Le Flagrant Délit

Décembre 2011 Vol. 5 No 3
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Vive FTX, Vive FTX libre!
Dans une FÉUO unie ?
Véronique Laliberté
vlali067@uottawa.ca
« Oui à la défédération! » C’est ce
que les étudiants de droit civil on
répondu lors du référendum se te-
nant à la mi-novembre. 86 % des
répondants sont d’accord à ce que
l’ADEECO mette fin à son statut en
tant que corps fédéré au sein de la
FÉUO. Il s’agit d’une première vic-
toire pour le mouvement Me Chez
nous. Son représentant officiel
Bruno Gélinas-Faucher se dit très
heureux : « Ça fait plusieurs an-
nées que les étudiants en droit civil
souhaitent gérer leur propre argent
pour leurs propres projets et au-
jourd’hui nous avons franchi une
étape importante vers ce but. »
Plusieurs arguments ont été avan-
cés lors du référendum afin de
convaincre les étudiants de se dé-
fédérer. Tout d’abord, les étudiants
de droit civil sont actuellement
membres de deux associations
étudiantes. Sur notre facture sco-
laire, 180 dollars sont remis à la
FÉUO et 10 $ à l’AEEDCO.
Comme l’explique le document Me
Chez nous, « plusieurs étudiants
souhaitaient une meilleure alloca-
tion des ressources en rapatriant
l’argent versé à la FÉUO vers notre
association facultaire ».
Il semble évident pour les étudiants
qui ont pris part à ce mouvement
que l’AEEDCO est mieux placée
pour répondre aux besoins des
étudiants en droit civil. Plusieurs
étudiants notaient d’ailleurs que
nos membres élus de l’exécutif de
l’AEEDCO le font sur une base bé-
névole alors que les membres de
l’exécutif de la FÉUO bénéficient
d’un salaire d’environ 30 000 dol-
lars par année scolaire.
Tout au long de la campagne, de
nombreuses anecdotes concer-
nant des pratiques discutables de
la FÉUO ont été soulevées. À ce
titre, plusieurs étudiants ayant fini
ou finissant leur licence ont partagé
leur expérience négative avec la
FÉUO. Même certains membres
du corps professoral l’on fait alors
que les étudiants ont fait le tour des
classes pour inciter les étudiants à
voter.
Lors d’un débat opposant la FÉUO,
représentée par une membre du
C.A. Natasha Peters, et le mouve-
ment Me Chez nous représenté
par Bruno Gélinas-Faucher, étu-
diant de 4e année en Droit civil et
DVM, les étudiants ont pu se faire
une idée claire des enjeux de la dé-
fédération. Avec une éloquence
inspirante, Bruno Gélinas-Faucher
a su répondre aux inquiétudes des
étudiants.
Tout d’abord, M. Gélinas-Faucher
a rassuré les étudiants qu’une dé-
fédération n’amènerait pas la perte
de la plupart des services qui sont
indépendants de la FÉUO. En
effet, plusieurs services sont offerts
par l’Université d’Ottawa : les cen-
tres sportifs, les bibliothèques, la
participation dans les équipes
sportives des Gees-Gees, les sta-
tionnements, etc.
Deuxièmement, Bruno Gélinas-
Faucher a proposé que l’on arrête
de payer complètement toute coti-
sation pour ensuite faire un réfé-
rendum à l’interne pour décider du
financement des services offerts
par la FÉUO. Ainsi, il sera possible
de bénéficier du Centre de res-
sources des femmes, du Centre de
la fierté, du Centre du bilinguisme,
de la Banque alimentaire et autres.
En ce qui a trait aux journaux étu-
diants, La Rotonde et The Fulcrum,
ils sont totalement indépendants
de la FÉUO, mais leur cotisation
est tout de même prélevée par la
FÉUO pour ensuite leur être redon-
née en totalité. Il sera possible de
leur remettre un chèque de notre
association pour continuer d’en
profiter de façon légitime en payant
notre juste part. Il s’agit de la
même situation pour les clubs étu-
diants. Selon Gélinas-Faucher, il
est impensable qu’un club ou que
les journaux refusent de l’argent et
des membres.
Suite en page 6
P L U S : D O S S I E R   S P É C I A L
L e s z o n e s g r i s e s d u F l a g r a n t , d e 1 9 9 1 à 2 0 1 1
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Nouvelles
Pour les enfants qui ne déjeunent pas
Audrey-Anne Trudel
atrud049@uottawa.ca
Saviez-vous qu’au Canada 13 %
des enfants vivent dans des
foyers insalubres? Qu’un quart
des jeunes canadiens ne sont
pas prêts, le temps venu, à faire
leur entrée à l’école? Pire en-
core, saviez-vous qu’un impor-
tant nombre d’enfants
autochtones voient leurs soins
de santé négligés en raison d’in-
cessantes disputes entre les
gouvernements provinciaux et
fédéral? Non? C’est pourquoi la
Coalition canadienne pour les
droits de l’enfant (CCDE) existe.
Le 8 novembre dernier, l’Univer-
sité d’Ottawa recevait en confé-
rence Mme Kathy Vandergrift,
venue présenter le dernier rap-
port de la Coalition canadienne
pour les droits de l’enfant
(CCDE) intitulé « Des principes à
la réalisation ». L’organisme à
but non lucratif présentera pro-
chainement son rapport au Co-
mité de révision de l’ONU sur la
Convention pour les droits de
l’enfant, ratifiée par le Canada en
1991.
Le rapport de la CCDE se veut
un rapport complémentaire indé-
pendant du rapport gouverne-
mental. Il est le résultat d’une
approche centrée sur un objectif
de pleine réalisation du potentiel
de chaque enfant. Contrairement
au rapport du gouvernement, le
rapport de la Coalition a été fait
en consultation avec de nom-
breux acteurs concernés. C’est
en adoptant ainsi une approche
basée sur l’enfant et non sur des
statistiques que la CCDE croit
être en mesure de mieux saisir
les difficultés liées à l’application
de la Convention au sein même
des institutions canadiennes.
Les problèmes principaux mis en
relief par le rapport concernent le
manque de ressources – et ce,
dès la plus tendre enfance –, le
traitement inéquitable selon la
nationalité ou la région, le travail
des enfants et l’absence d’une
stratégie nationale, et une
concertation entre les gouverne-
ments provinciaux et fédéral.
Bref, trop souvent, comme l’a af-
firmé Mme Vandergrift : « les en-
fants et les adolescents tombent
dans les failles du système ».
La CCDE propose au gouverne-
ment de profonds changements
systémiques visant l’inclusion
maximale des enfants à la so-
ciété. Ceci leur permettra ainsi
de pleinement s’épanouir, peu
importe le milieu duquel ils sont
issus. Selon Mme Vandergrift,
ces transformations passent
d’abord par l’inclusion dans le
paysage juridique canadien et la
mise en œuvre de la Convention
des Nations Unies pour les droits
de l’enfant. Il est également es-
sentiel pour le Canada de se
fixer des objectifs concrets cor-
respondant aux recommanda-
tions faites par les Nations Unies
pour faire suite aux deux der-
niers rapports. Le gouvernement
canadien doit faire preuve d’un
véritable engagement vis-à-vis la
protection et la promotion des
droits de l’enfant.
Afin d’atteindre ces différents ob-
jectifs, la Coalition souligne la né-
cessité d’ouvrir la discussion au
grand public par le biais de l’édu-
cation et de la sensibilisation re-
lativement aux droits de l’enfant.
En effet, l’ignorance de la popu-
lation canadienne des lacunes
que le Canada accuse en ma-
tière de droits de l’enfant contri-
bue à la perpétration du
problème. Bien entendu, une
telle prise de conscience, bien
que nécessaire, est insuffisante.
La Coalition espère que le Co-
mité de révision de l’ONU sera
alerté par son rapport et qu’il
pressera le gouvernement du
Canada de poser des actions
précises et concrètes. Le rapport
complet de la CCDE est disponi-
ble au www.rightsofchildren.ca.
Lax Kw’alaams :
Un tournant dans les revendications autochtones
Véronique Gingras-Gauthier
vging057@uottawa.ca
« L’instruction d’une action ne
doit pas ressembler à un
voyage perpétuel du Vaisseau
fantôme, dont l’équipage est
condamné à errer sans fin sur
les mers, sans destination pré-
cise ». Traduction de Shakes-
peare? Extrait de Molière?
Dialogue de Pirates des Ca-
raïbes? Non aux trois : il s’agit
en fait d’une mémorable cita-
tion que le juge Binnie nous
laisse avant de prendre sa re-
traite dans son jugement pour
la Cour dans l’affaire de la
Bande indienne des Lax
Kw'alaams c. Canada (Procu-
reur général), 2011 CSC 56.
Dans cette action, les Lax
Kw'alaams, peuple autochtone
du Nord-Ouest de la Colombie-
Britannique, présentent une re-
quête en jugement déclaratoire
de leurs droits autochtones de
pêche et de vente commer-
ciales de poissons dans leurs
territoires ancestraux. Pendant
le procès, les Lax Kw'alaams
ont également revendiqué des
droits subsidiaires de pêche et
de vente pour subvenir aux be-
soins de la communauté, ou
sinon, des droits de pêche pour
des fins alimentaires, sociales
et rituelles.
Au procès, la Cour suprême de
Colombie-Britannique a jugé
que la preuve démontrait qu'au
moment du contact, les seuls
échanges importants faits par
les Timshians de la côte étaient
en graisse d'eulakane, un droit
qui ne pouvait pas évoluer en
un droit moderne de pêche
commerciale de toutes les es-
pèces de poisson. La Cour a
également refusé de se pen-
cher sur les arguments des
droits moindres et inclus pour
une question d’équité puisque
les demandeurs les avaient
seulement soulevés vers la fin
du procès et que la Couronne
avait le droit d’être préalable-
ment informée des revendica-
tions. La Cour d'appel de la
Colombie-Britannique a
confirmé le jugement, tout
comme la Cour suprême du
Canada, dans un jugement qui
reprochait aux Lax Kw'alaams
d'avoir voulu changé leurs re-
vendications pendant le pro-
cès.
Le jugement de la Cour su-
prême dans l'affaire Lax
Kw'alaams n'amène pas de
nouveau point de droit particu-
lièrement important au droit
des autochtones. Il s'agit tout
de même de la marque d'un
tournant dans la manière dont
les droits autochtones sont re-
vendiqués devant les cours.
Sparrow, Van der Peet, Delga-
muukw, Powley: la majorité des
décisions historiques en droit
des autochtones sont des « R.
c. », où un individu autochtone
se défend d'une infraction pro-
vinciale sur la base des droits
ancestraux de sa commu-
nauté. Lax Kw'alaams est le
premier d'une série de causes
civiles en droit des autochtones
sur laquelle la Cour suprême
se penchera. Lorsque les peu-
ples autochtones sont deman-
deurs, ce sont eux qui ont le
devoir de définir clairement
leurs revendications.
Graham Ragan, avocat en
droit des autochtones au bu-
reau d'Ottawa de Gowlings,
voit la décision de la Cour Su-
prême comme un avertisse-
ment procédural pour les
Premières Nations qui compte
porter leurs revendications en
cour. «The Court is signalling to
First Nations that they should
be prepared» affirme-t-il,
«[They have to] follow the pro-
cess and really establish [their]
case».
Le 13 décembre prochain, la
Cour suprême entendra un
autre cas civil de droits autoch-
tones dans l’affaire, Manitoba
Métis Federation Inc, et al c.
Procureur général du Canada,
et al. Si elle accorde la de-
mande en autorisation d’appel,
la Cour entendra également
l’affaire Ahousaht Indian Band
and Nation c. Canada (Procu-
reur général), un autre cas de
droit de pêche commercial de
Colombie-Britannique qui a
toutefois eu un résultat opposé
à Lax Kw’alaams et qui pourrait
venir clarifier la question de la
spécificité des espèces.
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Nouvelles
Projet de loi 24: Discréditer le consommateur
David Lecours
dleco059@uottawa.ca
Chronique de l’Association de
droit des affaires
Le projet de loi 24 libellé Loi vi-
sant principalement à lutter
contre le surendettement des
consommateurs et à moderniser
les règles relatives au crédit à la
consommation est une loi modi-
ficatrice de l’actuelle Loi sur la
protection du consommateur.
Cet ambitieux projet de loi, pro-
posé par le ministre de Justice
Jean-Marc Fournier, est bien loin
de faire l’unanimité dans le
monde des affaires.
Plusieurs acteurs importants du
monde juridique et des affaires
sont inquiets des conséquences
négatives que cette loi modifica-
trice pourrait avoir sur leurs acti-
vités. En effet, plusieurs articles
de ce projet leur posent pro-
blème, en particulier l’article
103.4 qui impose une obligation
au commerçant de « vérifier la
capacité du consommateur de
rembourser le crédit demandé »
avant de conclure un contrat de
crédit ou d’augmenter une marge
de crédit. Cette disposition
touche deux gros joueurs : les
commerçants et la coopérative
Desjardins.
En effet, vu que les banques sont
de compétence fédérale, Desjar-
dins craint que cette disposition
la place dans une situation de
déficit concurrentiel. En août der-
nier, Desjardins a informé ses
clients que le paiement minimum
sur ses cartes de crédit faisait un
bond de 2 % à 5 %. C’est donc
avec grande surprise que Des-
jardins a ajusté sa politique de
remboursement de crédit sans
même attendre l’entrée en vi-
gueur de ladite loi.
Pour les commerçants, la
marche sera plus haute. Tant le
Conseil québécois du commerce
de détail (CQCD) que la Fédéra-
tion des chambres de commerce
du Québec (FCCQ) s’insurgent
contre l’idée de faire porter aux
entreprises le fardeau du suren-
dettement. En avril dernier, la
FCCQ avait, lors de la consulta-
tion sur l’avant-projet, rappelé au
ministre qu’une telle loi viendrait
ralentir la reprise économique.
Le CQCD, par la voie de son
PDG Gaston Lafleur, abondait
dans le même sens lors de la
commission parlementaire : « On
ne peut pas demander aux dé-
taillants d’être les gardiens su-
prêmes de la santé financière
des gens. »
De surcroît, le 27 octobre der-
nier, le Barreau du Québec ajou-
tait son grain de sel aux
inquiétudes que soulève le projet
de loi 24. En effet, ce qui agace
le Barreau, c’est que les règle-
ments d’application de la loi n’ont
pas été débattus en chambre et
qu’en conséquence cela « prive
les parlementaires d’un débat
sur le contenu normatif des rè-
glements ». Dans son communi-
qué de presse, le Barreau
soulève également le fait que le
projet de loi n’est pas assez clair
avec les commerçants. Selon le
bâtonnier Me Louis Masson, la
loi devrait avoir une « (…) dispo-
sition permettant à tout le moins
de présumer que le commerçant
s’est acquitté de son obligation
de vérification lorsque certains
critères de vérification ont été
respectés (…) ».
Rappelons que le projet de loi est
à l’étape des amendements que
son adoption est prévue pour l’hi-
ver 2012. D’ici là, les groupes de
pression s’activent.
Vote for dwarfs: only dwarfs can save the country!
Les gnomes en Pologne
Karine El Hanbli
kvenn027@uottawa.ca
Les gnomes seraient-ils la solu-
tion miracle contre les régimes
politiques oppressants? Selon
l’expérience polonaise, il semble
que ces petites créatures ma-
giques soient de bons soldats
contre un régime communiste
autoritaire.
L’imposition du communisme en
Pologne au lendemain de la
Deuxième Guerre mondiale n'a
pas fait l’unanimité au sein de la
population. Lors de l’imposition
de la Loi martiale en 1981, les
émeutes faisaient déjà rage de-
puis une dizaine d’années. C’est
dans ce contexte qu’est née
Orange Alternative (Po-
marańczowa Alternatywa), un
mouvement anarchique under-
ground qui utilisait l’absurde afin
de réclamer transparence, vérité
et équité réelle.
Le choix de cette arme de com-
bat est venu d’un étudiant révo-
lutionnaire polonais : Waldermar
Fydrych. À cette époque, la cen-
sure était omniprésente et les
autorités arrêtaient tous ceux qui
affirmaient leur mécontentement,
allant même jusqu'à recouvrir de
peinture blanche presque instan-
tanément chaque graffiti anti-
communiste. Waldermar com-
mença simplement à dessiner
des gnomes sur chaque tache
blanche causée par un recouvre-
ment de graffiti. Selon lui, si cela
était fait à la grandeur du pays,
les communistes seraient enva-
his par une armée de gnomes et
auraient peur. Aussi absurde que
cette idée puisse paraître, cela a
fonctionné. Quelques semaines
après l’apparition du premier
gnome, il s’en est trouvé partout
en Pologne, mais aussi dans les
pays voisins tels que l’Ukraine.
On appela ces icônes embléma-
tiques de révolution les « Polska
Walczaca », c’est-à-dire les
guerriers de Pologne.
Orange alternative organisa en-
suite des happenings, toujours
en utilisant seulement et pacifi-
quement l’absurde. Dès les pre-
miers happenings, les
arrestations et interventions poli-
cières et militaires ont été ridicu-
lisées sur la scène internationale.
Elles ont ainsi projeté une image
embarrassante du système com-
muniste. Un des happenings les
plus connus a été Who’ s afraid
of toilet paper? durant lequel les
gens se sont promenés sur la
place centrale en ayant avec eux
du papier de toilette. Encore, du-
rant le fashion-socialist show les
gens ont paradé en costumes ri-
dicules. Ces évènements ont at-
tiré jusqu'à 13 000 personnes.
Chaque icône utilisée et chaque
évènement organisé par le parti
Orange étaient bien réfléchis.
Ainsi, la couleur orange comme
emblème représente une posi-
tion centrale entre l’abus de pou-
voir de la gauche communiste
rouge et de la droite chrétienne
généralement représentée par
du jaune. L’utilisation du papier
de toilette a permis d’illustrer le
contrôle de la distribution des
biens de base par le système et
les files d’attente qui en décou-
laient.
Ce parti cessa ses activités en
1989 après la chute du commu-
nisme. Il reprit cependant ses ac-
tivités en 2001 pour réclamer à
nouveau vérité, transparence et
équité. Le fondateur, aujourd’hui
connu sous le nom de Major Fry-
dyrich, organise encore des
campagnes en utilisant l’absurde
pour faire passer son message.
Il s’est lui-même présenté aux
élections présidentielles en nom-
mant sa campagne « Un gnome
pour président ». Les membres
du parti ont alors porté un bonnet
de gnome orange lors de chaque
présentation publique.
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Nouvelles
Écho du Québec : Les étudiants en grève
Josy-Anne Charette
jchar170@uottawa.ca
Les couteaux volent bas dans cette
lutte contre la hausse des frais de
scolarité au Québec. À cet effet, le
10 novembre 2011, certaines uni-
versités (et Cégeps) du Québec,
notamment l’Université de Mont-
réal, autorisaient une levée de
cours dans le but de permettre aux
étudiants d’aller manifester contre
le projet de hausse proposé par le
premier ministre Jean Charest.
Le projet de hausse en question
prévoit une augmentation des frais
de scolarité de 325 $ par année à
partir de 2012-2013, et ce pendant
5 ans. En 2016-2017, l’accès à
l’université pour les étudiants qué-
bécois aura donc augmenté de
1625 $. Cette hausse des frais de
scolarités donnera lieu à une boni-
fication des prêts et bourses, pour
aider ceux qui seront les plus affec-
tés par cette hausse. Le gouverne-
ment Charest souhaite ainsi
rejoindre la moyenne canadienne
et permettre aux universités d’avoir
de meilleurs fonds.
L’opposition à cette hausse a capté
l’attention médiatique. La popula-
tion étudiante s’est mobilisée et les
membres de l’Alliance sociale
(groupe progressif défenseur de la
population québécoise) ont an-
noncé publiquement qu’ils marche-
raient aux côtés des étudiants. Ils
ont également lancé un appel à la
population à venir manifester avec
eux.
Par contre, certains citoyens qué-
bécois appuient ce projet de
hausse des frais de scolarités. Par
exemple, l’association étudiante de
l’Université de Sherbrooke avait
proposé une grève pour faire pres-
sion contre la hausse des frais de
scolarités, mais celle-ci est loin
d’avoir fait l’unanimité. Lors de l’as-
semblée générale, un vote a été ef-
fectué afin de mettre en œuvre
cette grève puisque l’association
étudiante n’a pas de pouvoir exé-
cutif. Le vote est tout juste passé,
avec seulement 15 voies d’avance
(126 c. 111). L’Université de Sher-
brooke n’a pas eu de levée de
cours puisque les étudiants ap-
puyant le projet de Jean Charest
ont manifesté contre celle-ci. Ils ar-
gumentent que cette hausse peut
être justifiée dans le cadre de notre
société consommatrice. En effet,
ceux-ci soutiennent que l’étudiant
québécois est un « client » de notre
société et qu’il est justifié pour un
client de payer pour des services
reçus.
Les deux parties ont des argu-
ments opposés. Contre la hausse
se trouve en majorité la population
étudiante, car il s’agit de la popula-
tion qui sera le plus touchée par ce
changement. Certains étudiants
n’auront plus les moyens d’aller à
l’université et les études les plus
dispendieuses (médecine, droit)
seront réservées aux mieux nantis.
Selon eux, une hausse des frais de
scolarités occasionnera un écart
grandissant entre la classe riche et
la classe pauvre, effaçant ainsi la
classe moyenne de l’échelle éco-
nomique. Il s’agirait d’un retour en
arrière puisque le Québec s’était
distingué avec des coûts d’accès
aux études nettement moins éle-
vés que chez nos voisins cana-
diens. Aussi, l’acceptation de cette
hausse donnera un message né-
faste aux plus jeunes en prônant
l’individualisme.
Pour la hausse se trouvent certains
étudiants, ainsi que des écono-
mistes et hommes d’affaires. Tout
comme les étudiants de Sher-
brooke, ils défendent l’idée que les
études ont un prix et qu’il est nor-
mal de payer pour le service que
l’on reçoit. Ils argumentent aussi
qu’il faut voir la hausse comme une
redistribution des richesses. Les
riches paieront plus cher pour leurs
études et les moins fortunés auront
accès à plus de prêts et bourses.
Ils soutiennent qu’il n’est pas dérai-
sonnable pour les étudiants de
payer autant que le font leurs
confrères des autres provinces.
Ainsi, les Universités auront la pos-
sibilité d’offrir de meilleurs services,
car elles en auront les moyens. De
plus, le gouvernement en place
avait mis carte sur table aux élec-
tions, mentionnant qu’il mettrait
l’accent sur les services de santé.
En prenant en considération que
les étudiants sont très peu à avoir
voté, peuvent-ils réellement s’op-
poser aux décisions de l’équipe en
place?
Peu importe le camp choisi, il faut
laisser les deux parties débattre et
se laisser convaincre par celle qui
nous rejoint le plus.
Écrit avec l’aide de Simon Soulière,
de l’Université de Sherbrooke ainsi
que Simon Dufort-Labbé de l’Uni-
versité de Montréal.
Combattre le silence par le silence :
Laura Pollán et les Dames en Blanc
Marc-André Perreault
mperr105@uottawa.ca
Audrey-Anne Trudel
atrud049@uottawa.ca
Chronique amnistienne
Le 18 mars 2003 commençait à
Cuba ce qui allait changer la vie
d'une modeste enseignante de
La Havane, Laura Pollán. Une
vaste vague d'arrestations allait
contraindre son mari, Hector Ma-
seda, et 74 autres hommes, jour-
nalistes, défenseurs des droits
de l’Homme, penseurs, mem-
bres d'associations politiques, à
purger des peines allant de 6 à
28 ans de pénitencier - 20 pour
M. Maseda - en raison de leurs «
actes contre l’indépendance et
l’intégralité territoriale de l’État »
cubain et pour des puissances
étrangères aux objectifs idéolo-
giques opposés à ceux de l'île
des Castro. Ces prisonniers de
conscience, arbitrairement privés
de leurs droits fondamentaux au
jour même où le gouvernement
américain envahissait l'Irak, ver-
ront leur nom associé depuis lors
à ce qu'on a baptisé la primavera
negra, le printemps noir.
Indignée par ces arrestations et
intimement touchée par celle de
son mari, Laura Pollán ne put se
résigner à accepter cet abus
d’autorité. À son initiative,
femmes, sœurs et épouses se
rassemblèrent dans un mouve-
ment d'opposition pacifique
nommé les « Dames en Blanc ».
Leur rituel consiste à assister à
la messe dominicale en l’église
Sainte-Rita et de marcher en-
suite, en silence, toutes vêtues
de blanc et un glaïeul à la main,
sur la 5e avenue de la capitale.
Laura Pollán à leur tête, elles ont
bravé pendant 8 ans l'indiffé-
rence du peuple et même la vio-
lence de certains groupes
mobilisés par le gouvernement et
amenés sur place pour proférer
menaces et injures. L’État
exerça une pression inouïe sur
les Dames en Blanc et leur im-
posa de nombreuses restrictions.
Toutefois, elles constituent à ce
jour le seul mouvement de pro-
testation politique en activité to-
léré sur l’île et aucune arrestation
n’a visé une de leurs membres.
Aussi, leur résilience fut recon-
nue de par le monde et est sou-
lignée par de nombreuses
organisations humanitaires et de
dénonciation des atteintes à la li-
berté de conscience. En 2005, le
Parlement européen leur dé-
cerna le prix Sakharov en recon-
naissance de leur combat pour
les droits de la personne. Le gou-
vernement cubain leur a interdit
de sortir du pays, les empêchant
ainsi d’aller recevoir leur prix en
Europe.
Ceci dit, la volonté des Dames
en Blanc de voir leurs familles à
nouveau réunies, jumelées aux
pressions de l’Église catholique,
porta fruit. Bien que la lutte pour
la libération d’autres prisonniers
politiques se poursuive encore
aujourd’hui, les 75 prisonniers fu-
rent libérés. La réunion de Laura
et de son mari fut cependant de
courte durée, puisque celle-ci,
d’une santé déjà fragile, est dé-
cédée le 14 octobre dernier,
dans un hôpital public. Fidèle à
ses convictions jusque dans la
mort, elle refusa d’être transférée
dans un hôpital privé pour de
meilleurs soins.
Le 16 octobre, les Dames en
Blanc furent pour la première fois
accompagnées par plusieurs
hommes, en hommage à celle
sans qui ils n’auraient probable-
ment pas recouvré la liberté,
dont M. Maseda. En mémoire de
Laura cette fois, ils ont marché,
vêtus de blanc et un glaïeul à la
main. Il ne reste qu'à souhaiter
que le rêve de celle qui a amorcé
le mouvement, dans l'adversité
et la tourmente, ne se fane point
comme bien d'autres messages
ont vu leurs pétales flétrir au so-
leil brulant de l'oppression.
Le groupe d’Amnistie interna-
tionale de l’Université d’Ot-
tawa est à la recherche de
talent pour son Talent Show
qui sera présenté en mars pro-
chain. Vous avez jusqu’au 6
janvier pour nous faire part de
votre talent : amnesty.uo@hot-
mail.com
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Nouvelles
Éducation Canada - Horizon 2020 avec réserve
Philippe Pépin
ppepi040@uottawa.ca
En octobre, la communauté crie
d'Attawapiskat, située dans le Nord
de l'Ontario, déclarait l'état d'ur-
gence : une sévère crise du loge-
ment, le manque d'accès aux
soins, et surtout le manque d'eau
potable, paralysent présentement
la ville et menacent la sécurité des
citoyens. Le problème d'accès à
l'eau de la communauté s'inscrit
dans une tendance, et n'est point
une question de fait divers : 126
des 630 communautés autoch-
tones, selon l'Assemblée des Pre-
mières Nations, seraient « visées
par des avis de consommation
d'eau potable », certaines d'entre
elles depuis plus d'un an. Bref, on
exige rien de moins que l'évacua-
tion avant l'hiver de la commu-
nauté, où même la croix rouge
prête main forte depuis le 29 no-
vembre 2011. La faute à qui? On
joue un peu à la patate chaude à
ce sujet : le gouvernement de l'On-
tario, Affaires autochtones et Déve-
loppement du Nord Canada
(AADNC)...? Il semblerait qu'on
puisse dormir sur nos deux oreilles
: selon le ministre John Duncan
d'AADNC, la crise serait « en partie
de la faute de la communauté », in-
capable de gérer ses comptes, et
de s'acquitter de ses dettes ac-
quises lors des évacuations précé-
dentes dues aux sols contaminés
par un déversement de mazout.
Heureusement, une délégation en
armure scintillante d'AADNC tra-
vaille depuis la dernière semaine
de novembre à l'identification des
priorités de la communauté.
Bon, imaginons qu'il y ait des en-
fants dans cette réserve, c'est une
allégation raisonnable. Cette popu-
lation se distribue, selon Statistique
Canada, à parts égales entre les
régions urbaines et les réserves.
Sans tenter d'établir une causalité
avec un aspect particulier des dé-
boires que subissent nos Pre-
mières Nations, regroupons en un
concept-parapluie : le « facteur ré-
serve », toutes les lacunes en
santé, en éducation, en protection,
en infrastructures publiques, l'his-
toricité des pensionnats, et tout le
reste. Ce « facteur réserve », évi-
tons ici de qualifier la responsabi-
lité des acteurs, pour se concentrer
sur l'essentiel : le besoin criant de
revoir jusqu'aux fondements
mêmes l'approche et la conception
contemporaine canadienne de «
l'administration des Premières Na-
tions », c'est-à-dire la notion de «
réserve ».
Analysons ici l'influence du « fac-
teur réserve » sur les perspectives
d'éducation des autochtones via
les données du dernier recense-
ment publiées en 2006 par Statis-
tique Canada. Les chiffres parlent
d’eux-mêmes : la jeunesse autoch-
tone ayant passé par les écoles se-
condaires des réserves du Québec
dans les années 1980-1990, donc
les 25-35 ans, a été vraisemblable-
ment aliénée du milieu scolaire. On
observe un écart dans les taux de
décrochage de 39 % entre un au-
tochtone ayant vécu sur réserve, et
un « blanc » de ville. Et encore là,
lorsqu'un membre des Premières
Nations de cette tranche d'âge
réussit à compléter ses études,
seulement 4 % des diplômés com-
plètent également leurs études uni-
versitaires, un écart avec les
blancs de ville de 30 %! Et si on
compare les autochtones de ville
aux autochtones de réserve, afin
de « véritablement » quantifier le «
facteur réserve », on constate que
les taux de décrochage varient de
29 %, et les taux d'atteinte de di-
plômes universitaires de 16 %. De
tels écarts statistiques ne sont pas
compatibles avec une société «
libre et démocratique », il y a une
violation implicite des droits garan-
tis non pas par les articles 25 ou 35
de la constitution de 1982, mais bel
et bien par l'article 2 a) et b) : une
telle éducation ne permet pas une
liberté de conscience, encore
moins d'opinion et d'expression,
car c'est dans l'institution acadé-
mique que l'on développe ces ca-
pacités!
On en est à un point où le Canada,
« tacheté de bouts de tiers-monde
» met en œuvre des programmes
nationaux ambigus, incohérents, et
surtout non contraignants aux al-
lures des « Objectifs du Millénaire
» en son propre pays telle la Décla-
ration du Conseil des ministres de
l'Éducation de 2009 : « L’Éducation
au Canada – Horizon 2020 » — on
nage définitivement ici dans la
créativité. Mais revenons au politi-
quement correct.
Ce même Conseil des ministres a
toutefois eu la brillante idée en
2010 de procéder à des entrevues
chez les Premières Nations afin
d'identifier ces problèmes criants
en matière d'éducation. S'en sont
dégagés les conclusions suivantes
qui se trouvent aujourd'hui dans le
rapport intitulé « une analyse docu-
mentaire concernant les facteurs
qui contribuent au succès de la
transition de l'éducation primaire-
secondaire à l'éducation postse-
condaire des Autochtones » :
1. « Les perspectives et/ou la par-
ticipation des peuples métis, inuit
et des Premières nations (au ni-
veau individuel et communautaire)
doivent être prises en compte dans
le cadre de toute initiative concer-
nant l'éducation postsecondaire
des peuples autochtones » ;
2. « Les définitions des termes
“succès” ou “réussite” doivent être
pertinentes pour les communautés
autochtones et non autochtones. »
;
3. « Le financement des études
des étudiantes et étudiants métis,
inuits et des premières nations a
besoin d'être rehaussé pour l'en-
semble du système d'éducation, du
niveau primaire-secondaire ou ni-
veau postsecondaire » ;
4. « La politique est problématique
».
Nous nous trouvons ici devant un
dilemme : faut-il s'adapter au cadre
juridique applicable aux Premières
Nations, tergiverser autour des
normes de la Loi sur les Indiens
pour avoir à « réagir » (pour re-
prendre le Ministre Duncan
d'AADNC) à des cas « d'incapacité
de gestion des ressources » tels
Attawapiskat, ou pourrions-nous
trouver une nouvelle perspective
d'approche de ces peuples? Je
vous invite à ce sujet à aller visiter
le site web d'AADNC, vous y trou-
verez la « chronologie des événe-
ments de l'école élémentaire
d'Attawapiskat », un joli document
qui illustre comment AADNC rem-
plit son mandat d'« améliorer le
bien-être social et la prospérité
économique » des autochtones.
Pour « parler à travers ma pipe »,
je reste sceptique devant les
constats du Conseil des ministres
de l'Éducation canadien : la faible
réussite autochtone entre les murs
des classes n'est pas, à mon sens,
due à une « conception différente
du succès ou de la réussite », et ne
se limite pas à des problèmes de «
prise en compte des perspectives
et de la participation des premières
nations », le problème est beau-
coup plus grand : ici, j'attaque le
concept même de « réserve »,
puisque tel que démontré par Sta-
tistique Canada dans « L'Enquête
auprès des peuples autochtones :
expériences vécues à l'école par
les enfants des Premières nations
de 6 à 14 ans vivant hors réserve
», en 2010, un autochtone placé en
milieu scolaire urbain a tout autant
de chances de réussite qu'un «
blanc ».
Flagrant- Decembre 2011_Flagrant Décembre 2010 11-12-01 17:36 Page5
Le Flagrant délit
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Vie campus
Retour des notes à la mitaine:
comment fonctionne un stylo?
Edline Siméon
esime041@uottawa.ca
L’ordinateur portable est un
outil estimable pour la prise de
note en classe. Il peut cepen-
dant aussi constituer une dis-
traction de taille. C’est un débat
qui déchire actuellement l’Uni-
versité Ottawa. Il y a d’ailleurs
plusieurs rumeurs concernant
les mesures que l’Université
compte adopter pour contrer ce
problème. Le doyen de la Sec-
tion de droit civil Sébastien
Grammond a accepté de faire
le point sur la question : « Au
conseil des études de premier
cycle (CEPC), il y a actuelle-
ment des discussions sur
l’adoption éventuelle d’un rè-
glement qui permettrait aux
professeurs d’interdire l’utilisa-
tion d’ordinateurs portables en
classe. Est-ce que c’est ce qui
sera adopté, quelles seront les
conclusions des discussions, je
ne pourrais pas vous dire. [...]
Je pense qu’un règlement
comme celui-là prendra un cer-
tain temps avant d’être éla-
boré. Je serais surpris que ce
soit adopté dans les pro-
chaines semaines. Peut-être
qu’il faudrait interdire l’accès à
certains sites comme Face-
book ou Youtube? Je ne sais
pas s’il va falloir aller jusque-là.
En ce qui concerne le brouil-
lage du WI-FI, ce serait difficile
à faire en raison de la présence
de postes émetteurs récep-
teurs un peu partout dans l’édi-
fice. On ne peut pas par
exemple isoler un local ou de-
mander d’éteindre le WI-FI le
mardi de telle heure à telle
heure pour un professeur. »
Les professeurs quant à eux
voient des avantages et des in-
convénients à un tel règlement.
Pour le professeur Denis Na-
deau la technologie elle-même
rattrape les étudiants, car de
plus en plus d’enseignants in-
tègrent du support visuel au
cours comme des diapositives
format PowerPoint. M. Nadeau
n’est pas contre l’utilisation de
portables en classe : « Pour
ma part, l’utilisation d’ordina-
teurs en salle de cours ne me
pose pas de difficulté. Au
contraire, constatant l’engoue-
ment des étudiantes et étu-
diants pour cet outil de travail,
j’ai décidé il y a quelques an-
nées d’en faire un allié. Cela
m’a permis ainsi d’optimiser, du
moins je l’espère, mon ensei-
gnement. »
M. Grammond abonde dans le
même sens. « Lorsque j’en-
seigne, il arrive souvent que
j’utilise la base de données
CANLII, que j’affiche des déci-
sions des tribunaux à l’écran,
que j’attire l’attention des étu-
diants sur certains passages.
Les étudiants peuvent en
même temps le faire sur leur
ordinateur, donc il y a un cer-
tains avantages à pouvoir faire
de la recherche juridique en
temps réel. D’ailleurs, les pro-
fesseurs de Droit des obliga-
tions utilisent un système de
«clickers » qui permet aux étu-
diants de donner de la rétroac-
tion pendant le cour, ce qui
permet une plus grande inter-
action entre les enseignants et
les étudiants ». Là où le bât
blesse d’après lui, c’est que
lorsqu’un étudiant navigue sur
Youtube pendant le cours, les
autres étudiants sont sujets à
être déconcentrés par la vidéo
qui défile sur l’écran.
Par ailleurs, M. Nadeau note
également que la rapidité que
procure le traitement de texte
est une arme à double tran-
chant : « Je remarque que plu-
sieurs essaient, et réussissent,
à tout prendre en note. À mon
avis, une telle approche
consistant à être rivé au clavier
affecte non seulement la parti-
cipation en classe, mais crée
une fausse sécurité car elle ne
permet pas de distinguer l’es-
sentiel du secondaire et de se
faire, dès le cours, une tête sur
un concept, une idée, une cri-
tique. »
Le doyen de la Section de droit
civil, Sébastien Grammond,
renchérit : « Le fait que la prise
de note à la main va un peu
moins vite pousse l’étudiant à
se demander qu’est-ce qu’il va
noter, qu'est-ce qu’il va choisir
de noter, quel est le message
fondamental de ce que j’en-
tends. Développer cette habi-
leté est essentiel. »
Plusieurs questions sont en jeu
au cours de ce débat. De-
vrions-nous permettre à un en-
seignant de refuser l’accès aux
ordinateurs dans sa classe?
Qu’en est-il de la responsabili-
sation de soi? Du respect de
nos confrères de classe? De-
vrions-nous réellement punir
l’ensemble des étudiants pour
une minorité? Il s’agit d’un dos-
sier à suivre.
Professeur Nadeau dans
les années 1990
Suite de la Une
Pour ce qui est de l’assurance
collective médicale et dentaire,
un courtier aurait déjà approché
les facultés désirant se désaffi-
lier dans les années passées
afin d’offrir une couverture sem-
blable à la FÉUO et même à un
meilleur prix. Enfin, d’un niveau
politique, des campagnes
comme celle pour la réduction
des frais de scolarité pourraient
tout simplement se faire
conjointement.
Avec un taux de participation
de 39 %, le message est clair.
Fauteux veut s’autogérer. Le
travail est pourtant loin d’être
terminé. Les étudiants ont ré-
pondu « Oui » à 89 % à la se-
conde question et pourtant la
FÉUO refuse catégoriquement
de reconnaître la validité de
celle-ci.
La FÉUO affirme que l’on peut
arrêter de faire partie de son
aspect politique, mais qu’il n’est
pas possible d’arrêter de payer
les cotisations. Elle justifie cette
position en invoquant le contrat
avec l’administration qui stipule
qu’eux seuls peuvent recueillir
l’argent des étudiants par l’en-
tremise de cotisation. Deux op-
tions sont alors proposées par
le mouvement Me Chez nous :
de rouvrir le contrat afin d’in-
clure une autre partie ou en-
core d’attendre le terme du
contrat (soit cette année) en
demandant à la FÉUO de re-
cueillir l’argent pour ensuite
transférer la totalité de la coti-
sation à l’AEEDCO.
À la suite du débat, La Rotonde
rapportait des propos de la
vice-présidente aux affaires
étudiantes de la FEUO Amy
Hammet affirmant que la popu-
lation étudiante doit décider col-
lectivement si une entité
fédérée se sépare et comment
elle peut le faire : « Le Conseil
administratif décidera de suivre
le meilleur processus. Une pe-
tite partie de la population n’a
pas le droit de décider toute
seule qu’elle veut se séparer. »
Si les négociations n’aboutis-
sent pas, plusieurs étudiants de
la section on déjà signifié leur
intention de recourir à des
moyens légaux pour faire re-
connaitre leur droit d’associa-
tion.
À l’heure actuelle, une rencon-
tre se prépare entre l’adminis-
tration de la Section de droit
civil pour voir comment et les
mesures à prendre, conjointe-
ment avec le conseil d’adminis-
tration de la FÉUO et le bureau
du recteur Allan Rock. Les par-
tisans d’une désaffiliation ne
cachent pas qu’ils comptent sur
les bonnes relations qu’ils en-
tretiennent avec l’administration
de droit civil pour les aider dans
leur démarche.
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Le Flagrant délit
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Vie campus
Nous ne sommes pas dangereux –
« Love your neighbour »
Pierre Alexandre Cardinal
pcard006@uottawa.ca
Philippe Pépin
ppepi040@uottawa.ca
Étudiants en droit civil et déve-
loppement international et
mondialisation
Chronique
« -Moi, c'est nous autres que
j'haïs. Ouin tout nous autres
les Québécois! [...]
-Je nous z'haïs de passer
notre temps à détester et à
envier les autres.
-Je nous z'haïs de jamais
nous faire confiance!
-Je nous z'haïs de si mal nous
aimer! [...]
-Un petit peuple de braillards.
[…]
-Je nous z'haïs d'avoir honte
de nous autres tout le temps,
je nous z'haïs d'être lâches!
-Et de passer notre temps à
nous critiquer les uns les au-
tres au lieu d'agir! »
Nul besoin de se vautrer en
nos vices, pourquoi se casser
les oreilles encore aujourd'hui
avec les écrits de Françoise
Loranger, âgés de plus de qua-
rante ans! C'est que l'Autre, le
déférent, le différent, le dissi-
dent, inspire chez le Canadien
français mille et une humeurs,
qui bouillent en pétarade sur
les tisons de nos complexes
nationaux. Soit! Le campus
n'échappe pas aux déborde-
ments si caractéristiques de
cette nation qui est la nôtre,
particulièrement dans le
contexte de la débâcle consti-
tutionnelle FÉUOesque aux al-
lures rien de moins que
théâtrales, ayant pour troupe le
peuple de la Section de droit
civil de l'Université d'Ottawa. Et
pour cause : la proposition de
sécession de la fédération étu-
diante approuvée à environ
85% par la Section, le retrait du
support financier à la librairie
de l'AGORA, puis l'appropria-
tion effective sinon gangre-
neuse des rares clubs
auxquels nous participons, le
tout saupoudrés des menaces
cinglantes de nos représen-
tants étudiants dans les mé-
dias sociaux donnent à notre
Section les allures d'un club
privé peuplé des princes et
princesses qui vassaliseront
dans un futur proche les te-
nants de la plèbe des élites
académiques, c'est-à-dire
vous, chers lecteurs.
Fredance d'Yves Thériault a
dit: « J'ai vu les billots...
C'étaient de fiers arbres.
Quand je suis passé, ils sen-
taient le chêne mort. [...] Une
fois morts, les chênes sentent
le pourri; ils sentent comme les
pieux que l'on tire de terre... »
L'expérience de l'école de droit
est en effet une petite mort, du
moins une réorientation, mais
en définitive c'est l'âme ici que
l'on martèle, il en ressort de
l'institution de bons petits sol-
dats foucaldiens disciplinés,
dominés, bref qui « puent du
dedans », exilés pour trois ans
dans le purgatoire de Fauteux.
En fait, certains juristes se sont
penchés sur les tribulations de
l'expérience de l'école du droit.
Robert V. Stover, dans « The
experience of Law School »,
avance que « vers la fin de la
seconde année, la plupart des
étudiants ont appris que dans
l'école de droit, l'analyse lé-
gale, définie étroitement, est ce
qui compte. Le reste relève de
la périphérie. » Un résumé
abrupte de son texte irait dans
le sens suivant : à travers l'ap-
prentissage, l'altruisme n'est
pas mis en valeur par l'institu-
tion, ici, le respect se gagne à
travers le dur labeur ou la réus-
site. L'attrait des défis com-
plexes du droit des affaires, du
« défi intellectuel » (ou, et sur-
tout, de l’appât du gain), l'em-
porte donc bien souvent sur le
sens des valeurs, ignoré sinon
considéré comme contre-pro-
ductif ou simplement hors
contexte en l'enceinte de l'aca-
démisme légal. Duncan Ken-
nedy, de son abord, dans son
texte « Legal Education and
the Reproduction of Hierarchy
», souligne l'influence gargan-
tuesque de l'institution sur
l'élève : « puisque les étudiants
croient ce qu'on leur dit, expli-
citement et implicitement, à
propos du monde qu'ils pénè-
trent, ils agissent de manière à
satisfaire les prophéties que le
système leur impose sur ce
monde. […] Les étudiants vont
plus loin qu'accepter la forme
des choses, et l'idéologie fait
plus que couvrir l'opposition.
Les étudiants agissent affirma-
tivement dans les chemins dé-
frichés pour eux, et défrichent
à leur tour encore plus loin. »
Qu’allons-nous faire de nous-
mêmes? Nous ne sommes pas
dangereux, cela dit, pas lors de
notre entrée à l'école. En tant
qu'étudiants du programme de
double baccalauréat de licence
en droit civil spécialisé en dé-
veloppement international et
mondialisation, nous consta-
tons une tranchée toujours plus
creuse entre les étudiants de la
branche du droit, puis des
branches plus sociales. Les
écoles semblent allergiques
l'une à l'autre, et plus d'une fois
nous nous voyons attitré, dans
nos classes de DVM, le qualifi-
catif de « hautain », alors que
nos collègues juristes aiment
bien nous appeler « hippies »,
« artistes », « pelleteux de
nuages ».
Vous savez, les sciences so-
ciales et l’étude du droit sont
deux lentilles différentes por-
tées sur le même objet; l’une
étant, au départ, plus pragma-
tique, et l’autre étant plus théo-
rique. Pas de droit sans contrat
social, pas de contrat social
sans droit, l’étude de l’un per-
met la compréhension de l’au-
tre. Mais qui, dans la « divine
enceinte » (ou enclave, selon
votre point de vue) de Fauteux,
a étudié Rousseau dans ses
cours de droit? Qui connait Mill,
Rawls, ou des plus radicaux
comme Marx ou Wolf? Mais
encore, qui en sciences so-
ciales peut se vanter de com-
prendre les ramifications des
articles 91 et 92 de la Constitu-
tion canadienne (et de com-
prendre les impacts de la
non-signature du Québec)?
Cet appel n’est pas à porter
l’étude du droit sur celle de la
philosophie, de la théorie ou de
l’identité par exemple. En fait,
non, la question, afin de per-
mettre une autocritique, de fo-
menter un questionnement
chez les juristes, est d’initier
justement ce questionnement,
de favoriser la réflexion sur des
concepts fondamentaux du
droit tels que « justice », «
équité », « droit », qui, par ex-
périence personnelle ne sont
pas remis en question, mais
simplement pris pour acquis
par une bonne partie des étu-
diants en droit. Comment pou-
vons-nous être un juriste
efficace si notre conception de
la « légalité », de ce qui est «
juste », est aussi diffuse qu’un
jugement de la Cour Suprême
sur une question constitution-
nelle contentieuse (par exem-
ple, sur la norme de contrôle)?
Il est de notre avis, justement,
que ce questionnement per-
mettrait une meilleure compré-
hension des non-dits
juridiques, des assises du droit.
Nous croyons que nous parta-
geons une certaine expérience
académique, peu importe notre
provenance universitaire. L'uni-
versité est la tribune de l'avan-
cement de la connaissance à
son niveau le plus pur, et il im-
porte de protéger cette image
bienveillante, collectiviste et té-
léologique de l'expérience uni-
versitaire. Si comme nous,
vous n'en pouvez plus de
constater l'état de division qui
règne sur notre campus, sortez
de vos carcans (Fauteux),
pointez-vous aux conférences
extrajuridiques, questionnez la
pertinence et le bon fondement
des lois, et aussi et surtout, ce
que dises nos juges! Délégali-
sez-vous – afin de mieux com-
prendre la légalité,
ouvrez-vous aux autres
sciences, qu'importe vos vues
sur celles-ci. Ainsi, pour revenir
à Françoise Loranger, « peut-
être qu’on n’haïra plus per-
sonne après ça! »
Flagrant- Decembre 2011_Flagrant Décembre 2010 11-12-01 17:36 Page7
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Dossier spécial : histoire du Flagrant
Plus peureux ou plus respectueux?
Gabrielle Fortier-Cofsky
gfort099@uottawa.ca
Tout a commencé avec un courriel
d’un ancien, ex-rédacteur en chef
du Flagrant en 1995-1996. Celui-ci
avait en sa possession de nom-
breux numéros entre 1993 et 1996,
et se demandait si nous voulions y
jeter un coup d’œil. Nous vous of-
frons donc les « meilleurs mo-
ments » du Flagrant des années
1990. Au-delà des références aux
CD des Spice Girls et la coupe plus
luxuriante du Professeur Nadeau,
il existe des similitudes qui nous
permettent conclure que plus ça
change, plus c’est pareil.
L’historique du Flagrant
Le Flagrant délit est né en 1991 de
l’initiative de quatre étudiants. Ces
derniers voulaient recommencer
un journal étudiant sous de nou-
velles bases plus sérieuses. En
effet, avant 1991, il existait un jour-
nal à potins appelé le « Fauteux
Vedettes ». Ces « pères fondateurs
» souhaitaient ainsi s’éloigner des
commérages qui caractérisent
Fauteux. Cela n’a cependant pas
fonctionné : les potins sont restés.
Entre 1991 à 1999 il y avait environ
quatre numéros du Flagrant
chaque année, et parfois un nu-
méro spécial durant l’été. À cette
époque, l’association étudiante
était logée dans une des maisons
entourant l’Université, comme celle
de La Rotonde aujourd’hui. Celle-
ci, aux dires d’un ancien rédacteur
en chef, était assez peu salubre et
propice aux incendies. Le Flagrant
quant à lui a été sans domicile fixe
jusqu’à ce qu’il réussisse à négo-
cier l’obtention d’un local dans cet
immeuble.
Durant ces années, la question la
plus préoccupante pour le Flagrant
– à part celle du sexe qui faisait
l’objet d’une chronique chaque
mois sous la rubrique « Sensualité
» – était la relève. Les rédacteurs
en chef ne restaient pas plus d’un
an en poste, ce qui devait aussi
nuire à la pérennité du journal. Il y
a d’ailleurs eu un an sans Flagrant
en 1999-2000 faute de succession.
La mémoire se perd entre 2001 et
2007, année où le Flagrant a offi-
ciellement repris vie. Après avoir
interrogé plusieurs membres du
personnel, professeurs et anciens,
personne ne peut dire exactement
quelle a été la fréquence du Fla-
grant délit. Cependant, il y a unani-
mité pour affirmer que celui-ci est
apparu de façon très irrégulière du-
rant ces années. C’était une pé-
riode sombre du Flagrant.
Les relations avec l’Asso
Le Flagrant n’est pas encore auto-
suffisant, même si cette année il le
sera presque avec un record de
6275 $ en commandites. Cette ca-
ractéristique agace l’association
étudiante, car c’est elle qui éponge
le reste de nos dépenses, soit la
différence des frais d’imprimerie. Il
n’est pas question ici de rappeler à
quel point un journal est important
pour une faculté en santé, mais de
relever les oppositions qui ont tou-
jours existé et qui existent encore
entre le Flagrant et l’Asso.
En 1991 lorsque les autoprocla-
més « pères fondateurs » ont dé-
cidé de commencer un nouveau
journal étudiant pour remplacer le
Fauteux Vedettes, il y avait déjà
des flammèches entre l’association
au sujet de l’initiation. Vous pouvez
en lire plus dans l’article « Père
fondateur… et Prof?! », où un de
ces « fondateurs » vide son sac sur
les relations entre le journal, l’Asso
et l’administration de droit civil.
Cela mène à aborder la question
des critiques de l’AEEDCO dans le
journal étudiant. Nous tenons à
être indépendants. Néanmoins,
nos journalistes sont toujours réti-
cents à critiquer l’association étu-
diante. Cette situation est bien
contraire à celle qui prévalait à nos
débuts. Par exemple, les budgets
de l’Asso étaient scrutés à la loupe
par les journalistes du Flagrant. Il
existait même une « espionne » qui
faisait une chronique chaque mois
sur la gestion estudiantine. Pour-
quoi cette habitude a-t-elle dis-
paru? Sommes-nous devenus
peureux, ou plus respectueux?
En 2007, lors du retour du Flagrant
délit, le rédacteur en chef était
aussi président de l’Asso. D’un
côté, c’est presque idéal, car il n’y
avait certainement aucun problème
au niveau de l’accès aux fonds. Le
rédacteur en chef et président
n’irait pas se saboter lui-même.
Les relations n’ont pas le choix que
d’être bonnes. D’un autre côté, il
est évident qu’il n’y avait pas de cri-
tiques très acerbe de l’Asso dans
le journal…
Aujourd’hui, il y a en apparence
appui de l’association étudiante
quant à l’existence d’un journal étu-
diant à la Section. Par contre, les
relations avec celle-ci sont toujours
le résultat d’un exercice diploma-
tique, puisque le Flagrant se trouve
en situation de dépendance finan-
cière. Nous avons peur de nous
faire couper nos fonds. Par exem-
ple, l’année dernière nous avons
eu chaud : la Présidente trouvait
que le journal coûtait cher. Elle au-
rait préféré voir cet argent investi
dans des cocktails avec les cabi-
nets. Un autre exemple est l’aver-
sion que certains membres de
l’actuelle association étudiante res-
sentent face à la une d’avril der-
nier, sur les élections de l’actuelle
Asso. Celle-ci avait comme titre «
La clique de Fauteux ». L’Asso a
d’ailleurs refusé d’en mettre des
copies dans la trousse des nou-
veaux durant la semaine d’initia-
tion.
Les potins de Fauteux
Le Flagrant délit des années 1990
contenait des photos et des potins
assez juteux sur les étudiants de la
faculté. Pour satisfaire votre curio-
sité de Fautois dépravé, vous en
trouverez des extraits dans les pro-
chaines pages. La question des
potins a toujours été d’actualité
dans la gestion du Flagrant. Au
début de cette année, la question
a été soulevée de nouveau. Le
débat est toujours le même : à quel
point le journal veut-il être pris au
sérieux et où se trouve la limite du
bon goût.
Il existe cependant une différence
fondamentale aujourd’hui : les mé-
thodes d’information et leur rapidité
de transmission ont grandement
changé, même depuis les années
1990. Aujourd’hui, le Flagrant délit
est disponible en ligne, ce qui a
augmenté significativement sa dis-
tribution et surtout l’accès à celui-
ci. Seriez-vous prêt à ce qu’un
employeur apprenne au sujet de
votre MTS ou de votre promiscuité
durant les Law Games lorsqu’il «
googlera » votre nom? Ou pire,
souhaitez-vous qu’il vous voit flam-
bant nu? Il n’y a ici aucune exagé-
ration : comme le témoigne le
présent numéro, un dossier de l’ini-
tiation 1996 contient un cliché « full
frontal » d’un étudiant heureux de
se faire photographier.
La réponse semble évidemment
être non, d’autant plus qu’il est
drôle d’apprendre des informations
compromettantes sur les autres,
mais moins cocasses lorsque
celles-ci nous concernent. Certains
penseront ici à certaines photos du
PBH impliquant un maillot de bain
rose ou un costume d’aventurier…
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Dossier spécial : Les années 1990
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Dossier spécial : histoire du Flagrant
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Dossier spécial : histoire du Flagrant
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Chez neus,
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crée des greupes dynamiques.
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On joue... à trouver l’erreur...
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PHOTO GABRIELLE CORRIVEAU
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Vie campus
Les gros poissons mangent les petits :
Quel bilan pour les poursuites-bâillons?
Anissa Chekir
anissachekir@hotmail.com
Chronique de l'Association
civiliste du droit de l'environ-
nement
L’analogie des poissons peut
s’appliquer dans la nature, en
politique et, bien souvent, en
droit. Cependant, depuis juin
2009, le vent devrait avoir
tourné puisque de nouvelles
dispositions du Code de procé-
dure civile ont été adoptées
dans le but d’éliminer les pour-
suites-bâillons – ou ,en anglais,
les « SLAPP » (strategic law-
suit against public participa-
tion). Ces dispositions (54.1 à
54.6 C.p.c.) visent concrète-
ment à garantir un meilleur
accès à la justice, permettre
une plus grande participation
de la population dans les dé-
bats publics, renforcer la liberté
d’expression et globalement, à
sanctionner les abus de procé-
dure menant aux poursuites-
bâillons. Cela semble très
intéressant, mais fonctionnent-
elles ?
Prenons le cas opposant la
compagnie canadienne d’ex-
ploitation aurifère Barrick Gold,
aux trois auteurs et la micro-
maison d’édition Écosociété
ayant publié le livre « Noir Ca-
nada : pillage, corruption et cri-
minalité en Afrique ». Dans le
but de lancer un débat public,
en se basant sur des rapports
d’organisations internationales
crédibles (ONU, Amnistie inter-
nationale, Human Rights
Watch, etc.) le livre expose les
abus commis par plusieurs so-
ciétés minières canadiennes
en Afrique et dénonce « l’aveu-
glement volontaire  » du gou-
vernement canadien sur la
question. En ce qui concerne
Barrick Gold, on y énonce des
atrocités qui auraient été com-
mises par la société allant de
l’assassinat de dizaines de mi-
neurs en Tanzanie à l’appui par
l’armement et le financement
de différents groupes en Répu-
blique démocratique du Congo
pour le contrôle de gisements
miniers. Criant à la diffamation,
c’est essentiellement en se ba-
sant sur ces allégations que
Barrick Gold a poursuivi la mai-
son d’édition ainsi qu’Alain De-
neault et les deux co-auteurs
pour 6 millions $ en dom-
mages-intérêts moraux et puni-
tifs.
Vrais ou faux, pour être en me-
sure de juger de ces faits sur le
fond, il aurait fallu un procès
colossal d’une durée estimée à
40 jours. En s’appuyant sur les
nouvelles dispositions du Code
de procédure civile, les défen-
deurs ont répliqué en deman-
dant le rejet de la requête pour
abus de procédures. La juge
Guylaine Beaugé de la Cour
supérieure a conclu que le re-
cours de Barrick Gold semblait
effectivement démontrer une
volonté d’intimidation plutôt
que d’obtention d’une répara-
tion. Compte tenu de la gravité
des propos tenus dans le livre,
elle n’a pas cru bon de rejeter
l’action, mais a exigé que Bar-
rick Gold fournisse une provi-
sion pour frais de 143
190,96 $. Ce montant semble
dérisoire, mais sans les nou-
velles dispositions, cela aurait
été impossible. Malgré ce juge-
ment rendu au mois d’août
2011, suite aux pressions exer-
cées par Barrick Gold et par
crainte d’un appel de la déci-
sion, Écosociété et les trois au-
teurs ont préféré accepter en
octobre 2011 l’offre de règle-
ment à l’amiable mettant fin
aux procédures et les obligeant
à cesser la publication du livre.
Présent le 24 novembre der-
nier lors d’une conférence or-
ganisée par La Rotonde, Alain
Deneault a donné son avis par
rapport aux nouvelles disposi-
tions : « La loi est un pas dans
la bonne direction, mais
comme elle ne prévoit pas la
notion de débat public, le juge
est toujours restreint, il ne peut
pas penser plus loin que la loi
[…] ce qui la rend trop faible ».
Il a également exprimé sont
ressentiment face à l’accès à la
justice, qui est selon lui, or-
chestré en faveur des corpora-
tions.  Il s’estime tout de même
heureux de la portée inespérée
du livre et des débats qu’il aura
suscités, mais affirme qu’il
n’était pas prêt à «  laisser sa
peau  » dans les dédales du
processus judiciaire. Cette
demi-victoire a un goût amer,
tant pour les environnementa-
listes que les défenseurs de la
liberté d’expression. D’un côté
la décision est une avancée,
de, mais de l’autre, Barrick
Gold a tout de même atteint
son objectif premier; bâillonner
ceux qui parlaient trop à son
goût.
En revanche, il ne faut pas ou-
blier que c’est un cas parmi
plusieurs autres. Depuis 2009,
les recours pour abus de pro-
cédure se multiplient et leur
issue n’est pas toujours aussi
désolante. Il sera intéressant
de surveiller dans un avenir
proche de quelle manière les
tribunaux utiliseront ces nou-
velles dispositions. À titre
d’exemple, on peut penser à la
victoire du journal Le Soleil et
de l’écologiste Ugo Lapointe
poursuivis pour propos diffa-
matoires par la société québé-
coise Pétrolia Inc. pour un
montant de 350  000 $. Esti-
mant les redevances dues à la
province pour l’exploitation pé-
trolière trop faibles, Ugo La-
pointe avait assimilé cette
situation à du  «  vol à petite
échelle ». Dans ce cas, la Cour
a rejeté en totalité la requête
de Pétrolia, la qualifiant de
poursuite abusive. Comme
quoi la liberté d’expression
existe, tant qu’on ne s’attaque
pas à un trop gros poisson…
Le Flagrant tient à remercier tous les collaborateurs pour leur en-
thousiasme et leur implication au cours de la session d’automne.
Passez de Joyeuses Fêtes,
profitez-en pour faire le plein d’idée d’articles,
et on se revoit en janvier!
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Le Flagrant délit
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Vie campus
Laurence Larrivée-Fortin
llarr074@uottawa.ca
Vous êtes stressés, angoissés, pa-
niqués par vos examens qui appro-
chent, se ruant vers vous avec
fureur, sans aucune compassion…
À Brian Dickson, vous avez l’air de
zombies en jogging avec une tasse
Lavery à la main. Vous rêvez du
temps où vous vous dormiez neuf
heures par jour, où vous trouviez
toujours de la place à la biblio-
thèque et où votre préoccupation
principale était de savoir dans quel
pub les ailes de poulet sont en ra-
bais le mercredi. La vie n’est mal-
heureusement plus aussi rose. Les
temps se font durs. Prenez donc
une bonne respiration, sirotez un
bon café latte du Second Cup de
Morisset (ne prenez pas la chance
de sortir du campus; vous risquez
d’être déconcentrés dans vos
études), installez-vous dans un
fauteuil confortable et lisez…
Pourquoi suis-je si débordé(e) en
fin de session?
Facile. Tu as un emploi à temps
partiel. Tu as une vie familiale, des
amis, un copain/copine. Puis,
d’abord, tu as participé à toutes les
activités de la semaine 101. En-
suite, tu es allé(e) à la croisière ho-
norifique des gagnants de la coupe
BLG pour souligner la victoire de
l’équipe des noirs. Puis ont suivi :
les conférences de toutes sortes,
le lancement des activités du Cen-
tre de développement profession-
nel, ton adhésion à un club
étudiant, la rédaction d’articles
pour le Flagrant Délit, le cocktail
étiquette, la Course à la vie CIBC,
la compétition de taillage de ci-
trouilles, la semaine de lecture du-
rant laquelle tu n’as rien lu, le
fameux party d’Halloween, tes exa-
mens intra te laissant perplexes, le
MAKE IT LEGAL, les MedLaw
Games (remportés par l’équipe de
droit civil/common law, je tiens à
préciser), le party Casino Royale,
et j’en passe. Tu t’es bien
amusé(e) tout au long de la ses-
sion et ça valait la peine (serais-tu
capable d’imaginer combien mono-
tone et abrutissante aurait été une
session sans sortir?), mais mainte-
nant vient le temps de travailler sur
ton avenir, sur tes notes, ton ap-
prentissage, la raison pour laquelle
tu es à l’université. Tu ES capable
d’arriver à tout faire, ça ne de-
mande que de l’équilibre! Ces trois
semaines de dur labeur passeront
en un clin d’œil; ne désespère pas.
Que devrai-je faire pendant les va-
cances du temps des Fêtes?
— Prévois-tu participer à un
échange étudiant l’an prochain? Si
oui, alors ne perds pas de temps et
commence tout de suite à choisir
les universités qui t’intéressent,
remplir tes formulaires de choix de
cours, mettre à jour et traduire ton
CV si nécessaire, faire un test de
compétence dans ta langue se-
conde, demander une lettre de re-
commandation d’un professeur,
prendre des photos de toi du style
passeport, etc. Il n’est jamais trop
tôt pour commencer à faire ton
dossier, car le processus est très
long.
— Penses-tu participer à la Course
aux Stages à l’hiver prochain? Si
oui, alors c’est le temps idéal pour
t’informer sur les différents cabi-
nets et découvrir lesquels t’intéres-
sent vraiment.
— Trouve ton prochain emploi
d’été ou planifie ton prochain
voyage. Que ce soit un stage de
coopération internationale, un em-
ploi rémunéré au gouvernement ou
dans un cabinet, trouve de l’infor-
mation et pense à ce que tu veux
faire durant les quatre mois de va-
cances d’été.
Qu’est-ce qui me donne le goût de
revenir à Fauteux après les va-
cances d’hiver?
— Le Welcome Back Party.
— Les journées Carrières.
— La Course aux stages.
— Le Talent Show d’Amnistie inter-
nationale.
— Le party de la St-Valentin et le
PBH (concours du Plus Bel
Homme de Fauteux).
Sur ce, merci à tous pour cette
belle session et bon succès dans
vos examens!
Mot de la VP-Comm: Bilan de la session d’automne
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Échange en Pologne : De l’eau et de la vodka
Karine El Hanbli
kvenn027@uottawa.ca
Vous songez partir en échange du-
rant votre licence? La pesée des
pour et des contre ne vous permet
pas encore prendre votre décision?
Un premier conseil : faites le grand
saut et partez vivre à l’autre bout
du monde pour un bref moment!
Il ne s’agit cependant pas seule-
ment de sauter dans le vide, en-
core faut-il savoir où l’on va atterrir.
Le choix de votre destination est en
effet un facteur déterminant pour
votre expérience. Un deuxième
conseil (pour les courageux seule-
ment – cœurs sensibles s’abstenir)
: choisissez un endroit où vous
n’avez jamais pensé allez. L’inten-
sité de votre expérience en sera
décuplée.
Pour ma part, mon choix s’est ar-
rêté sur Varsovie. Certes, la Po-
logne est bien connue grâce aux
horribles récits de la Deuxième
Guerre mondiale, mais aujourd’hui
qui est-elle? Y a-t-il autre chose là-
bas que de sombres forêts, des
champs de pommes de terre et
des monuments aux morts? Vous
en connaissez beaucoup qui pas-
sent leurs vacances dans ce coin
de l’Europe de l’Est? Ma curiosité
a été piquée par l’exotisme sovié-
tique de cette région et donc je me
suis dit la Pologne, pourquoi pas?
C’est ainsi que je me retrouve
seule à l’autre bout du monde dans
ce pays où l’on abuse des
consonnes, tout comme du chou et
de la vodka – à ne pas confondre
avec woda (eau en polonais)
quoique certains boivent l’une
comme si c’était l’autre.
Les premiers moments après l’arri-
vée sont aussi les pires. Après l’ex-
citation et l’énervement de
l’atterrissage, l’euphorie se dilue et
la bulle d’extase éclate. Pincement
au cœur, vous réalisez ce que vous
venez de faire! Cependant, la pa-
nique ne dure pas très longtemps,
et dès les premières rencontres, ce
sentiment s’estompe et l’euphorie
revient à la charge.
Un échange, c’est d’abord et avant
tout une expérience sociale qui
vous permet de faire de nouvelles
rencontres hors du commun. Bien
sûr, nouvelles rencontres veut gé-
néralement aussi dire « party ».
Toutefois, c’est probablement au-
tour d’une bière à tenter de refaire
le monde en comparant comment
vos pays respectifs fonctionnent
que vous apprendrez le plus de
choses. Et si vous choisissez l’Eu-
rope de l’Est, soyez avertis : la
vodka est réellement omnipré-
sente!
Une autre particularité des destina-
tions plus méconnues est généra-
lement le faible coût de la vie. Par
exemple, en Pologne, avec un
budget mensuel semblable à celui
d’Ottawa vous pourrez vous per-
mettre un niveau de vie particuliè-
rement agréable, en plus de
voyager tout les weekends. De Bu-
dapest à Kiev, en passant par
Prague, Londres, Berlin, Moscou
ou Istanbul, chaque petite période
de congé est une excuse pour tom-
ber amoureux d’un nouvel endroit.
Personnellement, la Hongrie et la
Turquie sont jusqu'à maintenant
mes coups de cœur.
Pas encore convaincu? Pensez à
votre CV! Partir outremer sera une
preuve incontestable pour vos fu-
turs employeurs de votre grande
capacité d’adaptation et de votre
débrouillardise. Sans compter les
nouveaux contacts provenant des
quatre coins du monde que vous y
bâtirez. Et pour les plus motivées,
apprendre une nouvelle langue
peut aussi être un atout considéra-
ble. Ce qui m’amène à vous don-
ner un dernier conseil : ne vous
attaquer pas au polonais, car c'est
un adversaire de taille!
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Vie campus
Tranche de vie : Il faut aimer les virgules
Teodora Niculae
tnicu085@uottawa.ca
Témoignage
Le message apparaît sur votre
portail uoZone depuis
quelques mois. Avez-vous pris
la peine de le consulter? Ou
plutôt, avez-vous pris la peine
de profiter de cette ressource?
Il ne s’agit pas d’une occasion
de manger gratuitement à Fau-
teux après un cocktail, mais
plutôt d’une rencontre avec un
ancien haut fonctionnaire, Me
Lionel Levert.
Il y a quelques semaines, j’ai
décidé de le rencontrer pour
mon cheminement personnel
de carrière. Avant d’oser pren-
dre rendez-vous avec lui, des
recherches sur sa carrière
s’imposaient afin de bien pré-
parer ce que j’allais lui deman-
der, question de ne pas perdre
son temps. J’ai découvert que
Me Levert a une fiche impres-
sionnante de A à Z, ce qui m’a
rapidement intimidée. Pourtant,
il a répondu en quelques se-
condes à mon courriel, et notre
rencontre s’est finalisée après
quelques minutes, ce qui m’a
semblé très impressionnant!
C’est ainsi que je me préparais
à entrer dans son bureau
quelques jours plus tard, avec
mes questions soigneusement
préparées. Je n’ai néanmoins
même pas jeté un coup d’œil
sur cette feuille de questions
tant la conversation commen-
cée par Me Levert était palpi-
tante! Non, ce n’est pas un
homme qui commence à parler
en premier en se vantant de
ses exploits : il va gentiment
vous demander si vous avez
des questions, ce qui vous in-
téresse, ce que vous aimeriez
faire, etc. Cependant, sa car-
rière a été si passionnante que
je voulais en savoir plus sur
tout!
Ayant gradué du programme
d’études supérieures en rédac-
tion législative de l’Université
d’Ottawa, qui selon ses dires
nostalgiques était « la meil-
leure au pays », Me Levert a
une énorme expérience en ce
domaine. Personnellement, je
ne savais pas qu’un tel pro-
gramme ou qu’une telle car-
rière avait déjà existé et existe
encore. Selon lui, « il faut aimer
la rédaction et aimer passer
ses jours dans un bureau, à
côté d’un collègue, à rédiger »
pour avoir une carrière en ré-
daction législative. C’est de
plus majoritairement un emploi
« 9 à 5 », très souvent au sein
d’un organe gouvernemental.
Les avantages sont donc nom-
breux. Cependant, selon lui, le
poste est beaucoup plus diffi-
cile à effectuer aujourd’hui
grâce à la technologie avancée
et au désir de « tout avoir très
vite ». En effet, de nos jours, un
rédacteur législatif va être
porté à travailler sur plusieurs
projets en même temps, en
ayant seulement avoir
quelques jours pour compléter
le tout. Il faut donc aimer la ré-
daction.
Pour ceux qui sont dans le pro-
gramme conjoint de Dévelop-
pement international et
mondialisation, ou pour les
mordus de l’international, Me
Levert a plusieurs choses à
vous apprendre aussi. En effet,
il a entre autres été responsa-
ble d’un projet de réforme juri-
dique au Bangladesh.
Comment peut-on arriver à oc-
cuper un tel poste? Qu’est-ce
qui nous y attend? Voilà des
questions auxquelles Me Le-
vert peut répondre en long et
en large.
Finalement, à travers la marée
d’informations reçues par cet
homme palpitant que j’aimerais
avoir comme professeur, j’ai re-
tenu une leçon d’humilité : «
Après tous les postes que j’ai
occupés, la plus belle et impor-
tante chose que j’ai apprise est
le fait d’avoir rencontré tant de
gens intéressants… »
Le conflit israélo-palestinien
l’impuissance d’une communauté internationale
Marie-Philip Métivier
mmeti034@uottawa.ca
Cynthia Malouin
cmalo054uottawa.ca
Chronique
En octobre dernier, les autorités is-
raéliennes ont consenti à la libéra-
tion d’un peu plus de 1000 détenus
palestiniens en échange d’un seul
prisonnier israélien. La nature de la
situation a, sans l’ombre d’un
doute, suscité un questionnement
sur l’essence du message implici-
tement véhiculé suite à cette «
transaction » controversée. Il est
certes difficile de rester indifférent
vis-à-vis de tels évènements qui
vont totalement à l’encontre des
principes d’égalités de la Déclara-
tion universelle des droits de
l’homme.
En effet, l’ampleur du conflit is-
raélo-palestinien suscite l’intérêt de
plusieurs organismes luttant pour
les droits de l’homme, dont Amnis-
tie internationale. C’est d’ailleurs
dans cette optique que dernière-
ment, une cohorte d’étudiants s’est
rassemblée afin de prendre part à
une discussion organisée par le
club d’Amnistie internationale de
l’Université d’Ottawa. Les diversi-
tés d’opinions quant à la com-
plexité et la gravité de la situation
ont donné naissance à des discus-
sions salées notamment sur les dif-
férentes issues possibles
concernant cette rivalité opposant
Israël à la Palestine.
Il s’avère néanmoins complexe,
d’un point de vue extérieur, de
comprendre la nature d’un conflit
qui porte principalement sur la cul-
ture ainsi que sur les valeurs per-
sonnelles des gens. De plus, il ne
faudrait pas négliger le côté ethno-
centrique de l’homme qui a sou-
vent tendance à idéaliser la culture
à laquelle il appartient ce qui contri-
bue à réduire considérablement
l’éventail des solutions.
Il est certes difficile de déterminer
la limite raisonnable d’interventions
extérieures à la résolution de ce
conflit. Certains appuient vivement
la nécessité d’une immixtion exté-
rieure, tandis que d’autres prônent
plutôt le compromis entre les par-
ties impliquées en raison de l’am-
pleur des conséquences résultant
d’un tel accord. On pourrait ainsi se
demander, de quelle manière et
jusqu’à quel point un pays comme
le Canada devrait-il s’impliquer
dans la résolution d’un conflit d’une
telle envergure? Il est pourtant sur-
prenant de constater la neutralité
avec laquelle les médias québé-
cois abordent la matière. En effet,
les faits d’actualités quant au sujet
se voient généralement transmis
sans véritable prise de position.
La distance géographique peut,
selon certains, servir d’explication
au désintérêt de la communauté
québécoise à l’égard du problème.
En revanche, il pourrait être inté-
ressant d’analyser l’impact qu’ont
les relations entre le Canada et les
États-Unis sur la position du gou-
vernement Harper. La dépendance
économique du Canada envers
l’État américain pourrait fort bien
être évoquée quant à la justification
de l’appui d’Harper au discours
d’Obama en mai dernier au Som-
met du G8 tenu à Deauville. Ainsi,
la nature capitaliste des relations
économiques entre les deux États
voisins pourrait-elle, d’un point de
vue critique, influencer de part et
d'autre la position adoptée par le
Canada quant au conflit israélo-pa-
lestinien?
Une réponse positive pourrait fort
bien servir d’explications au senti-
ment d’impuissance de la popula-
tion québécoise quant aux
décisions du gouvernement fédé-
ral. Les opinions sur la question se
voient fortement diversifiées. La ré-
ponse dépend bien entendu de
l’angle avec lequel la question est
abordée. Tout compte fait, ne de-
vrions-nous pas, en tant qu’être hu-
main s’inquiéter devant un tel
désintérêt vis-à-vis d’un conflit à ce
point persécutant quant aux droits
de milliers de personnes?
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Le Flagrant délit
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Vie campus
Lever le voile sur la laïcité
Gabrielle St-Onge
gston082@uottawa.ca
En ce moment, l'Assemblée natio-
nale est en train de débattre le «
vivre ensemble » de la société qué-
bécoise. Le projet de loi 94 vise à
interdire le port du voile intégral
lors de la prestation de services
publics, et établit des balises sur
les demandes d'accommodement
raisonnable.
Lors de sa conférence sur la laïcité
qui a eu lieu le 22 novembre der-
nier, le professeur Rocher a expli-
qué les diverses positions sur la
question. Il a amené les étudiants
de la Section à se former une opi-
nion sur cette question fondatrice
qui reflète l'état de notre société.
Faudrait-il éliminer tous les sym-
boles religieux visibles de la fonc-
tion publique? À l'heure actuelle, le
Québec serait-il en train de passer
d'une vision pluraliste à une vision
plus étroite de la liberté de religion
? Le projet de loi est-il légitime à
l'heure actuelle, ou aura-t-il comme
seul effet de stigmatiser un groupe
religieux en particulier?
Les réponses sont probablement
aussi variées qu'il y a de croyances
dans ce bas monde. Le professeur
David Robitaille, qui a fortement re-
commandé cette conférence à ses
étudiants, nous éclaire un peu plus
à ce sujet. Selon lui, une partie im-
portante de ce projet de loi ne fait
que confirmer ce qui est déjà établi
dans la jurisprudence et qui s'ins-
crit dans une vision pluraliste de la
laïcité. Par exemple, le fait la
contrainte excessive constitue la li-
mite à l’obligation d’accommode-
ment. Il est certes plus facile et
rapide, pour le commun des mor-
tels, de lire 10 articles de loi que les
arrêts Amselem et Multani. Le pro-
jet de loi ne vise pas à interdire
tous les symboles religieux, il clari-
fie simplement le droit sur la ques-
tion des accommodements
raisonnables, en réponse aux de-
mandes de la société.
Le seul article de la loi qui va au-
delà des positions déjà établies est
celui qui interdit le port du voile in-
tégral pour les fonctionnaires qui
travaillent dans les services publics
et pour les citoyens qui en bénéfi-
cient. Par exemple, les ensei-
gnantes ne devraient pas porter le
voile intégral. Selon M. Robitaille,
c'est tout à fait légitime pour une
question de communication. De
plus, selon le professeur de droits
et libertés (et probablement beau-
coup de Québécois), c'est un sym-
bole d'inégalité. Il faut néanmoins
faire attention, c'est du « cas par
cas », et l'accommodement est
toujours possible s'il ne va pas à
l'encontre des exigences de com-
munication, d'identité et de sécu-
rité. Néanmoins, M. Robitaille ne
croit pas que la sécurité soit, dans
la plupart des cas, un impératif suf-
fisant, le port du voile ne représen-
tant certainement pas une menace
pour quiconque.
La question fondamentale est la
suivante : à quel point les minorités
doivent s'adapter aux valeurs de la
société en général? Comme le
conférencier M. Rocher le souli-
gnait, certains vont être en faveur
de plus grandes concessions aux
minorités, tandis d'autres vont fa-
voriser une séparation plus
étanche entre l'État et la religion.
Ce projet de loi vient réaffirmer des
valeurs de la société québécoise,
comme l'égalité homme femme et
la neutralité religieuse de l'État. Il
reste que la liberté de religion
consacrée par la Charte est tou-
jours présente. C'est pour cette rai-
son, selon M. Robitaille, que s'il est
adopté, le projet de loi sera proba-
blement contesté, car l’interdiction
de porter le voile intégral viole a
priori la liberté de religion. Sera-t-il
justifié dans le cadre d'une société
libre et démocratique? À suivre...
L'importance, pour les étudiants,
c'est avant tout de se faire une opi-
nion, tout en faisant attention de ne
pas tomber dans une vision trop
simpliste de la question, notam-
ment en se basant seulement sur
les médias : « C'est facile d'avoir
des préjugés et des jugements de
valeur fondés sur sa perception de
la croyance de l'autre, car il n'y a
pas une croyance religieuse qui
soit fondamentalement rationnelle.
Il faut être ouvert à la différence, et
mettre des balises lorsque l’accom-
modement impose une contrainte
excessive ou qu’il nécessite de
transiger de manière excessive sur
des valeurs fondamentales » af-
firme le professeur Robitaille.
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Vie campus
Pour ou contre…
Le prolongement du congé des fêtes?
Élise Vaillancourt
evail062@uottawa.ca
Décembre est là (finalement!),
entrainant son lot de bonheur :
le début des vacances du
temps des fêtes. Messie des
étudiants, chacun les voit pour-
tant passer à une vitesse fulgu-
rante, ne permettant pas un
décrochage de la routine sco-
laire. Ainsi, je propose d’allon-
ger la durée de ce repos
mérité.
1. Les vacances de Noël de-
vraient être l’occasion idéale
pour rapiécer les relations fa-
miliales : rencontrer la sep-
tième nouvelle-future-ex-
blonde de votre cousin Patrick,
faire des dégustations de tour-
tière, jouer au hockey-bottine
avec votre oncle Michel. Mais
Fauteux vient jeter une ombre
sur vos célébrations familiales.
Vous ne pouvez cesser d’an-
goisser sur les dix courtes jour-
nées vous séparant de la
rentrée, du moment où vous
vous retrouverez devant vos
recueils de jurisprudence…
2. La courte durée des va-
cances de Noël limite celui
souhaitant profiter de l’hiver ca-
nadien. À peine a-t-il le temps
de coller sa langue sur un po-
teau de métal que la cloche de
l’école universitaire sonne! À
peine a-t-il le temps de tremper
ses bottes bord-en-bord en
jouant dans la gibelotte grisâtre
que l’étudiant est ramené sur
les bancs scolaires! Allonger
les vacances de Noël permet-
trait ainsi de faire renaître
l’amour pour la patrie cana-
dienne et ses déboires environ-
nementaux.
3. Se reposer durant nos va-
cances? Impossible! Vient
Noël et le Jour de l’an : visite
chez la famille, les beaux-pa-
rents, les amis… Or, l’objectif
principal de ces vacances
n’est-il pas un temps de repos
largement mérité? Après la fré-
nésie du Jour de l’an, deux se-
maines sont nécessaires pour
s’assurer d’avoir digéré tous
les repas ingurgités et récu-
péré les nuits écourtées depuis
septembre.
C’est pourquoi je milite pour de
la prolongation de nos va-
cances hivernales. Nous de-
vons, étudiants, nous assurer
d’avoir la possibilité de profiter
de notre famille, de la neige et
de notre oreiller!
Chaque mois, la Société étudiante des débats français (SEDFUO) vous propose une chronique dialectique sur fond
humoristique. En espérant vous donner le goût de débattre…
POUR
CONTRE
Simon Labat
slaba104@uottawa.ca
Chers étudiants, vous aiguisez
votre sens critique huit mois
par année, mais les fausses
promesses de Noël ont eu le
dessus malgré tout. En effet,
certains d’entre vous osent
prétendre que le congé des
fêtes est trop court. Je me dois
d’intervenir afin de vous remet-
tre sur le droit chemin. Je serai
donc, le temps de cette chro-
nique, votre Grincheux de Fau-
teux (sans le « happy ending »
évidemment, sorry Dr. Seuss).
Tout d’abord, l’université est la
dernière période avant d’inté-
grer pour de bon le marché du
travail. Maintenant bien établi
dans la population active, de-
mander un prolongement du
congé scolaire s’oppose au ni-
veau de responsabilité que
nous devons assumer considé-
rant notre âge. L’université ne
sert-elle pas à nous préparer
aux réalités du domaine juri-
dique? Je doute que les grands
cabinets donnent trois se-
maines de vacances hiver-
nales à leurs employés.
Également, il ne faut pas abu-
ser des bonnes choses. Le re-
tour aux études est beaucoup
moins ardu après un court
congé scolaire. Abuser de ce
que Noël a à nous offrir pour-
rait provoquer une hausse de
poids, un manque de fonds ou
une indifférence accrue envers
les centres de tables en cônes
de pins.
C’est donc par souci de rigueur
et par inquiétude que je suis
fondamentalement contre
l’idée de prolonger le congé
scolaire entre les sessions
d’automne et d’hiver. Cela cul-
tiverait une illusion et empê-
cherait les étudiants de
s’accoutumer à la réalité qui les
attend.
L’université n’est pas seule-
ment une partie de plaisir. Vous
voulez manquer des cours? Le
programme « sciences-hu-
maines individu » du Cégep du
Vieux-Montréal vous accueil-
lera à bras ouverts.
Contactez la SEDFUO à sedfuo@gmail.com ou sur sedfuo.blogspot.com
Le Flagrant Délit
Journal étudiant de la Faculté de droit
Section de droit civil
Rédatrice en chef
Gabrielle Fortier-Cofsky
Rédactrice en chef adjoint
Charlotte Chicoine-Wilson
Le Flagrant délit subira un changement de garde en janvier.
Charlotte Chicoine-Wilson sera la nouvelle rédactrice en chef.
Toutes nos félicitations à Emmanuelle Jacques et Véronique Laliberté
qui occuperont les postes de rédactrices en chef adjointes.
Le Flagrant délit est toujours à la recherche de journalistes,
anglophones et francophones, afin d’offrir aux étudiants et
au personnel de la Section un journal de qualité.
Si vous avez des questions, commentaires, ou voulez
écrire, vous pouvez le faire au
flagrant@uottawa.ca
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Le Flagrant délit Décembre 2011
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Vie campus
Stéphanie St-Jean
sstje070@uottawa.ca
Présidente de l’AEEDCO et
Directrice générale du référen-
dum
Le 17 novembre au matin, plu-
sieurs personnes se deman-
daient ce qu’il advenait de leurs
services, de la UPass, de leurs
cotisations et bref, de leur sta-
tut au sein de la Fédération
étudiante. Après toute l’agita-
tion des dernières semaines, la
faculté peut sembler bien silen-
cieuse au lendemain de ce ré-
férendum qualifié par certains
d’historique.
Comme vous le savez tous, et
comme le camp du non l’a ré-
pété tout au long de sa cam-
pagne, la question 2 du
référendum est grandement
contestée par la FEUO. La Fé-
dération soutient que
l’AEEDCO peut se défédérer et
devenir une entité indépen-
dante, mais que ses membres
conservent leur statut de mem-
bre de la FEUO et doivent donc
continuer à payer des cotisa-
tions. La Fédération se pré-
sente comme un “syndicat
étudiant” et de là découle toute
son argumentation.
La première étape qui nous at-
tend, c’est la ratification du ré-
férendum par le Conseil
d’administration de la FEUO (le
dimanche 4 décembre pro-
chain). Ce sont les représen-
tants étudiants qui siègent au
CA qui auront le pouvoir de re-
fuser ou d’accepter la légitimité
et la légalité du référendum.
C’est à cette étape que les ré-
férendums de l’an passé ont
tous tombé (la raison invoquée
était le manque de clarté des
questions référendaires). Si le
référendum est ratifié, il ne
reste plus qu’à monter un plan
de défédération, adapter notre
constitution à une nouvelle in-
dépendance et négocier avec
la FEUO pour toutes les moda-
lités qui en découlent. Si par
contre le référendum n’est pas
ratifié, nous aurons à prouver
notre droit.
Plusieurs rumeurs courent à ce
sujet. Les journaux ont beau-
coup parlé de démarches au-
près des tribunaux. Bien que
cela ne soit pas du tout mis de
côté, ce n’est certainement pas
non plus la solution première.
Des négociations à tous les ni-
veaux devraient tout d’abord
prendre place.
Enfin, un peu de clarification
dans votre statut s’impose à ce
stade. Tant que le référendum
n’est pas ratifié ou prouvé, la
Fédération continue à vous
considérer comme des mem-
bres et vous avez donc tou-
jours accès à tous les mêmes
services. Si le référendum est
ratifié ou prouvé cette année, il
y aurait tout de même un statu
quo jusqu'à l'an prochain. En
somme, si nous ne pouvons
vous confirmer quand les
conséquences du référendum
prendront effet, nous pouvons
à tout le moins vous confirmer
que ce ne sera pas d'ici la fin
de l'année.
Notre but est de vous informer
le plus possible, et ce à toutes
les étapes du processus. Vous
aurez donc quelques mises à
jour par l’entremise du Mot de
l’Asso et par cette chronique
qui apparaîtra dans chaque
édition du Flagrant Délit. Celle-
ci aura pour but de vous tenir
au courant de façon un peu
plus détaillée.
Bonne fin de session à tous!
Chronique référendaire
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Arts et culture
Les belles histoires des pays d’en droit
Véronique Laliberté
vlali067@uottawa.ca
L’ambiance était gaie dans les
Pays-d’en-Haut, le temps des fêtes
rendait légers les cœurs des co-
lons. Au magasin général, Théo-
dore et sa femme, Georgianna
Bouchonneau, décoraient le sapin.
- Ne mets pas que des boules
bleues Théodore, y’en a des
rouges aussi…
- C’est pour plaire à Séraphin, il
vote bleu « au fédéral » partisan de
Sir John A. Macdonald! Faut lui
faire plaisir, oublie pas qu’il a des
intérêts dans le magasin : avec la
vente à tempérament (Code civil
du Québec, art.1745) qu’on lui doit,
c’est sérieux. À part de ça, avant
d’aller à la messe de minuit, on va
allumer les bougies du sapin! Le
plus beau sapin de Noël des Pays
d’en-haut!
- Ben! Justement à cause de Séra-
phin, tu peux oublier les bougies
Théodore. Séraphin refuse rapport
au feu. N’oublie pas qu’il a des in-
térêts dans le magasin! Fais-toi à
l’idée, ton sapin restera éteint cette
année.
- À ben ça, c’est trop triste…
C’est à ce moment qu’Alexis La-
branche entra dans le magasin gé-
néral avec une longue liste
d’achats, écrite par la plume de sa
douce Artémise. Cette année, le
réveillon de Noël allait se faire chez
Alexis. Une grande soirée, bénie
par nul autre que le curé Labelle en
personne. Le cœur généreux,
Alexis avait même invité son en-
nemi juré Séraphin.
La rivalité entre les deux hommes
date de plusieurs années, alors
qu’Alexis et Donalda prévoyaient
se marier. Ils s’étaient même se-
crètement fiancés. Leur union a
pris fin, lorsque le père de Do-
nalda, afin d’effacer ses lourdes
dettes envers l’avare, fut forcé de
lui donner la main de sa fille. Afin
de sauver l’honneur de la famille,
Donalda dut feindre d’avoir trouvé
l’amour chez Séraphin. Personne à
Saint-Agathe ne pouvait raisonna-
blement croire que Donalda, jeune,
belle et naïve, puisse être amou-
reuse d’un être aussi sombre et
vieux garçon qu’est Séraphin.
Toujours est-il qu’Alexis avait dé-
cidé d’inviter ses amis à réveillon-
ner, de même que l’avare pour que
la belle Donalda soit présente…
Après tout, la tradition voulait que
ce temps de l’année soit l’occasion
de faire une trêve sur les chicanes
de moindre importance. Néan-
moins, c'était un temps de l’année
triste pour Théodore Bouchon-
neau, car Noël lui rappelait son
désir d’une famille nombreuse.
Hélas, la grossesse était décon-
seillée à sa femme par ordre du
Docteur Bouclier.
Au réveillon, alors que tous furent
bien enivrés dans l’alcool, Théo-
dore fit une proposition à l’avare :
sa femme, Donalda, pouvait possi-
blement réaliser son vœu et lui
faire don d’un enfant.
Séraphin, lui, ne touchait pas à l’al-
cool; un grand péché. Bien à jeun,
cette proposition l’intéressa! Bien
entendu, Séraphin serait généreu-
sement rémunéré pour service
rendu. L’idée d’avoir des enfants
répugnait Séraphin, « ça coûte trop
cher! » disait-il! Mais si, a contrario,
cela lui rapportait de l’argent?! Do-
nalda bien enivrée, le cœur gai
leva son verre à cette proposition
qui lui permettrait d’enfin connaître
les joies de la maternité!
Dès le lendemain, Théodore, Geor-
gianna, Séraphin et Donalda vin-
rent vous consulter pour obtenir un
avis légal sur la situation. Séraphin
en se frottant le menton vous de-
manda de les libérer, lui et sa
femme, de toute responsabilité en-
vers l’enfant de sa conception à sa
mort. Donalda tenta d’en savoir
plus sur son droit de changer
d’idée une fois l’enfant conçu et
vous interrogea sur la conception.
Georgianna et Théodore deman-
dèrent plutôt une garantie qu’ils
pourront adopter.
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La Professeure Giroux répond
Michelle Giroux, professeure
Michelle.Giroux@uottawa.ca
D’abord, cette consultation auprès
d’une avocate native des Basses-
Laurentides (plutôt rares les avo-
cates à cette époque!) démontre
que les parties sont sérieuses dans
leur projet. En effet, l’enivrement
causé par l’alcool consommé au
réveillon s’étant dissipé, elles
poussent plus loin leur démarche.
Ainsi, Théodore et Georgianna en-
tendent réaliser leur « désir d’en-
fant  ». Or, étant donné les
problèmes de santé de Geor-
gianna, le Dr Bouclier lui a ordonné
de ne pas enfanter (à ce temps, il
faut rappeler que le paternaliste
médical était très présent!). Théo-
dore et Georgianna (parents d’in-
tention) se tournent donc vers
Séraphin et Donalda afin que cette
dernière agisse à titre de mère por-
teuse. On sait que la convention
serait à titre onéreux. Il ne fait
aucun doute que c’est à cette seule
condition, que Séraphin s’intéresse
au projet.
D’une part, l’article 541 C.c.Q. sta-
tue sur la nullité absolue de tous
les types de conventions de mater-
nité pour le compte d’autrui;
quelles sont à titre gratuit ou oné-
reux. Quel est l’impact de cette nul-
lité? Les parties s’engagent dans
une telle entente à leurs risques.
Dans l’hypothèse où l’une des par-
ties au contrat ne voudrait pas ho-
norer son engagement, la
convention ne pourrait être invo-
quée devant le tribunal pour exiger
quoi que ce soit. Ainsi, puisqu’elle
a toujours voulu goûter aux joies
de la maternité, si Donalda (elle
n’est plus, au pays d’en droit, sou-
mise à l’autorité de Séraphin,
comme à l’époque où la femme qui
se considérait trop faible se prenait
mari) décidait de ne pas remettre
l’enfant aux parents d’intention,
n’en déplaise à Séraphin, on ne
pourrait pas lui opposer la conven-
tion pour la forcer à remettre l’en-
fant. Séraphin ne pourrait pas non
plus exiger le paiement de la
somme d’argent promise par l’en-
tente. Du coup, notre pauvre Séra-
phin serait pris au dépourvu… Il
pourrait se retrouver dans une si-
tuation pire encore s’il était accusé
au criminel d’avoir tiré profit de
cette entente (articles 6, 12 et 60
de la Loi fédérale sur la procréation
assistée). Entre la prison ou l’occu-
pation par le nouveau-né du lit à
Baldaquin, il n’aurait peut-être pas
le loisir de choisir le moindre mal.
Qu’en est-il de la filiation de l’en-
fant? Une chose est claire, la
femme qui accouche, Donalda,
sera la mère de l’enfant. En ce qui
a trait à la filiation paternelle, il fau-
dra voir qui remplira la déclaration
de naissance auprès du Directeur
de l’état civil (articles  113 et 144
C.c.Q.). Dans l’hypothèse où la pa-
ternité de Théodore se retrouve sur
l’acte de naissance, il pourrait don-
ner un consentement spécial à
l’adoption en faveur de Georgianna
(article 555 C.c.Q.). Par la suite, un
juge devra prononcer l’adoption.
Deux courants jurisprudentiels co-
existent présentement. Le juge
pourrait refuser, au nom de l’ordre
public de prononcer l’adoption ou
au contraire la permettre, au nom
de l’intérêt de l’enfant. En bref, au-
cune garantie ne peut être donnée
à cet égard. Les choses pourraient
aussi se compliquer si l’on faisait
appel à un don amical de gamètes
par relations sexuelles. Disons, à
tout hasard, qu’Alexis se porterait
volontaire. Il aurait un an pour dé-
clarer sa filiation à l’égard de l’en-
fant (art. 538.2 C.c.Q.). Il y aurait
beaucoup plus à dire, mais je crois
que cela répond essentiellement
aux questions. N’hésitez pas à me
contacter pour plus de détails.
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Décembre 2011 Le Flagrant délit
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Arts et culture
Les folies du Législateur: Chronique d’humour juridique
L’éloge du chaos
Charlotte Chicoine-Wilson
cchic041@uottawa.ca
Combien de fois durant vos études
en droit, ou dans la vie en général
(mon professeur de droit public
fondamental affirmait d’ailleurs lors
des examens que «  la vraie vie,
c’est mieux  »), vous a-t-on de-
mandé gentiment, mais néanmoins
fermement, « Soyez plus précis! ».
À l’université, la précision est sou-
vent posée comme valeur su-
prême, généralement suivie de
près par la concision (bien que
dans ce dernier cas, il s’agisse plu-
tôt d’une exigence de correcteurs
excédés). Soyez précis, même si
cela signifie que les notes de bas
de page se retrouvent dans la po-
sition d’actionnaires majoritaires de
vos travaux universitaires. Soyez
précis, même si cela implique un
usage abusif du dictionnaire des
synonymes, afin de trouver LE
terme parfait. Soyez précis, même
si cela veut dire ne plus rien affir-
mer faute de pouvoir le faire de
manière absolument certaine.
Pourtant, on commence à entrevoir
que le salut se trouverait possible-
ment du côté de l’imprécision. Il y
aurait dans la logique de l’impréci-
sion une souplesse qui permettrait
de mieux appréhender la com-
plexité du monde réel. Accepter
d’ajouter à un modèle la donnée
« chaos » pourrait réduire le fossé
entre théorie et pratique.
La découverte de l’existence de la
logique des ensembles flous a eu
sur moi l’effet d’une révélation.
L’ado décontracté en moi s’est ex-
clamé  : «  Trop fou man… c’est
comme la première fois que t’en-
tends les Beatles! » Le flou n’est
plus seulement artistique, il est
aussi scientifique et performant
puisque souple et adaptable. Au
diable le principe de simplicité! Je
m’en donne désormais à cœur joie
avec des théories et des modèles
broussailleux, je n’élague rien, ne
généralise plus. J’assume la com-
plexité du monde et les enchevê-
trements de mon esprit par la
même occasion.
Après tout, il s’agit de droit et non
pas de mathématiques. Il n’y a
donc pas de réponse préexistante,
préapprouvée et surtout pas par-
faite. N’en déplaise aux formalistes
et aux carnivores parmi nous, la
comparaison du droit avec une
usine à saucisses reste bien impar-
faite. Il ne suffit pas d’associer les
faits (la viande) avec une règle de
droit (la machine) pour se retrouver
avec une solution juridique toute
faite (la saucisse). Et puis, de toute
façon, comme le disait John God-
frey Saxe : « Laws, like sausages,
cease to inspire respect in propor-
tion as we know how they are
made.  » Mais ça, c’est une autre
histoire…
Je vous prie donc de m’excuser à
l’avance si les lois à venir ne sont
plus aussi simples à mémoriser.
Cependant, dites-vous que ce que
vous perdez en facilité d’apprentis-
sage, vous le gagnez en facilité
d’application.
Note : Cette chronique s’inspire li-
brement du texte «  Réinventer le
droit commun  » de Mireille Del-
mas-Marthy et du cours de philoso-
phie du droit donné par le
Professeur Charles-Maxime Pa-
naccio.
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Arts et culture
L’été indien
Philippe Côté
pcote048@uottawa.ca
Novembre. Les derniers sourires
de l’automne. La chaleur qui joue à
cache-cache avec les orteils sous
les couvertures. Anticyclones par-
fois, dépressions un peu plus sou-
vent. La mi-session terminée, enfin
un peu de répit pour vivre. Et puis,
le vide.
L’étudiant, qui passait les derniers
temps à nager frénétiquement à
contre-courant, sort sa tête de l’eau
pour prendre son souffle. À ce mo-
ment, il tourne la tête et aperçoit
sur la rive un Indien le regardant
d’un air ingénu.
Le mien s’appelle Richard. L’azur
soupire, les feuilles se laissent em-
porter pour une dernière valse.
Mon stress est à plat. Et pourtant,
je bouillonne. Un jogging s’impose,
je cours à un bon rythme. Mon
cœur s’enivre de battre à nouveau,
la forêt m’engouffre. Un cerf me
surprend, me considère un instant
avant de décamper. Le sentier ré-
trécit, puis débouche sur la rivière.
Dos à moi, Richard pêche. Je m’ar-
rête, reprends mes esprits.
Richard ressemble à Maurice. Ou
l’inverse. Il m’offre son thermos de
thé. Il me parle de ses cataractes,
de Lorette, sa blonde. De son cel-
lulaire, auquel il ne comprend rien.
De brandy, son petit péché. De
l’achigan qu’il a attrapé hier. Re-
garde dans mon téléphone, je l’ai
pris en photo.
Richard vient de se faire opérer
pour une hernie. Il pose sa canne
de galet en galet pour se déplacer
d’une canne à pêche à l’autre, fei-
gnant un ricanement pour masquer
sa grimace. Il me rend complice
des bouteilles de vin qu’il donne à
son médecin en échange de ses
loyaux services.
Les vieilles personnes me désar-
ment. Leur simplicité m’ébahit, leur
nostalgie me charme à tout coup.
Elles voient la vie comme l’on re-
garde une aquarelle de Marie Lau-
rencin. Et moi, coureur des bois, je
n’y comprends rien, à tout cet art.
J’aimerais lui poser mille ques-
tions, sur les belles filles de son
temps, sur la société qui change,
sur le fait de se sentir vieux. Je suis
plutôt con au fond, je ne lui parle
que de poissons. Dis donc, Ri-
chard, comment te sens-tu, devant
un paysage aussi beau? Mais non,
même pas. Ma gorge se resserre.
Je me sens encore plus con de me
sentir nostalgique. Ce n’est pas ma
forêt qu’on détruit.
Je regarde la rivière. J’ai peur d’y
replonger. C’est nécessaire, pour-
tant. Il serait hypocrite de rester sur
la rive sans savoir apprécier le pay-
sage à sa juste valeur. Salut Ri-
chard, je dois y aller. Je saute à
l’eau. L’Indien m’envoie la main,
sourit paisiblement. Je me de-
mande à cet instant qui est le plus
sauvage, entre lui et moi.
Et Maurice, dans tout ça? Mon
grand-père doit bien rire de moi,
d’où il me regarde. Les vieilles per-
sonnes me désarment, je le répète.
Après une vie complète à se battre
contre la nature, à éviter l’échec, à
apaiser leurs regrets, ils ont appris
ce qu’il y a de plus difficile: tout lais-
ser aller.
L’adage dit qu’il n’y a pas de vent
contraire pour celui qui sait où il va.
Dommage qu’on soit des humains.
Une brise fait fuir les dernières cha-
leurs de l’après-midi. L’hiver ap-
proche. L’Indien soupire. Je ne
m’en rends pas compte, j’ai déjà la
tête sous l’eau.
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Le Flagrant délit Décembre 2011 Page 23
Sports
Maxime L. Blanchard
mlbla085@uottawa.ca
Samedi 12 novembre 2011, 8 h 45.
De l’extérieur, Fauteux semble pai-
sible, mais, à l’intérieur, la troupe
de guerriers de la Faculté de droit
se prépare. Aujourd’hui, c’est l’af-
frontement ultime  : les jeux Med-
Law. Une guerre de tranchées
sans merci où une seule faculté
sortira victorieuse. Est-ce que ce
sera  la faculté de médecine ou
celle de droit ?
Les jeux MedLaw sont une tradi-
tion bien ancrée ici à Ottawa, mais
aussi dans plusieurs universités
partout au pays. Elle consiste en
un affrontement sportif d’une jour-
née entre les deux facultés.
Chaque troupe possède cinq
équipes mixtes qui s’affrontent
dans quatre sports différents  : le
« dodgeball », le soccer, le basket-
ball et le volleyball. Les équipes
participent à ces sports deux fois
au courant de la journée. Chaque
victoire procure un point à sa fa-
culté. L’objectif suprême est de
remporter la Spirit Cup, qui est re-
mise à l’équipe ayant accumulé le
plus de points. Au cours des 10
dernières années, le Saint-Graal
n’a été remporté qu’une seule fois
par les étudiants de droit.
Tels les 300 spartiates, l’équipe
des MedLaw de Fauteux a travaillé
avec coeur et acharnement afin
d’oublier cette humiliante statis-
tique. Leur mission : ramener, pour
la deuxième fois de son histoire, la
Spirit Cup chez nous.
Les hostilités ont débuté vers
9  h  30. La tension était palpable.
Au coup de sifflet, la première
vague sportive était lancée. Huit
équipes ont lutté sur quatre terrains
différents afin d’obtenir un premier
point pour sa faculté. Tout le
monde donne son 110 % et y va à
fond de train. Toutefois, cette pre-
mière vague, comme quelques-
unes qui suivront, seront très
décevantes pour nos favoris, car
les médecins auront le dessus. Au
cours des jeux, notre faculté se re-
trouvera même à tirer de l’arrière
par cinq points pour le nombre de
victoires. À ce moment, les mines
sont basses. La défaite fait peur.
Toutefois, c’est bien connu : un étu-
diant de droit ne s’avoue jamais
vaincu. En deuxième moitié des
MedLaw, nos sportifs ont retroussé
leurs manches. Ils se sont mis à
accumuler les victoires. Une spec-
taculaire remontée a permis aux
étudiants de droit de devancer la
faculté de médecine par un point
avant le début de la dernière
vague. La marge d’erreur était
mince. L’émotion était à son pa-
roxysme. La perfection était de
mise, car la défaite n’était pas une
option. Après 30 minutes d’in-
tenses batailles, le sifflet final a re-
tenti. Nos soldats ont réussi. Ils
n’ont essuyé aucun revers lors de
cette manche ultime.
Les cris de joie se faisaient enten-
dre de partout dans le gymnase.
Même Hollywood n’aurait pu ima-
giner un aussi beau scénario. C’est
avec une immense fierté et les
muscles endoloris par cet épuisant
combat que nos champions ont
reçu la très prisée Spirit Cup.
L’an prochain, la faculté de méde-
cine nous attendra de pied ferme,
mais ils repartiront bredouilles
puisque la Spirit Cup est mainte-
nant dans notre faculté pour y res-
ter. Gens de Fauteux,
préparez-vous pour la gloire, car
nous sommes la nouvelle dynastie
des jeux MedLaw.
Medlaw : I’ll be back
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