1 Bibliographie -Traité d’Alain Planteq : « Traité de la fonction publique » chez Litec 2e édition (2001) -J.M et J.B Auby, Didier J.

P et Thaiffait : « droit de la fonction publique » Précis Dalloz (2002) Revue -AJFP : sélection de jurisprudence -JCPA jaune (note et chronique de J.P) -AJDA Droit non codifié : les codes sont non officiels : -Code général de la fonction publique (J.P° chez Litec) -Code Dalloz, Jurisclasseur de la fonction publique (toutes les fonctions publiques, …)

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INTRODUCTION
Le droit de la fonction publique est un droit essentiellement écrit. Le problème est qu’il y a trop de textes, très techniques : le contentieux s’en ressent (environ 12000 décisions par an). Il faut connaître le statut général de la fonction publique mais aussi la jurisprudence qui y est relative. Le Conseil d'Etat continue de découvrir des principes généraux du droit. Le statut général de la fonction publique est dirigé par quatre textes -la loi du 13 juillet 1983 : droit des obligations des fonctionnaires -loi du 11 janvier 1984 : fonction publique de l’Etat -loi du 26 janvier 1984 : fonction publique territoriale -loi du 9 janvier 1986 : fonction publique hospitalière Certains personnels de la fonction publique sont régis par des textes spécifiques : les magistrats (statut autonome défini par la loi organique en vertu de la constitution), les militaires (loi du 13 juillet 1972), … Il y a également des agents non titulaires de la fonction publique, souvent régis par le droit public : il y a une précarité de leur situation, ces agents multiplient les recours contentieux. De ce fait ils ont obtenu l’établissement juridictionnel d’un « statut » leur donnant un certain nombre de droits et garanties. Les fonctionnaires ont leur situation protégée contrairement aux agents non titulaires de la fonction publique. Néanmoins ces agents ont obtenu des garanties : le problème des stagiaires fonctionnaires qui vont être fonctionnaires mais qui doivent faire un stage. Cependant en tant que futurs fonctionnaires, ils ont moins de droits que les agents non titulaires, ce qui est assez paradoxal. Le droit de la fonction publique est en pleine mutation, ce droit est de moins en moins régi par un droit public. On assiste à une privatisation du droit de la fonction publique avec tout d’abord une privatisation des sources. Ces sources étaient principalement la loi mais le droit communautaire s’intéresse à la fonction publique et des dispositions qui s’appliquent à la fonction publique pour l’hygiène et la santé dans le travail. Ces règles s’appliquent au secteur privé mais aussi à la fonction publique. On parle de travailleurs et non de fonctionnaires ou salariés : il n’y a aucune différence. Le droit communautaire a une approche très fonctionnelle de la fonction publique, c'est-à-dire liée à l’emploi de l’agent et non à son grade. Ainsi le droit communautaire devrait inciter la France à introduire de façon générale la possibilité de souscrire des CDI de droit public avec des agents qui seront des agents contractuels certes mais de droit public : la France est opposée à cela, il n’y a que des CDD dans la fonction publique. Les pouvoirs publics devraient introduire également le PACTE : parcours d’accès à la carrière territoriale et de l’Etat. Il s’agit d’une entrée de personnes dans la fonction publique non par concours mais par discrimination positive : les jeunes sans qualification de moins de 26 ans chômeurs de plus de 50 ans par exemple. Le Code du travail sert aussi de référence au juge administratif pour découvrir des principes généraux du droit, il peut s’appliquer directement à la fonction publique pour des domaines importants : droit syndical, droit de grève, … Idem pour les fonctionnaires publics hospitaliers avec le droit de retraite des fonctionnaires hospitaliers, …

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3 Il y a aussi une privatisation des règles de fond. Avec la loi de 2002, le législateur a introduit le délit d’harcèlement moral. Les dispositions sur les 35h sont applicables aux agents du secteur privé, elles ne le sont pas directement à la fonction publique : la loi du 5 janvier 2001 (Sapin) étend les 35h00 à la fonction publique territoriale. Le décret du 25 août 2000 avait déjà autorisé cette extension pour la fonction publique de l’Etat. En matière de réforme des retraites, le gouvernement a justifié par sa volonté d’aligner les fonctionnaires sur le secteur privé. Cependant la loi du 21 août 2003 n’a pas opérer un alignement total : les 75% restent applicables. Toutefois la tendance est à l’alignement. En fin de compte, il y a une sorte d’hybridation du droit de la fonction publique et du secteur privé. On pourrait parler de droit public social qui s’appliquerait aux agents du secteur privé de la fonction publique. Cette hybridation ne sera jamais totale car dans d’autres pays (EtatsUnis, Portugal, Italie) il y a eu transposition des agents de la fonction publique dans le secteur privé et les fonctionnaires sont soumis au droit privé. Néanmoins cette réforme n’a pas beaucoup changé les choses. Certaines personnes doivent rester soumises à un droit dérogatoire au droit commun du travail, car certains services nécessitent une condition juridique spécifique destinée à garantir l’indépendance et la neutralité des agents, leur intégrité, leurs droits fondamentaux, assurer leur protection, … De ce fait l’égalité d’accès et l’égalité dans le déroulement de la carrière restent en vigueur. Donc quelques soient les réformes envisagées, il subsistera toujours un droit de la fonction publique. Seul son champ d’application est susceptible de varier. Il faudrait réfléchir selon le modèle de l’échelle de domanialité et créer une échelle de la fonctionnarisation : en haut de l’échelle se trouveraient les fonctionnaires parce qu’ils sont très protégés. Et en bas de l’échelle les règles du droit du travail s’appliqueraient. Les réformes à venir ne devraient pas tendre vers une simplification du droit. Dans un rapport de 2003 le Conseil d'Etat considère qu’une réforme est quasiment impossible car l’opinion publique n’est pas prête.

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CHAPITRE I

L’HISTOIRE DE LA FONCTION PUBLIQUE
I/ La IIIe république C’est la naissance de la fonction publique §1 : La fonction publique conquise par les républicains A/ L’épuration républicaine La IIIe république voit le jour le 4 septembre 1870. Gambetta reprend le ministère de l’intérieur et l’administration. Il remplace tous les préfets du Second empire par des républicains qui épureront les administrations locales. De 1877 à 1878, les républicains mènent une épuration visant à éliminer tous ceux qui se sont levés contre la république pendant les élections de 1877. Par exemple le Conseil d'Etat a connu en 1879 une épuration sans précédent : 80 membres du Conseil d'Etat sont évincés. Quand à l’administration préfectorale, elle est entièrement renouvelée. B/ Le recrutement de la haute fonction publique a. L’origine sociale La haute administration ne s’ouvre pas à la petite bourgeoisie. Mais entre 1870 et 1900, l’origine sociale des fonctionnaires change sensiblement. En 1870 beaucoup de fonctionnaires sont placés du fait de l’existence de liens familiaux, … alors qu’ils n’ont pas forcément les compétences requises. En 1900 les hauts fonctionnaires sont issus de la réussite de concours mais ces fonctionnaires ne sont pas issus de grandes familles aristocratiques, ce qui est un bénéfice pour la fonction publique. b. La politisation de l’administration La politisation de la fonction publique n’est pas un phénomène nouveau. Elle se fait sentir dans la haute fonction publique notamment par l’intermédiaire des ministères qui sont composés de hauts fonctionnaires. Ces cabinets ministériels assurent la liaison entre les ministres et les parlementaires et constituent le contrôle politique des ministres. De plus l’absence de statut législatif des fonctionnaires ne leur garantit aucune stabilité et donc des pressions pour s’assurer de leur loyalisme sont possibles. Plus tard (sous la V e république) il y aura une recherche d’indépendance de ces fonctionnaires même si la politisation reste de mise. Néanmoins la IIIe république ne peut pas avoir de recul : les fonctionnaires doivent partager les mêmes idées que le gouvernement. Cette absence de statut rend-elle les fonctionnaires corvéables ? L’idée persiste que les fonctionnaires sont mandataires d’une politique et qu’en conséquence ils sont des citoyens à part sur lesquels doit s’exercer l’emprise gouvernementale. Aujourd’hui on constate dans les textes que les fonctionnaires sont des citoyens à part. Après l’affaire Boulanger et surtout l’affaire Dreyfus, les gouvernements craignent le péril clérical au sein de l’administration. Les républicains veulent chasser les fonctionnaires car on Droit de la Fonction Publique

c'est-à-dire insusceptible de discussion (à prendre ou à laisser). B/ le blocage des carrières En 1871 la Commission des services administratifs est créée dans le but de remédier aux dysfonctionnements de l’administration. §2 : La croissance et les soubresauts de la bureaucratie Les débuts de la IIIe république se caractérisent par un accroissement sensible du nombre d’agents de la fonction publique A/ Les femmes dans l’administration centrale Elles entrent dans l’administration par souci d’économie car elles sont moins payées que les hommes. A cette époque la crise des carrières et la lenteur de l’avancement sont développés par la dégradation de la situation économique : les employés administratifs se rapprochent des ouvriers (syndicalisation). Néanmoins plusieurs propositions de lois sont faites entre 1906 et 1912. Les fonctionnaires craignent que le statut leur soit octroyé. L’idée de statut ne progresse pas. On leur reproche d’accepter des conditions de travail médiocre et d’être beaucoup plus dociles (elles ne se syndiquent pas) avant que les fonctionnaires adoptent un mouvement syndical puissant. En 1904 éclate le scandale de l’affaire des fiches : le ministère de la Défense tient des fiches sur ses officiers militaires et leur avancement tient à leurs idées républicaines (pénalisés s’ils vont à la messe). Toutes échouent parce qu’elles refusent de reconnaître la liberté syndicale : si les fonctionnaires avaient cette liberté ils demanderaient immédiatement le droit de grève. L’entrée des femmes dans les bureaux suscitent l’hostilité des hommes (surtout ceux du bas de l’échelle). Elle propose d’établir une sorte de statut commun. préférant l’idée d’un contrat de travail entre l’Etat et le fonctionnaire. C’est la seule loi applicable à la fonction publique jusqu’en 1940. C/ L’idée d’un statut de la fonction publique De nombreuses associations de fonctionnaires se développent pour faire échec à l’interdiction de se syndicaliser. §3 : La fonction publique en mutation Entre 1914 et 1940 il y a une augmentation importante des effectifs. Elles ne demandent pas un statut pour les fonctionnaires. Elles revendiquent le droit de se syndiquer et le droit de grève. Le projet est repoussé par les différents gouvernements par crainte de nuire à l’autorité hiérarchique. II/ Le régime de Vichy Droit de la Fonction Publique . Cette période se caractérise par la percée des femmes dont l’augmentation du niveau d’études leur permet d’envisager d’entrer à des postes supérieurs (cela reste très difficile tout de même). En réaction à cette affaire est votée la loi du 22 avril 1905 relative à la communication du dossier au fonctionnaire avant toute mesure disciplinaire. Cette période voit également l’essor du syndicalisme toujours illégal mais toléré. avec que des devoirs et peu de droits. on se heurte aux mêmes problèmes : la liberté syndicale et l’octroi du statut. Souvent elles sont recrutées comme de simples auxiliaires : c’est donc une situation juridique précaire.5 les soupçonne d’être monarchistes.

francs-maçons. Autrement dit la politique générale de Révolution nationale s’applique aussi à la fonction publique. juifs. Il n’y a cependant aucun témoignage des Droit de la Fonction Publique . En effet le gouvernement de Vichy va adopter une politique dirigiste en matière de fonction publique. …) §1 : L’établissement d’un statut général de la fonction publique Le Général de Gaulles fait voter une ordonnance du 9 août 1944 portant rétablissement de la légalité républicaine qui a pour conséquence juridique d’abroger tous les textes contraire au droit républicain. Le Général de Gaulles souhaite l’établissement d’un statut qui donne des garanties et qui permettent d’éviter la politisation de l’administration. Cependant le régime de Vichy a marqué son empreinte. l’interdiction du pantouflage (interdiction du travail dans le secteur privé).23% des agents sont sanctionnés.6 Il s’agit d’une période importante pour la fonction publique (ce n’est pas un « détail » de l’histoire). Au total entre 22 000 et 28 000 agents sont sanctionnés. Mais le droit de la fonction publique revient à son état antérieur et a aussi peu d’unité que dans le passé. ainsi que la police. Le gouvernement de Vichy se livre à une intense activité d’épuration en exigeant un loyalisme absolu de ses fonctionnaires et en rétablissant le serment politique des fonctionnaires par l’acte constitutionnel du 27 janvier 1941. secrétaire général du PCF. Dans les PTT 1. L’amiral Darlan écrit à propos du futur statut des fonctionnaires que « l’heure est revenue où l’administration française doit retrouver ses traditions d’ardeur et d’odeur ». communistes. III/ La IVe république Elle commence aussi par une épuration à la Libération (dès août 1944) qui se termine en juin 1945. fonction. « Le fonctionnaire doit dans le service comme dans sa vie privée éviter tout ce qui serait de nature à compromettre l’habilité de la fonction publique ». En effet il s’agit de deux pensées de De Gaulles : il s’agit d’agents acquis à la conviction républicaine (survie notamment. Le seul facteur d’unification reste alors la jurisprudence du Conseil d'Etat. l’intégrité. C’est un exemple de la prise en considération de certaines convictions de ses fonctionnaires. Cela crée un important contentieux pour le Conseil d'Etat qui fait un contrôle concret des circonstances (grade. Un statut général des fonctionnaires est adopté pour la première fois par la loi du 14 septembre 1941 qui s’applique aux fonctionnaires de l’Etat. Il y a une concrétisation avec le statut général des fonctionnaires des communes en 1943. En 1945 les circonstances sont favorables à une réforme radicale parce que le gouvernement de De Gaulles reconnaît aux fonctionnaires le droit syndical par l’ordonnance du 9 octobre 1945 et les syndicats de fonctionnaires ne réclament plus l’assimilation au salarié du secteur privé. Le statut de 1941 comprend les grandes obligations qui s’imposent aux fonctionnaires : le secret et la discrétion politique. Par conséquent le statut de 1941 est abrogé. Il désigne comme rédacteur du statut Maurice Thorez. …) et si jamais l’administration est trop épurée ce seront les mouvements de résistance qui s’y installeront et qui sont pour la plupart communistes (pensée plus politique) Le Conseil d'Etat est épuré : 36 membres sont sanctionnés sur 152. Le régime de Vichy évince de la fonction publique les fonctionnaires naturalisés. Les corps préfectoraux sont quasiment tous remplacés. Le gouvernement provisoire veut limiter la portée de l’épuration et éviter de sanctionner trop de petits fonctionnaires nommés sous la IIIe république. La liberté de mariage pour certains fonctionnaires est subordonnée à autorisation préalable.

des représentants syndicaux et doit être saisi de toute question concernant la fonction publique. C’est pourquoi un nouveau statut est défini par l’ordonnance du 4 février 1959 reprenant pour l’essentiel les principes de 1946. Ce statut a pour objet de définir les droits fondamentaux des fonctionnaires.7 conditions d’élaboration. Ainsi une ordonnance du 9 juin 1945 crée l’ENA destiné au recrutement commun des grands corps de l’Etat et du personnel d’encadrement des ministères. §4 : La politique de la fonction publique La IVe république se lance dans une véritable politique générale de la fonction publique. seul le Conseil d'Etat le reconnaît avec l’arrêt du 7 juillet 1950 Dehaene (GAJA). Il faut donc exclure du statut toutes les dispositions techniques qui désormais relèvent du domaine réglementaire. B. Il définit également les modalités d’organisation de la carrière du fonctionnaire (recrutement par concours) et les fonctionnaires sont classés en quatre catégories A. Le droit de grève n’est toujours pas expressément reconnu. Un conseil supérieur de la fonction publique est placé auprès du chef du gouvernement qui comprend des hauts fonctionnaires. Une autre ordonnance du même jour prévoit d’unifier la gestion de la fonction publique par la création d’institutions communes aux diverses administrations. Il y a donc en tout logique des conséquences sur le statut de 1946. Droit de la Fonction Publique . magistrats. militaires et agents non titulaires. Est ainsi créée la direction de la fonction publique (1959 : direction générale de l’administration et de la fonction publique). C. §3 : Les transformations du statut La Constitution de 1958 distingue pour la première fois le domaine de la loi du domaine du règlement. Sont donc exclus les agents des collectivités locales. D en fonction du niveau de diplôme requis pour passer les concours. Il pose le principe de l’égalité des sexes. le fonctionnaire est responsable des actes de sa fonction mais en contrepartie il est couvert contre toute faute de service (codification de la jurisprudence). L’art 34 dispose que le législateur est compétent pour déterminer les garanties fondamentales des fonctionnaires de l’Etat. Cela confirme donc la reconnaissance du droit syndical mais il reste muet sur le droit de grève qui est reconnu par le préambule de la Constitution de 1946. Un projet est adopté à l’unanimité par l’assemblée constituante et promulgué par une loi du 19 octobre 1946 (premier statut démocratique) §2 : La portée et le contenu du statut Le statut est applicable aux agents de l’Etat titulaires d’un emploi permanent.

ces dernières sont transparentes quand on réunit trois critères : Le conseil d’administration de l’association est composé pour l’essentiel de représentant de la municipalité (critère organique). Il y a un critère organique important : l’employeur doit être une personne publique. Tous les personnels de l’administration n’ont pas besoin d’un statut dérogatoire au droit commun : l’administration peut recourir à des contrats de droit privé quand elle estime utile un développement de son personnel sans recruter pour autant de manière définitive. Aujourd’hui le législateur a mis en place des contrats de droit privé dont peuvent bénéficier les personnes (Contrat emploi jeune. il y a 1 600 000 fonctionnaires et agents publics territoriaux . Contrat emploi solidarité. En effet il s’agit au sens strict des fonctionnaires alors qu’au sens large. Pour les collectivités territoriales. le budget est constitué de plus de 50% par des subventions (critère financier) et les missions de cette association sont assimilables à des missions de service public (critère matériel). Droit de la Fonction Publique . Pour la fonction publique hospitalière il y a 800 000 agents hospitaliers dont 65 000 non soumis au statut général et constituant le personnel médical paramédical et pharmaceutique (praticiens hospitaliers). Les agents mis à disposition restent des fonctionnaires mais c’est un agent de droit privé : arrêt de la Cour de cassation de 1996 Rey-Herme c/ Alliance française. Actuellement il y en a environ 2 200 000 fonctionnaires et agents publics civils. La fonction publique civile représente 15% de la population active. dont environ 1 000 000 de fonctionnaires pour l’éducation nationale. Contrat emploi consolidé).8 CHAPITRE II LA DÉFINITION DE LA FONCTION PUBLIQUE I/ Les personnels de la fonction publique La notion de fonctionnaire est une notion ambivalente. des obligations plus lourdes que celle résultant de l’application du droit commun du travail. c’est l’ensemble des règles juridiques applicables aux agents de la fonction publique. Il y a 300 000 militaires (fonction publique militaire). -les autres ont été conquises à titre de privilèges ou octroyées par l’Etat pour avantager ses serviteurs par rapport au droit commun. Et en ce qui concerne les associations para-administratives. l’intérêt du service public. A partir de 1914 se sont développés les recours aux agents temporaires ou auxiliaires. §2 : L’identification qualitative Le particularisme de la fonction publique s’explique et se traduit historiquement par deux séries de règles juridiques : -les unes imposent aux fonctionnaires dans l’intérêt général. 30% des agents sont non titulaires. 400 000 de la Poste. Il y a donc une distinction entre les agents non titulaires de droit public et les fonctionnaires. Ces trois critères sont cumulatifs selon le Conseil d'Etat dans l’arrêt ville de Nice de 1996.6% de la population active). §1 : L’identification quantitative En 1850 le nombre d’agents publics d’Etat est d’environ 250 000 (1. Mais depuis longtemps on a admis que ce parti comporte des limites.

ou encore pour la catégorie A les agents qui occuperont des fonctions spécifiques ou satisferont les besoins du service. Département de l’Hérault (1078 Lebon). Mais leur recrutement est possible que dans les hypothèses prévues par le statut général de la fonction publique Pour la fonction publique territoriale le recours à ces agents est prévu dans quatre cas : le remplacement momentané d’agents titulaires indisponibles en cas de congé ou raison d’obligation militaire. Les fonctions exercées par un agent chargé d’une cellule intitulée relation avec les entreprises exigent des connaissances techniques hautement spécialisées. Commune de Céraiste c/ Moreski. Confirmé par un arrêt du Conseil d'Etat de 1996. Préfet de région RhôneAlpes c/ Berkani (Lebon p. Le Conseil d'Etat a refusé la qualification de CDI parce que pour lui c’est méconnaître le statut général de la fonction publique qui impose que les emplois permanents soient occupés par des fonctionnaires. En principe les contrats offerts à ces agents sont des CDD pour trois ans maximum renouvelables. Dans l’arrêt du 22 avril 1992 du Conseil d'Etat. Ils sont recrutés lorsque deux conditions cumulatives sont réunies : il doit s’agir de l’exécution d’un acte déterminé et d’un engagement temporaire. Il faudrait baisser le nombre d’agents non titulaires et les limiter au remplacement temporaire des fonctionnaires empêchés. Seul un renouvellement est possible. Ces agents non titulaires sont « la mauvaise conscience de l’administration » parce que le principe du statut général de la fonction publique veut que ce soit uniquement des fonctionnaires qui soient recrutés pour occuper des emplois dans l’administration. le renouvellement d’un CDD n’emporte pas transformation en CDI. 535) : « les personnels non statutaires travaillant pour le compte d’une personne publique gérant un service public administratif (SPA) sont des agents contractuels de droit public quelque soit leur emploi ». à l’heure de travail effectuée mais ce sont des situations juridiques très précaires : ils sont soumis aux obligations de la fonction publique sans bénéficier de la plupart de ses garanties. dans les relations de travail. Mais le problème est que la directive communautaire du 28 juin 1999 impose. Ces agents contractuels de droit publics sont recrutés pou donner de la flexibilité dans le fonctionnement des administrations. donc le recrutement est illégal. Il y a deux exceptions : Le législateur a porté atteinte à la jurisprudence Berkani notamment en instaurant des contrats aidés qui sont des contrats de droit privé (exception : contrat d’adjoint de sécurité [police nationale] est un contrat de droit public). Mais contrairement au droit social et la jurisprudence de la Cour de cassation. Les vacataires Ils existent dans toutes les fonctions publiques (Etat. Aujourd’hui l’administration en général utilise des agents contractuels pour les faire occuper des emplois permanents et les licencier quand elle veut au terme d’un CDD. Les agents contractuels Il s’agit de l’arrêt du Tribunal des conflits du 25 mars 1996. auDroit de la Fonction Publique . Lamblin (AJDA. 2. collectivités territoriales.9 A/ Les agents non titulaires de droit public 1. Ou bien lorsqu’il n’existe pas de corps ou de cadre d’emploi susceptible d’assurer les fonctions correspondantes (informaticiens par exemple). on admet la possibilité pour une personne publique (collectivité locale) de reprendre en l’état un contrat de droit privé des personnels d’association dont l’activité est reprise par la collectivité. JCPA). hôpitaux) et sont des tacherons car ils sont payés à la tâche accomplie. que le renouvellement de CDD emporte l’octroi d’un CDI. en cas de survenance d’un besoin occasionnel ou saisonnier. Dans un arrêt du Conseil d'Etat du 22 octobre 2004 M.

Le stagiaire licencié pour une insuffisance professionnelle en cours de stage doit se voir communiquer son dossier et le licenciement doit être motivé. La condition d’agent public peut être. … Ces stagiaires sont alors licenciés et non révoqués car ils ne sont pas titulaires. Par exemple l’ancien Code pénal désignait comme fonctionnaire les élus et les agents qui exercent des fonctions non. selon les infractions. inaptitude physique.10 delà c’est un CDI. 3. Cela permet de diminuer la masse des agents non titulaire. Tous les syndicats de fonctionnaires y sont opposés. même si la jurisprudence et les textes utilisent la notion de « fonctionnaire stagiaire ». Pellegrin c/ France : sont des agents publics ceux dont les emplois sont caractéristiques des activités spéciales de la fonction publique dans la mesure où celle-ci agit comme détentrice de la puissance publique chargée de la sauvegarde des intérêts généraux de l’Etat et autres collectivités publiques. Le droit communautaire et la Cour européenne des droits de l’homme n’ont pas retenu la même définition. le projet de loi déposé par le gouvernement le 5 février 2005 prévoit de façon générale que des CDD peuvent être offerts aux agents publics pour trois renouvelables une fois et transformation en CDI au-delà. la communication du dossier n’a pas être faite en cas de licenciement en fin de stage. La doctrine a beaucoup demandé à ce que cette situation change. C’est une remise en cause de la définition même de fonctionnaires car des agents contractuels et des fonctionnaires pourront occuper un emploi permanent dans la fonction publique. Le statut de la fonction publique retient une définition valable exclusivement pour les questions statutaires. En revanche le licenciement pour le même motif mais en fin de stage ne nécessite pas la communication du dossier ou la motivation. Les stagiaires Ce sont des agents qui subissent une période d’épreuve avant d’être titulaires comme fonctionnaires. Par conséquent. Dans deux arrêts du Conseil d'Etat de section du 3 décembre 2004 : Mme Mansuy et syndicat intercommunal de restauration collective (il s’agissait d’un stagiaire élève pour le premier et d’un stagiaire élève pour le second). La notion de fonctionnaires Il n’existe pas une définition du fonctionnaire mais plusieurs selon les textes et les champs d’application qui le concerne. B/ Les agents publics titulaires : les fonctionnaires 1. Ce sont des agents de droit public mais ils ne sont pas encore fonctionnaires. une circonstance aggravante. L’art 2 de la loi du 11 janvier 1984 dispose que sont fonctionnaires les personnes nommées dans un emploi permanent à temps complet et titularisées dans un grade de la hiérarchie de Droit de la Fonction Publique . Ils sont assujettis à toutes les obligations des fonctionnaires mais ne disposent pas de tous leurs droits : ils ne disposent pas par exemple d’un droit à être titularisé mais seulement d’une vocation à l’être car il peut être évincé de la fonction publique en fin ou début de stage pour motifs disciplinaires. Tous les cinq à sept ans le législateur adopte une loi (parfois appelée loi de résorption de l’emploi précaire) qui titularise comme fonctionnaires des agents non titulaires à certaines conditions (souvent l’ancienneté). Le Conseil d'Etat avait l’occasion de faire un revirement de jurisprudence surtout que les Cours administratives d'appel avait déjà opéré ce revirement. Ces stagiaires obéissent à des règles juridiques édictées par décret et/ou sont élèves d’écoles administratives (ENA). La Cour reprend la définition de la Cour de justice des communautés européennes dans un arrêt du 8 décembre 1999. La jurisprudence et les textes ne sont guère favorables aux stagiaires qui sont pourtant dans une situation moins protectrice que celle des agents non titulaires contractuels.

droit syndical.11 l’administration de l’Etat. Avant que le fonctionnaire soit nommé. Il y a donc quatre éléments : -la nomination : le fonctionnaire est recruté par voie de nomination c'est-à-dire par un acte unilatéral. -participation à un service public administratif : cela ne vaut que pour les SPA car les agents d’un SPIC sont des agents de droit privé sauf pour le directeur de l’ensemble des services et le comptable s’il a le statut de comptable public : Conseil d'Etat de 1953. Les fonctionnaires ne peuvent renoncer à aucun élément de leur statut. -l’unification des statuts : à côté des statuts spécifiques propres à chaque catégorie de fonctionnaires. droit de grève. il faut que budgétairement soit crée. il s’agit de l’ensemble des règles juridiques qui s’appliquent à l’activité du fonctionnaire. Elle donne la garantie de l’emploi. Néanmoins l’administration peut toujours supprimer des emplois et dans ce cas les fonctionnaires sont réaffectés à un autre emploi. Elle pose les principes généraux des règles essentielles relatives à la fonction publique. principe du recrutement par concours. C/ Les différents statuts 1. Le statut général de la fonction publique Il y a quatre lois :  La loi du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires : c’est le titre I du statut. Les conséquences d’un régime statutaire La situation de l’agent résulte de règles générales et non d’un contrat passé entre l’administration et lui. Au sens strict. il y a des statuts généraux. droit à la Droit de la Fonction Publique . b. de pouvoirs. Le législateur accepte que des fonctionnaires travaillent dans un SPIC. a. Ils n’ont donc aucun droit au maintien de leur situation. Robert de Lafraygère pour le directeur et Conseil d'Etat 1957. Donc l’agent recruté par contrat n’est pas un fonctionnaire. Il y a une double tendance : -la généralisation des statuts à l’ensemble des fonctionnaires. les garanties fondamentales des fonctionnaires (égalité des sexes. La situation résultant du statut doit être la même pour tous les fonctionnaires se trouvant dans la même catégorie : c’est le principe d’égalité. …). -titularisation dans un grade : Cette titularisation distingue les fonctionnaires de tous les autres agents publics. comme les conditions générales d’accès à la fonction publique (nationalité française. Jatenques de Labeau pour le comptable. La notion de statut Au sens large. c’est l’ensemble des règles écrites fixant la situation professionnelle des fonctionnaires. service public concentrés en dépendant ou des établissements publics d’Etat. …). pour France Télécom par exemple. Le statut est toujours modifiable : mutabilité du service public et absence de droits acquis au maintien de la situation. -l’emploi : c’est un emploi permanent donc il ne peut pas s’agir d’emploi payé à la journée u d’une simple collaboration. La situation juridique du fonctionnaire Ils sont dans une situation légale et réglementaire ou statutaire. 2. Les fonctionnaires peuvent déléguer leurs compétences que selon des régimes stricts (délégation de signature. casier judiciaire vierge.

ingénieurs et techniciens de la navigation aérienne. Ils sont soumis juridiquement au statut général. 2. l’intégration. les magistrats. De plus l’unité est impossible parce qu’il est impossible de régir par les mêmes dispositions juridiques plus d’un millier de corps de fonctionnaires de l’Etat. La question de la mobilité dans la fonction publique est posée : le passage d’une fonction publique à l’autre. les personnes de la recherche. règles relatives à la carrière des fonctionnaires (distinction grade et emploi. Droit de la Fonction Publique . Cour des comptes. … il n’y a rien sur l’obligation de réserve. le régime disciplinaire. Il existe de nombreux statuts spéciaux venant préciser le statut général. l’avancement. Ils sont régis par la loi du 13 juillet 1971.  La loi du 11 janvier 1984 relative aux fonctionnaires de l’Etat. de l’agriculture. la rémunération. Ces statuts sont édictés par décret en Conseil d'Etat et concernent l’ensemble des fonctionnaires recrutés dans le corps visé par le décret. interdiction de faire figurer dans le dossier des mentions concernant les opinions de l’agent. inspections générales des finances. … Les militaires sont soumis à un statut général autonome. le service des transmissions du ministère de l’Intérieur. les obligations fondamentales des fonctionnaires (obligation de secret et de discrétion. Les statuts dérogatoires : il s’agit de l’art 10 de la loi du 11 janvier 1984 dispose que les statuts spécifiques de certains corps de fonctionnaires peuvent déroger après du Conseil supérieur de la fonction publique de l’Etat à certaines dispositions du statut général. Sont concernés les corps recrutés par la voie de l’ENA (Conseil d'Etat. l’obéissance. corps des administrateurs civils). Il y a les praticiens hospitaliers (ne sont pas des fonctionnaires hospitaliers). se consacrer exclusivement à ses fonctions. Le législateur peut lui-même apporter des dérogations au statut général : loi du 25 décembre 1964 sur les personnes de l’ONF. …). interdiction de prendre des intérêts dans une entreprise privée. Il est possible que les dérogations autorisées par la loi de 1964 soient étendues à condition que cela corresponde aux besoins propres et aux missions spéciales des corps concernés.12 protection juridique. …). la loi du 26 janvier 1984 sur la fonction publique territoriale et la loi de 1986 : ces lois apportent des précisions très générales sur la situation des fonctionnaires. Ces statuts sont adoptés par décret en Conseil d'Etat et peuvent déroger au statut général. les militaires. les enseignants et les corps reconnus comme ayant un caractère technique (par exemple les ingénieurs). Cette interdiction de faire grève est souvent compensée par l’octroi d’avantages financiers. la formation professionnelle. Sont visées les personnes de l’administration pénitentiaire. Ils n’ont aucun lien avec ce dernier. Dès lors ont été édictés des statuts dits ordinaires car respectueux du statut général mais ils apportent des précisions sur l’accès et le recrutement. ils doivent être compatibles avec lui. les fonctionnaires de la DGSE. droit aux congés. Les statuts spéciaux : Ces statuts ont un point commun : le retrait du droit de grève. Les statuts autonomes : Ils sont indépendants du statut général de la fonction publique. Cependant la loi du 13 juillet 1987 a compliqué cette possibilité : le passage est très difficile lorsqu’il est définitif. Les statuts particuliers Les statuts ordinaires c'est-à-dire non dérogatoires : les lois statutaires ne suffisent pas pour régir les différentes catégories de fonctionnaires. Cette mobilité est garantie par l’art 14 de la loi de 1983 qui la présente comme une garantie fondamentale des fonctionnaires. Sont donc susceptibles de dérogations les corps dont les membres exercent des fonctions dont le particularisme et la technicité rendent difficile voire impossible leur soumission au statut général. organisation et fonctionnement des services). le droit à la participation. les fonctionnaires consulaires (travaillent dans les chambres des métiers. police nationale.

La liberté de groupement est limitée : les militaires ne peuvent pas adhérer à un parti politique mais cette interdiction est suspendue lorsqu’un militaire est candidat à une élection. la décision finale appartenant au Garde des sceaux qui n’est pas tenu de suivre l’avis du Conseil. Ce statut est protégé par la Constitution qui exige que soit garantie l’impartialité et l’indépendance de la magistrature (art 64). Les magistrats du siège sont inamovibles et ont pour fonction de juger. la liberté d’expression et d’opinion est respectée mais elle est limitée par l’obligation de réserve imposée par la discipline militaire. Dans l’arrêt de 2000 Terrail du Conseil d'Etat. Il n’est pas possible de sanctionner un magistrat qui a eu. Ces deux catégories se retrouvent en principe dans les armées de terre. la délicatesse et à la dignité des fonctionnaires ». Dans un arrêt de 1961. Le président de la république est le garant de cette indépendance et impartialité. Le recours pour excès de pouvoir devant le Conseil d'Etat est possible. d’obéissance. ils sont tenus à une obligation de dignité : « ils ne peuvent pas déroger à l’honneur. Ils sont soumis à toute une série d’obligations déontologique et à un régime d’incompatibilité : il n’y a pas de cumul avec une autre fonction publique. Nerzic à propos d’un lieutenant souhaitant épouser une ressortissante éthiopienne. service de santé des armées et la gendarmerie. les engagés sous contrat). au motif que sa liberté d’expression était Droit de la Fonction Publique . Les magistrats judiciaires ont un statut autonome garanti par une ordonnance du 22 décembre 1958 portant loi organique relative à la magistrature. Ils sont soumis à l’obligation d’obéissance et ne bénéficient pas de l’inamovibilité. Ils appartiennent à une hiérarchie dont le Garde des sceaux occupe le sommet. Rime Bruno le Conseil d'Etat estime qu’est un manquement à l’obligation de loyauté le fait pour un officier supérieur d’envoyer une lettre injurieuse au président de la république : il y a donc une obligation de loyauté. Les activités syndicales sont autorisées et la grève pas interdite aux magistrats mais ils ne peuvent pas stopper ou entraver le fonctionnement des juridictions (service minimum).13 Maintenant il y a deux catégories statutaires de militaires : les militaires de carrière (ils ont un emploi permanent dans l’armée) et les militaires servant en vertu d’un contrat (militaire sous contrat. marine et de l’air. le ministre de la justice n’a pas fait d’erreur manifeste d’appréciation en infligeant à un magistrat du parquet la mise à la retraite d’office pour avoir rédiger un article au contenu antisémite. Ils sont également soumis à l’obligation de réserve : arrêt du Conseil d'Etat de 1982. M. L’adhésion à d’autres types de groupement est en principe possible sous réserve d’un contrôle de la hiérarchie. mais certains corps occupent une place originale : service des essences. … En ce qui concerne les libertés. La création et l’adhésion à un groupe syndical sont interdites. Le droit de grève est interdit. Bidalou. Ils sont évalués par leur supérieur dont les décisions sont susceptibles de recours pour excès de pouvoir. Cependant cette règle d’inamovibilité doit être compatible avec le principe de continuité du service public. Les magistrats du parquet veillent au respect des lois et à l’intérêt public. Conquet. Dans ce cas il n’est plus en activité. Le Conseil supérieur de la magistrature donne son avis sur la nomination des magistrats du parquet sans que la constitution dise si cet avis doit être conforme à celui du Garde des sceaux. des liens avec une entreprise : arrêt de 2000 du Conseil d'Etat. L’administration avait un droit de regard sur les mariages des militaires avec des conjoints de nationalité différente : le ministre de la défense pouvait interdire le mariage : arrêt du Conseil d'Etat de 2000. L’organe de concertation rend des avis : c’est le conseil supérieur de la fonction militaire. Le Conseil participe à la procédure disciplinaire en donnant un avis. militaires servant à titre étranger. Sur le plan disciplinaire c’est le conseil supérieur de la magistrature qui met en jeu la responsabilité des magistrats et ses décisions s’imposent au ministre de la justice. dans sa vie privée. L’art 413 du Code pénal pénalise toute entreprise de démoralisation des armées.

II/ Les organes d’administration de la fonction publique §1 : Les organes externes à la fonction publique : la conception et la direction A/ Les ministres chargés de la fonction publique Le Premier ministre est chargé de veiller à l’application des règles de la fonction publique. Elle participe aux négociations de la rémunération et contrôle les différentes écoles administratives comme l’ENA. …) C/ Le conseil supérieur de la fonction publique de l’Etat Il est présidé par le premier ministre ou son délégué. Il se divise en deux sections : une section administrative et une section syndicale. Souvent il délègue ses pouvoirs à un ministre ou à un secrétaire d’Etat de la fonction publique. Elle prépare les textes relatifs à la fonction publique. de l’hygiène et la sécurité. Cependant plusieurs commissions composées d’un nombre égal de représentant de l’administration et des syndicats sont créées : commission des statuts. s’occupe de l’encadrement. L’arrêt de 2004. Kazals. Il intervient en qualité d’instance de recours notamment en matière et disciplinaire et entend les rapports faisant état de la fonction publique chaque année et après débat il donne un avis transmis aux assemblées Droit de la Fonction Publique . Le Conseil d'Etat annule la sanction de déplacement d’office d’un ancien procureur d’Auxerre auquel il avait été reproché une inertie incompréhensible entre 1992 et 1999. Cette fonction de direction l’amène à présider le conseil supérieur de la fonction publique et à signer ou à contresigner les actes réglementaires concernant les fonctionnaires. Il délibère sur toutes les questions relatives aux fonctionnaires de l’Etat et le statut général ou les particuliers. Ils font des propositions pour mener une politique de la fonction publique. Elle gère également certains corps de fonctionnaires (administrateur civil). Elle élabore des programmes de concours et organise parfois certains concours. s’occupe de l’action en faveur des fonctionnaires (tickets restaurants. de la formation professionnelle et la promotion sociale. B/ La direction générale de l’administration et de la fonction publique Elle est créée par une ordonnance du 9 octobre 1945 et est rattachée au premier ministre et au ministre de la fonction publique. La loi du 13 août 2001 crée une commission commune au Conseil supérieur de la fonction publique et au conseil supérieur de la fonction publique territoriale. la formation et la modernisation de la fonction publique. Il est saisir par le premier ministre ou à la demande écrite du tiers des membres titulaires.14 plus grande car il était représentant syndical. concerne la procédure disciplinaire suite à l’affaire des disparues de l’Yonne pour laquelle les magistrats avaient été considérés comme laxistes. élabore les statuts. Il peut émettre des propositions de réforme. prépare les réponses ministérielles réelles sur les questions de la fonction publique. d’amélioration. Le rôle principal appartient au ministre des finances qui a compétence pour les mesures relatives à la fonction publique qui ont des conséquences financières directes ou non. Elle veille à l’observation des questions statutaires. des recours. Il est saisi obligatoirement des projets de loi tentant à modifier le statut. Il statue en assemblée plénière en cas de différend entre les sections ou quand il est saisi sur des questions disciplinaires. Il est composé de 38 membres nommés par décret : 19 sont issus de l’administration et 19 issus des syndicats pour trois ans renouvelables.

En principe chaque corps de fonctionnaire a un CAP au niveau national mais lorsque les effectifs du corps sont très n ombreux il existe des CAP locales. le licenciement. Les représentants élus n’ont pas de mandat impératif et siègent à titre individuel.15 parlementaires. Il peut faire office de conseil disciplinaire. B/ Les comités techniques paritaires (CTP) Ils sont institués en 1946 et ont été maintenus. §2 : Les organes internes à la fonction publique : la gestion et la participation A/ Les commissions administratives paritaires (CAP) Elles sont instituées dès 1946 par le statut général. l’avancement. La fonction publique territoriale comprend 60 cadres d’emploi. Ils consistent à veiller à ce que soient garanti l’hygiène et la sécurité et à analyser les risques professionnels. mais c’est en constante augmentation car il y a 270 métiers territoriaux à exercer. Elles ont été créées afin d’assurer l’examen des questions individuelles intéressant la carrière des fonctionnaires. règles d’hygiène et de sécurité.105). Il reçoit un rapport annuel sur l’état de l’administration dans les services correspondants. néanmoins quand l’avis est obligatoire son absence entache d’illégalité la décision administrative. Ils rendent des avis consultatifs sur les questions relatives à l’organisation et au fonctionnement des administrations et services . La création.251). Seuls les syndicats peuvent déposer des listes de syndiqués. : Conseil d'Etat de 1970 syndicat CGT (Lebon p. lesquels avaient pour charge de faire une thèse et un doctorat d’Etat. Les représentants du syndicat sont élus par élection professionnelle alors que les représentants de l’administration sont nommés. se prononçant uniquement sur des cas personnels tels que la notation. Elle comprend le chef de service (président du CAP) et un nombre égal de représentant de l’administration et du personnel. Leur composition est aussi paritaire. C/ Les comités d’hygiène et sécurité (CHS) Il est prévu depuis le statut général de 1984 et quand il n’existe pas. et le critère de répartition des primes. la suppression ou la modification des corps de fonctionnaires ou cadre d’emploi dépend des pouvoirs publics et sont des questions insusceptibles de recours contentieux (libre gestion de l’Etat) : arrêt du Conseil d'Etat de 1988 association nationale des assistants (Lebon p. III/ La structure interne de la fonction publique §1 : La notion de corps La fonction publique comprend environ un millier de corps de fonctionnaires (950 et 1100). Droit de la Fonction Publique . aux programmes de modernisation. c’est le CTP qui exerce les fonctions de CHS. Il est consulté en matière de formation professionnelle et pour l’élaboration des actions de formation. C’est l’illustration d’un principe constitutionnel du préambule de 1946 : la participation des travailleurs à la libre détermination de leurs conditions de travail. Il ne rend que des avis consultatifs . Leur composition est paritaire avec en plus le médecin de prévention. la procédure disciplinaire.

les conducteurs automobiles. les agents de service. administrateur civil. qui est sensée marquée l’empreinte de la libre gestion et d’administration par les collectivités. inspecteurs des impôts. §2 : La notion de catégorie Il y a trois catégories de corps (statut de 1946) : A (licence). §3 : La notion de grade et d’emploi A/ Distinction grade et emploi L’art 12 de la loi du 13 juillet 1983 dispose que le grade est distinct de l’emploi. sont appelés à faire la même carrière et concourant entre eux pour l’avancement. Il y a une raison politique à la différence de dénomination. La catégorie A+ concerne l’ENA. Et donc en 1984 il n’y avait pas de problème pour aller de la fonction publique territoriale à la fonction publique d’Etat. commissaire de police. Mais il existe tout de même des procédures de changement de corps : le détachement. La catégorie B comprend les instituteurs (en extinction). Dans la fonction publique territoriale. le tour extérieur et l’intégration (changement de corps définitif). secrétaires administratifs d’administration centrales. Le grade est un titre qui confère à son titulaire la vocation à occuper l’un des emplois qui lui correspond. Simplement les titulaires d’un grade doivent occuper des emplois Droit de la Fonction Publique . C’est une revanche des élus sur les fonctionnaires territoriaux. Il y a également les gardes champêtres et policiers municipaux. Cour des comptes. les cadres d’emploi regroupent des fonctionnaires soumis au même statut particulier et ayant vocation au même grade. l’attribution du grade ne dérive pas de l’occupation d’un emploi. Ceux-ci sont crées dans la fonction publique de l’Etat par le Parlement qui donne son autorisation par le biais de la loi de finance. Il y a également les secrétaires de mairie ou les techniciens ou encore les rédacteurs territoriaux. mais en 1987 la permutabilité est plus difficile. et sont créés en fonction des crédits budgétaires alloués à l’administration. les cadres de santés. elle se fait au sein d’un corps de fonctionnaires. les adjoints administratifs. C (BEPC) et D jusqu’en 1986. inspection des finances. Dans la loi du 26 janvier 1984 initialement figurait la notion de corps territoriaux. La catégorie A comprend les grands corps de l’Etat : Conseil d'Etat. Mais en 1987 il y a une alternance politique et la notion de corps pour la fonction publique territoriale est abandonnée pour l’expression cadre d’emploi.16 Un corps de fonctionnaires regroupe un ensemble de fonctionnaires soumis au même statut particulier et ayant vocation au même grade. Il s’agit des préfets et sous-préfet. Autrement dit la carrière administrative ne se fait pas dans la fonction publique. B (Baccalauréat). les agents de maîtrise. Par conséquent les corps. groupe de fonctionnaires. les contrôleurs des impôts. La catégorie C comprend les secrétaires dactylo. B+ pour le corps des greffiers par exemple car la rémunération est plus important que la catégorie B. Ce sont les assemblées délibérantes qui créent les cadres d’emploi dans une collectivité territoriale. Elles dépendent du niveau de qualification requis pour entrer dans les corps concernés. ce n’est pas la conséquence. enseignants sauf les instituteurs. Les corps de fonctionnaires ou cadres comprennent des emplois mais la notion d’emploi est indépendante de la notion de corps : un corps est un ensemble de fonctionnaires qui occupent des emplois. Il s’agit également des cadres d’emploi tels que les administrateurs et attachés territoriaux. Trésor public. les douanes. Par conséquent. En principe un fonctionnaire fera sa carrière dans le même corps jusqu’à son admission à la retraite.

arrêt de 1991 madame Imbert-Quaretta (AJDA91 p. Mais si cette diminution est en réalité une sanction disciplinaire déguisée alors cette décision est illégale et entachée de détournement de pouvoir : arrêt du Conseil d'Etat de 1994 association de défense des ingénieurs des villes de France. De même le juge administratif a annulé la nomination par un président d’OPHLM d’un agent comme agent technique qualifié mais chargé de la cellule sociale de la sécurité dans les cités et des relations avec les locataires : cour administrative d’appel de Marseille de 1998. Dès lors l’autorité administrative dispose d’une grande marge de manœuvre pour affecter les agents en tenant comptes de ses aptitudes. Les magistrats judiciaires bénéficient constitutionnellement (art 64) et statutairement de l’inamovibilité. Droit de la Fonction Publique . La distinction grade et emploi n’empêchent pas la mobilité. Certaines situations peuvent aboutir à ce que les fonctionnaires voient leurs responsabilités diminuer et que certaines de leurs fonctions leurs soient retirées. mais elle permet une certaine contenue de la nomination des fonctionnaires. B/ Limitation au principe : l’inamovibilité Le fonctionnaire titulaire de son grade peut aussi être inamovible dans son emploi : l’emploi n’est pas à la libre disposition de l’administration. La rétrogradation est une sanction disciplinaire (troisième groupe sur quatre groupes des sanctions disciplinaires) : c’est une diminution du grade de l’agent. La rétrogradation entraîne une baisse du salaire et une diminution des responsabilités que l’agent va exercer. sauf accord du fonctionnaire. Cela permet d’assurer l’indépendance du fonctionnaire. C’est la même chose pour les professeurs d’universités. capacités pour servir au mieux l’intérêt général. OPHLM de la ville de Perpignan. ainsi que ceux du siège. Donc les mutations de fonctionnaires inamovibles sont impossibles. Un fonctionnaire peut parfaitement être placé sous les ordres d’un fonctionnaire de grade inférieur. 20135). L’inamovibilité protège l’indépendance des fonctionnaires et des mutations non désirées. L’intérêt du service justifie qu’un fonctionnaire exerce des missions qui lui sont confiées à titre temporaire dans un emploi qui ne correspond pas au grade qu’il détient dans la hiérarchie administrative : arrêt du Conseil d'Etat de 1996 département du Val d’Oise (RDA 97 commentaire n°68). le fonctionnaire est affecté dans un nouvel emploi dans les conditions prévues par les dispositions statutaires régissant la fonction publique à laquelle il appartient. Une psychologue territoriale peut-elle devenir directrice des ressources humaines ? L’occupation d’un tel emploi n’est pas en relation avec le grade de l’agent car il n’y a pas de corrélation entre le grade de cette psychologue et les missions qu’elle aurait à occuper en tant que directrice du personnel. Il faut choisir un autre type de sanction. … Dans le cas de la mutation disciplinaire (déplacement d’office).17 en rapport avec les fonctions que la possession du grade les destine à remplir : arrêt de la cour administrative d’appel de Marseille de 2003 département du Vaucluse (JCPA. Le dernier alinéa de l’art 12 dispose qu’en cas de suppression d’emploi. les garanties procédurales disciplinaires sont multiples par rapport à la procédure disciplinaire de droit commun. Un tel comportement n’est pas illégal en soi dans la mesure où l’agent n’a que vocation à occuper des emplois. 575). Souvent cette mutation est un avancement. Mais le fonctionnaire n’a aucun droit à conserver son emploi ni à en changer : il n’est pas propriétaire de son emploi et l’administration fait ce qu’elle veut. Le problème c’est que la sanction d’un agent qui est du premier grade est impossible car il est au bas de l’échelle. Donc seule un attaché territorial peut devenir directeur des ressources humaines.

Les conséquences : -L’agent ne peut pas changer d’emploi.18 Cette procédure est juridictionalisée c'est-à-dire que le fonctionnaire est sanctionné par un organe collégial composé de ses pairs et qui statut en la forme d’une juridiction. -La situation du fonctionnaire a un caractère évolutif et l’agent connaîtra un avancement (augmentation de responsabilité et de salaire). le recrutement est fait par contrat de droit public ou de droit privé. De ce fait il est possible de faire carrière dans un système de l’emploi. La passation d’un nouveau contrat avec changement d’emploi est possible : y a-t-il une notion de carrière ? -la situation du fonctionnaire ne se modifie pas qu’il exerce l’emploi qui lui a été confié. -L’agent ne reste dans l’administration que pour la durée fixée par le contrat. c’est le système de l’emploi mais la plupart du temps les contrats des agents sont renouvelés et donne lieu à un avancement (augmentation de salaire et de responsabilités). Japon. … En principe c’est un emploi à durée déterminée par opposition à la carrière. Afrique francophone. Le renouvellement est possible. Le système de la carrière La carrière est le développement dans le temps de la situation administrative du fonctionnaire depuis son recrutement jusqu’à la fin de son activité professionnelle. Suisse. -Le recrutement se fait en fonction des qualités que suppose l’emploi et comme souvent il n’y a qu’un seul emploi. Aux Pays-Bas le système de l’emploi est majeur mais les vacances d’emploi ne sont pas publiées. Il connaîtra plusieurs changements d’affectation. sa situation ne se modifiera plus. Aux Etats-Unis. De ce fait seuls les agents en place peuvent postuler car les agents extérieurs ne sont pas informés. 2. … Les conséquences : -le fonctionnaire n’est pas recruté pour un emploi déterminé. Allemagne. Droit de la Fonction Publique . Les systèmes mixtes Dans la majorité des fonctions publiques on assiste à la mixité des deux systèmes. 3. Le fonctionnaire consacre à la fonction publique la totalité de sa vie professionnelle. Ce système se retrouve aux Etats-Unis. -le recrutement ne s’effectue pas par contrat. -le fonctionnaire est choisi en fonction des qualités le rendant apte à exercer des activités différentes selon l’évolution de sa carrière : recrutement par concours. Ce système est au Royaume-Uni. C’est un système dans lequel le fonctionnaire va exercer sa profession dans des conditions qui se modifieront dans le temps tout au long de sa vie professionnelle. mais donne lieu à une nomination émanant de l’autorité administrative. -Cette situation ne peut pas être soumise au droit privé qui ne connaît en principe que la situation contractuelle. En contrepartie de cette loyauté il percevra une pension de retraite quand il cessera ses fonctions. C/ Le système de la carrière et le système de l’emploi 1. Pays-Bas. Le système de l’emploi Il est recruté pour un emploi déterminé. Le contrat peut prévoir un avancement financier mais il ne peut pas prévoir l’attribution de nouvelles fonctions : il faut un nouveau contrat.

19 En France le système de la carrière prime mais il existe des exemples dans lesquels on retrouve la logique du système de l’emploi. Par exemple les communes pouvaient décider de diminuer les emplois pour des motifs économiques : licenciement pour motif économique. En droit positif Il est impossible de faire carrière sur les emplois fonctionnels (emplois supérieurs) parce que politisés et il n’y a aucune garantie juridique de maintien sur l’emploi : on les trouve dans la fonction publique de l’Etat et la fonction publique territoriale. Aujourd’hui une commune serait obligée de réaffecter les agents. recteurs. … sont des emplois à la décision du gouvernement. les emplois de préfet. Droit de la Fonction Publique . ambassadeurs. Il n’y a pas un modèle idéal de fonction publique mais quelque soit le système retenu. ce qui est une situation plutôt précaire. il y a toujours une influence de l’autre modèle pour des raisons de flexibilité. Les agents peuvent être déchargés à tout moment de leurs fonctions. Avant les lois de 1984 et 1985 la fonction publique territoriale était plusieurs : il fallait raisonner par rapport à l’employeur (département. Dans la fonction publique de l’Etat est un emploi fonctionnel l’emploi de directeur du musée d’Orsay . Dans une telle situation c’est le système de l’emploi qui a prévalu. …).

I/ L’admissibilité aux emplois de la fonction publique §1 : Les conditions d’admission A/ l’exigence de la nationalité française L’art 5 de la loi de 1983 dispose que nul ne peut avoir la qualité de fonctionnaire s’il ne possède la nationalité française. justice. Dans certains cas les textes permettent le recrutement d’étrangers en qualité de fonctionnaire : personnalités de la recherche. Il y a deux conditions (cumulatives) d’exclusion à l’ouverture aux ressortissants : -l’emploi est associé à la sauvegarde des intérêts généraux de l’Etat et des collectivités locales. professeur au collège de France. En principe le recrutement est le concours (art 16 de la loi du 13 juillet 1983). 2. professeur d’université. dans un arrêt de 1980. La nationalité est un facteur d’identité de l’Etat et sur le plan moral. Les emplois publics sont réservés aux nationaux qui sont protégés de la concurrence étrangère. Commission c/ Belgique. administration fiscale et les personnes des banques centrales. professeur d’école d’architecture. considère que sont des emplois dans l’administration publique ceux qui supposent l’existence d’un rapport particulier de solidarité à l’égard de l’Etat ainsi que la réciprocité des droits et devoirs qui sont le fondement d’un lien de nationalité. Cependant il y a certaines exceptions. Cette exigence n’a pas été abandonnée malgré l’évolution du droit communautaire. le loyalisme des étrangers peut être soumis à caution. L’accès des ressortissants communautaire à la fonction publique Le problème d’accès est la langue et il y a peu de candidats. -les agents bénéficient de puissance publique. Droit de la Fonction Publique . L’accès des étrangers à la fonction publique Il existe quelques cas dans lesquels des étrangers peuvent être recrutés en tant qu’agent non titulaire : c’est un engagement contractuel de militaire. police. La Commission a opté pour une approche par secteurs : certains peuvent échapper à l’ouverture aux ressortissants : armée. L’art 48-4 du traité CE et l’art 39-4 disposent que le principe de libre circulation des travailleurs n’est pas applicable aux emplois dans l’administration publique : la Cour de justice des Communautés européennes. 1. Ce système n’est pas le seul : le recrutement direct sans l’étape du concours est possible mais toujours dans le respect du principe d’égalité. affaires étrangères. hauts fonctionnaires des administrations centrales.20 CHAPITRE III L’ACCÈS À LA FONCTION PUBLIQUE L’accès à la fonction publique est dirigé par un principe constitutionnel qui régit tous les modes de recrutement : le principe d’égalité (art 6 de la Déclaration des droits de l’Homme) à l’accès aux emplois publics.

Le système français de recrutement ne satisfait pas aux exigences communautaires parce qu’il ne prend pas en compte l’expérience professionnelle acquise par l’intéressé. Madame Burbaud est dispensée de toute formation car il y a équivalence des diplômes.21 Cette position laissait à penser que les autres secteurs doivent être ouverts aux ressortissants. Ce sont des professions qui exigent l’obtention d’un diplôme reconnu par l’Etat : professions médicales. Le diplôme d’administrateur de l’ENSP de Lisbonne est-il équivalent à celui de Rennes ? Si oui faut-il imposer un recrutement par concours pour l’intéressée ? En cas de réussite du concours faut-il la dispenser de la formation et du stage ? Les directives communautaires relatives à la reconnaissance mutuelles des diplômes s’appliquent à la fonction publique donc la France avait l’obligation de mettre en place une procédure permettant l’équivalence des deux diplômes. Le droit communautaire a posé des exigences nouvelles en matière d’accès pour les professions réglementées. En revanche la Cour n’a pas répondu à la question du stage qui est une période probatoire au terme de laquelle il y a classement du candidat par rapport aux autres candidats stagiaires. En 2002 la Commission a ajouté à cette approche par secteur une approche par emploi : il faut vérifier dans chaque secteur exclu si tous les emplois sont eux-mêmes à exclure par rapport aux dispositions de la Cour de justice des Communautés européennes. B/ La jouissance des droits civiques Il s’agit de l’art 5 titre I du statut. le recrutement par concours n’est pas remis en cause. Arrêt de 2003 Cour de justice des Communautés européennes. Elle se place en disponibilité et vient faire un doctorat en France. La Commission et la Cour de justice des Communautés européennes ont adopté une approche fondée sur la nature des emplois et non sur la nature du système choisi (emploi ou carrière). ce qui lui est refusé. Elle demande au ministre de la santé son intégration directe dans la fonction publique hospitalière en tant que directrice. la personne ne peut pas être fonctionnaire. Il peut toujours y avoir une enquête Droit de la Fonction Publique . C/ Les conditions de moralité L’art 5 du statut (1983) dispose que si les mentions portées au bulletin n°2 de son casier judiciaire sont incompatibles avec l’exercice des fonctions postulées. Toute interdiction doit être faite de manière expresse. Il y a un recours et la Cour administrative d'appel de Douai renvoie devant la Cour de justice des Communautés européennes. Le Conseil d'Etat décide de maintenir le stage. Quand l’agent déjà fonctionnaire est privé de ses droits civiques il doit être automatiquement radié des cadres : c’est une compétence liée de l’administration. Dans la fonction publique certaines professions ne peuvent être exercées qu’après obtenu un diplôme et réussi un concours. L’administration dispose d’un pouvoir d’appréciation très important sur cette condition ce qui nourrit le contentieux de l’agrément des concours. Cependant la notion de professions réglementée n’intéresse pas la fonction publique. Les candidats doivent jouir de la totalité de leurs droits civiques. La Cour de justice des Communautés européennes reconnaît aux Etats membres le droit de choisir leur procédure de recrutement dans le respect des exigences communautaires. libérales (juridiques) et la fonction publique. Il faut vérifier emploi par emploi si on autorise l’ouverture aux ressortissants. Cette condition est un principe général applicable à tous les agents publics y compris aux contractuels. Madame Isabel Burbaud : C’est une ressortissante portugaise ayant une maîtrise en droit et directrice d’hôpital à Lisbonne.

C’est l’administration qui apprécie l’aptitude physique du candidat par l’intermédiaire de médecins agrées. Arrêt du Conseil d'Etat de 2004 préfet de police : est légal le refus d’agrément opposé par le préfet de police à une candidate au concours d’agent de surveillance de la ville de Paris en raison d’un ancien vol à l’étalage de l’intéressée. Les notions d’inaptitude physique et de handicaps sont différentes.22 administrative car cela permet à l’administration de se fonder sur des faits dont elle a pu avoir connaissance indépendamment de ceux mentionnés au bulletin n°2. un candidat à un emploi de policier municipal ne peut pas se voir opposé un refus de nomination au motif qu’il est sujet à des tics nerveux. mais les conditions d’accès peuvent prévoir un test de dépistage mais selon la Cour de justice des Communautés européennes le candidat est libre de refuser de se soumettre à ce test (art 8 de la convention européenne des droits de l’homme : arrêt de 1994 Mme X. Ces maladies peuvent être considérées comme faisant obstacle à l’emploi postulé. il appartient à l’administration de s’interroger sur la compatibilité des mentions au casier judiciaire avec les fonctions exercées. D/ Les conditions relatives à la situation militaire Les candidats doivent se trouver en position régulière au regard des lois relatives au service national. E/ L’aptitude physique Les candidats doivent remplir les conditions d’aptitudes physiques énoncées dans les statuts spéciaux. Association française des hémophiles). L’amputation d’un bras droit empêche d’exercer les fonctions de chef de service d’une maternité (arrêt Picot de 1979 du Conseil d'Etat).La cécité est toutefois une inaptitude pour l’emploi d’inspecteur de police (Conseil d'Etat 1990 arrêt Levesque). Le fait d’être hémophile n’est pas une cause d’exclusion de la fonction publique (arrêt du Conseil d'Etat de 1975. La Cour administrative d'appel de Nantes dans l’arrêt M. sous le contrôle du juge administratif qui exerce un contrôle normal (vérification si le handicap fait véritablement obstacle à l’exercice de l’emploi postulé). le Conseil d'Etat estime que la cécité n’est pas une inaptitude à l’enseignement. L’administration peut révoquer son agent après avoir respecté la procédure disciplinaire. Jacquinot de 1996 estime que le fait d’avoir été poursuivi pénalement en raison de plusieurs cambriolages et d’un vol de voiture n’est pas de nature à établir qu’un candidat aux fonctions de gardien de la paix n’offrait pas les garanties de moralité nécessaires. Dans un autre arrêt de 2000. Laubeyre. Dans un arrêt de 1982. Commune de Neuilly sur Seine. Le statut général n’impose plus d’être reconnu indemne ou guéri de toute infection tuberculeuse. Le législateur a essayé de donner une définition de la personne handicapée. Pour le SIDA il n’existe pas de règles spécifiques relatives à cette maladie. La reconnaissance de la qualité de Droit de la Fonction Publique . Si un fonctionnaire est condamné pénalement sans que sa condamnation soit accompagnée d’une privation de ses droits civiques. cancéreuse ou nerveuse. Le juge a tenu compte de l’ancienneté des faits reprochés et du comportement exemplaire qui a suivi. La loi du 11 février 2005 sur l’égalité des droits et chances la participation et la citoyenneté des personnes handicapées a crée un fond spécial à la fonction publique à l’instar du modèle de droit privé. Dès lors la situation régulière est appréciée au regard des règles de recensement et d’appel à la préparation à la défense. La loi du 28 octobre 1987 a bouleversé les conditions du service national qui n’est plus obligatoire pour les personnes nées après le 1er janvier 1979.

talent. M. §2 : Les discriminations interdites dans l’accès à la fonction publique Elles sont fondées sur le sexe. Droit de la Fonction Publique . Merlenghi. religieuses. … Cette disposition est reprise par le pacte de 1966 et le préambule de 1946. Pour l’enseignement secondaire. Cependant il est possible de refuser la candidature de personne ayant une qualité religieuse : arrêt de 1912 Abbé Bouteyre dans lequel on refuse de laisser participer un ecclésiastique à l’agrégation de philosophie. Le nombre de femmes dans la fonction publique devient de plus en plus important. …. Les candidats à la fonction publique sont libres d’adhérer aux opinions politiques de leur choix et les dossiers de candidature ne peuvent pas contenir une mention d’un candidat sous peine d’annulation du concours : arrêt du Conseil d'Etat de 1988. Pour l’enseignement supérieur il n’y a aucune incompatibilité de principe. les opinions politiques. sur la race. à elles seules. demoiselle Béis : on ne peut pas refuser de participer à un concours au motif qu’elle a fait la scolarité dans un établissement catholique. Pour l’enseignement primaire la loi Ferry de 1896 dispose que l’enseignement dans des écoles publiques primaires est dispensé par une personne laïque. L’autorité administrative peut refuser d’admettre à concourir un candidat ayant manqué à son obligation de réserve. La reconnaissance de la qualité de travailleur handicapé n’affranchit pas l’intéressé du respect des éventuelles conditions d’aptitudes physiques qui sont exigées dans l’exercice de certaines fonctions.23 travailleur handicapé ainsi que l’appréciation de la compatibilité du handicap avec l’emploi postulé relève de la COTOREP. Un candidat à l’ENM n’a pas manqué à son obligation de réserve en ayant participé à une manifestation étudiante sans aucune violence : arrêt de 1985 du Conseil d'Etat. B/ L’interdiction des discriminations en raison des convictions religieuses L’administration ne peut pas tenir compte des convictions ou de l’absence de convictions religieuses des candidats à la fonction publique. En 1997 trente des candidats admis à l’ENA étaient des femmes. A/ L’interdiction des discriminations en raison des opinions politiques Il s’agit de l’arrêt du Conseil d'Etat de 1954. L’état d’ecclésiastique n’est pas incompatible avec la fonction publique. le Conseil d'Etat a rendu un avis en 1972 dans lequel il considère que les dispositions constitutionnelles imposent la neutralité de l’enseignement et des services publics mais ne font pas obstacles par elles-mêmes à ce que des fonctions de ces services soient confiés à des membres du clergé. il y a 56% de femmes. justifier leur exclusion du concours. C/ L’interdiction des discriminations en raison du sexe Il s’agit d’un arrêt du Conseil d'Etat. Au niveau européen la candidature d’un prêtre à l’emploi de magistrat peut être refusée sans contrevenir aux principes de la convention européenne des droits de l’Homme : Cour européenne des droits de l’Homme de 1982. Demeester c/ Belgique. Il est attendu une certaine réserve dans l’expression de leurs opinions et dans leur comportement adopté préalablement au concours. Pour l’enseignement public. de 1936 qui institue le principe d’égalité entre les hommes et femmes dans la fonction publique. … Selon la Déclaration des droits de l’Homme tous les citoyens sont également admissibles aux places et emplois sans autre condition que leur mérite. demoiselle Bobard. Barel : Les opinions communistes de candidats à l’ENA ne peuvent. Dans un arrêt de 1939 du Conseil d'Etat. Mulsant.

Martel. de l’éducation et de la justice de 2004. Les pouvoirs publics envisagent de faire disparaître cet avantage. En ce qui concerne les pensions civiles et militaires de retraites. Griesmar de la Cour de justice des Communautés européennes de 2001. Le recrutement par concours n’est pas une obligation constitutionnelle et le législateur peut donc y déroger.24 La loi du 9 mai 2001 sur l’égalité des hommes et des femmes a modifié l’art 6 de la loi du 13 juillet 1983 : des recrutements différents selon le sexe sont possibles. Le droit communautaire garantit le principe d’égalité entre hommes et femmes : la directive du 9 février 1996 sur l’égalité de traitement entre hommes et femmes s’oppose à ce que la législation interdise l’accès des femmes à la fonction militaire : arrêt de la Cour de justice des Communautés européennes de 2000. B/ L’admission à concourir Droit de la Fonction Publique . La liste des postes affectés doit être publiée au Journal Officiel. Aujourd’hui le recrutement différencié en faveur des hommes n’existe que pour les corps des fonctionnaires pénitenciers. il s’agit d’un examen et non d’un concours. Le droit communautaire a estimé que cette disposition était contraire au principe d’égalité de traitement entre hommes et femmes : arrêt M. La décision d’ouverture du concours n’est pas créatrice de droit et peut donc être retirée à tout moment. le code contenait des dispositions plus favorables aux femmes (la femme ayant élevé plus de trois enfants bénéficiaient de certains droits d’ancienneté). Cela n’est possible que pour les corps de fonctionnaires dont la liste est établie par décret en Conseil d'Etat. Mademoiselle Tania Kreil. Autre arrêt de la Cour de justice des Communautés européennes : Bricheche c/ ministre de l’Intérieur. La terminologie utilisée n’est pas très claire : certains examens qualifiés de professionnels sont en fait des concours et le juge n’hésite pas à requalifier. si le sexe constitue une condition déterminante pour l’exercice des fonctions. ni leurs conditions d’exercice ne justifient le refus d’accès des femmes au corps des armées de l’air : arrêt du Conseil d'Etat de 1995. ni la nature des fonctions. idem pour le commissaire dans l’armée de terre : arrêt de 1998 du Conseil d'Etat mademoiselle Aldige. Le recrutement exclusif d’hommes ou de femmes dans un corps est interdit. Quand le nombre n’est pas limité. Pour les corps militaires. II/ Les techniques de recrutement §1 : Le recrutement par concours : le principe C’est une compétition organisée entre des candidats dont la valeur est appréciée par un jury et au terme de laquelle seuls les meilleurs seront recrutés pour pourvoir un certain nombre d’emploi dans la fonction publique. Il est possible de prévoir des épreuves physiques ou des notations différentes en fonction du sexe. A/ L’ouverture du concours L’administration n’a pas l’obligation d’ouvrir un concours afin de pourvoir des emplois vacants sauf si les textes prévoient une périodicité régulière : par exemple le concours de greffier est fait en fonction des besoins du service. cette faveur n’étant pas réservée aux veufs non remariés. Elle a considéré en effet comme contraire au droit communautaire les dispositions françaises permettant aux veuves non remariées d’accéder à la fonction publique sans condition d’âge.

Le fait pour un membre du jury de ne pas siéger au motif qu’il connaît le candidat est de nature à faire annuler le concours. Toutes les irrégularités ne sont pas susceptibles d’entraîner la nullité du concours : il faut qu’elles aient eu une influence déterminante. E/ Le contentieux des concours C’est surtout la volonté d’obtenir l’annulation du concours pour lequel le candidat a été défaillant. L’administration peut retirer son autorisation à concourir si elle a connaissance d’éléments et de faits vis-à-vis du candidat. C/ l’organisation des concours En principe ce sont des dispositions de nature réglementaire qui fixent les conditions de candidature. Le règlement du concours ne peut pas être modifié après le début des opérations du concours. en raison d’un manque de sujets. et ce même après la clôture des inscriptions : c’est un contrôle normal du juge administratif. règles de composition du jury et la nature des épreuves. mais tant que le concours n’a pas commencé. En revanche il est impossible de neutraliser une épreuve en donnant une note fictive à tous les candidats. C’est lui qui décide collégialement qui est admis au concours. La délibération du jury du concours a un caractère indivisible : par exemple la demande d’annulation fondée sur des demandes d’annulation de certaines épreuves est impossible. A l’occasion d’un recours exercé contre la délibération d’un jury il sera possible au requérant de Droit de la Fonction Publique . Elle a le droit d’apprécier dans l’intérêt du service si le candidat présente les conditions et qualités nécessaires à l’emploi postulé. Ce contentieux est considéré comme relevant de la théorie des actes administratifs complexes. certains candidats ont eu des photocopies en couleurs et d’autres en noir et blancs alors qu’il y avait des schémas : arrêt de 1992 du Conseil d'Etat. Idem pour les moyens fournis aux candidats : Conseil d'Etat de 1988 Mme Rochelemagne. Les candidats n’ont aucun droit acquis au maintien du règlement d’un concours : d’un concours à l’autre le changement de règlement peut faire perdre au candidat le bénéfice de la réussite obtenue avec l’ancien règlement et tant pis pour ces candidats. Le jury est indépendant de l’autorité organisatrice. Par exemple il peut proposer un nombre de reçus inférieur au nombre de postes affectés Il n’a pas à motiver sa délibération car ce n’est pas un acte individuel défavorable. Les principes généraux du droit des concours s’appliquent. Chauvat. il peut être modifié. Le principe d’égalité entre les candidats doit être respecté : ce principe est violé quand. D/ L’appréciation de la valeur des candidats L’autorité organisatrice et le jury doivent respecter l’égalité entre les candidats : les aménagements au profit des candidats handicapés ne sont pas une atteinte au principe d’égalité mais plutôt des moyens pour rétablir l’égalité. ils devront tout repasser si nécessaire : arrêt du Conseil d'Etat de 1997. Le jury peut décider de rectifier une irrégularité en faisant recommencer une épreuve à tous les candidats : arrêt de 1990 du Conseil d'Etat. Lannic.25 L’administration doit refuser l’inscription d’un candidat ne remplissant pas les conditions du concours. Il doit être composé de façon à assurer l’égalité entre les candidats : la présence dans le jury du père ou de l’ex mari d’une candidate vicie le principe d’égalité des candidats.

Conseil d'Etat. Le Conseil constitutionnel ne s’est pas opposé à la pratique du tour extérieur qu’il juge conforme à la constitution : le recrutement par concours n’étant pas une règle à valeur constitutionnelle. pour les syndicats et associations de fonctionnaires. troisième voies d’accès à l’ENA (AJDA 83 p. liste des candidats admis à concourir. les candidats inscrits ont intérêt à agir. Il n’exerce pas de contrôle de l’erreur manifeste d’appréciation sur la qualification juridique des faits. Les nominations doivent faire l’objet d’un REP pour être annulées. nulles et illégales : Conseil d'Etat de 1962. mauvais déroulement du concours. Le juge exerce un contrôle minimum sur l’appréciation et les notes portées sur le candidat. les membres des corps de fonctionnaires concernés par le recrutement. le législateur peut y déroger : avis du Conseil constitutionnel du 14 janvier 1953. le candidat doit avoir subi un préjudice : la perte d’une chance sérieuse de réussir le concours. Les notes obtenues et les éléments de correction ne sont pas susceptibles d’être menés au contentieux. L’administration n’a pas l’obligation d’organiser un nouveau concours. Cour des comptes. Cela vaut pour les plus grands corps de l’Etat (préfet. A/ Le tour extérieur La finalité est de faire entrer dans la fonction publique des personnes non fonctionnaires le plus souvent. mieux vaut d’abord réussir le suivant. Mais l’annulation d’un concours n’emporte pas automatiquement l’illégalité des nominations dans la fonction publique. Les candidats ont droit à la communication de leur copie et de leurs notes. F/ Les conséquences de l’annulation du concours Les nominations prononcées à la suite d’un concours annulé devraient être considérées comme caduques. Quand les résultats d’un concours sont annulés et pour préserver la nomination des candidats reçus. Pinon. …) Le problème : la liberté dont dispose le gouvernement peut être utilisée pour des nominations politiques et partisanes à des fonctions clés. Pour engager la responsabilité de l’administration.312). Les candidats peuvent engager la responsabilité pour faute de l’administration du fait de l’organisation défectueuse. ainsi que les membres du jury. §2 : Les dérogations au principe du concours Le gouvernement prévoit un mode d’accès à la fonction publique de l’Etat spécifique : les moins de 26 ans et plus de 50 ans peuvent accéder à la fonction publique après un examen professionnel. afin de faire profiter certains corps de leur expérience professionnelle et de l’originalité de leur parcours. En revanche ils ne peuvent pas exiger la communication du corrigé type ou de la grille de correction : les critères d’appréciation du jury n’ont pas à être donnés aux candidats (arrêt du Conseil d'Etat de 1988. La preuve d’un tel préjudice est difficile et pour obtenir des dommages et intérêts sur le fondement d’une perte de chance. Droit de la Fonction Publique . … Ils peuvent invoquer la responsabilité sans faute pour rupture de l’égalité devant les charges publiques et quand la loi de validation n’a pas expressément écarté toute validation (préjudice anormale et spécial) : Cour administrative d'appel de Marseille de 1999. désignation du jury. …) Pour l’intérêt à agir. le législateur intervient avec une nomination législative : ce sont les nominations qui sont validées et non les résultats (respect de la séparation des pouvoirs et autorité de chose jugée). Pradolier).26 se fonder sur toutes les illégalités faites pendant les opérations préalables (opération d’ouverture.

Désormais. elle est appelée à rendre un avis consultatif (qui tient compte de l’expérience de l’intéressé) qui ne lie pas l’autorité de nomination et le sens de cet avis est publié au Journal Officiel. Mais le Conseil d'Etat n’a pas poursuivi dans l’attitude adoptée en 1988 : il n’a pas retenu l’erreur manifeste d’appréciation du Président de la République qui a nommé à la Cour des comptes une ancienne attachée d’administration centrale chargée du protocole de la présidence dans un arrêt du 5 juin 1991. les emplois d’ambassadeurs. les directeurs généraux d’administration centrale. Il se livre à un contrôle restreint de l’erreur manifeste d’appréciation sur le choix opéré par le Président de la République ou le Premier ministre. préfets. Bléton et Sarazin le Conseil d'Etat a décidé que cette nomination au tour extérieur pouvait être annulée quand le profil du candidat n’est pas en adéquation avec les fonctions postulées. les secrétaires généraux des ministères. association amicale des magistrats et anciens magistrats de la Cour des comptes (AJDA p. les chefs de service de l’inspection générale de l’administration. On impose également plus de transparence dans la procédure de recrutement : on installe dans les grands corps de contrôle des commissions ad hoc de vérification des aptitudes. Ces commissions sont présidées par le chef du corps concerné et composé de fonctionnaires appartenant déjà ç ce corps . Pour les préfets la liberté de nomination du gouvernement reste totale : il n’y a pas de commission. B/ Les emplois à la décision du gouvernement L’art 25 de la loi du 11 janvier 1984 dispose qu’il existe au sein de la fonction publique des emplois supérieurs pour lesquels la nomination est laissée à la décision du gouvernement.509). Il n’existe pas de définition précise pour les emplois à la décision du gouvernement. Le Conseil d'Etat s’est penché sur la question du recrutement au tour extérieur. Deux décrets de 1985 viennent donner une liste non exhaustive des emplois à la décision du gouvernement : les directeurs d’administration centrale. Il ne trouve rien à redire non plus à la nomination d’un ancien officier de l’armée de terre en qualité de conseiller de tribunal administratif : arrêt du 27 avril 1987 Arnaudies (Lebon p. ne peut valablement être nommé en qualité d’inspecteur de l’administration des services culturels. Dans deux arrêts de 1988. un cinquième (contre un quart avant) des emplois vacants peuvent être l’objet de recrutement par la voie du tour extérieur. professeurs. Teissier. La nomination à de tels emplois peut concerner des fonctionnaires ou des non fonctionnaires. Un ancien capitaine de la marine marchande. La jurisprudence a ajouté d’autres emplois : directeur du CNRS avec l’arrêt du Conseil d'Etat du 13 décembre 1953. Cette loi a introduit une part de cooptation administrative en plus de la cooptation politique. Sont concernés les emplois situés au sommet de la hiérarchie administrative et à la jonction du politique et de l’administratif. Les emplois d’inspecteurs d’académie ou de chef de service dans les Com ne sont pas des emplois à la décision du gouvernement. En 1994 le législateur s’est emparé de ce thème car quelques journaux ont fait écho de ces nominations. recteurs. ayant été responsable d’actions sociale. représentant du gouvernement dans les COM. le directeur général ou président du conseil d’administration des grandes entreprises publiques et des établissements publics locaux de première importance.196). dans les deux cas les agents ne sont pas soumis au statut général de la fonction publique et sont révocables discrétionnairement pour des motifs Droit de la Fonction Publique . La loi du 28 juin 1994 relative à la moralisation de la fonction publique concernant le tour extérieur et le pantouflage a pour finalité de réduire le nombre de recrutement au tour extérieur.27 Il faut juste que le législateur respecte le principe d’égalité entre les candidats.

c'est-à-dire ceux qui ont réussi à passer le concours mais qui ne sont pas intégrés à la fonction publique. Droit de la Fonction Publique . pourtant il est de nature à violer le principe d’égalité devant la loi. La politisation n’est pas exempte de ce mode de recrutement et à l’avenir il y a un risque de voir privilégier les candidats ayant des formations parfois surqualifiées par rapport aux emplois qui seront occupés.229). Il est considéré comme ayant renoncé au bénéfice du concours. Les élus locaux choisissent au sein de cette liste les candidats qu’ils veulent recruter dans le cadre d’emploi pour lequel le concours a été ouvert. eu égard à leur ancienneté à la modification ultérieure du comportement. … III/ La nomination dans la fonction publique A l’issue de la plupart des concours les candidats sont nommés généralement à titre de stagiaires dans les corps ou cadres d’emploi pour lequel le recrutement a été ouvert. Les candidats qui ne sont pas nommés dans la fonction publique après trois ans d’inscription sur la liste d’aptitude perdent le bénéfice du concours : c’est le phénomène des reçus-collés. Le système n’est pas prêt d’être réformé car les élus locaux y sont très favorables. En pratique les reçus-collés sont très peu nombreux mais le système de recensement est aveugle : il n’y a aucune procédure de suivi instituée à l’égard des candidats ayant réussi le concours. Pour la fonction publique territoriale les candidats ayant réussi un concours ne sont pas classés par ordre de mérite. de nature à établir que celui-ci ne présentait pas les garanties : arrêt du 10 juin 1991 Garde des Sceaux c/ Vizier (Lebon p. Il existe au sein de la fonction publique territoriale et hospitalière des emplois supérieurs qui sont en quelque sorte l’équivalent des emplois à la décision du gouvernement : directeur de l’assistance publique des hôpitaux de Paris. Ce mécanisme est conforme au principe de libre administration des collectivités territoriales et laisse aux élus une grande liberté de choix dans leur recrutement de fonctionnaires. de Marseille. Les candidats sont autorisés à entrer dans les écoles administratives (ENA). La cessation des fonctions entraîne la réintégration des fonctionnaires (ceux qui l’étaient) dans leur corps d’origine mais les non fonctionnaires ne sont pas titularisés.28 d’opportunité. Le Conseil d'Etat annule le refus de nomination d’un candidat au motif que les faits d’éthylisme découverts après le concours ne sont pas. -La décision d’admission à concourir est légalement retirée. Lorsqu’ils sont classés par ordre de mérite l’autorité administrative est tenue de prononcer les nominations en se conformant à l’ordre établi par le jury sauf dans trois cas : -Le candidat a refusé tous les postes mais au concours qui lui était proposé. -Postérieurement à l’établissement de la liste des candidats autorisés à concourir sont révélés des faits qui témoignent manifestement que le candidat ne présente pas les garanties requises pour l’exercice des fonctions postulées. ils sont classés sur une liste d’aptitudes par ordre alphabétique. Nul ne peut dire aujourd’hui ce que représente quantitativement ce phénomène.

de droit commun du fonctionnaire. il joue à l’égard des fonctionnaires appartenant à un même corps mais il joue aussi à l’égard de fonctionnaires appartenant à des corps différents. soit dans le secteur privé. C’est celle dans laquelle il exerce ses fonctions effectives et correspondantes à son grade. Dans ces conditions une convention de mise à disposition entre l’administration d’origine et l’organisme d’accueil sera conclue et qui est destinée à établir les conditions de travail de l’agent et les modalités de remboursement par l’organisme d’accueil des sommes versées par l’administration d’origine à son agent. Il continue à percevoir sa rémunération versée par son employeur d’origine. Mais cette position peut changer au cours de leur carrière. §1 : La position d’activité C’est la position normale. Dès lors les discriminations opérées ne sont pas justifiées par des considérations d’intérêt général. La mise à disposition est individuelle mais elle peut concerner un nombre important d’agents au sein d’un même service. Il ne perçoit aucune prime ou indemnité spécifique.29 CHAPITRE IV LA CARRIÈRE DANS LA FONCTION PUBLIQUE Le principe de légalité va gouverner la plupart des règles relatives au déroulement de la carrière . qui est la mise à disposition : le fonctionnaire est mis à disposition d’une personne publique ou d’un organisme privée chargée d’une mission de service public demeure réputé être en position d’activité. Dans cette position d’activité il peut travailler à temps complet ou partiel. l’objet étant pour l’agent d’acquérir une expérience professionnelle supérieure. De plus l’exercice par le fonctionnaire de ses droits de congé n’a pas d’influence sur sa position statutaire. organismes internationaux ou Etat étranger ou encore une entreprise Droit de la Fonction Publique . I/ Les positions statutaires dans la fonction publique Les fonctionnaires doivent se trouver dans une position statutaire. Il existe une variante. entre personnes publiques. En contrepartie la mise à disposition ne peut être décidée qu’avec l’accord du fonctionnaire et en cas de nécessité du service. Il peut être prononcé par l’autorité administrative généralement sur la demande de l’agent dans un autre corps. Ce sont les statuts généraux (lois statutaires) qui définissent par fonction publique les positions statutaires. §2 : Les autres positions statutaires La plupart autorisent le fonctionnaire a des sorties temporaires de la fonction publique pour accomplir une certaine mobilité. L’abstention de l’administration de placer son agent dans l’une des positions statutaires prévues est de nature à engager sa responsabilité. A/ Le détachement C’est la position du fonctionnaire qui est placé hors de son corps d’origine mais qui continue à y bénéficier de ses droits à l’avancement et à la retraite. soit dans le secteur public ou parapublic (société d’économie mixte : SEM).

Cela lui permet de se livrer à des activités personnelles et surtout travailler dans le secteur privé ou parapublic. -considérer le fonctionnaire comme un citoyen à part dont les libertés seraient entravées par les missions publiques qu’il exerce. Il comporte toujours un droit à réintégration du fonctionnaire dans son corps d’origine mais le fonctionnaire peut aussi demander à être intégré dans le corps d’accueil si le statut particulier du corps d’accueil l’autorise. B/ La disponibilité Le fonctionnaire se place. Perreur. La disponibilité est de trois et après ce délai le fonctionnaire est réintégré dans son corps d’origine : ici le fonctionnaire a un droit à réintégration. Lorsqu’elles se passent dans le cadre du service elles doivent être autorisées et ne pas troubler le fonctionnement du service. La durée du détachement est variable. il s’agit donc du droit commun avec la loi du 31 juin 1881. S’il est dans un organisme privé il est régi selon les règles de droit privé et donc le Code du travail et devant le Conseil des Prud’hommes : arrêt du Tribunal des conflits du 24 juin 1996 Mme Fraysse (Lebon p. II/ Les droits collectifs des fonctionnaires Il y a deux tendances : -considérer le fonctionnaire commun citoyen ordinaire et donc le faire bénéficier des droits et libertés fondamentaux.547) qui était institutrice. Le détachement est aussi accordé de plein droit en vue de l’exercice de mandats électoraux ou syndicats nationaux. §1 : La liberté de réunion et d’association A/ Le droit de réunion Il n’y a pas de réglementation spéciale pour le droit de réunion des fonctionnaires. Droit de la Fonction Publique . La loi du 13 août 2004 relative au transfert des personnels de la fonction publique de l’Etat vers la fonction publique territoriale concerne les personnels de la DDE. hors de son corps d’origine et qui perd son droit à l’avancement et à la retraite. Les réunions ont lieu dans le cadre du service ou en dehors. « Les fonctionnaires sont des citoyens spéciaux » (Hauriou). Mais elle est limitée par les spécificités de la fonction publique. beaucoup plus généralement d’une durée de cinq ans renouvelable une fois dans la carrière. Les réunions à caractère privé n’ont besoin d’aucune autorisation préalable. ouvriers et techniciens des lycées et collèges : les fonctionnaires de l’Etat sont mis à disposition auprès des collectivités locales Puis en 2006 le transfert sera définitif : c’est une intégration directe dans la fonction publique territoriale ou un détachement illimité au sein de la fonction publique territoriale sans possibilité de réintégration dans le corps d’origine. surtout à l’expiration d’un congé maladie et que le fonctionnaire n’est pas en mesure de reprendre ses fonctions. Cette tendance explique les régimes spécifiques mis en place pour les agents publics concernant les libertés dont ils disposent. souvent sur sa demande. La disposition peut parfois être prononcée d’office. La disposition est accordée de droit pour élever un enfant de moins de huit ans ou atteint d’une infirmité exigeant des soins continus.30 privée. Le fonctionnaire en détachement est régi par les règles qui régissent les fonctions exercées par l’effet du détachement. Dans cette hypothèse le détachement débouchera sur un changement de corps. Il appartient au chef de service de décider si cette réunion est compatible avec les besoins du service : arrêt de 1965. Il est parfois de courte durée.

une déclaration préalable suffit. La liberté de création des organisations syndicales Le préambule de 1946 reconnaît la liberté syndicale. L’adhésion d’un fonctionnaire à une association n’empêche pas son adhésion à un syndicat. de 1984. une obligation de réserve. Le juge administratif admet moins facilement l’intérêt à agir des associations que celui des syndicats pour la défense des intérêts professionnels. religieuses.31 B/ La liberté d’association L’origine des associations de fonctionnaires est ancienne et elles disposent du régime juridique de la loi de 1901. Il n’est pas illégal de révoquer un fonctionnaire dont les opinions politiques sont connues dès lors que cette décision n’a pas été influencée par des motifs politiques : arrêt du Conseil d'Etat de 1962 Frischmann. Le statut de 1946 y renvoie. … du fonctionnaire (art 18 Titre I) et on interdit à l’administration de tenir compte des opinions de l’agent pour lui refuser ou accorder un avancement : arrêt du Conseil d'Etat de 1963 Durrieux. Ces dernières peuvent être constituées pour la défense des intérêts professionnels. Les fonctionnaires peuvent donc avoir les opinions politiques et religieuses qu’ils veulent sans crainte de subir une quelconque contrainte. 2. … et peuvent agir en justice pour défendre les intérêts de leurs membres. Le fonctionnaire n’est pas un citoyen comme les autres : il a une obligation de stricte neutralité. L’autorité administrative doit être informée de la création et des statuts de l’organisation syndicale. Commission de la république de la Moselle c/ Commune et Dame Neuville. B/ La liberté d’expression (plus tard) §3 : Le dialogue social et la liberté syndicale A/ La liberté syndicale 1. Les prérogatives syndicales L’art 8 titre I dispose que les organisations syndicales peuvent se pourvoir devant les juridictions compétentes contre les actes réglementaires concernant le statut du personnel et contre les décisions individuelles portant atteinte aux intérêts collectifs des fonctionnaires. Il est interdit de revendiquer la qualité de syndicat professionnel pour une organisation liée à un parti politique : Cour de cassation de 1998 FN c/ Police. Droit de la Fonction Publique . Le statut général de la fonction publique garantit cette liberté (art 6). Il est donc interdit de soumettre la création des syndicats à un régime d’autorisation préalable. §2 : Les libertés d’opinion et d’expression A/ La liberté d’opinion Elle est identique à celle de tous les autres citoyens et bénéficie donc de la même protection constitutionnelle (art 10 de la Déclaration des droits de l’homme). L’art 8 Titre I dispose que les fonctionnaires ont le droit de créer des organisations syndicales et d’adhérer à des organisations. le droit commun des associations. Les fonctionnaires exerçant une carrière élective ne doivent pas être touchés par les positions qu’ils prennent pendant leur mandat : Tribunal administratif de Strasbourg. Il est interdit de mentionner les opinions politiques. à des fins amicales.

Le principe de continuité est un principe général du droit à valeur constitutionnelles : décision du Conseil constitutionnel de 1979. association syndicale des cadres supérieurs et ingénieurs aux télécommunications. procédure de consultation et concertation. Ils bénéficient également de décharges d’activité de service (DAS). §4 : Le droit de grève A/ la reconnaissance du droit de grève Le préambule de 1946 dispose que le droit de grève s’exerce dans le cadre des lois qui le réglementent. syndicat général du personnel des organisations européennes c/ Commission. droit de grève à la radio et à la télévision. Droit de la Fonction Publique . B/ Le dialogue social Les organisations syndicales remplissent une fonction de représentation des fonctionnaires dans les instances. Le juge administratif refuse que ces accords soient invoqués par les syndicats à l’occasion d’un contentieux : arrêt du Conseil d'Etat 1999. … Le fonctionnaire est dans une situation légale et réglementaire donc la négociation n’est prévue par le statut que pour la fixation des rémunérations. Les franchises syndicales Il s’agit de privilèges et avantages matériels ou statutaires accordés aux agents investis d’activités syndicales. Ils peuvent participer aux CAP. Ils peuvent agir quand ces mesures affectent les droits pécuniaires des agents. 3. Mais la création d’une commission d’enquête sur le fonctionnement du service est-elle attaquable par le syndicat ? Le droit des syndicats d’agir en justice a une valeur législative alors que la liberté syndicale a une protection constitutionnelle. Les accords et protocoles issus de ces négociations n’ont pas de valeur juridique mais une valeur politique et morale. notamment en agissant en justice : arrêt de la Cour de justice des Communautés européennes de 1974. L’autorité administrative ne peut pas contrôler l’usage fait par les agents de ces heures. accordées par décret et sont fixées à crédit d’heures dont bénéficient les syndicats et qui sont réparties entre eux selon des critères de représentation proportionnelle et qui permet aux agents représentants syndicaux de ne pas faire leur service et consacrer ce temps à leur activité syndicale. Elles vont de 10 à 20 jours. accordée par décret pour les trois fonctions publiques et permet aux agents bénéficiaires représentants syndicaux de faire une partie de leur activité syndicale sans conséquence sur leur activité de fonctionnaires. La Cour de justice des Communautés européennes admet cet intérêt à agir des syndicats : cette liberté implique le droit pour les fonctionnaires et agents de constituer des associations de leur choix et celui pour ces associations de se livrer à toute activité licite dans la défense des intérêts professionnels de leurs membres. réunions syndicales (locales ou nationales voire internationales). Il a une valeur constitutionnelle (décision du Conseil constitutionnel de 1971) et le Conseil constitutionnel a élevé d’un rang le principe de continuité du service public pour éviter que le droit de grève n’y porte trop atteinte. Ils bénéficient d’une autorisation spéciale d’absence (ASA). leurs droits collectifs ou leurs prérogatives statutaires.32 Les syndicats n’ont pas d’intérêt à agir contre les mesures d’organisation du service.

Dans la fonction publique d’Etat. être adressé au supérieur hiérarchique et fait dans les cinq jours francs précédant la grève. ainsi que l’arrêt Dehaene de 1950 du Conseil d'Etat. TV) et certains fonctionnaires ne peuvent pas faire grève. La participation à une grève illégale peut entraîner des sanctions. Le traitement n’est dû qu’après le service fait : c’est l’accomplissement du service. Il doit indiquer la date. Pour la fonction publique territoriale et la fonction publique hospitalière. il s’agit de la règle du trentième indivisible. C/ La retenue sur traitement La participation à une grève entraîne une retenue sur traitement. grève surprise. La retenue est calculée sur l’ensemble des rémunérations (traitement et primes. Ainsi le préavis de grève doit être fait par l’organisation syndicale la plus représentative au plan national. III/ Les droits individuels des fonctionnaires §1 : Le traitement des fonctionnaires L’ancien régime consistait en ce que les employés publics devaient bénéficier d’une contrepartie pour leur participation au service public. Certaines formes de grèves sont interdites : pour raisons politiques. tels la navigation aérienne. En effet le fait pour les pompiers d’une SDIS d’avoir refusé d’effectuer certaines tâches est une faute de service et donc passible de sanction disciplinaire alors même qu’ils avaient fait toutes leurs heures de service mais cela ne justifiait pas que soient faites des retenues sur traitement. … B/ Les modalités Les arts L521-2 et suivants du Code du travail dispose pour les grèves dans le service public. grève perlée. Département de la Moselle. …) : c’est la règle du service fait. la police. les retenues sont calculées au prorata de la durée de la grève : Cour administrative d'appel de Nancy de 2001. à défaut de texte spécifique. La retenue est différente de la sanction disciplinaire : arrêt du Conseil d'Etat de 1994. sans qu’elle soit proportionnelle au service rendu. c'est-à-dire que la retenue est au moins égale au trentième du traitement pour chaque jour de grève. Mais quelle est la limite entre le service fait et le service bien fait ? Le service est mal effectué quand l’agent n’exécute pas totalement son service et la présence dans les locaux ne suffit pas : arrêt du Conseil d'Etat 1996 Janton. SDIS de Haute Garonne. En principe c’est une cessation collective et concertée du travail et ne peut donc pas être le fait d’un agent isolé sauf s’il est seul dans son service : Cour administrative d'appel de Marseille de 1998. Il doit contenir les motifs de la grève. grève sur le tas. Leur montant varie en fonction des fonctions publiques. grève tournante.33 La loi du 31 juillet 1963 porte sur la grève dans les services publics. … La réglementation exige qu’un service minimum doit être possible (radio. La grève est une cessation concertée du travail pour la défense d’intérêts professionnels. Droit de la Fonction Publique . le lieu l’heure du début et la durée (limitée ou non). Melle Thomas.

Or dans cet arrêt le Conseil d'Etat fait application du principe d’égalité entre des fonctionnaires appartenant à des corps différents. le principe d’égalité de traitement ne s’applique que pour les agents appartenant à un même corps. En effet la Cour constitutionnelle d’Allemagne dans une décision de 2002 a estimé les différences d’imposition entre les retraités du secteur privé (très défiscalisés) et les traitements des fonctionnaires (soumis à l’impôt sur le revenu) violaient le principe d’égalité. Ainsi le 9 janvier 2003 les agents d’EDF/GDF ont refusé le changement du régime des retraites. … Le montant du traitement varie en fonction du grade. EDF/GDF. indemnité de logement. L’arrêt de 2002 Villemain du Conseil d'Etat pose la question du PACS. La loi du 21 août 2003 portant réforme des retraites (loi Fillon) a été votée en constat de la fonction publique qui est victime du vieillissement démographique (un fonctionnaire sur deux devra être renouvelé avant 2015). Les projets initiaux ont été très contrariés. estime qu’une indemnité spécifique allouée aux agents de l’équipement peut varier selon le lieu géographique où les agents exercent leurs fonctions quand l’intérêt général nécessite que ces agents soient répartis sur tout le territoire national pour les besoins des administrations. syndicat national unitaire indépendant des officiers de police. Le Conseil d'Etat considère que les partenaires d’un PACS n’ont pas droit aux mêmes avantages que les fonctionnaires conjoints pour l’application des textes réglementaires qui réservent des droits et avantages au profit des fonctionnaires mariés. Droit de la Fonction Publique . dans un arrêt de 2001. A chaque échelon est fixé un indice. Le principe d’égalité entre les fonctionnaires appartenant à un même corps joue pleinement en matière de rémunération ainsi que. -quand l’intérêt général le justifie -en raison de circonstances exceptionnelles. De plus le privé reproche de plus en plus le fait que le régime des retraites est plus avantageux que celui du secteur privé. échelon et emploi. Les fonctionnaires pacsés doivent être traités comme les fonctionnaires mariés. La convention européenne des droits de l’homme fonctionnaire déjà comme cela. Le principe d’égalité entre les fonctionnaires peut avoir trois dérogations : -quand les fonctionnaires sont dans une situation différente. C’est une approche fonctionnelle et indépendante des corps d’appartenance des agents. La loi du 9 juin 1853 sur les pensions civiles crée une pension de vieillesse uniforme pour tous les agents et une retenue de traitement pour les fonctionnaires de l’Etat. SAS ? … La rémunération consiste en traitement. Banque de France. Dans un autre arrêt de 2005. Donc la réforme a été divisée en plusieurs parties : secteur privé / secteur public. §2 : La pension de retraite La loi du 22 août 1790 instaure un régime de retraite pour les fonctionnaires publics de l’Etat.34 La loi déroge à cette règle en précisant que le droit au traitement est maintenu en cas de DAS. syndicat départemental CFDT du Gard. prime. de manière plus nuancée. Certaines entreprises publiques sont écartées de cette réforme : SNCF. Le Conseil d'Etat. RATP. pour l’octroi de primes et indemnités. Cependant cette inégalité secteur privé / public n’est pas une spécialité française. Dans une circulaire de 2004 on demande aux administrations de faire preuve de bienveillance dans les dispositifs statutaires et indemnitaires pour en faire bénéficier les fonctionnaires pacsés. Désormais le principe d’égalité va s’appliquer entre les emplois et non plus entre les corps. Ce texte ne sera quasiment jamais appliqué car la plupart des ministères créent leur propre caisse de retraite.

-Il a l’obligation d’assurer ses fonctions -Il a l’obligation de rejoindre le poste où il a été affecté même si cette affectation est illégale. Droit de la Fonction Publique . L’allongement de la durée de cotisation se fait au rythme d’un semestre par an. Le législateur de 2003 a permis aux fonctionnaires masculins de bénéficier des mêmes taux de pensions de réversion que ceux dont bénéficient les femmes (droit commun). 3% en moins par année manquante en 2011 et 5% en 2015). B/ Le maintien de règles spécifiques Le droit à pension est reconnu aux fonctionnaires lorsqu’ils justifient d’au moins quinze ans de service effectif. --L’exercice de ses fonctions sont en principe personnelles : l’agent ne peut pas se décharger sur un autre agent d’une partie de ses fonctions (délégation de signature. Le calcul de la pension se fait de la manière suivante : on multiplie le pourcentage de liquidation par le traitement afférent au grade et échelons détenus par l’agent depuis six mois au moins au moment de la cessation des fonctions (il s’agit de la moyenne des rémunérations pour le secteur privé). il y a un coefficient de minoration. §1 : Les obligations de nature administratives A/ L’obligation de se consacrer à l’emploi public Selon l’art 25 du statut de 1983 « les fonctionnaires consacrent l’intégralité de leur activité professionnelle aux tâches qui leur sont confiées ». En 2008 le taux maximum de liquidation de la pension sera de 75% de la moyenne des traitements des six derniers mois et sera obtenu après quarante années de service.35 La réforme a modifié le Code des pensions civiles et militaires de retraites qui régit les pensions des fonctionnaires de l’Etat et a mis un terme au décret du 9 septembre 1965 remplacé par un décret de 2003 pour la fonction publique territoriale et hospitalière. Cette obligation emporte plusieurs conséquences. Elle correspond à l’ensemble des obligations qui s’imposent aux agents de la fonction publique dans l’exercice de leurs fonctions mais aussi en dehors. c'est-à-dire une décote qui s’appliquera aux années non faites par les fonctionnaires pour réunir leur temps normal de service effectif (par exemple. pouvoirs. Certains fonctionnaires bénéficient d’une promotion destinée en réalité à les faire bénéficier d’un taux de pension plus avantageux. …). Elle devrait passer à 41 ans. La loi du 21 août 2003 n’a pas touché au « chiffre magique » des fonctionnaires. IV/ La déontologie des fonctionnaires C’est plus un terme économique que juridique (Beltham). c'est-à-dire le taux maximum de 75% de liquidation de la pension (dans le secteur privé c’est 50%). A/ L’alignement du secteur public Cet alignement est progressif et ne signifie pas l’égalité. Donc l’art 68 de la loi de 2003 oblige pour la fonction publique civile et militaire chaque année à la remise d’un rapport sur les avancements de grades et de corps intervenus dans les trois années précédant la retraite. Si on ne réussit pas à faire les quarante années. Ces obligations sont liées au bon fonctionnement du service (nature administrative) et d’autres sont liées à la morale professionnelle (nature professionnelle).

Quand le fonctionnaire n’occupe pas son poste depuis plusieurs jours ou quand il refuse sans motif légitime de rejoindre son poste. Cette réglementation interdit le cumul d’emploi public quand chacun d’eux est de nature à être occupé par un seul agent et à lui assurer une rémunération normale. il doit continuer à occuper son poste. constitutionnel : c’est une forme aggravée de l’obligation de loyauté. 1. La seule garantie est la mise en demeure. Mais ce cumul est pourtant interdit par l’art 7 du décret loi du 27 octobre 1936 : « nul ne peut exercer simultanément plusieurs emplois rémunérés sur le budget des collectivités publiques ». ce qui est donc difficile pour un agent public de réintégrer son poste (il s’agit d’une absence injustifiée). -Le fonctionnaire est astreint au principe de continuité des services publics donc sauf cas de force majeure.36 -Il doit accomplir consciencieusement sa mission. L’exigence de loyalisme à l’égard des institutions et de la nation Ce qui est attendu est une loyauté renforcée à l’égard du régime démocratique.803). autorise son agent à cumuler des activités publiques si ce cumul a une durée limitée. Dès lors l’administration est en droit de prendre une décision dite de radiation des cadres qui ne présente pas le caractère d’une sanction disciplinaire et échappe à toutes les garanties offertes par l’agent : arrêt de 1987 du Conseil d'Etat Mequies (Lebon p. B/ L’interdiction du cumul d’emploi public L’art 25 de la loi de 1983 ne fait pas allusion à cette interdiction. il commet un abandon de poste. Ainsi est constitutif d’une faute disciplinaire le comportement du secrétaire de mairie qui fait preuve de négligence et de retard : arrêt du Conseil d'Etat de 1979 Mme Boury-Nauron (Lebon p. Le fonctionnaire doit respecter ses horaires de travail et le fait de s’absenter fréquemment constitue une faute disciplinaire. Cette notion est définie par une circulaire de 1967 et elle est confirmée par la jurisprudence administrative qui examine l’abandon en fonction du niveau hiérarchique et des responsabilités exercées par l’agent. consultations ou expertises) §2 : Les obligations de morale professionnelle A/ La loyauté et l’indépendance politique des agents publics. Un emploi public secondaire ne doit pas occuper le plus un fonctionnaire et qu’il ne lui fournisse pas une rémunération supérieure par rapport à l’emploi public principal. Par conséquent un fonctionnaire en congé peut être rappelé dans son service en cas de nécessité. Il existe cependant des dérogations : l’autorité administrative. enseignement dans des écoles administratives. il rompt le lien qui l’unissait à l’administration. La jurisprudence n’est guère favorable mais c’est exactement le même raisonnement tenu pour les agents qui se mettaient en grève avant 1946 : arrêt du Conseil d'Etat de 1909 Winkell (GAJA). Que suppose Droit de la Fonction Publique . Et on applique également la réglementation sur le cumul de rémunération : l’agent ne peut accroître de plus de 100% son traitement principal par d’autres emplois publics et rémunérations. Les agents se sont mis en dehors des règles statutaires et n’ont donc plus aucune garantie telle la communication du dossier.781). à titre exceptionnel. Le juge administratif décide qu’en abandonnant son poste. sinon il est censuré par les textes et la jurisprudence. Le temps partiel est toutefois possible. ne porte pas sur plus de deux emplois et ne soit pas préjudiciable à l’exercice de la fonction principale (quelques activité s d’enseignement.

Sako (RDA n°316). Cependant le fonctionnaire de police de l’administration pénitentiaire et les sapeurs pompiers n’ont pas de droit de retrait. Dans un arrêt du 10 novembre 1944. Selon un arrêt de la Cour administrative d'appel de Paris du 21 mars 1996. Tong Viet (requête n°94). (en droit pénal. ayant eu peur des représailles.37 l’adhésion du fonctionnaire à la démocratie mais pas nécessairement au gouvernement. ce qui est très peu par rapport au contentieux en droit du travail. Depuis 1992 on sanctionne le harcèlement sexuel et en 2002 le harcèlement moral (art 6 de la loi du 13 juillet 1983). c'est-à-dire que seront poursuivis les propos injurieux. un brigadier de police ne méconnaît pas son obligation de loyalisme en prenant publiquement position pour l’indépendance de la Nouvelle-Calédonie car la loi de 1988 permettait aux populations de ce TOM de prendre en charge leur destin.290). Les deux conditions sont rarement réunies. Les opinions de l’agent seront examinées tant sur le fond que sur la forme utilisée. les représentants syndicaux bénéficient d’une obligation de réserve atténuée mais la détention d’un mandat Droit de la Fonction Publique . Les textes autorisent les fonctionnaires à user d’un droit de retrait s’ils se trouvent dans une situation professionnelle présentant un danger et imminent pour leur santé. les critiques acerbes sur le fonctionnement du service public. Elle correspond à l’antique lèse-majesté et consiste à ne pas critiquer en termes trop vifs et en pas compromettre l’autorité de l’exécutif. Le fonctionnaire qui est harcelé sexuellement ou moralement est en droit de désobéir. Lors de son contrôle le juge administratif utilise la méthode du faisceau d’indices pour identifier le manquement à l’obligation de réserve. D’après un arrêt de la Cour administrative d'appel de Lyon du 10 juillet 1996 M. Il prévoit également que le fonctionnaire doit désobéir lorsque deux conditions sont réunies : -L’ordre donné doit être manifestement illégal. Depuis il y a eu deux affaires de harcèlement sexuel dans la fonction publique. Béville (Lebon p. -Il doit compromettre gravement l’intérêt public. des élus locaux voulait effectuer une fraude sur un marché public et le fonctionnaire n’a pas désobéi. La loyauté à l’égard de l’exécutif a. la première condition suffit). d’écran.15) le Conseil d'Etat considère que manque à son obligation de loyalisme le fonctionnaire qui participe activement à un congrès au cours duquel l’indépendance de certains départements a été revendiquée. Langneur (Lebon p. L’obligation d’obéissance L’art 28 de la loi de 1983 impose aux fonctionnaires d’obéir aux ordres qui lui sont donnés par son supérieur hiérarchique. b. c'est-à-dire en utilisant trois indices principalement : le caractère public des propos tenus par l’agent ou si c’est un écrit rédigé. 2. diffamatoires. la nature des fonctions exercées par l’agent. manque à son obligation de réserve l’inspecteur des impôts qui participe à une mission de télévision et qui incite le public à la fraude fiscale (il a été révoqué). l’auteur du harcèlement étant passible de sanctions disciplinaires et pénales. Aucune retenue sur traitement ne sera opérée et aucune sanction disciplinaire ne sera prononcée. L’obligation de réserve des agents publics Elle se joue tant dans l’exercice des fonctions qu’en dehors. le niveau des responsabilités exercés par l’agent (plus blâmable s’il est de catégorie A que de catégorie C). Dans un arrêt du 23 avril 1997 Bitault (requête n°14438). Cela s’explique notamment par le fait que le rôle des syndicats de la fonction publique est celui de médiateur. Dans un arrêt du 8 janvier 1964.

Trèbes.38 syndical ne fait pas disparaître l’obligation de réserve : on sanctionne ainsi un policier délégué syndical qui avait incité à l’indiscipline collective dans une publication syndicale. Cette obligation revêt une obligation spécifique. Mme Dalhab c/ Suisse de 2001. 2003 Ben Abdallah. Le Code pénal interdit les discriminations faites par les agents publics. Ainsi l’art 432-14 dispose pour les délits de Droit de la Fonction Publique . Christophe X du Conseil d'Etat (JCPA 2004 n°1049). A l’extérieur des fonctions. La neutralité de l’agent public C’est une stricte neutralité à l’intérieur. La loyauté à l’égard de l’administration C’est la protection des secrets. avis de 2000. Ce principe se heurte totalement à toute la législation relative à la transparence administrative. informations ou documents dont ils ont connaissance dans l’exercice ou à l’occasion de l’exercice de leurs fonctions ». En ce qui concerne l’enseignement secondaire certains agents. Elle se différencie de la neutralité dans la mesure où il ne s’agit plus d’une limitation de l’obligation d’expression mais d’une observation de la sincérité de l’agent dans son comportement. La jurisprudence est constante sur ce point : le port de signes religieux est interdit pour les enseignants (Conseil d'Etat. ont voulu porter des symboles religieux. Le port du foulard ou autre paraît autorisé car il est conforme au principe d’indépendance de l’enseignement supérieur. Le port du foulard est interdit à une inspectrice du travail : Cour administrative d'appel de Lyon. Pour l’enseignement supérieur. Le Conseil d'Etat a érigé en principe général du droit ce principe d’impartialité qui s’impose à tous les organes administratifs : Conseil d'Etat de 1949 M.  Pour l’enseignement préélémentaire et élémentaire. l’agent retrouve sa liberté d’expression et d’opinion (sauf réserve). La loyauté à l’égard de l’administré Il s’agit d’une obligation de neutralité des agents publics. Melle Monteaux). c. les enseignants ne sont astreints qu’à des obligations de tolérance et d’objectivité. L’agent ne peut pas se servir de ses fonctions pour faire de la propagande par exemple. d’impartialité et de secret professionnel. d. Cette obligation est exigée pour le bon déroulement des concours et des procédures administratives. on sanctionne un commissaire de police pour avoir divulgué des informations ayant alerté un individu sous surveillance policière et ainsi rendu plus difficile et plus dangereuse son interpellation (exclusion temporaire). les enseignants du secteur public sont astreints à une obligation de laïcité. Il appartient à l’autorité administrative ou au supérieur hiérarchique de décider de l’étendue de la divulgation de renseignement en application des règles relatives à la transparence administrative Dans un arrêt de 2003 M. La Cour européenne des droits de l’homme n’a pas condamnée la France sur cette question et semble accepter sa position : Cour européenne des droits de l’homme.  L’impartialité de l’agent Elle est différente de la neutralité. les informations détenues par l’administration : c’est une obligation de discrétion professionnelle mentionnée par l’art 26 alinéa 2 du statut de 1983 : « les fonctionnaires doivent faire preuve de discrétion professionnelle pour tous les faits. surtout au niveau religieux et à l’égard des enseignants. à la fin des années 30.

Mais quelle est la valeur de ces obligations jurisprudentielles ? Dans un jugement du tribunal administratif de Limoges de 2004. de moralité…Cela ne figure pas dans les textes et la jurisprudence a du combler cette lacune. les injures et violences sont des fautes disciplinaires. Le secret professionnel se différencie de l’obligation de discrétion professionnelle dans la mesure où cela protège les secrets des particuliers qui ont volontairement ou obligatoirement du donner ces informations. certaines étant jugées incompatibles avec les fonctions. de 2003 Mme Lainé : Cette dernière est archiviste dans la ville de Paris et elle est appelée à témoigner à la barre dans le cadre de l’affaire Maurice Papon. B c/ Garde des Sceaux. Ces obligations s’imposent aux agents aussi bien dans l’exercice des fonctions qu’en dehors. acquiert la connaissance d’un crime ou d’un délit. C. Par exemple deux fonctionnaires de police qui assistent à un congrès d’extrême droite en dehors de leurs fonctions et l’on y apprend notamment à fabriquer des bombes. au cours d’un repas de mariage. Les agents sont révoqués et ils invoquent qu’ils n’étaient pas dans l’exercice de leurs fonctions mais le Conseil d'Etat invoque un principe général du droit qui est une copie de l’art 40 alinéa 2 du Code de procédure pénale.  Le secret professionnel L’art 26 du statut de 1983 dispose que « les fonctionnaires sont tenus au secret professionnel dans le cadre des règles instituées dans le Code pénal ». Jugement du tribunal administratif de Paris. L’art 40 alinéa 2 du Code de procédure pénale impose à tout fonctionnaire qui. estime que la révocation d’un fonctionnaire de police est justifiée quand celui-ci. L’intégrité des mœurs Il s’agit d’une obligation d’honnêteté. on estime qu’effectuer son service en basket est contraire à l’honneur professionnel du gardien de prison. d’intégrité.39 favoritisme en matière de passation des marchés publics et interdit au cocontractant de l’administration de recevoir des avantages injustifiés de la part de l’administration. dans l’exercice de ses fonctions. Il est intolérable qu’un inspecteur de police ait facilité la réalisation du délit de proxénétisme à sa maîtresse et ait toléré sa présence dans son service : Conseil d'Etat 1994 M. On protège également la réputation de l’administration : dans l’exercice de ses fonctions. Ainsi les fonctionnaires doivent surveiller leurs relations. d’avertir sans délai le procureur de la république : il n’y a aucune sanction en cas d’abstention. dans un arrêt de 1996 M. L’obligation de secret professionnel peut être levée par un texte législatif (art 226-14 du Code pénal : dénonciation du secret en cas de sévices sur un mineur de 15 ans) ou accord de l’administré (qui est maître du secret). Droit de la Fonction Publique . Dans le cadre de sa vie privée. le fonctionnaire doit éviter tout scandale susceptible de rejaillir sur la personne publique qui l’emploie et de jeter le discrédit sur le corps d’appartenance du fonctionnaire. Elle est sanctionnée (mise au placard) car on lui reproche d’avoir témoigné contre cette personne et la ville refuse de la réintégrer. Les fonctionnaires sontils autorisés à témoigner comme tout citoyen ? B/L’intégrité et le conflit d’intérêts 1. c’est la nature des fonctions qui justifient la nature de la sanction : la cour administrative d'appel de Bordeaux. Cosin. Par exemple porte préjudice le CRS qui cohabite avec un travesti : arrêt de 1990 du Conseil d'Etat Ministre de l’Intérieur c/ Ocelli. porté des coups à son épouse et à un des invités et a proféré des menaces de mort. M. Cette obligation de moralité vise également le cas des indélicatesses susceptibles d’engager leur réputation. L’art 226-13 du Code pénal définit le secret professionnel.

On préserve ainsi le fonctionnaire des possibles conflits d’intérêts auquel il peut se trouver soumis. il n’y a qu’un pas : le fonctionnaire n’est pas un citoyen ordinaire. Dans un arrêt du Conseil d'Etat de 1958. >Il était interdit il n’y a pas si longtemps la femme d’un policier ne pouvait pas tenir un débit de boisson. Le Conseil d'Etat estime que la révocation du policier est justifiée. En fait il s’agit plus d’un contrôle pour veiller à la bonne réputation de l’administration qu’un contrôle de moralité de l’agent.33). un professeur d’université a une liaison avec une de ses étudiantes et rompt .40 Mais la jurisprudence peut être subtile voire hypocrite : arrêts du Conseil d'Etat de 1990 Kenner et Félix. Le juge est même allé jusqu’à interdire aux collectivités territoriales le reversement à leur profit des dons ou présents reçus par les agents pour tenter d’obtenir des décisions favorables. Ils sont également poursuivis sur un terrain disciplinaire. La sanction est justifiée. Quelques semaines plus tard il estime que la révocation du gendarme est injustifiée. a. Les lois d’amnisties prévoient l’effacement des sanctions à l’exception de celles qui ont été motivées par des faits contraires à l’honneur. Les prises illégales d’intérêt C’est le cumul d’activité publique. On pourrait très bien considéré que la vie privée est indépendante de la vie professionnelle mais lorsque dans la vie privée des infractions pénales. ces dernières peuvent avoir une répercussion sur l’administration et une sanction disciplinaire pourrait être justifiée. Le Code pénal punit le coupable de concussion (exige une somme non due) : c’est le racket administratif. un gendarme fait la même chose dans un autre magasin et a été également révoqué. Mais en ce qui concerne la pédophilie dans l’enseignement cette jurisprudence est bien accueillie. un policier en civil fait ses courses et « oublie » de payer des achats à la caisse . A la même période. concubin du fonctionnaire : il a été jugé qu’un fonctionnaire de police ne pouvait être révoqué du fait de l’activité de voyance et d’exorcisme de sa épouse chez lui. arrêt du 18 novembre 1999 ministre de l’Intérieur c/ M. 2. il est stoppé par les vigiles et le directeur du magasin porte plainte : le policier est révoqué. à la probité et aux bonnes mœurs. Le principe Il y a une interdiction de principes : l’art 25 de la loi du 13 juillet 1983 interdit à tout fonctionnaire d’exercer à titre professionnel une activité privée lucrative et de quelque nature que ce soit.226). Herrmann (cahiers de la fonction publique n°182 p. De la à dire que des éléments de vie privée aient des conséquences sur sa vie professionnelle. L’intégrité financière Afin de garantir l’honnêteté et la probité des agents publics. cette dernière se suicide et il est révoqué. Sieur Louis. l’art 432-15 punit l’auteur de détournements de fonds). l’atteinte à la réputation du corps est donc constituée. 3. La corruption passive et active est sanctionnée ainsi que le trafic d’influence (art 432-10 du Code pénal. Droit de la Fonction Publique . Ce n’est pas un revirement de jurisprudence. le Conseil d'Etat instaure le principe général du droit de l’interdiction faite aux agents publics de se faire directement et personnellement rémunéré par les usagers du service public : arrêt de 1936 SA les armateurs français (Lebon p. simplement dans le premier cas il y a eu plainte et une publicité médiatique. Dans le deuxième cas il n’y a pas eu plainte et l’affaire n’a pas été ébruitée. Cette obligation de moralité s’est étendue au conjoint.

Par exemple un professeur du secondaire donne quelques heures de cours particulières ou dans un établissement privé. Le délai de carence c'est-à-dire la non-participation à la vie économique est de 5 ans pour les agents. scientifique ou artistique. Cour administrative d'appel de Marseille du 25 mai 2004 M. Le Conseil d'Etat a rendu un arrêt important en la matière de 1996. La loi de 1987 autorise les professeurs d’université praticiens hospitaliers à exercer une activité privée au sein de l’hôpital. Un décret du 29 octobre 1936 énonce trois séries de cumul possible offertes aux agents. V/ La responsabilité disciplinaire des fonctionnaires Les sanctions sont généralement décidées par l’autorité administrative sauf pour les magistrats judiciaires du siège ou les membres des chambres régionales des comptes et les Droit de la Fonction Publique . c'est-à-dire travailler dans le secteur privé ou parapublic s’ils ont eu dans le passé (cinq ans en arrière) des relations avec l’entreprise qui leur offre un emploi. L’art 25 prévoit que les fonctionnaires ne peuvent. Il est possible pour les fonctionnaires de percevoir des droits d’auteur pour la production d’œuvre littéraire. par eux-mêmes ou par personnes interposées. dans lequel on estime qu’un policer qui prête concours à une société de gardiennage et rémunéré sous couvert de sommes d’argent qu’il n’avait pas en réalité investis. des intérêts de nature à compromettre leur indépendance dans une entreprise soumise au contrôle de l’administration à laquelle ils appartiennent ou en relation avec cette dernière. Les fonctionnaires peuvent exercer les activités libérales qui découlent de la nature même de leurs fonctions. Il a également rendu un avis de 1997. membre du conseil de surveillance (sauf si la SA poursuite un but non lucratif et les fonctions ne sont pas rémunérées). Les professeurs de droit peuvent être avocats. Par exemple le professeur d’EPS peut donner des leçons de gym dans un club privé (mais il ne peut pas exploiter de manière commerciale).41 Le fonctionnaire ne peut pas être gérant d’une SARL ou président d’une SA. Dans certaines hypothèses les fonctionnaires peuvent en effet cumuler des activités privées lucratives avec l’exercice de leurs fonctions publiques. Ils ne peuvent pas aller pantoufler. N (AJFP n°5 2004 p. Arvieu (requête 135431). b. société Lambda (GAJA) concernant la haute fonction publique : la nomination d’un haut fonctionnaire du Trésor au poste de sous gouverneur du Crédit foncier de France et qui a dans le passé contrôlé cette société a violé les dispositions de l’art 432-13 du Code pénal.258) : un officier de gendarme ne peut pas travailler dans la cuisine du café-restaurant de sa compagne. Le fonctionnaire ne peut pas se livrer à des activités commerciales : arrêt du Conseil d'Etat du 10 mai 1995 M. Le niveau de rémunération devrait être élevé mais l’Etat ne peut pas se permettre une telle dépense et donc l’autorisation de cumul est un moyen de faire des « économies ». Ils peuvent également procéder à des expertises et des consultations sur la demande d’une autorité administrative sur autorisation de leur supérieur hiérarchique. dans lequel il considère que les dispositions du Code pénal s’appliquent que lorsque le haut fonctionnaire occupe un poste dans une activité économique concurrentielle. Les arts 432-12 et 13 du Code pénal reprennent le même état d’esprit que les dispositions statutaires et prévoient des sanctions allant jusqu’à cinq ans d’emprisonnement. Les exceptions Il existe des exceptions au principe et sont au nombre de trois.

La composition du conseil Le conseil de discipline est une émanation de la CAP siégeant en formation restreinte et qui est saisie par l’autorité administrative disposant du pouvoir disciplinaire. L’administration n’est pas du tout obligée de prévenir le fonctionnaire qu’une enquête sur lui est effectuée. C/ Le conseil de discipline 1. La faut disciplinaire est un manquement à la déontologie de la part du fonctionnaire et peut survenir dans l’exercice des fonctions ou à l’occasion de faits relatifs à la vie privée de l’agent. et il paraît difficile dans ces conditions de statuer sur un cas disciplinaire. B/ La communication du dossier au fonctionnaire poursuivi La règle de la communication du dossier issue de la loi du 22 avril 1905 est pleinement applicable aux agents de la fonction publique poursuivis à titre disciplinaire. Le juge exerce un contrôle normal sur la faute disciplinaire (moyens de légalité externe et interne). L’autorité administrative fait un rapport car la charge de la preuve de la faute disciplinaire pèse sur elle. Un arrêt de la cour administrative d'appel annule la procédure disciplinaire car l’administration a oublié de préciser que le fonctionnaire avait droit à plusieurs défenseurs et non pas un seul. Cependant ces fautes ne sont pas préalablement énumérées par les textes (droit pénal : pas de sanction sans texte). cette action n’étant pas enfermée dans un délai déterminé : c’est l’imprescriptibilité des poursuites (20 ans plus tard on peut poursuivre un fonctionnaire). Droit de la Fonction Publique . Elle va enquêter sur les faits à charge et à décharge.42 membres de l’enseignement supérieur (la procédure disciplinaire est en la forme juridictionnelle). Un délai raisonnable tenant compte à la fois des circonstances de l’affaire et de sa complexité doit être accordé au fonctionnaire pour organiser sa défense. celui de l’opportunité des poursuites qui permet pour les mêmes faits de poursuivre certains agents et pas d’autres. Il a droit notamment à l’assistance d’un ou plusieurs défenseurs. §1 : La faute disciplinaire Il s’agit d’une notion commune à l’ensemble de la fonction publique. A cela s’ajoute un autre principe. §2 : Les modalités de la procédure disciplinaire Le pouvoir disciplinaire appartient à l’autorité administrative après avis de la CAP en siégeant en conseil de discipline. La méconnaissance de cette obligation est un vice de forme qui entraîne l’annulation de la sanction. A/ L’initiative de la procédure disciplinaire L’autorité administrative prend l’initiative d’engager l’action disciplinaire. En effet une CAP pourrait être quantitativement importante. L’état physique et mental de l’agent peuvent exonérer celui-ci de sa responsabilité disciplinaire (l’éthylisme n’est pas une maladie). De plus on ne peut pas voir son cas examiné par des fonctionnaires qui ont un grade inférieur au sien.

etc. Le vote peut avoir lieu au scrutin secret ou non.573). l’abaissement d’échelon (un à trois ans de carrière). Cet avis doit être motivé et communiqué au fonctionnaire poursuivi et à l’autorité administrative. D/ Le prononcé de la sanction L’autorité administrative prononce une sanction qui est immédiatement exécutoire même si le recours contentieux est possible.86). -La rétrogradation. 2. Le déroulement du conseil de discipline Devant le conseil de discipline le fonctionnaire et l’autorité administrative ont la possibilité de faire citer des témoins et une confrontation de témoins peut être organisée (collègues. Cette sanction disciplinaire doit être notifiée à l’agent et doit être motivée. l’exclusion temporaire des fonctions (15 jours au plus) et il n’y a pas de rémunération. cette présence est illégale mais si ne vicie pas la procédure (ne pas assister au débat. Il existe pour chacune des fonctions publiques une liste établie par la loi des sanctions disciplinaires pouvant être prononcées.) Le conseil de discipline va ensuite délibérer à huis clos hors de la présence du fonctionnaire poursuivi et des témoins. participation du fonctionnaire à une grève illégale. La présence d’une personne extérieure au conseil de discipline peut vicier la procédure même si cette personne n’a pas participé au débat et au vote final. L’avis obligatoire rendu par le conseil de discipline ne lie pas l’autorité administrative. jusqu’à ce qu’une sanction recueille la majorité des voix des membres présents. le blâme sont des sanctions morales sans conséquence juridique sur la situation de l’agent. …). Ainsi dans un même arrêt il y aura un contrôle normal sur l’existence de la faute et un contrôle restreint sur le degré de la sanction. L’annulation n’est pas systématique : le stagiaire peut assister au conseil de discipline . Le conseil se voit soumettre successivement les différentes sanctions que prévoit le statut en partant de la proposition de sanction la plus sévère qui ait été émise lors du délibéré à la moins sévère. Donc généralement on aura un affrontement entre syndicat d’un côté et autorité administrative de l’autre. Le conseil de discipline ne se réunit pas pour les agents non titulaires. la mise à la retraite d’office (il faut au moins quinze années de service donc) Le juge administratif exerce un contrôle restreint de l’erreur manifeste d’appréciation entre le degré de la sanction retenue et les faits qui l’ont motivée : arrêt du Conseil d'Etat du 9 juin 1978 Lebon (AJDA p. Il ne peut y avoir de sanctions sans texte la prévoyant. c'est-à-dire que l’autorité administrative ne peut infliger des sanctions qui sont prévues expressément par le statut Droit de la Fonction Publique .43 La consultation du conseil de discipline n’est pas nécessaire en cas d’abandon de poste. Le fonctionnaire poursuivi peut être assisté par un défendeur. -La radiation du tableau d’avancement. Le conseil de discipline comprend un nombre égal de représentants du personnel et de l’administration. Pour la fonction publique de l’Etat les sanctions sont mentionnées dans l’ordre croissant de sévérité et réparties entre quatre groupes (idem pour la fonction publique hospitalière et autres) : -L’avertissement. Ainsi la présence d’un avocat (qui n’est ni celui de la collectivité ni celui du fonctionnaire poursuivi) est illégale : arrêt de 1988 du Conseil d'Etat Chaminas (Lebon p. ou en cas de sanctions mineures infligées à l’agent telles que l’avertissement et le blâme. l’exclusion temporaire des fonctions (trois mois à deux ans) -La révocation.

47). Ainsi un directeur de maison de retraite ne peut placer en disponibilité d’office sans traitement une aide soignante pour la sanctionner à la suite d’attitudes impulsives et violentes envers les personnes âgées dont elle avait la garde : cour administrative d'appel de Douai maison de retraite Louise Michel à Chambly (AJFP 2000 n°4 p. Droit de la Fonction Publique .44 général de la fonction publique.98) : un cadre socio-éducatif aurait donné une fessée déculottée à un enfant (a nié l’avoir dévêtu) et a été sanctionné à une exclusion de deux sans sursis ce qui est contesté . cela est manifestement disproportionné. X (AJFP 2005 n°2 p. Tribunal administratif de Nancy du 16 novembre 2004 M.

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