SOMMET DE L’UNION AFRICAINE

M. Ouyahia salue les réalisations accomplies
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djahid.com série - www.elmou - N°14419 Nouvelle 29 J anvier 2012 1433 - Dimanche 5 Rabie El Aouel

- ISSN 1111-0287

SUPPLEMENT

LA R

E R LE PEUPL PLE ET POU PA R L E P E U EVOLUTION

ECONOMIE

5 Rabie El Aouel 1433 - Dimanche 29 Janvier 2012 - N°14419 Nouvelle série - www.elmoudjahid.com - ISSN 1111-0287

Crise de la zone

L’ALGÉRIE LE
décideurs menées par les leurs liAussi, les actions niveau ont montré Zone euro européens au plus que l’urgence ne se limite au sein de la " plus La crise de la dette 2010 avec la " Crise de financière mites d’autant ", hée en se proprement la " a été enclenc e grecque (2010 et après) nt plus à une entrepri p plus de l’économique, la dette publiqu provoquée par un importa pris son chemais relève beaucou fut au coucroissance ayant été cette dernière récession de la dans toute sa dimension a public. Elle s'étend englopour crise récurrent déficit et ts et de spémin. La année à l'Irlande panoplie d’exper pas rant de la même ement progressif, d’autres abordée par une reste que son impact n’a e, mais il ber dans un enchaîn comme le Portugal, l’Itaqui s’impos n cialistes avec la précisio pays établis à risque nt au passage, d’autres encore établi, ies dépendantes de la zone euro. menaça lie, l’Espagne jusque-là prémunis pour citer les économ à l’opinion pusur s ici d’apporter t de cette crise pays considérés Nous tenteron agne. es sur l’impac ire la France et l’Allem ge se sont succédé mais blique des éclairagpar sa position de partena de Les plans de sauvetale cours de la crise dont sur notre pays l’Europe. sur sans effet notable de plus en plus d’Etats memstratégique de l’étendue menace euro. bres de la zone 29 Janvier 2012
Dimanche

PRÉMUNIE ?

EST-EL

Lire notre supplément économie

L A R E V O L U T I O N PA R L E P E U P L E E T P O U R L E P E U P L E

TAUX DE CHÔMAGE

M. BENHAMADI L’A ANNONCÉ

M. Louh prévoit une baisse à «moins de 10%» en 2011
Pensions et allocations de retraite : versement des augmentations en janvier

Projet de vote électronique pour la communauté algérienne à l’étranger
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PRÉVISIONS DU FMI POUR 2012

Une croissance de plus de 3% pour l’Algérie
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UN VIBRANT HOMMAGE LUI A ÉTÉ RENDU HIER

Benhamouda, l’icôneincontournable dusyndicalisme
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REPORTAGE

DANS TOUTE SA SPLENDEUR

TAM
Randonnée dans le grand Sud
EN
PP. 16-17

M. Louh a indiqué, dans une déclaration à la presse, en marge de la rencontre nationale des directeurs de wilaya de l’emploi, que sur la base du nombre d’emplois créés, «il est prévu une baisse du taux de chômage à moins de 10%» en 2011, dans l’attente du taux officiel contenu dans l’enquête de l’Office national des statistiques (ONS).
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mardi lhodzic assistera f Vahid Hali ïa-ES Séti P. 31 au match JSM Béja

Quotidien national dinformation — 20, rue de la Liberté - Alger — Tél. : (021) 73.70.81 — Fax : (021) 73.90.43 — 55e Année — Algérie : 10,00 DA - France : 1 €

euro

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Météo

EL MOUDJAHID

Demain, à 9h30, au Conseil de la nation Demain, à 10h

Froid et pluie
Sur les régions Nord, le temps sera relativement froid et instable avec des pluies orageuses plus marquées, notamment sur les régions Ouest et Centre et les Hauts Plateaux (El-Bayadh, Laghouat, Djelfa et Biskra). Chutes de neige sur les reliefs dépassant 800 mètres d'altitude. Les vents seront de secteur NordOuest modérés (30/40 km/h). La mer sera agitée devenant localement forte en soirée. Sur les régions sud du pays, le temps sera partiellement voilé en cours de journée. Les vents seront variables, faibles à modérés (20/30 km/h). Les températures (maximales-minimales) prévues aujourd’hui seront comme suit : Alger (12°- 9°), Annaba (14°- 10°), Béchar (14° - 6°), Biskra (18°- 6°), Constantine (10°- 6°), Djanet (16° 3°), Djelfa (7° - 3°), Ghardaïa (15°2°), Oran (12° - 9°), Sétif (8°- 4°), Tamanrasset (18°- 6°), Tlemcen (9°- 6°).

Le directeur de l’Office national de gestion et d’exploitation des biens culturels, M. Z e g h a g Abdelouahab, et le chef de projet de la station Musée (place des Martyrs) du métro d’Alger, M. Stiti, animeront, demain, à 10 heures, une conférence de presse sur la station de métro de la place des Martyrs. Les conférenciers aborderont l’état d’avancement des travaux dans cette station.

Conférence de presse sur la Station-musée du métro d’Alger

Le Conseil de la nation reprendra demain à 9h30 ses travaux en séance plénière consacrée au vote du projet de loi concernant le règlement budgétaire pour 2009 et l’adoption de projet de loi relative à la wilaya, qui sera suivie d’une séance consacrée à l’installation des responsables des structures du conseil.

Reprise des travaux en plénière

Demain, à 10h, à l’hôtel Sofitel

Conférence sur le «Développement économique durable»
La direction générale de la PME du ministère de l’Industrie, de la PME et de la Promotion de l’investissement, et la coopération allemande au développement (GIZAlgérien) organisent une conférence de présentation du bilan du programme «Développement économique durable» (DEVED) de promotion de la PME en Algérie qui se tiendra demain, de 10h à 14h, à l’hôtel Sofitel, salle Atlas.

Mawlid Ennabaoui

La fête sera célébrée le 5 février

Réunion de l’APEM les 29 et 30 janvier

aoui Echarif Le Mawlid Ennab du Prophète niversaire de la naissance ie Al awal (an 12 rab QSSSL) sera célébré leà la journée de 3 correspondant 143 2, a annoncé le dimanche 5 février 201 gieuses et du istère des Affaires reli servation du min l'ob Wakf. Les résultats de ie Al Awal le 29 croissant lunaire de rab l'ensemble du s safar 1433 à traver bli que le 1er de éta territoire national ont c le mercredi 25 ce mois a coïncidé ave janvier 2012.

Une délégation de l’APN à Lisbonne
MM. Miloud Chorfi et M’hamed Lebid, membres de l’APN, participent à la réunion de la commission de la qualité de vie, des échanges humains et de la culture de l’Assemblée parlementaire euro-méditerranéenne (APEM), qui se tiendra les 29 et 30 janvier dans la capitale portugaise, Lisbonne.

Les 30, 31 janvier et 1er février, à l’hôtel Hilton

5e Salon international de la pharmacie

Ce matin, à 8h30, à la résidence Djenane El-Mithak

Cet après-midi, à 15h30, au HCI (El-Biar)

Atelier sur les engagements de l’Algérie au titre de l’Examen périodique universel
La Commission nationale consultative de promotion et de protection des droits de l’homme organise ce matin, à partir de 8h30, à la résidence El- Mithak, un atelier traitant des engagements de l’Algérie au titre du mécanisme de l’Examen périodique universel, dont le premier rapport y afférent a été présenté au cours de l’année 2008.

Conférence-débat sur «L’islam à l’heure de la mondialisation»
M. Kamel Chekkat, journaliste chercheur, donnera une conférencedébat sur le thème : “L’islam à l’heure de la mondialisation, entre hier et aujourd’hui”, cet après-midi à 15h30, au siège du Haut conseil islamique (HCI), 6, boulevard du 11-Décembre-1960, El-Biar.

Ce matin à9 h30, à la cour de justice d’Alger

Séminaire régional sur la révision exceptionnelle des listes électorales
Dans le cadre des préparatifs des prochaines élections législatives, le ministère de la Justice organise ce matin à 9h30, à la cour de justice d’Alger, un séminaire régional portant sur la révision exceptionnelle des listes électorales. Selon le communiqué du ministère, six séminaires régionaux sont programmés sur ce thème à Oran, Chlef, Annaba, Sétif, Ouargla et Alger.

Conférence sur la «Sécurité et protectio des données : risquesn et enjeux»

Ce matin, à 10h30, au Cyberparc Sidi-Abdellah

La 5e édition du SIPHAL, Salon international de la pharmacie et de la parapharmacie en Algérie (SIPHAL2012), se tiendra les 30, 31 janvier et 1er février à l’hôtel Hilton.

Le ministère de la Po logies de l’information ste, des Technonication, en partenariat et de la commuave de Genève et le forum Su c l’université ganise ce matin à 10h3 isse Algérie, orSidi-Abdellah, une con 0, au Cyberparc curité et protection des férence sur la «Sédonnées : risques et enjeux».

Demain, à 19h, à l’auditorium de la radio algérienne

Concert de piano du maestro Christian Leotta
L’Institut culturel italien d’Alger et l’auditorium de la radio algérienne Aïssa-Messaoudi organisent un concert de piano du maestro Christian Leotta, lundi 30 janvier à 19h, à l’auditorium de la radio algérienne (21, boulevard des Martyrs, Alger).

Activités des partis politiques Les 30 et 31 janvier, à la salle omnisports de Tipasa

Congrès constitutif du FNJS
Le Front national pour la justice sociale (FNJS) tiendra son congrès constitutif les 30 et 31 janvier, à la salle omnisports de Tipasa.

Dimanche 29 Janvier 2012

EL MOUDJAHID

Nation
SOMMET DE L’UNION AFRICAINE

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M. Ouyahia salue les réalisations accomplies en matière de complémentarité des organes de l'UA et des projets du NEPAD
Intervenant lors des travaux de la 26e réunion des chefs d'Etat et de gouvernement du Comité africain d'orientation du NEPAD, ouverts hier à Addis Abeba, M. Ahmed Ouyahia, Premier ministre et représentant personnel du Président de la République, M. Abdelaziz Bouteflika, a souligné que "l'impulsion qu'ont connue la mise en œuvre des projets retenus dans le cadre de notre sous-comité sur les infrastructures, ainsi que le programme d'action détaillé pour le développement de l'agriculture en Afrique est encourageante".

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l a ensuite ajouté que "les niveaux atteints dans la mise en œuvre du programme d'action détaillé pour le développement de l'agriculture en Afrique (42 pays impliqués), les taux de croissance de plus en plus importants dans ce secteur, ainsi que les progrès enregistrés dans l'avancement des projets d'infrastructures augurent tous de perspectives prometteuses pour l'Afrique". Abordant le programme du NEPAD, dans son ensemble, le Premier ministre a relevé que ce dernier «ne saurait compter seulement sur le budget de l'UA et les contributions volontaires des Etats membres, et qu’il requiert des ressources bien plus importantes, qui soient stables et prévisibles". Il a tenu à saluer à cette occasion les "efforts de mobilisation déployés par l'Agence de coordination et de planification, aussi bien au niveau africain qu'auprès des partenaires économiques",

Ph : Archives avant de mettre l’accent sur l'impératif renforcement de la coordination et de la coopération entre l'Agence et les structures africaines de l'UA, d'une part, et le développement des liens étroits avec les programmes et projets de développement, en conformité

avec la vision du NEPAD, d’autre part. Il y a lieu de rappeler à cet égard qu’à l’ouverture des travaux de cette réunion, le Premier ministre éthiopien, président du Comité africain d'orientation du NEPAD, M. Meles Zenawi, a souligné que le Nouveau partenariat pour le développement en Afrique (NEPAD) représentait "une nouvelle vision africaine en matière de renforcement de la démocratie et du développement économique en Afrique, qui a réussi à donner un nouveau souffle à la concrétisation de plusieurs programmes de développement dans le continent noir". Il a ajouté que «les défis futurs exigent du NEPAD la mise en place d'une nouvelle stratégie visant à contrer les retombées néfastes de la crise économique à travers le renforcement des infrastructures et la promotion de la relation entre le NEPAD et les

organisations régionales et internationales». Cela dit, les participants s’attelleront, durant la réunion qui se poursuit à huis clos, à évaluer les travaux d'orientation du précédent semestre, notamment l'initiative présidentielle relative aux infrastructures, l'activité de l'Agence pour la planification, la coordination et la relation avec les organisations régionales et internationales, notamment le G8 et le G20. Un rapport sur le mécanisme de coordination régionale (Afrique-ONU) et un autre sur la recherche conjointe sur l'efficience et le développement de l'Afrique seront également présentés à cette occasion. Il reste à ajouter que le Comité africain d'orientation du NEPAD, qui compte 20 pays africains, tient deux réunions par an, en marge des sommets des chefs d'Etat et de gouvernement de l'UA. Mourad A.

PROCESSUS DE PAIX EN SOMALIE

La Conférence de Londres sera le “point de changement”,
indique M. Ping
La Conférence de Londres sur la Somalie, prévue le 23 février, devrait être "un point de changement" pour le processus de paix en Somalie, a indiqué Jean Ping, président de la Commission de l'Union africaine (CUA), samedi au siège de l'UA à Addis Abeba. "La Conférence de Londres, qui va se tenir six mois après la fin du mandat du gouvernement de transition somalien, devrait définir les engagements pour soutenir le processus de paix en Somalie", a indiqué M. Ping, avant la tenue du 18e sommet de l'UA. Un autre sommet africain se tient depuis quelques jours à Addis Abeba d’évaluation des mécanismes mis en place pour le développement du continent noir et le traitement de la problématique de cette vaste étendue de la planète souvent alourdie par le poids d’un héritage et la propagation de maux et fléaux sociaux compromettant un effort et hypothéquant surtout un avenir. Cette rencontre intervient également dans un contexte marqué par des bouleversements au niveau de quelques pays membres de cette union pour revêtir un caractère de singularité et redéfinir, d’une certaine manière, les règles du jeu. Une rencontre enfin se déroulant dans un climat marqué par la crise financière internationale reléguant à propos cette attente d’un partenariat durable et stratégique tel que fixé et désiré à la fois par les promoteurs du NEPAD à une autre échéance… C’est dire toute l’impor"Les participants à la Conférence de Londres devraient fournir un soutien politique et matériel pour répondre aux besoins en Somalie", a ajouté le président de la CUA. La Conférence de Londres sur la Somalie, proposée par le Premier Ministre britannique David Cameron, va réunir les représentants de 40 gouvernements, ainsi que des Nations unies, de l'Union africaine, de l'Union européenne et de la Banque mondiale.

Inauguration à Addis Abeba du nouveau siège de l'UA
Le nouveau siège de l'Union africaine (UA) a été inauguré hier après-midi à Addis Abeba (Ethiopie) en présence de dirigeants et de chefs de gouvernement des pays qui prennent part à la 18 session ordinaire de l'UA, dont le Premier ministre, M. Ahmed Ouyahia, en qualité de représentant du Président de la République, M. Abdelaziz Bouteflika. Offert par la Chine, ce nouveau complexe de l'UA construit pour un coût de 200 millions de dollars sur une superficie de 51.887 m2 comprend une tour administrative de 20 étages, une grande salle de conférences et autres infrastructures extérieures. La capacité d'accueil de la principale salle de conférences dépasse 2.500 personnes, répartie sur 3 tribunes avec respectivement 1.040 personnes pour le pre-

mier étage, 679 pour le deuxième, contre 786 personnes pour le troisième étage. La cérémonie d'ouverture a été marquée par la présence du président du comité permanent du bureau politique du Parti communiste chinois, M. Jia Qinglin. Lors d'une conférence de presse, le

secrétaire général de la commission de l'UA a salué vendredi le rôle important joué par la Chine dans la construction et l'équipement en moyens ultramodernes de ce nouveau siège qui, a-t-il dit, reflète le bon niveau du partenariat qui lie la Chine et le continent africain.

Le long combat africain pour l’intégration
tance de ce sommet dont l’Algérie est représentée par son Premier ministre, M. Ahmed Ouyahia, pour tenter de faire valoir son approche et rappeler les idées et propositions de son Président de la République reconnu par ses pairs comme étant un des principaux animateurs du renouveau africain. Absolument, la détermination reste forte pour poursuivre ce long combat pour le développement d’une Afrique qui a accompli des progrès tangibles pour la remise à niveau de son système de fonctionnement et la promotion des valeurs universelles, particulièrement ces notions de liberté, de démocratie et des droits de l’homme, en dépit d’ailleurs des difficultés subsistant toujours. Son union est dotée désormais de toutes les institutions pour l’observation d’une ligne de conduite et la conformité à son esprit. Parlementaire et un conseil de sécurité entre autres pour faire respecter la légalité et la souveraineté des peuples et régler les conflits, ces institutions et structures aux attributions élargies comptabilisent plus que jamais une expérience pour tirer les enseignements à même de consolider les assises de cette union dont la composante demeure convaincue de la portée de son rôle et de son influence dans la nouvelle configuration d’un monde. S’il est vrai que les foyers de tension signalés ça et là, à l’image de la Somalie, du Nigeria à travers la montée de l’extrémisme, de la région du Sahel et le ter-

rorisme, du Soudan et le conflit du Darfour et autres liés aux fléaux de la pauvreté et de la famine, rendent la tâche assez complexe, un désir ardent anime les dirigeants africains pour surmonter les épreuves du contexte et persévérer dans la voie du combat, celui du développement de ce continent aux énormes potentialités humaines et matérielles. Un développement reposant fondamentalement sur le partage des valeurs pour une parfaite intégration et une dynamisation des échanges. Autant de défis sont en fait à relever par cette Afrique qui compte s’inscrire dans la vision de la modernité et s’adapter aux exigences de l’étape pour ne point s’exclure et se marginaliser de l’ordre établi aujourd’hui et soumis uniquement aux paramètres de la rigueur, de l’efficacité et de la rationnalité. Un ordre qui ne laisse aucune chance aux moins avertis de ses enjeux tout bonnement… A. BELLAHA

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Nation
ELECTIONS LEGISLATIVES
PLJ

EL MOUDJAHID

Mohamed Saïd élu président
L e Parti de la liberté et de la justice (PLJ, en cours de constitution) a clos, hier, à Alger, les travaux de son congrès constitutif par l'élection à l'unanimité de M. Mohamed Saïd en qualité de président du parti pour un mandat de cinq ans et des membres du Conseil national composé de 100 cadres.

A

l'issue de son élection à la tête du PLJ, M. Mohamed Saïd a préconisé de fixer le mandat électoral du président du parti à un mandat renouvelable une seule fois en vue de consacrer le principe d'alternance à la direction du parti. Dans une allocution prononcée à cette occasion, le président du PLJ a appelé les militants de son parti à "faire preuve de patience" et à ne pas faire une fixation sur les prochaines élections, "les échéances électorales étant un rendez-vous qui se renouvelle". Toutefois, M. Mohamed Saïd a tenu à souligner la nécessité d'"amorcer avec force les prochaines élections locales qui permettront aux militants ne jouissant pas d'expérience politique de mettre en exergue leurs compétences à travers l'animation de la cam-

pagne électorale". "L'élection du Conseil national du parti se veut une étape préparatoire à l'ouverture des locaux du PLJ à travers les wilayas du pays et l'entame d'une campagne visant à drainer davantage d'adhérents", a-t-il ajouté, annonçant l'installation prochaine "des bureaux de wilaya conformément au règlement intérieur". Par ailleurs, M. Mohamed Saïd a appelé les pouvoirs publics à "réserver le même traitement à tous les partis politiques en ce qui concerne le soutien matériel" relevant à cet effet "un changement du contexte historique dans lequel les anciens partis ont été créés et qui leur a permis de bénéficier d'un soutien financier contrairement aux nouveaux partis qui comptent sur leurs propres moyens, parfois limités". Dans ce contexte, M. Moha-

med Saïd a appelé tous les nouveaux partis à resserrer les rangs pour exiger "égalité et équité" dans l'octroi du soutien matériel à tous les partis exprimant sa disposition à "mener ce combat et à contribuer à l'aboutissement de cette démarche". Il a, d'autre part, appelé les jeunes militants de son parti à "faire preuve d'intégrité et d'altruisme, à investir la scène politique avec pondération et à ne pas courir après les postes de responsabilité" soulignant la nécessité pour ces jeunes de "fournir un effort supplémentaire en matière de formation et d'acquisition de diplômes scientifiques leur permettant de mieux s'imposer". M. Mohamed Saïd a indiqué qu'il allait entamer des visites sur le terrain à travers toutes les wilayas du pays pour "entrer en contact avec

Ph. T. Rouabah

la base et asseoir les fondements d'un parti fort à même de jouer pleinement son rôle dans la société". De son côté, le porte-parole du congrès constitutif du PLJ, M. Mustapha Hamissi a indiqué que la "direction constitutive élue sera chargée de la gestion des affaires du parti et de la mise en place des structures de base jusqu'à la tenue

du congrès extraordinaire après obtention de l'agrément des services compétents du ministère de l'Intérieur et des Collectivités locales. Le dossier de création du parti sera soumis la semaine prochaine au ministère de tutelle , a-t-il ajouté rappelant que son parti est présent à travers 640 délégués dans 42 wilayas.

LeSGduPRAappelleàuneforteparticipation

ALI LASKRI À BORDJ BOU-ARRERIDJ

L

e secrétaire général du Parti du renouveau algérien (PRA), M. Kamel Bensalem, a appelé, hier à Relizane, à une forte participation aux prochaines législatives "pour assurer l’avenir du pays". Présidant un rassemblement avec les militants du parti, M. Bensalem a invité l’ensemble des citoyens à participer à la vie politique pour "combattre l’injustice et écarter les opportunistes", par la présentation de candidature de personnes intègres et honnêtes à ces échéances électorales. Le SG du PRA a estimé que les prochaines législatives, survenant après les réformes politiques, consacreront le principe de l’égalité des chances entre les partis. "Tous les partis sont égaux et la force de chacun d’eux résidera dans son programme et son attachement à sa base", a-til indiqué. L’orateur a également insisté sur la mission des observateurs qu’il a qualifiée "d’importante" car elle garantira "la transparence et la crédibilité du scrutin". Après avoir longuement abordé l’apport du PRA aux réformes politiques, M. Bensalem a évoqué l’action de la femme dans la sphère politique, en mettant en exergue la place qu’elle occupe au sein de son parti.

Se référer à la base pour la position du parti sur les élections

P

RÉVISION EXCEPTIONNELLE DES LISTES ÉLECTORALES

Colloque régional aujourd’hui à Alger

L

e ministère de la Justice organisera, aujourd’hui, à Alger, un colloque régional sur "la révision exceptionnelle des listes électorales", a indiqué, samedi, un communiqué du ministère. Outre cinq autres colloques régionaux prévus dans les wilayas d'Oran, Chlef, Annaba, Sétif et Ouargla, ce premier colloque s'inscrit dans le cadre des préparatifs des prochaines législatives, précise la même source. Prendront part à ces colloques les présidents des cours, les procureurs généraux, les magistrats, les présidents des commissions administratives électo-

rales et les présidents des tribunaux. Plusieurs questions figurent au menu de ces colloqes dont les dispositions relatives à la révision exceptionnelle des listes électorales, la nouvelle composition de la commission administrative électorale, les prérogatives des magistrats et du président de la commission administrative électorale, l'obligation de l'ouverture et de la clôture de l'opération de révision dans le délai légal ainsi que le tribunal chargé de trancher les recours relatifs à l'inscription et à la radiation des listes électorales, a ajouté le communiqué.

our le premier secrétaire du FFS, M. Ali Laskri, le texte de la convention nationale qui est proposée aux militants permettra de sortir avec une position commune sur la participation du parti au prochain scrutin. Nous avons décidé d’ouvrir un large débat pour assurer un consensus autour de cette question, a-t-il expliqué. M. Laskri, qui a annoncé que le document sera présenté au conseil national, a rappelé aux représentants des fédérations de wilayas de Bordj Bou-Arréridj, Sétif, Guelma, Constantine, Tébessa, Mila et Jijel que le FFS a toujours lutté pour la construction de la démocratie et la concrétisation des orientations du congrès de la Soummam. Nous ne voulons pas, a-t-il ajouté, que ce qui se passe en Lybie arrive à notre pays, a déclaré M. Laskri qui a ajouté que le changement voulu ne doit pas se faire par la violence. Nous proposons une alternative démocratique et pacifique, a affirmé le premier secrétaire du FFS, qui a estimé que des risque entourent les conditions de préparation des élections. M. Laskri a rappelé que le FFS est pour la construction d’un Etat moderne,

pour la justice sociale, pour la propagation de la sécurité et pour les droits de l’homme. Il a noté que l’indépendance de la justice est nécessaire pour l’organisation et le contrôle des élections. L’orateur est favorable à l’établissement du bilan des 50 ans de l’indépendance. Il a, par ailleurs, estimé que le 5 juillet est le prélude d’une nouvelle ère qu’il a nommée la deuxième république. Se basant sur le modèle tunisien qui a réussi selon lui. Il suggère également la création d’une assemblée constituante qui représente une vieille revendication du parti. F. D.

De nouveaux acteurs politiques pour relever le défi

D

e nouveaux acteurs politiques entreront prochainement dans l’arène après l’accomplissement des formalités d’agrément pour enrichir le paysage et procéder à son éventuelle reconfiguration. Une dizaine de partis, dans une première phase, appelés à jeter les fondements de leur existence au gré de congrès constitutifs et d’installations de structures locales à même de porter haut la voix d’une option, de véhiculer les idées et propositions d’un programme et de persuader le citoyen de la justesse de la cause. Un nouvel élan sera donné à l’activité politique d’où l’émergence, on le souhaite, de débats et d’une confrontation des approches pour l’approfondisse-

ment du concept démocratique. Et c’est toute la singularité de ces futures échéances législatives qui est mise en relief pour conforter un processus de réformes politiques initiées par le premier magistrat du pays en droite ligne avec un programme d’action se voulant en adaptation avec l’évolution du pays et en conformité avec les valeurs de la nation. Point de tergiversations devant cette volonté affichée pour traduire les aspirations d’un peuple et faire valoir une notion de liberté dans son sens le plus large et interpeller la classe politique à se consacrer sur les authentiques préoccupations et attentes du citoyen. Guère d’espace pour le constat habituel aujourd’hui perçu et connu de tous pour en revanche se focaliser grâce à une projection sur la valorisa-

tion d’un plan national d’équipement ayant pour le moins permis de créer une infrastructure de base moderne incitatrice à l’investissement productif. C’est là, le vœu du commun des électeurs en quête d’engagement et d’implication de leurs représentants pour la prise en charge de leurs aspirations. Un défi à relever par la classe politique dans sa nouvelle constitution et au-delà de ses tendances accrochant peu le citoyen des recoins les plus reculés du territoire. Effectivement, les enjeux du contexte dépassent de loin les motivations et convictions partisanes pour obéir seulement au souci de préserver une paix rétablie et une stabilité restaurée au-delà des difficultés et de la précarité parfois d’un quotidien. Cap alors sur la recherche des voies et moyens à mettre en œuvre pour capita-

liser l’investissement et renforcer l’esprit d’une démarche de réconciliation de la nation avec ses marques d’union, de solidarité et de tolérance en reléguant l’intérêt partisan au dernier plan. Enormément de thèmes à débattre lors de la prochaine campagne électorale qui sera suivie avec curiosité et attention par une opinion internationale convaincue dans sa majorité par l’effort du renouveau national consenti. En clair, anciens et nouveau acteurs politiques ne peuvent rendre crédibles leurs activités que par le développement d’une conception pragmatique et réaliste, rigoureuse et efficace en balayant cette surenchère combien néfaste et peu recommandée pour la culture démocratique… A. Bellaha

Dimanche 29 Janvier 2012

EL MOUDJAHID

Nation
ELECTIONS LEGISLATIVES
Les préparatifs en vue des prochaines élections législatives ont été le principal point ayant caractérisé ces derniers jours, l'activité partisane, outre celui relatif à l'organisation des congrès constitutifs des partis en attente de leur agrément.
nal tranchera ensuite la participation ou non du FFS aux législatives du printemps prochain. De son côté, le coordinateur de l'instance constitutive du Parti de la liberté et de la justice (PLJ, en attente d'agrément), M. Mohamed Said, a souligné ce week-end, la nécessaire «entente» sur un système institutionnel qui garantisse à l'Algérie une stabilité durable à travers la révision de la Constitution. Par ailleurs, la secrétaire générale du Parti des travailleurs (PT), Mme Louiza Hanoune, a appelé, vendredi, à l'ouverture de la session ordinaire du comité central du parti, à procéder à un remaniement ministériel, même «partiel», pour favoriser l'organisation d'élections législatives dans un climat «de liberté, de régularité et de transparence». La SG du PT a insisté sur la nécessité d'envisager la formation d'un gouvernement «neutre» afin de réunir les conditions nécessaires à l'organisation d’«élections transparentes, loin de toute fraude». Elle a appelé le Président de la Républi-que à intervenir pour assurer davantage de transparence aux élections, à travers des mesures à même de combler, selon elle, les lacunes de la nouvelle loi électorale. Pour sa part, le secrétaire général du mouvement Ennahda, M. Fateh Rebiaï, a annoncé à Alger que le conseil consultatif de son mouvement se réunira en février prochain pour se prononcer sur la participation du parti aux prochaines échéances électorales. Présidant l'ouverture des travaux de la troisième rencontre de la commission nationale de préparation des élections du parti, M. Rebiaï a fait part d'une progression dans la préparation à ce rendez-vous, précisant que «les listes de plusieurs wilayas sont déjà prêtes». M. Rebiaï a proposé la constitution d'un pôle rassemblant les différents partis pour assurer un «meilleur contrôle» des prochaines élections législatives. Par ailleurs, à l'instar des neuf autres partis autorisés officiellement par le ministère de l'Intérieur et des Collectivités lo-

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Un week-end chargé pour les partis politiques
L
e premier secrétaire du Front des forces socialistes (FFS), M. Ali Laskri, a présidé ce week-end, une rencontre régionale des cadres du parti, au niveau de la wilaya de Saïda, consacrée à la position à adopter au sujet des prochaines élections législatives. Lors de cette rencontre M. Laskri a appelé ces cadres à rester à l’écoute des différentes instances, syndicats et associations, concernant la position à prendre au sujet des prochaines échéances électorales. Il a exposé les avantages et les inconvénients d’une participation du FFS au scrutin. Le premier secrétaire du FFS a indiqué que les débats menés aux niveaux local et régional autour de ce document seront synthétisés et rendus publics par la convention nationale, prévue le 11 février prochain, et le conseil natiocales à tenir leurs congrès constitutifs, le Parti pour la liberté et la justice (PLJ) a organisé, en cette fin de semaine, ses assises avec la participation de 640 délégués venus de 42 wilayas, en présence de personnalités politiques nationales, dont l'ancien président du Haut conseil de l'Etat (HCE), M. Ali Kafi, et l'ancien ministre, M. Ahmed Taleb Ibrahimi. Lors d'une allocution prononcée à l'ouverture du congrès, le coordinateur de l'instance constitutive du parti, M. Mohamed Saïd, a souligné que l'action de sa formation politique repose sur plusieurs axes, notamment l'édification de l'Etat de droit, la justice sociale, la modernité politique et l'efficacité économique. Il a souhaité que les réformes politiques initiées en Algérie constituent une «nouvelle ère» dans l'histoire du pays. Sihem Oubraham

BELKHADEM À BOUIRA

Le FLN n’est pas contre la création de nouveaux partis
Le secrétaire général du Front de libération nationale (FLN), M. Abdelaziz Belkhadem, a soutenu hier à Bouira que les prochaines échéances électorales seront propres et transparentes dès lors qu’elles se dérouleront sous la surveillance des juges et de la commission de surveillance composée de représentants des partis politiques.
urnes. «Les prochaines élections législatives ont une importance capitale puisque c’est à leur issue que se constituera la nouvelle carte politique nationale et la future Assemblée nationale qui aura la très délicate mission d’apporter des amendements à la première loi du pays», a-t-il lancé à l’adresse des militants de son parti, avant de les exhorter à fournir beaucoup d’efforts pour élargir la base militante et consolider la présence de son parti à travers tout le territoire national. «Chacun de vous est tenu non seulement d’aller voter, mais de convaincre tous les militants et sympathisants de faire de même pour parer à l’éparpillement des voix de nos militants», a en outre souligné M. Belkhadem, en insistant que le FLN n’a pas peur de la concurrence des autres partis politiques pourvu que celleci soit sur la base des programmes qui présenteront des solutions aux problèmes que vivent les Algériens. Le FLN, dira-til aussi, n’est pas contre la création de nouveaux partis politiques, bien au contraire. Il est favorable à la création d’autant de partis que possible, pourvu que ces nouvelles formations disposent de bases militantes pour qu’elles puissent apporter un plus sur la scène politique nationale et participer au processus de consolidation de la pratique démocratique dans notre pays. La pratique démocratique et le pluralisme politique qui existent en Algérie depuis plus de 20 ans, ne doivent cependant pas dépasser les lignes rouges, qui sont notamment l’unité nationale, les constantes nationales et la démocratie, a averti le premier responsable du FLN, tout en fustigeant les tenants du fédéralisme ou de l’autonomie en affirmant que le FLN qui s’est opposé à ce programme en 1958 quant le gouvernement de la France coloniale avait proposé l’indépendance du nord du pays et le maintien du Sahara sous sa domination, refusera avec autant d’acharnement toute tentative ou vision séparatiste sous toutes ses formes. «L’Algérie est une et indivisible, elle est unie, peuple et territoire», a insisté M. Abdelaziz Belkhadem. Auparavant, le secrétaire général du FLN a rappelé le rôle qu’a joué son parti dans l’enrichissement des réformes initiées par Son Excellence, le Président de la République, pour la consolidation du processus démocratique dans notre pays, mais aussi dans la reconstruction de l’Algérie au lendemain de sa sortie d’une longue et atroce colonisation qui avait tout détruit. Il a en outre défendu l’Alliance présidentielle en soulignant que dans tous les pays du monde, les partis politiques ont recours aux alliances pour mieux appliquer un programme sur lequel ils se sont mis d’accord. Comme le FLN n’a supplié aucun parti pour rejoindre cette alliance, il ne va pas non plus implorer un parti qui l’a rejoint volontairement pour qu’il revienne après avoir décidé de la quitter volontairement, a affirmé Belkhadem, en référence au MSP, qui est sorti récemment de l’Alliance présidentielle. Bel.Adrar

AMAR BOUACHA (INFITAH) À BORDJ BOU ARRERIDJ

Les élections, une chance pour sortir de la crise

S’

exprimant devant des centaines de militants de son parti rassemblés dans la salle de spectacle de la maison de la Culture Ali-Zammoum de Bouira, M. Abdelaziz Belkhadem a précisé que les prochaines élections seront doublement sur- veillées, une surveillance interne assurée par les juges et des partis politiques et une surveillance extérieure assurée par les observateurs étrangers, ce qui dénote, at-il indiqué, de la volonté et de la détermination des plus hautes autorités du pays d’assurer une irréprochable échéance électorale. Sur ce plan-là, à savoir la transparence des prochaines élections, le FLN a toutefois affiché sa crainte d’une forte abstention des citoyens, d’où d’ailleurs son insistance sur la nécessité d’une forte mobilisation de tous les militants de son parti pour convaincre, d’abord, les militants et sympathisants du FLN, et les citoyens ensuite, de se rendre massivement aux

M.

Compétences et probité, seuls critères de candidature
Le secrétaire général du FLN, M. Abdelaziz Belkhadem, a annoncé hier à Bouira que les kasmas du parti organisent depuis le 26 janvier dernier et ce, jusqu’au 6 février prochain, des assemblées générales pour établir des listes de candidature aux prochaines élections législatives. «Il ne faut en aucun cas exclure tout militant qui voudrait se présenter à ces élections », a lancé le SG du FLN aux responsables de ses kasmas, en ajoutant que « votre rôle c’est de recueillir les candidatures que vous devrez ensuite transmettre aux bureaux des mouhafadhas». Les bureaux des mouhafadhas traiteront à leur tour ces listes avant de les transmet-tre aux instances centrales du parti, seules habilitées à décider des listes définitives à présenter aux prochaines élections. M. Belkhadem a insisté par ailleurs sur le fait que les candidats à ces élections doivent être choisis parmi les militants ayant des compétences avérées et une probité irréprochable, car la crédibilité du parti. B. A.

Amar Bouacha, président du mouvement infitah, a animé hier un meeting politique au centre de loisirs scientifiques d’El Anasser. M. Bouacha, qui a noté que l’Algérie est sortie indemne des péripéties du printemps arabe, a rappelé que notre pays a payé une lourde facture aussi bien durant la Révolution armée que durant la tragédie nationale. L’homme politique a souligné que les dépassements qu’ont connus les élections précédentes ont conduit à la crise politique, économique et sociale actuelle. Mais celles de 2012, a-t-il ajouté, vont permettre au pays de sortir de cette situation d’autant que le contexte national et international est favorable à ce changement. Il prédit même un changement de la carte géopolitique nationale. Avec les élections de 2012, de nouveaux partis vont émerger, estime M. Bouacha, qui a donné l’exemple de son parti qui a un programme pour sortir le pays de la crise. Esquissant les grandes lignes de ce programme, le président du mouvement Infitah propose la construction de barrages, l’ouverture d’entreprises économiques et la mise en place de centres de recherche pour le développement du tourisme, de l’agriculture et d’une industrie légère et moyenne qui créent des emplois et répondent aux besoins de la population. Les nouvelles villes inspirées du modèle américain permettront de régler le problème du logement et de lutter contre la pollution, note M. Bouacha qui a demandé à l’assistance et plus particulièrement aux jeunes de participer en masse au prochain scrutin. «Vous ne pouvez pas laisser la place vide», a-t-il affirmé. Au passage il n’a pas manqué de les inviter à renforcer les rangs du parti même en tant que candidats. F. D.

Dimanche 29 Janvier 2012

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Nation

EL MOUDJAHID

M. AMAR TOU SUR LE CHANTIER DU DÉDOUBLEMENT DE LA VOIE SÉTIF-EL-GOURZI

Plus de 10.000 km de rail seront réalisés d’ici 2015
Les travaux des tramways de Sétif, d’Annaba, de Batna, de Ouargla et de Mostaganem seront lancés au fur et à mesure de l’avancement des études d’exécution.

P

lus de 10.600 kilomètres de voie ferrée seront réalisés d’ici 2015, et 6.000 km le seront dans les deux années et demie à venir. Ce sont des chiffres forts annoncés hier par M. Amar Tou, ministre des Transports, à l’issue de la visite qu’il a effectuée dans les wilayas de Sétif et de Mila. Des chiffres révélateurs des avancées qu’aura ainsi connues ce secteur durant ces dernières années et qui le sont d’autant plus quand on sait que le réseau de chemin de fer qui n’excédait pas encore les 1.739 km en 2008 aura été ainsi doublé pour être porté aujourd’hui à 4.000 km, s’inscrivant ainsi dans une dynamique de complémentarité entre les différents moyens de transport et une stratégie conforme au programme du Président de la République , tendant entre autres à assurer la meilleure couverture qui soit du territoire national et reprendre un réseau en déperdition, sachant que 1.100 km ont été perdus entre 1962 et 1998. C’est dans ce cadre que s’inscrit justement le projet de mise à double voie et modernisation des installation sur le tronçon Sétif – El-Gourzi (Constantine) qui se veut être une partie importante de la rocade ferroviaire nord qui relie l’est du pays à l’ouest et s’étend donc de Maghnia à El-Kala. Les travaux de ce projet, en dehors de la maîtrise d’œuvre qui est assurée par un bureau d’études international canadien, sont actuellement menés par un groupement de

réalisation de 4 entreprises nationales publiques qui contribuent à la réalisation du plan de développement ferroviaire de l’Algérie et pourraient, pourquoi pas, comme devait le souligner le ministre, participer à ce qui se fait en Afrique dans les années qui viennent. Autant d’éléments qui donnent au transport ferroviaire sa dimension stratégique véritable et qui ont permis au ministre, accompagné hier du wali M. Abdelkader Zoukh, de s’enquérir sur place de l’avancement des travaux de dédoublement de la voie

entre Sétif- El-Gourzi dans la wilaya de Constantine et qui s’étale sur une longueur de 125 km. Ce projet qui traverse les gares de Guedjel, El-Eulma, Bir Larch, Tadjenanet, Chelghoum Laïd, Telaghma, Aïn Lahma et El-Gourzi permettrait au jour de son achèvement de porter la vitesse des trains de voyageurs à 160 km/heure et ceux des marchandises à 100 km, permettant ainsi de porter ainsi le temps de parcours actuel de Sétif à El-Gourzi de 1 heure 15 minutes à 45 minutes.

Pour l’heure et pour ce projet qui traverse 4 wilayas, un tronçon de 12 km sur la partie qui traverse la wilaya de Sétif et qui est de 58 km est déjà en voie de finition, alors que les 46 km restants seront livrés d’ici décembre 2012. De la commune d’El-Ouldja dans la wilaya de Sétif, M. Amar Tou se rendra ensuite par train à Tadjenanet dans la wilaya de Mila où il inspectera également l’évolution de ce chantier et écoutera, entouré des deux wali de Sétif et Mila, dans la grande salle de la maison de jeunes, différentes communications se rapportant au projet de dédoublement de voie Sétif – El-Gourzi par Tadjenanet et aux autres grandes réalisations du secteur, notamment l’évolution du programme ferroviaire à l’horizon 2015. C’est ainsi que des représentants de l’Agence nationale et de suivi de la réalisation des investissements ferroviaires feront état de la stratégie mise en œuvre à l’effet de remettre à niveau ce réseau, fondée essentiellement sur 6 grands axes, à savoir le dédoublement de la voie entre Annaba et Tlemcen pour des pointes de vitesse qui atteidront 220 km à l’heure sur certains trancons, le grand axe des Hauts Plateaux allant de Tébessa à Sidi Bel Abbès via Oum El-Bouaghi, Batna, Msila, Djelfa, Médéa, Tissemsilt et Tiaret. Pour ce trancon, la première partie Tébessa-Msila a été déjà achevée et mise en exploitation, et la seconde tranche reliant Msila à Sidi Bel

Abbès est en voie de réalisation. La ligne Reliant Oran à Béchar est achevée et mise en exploitation, ainsi que celles reliant Annaba à ElOued et Constantine à Tougourt jusqu’à Hassi Messaoud et qui sont autant d’autres grandes réalisations de cette démarche dont le 6e axe part de Khemis Meliana jusqu’à Hassi Messaoud. Le ministre qui interviendra dans ce cadre ne manquera pas de souligner aussi l’œuvre de densification qui est menée sur le terrain, faisant également état de la rocade SétifJijel et des moyens modernes qui ont été injectés dans le secteur à travers le pays, à l’instar de l’autorail. Il annoncera dans ce contexte le lancement prochain d’un avis d’appel d’offres pour l’acquisition de 17 autorails pour grandes destinations. Intervenant au sujet d’un autre moyen de transport non moins important, qui est le tramway, M. Amar Tou soulignera qu’après le lancement des travaux des deux projets d’Oran et de Constantine, ceux de Sétif, d’Annaba, de Batna, de Ouargla et de Mostaganem seront lancés au fur et à mesure de l’avancement des études d’exécution. Le ministre ajoutera par ailleurs que les moyens financiers destinés à la réalisation de ces projets sont disponibles. Le ministre, accompagné du wali et des autorités locales, assistera ensuite aux festivités entrant dans le cadre de la Journée nationale du commerçant. F. Zoghbi

A UNE SEMAINE DE LA FÊTE D’EL MAOULID ENNABAOUI ECHARIF

COUR D’ALGER

La mercuriale en folie

Une grosse affaire de fraude fiscale aujourd’hui devant les assises
Le procès de l'homme d'affaires Achour Abderrahmane, impliqué dans une affaire de fraude fiscale évaluée à plus de 53 milliards de DA, aura lieu aujour’hui par devant le tribunal criminel près la cour d'Alger. Achour Abderrahmane a déjà été condamné à 18 ans de réclusion en 2009 par la même instance pour une affaire de dilapidation de fonds bancaires s'élevant à 21 milliards de DA au détriment de la Banque nationale d'Algérie (BNA). Selon l'arrêt de renvoi, l'affaire de fraude fiscale a commencé lorsque la sous-direction du contrôle relevant de la direction des grandes entreprises (DGE) avait décidé l'ouverture d'une enquête sur la société "National A+" d'Achour Abderrahmane, dirigée par le séquestre judiciaire, en demandant les documents comptables de cette société. Le séquestre judiciaire avait affirmé aux enquêteurs que la société ne possédait pas de documents comptables. Ces derniers ont reconstitué le chiffre d'affaires de cette société, à plus de 53 milliards de dinars, sur la base de son compte, après l'obtention de tous les mouvements de ses comptes bancaires ouverts auprès de la Banque nationale d'Algérie (BNA), de l'ABC banque, de l'ex-El Khalifa Banque et de Rayan Banque-Algérie. La même composition du tribunal criminel présidée par le magistrat Omar Benkharchi jugera aussi dimanche, signale-t-on, ne affaire d'importation de drogue et de psychotropes dans laquelle sont impliqués deux Nigérians.

L

a régulation du marché des produits de large consommation est considérée actuellement comme étant l’une des préoccupations majeures du gouvernement. -Pour faire face à cette problématique structurelle, le ministère du Commerce compte organiser prochainement une journée d’étude pour soulever ce problème qui influe sur la régulation du marché. Et c’est pour mieux cerner la problématique que Mustapha Benbada, ministre du Commerce, a déclaré récemment que la régulation du marché est liée à l’organisation. «Il y a un problème d’organisation commerciale efficace, en l’absence de laquelle on ne peut parler de régulation. Parce que la régulation est le produit d’un système de fonctionnement.» Le ministre a aussi regretté le fait que «l’Etat a très peu investi dans les infrastructures commerciales telles que les marchés de gros et de détail». Une situation qui a défavorablement influé sur l’état du marché de la consommation en général. En effet, sur le terrain, comme cela a été constaté de visu, un mois après l’avènement de la nouvelle année, et à une semaine de la fête d’El Maoulid Ennabaoui Echarif, les prix des produits de première nécessité affichent toujours une hausse excessive. Lors d’une virée que nous avons effectuée hier au niveau des marchés de la capitale, nous avons remarqué qu’à titre d’exemple, le prix de la tomate qui n’était que de 80 DA les premiers jours de l’année a atteint 100 DA, le prix de la pomme de terre balance entre 45 et 50 DA. Les prix des carottes tournent autour des 60 DA, de même que le navet. Le prix de l’oignon oscille entre 40 et 50 DA, tandis que la cour-

gette qui n’était que de 70 DA a atteint les 110 DA. Ce qui a attiré notre attention, ce sont les prix de la salade et des haricots verts, qui ont connu une augmentation faramineuse : la première est vendue à 80 DA et les seconds à 280 DA. S’agissant des prix du piment vert et du poivron, ceux-ci tournent autour des 140 DA. Les prix des fruits eux aussi n’ont pas échappé à cette augmentation remarquable. Les prix des dattes et de la pomme verte sont respectivement de 350 et 300 DA. La tendance haussière est constatée également pour la viande rouge fraîche (entre 1.500 et 1.600 DA le kilo). Pour ce qui est du poisson, il n’y a qu’à voir le prix de la sardine (400 DA) pour être dissuadé de ne pas chercher à connaître ceux des autres variétés. Sur les lieux, nous avons interrogé certains commerçants sur la question. Haussant les épaules pour la plupart, ces derniers ont indiqué que l’augmentation des prix de certains produits sur les marchés de détail est due à la hausse des prix dans les marchés de gros, ajoutant que cette hausse est liée aussi à la loi de l’offre et de la demande. Selon eux, à l’approche des fêtes religieuses, la demande sur certains produits augmente et provoque donc, automatiquement, une envolée des prix. Des prix dominés par des spéculateurs «sans foi ni loi», qui n’attendent que ces aubaines pour faire des profits hors normes. Par conséquent, les prix augmentent. Dans ce cadre, l’un des citoyens rencontré au niveau du marché des Halles nous a indiqué que pour surmonter ce type de crise, «il est grand temps pour l’Algérie de songer à définir des stratégies à même de réguler le marché national et de mettre fin aux spéculations». Makhlouf Ait Ziane

RAPT DE TOURISTES ÉTRANGERS EN 2003

Procès mercredi de deux auteurs présumés
Le procès de deux auteurs présumés relevant du groupe d'Ammari Saifi, alias "Abderrezak El Para", Farrah Omar et Aissani Yacine, impliqués dans l'"enlèvement de touristes étrangers en 2003", aura lieu mercredi par devant le tribunal criminel près la cour d'Alger. Le rapt de quinze touristes étrangers, dont dix de nationalité allemande, est survenu en février 2003 dans le Sahara algérien, près des frontières avec le Mali. En plus de l'accusation de rapt de touristes étrangers, les accusés doivent aussi répondre de l'inculpation de "massacre, incendie volontaire et possession d'armes", selon le rôle de la troisième session criminelle d'Alger. Selon l'arrêt de renvoi, les deux prévenus sont poursuivis, notamment, pour leur participation à plusieurs opérations terroristes (actes de destruction, assassinats et embuscades) contre les éléments de l'Armée nationale populaire (ANP) et les services de sécurité. Ils ont par ailleurs participé avec Ammari Saïfi à l'embuscade dressée dans la région d'Illizi contre les propriétaires de sociétés implantées dans le sud du pays, au cours de laquelle les terroristes ont enlevé plusieurs ressortissants étrangers et se sont emparés de sommes d'argent en euro. Les deux prévenus ont également participé, selon la même source, à des opérations de demande de rançon et d'achat d'armes.

COUR DE BLIDA

Prestation de serment de 750 lieutenants de police
La cour de Blida a abrité hier une cérémonie de prestation de serment de 750 lieutenants de police, représentant la 7e promotion de l’Ecole d’application de police de Soumaâ. Le vice-président de la cour de Blida, M. Antar Mohamed, et le premier adjoint du procureur général près cette cour, M. Boughaba Mohamed Amine, ont pris part à cette cérémonie, aux côtés du chef de sûreté de wilaya, M.Ouahrani Mohamed, et du directeur de l’Ecole d’application de la police de Soumaâ, M. Sekhali Rezouk. L’inspecteur régional de la police du Centre, ainsi que différents cadres de la sûreté de wilaya ont également assisté à cette cérémonie durant laquelle ces 750 officiers ont prêté serment. Selon le chargé de la communication à la sûreté de wilaya, cette promotion a suivi une formation de 18 mois (entre cours théoriques et appliqués) à l’Ecole d’application de police de Soumaâ. Cette formation qualifiante a été particulièrement centrée sur les domaines des renseignements généraux, de la police judiciaire et de la police des frontières, et permettra à cette promotion d'exercer en tant que lieutenants, a-t-on indiqué. Cette nouvelle promotion de cadres de la police (tous issus de l’université algérienne) est appelée à renforcer le corps sécuritaire à l’échelle nationale, a-t-on précisé de même source.

Dimanche 29 Janvier 2012

EL MOUDJAHID

Nation
SMAIL MIMOUNE À BISKRA
M. BENHAMADI L’A ANNONCÉ

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Priorité aux infrastructures touristiques
De notre envoyée spéciale à Biskra : Salima Ettouahria

Projet de vote électronique pour la communauté algérienne à l’étranger
Le litige financier Algérie TélécomEEPAD n’est pas encore réglé, selon le ministre de PTIC Le ministre de la Poste et des Technologies de l’information et de la communication, M. Moussa Benhamadi a annoncé, jeudi, en marge des travaux de l’Assemblée nationale populaire, que son département travaille sur un projet de vote électronique en faveur de la communauté algérienne à l’étranger, mais qui ne sera probablement pas opérationnel pour les prochaines législatives, car sa concrétisation dépendra, explique-t-il, de la mise en place d'un réseau électronique national sécurisé et de l'introduction de nouvelle technologies. A propos de l’affaire Algérie Télécom-EEPAD, le ministre a affirmé, jeudi, que le litige n’est pas encore réglé puisque le fournisseur privé de services internet ne s’est pas encore acquitté de ses dettes envers l’entreprise publique. Pour rappel, la justice a évalué les impayés de l’Eepad envers Algérie Télécom à 2,2 milliards au lieu des 3,8 milliards revendiqués par le groupe public. «Je pense que les deux opérateurs devraient trouver une solution à l'amiable telle que le rachat de l'Eepad par Algérie Télécom. J'avais engagé cette procédure en 2009, lorsque j'étais à la tête d'AT, mais qui n'a malheureusement pas abouti. J'ai toujours défendu la préservation de l'Eepad en tant qu'acteur important des TIC en Algérie», a fait savoir M. Moussa Benhamadi. Hamida B.

Durant sa visite d’inspection et de travail, qu’il a effectuée, hier, à Biskra, le ministre du Tourisme et de l’Artisanat, M. Smaïl Mimoune, a souligné l’importance des infrastructures dans la promotion de l’activité touristique, tout en basant sur le produit touristique à caractère local. Dans ce sens, il a estimé que ''le problème qui s’oppose Au développement du tourisme dans la région de Biskra est le manque d’infrastructures''.

A

ce titre, le ministre a mis l’accent sur l’investissement qui revêt un intérêt particulier de la part du ministère. Pour la wilaya de Biskra, le ministre a indiqué que cette dernière a bénéficié d’une enveloppe de 4 milliards de dinars pour la réalisation de 33 projets d’investissement privés et publics. Une fois opérationnels, ces derniers permettront de renforcer la capacité hôtelière dans la wilaya de 2.400 nouveaux lits, et d’engendrer quelque 1.500 nouveaux emplois. Le ministre a entamé sa visite par l’inauguration de la maison de

l’artisanat de la ville de Biskra qui constitue un véritable espace d’échange, d’exposition et de vente de produits artisanaux. En visitant les différentes salles d’exposition, le ministre a souligné l'importance de la promotion du produit touristique à caractère local, tout en se basant sur l'exploitation de toutes les formes qui conduisent à le promouvoir. Dans ce sens, il a affirmé que ''la promotion du produit touristique local, dans toutes ses formes, doit revêtir un intérêt particulier, au service de l'activité touristique en Algérie''. Par la suite, le ministre s’est rendu à la commune d’El Kantra où il a rappelé les potentialités que recèle la région, qui est très prisée par les touristes nationaux et étrangers. Le ministre a inspecté, également, l’entreprise communale de l’artisanat traditionnelle El Kantara. Cette infrastructure spécialisée dans la production de la poterie et de la céramique, relevant de la Société de gestion des participations d’Annaba, a été transféré à la chambre de l’artisanat de Biskra par décision du Conseil des participations de l’Etat. La décision prise en 2008 n’est pas encore appliquée sur le terrain, problème porté à la connaissance du ministre par le directeur de l’entreprise. Mimoune n’a pas tardé à prendre une décision sur place en convoquant une réunion le 6 février prochain, afin de transférer officiellement cette entreprise à la chambre de l’artisanat traditionnelle de Biskra. Dans la commune de Sidi Okba, le ministre a procédé à la pose de la première pierre du projet de réalisation d’un village touristique au niveau de la commune de Sidi Okba. Ce projet

de 3 milliards de dinars s’étale sur une superficie de 40 ha. Ce village sera doté d’un aquaparc, d’un hotel, et centre commercial. A Mchouneche, le ministre a inspecté une unité de production de poterie, qui relève de cette commune, et qui été racheté par ses travailleurs dans les années 90. Il a visité, enfin, le musée de Si El-Haouès. Ce musée est, à l’origine, la maison du fameux chahid, transformé en musée par la suite. S. E.

BENAISSA À M’SILA

PENSIONS ET ALLOCATIONS DE RETRAITE

Réactivation et renforcement des dispositifs de préservation des parcours
Le ministre de l'Agriculture et du Développement rural, M. Rachid Benaïssa, a affirmé, hier, à M'sila que les dispositifs de préservation des parcours seront relancés et consolidés "à court terme" dans cette wilaya.
'arrêté de wilaya relatif à la lutte contre les labours sauvages et le pacage excessif sera prochainement mis en œuvre par les communes, ainsi que par la Conservation des forêts et les institutions de sécurité", a répondu le ministre, en substance, à une préoccupation liée à la régression des surfaces de parcours exprimée par l'association des éleveurs de dromadaires. Les efforts seront aussi dirigés vers "la protection de la biodiversité dans les zones steppiques par la poursuite des actions de plantation fourragère, de mise en défens, de lutte contre la désertification et de limitation du pacage anarchique", a souligné M. Benaïssa au cours de la première journée de sa visite d’inspection dans la wilaya de M’sila. Il a, également, indiqué que des actions de proximité de "sensibilisation à l'utilisation rationnelle des ressources naturelles de la steppe" seront menées en direction des éleveurs et des agriculteurs. Lors de l'inspection de deux projets de proximité de développement rural à Zerdoum (commune de Oum Chouachi) et Ettriba (Khtoti Sid El Djir), M. Benaïssa a appelé à la poursuite des actions visant à mobiliser la plus grande quantité possible d'eau de surface, notamment en mon-

Versement des augmentations en janvier

L

“L

tagne, pour compenser le déficit en hydraulique agricole. Il a souligné, à ce propos, l'importance de l'aménagement de mares et des ouvrages d'épandage des eaux de crues effectuées par le Haut commissariat pour le développement de la steppe (HCDS). Le ministre s'est enquis de l'exécution des projets de proximité de développement rural menés dans cette wilaya où leur nombre est estimé à une centaine qui ont permis la création de 8.365 emplois et l'amélioration des revenus de 8.000 ménages (45.000 âmes). Dans une exploitation privée d'élevage d’ovins exploitant 139 ha pour la culture de fourrages, des éleveurs lui ont fait part, par le biais de la Chambre de l'agriculture, de leurs préoccupations relatives au déficit et à la cherté des aliments de bétail. Par ailleurs, M. Benaïssa a salué l'effort déployé par la laiterie locale "El Hodna" pour augmenter le taux d'intégration du lait cru dans ses produits. Cette unité qui a collecté 11 millions de litres de lait cru en 2011, prévoit de porter ce chiffre, dès 2012, à 28 millions de litres. Dans cette perspective, cette unité, de statut privé, a procédé à la distribution de 1.200 vaches laitières à des éleveurs des localités de El Madher (Batna) et de Mezrir (M'sila) et en-

tend en distribuer 3.800 autres durant les deux prochaines années, a indiqué son propriétaire. Au second jour de sa visite dans la wilaya, le ministre doit présider, dimanche à Boussaâda, une rencontre avec la société civile avant de se rendre dans une ferme laitière privée dans la commune de Metarfa et un abattoir avicole au chef-lieu de wilaya.

CRÉATION DE NOUVELLES EXPLOITATIONS AGRICOLES

Investir dans l’or vert
Près de 400.000 ha identifiés
Une superficie de 400.000 ha a été recensée au niveau national en vue de créer de nouvelles exploitations agricoles et d'élevage suite aux incitations apportées par les pouvoirs publics en février 2011 au profit des jeunes investisseurs, a-t-on appris, hier, d’une source proche du ministère de l'Agriculture et du Développement rural. Cette superficie concerne aussi bien les terres relevant du domaine privé de l'Etat que celles des propriétaires privés. Ainsi, concernant les terres privées de l'Etat, les services de wilaya ont identifié, à ce jour, 828 périmètres d'une superficie totale de plus de 373.000 ha, a indiqué à l'APS le directeur général de l’Office national des terres agricoles (ONTA) au ministère de l’Agriculture et du développement rural, M. Ali Matallah. Selon la procédure en vigueur, ces nouvelles terres seront attribuées en concession à des investisseurs ou exploitants qui seront sélectionnés par voie d’appels d’offres. Concernant les terres appartenant aux privés, l'ONTA a reçu à ce jour, plus de 1.700 dossiers émanant de propriétaires privés pour une superficie totale de 21.791 ha. L'office a validé 978 demandes et a signé déjà 157 cahiers de charges avec ces propriétaires privés, ce qui leur permettra de contracter des crédits bancaires en hypothéquant leurs actes de propriété. Le plus important nombre d'exploitants privés enregistré par les services agricoles émane de la wilaya de Biskra avec 265 dossiers reçus pour une superficie de plus de 4.000 ha. Ces nouvelles exploitations ont été identifiées suite au dispositif mis en place par les pouvoirs publics, en février 2011, pour inciter les jeunes investisseurs à créer de nouvelles exploitations agricoles et d’élevage à travers l’octroi de crédits bonifiés à hauteur d’un million DA/ha mis en valeur. Outre la création de nouveaux postes d’emploi, cette mesure a aussi pour but d’élargir la base productive en augmentant la superficie agricole utile et l'utilisation rationnelle des terres. L'acte de concession constitue auprès de la Banque de l’agriculture et du développement rural (BADR), principal partenaire du secteur agricole, une hypothèque en tant que garantie du crédit octroyé pour l’exploitation des terres du domaine privé de l’Etat, alors que les exploitants des terres privées pourraient utiliser comme hypothèque les actes de propriété de leurs terres. Par ailleurs, le secteur a lancé en 2011 une opération d’assainissement du foncier exploité par les établissements et organismes publics tels que les fermes pilotes et les offices. Ainsi, 202 établissements ont déposé leurs dossiers au niveau de l’ONTA avec lequel ils signeront un cahier de charges en vue d’obtenir des actes de concession. La superficie identifiée jusqu’à maintenant est estimée à 154.000 ha, selon M. Matallah.

e secrétaire général de la Fédération des travailleurs retraités à l'Union générale des travailleurs algériens (UGTA), M. Smail Alaouchiche a affirmé, hier, à Alger, que les augmentations des pensions et allocations de retraite estimées à 30% ont été versées courant janvier. Dans une déclaration à l'APS en marge de la cérémonie de recueillement à la mémoire de Abdelhak Benhamouda, M. Alaouchiche a indiqué que ces augmentations "ont été puisées du Trésor et non de la Caisse nationale des retraites (CNR)". Ces augmentations interviennent en application de la décision prise par le Président de la République lors du dernier Conseil des ministres. Le Conseil d'administration de la CNR examinera à l'occasion de sa réunion prévue en février ou mars, la réévaluation du budget de la caisse, a précisé le syndicaliste rappelant que la fédération revendiquait une revalorisation du budget de la CNR à hauteur de 15% au lieu des 10% appliqués l'année dernière. Les récentes augmentations "sont à même d'améliorer les conditions de vie de près de 2,4 millions de retraités au niveau national", a-til ajouté. De son côté, le secrétaire national chargé des relations publiques à la Centrale syndicale, M. Ahmed Guettiche a affirmé que "la source de ces augmentations sera définie par la loi de finances complémentaire 2012, d'autant qu'elle se chargera de la revalorisation des pensions de retraite". Le Conseil des ministre a décidé de revaloriser les pensions de retraites des salariés et non-salariés à travers un relèvement à 15.000 DA de toutes les pensions et allocations de retraites inférieures à ce montant, à partir du 1er janvier 2012 pour faire bénéficier les retraités d'une amélioration de leur pouvoir d'achat. Ainsi, une augmentation variant par paliers de 28% à 24% a été décidée pour les pensions et allocations de retraite dont le montant est supérieur à 15.000 DA et inférieur à 30.000 DA. Une augmentation variant par paliers de 22% à 20% a été accordée pour les pensions et allocations de retraite dont le montant est supérieur à 30.000 et inférieur à 40.000 DA, et une augmentation de 15% pour celles dont le montant est égal ou supérieur à 40.000 DA. Financées par le budget de l'Etat avec un impact annuel de plus de 63 milliards de dinars, ces mesures profitent à près de 2.400.000 retraités salariés et non-salariés à compter du 1er janvier 2012.

Dimanche 29 Janvier 2012

EL MOUDJAHID

Nation
PRÉVISIONS DU FMI POUR 2012

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Une croissance de plus de 3% pour l’Algérie
L’Algérie ne fait que confirmer ses acquis et se conforter dans sa position comme pays jouissant d’une bonne santé économique.

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ette performance tient ses origines, surtout, dans les bons indicateurs macroéconomiques, dont la plupart des critères sont atteints, d’un coté, et «l’effet d’entraînement du Programme d’investissements publics (PIP), qui devrait maintenir le taux de croissance hors hydrocarbures autour de 5%, et porter la croissance du PIB global à 2,5% environ» sur l’année 2011, de l’autre coté. Malgré une nouvelle donne d’incertitude économique internationale, l’année 2012 semble être prometteuse avec l’introduction attendue d’une panoplie de mesures, en faveur notamment de la promotion des PME et des IDE. Le Fonds monétaire international (FMI) a tou- jours insisté sur l’amélioration du climat des af-

PREMIER SYMPOSIUM AFRICAIN DE LA FÉDÉRATION INTERNATIONALE DES ÉTUDIANTS EN PHARMACIE

Il aura lieu en juillet prochain à Alger
Selon M. Redouane Soualmi président de l'Association scientifique des étudiants en pharmacie (ASEPA), le premier symposium africain de la Fédération internationale des étudiants en pharmacie aura lieu à Alger du 14 au 21 juillet prochain.
Cet événement sera une occasion pour les chercheurs et experts de faire profiter les étudiants des dernières avancées dans le domaine pharmaceutique, a déclaré M. Soualmi lors d'une conférence de presse, organisée hier à l’hôtel Hilton. Pas moins de 300 participants sont attendus à cette rencontre scientifique, dont des professeurs, des chercheurs et des représentants de l'Organisation mondiale de la santé (OMS). Pour l'amélioration des activités scientifiques en dehors du cadre des études, il a plaidé pour une alliance entre les différents instituts facultésetin algériens. M. Soualmi a expliqué qu’« il est important pour les étudiants algériens de s'organiser en associations scientifiques pour mieux représenter le pays dans des événements internationaux ». De son côté, le président de l'ordre des pharmaciens a appelé pour la généralisation de l'expérience de l'association vers d'autres instituts et facultés du pays. Le directeur général du laboratoire national pour le contrôle des produits pharmaceutiques, M. Mansouri Bouslimène, a annoncé, à l'occasion, l'ouverture d'autres instances en relation avec la pharmacie. L'association scientifique des étudiants en pharmacie a été créée en 2009. Elle est aujourd'hui membre à la fédération internationale des étudiants en pharmacie qui représente 350.000 étudiants et nouveaux diplômés en pharmacie dans près de 70 pays. Enfin, la fédération a pour vocation de promouvoir l'amélioration de la santé publique. Sihem Oubraham

faires, et l’on ne peut ignorer que croissance et création des richesses ne viendront que du secteur privé. L’Algérie ambitionne de garder et de conforter sa position comme pôle d’attraction régional pour les capitaux et investisseurs étrangers face aux crises financières et économiques internationales. Mais pour ce faire, elle se doit d’assurer plus de profondeur et de transparence, notamment dans le cadre des réformes enclenchées. Ainsi, le FMI vient de confirmer les performances de gestion réalisées en Algérie, alors qu’on n’a pas fini de commenter le dernier rapport de la Banque mondiale soulignant les bonnes performances et perspectives de l’économie algérienne. Le rapport du FMI comporte deux aspects : les performances écono-

miques mais aussi les perspectives économiques à venir. En fait, le FMI a affirmé vendredi que «l’économie algérienne se porte relativement bien» et lui prévoit une croissance allant entre 3 et 3,5% en 2012. Dans sa présentation de la situation de l’économie algérienne, l’institution de Bretton Woods souligne que «la croissance est restée solide en 2011, et la hausse des cours du pétrole renforce le solde extérieur et les recettes budgétaires du pays». Dans l’ensemble, le FMI estime que le taux d’inflation s’est maintenu autour de 4 % en 2011. Avec la hausse des cours du pétrole, l’excédent du compte courant est porté à 9,5% du PIB en 2011 et les recettes budgétaires des hydrocarbures ont augmenté de 30%, précise le rapport.

Tout en relevant la hausse substantielle des réserves officielles de devises, le FMI indique, cependant, que «le budget restera déficitaire de 4% du PIB environ, l’augmentation des recettes budgétaires étant plus que compensée par une hausse de 32% des dépenses totales, en particulier des salaires de la fonction publique et des transferts». Par ailleurs, le Conseil d’administration du FMI soutient que «les perspectives restent favorables à court terme, mais la viabilité budgétaire et la stabilité financière à moyen terme deviennent davantage tributaires de la volatilité des cours du pétrole».Toujours pour l’année en cours, le Fonds estime que l’inflation devrait se maintenir aux alentours de 4 % «si la hausse des prix

des produits alimentaires frais reste modérée et les pressions inflationnistes résultant de l’augmentation des salaires sont maîtrisées». Par ailleurs, le Conseil d’administration «félicite la Banque d’Algérie pour avoir maîtrisé les tensions inflationnistes et avoir efficacement absorbé une liquidité systémique accrue générée par la hausse des recettes des hydrocarbures et le niveau important des dépenses publiques». Les administrateurs «sont d’avis que le régime de change a bien servi l’Algérie, et saluent la détermination des autorités à maintenir le taux de change réel proche de son niveau d’équilibre, mais soulignent la nécessité de renforcer les déterminants fondamentaux du taux de change, y compris la position budgétaire et les gains de productivité». Les choses paraissent désormais aussi claires que de l’eau de roche. Le FMI a fait le simple constat suivant : c’est une bonne performance. Il est donc tout à fait logique qu’à Washington, les deux institutions - FMI aussi bien que Banque mondiale - saluent ces résultats positifs. Il ressort de la lecture des conclusions du rapport du FMI que la combinaison entre une gestion rigoureuse des finances publiques et la cohérence entre une politique budgétaire et une politique monétaire prudente a atteint le point d’ancrage. A cela vient s’ajouter une gestion macro-économique du pays en passe de se normaliser et de se standardiser. A l’évidence, sans tous ces efforts, d’aussi brillants résultats n’auraient pas été possibles. Farid B.

ÉNERGIE ET RESSOURCES EN EAU

Pour une nouvelle stratégie en matière de recherche scientifique
Le directeur général du département de la Recherche scientifique et du Développement technologique au ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, a estimé hier à Bou Ismail (Tipasa), à l’ouverture des assises nationales sur l’énergie et les ressources en eau, que la formation doctorale «sera le salut de la recherche scientifique». Ces assises de deux jours, qui s’inscrivent dans le cadre de la préparation de la troisième loi sur la recherche scientifique (2013 à 2017), «doivent nous permettre de corriger le tir en proposant une nouvelle stratégie pour la recherche scientifique et le développement technologique», a indiqué, à cet égard, M. Hafidh Aourag. Estimant que notre pays est en «panne d’innovation», malgré l’existence d’excellentes compétences dans nos universités, dont quelques-unes sont des référence mondiales dans leur domaine, il a expliqué que ces assises nationales vont permettre de «rectifier le tir en proposant dans le cadre de la stratégie 2013-2017 une nouvelle orientation axée sur le développement de la ressource humaine». L’autre point à débattre, durant les 17 assises nationales qui se tiendront en 2012 à travers le pays, est celui d’adapter la recherche scientifique à la réalité du terrain en créant, entre autres, des laboratoires en milieu industriel, et de faire la mise à niveau des 24 infrastructures de recherche existantes, a-t-il ajouté. Ces assises sur l’énergie et les ressources en eau, qui seront suivies par d’autres rencontres thématiques, ont pour objectif de faire un état des lieux, d’identifier les lacunes et les insuffisances et de proposer une nouvelle stratégie dans le cadre de la troisième loi en préparation pour développer le secteur. Les travaux, qui se déroulent en présence de 120 experts, univer- sitaires, chercheurs et partenaires socioéconomiques, vont permettre aux participants de travailler dans les cinq ateliers pour définir notamment les priorités en matière de prise en charge de la recherche dans les domaines de l’énergie fossile, des énergies renouvelables et des ressources en eau.

M. Louh prévoit une baisse du taux de chômage en Algérie à «moins de 10%» en 2011
Le ministre du Travail, de l'Emploi et de la Sécurité sociale, M. Tayeb Louh, a annoncé hier à Alger, qu'il prévoyait une baisse du taux de chômage en Algérie à «moins de 10%» en 2011. M. Louh a indiqué dans une déclaration à la presse en marge de la rencontre nationale des directeurs de wilaya de l'emploi, que sur la base du nombre d'emplois créés, «il est prévu une baisse du taux de chômage à moins de 10%» en 2011, dans l'attente du taux officiel contenu dans l'enquête de l'Office national des statistiques (ONS). Il a précisé à ce propos que les premières données révèlent que les secteurs ayant créé le plus d'emplois concernaient les services, le bâtiment, les travaux publics et l'industrie. Le ministre a indiqué que le secteur de l'industrie «a connu une amélioration» en termes d'augmentation du nombre d'emplois créés lors des dernières années, grâce, selon lui, «aux réformes initiées». Le taux de chômage avait baissé en 2010 à 10% en Algérie, selon l'ONS.

TRAVAILLEURS ÉTRANGERS

L'octroi de permis de travail tributaire de la formation de la main-d'œuvre nationale
Le ministre du Travail, de l'Emploi et de la Sécurité sociale, M. Tayeb Louh, a affirmé hier à Alger que l'octroi de permis de travail à la main-d'œuvre étrangère est tributaire de la formation de la main-d'œuvre nationale. Présidant l'ouverture de la rencontre nationale des directeurs de l'emploi de wilaya, le ministre a indiqué que son département avait pris des mesures rigoureuses consistant notamment en l'établissement de la condition d'octroi des permis de travail à la main-d'œuvre étrangère sur le marché du travail national contre le transfert du savoir-faire professionnel à la main-d'œuvre nationale, à travers la formation. L'Algérie compte plus de 50 000 travailleurs étrangers détenant un permis de travail et déclarés à la Sécurité sociale, a rappelé M. Louh, estimant que le taux de main-d'œuvre étrangère en Algérie est «très faible» par rapport aux autres pays, d'une part, et par rapport au nombre total de la main-d'œuvre nationale, d'autre part. Concernant la répartition de la main-d'œuvre étrangère par secteur, le ministre a précisé que le secteur des travaux publics et du bâtiment vient en tête, suivi de celui de l'industrie, outre le secteur des services qui compte «un très faible» taux de main-d'œuvre étrangère. Les directions de l'emploi au niveau des wilayas octroient ce type de permis à la main-d'œuvre étrangère dans les professions liées aux grands projets nationaux qui enregistrent un manque en matière de main-d'œuvre nationale sur le marché du travail. Dans de précédentes déclarations, M. Louh avait annoncé que plusieurs mesures ont été prises liées aux permis de travail octroyés à la main-d'œuvre étrangère, dans le cadre de la réglementation et de l'organisation du marché du travail.

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Monde
APRÈS LES GRAVES VIOLENCES AU SÉNÉGAL
YÉMEN

EL MOUDJAHID

L'opposition veut pousser Wade au départ
L'opposition entendait, hier, pousser le président sénégalais, Abdoulaye Wade, 85 ans, au départ malgré la validation de sa candidature à la présidentielle de février par le Conseil constitutionnel, une décision qui a provoqué de graves violences dans plusieurs villes.
ade brûle le Sénégal", "Nuits d'émeutes dans le pays", "Peur sur le Sénégal", "Wade jubile, le pays brûle" : hier, les titres de la presse nationale résumaient la fureur de citoyens sénégalais, qui, excédés par la validation de la candidature de Wade, ont basculé dans la violence. Un policier mort lynché à coups de pierres à Dakar, émeutes dans plusieurs quartiers, bâtiments incendiés, affrontements entre jeunes et policiers dans la capitale et à Thiès, Kaolack, Matam, Tambacounda : dès l'annonce de la validation de la candidature contestée de M. Wade, le Sénégal s'est enflammé. Hier matin, le calme était revenu à Dakar qui porte encore les stigmates des violences : restes carbonisés de boutiques incendiées, rues encombrées de pierres et pneus brûlés, que les équipes de la municipalité s'affairaient à nettoyer sous la surveillance des forces de l'ordre. La décision du Conseil était attendue avec anxiété et les violences prévisibles de la part de Sénégalais, en particulier les jeunes, amèrement déçus par les douze

Des militaires et des policiers manifestent contre leurs chefs

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ans de règne du président Wade : ils restent confrontés au chômage, à la vie chère, aux pénuries, aux coupures d'eau et d'électricité. Dans la nuit, Abdoul Aziz Diop, un responsable du Mouvement du 23 juin (M23), qui regroupe partis d'opposition et organisations de la société civile à la pointe du combat contre la nouvelle candidature Wade, a affirmé que le peuple allait "marcher" sur le palais présidentiel. "Si la candidature de Wade est maintenue, il n'y aura pas d'élection", a-t-il affirmé, car "aucun candidat du M23 n'ira à une élection" qui aboutirait "à des résultats préfabriqués dès le

premier tour" en faveur du président sortant. Outre celle de M. Wade, le Conseil a validé treize autres candidatures sur dix-sept présentées. Il a rejeté celle de la star internationale de la chanson Youssou Ndour, au motif qu'il n'a pas présenté un nombre suffisant d'électeurs valables pour soutenir sa candidature. "Je suis candidat, et je reste candidat", a affirmé le chanteur en dénonçant "le coup de force" du Conseil constitutionnel. Les candidats ont jusqu'à, hier soir, pour déposer des recours contre les validations et invalidations auprès du Conseil. Abdoulaye Wilane, un des responsables du PS, a dé-

claré que ce parti et ceux qui le soutiennent allaient "faire des recours." Il y a une bataille juridique et une bataille politique" pour que M. Wade parte, a-t-il dit, ajoutant : "Le combat continue jusqu'au bout". Le porte-parole de la présidence, Sérigne Mbacké Ndiaye, a, également, évoqué sur une radio locale de possibles recours de son camp contre certaines candidatures anti-Wade, sans préciser lesquelles. "Sur 12 millions d'habitants, qu'il y ait 200, 300 voire 1.000, voire 2.000 personnes qui manifestent contre la décision du Conseil constitutionnel, quand même cela ne dérange pas", a affirmé M. Mbacké Ndiaye sur Radio France Internationale (RFI). Elu en 2000, réélu en 2007 pour cinq ans après une révision constitutionnelle de 2001 instituant un quinquennat renouvelable une fois, M. Wade se représente pour sept ans après le rétablissement du septennat en 2008, à la suite d'une nouvelle révision constitutionnelle. Ses opposants jugent sa candidature anti-constitutionnelle.

es militaires et des policiers yéménites ont manifesté, séparément, hier, à Sanaâ, pour réclamer le limogeage de leurs chefs respectifs, accusés de corruption. Des centaines d'officiers et de soldats d'une base aérienne de Sanaâ ont observé un nouveau sit-in dans le cadre de leur mouvement entamé, lundi dernier, pour exiger le limogeage du général Mohammed Saleh al-Ahmar, commandant de l'armée de l'air, un demi-frère du président contesté Ali Abdallah Saleh. Malgré la récente annonce dans les médias d'un remplacement du général Ahmar par un officier à la retraite, Abdallah al-Yadoumi, les militaires ont affirmé leur détermination à poursuivre leur mouvement jusqu'à la promulgation d'une décision actant formellement du limogeage du commandant de l'armée de l'air. Simultanément, des militaires de la base aérienne Tariq à Taëz, dans le sud du Yémen, ont organisé un sit-in dans le centre de cette ville pour réclamer le limogeage du général Ahmar, selon des sources militaires. Les protestataires à Sanaâ et Taëz dénoncent aussi la prise de contrôle de leur base aérienne respective par la Garde républicaine, corps d'élite de l'armée, dirigée par le fils aîné du président Saleh, Ahmed, a-t-on ajouté de mêmes sources. Les manifestations contre la corruption se sont multipliées au Yémen, un pays pauvre où un mouvement de contestation déclenché il y a un an dans la foulée du Printemps arabe a contraint M. Saleh à un départ prévu fin février. Depuis son accession au pouvoir en 1978, M. Saleh a placé ses proches à la tête des principaux corps de l'armée et des forces de sécurité.

NUCLÉAIRE

DÉLIT DE FACIÈS

L’AIEA réclame un dialogue avec l’Iran

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e chef des inspecteurs de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), Herman Nackaerts, a déclaré, hier, attendre de Téhéran qu'il dialogue avec l'AIEA sur son programme nucléaire controversé, avant son départ pour une visite de trois jours en Iran. L'AIEA espère en particulier que l'Iran va discuter avec ses inspecteurs d'une "possible dimension militaire" de son programme nucléaire, a-t-il ajouté. Le Belge mène une équipe de six experts de l'AIEA, dont le numéro deux de l'agence onusienne Rafael Grossi. Il a refusé de dire avec quels responsables iraniens ils allaient s'entretenir. La mission vise, selon l'AIEA, à "régler

toutes les questions importantes" au sujet du programme nucléaire de Téhéran, soupçonné par les puissances occidentales de vouloir se doter de l'arme atomique, ce que le pays dément. Le directeur général de l'AIEA, Yukiya Amano, a dit espérer que l'Iran adopte "une approche constructive", alors que les efforts précédents de l'agence s'étaient heurtés à "un manque de coopération". L'agence enquête depuis huit ans, sans être en mesure de déterminer avec certitude si le programme nucléaire iranien est de nature purement pacifique, comme l'affirme la République islamique, ou bien également militaire. Dans un rapport pu-

blié en novembre, l'AIEA a, toutefois, présenté un large faisceau d'éléments, jugés crédibles, indiquant que l'Iran a travaillé à la mise au point de l'arme nucléaire. Une assertion rejetée en bloc par Téhéran. La publication de ce rapport et la pression internationale sans précédent qui a suivi n'ont pas empêché l'Iran de lancer la production d'uranium enrichi à 20% à Fordo, dans un site enfoui sous une montagne et difficile à attaquer. Une décision dénoncée comme une nouvelle provocation par les grandes puissances. Enrichi à 90%, l'uranium peut être utilisé pour la fabrication d'une bombe.

Human Rights Watch pointe la France du doigt

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PAKISTAN

TUNISIE

Cinq blessés dans une attaque à la grenade à Karachi

Des milliers de manifestants à Tunis pour la «défense des libertés»

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u moins cinq personnes ont été blessées par des tirs de grenades dans un quartier commercial de Karachi, ville portuaire située dans le sud du Pakistan, ont rapporté des médias locaux. Ces grenades ont été lancées par deux hommes non identifiés qui circulaient à moto contre un magasin à Liaquatabad, commune située dans le centre de Karachi, selon la chaîne de télévision Express. L'inspecteur général de police, Imran Yaqoob, a déclaré à la presse que cette attaque semblait avoir été menée par une mafia pratiquant l'extorsion de fonds. La police municipale a lancé une opération de recherche pour mettre la main sur les malfaiteurs, a-t-il ajouté.

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lusieurs milliers de personnes ont manifesté, hier, à Tunis pour "la défense des libertés" suite à une série d'incidents impliquant des radicaux de la mouvance salafiste. Drapeaux tunisiens omniprésents, hymne national chanté à tue-tête, les manifestants étaient venus à l'appel de partis d'opposition et d'associations pour dire leur "inquiétude" vis à vis de récentes manifestations intégristes et dénoncer "la passivité" du gouvernement. Enseignants, artistes, militants de gauche, venus en famille ou entre amis, ils ont notamment défilé sur l'avenue Bourguiba, symbole de la contestation depuis la

chute du régime de Ben Ali. "Nous sommes-là pour élever la voix face aux agressions dont ont été victimes des journalistes, des militants, des universitaires, et pour dire au gouvernement que les libertés chèrement conquises par les Tunisiens ne doivent pas être remises en question", a déclaré Ahmed Nejib Chebbi, fondateur du Parti démocrate progressiste (PDP). D'autres responsables de parti de gauche, du puissant syndicat UGTT ou des personnalités de la société civile participaient à la manifestation. "Je suis là pour soutenir la liberté menacée par les actes de violence de certains salafistes. Ils peuvent devenir

une menace réelle si on ne les arrête pas", a déclaré le juriste Yadh Ben Achour, ancien président de la Haute instance qui pilota les réformes politiques après la révolution. Les incidents impliquant des radicaux de la mouvance salafiste se sont multipliés ces derniers mois, particulièrement dans des universités où les partisans du niqab, le voile islamique intégral, accroissent leurs pressions. Des journalistes ont été agressés dans des manifestations, notamment à l'occasion du procès contre la chaîne Nessma poursuivie pour avoir diffusé un film jugé blasphématoire.

ontrôle au faciès, fouilles, insultes, violences physiques, un rapport publié par l'ONG Human Rights Watch (HRW) dresse un constat sans concession des contrôles d'identité en France. Ce rapport se base sur des entretiens réalisés dans les régions de Paris, Lille et Lyon, auprès de 67 Français, dont 31 mineurs, essentiellement des hommes d'origine nord-africaine, africaine ou antillaise, qui dénoncent notamment des "contrôles répétés", "parfois accompagnés de violence physique ou verbale". A l'appui de sa démonstration, HRW cite une étude réalisée en 2007 et 2008 par l'Open Society Justice Initiative (OSJI), une émanation de la Fondation Soros, et le CNRS, concluant que les probabilités de contrôle sont "six fois plus élevées pour les Noirs et près de huit fois plus pour les Arabes". L'organisation dénonce également les insultes, voire la violence physique dont certaines des personnes interrogées ont affirmé avoir été la cible. Pour HRW, "le code de procédure pénale français accorde trop de pouvoirs aux membres des forces de l'ordre pour procéder aux contrôles d'identité, ouvrant largement la porte à l'arbitraire et aux abus". L'organisation souhaite que les autorités françaises s'assurent que les contrôles ne soient utilisés que lorsqu'une personne est véritablement suspectée. Human Right Watch appelle, aussi, le gouvernement français à reconnaître les problèmes posés par les pouvoirs conférés pour les contrôles d'identité et à adopter les réformes juridiques et politiques nécessaires pour prévenir le profilage ethnique et les mauvais traitements lors des contrôles", est-il écrit dans ce rapport, intitulé "La base de l'humiliation".

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EL MOUDJAHID

Monde
SYRIE

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La mission des observateurs arabes suspendue
La Ligue arabe a décidé de suspendre sa mission d'observation en Syrie en raison de la «recrudescence des violences», a annoncé hier un responsable de l'organisation panarabe.

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ne annonce officielle sera faite ultérieurement», a dit ce responsable sous le couvert de l'anonymat. Le chef de la mission d'observation de la Ligue arabe en Syrie avait déclaré vendredi que les violences avaient augmenté «de manière importante» depuis mardi, en particulier à Homs, Hama et Idleb, dans le nord et le nord-ouest du pays. «La situation actuelle, en terme de violences, n'aide pas à préparer une atmosphère (... permettant) d'obtenir que toutes les parties viennent s'asseoir à la table des négociations», principal objectif du plan arabe de sortie de crise, a-t-il ajouté dans un communiqué. Depuis mardi, les violences en Syrie ont fait au moins 193 morts, en grande majorité des civils, selon des chiffres compilés par l'AFP à partir d'informations officielles et des groupes de défense des droits de l'hom-me. Les 165 observateurs de la Ligue arabe ont été déployés à partir du 26 décembre avec l'accord de Damas pour surveiller l'application d'un plan de sortie de crise prévoyant l'arrêt des violences, la libération des détenus, le retrait des chars des villes et la libre circulation des médias étrangers avant l'ouverture de négociations.

Combats entre armée et soldats "dissidents" à Rastane
Par ailleurs des affrontements ont éclaté hier entre l'armée syrienne et des soldats «dissidents» à Rastane, située à 185 km au nord de la capitale et dans la province de Damas, selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH). «De violents combats ont éclaté dans la ville de Rastane entre des dissidents et l'armée», a indiqué l'OSDH, basé au RoyaumeUni, dans un communiqué. La ville de Rastane avait déjà été fin septembre le théâtre de violents affrontements qui avaient fait des

dizaines de morts entre des dissidents et l'armée régulière, selon l'OSDH. Cependant, l'OSDH annonce qu’«un civil a été tué dans la province de Deraa (sud) par l'armée», ajoutant qu'«un autre enfant est mort lorsqu'un obus s'est abattu sur sa maison dans le village de Qouria dans la province de Deir Ezzor (est)». A Qouria, les tirs d'artillerie lourde ont touché dans la nuit un gazoduc, provoquant un incendie, selon l'OSDH qui n'a pas précisé l'origine des tirs ni l'étendue des dégâts. Dans la province de Damas, la même source rapporte que «plusieurs villages et localités ont été investis par les forces de sécurité et l'armée, dont Kfar Batna, Sabka, Hammouriyeh et Jesrine», ajoutant que «des affrontements ont lieu entre ces forces et des dissidents». Il est à rappeler que la Russie a rejeté un nouveau projet de résolution sur la Syrie soumis par des pays arabes et européens au Conseil de sécurité de l'ONU. Au regard de Moscou, ce texte ne peut constituer une «base d'accord» pour une sortie de la crise syrienne. «J'ai dit clairement que la Russie ne considérait pas ce projet de texte comme une base d'accord», a déclaré l'ambassadeur russe,Vitali Tchourkine, à l'issue de la réunion du Conseil. «Cela ne veut pas dire que nous refusons de discuter», a-t-il souligné. «Nous avons indiqué quelles étaient nos lignes rouges», a-t-il précisé, en citant l'opposition de Moscou à «toute indication de sanctions (..) et à l'imposition d'un quelconque embargo sur les armes» à destination de la Syrie, Le texte élaboré par la France, la Grande-Bretagne et l'Allemagne (avec l’approbation de pays arabes), a été présenté par le représentant du Maroc au Conseil de sécurité. Ce projet reprend les grandes lignes du plan annoncé le week-end dernier par la Ligue arabe pour régler la crise en Syrie et prévoit notamment un transfert du pouvoir du président Bachar Al-Assad à son

vice-président suivi d'élections, point également contesté par Moscou. Le vice-ministre russe des Affaires étrangères Guennadi Gatilov avait averti vendredi que Moscou ne soutiendrait aucune résolution à l'ONU appelant au départ de Bachar AlAssad. De son côté, la Ligue arabe va expo-

ser mardi devant le Conseil de sécurité de l'ONU la nouvelle initiative arabe de sortie de crise en Syrie. En octobre, la Russie et la Chine avaient mis leur veto à un précédent texte condamnant la répression par les forces de sécurité syriennes de manifestations du pouvoir en place depuis plus de dix mois.

ADOPTION DE LA LOI SUR L'ÉLECTION D'UNE ASSEMBLÉE CONSTITUANTE

Le CNT se réunit aujourd’hui à Tripoli

L

e Conseil national de transition (CNT) libyen se réunira aujourd’hui à Tripoli pour l'adoption de la loi qui régira l'élection en juin prochain d'une Assemblée constituante, a annoncé un responsable du conseil. «Les membres du CNT ont pris un autre jour de repos et doivent se réunir aujourd’hui pour examiner les derniers amendements à apporter à la loi», a indiqué M. Fathi Baaja, membre du CNT. Cette loi controversée devait être adoptée samedi, après un premier report la semaine dernière en raison des actes de violence visant les membres du CNT. Le CNT avait décidé à l'issue d'une réunion, dimanche dernier, dans un lieu secret après le saccage de son siège à Benghazi (est), le report de l'adoption de ce texte décrié par la société civile. Un report censé permettre le recueil des avis des organisations de la société civile et d'experts concernant certains articles du projet de loi contestés, comme celui réservant 10% des sièges de la future assemblée aux femmes. M. Mohamed Abdelaziz, secrétaire général du ministère libyen des Affaires étrangère, avait déjà déclaré jeudi passé que la loi électorale appelée à régir l'élection d'une

Assemblée constituante en juin en Libye sera adoptée «dans deux semaines» après amendement de plusieurs articles controversés. Le processus politique engagé en Libye prévoit l'élection d'un Conseil national dans quelques mois. Ce conseil élira à son tour une commission nationale qui sera chargée de rédiger la future Constitution du pays. Un texte qui sera soumis ensuite à un référendum populaire. «La question qui se pose actuellement est la nature du futur système politique qu'adoptera le peuple libyen», avait expliqué M. Abdelaziz, ajoutant que «certains partis politiques, récemment créés mais non encore agréés, plaident pour un système présidentiel, mais d'autres veulent un système semi-présidentiel». «Il y en a même ceux qui appellent au retour à l'ancien régime du roi Snoussi», avait-il dit. Les autorités libyennes font en outre face à d'immenses défis et responsabilités, notamment la question du rétablissement de la sécurité interne, l'intégration des ex-rebelles (dans l'armée et les autres forces de sécurité), la réconciliation, la reconstruction du pays, le redressement de l'économie, ainsi que l'activation de la justice transitoire.

Dimanche 29 Janvier 2012

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TAM Randonnée dans le
Reportage réalisé par Sihem Oubraham. Photos : Billal

DANS TOUTE SA SPLENDEU

Tamanrasset, affectueusement dénommée «Tam», est la porte d'entrée de la plus célèbre zone touristique du Sud algérien, celle qui mène à la route du Hoggar. Randonnée dans le Grand Sud...

S

e dressant à quelques milliers de mètres d’altitude, la ville de Tamanrasset offre à ses visiteurs un paysage tout simplement féerique. C’est ainsi que la capitale du Hoggar se pose définitivement comme un pôle incontournable du tourisme algérien.

ASSEKREM- Premier lever de soleil de l'annee 2012. ́

A la découverte de Tam
Dans la foulée, l’émotion sera sans nul doute présente au rendez-vous lorsque l’on s’attardera sur le fabuleux massif de l’Assekrem. «Fabuleux» en raison de son allure très altière qui n’est pas sans inspirer le respect. En explorant ce massif, l’on pourra se dire, non sans fierté, que l’on a foulé un sol des hommes bleus majestueux. Vers le Sud, les paysages du Tassili promettent un émerveillement inouï. Une explosion de couleurs ainsi que des effluves de la nature viennent assaillir les sens tandis que le doux bruissement du vent berce doucement l’ouïe. Pied de nez aux préjugés, les habitants de Taman-rasset ne se déplacent plus à dos de chameau ou de dromadaire comme le voudrait notre imaginaire exotique. Â ce propos, les touristes ont plus de chance de découvrir la dernière-née de la gamme Toyota à Tam qu’aux marchés de voitures du nord du pays. Et comme les mythes ont la peau dure, il faut préciser alors que les rues de Tamanrasset sont plus rectilignes et plus propres que certaines artères de la capitale. Ses quartiers sont également mieux conçus et plus aérés. Ils s’intègrent plus harmonieusement au de la région. cadre saharien Généralement, il ne faut pas plus d’une heure pour avoir ses repères. Les taxis sont légion, et moyennant 50 DA, vous pouvez sillonner toute la ville. Tamanrasset a bien un cachet urbanistique spécifique. Ce constat, le visiteur peut l’établir aisément. Les habitations, de couleur bien souvent rouge sombre, et les édifices publics comptent rarement plus de deux étages. Les passionnés d’histoire pourront étancher leur soif par la visite des quartiers anciens et de ses tamaris centenaires.

La ville et ses marchés
La ville en compte plusieurs. Un fait qui n’est pas sans ravir les touristes qui assistent alors à un spectacle portant l’exaltation des sens à son summum. C’est ainsi que le regard est attiré par ces couleurs irisées du marché et que l’ouïe s’imprégnera avec un plaisir toujours renouvelé de cette animation qui y règne. De leur côté, les papilles et l’odorat seront titillés par les effluves que l’endroit ne manque jamais d’exhaler. L’on ne manquera pas non plus de s’émerveiller en caressant les tissus chatoyants que l’on y vend. Outre le plaisir des sens, l’on sera véritablement heureux de plonger dans le quotidien des habitants.

ve. J’observe Doufen qui a le dos arqué et les bras tendus en arrière. Le visage est entièrement recouvert d’un voile, et seuls les yeux sont visibles. Ceci lui permet de se protéger du sable et des rayons brûlants du soleil. Il enroule sur sa tête une bande de tissu de plusieurs mètres de longueur, enfile par-dessus ses vêtements une grande cape appelée «gandoura». Cette cape généralement de couleur bleue déteint sur leur peau avec la transpiration. C’est pourquoi les Touaregs sont aussi appelés «les hommes bleus». Ils portent des sandales de cuir très résistantes, leur permettant de marcher durant plusieurs heures dans le sable.

une virée au grand marché de la ville, « l’Assihar ». On y entend toutes les langues de l’Afrique, on y écoute toutes les musiques du continent, on y vend différents articles représentantdiverses cultures. A lui seul, ce marché est un hymne à la diversité et un symbole de la pluralité dans l’harmonie.

En route pour l’Assekrem !
Dès le lever du jour, les 4x4 se mettent en branle pour les 85 km de piste, de

désert, de cailloux, de montagnes, vers la montagne bénie de l’Assekrem où le frère Charles a vécu pendant cinq mois, pensant être plus proche des Touaregs sur cette montagne deux fois plus arrosée que le plateau de Tamanrasset. A la sortie de l’Assihar, Laksaci, notre guide Doufen, nous emmène faire un dernier tour en ville avant le départ le lendemain pour l’Assekrem. C’est en sa compagnie que je redécouvre encore mieux Tamanrasset. Il

La guelta d’Afilal

Une diversité de nationalités
Dans la capitale de l’Ahaggar, on croise aussi beaucoup de «gens du Nord», comme disent les Touaregs. Il y a quelques années, seuls des fonctionnaires venus du Nord et détachés temporairement dans le Sud habitaient en ville. La plupart d’entre eux ne se sont pas mêlés à la population locale. Toutefois beaucoup aussi ont apprécié l’environnement saharien, et le mode de vie des Touareg. Bon gré ou mal gré, Tamanrasset s’est constitué un humus culturel et humain très diversifié. «J’ai l’impression qu’ici, il y a la plus grande proportion de nationalités au monde par mètre carré», nous confie Sébastien, un touriste suisse, un habitué, qui vient à Tamanrasset chaque année. Pour s’en rendre compte, il suffit de faire Le cours d’eau Afilal se situe dans la wilaya de Tamanrasset, à plus de 60 kilomètres de la ville de Tamanrasset et à 100 kilomètres du village d’Idelès, dans le massif de l’Atakor, qui renferme le sommet le plus haut d’Algérie, nous explique Doufen. Ici les «gueltates» se présentent sous forme de petites terrasses, marmites et petites cascades dans lesquelles l’eau coule en permanence dans un milieu environnant complètement désertique. Elles renferment une végétation riche et diversifiée plus ou moins similaire à celles des gueltates d’Issakkarassene, ainsi qu’une faune diversifiée complétée par la présence insolite d’une ichtyo-faune représentée par le barbeau du désert. Notre guide nous explique que les Touaregs nomades de la wilaya de Tamanrasset utilisent les gueltates Afilal pour s’approvisionner en eau pour leurs besoins domestiques et comme abreuvoirs où se désaltèrent leurs troupeaux.

La magie des gestes
Côtoyer les Touaregs est un luxe. Chacun de leurs gestes est une petite œuvre d’art à lui tout seul. Alors j’obser-

Le Pic, dernier coucher du soleil de l'annee 2011. ́

Reportage
LE WALI DE TAMANRASSET :
Des touristes devant la plaque, a 25 km ̀ d'Assekrem, le 31 decembre 2011. ́

EL MOUDJAHID

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UR

Grand Sud

«La région est un label international...»
Dans cet entretien qu’il a bien voulu nous accorder, le wali de Tamanrasset parle sans complaisance aucune tant des acquis indéniables enregistrés dans tous les secteurs que des insuffisances qui restent à combler.
Monsieur le wali, comment voyez-vous l’avenir touristique de la région ? Je suis certain que les gens qui viennent ici pour la première fois restent ébahis devant le spectacle qui s’offre à leurs yeux. Au-delà du tourisme en tant que secteur économique, il y a des effets sur les autres secteurs. A défaut de tourisme réceptif, vous avez opté cette année pour le tourisme national, afin de promouvoir le tourisme local. Pourquoi ? Il est difficile de supprimer la fausse image collée à cette région. Afin de contourner cette image, nous avons expliqué aux agences qu’il fallait adopter une nouvelle stratégie; notre pays est vaste, il est immense. Nous avons pu convaincre ces agences afin d’essayer de travailler sur le créneau de la clientèle nationale. Nous avons institué un comité de wilaya de préparation, en intégrant les acteurs, les représentants des huit agences qui ont été intégrées dans ce comité. Ces dernières ont collaboré ensemble avec les services con-cernés. Je citerai les services de sécurité, de la Protection civile, de la culture, du tourisme, de la jeunesse et des sports, et nous avons tracé un programme intégré, un programme qui regroupe toutes les festivités traditionnelles. Cette année, il y a eu un plus, parce que l’association «Sauver l’imzad» a frappé fort, avec un beau festival «sahélo-africain» qui a drainé la grande foule, où il y a eu beaucoup d’étrangers et d’ambassadeurs qui sont venus. Nous avons reçu plus d’une dizaine de représentations diplomatiques qui se sont promenées et qui ont constaté la situation librement. Depuis le dernier découpage de la wilaya, Tamanrasset est sortie de son isolement. Quel bilant faites-vous depuis votre installation ? Une trentaine d’années se sont écoulées depuis le dernier découpage. C’est vraiment le jour et la nuit. J’ai consulté le rapport qui a été remis au défunt président Houari Boumedienne. Il n’y avait pas de lycée et il y avait deux centres de santé pour tout le Hoggar,, de Aïn Sala jusqu’à Tinzaouatine et Aïn Guezzam. Depuis 1974, la population a doublé tous les six ans. La wilaya compte présentement 90 000 habitants. Pensez-vous qu’il y ait beaucoup à faire en terme de désenclavement ? Nous avons un programme d’électrification qui va démarrer dans les trois prochains mois. Aussi le programme de désenclavement pour 3 milliards de dinars va être lancé prochainement. En ce qui concerne le domaine vital de l’agriculture, c’est la première fois qu’on obtient un aussi grand projet pour un secteur aussi stratégique pour l’économie locale. Mais il faut savoir qu’il n’existe que deux tracteurs pour toute la région parce qu’il y douze hectares de terre agricole utile. Une superficie que nous envisageons de doubler parce que, actuellement, l’eau existe à Aïn Salah et la terre y est bonne. A Aïn Guezzam, il existe une nappe d’eau de 21 000 km². Là aussi nous

Soirée du 31-12-2011 a AFILEL TAM. ̀

m’indique d’abord la petite zone industrielle qui s’est développée en bordure de l’oued Tamanrasset. Si le béton a tendance à remplacer le caractère rural de cette ancienne oasis, l’ambiance demeure foncièrement saharienne. Ici, les fruits et légumes venus par camions des willayas du Nord et des villages des environs jouxtent l’artisanat local. Les «tisabatin» (pendants d’oreilles), les bracelets «lhebdjen» qui se portent par paires, les célèbres «asarou ouan afer», littéralement «clés de cadenas», les «teraout» (pendentifs pectoraux portés par les hommes)... Plus loin, un tailleur confectionne «à l’ancienne» et sur mesure les «sarouels et gandou- ras». Le lendemain matin, sur les inévitables 4x4 Toyota, nous avons mis le cap sur l’Assekrem. Tamanrasset-Assekrem, avec pique-nique à Akar et nuitée au refuge du père de Foucauld, ce circuit fait rêver des milliers de touristes qui viennent du monde entier, d’Europe en particulier, pour y découvrir un paysage volcanique mystérieux parsemé de cônes rocheux. Sur la piste, ça roule lentement. La piste qui mène jusqu’à l’Assekrem est dangereuse. Rocailleuse. Etroite. Impossible de croiser un autre véhicule : il n’y a pas assez de place. Les panoramas qu’on découvre dans le massif de l’Atakor sont à vous couper le souffle. Le pic d’Iharen est à lui seul une invitation à la méditation. Dans l’étendue de ce désert, seul ce proverbe targui peut nous aider à sonder l’âme de ces lieux: «Si loin que nous portent nos pas, ils nous ramènent toujours à nous-mêmes», nous lance Doufen. Les yeux ébahis admirent le mont Hadriane, édenté, posé comme un pain de sucre sur un plateau gréseux. Une
Caravane de chameaux non loin du Pic.

légende veut qu’il ait perdu une canine dans un duel contre un autre mont. Les Touaregs prêtent aux monts un sexe. Il arrive que des monts masculins soient divisés par des rivalités pour un mont féminin. Notre chemin nous mène encore à côté du pic d’Adaouda (le doigt), en passant par le pic Younamet. La pause à la guelta d’Affillal fut encore un pur moment d’émerveillement. Cet antre de la vie en plein néant est une merveille en soi. Une heure après, nous parvenons à l’Assekrem.

L’Ermitage du Père Charles de Foucault
Trois frères y sont en permanence. Le froid y réside aussi ! Depuis l’ermitage du père Charles de Foucault, que l’on atteint après une courte mais rude grimpée, la vue est imprenable. C’est dans cette humble bergerie que le religieux, d’abord aristocrate agnostique et dilettante avant de trouver la foi en 1886, passa une partie de sa retraite spirituelle, au plus près des «hommes bleus», dont il devint un fin spécialiste. Près de cent ans après sa mort à Tamanrasset, en 1916, l’eucharistie nous a réunis avant la rencontre avec le frère Edouard qui ne fait qu’un avec ce lieu ; d’autres frères viennent pour un temps et s’en vont. Très vigoureux, ils nous accueillent à l’entrée de l’ermitage, entretenant patiemment la mémoire et le savoir de leur prédécesseur. Pourtant la beauté des levers et couchers du soleil pourrait presque me persuader d’y dresser ma tente au créateur de cet univers. C’est beau à en perdre le souffle, ou à le retrouver si on l’a égaré dans la monotonie de la plaine et de la ville... S. O.

proposons la mise à niveau pour que demain, cette mise en valeur puisse stabiliser l’élevage. Quel est l’impact du nouveau barrage qui desservira pratiquement toutes les wilayas limitrophes ? Le problème qui existe actuellement, c’est que la population demande plus. Il y a une opération qui va être réalisée pour renouveler l’ensemble du réseau qui, une fois installé, fera de Tamanrasset la première ville à disposer d’un système ultramoderne où il n’y aura plus de problème de pénurie, parce qu’il y a un réservoir de 50 000 m3 à la sortie de la ville vers l’aérodrome. Avec la réalisation d’une série de châteaux d’eau et l’installation du nouveau réseau, la ville bénéficiera d’une technologie nouvelle. Malgré le plan de relance économique, les jeunes d’ici et d’ailleurs se plaignent toujours du chômage. Quelle est la situation au niveau de la wilaya ? Il y a un certain nombre de dispositifs qui ont été renforcés au cours de cette année. A la suite des différents conseils des ministres qui se sont tenus, des orientations du Président, il y a un doublement des avantages. L’année précédente, il y avait 3 400 postes d’emploi prévus dans le cadre du dispositif d’insertion professionnelle. Cette année les chiffres ont doublé. Nous en sommes à 5 600 qui sont pris en charge dans des administrations, dans des organismes et dans le secteur public et privé. Tous ceux qui sont issus des universités et de la formation professionnelle, en attendant d’avoir un poste permanant, sont accompagnés dans ces dispositifs d’aide à l’insertion professionnelle. Ça c’est le premier rôle de l’Etat. Le deuxième est d’encourager l’investissement national ou étranger, car c’est le

seul pourvoyeur de postes de travail, la fonction publique ne pouvant en produire qu’une partie infinitésimale. L’Etat encourage l’investissement au Sud. Il y a des avantages fiscaux extraordinaires pour toute personne qui veut investir dans l’extrême Sud. Nous aussi, nous sommes en train d’encourager l’investissement. Nous avons en effet déjà approuvé 14 projets, nous leur avons attribué des terrains et nous allons examiner une trentaine d’autres dossiers. La problématique du logement se pose, dit-on, avec acuité. Qu’en est-il au juste ? Nous avons distribué cette année 1 500 logements dont 900 au niveau de la wilaya. Nous avons 250 logements qui vont être prochainement achevés, 700 qui sont en cours de réalisation et 2 500 autres en cours d’étude uniquement à Tamanrasset, sans oublier les programmes des aides à la réhabilitation. Je ne veux pas que la ville soit détruite par le parpaing comme cela se fait ailleurs. Je veillerai à ce que Tamanrasset conserve son cachet, son empreinte et son charme. Il y a tout un programme à tracer avec les comités de quartiers. Monsieur le wali, quand on parle de logement, il y a le secteur sanitaire qui y est associé. Qu’en est -il exactement ? Nous sommes en train de travailler au moins pour la santé de proximité pour les nomades. Je prie Monsieur le ministre de la Santé de désigner un directeur de la santé qualifié. Nous avons une dérogation de 14 logements sociaux pour les médecins spécialistes. Donc s’il y a des spécialistes qui veulent s’installer à Tamanrasset, les logements sont à leur disposition. S. O.

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Culture Identités et spécificités

EL MOUDJAHID

CLÔTURE DE LA 4e RENCONTRE EURO-ALGÉRIENNE DES ÉCRIVAINS

Les travaux de la 4e rencontre euro-algérienne des écrivains, qui s’est tenue du 25 au 26 janvier 2012, en présence de Mme Laura Baeza, ambassadrice, chef de délégation de l'Union européenne en Algérie, et de plusieurs personnalités du monde littéraire européen et algérien, se sont clôturés jeudi, à l’hôtel El Djazaïr.

L

es participants ont essayé de situer le rôle des écrivains dans le dialogue intellectuel, d’établir une passerelle de connaissance, de rapprochement et de compréhension entre le monde occidental et maghrébin, notamment le problème de l’identité qui ne peut se cantonner à une nationalité, une religion ou une race. Organisée par la Délégation de l'Union européenne avec le concours des services culturels de ses Etats membres, cette nouvelle édition a été placée sous le thème : "Les identités plurielles". L’écrivain algérien Hamid Grine a cité des passages tirés de son propre livre, à travers le personnage de Haoues, à cheval entre deux cultures ; française et algérienne. C’est une personnalité moderne qui aime les belles choses, mais qui tient aussi à sa religion musulmane. Il est emblématique de toute une époque. Ca se passe dans les années cinquante, il veut être moderne comme les autres, mais en se mariant, il s’est retrouvé dépendant de ses traditions. «Ce que j’ai essayé de traduire à travers cet exemple, c’est qu’on a beau vouloir nous émanciper, mais tout se joue autour des traditions», explique l’écrivain. Hamid

Grine a traité de la problématique culturelle en mettant l’accent sur la nécessité de se connaître. La connaissance de soi implique plus de bonheur, moins de tentation à vouloir quitter son pays. «Il y aura moins de haraga et d’immigration vers l’autre rive de la Méditerra-

née», conclut-il. Pour sa part, Abdennour Abdesselam a axé son intervention sur l’identité collective, en prenant comme exemple le cas de la revendication berbère. «Il est de nature que lorsque qu’on parle du passé, cela devrait aussi aider à

connaître et découvrir les faits réellement passés. Le passé en termes d’histoire reste dans le cadre de ce qui s’est vraiment passé pour pouvoir déclarer ce que nous sommes réellement. Parmi les éléments qui font l’identité, la langue est considérée comme

étant l’organe le plus déterminant. Car elle n’est pas un chuchotement, elle n’est pas un vacarme. Elle ne se résume pas non plus à l’évocation du vocabulaire. C’est par elle que l’homme vit, pense et exprime les autres constituants de son identité», déclare-t-il en précisant que les peuples dominés se sont toujours réfugiés dans leur langue. Selon l’orateur, il n’est pas un hasard que la plupart des historiens et spécialistes de l’histoire s’accordent à dire que toutes les actions stratégiques qui garantissent les colonisations, la «bataille linguistique» ou même le «crime linguistique», a été leur premier souci. Karima Berger est revenue sur sa propre expérience. Elle fait savoir que sa vie en Allemagne lui a permis de connaître la vie, la langue et la culture de ce pays, mais le problème qui se pose, c’est son pouvoir de montrer cette culture en l’exprimant par sa propre langue. Elle dit que cela était vraiment difficile pour elle. Alors elle a retracé la culture de son pays avec sa propre langue et celle de l’Allemagne par la langue allemande. Donc elle a conclu que chaque pays a sa spécificité et son identité. Kafia Aït Allouache

LE MYTHE EN HÉRITAGE, DE MOHAMMED ABBOU

Ph. : Wafa

Un livre d’espoir et de sagesse

JE REVIENS ME CHERCHER, UN LIVRE AUTOBIOGRAPHIQUE DE SMAÏN

L’

ancien ministre de la Communication Mohamed Abbou vient de publier son nouvel ouvrage intitulé Le mythe en héritage, aux éditions Hikma. Il l’a récemment présenté au siège de l’Union des écrivains algériens. Des personnalités de la scène littéraire, telles que Amine Zaoui, ont pris part à la séance de vente-dédicace. L’auteur est sorti du cadre scientifique qui lui est familier. Son travail est une sorte de recueil de récits puisés du quotidien de notre société. «J’ai essayé à travers ce roman de rassembler les articles que j’avais écrits dans les colonnes de certains journaux algériens comme le Quotidien d’Oran. C’est ma première expérience, parce qu’auparavant, tous mes livres traitaient de sujets scientifiques. C’est une occasion pour le lecteur de me découvrir dans un style différent», déclare-t-il, tout en ajoutant : «Je ne vous cache pas que je n’ai pas pu trouver une classification ou un titre à ces sujets. Je ne sais pas si ce sont des histoires courtes, des nouvelles, c’est tout simplement des histoires inspirées du vécu du citoyen algérien. A chaque fois qu’il y avait matière à s’interroger sur ce qui ne va pas, j’essayais de tenter une réflexion et de dépister les sources du mal.» L’auteur agit à la manière d’un sage qui observe, nous interpelle sur ce que nous savons au plus profond de nous-mêmes et ce que nous n’osons plus formuler ouvertement. Il revient, par exemple, sur une question nodale qui touche au cœur de la vie en commun. Il s’agit de la question de la citoyenneté en Algérie qui demeure toujours un problème majeur. Vaste sujet, s’il en est qu’il traite avec un sens de l’objectivité et une sérénité de l’es-

Un humoriste en quête de ses racines algériennes
L'humoriste Smaïn, qui présentait jeudi à Paris son dernier ouvrage autobiographique, dit se battre encore et toujours pour vivre en harmonie avec sa double identité française et algérienne, dans une quête effrénée de ses racines algériennes, lui qui sut, dès l’âge de 12 ans, qu’il était un enfant adoptif de confession musulmane. Evoquant sa filiation «perdue», il se rappelle ce «coup de théâtre» qu'il a vécu lorsque sa maîtresse d’école, le voyant en train de perturber sa classe, lui lance, en lui tortillant l’oreille : «Arrête de faire le clown. A l’école, il faut que tu travailles. Est-ce que tu sais que tes parents ne sont pas tes vrais parents !». «J’avais à peine douze ans. Cela me confirmait ce que je redoutais dans mon for intérieur, j’ai ressenti comme une boule de pétanque qu’on avale», confie-t-il, lors de la présentation, jeudi soir au Centre culturel algérien à Paris, de son dernier livre autobiographique Je reviens me chercher. C’est de là que commence pour le jeune Smaïn la quête inlassable de ses racines algériennes, lui dont le père adoptif (Amar Salamani) était un immigré algérien et la mère marocaine. L’âge avancé de ses parents l’interpellait, mais les propos de sa maîtresse confortaient ses doutes. La certitude sur le mystère entourant son identité lui vient lorsqu’en catimini, il accède à des documents cachés dans une boîte à chaussures (certificats d’abandon, carnet de vaccination, courrier de bonnes sœurs de Constantine). «Ces documents me révélèrent que j’étais né de père et de mère inconnus, mais pas abandonné. Cette nuance est de taille, du fait que j’ai pu remonter la filière jusqu’à Constantine où je suis né en 1958», confesse l’humoriste, qui raconte comment il a été transféré d’un orphelinat de Constantine à ses parents adoptifs. «Mais, regrette-t-il, rien n’a pu filtrer sur mon origine et mes parents biologiques, que ce soit dans ma ville natale où j’ai consulté la matrice des actes de naissance, ou en France, ma terre d’adoption, excepté un acte de naissance certifiant ma naissance le 3 janvier à Constantine sous le nom de Fairouze Smaïn». C’est à partir de ce vide existentiel que le jeune Smaïn dit avoir eu un penchant pour «intéresser les autres en faisant le pitre». «Quand on n’a pas d’histoire, on l’invente. Avec cette absence d’identité, il fallait tout faire pour que les regards des autres s’accrochent au mien», a-t-il confié. Il avoue avoir eu tout de même une enfance heureuse et des parents tellement adorables, dit-il, qu’il n’a pas osé leur confier, avant qu’ils ne décèdent successivement en 1971 et en 1974, qu’il savait qu’ils n’étaient pas ses géniteurs, de crainte de les perdre... L’humoriste, tout en se satisfaisant de sa carrière d’artiste, se considère, par ailleurs, comme une des «victimes» de la guerre de libération nationale. «Je suis très lié à mon pays, l’Algérie, et à son histoire, et en même temps à cette France qui m’a adopté. Mon combat aujourd’hui est de rapprocher ces deux identités desquelles je suis né», dit-il. C’est dans cet esprit que l’humoriste compte se rendre, le 1er avril prochain, à Constantine, à l'invitation du Théâtre régional de Constantine où il présentera son dernier ouvrage.

prit. Cette démarche peut irriter, susciter des élans d’approbation, mais elle ne saurait nous laisser indifférents. C’est dire que l’auteur veut à travers son livre secouer les consciences. Il incite le lecteur à se poser des questions. Vu sous cet angle, le travail n’est pas inutile. Il reflète fatalement une espèce de réflexion sur un vécu qui n’est pas exempt de tout reproche. Il instaure la nécessité d’un débat franc et global sur certains phénomènes sociaux qui se vivent et se constatent au sein de notre société. Mohamed Abbou s’évertue à prendre pied dans le cadre de la société, à en situer ses problèmes. Mais il ne se confine pas dans le simple diagnostic et les constats aussi sûrs soient-ils. Il apporte sa pierre non pas en pourfendeur omniscient et en juge implacable, mais comme

un sage, qui, avec humilité et sincérité, aspire à faire évoluer les choses dans le bon sens. «Il y a toute une mobilisation de la culture, de l’esprit, de la conscience qui est nécessaire pour aller jusqu’au bout. C’est la culture qui indique le sens. Donc, pour moi, cela n’a pas été facile, mais j’ai tenté ce modeste effort. Je ne sais pas ce que cela va donner, mais personnellement, cela me donne envie de continuer sur cette lancée. J’attire juste l’attention que je n’ai aucune prétention personnelle.» On retrouve là, les mobiles qui nourrissent souvent les ressorts qui agitent un sage. En somme et sans grande prétention, l’ouvrage est un message d’espoir et d’espérance. C’est du moins ce que nous croyons avoir tiré comme leçon majeure. Kafia A. A.

Dimanche 29 Janvier 2012

Ph. : Tahar

EL MOUDJAHID

Vie pratique
CONDOLÉANCES
Le Président du Comité de Direction, le Secrétaire Général, les Membres du Comité de Direction ainsi que l’ensemble du personnel de l’Agence Nationale pour la Valorisation des ressources en Hydrocarbures “ALNAFT”, très affectés par le décès du :

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Vie religieuse
Horaires des prières de la journée du dimanche 5 Rabi’Al-awal 1433 correspondant au 29 janvier 2012 : - Dohr.........….......13 h 00 - Asr.......................15 h 45 -Maghreb.............. 18 h 08 -Icha……...……....19 h 30 Lundi 6 Rabi’ Al-awal 1433 correspondant au 30 janvier 2012 : -Fedjr....................06 h 25 -Chourouk............07 h 55

CONDOLÉANCES
Le Président du Conseil d’Administration, les membres du Conseil ainsi que l’ensemble du personnel de l’Agence National du Patrimoine Minier (ANPM), profondément attristés par le décès du FRÈRE de Monsieur Youcef YOUSFI, Ministre de l’Energie et des Mines, présentent à ce dernier ainsi qu’à toute sa famille leur sincères condoléances et les assurent en cette douloureuse circonstance de leur soutien et de leur profonde sympathie Puisse Dieu, le ToutPuissant, accorder au défunt Sa Sainte Miséricorde et l’accueillir en Son Vaste Paradis. “A Dieu nous appartenons et à Lui nous retournons”.
El Moudjahid/Pub 29/01/2012

REMERCIEMENTS
Les familles BAOUCHE et BOUKDIRA d’Alger et de Jijel très touchés par les marques de sympathie de tous ceux qui ont compati à leur douleur suite à la perte cruelle de leur gendre, fils, frère, époux et père. BOUKDIRA HAMID, exemple de gentillesse et de sérieux, les remercients chaleureusement et les prient de trouver ici l’expression de leur profonde gratitude. Son épouse et son fils Rayan de mande à tous ceux qui l’ont connu et apprécié d’avoir une pieuse pensée en sa mémoire. “A Dieu nous appartenons et à Lui nous retournons.”
El Moudjahid/Pub ANEP du 29/01/2012

Frère de Monsieur Youcef YOUSFI Ministre de l’Energie et des Mines
Présentent à Monsieur le Ministère, ainsi qu’à sa famille, leurs condoléances les plus attristées et les assurent en cette douloureuse circonstance de leur profonde sympathie. Puisse Dieu Accorder au défunt Sa Sainte Miséricorde et l’accueillir en Son Vaste Paradis. “A Dieu nous appartenons et à Lui nous retournons”.
El Moudjahid/Pub ANEP 897637 du 29/01/2012

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20, rue de la Liberté, Alger Téléphone : 021.73.70.81 Présidente-Directrice générale de la publication

Naâma Abbas
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Les manuscrits, photographies ou tout autre document et illustration adressés ou remis à la Rédaction ne sont pas rendus et ne peuvent faire l’objet d’une réclamation..

PENSÉE
Le 28 janvier 2010, le CRÉATEUR a rappelé auprès de LUI feu Si Larbi BELKHEIR Pour perpétuer le souvenir de cet homme qui fut connu pour sa rectitude, sa loyauté et sa générosité, son épouse, ses enfants Ahmed-Lamine, Karima, Latéfa et Nabila, ses petits-enfants ainsi que ses gendres invitent tous ceux qui l’ont connu d’avoir une pieuse pensée à sa mémoire et de l’associer dans leurs prières. Nous implorons Dieu le Très-Haut d’accueillir Si Larbi en Son Vaste Paradis, parmi ceux qu’il a couverts de Ses Incommensurables bienfaits et l’entourer de Son Infinie Miséricorde.

CONDOLÉANCES
Le Directeur Général, les cadres ainsi que l’ensemble du personnel de l’Agence Nationale de Gestion du Micro Crédit (ANGEM), très affectés par le décès de la MÈRE de M. MOUSLIM Mahdi, Coordinateur de l’ANGEM de la wilaya d’Adrar, présentent à sa famille leurs condoléances les plus attristées et les assurent en cette douloureuse circonstance, de leur profonde sympathie. Que Dieu le Tout-Puissant accorde à la défunte Sa Sainte Miséricorde et l’accueille en Son Vaste Paradis. “A Dieu nous appartenons et à Lui nous retournons”.
El Moudjahid/Pub ANEP 898220 du 29/01/2012

La famille de feu Larbi BELKHEIR
El Moudjahid/Pub ANEP du 29/01/2012

Groupe

CONDOLÉANCES
Très affectés par le décès du PÈRE de monsieur Badredine DEFFOUS, Directeur des Equipements Publics d’Alger. Le Président Directeur Général du Groupe COSIDER, les Présidents Directeurs des filiales, lui présentent, ainsi qu’à toute sa famille leurs condoléances les plus sincères pour exprimer le témoignage de leur profonde sympathie. Dieu fasse que sa famille surmonte rapidement cette douloureuse épreuve. Nous prions Dieu le Tout-Puissant d’accorder à la défunte Sa Sainte Miséricorde et de l’accueillir en Son Vaste Paradis. “A Dieu nous appartenons, et à lui nous retournons”.
El Moudjahid/Pub
ANEP 897804 du 29/01/2012

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Sports
GABON-MAROC (3-2)

EL MOUDJAHID

La ga ze tte
- Clips. D'innombrables clips célébrant la CAN, et surtout l'équipe nationale, sont diffusés à la télévision équato-guinéenne. Dans l'un d'eux, la chanson "Olé olé Nzalang" du groupe des Play Boys est illustrée par les deux buts marqués contre la Libye dans le match d'ouverture. Deux ? Le Nzalang a en fait battu les Chevaliers de la Méditerranée 1-0, mais le fils du président équato-guinéen, Teodorin Obiang, a décidé de verser une prime de but y compris pour le premier but invalidé sur hors-jeu. Et le clip en reprend donc naturellement l'image. - Ultras. Sur les quelque deux cents supporters du Sénégal venus spécialement pour la CAN à Bata, seuls une petite dizaine ont suivi les entraînements de jeudi et vendredi, à la suite de la deuxième défaite des Lions de la Taranga dans le tournoi, mercredi face à la Guinée équatoriale (2-1), synonyme d'élimination. Au dos de leurs T-shirts, on pouvait lire : "Sénégal qui gagne"...

Au bout du suspense
A Libreville (Stade d’Angondjé): le Gabon bat le Maroc 3 à 2 (0-1) Arbitre : N. Alioum (CMR) Buts : Gabon : Aubameyang (77), Cousin (79), Mbanangoye (90+8) Maroc : Kharja (24, 90+1 s.p.) Avertissements : Gabon : Biyogo Poko (10) Maroc : Hermach (28), Belhanda (54), Benatia (90+6) Les équipes : Gabon : Ovono (cap.) Mouelé, Ebanega, Ecuele Manga, Moussono Aubameyang, Biyogho Poko (Palun 90+7), Madinda, Moubamba, Nguéma (Cousin 46) Mouloungui (Banangoye 85) Entraîneur : Gernot Rohr Maroc : Lamyaghri - Basser (Alioui 73), Benatia, Kantari, El Kaddouri - Belhanda, Hermach, Hadji, Kharja (cap.), Carcela (Taarabt 67) - El-Arabi (Amrabat 46) Entraîneur : Eric Gerets

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e Gabon s'est qualifié vendredi pour les quarts de finale de la CAN au terme d'un match fou où,

mené pendant 50 minutes, il a renversé le match en 2 minutes face au Maroc (2-1), avant de se faire rejoindre à la 90+1 puis d'arracher la victoire (3-2) sur coup franc (90+8e). Symbole de cette folie : les stadiers ont eu toutes les peines du monde à éviter une invasion du terrain après le deuxième but gabonais, le président Ali Bongo Ondimba demandant aux supporteurs de regagner leurs places avec de grands gestes! Le speaker a aussi multiplié les appels au calme afin de "ne pas pénaliser l'équipe du Gabon" lors du penalty sifflé contre le Gabon. Venu avec des grandes

ambitions, le Maroc, qui a pourtant montré de belles phases de jeu, quitte la compétition comme le Sénégal avec deux défaites en deux matches. Les hommes d'Eric Gerets, qui avait laissé Marouane Chamakh sur le banc, avaient bien commencé le match faisant taire le public grâce à un but de toute beauté à la 25e. Younes Belhanda, tel un meneur de basket-ball NBA, indiquait une direction à gauche mais effectuait une passe au cordeau dans l'axe à destination du capitaine Houssine Kharja qui éliminait Mouele en se retournant et logeait le ballon

NIGER-TUNISIE (1-2)

Les Tunisiens jusqu’au bout
A Libreville (Stade d'Angondjé) : la Tunisie bat le Niger 2 à 1 (1-1) Arbitre : J. Sikazwe (ZAM) Buts : Niger : Ngounou (9) Tunisie : Msekni (4), Jemâa (90) Avertissements : Niger : Lancina (45+1) Tunisie : Ifa (11), Traoui (53), Haggui (78) Les équipes : Niger : Kassaly - Bulus (A. Issoufou 90+3), Mohamed Chikoto, Koffi Dan Kowa, Soumaila - Yacouba Ali, Bonnes, Lancina (cap.) - B. Issoufou (Laouali 84), Maazou, Ngounou (Kamilou 70) Entraîneur : Harouna Doulla Tunisie : Mathlouthi - Ifa, Hagui (cap.), Abdennour, Jemal - Traoui, Korbi, Chikhaoui (Allagui 66) Dhaouadi (Darragi 50) Msekni, Chermiti (Jemâa 46) Entraîneur : Sami Trabelsi

dans les filets. L'entrée de Daniel Cousin à la pause semblait galvaniser les Panthères. A force de pousser, les Gabonais obtenaient leur récompense : Pierre Emerick Aubameyang crucifiait Lamyaghri d'une volée à la 77e. Deux minutes plus tard, Cousin héritait d'un ballon dans la surface et se retournait pour marquer d'une frappe dans le coin droit du but. 2-1, les 40.000 spectateurs pensaient la victoire acquise mais c'était sans compter sur un penalty pour une main de Mouele. Kharja montrait son calme pour signer son 3e but, douchant une nouvelle fois les spectateurs à la 90+1e. Cette fois-ci, le public croyait le match terminé mais se trompait encore. Sur coup franc, le vétéran Bruno Zita Mbanangoye, qui joue sa troisième CAN, offrait au bout du temps réglementaire la victoire aux Panthères. De la folie pure. Renversant. Les deux pays hôtes, Gabon et Guinée équatoriale seront en quarts.

- Maudit. La malédiction continue pour le capitaine du Ghana, John Mensah. Buteur exclu contre le Botswana (1-0), le défenseur central s'est en outre fait une contusion musculaire pendant ce match. Une blessure pas trop grave, a rassuré l'encadrement médical des Black Stars. Mais le joueur de Lyon, qui cumule pépins physiques, méforme et cartons rouges depuis 2008, verra-t-il un jour le bout du tunnel ? - Côte d'Ivoire do Brasil. Les Eléphants avaient des airs de seleçao, jeudi face au Burkina Faso (2-0). Si, dans le jeu, les Ivoiriens n'avaient pas grandchose à voir avec les esthètes auriverde, deux de leurs joueurs avaient adopté des patronymes à consonance brésilienne sur leur maillot. On connaissait déjà Gervais Yao Kouassi, alias Gervinho. Il faut désormais y ajouter Salomon Kalou. Le petit frère de Bonaventure avait en effet revêtu une tunique floquée au nom de Kalunho.

DANS LA LUCARNE

Les Lions de l’Atlas dès le premier tour
le Gabon lui donnerait son billet. Si tel n'était pas le cas, un nul contre le Gabon lors de la dernière journée lui assurerait la première place du groupe. Mais que de souffrance! La Tunisie pensait sans doute s'acheminer vers une victoire tranquille quand dès la 4e minute Youssef Msakni slalomait dans une défense nigérienne apathique et d'un tir brossé mais sans grande conviction ouvrait le score. C'était sans compter l'effet "main de Dieu"... Quelques instants plus tard (9e), sur un ballon contré, transformé en longue chandelle, Moussa Maazou sautait plus haut que les bras du gardien tunisien Mathlouthi pour toucher intentionnellement le ballon de la main. Le ballon échappait alors des mains du gardien et revenait vers William qui propulsait le cuir de la tête dans le but vide. Les Tunisiens réclamaient en vain, ce que tous les téléspectateurs du match ont pu voir, revoir et revoir encore au ralenti. Un but qui aurait dû être refusé et rouvrira le débat sur l'utilisation de la vidéo. Complètement dépités, les Tunisiens perdaient leur football et laissaient le champ libre à des contre-attaques qui auraient pu être assassines. Seulement voilà, n'est pas Maradona qui veut et Maazou, joueur au physique généreux, est loin d'avoir la maestria de l'idole. Déjà peu inspiré à la 2e minute sur un face-àface, il échouait à plusieurs reprises dans sa quête du but : 17e (tir à côté), la 60e (duel perdu face au gardien), 79e (un tir écrasé), 83 (trop personne, tir sur gardien). Issoufou Boubacar trouvait lui le poteau à la 34e. La Tunisie se réveillait enfin juste avant l'heure de jeu. Jemaa (58, devancé par le gardien) Msakni (61e) et Abennour (64e, poteau) butaient sur la défense nigérienne avant que l'attaquant auxerrois, entré en cours de jeu, ne délivre son pays sur une belle action individuelle (90e). Le Niger conserve encore mathématiquement une faible chance de se qualifier.

L

U

n but du Niger entaché d'une faute de main similaire à la "main de Dieu" de Maradona lors du Mondial86, a complètement décontenancé la Tunisie qui a finalement arraché la victoire 2-1 à la dernière minute du match, vendredi lors de la 2e journée du groupe C de la CAN-2012. Sur le plan comptable, la Tunisie n'est pas encore mathématiquement qualifiée mais elle a fait un grand pas vers les quarts. Un nul ou une défaite en soirée du Maroc contre

es Marocains ont été éliminés dès le premier tour de cette 20ème édition de la CAN-2012 organisée par le Gabon et la Guinée équatoriale. Ils se sont fait battre par une excellente équipe gabonaise entraînée par Guernot Rhor dans les ultimes instants de la rencontre. Après deux sorties dans cette CAN, les Marocains d’Eric Gérets n’ont engrangé aucun point, puisqu’ils ont encaissé ainsi leur deuxième défaite après celle concédée face aux Tunisiens, déjà qualifiés après leur victoire contre le Niger (2-1). Suite à cette élimination prématurée des Marocains, la question qui se pose réside dans leur façon de jouer qui n’était nullement rationnelle. On confondait vitesse et précipitation. Ce qui les avait mis sous l’emprise d’une excellente équipe gabonaise qui devient du coup un favori potentiel pour le sacre final, elle qui possède des joueurs d’exception comme Aubaméyang, Mouloungué et les autres. Il faut dire que les Marocains qui nous avaient éliminés lors des éliminatoires de cette CAN 2012 n’ont pas pesé lourd dans la balance. Indirectement, un tel constat a fait dire à un certain nombre de spécialistes que les équipes du Maghreb vont rencontrer dans un proche avenir de réelles difficultés devant les équipes africaines qui sont en train de connaître une nette évolution sur tous les plans, notamment sur le plan de la morphologie athlétique. Physiquement, ils sont de loin supérieurs. Ce sont de véritables « colosses » ayant une vitesse d’athlètes de vitesse et une morphologie d’haltérophiles. Les Gabonais ont imprégné un rythme endiablé que les Marocains n’ont pas réussi à tenir la comparaison. C’est ce qui avait fait dire à Gérets que « mes joueurs n’ont pas joué tactiquement comme on aurait aimé qu’ils le fassent». La pression imposée par les Gabonais leur avait enlevé toutes leurs forces. C’est un peu «comme Samson qui avait perdu ses cheveux». Il faut dire que le football maghrébin doit s’améliorer sur le plan physique pour tenir 90 minutes intenses, surtout avec ce que l’on est en train de voir dans cette CAN qui tient toutes ses promesses. Halilhodzic, le sélectionneur national, avait raison de dire que nos joueurs ne peuvent pas soutenir le même rythme du début jusqu’à la fin. Des efforts qui restent encore à faire. Ce ne sera pas du gâteau, c’est le moins que l’on puisse dire. HAMID GHARBI

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EL MOUDJAHID

FOOTBAL

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Sports
EQUIPE NATIONALE (PROSPECTION) :

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LIGUE 1 (17e JOURNÉE) : USMA 0 – USMH 1

La fougue harrachie fait plier le vedettariat usmiste

Vahid Halilhodzic assistera mardi au match JSM Béjaïa-ES Sétif

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rosse surprise que celle qui a suivi la victoire de l’USMH samedi après-midi, face au leader l’USMA, qui pourtant était considérée dans ce derby attendu comme l’équipe qui recevait. Alors que le onze à Boualem Charef s’est présenté très amoindri à l’occasion de cette difficile confrontation, avec les absences de Griche, ZianeChérif, Bounedjah et autres, les Rouge et Noir donnaient l’air, au coup d’envoi de la rencontre, qu’ils n’en feront qu’une bouchée de cette équipe harrachie. Mais il fallait compter sans cette hargne, fougue et détermination des camarades de l’excellent portier international Azzedine Doukha, qui se sont dressés comme un seul homme devant cette soidisant ’’dream team’’ usmiste, qui n’a de dream team que le nom. Un qualificatif qui ne sied guère à cette équipe annoncée en grande pompe à l’intersaison, avec l’afflux des joueurs les plus prisés du championnat national, si l’on se réfère à leur médiocre et terne prestation lors de cette rencontre. Il est vrai que l’USMA, malgré toutes les critiques que nous lui adressons, demeurent leader de la Ligue 1 ; cela prouve que

l’équipe dispose d’atouts certains, seulement, ses joueurs n’ont pas affiché cette volonté farouche et cette grinta sur le terrain qui leur auraient sans doute permis de réussir un meilleur résultat. Il n’est point interdit à l’USMA de perdre un match, ça arrive aux plus grands

clubs du monde, seulement, c’est ce manque de combativité et de détermination des camarades de Lemouchia sur le terrain qui fait grincer des dents les inconditionnels usmistes. Face à l’USMH, les Rouge et Noir se sont certes créé quelques bonnes occasions de but, mais ils ont joué d’une manière statique et peu créative qui ne leur a pas permis d’avoir l’emprise du match d’une manière efficace. Contrairement au très prometteur défenseur axial Kahouadji et à ses équipiers qui montraient bien sur le terrain qu’ils avaient faim et qu’ils n’étaient pas du tout intimidés par l’armada usmiste. Quand on y croit, on y arrive, dit-on. Meftah et les siens doivent se montrer plus entreprenants et davantage déterminés pour être à la hauteur de leur statut d’équipe vedette. Il ne suffit pas de le dire si sur le terrain on ne le prouve pas ! Mohamed-Amine Azzouz

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LIGUE 2 PROFESSIONNELLE

Le CABBA et la JSS prennent le large
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ette autre journée de la Ligue 2 Pro a été encore une fois attractive, avec de belles affiches et des résultats qui démontrent que les jeux restent ouverts, que ce soit pour l’accession ou le maintien. Tout d’abord, la bonne opération a été l’œuvre du leader, le CABBA, qui est allé chercher une très précieuse victoire face à la coriace formation du MSPB, renouant ainsi avec la victoire après avoir connu un passage à vide, consolidant ainsi son poste à la tête du championnat. Son poursuivant immédiat, la JSS, n’a pas fait dans le détail en atomisant une fébrile équipe de l’ABM en lui administrant une véritable raclée (4-0). Les Bécharis sont bien partie pour vivre cette saison une accession historique. L’USMAn, menée d’une main de maître par Kamel Mouassa, revient dans la course à l’accession en battant une bonne équipe de l’USMB, confirmant son redressement et son retour progressif au premier plan, après avoir connu des moments difficiles et le bas du tableau. L’arrivée de l’enfant de Guelma à la tête de l’équipe n’est pas étrangère à cette belle remontée au classement. De leur côté, les Blidéens, malgré leur bonne volonté et le travail de qualité qu’est en train d’effectuer Arezki Amrouche, ne parviennent toujours pas à se mettre sur les bons rails. Le MOB, le RCK et l’ESM renouent avec la victoire, respectivement face au PAC, l’USB et le MOC. Ainsi, les Pacistes et les Biskris voient leur situation se compliquer davantage en fermant la marche du classement. Pour leur part, les Mocistes se maintiennent sur le podium malgré leur défaite à Mosta. L’autre candidat à la course pour la montée en Ligue 1 Pro, l’ASMO, qui ne marche pas très fort depuis ses dernières sorties, a réussi à tenir en échec hors de ses bases l’OM, qui pourtant a mis tout en œuvre pour empocher les trois points de la victoire. Seulement, les gars de Médina J’dida ont tenu bon jusqu’au coup de sifflet final. Un résultat qui lui permet de se maintenir dans une position d’attente en espérant des jours meilleurs. USMBA-SAM n’a pas eu lieu, en raison du défaut de présentation des licences de l’équipe visiteuse. La personne qui était en possession desdites licences aurait été victime d’un accident à l’entrée de la ville de Sig. La LFP tranchera après enquête la question. En somme, une journée favorable au leader, le CABBA, et à son dauphin qui prennent le large sur leurs poursuivants immédiats. M.-A. A.

e sélectionneur de l'équipe nationale algérienne de football, le Bosnien Vahid Halilhodzic, assistera mardi prochain au match JSM Béjaïa-ES Sétif au stade de l'Unité maghrébine de Béjaïa, comptant pour la 18e journée du championnat professionnel de football de Ligue 1, a rapporté hier la Fédération algérienne de football (FAF) sur son site. Le coach national continue sa prospection des joueurs susceptibles d'être retenus pour le match Gambie-Algérie, prévu le 29 février prochain à Banjul, comptant pour le deuxième tour qualificatif à la Coupe d'Afrique des nations CAN-2013, précise la même source. Vendredi après-midi, le coach national a assisté au derby algérois qui a mis aux prises l'USM Alger avec l'USM Harrach (0-1), disputé au stade du 5-Juillet d'Alger, dans le cadre de la 17e journée de la Ligue 1. D’autres membres du staff technique ont supervisé quelques joueurs en assistant au match ES Sétif- MC Alger (0-1), qui a eu lieu durant la même journée. Par ailleurs, l’entraîneur assistant, Noureddine Korichi, se déplacera prochainement en Angleterre où il aura à rencontrer le milieu de terrain international de Wolverhampton (Div. 1), Adlène Guedioura.

CYCLISME

Laâdjal Mahfoud, un grand des années 60

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e cyclisme algérien a connu sa période faste juste après l’indépendance où plusieurs coureurs ont émergé, à l’instar des Zaâf, Hamza Madjid, Benzine, Chaâbane et les autres. Parmi ces grands champions, on peut leur adjoindre Laâdjal Mahfoud, âgé actuellement de 76 ans. Il a pris sa retraite à cause du poids de l’âge, mais a laissé ses empreintes sur l’asphalte des routes et pistes d’Algérie en faisant montre d’un immense talent, mais aussi d’une endurance rarissime. On peut dire qu’il possède un palmarès très éloquent, lui qui a couru avec les grands coureurs de l’époque. Dès l’indépendance du pays en 1962, ce coureur, à peine âgé de 26 ans, avait commencé à se distinguer sur les pistes d’Algérie. Il avait été champion d’Algérie de 1963 à 1965 aussi bien sur piste qu’en cyclo-cross. Il récidivera dans les courses régionales où il remportera 12 victoires. Dans la foulée, il participera également au championnat du monde de cyclo-cross à Bruxelles (Belgique). Ce coureur avait vraiment fait montre d’un grand talent que tous les anciens lui reconnaissent à l’instar de Youcef Amrouche, vice-président de la FAC. C’est un grand coureur qui a marqué l’histoire de la «petite reine» nationale : «Il mérite tout notre respect, même s’il vit de nos jours des moments très difficiles. Il a besoin de l’aide de tous en vertu de tout ce qu’il avait fait pour le cyclisme algérien.» Laâdjal Mahfoud avait également exercé à la fin de sa carrière sportive comme vice-président de la de la FAC et aussi de la

Ligue d’Alger, président de la commission organisation et planification, responsable des jeux sportifs nationaux d’Alger, formateur de commissaires régionaux (El Biar), président de la commission règlementation arbitrage et discipline, président de la commission technique nationale… Laâdjal Mahfoud a été un élément indispensable pour le cyclisme algérien. Il faut dire que son retrait de cette discipline a laissé un grand vide en son sein. C’est un coureur qui laissera immanquablement ses empreintes dans une discipline qui avait gagné ses lettres de noblesse durant cette période des années 60/70 avec les grands coureurs de l’époque qui ont rivalisé avec les meilleurs et notamment les Français. HAMID G.

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Le Brent à 111,54 dollars le baril

Pétrole

Monnaie
L'euro à 1.322 dollar

D E R N I E R E S
UN VIBRANT HOMMAGE LUI A ÉTÉ RENDU HIER À LA CENTRALE SYNDICALE
COOPÉRATION DANS LE DOMAINE DE L’ÉNERGIE

Benhamouda, l’icône incontournable du syndicalisme C’
est dans un calme et une sérénité solennels, à la hauteur de l’homme, que s’est déroulée hier à l’esplanade de la Maison du peuple, là où il a été assassiné en 1997, la cérémonie de recueillement à la mémoire de feu Abdelhak Benhamouda. C’est en présence des ministres de la Communication, du Travail, de l’Emploi et de la Sécurité sociale, de son fils aîné, et de ses frères d’armes, dont le secrétaire général de l’UGTA, Abdelmadjid Sidi Saïd, et le secrétaire national, Saleh Djenouhat, que plusieurs gerbes de fleurs ont été déposées au pied de la stèle érigée à la mémoire de M. Benhamouda. Tous ont rendu un vibrant hommage au républicain, à l’ami des travailleurs et à l’icône incontournable du syndicalisme que toute l’Algérie vénère. Et s’il a échappé à un premier attentat l’ayant ciblé devant son domicile à Garidi (Kouba), en 1993, il n’a pas eu autant de chance quatre plus tard, le 28 janvier 1997, devant le siège de la Centrale syndicale. Sortant du siège du syndicat, place du 1er-Mai, par une belle après-midi, en plein mois de Ramadhan, il est assailli par des tirs nourris qui l’ont criblé de balles. En dépit de sa résistance, il succombe à ses blessures. Il rend rend l’âme peu après à l'hôpital. L'attentat, qui a fait au total trois morts, s'est déroulé vers 13H10. Depuis 1992, rappelons-le, M. Benhamouda était l’une des cibles désignées des hordes intégristes. Brillant syndicaliste, Benhamouda l’était aussi dans la politique. Il avait été le père du projet du parti RND, dont il de-

Une délégation britannique en visite en Algérie
Une importante délégation composée d’une vingtaine de compagnies britanniques spécialisées dans le domaine énergétique est arrivée hier à Alger pour une visite de cinq jours. La délégation est conduite par M. Terry Willis, directeur d'Energy Industries Council (EIC), une grande organisation du RoyaumeUni qui rassemble les compagnies britanniques exerçant dans le domaine énergétique. Cette visite vise à renforcer la coopération entre l’Algérie et le Royaume-Uni dans le domaine de l’énergie, y compris les énergies renouvelables, et à établir de nouveaux liens entre les opérateurs économiques de ces deux pays, au moment où les relations commerciales entre les deux pays se développent de manière significative. Parmi les sociétés qui se rendront en Algérie, figurent, entre autres, Aggreko Intl Puissance, Brosse Machines électriques Ltd, Canusa Systems, Clarke Energy et Draeger Safety. Durant la visite, les membres de la délégation participeront à un atelier de travail qui sera organisé par Sonatrach et effectueront une visite à Hassi Messaoud (Ouargla) pour rencontrer les représentants des compagnies pétrolières opérant en Algérie. «L'EIC organise une dizaine de missions commerciales par an, mais celle-ci est sans doute l’une des plus importantes dans la période récente, car l’Algérie est un pays nouveau pour nous, et nos membres ont montré beaucoup d'intérêt pour ce marché», a déclaré à l’APS M. Mike Major, un responsable de EIC. Une seconde mission britannique spécialisée dans le domaine des énergies renouvelables, effectuera une autre visite en Algérie à partir du 7 février.

Ph. Wafa

vait prendre la présidence avant que ses assassins n’en décident autrement. Il a été l’initiateur du CNSA (Comité national

pour la sauvegarde de l’Algérie) au lendemain du scrutin de décembre 1991. Fouad IRNATENE

ABDELMADJID SIDI SAID, SECRÉTAIRE GÉNÉRAL DE L’UGTA

«On commémore la mémoire d’ un frère et un militant syndicaliste d’une grande envergure»
«Je suis venu commémorer la mémoire d’un frère, d’un collègue et d’un militant de cause de valeur importante pour le mouvement syndical mais aussi pour la République. Il a été parmi ceux qui ont été à l’ avant-garde pendant une période que nous connaissons tous. Il a été également un militant syndicaliste d’une grande envergure. Venir nous recueillir à sa mémoire est à la fois un devoir et un honneur. On essaiera, chaque fois que possible, de continuer les valeurs de la lutte syndicale, de la protection de la République dans un but collectif et pour le bien de notre pays.»

NOUVELLE GRILLE DES SALAIRES DES JOURNALISTES DU SECTEUR PUBLIC

«Le dossier est en voie de finalisation»
Interrogé, en marge de la cérémonie de recueillement à la mémoire de feu Abdelhak Benhamouda, sur la nouvelle grille des salaires des journalistes, notamment du secteur public, M. Abdelmadjid Sidi Saïd a affirmé que «le dossier est en voie de finalisation dans ses deux parties : gestion de carrière et salariale». Le SG de l’Union générale des travailleurs algériens précise que le principe de la rétroactivité commence à partir de janvier 2012. Pour lui, le travail a nécessité du temps. Et d’ajouter dans la foulée : «Nous sommes arrivés à mettre sur pied un véritable plan de carrière du journaliste qui a désormais une vision claire et transparente quant à sa carrière. Pour la presse privée, M. Sidi Saïd souhaite que «les éditeurs accompagnent le processus d’augmentation». Avant lui, le ministre de la Communication, M. Nacer Mehal, a déclaré mercredi que la nouvelle grille de référence des salaires des journalistes et assimilés permettant d'entrevoir une cohérence dans les secteurs des médias publics, a été «le résultat d'une large concertation.» Et M. Mehal de rappeler que «le ministère avait avancé une valeur de 40 DA qui est, a-t-il estimé, le résultat d'un travail «extraordinaire» obtenu grâce à des calculs fait au niveau des entreprises. Il s'est interrogé, dans ce cadre, si le traitement proposé n'était pas honorable, à savoir une grille dans laquelle un journaliste qui commence avec un salaire net de 56.000 DA et qui termine sa carrière avec un salaire net de près de 140.000 DA. F.I.

IL EST ATTENDU POUR UNE VISITE DE TRAVAIL

Le directeur exécutif de l'ONU-Habitat aujourd’hui à Alger
Le secrétaire général adjoint des Nations unies et directeur exécutif du programme des Nations unies pour les Etablissements humains (ONU-Habitat), M. Joan Clos, est attendu aujourd’hui à Alger pour une visite de travail de trois jours, a indiqué hier un communiqué du ministère de l'Habitat et de l'Urbanisme. Lors de cette visite, M. Clos aura des entretiens avec le ministre de l'Habitat et de l'Urbanisme, M. Noureddine Moussa et avec le ministre des Ressources en eau, M. Abdelmalek Sellal, précise la même source. Durant son séjour, le directeur exécutif de l'ONU-Habitat visitera des projets d'habitat et de l'urbanisme en cours de réalisation dans la wilaya de Sétif et animera une conférence au sein du laboratoire d'architecture et d'urbanisme à l'université Mohamed-Salah-Mentouri de Constantine.

ABDELKADER MALKI, SECRÉTAIRE NATIONAL AUX RELATIONS PUBLIQUES DE L’UGTA

«Benhamouda a toujours combattu tout ce qui nuisait à l’Algérie»
«Benhamouda était un grand syndicaliste qui a marqué son passage à l’UGTA. Pendant plusieurs années, il a été toujours disponible pour prendre en charge les problèmes des travailleurs. On lui rend hommage en tant que centrale syndicale tous les ans pour le travail qu’il a accompli et pour ses positions bien claires dans le cadre de la défense de l’Algérie. Il a toujours combattu le terrorisme et la corruption et tout ce qui nuisait à l’Algérie.»

F.I.

DOUANES

Plus de trois tonnes de kif traité saisies en 2011 dans le sud-ouest du pays
Plus de trois tonnes de kif traité ont été saisies en 2011 par les brigades mobiles de la Douane nationale à travers les zones frontalières dans le sudouest du pays, a-t-on appris auprès de la Direction régionale de cette institution à Béchar. Une quantité globale de 3 006 kg de kif traité a été saisie, au cours d'opérations effectuées avec l’appui et le soutien des unités de l’Armée nationale populaire (ANP) et des gardes frontières relevant du 3e Commandement régional de la Gendarmerie nationale. Trois véhicules utilisés par les trafiquants pour le transport de la drogue ont été récupérés, a-t-on précisé. Les mêmes brigades ont eu à traiter, durant l'année 2011, au moins 24 affaires de contrebande et quatre autres de trafic de cigarettes qui se sont soldées par la saisie de 90 900 litres de carburant et de 12 340 cartouches de cigarettes de marques étrangères, et quatre véhicules. Les services de sûreté territoriale ont aussi récupéré 150 cartouches de munitions de chasse, ont indiqué les responsables de la direction régionale des Douanes de Béchar. La valeur de l’ensemble de ces saisies est estimée à plus de 157 millions de DA, tandis que l’amende totale encourue par les personnes impliquées dans ces affaires est de plus d’un milliard de dinars, selon la même source.

MOSTAGANEM

La concurrence et les échanges extérieurs en débat
L'université Abdelhamid-Ibn-Badis de Mostaganem abritera aujourd’hui un colloque international sur la concurrence et les échanges extérieurs, a-t-on appris auprès des organisateurs. Des professeurs universitaires et des experts en commerce et en économie d'Algérie, d'Arabie saoudite, du Canada, de Chine, de Jordanie, de France, du Maroc, de Syrie, de Tunisie et de Turquie procéderont à l'analyse de différentes techniques d'insertion de l'économie algérienne dans les échanges extérieurs et discuteront des voies et moyens de développement du tissu industriel algérien en adéquation avec les besoins du marché international. Les intervenants aborderont des thèmes traitant, entre autres, des stratégies de la concurrence internationale des entreprises, de l'innovation et la concurrence, de la concurrence et les technologies de l'information et de la commu- nication, de la concurrence et la gestion internationale, des systèmes d'intelligence et l'amélioration des secteurs des activités industrielles et touristiques, selon la même source. Ce colloque international de deux jours est organisé par le laboratoire de recherches «La politique industrielle et le développement des échanges extérieurs» à l'université de Mostaganem, en collaboration avec la direction des petites et moyennes entreprises et du développement de l'investissement.

5 Rabie El Aouel 1433 - Dimanche 29 Janvier 2012 - N°14419 Nouvelle sér ie - www.elmoudjahid.com - ISSN 1111-0287

SUPPLEMENT
L A R E V O L U T I O N PA R L E P E U P L E E T P O U R L E P E U P L E

ECONOMIE

Crise de la zone euro

L’ALGÉRIE
EST-ELLE

PRÉMUNIE ?
La crise de la dette au sein de la " Zone euro " a été enclenchée en 2010 avec la " Crise de la dette publique grecque (2010 et après) ", cette dernière fut provoquée par un important et récurrent déficit public. Elle s'étend au courant de la même année à l'Irlande pour englober dans un enchaînement progressif, d’autres pays établis à risque comme le Portugal, l’Italie, l’Espagne menaçant au passage, d’autres pays considérés jusque-là prémunis pour citer la France et l’Allemagne. Les plans de sauvetage se sont succédé mais sans effet notable sur le cours de la crise dont l’étendue menace de plus en plus d’Etats membres de la zone euro.
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Aussi, les actions menées par les décideurs européens au plus niveau ont montré leurs limites d’autant plus que l’urgence ne se limite plus à une entreprise proprement financière mais relève beaucoup plus de l’économique, la récession de la croissance ayant pris son chemin. La crise dans toute sa dimension a été abordée par une panoplie d’experts et de spécialistes mais il reste que son impact n’a pas encore établi, avec la précision qui s’impose, sur les économies dépendantes de la zone euro. Nous tenterons ici d’apporter à l’opinion publique des éclairages sur l’impact de cette crise sur notre pays de par sa position de partenaire stratégique de l’Europe.

II

Economie
Crise de la zone euro

EL MOUDJAHID

C’EST L’IMPASSE ?
La crise économique et financière, démarrée en 2008 avec la crise des subprimes, continue de faire l'actualité en 2012, en frappant de nombreux pays européens et à travers le monde. Les premiers plans de sauvetage du système financier de ces pays, ont montré leurs limites très tôt, ceci quand ils n’ont pas généré des troubles et des manifestations répétitives comme c’est le cas en Grèce et ailleurs. Au fil du temps, la situation s’est compliquée davantage, débouchant sur une vague de dégradation de neuf pays européens par l'agence de notation Standard and Poors, dont la France qui a perdu son triple A, une décision anticipée mais qui vient rappeler que la crise dans la zone euro est loin d'être réglée. L'agence Moody's a contribué, récemment, au calme des investisseurs en épargnant, la note triple A de la France, la meilleure note possible, dans un rapport attendu depuis mi-octobre. Moody's prolonge toutefois l'examen de la perspective, actuellement " stable " de cette notation, renvoyant sa décision sur ce point dans le courant du premier trimestre 2012. Ce qui signifie qu'elle n'envisage toujours pas d'abaisser la note de la France, du moins dans l'immédiat, même si elle juge son triple A " sous pression ". Les prochaines émissions de dette en zone euro seront désormais scrutées avec attention. La dette de la France est " un investissement qui ne comporte aucun risque ", a assuré le ministre français des Finances François Baroin. " Sur le fond des choses, ça ne change rien", a pour sa part jugé le chef de l'Etat français, Nicolas Sarkzoy, depuis Madrid, où il était reçu par le chef du gouvernement espagnol Mariano Rajoy. " Ce ne sont pas les agences de notation qui doivent définir les politiques économiques des pays respectifs… Et je n’ai pas l’intention de tenir compte de ce que disent les uns et les autres. Je dois tenir compte de l’écoglobalement il y aura des difficultés pour trouver des fonds pour financer les pays en difficulté. Et comme l’Allemagne a aujourd’hui confirmé qu’elle ne voulait pas augmenter sa quote-part dans ce fond de stabilité, cela veut dire que la situation se compliquera davantage pour les pays qui réclament un soutien, notamment du FESF. De nombreux spécialistes pensent que malheureusement, aujourd’hui, on raisonne après la bataille, c’est-à-dire une fois que la dette publique est là, mais ce qu’il faut c’est surtout réduire les déficits, et pour les réduire il faut générer de la croissance. En zone euro la croissance tarde à venir, c’est pire que cela, puisque la récession est revenue déjà depuis le 4e trimestre 2011. L’absence de croissance générera plus de déficit dans les pays de la zone euro et donc plus de dette. Par ailleurs, l’Allemagne a maintenu son triple AAA et reste seule à la barre de la zone euro, une position due aux réformes draconiennes engagées par ce pays depuis dix ans, portant surtout sur la réduction des dépenses publiques, qui représentent 46% du PIB, contre 57% en France. Mais d’un autre côté l’Allemagne ne peut pas non plus gérer la zone euro toute seule et aussi devra revoir à la baisse ses prétentions, en attendant que la France fasse des efforts, notamment en termes d’assainissement budgétaire qui passe surtout par une réduction de certaines dépenses publiques inutiles. En conclusion, l’onde de choc de la dégradation met, surtout, en exergue les profondes divisions dans la zone euro et sanctionne la mauvaise gouvernance économique. Au final, entre pays vertueux en tête desquels on trouve l’Allemagne et les mauvais élèves, la principale victime de la dégradation pourrait être à terme la monnaie unique, si de véritables plans de sauvetage ne sont pas mis en œuvre pour remédier aux difficultés financières. Farid B.

nomie réelle ; trop de déficit, trop de dépenses, pas assez de croissance ", a-t-il déclaré. Cependant, la décision de S&P fait figure de piqûre de rappel pour la zone euro, alors que les premières émissions de dette de l'année, ainsi que les prêts exceptionnels aux banques de la BCE avaient rassuré et redonné un peu d'espoir. La conséquence la plus immédiate concerne le Fonds européen de stabilité financière (FESF), principal outil pour venir en aide aux pays en difficulté et qui emprunte à bon compte grâce à son triple A. Cela dit, on parle aussi de cette vague de dégradation qui va toucher à terme, selon des experts, le Fonds européen de stabilisation financière (FESF). Ce dernier est censé aider les pays en difficulté, mais les moyens du FESF, sont jugés déjà insuffisants et ce n’est pas dans ce contexte de crise de plus en plus grande que sa force de frappe va augmenter. La France a du mal à garder son triple AAA, à partir de là, si ce FESF est dégradé cela veut dire que

CRISE DE LA DETTE EUROPÉENNE

L’Algérie devrait-elle s’inquiéter ?
Mise en cause par le fait d’une crise qui perdure et l’impasse qui caractérise l’action des Etats de la zone euro quant à trouver les solutions susceptibles de freiner la déstabilisation de leurs équilibres financiers, la solvabilité des ces pays vient d’ajouter à la crise par la perte de l’excellence pour neuf économies européennes conséquemment à la dégradation par l’agence Standard & Poors de la note du fonds de stabilité financière européen (FESF).
L’aggravation de la crise qui s’est étendue à des pays comme dont la France, l’Italie et l’Espagne renseigne sur la fragilité de la situation et l’incapacité des décideurs à aboutir à une issue salvatrice. L’UE qui, dans une première phase, a réagi à la crise de la dette par l’option qui consiste à ce que les pays forts consentent des prêts aux plus faibles s’est vite rendue compte que cette solution ne sera que précaire et provisoire d’autant plus qu’elle n’apportera pas les réponses escomptées. Aussi, cette proposition pour un traité favorable à l’austérité budgétaire suggéré par l’Allemagne, avec l’approbation de la France a provoqué un tollé général en Espagne, en Grèce et en Italie notamment, des pays qui assistent à l’embrasement du front social devant l’avancée du chômage et la perte de l’emploi. Ainsi, la création de l'euro qui avait pour objectif, au départ, d’harmoniser les économies européennes, permettre à chaque pays d’accéder aux financement sur la base de conditions d'emprunt équitables, de contribuer à l’élimination des actions spéculatives à l'intérieur de la zone euro, et de favoriser la croissance économique dans chaque pays a vite laissé place au désenchantement et au scepticisme, du moins en ce qui concerne le citoyen européen. Le constat établi par les économistes a montré, en effet, que le différentiel d'inflation s'est progressivement aggravé de même que le volume de l’endettement. Les doutes quant à la capacité des Etats les plus endettés à honorer leurs dettes et la solvabilité des banques créancières a imposé une solution provisoire ayant amené les dirigeants européens, a racheter les titres publics par le Fonds européen de stabilité financière (FESF) et à engager des plans d’austérité notamment en ce qui concerne les Etats les plus vulnérables à l’instar de la Grèce et l’Espagne ou encore le Portugal pour satisfaire aux exigences de leurs créanciers et ce, au détriment de leur croissance. La zone euro est aujourd'hui menacée par le risque d’insolvabilité et par la récession qu'induit son impact sur l’économie. Des effets qui s’étendraient selon certains experts au reste du monde et particulièrement les partenaires économiques de l’Europe dont l’Algérie. Notre pays devrait-il s’inquiéter des retombées de la crise ? A-t-on pris les devants pour éventuellement atténuer son impact ? En effet, l’Algérie qui suit de près l’évolution de la situation au sein de la zone euro à mis en place une cellule de veille qui s’est basée dès 2011 sur trois modèles d’équilibre général. Il s’agit du modèle d’équilibre général algérien (Méga) basé sur plus de 2.000 équations, le modèle algérien de simulation et de prévisions macro-économiques, (Maspm) et le modèle d’analyse des facteurs influents sur l’économie. Installée en 2008 conséquemment à la crise des subprimes, cette structure a été renforcée par des éléments nouveaux au regard des mutations intervenues au niveau de la crise souveraine dans la zone euro dans ce souci de permettre une meilleure appréhension des risques possibles sur l’économie nationale. La mission de cette cellule consiste à surveiller les entreprises et banques étrangères intervenant dans notre pays et analyse l’état des transactions et opérations entre ces dernières et les banques algériennes. D. Akila

“ La crise de la zone euro atteint une dimension systémique ”, selon la Coface
" En 2012, la conjonction d'une croissance très affaiblie en Europe et d'un possible assèchement du crédit pourrait affecter de manière sensible le risque de crédit des entreprises ", selon les déclarations du président de l'assureur-crédit Coface. Dans une note publiée récemment, il est souligné que sur l'ensemble de l'année 2011, la Coface a déjà observé une pression renforcée sur les sociétés de la zone euro pour lesquelles les incidents de

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EL MOUDJAHID

Economie
Crise de la zone euro

III

ALGÉRIE UNION EUROPÉENNE

Le palier supérieur
E
n ces temps où le caractère global des défis (crise économique, terrorisme, émigration clandestine …) appelle la concertation et la coordination des efforts, l’Algérie de par son influence et son poids géopolitique apparaît aux yeux de l’Union Européenne comme un partenaire incontournable dans le renforcement de la stabilité et de la prospérité dans l’espace méditerranéen. L’attention portée aujourd’hui à l’amélioration des relations bilatérales à l’occasion de la rencontre ouverte hier, à Alger autour de l’adhésion de l’Algérie à la politique européenne de voisinage rénovée revêt de toute évidence une importance particulière dans le contexte des mutations intervenues dans la région. De part et d’autre, la démarche qui tend à s’imposer consiste à privilégier une approche évolutive et pragmatique où, à travers des évaluations périodiques il s’agira de consolider les aspects positifs de la coopération et de remédier aux faiblesses qui auront été constatées en cours de route dans le cadre de la mise en œuvre des dispositions et mesures décidées en commun dans le cadre de l’accord d’association et des réunions consacrées à certains dossiers tels que la problématique de la sécurité et du développement dans la région du Sahel discutée dernièrement à Bruxelles. Les deux parties manifestent leur volonté d’aborder les problèmes sans tabou en n’occultant pas les aspects qui n’ont pas donné satisfaction. L’Algérie, pour sa part, plaide pour des relations marquées du sceau de l’équilibre péenne et le ministère de l’Industrie, les efforts déployés pour la modernisation de l’administration le sont de nature à donner une vision juste du climat de l’investissement. Considérant le rôle pivot de l’Algérie dans l’espace méditerranéen la représentante à Rome des relations extérieures du Conseil de l’Europe Silvia Francescon a souligné dernièrement l’importance de l’Algérie pour la sécurité et la stabilité de l’Europe. De son côté le ministre des Affaires étrangères italien M. Giulio Terzi a appellé l’Europe à porter une plus grande attention aux pays de la rive sud de la Méditerranée, l’Italie se montrant favorable à débattre lors de la prochaine rencontre ministérielle des 5+5 prévue le 20 février à Naples les questions de l’emploi, de l’émigration ,de l’intégration comme l’ont demandé les pays du sud de la Méditerranée. Les performances économiques réalisées par l’Algérie constatées dans les rapports des institutions financières internationales, l’organisation des élections législatives prochainement en Algérie dans le contexte de l’approfondissement de la démocratie auxquelles l’Union Européenne a été invitée à envoyer ses observateurs, l’intérêt porté à la coopération pour assurer la sécurité et promouvoir le développement dans la région du Sahel, les initiatives allant dans le sens de la relance de l’Union du Maghreb Arabe(UMA),autant d’éléments qui militent pour un saut qualitatif dans les relations entre l’Europe et l’Algérie dans l’intérêt mutuel. M. Brahim

des intérêts ce qui suppose que le partenaire prenne en considération les besoins et préoccupations de l’autre. L’ambition partagée d’œuvrer à promouvoir un partenariat gagnant gagnant implique de toute évidence d’agir dans le sens de changer l’attitude dominante dans les milieux économiques européens

consistant à voir l’Algérie comme un débouché pour leurs produits. Une meilleure information auprès des investisseurs sur le dispositif législatif régissant l’investissement et le partenariat mettant en relief les avantages et garanties, les programmes de mise à niveau financés par l’Union Euro-

L’ALGÉRIE ET LA CRISE DE LA DETTE EN EUROPE
Le pessimisme des marchés financiers internationaux plane sérieusement sur l’efficacité des mesures engagées par un certain nombre de gouvernements européens, incapable, depuis l’apparition de la crise économique en 2008, de réduire substantiellement le volume de leur dette.
LES AGENCES DE COTATIONS C’est d´abord une situation de crise de confiance des capitaux dans les réformes envisagées par les pays riches. Les agence de cotation ont dû dégrader la note de 9 pays européens, la semaine dernière. Standard & Poors a fait passer celle de la France du triple AAA à AA+. De quoi ne pas rassurer les investisseurs qui hésitent à risquer leur argent dans un pays qui fait près de 2.000 milliards de dette, dont le quart seulement depuis que Nicolas Sarkozy est au pouvoir, en 2008. Pour d´évidentes raisons électorales, le président français a immédiatement à cette évaluation en rappelant que ce ne sont pas les agences de cotation qui font la politique mais les gouvernements Les partenaires étrangers des pays industrialisés confrontés au problème de la dette ont, eux aussi, de bonnes raisons de s’interroger sur la crédibilité des réformes économiques engagées. L´inquiétude est légitime du fait déjà que ces pays, dont l’Algérie, ont placé une bonne partie de leur argent dans les banques occidentales qui ont dû payer la moitié de la facture grecque, soit en termes de pertes et profit 150 milliards d’euros. Les experts algériens ont été rassurants sur la préservation des placements de l’Algérie qui ne sont pas négociés en bourse. QUELLES RÉPERCUSSIONS ? La crise de la dette européenne aura-t-elle des répercussions sur l’équilibre financier de l’Algérie ou sur sa croissance économique ? Il faut, en effet, noter que l’Algérie est liée à l’Union européenne depuis avril 2001 par un Accord d´association qui doit être renégocié, prochainement, dans le cadre de la Politique de voisinage de l’UE, pour le rendre plus adéquat aux intérêts commerciaux des deux parties. Aussi, une crise économique durable en Europe ne manquera pas, évidemment, de ralentir l’impulsion des relations que l´Algérie entend donner à ses partenaires de la rive nord de la Méditerranée. Le risque majeur qui plane sur ces économies européennes, les plus endettées d’Europe, est celui d’une récession économique. C´est à dire une croissance négative sur deux ou trois trimestres consécutifs. Or, c’est bien ce que prédit le rapport du Fonds monétaire international (FMI) qui sera publié, dans quelques jours, dans le cas de l’Espagne, un autre grand partenaire économique et commercial de l´Algérie. CRISE DE L´EURO ET RÉCESSION Le FMI pronostique durant 2012 et 2013 une récession économique dans ce pays, dont l’Algérie est le premier partenaire énergétique (avec 34% de ses importations gazières via le GME et le Medgaz). La baisse de son PIB sera de l´ordre de 1,7%, cette année, et de 0,5%, l´année prochaine. La crise de l´euro et les coupes introduites par les gouvernements dans leur budget afin de réduire leur déficit rend inévitable la contagion de la récession dans le sud de l’Europe qui a commencé avec la Grèce, puis l´Irlande, le Portugal, frappe aux portes de la France et de l´Italie, et plane sur les économies d e la rive sud de la Méditerranée. La gravité de la situation économique en Europe, ne devrait pas, toutefois, avoir de graves conséquences financières sur l’économie algérienne. Grâce à une gestion droite de sa manne pétrolière les réserves de changes de la Banque centrale ont été renflouées. LE DÉSENDETTEMENT ALGÉRIEN

structures de base comme le quinquennal 2005-2009 et celui en cours à l´horizon 2014. Le gouvernement a les moyens financiers suffisants pour amortir une éventuelle chute des prix du baril sur le marché international. Le ministre de l’Energie et des Mines, M.Youcef Yousfi, a estimé, vendredi dernier, que le pétrole se vend à un prix satisfaisant qui résiste à la menace de récession économique en Europe. Les réserves de change ont atteint le niveau record de plus de 150 milliards de dollars, de quoi rassurer les investisseurs étrangers en matière de paiements extérieurs. UNE ÉCONOMIE SOLVABLE La solvabilité de l´Algérie est donc totale, d´autant que sur initiative du Président Boutelfika, le gouvernement a judicieusement procédé le paiement anticipé de sa dette, coïncidant avec l´apparition de la crise financière internationale en 2008. Estimée en 1999 à 34 milliards de dollars la dette algérienne est tombée à moins de 4 milliards de dollars, une somme insignifiante dont le remboursement ne parvient pas, à échéance immédiate comme c’est le cas des pays européens qui doivent honorer à échéances immédiates, des sommes colossales estimées en dizaines de milliards d´euros. Le désendettement est un facteur de confiance absolu pour les investisseurs étrangers qui sont de plus en

plus nombreux à prospecter le marché algérien. Il faut noter que la crise de la dette est celle du financement des activités des entreprises dont beaucoup en Europe ont soit cessé leurs activités, soit les ont délocalisées vers les pays-locomotives de l’économie mondiale. C’est-à-dire les grands pays émergents qui font une croissance à deux chiffres, la Chine, l’Inde ou le Brésil, ou prospectent des marchés plus voisins, comme en Algérie dont la croissance économique est stable depuis de nombreuses années autour de 5%. Outre les avantages fiscaux que présente le marché algérien, le retour à la stabilité politique et la bonne gouvernance sont, entre autres, des facteurs incitatifs essentiels pour les capitaux étrangers. INVESTISSEMENTS HORS HYDROCARBURES COMME CHOIX STRATÉGIQUES L´Algérie a effectué un choix encore plus stratégique pour assurer son développement durable, libérée de la manne pétrolière. Les investissements hors hydrocarbures sont estimés à 20 milliards d’euros, marqués par une tendance à la hausse avec l’intérêt croissant que les investisseurs étrangers, victimes de la crise de la dette dans leurs pays, portent désormais au marché algérien. Cet intérêt apparaît dans le rapport favorable de la Confédération patronale française sur les performances économiques de l’Algérie. B. H.

paiement ont progressé de 28% contre 19% dans l'ensemble du monde. Une situation qui induit que "la crise prend un nouveau virage et atteint une dimension systémique globale avec l'entrée en crise de l'Italie". Aussi, les entreprises des pays de l'Europe dite " émergente " seront d'autant plus touchées par cette crise, les banques de l'ouest du Vieux continent réduisant leur soutien à leurs filiales particulièrement exposées à la dette.

Or, " un tarissement du crédit européen aurait un impact majeur sur l'activité en Europe émergente, ces économies étant, en outre, bien souvent caractérisées par un secteur privé très endetté en devises ", relève la Coface. L'assureur estime ainsi que la croissance de l'Europe émergente pourrait être divisée par deux, passant de 4,1% en 2011 à 2% cette année. L'Europe dans son ensemble serait en récession de 0,1%. D. A.

Depuis une décennie, l’Algérie ne finance plus ses importations à la consommation (médicaments, céréales et autres produits incompressibles) et en biens d’équipements (machines outils etc..) à partir des crédits extérieurs, négociés à des taux très élevés quand son économie n´était pas solvable, dans les années 90. Ce n’est plus le cas, aujourd’hui, puisque les besoins de consommation et d’investissements sont assurés directement par les revenus du secteur des hydrocarbures. La rente pétrolière sert, surtout, à financer les plans de développement des infra-

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Economie
Crise de la zone euro

V

Dégradation de la note souveraine :

CAUSES ET CONSÉQUENCES
Pr Farid Yaïci, Economiste & consultant. La dégradation de la note souveraine des pays de la zone euro, intervenue ces derniers jours, ravive la crise au sein de l’Union monétaire européenne tout en interrogeant sa monnaie unique, l’euro, et risque de se propager au reste du monde par l’entremise des conséquences qu’elle pourrait engendrer. Si l’abaissement de la note souveraine était attendu, certains pays de la zone étant mis sous surveillance négative depuis quelques mois déjà, les causes de la crise de la zone euro sont à rechercher aussi bien au sein même de la zone (cause apparente) qu’au sein de la finance globale (cause profonde). Quant aux perspectives de sortie de crise, elles sont autant polémiques que les causes. La dégradation de la note souveraine : Une conséquence prévisible Ce que certains pays de la zone euro redoutaient est enfin arrivé. En effet, l’agence d’évaluation Standard & Poor’s (S&P) a dégradé vendredi 13 janvier les notes souveraines de neuf Etats sur les 17 que compte l’Union monétaire européenne. Ces pays étaient mis sous surveillance négative depuis quelques mois déjà. En agissant ainsi, l’agence américaine met en doute la stratégie européenne de sortie de crise. Elle estime, dans le communiqué motivant sa décision, qu’« un processus de réforme fondé sur le seul pilier de l’austérité budgétaire risque de devenir contraire au but recherché alors que la demande intérieure baisse en même temps qu’augmentent les préoccupations des consommateurs au sujet de la sécurité de l’emploi et de leur revenu disponible, érodant les recettes fiscales des pays ». Selon son analyse, la crise ne tire pas seulement son origine d’« un laxisme budgétaire en périphérie de la zone euro » mais tout autant « des déséquilibres macroéconomiques et des divergences de compétitivité entre le centre de la zone et sa soi-disant périphérie ». S&P considère, en définitive, que le dernier sommet européen du 9 décembre ne résout pas la crise européenne dans toutes ses dimensions, « la dispute ouverte et prolongée entre décideurs politiques européens sur la meilleure façon de répondre aux défis » devenant en soit un problème. Pour rappel, l’agence de notation avait dégradé la note souveraine des Etats-Unis en août dernier en raison d’une impasse politique, l’incapacité des élus du Congrès américain à se mettre d’accord sur la façon de réduire le déficit budgétaire. Ainsi, la France a perdu sa note financière AAA qu’elle détenait depuis 1975, désormais abaissée d’un cran à AA+, avec perspective négative. Cette perspective négative signifie que l’agence envisage de dégrader à nouveau cette note à moyen terme. La chance de dégradation en 2012 ou 2013 est d’ « au moins une sur trois », précise l’agence. Sont abaissées de deux crans les notes : De l’Espagne, qui chute à un simple A avec perspective négative ; de l’Italie à BBB+ ; du Portugal, à BB en catégorie spéculative ; et enfin de Chypre, qui passe à BB+ en catégorie spéculative. Sont abaissées d’un cran les notes : De l’Autriche, qui tombe à AA+, de la Slovénie, désormais notée A, de la Slovaquie notée A+, et de Malte, notée A-. Se maintiennent en revanche : Le AAA de l’Allemagne, sous perspective stable, ainsi que le AAA de la Finlande, quant à lui sous perspective négative. Tous les pays de la zone euro sont désormais en perspective négative, sauf l’Allemagne et la Slovaquie. S&P a, en outre, précisé qu’elle a dégradé les notes des pays européens en raison de l’aggravation des problèmes politiques, financiers et monétaires dans la zone euro. C’est donc une analyse systémique basée sur la zone euro qui a prévalu et non une analyse sur chaque pays. A l’échelle mondiale, seuls treize pays, dont neuf en Europe, détiennent encore la note optimale auprès des trois grandes agences de notation (S&P, Moody’s et Fitch Ratings). Les Etats-Unis, dégradés à AA+ chez S&P, ont toujours, comme la France, conservé la meilleure note chez ses deux concurrentes. En dehors de l’Europe, les quatre pays encore détenteurs du triple AAA sont le Canada, l’Australie, Hong Kong et Singapour. Notation financière des Etats selon Standard & Poor’s (foreign rating)
Sécurité maximale
AAA

tannique, ont été dégradées en 2007, à la suite de la crise des crédits immobiliers hypothécaires à risque (subprime mortgage crisis). Aujourd’hui, les deux institutions financières ont encore du mal à se refinancer, et les investisseurs se détournent d’elles. Par ailleurs, les banques européennes, dont les notes de crédit sont placées sous surveillance, pourraient voir leurs notes également dégradées car, en général, lorsque la note d’un Etat est dégradée, elle est ensuite suivie d’une dégradation des notes des banques des pays. Déjà confrontées à des difficultés de financement en raison de la crise des dettes souveraines et de la défiance des investisseurs envers le système bancaire européen, les banques de la zone euro verront dès lors leurs coûts de refinancement augmenter. Pour aider les banques européennes à se refinancer, la Banque centrale européenne (BCE) a décidé en décembre dernier de lancer une opération inédite de prêt à trois mois de 500 milliards d’euros. Cette liquidité exceptionnelle reste, néanmoins, insuffisante et ne résout pas pour autant les problèmes de financement à plus long terme des banques qui ont toutes engagé depuis la fin de l’été des plans de réduction de taille de leur bilan. Le Fonds européen de stabilité financière (FESF), créé pour venir au secours des pays les plus touchés par la crise, risque lui aussi d’être dégradé. D’une capacité de 440 milliards d’euros, ce fonds de solidarité lève de l’argent sur les marchés financiers avec une garantie apportée par les Etats de la zone euro et le prête ensuite aux gouvernements en difficulté au sein de la même zone à des taux moindres que ceux qu’ils devraient payer sur les marchés. Le FESF, aujourd’hui noté triple A, est garanti conjointement par Paris et Berlin. La France ayant perdu sa note financière optimale, ce fonds de secours pourrait perdre la sienne également. Pour conserver son triple A, il faudrait, selon un haut responsable de S&P, que l’Allemagne et les trois autres pays européens notés triple A augmentent leur apport financier, ce qui est loin d’être acquis, la chancelière allemande ayant déjà manifesté des réticences à tout effort financier supplémentaire de la part de son pays. La crise de la Grèce et de la zone euro : Une cause apparente Dès que le gouvernement du Parti socialiste a été formé après que celui-ci eut accédé au pouvoir en Grèce, il a déclaré que le déficit budgétaire de son pays sera, en 2009, de plus de 12% de son produit intérieur brut (PIB), ce qui sera de loin supérieur au plafond prescrit par l’Union européenne qui est de 3%, et c’est à ce moment là que le problème d’endettement de la Grèce apparaît au grand jour. Puis, suite à la dégradation de sa note souveraine, la Grèce commence officiellement à souffrir de la crise d’endettement. Néanmoins, le problème d’endettement des pays comme la Grèce, l’Irlande, le Portugal et l’Espagne n’est plus une question qui concerne un seul pays, mais qui touche l’Europe dans son ensemble. Par ailleurs, si, dans des pays comme les Etats-Unis, le Japon et la Grande Bretagne, le déficit budgétaire gouvernemental représente environ 10 % de leur PIB et que la crise n’est pas apparue chez eux, l’une des principales raisons qui font que la zone euro s’enfonce et s’enlise dans la crise de la dette est qu’elle ne dispose pas d’un organisme unifié de contrôle du budget public et qu’elle n’a aucun moyen ni pouvoir de mobiliser la capacité financière de ses Etats membres, comme c’est le cas aux Etats-Unis par exemple. Dans ce pays, c’est le gouvernement fédéral qui se charge de façon unifiée de la perception fiscale et des dépenses publiques, tandis que les dettes publiques américaines et le crédit du dollar américain sont garantis par les capacités financières nationales. Dès lors, pour éviter que l’euro continue à subir une menace latente, certains spécialistes préconisent aux pays membres de la zone euro de réformer leur système financier de sorte à ce qu’ils cèdent une partie de leur souveraineté financière au profit d’une force financière commune qui garantirait le crédit de l’euro. En ce qui concerne la Banque centrale européenne (BCE), ses statuts ne lui permettent pas de jouer le rôle de prêteur en dernier ressort pour les pays de la zone euro. En effet, le Traité de l’Union européenne de Maëstricht et ses successeurs interdisent aux Etats d’emprunter à la BCE. Ils doivent se tourner vers les marchés financiers internationaux, aux conditions de ces derniers, ce qui rend les emprunts plus chers. En outre, la suppression du financement des besoins sociaux et nationaux à coût faible ou nul par les instituts d’émission publics (banques centrales) constitue aussi une cause majeure de la montée de l’endettement. Enfin, les considérables baisses et allègements fiscaux accordés, dans les dernières décennies, aux entreprises, en général, et aux grands groupes, en particulier, ont représenté, au fil des ans, des centaines de milliards d’euros de manque à gagner, et donc d’endettement. A titre d’illustration, la dette publique de la France a atteint 1.693 milliards d’euros à juin 2011, ce qui représente environ 85% de son PIB.

Qualité haute ou Qualité moyenne bonne
AA+ ; AA ; AAA+ ; A ; A-

Qualité moyenne inférieure

Spéculatif

Hautement spéculatif
B+ ; B ; B-

De douteux à défaut
CCC+ … D

BBB+ ; BBB ; BBB- BB+ ; BB ; BB-

La notation concerne, pour un Etat (comme pour une entreprise), l’aptitude à payer les intérêts et à rembourser le capital de la dette. Une bonne note permet à un Etat d’emprunter à moindre coût sur les marchés de capitaux, tandis qu’une note moyenne ou mauvaise l’oblige à emprunter à un coût plus élevé car elle dissuade les investisseurs. En conséquence, ce sont des lendemains difficiles qui s’annoncent aux pays de la zone euro. En faisant le parallèle avec les banques et institutions financières, Countrywide Financial, numéro 1 du crédit immobilier aux Etats-Unis et Northern Rock, 8e banque bri-

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VI

Economie
Crise de la zone euro

EL MOUDJAHID

Dégradation de la note souveraine

Causes et conséquences
Par comparaison, celle des Etats-Unis a atteint 14.300 milliards de dollars américains avant le relèvement du plafond le 2 août 2011, ce qui représente 100% de son PIB. Aussi, l’objectif de compétitivité des entreprises a eu pour conséquence un transfert massif des revenus du monde du travail vers celui du capital. Car ce sont les salariés qui supportent le poids de cette compétitivité des entreprises. S’ouvre alors ce cercle vicieux : Plus d’austérité, moins de consommation, moins de production, moins de croissance, moins de recettes publiques, ce qui justifie de nouveaux sacrifices. « En comprimant toujours plus la rémunération du travail, source de création de richesse réelle, on sape les fondements d’une économie saine et d’une croissance forte » écrit Pierre Lévy, un eurosceptique, sur son site internet le 4 octobre 2011. Il ajoute que « le surendettement des ménages (avec les bulles spéculatives qui peuvent en découler) est une conséquence du pouvoir d’achat qui manque aux salariés ». La mondialisation de la finance : La cause profonde La crise de la dette publique grecque, point de départ de la crise de la zone euro, est issue de la crainte des créanciers de la Grèce sur sa capacité à rembourser sa dette publique ainsi que de payer les intérêts de cette dette. En plus de découler de facteurs propres au pays tels qu’un fort endettement (environ 120 % du PIB) en 2010 et un fort déficit budgétaire qui dépasse les 13 % du PIB, elle résulte également de la récession économique mondiale de 2009, elle-même conséquence de la crise financière internationale de 2008 qui fait suite à la crise des subprime de 2007. En effet, l’économie de la Grèce était une des plus dynamiques de la zone euro de 2000 à 2007, avec un taux de croissance de 4,2%, grâce, notamment, à l’apport de capitaux étrangers. La crise financière internationale de 2008 et la récession économique mondiale qui a suivi en 2009 ont particulièrement touché la Grèce. Ses deux principaux secteurs économiques, le tourisme et le transport maritime, ont été sévèrement affectés et ont vu leur revenu chuter de 15% en 2009. Le taux de chômage en Grèce s’est élevé à 10,3% au quatrième trimestre 2009 contre 7,9% un an plus tôt. Sa dette publique s’élevait à 142,5% du PIB à la fin du premier trimestre 2011 et devrait représenter 158% du PIB à la fin de 2011. Dans ce registre, le comportement de spéculation des marchés financiers internationaux a été critiqué par les chefs de gouvernement européens, mais aussi le rôle des agences de notation (S&P), accusées d’avoir alimenté la spéculation. Entre le premier décembre 2009 et le 11 novembre 2011, le taux des obligations grecques à dix ans est passé de 4,84% à 41,41%. Les experts s’accordent pour dire que le niveau élevé de l’endettement d’un Etat pose un problème. A partir d’un niveau déjà assez élevé d’endettement, la progression plus rapide de ce niveau que celle de la richesse produite dans le pays concerné ne peut se prolonger indéfiniment. En effet, les intérêts payés par L’Etat à ceux qui lui prêtent représentent une part de plus en plus importante des dépenses publiques. A fortiori, si les taux d’intérêt auquel il doit emprunter augmentent. L’Etat rentre ainsi dans une spirale sans fin. Sans prêteur en dernier ressort, c’est la faillite assurée. En outre, si le phénomène d’endettement des Etats n’est pas nouveau puisque ces derniers se sont toujours financés sur une base nationale, à partir des années 1980, avec la globalisation financière, les Etats se financent à l’échelle internationale. Dans la revue de la Régulation parue au second semestre 2011, Bernard Billaudot, dans son article intitulé Endettement des Etats et crise de l’euro, évoque deux conséquences à ce recours aux marchés financiers internationaux. La première est que « les Etats se sont bercés de l’illusion qu’ils pouvaient se financer sans limite (sans rencontrer les mêmes limites que si le financement était resté national) ». La seconde est que « les prêteurs éventuels (avant tout des banques, des fonds de pensions, des sociétés d’assurance et des gestionnaires de fonds communs de placement des ménages, sans parler des spéculateurs et de la banque centrale chinoise) n’acceptent d’augmenter leurs avoirs en titres souverains que si on leur offre un taux d’intérêt à la hauteur du risque qu’ils prennent ». Les perspectives de sortie de crise : Des solutions polémiques Les solutions de sortie de crise sont autant multiples que le sont les diagnostics. En effet, si la crise a pour origine un excédent récurrent des dépenses publiques sur les recettes publiques, la solution qui consiste à revenir un équilibre des comptes publics parait, a priori, idoine. Plus durablement, la solution préconisée est d’adopter une règle d’or obligeant chaque Etat à ne dépenser plus qu’il ne prélève d’impôts (et autres prélèvements obligatoires). Deux modalités sont alors possibles : Réduire les dépenses publiques ou augmenter les impôts. Cette solution est, cependant, illusoire car elle pourrait à nouveau provoquer une récession économique. En prenant en compte la dimension spécifiquement européenne du problème de financement public (pluralité des Etats et unicité de la banque centrale et du système des banques monétaires), la solution dépend de l’option politique défendue concernant l’Union européenne, la zone euro émergeant présentement comme entité politique distincte. En fait, ce qui est en cause est la gouvernance de l’Europe. S’agit-il de garder les choses en l’état ou revenir en arrière aux Etats-nations ou aller vers un Etat fédéral, comme pour les Etats-Unis ? La solution n’est pas simple pour l’Europe, sachant que le même problème est posé à l’échelle de la planète : Le problème de la gouvernance mondiale. F. Y.

MEBAREK MALEK SERRAI EXPERT INTERNATIONAL PDG-ALGERIA INTERNATIONAL CONSULT

“ La crise de confiance aggrave la situation ”
Sur les conséquences de la crise en zone euro, l’expert international Mebarek Malek Serrai, nous a livré dans cet entretien son analyse, tout en présentant les divers aspects et des éléments d’information liés à cette crise, dont l’impact s’élargit pour atteindre de nombreuses régions du monde. Ecoutons-le.
El Moudjahid : La crise dans la zone euro, a-t-elle un impact sur l’économie algérienne? Mebarek Malek Serrai : Pour comprendre l’effet direct ou indirect de la crise de l’Euro sur le marché algérien, il faut tout d’abord se reporter à la situation financière américaine où la confiance s’est perdue entre les opérateurs financiers américains et ensuite entre les opérateurs financiers européens. Ce qui fait qu’il y a un manque de confiance un peut partout à travers le monde sur le plan financier. L’euro est en train d’être touché sérieusement à cause des crises qui ont touché graduellement l’Irlande, le Portugal et l’Espagne l’Italie et même la France et l’Allemagne. Mais au moins la crise de confiance qui prévaut actuellement en Europe est en train de toucher l’industrie européenne en générale. Donc il y a une graduation manuelle des activités économiques dans certains pays par conséquent, il y a une augmentation de chômage. Alors que l’euro considéré comme la monnaie référence de ces pays risque de tomber sérieusement et lourdement, parce qu’en plus de cette crise de confiance financière il y a aussi des banques notamment française et italienne qui ont perdu beaucoup d’argent et leur valeur commence à réduire. C’est-à-dire la valeur de l’euro baisse. Il est bon de souligner dans ce contexte que si l’euro perd l’Algérie ne sera pas touchée d’une manière aussi forte. Parce que l’Algérie exporte en dollars plus que 97% par contre nos importations en euro ne dépassent pas 3%. C’est-à-dire si l’euro baisse nous avons gagné sur le marché puisque nos facteurs à l’importation sont en euros. Mais en moins nous avons une relation très forte entre les banques algérienne et européenne. Il y a approximativement 660 relations interbancaires qui activent entre l’Algérie et le monde économique européen. Donc s’il y a des banques européennes qui tombent automatiquement il y aura des répercussions sur certaines de nos banques surtout pour certains de nos opérateurs économiques qui ont injecté leur argent pour l’importation. Ce qui veut dire, il faut surveiller de tout près toutes les opérations économiques pour éviter des accidents qui peuvent arriver à tout moment. Mais il est important de souligner que la banque d’Algérie a bien géré la crise. Mais néanmoins, il faut faire très attention. Certains spécialistes pensent que les pays pétroliers, telle que l’Algérie pourraient participer à une sortie de crise, expliquez-nous comment est-ce possible? Certes l’Algérie est en bonne santé financière et actuellement elle est classée parmi les 10 premiers meilleurs pays du monde sur le plan des réserves financière, elle peut contribuer à certain programmes de réajustement au niveau de l’Europe, mais nous sommes pas tout à fait favorables à une aide directe de l’Algérie vers les pays européens. Par contre, nous regardons avec beaucoup d’appréhension si l’Algérie participe au forum international à travers la Banque mondiale ou à travers les clubs de Paris pour intervenir dans un laps de temps pour le réajustement de certains objectifs financiers afin qu’elle vienne en aide aux pays européens. Il ne faut pas oublier qu’il y

a beaucoup de risque comme le Portugal et de l’Italie, etc. Mais l’Algérie peut aller sous couvert des institutions internationales et pourquoi ne pas agir dans le cadre international. Cette crise de la zone euro peut constituer une opportunité pour les autorités algériennes d’amorcer des changements de cap pour l’économie, qu’en pensez-vous ? L’Algérie est en train de développer son économie d’une manière indubitable. Nous avons un programme très ambitieux de 286 milliards de dollars pour les quatre prochaines années et le développement économique dont une bonne partie de 56 milliards de dollars seront versés notamment pour le développement humain. Le développement humain veut dire faire un effort considérable pour améliorer le système financier, celui du transport, de la santé, de l’éducation et tout ce qui touche au citoyen. L’Algérie est en train d’améliorer très sérieusement sa situation. Cette dernière n’est pas toute à fait bonne nous avons encore des pratiques bureaucratiques qui gênent cette gestion. Il faut donc des jeunes managers très dynamiques qui prendront en charge l’économie du pays qui est très diversifiée et consolidée. Nous avons d’excellentes relations économiques et diplomatiques avec le monde, mais il faudrait que l’on participe un peu plus à la solidarité internationale dans le cadre des multilatéraux. Si la crise venait à durer longtemps quelles seront ses conséquences, particulièrement sur les économies de même rang de développement que la nôtre? Pour parler de l’influence de l’euro directe sur l’Algérie, il faut savoir que notre pays n’a pas beaucoup de réserves en euros, par contre nous avons des dépôts en dollars. Même les bons de caisse américains sont en dollars donc si demain il y aura un danger pour l’économie du pays, il ne viendrait pas directement de l’euro, mais il viendrait beaucoup plus du dollar. Si ce dernier baisse et comme nous avons des dépôts en dollars et vu que nous sommes exportateurs de pétrole en dollars cela nous coûtera cher. Par contre, si le revenu de l’euro a baissé ce sont d’abord les pays concernés qui vont être en difficulté. Dans ce cadre, il y a deux aspects à souligner. Si l’euro a baissé cela veut dire que leurs produits seront vérifié et ils vont augmenter la valeur de l’euro par conséquence on risque d’importer des produits plus chers. Si l’euro baisse par rapport au dollar là nous sommes gagna,t, parce que nous importons plus de 67%. Il faut suivre avec beaucoup de prudence ce qui se passe dans le monde et diversifier au maximum nos dépôts financiers et nos relations commerciales. Il ne faut pas rester attacher à deux ou trois pays le risque et gros. Donc il faut aller vers l’Asie et l’Europe de l’Est, etc tous ces petits pays qui ont d’excellents produits. Entretien réalisé par Makhlouf Aït Ziane

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VIII

Economie
Crise de la zone euro

EL MOUDJAHID

LA PROBLÉMATIQUE DES RÉSERVES DE CHANGE ET DE LA CRISE FINANCIÈRE MONDIALE
Les réserves internationales d’un pays sont, généralement, l’ensemble des disponibilités composant le portefeuille des actifs que sa Banque centrale détient (devises, or, droits de tirages spéciaux (DTS). La monnaie est un rapport social traduisant le rapport confiance État/citoyens, un signe permettant les échanges ne créant pas de richesses. Au contraire, la thésaurisation et la spéculation dans les valeurs refuges comme l’or, certaines devises ou certaines matières premières sont nocives à toute économie.

Par le professeur Abderrahmane Mebtoul

D

onc avoir des réserves de change en devises ou en or est une condition nécessaire, mais non suffisante au développement. Ces réserves permettent de sécuriser l’investissement et surtout éviter un dérapage plus important de la valeur du dinar par rapport aux devises où existe actuellement une corrélation d’environ 70% entre la valeur actuelle du dinar et ce stock de devises via la rente des hydrocarbures, sinon le dinar flotterait à plus de 300 DA, un euro. La Chine a des réserves de change qui sont passées de 819 milliards de USD en 2005 à 2.847 milliards de USD en 2010 et à 3.181 milliards de dollars au 1er janvier 2012 sont le fruit du travail des Chinois. La monnaie, autant que les réserves de change, est un signe, moyen et non facteur de développement. Dans les tribus anciennes notamment d’Australie comme l’ont montré les anthropologues, par exemple les barres de sel ou tout autre symbole, jouaient le rôle de monnaie afin de favoriser les transactions commerciales. Elle s’est toujours identifiée au pouvoir régalien du souverain de l’Etat. Récemment, selon la définition de la majorité des manuels d’économie, universelle, la monnaie est un instrument de paiement accepté de façon générale par les membres d’une communauté en règlement d’un achat, d’une prestation ou d'une dette. Elle peut remplir trois fonctions principales : La fonction d'intermédiaire dans les échanges ; la fonction de réserve de valeur et la fonction d'expression d'unité de compte pour le calcul économique ou la comptabilité. Certains auteurs considèrent que la capacité d’éteindre des dettes et des obligations, notamment fiscales, constitue une quatrième fonction appelée « pouvoir libératoire » de la monnaie. Ces fonctions peuvent être assurées par différentes monnaies en circulation simultanée : La monnaie divisionnaire ou pièces de métal ; la monnaie de papier ; la monnaie scripturale et la monnaie électronique. Au niveau international existent des monnaies non convertibles et des monnaies internationales convertibles acceptées lors des transactions internationales. Ainsi, la moyenne 2008/2010, 65% des réserves de change des banques centrales étrangères sont détenues en dollars, contre seulement 25% en Euros, surtout depuis 1971 du fait de la démonétarisation du dollar vis-à-vis de l’or.

Cependant existe une tendance contraire à cette dominance actuelle, expliquant la guerre des monnaies qui se fera de plus en plus vivace, certainement entre 2015/2020 avec l’entrée du Yuan chinois. L’on pourrait assister à une stratégie convergente à travers le duo USA/Chine notamment à travers les bons de trésor représentant environ 45% de la dette totale externe des Etats-Unis, une grande partie est libellée en dollars et la Chine dont d’ailleurs le PIB ne dépasse pas 5000 milliards de dollars trois moins que celui des USA pour une population trois fois supérieure, dépendant pour une grande fraction de leurs exportations des USA, pouvant assister horizon 2020 à un duo USA/Chine marginalisant l’Europe qui demeure actuellement la première puissance économique mondiale et la zone d’exportation première de la Chine avant les USA. En effet, toute dévaluation, pour une économie productive, dynamise les exportations et toute réévaluation les freine. La monnaie à travers les systèmes financiers joue le rôle comparable au sang dans un corps humain ou toute circulation sanguine, pouvant bloquer le corps humain ou l’économie en tant que moyen et non comme fin. Cela explique en partie, les liens dialectiques entre la sphère réelle et la sphère financière, et cette suprématie de la sphère financière qui explique tant la crise mondiale de 1929, que celle d’octobre 2008 et la crise actuelle avec cette différence que nous sommes à l’ère de la mondialisation-interdépendance accrue des économies et qu’aucun pays n’est épargné. Les actifs toxiques continuent de produire leurs effets étant passé » une crise d’endettement des banques à une crise d’endettement des Etats dont USA et Europe totalisent certes 50% du PIB mondial pour une population de 880 millions d’habitants sur un total mondial de 7 milliard d’âmes, mais également rapporté au PIB mondial plus de 40% de la dette publique mondiale. Les ondes de chocs ne sont pas encore terminés, comme en témoigne la dégradation durant ce mois de janvier 2012 de la notation de la majorité des pays européens par la Standard & Poor's (S&P) encore qu’elle n’ait pas été suivie intégralement par les deux autres grandes agences comme Moody’s et Fichet. Ces notations

de AAA à la dernière note C, sont faites en principe sur trois principaux critères, le niveau de l’endettement des Etats, la projection du taux de croissance pour voir si le pays a les capacités de rembourser sa dette et sur des critères qualitatifs comme la stabilité sociale, politique et le mode de gouvernance. En principe, mais cela n’est pas général comme en témoigne la dégradation de la note US à AA qui continue d’emprunter à des taux bas, le niveau de confiance en les USA puissance économique mondiale n’ayant pas été affectée, le taux de financement est élevé en cas de dégradation surtout pour le long terme. Par exemple au 1er janvier 2012, l’Allemagne peut lever des financements à 10 ans au taux de 1,759%, la France au taux de 3,055%, l’Espagne 5,156%, l’Italie 6,596% l’Irlande 7,465%,le Portugal 11,385% et la Grèce au taux de 28,30%. Ce taux est plus bas à court terme (1 ans et à moyen terme moins de 5 ans), l’Italie venant pour moins d’une année de lever 8,5 milliards de dollars au taux 2,735% et la France le 19 janvier 2012 à un taux largement inférieur au taux du marché. L’Algérie selon ces agences n’ayant pas à proprement parler d’économie hors rente, n’est pas noté. L'agence de notation chinoise Dagong récemment, mais qui a peu d’impacts sur les marchés financiers, a classé l’Algérie au niveau BBB. C’est que l’on ne s’ait pas attaqué à l’essence de la crise notamment en Europe qui souffre de la coordination de la gouvernance et le système bancaire inadapté impliquant la séparation des fonctions des banques des dépôts et des banques d’investissement à l’instar des USA. Le risque de cette crise est que les pouvoirs publics occidentaux utilisent l’inflation pour alléger l’endettement public alors qu’il faille s’attaquer au système économique mondial qui nécessite une nouvelle régulation et gouvernance mondiale liant dynamique économique et dynamique sociale, et atténuer la part des profits spéculatifs qui s’accentuent aux dépends des salaires productifs. Cela relance d’ailleurs l’application de la taxe Tobin sur les transactions financières mondiales mais pour son efficacité, elle devra concerner tous les pays. A. M.

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