Chapitre 5

Eléments finis de Lagrange
La construction d’ une méthode d’éléments finis nécessite la donnée d’un maillage, de noeuds et d’un espace de
polynômes, qui doivent être choisis de manière cohérente. Les éléments finis de type Lagrange font intervenir
comme ”degrés de liberté" (c.à.d. les valeurs qui permettent de déterminer entièrement une fonction) les valeurs de
la fonction aux noeuds. Ils sont très largement utilisés dans les applications. Il existe d’autres familles d’éléments
finis, comme par exemple les éléments finis de type Hermite qui font également intervenir les valeurs des dérivées
directionnelles. Dans le cadre de ce cours, nous n’aborderons que les éléments finis de type Lagrange, et nous
renvoyons aux ouvrages cités en introduction pour d’autres éléments.
5.1 Espace d’approximation
5.1.1 Cohérence “locale"
Soit T un maillage de Ω, pour tout élément K de T , on note Σ
K
l’ensemble des noeuds de l’élément. On suppose
que chaque élément a N

noeuds K : Σ
K
= {a
1
, . . . , a
N

}, qui ne sont pas forcément ses sommets. On note P un
espace de dimension finie constitué de polynômes, qui définit la méthode d’éléments finis choisie.
Définition 5.1 (Unisolvance, élément fini de Lagrange) Soit K un élément et Σ
K
= (a
i
)
i=1,...,N

un ensemble
de noeuds de K. Soit P un espace de polynômes de dimension finie. On dit que le triplet (K, Σ
K
, P) est un élément
fini de Lagrange si Σ
K
est P-unisolvant, c’est à dire si pour tout (α
1
, . . . , α
N

) ∈ IR
N

, il existe un unique élément
f ∈ P tel que f(a
i
) = α
i
∀i = 1 . . . N

. Pour i = 1, . . . , N

, on appelle degré de liberté la forme linéaire ζ
i
définie par ζ
i
(p) = p(a
i
), pour tout p ∈ P. La propriété d’unisolvance équivaut à dire que la famille (ζ
i
)
i=1,...,N

forme une base de P

(espace dual de P).
La P-unisolvance revient à dire que toute fonction de P est entièrement déterminée par ses valeurs aux noeuds.
Exemple : l’élément fini de Lagrange P
1
Prenons par exemple, en dimension 1, l’élément K = [a
1
, a
2
], avec
Σ
K
= {a
1
, a
2
}, et P = P
1
(ensemble des polynômes de degré inférieur ou égal à 1). Le triplet (K, Σ
K
, P) est
unisolvant s’il existe une unique fonction f de P telle que :
_
f(a
1
) = α
1
f(a
2
) = α
2
159
5.1. ESPACE D’APPROXIMATION CHAPITRE 5. ELÉMENTS FINIS DE LAGRANGE
Or toute fonction f de P s’exprime sous la forme f(x) = λx +µ et le système
_
_
_
λa
1
+µ = α
1
λa
2
+µ = α
2
détermine λ et µ de manière unique.
a
1
a
2
a
3
φ
1
a
1
a
2
a
3
φ
2
a
1
a
2
a
3
φ
3
FIGURE 5.1 – fonctions de base locales pour l’élément fini de Lagrange P
1
en dimension 2
De même si on considère le cas d = 2. On prend comme élément K un triangle et comme noeuds les trois sommets,
a
1
, a
2
, a
3
du triangle. Soit P = P
1
= {f : IR → IR; f(x) = λx
1
+ µx
2
+ ν} l’ensemble des fonctions affines.
Alors le triplet (K, Σ
K
, P) est un élément fini de Lagrange car f ∈ P est entièrement déterminée par f(a
1
), f(a
2
)
et f(a
3
).
Définition 5.2 (Fonctions de base locales) Si (K, Σ
K
, P) est un élément fini de Lagrange, alors toute fonction f
de P peut s’écrire :
f =
N

i=1
f(a
i
)f
i
avec f
i
∈ P et f
i
(a
j
) = δ
ij
. Les fonctions f
i
sont appelées fonctions de base locales.
Pour l’élément fini de Lagrange P
1
en dimension 2 considéré plus haut, les fonctions de base locales sont décrites
sur la figure 5.1
Définition 5.3 (Interpolée) Soit (K, Σ
K
, P) un élément fini de Lagrange, et soit v ∈ C(K, IR). L’interpolée de v
est la fonction Πv ∈ P définie par :
Πv =
N

i=1
v(a
i
)f
i
On montre sur la figure 5.2 un exemple d’interpolée pour l’élément fini de Lagrange P
1
en dimension 1. L’étude
de v −Πv va nous permettre d’établir une majoration de l’erreur de consistance d(u, H
N
).
Analyse numérique II, Télé-enseignement, M1 160 Université Aix-Marseille 1, R. Herbin, 27 septembre 2010
5.1. ESPACE D’APPROXIMATION CHAPITRE 5. ELÉMENTS FINIS DE LAGRANGE
a1 a2
x
f(x)
FIGURE 5.2 – Interpolée P1 sur [a
1
, a
2
] (en trait pointillé) d’une fonction régulière (en trait continu)
1 2
3
FIGURE 5.3 – Exemple de triangle à trois noeuds qui n’est pas un élément fini de Lagrange)
Remarque 5.4 Pour que le triplet (K, Σ
K
, P) soit un élément fini de Lagrange, ilfaut, mais il ne suffit pas, que
dimP = cardΣ
K
. Par exemple si P = P
1
et qu’on prend comme noeuds du triangle deux sommets et le milieu
de l’arête joignant les deux sommets, (voir figure 5.3), (K, Σ
K
, P) n’est pas un élément fini de Lagrange.
Proposition 5.5 (Critère de détermination) Soit (K, Σ, P) un triplet constitué d’un élément, d’un ensemble de
noeuds et d’un espace de polynômes, tel que :
dimP = cardΣ = N

(5.1.1)
Alors
si ∃!f ∈ P; f = 0 sur Σ (5.1.2)
ou si
∀i ∈ {1 . . . N

}∃f
i
∈ P f
i
(a
j
) = δ
ij
(5.1.3)
alors (K, Σ, P) est un élément fini de Lagrange.
Démonstration : Soit :
φ : P →IR
N

f →(f(a
i
))
t
i=1,N

.
Analyse numérique II, Télé-enseignement, M1 161 Université Aix-Marseille 1, R. Herbin, 27 septembre 2010
5.1. ESPACE D’APPROXIMATION CHAPITRE 5. ELÉMENTS FINIS DE LAGRANGE
L’application φ est linéaire de P dans IR
N

, et, par hypothèse cardΣ = dimP. Donc φ est une application linéaire
continue de P dans IR
N

, avec dimP = dim(IR
N

) = N

. Si (K, Σ, P) vérifie la condition (5.1.2) alors φ est
injective. En effet, si φ(f) = 0, alors f(a
i
) = 0, ∀i = 1, . . . , N

, et donc par hypothèse, f = 0. Donc φ est une
application linéaire, φ est injective de P dans IR
N

avec dimP = N

. On en déduit que φ est bijective. Donc
toute fonction de P est entièrement déterminée par ses valeurs aux noeuds : (K, Σ, P) est donc un élément fini de
Lagrange.
On montre facilement que si la condition (5.1.3) est vérifiée alors φ est surjective. Donc φ est bijective, et (K, Σ, P)
est un élément fini de Lagrange.
Proposition 5.6 Soit (
¯
K,
¯
Σ,
¯
P), un élément fini de Lagrange, où
¯
Σ est l’ensemble des noeuds de
¯
K et
¯
P un espace
de fonctions de dimension finie, et soit F une bijection de
¯
K dans K, où K est une maille d’un maillage éléments
finis. On pose Σ = F(
¯
Σ) et P = {f : K → IR; f ◦ F ∈
¯
P} (voir figure 5.4). Alors le triplet (K, Σ, P) est un
élément fini de Lagrange.
ˆ
K
K
(x, y)
ˆ a
3
F
ˆ a
1
ˆ a
2
(ˆ x, ˆ y)
a
1
= F(ˆ a
1
)
a
3
= F(ˆ a
3
)
a
2
= F(ˆ a
2
)
FIGURE 5.4 – Transformation F
Démonstration : Supposons que les hypothèses de la proposition sont réalisées. On veut donc montrer que (Σ, P)
est unisolvant. Soit Σ = (a
1
, . . . , a
N

), et soit (α
1
, . . . , α
N

) ∈ IR
N

. On veut montrer qu’il existe une unique
fonction f ∈ P telle que
f(a
i
) = α
i
, ∀i = 1, . . . , N

.
Or par hypothèse, (
¯
Σ,
¯
P) est unisolvant. Donc il existe une unique fonction
¯
f ∈
¯
P telle que
¯
f(¯ a
i
) = α
i
, ∀i = 1, . . . , N

,
(où (¯ a
i
)
i=1,...,N

désignent les noeuds de
¯
K). Soit F la bijection de
¯
K sur K, on pose f =
¯
f ◦ F
−1
. Or par
hypothèse, a
i
= F(¯ a
i
). On a donc : f(a
i
) =
¯
f ◦ F
−1
(a
i
) =
¯
f(¯ a
i
) = α
i
. On a ainsi montré l’existence de f telle
que f(a
i
) = α
i
.
Montrons maintenant que f est unique. Supposons qu’il existe f et g ∈ P telles que :
f(a
i
) = g(a
i
) = α
i
, ∀i = 1, . . . , N

.
Soit h = f −g on a donc :
h(a
i
) = 0 ∀i = 1 . . . N

.
On a donc h ◦ F(¯ a
i
) = h(a
i
) = 0. Or h ◦ F ∈
¯
P, et comme (
¯
Σ,
¯
P) est unisolvant, on en déduit que h ◦ F = 0.
Comme, pour tout x ∈ K, on a h(x) = h ◦ F ◦ F
−1
(x) = h ◦ F(F
−1
(x)) = 0, on en conclut que h = 0.
Analyse numérique II, Télé-enseignement, M1 162 Université Aix-Marseille 1, R. Herbin, 27 septembre 2010
5.1. ESPACE D’APPROXIMATION CHAPITRE 5. ELÉMENTS FINIS DE LAGRANGE
Définition 5.7 (Eléments affine-équivalents) . Sous les hypothèses de la proposition 5.6, si la bijection F est
affine, on dit que les éléments finis (
¯
K,
¯
Σ,
¯
P) et (K, Σ, P) sont affine–équivalents.
Remarque 5.8 Soient (
¯
K,
¯
Σ,
¯
P) et (K, Σ, P) deux éléments finis afffine–équivalents. Si les fonctions de base
locales de (
¯
K,
¯
Σ,
¯
P). (resp. de (K, Σ, P)) sont affines, alors celles de K (resp.
¯
K) le sont aussi, et on a :
_
_
_
¯
f
i
= f
i
◦ F,
f
i
=
¯
f
i
◦ F
−1
,
i = 1, . . . , cardΣ
La preuve de cette remarque fait l’objet de l’exercice 52.
Proposition 5.9 (Interpolation) Sous les hypothèses de la proposition 5.10 page 164, soient Π¯
K
et Π
K
les opé-
rateurs d’interpolation respectifs sur
¯
K et K, voir définition 5.3 page 160. Soient v ∈ C(K, IR), Π¯
K
v et Π
K
v les
interpolées respectives de v sur (
¯
K,
¯
P) et (K, P), alors on a :
Π
K
v ◦ F = Π¯
K
(v ◦ F)
Démonstration : Remarquons tout d’abord que Π
K
v ◦ F et Π¯
K
(v ◦ F) sont toutes deux des fonctions définies de
¯
K à valeurs dans IR, voir figure 5.5. Remarquons ensuite que, par définition de l’interpolée, Π
K
v ∈ P. Comme
K
IR
K
F
ΠKv
Π
K
v
F ◦ ΠKv
FIGURE 5.5 – Opérateurs d’interpolation Π¯
K
etΠ
K
(
¯
K,
¯
Σ,
¯
P) est l’élément de référence, on a donc :
Π
K
v ◦ F ∈
¯
P
On a aussi, par définition de l’interpolée : Π¯
K
(v ◦ F) ∈
¯
P. On en déduit que Π
K
v ◦ F et Π¯
K
(v ◦ F) sont toutes
deux des fonctions de
¯
P. Comme l’élément (
¯
K,
¯
P,
¯
Σ) est unisolvant (car c’est un élément fini de Lagrange), toute
fonction de
¯
P est uniquement déterminée par ses valeurs aux noeuds de
¯
Σ. Pour montrer l’égalité de Π
K
v ◦ F et
Π¯
K
(v ◦ F), il suffit donc de montrer que :
Π¯
K
(v ◦ F)(¯ a
i
) = Π
K
v ◦ F(¯ a
i
), i = 1, . . . , N

,
où N

= card
¯
Σ. Décomposons Π¯
K
(v ◦ F) sur les fonctions de base locales (
¯
f
j
), j = 1, . . . , N

. On obtient :
Π¯
K
(v ◦ F)(¯ a
i
) =
N

j=1
v ◦ F(¯ a
j
)
¯
f
j
(¯ a
i
).
Analyse numérique II, Télé-enseignement, M1 163 Université Aix-Marseille 1, R. Herbin, 27 septembre 2010
5.1. ESPACE D’APPROXIMATION CHAPITRE 5. ELÉMENTS FINIS DE LAGRANGE
On a donc :
Π¯
K
(v ◦ F)(¯ a
i
) = v ◦
_
_
N

j=1
F(¯ a
j
)
¯
f
j
_
_
(¯ a
i
) = v ◦ F(¯ a
i
) = v(a
i
).
Mais on a aussi :
Π
K
v ◦ F(¯ a
i
) = Π
K
v(F(¯ a
i
)) = Π
K
v(a
i
) = v(a
i
).
D’où l’égalité.
5.1.2 Construction de H
N
et conformité
Nous allons considérer deux cas : le cas où l’espace H est l’espace H
1
tout entier, et le cas où l’espace H est
l’espace H
1
0
Cas H = H
1
(Ω)
Plaçons-nous ici dans le cas où H = H
1
(Ω), où Ω ⊂ IR
d
est un ouvert borné polygonal (si d = 2, polyèdrique
si d = 3). Soit T un maillage éléments finis, avec T = (K

)
=1,...,L
, où les éléments finis K

sont fermés et
tels que ∪
L
=1
K

=
¯
Ω. Soit S = (S
i
)
i=1,...,M
l’ensemble des noeuds du maillage éléments finis, avec S
i

¯
Ω, ∀i = 1, . . . , M.. On cherche à construire une méthode d’éléments finis de Lagrange ; donc à chaque élément
K

, = 1, . . . , L, est associé un ensemble de noeuds Σ

= S ∩ K

, et un espace P

de polynômes. On veut que
chaque triplet (K

, Σ

, P

) soit un élément fini de Lagrange. On définit les fonctions de base globales (φ
i
)
i=1,...,M
,
par :
φ
i
|
K

∈ P

∀i = 1, . . . , M; ∀ = 1; . . . , L, (5.1.4)
et
φ
i
(S
j
) = δ
ij
∀i = 1, . . . , M, ∀j = 1, . . . , M. (5.1.5)
Chaque fonction φ
i
est définie de manière unique, grâce au caractère unisolvant de (K

, Σ

, P

), = 1, . . . , M.
On pose H
N
= V ect(φ
1
, . . . , φ
M
). Pour obtenir une méthode d’éléments finis conforme, il reste à s’assurer que
H
N
⊂ H
1
.
Une manière de construire l’espace H
N
est de construire un maillage à partir d’un élément de référence, grâce à la
proposition suivante, qui se déduit facilement de la proposition 5.6 page 162
Proposition 5.10 (Elément fini de référence) Soit T un maillage constitué d’éléments K. On appelle élément
fini de référence un élément fini de Lagrange (
¯
K,
¯
Σ,
¯
P), où
¯
Σ est l’ensemble des noeuds de
¯
K et
¯
P un espace de
fonctions, de dimension finie, tel que, pour tout autre élément K ∈ T , il existe une bijection F :
¯
K → K telle
que Σ = F(
¯
Σ) et P = {f : K → IR; f ◦ F ∈
¯
P} (voir figure 5.4). Le triplet (K, Σ, P) est un élément fini de
Lagrange.
Proposition 5.11 (Critère de conformité, cas H
1
) Soit Ω un ouvert polygonal (ou polyèdrique) de IR
d
, d = 2 ou
3. Soit T = (K

)
=1,...,L
, un maillage éléments finis de Ω, S = (S
i
)
i=1,...,M
l’ensemble des noeuds de maillage.
On se place sous les hypothèses de la proposition 5.10 ; soient (φ
i
)
i=1,...,M
les fonctions de base globales, vérifiant
(5.1.4) et (5.1.5), et on suppose de plus que les hypothèses suivantes sont vérifiées :
Pour toute arête (ou face si d = 3) = K
1
∩ K
2
, on a : Σ
1
∩ = Σ
2
∩ et P
1
|

= P
2
|

, (5.1.6)
où P
1
|

(resp. P
2
|

) désigne l’ensemble des restrictions des fonctions de P
1
(resp. P
2
) à ),
Si est un côté de K

, (Σ

∩ , P

|

) est unisolvant. (5.1.7)
Analyse numérique II, Télé-enseignement, M1 164 Université Aix-Marseille 1, R. Herbin, 27 septembre 2010
5.1. ESPACE D’APPROXIMATION CHAPITRE 5. ELÉMENTS FINIS DE LAGRANGE
Alors on a : H
N
⊂ C(
¯
Ω) et H
N
⊂ H
1
(Ω). On a donc ainsi construit une méthode d’éléments finis conformes.
(Notons que les côtés de K

sont des arêtes en 2D et des faces en 3D.)
Démonstration : Pour montrer que H
N
⊂ C(
¯
Ω) et H
N
⊂ H
1
(Ω), il suffit de montrer que pour chaque fonction
de base globale φ
i
, on a φ
i
∈ C(
¯
Ω) et φ
i
∈ H
1
(Ω). Or par hypothèse, (5.1.4), chaque fonction φ
i
est polynômiale
par morceaux. De plus, grâce à l’hypothèse (5.1.6), on a raccord des polynômes sur les interfaces des éléments, ce
qui assure la continuité de φ
i
. Il reste à montrer que φ
i
∈ H
1
(Ω) pour tout i = 1, . . . , M. Comme φ
i
∈ C(
¯
Ω), il
est évident que φ
i
∈ L
2
(Ω) (car Ω est un ouvert borné, donc φ
i
∈ L

(Ω) ⊂ L
2
(Ω).
Montrons maintenant que les dérivées faibles D
j
φ
i
, j = 1, . . . , d, appartiennent à L
2
(Ω). Par définition, la
fonction φ
i
admet une dérivée faible dans L
2
(Ω) s’il existe une fonction ψ
i,j
∈ L
2
(Ω) telle que :
_

φ
i
(x)∂
j
ϕ(x)dx = −
_

ψ
ij
(x)ϕ(x)dx, (5.1.8)
pour toute fonction ϕ ∈ C
1
c
(Ω) (on rappelle que C
1
c
(Ω) désigne l’ensemble des fonctions de classe C
1
à support
compact, et que ∂
j
désigne la dérivée classique par rapport à la j-ème variable). Or, comme
¯
Ω =
L
_
=1
K

, on a :
_

φ
i
(x)D
j
ϕ(x)dx =
L

=1
_
K

φ
i
(x)D
j
ϕ(x)dx.
Sur chaque élément K

, la fonction φ
i
est polynômiale. On peut donc appliquer la formule de Green, et on a :
_
KL
φ
i
(x)∂
j
ϕ(x)dx =
_
∂K

φ
i
(x)ϕ(x)n
j
(x)dγ(x) −
_
K


j
φ
i
(x)ϕ(x)dx,
où n
j
(x) est la j-ième composante du vecteur unitaire normal à ∂K

en x, extérieur à K

. Mais, si on note E
int
l’ensemble des arêtes intérieures du maillage (i.e. celles qui ne sont pas sur le bord), on a :
X =
L

=1
_
∂K

φ
i
(x)ϕ(x)n
j
(x)dγ(x) =
_

¯

φ
i
(x)ϕ(x)n
j
(x)dγ(x)
+

∈Eint
_
_

i
(x)ϕ(x)n
j
(x))
¸
¸
K

1
+ (φ
i
(x)ϕ(x)n
j
(x))
K

2
¸
dγ(x).
où K
1
et K
2
désignent les deux éléments dont est l’interface.
Comme ϕ est à support compact,
_

¯

φ
i
(x)ϕ(x)n
j
(x)dγ(x) = 0.
Comme φ
i
et ϕ sont continues et comme n
j
(x)
¸
¸
K

1
= −n
j
(x)
¸
¸
K

2
pour tout x ∈ , on en déduit que X = 0. En
reportant dans (5.1.2), on obtient donc que :
_

φ
i
(x)∂
j
ϕ(x)dx = −
L

=1
_
K


j
φ
i
(x)ϕ(x)dx.
Soit ψ
i,j
la fonction de Ω dans IR définie presque partout par
ψ
ij
¸
¸
¸ ◦
K
= −∂
j
φ
i
.
Comme ∂
j
φ
i
est une fonction polynômiale par morceaux, on a ψ
i,j
∈ L
2
(Ω) qui vérifie (5.1.8), ce qui termine la
démonstration.
Analyse numérique II, Télé-enseignement, M1 165 Université Aix-Marseille 1, R. Herbin, 27 septembre 2010
5.1. ESPACE D’APPROXIMATION CHAPITRE 5. ELÉMENTS FINIS DE LAGRANGE
Cas H = H
1
0
(Ω)
Plaçons-nous mainteant dans le cas où H = H
1
0
(Ω). On décompose alors l’ensemble S des noeuds du maillage :
S = S
int
∪ S
ext

S
int
= {S
i
, i = 1, . . . , N} ⊂ Ω
est l’ensemble des noeuds intérieurs à Ω et
S
ext
= {S
i
, i = N + 1, . . . , M} ⊂ ∂Ω
est l’ensemble des noeuds de la frontière. Les fonctions de base globales sont alors les fonctions φ
i
, i = 1, . . . , N
telles que
φ
i
|
K

∈ P

, ∀i = 1, . . . , N, ∀ = 1, . . . , L (5.1.9)
φ
i
(S
j
) = δ
ij
, ∀j = 1, . . . , N, (5.1.10)
et on pose là encore H
N
= V ect{φ
1
, . . . , φ
N
}. On a alors encore le résultat suivant :
Proposition 5.12 (Critère de conformité, cas H
1
0
) Soit Ω un ouvert polygonal (ou polyèdrique) de IR
d
, d = 2
ou 3. Soit T = (K

)
=1,...,L
un maillage éléments finis de Ω, S = (S
i
)
i=1,...,M
= S
int
∪ S
ext
l’ensemble des
noeuds du maillage. On se place sous les hypothèses de la proposition 5.6. On suppose que les fonctions de base
globale (φ
i
)
i=1,...,M
vérifient (5.1.9) et (5.1.10), et que les conditions (5.1.6) et (5.1.7) sont vérifiées. Alors on a :
H
N
⊂ C(
¯
Ω) et H
N
⊂ H
1
0
(Ω)
Démonstration : La preuve de cette proposition est laissée à titre d’exercice.
Remarque 5.13 (Eléments finis conformes dans H
2
(Ω)) On a construit un espace d’approximation H
N
inclus
dans C(
¯
Ω). En général, on n’a pas H
N
⊂ C
1
(
¯
Ω), et donc on n’a pas non plus H
N
⊂ H
2
(Ω) (en dimension
1 d’espace, H
2
(Ω) ⊂ C
1
(Ω)). Même si on augmente le degré de l’espace des polynômes, on n’obtiendra pas
l’inclusion H
N
⊂ C
1
(
¯
Ω). Si on prend par exemple les polynômes de degré 2 sur les éléments, on n’a pas de
condition pour assurer le raccord, des dérivées aux interfaces. Pour obtenir ce raccord, les éléments finis de
Lagrange ne suffisent pas : il faut prendre des éléments de type Hermite, pour lesquels les degrés de liberté ne
sont plus seulement les valeurs de la fonction aux noeuds, mais aussi les valeurs de ses dérivées aux noeuds. Les
éléments finis de Hermite seront par exemple bien adaptés à l’approximation des problèmes elliptiques d’ordre 4,
dont un exemple est l’équation :

2
u = f dans Ω
où Ω est un ouvert borné de IR
2
, ∆
2
u = ∆(∆u), et avec des conditions aux limites adéquates, que nous ne
détaillerons pas ici. On peut, en fonction de ces conditions aux limites, trouver un espace de Hilbert H et une
formulation faible de (5.13), qui s’écrit :
_
¸
_
¸
_
_

∆u(x)∆ϕ(x)dx =
_

f(x)ϕ(x)dx
u ∈ H, ∀ϕ ∈ H.
Pour que cette formulation ait un sens, il faut que ∆u ∈ L
2
(Ω) et ∆ϕ ∈ L
2
(Ω), et donc que H ⊂ H
2
(Ω). Pour
construire une approximation par éléments finis conforme de ce problème, il faut donc choisir H
N
⊂ H
2
(Ω), et le
choix des éléments finis de Hermite semble donc indiqué.
Analyse numérique II, Télé-enseignement, M1 166 Université Aix-Marseille 1, R. Herbin, 27 septembre 2010
5.2. EXEMPLES CHAPITRE 5. ELÉMENTS FINIS DE LAGRANGE
5.2 Exemples
Pour chaque méthode d’élément fini de Lagrange, on définit :
1. un élément de référence
¯
K
2. des fonctions de base locales sur
¯
K
3. une bijection F

de K sur K

, pour = 1, . . . , L, où L est le nombre déléments du maillage.
5.2.1 Elément fini de Lagrange P1 sur triangle (d = 2)
Le maillage du domaine est constitué de L triangles (K

)
=1,...,L
, et les polynômes d’approximation sont de degré
1.
Elément fini de référence : on choisit le triangle
¯
K de sommets (0, 0), (1, 0) et (0, 1), et
¯
P = {ψ : K →
IR(x, y) →ax +by +c, (a, b, c) ∈ IR
3
}.
Proposition 5.14 (Unisolvance) Soit
¯
Σ = (¯ a
i
)
i=1,2,3
avec ¯ a
1
= (0, 0), ¯ a
2
= (1, 0) et ¯ a
3
= (0, 1), et
¯
P = {ψ; K →IR; (x, y) →a + bx +cy, (a, b, c) ∈ IR
3
}
Alors le couple (
¯
Σ,
¯
P) est unisolvant.
Démonstration : Soit (α
1
, α
2
, α
3
) ∈ IR
3
, et ψ ∈
¯
P. On suppose que ψ(¯ a
i
) = α
i
, i = 1, 2, 3. La fonction ψ est
de la forme ψ(x, y) = a +bx +cy et on a donc :
_
_
_
a = α
1
a +b = α
2
a +c = α
3
d’où c = α
1
, b
1
= α
2
− α
1
et b
2
= α
3
− α
2
. La connaissance de ψ aux noeuds (¯ a
i
)
i=1,2,3
détermine donc
entièrement la fonction ψ.
Fonctions de bases locales.
Les fonctions de base locales sur l’élément fini de référence
¯
K sont définies par
¯
φ
i

¯
P
¯
φ
i
(¯ a
j
) = δ
ij
, ce qui
détermine les
¯
φ; de manière unique, comme on vient de le voir. Et on a donc
_
_
_
¯
φ
1
(¯ x, ¯ y) = 1 − ¯ x − ¯ y
¯
φ
2
(¯ x, ¯ y) = ¯ x
¯
φ
3
(¯ x, ¯ y) = ¯ y.
Transformation F

On construit ici une bijection affine qui transforme
¯
K le triangle de référence en un autre triangle K du maillage.
On cherche donc :
¯
K →K, telle que
F

(¯ a
i
) = a
i
i = 1, . . . , 3
où Σ = (a
i
)
i=1,2,3
est l’ensemble des sommets de K. Notons (x
i
, y
i
) les coordonnées de a
i
, i = 1, 2, 3. Comme
F

est une fonction affine de IR
2
dans IR
2
, elle s’écrit sous la forme.
F

(¯ x, ¯ y) = (β
1
+ γ
1
¯ x + δ
1
¯ y, β
2
+ γ
2
¯ x + δ
2
¯ y)
t
Analyse numérique II, Télé-enseignement, M1 167 Université Aix-Marseille 1, R. Herbin, 27 septembre 2010
5.2. EXEMPLES CHAPITRE 5. ELÉMENTS FINIS DE LAGRANGE
et on cherche β
i
, γ
i
, δ
i
, i = 1, 2 tels que :
_
_
_
F

((0, 0)) = (x
1
, y
1
)
F

((1, 0)) = (x
2
, y
2
)
F

((0, 1)) = (x
3
, y
3
).
Une résolution de système élémentaire amène alors à :
F

(¯ x, ¯ y) =
_
x
1
+ (x
2
−x
1
)¯ x + (x
3
−x
1
)¯ y
y
1
+ (y
2
−y
1
)¯ x + (y
3
−y
1
)¯ y
_
D’après la remarque 5.8 page 163, si on note
¯
φ
k
, k = 1, 2, 3 les fonctions de base locales de l’élément de référence
(
¯
K,
¯
Σ,
¯
P), et φ
()
k
, k = 1, 2, 3 les fonctions de base locales de l’élément (K

, Σ

, P

), on a φ
()
k
=
¯
φ
k
◦ F
−1

Si on note maintenant (φ
i
)
i=1,...,N
les fonctions de base globales, on a :
φ
i
¸
¸
¸K

= φ
()
k
,
où i = ng(, k) est l’indice du k-ième noeud de l’élément dans la numérotation globale. Notons que l’élément
fini de Lagrange ainsi défini vérifie les critères de cohérence 5.1.6 page 164 et (5.1.7) page 164. Pour compléter
la définition de l’espace d’approximation H
N
, il ne reste qu’à déterminer les “noeuds liés", de la façon dont on a
traité le cas de l’espace H
1
0
(Ω).
Il faut également insister sur le fait que cet élément est très souvent utilisé, en raison de sa facilité d’implantation
et de la structure creuse des systèmes linéaires qu’il génère. Il est particulièrement bien adapté lorsqu’on cherche
des solutions dans l’espace H
1
(Ω). Il se généralise facilement en trois dimensions d’espace, où on utilise alors des
tétraèdres, avec toujours comme espace de polynôme l’espace des fonctions affines.
5.2.2 Elément fini triangulaire P2
Comme le titre du paragraphe l’indique, on considère un maillage triangulaire, et un espace de polynômes de degré
2 pour construire l’espace d’approximation.
Elément fini de référence On choisit comme élément fini de référence le triangle de sommets (0,0), (1,0) et (0,1),
voir Figure 5.6 et on prend pour Σ :
¯
Σ = {(0, 0), (1, 0), (0, 1), (
1
2
,
1
2
), (0,
1
2
), (
1
2
, 0)}
Fonctions de base locales Les fonctions de base locales sont définies à partir des coordonnées barycentriques. On
rappelle que les coordonnées barycentriques d’un point x du triangle K de sommets a
1
, a
2
et a
3
sont les réels
λ
1
, λ
2
, λ
3
tels que :
x = λ
1
a
1
+ λ
2
a
2
+ λ
3
a
3
.
Dans le cas du triangle de référence
¯
K de sommets (0,0), (1,0) et (0,1), les coordonnées barycentriques d’un point
{x} de coordonnées cartésiennes x et y sont donc : λ
1
= 1 − x − y, λ
2
= x, λ
3
= y. Par définition, on a

3
i=1
λ
i
= 1 et λ
i
≥ 0 (car le triangle K est l’enveloppe convexe de l’ensemble de ses sommets). On peut alors
déterminer les fonctions de base en fonction des coordonnées barycentriques des six noeuds de
¯
K exprimés par
leurs coordonnées barycentriques : a
1
= (1, 0, 0), a
2
= (0, 1, 0), a
3
= (0, 0, 1), a
4
= (0,
1
2
,
1
2
), a
5
= (
1
2
, 0,
1
2
),
a
6
= (
1
2
,
1
2
, 0). Les fonctions de base sont telles que φ
i
∈ P
2
, et φ
i
(a
j
) = δ
ij
, ∀i = 1, . . . , 6, forallj = 1, . . . , 6.
Commençons par φ
1
; on veut φ
1
(a
1
) = 1, et φ
i
(a
i
) = 0, ∀i = 2, . . . , 6. La fonction φ
1
définie par
φ
1
(x, y) = 2λ
1

1

1
2
)
Analyse numérique II, Télé-enseignement, M1 168 Université Aix-Marseille 1, R. Herbin, 27 septembre 2010
5.2. EXEMPLES CHAPITRE 5. ELÉMENTS FINIS DE LAGRANGE
1
2
3
4
5
6
(0,1)
(0,1/2)
(0,0)
(1/2,1/2)
(1,0)
(1/2,0)
(1,0,0)
(1/2,1/2,0)
(0,1/2,1/2)
(1/2,0,1/2)
(0,1,0)
(0,0,1)
FIGURE 5.6 – Elément de référence pour les éléments finis P2, avec coordonnées cartésiennes et barycentriques
des noeuds
convient, et comme le couple (
¯
Σ, P2) est unisolvant, c’est la seule fonction qui convient. Par symétrie, on définit
φ
2
(x, y) = 2λ
2

2

1
2
),
et
φ
3
(x, y) = 2λ
3

3

1
2
).
Les fonctions de base associées aux noeuds a
4
, a
5
, a
6
sont alors
φ
4
(x, y) = 4λ
2
λ
3
,
φ
5
(x, y) = 4λ
1
λ
3
,
et φ
6
(x, y) = 4λ
1
λ
2
.
Il est facile de voir que ces fonctions forment une famille libre d’éléments de P2 et comme card
¯
Σ = card P2, le
couple (
¯
Σ, P2) est bien unisolvant.
Transformation F

La bijection F

qui permet de passer de l’élément fini de référence
¯
K à l’élément K

a déjà été
vue dans le cas de l’élément fini P
1
c’est la fonction affine définie par :
F

(x, y) =
_
x
1
+ (x
2
−x
1
)x + (x
3
−x
1
)y
y
1
+ (y
2
−y
1
)x + (y
3
−y
1
)y
_
où (x
i
, y
i
), i = 1, 2, 3 sont les coordonnées respectives des trois sommets du triangle K

. Comme cette transfor-
mation est affine, les coordonnées barycentriques restent inchangées par cette transformation.
Analyse numérique II, Télé-enseignement, M1 169 Université Aix-Marseille 1, R. Herbin, 27 septembre 2010
5.2. EXEMPLES CHAPITRE 5. ELÉMENTS FINIS DE LAGRANGE
On peut montrer (ce n’est pas facile) que l’erreur d’interpolation u − u
N

H
1 est contrôlée, en éléments finis P
1
et P
2
par les inégalités suivantes :
P1 : si u ∈ H
2
(Ω), on a u −u
N

H
1
(Ω)
≤ Chu
H
2
(Ω)
P2 : si u ∈ H
3
(Ω), on a u −u
N

H
1
(Ω)
≤ Ch
2
u
H
3
(Ω)
.
On peut généraliser les éléments finis P
1
et P
2
aux éléments finis P
k
sur triangles, pour k ≥ 1. On prend toujours
le même élément de référence, dont on divise chaque côté en k intervalles. Les extrémités de ces intervalles sont
les noeuds du mailage. On a donc 3k noeuds, qu’on peut repérer par leurs coordonnés barycentriques, qui prennent
les valeurs 0,
1
k
,
2
k
, . . . , 1. On peut montrer que si u ∈ H
k+1
, alors
u
N
−u
H
1
(Ω)
≤ Ch
k
u
H
k+1
(Ω)
5.2.3 Eléments finis sur quadrangles
Le cas rectangulaire
On prend comme élément fini de référence le carré
¯
K = [−1, 1] ×[−1, 1], et comme noeuds les coins de ce carré :
a
1
= (1, −1), a
2
= (1, 1), a
3
= (−1, 1), et a
4
= (−1, −1).
On prend comme espace de polynômes
P = {f :
¯
K →IR; f ∈ Q
1
}
où Q
1
= {f : IR
2
→ IR; f(x, y) = a + bx + cy + dxy, (a, b, c, d) ∈ IR
4
} Le couple (Σ, P) est unisolvant. Les
fonctions de base locales sont les fonctions :
φ
1
(x, y) = −
1
4
(x + 1)(y −1)
φ
2
(x, y) =
1
4
(x + 1)(y + 1)
φ
3
(x, y) = −
1
4
(x −1)(y + 1)
φ
4
(x, y) =
1
4
(x −1)(y −1).
La transformation F

permet de passer de l’élément de référence carré
¯
K à un rectangle quelconque du maillage
K

. Si on considère un rectangle K

parallèle aux axes, dont les noeuds sont notés (x
1
, y
1
), (x
2
, y
1
), (x
2
, y
2
),
(x
1
, y
2
), les noeuds du rectangle K

, la bijection F

s’écrit :
F

(x, y) =
1
2
_
(x
2
−x
1
)x +x
2
+x
1
(y
2
−y
1
)y +y
2
+y
1
_
.
Considérons maintenant le cas d’un maillage quadrangulaire quelconque. Dans ce cas, on choisit toujours comme
élément de référence le carré unité. La transformation F

qui transforme l’élément de référence en un quadrangle
K

est toujours affine, mais par contre, les composantes de F

((x, y)) dépendent maintenant de x et de y voir
exercice 51 page 190. En conséquence, le fait que f ∈ Q
1
n’entraîne plus que f ◦ F

∈ Q
1
. Les fonctions de base
seront donc des polynômes Q
1
sur l’élément de référence
¯
K, mais pas sur les éléments “courants" K

.
Analyse numérique II, Télé-enseignement, M1 170 Université Aix-Marseille 1, R. Herbin, 27 septembre 2010
5.3. CONSTRUCTION DU SYSTÈME LINÉAIRE CHAPITRE 5. ELÉMENTS FINIS DE LAGRANGE
Eléments finis d’ordre supérieur Comme dans le cas d’un maillage triangulaire, on peut choisir un espace de
polynômes d’ordre supérieur, Q
k
, pour les fonctions de base de l’élément de référence
¯
K = [−1, 1] ×[−1, 1]. On
choisit alors comme ensemble de noeuds :
¯
Σ =
¯
Σ
k
= {(x, y) ∈
¯
K, (x, y) ∈ {−1, −1 +
1
k
, −1 +
1
k
, . . . , 1}
2
. On
peut montrer facilement que (
¯
Σ
k
Q
k
) est unisolvant. Là encore, si la solution exacte de problème continu est
suffisamment régulière, on peut démontrer l’estimation d’erreur suivante (voir [3]) :
u −u
N

H

(Ω)
≥ Cu
H
k+1
(Ω)
h
k
.
Exprimons par exemple l’espace des polynômes Q
2
. On a :
Q
2
= {f : IR →IR; f(x) = a
1
+a
2
x+a
3
y+a
4
xy+a
5
x
2
+a
6
y
2
+a
7
xy
2
+a
8
x
2
y+a
9
x
2
y
2
, a
i
∈ IR, i = 1, . . . , 9}
L’espace Q
2
comporte donc neuf degrés de liberté. On a donc besoin de neuf noeuds dans
¯
Σ pour que le couple
(
¯
Σ, Q
2
) soit unisolvant (voir exercice 56 page 192). On peut alors utiliser comme noeuds sur le carré de référence
[−1, 1] ×[−1, 1] :
¯
Σ = {(−1, −1), (−1, 0), (−1, −1), (0, −1), (0, 0), (0, 1), (1, −1), (1, 0), (1, 1)}
En général, on préfère pourtant supprimer le noeud central (0,0)et choisir :
Σ

=
¯
Σ \ {(0, 0)}.
Il faut donc un degré de liberté en moins pour l’espace des polynômes. On définit alors :
Q

2
= {f : IR →IR; f(x) = a
1
+a
2
x +a
3
y +a
4
xy +a
5
x
2
+a
6
y
2
+a
7
xy
2
+a
8
x
2
y, a
i
∈ IR, i = 1, . . . , 8}
Le couple (Σ

, Q

2
) est unisolvant (voir exercice 57 page 192), et on peut montrer que l’élément Q

2
est aussi précis
(et plus facile à mettre en oeuvre que l’élément Q
2
).
5.3 Construction du système linéaire
On construit ici le système linéaire pour un problème à conditions aux limites mixtes de manière ‘a envisager
plusieurs types de conditions aux limites. Soit Ω un ouvert polygonal
1
, on suppose que ∂Ω : Γ
0
∪ Γ
1
avec
mes(Γ
0
) = 0. On va imposer des conditions de Dirichlet sur Γ
0
et des conditions de Fourier sur Γ
1
; c’est ce qu’on
appelle des conditions “mixtes". On se donne donc des fonctions p : Ω →IR, g
0
: Γ
0
→IR et g
1
: Γ
1
→IR, et on
cherche à approcher u solution de :
_
¸
¸
_
¸
¸
_
−div(p(x)∇u(x)) +q(x)u(x) = f(x), x ∈ Ω,
u = g
0
sur Γ
0
,
p(x)∇u(x).n(x) + σu(x) = g
1
(x), x ∈ Γ
1
,
(5.3.11)
où n désigne le vecteur unitaire normal à ∂Ω extérieure à Ω. Pour assurer l’existence et unicité du problème
(5.3.11), (voir exercice 41), on se place sous les hypothèses suivantes :
_
¸
¸
¸
¸
¸
_
¸
¸
¸
¸
¸
_
p(x) ≥ α > 0, p.p. x ∈ Ω
q ≥ 0
σ ≥ 0
mes(Γ
0
) > 0.
(5.3.12)
1. Dans le cas où la frontière ∂Ω de Ω n’est pas polygonale mais courbe, il faut considérer des éléments finis dits “isoparamétriques" que
nous verrons plus loin
Analyse numérique II, Télé-enseignement, M1 171 Université Aix-Marseille 1, R. Herbin, 27 septembre 2010
5.3. CONSTRUCTION DU SYSTÈME LINÉAIRE CHAPITRE 5. ELÉMENTS FINIS DE LAGRANGE
Pour obtenir une formulation variationnelle, on introduit l’espace
H
1
Γ0,g0
= {u ∈ H
1
(Ω); u = g
0
sur Γ
0
}
et l’espace vectoriel associé :
H = H
1
Γ0,0
= {u ∈ H
1
(Ω); u = 0 sur Γ
0
}
Notons que H est un espace de Hilbert. Par contre, attention, l’espace H
1
Γ0,g0
n’est pas un espace vectoriel. On
va chercher u solution de (5.3.11) sous la forme u = ¯ u + u
0
, avec u
0
∈ H
1
Γ0,g0
et ¯ u ∈ H
1
Γ0,0
. Soit v ∈ H, on
multiplie (5.3.11) par v et on intègre sur Ω. On obtient :
_

−div(p(x)∇u(x))v(x)dx +
_

q(x)u(x)v(x)dx =
_

f(x)v(x)dx, ∀v ∈ H.
En appliquant la formule de Green, il vient alors :
_

p(x)∇u(x)∇v(x)dx −
_
∂Ω
p(x)∇u(x)nv(x)dγ(x) +
_

qu(x)v(x)dx =
_

f(x)v(x)dx, ∀v ∈ H.
Comme v = 0 sur Γ
0
on a :
_
∂Ω
p(x)∇u(x)nv(x)dγ(x) =
_
Γ1
p∇u(x)nv(x)dγ(x).
Mais sur Γ
1
, la condition de Fourier s’écrit : ∇u.n = −σu +g
1
, et on a donc
_

p(x)∇u(x)∇v(x)dx+
_
Γ1
p(x)σu(x)v(x)dγ(x)+
_

qu(x)v(x)dx =
_

f(x)v(x)dx+
_
Γ1
g
1
(x)v(x)dγ(x).
On peut écrire cette égalité sous la forme : a(u, v) =
˜
T(v), avec a(u, v) = a

(u, v) +a
Γ1
(u, v), où :
_
¸
¸
_
¸
¸
_
a

(u, v) =
_

p(x)∇u(x)∇v(x)dx +
_

q(x)u(x)v(x)dx,
a
Γ
(u, v) =
_
Γ1
p(x)σ(x)u(x)v(x)dγ(x),
et
˜
T(v) = T

(v) +T
Γ1
(v), avec
T

(v) =
_

f(x)v(x)dx et T
Γ1
=
_
Γ1
g
1
(x)v(x)dγ(x).
On en déduit une formulation faible associée à (5.3.11) :
_
chercher ¯ u ∈ H
a(u
0
+ ¯ u, v) =
˜
T(v), ∀v ∈ H,
(5.3.13)
où u
0
∈ H
1
(Ω) est un révèlement de g
0
, c’est à dire une fonction de H
1
(Ω) telle que u
0
= g
0
sur Γ. Le problème
(5.3.13) peut aussi s’écrire sous la forme :
_
¯ u ∈ H
a(¯ u, v) = T(v), ∀v ∈ H.
(5.3.14)
Analyse numérique II, Télé-enseignement, M1 172 Université Aix-Marseille 1, R. Herbin, 27 septembre 2010
5.3. CONSTRUCTION DU SYSTÈME LINÉAIRE CHAPITRE 5. ELÉMENTS FINIS DE LAGRANGE
où T(v) =
˜
T(v) − a(u
0
, v). Sous les hypothèses (5.3.12), on peut alors appliquer le théorème de Lax Milgram
(voir théorème 4.6 page 115) au problème (5.3.14) pour déduire l’existence et l’unicité de la solution de (5.3.13) ;
notons que, comme la forme bilinéaire a est symétrique, ce problème admet aussi une formulation variationnelle :
_
¸
_
¸
_
J(u) = min
v∈H
1
Γ
0
,g
0
J(v),
J(v) =
1
2
a(v, v) +T(v), ∀v ∈ H
1
Γ0,g0
.
(5.3.15)
Dans ce cas, les méthodes de Ritz et Galerkin sont équivalentes. Remarquons que l’on peut choisir u
0
de manière
abstraite, tant que u
0
vérifie u
0
= g
0
sur Γ
0
et u
0
∈ H
1
. Intéressons nous maintenant à la méthode d’approximation
variationnelle. On approche l’espace H par H
N
= V ect{φ
1
, . . . , φ
N
} et on remplace (5.3.14) par :
_
¯ u
N
∈ H
N
a(¯ u
N
, φ
i
) = T(φ
i
) −a(u
0
, φ
i
), ∀i = 1, . . . , N.
(5.3.16)
On pose maintenant ¯ u
N
=
N

j=1
¯ u
j
φ
j
. Le problème (5.3.16) est alors équivalent au système linéaire :
K
¯
U = G,
avec
_
¸
¸
_
¸
¸
_
K
ij
= a(φ
j
, φ
i
), i, j = 1, . . . , N,
¯
U = (¯ u
1
. . . ¯ u
N
)
t
,
G
i
= T(φ
i
) −a(u
0
, φ
i
), i = 1, . . . , N.
L’implantation numérique de la méthode d’approximation nécessite donc de :
1. construire K et G
2. résoudre K
¯
U = G.
Commençons par la construction de l’espace H
N
et des fonctions de base pour une discrétisation par éléments
finis de Lagrange du problème (5.3.14).
5.3.1 Construction de H
N
et Φ
i
On considère une discrétisation à l’aide déléments finis de Lagrange, qu’on note : (K

, Σ

, P

) = 1, . . . , L, où
L est le nombre d’éléments. On note S
i
, i = 1, . . . , M, les noeuds du maillage, et φ
1
, . . . , φ
N
, les fonctions de
base, avec N ≤ M. On peut avoir deux types de noeuds :
– les noeuds libres : S
i
∈ Γ
0
. On a N noeuds libres
– les noeuds liés : S
i
∈ Γ
0
. On a M −N noeuds liés.
Notons qu’on a intérêt à mettre des noeuds à l’intersection de Γ
0
et Γ
1
(ce seront des noeuds liés). Grâce à ceci, et
à la cohérence globale et locale des éléments finis de Lagrange, on a H
N
⊂ H. On a donc bien des éléments finis
conformes. Récapitulons alors les notations :
• M : nombre de noeuds total
• N : nombre de noeuds libres
• M
0
= M −N : nombre de noeuds liés
• J
0
= { indices des noeuds liés} ⊂ {1, . . . , M}. On a cardJ
0
= M
0
Analyse numérique II, Télé-enseignement, M1 173 Université Aix-Marseille 1, R. Herbin, 27 septembre 2010
5.3. CONSTRUCTION DU SYSTÈME LINÉAIRE CHAPITRE 5. ELÉMENTS FINIS DE LAGRANGE
• J = { indices des noeuds libres } = {1 . . . M} J
0
. On a cardJ = N.
Pour la programmation des éléments finis, on a besoin de connaître, pour chaque noeud (local) de chaque élément,
son numéro dans la numérotation globale. Pour cela on introduit un tableau ng(L, N

), où L est le nombre d’élé-
ments et N

est le nombre de noeuds par élément. (on le suppose constant par souci de simplicité, N

peut en fait
dépendre de L. Exemple : triangle - quadrangle). Pour tout ∈ {1, . . . , L} et tout r ∈ {1, . . . , N

}, ng(, r) est
alors le numéro global du r-ième noeud du -ième élément. On a également besoin de connaître les coordonnées
de chaque noeud. On a donc deux tableaux x et y de dimension M, où x(i), y(i) représentent les coordonnées
du i-ème noeud. Notons que les tableaux ng, x et y sont des données du mailleur (qui est un module externe par
rapport au calcul éléments finis proprement dit). Pour les conditions aux limites, on se donne deux tableaux :
• CF : conditions de Fourier
• CD : conditions de Dirichlet
(on verra plus tard le format de ces deux tableaux)
5.3.2 Construction de K et G
On cherche à construire la matrice K d’ordre (N ×N), définie par :
K
ij
= a(φ
j
, φ
i
) i, j ∈ J
Ainsi que le vecteur G, défini par :
G
i
= T(φ
i
) −a(u
0
, φ
i
) i ∈ J cardJ = N
La première question à résoudre est le choix de u
0
. En effet, contrairement au cas unidimensionnel (voir exercice
37 page 138), il n’est pas toujours évident de trouver u
0
∈ H
1
Γ0,g0
. Pour se faciliter la tâche, on commet un “crime
variationnel", en remplaçant u
0
par
u
0,N
=
N

j∈J0
u
0
(S
j

j
.
Notons qu’on a pas forcément : u
0,N
∈ H
1
Γ0,g0
; c’est en ce sens que l’on commet un “crime". Mais par contre,
on a bien u
0,N
(S
j
) = u
0
(S
j
) pour tout j ∈ J. On peut voir la fonction u
0,N
comme une approximation non
conforme de u
0
∈ H
1
Γ0,g0
. On remplace donc G
i
par :
G
i
= T(φ
i
) −

j∈J0
g
0
(S
j
)a(φ
j
, φ
i
).
Calculons maintenant a(φ
j
, φ
i
) pour j = 1, . . . , M, et i = 1, . . . , M. On se sert donc pour l’implatation pratique
de la méthode, des fonctions de forme associées aux noeuds “liés”, même si dans l’écriture du problème discret
théorique, on n’en avait pas besoin.
Calcul de K et G
1. Calcul des contributions intérieures : on initialise les coefficients de la matrice K et les composantes par les
contributions provenant de a

et T

.
K
ij
= a


j
, φ
i
)
G
i
= T


i
)
_
i = 1, . . . , N,
j = 1, . . . , N.
Analyse numérique II, Télé-enseignement, M1 174 Université Aix-Marseille 1, R. Herbin, 27 septembre 2010
5.3. CONSTRUCTION DU SYSTÈME LINÉAIRE CHAPITRE 5. ELÉMENTS FINIS DE LAGRANGE
2. Calcul des termes de bord de Fourier. On ajoute maintenant à la matrice K les contributions de bord :
K
ij
←− K
ij
+a
Γi

j
, φ
i
), i = 1, . . . , N, j = 1, . . . , N.
G
i
←− G
i
+T
Γi

i
) i = 1 . . . M.
3. Calcul des termes de bord de Dirichlet. On doit tenir compte ici du relèvement de la condition de bord :
G
i
←− G
i

j∈J0
g
0
(N
i
)K
ij
∀i ∈ J
Après cette affectation, les égalités suivantes sont vérifiées :
K
ij
= a(φ
j
, φ
i
) i, j ∈ J(∪J
0
)
G
i
= T(φ
i
) −a(u
0,N
, φ
i
).
Il ne reste plus qu’à résoudre le système linéaire

j∈J
K
ij
α
j
= G
i
, ∀i ∈ J. (5.3.17)
4. Prise en compte des noeuds liés. Pour des questions de structure de données, on inclut en général les noeuds
liés dans la résolution du système, et on résout donc le système linéaire d’ordre M ≥ N suivant :

j=1,...,N
˜
K
ij
α
j
= G
i
. ∀i = 1, . . . , N. (5.3.18)
avec
˜
K
ij
= K
ij
pour i, j ∈ J,
˜
K
ij
= 0 si (i, j) ∈ J
2
, et i = j, et
˜
K
ii
= 1 si i ∈ J. Ces deux systèmes sont
équivalents, puisque les valeurs aux noeuds liées sont fixées.
Si par chance on a numéroté les noeuds de manière à ce que tous les noeuds liés soient en fin de numérotation,
c.à.d. si J = {1, . . . , N} et J
0
= {N + 1, . . . , M}, le système (5.3.18) est de la forme :
_
_
_
_
_
_
_
_
_
_
|
K | 0
|
−−− | −−−
|
0 | Id
M
|
_
_
_
_
_
_
_
_
_
_
, U =
_
_
_
_
_
_
_
_
_
_
_
_
α
1
.
.
.
αu
N
−−
α
N+1
.
.
.
α
M
_
_
_
_
_
_
_
_
_
_
_
_
, et G =
_
_
_
_
_
_
_
_
_
_
_
_
G
1
.
.
.
G
N
−−
G
N+1
.
.
.
G
M
_
_
_
_
_
_
_
_
_
_
_
_
Dans le cas où la numérotation est quelconque, les noeuds liés ne sont pas forcément à la fin, et pour obtenir
le système linéaire d’ordre M (5.3.18) (donc incluant les inconnues α
i
, i ∈ J
0
, qui n’en sont pas vraiment)
on peut adopter deux méthodes :
(a) Première méthode : on force les valeurs aux noeuds liés de la manière suivante :
K
ii
←− 1 pour tout i ∈ J
0
K
ij
←− 0 pour tout i ∈ J
0
j ∈ {1 . . . M} i = j
G
i
←− g
0
(S
i
) pour tout i ∈ J
0
(b) Deuxième méthode : on force les valeurs aux noeuds liés de la manière suivante :
K
ii
←− 10
20
∀i ∈ J
0
G
i
←− 10
20
g
0
(S
i
) ∀i ∈ J
0
La deuxième méthode permet d’éviter l’affectation à 0 de coefficients extra-diagonaux de la matrice. Elle
est donc un peu moins chère en temps de calcul.
Analyse numérique II, Télé-enseignement, M1 175 Université Aix-Marseille 1, R. Herbin, 27 septembre 2010
5.3. CONSTRUCTION DU SYSTÈME LINÉAIRE CHAPITRE 5. ELÉMENTS FINIS DE LAGRANGE
Conclusion Après les calculs 1, 2, 3, 4, on a obtenu une matrice K d’ordre M × M et le vecteur G de IR
M
.
Soit α ∈ IR
M
la solution du système Kα = G. Rappelons qu’on a alors :
u
N
=
N

i=1
α
i
φ
i
,
=

i∈J
α
i
φ
i
+

i∈J0
α
i
φ
i
u
N
= ¯ u
N
+u
0
Remarque 5.15 (Numérotation des noeuds) Si on utilise une méthode itérative sans préconditionnement, la nu-
mérotation des noeuds n’est pas cruciale. Elle l’est par contre dans le cas d’une méthode directe et si on utilise une
méthode itérative avec préconditionnement. Le choix de la numérotation s’effectue pour essayer de minimiser la
largeur de bande. On pourra à ce sujet étudier l’influence de la numérotation sur deux cas simples sur la structure
de la matrice.
5.3.3 Calcul de a

et T

, matrices élémentaires.
Détaillons maintenant le calcul des contributions intérieures, c’est à dire a


i
, φ
j
) i = 1, . . . M, j = 1, . . . , M
et T


i
) i = 1, . . . , M. Par définition,
a


i
, φ
j
) =
_

p(x)∇φ
i
(x)∇φ
j
(x)dx +
_

q(x)φ
i
(x)φ
j
(x)dx.
Décomposons Ω à l’aide du maillage éléments finis.
Ω =
L
_
=1
K

.
En notant θ(φ
i
, φ
j
)(x) = p(x)∇φ
i
(x)∇φ
j
(x) +q(x)φ
i
(x)φ
j
(x),
On a donc :
a


i
, φ
j
) =
L

=1
_
K

θ(φ
i
, φ
j
)dx.
Pour r et s numéros locaux de l’élément K

, on pose :
k

r,s
=
_

θ(φ
s
, φ
r
)dx.
On va calculer k

r,s
puis on calcule a


i
, φ
j
), en effectuant un parcours sur les éléments, ce qui s’exprime par
l’algorithme suivant :
Initialisation : K
ij
←− 0, i = 1, . . . M, j ≤ i.
Boucle sur les éléments
Pour = 1 à L faire
Pour r = 1 à N

faire
i = ng(, r) numéro global du noeud r de l’élément
Pour s = 1 à r faire
Analyse numérique II, Télé-enseignement, M1 176 Université Aix-Marseille 1, R. Herbin, 27 septembre 2010
5.3. CONSTRUCTION DU SYSTÈME LINÉAIRE CHAPITRE 5. ELÉMENTS FINIS DE LAGRANGE
calcul de k

r,s
j = ng(, s)
si i ≥ j
K
ij
←− K
ij
+k

r,s
sinon
K
ji
←− K
ji
+k

rs
Fin pour
Fin pour
On a ainsi construit complètement la matrice de rigidité K. Il reste à savoir comment calculer
k

r,s
=
_
e
θ(φ
s
, φ
r
)(x)dx.
Ce calcul s’effectue sur l’élément de référence, et non sur les éléments K

. On calcule ensuite la valeur de k

r,s
par
des changements de variable à l’aide de la transformation F

(voir Figure 5.4 page 162). Notons :
F

(¯ x, ¯ y) = (x, y) = (a

0
+a

1
¯ x +a

2
¯ y, b

0
+b

1
¯ x +b

2
y) (5.3.19)
Notons que les coefficients a

i
et b

i
sont déterminés à partir des la connaissances des coordonnées (x(i), y(i)) où
i = ng(, r). En effet, on peut déduire les coordonnées locales x(r), y(r), r = 1, N

, des noeuds de l’élément , à
partir des coordonnées globales des noeuds (x(i), y(i)), et du tableau ng(, r) = i. Sur l’élément courant K

, le
terme élémentaire k

r,s
s’écrit donc
k

r,s
=
_

θ(φ
s
(x, y), φ
r
(x, y))dxdy.
Or, (x, y) = F

(¯ x, ¯ y) ; donc par changement de variables , on a :
k

r,s
=
_
¯ e
θ(φ
s
◦ F

(¯ x, ¯ y), φ
r
◦ F

(¯ x, ¯ y)) Jac
¯ x,¯ y
(F

) d¯ xd¯ y
ou Jac
¯ x,¯ y
(F

) désigne le Jacobien de F

en (¯ x, ¯ y). Or, φ
s
◦ F

=
¯
φ
s
, et, puisque F

est définie par (5.3.19), on a :
Jac(F

) = Det(DF

) =
¸
¸
¸
¸
a

1
b

1
a

2
b

2
¸
¸
¸
¸
=
¸
¸
a

1
b

2
−a

2
b

1
¸
¸
donc k

r,s
= Jac(F

)
¯
k
r,s
, où
¯
k
r,s
=
_
¯ e
θ(
¯
φ
s
(¯ x, ¯ y),
¯
φ
r
(¯ x, ¯ y))d¯ xd¯ y
Etudions maintenant ce qu’on obtient pour
¯
k
r,s
dans le cas du problème modèle (5.3.11), on a :
¯
k
r,s
=
_
¯

_
p(¯ x, ¯ y)∇
¯
φ
s
(¯ x, ¯ y)∇
¯
φ
r
(¯ x, ¯ y) +q(¯ x, ¯ y)
¯
φ
s
(¯ x, ¯ y)
¯
φ
r
(¯ x, ¯ y)
¸
d¯ xd¯ y.
Les fonctions de base
¯
φ
s
et
¯
φ
r
sont connues ; on peut donc calculer
¯
k
r,s
explicitement si p et q sont faciles à
intégrer. Si les fonctions p et q ou les fonctions de base
¯
φ, sont plus compliquées, on calcule
¯
k
r,s
en effectuant une
intégration numérique. Rappelons que le principe d’une intégration numérique est d’approcher l’intégrale d ’une
fonction continue donnée ψ,
I =
_
¯

ψ(¯ x, ¯ y)d¯ xd¯ y, par
¯
I =
NPI

i=1
ω
i
(P
i
)ψ(P
i
),
Analyse numérique II, Télé-enseignement, M1 177 Université Aix-Marseille 1, R. Herbin, 27 septembre 2010
5.3. CONSTRUCTION DU SYSTÈME LINÉAIRE CHAPITRE 5. ELÉMENTS FINIS DE LAGRANGE
où NP
I
est le nombre de points d’intégration, notés P
i
, qu’on appelle souvent points d’intégration de Gauss, et les
coefficients ω
i
sont les poids associés. Notons que les points P
i
et les poids ω
i
sont indépendants de ψ. Prenons
par exemple, dans le cas unidimensionnel,
¯
K = [0, 1], p
1
= 0, p
2
= 1, et ω
1
= ω
2
=
1
2
. On approche alors
I =
_
1
0
ψ(x)dx par
¯
I =
1
2
(ψ(0) + ψ(1)).
C’est la formule (bien connue) des trapèzes. Notons que dans le cadre d’une méthode, il est nécessaire de s’assurer
que la méthode d’intégration numérique choisie soit suffisamment précise pour que :
1. le système Kα = G(N ×N) reste inversible,
2. l’ordre de convergence de la méthode reste le même.
Examinons maintenant des éléments en deux dimensions d’espace.
1. Elément fini P
1
sur triangle Prenons NP
I
= 1 (on a donc un seul point de Gauss), choisissons p
1
=
_
1
3
,
1
3
_
,
le centre de gravité du triangle
¯
K, et ω
1
= 1. On approche alors
I =
_
¯

ψ(¯ x)d¯ x par ψ(p
1
).
On vérifiera que cette intégration numérique est exacte pour les polynômes d’ordre 1 (exercice 55 page 191).
2. P
2
sur triangles. On prend maintenant NP
I
= 3, et on choisit comme points de Gauss :
p
1
=
_
1
2
, 0
_
, p
2
=
_
1
2
,
1
2
_
, p
3
=
_
0,
1
2
_
et les poids d’intégration ω
1
= ω
2
= ω
3
=
1
6
. On peut montrer que cette intégration numérique est exacte
pour les polynômes d’ordre 2 (voir exercice 55 page 191).
Remarquons que, lors de l’intégration numérique du terme élémentaire
k

r,s
=
_
¯

_
p(¯ x, ¯ y)(F

(¯ x, ¯ y))∇
¯
φ
r
(¯ x, ¯ y) · ∇
¯
φ
s
(¯ x, ¯ y) +q(¯ x, ¯ y)(F

(¯ x, ¯ y))
¯
φ
r
(¯ x, ¯ y)
¯
φ
s
¸
d¯ xd¯ y,
on approche k

r,s
par
¯
k
r,s

NPI

i=1
ω
i
_
p(F

(P
i
))∇
¯
φ
r
(P
i
) · ∇
¯
φ
s
(P
i
) +q(F

(P
i
))
¯
φ
r
(P
i
)
¯
φ
s
(P
i
)
¸
.
Les valeurs ∇
¯
φ
r
(P
i
), ∇
¯
φ
s
(P
i
),
¯
φ
r
(P
i
) et
¯
φ
s
(P
i
) sont calculées une fois pour toutes, et dans la boucle sur , il ne
reste donc plus qu’à évaluer les fonctions p et q aux points F

(P
i
). Donnons maintenant un résumé de la mise en
oeuvre de la procédure d’intégration numérique (indépendante de ). Les données de la procédure sont :
– les coefficients ω
i
, i = 1, . . . , NP
I
,
– les coordonnées (xpg(i), ypg(i)), i = 1, . . . , NP
I
des points de Gauss,
– les valeurs de φ
r
,
∂φ
∂x
et
∂φr
∂y
aux points de Gauss, notées φ(r, i), φ
x
(r, i) et φ
y
(r, i), r = 1 . . . N

, i = 1, . . . , NP
I
.
Pour donné, on cherche à calculer :
I =
_
¯
K
p(F

(¯ x, ¯ y))
∂φ
r
∂¯ x
(¯ x, ¯ y)
∂φ
s
∂¯ y
(¯ x, y)d¯ xd¯ y +
_
e
q(F

(¯ x, ¯ y))φ
r
(¯ x, y)d¯ xd¯ yφ
s
(¯ x, ¯ y).
On propose l’algorithme suivant :
Analyse numérique II, Télé-enseignement, M1 178 Université Aix-Marseille 1, R. Herbin, 27 septembre 2010
5.3. CONSTRUCTION DU SYSTÈME LINÉAIRE CHAPITRE 5. ELÉMENTS FINIS DE LAGRANGE
Initialisation : I ←− 0
Pour i = 1 à NP
I
, faire :
p
i
= p(F
e
(P
i
))
q
i
= q(F
e
(P
i
))
I ←− I + ω
i
(p
i
φ
x
(r, i)φ
y
(s, i) +q
i
φ(r, i)φ(s, i))
Fin pour
On procède de même pour le calcul du second membre
T


i
) =
_

f(x, y)φ

i
x, y)dxdy =
L

=1
g

, où g

=
_
e
f(x, y)φ
i
(x, y)dxdy.
L’algorithme sécrit :
Initialisation de G à 0 : G
i
←− 0 i = 1 à M
Pour = 1 à L
Pour r = 1 à N

Calcul de g
r

=
_
e
f(x, y)φ
r
(x, y)dxdy
i = ng(, r)
G
i
←− G
i
+g
r

Fin pour
Fin pour
Il reste le calcul de g
r

qui se ramène au calcul de l’élément de référence par changement de variable.
On a :
g
r

=
_
K

f(x, y)φ
r
(x, y)dxdy =
_
¯
K
f ◦ F

(¯ x, ¯ y)
¯
φ
r
(¯ x, ¯ y)Jac
¯ x,¯ y
(F

)d¯ xd¯ y.
L’intégration numérique est identique à celle effectuée pour
¯
k
r,s
.
5.3.4 Calcul de a
Γ
1
et T
Γ
1
(contributions des arêtes de bord “Fourier".
Détaillons maintenant le calcul des contributions des bords où s’applique la condition de Fourier, c’est à dire
a
Γ1

i
, φ
j
) i = 1, . . . M, j = 1, . . . , M et T
Γ1

i
) i = 1, . . . , M. Par définition,
a
Γ1

i
, φ
j
) =
_
Γ1
p(x)∇φ
i
(x) · ∇φ
j
(x)dx +
_
Γ1
q(x)φ
i
(x)φ
j
(x)dx.
Notons que a
Γ1

i
, φ
j
) = 0 si φ
i
et φ
j
sont associées à des noeuds S
i
, S
j
de d’un élément sans arête commune avec
les arêtes de la frontière. Soit L1 le nombre d’arêtes
k
, k = 1, . . . , L1 du maillage incluses dans Γ
1
. Rappelons
que les noeuds soumis aux conditions de Fourier sont repertoriés dans un tableau CF, de dimensions (L1, 2), qui
donne les informations suivantes
1. CF(k, 1) contient le numéro de l’élément K

auquel appartient l’arête
k
.
2. CF(k, 2) contient le premier numéro des noeuds de l’arête
k
dans l’élément K

. On suppose que la numé-
rotation des noeuds locaux a été effectuée de manière “adroite", par exemple dans le sens trigonométrique.
Dans ce cas, CF(k, 2) détermine tous les noeuds de l’arête
k
dans l’ordre, puisqu’on connait le nombre
de noeuds par arête et le sens de numérotation des noeuds. Donnons des exemples pour trois cas différents,
représentés sur la figure 5.7.
(a) Dans le premier cas (à droite sur la figure), qui représente un élément fini P1, on a CF(k, 2) = 3 et le
noeud suivant sur l’arête est 1.
Analyse numérique II, Télé-enseignement, M1 179 Université Aix-Marseille 1, R. Herbin, 27 septembre 2010
5.3. CONSTRUCTION DU SYSTÈME LINÉAIRE CHAPITRE 5. ELÉMENTS FINIS DE LAGRANGE
(b) Dans le second cas (au centre sur la figure), qui représente un élément fini P2, on a CF(k, 2) = 3 et
les noeuds suivants sur l’arête sont 4 et 5.
(c) Enfin dans l’élément P1 “de coin" représenté à gauche sur la figure, on a CF(k, 1) = , CF(k

, 1) = ,
CF(k, 2) = 1, CF(k

, 2) = 2.
K

K

K

k

k
1
2
2
3
P1
P1
P1 en coin

k
1 2
1
3

k

5
6
4
3
FIGURE 5.7 – Exemples de numérotation d’arête du bord
Pour k = 1, . . . , L1, on note
ˆ
S
k
l’ensemble des noeuds locaux de
k
, donnés par CF(k, 2) en appliquant la règle
ad hoc (par exemple le sens trigonom
´
trique). On peut alors définir :
S
k
= {(r, s) ∈ (
ˆ
S
k
)
2
/r < s}
L’algorithme de prise en compte des conditions de Fourier s’écrit alors :
Pour k = 1 . . . L1
= CF(k, 1).
Pour chaque (r, s) ∈ S
k
faire
calcul de I

rs
=
_
C
k
p(x)σ(x)φ

r
(x)φ

s
(x)dx (éventuellement avec intégration numérique)
i = ng(, r)
j = ng(, s)
si j ≤ i
Kij ←− Kij +I

rs
sinon
Kij ←− Kji +I

rs
Fin si
Fin pour
Fin pour
Le calcul de I

rs
s’effectue sur l’élément de référence (avec éventuellement intégration numérique). De même, on
a une procédure similaire pour le calcul de T
Γ1
=
_
Γ1
p(x)g
1
(x)v(x)dγ(x).
G
i
←− G
i
+
_
Γ2
p(x)g
1
(x)φ
i
(x)dγ(x)
Analyse numérique II, Télé-enseignement, M1 180 Université Aix-Marseille 1, R. Herbin, 27 septembre 2010
5.4. ELÉMENTS FINIS ISOPARAMÉTRIQUES CHAPITRE 5. ELÉMENTS FINIS DE LAGRANGE
5.3.5 Prise en compte des noeuds liés dans le second membre
Aprés les calculs précédents, on a maintenant dans G
i
:
G
i
=
_

f(x)φ
i
(x)dx +
_
Γ1
p(x)g
1
(x)φ
i
(x)dγ(x)
Il faut maintenant retirer du second membre, les combinaisons venant des noeuds liés :
G
i
←− G
i

j∈J0
g
0
(S
j
)a(φ
j
, φ
i
)
où J
0
est l’ensemble des indices des noeuds liés. On utilise pour cela le tableau CD qui donne les conditions, de
Dirichlet, de dimension M
0
où M
0
= cardJ
0
. Pour i
0
= 1, . . . , M
0
, CD(i
0
) = j
0
∈ J
0
est le numéro du noeud
lié dans la numérotation globale. La procédure est donc la suivante.
Pour i
0
= 1, . . . , M
0
, faire
j = CD(i
0
)
a = g
0
(S
j
)
si (i ≤ j) G
i
←− G
i
−aK
ij
sinon G
i
←−
G
i
−aK
ji
sinon Fin si Fin pour
5.3.6 Stockage de la matrice K
Remarquons que la matrice K est creuse (et même très creuse), en effet a(φ
j
, φ
i
) = 0 dès que
supp(φ
i
) ∩ supp(φ
j
) = φ
Examinons une possibilité de stockage de la matrice K. Soit NK le nombre d’éléments non nuls de la matrice K On
peut stocker la matrice dans un seul tableau KMAT en mettant bout à bout les coefficients non nuls de la première
ligne, puis ceux de la deuxième ligne, etc... jusqu’à ceux de la dernieère ligne. Pour repérer les éléments de K dans
le tableau KMAT, on a alors besoin de pointeurs. Le premier pointeur, nommé, IC est de dimension NK. La
valeur de IC(k) est le numéro de la colonne de K(k). On introduit alors le pointeur IL(), = 1, . . . , NL, où
NL est le nombre de lignes, où IL() est l’indice dans KMAT du début de la -ième ligne. L’identification entre
KMAT et K se fait alors par la procédure suivante :
Pour k = 1 . . . NK
si IL(m) ≤ k < IL(m + 1) alors
KMAT(k) = K
m,IC(k)
Fin si
Fin pour
La matrice K est symétrique définie positive, on peut donc utiliser une méthode de type gradient conjugué précon-
ditionné (voir cours de Licence). Notons que la structure de la matrice dépend de la numérotation des noeuds. Il
est donc important d’utiliser des algorithmes performants de maillage et de numérotation.
5.4 Eléments finis isoparamétriques
Dans le cas ou Ω est polygonal, si on utilise des éléments finis de type P
2
, les noeuds de la frontière sont effec-
tivement sur la frontière même si on les calcule à partir de l’élément fini de référence. Par contre, si le bord est
courbe, ce n’est plus vrai. L’utilisation d’éléments finis “isoparamétriques" va permettre de faire en sorte que tous
les noeuds frontières soient effectivement sur le bord, comme sur la figure 5.8. Pour obtenir une transformation
Analyse numérique II, Télé-enseignement, M1 181 Université Aix-Marseille 1, R. Herbin, 27 septembre 2010
5.5. ANALYSE D’ERREUR CHAPITRE 5. ELÉMENTS FINIS DE LAGRANGE
F

ˆ
K
K

FIGURE 5.8 – Transformation isoparamétrique
isoparamétrique, on définit
F

: K →K

(¯ x, ¯ y) →(x, y)
à partir des fonctions de base de l’élément fini de référence :
x =
N

r=1
x
r
¯
φ
r
(¯ x, ¯ y), y =
N

r=1
y
r
¯
φ
r
(¯ x, ¯ y),
où N

est le nombre de noeuds de l’élément et (x
r
, y
r
) sont les coordonnées du r-ième noeud de K

. Remarquons
que la transformation F

isoparamétrique P
1
est identique à celle des éléments finis classiques. Par contre, la
transformation isoparamétrique P
2
n’est plus affine, alors qu’elle l’est en éléments finis classiques. Notons que les
fonctions de base locales vérifient toujours
φ

r
◦ F

= φ
r
, ∀ = 1, . . . , L, ∀r = 1, . . . , N

.
On peut alors se poser le problème de l’inversibilité de F

. On ne peut pas malheureusement démontrer que F

est inversible dans tous les cas, toutefois, cela s’avère être le cas dans la plupart des cas pratiques. L’intérêt de
la transformation isoparamétrique est de pouvoir traiter les bords courbes, ainsi que les éléments finis Q1 sur
quadrilatères. Notons que le calcul de φ

r
est toujours inutile, car on se ramène encore à l’élément de référence.
5.5 Analyse d’erreur
5.5.1 Erreurs de discrétisation et d’interpolation
On considère toujours le problème modèle (5.3.11) page 171 sur lequel on a étudié la mise en oeuvre de la méthode
des éléments finis. On rappelle que la formulation faible de ce problème est donnée en (5.3.14) page 172, et que
sous les hypothèses (5.3.12) page 171, le problème (5.3.14) admet une unique solution ¯ u ∈ H = H
1
Γ0n
=
Analyse numérique II, Télé-enseignement, M1 182 Université Aix-Marseille 1, R. Herbin, 27 septembre 2010
5.5. ANALYSE D’ERREUR CHAPITRE 5. ELÉMENTS FINIS DE LAGRANGE
{u ∈ H
1
(Ω); u = 0 sur Γ
0
}. La méthode d’approximation variationnelle du problème (5.3.14) consiste à chercher
¯ u
N
∈ H
N
= V ect{φ
1
, . . . , φ
N
} solution de (5.3.16) page 173, où les fonctions φ
1
, . . . , φ
N
sont les fonctions
de base éléments finis associés aux noeuds x
1
, . . . , x
N
. Comme les hypothèses (4.2.22) page 124 sont vérifiées,
l’estimation (4.2.30) page 127 entre ¯ u solution de (5.3.14) et ¯ u
(N)
solution de (5.3.16) est donc vérifiée. On a
donc :
¯ u − ¯ u
N

H
1 ≤
_
M
α
d(¯ u, H
N
),
où M(resp.α) est la constante de continuité (resp. de coercivité) de a. Comme u = u
0
+ ¯ u, on a, en posant
c =
_
M
α
,
u −u
N
≤ Cu − w∀w ∈ H
N
, (5.5.20)
où u
N
= ¯ u
N
+ u
0
. Notons que dans l’implantation pratique de la méthode d’éléments finis, lorsqu’on calcule
T(v) = T(v) − a(u
0
, v), on remplace u
0
par u
0,N
∈ H
N
, donc on commet une légère erreur sur T. De plus,
on calcule a(φ
i
, φ
j
) à l’aide d’intégrations numériques : l’inégalité (5.5.20) n’est donc vérifiée en pratique que
de manière approchée. On supposera cependant, dans la suite de ce paragraphe, que les erreurs commises sont
négligeables et que l’inégalité (5.5.20) est bien vérifiée. De la même manière qu’on a défini l’interpolée sur un
élément K, (voir définition 5.3 page 160, on va maintenant définir l’interpolée sur H
1
(Ω) tout entier, de manière
à établir une majoration de l’erreur de discrétisation grâce à (5.5.20).
Définition 5.16 (Interpolée dans H
N
) . Soit u ∈ H
1
(Ω) et H
N
= V ect{φ
1
, . . . , φ
N
} où les fonctions φ
1
. . . φ
N
sont des fonctions de base éléments finis associées aux noeuds S
1
. . . S
N
d’un maillage éléments finis de Ω. Alors
on définit l’interpolée de u dans H
N
, u
I
∈ H
N
par :
u
I
=
N

i=1
u(S
i

i
.
Comme u
I
∈ H
N
, on peut prendre W = u
I
dans (5.5.20), ce qui fournit un majorant de l’erreur de discrétisation :
u −u
N

H
1 ≤ Cu −u
I

H
1
On appelle erreur d’interpolation le terme u −u
I

H
1
5.5.2 Erreur d’interpolation en dimension 1
Soit Ω =]0, 1[, on considère un maillage classique, défini par les N + 2 points (x
i
)
i=0...N+1
, avec x
0
= 0 et
x
N+1
= 1, et on note
h
i
= x
i+1
−x
i
, i = 0, . . . , N + 1, et h = max{|h
i
|, i = 0, . . . , N + 1}
On va montrer que si u ∈ H
2
(]0, 1[), alors on peut obtenir une majoration de l’erreur d’interpolation u −u
I

H
1 .
On admettra le lemme suivant(voir exercice 33 page 137) :
Lemme 5.17 Si u ∈ H
1
(]0, 1[) alors u est continue.
En particulier, on a donc H
2
(]0, 1[) ⊂ C
1
([0, 1]). Remarquons que ce résultat est lié à la dimension 1, voir injection
de Sobolev, cours d’analyse fonctionnelle ou [1]. On va démontrer le résultat suivant sur l’erreur d’interpolation.
Analyse numérique II, Télé-enseignement, M1 183 Université Aix-Marseille 1, R. Herbin, 27 septembre 2010
5.5. ANALYSE D’ERREUR CHAPITRE 5. ELÉMENTS FINIS DE LAGRANGE
Théorème 5.18 (majoration de l’erreur d’interpolation, dimension 1) Soit u ∈ H
2
(]0, 1[), et soit u
I
son in-
terpolée sur H
N
= V ect{φ
i
, i = 1, . . . , N}, où φ
i
désigne la i-ème fonction de base élément fini P1 associée au
noeud x
i
d’un maillage élément fini de ]0, 1[. Alors il existe c ∈ IR ne dépendant que de u, tel que
u −u
I

H
1 ≤ Ch. (5.5.21)
Démonstration : On veut estimer
u −u
I

2
H
1 = |u −u
I
|
2
0
+ |u −u
I
|
2
1
où |v|
0
= v
L
2 et |v|
1
= Dv
L
2. Calculons |u −u
I
|
2
1
:
|u −u
I
|
2
1
=
_
1
0
|u

−u

I
|
2
dx =
N

i=0
_
xi+1
xi
|u

(x) −u

I
(x)|
2
dx.
Or pour x ∈]x
i
, x
i+1
[ on a
u

I
=
u(x
i+1
) −u(x
i
)
h
i
= u


i
),
pour un certain ξ
i
∈]x
i
, x
i+1
[. On a donc :
_
xi+1
xi
|u

(x) −u

I
(x)|
2
dx =
_
xi+1
xi
|u

(x) −u


i
)|
2
dx.
On en déduit que :
_
xi+1
xi
|u

(x) −u

I
(x)|
2
dx =
_
xi+1
xi
|
_
x
ξi
u

(t)dt|
2
dx,
et donc, par l’inégalité de Cauchy-Schwarz,
_
xi+1
xi
|u

(x) −u

I
(x)|
2
dx ≤
_
xi+1
xi
_
x
ξi
|u

(t)|
2
dt|x −ξ
i
|dx
≤ h
i
_
xi+1
xi
__
x
ξi
|u

(t)|
2
dt
_
dx,
car |x −ξ
i
| ≤ h
i
. En réappliquant l’inégalité de Cauchy-Schwarz, on obtient :
_
xi+1
xi
|u

(x) −u

I
(x)|
2
dx ≤ h
2
i
_
xi+1
xi
|u

(t)|
2
dt
En sommant sur i, ceci entraine :
|u −u
I
|
2
1
≤ h
2
_
1
0
|u

(t)|
2
dt. (5.5.22)
Il reste maintenant à majorer |u −u
I
|
2
0
=
_
1
0
|u −u
I
|
2
dx. Pour x ∈ [x
i
, x
i+1
]
|u(x) −u
I
(x)|
2
=
__
x
xi
(u

(t) −u

I
(t))dt
_
2
.
Par l’inégalité de Cauchy-Schwarz, on a donc :
|u(x) −u
I
(x)|
2

_
x
xi
(u

(t) −u

I
(t))
2
dt |x −x
i
|
. ¸¸ .
≤hi
Analyse numérique II, Télé-enseignement, M1 184 Université Aix-Marseille 1, R. Herbin, 27 septembre 2010
5.5. ANALYSE D’ERREUR CHAPITRE 5. ELÉMENTS FINIS DE LAGRANGE
Par des calculs similaires aux précédents, on obtient donc :
|u(x) −u
I
(x)|
2

_
x
xi
h
i
__
xi+1
xi
|u

(t)|
2
dt
_
dxh
i
≤ h
3
i
_
xi+1
xi
|u

(t)|
2
dt.
En intégrant sur [x
i
, x
i+1
], il vient :
_
xi+1
xi
|u(x) −u
I
(x)|
2
dx ≤ h
4
i
_
xi+1
xi
(u

(t))
2
dt,
et en sommant sur i = 1, . . . , N :
_
1
0
(u(x) −u
I
(x))
2
dx ≤ h
4
_
1
0
(u

(t))
2
dt.
On a donc :
|u −u
I
|
0
≤ h
2
|u|
2
ce qui entraine, avec (5.5.22) :
u −u
I

2
≤ h
4
|u|
2
2
+h
2
|u|
2
2
≤ (1 +h
2
)h
2
|u|
2
2
On en déduit le résultat annoncé.
On en déduit le résultat d’estimation d’erreur suivant :
Corollaire 5.19 (Estimation d’erreur, P1, dimension 1) Soit Ω un ouvert polygonal convexe de IR
d
, d ≥ 1 ; soit
f ∈ L
2
(Ω) et u ∈ H
1
0
(Ω) l’unique solution du problème
_
¸
_
¸
_
u ∈ H
1
0
(Ω)
a(u, v) =
_

∇u(x)∇v(x)dx =
_
f(x)v(x)dx,
,
et u
T
L’approximation éléments finis P1 obtenue sur un maillage admissible T de pas h
T
= max
i=1,...,N
{|h
i
|}. Alors
il existe C ∈ IR ne dépendant que de Ω et f tel que u −u
T
< Ch.
Ces résultats se gén´ralisent au cas de plusieurs dimensions d’espace (voir Ciarlet), sous des conditions géomé-
triques sur le maillage, nécessaires pour obtenir le résultat d’interpolation. Par exemple pour un maillage trian-
gulaire en deux dimensions d’espace, intervient une condition d’angle : on demande que la famille de maillages
considérée soit telle qu’il existe β > 0 tel que β ≤ θ ≤ π −β pour tout angle θ du maillage.
Remarque 5.20 (Sur les techniques d’estimation d’erreur) Lorsqu’on a voulu montrer des estimations d’er-
reur pour la méthode des différences finies, on a utilisé le principe de possitivité, la consistance et la stabilité
en norme L

. En volumes finis et éléments finis, on n’utilise pas le principe de positivité. En volumes finis, la
stabilité en norme L
2
est obtenue grâce à l’inégalité de Poincaré discrète, et la consistance est en fait la consis-
tance des flux. Notons qu’en volumes finis on se sert aussi de la conservativité des flux numériques pour la preuve
de convergence. Enfin, en éléments finis, la stabilité est obtenue grâce à la coercivité de la forme bilinéaire, et la
consistance provient du contrôle de l’erreur d’interpolation.
Analyse numérique II, Télé-enseignement, M1 185 Université Aix-Marseille 1, R. Herbin, 27 septembre 2010
5.5. ANALYSE D’ERREUR CHAPITRE 5. ELÉMENTS FINIS DE LAGRANGE
Même si le principe de positivité n’est pas explicitement utilisé pour les preuves de convergence des éléments finis
et volumes finis, il est toutefois intéressant de voir à quelles conditions ce principe est respecté, car il est parfois
très important en pratique.
Reprenons d’abord le cas du schéma volumes finis sur un maillage T admissible pour la discrétisation de l’équa-
tion (4.1.1).
_
−∆u = f dans Ω
u = 0 sur ∂Ω.
Rappelons que le schéma volumes finis s’écrit :

K∈C
_
_

σ∈ξK∩ξint
τ
K,L
(u
K
−u
L
) +

σ∈ξK∩ξext
τ
K,σ
u
K
_
_
= |K|f
K
, (5.5.23)
avec
τ
K,L
=
|K|L|
d(x
K
, x
L
)
et τ
K,σ
=
|σ|
d(x
K
, ∂Ω)
,
où |K|, (resp. |σ|) désigne la mesure de Lebesque en dimension d (resp. d −1) de K (resp. σ).
Notons que les coefficients τ
K,L
et τ
K,σ
sont positifs, grâce au fait que le maillage est admissible (et donc

X
K
X
L
= d(X
K
, X
L
) n
KL
, où

X
K
X
L
désigne le vecteur d’extrémités X
K
et X
L
et n
KL
la normale unitaire
à K|L sortante de K.
Notons que le schéma (5.5.23) s’écrit comme une somme de termes d’échange entre les mailles K et L, avec des
coefficients τ
KL
positifs. C’est grâce à cette propriété que l’on montre facilement que le principe de positivité
est vérifié. Considérons maintenant la méthode des éléments finis P1, pour la résolution du problème (4.1.1) sur
maillage triangulaire. On sait (voir par exemple Ciarlet) que si le maillage satisfait la condition faible de Delau-
nay (qui stipule que la somme de deux angles opposés à une même arête doit être inférieure à π), alors le principe
du maximum est vérifiée. Ce résultat peut se retrouver en écrivant le schéma éléments finis sous la forme d’un
schéma volumes finis.
5.5.3 Super convergence
On considère ici un ouvert Ω polygonal convexe de IR
d
, d ≥ 1, et on suppose que f ∈ L
2
(Ω). On s’intéresse à
l’approximation par éléments finis P1 de la solution u ∈ H
1
0
(Ω) du problème (4.1.5). On a vu dans le paragraphe
précédent (corollaire 5.19) qu’on peut estimer l’erreur en norme L
2
entre la solution exacte u et la solution ap-
prochée par éléments finis P1 ; en effet, comme l’erreur d’interpolation est d’ordre h, on déduit une estimation
sur l’erreur de discrétisation, également d’ordre h. En fait, si la solution u de (4.1.1) est dans H
2
, il se produit un
“petit miracle", car on peut montrer grâce à une technique astucieuse, dite“truc d’Aubin-Nitsche", que l’erreur de
discrétisation en norme L
2
est en fait d’ordre 2.
Théorème 5.21 (Super convergence des éléments finis P1) Soit Ω un ouvert polygonal convexe de IR
d
, d ≥ 1 ;
soit f ∈ L
2
(Ω), u solution de (4.1.5), u
T
la solution apporchée obtenue par éléments finis P1, sur un maillage
éléments finis T . Soit
h
T
= max
K∈T
diamK.
Alors il existe C ∈ IR ne dépendant que de Ω et f tel que :
u −u
T

H
1
(Ω)
≤ Ch et u −u
T

L
2
(Ω)
≤ Ch
2
.
Analyse numérique II, Télé-enseignement, M1 186 Université Aix-Marseille 1, R. Herbin, 27 septembre 2010
5.5. ANALYSE D’ERREUR CHAPITRE 5. ELÉMENTS FINIS DE LAGRANGE
Démonstration : Par le théorème de régularité 4.9 page 118, il existe C
1
∈ IR
+
ne dépendant que de Ω tel que
u
H
2
(Ω)
≤ C
1
f
L
2
(Ω)
.
Grâce à ce résultat, on a obtenu (voir le théorème 5.19) qu’il existe C
2
ne dépendant que de Ω, β et tel que
u −u
T

H
1
(Ω)
≤ C
2
f
L
2h
Soit maintenant e
T
= u −u
T
et ϕ ∈ H
1
0
(Ω) vérifiant
_

∇ϕ(x).∇ψ(x)dx =
_

e
T
(x)ψ(x)dx, ∀ψ ∈ H
1
0
(Ω). (5.5.24)
On peut aussi dire que ϕ est la solution faible du problème
_
−∆ϕ = e
T
dans Ω
ϕ = 0 sur ∂Ω.
Comme e ∈ L
2
(Ω), par le théorème 4.9, il existe C
3
∈ IR
+
ne dépendant que Ω tel que
ϕ
H
2
(Ω)
≤ C
3
e
T

L
2
(Ω)
.
Or e
T

2
L
2
(Ω)
=
_

e
T
(x)e
T
(x)dx =
_

∇ϕ(x).∇e(x)dx, en prenant ψ = e
T
dans (5.5.24).
Soit ϕ
T
la solution approchée par éléments finis P1 du problème (5.5.24), c.à.d solution de :
_
¸
_
¸
_
ϕ
T
∈ V
T ,0
= {v ∈ C(
¯
Ω); v|
K
∈ P
1
, ∀K ∈ T , v|
∂Ω
= 0}
_

∇ϕ
T
(x)∇v(x)dx =
_

e(x)v(x)dx, ∀v ∈ V
T ,0
(5.5.25)
On sait que u
T
vérifie :
_

∇ϕ
T
(x).∇(u −u
T
)(x)dx = 0;
on peut donc écrire que :
e
T

2
L
2
(Ω
=
_

∇(ϕ −ϕ
T
)(x).∇(u −u
T
)(x)dx ≥ ϕ −ϕ
T

H
1
(Ω)
u −u
T

H
1
(Ω)
D’après le théorème 5.19, on a :
ϕ −ϕ
T

H
1
(Ω)
≤ C
2
e
L
2
(Ω)
h
T
et u −u
T

H
1
(Ω)
≤ C
2
f
L
2
(Ω)
h
T
.
On en déduit que :
e
T

L
2
(Ω)
≤ C
2
2
f
L
2
(Ω)
h
2
T
.
Ce qui démontre le théorème.
Analyse numérique II, Télé-enseignement, M1 187 Université Aix-Marseille 1, R. Herbin, 27 septembre 2010
5.5. ANALYSE D’ERREUR CHAPITRE 5. ELÉMENTS FINIS DE LAGRANGE
5.5.4 Traitement des singularités
Les estimations d’erreur obtenues au paragraphe précédent reposent sur la régularité H
2
de u. Que se passe-t-il si
cette régularité n’est plus vérifiée ? Par exemple, si le domaine Ω possède un coin rentrant, on sait que dans ce cas,
la solution u du problème (4.1.5) n’est plus dans H
2
(Ω), mais dans un espace H
1+s
(Ω), où s dépend de l’angle
du coin rentrant. Considérons donc pour fixer les idées le problème
_
−∆u = f dans Ω, où Ω est un ouvert
u = 0 sur ∂Ω polygônal avec un coin rentrant.
Pour approcher correctement la singularité, on peut raffiner le maillage dans le voisinage du coin. On peut égale-
ment, lorsque cela est possible, modifier l’espace d’approximation pour tenir compte de la singularité. Dans le cas
d’un polygône avec un coin rentrant par exemple, on sait trouver ψ ∈ H
1
0
(Ω) (et ψ ∈ H
2
(Ω)) telle que si u est
solution de (4.1.5) avec f ∈ L
2
(Ω), alors il existe un unique α ∈ IR tel que u −αψ ∈ H
2
(Ω).
Examinons le cas d’une approximation par éléments finis de Lagrange. Dans le cas où u est régulière, l’espace
d’approximation est
V
T
= V ect{φ
i
, i = 1, N
T
},
où N
T
est le nombre de noeuds internes du maillage T de Ω considéré et (φ
i
)
i=1,NT
la famille des fonctions de
forme associées aux noeuds.
Dans le cas d’une singularité portée par la fonction ψ introduite ci-dessus, on modifie l’espace V et on prend
maintenant : V
T
= V ect{φ
i
, i = 1, N
T
}⊕IRψ Notons que V
T
⊂ H
1
0
(Ω), car ψ ∈ H
1
0
(Ω). Reprenons maintenant
l’estimation d’erreur. Grâce au lemme de Céa, on a toujours
u −u
T

H
1 ≤
M
α
u −w
H
1
(Ω)
, ∀w ∈ V
T
.
On a donc également :
u −u
T

H
1 ≤
M
α
u −αψ −w
H
1
(Ω)
, ∀w ∈ V
T
.
puisque αψ +w ∈ V
T
. Or, u −αψ = ¯ u ∈ H
2
(Ω).
Donc u −u
T

H
1 ≤
M
α
¯ u −w
H
1
(Ω)
, ∀w ∈ V
T
.
Et grâce aux résultats d’interpolation qu’on a admis, si on note ¯ u
I
l’interpolée de ¯ u dans V
T
, on a :
u −u
T

H
1
(Ω)

M
α
¯ u − ¯ u
I

H
1
(Ω)

M
α
C
2
¯ u
H
2
(Ω)
h.
On obtient donc encore une estimation d’erreur en h.
Examinons maintenant le système linéaire obtenu avec cette nouvelle approximation. On effectue un développe-
ment de Galerkin sur la base de V
T
. On pose
u
T
=

i=1,NT
u
i
φ
i
+ γψ.
Le problème discrétisé revient donc à chercher
_
¸
¸
_
¸
¸
_
(u
s
)
i=1,NT
⊂ IR
N
et γ ∈ IR t.q.

j=1,NT
u
j
_

∇φ
j
(x) · ∇φ
i
(x)dx + γ
_

∇ψ(x) · ∇φ
i
(x)dx =
_

f(x)φ
i
(x)dx, ∀i = 1, N
T

j=1,NT
u
j
_

∇φ
i
(x) · ∇ψ(x)dx + γ
_

∇ψ(x) · ∇ψ(x)dx =
_
f(x)ψ(x)dx.
On obtient donc un système linéaire de N
T
+ 1 équations à N
T
+ 1 inconnues.
Analyse numérique II, Télé-enseignement, M1 188 Université Aix-Marseille 1, R. Herbin, 27 septembre 2010
5.6. EXERCICES CHAPITRE 5. ELÉMENTS FINIS DE LAGRANGE
5.6 Exercices
Exercice 47 (Eléments finis P1 pour le problème de Dirichlet) Corrigé en page 192
Soit f ∈ L
2
(]0, 1[). On s’intéresse au problème suivant :
−u

(x) = f(x), x ∈]0, 1[,
u(0) = 0, u(1) = 0.
dont on a étudié une formulation faible à l’exercice 35.
Soient N ∈ IN, h = 1/(N + 1) et x
i
= ih, pour i = 0, . . . , N + 1, et K
i
= [x
i
, x
i+1
], pour i = 0, . . . , N.
Soit H
N
= {v ∈ C([0, 1], IR) t.q. v|
Ki
∈ P
1
, i = 0, . . . , N, et v(0) = v(1) = 0}, où P
1
désigne l’ensemble des
polynômes de degré inférieur ou égal à 1.
1. Montrer que H
N
⊂ H
1
0
.
2. Pour i = 1, . . . , N, on pose :
φ
i
(x) =
_
_
_
1 −
|x −x
i
|
h
si x ∈ K
i
∪ K
i−1
,
0 sinon.
Montrer que φ
i
∈ H
N
pour tout i = 1, . . . , N et que H
N
est engendré par la famille {φ
1
, . . . , φ
N
}.
3. Donner le système linéaire obtenu en remplaçant H par H
N
dans la formulation faible. Comparer avec le schéma
obtenu par différences finies.
Exercice 48 (Conditions aux limites de Fourier et Neumann) Corrigé en page 194
Soit f ∈ L
2
(]0, 1[). On s’intéresse au problème :
−u

(x) +u(x) = f(x), x ∈]0, 1[,
u

(0) −u(0) = 0, u

(1) = −1.
(5.6.26)
L’existence et l’unicité d’une solution faible ont été démontrées à l’exercice 48 page 189. On s’intéresse maintenant
à la discrétisation de (5.6.26).
e (4.4.41) 1. Ecrire une discrétisation d par différences finies pour un maillage non uniforme. Ecrire le système
linéaire obtenu.
2. Ecrire une discrétisation de (5.6.26) par volumes finis pour un maillage non uniforme. Ecrire le système linéaire
obtenu.
3. Ecrire une discrétisation par éléments finis conformes de type Lagrange P
1
de (5.6.26) pour un maillage non
uniforme. Ecrire le système linéaire obtenu.
Exercice 49 (Conditions aux limites de Fourier et Neumann,bis)
Soit f ∈ L
2
(]0, 1[). On s’intéresse au problème : :
_
−u

(x) −u

(x) +u(x) = f(x), x ∈]0, 1[,
u(0) +u

(0) = 0, u(1) = 1
1. Ecrire une discrétisation par éléments finis conformes de type Lagrange P
1
pour un maillage uniforme. Ecrire
le système linéaire obtenu.
Analyse numérique II, Télé-enseignement, M1 189 Université Aix-Marseille 1, R. Herbin, 27 septembre 2010
5.6. EXERCICES CHAPITRE 5. ELÉMENTS FINIS DE LAGRANGE
2. Ecrire une discrétisation par volumes finis centrés pour un maillage uniforme. Ecrire le système linéaire obtenu.
3. Ecrire une discrétisation par différences finies centrés de pour un maillage uniforme. Ecrire le système linéaire
obtenu.
4. Quel est l’ordre de convergence de chacune des méthodes étudiées aux questions précédentes ?
Exercice 50 (Eléments finis pour un problème avec conditions mixtes)
Soit f ∈ L
2
(]0, 1[. On s’intéresse ici au problème
−u

(x) +u(x) = f(x), x ∈=]0, 1[,
u(0) = 0,
u

(1) = 0,
(5.6.27)
Ce problème est un cas particulier du problème (4.4.44) étudié à l’exercice 41 page 139 page 139, en prenant : Ω =
]0, 1[, p ≡ 1 et q ≡ 1, Γ
0
= {0}, Γ
1
= {1}, g
0
≡ 0, g
1
≡ 0 et σ = 0.
On s’intéresse ici à la discrétisation du problème (5.6.27). Soient N ∈ IN, h = 1 (N + 1) et x
i
= ih, pour
i = 0, . . . , N + 1, et K
i
= [x
i
, x
i+1
], pour i = 0, . . . , N. On cherche une solution approchée de (5.6.27), notée
u
h
, en utilisant les éléments finis (K
i
, {x
i
, x
i+1
}, P
1
)
N
i=0
.
1. Déterminer l’espace d’approximation V
h
. Montrer que les fonctions de base globales sont les fonctions Φ
i
de
[0,1] dans IR définies par Φ
i
(x) = (1 −
|x−xi|
h
)
+
, pour i = 1, . . . , N + 1.
2. Construire le système linéaire à résoudre et comparer avec les systèmes obtenus par différences finies et volumes
finis.
3 A-t-on u

h
(1) = 0 ?
Exercice 51 (Eléments finis Q1) Corrigé en page 197
On considère le rectangle Ω de sommets (−1, 0), (2, 0), (−1, 1), (2, 1). On s’intéresse à la discrétisation par élé-
ments finis de l’espace fonctionnel H
1
(Ω).
I. On choisit de découper Ωen deux éléments e
1
et e
2
définis par les quadrilatères de sommets respectifs M
1
(−1, 1),
M
2
(0, 1), M
5
(1, 0), M
4
(−1, 0) et M
2
(0, 1), M
3
(2, 1), M
6
(2, 0), M
5
(1, 0).
On prend comme noeuds les points M
1
, . . . , M
6
et comme espace par élément l’ensemble des polynômes Q
1
. On
note Σ
1
= {M
4
, M
5
, M
2
, M
1
} et Σ
2
= {M
5
, M
6
, M
3
, M
2
}.
On a donc construit la discrétisation {(e
1
, Σ
1
, Q
1
), (e
2
, Σ
2
, Q
1
)}.
I.1 Montrer que les éléments (e
1
, Σ
1
, Q
1
) et (e
2
, Σ
2
, Q
1
) sont des éléments finis de Lagrange.
I.2. Montrer que l’espace de dimension finie correspondant à cette discrétisation n’est pas inclus dans H
1
(Ω)
(construire une fonction de cet espace dont la dérivée distribution n’est pas dans L
2
). Quelle est dans les hypothèses
appelées en cours “cohérence globale” celle qui n’est pas vérifiée ?
II. On fait le même choix des éléments et des noeuds que dans I. On introduit comme élément de référence e le
carré de sommets (±1, ±1), Σ est l’ensemble des sommets de e et P = Q
1
.
II.1. Quelles sont les fonctions de base locales de (e, Σ, P). On note ces fonctions Φ
1
, . . . , Φ
4
.
II.2 A partir des fonctions Φ
1
, . . . , Φ
4
, construire des bijections F
1
et F
2
de e dans e
1
et e
2
. Les fonctions F
1
et F
2
sont elles affines ?
II.3 On note P
ei
= {f : e
i
→ IR, f ◦ F
i
|
e
∈ Q
1
}, pour i = 1, 2, où les F
i
sont définies à la question précédente.
Montrer que les éléments (e
1
, Σ
1
, P
e1
) et (e
2
, Σ
2
, P
e2
) sont des éléments finis de Lagrange et que l’espace vectoriel
construit avec la discrétisation {(e
1
, Σ
1
, P
e1
), (e
2
, Σ
2
, P
e2
)} est inclus dans H
1
(Ω) (i.e. vérifier la “cohérence
globale” définie en cours). On pourra pour cela montrer que si S = e
1
∩ e
2
= {(x, y); x + y = 1}, alors
{f|
S
, f ∈ P
ei
} = {f : S →IR; f(x, y) = a +by, a, b ∈ IR}.
Analyse numérique II, Télé-enseignement, M1 190 Université Aix-Marseille 1, R. Herbin, 27 septembre 2010
5.6. EXERCICES CHAPITRE 5. ELÉMENTS FINIS DE LAGRANGE
Exercice 52 (Eléments affine–équivalents) Corrigé en page 200
Soit Ω un ouvert polygonal de IR
2
, et T un maillage de Ω.
Soient (
¯
K,
¯
Σ,
¯
P) et (K, Σ, P) deux éléments finis de Lagrange affine - équivalents. On suppose que les fonctions
de base locales de
¯
K sont affines.
Montrer que toute fonction de P est affine.
En déduire que les fonctions de base locales de (K, Σ, P) affines.
Exercice 53 (Eléments finis P2 en une dimension d’espace)
On veut résoudre numériquement le problème aux limites suivant
_
¸
¸
_
¸
¸
_
−u

(x) +u(x) = x
2
, 0 < x < 1
u(0) = 0,
u

(1) = 1.
(5.6.28)
1. Donner une formulation faible du problème (5.6.28)
2. Démontrer que le problème (5.6.28) admet une unique solution.
3. On partage l’intervalle ]0, 1[ en N intervalles égaux et on approche la solution par une méthode d’éléments finis
de degré 2. Ecrire le système qu’il faut résoudre.
Exercice 54 (Eléments finis P1 sur maillage triangulaire) Corrigé en page 202
On veut résoudre numériquement le problème
−∆u(x, y) = f(x, y), (x, y) ∈ D = (0, a) ×(0, b),
u(x, y) = 0, (x, y) ∈ ∂D,
où f est une fonction donnée, appartenant à L
2
(D). Soient M, N deux entiers. On définit
∆x =
a
M + 1
, ∆y =
b
N + 1
et on pose
x
k
= k∆x, 0 ≤ k ≤ M + 1, y
l
−l∆y, 0 ≤ l ≤ N + 1
On note
T
0
k+1/2,l+1/2
le triangle de sommets (x
k
, y
l
), (x
k+1
, y
l
), (x
k+1
, y
l+1
),
T
1
k+1/2,l+1/2
le triangle de sommets (x
k
, y
l
), (x
k
, y
l+1
), (x
k+1
, y
l+1
).
Ecrire la matrice obtenue en discrétisant le problème avec les éléments finis triangulaires linéaires (utilisant le
maillage précédent).
Exercice 55 (Intégration numérique) Corrigé en page 204
1. Vérifier que l’intégration numérique à un point de Gauss, donné par le centre de gravité du triangle, sur l’élément
fini P
1
sur triangle, est exacte pour les polynômes d’ordre 1.
2. Vérifier que l’intégration numérique à trois points de Gauss définis sur le trangle de rérérence par p
1
=
_
1
2
, 0
_
,
p
2
=
_
1
2
,
1
2
_
, p
3
=
_
0,
1
2
_
. avec les poids d’intégration ω
1
= ω
2
= ω
3
=
1
6
, est exacte pour les polynômes
d’ordre 2.
Analyse numérique II, Télé-enseignement, M1 191 Université Aix-Marseille 1, R. Herbin, 27 septembre 2010
5.7. CORRIGÉS DES EXERCICES CHAPITRE 5. ELÉMENTS FINIS DE LAGRANGE
Exercice 56 (Eléments finis Q2) Corrigé en page 205
On note C le carré [0, 1] ×[0, 1] de sommets
a
1
= (0, 0), a
2
= (1, 0), a
3
= (1, 1), a
4
= (0, 1).
On note
a
5
= (1/2, 0), a
6
= (1, 1/2), a
7
= (1/2, 1), a
8
= (0, 1/2), a
9
= (1/2, 1/2)
et

= {a
i
, 1 ≤ i ≤ 8}.
1. Montrer que pour tout p ∈ P
2
4

i=1
p(a
i
) −2
8

i=5
p(a
i
) + 4p(a
9
) = 0.
2. En déduire une forme linéaire φ telle que si p ∈ P = {p ∈ Q
2
, φ(p) = 0} et p(a
i
) = 0 pour i = 1, . . . 8, alors
p = 0. 3. Calculer les fonctions de base de l’élément fini (C, P, Σ), avec Σ = {a
1
, . . . , a
8
}.
Exercice 57 (Eléments finis Q

2
)
Soit C = [−1, 1] ×[−1, 1]. On note a
1
, . . . , a
8
les noeuds de C, définis par
a
1
= (−1, −1), a
2
= (1, −1), a
3
= (1, 1), a
4
= (−1, 1),
a
5
= (0, −1), a
6
= (1, 0), a
7
= (0, 1), a
8
= (−1, 0).
On rappelle que Q
2
= V ect{1, x, y, xy, x
2
, y
2
, x
2
y, xy
2
, x
2
y
2
} et que dim Q
2
= 9. On note Q

2
l’espace de
polynôme engendré par les fonctions {1, x, y, xy, x
2
, y
2
, x
2
y, xy
2
}.
a) Construire (ϕ

i
)
i=1,...,8
⊂ Q

2
tel que
ϕ

j
(a
i
) = δ
ij
∀i, j = 1, . . . , 8.
b) Montrer que Σ est Q

2
-unisolvant, avec Σ = {a
1
, . . . , a
8
}.
c) Soit S = [−1, 1] × {1}, Σ
S
= Σ ∩ S, et soit P l’ensemble des restrictions à S des fonctions de Q

2
, i.e.
P = {f|
S
; f ∈ Q

2
}. Montrer que Σ
S
est P-unisolvant. La propriété est elle vraie pour les autres arêtes de C ?
5.7 Corrigés des exercices
Exercice 47 page 189
1.Soit v ∈ H
N
, comme H
N
⊂ C([0, 1]), on a v ∈ L
2
(]0, 1[). D’autre part, comme v|
Ki
∈ P
1
, on a v|
Ki
(x) =
α
i
x + β
i
, avec α
i
, β
i
∈ IR. Donc v admet une dérivée faible dans L
2
(]0, 1[), et Dv|
Ki
= α
i
on a donc :
Dv
L
2 ≤ max
i=1,...,N

i
| < +∞.
De plus v(0) = v(1) = 0, donc v ∈ H
1
0
(]0, 1[).
On en déduit que H
N
⊂ H
1
0
(]0, 1[).
Analyse numérique II, Télé-enseignement, M1 192 Université Aix-Marseille 1, R. Herbin, 27 septembre 2010
5.7. CORRIGÉS DES EXERCICES CHAPITRE 5. ELÉMENTS FINIS DE LAGRANGE
2. On a :
φ
i
(x) =
_
¸
¸
¸
¸
_
¸
¸
¸
¸
_
1 −
x −x
i
h
si x ∈ K
i
1 +
x −x
i
h
si x ∈ K
i−1
0 si x ∈]0, 1[ K
i
∪ K
i−1
On en déduit que φ
i
|
Kj
⊂ P
1
pour tout j = 0, . . . , N.
De plus, les fonctions φ
i
sont clairement continues. Pour montrer que φ
i
∈ H
N
, il reste à montrer que φ
i
(0) =
φ
i
(1) = 0. Ceci est immédiat pour i = 2, . . . , N − 1, car dans ce cas φ
i
|
K0
= φ
i
|
KN+1
= 0. On vérifie alors
facilement que φ
1
(0) = 1 −
h
h
= 0 et φ
N
(1) = 0.
Pour montrer que H
N
= V ect{φ
1
, . . . , φ
N
}, il suffit de montrer que {φ
1
, . . . , φ
N
} est une famille libre de H
N
.
En effet, si
N

i=1
a
i
φ
i
= 0, alors en particulier
N

i=1
a
i
φ
i
(x
k
) = 0, pour k = 1, . . . , N, et donc a
k
= 0 pour
k = 1, . . . , N.
3. Soit u =
N

j=1
u
j
φ
j
solution de
a(u, φ
i
) = T(φ
i
) ∀i = 1, . . . , N.
La famille (u
j
)
j=1,...,N
est donc solution du système linéaire
N

j=1
K
i,j
u
j
= G
i
i = 1, . . . , N
où K
i,j
= a(φ
j
, φ
i
) et G
i
= T(φ
i
). Calculons K
i,j
et G
i
; on a :
K
i,j
=
_
1
0
φ

j
(x)φ

i
(x)dx; or φ

i
(x) =
_
¸
¸
¸
_
¸
¸
¸
_
1
h
si x ∈]x
i−1
x
i
[

1
h
si x ∈]x
i
, x
i+1
[,
0 ailleurs
On en déduit que :
K
i,i
=
_
1
0

i
(x))
2
dx = 2h
1
h
2
=
2
h
pour i = 1, . . . , N,
K
i,i+1

_
1
0
φ

i
(x)φ

i+1
(x)dx = −h ×
1
h
2
= −
1
h
, pour i = 1, . . . , N −1,
K
i,i−1
=
_
1
0
φ

i
(x)φ

i−1
(x)dx = −
1
h
pour i = 2, . . . , N,
K
i,j
= 0 pour |i −j| > 1.
Calculons maintenant G
i
:
G
i
=
_
xi+1
xi−1
f(x)φ
i
(x)dx
Analyse numérique II, Télé-enseignement, M1 193 Université Aix-Marseille 1, R. Herbin, 27 septembre 2010
5.7. CORRIGÉS DES EXERCICES CHAPITRE 5. ELÉMENTS FINIS DE LAGRANGE
Si f est constante, on a alors G
i
= f
_
xi+1
xi−1
φ
i
(x)dx = hf. Si f n’est pas constante, on procède à une intégration
numérique. On peut, par exemple, utiliser la formule des trapèzes pour le calcul des intégrales
_
xi
xi−1
f(x)φ
i
(x)dx
et
_
xi+1
xi
f(x)φ
i
(x)dx. On obtient alors :
G
i
= hf(x
i
).
Le schéma obtenu est donc :
_
2u
i
−u
i−1
−u
i+1
= h
2
f(x
i
) i = 1, . . . , N
u
0
= u
N+1
= 0
C’est exactement le schéma différences finis avec un pas constant h.
Exercice 48 page 189
1. Soit (x
i
)
i=1,...,N+1
une discrétisation de l’intervalle [0, 1], avec 0 = x
0
< x
1
< · · · x
i
< x
i+1
< x
N
<
x
N+1
= 1. Pour i = 1, . . . , N, on pose h
i+
1
2
= x
i+1
−x
i
. L’équation (5.6.26) au point x
i
s’écrit :
−u

(x
i
) +u(x
i
) = f(x)
On écrit les développements de Taylor de u(x
i+1
) et u(x
i−1
) :
u(x
i+1
) = u(x
i
) +h
i+
1
2
u

(x
i
) +
1
2
h
2
i+
1
2
u

(x
i
) +
1
6
h
3
i+
1
2
u


i
), avec ζ
i
∈ [x
i
, x
i+1
],
u(x
i−1
) = u(x
i
) −h
i−
1
2
u

(x
i
) +
1
2
h
2
i−
1
2
u

(x
i
) −
1
6
h
3
i−
1
2
u


i
), avec θ
i
∈ [x
i−1
, x
i
],
En multipliant la première égalité par h
i−
1
2
, la deuxième par h
i+
1
2
et en additionnant :
u

(x
i
) =
2
h
i+
1
2
h
i−
1
2
(h
i+
1
2
+h
i−
1
2
)
_
h
i−
1
2
u(x
i+1
) +h
i+
1
2
u(x
i−1
) + (h
i+
1
2
+h
i−
1
2
)u(x
i
)
_

1
6
h
2
i+
1
2
h
i+
1
2
+h
i−
1
2
u


i
) +
1
6
h
2
i−
1
2
h
i+
1
2
+h
i−
1
2
u


i
).
En posant γ
i
=
2
h
i+
1
2
h
i−
1
2
(h
i+
1
2
+h
i−
1
2
)
, on déduit donc l’approximation aux différences finies suivante pour tous
les noeuds internes :
γ
i
_
h
i−
1
2
u
i+1
+h
i+
1
2
u
i−1
+ (h
i+
1
2
+h
i−
1
2
)u
i
_
+u
i
= f(x
i
), i = 1, . . . , N.
La condition de Fourier en 0 se discrétise par
u
1
−u
0
h1
2
−u
0
= 0,
et la condition de Neumann en 1 par :
u
N+1
−u
N
h
N+
1
2
= −1.
Analyse numérique II, Télé-enseignement, M1 194 Université Aix-Marseille 1, R. Herbin, 27 septembre 2010
5.7. CORRIGÉS DES EXERCICES CHAPITRE 5. ELÉMENTS FINIS DE LAGRANGE
On obtient ainsi un système linéaire carré d’ordre N + 1.
2. On prend maintenant une discrétisation volumes finis non uniforme ; on se donne N ∈ IN

et h
1
, . . . , h
N
> 0 t.q.

N
i=1
h
i
= 1. On pose x1
2
= 0, x
i+
1
2
= x
i−
1
2
+h
i
, pour i = 1, . . . , N (de sorte que x
N+
1
2
= 1), h
i+
1
2
=
hi+1+hi
2
,
pour i = 1, . . . , N −1, et f
i
=
1
hi
_
x
i+
1
2
x
i−
1
2
f(x)dx, pour i = 1, . . . , N.
En intégrant la première équation de (5.6.26), et en approchant les flux u

(x
i+
1
2
) par le flux numérique F
i+
1
2
, on
obtient le schéma suivant :
F
i+
1
2
−F
i−
1
2
+h
i
u
i
= h
i
f
i
, i ∈ {1, . . . , N}, (5.7.29)
où (F
i+
1
2
)
i∈{0,...,N}
donné en fonction des inconnues discrètes (u
1
, . . . , u
N
) par les expressions suivantes, tenant
compte des conditions aux limites :
F
i+
1
2
= −
u
i+1
−u
i
h
i+
1
2
, = i ∈ {1, . . . , N −1}, (5.7.30)
F1
2
= −
u
1
−u
0
x1
2
, (5.7.31)
F1
2
−u
0
= 0 (5.7.32)
F
N+
1
2
= −1. (5.7.33)
Notons que u
0
peut être éliminé des équations (5.7.31) et(5.7.32). On obtient ainsi un système linéaire de N
équations à N inconnues :

u
2
−u
1
h3
2
+
u
1
1 −
x1
2
+h
1
u
1
= h
1
f
1
, (5.7.34)

u
i+1
−u
i
h
i+
1
2
+
u
i
−u
i−1
h
i−
1
2
+h
i
u
i
= h
i
f
i
, i ∈ {2, . . . , N −1}, (5.7.35)
−1 +
u
N
−u
N−1
h
N−
1
2
+h
N
u
N
= h
N
f
N
, (5.7.36)
3. Comme pour les différences finies, on se donne (x
i
)
i=1,...,N+1
une discrétisation de l’intervalle [0, 1], avec
0 = x
0
< x
1
< · · · x
i
< x
i+1
< x
N
< x
N+1
= 1. Pour i = 1, . . . , N, on pose h
i+
1
2
= x
i+1
− x
i
et
K
i+
1
2
= [x
i
, x
i+1
], pour i = 0, . . . , N. On définit l’espace d’approximation H
N
= {v ∈ C([0, 1], IR) t.q.
v|
K
i+
1
2
∈ P
1
, i = 0, . . . , N}, où P
1
désigne l’ensemble des polynômes de degré inférieur ou égal à 1. Remarquons
que l’on a bien H
N
⊂ H.
Pour i = 1, . . . , N, on pose :
φ
i
(x) =
1
hi−
1
2
(x −x
i−1
) si x ∈ K
i−
1
2
,
φ
i
(x) =
1
hi+
1
2
(x
i+1
−x) si x ∈ K
i+
1
2
,
φ
i
(x) = 0 sinon,
(5.7.37)
et on pose également
φ
N+1
(x) =
1
hN+
1
2
(x −x
N
) si x ∈ K
N+
1
2
,
φ
N+1
(x) = 0 sinon,
(5.7.38)
Analyse numérique II, Télé-enseignement, M1 195 Université Aix-Marseille 1, R. Herbin, 27 septembre 2010
5.7. CORRIGÉS DES EXERCICES CHAPITRE 5. ELÉMENTS FINIS DE LAGRANGE
φ
0
(x) =
1
h
1
2
(x
1
−x) si x ∈ K1
2
,
φ
0
(x) = 0 sinon,
(5.7.39)
On vérifie facilement que φ
i
∈ H
N
pour tout 0 = 1, . . . , N + 1 et que H
N
= V ect{φ
0
, . . . , φ
N+1
}.
La formulation éléments finis s’écrit alors :
u
(N)
∈ H
N
,
a(u
(N)
, v) = T(v), ∀v ∈ H
N
,
(5.7.40)
Pour construire le système linéaire à résoudre, on prend successivement v = φ
i
, i = 0, . . . , N + 1 dans (5.7.40).
Soit u
(N)
=
N+1

j=0
u
j
φ
j
solution de
a(u
(N)
, φ
i
) = T(φ
i
) ∀i = 0, . . . , N + 1.
La famille (u
j
)
j=0,...,N+1
est donc solution du système linéaire
N

j=0
K
i,j
u
j
= G
i
i = 0, . . . , N + 1,
où K
i,j
= a(φ
j
, φ
i
) et G
i
= T(φ
i
). Calculons K
i,j
et G
i
; on a : K
ij
=
_
1
0
φ

j
(x)φ

i
(x)dx +
_
1
0
φ
j
(x)φ
i
(x)dx.
Or
φ

i
(x) =
_
¸
¸
¸
¸
_
¸
¸
¸
¸
_
1
h
i−
1
2
si x ∈]x
i−1
x
i
[

1
h
i+
1
2
si x ∈]x
i
, x
i+1
[
0 ailleurs.
Donc si 1 ≤ i = j ≤ N, on a
K
i,i
=
_
1
0

i
(x))
2
dx +
_
1
0

i
(x))
2
dx =
1
h
i−
1
2
+
1
h
i+
1
2
+
h
i−
1
2
3
+
h
i+
1
2
3
.
Si i = j = N + 1, alors
K
N+1,N+1
=
_
1
0

N+1
(x))
2
dx +
_
1
0

N+1
(x))
2
dx =
1
h
N+
1
2
+
h
N+
1
2
3
.
Si i = j = 0, alors
K
0,0
=
_
1
0

0
(x))
2
dx +
_
1
0

0
(x))
2
dx + φ
2
0
=
1
h1
2
+
h1
2
3
+ 1.
Si 0 ≤ i ≤ N et j = i + 1, on a :
K
i,i+1
=
_
1
0
φ

i
(x)φ

i+1
(x)dx +
_
1
0
φ
i
(x)φ
i+1
(x)dx = −h
i+
1
2
×
1
h
2
i+
1
2
+
h
i+
1
2
2

h
i+
1
2
3
= −
1
h
i+
1
2
+
h
i+
1
2
6
.
Analyse numérique II, Télé-enseignement, M1 196 Université Aix-Marseille 1, R. Herbin, 27 septembre 2010
5.7. CORRIGÉS DES EXERCICES CHAPITRE 5. ELÉMENTS FINIS DE LAGRANGE
La matrice étant symétrique, si 2 ≤ i ≤ N + 1 et j = i −1, on a :
K
i,i−1
= K
i−1,i
= −
1
h
i−
1
2
+
h
i−
1
2
6
.
Calculons maintenant G
i
.
G
i
=
_
xi+1
xi−1
f(x)φ
i
(x)dx + φ
i
(1).
Si f est constante, on a alors G
i
= f
_
xi+1
xi−1
φ
i
(x)dx + φ
i
(1) =
1
2
(h
i−
1
2
+h
i+
1
2
)f + φ
i
(1).
Si f n’est pas constante, on procède à une intégration numérique. On peut, par exemple, utiliser la formule des
trapèzes pour le calcul des intégrales
_
xi
xi−1
f(x)φ
i
(x)dx et
_
xi+1
xi
f(x)φ
i
(x)dx. On obtient alors :
G
i
=
1
2
(h
i−
1
2
+h
i+
1
2
)f(x
i
) + φ
i
(1).
Le schéma obtenu est donc :
_
¸
¸
¸
¸
¸
¸
¸
¸
¸
¸
¸
¸
_
¸
¸
¸
¸
¸
¸
¸
¸
¸
¸
¸
¸
_
(
1
h
i−
1
2
+
1
h
i+
1
2
+
h
i−
1
2
3
+
h
i+
1
2
3
)u
i
+ (
h
i−
1
2
6

1
h
i−
1
2
)u
i−1
+ (
h
i+
1
2
6

1
h
i+
1
2
)u
i+1
=
1
2
(h
i−
1
2
+h
i+
1
2
)f(x
i
) i = 1, . . . , N
(
1
h1
2
+
h1
2
3
+ 1)u
0
+ (
1
h
i+
1
2
+
h
i+
1
2
6
)u
1
=
1
2
h1
2
f(x
0
)
(
1
h
N+
1
2
+
h
N+
1
2
3
)u
N+1
(
h
N+
1
2
6

1
h
N+
1
2
=
1
2
h
N+
1
2
f(x
N+1
) + 1.
Correction de l’exercice 51 page 190
I.1. On note x, y les deux variables de IR
2
. L’espace Q
1
est l’ensemble des polynômes de la forme a+bx+cy+dxy
avec a, b, c, d ∈ IR. On a donc dim Q
1
= 4 = Card Σ
1
= Card Σ
2
pour montrer que (e
1
, Σ
1
, Q
1
) est un élément
fini de Lagrange, il suffit de montrer que f ∈ Q
1
et f|
Σ1
= 0 implique f = 0. Soient donc a, b, c, d, ∈ IR. On pose
f(x, y) = a +bx +cy +dxy pour (x, y)
t
∈ e
1
et on suppose que f|
Σ1
= 0, c’est à dire : f(−1, 1) = 0, f(0, 1) =
0, f(1, 0) = 0 et f(−1, 0) = 0. On a donc :
_
¸
¸
¸
¸
¸
_
¸
¸
¸
¸
¸
_
a −b + c −d = 0
a +c = 0
a +b = 0
a −b = 0
Les deux dernières équations donnent que a = b = 0, la troisième donne alors que c = 0, et la première donne
enfin que d = 0. On a donc montré que f = 0. On en déduit que (e
1
, Σ
1
, Q
1
) est un élément fini de Lagrange. Pour
montrer que (e
2
, Σ
2
, Q
1
) est un élément fini de Lagrange, on procède de la même façon : soient a, b, c, d ∈ IR et
f(x, y) = a + bx + cy + dxy pour (x, y)
t
∈ e
2
. On suppose que f|
Σ2
= 0, c’est à dire : f(0, 1) = 0, f(2, 1) =
Analyse numérique II, Télé-enseignement, M1 197 Université Aix-Marseille 1, R. Herbin, 27 septembre 2010
5.7. CORRIGÉS DES EXERCICES CHAPITRE 5. ELÉMENTS FINIS DE LAGRANGE
0, f(2, 0) = 0 et f(1, 0) = 0. On a donc :
_
¸
¸
¸
¸
¸
_
¸
¸
¸
¸
¸
_
a +c = 0
a + 2b + c + 2d = 0
a + 2b = 0
a +b = 0
Les deux dernières équations donnent a = b = 0, la première donne alors c = 0 et, finalement, la quatrième donne
d = 0. On a donc montré que f = 0. On en déduit que (e
2
, Σ
2
, Q
1
) est un élément fini de Lagrange.
I.2. L’espace (de dimension finie) associé à cette discrétisation est engendré par les six fonctions de base globales.
On va montrer que la fonction de base associée à M
1
(par exemple) n’est pas dans H
1
(Ω). On note φ
1
cette
fonction de base. On doit avoir φ
1|e1
∈ Q
1
, φ
1|e2
∈ Q
1
et φ
1
(M
1
) = 1, φ
1
(M
i
) = 0 si i = 1. On en déduit que
φ
1
= 0 sur e
2
et φ
1
(x, y) = −xy si (xy)
t
∈ e
1
. On a bien φ
1
∈ L
2
(Ω) mais on va montrer maintenant que φ
1
n’a
pas de dérivée faible dans L
2
(Ω) (et donc que φ
1
∈ H
1
(Ω)). On va s’intéresser à la dérivée faible par rapport à x
(mais on pourrait faire un raisonnement similaire pour la dérivée faible par rapport à y). On suppose que φ
1
a une
dérivée faible par rapport à x dans L
2
(Ω) (et on va montrer que ceci mène à une contradiction). Supposons donc
qu’il existe une fonction ψ ∈ L
2
(Ω) telle que
I =
_
2
−1
_
1
0
φ
1
(x, y)
∂ϕ
∂x
(x, y)dxdy =
_
2
−1
_
1
0
ψ(x, y)ϕ(x, y)dxdy, pour tout ϕ ∈ C

c
(Ω). (5.7.41)
Soit ϕ ∈ C

c
(Ω), comme φ
1
est nulle sur e
2
, on a I =
_ _
e1
φ
1
(x, y)
∂ϕ
∂x
(x, y)dxdy et donc :
I =
_
1
0
__
1−y
−1
(−xy)
∂ϕ
∂x
(x, y)dx
_
dy.
Par intégration par parties, en tenant compte du fait que ϕ est à support compact sur Ω, on obtient :
I =
_
1
0
__
1−y
−1
y ϕ(x, y)dx −(1 −y)yϕ(1 −y, y)
_
dy
=
_
1
0
_
2
−1
y1
e1
(x, y)ϕ(x, y)dx −
_
1
0
(1 −y)yϕ(1 −y, y)dy.
En posant
¯
ψ(x, y) = −ψ(x, y) +y1
e1
(x, y) , on a
¯
ψ ∈ L
2
(Ω) et :
_
1
0
(1 −y)yϕ(1 −y, y)dy =
_
2
−1
_
1
0
¯
ψ(x, y)ϕ(x, y)dxdy. (5.7.42)
Pour aboutir à une contradiction, on va montrer que (5.7.42) est fausse pour certains ϕ ∈ C

c
(Ω). On remarque
tout d’abord qu’il existe ϕ ∈ C

c
(Ω) t.q.
_
1
0
(1 −y)(y)ϕ(1 −y, y)dy > 0.
(Il suffit de choisir ϕ ∈ C

c
(Ω) t.q. ϕ ≤ 0 et ϕ(1−y, y) > 0 pour y =
1
2
, par exemple.) On se donne maintenant
une fonction ϕ ∈ C

c
(IR) t.q. ϕ(0) = 1 et ρ = 0 sur [−1, 1]
c
et on écrit (5.7.42) avec ϕ
n
au lieu de ϕ, où ϕ
n
est
définie par :
ϕ
n
(x, y) = ϕ(x, y)ρ(n(x +y −1))
Analyse numérique II, Télé-enseignement, M1 198 Université Aix-Marseille 1, R. Herbin, 27 septembre 2010
5.7. CORRIGÉS DES EXERCICES CHAPITRE 5. ELÉMENTS FINIS DE LAGRANGE
(noter que l’on a bien ϕ
n
∈ C

c
(Ω) car ρ ∈ C

(IR) et ϕ ∈ C

c
(Ω)) On a donc
_
1
0
(1 −y)yϕ
n
(1 − y, y)dy =
_
2
−1
_
1
0
¯
ψ(x, y)ϕ
n
(x, y) dxdy.
Le terme de gauche de cette égalité est indépendant de n et non nul car ϕ
n
(1 −y, y) = ϕ(1 − y, y) pour tout n et
tout y ∈ [0, 1]. Le terme de droite tend vers 0 quand n →∞par convergence dominée car
¯
ψϕ
n
→0 p.p., et |
¯
ψϕ
n
| ≤ ρ

|
¯
ψ| |ϕ| ∈ L
1
(Ω).
Ceci donne la contradiction désirée et donc que φ
1
∈ H
1
(Ω). L’hypothèse non vérifiée (pour avoir la cohérence
globale) est l’hypothèse (5.1.7). En posant S = ¯ e
1
∩ ¯ e
2
, on a
Σ
1
∩ S = Σ
2
∩ S = {M
2
, M
5
},
et on a, bien sûr, ϕ
1
|
S
= ϕ
1
|
S
mais on remarque que ({M
2
, M
5
}, Q
1
|
S
) n’est pas unisolvant car Card({M
2
, M
5
}) =
2 et dim(Q
1
|
S
) = 3.
II.1. Les quatre fonctions de base de (e, Σ, P) sont :
φ
1
(x, y) =
1
4
(x + 1)(y + 1)
φ
2
(x, y) = −
1
4
(x + 1)(y −1)
φ
3
(x, y) = −
1
4
(x −1)(y + 1)
φ
4
(x, y) =
1
4
(x −1)(y −1).
II.2.
Construction de F
1
Pour (x, y)
t
∈ e, on pose
F
1
(x, y) = M
1
φ
3
(x, y) +M
2
φ
1
(x, y) +M
5
φ
2
(x, y) + M
4
φ
4
(x, y),
ce qui donne
4F
1
(x, y) =
_
−1
1
_
(1 −x)(1 +y) +
_
0
1
_
(1 +x)(1 +y) +
_
1
0
_
(1 +x)(1 −y) +
_
−1
0
_
(1 −x)(1 −y)
et donc
4F
1
(x, y) =
_
−1 + 3x −y −xy
2(1 +y)
_
.
Pour y ∈ [−1, 1] fixé, la première composante de F
1
(x, y) est linéaire par rapport à x et F
1
(·, y) est une bijection
de [−1, 1] ×{y} dans [−1,
1−y
2
] ×{
1+y
2
}. On en déduit que F
1
est une bijection de e dans e
1
.
Analyse numérique II, Télé-enseignement, M1 199 Université Aix-Marseille 1, R. Herbin, 27 septembre 2010
5.7. CORRIGÉS DES EXERCICES CHAPITRE 5. ELÉMENTS FINIS DE LAGRANGE
Construction de F
2
Pour (x, y)
t
∈ e, on pose
F
2
(x, y) = M
2
φ
3
(x, y) +M
3
φ
1
(x, y) +M
6
φ
2
(x, y) + M
5
φ
4
(x, y),
ce qui donne
4F
2
(x, y) =
_
0
1
_
(1 −x)(1 +y) +
_
2
1
_
(1 +x)(1 +y) +
_
2
0
_
(1 +x)(1 −y) +
_
1
0
_
(1 −x)(1 −y)
et donc 4F
2
(x, y) =
_
5 + 3x −y +xy
2 + 2y
_
Pour y ∈ [−1, 1] fixé, la première composante de F
2
(x, y) est linéaire
par rapport à x et F
2
(., y) est une bijection de [−1, 1] × {y} dans
_
1−y
2
, 2
¸
×
_
1+y
2
_
On en déduit que F
2
est une
bijection de e dans e
2
. Les fonctions F
1
et F
2
ne sont pas affines.
II.3. Les éléments (e
1
, Σ
1
, P
e1
) et (e
2
, Σ
2
, P
e2
) sont les éléments finis de Lagrange construits à partir de l’élément
fini de Lagrange (e, Σ, P) et des bijections F
1
et F
2
(de e dans e
1
et de e dans e
2
), voir la proposition 5.10 page
164. Pour montrer que l’espace vectoriel construit avec (e
1
, Σ
1
, P
e1
) et (e
2
, Σ
2
, P
e2
) est inclus dans H
1
(Ω), il
suffit de vérifier la propriété de “cohérence globale” donnée dans la proposition 5.11 page 164. On pose
S = ¯ e
1
∩ ¯ e
2
= {(x, y) ∈
¯
Ω, x +y = 1}
= {(1 −y, y), y ∈ [0, 1]}
On remarque tout d’abord que Σ
1
∩ S = Σ
2
∩ S = {M
2
, M
5
}. On détermine maintenant P
e1|S
et P
e2|S
. Soit
f ∈ P
e1
. Soit (x, y) ∈ S (c’est à dire y ∈ [0, 1] et x + y = 1) on a f(x, y) = f ◦ F
1
(1, 2y − 1). (On a
utilisé ici le fait que F
1
({1} × [−1, 1]) = 5). Donc P
e1|S
est l’ensemble des fonctions de S dans IR de la forme :
(x, y) →g(1, 2y −1), où g ∈ Q
1
, c’est à dire l’ensemble des fonctions de S dans IR de la forme :
(x, y) →α + β + γ(2y −1) + δ(2y −1),
avec α, β, γ, et δ ∈ IR. On en déduit que P
e1
|
S
est l’ensemble des fonctions de S dans IR de la forme (x, y) →
a + by avec a, b ∈ IR. On a donc P
e1
|
S
= P
e2
|
S
. Ceci donne la condition (5.1.6) page 164. Enfin, la condition
(5.1.7) est bien vérifiée, c’est à dire (Σ
1
, P
e1
|
S
) est unisolvant, car un élément de P
e1
|
S
est bien déterminé de
manière unique par ses valeurs en (0, 1) et (1, 0).
Correction de l’exercice 52 page 191(Eléments affine–équivalents)
Si les fonctions de base de (
¯
K,
¯
Σ,
¯
P) sont affines, alors l’espace
¯
P est constitué des fonctions affines, on peut donc
écrire.
¯
P = {
¯
f :
¯
K →IR, ¯ x = (¯ x
1
, ¯ x
2
)
t
→f(¯ x) = a
1
¯ x
1
+a
2
¯ x
2
+b}.
Comme (
¯
K,
¯
Σ,
¯
P) et ((K, Σ, P) sont affines équivalents, on a par définition :
P = {f : K →IR; f =
¯
f ◦ F
−1
,
¯
f ∈
¯
P},
où F est une fonction affine de
¯
K dans K la fonction F
−1
est donc aussi affine et s’écrit donc sous la forme :
F
−1
(x) = F
−1
((x
1
, x
2
)
t
) = (α
1
x
1
+ α
1
x
2
+ +γ, β
1
x
1
+ β
2
x
2
+ δ)
t
Donc si f =
¯
f ◦ F
−1
∈ P, on a
f(x) =
¯
f ◦ F
−1
((x
1
, x
2
)
t
)
=
¯
f[(α
1
x
1
+ α
2
x
2
+ γ, β
1
x
1
+ β
2
x
2
+ δ)
t
]
= A
1
x
1
+A
2
x
2
+B
Analyse numérique II, Télé-enseignement, M1 200 Université Aix-Marseille 1, R. Herbin, 27 septembre 2010
5.7. CORRIGÉS DES EXERCICES CHAPITRE 5. ELÉMENTS FINIS DE LAGRANGE
où A
1
, A
2
et B ∈ IR
2
. On en déduit que f est bien affine. L’espace P est donc constitué de fonctions affines. Pour
montrer que les fonctions de base locales sont affines, il suffit de montrer que l’espace P est constitué de toutes les
fonctions affines. En effet, si f est affine, i.e. f(x
1
, x
2
) = A
1
x
1
+ A
2
x
2
+ B, avec A
1
, A
2
, B ∈ IR
2
, on montre
facilement que
¯
f : f ◦ F ∈
¯
P, ce qui montre que f ∈ P.
Analyse numérique II, Télé-enseignement, M1 201 Université Aix-Marseille 1, R. Herbin, 27 septembre 2010
5.7. CORRIGÉS DES EXERCICES CHAPITRE 5. ELÉMENTS FINIS DE LAGRANGE
Exercice 54 page 191
La formulation faible du problème s’écrit :
_
¸
_
¸
_
_
D
∇u(x)∇v(x)dx =
_
D
f(x)v(x)dx, ∀v ∈ H
1
0
(Ω)
u ∈ H
1
0
(Ω)
On note I = {(k, ), 1 ≤ k ≤ M, 1 ≤ ≤ N} noter que Card I = MN). L’espace vectoriel de dimension
finie dans lequel on cherche la solution approchée (en utilisant les éléments finis suggérés par l’énoncé) est donc
H = V ect {φ
i
, i ∈ I}, où φ
i
est la fonction de base globale associée au noeud i. Cette solution approchée s’écrit
u =

j∈I
u
j
φ
j
où la famille {u
j
, j ∈ I} est solution du système linéaire :

j∈I
a
ij
u
j
= b
i
, ∀i ∈ I (5.7.43)
avec b
i
=
_
D
f(x, y)φ
i
(x, y)dxdy, pour tout i ∈ I et a
ij
=
_
D
∇φ
i
(x, y)∇φ
j
(x, y)dxdy, pour tout i.j ∈ I.
La matrice de ce système linéaire est donc donnée par le calcul de a
ij
pour i, j ∈ I et un ordre de numérotation
des inconnues, plus précisément, soit ϕ : I → {1, . . . , MN} bijective. On note ψ la fonction réciproque de ϕ. Le
système (5.7.43) peut alors s’écrire :
MN

n=1
a
i,ψ(n)
u
ψ(n)
= b
i
, ∀i ∈ I
ou encore :
MN

n=1
a
ψ(m),ψ(n)
u
ψ(n)
= b
ψ(m)
, ∀m ∈ {1, . . . , MN},
{u
j
, j ∈ I} est donc solution de (5.7.43) si et seulement si u
ψ(n)
= λ
n
pour tout n ∈ {1, . . . , MN} où λ =

1
, . . . , λ
MN
)
t
∈ IR
MN
est solution du système linéaire :
Aλ = C
avec C = (C
1
, . . . , C
MN
)
t
, C
m
= b
ψ(m)
pour tout m ∈ {1, . . . , MN} et A = (A
m,n
)
MN
m,n=1
∈ IR
MN
avec
A
m,n
= a
ψ(m),ψ(n)
pour tout m, n ∈ {1, . . . , MN}. Il reste donc à calculer a
ij
pour i, j ∈ I. Un examen de
support des fonctions φ
i
et φ
j
et le fait que le maillage soit à pas constant nous montrent que seuls 4 nombres
différents peuvent apparaitrent dans la matrice :
1. i = j. On pose alors a
ii
= α.
2. i = (k, ), j = (k ± 1, ). On pose alors a
ij
= β.
3. i = (k, ), j = (k, ± 1). On pose alors a
ij
= γ.
4. i = (k, ), j = (k + 1, + 1) ou (k −1, −1). On pose alors a
ij
= δ.
En dehors des quatre cas décrits ci-dessus, on a nécessairement a
ij
= 0 (car les supports de φ
i
et φ
j
sont disjoints).
Calculons maintenant α, β, γ et δ.
Analyse numérique II, Télé-enseignement, M1 202 Université Aix-Marseille 1, R. Herbin, 27 septembre 2010
5.7. CORRIGÉS DES EXERCICES CHAPITRE 5. ELÉMENTS FINIS DE LAGRANGE
Calcul de β On prend ici i = (k, ) et j = (k + 1, ) On calcule tout d’abord
_
T
0
∇φ
i
− ∇φ
j
dx avec T
0
=
T
0
k+
1
2
,j+
1
2
. Un argument d’invariance par translation permet de supposer que x
k
= y

= 0. On a alors
φ
i
(x, y) =
∆x −x
∆x
et φ
j
(x, y)
x ∆y −y ∆x
∆x ∆y
,
de sorte que
∇φ
i
(x, y) −∇φ
j
(x, y) = −
_
1
∆x
_
2
.
On a donc
_
T
0
∇φ
i
−∇φ
j
dx = −
_
1
∆x
_
2
∆x ∆y
2
= −
∆y
2∆x
Un calcul similaire donne l’intégrale de ∇φ
i
· ∇φ
j
sur le deuxième triangle commun aux supports de φ
i
et φ
j
. Sur
ce deuxième triangle, formé par les points (k, ), k + 1, ) et (k, −1) , noté T
2
, on a
φ
i
(x, y) = 1 −
x ∆y −y ∆x
∆x ∆y
et φ
j
(x, y) =
x
∆x
,
de sorte que
∇φ
i
(x, y) · ∇φ
j
(x, y) = −
_
1
∆x
_
2
et
_
T
2
∇φ
i
(x, y) · ∇φ
j
(x, y) dxdy = −
_
1
∆x
_
2
∆x ∆y
2
= −
∆y
2∆x
.
On a donc, finalement,
β =
_
D
∇φ
i
(x, y) · ∇φ
j
(x, y) dxdy = −
∆y
∆x
.
Calcul de γ Le calcul de γ est le même que celui de β en changeant les rôles de ∆x et ∆y, on obtient donc
γ = −
∆x
∆y
Calcul de δ On prend ici i = (k, ) et j = (k+1, +1). On a donc, en notant T
0
= T
0
k+
1
2
,+
1
2
et T
1
= T
1
k+
1
2
,+
1
2
,
δ =
_
T
0
∇φ
i
(x, y) · ∇φ
j
(x, y) dxdy +
_
T
1
∇φ
i
(x, y) · ∇φ
j
(x, y) dxdy.
On peut supposer (par translation) que x
k
= 0 = y

. Sur T
1
, on a alors φ
i
(x, y) =
∆y −y
∆y
et φ
j
(x, y) =
x
∆x
de
sorte que
_
T
1
∇φ
i
(x, y) · ∇φ
j
(x, y) dxdy = 0 (car ∇φ
i
· ∇φ
j
= 0). En changeant les rôles de x et y, on a aussi
_
T
0
∇φ
i
(x, y) · ∇φ
j
(x, y) dxdy = 0. On a donc δ = 0.
Analyse numérique II, Télé-enseignement, M1 203 Université Aix-Marseille 1, R. Herbin, 27 septembre 2010
5.7. CORRIGÉS DES EXERCICES CHAPITRE 5. ELÉMENTS FINIS DE LAGRANGE
Calcul de α On prend ici i = j = (k, ). On peut toujours supposer que x
k
= y

= 0. En reprenant les notations
précédentes, on a, par raison de symétrie :
α =
_
D
∇φ
i
−∇φ
i
dx = 2
_
T
0
|∇φ
i
|
2
(x, y) dxdy + 2
_
T
1
|∇φ
i
|
2
(x, y) dxdy + 2
_
T
2
|∇φ
i
|
2
(x, y) dxdy.
Sur T
0
, on a φ
i
(x, y) =
∆x −x
∆x
et donc
_
T
0
|∇φ
i
|
2
(x, y) dxdy =
_
1
∆x
_
2
∆x∆y
2
=
1
2
∆y
∆x
Sur T
1
, on a φ
1
(x, y) =
∆y −y
∆y
et donc
_
T
2
|∇φ
i
|
2
(x, y) dxdy =
_
_
1
∆x
_
2
+
_
1
∆y
_
2
_
∆x ∆y
2
=
1
2
∆y
∆x
+
1
2
∆x
∆y
On en déduit
α = 2
∆x
∆y
+ 2
∆y
∆x
.
Exercice 55 page 191
1. Soit K le triangle de référence, de sommets (0,0), (1,0) et (0,1). On veut montrer que si p est un polynôme de
degré 1, alors
_ _
K
p(x, y) dxdy =
_ _
K
dxdy p(x
G
, y
G
) (5.7.44)
où (x
G
, y
G
) est le centre de gravité de K. Comme K est le triangle de sommets (0,0), (1,0) et (0,1), on a x
G
=
y
G
=
1
3
. Pour montrer (5.7.44), on va le montrer pour p ≡ 1, pour p(x, y) = x et pour p(x, y) = y. On a
_ _
K
dxdy =
_
1
0
_
1−x
0
dydx =
1
2
.
On a donc bien (5.7.44) si p ≡ 1. Et
_ _
K
x dxdy =
_
1
0
x
_
1−x
0
dydx =
_
1
0
(x − x
2
) dx =
1
6
Or si p(x, y) = x, on a p(x
G
, y
G
) =
1
3
, et donc on a encore bien (5.7.44). Le calcul de
_ _
K
y dxdy est identique ;
on a donc bien montré que l’intégration numérique à un point de Gauss est exacte pour les polynômes d’ordre 1.
2. On veut montrer que pour tout polynôme p de degré 2, on a :
_ _
K
p(x, y)dxdy = L(p), où on a posé L(p) =
1
6
_
p
_
1
2
, 0
_
+p
_
1
2
,
1
2
_
+p
_
0,
1
2
__
(5.7.45)
On va démontrer que (5.7.45) est vérifié pour tous les monômes de P
2
. Si p ≡ 1, on a L(p) =
1
2
, et (5.7.45) est bien
vérifiée. Si p(x, y) = x, on a L(p) =
1
6
, et on a vu à la question 1 que
_ _
K
xdxdy =
1
6
. On a donc bien (5.7.45).
Analyse numérique II, Télé-enseignement, M1 204 Université Aix-Marseille 1, R. Herbin, 27 septembre 2010
5.7. CORRIGÉS DES EXERCICES CHAPITRE 5. ELÉMENTS FINIS DE LAGRANGE
Par symétrie, si p(x, y) = y vérifie aussi (5.7.45). Calculons maintenant I =
_ _
K
xydxdy =
_
1
0
×
_
1−x
0
ydydx.
On a donc
I =
_
1
0
×
(1 −x)
2
2
dx =
1
2
_
1
0
(x −2x
2
+x
3
)dx =
1
24
,
et si p(x, y) = xy, on a bien : L(p) =
1
6
×
1
4
. Donc (5.7.45) est bien vérifiée. Il reste à vérifier que (5.7.45)
est vérifiée pour p(x, y) = x
2
(ou p(x, y) = y
2
, par symétrie). Or, J =
_ _
K
x
2
dxdy =
_
1
0
x
2
_
1−x
0
dydx =
_
1
0
(x
2
−x
3
)dx. Donc J =
1
3

1
4
=
1
12
. Et pour p(x, y) = x
2
, on a bien : L(p) =
1
6
_
1
4
+
1
4
_
=
1
12
.
Exercice 56 page 192
I. Comme p ∈ P
2
, p est de la forme : p(x, y) = a + bx + cy + dxy + αx
2
+ βy
2
, on a par développement de
Taylor (exact car p

= 0) :
2p(a
9
) −p(a
6
) −p(a
8
) = p
xx
(a
9
) = α
2p(a
9
) −p(a
5
) −p(a
7
) = p
yy
(a
9
) = β
d’où on déduit que
4p(a
9
) −
8

i=5
p(a
i
) = α + β. (5.7.46)
De même, on a :
2p(a
5
) −p(a
1
) −p(a
2
) = α
2p(a
7
) −p(a
3
) −p(a
4
) = α
2p(a
6
) −p(a
2
) −p(a
3
) = β
2p(a
8
) −p(a
1
) −p(a
4
) = β.
Ces quatre dernières égalités entraînent :
8

i=5
p(a
i
) −
4

i=1
p(a
i
) = α + β (5.7.47)
De (5.7.46) et (5.7.47), on déduit que :
4

i=1
p(a
i
) −2
8

i=5
p(a
i
) + 4p(a
9
) = 0.
2. La question précédente nous suggère de choisir φ : Q
2
→IR définie par
φ(p) =
4

i=1
p(a
i
) −2
8

i=5
p(a
i
) + 4p(a
9
).
Soit p ∈ P tel que p(a
i
) = 0, i = 1, . . . , 8. Comme p ∈ Q
2
, p est une combinaison linéaire des fonctions
de base ϕ
1
, . . . , ϕ
9
, associées aux noeuds a
1
, . . . , a
9
, et comme p(a
i
) = 0, i = 1, . . . , 8, on en déduit que
p = αϕ
9
, α ∈ IR. On a donc φ(p) = αφ(ϕ
9
) = 4α = 0, ce qui entraîne α = 0. On a donc p = 0.
3. Calculons les fonctions de base ϕ

1
, . . . , ϕ

8
associées aux noeuds a
1
, . . . , a
8
qui définissent Σ. On veut que
ϕ

i
∈ P et ϕ

i
(a
j
) = δ
ij
pour i, j = 1, . . . , 8. Or ϕ
9
(a
j
) = 0 ∀i = 1, . . . , 8, et φ(ϕ
9
) = 4. Remarquons alors
que pour i = 1, à 4 on a
p(ϕ
i
) = 1, et donc si ϕ

i
= ϕ
i

1
4
ϕ
9
,
Analyse numérique II, Télé-enseignement, M1 205 Université Aix-Marseille 1, R. Herbin, 27 septembre 2010
5.7. CORRIGÉS DES EXERCICES CHAPITRE 5. ELÉMENTS FINIS DE LAGRANGE
on a p(ϕ

i
) = 0 et ϕ

i
(a
j
) = δ
ij
pour j = 1, . . . , 8. De même, pour i = 5 à 8, on a p(ϕ
i
) = −2, et donc si
ϕ

i
= ϕ
i
+
1
2
ϕ
9
, on a p(ϕ

i
= 0 et ϕ

i
(a
j
) = δ
ij
, pour j = 1, . . . , 8. On a ainsi trouvé les fonctions de base de
l’élément fini (C, P, Σ). Notons que cet élément fini n’est autre que l’élément fini (C, Q

2
, Σ) vu en cours (voir
paragraphe 5.2.3 page 171 et que Ker φ = P = Q

2
.
Analyse numérique II, Télé-enseignement, M1 206 Université Aix-Marseille 1, R. Herbin, 27 septembre 2010

5.1. ESPACE D’APPROXIMATION CHAPITRE 5. ELÉMENTS FINIS DE LAGRANGE Or toute fonction f de P s’exprime sous la forme f (x) = λx + µ et le système   λa1 + µ = α1
détermine λ et µ de manière unique.  λa2 + µ = α2

a3

a3

a1

φ1

a2

a1

φ3

a2

a3

a1

φ2

a2

F IGURE 5.1 – fonctions de base locales pour l’élément fini de Lagrange P1 en dimension 2

De même si on considère le cas d = 2. On prend comme élément K un triangle et comme noeuds les trois sommets, a1 , a2 , a3 du triangle. Soit P = P1 = {f : IR → IR; f (x) = λx1 + µx2 + ν} l’ensemble des fonctions affines. Alors le triplet (K, ΣK , P ) est un élément fini de Lagrange car f ∈ P est entièrement déterminée par f (a1 ), f (a2 ) et f (a3 ). Définition 5.2 (Fonctions de base locales) Si (K, ΣK , P ) est un élément fini de Lagrange, alors toute fonction f de P peut s’écrire :
N

f=
i=1

f (ai )fi

avec

fi ∈ P et fi (aj ) = δij . Les fonctions fi sont appelées fonctions de base locales.

Pour l’élément fini de Lagrange P1 en dimension 2 considéré plus haut, les fonctions de base locales sont décrites sur la figure 5.1 Définition 5.3 (Interpolée) Soit (K, ΣK , P ) un élément fini de Lagrange, et soit v ∈ C(K, IR). L’interpolée de v est la fonction Πv ∈ P définie par :
N

Πv =
i=1

v(ai )fi

On montre sur la figure 5.2 un exemple d’interpolée pour l’élément fini de Lagrange P1 en dimension 1. L’étude de v − Πv va nous permettre d’établir une majoration de l’erreur de consistance d(u, HN ).

Analyse numérique II, Télé-enseignement, M1

160

Université Aix-Marseille 1, R. Herbin, 27 septembre 2010

5.1. ESPACE D’APPROXIMATION
f (x)

CHAPITRE 5. ELÉMENTS FINIS DE LAGRANGE

x a1 a2

F IGURE 5.2 – Interpolée P 1 sur [a1 , a2 ] (en trait pointillé) d’une fonction régulière (en trait continu)

1

2

3

F IGURE 5.3 – Exemple de triangle à trois noeuds qui n’est pas un élément fini de Lagrange)

Remarque 5.4 Pour que le triplet (K, ΣK , P ) soit un élément fini de Lagrange, ilfaut, mais il ne suffit pas, que dim P = cardΣK . Par exemple si P = P1 et qu’on prend comme noeuds du triangle deux sommets et le milieu de l’arête joignant les deux sommets, (voir figure 5.3), (K, ΣK , P ) n’est pas un élément fini de Lagrange. Proposition 5.5 (Critère de détermination) Soit (K, Σ, P ) un triplet constitué d’un élément, d’un ensemble de noeuds et d’un espace de polynômes, tel que : dim P = cardΣ = N Alors ou si si ∃!f ∈ P ; f = 0 sur Σ ∀i ∈ {1 . . . N }∃fi ∈ P fi (aj ) = δij (5.1.2) (5.1.3) (5.1.1)

alors (K, Σ, P ) est un élément fini de Lagrange. Démonstration : Soit :

φ : P → IR N f → (f (ai ))i=1,N .
t

Analyse numérique II, Télé-enseignement, M1

161

Université Aix-Marseille 1, R. Herbin, 27 septembre 2010

5.1. ESPACE D’APPROXIMATION CHAPITRE 5. ELÉMENTS FINIS DE LAGRANGE L’application φ est linéaire de P dans IR N , et, par hypothèse cardΣ = dim P . Donc φ est une application linéaire continue de P dans IR N , avec dimP = dim(IR N ) = N . Si (K, Σ, P ) vérifie la condition (5.1.2) alors φ est injective. En effet, si φ(f ) = 0, alors f (ai ) = 0, ∀i = 1, . . . , N , et donc par hypothèse, f = 0. Donc φ est une application linéaire, φ est injective de P dans IR N avec dimP = N . On en déduit que φ est bijective. Donc toute fonction de P est entièrement déterminée par ses valeurs aux noeuds : (K, Σ, P ) est donc un élément fini de Lagrange. On montre facilement que si la condition (5.1.3) est vérifiée alors φ est surjective. Donc φ est bijective, et (K, Σ, P ) est un élément fini de Lagrange.
¯ ¯ ¯ ¯ ¯ ¯ Proposition 5.6 Soit (K, Σ, P ), un élément fini de Lagrange, où Σ est l’ensemble des noeuds de K et P un espace ¯ dans K, où K est une maille d’un maillage éléments de fonctions de dimension finie, et soit F une bijection de K ¯ ¯ finis. On pose Σ = F (Σ) et P = {f : K → IR; f ◦ F ∈ P } (voir figure 5.4). Alors le triplet (K, Σ, P ) est un élément fini de Lagrange. a2 = F (ˆ2 ) a a3 ˆ F K (x, y) a1 = F (ˆ1 ) a a3 = F (ˆ3 ) a

ˆ K (ˆ, y ) x ˆ a1 ˆ a2 ˆ

F IGURE 5.4 – Transformation F Démonstration : Supposons que les hypothèses de la proposition sont réalisées. On veut donc montrer que (Σ, P ) est unisolvant. Soit Σ = (a1 , . . . , aN ), et soit (α1 , . . . , αN ) ∈ IR N . On veut montrer qu’il existe une unique fonction f ∈ P telle que f (ai ) = αi , ∀i = 1, . . . , N . ¯ ¯ ¯ ¯ Or par hypothèse, (Σ, P ) est unisolvant. Donc il existe une unique fonction f ∈ P telle que ¯a f (¯i ) = αi , ¯ ¯ ¯ (où (¯i )i=1,...,N désignent les noeuds de K). Soit F la bijection de K sur K, on pose f = f ◦ F −1 . Or par a ¯ ◦ F −1 (ai ) = f (¯i ) = αi . On a ainsi montré l’existence de f telle ¯a hypothèse, ai = F (¯i ). On a donc : f (ai ) = f a que f (ai ) = αi . Montrons maintenant que f est unique. Supposons qu’il existe f et g ∈ P telles que : f (ai ) = g(ai ) = αi , Soit h = f − g on a donc : ∀i = 1, . . . , N . ∀i = 1, . . . , N ,

h(ai ) = 0 ∀i = 1 . . . N . ¯ ¯ ¯ On a donc h ◦ F (¯i ) = h(ai ) = 0. Or h ◦ F ∈ P , et comme (Σ, P ) est unisolvant, on en déduit que h ◦ F = 0. a −1 Comme, pour tout x ∈ K, on a h(x) = h ◦ F ◦ F (x) = h ◦ F (F −1 (x)) = 0, on en conclut que h = 0.

Analyse numérique II, Télé-enseignement, M1

162

Université Aix-Marseille 1, R. Herbin, 27 septembre 2010

P ). Comme l’élément (K. . IR). . 27 septembre 2010 . de (K.10 page 164. Σ. Télé-enseignement. ELÉMENTS FINIS DE LAGRANGE Définition 5. Σ. On en déduit que ΠK v ◦ F et ΠK (v ◦ F ) sont toutes ¯ ¯ ¯ . ¯ ¯ ¯ Remarque 5. . On obtient : où N = cardΣ. soient ΠK et ΠK les opé¯ ¯ rateurs d’interpolation respectifs sur K et K. .1. Sous les hypothèses de la proposition 5. i = 1. .3 page 160.5. Herbin. Σ. P ) et (K. . P ) et (K. P ) sont affine–équivalents. ¯ N ΠK (v ◦ F )(¯i ) = a ¯ j=1 v ◦ F (¯j )fj (¯i ). et on a :  ¯  fi = fi ◦ F. j = 1. R.5. voir figure 5. cardΣ  ¯ fi = fi ◦ F −1 . Σ. on dit que les éléments finis (K. ESPACE D’APPROXIMATION CHAPITRE 5. Remarquons ensuite que. .8 Soient (K. Proposition 5. voir définition 5. . Σ. N .5 – Opérateurs d’interpolation ΠK etΠK ¯ ¯ ¯ ¯ (K. Comme F K K ΠK v ΠK v F ◦ ΠK v I R F IGURE 5. . a a ¯ ¯ ¯ Décomposons ΠK (v ◦ F ) sur les fonctions de base locales (fj ). il suffit donc de montrer que : ¯ ΠK (v ◦ F )(¯i ) = ΠK v ◦ F (¯i ). K) le sont aussi. ΠK v et ΠK v les ¯ ¯ ¯ interpolées respectives de v sur (K. alors celles de K (resp. N . Σ) est unisolvant (car c’est un élément fini de Lagrange). par définition de l’interpolée : ΠK (v ◦ F ) ∈ P . La preuve de cette remarque fait l’objet de l’exercice 52. M1 163 Université Aix-Marseille 1. . par définition de l’interpolée. alors on a : ΠK v ◦ F = ΠK (v ◦ F ) ¯ Démonstration : Remarquons tout d’abord que ΠK v ◦ F et ΠK (v ◦ F ) sont toutes deux des fonctions définies de ¯ ¯ K à valeurs dans IR. Si les fonctions de base ¯ ¯ ¯ ¯ locales de (K. P ) est l’élément de référence.9 (Interpolation) Sous les hypothèses de la proposition 5. . Σ. i = 1. .7 (Eléments affine-équivalents) . Pour montrer l’égalité de ΠK v ◦ F et ΠK (v ◦ F ). P )) sont affines. (resp. si la bijection F est ¯ ¯ ¯ affine. P ) deux éléments finis afffine–équivalents. Σ. a ¯ a Analyse numérique II. P ) et (K. toute ¯ ¯ ¯ deux des fonctions de P ¯ ¯ fonction de P est uniquement déterminée par ses valeurs aux noeuds de Σ. P .6. P ). on a donc : ¯ ΠK v ◦ F ∈ P ¯ On a aussi. ΠK v ∈ P . Soient v ∈ C(K.

.. ∀ = 1. avec Si ∈ =1 ¯ Ω. Télé-enseignement. Σ . . il reste à s’assurer que HN ⊂ H 1 . . où Σ est l’ensemble des noeuds de K et P un espace de ¯ fonctions. M . grâce au caractère unisolvant de (K .. P ) soit un élément fini de Lagrange. On définit les fonctions de base globales (φi )i=1.M . f ◦ F ∈ P } (voir figure 5. P ) est un élément fini de ¯ que Σ = F (Σ) Lagrange.4) et (5.1. . tel que. ∀i = 1. . grâce à la proposition suivante.. .10 (Elément fini de référence) Soit T un maillage constitué d’éléments K. Soit S = (Si )i=1. .6 page 162 Proposition 5. M. qui se déduit facilement de la proposition 5.. . et le cas où l’espace H est 1 l’espace H0 Cas H = H 1 (Ω) Plaçons-nous ici dans le cas où H = H 1 (Ω). il existe une bijection F : K → K telle ¯ et P = {f : K → IR.. polyèdrique si d = 3). est associé un ensemble de noeuds Σ = S ∩ K .. On cherche à construire une méthode d’éléments finis de Lagrange .L . M. de dimension finie. φM ). a a 5. Soit T = (K ) =1. (Σ ∩ . S = (Si )i=1.M l’ensemble des noeuds de maillage.. . M1 164 . on a : Σ 1 ∩ =Σ 1 2 ∩ et P 1 | = P 2 | .. où les éléments finis K sont fermés et ¯ tels que ∪L K = Ω. (5.M les fonctions de base globales. R. = 1... . Proposition 5. Soit T un maillage éléments finis. . Le triplet (K.. .10 . . . avec T = (K ) =1. Analyse numérique II.. cas H 1 ) Soit Ω un ouvert polygonal (ou polyèdrique) de IR d . Pour obtenir une méthode d’éléments finis conforme.. a ¯ a a CHAPITRE 5.1..1.. . P 2 | ) désigne l’ensemble des restrictions des fonctions de P (resp.M l’ensemble des noeuds du maillage éléments finis. .1. On pose HN = V ect(φ1 . ΠK (v ◦ F )(¯i ) = v ◦  a ¯  N j=1 F (¯j )fj  (¯i ) = v ◦ F (¯i ) = v(ai ).. Σ. donc à chaque élément K .5). M . = 1..6) où P 1 | (resp. . Σ. un maillage éléments finis de Ω. P 2 ) à ). .5. P ).4) et φi (Sj ) = δij ∀i = 1. On appelle élément ¯ ¯ ¯ ¯ ¯ ¯ fini de référence un élément fini de Lagrange (K. Une manière de construire l’espace HN est de construire un maillage à partir d’un élément de référence.1.4). .11 (Critère de conformité.. Herbin. (5.L . ELÉMENTS FINIS DE LAGRANGE  ΠK v ◦ F (¯i ) = ΠK v(F (¯i )) = ΠK v(ai ) = v(ai ).2 Construction de HN et conformité Nous allons considérer deux cas : le cas où l’espace H est l’espace H 1 tout entier.. 27 septembre 2010 Si est un côté de K . P ). pour tout autre élément K ∈ T . d = 2 ou 3. . . . . On se place sous les hypothèses de la proposition 5. ∀j = 1. . On veut que chaque triplet (K .1... Σ .1. soient (φi )i=1. . vérifiant (5.. .7) Université Aix-Marseille 1. P | ) est unisolvant. .. . et un espace P de polynômes. par : φi |K ∈ P ∀i = 1. (5.5) Chaque fonction φi est définie de manière unique. où Ω ⊂ IR d est un ouvert borné polygonal (si d = 2.. ESPACE D’APPROXIMATION On a donc : Mais on a aussi : D’où l’égalité. . . L. et on suppose de plus que les hypothèses suivantes sont vérifiées : Pour toute arête (ou face si d = 3) = K 1 ∩ K 2 .. . .1. M. L. (5.

1.6). (Notons que les côtés de K sont des arêtes en 2D et des faces en 3D. Comme φi ∈ C(Ω). appartiennent à L2 (Ω). Or. ce qui termine la démonstration. ¯ ∂Ω φi (x)ϕ(x)nj (x)dγ(x) = 0. Télé-enseignement. . On a donc ainsi construit une méthode d’éléments finis conformes. Montrons maintenant que les dérivées faibles Dj φi . Par définition. on a ψi. on a raccord des polynômes sur les interfaces des éléments.e. Or par hypothèse.8). celles qui ne sont pas sur le bord).1. j = 1. ESPACE D’APPROXIMATION CHAPITRE 5. 27 septembre 2010 . comme Ω = =1 L K . Mais. Herbin.2). M . De plus. on a : L X= =1 ∂K φi (x)ϕ(x)nj (x)dγ(x) = (φi (x)ϕ(x)nj (x)) ¯ ∂Ω φi (x)ϕ(x)nj (x)dγ(x) dγ(x). . Il reste à montrer que φi ∈ H 1 (Ω) pour tout i = 1.1. ELÉMENTS FINIS DE LAGRANGE ¯ Alors on a : HN ⊂ C(Ω) et HN ⊂ H 1 (Ω). Comme ϕ est à support compact. . on en déduit que X = 0. + ∈Eint K 1 + (φi (x)ϕ(x)nj (x))K 2 où K 1 et K 2 désignent les deux éléments dont est l’interface. la fonction φi est polynômiale. ce ¯ qui assure la continuité de φi . extérieur à K .5. et on a : φi (x)∂j ϕ(x)dx = KL ∂K φi (x)ϕ(x)nj (x)dγ(x) − ∂j φi (x)ϕ(x)dx. grâce à l’hypothèse (5.j ∈ L2 (Ω) telle que : Ω φi (x)∂j ϕ(x)dx = − ψij (x)ϕ(x)dx. . On peut donc appliquer la formule de Green. . R. Sur chaque élément K . la fonction φi admet une dérivée faible dans L2 (Ω) s’il existe une fonction ψi. si on note Eint l’ensemble des arêtes intérieures du maillage (i.1. on a : φi (x)Dj ϕ(x)dx = Ω =1 K φi (x)Dj ϕ(x)dx. on obtient donc que : = −nj (x) L K 2 pour tout x ∈ . . =1 K Soit ψi. K où nj (x) est la j-ième composante du vecteur unitaire normal à ∂K en x. il 2 ∞ 2 est évident que φi ∈ L (Ω) (car Ω est un ouvert borné. 165 Analyse numérique II.j la fonction de Ω dans IR définie presque partout par ψij ◦ K = −∂j φi . et que ∂j désigne la dérivée classique par rapport à la j-ème variable).8) 1 1 pour toute fonction ϕ ∈ Cc (Ω) (on rappelle que Cc (Ω) désigne l’ensemble des fonctions de classe C 1 à support ¯ compact.1.4). il suffit de montrer que pour chaque fonction ¯ et φi ∈ H 1 (Ω).1. (5. Comme ∂j φi est une fonction polynômiale par morceaux. M1 Université Aix-Marseille 1. En Ω φi (x)∂j ϕ(x)dx = − ∂j φi (x)ϕ(x)dx. Ω L (5. chaque fonction φi est polynômiale de base globale φi . donc φi ∈ L (Ω) ⊂ L (Ω). . on a φi ∈ C(Ω) par morceaux. d. . K 1 Comme φi et ϕ sont continues et comme nj (x) reportant dans (5.) ¯ Démonstration : Pour montrer que HN ⊂ C(Ω) et HN ⊂ H 1 (Ω).j ∈ L2 (Ω) qui vérifie (5.

. ESPACE D’APPROXIMATION 1 Cas H = H0 (Ω) CHAPITRE 5. on n’obtiendra pas ¯ l’inclusion HN ⊂ C 1 (Ω). et avec des conditions aux limites adéquates. ∀i = 1. en fonction de ces conditions aux limites. φN }. . il faut donc choisir HN ⊂ H 2 (Ω). . On se place sous les hypothèses de la proposition 5.. N telles que φi |K ∈ P .. Télé-enseignement. M } ⊂ ∂Ω est l’ensemble des noeuds de la frontière. et donc on n’a pas non plus HN ⊂ H 2 (Ω) (en dimension 2 1 1 d’espace. .. il faut que ∆u ∈ L2 (Ω) et ∆ϕ ∈ L2 (Ω). . des dérivées aux interfaces. Soit T = (K ) =1. dont un exemple est l’équation : ∆2 u = f dans Ω où Ω est un ouvert borné de IR 2 ..M vérifient (5. ∀j = 1. Si on prend par exemple les polynômes de degré 2 sur les éléments.6.1.6) et (5. Alors on a : 1 ¯ HN ⊂ C(Ω) et HN ⊂ H0 (Ω) (5. ..1.13). et on pose là encore HN = V ect{φ1 . M1 Université Aix-Marseille 1. que nous ne détaillerons pas ici. . .M = Sint ∪ Sext l’ensemble des noeuds du maillage.1.9) et (5.. . . 166   u ∈ H. Les éléments finis de Hermite seront par exemple bien adaptés à l’approximation des problèmes elliptiques d’ordre 4. ..1. Pour construire une approximation par éléments finis conforme de ce problème. Pour obtenir ce raccord. ELÉMENTS FINIS DE LAGRANGE 1 Plaçons-nous mainteant dans le cas où H = H0 (Ω). Les fonctions de base globales sont alors les fonctions φi . . . Remarque 5. et donc que H ⊂ H 2 (Ω). on n’a pas HN ⊂ C 1 (Ω). Herbin.10). On peut. . .7) sont vérifiées. trouver un espace de Hilbert H et une formulation faible de (5.. . les éléments finis de Lagrange ne suffisent pas : il faut prendre des éléments de type Hermite. cas H0 ) Soit Ω un ouvert polygonal (ou polyèdrique) de IR d . On suppose que les fonctions de base globale (φi )i=1. i = 1.. .10) Démonstration : La preuve de cette proposition est laissée à titre d’exercice. on n’a pas de condition pour assurer le raccord. .5.1.1. i = 1.L un maillage éléments finis de Ω. qui s’écrit :    ∆u(x)∆ϕ(x)dx = f (x)ϕ(x)dx Pour que cette formulation ait un sens. Ω Ω Analyse numérique II. N. . . .9) φi (Sj ) = δij . . H (Ω) ⊂ C (Ω)). 27 septembre 2010 .12 (Critère de conformité. On a alors encore le résultat suivant : 1 Proposition 5. L (5... et que les conditions (5. . Même si on augmente le degré de l’espace des polynômes. et le choix des éléments finis de Hermite semble donc indiqué.. .13 (Eléments finis conformes dans H 2 (Ω)) On a construit un espace d’approximation HN inclus ¯ ¯ dans C(Ω). N. ∀ϕ ∈ H. On décompose alors l’ensemble S des noeuds du maillage : S = Sint ∪ Sext où Sint = {Si .1. . i = N + 1. R. N } ⊂ Ω est l’ensemble des noeuds intérieurs à Ω et Sext = {Si . . d = 2 ou 3. . . En général. mais aussi les valeurs de ses dérivées aux noeuds. S = (Si )i=1. ∆2 u = ∆(∆u). ∀ = 1. pour lesquels les degrés de liberté ne sont plus seulement les valeurs de la fonction aux noeuds.

. i = 1. 3 où Σ = (ai )i=1. c) ∈ IR 3 }. . Fonctions de bases locales. des fonctions de base locales sur K 3. de manière unique. 27 septembre 2010 . . Et on a donc  ¯ x ¯ ¯ ¯  φ1 (¯. 0) et (0. .1 Elément fini de Lagrange P 1 sur triangle (d = 2) Le maillage du domaine est constitué de L triangles (K ) =1. y) → a + bx + cy. comme on vient de le voir. Notons (xi . ¯ ¯ Elément fini de référence : on choisit le triangle K de sommets (0.L . P ) est unisolvant. pour = 1. . et P = {ψ : K → IR(x. L. Comme F est une fonction affine de IR 2 dans IR 2 . c) ∈ IR 3 } ¯ ¯ Alors le couple (Σ. 1). une bijection F de K sur K . elle s’écrit sous la forme.5. où L est le nombre déléments du maillage. ¯ → K.3 détermine donc a entièrement la fonction ψ.2. y) = (β1 + γ1 x + δ1 y . EXEMPLES CHAPITRE 5.2.. b. On suppose que ψ(¯i ) = αi . 2. 0). a2 = (1. (a. y ) = y . . Herbin. 0) et a3 = (0. un élément de référence K ¯ 2. β2 + γ2 x + δ2 y )t x ¯ ¯ ¯ ¯ ¯ Analyse numérique II. y) = a + bx + cy et on a donc :   a = α1 a + b = α2  a + c = α3 d’où c = α1 . 2. ce qui ¯ détermine les φ . La connaissance de ψ aux noeuds (¯i )i=1. (1. yi ) les coordonnées de ai . et les polynômes d’approximation sont de degré 1. on définit : ¯ 1..14 (Unisolvance) Soit Σ = (¯i )i=1.. ¯ Démonstration : Soit (α1 . .2. Télé-enseignement. 3. et a ¯ ¯ ¯ ¯ P = {ψ. ELÉMENTS FINIS DE LAGRANGE 5. ¯ Proposition 5. (a. α2 . F (¯. 1). 0). . 5.3 avec a1 = (0. M1 167 Université Aix-Marseille 1. R.2. (x.2. b. x ¯ ¯ Transformation F ¯ On construit ici une bijection affine qui transforme K le triangle de référence en un autre triangle K du maillage. telle que On cherche donc : K F (¯i ) = ai a i = 1.2 Exemples Pour chaque méthode d’élément fini de Lagrange. La fonction ψ est a de la forme ψ(x. et ψ ∈ P .3 est l’ensemble des sommets de K.. y) → ax + by + c. K → IR. y ) = x ¯  ¯ φ3 (¯. 3. y ) = 1 − x − y ¯ x ¯ φ2 (¯. α3 ) ∈ IR 3 . ¯ ¯ ¯¯ a Les fonctions de base locales sur l’élément fini de référence K sont définies par φi ∈ P φi (¯j ) = δij . i = 1. b1 = α2 − α1 et b2 = α3 − α2 .

. .0) et (0. 2 tels que :   F ((0. où on utilise alors des tétraèdres. λ2 .1. R. y) = 2λ1 (λ1 − ) 2 Analyse numérique II. 0). a2 = (0. Herbin. Pour compléter la définition de l’espace d’approximation HN . (1. 6. Il se généralise facilement en trois dimensions d’espace. Télé-enseignement. voir Figure 5. et φi (aj ) = δij .0). 2 2 2 2 a6 = ( 1 . . P ). de la façon dont on a 1 traité le cas de l’espace H0 (Ω). 1 . a2 et a3 sont les réels λ1 . y3 ).8 page 163. ∀i = 1. Les fonctions de base sont telles que φi ∈ P2 .. ¯ de sommets (0. x1 + (x2 − x1 )¯ + (x3 − x1 )¯ x y y1 + (y2 − y1 )¯ + (y3 − y1 )¯ x y k ¯ D’après la remarque 5. 0). On peut alors ¯ déterminer les fonctions de base en fonction des coordonnées barycentriques des six noeuds de K exprimés par leurs coordonnées barycentriques : a1 = (1. a3 = (0. . et φ . La fonction φ1 définie par 1 φ1 (x. 6. 0)} 2 2 2 2 Fonctions de base locales Les fonctions de base locales sont définies à partir des coordonnées barycentriques. ∀i = 2. a4 = (0. Notons que l’élément fini de Lagrange ainsi défini vérifie les critères de cohérence 5.5. . ).0). Σ. y ) = x ¯ CHAPITRE 5. . on considère un maillage triangulaire. 2 2 Commençons par φ1 . a5 = ( 1 . y1 ) F ((1. 0). il ne reste qu’à déterminer les “noeuds liés". 27 septembre 2010 . 6. Il est particulièrement bien adapté lorsqu’on cherche des solutions dans l’espace H 1 (Ω). (0. λ2 = x. k) est l’indice du k-ième noeud de l’élément dans la numérotation globale.N les fonctions de base globales. 5. 1)) = (x3 . 1). ( . 1).2 Elément fini triangulaire P 2 Comme le titre du paragraphe l’indique. (1. γi .0) et (0.. et un espace de polynômes de degré 2 pour construire l’espace d’approximation. 2. on a : φi K = φk . Une résolution de système élémentaire amène alors à : F (¯. 0.1). . 1 . . k = 1. ). ( ) où i = ng( . avec toujours comme espace de polynôme l’espace des fonctions affines. 3 les fonctions de base locales de l’élément de référence ( ) ( ) ¯ ¯ ¯ ¯ (K. si on note φk .6 et on prend pour Σ : 1 1 1 1 ¯ Σ = {(0.2. Par définition. δi . . 0. les coordonnées barycentriques d’un point Dans le cas du triangle de référence K {x} de coordonnées cartésiennes x et y sont donc : λ1 = 1 − x − y. 3 les fonctions de base locales de l’élément (K . 1. 0)) = (x1 . On rappelle que les coordonnées barycentriques d’un point x du triangle K de sommets a1 . on a φ = φk ◦ F −1 k Si on note maintenant (φi )i=1. en raison de sa facilité d’implantation et de la structure creuse des systèmes linéaires qu’il génère. 0). 1 ). 2. on veut φ1 (a1 ) = 1. Il faut également insister sur le fait que cet élément est très souvent utilisé. k = 1. Σ . 1 ). ELÉMENTS FINIS DE LAGRANGE i = 1. y2 )  F ((0.7) page 164. . f orallj = 1. ( .1. 0). (0.1).6 page 164 et (5. P ). λ3 tels que : x = λ1 a1 + λ2 a2 + λ3 a3 . . (1. EXEMPLES et on cherche βi . Elément fini de référence On choisit comme élément fini de référence le triangle de sommets (0.. .2. 0)) = (x2 . 0. λ3 = y. M1 168 Université Aix-Marseille 1. on a 3 i=1 λi = 1 et λi ≥ 0 (car le triangle K est l’enveloppe convexe de l’ensemble de ses sommets). et φi (ai ) = 0..

¯ Transformation F La bijection F qui permet de passer de l’élément fini de référence K à l’élément K a déjà été vue dans le cas de l’élément fini P1 c’est la fonction affine définie par : F (x.0. M1 169 Université Aix-Marseille 1. 2. y) = 2λ3 (λ3 − ). ¯ Il est facile de voir que ces fonctions forment une famille libre d’éléments de P 2 et comme card Σ = card P 2.0) F IGURE 5. y) = 2λ2 (λ2 − ).5. y) = x1 + (x2 − x1 )x + (x3 − x1 )y y1 + (y2 − y1 )x + (y3 − y1 )y où (xi . yi ). les coordonnées barycentriques restent inchangées par cette transformation.1/2. 3 sont les coordonnées respectives des trois sommets du triangle K . Par symétrie.0) (1/2. Analyse numérique II. y) = 4λ1 λ2 . a6 sont alors φ4 (x. 2 et 1 φ3 (x.1/2.1/2) (1/2. 27 septembre 2010 .1/2) 1 (0. avec coordonnées cartésiennes et barycentriques des noeuds ¯ convient. on définit 1 φ2 (x.0) (1. 2 Les fonctions de base associées aux noeuds a4 . y) = 4λ1 λ3 . EXEMPLES (0. le ¯ P 2) est bien unisolvant.1) CHAPITRE 5. ELÉMENTS FINIS DE LAGRANGE 3 (0.6 – Elément de référence pour les éléments finis P2.0) 2 (1.0) 6 (1/2.2.1/2) 5 4 (0. Comme cette transformation est affine.0. c’est la seule fonction qui convient. R. couple (Σ.0) (0. et φ6 (x.1) (0. et comme le couple (Σ. φ5 (x. a5 .1. Télé-enseignement. i = 1. Herbin. P 2) est unisolvant.0.1/2) (1/2. y) = 4λ2 λ3 .

En conséquence. M1 170 Université Aix-Marseille 1. ≤ Ch2 u On peut généraliser les éléments finis P1 et P2 aux éléments finis Pk sur triangles.2. . 1] × [−1. Les fonctions de base locales sont les fonctions : 1 φ1 (x.3 Eléments finis sur quadrangles Le cas rectangulaire ¯ On prend comme élément fini de référence le carré K = [−1. Analyse numérique II. Si on considère un rectangle K parallèle aux axes. mais par contre. La transformation F qui transforme l’élément de référence en un quadrangle K est toujours affine. 1). et comme noeuds les coins de ce carré : a1 = (1. k . On prend toujours le même élément de référence. y) = F (x. y1 ). Herbin. On prend comme espace de polynômes ¯ P = {f : K → IR. EXEMPLES CHAPITRE 5. −1). les noeuds du rectangle K . Les fonctions de base ¯ seront donc des polynômes Q1 sur l’élément de référence K. 1. qui prennent 1 2 les valeurs 0. R. P ) est unisolvant. y) = (x − 1)(y − 1). y) = a + bx + cy + dxy. a2 = (1. la bijection F s’écrit : φ2 (x. pour k ≥ 1. y1 ). y2 ). dont les noeuds sont notés (x1 . −1). (x1 . c. en éléments finis P1 et P2 par les inégalités suivantes : P 1 : si u ∈ H 2 (Ω). on a u − uN P 2 : si u ∈ H 3 (Ω). y) = − (x − 1)(y + 1) 4 1 φ4 (x. 4 ¯ La transformation F permet de passer de l’élément de référence carré K à un rectangle quelconque du maillage K . et a4 = (−1. y)) dépendent maintenant de x et de y voir exercice 51 page 190. . (x2 . Télé-enseignement. y) = 1 2 (x2 − x1 )x + x2 + x1 (y2 − y1 )y + y2 + y1 . on a u − uN H 1 (Ω) H 1 (Ω) ≤ Ch u H 2 (Ω) H 3 (Ω) . k . . (x2 .5. 1). f (x.2. . mais pas sur les éléments “courants" K . dont on divise chaque côté en k intervalles. alors uN − u H 1 (Ω) ≤ Chk u H k+1 (Ω) 5. Dans ce cas. b. 1]. y2 ). 27 septembre 2010 . f ∈ Q1 } où Q1 = {f : IR 2 → IR. le fait que f ∈ Q1 n’entraîne plus que f ◦ F ∈ Q1 . qu’on peut repérer par leurs coordonnés barycentriques. On peut montrer que si u ∈ H k+1 . y) = − (x + 1)(y − 1) 4 1 (x + 1)(y + 1) 4 1 φ3 (x. (a. ELÉMENTS FINIS DE LAGRANGE On peut montrer (ce n’est pas facile) que l’erreur d’interpolation u − uN H 1 est contrôlée. Les extrémités de ces intervalles sont les noeuds du mailage. d) ∈ IR 4 } Le couple (Σ. les composantes de F ((x. on choisit toujours comme élément de référence le carré unité. On a donc 3k noeuds. a3 = (−1. Considérons maintenant le cas d’un maillage quadrangulaire quelconque.

[−1. Herbin. si la solution exacte de problème continu est suffisamment régulière. . 1}2 . y) ∈ K. M1 171 Université Aix-Marseille 1. pour les fonctions de base de l’élément de référence K = [−1.12)  σ≥0      mes(Γ ) > 0.11). .n(x) + σu(x) = g1 (x). ELÉMENTS FINIS DE LAGRANGE Eléments finis d’ordre supérieur Comme dans le cas d’un maillage triangulaire. i = 1. y) ∈ {−1.3. i = 1. c’est ce qu’on appelle des conditions “mixtes". f (x) = a1 +a2 x+a3 y+a4xy+a5 x2 +a6 y 2 +a7 xy 2 +a8 x2 y+a9x2 y 2 . x ∈ Ω. −1 + k . . il faut considérer des éléments finis dits “isoparamétriques" que nous verrons plus loin où n désigne le vecteur unitaire normal à ∂Ω extérieure à Ω. On définit alors : Q∗ = {f : IR → IR. . 1] × [−1. on préfère pourtant supprimer le noeud central (0. −1 + k . g0 : Γ0 → IR et g1 : Γ1 → IR. ai ∈ IR. . Là encore. On peut alors utiliser comme noeuds sur le carré de référence (Σ. (0. (5. 1] : ¯ Σ = {(−1. (1. on se place sous les hypothèses suivantes :   p(x) ≥ α > 0. Il faut donc un degré de liberté en moins pour l’espace des polynômes. On se donne donc des fonctions p : Ω → IR. Dans le cas où la frontière ∂Ω de Ω n’est pas polygonale mais courbe. Q∗ ) est unisolvant (voir exercice 57 page 192). Pour assurer l’existence et unicité du problème (5. 0 Analyse numérique II.0)et choisir : Q2 = {f : IR → IR. f (x) = a1 + a2 x + a3 y + a4 xy + a5 x2 + a6 y 2 + a7 xy 2 + a8 x2 y. . . on peut démontrer l’estimation d’erreur suivante (voir [3]) : u − uN H (Ω) ≥C u H k+1 (Ω) h k . . (x. 1]. (0. On 1 1 ¯ ¯ ¯ choisit alors comme ensemble de noeuds : Σ = Σk = {(x. 0).   u = g0 sur Γ0 . 0).11)    p(x) u(x). et on peut montrer que l’élément Q∗ est aussi précis 2 2 (et plus facile à mettre en oeuvre que l’élément Q2 ). 27 septembre 2010 . (1. (−1. Exprimons par exemple l’espace des polynômes Q2 . p.3. R. 0). 1)} ¯ Σ∗ = Σ \ {(0. −1). Télé-enseignement. (−1. En général. On va imposer des conditions de Dirichlet sur Γ0 et des conditions de Fourier sur Γ1 . −1). (0. On a donc besoin de neuf noeuds dans Σ pour que le couple ¯ Q2 ) soit unisolvant (voir exercice 56 page 192).3. CONSTRUCTION DU SYSTÈME LINÉAIRE CHAPITRE 5. 0)}. 1. −1). Qk .5. on suppose que ∂Ω : Γ0 ∪ Γ1 avec mes(Γ0 ) = 0. On ¯ peut montrer facilement que (Σk Qk ) est unisolvant. (voir exercice 41). . 8} 2 Le couple (Σ∗ . (1. Soit Ω un ouvert polygonal 1 . 1). on peut choisir un espace de ¯ polynômes d’ordre supérieur. ai ∈ IR. 9} 5. x ∈ Γ1 . On a : ¯ L’espace Q2 comporte donc neuf degrés de liberté. . et on cherche à approcher u solution de :   −div(p(x) u(x)) + q(x)u(x) = f (x). −1). x ∈ Ω      q≥0 (5.3 Construction du système linéaire On construit ici le système linéaire pour un problème à conditions aux limites mixtes de manière ‘a envisager plusieurs types de conditions aux limites. 1] × [−1. .p. .3.

n = −σu + g1 .5. Ω ∀v ∈ H. u = g0 sur Γ0 } et l’espace vectoriel associé : 1 Notons que H est un espace de Hilbert. Γ1 f (x)v(x)dx et TΓ1 = Ω Γ1 g1 (x)v(x)dγ(x). il vient alors : p(x) u(x) v(x)dx − p(x) u(x)nv(x)dγ(x) + ∂Ω Ω qu(x)v(x)dx = Ω f (x)v(x)dx. v) = T (v). 27 septembre 2010 . l’espace HΓ0 .0 = {u ∈ H 1 (Ω). Analyse numérique II. on introduit l’espace 1 HΓ0 .3.g0 = {u ∈ H 1 (Ω). p(x) u(x) v(x)dx +   Ω Ω ˜ et T (v) = TΩ (v) + TΓ1 (v).0 . attention. u = 0 sur Γ0 } Ω −div(p(x) u(x))v(x)dx + q(x)u(x)v(x)dx = Ω Ω f (x)v(x)dx.11) par v et on intègre sur Ω. avec u0 ∈ HΓ0 .3.g0 n’est pas un espace vectoriel. Comme v = 0 sur Γ0 on a : p(x) u(x)nv(x)dγ(x) = ∂Ω Γ1 p u(x)nv(x)dγ(x). Herbin. Par contre. On 1 1 va chercher u solution de (5.11) sous la forme u = u + u0 . CONSTRUCTION DU SYSTÈME LINÉAIRE CHAPITRE 5. v) = q(x)u(x)v(x)dx. ∀v ∈ H. M1 (5. v).3. Soit v ∈ H. v) = T (v). Mais sur Γ1 . avec   a (u. On en déduit une formulation faible associée à (5.13) ˜ a(u0 + u.3. c’est à dire une fonction de H 1 (Ω) telle que u0 = g0 sur Γ. la condition de Fourier s’écrit : p(x) u(x) v(x)dx+ Ω Γ1 u. On obtient : 1 H = HΓ0 . ∀v ∈ H. avec a(u.11) : chercher u ∈ H (5.3. ˜ On peut écrire cette égalité sous la forme : a(u. v) = aΩ (u.14) 172 Université Aix-Marseille 1. Télé-enseignement. et on a donc qu(x)v(x)dx = Ω Ω p(x)σu(x)v(x)dγ(x)+ f (x)v(x)dx+ Γ1 g1 (x)v(x)dγ(x).3. ELÉMENTS FINIS DE LAGRANGE Pour obtenir une formulation variationnelle. on multiplie (5. R. En appliquant la formule de Green.13) peut aussi s’écrire sous la forme : u∈H a(u.3. Le problème (5. v) =  Γ TΩ (v) = p(x)σ(x)u(x)v(x)dγ(x).g0 et u ∈ HΓ0 . v) + aΓ1 (u. ∀v ∈ H. v) = T (v). où :   aΩ (u. où u0 ∈ H 1 (Ω) est un révèlement de g0 .

. . . Sous les hypothèses (5. On a cardJ0 = M0 Analyse numérique II.6 page 115) au problème (5. tant que u0 vérifie u0 = g0 sur Γ0 et u0 ∈ H 1 . . les fonctions de base. N. CONSTRUCTION DU SYSTÈME LINÉAIRE CHAPITRE 5. résoudre KU = G. On approche l’espace H par HN = V ect{φ1 . . . . . 5. . notons que. i = 1. M }.g0 Dans ce cas. ∀v ∈ H 1 . . on peut alors appliquer le théorème de Lax Milgram (voir théorème 4.15) Γ0 . i. i = 1.3. Intéressons nous maintenant à la méthode d’approximation variationnelle. . les méthodes de Ritz et Galerkin sont équivalentes. j = 1. Herbin. R. On a M − N noeuds liés. . 27 septembre 2010 . Notons qu’on a intérêt à mettre des noeuds à l’intersection de Γ0 et Γ1 (ce seront des noeuds liés). Commençons par la construction de l’espace HN et des fonctions de base pour une discrétisation par éléments finis de Lagrange du problème (5. Récapitulons alors les notations : • M : nombre de noeuds total • N : nombre de noeuds libres • M0 = M − N : nombre de noeuds liés • J0 = { indices des noeuds liés} ⊂ {1.3. uN )t .3. .   U = (u1 .13) . les noeuds du maillage. . on a HN ⊂ H. v). M. . φi ). où L est le nombre d’éléments.3. . On peut avoir deux types de noeuds : – les noeuds libres : Si ∈ Γ0 . qu’on note : (K . . φi ). et à la cohérence globale et locale des éléments finis de Lagrange. . . comme la forme bilinéaire a est symétrique. v) + T (v). N   J(v) = 1 a(v. φi ). avec N ≤ M . Le problème (5. On a N noeuds libres – les noeuds liés : Si ∈ Γ0 .3. On note Si . . P ) = 1. ELÉMENTS FINIS DE LAGRANGE ˜ où T (v) = T (v) − a(u0 . .3. N. . Σ . φN } et on remplace (5.14).g0 2 (5.3. . . L. M1 173 Université Aix-Marseille 1. . . N.3. .12). . φi ) = T (φi ) − a(u0 . . (5.   Kij = a(φj .14) par : u N ∈ HN a(uN . ∀i = 1. . Télé-enseignement. Remarquons que l’on peut choisir u0 de manière abstraite.1 Construction de HN et Φi On considère une discrétisation à l’aide déléments finis de Lagrange. Γ0 . et φ1 .5. . construire K et G 2. . .3. . φN .3. ce problème admet aussi une formulation variationnelle :  min  J(u) = v∈H 1  J(v). Grâce à ceci.16) On pose maintenant uN = j=1 uj φj .    Gi = T (φi ) − a(u0 .16) est alors équivalent au système linéaire : KU = G. avec L’implantation numérique de la méthode d’approximation nécessite donc de : 1.14) pour déduire l’existence et l’unicité de la solution de (5. On a donc bien des éléments finis conformes.

même si dans l’écriture du problème discret théorique. Notons que les tableaux ng. j ∈ J La première question à résoudre est le choix de u0 . . . R. . Calcul de K et G 1. définie par : Kij = a(φj . Télé-enseignement.N ∈ HΓ0 . on a bien u0. (on le suppose constant par souci de simplicité. 1 Notons qu’on a pas forcément : u0. Kij = aΩ (φj . ng( . M.quadrangle). M. Pour se faciliter la tâche. N.5. φi ) Gi = TΩ (φi ) i = 1.3. N. Pour les conditions aux limites. Herbin.N = j∈J0 u0 (Sj )φj . Exemple : triangle . . On remplace donc Gi par : Gi = T (φi ) − g0 (Sj )a(φj . et i = 1. . contrairement au cas unidimensionnel (voir exercice 1 37 page 138). . on se donne deux tableaux : • CF : conditions de Fourier • CD : conditions de Dirichlet (on verra plus tard le format de ces deux tableaux) 5. on n’en avait pas besoin. . φi ) i∈J cardJ = N i.g0 . On a donc deux tableaux x et y de dimension M . Calcul des contributions intérieures : on initialise les coefficients de la matrice K et les composantes par les contributions provenant de aΩ et TΩ . On a cardJ = N. 27 septembre 2010 . des fonctions de forme associées aux noeuds “liés”. j = 1. L} et tout r ∈ {1. . où x(i). son numéro dans la numérotation globale. N peut en fait dépendre de L. . pour chaque noeud (local) de chaque élément. on commet un “crime variationnel". Pour tout ∈ {1. On peut voir la fonction u0. .g0 . M1 174 Université Aix-Marseille 1. défini par : Gi = T (φi ) − a(u0 . CONSTRUCTION DU SYSTÈME LINÉAIRE CHAPITRE 5. où L est le nombre d’éléments et N est le nombre de noeuds par élément. φi ). φi ) Ainsi que le vecteur G. r) est alors le numéro global du r-ième noeud du -ième élément. Mais par contre. . N }. . En effet. φi ) pour j = 1. . x et y sont des données du mailleur (qui est un module externe par rapport au calcul éléments finis proprement dit). il n’est pas toujours évident de trouver u0 ∈ HΓ0 . On se sert donc pour l’implatation pratique de la méthode. . ELÉMENTS FINIS DE LAGRANGE • J = { indices des noeuds libres } = {1 . . On a également besoin de connaître les coordonnées de chaque noeud. . y(i) représentent les coordonnées du i-ème noeud. en remplaçant u0 par N u0. Pour la programmation des éléments finis. . . j∈J0 Calculons maintenant a(φj . Analyse numérique II. M } J0 .N (Sj ) = u0 (Sj ) pour tout j ∈ J. . on a besoin de connaître.g0 .3. . c’est en ce sens que l’on commet un “crime". Pour cela on introduit un tableau ng(L. .2 Construction de K et G On cherche à construire la matrice K d’ordre (N × N ). . . .N comme une approximation non 1 conforme de u0 ∈ HΓ0 . N ). . .

3. . . j) ∈ J 2 . . .17) 4. . . . . 175 ˜ ˜ ˜ avec Kij = Kij pour i. U =  −−  . Ces deux systèmes sont équivalents. N } et J0 = {N + 1. .18) est de la forme :       α1 G1 |     . Elle est donc un peu moins chère en temps de calcul. et G =  −−           αN +1   GN +1  |            . φi ) Il ne reste plus qu’à résoudre le système linéaire j∈J i. i = 1. Prise en compte des noeuds liés.. . . M. M1 Université Aix-Marseille 1. φi ). On ajoute maintenant à la matrice K les contributions de bord : Kij ←− Kij + aΓi (φj . 3. | αM GM Analyse numérique II. . Calcul des termes de bord de Fourier. i ∈ J0 . les égalités suivantes sont vérifiées : Kij = a(φj . .18) (donc incluant les inconnues αi . . . Kij = 0 si (i. qui n’en sont pas vraiment) on peut adopter deux méthodes : (a) Première méthode : on force les valeurs aux noeuds liés de la manière suivante : Kii ←− 1 pour tout i ∈ J0 Kij ←− 0 pour tout i ∈ J0 j ∈ {1 . . j = 1.à. . Gi ←− Gi + TΓi (φi ) i = 1 . 27 septembre 2010 . M }. Calcul des termes de bord de Dirichlet. CONSTRUCTION DU SYSTÈME LINÉAIRE CHAPITRE 5. ∀i ∈ J. M } i = j Gi ←− g0 (Si ) pour tout i ∈ J0 (b) Deuxième méthode : on force les valeurs aux noeuds liés de la manière suivante : Kii ←− 1020 ∀i ∈ J0 Gi ←− 1020 g0 (Si ) ∀i ∈ J0 La deuxième méthode permet d’éviter l’affectation à 0 de coefficients extra-diagonaux de la matrice.3.3. . .18) Dans le cas où la numérotation est quelconque. . . Pour des questions de structure de données.     .N ˜ Kij αj = Gi . On doit tenir compte ici du relèvement de la condition de bord : Gi ←− Gi − g0 (Ni )Kij j∈J0 ∀i ∈ J Après cette affectation. si J = {1. .          αuN   GN  |        − − − | − − −  . φi ). . N. Télé-enseignement. . . j ∈ J. . Kij αj = Gi . Si par chance on a numéroté les noeuds de manière à ce que tous les noeuds liés soient en fin de numérotation. ∀i = 1.d..  K      | 0 . .. (5.N . c. et pour obtenir le système linéaire d’ordre M (5. ELÉMENTS FINIS DE LAGRANGE 2. et on résout donc le système linéaire d’ordre M ≥ N suivant : j=1. j ∈ J(∪J0 ) Gi = T (φi ) − a(u0. on inclut en général les noeuds liés dans la résolution du système. . . N.5.3. et i = j. N. . 0 | IdM  . (5. et Kii = 1 si i ∈ J.3. . Herbin. les noeuds liés ne sont pas forcément à la fin. R.. le système (5. puisque les valeurs aux noeuds liées sont fixées.

. j ≤ i. Pour r et s numéros locaux de l’élément K . . Le choix de la numérotation s’effectue pour essayer de minimiser la largeur de bande. On pourra à ce sujet étudier l’influence de la numérotation sur deux cas simples sur la structure de la matrice. Rappelons qu’on a alors : N uN = i=1 αi φi . M1 Université Aix-Marseille 1. Détaillons maintenant le calcul des contributions intérieures. r) numéro global du noeud r de l’élément Pour s = 1 à r faire 176 Analyse numérique II. φj ). Elle l’est par contre dans le cas d’une méthode directe et si on utilise une méthode itérative avec préconditionnement.s = θ(φs . . 5. 2. . Boucle sur les éléments Pour = 1 à L faire Pour r = 1 à N faire i = ng( . Décomposons Ω à l’aide du maillage éléments finis. L Ω= =1 K. φj ) = =1 K θ(φi . . φj )dx. 27 septembre 2010 . ce qui s’exprime par l’algorithme suivant : Initialisation : Kij ←− 0. αi φi + i∈J i∈J0 = αi φi uN = uN + u0 Remarque 5. on a obtenu une matrice K d’ordre M × M et le vecteur G de IR M . R. on pose : kr. On a donc : L aΩ (φi . On va calculer kr. .3 Calcul de aΩ et TΩ . . Herbin. Soit α ∈ IR M la solution du système Kα = G. . Par définition. la numérotation des noeuds n’est pas cruciale. . aΩ (φi .s puis on calcule aΩ (φi . i = 1.5. 4. Télé-enseignement. . En notant θ(φi . . . CONSTRUCTION DU SYSTÈME LINÉAIRE CHAPITRE 5. j = 1. 3.3.15 (Numérotation des noeuds) Si on utilise une méthode itérative sans préconditionnement. φj ) i = 1. φj )(x) = p(x) φi (x) φj (x) + q(x)φi (x)φj (x). M. M et TΩ (φi ) i = 1. matrices élémentaires. φj ) = Ω p(x) φi (x) φj (x)dx + Ω q(x)φi (x)φj (x)dx. . en effectuant un parcours sur les éléments. M. c’est à dire aΩ (φi . M. φr )dx. . ELÉMENTS FINIS DE LAGRANGE Conclusion Après les calculs 1.3.

s = Jac(F )kr. y(r). donc par changement de variables . et du tableau ng( .3. N PI I= ¯ ψ(¯. on a : ¯ kr. y ))d¯d¯ ¯ Etudions maintenant ce qu’on obtient pour kr. y ).s j = ng( . s) si i ≥ j Kij ←− Kij + kr.s .s = θ(φs ◦ F (¯. y) = F (¯.s explicitement si p et q sont faciles à ¯ sont plus compliquées.3. par I = x ¯ x y i=1 ωi (Pi )ψ(Pi ).s = e ¯ a1 a2 b1 b2 = a1 b 2 − a2 b 1 ¯ x ¯ ¯ x ¯ x y θ(φs (¯. on peut donc calculer kr. y )φs (¯. à partir des coordonnées globales des noeuds (x(i). M1 177 Université Aix-Marseille 1.4 page 162). y) d¯d¯. y ) + q(¯. x ¯ ¯ x ¯ ¯ x ¯ x ¯ ¯ x ¯ ¯ x ¯ x y ¯ ¯ ¯ Les fonctions de base φs et φr sont connues . des noeuds de l’élément . on peut déduire les coordonnées locales x(r). on a : x ¯ kr.s sinon Kji ←− Kji + krs Fin pour Fin pour On a ainsi construit complètement la matrice de rigidité K. y(i)) où i = ng( .11). On calcule ensuite la valeur de kr. φr (¯. intégration numérique. on calcule kr. y ) . Herbin. et non sur les éléments K .s = θ(φs . CONSTRUCTION DU SYSTÈME LINÉAIRE CHAPITRE 5.¯(F ) désigne le Jacobien de F en (¯. y)φr (¯. φr ◦ F (¯. y) = (a0 + a1 x + a2 y . où ¯ kr. Or. r). y).3. φr )(x)dx. φr (x.3.s dans le cas du problème modèle (5. y))dxdy.s = ¯ p(¯. y)) Jacx. 27 septembre 2010 . Télé-enseignement. et. y ) φr (¯. b0 + b1 x + b2 y) x ¯ (5. Sur l’élément courant K . le terme élémentaire kr. φs ◦ F = φs . puisque F est définie par (5. N . En effet. y).5. Or.s s’écrit donc kr. (x. r) = i. Notons : ¯ ¯ ¯ F (¯. Analyse numérique II. y). e Ce calcul s’effectue sur l’élément de référence.s en effectuant une ¯ intégrer. on a : x ¯ ¯y Jac(F ) = Det(DF ) = ¯ donc kr. Si les fonctions p et q ou les fonctions de base φ.19). y ) = (x.¯(F ) d¯d¯ x ¯ x ¯ x y ¯y e ¯ ¯ ou Jacx.s = θ(φs (x. Rappelons que le principe d’une intégration numérique est d’approcher l’intégrale d ’une fonction continue donnée ψ.s par des changements de variable à l’aide de la transformation F (voir Figure 5. y )d¯d¯. R. ELÉMENTS FINIS DE LAGRANGE calcul de kr. r = 1. y(i)). y ) φs (¯. Il reste à savoir comment calculer kr.19) Notons que les coefficients ai et bi sont déterminés à partir des la connaissances des coordonnées (x(i).

il ne reste donc plus qu’à évaluer les fonctions p et q aux points F (Pi ). y ))φr (¯. ∂φ et ∂φr aux points de Gauss. CONSTRUCTION DU SYSTÈME LINÉAIRE CHAPITRE 5. et les coefficients ωi sont les poids associés. N PI . p3 = 0. y )(F (¯. dans le cas unidimensionnel. . . . ¯ ¯ ¯ ¯ Les valeurs φr (Pi ). y ) x ¯ (¯. ¯ On vérifiera que cette intégration numérique est exacte pour les polynômes d’ordre 1 (exercice 55 page 191). . – les valeurs de φr . y). . . . x x . On approche alors 2 1 I= 0 ψ(x)dx par I = 1 (ψ(0) + ψ(1)). et ω1 = 1. 2. R. y))φr (¯. p2 = 1. i = 1. Télé-enseignement. On prend maintenant N PI = 3. – les coordonnées (xpg(i). notés Pi . 27 septembre 2010 . On peut montrer que cette intégration numérique est exacte 6 pour les polynômes d’ordre 2 (voir exercice 55 page 191). N PI . y)) x ¯ ∂φs ∂φr (¯. 3 Examinons maintenant des éléments en deux dimensions d’espace. N . . y)d¯d¯φs (¯. φs (Pi ). p2 = 2 1 1 . 1 2 et les poids d’intégration ω1 = ω2 = ω3 = 1 . Herbin. N PI des points de Gauss. et ω1 = ω2 = 1 . Elément fini P1 sur triangle Prenons N PI = 1 (on a donc un seul point de Gauss).s = on approche kr. y ) + q(¯. . φr (Pi ) et φs (Pi ) sont calculées une fois pour toutes. l’ordre de convergence de la méthode reste le même. on cherche à calculer : I= p(F (¯. ELÉMENTS FINIS DE LAGRANGE où N PI est le nombre de points d’intégration. On approche alors I= ψ(¯)d¯ par ψ(p1 ). Prenons ¯ par exemple. . 0 .3. i) et φy (r. lors de l’intégration numérique du terme élémentaire kr. K = [0. notées φ(r. 2. 1]. qu’on appelle souvent points d’intégration de Gauss. ypg(i)). et on choisit comme points de Gauss : p1 = 1 . Notons que dans le cadre d’une méthode. . i = 1. i).5. x ¯ x ¯ ¯ x ¯ ¯ x y ¯ kr. ∂x ∂y Pour donné. le système Kα = G(N × N ) reste inversible. Notons que les points Pi et les poids ωi sont indépendants de ψ. 1 1 3. y )(F (¯. 1. φx (r. . . y )) φr (¯. y)d¯d¯ + x x y ∂x ¯ ∂y ¯ q(F (¯. 2 C’est la formule (bien connue) des trapèzes. Remarquons que. M1 178 Université Aix-Marseille 1. P2 sur triangles. p1 = 0. choisissons p1 = ¯ le centre de gravité du triangle K. 2 2 . r = 1 . x ¯ x x y x ¯ e ¯ K On propose l’algorithme suivant : Analyse numérique II. i = 1. . Les données de la procédure sont : – les coefficients ωi . il est nécessaire de s’assurer que la méthode d’intégration numérique choisie soit suffisamment précise pour que : 1. et dans la boucle sur . y)φs d¯d¯. Donnons maintenant un résumé de la mise en oeuvre de la procédure d’intégration numérique (indépendante de ). y) · x ¯ x ¯ ¯ x ¯ φs (¯. i).s par N PI ¯ ¯ x ¯ p(¯.s i=1 ¯ ωi p(F (Pi )) φr (Pi ) · ¯ ¯ ¯ φs (Pi ) + q(F (Pi ))φr (Pi )φs (Pi ) .

7. j = 1. . Herbin. Télé-enseignement. x ¯ ¯ x ¯ x y gr = ¯y K ¯ K ¯ L’intégration numérique est identique à celle effectuée pour kr. y)dxdy = =1 g . . i)) Fin pour On procède de même pour le calcul du second membre L TΩ (φi ) = Ω f (x. . k = 1.4 Calcul de aΓ1 et TΓ1 (contributions des arêtes de bord “Fourier". 5. M. φj ) i = 1. i) + qi φ(r. i)φy (s.¯(F )d¯d¯. (a) Dans le premier cas (à droite sur la figure). 1) contient le numéro de l’élément K auquel appartient l’arête k. . qui donne les informations suivantes 1. M1 Université Aix-Marseille 1. y)φi x. y)dxdy i = ng( . . 2. . . On suppose que la numérotation des noeuds locaux a été effectuée de manière “adroite". φj ) = 0 si φi et φj sont associées à des noeuds Si . CONSTRUCTION DU SYSTÈME LINÉAIRE CHAPITRE 5. faire : pi = p(Fe (Pi )) qi = q(Fe (Pi )) I ←− I + ωi (pi φx (r. ELÉMENTS FINIS DE LAGRANGE Initialisation : I ←− 0 Pour i = 1 à N PI . y)Jacx. 2) détermine tous les noeuds de l’arête k dans l’ordre. r) Gi ←− Gi + g r Fin pour Fin pour Il reste le calcul de g r qui se ramène au calcul de l’élément de référence par changement de variable. . 2).5. 2) contient le premier numéro des noeuds de l’arête k dans l’élément K . Sj de d’un élément sans arête commune avec les arêtes de la frontière. 27 septembre 2010 . y)φi (x. L1 du maillage incluses dans Γ1 . . L’algorithme sécrit : Initialisation de G à 0 : Gi ←− 0 i=1àM Pour = 1 à L Pour r = 1 à N Calcul de g r = e f (x. qui représente un élément fini P 1. . On a : f (x. représentés sur la figure 5. y)dxdy = f ◦ F (¯. Notons que aΓ1 (φi . M. 2) = 3 et le noeud suivant sur l’arête est 1. . on a CF (k.3. y)φr (x. Donnons des exemples pour trois cas différents. CF (k. . i)φ(s. y)φr (¯. Par définition. y)φr (x. de dimensions (L1. R. par exemple dans le sens trigonométrique. c’est à dire aΓ1 (φi . CF (k. Détaillons maintenant le calcul des contributions des bords où s’applique la condition de Fourier. puisqu’on connait le nombre de noeuds par arête et le sens de numérotation des noeuds.3. Dans ce cas. φj ) = Γ1 p(x) φi (x) · φj (x)dx + Γ1 q(x)φi (x)φj (x)dx.s . où g = e f (x. Soit L1 le nombre d’arêtes k . . aΓ1 (φi . . Rappelons que les noeuds soumis aux conditions de Fourier sont repertoriés dans un tableau CF . y)dxdy. 179 Analyse numérique II. . CF (k. M et TΓ1 (φi ) i = 1.

CF (k . 2) en appliquant la règle ad hoc (par exemple le sens trigonom´rique). on a une procédure similaire pour le calcul de TΓ1 = Γ1 Ck p(x)σ(x)φr (x)φs (x)dx (éventuellement avec intégration numérique) p(x)g1 (x)v(x)dγ(x). Pour chaque (r. L1 = CF (k. s) ∈ (Sk )2 /r < s} L’algorithme de prise en compte des conditions de Fourier s’écrit alors : Pour k = 1 . ELÉMENTS FINIS DE LAGRANGE (b) Dans le second cas (au centre sur la figure). Télé-enseignement. 2) = 3 et les noeuds suivants sur l’arête sont 4 et 5. M1 180 Université Aix-Marseille 1. 2) = 1. 1) = . 1) = . . . . 1 5 3 k k 2 K k 6 K 4 k K 2 P1 3 1 2 P1 3 P 1 en coin 1 F IGURE 5. . . . r) j = ng( . p(x)g1 (x)φi (x)dγ(x) Γ2 Gi ←− Gi + Analyse numérique II. CF (k .5. on a CF (k. s) si j ≤ i Kij ←− Kij + Irs sinon Kij ←− Kji + Irs Fin si Fin pour Fin pour Le calcul de Irs s’effectue sur l’élément de référence (avec éventuellement intégration numérique). R. on a CF (k. Herbin.3. L1. (c) Enfin dans l’élément P 1 “de coin" représenté à gauche sur la figure. CF (k. 2) = 2. CONSTRUCTION DU SYSTÈME LINÉAIRE CHAPITRE 5. 27 septembre 2010 . On peut alors définir : t ˆ Sk = {(r. De même.7 – Exemples de numérotation d’arête du bord ˆ Pour k = 1. 1). donnés par CF (k. s) ∈ Sk faire calcul de Irs = i = ng( . qui représente un élément fini P 2. on note Sk l’ensemble des noeuds locaux de k .

On introduit alors le pointeur IL( ). .8. M0 . . . etc.3. Il est donc important d’utiliser des algorithmes performants de maillage et de numérotation. comme sur la figure 5. Soit N K le nombre d’éléments non nuls de la matrice K On peut stocker la matrice dans un seul tableau KM AT en mettant bout à bout les coefficients non nuls de la première ligne. La valeur de IC(k) est le numéro de la colonne de K(k). où IL( ) est l’indice dans KM AT du début de la -ième ligne. . de dimension M0 où M0 = cardJ0 .4.6 Stockage de la matrice K Remarquons que la matrice K est creuse (et même très creuse). jusqu’à ceux de la dernieère ligne. en effet a(φj . . nommé.. Pour repérer les éléments de K dans le tableau KM AT . . .5 Prise en compte des noeuds liés dans le second membre p(x)g1 (x)φi (x)dγ(x) Γ1 Il faut maintenant retirer du second membre. ELÉMENTS FINIS ISOPARAMÉTRIQUES Aprés les calculs précédents. IC est de dimension N K. Le premier pointeur. CD(i0 ) = j0 ∈ J0 est le numéro du noeud lié dans la numérotation globale. On utilise pour cela le tableau CD qui donne les conditions.. L’identification entre KM AT et K se fait alors par la procédure suivante : Pour k = 1 . on a alors besoin de pointeurs. φi ) = 0 dès que supp(φi ) ∩ supp(φj ) = φ Examinons une possibilité de stockage de la matrice K. si le bord est courbe. N L. on peut donc utiliser une méthode de type gradient conjugué préconditionné (voir cours de Licence). si on utilise des éléments finis de type P2 . N K si IL(m) ≤ k < IL(m + 1) alors KM AT (k) = Km. ELÉMENTS FINIS DE LAGRANGE 5. les combinaisons venant des noeuds liés : Gi ←− Gi − g0 (Sj )a(φj .5.IC(k) Fin si Fin pour La matrice K est symétrique définie positive. Pour i0 = 1. Herbin. . on a maintenant dans Gi : Gi = f (x)φi (x)dx + Ω CHAPITRE 5. . Par contre.4 Eléments finis isoparamétriques Dans le cas ou Ω est polygonal. 5. φi ) j∈J0 où J0 est l’ensemble des indices des noeuds liés. Notons que la structure de la matrice dépend de la numérotation des noeuds. les noeuds de la frontière sont effectivement sur la frontière même si on les calcule à partir de l’élément fini de référence. Télé-enseignement. . où NL est le nombre de lignes. . ce n’est plus vrai. R. L’utilisation d’éléments finis “isoparamétriques" va permettre de faire en sorte que tous les noeuds frontières soient effectivement sur le bord. M0 . Pour obtenir une transformation Analyse numérique II. Pour i0 = 1. . 27 septembre 2010 . de Dirichlet. . puis ceux de la deuxième ligne. M1 181 Université Aix-Marseille 1.3. faire j = CD(i0 ) a = g0 (Sj ) si (i ≤ j) Gi ←− Gi − aKij sinon Gi ←− Gi − aKji sinon Fin si Fin pour 5. . = 1. La procédure est donc la suivante.

car on se ramène encore à l’élément de référence. N . y ). .12) page 171.8 – Transformation isoparamétrique isoparamétrique. alors qu’elle l’est en éléments finis classiques. ELÉMENTS FINIS DE LAGRANGE K F ˆ K F IGURE 5. R.3. ∀r = 1. ainsi que les éléments finis Q1 sur quadrilatères. la transformation isoparamétrique P2 n’est plus affine. On peut alors se poser le problème de l’inversibilité de F . . 5. où N est le nombre de noeuds de l’élément et (xr . yr ) sont les coordonnées du r-ième noeud de K . L’intérêt de la transformation isoparamétrique est de pouvoir traiter les bords courbes. . . Remarquons que la transformation F isoparamétrique P1 est identique à celle des éléments finis classiques. y).3. Herbin. toutefois. . On rappelle que la formulation faible de ce problème est donnée en (5. M1 182 Université Aix-Marseille 1.11) page 171 sur lequel on a étudié la mise en oeuvre de la méthode des éléments finis. Notons que le calcul de φr est toujours inutile.5. L.3. On ne peut pas malheureusement démontrer que F est inversible dans tous les cas. ∀ = 1. y) N à partir des fonctions de base de l’élément fini de référence : N x= r=1 ¯ x ¯ xr φr (¯. 27 septembre 2010 .5 Analyse d’erreur 5. ANALYSE D’ERREUR CHAPITRE 5. Notons que les fonctions de base locales vérifient toujours φr ◦ F = φr . . cela s’avère être le cas dans la plupart des cas pratiques. Par contre. y ) x ¯ →K → (x.5.14) admet une unique solution u ∈ H = HΓ0 n = Analyse numérique II. Télé-enseignement. on définit F :K (¯. . .3. le problème (5.5. et que 1 sous les hypothèses (5.1 Erreurs de discrétisation et d’interpolation On considère toujours le problème modèle (5.14) page 172. y = r=1 ¯ x ¯ yr φr (¯.

. H1 . . (voir définition 5. défini par les N + 2 points (xi )i=0. voir injection de Sobolev. u = 0 sur Γ0 }. On va démontrer le résultat suivant sur l’erreur d’interpolation. N + 1. . . . SN d’un maillage éléments finis de Ω. v). HN ).17 Si u ∈ H 1 (]0. u − uN H 1 ≤ α où M (resp.16) est donc vérifiée.20). et h = max{|hi |. R. . on a donc H 2 (]0.3 page 160. . . de manière à établir une majoration de l’erreur de discrétisation grâce à (5. De plus.5. .20) est bien vérifiée.16) page 173. Remarquons que ce résultat est lié à la dimension 1.. Comme u = u0 + u. dans la suite de ce paragraphe. 1[). φN } où les fonctions φ1 . 1[) ⊂ C 1 ([0.22) page 124 sont vérifiées. xN . on remplace u0 par u0. que les erreurs commises sont négligeables et que l’inégalité (5. Comme les hypothèses (4. on va maintenant définir l’interpolée sur H 1 (Ω) tout entier. uI ∈ HN par : N uI = i=1 u(Si )φi . .14) consiste à chercher uN ∈ HN = V ect{φ1 . ce qui fournit un majorant de l’erreur de discrétisation : u − uN On appelle erreur d’interpolation le terme u − uI H1 H1 ≤ C u − uI H1 5. . .α) est la constante de continuité (resp.2. φN } solution de (5. l’estimation (4. On supposera cependant. i = 0. alors on peut obtenir une majoration de l’erreur d’interpolation u − uI On admettra le lemme suivant(voir exercice 33 page 137) : Lemme 5. On a donc : M d(u. où les fonctions φ1 . . En particulier. .3.5. . ANALYSE D’ERREUR CHAPITRE 5. lorsqu’on calcule T (v) = T (v) − a(u0 . et on note hi = xi+1 − xi .5. cours d’analyse fonctionnelle ou [1]. Définition 5. 1[.3.2 Erreur d’interpolation en dimension 1 Soit Ω =]0. .N ∈ HN . ELÉMENTS FINIS DE LAGRANGE {u ∈ H 1 (Ω). 1]). .. Alors on définit l’interpolée de u dans HN . .30) page 127 entre u solution de (5. . De la même manière qu’on a défini l’interpolée sur un élément K.2. . . u − uN ≤ C u − w ∀w ∈ HN . donc on commet une légère erreur sur T . on considère un maillage classique. i = 0.3. 27 septembre 2010 . on calcule a(φi . φj ) à l’aide d’intégrations numériques : l’inégalité (5. N + 1} On va montrer que si u ∈ H 2 (]0. . Comme uI ∈ HN . . 1[) alors u est continue. La méthode d’approximation variationnelle du problème (5. φN sont des fonctions de base éléments finis associées aux noeuds S1 . M1 183 Université Aix-Marseille 1. Télé-enseignement. on peut prendre W = uI dans (5. Analyse numérique II. Herbin.5.5. on a. de coercivité) de a. Soit u ∈ H 1 (Ω) et HN = V ect{φ1 .16 (Interpolée dans HN ) . en posant c= M α.5. avec x0 = 0 et xN +1 = 1. .3.14) et u(N ) solution de (5. (5.5. φN sont les fonctions de base éléments finis associés aux noeuds x1 .5. . Notons que dans l’implantation pratique de la méthode d’éléments finis.20) n’est donc vérifiée en pratique que de manière approchée. . .N +1 .20) où uN = uN + u0 . .20).

5. où φi désigne la i-ème fonction de base élément fini P 1 associée au noeud xi d’un maillage élément fini de ]0. Calculons |u − uI |2 : 1 1 0 |u − uI |2 = 1 Or pour x ∈]xi . N }. xi+1 [. tel que u − uI Démonstration : On veut estimer u − uI où |v|0 = v L2 2 H1 H1 ≤ Ch.5. uI = pour un certain ξi ∈]xi . x On en déduit que : xi+1 xi xi+1 xi | u (t)dt|2 dx.18 (majoration de l’erreur d’interpolation. . dimension 1) Soit u ∈ H 2 (]0. ceci entraine : |u (t)|2 dt. 1[. on obtient : xi+1 xi |u (x) − uI (x)|2 dx ≤ h2 i |u − uI |2 ≤ h2 1 1 0 xi+1 xi |u (t)|2 dt En sommant sur i. Télé-enseignement.22) Il reste maintenant à majorer |u − uI |2 = 0 1 0 |u − uI |2 dx. ξi et donc. En réappliquant l’inégalité de Cauchy-Schwarz. ANALYSE D’ERREUR CHAPITRE 5. 27 septembre 2010 . par l’inégalité de Cauchy-Schwarz. (u (t) − uI (t))2 dt |x − xi | ≤hi Analyse numérique II. . M1 184 Université Aix-Marseille 1. (5.5. car |x − ξi | ≤ hi . Pour x ∈ [xi .5. xi+1 xi |u (x) − uI (x)|2 dx ≤ xi+1 xi x ξi |u (t)|2 dt|x − ξi |dx x ξi xi+1 ≤ hi xi |u (t)|2 dt dx. Herbin. Alors il existe c ∈ IR ne dépendant que de u. i = 1. .21) = |u − uI |2 + |u − uI |2 1 0 N xi+1 xi et |v|1 = Dv L2 . (5. ELÉMENTS FINIS DE LAGRANGE Théorème 5. et soit uI son interpolée sur HN = V ect{φi . . 1[). on a donc : |u(x) − uI (x)|2 ≤ x xi (u (t) − uI (t))dt . hi xi+1 xi |u (x) − uI (x)|2 dx = |u (x) − uI (x)|2 dx = |u (x) − u (ξi )|2 dx. xi+1 [ on a |u − uI |2 dx = i=0 |u (x) − uI (x)|2 dx. R. On a donc : xi+1 xi u(xi+1 ) − u(xi ) = u (ξi ). xi+1 ] x xi 2 |u(x) − uI (x)|2 = Par l’inégalité de Cauchy-Schwarz.

N : 1 0 (u(x) − uI (x))2 dx ≤ h4 1 0 (u (t))2 dt. la stabilité en norme L2 est obtenue grâce à l’inégalité de Poincaré discrète. 2 ≤ h4 |u|2 + h2 |u|2 2 2 ≤ (1 + h2 )h2 |u|2 2 On en déduit le résultat d’estimation d’erreur suivant : Corollaire 5..  a(u. 27 septembre 2010 . on n’utilise pas le principe de positivité.5.. Herbin. Par exemple pour un maillage triangulaire en deux dimensions d’espace.19 (Estimation d’erreur. et la consistance provient du contrôle de l’erreur d’interpolation. en éléments finis. ANALYSE D’ERREUR CHAPITRE 5. xi+1 ]. |u(x) − uI (x)|2 dx ≤ h4 i xi+1 xi (u (t))2 dt. sous des conditions géomér triques sur le maillage.. on obtient donc : x xi+1 |u(x) − uI (x)|2 ≤ hi xi xi+1 xi xi |u (t)|2 dt dxhi ≤ h3 i En intégrant sur [xi .5. intervient une condition d’angle : on demande que la famille de maillages considérée soit telle qu’il existe β > 0 tel que β ≤ θ ≤ π − β pour tout angle θ du maillage. Ces résultats se gén´alisent au cas de plusieurs dimensions d’espace (voir Ciarlet). et en sommant sur i = 1.. P1. soit 1 f ∈ L2 (Ω) et u ∈ H0 (Ω) l’unique solution du problème  1  u ∈ H0 (Ω)  . d ≥ 1 . dimension 1) Soit Ω un ouvert polygonal convexe de IR d . Alors i=1.22) : u − uI On en déduit le résultat annoncé. En volumes finis.20 (Sur les techniques d’estimation d’erreur) Lorsqu’on a voulu montrer des estimations d’erreur pour la méthode des différences finies. Notons qu’en volumes finis on se sert aussi de la conservativité des flux numériques pour la preuve de convergence. Remarque 5. et la consistance est en fait la consistance des flux.5. la consistance et la stabilité en norme L∞ .  Ω et uT L’approximation éléments finis P1 obtenue sur un maillage admissible T de pas hT = max {|hi |}. on a utilisé le principe de possitivité. avec (5. . Analyse numérique II. . R. ELÉMENTS FINIS DE LAGRANGE Par des calculs similaires aux précédents. v) = u(x) v(x)dx = f (x)v(x)dx. En volumes finis et éléments finis.N il existe C ∈ IR ne dépendant que de Ω et f tel que u − uT < Ch. la stabilité est obtenue grâce à la coercivité de la forme bilinéaire. Enfin. M1 185 Université Aix-Marseille 1. On a donc : |u − uI |0 ≤ h2 |u|2 ce qui entraine. Télé-enseignement. . nécessaires pour obtenir le résultat d’interpolation. . il vient : xi+1 xi |u (t)|2 dt.

Reprenons d’abord le cas du schéma volumes finis sur un maillage T admissible pour la discrétisation de l’équation (4. si la solution u de (4. d ≥ 1. comme l’erreur d’interpolation est d’ordre h.23) s’écrit comme une somme de termes d’échange entre les mailles K et L. On sait (voir par exemple Ciarlet) que si le maillage satisfait la condition faible de Delaunay (qui stipule que la somme de deux angles opposés à une même arête doit être inférieure à π).L (uK − uL ) + σ∈ξK ∩ξext τK.1. Notons que le schéma (5.1. ∂Ω) où |K|.  avec  σ∈ξK ∩ξint τK. ELÉMENTS FINIS DE LAGRANGE Même si le principe de positivité n’est pas explicitement utilisé pour les preuves de convergence des éléments finis et volumes finis.21 (Super convergence des éléments finis P 1) Soit Ω un ouvert polygonal convexe de IR d . pour la résolution du problème (4. d − 1) de K (resp. il est toutefois intéressant de voir à quelles conditions ce principe est respecté.σ uK  = |K|fK . 27 septembre 2010 . il se produit un “petit miracle". K∈T Alors il existe C ∈ IR ne dépendant que de Ω et f tel que : u − uT Analyse numérique II. car on peut montrer grâce à une technique astucieuse.1.σ sont positifs. avec des coefficients τKL positifs. |σ|) désigne la mesure de Lebesque en dimension d (resp. Considérons maintenant la méthode des éléments finis P1. Herbin.L = |σ| |K|L| et τK. R. Ce résultat peut se retrouver en écrivant le schéma éléments finis sous la forme d’un schéma volumes finis. uT la solution apporchée obtenue par éléments finis P1. xL ) d(xK . On s’intéresse à 1 l’approximation par éléments finis P 1 de la solution u ∈ H0 (Ω) du problème (4.σ = . Soit hT = max diamK. car il est parfois très important en pratique. dite“truc d’Aubin-Nitsche".1) sur maillage triangulaire. En fait. Notons que les coefficients τK. C’est grâce à cette propriété que l’on montre facilement que le principe de positivité est vérifié.L et τK. en effet.5.5).5. d(xK .5. ANALYSE D’ERREUR CHAPITRE 5. grâce au fait que le maillage est admissible (et donc XK XL = d(XK . également d’ordre h. Télé-enseignement.19) qu’on peut estimer l’erreur en norme L2 entre la solution exacte u et la solution approchée par éléments finis P 1 . (5.5. On a vu dans le paragraphe précédent (corollaire 5. 5. XL )nKL . soit f ∈ L2 (Ω).1) est dans H 2 . d ≥ 1 . alors le principe du maximum est vérifiée.5). M1 H 1 (Ω) ≤ Ch et u − uT 186 L2 (Ω) ≤ Ch2 . Université Aix-Marseille 1. (resp. Théorème 5.1. que l’erreur de discrétisation en norme L2 est en fait d’ordre 2. et on suppose que f ∈ L2 (Ω). −∆u = f dans Ω u=0 Rappelons que le schéma volumes finis s’écrit :  K∈C sur ∂Ω.1.5.23) τK. σ). sur un maillage éléments finis T .3 Super convergence On considère ici un ouvert Ω polygonal convexe de IR d . où XK XL désigne le vecteur d’extrémités XK et XL et nKL la normale unitaire à K|L sortante de K. on déduit une estimation sur l’erreur de discrétisation.1). u solution de (4.

9. M1 187 Université Aix-Marseille 1. L2 (Ω) 2 ≤ C2 f 2 L2 (Ω) hT H 1 (Ω) ≤ C2 e L2 (Ω) hT et u − uT H 1 (Ω) ≤ C2 f L2 (Ω) hT .25) Ω ϕT (x). par le théorème 4.0 = {v ∈ C(Ω). (5.5. v|∂Ω = 0}  On sait que uT vérifie : on peut donc écrire que : eT 2 L2 (Ω Ω ϕ(x). Comme e ∈ L2 (Ω). ∀v ∈ VT .5. c.5.5. 27 septembre 2010 .   Ω ϕT (x) v(x)dx = Ω e(x)v(x)dx.19) qu’il existe C2 ne dépendant que de Ω. = Ω (ϕ − ϕT )(x). Herbin. = Ω eT (x)eT (x)dx = Soit ϕT la solution approchée par éléments finis P1 du problème (5.24). Grâce à ce résultat. ψ(x)dx = Ω Ω 1 eT (x)ψ(x)dx. en prenant ψ = eT dans (5.0 (5.5. (u − uT )(x)dx ≥ ϕ − ϕT H 1 (Ω) u − uT H 1 (Ω) D’après le théorème 5. ∀ψ ∈ H0 (Ω). ∀K ∈ T . ELÉMENTS FINIS DE LAGRANGE Démonstration : Par le théorème de régularité 4.9 page 118. Analyse numérique II. v|K ∈ P1 . il existe C3 ∈ IR + ne dépendant que Ω tel que ϕ Or eT 2 L2 (Ω) H 2 (Ω) ≤ C3 eT L2 (Ω) . (u − uT )(x)dx = 0. ANALYSE D’ERREUR CHAPITRE 5. on a obtenu (voir le théorème 5. il existe C1 ∈ IR + ne dépendant que de Ω tel que u H 2 (Ω) ≤ C1 f L2 (Ω) .à. on a : ϕ − ϕT On en déduit que : eT Ce qui démontre le théorème. Télé-enseignement. β et tel que u − uT H 1 (Ω) ≤ C2 f L2 h 1 Soit maintenant eT = u − uT et ϕ ∈ H0 (Ω) vérifiant ϕ(x).24) On peut aussi dire que ϕ est la solution faible du problème −∆ϕ = eT dans Ω ϕ = 0 sur ∂Ω.d solution de :  ¯  ϕT ∈ VT . R. . e(x)dx.5.19.24).

4 Traitement des singularités Les estimations d’erreur obtenues au paragraphe précédent reposent sur la régularité H 2 de u. où s dépend de l’angle du coin rentrant. ∀i = 1. 27 septembre 2010 . on sait que dans ce cas. Herbin. On a donc également : M u − αψ − w H 1 (Ω) . Donc u − uT H 1 ≤ M u − w H 1 (Ω) . ELÉMENTS FINIS DE LAGRANGE 5.NT ⊂ IR N et γ ∈ IR t.q. α puisque αψ + w ∈ VT . lorsque cela est possible. Télé-enseignement.1. on peut raffiner le maillage dans le voisinage du coin. la solution u du problème (4. si on note uI l’interpolée de u dans VT . l’espace d’approximation est VT = V ect{φi . on sait trouver ψ ∈ H0 (Ω) (et ψ ∈ H 2 (Ω)) telle que si u est 2 solution de (4.NT Ω Ω ψ(x) · ψ(x) · φi (x)dx = ψ(x)dx = Ω f (x)φi (x)dx. Pour approcher correctement la singularité. Or. Dans le cas où u est régulière. On effectue un développement de Galerkin sur la base de VT . i = 1. ∀w ∈ VT .NT uj Ω φj (x) ·    j=1. On obtient donc un système linéaire de NT + 1 équations à NT + 1 inconnues.NT uj Ω φi (x) · ψ(x)dx + γ ui φi + γψ. Dans le cas d’une singularité portée par la fonction ψ introduite ci-dessus.5. On pose uT = Le problème discrétisé revient donc à chercher   (us )i=1. Reprenons maintenant l’estimation d’erreur. Examinons maintenant le système linéaire obtenu avec cette nouvelle approximation. M1 188 Université Aix-Marseille 1. i=1. car ψ ∈ H0 (Ω). Examinons le cas d’une approximation par éléments finis de Lagrange.5) avec f ∈ L (Ω). Analyse numérique II. Considérons donc pour fixer les idées le problème −∆u = f dans Ω. où Ω est un ouvert u = 0 sur ∂Ω polygônal avec un coin rentrant. NT } ⊕ IRψ Notons que VT ⊂ H0 (Ω).5. Dans le cas 1 d’un polygône avec un coin rentrant par exemple.5. modifier l’espace d’approximation pour tenir compte de la singularité. où NT est le nombre de noeuds internes du maillage T de Ω considéré et (φi )i=1. α Et grâce aux résultats d’interpolation qu’on a admis. on a : u − uT H1 ≤ u − uT H 1 (Ω) ≤ M u − uI α H 1 (Ω) ≤ M C2 u α H 2 (Ω) h. si le domaine Ω possède un coin rentrant. u − αψ = u ∈ H 2 (Ω). mais dans un espace H 1+s (Ω). Grâce au lemme de Céa. alors il existe un unique α ∈ IR tel que u − αψ ∈ H 2 (Ω). Que se passe-t-il si cette régularité n’est plus vérifiée ? Par exemple. ∀w ∈ VT .   φi (x)dx + γ j=1. On obtient donc encore une estimation d’erreur en h. i = 1. on a toujours u − uT H1 ≤ M u−w α H 1 (Ω) . ∀w ∈ VT . R.NT la famille des fonctions de forme associées aux noeuds. On peut également. on modifie l’espace V et on prend 1 1 maintenant : VT = V ect{φi .5) n’est plus dans H 2 (Ω).1. ANALYSE D’ERREUR CHAPITRE 5. NT f (x)ψ(x)dx. NT }.

Analyse numérique II. . . x ∈]0. pour i = 0. Télé-enseignement.5. . N . Soient N ∈ IN. 1[. On s’intéresse maintenant à la discrétisation de (5. 3. x ∈]0. . Ecrire le système linéaire obtenu. . Montrer que HN ⊂ H0 . Ecrire le système linéaire obtenu. (5. Ecrire une discrétisation d par différences finies pour un maillage non uniforme.6 Exercices Exercice 47 (Eléments finis P1 pour le problème de Dirichlet) Corrigé en page 192 Soit f ∈ L2 (]0. Exercice 48 (Conditions aux limites de Fourier et Neumann) Corrigé en page 194 Soit f ∈ L2 (]0. 27 septembre 2010 . 2. . u (1) = −1. Comparer avec le schéma obtenu par différences finies. On s’intéresse au problème : : −u (x) − u (x) + u(x) = f (x).26) par volumes finis pour un maillage non uniforme. .26) pour un maillage non uniforme. . v|Ki ∈ P1 . Ecrire une discrétisation par éléments finis conformes de type Lagrange P1 pour un maillage uniforme. où P1 désigne l’ensemble des polynômes de degré inférieur ou égal à 1. xi+1 ]. h = 1/(N + 1) et xi = ih. . et v(0) = v(1) = 0}. Ecrire le système linéaire obtenu. . IR) t. φN }.26) L’existence et l’unicité d’une solution faible ont été démontrées à l’exercice 48 page 189. M1 189 Université Aix-Marseille 1. 1[). 1[. . i = 0. . N + 1.6. . x ∈]0.bis) Soit f ∈ L2 (]0. 1[). . Montrer que φi ∈ HN pour tout i = 1. On s’intéresse au problème suivant : −u (x) = f (x). on pose :  |x − xi |  1− si x ∈ Ki ∪ Ki−1 . Herbin. 1]. ELÉMENTS FINIS DE LAGRANGE 5. u(0) + u (0) = 0. . . 1[). 2.41) 1.6. Pour i = 1. e (4. 1[. u (0) − u(0) = 0. Donner le système linéaire obtenu en remplaçant H par HN dans la formulation faible. . On s’intéresse au problème : −u (x) + u(x) = f (x). Ecrire une discrétisation par éléments finis conformes de type Lagrange P1 de (5.6. Exercice 49 (Conditions aux limites de Fourier et Neumann. . φi (x) = h 0 sinon.6. u(1) = 0. N . . Ecrire le système linéaire obtenu. Ecrire une discrétisation de (5. . R. 3. Soit HN = {v ∈ C([0. pour i = 0. .4. . dont on a étudié une formulation faible à l’exercice 35. 1 1. u(0) = 0. N et que HN est engendré par la famille {φ1 . u(1) = 1 1. et Ki = [xi . . EXERCICES CHAPITRE 5.26).6. N . .q.

Σ2 .5. Ecrire le système linéaire obtenu. 1[. N . . Pe1 ). notée uh . ±1).27). M4 (−1. . f ∈ Pei } = {f : S → IR.e. Φ4 . Σ1 . M6 (2. pour i = 0. alors {f |S . Déterminer l’espace d’approximation Vh . Q1 ) et (e2 . 2. h = 1 (N + 1) et xi = ih. où les Fi sont définies à la question précédente. M1 } et Σ2 = {M5 . M5 (1. (e2 . g0 ≡ 0. . . On cherche une solution approchée de (5. Pe2 )} est inclus dans H 1 (Ω) (i. Σ1 . . 0). 1[. II. M5 (1. Montrer que les fonctions de base globales sont les fonctions Φi de [0. . . g1 ≡ 0 et σ = 0. On choisit de découper Ω en deux éléments e1 et e2 définis par les quadrilatères de sommets respectifs M1 (−1. On note ces fonctions Φ1 . P1 )N .27). 0). M2 . On s’intéresse ici à la discrétisation du problème (5. Σ2 . Pe1 ) et (e2 . u (1) = 0. pour i = 1. ELÉMENTS FINIS DE LAGRANGE 2. Ecrire une discrétisation par différences finies centrés de pour un maillage uniforme. I. . i=0 1. vérifier la “cohérence globale” définie en cours). a. . 1).6. M1 190 Université Aix-Marseille 1. Γ0 = {0}. 1). Montrer que les éléments (e1 . y) = a + by. {xi . . (2. II. On introduit comme élément de référence e le carré de sommets (±1. construire des bijections F1 et F2 de e dans e1 et e2 . 1[. 1).6. 4. 0). h 2. .3 On note Pei = {f : ei → IR. M6 . Soient N ∈ IN. M6 et comme espace par élément l’ensemble des polynômes Q1 . Γ1 = {1}. en utilisant les éléments finis (Ki . M3 (2. P ). N + 1. b ∈ IR}. et Ki = [xi . . 1). Ecrire une discrétisation par volumes finis centrés pour un maillage uniforme. . Analyse numérique II. Σ. pour i = 1. x + y = 1}. .27) Ce problème est un cas particulier du problème (4. (5.6. . . . Σ est l’ensemble des sommets de e et P = Q1 . Q1 ). Quel est l’ordre de convergence de chacune des méthodes étudiées aux questions précédentes ? Exercice 50 (Eléments finis pour un problème avec conditions mixtes) Soit f ∈ L2 (]0. . Σ1 . M2 }. EXERCICES CHAPITRE 5. 3. Ecrire le système linéaire obtenu. xi+1 }. Télé-enseignement.44) étudié à l’exercice 41 page 139 page 139. On s’intéresse ici au problème −u (x) + u(x) = f (x).1 Montrer que les éléments (e1 .4. 0). x ∈=]0. M2 (0. (2. I. 27 septembre 2010 . Quelles sont les fonctions de base locales de (e. Construire le système linéaire à résoudre et comparer avec les systèmes obtenus par différences finies et volumes finis. u(0) = 0. y). On fait le même choix des éléments et des noeuds que dans I. Les fonctions F1 et F2 sont elles affines ? II.1] dans IR définies par Φi (x) = (1 − |x−xi | )+ . On pourra pour cela montrer que si S = e1 ∩ e2 = {(x. . I. . en prenant : Ω = ]0. Σ1 . . pour i = 0. Herbin. (e2 .1. . 0). p ≡ 1 et q ≡ 1. Q1 ) sont des éléments finis de Lagrange. 1). Σ2 . R.2. N + 1. 3 A-t-on uh (1) = 0 ? Exercice 51 (Eléments finis Q1) Corrigé en page 197 On considère le rectangle Ω de sommets (−1. f ◦ Fi |e ∈ Q1 }. (−1.6. M3 . Σ2 . Q1 )}. xi+1 ]. . Pe2 ) sont des éléments finis de Lagrange et que l’espace vectoriel construit avec la discrétisation {(e1 . f (x. On s’intéresse à la discrétisation par éléments finis de l’espace fonctionnel H 1 (Ω). On prend comme noeuds les points M1 . Quelle est dans les hypothèses appelées en cours “cohérence globale” celle qui n’est pas vérifiée ? II. 1). 0) et M2 (0. Montrer que l’espace de dimension finie correspondant à cette discrétisation n’est pas inclus dans H 1 (Ω) (construire une fonction de cet espace dont la dérivée distribution n’est pas dans L2 ). On a donc construit la discrétisation {(e1 . Φ4 . .2 A partir des fonctions Φ1 . M5 . On note Σ1 = {M4 .

6. yl ). et T un maillage de Ω. Herbin. p3 = 0. avec les poids d’intégration ω1 = ω2 = ω3 = . P ) deux éléments finis de Lagrange affine . y) ∈ D = (0. Σ. ∆y = M +1 N +1 où f est une fonction donnée. Ecrire la matrice obtenue en discrétisant le problème avec les éléments finis triangulaires linéaires (utilisant le maillage précédent). Soient M. N deux entiers. est exacte pour les polynômes d’ordre 1. appartenant à L2 (D). b). Ecrire le système qu’il faut résoudre. Vérifier que l’intégration numérique à trois points de Gauss définis sur le trangle de rérérence par p1 = . 0 ≤ k ≤ M + 1. (xk .28) 1. Télé-enseignement. 1 2. y) = 0. 1[ en N intervalles égaux et on approche la solution par une méthode d’éléments finis de degré 2. 3.5. y) ∈ ∂D. EXERCICES CHAPITRE 5. y) = f (x. . a b . Donner une formulation faible du problème (5.28) admet une unique solution. (xk+1 . u(x. yl+1 ). yl − l∆y.6. Exercice 53 (Eléments finis P 2 en une dimension d’espace) On veut résoudre numériquement le problème aux limites suivant   −u (x) + u(x) = x2 . ¯ ¯ ¯ Soient (K. M1 191 Université Aix-Marseille 1.28) 2. ELÉMENTS FINIS DE LAGRANGE Exercice 52 (Eléments affine–équivalents) Corrigé en page 200 Soit Ω un ouvert polygonal de IR 2 . Exercice 54 (Eléments finis P 1 sur maillage triangulaire) Corrigé en page 202 On veut résoudre numériquement le problème −∆u(x. yl+1 ).0 . On définit ∆x = et on pose On note xk = k∆x. P ) affines.    u (1) = 1. (x. En déduire que les fonctions de base locales de (K. Σ. sur l’élément fini P1 sur triangle. 0 ≤ l ≤ N + 1 0 Tk+1/2.l+1/2 le triangle de sommets (xk . yl+1 ). On suppose que les fonctions ¯ de base locales de K sont affines. On partage l’intervalle ]0. Analyse numérique II. 0 < x < 1   u(0) = 0. 27 septembre 2010 . (xk+1 . (5. Démontrer que le problème (5. donné par le centre de gravité du triangle. Montrer que toute fonction de P est affine. 2 1 1 1 1 . R. P ) et (K. 1 Tk+1/2. (xk+1 .équivalents.6. yl ). (x. a) × (0. p2 = 2 2 2 6 d’ordre 2. Exercice 55 (Intégration numérique) Corrigé en page 204 1.l+1/2 le triangle de sommets (xk . Vérifier que l’intégration numérique à un point de Gauss. Σ.6. y). yl ). est exacte pour les polynômes .

xy 2 }. βi ∈ IR. y. a2 = (1. . 1[). 8. . Donc v admet une dérivée faible dans L2 (]0. x y. 1]. 1. 2 2 a4 = (−1. a7 = (0. 2 5. on a v ∈ L2 (]0. a5 = (0. 8. . . 1] × [0. avec αi . 1/2). et a6 = (1.N 1 De plus v(0) = v(1) = 0. x . 1]). −1). a8 }. 0). ELÉMENTS FINIS DE LAGRANGE a3 = (1. donc v ∈ H0 (]0. a4 = (0. 2 P = {f |S . . Analyse numérique II. On note a1 . xy. 2 2 2 2 a3 = (1. a9 = (1/2. R. CORRIGÉS DES EXERCICES Exercice 56 (Eléments finis Q2) Corrigé en page 205 On note C le carré [0.. Montrer que pour tout p ∈ P2 4 i=1 8 p(ai ) − 2 p(ai ) + 4p(a9 ) = 0. On note Q∗ l’espace de 2 polynôme engendré par les fonctions {1. x2 y. 1 On en déduit que HN ⊂ H0 (]0. . x y } et que dim Q2 = 9. M1 192 Université Aix-Marseille 1. . . a) Construire (ϕ∗ )i=1. .7. 1] × {1}. a8 }. a8 = (0.. j = 1. On rappelle que Q2 = V ect{1. Σ). . . 27 septembre 2010 . x2 . 3. x. y. on a v|Ki (x) = αi x + βi . 1). 1] × [−1. 0).8 ⊂ Q∗ tel que 2 i ϕ∗ (ai ) = δij j ∀i. alors p = 0. . définis par a1 = (−1. a8 les noeuds de C. On note a5 = (1/2. avec Σ = {a1 . Montrer que ΣS est P -unisolvant. avec Σ = {a1 . 0). Herbin. a8 = (−1. 1 ≤ i ≤ 8}. comme HN ⊂ C([0.5. x. Télé-enseignement. . et Dv|Ki = αi on a donc : Dv L2 ≤ max |αi | < +∞. −1).. i. y . 0).. 1[). . xy. D’autre part. = {ai . i=5 2. . 1).. a2 = (1.. 1). . Calculer les fonctions de base de l’élément fini (C.e. comme v|Ki ∈ P1 . 0). La propriété est elle vraie pour les autres arêtes de C ? 2 b) Montrer que Σ est Q∗ -unisolvant. Exercice 57 (Eléments finis Q∗ ) 2 Soit C = [−1. −1). 1). et soit P l’ensemble des restrictions à S des fonctions de Q∗ .. ΣS = Σ ∩ S. f ∈ Q∗ }. 1[). i=1.7 Corrigés des exercices Exercice 47 page 189 1. . 1). . P. 1] de sommets a1 = (0. y 2 .. . En déduire une forme linéaire φ telle que si p ∈ P = {p ∈ Q2 . φ(p) = 0} et p(ai ) = 0 pour i = 1. 1/2). a6 = (1. 1[). c) Soit S = [−1. CHAPITRE 5. xy .Soit v ∈ HN . 1/2) a7 = (1/2. 1).

. φi ) = T (φi ) ∀i = 1. . . N. h2 h 1 1 = − . . .i = 1 (φi (x))2 dx = 2h 1 2 = pour i = 1. . . N . pour i = 1. .N est donc solution du système linéaire N j=1 Ki.. On vérifie alors facilement que φ1 (0) = 1 − h = 0 et φN (1) = 0. . si k = 1. . . .j On en déduit que :  1    h si x ∈]xi−1 xi [  1 = φj (x)φi (x)dx . On a : CHAPITRE 5. . . ELÉMENTS FINIS DE LAGRANGE   1 − x − xi si x ∈ Ki    h  x − xi φi (x) =  1 + h si x ∈ Ki−1     0 si x ∈]0. . . . Herbin.j = a(φj . Ceci est immédiat pour i = 2. les fonctions φi sont clairement continues. .i−1 = Calculons maintenant Gi : 0 φi (x)φi−1 (x)dx = − Ki.j uj = Gi i = 1. . . on a : Ki. h Ki. Calculons Ki. M1 193 Université Aix-Marseille 1. . . 27 septembre 2010 . . . xi+1 [. N. . N .. N N En effet. et donc ak = 0 pour 3. pour k = 1. φi ) et Gi = T (φi ). N. . 0  h   0 ailleurs 1 0 Ki. . xi+1 Gi = f (x)φi (x)dx xi −1 Analyse numérique II. 1[ Ki ∪ Ki−1 On en déduit que φi |Kj ⊂ P1 pour tout j = 0. car dans ce cas φi |K0 = φi |KN +1 = 0. . N où Ki. . . alors en particulier i=1 ai φi (xk ) = 0. . φN }. N − 1. . . Télé-enseignement. La famille (uj )j=1. N − 1. Soit u = j=1 uj φj solution de a(u.. or φi (x) = 1  − si x ∈]xi . N . 2 h h 1 pour i = 2. il suffit de montrer que {φ1 . De plus. . . ..j = 0 pour |i − j| > 1. il reste à montrer que φi (0) = φi (1) = 0. .5. Pour montrer que φi ∈ HN . . . R. . N i=1 ai φi = 0. h Pour montrer que HN = V ect{φ1 .j et Gi .7.i+1 − 0 φi (x)φi+1 (x)dx = −h × 1 Ki. φN } est une famille libre de HN . . . . . CORRIGÉS DES EXERCICES 2.

5. .. 27 septembre 2010 Analyse numérique II. R. utiliser la formule des trapèzes pour le calcul des intégrales xi+1 xi−1 f (x)φi (x)dx et xi f (x)φi (x)dx. 2ui − ui−1 − ui+1 = h2 f (xi ) u0 = uN +1 = 0 i = 1. on a alors Gi = f xi+1 xi−1 CHAPITRE 5. . . h1 2 et la condition de Neumann en 1 par : uN +1 − uN = −1. par exemple.. avec 0 = x0 < x1 < · · · xi < xi+1 < xN < xN +1 = 1. . . L’équation (5. i = 1. 2 2 2 2 on déduit donc l’approximation aux différences finies suivante pour tous les noeuds internes : 1 γi hi− 1 ui+1 + hi+ 1 ui−1 + (hi+ 2 + hi− 1 )ui + ui = f (xi ). xi+1 ]. N . 1 1 6 hi+ 1 + hi− 2 6 hi+ 2 + hi− 1 2 2 En posant γi = 2 hi+ 1 hi− 1 (hi+ 1 +hi− 1 ) . i− 2 2 6 i− 2 1 1 En multipliant la première égalité par hi− 2 . On peut. avec ζi ∈ [xi . Herbin. On obtient alors : Gi = hf (xi ). . CORRIGÉS DES EXERCICES Si f est constante.. 2 2 2 La condition de Fourier en 0 se discrétise par u1 − u0 − u0 = 0. on pose hi+ 1 = xi+1 − xi . N Le schéma obtenu est donc : C’est exactement le schéma différences finis avec un pas constant h. ELÉMENTS FINIS DE LAGRANGE φi (x)dx = hf . . Soit (xi )i=1. xi ]. .7. . . N. on procède à une intégration xi numérique. avec θi ∈ [xi−1 . 2 2 i+ 2 6 i+ 2 1 1 1 u(xi−1 ) = u(xi ) − hi− 2 u (xi ) + h2 1 u (xi ) − h3 1 u (θi ). 1]. . Exercice 48 page 189 1. Télé-enseignement.. M1 .26) au point xi s’écrit : 2 −u (xi ) + u(xi ) = f (x) On écrit les développements de Taylor de u(xi+1 ) et u(xi−1 ) : 1 1 u(xi+1 ) = u(xi ) + hi+ 1 u (xi ) + h2 1 u (xi ) + h3 1 u (ζi ). la deuxième par hi+ 2 et en additionnant : u (xi ) = 2 1 h 1 u(xi+1 ) + hi+ 2 u(xi−1 ) + (hi+ 1 + hi− 1 )u(xi ) 2 2 1 hi+ 1 hi− 1 (hi+ 1 + hi− 2 ) i− 2 2 2 2 h2 1 h2 1 1 1 i+ 2 i− 2 − u (ζi ) + u (θi ).6. Pour i = 1. Si f n’est pas constante. .N +1 une discrétisation de l’intervalle [0. hN + 1 2 194 Université Aix-Marseille 1.

2. hi+ 2 = 2 2 2 2 pour i = 1. . .7. .7. on se donne N ∈ IN et h1 . . . . . i ∈ {2. xi+1 ]. . .7. xi+ 2 = xi− 1 +hi . .36) 3.7.. . N − 1}. . 1 2 h i+ 2 φi (x) = 0 sinon. . . M1 195 Université Aix-Marseille 1. R. . . . . et on pose également φN +1 (x) = 1 (x − xN ) si x ∈ KN + 1 .32).32) (5.N +1 une discrétisation de l’intervalle [0. .7. . . et en approchant les flux u (xi+ 1 ) par le flux numérique Fi+ 2 . Pour i = 1. . N (de sorte que xN + 1 = 1). . .30) (5.7.7. on 2 obtient le schéma suivant : 1 (5. . 1 2 h i− 2 1 (5. et fi = 1 hi xi+ 1 2 xi− 1 2 f (x)dx. 2 où (Fi+ 1 )i∈{0.7. hi+ 1 2 u1 − u0 − x1 . .29) Fi+ 2 − Fi− 1 + hi ui = hi fi . on pose : 1 φi (x) = (x − xi−1 ) si x ∈ Ki− 1 . Notons que u0 peut être éliminé des équations (5.26).7. IR) t.31) et(5.37) φi (x) = (xi+1 − x) si x ∈ Ki+ 1 . . . tenant 2 compte des conditions aux limites : ui+1 − ui .7. .7. Télé-enseignement. . − 2 Fi+ 1 2 F1 2 F 1 − u0 2 FN + 1 2 = = = = (5.35) (5. Pour i = 1. CORRIGÉS DES EXERCICES CHAPITRE 5. (5. on pose hi+ 1 = xi+1 − xi et 2 1 Ki+ 2 = [xi .. .. N }. .. N ..7. pour i = 1. uN ) par les expressions suivantes.N } donné en fonction des inconnues discrètes (u1 . . 1 2 h N+ 2 φN +1 (x) = 0 sinon. = i ∈ {1. N − 1.5. i = 0. (5.38) Analyse numérique II. v|Ki+ 1 ∈ P1 . Comme pour les différences finies. .31) (5. On obtient ainsi un système linéaire de N équations à N inconnues : u2 − u1 u1 + h1 u 1 + h3 1 − x1 2 2 ui+1 − ui ui − ui−1 − + + hi u i 1 hi+ 1 hi− 2 2 uN − uN −1 −1 + + hN u N hN − 1 2 − = h1 f 1 . . 27 septembre 2010 .. pour i = 1.q. N . Herbin. 1 En intégrant la première équation de (5. ELÉMENTS FINIS DE LAGRANGE On obtient ainsi un système linéaire carré d’ordre N + 1. = hi fi . où P1 désigne l’ensemble des polynômes de degré inférieur ou égal à 1. . . .. . = hN f N . N . N − 1}. 1]. . i ∈ {1. . hN > 0 t. . avec 0 = x0 < x1 < · · · xi < xi+1 < xN < xN +1 = 1. Remarquons 2 que l’on a bien HN ⊂ H. pour i = 0. .q. 1]. N . On pose x 1 = 0. on se donne (xi )i=1. .. .6. N hi+1 +hi 1 1 . i=1 hi = 1.34) (5. .7. On définit l’espace d’approximation HN = {v ∈ C([0. On prend maintenant une discrétisation volumes finis non uniforme . N }. .33) 0 −1. .

.7. on a 1 Ki.i+1 = 0 φi (x)φi+1 (x)dx + 0 φi (x)φi+1 (x)dx = −hi+ 1 × 2 1 h2 1 i+ 2 + 2 − 3 =− 1 1 hi+ 2 + hi+ 1 2 6 . CORRIGÉS DES EXERCICES CHAPITRE 5. N + 1 dans (5. ∀v ∈ HN . 1 KN +1. N + 1.j = a(φj . La formulation éléments finis s’écrit alors : u(N ) ∈ HN .0 = 0 0 (φN +1 (x))2 dx + 1 0 (φN +1 (x))2 dx = 1 1 hN + 2 + hN + 1 2 3 .7. φi ) = T (φi ) ∀i = 0. . La famille (uj )j=0. . . . on a : Kij =   1 si x ∈]xi−1 xi [   h 1   i− 2 1 φi (x) =  −  hi+ 1 si x ∈]xi . φN +1 }. On vérifie facilement que φi ∈ HN pour tout 0 = 1. N + 1 et que HN = V ect{φ0 .. Soit u(N ) = j=0 uj φj solution de a(u(N ) . v) = T (v). xi+1 [   2  0 ailleurs. on a : 1 1 Ki.N +1 est donc solution du système linéaire N j=0 Ki. . . . .. Télé-enseignement. R.j et Gi .i = Si i = j = N + 1. . 1 (φ0 (x))2 dx + 1 0 (φ0 (x))2 dx + φ2 = 0 h1 1 + 2 + 1. (5. ELÉMENTS FINIS DE LAGRANGE 1 1 φ0 (x) = 1 (x1 − x) si x ∈ K 2 . on prend successivement v = φi .. . φi ) et Gi = T (φi ).39) h2 φ0 (x) = 0 sinon. . Calculons Ki. a(u(N ) .7.N +1 = Si i = j = 0. . . N + 1. . .40).40) Pour construire le système linéaire à résoudre. M1 196 Université Aix-Marseille 1. N +1 (5. . 1 0 0 φj (x)φi (x)dx + φj (x)φi (x)dx. 27 septembre 2010 . alors 0 (φi (x))2 dx + (φi (x))2 dx = 1 h 1 i− 2 + 1 h i+ 1 2 + hi− 1 2 3 + 1 hi+ 2 3 . 1 h2 3 1 hi+ 2 1 hi+ 2 Si 0 ≤ i ≤ N et j = i + 1. .7. i = 0. alors K0.5. . Herbin. 0 Donc si 1 ≤ i = j ≤ N . . 1 1 Or où Ki.j uj = Gi i = 0. Analyse numérique II..

L’espace Q1 est l’ensemble des polynômes de la forme a+bx+cy+dxy avec a. la troisième donne alors que c = 0.7.i−1 = Ki−1. On suppose que f |Σ2 = 0.i = − Calculons maintenant Gi . il suffit de montrer que f ∈ Q1 et f |Σ1 = 0 implique f = 0. d. 0) = 0. On peut. On pose f (x. 0) = 0 et f (−1. Gi = xi+1 f (x)φi (x)dx + φi (1). par exemple. d ∈ IR. b. M1 197 Université Aix-Marseille 1. On a donc montré que f = 0. . . on a alors Gi = f 1 (h 1 + hi+ 1 )f + φi (1). b. Q1 ) est un élément fini de Lagrange.1. y)t ∈ e2 . f (1. On obtient alors : Gi = 1 (h 1 + hi+ 1 )f (xi ) + φi (1). )u ( − 1 = 1 h 1 f (x hN + 1 2 3 N +1 6 hN + 1 2 2 N+ 2 N +1 Correction de l’exercice 51 page 190 I. on procède de la même façon : soient a. 1) = 0. on a : Ki. ELÉMENTS FINIS DE LAGRANGE La matrice étant symétrique. 2 2 i− 2 xi−1 Si f n’est pas constante. Σ1 . 1) = 0. ∈ IR. On en déduit que (e1 . y) = a + bx + cy + dxy pour (x. c. On a donc dim Q1 = 4 = Card Σ1 = Card Σ2 pour montrer que (e1 . on procède à une intégration numérique. 2 2 i− 2 Le schéma obtenu est donc :  hi+ 1 1  ( 1 + 1 + hi− 2 + hi+ 1 )u + ( hi− 1 − 1 )u 2 2 2  h − h 1 1 )ui+1 i i−1 + ( 6  hi+ 1 3 3 6 hi− 1  i− 1 i+  2 2 2 2    1  1 i = 1. y les deux variables de IR 2 . y) = a + bx + cy + dxy pour (x. f (0. 1) =  a+b=0      a−b=0 Analyse numérique II. si 2 ≤ i ≤ N + 1 et j = i − 1. utiliser la formule des φi (x)dx + φi (1) = xi xi+1 trapèzes pour le calcul des intégrales xi−1 f (x)φi (x)dx et xi f (x)φi (x)dx. CORRIGÉS DES EXERCICES CHAPITRE 5. d ∈ IR et f (x. xi+1 1 hi− 1 2 + 1 hi− 2 6 . et la première donne enfin que d = 0. N = 2 (hi− 1 + hi+ 2 )f (xi )   2   h1 hi+ 1 1 1 1 2 2  ( h 1 + 3 + 1)u0 + ( hi+ 1 + 6 )u1 = 2 h 1 f (x0 ) 2  2 2         hN + 1 hN + 1   2 2  ( 1 + ) + 1. Pour montrer que (e2 . . f (2. Soient donc a. Σ1 . Q1 ) est un élément fini de Lagrange. xi −1 Si f est constante. Herbin. . c’est à dire : f (0. c’est à dire : f (−1. 1) = 0. On a donc :   a−b+c−d=0      a+c=0 Les deux dernières équations donnent que a = b = 0. Σ2 . y)t ∈ e1 et on suppose que f |Σ1 = 0. R. On note x. c.5. c. 27 septembre 2010 . Q1 ) est un élément fini de Lagrange. Télé-enseignement. b.

y) = ϕ(x.q. y)ϕ(x. R. 0) = 0 et f (1. f (2. pour tout ϕ ∈ Cc (Ω). On va s’intéresser à la dérivée faible par rapport à x (mais on pourrait faire un raisonnement similaire pour la dérivée faible par rapport à y). ELÉMENTS FINIS DE LAGRANGE   a+c=0      a + 2b + c + 2d = 0 Les deux dernières équations donnent a = b = 0. y)ρ(n(x + y − 1)) ϕ ≤ 0 et ϕ(1−y. 1 0 ∞ (Il suffit de choisir ϕ ∈ Cc (Ω) t. Supposons donc qu’il existe une fonction ψ ∈ L2 (Ω) telle que 2 1  a + 2b = 0      a+b=0 I= −1 0 φ1 (x. On note φ1 cette fonction de base. Σ2 . y)dx − (1 − y)yϕ(1 − y. y)dx − (1 − y)yϕ(1 − y. (5. (1 − y)(y)ϕ(1 − y.5. on va montrer que (5. y) dy 1 0 = 0 y1e1 (x. la quatrième donne d = 0. Herbin. on a I = 1 1−y φ1 (x. y)dy. y) = −xy si (xy)t ∈ e1 . Q1 ) est un élément fini de Lagrange. y) > 0 pour y = Analyse numérique II. en tenant compte du fait que ϕ est à support compact sur Ω. y)ϕ(x.q. y)dx dy. On remarque ∞ tout d’abord qu’il existe ϕ ∈ Cc (Ω) t. on obtient : 1 1−y −1 2 −1 I = 0 1 y ϕ(x. y)dy = ψ(x.) On se donne maintenant 2 ∞ c une fonction ϕ ∈ Cc (IR) t. −1 0 (5. On en déduit que φ1 = 0 sur e2 et φ1 (x. ∂x Par intégration par parties. par exemple. comme φ1 est nulle sur e2 . On suppose que φ1 a une dérivée faible par rapport à x dans L2 (Ω) (et on va montrer que ceci mène à une contradiction). 1] et on écrit (5.42) avec ϕn au lieu de ϕ. M1 198 Université Aix-Marseille 1. y)dxdy.q. y) = −ψ(x. la première donne alors c = 0 et. y) e1 ∂ϕ (x. on a ψ ∈ L2 (Ω) et : 1 0 2 1 (1 − y)yϕ(1 − y.7.7. y) ∂ϕ (x. φ1|e2 ∈ Q1 et φ1 (M1 ) = 1. 27 septembre 2010 . On a bien φ1 ∈ L2 (Ω) mais on va montrer maintenant que φ1 n’a pas de dérivée faible dans L2 (Ω) (et donc que φ1 ∈ H 1 (Ω)). On doit avoir φ1|e1 ∈ Q1 . y)dxdy = ∂x 2 −1 0 1 ∞ ψ(x. φ1 (Mi ) = 0 si i = 1.7. ϕ(0) = 1 et ρ = 0 sur [−1. L’espace (de dimension finie) associé à cette discrétisation est engendré par les six fonctions de base globales. Télé-enseignement. 1 .41) ∞ Soit ϕ ∈ Cc (Ω). On a donc : CHAPITRE 5. I. 0) = 0. y) . y)dxdy et donc : ∂x I= 0 −1 (−xy) ∂ϕ (x. y)dxdy. On en déduit que (e2 .7. y)dy > 0.42) ∞ Pour aboutir à une contradiction. CORRIGÉS DES EXERCICES 0. En posant ψ(x.2.42) est fausse pour certains ϕ ∈ Cc (Ω). On a donc montré que f = 0. On va montrer que la fonction de base associée à M1 (par exemple) n’est pas dans H 1 (Ω). y)ϕ(x.7. finalement. y) + y1e1 (x. où ϕn est définie par : ϕn (x.

bien sûr. ELÉMENTS FINIS DE LAGRANGE ∞ ∞ (noter que l’on a bien ϕn ∈ Cc (Ω) car ρ ∈ C ∞ (IR) et ϕ ∈ Cc (Ω)) On a donc 1 0 2 1 (1 − y)yϕn (1 − y. on pose F1 (x. φ1 (x. y) = −1 0 1 −1 (1 − x)(1 + y) + (1 + x)(1 + y) + (1 + x)(1 − y) + (1 − x)(1 − y) 1 1 0 0 −1 + 3x − y − xy . 1−y ] × { 1+y }. y)dy = ψ(x. 2 2 Analyse numérique II. y) + M4 φ4 (x. y) = et donc 4F1 (x.7. la première composante de F1 (x.p. M5 }) = 2 et dim(Q1 |S ) = 3. Le terme de droite tend vers 0 quand n → ∞ par convergence dominée car ψϕn → 0 p. M5 }. et on a. 4 Pour y ∈ [−1. et |ψϕn | ≤ ρ ∞ |ψ| |ϕ| ∈ L1 (Ω). y) = ϕ(1 − y. −1 0 Le terme de gauche de cette égalité est indépendant de n et non nul car ϕn (1 − y. y) = II. ϕ1 |S = ϕ1 |S mais on remarque que ({M2 . Télé-enseignement. y)ϕn (x. y) + M5 φ2 (x. y) pour tout n et tout y ∈ [0. y) = − (x + 1)(y − 1) 4 1 φ3 (x. Construction de F1 Pour (x. ce qui donne 4F1 (x. En posant S = e1 ∩ e2 . 1] × {y} dans [−1. on a ¯ ¯ Σ1 ∩ S = Σ2 ∩ S = {M2 . y) + M2 φ1 (x.1. Σ. 2(1 + y) 1 (x − 1)(y − 1). M5 }. Ceci donne la contradiction désirée et donc que φ1 ∈ H 1 (Ω).7). 27 septembre 2010 . y)t ∈ e. y) est une bijection de [−1. y) = M1 φ3 (x. R. y) est linéaire par rapport à x et F1 (·..5. Q1 |S ) n’est pas unisolvant car Card({M2 . Les quatre fonctions de base de (e. 1].1. M1 199 Université Aix-Marseille 1. y) = − (x − 1)(y + 1) 4 φ4 (x. 1] fixé. CORRIGÉS DES EXERCICES CHAPITRE 5. Herbin. On en déduit que F1 est une bijection de e dans e1 . y) = 1 (x + 1)(y + 1) 4 II. P ) sont : 1 φ2 (x. L’hypothèse non vérifiée (pour avoir la cohérence globale) est l’hypothèse (5. y) dxdy.2. y).

f ∈ P }. Σ1 . y) ∈ Ω. β. on a par définition : ¯ ¯ ¯ P = {f : K → IR. 2y − 1). ELÉMENTS FINIS DE LAGRANGE F2 (x.11 page 164. CORRIGÉS DES EXERCICES Construction de F2 Pour (x. Les éléments (e1 . Σ2 . ¯ où F est une fonction affine de K dans K la fonction F −1 est donc aussi affine et s’écrit donc sous la forme : F −1 (x) = F −1 ((x1 . On a donc Pe1 |S = Pe2 |S . 27 septembre 2010 . P ) sont affines. on a ¯ f (x) = f ◦ F −1 ((x1 . c’est à dire l’ensemble des fonctions de S dans IR de la forme : (x. 1] fixé. On détermine maintenant Pe1 |S et Pe2 |S . y) est linéaire 2 + 2y par rapport à x et F2 (. la condition (5. 4F2 (x. y) + M5 φ4 (x. 0). Herbin. y) = M2 φ3 (x. y) = f ◦ F1 (1.5. y). x2 )t → f (¯) = a1 x1 + a2 x2 + b}. y) = et donc CHAPITRE 5. γ. y) = II. car un élément de Pe1 |S est bien déterminé de manière unique par ses valeurs en (0. y) → α + β + γ(2y − 1) + δ(2y − 1). R. Soit f ∈ Pe1 . c’est à dire (Σ1 . Enfin. x = (¯1 . 2 × 1+y On en déduit que F2 est une 2 2 bijection de e dans e2 . y)t ∈ e.7. On en déduit que Pe1 |S est l’ensemble des fonctions de S dans IR de la forme (x. P ) et ((K. Σ. avec α. Σ1 . Pe2 ) est inclus dans H 1 (Ω). Soit (x. on pose ce qui donne 4F2 (x. y). 2y − 1). Ceci donne la condition (5. M1 200 Université Aix-Marseille 1. 1]} On remarque tout d’abord que Σ1 ∩ S = Σ2 ∩ S = {M2 ..7) est bien vérifiée. ¯ ¯ ¯ P = {f : K → IR. y) → a + by avec a. ¯ x ¯ x ¯ ¯ ¯ ¯ ¯ Comme (K. x2 )t ) = (α1 x1 + α1 x2 + +γ.10 page 164. la première composante de F2 (x.1. y) est une bijection de [−1. β1 x1 + β2 x2 + δ)t ¯ Donc si f = f ◦ F −1 ∈ P . il suffit de vérifier la propriété de “cohérence globale” donnée dans la proposition 5. Télé-enseignement. Σ. y) + M3 φ1 (x. où g ∈ Q1 . Correction de l’exercice 52 page 191(Eléments affine–équivalents) ¯ ¯ ¯ ¯ Si les fonctions de base de (K. y ∈ [0. x + y = 1} = {(1 − y. Les fonctions F1 et F2 ne sont pas affines. b ∈ IR.1. Pour montrer que l’espace vectoriel construit avec (e1 . 1) et (1. f = f ◦ F −1 . on peut donc écrire. M5 }. β1 x1 + β2 x2 + δ)t ] = A1 x1 + A2 x2 + B Analyse numérique II. Σ2 . 1] × {y} dans 1−y . alors l’espace P est constitué des fonctions affines. y) → g(1. y) ∈ S (c’est à dire y ∈ [0. Donc Pe1 |S est l’ensemble des fonctions de S dans IR de la forme : (x. Pe1 ) et (e2 . 1] et x + y = 1) on a f (x.3. Pe1 |S ) est unisolvant. voir la proposition 5. Pe1 ) et (e2 . (On a utilisé ici le fait que F1 ({1} × [−1. P ) sont affines équivalents. Σ. P ) et des bijections F1 et F2 (de e dans e1 et de e dans e2 ). 0 2 2 1 (1 − x)(1 + y) + (1 + x)(1 + y) + (1 + x)(1 − y) + (1 − x)(1 − y) 1 1 0 0 5 + 3x − y + xy Pour y ∈ [−1. Σ. Pe2 ) sont les éléments finis de Lagrange construits à partir de l’élément fini de Lagrange (e. On pose S = e1 ∩ e2 ¯ ¯ ¯ = {(x. 1]) = 5). y) + M6 φ2 (x. et δ ∈ IR. x2 )t ) ¯ = f [(α1 x1 + α2 x2 + γ.6) page 164.

avec A1 . il suffit de montrer que l’espace P est constitué de toutes les fonctions affines. Herbin.5. ce qui montre que f ∈ P . B ∈ IR 2 . ELÉMENTS FINIS DE LAGRANGE où A1 . M1 201 Université Aix-Marseille 1. si f est affine. On en déduit que f est bien affine. i. A2 et B ∈ IR 2 . R.7. En effet. Pour montrer que les fonctions de base locales sont affines. Analyse numérique II. A2 . f (x1 . L’espace P est donc constitué de fonctions affines. on montre ¯ ¯ facilement que f : f ◦ F ∈ P .e. Télé-enseignement. x2 ) = A1 x1 + A2 x2 + B. CORRIGÉS DES EXERCICES CHAPITRE 5. 27 septembre 2010 .

β. j = (k + 1. . Il reste donc à calculer aij pour i. .5. on a nécessairement aij = 0 (car les supports de φi et φj sont disjoints). On pose alors aii = α. 3. ∀m ∈ {1. pour tout i. . . ). i = (k. j ∈ I} est solution du système linéaire : j∈I j∈I aij uj = bi . . ). j ∈ I et un ordre de numérotation des inconnues. {uj .7.7. .ψ(n) uψ(n) = bi . Cette solution approchée s’écrit u= uj φj où la famille {uj . On note ψ la fonction réciproque de ϕ. . M N } bijective. Analyse numérique II.ψ(n) uψ(n) = bψ(m) . i = (k. y)dxdy. λMN )t ∈ IR MN est solution du système linéaire : Aλ = C avec C = (C1 . . j = (k ± 1. j = (k. Un examen de support des fonctions φi et φj et le fait que le maillage soit à pas constant nous montrent que seuls 4 nombres différents peuvent apparaitrent dans la matrice : 1.7. L’espace vectoriel de dimension finie dans lequel on cherche la solution approchée (en utilisant les éléments finis suggérés par l’énoncé) est donc H = V ect {φi . i ∈ I}. . . . 2. 27 septembre 2010 . . Télé-enseignement. . . On pose alors aij = β. . ). Cm = bψ(m) pour tout m ∈ {1. y) φj (x. j ∈ I} est donc solution de (5. Calculons maintenant α. ). On pose alors aij = γ. Le système (5.ψ(n) pour tout m. . 1 ≤ k ≤ M. ∀v ∈ H0 (Ω) On note I = {(k. j ∈ I. γ et δ. + 1) ou (k − 1. . . . M1 202 Université Aix-Marseille 1. y)dxdy. soit ϕ : I → {1.7.43) peut alors s’écrire : MN n=1 f (x. ELÉMENTS FINIS DE LAGRANGE Exercice 54 page 191 La formulation faible du problème s’écrit :    u(x) v(x)dx =   u ∈ H 1 (Ω) 0 D D 1 f (x)v(x)dx. . CMN )t .43) si et seulement si uψ(n) = λn pour tout n ∈ {1. 1 ≤ ≤ N } noter que Card I = M N ). . . Herbin. On pose alors aij = δ. .n = aψ(m). n ∈ {1. où φi est la fonction de base globale associée au noeud i. . .n=1 Am. . − 1). M N }. ∀i ∈ I ou encore : MN n=1 aψ(m). 4. plus précisément.j ∈ I.43) avec bi = D La matrice de ce système linéaire est donc donnée par le calcul de aij pour i. i = j. . . M N } où λ = (λ1 . i = (k. ∀i ∈ I (5. R. En dehors des quatre cas décrits ci-dessus. M N } et A = (Am. M N }. ). pour tout i ∈ I et aij = D φi (x.n )MN ∈ IR MN avec m. CORRIGÉS DES EXERCICES CHAPITRE 5. ai. ± 1). y)φi (x.

φi − φj dx = − ∆x ∆y ∆y =− 2 2∆x Un calcul similaire donne l’intégrale de φi · φj sur le deuxième triangle commun aux supports de φi et φj . y) − On a donc T0 φj (x. y) = − 1 ∆x 2 . β= D φi (x. Sur ce deuxième triangle. y) · φj (x. Herbin. ∆x ∆y ∆x et T2 φi (x. − 1) . y) = de sorte que ∆x − x x ∆y − y ∆x et φj (x. On a donc. k + 1. y) = 1 − de sorte que φi (x. CORRIGÉS DES EXERCICES Calcul de β 2 2 CHAPITRE 5. 27 septembre 2010 . ∆x ∆x ∆y 1 ∆x 2 φi (x. 2 δ= T0 φi (x. on a aussi φi (x. on obtient donc γ=− ∆x ∆y +1 2 1 et T 1 = Tk+ 1 . On a alors φi − φj dx avec T 0 = φi (x.j+ 1 . M1 203 Université Aix-Marseille 1. y) = − 1 ∆x 2 x x ∆y − y ∆x et φj (x. y) dxdy + T1 φi (x.5. y) dxdy = − ∆y . ∆x 1 ∆x 2 ∆x ∆y ∆y =− . y) = sorte que T1 T0 φi (x. finalement. en notant T 0 = Tk+ 1 . on a φi (x. formé par les points (k. y) · φj (x. y) dxdy = 0 (car φi · φj = 0). Un argument d’invariance par translation permet de supposer que xk = y = 0. y) · φj (x. On a donc δ = 0. 2 2∆x On a donc.7. ∆y − y x et φj (x. +1). ) et (k. ) et j = (k + 1. 2 Calcul de δ 0 On prend ici i = (k. y) dxdy = 0. y) · φj (x. R. Sur T1 . y) = de ∆y ∆x On peut supposer (par translation) que xk = 0 = y . on a alors φi (x. y) dxdy. y) · φj (x. Analyse numérique II. y) . 2 +1 . Télé-enseignement. y) dxdy = − Calcul de γ Le calcul de γ est le même que celui de β en changeant les rôles de ∆x et ∆y. ). ) On calcule tout d’abord 0 Tk+ 1 . ELÉMENTS FINIS DE LAGRANGE T0 On prend ici i = (k. noté T 2 . y) · φj (x. En changeant les rôles de x et y. ) et j = (k+1. y) = . y) · φj (x.

on a L(p) = 1 . Télé-enseignement. ).7.45) est vérifié pour tous les monômes de P2 . y) dxdy = + 1 ∆y 2 ∆x ∆y 1 ∆y 1 ∆x = + 2 2 ∆x 2 ∆y On en déduit α=2 ∆x ∆y +2 . Pour montrer (5. et on a vu à la question 1 que xdxdy = 6 . En reprenant les notations précédentes.44) si p ≡ 1.1). y) = ∆y − y et donc ∆y 1 ∆x 2 T2 | φi |2 (x. on a p(xG . Soit K le triangle de référence.5. y)dxdy = L(p). y) = y. CORRIGÉS DES EXERCICES CHAPITRE 5. y) = x. pour p(x.7. 0 x 0 dydx = 0 (x − x2 ) dx = 1 6 y dxdy est identique .7. Or si p(x.45) est bien 2 1 vérifiée. Comme K est le triangle de sommets (0. On a 1 1−x dxdy = K 0 0 dydx = 1 . y) dxdy + 2 T2 | φi |2 (x. R. On a donc bien (5. 6 K Analyse numérique II. 27 septembre 2010 .0) et (0. yG ) est le centre de gravité de K. y) dxdy. On veut montrer que si p est un polynôme de degré 1.7. on a φ1 (x.44) où (xG .0 + p 2 1 1 . on va le montrer pour p ≡ 1. y) = x et pour p(x. par raison de symétrie : α= D φi − φi dx = 2 T0 | φi |2 (x.7. (1. y) dxdy = 1 ∆x 2 T0 ∆x∆y 1 ∆y = 2 2 ∆x Sur T1 . ∆y ∆x Exercice 55 page 191 1. Et 1 1−x 1 x dxdy = K 1 3. on a xG = 1 yG = 3 . on a. on a φi (x. 2 On a donc bien (5. 2.44). de sommets (0. Sur T 0 . Si p(x. (1.45).0).0).44). on a L(p) = 1 . yG ) (5.7. yG ) = et donc on a encore bien (5. On peut toujours supposer que xk = y = 0.1). ELÉMENTS FINIS DE LAGRANGE Calcul de α On prend ici i = j = (k.45) On va démontrer que (5. y) dxdy + 2 T1 | φi |2 (x. alors p(x. y) = x. y) = ∆x − x et donc ∆x | φi |2 (x.7.7. Herbin. 1 2 (5.0) et (0. M1 204 Université Aix-Marseille 1. Le calcul de K on a donc bien montré que l’intégration numérique à un point de Gauss est exacte pour les polynômes d’ordre 1. y) dxdy = K K dxdy p(xG .7. on a : p(x. et (5. Si p ≡ 1. où on a posé L(p) = K 1 6 p 1 . On veut montrer que pour tout polynôme p de degré 2. 2 2 + p 0.

. R. On a donc p = 0. M1 205 Université Aix-Marseille 1. Télé-enseignement. à 4 on a 1 p(ϕi ) = 1.45) est bien vérifiée. . ϕ∗ associées aux noeuds a1 . et donc si ϕ∗ = ϕi − ϕ9 . . .7. 8. on a par développement de Taylor (exact car p = 0) : 2p(a9 ) − p(a6 ) − p(a8 ) = pxx (a9 ) = α d’où on déduit que 2p(a9 ) − p(a5 ) − p(a7 ) = pyy (a9 ) = β 8 4p(a9 ) − De même. . a9 . . . Comme p ∈ P2 . 27 septembre 2010 . et comme p(ai ) = 0.7. associées aux noeuds a1 . ELÉMENTS FINIS DE LAGRANGE 1 1−x xydxdy = 0 × 0 ydydx. y) = x2 . ϕ9 . . i = 1. par symétrie). . .47). . on en déduit que p = αϕ9 . ce qui entraîne α = 0. . . . on a bien : L(p) = 6 × 1 . .7. 8. j = 1. Herbin. Remarquons alors i i que pour i = 1. i=5 2. . Or. 4 4 0 Exercice 56 page 192 I. Comme p ∈ Q2 . On veut que 1 8 ϕ∗ ∈ P et ϕ∗ (aj ) = δij pour i.7.47) De (5. i=5 (5. Par symétrie. Calculons les fonctions de base ϕ∗ . . on a bien : L(p) = 6 1 + 4 = 12 .46) et (5. 2 2 0 24 0 1 et si p(x.46) 2p(a5 ) − p(a1 ) − p(a2 ) = α 2p(a7 ) − p(a3 ) − p(a4 ) = α 2p(a6 ) − p(a2 ) − p(a3 ) = β Ces quatre dernières égalités entraînent : 2p(a8 ) − p(a1 ) − p(a4 ) = β. Calculons maintenant I = K On a donc 1 (1 − x)2 1 1 1 I= × dx = (x − 2x2 + x3 )dx = .7. On a donc φ(p) = αφ(ϕ9 ) = 4α = 0. La question précédente nous suggère de choisir φ : Q2 → IR définie par 4 8 φ(p) = i=1 p(ai ) − 2 p(ai ) + 4p(a9 ). . 8. p est de la forme : p(x. . i = 1.7. et φ(ϕ9 ) = 4. y) = x2 (ou p(x.7. . . CORRIGÉS DES EXERCICES CHAPITRE 5. y) = xy.7. si p(x. . J = x2 dxdy = 0 x2 0 dydx = K 1 2 1 1 1 1 1 (x − x3 )dx. . . . . . Et pour p(x. p est une combinaison linéaire des fonctions de base ϕ1 . 8 i=5 4 p(ai ) − p(ai ) = α + β i=1 (5.45) 4 1 1−x est vérifiée pour p(x.5. . i 4 Analyse numérique II. 3. . Il reste à vérifier que (5. on a : p(ai ) = α + β. . α ∈ IR. y) = a + bx + cy + dxy + αx2 + βy 2 . . on déduit que : 4 i=1 8 p(ai ) − 2 p(ai ) + 4p(a9 ) = 0. Donc J = 3 − 1 = 12 . a8 qui définissent Σ.45). i=5 Soit p ∈ P tel que p(ai ) = 0. y) = y 2 . 8. Donc (5. Or ϕ9 (aj ) = 0 ∀i = 1. . y) = y vérifie aussi (5.

2 Analyse numérique II. pour i = 5 à 8. On a ainsi trouvé les fonctions de base de i i i 2 l’élément fini (C.5. M1 206 Université Aix-Marseille 1. . 8. R. . . . Notons que cet élément fini n’est autre que l’élément fini (C.2. . CORRIGÉS DES EXERCICES CHAPITRE 5. . et donc si i i ϕ∗ = ϕi + 1 ϕ9 . Σ) vu en cours (voir 2 paragraphe 5. Télé-enseignement. Σ). on a p(ϕ∗ = 0 et ϕ∗ (aj ) = δij . P. . Herbin.7. . on a p(ϕi ) = −2. De même. Q∗ . pour j = 1. ELÉMENTS FINIS DE LAGRANGE on a p(ϕ∗ ) = 0 et ϕ∗ (aj ) = δij pour j = 1.3 page 171 et que Ker φ = P = Q∗ . 8. 27 septembre 2010 .

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