Chapitre 9

La gestion des pièces de rechange

9. LA GESTION DES PIÈCES DE RECHANGE
9.1 DÉFINITION ET RÔLE DES STOCKS On peut définir la gestion des stocks comme étant l’ensemble des activités se rapportant à la constitution, à la connaissance, à l’entretien et à la liquidation éventuelle des stocks destinés à satisfaire, dans les conditions les plus économiques, les besoins à plus ou moins long terme de la production, de la maintenance et de la vente. Le stock d’un article est une certaine quantité de cet article maintenu en magasin à un moment donné en prévision des demandes provoquées par les besoins des utilisateurs de l’article. On constitue les stocks pour satisfaire une demande régulière en matières premières et pièces face à un approvisionnement discontinu et soumis à différents aléas de délais. On constitue également des stocks pour des raisons économiques, telles que les contraintes de magasinage, de transport et de livraison, et enfin pour des raisons dues à l’évolution spéculative des prix ou de la monnaie. On distingue : 1- Les stocks des produits finis, ensembles pour les montages, rechanges, accessoires, ingrédients et emballages livrables à la clientèle. 2- Les stocks nécessaires à la fabrication : matières premières, ébauches, pièces spéciales sous-traités, pièces normalisées, pièces intermédiaires fabriquées dans l’entreprise. 3- Les pièces de rechange pour le parc machines, les pièces, matériaux, produit pour l’entretien des bâtiments et installations de fluides (électricité, air comprimé, vapeur, chauffage). 4- Les outillages spéciaux, les outillages et matières consommables, 5- Les en-cours constitués par l’ensemble des matières, pièces, ensembles se trouvant dans les ateliers et en cours de transformation ou de montage. Ils sont traités à part. Les stocks constituent à la fois une nécessité et une lourde contrainte financière. Le montant des stocks de matières premières dans les entreprises correspond à 30 % du total de leur capital. Il vaut donc la peine de gérer les stocks avec soins en vue d’obtenir : - l’optimum économique ; - la meilleure sécurité pour les approvisionnements, les livraisons à la clientèle et la marche des machines. La gestion des stocks comprend un certain nombre d’actions quasi automatiques : - le magasinage : entrée, stock, sorties des articles ; - la tenue du fichier suivant une périodicité à définir ; - l’imputation dans la comptabilité des entrées et sorties. Elle comprend un choix de la définition d’un certain nombre de critères, en particulier, le classement du stock en catégories, le plus souvent établi d’après la méthode ABC. Ce classement résulte du fait que les articles d’un stock obéissent à une loi de distribution, appelée Loi de Galton, c'est-à-dire une distribution gaussologarithmique (voir chapitre 11). 119

. On introduira deux ou trois catégories supplémentaires. ce qui n’empêchera pas d’en contrôler les sorties globales au niveau magasin ou atelier (vis. t2 : réception de la quantité S2. • bc : aucun changement.Dans la catégorie A : 10 à 20 % des articles représentent 70 à 80 % de la valeur du stock. dans le magasin de maintenance). En revanche. Il faudra également tenir compte qu’un article nomenclaturé. Quand les sorties du stock sont régulières.Dans la catégorie B : 25 à 30 % des articles représentent 15 à 20 % de cette valeur. en approvisionnement et en produits finis. quant ils ont cessé le stock restant devient un stock mort. BC : consommation constante.Les produits ou articles nouveaux. une courbe qui conduit en première analyse à classer les articles en trois catégories.Chapitre 9 La gestion des pièces de rechange Il en résulte que. et qu’on place en abscisse le pourcentage des rangs des articles. • BC : aucun changement. • cd : sortie d’articles (35 pièces). Les variations du stock d’un article sont représentées sur le graphique de la figure 9. pris par ordre décroissant. mais souvent plus complexe. • ab : sortie d’articles (30 pièces). • AB : entrée des articles (40 pièces). écrous. dont la valeur ne serait pas significative. peut avoir une importance certaine. au sens comptable du terme. on représente les variations du stock en graphe dit en dents de scie (voir figure 9. Exemple à la fin du mois de février. telles que : . certains articles qui seront placés en libre service et considérés comme consommés dès leur achat. A chaque instant le stock peut être calculé. etc. . La plupart des logiciels de gestion effectuent un classement du type ABC.Les produits ou articles pour lesquels aucun mouvement n’a été effectué depuis un an ou plus. Le stock est vivant tant que durent ces deux courants. même si sa valeur est faible. 120 . classé en catégorie C. en prenant par exemple le critère du pourcentage de la consommation annuelle.1.Dans la catégorie C : 50 à 65 % des articles représentent 5 % de cette valeur. on obtient. un courant de sortie ou de consommation. .. le stock restant est : C1D’ – C1d = dD’ = 80 – 65 = 15 pièces. on aura souvent intérêt à ne pas gérer. Un article est situé entre deux courant : un courant d’entrée ou d’approvisionnement . • • • t1 : réception de la quantité S1.2). . • CD : nouvelle entrée d’articles (40 pièces). si l’on classe les articles en ordonnée.

t1 t1' = t1' t 2 = 1 2 .2 121 . Le stock moyen est : S M = 2 2 2 4 Nombre d’articles 100 80 D D’ E’ E Entrée du stock Sortie du stock d 40 30 0 A Jan B C e b a Fév c C1 Mar Avr Mai Mois Figure 9. Le stock moyen SM durant la période t1t2 est : S M = S1 + 0 S1 = .1 Quantités B S1/2 S2/2 D S1/2 0 t1 A S2/2 t2 C E t3 Temps Figure 9. On diminue la valeur de SM en abaissant la valeur des quantités reçues tout en augmentant le nombre des réceptions. 2 2 Le stock moyen est donc proportionnel à la quantité reçue ou au stock maximal.Chapitre 9 La gestion des pièces de rechange • En C le stock est nul. Par exemple : si pour une même durée t1t2 il y a deux réceptions telle que : t t 1 S 1 S1 = .

. Dans la suite de chapitre nous allons limiter volontairement cette étude à la gestion des pièces de rechange liée à la fonction maintenance . le stock moyen est P/2. si on approvisionnait le stock en seule fois par an. 9.Chapitre 9 La gestion des pièces de rechange Le besoin annuel étant P. si ces mêmes besoins sont approvisionnés par n commande de même quantité q.Le coût de passation des commandes ou coût d’acquisition . petite mécanique (joints. il est intéressant de faire l’hypothèse que ce coût n’intervient pas pour le calcul des quantités économiques. Pu : prix unitaire des matériels . ou 1. L’ensemble de ces articles constitue le fichier des rechanges du stock de maintenance. vapeur. N : nombre de commandes annuelles . . Les deux cas (stock pléthorique ou rupture de stock).des matières premières (tubes. matériaux. . Faut-il stocker 0. roulements. c'est-à-dire la gestion des pièces de rechange pour le parc machines les pièces. .des techniques et des consommables d’atelier tels que quincaillerie (visserie). on a à prévoir les quantités à commander et les dates de réapprovisionnement. . ces différents coûts dépendent des paramètres suivants : P : consommation annuelle prévisionnelle (en nombre) . etc. se traduisent par une augmentation du prix de revient. i : taux d’intérêt appliqué à la valeur moyenne du stock annuel . mais pour des raisons pratiques (coût difficile à évaluer). C : coût de revient d’un matériel en stock.des lubrifiants préalablement standardisés .des pièces et des modules de rechange attachés à un équipement ou standard. etc. barres.).2 CALCUL DES FRAIS DE GESTION D’UN STOCK En gestion des stocks. Ca : coût d’acquisition par commande. tôles. On peut également faire intervenir le coût de pénurie. stocks et utilisés à la demande comme suit : . ou 2. air comprimé. Ceci doit se faire en minimisant le coût total de ces opérations. Q : quantité commandée à chaque réapprovisionnement . Ce coût comprend : . Nous pouvons identifier les consommables qui doivent être approvisionnés. …). produits de nettoyage (solvants.) pour la réfection des pièves et pour diverses fabrications . chauffage). Donc le coût de gestion d’un matériel peut s’exprimer comme suit : Coût total = coût de passation + coût d’achat + coût de possession D’une façon générale.Le coût de possession des matériels. .Le coût des matériels commandés ou coût d’achat . le stock moyen est : SM = P/2n. baguette de soudure. 122 . etc. La nomenclature des pièces d’usure relative à chaque équipement doit être déterminée. le passage de la pléthore à la pénurie est très rapide et ne passe pas inaperçu. ou 3 articles ? En maintenance. produit pour l’entretien des bâtiments et installations de fluides (électricité.

Calculé sur une année.service gestion des stocks.Pu + .C a + .3. impôts. il occasionne des frais (en temps. détérioration.2.) : Q La valeur moyenne est Q/2. Par commande.service magasin.Chapitre 9 La gestion des pièces de rechange 9.i Q 2 (Coût total = coût d’achat + coût d’acquisition + coût de possession). des frais de stockage (locaux. on réapprovisionne Q matériel.service comptable. Les taux de possession varient actuellement de 20 à 35 % suivant les catégories d’articles.1 Coût de passation des commandes ou coût d’acquisition Ce coût varie en fonction du nombre de commandes à passer à un même fournisseur (commande unique ou commande groupés). Quantités de matériels SS : stock de sécurité Q Valeur moyenne du stock SS 0 T1 T2 T3 Temps Figure 9. taxes). il est égal au produit du taux de possession annuel par la valeur du stock immobilisé. . Le taux de possession i est fonction de : l’intérêt du capital immobilisé. . avec : Q = P/N. 2 Le coût total par an a donc pour valeur : Q P CT = P. d’où : coût de possession = Pu i . assurances. si on fait l’hypothèse d’une variation linéaire du stock dans le temps.service réception (contrôle de qualité).3 123 . le coût d’acquisition total est égal au coût d’acquisition unitaire P multiplié par le nombre de commandes : C aT = C a N = C a . on peut représenter cette variation par le graphique suivant (figure 9. argent et imprimés) dans les services suivants : .Pu .service achat. . Dans l’entreprise.2. Pour une année.2 Coût de possession Ce coût résulte de ce que pourrait rapporter à la société les capitaux dégagés par la diminution du stock moyen. Q 9. .

= 0 .55 ≈ 60 objets 20.Pu + Cette quantité économique Qe est telle que le coût total CT est minimal. pas de diminution du prix.Pu . on se rend Q 2 compte qu’il doit y voir un optimal entre passer un grand nombre de commandes de faibles quantité et passer un faible nombre de commande de forte quantité.i .3 CALCUL DE LA QUANTITÉ ÉCONOMIQUE DE COMMANDE Qe.Ca =100 D.P = 550 . .P = 55 .i = 15 % Calculez Q et T ? ◊ Solution : 2.15 • T0 = • 60 = 1.100 Qe = = 60. N P P Applications Premier cas .Chapitre 9 La gestion des pièces de rechange 9.09 année = 1. On obtient donc : =0− + Pu .C a .09 ×12 = 13 mois 55 Deuxième cas : .Pu = 20 D. ou : T0 = e [mois ] . d’où on tire : Q 2 = 2 Pu .A . Pu . dans lequel on suppose que : .i = 0 . FORMULE DE WILSON Cette formule constitue un modèle mathématique simplificateur. En examinant la formule précédente : CT = P.les coûts sont proportionnels au nombre de pièces achetées .i La quantité économique Qe donnera N commande par an.i = 15 % Calculez Q et T ? 124 .Pu = 20 D.A . Par conséquent.0. il faut dériver la fonction CT par rapport à la variable Q.55.c a . . la quantité économique est celle qui annule cette dérivée : P.Il n’y a pas de pénurie.C a 1 d CT d CT 2 P. d’une durée optimale T0 Q × 12 1 Q entre commandes telle que : T0 = = e [année] .A .Les coûts de stockage et de commande sont définis et constants. Q P .C a + .Ca =100 D.i dQ dQ 2 Q On obtient finalement la formule suivante dite formule de Wilson : Qe = 2 P.A .

15 191 T0 = = 0.D.D.4 125 . Ceci se présente graphiquement de la façon suivante (figure 9. c’est le cas plus souhaitable.347 année = 0.).) d T1 T2 T3 Stock de sécurité 0 d Temps Figure 9.0.R. il faut déterminer quelles quantités commander et pour quelle date.1 Méthode du point de commande (quantités fixes et dates variables) Elle consiste à commander la quantité économique lorsque le stock diminuant atteint le stock d’alerte ou niveau de réapprovisionnement (N.100 Qe = = 191.550.4) : Quantités de matériels d : délai de livraison ou de réapprovisionnement Q Stock d’alerte (N.347 ×12 = 4 mois 550 9. soit intégrés à une GMAO (gestion de la maintenance assisté par ordinateur). Ce qui ne dispense pas de connaître et de réfléchir à l’application des méthodes de gestion des stocks Les méthodes de réapprovisionnement sont indissociables de la gestion des stocks .R. Les méthodes les plus couramment utilisées peuvent regrouper sous les catégories suivantes : Modes de gestion Point de commande Plan d’approvisionnement Programme d’approvisionnement Cas des pièces de sécurité Quantités commandées Fixe Variable Fixe Variable Temps entre commande Variable Fixe Fixe Variable 9.Chapitre 9 La gestion des pièces de rechange ◊ Solution : 2. elles doivent être adaptées aux différentes catégories d’articles. D’une façon générale.4 TYPES DE GESTION DES STOCKS La gestion des stocks se fait évidemment à l’aide de logiciels de suivi et de gestion soit spécifiques.4.48 ≈ 191 objets 20.

en général.5 % 2. ♦ Premier cas : loi de Gauss (voir figure 9. . Cd : consommation moyenne pendant le délai de livraison .33 0.65 2. D’où : S a = C .5 % 1. on obtient donc : Sa = Cd + Ss Sa : stock de d’alerte .5).C : consommation moyenne mensuelle . La combinaison de ces deux lois de distribution ne permet donc pas de calculer l’écart type global affectant les deux variables.58 On en déduit que Qmax (quantité maximale sur stock) a pour valeur : Qmax = Qe + Ss.96 1% 2. elle varie autour d’une moyenne. Toutefois. Si nous considérons uniquement les aléas sur la demande. les lois de distribution autour de la moyenne de la demande et du délai ne sont pas. du même type. les délais de livraison sont eux-mêmes variables.σ .5 126 k . Ss : stock de sécurité pendant le délai de livraison.d : délai de livraison ou d’approvisionnement .Chapitre 9 La gestion des pièces de rechange Stock d’alerte (Sa) En réalité la demande n’est pas constante mais aléatoire . en dehors même des coefficients saisonniers. d Avec : . Hypothèse : la sortie des matériels est gaussienne.σ : écart type de la distribution des quantités sorties mensuellement . . on a : P k 5% 1.d + k . .k : nombre d’écarts types correspondant au niveau du couverture souhaité. et les fluctuations du délai sont négligeables devant celles des sorties . Si la distribution de la demande est gaussienne et si P est le risque de rupture. Fréquence de : Q Fréquence de rupture de stock Q Cd Figure 9. D’autre part. deux cas de loi sont envisagés pour calculer le stock d’alerte.

le stock sera augmenté lors de variation importante de délai de Ssd tel que le stock de sécurité global Ssg ait l’expression suivante : Ssg = Ss + Ssd = k . la moyenne des sorties est sensiblement égale à la variance : σ = m . La consommation d’un matériel utilisé pour des réparations d’entretien est décrite ci-après : Mois Quantité s Ja n 20 Fé v 30 Ma r 25 Avri l 15 Ma i 30 Jui n 10 Jui l 35 Septe m 40 Octo b 25 Nove m 40 Déce m 15 Le coût d’un matériel est de 50 D.700 = 163 . on détermine k qui correspond au stock d’alerte. X! X =0 Suivant le niveau de couverture désiré (risque de ne pas manquer de rechanges).C Où : . Calcul du stock d’alerte Si m est la moyenne des sorties durant l’unité de temps. P (k=0) n’est pas nulle .σ .A. les couts liés à une commande ont pour valeur 700 D. le délai de livraison o une fluctuation négligeable.σ d . • ♦ Remarque Si le délai est soumis à d’importantes variations. la moyenne M durant la période de risque est : M = m.A. Le délai de réapprovisionnement est d’un mois.0. il faut en tenir compte pour le calcul du stock de sécurité Ss.k d : correspondant au niveau de couverture souhaité pour le délai.Chapitre 9 La gestion des pièces de rechange ♦ Deuxième cas : loi de Poisson Hypothèse : la sortie des matériels suit une loi de Poisson (faible sortie). 50.30 127 .d. • Solution La quantité économique est : Qe = 2. Dans ce cas : M = m. on ajoute alors un stock de sécurité pour le délai Ssd tel que : S sd = k d . on lance la commande lorsque l’on a atteint le stock d’alerte (Sa) appelé aussi point de commande. Dans ces deux cas (loi de Gauss ou loi de Poisson). d + k d . Le taux de possession des stocks est 30 %. . Comment organiser la gestion du stock ? (Avec un risque de rupture de 5 %). période de risque. X =k e −M M X La loi de Poisson est : p ( x ≤ k ) = ∑ .285.C Si on désigne par Ss le stock de sécurité pour des fluctuations négligeables de délai.σ d est l’écart type du délai de réapprovisionnement. ♦ Exemple 1 Dans une entreprise.σ d .

2 .54. 1. son champ d’application concerne environ 80 % de la gestion des pièces de rechange (les articles de la classe A). sur le plan administratif la méthode sera plus coûteuse. En conclusion. Evite le calcul des périodicités et inventaire de commandes.Le nombre de commande au même fournisseur est multiplié (délai variable). Par ailleurs. On prendra 2. On trouve donc comme stock minimum : 1 < k < 2. (c’est en réalité σ n −1 185 = 26 .65. D’où : S a = 26.Chapitre 9 La gestion des pièces de rechange - La consommation mensuelle moyenne est : σ = 10. Cependant.1 + 1.Le stock d’alerte doit être périodiquement recalculé en fonction des variables délai et consommation. lors des commandes.54 on a : 0. .Si. Et comme inconvénients : .95. ♦ Exemple2 L’historique des remplacements d’une pièce de rechange donne les besoins mensuels décrits dans le tableau ci-après Mois Quantité s Ja n 1 Fé v 1 Ma r 0 Avri l 1 Ma i 0 Jui n 1 Jui l 1 Septe m 0 Octo b 1 Nove m 0 Déce m 0 Comment organiser la gestion du stock de cette pièce ? • Solution Les sorties suivent une loi de Poison de paramètre : m = 6/11 = 0. Dans ce cas : 1 (20 − 26)2 + (30 − 26)2 + (25 − 26)2 + (15 − 26)2 + (30 − 26)2 + (10 − 26)2 σ n −1 = 10 2 2 2 2 2 + (35 − 26) + (40 − 26) + (25 − 26) + (40 − 26) + (15 − 26) [ ] - Si on prend un risque de 5 %. il reste un nombre de pièces M en magasin. on commande : Q = Qe – M. la fonction cumulative PK = 1 – 0. alors : k = 1.obtenu à partir d’une 1 i=n 2 ∑ (X i − X ) où X est la n − 1 i =1 calculatrice scientifique ou par le calcul : σ n −1 = variable aléatoire et X la moyenne des différentes valeurs prises par X). En acceptant un risque de rupture de 5 %. ainsi. 11 -cas d’un petit échantillon. cette méthode présente comme avantages : Une grande sécurité de fourniture de pièces de rechange.65. . 128 . ♦ Remarques .9098 < PK < 0.05= 0. il doit être décompté de la quantité économique Qe .9956 ce qui correspond à 1 < K < 2.2 = 43. le suivi du stock sera continu . D’après la table de loi de Poisson pour m = 0.10.La période d’incertitude est égale au délai de livraison pendant lequel le gestionnaire ne peut pas intervenir.

Quantités Qmax Q1 Q2 T0 Ss 0 2T0 3T0 Temps Figure 9. k est le nombre correspondant au risque de rupture du stock. 129 . La périodicité s’obtient à partir de la formule de Wilson décrite précédemment (figure 9. d’où un stock de sécurité important puisqu’il est rapporté à une période souvent longue. ainsi : S s = k σ d + T0 . Le stock de sécurité se calcule de la même façon que pour la méthode du point de commande. d’où : Qc = P.i La quantité économique à commander Qc doit faire face à la consommation pendant le délai d ainsi qu’au temps séparant deux commandes T0 .4.6 On peut calculer le nombre annuel de commande N de la façon suivante. P doit l’être également : P P Qc = (d + T0 ) − M .i 2C a 1 P et T0 = = . (d + T0) – M Si d et T0 sont exprimées en mois.6).Pu .Pu . P.2 Méthode du plan d’approvisionnement (quantités variables et dates fixes) Elle consiste à passer commande d’une quantité variable à dates fixes. (d + T0) Si on tient compte de la quantité de pièces restantes en magasin M : Qc = P. N= = Qe 2C a N P. mais on doit tenir compte en plus de la périodicité T0. 12 12 La période d’incertitude est donc (T0 + d) .Chapitre 9 La gestion des pièces de rechange 9. = C : Consommation moyenne mensuelle.

l’ordonnancement des commandes. • Inconvénients . Il appartient au responsable de magasin d’en assurer le réapprovisionnement. en particulier pour les articles très banalisés (pièces relativement peu coûteuses à demande stable. on l’alléger en utilisant : Qmax = C . la plupart du temps se sont les articles de la catégorie C . T0 + Ss • Les avantages . pour la distribution des stocks par la méthode du plan d’approvisionnement : Qmax = Qc max + Ss = C . (d + T0) + Ss Remarque : cette formule conduit généralement à un niveau de stock important du fait de la prise en compte de d. Son champ d’application concerne surtout les articles de faible valeur dont la consommation est régulière. c'est-à-dire que les articles sont supposés consommés lorsqu’ils sont achetés. soit directement auprès des fournisseurs.3 Méthode du programme d’approvisionnement (quantités fixes et dates fixes) Elle consiste à passer commande d’une quantité fixe à période fixe (voir figure 9.faciliter les achats. Pour certaines catégories d’articles il peut être intéressant d’instituer un libre-service.7 130 . 9. Son champ d’application concerne 10 % de la gestion des pièces de rechange.7). Le risque de rupture de stock est d’autant plus grand que la période couverte est longue. les quantités sont estimées par un calcul de série économique. Quantités Qmax Q0 Q0 Q0 0 T0 2T0 3T0 Temps Figure 9. soit auprès d’un magasin central.Chapitre 9 La gestion des pièces de rechange On a le schéma suivant.le risque accru d’avoir une rupture de stock en cas de d’augmentation brutales des demandes.4. le contrôle qualité et le magasinage. ceux de la catégorie B).

• T : période d’approvisionnement économique. . d’où la moyenne en stock pendant (a. 9.P Et la quantité approvisionnée est : Qc = C . 2. puis 0 de a. il convient de prendre en compte les coûts consécutifs à la rupture du stock.Les réapprovisionnements sont effectués après une durée r telle que : • r = (1 – a). Soit W le coût de pénurie par pièces manquantes et par an.T : (période de rupture du stock). 9. D’où un stock moyen de : = a2 . . 2 T 2 On peut représenter l’évolution du stock de la façon suivante (voir figure 9.T à T. évitant les ruptures de stock. .4 Méthode pour pièces de sécurité (quantités variables et dates variables) Il s’agit des pièces vitales. Les articles concernés sont les articles coûteux de la catégorie A. puis 0 de (a.T. soit en moyenne de (1 – a).Le stock maximum a la valeur a. le stock moyen est : aQ aT Q = a2 .Chapitre 9 La gestion des pièces de rechange La périodicité est : T0 = 12. D’où le nombre moyen de pièces (1 − a )Q (1 − a )T (1 − a )2 Q manquantes de : pour un temps T.Q/2). sur une période T.Q). qui interdit le risque de ne pas disposer en cas de besoin. cela dépend du type et du coût des articles. 2 T 2 - Le nombre de pièces manquantes varie de 0 à (1 – a).C a (en mois).Q/2 pour un temps (1 – a). Cependant. pour l’entreprise.Q/2 et. le coût des solutions compensatoires.T égal à a.Q de 0 à a. Ils représentent environ 5 % des stocks. • (1 – a) : taux de pénurie.i. Ce coût intègre : le coût de perte de production. Des études de sécurité peuvent être menées pour connaître la conduite à tenir dans ces cas-là (par exemple. Il est possible de prévoir un stock de sécurité Ss.8) : Ceci a pour conséquence que : Le stock maximum a la valeur (a.T0 . = 2 T 2 131 . Pu .T) à (T).T) aQ aT Q est de (a. La conception et les conditions d’utilisation doivent être telles que la probabilité de rupture devienne très improbable.5 RUPTURE DE STOCK. TAUX DE PÉNURIE Le calcul par la formule de Wilson permet de définir les quantités économiques et leur fréquence.Les pièces manquantes sont consommées dès réception. . d’où le stock moyen pendant a. analyse par arbre de défaillance).4. ♦ Hypothèses .T. .Q.

Pu .Q. Dans ce but on doit avoir : d C Tr d CT = 0 et =0 da dQ Ceci nous donne : 1.Q.i + W 2.En suite.Q.Pu. 2 On peut déterminer Q et a tels que CTr soit minimal.Chapitre 9 La gestion des pièces de rechange Nombre de pièces Q aQ 0 aT r T aT r 2T Temps Figure 9.Ca + a 2 .W + a.Q.Pu.a.i + Q 2 2 (Coût total = coût d’achat + coût d’acquisition + coût de possession + coût de pénurie). on calcule la quantité économique Qe : − PC a Qe2 + a 2 Pu i (1 − a )2 + W =0 2 2 2 PC a Qe2 = a Pu i + (1 − a ) W 2 2 132 .Pu + .W = 0 a.W = 0 W d’où: a = Pu .i – (1 – a).8 En conséquence on peut écrire que le coût total annuel réel (CTr) est égal à : (1 − a ) Q W P Q CTr = P.i – Q.

impliquant des ruptures en services en stock du type poissonnien.i. P( X ) Avec : • Ss : stock de sécurité .L’espérance mathématique des excédents qui est égale à : E(excédents) = X =Ss X =0 ∑ (S s − X) e −m m X = X! X =Ss X =0 ∑ (S s − X ).15 1 . • m : nombre moyen de casse pendant le délai (ou taux de défaillance moyen pendant le délai de réapprovisionnement) Et l’espérance mathématique des manquants est égale à : e −m m X E(manquants) = ∑ ( X − S s ) = X! X = S s +1 X =∞ X =∞ X = S s +1 ∑ ( X − S ).Taux optimal de pénurie : (1 – a) = 0.i + W   u 2   W   2 = 2 P C a Pu i + W Pu i W D’où : Qe = 2 P C a Pu i + W Pu i W Le taux de pénurie est : (1 − a ) = Pu i Pu i + W ♦ Exemple : .a= = 0. . 9.Chapitre 9 La gestion des pièces de rechange On remplace a par sa valeur en fonction de W et Pu. P( X ) s 133 .807 0.i + W  u   Pu .le coût de possession des pièces de rechange . Il est plus aisé de trouver le stock optimum.6 APPLICATION DE LA LOI DE POISSON A LA GESTION DES RECHANGES Dans le cas où l’on peut connaître facilement : . un taux de pénurie peut se justifier économiquement. D’où : Qe2 = 2 PC a  W   P . • X : variable aléatoire donnant le nombre de défaillances . Ainsi. on a : .la loi de rupture en service des pièces. dans le cas général.15 + 1 . Il dépend évidemment du rapport coût de pénurie W sur le prix unitaire Pu des pièces manquantes.W = Pu . .i = 0.i  Pu i +    P .193 Par conséquent.le coût de défaillance .

134 . 4. . c'est-à-dire à déterminer le stock de sécurité Ss pour lequel le coût global est minimal. pour chaque valeur de n = Ss. le nombre de casses ou le taux de défaillance pendant le délai.les pertes de production : 1 000 DA/j (22 jours ouvrables/mois).le coût de l’immobilisation des pièces en stock : i = 30 % . que le coût total CT est minimal. exprimé en semaines. D’autre part on démontre.Le coût de défaillance pour le délai de 1 mois est : 1 000 (DA/j) . 22 (j) + 10 000 (DA) = 32 000 DA. . Ce stock peut être obtenu en cherchant le. lorsque le risque (la probabilité) de rupture Cp de stock est égal à : . minimum de cette fonction : soit par le calcul direct (éventuellement informatisé) . Le stock optimum s’obtient en minimisant le coût total qui a pour expression : C T = C p . ♦ Solution . . repérer le CT le plus bas : il correspond au seuil de sécurité cherché ♦ Exemple Pour une pièce A on connaît : .le délai de réapprovisionnement : un mois . puis CT . calculer P(0) à P(n = Ss) .le coût de la pièce 10 000 DA . • Cd : coût de défaillance (ou coût de rupture de stock). 3. puis des manquants. Le problème revient à déterminer le nombre de pièces à stocker. ∑ ( X − S s ) X! X! X = S s +1 Avec : • Cp : coût de possession .la moyenne des défaillances annuelle : 10/an . soit par un abaque présenté ci-dessous. C p + Cd D’où le mode opératoire suivant : 1. 2.Chapitre 9 La gestion des pièces de rechange Avec : • Cp : coût de possession .Méthode analytique de résolution Le nombre moyen de casse m est le nombre de défaillances/an. calculer l’espérance mathématique des excédents. par un calcul analytique. a. Trouver le nombre optimum de pièces en stock.d/52. . est donc m. fixer une valeur maximale pour Ss . • Cd : coût de défaillance (ou coût de rupture de stock). ∑ (S s − X ) X =0 X =Ss X =∞ e −m m X e −m m X + Cd . ou que le stock Ss est optimal.

0002 - - .0002) = 26 454 DA. 0. • Si Ss = 1. 0. Cp/d est le coût de possession de la 135 . on a : CT = 920 DA. ♦ Structure de l’abaque : m/d est le taux moyen de défaillance de la pièce pendant le délai de réapprovisionnement. ce qui signifie qu’une pièce de coût unitaire Cu = 60 000 DA stockée pendant un an engendre un coût de possession de Cp = 60 000 x 0.0015 + 5 . 0.008 + 4 .84 (taux moyen de défaillance par mois) On peut déduire la loi de possibilité (probabilité) du nombre de casses pour ce délai (1 mois) : X = nombre de casses envisagées 0 1 2 3 4 5 6 P(X) : probabilités d’avoir X défaillances 0. Si Ss = 3. (1 . Si le délai de réapprovisionnement est de 2 mois. (1 .008 0.0002) = 8 580 DA.36 + 2 . 0. on a : CT = 840 DA.04 0. d’utilisation beaucoup plus rapide.Simulation du nombre de pièces à mettre en stock et calcul du coût : • Si Ss = 0. b. on a : CT = 1 040 DA.04 + 4 . 0.Chapitre 9 La gestion des pièces de rechange - Le coût de stockage préventif (coût de possession des pièces en stock).Méthode graphique par utilisation d’abaque La précédente simulation est relativement longue : c’est la raison pour laquelle la méthode a été traduite en abaque. pour 1 mois est : 10 000 ( DA) . on a : CT = 2 300 DA.43) + 32 000 . 0. on a : CT = 0 + 32 000 .2 = 12 000 DA pour l’année. 0.43 0. 0.15 0.3 = 250 DA 12 (mois ) Le nombre moyen des casses pendant le délai de réapprovisionnement (1 mois) est : m = 10/12 = 0. (1 .15 + 2 . • • • • Si Ss = 2.008 + 5 . 0.15 + 3 . Si Ss = 5. 0. Cp/d = 12 000 x 2/12 = 2 000 DA.36 0.0015 + 6 . L’abaque présenté est relatif à un coût de possession de 20 %.04 + 3 . Si Ss = 4.0015 0. 0. on a : CT = 250 . 0. Conclusion : le stock de sécurité optimum est de 4. 0.

. 136 .9). Les quatre entrées les plus classiques et minimales sont : . à partir duquel nous choisissons la valeur de n entière et supérieure (stock de sécurité). .le délai réapprovisionnement d .9 : méthode graphique d’utilisation d’abaque Les abaques de détermination du nombre de pièces de rechanges à stocker sont présentés dans la figure 9.le taux de défaillance annuel (ou nombre moyen de casses) exprimé en nombre de pannes/an .le coût unitaire de la pièce Cu . Pour les différents coûts on peut prendre le taux de conversion suivant : 1 FF = 10 DA.10 ci-dessous. Cet abaque est multi entrées.Chapitre 9 La gestion des pièces de rechange pièce pendant ce délai. .le coût de défaillance Cd ou coût de pénurie. Ces quatre données estimées nous amènent très rapidement au point P (voir figure 9. m/d m : nombre moyen annuel de casses Nombre de pièces A tenir en stock P n d en semaines délais d en mois n+1 Cp/(Cp + Cd) Coût de défaillance Prix unitaire de la pièce Figure 9.

10 : abaques de détermination du nombre de pièces de rechanges à stocker 137 .Chapitre 9 La gestion des pièces de rechange Figure 9.