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Festival
AVIGNON 2007
Cour. Frédéric Fisbach met en scène Feuillets d’Hypnos Portrait. Dominique Pinon joue Valère Novarina Retour. Jeanne Moreau, Agnès Varda et Pierre Henry p. 5 p. 3 p. 6 et 7

60 ANS
SOUS LE SOLEIL DE RENÉ CHAR ET DE JEAN VILAR

Nicolas Bouchaud dans « Le Roi Lear », de William Shakespeare, mise en scène de Jean-François Sivadier. Répétition, le 22 juin.
BRIGITTE ENGUERAND.

CAHIER DU « MONDE » DATÉ JEUDI 5 JUILLET 2007, NO 19422. NE PEUT ÊTRE VENDU SÉPARÉMENT

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AVIGNON 2007

LE THÉÂTRE AU CŒUR
Le nouveau spectacle de Rodrigo Garcia, « Bleue. Saignante. A Point. Carbonisée ».
CHRISTOPHE RAYNAUD DE LAGE

E

n 1947, René Char présente Jean Vilar à ses amis Yvonne et Christian Zervos, qui préparent pour le mois de septembre une grande exposition de peinture dans le Palais des papes d’Avignon. Les Zervos veulent accompagner cette manifesta-

tion d’un spectacle. Jean Vilar leur en propose trois, dont Richard II, de Shakespeare, joué dans la Cour d’honneur. Le Festival d’Avignon est né. Soixante ans plus tard, c’est au tour de René Char d’entrer dans la Cour d’honneur, où Frédéric

Saison 07/ 08
Du 2 au 6 octobre 2007

Les Visionnaires Jean Desmarets de Saint-Sorlin / Christian Schiaretti
Du 16 au 19 octobre 2007

Les 30 novembre et 1er décembre 2007

Création †, du 8 mars au 13 avril 2008

Seagull-play (La Mouette) d’après Anton Tchekhov / Enrique Diaz
Du 4 au 7 décembre 2007

Par-dessus bord Michel Vinaver / Christian Schiaretti
Création mondiale Vendredi 14 mars 2008

L’Acte inconnu Valère Novarina
Création †, du 24 au 26 octobre 2007

Illusions comiques Olivier Py
Du 14 au 19 décembre 2007

Descrizione del Diluvio Mauro Lanza et Paolo Pachini
Biennale Musiques en scène 2008 / Grame Les 1er et 2 avril 2008

Nada Strancar chante Brecht / Dessau
Création †, du 6 au 17 novembre 2007

Homme sans but Arne Lygre / Claude Régy
Du 9 au 11 janvier 2008

Fisbach, l’artiste associé, met en scène ses Feuillets d’Hynos, écrits pendant la Résistance. L’engagement qui fut au cœur de la vie du poète, à qui un hommage est rendu, trouve une résonance dans la programmation de la 61e édition. Il parcourt le champ des combats du XXe siècle, du pire au meilleur. Jean-Pierre Vincent fait entendre Le Silence des communistes, Frank Castorf revisite Nord, de Céline, Guy Cassiers met en scène Mesfisto for Ever, de Tom Lanoye, adapté du Mephisto de Klaus Mann. Pour sa part, Agnès Varda, auteur des photos qui ont fondé la mémoire du Festival, a choisi de reprendre son installation Hommage aux Justes de France présentée au Panthéon, à Paris. Agnès Varda reprend également une exposition de 1991, « Je me souviens de Vilar en Avignon ». On y verra évidemment les photos de Gérard Philipe et de Jeanne Moreau dans Le Prince de Hombourg, créé en 1951. Jeanne Moreau revient pour un soir dans la Cour en compagnie de Sami Frey. Elle lira Quartett, de Heiner Müller. Le troisième grand témoin de l’histoire d’Avignon est Pierre Henry, qui a créé la musique de deux ballets de Maurice Béjart, Variations pour une porte et un soupir, et la mythique Messe pour un temps présent. Lui aussi revient, avec Objectif Terre, un « concert manifeste ». A côté de cela, le théâtre retrouve toute sa vigueur dans la Cour d’honneur, où entrent Valère

Novarina et Jean-François Siva- dans le nu de la vie, leurs dier. L’un crée sa nouvelle œuvre, spectacles nous donnent des nouL’Acte inconnu, tout entier dédié velles d’un continent souvent au Verbe, et porté par un acteur « oublié » d’Avignon. d’exception, Dominique Pinon. Rodrigo Garcia puise, lui, dans L’autre met en scène Le Roi Lear, la vie toute crue. Créé dans son de Shakespeare, dans un esprit de pays natal, l’Argentine, son noutroupe qui se réapproprie le désir veau spectacle, Bleue. Saignante. de Vilar. A point. Carbonisée, réinvente le En revanche, il n’y aura pas de carnaval des quartiers défavoriballet au Palais. La danse joue la sés de Buenos Aires. En contrediscrète dans cette édition qui point, son Approche de l’idée de convie seulement Sasha Waltz et méfiance plonge dans l’intime, cet Raimund Hoghe. intime qui est au cœur (politique) Si la présence de l’artiste asso- d’une nouvelle venue, Eléonore cié, Frédéric Fisbach, s’affiche Weber, auteur et metteur en scèmoins que celle de ne de Rendre une vie ses prédécesseurs, vivable n’a rien d’une Thomas Ostermeier, Jeanne question vaine. Jan Fabre et Josef Moreau revient Eléonore Weber Nadj, elle court souest à classer dans les terrainement à tra- pour un soir atypiques du Festivers la programma- dans la Cour en val, avec Christophe tion. Ainsi, le metteur Fiat. Ce performer en scène – et nou- compagnie de des mots s’en prend veau codirecteur, Sami Frey à la génération des avec Robert Cantarelbaby-boomeur dans la, du « 104 », rue d'Auber- La Jeune Fille à la bombe. Tous les villiers, dans le 19e arrondisse- deux côtoient des metteurs en scèment à Paris –, a incité Hortense ne comme Julie Brochen, Robert Archambault et Vincent Bau- Cantarella ou Ludovic Lagarde, driller, les jeunes « patrons » qui font entendre Paul Claudel, d’Avignon, à tourner leur regard Robert Garnier ou Peter Verhelst. Parmi les étrangers, le vers l’Afrique. Voici donc Faustin Linyekula Polonais Krzysztof Warlikowski et Dieudonné Niangouna. Un est le plus attendu. Il met en scène fleuve sépare leurs deux pays. la grande pièce sur le sida, Angels Faustin Linyekula vient de la in America, de Tony Kushner. République démocratique du Cinq heures trente de spectacle : Congo – l’ex-Zaïre – et a été for- c’est le petit marathon d’Avignon, mé par la danse. Dieudonné Nian- qui en réserve un de huit heures gouna travaille dans sa ville nata- avec la reprise des Ephémères du le, Brazzaville, la capitale de la Théâtre du Soleil. a République du Congo. Ecrits Brigitte Salino Coordination : Brigitte Salino. Direction artistique : Brigitte Suffert. Edition : Christine Clessi et Clara Georges. Réalisation : Nadège Royer. Iconographie : Laurence Lagrange.
Crédits photos : Collon/Dalle, Pascal Gely/Agence Bernand, Christophe Raynaud de Lage, Ramon Senera/Agence Bernand, Agnès Varda/Agence Enguerand, Ramon Senera/Cit’en Scène, DR, Rosa-Franck.com, Brigitte Enguerand

Sganarelle, ou le Cocu imaginaire L’École des maris Les Précieuses ridicules et La Jalousie du Barbouillé Le Médecin volant Molière / Christian Schiaretti
Du 27 au 29 novembre 2007

Moby Dick Herman Melville / Antonio Latella
Du 15 au 19 janvier 2008

Si ce n’est toi Edward Bond / Alain Françon
Les 3 et 4 avril 2008

Hop là, nous vivons ! Ernst Toller / et aussi Christophe Perton
Du 23 au 27 janvier 2008

Chaise Edward Bond / Alain Françon

Comité de lecture Histoire orale de la langue française Journées langagières Déclaration de Villeurbanne

Zouc par Zouc Hervé Guibert / Zouc / Gilles Cohen
Du 29 janvier au 1er février 2008 au Théâtre de Vénissieux

Répétition. Hamlet d’après William Shakespeare / Enrique Diaz

Forces 1915-2008 August Stramm / Bruno Meyssat

www.tnp-villeurbanne.com / 04 78 03 30 00

Le Monde dédie ce supplément à Michel Cournot, notre chroniqueur et critique dramatique, mort le 8 février. Le Festival d’Avignon organise en sa mémoire « Une heure avec Michel Cournot », le dimanche 15, à 18 heures, à l’Ecole d’art. Des textes choisis par Martine Pascal seront lus par Michel Ouimet, Denis Podalydès et Martine Pascal. PHOTO AFP

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2007 AVIGNON

page 3 - Jeudi 5 juillet 2007 - 0

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Dominique Pinon

L’ACTEUR BRUT
S

Des dessins et des chansons

Cet « athlète affectif » crée « L’Acte inconnu », la nouvelle pièce de Valère Novarina

Valère Novarina écrit, met en scène et peint dans un même geste. En 1983, il a dessiné les 2 587 personnages de son Drame de la vie dans une tour de La Rochelle, tout en égrenant leurs noms. En 1986, cette performance est devenue un spectacle, à Avignon.

ouvenons-nous. Un petit hom- plateaux du théâtre et du cinéma franme au sourire étrange lance çais ? De son enfance provinciale dans l’air des bulles de savon – Amiens et Poitiers, après Saumur –, il comme autant de promesses ne dit rien, sinon ses rêves d’Amérique, de d’un monde qui retrouverait les couleurs grands espaces. « J’étais un adolescent du rêve et de la poésie : c’est Delicatessen, assez rêveur, avec toujours l’envie d’être le premier film de Marc Caro et Jean-Pier- ailleurs. » Et, à 14 ans, le choc : la découre Jeunet. Et le petit homme qui joue de la verte, à Amiens, de Fin de partie, de scie musicale au-dessus des ruines, c’est Beckett. « J’ai été émerveillé, au vrai sens du Dominique Pinon. On ne l’a pas oublié, mot. J’ai senti qu’il y avait une autre vie présence intense et singulière que l’on possible, de l’autre côté du miroir. Je crois retrouvera dans tous les films de Jeunet, que, de ce temps, je n’ai plus cessé de rêver d’être acteur. » d’Alien à Amélie Poulain. Le rêve mettra du temps à se concrétiDix-sept ans plus tard, le voilà dans la mythique Cour d’honneur du Palais des ser. Dominique Pinon, après avoir fait papes. Poursuivant son compagnonnage latin-grec au lycée, s’inscrit en fac de letavec l’auteur-metteur en scène Valère Nova- tres classiques à Poitiers. Les acteurs qui rina, croisé par hasard, un jour de 1997. Le l’ont toujours fait rêver, Delon, Belmondo, metteur en scène Renaud Cojo lui avait Jean Marais, Jack Palance, sont des « belenvoyé le texte de Pour Louis de Funès, splen- les gueules ». Il se dit que ce n’est pas pour lui. Finit tout de même par « monter » à dide hommage à l’acteur avec un grand A. Dominique Pinon faisait du théâtre Paris, s’inscrit au Cours Simon. Est vite depuis les années 1980. Avec Gildas repéré pour jouer dans Diva, le premier Bourdet, Jorge Lavelli, il avait joué film de Beinex (1980). « Mais je voulais faire du théâtre. Je pensais – je Edward Bond, Pirandello ou pense toujours – qu’il faut faiCopi, et beaucoup, déjà, re de la scène pour devenir un avaient remarqué sa puissan- Il aurait rêvé bon acteur de cinéma. » ce, son étrangeté. Notamde voir Louis Il aurait pu se contenter ment dans Mein Kampf, farce, de jouer les tough guys, d’être de Georges Tabori, où il de Funès jouer un James Cagney ou un Micjouait rien de moins qu’Hit- Richard III key Rooney à la française. De ler, en compagnie de Maria fait, de Beinex à Jeunet et Casarès et de Michel Robin. « Quand j’ai lu le texte de Novarina, j’ai Caro en passant par Polanski (Frantic) ou d’abord refusé de le faire, sourit-il. Je n’y Timsit (Quasimodo), et jusqu’au dernier comprenais rien… Renaud Cojo m’a envoyé film de Lelouch, Roman de gare, on lui a un enregistrement d’André Marcon lisant beaucoup fait jouer les tueurs, les Le Discours aux animaux et, là, cela m’a méchants ou les monstres. Mais pourquoi ébloui l’oreille. J’ai trouvé ça magnifique : se laisser réduire à sa « gueule », quand le théâtre permet justement de changer de minéral, lyrique… » Valère Novarina, lui, est ébloui par ce peau ? Comment échapper à la tyrannie comédien qui, dorénavant – depuis L’Ori- de l’emploi, sinon en devenant champion gine rouge et La Scène –, fera partie de cette de métamorphoses, acteur majuscule ? De lui, Valère Novarina dit qu’il est un constellation des acteurs novariniens où brillent des étoiles aussi singulières « acteur de génie », disposant d’un « évenqu’André Marcon, Daniel Znyk (mort en tail extraordinaire ». « Il fait le tour complet de la figure humaine, depuis les 2006) ou Agnès Sourdillon. Qu’est-ce qui a mené Dominique Pinon masques africains jusqu’à Piero della Frande Saumur, où il naît en mars 1955, aux cesca en passant par Soutine et Picasso. Il

PATRICK SWIRC POUR « LE MONDE »

embrasse l’humanité tout entière, jusqu’à l’animalité, d’abord grâce à une virtuosité physique extraordinaire : le fameux “athlète affectif” selon Artaud, c’est lui… » Pour cette nouvelle création à Avignon, L’Acte inconnu, l’auteur a écrit pour Dominique Pinon un personnage au nom taillé sur mesure : Raymond Delamatière. Il le voit aussi comme « un incroyable talent comique : le seul, sans doute, depuis Louis de Funès, à avoir à ce point ce sens du rythme, cette précision musicale qui est la base du comique. C’est un rythmicien aventurier, qui n’a pas peur de se défigurer : il correspond exactement à ma conception de l’acteur-poète, de l’acteur agissant. Avec lui, je vais à l’aventure dans l’humanité… » Dans cette exploration des mille et une possibilités de l’acteur, Dominique Pinon ne veut se priver d’aucun voyage, d’aucune reconnaissance. Lui qui aurait rêvé de « voir Louis de Funès jouer Richard III » et qui pourrait bien être notre Charlot, notre Toto, passe avec bonheur de Feydeau à Novarina, de Lelouch à Shakespeare – il sera le Roi Lear, la saison prochaine, sous la direction de Laurent Fréchuret, le jeune directeur du Centre dramatique national de Sartrouville.

Il se méfie de la culture officielle. Comme Novarina, il aime l’art brut – « au moins il n’est pas recouvert de discours ». Médite un petit livre de Jean Dubuffet, Asphyxiante culture, où le peintre remarque qu’« il n’y a rien de social » dans le métier d’artiste. Il a rêvé, pourtant, de rentrer à la Comédie-Française, comme son ami Daniel Znyk : « C’est le théâtre par excellence, c’est Molière, et ce rapport aux classiques… et la possibilité de jouer, jouer, jouer… » Ne déteste pas les récompenses, à la fois heureux et triste de ce Molière reçu en 2004, en plein conflit des intermittents, pour L’Hiver sous la table, de Topor, mis en scène par Zabou Breitman. Mais avec Valère Novarina, qui, régulièrement, le transforme en marionnette, Dominique Pinon pousse au plus loin son exploration d’un mystère : ce qui se joue entre sa gueule, sa figure, ses visages, ses masques, en leurs infinies métamorphoses, qui lui permettent d’être à la fois totalement lui et totalement un autre : l’homme, cet alien selon Novarina. a
Fabienne Darge

Depuis, le Festival a accompagné les créations de Novarina : Vous qui habitez le temps (1989), La Chair de l’homme (1995), L’Origine rouge (2000). Les 2 587 dessins du Drame de la vie sont présentés à l’Ecole d’art (photo, ci-dessous). La Chapelle du Miracle accueille La Lumière nuit – une installation et des peintures. Dans la Cour, l’accordéoniste Christian Paccoud (photo, ci-dessus) accompagne L’Acte inconnu. Depuis 1995, il invente des musiques et des chansons en plein accord avec les textes de Novarina. Il donne un concert le 9.

L’Acte inconnu, du 7 au 12 (relâche le 9), Cour d’honneur du Palais des papes.

Meilleurs souvenirs de Grado benoît lambert Franz Xaver Kroetz 27/09p 20/10
création

HEDDA GABLER

HENRIK IBSEN / THOMAS OSTERMEIER

PARLOIR SAUVAGE

Saison 2007 2008
Raison / Déraison

espaces indicibles Georges Gagneré d’après Georges Perec et autres auteurs 28/09p 6/10 [musica] le Mendiant ou la Mort de Zand bernard sobel Iouri Olécha 12/10 p 26/10
création

GENS DE SÉOUL 1919
ORIZA HIRATA / FRANCK DIMECH

MICHAËL MOREAU, ALI DARAR, ANNE-MARIE ORTIZ / FRÉDÉRIC ORTIZ

CRÉATION

LA FEMME D’AVANT L’ÉCHANGE

LA CRUCHE CASSÉE UBU ROI

ROLAND SCHIMMELPFENNIG / CLAUDIA STAVISKY PAUL CLAUDEL / YVES BEAUNESNE

HEINRICH VON KLEIST / FRÉDÉRIC BÉLIER-GARCIA ALFRED JARRY / EZÉQUIEL GARCIA-ROMEU

le roi lear Jean-françois sivadier William Shakespeare 8/11 p 24/11 2007 + 2008 road to nowhere bob cilman et roy faudree par le Young@Heart Chorus no theater
6/12 p 15/12 [usa]

LES CH’MINS D’COUTÉ LA MAMAN BOHÊME SUIVI DE MÉDÉE

GASTON COUTÉ / DANIEL DELABESSE

DARIO FO ET FRANCA RAME / DIDIER BEZACE

ivanov tamás ascher Anton Tchekhov 18/12 p 21/12
[hongrie]

la philosophie dans le boudoir christine letailleur Sade 09/01p 26/01 Massacre à paris Guillaume delaveau Christopher Marlowe 11/01 p 18/01 edouard ii anne-laure liégeois Christopher Marlowe 25/01p 01/02 tournant autour de Galilée Jean-françois peyret
création

0708 La CRIéE

SAISON Théâtre National de Marseille

28/02p 16/03

anGels in aMerica krzysztof warlikowski Tony Kushner 01/03 p 05/03

La maman bohême et Médée Dario Fo et Franca Rame / Didier Bezace Conversations avec ma mère Santiago Carlos Ovés et Jordi Galceran / Didier Bezace Dans le rôle de la victime Oleg et Vladimir Presniakov / Oskaras Korsunovas L’Orestie Eschyle / David Géry La Cruche cassée Heinrich von Kleist / Frédéric Bélier-Garcia Slogans Maria Soudaïeva et Antoine Volodine / Charles Tordjman Anagrammes pour Faust Ezéquiel Garcia-Romeu Nathan le Sage G.E. Lessing / Laurent Hatat Elle est là Nathalie Sarraute / Didier Bezace Spectacles tout public L’assassin sans scrupules… / Alice ou le monde des merveilles / L’Ogrelet
Et les Rencontres Ici et Là, les Dîners du Théâtre, des lectures, des ateliers…
© Marc Daniau

[pologne]

BOBBY FISCHER VIT À PASADENA [ REPRISE ]

LE TEMPS EST UN SONGE
EDWARD BOND / ALAIN FRANÇON

CRÉATION

H.-R. LENORMAND / JEAN-LOUIS BENOIT

tartuffe stéphane braunschweig Molière 29/04p 27/05
création

LARS NORÉN / RENAUD MARIE LEBLANC

LES LETTRES DE TOUSSAINTE ANDROMAQUE OTHELLO
JEAN RACINE / DECLAN DONNELLAN WILLIAM SHAKESPEARE / GILLES BOUILLON

SI CE N’EST TOI ET CHAISE LA MÈRE
BERTOLT BRECHT / JEAN-LOUIS BENOIT

NADINE FISCHER / MARIE-CATHERINE CONTI

si ce n’est toi et chaise alain françon Edward Bond 13/05 p 25/05 platforM Johan simons Michel Houellebecq 30/05p 03/06
[belgique]

LE NOM SUR LE BOUT
DE LA LANGUE
PASCAL QUIGNARD / MARIE VIALLE

ulrika Maria stuart nicolas stemann Elfriede Jelinek 17/06 p 20/06
[allemagne]

Renseignements/Réservations

01 48 33 16 16
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Théâtre de la Commune - Direction Didier Bezace - 2 rue Edouard Poisson - 93300 Aubervilliers

festival preMières 5-8 juin Jeunes metteurs en scène européens en collaboration avec le-maillon

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AVIGNON 2007

Les grands aînés

ÊTRE OU NE PAS ÊTRE FOU
Jean-François Sivadier
Visite guidée dans les répétitions du « Roi Lear », de Shakespeare, à Nanterre, avant la première entrée du metteur en scène dans la Cour d’honneur
anterre. Le grand han- tempête intérieure de chacun et la gar où l’on fabrique les tempête extérieure, celle de la pièce, décors du Théâtre des sont la même. » Une semaine plus tard, même Amandiers. A travers un dédale de couloirs encombrés hangar, même obscurité, même et de bureaux vides, on pénètre tables, mêmes chaises. Un rideau dans la salle de répétition. Il fait rouge est tendu au fond de la scèsombre. Seul le plateau de bois ne. On entend des notes de flûte. neuf, en pente douce, est éclairé. Le plateau est peu à peu recouDans l’ombre, de petites tables, vert d’une toile de soie de parades chaises, en retrait, la régie. chute, rouge aussi. Elle est à l’enOn distingue des gens, assis, vers, il faut la retourner : « Ce debout, des cigarettes allumées, bord va au lointain. » Le manteau pose toujours prodes bouteilles d’eau, des brochublème. Nadia revêt un manteau res, des cahiers. Véronique Timsit, l’assistante sans manches et une parka du metteur en scène, lit la note de réversible, propose de retourner travail pour les jours à venir : les manches d’avance pour « De 14 heures à 23 heures. » Les pouvoir l’enfiler plus vite. Mais comédiens font des exercices Jean-François Sivadier préfère d’assouplissement, de relaxa- que le changement de costume se tion, s’échauffent comme des fasse véritablement à vue. Vite, mais à vue. sportifs ou relisent leur texte. Acte I, scène II. Le metteur en Ils répètent Le Roi Lear, de Shakespeare, qu’ils donneront dans scène explique à Vincent Guédon la Cour d’honneur, sous la direc- (Edmond mais aussi Oswald) tion de Jean-François Sivadier, que la poursuite – le projecteur metteur en scène associé au Théâ- qui permet d’isoler un comédien dans son halo – sera tre national de Bretasur la couronne et que gne à Rennes. Ils ne ce serait peut-être bien pourront répéter sur Le plateau de l’appeler pour qu’elplace qu’à partir du se creuse, le vienne sur lui. On 20 juin, pour une semaiessaye. Ça fonctionne. ne. Ils retourneront se fend, Scène IV. Nadia se donc à Nanterre le tourne, déguise comme prévu. 27 juin pour continuer se transforme, Elle s’attache les cheà travailler. veux, enfile la veste, « On va très vite, mais des escaliers finit par le chapeau. c’est la somme de tous les apparaissent Recommence, la spectacles que l’on a faits couronne est restée au auparavant, on a établi au fur et à mesure un vocabulaire sol, il faut la mettre dans la commun », explique Jean-Fran- valise, il faut aussi qu’elle se çois Sivadier. Effectivement, la débarrasse des chaussures « en plupart des gens présents ont commençant à parler ». Les machinistes entreprendéjà travaillé avec lui pour Le Mariage de Figaro, La Vie de Gali- nent de démonter le rideau roulée (Avignon 2002) ou La Mort de ge. « Non, non, les interrompt Sivadier, elle n’a pas fini le texte. » Danton (Avignon 2005). Nadia recommence. Le rideau « On y est ? » Nicolas Bouchaud (Lear) et Nadia remonte vers le lointain, Nicolas Vonderheyden (Monseigneur de en robe royale passe dessous. La Kent) sont seuls en scène. Nico- musique couvre sa voix. L’acteur las Bouchaud demande : « Là, je perd son texte : « Obsédé par mon me mets de la graisse qui sera dans souci du détail » devient « mon la bassine ? » La réponse positive caractère tatillon ». Nadia et lui l’enchante : « Je vais me rouler sont en nage. « C’est la pièce où Shakespeare dans la graisse… » Le plateau se creuse, se fend, s’est posé le plus ouvertement les tourne, se transforme, des esca- questions sur l’humanité et le théâliers apparaissent, on devine les tre, dit Jean-François Sivadier. machinistes qui par en dessous Dans la première scène, on trouve glissent, poussent. Les comé- déjà la question de la double identidiens s’apostrophent, trébu- té : ce que l’on est et ce que l’on représente. A la fois être et ne pas chent, recommencent. Il y a un problème de manteau. être. Pour Lear, découvrir ce qu’il Nadia Vonderheyden s’inquiète. est, l’homme qu’il est, importe « Je le laisse là ? » Il y a aussi un autant que ce qu’il représente, le problème de chapeau, puis de roi. Le corps politique et le corps valise. Chaque fois, les comé- naturel. » Surgit Nora, qui joue le Fou, diens s’arrêtent, cherchent les solutions. Ils sont dix pour douze coiffée d’un bonnet. « Enlève le rôles, certains en jouent deux bonnet », « Mais en dessous, c’est (Norah Krief, Vincent Guédon), moi ». On essaye avec et sans bonles costumes aussi servent à plu- net. La scène est farcie de « Ça sieurs rôles. Tout cela conduit à va ? Ça va. Ça va ? Et vous ça va ? des changements fréquents qui Ça va, ça va. » « Le plus impordoivent trouver leur propre logi- tant, explique le metteur en scèque, sous le regard du spectateur. ne, c’est d’être capable de jouer touLe metteur en scène cherche en te cette scène comme s’ils allaient permanence « la précision obliga- continuer à dire ça va, ça va, ça va et puis… stop ! » toire de tout ce qui fait signe ». La voix du Fou passe du grave Jean-François Sivadier précise que « ce qui est très important à l’aigu, module, chantonne, dans la Cour d’honneur et dans la c’est un pur moment de délice. a pièce, c’est de voir comment l’intime se mêle à l’universel. On a touMartine Silber jours l’impression, même si l’acteur est immobile, ou loin, de ce jeu Le Roi Lear, du 21 au 27 (relâche le 24), de l’intime et de la démesure. La Cour d’honneur du Palais des papes.

En 1982 et 1984, Ariane Mnouchkine et le Théâtre du Soleil triomphent dans la Cour avec trois pièces de William Shakespeare, La Nuit des rois, Richard II et Henry IV. En 1985, Jean-Pierre Vincent (photo) monte à son tour Shakespeare dans la Cour : La Tragédie de Macbeth. En entrant dans la Cour, avec Le Roi Lear, JeanFrançois Sivadier met ses pas dans ceux de ses deux grands aînés, qui sont présents à Avignon : Ariane Mnouchkine, avec Les Ephémères, Jean-Pierre Vincent (photo), avec Le Silence des communistes.

N

Monseigneur de Kent, interprété par Nadia Vonderheyden. BRIGITTE ENGUERAND

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2007 AVIGNON

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Q

ui était-il ? Un révolté révolutionnaire ? Un fils de famille ? Un jeune poète ? Lorsque la guerre de 1939 éclate, René Char répond à toutes ces définitions. Révolté révolutionnaire ? Il est fiché « communiste » par les services de renseignement pour avoir crié sa rage contre le colonialisme et le patriotisme dans les années 1930. Fils de famille ? Oui, son père, mort depuis vingt ans, était un industriel, maire de L’Isle-sur-la-Sorgue (Vaucluse). Jeune poète ? Disons qu’il ne possède qu’une dizaine de vrais lecteurs. Par bonheur pour lui, il s’agit d’André Breton, Paul Eluard, Victor Brauner, Aragon, Dali… Pour le reste, c’est un parfait inconnu. Un colosse épris des romantiques allemands. Un flâneur qui recherche la compagnie des arbres. Un solitaire qui n’aime rien tant que la chaleur des amitiés. A 32 ans, il n’a jamais accepté le moindre travail salarié. Sa morale ne le lui permet pas ! Seules l’intéressent la poésie, les femmes et la politique. Cette dernière est une constante, une obsession. Il a un avantage considérable sur ses contemporains : compagnon des surréalistes au début des années 1930, lecteur attentif de la presse, militant antifasciste vigilant, il possède une vraie culture politique. Et, mieux qu’une culture, un flair. COURAGE ET CRUAUTÉ La culture et le flair combinés font de lui une sentinelle. Avant les autres, il a pressenti le pire. Dès 1938, il ne doute pas de l’inéluctable : la guerre est déjà là, écrite. La lucidité est chez lui une seconde nature. Et poésie ne rime pas avec mièvrerie. Alors que les divisions allemandes commencent à envahir l’est de la France, en 1939, il sait que, pour de très longues années, plus rien ne sera comme avant. A son plus proche ami du moment, Gilbert Lély, il écrit : « Comme toi mon bon frère je suis stupéfait, épouvanté de l’incompréhension totale des événements chez la plupart des gens. Ils ne comprennent pas qui est Hitler ; ils n’aperçoivent pas la monstruosité absolument inédite du personnage qui fait de cette guerre un conflit sans aucun rapport avec tout ce qui a pu avoir lieu dans ce genre sur la terre avant la croix gammée. » Lui a compris. L’armistice du printemps 1940 n’est pas encore signé qu’il est déjà résistant. Il fait alors partie des rares personnes à vanter le courage et la cruauté : « Il faut que ce pays sorte de la torpeur, de ses préjugés imbéciles. De sa vieillesse surannée. Il faut aller de l’avant, devenir cruel si l’on veut vaincre. Les gouvernants ne sentent-ils pas cela ? » Il est psychologiquement déjà entré dans la clandestinité quand la plupart s’abîment dans le désespoir et l’abandon. Le feu ? Il ne le craint pas, persuadé au plus profond de lui qu’il est invincible. Le froid, la faim ? Il n’y pense pas. Pour lui, le combat a commencé. Il rêve

Fin 1942, tout est prêt : il entre dans l’armée des ombres avec le grade de capitaine et opte pour le nom de guerre d’« Alexandre ». Bientôt, il prend la responsabilité de la section atterrissageparachutage de la « Région 2 », qui couvre la Drôme, le Vaucluse, les BassesAlpes, les Hautes-Alpes, les Alpes-Maritimes, le Var et les Bouches-du-Rhône campagne, comme l’on disait à l’époque. Rien de plus concret. En quelques mois, il met sur pied un réseau de terrains d’atterrissage pour permettre le va-et-vient des agents gaullistes et alliés entre la Provence et Londres, puis Alger ; il récolte le plus impressionnant des stocks d’explosifs, d’armes et de munitions de la Résistance ; il reçoit vivres, vêtements, argent et prend la tête, à partir de février 1943, d’un maquis qui gonflera jusqu’à atteindre 2 000 hommes au moment de la Libération. Mais on n’en est pas encore là. Sous le masque du capitaine Alexandre, René Char a pris à titre personnel la résolution de ne plus publier ses poèmes. Il s’ampute volontairement de sa part la plus solaire pour ne pas se salir : la censure de Vichy et celle de Berlin lui font horreur. Ils se compteront sur les doigts d’une main, ceux qui s’en tiendront à cette attitude faite d’honneur, de courage et de pudeur. « GARDE BUTINS » Mais il continue d’écrire sur de minces carnets qu’il nomme ses « garde butins ». C’est là qu’il note de brèves impressions de lecture, des phrases en forme de maximes qui s’intercalent entre ses comptes, ses dettes scrupuleusement relevées. Ainsi le gladiateur reste-t-il un poète en état de veille, tel Hypnos, ce dieu grec, fils de la Nuit, frère jumeau de la Mort. Son double. Durant ces années de fer, il se trempe au feu de l’action, parvient à galvaniser ses troupes, se brûle au point de tuer. Poète, il se révèle tacticien hors pair, leader incontesté. Il semble né pour ces temps d’« algèbre damné » où son charisme fait merveille. Il est, naturellement, le chef, le frère d’armes. Une maxime le résume tout entier : « Agir en primitif, prévoir en stratège. » Cela pourrait être sa devise. Il l’a en tout cas respectée. Au sortir de la guerre, il se rappellera avoir écrit des bribes de récits et des bouts de phrases dans un carnet scellé dans un mur avant de partir, en juillet 1944, pour Alger et de revenir quelques semaines plus tard participer au débarquement de Provence. Il reprendra alors ses notes pour les réécrire, les réorganiser, brosser tout à la fois le plus fabuleux récit du maquis et la plus scrupuleuse des légendes. Le capitaine Alexandre revivait, « décuirassé » à jamais, libre enfin de publier Feuillets d’Hypnos, un testament pour les temps futurs. a
Laurent Greilsamer

Une pièce et un film

A 41 ans, Frédéric Fisbach (photo ci-dessous) est l’artiste associé de cette 61e édition. Il succède ainsi à Thomas Ostermeier, Jan Fabre et Josef Nadj. Formé dans la troupe de Stanislas Nordey au début des années 1990, il a, depuis, mis en scène Claudel, Maïakovski, Strindberg, Racine ou Corneille.

René Char dans le maquis, à Céreste, en 1943. ROGER VIOLLET

SENTINELLE René SOLAIRE Char
Pendant ses années dans la Résistance, le poète a tenu des carnets, devenus les « Feuillets d’Hypnos ». Frédéric Fisbach, l’artiste associé, met en scène ce testament pour le futur
d’en découdre : « (…) Il faut s’attendre à une barbarie systématique de la part de ces crapules. » « Il faut… » Tel est son nouveau credo. Son impératif. La guerre est une chose épouvantable, mais il a la conscience aiguë qu’il parviendra à la traverser sans encombre, tel un demidieu enragé et vainqueur. « Je sais que j’en sortirai vivant pour après », écrit-il à sa femme. Et de fait, il s’en sort indemne dans une France en lambeaux. Durant deux ans, il passe son temps à circuler dans les départements du Sud-Est en train, en car et à vélo, prenant contact avec des maires, d’anciens syndicalistes, des militants communistes qui comme lui s’engagent.

Depuis plusieurs années, il travaille régulièrement au Japon, où il poursuit un compagnonnage avec l’auteur Oriza Hirata et où il a mis en scène, avec le théâtre de marionnettes Youkiza, Les Paravents, de Jean Genet, qui sont repris au Festival. Parallèlement, il crée, dans la Cour d’honneur, les Feuillets d’Hypnos, de René Char. Le poète résistant est plusieurs fois à l’honneur dans ce Festival des 60 ans : Alexis Forestier (photo ci-dessous) met en scène Claire, une pièce méconnue, écrite en 1948. Et Jérôme Prieur présente René Char, nom de guerre Alexandre, un film sur l’engagement du poète dans la Résistance.

Feuillets d’Hypnos, 15, 16 et 17, Cour d’honneur. Voir programme René Char page 12.

Champagne Ardenne au
festival d'Avignon

Caserne des pompiers
6 26 JUILLET 07
RELÂCHES 13 & 22 JUILLET 116 rue de la Carreterie réservations / renseignements 04 90 85 03 78

SPECTACLES

11h SPECTACLE FAMILIAL 17h DANSE/CONCERT JULES SUPERVIELLE HERVÉ DIASNAS L’ARCHE DE NOÉ PATRICIA DALLIO
Dominique Dubuy André Parisot Cie La Boite Noire Cie Sound Track

EXPOSITION PRÉSENCES SCÈNIQUES

LE PARVIS DES ONDES

Œuvres des collections photographiques et- vidéo du FRAC Champagne-Ardenne. Nicolas Boulard, Vincent Cordebard, Julien Discrit, Christian Lapie, Laurent Montaron, Gérard Rondeau.

PHOTO + GRAPHISME WWW.BENOITPELLETIER-DIABOLUS.FR

14h THÉÂTRE CHRISTIAN SIMÉON
HYÈNES Mise en scène Jean-Marie Lejude Cie L’Œil du Tigre

18h DANSE CLARA CORNIL PIERRE FRUCHARD
PORTRAITS INTÉRIEURS Cie Les Décisifs

15h30 THÉÂTRE CARLOS LISCANO
MA FAMILLE Mise en scène José Renault Cie Alliage Théâtre

19h30 THÉÂTRE ISRAËL HOROVITZ
JOHN A DISPARU Mise en scène Jean-Philippe Vidal Cie Sentinelle 0205

.........................................
coordination
OFFICE REGIONAL CULTUREL DE CHAMPAGNE ARDENNE

.........................................
L'Orcca est subventionné par la Région Champagne-Ardenne

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AVIGNON 2007

60 ANS
l PIERRE HENRY
sion pour l’animal, les arbres, les sources, tentement ou mon plaisir. Je n’ai pas de soutout ce qui vit sur terre. Dans mon parcours venirs car je suis dans la musique. Avec Béjart, il y a encore dans ma tête des musical, il y a des instantanés d’insectes, lambeaux de ce que l’on a fait ensemble. Je mais aussi des séquences tribales. Dès les années 1950, j’ai pensé au futur de me rappelle comment on était, comment on la planète. Une de mes premières musiques riait, comment on passait d’une chose à s’appelait Arcane, d’après Astrologie. En l’autre. On n’échangeait pas d’idées. Il n’al1968, il y a eu l’Apocalypse de Jean, dont est lait pas à mes concerts, mais venait dans extrait le deuxième morceau qui compose mes studios. Je lui faisais entendre une nouObjectif Terre, une œuvre issue de l’assem- velle musique. Il partait avec la bande et puis il faisait un ballet. blage de trois œuvres déjà existantes. Notre collaboration, dix-sept ballets sur La première, Une histoire naturelle ou les roues de la Terre, est un rappel de la Genèse, plus de vingt ans, remonte à 1955. Je lui ai vue au travers d’une pré-Apocalypse. Il y donné la bande de la Symphonie pour un aura ensuite les Six coupes de colère, tiré du homme seul. Trois mois plus tard, en mars, il récit biblique de l’Apocalypse de Jean, présentait une chorégraphie au Théâtre de l’Etoile. Je crois volontiers que relatant la destruction méthocela lui a permis de se détadique de l’Occident par la cher du style classique. fureur de Dieu. J’aimerais De son côté, il m’a transmis Enfin, la troisième partie que les gens son instinct d’homme de specreprendra Prisme, tiré de Kyltacle, que j’ai mis en œuvre à dex, l’opéra cybernétique spatio- soient partir des années 1970 dans lumino-dynamique comman- impressionnés mes propres concerts, créant dé en 1973 par Rolf Lieberun type de théâtre sonore à la mann au chorégraphe améri- par ce qu’ils fois visuel et émotif. Quant à cain Alwin Nikolais et au sculp- n’entendent plus la danse, je me sens un peu teur luminographe allemand Nicolas Schöffer, pour l’Opéra de Ham- danseur de l’intérieur, je fais bouger les sons bourg. Il s’agit de lancer une alerte générale que je produis avec mon corps. Je suis le danpour le futur, mais aussi de traduire un seur de ma musique. Même aujourd’hui avec mes problèmes espoir en un monde possible après la guerre nucléaire. Il y a toujours un aspect initiati- de dos, d’articulations, je bouge toujours beaucoup quand je dirige mes concerts. que dans ma musique. J’aimais beaucoup Avignon du temps de Mais j’ai toujours bougé. Quand j’ai comJean Vilar, mais j’ai peu de souvenirs. Quand mencé à travailler dans le studio de radiodifje fais un concert ou un spectacle, je suis telle- fusion, qui n’était pas un studio de musique, ment dedans que je ne vois rien d’autre. J’ai j’ai détourné les appareils pour créer des beaucoup de mal à extérioriser mon mécon- sons. Je sautillais d’un plateau à l’autre et je

Ils ont vécu la naissance du Fest d’honneur du Palais des papes e une photographe et un composit En cette année anniversaire, ils

MURIEL VEGA POUR « LE MONDE »

L

es 60 ans du Festival d’Avignon, mes 80 ans cette année, c’est bon pour les programmateurs ! L’important est de continuer dans la direction qui vous est la plus favorable. Avec Objectif Terre, je ne fête pas un anniversaire, je fais mon œuvre. J’ai été choisi par Avignon à cause de ma collaboration avec le danseur et chorégraphe Maurice Béjart. Avec lui, j’ai créé, en 1967, Messe pour le temps présent. Dieu m’en préserve, mais bon, à chacun son Boléro. L’année précédente, nous y avions donné, Béjart et moi, Variations pour une porte et un soupir, un ballet improvisé, qui a été récemment repris à l’Opéra Bastille. Mais j’avais, au fond, toujours eu envie d’un concert rien qu’à moi avec ma seule

musique. Et ça arrive maintenant. Ce sera le 11 juillet à 22 heures, avec quatre-vingt-seize haut-parleurs. J’aurais bien aimé la Cour d’honneur, mais celle du lycée Saint-Joseph est la deuxième jauge d’Avignon, et l’on me dit que l’acoustique sera meilleure. Il s’agit d’un concert-manifeste à destination écologique, une sorte de cantate philosophique à propos de notre Terre en perdition (pollution, réchauffement, appauvrissement, cataclysmes) en même temps qu’un acte physiologique. Avec mes sons naturels, j’aimerais que les gens soient impressionnés par ce qu’ils n’entendent plus. Le monde moderne est très nocif pour l’oreille. Depuis toujours, je me sens proche de la nature. J’ai toujours aimé les livres d’histoire naturelle et j’ai une pas-

faisais des samples. C’est peut-être pour ça qu’on m’appelle « le grand-père de la techno ». Mais je l’ai fait parce que c’était la condition d’invention de cette musique. Des DJ m’envoient des disques, des lettres enflammées. Quand je fais des concerts chez moi, beaucoup viennent, très gentils, très respectueux. Mais cela m’ennuie que cette musique faite pour la transe ne développe aucun langage et n’ait pas de dessein intellectuel, pas d’élaboration ou de construction. Pourtant, dans ma Symphonie Jules Verne, en 2005, j’ai fait des samples sur des symphonies de Bruckner, c’est mon côté techno. J’aime bien prendre, moi aussi. Je travaille aujourd’hui avec beaucoup plus de plaisir qu’il y a quelques années. Je donne des concerts, je fais de la peinture et je rêve beaucoup mes sons. Je ne vais plus écouter de la musique ni du théâtre. Au cinéma, j’y vais pour entendre les bandes-sons, les bruits de la Terre qui viennent vers moi. Techniquement, j’ai maintenant un système informatique pour numériser mes sons et sauver mon patrimoine. « Objectif Pierre Henry » ! Je veux protéger la planète et mes sons. Plus tard, il faudra bien que les gens puissent entendre ma musique dans de bonnes conditions. J’ai bientôt 80 ans, je vais bien et je pense que j’aurai le temps de presque terminer mon œuvre. En ce moment, j’ai très envie de faire quelque chose avec Chopin. Si on joue Chopin très lentement, c’est aussi moderne que du Messiaen… a
Propos recueillis par Marie-Aude Roux

Objectif Terre, le 11, cour du lycée Saint-Joseph.

l AGNÈS VARDA

A

gnès Varda est une glaneuse parisienne qui sent le parfum des tilleuls de la rue Froidevaux monter jusque chez elle, rue Daguerre. « J’ai des satisfactions simples. » L’artiste, cinéaste et photographe, prépare deux expositions pour le Festival d’Avignon, dont une fera redécouvrir ses photos en noir et blanc prises durant le Festival, entre 1948 et 1960. Cette exposition est l’occasion de revenir sur douze années miraculeuses où elle a enregistré jour après jour, année après année, la mémoire d’un théâtre devenu mythique. Nous sommes en 1945, 1946. La jeune Agnès Varda ne sait pas ce qu’elle va faire après le bac : « J’ai pris un an pour lire. Je m’installais à table à 9 heures et je lisais. Giono, Colette, Dostoïevski, les surréalistes. » Mallarmé ? « Ha ! Oui ! Comment donc ! » La peinture l’occupe aussi, qu’elle étudie à l’Ecole du Louvre. Elle va aussi écouter « un paysan à la Sorbonne ». Gaston Bachelard. « Il a illuminé ma vie, il parlait de Jonas dans sa baleine, ou de la maison, des pommes qui sèchent dans le grenier, de la cave où les enfants ont peur, de Gérard de Nerval et Leiris. J’y ai entendu ce qui me convenait. Mon travail vient de là : réinventer la réalité. » Oui, mais comment ? Va pour la photographie. « Prendre des images, régler les bains, développer les négatifs, faire mes tirages, j’aimais ça. » Elle fait un portrait de Brassaï puis lui rend visite. Il lui donne un bon conseil : regarder les photographies des Atget, des Weston. Et le théâtre ? « Un hasard comme toute ma vie. » Agnès Varda a grandi à Sète, comme Jean Vilar et son épouse. A Paris, à 17 ans, elle garde le premier enfant du couple. « Quand ils revenaient de spectacle, vers 23 heures, Vilar me lisait Valéry ou Francis Ponge. Il avait une voix belle et intelligente.

PATRICE NORMAND

Et puis je suis allée voir ses premières élargir le registre, pour « se préparer des souvenirs », elle invente un mises en scène, puis à Avignon. » C’est comme ça qu’elle devient style. Elle photographie pendant photographe au Festival. Pas la pre- les répétitions ou après, et n’hésimière année, où elle fait de la pêche te pas à arrêter les acteurs pour en Corse. Mais à partir de la deuxiè- une image. Surtout, elle me, en 1948. Photograconstruit des images phe donc, mais aussi en dehors de la scène. petite main qui aide à la Tout Notamment ce qui est régie ou joue de la guita- s’accélère sans doute sa photo la re, cachée sous le plaen 1951. Jean plus magnétique : teau. Ses premières images Vilar demande Gérard Philipe, en prince de Hombourg, au sont un peu floues, maladroites. « Je ne réfléchis- à Agnès Varda milieu des arbres. « Les gens connaissent sais pas. J’avais 20 ans et de tout cette image, ils s’en souje me disais que j’avais le photographier viennent et m’en partemps. Ensuite j’ai fait lent. Ce n’est pas un des progrès. » Mais elle est partout : devant la scène, derriè- moment de la pièce. Gérard porte re, aux fenêtres… « Je voyais les piè- son habit de scène en plein soleil, ces une vingtaine de fois. Je retenais dans une lumière qui est à l’opposé de celle du théâtre. Ça ne se faisait des moments de mise en scène. » Tout s’accélère en 1951. Agnès pas, à l’époque. Mais je lui avais dit Varda comprend que Vilar, qui lui mon projet de le représenter en demande de tout photographier, rêveur presque somnambule, et il a veut des archives du Festival. Pour joué le jeu avec moi. »

2007 AVIGNON

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123

tival, l’arrivée de la danse dans la Cour et le travail auprès de Jean Vilar. Une actrice, teur se souviennent d’un Avignon mythique. reviennent

Une histoire, trois livres

l JEANNE MOREAU
Vous avez participé très jeune au premier Festival d’Avignon, en septembre 1947. Comment Jean Vilar vous avait-il choisie ?

Par mes camarades, j’apprends que M. Jean Vilar préparait des spectacles pour Avignon et qu’il cherchait une jeune première. Il faisait passer des auditions au Théâtre Edouard-VII, j’y suis allée et j’ai été choisie ! J’ai créé La Terrasse de midi, de Maurice Clavel, au théâtre. Je faisais une suivante dans Richard II, de Shakespeare, mis en scène par Vilar dans la Cour, et j’étais dans le chœur d’Histoire de Tobie et Sara, de Paul Claudel, joué au Jardin d’Urbain-V.
C’était comment, ce premier Festival ?

Cuny : il m’avait fait cadeau d’une carte postale représentant Lucrèce poitrine dénudée qui se transperce le cœur avec un couteau, en me disant : « Je te le donne car c’est toi. » Vilar m’impressionnait, mais il était très gentil, je ne l’ai jamais vu brutaliser qui que ce soit. Il nous entraînait, c’est ça un metteur en scène.
Cela a été très important pour vous ?

60 ans, cela se fête, et se raconte. Trois livres témoignent de l’histoire du Festival depuis sa création, par Jean Vilar (photo), en 1947. Le premier, Histoire du Festival d’Avignon (Gallimard), est le plus complet. Ecrit par Antoine de Baecque et Emmanuelle Loyer, il couvre toute l’histoire du Festival, sur le plan artistique, bien sûr, mais aussi sur le plan politique et social. D’où son intérêt.

La Cour n’était pas aménagée, les gens apportaient leurs pliants, leurs chaises. Le plateau, c’était un vrai tréteau en bois qui craquait quand on marchait, cela faisait partie du charme. Quand le mistral soufflait, on avait froid, les gens étaient emmitouflés dans leurs couvertures. Nous portions de grands hennins et les voiles s’envolaient. On avait des gens de la ville, des gens de passage. Mais déjà la musique de Maurice Jarre, les oriflammes, c’était beau.
Qui y avait-il ?

Maurice Jarre et les musiciens. Quand je vous en parle, les trompettes de Maurice Jarre, j’ai la gorge qui se serre comme je l’ai eue au moment d’entrer en scène, en 1951, avec Gérard Philipe, avant Le Prince de Hombourg. C’est une musique qui m’émeut. Agnès Varda faisait des photos. Je revois la silhouette filiforme de Michel Bouquet tout vêtu de noir. Et il y avait aussi Alain

Je le faisais clandestinement, puisque mon père s’y opposait, mais avec la complicité de maman. Après, tout est arrivé en même temps. J’ai signé mon contrat de pensionnaire de la Comédie-Française en janvier 1948, pour mes 20 ans. J’y ai joué vingt-quatre pièces en quatre ans. J’avais des propositions ailleurs, je faisais déjà du cinéma, ce qui, naturellement, a fait scandale. En 1951, j’ai reçu une lettre de Jean Vilar me proposant de le rejoindre. J’ai commencé à donner mes rôles à mes copines, et puis je suis venue de moins en moins. Le Français m’a fait un procès, que j’ai gagné grâce à Me Badinter. Et je me suis retrouvée dans la Cour, avec Gérard Philipe. Je suis restée près de deux ans au TNP, puis je suis partie, parce que dans la troupe, je retrouvais les mêmes touffeurs, les mêmes murmures, les mêmes courtisans. Je suis retournée au Festival en 1989, pour La Célestine montée par Vitez. J’étais avec cette merveilleuse actrice, la petite Dréville.
Comment avez-vous été amenée à faire cette lecture cet été ?

MURIEL VEGA POUR « LE MONDE »

Quand on m’a dit que France Culture aimerait que je fasse une lecture dans la

Cour : « Dans la Cour ? On va être comme des moucherons !… » J’ai reçu Quartett accompagné d’une lettre dans laquelle M. Jourdheuil, le traducteur et légataire de Heiner Müller, me disait que celui-ci avait écrit cette pièce pour moi. J’ai pensé : « Dites donc, vous avez mis du temps à me retrouver depuis 1982 : vingt-cinq ans ! » Sami Frey, avec qui j’ai joué La Chevauchée sur le lac de Constance, de Peter Handke, a accepté tout de suite. C’est très exaltant, parce que c’est une entreprise audacieuse, une œuvre violente, scandaleuse, et en même temps je sens déjà une frustration, parce qu’on la lira une seule fois. Moi, j’aimerais bien qu’on la joue plus… On travaille depuis deux mois. On lira dans le décor de la pièce de Valère Novarina, c’est pas de la tar-

te, et il est inamovible. Nous serons chacun à une table avec une lampe.
Que pensez-vous de « Quartett » ?

Dèsledébut,c’est d’uneindécenceextraordinaire, la Merteuil est toute seule, et c’est comme si Valmont était là. Valmont est Lucifer, l’archange rebelle, elle est Lilith, la premièrefemmed’Adam,la rebelle.Ilssontcomme des diamants noirs. Cette morgue de l’aristocratie de l’époque, cette morgue des nantis. C’est la plèbe qui ressent une émotion, et dans le contexte politique actuel… a
Propos recueillis par M. Si.

« Quartett », de Heiner Müller, le 9, dans la Cour d’honneur. Retransmission en direct sur France Culture.

L’auteur du deuxième livre, Bernard Faivre d’Arcier, a été deux fois directeur du Festival, de 1980 à 1984, puis de 1993 à 2003. Dans Avignon vue du pont (Acte Sud), il livre sa vision, technique et personnelle, en insistant sur les années de son mandat. Le troisième livre, Les Voix d’Avignon (France Culture/Seuil), est la retranscription du Feuilleton d’Avignon, une série composée par Bruno Tackels et diffusée par France Culture en juillet 2006. Un CD joint au livre permet d’entendre des voix mythiques, à commencer par celle de Jean Vilar.

1951 marque aussi le triomphe de Gérard Philipe : « J’ai rencontré beaucoup de gens à Avignon, mais lui était à part. Il avait la beauté et la grâce. Et il personnifiait le rêve de Jean Vilar. » Elle explique : « En 1951, Gérard Philipe était une star de cinéma. Vilar a compris que le comédien serait la locomotive populaire qui amènerait la notoriété au Festival. » 1951, c’est enfin la naissance du Théâtre national populaire

(TNP), à Paris, toujours par Vilar, avec la même troupe. « Avignon a été le laboratoire du TNP », dit Agnès Varda. Quand on lui demande ce qu’était l’esprit de ce fameux théâtre populaire, elle répond d’une formule : « Être à la fois accessible et exigeant. » Exigeant ? « Mettre la barre très haut, présenter Brecht en France et de jeunes auteurs comme Armand Gatti. » Accessible ? « Un théâtre pas cher, où l’on vient sans s’ha-

biller bien, sans payer de pourboire aux ouvreuses, avec un livret à un sou. C’est un programme, une ligne de conduite. » Avec son « petit cœur à gauche », Agnès Varda adhère aux options de Vilar, à son souci que le théâtre collectif arrive au peuple. « Cela se reflétait dans la troupe. Gérard Philipe acceptait de voir son nom parmi d’autres sur les affiches, pas au-dessus, pas devant. » Vilar avait compris l’importan-

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MISE EN SCÈNE ANNE CAILLÈRE

ce de la médiatisation pour assurer le rayonnement d’Avignon. Les photos d’Agnès Varda sont achetées par le Festival puis inondent la presse, sans droits à payer – du grand quotidien au journal de pharmaciens. Agnès Varda n’a « pas du tout » eu l’impression, à l’époque, de participer à un moment historique. « J’ai ressenti la ferveur de la troupe et celle du public, j’ai eu l’éblouissement de découvrir chez Vilar ce souci que le théâtre arrive au peuple, je faisais partie de cet élan de gauche, mais c’est tout. » Ses relations avec Vilar étaient discrètes. « Je l’admirais mais il n’était pas un copain de bande, pas un bavard. » En 1960, Agnès Varda coupe net avec le Festival. Simplement parce qu’elle est devenue cinéaste. Mais dans ses films comme ses installations d’images pour les musées, l’esprit Avignon ne l’a pas quittée : « Atteindre le plus grand nombre en mettant la barre très haut. » a
Michel Guerrin

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GOSPEL CHOIR DE SOWETO ARCHIPEL 118 + 1 DE MAL EN PEOR RICARDO BARTIS CHOSTAKOVITCH QUARTET COSÌ FAN TUTTE JEAN-YVES RUF/ MOZART LES TROIS SŒURS PATRICK PINEAU /ANTON TCHEKHOV ANGELA ET MARINA VALÉRIE GRAIL/ NANCY HUSTON CHRONIQUES DU BORD DE SCÈNE NICOLAS BIGARDS DER TARTUFFE DIMITER GOTSCHEFF/ MOLIÈRE PLATFORM JOHAN SIMONS / MICHEL HOUELLEBECQ LIEBE 1968 ALEXANDER CHARIM HARMONIE DÉSASTRES MERET BECKER HERCULES GEORGES LAVAUDANT/ SOPHOCLE, EURIPIDE REBETIKO, ZEBEKIKO GRIGORIS VASSILAS

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Voir programme Agnès Varda, page 12.

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LES 11/14/17/20/22/25/27 AVRIL 2008

Edité par la Société Éditrice du Monde, président du directoire, directeur de la publication : Pierre Jeantet
La reproduction de tout article est interdite sans l’accord de l’administration. Commission paritaire des journaux et publications no 57 437. ISSN : 0395-2037 Pré-presse Le Monde Impression Le Monde 12, rue M.-Gunsbourg 94852 Ivry Cedex Printed in France

VIE ET DESTIN LEV DODINE /VASSILI GROSSMAN LE MALHEUR DE JOB JEAN LAMBERT-WILD LE COMMENCEMENT DU BONHEUR JACQUES NICHET/ GIACOMO LEOPARDI ONANISME… JEAN-MICHEL RABEUX/ DÉMÉTRIUS ZAMBACO ÉLOGE DE L’ESCAPOLOGISTE ÁRPÁD SCHILLING LORENTINO D’AREZZO PATRICK SOMMIER / PIERRE MICHON NORDESTE BRÉSILIEN RECIFE

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AVIGNON 2007

Génération Fisbach

Avec Frédéric Fisbach arrive à Avignon toute une génération de metteurs en scène quadragénaires. Julie Brochen (photo ci-dessous), qui dirige le Théâtre de l’Aqua-

rium, à Paris, a fondé sa compagnie, Les Compagnons de jeu, en 1993. Elle a longuement travaillé sur Tchekhov, parcours qui a débouché en 2003 sur un diptyque composé d’Oncle Vania et du Cadavre vivant de Tolstoï. Elle joue L’Echange, de Claudel, au Cloître des Célestins. Ludovic Lagarde (photo ci-dessous), qui a fondé sa compagnie en 1996, est un vieux complice de l’écrivain Olivier Cadiot, dont il a porté à la scène plusieurs textes, notamment Le Colonel des zouaves et Fairy Queen. Il fait découvrir, au Cloître des Carmes, Peter Verhelst, un Flamand peu connu, auteur d’une réécriture du Richard III, de Shakespeare, avec le grand Laurent Poitrenaux dans le rôle-titre. Autre membre de cette « génération Fisbach », Robert Cantarella, ami de longue date de l’artiste associé avec qui il va bientôt prendre en mains le 104, le « grand » lieu de création voulu par la Mairie de Paris. Il fait entendre Hippolyte, de Robert Garnier, au gymnase du lycée Mistral. Mathieu Bauer et son groupe Sentimental Bourreau s’attaquent, eux, à Tendre jeudi, de John Steinbeck, qu’ils donnent au gymnase Aubanel. Et Gildas Milin poursuit ses explorations formelles avec Machine sans cible, à la Chartreuse de Villeneuvelès-Avignon.

PHILIPPE GROLLIER/TEMPS MACHINE POUR « LE MONDE »

Eléonore Weber

L’AVENIR MODE D’EMPLOI
Elle aurait pu s’engager dans la politique. Elle préfère écrire et mettre en scène des spectacles hybrides à l’usage de sa génération, mais pas seulement
Que faire ? « Bifurquer dans le monde », se dit la titulaire d’un DEA sur la parité et la discrimination positive. La voilà assistante parlementaire au Sénat. Elle écrit des discours, sur le budget de la culture ou autre, pour Danièle Pourtaud, qui appartient au courant fabiusien. Elle pourrait alors s’engager dans la politique. C’est l’époque où commence à se poser la question des quotas de femmes aux postes à responsabilité. On lui fait des appels du pied. Mais le Parti socialiste lui semble « impossible », même s’il lui est arrivé de voter pour. Et, surtout, elle ne se voit pas « incarner une norme pour les gens ». A 26 ans, elle lâche tout le jour où elle obtient une aide à l’écriture (« 30 000 francs, je parle encore en francs »). Depuis quelque temps, elle a rejoint le groupe dirigé par Roland Fichet, qui réunit des auteurs et des metteurs en scène autour de Naissances, un projet itinérant étalé sur plusieurs années. TRENTENAIRES C’est dans ce groupe qu’Eléonore Weber rencontre Frédéric Fisbach. Et c’est lui, devenu artiste associé, qui propose à Hortense Archambault et Vincent Baudriller d’inviter sa jeune collègue. Avant de prendre leur décision, les codirecteurs du Festival vont voir Tu supposes un coin d’herbe, présenté en 2005 au Théâtre national de Bretagne, à Rennes. La vraie histoire d’Eléonore Weber commence là, avec ce spectacle centré sur une jeune femme qui se demande, et demande aux autres, pourquoi elle se sent si fatiguée. « Tu es fatiguée parce que tu milites pas assez », répond Alain Krivine, filmé en vidéo. Et c’est drôle, à cause du décalage entre cette injonction d’un “père” et le désenchantement de la jeune fille, en qui les trentenaires peuvent facilement se reconnaître. « Je n’aime pas parler en termes de génération, dit Elélonore Weber, mais c’est vrai que la lucidité nous a été imposée. On porte l’échec de ce qui a été tenté par la génération précédente, et on ne peut pas le tenter de la même manière. On est dans ce truc où l’ennemi est complètement diffus, où d’ailleurs ça nous arrange peu à peu de ne plus savoir où il est ; il est en nousmêmes, dans notre propre difficulté. Mais n’y a-t-il pas de l’invention possible, quand même ? » C’est cette difficulté-là qu’Eléonore Weber « interroge », comme elle dit, dans ses spectacles, qui se veulent hybrides, à l’image de sa vision d’un temps sans fiction. Dans son travail, écriture et mise en scène avancent du même pas. Ils sont indissociables, et ressemblent à un mode d’emploi chahuté pour aujourd’hui. « Il faut espérer, et de nouveau proposer », dit-elle. Et le théâtre peut proposer ? La réponse tombe, sans commentaire : « Oui. » a
B. Sa.

A

vignon la découvre. Avec Rendre une vie vivable n’a rien d’une question vaine, Eléonore Weber entre dans la ronde de ceux qui sont invités pour la première fois au Festival. Evidemment, elle a « un peu peur » de cette exposition, mais elle sait se protéger : « Je m’appelle Weber, comme plein de gens », dit cette jeune femme qui se tient droite dans sa pensée, et dans sa veste aussi, d’ailleurs. De sa famille, Eléonore Weber ne sait pas grand-chose, sinon qu’elle vient d’Allemagne.

Elle est née en 1972, d’un père fils de mineur et d’une mère fille de résistant : « Les vraies origines de ma famille, c’est la gauche. C’est bizarre de dire ça, mais parfois cette appartenance est une identité plus forte que le reste. » Son père a été longtemps au PC, et il s’est toujours engagé. Dans les années 1990, Eléonore Weber passe pas mal de temps dans la rue. Elle est alors au lycée Montaigne, à Paris, « un de ces lycées du 6e arrondissement où beaucoup d’élèves sont des fils de soixante-huitards soupçonnés d’avoir tourné leur veste. Cette question de la “trahison” est très présente dans ces lycées, où, en plus, on nous dit : “Allez-y, politisez-vous.” Du coup, on manifeste, on manifeste, et pof, quand on se retrouve dans l’autre monde, il y a une chute très violente. » Après le bac, Eléonore Weber fait hypokhâgne et khâgne. « Mal », dit-elle. Son objectif n’est pas la réussite aux concours. Mais la vie, tout simplement. Puis vient la faculté, en philosophie et en droit, une matière qui l’intéresse beaucoup – surtout le droit privé : « A travers la jurisprudence, on acquiert un rapport au monde et au réel qui est passionnant. On voit comment une règle existe, et se tord. Et puis, c’est du texte, tout le temps. » Suit un silence : le texte est au cœur de l’histoire d’Eléonore Weber, qui fera le choix d’écrire. Plus tard. Avant, elle poursuit ses études de philosophie, à l’Ecole des hautes études en sciences sociales. Elle y rentre en se disant : « Ah, ça va être beau, il va y avoir une passion autour de la pensée », et pof, là aussi elle se retrouve avec « des étudiants qui se demandent quel poste ils auront, dans un milieu de mandarins. » Après la chute politique, c’est la chute morale.

Rendre une vie vivable n’a rien d’une question vaine, du 8 au 14 (relâche le 12), chapelle des Pénitents-Blancs.

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2007 AVIGNON

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I

sadora Duncan, Mme Mao, Batman et Catwoman, Courtney Love et Kurt Cobain, Sade, Bataille, Gilles Deleuze, Stephen King… La tribu de Christophe Fiat ressemble à un Bottin mondain dont l’écrivain et performer égrène les noms avec l’évidence que donne une longue fréquentation. Et en avant ! Il suffit de saisir le coche pour entrer dans la ronde magique des stars réelles ou imaginaires que Fiat tutoie sans façon. C’est comme ça : la passion est un code d’accès direct qui plonge tout le monde dans le même bouillon. Rencontrer Christophe Fiat ressemble à une chevauchée effrénée dans l’histoire contemporaine dont les héros se coursent les uns les autres en sautant joyeusement les époques. Ex-professeur de philosophie, déjà auteur d’une dizaine d’ouvrages (dont Ladies in the Dark, éd. Al Dente, et Bienvenus à Sexpols, éd. Léo Scheer) et de nombreuses performances, notre homme mélange non seulement sans complexe ses références, mais il galope après sa propre pensée, en débusque les contradictions, se fait distancer par une association d’idées qu’il saisit au vol et fouette ! S’il ne retourne pas sept fois sa langue dans sa bouche avant de parler, il se la mord plus souvent qu’à son tour à force de vouloir cerner au plus près ce qu’il veut dire. Sur le plateau, en cours de répétition de La Jeune fille à la bombe, à la Grande Halle de La Villette, il se pose de dos pour jouer de la guitare, puis se demande ce qui a bien pu se passer sur le plateau sans qu’il le voie. Il balance d’un bloc à ses quatre acteurs : ce qu’il veut, aime, déteste, assène des clichés gros comme une maison (« La contrainte est une liberté »), en rit parfois pour se décontracter. UNE FARCE DÉLIRANTE Il veut de l’épopée, du rock, de l’érotisme qui ne le dit pas, du lyrisme mais pas d’ironie. « Le texte l’est suffisamment et je me méfie de l’ironie systématique qui bascule dans l’idiotie, commente-t-il. Il doit être débité à fond sans qu’on perde le fil de cet imaginaire paranoïaque. » De quoi s’agit-il ? « D’une mère de famille, Nathalie Moore, qui n’est pas morte du sida, ne s’est pas suicidée, n’est pas dépressive, n’a pas le goût du sacrifice, mais se bat dans un monde infernal à cause du terrorisme et de la société de contrôle », résume Christophe Fiat, qui situe l’action entre Paris, la Franche-Comté et la Suisse. « Je suis obsédé par une chose : comment parler de notre époque en sachant que l’idée d’imagination est dynamitée ? » Christophe Fiat y répond dans La Jeune fille à la bombe par une

Danses et danseurs

La danse avance masquée dans cette édition 2007, nichée au cœur de dispositifs théâtraux insolites. Le Flamand Alain Platel (photo ci-dessous), avec la danseuse Fumiyo Ikeda et le perfor-

Christophe Fiat (à gauche) et Louise Armand répètent « La Jeune Fille à la bombe », à La Villette. BENJAMIN
RENOUT/ENGUERAND

LA PENSÉE AU GALOP
Cet ex-professeur de philosophie épouse et détrousse les mythologies contemporaines. Auteur et performer, il veut de l’épopée, du rock, de l’érotisme... mais pas d’ironie

mer Benjamin Verdonck, portent la parole d’un enfant soldat du Darfour dans Nine Finger, bâti sur des poèmes du jeune écrivain Roberto Juarroz. Errant dans les voies mal éclairées de son intimité, Raimund Hoghe (photo ci-dessous), ex-dramaturge de Pina Bausch, se dévoile toujours davantage dans 36, avenue Georges-Mandel, inspiré par la Callas. Sa passion des voix, son sentimentalisme amoureux assurent à la chanteuse un sort spectaculaire sûrement curieux.

Christophe Fiat
La question de la culture populaire tarabuste évidemment Christophe Fiat. La riposte littéraire de celui qui pointera quelques années plus tard comme professeur de philo au lycée et à l’université, avant de démissionner de l’éducation nationale, est celle du métissage, de cet amalgame violent d’érudition et de simplicité qui fait la pâte de son écriture. SENSUALITÉ DES MOTS Christophe Fiat le dit tranquillement : il a longtemps subi la culture populaire de ses origines et mis du temps à rendre compatibles toutes ses vies. Il ajoute qu’il a toujours fait ce qu’il a voulu. Et ça lui réussit. « C’est vrai que ça a été vite pour moi depuis sept ans, même si j’ai un peu ramé et surtout beaucoup bossé. J’ai eu énormément de plaisir à enseigner la philo à des jeunes avides de culture, mais j’ai le sentiment de découvrir plus la vie depuis que je suis à Paris. » S’il a abandonné la poésie depuis quelques années pour le roman, il en a conservé le flux envoûtant, la scansion interne, une sensualité des mots et de leurs sons. « Les mots m’emprisonnaient dans la poésie et j’avais envie de me plonger dans une histoire. La poésie française autorise trop d’ellipse, de systématisme et d’automatisme. Surtout, elle a complètement évacué l’imaginaire de son champ, contrairement au roman. Par ailleurs, il est plus difficile de “performer” du roman que de la poésie. » Qu’à cela ne tienne, il suffit que Christophe Fiat empoigne sa guitare et récite son texte, pour qu’il se persuade au moins d’une chose : « L’époque est extraordinaire. » a
Rosita Boisseau

saga hystérique de la vie d’aujourd’hui revue comme une série B. Avec un appétit vorace, il recycle grands événements, faits divers, petites tendances et grosses addictions de la société d’aujourd’hui qu’il démystifie sans états d’âme. Terrorisme, pornographie, kidnapping, star-système, drogues et médocs, tout fait ventre et fiction. La vie est un show dément, une farce délirante et nous sommes tous des pop star..., selon Fiat. Celui qui se définit comme un écrivain et performer – l’un n’al-

lant pas sans l’autre – est né à Besançon en 1966. Bien qu’il ait quitté la Franche-Comté depuis 2000 pour habiter Montpellier, puis Paris, cette région reste au centre de la géographie intime et publique de Christophe Fiat. C’est le pays de sa jeunesse, dans une famille de la classe moyenne : le père est mécanicien dans l’armée de terre, la mère, ouvrière dans la fourrure. La télévision sera le seul moyen d’accès à la culture de l’adolescent qui dévore par ailleurs la collection « Digest » des Grands Ecrivains.

Quant à Yves-Noël Genod (photo ci-dessous), comédien chez Claude Régy et interprète du chorégraphe Loïc Touzé, il est l’un des invités du « Sujet à vif » piloté par la Société des auteurs et compositeurs dramatiques. Il met en scène son extravagance naturelle. Un oiseau rare à saisir au vol.

La Jeune fille à la bombe, du 8 au 14 (relâche le 12), salle Benoît-XII. Stephen King Stories, le 11, salle Benoît-XII.

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de Michael FRAYN
adaptation de Dominique HOLLIER - mise en scène de Jean-Luc TARDIEU décor de PACE - lumières de Jacques ROUVEYROLLIS

Jean-Paul BORDES - Jean-Pierre BOUVIER - Jean-Paul COMART Bernard CROMBEY - Joël DEMARTY - Erick DESMARESTZ - Henri DÉUS Benoît GIROS - Jean-Baptiste MARCENAC - Georges WOD

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* Arthur Rimbaud “Une saison en enfer”

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DES FLEURS SUR LE FUMIER
Dieudonné Niangouna
ssis sur le bord de l’estrade, Dieudonné Niangouna enrage. Depuis une demi-heure, le metteur en scène observe le remue-ménage dans la cour du cercle Sony Labou Tansi et confesse « des envies de meurtre ». En cette fin d’aprèsmidi, jeudi 14 juin, son lieu de répétition a été loué pour un meeting électoral. Une poignée de musiciens rythme la sortie de la candidate et sa montée dans son 4×4 noir. « On en fait des griots », soupire-t-il. A présent, c’est au tour des spectateurs de quitter la salle, toujours sous les tam-tam. Un à un, ils empochent un billet de 500 francs CFA (0,80 euro) et un tee-shirt à la gloire de « la députée qui tient ses promesses ». Le regard de Dieudonné Niangouna s’enflamme. « C’est la lâcheté, le troupeau. Pendant la guerre, c’était la même chose, sauf qu’au lieu du tee-shirt on leur donnait une kalachnikov. Tout juste s’ils voyaient la différence. Le cerveau est bousillé. » Il respire. Puis sourit. « Si je mettais ça sur scène, on croirait que j’invente ou que j’exagère. Mais non. La réalité congolaise, c’est déjà du spectacle. »

Cet héritier de l’écrivain Sony Labou Tansi puise dans l’histoire du Congo le renouveau de la scène
Entre la fin d’une tournée en Europe, une résidence d’écriture et son départ pour le Festival d’Avignon, Dieudonné Niangouna, nouvelle étoile du théâtre congolais, est rentré pour deux semaines à Brazzaville. Pas pour se reposer ou rendre visite aux copains. Pas seulement, en tout cas. Car c’est ici, dans sa ville, qu’il puise sa matière. « Sur ce fumier, celui du sous-développement, que je fais pousser mes fleurs. » Sous le soleil de la saison sèche, il supervise donc la fabrication du décor. Une immense toile confectionnée à partir de sacs de ciment vides assemblés à la colle blanche. « On les a achetés 100 francs [0,15 euro] pièce au marché. Habituellement, les gens les utlisent pour emballer les arachides ou la fripe. C’est un très beau papier. A la lumière, c’est comme du tissu, ni trop brillant ni trop pâle. Ce n’est pas de la récup, mais une richesse inconnue, comme l’Afrique. » Pas de problème, donc, de ce côté-là. La toile, no man’s land de dimension encore indéterminée, destinée à se poser dans le jardin de la rue de Mons, à l’ombre du Palais des papes, sera prête. Dieudonné est en revanche nettement plus soucieux pour le reste. La bande-son a déjà deux jours de retard. La douche, censée le couvrir peu à peu de sang pendant son spectacle, n’est pas confectionnée. Pas plus que cette fenêtre qui devrait éclairer le comédien lorsque, plongé dans la pénombre, il jouera son Attitude clando. Clandestin, fugitif, homme « privé de permission », presque privé de vie : Dieudonné Niangouna sait de quoi il parle. En décembre 1998, lorsqu’éclatait la troisième guerre civile congolaise, il était embarqué en forêt par les rebelles du pasteur Ntoumi, qui vidaient la ville. Un an et demi de privation, ponctué par les bombardements de l’armée du président Sassou Nguesso, et finalement le miracle : à l’heure de l’exécution, un milicien reconnaissait ce comédien aperçu sur la scène du Centre culturel français (CCF). « Il a convaincu les autres de m’épargner. » Le jeune acteur est devenu la figure emblématique du nouveau théâtre congolais. « L’héritier de l’icône nationale, Sony Labou Tansi », assure Yves Olliver, le directeur du CCF. Comme son illustre ancien, mort en 1995, Dieudon-

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Dieudonné Niangouna. BAUDOUIN MOUANDA

Rasheed Al-Bougaily / Nouri Iskandar / Saed Haddad / Rashidah Ibrahim / Daniel Landau / Hossam Mahmoud / Alireza Farhang / Shafi Badreddin / Hiba Al Kawas / Samir Odeh-Tamimi / Kiawash Sahebnassagh Opéra National de Paris / Basille-Amphihéâtre Xavier Le Roy Le Sacre du printemps Centre Pompidou

Rabih Mroué Qui a peur de la représentation? Centre Pompidou Arne Lygre / Claude Régy Homme sans but Odéon-Théâtre de l’Europe aux Ateliers Berthier Benjamin Franklin / Stéphane Olry Treize semaines de vertu Château de la Roche-Guyon Archives Nationales / Hôtel de Soubise

Rodrigo García Et balancez mes cendres sur Mickey Théâtre du Rond-Point Amir Reza Koohesani Recent Experiences Théâtre de la Basille Marivaux / Luc Bondy La Seconde Surprise de l’amour Théâtre Nanterre-Amandiers William Shakespeare / Dood Paard Tius Maison des Arts Créteil Thomas Bernhardt / tg STAN “Sauve qui peut”, pas mal comme tire Théâtre de la Basille

Merce Cunningham Crises / EyeSpace / CRWDSPCR Théâtre de la Ville Compagnie Via Katlehong / Robyn Orlin / Chrisian Rizzo Imbizo e Mazweni Maison des Arts Créteil Alain Bufard (Not) a Love Song Centre Pompidou

12 septembre au 22 décembre 2007
ARTS PLASTIQUES
Alexandre Ponomarev Verticale Parallèle Chapelle Saint-Louis de la Salpêtrière Marie Cool / Fabio Balducci Untiled 2005-2006 La Maison rouge Hassan Khan Kompressor Le Plateau – FRAC Île-de-France Le Louvre invie Anselm Kiefer Joana Hadjihomas et Khalil Joreige Où sommes-nous? Espace Topographie de l’Art

Franco Donatoni / Jérôme Combier / Ödön von Horváth / Salvatore Sciarrino Chrisoph Marthaler Centre Pompidou Légendes de la forêt viennoise Anton Webern / Arnold Schoenberg / Théâtre National de Chaillot Frédéric Pattar / Mark Andre Rabih Mroué Audiorium du Louvre Comme Nancy aurai souhaié que tout ceci ne fût qu’un poisson d’avril Béla Bartók / Salvatore Sciarrino / Jörg Widmann / Matthias Pintscher Théâtre de la Cié Internationale La Ferme du Buisson Audiorium du Louvre Jörg Widmann Wolfgang Amadeus Mozart Audiorium du Louvre Edgard Varèse / Jörg Widmann / Igor Stravinsky Opéra National de Paris / Basille Xavier Dayer Audiorium / Musée d’Orsay Lieux de musique II / Colloque Maison de l’archiecure Anton Tchekhov / Enrique Diaz Seagull-play / La Mouette La Ferme du Buisson Lars Norén Le 20 novembre Maison des Arts Créteil Ricardo Bartís De Mal en Peor MC 93 Bobigny Lina Saneh Appendice Théâtre de la Cié Internationale

PERFORMANCES
Walid Raad I Feel a Great Desire to Meet the Masses Once Again Centre Pompidou Décadrages Scène artisique du Moyen-Orient Performances, rencontres, projecions, concerts Point Éphémère

DANSE
Rachid Ouramdane Surface de réparation Théâtre de Gennevilliers Mathilde Monnier Tempo 76 Théâtre de la Ville Meg Stuart BLESSED Théâtre de la Basille Emanuel Gat Peti torn de dança… Maison des Arts Créteil Eszter Salamon AND THEN Centre Pompidou

POÉSIE
Mahmoud Darwich Maison de la Poésie

CINÉMA
Images du Moyen-Orient : Rétrospecive Omar Amiralay et Cinémas d’Egypte, Iran, Israël, Jordanie, Liban, Palesine, Syrie Ficions et documentaires Jeu de paume – Concorde Cinéma en numérique MK2 Bibliothèque

THÉÂTRE
LarsNorén/PierreMaillet/ MélanieLeray La Veillée Théâtre de la Basille Abbas Kiarosami Looking at Tazieh Centre Pompidou Josse de Pauw / Collegium Vocale Gent RUHE Maison de l’archiecure

MUSIQUE
Samuel Beckett / Morton Feldman Neiher Cié de la Musique Edgard Varèse / Pierre Boulez / Mark Andre / Enno Poppe / Matthias Pintscher Salle Pleyel Hugues Dufourt Audiorium / Musée d’Orsay

Jean-Luc Lagarce / Rodolphe Dana Derniers remords avant l’oubli Emmanuelle Huynh Théâtre de la Basille Le Grand dehors La Ferme du Buisson Centre Pompidou La Scène Watteau / Nogent-sur-Marne Bill T. Jones Tim Etchells Walking the Line That Night Follows Day Musée du Louvre Centre Pompidou Paroles d’aceurs / Julie Brochen Variations / Jean-Luc Lagarce Théâtre de l’Aquarium

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2007 AVIGNON

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Du proche au lointain

Frank Castorf (photo ci-dessous) et Rodrigo Garcia manient la provocation, jusqu’au scandale parfois. Argentin d’origine, installé à Madrid

Répétition de « Attitude clando », à Brazzaville.
DÉSIRÉ LOUTSONO POUR « LE MONDE »

né Niangouna a été consacré à qui n’ont pas été détruits l’étranger, tout particulièrement en accueillent mariages et réunions France. Comme lui, il a fait école, politiques. « Comme il n’y a plus de salles, le profitant des cachets décrochés en Europe et de sa notoriété pour lan- public pense qu’il n’y a plus de théâcer un festival de théâtre à Brazza- tre », résume le comédien Ludovic ville. Il a soutenu la création de Louppé. Si bien que là où son aîné deux petits centres culturels, dans bénéficiait d’une reconnaissance son quartier de Mpissa, et embar- nationale Niangouna affronte un que dans chacune de ses aventures public confidentiel formé essentielles autres auteurs de sa bande, sur lement d’artistes et d’intellectuels. scène mais aussi à la régie ou aux Et un manque de moyens que vient décors. Comme Labou Tansi, régulièrement combler le CCF, vérienfin, il dénonce le naufrage de table poumon artificiel de la vie l’Afrique, avec les outils du quoti- culturelle locale. Ce soir encore, Dieudonné Niandien et des images d’une rare gouna doit faire face à une coupure richesse. Mais l’époque a changé. Le déla- brutale d’électricité. On attend l’arrivée du groupe électrobrement du théâtre natiogène autour d’une bière. nal en témoigne à lui Dieudonné et Arthur Vé seul. Cette salle mythi- Il dénonce Batoumeni, metteur en que où, en 1944, le généles naufrages scène bombardé à la scéral de Gaulle prononçait nographie, se lancent le fameux discours de de l’Afrique, dans une joute oratoire. Brazzaville, ce même lieu avec les outils Au menu : Dans la solituoù Labou Tansi créait le de des champs de coton, Rocadu Zulu Théâtre, du quotidien de Bernard-Marie Koln’a plus ni lumières ni siè- et des images tès. Les répliques s’enges décents pour très riches chaînent, bouteille à la accueillir les spectateurs. main. Où transpire « Pillés il y a huit ans », s’excuse son directeur. Le reste est l’amour des mots. Car ces mots, cette langue franà l’avenant. C’est qu’au régime du parti unique ont succédé une décen- çaise, Dieudonné Niangouna les a nie de guerre et enfin le retour du dans les veines. A 9 ans, son père, président Sassou, sans les oripeaux grammairien de renom, l’enfermait dans la bibliothèque familiale du communisme. Dans ce pays gorgé de pétrole et lorsque l’école faisait relâche. « Il de corruption, les systèmes éduca- revenait à 19 heures, se souvient-il. tifs et sanitaires se sont effondrés. Je devais résumer ce que j’avais lu et Et la culture a disparu du paysage. analyser le texte. Si ça ne lui conveLes nombreux cinémas de Brazza- nait pas, j’y passais la nuit. Ça aurait ville ont été vendus aux diverses pu, ça aurait dû me dégoûter. » Le virus l’a au contraire contamiEglises évangéliques. Les théâtres

né. Virus de l’écriture, d’abord. Des formes visuelles, ensuite, qu’il a étudiées plusieurs années aux BeauxArts de Brazzaville. Enfin, il a opéré la synthèse et jeté son dévolu sur la scène, créant en 1997, avec son frère Criss, la compagnie Les Bruits de la rue. Autour de lui gravitent à présent plusieurs autres compagnies, de théâtre mais aussi de danse contemporaine. Une petite bande d’une cinquantaine de personnes, toutes issues des ethnies minoritaires du Sud, qui a adopté pour quartier général la cafétéria du CCF. Difficile, il est vrai, de trouver quelque autre soutien. « La dernière fois que j’ai rencontré le ministre de la culture, il m’a expliqué que la danse contemporaine était une forme néocolonialiste », soupire le chorégraphe Orchy Nzaba, tout juste de retour d’une tournée aux Etats-Unis. « Ils nous ignorent et se moquent de savoir ce qu’on fait et comment on vit », renchérit Doriend Kaly, comédien, conteur et marionnettiste. Sylvie Dyclo-Pomos, elle aussi invitée à Avignon cet été, le pensait encore récemment. Mais son dernier spectacle, La Folie de Janus, a fait l’objet d’une certaine attention des autorités. Il évoque frontalement un épisode tristement célèbre de l’histoire récente du Congo – la tragédie du Beach –, au cours duquel 353 opposants qui rentraient au pays avec l’accord du gouvernement ont disparu dans le fleuve. « Nous avons été convoqués à la direction générale de la police nationale… pour vérification de notre

situation administrative. Une amicale pression. » Pas de pression, en revanche, contre Dieudonné Niangouna. Juste celle du temps, de la création qui approche et du dispositif à boucler. A commencer par ce lit de charbons ardents sur lequel il voudrait flotter. Pour l’heure, c’est un cercle, dont il teste la taille à la nuit tombée. Une première fois, il dit ses quarante minutes de texte, puis ordonne d’étendre les braises. Il recommence, seul au centre,

tient vingt minutes, puis saute hors du brasier, le corps en fusion. Il peste, s’étend à même le sol et s’endort. Il est minuit. Dehors, trois adolescents observent la scène. Public discret. Dans quelques heures, quand l’équipe aura plié bagages, ils viendront sans doute récupérer les restes de charbon. a
Nathaniel Herzberg (Brazzaville)

depuis 1986, Rodrigo Garcia pratique un théâtre « trash », à l’image de sa vision de la société de consommation. Il vient avec deux spectacles, Bleue. Saignante. A point. Carbonisée, et Approche de l’idée de méfiance. L’Allemand Frank Castorf, directeur de la Volksbühne de Berlin, prend le siècle à bras-le-corps, en revisitant Dostoïevski, Sartre, Döblin ou Boulgakov. Il atteint un point limite dans sa rencontre avec l’histoire en portant à la scène Nord, le roman de Céline. Le Polonais Krzysztof Warlikowski (photo ci-dessous) refuse « la peur et le mensonge ». Capable d’affronter Le Dibbouk, il plonge dans l’horreur des années sida, avec Angels in America, de Tony Kushner.

Attitude clando, du 9 au 17 (relâche le 12), Jardin de la rue de Mons.

Un été en Ardèche méridionale de Bidon à St-Marcel d’Ardèche

AFRI ABIDON
^ Du 19 juillet au 12 aout 07
L’Afrique face à ses défis, 3 semaines de rencontres culturelles et artistiques autour de l’Afrique.

K

B Concerts Jeudi 19/07
WATCHA CLAN, DÉSERT REBEL

Faustin Linyekula, danser pour raconter

Vendredi 20/07 Samedi 21 /07

Soirée AFRICOLOR - SAFI BAND, LURA

R

aconter une histoire, oui. Mais raconter l’Histoire… Jamais ce petit homme de 33 ans à l’allure juvénile n’y aurait pensé. Et puis, un jour de 1997, son pays a changé de nom. « Je vivais à Nairobi et j’ai entendu à la radio que le Zaïre n’existait plus. C’était devenu la RDC, République démocratique du Congo. L’imposture apparaissait derrière l’apparente stabilité. Mes repères disparaissaient. » Depuis, Faustin Linyekula le dit sans fierté : tout son art, sa danse mais aussi le théâtre qu’il y introduit ne visent qu’à se reconstruire un pays, un monde, à retrouver un nom. Les deux pièces qu’il présente, Dinozord : the Dialogue Series III et Le Festival des mensonges, participent de cette ambition. « Je me sens incapable de parler au nom des autres. Je ne peux construire qu’à partir des choses qui me touchent. Même si je prenais Hamlet, j’en ferais une histoire congolaise. » En 2001 ans, Faustin Linyekula a d’ailleurs pris le chemin inverse de

nombre de ses compatriotes : lui qui vivait au Kenya, où il avait créé une compagnie, a décidé de rentrer au pays. « Tous mes amis disaient que c’était invivable. Je voulais voir. Par ailleurs, je souhaitais raconter des histoires congolaises, pas des histoires d’exil. Je n’avais pas le choix. » A Kinshasa, métropole de 8 millions d’habitants, il a ouvert les studio Kabako, une structure de création et de formation pour la danse et le théâtre visuel. Six ans plus tard, il ne regrette pas une seconde. « J’ai un grand luxe : le temps. Ici, le mot efficacité ne signifie pas la même chose. » Autre sujet de satisfaction, sourit-il, la conformité de ses actes avec sa « petite éducation catholique ». « En travaillant avec cinq ou six personnes, je sais que je fais vivre du monde. C’est beaucoup plus gratifiant. » Avec cette mentalité, Faustin Linyekula ne pouvait en rester là. En septembre, il a quitté Kinshasa et s’est installé dans sa ville natale, Kisangani, en haut du fleuve Congo.

Il rêve d’y créer un réseau de maisons de la culture. Grace au bénéfice des tournées à l’étranger, il a déjà acheté trois terrains dans différents quartiers de la ville et ne désespère pas de rallier à son projet les autorités provinciales. « Ça peut paraître un luxe d’investir dans la culture là où les gens meurent de faim. Mais on ne pourra jamais réparer les corps ou les infrastructures si l’on ne restaure pas les imaginaires. » L’an dernier, il a fait venir des danseurs dediverses parties du pays pour travailler à Kisangani. Il entend amplifier ce mouvement. Et développer ce qu’il considère comme « un laboratoire ». « Si ça marche,dans cinq ans je pourrai peutêtre proposer une politique culturelle à l’Etat congolais. » Non plus raconter, mais faire l’Histoire. a
N. H.

GANGBÉ BRASS BAND, ISMAËL LO

Dimanche 22/07

DABY TOURÉ, TIKEN JAH FAKOLY

Débats/expos...
avec Hubert Reeves, Jean-François Kahn, Pierre Rabhi, Edgard Pisani, Gabriel Cohn-Bendit, Henry de Lumley...

Cinéma
Ouaga Saga de Dani Kouyate…

www.afrikabidon.com
résa.

Dinozord : the Dialogue Series III. Du 8 au 15 (relâche le 11), gymnase du lycée Mistral. Le Festival des mensonges. Du 20 au 23, salle de Champfleury.

: 04 75 97 24 86

Afrikabidon - Route de St-Remèze - 07700 Bidon / Rens. contact@afrikabidon.com

06/07

0 123 - Jeudi 5 juillet 2007 - page 12

AVIGNON 2007
Le regard de Frank Castorf sur l’Europe. Exposition. Ecole d’art, du 6 au 27, de 11 heures à 18 heures (entrée libre). GUY CASSIERS Mefisto for Ever, de Tom Lanoye, librement adapté de Mephisto, de Klaus Mann. Mise en scène : Guy Cassiers. Théâtre municipal, du 17 au 24 (relâche le 21), à 21 h 30. Durée : 3 heures. En néerlandais surtitré. Klaus Mann et la France. Exposition. Ecole d’art, du 6 au 27, de 11 heures à 18 heures (entrée libre). ARIANE MNOUCHKINE Les Ephémères, par le Théâtre du Soleil, sur une proposition d’Ariane Mnouchkine. Châteaublanc, du 14 au 25 (relâche les 17, 18, 22 et 23), à 14 heures. Durée : 8 h 30. JEAN-PIERRE VINCENT Le Silence des communistes, d’après Vittorio Foa, Miriam Mafai, Alfredo Reichlin. Mise en espace : Jean-Pierre Vincent. Salle de Champfleury, du 8 au 16 (relâche 12), à 18 heures. Durée : 1 h 20. FAUSTIN LINYEKULA Dinozord : The Dialogue Series III, texte et mise en scène : Faustin Linyekula. Gymnase du lycée Mistral, du 8 au 15 (relâche le 11), à 18 heures. Durée : 1 h 30. Le Festival des mensonges, texte et mise en scène de Faustin Linyekula. Salle de Champfleury, du 20 au 23, à 22 heures. Durée : 2 heures. FUMIYO IKEDA, ALAIN PLATEL, BENJAMIN VERDONCK Nine Finger, spectacle créé et joué par Fumiyo Ikeda, Benjamin Verdonck, Alain Platel, Anne-Catherine Kunz, Herman Sorgeloos. Gymnase Aubanel, du 24 au 27, à 18 heures. Durée : 1 heure. En anglais surtitré. RODRIGO GARCIA Cruda. Vuelta y vuelta. Al punto. Chamuscada (Bleue. Saignante. A point. Carbonisée), texte et mise en scène : Rodrigo Garcia. Cloître des Carmes, du 6 au 13 (relâche le 10), à 22 heures. Durée : 1 h 30. En espagnol, surtitré. Approche de l’idée de méfiance, texte et mise en scène : Rodrigo Garcia. Cloître des Célestins, du 22 au 25, à 22 heures. Durée : 1 heure. SENTIMENTAL BOURREAU Tendre jeudi, d’après John Steinbeck. Mise en scène : Mathieu Bauer. Gymnase Aubanel, du 7 au 14 (relâche le 11), à 18 heures. Durée : 1 h 45. SUPERAMAS Big 3e episode, un spectacle de Superamas. Gymnase Aubanel, du 18 au 21, à 18 heures. Durée : 1 heure. En anglais, surtitré. High Art, sculpture chorégraphique de Superamas. Chapelle du lycée Saint-Joseph, du 13 au 21, de 13 h 30 à 17 h 30. JULIE BROCHEN L’Echange, de Paul Claudel, joué par les Compagnons de jeu, sous le regard de Valérie Dréville. Cloître des Célestins, du 8 au 18 (relâche les 11 et 14), à 21 h 30. Durée : 2 h 30. KRZYSZTOF WARLIKOWSKI Angels in America 1 & 2, de Tony Kushner. Mise en scène : Krzysztof Warlikowski. Cour du lycée Saint-Joseph, du 16 au 22, à 21 heures (relâche le 18). Durée : 5 h 30. En polonais surtitré. CHRISTOPHE FIAT La Jeune Fille à la bombe. Texte et mise en scène : Christophe Fiat. Salle Benoît-XII, du 8 au 14 (relâche le 12), à 15 heures. Durée : 2 heures. Stephen King Stories, performance de et avec Christophe Fiat. Salle Benoît-XII, le 11, à 19 heures. Durée : 45 minutes. ÉLÉONORE WEBER Rendre une vie vivable n’a rien d’une question vaine. Texte et mise en scène : Eléonore Weber. Chapelle des Pénitents-Blancs, du 8 au 14 (relâche le 12), à 15 heures. Durée : 1 h 30. ROMEO CASTELLUCCI Hey Girl ! De et mise en scène par Romeo Castellucci. Eglise des Célestins, du 10 au 18, à 1 heure du matin (relâche dans la nuit du 14 au 15). Durée : 1 h 15. DIEUDONNÉ NIANGOUNA Attitude clando. Texte, mise en scène et jeu : Dieudonné Niangouna. Jardin de la rue de Mons, du 9 au 17 (relâche le 12), à 23 heures. Durée : 1 heure. GALIN STOEV Genèse n˚ 2, d’Antonina Velikanova et Ivan Viripaev. Mise en scène : Galin Stoev. Salle Benoît-XII, du 18 au 24 (relâche le 22), à 15 heures. Durée : 1 h 10. Oxygène, d’Ivan Viripaev. Mise en scène : Galin Stoev. Rond-Point de la Barthelasse, le 19, à 22 h 30. Durée 1 heure (entrée libre). GILDAS MILIN Machine sans cible. Texte et mise en scène : Gildas Milin. Tinel de la Chartreuse, du 10 au 22 (relâche les 12 et 18), à 18 heures. Durée : 2 h. ROBERT CANTARELLA Hippolyte, de Garnier. Mise en scène : Robert Cantarella. Gymnase du lycée Mistral, du 21 au 26 (relâche le 23), à 15 heures, 17 h 30 et 20 heures. Durée : 1 h 15. Aura comprise. Performance de et par Robert Cantarella. Gymnase du lycée Mistral, du 22 au 26 (relâche le 23), à 9h30, 10 h 30, 11h30 (entrée libre). Durée : 30 minutes. centre de développement chorégraphique d’Avignon, des rencontres interrégionales réunissent douze compagnies. Renseignements : 04-90-82-33-12.

MÉMENTO Du 6 au 27 juillet Salles numérotées : Cour d’honneur, Cour du lycée Saint-Joseph, Théâtre municipal (cat. 1). Placement libre dans tous les autres lieux. Ouverture des portes 15 à 30 minutes avant le début des spectacles. Cour d’honneur : de 13 ¤ à 36 ¤. Théâtre municipal : de 13 ¤ à 25 ¤. De 20 ¤ à 25 ¤ pour la grande majorité des spectacles. RÉSERVATIONS Par téléphone : 04-90-14-14-14 (de 9 heures à 13 heures et de 14 heures à 17 heures) (frais de location : 1,60 ¤ par billet ; forfait de 25 ¤ à partir de 25 places commandées). Par Internet (frais de location : 1,60 ¤ par billet) : www.festival-avignon. com (arrêt des ventes à minuit la veille de la représentation). Au bureau de location : Cloître Saint-Louis, 20, rue du Portail-Bocquier, tous les jours de 11 heures à 19 h 30 (pour les spectacles du jour même, la location s’arrête trois heures avant le début de chaque représentation ; la vente reprend, dans la limite des places disponibles, à l’entrée des lieux de spectacle, 45 minutes avant le début de la représentation). Dans les Fnac (frais de location : 1,60 ¤ par billet) : dans toutes les Fnac, en France, en Suisse et en Belgique. Par Internet : www.fnac.com (de 6 heures à 23 h 45). NUMÉROS UTILES Festival d’Avignon. Rens. : 04-90-14-14-60. Chartreuse de Villeneuve-lès-Avignon : 04-90-15-24-24. Office du tourisme d’Avignon : 04-32-74-32-74. Office du tourisme de Villeneuve-lès-Avignon : 04-90-25-61-33.

ARTISTE ASSOCIÉ
FRÉDÉRIC FISBACH Les Paravents, de Jean Genet. Mise en scène Frédéric Fisbach. Théâtre municipal, du 6 au 13 (relâche le 8), à 17 heures. Durée : 4 heures. Tsuna-Yakata et Honcho-Nijyushiko, par le Théâtre de marionnettes Youkiza. Salle Franchet du lycée Saint-Joseph, du 16 au 19, à 15 heures. Durée : 1 heure. En japonais (synopsis français distribué à l’entrée). Durée : 1 heure. Pour l’instant, par le collectif d’auteurs Lumière d’août. Jardin de la rue de Mons, le 20, à 11 heures et à 18 heures (entrée libre). Incredibily Incroyable, de et par Bertrand Bossard. Gymnase du lycée Saint-Joseph, le 13, à 19 heures. Durée : 1 h 15. Dedans Dehors Maison Jean-Vilar, du 6 au 27 (relâche le 14), de 10 h 30 à 18 h 30 (entrée libre). Feuillets d’Hypnos, de René Char. Mise en scène Frédéric Fisbach. Cour d’honneur du Palais des papes. Les 15, 16 et 17, à 22 heures. Durée : 2 h 30. AUTOUR DE RENÉ CHAR Claire, de René Char. Mise en scène Alexis Forestier. A Mérindol, les 7 et 8 ; Châteauneuf-deGadagne, les 10 et 11 ; Sault, le 14 ; Tavel, les 19 et 20 ; Oppède, les 23 et 24 ; Avignon, rond-point de la Barthelasse, le 16 ; Avignon, salle Benoît-XII, les 26 et 27, à 18 heures. Durée : 1 h 15. René Char, paysages premiers Exposition. Hôtel de Campredon - Maison RenéChar, L’Isle-sur-la-Sorgue. Du 6 juillet au 31 septembre. Tél. : 04-90-38-17-41 et 04-90-38-67-81. René Char : la rébellion à l’œuvre. Textes de René Char choisis par André Velter et lus par Mireille Perrier et Hughes Quester. Enregistré en public, au Musée Calvet, et diffusé en direct par France Culture, le 14, de 19 h 30 à 21 heures. René Char, nom de guerre Alexandre Film réalisé par Jérôme Prieur. Cinéma Utopia-Manutention, le 14, à 14 heures (entrée libre).

THÉÂTRE
COUR D’HONNEUR L’Acte inconnu, texte, mise en scène et peintures de Valère Novarina. Cour d’honneur, du 7 au 12 (relâche le 9), à 22 heures. Durée : 2 h 12. Quartett, de Heiner Müller. Lu par Jeanne Moreau et Sami Frey. Cour d’honneur, le 9, à 22 heures (entrée libre). Le Roi Lear, de Shakespeare. Mise en scène : Jean-François Sivadier. Cour d’honneur, du 21 au 27 (relâche le 24), à 21 h 30. Durée : 3 h 45. AUTOUR DE VALÈRE NOVARINA La Lumière nuit, installation et peintures de Valère Novarina. Chapelle du Miracle, du 6 au 27, de 10 h 30 à 18 heures (entrée libre). 2 587 Dessins, de Valère Novarina. Ecole d’art, du 6 au 27, de 11 heures à 18 heures (entrée libre). Paccoud chante Novarina. Concert de Christian Paccoud, chanteur, compositeur et accordéoniste. Gymnase du lycée Saint-Joseph, le 9, à 19 heures (13 ¤ et 16 ¤). Ajour, de Valère Novarina. Mise en scène : Christine Dormoy. Cave du pape de la chartreuse de Villeneuve-lès-Avignon, du 8 au 22 (relâche les 10 et 19), à 16 heures (18 h 30 les 13, 15 et 18). Durée : 1 h 15.

MUSIQUE
Objectif Terre, concert de Pierre Henry. Cour du lycée Saint-Joseph, le 11, à 22 heures. Durée : 1 h 30. Cycle de musiques sacrées. Une série de concerts, à Avignon et dans la région. Renseignements : 04-90-82-29-43, et 04-90-82-21-75.

AGNÈS VARDA
Hommage aux Justes de France, installation.La Miroiterie, du 7 au 27, de 11 heures à 18 heures (entrée libre). Je me souviens de Vilar en Avignon, expositions de photographies (1949-1955). Chapelle Saint-Charles, du 7 au 27, de 11 heures à 18 heures (entrée libre).

DANSE
insideout, chorégraphie : Sasha Waltz. Châteaublanc, du 13 au 18 (relâche le 15), à 19 heures et à 22 heures. Durée : 1 h 30. 36, avenue Georges-Mandel, chorégraphie et interprétation : Raimund Hoghe. Chapelle des Pénitents-Blancs, du 17 au 25 (relâche le 19), à 19 heures. Durée : 1 h 30. Sujet à vif Des spectacles, ébauches ou propositions nés de la rencontre entre un chorégraphe et un interprète. Deux fois par jour, à 11 heures et à 18 heures. Programme de 11 heures : Julie Guibert et Stijn Celis ; Andréya Diamouangana Ouamba et Opiyo Okach. Programme de 18 heures : Dominique Uber et Fanny de Chaillé ; La Descendance, interprété par Yves-Noël Genod. Jardin de la Vierge du lycée SaintJoseph, du 16 au 24 (relâche le 19). L’Eté des Hivernales A l’initiative des Hivernales de la danse,

LECTURES
Lectures au Musée Calvet, Robert Desnos, Marie Darrieussecq, Tom Lanoye, Peter Verhelst, Olivier Cadiot, du 17 au 21, à 11 heures (entrée libre). Jeunes auteurs en Afrique. Sony Labou Tansi, Alain-Kamal Martial, Aristide Tarnagda, Sylvie Dyclo-Pomos, Marie-Louise Bibish Mumbu, Dieudonné Niangouna. Jardin de la rue de Mons, du 11 au 14 (relâche le 12), à 11 heures. (entrée libre).

AUTRES SPECTACLES
LUDOVIC LAGARDE Richard III, de Peter Verhelst. Mise en scène : Ludovic Lagarde. Cloître des Carmes, du 18 au 26 (relâche le 21), à 22 heures. Durée : 1 h 30. Fairy Queen, film de Christophe Dérouet et Ludovic Lagarde. Cinéma Utopia-Manutention, le 21, à 14 heures (entrée libre). FRANK CASTORF Norden, d’après Nord, de Céline. Mise en scène : Frank Castorf. Cour du lycée Saint-Joseph, les 6,7, 8, à 21 h 30. Durée : 3 h 15. En allemand surtitré.

THÉÂTRE DES IDÉES
Rencontres avec des philosophes, des intellectuels et des scientifiques, sur des thèmes liés au Festival. Gymnase du lycée Saint-Joseph, du 10 au 23 (relâche les 12, 13, 16, 18, 20, 22) (entrée libre).

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SAISON 2007 / 2008
MADRIGAUX Claudio MONTEVERDI / Festival d’Aix-en-Provence Du 3 au 7 octobre - Première en Ile-de-France
Le Grand Inquisiteur / Fiodor Dostoïevski / Patrice Chéreau La Douleur / Marguerite Duras / Patrice Chéreau et Dominique Blanc Junca / Mercedes Ruiz - Première en Ile-de-France Jazz / Sara Lazarus avec Bireli Lagrène Gipsy Project et André Ceccarelli Jazz / Jean-Jacques Milteau “Soul Conversation” sextet Paradis / José Montalvo et Dominique Hervieu

CRIME ET CHÂTIMENT Fiodor DOSTOÏEVSKI / Gintaras VARNAS (Lituanie) du 23 novembre au 2 décembre - Première en France
Jazz / Premier Prix du Concours “Jazz à La Défense 2007” Jazz / Richard Galliano Quartet “Tangaria” Massacre à Paris / Christopher Marlowe / Guillaume Delaveau Première en Ile-de-France Jazz / Moutin Réunion quartet

LE TEMPS EST UN SONGE Henri-René LENORMAND / Jean-Louis BENOIT Theâtre National de Marseille La Criée du 17 au 27 janvier – Création
Jazz / Louis Winsberg trio “Douce France”

LE PÉLICAN August STRINDBERG / Gian Manuel RAU du 2 au 24 février - Première en Ile-de-France
Jazz / Quartet Trotignon - El-Malek Plan B / Cie 111 Phil Soltanoff Jazz / Rigolus

TROÏLUS ET CRESSIDA William SHAKESPEARE / Declan DONNELLAN (Londres) du 12 au 30 mars - Création
Jazz / Christian Toucas Quartet “Jazz latin” Jazz / Stefano di Battista Thomas Dutronc

REQUIEM de FAURÉ / REQUIEM de DUSAPIN /ACCENTUS du 11 au 13 avril - Création
Sizwe Banzi est mort / Peter Brook Jazz / Manu Katché

LES RENDEZ-VOUS CHORÉGRAPHIQUES DE SCEAUX - du 9 au 31 mai Miguel Angel Berna (Saragosse) - Première en France Maryse Delente - Création Joëlle Bouvier - Création Frédéric Flamand / Zaha Hadid

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TÉL. 01 46 61 36 67

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