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El Watan ÉCONOMIE

Du lundi 31 octobre au dimanche 6 novembre 2011 Supplément hebdomadaire n°306 - Email : suppeco@elwatan.com/Tél. - Fax : 021 65 58 66

RIEN N’ÉBRANLE LE BUSINESS DE LA DEVISE !

LA DESCENTE OPÉRÉE DURANT LE MOIS D’OCTOBRE PAR LES SERVICES DE SÉCURITÉ DANS LES MILIEUX CONNUS POUR ÊTRE DES PLAQUES TOURNANTES DU MARCHÉ NOIR DE LA DEVISE SUR LA PLACE D’ALGER N’AURA PAS FAIT VACILLER LE MOINS DU MONDE CE BUSINESS FRUCTUEUX. Si l’offre s’en trouve quelque peu perturbée, les pourvoyeurs de ce marché sont en revanche toujours présents. Au square Port Saïd, les cambistes n’ont jamais été aussi nombreux. Adossés à des véhicules en stationnement ou simplement debout sur les rebords des trottoirs, ils abordent au passage des automobilistes et autres passants, leurs liasses de

billets, des euros bien en évidence, faisant mine de les compter et les recompter inlassablement. A quelques mètres de là, les agents de police font mine de ne rien voir. Quand on demande à l’un des cambistes s’il n’est pas inquiet après les dernières opérations des forces de sécurité, il répond avec flegme et assurance : «Vous savez, ce n’est pas la première fois qu’il y a ce genre d’opération et pourtant, moi je suis là tous les jours depuis des années.» Et d’ajouter : «J’essaie de gagner ma vie et c’est quand même Lire en pages III-IV mieux que d’aller se jeter à la mer.»

LES CHRONIQUES
■l’analyse d’el kadi Ihsane

GÉNÉRAL EMBALLAGE SE REDÉPLOIE

hartmut elshans, politologue et économiste allemand

Fiscalité dans l’amont pétrolier : retour sur 7 ans de réflexion P. II
■ Repères économiques de abdelhak lamiri

CAP SUR L’EXPORTATION L
Alors que l’on ne cesse d’évoquer les ennuis du géant défunt Tonic Emballage, désormais nationalisé, son ex-dauphin, leader national en matière de transformation du carton d’emballage, poursuit sa fulgurante ascension loin des feux de la rampe. En effet, Général Emballage a engagé entre 2010 et 2011 un plan d’investissement ambitieux de plus 1,3 milliards de dinars qui sera consolidé par un autre programme de rénovation et d’extension en 2012. Page VIII

«Les leaders européens croient combattre la crise par l’austérité»
a crise dans la zone euro continue encore à alimenter le débat entre politiques et économistes aussi bien dans les pays touchés de plein fouet par la crise, que dans les pays qui craignent un effet de contagion. Même les capitaux privés de Pékin seront sollicités pour contribuer à «renflouer» le Fonds européen de stabilité financière (FESF). Dans cet entretien accordé à El Watan Economie, le politologue et économiste allemand Hartmut Elsanhans revient sur

Taux de change : des satisfactions et des regrets P. V

les causes de la crise et esquisse une ébauche de sortie de crise. Page VI

POLITIQUE D’AUDIT : LEÇONS DE LA CRISE

P IX

PHOTO : D. R.

PHOTO : B. SOUHIL

Il fait fuir les investisseurs. le style de Youcef Yousfi. aux pratiques du conseil en innovation pour les PME et sur l’innovation dans les clusters (regroupement d’entreprises du même secteur). Il y aura une nouvelle extension de l’usine. Tout le monde se souvient de la suite. Juste en modifier le planning d’extraction. Annoncée comme une nécessité urgente depuis 2008 au moins. Il faut aussi avancer. Cette rencontre organisée en collaboration avec l’association patronale Ceimi. c’était au début de l’ère Chadli. En dehors de l’attractivité du secteur du médicament en Algérie. Les thèmes abordés au cours de cette journée ont touché aux présentations du programme DEVED. au système d’innovation allemand. une fois de plus. Mais qu’elle cessait de l’être si la concession était supprimée. Changer dans la continuité. Ce chiffre va atteindre. une plage de relâche était. lorsque les nouveaux petits gisements non découverts entre 2005 et 20012 pèseront de leur vide dans la balance des paiements de 2015 et des années suivantes. Mais la force de frappe du forage qui doit permettre de renouveler les réserves prouvées reste au garage. La production algérienne de pétrole et de gaz va. Khelil a tiré à mort sur les réserves. Pourquoi avoir attendu autant de temps pour esquisser. avant de poursuivre : «Nos médicaments n’ont rien à envier à ceux fabriqués par les firmes internationales. M. Nous avons appris que dans le cadre du même programme. bienvenue. Lancé en 2007. continuer de baisser dans le premier cas et continuer de plafonner dans le second cas. P iloté par le ministère de l’Industrie. selon notre interlocuteur. que la nouvelle fiscalité contraignante imposée aux exploitants étrangers était «acceptable» dans le cas de la concession des gisements. H. Il va dramatiquement manquer des mètres cubes de gaz et des barils de pétrole dans 5 ans. l’Algérie n’a plus délivré de permis de recherche d’hydrocarbures significatifs depuis sept ans. les 3 milliards de DA en 2011. ne signifie nulle part ailleurs cesser de découvrir des nouvelles ressources. 50 millions d’unités (boites) par an. Deux retentissants échecs. En dépit de sa vocation dans la fabrication des antibiotiques. l’encouragement par les pouvoirs publics du médicament générique et la décision d’interdire l’importation de médicaments fabriqués localement ne sont pas sans conséquences positives sur la santé financière de Saidal. Mais s’en accommodait. jeudi. «Le marché du médicament est attractif en Algérie. aux partenaires de Sonatrach était dans le pipe de longue date. Par des spécialistes peu suspects d’être des lobbyistes pour les compagnies étrangères. Une délégation de responsables du ministère de l’Industrie. associée à ce programme depuis une année en tant que partenaires-pilotes. Le bon rapport qualité- prix de nos produits fait qu’on arrive. notamment dans les petits gisements (les seuls qui restent à découvrir). Mohamed Hamouche. passage à la concession sur les gisements puis retour au principe de partage de production.A cause de ce ralentissement de la recherche exploration des sept années précédentes. Ne surtout pas faire de vague. Les grandes compagnies pétrolières mondiales et les moins grandes ne sont pas venues. Or. Ni pour le pétrole qui se vend cher pourtant ni encore moins pour le gaz qui coule à pic sous les excédents de l’offre nord-américaine. Une réalité confirmée par deux appels d’offres lancés par Alnaft pour au total une vingtaine de blocs à explorer sur le domaine minier national. Sans offusquer les décideurs. à le faire regretter. Nous faisons alors de notre mieux pour satisfaire la demande locale et parfois même internationale. Yousfi devrait comprendre que d’être honnête ne suffit pas à la clé de l’énergie. La révision de la fiscalité de la loi Khelil. Ses responsables s’attendent à une évolution de 30% en 2011 par rapport à 2010. enfin. «Notre filière produit une cinquantaine de gammes dont la moitié est dédiée aux antibiotiques. nous allons opter pour la gamme cardio vu la forte demande de médicaments traitant les maladies cardiovasculaires et l’augmentation des pathologies liées aux maladies du coeur en Algérie ». «Ce sont des mesures qui nous ont énormément motivés». via Reuters. Leader dans la fabrication des antibiotiques pénicilliniques. tel que précisé par Madame Oukid. vice-rectrice des relations extérieures à l’université de Blida. e gouvernement algérien pense à modifier la loi sur les hydrocarbures. ajoute le PDG du complexe d’antibiotiques de Médéa. En accord avec les partenaires de Sonatrach. l’amendement de l’automne 2006 supprimait – heureusement – le grand cadeau concessionnel de M. Dans ce sens. à 10 km à l’ouest de la ville de Médéa. Sans revenir à une fiscalité plus conforme au principe de partage de production. nous exportons vers de nombreux pays africains suite à des soumissions à des avis d’appel d’offres internationaux. Annulation du plan Valhyd. lors de leurs travaux. Il prendra fin en 2016 et interviendra à travers deux axes : l’amélioration des conditions-cadre et le développement des compétences pour l’innovation et le développement des ressources humaines dans ces entreprises. Toujours moins de 15 puits au 10 000 km2 alors que la moyenne mondiale est proche de 100 puits au 10 000 km2. M. Ce chiffre va augmenter pour atteindre. «On a déjà dépassé nos prévisions au 30 septembre 2011». Pour enfin admettre. chute de la recherche exploration de Sonatrach. PDG de la filiale antibiotique de Saidal. Une ratatouille législative une fois de plus provoquée par L . à leurs yeux. à décrocher des marchés facilement dans ces pays ». En un mot. le chiffre d’affaire de ce grand complexe était à 2 milliards 800 DA en 2010. Le swing de 2005-2006. Ayant un effectif de 1060 travailleurs. Par Hocine Mallek des très petites entreprises (TPE) et des petites et moyennes entreprises (PME) algériennes. à l’épreuve des camouflets. de nouveaux équipements. ce programme vise la mise en œuvre d’un système efficient de promotion de la compétitivité analyse D’EL KADI IHSANE Fiscalité dans l’amont pétrolier : retour sur 7 ans de réflexion l’interventionnisme présidentiel. Cela se défend. On doit maintenir notre position de leader à travers de nouveaux investissements. Sept ans de réflexion. au niveau de la Bibliothèque centrale de l’université Saâd Dahleb de Blida. de la PME et de la Promotion de l’investissement (MIPMEPI). Sonatrach développe en effort propre ou en partenariat des gisements déjà découverts. Yousfi s’en est ouvert. il serait aussi le plus grand à l’échelle arabe et africaine (31 hectares). Préserver l’avenir. renchérit notre interlocuteur. Motif. Coopération algéro-allemande Le programme Deved en débat Le programme de coopération algéroallemande Deved (Programme de développement économique durable) a fait l’objet d’une étude technique. Par Mohamed Benzarga I mplanté dans la zone industrielle de Oued Harbil. Deved ambitionne aussi à créer de l’emploi. Nous produisons aussi des anti-inflammatoires et des antidouleurs. Sur ce plan au moins la gouvernance Khelil tournait infiniment plus vite. Et le suivisme carriériste parlementaire. la filière Saidal de Médéa mettra dans quelques mois sur le marché une nouvelle gamme dédiée à la cardiologie. B. A partir de 2012. les participants qui ambitionnent. les échanges d’informations sur les expériences algériennes et allemandes aux fins d’améliorer le système d’innovation dans les PME. dans les cinq prochaines années. insiste. La révision de la loi Khelil qui se profile maintenant que le département de M. le plus souvent. beaucoup s’en faut. Mais sept ans de surplace sont une plage dangereusement longue. a comme principal objectif. ce complexe est le plus important au niveau national pour ce qui est de la fabrication des antibiotiques. ainsi que des jeunes porteurs de projets de l’Ecole nationale polytechnique (ENP) y participent. une timide escarmouche ? C’est. notamment auprès des jeunes. nous informe-t-il. à la faveur d’accords de coopération bilatéraux entre le ministère algérien de la PME et le ministère Fédéral allemand de la Coopération économique et du Développement (BMZ). l’air fier. Ce complexe produit. La découverte de nouveaux gisements n’interdit pas des plans d’exploitation – validés par l’agence Alnaft – plus conservatoire des ressources. D’autant pas que le solde des soupçons «kleptomaniaques» qui pèsent sur lui n’est pas encore établi. Cela ne suffira pas. notamment le cluster agroalimentaire et le cluster transport et logistique. conservation des ressources.Du 31 octobre au 6 novembre 2011 Les ambitions de Saidal antibiotiques Le complexe Saidal d’antibiotiques de Médéa a d’ambitieux programmes pour son développement. C’est une fuite d’un haut responsable de l’énergie rapporté par Reuters qui balise le terrain.II L’ACTUALITÉ Médéa El Watan ÉCONOMIE . de la petite et moyenne entreprise et de la Promotion de l’investissement (MIPMEPI) en association avec l’organisme allemand de coopération Deutsche Gesellschaft für Internationale Zusammenarbeit (GIZ). En particulier lorsque les excédents des recettes énergétiques sont si benoîtement utilisés en placement à rendement quasi nul chez une veille puissance criblée de dettes. La dernière fois qu’un pareil scénario du désinvestissement s’est déroulé. Bouteflika en tête. la pépinière d’entreprise (structure destinée à faciliter la création d’entreprises) est présentée comme un instrument privilégié pour le développement économique local. d’ici quelques années. a paralysé l’industrie de la recherche exploration en Algérie depuis sept ans. Ils sont le même effet et sont nettement moins chers». M. selon le PDG du complexe. cet espace l’a pronostiqué comme inéluctable plus d’une fois depuis trois ans. 80 millions d’unités. En fin de parcours. un voyage d’études se déroule du 27 au 31 octobre 2011 en Allemagne dont le thème est « promotion de l’entrepreneuriat durable. Et le dernier appel d’offres de l’ère Khelil d’avant la loi sur les hydrocarbures qui porte son nom (2005 amendée en 2006). Une autre frange de consultants admettait que la fiscalité de l’actuelle loi massacrait les marges des opérateurs étrangers. Certes. Depuis combien de temps le sait-on ? Depuis 2007 et le redressement historique des cours du brut au-delà des 30 dollars. Khelil aux compagnies étrangères. Qu’est-ce qui va changer ? Le dispositif fiscal de la loi. à identifier les conditions à réunir pour réussir un système d’innovation au profit des PME/TPE. Mais rien que d’envisager une comparaison.

rien ne laissait penser que dans l’arrière-boutique on échangeait des devises. Il s’agit «d’une épargne stable» qui indique «mieux que n’importe quel discours. La chasse aux sorcières n’effraye pas les cambistes La descente opérée durant le mois d’octobre par les services de sécurité dans les milieux connus pour être des plaques tournantes du marché noir de la devise sur la place d’Alger n’aura pas fait vaciller le moins du monde ce business fructueux. mais le bouche-à-oreille fonctionnant parfaitement. Or. La question suscite tellement d’interrogations que le gouverneur de la BA a été interpellé par les députés lors de son passage au mois d’octobre devant l’Assemblée populaire nationale.7 milliard de dollar par an entre 2000 et 2008 selon le derbier rapport de l’organisme américain Global Financial Intergrity (GFI) publié en début d’année 2001) ainsi que la part de la sphère informelle dans l’économie (estimée à 40%) donnent raison aussi bien aux opposants qu’aux défenseurs de la convertibilité totale du dinar.5 voire 142.Du 31 octobre au 6 novembre 2011 ENQUÊTE III centaines de mètres de là. des euros bien en évidence. Tentant une explication. il répond avec flegme et assurance : «Vous savez. nous dit le propriétaire du magasin. toute réponse serait aléatoire. En effet. Beau- coup de cambistes «se sont mis un peu à l’ombre pour ne pas attirer l’attention. Adossés à des véhicules en stationnement ou simplement debout sur les rebords des trottoirs. 142 et 142. la différence atteint jusqu’à 40%. les pourvoyeurs de ce marché sont en revanche toujours présents. on préfère ne pas faire de transaction. En réalité. ce qui fait que l’euro manquait un peu sur le marché». il y a les hommes de la sécurité qui rôdent dans les environs». leurs liasses de billets. Il indique dans la foulée «que les euros se font rares». S. les opérations seront limitées à «l’achat et vente contre monnaie nationale».» Et c’est d’autant mieux que le business semble prospérer avec la flambée des cours de l’euro. pour éviter qu’on soit perdant dans l’affaire ou que la personne qui vient nous voir soit lésée». Les cours à l’achat allaient de 140. les bureaux de change officiels censés remplacer ce cadre informel n’ont toujours pas vu le jour. B. selon certains experts financiers. Mais la logique commerciale voudrait qu’en période de rareté. Ali Benouari. nous avons entendu parler d’un autre magasin où l’on vendait des vêtements pour hommes et où on pouvait accessoirement acheter et vendre des euros. pourquoi il ne faut pas craindre la convertibilité du dinar». S. faisant mine de les compter et les recompter inlassablement. En dehors des facteurs de saisonnalité comme la saison estivale. le vendeur ne donna aucune réponse. comme pour s’assurer que nous ne changerions pas d’avis et d’ajouter qu’il est assez «bas ces jours-ci». accepté de nous échanger nos euros. 141 et 141. Nous avons tenté de joindre la Banque d’Algérie (BA) pour connaître les raisons qui font qu’aucun agrément n’a été délivré jusqu’à présent. par «la baisse de l’offre suite aux arrestations qu’il y a eu». Vu le caractère rentier de l’économie algérienne. essentiellement des euros. Pour l’heure. a indiqué dans l’une de ses sorties médiatiques que s’il n’y a pas encore de bureaux. ça n’a rien avoir. nous dit un spécialiste de la finance. «Quand le cours est trop élevé ou trop bas. nous ne le faisons plus». Au square Port Saïd. «Est-ce parce que les cours sont trop élevés ?». dit-il. B. une fois le magasin vidé de sa clientèle. ce qui se passe sur le marché noir indique parfois le contraire. A quelques Non-agrément des bureaux de change Pendant que le marché noir de la devise prospère au vu et au su de tous. alors qu’à la vente. les prix augmentent . Par Safia Berkouk Rien n’ébranle le business de la devise ! S i l’offre s’en trouve quelque peu perturbée. nous répond-il quelque peu embarrassé. «Non. quand l’occasion lui sera donnée. selon notre cambiste. ce qui a tendance à booster la demande. P . «Non. cette convertibilité n’est que commerciale et les transferts courants limités au tourisme. Nous avons donc approché le vendeur. la nonconvertibilité totale du dinar semble justifiée aux yeux de cet expert. Depuis le début de l’année. car aux dernières nouvelles. mais il faut faire attention. la BA n’a reçu aucune demande pour l’ouverture de ces bureaux. sans pour autant pouvoir l’expliquer. le ministre des Finances.» Et d’ajouter : «J’essaie de gagner ma vie et c’est quand même mieux que d’aller se jeter à la mer. a déclaré dans une précédente interview à El Watan Economie que «les montants convertis ne donnent pas lieu forcément au transfert et peuvent être déposés en devises auprès des banques algériennes» qui ouvrent. Après avoir indiqué au vendeur le nom de la personne qui nous a tuyautés. Pourtant. le cadre légal prévoyant leur création existe depuis 1997 à travers l’instruction n°08-96 du 18 décembre 1996 qui fixe les conditions de création et d’agrément des bureaux de change. «la Banque d’Algérie ne veut pas se voir obligée d’approvisionner ces bureaux en devises à partir de nos réserves de change quelle que soit la conjoncture».7 DA pour un euro. les autorités craignant que cela entraîne un transfert massif de capitaux vers l’étranger. pourquoi agréer des bureaux de change s’ils ne pourront pas vendre librement des devises. IL N’Y A PAS QUE LE SQUARE Se mettre au vert pour éviter les soupçons. nous lui avons demandé s’il acceptait de nous acheter quelques centaines d’euros. celui qui aura un peu d’argent ira l’échanger contre des devises». dans la même journée de mercredi (26 octobre 2011). comme pour toute autre business du reste. la question de la convertibilité totale du dinar n’est pas d’actualité. A la question de savoir pourquoi. volontiers. nous a-t-il dit en guise d’avertissement et d’explication. en vain. la monnaie unique européenne caracole à plus de 140 DA pour un euro avec des pics allant jusqu’à 147 DA la semaine dernière. situer la problématique à ce niveau est un «non-sens» tant que la Banque d’Algérie détient le monopole de la parité de change officiel. la période du hadj ou les vacances de fin d’année qui dictent le principe de l’offre et de la demande. Dans ce cas. nous avons tenté d’avoir confirmation. ils abordent au passage des automobilistes et autres passants. Quant à savoir qui fixe le cours journalier sur le marché parallèle. Cela sans compter qu’on est en pleine saison de pèlerinage. A quelques mètres de là. la logique du profit semble pour l’heure la seule à laquelle obéit le commerce informel de la devise. Karim Djoudi.5 DA pour un euro. les cambistes n’ont jamais été aussi nombreux.El Watan ÉCONOMIE . ce n’est pas la première fois qu’il y a ce genre d’opération et pourtant moi je suis là tous les jours depuis des années. car comme le précise l’instruction de 1996. «depuis près de 25 ans. les agents de police font mine de ne rien voir. mettant en cause «la fourchette entre le coût acheteur et le coût vendeur». ce n’est pas l’avis de tout le monde. «c’est parce que les gens ne veulent pas investir dans ce Le vrai faux argument de la rentabilité créneau». Quant on demande à l’un des cambistes s’il n’est pas inquiet après les dernières opérations des forces de sécurité. dit-il. l’homme a. ils oscillaient entre 141. Le taux de rentabilité de 1% par rapport au cours officiel qui doit être pratiqué par les bureaux de change paraît en effet dérisoire quand on sait que sur le marché parallèle. Une hausse qui s’explique. L’économie algérienne n’étant pas diversifiée et les hydrocarbures sont notre seule source de devise. ancien ministre du Trésor. ourtant. Les parlementaires dénonçant le préjudice porté à l’économie nationale et des pratiques de l’informel qui sapent l’autorité de l’Etat. «Le cours est à 14 (140 DA pour un euro)». nous nous sommes vu proposer trois taux de change différents par trois cambistes différents. Par ailleurs. la devise la plus échangée sur la place. or. A priori. aux soins à l’étranger et aux bourses d’études. avons-nous demandé. Pour l’instant. et sur la même place du square Port Saïd. le montant des transferts illégaux à l’étranger (1. La question est donc celle de la convertibilité totale du dinar. des comptes devises aux particuliers». car «tant que les gens n’auront pas confiance en la monnaie nationale. c’est ce que nous avons pu vérifier la semaine dernière chez le propriétaire d’un commerce de cosmétiques dans une commune de la banlieue ouest d’Alger.

A cela.. On légifère sur la possibilité de créer des bureaux de change sans lever au moins partiellement le contrôle des changes. Et d’aucuns avanceraient des interventions ponctuelles et officieuS. Nous vendons en dollars et nous achetons en euros. QUEL MARCHÉ REFLÈTE LE MIEUX LA VALEUR ACTUELLE DU DINAR ? La réalité économique suggérerait. il permet «d’éponger» un peu du surplus de liquidités en circulation dans l’économie et dévalue officieusement et momentanément notre devise. Il a occupé depuis plus de 20 ans plusieurs postes de responsabilité dans des établissements bancaires internationaux de renom à l’image de BNP Paribas. c’est-à-dire en quoi consiste le contrôle des changes ? Nous avons indiqué plus haut que la BCA a le monopole de la fixation de la parité du dinar et de la gestion des réserves de change. Propos recueillis par Safia Berkouk Comment peut-on expliquer que la valeur du dinar ne cesse de se déprécier sur le marché parallèle ? Comme vous le savez. à mesure que la monnaie unique se débattait avec la crise de la zone euro. Sur le marché parallèle. l’existence encore et toujours des importations informelles qu’on appelle communément «le cabas» . la distorsion entre l’offre et la demande en raison du rétrécissement de l’épargne des émi- grés et enfin. Comment ces bureaux de change vont-ils s’approvisionner en devises et à quel taux ? Le passage obligé est dans ce contexte réglementaire. le Port Saïd joue le rôle d’un vaste bureau de change «toléré» parce qu’il remplit la fonction sans remettre en cause officiellement le dogme du monopole de la fixation de la parité du dinar Marché parallèle/marché officiel Le grand écart ! le change offi du face L’écart entretelletaux de différence secielnoir dinar creuséà l’euro et celui observé sur le marché s’est d’une manière que la chiffre aujourd’hui à 40% voire 45%. Comment pourrait-on les canaliser au profit de l’économie nationale ? La partie des transferts des émigrés qui passe sur le marché parallèle participe à l’économie nationale. on peut avancer comme élément fondamental indicateur de la tendance (haussière ou baissière) la parité euro/dollar qui a une importance sur la structure de notre commerce extérieur. c’est l’effet inverse qui joue compte tenu de la structure de notre commerce extérieur et de notre économie en général. Il a été pratiqué par plusieurs pays et l’est encore dans d’autres. Si on ne devait prendre que les 12 derniers mois. Mais lorsqu’ils cherchent à acheter un bien immobilier. Il redeviendra totalement illégal si nous subissons une chute brutale du cours des hydrocarbures. mais cela reste insuffisant. hadj.3 DA en janvier 2011. On a souvent du mal à cerner tous les mécanismes qui régissent le fonctionnement du marché parallèle: qui en fixe les taux. Pour expliquer cet écart. l’Algérie importe en euro et vend en dollar. mais à un coût plus élevé. plus on dérape le dinar plus leur monnaie nationale est importante. c’est-à-dire sa fixation par rapport à un panier devises par la Banque centrale et par l’absence de sa libre convertibilité. pour les produits non subventionnés. On pourrait dire vulgairement «qu’ils ont en eu un peu plus pour leurs euros». mais elles dépassent le simple cadre technique du marché des changes! Les pouvoirs publics ne semblent pas inquiets par rapport à ce que vous appelez «la dérive du dinar» pourquoi ? Pourquoi voulez-vous que les pouvoirs publics s’inquiètent d’un marché qui n’a pas d’existence officielle et légale. qui influe sur leur fluctuation… S’il s’agissait d’un marché officiel et totalement libre. Car faut-il le rappeler. En effet. S’agissant du dinar algérien. les recettes d’hydrocarbures étant libellées en dollar. B. semblent s’accommoder d’un dérapage du dinar par rapport au dollar. selon certains spécialistes. les autorités monétaires. Les réserves de change du pays qui font miroiter la réalité d’un pays riche ne servent en fait que «de garantie de consolidation du dinar». on remarquerait que les cours ont été assez fluctuants sur les deux marchés. Cela se traduit par une forte demande d’euros non satisfaite par Omar Berkouk PHOTO : D. l’économiste Abderrahmane Mebtoul évoque 4 raisons à ce phénomène. N’est-il pas un peu normal étant donné que la convertibilité du dinar n’est pas totale ? Bien sûr c’est là où réside toute la contradiction. «une psychose» vis-à-vis de l’avenir du pays. Je vous mets au défi de retrouver un commentaire officiel du gouverneur de la BCA ou du ministre des Finances sur le taux du dinar sur le marché parallèle. . les experts mettent en avant un certain nombre de facteurs devenus chroniques. Interrogé sur la question par El Watan Economie. Cela permet de «voiler l’importance du déficit budgétaire et de gonfler artificiellement le fonds de régulation qui est lui en dinar». notamment en Chine qui. B. la BCA. il faut également ajouter le fait que des opérateurs économiques continuent à avoir recours au marché noir pour l’importation de pièces de rechange de l’étranger. ses de la BCA ! la Banque centrale d’Algérie (qui en détient le monopole légal) au taux officiel de 102 DA pour un euro et qui finit par trouver son équilibre sur le marché parallèle à 140 DA pour un euro. ils subissent les prix immobiliers d’une économie de rente. S. En somme. Les émigrés changent leurs euros pour passer des vacances au pays ou pour acheter un bien immobilier. Sur le marché officiel par exemple. à savoir l’importance de la sphère informelle qui contrôle 40% de la masse monétaire en circulation . l’euro ne coûtait que 98. Si demain le cours du pétrole s’écroule. Les questions importantes sont donc les suivantes : que serait la valeur du dinar par rapport à l’euro s’il était librement convertible dans ce contexte économique : 102 ou 140 ? Pourquoi les autorités monétaires laissentelles apparaître une telle dévaluation de la devise nationale sur le marché parallèle ? Les réponses à ces questions existent. souligne l’économiste Abderrahmane Mebtoul. et de la gestion des réserves de change. que c’est le taux de change pratiqué sur le marché noir qui reflète le mieux la valeur actuelle de la monnaie nationale. maintient une bande de fluctuation étroite de sa devise avec la monnaie de son principal client les Etats-Unis ! C’est donc la force de son économie et la structure de sa balance des paiements qui justifient une forte demande potentielle pour la devise chinoise. Comment analyser le fait que le marché noir ne soit pas inquiété alors le cadre légal permettant la création des bureaux de change existe ? La réponse à cette question relève des développements précédents. en revanche il avait déjà entamé Par Safia Berkouk l’année à 130 DA pour un euro et atteint son pic il y a quelques jours à 146 DA. la loi permet la création de bureau de change sans leur donner les moyens d’exercer. «beaucoup d’Algériens sont en train d’acheter des biens à l’étranger. B. alors même que ce dernier se déprécie face l’euro. Le gouvernement a certes relevé à 4 millions de dinars la possibilité du recours au paiement libre pour les importations urgentes de matières premières ou pièces de S. alors qu’il a atteint pendant le mois d’août dernier 103. ils profitent de l’économie de rente.. le dinar flotterait à 300%». R. La valeur d’une devise ainsi déterminée ne reflète pas le «vrai» prix puisqu’elle ne correspond pas à la confrontation de l’offre et de la demande disponibles sur le marché. la réponse serait : l’offre et la demande ! Dans notre cas. avec «certainement une fuite de capitaux assez massive vers l’étranger». Mebtoul. L’objectif serait de maquiller quelque peu la réalité des chiffres. pour se protéger contre une trop forte réévaluation du Yuan qui pénaliserait ses exportations. Les autorités monétaires n’affichent qu’un seul taux (102) et feignent d’ignorer officiellement l’autre. Morgan Santley UK Group. «le dérapage rampant du dinar entraîne un gonflement des prix intérieur qui pénalisent le consommateur ainsi que les entreprises». la devise nationale est officiellement soumise à un strict contrôle des changes ayant pour but «la recherche et le maintien de l’équilibre de la balance des paiements». C’est équitable pour eux.). rechange. Cet argent revient dans le circuit de l’économie. «Le dinar ne tient que grâce à la rente pétrolière et non à la valeur du travail. Cela se traduit essentiellement par l’encadrement de la parité de change du dinar. Une bonne partie des transferts de nos émigrés finissent sur le marché parallèle. Une certaine saisonnalité (vacances. L’inexistence de ces bureaux de change n’est rien d’autre que la traduction du refus de la BCA de les servir en devises au taux officiel. Expert international en finances «Le marché noir sert d’assouplisseur à un contrôle des changes trop strict» Omar Berkouk est expert des questions financières et de la Banque Conseil en particulier. Selon lui.Du 31 octobre au 6 novembre 2011 Omar Berkouk. Les subventions publiques compressant l’inflation. notamment dans la région parisienne».IV ENQUÊTE El Watan ÉCONOMIE . Dexia ou encore UBS.9 DA. ainsi lorsqu’ils consomment avec ce surplus de dinars des biens subventionnés. Ce marché rend bien des services tant que le baril de pétrole est à un niveau où notre pays ne souffre pas d’une pénurie de de- vises. selon M. Il est actuellement associé gérant du cabinet conseil 2 BMS INGENIERIE El Djazair. Ce système n’est pas l’apanage de notre pays. En plus d’assister à un glissement du dinar face à l’euro sur le marché noir. En revanche. Il sert d’assouplisseur d’un contrôle des changes trop strict.

Il y a beaucoup de questions à régler pour les ériger. Je ne pense pas que nous soyons arrivés à une telle étape de maîtrise de notre développement. Il ne faut pas confondre indicateurs macroéconomiques et fondamentaux d’une économie. Nous avons donc deux chantiers importants qui puissent booster la valeur de notre économie : rendre nos entreprises plus compétitives et notre économie plus productive. A plusieurs reprises et pendant de longues périodes. Il faut réussir à les ériger. l’opération devient pratiquement impossible à réaliser. Rien n’est ingérable. Toute la problématique réside dans l’amélioration de l’offre en monnaie étrangère de ces bureaux afin que le différentiel de taux ne soit pas trop important. Mais l’économie consiste à prendre des risques calculés. Par ailleurs. A cette étape de développement. la valeur du dinar et les prix internationaux. La valeur du dinar se heurte à des problèmes beaucoup plus complexes comme ceux de la faiblesse de la productivité et l’orientation des ressources des agents économiques vers l’importation plutôt que la production de biens et de services. il faut trouver des solutions. agents économiques établis à l’étranger. Il faut également garantir un minimum d’anonymat comme c’est le cas de tous les bureaux de change des pays émergents.El Watan ÉCONOMIE . mais régulé est plus révélateur de la valeur réelle du dinar. nous avons créé une opportunité historique d’établir une très grande déconnexion entre les prix des produits de première nécessité. mais elles ne peuvent pas être insurmontables. Ce système a permis à l’économie algérienne de fonctionner sans grandes difficultés majeures induites par ces mécanismes financiers internationaux. Cette idée est bien raisonnable. exportations hors hydrocarbures) et que nous bénéficions d’une conjoncture internationale favorable. etc. Ce n’est que récemment que l’on commence à avoir des différences de 30 à 40% entre les deux taux. On a eu même droit à un événement exceptionnel pendant une semaine où la valeur du dinar algérien par rapport à l’euro était plus élevée au niveau du marché parallèle. Cependant. considérant la structure de l’économie nationale. J’ai eu à lire certains commentateurs spécifiant que nous devons libéraliser le taux de change et autoriser les flux de capitaux. Orientation de la valeur officielle et politique d’alimentation du marché par des ressources autres que celles de Sonatrach permettront de faire fonctionner ce marché d’une manière acceptable. Corée du Sud. une analyse des plus superficielles révèlerait que les fondamentaux économiques sont mauvais (productivité. Nous avons là une faiblesse manifeste décriée par la vaste majorité des citoyens. C’est l’inertie qui est inconcevable. On ne peut pas attendre de lever tous les obstacles avant d’agir. le taux qui va prévaloir au sein de ce marché libre. Si on peut aller vers 5%. du sucre et autres simplifient énormément la tâche. Alors que peut-on faire pour améliorer la situation ? PISTES POSSIBLES D’AMÉLIORATION Il est inadmissible qu’un pays de la taille de l’Algérie et aussi ouvert puisse fonctionner sans des bureaux de change. sauf l’immobilisme. Et. De toute façon. Les importateurs de certains biens de luxe peuvent se voir obligés d’effectuer leurs opérations internationales à travers les bureaux de change. Beaucoup de pays disposant de moins de ressources et de moins de compétences ont érigé ces institutions. Les experts algériens et étrangers peuvent apporter beaucoup à la réflexion et à l’action. Nous avons de bons indicateurs et de mauvais fondamentaux. Il y a beaucoup de questions de détails à régler. De nombreux pays. il ne faut pas s’en priver. Mais en plus des opérateurs actuels (immigrés. C’est autant une source de motivation pour l’exportation hors hydrocarbure que pour faire fonctionner correctement ce marché. Il faut solliciter l’intelligence de tous. PH. Certes. Mais si on persiste à vouloir disposer d’un intervalle de 1%. Préconiser une telle attitude pour l’Algérie avec les structures économiques actuelles serait suicidaire. Dans notre contexte.). D. L’administration n’est pas outillée pour satisfaire au mieux tous les besoins de financement. il faut que les bureaux de change aient accès à une offre importante de ressources financières. Un glissement du dinar se serait plus synonyme d’émeutes et de problèmes sociaux graves. ce qui se fait en matière de gestion du taux de change est relativement admissible. opérateurs économiques et analystes de tout bord que l’absence de ces bureaux de change constitue une faiblesse manifeste de l’économie nationale et une lacune dans l’action des autorités monétaires. Elles ne forcent plus les pays émergents à adopter une telle attitude et demeurent très réservées quant à sa pertinence. Cet oubli conscient est probablement dû à une observation importante : la politique de taux de change n’est pas un facteur bloquant pour le développement économique. Thaïlande. à elle seule. 10% ou 20%. Mais le pire serait de choisir de ne pas trancher. rehausser la valeur du dinar. nous avons plusieurs pistes pour mieux alimenter ce marché. en sciences de gestion iniescom@yahoo. Il suffit de trois mauvaises années pour que les réserves s’effondrent et que les transferts de capitaux deviennent problématiques. le taux de change officiel et le parallèle ne différaient que de 5 à 10%. Même si des améliorations peuvent être apportées. nous avons toujours des alternatives avec leurs avantages et inconvénients. ont décidé d’abandonner l’idée d’une liberté totale des flux de capitaux. qui est compatible avec nos engagements internationaux. le taux de change parallèle est toujours plus proche de la réalité économique de l’offre et de la demande. A. pourtant plus performants que nous (Indonésie. Il faut débattre seulement des quelques autres produits à mettre dans le panier. Il ne se situe pas comme un frein à la croissance et au développement. etc. Mais pour qu’il y ait un écart moins important. Il y a comme un consensus national de ne pas injecter des ressources de l’Etat tirées des hydrocarbures dans ce marché. Elle est formulée par des experts financiers algériens. Il serait possible d’autoriser les exportateurs hors hydrocarbures d’échanger 50% de leurs avoirs sur ce marché. L’économie algérienne est extrêmement vulnérable aux fluctuations des marchés mondiaux de l’énergie. C’est uniquement la rente qui produit la croissance hors hydrocarbure et qui a contribué à améliorer les réserves.). L’argumentation de ces libéraux extrêmes repose sur les indicateurs macroéconomiques et les réserves de change. Il y a un consensus entre économistes algériens. Les différentes subventions supplémentaires d’huile. FAIRE LA PART DES CHOSES Nous avons une politique de taux de change qui consiste à opérer un glissement orienté de la valeur du dinar. Par ailleurs. Cette idée n’est pas la mienne.fr . Le confort de l’inertie arrange bien beaucoup de nos bureaucrates. Le premier problème concerne le différentiel toléré entre les deux marchés. pour améliorer la compétitivité internationale de notre pays. rendre le dinar convertible serait prendre des risques énormes vis-à-vis de notre économie nationale. prise isolément peut faire peu de choses. La politique du taux de change. Ces dernières doivent financer uniquement le développement économique et les besoins les plus prioritaires de la population. il faut prendre l’écart le plus grand possible. elle est fondamentalement bonne. création d’entreprises. Certains seront forcément évacués vers les bureaux de change. Il va servir à orienter les politiques de glissement du dinar vers sa parité réelle.Du 31 octobre au 6 novembre 2011 CHRONIQUE V Taux de change : des satisfactions et des regrets T rès peu d’observateurs nationaux analysent en profondeur les politiques de taux de change et leurs répercussions sur le mode de fonctionnement de l’économie nationale. Les libéraux extrêmes qui prônent cette solution doivent savoir que les expériences dramatiques ont conduit les institutions internationales à revoir leurs positions. Dans des cas pareils. en vue de réaliser un équilibre entre les quantités de monnaie offertes sur le marché par la Banque d’Algérie et les quantités demandées par les opérateurs économiques. Et nous n’avons ni explication officielle ni académique sur le phénomène. et par là. L.

l’Allemagne devrait comprendre que sa tâche la plus urgente serait le lancement de sa propre consommation intérieure. ils seraient incapables de faire face à la perte de revenu qui résulterait de cette mesure. surtout les banques. envisagées. autrement pas. peut-être les créances sont honorées. Il est vrai que s’y opposent des craintes importantes : ce pays fondamen- talement incertain de lui-même a viré en 1945 d’un impérialisme particulièrement démodé de «peuple sans espace» à une hantise néo-impérialiste de «peuple sans excédant d‘exportation». Les banques devaient utiliser le plus rapidement possible cet actif et trouver un nouveau débiteur.VI L’ENTRETIEN El Watan ÉCONOMIE . Et à partir de maintenant.les banquiers et leurs adeptes néolibéraux leur ont bloqué l’accès aux ressources qu’il leur fallait pour maintenir une certaine stabilité de l’économie réelle. notamment aux Britanniques qui gèrent leur cité comme un puits de pétrole. d’abord de l’économie réelle de la zone euro. et en même temps de se libérer de la fausse contrainte d’honorer des dettes créées par les spéculateurs avec leur assèchement des revenus publics. On peut le réaliser par une taxe sur les avoirs financiers. N. Dans ce cas. Russie. mais si rien d’autre ne marchait aussi par une réforme monétaire du type que celle réalisée en Allemagne en 1948. elles pouvaient être sûres que les pouvoirs publics paieraient. en Algérie par exemple ? On sauvera les banques. elle montrerait que beaucoup de titres financiers qu’elles avaient abusivement appelés des produits financiers ne valaient guère le papier sur lequel ils pouvaient être imprimés. là où elles étaient des leaders internationaux. mais la crainte des banques. Inde et Chine) de ces pays émergents. elles sont aussi mal placées que l’austérité imposée à la Grèce. Dans cet entretien accordé à El Watan Economie. c’est élargir la demande des masses. Elle a permis aux banques de créer une masse énorme de titres financiers dont les banques et leurs adeptes ont pensé probablement eux-mêmes que cela représentait des valeurs. d’autre part par des taux d’intérêt faibles. . les dirigeants des vingt-sept ont endossé un plan de recapitalisation. J’ajoute que la politique a poussé en Allemagne les banques publiques à participer dans de telles opérations «folles» en les invitant à devenir aussi profitables que les banques privées avec leurs réseaux beaucoup plus fiables dans ces opérations. c’est-à-dire à la finance folle. Par cette transformation des titres artificiels deviennent des créances plus assurées à la charge de l’économie réelle. et ceci parce dans un système réglé par la concurrence une «prudence» exagérée est punie par la perte en profitabilité par rapport à un compétiteur moins prudent. peut-être en leur permettant de réduire aussi leurs obligations. soient les plus touchés ? Les économies les plus faibles du sud européen n’avaient pas cette option. l’Italie ou le Portugal. ou un rétrécissement du crédit pourrait juguler l’économie réelle. Mais la monnaie fiduciaire . mais on protégera les fortunes modestes et peut-être moyennes. Je ne crois pas que le changement nécessaire en Allemagne puisse avoir lieu dans les délais requis Nombreux sont ceux qui imputent à la crise les effets pervers de la spéculation outrancière des marchés financiers privés. PHOTO : D. mais non annoncées à l’issue du sommet de mercredi dernier. Jusqu’à maintenant. donc par la hausse du déficit public. Singapour). D’après les Etats-Unis. surtout quand l’introduction de l’euro rendait la dévaluation de la monnaie impossible. elles renchérissent le crédit en le limitant. pourrait-elle impacter les filiales internationales des grandes banques européennes. R. Les garanties publiques prévues dans ce plan sont-elles assez suffisantes pour permettre aux banques de s’assurer des financements vu que cette option avait très peu servi au plus fort de la crise financière de 2008 ? Ce sont des mesures pour limiter les leviers du multiplicateur monétaire du système bancaire. On ne pourra pas faire une distinction entre les différentes grosses fortunes d’après leur origine. Etesvous de cet avis ? Il est clair que les dérégulations des marchés financiers ont contribué à la création de titres financiers à valeur fictive. Propos recueillis par Naïma Benouaret Pouvez-vous nous définir. vont essayer de les échanger contre des titres plus substantiels et cela sera alors la panique. une vue essentiellement microéconomique et démontrée comme fausse depuis Keynes. plusieurs pays ont permis et même promu l’expansion des masses monétaires : d’une part par le biais de la dette publique.au nom de la compétitivité . et finalement à la charge des contribuables de ces zones. que c’étaient des valeurs. C’est la réussite des banques à transformer des actifs artificiellement créés par les banques elles-mêmes en actifs réels. Les Européens refusent en invoquant la charge du service de la dette qui augmenterait. comme cela avait déjà été démontré récemment par l’Argentine et son succès de surmonter la crise de la dette sans les institutions de Bretton Woods. . permettront-ils à la zone euro de se dépêtrer de ce goulot d’étranglement surtout que la croissance en est étroitement liée ? Ce qu’il faut. que l’heure de vérité approche. et ils ont raison sur le plan macroéconomique. tous les détenteurs de tels papiers. Politiquement. Celles des économies européennes qui étaient plus compétitives optaient certainement pour l’augmentation des exportations. c’est la destruction des masses monétaires fictives. il est utile de cerner d’abord le conflit entre les Etats-Unis et la zone euro : les EtatsUnis demandent la relance de l’économie européenne par les dépenses publiques. Ce sont des chips dans un jeu du hasard qui valaient aussi longtemps que les participants ont cru. elles savent que des pertes inévitables seraient au moins compensées mieux dans le cas de faillite de débiteurs publics qu’en cas de faillite de débiteurs privés. New York. B. Qu’en pensezvous ? Je suis d’accord. Même les capitaux privés de Pékin seront sollicités pour contribuer à «renflouer» le Fonds européen de stabilité financière (FESF). on pouvait miser sur la création de la demande afin de maintenir l’économie réelle ou bien sur l’expansion du surplus extérieur ou sur le déficit public. La tendance expansionniste de la masse monétaire adoptée par nombre de pays de la zone euro est-elle l’une des causes principales de leur surendettement ? Avant de vous répondre. Les introduire rapidement est difficile. Cette solution va-t-elle être appliquée sachant que ce leadership tient justement aux performances de ces activités ? Effectivement. Dans la situation actuelle. Les banquiers doivent faire autant de fric que les régulations leur permettent. de manière lapidaire. Si l’expansion des revenus de masse était insuffisante. Comment expliquer le fait que les pays du sud de l’Europe. ayant permis au système bancaire de faire tourner le multiplicateur monétaire où chaque crédit créait dans le système bancaire un nouveau actif. L’autre instrument pour créer l’illusion monétaire était la dette publique. mais son application se heurterait au monde de la Finance. mais qui n’a pas de valeur elle-même. Dans la situation actuelle. Ces économies n’avaient pas d’autre option pour maintenir la demande que l’expansion de déficit public. Les titres sur des propriétés constituées à partir du travail productif réel devront se partager les avoirs réels avec des titres d’origine spéculative et se verront dévalorisées. Les Etats sont endettés parce que .Du 31 octobre au 6 novembre 2011 Hartmut Elshans. les véritables facteurs qui ont plongé la zone euro dans une telle crise ? Ce n’est pas la faillite de la Grèce ou de certaines banques qui constituent le danger le plus redoutable dans la crise financière actuelle. pour pouvoir repartir sur des bases saines. L’écroulement de certaines banques à la base de la crise des «subprimes» américains a mis en relief l’absence de valeur de ces titres. Le financement des guerres par la planche à billets était un exemple. comme cela est déjà prévu par les réglementations en cas de faillites de banques. ont pourrait mieux protéger les avoirs monétaires des petits épargnants. Politologue et économiste allemand «Les leaders européens croient combattre la crise par l’austérité» La crise dans la zone euro continue encore à alimenter le débat entre politiques et économistes aussi bien dans les pays touchés de plein fouet par la crise. Ceci arrangeait les banques en quête de débiteurs fiables. que la dette grecque n’est pas le problème fondamental. Malgré l’effacement de 50% de sa dette grecque. je dois d’abord rappeler que pour maintenir la croissance. On a appelé cette évolution comme financiarisation. La création de monnaie opère de la même façon : si les buts visés sont atteints. Cette crise.scripturale est une créance Hartmut Elsgans française est actuellement plus exposée que la banque allemande. Elle comporte des coûts en fonction du degré d’exposition à des pertes. D’après les leaders européens. notamment sociaux-démocrates qui ont poussé dans cette direction pour rendre leurs bourses compétitives avec les places sous influence anglo-saxonne (Londres. Dans ce contexte. Les titres déjà «détruits» en Bourse et ceux qui y doivent encore être détruits ont autant de valeurs que les billets de banque issues par une puissance militairement défaite à la fin de la Seconde Guerre mondiale. comme la Grèce l’Espagne. on croit pouvoir la combattre par l’austérité. en propriété réelle. Les avoirs des pays rentiers de l’OPEP ne me paraissent pas appartenir à la catégorie des fortunes modestes. plusieurs experts financiers préviennent toujours des prolongements des retombées de la crise de la Grèce sur d’autres pays. que dans les pays qui craignent un effet de contagion. le politologue et économiste allemand Hartmut Elsanhans revient sur les causes de la crise et esquisse une ébauche de sortie de crise. cela correspondrait à la nécessité de dévaloriser les titres financiers fictifs. Ce qui importe.peut devenir une valeur. on combat la dette par la croissance. Mais ce sont les gouvernements. la mesure est envisagée. décidé lors du sommet du 26 octobre. et avec les efforts d’y associer les BRIC (Brésil. D’autres mesures. Désindustrialisés. Quand on réalise que cette vérité émerge. dans le sens. Pour compenser les pertes. La banque Le plan de rigueur ou la discipline budgétaire également préconisée par plus d’un parmi les économistes et politiques et européens. appellent les banques à réduire certaines activités.

Toute la législation produite au cours de ces cinq dernières années semble en effet avoir été faite dans le seul but de maintenir notre système économique dans un état qui ne favorise que le bazar et l’import-import». Lorsque ces conditions sont réunies. Contrairement à ce que certains membres du gouvernement ont souvent affirmé. Aux incohérences du système socialiste. Dans sa conception universelle. Croire qu’on peut contourner l’obstacle du climat des affaires. d’exporter. La bureaucratie et les tutelles administratives ont en effet résolument pris le dessus sur les entrepreneurs qui ne peuvent rien concevoir ni décider sans leur aval. bien entendu. Par Nordine Grim épourvu de stratégie économique et sans institution expressément chargée du suivi du timing de la transition à l’économie de marché. et notamment les lois de finances complémentaires. Ce n’est malheureusement pas le constat que l’on peut faire aujourd’hui de notre environnement des affaires de plus en plus répulsif au point de stopper en plein engagement les élans entrepreneuriaux et de dissuader l’arrivée de nouveaux promoteurs. l’Algérie s’est résolument éloignée du système universel de marché qu’elle s’était pourtant attelée à construire dès la fin des années 1980. En la matière le choix est grand puisque pratiquement tous les pays du monde. on voit mal comment nos entreprises publiques habituées à survivre de la rente pétrolière pourraient constituer à elles seules l’épine dorsale de notre industrie. de ce fait.si l’occasion venait à se présenter . Au moment où les prévisions de recettes pétrolières sont de plus en plus pessimistes. le système de marché se distingue par un certain nombre de critères fondamentaux parmi lesquels la libre circulation des facteurs et moyens de production. Ce système qui a pris une ampleur démesurée à l’aune des programmes d’importation qui ont allégrement franchi la barre des 40 milliards de dollars par an a favorisé l’émergence d’une faune de milliardaires aujourd’hui capables de menacer la paix sociale au cas où leurs intérêts seraient en jeu et. ils le feront d’eux-mêmes encouragés par les entreprises qui activent déjà sur place. sont effectivement venues s’ajouter celles de la nouvelle économie engagée dans un chantier interminable.de la faire dans un pays qui offre la protection et les garanties requises. c’est. Dans un contexte aussi périlleux. tandis que les investisseurs étrangers trouveront facilement accueil dans un des innombrables pays en quête d’IDE. à l’exception d’une poignée de nations parmi lesquelles figure malheureusement la nôtre. CES CAPITAUX QUI FUIENT LE PAYS Alors que les autorités politiques en place affirment publiquement être à la recherche d’investissements directs étrangers. le chemin inverse que semblent prendre de ce fait les capitaux. Un responsable d’une Société de gestion de participation (SGP) nous avait affirmé il y a quelques mois que son institution était sur le point de faire aboutir plus d’une centaine de projets d’investissement en partenariat avec des firmes étrangères avant que la loi de finances complémentaire pour l’année 2009 ne vienne casser cette dynamique en mettant fin notamment au processus de privatisation et en changer les conditions d’investissements étrangers en Algérie. de fragiliser notre industrie au moyen des produits contrefaits qu’ils importent. devenu incohérent et. G. ont réussi à faire évoluer positivement leurs environnements des affaires. De l’ère du «socialisme spécifique» que nos gouvernants s’étaient ingéniés à mettre en place dans les années 1970. d’incitation et de contrôle de la bonne exécution de la réglementation. toujours présent. feront usage des lois de finances. pour monter des affaires qu’ils auraient évidemment préférées réaliser dans leur pays s’ils y avaient été encouragés ou. en faisant appel aux entreprises publiques économiques. la prédominance du secteur privé dans les sphères industrielles et commerciales. les intentions étrangères d’investir en Algérie ont été fort nombreuses et si elles n’ont pas été concrétisées. l’autonomie de gestion et l’obligation de résultats des entreprises. le constatent chaque jour un peu plus à travers la multiplication des obstacles bureaucratiques qui se dressent devant eux chaque fois qu’ils projettent d’entreprendre une action novatrice (création d’une société. Ces obstacles pourtant portés depuis fort longtemps à la connaissance des pouvoirs publics par les associations patronales et la presse privée notamment sont plus que jamais présents pour freiner les ardeurs des acteurs économiques. tout comme ceux qui projettent de lancer pour la première fois une affaire. pour réorienter au gré des humeurs et des calculs politiciens. le rôle de l’Etat réduit aux seules missions de régulation.El Watan ÉCONOMIE . SOUHIL .Du 31 octobre au 6 novembre 2011 CONJONCTURE VII Parce qu’elle s’est éloignée des règles universelles du marché L’Algérie fait fuir les investisseurs A coups de dispositions contradictoires introduites tout au long de ces cinq dernières années dans les lois de finances. Les promoteurs locaux mettront leurs projets en veilleuse en attendant des jours meilleurs. Les entrepreneurs déjà opérationnels. N. comme cela semble être actuellement le cas. tout simplement. illisible. malheureusement. Les lois promulguées ces dernières années ne profitent qu’aux barons de l’import-import D CLIMAT D’AFFAIRES EXÉCRABLE C’est cet ensemble de critères qui façonnent un environnement des affaires dont la qualité est appréciée. le parcours des réformes économiques et sociales. notamment la France. pour ne citer que ceux-là. au gré de leur précision et cohérence. etc. mais aussi et surtout de leur stabilité. il n’est nul besoin de leur faire appel pour lancer des affaires dans le pays. PHOTO : B. à bien des égards. Cet environnement des affaires que des responsables incompétents ou malveillants leur ont taillé ne saurait à l’évidence leur convenir d’où la décision de bon nombre d’entre eux de surseoir à toute promotion nouvelle d’investissements industriels et . En raison de cet environnement délétère sciemment entretenu. notamment par les investisseurs. si on leur en avait facilité la tâche. il est tout à fait naturel que les investisseurs hésitent à s’aventurer. on en arrive aujourd’hui à celle de «l’économie de marché spécifique» qui ne ressemble en rien à celle adoptée par pratiquement tous les pays du monde. les Algériens n’ont eu d’autre choix que celui de transférer tout ou une partie de leurs capitaux à l’étranger. car semé d’embûches. Le système de marché basé sur des règles de fonctionnement universelles que les réformes de 1988 projetaient de construire est. mais celle de l’environnement des affaires à tous points désastreux que nos gouvernants ont dressé devant eux.). est un leurre dont ne se prévaloir qu’un gouvernement incapable de mettre en place un climat des affaires suffisamment attractif pour tous les opérateurs économiques sans exception. volonté d’investir. ce n’est généralement pas de leur faute.

VIII VIE DE L’ENTREPRISE Général Emballage se redéploie El Watan ÉCONOMIE . UN VISA TROP COURT POUR LES TECHNICIENS Les techniciens étrangers que dépêchent nos équipementiers étrangers aussi bien pour l’installation de nouvelles machines que pour les révisions et réparations de notre parc industriel font face souvent à beaucoup d’entraves pour l’obtention d’un visa pour l’Algérie. notamment françaises. Il s’agit d’une qualité d’impression de haute qualité sur carton ondulé. Sétif et Oran. Je dois vous avouer que rien ne nous fait vraiment peur. La majorité des produits industriels étant surconditionnés dans le carton. notamment le secteur encore vierge des fruits et légumes. mais un jour ou l’autre il va exploser lorsque le secteur productif algérien prendra plus d’ampleur et dès que le pays mettra aux normes universelles le secteur de l’agroalimentaire. Peugeot est très présent en Algérie et ils veulent bien mettre un intrant algérien dans leurs produits. les techniciens de Bobst Group qui assurent actuellement le montage des machines nouvellement acquises n’ont bénéficié que de visas de 20 jours alors que le montage nécessite une durée globale de 73 jours. Donc. des conditions de stockage et de gerbage. Général Emballage a engagé entre 2010 et 2011 un plan d’investissement ambitieux de plus 1. Il relève. Général Emballage. des conditions de transport. au-delà du groupage des unités de produit.5 milliards de dinars. Nous avons toujours travaillé en Algérie en toute transparence et nous subissons régulièrement des contrôles fiscaux qui en témoignent. le secteur de l’emballage peut s’avérer un très bon baromètre de la santé de l’économie et industrielle d’un pays. des techniciens qualifiés doivent intervenir en 24 heures. Ramdane Batouche. Vous affichez l’objectif de vous tourner vers l’exportation. Que les pouvoirs facilitent et assainissent notre environnent économique et nous ferons le reste. Aujourd’hui. De notre côté. A. dans l’entretien express qu’il nous a accordé. Son chiffre d’affaires. A. Conséquemment. tous les produits que nous réaliserons à l’étranger reviendront et profiteront à l’Algérie où la maison mère est établie. les caractéristiques climatiques des zones d’entreposage. Il nous fait état également d’un contrat d’assistance de service après-vente. mais il se trouve que Peugeot travaille à flux tendu et il n’est pas question pour eux d’avoir mille palettes en stock. Ramdane Batouche affiche également. beaucoup d’autres marchés existent puisque . désormais nationalisé. Si on veut faire rentrer des devises hors hydrocarbures. Il faut donc louer sur place. ce qui bloque c’est un support logistique que nous ne pouvons surmonter à cause des difficultés voire de l’impossibilité de nous installer à l’étranger en l’état actuel de l’application de la réglementation des changes. nous précisera d’emblée M. Aujourd’hui. Le secteur de l’emballage revêt une importance particulière. sur la forme la plus adaptée du carton permettant d’optimiser le conditionnement tout en réduisant les coûts de production.Du 31 octobre au 6 novembre 2011 Cap sur l’exportation Alors que l’on ne cesse d’évoquer les ennuis du géant défunt. de près de 11 % de parts du marché tunisien de l’importation d’emballage dominé par les Italiens à hauteur de 45%. car nous ratons de vrais relais de croissance. Ramdane Batouche Général Emballage est désormais leader de son secteur en Algérie. A. d’Italie et d’Egypte en très grandes quantités. dans une première étape. poursuit sa fulgurante ascension loin des feux de la rampe. On peut répondre à toutes les exigences du client en quantité comme en qualité et à des prix très compétitifs. nous a précisé qu’une partie importante de cette enveloppe a été consacrée pour la réalisation d’une nouvelle unité de production abritant des machines de dernière technologie acquises auprès de l’équipementier Bobst Group. D. leader national en matière de transformation du carton d’emballage. Par Djamel Alilat à générer près de 120 postes d’emploi pour une société dont l’effectif dépasse aujourd’hui les 650 employés répartis sur trois unités de production sises à Akbou (Béjaïa). Qu’attendez-vous exactement des pouvoirs publics ? Nous demandons aux pouvoirs publics de nous permettre de travailler à l’étranger et de faciliter les transferts de capitaux pour des investissements privés algériens à l’étranger. PDG de l’entreprise. En avez-vous les moyens ? Aujourd’hui nos capacités d’exportation sont importantes et Général Emballage n’a rien à envier aux grandes sociétés européennes spécialisées dans le carton ondulé. qui a commencé à exporter vers le voisin tunisien depuis 2009. Cette importante extension est appelée UN CENTRE TECHNIQUE DE L’EMBALLAGE Nous souffrons en Algérie de l’absence d’un centre de formation spécialisée dans l’industrie de l’emballage bien qu’il soit d’une importance capitale pour le développement de notre secteur. Ses exportations pour l’année 2011 pourraient atteindre les 100 millions de dinars. par contre. que ce problème devrait être analysé et traité de manière structurelle et collégiale et non ponctuelle et individuellement par chaque consulat. D. des exigences sanitaires et environnementales spécifiques. Avec nos partenaires. Une situation délicate et réellement handicapante pour le PDG de Général Emballage qui tient à souligner et à remercier l’écoute attentive des autorités consulaires algériennes en suisse à ce problème ponctuel. on va imprimer directement en offset sur du carton ondulé». s’interroge-t-il. prendre un gérant. D. dénommé High-graphics. Général Emballage. selon les dires de son PDG. la qualité de l’impression. nous sommes. la solution est d’avoir un petit entrepôt. car il vient en bout de toute chaîne de production et permet notamment. Je vous donne un exemple : le centre de distribution de la pièce de rechange de Poitiers de Peugeot PSA nous a sollicités pour lui fournir des prestations de services. la maîtrise des technicités de l’industrie de l’emballage est fondamentale pour accompagner les industriels algériens consommateurs de cartons dans la conception optimale de leurs emballages en fonction de la nature des produits à conditionner.3 milliard de dinars qui sera consolidé par un autre programme de rénovation et d’extension en 2012. par exemple. son ex-dauphin. d’une durée de 3 ans. Tonic Emballage. Batouche. nous sommes d’ores et déjà prêts à investir en Tunisie dans une petite unité de transformation afin de transformer sur place les produits semi finis au lieu d’exporter de la caisse finie. «Nous visons le marché de l’export et nous venons. Je comprends la pertinence de ce principe. mais il faudra au préalable autoriser et faciliter le transfert de capitaux vers l’étranger pour les opérations d’investissement. nous formons nos cadres dans le centre technique tunisien. «Toute la boîte fabriquée en high-graphics est actuellement importée ou alors on imprime en offset et on colle sur du carton. Tous ces paramètres influent sur la qualité du papier d’emballage à utiliser et son grammage. cette année 2011. C’est clair. notamment à moyen terme. Actuellement. Ramdane Batouche. c’est effectivement une voie intéressante à explorer. Nous nous sommes transformés en une SPA et nous avons ouvert notre capital à des actionnaires institutionnels avec lesquels nous n’excluons pas de nous introduire à la bourse d’Alger à moyen terme. notamment son application ne le permet pas. Ce 4 novembre verra donc le lancement d’un produit d’emballage inédit en Algérie. la volonté de son groupe non seulement d’exporter mais également de réaliser des unités de production à l’étranger dans un souci de proximité de ses clients étrangers afin de consolider ses parts de marché et mieux pénétrer les marchés européens ou maghrébins pour peu qu’elle obtienne l’accord et le soutien des pouvoirs publics dans cette initiative de contribuer à l’émancipation de l’Algérie des revenus uniques des hydrocarbures. PDG de Général Emballage «Qu’on nous aide à travailler à l’étranger» PHOTO : ELWATAN ÉCONOMIE nous sommes déjà sollicités par de grandes marques européennes. A. E n effet. une société de capital investissement non-résidente (fonds d’investissement) conseillée par Maghrebinvest Algérie. des bilans mensuels et trimestriels et les donner à notre ministère des finances. aujourd’hui. Général Emballage ne peut pas aller investir à l’étranger. A titre d’exemple. Il y a par exemple une grande demande sur la caisse de fruits et légumes qui est importée d’Espagne. est. personne ne l’a déjà fait bien qu’il y ait eu écho de beaucoup de volonté de certains investisseurs algériens. précise Ramdane Batouche. Nous pouvons très bien les livrer. D. Pour le moment. qui lie sa société à ses fournisseurs d’équipement qui a été vigoureusement négocié par Général Emballage pour assure son efficacité industrielle et former ses équipes sur le terrain. Peugeot est un simple exemple. Au-delà de son leadership sur le marché local. Le contrat en question prévoit entre autres qu’en cas d’arrêt sur machine. de l’ordre de 3. proche de l’offset. leader mondial du marché du matériel d’impression. le marché de l’emballage dans l’Algérie d’aujourd’hui est relativement petit et basique. qui a décidé d’ouvrir son capital à hauteur de 40% à MPEF II. de pénétrer le marché tunisien». a accaparé. les étrangers viennent travailler chez nous et nous n’arrivons pas à aller travailler chez eux. qui a connu un accroissement de l’ordre de 25% entre 2009 et 2010. A part Sonatrach et à ma connaissance. s’est engagée dans l’intensification de ses exportations pour atteindre un objectif de 25 % de son chiffre d’affaires à l’export sur un horizon de cinq ans. une petite structure sur place qui nous permettra d’exporter d’Algérie les plaques d’emballage livrées à plat et de les monter sur place. Général Emballage souhaite se tourner davantage vers l’export. à assurer la conservation et la préservation des produits à commercialiser dans les meilleures conditions d’hygiène et de sécurité. bien évidemment. prêts à faire des reportings aussi détaillés que nécessaire. être développé en collaboration entre les pouvoirs publics et l’association des cartonniers. Aujourd’hui. L’emballage est une composante primordiale de l’industrie. mais est-ce vraiment dans l’intérêt national de l’appliquer de manière généralisée ? Ne serait-il pas plus profitable pour notre économie de réserver un traitement différencié pour les missions professionnelles qui ne vont que dans notre intérêt ?». Il est donc grandement utile que l’Algérie dispose de son propre centre de compétence et de formation qui pourrait. Dorénavant. la législation des changes algérienne rigide. Nous ne souhaitons que continuer dans cette ligne de conduite et nous poursuivons nos efforts en quête d’une gouvernance d’entreprise sans cesse meilleure. Comment voulez-vous que cela soit le cas avec les difficultés que rencontrent nos partenaires techniques pour l’obtention d’un visa algérien ? Comment voulez-vous réaliser le transfert de technologie dont le pays en fait une de ses principales exigences ? Les responsables algériens mettent souvent en avant le principe de réciprocité.

l’exercice de la profession au sein de l’Union européenne. pour apprécier l’élargissement des diligences de l’auditeur y compris sur les risques liés à l’information. devrait aboutir à un projet de loi qui sera soumis au Parlement européen et au Conseil de l’Union européenne. certains défenseurs de la réforme du marché européen de l’audit leur attribuent la coresponsabilité de la crise financière actuelle. la Commission européenne avance l’idée d’un plan de démantèlement des grandes sociétés d’audit. Ces propositions. Pour réfuter la concurrence comme solution aux dysfonctionnements du métier de l’audit.du maintien d’un marché concurrentiel ouvert à tous les acteurs et quelles que soient leurs dimensions . . des limitations jusqu’à neuf ans. En effet. Les lobbies vont entretemps continuer selon les intérêts et les enjeux des différents acteurs de la profession de l’audit et surtout selon que les professionnels concernés soient du côté des grands cabinets ou des moins grands. Il est très probable qu’il soit requis que l’un des auditeurs ne soit pas une ‘Grande Firme d’Audit’. de leur répartition géographique combinée à des ressources humaines importantes et spécialisées par industrie se défendent évidemment de la position contraire. se prononce pas encore sur l’obligation de rotation et celle des audits conjoints dans l’attente des résultats d’une étude d’impact. dans sa réponse à la CRÉER UN MARCHÉ EUROPÉEN DE L’AUDIT AVEC DES RÈGLES HARMONISÉES Outre que le reproche est fait aux grands cabinets internationaux. Il est considéré. certains fustigent les projets de réformes financières ou structurelles. LE PARLEMENT EUROPÉEN A DÉJÀ REJETÉ CERTAINES DES PROPOSITIONS DE LA COMMISSION Le Parlement européen a rejeté les propositions de la désignation et de la rémunération des auditeurs par un organisme régulateur. ils maintiennent que la prérogative de désignation de l’auditeur devrait rester aux actionnaires au risque de déresponsabiliser ces derniers. dans le projet d’amendement. La publication du ‘Livre vert’ est la suite logique que la Commission devait donner après avoir pris en considération les commentaires et réflexions des différents acteurs du marché.de la normalisation de l’exercice professionnel avec une adoption urgente des normes internationales d’audit par l’Union européenne . après la publication de la directive amendée. Par ailleurs. La portée de cette réforme et les ambitions sont tellement nombreuses. avec une très probable mise en veille de la firme sur toute l’Europe en fin de mandat pour un certain nombre d’années (quatre sous le projet. LES ‘BIG FOUR’ RÉFUTENT CE QU’ILS CONSIDÈRENT COMME UN PROCÈS D’INTENTION Certains vont même jusqu’à considérer que la guerre de l’audit a commencé avec comme détracteur la Commission européenne qui a lancé la première attaque avec son fameux ‘Livre vert’. y compris le renforcement de l’indépendance par la rotation des mandats avec un changement effectif des cabinets pour vérifier les comptes d’une même entreprise. La Commission a été également sollicitée par le Parlement pour programmer l’adoption des normes internationales d’audit avec des procédures de supervision harmonisées. les modifications attendues devraient affecter l’audit des grandes sociétés cotées qui devraient être soumises à un audit conjoint selon les seuils de total de bilan ou de capitalisation de marché. (2) El Watan Economie du 13 décembre 2010. comme dans le cas de la crise de la dette grecque avec son impact sur la dévalorisation des titres de la dette grecque détenus par les banques. il est intéressant d’examiner l’implication de la profession de l’audit dans une économie profondément en crise et qui plus que jamais a de bonnes raisons d’être reconsidérée sur de nombreux aspects comme l’indépendance. Le sujet de la rotation intègre. notamment les cabinets d’audit. qu’il faudra attendre. les ‘Big Four’ sont à l’unanimité contre le projet de la désignation des auditeurs par une autorité. le Parlement acquiesce la séparation des mandats d’audit et des mandats non audit et demande à la Commission d’établir la liste des services hors audit qui sont incompatibles avec la mission de certification. ces cabinets ne portent pas un risque systémique. il reste à la Commission européenne à formaliser les propositions d’amendement à la 8e directive portant sur l’audit des comptes de sociétés qui devront être publiées d’ici la fin novembre 2011. de constituer un oligopole. que les autorités de supervision devraient intervenir sur la surveillance des proportions d’honoraires par rapport au revenu total des cabinets de manière à assurer leur indépendance vis-à-vis d’un même client. y compris la nécessaire rotation du professionnel signataire. précisait que le rôle de l’auditeur étant de certifier la conformité des états financiers aux règles comptables. au cas où l’une d’elles serait défaillante.Du 31 octobre au 6 novembre 2011 ENTREPRISES & CONSEILS IX Politique d’audit Leçons de la crise Le Parlement européen a adopté le 13 septembre dernier. Le sujet de la durée des mandats réunit une position quasi commune de ces cabinets qui estiment que la rotation ne sert pas forcément à améliorer la qualité de l’audit et que de surcroit elle est coûteuse tant l’investissement dans la prise de connaissance de l’entité est important. dans les appels d’offres. La chute potentielle d’un des ‘Big Four’ pourrait alors causer beaucoup de tort consultation lancée par la Commission. à l’exception des cas où les régulateurs ont besoin d’avoir l’assurance d’un exercice professionnel sur des métiers spécifiques. les modalités de désignation. dans ce contexte. d’autant que le calendrier de prise d’effet reste encore très long. avec une étude d’impact à l’appui.El Watan ÉCONOMIE . la Compagnie des Commissaires aux Comptes qui représente l’ensemble de la profession de l’audit légal. il a été demandé à la Commission de soumettre des propositions sur la gouvernance d’entreprise et l’audit. dans le cas contraire. Si la plupart des cabinets saluent l’initiative d’une réforme. dans le contexte actuel. Afin d’établir les bases qualitatives de l’audit. Le sujet attire encore plus l’intérêt dès lors que le ‘Livre vert’. au moins deux années d’implémentation effective. communément désignés par ‘Big four’. Rapport de discussion intégrant une procédure de consultation au niveau européen .) La sélection des cabinets d’audit devrait être examinée par les comités d’audit et les clauses. Ainsi. les régulateurs des secteurs banques et assurance devraient pouvoir exercer leur opposition à la désignation des cabinets retenus. . seraient généralisées avec l’association d’un cabinet qui ne devrait pas être un des ‘Big Four’. ou du moins celle de ne pas avoir vu venir la crise alors que ces sociétés d’audit sont au premier plan. L’oligopole constituerait une menace. en session plénière. le temps de gérer à titre transitoire l’en-cours de mandats. R. ils se reprennent vite pour rétablir que les auditeurs ne sont pas à l’origine de la crise. selon le ‘Livre vert’. il ne pouvait. Par Samir Hadj Ali (*) otre contribution à El Watan Economie sous le titre ‘Gouvernance des commissaires aux comptes : de l’Europe à l’Algérie’(2) appelle aujourd’hui une mise à jour sur la procédure du ‘Livre vert. Par contre. Ces mesures.de maintenir le principe de l’unicité de l’audit. S. . En France. que certifier les pertes reconnues par les banques et non les prédire en désignant les régulateurs comme seuls responsables de la non-prescription de provisions supplémentaires au titre des règles prudentielles. permettraient. Par contre. favorisant les ‘Big Fours’ ne devraient pas être admises. seront certainement modifiées par le Conseil de l’Union et le Parlement européen. Pour ne pas vivre la débâcle qui a suivi le démembrement du cabinet Andersen.’ Même si cette procédure prend place en dehors de nos frontières. cette dernière étant définie comme titulaire de mandats auprès de sociétés cotées procurant au moins 15% du total des honoraires du cabinet. mais également dans le système de confiance autour des informations financières des entreprises et surtout celles du secteur financier. en tenant compte des mesures transitoires. à présent publié. notamment au moyen des lobbies qui ne manqueront pas d’ici l’adoption de la nouvelle réglementation. H. la délivrance d’un certificat de qualité et la supervision de la profession par des autorités de chaque pays qui devraient se regrouper au sein d’un collège de superviseurs européens. Il existe parallèlement un grand nombre d’autres sujets comme la supervision du montant des honoraires. car les ‘Big Fours’ qui auditent au moins 80% des sociétés cotées sur les bourses européennes pourraient créer une sérieuse perturbation si l’un de ces cabinets venait à être en difficulté comme l’a été le cabinet Andersen en l’an 2001. d’ouvrir le marché à la concurrence. après plusieurs lectures qui ne devraient pas aboutir avant au moins un an. qui sont déjà appliquées dans certains pays européens.d’une meilleure communication avec les instances de gouvernance des entreprises pour un meilleur alignement de la perception de l’audit et de sa réalité . pour cerner les situations de conflit d’intérêts. le rapport qui reprend l’approche générale du ‘Livre vert’(1) sur la politique et le rôle de l’audit initié par la Commission européenne à l’initiative de Michel Barnier. ils se défendent que leur situation de monopole bénéficie à leurs clients et que contrairement aux banques. COMBINER UN AMENDEMENT DE LA 8E DIRECTIVE ET UNE RECOMMANDATION Sur les grands principes. sachant qu’après l’adoption il faudra au moins deux autres années pour une application effective de la nouvelle réglementation. commissaire en charge du marché intérieur et des services. Pour rebondir sur un sujet de crise plus récent. en désignant les banques comme les seules responsables des ’subprimes’ et de la crise de la titrisation. sur la politique d’audit et ses relations avec la crise. à moins que les cabinets n’anticipent. Sur ce sujet. notamment pour les PME. Pour l’instant. le Parlement européen ne PHOTO : D. si pour l’instant le document d’approche générale a été adopté par le Parlement européen. et sur lesquels les auditeurs doivent se prononcer. a répondu à la consultation sur les 38 points en discussion en insistant auprès de la Commission européenne sur la nécessité : . qui font actuellement l’objet de consultations internes. l’auditeur devrait être désigné par un comité interne à l’entité avec de préférence une fonction de supervision.-A. L’un de ces cabinets. . (*) Expert-comptable (1) N dans la disponibilité des cabinets. Les missions conjointes d’audit. Les ‘Big Four’ qui jouissent du prestige de leur portefeuille clients. les procédures de surveillance et de transparence.

à la mi journée.5 millions de sacs (de 60 kg). Mais la hausse vigoureuse des prix du pétrole n’est pas allée de pair avec les volumes d’échanges». portés par l’accord conclu lors d’un sommet européen jugé décisif. portant notamment sur une réduction de 50% des créances grecques détenues par les banques et renforcement du Fonds européen de stabilité financière (FESF). pour terminer en légère hausse en dépit d’une baisse marquée des exportations américaines. si ce n’est plus. qui lui a bien eu lieu. plombés par des prises de bénéfices au lendemain d’un bond de plus de 3 dollars alimentés par l’accord conclu par les dirigeants européens pour enrayer la crise en zone euro.17 dollars à Londres et de près de 4 dollars à New York. ■ Les concessionnaires présents en Algérie ont importé 280 897 véhicules. qui s’affichaient tous en très forte hausse. Les Bourses se sont envolées.98 dollar comparé à la clôture de jeudi.Du 31 octobre au 6 novembre 2011 261. profitant cette fois. les dirigeants de la zone euro ont établi un plan dans lequel il est prévu de démultiplier la puissance de feu de leur Fonds de secours financier pour les pays en difficulté (FESF) en la portant à 1. De même. «les inondations en Thaïlande ne devraient pas affecter la production de sucre du pays (2e exportateur mondial).5500 dollars soit une progression hebdomadaire de 0. Outre le sommet européen. Sur le Liffe de Londres. ■ OR q Le cours de l’once d’or a bondi de plus de 100 dollars au cours de la semaine. l’once d’or a terminé vendredi à 1741 dollars au fixing du soir. ■ CAFÉ q Les prix du café ont regagné du terrain. tombé à son plus bas niveau depuis début septembre face à un euro revigoré. soit une baisse de plus de 7% sur un an. Les deux points principaux du plan sont une forte réduction de la dette de la Grèce à la suite d’un accord avec les banques qui ont finalement renoncé à 50% de leurs créances. et conforté par le soulagement des investisseurs après l’adoption d’un plan décisif pour contrer la crise de la dette en zone euro.2%.68 dollars. a résumé un analyste. En revanche. soit une hausse de 1.8 milliards de dinars. la monnaie européenne valait 1. et le regain d’optimisme des investisseurs sur la zone euro» avant de se stabiliser dans des volumes d’échanges peu élevés. faisant plus que doubler la capacité du Fonds européen de stabilité financière (FESF).91% pour une valeur de 237. ont fortement rebondi. a également permis à l’or d’accroître ses gains. a indiqué un analyste. tout comme le recul persistant des stocks de café sur (le marché new-yorkais) ICE. ■ CACAO q Les prix de la fève brune. ■ MÉTAUX PRÉCIEUX Les cours des métaux précieux ont profité de l’euphorie qui a soulevé les marchés des matières premières. «L’annonce de retards dans les récoltes en Amérique centrale. la fédération des producteurs de café en Colombie (3e pays exportateur mondial) a annoncé mercredi s’attendre à une récolte de moins de 8. L’affaiblissement du dollar.42 dollars au fixing du soir. A l’issue d’un sommet qui s’est poursuivi tard dans la nuit de mercredi à jeudi. a souligné un analyste. alimentée par le regain d’optimisme des investisseurs après l’adoption d’un plan anticrise dans la zone euro et un net affaiblissement du dollar. premier pays consommateur mondial de métaux de base.4 dollars. «Les prix ont continué à évoluer de manière dynamique. son plus haut niveau depuis le 23 septembre. l’annonce de l’annulation d’une réunion des ministres des Finances européens le lendemain permet à l’or de grimper de plus de 50 dollars (+3%) en quelques heures. ont observé de leur côté les analystes de Barclays Capital. Le marché pétrolier était sous l’effet des prises de bénéfices. l’activité manufacturière du géant asiatique est repartie à la hausse au mois d’octobre après trois mois de contraction. grimpant vendredi jusqu’à 35.000 milliards d’euros. a largement suivi les fluctuations du métal jaune. un mouvement qui pourrait s’essouffler très rapidement. Sur le marché new-yorkais. et les prix des matières premières ont bondi. Sur le London Bullion Market. ■ BLÉ q Vendredi. selon les statistiques douanières. dont la Chine». des indicateurs encourageant en Chine (avec une hausse de l’activité manufacturière en septembre) et aux Etats-Unis (croissance plus forte qu’attendue au troisième trimestre) ■ ARGENT q L’argent. «C’est une reprise très faible. qui sont à leur plus bas niveau en 11 ans». notait un autre expert. les prix du café bénéficiaient d’un regain d’inquiétude sur l’offre mondiale.2725 dollars.89 dollars. la facture d’importation a connu une hausse de près de 15%. la tonne de robusta pour livraison en janvier valait vendredi 1878 dollars. note un expert R. le boisseau de blé à échéance décembre valait 6. PÉTROLE DEVISE Les cours insensibles au plan de sauvetage européen Les cours du pétrole ont terminé la semaine en baisse. dirigés par les incertitudes au niveau macroéconomique et par les opinions mouvantes».5% par rapport à la même période de 2010. Mais le succès du sommet des chefs d’Etat et de gouvernement de la zone euro. cela aide à atténuer les craintes d’un ralentissement aggravé de l’économie en Chine».07 dollar à 92. «Cet accord a été salué par les marchés des matières premières». résumait un analyste. qui a vu les cours bondir de 3. ■ CÉRÉALES Les prix ont évolué la semaine dernière au fil des développements en zone euro. «Cette réaction fébrile montre que l’or retrouvait alors son statut traditionnel de valeur refuge» en cas d’agitation inattendue sur les marchés.10 dollars en baisse de 1.9%. a constaté un expert cité par l’AFP. la vigueur du rebond de jeudi s’explique au moins en partie par un aspect technique: une frénésie d’achats pour combler des paris à la baisse sur la monnaie unique. effaçant une petite partie de sa progression enregistrée la veille en réaction au plan des dirigeants européens pour tenter de résorber la crise en zone euro. La fédération professionnelle brésilienne UNICA a cependant fait état mercredi d’un net ralentissement depuis début octobre de la récolte de canne à sucre dans la principale région productrice du pays (premier exportateur mondial de sucre). qui sont restés peu élevés. le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en décembre coûtait vendredi 110. se renchérissant de 1. les cultures étant plutôt situées sur des régions en altitude».4156 dollar contre 1. C’est la Chine qui a donné le ton dès lundi: selon un indice calculé par la banque HSBC. son plus haut niveau depuis le 23 septembre. qui étaient en chute libre depuis fin août et s’enfonçaient ces dernières semaines à leurs plus bas niveaux depuis deux ans et demi.83 milliards de dina rs PRODUITS DE BASE ■ MAIS q Le boisseau de maïs pour livraison en décembre se négociait à 6. L’euro revigoré par les résultats du sommet de l’UE L’euro reprenait son souffle face au dollar vendredi en fin d’échange. soit e une hausse de 23. E. a observé un analyste. mais c’est tout de même une amélioration par rapport au mois dernier. ■ PLATINE/PALLADIUM q Les métaux platinoïdes. . en raison de pluies abondantes et d’inondations. ■ SOJA q Le contrat de soja pour livraison en novembre progressait à 12. qui profitaient du regain d’appétit des investisseurs pour les actifs jugés plus risqués. LE CHIFFRE DE LA SEMAINE La facture algérienne d’importation des véhicules neufs durant les 9 premiers mois de 2011. a soutenu le marché. après la forte hausse enregistrée jeudi. après le fort repli de la semaine précédente (qui avait vu le cours du robusta abandonner plus de 10%). Ce repli de la monnaie unique «est cohérent avec une légère consolidation de la confiance du marché après l’euphorie» de jeudi.4187 dollar jeudi à la même heure. la livre d’arabica pour livraison en décembre cotait 238 cents. se hissant vendredi jusqu’à 1752. ■ Les importations effectuées par les particuliers ont augmenté de 18. le baril de «light sweet crude» (WTI) pour la même échéance cédait 1. rendait d’autant plus attractifs les achats de matières premières libellés dans la monnaie américaine. du regain de confiance général des investisseurs. «Les marchés ont salué sans aucune ambiguïté les résultats du sommet européen. E. en hausse de 23. Mais pour les analystes. au contraire. R. L’once d’argent a terminé vendredi à 35. Les Etats de la zone euro sont parvenus dans la douleur à boucler jeudi un plan destiné à résoudre la crise des dettes souveraines. mardi. Le métal jaune a été le grand bénéficiaire de l’actualité mouvementée dans la zone euro: ainsi. a expliqué un analyste.X TABLEAU DE BORD statistiques ■ L’Algérie a importé 299 041 véhicules oit t durant les neufs premiers mois de 2011. «A 90%. Les cours ont accéléré leur hausse après un accord des États de la zone euro sur un plan destiné à résoudre la crise des dettes souveraines européennes. El Watan ÉCONOMIE . ainsi que la mobilisation de 1000 milliards d’euros pour empêcher la contagion. ont profité du regain d’enthousiasme dont ont bénéficié les cours des métaux industriels. alternative moins onéreuse à l’or. Sur le NYBoT-ICE à New York.82 dollars. ■ MÉTAUX DE BASE r Les prix des métaux de base ont bondi dans un marché euphorique dopé par des indicateurs encourageants en Chine et aux Etats-Unis. Outre la dépréciation du dollar. A Londres. ■ En valeur. L’analyste a relevé par ailleurs qu’une certaine «incertitude» persistait «concernant la capacité des pays de la périphérie de la zone euro à appliquer les programmes d’austérité. le marché a été absorbé par l’Europe». ■ SUCRE q Les cours du sucre ont également été tirés vers le haut «par le dollar plus faible. les réformes institutionnelles et le renforcement potentiel (du fonds de secours) par des contributeurs extérieurs. contribuaient à relever le moral des investisseurs.94 milliards de dinars. dont le principal débouché est la construction automobile.3% sur la semaine sur le Chicago Board of Trade.64% avec 18 144 véhicules pour un montant de 23. Vers 21h GMT.