UNE SEMAINE DE HIGHLIFE MEXICAINE

„Au Mexique ? Dans trois semaines ? Oui ! .... Mais j'ai pas de passeport !“ Trois semaines après que cette phrase ait été prononcée, on se trouve dans l'avion en direction de Mexico City, moi avec mon nouveau passeport que j'avais récupéré seulement trois jours avant le départ. L'excitation monte au fur et à mesure que l'avion gagne en altitude... et fait place à un agacement grâce à la mama mexicaine à côté de moi dont la corpulence exige plus de place qu'un seul siège peut offrir. Je partage donc mon siège avec une moitié de sa fesse droite. Heureusement que je réussi à filer cette place à Tancrède avant la fin du vol ! Arrivé à l'aéroport, les grosses voitures 4x4 défilent devant nos yeux jusqu'à ce que Fossi, notre guide de première classe s'arrête enfin devant nous avec un gros van, chauffeur inclus, qui nous emmène au premier hôtel cinq étoiles que j'ai jamais vu de ma vie. Et celui-ci n'allait pas rester le seul... En effet, au Mexique ce n'est pas la slacklife, mais bien la highlife qui nous attend : tous les jours, on change d'hôtel, on mange comme des rois, on se fait porter les bagages (même si les porteurs font des grimasses en soulevant nos sacs de matos...) notre chauffeur nous suit partout avec son van. Il y a tellement de luxe qu'un soir, Tancrède, au lieu de remplir une fiche d'adresse à la réception d'un hôtel, fait qu'un rapide autographe au plein milieu et tend la feuille à la réceptionniste. Eh oui, on ne peut pas lui en vouloir, on s'habitue vite à la vie de rockstar...

Mais pourquoi on était au Mexique déjà...? Ah oui, pour une émission télé d'une des plus grandes chaines mexicaines !

On est donc en permanence entouré de gens. Des caméramans avec leurs grands engins sur l'épaule, des producteurs, des metteurs en scène, des journalistes, des organisateurs, des gens qui ne servent strictement à rien, des photographes, le présentateur et... Marisol Gonzalez ! Marisol Gonzalez, une superstar au Mexique dont on ignorait totalement l'existence. Je vous invite vivement à découvrir le personnage sur le web, google images vous aidera !

Où qu'elle aille, elle est suivi par son maquilleur gay et une horde de gens qui veulent prendre des photos avec elle. Quelle chance qu'on a à leurs yeux, de voyager dans la même voiture qu'elle, lui faire la bise le matin, manger à ses côtés. Tancrède, ce malin, a même réussi à lui mettre la main sur la.... hanche !

L'émission en question, « Vive Puebla », présente l'état de Puebla aux téléspectateurs. Il y a des thèmes culturels, des visites de villes mais le fil conducteur ce sont des athlètes qui s'exercent à leur sport quelque part dans cette région du pays en faisant participer les deux présentateurs, Mauricio Clarc et Marisol Gonzalez. Ainsi Marisol se jette d'une cascade avec le kayakeur Rafa Ortiz, elle descend dans un trou avec des spéléologues, elle participe à une course d'automobiles aux côtés d'un pilote et elle fait de la slackline (même si sa prestation ressemble un peu à un début de film porno).

Nous assistons avec elle à une grande première mondiale : la cascade du pilote de motocross Pietr Pilat et du pilote d'avion Kirby Chambliss : La moto qui saute au dessus de l'avion volant au ras du sol.

Et pour finir, on assiste à une grande Gala-Show de l'émission qui regroupe tous les athlètes au même endroit pour envoyer du lourd devant 100.000 spectateur, le tout en direct.

Pendant une heure durant, les avions se tordent dans tous les sens, rasent les têtes des curieux, les motos volent également dans l'air entre les rampes, les parachutistes et un parapentiste tombent d'un hélicoptère, un vélo trial fait le show sur la scène, à côté de Marisol.

Mais pourquoi on était au Mexique déjà...? Ah oui, pour faire de la highline !

En effet, c'était ça l'idée à la base : on vient au Mexique pour faire une highline au dessus d'une cascade qui se trouve, évidemment, dans l'état de Puebla et aussi pour participer au show final avec les autres athlètes. Et c'est exactement ce qu'on a fait ! Et plus encore ! Pour commencer, on installe une highline d'environ 25m au dessus d'une magnifique cascade entre palmiers et cactus. L'émission allait diffuser cet événement en direct à 8h du matin. Après une journée d'installation, le lendemain on est donc debout de bonne heure et en pleine forme.

Pendant que Tancrède ride la ligne, je m'occupe de Marisol qui essaye de marcher sur une ligne tendu au sol. Au fait, elle se débrouille pas trop mal en vrai !

Ensuite on change : moi sur la ligne, Tancrède avec Marisol. Malheureusement je n'ai aucun moyen de savoir ce qui s'est passé entre les deux le temps que je fasse mon allerretour sur la highline... Suivent les interviews pour plusieurs personnes et caméras différents et d'innombrables photos prises d'IPhones avec des gens qui passent par hasard ou qui travaillent pour la télé.

Enfin libérés, il nous reste la désinstallation, avec l'aide de Fossi, notre guide qu'on commence à appeler le « Papa mexicain » vu comme il s'occupe si bien de nous depuis le début. Le lendemain, pour un jour de repos, ils nous conduisent dans le désert à l'autre bout de l'état de Puebla. C'est chouette mais on fait plus de trajet en voiture qu'autre chose. Au moins, on voit le désert et Marisol dans une voiture de course.

Le lendemain on rattaque, en ville cette fois-ci.

Une petite highline entre deux maisons au centre ville de Puebla. Les gens sont scotchés, ils n'ont jamais vu un truc pareil. On a droit à un article dans le journal local et beaucoup de sourires et félicitations de la part des habitants. Une fois terminé, il faut se dépêcher encore une fois : Tancrède doit sauter en BASE d'un hélicoptère qui l'attends depuis un quart d'heure. Le van saute plein gaz sur les ralentisseurs et les trous dans la chaussée pour arriver à l'heure – et il y arrive !

Mais la journée n'est toujours pas terminée ! Il faut installer la slackline entre les rampes de motos pour le show final du lendemain. On galère. Ça avait l'air facile pourtant ! On abandonne à la tombée de la nuit, crevés. On a rien mangé de la journée et pour la première fois on se rend compte qu'être ici ce n'est pas que drôle mais bien fatiguant. Il s'agit réellement de boulot au fait ! On aura le lendemain pour tout installer et s'entrainer. S'ensuit la soirée du grand show. On a 9min entre les motos et les avions pour montrer ce qu'on sait faire sur cette ligne de 20m. Et la cerise sur le gâteau : on n'a pas droit de tomber ! Il faut faire le show, faire style d'être des rockstars (c'est vrai, ils nous ont entrainé à nous sentir comme tel depuis le début de semaine), saluer la foule, se sentir à l'aise...

Personnellement je suis congelée, ça doit être le stress, je passe en premier sur la ligne. On se prépare et une fois sur la ligne, je réussis à me mettre dans ma bulle, je fais un sans faute, tout comme Tancrède qui me suit.

Je me rends compte de ce qui m'entoure seulement au moment de faire la planche et regarder le public : 100.000 personnes ! Des visages à perte de vue ! Des gens qui crient, qui agitent les bras. C'est fou, je me sens comme les Beatles... ! Tancrède termine le show avec un solo parfaitement maitrisé et voilà, c'est fini.

Backstage encore des photos avec des gens qui réussissent à se frayer un chemin jusque là. Un mexicain me parle même en allemand. On donne nos premiers autographes. Entretemps une chanteuse mexicaine se met à chanter d'une voix aiguë sur scène. Je m'éclipse dès que je peux, Tancrède retourne se baigner dans la foule. Le chauffeur me ramène à l'hôtel, se frayant un chemin parmi tous ces gens. Quelques personnes essayent de voir qui est à l'intérieur du van... Je me sens bizarre. A l'hôtel, je m'allonge sur le lit, ferme les yeux. Au fait, j'aime bien les montagnes ! Une dernière chose nous attend avant le vol de retour le lendemain : la fête légendaire avec tous les riders organisée par Red Bull – présence obligatoire. On rentre en VIP et se retrouve dans une petite salle avec un bar et boissons gratuits. A la première demande, on réussi à boire un jus de fruits. Ensuite, les boissons non-alcoolisées ne sont plus autorisés. On se sent alors contraint d'accepter une téquila. Et une deuxième. Et une troisième. Tancrède commence à rigoler sans cesse, mon anglais s'améliore comme par magie, on dirait que c'est ma langue maternelle. Un quatrième. On s'appuie au bar. Tancrède parle avec une jolie brune pendant que je me fais attraper par le boss Ernesto qui me fait boire encore des téquilas et d'autres trucs fort. Il me dit : « bois avec moi, sinon je ne t'invite plus l'année prochaine »... Le Mexique c'est cool, j'aimerais bien revenir alors je bois une autre téquila. Tancrède pendant ce temps a aussi sa dose, je crois qu'il ne refermera plus la bouche de la soirée, tellement il est en train de sourire tout le temps. A 3h du matin, on arrive à se sauver en cachette, avant qu'Ernesto ne me retrouve de nouveau.

Le lendemain, on est « hangover ». Comme tout le monde au fait.. Mais rien ne nous empêche d'aller voir les pyramides aztèque en trainant Mariano derrière nous qui nous emmène et qui est encore plus « hangover » que nous.

Ainsi se termine une semaine de travail, une semaine de folie, une semaine de jetlag, une semaine de merveilleuses rencontres et magnifiques paysages. En espérant pouvoir réaliser toutes les idées et projets nés là-bas, on reviendra !

PS : Comme notre appareil photo n'avait plus de batterie dès notre arrivée, merci à tous ceux qui ont pris des images : Zenon Rosas, Marcos Ferro, Mauricio Ramos, Gildas Leprince, Alvaro Pastor.

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