Rapport général de synthèse des travaux

adopté par la Conférence

Alors que le pays traversait une grave crise à la fois politique, économique et sociale, et frisait l’impasse et le chaos, les Autorités politiques du Bénin décidèrent de convoquer un rassemblement des principaux acteurs de la vie de la Nation. Du 19 au 28 février 1990 s’est donc tenue, à Cotonou, la Conférence des Forces Vives de la Nation, vaste forum réunissant quelque cinq cents personnes invitées à rechercher ensemble une solution pacifique et consensuelle aux problèmes de la Nation. Ces journées historiques marquèrent le coup d’envoi du Renouveau démocratique au Bénin. À la suite du Bénin, un certain nombre de pays africains ont organisé, selon des modalités et des fortunes diverses, des Conférences Nationales ou autres fora analogues. 1990 – 2000 : dix ans après l’historique Conférence du Bénin, le moment est venu de faire une pause et de procéder à une réflexion collective critique sur les diverses expériences vécues. C’est pourquoi, dans le cadre des manifestations commémorant le 10ème anniversaire de la conférence nationale du Bénin, le Gouvernement béninois a décidé d’organiser, en partenariat avec l’Agence intergouvernementale de la Francophonie, et le concours du Gouvernement du Royaume des Pays-Bas et celui du Royaume du Danemark, une Conférence régionale africaine qui s’inscrit, aussi, dans le cadre du processus préparatoire de la 4ème Conférence internationale des démocraties nouvelles ou rétablies, prévue à Cotonou, en décembre 2000. La Conférence sur le Bilan des Conférences Nationales et Autres Processus de Transition Démocratique en Afrique s’est tenue à Cotonou du 19 au 23 février 2000. Elle a regroupé les acteurs tant gouvernementaux que de la société civile impliqués dans l’organisation et la conduite des Conférences Nationales et des autres processus de transition démocratique en Afrique.

I.– CÉRÉMONIE SOLENNELLE D’OUVERTURE
Placée sous le haut patronage de Son Excellence Monsieur Mathieu Kérékou, président de la République du Bénin, la Conférence a été marquée par une cérémonie solennelle, au cours de laquelle le président de la République a procédé à l’ouverture officielle des travaux, le samedi 19 février 2000 à l’Hôtel Alédjo, là même où s’ouvrait, voici 10 ans, la 1ère conférence nationale du Continent africain. Dans son allocution de bienvenue, M. Antoine Kolawolé Idji, ministre des Affaires étrangères et de la coopération a tout d’abord adressé ses chaleureuses salutations aux anciens Chefs d’État qui, par leur présence, rehaussent le niveau de cet événement continental. Il a ensuite rendu un hommage appuyé à tous les acteurs et protagonistes qui ont contribué, à des titres divers, à l’émergence du consensus national par un dialogue fécond et responsable. Prenant à son tour la parole, au nom de Monsieur Roger Dehaybe, Administrateur général de l’Agence intergouvernementale de la Francophonie, Monsieur Saliou Akadiri, Directeur de Cabinet, a remercié les autorités béninoises pour l’accueil et les bonnes dispositions prises en vue de la participation de la délégation de l’Agence à cette Conférence. Il a souligné tout l’appui que la Francophonie a apporté, depuis dix ans, aux processus démocratiques dans l’espace francophone, notamment au Bénin, à travers des actions de coopération et de solidarité développées par son opérateur principal, l’Agence intergouvernementale de la Francophonie. Constatant qu’au regard de ses objectifs, la Conférence de Cotonou s’inscrivait, aussi, en droite ligne dans la démarche de préparation du Symposium sur le bilan des pratiques de la démocratie, des droits de l’Homme et des libertés dans l’espace francophone que le 8ème Sommet de la Francophonie a décidé de tenir en octobre 2000 au Mali, Monsieur Akadiri a rappelé les étapes principales de ce Symposium, et a exprimé l’espoir que les travaux de la présente Conférence débouchent sur des conclusions pertinentes qui inspireront la Francophonie, à la fois dans l’identification de pratiques positives au regard de la réalisation des paramètres de la démocratie et dans l’ajustement éventuel de sa programmation d‘accompagnement. Ouvrant officiellement les travaux de la Conférence, le Président Mathieu Kérékou a, au nom du peuple et du Gouvernement béninois, adressé ses chaleureux souhaits de bienvenue à tous les participants au premier rang des-

COMMISSION N° 1 : Étude comparative des conférences nationales et autres processus de transition démocratique en Afrique Président : Vice-Président : Rapporteur : M.M.M. mais que.E. Aristides Pereira. de la tolérance et du consensus. La conférence nationale a. fondé sur le multipartisme intégral et des institutions républicaines implique la nécessité d’une alternance au pouvoir sur la base d’idées et de programmes politiques et économiques novateurs et non une simple alternance des hommes et des femmes. l’Ambassadeur Cyrille Sagbo (Bénin) À l’issue des travaux. Assistant Adjoint du Ministre chargé des Affaires Internationales et des Nations Unies S. II. Aussi préconise-t-il que la Conférence après avoir apprécié objectivement les avantages et les inconvénients du processus démocratique.M. tire courageusement les conclusions qui s’imposent et les soumette à l’analyse des responsables politiques. amorcé un nouveau cap décisif et salutaire du développement du pays. ces possibilités restaient généralement inexploitées ou insuffisamment exploitées. Mohamed Bazoum (Niger) COMMISSION N° 2 : Les États en transition démocratique à l’épreuve des faits Président : Vice-Président : Rapporteur : S.M.E. Pour terminer. Garde des Sceaux. malheureusement. Luis Guilherme d’Oliveira Viegas (Sao Tome et Principe) M.– ORGANISATION DES TRAVAUX Les travaux de la Conférence se sont déroulés en plénière et en commissions. La Conférence a constitué son bureau comme suit : Président : Vice-Présidents : S. Il a souligné que l’espace démocratique africain offrait de réelles possibilités de jouissance effective des droits de l’Homme et des libertés publiques. l’Ambassadeur Soliman Awad. Directeur des Affaires Parlementaires au ministère des Affaires Étrangères de la Zambie Rapporteur Général : S. avec bonheur. Les rapports des travaux des trois Commissions adoptés en séance plénière font partie intégrante du présent rapport (Cf.Rapport général de synthèse des travaux 643 quels les Anciens Chefs d’État présents à Cotonou pour célébrer le 10ème anniversaire de l’événement majeur que représente pour le Bénin. ancien président de la République du Cap Vert S. Alex K.E. Jean Martin Mbemba. le chef de l’État béninois a déclaré que. Aboudoulaye Peter (Kenya) M.E. Ministre de la Justice de la République du Congo S. l’exigence de liberté et de démocratie dans un État de droit. Adoum Maurice Hel Bongo (Tchad) M.E. la classe politique africaine doit veiller à l’enracinement d’une véritable culture démocratique et à la promotion des valeurs républicaines fondamentales. Pour le Président Kérékou. annexe). Tubi. Le Président Kérékou associe à cette commémoration ceux des dignes et valeureux fils et filles dont le pays gardera un souvenir impérissable. ancien Archevêque de Cotonou et Président de la conférence nationale de 1990. la Conférence des Forces Vives de la Nation dont il inaugura les travaux le 19 février 1990. Luc Sindjoun (Cameroun) .M.M. en effet. afin de pérenniser les expériences démocratiques en cours. trois commissions dont les bureaux composés comme suit ont été constituées. les élans du cœur et les exigences de la raison dans une action inlassable et résolue pour le triomphe de la vérité. André Salifou (Niger) M. Il invite alors la Conférence à observer quelques minutes de silence en mémoire de Monseigneur Isidore de Souza. qui a su conjuguer.E.

ancien président de la Haute Cour constitutionnelle. • Théorie générale des conférences nationales et autres processus de transition démocratique. Ahmadou Toumani Touré. et a rappelé que le coup d’envoi de cette décennie a été donné par le Bénin. En outre. Ils ont fait part des expériences de transition démocratique dans leur pays respectifs dont ils ont été les principaux acteurs. • Société civile. ancien président de l’Assemblée nationale de Madagascar. ou de régime autoritaire. par le Professeur René Degni Segui (Côte d’Ivoire) . comme une réponse. • État de droit et droits de l’Homme dans les États en transition démocratique. la Conférence a suivi. Adhanom Ghebremariam (Erythrée) M. par le Professeur Anthony Asiwaju (Nigeria) . un certain nombre de points ont particulièrement retenu l’attention des participants : A. comportant. les participants ont suivi avec un grand intérêt le récit de l’expérience vécue par certains d’entre eux en qualité d’acteurs de premier plan des conférences nationales et des autres modes de transition démocratique.– SYNTHÈSE DES TRAVAUX Huit communications portant sur les thèmes ci-après ont été présentées au cours de la Conférence : • L’expérience béninoise de la conférence nationale. par Monsieur Mamadou Gazibo (Niger) . sous l’impulsion de forces démocratiques internes. D’autres délégués ont aussi fait part des expériences qu’ils ont vécues lors desdites Conférences et autres modes de transition démocratique. ancien chef d’État du Mali. effondrement des systèmes communistes). a délivré un message à la Conférence réunie en plénière. avec un grand intérêt. le mardi 22 février au Centre international de Conférence. par le Professeur Fabien Eboussi Boulaga (Cameroun) . Dans le cadre de sa visite de travail et d’amitié qu’il a effectuée au Bénin. • Les trajectoires africaines de démocratisation : les variables discriminantes dans une perspective comparative. comme le passage d’une situation de monopartisme. ministre des Affaires étrangères du Togo. Joseph Kokou Koffigoh. par M.M. le Révérend Docteur Richard Andriamanmanjato. dans une situation de chaos.– Concept de conférence nationale et autres processus de transition démocratique en Afrique La Conférence a permis de souligner que l’avènement des conférences nationales s’est situé au lendemain d’événements internationaux majeurs (chute du Mur de Berlin. à une crise de légitimité et de blocage tant institutionnel qu’économique et social. . Des travaux. Souleymane Sako (Côte d’Ivoire) III. des risques majeurs pour l’intégrité de l’État et la paix civile. Norbert Ratsirahonana. À ce titre. ancien chef d’État par interim de Madagascar. d’une façon générale. tant en plénière qu’en commissions. par le Professeur Gérard Conac (France) . les interventions de : Leurs Excellences Messieurs Aristides Pereira. ancien Premier ministre. Le Président du Niger a exhorté les participants à mener une réflexion approfondie afin de tirer les enseignements les plus pertinents quant à la poursuite du processus de démocratisation en Afrique. • Quelques réflexions sur les transitions démocratiques en Afrique. par Maître Robert Dossou (Bénin) . par le Professeur Francis Akindes (Bénin) . ancien Premier ministre et ministre d’État. cette dernière se caractérisant.E. le président de la République du Niger. au pluralisme. Mme Madina Ly Tall (Mali) S. en février 1990. ancien chef d’État du Cap Vert.E.644 Symposium international de Bamako COMMISSION N° 3 : Quelques défis à relever par les États en transition démocratique Président : Vice-Président : Rapporteur : S. • Les transitions démocratiques à l’épreuve des faits. autorités morales dans les États en transition démocratique. Son Excellence Monsieur Mamadou Tandja. • Ombres et lumières des processus démocratiques en Afrique Sub-Saharienne. Il a salué l’initiative de la tenue de cette Conférence dont l’objectif est de faire le bilan d’une décennie de transition démocratique. Albert Bourgi (France).

de culte. par ailleurs. Il s’est agi. De même. etc. en particulier. ont tenté de nouer ou de renouer le dialogue afin d’examiner les graves problèmes politiques. des résistances et/ou des reculs sont parfois constatés. sur la modification et l’adaptation au pluralisme du cadre légal. qu’il paraît difficile d’élaborer une « théorie générale » des conférences nationales. notamment par l’élargissement et l’effectivité des voies de recours. S’il est vrai. la Conférence a formulé. En cela. il ne saurait y avoir de démocratie sans pluralisme politique ni de pluralisme politique sans État de droit. démocratie et droits de l’Homme Le nouveau constitutionnalisme africain consacré par les différentes Constitutions africaines de la seconde génération. D’autres. Ils ont évoqué la possibilité d’apporter des correctifs à une telle situation par la loi électorale ou le mode scrutin. d’un cadre original de rencontre. À leur manière. Le pluralisme ainsi consacré s’est. B. La démocratie c’est le cadre politique de l’État de droit. femmes. ces Conférences ont prouvé que la démocratie ne peut être établie sur la base de l’exclusion. çà et là. des recommandations concernant la séparation des pouvoirs. les libertés publiques. protégés et promus… ». La conférence nationale ne saurait être considérée. hommes de religion. Chaque peuple. auxquels il importe de remédier. toutefois. Aussi. qu’il conviendra. tribale. religieuse qu’entraîne la multiplicité des partis politiques. comme un simple exercice cathartique. l’indépendance de la justice. À cet égard. La démocratie et l’État de droit ne se présentent pas. Elles sont complémentaires. se caractérisent par une profession de foi dans « l’État de droit et la démocratie pluraliste dans lequel les droits fondamentaux de l’homme. en effet. ont estimé que l’on ne saurait décréter un multipartisme politique limité. Il résulte de ce qui précède que toutes les Institutions prévues par la Constitution sont soumises à la loi entendue au sens large. L’État de droit consacre. mais. à savoir la Constitution ou Loi fondamentale. ensemble. dans ces conditions. Il n’y a pas de modèle de « prêt à porter » dans le domaine des conférences nationales. conséquence du pluralisme politique intégral. plutôt centrée. que lesdites conférences présentent des points communs (leurs causes profondes. la primauté du droit sur le règne de l’arbitraire. la démocratie est un processus continu et il n’y a pas de modèle. tout comme dans d’autres domaines d’expression de la démocratie. Organisations Non Gouvernementales. que même si le pluralisme politique est une des expressions majeures de la démocratie. personnes physiques et morales) n’est au-dessus de la loi et l’action ne peut et ne doit se dérouler que dans le cadre strict de la loi et conformément aux prescriptions établies par la loi. doit être fondée sur la concertation et le consensus. l’expression juridique de la démocratie.). une telle démarche étant contraire aux droits de l’Homme. de concertation. notamment par la mise en place d’institutions de contrôle. ainsi. ses caractéristiques propres liées aux réalités locales. dans sa quête . d’ailleurs. toutefois. il ressort. il n’en est pas pour autant garant de l’enracinement et de la consolidation de cette dernière ni de ceux de l’État de droit démocratique. plutôt. au contraire. En conclusion. Nul (État. Par ailleurs. ont déploré la prolifération des partis politiques (plus d’une centaine dans certains pays). jeunes etc. qu’il s’agisse des règles posées pour la cohabitation. et de façon consensuelle. en effet. La Conférence a aussi noté que la réalisation effective de l’État de droit a globalement accompli. il appert que chaque conférence nationale a ses spécificités. Toutefois. société civile.Rapport général de synthèse des travaux 645 Des discussions qui se sont déroulées tant en session plénière qu’en commissions. de fora où les représentants des principales forces et composantes de la Nation (partis politiques. des solutions appropriées dans le cadre d’une démocratie retrouvée. comme des notions antinomiques. les participants ont souligné que la plupart des constitutions africaines de la seconde génération font référence à l’instauration d’un régime de « démocratie pluraliste ». L’État de droit est généralement défini comme un « système ou un régime dans lequel l’État est soumis au droit. Il a été relevé. que pour les décisions concernant la vie de la Nation.). notamment la loi suprême. ainsi que la plus grande accessibilité des citoyens à cette dernière. c’est à juste titre. en revanche. la dignité de la personne humaine et la justice sont garantis. durant ces dix dernières années des progrès non négligeables dans bon nombre de pays africains. À ce titre. traduit par le multipartisme intégral. de continuer d’approfondir. la personne humaine bénéficiant de garanties ou sûretés qui la protègent contre l’omnipotence de la puissance publique ». les acteurs. celles issues de ces processus de transition démocratiques. Autres conséquences : l’éclatement du paysage politique et les risques de connotation ethnique régionale. de régulation et de médiation. que l’on se réfère de plus en plus à la notion d’État de droit démocratique. économiques et sociaux de l’heure et d’y trouver. au contraire. les autres modes de transition ont voulu participer de la même dynamique. notamment à la liberté d’expression et à la liberté de choix des citoyens. syndicats.– État de droit. en particulier. certains participants. et l’État de droit. les objectifs visés.

fiables et transparentes. Par ailleurs. conditionnée par la tenue d’élections régulières.– Rôle de la société civile. été souligné la ratification ou l’adhésion de plus en plus élevée des États africains aux principaux instruments internationaux relatifs aux droits de l’Homme. ne doit pas être synonyme de descente aux enfers. Conseil constitutionnel…. E. ne réside pas uniquement en un changement d’équipes au pouvoir. ni celle d’une minorité sur la majorité. La persistance de cette crise. Enfin. La Conférence a relevé aussi que les constitutions des États africains en transition démocratique accordent une place de choix aux droits de l’Homme et des peuples. mais suppose des compromis et des solutions négociées en fonction des exigences d’une paix civile durable. dès l’enfance. en concertation avec la société civile. développement socio-économique et institutions financières internationales La crise économique qui a marqué les années antérieures aux conférences nationales et autres modes de transition démocratique a été l’un des facteurs déterminants du déclenchement du processus. La situation de transition démocratique implique des mesures et des dispositions particulières d’ordre économique pour résoudre les problèmes de pauvreté qui s’accommodent mal avec la volonté affirmée d’évolution des sociétés vers la démocratie.) ou des mécanismes de constitutionnalité des lois pour assurer la protection juridictionnelle des droits fondamentaux. les sociétés civiles ont joué. un rôle fondamental et utile dans les transitions démocratiques. doit d’abord compter sur son génie créateur. Dans une société démocratique. Il a. les pays engagés dans le processus de démocratisation. en période de transition. Enfin. La Conférence a reconnu la place privilégiée de la société civile. C. Le passage de la majorité à l’opposition. La Conférence a proposé que les États valorisent l’artisanat et veillent à la mise en place ou à la consolidation des infrastructures de base. Cette alternance. adhèrent auxdits instruments. À cet égard. par ailleurs. notamment celle des ONG dans le développement socio-économique. dans les années 1990. des femmes et des jeunes Absentes ou marginalisées sous les régimes autoritaires. de définir un code de conduite et un cahier de charges permettant à chacun de jouer pleinement son rôle. les anciens dirigeants doivent bénéficier d’un traitement général qui tienne compte des hautes responsabilités qu’ils ont eues à assumer dans la société. la Conférence a lancé un appel pour une meilleure protection des droits de l’Homme et des peuples. La Conférence a proposé également la prise en compte de l’intégration régionale comme condition du développement économique viable. s’agissant des jeunes et des femmes. constitue un handicap qui pèse lourdement sur l’avenir de la démocratisation. En effet. elles consacrent un titre particulier aux droits et devoirs qui font souvent l’objet d’une description assez précise. La Conférence a retenu que la démocratie n’est pas la domination d’une majorité sur la minorité. en conséquence. d’une éducation citoyenne pour être en mesure d’assumer leur rôle dans . Elle a demandé. D. À ce titre. Les États ont la responsabilité. mais aussi pouvoir bénéficier de l’expérience des autres peuples. les participants ont relevé l’importance vitale de l’opposition pour la démocratie en tant que facteur majeur de la réalisation de l’alternance politique. la Conférence a reconnu la place incontournable qu’occupent ces deux catégories de la population dans l’affermissement de la démocratie. La Conférence a recommandé que les États africains qui ne l’ont pas encore fait. Elle a demandé qu’une action soit engagée en vue de l’annulation de la dette ou du recyclage de celle-ci au profit des coopératives de production. Par ailleurs. que les jeunes puissent bénéficier. mais elle implique aussi le développement d’idées et de programmes novateurs. ces constitutions instituent des organes (Cour constitutionnelle.– Statut de l’opposition et alternance démocratique Les participants ont souligné la nécessité d’assurer à l’opposition un statut légal lui permettant d’exercer pleinement sa fonction de contrôle de l’action gouvernementale. la Conférence a recommandé que ces institutions prennent en considération les exigences du développement économique pour permettre la consolidation des processus. C’est ainsi qu’elles font toutes référence à la Déclaration universelle des droits de l’Homme (1948) et à la Charte africaine des droits de l’Homme et des peuples (1981). en dépit des problèmes contextuels et des déviances qui ont pu être constatés çà et là.646 Symposium international de Bamako permanente de la démocratie.– États en transition démocratique. doivent parallèlement assurer les contraintes de la politique d’ajustement structurel imposée par les institutions financières internationales. Un accent particulier a été mis sur leur engagement à l’égard du protocole créant la Cour africaine des droits de l’Homme et des Peuples (juin 1998) et du Traité portant Statut de la Cour pénale internationale (juin 1998).

La question de l’analphabétisme qui constitue un obstacle majeur au bon exercice de leurs droits par les citoyens a été évoquée. La démocratie à la base constitue un des pivots pour l’enracinement de la démocratie dans les pays. toutes choses qui. Elle remercie. a recommandé qu’une place de choix leur soit faite dans la vie de la Nation. a contribué à l’organisation et à la tenue de cette Conférence. les gouvernements africains se doivent d’assurer effectivement aux femmes une meilleure représentation dans la vie de la Nation. non seulement à cause de leur nombre. et aux Gouvernements du Royaume du Danemark et des Pays Bas. S’agissant plus particulièrement des femmes. • Résolution relative à la situation en République démocratique du Congo . lorsqu’elles font défaut. tout en mettant un accent particulier sur l’éthique et la rigueur dans la gestion des affaires publiques. d’une part. député à l’Assemblée nationale de Guinée. Un travail pédagogique en profondeur doit être mené pour favoriser l’émergence d’une réelle conscience politique. Celle-ci nécessite l’appropriation par les acteurs de la vie politique et par les populations des règles du jeu démocratique. mais également en raison de l’importance du rôle socio-économique qu’elles jouent dans les sociétés africaines. Enfin. après avoir souligné qu’elles représentent plus de la moitié de la population du continent africain. tant il est vrai que la qualité de la démocratie est fonction de la qualité des hommes. à travers son opérateur principal. notamment dans les domaines de l’éducation et de la formation à la citoyenneté. La Conférence a demandé qu’une attention toute particulière soit accordée à cette question et que les moyens soient mis en œuvre pour permettre l’éradication de ce fléau qui frappe davantage les femmes. un appel a-t-il été lancé pour que les organisations internationales accordent une attention toute particulière à cette exigence. À cet égard. l’acceptation de la différence et la recherche permanente du compromis. la bonne gestion des affaires publiques et l’exercice d’une citoyenneté responsable.– Culture démocratique Les participants ont recommandé la promotion de la culture démocratique. doit se cantonner strictement dans ses missions traditionnelles et dans ses nouvelles missions de développement et d’assistance humanitaire. L’armée. L’enracinement de la démocratie par le développement de la culture démocratique est le meilleur gage de sa pérennité et un rempart contre les fléaux qui minent la démocratie. À cet égard. la Conférence. notamment au sein des instances politique. Au-delà des discours politiques et des instruments juridiques qui reconnaissent et fixent les droits de la femme. Des moyens subséquents doivent leur être octroyés afin de leur permettre de jouer efficacement leur rôle. F. etc. servent de prétexte à l’intervention de l’armée dans la politique. . ainsi qu’au peuple béninois pour l’accueil et l’hospitalité dont les participants ont bénéficié tout au long de leur séjour et des travaux. La Conférence exprime sa gratitude aux autorités. La culture démocratique implique la tolérance. en mettant en œuvre des projets ciblés. en outre. à l’Agence intergouvernementale de la Francophonie. la Conférence recommande la dislocation des milices privées dans les États où elles existent.– Rôle de l’armée La Conférence a déploré l’immixtion répétée de l’armée dans le jeu politique en Afrique. La Conférence a adopté les trois résolutions et motion suivantes : • Résolution sur le renforcement du processus démocratique et de promotion de la paix en Afrique . Elle estime que le seul mode de dévolution démocratique du pouvoir demeure les élections libres et transparentes.Rapport général de synthèse des travaux 647 le processus de démocratisation. Elle a également remercié les Gouvernements du Royaume du Danemark et du Royaume des Pays-Bas pour leur précieux concours. comme les autres institutions. G. La Conférence invite donc les forces armées à demeurer des armées véritablement nationales et républicaines.– Décentralisation des pouvoirs La Conférence a souligné l’importance d’une réelle décentralisation des pouvoirs au profit de la gouvernance locale. Enfin des motions de remerciements ont été adressées au Gouvernement de la République du Bénin. la démocratie n’est pas une fin en soi mais le résultat d’un long processus d’apprentissage. Aussi. la traduction des textes de lois dans les langues locales. facteur essentiel pour la consolidation de la démocratie. la Conférence a lancé un appel à toute la classe politique en Afrique en vue de respecter et de faire respecter les règles du jeu démocratique. H. • Motion pour la libération du Professeur Alpha Condé. l’Organisation internationale de la Francophonie qui.

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