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7 Généralités sur les fonctions numériques

Une fonction numérique est, de manière générale, une fonction d’une variable réelle et à valeurs réelles.

7.1

Notions de base sur les fonctions

Si I, J sont deux parties non vides de R, on note J I l’ensemble de toutes les fonctions définies sur I et à valeurs dans J. Les éléments de J I sont plus simplement appelés fonctions de I dans J. On notera : f: I → J x → f (x) ou f : I → J ou f : x → f (x) une fonction de I dans J. L’ensemble J I est une R-algèbre commutative et unitaire en le munissant des opérations suivantes : – pour f, g dans J I , la somme f + g est définie par : ∀x ∈ I, (f + g) (x) = f (x) + g (x) , – pour f, g dans J I , le produit f · g est définie par : ∀x ∈ I, (f · g) (x) = f (x) · g (x) , – pour f dans J I et λ dans R, le produit λf est définie par : ∀x ∈ I, λf (x) = λf (x) . Pour toute fonction f ∈ RI , on note f (I) l’image de I. C’est le sous-ensemble de R défini par : y ∈ f (I) ⇔ ∃x ∈ I | y = f (x) . Si f est une fonction de I dans J et g une fonction définie sur J et à valeurs réelles, alors la composée g ◦ f est la fonction définie sur I par : ∀x ∈ I, g ◦ f (x) = g (f (x)) . On rappelle qu’une fonction f de I dans J est dite :

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(f (x) = f (x ) ⇔ x = x ) . on vérifie que ces deux fonctions conviennent. Une fonction paire n’est jamais injective. Définition 7. m] tel que : ∀x ∈ I. Dans le cas où I est un intervalle d’extrémités −a et a avec a > 0. xa . Avec : f (x) = g (x) + h (x) f (−x) = g (−x) + h (−x) = g (x) − h (x) pour tout réel x. si f (−x) = f (x) [resp. on dit que f ∈ RI est paire [resp. f (−x) = −f (x)] pour tout x ∈ I. x ) ∈ I 2 . ∃x ∈ I | y = f (x) . ce qui équivaut à dire que : ∀y ∈ J.168 – injective si : Généralités sur les fonctions numériques ∀ (x. Les fonctions usuelles définies plus loin. ou de manière équivalente si : ∀ (x. ou de manière équivalente si J = f (I) . – bijective de I sur J si elle est injective et surjective de I sur J. tan. ce qui signifie qu’il existe un réel M [resp. Solution 7. . · · · sont supposés connus.2 On dit qu’une fonction f : I → R est bornée si elle est à la fois majorée et minorée. sin.1 Supposons que f = g + h avec g paire et h impaire. – surjective de I sur J : ∀y ∈ J. f (x) ≤ M [resp. Et et h (x) = 2 réciproquement. Dans ce cas la fonction réciproque de f est la fonction f −1 définie sur J et à valeurs dans I définie par : y ∈ J et x = f −1 (y) ⇔ (x ∈ I et y = f (x)) . minorée] dans R. x ) ∈ I 2 . ce qui prouve l’unicité d’une telle décomposition. impaire].1 On dit qu’une fonction f : I → R est majorée [resp.1 Montrer que toute fonction f : R → R s’écrit de manière unique comme somme d’une fonction paire et d’une fonction impaire. cos. ∃!x ∈ I | y = f (x) . on déduit que nécessairement g et h sont définies par g (x) = f (x) + f (−x) 2 f (x) − f (−x) pour tout réel x. Exercice 7. (x = x ⇔ f (x) = f (x )) . ln. Elles seront 7. minorée] si l’ensemble f (I) est majorée [resp. exp.2 Fonctions bornées Définition 7. m ≤ f (x) ]. √ ·.

On note sup f (x) [resp. (x ≤ x ⇒ f (x) ≤ f (x ) [resp. ∃x ∈ I | inf f (x) ≤ f (x) < inf f (x) + ε x∈I x∈I 7. Définition 7. décroissante] si : On définit les notions de fonction strictement croissante ou strictement décroissante en remplaçant les inégalités larges par des inégalités strictes. 1. On résume avec le théorème suivant quelques résultats utiles relatifs aux opérations sur les fonctions monotones de même sens de variation.1 Soient f. ce qui se traduit par : ∀x ∈ I. Une fonction strictement monotone est une fonction strictement croissante ou strictement décroissante.3 On dit qu’une fonction f : I → R est croissante [resp. alors l’ensemble f (I) admet une borne supérieure [resp. décroissant] . La somme f + g est croissante [resp. Théorème 7. inférieure]. si f et g sont à valeurs positives. f Démonstration. x dans I tels que x ≤ x . f (x) ≤ sup f (x) x∈I x∈I x∈I  ∀ε > 0. 3. inf f (x) ≤ f (x) x∈I ∀ε > 0. De f (x) ≤ f (x ) et g (x) ≥ 0. 2. On rappelle que la borne supérieure est le plus petit des majorants de f (I) . x ) ∈ I 2 . on déduit que si f : I → R est une fonction qui est majorée [resp. g deux fonctions croissantes [resp.4 On dit qu’une fonction f : I → R est monotone si elle est croissante ou décroissante. alors l’inverse est décroissante [resp.Fonctions monotones 169 Du théorème de la borne supérieure. si f est à valeurs strictement positives. Définition 7. 1.3 Fonctions monotones ∀ (x. inférieure]. De 0 < f (x) ≤ f (x ) . Résulte de : (f + g) (x) = f (x) + g (x) ≤ f (x ) + g (x ) = (f + g) (x ) . f (x) ≥ f (x ) ]) . alors le produit f · g est croissant [resp. 2. 1 1 ≤ . minorée]. 1 3. ce qui se traduit par :   ∀x ∈ I. on déduit que f (x) g (x) ≤ f (x ) g (x) et de g (x) ≤ g (x ) et f (x ) ≥ 0. décroissante] . inf f (x)] cette borne supérieure [resp. On suppose les fonctions f et g croissantes et on se donne x. ce qui donne f (x) g (x) ≤ f (x ) g (x ) . décroissantes] de I dans R. on déduit que f (x ) g (x) ≤ f (x ) g (x ) . ∃x ∈ I | sup f (x) − ε < f (x) ≤ sup f (x) x∈I x∈I et que la borne inférieure est le plus grand des minorants de f (I) . on déduit que f (x ) f (x) . croissante].

La fonction g ◦ f est alors monotone sur I. b] entraîne f (a) ≥ a) majoré par b. b] dans I. 1 Si α = a alors f (x) < x pour tout x ∈ I \ {a} et pour n0 ∈ N∗ tel que a + ≤ b on a. Cette fonction est croissante si f et g sont de même sens de variation et décroissante sinon. Soient x. Le théorème de la borne supérieure nous permet de montrer le résultat suivant important dans l’étude des points fixes. par définition de la borne supérieure. alors f (x) ≥ f (x ) et g (f (x)) ≥ g (f (x )) . Si α > a. Il est facile de vérifier que la fonction réciproque f −1 est également strictement croissante. x dans I tels que x ≤ x . alors f (x) ≤ f (x ) et g (f (x)) ≤ g (f (x )) . Si f est croissante et g décroissante. du fait n0 de la croissance de f sur I : ∀n ≥ n0 . Exercice 7. Solution 7. on peut trouver pour tout entier naturel non 1 nul n un réel xn ∈ α − . En définitive α est un point fixe de f dans I. α ∩ E et : n ∀n ≥ 1. a ≤ f (a) ≤ f a+ 1 n <a+ 1 n qui par passage à la limite quand n tend vers l’infini donne a = f (a) . Démonstration. alors f (x) ≤ f (x ) et g (f (x)) ≥ g (f (x )) . admet au moins un point fixe. il admet donc une borne supérieure α ∈ [a. b] .2 Soient f une fonction monotone de I dans R et g une fonction monotone définie sur une partie J de R qui contient f (I) . on peut supposer que f est strictement croissante. Si f et g sont décroissantes. c’est-à-dire qu’il existe un réel α dans I tel que f (α) = α. f (α) ≥ f (xn ) ≥ xn > α − 1 n qui par passage à la limite quand n tend vers l’infini donne f (α) ≥ α. 1 1 < α + qui par passage à la limite Si α < b. . alors f (x) ≥ f (x ) et g (f (x)) ≤ g (f (x )) . soit f (x) = f (y) dans tous les cas. Si f est décroissante et g croissante. En remplaçant éventuellement f par −f.2 Montrer que toute fonction croissante f de I = [a.170 Généralités sur les fonctions numériques Théorème 7.3 Si f est une application strictement monotone de I dans R. Démonstration. Théorème 7. La fonction f est donc injective et elle réalise une bijection de I sur f (I) . pour n assez grand on a α ≤ f (α) ≤ f α + n n donne α = f (α) . elle réalise alors une bijection de I sur f (I) d’inverse strictement monotone et de même sens de variation que f. Si α = b alors α ≤ f (α) ≤ b = α et α = f (α) . Si f et g sont croissantes. b] | f (x) ≥ x} est non vide (f (a) ∈ [a. c’est-à-dire que α est dans E.2 L’ensemble : E = {x ∈ [a. Si x = y dans I on a x < y ou y < x (l’ordre de R est total) ce qui entraîne f (x) < f (y) ou f (y) < f (x) .

2 Il n’est pas valable non plus sur un intervalle fermé non borné comme le montre l’exemple de f (x) = x + 1 sur [0. La fonction f admet donc au plus un point fixe dans I. et f (x) = 0 si 2 1 x ∈ . on a alors pour f décroissante : α = f (α) ≥ f (β) = β.1 .3 Si α ≤ β sont deux points fixes de f dans I. Exercice 7.3 Montrer qu’une fonction décroissante f de I = [a.1 Le résultat de l’exercice précédent n’est plus valable pour f décroissante comme 1 le montre l’exemple de la fonction f définie par f (x) = 1 si x ∈ 0.Fonctions monotones 171 Remarque 7. Solution 7. . Dans le cas d’une fonction décroissante on a le résultat suivant. b] dans I admet au plus un point fixe dans I. et α = β. +∞[ .

172 Généralités sur les fonctions numériques .