Faire du Canada un chef de file en matière d’innovation

L’enjeu
Pendant des décennies, les gouvernements libéraux et conservateurs successifs ont dépensé des milliards de dollars en réductions et en crédits d’impôt pour les grandes entreprises, sous prétexte de stimuler la recherche, le développement (R&D) et l’innovation. Les bénéfices promis sous forme d’innovation, de nouveaux emplois et de croissance économique ne se sont pourtant pas manifestés. Au lieu de cela, plusieurs compagnies empochent d’importants dividendes sans les réinvestir et l’innovation stagne au Canada. Les conservateurs de Stephen Harper pensent que l’innovation se manifestera d’ellemême. Ils ne croient pas que nous ayons besoin d’un leadership stratégique, qui soit en mesure de supporter les secteurs et les industries clés du pays et de promouvoir leurs activités. Cette complaisance n’a pas réussi à établir l’économie innovatrice dont les Canadiens et Canadiennes ont besoin. Nous pouvons faire mieux..

Le contexte
Depuis 2000, les gouvernements libéraux et conservateurs se sont lancés dans une course à savoir qui pourrait réduire le plus rapidement et drastiquement les impôts aux entreprises. Avec le taux de 15% pour 2012 qui a été fixé par la loi C-28, le directeur parlementaire du budget estime que ces baisses d’impôt vont coûter 12,6 milliards de dollars aux contribuables au cours des trois prochaines années. Pendant ce temps, ces mêmes gouvernements ont géré un des programmes d’incitatifs gouvernementaux en R&D les plus coûteux au monde. Une étude des Manufacturiers et exportateurs du Canada (MEC) a démontré que, à 0.22% du PIB, les subventions canadiennes pour la R&D coûtent plus Tableau 1 – Impôt des grandes enterprises Premier ministre Chretien Chretien Chretien Chretien Martin Martin Martin Harper Harper Harper Harper Harper Harper 1er Jan 2000 2001 2002 2003 2004 2005 2006 2007 2008 2009 2010 2011 2012 Impôt 28 % 27 % 25 % 23 % 23 % 23 % 21 % 21 % 19,5 % 19 % 18 % 16,5 % 15 %

Source : Rapports et budgets annuels, Département des finances

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cher que celles de n’importe quel autre pays du G7. La majeure partie du financement fédéral provient du crédit d’impôt pour la recherche scientifique et le développement expérimental (RS&DE) qui remet annuellement quelques 3.5 milliards en crédits d’impôt. Les données de l’OCDE confirment l’inefficacité des ces incitatifs à engendrer des investissements privés en R&D. En effet, exprimées en pourcentage de PIB, ces investissements ont chuté de près du tiers dans les dix dernières années. Le Canada prend du retard : en 2010, les dépenses en R&D des entreprises canadiennes se classaient au 15e rang des pays de l’OCDE, et 6e parmi les pays du G7. En conséquence, nos exportations et notre productivité stagnent. Les crédits et réductions d’impôts de plusieurs milliards de dollars n’incitent pas les compagnies à investir dans l’innovation qui crée des emplois. Cet argent se retrouve plutôt dans des comptes d’épargne corporatifs. Selon le Globe and Mail, depuis le début de la récession en 2008, les grandes compagnies canadiennes ont ajouté 83 milliards $ à leurs réserves de liquidités. Des données de Statistiques Canada indiquent que les dépôts en devises des compagnies privées qui ne sont pas des institutions financières ont augmenté de 135 % entre 2000 et 2010, passant de 195 milliards $ à 458 milliards $. Lorsque l’on inclut les institutions financières, les dépôts en devises ont totalisé 859 milliards en 2011. Le soutien du Canada pour la recherche et le développement est largement indirect, puisqu’il est grandement constitué de crédits d’impôt. Aucun autre pays industrialisé n’accorde d’aussi importants montants de crédits sans modalités contraignantes. Les compagnies ne dépensent pas l’argent qu’elles possèdent déjà, alors pourquoi leur en donnons-nous davantage, et ce, sans les obliger à rendre des comptes quant à l’utilisation de ces montants? C’est pourquoi le Canada doit immédiatement examiner la façon de distribuer les crédits d’impôts et s’inspirer de méthodes qui ont fait leurs preuves dans d’autres pays; des méthodes Dépenses en R&D des entreprises au Canada qui visent à investir 1,30 % davantage en recherche 1,20 % et développement sur le plan commercial, menant 1,10 % ainsi à une amélioration de la productivité, de la 1,00 % croissance économique et de la qualité des emplois. 0,90 %
Pourcentage du PIB

2001 2002 2003 2004

2005

2006 2007 2008 2009 2010 source : Statistiques Canada

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Le plan de Peggy Nash
Sous ma gouverne, le NPD – et le prochain gouvernement – va développer des politiques efficaces pour attirer à travers le pays les investissements nécessaires à une croissance et à une création d’emploi propulsées par l’innovation. Pour mettre sur pied cette nouvelle approche pratique vers une économie innovatrice, je vais : 1. Lancer un nouveau Fonds Canadien pour l’Innovation pour fournir un appui ciblé à certains projets de recherche et développement et à des programmes de nouveaux produits développés par des entreprises technologiques qui seront qualifiées. Les sommes nécessaires à la mise sur pied de ce fond proviendront d’une partie des revenus obtenus grâce à la fin des subventions pour l’industrie pétrolière et gazière et à une révision des impôts des grandes entreprises. 2. Fournir une aide fiscale avant et après la commercialisation par l’entremise d’une nouvelle Banque de développement du Canada pour des projets et programmes dans certains secteurs ciblés. La Banque sera capitalisée par le gouvernement fédéral, opérera de manière indépendante de toute influence politique, et offrira des prêts leviers et préférentiels pour les projets qui répondront aux critères de sélection. 3. Implanter des crédits d’impôt accrus pour l’investissement, disponibles seulement pour les entreprises qui investissent réellement dans de l’équipement ou de la machinerie de fine pointe. 4. Améliorer les mécanismes de commercialisation de recherche et développement des universités canadiennes et autres institutions publiques tout en maintenant un appui stable pour la recherche de base. 5. Augmenter les parts de marché des produits et services canadiens innovateurs en utilisant des outils comme des politiques d’acquisition domestique, et s’assurer que les accords de commerce international que ratifie le Canada ne désavantagent pas nos moteurs d’innovation sur le marché mondial. 6. Rassembler les champions de l’innovation canadienne provenant du secteur privé, des universités, de la communauté scientifique, du capital de risque, des syndicats et des domaines connexes pour mettre sur pied des réseaux sectoriels de planification qui identifieront les opportunités et les défis en matière d’innovation et qui mobiliseront des ressources afin de mettre en place des stratégies concrètes.

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