Chapitre : investissement, technique , innovations

progrès

Notions du référentiel : productivité, innovations de produits, de procédés , destruction créatrice , chômage , flexibilité

Fiche 3 – Les effets du progrès technique sur l’emploi
Le progrès technique modifie l’emploi quantitativement ( le volume de l’emploi) et qualitativement ( la nature des emplois ) : à court terme l’emploi diminue , mais à moyen terme les créations d’emploi sont dominantes : c’est le processus de la destruction créatrice de Schumpeter . Mais cette création d’emplois s’opère dans d’autres secteurs avec d’autres qualifications : c’est la théorie du déversement d’A.Sauvy .

Partie 1 - Les effets quantitatifs du progrès technique sur l’emploi
Selon Schumpeter, le progrès technique est à l’origine d’un processus de destruction créatrice : de nouvelles méthodes de production , de nouvelles sources d’approvisionnement , de nouveaux débouchés rendent caduques les anciennes techniques , ce qui à court terme détruit des emplois à court terme , mais en crée à long terme . L’effet final dépend du type d’innovations dominant : produits ou procédés .

I.

Une destruction d’emplois à court terme
A. Une peur des machines anciennes

Au XVIII° siècle, le mouvement luddiste en Grande-Bretagne, au XIX° siècle les canuts à Lyon cassent les métiers à tisser qu’ils accusent de détruire les emplois . Cette idée se retrouve de manière récurrente : l’informatique est pour certains suspectée d’être responsable du chômage. B. Explications Certaines innovations, sous certaines conditions peuvent générer une destruction d’emplois .C’est le cas des innovations de processus qui, en entraînant une augmentation de la productivité vont à court terme réduire le nombre d’emplois En effet, le nombre d’emplois dans un pays dépend du rapport production / productivité. En effet, la productivité = production / nombre d’emplois , ainsi le nombre d’emplois = production / productivité . Si on fait l’hypothèse que la production reste constante, plus la productivité augmente rapidement , moins on a besoin d’emplois puisqu’on peut produire davantage avec moins d’emplois

II.

Une analyse à relativiser

Ce mécanisme de règle de 3 est certes juste en mathématiques, mais en économie, il faut tenir compte d’autres facteurs : • les innovations ne sont pas seulement de procédés, mais aussi de produits • la hausse de la productivité n’est pas obligatoirement affectée à la réduction du nombre d’emplois • la hausse de la productivité génère des effets indirects qui vont compenser les effets directs sur l’emploi : la production augmente

III.

car , à long terme , des créations d’emplois supérieures
A. Le nombre d’emplois dépend de la nature du progrès technique

Les innovations de produits se traduisent par une création nette d’emplois. En effet, les entreprises mettent sur le marché des biens nouveaux , ce qui incitent les ménages à les acheter puisqu’ils permettent de répondre à un besoin jusque là inexistant . Les entreprises améliorent aussi leur compétitivité-qualité , ce qui leur permet de gagner des parts de marché à l’export .Conformément à l’analyse de Keynes , cette hausse de la consommation se traduit par une augmentation de la demande , donc de la production .Les entreprises embauchent alors de nouveaux salariés .

Ainsi , dans une période où les innovations de produits sont dominantes par rapport aux innovations de procédés , il y une création nette d’emplois . Cet effet sera d’autant plus fort que les innovations de procédé peuvent créer aussi des emplois : cela dépend de la manière dont sont affectés les gains de productivité B. L’effet des innovations de procédé à long terme dépend de l’affectation des gains de productivité Car l’augmentation de la productivité peut générer à long terme une augmentation du nombre d’emplois si les gains de productivité sont bien répartis. 3 destinations possibles peuvent être mises en évidence : l’augmentation des revenus , la baisse des prix , la baisse de la durée du travail . - Hausse de la productivité → augmentation des richesses → augmentation des revenus → Hausse du revenu des ménages → hausse de la consommation → hausse de la demande → hausse de la production (modèle de l’accélérateur) Hausse du profit des entreprises → hausse de l’investissement → hausse de la production ( théorème de Schmidt ) Ainsi , si la VA est bien partagée entre ménages et entreprises , comme lors de la périodes des 30 Glorieuses , la production augmente plus vite que la productivité , ce qui génère une augmentation du nombre d’emplois Hausse de la productivité → augmentation de la compétitivité-prix → augmentation des parts de marché → augmentation rapide de la production → augmentation du nombre d ‘emplois Hausse de productivité → baisse de la durée du travail dans la semaine , l’année , la vie

Les différents effets du progrès technique sur l’emploi peuvent être résumés dans ce schéma :

Ces mécanismes ont été mis en œuvre lors des 30 Glorieuses qui est une période caractérisée par un fort progrès technique , mais aussi par une situation de plein emploi ( taux de chômage autour de 2% ) : le progrès technique est certes à court terme destructeur d’emplois mais aussi à long terme créateur .

Partie II- Les effets qualitatifs du progrès technique sur l’emploi
Schumpeter a mis en évidence que dans le processus de destruction créatrice les emplois créés sont différents des emplois détruits : ces emplois sont créés dans de nouvelles branches, avec de nouvelles qualifications .

I.

Les emplois créés sont dans de nouveaux secteurs

Cette transformation structurelle s’explique d’après Fourastié-Clarke par les effets différenciés du progrès technique selon les secteurs. En effet, le nombre d’emplois dans un secteur dépend de l’évolution comparée de la production et de la productivité : si la demande et donc la production augmentent plus vite que la productivité, il y a création d’emplois ; dans le cas contraire, le nombre d’emplois dans la branche diminue.( cf fiche 2 , chapitre croissance-développement ) • Ainsi, dans l’industrie et l’agriculture, de nombreux progrès techniques ont été mis en place, ce qui a permis une augmentation de la productivité dans l’agriculture. En revanche, la demande de produits agricoles et industriels augmente très lentement, comme l’affirment les lois d’Engel : quand le revenu des ménages augmente, ils améliorent certes leur consommation alimentaire et de biens , mais ils n’en consomment guère plus .

Avec le surplus de revenus, ils préfèrent acheter des services qui comblent des besoins jusque là insatisfaits. La demande de services augmente donc rapidement, alors que la productivité augmente très lentement .Car une grande partie des services ne peut connaître réellement du progrès technique : ce sont les services dont la qualité repose sur une relation humaine. Augmenter la productivité conduirait à diminuer le temps passé avec chaque personne et donc à détériorer la qualité du service.

Il y a donc déversement, comme l’affirmait A.Sauvy : le progrès technique détruit des emploi dans certains secteurs, mais en crée dans d’autres. Parallèlement, ces emplois exigent une plus grand qualification.

II.

Avec d’autres qualifications

L’influence du progrès technique sur la qualification des emplois est double : le progrès technique crée des emplois de plus en plus qualifiés, mais d’un autre côté les qualifications pour les emplois traditionnels augmentent . A. Une création d’emplois qualifiés Le progrès technique détruit des emplois peu qualifiés, car la mécanisation et la robotisation visent à remplacer ces emplois. Mais, de nouveaux emplois sont créés d’après A.Sauvy : il faut du personnel qualifié pour réparer et créer ces machines. Il y a donc une translation vers le haut des qualifications: des emplois peu qualifiés sont remplacés par des emplois qualifiés. B. Une exigence de qualification plus grande pour les emplois traditionnels En effet, on remarque tout au long du XX° siècle une accélération du progrès technique : le nombre d’innovations augmente très rapidement et surtout le temps entre l’invention et l’innovation diminue. Ainsi,la rapidité des changement suppose davantage d’adaptabilité . Quel que soit le poste, même non qualifié, les individus doivent être capables de flexibilité , c’est-à-dire s’adapter à des changements techniques : les machines sur lesquelles ils travailleront vont changer rapidement tout au long de leur vie active . Plus ils disposeront de qualifications générales , plus cette flexibilité sera possible . Sur le site de Sciences humaines, un résumé du livre d’A.Sauvy, La machine et le chômage : ici Sur le site Eco dico de la BNP Paribas, une vidéo sur la relation entre progrès technique et emploi: Progrès technique et emploi (2:23) Sur le site de Canal U , une conférence de Jean-Hervé Lorenzi qui donne un éclairage sur la fichesur : Economie et innovations ici • • • 06:48 La relation progrès technique et emploi 06:32 Conclusion 16:44 Questions

Sur Contreinfo, un article de R.Reich sur les effets actuels du progrès technique sur l’emploi : ici Un rapport de Mc Kinsey&Co "Impact d'Internet sur l'économie", mars 2011, : ici

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