Notes de calcul

D´eform´ee d’une fissure visco´elastique HPP
Solution analytique
13 d´ecembre 2005
Hoai Nam NGUYEN
1
1 Potentiel complexe des probl`emes plans
La relation constitutive a ´et´e ´etablie `a partir de la repr´esentation Papkovich de champs
de d´eplacement (Papkovich, 1932) :
2µu = 4 (1 −ν) Ψ−grad (ϕ +rΨ) (1)
d’o` u :
ˆ x, ˆ y, ˆ z : vecteurs unitaires des directions correspondantes x, y et z.
u = uˆ x + vˆ y +wˆ z : vecteur d´eplacement.
r = xˆ x + yˆ y +zˆ z : vecteur de position.
ϕ et Ψ = ϕ
x
ˆ x + ϕ
y
ˆ y +ϕ
z
ˆ z : scalaire et vecteur potentiel satisfaisant
l’´equation :
´ϕ = 0, ´Ψ = 0 (2)
En hypoth`ese de d´eformation plane :
u = u(x, y), v = v(x, y), w = 0
les fonctions potentielles ne d´ependent que de x et de y :
ϕ
z
= 0 (3)
Puisque ϕ, Ψ
x
et Ψ
y
sont les fonctions harmoniques, elles peuvent s’exprimer par la
partie imaginaire ou r´eelle d’une fonction analytique :
Ψ
x
= 'f(z), ϕ
y
= ·f(z), ϕ = 'g(z) (4)
d’o` u f(z) et g(z) sont les fonctions analytiques dans le domaine occup´e par le solid.
Rempla¸cons les expressions (4) dans la repr´esentation Papkovich (1), on obtient :
2µ(u + ıv) = 4(1 −ν)f(z) −


∂x
+ i

∂y

¦'g(z) +'[zf(z)]¦
= 4(1 −ν)f(z) −

∂z

g(z) + g(z) + zf(z) + zf(z)

= (3 −4ν)f(z) −zf

(z) −g

(z)
2µ(u + ıv) = (3 −4ν)f(z) −zf

(z) −g

(z) (5)
On en d´eduit sa conjugation correspondante :
2µ(u −ıv) = (3 −4ν)f(z) −zf

(z) −g

(z) (6)
`
A partir de la loi de Hooke d’un probl`eme d’´elasticit´e en hypoth`ese de d´eformation
plane : σ
ij
= λε
ll
δ
ij
+ 2µε
ij
Soit encore :
σ
xx
= (λ + 2µ)ε
xx
+ λε
yy
σ
yy
= (λ + 2µ)ε
yy
+ λε
xx
2
On en d´eduit alors :
σ
x
+ σ
y
=

1 −2ν

∂u
∂x
+
∂v
∂y

=

1 −2ν
'
¸

∂z
(u + ıv)

(7)
σ
x
−σ
y
= 2µ

∂u
∂x

∂v
∂y

= 4µ'
¸

∂z
(u −ıv)

(8)
τ
xy
= µ

∂u
∂y
+
∂v
∂x

= −2µ·
¸

∂z
(u −ıv)

(9)
Par cons´equent, les contraintes peuvent ˆetres d´ecrites par une fonction potentielle com-
plexe :
σ
x
+ σ
y
= 4'[f

(z)] (10)
σ
y
−σ
x
+ 2ıτ
xy
= −4µ'
¸

∂z
(u −ıv)

−4ıµ·
¸

∂z
(u −ıv)

= −2
¸

∂z

2µ(u −ıv)

σ
y
−σ
x
+ 2ıτ
xy
= 2 [zf”(z) + g”(z)] (11)
La solution en contrainte plane est d´eduite de celle en d´eformation plane en rempla¸cant
le constant ´elastique ν par ν/(1 + ν) ou en prenant :

ν =
1 −2k
2
2(1 −k
2
)
en d´eformation plane
ν = 1 −2k
2
en contrainte plane
Avec l’hypoth`ese de d´eformation plane, nous calculons `a nouveau la repr´esentation (5) :
2µ(u + ıv) =
1 + k
2
1 −k
2
f(z) −zf

(z) −g

(z) (12)
=
2
1 −k
2
f(z) −

f(z) −zf

(z) + g

(z)

(13)
L’utilisation des constants µ et k dans cette ´equation a pour but d’avoir une expression
valable ` a la fois en d´eformation plane et en contrainte plane.
En effet, le d´eplacement d’un corps rigid peur ˆetre repr´esent´e par :
f(z) = A + Bz, g(z) = Cz
d’o` u A et C sont les constants complexes, qui d´eterminent la translation et B est un
constant imaginaire, qui d´etermine la rotation.
Si les composants de la force solicitant sur l’´el´ement frontier ds, o` u s est la longueur
curviligne fronti`ere, sont Xds et Y ds dans les directions x et y :
Xds = σ
x
dy −τ
xy
dx, Y ds = τ
xy
dy −σydx
3
ce qui conduit `a l’expression suivante :
(X + ıY )ds = (σ
x
dy −τ
xy
dx) + ı (τ
xy
dy −σydx)
= −
i
2
[(σ
y
−σ
x
−2ıτ
xy
)dz + (σ
y
+ σ
x
)dz] (14)
Compte tenu des solutions en contraintes (10) et (11), l’´equation (14) devient :
(X + ıY )ds = −ıd

f(z) + zf

(z) + g

(z)

d’o` u l’integration suivant la ligne curviligne en tenant compte des conditions limites :
f(z) + zf

(z) + g

(z) =

s
0
(ıX −Y ) ds (15)
4
2 M´ethode Westergaard
2.1 Adaptation de la m´ethode aux m´ecanique de rupture
Cette approche de Westergaard a ´et´e d´evelopp´e en 1939. Ses ´equations constitutives ne
sont pas ´etablies pour r´esoudre des probl`emes de m´ecanique de la rupture. Certaines
modifications ont ´et´e effectu´ees afin de rendre cette m´ethode de potentiel complexe
plus adapt´ee `a ce genre de probl`eme. Nous nous int´eressons particuli`erement `a une
structure sym´etrique en pr´esence des fissures dans plan sym´etrique. Il s’agit de poser :
f(z) = p(z) −s(z) (16)
g

(z) = p(z) + s(z) −z [p

(z) −s

(z)] (17)
d’o` u :
p =
(g

+ f + zf

)
2
et s =
(g

−f + zf

)
2
Les ´equations (10), (11) et (5 ou 13) deviennet alors :
σ
x
+ σ
y
= 4'[p

(z) −s

(z)] (18)
σ
y
−σ
x
+ 2ıτ
xy
= 4s

(z) −2(z −z) [p”(z) −s”(z)] (19)
2µ(u + ıv) =
1 + k
2
1 −k
2
[p(z) −s(z)] −p(z) −s(z) −(z −z)

p

(z) −s

(z)

(20)
Les conditions (15) sont ainsi chang´ees :
p(z) −s(z) + p(z) + s(z) + (z −z)

p

(z) −s

(z)

=

s
0
(ıX −Y ) ds (21)
2.2 Application en mode I de rupture
Supposons que la structure et le chargement en mode I sont sym´etriques par rapport
au plan y = 0 et que le signe (+) ou (−) d´esigne le semi-plan inf´erieur ou sup´erieur
respectivement . Etant donn´es deux points sym´etrique se situant `a z
0
et z
0
, leurs
d´eplacements complexes respectifs (u
0
+ ıv
0
) et (u
0
−ıv
0
) valent :
2µ(u
0
+ ıv
0
) =
1 + k
2
1 −k
2
[p
+
(z
0
) −s
+
(z
0
)] −p
+
(z
0
) −s
+
(z
0
) −2ıy
0

p

+
(z
0
) −s

+
(z
0
)

(22)
2µ(u
0
−ıv
0
) =
1 + k
2
1 −k
2
[p

(z
0
) −s

(z
0
)] −p

(z
0
) −s

(z
0
) + 2ıy
0

p


(z
0
) −s


(z
0
)

(23)
On en d´eduit la conjugation complexe de la derni`ere ´equation (23) :
2µ(u
0
+ ıv
0
) =
1 + k
2
1 −k
2

p

(z
0
) −s

(z
0
)

−p

(z
0
) −s

(z
0
) −2ıy
0

p


(z
0
) −s


(z
0
)

(24)
Identification des ´equations (24) et (22) met en ´evidence les ´egalit´es :
p

(z) = p
+
(z), s

(z) = s
+
(z) (25)
Si la structure ne contient qu’une seule fissure (y = 0, b < x < c), le chargement en
mode I comprend trois possibilit´es :
5
◦ La premi`ere consiste aux chargements de traction impos´es (σ
y
)
+
= (σ
y
)

= σ
0
y
(x) et

xy
)
+
= −τ
xy
)

= τ
0
xy
(x) sur les surfaces fissur´ees.
◦ La deuxi`eme s’agit alternativement de chargements de traction impos´es (τ
xy
)
+
=
−τ
xy
)

= τ
0
xy
(x) et de d´eplacements contrˆol´es v
+
= −v

= v
0
(x).
◦ La troisi`eme possibilit´e est d´eplacements impos´es sur les surfaces fissur´ees v
+
=
−v

= v
0
(x) et u
+
= u

= u
0
(x)
Math´ematiquement, ces trois configurations de chargement peuvent ˆetre interpr´et´ees
diff´eremment : La condition τ
xy
= ±τ
0
xy
implique que τ
xy
est connue tout au long de la
fronti`ere y = 0 de chaque mi-plan, de mˆeme interpretation pour le cas o` u v
±
= ±v
0
(x).
On s’int´eresse particuli`erement le cas o` u (σ
y
)
+
= (σ
y
)

= σ
0
y
(x) et τ
0
xy
(x) = 0, c’est-`a-
dire :

y
−σ
x
+ 2ıτ
xy
)

= (σ
y
−σ
x
+ 2ıτ
xy
)
+
pour y = 0 (26)
L’identification des ´equations (19 et (26) donne :
s


(x) = s

+
(x) pour y = 0
Pour les milieux infinis, la th´eorie de Liouville montre que s

(x) est un polynˆome `a
un degr´e fini satisfaisant la relation (19), et se r´eduit `a un constant du `a la contrainte
impos´ee finie. Une unique fonction potentielle complexe est donc n´ecessaire. Le simpli-
fication par imposer s

(x) nul ´equivaut `a une superposition d’une contrainte constante
σ
x
. Cette contrainte n’influence pas le facteur d’intensit´e de contraintes (FIC) d’une
structure fissur´ee sym´etrique.
Equation (18) montre que pour y = 0 :

y
)
+
= 2'p

+
(x) = p

(x + ı0) + p

(x + ı0) = p

+
(x + ı0) + p


(x −ı0)
= p

+
(x) + p


(x) = σ
0
y
(x) pour b < x < c (27)
Pour x < b et x > c, l’´equation (20) devient :
2µı
∂v
+
∂x
=
1
1 −k
2

p

+
(x) −p


(x)


k
2
1 −k
2

s

+
(x) −s


(x)

= 0 (28)
Comme s

(x) est analytique sur y = 0, donc :
p

+
(x) −p


(x) = 0 pour x < b, x > c (29)
Soit L une portion de l’abscisse x contenant l’ensemble des fissures colin´eaires :
p

+
(x) + p


(x) = σ
0
y
(x) pour x ∈ L
p

+
(x) −p


(x) = 0 pour x / ∈ L
(30)
2.3 Milieu infini
Dans cette section, on consid`ere un milieu infini en pr´esence d’une fissure (b < x < c)
sousmis sous des contraintes impos´ees `a l’infini (σ

x
et σ

y
) en supposant que contrainte
de cissaillement des surfaces fissur´ees est nulle. Les ´equations (27) et (29) constituent
un probl`eme de Hilbert dont la solution est la suivante :
p

(z) =
1
2πıG(z)

c
b
σ
0
y
(ξ) G
+
(ξ)
ξ −z
dξ +
P(z)
G(z)
. (31)
avec :
6
G(z) = (z −b)
1/2
(z −c)
1/2
P(z) est un polynˆome de degr´e fini.
Les conditions aux limites donnent :
4'[p

(z) −s

(z)]
|z|→∞
= σ

y
+ σ

x
(32)
4'[s

(x)]
|z|→∞
= σ

y
−σ

x
(33)
ce qui permet de d´eterminer P(z) :
P(z) =
σ

y
2
z + a
0
, s

(z) =
σ

y
−σ

x
4
(34)
d’o` u a
0
est d´etermin´e `a partir de la condition de fermeture de fissure aux deux extr´emit´es.
On peut donc r´e´ecrire l’´equation (28) sous forme d’int´egration suivante :
2µ[v
+
(c) −v
+
(b)] =
¸
2
1 −k
2
·p
+
(x) −
2k
2
1 −k
2
·s(x)

c
b
=
¸
2
1 −k
2
·

P(x)
G(x)


2k
2
1 −k
2
·

σ

y
−σ

x
4

c
b
=
2
1 −k
2

c
b
σ

y
x/2 + a
0

(x −b)(c −x)
dx = 0 (35)
Soit encore :
a
0
= −
b + c
4
σ

y
(36)
La contrainte normale et le gradient de d´eplacement dans le plan sym´etrique sont
ensuite d´etermin´es :
σ
y
= 2'p

(x) = ±
1

(x −b)(x −c)

1
π

c
b
σ
0
y
(ξ)

(ξ −b)(c −ξ)
ξ −x
dξ + σ

y
[x −(b + c)/2]
¸
(37)
∂v
+
∂x
= −
1
2(1 −k
2

(x −b)(c −x)

1
π

c
b
σ
0
y

(ξ −b)(c −ξ)
ξ −x
dξ + σ

y
[x −(b + c)/2]
¸
(38)
avec le signe sup´erieur pour x > c et le signe inf´erieur pour x < b.
Le facteur d’intensit´e de contrainte `a x = b est :
K
(b)
I
= lim
x→b−0

2π(b −x) σ
y
(x)

(39)
= −



c −b
¸
1
π

c
b
σ
0
y
(ξ)

c −ξ
ξ −b
dξ + σ

y
b −c
2
¸
En posant a = (c −b)/2 la demi-longueur de la fissure, on obtient :
K
(b)
I
= σ

y

πa −
1

πa

c
b
σ
0
y
(ξ)

c −ξ
ξ −b
dξ (40)
Cette expression de K
(b)
I
montre que la singularit´e `a x = b devient nulle si :
1
πa

c
b
σ
0
y
(ξ)

c −ξ
ξ −b
dξ = σ

y
(41)
Cette relation peut ˆetre consid´er´ee comme condition de continuit´e de contrainte `a
x = b. C’est ´egalement la condition de fermeture de fissure (∂v
+
/∂x = 0) `a x = b qui
est v´erifi´ee par la formule (38)
7
3 Application des potentiels complexes en milieu
infini
La m´ethode de Westergaard appliqu´es aux probl`emes de m´ecanique de la rupture est
connue pour certain nombre de configuration de chargement. Dans le cas d’une petite
fissure de longueur 2a (−a < x < a), traversant une plaque charg´ee dans son plan des
contraintes impos´ees σ
y
= σ

y
, σ
x
= σ

x
, le facteur d’intensit´e de contrainte (FIC) selon
(39) vaut :
K
(−a)
I
= lim
x→−a−0

2π(−a −x) σ
y
(x)

Dans le plan de la fissure, c’est-`a-dire pour y = 0, le FIC K
I
, `a l’extr´emit´e x = −a, est
d´efini par :
K
I
= σ

y

πa (42)
De plus, si l’origine choisie co¨ıncide avec le centre de la fissure, on a :
p

(z) =
σ

y
z
2(z
2
−a
2
)
1/2
, s

(z) =
σ

y
−σ

x
4
sur la portion y = 0, −a < x < a (43)
Ces fonctions choisies p(z) et s(z) satisfont ´egalement :

z
2
−a
2
=

x
2
−a
2
sur la partie y = 0, x > a (44)
Si les constants d’int´egration sont choisis de telle sorte que :

v = 0 pour y = 0, [x[ > a
u = 0 pour z = 0
On obtient donc :
p(z) =
σ

y
2
(z
2
−a
2
)
1/2
, s(z) =
σ

y
−σ

x
4
z (45)
Par cons´equent :
σ
x
= σ

x
−σ

y
+ σ

y
'
¸
z
(z
2
−a
2
)
1/2

ıya
2
(z
2
−a
2
)
3/2

(46)
σ
y
= σ

y
'
¸
z
(z
2
−a
2
)
1/2
+
ıya
2
(z
2
−a
2
)
3/2

(47)
τ
xy
= −2'
ya
2
(z
2
−a
2
)
3/2
(48)
u =
σ

y

'
¸
k
2
1 −k
2
(z
2
−a
2
)
1/2

ıyz
(z
2
−a
2
)
1/2


σ

y
−σ

x
4(1 −k
2

x (49)
v =
σ

y

·
¸
1
1 −k
2
(z
2
−a
2
)
1/2

ıyz
(z
2
−a
2
)
1/2

+
σ

y
−σ

x

y (50)
On s’int´eresse notamment `a la solution de contrainte normale dans le plan sym´etrique
ainsi que l’ouverture de la fissure :
σ
y
=
σ

y
[x[

x
2
−a
2
=
K
I
[x[

πa(x
2
−a
2
)
pour y = 0, [x[ > 0 (51)
(52)
8
Les d´eplacement de la l`evre sup´erieure de la fissure (y = +0, −a < x < a) :
u
+
= −
σ

y
−σ

x
4(1 −k
2

x (53)
v
+
=
σ

y
2(1 −k
2


a
2
−x
2
=
K
I
2(1 −k
2

a
2
−x
2
πa
(54)
On remarque par ces r´esultats que la fissure a forme elliptique et la d´eformation ε
xx
reste constante dans la zone fissur´ee.
9
4 Fissure dans un milieu isotrope visco´elastique
4.1 Mod`ele visco´elastique
La loi de Hooke d´ecrivant le comportement d’un mat´eriau ´elastique lin´eaire s’´ecrire :
σ
ij
= µ(u
j,i
+ u
i,j
) +

κ −

3

u
k,k
δ
ji
(55)
avec :
µ : module de rigidit´e
κ : module de compression.
Le comportement m´ecanique du mat´eriau visco´elastique lin´eaire s’obtient apr`es un
temps diff´erentiel en rempla¸cant µ et κ par des fonctions de temps correspondants
dans la loi de comportement ´elastique. Ces derni`eres sont dues `a la m´emoire imparfaite
du mat´eriau visco´elastique. On sait que l’´etat de contrainte visco´elastique `a un ins-
tant t d´ependra de l’histoire des d´eformations. R´eciproquement, l’´etat de d´eformation
visco´elastique `a un instant t donn´e d´ependra de l’histoire des contraintes.
La visco´elasticit´e lin´eaire suppose que si l’on prend deux histoires de d´eformations, la
contrainte correspondant `a la somme des histoires de d´eformation sera la somme des
contraintes correspondant `a chacune de ces d´eformations.
σ
ij
=


−∞

µ(t −s)[ ˙ u
j,i
(s) + ˙ u
i,j
(s)] +
¸
κ(t −s) −
2
3
µ(t −s)

˙ u
k,k
(s)δ
ji

ds (56)
Les fonctions µ(t) et κ(t) sont suppos´ees nulles lorsque t < 0. Nous consid´erons par la
suite le mod`ele visco´elastique lin´eaire de Zener :

µ(t) =

µ

+ (µ
0
−µ

)e
−t/t
0

H(t)
κ(t) =

κ

+ (κ
0
−κ

)e
−t/t
0

H(t).
(57)
avec :
H(t) : fonction Heaviside
µ
0
, µ

, κ
0
: des constants du mat´eriau
t
0
: le temps de relaxation.
Le chargement est suppos´e appliqu´e instantan´ement en ´evitant un temps de chargement
si faible qu’il risque de provoquer les ondes dans le solid. Avec tel chargement, les effets
d’inertie peuvent ˆetre n´eglig´es et le principe de correspondance s’applique effectivement
pour les fissures fixes.
4.2 Le principe de correspondance ´elastique-visco´elastique
Supposons S
ij
, U
i
et K(p) sont les transformations de Laplace de σ
ij
, u
i
et de κ(t) res-
pectivement. Les transformations de Laplace de l’´equation constitutive (56) de Hooke
a la forme suivante :
o
ij
= M(p) (U
j,i
+ U
i,j
) +

K(p) −
2
3
M(p)

U
k,k
δ
ij
(58)
Comme le mat´eriau consid´er´e est caract´eris´e par le mod`ele de Zener, les deux fonctions
µ(t) et κ(t) ainsi que leurs transformations de Laplace sont proportionnelles l’une `a
10
l’autre. Cela implique que les transformations de Laplace du coefficient de Poisson ν
et le rapport k = c
S
/c
P
sont constantes.
On applique ce principe de correspondance pour le cas d’une plaque visco´elastique large
en pr´esence d’une fissure fixe tendue de longueur 2a dont les l`evres sont soumises en
mode I de chargement impos´e : σ
y
= σ

y
, σ
x
= σ

x
Les contraintes et d´eplacements dans le cas ´elastique correspondants sont donn´es par
les ´equations (46)-(50) dont les composants verticaux sont les suivants :
σ
y
= σ

y
'
¸
z
(z
2
−a
2
)
1/2
+
ıya
2
(z
2
−a
2
)
3/2

v =
σ

y

·
¸
1
1 −k
2
(z
2
−a
2
)
1/2

ıyz
(z
2
−a
2
)
1/2

+
σ

y
−σ

x

y
On remarque que la formulation de contraintes ne contient aucun param`etre du mat´eriau.
Selon le principe de correspondance, les contraintes visco´elastiques sont les mˆemes que
contraintes ´elastiques.
Le d´eplacement ´elastique d´epend sinon des param`etres du mat´eriau µ et k
2
:
d’o` u s’´ecrit k
2
:

k
2
=
1 −2ν
2(1 −ν)
en d´eformation plane
k
2
=
1 −ν
2
en contrainte plane
La transformations de Laplace du d´eplacement v :
V =
σ

y
2M(p)

·
¸
1
1 −k
2
(z
2
−a
2
)
1/2

ıyz
(z
2
−a
2
)
1/2

+
1 −m
4
y

(59)
avec : m =
σ

x
σ

y
On exprime µ(t) en fonction de deux termes e
−t/t
0
et (1 −e
−t/t
0
) :
µ(t) =

µ

+ (µ
0
−µ

) e
−t/t
0

H(t) =

µ
0
e
−t/t
0
+ µ

1 −e
−t/t
0

H(t) (60)
La transformation de Laplace M(p) de la fonction µ(t) est calcul´ee `a travers celles de
ces deux fonctions e
−t/t
0
et (1 −e
−t/t
0
) :
M(p) = µ
0
p
p +
1
t
0
+ µ

1
t
0
p +
1
t
0
(61)

1
M(p)
=
1
µ
0
p +
1
t
0
p +
µ

µ
0
.
1
t
0
=
1
µ
0
p
p +
µ

µ
0
1
t
0
+
1
µ

µ

µ
0
1
t
0
p +
µ

µ
0
1
t
0
(62)
Posons C(t) fonction complaisance d’inversion de 1/M(p) :
C(t) = L
−1
pt

1
M(p)

=
¸
1
µ
0

e

µ

t
µ
0
t
0

+
1
µ

1 −e

µ

t
µ
0
t
0

H(t)
C(t) =
¸
1
µ

1
µ


1
µ
0

e
−µ

t/(µ
0
t
0
)

H(t) (63)
11
Le d´eplacement de la l`evre sup´erieure de fissure `a y = 0 :
v
+
=
σ

y

a
2
−x
2
2µ(1 −k
2
)
pour [x[ < a (64)
Soit encore :
v
+
(x, t) =
σ

y

a
2
−x
2
2(1 −k
2
)
¸
1
µ

1
µ


1
µ
0

e
−µ

t/(µ
0
t
0
)

H(t) (65)
La transformation de Laplace peut s’appliquer aux autres mat´eriaux visco´elastiques
lin´eaires dont µ(t) et κ(t) ne sont pas forc´ement proportionnelles et le temps de re-
laxation peut ˆetre diff´erent pour ces deux fonctions µ(t) et κ(t). On pourra d’ailleurs
´etudier d’autres probl`emes que fissures fixes `a condition que sa solution ´elastique cor-
respondante soit connue.
12
Annexes
4.3 D´eriv´ee d’une fonction f(z).
Soit f une fonction de la variable complexe z d´efinissant une op´eration (ou une suite
d’op´eration) qui, au nombre z dans un certain ensemble D inclus dans le plan, associe
un certain nombre complexe not´e f(z) :
∀z ÷ T −→ f(z) ÷ (
T est appel´e l’ensemble de d´efinition de la fonction f : c’est l’ensemble des points o` u
l’on sait effectuer les op´erations permettant de calculer f(z).
La donn´ee d’une fonction f(z) est ´equivalente `a la donn´ee de deux fonctions `a valeurs
r´eelles u(x, y) et v(x, y telles que :
∀z ÷ T, f(z) = u(x, y) + ıv(x, y)
Supposons f(x, y)
in R
2
− differentiable, c’est-`a-dire poss´edant une diff´erentielle dans un certain domaine
de R
2
:
df =
∂f
∂x
dx +
∂f
∂y
dy. (66)
Par ailleurs :
z = x + ıy et dz = dx −ıdy
d’o` u l’on d´eduit :
dx =
1
2
(dz + dz), dx =
1

(dz −dz) =
1
2
(ıdz −ıdz)
En reportant ces expressions dans (66) et en factorisant selon dz et dz, il devient :
df =
1
2

∂f
∂x
−ı
∂f
∂y

dz +
1
2

∂f
∂x
+ ı
∂f
∂y

dz (67)
Cette expression justifie que l’on introduise deux op´erateurs diff´erentiels d´efinis comme
suite :
∂ ≡

∂z
=
1
2


dx
−ı

∂dy

, ∂ ≡

∂z
=
1
2


dx
+ ı

∂dy

(68)
4.4 Fonctions holomorphes ou fonctions analytiques
A tout point M(x,y) du plan, on associe le complexe z = x + ıy dont le conjug´e est
z = x −ıy. Dans ces deux derni`eres relations, on retire :
x =
z + z
2
et y =
z −z

(69)
Toute fonction g(x, y) peut-ˆetre consid´er´ee comme fonction de z et z, que l’on notera
par abus de notation g(z, z).
(x, y) ∈ Plan −→ g(x, y)
(x, y) −→ (z, z) −→ g(z, z)
13
Pour ce changement de variable, on a :

g
,z
=
1
2
(g
,x
−ıg
,y
)
g
,z
=
1
2
(g
,x
+ ıg
,y
)

g
,x
= g
,z
+ g
z,z
g
,y
= ı(g
,z
−g
,z
)
Soient P(x, y) et Q(x, y), deux fonctions d´efinies sur un domaine S du plan. La fonction
g d´efinie par g = P + ıQ est holomorphe dans S si :
g
,z
= 0
Autrement dit g est fonction de la seule variable complexe z → g = g(z)
D’apr`es les r`egle de d´erivation (70), on a alors :
g
,z
= 0 → g
,x
+ ıg
,y
= 0
Soit en reposant dans la premi`ere formule (68) :
g
,z
=
1
2
(g
,x
+ g
,x
) = g
,x
−→ g

(z) =
∂g
∂x
g
,z
=
1
2
(−ıg
,y
−ıg
,y
) = −ıg
,y
−→ g

(z) = −ı
∂g
∂y
compte tenu de l’expression de g on a l’´egalit´e :
∂P
∂x
+ ı
∂Q
∂y
= −ı
∂P
∂y
+
∂Q
∂y
−→

∂P
∂x
=
∂Q
∂y
∂P
∂y
= −
∂Q
∂x
Ces ´egalit´es correspondent aux conditions de Cauchy-Riemann. Ces relations implique
∆P = ∆Q = 0. Les parties r´eele et imaginaire d’une fonction holomorphe sont harmo-
niques.
14
R´ef´erences
[1] K. B. Broberg (1999), ”Cracks and Fracture”, Academic Press, pp. 45–246
[2] E. Znaty (1982), ”Propagation des fissures en milieu visco´elastique”, Th`ese de
l’Ecole Nationale des Ponts et Chauss´ees
[3] A. Ehrlacher (2004), ”M´ecanique de la rupture”, Cours DEA G´enie M´ecanique et
Mat´eriaux - Ecole Nationale des Ponts et Chauss´ees
[4] A. Zeghloul (2003), ”Concepts fondamentaux de la m´ecanique de la rupture”, Cours
DEA M´ecanique Mat´eriaux Structures et Proc´ed´es - Universit´e de Metz
15