Introduction

La crise de la dette publique grecque est issue de la crainte des créanciers de la Grèce sur sa capacité à rembourser sa dette publique ainsi que de payer les intérêts de cette dette. Elle résulte à la fois de la crise économique mondiale et de facteurs propres au pays : fort endettement (environ 120 % du PIB) en 2010, déficit budgétaire qui dépasse les 13 % du PIB Cette crise a été aggravée par le manque de transparence dont a fait preuve le pays dans la présentation de sa dette et de son déficit, notamment par la levée de fonds hors bilan, par le biais d'instruments financiers mis au point par la banque d'investissement Goldman Sachs2. Ce qui fait la spécificité de la crise grecque par rapport aux autres pays de la zone euro, c'est l'ampleur de ses problèmes structurels et notamment sa difficulté à prélever l'impôt. Cela conduit Bruxelles à créer une task force de hauts fonctionnaires pour aider l’État grec dans ces domaines3. Cette crise marque de façon plus globale le début de la crise de la dette dans la zone euro. Pour aider la Grèce et éviter que la crise n'atteigne le Portugal et l'Espagne, les pays de la zone euro et le FMI décident d'aider la Grèce et arrivent le 2 mai 2010 à un accord portant sur des prêts d'un montant de 550 milliards d'euros, conditionnés4 à la mise en place par la Grèce d'un ajustement structurel. Par ailleurs, la crise grecque pousse les pays à réformer les structures de la zone euro. Depuis mai 2011, la Grèce a dû à nouveau faire appel aux pays européens et au FMI. La crise connaît une seconde période de tensions. En particulier, elle entraîne de nouveaux débats entre Européens. Le gouvernement français étant prêt à aider à nouveau la Grèce, le gouvernement allemand voulant que les banques et les financiers qui ont prêté sans réellement prendre en compte la situation du pays soient également mis à contribution5. Parallèlement, le gouvernement grec est soumis à la pression de la rue et l'ONU avertit, dans un rapport publié le 21 juin, que les politiques de réduction radicale des déficits publics menacent l'emploi, les dépenses sociales et rendent toute croissance économique très incertaine. La solution prônée pour la Grèce serait ainsi contre-productive.

Les causes économiques de la crise
La crise économique de 2008-2010 L'économie de la Grèce était une des plus dynamiques de la zone euro de 2000 à 2007 avec un taux de croissance de 4,2 % grâce notamment à l'apport de capitaux étrangers. Une économie dynamique et une baisse des taux d'intérêts (grâce à son entrée dans la zone euro) permettaient à la Grèce de financer d'importants déficits structurels. Depuis son entrée dans la zone euro, la dette publique a toujours été supérieure à 100 % du PIB. La crise financière de 2007-2010 et la crise économique qui a suivi ont particulièrement touché la Grèce. Ses deux principaux secteurs

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4 en Grèce. Les problèmes structurels La Grèce est. pour l'ancien Commissaire au marché intérieur et à la concurrence Mario Monti. l'inflation a été forte dans le pays et a provoqué une perte de compétitivité qui a conduit à un fort déficit de la balance commerciale. qui dirigeait l'Agence de gestion de la dette publique grecque de 1999 à 2004. un pays « réfractaire au marché unique et à la concurrence » qui « n'a su combattre les corporatismes et les rentes de situation. Il a été suggéré que le déficit chronique avait des racines historiques et culturelles dont certaines remonteraient à la méfiance envers l'Empire ottoman (dont la Grèce était un sujet). soit près du double de celui des hommes. L'évasion fiscale est estimée à 20 milliards de dollars par an.3 % au quatrième trimestre 2009 contre 7. L'économiste Florin Aftalion souligne qu'alors que les dirigeants d'Enron ont été condamnés par la justice à des peines de prison. mais aussi pénalise les importations (dont pétrole) et enfin provoque une crise de confiance de la monnaie européenne. Quoi qu'il en soit. Goldman Sachs aurait ainsi permis à la Grèce de lever un milliard de dollars de financements hors bilan2.9 % un an plus tôt. le tourisme et le transport maritime. Selon Christoforos Sardelis. Si l'on prend une base 100 en 1997. Pour placer ses obligations de la dette publique le gouvernement grec compte sur les investisseurs étrangers qui détiendraient 70 % des titres de la dette grecque. ont été sévèrement affectés et ont vu leur revenu chuter de 15 % en 2009. les prix à la consommation sont à 119.2 en 2009 en Allemagne et de 146. En 2002. dans les secteurs privé et public ». Cette crise a entraîné une baisse de l'euro qui favorise les exportations et la reprise.4 % et 14 %. Les jeunes entre 15-29 ans ainsi que les femmes sont les plus touchées avec un taux respectif de 20. personne ne semble se soucier de demander des comptes aux dirigeants grecs qui ont présenté des budgets qui ne reflétaient pas la réalité. les Grecs 2 . Le taux de chômage en Grèce s'est élevé à 10. Le déficit de la balance courante dépasse en 2008 les 16% du PIB « autrement dit. la Grèce aurait utilisé sur les conseils de Goldman Sachs des contrats de swaps de change pour décaler artificiellement de plusieurs années le paiement des intérêts de sa dette.économiques. méfiance qui se serait reportée sur les autorités étatiques. La commission européenne a demandé à la Grèce de s'expliquer sur les instruments financiers auxquels elle aurait eu recours pour dissimuler l'ampleur de sa dette1. Or l'appartenance à la zone euro ne lui permet pas de regagner en compétitivité en dévaluant et l'oblige à pratiquer une politique de rigueur.

s'étaient mis à consommer beaucoup plus qu'ils ne produisaient et devaient trouver quasiment 40 milliards d'euros à l'étranger pour financer cette consommation ». le cadastre inexistant. l'administration pléthorique. 3 . L'adhésion du pays à l'Union européenne en 1981 a été voulue par des personnalités politiques dont Valéry Giscard d'Estaing bien que le pays ne fût pas prêt : les impôts n'étaient pas payés. la « magouille personnelle » était partout. Par ailleurs les gouvernements successifs depuis les années soixante-dix et la fin de la dictature n'ont pas cherché à créer un véritable état de droit. Le gouvernement grec a ensuite beaucoup fait pour entrer dans l'Euro « mais les réformes n'ont pas été faites » et chaque partie a continué à « défendre son pré carré dans un corporatisme traditionnel » tandis que l'administration représente 7% du PIB quand la moyenne européenne est de 3%.

mettre au point des mécanismes de lutte 4 . Parmi les mesures faisant partie de l'accord. la Grèce prend une série de mesures dont l'application sera étroitement surveillée par les bailleurs de fonds : le FMI et les pays de la zone euro. nous pouvons citer : • • • • • • • la suppression des 13e et 14e mois dans la fonction publique compensée par une prime annuelle de 1 000 euros pour les fonctionnaires gagnant moins de 3 000 euros et gel des salaires des fonctionnaires pendant trois ans si le treizième mois est maintenu dans le secteur privé. la flexibilité du marché du travail sera renforcée la durée de cotisations retraites sera portée de 37 annuités à 40 annuités en 2015 ouverture de professions fermées taxe sur les résidences illégales nouvelle hausse de la TVA qui doit être portée à 23 % Les réactions Réaction des Grecs Le 23 avril. En contrepartie. des manifestations ont lieu à travers le pays pour protester contre les mesures d'austérité. pour le quotidien Kathimerini c'est l'ensemble du système politique grec tel qu'il existe depuis 1974 et la chute de la dictature militaire qui est en cause. Après négociation un accord est trouvé le 2 mai 2010. la classe politique devrait coopérer avec l'Union européenne et le FMI pour « construire des institutions plus fortes.La première phase critique du printemps 2010 L'accord Grèce UEM FMI Les mesures prises Le 23 avril 2010. Fin avril 2010. la Grèce requiert l'aide du FMI et de l'UEM. Pour lui. alors qu'Eurostat révise à la hausse le déficit budgétaire du pays. Athènes obtient des crédits de l'Union européenne et du FMI à hauteur de 110 milliards d'euros sur trois ans (80 milliards d'euros prêtés par les pays de la zone euro et 30 milliards par le FMI).

concomitantes avec une augmentation des taux paraissent difficilement explicables. met en lumière l'importance des notations des dettes souveraines par les agences dans le déclenchement des augmentations de taux. en décembre 2010. le peso argentin. le taux des obligations grecques à dix ans est passé de 4. De plus la totalité des titres obligataires avaient été couverts par des assurances de type CDS (Credit Default Swap) par leurs possesseurs. a été. À cette occasion. Le solde primaire budgétaire était par ailleurs depuis le deuxième semestre 2009 équivalent à celui de la France en pourcentage du Pib. Les dégradations des agences de notation. assez modeste. La Grèce est à ce jour le pays le plus mal noté au monde par les agences de notation américaines.84 % à 41. une manifestation dégénère et cause la mort de trois employés d'une banque incendiée par des cocktails Molotov. Réaction des marché Le comportement de spéculation des marchés financiers a été critiqué par les chefs de gouvernements européens.contre l'évasion fiscale et relancer le développement économique sur des bases saines ». En 1991. pour certains observateurs.41 %. l'Argentine avait lié sa monnaie. Une étude du FMI en mars 2011. alors que dans le même temps le Japon avec un niveau d'endettement de 229 % du PIB avait des taux d'obligations de 1 %. Malgré tout. eu égard aux standards grecs. pensent que les politiques cherchent aussi à se défausser de certaines de leurs responsabilités. En effet le risque de défaut de remboursement n'avait en réalité pas augmenté pour les prêteurs : le 3 mai 2010 il y avait eu par exemple une déclaration de soutien de la BCE qui indiquait « accepter les titres grecs. entre mai 2010 et octobre 2011. en garantie (collatéral) contre des prêts ». accusées d'avoir alimenté la spéculation. et une dette détenue à 92 % au Japon. Certains acteurs économiques sans mettre en question la nécessité qu'il y a à ce que les agences de notation revoient leur méthode et que leur transparence soit mieux assurés. Le 5 mai pour protester contre les mesures d'austérité imposées pour eux par le FMI et l'Union européenne les deux principaux syndicats grecs organisent une grève générale la troisième depuis février. Dans le rapport d'une commission d'enquête de l'Assemblée nationale. a déclaré : « il n’est pas exclu que les mouvements aient été amplifiés par des opérations spéculatives utilisant des instruments sophistiqués comme les CDS ou les ventes à découvert. quelle que soit leur notation. mais aussi le rôle des agences de notation (Standard & Poor's notamment). L'augmentation des taux grecs ne peut donc être uniquement expliquée par un risque accru qui serait lié à un accroissement de la dette du pays mais il faut aussi le lier à des phénomènes spéculatifs et à l'origine étrangère des prêteurs (à 71 %). Christian Noyer. gouverneur de la Banque de France. » Quelques acteurs du marché craignent également un scénario « à l'Argentine ». au dollar US pour vaincre 5 . Cette augmentation s'inscrit-t-elle dans le cadre d'opérations de spéculation sur les dettes souveraines européennes? En octobre 2011 la dette s'élevait avant décote à 158 % du PIB. la participation aux manifestations. Entre le 1er décembre 2009 et le 11 novembre 2011.

au Portugal voire à l'Italie. Le 10 mai. pour faire face à la peur des marchés et éviter que la crise grecque s'étende à l'Espagne. Finalement. téléphone deux fois à Angela Merkel et une fois à Nicolas Sarkozy pour leur faire part que les États-Unis voulaient une « action résolue ». les primes de risque sur ce pays avaient augmentés rendant le poids du service de sa dette plus lourd alors que. le pays a dû recourir au FMI tout en refusant de dévaluer. 440 milliards apportés par les États et 250 milliards apportés par le FMI. C'est le scénario que Paul Krugman privilégie. suite à la crise asiatique et russe.son inflation. À partir de 1997. Dans un premier temps en janvier 2000. ses concurrents voyaient leur compétitivité augmenter suite à des dévaluations. l'Union européenne en coopération avec le FMI se dote d'un fonds de stabilisation de 750 milliards d'euros . le président Barack Obama soucieux des répercussions sur les autres pays de la crise. Le plan de 750 milliards et la décision de la BCE Dans la nuit du 9 au 10 mai 2010. par ailleurs. 6 . Durant la journée du dimanche 9 mai 2010. la BCE décide de permettre aux banques centrales de la zone d'acheter de la dette publique et de la dette privée sur les marchés secondaires. le pays avait dû dévaluer et faire défaut sur sa dette. la commission européenne est autorisée à emprunter 60 milliards d'euros. Dès dimanche matin la Fed avait ouvert des lignes de crédit aux banques centrales afin d'éviter qu'elles manquent de dollars.

Les positions des acteurs Les gouvernements La Finlande.Deuxième phase critique : printemps 2011 Les raisons des tensions En mai. le ministre allemand des finances dans un courrier adressé à la BCE. Angela Merkel et Nicolas Sarkozy rapprochent leurs points de vue sur la façon de procéder dans le cas grec ce qui apaise les marchés financiers. l'agence Standard & Poor's considère cette solution comme un défaut éventuellement partiel de la Grèce. c'est la solution préférée par le gouvernement français. plusieurs options sont possibles : une restructuration ou un rééchelonnement de la dette. En effet. Elle consiste « à renouveler seulement 70% de la dette souveraine grecque venant à échéance dont 50% via des obligations à 30 ans et les 20 pour cent restants par des titres à faible coupon adossés à des créances sur le Fonds de stabilité financière européen ». les gouvernements manqueraient « d'attachement au projet européen » et auraient du mal à faire progresser l'intégration politique qui pourrait 7 . ou un nouveau prêt européen. Fin juin. les banques françaises font une proposition assez bien accueillie en Europe. Le 5 juillet. ils lui demandent de nouveaux efforts. c'est la solution préférée par les pays du Nord. Pour aider la Grèce. Christine Lagarde. la BCE et les banques. ministre des finances de la France est hostile « au principe de restructuration ». malgré ses efforts le pays n'arrive pas à réduire la fraude fiscale et voit sa récession aggravée par l'austérité. Le 6 juin. au FMI et aux ministres des finances de la zone euro demande un rééchelonnement de la dette grecque de façon à ce qu'il y ait un « un partage équitable du fardeau entre les contribuables et les investisseurs privés ». Le 17 juin. Pour Guillaume Duval. Au contraire. les Pays-Bas et l'Allemagne sont en faveur d'une restructuration de la dette grecque car ils voudraient que ce ne soit pas seulement les contribuables qui prennent in fine les risques. Les Européens et le FMI qui redoutent qu'un défaut de la Grèce ne vienne provoquer une nouvelle tourmente financière sont prêts à venir en aide au pays mais. il apparaît que le pays ne pourra pas revenir sur les marchés en 2012 et que de nouveaux financements doivent être trouvés.

« si la zone euro venait à éclater. pour la Banque nationale de Paris. En mai 2010. Pour Jean-Marc Vittori. pour un montant total de 8 Milliards Eur. de même. dans une perspective fédérale. En effet. cela voudrait dire que la Grèce ferait défaut et surgit alors le spectre d'une crise de liquidité semblable à celle connue lors de la crise bancaire et financière de l'automne 2008 et du mouvement de panique dont elle aurait été la cause. Ce plan prévoit de réduire la masse salariale des fonctionnaires pour un montant d'au moins 800 millions d'euros en 2011. il est décidé d'allouer des fonds publics à la Grèce ce sont leurs impôts qui seront utilisés. Ce vote rend possible le versement de sommes prévues dans le premier plan qui étaient liées à des conditionnalités ainsi que l'ouverture des négociations sur un nouveau plan de soutien Au-delà de la question de la réalisation de ce plan d'austérité et de la rentrée des impôts. Sinon le retour de bâton des électeurs sera terrible » En Allemagne.permettre de juguler la crise. Pour cet auteur. dont 29. se pose. De plus les Credit default swap auraient été activé dans cette hypothèse. il faudra injecter plus d'argent et « les gouvernements devront tout de même se résoudre à l'annoncer. de façon lancinante. il n'y aurait en tout cas pas grand-chose à en attendre pour les peuples européens ». Les banques La BCE et les banques s'opposent à l'idée de restructuration. les engagements vis à vis de la Grèce (dette publique et secteur privé) représentaient 0. En mai 2010 l'exposition des banques françaises à la dette grecque s'élevait à 57 milliards d'euros. dans les années prochaines.450 milliards d'euros. le parlement vote par 155 voix contre 138 (des députés de la Nouvelle Démocratie conduits par Antonis Samaras qui a refusé également de participer à un gouvernement de coalition) de nouvelles mesures d'austérité conçues de « concert avec la Troïka des bailleurs de fonds » (Commission européenne. il est prévu une baisse des sommes allouées à la protection sociale.5 milliards pour la BPCE. les dépenses de l'État de 100 millions d'euros. Car si la Grèce est insolvable et si. la question de la solvabilité du pays.6% des engagements totaux du groupe. 8 . tandis que les rentrées fiscales devraient augmenter de 2. des plaintes devant la Cour constitutionnelle portant sur la constitutionnalité des mécanismes de gestion des crises mis en place dans la zone euro depuis le début de la crise grecque doivent être examinées durant le second semestre 2011. Les autres peuples européens sont concernés. Le vote du parlement et les questions qui demeurent Le mercredi 29 juin. Les peuples En Grèce une partie du peuple s'oppose à l'austérité qui lui est demandée et manifeste. Banque centrale européenne et FMI).

« si la restructuration de la dette grecque avait été réalisée en octobre 2009. le secteur privé doit participer pour 49. à un moment où la vulnérabilité de l'Espagne aura disparu ».• • • Pour Lorenzo Bini Smaghi. un accord est trouvé le 27 octobre au matin. Il a 9 . le risque systémique aurait sans doute été moins grand qu'aujourd'hui.5% à 3. Après d'âpres négociations. membre du directoire de la BCE « La Grèce n'est pas insolvable si elle applique le plan d'assainissement qui comprend en particulier de nombreuses privatisations qui pourront réduire la dette » Pour Martin Wolf. Accord du 27 octobre 2011 Article détaillé : Crise de la dette dans la zone euro#Les résultats des négociations d'octobre 2011. Il prévoit : • un abandon par les banques privées de 50% de la dette publique qu'elles détiennent sur la Grèce (la BCE et le FMI ne sont pas concernés). Au contraire. c'est de gagner du temps ». mais également les banques. pour Antoine Brunet d'AB marchés. les Européens et le FMI ont adopté les grandes lignes d'un second plan de sauvetage. le plan de 2010 « n'a pas réussi à rendre le pays à nouveau solvable » Pour Anton Brender. Par ailleurs. « en gagnant du temps.5% et leur durée de remboursement est allongée. • • Au niveau financier. Par ailleurs il souligne qu'« il est beaucoup moins embarrassant de déclarer que l'on aide la Grèce alors qu'on aide ses propres banques » Pour lui. les taux des prêts du FESF sont ramenés de 4. il est créé une « task force » destinée à soutenir la Grèce dans la mise en œuvre des réformes votées et à essayer de redynamiser la croissance en Grèce en employant au mieux les Fonds européens (aides régionales notamment) non encore utilisés. malgré les efforts du pays. Cet accord a été particulièrement difficile à atteindre du fait de la résistance des banques.7 milliards d'euros. on a une chance d'arriver à restructurer. Et si on attend un an de plus le risque sera plus grand » Le deuxième plan de soutien à la Grèce Le jeudi 21 juillet. Il écrit « Permettre à Athènes de retourner sur les marchés grâce à une cure de rigueur est une illusion. les pays européens cherchent à gagner du temps et à protéger les banques. Au niveau structurel. Le but. liées notamment à la volonté exprimée lors d'un vote au Bundestag de la quasi-totalité des partis allemands de limiter les garanties allemandes aux pays en crise et de ne pas « faire payer » uniquement les contribuables. le pays va bénéficier de 109 milliards d'euros de fonds publics : 79 venant du FESF et du FMI et 30 des privatisations.

le FESF n'est pas autorisé à devenir une banque mais un effet de levier va être recherché par « un rehaussement de crédit pour de nouvelles émissions par les Etats membres » et/ou en faisant appel de façon complémentaire à des investisseurs privés ou souverains. la classe politique grecque prenant conscience que les autres pays envisagent sérieusement la sortie de la Grèce de la zone euro. soit.1 milliards pour l'Allemagne). Il abandonnera l'idée quatre jours plus tard quand. Nicolas Sarkozy. 26. Dallara.1 milliard pour l'Espagne. 14. en dernier ressort. se prononce contre ce projet et envisage un gouvernement d'union nationale72. par le FESF . soit par les États.8 milliards pour la France et 5. La recapitalisation sera faite soit par appel à l'épargne. 10 . 8.7 milliards pour l'Italie.• • fallu que M. en coopération avec le FMI. face au mécontentement populaire et à ce qu'il perçoit comme des abandons de souveraineté décide de soumettre l'accord à référendum. Christine Lagarde et Herman Van Rompuy . Le premier ministre Georges Papandréou. les banques doivent être recapitalisées pour un montant de 106 milliards d'euros (30 milliards pour la Grèce. directeur de l'Institut international de la finance y soit incité par Angela Merkel.

Toutefois. Concernant le premier point. car ils pourraient avoir pour conséquence de réduire les prérogatives budgétaires et fiscales des États-membres audelà des dispositions du traité dans sa forme actuelle. d'autre part que les troubles sociaux qu'elles engendrent ont un impact négatif sur l'investissement et la croissance de long terme. D'autres estiment qu'à terme. le retour à l'orthodoxie financière prôné par le gouvernement allemand et la BCE et la politique de rigueur généralisée qui en découle nécessiteront une révision du traité de Lisbonne. ce pays avait vu sa monnaie se déprécierce qui l'avait aidé.Analyses des économistes Discussions des conséquences des plans d'austérité Des plans d'austérité aussi draconiens ont-ils déjà été couronnés de succès ? D'après Les Échos du 3 mai deux pays ont réussi une telle politique : la Suède dans les années 1990 et le Canada entre 1995 et 1998. certains observateurs accusent quant à eux l'Allemagne de ne pas faire le jeu de la communauté européenne. Or la Grèce ne peut pas laisser sa monnaie se déprécier . par contre. ces pays s'étaient imposés ces mesures volontairement et donc les avaient acceptées. Pour André Sapir. il se prononce pour une autorité supranationale européenne et concernant le second point pour « un fonds de solidarité (…) alimenté par les seuls États de la zone euro ». dans le cas de la Suède. d'autre part qu'il n' y a pas dans la zone euro un mécanisme de gestion des crises. Enfin. professeur à l'université libre de Bruxelles. Des économistescraignent justement un manque d'une telle volonté politique D'autre part. il existe deux différences. 11 . Les économistes Frédéric Lordon et Bernard Maris suggèrent ainsi qu'un retrait de l'Allemagne de la zone euro serait préférable au retrait de la Grèce proposé par l'Allemagne. la crise grecque montre d'une part que le mécanisme de prévention de crise (le pacte de stabilité et de croissance) n'a pas fonctionné et. membre du think tank Bruegel. Pour certains. la crise grecque servirait à justifier une politique budgétaire d'austéritéimposée au pays en échange de prêts européens et multilatéraux à coûts modérés Ces opposants à une politique d'austérité soulignent d'une part que l'impact négatif des mesures restrictives annihile les effets positifs des taux d'intérêt réduits et. D'une part. elle peut éventuellement sortir de la zone Euro.

IIF) lors des négociations qui ont abouti dans la nuit du 26 au 27 octobre à l'accord sur la dette grecque. Cependant dans un communiqué du 27 octobre 2011. seule solution. D'après l'agence de notation Fitch Ratings. a déclaré au journal Welt am Sonntag : « Je suis très confiant que plus de 90 % des banques participeront au programme convenu entre les dirigeants de la zone euro et les banques. certains économistes ont commencé à avancer que face à l'ampleur de la dette et à l'importance de la charge des intérêts. selon ces auteurs. M. Pour lui. le représentant des banques (directeur de l'Institut international de la finance. Là. L'économiste français ne perçoit dans la dévaluation qui suivrait aucune catastrophe. Pour Jacques Sapir (mai 2010). le 31 octobre 2011 : « l'échange de dette avec décote (50 % désormais) se fait dans des conditions de stress ». Wilhelm Hankel. il ne fait pas de doute que la Grèce va faire défaut. davantage de travail de persuasion reste certainement à faire ». Conditions de déclaration d'un défaut de paiement L'International Swaps and Derivatives Association est l'institution composée des représentants d'un certain nombre d'organismes financiers qui est habilitée à déclencher les clauses de défaut de paiement des contrats Credit default swap (Cds) associés aux obligations émises pour le paiement de la dette grecque. Les positions allant dans ce sens ont augmenté en 2011 à mesure que les problèmes du pays s'accroissaient. pour sa part. 12 . alors les taux d'intérêt élevés liés aux déficits budgétaires pèseront sur la demande et freineront l'économie. permettant de redonner un souffle à la Grèce et à l'économie de repartir. Je ne peux pas parler au nom des autres créanciers des secteurs de l'assurance et des hedge funds. mais un moyen pour le pays de retrouver sa compétitivité eu égard à sa structure économique. qui prévoit une réduction de 50 % de la dette nationale grecque détenue par les investisseurs privés. professeur émérite d'économie à l'université de Francfort soutient dans un article du Financial Times que la meilleure solution à la crise de la dette publique eût été une sortie de la zone euro suivie d'une dévaluation.Sortie de la zone euro et dévaluation Dès 2010. ce qui doit entraîner la déclaration du défaut de paiement. Pour cet économiste. si la Grèce reste dans la zone euro. l'austérité ou la sortie de l'euro sont les deux solutions possibles pour faire face à des différences de taux sur les obligations de la dette publique. l'association a déclaré : « la proposition de reéchelonnement de la dette n'était pas encore au stade auquel le comité décisionnaire de l'ISDA serait susceptible de déterminer si un événement de crédit a eu lieu ». Dallara. la seule issue pour le pays serait de sortir de la zone euro et de dévaluer.

et que les CDS ne sont pas déclenchés. 13 . Ainsi d'après Forbes (magazine) du 15 juillet 2011. avocat expert en droit financier : « c’est parce que les banques acceptent volontairement une décote de 50 % de créances qu’elles détiennent dans leurs livres sur la Grèce que celle-ci n’est pas juridiquement en défaut ». L'accord laisse donc supposer qu'un montant très important de contrats CDS a été vendu outre atlantique et que leur déclenchement n'est pas souhaitable. se basant sur une estimation de BullionVault. Ce contexte juridique explique donc en partie les termes de l'accord européen du 27 octobre 2011 : renonciation volontaire des banques sur leurs titres obligataires en échange d'une recapitalisation. le montant (notionnel) des CDS souscrits pour la dette grecque atteindrait au moins 680 milliards d'euros.Cependant d'après Hubert de Vauplane.

et d’une manière générale. Mais ce n’est pas suffisant. c’est la dérégulation des marchés financiers. mêmes radicales.Alors. Dans un premier temps. Les réformes financières. reréguler la bourse. sont insuffisantes. En commençant par s’attaquer aux inégalités et au modèle économique productiviste qui ruine la planète. entreprise depuis les années 1980 qui est responsable de la crise en laissant le champ libre à des pratiques spéculatives éhontées. 14 . au dumping fiscal et social. voire une interdiction des produits dérivés type CDS. Au niveau du secteur bancaire. C’est une reconstruction de l’Union européenne qui est nécessaire. en dernier ressort. Les dettes publiques doivent. budgétaires). car la crise actuelle est systémique. quelles solutions pour un changement radical de cap ? Les mesures qui s’imposent semblent pourtant évidentes. comme c’est le cas aux États-Unis avec la Fed. être soutenues par la BCE. qui sont le cœur du problème. il faut rétablir un contrôle public. par les politiques publiques européennes communes (fiscales. revenir sur les politiques de libéralisation des marchés financiers enclenchées dans les années 1980. Enfin. Ainsi que l’a souvent exprimé Attac. Il faut par ailleurs séparer les activités d’épargne et d’investissement. Il faut créer. mettre en place une régulation forte. Il faut interdire l’existence de groupes bancaires obèses dont la faillite entraînerait dans sa chute l’ensemble du système bancaire (too big to fail). à la financiarisation de l’économie… Il faut court-circuiter les marchés financiers. les conditions d’un changement de cap de la construction européenne. Une taxe sur les transactions financières qui décourage les attaques spéculatives.