Les sens ne sont-ils pas suffisants pour nous fournir toutes nos connaissances ?

Si l’on entend par « sens » les cinq sens dont sont, par nature, dotés les êtres humains –vue, ouïe, goût, toucher et odorat- il s’agit là d’organes de perception appartenant au corps physique, par lesquels l’individu reçoit des informations captées par les nerfs sensoriels et qui arrivent jusqu’au système nerveux central. Ainsi, on peut dire que ce que nous voyons, ce que nous sentons, ce que nous entendons, sont des signaux nerveux. Ces signaux sont-ils suffisants pour nous fournir toutes nos connaissances ? Par ailleurs, la formulation de cette question laisse penser qu’il ne s’agit pas de la Connaissance, dans son sens absolu, mais des connaissances, dans son sens plus terre-à-terre ; autrement dit, de la multitude des connaissances, concernant tous les domaines, ce qui est plus aisé à conceptualiser mentalement. Les philosophes différenciant plusieurs types de connaissances -propositionnelle, savoir-faire et objectuelle- ici il est question de toutes connaissances confondues. Outre cela, il est question de toutes nos connaissances, de la totalité. S’interroger sur la suffisance des sens prend pour acquis le fait que les sens sont nécessaires. Formulée autrement, la question devient : n’a-t-on pas besoin d’autre chose que les sens pour avoir accès à toutes nos connaissances ? Mais avant tout, les sens sont-ils nécessaires pour connaître ? L’empirisme philosophique soutient que connaissance valide nécessite expérience sensible. Dérivé de l’empirisme, le sensualisme affirme plus précisément que les sensations sont à l’origine de la connaissance. Mais les sens sont-ils vraiment fiables ? D’abord, la perception sensorielle est propre à chaque individu. Les cinq sens des êtres humains appartiennent au corps physique, et dépendent de lui. Ils permettent de se situer physiquement dans un espace, de le contempler, de sentir ses parfums, sa température, d’entendre, etc. Chaque individu dispose de son propre corps physique (sauf cas particulier, par exemple les sœurs siamoises bicéphales Abigail et Brittany Hensel) et des sens qui lui sont rattachés. Par conséquent, chacun a sa propre et unique perception, ses « qualia ». Par exemple, un daltonien a une perception des couleurs différente des nonatteints de daltonisme. Et il est fort probable que le bleu que je perçois en regardant le ciel soit différent du bleu que perçoit mon voisin. Cela fut très bien exposé dans le célèbre article philosophique « Quel effet cela fait-il d'être une chauve-souris ? » dans lequel Thomas Nagel y développe l’argument selon lequel nous n’avons absolument aucun moyen de savoir ce que c’est qu’être une chauve-souris : le seul moyen d'y répondre, selon lui, serait d’être soi-même une chauve-souris. De plus, la performance des sens diffère pour chacun. Certains sens peuvent être partiellement ou complètement endommagés, ou au contraire, ils peuvent être amplifiés, développés, au-delà de la moyenne établie, du seuil, de la norme, servant de référence. Un individu non-voyant n’empêche pas aux couleurs d’être réelles pour les individus voyants. Par ailleurs, la perception sensorielle est inévitablement liée aux mécanismes de cognition de chacun. En effet, les informations provenant des sens sont traitées par le cerveau, font l’objet d’interprétations, de jugements, sont reliées à d’autres informations, par exemple les souvenirs, les goûts, les émotions. Les informations sensorielles passent alors par un tas de mécanismes psychiques qui finalement empêchent le sujet de percevoir la véritable nature des choses. Donc notre perception n’est pas basée uniquement sur les cinq sens mais aussi sur l’activité psychique. Ainsi, les cinq sens fournissent une connaissance subjective de la réalité, ou plutôt devrait-on dire d’une réalité, en laissant la possibilité d’une diversité de versions de la réalité absolue. Les cinq sens, étant rattachés au corps physique et offrant une partie de connaissances subjectives, ont donc des limites, à commencer par cette subjectivité et cette localisation définie dans l’espace et dans le temps. Se fier aux sens, c’est comme regarder à travers la vitre d’une fenêtre : cela ne permet d’admirer qu’une partie du paysage. Se fier aux sens, c’est comme regarder un paysage à travers des lunettes de soleil : ces

Il serait plus juste de dire que les sens sont nécessaires pour connaître ce qui leur est accessible. ni même que la pomme a toujours été rouge. il ne saura de la réalité uniquement ce qu’il lui est possible de savoir par ses cinq sens physiques et leurs limites. D’autant plus que les phénomènes perçus nous semblent se dérouler au moment de la perception.). respiration. subjective et non fiable. réalité virtuelle. cauchemars. Certes. illusions.lunettes donnent une vision erronée de ce paysage de par la teinte de leurs verres. rien de plus. limitée (incomplète) et peu fiable voire illusoire de la réalité. mais ils sont aussi trompeurs. Les cinq sens ne suffisent pas pour connaître des faits de l’histoire. ou de la forme ronde de la Terre. même s’il n’a pas lui aussi été disséqué. or ceux-ci sont bel et bien présents. Voir une pomme rouge ne signifie pas que toutes les pommes sont rouges. effets d’optique. d’ADN. ne percevons pas. Descartes le démontre avec une expérimentation avec un morceau de cire. « Non-découvert » ne signifie pas « non-existant ». tours de magie et hallucinations induites par des drogues ne sont que des exemples de ces illusions occasionnées.V. la clairvoyance et autres. ni à la connaissance de nos besoins instinctifs (besoin de lait maternel. Ils ne peuvent pas répondre au sujet de cette dissertation. pourtant cela reste la même cire. subjectivité. Ils sont incapables de nous informer directement de la présence de millions d’acariens sous notre lit. Ils sont également incapables de nous faire savoir que nous sommes nous-mêmes composés d’un pancréas. Nous sommes trompés dès la vue de la matière : la matière à l’échelle atomique est complètement différente de celle que nous percevons à l’œil nu… et nous n’avons pas tout vu. avons-nous des sens ? »). métaphysiques ou philosophiques. et ces informations sensorielles sont interprétés mentalement. De toute manière. nourriture etc. Même si un individu dispose de tous les sens physiques possibles au maximum de leur potentiel. cela ne lui suffit guère pour accéder à toutes les connaissances. de son identification etc. ce qui dénature davantage la perception. Les animaux disposent d’autres sens leur permettant de percevoir des choses que nous. de la présence d’autres galaxies dans l’univers. illusoire. Nous avons vu que les sens sont limités. ou même de cellules. la vitesse de la transmission de l’information sensorielle. comme les rayons infrarouges. ses qualités changent ou disparaissent. non-fiabilité… donc une réalité physique et limitée. Donc les sens ne sont pas suffisants pour nous fournir toutes nos connaissances. A l’approche du feu. les précognitions. les U. déjà. des faits qui se sont déroulés hors du champ sensoriel de l’individu. La vue d’un objet ne suffit pas pour connaître l’objet. ou un intestin grêle de six mètres de long. Conclusion : Les cinq sens offrent une perception subjective. et de leurs critères de ce qui constitue une preuve. raisonnements et témoignages de confiance lui sont alors nécessaires. êtres humains. Ils ne répondent pas aux « Pourquoi » des choses (« pourquoi. vue dans un microscope. les sens ont participé à l’accès de ces connaissances (vue des organes après dissection. Pour celui qui se contente de ses cinq sens physiques. . Le scintillement des étoiles constitue un bel exemple : certaines étoiles brillent toujours à nos yeux alors qu’elles sont mortes depuis longtemps. les champs électriques et magnétiques . Certaines connaissances restent insaisissables par nos cinq sens. Mirages. Ils sont inutiles lors des réflexions mathématiques. mais il n’en est rien : le calcul de la durée entre l’instant où le phénomène se déroule et la perception de ce phénomène doit prendre en compte la vitesse de la lumière ou du son ou autre (selon le sens stimulé) mais aussi la sensibilité des nerfs. les découvertes scientifiques sont elles-mêmes limitées par la capacité de leurs appareils. d’atomes. etc) mais ils n’ont pas suffi pour déduire que notre propre corps est lui aussi composé de tels organes. Enquêtes. Certains êtres humains ont aussi développé des facultés extrasensorielles telles que la télépathie.

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