure de Fontenay Saint Cloud. L’aménagement durable : défis et politiques. Editions de l’Aube. Editions ELSEVIER. Teddy Follenfant. Document du centre de Biogéographie-écologie. Etat des lieux en Europe et prospective. De nouveaux chantiers pour la recherche. 2002. Les Agendas 21 locaux en France: état des lieux. outils de développement durable. Collection Alternatives Economiques. Ignacy Sachs. Paris. éditions de l’Aube. 175p. Dossier d’Experts. Cyria Emelianoff. 2003. Laurent Coméliau. Le développement durable approche méthodologique dans les diagnostics territoriaux. Caroline Speirs. 186p. Datar. Par l’agence Régionale de l’environnement de Haute Normandie. 1997. Quatre métropoles européennes. Editeur scientifique Marcel Jollivet. février 1999. Dirigé par Roberto Camagni et Maria Cristina Gibelli. 2001. La documentation française. Paris. 2003. Juin 2001. Association 4D. édition La Découverte.124 p Le concept de développement durable : l’exemple des villes françaises. 21 maires s’engagent. Techni-Cités.

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100 Figures Figure n° 1 : Typologie et thématique des projets Figure n° 2 : Les trois sphères du développement durable Figure n°3 : Le développement durable au centre d’objectifs contradictoires Figure n°4 : La démarche d’Agenda 21 p.98 p.18 p.42 145 .18 p.96 p.La notion de développement durable dans les projets urbains français Mémoire de DESS TABLES DES CARTES ET FIGURES Cartes Carte n° 1 : Typologie des projets et taille des villes porteuses Carte n° 2 : Quelles collectivités portent les projets ? Carte n° 3 : Typologie et thématique des projets p.26 p.

La notion de développement durable dans les projets urbains français Mémoire de DESS ANNEXES 146 .

La notion de développement durable dans les projets urbains français Mémoire de DESS ANNEXE 1 Tableau général comparatif de la prise en compte du développement durable des 44 projets urbains français 147 .

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La notion de développement durable dans les projets urbains français Mémoire de DESS ANNEXE 2 Les lauréats des appels à projets du ministère de l’Aménagement du Territoire et de l’Environnement 1997 2000 2003 158 .

Parc Régionaux du massif des BAUGES et de CHARTREUSE Conjugaison des efforts pour rendre “la ville durablement habitable et les campagnes durablement habitées” • DUNKERQUE-GRAND LITTORAL (59) Politique de l’habitat dans la perspective de l’Agenda 21 • MAMOUDZOU (Mayotte) Espaces verts et cimetières : un développement durable 159 .La notion de développement durable dans les projets urbains français Mémoire de DESS Lauréats 1er appel à projet en 1997 (16) • ARCUEIL.AVION (62) Projet de développement local • ASSOCIATION POUR LE DEVELOPPEMENT DE L’ALSACE DU NORD (67) Optimisation des collectes sélectives des déchets banals ménagers et professionnels pour l’Alsace du Nord. réseau des villes fertiles et Agenda 21 • District de POITIERS (86) Métiers. FRESNES (94) Mise en place d’une structure intercommunale pour la réalisation des actions de la charte d’environnement • ATHIS-MONS (91) Projet de la ville d’Athis-Mons • BOUGUENAIS (42) Programme POLLEN. services et développement durable • FACHES-THUMESNIL (59) CLOE : Contrat local opérationnel de l’environnement • EPERNAY (51) Outils et démarches en vue de la réalisation d’Agendas 21 locaux • GRANDE-SYNTHE (59) En marche vers le développement durable • GRENOBLE (38) Démarche pour un agenda 21 local • SIVOM du ROUVROY. L’HAY-LES-ROSES. CACHAN. Un potentiel majeur pour bâtir un Agenda 21 • BELFORT (90) et MOHAMEDIA (Maroc) Echanges d’expériences sur l’information et la participation du citoyen dans le développement durable • CHAMBERY (73).

Etude et mise en oeuvre d’un plan de déplacements urbains volontaire s’intégrant dans la démarche d’agenda 21 en cours et s’appuyant sur des échanges avec 2 villes européennes dans le cadre d’un projet • SYDOM du Jura (39) plan d’amélioration de la qualité • District d’aménagement du Val de Drôme (26) Agenda 21 et espace d’activités intercommunal à Haute Qualité Environnementale du District d’Aménagement de Val de Drôme • Communauté urbaine de Strasbourg (67) Pour un agenda 21 • Agence régionale pour l’environnement Midi-Pyrénées (31) Réseau des villes durables Midi-Pyrénées • Syndicat mixte de Gâtine (79) Pays de Gâtine .La notion de développement durable dans les projets urbains français Mémoire de DESS • RILLIEUX-LA-PAPE (69) Définition et mise en place de la fonction d’observateurs de quartiers au travers de 5 à 6 emplois jeunes • SAINT DENIS/ AUBERVILLIERS (93) Engager des études sur l’interface Environnement / Economie et Environnement / Equité sociale Lauréats 2ème appel à projet en 2000 (29) • Commune de Saint Martin de Crau (13) Le projet d’Eco-tourisme et les conventions d’objectifs • Communauté d’agglomération de Pau (64) Tableau de bord communautaire et agenda 21 local • Communauté de communes des côteaux de la Haute Seille (39) Plan de Gestion du site classé de Baume les Messieurs • Communauté de communes Entre Deux Mers (33) Pour un développement écotouristique durable • Ville de Romans (26) MOBASTO.Démarche de programmation participative en vue de l’élaboration du projet de territoire de Gâtine 2000-2001 160 .

Industrie-insertion. A partir de trois pôles industriels. innovation et recherche et développement • Ville de MARTIGUES (13) Observatoire communal de la santé et mise en réseau d’informations 161 .Méthodologie du développement Local Durable à l’International • Entraigues sur la Sorgue (84) Réhabilitation d’une friche industrielle : développement durable et bonne gouvernance dans la création du quartier du Moulin des Toiles • Association pour le développement de l’Alsace du Nord & Association pour l’étude de la charte intercommunalede Brumath (67) Projet de valorisation économique du verger traditionnel d’Alsace du Nord • Association CRITT Z3T . environnement.La notion de développement durable dans les projets urbains français Mémoire de DESS • Agence locale de l’énergie de l’agglomératio n lyonnaise (69) Inventaire. sur l’entrée formation entre développement économique. engager. Mise en place d’un agenda 21 local • Alsace qualité environnement (67) Outils d’aide à la décision et à l’évaluation des projets de construction publique -application au logement social dans la Communauté Urbaine de Strasbourg • CORAIL (69) MELODI . Economie-environnement).VIERZON(18) VIE (Vierzon.ville durable.Limousin (24) Pour un nouveau service public s’inscrivant dans une perspective de développement durable • Ville de Villers Cotterets (2) Introduction d’un système de management environnemental dans la ville • Ville d’Autun (71) Rédaction d’un agenda 21 avec la création d’ateliers citoyens • Ville d’Angers (49) Angers. actions et implication des citoyens pour réduire les émissions de gaz à effet de serre au plan local • District rural de Montrevel en Bresse (1) Projet de gestion et de valorisation de l’espace rural • Communauté d’agglomération du pays de Lorient (56) Pour un pôle de compétence développement durable • Communauté de communes de Marie Galante (971-Guadeloupe) Plan de développement durable • Parc Naturel Régional du Périgord. équité sociale.

grâce à un partenariat collectivités .Alpes Métropole (38) Réalisation d’agendas 21 avec des outils intégrés • Extra-Muros Roubaix. La Talaudière (42) Aménager et gérer la zone d’activités de Molina la Chazotte dans une perspective de développement durable • Saint-Étienne Métropole (42) Mise en place d'un conseil en mobilité • Zac du centre ville de Cran-Gevrier (74) Projet d’action concertée pour la conception et la mise en oeuvre d’un plan vert intégré à l’opération d’aménagement du centre ville « CHORUS » • Communauté d’agglomération dijonnaise (21) Ceinture verte.entreprise pour la reconversion durable du bassin potassique • Zone d’activités des communes de Saint-Étienne. projet d’aménagement d’une lisière urbaine à St Apollinaire 162 .Lutte contre la pauvreté .La notion de développement durable dans les projets urbains français Mémoire de DESS Les lauréats suivants sont appelés à mettre en synergie leurs projets : • Villes d’Echirolles et de Meylan et communauté d’agglomération de Grenoble. Hem. l’exclusion et la citoyenneté : outils d’aide à la décision pour un agenda 21 local Lauréats 3ème appel à projet en 2003 (41) • Territoire du SCOT du Haut Rhône Dauphinois (38) Le PACTE pour la citoyenneté du Syndicat Mixte pour le SCOT du Haut Rhône Dauphinois (Démarche agenda 21 à l’occasion de l’élaboration de son SCOT avec actions de communication. Wattrelos et Lille Métropole (59) Grand projet de ville et développement durable • Association ARIANES et département et région Nord-pas-de-Calais (59) CRESUS 21 . de concertation et de participation. Tourcoing. en particulier avec les jeunes) • Métropole lilloise (59) La démarche MIEL 21 : Mutualisation des initiatives éco-citoyennes locales • Dunkerque Périmètre de l’opération Neptune (59) La construction d’un quartier 21 et la transformation de l’action publique • Territoire du bassin potassique en Alsace (68) Du modèle a la généralisation des zones d’activités de qualité. St Jean Bonnefonds.

à travers une dynamique d’insertion sociale et professionnelle et la réhabilitation écologique des berges de Seine • Agglomération de Carcassonne (11) Processus de conception intégré du développement durable et de la qualité environnementale • Ville de Romans et communauté de communes du pays de Romans (26) Contrat de nappe de l’aquifère de la plaine romanaise (coopération Ville-campagne pour une protection durable de la ressource en eau) • Région Nord-Pas-de-Calais (59) Naturenville Réseau régional • Commune de Ris-Orangis : secteur du bas de la ville (91) Redéfinition du secteur du Dock des alcools à Ris-Orangis • Commune de Sommières (30) Reconquérir une friche urbaine en zone inondable • Agglomération rennaise (35) Réseau de compétences pour les acteurs mobilisés sur des opérations d’aménagement renouvelables et durables • Secteur du quartier St Jean St Pierre de la ville de Narbonne (11) Requalification du secteur Berre-Cesse-Rec d’Argent • Le Grand Lyon : secteur du canal de Miribel et de Jonage (69) Anneau Bleu. d’évaluation et de suivi de l’opération avec mise en place d’un Système de Management Environnemental certifié selon le référentiel ISO 14001 et échanges d’expériences européens) • Vitré communauté (35) Construire ensemble et au moyen du saule tressé un cadre de vie attractif 163 . d’échange et de concertation avec les habitants.La notion de développement durable dans les projets urbains français Mémoire de DESS • Plan d’eau du Canada et ensemble de la ville de Beauvais (60) Ferme de la Mie au Roy (Réhabilitation d'un site ancien agricole pour en faire un outil d’éducation. de réinsertion (chantier école. jardins pédagogiques). Scène d’observation et d’expérimentation dans le champ du développement durable • Quartiers Nord-Est de la Commune de Combs-la-Ville (77) Démarche Qualité(s) pour un aménagement durable des quartiers Nord-Est de Combs-la-Ville • ZAC de Trémonteix à Clermont-Ferrand (63) Un projet de coopération européenne pour favoriser l’aménagement de la ZAC Trémonteix selon une démarche de Haute Qualité Environnementale • Projet Seine-Arche à Nanterre (92) Aménagement durable et territoire : le projet Seine-Arche à Nanterre (Méthode d’analyse. d’accueil des sportifs) • Val de Seine (92) Participation à la co-construction d’un aménagement durable.

La notion de développement durable dans les projets urbains français Mémoire de DESS • Territoire portuaire de Saint-Nazaire (44) Saint-Nazaire Ville-Port Phase 2 (Faire d’une friche portuaire un coeur d’agglo avec constructions de logements sociaux. (Outils pour la Cohésion sociale dans un quartier en voie de restructuration) 164 . Pour un habitat adapté destiné aux gens du voyage • Ville des Mureaux (78) La « Nouvelle grille » (Construction d’un référentiel destiné au suivi et à l’évaluation des projets présentés à la commune dans un souci de cohérence et de visibilité des actions en matière de développement durable) • Commune de Montreuil-Juigné (49) Le Val de Montreuil-Juigné (Aménagement durable d'un site urbanisable (HQE. logement sociaux. équipements culturels et touristiques avec une pratique de projet innovante) • Le quartier Avaricum à Bourges (18) Opération Avaricum : un quartier durable • Commune de Blagnac et ZAC Aéroconstellation (31) Programme Constellation : démarche intégrée et prospective d’analyse et d’évaluation de la Qualité Urbaine Durable • Collectivités territoriales ayant entrepris une démarche de Développement Durable Adaptation et expérimentation du guide SD 21000 aux collectivités territoriales (apport d'une démarche méthodologique) • Brétigny-sur-Orge (91) Maîtrise d’oeuvre urbaine et sociale. cadre de vie) avec pour objectif d’étendre les actions vers la réalisation d’un A21) • Pays d’Agly (66) Projet d’expérimentation de tourisme durable sur le pays d’Agly • Pays de Combrailles/Communauté de commune du Coeur de Combrailles/ commune de Charensat (63) Mise en place d'un Centre d'Éducation au Développement Durable dans le Pays des Combrailles • Territoire communal de Nice (06) Le plan paysage de Nice. un élément de développement durable du plan local d'urbanisme en élaboration • Parc naturel régional du Massif des Bauges Mise en oeuvre de projets locaux d'aménagement et de développement durable pour les zones sous double influence « urbain-rural » • Quartier Cristino Garcia. Saint-Denis / Aubervilliers (93) Création et animation d'un « atelier Urbain de Participation ».

l’organisation de déplacements doux).La notion de développement durable dans les projets urbains français Mémoire de DESS • Un quartier du centre ville de Saint-Leu (97) Un quartier durable pour Saint-Leu. la réhabilitation du site dunaire. Mise en oeuvre des principes de développement durable 165 . la mise en place de corridors écologiques. • Ville nouvelle de Sénart (77) Définition de l'agriculture périurbaine durable à Sénart et intégration de la qualité environnementale des parcs d'activités • Île Seguin à Boulogne-Billancourt (92) Création du huitième quartier sur les terrains Renault : île Seguin-Billancourt. gardien de l'entrée de l'estuaire (Aménagement d'un site naturel fréquenté par des touristes en tenant compte de avec une gestion intégrée de la zone côtière. d’évaluation et de suivi des processus d’élaboration et de mise en oeuvre des projets appliquée à une opération de renouvellement urbain : une ZAC en centre ville de Grenoble) • Baie de Somme en Picardie (80) En Baie de Somme à Cayeux : Le Hourdel. le quartier du four à chaux (Mise au point d’une méthodologie d'intégration de l'évaluation environnementale dans les documents d'urbanisme avec pour site pilote la communauté d'agglo de Niort et la ville Toulouse) • Territoire de l’implantation de l’OPAC 38 Agenda 21 de l’OPAC 38 • Ville d’Échirolles et ZAC Centre 2 (38) ZAC centre 2 du centre ville (Méthode d’analyse.

La notion de développement durable dans les projets urbains français Mémoire de DESS

ANNEXE 3

Déclaration de Rio sur l'environnement et le développement La Conférence des Nations Unies sur l'Environnement et le Développement Réunie à Rio de Janeiro du 3 au 14 juin 1992

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La notion de développement durable dans les projets urbains français Mémoire de DESS Déclaration de Rio sur l'environnement et le développement La Conférence des Nations Unies sur l'Environnement et le Développement, réunie à Rio de Janeiro du 3 au 14 juin 1992. Réaffirmant la Déclaration de la Conférence des Nations Unies sur l'environnement adoptée à Stockholm le 16 juin 1972, et cherchant à en assurer le prolongement ; Dans le but d'établir un partenariat mondial sur une base nouvelle et équitable en créant des niveaux de coopération nouveaux entre les Etats, les secteurs clefs de la société et les peuples ; Oeuvrant en vue d'accords internationaux qui respectent les intérêts de tous et protègent l'intégrité du système mondial de l'environnement et du développement ; Reconnaissant que la Terre, foyer de l'humanité, constitue un tout marqué par l'interdépendance ; Proclame ce qui suit : Principe 1 Les êtres humains sont au centre des préoccupations relatives au développement durable. Ils ont droit à une vie saine et productive en harmonie avec la nature. Principe 2 Conformément à la Charte des Nations Unies et aux principes du droit international, les Etats ont le droit souverain d'exploiter leurs propres ressources selon leur politique d'environnement et de développement, et ils ont le devoir de faire en sorte que les activités exercées dans les limites de leur juridiction ou sous leur contrôle ne causent pas de dommages à l'environnement dans d'autres Etats ou dans des zones ne relevant d'aucune juridiction nationale. Principe 3 Le droit au développement doit être réalisé de façon à satisfaire équitablement les besoins relatifs au développement et à l'environnement des générations présentes et futures. Principe 4 Pour parvenir à un développement durable, la protection de l'environnement doit faire partie intégrante du processus de développement et ne peut être considérée isolément. Principe 5 Tous les Etats et tous les peuples doivent coopérer à la tâche essentielle de l'élimination de la pauvreté, qui constitue une condition indispensable du développement durable, afin de réduire les différences de niveaux de vie et de mieux répondre aux besoins de la majorité des peuples du monde. Principe 6 La situation et les besoins particuliers des pays en développement, en particulier des pays les moins avancés et des pays les plus vulnérables sur le plan de l'environnement, doivent se voir accorder une priorité spéciale. Les actions internationales entreprises en matière d'environnement et de développement devraient également prendre en considération les intérêts et les besoins de tous les pays. Principe 7 Les Etats doivent coopérer dans un esprit de partenariat mondial en vue de conserver, de protéger et de rétablir la santé et l'intégrité de l'écosystème terrestre. Etant donné la diversité des rôles joués dans la dégradation de l'environnement mondial, les Etats ont des responsabilités communes mais différenciées. Les pays développés admettent la responsabilité qui leur incombe dans l'effort international en faveur du développement durable, compte tenu des pressions que leurs sociétés exercent sur l'environnement mondial et des techniques et des ressources financières dont ils disposent. Principe 8

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La notion de développement durable dans les projets urbains français Mémoire de DESS Afin de parvenir à un développement durable et à une meilleure qualité de vie pour tous les peuples, les Etats devraient réduire et éliminer les modes de production et de consommation non viables et promouvoir des politiques démographiques appropriées. Principe 9 Les Etats devraient coopérer ou intensifier le renforcement des capacités endogènes en matière de développement durable en améliorant la compréhension scientifique par des échanges de connaissances scientifiques et techniques et en facilitant la mise au point, l'adaptation, la diffusion et le transfert de techniques, y compris de techniques nouvelles et novatrices. Principe 10 La meilleure façon de traiter les questions d'environnement est d'assurer la participation de tous les citoyens concernés, au niveau qui convient. Au niveau national, chaque individu doit avoir dûment accès aux informations relatives à l'environnement que détiennent les autorités publiques, y compris aux informations relatives aux substances et activités dangereuses dans leurs collectivités, et avoir la possibilité de participer aux processus de prise de décision. Les Etats doivent faciliter et encourager la sensibilisation et la participation du public en mettant les informations à la disposition de celui-ci. Un accès effectif à des actions judiciaires et administratives, notamment des réparations et des recours, doit être assuré. Principe 11 Les Etats doivent promulguer des mesures législatives efficaces en matière d'environnement. Les normes écologiques et les objectifs et priorités pour la gestion de l'environnement devraient être adaptés à la situation en matière d'environnement et de développement à laquelle ils s'appliquent. Les normes appliquées par certains pays peuvent ne pas convenir à d'autres pays, en particulier à des pays en développement, et leur imposer un coût économique et social injustifié. Principe 12 Les Etats devraient coopérer pour promouvoir un système économique international ouvert et favorable, propre à engendrer une croissance économique et un développement durable dans tous les pays, qui permettrait de mieux lutter contre les problèmes de dégradation de l'environnement. Les mesures de politique commerciale motivées par des considérations relatives à l'environnement ne devraient pas constituer un moyen de discrimination arbitraire ou injustifiable, ni une restriction déguisée aux échanges internationaux. Toute action unilatérale visant à résoudre les grands problèmes écologiques au-delà de la juridiction du pays importateur devrait être évitée. Les mesures de lutte contre les problèmes écologiques transfrontières ou mondiaux devraient, autant que possible, être fondées sur un consensus international. Principe 13 Les Etats doivent élaborer une législation nationale concernant la responsabilité de la pollution et d'autres dommages à l'environnement et l'indemnisation de leurs victimes. Ils doivent aussi coopérer diligemment et plus résolument pour développer davantage le droit international concernant la responsabilité et l'indemnisation en cas d'effets néfastes de dommages causés à l'environnement dans des zones situées au-delà des limites de leur juridiction par des activités menées dans les limites de leur juridiction ou sous leur contrôle. Principe 14 Les Etats devraient concerter efficacement leurs efforts pour décourager ou prévenir les déplacements et les transferts dans d'autres Etats de toutes activités et substances qui provoquent une grave détérioration de l'environnement ou dont on a constaté qu'elles étaient nocives pour la santé de l'homme.

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en employant des moyens appropriés conformément à la Charte des Nations Unies. et occupation doivent être protégés. leur culture et leurs intérêts. Principe 23 L'environnement et les ressources naturelles des peuples soumis à oppression.La notion de développement durable dans les projets urbains français Mémoire de DESS Principe 15 Pour protéger l'environnement. Principe 19 Les Etats doivent prévenir suffisamment à l'avance les Etats susceptibles d'être affectés et leur communiquer toutes informations pertinentes sur les activités qui peuvent avoir des effets transfrontières sérieusement nocifs sur l'environnement et mener des consultations avec ces Etats rapidement et de bonne foi. les idéaux et le courage des jeunes du monde entier afin de forger un partenariat mondial. Principe 17 Une étude d'impact sur l'environnement. Principe 24 La guerre exerce une action intrinsèquement destructrice sur le développement durable. domination. Principe 18 Les Etats doivent notifier immédiatement aux autres Etats toute catastrophe naturelle ou toute autre situation d'urgence qui risque d'avoir des effets néfastes soudains sur l'environnement de ces derniers. doit être entreprise dans le cas des activités envisagées qui risquent d'avoir des effets nocifs importants sur l'environnement et dépendent de la décision d'une autorité nationale compétente. des mesures de précaution doivent être largement appliquées par les Etats selon leurs capacités. leur accorder tout l'appui nécessaire et leur permettre de participer efficacement à la réalisation d'un développement durable. de manière à assurer un développement durable et à garantir à chacun un avenir meilleur. en tant qu'instrument national. selon que de besoin. 169 . dans le souci de l'intérêt public et sans fausser le jeu du commerce international et de l'investissement. assumer le coût de la pollution. Principe 22 Les populations et communautés autochtones et les autres collectivités locales ont un rôle vital à jouer dans la gestion de l'environnement et le développement du fait de leurs connaissances du milieu et de leurs pratiques traditionnelles. Principe 26 Les Etats doivent résoudre pacifiquement tous leurs différends en matière d'environnement. Leur pleine participation est donc essentielle à la réalisation d'un développement durable. Les Etats doivent donc respecter le droit international relatif à la protection de l'environnement en temps de conflit armé et participer à son développement. La communauté internationale doit faire son possible pour aider les Etats sinistrés. Principe 16 Les autorités nationales devraient s'efforcer de promouvoir l'internationalisation des coûts de protection de l'environnement et l'utilisation d'instruments économiques. Principe 21 Il faut mobiliser la créativité. en principe. Principe 25 La paix. En cas de risque de dommages graves ou irréversibles. l'absence de certitude scientifique absolue ne doit pas servir de prétexte pour remettre à plus tard l'adoption de mesures effectives visant à prévenir la dégradation de l'environnement. Principe 20 Les femmes ont un rôle vital dans la gestion de l'environnement et le développement. Les Etats devraient reconnaître leur identité. en vertu du principe selon lequel c'est le pollueur qui doit. le développement et la protection de l'environnement sont interdépendants et indissociables.

La notion de développement durable dans les projets urbains français Mémoire de DESS Principe 27 Les Etats et les peuples doivent coopérer de bonne foi et dans un esprit de solidarité à l'application des principes consacrés dans la présente Déclaration et au développement du droit international dans le domaine du développement durable 170 .

La notion de développement durable dans les projets urbains français Mémoire de DESS ANNEXE 4 Chapitre 28 d'Action 21 "Initiative des collectivités locales à l'appui d'Action 21" Juin 1992 171 .

principe d'une discrimination positive à l'égard des pays dont l'économie est en transition. La section 2 concerne la conservation et la gestion des ressources naturelles : atmosphère.qu'elles soient nord-sud ou internes à un pays ou à une région . préparer un "programme action 21" en coopération avec les habitants. a fait l'objet d'une publication : "Vers un programme action 21 local . les agents économiques. les organisations locales et les entreprises.importance d'un partenariat mondial (aucun pays ne peut atteindre seul l'objectif poursuivi) . 172 . formation et information. démographie.et d'autre part sur la préservation de l'environnement et sur une utilisation aussi économe que possible des ressources naturelles avec le souci de les préserver pour les générations futures. forêts. écosystèmes fragiles. IULA. la lutte contre les inégalités et le développement. à l'échelle de leur territoire. Complémentaire de la déclaration de Rio. FRMCU. L'Agenda 21 comprend 40 chapitres répartis en un préambule et 4 sections. les travailleurs. A noter que le chapitre 28 de cette section est entièrement consacré aux collectivités locales qui devraient. modification des modes de consommation. textes sur la forêt et la désertification.une synthèse urbaine d'Action 21 à l'usage des collectivités locales" Avril 1994. les populations autochtones. il souligne les points suivants : . . les communautés régionales. il repose sur l'idée que nous nous situons à un tournant de l'histoire. les chercheurs. les ONG.La notion de développement durable dans les projets urbains français Mémoire de DESS Chapitre 28 d'Action 21: "Initiative des collectivités locales à l'appui d'Action 21" Juin 1992 L'Agenda 21 a été adopté au sommet de Rio. Un premier travail réalisé par plusieurs organismes (METROPOLIS. agriculture durable. Le préambule : Après avoir rappelé le principe du développement durable qui consiste à traiter conjointement les questions d'environnement. risques technologiques. en même temps que plusieurs autres textes : déclaration de Rio.nécessité d'agir sur le court terme comme sur le long terme . moyens technologiques et scientifiques. SOMMET et ICLEI) en vue de faciliter la préparation de ces programmes.nécessité de la mise en place de moyens financiers nouveaux . en juin 1992. . éducation. La section 1 est consacrée aux dimensions sociales et économiques : lutte contre la pauvreté. eau. La section 3 traite du rôle des différents groupes ou acteurs : les femmes. traitement des déchets. coopération internationale et mise en oeuvre de démarches de planification. Il s'agit d'un plan global conçu pour les gouvernements. Il est applicable dès maintenant mais sa mise en œuvre devra être poursuivie tout au long du XXIème siècle. . les institutions et les différents acteurs économiques et sociaux. La section 4 rassemble des recommandations sur les moyens d'exécution : ressources financières. mécanismes institutionnels ou juridiques nationaux et internationaux. les enfants. que nous ne pouvons pas continuer avec les politiques actuelles qui maintiennent l'écart entre pays riches et pays pauvres et qui mettent en péril les écosystèmes dont nous dépendons pour survivre. les collectivités locales. Il convient en conséquence de mettre en œuvre un nouveau type de développement qui repose d'une part sur la lutte contre les inégalités . conventions sur les climats et la biodiversité. santé.

Intégration du processus de prise de décisions sur l'environnement et le développement Section II : Conservation et gestion des ressources aux fins du développement 9. y compris la prévention du trafic international illicite des produits toxiques et dangereux 20. Coopération internationale visant à accélérer un développement durable dans les pays en développement et politiques nationales connexes 3. utilisation rationnelle et mise en valeur de leurs ressources biologiques 18. Gestion des écosystèmes fragiles : lutte contre la désertification et la sécheresse 13. Protection de l'atmosphère 10. et protection. Gestion des écosystèmes fragiles : mise en valeur durable des montagnes 14. Lutte contre la pauvreté 4. Initiatives des collectivités locales à l'appui d'Action 21 29. Promotion d'un modèle viable d'établissements humains 8. Ressources et mécanismes financiers 173 .La notion de développement durable dans les projets urbains français Mémoire de DESS Table des matières de l'Agenda 21 1. Conception intégrée de la planification et de la gestion des terres 11. Protection des océans et de toutes les mers . Gestion écologiquement rationnelle des substances chimiques toxiques.y compris les mers fermées et semi-fermées et des zones côtières. Protection des ressources en eau douce et de leur qualité : application d'approches intégrées de la mise en valeur. de la gestion et de l'utilisation des ressources en eau 19. Gestion écologiquement rationnelle des biotechniques 17. Renforcement du rôle des travailleurs et de leurs syndicats 30. y compris la prévention du trafic international illicite de déchets dangereux 21. Modification des modes de consommation 5. Promotion d'un développement agricole et rural durable 15. Préambule 24. Dynamique démographique et durabilité 6. Protection et promotion de la santé 7. Gestion écologiquement rationnelle des déchets solides et questions relatives aux eaux usées 22. Rôle des enfants et des jeunes dans la promotion d'un développement durable 26. Lutte contre le déboisement 12. Préambule Section I : Dimensions sociales et économiques 2. Communauté scientifique et technique 32. Gestion écologiquement rationnelle des déchets dangereux. Reconnaissance et renforcement du rôle des populations autochtones et de leurs communautés 27. Action mondiale en faveur de la participation des femmes à un développement durable et équitable 25. Renforcement du rôle du commerce et de l'industrie 31. Gestion sûre et écologiquement rationnelle des déchets radioactifs Section III : Renforcement du rôle des principaux groupes 23. Renforcement du rôle des organisations non gouvernementales : partenaires pour un développement durable 28. Préservation de la diversité biologique 16. Renforcement du rôle des agriculteurs Section IV : Moyens d'exécution 33.

La notion de développement durable dans les projets urbains français Mémoire de DESS 34. Promotion de l'éducation. Arrangements institutionnels internationaux 39. Transfert de techniques écologiquement rationnelles. Instruments et mécanismes juridiques internationaux 40. L'information pour la prise de décisions 174 . La science au service d'un développement durable 36. de la sensibilisation du public et de la formation 37. coopération et création de capacités 35. Mécanismes nationaux et coopération internationale pour le renforcement des capacités dans les pays en développement 38.

La notion de développement durable dans les projets urbains français Mémoire de DESS ANNEXE 5 Charte des villes européennes pour la durabilité Charte d'Aalborg 27 mai 1994 175 .

La notion de développement durable dans les projets urbains français Mémoire de DESS Charte des villes européennes pour la durabilité Charte d'Aalborg. et les structures environnementales. supports de nos économies et gardiens de la culture. sans détruire le capital naturel. et en particulier nos structures répartition du travail et des fonctions. I. villes européennes.1 Le rôle des villes européennes Nous. L'autorité locale est proche des problèmes environnementaux et la plus proche des citoyens . Il exige que nous ne consommions pas les ressources renouvelables. nous rendent essentiellement responsables des nombreux problèmes environnementaux auxquels l'humanité est confrontée. et que nous n'exploitions pas les ressources non renouvelables plus rapidement que les ressources renouvelables durables ne peuvent être remplacées. les centres de l'industrie. de l'artisanat. occupation des sols. de l'eau et du sol à des niveaux suffisants pour protéger durablement la vie humaine. le 27 mai 1994 Première partie : Déclaration commune : les villes européennes pour la durabilité I. comprenons que le concept de développement durable nous conduit à fonder notre niveau de vie sur le capital que constitue la nature. des économies durables. du commerce. La justice sociale s'appuie nécessairement sur une économie durable et sur l'équité. Les villes ont donc un rôle essentiel à jouer pour faire évoluer les habitudes de vie. signataires de la présente charte. nous avons connu des empires.2 La notion et les principes de la durabilité. Nous nous efforçons de construire une justice sociale. 176 . villes. Nous. Cela est d'autant plus vrai que 80% de la population européenne vit dans des zones urbaines. nous avons été les organisations de base de nos sociétés et de nos Etats. Danemark. de production et de consommation.et donc notre niveau de vie. de la santé publique et de la qualité de l'air. pour le bienêtre de l'homme et de la nature. environnement durable suppose le maintien de la biodiversité. de l'eau et du sol à l'absorber et à la traiter. notamment en énergie et en eau. Nous avons pris conscience que les niveaux de consommation des ressources par les pays industrialisés ne peuvent satisfaire l'ensemble de la population actuelle. et un environnement viable. Environnement durable signifie aussi que la pollution ne doit pas être supérieure à la capacité de l'air. de l'éducation et du pouvoir. plus rapidement que la nature ne peut les remplacer. agriculture. que nous avons subsisté comme centres de la vie sociale. et encore moins les générations futures. consommation et activités récréatives . déclarons qu'au fil de l'histoire. production industrielle. des Etats et des régimes et leur avons survécu. 27 mai 1994 Charte adoptée par les participants à la conférence européenne sur les villes durables qui s'est tenue à Aalborg. En outre. transports. Nous sommes convaincus qu'une vie humaine durable ne peut exister sur cette terre sans collectivités locales durables. elle partage les responsabilités avec les autorités compétentes à tous les niveaux. Nous comprenons qu'aujourd'hui notre mode de vie urbain. des héritages et des traditions et qu'avec les familles et les communautés voisines. la faune et la flore. qui reposent à leur tour sur un environnement viable. Environnement durable est synonyme de maintien du capital naturel.

2.4 La durabilité. holistique et durable. et les plus petites collectivités à même de résoudre les problèmes d'une manière véritablement intégrée. habitats d'espèces rares) .3 Les plans locaux de durabilité Nous. reconnaissons que la durabilité n'est ni une vision ni un état immuable. soit par nous-mêmes soit avec l'aide d'une plus grande entité régionale ou nationale. la politique. le sol. Chaque ville étant différente.Soulager les réserves en capital naturel en en constituant de nouvelles (par exemple sous forme de parcs récréatifs communaux. insuffisance des équipements. villes. I. en premier lieu. Nous.accroître le rendement final des produits (bâtiments énergétiquement rationnels.Favoriser la croissance du capital naturel en réduisant notre niveau d'exploitation actuel. En construisant la gestion urbaine autour de l'information ainsi collectée.Investir dans la conservation du capital naturel restant (réserves en eaux souterraines. I. l'environnement et les ressources naturelles. les villes apparaissent comme des ensembles organisés et les effets de toutes les actions d'envergure deviennent visibles. Nous devons donc remédier à nos difficultés ou à nos déséquilibres. I. 3. c'est à chacune qu'il appartient de trouver son propre chemin de parvenir à la durabilité.7 Une justice sociale pour une durabilité urbaine Nous. pollution de l'atmosphère par les gaz d'échappement. l'eau et les forêts. I. manque d'espaces verts) et les moins aptes à les résoudre. transports urbains respectueux de l'environnement). 4. par exemple vis-à-vis des énergies non-renouvelables . villes. de l'emploi et du logement. L'inégalité des richesses est à l'origine de comportements insoutenables dont elle rend l'évolution plus difficile. villes. sommes convaincues d'être à la fois les plus grandes entités capables de gérer. pour alléger la pression sur des forêts naturelles) . la société. insalubrité des logements. reconnaissons que nous ne pouvons pas nous permettre de transmettre nos problèmes ni à des communautés plus larges ni aux générations futures.La notion de développement durable dans les projets urbains français Mémoire de DESS I. Nous devons donc investir dans ce capital. Nous voulons intégrer à la protection de l'environnement les exigences sociales essentielles de la population ainsi que les programmes d'action sanitaire. Nous voulons tirer les leçons des premières 177 . les nombreux déséquilibres qui touchent actuellement les constructions. Un tel processus permet à la ville et à ses habitants de faire des choix réfléchis. Un système de gestion qui repose sur les principes de la durabilité autorise à prendre des décisions qui non seulement représentent les intérêts des parties concernées mais aussi ceux des générations futures. La durabilité permet un retour d'information permanent sur les activités qui favorisent l'équilibre de l'écosystème urbain et sur celles qui l'en écartent. sols. sommes conscientes que les populations démunies sont les plus touchées par les problèmes de l'environnement (bruit.6 L'économie urbaine vers la durabilité Nous. villes comprenons que le facteur limitant de notre développement économique est désormais notre capital naturel. Tel est le principe de la négociation dont l'application laissera à chaque ville une grande liberté dans le choix du type d'activités à entreprendre. l'économie. mais un système d'équilibrage novateur au plan local qui touche tous les aspects du processus décisionnel de la collectivité. Nous devons intégrer les principes de la durabilité à nos politiques urbaines locales. un processus d'innovation et d'équilibre au plan local. c'est-à-dire l'atmosphère. villes.5 La négociation comme méthode de résolution des problèmes Nous. en respectant l'ordre de priorité suivant : 1.

La baisse des émissions de combustibles fossiles nécessitera des politiques et des initiatives basées sur une parfaite connaissance des bilans énergétiques et des solutions de remplacement. et qu'elles deviennent une menace de plus en plus grande pour la santé publique et les écosystèmes. villes. villes. Les véhicules privés à moteur circulant en ville doivent avoir progressivement un rôle subsidiaire. le vélo et les transports publics) et placerons au centre de nos efforts de planification l'association de ces différents moyens de transport.11 La prévention de l'intoxication des écosystèmes Nous. Nous nous emploierons à arrêter la pollution et à la prévenir à la source. nous efforcerons d'améliorer notre accessibilité et de maintenir le bien-être social et les modes de vie urbains tout en diminuant le besoin de mobilité. qui jouent un rôle essentiel dans le cycle du carbone de la planète. de manière à encourager la création d'emplois et de produits viables qui répondent aux principes de la durabilité. Nous pensons qu'il est indispensable de réduire la mobilité forcée et l'usage inutile des véhicules motorisés. et de réduire ainsi le chômage. 178 . nous évaluerons les conséquences des opportunités en termes de viabilité. Le concept d'interdépendance régionale doit nous permettre d'équilibrer les flux entre la ville et la campagne et d'empêcher les villes d'exploiter simplement les ressources des zones périphériques. Les seules solutions viables se trouvent dans les sources d'énergie renouvelables. le sol et les aliments. tout en maintenant la dimension humaine du développement.10 La responsabilité à l'égard du changement climatique mondial Nous. ville. à savoir faciliter l'accès aux services publics et maintenir l'activité économique des territoires urbains. I. comprenons que les menaces que fait peser le réchauffement de la planète sur l'environnement naturel et urbain et sur les générations futures nécessitent une volonté affirmée pour stabiliser puis réduire le plus rapidement possible les émissions de gaz à effet de serre. En lançant des programmes de rénovation des centres et en aménageant de nouvelles aires suburbaines. de manière à pouvoir améliorer la qualité de vie des citoyens plutôt que simplement optimiser la consommation. Nous donnerons la priorité aux moyens de transport respectueux de l'environnement (notamment la marche. on s'efforcera de combiner différentes fonctions pour réduire les besoins de mobilité. l'eau. telles que les forêts et le phytoplancton. villes. Nous devons tirer parti des possibilités qu'offrent les plus grandes concentrations urbaines en matière de services publics de transport et d'approvisionnement en énergie.9 Une mobilité urbaine durable Nous. sommes conscientes que les substances toxiques et dangereuses sont de plus en plus présentes dans l'atmosphère. I.8 Un aménagement durable du territoire Nous. reconnaissons que nos autorités locales doivent mettre en œuvre des politiques d'aménagement du territoire appropriées qui comportent une évaluation stratégique des effets de toutes les initiatives sur l'environnement. Lorsque nous chercherons à attirer ou à créer des emplois. I. Nous nous efforcerons de créer des emplois qui favorisent la viabilité de la communauté.La notion de développement durable dans les projets urbains français Mémoire de DESS expériences de modes de vie durables. Il est également important de protéger les ressources mondiales en biomasse. I.

villes européennes. sur les indicateurs de viabilité des systèmes urbains. nous engageons à utiliser les instruments politiques et techniques dont nous disposons pour parvenir à une approche écosystémique de la gestion urbaine. la qualité de l'environnement urbain. comme les directives. Les villes signataires de la Charte ont pour objectif d'intégrer leurs systèmes d'administration et de gestion des économies urbaines dans une demande de durabilité globale. la connaissance et les idées nécessaires pour imaginer des modes de vie durables. villes.lors de la conception de nos plans locaux fondés sur l'Action 21. "l'argent". villes. Nous savons que nos décisions et nos politiques de contrôles.12 L'autogestion au plan local. signataires de la présente charte. à les mettre en pratique et à partager nos expériences. Nous baserons donc nos efforts sur la coopération entre tous les acteurs concernés. villes. l'évaluation de l'impact sur l'environnement. condition nécessaire de la durabilité Nous. I. Nous tenons compte de l'appel du Cinquième Programme d'Action pour l'Environnement de l'Union Européenne intitulé : "Vers un développement soutenable" incitant à partager les responsabilités de la mise en œuvre du Programme entre tous les partenaires de la collectivité. sommes convaincues d'avoir la volonté. Nous chercherons à créer de nouveaux systèmes budgétaires qui incitent une gestion de nos ressources naturelles aussi "économe" que celle de notre ressource artificielle. Nous. travaillerons ensemble pour la durabilité en tirant les leçons du passé et des succès réalisés au plan local. protagonistes de la durabilité. et plus encore. les audits. Dans ce contexte nous sommes invités à concevoir nos stratégies. Ce sont les droits d'autogestion qui sont conférés aux villes en vertu du principe de subsidiarité qui déterminent leur capacité à relever ce défi.13 Les citoyens. document de base adopté lors du sommet de Rio de Janeiro.14 Les instruments de la gestion urbaine orientée vers la durabilité Nous.par exemple. la comptabilité. I. groupes d'intérêt . entreprises. reconnaissons que des actions positives pour l'environnement ont déjà porté leurs fruits dans de nombreuses villes européennes. elles ne peuvent pas renverser la tendance. Nous nous 179 . nous sommes prêts à assumer la responsabilité de réorganiser nos villes pour assurer la durabilité. Il est indispensable que les collectivités locales aient des pouvoirs suffisants et un solide ancrage financier. conformément au mandat qui nous a été conféré par l'Action 21. et pour concevoir et gérer nos collectivités dans la perspective de la durabilité. Deuxième partie : La campagne des villes européennes durables Nous. et à des mécanismes de sensibilisation comme la participation du public.La notion de développement durable dans les projets urbains français Mémoire de DESS I. par exemple. pour la collecte et le traitement des données environnementales et recourrons à la planification environnementale ainsi qu'à des instruments réglementaires et économiques. nous veillerons à ce que tous les citoyens et les groupes d'intérêt aient accès à l'information et puissent être associés aux processus décisionnels locaux et nous nous emploierons à éduquer et à former non seulement le grand public mais encore les représentants élus et le personnel des administrations locales à la durabilité. les bilans et les rapports doivent s'appuyer sur différents indicateurs. en particulier la surveillance de l'environnement. et la participation de la collectivité Nous. Mais si ces actions parviennent à diminuer la pression sur l'environnement. Nous emploierons toute une gamme d'outils . à collaborer avec tous les partenaires de nos collectivités citoyens. les impôts et les redevances. nous engageons. les flux et les schémas urbains. En tant que représentants démocratiquement élus de nos collectivités locales. villes.

. .planifier la mise en œuvre du plan. de quelque niveau qu'elles soient.classer les actions par ordre de priorité. nous contribuerons à la mise en œuvre du Cinquième Programme d'Action pour l'Environnement de l'Union Européenne intitulé "Vers un développement soutenable". . nous engageons en participant à la campagne des villes européennes durables à déployer tous nos efforts pour parvenir au sein de nos collectivités à un consensus sur un programme local en réponse à l'Action 21 (Actions Locales 21) d'ici la fin de l'année 1996.collection et diffusion des informations sur les expériences réussies au plan local . .Faciliter l'assistance mutuelle entre les villes européennes pour la conception et la mise en œuvre de politiques orientées vers la durabilité .tenir compte des méthodes de planification et des mécanismes financiers existants. composé de représentants de ces réseaux. . en préparant un calendrier et en précisant les responsabilités attribuées à chacun des partenaires . signataires de la présente charte.examiner et évaluer les stratégies alternatives de développement . renforçant ainsi la coopération entre les autorités et intégrant ces initiatives à celles de l'Union Européenne en matière d'environnement urbain. . Les principaux objectifs de cette campagne seront les suivants : . sera évalué lors de la seconde conférence européenne sur les villes durables qui aura lieu en 1996.aider les décideurs locaux à mettre en œuvre les recommandations et la législation de l'Union Européenne . promouvoir le principe de la durabilité parmi les autres autorités locales .identifier systématiquement les problèmes et leurs causes par une vaste consultation du public . . Le déroulement de la campagne. Nous invitons toutes les autorités locales. Nous inviterons d'autres organisations à participer activement à cette campagne. Ces actions nécessiteront la mise en place d'une coordination de la campagne. Nous lançons la campagne des villes européennes durables pour encourager et aider les villes à œuvrer en faveur de la durabilité. nous suggérons de procéder de la manière suivante : . Nous remplirons ainsi la tâche définie au chapitre 28 de l'Action 21 adoptée par le sommet de Rio en juin 1992. Pour préparer nos plans d'action locaux. Les Actions Locales 21 seront définies sur la base de la première partie de la présente charte.apporter une contribution aux rapports du groupe d'experts "environnement urbain" sur les villes durables . . Un comité de coordination. et tous les réseaux d'autorités locales à participer à la campagne en adoptant et en signant la présente charte.trouver des nouveaux signataires pour la charte . . . pour traiter les problèmes répertoriés . ainsi que des autres plans et programmes .publier une lettre d'information sur la campagne. . Nous invitons tous les grands réseaux d'autorités locales présents en Europe à coordonner la campagne.définir le concept de collectivité durable avec la participation de tous les partenaires .La notion de développement durable dans les projets urbains français Mémoire de DESS encouragerons mutuellement à concevoir des plans d'action locaux à moyen et à long terme (Actions Locales 21).établir un plan local d'action à moyen et à long terme. . Des dispositions seront prévues pour les autorités locales qui ne font pas partie de ces réseaux. qui comportera des objectifs mesurables .organiser chaque année le prix de la ville durable" . villes européennes. sera créé. Grâce à nos initiatives locales. 180 . Troisième partie : La participation au processus local de l'Action 21 : plans locaux en faveur de la durabilité Nous.

181 . Des efforts seront peut-être nécessaires pour améliorer les capacités d'organisation de nos collectivités.La notion de développement durable dans les projets urbains français Mémoire de DESS .mettre en place des systèmes et des procédures d'évaluation et de compte-rendu sur la mise en oeuvre du plan. notamment par l'examen des dispositions politiques. des procédures administratives. Nous devons vérifier si les dispositions prises par nos autorités locales sont satisfaisantes et permettent vraiment la mise en oeuvre du processus d'Action Locale 21. des ressources humaines disponibles et de la coopération entre les différentes autorités. y compris les associations et les réseaux. et notamment les plans locaux d'action à moyen et à long terme en faveur de la durabilité. des méthodes de travail interdisciplinaires.

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