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Collaboration spéciale : Pierre-Guy Sylvestre, économiste SCFP-Québec Recherche et analyse : Léo Bureau-Blouin, président FECQ Fédération étudiante collégiale du Québec (FECQ) La Fédération étudiante collégiale du Québec est un organisme qui regroupe plus de 60 000 étudiantes et étudiants, des secteurs collégiaux préuniversitaire et technique, dans plus d'une douzaine de régions du Québec. Fondée en 1990, la FECQ étudie, promeut, protège, développe et défend les intérêts, les frais et les préoccupations des étudiantes et étudiants des collèges du Québec, en tant qu’étudiantes et étudiants tout comme en tant que citoyennes et citoyens. L'accessibilité universelle de tous les paliers de l'éducation dans un enseignement de qualité constitue la principale base de revendication de la FECQ : tous devraient avoir accès aux études post-secondaires, peu importe leur condition socio-économique ou celle de leurs parents. De plus, la FECQ s'est donné comme mission première la cause sociale des jeunes Québécoises et Québécois. La voix des étudiantes et étudiants québécois au niveau national La FECQ, à travers toutes ses actions se veut l'organisme porteur du message des jeunes Québécoises et Québécois. Autant dans ses activités militantes que politiques, elle livre l'opinion des étudiantes et étudiants de niveau collégial. Présente aux différentes tables sectorielles et nationales du Ministère de l'Éducation, elle est la mieux située pour faire entendre son message, en créant des partenariats utiles tant aux étudiantes et étudiants qu'aux instances du ministère et du gouvernement. La FECQ entretient des relations avec les partis politiques, autant provinciaux que fédéraux, sans être partisane pour autant. Elle se fait un devoir de communiquer à tous les intentions des politiciens pour que les étudiants effectuent des choix éclairés quand vient le temps de choisir les gestionnaires qui s'occuperont du développement des institutions québécoises. Fédération étudiante collégiale du Québec 2003 Saint-Hubert Montréal (Québec) H2L 3Z6 Téléphone : 514 396-3320 Télécopieur : 514 396-3329 Site Internet : www.fecq.org Courriel : fecq@fecq.org

 

IMPACT DE LA HAUSSE DES FRAIS DE SCOLARITÉ SUR LA DIPLOMATION ET LES FINANCES PUBLIQUES
Mise en contexte Les études sérieuses portant sur les frais de scolarité concluent que ceux-ci ont un impact négatif sur la fréquentation universitaire1. En d’autres termes, les chercheurs concluent que plus les frais de scolarité augmentent, plus la probabilité de s’inscrire d’un étudiant diminue. Ce phénomène se nomme l’«élasticité-prix». L’élasticité-prix est la variation de la quantité demandée par rapport à la variation du prix. À l’aide de cette élasticité, nous évaluerons l’impact de la hausse des droits de scolarité proposée par le gouvernement Charest sur le nombre d’étudiants universitaires. Nous évaluerons par la suite les impacts d’une telle politique sur les finances publiques. Méthodologie Pour évaluer l’impact des frais de scolarité sur la fréquentation universitaire, la FECQ a utilisé deux études. Le lecteur trouvera d’ailleurs en annexe une réponse à la question Qu'est-ce qu'une bonne étude identifiant l'impact d'une politique publique? Ce court texte permet de mieux comprendre les différentes études sur le sujet. La première étude a été effectuée par Valérie Vierstraete (Vierstraete, 2007) pour le compte du Ministère de l’Éducation. Son principal intérêt est qu’elle utilise des données provenant du Québec et qu’elle a été fortement médiatisée. Elle estime l’élasticité des frais de scolarité à 0,11 (Vierstraete, 2007, p. 106). C’est-à-dire que pour une augmentation de 1 % des frais de scolarité, la fréquentation diminuera de 0,11 %. La deuxième étude a été effectuée par Susan Dynarski (Dynarski, 2005) une professeure américaine spécialisée en économie ayant notamment travaillé pour l’Université Harvard. Cette étude correspond aux ordres de grandeur obtenus dans le reste de la littérature économique. Elle identifie avec rigueur le lien de cause à effet entre la baisse des frais de scolarité et la fréquentation universitaire. Dynarski évalue à -0,05 l’élasticité des frais de scolarité (Dynarski, 2005, p. 26). C’est-à-dire que pour une augmentation de 1 % des frais scolaires, la fréquentation diminuera de 0,05 %. Ces études ont ensuite été appliquée aux prévisions du Ministère de l’Éducation en ce qui a trait à la croissance de l’effectif étudiant universitaire (MELS 2010). Pour évaluer l’impact sur les finances publiques, la FECQ a utilisé la note statistique Taux de rendement du baccalauréat : pour les diplômés et pour l'État qui a été effectuée par Marius Demers pour le compte du Ministère de l’Éducation (Demers, 2008).

                                                                                                                1  Voir  l’annexe  2  et  l’annexe  3  pour  plus  de  détails.   2  Il  est  à  noter  que  le  Ministère  de  l’Éducation  effectue  ses  prévisions  de  l’effectif  étudiant  universitaire  en  
Équivalent  d’étudiants  à  temps  complet  (EETP).  Cette  façon  de  faire  permet  aux  universités  de  mieux  prévoir   leur  financement.  Or,  pour  les  besoins  de  l’étude,    il  fut  nécessaire  de  convertir  ces  données  en  étudiants  réels  

 

Scénario 1 : Hausse de 1625 $ des frais de scolarité tel que proposé par le gouvernement Charest selon l’élasticité de Vierstraete Calculs Variation du nombre d’étudiants
Le tableau 1 illustre l’évolution des frais de scolarité au Québec de 2011 à 2016 selon les projections du Budget du Québec 2011-2012 ainsi que les frais afférents qui s’ajoutent à la facture étudiante. Tableau 1 : Variation de la facture totale étudiante en fonction des années
Frais de scolarité 2 168,00 $ 2 493,00 $ 2 818,00$ 3 143,00$ 3 468,00$ 3 793,00$ Soit une hausse de: 12,71% 11,33% 10,23% 9,33% 8,58%

Année 2011 2012 2013 2014 2015 2016

Frais afférents 651,87 $ 685,38 $ 720,60$ 757,64$ 796,59$ 837,53$

Total 2 819,87 $ 3 178,38 $ 3 538,60$ 3 900,64$ 4 264,59$ 4 630,53$

Quant au graphique 1, illustre la variation de l’effectif étudiant de 2002 à 2010 ainsi que les prévisions de 2011 à 2016. Les prévisions ont été calculées à partir des données fournies par le Ministère de l’Éducation2 (MELS 2010 [a][b][c]). Toujours selon ces prévisions, 245 921,04 étudiants seront inscrits au premier cycle à la rentrée 2011. Graphique 1 : Variation du nombre d’étudiants universitaires québécois, pour les trois cycles d’études, en fonction des années (Observation et prévision)

260  000   250  000   240  000   230  000   220  000   210  000   200  000   2000   2005   2010   2015   2020   Observation   Prévision  

Équivalent  d’étudiants  à  temps  complet  (EETP).  Cette  façon  de  faire  permet  aux  universités  de  mieux  prévoir   leur  financement.  Or,  pour  les  besoins  de  l’étude,    il  fut  nécessaire  de  convertir  ces  données  en  étudiants  réels   à  l’aide  des  données  (MELS  2010  [a])[b][c]).  

                                                                                                                2  Il  est  à  noter  que  le  Ministère  de  l’Éducation  effectue  ses  prévisions  de  l’effectif  étudiant  universitaire  en  

 

Tableau 2 : Variation du nombre d’étudiants universitaires québécois, pour les trois cycles d’études, en fonction des années (Observation et prévision)
Nombre Année d’étudiants O 2002 212 001,00 S 2003 218 877,00 V 2004 221 857,00 E R 2005 224 378,00 V 2006 224 245,00 A 2007 225 119,00 T 2008 225 488,00 I O 2009 231 222,00 N
P R É V I S I O N

2010 2011 2012 2013 2014 2015 2016

239 202,00 245 921,04 253 179,69 255 465,63 255 865,56 254 352,24 251 602,23

Pour calculer l’impact de la hausse des frais de scolarité, nous effectuerons des calculs à partir de la formule suivante en isolant delta Q. Étape 1 : Variation de la quantité demandée

En mots, nous multiplierons la variation de prix qui est de 12,71% en 2012 par l’élasticité -0,11 puis nous multiplierons le tout par le nombre d’étudiants en 2011 qui est de 245 921,04 étudiants. La variation du nombre d’étudiants sera donc de : 12,71% X -0,11 X 245 921,04 étudiants à temps plein = -3438,22 étudiants. On trouve que si 245 921,04 étudiants s’inscrivent à temps plein à l’université en 2011, -3438,22 étudiants ne s’inscriront pas en 2012, toutes choses étant égales par ailleurs. Étape 2 : Calculer la balance Pour estimer le nombre d’étudiants totaux qui s’inscriront en 2012, on doit ensuite prendre en compte la croissance prévue par le Ministère de l’éducation et faire la balance. En se référant au tableau 2, on trouve que pour l’année 2012, le MELS prévoyait une croissance de l’effectif étudiant de 5382,59 étudiants. Pour calculer la balance on effectue 7 258,66 – 3438,22 étudiants, ce qui nous donne une balance de 3 820,44 étudiants. On trouve donc que si 245 921,04 étudiants s’inscrivent en 2011, 249 741,47 étudiants s’inscriront en 2012.

 

Étape 3 : Répéter pour les années subséquentes Il faut ensuite répéter les calculs présentés aux étapes 1 et 2 pour toutes les années subséquentes, jusqu’à la dernière année de hausse des frais de scolarité, soit la rentrée 2016. On obtient le tableau suivant : Tableau 3 : Variation du nombre d’étudiants universitaires québécois, pour les trois cycles d’études, en fonction de l’élasticité de Vierstraete (Scénario 1)
Étudiants Prévision MELS 245 921,04 253 179,69 255 465,63 255 865,56 254 352,24 251 602,23 Variation prévue par le ministère 7 258,66 2 285,94 399,93 -1 513,32 -2 750,02 Total des étudiants perdus Total des diplômés perdus (Taux de réussite de 73,5%) Pertes dues à la hausse des frais -3 438,22 -3 112,53 -2 801,04 -2 529,97 -2 288,44 -14 170,20 -10 415,09 Résultat : Scénario 1 245 921,04 249 741,47 248 914,88 246 513,77 242 470,48 237 432,03

Année 2011 2012 2013 2014 2015 2016

Constat : la hausse des frais de scolarité fera perdre 14 170 étudiants au Québec, toutes choses étant égales par ailleurs. Le tableau 4 détaille la répartition des pertes dues à la hausse des frais de scolarité en fonction des cycles d’études. Tableau 4 : Répartition des pertes d’étudiants universitaires québécois en fonction des cycles d’études (Scénario 1)
Pertes d’étudiants dues à la hausse des frais -11 104,70 -2 543,94 -521,56 -14 170,20 Pertes de diplômés (73,5% de réussite) -8161,95 -1869,79 -383,35 -10 415,09

Cycle d’études Premier cycle Deuxième cycle Troisième cycle Total

 

Impact sur les finances publiques Nous allons maintenant évaluer l’impact de la perte de 14 170,2 étudiants sur les finances publiques à l’aide de la note statistique de Marius Demers. Celui-ci a effectué, pour le compte du Ministère de l’Éducation, le cumul des revenus d’emploi d’un bachelier, d’un diplômé collégien et d’un diplômé de niveau secondaire dans le cadre de sa vie active (17 à 64 ans) en se basant sur les résultats du Recensement de 2006. Il a ensuite calculé les montants qui seront versés à l’État en fonction de la fiscalité en vigueur. Demers évalue qu’un diplômé universitaire versera 916 043 $ en taxes et impôts à l’état au courant de sa vie active et qu’un diplômé du collégial versera 536 856 $ (Marius, 2008, p. 3). On trouve ainsi une différence de 379 187$ versés en taxes et impôts entre un individu possédant un baccalauréat et celui possédant un diplôme collégial. Tableau 5 : Total des taxes et impôts versés par un individu en fonction de sa scolarité
Baccalauréat Collégial Différence 916 043,00$ 536 856,00$ 379 187,00$

Pour chiffre l’impact de la hausse des frais de scolarité sur les finances publiques, il faut évaluer le nombre de diplômés perdus à partir du nombre d’étudiants perdus, car ce ne sont pas tous les étudiants inscrits qui obtiennent un diplôme d’études universitaires. Sauvé, Debeurme, Martel et al. évaluait que le taux de réussite d’une cohorte universitaire au bout de 6 ans était de 73,5% (Sauvé, Debeurme, Martel et al. 2007, p.22). Pour ce calcul, nous ne considérerons pas les étudiants du deuxième et du troisième cycle, étant donné que la différence de revenu entre un diplômé du baccalauréat, de la maîtrise et du doctorat n’a pas été évalué par Demers. Nous effectuerons donc le calcul suivant : 73,5% de 11 104,70 étudiants inscrits au premier cycle, ce qui nous donne 8161,95 diplômés perdus. Nous prendrons ensuite pour acquis que tous les étudiants qui renoncent à fréquenter l’université dû à la hausse des prix détiennent un diplôme d’études collégiales. Il s’agit du calcul le plus conservateur que nous pouvons effectué. On peut ensuite multiplier le nombre de diplômés perdus (8161,95) par les taxes et impôts perdus si ceux-ci ne fréquentent pas l’université (-379 187$), ce qui donne le calcul suivant : 8161,95 X -379 187$ = -3 094 900 000$ (arrondis aux centaines de milliers près)

Constat : Constat : La hausse des frais de scolarité fera perdre 10 415,09 diplômés, ce qui représente 3G$ de moins en taxes et impôts perdus sur la vie active des diplômés perdus, toutes choses étant égales par ailleurs.

 

Scénario 2 : Hausse de 1625$ des frais de scolarité tel que proposé par le gouvernement Charest selon l’élasticité de Dynarski
On peut ensuite répéter les mêmes calculs en utilisant l’élasticité de Dynarski (2005). Calculs Variation du nombre d’étudiants On obtient le tableau suivant : Tableau 6 : Variation du nombre d’étudiants universitaires québécois en fonction de l’élasticité de Dynarski (Scénario 2)
Pertes dues à la hausse des frais -1 562,83 -1 425,41 -1 291,42 -1 173,65 -1 067,78 -6521,08 -4793,00

Année 2011 2012 2013 2014 2015 2016

Étudiants Prévision MELS 245 921,04 253 179,69 255 465,63 255 865,56 254 352,24 251 602,23

Variation prévue par le ministère 7 258,66 2 285,94 399,93 -1 513,32 -2 750,02 Total des étudiants perdus Total des diplômés perdus (Taux de réussite de 73,5%)

Résultat : Scénario 1 245 921,04 251 616,87 252 477,39 251 585,90 248 898,94 245 081,14

Constat : La hausse des frais de scolarité fera perdre 6521 étudiants au Québec, toutes choses étant égales par ailleurs.
Tableau 7 : Répartition des pertes d’étudiants universitaires québécois en fonction des cycles d’études (Scénario 2)

Cycle d’études Premier cycle Deuxième cycle Troisième cycle Total

Pertes d’étudiants dues à la hausse des frais -5110,35 -1170,70 -240,04 -6521,08

Pertes de diplômés (73,5% de réussite) -3756,10 -860,46 -176,43 -4793,00

 

Impact sur les finances publiques Pour évaluer l’impact sur les finances publiques, nous procéderons au même calcul que dans la section précédente en nous basant sur les travaux de Marius Demers et ainsi que ceux de Sauvé, Debeurme, Martel et al.

Constat : La hausse des frais de scolarité fera perdre 4793 diplômés, ce qui représente 1,4G$ de moins en taxes et impôts perdus sur la vie active des diplômés perdus, toutes choses étant égales par ailleurs.

 

Conclusion Le graphique 2 illustre les scénarios 1 et 2 en comparaison avec les prévisions ministériels. Graphique 2 : Variation du nombre d’étudiants universitaires québécois en fonction des années (Observations et prévisions)

260  000,00   250  000,00   240  000,00   Scénario  2  FECQ   230  000,00   220  000,00   210  000,00   200  000,00   2000   2002   2004   2006   2008   2010   2012   2014   2016   2018   Scénario  1  FECQ   Observation  et   prévision   gouvernementale  

La conclusion la plus frappante de cette note est que l’augmentation des frais de scolarité prévue par le gouvernement Charest compromet l’accès à l’éducation tout en mettant en danger la santé des finances publiques lorsqu’on se fie aux études sérieuses effectuées sur le sujet.  

 

Il en ressort que la seule façon d’assurer un accès universel à l’université et de relever les défis du Québec contemporain est de maintenir abordable les études universitaires.

 

BIBLIOGRAPHIE
DERMERS Marius (2008). Taux de rendement du baccalauréat : pour les diplômés et pour l'État, Bulletin statistique de l’éducation, No. 38, MELS, Décembre 2008, 11 pages. Disponible à l’adresse suivante : http://www.mels.gouv.qc.ca/sections/publications/publications/SICA/DRSI/BulletinStatistiq ue38_f.pdf . DYNARSKI Susan (2000). Hope for Whom? Financial Aid for the Middle Class and Its Impact on College Attendance, National Tax Journal 53:3, pp. 629-661. DYNARSKI Susan (2004). “The New Merit Aid”, Caroline Hoxby, College Choices: The Economics of Where to Go, When to Go, and How To Pay for It. Chicago: University of Chicago Press, pp 63-100. DYNARSKI Susan (2005). Building the Stock of College-Educated Labor, Harvard University, Kennedy School of Government & National Bureau of Economic Research, 40 pages. Disponible à l’adresse suivante : http://www.ers.princeton.edu/workingpapers/15ers.pdf . Louise Sauvé, Godelieve Debeurme, Virginie Martel et al (2007). L’abandon et la persévérance aux études post-secondaires, SAMI-PERSÉVÉRANCE, 196 pages. Disponible à l’adresse suivante : http://www.fqrsc.gouv.qc.ca/upload/editeur/actionConcerte/RF-LSauve.pdf . Ministère de l’Éducation du Loisir et du Sport (2010[a]). Effectif en équivalence au temps plein (EEETP), selon le cycle d'études et la provenance, par année scolaire, Direction de la recherche, de la statistique et de l’information, 1 page. Ministère de l’Éducation du Loisir et du Sport (2010[b]). Effectif universitaire, selon le trimestre, le cycle d'études et la provenance, Direction de la recherche, de la statistique et de l’information, 1 page. Ministère de l’Éducation, du Loisir et du Sport (2010[c]). Prévisions de l'effectif étudiant universitaire (EEETP), par cycle et provenance, http://www.mels.gouv.qc.ca/sections/publications/publications/Ens_Sup/Financement_equi pement/Programmation_budgetaire_financement/Previsions_provincialesJuil2010.pdf (page consultée le 23 juin 2011) VIERSTRAETE Valerie (2007). Les frais de scolarité, l’aide financière aux études et la fréquentation des établissements d’enseignement post-secondaire : Comparaison à l’échelle internationale et étude de scénarios pour le Québec, MELS, 132 pages. Disponible à l’adresse suivante : http://www.mels.gouv.qc.ca/sections/modesFinancement/pdf/droits_scolarite.pdf .

 

ANNEXES Annexe 1
Qu'est-ce qu'une bonne étude identifiant l'impact d'une politique publique? Une bonne étude empirique sur une politique publique cherchera à distinguer la cause de la corrélation. Le premier indique qu'un changement de politique a bel et bien un effet sur la variable étudiée. Dans le second cas, il s'agit seulement d'un lien statistique. Par exemple, il y a peut-être une corrélation entre le nombre de cigognes et le nombre de naissances dans un pays donné, mais l'un n'est certainement pas la cause de l'autre! Comment peut-on être certain que le lien n'est pas seulement statistique, mais bien l'effet de la décision? En bref, on utilise une méthodologie similaire à celle en sciences de la santé. Dans un groupe "test", on donne un traitement et dans un groupe "contrôle" on n'en donne pas. On trouve alors l'effet du traitement en comparant le taux de rémission dans les deux groupes. Dans le cas qui nous occupe, le "traitement" est une réduction des frais de scolarité et la "rémission" est la participation à l'université. Ainsi, certaines études économiques, notamment celle de Dynarski, comparent des groupes qui reçoivent une réduction de frais de scolarité à un autre groupe similaire qui n'en reçoit pas. La différence entre les deux est alors l'effet observé. Certaines études affirment que les frais de scolarité ne causent pas de diminution de l'accès aux études. Certains vont même jusqu'à "montrer" par des graphiques que plus les frais de scolarité sont élevés, plus la participation est élevée. De telles études ne respectent pas la méthodologie identifiée ci-dessus et n'illustrent que de simples corrélations. Elles ne sont d'ailleurs pas publiées dans des revues à caractère scientifiques et servent généralement à influencer le public.

 

Annexe 2
Voici deux tableaux résumant la littérature existante quant à l’impact des frais de scolarité sur la fréquentation. On constate que pratiquement toutes les études identifient une incidence négative sur la fréquentation lorsque les frais sont augmentés et qu’à l’inverse une diminution des frais de scolarité entraine une augmentation de la participation.

Tableau 1 : Résumé de l’étude de Heller (Frais de scolarité) (1975 à 1996)

Source :

Pier-André Bouchard St-Amant (2008), Des subventions aux études et de leur impact, Mémoire de maîtrise, Université du Québec à Montréal, p. 17. Tirée de Donald E. Heller, Student Price Response in Higher Education : An Update to Leslie and Brinkman, The Journal of Higher Education vol. 68 No. 6, 624–659, 1997.

Légende  :    
• • • CRÉP : Coefficient de réponse étudiante au prix. pts (I) : points de pourcentage sur les inscriptions pts (D): points de pourcentage sur la diplomation pts (pI) points de pourcentage sur la probabilité qu'un étudiant s'inscrive

 

Annexe 3  

                                                                  Source :

Tableau 2 : Recension des études empiriques sur les contraintes financières (1997-2007)  

Pier-André Bouchard St-Amant (2008), Des subventions aux études et de leur impact, Mémoire de maîtrise, Université du Québec à Montréal, p. 19

Légende :
• • • • CRÉP : Coefficient de réponse étudiante au prix. pts (I) : points de pourcentage sur les inscriptions pts (D): points de pourcentage sur la diplomation pts (pI) points de pourcentage sur la probabilité qu'un étudiant s'inscrive  

         

 

 

 

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