Le journal indépendant de l’Université d’Ottawa Édition du 7 novembre 2011 – Volume LXXIX No.

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Direction Montréal
Les Gee-Gees se qualifient pour les championnats nationaux du SIC

Photo Ayoub Ben Sessi

Après plusieurs années d’attentes, l’U d’O dévoile ses projets Où remplir son estomac après minuit

ACTUALITÉS

ARTS ET CULTURE

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Catherine Cimon Patrick Weldon Sarah Lanthier actualites@larotonde.ca DESTINATION 2020

Quelques inquiétudes parmi plusieurs bons coups
Patrick Weldon
Chef de pupitre par intérim
Une masse critique francophone De manière à donner une plus grande visibilité à la francophonie sur le campus, l’administration espère accroître la population francophone pour qu’elle représente un tiers des étudiants. D’après le recteur de l’U d’O, Allan Rock, la population actuelle représente une proportion de 31,6  %. «  On vise une masse critique où les gens pourront se sentir à l’aise chez eux, où la francophonie joue un rôle central. » M.  Rock explique également qu’il est difficile de faire concurrence aux universités québécoises puisque leurs frais de scolarité représentent environ le tiers de ceux qui prévalent en Ontario. La Vision 2020 propose également un plafond de 500  nouvelles inscriptions par année. De ces nouveaux étudiants, 40 % devront être inscrits aux études supérieures, 40 % devront être francophones et 30 % devront être étrangers. Virage international La vision propose également le doublement du nombre d’étudiants étrangers à l’U  d’O tout en offrant un appui financier concurrentiel aux meilleurs étudiants. Le nouveau Centre d’engagement mondial et communautaire permettra aux membres de la communauté universitaire de s’engager dans des initiatives, comme du bénévolat, des stages ou des projets de recherche, aux paliers local, régional, national et international. Quelques préoccupations étudiantes La présidente de la Fédération étudiante de l’U  d’O, Amalia Savva, rapporte une énergie positive face au lancement de la vision universitaire. Par contre, selon elle, « il ne semble pas y en avoir assez pour les étudiants ». La présidente souligne qu’aucune allusion n’a été faite à la dette étudiante  : «  Les frais de scolarité restent très chers et on n’a pas abordé le coût de ceux-ci dans la Vision.  » De plus, elle observe que le nombre d’étudiants dans les classes reste très élevé et qu’il serait important de se pencher davantage sur cet enjeu afin d’améliorer les relations entre étudiants et professeurs. Représentante des étudiants au Bureau des gouverneurs, Anne-Marie Roy, fait part de son inquiétude face à l’importance qu’accorde l’administration à la recherche, alors que d’autres enjeux touchent les étudiants, par exemple l’espace  : «  La bibliothèque est toujours trop occupée et les salles de classe, trop petites et serrées. Ils auraient pu mettre un peu plus d’effort sur l’infrastructure. » Du côté de l’Association des étudiants diplômés, la commissaire à l’externe, Taiva Tegler, souligne que la Vision 2020 cherche à augmenter le nombre d’inscriptions alors qu’il n’y aaucune mention face à l’augmentation de la qualité de l’éducation ou de bourses d’études pour répondre à cette hausse. La commissaire à l’externe semble déçue du manque de stratégies visant les étudiants. Elle évoque le besoin d’investir dans l’assurancesanté provinciale pour les étudiants internationaux et de se battre pour ralentir la commercialisation de la recherche et réduire les frais de scolarité. D’après elle, tant que ces enjeux ne seront pas abordés dans le plan stratégique de l’Université, plusieurs barrières empêcheront les étudiants de jouir d’une expérience universitaire positive.

Actualités
Quatre piliers importants définissent la Vision 2020  : promouvoir une expérience étudiante riche, promouvoir le secteur de recherche, développer la francophonie et le bilinguisme et orienter l’U  d’O vers la scène internationale. En plus de viser une place importante sur le plan de la recherche académique, l’administration veut recruter davantage d’étudiants francophones pour améliorer l’équilibre linguistique sur le campus.

7 novembre 2011

C’est le 21 octobre dernier que l’U d’O a révélé son plan stratégique pour les années à venir. Alors que la Vision 2010 misait sur l’intensification de la recherche, avec pour objectif de hisser l’U d’O au top 5 des universités de recherche, la Vision 2020 tourne davantage son regard vers la scène nationale et internationale.

« Il ne semble pas y en avoir assez pour les étudiants. »
– Amalia Savva

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7 novembre 2011

Actualités

L’U d’O dans la moyenne
Jimmy De Santis et Anaïs Elboujdaïni
Bénévole et rédactrice en chef
Chaque année, des classements universitaires sont publiés. Ceux du magazine Maclean’s et du journal le Globe and Mail sont certainement les plus connus en ce qui concerne les universités canadiennes. Le Maclean’s collige des données statistiques en plus des réponses à un sondage sur la réputation distribué à 11  000  copies, mais avec un taux de réponse de 7,1  %. Pour constituer son classement, le Globe and Mail, lui, utilise un sondage de grande envergure, c’està-dire l’opinion de 35 000 étudiants. Le Maclean’s Dans le magazine, l’U  d’O fait partie de la catégorie des universités offrant le doctorat médical. Elle est aussi placée avec les universités de grande taille qui offrent une multitude de programmes, notamment au niveau du deuxième et du troisième cycle. Cette année, l’U d’O se classe dixième, à égalité avec l’Université de la Saskatchewan. Il s’agit d’un gain d’une place par rapport à l’an passé. Les points forts sont les bourses médicales et le budget d’acquisition de la bibliothèque, où elle se classe en deuxième place, chaque fois derrière l’Université de Toronto. Par contre, l’U d’O se voit attribuer le 14e et avant-dernier rang dans deux catégories : le ratio entre le nombre d’étudiants à temps plein, tous niveaux confondus, et le nombre de membres à temps plein du corps professoral. Selon Josh Dehaas, journaliste pour le Maclean’s, la taille de l’université fréquentée influence grandement l’appréciation des étudiants. Selon le National Survey of Student Engagement (NSSE), ce sont aussi les universités se concentrant moins sur la recherche qui se démarquent. «  Les universités où la recherche est intensive produisent des découvertes de renommée internationale, mais elles produisent aussi des étudiants de premier cycle mécontents  », explique Dehaas. L’U d’O se classe donc en queue de peloton dans le sondage du NSSE, notamment quant à l’expérience générale obtenue. Le Globe and Mail Cet autre classement fait entrer l’U  d’O dans la catégorie des grandes universités, celles dont la population étudiante est supérieure à 22 000. La moyenne des notes qui lui sont attribuées par les étudiants se situe Photo libre de droit entre 6,2 et 6,6, c’est-à-dire B-. Les meilleures notes ont L’Université d’Ottawa se classe généralement dans la été obtenues dans le clas- moyenne, sauf dans le National Survey of Student Engasement de la satisfaction gement, où elle se maintient au bas de l’échelle. par rapport à la ville (A-), à égalité avec Concordia pour le haut du cette année. Face à ces améliorations, classement, juste derrière McGill. Elle Vincent Lamontagne, gestionnaire des n’a obtenu que deux C : un dans le pro- relations avec les médias de l’Univercessus d’admission et l’autre dans les sité, réitère qu’« il est donc impératif de opportunités de recherche. continuer à donner [aux] étudiants la meilleure des expériences universitaires Les critères possible et de leur fournir tout le nécessaire pour assurer leur réussite dans Somme toute, c’est un constat d’amé- un environnement sain, dynamique et lioration qui découle de ces classe- motivant ». ments, en plus des autres parus plus tôt
Rang Université McGill Toronto UBC Alberta Queen’s McMaster Dalhousie Calgary Western Saskatchewan Ottawa Laval Montréal Sherbrooke Manitoba 2009 (1) (2) (4) (5) (3) 1 2 3 4 5 6 7

PALMARÈS DES UNIVERSITÉS

Université d’Ottawa

Centre de mentorat des cycles supérieurs
Le Centre de mentorat des cycles supérieurs est une ressource importante pour tout étudiant à la maîtrise ou au doctorat. Quels que soient vos besoins – de l’aide dans un domaine scolaire particulier, des conseils sur l’utilisation des ressources offertes par l’Université, ou tout simplement quelqu’un avec qui parler de vos préoccupations en toute confidentialité – le Centre est là pour vous. Nos services et nos ateliers sont spécialement conçus pour favoriser votre bien-être scolaire et personnel.

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8 9 10 11 12 13 14 15

Qualité de l’éducation Western McGill McMaster Ryerson Waterloo d’Alberta Colombie-Britannique

Note A AAAAB+

B+ Concordia B+ B+ B+ B B B B-

Morisset 610 613-562-5800 poste 6413 www.sass.uOttawa.ca/mentorat/superieurs gradmentors@uOttawa.ca

Laval* Toronto Manitoba Ottawa York Calgary

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Selon le Globe and mail, 2011

Selon le MacLean’s, 2011

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Actualités
BILINGUISME

7 novembre 2011

Aucune excuse, que des clarifications pour Jaclyn Lytle
Patrick Weldon

SYNDICAT ÉTUDIANT
La FÉUO tient à soutenir le droit de tout.e.s étudiant.e.s d'étudier dans la langue de son choix ainsi d'être servi.e dans la langue de son choix. Nous reconnaissons que ceci est un défi auquel plusieurs étudiant.e.s font face au quotidien, et nous nous engageons à ce que la langue ne soit pas une barrière à la participation à la vie communautaire du campus. Ceci étant dit, nous sommes très déçues de l'article dans l'édition du Fulcrum intitulé : « Can I get a side of English, please? » L'auteure oublie la dure réalité à laquelle font face les étudiant.e.s qui désirent poursuivre leur éducation postsecondaire en français. Se faire servir uniquement en anglais peut causer un problème sur notre campus; ainsi, plusieurs étudiant.e.s se voient refuser leur droit à une éducation, lorsque leurs manuels de cours sont en anglais, lorsque leurs cours pré requis ne sont pas offerts en français ou lorsqu'il y a un manque de cours optionnels offerts en français. La discrimination linguistique mène de très grands défis, ce qui résulte de plus grandes barrières à une éducation accessible. Nous voici dans une des rares institutions hors Québec où les étudiant.e.s peuvent étudier en français. L'Université d'Ottawa promet aux étudiant.e.s francophones, aux francophiles et aux français.e.s qu'ils/elles peuvent poursuivre leur éducation dans la langue de leur choix. Toutefois, cette promesse ne tiens pas lorsque dans plusieurs programmes d'études, ces étudiant.e.s se retrouvent obligé.e.s à poursuivre une grande portion de leur études en anglais. Ceux et celles qui choisissent d'étudier en anglais ne font pas face à ce défi. Il est important de revendiquer pour la représentation adéquate des deux langues officielles sur le campus. Notamment lorsque nous nous retrouvons dans une institution qui se vend comme étant bilingue. Nous devons travailler ensemble pour nous informer des défis auxquels nous faisons face en tant qu'étudiant.e quant à la discrimination linguistique sur notre campus. Le 17 novembre commémorera la Journée contre la discrimination linguistique. Participez aux activités et aux tables rondes du Centre de bilinguisme, dans le Terminus (UCU) et apprenez plus sur ce sujet et comment nous pouvons affronter les barrières posées à l'éducation postsecondaire vis-à-vis la langue.
Votre conseil exécutif à la FÉUO, Amalia Savva, Sarah Jayne King, Amy Hammett, Paige Galette, Liz Kessler et MC Noël

UN MESSAGE DE VOTRE

Chef de pupitre par intérim
Une entrevue intitulée « Favoritisme à l’égard des francophones à l’U d’O », diffusée sur les ondes nationales de Sun TV le 25 octobre dernier, a déclenché une avalanche de réactions sur la question linguistique. La Rotonde s’est donc entretenue avec l’interviewée, Jaclyn Lytle, étudiante au Département d’anglais de l’U d’O et chef de pupitre Opinions au journal anglophone du campus, The Fulcrum, pour recueillir ses impressions.
La Rotonde : Dans l’entrevue pour Sun TV, vous dites que la langue française est dominante sur le campus. De quelle manière? Jaclyn Lytle  : J’aurais dû élaborer. Je ne crois pas que ce soit un fait, mais plutôt une perception. […] Ce qui pose parfois des difficultés, c’est de recevoir des services en français. J’ai déjà reçu des informations erronées d’employés francophones de ma Faculté et ça m’a empêchée de faire un échange international. LR  : Que répondriez-vous à ceux qui disent que vous avez peint une fausse image de la réalité linguistique à l’Université? JL  : Je me suis concentrée sur le panneau. Je l’ai vu et il a attiré mon attention. […] Je ne propos d’une pancarte en français. Mon seul regret est de ne pas avoir eu la chance d’élaborer mon point de vue : que juste parce que je disais ça d’un point de vue d’anglophone ne voulait pas dire que ce n’était pas vrai du côté francophone. LR : Pensez-vous avoir compromis l’intégrité journalistique du Fulcrum? JL : Il est absurde de dire que ce que j’ai dit était pertinent au Fulcrum. Mon opinion n’est pas nécessairement partagée par l’équipe du journal. Quelqu’un m’a dit dans un commentaire que je ne devrais même pas songer à devenir journaliste parce que je n’ai pas d’éthique. Je pense que j’ai de l’éthique, c’est juste que j’ai des critères différents.

« Tout ce que je voulais, c’est savoir ce qu’il y avait dans mon sandwich. »
pensais même pas que les gens allaient commencer à discuter d’enjeux linguistiques. Ça semble un peu injuste : tout ce que je voulais, c’est savoir ce qu’il y avait dans mon sandwich. LR  : Que pensez-vous de la manière dont l’entrevue a été présentée sur Sun TV? JL  : J’aimerais partiellement blâmer leur présentation des faits. Premièrement, je ne voyais pas les titres sous mon visage ni le vidéoclip qui a paru avant l’entrevue. Avoir su le contexte de l’entrevue, j’aurais altéré mon choix de mots. Le reporter n’était pas intéressé à la perspective francophone de la question, mais je prends la responsabilité pour ce que j’ai dit. Je ne me suis pas excusée parce que je crois que les gens prennent hors contexte ce que j’affirme. L’entrevue semblait présenter une anglophone qui chialait à

–Jaclyn Lytle
LR : Vous dites qu’il est important d’engager un dialogue pour promouvoir le bilinguisme à l’Université. Pourquoi n’avez-vous pas mentionné cela en entrevue? JL  : Le reporter ne semblait pas me laisser de latitude pour en parler. Tout s’est déroulé très vite. […] Les gens dépensent beaucoup d’énergie à me critiquer au lieu de critiquer l’Université. Il n’y aura des changements sur le plan linguistique que si les gens se plaignent à l’administration. C’est pour ça que j’ai ouvert le dialogue. LR  : Après cette histoire, songez-vous à apprendre le français? JL : Si un étudiant francophone veut me l’enseigner, ça me ferait plaisir. Ce n’est pas que je ne veuille pas apprendre, c’est que c’est beaucoup plus difficile que les gens le croient.

Pour l’entrevue complète de Jaclyn Lytle consultez :

Photo Vanessa Dion-Lirette

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7 novembre 2011

Actualités

Réponses de la communauté universitaire
Patrick Weldon
Chef de pupitre par intérim

FAVORITISME ENVERS LES FRANCOPHONES À L’U D’O

Vox pop
Favoritisme envers les francophones à l’U d’O?
Patrick Weldon
Chef de pupitre par intérim
Y a-t-il du favoritisme envers les francophones à l’U d’O? Que pensez-vous de l’intervention de Jaclyn Lytle par rapport au menu de Quiznos principalement en français?

Réponse de l’administration par rapport au reportage de Sun TV
«  L’Université d’Ottawa est très fière de son bilinguisme et continuera à mettre tous les efforts nécessaires à promouvoir celui-ci. Tous les membres de notre communauté, étudiants, membres du personnel et professeurs, participent de façon quotidienne et exemplaire à la richesse culturelle de notre campus. Notre déclaration exprime clairement notre détermination à promouvoir le bilinguisme – une valeur importante au sein de notre établissement et pour les membres de notre communauté. Nous continuerons ces efforts de façon quotidienne. Il est normal de rencontrer certains défis, mais cela ne fait que motiver ces efforts. » - Vincent Lamontagne, gestionnaire des relations avec les médias

Deep Singh
« Il y a une croyance populaire au sein des étudiants anglophones que la francophonie est favorisée à l’U d’O. »

Réponse de professeurs par rapport au reportage de Sun TV
La Rotonde  : Que pensez-vous des propos tenus par Jaclyn Lytle à Sun TV? Seymour Mayne, professeur de littérature canadienne au Département d’anglais «  C’est du sensationnalisme et pas vraiment digne d’un article. Il y a peu d’éclairage venant du journal, The Ottawa Sun. » Linda Cardinal, titulaire de la Chaire de recherche sur la francophonie et les politiques publiques et professeure de politique et francophonie « Les propos tenus reflète presque de la francophobie. C’est de mal comprendre les valeurs de l’Université d’Ottawa. Cela révèle même d’une manipulation des médias. » Daniel Castillo Durante, professeur au Département de français « En tant que professeur, écrivain et membre de la Société royale du Canada, je suis TOTALEMENT en désaccord avec la soi-disant information du Sun, qui révèle clairement un présupposé biaisé contre les politiques de bilinguisme menées par l’Université d’Ottawa, la plus importante université bilingue du Canada. » France Martineau, professeure au Département de français «  L’administration de l’Université est largement bilingue, et la remarque de Mme Lytle sur le fait qu’il y a beaucoup de personnes d’origine française dans l’administration laisse songeur quand on sait que la plupart des francophones sont bilingues. La capacité de recevoir des services dans les deux langues est très grande à l’Université d’Ottawa, et en particulier dans la faculté où se trouve le département de Mme Lytle. »

Moahmoud Al-Riffai
« Je ne crois pas que ce soit le cas. Je pense que c’est une fausse conception, d’après ce que je peux constater à l’Université. »

Nadia Hadj
« C’est totalement faux, c’est de la diffamation. Sun TV n’a pas été professionnel. S’ils avaient tout simplement regardé un peu plus autour, ils auraient vu que c’est le contraire! »

Soukaina Boutiyeb
« Le problème de l’unilinguisme ne se limite pas à une pancarte. Si tu vas voir plus loin que ça, c’est évident que ce n’est pas l’anglais qui souffre. » Elizabeth Kessler, viceprésidente aux affaires universitaires de la FEUO
« Il y a toujours des barrières entre francophones et anglophones dans les services, mais il est important de reconnaître que les barrières pour les francophones sont systémiques. »

Réponse par rapport au reportage de Sun TV- Qualité du journalisme
Bertrand Labasse, professeur et spécialiste en médiatisation et communication, et auteur d’Une dynamique de l’insignifiance; Les médias, les citoyens et la chose publique dans la « société de l’information ». «  Sans me prononcer sur le texte paru dans le Fulcrum, je peux dire que le reportage de Sun TV présente des non-informations comme des informations. En matière de journalisme, ça manquait de professionnalisme. Sur un plan fondamentalement journalistique, être journaliste, c’est de penser contre soi-même et, dans le cas du Sun, de penser tout court. C’est avant tout une discipline de vérification de faits. Les questions de langue sont trop sérieuses pour être prises de manière si comique. Ça pique le ridicule et démontre une absence totale de vérification. Ça se traduit en ignorance profonde du journalisme. »

Photos Vanessa Dion-Lirette

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Actualités

7 novembre 2011

Un campus sans bouteilles d’eau : un an plus tard
Le 1er septembre 2010, l’U d’O faisait une croix sur la vente d’eau embouteillée sur le campus.
Sarah Lanthier
Journaliste Actualités En 2008, des étudiants de l’U d’O associés à la Fédération étudiante (FEUO) ont proposé d’établir des zones libres de vente d’eau embouteillée pour dévaloriser la privatisation de cette ressource indispensable à la vie. C’est suite à un partenariat entre l’administration et la FEUO que l’équipe de Jonathan Rausseo, coordonnateur du programme de développement durable de l’Université, concrétise le retrait de toutes bouteilles d’eau du campus dans le but d’en interdire la commercialisation de l’eau.
Si le projet a été adopté avec enthousiasme par l’administration de l’U d’O, il devait toutefois être accepté par les entreprises sur le campus qui fournissent des breuvages dans les cafétérias, les machines distributrices et aux autres commerces comme le Pivik, le magasin de la Fédération étudiante. Leur contrat a alors été négocié pour soustraire les bouteilles d’eau de leur inventaire. Fontaines inadéquates Il reste un obstacle majeur à franchir  : l’ajout de fontaines d’eau et la réhabilitation de celles déjà en place pour assurer la distribution d’une eau potable de qualité. Maintenant que le projet est en plein essor, l’administration de l’Université consacre près de 75  000 $ par année à l’entretien des fontaines. Christine Bérubé, coordonnatrice des bénévoles et agente de communication au centre de développement durable croit « que tout le monde a le droit de s’hydrater gratuitement […] et […] que l’eau potable à Ottawa est plus propre et plus contrôlée ». La professeure du Département de biologie, Frances Pick, assure que « la qualité de l’eau potable est excellente à Ottawa ». Un an plus tard, quelles frustrations? Les fondements du projet reposent sur le besoin de préserver l’environnement en utilisant le moins de plastique possible, et le refus de privatiser une ressource gratuite et essentielle à la survie. Jonathan Rausseo souligne qu’« aucune personne n’était contre [le droit à l’eau], la culture [du vert] était déjà en place » pour assurer une bonne réception de la part des étudiants. Un employé du Pivik, qui a choisi de garder l’anonymat, s’est prononcé face au mécontentement de certains étudiants depuis le retrait des bouteilles d’eau des étagères du commerce. « C’est le choix des étudiants, la FEUO est obligée de faire respecter la demande étudiante. » Pour ce qui en est du coup économique de la perte du droit de vendre des bouteilles d’eau, l’employé constate qu’il est clair que le commerce a perdu de l’argent, mais pas autant que la perte causée par l’interdiction de la vente de cigarettes. « Par contre, explique le salarié anonyme, certains produits ont augmenté en vente, comme les bouteilles d’eau vitaminée. » Un impact économique minime malgré tout Même si le Pivik ne vend pas autant de passes d’autobus (remplacés par les laissez-passer universels) et que la vente de bouteilles d’eau n’est plus en vigueur, Sarah Jayne King, vice-présidente aux finances de la FEUO, explique que l’impact économique de ces deux mesures n’a pas été majeur. « Nous sommes très fiers en général », déclare Mme King. Depuis l’interdiction, la vente de boissons froides a baissé de 12 %. Par contre, les profits annuels du Pivik auraient tout de même été de 30 000 $ après l’interdiction. Mme King explique que c’est une bonne nouvelle puisque l’année antérieure n’avait pas été aussi fructueuse, entraînant une perte de revenu de 10 000 $. Non au plastique mou Jonathan Rausseo a observé une bouteille de plastique mou au microscope : « C’est presque comme la peau d’un serpent, et [les écailles vont] toutes dans la même direction. Mais lorsque la bouteille est remplie avec de l’eau, les écailles vont dans l’autre direction et elles sont arrachées. [Alors la personne] va boire les particules de plastique. » La promotion continue La plus grande période de distribution des bouteilles réutilisables a lieu durant la Semaine 101, mais Mme Bérubé précise que son organisation a de nombreuses bouteilles en réserve qui n’attendent que d’être distribuées. Tous les étudiants sont invités à se présenter au Centre de développement durable, situé à la pièce 215 du pavillon Morisset (à côté du bar 1848) pour se procurer gratuitement une bouteille de plastique rigide.

LE DROIT À L’EAU

Établissements universitaires ayant banni l’eau embouteillée* Université Memorial (T.‑N.‑L.) Université d’Ottawa (Ont.) Université Queen’s (Ont.) Université Ryerson (Ont.) Collège universitaire St. Mary’s (Alb.) Université de Winnipeg (Man.), premier établissement à avoir aboli la vente Université Bishop’s (Qc) Université de Sherbrooke (Qc)
* Selon le Conseil des Canadiens et la Presse universitaire canadienne.

17 millions de barils de pétrole sont nécessaires à la
production annuelle de bouteilles d’eau. Il faut trois fois plus d’eau pour produire une bouteille que son contenu. mondialement, générant ainsi des revenus de 61 milliards de dollars US par année.

200 milliards de litres d’eau sont consommés

* Source: http://www.onlineeducation.net/bottled_water

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7 novembre 2011

Actualités

TRANSCANEAUDA

7000 kilomètres en canot pour la protection des bassins versants
L’équipe de TransCanEAUda a terminé, le 14 octobre dernier, un périple de 7000 kilomètres en canot qui a duré plus de cinq mois et qui l’a menée d’Ottawa jusqu’à Inuvik, dans les Territoires du Nord-Ouest. Ce voyage entrepris en partenariat avec Sentinelle Outaouais et la Société pour la nature et les parcs du Canada (SNAP) avait pour but de sensibiliser les gens à la protection des bassins versants. Les huit pagayeurs sont pour la plupart des étudiants ou des anciens de l’U d’O. Émilie Deschamps
Bénévole
De retour à Ottawa, les voyageurs veulent maintenant faire part de leur expérience et des connaissances acquises à la population canadienne, particulièrement aux jeunes. Ellorie McKnight, pagayeuse pour TranscanEAUda, organise d’ailleurs des présentations du projet dans des écoles de Calgary et de Vancouver. Les huit canoteurs projettent de présenter une série de conférences dans des écoles d’Ottawa et espèrent éventuellement faire un documentaire sur leur aventure. On n’a donc pas fini d’entendre parler d’eux. Aller jouer dehors! Le message que cherchent à transmettre les aventuriers est optimiste : encourager les jeunes à faire du plein air afin de développer le goût et l’intérêt de protéger les espaces natupe. La seule façon [d’y parvenir], c’est que le monde sorte dehors. Il faut qu’il y ait une présence humaine active qui joue dehors! » Un bilan positif malgré certaines mésaventures Le voyage s’est en somme bien déroulé, confirment les membres de l’équipe, même si, au départ, ils craignaient de pas pouvoir se rendre à Inuvik avant l’hiver. Ils ont contourné le lac Winnipeg en train pour éviter un retard, car les vents de face fréquents auraient pu ralentir considérablement leur progression. Il y a tout de même eu des moments difficiles  : un des membres a notamment dû quitter le groupe pour deux semaines afin de subir une opération pour une hernie abdominale développée durant

En cinq mois, les pagayeurs ont remarqué la dégradation de l’environnement et veulent sensibiliser les gens à cette réalité canadienne. Un voyage d’apprentissage Durant leur périple, les voyageurs ont pu constater directement la dégradation de certains milieux. Ils ont éga-

Courtoisie de TranscanEAUda

« Il est possible de pagayer [d’un bout à l’autre du] Canada aujourd’hui et on veut toujours pouvoir le faire. »
– Alexandre Bevington
rels canadiens. «  Il est possible de pagayer [d’un bout à l’autre du] Canada aujourd’hui et on veut toujours pouvoir le faire, espère Alexandre Bevington, un membre du groule parcours. Également au rendez-vous  : campements inaccessibles au bord de la rivière, berges inondées et infestations de mouches. lement rencontré beaucoup de gens qui habitent près des cours d’eau et qui ont partagé leur connaissance du milieu de vie, spectaculaire et parfois pollué.

D’après Ressources naturelles Canada, un bassin versant est « une zone qui draine, sous forme de ruissellement ou d’écoulement de base (sources souterraines), toutes les précipitations reçues vers une rivière donnée ou un réseau de cours d’eau ». Les bassins versants océaniques du Canada sont l’océan Atlantique, la baie d’Hudson, l’océan Arctique, l’océan Pacifique et le golfe du Mexique.

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Actualités

7 novembre 2011

Kofi Annan et Lloyd Axworthy de passage à l’U d’O
Vendredi dernier, les instigateurs du projet soulignent les dix ans du rapport sur la responsabilité de protéger. Sarah Lanthier
Journaliste Actualités
Le 4 novembre dernier, le recteur de l’U d’O, Allan Rock, accueillait avec fierté, en français et en anglais, l’ex-secrétaire général des Nations unies, Kofi Annan, le président de l’Université de Winnipeg et ex-ministre canadien des Affaires étrangères, Lloyd Axworthy, ainsi que la journaliste de la BBC Lyse Doucet, pour discuter des dix ans de la responsabilité de protéger (R2P). Moment historique du rapport R2P En 1999, l’Assemblée générale des Nations unies (ONU) est préoccupée par les drames de l’ampleur du génocide rwandais. Lloyd Axworthy, à l’époque ministre canadien des Affaires étrangères, propose au secrétaire général, Kofi Annan, le principe de «  responsabilité de protéger ». Cette notion s’applique lorsqu’un État échoue à préserver ses citoyens de la violence, de la famine ou de catastrophes naturelles. La communauté internationale peut alors légitimement intervenir à l’intérieur des frontières de l’État qui C’est en 2011, en Libye, que la communauté internationale invoquera pour la première fois le principe de responsabilité de protéger pour légitimer une intervention armée. Chris Alexan-

CONFÉRENCE SUR LA POLITIQUE INTERNATIONALE

« On ne peut pas intervenir partout, mais cela ne devrait pas empêcher l’intervention; [la principale préoccupation est] de veiller à ne pas aggraver la situation. »
– Kofi Annan
n’assure plus la protection de sa population. Les intervenants doivent toutefois obtenir la permission du Conseil de sécurité de l’ONU avant de procéder. En 2001, un rapport écrit concrétise le principe de R2P en tant que norme internationale. Perspective actuelle der, secrétaire parlementaire du ministre de la Défense, souligne que « la Libye satisfaisait aux critères d’intervention » de R2P. Les populations de la Syrie et du Yémen vivent une situation semblable à celle de la Libye et pourtant, la communauté internationale n’agit pas. La crédibilité du principe s’en Le passage de Kofi Annan à l’ U d’O a fait salle comble. voit fortement attaquée. «  On conclut en disant qu’«  on a le ne peut pas intervenir partout, devoir de protéger l’individu, la répond Kofi Annan, mais cela dignité et la sainteté de la vie ». ne devrait pas empêcher l’inter- Il ajoute par la suite « de prenvention; [la principale préoccu- dre conscience en tant qu’indipation est] de veiller à ne pas vidu, nous pouvons dire que aggraver la situation. » c’est assez, nous ne pouvons supporter [une telle situation]. Le peuple avant tout Collectivement, nous devrions parler, ne pas attendre les NaL’ex-secrétaire généra tions unies ».
Photo Ayoub Ben Sessi

Envisager Ottawa en français
On discute de la place du français dans la capitale fédérale à l’U d’O. Sarah Lanthier
Journalistes actualités
En collaboration avec la Chaire de recherche sur la francophonie et les politiques publiques et la Chaire de recherche sur les cultures et littératures francophones du Canada, le Centre de recherche en civilisation canadienne française (CRCCF) présentait, les 3 et 4  novembre derniers, un colloque sur la place du français à Ottawa. Pour l’occasion, l’U  d’O accueillait des acteurs des milieux universitaire, gouvernemental et communautaire pour participer à une discussion sur la situation linguistique dans la capitale. Des idées de partout Jeudi et vendredi derniers, le Complexe résidentiel du 90, rue Université, accueillait plusieurs spécialistes qui ont traité de différentes idéologies historiques, anthropologiques, politiques, sociales, identitaires et culturelles entourant la langue française à Ottawa. Le colloque présentait un éventail d’orateurs venus d’un peu partout au Canada. La directrice de la Chaire de recherche sur la francophonie et les

COLLOQUE ANNUEL DU CRCCF

que les discours sont « informés, audelà de l’anecdotique ». La conférence revêtait un caractère théorique tout en reconnaissant l’importance des expériences personnelles à la lueur de la francophonie. Même si le colloque du CRCCF revient tous les ans, Mme  Cardinal mentionne que « c’est la première fois que les chercheurs se mettent ensemble pour un [tel type de] contenu ». La minorité éparpillée À Ottawa, selon les statistiques, les francophones résident dans les quartiers moyennement populeux. Cinq de

nes, tandis que d’autres atteignent un peu plus de 20 %. Néanmoins, la majorité des quartiers de la capitale se tiennent sous la barre des 10 %. Dans le secteur récréatif, moins de 7  % des activités, à Ottawa, sont offertes en français. François Charbonneau, de l’École d’études politiques de l’U d’O, illustre la situation comme « un gâteau qu’on devrait couper en six avec une part aux francophones, mais qu’on finit par couper en cinq et les francophones obtiennent la petite fleur en sucre sur le dessus ». Rêver Ottawa en français Pierre Foucher, de la Faculté de droit de l’U  d’O, rappelle qu’«  Ottawa est constitutionnellement bilingue  ». Le Parlement fédéral peut imposer le bilinguisme, puisque c’est la capitale fédérale. La réalité diffère toutefois. Depuis 2005, la loi autorise clairement l’utilisation du français et de l’anglais dans le secteur des services et des communications. Un cadre d’opération vise d’ailleurs à élargir la politique autour du bilinguisme dans le but d’établir un système où les deux langues auraient des droits égaux. « Est-ce une bataille qui mérite du temps? » s’interroge-t-il.

«  C’est la première fois que les chercheurs se mettent ensemble pour un [tel type de] contenu. »
– Linda Cardinal
politiques publiques, Linda Cardinal, souligne que l’échange relève le fait ces arrondissements comptent un peu plus de 30  % de résidants francopho-

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7 novembre 2011

Le mouvement des inactifs
Patrick Weldon
Chef de pupitre par intérim
Vous, vous qui n’êtes même pas en train de lire ce journal, par paresse, naïveté et soumission au statu quo, je vous interpelle! Je parle à ceux qui se contentent de suivre ce qu’on leur dit de faire, à ceux à qui on a dit de ne pas dépasser les lignes en coloriant, à ceux à qui on a subtilement dit de ne pas faire ce qu’ils voulaient réellement faire, mais plutôt ce qu’on attendait d’eux. Je parle à ceux à qui la liberté d’esprit et la marginalité fait peur. Aux personnes qui se croient trop faibles et impuissantes pour mettre de côté leur peur de l’inconnu, je vous dis : DEBOUT! C’est à cause de gens comme vous, qui font leur petit traintrain quotidien dans l’acceptation totale et l’ignorance innocente, que des gouvernements, des politiciens et des compagnies privées contrôlent nos vies. C’est parce que vous acceptez de vous faire nourrir à la cuillère, d’adopter des modes de vie préfabriqués par des compagnies qui ne font que tirer profit de vos insécurités que vous êtes rendus esclaves du système. C’est parce que vous consommez et consommez pour devenir l’objet-miroir de ce qui n’existe que sur des babillards que vous n’avez pas assez de force identitaire pour vous défendre. Mais surtout, c’est parce qu’on ne vous a jamais appris à penser de manière critique que vous nous avez entraînés vers le désespoir. C’est parce que vous n’êtes pas assez engagés dans le fonctionnement de nos institutions d’apprentissage que nos administrations réussissent à financer leurs recherches avec notre argent pour atteindre des rangs prestigieux, que la qualité de notre éducation diminue. Et vous, vous restez entassés dans une salle de classe où votre seule surface pour écrire est la moitié de la largeur de votre cahier de note. Même salle de classe dans laquelle se trouvent plus de 200 autres étudiants uniquement capables de recracher par cœur des théories évolutionnistes vieilles de 100 ans qui ne serviront nullement à régler les problèmes de nos générations. C’est à vous, chers inactifs de nos sociétés, que je dis de questionner l’autorité!

LE CONFESSIONNAL

Revue de presse universitaire
Anthony Langlois
Bénévole
Le cancer devient la première cause de mortalité au pays – The Ryersonian Le 1er  novembre, Statistique Canada a révélé que le cancer est devenu la première cause de mortalité au pays et que les gens âgés de 35 à 84  ans sont les plus susceptibles de développer cette maladie. Par contre, il semble que les cas chez les jeunes adultes soient en déclin. En effet, selon l’Agence de la santé publique du Canada, les étudiants universitaires font de plus en plus des choix santé. Ils tournent de plus en plus le dos à la cigarette, réduisent leur exposition au soleil et passent régulièrement des tests de Pap, qui ont pour but de détecter des cellules précancéreuses chez les femmes. Toutefois, le journal de l’Université Ryerson, qui s’est entretenu avec plusieurs étudiants,

Actualités
parvient à des conclusions différentes. En effet, plusieurs étudiants ont admis avoir pris de mauvaises habitudes durant leurs études, surtout par manque de temps ou d’argent. Ils ont aussi déclaré qu’il était plus difficile de briser ces mauvaises habitudes que de faire un choix « santé ». L’Assemblée des Premières Nations du Nouveau-Brunswick poursuit le gouvernement – The Argosy Le journal étudiant de l’Université Mount Allison rapporte cette semaine que les chefs des Premières Nations du NouveauBrunswick envisagent d’intenter une action en justice contre le gouvernement fédéral. Ils cherchent à arrêter les coupes prévues du côté de l’aide sociale. Vu l’absence de réponse du gouvernement, les tribunaux représentent leur dernière option. Selon les chefs, cette réforme d’aide sociale leur fera perdre des centaines de dollars en comparaison des autres provinces. De plus, les chefs des Premières Nations du NouveauBrunswick dénoncent le manque de programmes pour gérer cette diminution budgétaire. Ils invoquent le besoin d’offrir de la formation et de l’éducation pour combattre le haut taux de chômage, qui est estimé à plus de 50 % dans cette communauté. Un étudiant de 17 ans se présente comme maire – The Cascade Travis Daleman, un étudiant de 17 ans de l’Université Fraser Valley, a annoncé son intention de poser sa candidature à la mairie d’Abbotsford, en Colombie-Britannique. La presse lui accorde une attention particulière en raison de son âge, ce qui ne le dérange aucunement. Il y voit surtout une occasion de faire passer son message et de se faire connaître. Selon le candidat, son jeune âge est sa plus grande force, car il lui permet d’avoir une vision différente des choses, étant d’une autre génération. Il croit que sa génération offre de nouvelles idées et solutions dont bénéficierait la ville.

Il était une fois…

Lovanie Côté
Bénévole
La Révolution de la pauvreté Il y a 46 ans, le 12 octobre 1965, La Rotonde publiait un dossier spécial sur la « révolution de la pauvreté  ». Du 16 au 24  octobre 1965 a eu lieu la deuxième semaine mondiale de la lutte contre la faim. Dans son article, le journaliste Jacques Avery traçait un portrait de l’alimentation au niveau international et national  : en 1965, 50  % de la population mondiale souffrait déjà de faim ou de malnutrition. De plus, les Nations unies prévoyaient une croissance rapide de la population qui annonçait le besoin de tripler les disponibilités alimentaires d’ici l’an 2000, en vue d’assurer un « niveau de nutrition raisonnablement satisfaisant ». Est-il possible de dire si cet objectif a été atteint? Chose certaine, le rapport 2011 de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) affirme qu’un milliard de gens souffrent aujourd’hui de faim chronique au sein d’une population de sept milliards d’humains (FAO, 2011). En réponse à ces données, l’Appel à la mobilisation mondiale des jeunes, première Conférence nationale de la jeunesse, a récemment pris place à Ottawa. On y encourageait les jeunes Canadiens à se regrouper pour discuter de manières d’aborder les problèmes engendrés par la faim. « C’est la faute des Anglais » Le bilinguisme sera-til toujours une source de débat à l’U  d’O? Du moins, il l’était déjà en 1965, alors que la politique sur le bilinguisme n’existait pas encore. Dans l’édition de La Rotonde du 9 novembre 1965, un article intitulé «  C’est la faute des Anglais », accusait les anglophones de nuire au bilinguisme de l’U d’O. « C’est la mauvaise volonté des anglophones qui rend difficile le bilinguisme », affirmait M. Desmarais, chef du Département de biologie, dans une enquête menée par M.  Gélineau, vice-président de l’AGEUO (la FEUO de l’époque). Effectivement, on trouvait «  vraiment ridicule  » le fait que certains cours étaient offerts en anglais alors que la majorité des étudiants étaient francophones. Toutefois, selon une religieuse, cela aurait été une lacune à la «  charité […] que de vouloir descendre les anglais ». Or, en sciences domestiques, où la majorité des étudiants étaient francophones et où le cours était donné en français, on imposait aux francophones de servir d’interprètes à leurs homologues anglophones. Bref, en 1965, la pertinence d’un débat sur le favoritisme à l’égard des francophones à l’U  d’O ne se serait pas appliquée. Quant à se demander s’il l’est aujourd’hui…

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Catherine Dib culture@larotonde.ca PORTRAIT D’ARTISTE

Arts et culture
De retour après s’être exilé aux États-Unis et dans l’ouest du Canada, Malajube viendra présenter son nouvel album le 10 novembre au Ritual Nightclub. Ce groupe qui a récemment remporté le Félix de l’album alternatif de l’année avec La caverne a su rayonner au-delà des ondes du Québec. Thomas Augustin, Francis Mineau, Mathieu Cournoyer et Julien Mineau sauront vous faire bouger les foufounes dès jeudi! En attendant, Julien Mineau et ses deux chiens ont jasé avec La Rotonde du confort de leur maison futuriste.
toujours. Quoique dans le fond, la musique, c’est plus fort que les mots. LR: La caverne, est-ce un retour aux souches après Labyrinthes, un album traitant de mort et de maladie? JM  : La caverne est dans l’esprit du premier dans le but de faire de la musique plus joyeuse, moins préoccupante dans l’esprit, et de faire danser un peu plus. On trouvait qu’il était temps de passer à autre chose et de s’amuser. Par exemple, la chanson titre [« La caverne  »] est au sujet de ma maison. J’habite à la campagne, dans une grosse maison des années 1920 en forme de balle de golf, en plein milieu d’une grosse forêt. C’est également le lieu où on a enregistré l’album. LR : Alors, si « La caverne » représente une maison, que représente le nom Malajube? JM : Eh bien, on se cherchait un p’tit nom, il y a environ sept ou huit ans. Pour la première fois qu’on essayait de se trouver quelque chose, on a décidé d’inventer un nom qui comprenait un peu de maladie et de jujube. On voulait montrer les deux côtés du mini-wheat. LR  : Malajube est donc un band quelque peu bipolaire? JM : Ouin [rire] .

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Hommes de caverne

Katherine Sullivan
Bénévole
La Rotonde  : Vous monterez bientôt sur l’une de nos scènes locales. Que pensezvous de jouer des chansons en français dans la capitale nationale? Julien Mineau : Le fait que la majorité du public soit anglophone enlève vraiment la pression du niveau des textes. Des fois, on a l’impression de chanter pour rien puisque les gens ne comprennent pas. La musique, c’est la musique. C’est clair que c’est plus complet devant une audience francophone, mais de toute façon, même les francophones ne comprennent pas

Pour julien Mineau, « la musique, c’est plus fort que des mots ». LR : Enfin, auriez-vous des conseils pour les jeunes bands? JM : Foncer! C’est la volonté qui change tout. Si tu sais, à l’intérieur, que ça va marcher, ça va marcher. C’est comme une équipe de hockey  : même s’ils sont tous professionnels, ils doivent quand même travailler en équipe. C’est important

Courtoisie Joseph Yarmush

de ne pas penser que ce métierlà, c’est le rêve. C’est comme n’importe quel autre job. Ça a l’air ben le fun de boire de la bière tous les soirs pis de jouer du rock pour du monde qui crie, mais tu deviens sourd et tanné de jouer les mêmes chansons tous les soirs. C’est un métier, mais c’est aussi le métier qui me ressemble le plus.

Le roman d’une carrière
Sara Pedroso
Bénévole
Un projet d’envergure Cette adaptation du roman controversé de Klaus Mann (fils du lauréat du prix Nobel Thomas Mann) par Arianne Mnouchkine sera présentée du 8 au 12 novembre. Dirigée par André Perrier, elle compte dans sa distribution 18 acteurs qui consacrent depuis des semaines tout leur temps et toute leur énergie à relever ce défi. En effet, Méphisto représente l’un des plus grands projets entrepris depuis longtemps par la Comédie des Deux Rives, troupe francophone du Départe-

THÉÂTRE

Lors d’un entretien, les acteurs Gabrielle Boucher (Alex, ouvrier communiste) et Jean-Nicholas Masson (Henrik Höfgen) nous dévoilent leurs impressions avant la première de Méphisto, une pièce à caractère fort engagé.
ment de théâtre de l’U d’O. Celle-ci incarnera une multitude de personnalités intellectuelles et historiques symbolisant différentes idéologies et classes sociales de l’époque à laquelle se déroule la pièce, soit au cœur de l’ascension du régime national-socialiste allemand. Théâtre et politique Méphisto témoigne de l’évolution morale, politique et professionnelle du protagoniste, Hendrik Höfgen, d’abord acteur du cabaret révolutionnaire L’oiseau d’orage, qui monte ensuite les échelons pour réaliser son rêve : jouer le personnage goethéen de Méphistophélès, à Berlin. Toutefois, cette ascension

a un prix, qui sera analogue au pacte avec le diable qu’il incarnera dans son personnage. L’ironie flagrante sera de mise. Jean-Nicholas explique que la pièce s’apparente au style brechtien, c’est-àdire que l’accent portera sur les personnages et leur message plutôt que sur les artifices de la scène. « La scène est simple et chaleureuse, et on invite vraiment le spectateur à prendre part au spectacle par la configuration de la scène. Les spectateurs se retrouveront sur la scène, ce qui est plutôt rare », explique Gabrielle. « Nous ne sommes que des comédiens » « On peut faire plusieurs liens entre le message de la pièce et la situation politique actuelle, où chacun est porté à affirmer sa position politique et fait face à des dilemmes moraux par rapport à ses aspirations professionnelles  », affirme Jean-Nicholas. Le théâtre reste un des moyens les plus forts pour transmettre

des messages politiques porteurs de changement; c’est un lieu où les idées se côtoient, se confrontent et plus que tout, jouent. «  Méphisto nous permet de réaliser à quel point la sagesse se retrouve à no-

« Nous ne sommes que des comédiens. »
tre portée – soit dans l’histoire –, mais qu’on préfère l’ignorer, comme l’a déjà dit Chomsky », poursuit-il. Bref, la pièce se jouera à plusieurs niveaux d’analogie et d’ironie, bafouant ainsi les limites entre les ambitions politiques, morales et théâtrales.

Où? Au 133, rue Séraphin-Marion Quand? Du 8 au 12 novembre à 20 h; générale ouverte le 7 novembre à 20 h
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Arts et culture

COLLOQUE

Marketing culturel 101
Dans le cadre du colloque «  Penser la ville  : Ottawa, lieu de vie français » qui s’est déroulé à l’U d’O les 3 et 4 novembre derniers, la doctorante Lianne Pelletier nous a entretenus des initiatives de développement de public pour les arts en se basant sur le cas de la Nouvelle Scène. Catherine Dib
Chef de pupitre

Photo Anaïs Elboujdaïni

Mme  Pelletier a abordé le théâtre de la Nouvelle Scène, expliquant la place qu’occupe l’institution à Ottawa. «  C’est l’un des six organismes culturels forts à Ottawa. Mais un simple espace n’est pas suffisant. » En effet, selon elle, il faudrait utiliser ces espaces à leur pleine capacité, à leur plein potentiel. Il existe d’ailleurs des moyens de marketing modernes permettant d’aller chercher un public au-delà de l’élite culturelle. « Il y a par exemple des soupers-théâtre, des semaines thématiques, des surtitres en anglais ou encore des spectacles multidisciplinaires », précise Mme Pelletier. Les logiques de promotion La doctorante a par ailleurs réussi à cerner trois logiques de marketing pour les institutions culturelles  : la logique économique, la logique démocratique et la logique externe. Selon la logique économique, il est tentant pour une institution de ne pas se fatiguer à chercher une nouvelle clientèle et de se contenter des abonnements  : «  Il est moins coûteux de garder un client actuel que d’en chercher un nouveau. » En effet, mieux vaut 300  abon-

nements à portée de main que des billets achetés sporadiquement par des clients incertains. Évidemment, il existe d’autres moyens de fidéliser les clients : «  La Nouvelle Scène offre la carte fidélité ; c’est plus flexible qu’un abonnement et cela les avantage pour certains événements. » Quant à elle, la logique démocratique permet «  d’ouvrir ses portes à un public non traditionnel  ». Pour ce faire, les institutions font des études approfondies du marché afin de comprendre son public cible. Cette logique se manifeste, par exemple, par des spectacles surtitrés en anglais pour accommoder les diverses communautés linguistiques. On peut aussi trouver d’autres moyens d’amener les gens au théâtre avec des soirées cinéma, des tournées dans les classes de la région, ou encore les soirées musicales, tel que vu à la Nouvelle Scène. Il y a aussi une logique de promotion au-delà de la volonté des institutions : la logique externe. En effet, les subventions du gouvernement ou d’autres instances poussent les institutions artistiques à prendre des mesures définies par ces acteurs externes. Ces décisions, telles

que faire des tournées vers des lieux ne concernant pas le public cible, engendrent une marginalisation du public solvable et une dépense de ressources. Ainsi, Lianne Pelletier estime que ces approches peuvent soient être mainstream, soit missionnaires, tel que vu dans la logique externe. Lorsque mal gérées, elles peuvent dominer les ressources et ne pas donner les résultats escomptés. Il serait donc primordial de responsabiliser le client par rapport à son rôle dans la communauté, conclut-elle.

Félicitations à Léa Papineau Robichaud notre nouvelle représentante des bénévoles.
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Arts et culture
RESTAURANT

7 novembre 2011

Photos Stéphanie Godin

Se goinfrer après minuit à Ottawa
Les étudiants, infatigables animaux nocturnes que nous sommes, ont souvent tendance à confondre le jour et la nuit, y déclenchant par la même occasion les petites fringales de minuit. Qui n’a jamais traversé le campus au clair de lune, y croisant des nuées de fêtards grisés cherchant à se remplir la panse aux petites heures du matin? Ce ne sera évidemment pas de la gastronomie de haut vol, mais laissez votre Big Mac de côté et allons voir ce qui se trame ailleurs après minuit.

Catherine Dib
Chef de pupitre
Le pho : la soupe dont on fait tout un plat Nulle virée dans le quartier chinois à trois heures du matin n’est complète sans un arrêt à l’une des dizaines de restaurants servant du pho la nuit durant. Les locaux aspirent l’exotisme du pho, un coup d’œil à chaque endroit longeant la rue Somerset suffit à le confirmer. On remplit une petite grille avec minutie, la parsemant de chiffres et de lettres, comme dans tout établissement asiatique qui se respecte, pour ensuite se retrouver devant un bol de la taille du lac Mistassini, prêt à être engouffré avec des feuilles de basilic thaï, de coriandre et un zeste de lime à l’aide des incontournables baguettes. Si vous en êtes incapables, pas de soucis  : ces soupes-repas vietnamiennes parfumées sont tout aussi savoureuses à la fourchette. Où aller? Pho Bo Ga La (763, rue Somerset), Pho Bo Ga (12, rue Lebreton) Les diners et cie Des menus dignes du plus ardent fan de Grease et des jukebox à portée de main. Les nostalgiques qui, après une bonne grosse «  brosse  », comme on dit en patois, songent à faire un détour par les années 1950, ont quelques choix à Ottawa. Le fameux Zak’s, ou encore le Elgin Street Diner, offre des burgers et des laits frappés épais et mousseux. Des curly-fries aux déjeuners servis 24 h sur 24, on se gâte en espérant un jour y croiser Archie et ses amis. Pour l’expérience plus québécoise, le rustique Patio Vidal est de l’autre côté du pont! Où aller? Elgin Street Diner (374, rue Elgin), Zak’s Diner (14, place du Marché By), Patio Vidal (lieux variés). Shawarmez-moi! Excellente alternative à la conventionnelle poutine, le shawarma comporte les quatre groupes alimentaires les plus importants : du poulet bien salé, de l’onctueuse sauce à l’ail, du navet mariné et encore plus de sauce à l’ail. Au grand bonheur de tout shawarmanophile, la grande capitale regorge de temples offrant le somptueux donair à la beyrouthine. Aux estomacs les plus sensibles, choisissez le petit format; laissez les plus gargantuesques aux plus vaillants. Où aller? Shawarma Byte (124, rue Osgoode), Castle Shawarma (178, rue Rideau). Huile et varia Oui, après tout, le palais ne se fait pas difficile après avoir ingurgité un pichet de bière, alors pourquoi ne pas toucher le fond? Pizza, frites et poutinesspaghetti : le choix à faire entre ces shacks vous servant sous les néons ou encore au bout d’un numéro de téléphone déniché dans les pages jaunes peut porter à confusion. En effet, la sélection y est si riche (presque

À quelques pas des bars du marché By, Zak’s ne ferme pas l’œil de la nuit. autant que l’apport calorique) pain blanc. qu’elle étourdit le pauvre étudiant complètement bourré. Il Où aller? Smoke’s Poutinerie ne lui restera plus qu’à s’arrêter (407, rue Dalhousie), au Métro pour y dénicher son Pizza Italie (101 promenade fidèle beurre d’arachides et son du Portage, Gatineau

Université d’Ottawa

Concours vidéo
Avez-vous une histoire inspirante portant sur votre expérience d’engagement communautaire? Racontez-nous-la!
Envoyez-nous une vidéo montrant l’impact de votre travail sur votre communauté.

Vous pourriez gagner des prix!

Renseignements : www.auservicedumonde.uOttawa.ca

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7 novembre 2011

Arts et culture

PHOTOGRAPHIE

Le cinémagraphe : dérive numérique?
Margaux Meurisse – Le Délit (Université McGill)
MONTRÉAL (PUC) — En quoi consiste cette nouvelle pratique artistique entièrement numérique? À cheval entre la photographie et la vidéo, le cinémagraphe consiste à mettre en mouvement une partie isolée d’une photographie à l’aide de Photoshop afin d’immortaliser davantage l’instant photographié dans sa réalité passée. Cette nouvelle tendance est née avec Jamie Beck et Kevin Burg, photographes de mode et designers graphiques, dans l’idée de moderniser et d’embellir le Gif. Le principe est alors de réaliser une photo en incorporant une légère animation. Cela peut être en mettant en mouvement la marche des passants à travers une fenêtre alors que le reste de la scène est immobile ou simplement en reproduisant un clignement d’œil. Lorsqu’on est confronté à ces images qui mettent l’accent sur un mouvement précis du passé, on a l’impression que la scène est romancée, qu’on est dans une dimension étrange, rattachée à aucune temporalité. Ces animations d’apparence simple donnent un résultat parfois étonnant! C’est le cas du travail d’Ana « Ce que la photographie reproduit à l’infini n’a lieu qu’une fois ». C’est ainsi dans cette volonté de revivre le temps révolu, de figer l’instant à la seconde près, d’empêcher l’évaporation du vécu que s’inscrit l’œuvre de mélancolie qui en résulte. Être capable d’être à nouveau spectateur d’un de ces petits riens de la vie qui pourtant participent à notre bonheur, c’est le défi lancé par ce nouveau support artistique. magraphe est rendu possible par le progrès informatique et l’augmentation de la vitesse de téléchargement sur Internet, la taille des fichiers étant très importante. L’accès à ces créations artistiques est ainsi réservé à un public plus fortuné, hiérarchisant cet art émergent. Au contraire de la peinture, de la musique ou même de l’écriture qui sont des disciplines accessibles à une grande partie de la population, qui ne demandent pas d’installations coûteuses, « l’art en ligne » reste restreint. Peut-on alors dire que l’ensemble de l’art numérique constitue une pratique élitiste? Ces œuvres auront-elles la chance d’être reconnues ou finiront-elles par se fondre dans l’étendue massive du net?

Photo Ana Pais Dans son format original, la fumée sort en continu de cette photographie éthérée. Pais, photographe et graphiste l’artiste. Le cinémagraphe est La naissance de la photovénézuélienne de 24 ans qui finalement un moyen supplé- graphie animée montre que a réalisé une série intitulée mentaire mis entre les mains les frontières entre les disci« Eternal Moments » Elle cite de quiconque souhaite lutter plines artistiques continuent une phrase de Roland Barthes : contre la fatalité du temps et la sans cesse d’évoluer. Le ciné-

Pour voir les photographies dans toute leur complexité : http://www. behance.net/gallery/Eternal-Moments-Animated-Photos/1653934

Université d’Ottawa

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Les études supérieures à l’Université d’Ottawa.
Pour des détails sur nos programmes de maîtrise et de doctorat, visitez le www.decouvrezuOttawa.ca.

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Arts et culture

7 novembre 2011

Du rire en canne
Catherine Dib
Chef de pupitre
Avec l’histoire rocambolesque du « divan viril (laid) » ou encore le numéro spécial de Charlie Hebdo, qui a causé des vagues en Tunisie, je me suis poussée à réfléchir sur la question de l’humour. Oui, dis-moi ce qui te fais rire et je te dirai qui tu es. N’a-t-on pas l’École nationale de l’humour? Et le festival Juste pour rire? Oui, oui, comme les Monstres et Cie font de la peur une industrie, au Québec, rire à s’en décrocher la mâchoire, c’est notre business. Mais attention, ne vous laissez pas appâter par les jokes de « moé, ma blonde » et compagnie. On voit bien trop souvent en ces humoristes le miroir de notre société – ne dit-on pas que les comiques sont les poètes du 21e siècle? On les écoute avec naïveté, complètement vulnérable à leur niaiserie, car qui les prendrait au sérieux? Pourtant, au Québec, ce sont de réelles figures de proue, constamment en tournée afin de nous faire bidonner. Par ici, on ne va pas au théâtre : on va voir Jean-Thom-Thom Jobin pis Mike Ward. Les humoristes peuvent se permettre de faire tour à tour de la radio, des films (on ne me reparle plus jamais de L’appât, s’il vous plaît), des émissions et de vendre des DVD de leur spectacle sans jamais qu’on doute de leur originalité, de leur vivacité d’esprit, qui est souvent aussi à jour qu’une coupe de cheveux à la Mireille Mathieu. Malheureusement, ce sont souvent ceux ayant le talent le plus discutable, lançant des blagounettes toutes plus grotesques les unes que les autres, qui tirent leur épingle du jeu. Le Québec abrite un star-système boiteux où la niaiserie y fait son beurre et l’argent du beurre. En tant que public averti, tentons de changer la donne, de nous surprendre à voir des spectacles où chaque phrase n’est pas ponctuée d’un rire en canne.

TURLUPINADES

CRITIQUES

Film Monsieur Lazhar

Film Les femmes du 6e étage

Album Le désert des solitudes
par Catherine Major

Léa Papineau Robichaud
Journaliste
La dernière réalisation de Philippe Falardeau raconte l’histoire d’une classe d’élèves de sixième année qui doit faire face à la mort tragique de leur enseignante. C’est avec leur suppléant, Bachir Lazhar, un immigrant algérien ayant un passé plutôt tragique, qu’ils devront surmonter l’épreuve. Monsieur Lazhar, malgré le fossé culturel qui le sépare de ses élèves, réussira à se faire apprécier de ceux-ci. Cette adaptation de la pièce de théâtre de la dramaturge Évelyne de la Chenelière présente des élèves attachants qui sont joués avec justesse par les jeunes comédiens du film. C’est une très belle œuvre qui fait appel à une panoplie d’émotions : l’horreur, la joie, la tristesse ou encore la surprise. On aime  : La façon dont Falardeau réussit à aborder des thèmes très délicats, comme l’immigration, le deuil et le suicide, qui sont encore tabous dans notre société. On aime moins : La fin du film, qui nous laisse avec un trop grand nombre d’interrogations.

Laure-Ariane Charbonneau
Bénévole
L’histoire se déroule dans les années 1960, au cœur de ces somptueux appartements de Paris. À une époque où chacun a «  sa bonne espagnole » de service, Jean-Louis Joubert (Fabrice Luccini), un parfait bourgeois, propriétaire d’une société financière, qui n’a jamais mis les pieds hors de Paris, emploie une paysanne belge, amie de la famille depuis toujours. Le jour où celle-ci rend son tablier, c’est Maria (Natalia Verbeke) qui prendra sa place au 6e  étage, auprès des autres domestiques espagnoles. Mais voilà que M.  Joubert s’éprend de passion pour elle, qui semble être parfaite en tout point. Son amour soudain pour l’Espagne lui fera découvrir un autre monde, qui vit juste au-dessus de sa tête. Un monde de solidarité, de plaisir et de bonnes paellas, mais aussi un monde de piété, de misère et de pauvreté. On aime : l’excellent jeu des acteurs. On aime moins  : À cette époque, les balbutiements du syndicalisme se font entendre. Bien sûr, nous aurions aimé que Philippe Le Guay développe davantage ce thème, mais c’est plutôt vers le côté romantique et sentimental que le film se tourne. Dommage. Cela en fait un film divertissant, rien de plus.

Marianne St-Jacques
Bénévole
L’auteure-compositrice-interprète Catherine Major revient en force avec son troisième album, Le désert des solitudes. Une musique enlevante et savamment arrangée s’harmonise magnifiquement avec la poésie des textes. Les images riches et poignantes nous transposent dans la sphère intime de l’artiste. Outre l’amour, la maternité et la quête de soi sont des thèmes très présents dans cet album. Parmi les pièces les plus réussies, on compte «  Amadeus  », «  Tape dans ton dos  », «  Bouche-à-bouche  », ainsi que la chanson éponyme. On aime  : La franchise de l’artiste, qui se dévoile sans pudeur. Il en résulte un bel équilibre entre l’affirmation et la fragilité. On aime moins : Les chansons plus douces de l’album, qui décollent moins bien et dont les textes manquent parfois de profondeur. En consultant le livret du disque, force est d’admettre que si Catherine Major est une musicienne accomplie, ses meilleures compositions restent celles dont les paroles ont été écrites par ses collaborateurs.

Calendrier culturel du 7 au 13 novembre
ARTS VISUELS Osmose, de Dinorah Catzalco Quand? Vernissage le 9 novembre à 18 h, exposition jusqu’au 2 février 2012 Où? Casino du Lac-Leamy, 1, boul. du Casino, Gatineau MUSIQUE Serge Côté Quand? Le 7 novembre à 19 h 30 Où? Les Brasseurs du Temps, 170, rue Montcalm Malajube, The Besnard Lakes, The Darcys Quand? Le 10 novembre à 20 h Où? Ritual, 137, rue Besserer Les Surveillantes Quand? Le 10 novembre à 17 h Où? La Nouvelle Scène, 133, avenue King-Edward Mehdi Cayenne Club Quand? Le 10 novembre à 20 h Où? Centre des arts Shenkman, 245, boul. Centrum The Last Assassins Quand? Le 11 novembre à 21 h 30 Où? Salle Southam, Centre national des Arts, 53, rue Elgin Leif Vollebekk Quand? Le 11 novembre à 20 h 30 Où? Auberge le Mouton noir, 753, chemin Riverside, Wakefield THÉÂTRE Les outardes Quand? Jusqu’au 10 décembre à 20 h Où? Théâtre de l’Île, 1, rue Wellington, Gatineau CAMPUS Méphisto Quand? Du 8 au 12 novembre à 20 h Où? Salle académique, 133, rue Séraphin-Marion Soirée cinéma : Salt of this Sea Quand? Le 7 novembre à 19 h 30 Où? Centre universitaire, pièce 206 Midi recrues : Découvre la chanson Quand? Le 13 octobre à 19 h Où? Centre universitaire, Carrefour francophone DANSE Le nombre d’or Quand? Le 9 novembre à 19 h 30 Où? Théâtre, Centre national des Arts, 53, rue Elgin AUTRES Free Thinking Film Festival Quand? Du 11 au 13 novembre Où? À Bibliothèque et Archives Canada (395, rue Wellington) et au Centre Bronson, (211, av. Bronson)

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7 novembre 2011

redaction@larotonde.ca

Opinions
tion de 178 plaintes reçues en un an. La vaste majorité d’entre elles dénonçait la marginalisation du français, non le contraire. Quand peut-on s’attendre à ce que le Règlement sur le bilinguisme de 1974 soit appliqué? Quand peut-on s’attendre à ce que l’Université d’Ottawa prenne des mesures pour « préserver et développer la culture française en Ontario », comme le mandate sa loi habilitante? Le rapport de la Commission permanente est disponible en ligne : <http://web5.uottawa.ca/ admingov/documents/rapport-annuel-languesofficielles-2010-2011.pdf>, page 10 (« commentaires et suggestions » est l’euphémisme consacré pour « plaintes »).

Opinions

Bilingue anglais-espagnol
Après avoir vu une entrevue télévisée portant sur la marginalisation de l’anglais à l’Université d’Ottawa, quelle fut ma surprise d’y trouver une affiche parfaitement bilingue! Le seul problème est que l’affiche avertissant les étudiants de la présence de peinture fraîche était bilingue anglais-espagnol : le français n’y figurait pas. [NDLR : L’auteur parle d’une affiche vue au Pavillon Vanier, le 4 novembre dernier.] Sommes-nous rendus au point où le français a le statut de troisième langue à l’Université d’Ottawa? On ne peut pas parler d’erreur isolée de la part d’un individu distrait : le dernier rapport annuel de la Commission permanente des affaires francophones et des langues officielles, un comité du Sénat de l’Université, fait men-

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Tout au long de l’année, La Rotonde organisera une série d’ateliers sur le journalisme. Le premier atelier de cette année portera sur l’usage des médias sociaux dans un cadre professionnel. Durant cette présentation, notre chef de pupitre web, Nicolas Tanguay-Leduc, vous montrera comment ces nouveaux outils peuvent être utilisés  dans le milieu du journalisme. Les contraintes et les différentes considérations, notamment éthique, s’y retrouveront également.   Où? La Rotonde, au 109, rue Osgoode Quand? Le mercredi 9 novembre à 19 h

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Les contributeurs de la semaines sont :
Laure-Ariane Charbonneau Lovanie Côté Jimmy De Santis Émilie Deschamps Anthony Langlois Marianne St-Jacques Julien Paquette Léa Papineau Robichaud Sara Pedroso Katherine Sullivan

Les publications La Rotonde Inc. est  une organisation à but non lucratif gérée par un conseil d’administration (CA) de dix membres votants. Pour communiquer avec les membres du conseil exécutif, veuillez vous référer aux adresses ci-dessous.

De la part de toute l’équipe...

MERCI!
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Membres votants du Conseil d’administration Hamdi Souissi- siège bénévole Olivier Charbonneau – siège étudiant Éric Barrette – siège étudiant Philippe Dumas – siège bénévole Maxime Goulet-Delorme – siège communauté Vincent Duquette – siège ancien salarié Laurent Bouchard- siège étudiant Véronique Laliberté – siège étudiant À élire – siège communauté Myriam Benzakour-Durand – siège étudiant

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Conseil d’administration de La Rotonde

Maxime Goulet-Delorme – Président president@larotonde.ca Éric Barette – Trésorier intérimaire tresoriere@larotonde.ca Hamdi Souissi – Secrétaire secretaire@larotonde.ca

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Opinions

7 novembre 2011

Une bandedessinée d’Elise Chan

Pour ou contre…le bilinguisme à l’U d’O
Une chronique de la Société étudiante des débats français de l’U d’O Veuillez noter que les opinions exprimées ci-dessous ne reflètent pas nécessairement le point de vue des auteurs, mais ne visent qu’à susciter le débat. En espérant vous donner le goût de débattre… POUR
Francis Legault-Mayrand Je refuse de croire que la politique des langues officielles au Canada se limite simplement à l’affichage public; elle doit s’incarner concrètement dans nos institutions. J’avancerais même que la meilleure façon de promouvoir le bilinguisme est par l’éducation secondaire et postsecondaire. C’est ainsi que je défendrai la position selon laquelle il est essentiel que l’U d’O soit bilingue. Premièrement, l’U d’O, en tant qu’université bilingue, est un endroit où l’on apprend sa deuxième langue dans un milieu académique et social. Que ce soit à travers des cours d’immersion, des activités sportives ou parascolaires, pratiquer sa deuxième langue ne peut devenir plus facile qu’à travers une Université d’Ottawa bilingue. La communauté francophone retire donc un bénéfice de sa cousine anglophone et inversement. Quelle efficacité! Deuxièmement, il existe une demande, tant de la communauté francophone qu’anglophone, d’étudier dans la langue de son choix au sein d’un même établissement. En effet, d’une part, il existe une communauté de francophones hors Québec qui, habitués de vivre dans un milieu surtout anglophone, cherchent à recréer l’environnement de leur chez-soi. Ottawa leur paraît donc idéale. D’autre part, il y a des Québécois qui sont avides d’apprendre la deuxième langue officielle; l’U d’O constitue donc un bon moyen pour le faire. Finalement, au sein du Canada anglais, les écoles secondaires d’immersion française sont de plus en plus populaires. Conséquemment, il est naturel que ces étudiants souhaitent fréquenter une institution bilingue pour leurs études postsecondaires. Bref, en tant qu’« Université canadienne », l’U d’O a un devoir de refléter la réalité linguistique du pays. Après tout, apprendre une deuxième langue, ça ne fait pas mal!

CONTRE
Catherine Blanchard Promouvoir le bilinguisme à l’U d’O est louable – là n’est pas la question –, mais revenons aux bases : ce bilinguisme est-il vraiment nécessaire? Voilà plutôt la question qu’on devrait poser. Pour reprendre l’exemple cité dans le récent film French Immersion, à quoi servirait-il à un facteur de Red Dear, Alberta, où la population est exclusivement anglophone, d’apprendre le français seulement parce que Postes Canada est une institution fédérale? Une question de principe? Non! C’est une question pratique. Similairement, à quoi ça sert d’offrir des services en français dans une faculté où tous les étudiants sont anglophones? Pour la forme? Également, à quoi ça sert de se dire bilingue alors que certains services affichent en français, mais en faisant des erreurs de traduction flagrantes? Je préfère lire uniquement « Coffee to go » que d’y voir ajouter « Café pour aller ». Bref, je

préfère ne pas voir ma langue du tout que de la voir massacrée. Pour revenir brièvement aux arguments de mon collègue, un partage linguistique peut se faire entre individus, dans le cadre d’activités ou autres, même si l’Université n’est pas officiellement bilingue. Également, les francophones hors Québec qui veulent poursuivre leurs études postsecondaires en français peuvent se rendre dans la belle province. S’ils veulent étudier en français à Ottawa, que des pressions soient alors faites pour que l’Université ne soit qu’unilingue francophone (citons comme contre-exemple les universités McGill ou Concordia, établissements unilingues anglophones en territoire francophone). Et les Québécois qui désirent apprendre l’anglais le feront beaucoup mieux dans une université purement anglophone. En résumé, l’« Université canadienne » peut aussi se refléter par beaucoup d’autres valeurs, pas seulement par une affiche annonçant « Nous parlons français/We speak English ».
redaction@larotonde.ca

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7 novembre 2011

Vincent Rioux sports@larotonde.ca FOOTBALL

Sports
qui ont contrôlé le rythme de la rencontre du début à la fin à l’occasion des quarts de finale des Sports universitaires de l’Ontario (SUO). «  Nous gagnons en équipe et nous perdons en équipe. Par contre, on ne gagnera pas beaucoup de matchs en donnant 50  points. En même temps, nous avons fait des erreurs des trois côtés du ballon », a commenté l’entraîneur Jean-Philippe Asselin après l’élimination de son équipe. « Je pense que nous avons un jeune programme [de football] et nous allons continuer à bâtir [notre succès]  », a renchéri le jeune entraîneur qui vient de conclure sa deuxième saison à la barre de l’équipe. Le Double  G en avait plein les bras en première demie, ayant accordé 34  points et quatre touchés aux Lancers avant l’entracte. Accusant un retard de 23 points au début du troisième quart, les hommes d’Asselin ont tout de même tenté une remontée en y allant de quelques beaux jeux par la passe, notamment à Simon Le Marquand et Justene Edwards, qui ont récolté respectivement 101 et 100 verges. « Tu restes avec un sentiment de vide » – Tyler Sawyer Après que la sirène a retenti pour la dernière fois de la saison au parc Lansdowne, plusieurs joueurs avaient peine à retenir leurs émotions. « Quand tu investis plusieurs heures dans quelque chose que tu aimes et que ça prend fin abruptement, tu restes avec un sentiment de vide. Nous avons donné tout ce que nous avions, ce qui rend la chose plus difficile à avaler », a mentionné le secondeur Tyler Sawyer après la défaite. Quant à lui, Simon Le Marquand, sans doute le meilleur receveur des siens cette saison, était visiblement déchiré par l’issue de la rencontre. «  On ne peut pas imputer la défaite à un aspect du jeu en particulier. Nous avons fait des erreurs à plusieurs niveaux  », a-t-il insisté en retenant difficilement les sanglots. L’heure est au bilan dans le camp d’Ottawa Au terme de sa deuxième saison à la tête du programme de football, Asselin affiche maintenant une fiche 12-4 dans les SUO. La saison prochaine, il aura la chance de retrouver sensiblement le même noyau de joueurs, puisque seulement trois de l’édition actuelle en sont à leur cinquième année d’éligibilité dans le Sport interuniversitaire canadien (SIC). On ne peut faire un retour sur l’édition 2011 sans parler du porteur de ballon Brendan Gillanders, qui a terminé la saison au troisième rang dans les SUO pour le nombre de verges (767) cumulées par la course. Avec la blessure qui a tenu Steven Hughes hors de l’alignement pour toute la saison, la position de receveur aurait pu être perçue comme le maillon faible de l’équipe en début de saison. Toutefois, Simon Le Marquand est sans contredit devenu la cible préférée du quart-arrière Aaron Colbon durant la dernière campagne. Le Marquand figure deuxième dans les SUO pour le nombre de verges complétées par la réception (867) ainsi que pour la moyenne de verges par la réception par match (108,38). Colbon, quant à lui, a connu une première saison respectable comme quart-arrière partant, complétant 55  % de ses passes en plus de terminer la saison au troisième rang de l’Ontario pour le nombre de verges complétées par la passe (2052).

Ottawa sortie en première ronde
Après avoir consacré plusieurs mois à peaufiner l’exécution des unités offensives et défensives, après maintes séances vidéos, des pratiques épuisantes à la pluie battante comme au soleil brûlant, de longs et pénibles voyages d’autobus, l’équipe de football de l’U d’O a vu sa course pour la coupe Yates prendre fin abruptement, le samedi 29 octobre dernier.

Vincent Rioux
Chef de pupitre
Les Gee-Gees ont salué la foule pour une dernière fois cette saison après un revers de 33-50 aux mains des Lancers de l’Université de Windsor au stade Frank-Clair. Bien que, deux semaines plus tôt, Ottawa soit ressortie victorieuse du dernier duel entre les deux équipes, ce sont les visiteurs

Photo Ayoub Ben Sessi

Les Lancers de Windsor l’ont emporté sur l’équipe de l’U d’O, les barrant du coup de la coupe Yates.

Photo Simon Cremer

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Sports
BILINGUISME DANS LES SPORTS UNIVERSITAIRES

7 novembre 2011

Le français est-il favorisé au détriment de l’anglais?

Le reportage de Sun News diffusé durant la semaine de lecture a fait beaucoup jaser la population étudiante de l’U d’O. Le reportage intitulé « French favouritism at U of O » insinuait que l’administration favorise outre mesure la communauté francophone au détriment de l’anglophonie. Présente à la plupart des événements sportifs de l’U d’O qui se déroulent à Ottawa afin d’informer la communauté francophone, La Rotonde a constaté que l’anglais domine la scène sportive à plusieurs égards : feuilles de pointage, points de presse de certains entraîneurs, multiples cris de ralliement de l’Université, jeux interactifs avec la foule durant les entractes, etc. Afin de faire le point sur l’état du bilinguisme et, par le fait même, de la place du français et de l’anglais au sein des formations sportives des GeeGees, La Rotonde a recueilli les propos de plusieurs entraîneurs et athlètes ottaviens.

Vincent Rioux
Chef de pupitre

La Rotonde  : Que pensez-vous du bilinguisme à l’Université canadienne?
Andy Sparks, entraîneur de basketball féminin
Je suis lié à l’U d’O depuis 1981 et le français a toujours été la première langue dans les communications de l’Université. Je pense que c’est une bonne chose. Je ne me suis jamais senti défavorisé parce que je parle l’anglais, surtout dans mon emploi comme entraîneur de l’équipe [de basketball féminin].

Réal Paiement, entraîneur de hockey masculin
La plupart du temps, je parle l’anglais à l’Université. Tous mes entraînements se déroulent en anglais parce que c’est la langue du hockey. La langue, la nationalité, la religion de mes joueurs ne me dérangent aucunement.

Steve Johnson, entraîneur de soccer féminin
L’U  d’O est complètement envahie et dominée par les francophones et les anglophones sont ignorés par l’administration [rires]. Je fais des blagues, évidemment. L’Université tient ses racines des Franco-Canadiens et maintenant, il y a beaucoup plus d’étudiants anglophones que francophones. Dans un environnement bilingue comme l’U d’O, je n’ai aucun problème à commander mon dîner en anglais ou en français. Je pense que les anglophones sont beaucoup trop susceptibles lorsqu’ils font des erreurs en parlant français. Je pense que les francophones font beaucoup d’efforts pour s’adapter aux anglophones et quand ils parlent l’anglais, ils n’ont pas « peur » de faire des erreurs grammaticales.
Photo Ayoub Ben Sessi

Warren Ward, joueur de basketball masculin
Personnellement, je ne me suis jamais retrouvé dans une situation où je ne pouvais pas m’exprimer en anglais. De toute manière, je ne parle pas un seul mot de français, [alors si vous voulez me parler] ce sera en anglais.

Jean-Philippe Asselin, entraîneur de football
Je dirige mes entraînements en anglais. Cependant, lorsque je parle à un joueur un à un, je m’ajuste à sa langue. La langue du football est l’anglais, donc lors d’un match, il y a beaucoup de termes qui vont être seulement en anglais. Je pense qu’on va toujours pouvoir critiquer le mandat de bilinguisme de l’institution, mais moi, je trouve que l’Université le remplit très bien.
Photo Vanessa Dion-Lirette

Lionel Woods, entraîneur de volleyball féminin
Je suis à l’U d’O depuis 25 ans. J’ai été étudiant, entraîneur, bénévole et simple employé et, pour moi, anglophone unilingue, c’est une culture enrichissante que le bilinguisme. Je m’entoure d’entraîneurs adjoints qui savent parler le français pour accommoder les francophones de l’équipe. Ma conception du bilinguisme n’oblige pas tout le monde à être bilingue, mais l’environnement doit être propice aux deux langues.

Photo Vincent Rioux

James Derouin, entraîneur de basketball masculin
Je comprends très bien le dilemme auquel fait face l’Université, qui est de maintenir le bilinguisme tout en servant convenablement la majorité anglophone. J’ai certains joueurs de basketball unilingues anglophones qui, lorsqu’ils arrivent à l’U d’O, ont de la difficulté à parler aux employés parce que ce sont souvent des francophones qui s’expriment mal en anglais. Des fois, j’ai l’impression que c’est le français qui prime, et non le bilinguisme.

Claude-Yves Bertrand, entraîneur de natation
Bien que j’aie une expérience limité à l’U  d’O [entraîneur recrue au sein des Gee-Gees], je n’ai pas cette perception de l’enjeu du bilinguisme. Je sens que c’est un environnement très bilingue. J’ai la chance d’être capable de m’exprimer dans les deux langues, alors je m’ajuste selon la personne à qui je parle.

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7 novembre 2011

Sports
James Derouin, entraîneur de basketball masculin
La réalité linguistique est assez paradoxale sur le campus. Bien que, sur les 39  000  étudiants de l’U  d’O, seulement 30  % soit francophones, tous les messages de l’Université sont d’abord en français et l’anglais passe en deuxième. J’ai toujours trouvé ça un peu bizarre, mais je comprends le raisonnement derrière cette politique de l’Université. Toutefois, le campus est composé en majorité d’étudiants anglophones et ce sont eux qui paient les factures. Si les clients ne sont pas contents, peut-être l’Université devra-t-elle revoir sa politique sur le bilinguisme.

LR  : Pensez-vous que le français est utilisé au détriment de l’anglais?
Lionel Woods, entraîneur de volleyball féminin
Honnêtement, avec mon expérience à cette université, j’ai été à une multitude de rencontres, autant avec les hauts dirigeants de l’institution que les syndicats étudiants, et je peux affirmer que nous accommodons les deux langues. Je ne me suis jamais senti exclu parce que je suis anglophone. Je n’ai absolument jamais eu de difficulté à m’exprimer dans ma langue à l’U d’O. Tout ça pour dire que non, je ne pense pas que nous délaissions l’anglais pour le français. En fait, les statistiques démontrent le contraire : proportionnellement, nous avons de plus en plus d’étudiants anglophones, et de moins en moins d’étudiants francophones.

Michelle McElligott et Cynthia Leblanc, gardiennes de l’équipe de soccer féminine
MM  : Je ne pense pas que l’utilisation du français est faite au détriment de l’anglais, mais je crois qu’on donne une visibilité grandissante au français dans cette équipe et à l’U d’O. CL : Je ne pense pas qu’on essaie de mettre l’anglais de côté. Je pense simplement que l’Université tente de favorisé l’émergence du français à Ottawa.

LR : Pensez-vous que l’U d’O mette trop l’accent sur le français?
Warren Ward, joueur de basketball masculin
Non. L’U d’O est la plus importante université bilingue au Canada et je pense que c’est important de respecter cette valeur fondamentale de notre société. Dans l’équipe tout le monde parle l’anglais. Même avec les entraîneurs et les arbitres. Nous ne parlons pas vraiment le français.

Andy Sparks, entraîneur de basketball féminin
Non, je ne le pense pas. Je ne pense pas que ce soit possible parce que l’Université compte environ 70 % d’étudiants anglophones et 30 % d’étudiants francophones. En fait, nous devons nous assurer de protéger la langue et la culture française sur le campus.

Photos Vanessa Dion-Lirette

Matthieu Methot, capitaine de l’équipe de hockey masculine
Je ne pense pas – en tout cas, pas dans l’équipe. Nous avons un bon mélange d’anglophones et de francophones dans l’équipe. Je suis vraiment surpris que certains ont tiré ce genre de conclusion de l’U  d’O. C’est un peu un choc pour moi.

Université d’Ottawa
Le Service d’appui au succès scolaire (SASS) et le Programme de mentorat étudiant vous lancent un défi, à vous et à vos amis : exprimez votre créativité derrière la caméra! Votre vidéo, de une à trois minutes de longueur, doit capter la vie étudiante à l’Université d’Ottawa.

Participe au tournage, le lundi 14 novembre dès 19 h à l’agora du Centre universitaire. Notre animateur, Hugues Beaudoin-Dumouchel, recevra : Jonathan Bolduc Professeur à la Faculté d’éducation Joseph Morin Étudiant, membre du RÉCLEF Jean-Thomas Tremblay Étudiant à l’École d’études politiques Groupes musicaux : Mehdi Cayenne Club et Anique Granger   Soumets une question s’adressant à l’invité de ton choix par courriel à programf@uottawa.ca et cours la chance de gagner une paire de billets pour un match des Sénateurs ou encore pour voir Dominic Paquet en spectacle! Consulte la liste complète des invités sur notre page Coups Francs sur Facebook!
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Pour de plus amples renseignements, consultez la page Web du SASS, au sass.uOttawa.ca.

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Sports
SOCCER FÉMININ

7 novembre 2011

Ottawa se qualifie pour les championnats nationaux
En fin de semaine, à l’Université Wilfrid-Laurier, se tenaient les finales de soccer féminin des Sports universitaire de l’Ontario (SUO). Les quatre meilleures équipes de l’Ontario, soit les Gee-Gees, les Golden Hawks de l’Université Wilfrid-Laurier, les Marauders de l’Université McMaster et les Gaels de l’Université Queen’s, se sont disputé les honneurs provinciaux les 5 et 6 novembre derniers.

Vincent Rioux
Chef de pupitre
Ottawa (12-3-1, SUO), qui a terminé la saison à la deuxième position de la conférence de l’est des SUO, affrontait les puissantes Golden Hawks (12-2-0, SUO) pour le match de demi-finales, dimanche dernier. Incapables de marquer contre l’équipe hôte, les Gee-Gees se sont inclinées 0-1. Toutefois, les joueuses ottaviennes ont eu l’occasion de se reprendre le lendemain, puisqu’elles ont vaincu les Marauders par la marque de 4-0. Ce gain donne à la troupe de Steve Johnson la médaille de bronze des SUO en plus d’un laissez-passer pour les championnats nationaux, qui auront lieu la fin de semaine prochaine, à l’Université McGill. Incapables de marquer, les Gee-Gees capitulent Le match a commencé à un rythme d’enfer et les deux équipes ont offert du jeu robuste, serré et agressif, et sont passées bien près de marquer. À la 21e  minute, la gardienne étoile Cynthia Leblanc sauve un but certain en y allant d’un plongeon bien calculé pour empêcher les Golden Hawks de s’inscrire au pointage. Après 45  minutes, les deux équipes étaient toujours en quête du premier but du match. C’est Emily Brown qui s’est chargée de briser l’égalité à la 58e minute de jeu sur un superbe botté qui est allé se loger dans le coin supérieur droit du filet de Cynthia Leblanc. Bien qu’Ottawa ait terminé la saison avec le plus de buts au Canada, ses attaquantes n’ont pas été capables de percer la brigade défensive des Golden Hawks, qui a été impeccable. Les Gee-Gees se sont inclinées devant Wilfrid-Laurier en quart de finale pour une deuxième année consécutive, ayant perdu 2-1 la saison dernière. Le Double G remporte la médaille de bronze des SUO L’enjeu était de taille pour les joueuses de Steve Johnson, qui espéraient participer aux championnats nationaux pour la première fois depuis 2008. C’est Julia Francki qui a ouvert la marque à la 21e minute avec un puissant tir à 25 verges du but. « Je suis vraiment heureux de Hemrica et la joueuse des GeeGees Christine Hardie se sont violemment cogné la tête alors d’effectuer un touché avec la tête au moment de l’incident. Hemrica est restée immobile sur le terrain pendant de longues minutes avant d’être transportée à l’hôpital en ambulance. Les Gee-Gees se rendront donc à Montréal la fin de semaine prochaine afin d’y affronter l’équipe championne de la division des Sports universitaires de l’Atlantique à l’occasion de leur premier match, le jeudi 10 novembre.

« Je suis vraiment heureux de voir Julia [Francki] performer comme elle l’a fait aujourd’hui. »
–Steve Johnson
voir Julia [Francki] performer comme elle l’a fait aujourd’hui. Tout le monde la sous-estimait en début de saison, mais maintenant qu’elle a démontré ce dont elle est capable, elle n’est plus un atout caché  », a mentionné Johnson après la brillante performance de Francki. Celle-ci a poursuivi sa lancée offensive huit minutes plus tard en repérant Corina Jarrett, qui n’a eu qu’à pousser le ballon dans un filet désert. Les autres buts sont venus de Krista Draycott (53e  minute) et de Tara Condos (73e minute). Un incident tragique est survenu en fin de match, quand la joueuse des Marauders Lyndsie qu’elles étaient dans les airs. Les deux joueuses tentaient

Photo Ayoub Ben Sessi

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7 novembre 2011

Sports

Fin de semaine fructueuse pour les Gee-Gees
Julien Paquette
Journaliste
Bien qu’ils aient écopé de plusieurs pénalités, les représentants de l’U d’O ont été efficaces malgré un homme en moins sur la patinoire. Selon l’entraîneur-chef de la formation, c’est grâce au travail de Craig Moore et de Matt White  : «  On a eu plusieurs pénalités; dans ce sens-là, ces gars-là ont été très importants », affirmait Réal Paiement après la rencontre. Une défense efficace face aux Gaels Le match a été ponctué de bisbille après le sifflet et de jeu très physique. Chez les Gee-Gees, Austin Krabenhil a lancé les hostilités en milieu de deuxième période avec une mise en échec percutante au centre de la glace. Plus tard, Ottawa a vu Jonathan Carnevale être expulsé du match après un coup vicieux Donovan a su inscrire un but pour les Gee-Gees contre les Paladins. à la tête d’un adversaire, alors qu’une pénalité avait été jours à égalité entre les deux équipes. Drager, qui effectuait un retour dans attribuée aux Gaels. Il est suspendu Une fusillade a été nécessaire pour l’alignement, a marqué pour donner indéfiniment jusqu’à ce que la ligue trouver un gagnant. Luc-Olivier Blain l’avance à son équipe. Réal Paiment révise la séquence. Le pilote des Gee- et Matthieu Methot ont marqué, tan- croit que « son but a donné des ailes » Gees n’était visiblement pas satisfait dis que Russel Abbott a fermé la porte aux Gee-Gees et a changé le rythme de la situation : « Tu peux peut-être te pour donner la victoire aux Ottaviens. dans le match. permettre de l’indiscipline à 4-0, mais En troisième période, le Gris et Grele match était trop serré pour prendre des punitions comme on a pris. » Après trois périodes et cinq minutes de prolongation, le match était touLes Paladins n’ont pas fait le poids Le match était à égalité 1 à 1 en milieu de deuxième période quand Tim

HOCKEY MASCULIN

L’équipe de hockey masculine de l’U d’O recevait deux équipes au Complexe sportif; les Gaels de l’Université Queen’s le vendredi 4 novembre et les Paladins du Collège militaire royale du Canada (CMR) le samedi 5 novembre. Elle en a profité pour ajouter deux victoires au compte de 3-2 et 5-1, respectivement.

nat a ouvert la machine avec trois buts sans réplique. Craig Moore a marqué deux d’entre eux, dont un en désavantage numérique. L’entraîneur des Ottaviens ne s’est pas gêné pour dire que les autres devraient suivre son exemple  : «  Moore, aujourd’hui, ce sont deux buts de deuxième effort, a-t-il lancé. Il va falloir marquer des buts avec nos bottes de travail et un deuxième effort. » Il y a eu un moment inquiétant en deuxième période, quant le défenseur étoile Dominic Jalbert a dû être escorté au vestiaire après avoir fait une chute dans le coin de la patinoire. Heureusement pour les Gee-Gees, il est revenu au jeu en troisième période. Photo Vanessa Dion-Lirette Les Gee-Gees seront sur la route la fin de semaine prochaine, alors qu’ils iront à l’Université Ryerson pour y affronter les Rams, et à Kingston pour donner un match revanche aux Paladins du CMR. Le prochain match à domicile aura lieu le 18 novembre face aux Rams.

Les Gee-Gees s’inclinent à Montréal
Julien Paquette
Journaliste
Vendredi dernier, les hockeyeuses de l’U d’O ont rendu visite aux Carabins de l’Université de Montréal. La visite des Ottaviennes n’a pas été fructueuse puisque celles-ci se sont inclinées par la marque de 5 à 2. Fannie Desforges a marqué en fin de première période afin de réduire l’écart à un but face à l’une des meilleures formations du Réseau des sports étudiants du Québec. Malheureusement pour les Gee-Gees, les Carabins ont ouvert la machine en troisième période, marquant à trois reprises. La défenseuse Marina Stanidis a complété la marque en fin de troisième période, mais c’était trop peu, trop tard, pour les représentantes de l’U d’O. Fait à noter : les GeeGees n’ont accordé aucun but en désavantage numérique en six occasions dans ce match. L’équipe de hockey féminine de l’U  d’O disputera deux matchs la fin de semaine prochaine. Elles affronteront d’abord les Stingers à Concordia le vendredi 11  novembre et recevront ensuite les Carabins de l’Université de Montréal le lendemain.

HOCKEY FÉMININ

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Sports

7 novembre 2011

Le Québec doit se doter d’une équipe nationale
Vincent Rioux
Chef de pupitre
Qu’ont en commun le Pays de Galles, l’Écosse, la Palestine, Taïwan, Gibraltar et Hong-Kong? Aucune de ces nations n’est un pays, mais encore? Eh bien elles ont toutes une équipe nationale qui les représente lors de différentes compétitions d’envergure internationale. Vous me voyez déjà venir. Du 14 au 30 octobre, le Canada a dépêché quelque 492 athlètes à Guadalajara, au Mexique, pour participer aux Jeux panaméricains 2011. Des 41 nations qui prenaient part au tournoi, même Aruba était présente, et ce, même si l’île fait encore officiellement partie des Antilles néerlandaises. Pourquoi le Québec n’a-t-il toujours pas d’équipe nationale? Personnellement, je pense que ça démontre clairement le profond malaise identitaire au pays. Toutefois, on ne parle pas de souveraineté ici, mais simplement d’une entité reconnue qui s’occuperait de sélectionner les meilleurs athlètes et entraîneurs québécois pour nous représenter aux coupes du monde, aux Jeux olympiques, aux Jeux panaméricains et autres tournois d’envergure internationale. Le Canada vante son « bilinguisme » et son « biculturalisme ». Il est grand temps d’appliquer ces principes fondamentaux de la culture canadienne à tous les niveaux et d’enfin former des équipes nationales québécoises. Nous devons nous doter d’une équipe pour représenter l’« autre » culture et pour que les Québécois se sentent valorisés en tant que nation. Il doit y avoir une équipe pour les francophones. Pour ceux qui cherchent une raison pratique, simplement pour que les athlètes francophones puissent enfin pratiquer leur sport dans leur langue, surtout dans les sports très anglicisés comme le hockey, où, parmi toutes les équipes professionnelles, l’anglais est la langue de travail dans les vestiaires comme sur la glace. Imaginez l’ampleur que l’enjeu prendrait lors des confrontations Canada-Québec. J’en salive déjà.

HORS L’AILE

Hockey masculin - Conférence de l’est des SUO
Équipe McGill Nipissing Carleton UQTR Concordia Queen’s Ottawa Toronto Ryerson CMR MJ 10 11 9 10 10 9 10 9 8 9 V 8 7 6 6 5 5 5 4 4 2 D 0 1 3 4 3 3 4 4 4 7 DP 2 3 0 0 2 1 1 1 0 0 PTS 18 17 12 12 12 11 11 9 8 4 BP 36 44 36 41 35 30 26 27 21 18 BC 26 37 20 35 31 28 25 31 30 34 SQC 8-0-2 5-0-3 2-0-0 1-0-0 2-0-0 0-1-1 2-0-0 0-3-1 0-2-0 0-5-0 PIM 214 230 346 232 214 166 189 184 204 156

Volleyball féminin - Classement des SUO
Équipe Toronto Ottawa York Queen’s McMaster Waterloo Guelph Brock CMR Western MJ 5 6 4 4 5 5 3 4 4 4 V 5 5 4 3 3 3 2 2 1 1 D 0 1 0 1 2 2 1 2 3 3 PP 15 15 12 10 12 9 6 6 6 5 PC 2 6 1 4 10 9 3 7 9 11 PTS 10 10 8 6 6 6 4 4 2 2

Calendrier des Gee-Gees
Quoi? Hockey féminin Contre qui? Les Stingers de l’U Concordia et les Carabins de l’U de Montréal Quand? Les 11 et 12 novembre à 19 h 30 et 19 h Où? À Montréal et au Complexe sportif Quoi? Hockey masculin Contre qui? Les Paladins du CMR et les Rams de l’U Ryerson Quand? Les 11 et 12 novembre à 19 h 30 et 19 h Où? À Kingston et à Toronto Quoi? Soccer féminin Pourquoi? Championnats nationaux du SIC Quand? Les 10, 11, 12 et 13 novembre Où? Au stade Molson, domicile de l’Université McGill Quoi? Volleyball féminin Contre qui? Les Marauders de l’U McMaster et les Badgers de l’U Brock Quand? Les 12 et 13 novembre à 12 h et à 13 h Où? À Hamilton et à St. Catharines

Les trois étoiles de la semaine
SOCCER FÉMININ
Julia Franckie Cynthia Leblanc

SOCCER FÉMININ

HOCKEY MASCULIN
Luc Olivier Blain

La recrue a marqué le but vainqueur dans la victoire pour la médaille de bronze des SUO, en plus d’ajouter une aide sur le but d’assurance. Francki vivra ses premiers championnats nationaux la fin de semaine prochaine, à Montréal.

La gardienne partante « est une joueuse incroyable qui donne beaucoup d’assurance à la défense [des Gee-Gees] », selon l’entraîneur Steve Johnson. Une fois de plus, elle a démontré pourquoi elle est considérée comme l’une des meilleures au Canada, la fin de semaine dernière.

Le centre du premier trio des GeeGees a scellé l’issue du match en tirs de barrage contre les Gaels avant d’ajouter un but et une passe le lendemain contre les Paladins.

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7 novembre 2011

Se tourner la langue

ÉDITORIAL

7 novembre 2011 • Vol. LXXIX No.9 109, rue Osgoode Ottawa (Ontario) K1N 6S1 613 421 4686
Le journal indépendant de l’Université d’Ottawa Édition du 7 novembre 2011 – Volume LXXIX No. 9

sept fois
On voit combien le sujet du bilinguisme et de la place consacrée au français est toujours, et peut-être plus que jamais, un sujet de l’heure. En effet, devant une majorité anglophone dans une université se voulant bilingue, il est normal que les étudiants francophones, particulièrement ceux ayant vécu toute leur vie en situation de minorité linguistique, se portent à la défense de leur langue. Pendant la semaine de relâche, une étudiante de l’U d’O et employée de la publication sœur de La Rotonde, The Fulcrum s’est prononcée sur la chaîne de télévision nationale Sun TV (filiale de Québécor) pour se plaindre du fait que le français prenait une place de plus en plus grande ici, à l’U d’O. En se basant sur une affiche de la cafétéria, cette étudiante s’adonne à une généralisation aberrante qui a littéralement secoué la communauté francophone de l’Université. Le profond malaise entre les deux langues s’est une fois de plus pointé le nez, mais cette fois, ce sont les anglophones qui ont goûté, l’espace d’un instant, à la réalité quotidienne des francophones à l’U d’O et, plus généralement, à Ottawa. Qu’on se comprenne : il est inacceptable pour un anglophone, au même titre qu’un francophone, de ne pouvoir se faire servir dans sa langue. Mais le fait, par exemple, que l’administration universitaire commence ses courriels dans la langue française s’inscrit dans un effort de la part de l’Université pour faire la promotion d’un lieu de vie bilingue, en s’assurant d’une égalité réelle entre les deux langues. Et une égalité réelle dans un contexte où coexistent une majorité et une minorité, ça veut dire mettre en œuvre les moyens nécessaires pour que la minorité puisse avoir accès à la même qualité et à la même

dans la bouche…
quantité de services que la majorité. La réaction de plusieurs Canadiens a eu de quoi surprendre : nous ne sommes pas au Québec. Or, il faut cesser de confondre français et Québec : ce faisant, on écrase doublement les minorités francophones qui se battent pour que l’une des deux langues officielles du Canada soit reconnue à égalité, nommément le français. Il importe de se rappeler qu’il existe une loi ontarienne sur les services en français depuis 1986 exigeant une offre active dans les services publiques. Il est par ailleurs aberrant de voir que l’U d’O a toujours refusé de se soumettre aux termes de cette loi. À cet égard, il importe de souligner le nombre d’étudiants bilingues ou anglophones qui se sont indignés du reportage diffusé sur les ondes de Sun TV. Dans son éditorial du 2 novembre, The Fulcrum soutient que c’est « très canadien de défendre les droits des minorités » en parlant du français, pour enchaîner sur les droits de la communauté lesbienne, gay, bisexuelle et transgenre (LGBT). Ces journalistes sont bien loin de comprendre la complexité de l’enjeu soulevé, ayant si vite pu tourner la page. La protection du français et la reconnaissance de sa valeur au sein de l’Université ne sont pas seulement une lutte de minorité. C’est le combat que nos ancêtres ont mené et qui nous tient debout aujourd’hui. La communauté LGBT n’a pas de quoi être enchantée non plus de voir son combat réduit à celui d’une simple minorité à protéger, d’une victime. La communauté francophone du Canada n’est pas une minorité au même titre que la communauté LGBT, car la différence fondamentale entre les deux s’explique par l’histoire et le droit. En tant que peuple fondateur, les francophones détiennent des droits collectifs protégés par la Charte, contrairement aux regroupements identitaires, qui sont protégés par des droits individuels. Les deux luttes sont d’égale importance, mais il semble cependant qu’une majorité de Canadiens réduisent à la seule catégorie identitaire des luttes protégées par des outils différents. Les francophones doivent se mettre au travail partout au pays pour réapprendre à défendre leurs intérêts politiques. En dernier lieu, il est déplorable que l’U d’O, qui se félicite d’avoir inclus dans sa Constitution le mandat de protection de la langue et de la culture françaises en Ontario, n’ait pas su profiter de cette attaque non fondée pour remettre les pendules à l’heure et défendre par un communiqué de presse son engagement envers le bilinguisme. Ce n’est pas en incluant la question dans un plan décennal qu’elle est réglée. Quel message ce silence envoie-t-il aux prochaines générations d’étudiants espérant s’inscrire à l’U d’O? Quelle conclusion peut-on tirer quant à l’importance réelle du français pour l’administration? Est-ce un simple outil de marketing ou une valeur qu’elle est réellement fière de chérir?

Direction Montréal
Les Gee-Gees se qualifient pour les championnats nationaux des SIC

Photo Ayoub Ben Sessi

Après plusieurs années d’attentes, l’U d’O dévoile ses plans

ACTUALITÉS

Suggestions pour les estomacs après minuit

ARTS ET CULTURE

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RÉDACTION Rédactrice en chef Anaïs Elboujdaïni redaction@larotonde.ca Secrétaire de rédaction Joanie Demers revision@larotonde.ca Rym Ben Berrah (adjointe) Stéphanie Guérin (ajdointe) Actualités Chef de pupitre par intérim Patrick Weldon actualites@larotonde.ca Patrick Weldon (adjoint) Sarah Lanthier (adjointe) nouvelles@larotonde.ca Arts et Culture Catherine Dib culture@larotonde.ca Sports Vincent Rioux sports@larotonde.ca Section Opinions redaction@larotonde.ca Web Nicolas Tanguay-Leduc web@larotonde.ca Journaliste multimédia Vacant multimedia@larotonde.ca Directrice de la production Stéphanie Godin production@larotonde.ca Directrice artistique Vanessa Dion-Lirette direction.artistique@larotonde.ca Photographie Ayoub Ben Sessi photographe@larotonde.ca ÉDITIONS ET VENTES Directrice générale Marika Dubé direction@larotonde.ca Publicité Dolorès Blanchette Réseau Sélect 514-866-313poste 236
Recyclez moi! La Rotonde est le journal étudiant de l’Université d’Ottawa, publié chaque lundi par Les Éditions de La Rotonde, et distribué à 2000 copies dans la région d’Ottawa-Gatineau. Il est financé en partie par les membres de la FEUO et ceux de l’Association des étudiants diplômés. La Rotonde est membre du Carrefour international des presses universitaires francophones (CIPUF) et de la Presse universitaire canadienne (PUC). La Rotonde n’est pas responsable de l’emploi à des fins diffamatoires de ses articles ou éléments graphiques, en totalité ou en partie.

Un remerciement spécial à François-Olivier Dorais pour ses précieux conseils.

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Découvrez l’avenir. À l’Université d’Ottawa, la plus grande

université bilingue du monde, la population étudiante peut choisir d’étudier en français, en anglais ou dans les deux langues. Au cœur de la capitale du Canada, pays du G8, notre université jouit d’un accès direct aux plus grandes institutions du pays. Ses avancées dans les domaines de la santé, des sciences et des sciences humaines et sociales attirent l’attention du monde entier, reflétant ainsi son classement parmi les 10 plus grandes universités de recherche du Canada en même temps que sa passion pour la découverte. L’Université est fière de lancer Destination 20/20, son plan stratégique pour la prochaine décennie. Avec cette feuille de route ambitieuse reposant sur quatre grandes priorités, elle consolidera, aux échelles nationale et internationale, sa position parmi les meilleurs établissements de recherche et d’enseignement du Canada.

EXPÉRIENCE ÉTUDIANTE

BILINGUISME

Apprendre dans un environnement culturel unique Une bonne université doit être à la hauteur d’objectifs précis : préparer les jeunes à prendre leur place dans le monde, permettre à son corps professoral de partager connaissances et découvertes, et aider son personnel à fournir des services de qualité exceptionnelle à la population étudiante.
Une grande université prend ces idéaux à cœur et se demande comment les dépasser pour mieux contribuer à sa collectivité et au monde entier.

La richesse du bilinguisme L’engagement du Canada envers le bilinguisme est au cœur de son identité comme pays. L’Université d’Ottawa a elle aussi cultivé cette vision.
Nous offrons des programmes d’études exceptionnels en français, en anglais et dans les deux langues.

Sur le campus, le bilinguisme est une façon de vivre, d’apprendre et de se divertir. Aucune autre grande université canadienne ne peut en dire autant. Cette dualité linguistique donne un avantage certain à nos étudiants pour façonner l’avenir de notre pays et incarner ses valeurs. Toute idée inspirante, surtout si elle s’exprime dans plus d’une langue, est une idée puissante. Et ce sont de telles idées que l’Université d’Ottawa a à offrir.

Au cours des dix dernières années, notre université s’est développée de maintes façons. Elle est maintenant la plus grande université bilingue du monde, elle offre au-delà de 450 programmes d’études dans tous les domaines de la connaissance, et elle compte renforcer chaque dimension de la participation étudiante. À l’Université d’Ottawa, l’expérience universitaire et culturelle que vivent les étudiants est tout à fait unique.

RECHERCHE

Ses chercheurs explorent les frontières du savoir dans presque tous les domaines de l’activité humaine, ce qui lui permet de fournir, tant au monde de l’industrie qu’au secteur public, l’expertise particulière et les perspectives nouvelles qu’ils recherchent. À l’Université d’Ottawa, c’est la curiosité qui stimule les esprits et qui trace la voie des étudiants comme chercheurs, citoyens et spécialistes. C’est elle qui est au cœur de la connaissance universitaire. Tout ce que nous accomplissons est motivé par le désir d’apprendre, le courage de la remise en question et la passion de la découverte.

Apprenez-en plus sur nos valeurs, nos buts et notre vision dans notre quête pour découvrir l’avenir.

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INTERNATIONAL

Une culture de la découverte L’Université d’Ottawa est l’une des 10 plus grandes universités de recherche du Canada.

L’ouverture au monde Notre pays a toujours suscité le respect sur la scène mondiale. Avant-gardiste, il cherche constamment un juste équilibre entre l’industrie, l’environnement et la société. L’accès à l’éducation, la qualité de vie ainsi que la valeur accordée au multiculturalisme et aux droits de la personne ont fait du Canada un véritable phare parmi les nations du monde.

L’Université d’Ottawa incarne cet esprit. Nous croyons au pouvoir démocratique qu’ont les citoyens bien informés de faire des choix réfléchis et intelligents. Nous débattons des enjeux avec passion et ouverture d’esprit tout en respectant la diversité des points de vue. À l’Université d’Ottawa, les étudiants et étudiantes découvrent leur capacité de contribuer aux idéaux du Canada.

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