ÉDITION DU LUNDI 30 JANVIER 2012

Le journal indépendant de l’Université d’Ottawa

VOLUME LXXIX NO°16

ÉTHIQUE DES ÉLECTIONS
« Ce qui peux être fait, c’est la dénonciation de situations qui sont problématiques. Donc, c’est de demander que les gens démissionnent lorsqu’ils sont en conflit d’intérêt important. »
— David Robichaud Professeur adjoint au Département de philosophie
ACTUALITÉS SPORTS

Les tests de bilinguisme ne seront pas révélés
La FEUO et l’ILOB plaident la confidentialité P. 2

Un revers cuisant pour le Double - G
Les Gee-Gees affrontaient les Martlets P.20

# ELXION12

Pour vous tenir au courant des élections, suivez La Rotonde pour toutes les nouvelles.

BÉDÉS IMPROVISÉES
Arts & culture | p.12

« Éclats de rire à l’haleine de sauce aux prunes entrecoupés par le silence de la concentration des artistes, un comic jam table sur une ambiance propre. Les participants se surnomment jammers entre eux et sont unis par des pulsions créatives qu’ils viennent partager mensuellement depuis mai 2009, au restaurant Shanghai. »
Suite page 12

SECTION

Actualités
Bilinguisme

Patrick Weldon Sarah Lanthier Sophie Marcotte

actualites@larotonde.ca

LES TESTS DE BILINGUISME CACHÉS L’ancien candidat croit aussi que ce test,
Patrick Weldon | Chef de pupitre Sophie Marcotte | Journaliste Actualités À l’arrivée des élections à la Fédérations étudiante de l’U d’O, l’Institut des langues officielles et du bilinguisme (ILOB) est l’hôte des tests de bilinguisme que doivent passer les candidats potentiels. Cependant, les résultats de ce test sont strictement confidentiels. Certifié confidentiel Les tests de bilinguisme distribués par l’ILOB, ainsi que les résultats des candidats aux postes exécutifs de la FEUO, sont confidentiels. Pour confirmer son éligibilité, chaque candidat doit obtenir la note de passage requise par l’ILOB. Interrogé au sujet de la procédure d’évaluation et des détails pertinents aux tests, l’ILOB a refusé à maintes reprises de commenter sur l’ensemble de la procédure d’évaluation des candidats, invoquant son caractère confidentiel. L’ILOB dit que les tests appartiennent à l’U d’O, même s’ils sont payés par la FEUO. Un test trop facile? Nathan Boivin, candidat à la présidence en 2011, pense plutôt que l’ILOB refuse de montrer ces tests parce qu’ils ne sont « pas assez exigeants ». Il soupçonne même ces tests de ne « pas correspondre aux critères du gouvernement de l’Ontario ». D’ailleurs, pour justifier ses soupçons, il pointe le français « incompréhensible » de l’actuelle vice-présidente aux finances de la FEUO, Sarah Jayne King. ou du moins un test du même ordre, devrait être rendu public pour que la population étudiante sache quels sont les critères de bilinguisme auxquels sont soumis les candidats pour qui ils voteront. Il explique aussi qu’il existe des lacunes au niveau de l’évaluation. M. Boivin juge notamment que les personnes ayant passé le test devraient le repasser chaque année. Cette mesure enrayerait l’« attitude passive des candidats face au bilinguisme ».

Nathan Boivin, candidat à la présidence en 2011, pense plutôt que l’ILOB refuse de montrer ces tests parce qu’ils ne sont « pas assez exigeants ».
Quant à lui, le candidat à la présidence Ethan Plato est d’avis que le test est « professionnel et impartial ». Il cite par contre que le test en anglais était « plus difficile » et que la section écrite en français était « plus facile ». M. Plato croit que le test de bilinguisme de l’ILOB est le même test qu’il doit passer en tant qu’étudiant en immersion. Qu’en est-il des résultats du test? La directrice générale des élections, Julia Macdonald, dit appuyer la confidentialité des résultats et du test conformément aux politiques de l’ILOB, ainsi que celle des candidats. Selon la directrice, c’est le Bureau des élections qui paie pour le test par l’entremise de la FEUO, mais elle avoue « ne pas savoir combien ça coûte » puisqu’elle n’a pas encore reçu la facture de l’ILOB.f
Crédit : Ayoub Ben Sessi

L’ILOB a refusé à maintes reprises de commenter sur l’ensemble de la procédure d’évaluation des candidats, invoquant son caractère confidentiel.

Vendredi dernier, La Rotonde a demandé à Mme Macdonald si la liste des gens qui avaient passé ou échoué serait publiée sur le site web des élections, ce à quoi elle d

a répondu « qu’elle y penserait ». Jointe samedi soir, la directrice exprimait un « non » définitif.

Élections FEUO 2012

Liste officielle des candidats
PRÉSIDENCE VICE-PRÉSIDENCE AUX AFFAIRES ÉTUDIANTES

LA ROTONDE EMBAUCHE! Êtes-vous excités? (Vous devriez!) Deux emplois étudiants rémunérés, ça vaut le détour! Nous recherchons : DIRECTEUR(TRICE) DE PRODUCTION (27 heures/semaine) Sous la supervision du rédacteur en chef, le(la) directeur(trice) de production supervise la production du journal à toutes les étapes de son développement. Il(elle) est chargé(e) de la mise en page du journal. CORRECTEUR(TRICE) (5 heures/ semaine) Le(la) correcteur(trice) est chargé(e) de réviser les articles sous la direction du secrétaire de rédaction et du rédacteur en chef.
L’entrée en fonctions est prévue le 13 février 2012. Si un poste vous intéresse, veuillez faire parvenir votre CV accompagné d’une lettre de présentation à Anis Maaloul, directeur général de La Rotonde, à direction@larotonde.ca avant 17 h, le 5 février 2012.

– Philippe Mulet – Ethan Plato – Amalia Savva
VICE-PRÉSIDENCE AUX FINANCES

– Kate Hudson – Marco Kuyu – Tasha Peters
VICE-PRÉSIDENCE AUX AFFAIRES UNIVERSITAIRES

– Adam Gilani
VICE-PRÉSIDENCE AUX ACTIVITÉS SOCIALES

– Christopher Clarke – Liz Kessler
VICE-PRÉSIDENCE AUX COMMUNICATIONS

– Marie-Claude Noël – Jozef Spiteri

– Anne-Marie Roy

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Actualités – actualite@larotonde.ca

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VOX-POP
Sarah Lanthier | Journaliste Actualités

Étiez-vous au courant qu’il y avait des élections à la Fédération étudiante?

Anaïs Elboujdaïni | Rédactrice en chef Nicolas Levert-Cui | Journaliste

CHRONIQUE
Chronique des élections (A) (D)

(A) Samantha Styezynski Criminologie, 1re année – Oui, j’étais au courant qu’il y avait des élections, car j’ai reçu un courriel. Par contre, je trouve qu’il n’y avait pas assez de publicité : je ne savais même pas quand on pouvait se présenter. Je ne voterai pas, car je n’en sais pas assez.

(D) Rashid Timbella Sciences politiques et administration, 2ème année – Non, je n’avais aucune idée qu’il y avait des élections. Je n’ai vu aucune publicité… Je voterais si c’était un enjeu important.

ÉLECTIONS? QUELLES ÉLECTIONS?
Avis à tous les étudiants de premier cycle : les élections de la FEUO s’en viennent! Malheureusement, après un tour rapide du campus, La Rotonde a constaté que peu d’étudiants étaient au courant des élections qui se préparent. De toute manière, comment auraientils pu le savoir? Ce n’est sûrement pas à cause du manque d’affiches. Oh non, en fait, c’est exactement ça! Levez la main si vous avez vu une affiche annonçant les élections au courant des deux dernières semaines. Je doute qu’une foule de mains s’élancent vers le ciel. Les étudiants ont seulement eu cinq jours pour poser leur candidature aux postes exécutifs de la FEUO. Dans un délai si court, on croirait nécessaire d’inonder les étudiants de courriels, d’affiches, de messages Facebook, Twitter, etc., mais hélas, la Constitution de la FEUO n’a en pas décidé pour autant. L’actuelle v.-p. aux communications de la FEUO, Paige Galette, et la directrice général des élections, Julia Macdonald, suivent la Constitution à la lettre en termes de promotion. Comment pensez-vous faire en sorte que plus de 11 % de la population étudiante vote si on se contente du strict minimum de promotion? Mme Galette, votre travail consiste à renseigner la population étudiante sur tout ce qui concerne la FEUO, y compris les élections imminentes! Il faut donc se demander si ce manque de rigueur dans la promotion des élections résulte du fait que Mme Galette n’est pas seulement v.-p. aux communications de la FEUO, mais également membre du Comité des élections. Conflit d’intérêt ou ironie? Malgré cette promotion quasi inexistante, quelques candidats ont pu se faufiler et poser leur candidature. Par contre, ces candidats sont déjà très au courant de la politique étudiante ou bien entièrement déterminés à entretenir leurs liens sociaux avec la clique exclusive de la FEUO. Alors, pour tous ceux qui souhaitaient briguer les suffrages, il est maintenant trop tard. À l’avenir, vaudrait mieux se rapprocher des hautes sphères de la vie étudiante pour être au courant de ce qui se passe. (B) (E)

(B) Justin Pichet Sciences biomédicale 3e année – Oui, j’ai entendu un petit peu. Je ne sais même pas c’est quand et je ne connais pas les détails.

(E) Pascal Léveillé Génie civil, 3e année – Non.

(C) Stephanie Clemencio École de gestion, 3e année – Je suis vaguement au courant des élections. Il y a beaucoup de choses qui se passent… J’ai déjà voté dans le passé, mais j’aimerais vraiment être plus informée. (C) (F)

(F) Joël Arnaud Statistiques, 2e année – Non, je n’ai même pas remarqué le courriel. Je ne pense pas du tout que je voterai.

Élections FEUO

Le français tranche la question
Crédit : Ayoub Ben Sessi

Patrick Weldon | Chef de pupitre

Dans les coulisses avec Patrick et Antoine

Le vice-président aux activités sociales anglophone de l’Association étudiantes des études politiques, internationales et en développement (AEEPID), Derry Hendarna, ne pourra pas accéder à la campagne du poste de vice-président aux communications de la Fédération étudiante de l’U d’O (FEUO), son français oral ayant été jugé insuffisant. Ce qui l’inquiète, par contre, c’est qu’il n’a pas le droit de voir ses résultats pour comprendre pourquoi il a échoué au test de bilinguisme. M. Hendarna, s’estime pourtant « assez bilingue » pour occuper ce poste.

Anne-Marie Roy sera donc la seule candidate au poste de v.-p. aux communications. Elle se dit déçue de se présenter sans opposition : « Ça aurait mis un peu plus de piquant », affirme-elle. Mme Roy se dit surprise et bien excitée, mais affirme qu’elle travaillera quand même très fort durant sa campagne. Dave Eaton, qui avait originalement posé sa candidature pour le poste de v. p. aux affaires étudiantes, ne pourrait se présenter, puisqu’il aurait également échoué au test de bilinguisme. M. Eaton brigue toutefois l’un des sièges de la Faculté des sciences

sociales au Sénat. Selon certaines rumeurs, Tasha Peters se serait seulement présenter au cas où M. Eaton n’aurait pas réussi son test de bilinguisme. Avant le test, Mme Peters se disait incertaine de se présenter. Maintenant, M. Eaton n’ayant pas réussi son test, on retrouve Mme Peters dans la course à la vice-présidence aux affaires étudiantes. Interrogée au sujet de ces rumeurs, la candidate répond qu’elle veut travailler fort pour enrichir la vie sur le campus et que « ça, c’est vraiment pas l’important ».

@patweldonLR

@SarahLanthier
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Élections FEUO

TOUR DU CHAPEAU POUR SARAH JAYNE KING
Antoine Trépanier | Chef de pupitre Parmi les indignés, on retrouve Alexis Goudreau, un étudiant de 4e année en sociologie au fait de l’actualité du campus, qui voit là un « manque de transparence flagrant » de la part de Mme King. « Je trouve ça dangereux de porter plusieurs chapeaux, entre autres parce que ça peut amener des conflits d’intérêts », affirmet-il.
Une impartialité contestée

La nomination d’un membre du Comité des élections de la Fédération étudiante de l’U d’O (FEUO) au poste de présidente de la division ontarienne de la Fédération canadienne des étudiantes et étudiants (FCEE) soulève la grogne de plusieurs étudiants sur le campus.
L’élection de Sarah Jayne King à la présidence de la FCEE-Ontario soulève le mécontentement de plusieurs étudiants sur le campus. Ceux-ci sont outrés de voir l’actuelle vice-présidente aux finances occuper autant de postes d’importance. Celle qui entrera en fonctions en juin est également membre du Comité des élections de la FEUO et trésorière de la division ontarienne de la FCEE.

du processus du Comité des élections », témoigne-t-il. « Si elle veut être à la FCEE, il faudrait qu’elle démissionne du Comité des élections, c’est sûr », renchérit M. Goudreau. Face à de telles critiques, Sarah Jayne King reste de marbre. « Cela fait déjà cinq ans que je suis impliquée sur le campus, soit avec la FEUO, soit avec d’autres initiatives. Je suis très fière de mon cheminement activiste à l’Université d’Ottawa et je crois qu’il est temps pour moi de passer à un plus grand rôle au sein du mouvement étudiant », explique-t-elle par courriel. En entretien avec La Rotonde plus tôt la semaine dernière, Mme King a dit ne pas être préoccupée par les inquiétudes des étudiants quant à son poste de trésorière et de future présidente de la FCEEOntario. Elle n’y voit pas de problème ou de conflit d’intérêt. « Ce sont des choses complètement séparées », plaide-t-elle. Des candidats s’avancent La présidente de la FEUO, Amalia Savva, qui tentera d’ailleurs de se faire réélire en février, appuie l’engagement de Sarah Jayne King : « Je suis extrêmement excitée pour Sarah, dit-elle. Je pense qu’elle fera un excellent travail à son poste l’année prochaine. » Elle ajoute qu’elle « ne pense pas que la position de Sarah [à la FCEE] ait

Pour Brandon Clim, étudiant de l’École d’études politiques reconnu comme un ardent défenseur de la transparence en politique étudiante et blogueur à « J’ai quelque chose à dire » la position de Mme King n’est pas seulement problématique à cause de son engagement à la FCEE. « Même si elle n’avait pas été élue à l’exécutif de la FCEE, ça aurait été problématique qu’elle [fasse partie du] Comité des élections juste parce qu’elle est très proche de certains candidats et candidates, explique-t-il. C’est certain qu’il y a un parti pris et [ce serait] très difficile pour elle d’être neutre dans un cas [où un candidat] irait en appel. » M. Clim est-il inquiet de la position de Mme King au sein du Comité des élections? « Absolument, ça m’inquiète, répondil sans détour. Si Sarah Jayne King a les meilleurs intérêts de l’association étudiante [à cœur], elle devrait s’enlever

Crédit : Ayoub Ben Sessi

Sarah Jayne King semble cumuler les mandats.

à voir avec le Comité des élections ». De son côté, l’adversaire potentiel de Mme Savva à la présidence de la FEUO, Ethan Plato, ne veut pas trop s’avancer : « Je n’ai pas entendu parler de cette nouvelle, donc c’est difficile d’émettre une opinion sur ça pour l’instant », a-til dit lorsque La Rotonde lui a parlé des nouvelles fonctions de Mme King.

@ATrepanier
Photo courtoisie

Avis d’expert

Éthique politique à la FEUO
Sophie Marcotte | Journaliste Actualités Avec l’arrivée des élections étudiantes, certaines inquiétudes éthiques font surface. David Robichaud, professeur adjoint au Département de philosophie, répond aux questions de La Rotonde à ce sujet. La Rotonde : Le Comité des élections est le conseil responsable de trancher en cas de litige lors des élections à la Fédération étudiante (FEUO). Est-ce un problème éthique qu’un de ses membres occupe d’autres postes à la FEUO en même temps? David Robichaud : Cela dépend du pouvoir que détient l’individu. Si elle ou il détient un pouvoir important et discrétionnaire sur la manière dont on devrait gérer les différents cas, c’est clair qu’il y a un problème d’éthique. En fait, à partir du moment où on pourrait être dans deux camps différents et que la même personne se trouve à occuper les deux chaises, c’est sûr qu’il y a un problème de conflit d’intérêt. Pour savoir si c’est un problème grave, il reste à voir l’importance du pouvoir dont dispose ces personnes-là. LR : Les étudiants savent que les gens qui siègent à la FEUO en ce moment sont tous ou presque des amis. La présence de groupes d’amis comme cela, est-ce un problème dans un contexte politique? D.R. : En fait, c’est difficile de condamner ce genre de fait-là parce que c’est par la force des choses qu’il se créera des amitiés, ou ne serait-ce que des convergences d’intérêt. C’était un problème avant lorsqu’il n’y avait pas la possibilité de création de parti. Tout de même, c’est certain qu’il y a un risque constitué de la décision de faire passer des choses en bloc alors que ce n’est pas souhaitable d’un point de vue démocratique, mais je vois difficilement comment on peut empêcher en fait la formation de liens d’amitié et de liens de proximité idéologique. LR : Lorsque quelqu’un siège à un comité ayant le pouvoir de trancher en cas en de litige et qu’il est ex-directeur de campagne pour une autre personne, est-ce un problème? D.R. : En fait, c’est souvent comme cela, les élections étudiantes, étant donné que ça devient un peu consanguin dans la mesure où il n’y a pas énormément d’étudiants qui s’impliquent. Ce sont donc souvent les mêmes personnes qui vont changer de siège. J’ai de la difficulté à voir comment cet individu pourrait être impartial, même si sa collègue a gain de cause. Il va toujours rester une apparence de conflit d’intérêt et cela, dans un contexte démocratique, est aussi grave que le conflit d’intérêt lui-même parce qu’il faut éviter que les gens perdent confiance dans le système électoral. Déjà, il semble y avoir chez les étudiants un certain cynisme par rapport à ce qui se passe au sein de la FEUO. C’est très grave parce que les gens ne vont plus

Pour David Robichaud, l’apparence de conflit d’intérêt est aussi grave en démocratie que le conflit d’intérêt.

voter et donc les votes ne représentent plus la volonté des étudiants. LR : Existe-t-il des solutions à ces problèmes, selon vous? Si oui, quelles sont-elles? D.R. : Je pense que la solution réside dans la création d’institutions qui rendent impossible l’abus de pouvoir lié au fait que les individus se retrouvent en conflit d’intérêt. Comme les élections sont déjà en place, il est trop tard pour cette année. Ce qui peut être fait, c’est la dénonciation de situations qui sont problématiques. Donc, c’est de demander que les gens démissionnent lorsqu’ils sont en conflit d’intérêt important.

« Ce qui peux être fait, c’est la dénonciation de situations qui sont problématiques. Donc, c’est de demander que les gens démissionnent lorsqu’ils sont en conflit d’intérêt important. »
— David Robichaud, Professeur adjoint au Département de philosophie

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@SophiieMarcotte

Fédération étudiante

UNE ASSEMBLÉE GÉNÉRALE DE LA FEUO POUR PLUS DE TRANSPARENCE
La possibilité d’instaurer une assemblée générale annuelle de la FEUO obligerait le comité exécutif à discuter de ses décisions avec les étudiants.
Sarah Lanthier | Journaliste Actualités

Les étudiants de l’U d’O réclament davantage de transparence de la part de leur Fédération étudiante (FEUO) et l’idée de tenir une assemblée générale annuelle (AGA) a été proposée. Malgré les promesses politiques des membres exécutifs, la Constitution de la FEUO ne prévoit toujours pas une telle assemblée. À quoi sert une AGA? « Une assemblée générale est une façon de rassembler tout le monde qui souhaite participer aux décisions et de transmettre l’information à plus de monde », explique Bruno Gélinas-Faucher, président de l’Association des étudiants et étudiantes en droit civil de l’Outaouais en 20092010. « C’est l’organe représentatif d’une démocratie directe », poursuit-il. « Cela donne une légitimité, même si on ne se présente pas en masse », ajoute MarieChristine Doran, professeure à l’École d’études politiques de l’U d’O. Volonté étudiante D’après la présidente de la FEUO, Amalia Savva, un sondage auprès de 6000 étudiants effectué l’année dernière, révèle qu’une majorité est en faveur d’une assemblée générale. Pour instaurer la tenue d’une AGA, la Constitution de la FEUO doit toutefois en faire mention. « La Constitution ne prévoit pas d’assemblée générale, confirme Mme Savva. Cependant, les étudiants peuvent assister aux réunions [de la FEUO]. » M. Gélinas-Faucher explique par ailleurs que « les membres du conseil administratif devront voter pour ouvrir la Constitution [de la FEUO] et y inclure la tenue d’une AGA ».

« En théorie, c’est bénéfique », estime quant à elle la présidente de l’Association étudiante des études politiques, internationales et en développement, Amanda Iarusso. C’est le meilleur moyen d’accéder à l’exécutif dans un forum ouvert où [celui-ci] est obligé de répondre. » Mme Iarusso doute toutefois de ce que les étudiants en retireraient puisque l’AGA se limiterait à une période de questions et de réponses sans aborder les sujets fondamentaux, comme la séparation d’une association de la FEUO.

« Une AGA serait pertinente puisque, depuis quelques années, il y a un manque de transparence à la FEUO. […] Les élus sont confortables avec le fait de retenir le pouvoir, c’est le réflexe lorsqu’on se l’approprie. »
— Bruno Gélinas-Faucher Un manque de volonté politique? Bruno Gélinas-Faucher soulève qu’« une AGA serait pertinente puisque depuis quelques années, il y a un manque de transparence à la FEUO. […] Les élus sont confortables avec le fait de retenir le pouvoir; c’est le réflexe lorsqu’on se l’approprie ». De son côté, Amalia Savva répond qu’elle travaille à introduire la tenue d’une AGA dans la Constitution prochainement.

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Administration

Frais de scolarité

CONSULTATION AVEC MARIE JOSÉE BERGER : PLUS DE QUESTIONS QUE DE RÉPONSES
Marc-André LeBlanc | Le Front

Les libéraux ne tiennent pas leur promesse
Sophie Marcotte | Journaliste Actualités

La communauté universitaire était au rendez-vous et les questions étaient nombreuses envers Marie Josée Berger, candidate au poste de recteur et vicechancelier de l’Université de Moncton. Pour ce qui est des réponses, plusieurs personnes présentes semblent être restées sur leur faim.
L’actuelle doyenne de la Faculté d’éducation de l’Université d’Ottawa s’est présentée devant une salle multifonctionnelle pratiquement pleine d’étudiants, de professeurs et de membres de la communauté. C’est dans ce contexte que la candidate a tout d’abord livré un discours d’ouverture, pour ensuite répondre aux questions des gens présents. « La question existentielle pour la prochaine rectrice ou le prochain recteur est de savoir comment maintenir une communauté universitaire viable financièrement et qui continuera à être un capital humain pour la province et les différentes régions du Canada », a affirmé Mme Berger dans son discours d’ouverture. En répondant aux diverses questions, Marie Josée Berger a souvent fait allusion à l’Université d’Ottawa comme exemple. Elle a d’ailleurs fait le bilan de son passage à la Faculté d’éducation de cet établissement où elle a choisi de ne pas renouveler son contrat pour un troisième mandat. « J’ai toujours eu des postes avec beaucoup de défis et la personne qui va avoir le poste de doyen ou de doyenne à la Faculté d’éducation, je lui laisse un joyau », soutient la doyenne en faisant allusion à ce qu’était la Faculté avant son arrivée et où elle est rendue maintenant. En ce qui concerne les questions, plusieurs ont porté sur l’histoire du prix du bras de fer dont Le Front a fait état la semaine dernière. À ce sujet, la candidate a été évasive, prônant la confidentialité des dossiers de l’U d’O : « Comme vous le savez, dans toute histoire, il y a deux côtés de la médaille, mais moi je ne peux pas vous raconter l’autre côté de la médaille. »
Crédit : Le Front

Le 6 octobre dernier, pendant leur campagne électorale provinciale, les libéraux de l’Ontario promettent une baisse des frais de scolarité de 30 %. Maintenant au pouvoir, ils distribueraient plutôt des « rabais » de 30 % à un nombre très limité d’étudiants. Une promesse rompue? Aux élections provinciales l’automne dernier, le parti de Dalton McGuinty énonce la promesse que de nombreux étudiants voulaient entendre : une baisse des frais de scolarité de 30 %. Des dépliants sont même distribués sur les campus universitaires pour diffuser la nouvelle. Toutefois, une fois le gouvernement libéral au pouvoir, la présidente nationale de la Fédération canadienne des étudiants et étudiantes (FCEE), Roxanne Dubois, explique que les « étudiants ont eu le sentiment d’avoir été trompés ». La promesse de la réduction des frais s’était transformée en « rabais » de 30 % profitable à moins des deux tiers des étudiants.
La doyenne de la Faculté d’éducation est en lice pour le rectorat de l’U de Moncton.

accès à l’éducation, il aurait procédé par cette réduction des frais plutôt que par ces bourses ». Le gouvernement reste fidèle à sa parole Dans un bref entretien avec La Rotonde, Tanya Belzima, des relations médias du ministère de la Formation, des Collèges et des Universités, dit que « le programme du Parti libéral suit exactement ce qui est indiqué sur la plateforme de celui-ci. Les actions et ce qui est inscrit là concordent parfaitement ». La représentante du Ministère n’a pas voulu commenter davantage à ce sujet. « À la rue » La présidente de la Fédération étudiante de l’U d’O, Amalia Savva, avoue que son organisation a été très déçue par le comportement du gouvernement. Maintenant, la FEUO se concentre sur « la poursuite de la campagne “À bas les frais” et la mobilisation étudiante dans le cadre de la journée du 1er février », souligne-telle. Selon Roxanne Dubois, ce qui a motivé les libéraux à faire une telle promesse aurait été les mouvements étudiants qui œuvraient pour la baisse des frais de scolarité durant la période électorale. La vue de ces actions aurait incité le gouvernement à faire une promesse pour se faire élire.

Elle a d’ailleurs invité la communauté universitaire à consulter n’importe quel professeur d’Ottawa pour connaître son opinion à son sujet. Cela n’est quand même pas suffisant pour rassurer le président de la Fédération des étudiants et étudiantes du centre universitaire de Moncton, Ghislain LeBlanc : « On a posé plusieurs questions et plusieurs inquiétudes ont été soulevées. Par contre, je ne suis pas certain que les réponses qui ont été données ont éliminé nos craintes. Nos inquiétudes demeurent et c’est quand même une candidature inquiétante. » Les commentaires de ce genre étaient partagés par de nombreux étudiants à la sortie de la rencontre. L’étudiante Karina Langis était l’une de ceux-ci : « Je suis déçue qu’elle n’ait pas répondu aux questions des étudiants. Je pense qu’elle aurait pu s’informer plus sur la réalité du campus. » Pour ce qui en est de Mme Berger, elle s’est prêtée au même exercice devant les étudiants et le personnel du campus de Shippagan. Mercredi dernier, elle était au campus d’Edmundston pour la même démarche. Le deuxième candidat, Raymond Théberge, participera lui aussi à une ronde de consultations qui débutera lundi le 30 janvier au campus de Moncton, dès midi, à la salle multifonctionnelle du centre étudiant.

Le coût de ce nouveau programme de bourses s’élève à 400 M$. Le quart de ce montant était auparavant alloué à d’autres programmes de bourses. Toutefois, la présidente de la FCEE explique que si ce montant avait été investi pour la baisse des frais telle que promise, les étudiants en Ontario auraient tous pu bénéficier d’une baisse des frais de scolarité de 13 %. Elle ajoute même que « si le gouvernement avait réellement voulu donner un meilleur

LES CONTRIBUTEURS DE LA SEMAINE :

Simon Deneau Émilie Deschamps Ducakis Désinat Samantha-Jade Dexter Philippe Dumas Anthony Langlois Nicolas Levert-Cui

Léa Papineau Robichaud Julien Paquette Mélodie Paquette Hamdi Souissi Jeanne Strasbourg Katherine Sullivan

DE LA PART DE TOUTE L ’ÉQUIPE... MERCI!

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Hausse des frais de scolarité

DIVERGENCE D’ANALYSE AUTOUR DE LA QUESTION DES FRAIS
La campagne de la FEUO contre la hausse des frais de scolarité, prévue pour le 1er février, ne fait pas l’unanimité parmi les étudiants.

Sarah Lanthier | Journaliste Actualités

L’université reste un privilège », conclut-il. Destruction de l’institution éducative

Le 1er février, la FEUO encourage les étudiants à descendre dans les rues pour manifester contre la hausse des frais de scolarité universitaires. Pourtant, certains étudiants ne partagent pas cette vision et sont plutôt en faveur de cette hausse. La Rotonde a exploré le sujet. Les chiffres derrière l’émotion « Malgré ce qu’on dit, la hausse des frais de scolarité a un petit impact sur l’accès à l’éducation, déclare Gilles Grenier, professeur d’économie à l’U d’O. Au contraire, le nombre d’étudiant continue d’augmenter. » « L’éducation demeure un bon investissement. […] D’après les économistes, c’est plus payant d’aller à l’université quand on pense à long terme », ajoute-t-il.

Crédit Ayoub Ben Sessi

Une quarantaine de participants se sont pointés pour penser Ottawa en français.

Eric Martin, doctorant de l’U d’O en pensée politique et auteur de Université Inc., ne défend ni la hausse des frais de scolarité ni le point de vue de la FEUO sur la question. « On détruit l’institution caractérisée par l’indépendance, puisqu’on mesure [maintenant] la formation en retombées économiques », souligne-t-il. « Avant c’était une politique éducative; maintenant, l’université doit rester productive pour fournir une expertise extérieure, un développement économique et des brevets coûteux et commercialisables », ajoute M. Martin. Les étudiants doivent se comporter en consommateurs et devenir utiles à la société. La hausse des frais de scolarité contribuerait donc à cette perte de liberté pour choisir le programme qui intéresse réellement l’étudiant. Dans la rue avec la FEUO La vice-présidente aux communications de la FEUO, Paige Galette, répond aux arguments précédents en évoquant la « crise » que traverse l’éducation postsecondaire. La manifestation soulignera l’endettement étudiant, qui prendra de plus en plus d’ampleur avec la hausse des frais de scolarité, et le droit à l’éducation pour garantir une accessibilité à tous.

« Les diplômes ont aujourd’hui une sous-valeur. »
– Janvier Roy-Perron « Dans les dernières années, la hausse est plus rapide que le coût de la vie. […] Une hausse acceptable est donc déterminée en fonction du taux d’inflation, d’environ

2,5 %; une hausse plus faible rend difficile pour les universités de remplir leur mission éducative », complète M. Grenier. Le « faux » droit à l’éducation Janvier Roy-Perron, étudiant en droit à l’U d’O, explique que la hausse des frais de scolarité serait une bonne chose. Selon lui, pour conférer une valeur importante à l’éducation postsecondaire, il faudrait

augmenter les frais. « Les diplômes ont aujourd’hui une sous-valeur, estime-til. Ça donne une population étudiante trop importante et un taux de chômage étudiant trop élevé. » Selon M. Roy-Perron, rendre l’éducation accessible à tous ferait perdre de la valeur aux diplômes distribués. Il faudrait donc améliorer le programme de bourses et faire du « cas par cas » pour leur distribution. «

Francophonie

@SarahLanthier

L ’avenir de l’Ottawa francophone se joue aux cafés citoyens
Émilie Deschamps | Journaliste C’est à l’occasion du premier des « Cafés citoyens » que les francophones et francophiles d’Ottawa étaient invités, jeudi dernier, à faire entendre leur voix et à discuter de l’avenir de leur communauté. Le coordonnateur du secrétariat des États généraux de la francophonie d’Ottawa, François Olivier-Dorais, décrit les cafés citoyens comme un processus de consultation publique visant à écouter la francophonie d’Ottawa. « Il s’agit également d’amener cette francophonie à se reconnaître et à se doter d’une unité, de projets communs », explique-t-il. C’est sous le slogan « Je Rêve Ottawa », que les organisateurs préparent par ailleurs le Sommet des États généraux de la francophonie d’Ottawa, qui aura lieu l’automne prochain. Mobilisation pour le français à Ottawa Les États généraux relèvent d’un « exercice de réflexion collective sur l’avenir de la francophonie d’Ottawa » et vise la mobilisation de l’action et la réflexion de la place de la langue française dans la capitale. À la tête du projet : le Réseau de développement économique et d’employabilité, l’Association canadiennefrançaise de l’Ontario, Linda Cardinal, professeure à l’École d’études politiques de l’U d’O et un grand nombre de citoyens et d’étudiants engagés. M. Dorais se dit satisfait de ce premier café : « Je crois que l’expérience a été un franc succès puisqu’une vingtaine de personnes étaient attendues et qu’une quarantaine se sont présentées. » Parmi celles-ci, plusieurs intervenants, directeurs ou représentants d’organisme du milieu francophone ottavien. Une grande partie de la soirée a été consacrée à la discussion en petits groupes. Discussion autour des problématiques Les citoyens présents au café étaient invités à faire part de ce qui, selon eux, représente des obstacles pour l’avenir de la francophonie ottavienne. L’U d’O, pour son refus de se soumettre à la Loi sur les services en français (Loi 8), a été citée dans la catégorie de « ceux qui pourraient en faire plus ». Autre problème : le fait qu’Ottawa ne soit toujours pas désignée officiellement ville bilingue, malgré sa politique sur le bilinguisme. Le manque de politiciens municipaux francophones et la disparition du quartier francophone ont aussi été mentionnés comme problématiques importantes. Pour Mathieu Poitras, étudiant de 4e année en études internationales et langues modernes, les initiatives comme les cafés citoyens sont intéressantes. Toutefois, il estime que « les Franco-Ontariens doivent fournir un effort de l’intérieur pour garder leur langue vivante [et que] ça devrait donc passer principalement par la famille ». C’était le premier des cafés citoyens, « il y a donc possibilité de s’adapter pour les prochains », explique M. Dorais à La Rotonde. Pour ceux qui auraient manqué l’évènement, un autre café citoyen aura lieu jeudi prochain à 17 h 30, au pavillon Desmarais. Les intéressés peuvent également faire parvenir leurs idées par l’intermédiaire du site web www.jereveottawa.ca.

L’U d’O, pour son refus de se soumettre à la Loi sur les services en français (Loi 8), a été citée dans la catégorie de « ceux qui pourraient en faire plus ».

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Entretien

DE RIDEAU HALL À L ’UNIVERSITÉ D’OTTAWA
Antoine Trépanier | Chef de pupitre

Le recteur de l’U d’O, Allan Rock, avait une idée en tête quand il s’est rendu à Rideau Hall, en 2010, pour proposer un rapprochement entre la gouverneure générale de l’époque et l’institution. Michaëlle Jean a accepté de poser ses pénates à l’Université canadienne et sa fondation a suivi. Puis, l’offre ultime : le poste de chancelier. Le 1er février prochain, un peu plus d’un an après son arrivée sur le campus, Michaëlle Jean deviendra la 13e chancelière de l’U d’O, la première Noire et première exgouverneure générale à occuper ce poste. Lorsque l’institution a confirmé, en novembre dernier, la nomination de l’exgouverneure générale, l’administration savait bien que la visibilité de l’institution allait être bien différente. Michaëlle Jean représentera l’U d’O autant au niveau local que national et international. « Il faut voir comment ça peut s’inscrire en tout cas, comment je peux, au meilleur de mes capacités, jouer ce rôle et servir l’Université », a expliqué Mme Jean lors d’un récent entretien avec La Rotonde.

Un problème? Alors qu’elle vient tout juste d’effectuer le quart de son mandat de quatre ans en tant qu’envoyée spéciale de l’UNESCO pour Haïti, Mme Jean pourrait être restreinte dans son rôle de représentante officielle de l’U d’O. C’est qu’Huguette Labelle, la chancelière des 18 dernières années, n’avait pu exercer pleinement ce rôle alors qu’elle était directrice de l’Agence canadienne de développement international. Le commissaire à l’éthique voyait une source potentielle de conflit d’intérêt à ce double rôle. Quant à elle, Mme Jean n’a toujours pas rencontré de vérificateur à cet effet. « Je sens que ça va venir, lance-t-elle en riant. Je ne sais pas si ça va être problématique, parce que ça joint un partenariat qui existait déjà. » Et les étudiants? Plusieurs étudiants connaissent le dynamisme de Mme Jean à leur endroit, plus particulièrement ceux qui sont actifs à la Maison internationale, avec qui elle a contribué dans le passé à l’occasion du

Mois de l’histoire des Noirs. Maintenant chancelière, Mme Jean dit qu’il est « primordial » de tisser des liens serrés avec la population étudiante. Cependant, il semble qu’elle aura un beau défi devant elle. Avec les diverses tirailleries entre certaines associations et la Fédération étudiantes, l’objectif « d’unir nos forces pour un monde meilleur » semble bien utopique. Si la nouvelle chancelière souhaite « rassembler les forces communes », approcher les associations étudiantes devrait normalement être à l’ordre du jour. « Je pense que ça va être intéressant pour moi de prendre le temps de le faire. Déjà, ce sont plutôt eux qui viennent vers moi, note Mme Jean. » Remplacer un monument À la veille du départ de Mme Labelle, l’U d’O a offert un cadeau bien spécial à la chancelière sortante : la chapelle de Tabaret portera désormais son nom. Remplir les souliers de cette femme active qui aura occupé ces fonctions pendant 18 ans ne

semble pas énerver Michaëlle Jean outre mesure. « Chaque personne est unique. Je pense que c’est terrible lorsqu’on essaie de chausser les chaussures de l’autre. On se met à boiter. On est ou à l’étroit, ou c’est trop grand. Il faut plutôt chausser ses propres chaussures », explique l’ancienne journaliste de Radio-Canada.

Archive de La Rotonde

En bref

La Coalition pour la sensibilisation à la politique étudiante
Patrick Weldon | Chef de pupitre Un groupe d’étudiants de l’U d’O se mobilise pour faire la promotion non partisane des élections de la Fédération étudiante de l’U d’O (FEUO) 2012. La Coalition pour la sensibilisation à la politique étudiante (CSPE), qui rassemble déjà plus de 50 membres sur sa page Facebook, a été créée pour la durée des élections afin d’informer les étudiantes au sujet de la campagne électorale de leur Fédération. « Les élections s’en viennent et on veut expliquer aux gens pour quoi ils votent », explique Marika Dubé, porte-parole de la CSPE et étudiante de 4e année en communication. Vu son absence de financement, la coalition vise à faire de la promotion en utilisant des médias sociaux et des vidéos. La représentante spécifie que la Coalition ne fait pas de promotion pour les candidats, mais informe la population étudiante de manière neutre. Selon Mme Dubé, c’est le manque de promotion des élections qui a mené à la création de la Coalition. « Si eux ne le font pas, nous, on va le faire! » s’exclame l’étudiante en communication. www.larotonde.ca

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Histoire

LES ORIGINES DU CAMPUS : DE 1950 À 1975
Ducakis Désinat | Journaliste La première période de l’histoire du campus s’est close avec l’aménagement du pavillon Tabaret en 1931. Les deux décennies suivantes ne seront pas marquées par de grands changements architecturaux, excepté l’édification des pavillons Marion et Vanier au cours des années 1950. Ces projets ne sont toutefois pas d’aussi grande envergure que l’aménagement de Tabaret. Il a donc fallu attendre la venue des années 1960 pour assister à la deuxième vague d’aménagement du campus universitaire. Nouvelle ère, nouvelle vision Aldous Huxley l’avait prédit, qu’on deviendrait apathique à ce qui nous entoure en raison de la surinformation. Non seulement ne sait-on plus que croire, mais on perd contact avec les autres membres de la société puisqu’on est rendu tellement diffus. Avec toute cette diffusion, j’ose quand même dire « vive la diversité », mais jusqu’à quel point? Dans cet océan où nos idées originelles sont noyées dans la lueur d’un écran d’ordinateur, je me demande : sommes-nous réellement en train d’évoluer vers un avenir brillant ou de plus en plus incompétent? Dans un monde bombardé de reportages, de journaux, de photos, de nouvelles, de tweets, de commentaires sur Facebook et d’annonces, on oublie qui on est et ce qu’on doit croire. La nouvelle censure : un tsunami d’information. Même les nouvelles, qvui sont censées rapporter sur les activités d’êtres humains, s’avèrent une simple vulgarisation de l’expression des émotions humaines. On nous offre trop souvent des perceptions qui ne sont pas les nôtres et on les avale trop facilement, heureux de croire comprendre le monde dans lequel on vit. Inconsciemment, on laisse notre monde se construire par un océan d’informations qui, elles, construisent notre identité et notre rôle en société. Bien sûr, on a encore une voix, mais importe-elle vraiment? Il est plus facile de laisser la paresse s’emparer de nos idées que de se battre pour reprendre sa voix. Et même si on avait une voix, que dirions-nous? On ne sait plus qui on est. On est habitué à se définir par réflexe, par rapport aux autres, comme un pot-pourri de ce qui nous entoure. Il est plus facile de s’opposer à des idéologies que d’être créateur d’idées. Ce qu’il ne faut pas oublier, c’est que c’est quand même à toi de choisir à quoi tu penses. C’est cette liberté qui va nous rapprocher, celle de l’exercice cérébral qu’est la réflexion. Ce qu’il y a, derrière tes yeux, est plus grand que tout ce que tu vois. Alors, sois libre, et pense! Selon Jacinthe Duval, archiviste à l’U d’O, la deuxième phase d’aménagement du campus est survenue dans un contexte historique particulièrement marquant qui a eu une incidence directe sur la vision architecturale de l’époque. En effet, au milieu des années 1960, l’Université devient laïque et change d’administration. Les pères oblats, fondateurs de l’établissement, ont déménagé à l’Université Saint-Paul en 1965. Cette période de l’histoire est marquée par des changements sociaux importants : l’opposition à la guerre du Vietnam, la Révolution tranquille au Québec, la montée de la lutte révolutionnaire d’Ernesto Che Guevara et les tout premiers pas de l’homme sur la lune. On cherche d’ailleurs à transposer ces nouveaux
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Patrick Weldon | Chef de pupitre

CHRONIQUE
Le réveil

SOIS LIBRE, PENSE !

Au cours des années 1970, le campus ressemblait plus à un vaste chantier qu’à un lieu de savoir et de connaissances.

idéaux de progrès et de modernité dans les styles architecturaux de l’époque. On fait donc table rase du passé pour laisser la place à l’avenir. Le brutalisme De ce contexte historico-culturel naissent les projets qui vont constituer l’ensemble de la deuxième période architecturale du campus. À compter de 1965, la nouvelle administration se lance dans l’expansion du campus. Au cours de cette période, pas moins de 13 des 38 édifices qu’on compte aujourd’hui sont construits. En se promenant sur le campus, il est facile de reconnaître les édifices construits à cette

époque; utilisation excessive du béton et développement des formes carrées et des angles droits au niveau de la finition des bâtiments. Ce style relève du « brutalisme », confirme Mme Duval. Ainsi, cette période reste charnière pour l’étalement du campus, car elle constitue la plus grande période d’expansion de l’Université. D’ailleurs, au cours des années 1970, le campus ressemblait plus à un vaste chantier qu’à un lieu de savoir et de connaissances.

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REVUE DE PRESSE UNIVERSITAIRE
Joanie Demers | Secrétaire de rédaction

UN EX-MARAUDER RISQUE JUSQU’À CINQ ANS DE PRISON
— THE SILHOUETTE
Un ex-basketteur de l’équipe masculine de l’Université McMaster (Hamilton, Ont.), Mouctar Diaby, a été arrêté sous divers chefs d’accusation, dont trafic d’armes ainsi que possession et trafic de stupéfiants. S’il est trouvé coupable, il risque une peine d’emprisonnement de quatre ou cinq ans. Diaby a éveillé les soupçons de la police en juillet dernier quand un agent secret de la brigade des stupéfiants de Toronto l’a contacté pour acheter 700 $ de cocaïne. Un autre agent secret lui en aurait par la suite vendu pour 9000 $. C’est à la suite d’une troisième transaction, cette fois impliquant une arme, que Diaby a été appréhendé. La cour a refusé sa libération sous caution, jugeant insuffisants les 12 000 $ amassés par sa famille et l’ancien entraîneur de l’Université. Diaby a joué pour McMaster de 2008 à 2010.

DÉTOURNEMENT DE FONDS À L ’ASSOCIATION DES ÉTUDIANTS EN GESTION
— THE GATEWAY
L’Association des étudiants en gestion de l’Université de l’Alberta a révélé, la semaine dernière, qu’un montant de 27 745 $ avait disparu de son compte bancaire au cours de l’été. Une erreur de la banque aurait permis à un étudiant d’effectuer des retraits seul, alors que deux signatures sont normalement nécessaires pour ce faire. Le voleur, dont l’identité est protégée en vertu de la loi et du code de conduite de l’Université, s’expose à une sanction pouvant aller de la restitution du montant à l’expulsion, dans le pire des cas. Le service de police d’Edmonton a également ouvert un dossier pour cette affaire. L’Association des étudiants en gestion aurait déjà récupéré plus de la moitié du montant disparu. Par ailleurs, elle collabore avec le syndicat étudiant de l’Université afin d’éviter qu’un tel incident se reproduise dans quelque faculté que ce soit.

L ’ATLANTIQUE RELÈVE LE DÉFI CLIMATIQUE
— THE ATHENEUM Du 23 janvier au 6 février, les étudiants de l’Université Acadia (Wolfville, N.-É.) et de six autres universités de l’Atlantique se mettent au défi de réduire leur consommation d’énergie dans les résidences de manière originale et efficace. L’établissement ayant enregistré la plus forte réduction remportera un prix. Organisée par l’Université Mount-Allison (Sackville, N.-B.), la compétition a pour but de sensibiliser les étudiants aux problèmes environnementaux et de promouvoir un mode de vie durable.

IL ÉTAIT UNE FOIS
Anthony Langlois | Journaliste Selon la nouvelle directrice du Département entrée en fonctions en 1988, Gail Crombie, cette méthode a été employée, car une moyenne trop élevée nuirait à la « crédibilité du Département » en le faisant paraître « trop facile ». Toutefois, les enseignants, qui n’avaient pas été consultés avant les modifications, ont eu des réactions partagées. Certains étaient complètement offusqués que leur autorité ait ainsi été mise en doute et ont clairement dénoncé ce « tripotage de notes ». D’autres, qui semblaient « avoir peur pour leur peau », ont préféré être plus diplomates. En fin de compte, l’Association des étudiants en psychologie a rencontré le Département et un redressement de la situation a été envisagé. Malgré tout, les étudiants restaient inquiets pour leurs notes : « En psycho, c’est très important d’avoir des grosses moyennes pour être admis aux programmes de maîtrise et de doctorat qui nous permettront de travailler comme psychologue », a spécifié un étudiant interrogé. www.larotonde.ca

Manipulation des notes des étudiants en psychologie En janvier 1988, La Rotonde apprenait que le Département de psychologie avait unilatéralement modifié à la baisse les notes de ses étudiants durant le temps des fêtes. Ceux-ci ont été choqués de découvrir qu’en leur absence, le Département avait effectué une normalisation des notes. Ainsi, un étudiant ayant obtenu un A+ se retrouvait maintenant avec un B, et un B+ devenait un C. À l’époque, la normalisation était utilisée pour corriger des moyennes trop élevées ou trop basses en comparaison avec les barèmes de notation statistiques. Généralement, la proportion idéale d’étudiants obtenant les notes A et A+, dans une classe donnée, était de 20 %. Cependant, dans l’un des cours concernés par cette normalisation, cette proportion atteignait 83 %.

Arts et culture
Opéra
Le 27 janvier, l’École de musique de l’U d’O présentait en première le fruit de plusieurs mois de répétition. Don Giovanni, un récit tragicomique de meurtre, de passion et d’intrigues mis en musique par Mozart, a été produit dans le cadre du cours de production d’opéra.
Katherine Sullivan | Journaliste La professeure de chant, directrice musicale et metteuse en scène, Sandra Graham, a situé l’opéra quelque part en Amérique du 20e siècle, dans un somptueux palais de Don Giovanni et au sein d’un luxueux complexe hôtelier à proximité. Le personnage principal est un politicien en course au leadership contre le Commandant, le père d’une jeune femme qu’il convoite. Giovanni gagne à force de charme et de manigances. Ainsi débute une histoire digne d’un feuilleton américain, où Don Giovanni tente de séduire plusieurs femmes à la fois, usant de manigances et de ruses, avec l’aide de son bras droit, Leporello. Comédie à gorge déployée La Rotonde s’est rendue à la première à l’auditorium des Anciens, plein à craquer. La scène avait été élevée afin de faire place à l’orchestre de chambre dirigé par Rennie Regher, composé de musiciens du Département de musique. L’espace a somme toute été bien utilisé et la musique était sublime.
Peinture de Fragonard

SECTION

Catherine Dib culture@larotonde.ca

DON GIOVANNI VERSION 20E SIÈCLE MET LE FEU AUX PLANCHES

pour sa part pointé à la première afin d’encourager ses compères : « Il y a eu des moments mémorables que je suis bien content d’avoir vus. J’avais vraiment hâte! Je recommenderais vraiment cet opéra aux amoureux de la musique. » Du côté scénique et visuel, les changements de costumes étaient époustouflants et nombreux, créant de la diversité visuelle. Quelques changements de scène s’éternisaient et créaient des pauses gênantes, mais l’orchestre a su reprendre le dessus rapidement. Les jeux de lumières étaient recherchés, contribuant aux atmosphères sombres. La fougue de la scène L’alarme d’incendie a retenti juste avant la grande finale. Les spectateurs étaient tout d’abord confus en raison de tous les effets sonores créés par l’orchestre, qui, lui, a continué de jouer jusqu’à ce qu’un technicien du son évacue la salle. Après une visite des pompiers, pendant laquelle les acteurs costumés se réchauffaient dans l’entrée du 90 Université, l’opéra repris et a pu se terminer en beauté. Voilà toute une première!

L’alarme d’incendie a retenti juste avant la grande finale, laissant perplexe les spectateurs hypnotisées par Don Giovanni.

La mise en scène mène le spectateur d’une intrigue à l’autre, liant le tout avec beaucoup d’humour et de blagues salées. Les personnages modernisés ont ajouté à l’aspect comique, car deux Playboy bunnies volages s’immisçaient un peu

partout. Cela tranchait avec les productions plus traditionnelles, qui incluent corsets et robes longues. Heureusement, la salle avait le rire facile. Jordan Dyck, étudiant en musique, s’est

Festival des neiges

Babines sucrées et campus enneigé
Katherine Sullivan | Journaliste

Le Service de vie communautaire a organisé le Festival des neiges pour la septième année consécutive. Du 23 au 26 janvier, le campus a vibré au son de la musique, des rires et des jappements de chiens. Le parc du pavillon Tabaret a été envahi par des tentes, une piste de traîneaux, ainsi qu’un tipi invitant. Au menu : plaisir, gourmandise, ainsi que quelques impatiences.

Une multitude d’activités étaient offertes sur le campus afin d’attiser la curiosité de tous et chacun. Il y avait tout d’abord les promenades en traîneau à chiens, une activité fort populaire et amusante qui a attiré de nombreux étudiants entre deux cours. La file était souvent courte et les participants, ravis de l’expérience. Toutefois, il y a eu plusieurs déceptions en ce qui concerne la durée de cette activité. « En tant que bénévole sur le terrain, intervient Malek Kacem, j’ai remarqué que plusieurs personnes étaient déçues du fait que cette activité clôturait trop tôt.» Il mentionne plus particulièrement le cas d’une maman ayant quitté le campus pour aller chercher son enfant et lui montrer les chiens qui, une fois de retour, a été déçue de voir que l’activité avait déjà pris fin. De plus, le 23 janvier, de nombreux artistes ont transformé des blocs de neige informes en pingouin ou même en chaise dans l’espace de quelques heures. Pour

ceux qui préféraient savourer les délices hivernaux, de la tire sur neige et des queues de castor étaient offertes dans le parc du pavillon Tabaret. Il va sans dire que cette activité s’est avérée particulièrement populaire, si bien que la file d’attente pour ces pâtisseries ne faisait qu’allonger au cours de la journée. D’autres préféraient simplement manger une bonne tire tout en dansant au rythme de la musique entraînante afin de se réchauffer. Émilie Deschamps, étudiante de troisième année en philosophie et bénévole pour La Rotonde, raconte son expérience : « Pour ceux qui ont eu le courage d’affronter les longues files d’attente ou le génie d’arriver tôt, la récompense était au rendez-vous. À noter, l’achalandage était nettement moindre pour la tire. Les futés ont donc pu en profiter sans se geler dans une file. » Le 25 janvier, pour la modique somme de 5 $, les étudiants ont pu savourer un repas digne d’une cabane à sucre pendant

l’heure du dîner. Enfin, pour tous ceux en file, un atelier de danse traditionnelle des Premières Nations ainsi qu’une démonstration étaient offertes, incluant musique et costumes superbes. Il ne manquait plus que le bonhomme carnaval!

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Documentaire

Bande dessinée

LE NOIR DERRIÈRE LE ROSE
COMMENT L ’INDUSTRIE DU RUBAN ROSE DÉNONCE LE FONCTIONNEMENT DES CAMPAGNES CONTRE LE CANCER DU SEIN
Simon Deneau | Bénévole

Viens dans mon comic strip
Catherine Dib | Chef de pupitre

L’industrie du ruban rose, documentaire de la réalisatrice Léa Pool qui fera son apparition au grand écran le 3 février, risque de choquer en révélant l’hypocrisie derrière les campagnes de collecte de fonds pour le cancer du sein. Il expose en effet le statu quo sur l’état de la recherche consacrée à cette maladie qui emporte plus de 59 000 personnes chaque année. Le film s’apprêtant à orner le grand écran à travers le pays dès le mois de février, La Rotonde a assisté à une projection de presse afin d’en connaître plus sur le sujet. Le mythe rose Le documentaire, qui a pris trois ans à réaliser, met tout d’abord en contexte le transfert de la responsabilité de la philanthropie du domaine gouvernemental au domaine privé sous Ronald Reagan, aux États-Unis. Depuis ce temps, plusieurs sont portés à croire que les chances de contracter le cancer du sein s’amincissent avec le temps en raison du progrès de la nouvelle technologie. Toutefois, dans les années 1940, la probabilité qu’une femme soit touchée par le cancer du sein était de 1 sur 20, alors qu’aujourd’hui, elle est de 1 sur 8. La docteure Susan Love, entrevue dans le film, explique que les méthodes pour traiter le cancer ont peu changé depuis : « On fait pratiquement la même chose depuis longtemps. On brûle et on administre du poison, soit la radiation et la chimiothérapie. » Ce n’est pas tout rose On dénonce les compagnies, qui ne montrent qu’un côté de la maladie afin de ne pas choquer le client potentiel. Elles veulent ainsi faire croire à la « douceur » de la maladie, par les articles qui nous sont vendus, tels les rubans roses ou les oursons en peluche. De plus, plusieurs d’entre elles semblent utiliser la cause du cancer du sein afin d’augmenter leurs profits. Ainsi, lorsqu’on associe la passion pour un produit avec la passion d’une cause, il y a une explosion dans la marge de profit d’un produit qu’on vend, comme dans le cas des compagnies de produits cosmétiques.

Une cause empoisonnée Le film montre par la suite l’hypocrisie de certaines compagnies qui participent à des campagnes contre le cancer du sein, telles qu’Estée Lauder, qui vend des cosmétiques contenant certains ingrédients pouvant être cancérigènes. Les cosmétiques sont en fait peu sujets à la réglementation du Federal Food, Drug, and Cosmetic Act des États-Unis. Parallèlement, certaines compagnies pharmaceutiques, comme Ely Lilly, productrice de l’hormone de croissance rGBH aujourd’hui interdite dans certains pays, produisent même des produits cancérigènes tout en faisant de la recherche pour le cancer du sein. La recherche se concentre très peu sur la prévention et les causes environnementales du cancer – soit seulement 15 % et 5 % du financement respectivement – et il y a très peu de communication et de coordination entre les différentes organisations adhérant à la cause. Somme toute, ce documentaire invite à s’ouvrir les yeux face aux réelles intentions des compagnies participant aux campagnes du cancer du sein et incite à donner son argent intelligemment.

Éclats de rire à l’haleine de sauce aux prunes entrecoupés par le silence de la concentration des artistes, un comic jam table sur une ambiance propre. Les participants se surnomment jammers entre eux et sont unis par des pulsions créatives qu’ils viennent partager mensuellement depuis mai 2009, au restaurant Shanghai.
Cadavres exquis, mais comiques Le concept est simple, mais donne des résultats surprenants, cocasses et quelquefois inquiétants. Pensez à un jam musical où les artistes sont armés d’une feuille et d’un Sharpie. Il y a des groupes partout au pays, notamment à Montréal et à Toronto. Un comic jam, c’est lorsqu’une bande de bédéistes se réunissent et divaguent ensembles. Des feuilles sont distribuées où chaque participant dessine une case, où il y a mise en situation. Après une quinzaine de minutes, il passe la bédé entamée à un autre, qui continuera l’histoire à sa fantaisie. Cette bédé en constante construction peut prendre plusieurs pages, offrant une histoire séquentielle à l’improviste. Il n’y a pas de règlements; en fait, plus l’histoire dévie, plus le groupe semble se marrer. Histoires d’amour, dinosaures, poneys alcooliques et guerres nucléaires ont cours dans ces œuvres spontanées. Du dessin entre copains Suzanne Marsden, qui organise ces réunions régulièrement depuis trois ans, explique les bases du collectif : « On a des amateurs aux professionnels, mais le talent artistique n’est pas nécessaire, soutientelle avec enthousiasme. C’est plutôt une question de raconter une histoire. » Elle cite aussi les bienfaits de ces réunions pour les professionnels : « Un bédéiste

travaille constamment seul chez lui, alors ça nous donne l’opportunité de rencontrer de nouvelles personnes et de partager des idées. » Les employés du Shanghai, un restaurant familial, semblent aussi partager une complicité avec le groupe : « Le Shangai a été un très bon support pour le jam, et c’est un élément central pour l’art local à Chinatown », précise Mme Marsden pour expliquer le choix de la place. Le site internet du groupe souligne par ailleurs les avantages d’une bonne bière pour accompagner le flux créatif. Viens faire des bulles « Nous avons une bonne variété de participants qui reviennent sur une base constante et puis chaque fois, nous avons de nouvelles personnes qui ont envie de tenter l’expérience », déclare Suzanne Marsden. Jessica Mitchell, participante à la séance du 25 janvier, en est à sa première fois : « Je ne suis pas super artistique, mais c’est une expérience positive. Les gens semblent gentils et ouverts. Je pense à inviter d’autres amis pour la prochaine fois! » dit-elle en souriant. Le résultat final est lu par le groupe et ramassé par Mme Marsden, qui scannera le tout pour le publier sur le site internet. Liz Walsh, bédéiste professionnelle ottavienne, synthétise bien l’événement : « On a beaucoup de folie. Du rire et de la folie, dans le bon sens! »
OÙ? Au restaurant Shanghai, 651, rue

Somerset O. QUAND? Les derniers mercredis du mois à compter de 18 h

Le documentaire dénonce l’exploitation faite par les compagnies de la cause du cancer du sein.

Crédit : Catherine Dib

Université d’Ottawa

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Renseignements : www.auservicedumonde.uOttawa.ca
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Danse

UNE TOUCHE DE MODERNITÉ
artistiques permettent ici de bien situer l’action à travers le contexte historique de l’entre-deux-guerres en Allemagne, plus précisément à Weimar. Danse à l’emporte-pièce Pour ceux et celles qui préfèrent se tenir loin des théâtres de peur de s’ennuyer à regarder un ballet, Svengali risque de surprendre les attentes. De par sa touche moderne conservant un caractère classique, il s’agit d’une pièce qui sait attirer l’attention des adeptes comme des nouvelles recrues. Le synopsis est clair, tout est bien décrit dans le prélude et le symbolisme utilisé est assez simple à saisir. Il est aussi agréable de laisser place à son imagination, en se laissant guider par la qualité sonore de la prestation de l’orchestre symphonique. Verdict : une belle occasion de mettre de côtés les a priori et de se laisser enivrer par l’enchantement du ballet.

Présenté au Centre national des Arts du 26 au 28 janvier derniers, Svengali a offert à ses spectateurs un fascinant moment mêlant séduction, moralité et sensibilité.

S’inspirant d’un film des années 1930 du même nom, la pièce intitulée Svengali du Royal Winnipeg Ballet n’a rien à voir avec sa célèbre féérie du temps des fêtes, Casse-Noisette. Jeune homme ayant le pouvoir d’hypnotiser les femmes fragiles pour assouvir ses désirs, Svengali tombe sous le charme de la captivante Trilby, jeune femme fragile, mais d’une vigueur qui finira par bouleverser l’homme.

Samantha - Jade Dexter | Bénévole Déviation de style Passant du classique au moderne en alternant les genres, cette pièce du chorégraphe Mark Godden en surprendra plus d’un. De l’arabesque sur pointes jusqu’aux rigides lignes verticales, on assiste ici à beaucoup de versatilité de la part des talentueux danseurs de la troupe, certaines chorégraphies étant d’une créativité pointue. Le public est certainement dépaysé – quoique avec enthousiasme – par les pièces musicales sélectionnées variant du indie rock aux grands classiques hongrois. D’autres éléments marquent également une rupture avec le ballet classique, comme la quasi-absence de la jupe de voiles communément appelée tutu, ainsi que le fameux collant pour homme, qui n’est cette fois tout simplement pas du tout au rendez-vous. Enfin, tous les éléments

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Svengali a su attirer l’attention des adeptes comme des nouvelles recrues.

Critique de restaurant
Jeanne Strasbourg | Journaliste

Une bouchée chez Edgar
d’épices. Les fins de semaine, le brunch, servi de 10 h à 14 h, est apparemment assez couru. On offre aussi une variété de plats congelés et un service de traiteur, le tout sans oublier les pâtisseries, biscuits et autres beignets joliment présentés près de la caisse. Edgar est idéal pour un repas sur le pouce, car il ne compte qu’une dizaine de places et le va-et-vient est constant. Le décor, quant à lui, est plutôt simple, avec une petite touche à la fois rétro et jeune, à l’image de l’équipe qui assure le service. Celui-ci est rapide et chaleureux. La nourriture est préparée sous nos yeux, derrière le comptoir. Quelques tables et un comptoir avec tabourets le long de la fenêtre donnant sur la rue sont disposés dans l’espace réduit qu’occupe l’établissement. Pour un sandwich, une soupe et une pâtisserie, la facture s’élève à environ 15 $, un peu cher pour un modeste budget d’étudiant, mais de qualité. Pour les repas chauds à emporter, comptez de 8 $ à 17 $. La Rotonde a pour sa part opté pour le fondant aux champignons (sandwich au fromage fondu, aux épinards et aux champignons), très bon, et, combinaison originale, une soupe betterave et orange. Difficile ensuite de résister aux pâtisseries; ainsi, un beignet au chocolat garni de crème pâtissière est venu compléter le tout. Un repas somme toute léger, idéal pour l’heure du lunch. Bref, pour les amateurs de nourriture santé et qui aiment tenter de nouvelles expériences culinaires, Edgar vous offre un concept original, loin des chaînes commerciales, dans une ambiance conviviale.
DÉCOR : 3,5/5 NOURRITURE : 4,5/5 SERVICE : 4,5/5

Il y a un peu plus d’un an, le restaurant Edgar ouvrait ses portes dans le quartier Val-Tétreau, à Gatineau, il a depuis reçu diverses mentions pour la qualité de ses plats. La Rotonde est allée en faire l’essai.
Edgar n’est pas situé sur une artère principale, mais il est aisément repérable, à quelques pas du boulevard AlexandreTaché. D’allure modeste vu de l’extérieur, l’endroit est à découvrir. Les options pour combler les appétits sont multiples. En semaine, on peut y manger soupe et sandwich sur place, ou encore commander un repas chaud à emporter, dont la sélection varie au gré des semaines, allant des pâtes au poulet en passant par le chili, accompagné d’une diversité de légumes et

OÙ?

Chez Edgar, 60, rue Bégin, Gatineau (en empruntant la ligne 39 ou 59 de la STO, comptez environ 20 minutes à partir du centre-ville d’Ottawa) QUAND? Fermé les lundis et les mardis

Photo courtoisie

Quoiqu’un peu chère, l’assiette en vaut le détour!

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Date limite pour soumettre votre candidature : 10 février 2012 à 16 h
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30JAN
Défi 1 9h -17h MRT

1FÉV

31JAN
Défi 2 9h -17h Aréna Sandy Hill*
*transport accessible de Fauteux

10:30 @ MRT

RAIL JAM 17h - 22h
@ pelouse TBT

Le SPiN

2FÉV

3FÉV

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des tuques
11:30h 11:30h (oui, c’est 24h)
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CRITIQUES
Jeu vidéo Album Film

PROUN
Hamdi Souissi | Bénévole Véritable artiste du jeu vidéo, Joost Van Dongen propose, avec Proun, un autre OVNI (objet vidéoludique non identifié). Le principe du jeu est assez simple : vous poussez une boule sur un tuyau en évitant des formes géométriques, le tout sur fond de musique jazz. Le défi demeure néanmoins de taille. Les formes en question sont soigneusement disposées autour de la piste et exigent des réflexes bien aiguisés de la part du joueur. Le jeu prend un parti pris minimaliste, mais efficace. D’abord, il n’a pas de prix fixe; vous payez ce que vous voulez. Cinq pistes sont offertes avec quatre modes de jeu – Fast, Sonic, Supersonic et Speed of Light – et la sensation de vitesse est des plus réussies grâce à de multiples effets. Malgré cette simplicité, le résultat est surprenant. Le jeu procure de fortes sensations catalysées par des montées d’adrénaline alors qu’on enchaîne les parcours à une vitesse folle en tentant de grimper au classement mondial. : L’identité visuelle, la vitesse, la difficulté abusive à l’occasion et la communauté active autour du jeu.
ON A AIMÉ

TALES OF THE SAND DE MYRATH
Hamdi Souissi | Bénévole Jusqu’ici, Myrath s’inscrivait dans la mouvance du métal progressif néoclassique à la Symphony X, Adagio ou Time Requiem. Avec ce nouvel album, le groupe commence à se rapprocher de la scène du métal oriental, principalement animée par Orphaned Land, mais sans son caractère extrême. Les morceaux se font également plus courts et directs, dépassant rarement les cinq minutes, alors qu’on nous avait habitués à des pièces dépassant allègrement les dix minutes. Et pourtant il parvient à inclure beaucoup de contenu à ses pièces : violons, darbouka, lignes de chant en arabe et nappes de clavier orientalisantes sont enrobées d’une rythmique en béton, de riffs monstrueux et de solos d’anthologie, sans que le tout soit indigeste. Les thèmes abordés alternent entre récits épiques, introspection et romantisme. On reprochera à cet égard une légère mièvrerie, trop fréquente dans ce genre musical. Cependant, dans l’ensemble, Myrath propose ici un métal plein de classe et de raffinement, mais qui ne lésine pas sur la puissance et l’efficacité.
ON AIME :

UNE MÉTHODE DANGEREUSE
Philippe Dumas | Bénévole Les attentes étaient peut-être trop élevées vis-à-vis du réalisateur de Crash et de Videodrome. Loin d’être promis aux Razzies, ce film risque tout de même de vous laisser sur votre appétit. Les dialogues semblent souvent prometteurs, mais se terminent souvent en queue de poisson, créant d’étranges longueurs. D’une autre perspective, on ne peut tabler en profondeur sur la relation entre Jung et Freud à la suite du visionnement, le film ne dévoilant qu’une partie infime de leur débat. : Malgré tout, ce film nous offre un tableau d’une époque intéressante, à l’aube de la Première Guerre mondiale, en misant sur la remise en question des dogmes établis, ainsi qu’un décor élégant à couper le souffle, digne de Cronenberg.
ON AIME

Catherine Dib | Chef de pupitre

CHRONIQUE
Turlupinades

NE TIREZ PAS SUR LES GLAMOTTES
Je ne vais pas tergiverser longtemps sur le nom : « Le Bal de neige American Express » (parce que de nos jours, nous ne sommes jamais assez éthiquement déviants). N’empêche que ça donne immédiatement le ton de cet événement à saveur americana diète. Il y aura caserne de soldats, flattage d’Autochtones qui ont milité pour le Canada et exposition auto-masturbatoire de nos beaux grands miliciens. On nous présente le tout sous le doux titre de : « Feu et lumières, de 1812 à 2012 : l’esprit du Canada se révèle à Ottawa ». On utilise de beaux grands mots symboliques. « L’esprit du Canada », hein? C’est Mozaïka, le retour. Les Canadiens se cherchent des repères sous lesquels chanter les louanges de la sacro-sainte nation. Le beau fouillis de la guerre, ça vient clairement répondre à nos interrogations identitaires sur le Canada. La guerre de 1812, voilà une occasion où on a pu faire preuve de loyauté à la couronne. L’idée qu’un événement récréatif tel que le Bal de neige prenne une tangente politique de la sorte me donne des frissons. Glamottes et soldats gambadant main dans la main au domaine des flocons ? Ouf! Mêler histoire et fiction n’est jamais une bonne idée. On a beau dire que c’est pour le fun et que jouer aux cowboys et aux Indiens n’a jamais fait de mal à personne, il y a clairement anguille sous roche. Choisir des bribes d’histoire pour les pervertir en artéfacts culturels trahit un ordre du jour plus ambitieux qu’une simple « guerre des tuques ».

Les mélodies sophistiquées, le calibre musical des membres sans exception et l’identité assumée. : Le manque de diversité et une grandiloquence gênante à l’occasion.
ON AIME MOINS

: La distribution n’est pas mauvaise, mais Keira Knightley ne se montre pas sous son meilleur jour dans cette péripétie vénitienne où elle surjoue son personnage. On pourrait toutefois avancer que son rôle ne semblait pas évident à la base.
ON AIME MOINS

: Le nombre restreint de circuits, la froideur du jeu et son caractère répétitif.
ON A MOINS AIMÉ

CALENDRIER
ARTS VISUELS BUREAUCRACY Quand? Jusqu’au 30 septembre Où? À la Galerie 101, 301½, rue Bank CANDELA Quand? Le 2 février à 18 h DANSE ABRAM KHAN COMPANY – Vertical Road Quand? Du 2 au 4 février à 19 h 30 Où? Au Théâtre du Centre national des Arts, 53, rue Elgin CAMPUS Exposition :« LA FAUNE ET LA FLORE D’UN PETIT COIN DE MON PAYS » PAR MARYLINE LALANDE Quand? Du 3 février au 3 mars Où? Au Carrefour francophone, Centre universitaire CAFÉ CITOYENS Quand? Le 2 février à 17 h 30 Où? Au pavillon Desmarais, pièce 12110 MIDI D’IMPROVISATION Quand? Le 3 février à 12 h Où? Au Carrefour francophone, Centre universitaire MUSIQUE CAROLINE FE BLUES COLLECTIVE Quand? Le 30 janvier à 21 h 45 Où? Au Rainbow Bistro, 76, rue Murray POSTDATA Quand? Le 1er février à 20 h Où? Au Maverick’s, 221, rue Rideau LE CONCERTO POUR VIOLON DE MENDELSSOHN Quand? Du 1er au 2 février à 20 h Où? À la Salle Southam du Centre national des Arts, 53, rue Elgin THÉÂTRE MADAME DESPRÉS ET SA BONNE AMIE Quand? Jusqu’au 18 février à 20 h Où? Au Théâtre de l’Île, 1, rue Wellington, Gatineau

Où? À la Cube Gallery, 1285, rue Wellington Ouest
OTTAWA WINTER JAZZFEST Quand? Du 2 au 4 février Où? Au centre-ville d’Ottawa CZA Quand? Le 3 février à 21 h Où? Au pavillon Lucien-Brault de l’UQO, 101, rue Saint-Jean-Bosco, Gatineau CHLOÉ LACASSE Quand? Le 4 février à 21 h Où? Au Petit Chicago, 50, promenade du Portage, Gatineau

Harper qui déblatère sur la politique étrangère canadienne, on comprend, on sait d’où ça vient et où ça s’en va. Mais quand cette même vision se faufile par une sortie en famille en snowsuit, boules de neige et glissades, le discours qui le sous-tend s’avère plus difficile à cerner. Le contexte baisse notre garde, alors que l’arène de la machine à propagande de l’État se trouve dans le quotidien. On se retrouve dans une vulnérabilité ovine, ou l’idée de la petite guéguerre est banalisée. Les petites Glamottes vont bientôt devoir laisser place à la nouvelle mascotte nationale : j’ai nommé le gentil soldat au sourire Colgate. J’me sens comme dans une pub pour l’armée canadienne. Et la glorification nostalgique du soldat qui fait pow-pow au nom de son pays, c’est hideusement dangeureux.

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Sports
Sport universitaire

SECTION

Vincent Rioux sports@larotonde.ca

« CRÉER UNE CULTURE DU SPORT »
Vincent Rioux | Chef de pupitre Le directeur se réjouit du nombre de billets vendus par l’U d’O : « Cette année, nous avons vendu plus de billets que n’importe quelle autre année (1400 billets). » « Le match des étoiles de la LNH n’a pas aidé la vente de billets » Chaque année, la majorité des billets sont vendus par les Sénateurs. « Les détenteurs de billet de saison des Sénateurs peuvent choisir plusieurs évènements auxquels ils veulent assister », précise M. Gélineau. S’il y avait un aspect à changer pour l’année prochaine, ce dernier repousserait la date de l’évènement, pour plusieurs raisons. « Le choix de la date a été influencé par le match des étoiles [de la Ligue nationale de hockey]. Nous aurions voulu présenter le match [de la Classique] plus tard en janvier. [Toutefois], nous fixons la date en fonction du calendrier des Sénateurs [et de la LNH]. » Selon lui, le fait que le Gris et Grenat n’avait pas joué à domicile depuis le mois de décembre n’a pas favorisé la vente de billets. De plus, les détenteurs de billet de saison auraient été portés à assister au match des étoiles de la LNH plutôt qu’à la confrontation Ottawa-Carleton, un dilemme auquel l’Université faisait face pour la première fois. Bien évidemment, le transport jusqu’à Kanata représente toujours un inconvénient pour les partisans de l’U d’O. Créer une culture du sport
Crédit : Ayoub Ben Sessi

Des tailgate parties à Ottawa? Interrogé au sujet de ces fêtes d’avantmatch qui ont cours ailleurs au Canada, mais surtout aux États-Unis, M. Gélineau pense que l’Université doit créer des happenings autour des matchs sportifs. Il n’écarte pas l’idée de tenir des tailgates parties d’ici peu à l’U d’O. « J’espère voir ce genre d’évènements à Ottawa dans le futur, dit-il. Pour faire ce genre de fête, il faut contrôler l’environnement. Nous ne pouvions pas en faire sur le campus, puisque la communauté de la Côte-de-Sable se plaint du bruit et du comportement des étudiants. Avec le nouveau stade sur le campus Lees, ce sera l’endroit idéal pour tenir ce genre d’évènement durant les matchs de football », a-t-il conclu.

Assistance à la Classique de la capitale – programme double 2012 : 7022 2011 : 7565 2010 : 8074 2009 : 10 523 2008 : 9124 2007 : 9730

Record du Sport interuniversitaire canadien en saison régulière Hommes seulement

SUIVEZ LA COUVERTURE EN DIRECT DE CERTAINS MATCHS DES GEE-GEES GRÂCE À NOTRE CHEF DE PUPITRE SPORTS, VINCENT RIOUX. SUR TWITTER @ VMRIOUX

Selon Luc Gélineau, il faut que l’Université créé des happenings autour des matchs sportifs.

La dernière édition de la Classique de la capitale a vu sa plus petite foule depuis sa création en 2007. Devant ce phénomène de désintérêt du public envers le sport universitaire, La Rotonde cherche à comprendre.
Le mercredi 28 janvier, 7022 partisans ont franchi les portillons d’accès de la place Banque-Scotia. En contraste avec les années précédentes, c’est un chiffre qui n’a rien de reluisant (voir tableau).

Le directeur du Service des sports, Luc Gélineau, tient tout de même à apporter quelques précisions. Selon lui, les trois parties qui devaient assurer la vente des billets, soit l’organisation des Sénateurs d’Ottawa, l’Université Carleton et l’U d’O, ont conjointement vendu 7800 billets. Ce chiffre se situe tout de même bien en-deçà du nombre de billets vendu au cours des premières années. Pourtant, M. Gélineau se dit « assez satisfait de l’évènement ». Il est « ravi que l’équipe des filles ait remporté son match ». C’est évident qu’il « s’attendait à une performance un peu différente chez les hommes ».

Selon le professeur de sociologie du sport Alexandre Dumas, l’U d’O a beaucoup de chemin à faire avant de pouvoir se targuer d’avoir des partisans aussi fidèles que ceux des programmes de sport universitaire des universités Laval, McGill, de Montréal et autres. Plusieurs facteurs expliquent la réussite de ces institutions. Selon M. Dumas, il faut alimenter la culture du sport sur le campus. Pour cultiver cette mentalité, une administration doit investir beaucoup d’argent dans les programmes sportifs ainsi que le recrutement d’athlètes prometteurs. Le professeur remarque que l’U d’O tente de faire éclore cet environnement favorable à la culture du sport. Il évoque notamment la construction du Complexe sportif, il y a quelques années, ainsi que l’imminente construction du dôme sur le campus Lees, qui favorisera la création d’une culture sportive.

Quoi? La Rotonde à la radio! Oh que oui! Mercredi de 9 h à 10 h CHUO 89,1 FM

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Basketball féminin

TOUJOURS INVAINCUES AU GYMNASE MONTPETIT
Vincent Rioux | Chef de pupitre

Aucune équipe ne semble avoir les effectifs nécessaires pour arrêter la troupe d’Andy Sparks. La fin de semaine dernière, les basketteuses ottaviennes ont remporté leurs 14e et 15e victoires consécutives par la marque de 85-50 et de 73-47, contre les Lady Vees de l’Université Laurentienne et les Lions de l’Université York, respectivement.
Ottawa poursuit sa domination dans les SUO C’est à l’occasion du match pour récolter des dons pour la campagne « Lancez pour la guérison » que les Lady Vees se sont amenées au gymnase Montpetit avec le défi presque insurmontable de battre la meilleure équipe défensive du Canada (moyenne de 50 points par match). C’est sans surprise que les basketteuses venues de Sudbury se sont inclinées contre Ottawa, qui semble impossible à arrêter par les temps qui courent. Les trois grandes joueuses d’Ottawa ont une fois de plus été dominantes, autant dans la bouteille qu’à partir de la ligne de trois points. La centre Hannah SunleyPaisley, l’attaquante de puissance Bess Lennox et la tireuse d’élite Jenna Gilbert ont encore connu un fort match, marquant 42 des 85 points du Double G. La Gatinoise Tatiana Hanlan a elle aussi participé au festival offensif avec trois lancers du centre-ville et 11 points. « Lancez pour la guérison » Durant le match contre Laurentienne, l’équipe ottavienne a récolté des dons pour la campagne menée par le Sport interuniversitaire canadien (SIC), « Lancez pour la guérison ». À l’entracte, les partisans présents au gymnase Montpetit ont eu droit à un vibrant discours de l’entraîneuse adjointe, Margaret Jones. Celle-ci a rendu hommage à son excollègue et amie récemment décédée du cancer, Sandy Pothier. Cette dernière a eu une longue carrière de 18 ans en tant qu’entraîneuse des Rams de Ryerson. «  Nous avons un meilleur niveau de talent » Après avoir facilement disposé des Lady Vees, ce sont les Lions de York qui étaient de passage au gymnase Montpetit pour tenter de mettre fin à la meilleure séquence victorieuse dans le SIC.
Crédit : Ayoub Ben Sessi

Hannah Sunley-Paisley siège présentement au deuxième rang des Sports universitaires de l’Ontario pour la moyenne de points par match (17,7).

Bien que les félines visiteuses semblent avoir eu un regain d’énergie au troisième quart, la victoire est finalement allée à Ottawa. La meilleure joueuse du Double G a sans contredit été la garde de pointe recrue, Kellie Ring (17 points et 7 passes), qui poursuit sa saison de rêve. « C’est toujours le fun jouer avec [Ring], elle a beaucoup d’énergie et veut pousser la balle lors des transitions de jeux », a mentionné Hanlan au sujet de la recrue.

La grande joueuse de cinquième année, Bess Lennox, est sur le point d’inscrire son nom dans les annales des Sports universitaires de l’Ontario (SUO). Celle qui a joué la majeure partie de sa carrière universitaire avec les Lancers de Windsor est à quatre rebonds d’obtenir le record en carrière à ce chapitre dans les SUO. La prochaine rencontre aura lieu le samedi 4 février prochain à l’Université Carleton, alors les rivales de l’autre bout du canal tenteront de prendre leur revanche sur Ottawa.

Tirs de barrage

« Je veux jouer dans une ligue de basketball professionnelle »
Vincent Rioux | Chef de pupitre La Rotonde : As-tu un surnom? Hannah Sunley-Paisley : Je n’ai pas vraiment de surnom, du moins, je n’ai pas de surnom que je peux partager avec le journal étudiant! (rires) LR : Lis-tu les journaux étudiants sur le campus? HSP : Je lis surtout la section Sports du Fulcrum. J’aimerais être en mesure de lire La Rotonde [mais mon français n’est pas assez bon]. LR : Au cours de ta carrière universitaire, as-tu déjà vu des couples se former entre l’équipe des hommes et celle des femmes? HSP : C’est probablement déjà arrivé, mais je ne suis pas vraiment à l’affût de ce genre de potin. LR : C’est ta dernière année à l’U d’O. Quels sont tes projets pour l’année prochaine? HSP : Je veux jouer dans une ligue de basketball professionnelle, avec n’importe quelle équipe qui est prête à m’engager. Je pense que ce serait un mode de vie génial que de se faire payer pour jouer au basketball. Bess [Lennox] a joué en Australie et en Suisse au cours des deux dernières années, donc ça me donne espoir. [Toutefois,] j’aimerais aller en Europe, car l’Australie, c’est trop loin! LR : Les élections à la FEUO s’en viennent. Iras-tu voter? HSP : Qu’est-ce qui est mieux : quelqu’un qui est désinformé de la politique étudiante ou quelqu’un qui ne vote pas? Je vais voter seulement si j’ai le temps de m’informer sur les élections, j’imagine. Pourtant, chaque année, je dis que je vais aller voter. [Toutefois,] je n’y suis allée qu’une ou deux fois en quatre ans. LR : Il y aura une manifestation pour la baisse des frais de scolarité le 1er février. Iras-tu marcher? HSP : J’ai l’impression que nous, athlètes universitaires, vivons dans une petite bulle, et que nous n’entendons pas parler de ce genre de chose. C’est la première fois que j’entends parler de cette manifestation. LR : Quel est ton moment le plus mémorable après presque cinq ans avec les Gee-Gees? HSP : Battre Carleton à Carleton. Battre Carleton [au gymnase Montpetit]. Battre Carleton à la place Banque-Scotia. En fait, chaque occasion où on a battu Carleton a été un moment mémorable. LR : Tu es reconnue comme une joueuse très intense sur le terrain (voir photo de basketball féminin). Toutefois, lorsque les gens t’approchent, tu es toujours très souriante et joviale. Souffres-tu d’un dédoublement de personnalité? HSP : (rires) Oui, en quelque sorte. Il y a plusieurs filles dans le Sport interuniversitaire canadien avec qui je suis amie et qui ont déjà été mes coéquipières. [Or,] quand je me retrouve sur le terrain et qu’elles sont dans l’équipe adverse, ça devient une autre histoire. Je change complètement de personnalité. Si j’ai la chance de les faire mal paraître, c’est encore mieux.

Crédit : Ayoub Ben Sessi

Pour Sunley-Paisley, les moments les plus mémorables de ses années passées avec les Gee-Gees sont ceux où elles ont battu Carleton.

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Basketball masculin

OTTAWA CONSERVE SON DEUXIÈME RANG
Vincent Rioux | Chef de pupitre

La formation ottavienne était de retour au gymnase Montpetit la fin de semaine dernière pour affronter les Voyageurs de l’Université Laurentienne et les Lions de l’Université York. Ottawa n’a pu vaincre ceux qui les talonnent au classement, s’inclinant 90-80 contre les Voyageurs. L’équipe s’est toutefois reprise le lendemain contre les Lions, remportant le duel 92-61.
Les frères Pasquale font la loi au gymnase Montpetit La dernière confrontation entre les Voyageurs et les Gee-Gees s’était plutôt mal terminée pour Warren Ward. Ce dernier s’était déchiré le ligament croisé antérieur, cinq minutes après l’entre-deux initial du match. Il va sans dire qu’Ottawa voulait venger leur co-capitaine, qui a vu sa saison prendre une fin abrupte après cette blessure au genou droit. Pourtant, le match a pris une toute autre tournure. « Je ne suis pas du tout ravi de notre performance de ce soir, a mentionné

la recrue Mike L’Africain après la rencontre. Nous n’avons pas réussi nos lancers et nos rotations. » Bien qu’Ottawa menait par trois points après 20 minutes, la jeune formation de James Derouin n’a pas fait le poids contre les frères Manny et Isiah Pasquale. Ceux-ci ont conjointement marqué 54 des 90 points inscrits par Laurentienne. Manny (31 points) et Isiah (23 points) ont été appuyés dans la bouteille par l’imposant Mike Hull (14 point et 10 rebonds). « Nous affrontions une excellente équipe offensive ce soir, et nous n’avons pas été à la hauteur défensivement », a indiqué Derouin. L’attaquant de puissance gatinois Gabriel Gonthier-Dubue a été le meilleur des siens, ayant amassé 19 points et 8 rebonds en seulement 20 minutes de jeu. Berhanemeskel et Gill combinent leurs efforts pour la victoire Après la défaite de la veille contre les Voyageurs, l’entraîneur Derouin comptait bien se reprendre contre les Lions. « [Vendredi], après [le match], j’étais furieux, s’est-il exclamé. J’étais fâché envers les arbitres, envers mes joueurs et même envers mes entraîneurs adjoints. » Derouin n’avait surtout pas aimé la couverture défensive de ses joueurs contre Laurentienne. On peut dire que le message a bien passé puisque le Double G n’a accordé que 61 points contre York. À l’attaque, Johnny Berhanemeskel et la recrue Vikas Gill ont été une menace

à partir du centre-ville réussissant cinq lancers de trois points chacun. Gibson-Bascombe ronge son frein Vendredi soir, durant le match contre les Voyageurs, Derouin n’a pas aimé le travail de son co-capitaine, Jacob GibsonBascombe, si bien que le joueur, qui passe en moyenne 17 minutes par match sur le terrain, n’a effectué qu’une petite présence de trois minutes en fin de rencontre contre les Lions, alors que la victoire était hors de portée pour les visiteurs. « C’est une décision de l’entraîneur, a sagement dit Berhanemeskel. Yacob [Issayas] et Ryan [Malcom-Campbell] ont connu un excellent match et je sais que Jacob [Gibson-Bascombe] va très bien le prendre. Il sera le premier dans le gymnase à la pratique de lundi ». De son côté, Derouin a refusé de commenter la situation. Le prochain match sera une occasion de venger la cuisante défaite subie à la place Banque-Scotia, alors qu’Ottawa ira à l’autre bout de la ville affronter les Ravens de Carleton, le samedi 4 février à 20 h.
Crédit : Ayoub Ben Sessi

Les Voyageurs ont limité Johnny Berhanemeskel à 14 points dans la défaite d’Ottawa contre l’Université Laurentienne, vendredi soir dernier.

En bref

Ottawa accueille les stars de la LNH
Mélodie Paquette | Bénévole Pour la première fois en 20 ans, les fans de hockey de la région de la capitale avaient la chance de voir performer la crème de la crème des joueurs de la LNH pour la très populaire et symbolique fin de semaine du Match des étoiles. Alors que le Centre des congrès d’Ottawa accueillait le Festival des partisans, le Casino du Lac Leamy accueillait la deuxième édition du repêchage des étoiles, où les capitaines respectifs Daniel Alfredsson et Zdeno Chara ont formé leur équipe de rêve. Les choix de Chara ont su porter fruit, puisque son équipe a remporté le match 12 9. Le Slovaque s’est aussi démarqué au concours d’habileté en battant son propre record au lancer frappé, atteignant la vitesse de 108,8 milles à l’heure. Les partisans des Sénateurs avaient de quoi être fiers de la performance de leur capitaine, Daniel Alfredsson, qui a récolté deux buts et un total de trois points. Claude Giroux, qui a évolué pour les Olympiques de Gatineau, et Logan Couture, ancien des 67’s d’Ottawa, ont, pour leur part, retrouvé parents et amis à l’occasion de l’évènement.

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Hockey masculin

SECOND SOUFFLE SUR LA RIVALITÉ ENTRE OTTAWA ET CARLETON
Julien Paquette | Journaliste zéro aurait été encore mieux », lance Réal Paiement. Abbott a réalisé plusieurs beaux arrêts, mais son équipe l’a également aidé en limitant les chances de marquer de l’adversaire : « L’objectif, c’était de créer des chances de marquer sans donner de chances. Je pense qu’on a bien réussi à faire ça », croit l’entraîneur-chef des GeeGees. Renverser la vapeur Après quatre défaites consécutives, le Gris et Grenat a finalement réussi à gagner un match de façon convaincante. Si Réal Paiement considère que ses joueurs « [ont] bien joué » dans la défaite contre McGill, il est d’autant plus satisfait du match contre les Ravens : « Je suis content qu’aujourd’hui ça ait tourné de l’autre côté. En espérant qu’on vienne de tourner la page. » Les Gee-Gees joueront le 4 février à Concordia face aux Stingers. La fin de semaine suivante, ils reviendront au Complexe sportif pour compléter leur saison face aux Redmen de McGill et aux Patriotes de l’Université du Québec à TroisRivières.

Dimanche dernier, au Complexe sportif, les Gee-Gees de l’U d’O ont reçu la visite des Ravens de l’Université Carleton. Après une défaite face aux Redmen de l’Université McGill (7 2) vendredi soir, le Gris et Grenat souhaitait rebondir face à ses rivaux de la capitale dans un match qui a pris des allures de combat de gladiateurs. L’entraîneur-chef de l’U d’O, Réal Paiement, était plutôt fâché après le match. Pourtant, les Gee-Gees avaient toutes les raisons de célébrer après une victoire facile de 4 1. Les Ravens ont malheureusement gâché la fête, eux qui y sont allés de mises en échec douteuses et de multiples coups de poing après le sifflet. « Je ne leur ai pas serré la main, je pense que ça veut tout dire, affirme Réal Paiement. C’est toujours la même chose, c’est toujours de la merde. Je pense qu’ils ne comprennent pas que leur carrière junior est terminée et que l’intimidation sur la glace aussi. […] C’est difficile pour les arbitres, [il y a eu] beaucoup de coups après le sifflet. On n’est pas des anges nous non plus, mais c’est difficile pour les arbitres de contrôler », ajoute le pilote du Gris et Grenat.

Crédit : Julien Paquette

Le défenseur offensif Dominic Jalbert a obtenu une passe dans la victoire contre les Ravens de l’Université Carleton

Une belle performance d’Abbott Le cerbère des Gee-Gees a été un facteur important dans ce match, ayant bloqué 24 des 25 lancers dirigés vers lui. En fait, il

a perdu son blanchissage dans la dernière minute du match : « C’est malheureux pour lui parce qu’il a joué un bon match. Avec les matchs qu’on a eus dernièrement, un but [accordé], ça fait du bien, mais

Hockey féminin

Les Martlets s’éclatent à Ottawa
septième fois le fond du filet. C’est à ce moment qu’Evola a retiré sa gardienne recrue, Stéphanie Mercier, des buts pour la remplacer par Tia Marley. Même si elles avaient repris du poil de la bête, les Gee-Gees n’ont pas été de taille face à McGill. Toujours sur la rondelle, les Martlets semblaient être partout sur la glace à tout moment durant cette dernière période. « Ce match-là est déjà oublié » Charline Labonté sent-elle une pression supplémentaire étant donné qu’elle est la gardienne de but d’Équipe Canada? « De la pression, c’est sûr qu’il y en a parce que les lancers, il faut que je les arrête, que j’en aie 12 ou que j’en aie 40 », répond celle-ci, réaliste. Même si elle n’a pas eu beaucoup de lancers ce soir-là, Labonté a qualifié le jeu des Gee-Gees de « très respectable ».
Crédit : Léa Papineau Robichaud

Représentante des bénévoles
Anaïs Elboujdaïni | Rédactrice en chef Vendredi passé, les Gees-Gees rencontraient les Martlets de l’Université McGill au Complexe sportif. La partie s’est terminée par une dure défaite du Double G au compte de 7 1. La réputation des Martlets a été écorchée lors de leurs deux derniers matchs. « Avec les deux défaites des semaines dernières, on a finalement donné une performance à laquelle on est habitué », a confié l’entraîneur de McGill, Peter Smith, à La Rotonde. Un départ trompeur Les Gee-Gees ont donné de faux espoirs à leurs partisans, qui étaient beaucoup plus nombreux qu’à l’accoutumée, en déjouant Charline Labonté au tout début du match. C’est Dominique Lefebvre qui a compté son septième but de la saison aidée de ses deux coéquipières, Fannie Desforges et Érika Pouliot. Cette étonnante lancée a été ralentie par une pénalité quelques secondes plus tard. Malgré tout, McGill a mis près de la moitié de la période à égaliser la marque. Puis, Ottawa en a eu plein les bras et a laissé
Hockey féminin: Les Martlets de l’Université McGill ont fait la pluie et le beau temps vendredi dernier, au Complexe sportif, alors que les GeeGees s’inclinaient 7-1.

Léa Papineau Robichaud

échapper un deuxième but. Les Gee-Gees bombardées Le Double G a commencé la deuxième période en avantage numérique, ce qui lui a permis de prendre l’avantage de la glace et ce, même après que la pénalité à McGill s’est écoulée. Cela n’a pas suffi à contenir le char d’assaut qu’est l’université montréalaise, qui a riposté avec cinq buts

en seulement cinq minutes. « On a vu pourquoi ce sont les meilleures au pays. C’est une équipe avec tout une offensive. Quand elles ont une chance, elles sautent sur celle-ci », a commenté l’entraîneur des Gee-Gees, Yanick Evola. Après cinq minutes de jeu en troisième période, les Martlets ont creusé l’écart de manière irréversible en touchant pour une

Quant à lui, Evola pensait déjà au prochain affrontement : « Ce match-là est déjà oublié et on se concentre sur celui [du 29 janvier] », a-t-il sagement conclu. D’ailleurs, le Double G a remporté ce match contre les Stingers de l’Université Concordia au compte de 4 3. Ainsi, les GeeGees prennent une avance de six points au classement sur l’équipe de Concordia. Les Gee-Gees auront la chance de se reprendre alors qu’elles visiteront les Martlets à Montréal, le 10 février prochain.

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Équipe Carleton Ottawa Ryerson Laurentienne Toronto York Queen’s CMR MJ 17 17 17 17 17 17 16 16 V 17 11 9 8 7 3 0 0 D 0 6 8 9 10 14 16 16 PP 1600 1374 1295 1380 1283 1183 979 727

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PC 970 1178 1197 1403 1286 1424 1266 1658

PTS 34 22 18 16 14 6 0 0

Vincent Rioux | Chef de pupitre

Basketball féminin | Conférence de l’est des SUO
Équipe Ottawa Toronto Carleton Ryerson Queen’s York Laurentienne CMR MJ 17 17 17 17 16 17 17 16 V 15 12 12 8 8 6 3 0 D 2 5 5 9 8 11 14 16 PP 1200 1253 1133 1074 1047 971 781 672 PC 867 1045 906 1132 1073 1138 1103 1145 PTS 30 24 24 16 16 12 6 0

CHRONIQUE
Hors l’aile

LES GRANDS BALLETS DE LA LNH
Vous en avez sûrement entendu parler si vous étiez à Ottawa en fin de semaine. La très ennuyeuse fin de semaine du Match des étoiles de la LNH se déroulait dans la capitale nationale la fin de semaine dernière. Toutes les grandes vedettes de la Ligue étaient là… ou presque. Sydney Crosby est encore sur la liste des blessés, lui qui souffre du syndrome postcommotionnel. Alex Ovechkine a préféré prendre du repos en prétextant que ce serait injuste pour lui de participer au match puisqu’il est suspendu. Teemu Selanne et Nicklas Lidstrom ont, quant à eux, opté pour une fin de semaine de vacances, plutôt que de prendre la chance de blesser leur corps vieux de 41 ans. La fin de semaine du Match des étoiles n’intéresse plus personne. Le seul évènement de la fin de semaine où les joueurs sont vraiment en compétition, c’est le concours du lancer le plus puissant. C’est la compétition la plus prenante parce qu’on sait que les joueurs y vont à fond. Zdeno Chara détient le titre depuis cinq ans et encore cette année, il a brisé son ancien record. Outre l’évènement du lancer le plus puissant, les joueurs doivent faire un show s’ils veulent se faire remarquer. Je pense, entre autres, au concours du lancer de punition, qui force les athlètes à faire des simagrées s’ils veulent gagner. Alex Ovechkine a commencé cette mode en 2009 à Montréal. Cette année, Patrick Kane et Corey Perry ont, eux aussi, sorti un lapin de leur sac pour épater le public. Ah oui, j’oubliais : le public. La LNH donne beaucoup trop de pouvoir de décision au public. Les partisans votent pour l’alignement de départ de l’équipe d’étoiles. C’est pourquoi ça donne le résultat que ça donne. En 2009, les partisans du CH avaient voté pour que le très moyen défenseur Mike Komisarek se retrouve parmi les cinq partants. Komisarek n’a jamais été et ne sera jamais un joueur étoile. Donner ce genre de pouvoir aux partisans enlève toute la crédibilité que le Match des étoiles a déjà eue au milieu des années 1990. Du même coup, on tente de dénaturer le sport dans ce genre de rencontre. Parce que le temps d’une fin de semaine, ce n’est plus du hockey; ça se rapproche plus d’un spectacle de danse.

CALENDRIER DES GEE-GEES
Quoi? Basketball féminin Contre qui? Les Ravens de Carleton Quand? Le 4 février à 18 h Où? Au Raven’s nest Quoi? Basketball masculin Contre qui? Les Ravens de Carleton Quand? Le 4 février à 20 h Où? Au Raven’s nest Quoi? Hockey masculin Contre qui? Les Stingers de Concordia Quand? Le 4 février à 14 h Où? À Concordia Quoi? Volleyball féminin Contre qui? Les Thunderwolves de Lakehead et les Varsity Blues de Toronto Quand? Les 2 et 5 février à 19 h et 13 h Où? Au gymnase Montpetit et à Toronto

LES TROIS ÉTOILES DE LA SEMAINE
(a) Maxime Chamberland HOCKEY MASCULIN
Le vétéran ailier droit a inscrit un but et deux passes durant la fin de semaine dernière. Chamberland été nommé première étoile dans la victoire contre les Ravens, alors que son équipe mettait fin à une séquence de quatre défaites consécutives.

(c) Kellie Ring BASKETBALL FÉMININ
La garde de pointe recrue vient d’aider ses coéquipières à remporter leurs 14e et 15e victoires de la saison. Ring s’est surtout illustrée contre les Lions de York en inscrivant 17 points en plus d’amasser sept mentions d’assistance.

(b) Karina Krueger-Schwanke VOLLEYBALL FÉMININ
La leader offensive des Gee-Gees a connu une sortie étincelante dimanche dernier contre les Rams de Ryerson, alors qu’Ottawa blanchissait l’équipe torontoise en trois sets. La joueuse d’origine brésilienne a inscrit 13 attaques marquantes ainsi que 15 manchettes défensives dans la victoire.

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ÉDITORIAL

QUESTIONS DE PRIORITÉ
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ette semaine, le recteur de l’U d’O, Allan Rock, a annulé sa rencontre avec les médias étudiants. Planifiée depuis octobre, cette rencontre devait avoir lieu mercredi de la semaine dernière. Elle devait être l’occasion pour le Fulcrum et La Rotonde d’entretenir le recteur des préoccupations des étudiants. Cela survient à un moment où il semble y avoir de fortes tensions à l’interne, dans la haute administration. Ç’aurait été le moment parfait pour mettre au clair, avec le recteur, les rumeurs qui circulent un peu partout depuis la session dernière. Ç’aurait été la moindre des choses que ne pas nous poser un lapin. Quand le vice-recteur aux études, celui dont la tâche est de veiller au bon fonctionnement des dix facultés, en collaboration avec les doyens, démissionne en quasi-catimini, il y a de quoi se poser des questions. En effet, son adjointe administrative aurait affirmé à l’un de nos journalistes que « M. Houle est parti depuis deux semaines et demie, mais vous pouvez encore le joindre sur son courriel personnel ». Le site web de l’Université indique tout de même qu’il est encore vice-recteur, et aucun communiqué n’a été émis à la population étudiante en général. Les associations étudiantes, qui sont amenées à transiger avec la haute administration, n’auraient appris le départ de celui dont le rôle est de remplacer le recteur lorsqu’il est absent que par l’entremise d’un article paru dans Le Droit. Au lieu de s’expliquer à la communauté universitaire par le biais de son blogue, M. Rock préfère répondre au journal Le Droit par une lettre ouverte. Il y aborde notamment la position de l’Université quant à ses quatre grandes priorités dans l’avenir. C’est son devoir, certes, mais rien n’est dit à l’interne. C’est comme si, attaqué, il fallait offrir un autre paravent. En effet, le fameux « Tête-à-tête » du recteur, un blogue qui avait comme objectif de le garder en contact avec la communauté universitaire, n’a pas été mis à jour depuis le 6 janvier! L’article précédent, relatant son voyage d’affaire en Asie, remontait au 17 octobre 2011. Il faut bien entendu qu’un recteur soit actif sur le plan international, mais le rayonnement d’une université part de l’intérieur. À croire que Monsieur le recteur de l’U d’O passe le plus clair de son temps entre Toronto et Kyoto, tout en évitant soigneusement les rencontres au Sénat. Solution? Il semble très étrange qu’Andrée Dumulon, ex-directrice du Bureau des communications, n’ait toujours pas été remplacée. La difficulté que semble avoir l’Université à livrer efficacement son message à tous ses membres passe certainement par une figure forte capable de tenir au courant une vaste communauté comme celle de l’U d’O. Rien ne sert de mettre autant d’efforts à grandir si le château s’écroule de l’intérieur. D’ailleurs, les administrateurs du Sénat ainsi que du Bureau des gouverneurs devraient réellement voir à cette absence à la Direction des communications, car elle commence à se répercuter sur l’image de l’U d’O. À défaut de quoi La Rotonde vous invite, Monsieur Rock, à nous écrire une lettre ouverte, qui aurait l’avantage, après nous avoir fait faux bond, de vous adresser directement aux étudiants.

30 janvier 2012 – Vol. LXXIX no.16 109, rue Osgoode Ottawa (Ontario) K1N 6S1 613 421 4686 RÉDACTION Rédactrice en chef Anaïs Elboujdaïni redaction@larotonde.ca Secrétaire de rédaction Joanie Demers revision@larotonde.ca Stéphanie Guérin (ajdointe) Actualités Patrick Weldon (chef de pupitre) actualites@larotonde.ca Sarah Lanthier (journaliste) Sophie Marcotte (journaliste) Arts et Culture Catherine Dib culture@larotonde.ca Sports Vincent Rioux sports@larotonde.ca Section Opinions redaction@larotonde.ca Web Antoine Trépanier web@larotonde.ca Journaliste multimédia Alexandre Baillairgé multimedia@larotonde.ca Directrice artistique Pascaline Lefebvre production@larotonde.ca Directeur de la photographie Ayoub Ben Sessi photographe@larotonde.ca ADMINISTRATION ET VENTES Directeur général Anis Maaloul direction@larotonde.ca Publicité Dolorès Blanchette Réseau Sélect 514-866-313 poste 236 –
La Rotonde est le journal étudiant de l’Université d’Ottawa, publié chaque lundi par Les Publications de La Rotonde inc., et distribué à 2000 copies dans la région d’Ottawa-Gatineau. Il est financé en partie par les membres de la FEUO et ceux de l’Association des étudiants diplômés. La Rotonde est membre de la Presse universitaire canadienne (PUC). La Rotonde n’est pas responsable de l’emploi à des fins diffamatoires de ses articles ou éléments graphiques, en totalité ou en partie.

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