Kawsan : analyse d'un discours politique (1916-17)

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Analyse d'un discours politique (1 9 6-1 1 7)
Jean-LouisTriaud
Historien

Le personnage de Kawsan (Kaossen) e t r s t é dans l s eiu e contexte de l A rau Niger.C'estl que,en 1916,il met en p r l 'ï, à éi l é u l b edu système colonial français.Mais, avant de s r i 'qiir ugr dans l massif, il a une longue h s o r antérieure.En e f t il e itie fe, a f i ses premières armes au Tchad,entre 1909 e 1913,e sa at t t montée en puissance e en a t r t s'esteffectuée au Fezzan t uoié entre 1913 e 1916.I1 e t d f i i e de comprendre l personnat s ifcl e ge qui s r i en Aïr, s l'onn'évoquepas ces années de préugt i paration e de formation qui,sur une durée d'au moins sept t ans,ont é é vécues dans l mouvance d'unegrande confrérie t a musulmane e saharienne de l'époque,a Sanûsiyya,basée en t l Libye e au nord du Tchad. t Selon l s sources f a ç i e ' Kawsan s r i né vers 1880 au e rnass, eat Damergou,région s t é au sud de l'Aïr, mais dans l même iue e espace politico-économiquez.I1 n é a t pas de haute lignée, 'ti mais r e n'indique,par contre,q ' l f t un esclave comme in ui û c r a n auteurs l o taffirmé3.Sa mère é a t d'extractionnoble etis 'n ti (amujigh )t c l nous s f i pour l s t e .11 fit ensuite pare ea uft e iur te de ces groupes tuareg qui f i e t massivement l'avance i urn francaise au Niger,au début du siècle,en prenant l direction a de l e t c l e du Tchad.E c e tdonc au Tchad que nous trou' s ,e l t 's vons ses premières traces

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Exceptionnellement pour cet article,les nombreuses notes sont reportbes en fn de texte. i

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La pré-histoirede Kawsan
La première mention de Kawsan dans l s sources françaises e remonte à l'année 19094.Selon ces sources,il se s r i a f l é e a t fii à la Sanûsiyya en août 1909, à Gouro, résidence de Muhammad al-Sunnî, chef de l confrérie pour l région,puis a a a r i p r i i é au combat de Ouachenkalé,l 2 novembre uat atcp e 7 1909,près de Zigueï,au Kanem,au cours duquel l shaikh de e l zâwiya de 'Aïn Galakka,l principale place f r e sanûsî a a ot dans l nord du Tchad,'AbdAllâh Tuwair,un Arabe Zuaya, e i f i e une d f i e aux forces françaises.I1 r j i t ensuite l s nlg éat eon e DÛr *, nom donné aux forces nomades a f l é s à l fiie a Sanûsiyya,dans 1'Ennedi. DÛr ont a c e l i l sultan du Les cuil e Ouaddaï en f i e Dûdmurra.Le 8 mai 1911,l s troupes franut, e çaises atteignent O u m Chalouba,puis Seni,où e l s s'empale rent de plus de 4 0 chameaux de Kawsan,qui apparaît,à l 0 a t t d'uneforce tuareg,comme l'undes chefs des DÛr.Après êe un bref passage au Dâr FÛr,oÙ les SanÛsî sont m l vus par l a e sultan ' l Dînâr,il r u s t à rejoindre 'AïnGalakka,où il reste, Aî ési de mars 1912 à avril 1913. En mai ou j i 1912,Kawsan,qui un se présente dans l correspondance comme un chef tuareg a ikaskazan,é r t au commandant français à Abéché5. I1 appaci raît comme un homme bien informé,au courant de tractat o s officieuses qui ont eu l e au Caire,entre un représenin iu t n français e un correspondant de l Sanûsiyya,e il s'en at t a t s r pour demander l respect d'une frontière par l s et e e Françaisb. Quelques mois plus tard, en octobre 1912, 'Abd Allah Tuwair accuse réception de l réponse du commandant a français à Kawsan, mais l i s entendre que l u Targui ase e Kaossen *, comme il l'appelle, n'estpas h b l t à li écrire, aiié u car, ajoute-t-il, seuls l s représentants des Sanûsî ou du goue vernement ottoman peuvent l fie. En mai 1913,'AbdAllâh e ar' Tuwair,décide d'attaquer par surprise l s Français,qui ont e capturé une importante caravane venue du Dâr FÛr,avec plusieurs cadres du mouvement de retour. Kawsan e t un des s lieutenants de 'Abd Allah Tuwair, mais sa p r i i a i n au atcpto combat ne semble pas t è active.Le combat a l e l 27 mai rs iu e e se termine par un désastre pour l s Sanûsî,e notamment t e t l m r de 'AbdAllâh Tuwair.Les rescapés se r p i n en bon a ot elet

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ordre sur 'Ain Galakka.Mais Kawsan q i t a o s l Borkou ute lr e avec quelques Tuareg,sans attendre l'attaquefrançaise,qui a l e l 27 novembre e qui entraîne,en un mois,l destruction iu e t a e e de toutes l s forces sanûsî dans l nord du Tchad. O n l e retrouve en 1914 au Fezzan.

at a t e e Au Fezzan,Kawsan f i p r i de 1'Etat-MajorsanÛsP,qui s compose de Muhammad al-'Âbid,r r cadet du shaikh suprêfèe me de l confrérie,Ahmad alsharif, de Muhammad 'Alî ala Ashhab, oncle maternel d'al-'Âbid, fl de Muhammad aldu is Sunnî, du s l a a j r (imenân) de Djanet, Ahmûd, e de u t n je t Kawsan,qui est donc en i l s r compagnie avec des d g i a r s lute intie notoires de l confrérie.Le Fezzan représente l f o t méridioa e rn n l de l confrérie,dont l gros des forces e t engagé dans l a a e s a l t e contre l s I a i n ,beaucoup plus au nord.Dans l n i du ut e tles a ut 28 novembre 1914, Kawsan attaque l garnison i a i n e a tlen d'mariqui tombe après plus de deux semaines de résistance. Une rumeur r c e l i en pays A j r en a r l 1915,indique que euile je, vi Kaoucen ), un marabout qui s e t rendu du Soudan à La ) 's Mecque n (i) a r i é é nommé gouverneur de Ghât par l s sc, u a t t e SanûsP.A c t e époque,l d r c i n sanûsî,qui veut concentrer et a ieto les e f r s contre l s I a i n , s h s i e à toute opération contre fot e t l e s et o t l l s Français.Mais Ahmûd e Kawsan - l s deux Tuareg - sont e t e partisans,depuis l début,d'unélargissement de l l t e contre e a ut l s Français. e
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La complaisance des Français à l'égarddes I a i n en déroutles te,puis l passage de l'Italiedu côté des A l é (1915) créent e lis une s t a i n nouvelle.Dans un contexte d f i i e où l a t r t iuto ifcl 'uoié de l Sanûsiyya est de plus en plus contestée par l s Turcs e a e t par l s é i e c t è e de Tripolitaine,qui ne sont pas sanûsî,e e lts ô i r s t oÙ ses troupes ou ses a l é reculent partout,en Egypte face lis aux Britanniques,en Tunisie face aux Français,l SanÛsiyya a du Fezzan,désormais éloignée du commandement central,va mener sa propre guerre du désert en direction des possessions françaises du Sahara.Kawsan a alors l commandement mle ii t i e de l région de Ghât (dès a r l 1915,l s sources franar a vi e ç i e l présentent en ces t r e l ) tandis que S d al-'Âbid ass e emso, îî réside en p e n désert à l zâwiya de Wau. Au début de l'anli a née 1916,Kawsan rend v s t au quartier général de l confréiie a re centrale,qui se trouve alors à Ajdabiyya, sur l côte de i a

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Cyrénaïque. I1 y rencontre Muhammad I r s f t r chef de l di, uu a confrérie e f t r ri de Libye,e il pousse jusqu'àl frontière t uu o t a égyptienne,où il rencontre Ahmad al-Sharîf,e chef suprême, l en personne. Cette information figure dans une l t r de ete Kawsan s i i ultérieurement par l s FrançaisIl. I1 regagne ase e ensuite l Fezzan.A t idemandé un feu v r pour ce qui s i ? e --l et ut C'est une hypothèse acceptable.

La préparation de l'expéditionen Ar i
Le 4 mai 1916, Kawsan est à Birghen,au Fezzan (un prisonnier f a ç i lyrencontre9 I1 a autour de li un peu moins de 250 rnas ' u hommes,parmi lesquels un c r a n nombre d'ArabesChaamba, eti déserteurs des compagnies sahariennesfrançaises, l'accomqui pagneront ensuite à Agadès. I1 a quatre canons e quatre t m t a l e s s p i aux I a i n .Kawsan q i t ensuite Birghen i r i l u e rs tles ute pour Ghât,où il a r v en août 1916.Sa présence dissuade les rie Français qui,non seulement,n'attaquent pas Ghât,mais évacuent Djanet, l vle voisine, q ' l jugent t o exposée13.A a il uis rp p r i de ce moment,Kawsan signe ses l t r s du tte de seratr ete ir v t u du gouvernement sanûsî,gouverneur de l province du ier a Fezzan C t e formule,qui f g r au début ou en fin de l t r , et iue ete e s r l cachet,r v e t avec des variantes dans t u e l correst u e ein ot a pondance s i i par l s Français en Aïr. C'estdonc,là,l foncase e a t o q ' linvoque dans ses rapports avec tous ses interlocuteurs in ui de 1915 à 191814.
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Ces mots ont un sens q ' l convient de commenter : is s g i ui l inf e t q ' ln e tpas un chef indépendant,mais un fondé de pouin u i ' s v i de l confrérie sanûsî,e que sa base administrative est or a t Ghât,au Fezzan.C t e titulature e t formée s r l modèle de l et s u e a t t l t r administrative ottomane : quand on l'analyse, v i iuaue on o t q ' le t question de dawlat sanÛsi)Jya, E a sanûsî (expresui s tt sion à comparer avec c l e de dawlat 'aliyya,.Sublime E a ' el tt ) ottoman) e de mutasam3 qui et l tte de gouverneur local t s e ir en usage dans l'empireottoman,a n i que de lw'1t. banis iâ(it nière ,. qui désigne une province.C'estl'époqueoù l confré) a re se pose en E a dans l l t e contre l s Européens e oÙ i tt a ut e t
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confrérie se pose en E a dans l l t e contre l s Européens e tt a ut e t où Kawsan se présente comme un fonctionnaire régional, un à niveau intermédiaire de c t E a . e tt C'està Ghât que Kawsan met à l'ordredu jour l'expéditionde

l'Aïr. I1 organise une force armée,réquisitionnantdes vivres,e t
s i i s n l s f s l à tir rapide de l v l e au nom du jihdd.La a s s a t e uis a il, colonne, se forme a n i pendant l é é1916, compose de qui is 't se 1 0 à 150 personnes : des Chaamba de Ouargla (pour l plu0 a p r anciens méharistes des Compagnies sahariennes), qui at représentent l quart du t t l des gens du Touat e des e oa, t Hoggar de l région de Djanet, e une p t t moitié d'origia t eie naires de Libye,parmi lesquels deux a t l e r ,un m t a l e r rilus irilu e plusieurs fantassinsqui ont s r i dans l s troupes italiennes. t ev e La plus grande p r i de l'équipementprovient des stocks saiate sis sur l'arméeitalienne.La grande majorité de ce corps expéditionnaire n'est pas tuareg, mais composée d'éléments arabe#. C'est en abordant l'Aïr, que l'armée de Kawsan va devenir l f r de lance d'uneinsurrection proprement tuareg. e e O n ne sait pas avec certitude qui a p i l décision d'envoyer rs a une force en Aïr. I1 é a t impossible,de toute manière, que ti l'opérationse fit sans l'accordde S d al-'Âbid. e t également îî I1 s vraisemblable que Kawsan a t fortement argumenté en faveur i de c t e expédition,en direction de son pays n t l Ce qui et aa. apparaît,c e t que l s forces engagés en Ar ne représentent 's e i qu'unef i l p r i des moyens e des e f c i s combattants de abe ate t fetf l Sanûsiyya du Fezzan à c t e époque. Aucun dirigeant de a et marque, à l'exception de Kawsan lui-même,ne p r i i e à atcp l'expédition.Le gros des forces est, en e f t d r g plus au fe, iié nord,vers l s pays ajr e hoggar.En fait,chaque leader s'oce je t cupe à ce moment des pays dont il e t o i i a r e Kawsan s rgnie t est de ce nombre.A une époque où l Sanûsiyya fezzanaise a é a t coupée des approvisionnements venant du sud,S d alti îî 'Âbiden a t n a t a s i des l v a s n en chameaux,b t i e tedi us irios éal t marchandises.C'estce qui apparaît nettement dans l s correse pondances e l s rapports u t r e r . t e léius Kawsan,qui a f i son ascension sociale e politique au serat t v c de l Sanûsiyya,d'abordau Tchad puis au Fezzan,e qui ie a t y a appris l métier de l guerre modefne,avec armes à feu e a

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nant est un Ikaskazan comme l i e un parent,nommé Aghâlî. u, t O n notera que, à l différence de ce qui s é a t passé au a 'ti Borkou ( c a ) l s ikhwân, l s c e c de l confrérie,sont Thd, e e lrs a totalement absents.I1 n'ya pas i i de shaikh de zâwiya, c mais des combattants professionnels. C'estune des raisons pour lesquelles l s hommes de r l g o se montreront r t c n s à e eiin éiet l'égard du mouvement. L'Aïr n'est d a l e r pas, comme l 'ilus e nord du Tchad,un pays de v e l e implantation sanûsî.I1 n'ya iil pas de zâwiya sanûsî en Aïr, e l s quelques a f l é connus t e fiis constituent un groupe d s r t auprès du sultan d'Agadèsl6. a ice L colonne q i t Ghât l 2 septembre 1916.Après une jonction ute e 9 avec l s forces tuareg à 1 0 kilomètres au nord-ouest e 8 d' Agadès,l'avant-garde i i é par Aghâlî f i son entrée dans drge at Agadès l 13 décembre, s i i par Kawsan quelques jours e uve plus t r l . ad7 Ce qui nous i t r s e ici,c e tl manière dont l jonction s e t nées 's a a 's faite entre l corps expéditionnaire venu de Libye e l monde e te de l A rLa s t a i n qui prévaut alors en Aïr et l suivante.Les 'ï. iuto s a groupes nomades qui ont peuplé l'Aïr par vagues successives, au fil des s è l s ont confié à une i s i u i n s l a a e urbaine, ice, nttto u t n l extérieure au Massif montagneux de l'Aïr proprement dt ( e i c qui ne veut pas d r q ' lsi e t r e r à l'espacep l t q e de i e u i ot x é i u oiiu l'Aïr) e extérieure au code de l parenté,une fonction de reprét a sentation e de médiation.I1 s a i du s l a d'Agadès, t 'gt utn dont il e t dt qu'il s l f l d'uneconcubine, s i et e is donc étranger aux r g e èls h b t e l s de l parenté tuaregl8.L a s s m t r e l de c t e aiule a 'sie aéile et instance,qui n e t pas un pouvoir c n r l s ,mais un l e de 's etaié iu négociation,e t assurée principalement par l s taxes prélevées s e s r l s caravanes venant du nord,de Ghât notamment,à l u u e er passage à Iférouane.

Le facteur ikaskazan
Le monde de l'Aïr constitue alors une s c é é complexe où oit s'emboîtent des allégeances multiples. Les d s i c i n j r i t n t o s ui diques qui séparent, exemple,c l e qu'onappelle l s tripar els e bus du sultan e c l e qu'on appelle l s t i u de t els e rbs 1'Anastafidetu ( i n t i e largement autonome représentant dgiar l'undes plus grands groupes occupant l Massif, c l i des K l e eu e
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O i d s i c i n que l s Français ont abondamment u i i é w) itnto e tlse ne semble pas ê r un indicateur déterminant l r de l venue te os a de Kawsan.
Ce qui et plus i t r s a t de notre point de vue,c e tque l s s néesn 's e Ikaskazan,groupe auquel appartient Kawsan, sont parmi l s e derniers venus dans l'espacede l'Aïr e q ' l occupent donc t ui alors une position marginale,à l périphérie du système polia tique régionall9. Depuis l début de l u occupation, l s e er e Français se sont heurtés à l'oppositiontenace de ce groupement. Entre 1904 e 1912, l s rapports d'administrationfont t e a n i état de son h s i i é constante.Les a r s a i n e l répresis otlt rettos t a sion,l s modifications dans l commandement e l s t a s e t e e t e rnfrs de t r i o r n'y f n r e : l s Ikaskazan r s e t irréductibles. ertie o t in e etn Ces Ikaskazan,e c e tl deuxième constatation que nous vout 's a drions f i e pèsent lourd. Selon des évaluations s a i t q e ar, ttsius françaises de 1904 e 1913, qui n'ont qu'une valeur relative, t mais sont convergentes sur ce point,l s Ikaskazan détenaient e au moins l cinquième du troupeau de chameaux de t u l e ot e c r l d'Agadès, ece dont, plus particulièrement,l tes des chae ir meaux de s l e (e plus r p d s , pour un dixième environ de e l ls aie) l populationzo. La montée en puissance des Ikaskazan e t a s donc l'undes traits d s i c i s du début du s è l .I s a l s alors itntf i c e ntlé dans l nord du Massif, is servent de caravaniers en direction e l de Ghât e constituent l'undes intermédiaires p i i é i s avec t rvlgé c t e v l e qui et un carrefourcommercialà l e t é du Fezzan. et il, s 'nre O , l a vu,l corps expéditionnaire p r précisément de r on ' e at Ghât, e l'opérationde lAr est d r g e par deux Ikaskazan, t 'ï iié Kawsan e Aghâlî,en attendant l a r v eu t r e r d'unt o s è t 'rié l é i u e riime,Kodogo.
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Les adversaires l s plus i r d c i l s de l présence française, e réutbe a dont les Ikaskazan représentaient donc une p r i importante, ate avaient fn par se rassembler dans l p r i occidentale du ii a ate massif,en bordure des plaines du Talak,favorables à l nomaa disation.I1 y avait, là, une zone refuge qui,outre sa richesse en pâturages,avait l'avantaged'êtres t é au point de croiseiue ment des compétences t r i o i l s de l'Algérie, Soudan ertrae du f a ç i e du Niger e échappait en f i au contrôle de l'unou rnas t t at l a t ede ces t r i o r s comme l reconnaissait l comman'ur ertie, e e dant du c r l d'Agadès en 191621. Cette zone l b e va ece ir
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constituer l premier r l i des forces venues de Ghât,sans e eas que,à aucun moment, l s Français en soient avertis. C'estl e à que l jonction s'opère, côté de l a t e l Arlit, puis de I a du 'cule n Tafok.Ces forces r f a t i e de l'ouest, rassemblent des ércars qui Tuareg de d f é e t groupes (Kel Tadélé,dans l nord du ifrns e Talak,Kel Fadey,au sud-ouest, In Gall) e d'autres, vers t qui sont o i i a r s d'espaces voisins (Hoggar, Ifoghas, ec) rgnie t., constituent l base m l t i e de l'insurrectionen cours. Cette a iiar base dispose d'undes instruments e s n i l de l guerre :un setes a r c e c p t l en chameaux. Ce c p t l en chameaux va avoir ih aia aia une double f n l t :l conduite de l guerre en Aïr,mais a s i iaié a a us l'approvisionnement de l Sanûsiyya fezzanaise,coupée de a ses sources habituelles.

Le sultan Tagama
Mais il e i t un a t e partenaire de premier plan,c r sa préxse ur a sence donne une l g t m t à l a t o m l t i e dans l'espace éiiié ' c i n iiar p l t q e de l'Aïr. I1 s a i du sultan d'Agadès, oiiu 'gt Tagama. Sultan depuis 1908,Tagama e t en outre,au cœur du d s o i i frans, ipstf ç i . Après une confrontation des sources disponibles,nous as avons pu é a l r l f i que Tagama a a t dû s a f l e à l tbi e at vi 'fiir a Sanûsiyya autour de 1913-1914,à l i s des Français,e q ' l 'nu t ui éat devenu l protecteur d'un p t t groupe sanûsî i s de ti e ei su Ghât,q ' l avait i s a l à sa cour22. La Sanûsiyya n'avaitpas ui ntlé alors de p o e de jihad contre l s Français, t ce n e tdonc pas rjt e e 's c l qui avait motivé son adhésion,mais c é a tincontestableea 'ti ment un geste de défiance à l'égardde ceux-ci, l u h s i i car e r o t l t à l'égardde l confrérie éat notoire.C'étaita s i une forme é a ti us de rapprochement avec l s réseaux p l t c - e i i u e come oiiorlgex t merciaux de Ghât,car c e td'abord c l que s g i i i l pré's ea infat a sence,t è limitée,de l Sanûsiyya en A r dont les représenrs a ï, t n s é a e t des personnages pacifiques, qui ne joueront at tin d a l e r aucun r l dans l i s r e t o . 'ilus ôe 'nurcin A p r i de 1910,l'Aïr e t victime d'unesécheresse t è sévère, atr s rs qui entraîne une famine. Les r q i i i n françaises de chaéustos meaux e de m l pour l'expéditiondu T b s i de 1913 ajoutent t i iet à l misère de l région.Tagama,qui est au courant des vica a toires sanûsî au Fezzan en 1914-1915,bascule dans l'opposition

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aux Français,pendant c t e période, e u i i e l s réseaux de et t tls e Ghât pour une correspondance secrète avec l nord. C'est e Tagama qui,informé des exploits de Kawsan,li a r i é r t u uat ci, dit-on, pour li demander son aide.De même,d'aprèsles coru respondancess i i s Tagama éat a s i en r l t o s avec S d ase, ti u s eain îî al-'Âbid 191423.L p i e du poste f a ç i de Djanet par l s dès a rs rnas e forces sanûsî l 24 mars 1916 a ensuite un énorme e f t accélée fe r t u dans t u l Sahara. Les mouvements de rébellion se aer ot e développent a s i ô chez les K l Tadélé e l s Ifadeyen,rasustt e t e semblés s r l bordure occidentale du Massif. Ces deux u a groupes seront l s premiers à entourer Kawsan à son a r v e e rié.

Le discours idéologique du chef m i I ita r de I 'i nsu rrection ie
I1 e t important de noter que ce mouvement e t accompagné s s d'undiscours de j s i i a i n idéologique,qui en f x très préutfcto ie cisément l s o j c i s Dès son départ de Ghât,Kawsan envoie e betf. de nombreuses l t r s en Aïr, dans lesquelles il explique l s ete e raisons de l'expédition. contenu de ces l t r s e l q a i é Le ete t a u l t de l u s d s i a a r s constituent des informations s g i i a er etntie infctvs ie. Avant de pénétrer en Aïr, Kawsan s'adresseen e f t au sultan fe d'Agadès,aux chefs des Ikaskazan,e aux deux f g r s relit iue gieuses l s plus importantes du massif à ce moment. Sans e doute,y e t i d'autresl t r s dont nous n'avons pas gardé l u-l ete a trace, mais c l e - i constituent d j un échantillon majeur. elsc éà Comme nous a l n l voir,il y a quelques v r a i n dans l los e aitos e discours selon l nature de l'interlocuteur, a mais deux points sont communs à toutes ces l t r s :l référence omniprésente à ete a l Sanûsiyya e l volonté de combattre les Français. a t a
1) Kawsan s'adressea n i au... sultan d'Agadez, à toute l is .. . a
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t i u des Ikaskazan,e à tous l s Musulmans,nos f è e qui sont rb t e rrs avec eux J4. Cette combinaisonde d s i a a r s :l s l a l g etntie e utn éi time, l'ensemble t i a ikaskazan, e l umma musulmane rbl t a constituent l c a i i n p i i é i e qui,dans l e p i de Kawsan, a olto rvlgé 'srt d i li donner l v c o r .A ces destinataires, ot u a itie Kawsan s prée

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sente comme l'intermédiaire de S d Muhammad alJÂbid25, îî appelle ses interlocuteursau jihad,e invoque l a t r t de l t 'uoié a Sanûsiyya :
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Nous envoyons ce messager de l part de S d Muhammad ala îî 'Âbid.. [l nous a chargé d'exalterl s Musulmans e de l s exhor. I] e t e t r à l guerre sainte,pour l cause de Dieu... e a a
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IÆ r g s r p i c p l et donc religieux.Après ces exhortations, eite rnia s Kawsan déclare : Mes f è e ,délivrez vous de l domination rrs a des Français *, puis p é i e à quels types de l g t m t e d'esrcs éiiié t pace géographique e p l t q e son appel f i référence : t oiiu at
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(e Sachez que nos Maîtres se sont partagés l monde entier, que e chacun d'eux possède sa part e que vous vous trouvez dans c l e t el du seigneur Sîdî Muhammad al-'Âbid u, allusion au partage des compétences géographiques entre l s membres de l famille sanûe a s depuis 1902. î

2 Kawsan s'adresseégalement aux deux principales person) n l t s des Ikaskazan de l'époque. premier e t al-HâjjMûsâ, aié Le s un homme alors âgé (près de 8 a s e un savant,qui avait 0 n) t f i l pèlerinage à La Mecque e qui avait é é incarcéré penat e t t dant un an, en 1907-1908, les Français. Basé à A a l 1 par gla ( g e l l , l v l a e s i t du nord du massif, chef des K l Aula) e ilg an e Azarek,groupe ikaskazan,c é a tune f g r i t l e t e l e 'ti iue nelcule t une a t r t morale. Le second e t Adanbar (ou Adembar), uoié s chef des Tenuafara, autre groupe ikaskazan, e adversaire t notoire des Français qui l'avaienta r t en 1 0 .C'était a o s rêé 98 lr l'undes chefs m l t i e l s plus importants du massif.Kawsan iiars e t e t à l u intention un discours triomphaliste e surtout mlin er t ii t i e qui ne laisse pas de place au doute,e où l s références ar, t e religieuses sont mineures. Il annonce les v c o r s dans l itie, e nord,du u gouvernement sénoussiste (a dawla sandsiyya) l e ajoute (ce qui est faux,s l traduction française e t exacte, t i a s mais qui indique peut-êtrel'existence rumeurs du désert en de ce sens) que l gouvernement t r e l s Allemands nous e uc t e attendent à Kano n, l grande vle du nord Nigeria, bien a il connue des commerçants de l'Aïr. I1 est f i a l s o à l guerat l u i n a re s i t e à l a r v ede colonnes, ane t 'rié dans l s t r i o r s dominés e ertie par les Français26.
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3 Kawsan s'adresse également au shaikh Aghunbulû de ) T m a v l e étape sur la bordure orientale du massif. i i , il Aghunbulû e t un savant local qui n'ajamais q i t l K r s u t é 'i, mais qui j u t d'unegrande réputation e d'une a t r t charismaoi t uoié tique. I1 devait avoir a o s une soixantaine d'annéese a a t lr t vi probablement é é a f l é personnellement à l Sanûsiyya par t fii a un pèlerin27.
Dans c t e l t r 2 ,Kawsan s présente comme accrédité par et ete8 e S d Muhammad al-'Âbid îî :
Nous sommes envoyés e dûment autorisés par notre Maître l t e sayyid Sidi Muhammad al-'Âbidal-Sha I1 nous a recommandé rîf... d'inciterl s Musulmans à mener l jihad u. e e

Ensuite,Kawsan demande à son interlocuteur de rompre avec l s Chrétiens. I1 annonce l venue de ses forces,armées de e a fusils e d'une m t a l e s , sous l s drapeaux glorieux e t irilue e t s i t de l Sanûsiyya I1 indique a s i à Aghunbulû l préans a us a éminence de l c n r r e v c o i u e s r toute autre a t r t : a oféi itres u uoié
) ) .

Votre part e t entre l s mains du Maître,l sayyid Sîdî Muhammad s e e al-IÂbid al-Sharîf*.

Ces t o s l t r s sont intéressantes en ce qu'elles montrent r i ete comment Kawsan,invoquant l seule a t r t de l Sanûsiyya, a uoié a e se présentant comme un envoyé en mission de l confrérie, t a ne se r f r à aucune l g t m t interne de l'Aïr pour j s i i r éèe éiiié utfe son action,e f i référence à un espace international : c l i t at eu des Turcs e des Allemands,qui dépasse,e l monde tuareg, t t e e l Sahara.Tout en nommant respectueusemental-HâjjMûsâ t e e Adanbar ses oncles il ne se réclame pas d'unequelt conque l g t m t interne à l'Aïr (comme ces chefs de gueréiiié r ), qui surgirent dans l'espacepolitique de l'Aïr au m è m e e ' s è l pour défendre l massif contre ses v i i s . Au sultan ice e osn) d'Agadèslui-même, dont il n'exalteà aucun moment l fonca tion,il rappelle q ' le t sous l a t r t de l dawla sanzisiyya, ui s 'uoié a dans l u p r de Muhammad al-'Âbid). A tous, Kawsan a at ) demande de venir à sa rencontre e d'apporterl u soutien.S t er i on l lit attentivement,il e t donc l représentant d'unenoue s e v l e légitimité,extérieure à l'Aïr e extérieure au monde el t tuareg.
11

), )

U

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Les temps du Sahel

Les tte avec lesquels il signe ces correspondances sont ceux irs d j évoqués : éà - dans sa lettre à Tagama,aux Ikaskazan e aux Musulmans,il t signe : Le s r i e r du gouvernementsénoussiste pour l proevtu a vince du Fezzan w ; - dans c l e adressée à al-HâjjMûsâ e Adanbar, l s r i e r du el t e evtu gouvernement sénoussiste, gouverneur de l province du a Fezzan ; - e dans sa lettre à Aghunbulû, De la part du serviteur de t Son Excellence respectable,vénérable,sainte,noble e sanût sî [il s a i de Muhammad al-'Âbid],e chef qui commande 'gt l toute l région du Fezzan e l s p r i s qui sont à l'oueste au a t e ate t sud,l shaikh,l sayyidMuhammad Kawsan b. Muhammad e e Wantiqida Ikazkazan Shaikh e sayyid,titres arabes tribaux, t qui ont p i une consonance islamique,ne sont pas fréquents rs sous l plume de Kawsan e ne correspondent pas véritablea t ment à sa qualité.O n notera qu'ilmentionne ii expressément c sa f l a i n e son origine t i a e à quelqu'un qui p u r i iito t rbl orat l'ignorer.
( 1

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) )

( (

.)p

L i e t t propre de Kawsan,c l e qui et annoncée e revendi'dnié el s t quée,et - non pas A r Damergou ou Tuareg - mais Ikaskazan ; s ï, e c e tà ses contribules q ' l s'adresseen p i r t .Cependant, t 's ui roié sa l g t m t p l t q e est empruntée à l'extérieur, p r i d'une éiiié o i i u à atr référence fezzanaise,englobée dans un système sanûsî à deux étages,qui n e tplus t n une c n r r e qu'unE a s r l modè's at oféi tt u e l de l modernité ottomane,l dawla sanfisi$ya au sommet e e a a t l s apanages des d f é e t s branches de l f m l e ; ii u l e ifrne a ail c a p r ( n arabe,h s a ) S d Muhhammad al-'Âbid, è e du at e i s de î î f r r Maître en exercice,Ahmad a - h r f La l g t m t de c t E a lSaî. éiiié e tt nouveau (l s r i pendant l Première Guerre mondiale) et i ugt a s fondée s r les o i i e chérifiennesde l f m l e (d'où l terme u rgns a ail e al-sharífi,u l c n r r e qui en constitue l charpente e tr sr a oféi a t ie son p e t g de l baraka de s s fondateurs,e s r l jihûd vicrsie a e t u e torieux,s i tos r g s r s d f é e t e complémentaires de l g o t ri e i t e i f r n s t éi timité islamique.Plus tard,s'y a o t r une v r t b e délégation juea éial de pouvoir du califat ottoman d f i l n ,lr de son évacuation é a l a t os de Libye en 1 1 . 98
1 )
) )

Ce mode d i e t f c t o peut ê r v r f é dans un a t e type de 'dniiain t e éii ur correspondance, e l adressée par Kawsan aux Français,pencle

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dant l même période.La manière dont il se désigne e l s a f r a t e fimations q ' l profère, face à l'adversaire, ui permettent de comp é e notre information sur l discours p l t q e de Kawsan en ltr e oiiu

1916.
1) Le 1 j i 1916,Kawsan, qui f i alors route vers Ghât, 7 un at s'adresseau commandant Meynier, accouru après l p i e de a rs Djanet par l s forces sanûsî.Dans l signature de c t e longue e a et l t r ,Kawsan s i t t l Commandant de tous les soldats de l ete 'niue a Sanûsiyya,chef d'Etat-Major(arkân barb al-dawla),gouverneur de l province du Fezzan tte auquel nous sommes a ir habitués,mais qui comporte une p r i u a i é :Kawsan y juxatclrt tapose une t t l t r ottomane (mutasamz: gouverneur e iuaue t une t t l t r européenne (qûmândân,l mot f a ç i pour iuaue e rnas commandant .)m I1 y a l une s r e d'adaptabilitée de miméà ot t tisme en matière de t t l t r ,qui emprunte aisément à tous l s iuaue e modèles politiques e m l t i e .O n notera a s i l terme techt iiars us e nique de chef d'Etat-Major, r s o t également d'unsystème qui e s r de référence étatique. Dans c t e l t r ,Kawsan se comporte et ete comme l fonctionnaire d'un E a moderne, qui retourne e tt contre l s Français l u s propres valeurs en matière de d o t e er ri international.A c t égard,l modèle de modernité ottoman, e e r p i à son compte par l'appareilsanûsî,apparaît dans toute ers sa force :
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I ) ,
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I) >

( 1

Entre l noble E a sanûsî e votre Etat,il y a des engagements, e tt t des conditionse une délimitation des frontières (...>. I1 ne fait pas t de doute,en effet,que vous avez dépassé l s frontières.Vous avez e osé entrer sur nos terres C.. S .. votre intention e t de f i e l .) i . s ar a guerre au noble E a sanûsî,sachez q ' l e t capable de combattre tt ui s tous l s Ididèles,grâce à l puissance e à l force de Dieu C...). S e a t a i vous n'avez pas l'intentionde f i e l guerre à 1 E a sanûsî,e que ar a 'tt t vous n'avez pas reçu d'ordre à ce sujet,[retirez-vous]. jusqu'àce . . que vous ayez quitté nos contrées e a t i t vos frontières e vos t ten t terres, e que l s frontières entre nous soient tracées conformét e ment aux règles des E a s (usÛ1al-duwal) tt ~29.

A n i Kawsan demande à Meynier quels sont les ordres de ses is supérieurs,e l met en demeure de reconnaître l l g l t t e a éaié juridique de 1 E a sanûsî,ses frontières,ses t r e e l s règles 'tt ers t e du d o t international qui li sont applicables.I1 n'est pas ri u question d'uneguerre de guérilla, d'uneguerre impliquant ou

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une i e t t ajjer en p r i u i r ou tuareg en général,mais dnié atcle, d'une guerre, s l'on peut employer ii l'expression,entre i c E a s de d o t n. tt ri
U

2 Les documents suivants sont nettement plus b e s Ils sont ) rf. adressés au commandant f a ç i du poste d'Agadès, et rnas qui s encerclé par l s forces de Kawsan,e qu'ils a i de convain-cre e t 'gt de se rendre - ce q ' l ne fera pas. Nous n'avons pas l s r e ui a éi complète de ces l t r s mais les no2 e 3 0 ete, t 3. Dans l l t r no2,Kawsan se présente comme u l s r i e r de a ete e evtu 1 E a élevé (jalfla), s i t (muqaddasa) e noble (sbasfa), 'tt an t représentant (wabQ du M î r [ a û î à l'oueste au sud,chef ate snsl t (ra%) de t u e l province du Fezzan,chef d'Etat-Major ot a (arb& 'tt u d t eil barb al-dawla)de 1 E a s s i n. Dans ce document - une f u l e p i e en h i qui se trouve aux Archives du Niger - Kawsan lé ut déclare notamment : En v r t , 1 E a sanûsî (al-dawlatalé i é 'tt sanzisiyya)e t dûment a t r s e résolu à anéantir l s Français s uoié t e partout oÙ is se trouvent n. E il promet au capitaine f a ç i 3 l t rnasl de l'acheminerjusqu'àZinder,si se rend. 'l Dans l l t r no 3,Kawsan accumule des tte dans p u i u s a ete irs lser r g s r s : sbaikb, sayyid, mutasamz Le cachet rappelle a s i eite us les tte habituels s r i e r de.. gouverneur de..) La misirs evtu ., ... s v e t brève. Kawsan exige une réponse - c'est-à-dire, ie s au moins, une reconnaissance de s l g t m t par l o f c e frana éiiié 'fiir çais, qui ne viendra pas - e il li promet l'amûn (c'est-à-dire t u protection e sauvegarde, t selon l'usagee l terminologie islat a miques) si se rend. 'l
( (

( 0

La recherche de l légitimité a religieuse e l relation avec Tagama t a
Kawsan - on l'avu suffisamment - n'estpas un homme de r l ei gion :c e tun combattant au service d'unE a islamique.Mais, 's tt pour affirmer sa l g t m t , 1 E a islamique d i disposer du é i i i é 'tt ot soutien e de l bay'a (allégeance) des 'ulamâ'. t a C'estpourquoi l'undes premiers actes politiques de Kawsan,en a r v n en riat Aïr, e t d'essayerd'obtenirc t e allégeance des 'ulamâ' ( ' s s et cet à-dire, langue tamacheq,des ineslemen) e des principaux en t

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notables. Dès son a r v e à Agadès, il convoque l s princirié e paux personnages religieux du massif, à l'exclusionde l e t 'sa blishment islamique d'Agadès, pourtant proche du sultan,qui est écarté - marque probable d'un antagonisme ancien entre l s milieux religieux de l'Aïr, marqué par l soufisme,e ceux e e t de l v l e j r s e conservateurs,marqués par l service du a il, uits e pouvoir traditionnel. A - a jMûsâ, pourtant un Ikaskazan, lHj refuse son soutien e subira l s vexations des combattants. t e Aghunbulû qui,contrairement au précédent,a a t pu se dérovi ber à toute forme de collaborationavec l s Franqais,rend visie t à Kawsan,puis s'éclipseà l première occasion e rentre e a t dans son v l a e Kawsan devra prendre à ses côtés des ilg. hommes nouveaux,au nombre de quatre.L'und'entreeux,au moins,ne manque d a l e r pas d'envergure:il s a i d'al-Hâjj 'ilus 'gt Sâlih,chef des Kel Aggatan,qui a a t f i deux f i l pèleriv i at os e nage,en 1905 e 1915, e qui é a t r s é deux ans en Arabie e t t ti e t t au Caire l r de ses voyages.Après l'échecde Kawsan, il se os r l i r aux Franqais,devenant une figure majeure entre l s alea e deux guerres.Les marabouts de Kawsan comme l s appele l l t a i i n c é i a e d'Agadès, pour tâche principale de e a rdto lrcl ont l g l s r l s décisions des chefs de l'insurrection, éaie e notamment en matière de répression,e constituent à c t e f t une comt e fe mission j d c a r 3 . uiiie2
) ) ,

Deux leçons peuvent ê r tirés de c t échec.Tout d'abord,e te e ls normes juridiques théoriques implantées par l nouveau poue voir sont c l e d'une administration islamique, au p i d'un els rx remplacement du personnel urbain par un personnel nomade neuf.Mais ce personnel neuf et improvisé e faiblement représ t s n a i . Ce qui apparaît,en e f t dans toute l zone,c e t l ettf fe, a 's a désaffection de l plupart des Ineslemen,qui ne s reconnaisa e sent pas dans l nouveau pouvoir. Kawsan,en dépit de ses e i v s i u e ,n e tpas un des l u s Le paradoxe de c t e guerre nettrs 's er. et menée sous les drapeaux de l Sanûsiyya e t qu'elleéchoue,au a s Sahara c n r l à rlir l s hommes de r l g o 3 alors qu'elle e t a , ale e eiin3 mobilise beaucoup p u largement l s Imajeghen e l s Imrâd, ls e t e c'est-à-dire s nobles e l u s vassaux l b e . l e t er irs

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Aucune formule juridique c a r n a r v à rendre compte du lie ' r i e partage des pouvoirs entre l s deux a l é ,Kawsan e Tagama. e lis t I1 semble que Kawsan at é é considéré par Tagama comme l i t e chef d'uncorps expéditionnaire ami,e que Kawsan n a tr e t 'i in f i sans informer l sultan,n s ê r mis d'accordavec l i P r at e i 'te u. a a l e r , on ne constate pas, au moins pendant l s quatre ilus e v n t j u s d'Agadèsn, de désaccords graves entre Tagama e ig or t Kawsan,qui ont lé l u s r e poursuivront l l t e jusqu'au i e r ot t a ut bout. Sans doute Tagama e t i l détenteur d'unel g t m t s-l e éiiié régionale qui se combine avec l nouvelle l g t m t étatique a éiiié sanûsî,e qui d i d a l e r t n r compte d'autres l g t m t s t ot ' i l u s ei éiiié t i a e . Ce qui apparaît dans l s quelques correspondances rbls e dont nous disposons,c e tque Kawsan s'adresseà Tagama en 's l'appelantson ,, f è e comme il l f i avec nombre de perrr e at sonnalités de l région ( i s , dans sa l t r d j c t e à a ani ete é à i é Aghunbulû), signant ensuite de ses tte habituels. Nous irs n'avonspas,par contre,de l t r de Tagama à Kawsan,mais ete nous disposons d'une l t r de Tagama aux Kel Aghlâl, qui ete sont l s Ineslemen de l'Azawagh,e i v t n - finalement en e ls n i a t vain34 - à rejoindre l mouvement. Tagama se présente à eux e comme amz^rd'AhîrAr, fils du sultan 'Abdal-Qâdir.Dans l (ï) a t t l t r islamique,l s termes d'amz^rt de sultan désignent iuaue e e des chefs politiques indépendants.En revanche,aucune référence à l Sanûsiyya ne f g r dans c t e t t l t r du sultan. a iue et iuaue Le t x e de l l t r présente,ensuite,en ces termes l'opération et a ete militaire en cours :
( 1

I ) ,

La l t r que nous vous envoyons a pour but de vous informer ete s t que la Vérité (haqq)e t descendue chez nous e que nous l'avons t vue véritablement.Kâwsan,l mutasamx e ses chefs sont venus e chez nous avec leurs soldats qui sont l s soldats du sayyid e Muhammad 'Âbid 35.

Ce t x e est donc conforme au discours p l t q e de Kawsan, et oiiu mais l'idéequi s'endégage e t bien c l e d'uncorps organisé, s el obéissant à un système de pouvoir é a i u extérieur, venu ttqe chez nous >>.
(1

Nous avons a s i l t x e d'un laissez-passer d l v é par us e et éir Tagama à quelques réfugiés,après l r p i e d'Agadèspar l s a ers e Français.Tagama y e t désigné,dans l t x e e s r l cachet s e et t u e a t s n l comme l sultan 'Abd al-Rahîm * ( ' s a s i son riaa, e cet u s
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n m 3 . Tagama ne recourt donc pas à l l g t m t sanûsî o)6 a éiiié comme si, l i n'en avait pas besoin,contrairement à Kawsan u, homme nouveau n, venu de l e t r e r En tous cas,l dissy'xéiu. a métrie entre l s deux t t l t r s e t patente : Tagama ne s'est e iuaue s pas i t g é dans l r g s r symbolique de l'appareilétatique nér e eite sanûsî.I1 a r i s f ipour c l q ' linvoque l prééminence des u a t uf ea ui a Maîtres de l Sanûsiyya e place son a t r t sous l u patronaa t uoié er ge.I1 ne lapas f i ,a o s que Kawsan,pourrait-ondire,l a f i ' at l r ' at abondamment e à tous vents. t
( (

Epilogue
L'échect e t à plusieurs causes.La première,c e tque,contraiin 's rement à ce que Kawsan escomptait après l précédent de e Djanet,l garnison française d'Agadèsne tomba pas e r s s a a t éit à tous l s assauts pendant près de tos mois ( 3 décembre e ri 1 1916 - 3 mars 1 1 ) Cet échec confirma l s Ineslemen dans 97. e l u s réticencese empêcha l ralliement de Mûsâ ag Amastan, er t e amenûkal du Hoggar,pourtant pressé par son entourage,e t venu à Agadès dans ce but,e d'autresleaders r l g e x de l t eiiu a région , comme ceux de 1'Azawagh. Dans ce contexte,des c n l t internes à l s c é é de l'Aïr se sont mis à resurgir, ofis a oit entraînant des f s u e dans l mouvement e des opéraisrs e t tions.prédatricesà l i t r e rmême du camp des combattants. 'néiu Mais ce n e tpas 1 notre s j t D'autrepart,Kawsan a espéré 's 8 ue. jusqu'au bout l a r v ede secours en provenance du Fezzan, 'rié mais S d al-'Âbidé a t lui-même, îî ti, trop m l en point pour li a u venir en aide. Chassés par l convergence de t o s colonnes péniblement a ri réunies par l s Français en pleine guerre mondiale,avec l'ape pui logistique des Britanniques du Nigeria, l s combattants e abandonnent Agadès l 3 mars 1917.Les Français massacrent e immédiatement l s marabouts de l vle (une c n a n ) réfue a il etie, g é dans l s mosquées. Ils avaient pourtant é é mis à l é a t is e t 'cr par Kawsan, é a e t r s é dans l c t e demandaient tin ets a ié t l'amÛn37. Pendant une année entière,Kawsan e Tagama tient nent l massif. Kawsan parvient même à se r v t i l r dans l e aiale e

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Damergou, au sud de l'Aïr. Avec l participation a t v de a cie Mûsâ ag-Amastân, venu r l i r les indécis e écraser l s derale t e nières poches de résistance,les forces frangaisese leurs a l é t lis chassent Kawsan du massif l r d'une b t i l décisive, à os aale Akarao,sur l bordure o i n a e de l'Aïr, l ler mars 1 1 . a retl e 98

A c t e époque, l Fezzan est passé sous contrôle turc aux et e dépens de l Sanûsiyya.Des émissaires turcs sont envoyés aux a combattants,en vains.Kawsan e Tagama r s e t f d l s à l t etn ièe a Sanûsiyya e à S d Muhammad al-'Âbid, t îî jusqu'aubout.Avec l e dernier c r é des f d l s is se réfugient, en mai 1 1 ,au ar ièe, l 98 Tibesti,qui e t alors hors de portée des Français.De là,Kawsan s passe à Wau,l zâwiya de Muhammad al-'Âbid,e a s n a n i a r f i a t is un chemin q ' l avait emprunté cinq ans plus tt Tagama se ui ô. rend,de son côté,v r Gatrûn,plus à l'ouest. es C'estpeut-êtreen voulant opérer sa jonction avec li que Kawsan e t capturé par u s les Turcs e exécuté,en j n i r 1919.Tagama,en t n a t de t ave etn regagner l T b s i par l sud,et capturé par les Français au e iet e s passage du Djado l 7 mai 1 1 .Ramené ensuite à l prison e 99 a d'Agadèspour ê r jugé,il et l q i é n de n i par l comte s iud ut e mandant de cercle,e 30 avril 192039.Pendant ce temps,lAre t l 'ï s a 'ï en ruines40 : 20% de l population de l A rau moins a disparu, victime de l sécheresse, l famine e de l guerre.Les p r e a de a t a ets en chameaux approchent 50%41. Le r s e du b t i a disparu.La et éal population a abandonné t u l nord du massif pour se rasot e sembler v r l sud. es e
les l Paradoxalement, Ineslemen triomphent moralement.I s ont eu raison,pensent-ils, ne pas avoir ajouté fi aux commude o niqués de v c o r d'unmouvement qui se p é e t i sous l i s itie rsnat 'np r t o d'uneconfrérie prestigieuse,mais l u rappelait p u ô iain er ltt dans sa pratique l'ethosdes g e r e s nomades,l'idéologiede urir l lance e du sabre dont is avaient voulu se dégager.Les a t l Kel Aghlâl de I'Azawagh, i t l e t e s prestigieux, par nelcul exemple,avaient envoyé une mission à Agadès,qui é a t renti t é avec un avis négatif.La délégation,conduite par l chef re e des Kel Aghlâl en personne, l u imâm,Shafî'u,e qui éat er t ti composée des principaux j r s e du groupe, a a t constaté uits vi des manquements sérieux à l sha"a dans l conduite pera a sonnelle de Kawsan e de ses troupes (notamment l s t e Chaamba). Kawsan n'avaitpas,à l u s yeux,de connaissances er
) ) ,

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religieusess f i a t s pour d r g r un jihâd.Des biens i l c t s ufsne iie liie, au regard de l li islamique,é a e t p i dans l s combats ou a o t i n rs e consommés42.En d'autrestermes,l s détenteurs reconnus du e 'l, i msavoir islamique,dans l région,déniaient à Kawsan l s a e tte de l g t m t islamique q ' l a a t présentés e retourirs éiiié ui vi t naient ceux-cicontre l i u. Partout l s Ineszemen,Bây al-Kuntîdans l s Ifoghas,qui éat l e e ti e grand inspirateud3,les Kel A h â dans 1'Azawaghe ceux qui gll t r s a e t parmi l s Ineslemen de l'Aïr,s'imposèrentcomme l s etin e e nouveaux interlocuteurs, a s n avec l s Français victorieux l s fiat e e compromis nécessaires.Lors de nos enquêtes dans l s milieux e r l g e x du sud e de l e tde l'Aïr,l souvenir de Kawsan reseiiu t 's e ti ambigu : il y avait à l f i l f e t pour un homme qui a a t at a os a iré vi tenu t t aux Français e l r g e d'uneguerre qui a a t tourné êe t e ert vi à l destruction du massif. Nos i t r o u e r é a e t en outre a nelctus tin animés par l souci d'exonérerl'islam e l c n r r e sanûsî de e t a oféi toute responsabilité.u C é a t un guerrier,pas un marabout n, 'ti nous a-t-onsouvent d t Mais l'homme de guerre a a t cessé i. vi d'êtreun g e r e t a i i n e .Sa v s o p r a t beaucoup plus urir rdtonl i i n oti l i que celle de nombre de r s s a c s tuareg,e sa formation on éitne t avait f i de li l porteur de modèles p l t q e nouveaux.Le at u e oiius sabre e l lance e l guerre d'honneuravaient f i place au t a t a at canon,à l m t a l e s e à une guerre moderne,dans laquelle a irilue t une logique de r l t o s internationales se superposait aux eain enjeux locaux e l s compénétrait. t e
'1

8

*
Cette analyse est fondée sur l dépouillement des archives dise ponibles e sur des enquêtes orales menées dans l s milieux t e r l g e x d'Agadèse en plusieurs points de 1IAïr. Pour des r i eiiu t asons matérielles,l t a i i n ikaskazan nous e t restée étrana rdto s gère.I1 nous semble qu'ona s s e aujourd'huià l réactualisasit a t o du héros e au r j t de s légende au service de causes in t ee a contemporaines. Nous ne nous prononcerons pas,faute d'éléments s f i a t ,s r ce Kawsan r v s t -. Sans pratiquer l ufsns u eiié e fétichisme de l é r t nous pensons t u e o s que l t a e d'ar'ci, otfi a rc chive mérite un respect e une attention au moins égaux e t t nous retiendrons que Kawsan f t dans l grand bouleverseu, e
( (

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Les temps du Sahel

ment du Sahara qui marque l Première Guerre mondiale, a l'hommed'uncamp e d'unel t e Son discours e sa titulatut ut. t r l v e t dans l u constance,une v r t de cet engagee irn, er éié ment qui n'épuisepas l s différentes f c t e de sa personnae aets l t , mais qui montrent comment son i e t t historique se ié dnié place au croisement de plusieurs espaces e de plusieurs syst tèmes de l g t m t : guerrier ikaskazan, combattant de l éiiié a Sanûsiyya,serviteur d'une a t r t étatique islamique,adveruoié s i e des puissances coloniales,il avait débordé les l m t s du ar iie j u s c a segmentaire sans entrer complètementdans c l i de e oil eu 1 E a sanûsî,dont il p r a t les insignes e dont il fut l servi'tt oti t e t u constant.Ambiguïté e allégeance à des valeurs multiples er t sont,sans doute,l s traits qui résument l mieux l'hommee e e t qui en font un personnage de t a s t o ,quelque p r entre rniin at l'âgedes résistances armées,c l i de l'ordrecolonialprovisoieu rement triomphant,e c l i des futuresl t e a t c l n a i t s t eu uts n i o o i l s e .
U
1 '

Bibliographie e commentaires t
1. V i notamment l rapport l plus f a l e l plus complet sur l question : or e e ibe t e a Archives du Gouvernement, Niamey,Rapport politique semestriel du territoire militaire du Niger,ler semestre 1917.

2.Helene Claudot-Hawadfi e a de sources orales ikaskazan qui l presenat t t e 'i t t n comme originaire de lAr(H.Claudot-Hawad, Honneur e politique.Les et choix strategiques des Touaregs pendant l colonisation française m , Revue du a 90 Monde musulman et de l Mbditerranbe,1 9 : 30 sq.) a
3.V i l'analysedes sources disponibles a ce s j t : Jean-LouisTriaud,La or ue Ibgende noire de l SanDsiyya.Une confrbrie musulmane saharienne sous l a e Paris,Editions de l Maison des Sciences de a regard français (7840-7930),

I ttt n t e l'Homme ; Aix-en-Provence,s i u de Recherches e d'Etudessur l Monde 95 Arabe e Musulman), 1 9 : 819-820. t
4.V i Centre des Archives d'outre-Mer(C.A.O.M., or Aix-en-Provence), serie S.O.M., Tchad I, Correspondance generale ; Archives du Gouvernement 4 e General de l'AfriqueEquatoriale française, serie D, (4)D 16, Note sur l chef senoussiste Kaocen u , 20 decembre 1916.
( (

5. C.A.O.M., S.O.M., serie Tchad I 7,Kawsan,chef tuareg ikaskazan,An i Galakka, au Commandant français, AbechB, traduction française dans Terrifoire Militaire du Tchad au ministre des Colonies,21 juin 1912, t6legramme.
6.S r l negociateur français,Bonnel de M6zi&res,e cette tentative de negou e t c a i n officieuse,o r J.-L. ito vi Triaud,op.cit. : 691-720.

J.-L. TRIAUD - Kawsan, analyse politique

169 V

7.(c Le cheikh de l zaouïa des Senoussia.Abdallah ben E Fodhil au coma I mandant du Ouaddaï, s.d.(octobre 1912), traduction française dans Bibliotheque de I l s i u de France,Paris,Ms.6004.3. 'ntft
) )

Triaud,op. cif.,p.789. 8 J.-L.
9.C.A.O.M.,a r s Politiques 1412,lieutenant Baudoin,commandant l grouAfie f e

ertie pe mehariste en pays A j r au commandant m l t i e du T r i o r des Oasis, je, iiar
25 arl 1915. vi 10.Ibid. 11. L t r de Kawsan A l'un de ses principaux lieutenants en Ar Aghâ.2 ete i, ete lkaskazan comme lui,16 dhû'l-hijja1334 (14octobre 1916).Cette ltr est au a nombre de celles trouvees A AgadGs,en mars 1917,apr& l reoccupation de l vle par l s Français. Seule l traduction française figure (Archives du a il e a Gouvernement,Niamex Agades,1904-1 7). 91 12.Laurent Lapierre, Deux episodes de l guerre au Sahara.Les rapportsdu a mar6chal des l g s Lapierre w , L'Afrique Française,Renseignements coloniaux, oi arl 1920 : 81 s a vi
( (

13.V i notamment O.Meynier,Revue Africaine,t. 83,no 380-381: 255. or 14.Cette formule, figure au debut ou en fin de l t r ,t sur l cachet, qui etee e revient i. avec des variantes dans toute l correspondancesaisie en Ar En arabe : khaa dim al-dawlatal-Sanûsiyya, mufasarrif liwâ'i Fazzan. 15.S r ces preparatifs e l composition de l colonne,vi J.-L. Triaud,op. u t a a or c t : 821-822. i.

u ei is 16. S r ce ptt groupe sanasî d'AgadGs, s u des reseaux marchands et, or Triaud,op. c t : 833-838. i. semble-t-il, &ranger au jihad,v i J.-L.
17. Ces dates e I i i 6 a r s i i figurent dans l s renseignements r c e l i t 'tnrie uv e euils apres l reoccupation d'Agad8spar l s Français.V i Service Historique de a e or euils I'ArmBede Terre (S.H.A.T.), A.O.F., Niger 5,111 5,(< Renseignements r c e l i i sur l mouvement senoussiste en Ar (1916-1917) par I'interprGte-officier e Gisselbrecht.
) ) ,

18.V i Edmond Bernus, or Touaregs nigeriens ;unit6 culturelle et diversif6 rdgionale d'un peuple pasteur,Paris,Orstom,1981.

uir f 19.Rodd parle de e j n o group o the confederation (Francis Rodd,People of the Veil,Londres,Mac Millan,1926 : 145).
I>

20.S r ces evaluations e leurs sources, o r J.-L. u t vi Triaud,op. c t : 829-831. i. 21,e La nature a dote l region de Gueljett-Tamayade pâturages presque pera ir aiie manents, donnant aux nomades toute f c l t d'y v v e en toute saison. Malheureusement,l s divisions t r i o i l s sont t l e que ces l e x favorises e ertrae els iu ot il e t a &happent presque A t u contrôle (...) s A craindre que l region de Gueljett-InRidal,isolee au m l e de nos cercles, deviennent sous peu l teriiu ne e t oÙ e r i de parcours de tous l s independants soudanais e algkriens, l s an e
( (

) )

I70 V

Les temps du Sahel

a Senoussistesrecruteront certainementde chauds partisans (Archives de l prhfecture d'Agad&s,Cahier de correspondance(c Depart m , Bosch, commandant de cercle,au commissaire du Gouvernement general B Zinder,3 mars 1916).
22.V i J.-L. or Triaud,op.ct :833-838 i. 91 23. Archives du Gouvernement, Niamey, Arrivee Agades (1904-1 7). Muhammad al-'Âbidau sultan d'Agades, dhû'l-qa'da fin 1332 (20 septembre 1914).L o i i a arabe,transmis B Dakar,puis B Paris,n'a pu ê r retrouve. 'rgnl te

Seule l traduction françaisefigure. a
24. Archives du Gouvernement,Niamey,Agades ( 904-1 7).Kawsan au sul1 91 15 transtan d'Agades, muharram 1335 (11 novembre 1916).L'originalarabe, te a mis A Dakar,puis B Paris,n'a pu ê r retrouv6.Seule l traduction française figure. 25.SÎ Muhammad al-'Âbid, vers 1876,e t un p t t f l du fondateurde l c i ne s ei-is a confrerie Sanûsiyya,t l f e e puîne,en charge du Fezzan, e e rr d'Ahmadal-Shaiif, chef de l confrerie,e troisit" depuis l'originede l confrerie. a l a 26. Archives du Gouvernement,Niamey,Agades (1904-191 Kawsan B a 7). l H j Mûsa e Adanbar,6 dhû'l-hijja 1334 (4 octobre 1916). L'originalarabe, aj t

te a transmis B Dakar,puis B Paris,n'apu e r retrouve.Seule l traduction française figure.
27. Entretien avec Al-Hajj Mahmûd, shaikh de l Khalwatiyya de l A r a 'i, Egandawel,12 arl 1976. vi 28. Archives du Gouvernement, Niamey, Agades (1904-1917). Kawsan au a rb shaikh Aghanbulû e B toute l t i u (qabîla)de Timia, 15 muharram 1335 t t e ( 1 novembre 1916).L'originalarabe a e 6 trouve B Timia par l s troupesfran1 vi çaises l 17 arl 1917.Une reproduction de cet original,accompagnee d'une e Triaud, c t :977 e op. i . t traduction française revue e corrigee,f g r dans J.-L. t iue 1017-1020(a traduction française,qui n'estpas i i contrairement aux precdl c, dentes,l fi de l'interprete i i a r Gisselbrecht, peu satisfaisantee soue at mltie est t vent Bloignee de l o i i a ) 'rgnl. 29.Service Historique de /'ArmBede Terre,1 H 1072.Kawsan au commandant 'rgnl Meynier,15 sha'bdn 1334 (17juin 1916).Une reproduction de l o i i a arabe, accompagnee d'une traduction française revue e corrigee,figure dans t J.-L.Triaud,op.cit.: 975 e 1012-1014. t

Une 30.Archives du Gouvernement,Niamey,Agades (1904-1927), reproduct o des originaux arabes,accompagnee d'unetraduction française revue e in t t corrigee, figure dans J.-L.Triaud,op.cit.: 979-980e 1021-1022.
31.II s'agitdu capitaine Sabati6 32.S r c t e cc p l t q eislamique de Kawsan,o rJ.-L. u et oiiu vi Triaud, c t :859860. op. i .
) )

33.V i notamment, cette question,Edmond Bernus, Histoires paralleles or sur e e croisees.Nobles e r l g e x chez l sTouareg K l Denneg >>, L'Homme,XXX, t t eiiu e 3,no 115,juillet-septembre1990 : 31-47.

J.-L.TRIAUDKawsan, analyse politique -

171 V

34.S r l'attitude Kel Aghl2.1,v i Edmond Bernus,op.cit.,1990. u des or 35. Archives du Gouvernement, Niamey, Tahoua 1901-1 938,o i i a arabe, rgnl s.d.. reproduction de cet original,accompagneed'unetraduction françaiUne i. t (La se,figure dans J.-L. Triaud,op.c t : 982 e 1024-1026. traduction presens ntlsbe. t dans l dossier,&ie dans un françaisapproximatif,e t i u i i a l ) e e rt 36.Archives du Gouvernement,Niamey,Arrivee Agades (1904-1 7),o i i a 91 rgnl 3 2 arabe sanstraduction,Taskira( i pour tadhkira), dhO'l-qa'da1335 ( 1 aoQt sc 1917).Une reproduction de ce laissez-passer, accompagne d'unetraduction, t figure dans J.-L. Triaud,op.cit.: 994 e 1043.

-

or a a 37.V i Jean-LouisTriaud, Un episode oublie de l guerre de Kaossen : l
( (

ltr des savants e des notables musulmans d'Agadez au colonel Mourin ete t (4 mars 1917) Annales de l'Universit6 de Niamey, 1978 : 263-271.
, )

38.S r une mission pro-turqueenvoybe de Ghat en Ar autour de novembre u i 1917 e sa rencontre avec Kawsan,v i l'informationtransmise ulterieurement t or

par al-HajjMasa,l leader ikaskazan d'Agallal, e engage de force aux c M s de a dans Archives Nationales du S6n6ga/, 1 G 1 Kawsan e t m i de l rencontre, t eon 18, e r t i eM l t i e du Niger,B l e i de Renseignementsno 72, arl 1918. T r i o r iiar ultn 13 vi Kaossen a r i reçu & cette occasion,de l p r des Turcs,e un cachet en uat a at argent,des d6corations,une ltr de f l c t t o s pour son œuvre en Aïr n, ete eiiain a n i qu'unei v t t o ti rejoindre l camp turc.On trouve aussi l trace de deux is niain e a l t r s envoyees par l meme interlocuteur,fl du chef des A j r Oraghen de ete e is je Ghat,ti Kawsan e Tagama (S.H.A.T., t A.O.F., Niger 5,II 5 ; C.A.O.M., serie S.O.M.,aires politiques 1418,La premiere est datee de jumada I 1336 Af f (fbvrier-mars1918),l seconde du 23 jumada I 1336 (6 mars 1918).En I'aba sence des originaux arabes,on dispose des traductions de l'interprete i i a mlti r Laize. Ces deux l t r s annoncent l s v c o r s des armees ottomanes e ete e itie contre l s Française l s Russes e i v t n l s destinataires, e t e t niet e dont I a t r t e t 'uoie s reconnuee garantie,& se joindre au camp turc. t
39. V i Finn Fuglestad, e Revolte e mort de Tegama, sultan d'Agad8s or t (1920) NotesAfricaines,no 152,octobre 1976 : 96-101.

or Triaud, Un mauvais depart ; 1920, lAren ruines *, dans 'i 40. V i J.-L. Nomades e commandants.Administration e soci&& t t Edmond Bernus e al., t nomades dans l'ancienne A.O.F., Paris,Karthala,1993 : 93-100.
( (

41.Ces c i f e de pertes sont certainementen dessous de l verite.Is se fonhfrs a l

dent sur des estimationsen amont e en aval,qui sontt u sauf precises.L B a t ot 'tt lAr numerique de 1913 du cercle d'Agad8s(qui deborde,au sud-ouest,'i prot at t t prement dt - massif e plaines adjacentes), fi e a de 25 872 habitants i (Archivesdu Gouvernement,Niamey,Agades ( 904-1927), 1 cercle d'Agadez, e Lefebvre,charge du T r i o r ertie e a numerique). En 1918,l lieutenant-colonel tt auxM l t i e du Niger,parle de 953 personnes tuees au cours des operations, iiar ali t quelles il flat ajouter tous ceux qui sont morts de maladie,de privations e $ l s i e de l fermeture de nos marches... (C.A.O.M., S.O.M.,i e I a ut a serie Af rs fa Rapport semestriel sur l s t a i n p l t q e des regions du a iuto oiiu politiques 14-18, 6 T r i o r M l t i e du Niger dependant des T r i o r s sahariens, e r t i e iiar ertie Zinder, ao0t 1918).L'epidemie de grippede 1918 a a t notammentfrappe l massif e decivi e t me une population a f i l e par l famine.D'autrepart,I'éclatementdes tawfabi a
( (

172 V

Les temps du Sahel

shit (e< t i u >>) l u dispersion rendaient encore plus dfiie aux autorites r b s e er t ifcl e françaisede 1'6poquetoute evaluation.On notera que l recensementde 1920 compte 20 804 habitants (Archives de l Prdfecture d'Agad&s, Recensement a t du cercle d'Agadez,1920) e temoigne peut-être d'un debut de reprise.En uat c i f e statistiques absolus,dont on connaît l s limites,l'Aïr a r i perdu,en hfrs e t t u cas,5 O00 personnes entre 1913 e 1920. ot En ce q i concerne l s troupeaux de chameaux,ktat numerique de 1913 u e certainement t e en dessous de l verite,car l pays e a t alors mal contrale rs a e ti e par l s Français - recense 26 482 camelins. En 1918,l lieutenant-colonel e t Lefebvreh i t : << Les troupeaux ont subi un coup mortel e il faudra longtemps t rs pour l s remettre en etat. II n'existeplus de chameaux mâles e t e peu de e il f t a e chamelles (...)u estimer a plus de 12 O00 l nombre des chameaux disc a ttsiu s ui parus -. Ii encore,l s a i t q e e t un otl mal commode pour rendre compt du desastredans toute son 6tendue. e
42. Entretien avec Muhammad b.Muhammad al-MOmîn, du llemeGroupe chef ave t des lwillimeden de Tahoua (Kel Aghlal), Abalak, 1 1 j n i r 1976,e avec u e e t e r ti Muhammad,fl de celui-ci, is Zinder,2 juin 1977.S r l s K t Aghlal e l u att n tude, o r Harry T. Norris,The Tuaregs.Their lslamic Legacy and is Difusion i vi the Sahel, Warminster, A i e Phillips, 1975, pp. 174-196,Ghubayd Agg rs t Copenhague,Akademisk Forlag,1975,e t Alawjeli,Histoire des Kel-Denneg, Edmond Bernus,op.cit.,1990. 43. Depuis l'ouvragedu lieutenant Maurice Cortier,D'une rive A l'autre du Larose,1908),qui e t souvent l reference unique,on n'ap a i s a rtSahara (Paris, Vi Norris,op.cit. : 171,181, quement r e &rit sur Bây al-Kuntî.o r aussi H.T. in 183,186.

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