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La dette émergente éclate de santé Le Temps Mercredi 15 septembre 2010 Par Emmanuel L.

Delley La maîtrise de leurs finances et la perspective d’une hausse des rendements accroiss ent l’attractivité des obligations des pays émergents. Pourtant, elles restent rares d ans les portefeuilles

Après avoir fait preuve d’une extraordinaire résilience, les pays émergents tirent à présen la croissance mondiale vers le haut. La Chine, à elle seule, contribue ainsi à près d e 50% de la croissance mondiale. Si le différentiel de croissance des émergents n’est pas nouveau, l’origine de celui-ci devient de plus en plus «qualitative». De nombreux pays sont passés d’un modèle exportateu r à un modèle hybride valorisant ainsi leur marché domestique. Dans le cadre de son plan de relance lancé en 2009, la Chine a voulu dynamiser son marché intérieur en agissant sur les deux principaux leviers de la demande domestiq ue: la consommation de biens durables et l’investissement résidentiel. Le gouverneme nt chinois a ainsi accordé des aides aux ménages pour relancer leur consommation et l eurs investissements immobiliers. Si de nombreux pays émergents ont mis en place des mécanismes de relance pour stimul er la demande intérieure, ils l’ont fait dans un contexte budgétaire favorable. Ainsi, alors que de nombreux pays développés ont affiché des déficits budgétaires proches de 10% en 2009, les pays émergents ont eux su limiter la casse grâce aux excédents budgétaires et aux réserves monétaires accumulées en période d’expansion. Dans ce contexte, l’endettement rapporté au PIB des pays émergents est resté plus ou moins stable en 2009 et devrait même diminuer sous les 40% dans les prochaines années grâce à une croissance soutenue conjuguée à une gestion budgétaire saine. Si les pays émergents occupent désormais la place qu’ils méritent sur la scène internation ale, ils sont encore sous-représentés dans la plupart des portefeuilles d’investisseur s occidentaux.

Les pays émergents offrent toujours un surcroît de rendement sur leur dette par rapp ort aux pays développés. Ce différentiel est censé compenser le caractère plus spéculatif d leur dette, mais on peut légitimement se demander si cela est encore pertinent ou si le caractère peu risqué de la dette des pays développés n’est pas surfait. Les pays émergents se rendent d’ailleurs bien compte que leur bonne santé économique leu r permet de plus en plus de fixer les règles du jeu sur les marchés obligataires.

Le marché de la dette émergente en monnaie locale s’est considérablement développé ces dix rnières années en raison d’une hausse de l’offre et d’un intérêt croissant des investisseur our cette classe d’actifs, parfois au détriment de la dette émergente en monnaie forte . Si la dette émergente en monnaie forte revêt encore un intérêt en termes de différentiel d e taux, elle offre en revanche peu de valeur ajoutée en termes de diversification. La dette émergente en monnaie locale offre quant à elle un réel accès aux courbes de ta ux des pays émergents et permet de mieux profiter de l’amélioration des fondamentaux d e ces pays. La dette émergente en monnaie locale nous semble dès lors être une classe d’actifs à privi légier tout en limitant les risques de taux car compte tenu des prévisions de croiss ance et d’inflation dans de nombreux pays émergents le cycle de hausses de taux pour

rait bien y être accéléré.