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Les Cahiers de la

Revue Défense Nationale
Souvenirs d’un monde qui chavirait (2001-2011) Jean-Philippe Immarigeon

ISSN - 2105-7508

Septembre 2011 8e
Fondée en 1939

Souvenirs d’un monde qui chavirait (2001-2011)
Articles et recensions
Jean-Philippe Immarigeon

Les Cahiers de la Revue Défense Nationale

Sommaire
AUTOMNE 2011

5 9

Préface - 2001-2011 : une pensée en mouvement
JEAN DUFOURCQ

Le droit en état de guerre
Décembre 2001

Les attentats de New York et Washington ont fait ressurgir des appels à la guerre totale d’un autre âge dont s’inquiètent les Européens. S’affrontent, de part et d’autre de l’Atlantique, deux visions radicalement différentes du droit, donc du monde. Et si le choc des civilisations n’était pas celui que l’on croit ?

17

La guerre introuvable
Avril 2002

Dans la guerre ouverte le 11 septembre 2001, si l’on mesure une victoire à l’objectif initialement fixé, celui-ci n’a de toute évidence pas été atteint. Nous sommes entrés dans une pure représentation de la crise pour ne pas en voir les fondements, et les États-Unis recherchent la guerre pour la guerre et non la victoire : leur pouvoir résidant non dans le fait de vaincre le plus rapidement possible, mais dans celui de faire étalage de leur puissance le plus longtemps possible.

25

L’Amérique, sujet du monde
Décembre 2002

Si l’Amérique est revenue au centre de toutes les disputes, elle l’est comme sujet, en ceci qu’il faut repartir de la représentation qu’elle se fait d’elle-même pour comprendre la grave crise identitaire qui secoue une nation uniquement préoccupée d’elle-même, piégée dans son refus d’un monde pris comme principe de corruption.

35

L’intuition du déclin
Avril 2003

Quelle que soit l’issue de la crise irakienne, le président George W. Bush a conduit son pays dans un piège : sa rhétorique guerrière dresse le monde contre lui, et l’Amérique est désormais vue comme une nuisance. Il n’est pas déraisonnable de penser qu’elle mettra un terme à l’ère des empires. L’Europe peut y voir une chance à saisir, à condition de ne pas se tromper elle-même de projet.

45

Le nom de la guerre
Décembre 2003

Parmi les amabilités que les États-Unis ont réservées à la France lors de la crise irakienne, a resurgi l’accusation d’être encore dans l’esprit de Munich. Or la bien mal nommée hyperpuissance et en train de démontrer son incapacité à imposer sa vision d’une société où le droit ne serait que la résultante de la force et du fait accompli, elle qui ne se projette dans le monde que par la violence.

57

Un monde qui chavire
Juillet 2004

Dès avril 2002, nous annoncions un « accident impérial » absolument prévisible. Bien plus que contingent, il est inscrit dans les racines les plus profondes de l’histoire américaine. La place de puissance dominante d’un XXIe siècle encore à définir étant désormais vacante, comment l’Europe compte-t-elle s’y prendre pour l’occuper ? Et d’ailleurs, est-il souhaitable qu’elle le veuille ?

69

Paradoxe de Tocqueville
Décembre 2004

Concluons notre relecture des relations transatlantiques qui nous a permis d’anticiper la confrontation que les États-Unis recherchent avec l’Europe. Il ne s’agit pas d’une simple dispute infra-occidentale au sein d’une communauté soudée par un socle de valeurs communes car l’Amérique a toujours rejeté la modernité européenne et n’a de raison d’être que dans ce refus fondateur. C’est à la lumière de l’actualité, et d’un despotisme non pas démocratique mais américain, qu’il faut relire Tocqueville.

81

1940 : faillite française ou défaite improbable
Juin 2005

Érigée en punition des péchés de 1789 par le régime de Vichy, signe irréfutable de la disqualification de la France pour beaucoup, la défaite de mai-juin 1940 continue d’alimenter la dénonciation d’une nation jugée coupable. Mais l’effondrement français fut avant tout un succès allemand qu’aucune logique n’annonçait a priori, et c’est mentir avec la mémoire que de se complaire dans la représentation convenue d’un événement qui n’a d’autre signification que d’être un pari gagné par la Blitzkrieg.

95

Le monde selon Rand
Décembre 2006

Savoir le monde pour le gérer. Voilà l’ambition affichée par ceux qui vantent leurs modèles de management, alors que leur incapacité à répondre aux défis du terrorisme, de la prolifération nucléaire, de la pénurie d’eau ou des pandémies, ou tout simplement à gagner la guerre en Irak, sonne le glas de leurs ambitions. 2005 avait déjà révélé que le postulat déterministe avait atteint ses limites ; 2006 aura montré qu’il n’a rien d’autre à proposer que la fuite en avant.

103

Le degré zéro de la pensée stratégique
Août-septembre 2008

Afghanistan, Otan, Livre blanc : voilà la nouvelle trilogie de notre future défense. Rupture radicale, elle semble n’avoir d’autre fondement que la volonté de clore la dispute irakienne et de s’aligner sur la politique américaine. Encore faudrait-il expliquer pourquoi il est urgent d’adopter une pensée managériale qui mélange guerre et stratégie, et dont l’échec est une nouvelle fois patent en Orient.

111

Guerre d’Afghanistan et terrorisme : le Livre noir de la Rand
Octobre 2008

Au moment même où les conclusions du Livre blanc bousculent notre approche stratégique, voilà que la Rand Corporation découvre que le concept de guerre contre le terrorisme n’est qu’une chimère, qu’Al-Qaïda représente un risque proche de zéro, et que l’Amérique fait erreur depuis 2001 en s’engageant militairement en Afghanistan.

115

L’Amérique hors du monde
Février 2009

Qu’il nous plaît ce rêve que le président américain ne cesse de célébrer ! Qu’elle est réconfortante cette idée que les vieilles recettes, qui ont fait son succès durant deux siècles, vont de nouveau permettre à l’Amérique de rebondir ! Mais qu’il est régressif et infantilisant ce repli vers une pastorale sublimée, qui serait détachée des contingences de l’histoire !

119

Les mésalliés
Août-septembre 2009

Après plus de deux siècles d’un mariage chaotique que l’on s’obstine à croire d’amour alors qu’il ne fut dès l’origine que de raison, la France et les États-Unis n’en finissent pas d’afficher leurs divergences de valeurs que d’aucuns nomment convergence d’intérêts. Les questions d’Orient et du terrorisme mettent de nouveau cette béance en lumière.

127

Souvenirs du monde de demain
Janvier 2011

La crise n’est ni une surprise ni une catastrophe. Annoncée depuis une décennie, elle signe la fin d’une civilisation atlantique qui a fait son temps et doit être remplacée. Mais comment faire pour penser « en dehors de la boîte » ?

185

Postface - Il est minuit moins une
JEAN-PHILIPPE IMMARIGEON

Recensions

137 140 143 145 148 150 152

Karl-Heinz Frieser : Le Mythe de la guerre-éclair
Décembre 2003

Niall Ferguson : Colossus - The Price of America’s Empire
Novembre 2004

Robert Kagan : Dangerous Nation
Novembre 2006

Jean-Philippe Immarigeon : American parano
Novembre 2006

Général Vincent Desportes : La guerre probable. Penser autrement
Janvier 2008

Salomé Zourabichvili : Les cicatrices des Nations. L’Europe malade de ses frontières
Août-septembre 2008

Jean-Philippe Immarigeon : L’imposture américaine
Avril 2009

English edition

157 165 173 177

The word according to RAND
December 2006

A low point in strategic thinking
August-september 2008

The Afghan war and terrorism: the RAND ‘Black Paper’
October 2008

The odd couple
November 2009

Souvenirs d’un monde qui chavirait (2001-2011)
Jean-Philippe Immarigeon

Ce que propose aujourd’hui la RDN au fil de cette vingtaine de textes et recensions qu’a publiés Jean-Philippe Immarigeon au cours de la décennie 2001-2011, c’est, outre la forte intuition, dès les attentats du 11 septembre 2001, que le retrait américain était inéluctable, un bon exemple de ce que constitue une pensée stratégique en mouvement. Collant au plus près de l’actualité, l’auteur affine son analyse d’une crise aiguë du modèle de la puissance qui restera la marque de cette décennie qui s’achève : la guerre totale contre un terrorisme érigé à tort en déterminant de l’histoire, l’affichage sans retenue de la puissance militaire et son mauvais usage, le piège irakien, l’imposture d’une forme de guerre en Afghanistan, la fuite en avant face aux ambitions déçues, soit dix ans d’échecs répétés sur fond de divergence structurelle franco-américaine et de déliaison d’une civilisation atlantique qui a fait son temps. Par-delà le style clair et alerte qui sent la plaidoirie, derrière l’autopsie documentée de l’Histoire américaine, ce qui ressort de ces textes est qu’une fois de plus il n’y aura eu de surprise stratégique que pour ceux qui auront refusé de voir la nouvelle réalité déjà à l’œuvre au soir des attentats de 2001 ; pour ceux qui n’auront pas voulu élaborer les doctrines, les outils et les postures d’une capacité collective capable de garder entre nos mains les clés d’un destin qui fût longtemps confondu avec celui des États-Unis, et qui auront perdu dix ans en atermoiements et postures contre-productives. Jean Dufourcq

Jean-Philippe Immarigeon est docteur en droit et titulaire d’un Master of business administration américain. Il a travaillé plusieurs années en Asie et aux États-Unis, avant de devenir avocat au barreau de Paris. Il a notamment publié La diagonale de la défaite (François Bourin Éditeur, 2010). Son prochain essai, Pour en finir avec la Françamérique (Éditions Ellipses), sera publié début 2012.

Lancée en 1939 par le Comité d’études de défense nationale, la Revue Défense Nationale assure depuis lors la diffusion d’idées nouvelles sur les grandes questions nationales et internationales qu’elle aborde sous l’angle de la sécurité et de la défense. Son indépendance éditoriale lui permet de participer activement au renouvellement du débat stratégique français et à sa promotion en Europe et dans le monde . www.defnat.com