ABRAHAM ABOULAFIA LE DIVORCE DES NOMS GUET HA-SHEMOTH

PRESENTATION Guet ha-shémoth, le divorce des noms, est le premier traité écrit par Abraham Aboulafia, en 1271, à l'âge de 31 ans, alors qu'il se trouvait à Barcelone afin d'y étudier les nombreux commentaires du Séfer Yétsirah et, en particulier, celui du mystique allemand, Eléazar de Worms, dont l'influence accrût sa propension au mysticisme. C'est à partir de cette période qu'Abraham Aboulafia fut sujet à des visions, qui détermineront la suite de ses écrits et de ses expériences. Cet appel mystique le poussera à quitter Barcelone pour aller s'installer à Patras1, en Grèce, où il rédigera son premier livre prophétique, le Séfer ha-yashar. Le manuscrit du Guet ha-shémoth, conservé (MS Oxford-BL 1658) comporte quelques manques, les pages contenant les explications de six dénominations ayant disparu. Toutefois, le copiste du manuscrit signale que cette partie avait déjà disparu à son époque. Dès ce premier traité, Abraham Aboulafia met en avant son intérêt pour les combinaisons de lettres et leurs vocalisations, ainsi que pour les soixantedouze noms constituant le Shém ha-meforash. Il représente une pensée kabbalistique qui tente, librement, de réconcilier kabbalistes et philosophes. Sa conception de Dieu va dans le sens de l'idée kabbalistique de l'Ein-Sofet de celle du retrait divin : « Sache aujourd'hui que ton Dieu n'est pas contenu en un lieu, il n'est ni dans l'espace, ni dans le temps et ne peut être appréhendé ». Le but d'Abraham Aboulafia en rédigeant cet ouvrage, est de contribuer à distinction des noms divins incertains et de mettre en garde ceux qui les utilisent, d'où le titre du livre : Divorce des Noms. Il écrit : « Guet (divorce), en raison de la nécessité de supprimer toutes choses dont les intentions ne sont pas déterminées ». Il propose également une présentation du système cosmologique des douze sphères célestes, représentant pour lui la réalité du ressenti, ainsi que les relations qu'entretiennent le macrocosme et le microcosme. Pour lui, la perception de ces relations se fait par le perçu, le conçu et le reçu, que l'on peut appréhender en trois niveaux de conscience par l'intellect, l'intelligeant et l'intelligé. Ces notions sont chères à Abraham Aboulafia qui y fera régulièrement allusion dans son œuvre, notamment dans son Sheva netivoth ha-Torah2. Abraham Aboulafia ne cache pas son admiration pour Maïmonide (Rambam), auteur du Guide des Perplexes (Moréh ha-nekouvim), ainsi que pour ses traducteurs provençaux : Samuel Ibn Tibbon et Jacob Anatoli, de Lunel. C'est à Capoue qu'il se consacra avec passion à l'étude du Guide de Maïmonide, sous la tutelle du philosophe et médecin Hillel Ben Éliézer ben Samuel de Vérone. Malgré sa grande estime pour Maïmonide, qu'il cite souvent, il ne fut jamais entièrement satisfait par la philosophie de celui-ci, et par de nombreux autres
Située au nord de la péninsule du Péloponnèse. Principal port de voyageurs sur le golfe de Patras à destination des îles Ioniennes, Abraham Aboulafia a résidé aussi à Corfou. 2 Cet ouvrage a été publié en français en 1985, aux Editions de l'Eclat, sous le titre : L'Épitre des sept voies, traduit par Jean-Christophe Attias.
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aspects du savoir qu'il avait acquis. C'est pourquoi il retourna en Catalogne, à Barcelone, pour y étudier le Séfer Yétsirah. Toutefois sa conception de la nature de la prophétie est en accord avec celle de Maïmonide. Les voyages entre l'Espagne et l'Italie passaient, pour les juifs, obligatoirement par Lunel et Posquières (Vauvert). Ces villes de Petite Camargue, berceau de la Kabbale, étaient le point d'orgue des voyages des adeptes de la Kabbale3. D'autant plus qu'Abraham Aboulafia ayant grandi à Tudèle, fut nourri des récits du grand voyageur, Benjamin de Tudèle, qui avait noté ces étapes essentielles dans son ouvrage. Le fait est que le parcours méditerranéen d'Abraham Aboulafia suit assez précisément celui de Benjamin de Tudèle. Il est fort probable que, lors de ses visites à Lunel et Posquières (Vauvert), Abraham Aboulafia ait rencontré les disciples de ces deux maîtres maïmonidiens et, sans doute, l'astronome Jacob ben Machir ibn Tibbon, qui dans la controverse entre maïmonidiens et anti-maimonidiens défendit la science contre les attaques d'Abba Mari de Lunel. Il est également vraisemblable qu'Aboulafia ait eu des contacts avec les disciples de l'école d'Isaac l'aveugle, de Posquières. En effet, dans Guet hashémoth, ainsi que dans quelques autres de ses ouvrages, Abraham Aboulafia mentionne les baâléi iyyoun, les maîtres de la méditation, membres du fameux cercle ésotérique initiatique provençal, auteurs du Séfer ha-iyyoun et supposément du Séfer ha-bahir. L'enseignement du cercle Iyyoun a fortement influencé les pratiques d'Abraham Aboulafia, qu'il peut très bien avoir étudié et pratiqué avec les membres du cercle de son époque. Dans ce cas, on pourrait aller jusqu'à envisager qu'Abraham Aboulafia fut le dernier maître de ce cercle ésotérique de contemplatifs.

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Voir Lunel, la Kabbale et l'Étoile, Madeleine Ribot-Vinas, 2008, Ed. Lahy.

CHAPITRE I
Ouvre mes yeux, et je verrai les merveilles qui sont dans ta loi. (Psaumes 119:18) La Torah de ta bouche est meilleure pour moi que des milliers de pièces d'or et d'argent. (Psaumes 119:72)4 L'auteur dit - Puisque les avis des humains divergent considérablement lorsqu'il s'agit de la véracité de la réalité du ressenti et de l'intellect, à cause de l'ignorance essentiellement due à la nature humaine, externe et médiane, par des méprises de la pensée concernant les paroles prophétiques, cachées ou révélées, qui en témoignent en faveur de tous et qui éveillent ceux qui sont endormis dans la poussière « dans des maisons d'argile dont le fondement est dans la poussière » (job 4:i9). Le Nom m'a éveillé pour examiner et clarifier leurs racines, dont les principes sont connus de tout érudit, à l'intérieur des mots et des noms qui s'y trouvent. Car ces principes sont absolument nécessaires et salutaires pour toute personne aspirant (kavanah) au Savoir (dâath) et à la perfection de son âme (néfésh) humaine, par la connaissance et la crainte de Dieu. Et je le conjure de me permettre d'accomplir mon dessein, de m'enseigner et de me guider par le chemin le plus court et le plus direct vers mon but, dans la vérité, pour la gloire de Son Grand Nom béni. Je prends conscience des raisons qui motivent en moi cette recherche, et qui ne devraient pas être. J'ai vu, en vérité, que le plus grand obstacle est mon manque de connaissance de la véritable Hokhmah (sagesse), ainsi que la déficience de mon intellect dans les sujets divins, qui constituent la vraie Kabbalah. J'ai également repéré d'autres obstacles d'ordres physiques, qui ne sont pas mémorisés dans les traités de vérité par leurs auteurs, concernant des paroles d'Elohim vivant des mondes. Par conséquent, j'ai estimé, à l'aide de ma connaissance, quel était l'obstacle le plus important susceptible de s'opposer à ma motivation pour rédiger un livre traitant des principes de la vérité, et j'ai constaté que le bénéfice d'un tel travail allait au-delà de toute raison me rendant la vérité accessible. Ceci, parce que l'ignorance qui me freine ne dépend pas de ma volonté, alors que le bénéfice du livre va bien au-delà, dans la mesure où il découle de ma volonté. J'ai donc décidé d'informer chaque maskil de mes lacunes intellectuelles, de l'utilité de traiter ces questions et de ne le faire que dans les grandes lignes. Car les détails me dépassent et me sont hors de portée. Si quelques détails sont mentionnés, dûs au laisser-aller de ma langue désireuse d'expliquer quelque chose, autant que mes connaissances le permettent et que cela soit indispensable pour expliquer certains principes, que le maskil ne m'en tienne pas rigueur. Parce que ces questions sont très importantes et que ma connaissance en est faible. Cependant, quand je mentionnerai quelque chose des racines de la véritable Kabbalah, je le dirai par allusion en un lieu où il convient de la cacher car je ne révélerai pas le secret. Que celui qui peut entendre, entende et que celui qui doit s'abstenir, s'abstienne. Je commencerai la discussion par la réalité du ressenti. Je dirai tout d'abord que de la sphère du zodiaque à la Terre, il y a douze sphères concentriques, le corps de la Terre inclus, et qu'il n'y a ni espace vide entre-elles ni corps. Au-dessus de toutes, une seule sphère les entoure, les
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Les initiales de ces deux versets forment le mot guet [ eg ], divorce, ou plus précisément, le document prenant acte d'une séparation. La particularité des lettres guimel [g] et teith [ e], de ce nom, est qu'elles ne sont jamais côte à côte dans la Torah.

contient et dirige leur mouvement. Ces douze sphères, contenues dans la supérieure, sont appelées « réalité du ressenti » [wgrvmh tvayxm], parce qu'elles sont physiques. Car toute chose physique peut être ressentie, bien qu'en réalité trois sphères ne soient pas perçues par l'oeil. Ce sont la plus élevée de toutes et les deux éléments supérieurs, qui pour nous sont le feu et l'air. Elles sont dites ressenties, parce qu'il a été déterminé qu'elles sont nécessairement physiques. Les autres sphères célestes sont aussi invisibles à l'œil, si ce n'est par leurs astres. Car le fait qu'elles paraissent bleues à nos yeux est dû aux couleurs de l'air, car les sphères sont transparentes et invisibles. De plus, il y a des dimensions supérieures, au-delà du degré du ressenti, qui sont toutes les dimensions intellectuelles. Assurément, l'homme possède des dimensions ressenties et intellectuelles, car le petit Adam fut créé dans la ressemblance du macrocosme. Par conséquent, il s'appelle également microcosme, alors que la totalité de la réalité s'appelle macrocosme et « grand Adam ». Alors qu'Adam est appelé microcosme et « petit Adam ». La dimension du ressenti chez l'homme est l'ensemble de son corps, la dimension intellectuelle est la néfésh et ses facultés, bien que le ressenti en fasse aussi partie. De même que la vérité concernant les dimensions intellectuelles accompagnant le physique est cachée à la plupart des humains, comme le ressenti et l'intellect dans le microcosme et le macrocosme révélés et cachés, de même de grands sujets ésotériques sont cachés et révélés dans les paroles prophétiques. Ceux qui sont révélés sont bénéfiques à tous, alors que les cachés ne sont profitables qu'à ceux à qui le Nom Yhwh a fait un signe. Et lorsque quelqu'un réalise les secrets de la Torah, il peut percevoir à travers eux les dimensions intellectuelles par le Nom Yhwh, ainsi que les intellects séparés et les intelligences dans son monde, qui sont leurs âmes et leurs puissances. Sache que le monde est divisé en trois parties. La partie supérieure, qui contient tout, s'appelle par conséquent « essence intellectuelle » et inclut l'intellect, l'intelligeant et l'intelligé. La partie intermédiaire contient seulement l'intelligeant et l'intelligé dans son essence, car elle n'a pas l'intellect de la première. Il manque ce degré, qui est le plus important, parce qu'il y a matière et forme. La partie inférieure est élémentaire, car il y manque les deux degrés : intellect et intelligeant, parce qu'elle est aussi composée de matière et de forme. De plus, son niveau est extrêmement bas, comparativement au degré intermédiaire5. En effet, seul l'homme dans le monde de l'intellect réalisé dans le monde ici-bas, peut retourner dans la forme du monde supérieur : Intellect, intelligeant et intelligé, dans l'image de son Créateur : « Car à l'image de Elohim, il a fait l'homme » (Genèse 9:6). L'essence du Créateur, béni soit-II, est la conception de toute existence et c'est pourquoi ont l'appelle « intellect » (Sékel). Cependant, son degré est de loin supérieur à toute essence intellectuelle, et, parce qu'il se conçoit, il est aussi intelligeant. Il s'appelle intelligé parce que quiconque se conçoit avec son intellect est
Ce concept des trois degrés : intellect, intelligeant et intelligé [ lykwmv lkw lkwvmv], revient très régulièrement dans la littérature d'Abraham Aboulafia, principalement dans: Haye olam haba, Imré shéfér, Or hasékél, Séfer hahéshék et Sheva nétivoth haTorah, où l'on peut lire : « Le cœur correspond à l'intellect, la langue à l'intelligeant et l'écriture à l'intelligé. Le monde inférieur est intelligé, le monde intermédiaire intelligeant et le monde supérieure intellect. Ainsi, le monde supérieur est intellect, intelligeant et intelligé, le monde intermédiaire est intelligeant et intelligé, tandis que l'inférieur est seulement intelligé». Pour Aboulafia, le littéraliste est au niveau de « intelligé » (mouskal), le philosophe à celui de « intelligeant » (ou de l'intellection, maskil) et le kabbaliste à celui de « intellect » (sékhel). Ainsi, pour lui, le kabbaliste englobe mouskal, maskil et sékhel (Gan naoul 49 a-b). Pour Aboulafia, l'unité de sékhel, maskïl et mouskal, est le secret de la circoncision, ouvrant l'accès au savoir divin, image divine selon laquelle Adam fut créé, par l'expérience mystique d'états modifiés de conscience : « Le secret de la circoncision renvoie à l'homme humble incluant les trois aspects : tout d'abord il est ce qui est intelligé (mouskal), au milieu il est intelligeant (maskil) , et à la fin il est intellect (sékhel) » (Sitré Torah 134b). Abraham Aboulafia suit la pensée de Maïmonide.
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intelligible. Intelligeant et intelligé sont indifférenciés aussi longtemps que l'intellect est réel, alors que si c'est potentiellement ils sont différenciés, et le Créateur, béni soit-Il, ne conçoit jamais dans la potentialité mais toujours dans la réalité. La compréhension de ceci est considérable pour quelqu'un qui ne peut comprendre les qualités de l'intellect de sa propre essence. C'est pourquoi le Créateur, béni soit-Il, s'appelle intellect, intelligeant et intelligé (sékel, maskil et mouskal). Lorsque tu connaîtras son secret, tu connaîtras tous les êtres supérieurs et inférieurs, par l'intellect et la Kabbalah. Sache que cela s'applique à chaque intelligeant actif, et qu'il n'y a aucun intelligeant (maskil) dans le monde. Mais les créatures sont d'essence intellectuelle ou d'essence intelligente ne concevant pas toujours le réel, à l'exception de l'homme qui est une essence intelligente à l'origine de son existence. Néanmoins, il ne faut pas imaginer que les essences conçues dans la réalité sont du même niveau qu'Ha-Shém, béni soit-Il, qui possède également cette qualité, comme nous l'avons vu, car il se suffit à Lui-même et tout n'est possible que par Lui. Elles ne peuvent donc pas lui ressembler ou partager quoique ce soit avec Lui, si ce n'est de façon équivoque. Et lorsque l'intellect de l'homme est réalisé, bien qu'il s'agisse de la Merkavah inférieure, c'est aussi une « essence intellectuelle » : intellect, intelligeant, intelligé. Sache qu'il s'agit là d'un concept important et caché parmi les sages, et je n'ai pas l'intention d'interpréter tout ceci maintenant, car toutes ces choses sont bien connues des experts qui ont trouvé grâce (Hén6) aux yeux d'Elohim et de l'homme.

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[Nc], que l'on traduit par « grâce », est en fait l'acronyme mystique de Hokhmat ha-nitsar [rtsynh tmkc], Sagesse cachée, l'ésotérisme.
Hén

CHAPITRE II
Je pense que les quelques mentions que je ferai concernant divers sujets kabbalistiques sont intellectuellement correctes et seront approuvées par nombre de maîtres du Savoir. Si, toutefois, quelqu'un n'était pas d'accord, c'est parce qu'il se croit sage à ses yeux, alors que s'il était kabbaliste il s'en réjouirait certainement. Un kabbaliste accompli doit au moins connaître les cinq choses mentionnées dans le Séfer Yetsirah, attribué à Abraham, notre Père, qui l'a reçu de Shém et de Êvér. Sache que cela est incomparable. Les cinq choses mentionnées sont appelées Tsérouf ha-otiyoth (combinaisons des lettres) de façon générique. Il s'agit de : haqiqah (gravure), hatsivah (découpe), siqoul (pesage), hamirah7 (substitution), tsérouf (combinaison). Car c'est ainsi qu'elles sont mentionnées dans le Séfer Yetsirah: «gravées, taillées, pesées, Substituées, Combinées » (Séfer Yetsirah 5:3). Voici leur signification générale : Haqiqah (gravure), l'écriture du rédacteur de la législation (houqaq). Hatsivah (découpe), l'arrangement (tiqoun) des lettres et leur séparation permettant que chacune d'elles puisse être distinguée et comprise. Siqoul (pesage), leur considération pour les apprêter, et déterminer leurs poids numériques (guématrioth) et leurs comptes (keshbonoth). Hamirah (substitution), la substitution d'une lettre par d'autres, sa Temourah et la mutation avec d'autres, comme avec les lettres8 i"hca et leurs semblables. Il y a une Temourah pour chaque lettre. Exécuter ceci demande une grande sagacité, afin de ne pas trop ajouter ou trop soustraire. Tsérouf (combinaison) des lettres, consiste à combiner une lettre avec d'autres, sans exécuter une hamirah, comme : 9 d"ma M"da a"dm d"am a"md. C'est aussi une sagesse glorieuse. Il s'agit de méthodes permettant de révéler les secrets de la Torah et aucuns autres. Lorsqu'un maskil a reçu ce grand secret des cinq méthodes, je sais qu'il apprécie davantage les secrets de la Kabbalah, qui lui permettent de connaître les noms communs, incertains, métaphoriques, conventionnels, synonymes, et les noms qui sont uniques pour Dieu et ses actes. Ainsi que le Nom glorieux, terrible, unifié, explicite (Shém ha-Meforash - Nom explicite), supérieur à tous les noms et qui conduit à l'unification absolue, sans équivoque. Il est connu que le monde se nomme par un nom composé faisant allusion à trois choses distinctes, et c'est un nom divin contenant le nom du Créateur, béni soit-Il, les noms des anges et aussi les noms des guides mineurs de la terre. Parce qu'il était composé, les êtres créés ne pouvaient perdurer jusqu'à ce qu'ils aient été associés avec un nom n'ayant pas de connexité dans le monde, mais faisant référence uniquement à l'essence unifiée sans aucune autre imbrication. Il s'agit encore là d'un grand secret des énergies des lettres guidant la Merkavah. Elle se partage en deux noms, un par un, et un sur un. Ceci n'est pas en relation avec les Noms de l'essence (shémoth haétsém), que les cieux nous en préservent, mais pour signaler sa maîtrise sur la création, avec l'image de la Merkavah partagée en deux : ressenti et intelligé, comme nous l'avons dit. Elle fait référence à deux mondes : ce Monde-Ci et le Monde à Venir, un cavalier sur les deux et un gouverneur en haut et en bas. C'est le Nom unifié en deux lettres, unifié en trois lettres et unifié en quatre lettres, et c'est très connu. Y ['y], YH [h''y ] YHV [v"hy], YHVH [h"vhy ], qui est un nom complet simple. Et, par ce qu'il contient, tu comprendras ce qui est devant toi : Yod [d"vy ], Hé [a"h], Vav
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Aussi appelée Temourah [hrvmt]. Aléf et Âyin sont mutables, tout comme Hé et Heith. 9 II s'agit des six combinaisons des trois lettres du nom Adam.

[ v"v], Hé [a"h]. Puisqu'en fin de compte (haheshbon) il y a neuf lettres, tu peux maintenant comprendre le secret « en qui vit le Nom » (shébo haï hashém)10, si tu es un des vrais maîtres de la Kabbalah, ne dévie pas vers un culte comme : « Les orgueilleux et ceux qui se détournent vers l'illusion» (Psaumes 40:5). Car ce sont des secrets supérieurs, qu'il ne faudrait étudier, hormis par leurs intitulés, qu'avec des personnes avisées, craignant Ha-Shém : « Le secret de Yhwh est pour ceux qui le craignent, pour leur faire connaître son alliance » (Psaumes 25:14). Lorsque tu entends quelque chose au sujet de certains noms, et que tu ne sais pas quelles sont leurs vertus, tiens-t'en éloigné jusqu'à ce que tu les aies compris, ou entendus d'un kabbaliste. Mais un kabbaliste ne t'indiquera ces propriétés que succinctement, profite-en et évoque-les seulement pour sanctifier Ha-Shém. Ne laisse pas les mots d'Ha-Shém dans ta bouche, sauf si c'est utile pour ton cœur, et tes actions te rapprocheront de Dieu et ne t'en écarteront pas, si tu suis ses chemins.

« Le compte » (haheshbon), Nvbwch, a une valeur de 671, identique à celle de << en qui vit le Nom » (shébo haï hashém), Mwh yc vbw
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CHAPITRE III
Maintenant je reviens à la question antérieure, pour parler des différentes sortes de noms conjoints, mentionnés par rabbi Samuel ibn Tibbon11 dans son interprétation des expressions étrangères du Guide des perplexes12, dans lequel il dit qu'un nom est conjoint lorsqu'on rencontre un mot courant servant pour nommer différents genres, et qu'un genre ne peut en aucune façon passer avant les autres. Par exemple, le mot âyin peut tout aussi bien désigner un œil et une source d'eau. Bien que je sois mal à l'aise avec son langage13, je sais que cela concerne ce sujet. Il dit ensuite que c'est un nom métaphorique, lorsque, à juste titre, il précède les autres et que les autres lui ressemblent indirectement, comme la tête et le pied qui désignent dans un premier sens des membres d'animaux et qui, en tant que métaphore, peuvent être la tête et le pied d'un lit. D'après son opinion, les principales métaphores sont issues des noms désignant surtout l'homme, les animaux, les plantes et les objets inanimés. Cela doit d'abord être pris dans cet ordre, puis tu peux utiliser les métaphores en fonction de ton imagination. Il dit que le concept de la Hashgahah (Providence) est utilisé métaphoriquement pour Dieu, car elle ne peut se rapporter directement à Lui, puisque la distance qui les sépare est inconcevable. Par conséquent, le mot Hashgahah se réfère principalement à la Hashgahah humaine, métaphore de la Hashgahah divine (Providence divine). Les noms métaphoriques sont nombreux dans cette langue, comme le pain qui est une nourriture du corps dans la nature, mais qui est utilisé comme métaphore pour la nourriture de l'âme, lui permettant de rester vivante. C'est une sagesse de la Torah, et il y en a beaucoup d'autres comme celle-là. Nom douteux - Le Rav14 du Guide, de mémoire bénie, dit que c'est un nom qui sera utilisé d'après une ressemblance douteuse entre un sujet et un autre, alors que cette ressemblance est fortuite, puisqu'ils sont d'essence différente. Rabbi Samuel ibn Tibbon, de mémoire bénie, dit qu'il croit que ce sont réellement des noms conjoints et que leur association a un côté douteux, c'est-à-dire que le nom est utilisé principalement pour une chose. Et quelqu'un qui l'emploie pour autre chose, réunit ces deux choses en un seul genre, comme le mot image (temounah) utilisé pour désigner la forme humaine perçue par les sens et de façon douteuse pour une forme imaginaire. Le Rav (Rambam) dit que ce nom est aussi douteux lorsqu'il se rapporte au Créateur, béni soit-il, comme dans : « Et il contemple l'image de Yhwh» (Nombres 12:8). Alors que lui (ibn Tibbon) pense que ce nom est un nom métaphorique. Nom conventionnel - C'est lorsque le nom correspond à une définition. Et les exemples sont nombreux, comme la définition de l'homme qui est une vie parlante et qui peut aussi désigner : Ruben, Shimeon, Lévi et Yehoudah. Alors que la définition de la vie désigne aussi le végétal et le ressenti de chaque chose vivante. Nom synonyme - Bâal ha-Melaméd15, de mémoire bénie, dit que c'est l'opposé
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Samuel ben Yéhoudah ibn Tibbon, plus couramment appelé Samuel Ibn Tibbon, était médecin et philosophe. Il est né à Lunel en 1150 et mort à Marseille en 1230. Il est célèbre par ses traductions de l'arabe à l'hébreu. Le livre cité ici par Abraham Aboulafia est le Biour mehamïlloth hazaroth, qu'il rédigea en 1213 sur le bateau qui le ramenait d'Alexandrie. Il s'agit d'une explication des termes philosophiques du Guide des perplexes de Maïmonide, dont il fut le traducteur. 12 Moréh ha-nevoulfim [Mykvbnh hrvm], du Rambam (Maïmonide). 13 1 Ibn Tibbon traduisait à partir de l'arabe, et Abraham Aboulafia semblait mal à l'aise avec cette langue 14 Abraham Aboulafia a l'habitude de désigner Maïmonide (Rambam), par le Rav, ou le Rav du Guide, c'est-à-dire du Guide des Perplexes (Moréh ha-nevoukim [Mykvbnh hrvm ]) 15 II s'agit de Jacob Anatoli (Jacob ben Abba mari ben Simon), né à Marseille en 1194 et mort

du nom conjoint pour lequel il n'y a aucune définition, il est variable bien que le nom reste le même, comme avec le nom âyin. Tandis qu'avec le synonyme, la définition demeure la même, alors que le nom change, comme pour yayin (vin) et hémér (vin), les deux sont du raisin fermenté. Après m'être remémoré ces noms selon divers commentateurs, je me souviendrai davantage d'autres noms et d'autres sujets, afin que tu comprennes par eux la véracité de mes commentaires.

en 1256. Comme ibn Tibbon, dont il est proche, il a traduit les textes arabes, dont la première traduction d'Averroès. Il est l'auteur d'un traité intitulé : Melaméd ha-Talmidim.

CHAPITRE IV
Je dirai tout d'abord que le maskil ne devrait croire qu'en ces trois choses : Le perçu (mourgash), le conçu (mouskal) et le reçu (meqoubal). Car le bon sens se trouve en eux et ne nécessite donc pas de définition particulière. Ces trois nous suffisent par leur signification : Le perçu (mourgash), est quelque chose qui se réalise par les cinq sens, qui sont : la vue, l'ouïe, l'odorat, le goût et le toucher. Le conçu (mouskal), est quelque chose que l'intellect reçoit et connaît dès lors qu'on le lui démontre par les calculs (hesbonoth), les cycles du temps (téqoufoth), les «équivalences numériques (guématrioth). Et le reçu (meqoubal), est quelque chose au sujet duquel il est dit : « J'ai reçu ceci et cela de celui-ci et de celui-là ». Il est connu que ce qui est ressenti (perçu) ne nécessite aucune preuve, car lorsqu'un homme voit la lumière, il ne demande pas la preuve qu'il s'agit bien de lumière. Si pour des concepts fondamentaux, tels que l'un de ces deux, il n'est pas besoin de preuve, alors le reçu (meqoubal) n'exige aucune preuve, car il suffit au récipiendaire de dire : « Ainsi, j'ai reçu ». Les autres concepts ne seront pas acceptés à moins d'être prouvés, soit par un signe, soit par une observation directe du signe, de façon rationnelle. Mais tout ce que nous avons dit au sujet des perceptions concerne seulement les concepts. Et quand un homme croit en ces trois choses, il peut légitimement prétendre croire et dire : « Je crois en la Kabbalah (réception) ». Il ne connaîtra pas de détracteurs, à moins que ceux-ci n'acceptent pas la vérité ; mais ils représentent une infime minorité. Je dis maintenant que ma seule intention dans ce livre est d'éclairer les maîtres des Noms sur les erreurs qu'ils peuvent rencontrer, et de les avertir de ne pas les croire, tant qu'ils n'en connaissent pas le fondement. Et d'éprouver leur foi par les Noms véritables qui éveillent chaque conscience endormie. Si je réussis avec eux, je rendrai grâce à Dieu de m'avoir permis d'écrire la vérité et d'avoir écarté le mensonge de mon livre dédicacé à la Gloire du Nom Yhwh. Parce que j'ai enlevé les noms erronés ne faisant pas partie de la véritable Sagesse, j'ai intitulé ce livre « Divorce des Noms », dont la signification est issue de deux versets, que je cite au début de cet ouvrage : Gal éinaï... (Ouvre mes yeux) et Tov li torath pik... (La Torah de ta bouche est meilleure pour moi). J'ai encore un secret incomparable concernant ce nom, avec le guimel et le teith16, que tu entendras ci-après, si Dieu le veut. C'est aussi le secret de l'acte de divorce, que le mari écrit à sa femme, en 12 lignes, pas plus pas moins, pour la répudier. De plus, un des Noms supérieurs est Zéh (ceci)17, c'est cela pour qu'il est écrit : « Ceci (zéh) est mon nom éternellement » (Exode 3:15), « C'est (zéh) mon Dieu » (Exode 15:2), etc. J'ai échangé un zéh avec un zéh, car leur valeur est égale à 12. Je dis qu'un érudit qui dispose de Noms dont il ne connaît pas les qualités ne doit pas les détruire, mais les conserver. Car ils peuvent posséder des qualités qu'il ignore et qu'il découvrira plus tard. Cette précision contre la destruction d'un nom parmi les noms, vient de ma croyance dans le fait que celui qui détruit un nom, parmi les Noms sacrés, sera puni en haut. Par conséquent, mieux vaut tenir ceci et ne pas retirer ta main de cela. Car je recommande seulement de ne pas les croire sans sagesse et de connaître leur authenticité. Et je t'éveille à ceci, afin que tu ne gaspilles pas tes jours à t'interroger sur des choses futiles et sans aucune valeur, au lieu de cela, cours sans cesse après la vérité et tu la trouveras. Elle sera avec toi et toi avec elle.
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Guimel et teith, sont les deux lettres permettant d'écrire, guét, le divorce.

Zéh [hz ], ceci, à une guématria de 12, identique à celle de guét [eg ], divorce. Dans la Kabbale, zéh est un qualificatif qui désigne le juste. Voir le Séfer ha-Zohar T. I, 60a.

Ne pense pas que c'est grâce au concept des Noms véritables et des secrets que ton intention te permettra d'accéder, par leur connaissance, au plus haut degré de la réalité perceptuelle, ainsi que de perfectionner le corps, comme le ferait une personne naïve. Tu dois pourchasser la connaissance et non chercher les Noms par égard pour la vérité, car ceci n'est pas la vérité, mais plutôt l'inverse. Il est erroné de procéder ainsi et ce n'est pas le chemin des maskilim. En effet, la quête de la vérité doit pousser à découvrir son essence. Car les raisons qui bloquent la connaissance, chez la plupart des gens, tiennent du fait qu'ils recherchent des choses dont leur existence ne dépend pas et parce qu'ils pensent que ceux qui connaissent ces choses peuvent en mourir, devenir fou, ou que quelque chose de néfaste leur arrivera. Ils ne comprennent pas que l'homme vit par la connaissance vraie et meurt lorsqu'elle s'éloigne. Chaque homme est forcé par la Torah et par l'intellect de rechercher la vérité, et de l'accepter même si elle vient de livres, car la vérité ne se distingue pas d'après celui qui la dit, mais par sa propre nature. Ainsi, la vérité est ce qui doit être essentiellement cru. Il ne faut pas me blâmer si j'utilise parfois le mot « vérité » et ses dérivés au masculin et parfois au féminin, car je ne suivrai pas la règle grammaticale pour ce mot, mais je l'utiliserai en fonction de la situation, comme tous les mots pouvant être compris de deux manières. Je ne puis te décrire les noms concernant le ressenti et l'intelligible, tant que je n'aurai pas décrit la structure du monde dans son ensemble. Ensuite, je te montrerai tout ce que cela implique. Les noms de toutes ces choses, des catégories supérieures, et certains de leurs détails, ne pouvant être connus par le seul moyen de la prophétie, qui fut écartée de nous à cause de nos péchés. Ce qu'il nous en reste est juste un petit fragment de que nous avons reçu du Rav, dont une partie est consignée dans la Torah écrite, une partie dans le Torah orale, quelques autres clairsemés dans les livres de Kabbalah récemment écrits et d'autres dans les livres des philosophes. Nous les avons compilés afin de profiter de quelques propos et de grands concepts, autant que cela est possible et avec l'aide de Dieu. Car il est dans notre intention de permettre au lecteur de saisir certains des noms de la Sagesse ésotérique. Ainsi, afin de parfaire l'âme humaine et de la guider sur le droit chemin, nousdevons mentionner tout d'abord la totalité de l'existence et de ses qualités, car la vérité dérive de cela. C'est à notre façon de l'aimer et de la craindre, que l'âme et le corps peuvent en tirer profit. Nous devons l'aimer en raison de la supériorité des actions du Créateur, béni soit-Il, et nous devons la craindre à travers ses attributs. Car il est connu qu'il n'est pas possible qu'un amoureux n'ait jamais vu sa bienaimée, son amour doit être complet et ne pas dépendre de n'importe quoi. Tu as là, la structure avec laquelle les maîtres de la méditation ont découvert des merveilles avec des preuves irréfutables. Et parce qu'ils ont largement diffusé leurs preuves, je n'ai pas à les écrire mais seulement à mentionner la façon dont l'intellect les imagine et comment l'intellect les exprime dans la réalité. Je t'informerai également de ce que dit la Kabbalah sur ce sujet, de façon différente.

CHAPITRE V
Je te décrirai toutes les sphères, l'une après l'autre, jusqu'à ce que tu puisses en parler avec aisance, et les dessiner instantanément en ton cœur, car ceci a de grands avantages, comme l'ont expliqué les maîtres de la Méditation18, en démontrant comment toutes les parties se connectent. Et je te les dessine : Structure des sphères célestes Semblable aux peaux d'un oignon

Voici l'interprétation de ce que contient ce schéma constitué de sphères enveloppées en cercles concentriques, reliant le monde physique. Il y a deux types de matières dans les deux mondes : supérieurs et inférieurs, selon les formes de la tête et des jambes. Car, en effet, il est dit : « Les deux sont mon trône, et la terre le repose-pied de mes pieds » (isaie 66:1), et nul n'est aussi
Ici, Abraham Aboulafia fait référence à un influent cercle initiatique de kabbalistes e e contemplatifs des XII et XIII siècles, appelés Maîtres de la Méditation (ou spéculation), bâalei ha-iyyoun [Nvyih ylib], dont les activités s'étendirent sur une centaine d'années, de Lunel à Barcelone. Ce cercle fut dirigé par un certain rabbi Hamaï, disciple d'Isaac l'Aveugle, mentionné dans le Séfér ha-Bahir, texte attribué à ce cercle. Ce même cercle a rédigé un important ouvrage, le Séfér ha-iyyoun, sur l'existence et l'unité de Dieu, suivie d'une prière mystique dans le style de celle des Hékhaloth de Rabbi Nehounya ha ben-Qanah, organisées selon les treize Attributs de miséricordes. Les kabbalistes du cercle Iyyoun furent les premiers à révéler le nom divin Éhvi [yvha], source originelle de tous les autres noms. Par ce nom, fut scellée la terre. Le livre du cercle commence ainsi : « Le Séfér ha- îyyoun du grand Maître Rav Hamaï, chef de ceux qui parlent de l'objet des Séfiroth cachées, et il a dévoilé en lui l'essentiel de toute réalité de la Gloire cachée, dont nulle créature ne peut comprendre la réalité et la nature, et tout cela d'une façon véridique, tel que le Kavod caché est dans l'unité sans distinctions, dans la perfection de laquelle s'unissent le supérieur et l'inférieur (Ararita et Éhvi). Ce Kavod est le fondement de tout ce qui est caché et le manifesté, et il sort de lui tout ce qui est émané de la merveilleuse unité.... » Dans la littérature du cercle îyyoun on trouve de nombreux passages renvoyant très clairement au fait que les noms mystiques de Dieu sont des condensations de la lumière des Séfiroth. Ces noms sont aussi des lumières intellectuelles, ce qui fait preuve d'une vision néo-platonicienne. Il y a une continuité de la pensée du Cercle Iyyoun dans l'œuvre d'Abraham Aboulafia, qui cite souvent le Séfér ha-iyyoun et mentionne le Nom Éhvi.
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pur que la plus élevée d'entre elles. En effet, elle est aussi matière et forme, elle entoure tout et met tout en mouvement. Elle s'appelle Raqiâ et Aravoth19. Il n'y a pas de corps hors d'elle, ni en elle, aucune planète et aucune constellation. À son sujet le Séfer Yétsirah déclare : « La sphère est dans l'année comme un roi dans l'État », car elle règne. Parce que si elle se déplace, elle n'est évidemment pas divine, car le divin est au-dessus d'elle et ne se déplace pas, mais enclenche tout mouvement, car il est prouvé qu'il n'est ni un corps ni une force dans un corps. Mais nous en discuterons davantage ci-dessous, avec l'aide de Dieu, car ce n'est pas le lieu pour cela. Les corps de toutes les sphères sont à l'intérieur de cette sphère enveloppante, dont première, selon notre convention, est dans une échelle allant du haut vers le bas. Et si nous utilisons l'échelle inverse, du bas vers le haut, nous dirons ce que nous savons à ce sujet, et nous ferons ce que Jacob, notre père, a réalisé en partie en lui. Bien que nous puissions constater qu'Ézéchiel la décrive de haut en bas, il n'y a aucun problème, car chaque contemplatif la décrit telle qu'elle lui est montrée, que ce soit en rêve ou lors d'une vision. Je dis que la terre est solide comme une sphère remplie et que sa véritable essence et sa substance sont uniquement la terre, bien que nous sachions, qu'en fait, elle soit composée de quatre éléments, mais nous devons seulement l'interpréter selon sa forme essentielle. L'eau recouvre les deux hémisphères selon une opinion et un hémisphère selon un autre, un hémisphère n'étant pas recouvert d'eau afin de permettre la vie. L'autre partie, qui fut de l'eau, a été transformée en air qui est plus léger que l'eau. Afin de s'élever jusqu'à l'endroit où l'eau devient à nouveau de l'eau, car c'est toujours l'élément eau, pour afin retomber. Telle la vapeur qui s'élève, comme il est écrit : « Une vapeur montait de la terre et arrosait toute la surface du sol » (Genèse 2:6). À la surface de la terre et au-delà, l'air entoure l'eau. Et il y a quelque chose que je dois te dire ici, à la suite de ce que nous venons de dire. Toutefois, cela mérite d'être caché, les informations que nous avons données ci-dessus sont suffisantes, et nous laisseront cela à ceux qui en connaissent les tenants et les aboutissants. Le feu entoure l'air de tous côtés, et ce sont les quatre éléments, qui sont une matière unique. Ainsi, la sphère de la Lune entoure la sphère du feu, la sphère de Mercure entoure la sphère de la Lune, la sphère de Vénus entoure la sphère de Mercure, la sphère du Soleil entoure la sphère de Vénus, la sphère de Mars entoure la sphère du Soleil, la sphère de Jupiter entoure la sphère de Mars, la sphère de Saturne entoure la sphère de Jupiter. Ce sont les sept sphères, et les sept planètes que nous venons de mentionner sont leurs planètes. Au-dessus d'elles se trouve la sphère des étoiles fixes, dans laquelle se placent les douze signes, et elle entoure la sphère de saturne. Il s'agit surtout de la sphère la plus élevée, qui entoure les sphères zodiacales. C'est la première de toutes, comme nous l'avons dit, par rapport aux êtres supérieurs, mais la dernière par rapport à nous, qui habitons la poussière.

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Raqiâ est le second des sept firmaments, et son nom signifie littéralement firmament, mais aussi souple, malléable et ce qui est étendu. Dans le Traité des Palais, le Raqiâ est décrit ainsi : « Le souffle qui l'habite est appelé Splendeur (Zohar), car il ne se mélange à aucune autre couleur, c'est la substance qui ne se modifie jamais. ». Aravoth est le septième firmament, le

plus haut de tous, son nom désigne le plaisir, l'agrément, sa racine àrav bri décrit le mélange, le coucher du soleil. On associe ce firmament au verset : « Chantez à Dieu, célébrez son nom ! Frayez le chemin à celui qui chevauche (rakav) dans Aravoth ! Yhwh est son nom : réjouissezvous devant lui ! » (Ps. 68:5). Dans le Traité des Palais, Aravoth est décrit ainsi : « Ce Palais ne comporte aucune forme déterminée, tout y est occulté ». »

CHAPITRE VI À présent je vais te préciser, comme le décrit le schéma, comment le monde est UN (éhad), car la sphère environnante est une parce qu'elle ne contient rien, hormis toutes les forces qui en émanent. En effet, il n'y a pas du tout de choses corporelles en elle, elle est unique, parmi toutes les sphères. Cela nous renvoie à la lettre Aléf de éhad (un)20. Au-dessous d'elle se trouvent les huit sphères, qui sont les astres, désignés par le Héith de éhad (un)21. Au-dessous d'elles, il y a les quatre éléments : Feu, air, eau, terre, qui entourent la terre, car la terre est entourée mais n'entoure pas, tel le point au centre d'un cercle. La lettre Daléth, d'éhad, symbolise ces éléments22. Ainsi, tu peux en déduire, par l'intellect et par la Kabbalah, que le monde est UN (éhad). Puisqu'il est UN, il gouverne par le UN, béni soitIl. Par conséquent, le nombre de sphères est de 13, valeur du mot éhad. Conserve ce secret et connais-le, parce qu'il est sublime, conçu et reçu ; et c'est le Nom totalement unifié. [ Note en marge : J'ai trouvé davantage, dans un autre livre, sur l'organisation du monde, le cycle annuel et les structures. J'ai inclus ces explications ici, bien qu'elles ne fassent pas partie de ce Livre du divorce. Précision nécessaire.]23 Sache aujourd'hui que ton Dieu n'est pas contenu en un lieu, il n'est ni dans l'espace, ni dans le temps et ne peut être appréhendé. Car il est UN, au-delà de toute investigation, aucune recherche n'est possible en lui. Il n'a pas de corps. Il est la Cause de toutes les causes, il est UN unifié, car son Nom est unique. Il produit des prodiges si merveilleux que personne ne peut les nier. Ce Nom se divise en UN, il est UN, et même quand il est divisé les parties se résument à UN24. Car le Nom de quatre lettres vaut 2625, dont chaque partie divisée vaut 13, valeur du mot éhad, UN. Rien ne manque, car il ne peut contenir ni trop ni pas assez, ni changer ce qu'il est, car il est unifié par ses middoth (attributs), bien qu'il ait beaucoup de Noms et de middoth différents. Il les unifie tous et tous sont unifiés en lui. Il est à l'origine du commencement, car il débute le calcul, il est UN comme l'est son Nom mémorisé en toutes choses. Et le début n'a pas d'origine, puisque tout a été créé à partir de rien. En ce qui concerne la limite d'investigation, si quelqu'un venait à investiguer dans ses effets, l'investigation aboutirait au début du premier effet, au point d'où tout ce qui existe en ce bas monde tire sa cause supérieure, du fondement premier : des Trente-deux Voies de la
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Aléf, dont la valeur est 1, est la première lettre du mot éhad (un) [dca]. Héith, de valeur 8, est la seconde lettre du mot éhad (un) [dca]. Daléth, de valeur 4, est la troisième lettre du mot éhad (un) [dca]. Ce qui suit est une note en marge, qu'Abraham Aboulafia mentionne hors contexte. Il y a là une allusion au Nom Ararita [atyrara], du Cercle provençal Iyyoun, qui est une

abréviation pour :dca vtrvmt vdvcyy wvr vtvdca wvr dca « Un principe unique, principe intime, qui retourne à Un ». Ararita est le nom des plans célestes unifiés.
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Les quatre lettres du Tétragramme Yhwh [hvhy] ont une valeur de 26.

Sagesse (Hokhmah), de la formation et de l'existence de tout intellect, sans corps physique, mais en conscience pure. Son observation est seulement possible par le « va-et-vient »26, ce qui signifie que lorsqu'ils s'élèvent pour recevoir le Shéfâ27 d'en haut, ils reculent immédiatement, en revenant à l'envers, et se retournent pour s'élever, puis reviennent, pour continuer à se déplacer de cette façon jusqu'à ce qu'ils reçoivent le Shéfâ brakoth (Flux de bénédictions) : « Et ces hayoth allaient et venaient avec l'aspect de la foudre » (Ézéchiel 1:14). La foudre signifie qu'ils revêtent une image en fonction de leurs actes, et quand ils opèrent, ils s'habillent des formes adaptées aux actes qu'ils produisent, pour le bien ou l'inverse. Et cette forme dont ils sont revêtus est invisible pour les yeux humains, excepté pour ceux qui ont une âme pure, comme les hassidim et les fils des prophètes. Les chevaux de feu sont des formes propres à l'intellect, comme il est écrit : « Et des chevaux de feu et ils les séparèrent l'un de Vautre» (II Rois 2:11), parfois vers le Jugement (Din), parfois vers la Miséricorde (Rahamim), comme les rouhoth (souffles, esprits), qui parfois deviennent souffles missionnés. Avec « un son, doux et subtil » (I Rois 19:12), ce qui signifie qu'ils ne sont pas perçus et qu'ils sont créés comme des anges de Miséricorde (Rahamim) en temps de bon vouloir (ratson), alors qu'en temps de fureur ce sont des anges de Jugement (Din). Le nom Hod28 est attribué au Vilon29. Ce sont les sept firmaments psychiques, un au-dessus de l'autre, en qui deux sections différentes ont été sanctifiées, afin d'accomplir les êtres inférieurs, chacun à sa façon. Quelque chose fut fabriqué de rien et rien de quelque chose, et du possible accomplit fut fabriqué le Tohu, qui est la matière première nommée informe (hiyouli). Ce Tohu est à l'origine de deux sortes de matière : Céleste, qui est simple, et terrestre, qui est assemblée. Et, comme je l'ai expliqué, le supérieur est simple et supporte les sphères, alors que l'inférieur est complexe et gravite en bas dans les quatre cercles du feu, de l'air, de l'eau et de la terre. Un cercle fut apprêté autour des sphères, semblables à des feuillets, que sont les sept planètes qui illuminent le monde. Elles sont immuables et leurs sphères persistent invariablement, jusqu'à ce que tout retourne à sa substance originale, comme il est écrit : « Car les deux s'évanouiront comme la fumée » (isaïe 51:6), à la fin des six mille ans. [...]30 II ... [...] sphères sous les sphères, ce sont la nature du monde des sphères et du monde des éléments. Elles s'établissent l'une à l'intérieur des autres sphères, comme les strates d'un oignon en couches successives. Elles sont vides et le domaine de la sphère est issu de la Terre qui est semblable à
Ratso vashov [bvwv avxr], va-et-vient, est une expression tirée du Livre d'Ézéchiel (1:14). Cette expression revient régulièrement dans l'œuvre d'Aboulafia, car elle est l'un des fondements de ses techniques de méditation. Dans son Sitré Torah, il écrit: «L'intention en ce qui concerne l'envol est la révélation et l'occultation (guilouï vekissouï) à la manière de l'oiseau qui est vu et qui ensuite disparaît. Dans le secret de l'éclair, le mouvement bouge rapidement dans la révélation et l'occultation comme c'est sa nature de révélation et d'occultation. C'est le mouvement de va-et-vient (Ratso vashov), ainsi qu'il est dit : « Et les vivantes allaient et venaient, semblables à l'éclair » (Ez. 1:14). L'homme est créé pour contempler les êtres divins sous cette forme, ainsi qu'il est dit dans le Sefer Yétsirah des dix Séfiroth belimah que leur « apparence était semblable à l'éclair ». 27 Shéfâ est le flux et l'abondance d'énergie divine. 28 Hod, qui signifie gloire, renommée, est le nom de la huitième Séfirah 29 Vilon est le premier des sept firmaments, son nom signifie le voile ou le rideau. 30 Ici, le manuscrit est abîmé et il manque une partie du texte.
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un amas. La neuvième sphère est appelée « sphère environnante », elle entoure le tout et tourne de l'est vers l'ouest. Et sa course d'est en ouest annule le mouvement des autres sphères qui tournent de l'ouest vers l'est, ainsi elles tournent aussi de l'est à l'ouest comme la neuvième sphère qui les conduit. En elle fut gravée la huitième pour les signes [du zodiaque]. La huitième sphère est la sphère qui fixe les 12 signes [du zodiaque], ce sont 12 signes en quatre groupes. Car les signes sont divisés en quatre : Trois avec la force de l'air, trois avec la force de l'eau, trois avec la force de la terre, trois avec la force du feu, elles sont à l'origine du froid, du chaud, du sec et de l'humide. La sphère zodiacale est fixée par deux verrous ; un à l'extrême sud et l'autre à l'extrême nord. Toutes les étoiles tournent dans cette huitième sphère au-delà des sphères et des planètes, chaque planète ayant une sphère, et elles influencent le monde et renouvellent les cieux. Ces sept planètes sont responsables du fœtus qui se développe dans l'utérus de sa mère, chacune opérant un premier jour du mois. Durant sept mois, le fœtus acquiert toutes ses fonctions, par conséquent sa forme est complète en sept mois, donc, s'il naît, il survit. Et les deux derniers [mois], qui sont Saturne et Jupiter, sont alors répétés. Si le fœtus naît durant le neuvième mois, il vivra. Mais s'il naît le huitième mois, durant lequel la force de Saturne est active, alors il mourra et sera appelé huitième né, qui est un mort-né. Ces sept planètes ont autorité sur la totalité du monde inférieur, et la planète qui apparaît au début du jour ou au début de la nuit, est surtout active pendant cette période. « Il a ciselé la lumière », signifie qu'il a voulu que les sphères contiennent un objet brillant afin d'illuminer le monde. « Des luminaires en haut », il a placé deux luminaires dans les sphères, un pour briller le jour et un pour briller la nuit. Le soleil tourne autour de la sphère zodiacale en un an, soit 360 degrés, un peu moins d'un degré par jour, et il voyage de treize degrés chaque jour. Parfois ils concentrent la lumière pour briller, et parfois ils retiennent leur lumière dans un faible rayon, comme en début de mois, durant les éclipses, ou en d'autres cas. Ils organisent les saisons, la croissance des arbres et des plantes, ainsi que le mûrissement des fruits. Ils provoquent également nombre de merveilles et de prodiges, comme il est écrit : « Et je ferai des prodiges dans les cieux et sur la terre ; du sang, du feu, et des colonnes de fumée » (Joël 2:30), semailles et récolte, comme il est écrit : « Les semailles et la moisson, et le froid et le chaud, et l'été et l'hiver» (Genèse 8:22), la mesure du jour et de la nuit, comme il est écrit : « Et pour les jours » (Genèse 1:14), la fin du cycle des saisons : « Et pour les années » (idem), pour signifier que le cycle de six jours est accompli. Le cycle lunaire est proche de trente jours. Il y a quatre saisons, lorsque le soleil entre dans : le signe du Bélier, le signe du Cancer, le signe de la Balance et le signe du Capricorne. « Et pour les naissances », qui sont les naissances de la lune. Nos maîtres, de mémoire bénie, ont dit : « La lune n'est pas renouvelée en moins de 29 jours et demi, deux tiers d'une heure et 72 parties » (Talmud, Rosh haShanah, 25). Tous les 19 ans les cycles solaires et lunaires se rencontrent. Et des portes de l'abîme, il est dit : « Que les eaux qui sont audessous des cieux se rassemblent en un lieu » (Genèse 1:9), et elles se tiennent dans l'abîme, comme il est écrit : « Qui a découpé des canaux aux

torrents de pluie » (Job 38:25). Le liant fondamental du Din est la matière informe de la terre, qui est au-dessous des sphères, à partir desquelles les quatre cercles soutenant le monde sont faits. Ce sont les cercles élémentaires qui forment le froid, le chaud, le sec et l'humide. Les quatre cercles séparés ont été liés et se sont mêlées jusqu'à ce que chaque cercle ait été changé sous l'influence des autres. Parmi eux, deux sont lourds et descendent, ce sont l'eau et la terre ; et deux sont légers, ce sont le feu et l'air, ils s'élèvent en raison de leur légèreté et de leur finesse. Je n'en ai pas trouvé davantage à ce sujet, c'était l'introduction du commentaire de la Torah du rabbi Tèédaqah Halévi de la ville de Gaza, et c'était une explication hors contexte. [Fin de la note en marge.] Le Nom Yhwh a créé trois mondes: Le monde supérieur, le monde intermédiaire et le monde inférieur. La description n'en mentionne précisément que deux, alors que le monde supérieur n'est que suggéré et non expliqué, car il n'est pas nécessaire d'expliquer le Olam ha-Ba (Monde à venir), si ce n'est allusivement. C'est un secret profond et merveilleux. Nos maîtres, de mémoire bénie, ont dit que les anges ont été créés au deuxième jour, alors que le premier jour rien ne fut créé, si ce n'est la matière première et la lumière du nord31, parce qu'il était Un et que son Nom est Un, mais toutes ces notions sont trop profondes pour être exposées. Le Nom Yhwh a créé les deux mondes ensemble, comme il est écrit : « Je les appelle : ils se tiennent là ensemble. » (isaïe 48:13). Il les a créés à partir du rien et du zéro, du Tohu vers le Bohu, et du Tohu vers l'existence. Puis il a revêtu chacun avec son existence appropriée, en fonction de chaque sphère, dont les membres persistent et agissent sans changement, perte ou destruction. Comme il est écrit : « Et il les a établis à perpétuité et pour toujours » (Psaumes 148:6). Leur première motivation est d'agir pour le Nom Yhwh, et la seconde est d'agir dans le monde inférieur, qui est le monde de l'existence et de l'inexistence. Leur motivation n'est pas tournée vers eux, mais vers leur Créateur. Toutefois, leurs désirs ont des effets en relation avec leur motivation, car ils sont efficaces. Les deux mondes sont ainsi liés par un nœud ferme et tenace, par la force de leurs actions, avec Guevourah (puissance). Les êtres inférieurs passifs sont produits et détruits. Ils sont produits lorsque les éléments se combinent et détruits lorsqu'ils se séparent. Car ils reçoivent tous ces changements et ces recompositions par le mouvement de la sphère, sans cesse et sans exister complètement ou disparaître, en fonction des décrets divins. Leur substance informe est une matière qui reçoit le Shéfâ par le mouvement de la sphère. Et puisque cette dernière n'arrête jamais sa révolution, ainsi la génération et la destruction ne cesse jamais en raison de la rotation de la sphère. Les quatre éléments sont constitués de parties subtiles et invisibles, et lorsqu'ils sont mêlés, elles se combinent, et ce qui doit être produit par eux est produit, et ce qui doit être détruit est détruit par le mouvement susmentionné, selon la volonté du Nom Yhwh. Les corps des sphères sont faits de parties des éléments, mais ne sont pas composés et ne peuvent être divisés ou séparés. Ils sont purs et translucides, afin
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Une façon de nommer la lumière occulte.

d'accomplir la volonté de leur Créateur, et ont reçu la vie éternelle dès leur création, et existent pour toujours. Toutefois, le mouvement ne peut s'accomplir que dans un corps physique. Et ce corps n'a aucun mouvement, lieu ou limites, ni commencement ni fin. Le mouvement circulaire n'a ni commencement ni fin. Il est l'intermédiaire entre le corporel et l'incorporel. Le mouvement est cause du temps, de l'existence et de l'inexistence. Le mouvement de la neuvième, qui est Aravoth, est de 24 heures, la moitié le jour et la moitié la nuit, tournant d'est en ouest. En fonction des limites des climats, le jour dépasse la nuit ou se laisse distancer de peu ou beaucoup. Car le premier des climats dépasse ou se laisse distancer très légèrement et insensiblement, le jour et la nuit sont égaux tout au long de l'année. Le second climat dépasse ou se laisse distancer d'environ une heure, selon où l'on est. Dans le troisième climat, il y a deux heures ou plus, dans le quatrième jusqu'à quatre heures, dans le cinquième climat jusqu'à cinq heures, dans le sixième climat jusqu'à six heures et dans le septième jusqu'à sept heures et plus. Il s'agit là d'approximations, car les conditions de début d'une zone climatique ne sont pas identiques à celles de sa fin. Audelà de ces sept climats, aucune plante ni aucun animal ne peut exister en raison du froid extrême de l'hiver et de la chaleur extrême de l'été. La sphère appelée Aravoth est supérieure à toutes les autres sphères, les éléments y sont à l'intérieur et elle les surpasse. C'est pourquoi elle ne contient aucune étoile ni planète, et tous suivent son mouvement, car ils y sont subordonnés en raison de la dimension de son degré. Son ampleur physique est au-delà de l'entendement humain, hormis pour son Créateur, dont la connaissance est au-delà de la connaissance, car Il l'a créée avec ampleur, puisque c'est le premier des corps physiques et que la vitesse de son mouvement dépend de l'immensité de son désir. Toutes les sphères sont ainsi conduites, c'est l'intermédiaire entre le monde des anges et le corps physique des sphères, bien qu'il n'y ait là aucun espace physique, mais seulement entre des formes séparées, qu'aucun corps ne peut contenir, espace de ceux qui se tiennent devant Lui et qui sont proches de Lui. Vient ensuite le mouvement des huit, en dessous d'Aravoth remplit d'étoiles, parce que toutes les étoiles y sont fixées, sauf les sept planètes, car chacune d'entre elles à sa propre sphère, comme l'explique la Sagesse de l'entendement (science astronomique). Elle tourne d'ouest en est durant 24 000 ans, à l'inverse du mouvement quotidien supérieur, comme le mouvement de tout le reste des sphères. Une année dépend du mouvement du soleil, alors qu'un mois dépend de la lune, comme il est dit: «Et qu'ils servent de signes » (Genèse 1:14)... Chaque changement dans le monde inférieur dépend du mouvement des cinq autres planètes, de l'existence, de la non-existence, du brouillard, des nuages et de la pluie. Elles sont la cause directe de chaque changement, ceux qui sont mentionnés, ainsi que les nombreux changements dans le monde. Les sept planètes reçoivent la puissance et le shéfâ des supérieures, la neuvième et la huitième, qui sont le « Ciel des cieux » (shamaï shamayim), qui influent sur les inférieures en raison de haut degré, de même que la lune

reçoit de toutes, parce qu'elle est en dessous de toutes. Pour transférer au monde des éléments, la même essence de ses influences sur les nouveauxnés, les mers, les fleuves, ainsi que les sages en ont témoigné, ainsi que toutes ces choses aux infinis détails. Car elle est proche des éléments supérieurs et son corps est lisse, noir, et exempt de toute lumière. Elle reçoit la lumière du soleil, lorsque la lumière l'effleure, elle éclaire et brille. Au-dessous d'elle se trouve l'élément feu, leurs limites sont en contact, car il n'y a aucun vide entre eux. L'élément du vent, qui est l'air, touche l'élément feu. Ces deux éléments sont translucides, proches de la transparence des deux, mais pas de la même substance que le corps des deux. De même que le corps des deux ne voile pas la lumière des corps célestes, ainsi ces deux éléments ne voilent pas leur lumière et n'en empêchent pas la vue. Le feu est chaud, léger et pur. Le vent, au-dessous, est humide et chaud. Et la lumière du soleil apporte la chaleur aux autres éléments et les chauffe, alors ils régissent car ils sont légers. Concernant chaque phénomène visible dans le ciel, tel que la fumée ou la vapeur, ce qui est humide vient de la pluie et ce qui est sec vient de la fumée. Les étoiles et les comètes sont de cette sorte. Il a créé les créatures connues, ce ne sont pas des étoiles, mais de la fumée des éléments et elles brillent par l'élément feu. Lorsque l'on voit le soleil se lever ou se coucher, rouge ou blanc, et que l'on est capable de le contempler, c'est en raison des vapeurs qui s'élèvent dans la densité de l'air. Et maintenant revenons-en au corps du livre.

CHAPITRE VII
À présent, mon fils, après avoir clarifié la forme du monde ressenti, nous parlerons brièvement de ce que nous savons de celle de l'intellect. Aristote disait que, pour lui, le Shéfâ qui s'épanche de Dieu est la cause de tout et qu'il s'écoule d'un intellect unique séparé, effet direct de Dieu. Je dirai qu'il anime le mouvement de la sphère environnante, d'où découlent encore huit intellects séparés, et chacun met en mouvement l'une des sphères mentionnées, jusqu'à la sphère de la lune. Il existe un intellect unique qui anime tout ce qui se trouve sous la sphère lunaire, qui, selon la connaissance des philosophes, s'appelle Intellect agent (sékel ha-poël). Nos maîtres, de mémoire bénie, l'ont appelé Ishim32, et c'est ainsi que le Rav l'interprète dans le Guide. Il écrit que ce sont des anges resplendissant qui parlent aux prophètes, et c'est pourquoi ils sont appelés Ishim. Nous possédons, par la Kabbalah, des secrets profonds et merveilleux à ce sujet. Nous te les indiquerons, autant que cela se peut. J'ai déjà dit à chaque maskil, que tout ce que l'on dit, ou croit, par Kabbalah ne nécessite aucune preuve. Car ce qui nécessite d'être prouvé, est uniquement quelque chose que l'intellect ne peut accepter d'emblée. Ce qui a été reçu exige beaucoup de contemplation avec concentration, et dès que l'on comprend, on ne peut pas le prouver, c'est ce que nous appelons reçu (meqoubal). Nous nous débarrassons du besoin de preuve, car ce n'est pas possible. Lorsqu'il est possible de le prouver, alors nous l'appelons intelligé (mouskal). Il est connu que l'intelligé et supérieur au reçu, car le conçu, une fois prouvé, ne prête pas à controverse et ne peut plus être falsifié, alors l'intellect doit le croire. Toutefois nous n'appelons pas cela « croyance », mais plutôt connaissance, car c'est la « connaissance » vraie qui le rend supérieur. Quelque chose de reçu peut toujours être dénaturé et il est toujours possible d'affirmer que ce qui est « reçu » est une erreur de ton enseignant en Kabbalah. Par conséquent, un homme ne sait pas vraiment ce qu'il ne peut pas prouver. Ainsi, nous appelons « reçu » quelque chose que nous croyons parce que nous l'avons reçu, même si cela ne peut être prouvé, nous en avons la conviction au lieu d'en avoir la connaissance. Comme dans le cas du renouvellement (des mois), que nous avons reçu, ainsi que nous l'avons expliqué ci-dessus. Parce que c'est impossible, les philosophes nous mettent au défi d'apporter une preuve du renouvellement, qui est en contradiction avec leur méprise, selon laquelle le monde est ancien et ne se renouvelle pas. Nous-mêmes, qui croyons que le monde se renouvelle, ne pouvons pas prouver avec certitude que le monde se renouvelle. Donc, nous conservons cette foi en nos cœurs, au lieu de la connaissance selon laquelle il se renouvelle. Cela est valable pour tout ce qui est reçu et qui va à l'encontre de notre vraie Torah. Ainsi, ce qui est reçu s'élève au même niveau que la croyance, et, dans une certaine mesure, lui est même supérieur, pour des sujets
32

Le terme signifie personnalités ou individus, dans l'humain c'est l'expression de la « petite personnalité» , l'égo. Le nom Ishim désigne aussi une catégorie d'anges.

spécifiques reçus que l'intellect serait incapable de concevoir, si ce n'est par le biais de la prophétie. Ce qui est impossible, car il n'y a, pour cela, aucune preuve supérieure à une autre preuve. Toutefois, parce que l'intellect est faible par nature, ces sujets ont été transmis sous forme d'histoires et de récits, qui, nous le savons, ne mentent pas. Comme il est dit : « Et aussi, la sûre Confiance d'Israël ne ment point et ne se repent pas, car il n'est pas un homme pour se repentir » (I Samuel 15:29). Les foules affirment sans preuve que Dieu est Un, comme on le sait. Il existe nombre de preuves de ce fait, mais l'esprit des foules est trop faible pour le concevoir. Par conséquent, cela est présenté en tant que question kabbalistique, ce qui est suffisant pour eux. De même, la Kabbalah orale par la prophétie du prophète est suffisante pour ceux qui l'entendent de lui ou qui la lisent dans son livre. Car les livres des enseignants révèlent la connaissance de leurs auteurs et témoignent également à quel cercle il appartient parmi tous les cercles d'initiés, car ils sont divisés en fonction de leur niveau de connaissance. Certains écrivent à l'aide de la prophétie, d'autres par la Rouah ha-qodésh, quelques-uns par la croyance, certains seulement à l'aide de la pensée, et d'autres par leur imagination. Les motivations les poussant à écrire sont également différentes. Certains écrivent sous l'impulsion de la Néfésh, et rien d'autre, cette intention est la plus noble de toutes les intentions. Il y a ceux qui convoitent un bénéfice matériel, et ceux qui recherchent le pouvoir et les honneurs ; ceux qui dégradent les propos des autres par jalousie et rancœur, afin de reprendre leurs collègues et démontrer qu'ils sont plus intelligents que les autres auteurs. Ceci est une vile intention et ce trait ne se trouve pas chez celui qui a un intellect sain. Et si la nature venait à l'y pousser, il devrait s'en préserver par son intelligence, calmement dans un premier temps, jusqu'à ce que son intellect l'emporte sur sa nature, qui est le yetsér ha-raâ (mauvais penchant). Toutefois, si son intention est de corriger les propos d'un autre, contenant des erreurs ou si quelque chose aurait échappé à l'auteur en raison de ses lacunes intellectuelles au sujet de ce qu'il a écrit, son intention est leshém shamayim (au nom des cieux) ; Afin de supprimer l'erreur et de se rapprocher de la vérité, démontrer la profondeur de son travail, avec le respect nécessaire entre maskilim. Il devra indiquer les endroits où se trouvent les erreurs dans les textes qu'il possède. J'affirme que cela est une grande mitsvah, afin de préserver les autres des difficultés qu'il a rencontrées. J'applique cette même règle à mon propre travail. Puisse l'auteur qui me corrigera être béni, et que Le Nom Yhwh, béni soit-Il, m'en soit témoin, car Lui seul connaît mes intentions, car ce que j'ai écrit ci-dessus au sujet de la fabrication de faux noms, cela a été mon intention. Je me suis justifié et j'ai dit qu'ils ne doivent pas être détruits, car ils pourraient contenir un sujet inconnu de l'auteur de ce texte, ce qui signifie que certains possèdent ces noms, mais pas l'auteur. Après avoir mentionné le ressenti et l'intelligé globalement, je vais écrire sur le corps et l'âme en général et ensuite, je mentionnerai les noms qui s'appliquent à tous, comme j'ai commencé à le faire. Je vais les rendre aussi clairs que je le peux pour le Maskil qui est un kabbaliste capable d'en comprendre l'intérêt, pour son plus grand plaisir, et avec l'aide de Dieu.

Je dis que toutes sortes d'assemblages se trouvent dans l'homme, car il est l'ultime assemblage, puisque créé en dernier. Il a été créé à l'intention de sa Néfésh (âme), et la raison d'être du corps doit être de l'aider et de l'assister, de même que la femme est une aide pour son mari. Comme il est écrit : « Je lui ferai une aide qui lui corresponde » (Genèse 2:18). Que nos maîtres, de mémoire bénie, ont interprété : « S'il est digne c'est une aide, s'il est indigne c'est une entrave ». Le corps est initialement composé des quatre éléments, dont il reçoit sa matière et sa forme lorsqu'il est une semence. Le corps mute lentement de sa première existence, pour recevoir la forme du végétal, puis de l'animal et enfin du parlant, puis la forme de l'intellect. Il mute maintes fois jusqu'à ce qu'il émerge de la potentialité à la pleine réalisation, qui est la dveqouth (adhésion) avec les êtres supérieurs. Les 248 organes du corps sont tous nécessaires, afin de produire tout ce qui permet de passer de la potentialité à l'acte. Il est bien connu que chaque œuvre humaine, suivant les chemins de dieu, est issue de la puissance de l'intellect connectée à l'essence de la Néfésh. Alors que toutes celles qui suivent d'autres voies, c'est-à-dire autres que celle de Dieu, sont issues de la puissance naturelle créée, qui est trompeuse. C'est le yétser ha-râa, le Satan, l'Ange de la mort et le serpent primordial. Car on sait que nos maîtres, de mémoire bénie, ont dit : « Quand la femme fut créée, le satan fut créé avec elle »33 (Talmud - Beréshith rabba 6:17) ; et l'on connaît le secret de l'homme et de la femme, que je t'ai mentionné ci-dessus. Il existe dans tous ses actes, même s'ils découlent de la nature, et il n'est pas possible d'y échapper, car ils ont été conçus afin de concevoir la vérité et le bien de Dieu. Par exemple, la bouche est naturelle à l'homme, comme elle est pour d'autres animaux. Son rôle est de demander de la nourriture, manger et boire, afin de conserver le corps en bonne santé et de profiter de cette nourriture et rendre grâce à son Créateur, en parfaite santé. Et pas uniquement par gourmandise ni pour que son corps soit uniquement en bonne santé. Indubitablement, ce type d'action est véritablement Leshém shamayim, car l'intention fait pencher le cœur vers la miséricorde. Si ses actes, ou ses paroles, contiennent des choses qui auraient dû être rejetées, ils viennent à la place de ce qui aurait pu bénéficier de l'intention concernée, telle une impérieuse nécessité, cela ne signifie rien. Car il est indigne du Maskil d'examiner n'importe quel acte en particulier, à moins d'un besoin d'extrême exactitude, afin d'y trouver le mérite là où il pourrait éventuellement être découvert. Puisque je m'appuie sur le Guide du Rav, ainsi que sur son interprétation d'Avoth, je m'abstiendrai de développer davantage ce sujet, ce qu'il a dit est amplement suffisant. Et s'il s'avérait que ce qu'il a dit soit insuffisant, alors, il est inutile de préciser que ce que je dirai ne suffira jamais, puisque je m'appuie sur lui. Et je crois que ce qu'il a voulu dire, lorsqu'il a interprété la Masketa, n'a pas échappé au Maskil, qui vont dans le sens des conclusions du Guide. Après avoir rappelé la globalité de l'homme dans la réalité de son corps, de son âme, de ses actes et ce qui en dérive, il est nécessaire d'établir le but de son existence, afin qu'il puisse revenir vivant parmi les vivants
33

Dans l'esprit Abraham Aboulafia, ceci ne signifie pas que la femme est satan, mais qu'avec la femme sont apparues la dualité et la différentiation, entre le bien et le mal, le jour et la nuit, etc.

lors de la résurrection des morts et vivre dans le Olam ha-Ba (Monde à venir), sans limite. Je vais maintenant évoquer tous les Noms que connais, concernant les secrets de la Torah, qui aident l'âme à croire en la vérité et à écarter le mensonge qui n'a pas d'existence. Car le mensonge n'est rien d'autre qu'un manque de vérité. La vérité soutient le monde en permanence et existe par elle-même. C'était la motivation de nos Maîtres, de mémoire bénie, lorsqu'ils ont dit : « Le monde repose sur trois choses : Din (Jugement), Éméth (Vérité) et Mishpat (Equité) ; comme il est écrit : « Prononcez la vérité et un jugement de paix dans vos portes » (Zacharie 8:16) » (Aboth 1:17). Il est connu que ces trois choses sont toutes tributaires de la vérité, ainsi qu'il est écrit : « Prononcez des jugements de vérité » (Zacharie 7:9) et : « Des paroles de paix et de vérité » (Esther 9:30). Ce qui signifie que les paroles de paix sont vraies et que la paix coexistera toujours avec la vérité, lorsque la vérité sera connue de tous côtés. Toutefois, si un seul des côtés venait à manquer, la vérité disparaîtrait, et avec elle la paix. Car elle résulte de la vérité, qui en est la cause, et ne peut se trouver sans elle. Ne sois pas perturbé par ce que disent nos Maîtres, de mémoire bénie, à savoir qu'il est acceptable de mentir pour le bien de la paix, car ce mensonge n'est rien d'autre que de la vérité dans le langage du cœur. En effet, si une personne a compris qu'elle a menti afin de pacifier son cœur, elle ne ment pas en son for intérieur, ce n'est donc pas un mensonge, mais c'est la vérité et la paix en soi. On trouve la preuve que le monde dépend de la vérité dans l'alphabet, car la tête, le milieu et la fin forment la vérité (éméth)34. Et le reste des lettres en dépend, car toutes les lettres correspondent à la réalité et y font allusion. Les lettres restantes sont des nombres, comme le nombre de serviteurs, et leur signe est : « Voici, à Yhwh, ton Dieu, appartiennent les cieux, et les cieux des deux » (Deutéronome 10:14). Mis à part les kefoulim35, car les pshoutim36 sont sous le signe de : « Voilà, tu aimes la vérité [ N"h t"ma] dans le cœur » (Psaumes 51:8). Avec les kefoulim le compte est shlémouth (perfection) et le compte des lettres finales37. Avec les vingt-deux lettres on a la valeur de malkouth (royauté)38. Ensuite, on prend shlémouth et l'on met la vérité de côté, elle reste de l'autre côté pour la valeur de : « Toute la Merkavah est une et vraie »39. Sache que le secret
34

Émeth [tma], la vérité est formé de la première lettre, aléf, de la treizième au milieu, mém, et de la dernière, Tav.
35 36

nlye czvh . La somme des valeurs de 12 lettres est égale à 445, identique à la valeur de pshoutim [Myevwp ], nom de ce groupe de lettres. 37 Shlémouth [t"vmlw], perfection, à une valeur de 776, que l'on obtient avec 757, valeur de kefoulim [Mylvpk], plus 19, nombre de lettres restant une fois les trois lettres de éméth retirées. Ce nombre peut aussi s'obtenir en additionnant 496, valeur de t"ma N"h, plus 280, somme des cinq lettres finales [XPNMK]. 38 Malkouth [ tvklm], royauté, à une valeur de 496, identique à celle de t"ma N"h . Mais le compte
mentionné est plus complexe. La valeur totale des 22 lettres est égale à 1495, qui s'écrit : h"xt"a et la valeur de ces quatre lettres est égale à 496.
39

Ce sont les sept lettres doubles : trpk dgn Ce sont les douze lettres simples : qxis

« Toute la Merkavah est une et vraie » [t"ma

d"ca h"bkrmh l"k ]. Cette phrase à une valeur de

de éhad (Un) a été expliqué ci-dessus. On peut constater que la valeur de malkouth, une fois la vérité de côté, est « tout est vérité »40. Avec le compte des finales et éméth mis d'un côté, on obtient : « À l'origine de toute vérité »41. Et c'est le secret de tout le réel, car sa réalité est la vérité qui a déjà été réalisée de tous côtés, à partir du Shéfâ véritable, qui est appelé par un Nom identique à celui de son maître. C'est Métatron, Prince de la Face (Sar hapanim)42, et les lettres témoignent du « Prince des armées »43, « dans le mouvement de la sphère »44. Dans quelle sphère ? dans la sphère qui accomplit la Création, celle qui est supérieure et qui contient tout. Son mouvement témoigne de son Créateur, car le compte continue après 999, car mille (éléf) ramène à aléf dont le nombre est un. Et le mouvement se répète dans un cercle aboutissant à 999. Ceci est valable pour les 945, mais c'est la même chose pour toutes les lettres, il y a trois 9. À l'image des trois mondes, et ce sont 27, dont le secret est le plateau du droit (kéf zakouth) 46. Il y a trois merkavoth dans les vingt-deux lettres47, comme dans l'ensemble de l'image intermédiaire, et l'on peut constater que, par leur calcul, elles témoignent de la vérité, car elles vivent de façons très significatives de chaque côté. Car la Merkavah supérieure est simplement: AB-GaD [d"g b"a]. Si l'on ôte le aléf, de éméth (vérité), il reste béguéd [d"gb] (vêtement). La Merkavah médiane est m"lky (yod, kaf, laméd, mém). Si l'on ôte le mém, de éméth (vérité), il reste keli [y"lk] (réceptacle). Ensuite, avec la Merkavah inférieure, qui est t"wrq (qof, reish, shin, tav). Si l'on ôte le tav, de éméth (vérité), il reste shéqér [r"qw] (mensonge). Ainsi, lorsque tu ôtes la vérité (éméth), il reste un vêtement, un réceptacle et un mensonge. Et la vérité reste seule en son essence. Connais ce beau secret, car c'est le commencement des chemins de El, qui sont les sentiers de la Kabbalah. Et ce faisant, je l'ai décrit pour toi au début de mon propos.

776, identique à celle de shlémouth [t"vmlw].
40

« Tout est vérité » [t"ma 496.
41

l"kh], est un anagramme de malkouth [t"vklm] et a donc une valeur de

l"kh w"arb ] a une valeur de 999. La somme des valeurs étendues des cinq lettres finales de 3500, ce nombre s'écrit : "qt"g. La valeur de ces trois lettres est 503.
Ainsi, 496+503 = 999

« À l'origine de toute vérité » [ t"ma

r"w N"v"vreem] a une guématria de 999 « « Prince des armées » [t"vabx r"w] = 999. 44 « Dans le mouvement de la sphère » [l"glgh t"ivntb] = 999.
42 43 45 46

« Métatron Sar hapanim [M"ynph

999 représente la somme des trois lettres : teith, tsadé et tsadé final : 9+90+900.

9 x 3 = 27. Ce nombre s'écrit z"k . Ces deux lettres sont les initiales de tvkz Pk , le plateau du droit (plateau de la balance), représente aussi la modération. Expression tirée du Séfer Yetsirah (2:1) : «fondées sur le plateau du droit et sur le plateau du devoir ». 47 Ce sont les trois lettres : aléf, mém, tav de éméth. Mais cela peut aussi faire allusion aux trois groupes : mères, doubles et simples.

CHAPITRE VIII
Maintenant, je t'informerai d'un Nom dont le monde entier dépend, début de tout début et fin de toute fin. Il s'agit du Shém ha-Meforash (Nom explicite) unifié dans tous les chemins de l'unité. Et il contient tout par l'authenticité de son unification. C'est Yhwh, béni soit son Nom : Beshkmalo [v"lmkwb]48. Sache que ce Nom béni contient tous les Noms explicites et ceux qui en découlent. Il contient trois livres49, qui sont Hokhmah, Tevounah et Dâath. En son sein se trouvent soixante-douze Noms, secret de : Y, YH, YHV, YHVH50. Sache-le et comprend-le intensément. C'est l'un des trois mondes qui ne sont qu'un. Son secret est aussi dans le Kéter Torah (Couronne de la Torah) de vingt-six par sa valeur51. À ce sujet, nos Maîtres, de mémoire bénie, ont dit qu'il est au repos et que toute personne le souhaitant peut venir et le prendre, et avec le mot, il contient les 27 lettres, grâce auxquelles le Grand-Prêtre bénira Israël. Son secret est : « Ainsi (ko - vk) il bénira par Vav », « 'Ainsi (koh hk) il bénira par Hé »52. Car la bénédiction dépend de Hé-Vav, et ceci est une allusion à son secret et à sa connaissance. Koh [h"k] est la totalité du Shém ha-Méforash, selon le nombre de « Koh bénira » : Koh dans le Shém ha-Méforash, Koh dans la langue sacrée53 Maintenant, je te montrerai sa dénomination Adonaï. Son secret est en lui : A-AD-ADN-ADNY54. Dont il est dit : « Ton trône est établi [nakhon] depuis longtemps » (Psaumes 93:2)55. Sache qu'il s'agit d'un grand secret, l'un des plus importants de toute la Kabbalah. Tu dois combiner les deux ensemble, l'un après l'autre, afin de faire un nouveau mot, selon ce schéma : A [ya], AD [d"a], ADN [n"da], ADNY [y"nda] ADNYY [y"ynda], ADNYYH [h"yynda], ADNYYHV [v"hyynda], ADNYYHVH [h"vhyynda]. Son secret est : «Il a tremblé devant mon nom » (Malachie 2:5). Combine-le dans l'autre sens : Y ['y], YH [h"y], YHV [v"hy], YHVH [h"vhy], YHVHA [a"hvhy], YHVHAD [d"ahvhy], YHVHADN [n"dahvhy], YHVHADNY [y"ndahvhy]. Son secret est: « Yhwh a dit à Adonaï : assieds-toi à ma droite » (Psaumes 110:1)56. Rends grâce à Dieu, pour m'avoir permis de te révéler ce merveilleux secret des deux Noms qui contiennent soixante-douze lettres. Si tu les évoques
Beshkmalo [v"lmkwb] est l'acronyme de la prière : Mlvil vtvklm dvbk Mw Kvrb div. Cette prière suit la récitation du Shémâ 49 Allusion au premier verset du Séfer Yetsirah, qui mentionne que le monde fut créé par trois livres : séfer (le livre), spar (le nombre) et sipour (le récit).
48

h"vhy v"hy h"y 'y. C'est l'écriture pyramidale des quatre lettres du Tétragramme, selon le procédé de la Tétrakys pythagoricienne. La somme des dix lettres obtenues est égale à 72.
50

26 est la valeur du Tétragramme hvhy. La petite valeur de Kéter Torah, 25, est proche. Nombres 6:23. 53 Voir Séfer ha-Oth et Nér Elohim
51 52 54

Comme pour le Tétragramme, il s'agit d'une écriture triangulaire du Nom Adonaï : y"nda

n"da d"a

'a. La valeur des dix lettres obtenues est égale à : 126. 55 Nakhon [Nvkn], juste, disposé, de valeur 126.
56

Les développements de Adonaï-Yhvh et de Yhvh-Adonaï totalisent chacun 36 lettres, ce qui fait en tout 72 lettres.

avec la vocalisation adéquate, afin de les sanctifier, tu en changeras assurément la nature. Chacun est composé de quatre mots. Si tu y ajoutes leurs 72 lettres, ils se combineront pour former ôvèd [d"bi]57. Toutes sont divines, transformant la nature, qui est le Trône. Et c'est le secret de : «C'est le doigt d'Élohim » (Exode 8:19), ce qui signifie que le doigt transforme la nature par la puissance de l'évocation d'Élohim, qui est une middah du Din (Jugement). Je sais vraiment que chaque fois que moi, ou d'autres commentateurs connaissant les enseignements de la Kabbalah, décrivent une chose ou une autre transformation naturelle, provoquée par la puissance de la connaissance des Noms, nos paroles peuvent sembler très étranges et erronées aux yeux de ceux qui abordent de nouveaux aspects de la sagesse avec leurs intellects. Ce sont des philosophes pour qui Aristote est bien plus grand que le plus grand des prophètes : Moïse, notre Maître, puisse-t-il reposer en paix. Je suis d'accord avec leurs paroles de vérité et admets qu'Aristote fut d'une grande sagesse dans ses spéculations et ses argumentations, devant ce que l'on peut trouver dans les livres de nombre de philosophes, ainsi que dans les siens, qui témoignent d'une grande sagesse. Cependant, il n'a jamais atteint le niveau de ceux qui parlent par la Rouah ha-qodésh, qui force ceux qui l'atteignent à parler des niveaux de la réalité à travers leurs expériences. Bien que chaque homme ait le potentiel de la Rouah ha-qodésh, il ne l'a jamais réalisé, sinon il n'aurait pas cru que le monde soit éternel, car il n'a jamais atteint le niveau de la prophétie. S'il avait parlé avec cette capacité, il aurait pu expérimenter et connaître toutes les forces capables de provoquer les effets permettant de transformer la nature, comme nous l'avons trouvé avec certains prophètes remarquables qui l'ont accompli en fonction du temps et du lieu, dans le but de sanctifier Ha-Shém, sans se laisser aller à des choses sans valeur, comme l'envie. Il y a des signes pour cela dans les paroles de nos maîtres, de mémoire bénie, confirmant qu'il est possible de transformer la nature par la puissance de la connaissance d'un Nom, selon l'adage : « Celui qui fait servir la couronne (taga) à son intérêt privé se perd » (Avoth 4:7). Certains interprètent taga dans le sens de celui qui étudie la sagesse, et qui ne peut l'utiliser pour lui. Cependant, la véritable signification de taga est le Kéter Torah, et ils voulaient dire que celui qui utilise le Shém ha-Meforash profane la connaissance du lieu, car il n'est pas permis que son Nom soit connu de l'homme, si ce n'est pour le sanctifier.

Ici, ôvèd [d"bi], esclave, serviteur, est formé des lettres permettant d'écrire 72, b"y, et 4, 'd . Ôvéd est aussi l'un des noms de métatron.
57

CHAPITRE IX
Je t'ai déjà fait savoir que les mystères de la Torah sont l'unification du Nom. S'il n'était pas efficace, alors pourquoi l'utiliserait-on ? En fait, pour la gloire de Dieu, il est permis en fonction du temps et du lieu, que les vrais prophètes le fassent, que la paix soit sur eux. Comme il est écrit : « Que mon Nom soit proclamé dans toute la terre » (Exode 9:16), pour la transformation de la nature. Car l'excellence de son Nom ne peut être évidente pour les foules, hormis par ce biais. Ainsi, lorsqu'un homme dit ou écrit dans un livre que la nature peut être transformée, il peut faire croire qu'il est un Maskil versé dans la Torah et être considéré par ses fidèles. Il est d'avis que cela peut être accomplit par quelqu'un qui connaît entièrement le chemin de puissance du Nom. Et s'il décide de s'y impliquer, il en connaîtra la vérité et s'élèvera du niveau de la croyance à celui de la connaissance. Toutefois, il y a là un secret merveilleux qui doit rester caché, même des Maskilim. Je ne peux t'en indiquer qu'une faible partie, nécessaire ici. Chaque Maskil connaît la séparation de la Mer Rouge, le miracle sublime que nous connaissons. Ce thème aborde la question des 12 chemins des 12 tribus. Tout cela a été ressenti, et peut être étayé par des preuves précises, à l'aide des trois voies de conception : Physiques, imaginaires et intellectuelles. L'intellect est la voie supérieure, ensuite vient le physique, puis l'imaginaire. Car le physique est un ressenti extérieur, l'imaginaire est un ressenti intérieur, et l'intellect est à l'intérieur de l'intérieur, il est aussi le secret intérieur à l'intérieur. Par conséquent, à présent que nous possédons cette merveilleuse chose par la puissance de la connaissance du Nom, qui est assurément le fond du sujet, nous pouvons en avoir une idée claire avec ceux qui ont traversé la mer à sec, par leur seul ressenti physique. Cependant, certains ont compris la vérité par leur intellect, par le pouvoir de la connaissance du Nom, et l'ont entièrement assimilée, tant par le ressenti que par l'intellect, et sont incontestablement supérieurs à celui qui l'assimile par son simple savoir. Ainsi, nos Maîtres, de mémoire bénie, nous l'ont indiqué en l'appelant «génération connaisseuse », car la plus modeste de leurs femmes avait compris ces merveilleux concepts, comme ils ont dit : « Une servante a vu la mer, ce que le prophète Ezéchiel, de mémoire bénie, n'a jamais vu »58. Observe ce que je t'ai dit avec bonne intelligence, et tu y trouveras la vérité dissimulée, car je ne suis pas autorisé à m'y étendre davantage. Sache qu'il y a dix Noms qui ne peuvent être effacés, ce sont : Yhvh, Adonaï, Éloha, El, Elohim, Shaddaï, Tsévaoth, [Ehyéh, Yah, Él-Haï]. Ce sont les Noms du Créateur, béni soit-Il, même si ce sont tous des descriptions et des dénominations, à l'exception du premier, la tradition nous interdit de les effacer. Ces Noms sont associés à dix niveaux distincts: Hayoth ha-qodésh, Ofanim, Arélim, Hashmalim, Sérafim, Malakhim, Élim, Bnéi-Élim, Kerouvim, Ishim. Ils sont mentionnés par le Rav, de mémoire bénie, dans le Séfer ha-Madâ, et leurs noms diffèrent en fonction de leurs actes. Par exemple, Raphael est responsable de la médecine, Gabriel de la
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Yalkouth shmoné, Shémoth 15

Guevourah et Samael du Nord. Ainsi, le lieu d'où certains d'entre eux sont issus s'entend immédiatement. Certains ne peuvent être compris, à moins d'utiliser le tsérouf des lettres ou la guématria, comme dans le cas de Shaddaï, qui par guématria est Métatron59, ou par (taureau) qui par guématria est Sandalfon60. De même, de nombreux secrets merveilleux se dévoilent par leur tsérouf. Par exemple, Sandalfon devient : « Dans le buisson apparut ma face »61. Métatron devient Mentator, qui est un gardien62. Et c'est le secret du Shaddaï écrit sur la mezzouzah à l'extérieur, pour indiquer qu'il est le gardien de la maison et son garant. Il est le gardien de la porte à la fin des dix Paroles, par lesquelles le monde fut créé, il supprime le yetsér ha-râa par le secret de la mezzouzah, qui est le nom substitut Adonaï63, avec qui Shaddaï est la guématria de lentille64. Et un démon ne pourra pas être créé dans quelque chose de plus petit qu'une lentille. Sache que c'est un très grand secret, que tu dois connaître et dissimuler dans la chambre de ton cœur. Je t'ai déjà dit ce qu'il était possible de révéler du Nom unique et des dénominations de Dieu. Tu sais déjà que El est un Nom dérivé de la puissance (koah), comme le dit l'Écriture : « El est dans ma main » (Genèse 31:29), ce qui signifie « La Puissance (koah) est dans ma main »65. Ehyéh, toutefois, fait référence à l'existence éternelle, c'est-à-dire : « Ehyéh (je serai) éternellement ». Ce qui est prouvé par : « Ehyéh asher Ehyéh » (Je serai qui je serai) (Exode 3:14), ce qui signifie : « Je serai immuable, Je serai sans fin ». Dans le Guide, le Rav dit que cela fait référence à la nécessité de l'existence et à l'éternité. De même, pour Shaddaï, qui signifie que son essence est suffisante (dai) pour tous les êtres créés, c'est-à-dire qu'il est suffisant (dai). Pour Tsévaoth, nos Maîtres, de mémoire bénie, ont dit que c'est un signe (oth) pour son armée (tseva). Comprends qu'ils parlaient par le tsérouf, car ils ont divisé Tsévaoth en deux, et l'ont recombiné selon leur intention, même si cela n'est qu'allusif. En plus de ceux-ci, il en existe d'autres qui doivent demeurer cachés de tous, mais la mitsvah demande de les transmettre oralement, après les avoir accomplis. Parmi les différents noms, celui qui est mentionné en premier est : Hayoth ha-Qodésh, le nom est composé de « vivantes » et de « sainteté », pour faire allusion aux êtres vivants les plus élevés et les plus proches de l'origine de la sainteté, bénie soit-Elle. Le Rav a dit qu'elles sont toutes la cause et l'effet, l'une existant par la puissance de l'autre, et qu'elles sont supérieures à tous les êtres créés. Cependant, les Hayoth ha-Qodésh sont celles qui reçoivent le Shéfâ à sa source, au-delà de toute réalité. Nous avons reçu que les Hayoth n'ont pas été créées, pourtant, avant la Création
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Shaddaï [y"dw] à une valeur de 314, équivalente à celle de Métatron [N"vreem]. Par [r"p] vaut 280, équivalente à celle de Sandalfon [N"vpldns]. Les deux premières lettres de chaque mot de l'expression « sénah delah pnei » [ynp hld Les lettres de Métatron [N"vreem], se combinent en Mentator [rveenm]. mezzouzah et .Adonaï' ont tous deux une valeur de 65.

hns],

permettent d'écrire Sandalfon [N"vpldns].
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Lentille, ôdashah [h"wdi], à une valeur de 379, qui correspond à l'addition de Adonaï (65) et de Shaddaï (314). La main, yad [dy], a une valeur de 14, ainsi les deux mains font 28, nombre de koah [ck], la force.

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du monde, il n'y avait rien avec le Créateur, béni soit-Il, à part son seul Nom.

CHAPITRE X
Sache que ce sujet est considérable, contemple-le avec bonne intelligence, à l'aide de la Kabbalah. Les existences ne se livreront pas intégralement, car le secret de la Création ne peut être réalisé spontanément dans la conscience du Maskil. En effet, par la connaissance des secrets, tu connaîtras l'essence véritable de la Mâassé Beréshith (Œuvre de la Création), même si ce dont nous parlons n'est rien d'autre que la Mâassé Merkavah (Œuvre du Char). Ce que nous étudions est issu des propos de nos Maîtres, de mémoire bénie, sur le Mâassé Beréshith et la Mâassé Merkavah. Et la Mâassé Merkavah et le Mâassé Beréshith sont une allusion au masculin et au féminin. Ofanim - indique qu'ils sont un tsérouf des Hayoth ha-qodésh. Car le nom vient du singulier ofan (roue), sauf qu'ils sont nombreux et sont également issus du tsérouf de l'intériorité66. Arelim - signifie «je verrai les puissances » (areh élim67), ils sont rendus visibles en bas par le pouvoir des ofanim. Hashmalim - Nos Maîtres, de mémoire bénie, ont dit que parfois ils sont muets (hashoth) et parfois parlants (memaleloth), c'est-à-dire qu'ils sont parfois silencieux et parfois volubiles. Sache que c'est un secret merveilleux, comme l'a dit le prophète Ézéchiel, au sujet du Hashmal audessus du Raqiâ (firmament)68. Sérafim - Le Nom vient de combustion (sérifah), car ils brûlent tous ceux qui approchent trop près. Malakim - signifie messagers, car ce sont tous ceux ayant pour rôle de délivrer un message sont appelés : malak (ange). Élim, Bnéi Élim - Je t'ai déjà dit que ce nom est issu de la puissance, bien que le pouvoir du père n'est pas comme la puissance du fils, car la puissance du père ne change jamais. Kerouvim - Ce sont les plus jeunes, car un enfant est appelé kerouvia. Il y a deux kerouvim dans l'homme, qui lui parlent d'un côté et de l'autre, et il décide entre les deux. Comme il est dit : « Et il plaça à l'orient du jardin d'Éden les kerouvim et la lame d'épée flamboyante, pour garder le chemin de l'arbre de vie » (Genèse 3:24). Entre les chuchotements69 des keroubim tournoie l'épée flamboyante comme la foudre, qui garde la Torah, la Sagesse (Hokhmah) et le chemin de l'Arbre de Vie, planté dans l'Éden. Sache cela ! Ishim - Ils sont appelés Intellect Agent. Parce que ce niveau se divise entre
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Si l'on associe les quatre dernières lettres de Ofanim [Mynpva], soit : DMS, avec les trois dernières

lettres de Hayoth [tvyc], soit : tvy, on obtient pnémiyouth [tvymynp], l'intériorité. De plus, ofan, la roue, fait allusion aux roues des combinaisons (tséroufim) de lettres. Arelim [Mylara] est lu ici éréh élim [Myla hara], élim désigne les puissances célestes, mais aussi les divinités et les dieux. Ainsi, aréh élim, peut se traduire : je verrai les dieux. 68 Abraham Aboulafia reprend ici le concept talmudique, selon lequel le Hashmal de la vision d'Ezéchiel
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est constitué avec les deux premières lettres de hashoth (mutisme) [tvwc] et de maleloth (parlant) [tvllm], pour signifier: silence parlant. Ce silence parlant est un chuchotement, malhash [wclm], tsérouf de hashmal.
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Chuchotements, melahashim [Mywclm], est un tsérouf des lettres de Hasmalim [Mylmwc].

les personnalités (ishim) des êtres humains. Ils sont nommés par analogie et non par leurs propres personnalités, car leur niveau est au delà, c'est un niveau à la limite des intellects séparés. Ils font épancher la vie qui les transcende, afin de ramener l'âme humaine à l'éternité. L'un soutient l'autre. Cela est lié au premier secret : « Le dixième, sera sanctifié à Yhwh » (lévitique 27:32). Après t'avoir parlé des noms des anges en général, je te ferai connaître les noms inférieurs en général, en fonction de leur nature, autant que je le peux, avec l'aide de Dieu. Sache que le nom sphère s'applique à tout ce qui est rond et circulaire, car les sphères sont des cercles devant et derrière, messager de feu et d'eau. Il est dit : « Mâle et femelle, telle paix sera la paix ». Note du copiste : À partir d'ici, le texte est défectueux, puisse Ha-Shém me rendre digne de les retrouver et de les recopier. Il manque deux pages70. [...] et vraiment, lorsque la néfesh se sépare du corps, son niveau est de loin supérieur à la sphère matérielle, et elle est dissimulée sous le Trône de Gloire, qui la transcende. J'ai porté à ta connaissance le secret du Sar Tsévaoth, par le biais de la Kabbalah. Il est dit que le septième, Adonaï, est issu du pardon et de la miséricorde, et je pense que c'est parce qu'il désigne la seigneurie (adnouth), et un bon seigneur est miséricordieux pour ses serviteurs. Toutefois, et tu connais déjà mon avis, il désigne le Juste. On sait que le Juste est celui du Shéfâ de tsédaqah, comme je te l'ai dit au sujet de l'unification qui indique la tsédaqah dans le secret du Grand Monde. C'est pourquoi on l'appelle Tsadiq (Juste) pour le décrire, car elle est attirée par lui en permanence. Et je t'ai fait connaître également d'autres choses à ce sujet. On dit que le huitième [nom] est l'unification, que nos Maîtres, de mémoire bénie, ont interprété par « les kohanim à Yom Kippour ». C'est celui que l'on ne peut entendre, excepté dans le Temple, et même lorsque le GrandPrêtre commençait à l'évoquer, tous répondaient par Beshkmalo [l'"?a3»a]71 à haute voix, de sorte à ne pas entendre explicitement les dix évocations durant Yom Kippour dans le Temple. Mais pourquoi ce Nom en particulier, et en ce jour spécifique? Pourquoi dix fois ? Pourquoi dans le Temple ? Et pourquoi le Grand-Prêtre? Toutes ces questions contiennent des merveilles et des secrets hautement sacrés de la Kabbalah. Et je t'ai fait connaître tout ce que je détenais. On dit du neuvième, qui est Qadosh (saint), qu'il est le secret de l'audition de la bouche des Sérafim et des Kerouvim, comme il est écrit: «Et l'un criait à l'autre » (isaïe 6:3)72. Néanmoins, cela ne nous a pas été révélé par nos Maîtres, de mémoire bénie, qui n'ont pas dit qu'il était interdit de l'effacer, tout comme le dixième : Mélékh (Roi). Ils les ont appelés « dénominations » (kinouïm) et sont comme les autres lettres saintes qu'il est permis d'effacer, telles que Rahoum et Hanoun (Miséricordieux et Clément), Naman (fidèle), Tsadiq (Juste), et d'autres, qui sont des
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II semble manquer l'explication des six premières dénominations. Voir note Erreur ! Signet non défini ... 72 « Et l'un criait à l'autre, et disait : Qadosh ! Qadosh ! Qadosh !, Yhwh Tsévaoth; toute la terre est remplie de sa gloire ! »

descriptions et des dénominations (kinouïm) qui en résultent. Le secret que nous en avons reçu, et qui est sacré, réside, comme le mentionne le Séfer Yétsirah (2:5): «dans 231 portes...» signalées par AM'Sh et d'autre part signalées par « 231 »73 appuyées sur l'alphabet. Son secret est l'addition des Hayoth ha-Qodésh supérieurs à tout, dont le signe est beréshith (Commencement). Ne lis pas beréshith, mais bara shith (créa six)74. Par le tsérouf, cela devient : berosh Téi (dans la tête de Téi), Tei, qui en Grec désigne Elohim, avec la dentale T et la voyelle éi75. Son secret est différent en d'autres langues, toutes les langues sont contenues dans la langue commune, qui est la Langue sacrée, constituée de vingt-deux lettres et cinq voyelles, ainsi que nous le verrons plus loin, avec l'aide de Dieu, sans quoi il ne pourrait y avoir aucun discours ni aucun écrit ou modulation des lettres sacrées, de la Langue sacrée : qof-daléth-vav-shin, Téi en Grec, soit tav-yod76. Santo ou Santho77 en langue étrangère; shin, noun, tav, vav, ou teith, vav. De même, si l'on évoque les soixante-dix langues, les lettres seront toujours celles de la Langue sacrée, il en va de même pour toutes, hormis que cette langue est apprêtée pour ceux qui savent, et non pour ceux qui ne connaissent pas le Nom. C'est une question merveilleuse, car elle contient un grand secret que l'on connaît par le verset : « Et toute la terre avait une seule langue et les mêmes paroles » (Genèse 11:1), englobant tout, y compris les languages de la terre entière. On le sait également par un verset concernant le Messie : « Alors je donnerai aux peuples des lèvres pures, afin qu'ils invoquent tous le Nom de Yhwh, Pour le servir d'un commun accord » (Sophonie 3:9). Nous savons que les soixante-dix [languages] sont contenus dans la Langue sacrée (Lashon ha-Qodésh), ainsi que nous l'avons dit. Il est dit du dixième, Mélékh (Roi), qu'il indique les questions existentielles, car il est le Roi des Rois des Rois, béni soit-Il. Après avoir mentionné pour toi l'interprétation des dix Noms, comme le Gaon, de mémoire bénie, en a parlé, j'évoquerai le Nom de 12, le Nom de 14, le Nom de 42 et le Nom de 72, puis les Noms des anges qui le servent, béni soit-Il, comme exposé par le Rav dans le Guide. Ils sont dix et sont hiérarchisés : Externes, intermédiaires et intérieurs. Ce sont : Hayoth ha-Qodésh, Ofanim, Arélim, Hashmalim, Sérafim, Malakim, Élim, Bnei Élim, Kerouvim et Ishim. Tu sais déjà que ces Noms sont des pluriels, afin d'indiquer qu'aucun d'eux n'est unique dans l'unification, comme l'est son Créateur, mais tous sont composés, même s'ils dirigent et contrôlent ce qui est en-dessous

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AM'Sh [w"ma] sont les trois lettres mères : aléf, mém, shin. L'association de chacune des 22 lettres avec les 21 autres, soit 462 combinaisons, c'est-à-dire 2 x 231. Ainsi, la roue du Séfer Yétsirah se signale par 231 combinaisons dans un sens et 231 dans l'autre

Bara shith [tyw arb] signifie : Il créa 6, en araméen. Ce thème est exposé dans le premier tome du Séfer ha-Zohar. 75 Elohim correspond à Théos, ici Abraham Aboulafia fait allusion aux deux premières lettres (Thé).
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Tav et yod [yt], les deux dernières lettres de beréshith, qu'Abraham Aboulafia associe au Téi grec, ont

une valeur de 410, identique à la valeur des quatre lettres de qadosh [wvdq], sacré.
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venw ou vtnw. Abraham Aboulafia veut peut-être mentionner « santo », saint, en italien. Pour avoir

séjourné en Grèce et en Italie, ce grand voyageur maîtrisait les langues de ces pays, au point de les utiliser dans ces jeux mots et de nombres.

d'eux.78 Le Rav, de mémoire bénie, a dit que Hayoth ha-Qodésh est un Nom issu de la vitalité et de la sainteté, il semble donc que leurs Noms soient en relations avec leurs effets, et que parfois ils portent directement le Nom de l'effet, comme Raphael pour la médecine, Gabriel pour la vigueur (guevourah) et la sexualité, par la racine gavra, et Samael pour le Nord, c'est-à-dire le yetsér ha-râa. Ainsi, lorsque la plupart d'entre-eux se manifestent, leurs effets sont immédiatement compris grâce à leurs Noms. Parfois leurs Noms reposent sur la guématria, la notariqa ou le tsérouf des lettres. Comme pour Shaddaï qui a la guématria de Metatron, et par (taureau) qui a la guématria de sandalfon. L'un est le cavalier et l'autre la monture. Sache-le, car c'est un grand secret, et il y en a beaucoup d'autres comme celui-ci, tels que Sandalfon : « Au Sinaï apparût mon visage », Metatron est le gardien (noter), Hashmal est le silence parlant, secret de Grizim et Êvel ; qui est une notariqa de Hokhmah, Shalom, Malkouth, Levoush, etc. En correspondance avec Tsévaoth par tsérouf de : « Il est un signe dans l'armée », etc.

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Note du traducteur : À partir d'ici Abraham Aboulafia reprend mot pour mot ce qu'il a dit dans le chapitre IX. L'auteur veut peut-être terminer ce chapitre par un récapitulatif, ou bien il s'agit d'une erreur de copie.

CHAPITRE XI
Les paroles de nos Sages, de mémoire bénie, t'éclaireront sur tous les sujets de la Kabbalah. Analyse tout ce que j'ai évoqué, ainsi que ce que je n'ai pas mentionné, car tout converge vers un même lieu. Sois également éclairé par les structures des mots, même si ce ne sont pas des noms essentiels ou des noms épithètes, car ils contiennent de merveilleux secrets. Sois aussi éclairé par les noms des humains énumérés dans la Torah, car la majorité de ceux qui sont trouvés dans les Écritures sont explicites, comme : Adam de « adamah », Eve « mère de tout vivant », Caïn « acquis », Séth « Elohim m'a donné semence » (Genèse 4:25), Noé « nous réconforte », Abraham « père d'une multitude », Isaac « il a ri », Jacob du talon, Ésaù « a fait », Édom « sur le rouge », Ruben « a vu », Shiméon « a entendu », Lévi « a prêté », Yehoudah « je rends grâce », Issakar « ma récompense », Zevoulon « me nourrira », Dan « me jugera », Néftali « j'ai vaincu », Gad « le bonheur vient », Ashér « a été confirmé », Joseph « assembler », Benjamin « fils de ma droite », Moïse « tiré de », Gershom « étranger », Éliézer « mon aide ». Analyse-les, car ils sont remplis de pierres précieuses contenant de précieux secrets. Ce sont les paroles de la Kabbalah, et toutes les saveurs de la Torah sont dans la Kabbalah, pour la connaissance véritable du monde, et à aucune autre fin, comme dans le cas de ceux qui écrivent les Noms pour l'amour ou par la haine, ou d'autres folies sans odeur ni saveur. Je t'ai déjà fait connaître toute la vérité de la réalité du ressenti et du conçu, ainsi que sur la nature humaine interne et externe, et les sentiers cachés et révélés de la prophétie, qui dépendent des lettres, des mots et des nombres. J'en ai évoqué tous les aspects. La Torah est au centre, l'Arbre de Vie, comme il est écrit : « Et l'arbre de vie au milieu du jardin, et l'arbre de la connaissance du bien et du mal » (Genèse 2:9). À présent, je vais t'éclairer globalement, en guise de conclusion. Sache qu'il y a trois Nafshoth inférieures, alors qu'il y a neuf Nafshoth supérieures, ce qui en tout fait « Guét » [e"g] 79. Les supérieures dépendent des sphères, de la sphère de la Lune à la sphère environnante. Les inférieures sont le végétatif, le perceptif et le parlant. Tu sais déjà que toute chose a été créée pour le bien d'une autre, telle que la Néfesh végétative humaine, qui a existé avant la Néfésh perceptive, afin de recevoir cette dernière. De même, la Néfésh perceptive, précède la Néfésh du parlant ; et la Néfésh du parlant précède quelque chose d'autre : l'intellect. En lui, se trouvent les neufs Nafshoth dans les sphères, par qui l'intellect peut être compris. De même que l'intellect se trouve dans les êtres créés afin de permettre la compréhension du Créateur, béni soit-Il. C'est pourquoi le Maskil accomplit doit se dévêtir du vêtement des trois Nafshoth mentionnées ci-dessus, et de se vêtir de sa forme intellectuelle qu'il aura découverte, afin d'être agréé par son Créateur, béni soit-Il, dans la mesure où il le
79

Guét, le divorce, est constitué de guimel, 3, et de teith, 9.

pourra. Il ne devra pas supporter plus qu'il ne le peut, car l'excès revient à ne rien avoir. Car il est connu que la forme de la Néfésh est l'intellect et que le corps à la forme de la Néfésh. De même, toutes les lettres sont comme les corps et tous les points-voyelles sont comme la Néfésh, et ce sont cinq voyelles : qamats, tséré, holam, hiriq, shourouq. Leur signe est notariqoun ou légvoulothiah (à ses frontières)80. Et le signe de leur compte est : « la fin des merveilles », selon cette forme : a, i, o, ou, é. Aucune parole n'est possible sans eux et aucun discours ne peut s'articuler sans eux. Ils contiennent trois mondes : Supérieur, intermédiaire et inférieur. De la même façon le discours se divise en trois : la voix, le souffle et la parole. C'est pourquoi nos Maîtres, de mémoire bénie, ont dit : « Un point, un espace des lettres est comme la Néshamah parmi les créatures », et dans Yéroushalmi, ils ont dit: « Un point dans les lettres d'un mot de la Torah est comme la Néshamah parmi les hommes », ce qui signifie qu'un point-voyelle entre les lettres est comme la Néshamah dans les créatures. Considère que leur parole : «Comme les neshamoth dans les corps » n'est pas le but final, mais ce qui vient après elles. Ceci est compréhensible, car la Binah peut être perçue dans l'intellect par la Néfésh. Il n'y a aucun intérêt, vérité et perfection dans le corps et dans la Néfésh si l'intellect n'existe pas. Tout comme il n'y a aucun intérêt, vérité et perfection dans les lettres et les voyelles sans la compréhension de leur signification. Et l'on sait que si la Néfésh ne revêt pas la forme de l'intellect, il n'y a pas de complétude avec le Créateur, béni soit-Il. L'existence n'est pas bonne sans connaissance, comme il est dit dans l'Écriture : « De même, le manque de connaissance (dâath) dans Néfésh n'est pas bon » (Proverbes 19:2). Et dans le cas opposé, c'est-à-dire quand l'intellect existe dans la Néfésh, alors qu'elle est encore dans le corps : « Mieux vaut pour moi la Torah de ta bouche, que mille objets d'or et d'argent » (Psaumes 119:72)81, c'est-à-dire qu'il est meilleur pour moi de découvrir la Torah donnée par ta bouche, qui est le Sékel (intellect), plutôt qu'avec la meilleure Néfésh ou le meilleur corps. La Néfésh étant symbolisée par l'or et le corps par l'argent. Sache que tout cela illustre la connaissance que je t'ai transmise au sujet des Noms, sans laquelle ces matières sont incompréhensibles. Je t'ai expliqué, par exemple, la raison pour laquelle j'ai intitulé ce livre : Guét (divorce), en raison de la nécessité de supprimer toutes choses dont les intentions ne sont pas déterminées. Médite ce que j'ai dit, à savoir que l'homme doit avoir pour but la réalisation des paroles du prophète, qui est dissimulé et occulté à l'intérieur de ce qui compose les mots et les Noms, à partir d'eux jusqu'à l'aboutissement de la connaissance omnipotente, qui est la Connaissance du Nom; son amour et sa crainte. Dieu, à travers son Nom, nous trouvera alors dignes d'accéder aux secrets de sa Torah parfaite et mystérieuse, de sorte
Les deux mots contiennent les cinq voyelles, notariqoun : Nvqyrevn , et légvoulothiah : hytvlnbgl . Abraham Aboulafia le mentionne dans son Hayyé Olam ha-ba. 81 La raison pour laquelle ces deux versets sont cités tient du fait que le premier verset (Proverbes 19:2)
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commence par un guimel [...tid-alb Mg ] et que le second (Proverbes 19:2) commence par un teith [...trvt

yl-bve]. Ces deux lettres formant le mot guét, divorce. -

que nous puissions trouver grâce82 à ses yeux par la Connaissance de son Nom et de ses sentiers. Comme il est écrit : « Fais-moi connaître, je te prie, ton chemin, et je te connaîtrai, afin que je trouve grâce à tes yeux » (Exode 33:13).

Fini et achevé, louange au Créateur du monde.

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Le mot pour « grâce » est Hén [Nc], abréviation pour ésotérique pour signaler la Sagesse cachée.

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