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lalnt Ciuicr ^ratoit.

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'79^

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A

MEMOIRE
SUR LES CAUSES DES TROUBLES
Et

DES DÉSASTRES

D

E

LA COL^^IE""

DE SÂIKT-D OMIJNLG U
PjiÉsjBNtÉ aux comités de Marine et Colonies^ dans les premiers jours de juin JJERNIER ^ par les Citoyens de couleur / diaprés ^invitation qui leur en avoit été
faite

par

les comités,

Eed igé par

l'un d'eux J.

R

I

M O N D.

«*

A

PARI
,

s,
,

De rimpri •rimeris du Cercl Cercle Social 9
Théâtre •Fra: tre^Français
n^. 4»

rue

(i
£'a;> 25.

7 9

3.)

de la Bspuhli^ue française.

\

AVERTISSEMENT.
/ES ij] comités de Marine

et

des Colonies

chargés de faire un rapport sur les Colonies , après avoir entendu contra,

réunis

dictoirement les colons bkncs et de couleur
^

sur la discussion d'tin décret con-

cernant îa colonie de Saint-Domini^ne * et sur les causes des troubles qui Favoient agitée
^

invitèrent
,

.

îes

colons des

deux couleurs à fournir respectivement Uîî mémoire sur cet objet ainsi que sur les
,

mesures à prendre pour ramener le calm,e et opérer une réunion sincère de tou^ les
citoyens.

Les
comités

législateurs
5

composant ces deux mirent une condition expresse
^

à leur invitation
nalité
seroit

c'est

que toute person-

bannie des
,

mémoires qui

seroient présentés

et

qu'on ne s'appe-

santiroit pas sur les excès

commis de part
^

^t d'autre dans

la colonie

qu'on devoit

A

a

(4)
s'attacîier

seulement à fournir les moyens à Pavenir
,

de

les éviter

et celui d'opérer

mie réunion sincère entre tous
toyens de la colonie.

les

ci-

Chargé par mes collègues de la rédacet le lion de ce mémoire , je l'entrepris , comités , voici tel que je le remis aux

DAKS LES PREMIERS JOURS DU MOIS 13E JUIIf DERKiER (i). Faitpour remplir le vœu des
comités et éclairer la religion des
bres qui
n'étoit
les

mem-

composent

,

ce

mémoire

pas destiné à être imprimé : si aujourd'hui il est livré à l'impression ,
c'est

pour mettre

la

Convention entière à
l'a

même
dicté.

de prononcer sur Tesprit qui

RAIMOND.
La
date de la remise de ce
les

(i)

mémoire

est essentielle

à FCtenir dans
lonie dans ce

circonstarices

se

trouve la co-

moment.

MÉMOIRE
SUR LES CAUSES DES TROUBLES ET DES DÉSASTRES
X)

E

L A

C O L O

N

I

îi

DE SÀINT-p'oMrNGUE.

i-JES troubles qui ontdéchiré

la

colonie de Saint-

Domingue

,

et

qui Font

menée au point de dépé,

rissement où elle se trouve aujourd'hui

ont pour
,'

cause première

le

préjugé de la couleur
les crises

et cette

cause a produit successivement

politiques

qu'a éprouvées cette colonie. Mais ainsi que dans le corps humain les maladies changent et prennent
,

des caractères difFérens

,

selon

les
,

tempéramens
les

des individus qu'elles attaquent
tiques éprouvent
les

corps polid'après les

mêmes
les

effets,

habitudes des peuples qui

composent.

Dans
tout,
et

le

premier cas, un médecin habile analyse
être

après

parvenu i tout connoître

^

A3

trouve enfin

le

remède propre

,

Tappliqûe

et îe

malade

guérit.

Le

législateur

qui est

le
la

médecin

,

dans

le

deuxième
arriver

cas,

doit suivre

même

marche pour

aux mêmes

résultats.
,

D'après ce orincipe

il

est

donc nécessaire de

tous les retracer au législateur, avec exactitude,
fmits,

et fixer

d'une manière précise Vépoque des

la colodifférentêâ crises politiques qui ont agité

nie

,

afin qu^il puisse y appliquer le

remède.
,

Nous
sion
,

allons
fiel

donc essayer de peindre
,

sans pas-

sans
,

sans haine
faits.

et

,

sur-tout, sans par-

tialité

tous les

Nous

tirerons le rideau sur les scènes dlior;

ïeur produites par l'esprit de parti
serons pas
ainsi
cités
les

nous n^xcu-

hommes

de couleur, qui auront pu,
se

que des blancs,

rendre coupables d'a.tro-

qui révoltent la nature.

Nous savons .par une

triste

expérience, que parmi
il

même

les êtres»

de
:

la-

meilleure espèce,

s'en trouve de

méchans

l

or-

voulons

Nous gueilleux Lucifer nous en fournit un, exemple. tout oublier, s'il le faut, pour arriver
au point, où riniérêt et
le

bonheur de. tous doivéracité

dans vent nous conduire; sur tout nous mettrons-,
le récit

que nous allons

faire, toute

la

dont nous avons toujours fait profession. Nous passerons rapidement sur les premiers

(7
Ils

)

cvènemens déjà connus suffisamment
le bien général; car

(i). Hélas!
,

devroicnt être oubliés de tous les partis
il

pour

ne pourra jamais s'opérer^
,

que quand
àes
traîtres

il

cessera d'y avoir, dans la colonie

habiles, qui emploieront tous leurs
,

moyens, pour éloigner
loureux
réunir.
,

par des souvenirs douplus grand intérêt à se

ceux qui ont

le

Ce que
des

je dis ici

,

doit déjà faire apperccvoir

un

moyens à employer pour parvenir au but qu®
en passant dans nos colonies

l'on se propose.

La révolution

,

,

ny

prit pas le
:

même

caractère qu'elle avoit pris

en France
première mais
et
il

plusieurs causes s'y opposoient; la

étoit sans

doute

le

préjugé de
le

la

couleur;

faut expliquer

comment

gouvernement
que l'orgase

des

hommes
de
la

orgueilleux étoient parvenus à

persuader à
nisation

la majorité des

colons

,

colonie

ne pouvoit

soute-

nir, qu'en établissant ce qu'ils appelloient
ligne intermédiaire entre les
les

une
et

hommes

'blancs

esclaves.

Le
si

gouvernement

avoit

mis

en

axiome, que,
à
disparoître
,

jamais cet intermédiaire venoit

la dissolution et la perte totale des

colonies en seroicnt infailliblement la suite.

(i)

L'ouvrage de

Mina

ci-JQint

y suppléera.

A4

kV

>l.«l;

'ir

(

s

)

^
la

Ge

génêralit'î

principe étoît d'autant plus goûté par la qu'il leur donnoit plus des colons
,

d avantages
fr^onnoienl
àa;u

ci
,

plus

de privilèges sur
les
titres

classe

intermédiaire

que

de noblesse
(

n'en

sur le
1

ci-devant

tiers-état

i

).

Oa
donc

combien
la

homme

a naturellcm©.tit de pen;

chant pour
pas des

domination
faire

il

n'en

fallcit

davantage pour

prendre

et

propager

principes aussi erronés.
cette cause

V

A

assez puissante

pour arrêter

le^

pro""rès

qu

aurolt
il

pu

Faire la

révolution dan^ les
d'autres

colonies,

s'en

joignoit
,

que
,

nous

allons développer. Celle
et

par exemple

du genre

de Tcspéce de

la

population blanche rassemles villes

blée en masse dans

et
les

bourgs

;

elle est

composée d'hommes de tous
les nations
;

pays

,

de toutes
état
,

la

majeure partie sans

sans
,

A

propriétés et

beaucoup

même
le

sans

domicile

par conséquent parfaitement étrangère à
nie
;

la colo-i

mais y trouvant
régnoit
,
,

qui y

moyen du préjugé non-seulement des moyens de
,

par

subsistances

mais

même

des

moyens de
,

fortune.

Quelques Français commerçans
forraoient avec ces premiers
,

aubergistes,

le

peuple bourgeois

(î) Lisez les cons'cîorations sur

Saint-Domingue

,

tomf

P

,

discours III

,

pege 72,

des villes

;

les

hommes
le

de couleur

,

libres

,

y

formoient

ensjaite cette

ponion qu'on appelloit
bas peuple
;

fl

avec tant de hauteur

ils
,

en nombre bien inférieur aux blancs
les

y étoicnt parce que

vexations qu'ils y éprouvoicnt

,

les

forçoient de

se placer
telle

dans

les

campagnes

;

cette
,

population

,

que

je viens de là décrire

avoit sa haute
,

lîoblesse et sa noblesse secondaire
les principales villes

sur-tout dans
,

de

la

colonie
les

telles

que

le
,

Gap

,

le
,

Port-au-Prince,
etc.

Cayes du fond

Jacmel

Cette haute noblesse étoit composée du gou-

verneur

-

général

et

d.e
,

tout

ce

qui

tenoit
,

au

gouvernement

militaire
,

de l'intendant

de ses

principaux agens
souverains.

et

des membres des conseils

A

cette

haute noblesse se joignoient
les

naturellement tous
plaines

riches propriétaires
villes
,

des
pres-

qui avoisinent ces grandes
qualifiés
,
,

que tous

titrés

,

ou décçrés de

la croix

de Saint-Louis
d'argent,

qu'ils

avoient

acquise à prix

A

la ^uite

de ce cortège étoicnt,
,

comm^

par-tout, des chevaliers d'industrie

des intriganS

cherchant à

se

mettre de niveau avec cette classe»

par^la fortune (i)rCt nullernent délicats sur.leè

moyens de
(i)

la

faire.
petits quartiers privés
j

Nota. Les
les

de cette noblesse ,

l^nt été

moins troublés

aussi le» mal-iutentionnçfî

k^'lL

i

,

f

10

)

La
cats

noblesse secondaire étoit composée de tous

lesagcns subalternes du gouvernement, des avo,

procureurs

,

notaires

,

dc^ riches capitalistes
,

des gros propriétaires en maisons

et

de quelques

maisons de commerce puissamment riches.

Avec

ces
,

données qui sont d'une
il

vérité

ij«-

contestable

sera
la

facile

de connoîtrc

l'effet

qu'a dû produire
nies (i)
,

révolution

dans

les colo-

et

les

résultats qu'elle a produits.

Cela

connu

,

le

remède à appliquer aux circonstances
avant d'entrer dans
allons

sera facile à découvrir.
Il

est essentiel

,

les

déve-

loppement que nous

donner

,

de dire

un

mot de

la

politique intérieure
,

du gouvernement
tour-à-tour,

tlaqs les colonies

relativement à la classe des
ils
,

hommes

de couleur;

étoient
et

avilis et protégés par lui

ce qui paroissoit

une

inconséquence

,

n'étoit

qu'une conséquence au-

^contraire d'un plan
asservir.

bien

combiné

,

pour tout

Quand

le

gouvernement

avilissoit
,

sans cesse

par des réglcmens arbitraires

la classe

des liom-

vouloient-ils

pour réussir dans leurs desseins perfides
A.u

,

tenir les assemblées

Cap

,

parce que

le

peuple y étant

plus
.gré.

nombreux

,

il^ipouvoient le

remuer

et l'égarer à leur

(i) J'entends cell« de

Saint-Domingue»

H

,

,

tncs de

couleur,

dont

il il

voyolt la population

/«l

s'accroître rapidement,

vouloit par ce

moyen

,

empêcher

cette
i

classe

d'hommes de
et

s'assimiler
(

aux blaacs
coaliser

afin
,

quils

ne passent jamais se
briser par

ensemble

pour détruire
,

une
il

force

combinée
et

le sceptre

de Ter avec lequel

vouloit régmer

gouverner.

Z)/vi'5(rr

pour régner

étoit la

lissant

maxime du gouvernement. Mais en avisans cesse les hommes de couleur, ie
les

gouvcrnemerit avoit soin de

protéger à pro,

pos

,

lorsqu'il prévoyoit sur-tout
,

que

les
les

vexaporter

tions qu'ils éprouveroient

pourroient
aussi

eux
,

seuls à secouer

un joug

pesant, que
cette alterna-^

celui.
tive
,

qu'on leur ayoit imposé. Par
ii

savoit se les attacher

,

pour pouvoir au
les

contraire s'en faire

un appui
ils

et

opposer aux

Colons blancs
secouer
le

,

quand

vouloient essayer de

joug.
,

En

effet

c'est ainsi
1

que

le

gouverricment se
,

conduisit en

768

à Saint-Domingue
;

pour

le ré-

tablissement des milices

les

colons blancs, après

de vives réclamations qui ne furent pas écoutées, se
portèrent à faire quelques
rection
;

mouvemens d insurpour mettre
couleur
; ,

alors

le

gouvernement,

dans

son

parti

les

hommes
défendre
et

de

les

caressa et les flatta d'améliorer leur sort

il

comles

raença dés- lors à

faire

punir

(is)
^i
blancs
,

qui

,

par un usage introduit par la force
permettoient de frapper avec im-

du préjugé,
punité
justice
les

se

hommes

de

couleur,

sans que

la
dif-

pût prendre connoissance de pareils
,

férens

que
c^ui

pour punir de mort

Thommc

de

couleur

avoit osé se défendre contre le blanc
(i).

qui Uavoit frappé
les

Après avoir ainsi cajolé
le

hommes

de couleur,

gouvernement voulut
faire

4

les

enrégimenter tous,
faire

pour s'en

une force
le

capable de

plier la

colonie sous

des^

potisme qu'on lui préparoit. Pour réussir à
les

cajiter

hommes de

couleur

,

on leur

faisoit

envi,

sager que leur formation en corps de
seroit

troupes

un moyen de
ils

sortir

de l'oppression sous

laquelle

vivoicnt.

On
le

parvint par ce
,

moyen
ayant
l'éta-

k former plusieurs compagnies
jiions

mais

,

les agita-

ayant cessé,
le

et

gouvernement
dans

trouvé

moyen de

diviser les blancs
,

blissement des milices
miliantes qu'on
officiers
*

par

les

distinctions hu-

mettoit

entre ceux qui étoient

de milice et ceux qui ne l'étoientpas, en faisant vexer ceux-ci parles autres;
,

et sur-tout
il

renonça alors à son premier projet

et

les

compagnies d'hommes de couleur furent réformées»

(i)

Voyez

à ce sujet ce que dit Dauberteuil. Considé,

rations sur

Saint-Domingue

tome

II

,

discours III,

Cette

petite

digression

,

loin de

nous
,

javoif

jette hors

de notre sujet, nous y ramène
faire

puisres-s

quelle étoit essentielle pour
prit

connoître

du gouvernement
esprit

et ses intrigues.

C'est ce

même
la

quil a suivi au commencement de

révolution; mais un plan plus vaste fut déve-

loppé en raison des circonstances, pour détruire que c'est ce plan cette heureuse i-évolution
:
,

nous

allons suivre dans tous ses
il

développemcns,
a

indiquer les crises auxquelles
et
lès différens partis

donné

lieu,

qu'il a faft

naître d'après

les caractères et les

vues personnelles des individus

qui composoient à cette époque la population de5
colonies.

Ce qu'on

appelloit à Saint-Domingue le goula

vcrnement, pour évitet

chute dont

il

étoit

me-

nacé par une

suite de nôtre révolution
s'y

,

s'attacha
il

d'abord à empêcher quelle ne
faut le dire
;

propageât:

il

trouva tout favorable à ses inten,

tions perfides. Qu'allcz-vous faire

dit-il

,

au peuple

blanc qu'il

vit s'ébranler

aux premières nouvelles

qu'il reçut de la révolution?

que ce pays ne peut suivre
métropole
la
la
,

u Ne voyez-vous pas les mouvemens de la
le

sans s^anéantir et entraîner la ruine de

France

9 5.

Mettant ensuite à profit
il

préjugé de

couleur,

sut adroitement insinuer et persuas'ils

der à une grande majorité d'individus, que

,

(

14

)

récîamoient avec trop de fracas
lité et le

les droits
il

de

l'égâ-^

redressement des abus,
les

n'y auroit pas
libres

de raison pour que

hommes

de couleur
la

comme
veur
;

eux, ne demandassent aussi

même

fa*

qu'alors toute subordination étant

rompue
blancs;

entre ces
il

mêmes hommes de couleur
la

et les

n^y avoit plus de salut pour

colonie accoutu-

mée à un

système aussi faux que destructeur, le
la

peuple blanc de

colonie ralentir ses
et ses

mouvemens

;

mais Tadroit gouvernement
tirer

agens voulant

tout
et

le parti

possible de cette espèce de stuil

peur,

montrer combien

étoit

dangereux de
,

parler d'égalité de droits dans les colonies

firent

répandre

le

bruit

que déjà

les

hommes
et

de couleur
,

complotoient pour agir de force
afin d'obtenir les droits
faire jouh' tout citoyen.

de violence

dont

la révolution dcvoit
lettres

Des

même

furent

écrites d'ici par les

députés de Saint-Domingue
et

coalisés avec la cour,

que nous reconnoissons
et

aujourd'hui être des partisans du royalisme
l'ancien gouvernement.

de

Ces
;

lettres jcttèrent l'al-

larme dans
fier

les

colonies

elles

portoient de
;

se

mé-

des citoyens de couleur
(i). 11

qu'ils

avoient de

mauvaises intentions
()) Lettre

n'en fallut pas davanà l'assemblée

des Députés Colons blancs
j

constituante. JEcrite de Versailles

en date du la août

1789.

,

tagc pour armer les blancs contre les

hommes de
donna

couleur: je ne retracerai point

ici

toutes les scènes

de sang auxquelles
lieu
fiter
;

cette lettre astucieuse

mais

le

gouvernement

sut adroitement pro-»
offrir

de cette circonstance pour

une espèce
il

de protection aux citoyens de couleur, à qui
faisoit dire

par

ses

agens

:

u Nous vous avons

tou-

jours soutenus contre les petits blancs, et nous le

ferons encore

;

ils

ne veulent une révolution que
se disent patriotes, et
;

pour eux

seuls;

ils

ils

sont

vos plus cruels ennemis

vous ne devez donc pas

plus les aimer, que la révolution qu'ils désirent)».
C'est ainsi

que

les

,

agens

du gouvernement

ctoient parvenus à allumer la guerre civile dans
les colonies.

Après y avoir réussi a tirer parti de l'état où
,

le

gouvernement chercha

étoit la colonie,
,

pour y

maintenir l'ancien régime
les partisans qu'il

en faisant exposer par

avoit dans l'assemblée consti-

tuante

,

que

la colonie,

par ses localités, n'étoit

pas susceptible de recevoir la nouvelle constitution (i). Rien ne prouvoit plus que la cour influoit directement sur tout ce qui se passoit à Saint-

Domingue
(0 Qu'on

,

la

correspondance de ses ministres

se rappelle la lettre des ministres adressée

à rassemblée constituante.

Au commencement

de X790.

>9k«t

(

i6

)

leurs Ikisons av€c les colons députes

à rassem-s

tlée constit'jante

.

qui

quoique siégeant du côté

gaûc%e, nca étoient pas moins des ccntre-rcvolutidnnaircs "ceux-ci ne eessoient dans leur cor;

respondaJgce de donner des allarmes dans
nie
,

la colo-^

annonçant aux Colons que

la

révolution

attaqueroit leurs propriétés par raffi;^nchissement

immédiat de
^5/

leurs esclaves

:

d'un autre côté

,

ils

fâisoient tous leurs efforts

pour

effrayer rassemblée

constituante par la perte prochaine des colonies,

ce qui cntraîneroit

,

selon eux, la banqueroute et

tù ruine de la France avec la contre-révolution; enfin
,

jamais intrigue ne fut plus profondément

suivie pour tout brouiller et tout bouleverser danSr
les colonies
,

et

jamais intrigue ne réussit plus

compîettemcnt.

La

guerre civile allumée à

Saint-Domingûc,

rassemblée coloniale formée à Saint-Marc, tous

les esprits

de

la

colonie dans une grande fermendéfiances que les députés des colo,

tation

,

par

les

nies y àvoient jcttées

chaque individu raisonnoit
se étoit

sur tous les

évènemens qui
,

passoient

,

selon
des'

qu'il étoit affecté

ou

qu'il

dirigé par

meneurs qui ne manqùoient jamais de
occasions qui leur étoient favorables.
d'opinions
,

saisir les

De

ce

choc

d'intrigues
le

,

il

se

forma

trois partis

à Saint-Domingue:

parti

du gouvernement,
qui

qui vouloît

le

rétablissement de Fancîen résîme"^
les

en conservant cependant
le parti

colonies à la France;
lés chefs, écoient

de l'indépendance, dont

dans l'assemblée de Saint-Marc,
députés des colonies
rhôtel de Massiac
;
,

et coalisés

avec les

à l'assemblée constituante et
troisième parti, alors
,

le

celui

qu'on appelloit

les patriotes, étoit

presque nul.
,

Le

parti

du gouvernement
je
l'ai

étoit

à cette époque»
Il

composé comme
plus fort
,

dit plus haut.

etoit le

il

disposoit des troupes' et se montroit
sa disposition

ouvertement; ilnavoit pas encore à
les

citoyens de couleur
et
il

,

parce qu'il étoit assez fort

par lui-même,

ne vouloitpas rompre entière,

ment avec
ordinaire

le préjugé

mais

il

les

cajoloit et pré-

paroit tout pour se les attacher par sa politique
(i).

Le
il

parti des

indépendans

etoit

déjà formé, et
craintes

dcvcnoit très--considérable par

les

que

les

intrigans avoient répandues sur les proprié:

tés (2)

mais

i'I

n'étoit pas

encore

rallié

j

aussi

511c-»

(!)

Le général Peynîer

fit

écrire
,

à tous

les

dans en second de
couleur.
(2)

la colonie
,

en faveur des

commanhommes d©

Nota.

On

doit

remarquer que
,

les i^'êmes partis se

servoient tous des

mêmes moyens

parce que c'étoit le
j

seul qui pût mettre CA
nécessaire à tou$.

mouvement

ce

qui leur étoit

,

(18
comba-t-il par la prestesse

)

du gouvernement
pour

.

qui

premiers actes d'indésut habilement profiter des

pendance de l'assemblée coloniale
soudre
et

,

la dis,

l'envoyer en France

,

et

se faire

par

cet acte; tuante.

un mérite auprès àe l'assemblée constimontrer
je
l'ai

Le

parti patriote n'osoit encore se
-

,

car,

outre qu'il étpit très

petit

,

comme

dit
les

rhabitudc du préjugé, de la couleur éloignoit
blancs patriotes des citoyens de couleur
,

qui

avoient un véritable intérêt à soutenir une révolution qui
les régénéroit.

L'assemblée coloniale-^, arrivée en France, avec
les chefs

des indépendans qu'elle avoit dans son

sein

,

fut

mise à la suite de l'assemblée consti-

tuante, et blâmée par elle pour ses actes.

Le gouvernement triompha
quelques mois dans
les

et

domina pendant
Cependant
les

colonies.

partis se réchaufFoient par les intrigues des
:

agens

ils surent faire tout de l'assemblée coloniale tourner contre le gouvernement, qui montroit

ouvertement

le

projet de rétablir Tancien

régime.

Pendant

la lutte

de ces deux partis
,

,

les

hommei

de couleur étoient toujours vexés

poursuivis et

inculpés par des intrigans intéressés à tout bouleverser. Ils étoient

sans cesse accusés

de vouloir

aider le gouvernement à rétablir lancien régime»

:

t.^

,

{

19

y

^

In étoit

d'autant plus porté aie croire, qu'in dé-»
des soupçons qu'on avoit jettes sur
les

pendammcnt
eux
,

on"-voyoit
les attirer.

souplesses
!

du gouvernement
à toutes

pout

Hélas

les

malheureux ne cherles soustraire

choient qu'un appui qui pût
les

horreurs dont

ils

étoient environnés depuis la

révolution.
D'ailleurs, prives, de toutes les nouvelles de la

France

,

ignorant absolument

s'ils

dévoient parti,

ciper aux bienfaits delà révolution

dont

les

blancs

lesexcluoient, étoit-il étonnant qu'ils cherchassent

un appui dans ceux qui
Mais pour
s'assurer

leur ofFroient protection?
les

que
le

hommes de

couleur

n'ont jamais voulu

rétablissement de Tancien
le

régime, nous prions
extrait

comité de vouloir
les

lire un;

des loix particulières qui
:

régissoicnt

sous l'ancien régime

elles

sont consignées dans
.

un

petit recueil (i).

-^
fin

Enfin,

le décret

du i5 mai vint mettre
fit

à

toutes ces intrigues, et

changer la scène. C'est

de

cette

époque

qu'il faut partir
l'état

pour pouvoir

donner une juste idée de
(i)

de Saint-Domingue,

Des

difféientea pétitions des citoyens de couleur
le pareil

,

à la page marquée par
jamais

signe (î).

On

ne pourra
avilissoit

présumer

que

des

hommes qu'on

puissent désirer de retomber daas cet avilissement, et c«
l^roit

y Youloir revçnir ^uç de

vouloir l'ancien régim^^

>hl«t

(sol
tous les faits , et montrer letracer avec exactitude que ces différens découvert tous les ressorts

à

individus ont
respectives.

fait agir

pour

arriver

à leurs fins

La première observation à
ministère de ce tems
,

faire, c'est

que

le

dlnt^lligencc avec les déprit pas les

putes colons

,

non-seulement ne

memais
plus,

dans les instructions sures d'exécution indiquées
qui suivirent
le

décret

du i5 mai 1791
11
,

,

même

ne Tenvoya pas officiellement.
les

fit

d'accord avec

Lameth
(

,

les

Barnave
,

etc.
,

Le

ministre de la marine
'

Bertrand)

je crois

arrêta,
faire

de son chef,

les

commissaires
:

nommés pour

exécuter ce décret

ceux-ci eurent ordre d'attendre

dans

le port,

ils

étoient rendus
,

,

les ordres

du

comité

des

colonies

que Barnave
c'est

présidoit.
les
le

Qu arriva-t-il
de
la

de ce retard?

que
,

députés
ministre
,

colons coalisés,

comme je Tai

dit

avec

marine
,

,

écrivirent dans les colonies

à leurs

acrens

de
si

manière à empêcher l'exécution du
il

y parvenoit même extendécret, quoiqu'il ne donnât pas la que la sion de droits aux citoyens de couleur,
décret,

jamais

officiellement.

Ce

loi

du 4

avril, auroit
,

cependant rendu

la

paix
,

aux colonies

parce

qu
la

alors tous les individus

sincèrement attachés à
et à Tordre
,

France

,

à la révolution

se seioient joints

aux citoyens de cQu*

(ai)
leur.

La

loi eût été

exécutée,
la proie

et

la

colonie
,

,

at!

lieu d'être

devenue
de
;

des flammes
,

du

bri(

gandage

et

la

guerre civile

auroit joui

d'une

paix parfaite

mais malheureusement ce n'étoit
les

pas cet
îiaires
il
,

état
les

que désiroient
indépendans

contre-révdlutionintrigans
,

et les

à qui

falloit
;

un grand désordre pour
ces
le

arriver à leur

fin

aussi

deux

partis se joignirent-ils
,

pour

repousser

décret du i5 mai
(i).

ainsi

que

l'écrivit

Blanchelande dans ce tems
Il est essentiel

d'observer, quaprés

le

décret

du

i5 mai

,

Barnave qui avoit si fortement gourmande
,

l'assemblée coloniale

et fait

voter des remerciela

mensaux agens.du gouvernement dans
niale
et
fit

Colonie,

disculpa ensuite lui-même cette assemblée colo,

la

fit

absoudre par l'assemblée constituante

,

autoriser ses
ils

membres

à se rendre dans les

Colonies-;

profitèrent
,

du pardon

,

et

ces

messieurs

,

sur-tout

s'empressèrent de se rendre

dans

la
,

Colonie, pour empêcher par leurs inl'exécution
;

trigues

du

décret
,

,

s'il

y parvenoic
auprès des

officiellement

d'autres
,

restèrent

Colons députés

pour

,

de concert avec eux /

demander

la révGcati0n-de ce

même

décret,

pour

(])

Voyez

les lettres

de Blaneheknde, dans

le

Moni-

îeurj à cette épocj^ue»

B

3

7i

(

6^ y
;

ïnicux réussir dans leur projet

les

meneurs în,

diép:ndans rendus à Saitit-Domingue

profitèrent^

d'une disposition des instructions

et

s'empressèrent

de

faire organiser l'assemblée coloniale

avant Tar-

rivée

du décret

,

afin

de n'y pas faire entrer pour

cette fois les

hommes de
le

couleur à qui
droit;
cette

le

décret

du

i5 mai

en donnoit

mesure deprojets
»

vcnoit d'autant plus nécessaire à leurs
ils

sentoient ces indépendans
satisfaits

,

que

si les

hommes
faire
,

de couleur étoient
réclamations
,

sur ce point de leurs

ils

ne pourroient jamais leur
,

partager leurs vues

soit par la force

ouverte

soit
les

en leur faisant

la

promesse de leur accorder

mêmes

droits.

D'après

toutes ces

raisons

,

les

indépendans
colo^

s'empressèrent donc d'organiser l'assemblée
niale
;

les instructions

données avec
le

le

décret
cette

du
as-

12 mai, fixoit à Léogane

siège de

semblée

;

(i)

mais, Léogane située au centre de la
fortifications
,

Colonie sans
petite

n'ayant qu'une

très-

populanon blanche, environnée de
population des

quartiers,

ou

la

hommes de

couleur surpasse

(OQiii pourra douter de

U

perfidie <3es

indépendans

5

en réfléchissant
blée qu'en vertu

qu'ils

ne pouvoient former cette assemet

du décret du i5 mai,

cependant iU

refiuoieut l'exécution de ce

mcmc

décret.

(

»8Î
convenoit pas à
et

celle

des blancs

,

ne

une as-

semblée dont Fesprit

les

principes étoient de
et

rompre avec

la
,

métropole
des, droits
;

de

refuser à

des
la

hommes
nature
actes
iroit

libres

que leur donnoient
aussi
,

et les

anciennes loix

un des premiers

de

cette

assemblée

,

fut

d arrêter quelle
et la

tenir ses séances au

Cap. Cette mesure

circonstance où elle fut prise doivent être

mûrement

examinées. Le Cap

,

la ville la plus

exactement
environnée

fortifiée, la plus riche
de' plaines les

de la colonie,
,

mieux

cultivées

contenant une poqui ne tien-

pulation considérable de ces

hommes

nent point au

sol,

mais seulement aux propriétaires
qu'ils

par les différens salaires

en reçoivent très-peu
;

peuplée

,

au contraire,
le

de citoyens de couleur,

parce que
le

préjugé s'etoit porté au plus haut-point;
,

Cap

,

dis-je

avec toutes ces circonstances of^
étoit

froit

aux indépendans tout ce qui leur

né-

cessaire

pour seconder

leurs vues perfides.

Des

'

fortifications

pour

résister
facile

aux

forces nationaless
et

.une

population

à égarer,
puissance

une riche
,

capture à livrer à la
laquelle

ennemie

sur^

on comptoit

(i).

(i)

Personne n'ignore que plusieurs membres de
de Paris
Pitt.
à-

l'as-^
jj^

semblée de Saint-Marc passèrent
et eurent dif|erçnte§ conférences

Londres

ayec

B 4

rf^'

(H}
Tout
cela a

dû nécessaîrement

être pris en con-*

sidération par des

hommes

qui ont prouvé parla
ils

suite des événemens.,

combien

avoient des

irir

tendons

perfides

,

enconséqucnce

l'assemblée

coloniale fut tenir ses séances au Cap.

Nous

laisserons

un moment

cette

assemblée

siégeant au

Cap

,

pour retracer Teffet que pro-

duisit dans la colonie la nouvelle

du décret du i5
les dif-

mai

et les

changemcns

qu'il

apporta dans

férens partis qui y régnoient.
fut

Dès que
les

ce

décret

connu dans

les

colonies

,

citovens de cou-

leur manifestèrent la ferme résolution de le faire

exécuter,

non au Cap où

ils

ils

étoient en très-petit

nombre
naces
il
,

et

éprouvoient toutes sortes de meet

de vexations
et

de violences
,

,

mais dans

rOuest

dans

le

Sud

ils

prirent

une atdtudc
les

ferme qui en imposa aux médians qui

mena-

çoientde
au décret,

les
(i)

égorger tous plutôt que
Telles étoient
et

d adhérer

les

résolutions qu'a-

voient prises

que manifestoient des hommes
,

dont

les

passions agitées à Texcès
les usures.
les

les

rendoient

plus cruels que

Blaiichelande qui dans

premiers

mouvemcns

d'effervescence et après la catastrophe de Mauduit,

^
(0 Voyez
les

lettres

de Blancîielande

,

el

l'adressé

de rassemblée colonial» aux 83 départeraens.

,

:avoît fui

du Poft-au-Prince

et

s'étoît
,

rendu

att

Cap

auprès de rassemblée coloniale
,

avoit laissé

Vi

au Port-au-Prince
Chitry
et

Juinécourt

,

Montalembert

W

quelques autres chefs du parti du gouse

vernement. Ceux-ci

voyant près de succomber,

«e mirent à la tête des

hommes
5

de couleur,

et leur

promirent au nom du gouvernement qu'ils feFoient
exécuter
le

décret du

1

mai

,

et ils se lirent

par et
les

moyen un rempart
poursuivoient

contre

les

indepcndans qui

et les patriotes

du Port-au-Prince
et

dont

le parti
:

commerçoit

à

augmenter

à se pro-

noncer

mais, ces patrîoies étoient encore loin
,

d'adhérer au décret du i5 mai

et

ne

se

doutant
,

pas encore des projets de ces indépendans
se joignirent

ils'

à eux pour

faire
,

une guerre ouverte
s'é-

aux hommes de couleur
toient retirés les chefs que
et

auprès desquels

j'ai

nommés

plus haut,
le

%

qui leur promettoient de faire exécuter

dé-

cret

du i5

et d'y obéir

eux-mêmes.

On

ne doit

pas .perdre de vue qu'il étoit d'autant plus facile
'd'égarer les citoyens

de couleur, qu'ils n'avofent
qui pût
les
les

aucune correspondance
les

éclairer sur
,

motifs

de ceux qui
les

entouroient

car,

jusqu'alors

lettres

que nous avions pu leur
;

écrire avoient été interceptées

il

étoit

donc naturel

que des hommes vexés
appui
,

,

tyrannisés et sans
le

aucun

se jettassent

dans

j)remier parti qui leur

uV

ï
offroît

*6

)

,

profectîon

,

sur- tout

lorsqu'ils

voyoîent

ce parti disposé à obéir au décret qui les régéné;roit
,

et qu'ils

voyoient au contraire dans
,

les

adver-

saires de

ce parti

des

hommes
et les

qui menaçoient

de tout entreprendre plutôt que d'obéir à cette
loi.

Telle a été l'oiigine

causes de- la guerre
et

civile

qui s'alluma dans cette partie,
feront long-tems sentir.
fût

dont

les

suites se

Quelque désastreux que
de guerre où
partie
,

pour
les

la

colonie

l'étatî

se

irouvoient

habitans de cette

ce n'étoient pas encore là tous les

malheurs

que

lui préparoient les
crise

ennemis de
,

la

révolution;

une

plus funeste

et

qui deVoit ébranler la
,

colonie jusque dans ses fondemens fut provoquée
et

préparée par les Colons contre-révolutionnaires
se trouvoient
1

qui

en France à l'époque du décret

du

5 mai.
les

Ces

Colons
,

,

au nombre desquels
et

étoient

marquis

comtes

barons députés des

colonies à rassemblée constituante, avoient sans
cesse répété

dans leurs discours
,

,

comme

dans

leurs

écrits

que

si

jamais
droits
fallut

on accordoit aux
polidques
,

hommes

de couleur
;

les
il

les es^

claves se révolter oient

donc

les soulever
,

pour prouver

qu'ils

avoient été prophètes

et

on

fut d'autant plus porté à faire exécuter ce projet,

malgré toute son atrocité
cette seule

,

qu'on ne voyoit que

mesure pour prouver évidemment par

{

=7

)

es faits

iapter

que notre révolution ne pouvolt pas ^ aux colonies.
,

sV

En conséquence
ur
les

des émissaires furent envoyés

habitations GalifFet et
les

Dagout

(i),

pour

irovoqucr
evcr

esclaves de ces habitations à se soula

pour défendre

cause du
il

roi.

Outre

ces émissaires,

fut
,

envoyé au Cap,

vec une profusion étonnante
Liée

une

lettre

impri-

portant pour
ses

titre

:

Lettre de Louis-Marthe
style astucieux
failoii faire

^ouy à

commettans*

ht

de cette
soulever

ettre faisoit
es

entendre qui!

esclaves (2j.

En

effet,

ces atteliers furent des

>rcmiers

à se mettre

en insurrection ouverte,

près cependant quelques légers préludes corn-

Qencés sur des habitations

'
,

sur

lesquelles

les

( I )
1

Ce premier
;

étoit

marquis

et

avoit environ looo
,

^4

200 esclaves

le

second étoit comte
environ 5 à 600

et

,

de plus
:

^

ourtisan et avoit
Lt

esclaves

on leur
y

entendre

,

qu'ils, étoient

l'un et l'autre assez riches

lour faire le
[lie

sacrifice de

quelques centaines d'esclaves
les

9

d'ailleurs la cour

ne manqueroit pas de

dédom-

nager de cette perte.

Ces assertions sont d'autant plus
autorisé à le croire
ces noirs
,

ondées

,

et l'on

est d'autant plus

,

[u'on sait aujourd'hui
[es

que

les
,

chefs de

ont

décorations de la cour

et qu'ils

prennent des qua»

îfications (2)
L

analogues à ces décorations. exemplaire de cette jettre fut remis et dénoncé

Un

l'assemblée constituante par JBiauzat,

j£r-

(

28 )

députés de rassemblée coloniale qui se renvoient

de Léogane au Cap avoient passé
ils

,

et

sur îesquelles

virent, à ce qu'ils rapportèrent en arrivant
,

au

Cap

des esclaves armés de torches et ayant égorgé
(1).

quelques économes
facile d'éteindre

Cette révolte qu'il étoit
,

dans son principe
encore pu se
se

(

puisque ces

esclaves

n'avoient
fit

procurer des

armes) ne

au contraire que

propager

,

sans

doute parce que ceux qui Tavoient provoqué vouloient en tirer tout
le parti qu'ils

en avoient espéré

:

aussi s'empressa-t-pn d'écrire à l'assemblée cons^
tituante
,

que
,

cette révolte

qu'on grossiss®it beau-

coup

alors

n'étoit
(2).

que
fit

l'effet

du décret désastreux on poussa

du

i5

mai

On

plus

,

même

la

perfidie jusqu'à inculper les

membres d'une société

respectable, d'a.voir

envoyé par philantropie des

émissaires

dans

la
les

colonie pour provoquer les
blancs.
la

noirs à égorger
agissoit ainsi

En même-temps qu on
,

pour

France

on appelloit des

secours des colonies voisines, et sur-tout des co^
lonies angloises par prédilection
;

les

indépendans

(1) Lisez la relation de ces événeraens,

dans

les lettres

âe Blaïiclielande
'

et

dans

les actes

de l'assemblé® coloniale^

(2)

Voyez
que

toutes les lettres de Blanchelande et autres-,

u

ainsi
ciale

les adresses

de l'assemblée coloniale et provin-

du

JSford.

(

«9

)

rouloîenl plutôt par cette
rolonles la
ie ce

mesure

attirer

dans nos
secourg

domination angloise, que

les

peuple.

Un
est

discours de rassemblé^ coloniale
la

imilord Edouard, venu de
îpoquc
Oro-anc
,

Jamaïque à

cette

en
de

une preuve assez convaincante.
coloniale
,

l'assemblée

le
:

président
JS^os

idressoit à
Cisés

milord Edouard ces paroles
,

yeux

sur Ihorison

alUndenî depuis long-éemps ves

%

vaisseaux et vos armées.

On

doit se

rappcller

ici

que

,

malgré

les

ins-

tances que firent à cette

époque quelques capitames
y demander des

bordelois pour venir en France annoncer les nou-

veaux malheurs de
secours
niale
,
,

|a colonie

,

et

ils

furent refusés par rassemblés colo-

sous prétexte qu'on pourroit avoir besoin
les navires

de tous

de

la
si

colonie pour transporter
le

les familles

blanches,

mal s'aggravoit

,

et ce

ne

fut qu'après avoir

éprouvé la douleur de ne
la

pas avoir réussi à attirer les Anglois dans
nie
,

colo,

que

les

indépendans

se

déterminèrent à
'

s'adresser à la

m ère- patrie.
révolte qu'ils, avoient
ils

i

Les indépendans furent également trompés sur
les suites

de

la

provoquée

eux-mêmes.- Gomme propriétaires,

ne vouloient
auroient

qu un simulacre de

révolte
ils

,

qu'ils

pu

appaiser à volonté, mais
les

ne purent empêcher
France de pousser

ennemis naturels de

la

t

\ -1^

^y-i'T

,,fc^-

(

3o

)

celle

qu'ils

avoient provoquée au point où elle
,

est

parvenue

et les

secours que les esclaves ont

reçus des puissances ennemies de la Nation Françoise ne laissent
et

aucun doute sur

leurs intentions

leurs projets (i).

La révolte des esclaves ayant
qui mena'^oit d'embraser
alors
,

pris

un

caractère

la

colonie ont eu recours
,

à

ce qui seul pouvoit Farrêtcr
libres
;

à Tunlon

intime des deux classes
intérêt

,

qui avoient un
,

commuii à Tappaiser en conséquence
de paix furent
faites
et

des
les

propositions

eatre

partis qui se faisoient

une guerre qui ne pouvoit
,

q-ue favoriser les révoltés

mais ces propositions
le§

se sentirent

,

plus

,

ou moins du besoin quq

deux
dans

partis

avoient de se rallier; par exemple,

la partie

du Sud

et

de l'Ouest où la populaest considérable, et

tion des

hommes

de couleur
ils

par conséquent où
Baires
,

doivent être plus néccs-

les

blancs passèrent avec eux les concordats
;

que vous connoissez
toient de

par ces concordats
la

,

les

blancs de ces deux partis de

colonie promet-

rcconnôître les droits des citoyens de
faire

couleur et de

exécuter la loi du i5 mai

:

il

n'en fut pas de

même

au Cap

,

où leur nombre,

<

1

)

J'ai

développé cette idée dans mes réflexions et

MSLQ lettre ci-joiiite»

(Si
c<i)mme j^ Fai Tai dit
,

)

étoit bien inférieur à celui
sentît qu'ils

des blancs

,

quoique Ton

pouvoient

beaucoup aider à

arrêter les progrès de la révolte,

tant par leur courage ,parleur habitude à supporter
les fatigues

du climat

,

que par leur intelligence

à

faire le

genre de guerre nécessaire aux circonscoloniale
leur

tances.

L'assemblée
les

promettoit
les révol-

beaucoup pour
tés
,

engager à repousser

mais n'efFectuoit rien; cette conduite de ras;

semblée coloniale prouve deux choses

l'une,

qu'elle croyoit pouvoir appaiser facilement cette

révolte
cère
,

;

l'autre

,

qu'elle n'a jamais eu le désir sin-

comme

elle

a voulu
i

le
;

persuader ensuite

,

d'adhérer au décret du

5

mai ce qui doitachever

de nous convaincre
sein

,

c'est

que

c'est

du Cap
et

et

du

m,ême de l'assemblée coloniale
les

provinciale
plus fortes

que sont venues
contre
le

réclamations
et

les

décret
;

du iB mai,
les

au moment

même

de la révolte

cependant
les

dangers de cette partie

augmentant tous
se vit en
l'état

jours, cette

même

assemblée

quelque ^orte forcée de prononcer sur

des

hommes

de couleur

;

alors elle prit quel-

ques arrêtés, par lesquels,
exécuter la loi

elle promettoit de faire

du iS mai^ lorsquelle
;

lui parviens

droit

(i) officiellement

mais ce qui doit frappef

( i }

Ea

fiiijâiit

ces proipesses

;

Va&^embléô

colaiûalf»

t

uV

,

tous les esprits qui voiiciront réfléchir sur ces évè-^

neaiens
par
et

,

cVst que lorsqu'on eut appfis

au Cap,
,

Tarrivetj des

commissaires Mirbeck

Rommc

Saiut-Legei'

,

qu au décret du i5 mai avoit
du 24 septembre; alors, ni
ne voulu-

été substiiué celui

Blancbelandc

,

ni Tassemblée coloniale

rent ratifier les concordats qui avoient été passé»
(je

bonne
les

foi

dans deux circonstances différentes
et les

en ire
ties

blancs

hommes

de couleur des parfoi

de rOuest et du Sud.
,

Ce manque de
les

de

la part des blancs

ralluma dans

deux

parties

la guerre civile

,

qui produisit d'autant plus de ra;

vage que

les

esprits étoient plus exaspérés
la

ces

hommes
ture de

de couleur qui ne voyoient dans
ces
traités la
,

rup-

qu'une mauvaise foi des

blancs, sur
plus se

promesse desquels on ne pouvoic
;

fier à l'avenir

d'un autre côté
,

,

lesintri-

gans

et

les partisans

de Leopardius
,

qui avoient
les

intérêt

à

tout

brouiller

représentoient
des
tigres
le
,

hommes
du sang
dominer
1

de couleur
des blancs
et
,

comme

altérés

et

ayant formé

projet de les

de

les

vexer à leur tour,
,

comme

ils

avoient été par eux

encore qu'une méfiance

savoit bien qu'elles étoient, illusoires
la certitude

5

puisqu'elle
seroit

avoit
^

que

le

décret

du i5 mai

révoqué
à ce
sujipt.

id'après toutes les

mesures qu'on

îivoit prises

qu'il sera difficile

de détruire,
,

s'établit entre
il

les

honimes des deux couleurs

ne faut pas se

dissimuler que ce n'est qu en perpétuant cette méfiance respective que les contre-révolutionnaires
\

les

indépendans

,

les intrigans

espèrent parvenir à

faire réussir leurs desseins perfides.

Nous passons
missaires
est nécessaire
la

à

Tépoquc de Farrivéedes corn,

Polverel
,

Sontlionax
les
,

et

Aillaud

;

il

avant d'écrire

événemens de
qui agissoient
;

il

coloniedepuis leur présence

de fixer les idées

du comité sur
et l'esprit

les différèns partis

qui dirigeoit chacun d^eux

ce

moyen

comité à portée de prendre une idée juste de Fétat de la colonie.
le

mettra

Les contre-révolutionnaires,
dit
,

comme

je

Faidéja
,'

avoient pour chefs
le

les

agens de la cour

qui
,

vouloient
s'ils

rétablissement de l'ancien régime

et

promettoient aux cito)^ens de couleur de les faire jouir des droits qu'ils réclament c'étoiê
.

moins par
faire

justice et par principes
,

que pour s'en

un appui

les droits qu'ils

n'entendoient d'ailleurs par vouloient leur accorder que ceux
ils
,

que Icurdonnoit Fédit de 1785. Mais de pareil» droits sous un gouvernement despotique n'é.

,

toient pas de véritables droits politiques, ce partît

à Fépoque où nous sommes arrivés
sidérablement diminué
;

,

étoit

con^
,

la

mort de Mauduy

U

e

.

^mâu

I

àis m^dlcsqiida

ils

ornant «$e

-^icfvdaîat

te pr^-

um^^ mm

m^

^W^T^

'^^

^^^^^ ^^ '^
:almi

BailQ^mk é^ France tofiikq^^c tes<£^.¥lèe

;

seul

Jmm^mmt
d€

J

s-nssi

mVt-©ii

p:a-s

vu 4ao5

:ks

parties

Tm^m^éu ma.

ks

^^'cb^^e^

sc-^on^

qsc pm©u ta partie 4u ma ot il « > ^voit muq-^^iàîk pokiideccsag^s 4f. la c^ac fut assez depuis sïii-îout mais il tî'eo ésottpas ainsi a^ Cap
^

,

,

que-

BtockclaHée sj
l^y

ètolt réîagié

,

avec quel-

ques offidors qBÎ

avoirai suivi.

Le

parti <i€S

itidependaiis très-foible

dam son

origine

queln €toii d^abord coeiposé que de

ques intrigants

de

dettes et

d^omïiies perdus de oiceurs et l asqui siegeoient cependant dans
,

semblée coloniak

;

le

paid se

grossit considéra-

(

35 )
prirent ces
la sûreté

i)1cment

par

les

soins que

hommes
de leuri

d'cfFraycr tous

les

colons sur

propriétés, en leur présentant i^. la concession

des droits politiques faite aux
leurs

hommes
et

de cou-

comme un
la

rtioycn d'arriver à TafFranchisse-

ment

subit de leurs cscîaves,

par conséquent
Ils

opérer
visager

ruine des colonies. 20.

faisoient enles

notre

révolution avec tous
,

principes

qui

en

sont la base
de-la,
ils

comme

désastreuse

pour

les colonies;

argumentoient pour proules
,

ver les avantages qu'auroient eu

colons en se
et

rendant indépendans de

la

France

en mettant
,

la colonie sous la protection
ils

de l'Angleterre Ci)

n'oublioient pas ces apôtres de Tindépendancc,
flatter l'orgueil

de

des colons blancs, en Icurfai**

sant observer que sous le
ils

gouvernement Anglois
de répidcrmc
,

,

conservcroient

le privilège

et

ces

hommes n'ctoient devenus les plus cruels ennemis des hommes de couleur, que parce qu'ils
,

savoient

qu'ils

ne

se seroient jamais prêté à Texé;

cution de leurs projets

ce sont ces
le

hommes

qui

voulant toujours entretenir
si

trouble qui leur est

nécessaire

pour dégoûter de notre révolutiou
,

jusqu'aux vrais patriotes
fiance

sèment sans cesse la mé^
de couleur
et les

entre les

hommes
le

blancs

\i) J^otcf*

Voyez

mémoire Ci

g^

(36)
patriotes
,

qui

s'ans

toutes ces mtrigues,auroîcnt le

privilège et au

de bonne foi au généreux courage de renoncer ces préjugé de la couleur ce sont
;

hommes
nemens

qui sont

les instigateurs

des derniers eve2
,

arrivés au

Càp dans
et

les

journées du

3

décembre dernier,
est ci-jointe,

dont

la relation
;

officielle

sous

la cotte

A

ce sont ces
fait

hommes
déporter

dont

les

commissaires ont sagement
(1)

les cliefs

du

parccqu'eux seuls, sous le masque ne chcrchoient patriotisme et d^amis des loix
les

qu'à

éluder; ce sont ces

hommes

qui cntrete-

entre Icscitoyens qui noient toujours la discorde ces hommes qui ont intérêt à se réunir ce sont
;
,

ont juré de poursuivre

et

d'exterminer

les

hommes

de couleur
teront
,

,

parcequ

ils

savent que tant qu'ils exis-

ils

voilà

les

s'opposeront toujours à kurs desseins; hommes qui sont la source de tous les
la

7-K Â

malheurs de

colonie, voilà
le

le parti le

plus dam

gereux,puisquc ses intérêt»
citoyens
,

portent à désunir les
,

lorsque de leur union seule

doit sortir

le salut de la colonie.

On

voit, d'après ce

que nous venons de
,

dire

,

(0 Depuis
etc.

la déportation de ces cliefs

Parclievêque
,

,

Le Cap

a non-seulement

joui de la paix

mais

même

a fourni des

hommes pour combattre
envoyées par

les révoltés ,

ce qu'on n'avoit
tation.

pu obtenir des blancs arant leur déporle commissaire*,

Voyez

les pièces

combien

doit-être foiblc le parti des vrais et sin,

cères patriotes parmi les blancs
facile

et

combien
,

il

est

de

les

égarer par les méfiances
l"«aine

et

sur-touÊ

en faisant revivre leur
de couleur
,

contre les citoyens
les

en leur retraçant

scènes de sang

qui ont eu lieu dans la guerre qu'ils se sont faixe

réciproquement.
Telle étoit la situation des choses
lorsque
les
et

des esprits,
,

commissaires civils, Polverel

Son-

thonax

et

AiUaud arrivèrent à Saint-Domingue.
avril les

La

loi

du 4

y avoit précédé

,

cette loi pa^-

rut y être assez généralement adoptée par tous les
partis ,mais,
patriotes
loi
, ,

non avecla même bonnefoi. Les

vrais

les

amis de l'ordre ne virent dans cette
sûr de rallier tous les individus

qu'un
de

moyen

libres

la colonie ...pour résister et
fag- ^.is

combattre

Içs

révoltés r^il li^^n

de

même de&€ontre4^
;

volutionnaires ec(82aiptïîdépcndans
tis

ces

dS^x parla loi
,

ne

firent

que

le

simulacre d'adhérer à

et si

Blanchelande,

comme chef du gouvernement,
c'est qu'il crut
les

la

fit

promulguer

,

que l'assemblée
sié-

coloniale,

dominée par
,

indcpendans qui
opposée
parti
-à,

géoient dans son sein

se seroit

son

exécution

,

ce qui eut

donné à son

un

gratid

avantage sur l'assemblée coloniale et les indépendans qui dans ce cas eussent parus les seuls coupables et récalcitrans à
la

volonté nationale. Mais

^

es

,>k%c

( 38 )
eeux-ci

appercevant

le

piège que les eontrc-févo.

lutionnaires

leur tcndoient

s^emprcssèrent
.

non-

s

^

\

!

/

'

à la loi du 4 avnl mais , seulement dadhérer chérir ; les meneurs de ce „,ême ils parurent la faire des tours de force pour parti firent même pour régalité (i) en prenant croire à leur amour patriodsme, les .ndependans le masque du
ainsi

cîrx

-j

')

cacher leurs desseins et ne voulaient que mieux de rendre odieuK leurs „e se faciliter les moyens
.

chasser de la colonie (s). adversaires et les faire

En

civils eurent dès que les commissaires dans laquelle débarques au Cap, la commune Thibault leur dénonça centétoit l'archevêque environ connues des aris-

effet

cinquante personnes
tocrates
.

.

et les auteurs des
;

maux

qui déchiroient
cette

jitr.
V...

colc.ie

les

commi5.<ajres d'après

de-

ii
J

«t;ndaaon

et

les

rcn5e%| la.«oiirqa ils prirent

qu'en ce point : Us pre«t les indépendans ne différoient la l'ancien régime et conserver iniers vouloieiit rétablir aussi l'ancien régicolonie au roi ? les autres vouloient
xue
,

( 1 ) îl

faut observer

que

les contre-^revolutîonnaire*

en faisant passer
le

les colonies

sous une domination
,

qui eût maintenu

régime colonial
l'ancien.

c'est-à-dire

,

régime arbitraire
( 2
)

,

comme

L'arclievêque Thibaut ne
«liez le

fit

point

de façons

ae diner

nécommissaire Sonthonax entre deux

^es

libres.

le osMfai!^ iM: cas. Hii-œw^ss „

its iis^^a. cia*-

|Dl'a:5Mii

pais fa> iia^cf£^rfai^^^ » jiiaâk.

â fŒ^r «ifS'CMt»

fcaniîi cocuxoiLte.r,'

«©«itia gîÊk©i;2ai lg.-s

essaies lés

iii

:parCati©â3i
-J*

âamcèm&àsm ^^3^ ëm^ Ife c^igr z
M.

mi est ^-épsEee- ^mîM

Mï'k

-p^eiê fai^j-ie^^

te

4

s

Tr^^'-^

(40)
derniers troubles
tour.
,

il

les

a

fait

déporter à leur

nous reste à parler du dernier événement qui a fait embraser la plaine du Cu]-de-sac,
Il

nous ne saurions mieux
comités
les

faire connoître

aux

causes d© cet événement qu'en

mettant sous leurs yeux , la copie d'une lettre du citoyen Delpecb , secrétaire de la commission civile de Saint-Domingue , et présentement troisième commissaire à la place du citoyen Aillaud , cette lettre en date du 22 décembre 1792. , et qui prophétise Tévéne-

ment
sur

arrivé le 9

mars

,

jettera

un grand jour

les projets

des indépendans. Elle est sous

3a cote

B

,

C.

Si après toutes ces pièces de
.1.
îl restoit

conviction

,

sur

le

encore au comité quelques doutes parti et les projets des indépendans ,
côté

310US les prierons de vouloir bien parcourir
3e

au signe (*). Ils verront l'aveu innocemment fait de ce parti. Ce mémoire est écrit par un colon blanc, propriétaire aux colonies , et qui a été témoin

mémoire

,

C

^

page 9

,

de tous

les

mouvemens

arrivés à
5

Saint-Dopièces que

xningue depuis la révolution

les

A^

nous venons de
nous ayions de

citer étant le seul

moyen que
véritable

faire connoître

le

,

(

4t^1

^tat de la colonie;

nous prions les comités de vouloir bien les lire avec attention. Les citoyens de couleur ne peuvent ni ne
doivent finir ce mémoire^ sans avoir réfuté par des faits authentiques , les calomnies

qu'on cherche à répandre sur le commissaire civil Sonthonax, qu'ils regardent avec
juste raison
,

comme
-,

leur père et le sauveur

de la colonie
lutionnaire

ce commissaire a été dénoncé
;

sous trois chefs
;

le

le 2^-

comme contre révocomme n'ayant pas fait
i^^

exécuter la loi du 4 avril dans tous ses points , en ne convoquant pas les assemblées primaires
,

à la

pour nommer tous Convention Nationale

lès
j

députés tant

qu'à l'assemblée

coloniale.

Nous répondons en peu de mots au
chef d'accusation. C'est que
les colonies
le

i^^.

premier acte

â

des commissaires Sonthonax et Polverel dans
,

est d'avoir fait déporter, d'après

les réquisitions

qui leur

en ont été

faites

,

environ i5o individus accusés d'aristocratie ainsi que tous les anciens et nouveaux agens

du gouvernement
les

,

tels

Desparbes

,

les

que les Blanchelande^ Cambefort , etc. etc.
de
lire

Nous prions
déporlations

le coniité

à ce sujet

le procès-verbal

des

commissaires sur ces
s'est

et sur

ce qui

passé à bord

â

>'^'\

v^îsîe^tt

©u

lis etoifiiit avejC.

^Espairbes- et sou. éiat-majps?

(i}..

Mais,

ce: q^^i pr.oiLy.era

smis. réj^^qm. q:tre

fe

eommrIssTaire SontÎMjnaix^, Brest niL go H^toâ-^a'^o^
îbti 011-11 air e->

mi

parti.aaî32,

cles.ioYatkteS'?, c'est
lettres^. ardiresaé^--

®e- -passage- à^'vuïe^

à&: sesî

à^

m,ai

aojx'

ami

=,,

et écrite toute, d©; sai^ uisluMo^

©-

Q?> xaO:S,'۔ali"S>@:-

li'Tj.tpÊ^

«sr

Yaiîs saYe2r quelles

B.orrilVlbs'

caîonxmesr^

Saous

aYoient deVancés.
a'voient

er^

Amërrqiie^ eHgs.
ïe
%'

mous

accompagii^s sur

aissea:a-

f^

et toute,

ïa suite

du

feu- générait'

BesfarBe^

B*avoit pas

maa(|ué

dfe s'(gïr

leudîne feéclros^

€hose singulière j^rmon cher- ami y et qiiieon^i^

meia vos

idées sum

les^

agensr dï^

cb^dh^.a/LÈ^

mi

f

e^est que- nvus avonsié-tê caloTmités:^, we*,

vousseÈ

déconsidérés par- tous lès préteïtdks,
loi

amis de la

du 4 ami
^Jeùés^j,.

y

È'andtS' qjte- mou3>

ayons été accueïUîs

konùrés^^^£artQ'U^^

(

1

) li

faut aussi lire plusieurs

lettres db pra^sonnsraonl;

âtî

cpulaur qui étoient à

bmà et ^ui.

jolates>

àmat

cônes pond ance. soumise aux. comités,
doloDiea
flttimitcs
,

de;

marine et di-m

et c[\ie J'ai pareillement, offert, dJ3Souaiettr.«ê.au;3L
sâ^raté ^nériilgii.

de salut jubile cV de

îes

es et^ lommes attachés aux corpsp opulaît
35.
,

la révolution.
-

ce

Les Cambelbrt
de la croix

les
clés

Jumeconrs
Bouquets

et toute la.

•clique

et

du Cap,

l'opératioii vouloient faire àSalut-Domingue plus tard de la Martinique (1). Quinze jours citoyens de couleur vexés horles

malheureux

riblement par
les

les petits blancs

,

se rendoient

c'est

instrumens de la contre-révolution 1,2)^. Nous n'ajouterons plus à cela qu'un mot; et que les commissaires civils Polverel

vigueur Sonthonax ont reçu pour cet acte de qui les déiioïiles applàudissemens de ceux
cent aujourd'hui.

Quant au second chef, nous répondrons
affirmativement, que les commissaires ont par leur proclamation du 12. octobre dernier,
c'est-à-dire

•dans les

peu de jours après leur arrivée colonies , ordonné à toutes les muni,

\

(

1

)
,

C'est-à-dire

/la contre-révolution que

5

car a cette
fut re^

époque
poussé
,

on
ainsi

se rappellera

Rocliambeau

que

les forces

nationales et les commi&ii

saires qui l'accompagnoient,
(

2

)

Ceci coniirme ce que

j'ai

dit

dans

ma

lettre*

H

est bien évident

que
,

les

commissaires étoient calom-

?iiés

avant leur arrivée

et qu'ils

ne potivoient
,

l'être quîD
savoieisl;

par des contre -révolutionnaires
4îien

parce qu'ils

que ces commissaires

iis les

auroient pas protéine*

\

3BCT*

le monlteuf général n^. 83 , et coté E. Au surplus nous prions les comités de voir la
,

conduite des commissaires

civils

dans

la rela-

tion qu'ils ont adressée à la Convention

Na-

tionale jointe ici sous la cote A. Cette pièce

répond à toutes les inculpations. Quant au troisième chef d'accusation
'

,

con-

tre les commissaires

qu'on taxe de concussion-

naires

nous n'avons qu'un mot à répondre. il faut prouver et faire punir. On a également accusé les coinniissaires
,
,

d'avoir outrepassé leurs pouvoirs

la
5

copie
il

des pouvoirs qu'ils ont reçue
facile de les juger.

,

est ici

sera

On

a accusé le commissaire Sontlionax,
,
,

d'avoir voulu

au mépris de la loi éloigner le rapprochement des blancs et des citoyens de couleur je répondrai à cette accusation par le passage suivant d'une lettre de Sontlionax. J^ous savez à quel point de folie les habi^
5

tans de la proajince du

Nord
"^

portaient le

préjugé des couleurs. Eh bien ! depuis notre séjour y il esVpresqu'effacé T ai fait dîner
chez moi rarchevêque Thibaut entre deux^
nègres libres» Ce peu de lignes en détruisant
l'inculpation faite

au commissaire civil jette un grand jour sur les derniers événemens 5 elles prouYeut que Sonthonax de bonne foij
,

(

4« )

eîoyoït

à cette époque , au Feint patriotisme^ Fair d'avoir fait abdes agitateurs qui avoient faisoient que négation du préjugé, lorsqu-'ils ne paleurs perfidies sous le masque du
,

cacher

triotisme

5

cette lettre est cotée F.
,

Une

autre

du même commissaire

cotée

G

,

et jointe ici,

sentimens de aclievera de faire connoître ses civisme et l'état de la colonie.

On

a voulu faire entendre

:

ux comptes

^

t^

étoient que les pouvoirs,dont les commissaires ci-devant roi ; revêtas , n'émanoient que du été expédié de il leur a c'est une erreur nouveaux pouvoirs les 11 et 17 août , en vertu
:

d'un décret de la Convention, Nous ne nous étendrons plus sur toutes dénonciations contre les commissaires
ces

avec tant civils^ elle sont faites et répétées
dVcliarneraent
dictées par
,

qu'cllas

paroissent plutôt
,

un

esprit

de parti

pur civisme ; au reste c'est à la lui à prononcer sur les pièces probantes qui
seront présentées par leurs dénonciateurs. En attendant , nous devons' certifier , que
frères, tous les écrits publics imprimés par nos

que par un Conventioa

nue toutes

les

lettres particulières

que nous

soumettons aux comités , s'accordent pour rendre justice aux commissaires, sur-tout au ci-

toyen Sonthonax

q^u'iis

regardent

comme leur

(ire

'«t

1® :^aTiTeTiT

de

la colonie, îïociSpTésrell»

Boes

ici xliffér:eîîs «^.traits
5 ils

de ces lettres

^

^a?ë*-

mK)ire^
Wélsît

s€rT iront encore à faire cmr^nali^^

de ia colonie»

BXTUAIT DES
W-o

I.ETTRES.

I

C^p

^

B

fêvrïer 17,90

(i>*^

^
«îat^

Vôiis avez Vil par -ma clernière lettre^ em

du 9

djécembre

,

que

j^^tois ici

membr©

CVst à mon. .grand regre-t ^ je vous Payt^ue^ que Je me yoîs force d^ rester dans uiae ville qui a Lien de 1^

ûc la x-oin mission ^

interinédiaire,

peine

se soumettre

à

la loi
^

du
la

J^\a.YTL\,

A

l'arrivée

des

commissaires

commune

du

€a,p leur

dénonça i5o personnes environ,
aristocrates et auteurs des
j

comoae des
<qui

maux

déchirent la colonie

ils
y

ont été embar«»
et

on étoit loia d'imaginer que les ennemis de la République sont ceux qui se sont couverts du voile du pa^ués.
s'attendoit à la paix

On

(1) L-^s 'ongîna'aE:

d'e

îouïes les lettres çîïees

î^gI

,

•©§

les ffliéan©ire«

s9fi.t

déposé*

au comité àe

marine.

S

,

(

48

)

triotlsme, et qui clans la journée àu2^âécemhm avoient ourdi cette trame infernale.
ce

Je vous ai déjà

dit

avec quelle audace

on a osé faire feu sur le délégué de la République française 5 ce seroit ici le lieu de faire Tëloge du commissair© Sonthonax , resté seul dans la partie du Nord j je me borne à dire , que c'est le sauveur d«
et quelle fureur

la Colonie. Trois jours après cette journée on a embarqué les principaux factieux , ce

quiparoissoit avbir misie calme dans la ville

5

9*

à sa justice de purger la il étoit réservé Colonie des principaux cliefsde cette faclion , Léopardine , d'autant plus dangereuse que ses

membres
plonger
ffi
0-

se disent patriotes

pour mieux nous
sein
5

le

poignard dans

le

je crois

A

que je ne resterai pas long-tems ici , c'est un. abominable endroit ils ne veulent pas se soumettre à la loi , les bruits de guerre les avec l'esprit d'indépendance , ils satisfait croient y touclier niais ilfaut qu'ils fassent périr auparavant tous les citoyens de cou,
;

,

leur

,

ils

sont bien constans dans leurs prO'

4

im

!

jets

maintenant que nous avons aidé à faire rentrer les nègres dans leur devoir , ils clierclient à les mettre contre nous y et tâchent iïe nous faire détruire par ces malheureux. Si
;

la

Convention veut conserver

les

Colonies^

49
•elle

)

doit coriserv-er Sontîionax et Fol approuver ce qu^ils feront (i).

II.

-

Apres avoir use àé tons les moyeiis possibles pour ramener des citoyens long-tems egclrés par leurs infractions aux

^^

ioix natio-

commissaire civil Sontlionax s'est vu forcé de sévir contre ces hommes coupa^ blés, et de las soumettre au jugement de ia republique 55.
,

nales

le

- Déjà nous ressentons les heureux effets ^e leur éioignement pour la première fois ; , îious envisageons un terme è nos maux .. (i>.

III,
16 Mars ijpS,

â

«Nous
ta

ne sommes pas encore tramquil es,
-,

perfidie et l'égoYsme des colons blancs sont inimaginables ce ne sera que par la
,

grande

îépuration qui an sera £iite, qu'on parviendra
(1)

Lettre de François ïlaimond

,

mon

frère.

(2)

Lettre de Boisro,nd

^,

"lembr^ de la commission in-

ermt'diaire et lioinme de co^ilcnr.

B

(5o)
à calmer le pays; il faut lesfactierix embarque les agitateurs et
le aillent ailleurs prêcher

nécessairement qu'on
et qu'ils

dogme de l'indépen-

dance

(i).

IV.
17

Mars 1793.

fr^
la loi du 4 Les liommes acharnés contre nom de Léoparclins et avril, connus sous le devrais Blanchelandistes , sont tous ensemble avec un front d'aiaristocrates. Lespremiers , exsemblent s'appuyer de la loi , pour en
ce

rain ,

traire ce qui leur convient

:

les autres
,

ne res-

pirent

que r ancien régime

leur projet est

égorger , s'il est toujours le même , de faire les citoyens de possible , par les nègres , tous soumettre à la loi couleur , plutôt que de se

du 4

avril

^^,

«Le

commissaire Sonthonax

se

propose de

la loi , et à forcer le Port-au-Prince , d'obéir à mettre un frein à ses actes d'indépendance^^^.

Notre correspondance avec le commisCayes, est saire Polverel, actuellement aux détournée par ceux qui ont intérêt aux désorce

(1)

Idem de même.

,

(5i)
<îres,

ce qui fait qu'il
H.oi,s

sans
tro

entendre

;

nous conclamnesoiirent on lui a fliit blâmer
no*

du 7 novembre , portant l'irnpôt ci un quart du reyenu , comme un attentat au pouvoir législatif, Sontlionax en a ju^é auarrêté

métropole doit approuver une mesure qui nous met à même de subvenir aux dépenses immenses qu'exigent
tances
les circons^
y^

trement.

La

« Dans
ses

la partie
,

du Sud ,

les clubs

compo-

d'aristocrates
,

d'indépendans Blanclie^

iandistes

rations

, et de s'opposer à la disposition des troupes qui luisonù confiées par la nation , de manière que ses meilleures intentions sont

du commissaire Polverel

s'avisent de contreqûarrer les opé-

réduites

ou traver-

sées.

Les ennemis de

la

dissent.

France s'en applau* ^
des Cayemîttea tous les citoyens

3

« Les paroisses de Jéremîe
ont pris

,

un

arrêté léopardin

:

ie couleur

y sont vexés et même chassés • :eux-ci se sont réunis en armes pour réclame^ eurs droits les blancs , , la municipalité ont )ns un arrêté fulminant contre eux ; ils ont ^rmé 4000 nègres ayee lesquels on les a , (ispersés et poursuivis, on a mis leurs

nx en promettant 320

liv. ,

et la

à liberté à
têtes

D

a

X

ï\>^c»^

C

5^

)

t,utescU.e

qraapporieroitlatête d'un mu,
a rendu

^«pirk compte que la municipalité
à
la

commission

,

elle

partie des citoyens la loi du 4 avril

veut foire croire qu ui^e de couleur, s'est insurgée
,

contre

et

que

les

hommes

de couleur

se sont joints

aux blancs pour com-

battre les autres ». à vous assurer ce Je suis fondé

du contraire

îh
'/-Ji

par

particulières les lettres

est vrai

qu

ilyait

leur signatures,

que je reçois, s'il aonne des mulâtres qui aient qu'ils y ont ete il faut croire
_

f;orge«. forcésie pistolet sur la dire que la belle plaine oc J'oublie de TOUS insurrection duCul-de-Sacq , a été aussi «n
et

de la réunion des en cendres, par l'effet Jumecourt. Ces deux Borel , des Coustard et
arrêtés derniers et six autres sont
^'.

(i)

V,
Cr,,p ,

26 février

i

793.

ce

Le commissaire Sontlionax
aller

doit partir
,

pour

nettoyer

le

Port-au-Prince

ou,

(,) Lettre de

Baisrond

,

membre de

la

commission in-

ttrméiliairc et
(1)

homme

de couleur.

Idem de même.

(

53

)

'

sèment du bon ordre

twl- rmfestent^^^«^^— Crime T' en s'opposant au
tieux qux
^ 1
;

)

des fac.
rétablis-

il^doù ensuite

re7el

i^ap, ^contre les entreprises de guerre

- François
fo.s a

(z)

m.ssaxre cxvil p.ur aller à vos affaires

bord,

il

5 ce«e vUle loge bien des ennemis de qudlxœ pubh.„e qui ont
,

la ville et tout ce qu'elle contient

a obtenu u„ congé du comune , doit donner la ville au dkbie
en
effet
la trlnbesoin du; désordre

comme
:

de leur ressource pour vivre «

"^^^P^-éparationsdesagitateursicisonttelIes^

que be-coupd'iadividussont persuadés, nue '^"'^ J°"" -r^'^ 1« d part du citoyen Sonthonax dk'^s la ,

TT "T""'
nesures

tranquiufté > -aïs ce brave commissaire; .à qui tout bon '--oyen est tenu de

ont..
« Je

rendre justice prend , lés P'*»aies nécessaires r.m,r f, Po«r^ la ramener par
à

ane réfère à toutes les précédentes

,

rnW:i74^^"^'P^^-^^-«--^-ievo'ua

(1)

Rafmond.
Boisrona.

(3; Lettre de

Da

(54)
VI.
Cap^
:i

le

i8 février 1793.

« Depuis

civils, l'arrivée des commissaires

nous respirons

la liberi, U pour éluaer la lo^du4 ennemis n'emploier^t qu'il, .'ernplo.ent pas de ..anœu.res a^ril, disposU^ons na%ur rfndre .air.es toutes Us Sonthonax s atsi le commissaire \-.nnles

de douceurs des prémices n'est pas de Jeteurs
les

^no^

ria^^;:

régénérés seroient
parlent

les ato,^^ à respri.de la loi Les ar^i bientôt anéantis

;ocratesetleslé,pardmsréunisdanslescub^. du absolument que des/roU«
"ne

^er^e-JUen deMs'^onstma.onnel^^
lurs
ius^er

écrits

;

rie.

déplus

cr.n.utel

que

l^
ix^

irUe,Uions.

U foMt

être sur les

heu:.
i

pour
,

des choses ».

^

"«Aujourd'hui,

qu'à Vardins ne cherchent An à se donner aux peut-être en ce moment, attendon , dont nous glois ou aux Espagnols
guerre. la déclaration de
.c

et les leo. les aristocrates éluder la lo. , e^,

Soyez persuadé

qu'il n'y

a point de

_

ci

soit entièrement toven régénéré, qui ne que I0 Convention nationa

attach

^u gouvernement

(55)
a adopté ;
il

falloi t
,

toute la sagesse

du

ci-

toyen Sontlionacc

pour faire exécuter

la loi

du ^

avril y

ou

les

mulâtres sont en minoritéi^.

VII.
Cap^
7 Février 1793..

«c

Depuis que

les trois agitateurs

ont été en-

voyés en France, le Cap jouit d'une tranquil*
lité
ce

désirée depuis long-tems

:>?.

La
5

partie de l'Ouest est livrée

aux

agita-

teurs

dont

le

commissaire Polverel n'a pas
la colonie
,

voulu purger
ce

25.

A
le

cette nouvelle

fronts trois

nos Léopardins ont leLéopardins de notre com-

mission ont refusé leur signature aux adresses

que nous avons envoyées à la convention et aux départemens , dans lesquelles nous votons des remercimens au commissaire Sonthonax
pourles mesures vigoureuses qu'il a prises pour purger le Cap des agitateurs et des Léopardins

1

qui en fomentoient
ce

la

ruine

35.

L'événement prouvera que le commissaire Polverel, n'a pas mis toute l'énergie nécessaire pour ie retour de Tordre , tout est perdu , si l'on s'obstine à suivre l'esprit delà loi sousie masque du patriotisme
5
;

D

4

X

.

-"^f^
*•

-

.

(

56

)

ôil

a établi des elubs,non moins iiiceîidiaires, qu aristocratiques ; ils sont f>arvenns à trom-

per quelquefois la religion du commissaire
Poîverei
zc
:>'.

ne veulent point envoyer des ils craiRéputés à la Convention Nationale gnent, disent' ils, pour laliherté générale et ils

Les

bla,ncs

,

craindroient par leurprésence d'y donner leur
ipLSS€ntinient

»
y

k

En récompense ils s'aceommoderoient très-fort dune assemblée coloniale qui put

contrebalancer les pouvoirs des délégués de la nation et déclarer au b e soin V indépendance'

de

la colo?iie

5>,

€c

Ne

croyez pas qne

la,

présence des ci,

toyens de couleur peut rompre cette me;sure
|a

masse de ces
lutter
>'.

hommes

est trop

peu

éclairée,,
le^s

pour
blancs

dans une assemblée contre

«

Ziû:

réunion de tous lespartis est gravée
,

dans nos cœurs il n^y a que la résistance de nos ennemis à la loi qui entretient la mé^
il

fiance
çç

:».

Nous sommes ici dans de si grandes in-, quiétudes que si par malheur^ l'archevêque
,

(i) Lisez la lett;re 4e
[i\

Rocliambcaii

,

i\isérée

dans mes

^ilexions et lettre imprimée.

Thibaut

^ ^

Dangr
il

et

Kabottau

y

revenoient

au pays

serait ijrflailLiblement mis en

Qejidres (i),

Y

l'I

ï.

Cap 8

janvier.,

K Jamais
les ejiJiemis

la

France ne pouyolt
le citoyen

inieiix faire:

qu'en nous enToyant
sens

Scnthonax
places.
les

:,

de la France se tournent en tous

pour

se faire noiniiier

aux

Le
of--

conseil de la contmujie et
ficisrs

notamment

municipaux ^ sont tous des léopardins et des ennemis déclarés de la loi du 4 avril.

Un homme

de couleur seul y a été admis y cette agrégation aristocratique ne reçoit jamais, qu'avec

mépris

et

ne

fait

jamais

bon
j

droit

aux
s'y
3?.

plaintes portées

par nos frères

on ne
la loi

occupe que des moyens

d'élud^er

« Ils ont l' esprit de corrowipre

les soldats ^

sauf

les
,

ce mois

dragons d'Cl^-léans. Du % au G de on a fait une tentative pour em-

barquer Sontliojiax et tous ceux qui veulent
(1)

Je prie

le lecteur cîe

vouloir réflécliir sur ies craintes
,

qu'on témoigne par cette lettre

et ies derniers

événe-

mena du Cap»

--VT?.

la loi

du 4

avril.

(58) On a eu
,

la fureur

de tirer

sur ie déiéi^ué de la Nation,

he

rés-iment dit

Cap a refusé le serment Sonthonax sera le sauveur de la colonie. La inumicipalilé veut délibérer sur rembarquement des mauvais
sujets
le
,

vous voyez bien qu'elle ne veut que
35.
,

désordre
ce

^

Malgré l'embarquement des agitateurs
de jouir

,

nous sommes encore loin
tranquillité ».

de

la.

p

janvier.

Notre sauveur Sontlionax , vient de faire arrêter les quatre plus dangereux agitateurs ; l'archevêque Thibaut , dont les écrits ne ten<c

dent à rien moins
dre et au mépris

^

qu'à la subversion de l'ord,es

autorités constituées^
m.

dans toute laforce du ternie
ce

Nous attendons avec impatience
,

l'appro-

bation de la Convention Nationale pour la

conduite ferme
triotiqûo

vigoureuse et vraiment pa*
>3,

du commissaire Sonthonax

R E
Il

S

U M

É.

jésuite des faits qui viennent d'être pré-

senter,

dans ce mémoire et dans
,

les pièces

qui

y sont annexées

que

,

des trois partis qui

91

(

59

)
8-

s'étoient

Domingne

de Saînt. formés dans la colonie parmi la population blancîie .
,

I"

contre-rc^Yolufionnaires est presle parti des

que annéanti
s'est

;

que celui des indépendans
,

considérablement accru
;

par les moyens
,

qne nous avons indiqués

que ce parti

pour

a pris le masque inieux cacher ses intentions , que ce même du patrioiisme le plus prononcé ;
grossir parti Tient encore de se

du

petit reste

des contre-révolutionnaires

,

qui,

comme les

du patrioindépendans ont pris le masque réunis font les tisme ; que ces deux partis faire perdre a a pins grands efforts, pour entretenant le France les colonies , soit en d'esclaves et les dédésordre
,

les révoltes

alm de dévastations qui en sont les suites , colonies et les goûter la métropole de ses liabandonner , soit enfin en les
lui faire

-yrant

aux puissances ennemies.
patriotes, parti des véritables sincèrement l'obéissance aux

Quant au
lois

celui qui veut
,

de la rétablissement de l'ordre et la France, paix et conserver la colonie à les indélà, dis-je , est éga,ré par
le

ce parti

parmi eux pendans qui sèment sans cesse contre les homles soupçons et les méfiances eux , afin d'éloigner entre
,

mes de

'couleur

,

w\

(

^o

)

.

verser leurs projets.
Il

une réunion sincère , seule capable de ren-

faut encore observer facileà Saint-Doming„e
I!

,

qu'il est très- dif-

agir et penser

d avec les indépendans d'après les soins , qne ces derniers se donnent pour paroître

de distinguer ce parti

comme

les premiers.

Voilà ce qui concerne

lès

blancs.'

Ci

des colonies à la nation qui les a régénérés car , "' "' P°"'™"' 'J"^ retomber dans '!, ' -î'' ff I état d avilissement ou ils étoient tenus et s ik ont pu être égarés un moment par les contre-revolutionnaii^s ce
:

leurs intérêts les plus cliers sont, dans le maintien delà constitution et dans la conservation

Quant aux citoyens de couleur,tous

,

n'étoit

pas pour se prêter à la contre-révolution ' Hiais parce que ceux-ci se montroient à eux comme voulant obéir aux loixnational.se; comme eur demandant

assurément

main

.*

L'erreur des citoyens de cou! leur sur le compte de ces hommes n'a pas été de longue durée car elle ne ,
étoient à Paris les éclair, Cisaemens nécessaires sur lesprojets cacWs d^

faire exécuter.

forte

pour

les

que jusquau moment où de eurs frères qui

s'est

prolongée

,

ils

ont pu recevoir

cetix qui

youloient paroître leurs meilleurs

amis

(i).

Les îiomitîesde couleur, sans cesse trompés sur les sentimens de patriotisme qu'ont affiché
les difFérens partis,et sans cesse leurs victimes,

ont du nécssairement devenir méfians de confians qu ili étoicn4 , on peut être assuré qu'ils

reprendront leur confiance naturelle, quand ils seront bien convaincus de la jouissance de
leurs
droits,

que

quelques in triguans

per-.
dis-<

turbateurs paroissent encore vouloir leur
puter.

Les esclaves

,

nous l'avons

dit

mis en insurrection , comme d'abord , parles spéculations
,

des différens partis

beaucoup plus loin que ne l'avoient pensé ceux qui les ont mis en mouvement ^ et l'état d'insurrection ou ils
ont
été

sont, doit fixer l'attention des législateurs, car

ne s'empresse d'y apporter les plus prompts remèdes , la colonie sera détruite par eux et par ceux qui les fi^nt agir.
si

l'on

après la jouraée du lo moi-même dénoncé avoit pensé août un de ces hommes ({ni étoit ici et qtii comme il avoit fait de mes qu'il auroit pu m'égarer
(i) J'ai
, ,

,

,

frères à

Saint-Domingue

,

et j'ai fait remettre sa corres-

pondance criminelle à

la mairie ) par le commissaire

de

la section des Graviliets.

'"-.1

(

62
,

)

On sait
'

àLijonrd'liui

que

ces

hommes^ dont
le roi et

les luinièi^es sont relardées

par ravilissement

il

de leur état

,

ne

se battent

que pour
,

pour
les

les prêtres.

On

doit craindre
,

comme

Tun de

ijous l'a dit (1)
,

que

les puissances et

émigrés

en
,

se rendant dans lapartie espales fàssent**servir à leurs des,

gnole de
I

l'isle

I

seins

,

ou tout au moins à en soutirer une
,

grande partie
avoir
fait

peut-être

môme

la totalité

,

en

leur promettant

meilleur sort, après leur ravager et détruire de fond en com-

un

ble toutes les propriélés françaises.

4.

4

Tel

est l'état
,

de la colonie de Saint

-

Do-

mingue et les craintes que doit donner à la métropole.

cet état de choses

Présentement, pour répondre à Tinvitation des comités , nous allons leur présenter dans

âmes et dans le calme des passions et ayec Pabnégadon de tout espèce de ressentimen; , les moyens que nous croyons les plus propres pour ramener l'ordre et la paix dans la colonie opérer une réunion sincère entre tous les citoyens , et pour con, ,

toute la

sincérité de nos

(1)

Voyez
(

les réflexions sur les véritables
,

causes de^

troubles

t

des désastres de nos Colonies

et la lettre

au

citoyen

D

,

par Raymond.

server les propriétés iiidiTiduelles et nalio
B-ales.
-

MOYENS.
Les méiiances resnectives c|ui régnent entré les citoyens de couleur dans la colonie ^ étant tin obstacle au rétablissement de l'ordre en
favorisant les projets des ennemis de la nation
,

il

est nécessaire
il

de

les faire cesser

:

pour

nous semble, que le meilleur moyen à employer , seroit celui que nous
parvenir à ce but,
allons proposer.

Tous les citoyens de
la-

la colonie se

formeront
préala-

en compagnies soldées

et

non
il

soldées pour
|

défense intérieure des colonies
ces formations
,

blement à

sera choisi
,

parmi

les individus

de chaque couleur

des citoyens

ayant des propriétés qui répondront respectivement des

hommes

de leur couleur qu'ils
5

feront entrer dans ces compagnies
ces premiers citoyens

parmi

choisis dans les trois
,

couleurs

,

il

en sera pris un nombre

lesquels

seront envoyés en France pour servir d'otage
et qui

répondront sur leur

tête et sur leurs

propriétés des malheurs qui pourroient arri-

ver

,

soit
ils

par la mésintelligence des individus

dont

auront répondu

,

soit

de leur inci-

,

rj

'

(64)
qu'une pareille meplus grand bien , parce
,

vîsme.

Il

nous paroît

sure

opëreroit le
les

que
dans

ôtage$ devant répondre respectivequ'ils

ment des individus
les

auroient

fait

entrer

compagnies , prendroient soin de n'y placer , que des hommes dont ils seroiènt
assures.
:2«.

La

responsabilité des otages^ détruirai^

toute espèce de défiance entre les individus des différentes couleur qui seroiènt connus
^

ne seroiènt pas soldées seroiènt composées-de propriétaires , et elles
les
c[ui

compagnies

^

seroiènt requises

toutes les fois que quel-

ques rixes ou troubles s'éieveroient dans la colonie. Les officiers de ces compagnies
seroiènt nommés par elle

même;
,

l'état-major,

de ces compagnies avec

xin pareil

de bons
conseil
,

officiers

et soldats

nombre formeroient un

pour juger sur le f.iit des trouLdes. Quant aux compagnies soldées , elles seroiènt également composées des individus
des trois couleurs
5

ces

compagnies

,

nomme-

roient leurs officiers jusqu'au grade de capitaine 3 les autres grades et tout i'état-major

seront pris en France parmi les officiers des gardes nationaux qui auront le mieux mérité et donné les plus grandes preuves de civisme.
L'état-major
cl

tous

les

officiers

de ce
corps

(65)
corps formeroîent

un

conseil pour ju^er îeâ
;

différends de leurs corps

et tous les

indivi-

dus dont
ce

la

déportation deviendra nécessairo

à, la tranquillité

publique seront jugés
envisager
le

par

conseil.
fait

Nous avons

mal que pour-

roient faire les ennemis de l'état et les émigrés avec les esclaves révoltés 5 il nous semble que

pour déjouer tous
d'améliorer
les
le sort

ces projets

,

il

suffiroit

des esclaves et leur fournir

moyens

d'arriver à

une

liberté acquise^

leur

accorder préalablement une amnistie générale au nom' de la Nation et de la colonie 3 quand ils seroient assurés de leur grâce
et d'un sort meilleur

que celui dont ils ont joui jusqu'à ce moment, ils ne se laisseroient plus égarer par les promesses Vagues qu®
pourroient leur faire
les

ennemis de
le

l'état (1).

La ConveiUion proposeroit

mode d'amé-

lioration qui seroit discuté, approuvé par l'as-» semblée coloniale , et la' loi aclievée sur cet

objet seroit proclamée, au et de la colonie.

nom
,

de la natioii
elle

L'assemblée coloniale formée

enver*

Voyez les réflexions de Raimond sur les véritables causes des troubles et des désastres de nos Colonies j »Ye©
(i)

h

projet de proclamatioia (jui les

suit.

{66J
roit en
tailles

France

,

12 de ses

membres

proprîé-i

outre les députés à l'assemblée nationale 5 ces individus seroient des otages en cas que l'assemblée coloniale voulûl; rompre
les liens qui uDissent

la colonie à la France-.

Comme

il

seroit injxiste envers les^

hommes

de couleur de rappeller le commissaire Sontbonax qu'ils regardent^ comme leur père et le sauveur des colonies 5 que d'un autre côté , les colons paroissent demander son rappel ,

pour concilier tout la Convention nommera et prendra dans son sein deux commissaires ^
;

qui joints au.x

qui y sont déjà , feront exécuter les décrets de la Con\vention. Nous n'avons présenté les moyens que nousproposons , qu'en masse ; si d'après leur
troisi

apperçu, lés comités les croy en t de quelque poids , nous leur donnerons tous les développem^ns dont ils sont susceptibles dans dif*
férens points.

^\

umm» maisgtmemmitmimimiiMima m nmm^ '
ti
i

A PARIS , de l'Imprimerie du
rue du Théâtre-François

Cercle Social,
,

N^.

4-

^

*JU.

TRAHISONS ET CALOMNIIS
DÈVOÏLÉES ETDiWGWCÈES

PAR PLUS DE DIX MILLE FRANÇAIS
Réfhgiésuu Continent de rAméiqus,

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as^Mk^ai^
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