Lors d’un évènement pluvieux tel celui qui a eu lieu les 28 et 29 aout 1996, le lac de Louvain-laNeuve va-t-il « déborder

» ? Pour répondre à cette question, nous allons réaliser une modélisation des flux d’eau du lac de Louvain-la-Neuve afin d’être capables de prévoir un débordement éventuel lors d’un évènement pluvieux comme celui de 1996. Nous considérons quatre flux faisant varier le volume du lac. Deux de ces flux sont entrants : la pluie directe et le ruissellement. Les deux autres sont sortants : l’évaporation et le flux de sortie (3 vannes de sortie sont présentes à différentes hauteurs). Pour ce qui est du ruissellement, la surface considérée est celle du bassin hydrographique en amont du lac de Louvain-la-Neuve. La surface du lac est quant à elle déterminée à partir du volume du lac. Une pluie telle celle de 1996 est dite « bicentennale », c'est-à-dire, comme son nom l’indique, qu’elle n’a lieu en moyenne qu’une fois tous les 200 ans. C’est l’analyse de cet évènement pluvieux par le logiciel Matlab© et son application simulink qui va nous permettre de réaliser une modélisation mathématique de l'impact de cet évenement sur le lac. Nous disposons de quatre données climatologiques de cet épisode bicentennal par jour : pluie (mm/jour), température maximale (°C), température du point de rosée (°C) et vitesse de vent (km/h). Nous possédons ces données sur 10 jours, à partir du 27/08/1996 soit un jour avant l’évènement. La modélisation sera dans un premier temps globale. Etant donné que ce modèle est fort compliqué, nous allons ensuite subdiviser cette modélisation en soussystèmes. Cette subdivision nous permettra de mieux mettre en évidence l’influence de chaque facteur. Cette modélisation pourra ensuite nous permettre de répondre à quelques questions complémentaires. Modélisation du système Nous considérons dans ce problème que le lac est notre réservoir. Nous le divisons en deux sous-parties : un volume initial fixe d'approximativement 80 000 m³, et un volume variable situé audessus du moine de sortie. La variation de volume de cette partie du réservoir est donnée par l'équation suivante, en m³/jour : dV/dt = Fruissellement + Pdirecte – Fsortie – Eévaporation Les quatre composantes de cette équation sont les processus suivants : • Fruissellement : intensité du ruissellement (flux entrant) [m³/jour] • Pdirecte : intensité de la pluie directe (flux entrant) [m³/jour] • Fsortie : intensité du flux de l'eau dans le réseau (flux sortant) [m³/jour] • Eévaporation : intensité du flux d'évaporation à partir du lac (flux sortant) [m³/jour] Processus 1. Ruissellement L'intensité de ruissellement est le flux d'eau arrivant dans le lac par ruissellement. Ce processus est fonction de la pluie directe, qui est modélisée sous un autre processus. L'équation caractérisant ce flux est la suivante :

Paramètres : surface du lac et hauteur relative La surface du lac est obtenue par une fonction empirique. qui prend comme paramètre la hauteur relative au dessus du point le plus bas du moine de sortie (m).86[(0.Fruissellement = P*0.00738Td + 0.mat. Evaporation En supposant les températures de l'air et de l'eau égale. 2. Fsortie = fonction_débit(hauteur_relative) La méthode de calcul de la hauteur relative est décrite dans le point suivant. Le déficit de pression de vapeur se calcule avec l'équation suivante : es – ea = 33. Les constantes de cette équation servent à prendre en compte la forme du lac. Sfce_lac = 51383 + 5833.mat et td. grâce au bloc « Look-up table » de Simulink.42 + 0.37 : coefficient de ruissellement de Louvain-la-Neuve L'équation nous donne donc une intensité de ruissellement en m³/jour.0029*vp) avec : • vp : vitesse du vent 150mm au-dessus du plan d'eau (km/jour) • es – ea :déficit de pression de vapeur La vitesse du vent s'obtient à partir du fichier vp. Cette irrégularité s'explique par la présence de 3 vannes.00738Ta + 0. Le débit étant donné par seconde. L'équation caractérisant ce flux est la suivante : Pdirecte = P*0. qui la donne en km/h.mat. avec le bloc « From File » de Simulink. en multipliant la valeur par 24. dépendant de la hauteur relative de l'eau. Les valeurs d'intensité des précipitations (P) sont obtenues à partir de la matrice p. calculée plus bas (m²) • Coeff_ruissellement = 0. l'évaporation (m³/jour) est calculée par : Eévaporation = (es – ea)0. situées à des hauteurs différentes.8072)8 – (0. Il faut donc la transformer en km/jour. 4. Cette fonction est extrapolée à partir de 8 couples de données de hauteur relative (m) et de débit (en m³/s).001*Sfce_lac 3. consacré aux paramètres surface du lac et hauteur relative.8072)8] avec : • Ta : température maximale de l'air (°C) • Td : température du point de rosée de l'air (°C) Les valeurs de température sont obtenues à partir des fichiers ta.001 : intensité des précipitations (m/jour) • Sfce_bassin = 3 870 000m² : surface du bassin hydrographique alimentant le lac • Sfce_lac : surface du lac.001*(Sfce_bassin . il faut le transformer en jour en multipliant par 86400.3*hauteur_rel (m²) . Pluie directe La pluie directe est le flux d'eau arrivant dans le lac directement par la pluie (sans ruissellement !). Celles-ci correspondent aux données de l'épisode de 1996.Sfce_lac)*Coeff_ruissellement avec : • P*0. et pouvant être ouvertes ou fermées.88(0.mat (données de l'épisode de 1996). Flux de sortie Le flux de sortie est caractérisé par une fonction de débit irrégulière et croissante.

0 0.37 P : Intensité de précipitation [mm/Jour] 3 870 000 : Surface du bassin hydrographique [m²] Sfce_lac : Surface du lac [m²] (1) 0.001*(3870000 – Sfce_lac)*0.8072)8 – (0. calculée à partir du volume d'eau dans le lac.La hauteur relative est.42 + 0.3 0. Le pic de volume double le volume du lac. (4) (1) : Sfce_lac = 51383+5833. La fonction caractérisant cette relation est obtenue en extrapolant à partir d'une série de 6 couples qui nous a été donnée.5 0.8072)8] vp : vitesse du vent 150mm au dessus du plan d’eau [km/jour] es-ea : le déficit de pression de vapeur Ta : température maximale de l’air [°C] Td : température du point de rosée de l’air [°C] Fsortie Intensité du flux de sortie à travers des vannes [m³/jour] Fsortie = f(hauteur_relative) Débit = f(hauteur_relative) : Fonction irrégulière.0 1.5 44.86[(0.75 1 1.22 0. Hauteur relative au dessus du point le plus bas du moine de sortie. .88(0.7 9.7] Discussion et interprétation des résultats Le premier graphe représente la variation du volume du lac le long des dix jours étudiés Temps(jour) 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 Pluie(mm/jour) 0. Le pic de volume se produit entre le troisième et le quatrième jour.25 0. Définition des paramètres Volume initial 80 000m³ Volume variable Gain Fruissellement Intensité de ruissellement [m³/jour] Fruissellement = P*0.19 0. croissante. On voit également que six jours de non-précipitation ou presque ne sont pas suffisants pour faire revenir le lac à son volume initial.09 0.0 Les précipitations de chaque jour sont reprises dans le tableau ci-dessus.0 0.32 0.5 56.55 0.3 1.75 1. Les précipitations quant à elles sont maximales le deuxième et le troisième jour. quant à elle.75] Débit (m³/sec) : [0 0. (2) : En supposant que la température de l’air et la température de l’eau sont égales.3×hauteur_relative [m²]. (3) Hauteur_relative=f(volume) : fonction qui est irrégulière et non linéaire.5 1. (3) : Nous approximons cette fonction par les huit couples de valeurs suivantes Hauteur relative (m) : [0 0.25 1.37 :Coefficient de ruissellement de LLN Pdirecte Intensité de la pluie directe [m³/jour] Pdirecte = P*0.0 0.1 0. On voit dès lors qu'il y a une période de latence entre précipitations et augmentation du volume du lac.15 0.001*Sfce_lac P : Intensité de précipitation [mm/Jour] Sfce_lac : Surface du lac [m²] (1) Perte Evaporation Intensité du flux d'évaporation [m³/jour] (2) Evaporation = (es – ea)0.66] (4) : Nous approximons cette fonction par les six couples de valeurs suivantes Volume (m³) : [80000 100000 120000 140000 160000 180000] Hauteur relative (m) : [0 0.0029*vp) où es – ea = 33. non-linéaire.2 1.00738Ta + 0.00738Td + 0.2 0.

Nous avons vu à la section précédente. faible précipitation le 6è jour. Conclusion C'est en faisant ce travail que l'on peut réellement se rendre compte de toute l'envergure du système. On voit dès lors que l'évaporation et la pluie directe ont très peu d'importance. autrement dit le ruissellement qui ont une réelle influence sur le volume. Ce dysfonctionnement a lieu les troisième et quatrième jours. Si c'était à refaire. mais ausi leur importance quantitative. car elle nous permet de calculer le ruissellement qui est un des paramètres principaux. C'est surtout dû à un effet du ruissellement. que l'évaporation ainsi que la pluie directe se marquent très peu ce qui signifie qu'ils n'ont pas une forte influence quantitative sur la variation du volume du lac. on pourrait penser a priori que la pluie directe a une très forte influence sur le volume du lac. Les graphes suivent d'ailleurs la même allure et sont superposables. sur le graphe récapitulatif. On voit que le graphe colle bien aux données du tableau: valeurs maximales les 2è et 3è jours. nous négligerions donc le flux de l'évaporation. Le flux de sortie dépend du débit. Elle est calculée à partir du volume du lac ce qui donne un tableau de six couples points qui nous permettent d'estimer l'allure de toute la courbe. leurs corrélations avec le volume du lac. Ce sont en effet les conséquences de la pluie directe plutot qu'elle même qui influent sur le fort changement de volume du lac. or les graphiques montrent que ce sont surtout les concéquences de la pluie. En effet. Le pic de sortie se fait au même moment que le pic de volume. . On peut également se demander si certains paramètres ne pourraient pas être négligés. Connaissant le volume final du lac.43 m. Ce graphe récapitulatif nous permet de globaliser les différents flux. ce qui signifie que le ruissellement suit le mouvement des précipitations. On peut dès lors affirmer que le lac a débordé.Ce graphe représente le flux entrant de ruissellement. Il y a trois vannes à des hauteurs différentes La hauteur relative est la hauteur audessus du point le plus bas du moine. On voit que celui-ci est maximal les 2è et le 3è jour. On ne peut toutefois pas négliger totalement la pluie directe. celui-ci variant en fonction de la hauteur relative (calculée selon la forme géométrique du lac). on peut en conclure que le lac a effectivement débordé lors de l'épisode pluvieux de 1996. la création du modèle sur simulink ne nous demande qu'une première apprcohe synthétique tandis que l'analyse des résultats nous permet de comprendre l'utilité mais aussi tous les paramètres auxquels il faut penser lors d'une modélisation: adéquation des unités et de leur signification physique. On sait que cela se produit lorsque la hauteur relative dépasse un mètre. on voit qu'il y a un temps de latence entre l'évènement météorologique et ses conséquences. Par exemple. Comme on considère que le lac déborde s'il dépasse une hauteur relative de 1m. nous avons déterminé avec notre courbe étalon la hauteur relative: 1. les fortes précipitation ayant lieu les deuxième et troisième jours. Le but premier du modèle est de déterminer si le lac a débordé. Ceci est logique quand on regarde la formule qui nous a permis de calculer le flux de ruisselement: elle est directement proportionnelle aux précipitations.

En effet.. et on a remarqué que celles-ci sont relativement irrégulières (irrégularités dûes à la topographie du lac. on essayerait en premier lieu de déterminer de manière plus précise les courbes d'étalonnages de la hauteur relative en fonction du volume et du débit en fonction de la hauteur relative. et améliorerait le modèle. . nous avons utilisé moins de 10 points pour chaque courbe.Pour avoir des résultats plus pertinents...) Une estimation plus précise de ces courbes nous fournirait des valeurs plus fiables.

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