D – La grande unification du pays : les dynasties des Qin et des Han

La dynastie des Qin institue un régime de centralisme et de monarchie absolue, mais elle succombe très rapidement en raison de son caractère tyrannique. La dynastie des Han, son héritière, transforme la Chine en un puissant empire, avant de sombrer à son tour.

1 - La dynastie des Qin et le premier empereur de la Chine

Dynastie des Qin (-221/-207)
Wu (Ying Dang) (-311/-307) Zhaoxiang (YingJi) (-306/-251) Xiaowen (Ying Zhu) (-250) Zhuangxiang (Ying Zi Chu ou Yi Ren) (-249/-247) 1 Qin Shi Huangdi (Ying Zheng) (Roi de -246/-221 et Empereur de -221/-210) 2 Qin Ershi Huangdi (Ying Hu Hai) (-209/-207) 3 Ying Zi Ying (-207)

Sous le règne de Ying Zheng, l’état Qin réunit l’ensemble des royaumes pour former le premier empire chinois. La dynastie des Qin instaure un régime centralisateur, abolit le système féodal et instaure préfectures et districts. L’empereur standardise l’écriture, la monnaie, les poids et mesures et unifie les lois. Il fait construire routes et canaux, en particuliers pour relier la capitale, Xianyang.

Il donne l’ordre de lier entre elles les murailles des six états précédents pour constituer la Grande Muraille et contenir ainsi les hordes Xiongnu. Pour contrôler la pensée de son peuple, il ordonne de brûler les livres et d’enterrer vivant des lettrés. C’est ainsi que disparaissent les textes taoïstes incompatibles avec l’idéologie autoritaire de l’empereur. Il faudra attendre la dynastie suivante des Han, pour qu’ils puissent être à nouveau étudiés, commentés puis sacralisés. Shihuangdi meurt au cours d’une tourné d’inspection, son deuxième fils, cruel et ignoble monte sur le trône, après le suicide forcé de son frère Fu Su, le prince héritier. Les malheurs poussent la population à la révolte sous le commandement final d’un aristocrate, Xiang Yu, et de son subordonné, un paysan devenu officier, Liu Bang. Après leur victoire sur le Qin, Xiang Yu gratifie Liu Bang du fief de Han (du nom d’un affluent du Chang Jiang) englobant les territoires actuels du Sichuan, de Chongqing et le sud du Shaanxi. Les alliés finissent par se déchirer, et Liu Bang, vainqueur, monte sur le trône et fonde la nouvelle dynastie des Han avec pour capitale, Chang’an (aujourd’hui Xi’an, province du Shaanxi).

Shihuangdi, le premier empereur

Xiang Yu, l’un des tombeurs de la dynastie Qin

2 – La dynastie des Han

La Chine des Han (-226/+220)

Deuxième dynastie la plus longue de l’histoire de la Chine, mais première dynastie la plus longue de la Chine impériale. On lui doit l’espace chinois tel qu’il apparaît encore de nos jours et les fondements du système du mandarinat. Cette dynastie est en réalité divisée en deux, les Han occidentaux et les Han orientaux par la très courte dynastie usurpatrice Xin de Wang Mang.

a – Han occidentaux Dynastie des Han occidentaux (-206/-1)

1 Gaozu (Liu Bang) (-206/-195) 2 Huidi (Ying) (-195/-188) 4 Wendi (Huan) (-180/-157) 5 Jingdi (Qi) (-157/-141) 6 Wudi (Che) (-141/-87) 7 Zhaodi (Fuling) (-87/-74) 8 Xuandi (Xun) (-74/-49) 9 Yuandi (Shi) (-49/-33) 10 Chengdi (Ao) (-33/-7) 12 Pingdi (Kan) (-1/5) 11 Aidi (Xin) (-7/-1) 3 Gao (Lu) (-188/-180)

Gaozu (Liu Bang) (-256/-195)

Wudi (Liu Che) (-141/-87)

Gaozu conserve la structure centralisée de l’empire Qin, divisé en commanderies ou districts (Jun) et en comtés (Xian) dépendant directement du pouvoir central, mais aussi les 19 principautés (ou royaumes) créés par Xiang Yu. Une fois l’empereur mort, les princes du sang se rebellent contre le pouvoir impérial et dès l’époque de Wendi (-177) des troubles apparaissent. Wendi est le véritable fondateur du système impérial chinois. Il rétablit l’étude des classiques, instaure le confucianisme comme doctrine d’état, initie les premiers examens impériaux et remet l’économie en marche. Cependant les troubles s’accentuent sous le règne de Jingdi, qui doit affronter en -154 la révolte des sept princes, dont l’instigateur est Wang Pi de Wu. Après une accalmie sous Wudi, l’empereur le plus puissant de la dynastie, qui donne la primauté absolue au confucianisme, la contestation reprend de plus belle. Wudi, l’empereur guerrier lutte contre les Hun (Xiongnou) et en les repoussant, colonise les riches terres du Kansou. Les frontières du pays sont repoussées à l’ouest sur la route de la soie, au sud jusqu’au Vietnam et à l’est en Corée. Ces conquêtes qui instaurent la Pax Sinisa, ruinent la Chine et relancent les révoltes. La tentative la plus aboutie est celle de Wang Mang qui en 9 s’empare du pouvoir et fonde la dynastie Xin (renouveau). Cette dernière s’effondre en 22 sous les coups d’une révolte populaire des « Sourcils rouges » et des « Montagnes vertes ». Liu Xiu, descendant de l’empereur Jingdi, est porté sur le trône et prend le nom de Guangwudi.

b – les Han orientaux

Guangwudi (Liu Xiu) (25/57 ap. J.C)

Guangwudi, le premier empereur des Han orientaux, transfère sa capitale à Luoyang. Malgré un certain optimisme sous les trois premiers empereurs, la situation des finances continue de se dégrader, d’autant que les luttes aux frontières ne cessent jamais. Comme la dynastie Xin, la dynastie des Han orientaux disparaît dans un climat de révolte, notamment sous les coups de la secte taoïste des Taiping (La grande paix) fondée par Zhang Jiao, qui donne naissance au soulèvement des « Turbans jaunes » (184 à 205). En 220, Cao Pi, prince de Wei, force l’empereur Xiandi à abdiquer et tente de prendre le pouvoir. Il est aussitôt contrecarré par deux autres princes, Liu Bei, roi de Shu et Sun Quan, roi de Wu. De ces trois royaumes, le Wei sort vainqueur, mais ne peut réunir l’empire pour autant. Il faudra pour cela attendre la dynastie des Sui.

Dynastie des Han orientaux (25/220)
1 Guangwudi (Liu Xiu) (25/57) 2 Mingdi (Zhang) (57/75) 3 Zhangdi (Da) (75/88) 4 Hedi (Zhao) (88/106) 5 Shangdi (Long) (106) 6 Andi (Hu) (106/125) 7 Shaodi (Yi) (125) 8 Shundi (Bao) (125/144) 9 Chongdi (Bing) (144/145) 10 Shidi (Zuan) (145/146) 11 Hengdi (Zhi) (146/168) 12 Lingdi (Hong) (168/189) 13 Shaodi (Bian) (189) 14 Xiandi (Xie) (189/220)

La pensée : C’est sous cette dynastie des Han orientaux que le bouddhisme pénètre en Chine pour la première fois, sous le règne du deuxième empereur Mingdi. A cette même époque apparaissent des sectes importantes, comme celle des « Cinq boisseaux », au Sichuan et véritable pouvoir parallèle, ou celle de « La voie de la grande paix : Taiping », force séditieuse (les Turbans jaunes du mouvement Taiping), dont les chefs se réclament de l’idéologie taoïste. Les principales philosophies politiques sont le confucianisme et le Huanglao. Le Huanglao est la synthèse des principes du Légisme centralisateur et du Taoïsme fondé sur la recherche de la sagesse.

C’est sous le règne de l’empereur Hengdi (Huan) que Laozi est divinisé. Le taoïsme joue ainsi pour l’empire chinois le même rôle que le christianisme pour les empereurs romains. Les progrès des sciences et des techniques : Apparition en agriculture des socs d’araire en fonte, du développement de la traction animale, des systèmes d’irrigation et de la rotation des cultures sous les Han occidentaux. Première représentation du gouvernail et fabrication de la pâte à papier (découvert par Cai Lun en 105). Invention du sismographe (132) et de l’odomètre par Zhang Heng, qui conçoit aussi le premier globe terrestre chinois. Deux grands médecins : Zhang Zhongjing et Hua Tuo (qui réalise la première anesthésie générale). Les encyclopédies et les ouvrages historiques : Mémoires historiques de Sima Qian, Annales des Han de Ban Gu, le Livre des Han postérieurs de Fan Ye. Les arts : De nombreuses figurines de personnages et d’animaux, des maquettes de bâtiments, des moyens de transport, le plus souvent en terre cuite, sont retrouvés dans les tombaux. Progrès dans la céramique avec l’apparition de glaçures céladon gris-vert ou noir et des premières porcelaines.

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