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Art. 29.

(1) Le droit des détenus au maintien de leurs relations sociales s’exerce soit par les visites qu’ils reçoivent soit, pour les condamnés et si leur situation pénale l’autorise, par des sorties de l’établissement pénitentiaire. (2) Les visites ont lieu soit en la présence soit hors la présence d’un membre du personnel de l’administration pénitentiaire. (3) Un règlement grand-ducal détermine les modalités de l’exercice des visites visées au présent article qui ne peuvent être interdites ou restreintes que pour des motifs liés au maintien de la sûreté et de la sécurité dans l’établissement pénitentiaire, à la prévention des infractions ou s’il apparaît que les visites sont préjudiciables à l’intégration du condamné, à sa famille ou aux visiteurs. Art. 30. (1) Sous réserve de l’article 27 (1) et (2), la communication avec les détenus ainsi que l’accès aux établissements pénitentiaires, sans préjudice de l’article 38 (2) à (6), sont libres, pour l’exercice de leurs fonctions ou l’accomplissement de leurs missions, aux avocats, aux médecins, au procureur général d’Etat, aux procureurs d’Etat et aux présidents des cours et tribunaux, aux juges d’instructions, aux magistrats des chambres de l’application des peines, aux juges de la jeunesse, au contrôleur externe des lieux privatifs de liberté, au médiateur, au comité luxembourgeois des droits de l’enfant (ORK), à l’auditeur général et aux auditeurs militaires, ainsi qu’aux personnes dûment déléguées par ces autorités et institutions, de même qu’au personnel de l’administration pénitentiaire et du service central d'assistance sociale. (2) Un règlement grand-ducal peut déterminer les modalités d’accès des autres intervenants extra-pénitentiaires. Art. 31. Les détenus peuvent librement écrire et recevoir du courrier postal. L’exercice de ce droit ne peut être restreint, conformément à des modalités à déterminer par règlement grand-ducal, qu’à titre de sanction disciplinaire ou pour des raisons liées à la manifestation de la vérité dans le cadre d’une instruction préparatoire et sans préjudice du droit de l’administration pénitentiaire de procéder au contrôle du contenu du courrier pour des raisons de sécurité et de sûreté. Le même règlement peut déterminer également les modalités relatives à l’usage d’instruments informatiques et de communication électronique en tenant compte, d’une part, du principe de la liberté des communications électroniques et, d’autre part, des restrictions inhérentes à l’objectif de la mise en œuvre des peines privatives de liberté et des missions de l’administration pénitentiaire. Art. 32. Chaque détenu a droit aux soins nécessaires à la préservation de sa santé et de son intégrité physique et morale, conformément aux dispositions de l’article 14. Art. 33. Les détenus ont le droit de désigner une délégation représentative par établissement pénitentiaire afin de présenter en commun leurs intérêts collectifs auprès des autorités compétentes. Les modalités y afférentes peuvent être déterminées par règlement grand-dual.

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Par ailleurs, le renvoi à l’article 38 (2) à (6) vise à éviter toute ambiguïté quant à la question de savoir si ces personnes doivent se soumettre aux contrôles de sécurité y prévus lors de l’accès à la prison. En effet, pour des raisons plus amplement exposées au commentaire de l’article 38, toute personne, nonobstant sa qualité, peut être soumise à ces contrôles de sécurité. Pour le surplus, le paragraphe (2) prévoit qu’un règlement grand-ducal peut déterminer les modalités d’autres intervenants extra-pénitentiaires. Il s’agit-là de personnes qui visitent les prisons pour des motifs qui ne sont ni vraiment personnels, ni vraiment professionnels, du moins au sens strict du terme, à savoir les membres d’organisations non gouvernementales ou d’associations sans but lucratifs qui ont pour objet de soutenir et d’aider les détenus d’un point de vue cultuel, culturel, psychologique, etc. Etant donné que ces personnes se rendent fréquemment ou du moins régulièrement en prison, ce qui entraîne au fil du temps la création d’une certaine relation de confiance entre ces personnes et les autorités pénitentiaires, l’objectif de cette disposition est de pouvoir leur accord un certain statut qui facilite leur accès aux prisons, par exemple par l’octroi d’une autorisation de visite valable pendant une période déterminée pour plusieurs visites. Au vu de la multitude des situations qui peuvent se présenter, il est proposé de ne pas inscrire ces conditions dans le projet de loi sous examen, mais dans un règlement grand-ducal afin de conférer une plus grande flexibilité aux conditions de ce régime de faveur. Ad article 31 : Cet article vise à mettre en œuvre le principe général étant à la base de toute la réforme dans le domaine de la communication des détenus avec l’extérieur : la peine privative de liberté doit être la seule peine, tous les autres aspects doivent être rapprochés, dans la limite du possible et sans mettre en danger le bon fonctionnement des prisons, des conditions de vie extra muros, afin de faciliter l’intégration des détenus. L’article sous examen pose ainsi comme principe la liberté d’écrire et de recevoir du courrier postal, liberté qui ne peut être restreinte qu’à titre de sanction disciplinaire ou pour des raisons liées à la manifestation de la vérité dans le cadre d’une instruction préparatoire et sans préjudice du droit de l’administration pénitentiaire de procéder au contrôle du contenu du courrier. A noter à ce sujet que le terme « contrôle » vise ici non seulement le contrôle physique du support du courrier et de son enveloppe, mais il peut également porter sur la lecture du courrier, comme par exemple dans le cas de fouilles de cellules de certains détenus lorsqu’il existe des indices que le détenu concerné est impliqué dans un trafic de drogues ou la préparation d’une évasion, etc. La dernière phrase de cet article prévoit par ailleurs la possibilité de permettre aux détenus l’usage d’instruments informatiques et de communication électronique : Etant donné que les communications électroniques comme l’usage des e-mails se répandent de plus en plus au

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détriment de la correspondance sur papier, il a paru judicieux de prévoir au moins la possibilité de suivre cette évolution également dans le monde carcéral. A noter que la communication postale et électronique des détenus avec l’extérieur est un aspect permettant également le maintien des relations socio-familiales et contribue donc aussi à une meilleure intégration du détenu après la fin de sa peine. L’article en question prévoit encore que l’ensemble des modalités relatives à ce sujet sont fixées par règlement grand-ducal alors qu’une loi ne convient guère pour régler le nombre et la grande variété des questions de détail dans ce contexte. Le paragraphe sous examen balise encore la marge de manœuvre du règlement à cet égard en précisant que ces modalités doivent tenir compte du principe de la liberté des moyens de communication électroniques qui doit bien entendu faire l’objet des restrictions qui sont inhérentes à la détention en prison. Ad article 32 : Cet article vise à conférer une valeur légale au droit du détenu de bénéficier des soins médicaux et paramédicaux qui sont nécessaires à la préservation de sa santé et de son intégrité physique et morale. Même si l’ensemble de la question est réglé à l’article 14 du projet de loi sous examen – d’où le renvoi y afférent – il a paru indiqué d’inscrire ce principe au chapitre relatif aux détenus, au vu de son importance. Ad article 33 : Cet article prévoit que les détenus ont le droit de s’organiser afin de pouvoir mieux exprimer leurs intérêts collectifs par rapport aux autorités pénitentiaires. Il s’agit donc d’un droit de pouvoir faire valoir des doléances collectives ce qui implique que les autorités pénitentiaires restent bien entendu libres, dans les limites de la loi et de leurs compétences, de faire droit à ces doléances ou non. Il s’agit du droit de s’exprimer et non pas de participer à la prise de décision. L’article prévoit deux conditions : il doit s’agir d’une délégation représentative et il ne peut y avoir qu’une seule délégation par prison. Pour le surplus, il suffit que cette expression respecte le principe prévu à l’article 27 (1), à savoir que, en résumé, l’exercice de ce droit ne peut mettre en danger le bon fonctionnement de la prison et ne doit pas être contraire à l’intégration du détenu. Afin de ne pas entraver l’exercice de ce droit par trop de formalités, il a paru indiqué de ne pas prévoir des dispositions légales supplémentaires. Ainsi, on aurait pu songer à prévoir que ces délégations doivent s’organiser en association sans but lucratif afin de leur conférer un cadre légal plus précis. Toutefois, la liberté d’association négative est également un droit dont les détenus bénéficient. Par ailleurs, les dispositions relatives aux associations sans but lucratif imposent des assemblées générales ce qui, dans une prison, n’est guère réalisable sans mettre en danger son bon fonctionnement et créer des risques de tous genres.

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