What I didn't find in Africa Ce que je n’ai pas trouvé en Afrique

By Joseph C. Wilson 4th Par Joseph C. Wilson IV Published: July 06, 2003 Publié le 6 juillet 2003

WASHINGTON — Did the Bush administration manipulate intelligence about Saddam Hussein's weapons programs to justify an invasion of Iraq? WASHINGTON – Est-ce que l’administration Bush a manipulé les renseignements à propos du programme d’armement de Saddam Hussein pour justifier une invasion de l’Irak ? Based on my experience with the administration in the months leading up to the war, I have little choice but to conclude that some of the intelligence related to Iraq's nuclear weapons program was twisted to exaggerate the Iraqi threat. Sur base de mon expérience avec l’administration durant les mois qui ont précédé la guerre, je n’ai pas d’autres choix que de conclure que de nombreux renseignements relatifs au programme d’armement nucléaire de l’Irak a été détourné pour exagérer la menace irakienne. For 23 years, from 1976 to 1998, I was a career foreign service officer and ambassador. In 1990, as chargé d'affaires in Baghdad, I was the last American diplomat to meet with Saddam Hussein. (I was also a forceful advocate for his removal from Kuwait.) After Iraq, I was President George H. W. Bush's ambassador to Gabon and São Tomé and Príncipe; under President Bill Clinton, I helped direct Africa policy for the National Security Council. Pendant 23 ans, de 1976 à 1998, j’étais un diplomate de carrière et un ambassadeur. En 1990, en tant que chargé d’affaires à Baghdad, j’étais le dernier diplomate américain à rencontrer Saddam Hussein. (J’étais aussi un ardent défenseur de son retrait du Koweit). Après l’Irak, j’ai été l’ambassadeur de George H.W. Bush au Gabon, à Sao-Tomé-et-Principe ; sous la Présidence de Bill Clinton, j’ai contribué directement à la politique en Afrique auprès du Conseil national de Sécurité. It was my experience in Africa that led me to play a small role in the effort to verify information about Africa's suspected link to Iraq's nonconventional weapons programs. Those news stories about that unnamed former envoy who went to Niger? That's me. C’est mon expérience en Afrique qui m’a amené à jouer un petit rôle dans la volonté de vérifier les informations à propos de lien présumés entre l’Afrique et le programme d’armes non conventionnelles de l’Irak. Les nouvelles histoires à propos d’un ancien employé inconnu envoyé au Niger ? C’est moi.

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In February 2002, I was informed by officials at the Central Intelligence Agency that Vice President Dick Cheney's office had questions about a particular intelligence report. While I never saw the report, I was told that it referred to a memorandum of agreement that documented the sale of uranium yellowcake -- a form of lightly processed ore -- by Niger to Iraq in the late 1990's. The agency officials asked if I would travel to Niger to check out the story so they could provide a response to the vice president's office. En février 2002, j’ai été informé par des fonctionnaires à la Central Intelligence Agency que le bureau du Vice-Président Dick Cheney avait des questions sur un rapport de renseignements particulier. Bien que je n’ai jamais vu ce rapport, on m’avait dit qu’il faisait référence à un protocole d’accord pour la vente de yellowcake d’uranium (une forme de minerai peu transformé) passé entre le Niger et l’Irak à la fin des années ’90. Les fonctionnaires de l’agence ont demandé si je voulais voyager au Niger pour vérifier l’histoire afin qu’ils puissent fournir une réponse au bureau du Vice-président. After consulting with the State Department's African Affairs Bureau (and through it with Barbro Owens-Kirkpatrick, the United States ambassador to Niger), I agreed to make the trip. The mission I undertook was discreet but by no means secret. While the C.I.A. paid my expenses (my time was offered pro bono), I made it abundantly clear to everyone I met that I was acting on behalf of the United States government. Après consultation avec le bureau chargé des affaires africaines du Département d’état (et à travers lui avec Barbro Owens-Kirkpatrick, l’ambassadeur américain au Niger), j’ai accepté de faire le voyage. La mission que j’ai entreprise était discrète, mais en aucun cas secrète. Dès lors que la CIA a payé mes dépenses (j’ai offert mon temps à titre gratuit), j’ai été très clair avec tous les gens que j’ai rencontrés en disant que j’agissais pour le compte du gouvernement des États-Unis. In late February 2002, I arrived in Niger's capital, Niamey, where I had been a diplomat in the mid-70's and visited as a National Security Council official in the late 90's. The city was much as I remembered it. Seasonal winds had clogged the air with dust and sand. Through the haze, I could see camel caravans crossing the Niger River (over the John F. Kennedy bridge), the setting sun behind them. Most people had wrapped scarves around their faces to protect against the grit, leaving only their eyes visible. A la fin février 2002, je suis arrivé à la capitale nigérienne, Niamey, où j’avais été diplomate dans le milieu des années ’70 et que j’avais visité en tant que fonctionnaire du Conseil national de sécurité à la fin des années ‘90. La ville était plus impressionnante que je ne m’en rappelais. Les vents saisonniers chargeaient l’air de poussière et de sable. A travers la brume, j’ai pu voir des caravanes de chameaux traverser la rivière Niger (au dessus du pont J.F.Kennedy), le soleil couchant derrière eux. La plupart des gens avaient enveloppé leur tête de foulards pour les protéger des grains, ne laissant visible que leurs yeux. The next morning, I met with Ambassador Owens-Kirkpatrick at the embassy. For reasons that are understandable, the embassy staff has always kept a close eye on Niger's uranium business. I was not surprised, then, when the ambassador told me that she knew about the allegations of uranium sales to Iraq -- and that she felt she had already debunked them in her reports to Washington. Nevertheless, she and I agreed that my time would be best spent interviewing people who had been in government when the deal supposedly took place, which was before her arrival.
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Dans le mois qui a suivi, j’ai rencontré l’ambassadeur Owens-Kirkpatrick à l’ambassade. Pour des raisons qui sont incompréhensibles, l’équipe de l’ambassade a toujours gardé un œil fermé sur le commerce d’uranium du Niger. Je n’ai donc pas été surpris lorsque l’ambassadeur m’a dit qu’elle connaissait les allégations sur les ventes d’uranium à l’Irak (et qu’elle les avait déjà démenti dans ses rapports à Washington). Néanmoins, elle et moi avons convenu qu’il était préférable que je passe mon temps à interviewer des personnalités qui étaient au gouvernement au moment où l’accord présumé a eu lieu, avant sa prise de fonction. I spent the next eight days drinking sweet mint tea and meeting with dozens of people: current government officials, former government officials, people associated with the country's uranium business. It did not take long to conclude that it was highly doubtful that any such transaction had ever taken place. J’ai passé les huit jours qui ont suivit à boire du thé à la menthe et à rencontrer des dizaines de personnalités : des responsables du gouvernement en exercice, des anciens responsables du gouvernement et des personnalités associées au commerce d’uranium du pays. Il ne m’a pas fallu longtemps pour conclure qu’il était fortement improbable qu’une telle transaction ait jamais eu lieu. Given the structure of the consortiums that operated the mines, it would be exceedingly difficult for Niger to transfer uranium to Iraq. Niger's uranium business consists of two mines, Somair and Cominak, which are run by French, Spanish, Japanese, German and Nigerian interests. If the government wanted to remove uranium from a mine, it would have to notify the consortium, which in turn is strictly monitored by the International Atomic Energy Agency. Moreover, because the two mines are closely regulated, quasi-governmental entities, selling uranium would require the approval of the minister of mines, the prime minister and probably the president. In short, there's simply too much oversight over too small an industry for a sale to have transpired. Compte tenu de la structure des consortiums qui exploitait les mines, il aurait été extrêmement difficile pour le Niger de transférer de l’uranium à l’Irak. Le commerce d’uranium du Niger est constitué par deux mines, Somair et Cominak, qui sont gérées par des exploitants français, espagnols, japonais, allemands et Nigériens. Si le gouvernement voulait extraire de l’uranium d’une mine, il devait le notifier au consortium, qui a son tour en aurait référé à l’Agence des Energies Atomiques (AIEA). En outre, parce que les mines sont étroitement réglementées, des entités quasi-gouvernementales, vendre de l’uranium devrait requérir l’approbation du ministre des mines, du premier ministre et certainement du président. En bref, il y a simplement trop de surveillance sur une entreprise trop petite pour qu’une vente ait pu échapper à leur contrôle. (As for the actual memorandum, I never saw it. But news accounts have pointed out that the documents had glaring errors -- they were signed, for example, by officials who were no longer in government -- and were probably forged. And then there's the fact that Niger formally denied the charges.) (En ce qui concerne les documents actuels, je ne les ai jamais vus. Mais les nouveaux éléments ont démontrés que les documents comportaient des erreurs flagrantes (ils ont par exemple été signés par des fonctionnaires qui n’étaient plus dans le gouvernement) et ont probablement été falsifiés. Et ensuite, il y a aussi le fait que le Niger a formellement démenti les accusations).
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Before I left Niger, I briefed the ambassador on my findings, which were consistent with her own. I also shared my conclusions with members of her staff. In early March, I arrived in Washington and promptly provided a detailed briefing to the C.I.A. I later shared my conclusions with the State Department African Affairs Bureau. There was nothing secret or earth-shattering in my report, just as there was nothing secret about my trip. Avant de quitter le Niger, j’ai informé l’ambassadeur de mes conclusions, qui étaient compatibles avec son opinion. J’ai également partagé mes conclusions avec les membres de son équipe. Début mars, je suis arrivé à Washington et j’ai rapidement fait un exposé détaillé à la CIA. Un peu plus tard, j’ai informé le bureau des affaires africaines du Département d’état de mes conclusions. Il n’y avait rien de secret ou de révolutionnaire dans mon rapport, tout comme il n’y avait rien de secret à propos de mon voyage. Though I did not file a written report, there should be at least four documents in United States government archives confirming my mission. The documents should include the ambassador's report of my debriefing in Niamey, a separate report written by the embassy staff, a C.I.A. report summing up my trip, and a specific answer from the agency to the office of the vice president (this may have been delivered orally). While I have not seen any of these reports, I have spent enough time in government to know that this is standard operating procedure. Bien que je n’aie pas remis de rapport écrit, il devrait y avoir au moins quatre documents dans les archives du Gouvernement des États-Unis confirmant ma mission. Les documents devraient inclure le rapport de l’ambassadeur sur mon exposé à Niamey, un rapport écrit séparé par l’équipe de l’ambassade, un rapport de la CIA résumant mon voyage, et une réponse spécifique de l’agence au bureau du Vice-Président (ce qui peut avoir été fait oralement). Bien que je n’aie vu aucun de ses rapports, j’ai passé suffisamment de temps au gouvernement pour connaitre le modus operandi normal. I thought the Niger matter was settled and went back to my life. (I did take part in the Iraq debate, arguing that a strict containment regime backed by the threat of force was preferable to an invasion.) In September 2002, however, Niger re-emerged. The British government published a ''white paper'' asserting that Saddam Hussein and his unconventional arms posed an immediate danger. As evidence, the report cited Iraq's attempts to purchase uranium from an African country. Je pensais que la problématique du Niger avait été réglée et j’ai repris le cours de ma vie. (J’ai pris position dans le débat sur l’Irak, faisant valoir qu’un régime de confinement sévère sous menace de la force, était préférable à une invasion). Cependant, en septembre 2002, le Niger est réapparu. Le gouvernement britannique a publié un « document blanc » affirmant que Saddam Hussein et ses armes non conventionnelles constituaient un danger immédiat. Comme preuve, le rapport citait les tentatives de l’Irak à acheter de l’uranium d’un pays africain. Then, in January, President Bush, citing the British dossier, repeated the charges about Iraqi efforts to buy uranium from Africa. Après, en janvier, le Président Bush, faisant référence au dossier britannique, a répété les accusations à propos de la volonté de l’Irak pour acheter de l’uranium en provenance d’Afrique.

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The next day, I reminded a friend at the State Department of my trip and suggested that if the president had been referring to Niger, then his conclusion was not borne out by the facts as I understood them. He replied that perhaps the president was speaking about one of the other three African countries that produce uranium: Gabon, South Africa or Namibia. At the time, I accepted the explanation. I didn't know that in December, a month before the president's address, the State Department had published a fact sheet that mentioned the Niger case. Le lendemain, j’ai contacté un ami du département de l’état à propos de mon voyage, et j’ai suggéré que si le président faisait référence au Niger, alors ses conclusions n’étaient pas corroborées par les faits tels que je les comprenais. Il m’a répondu que peut-être que le président faisait référence à un des trois autres pays africain qui produit de l’uranium : le Gabon, l’Afrique du Sud et la Namibie. A l’époque, j’ai accepté son hypothèse. Ce que je ne savais pas, c’est qu’en décembre, un mois avant le discours du président, le Département d’Etat avait publié une fiche d’information qui mentionnait le cas du Niger. Those are the facts surrounding my efforts. The vice president's office asked a serious question. I was asked to help formulate the answer. I did so, and I have every confidence that the answer I provided was circulated to the appropriate officials within our government. Ce sont les faits entourant mes efforts. Le bureau du Vice-Président a posé une question sérieuse. J’ai été appelé pour aider à formuler une réponse. Je l’ai fait, et j’ai été persuadé que la réponse que j’ai apportée avait été distribuée aux responsables compétents au sein du gouvernement. The question now is how that answer was or was not used by our political leadership. If my information was deemed inaccurate, I understand (though I would be very interested to know why). If, however, the information was ignored because it did not fit certain preconceptions about Iraq, then a legitimate argument can be made that we went to war under false pretenses. (It's worth remembering that in his March ''Meet the Press'' appearance, Mr. Cheney said that Saddam Hussein was ''trying once again to produce nuclear weapons.'') At a minimum, Congress, which authorized the use of military force at the president's behest, should want to know if the assertions about Iraq were warranted. La question qui se pose désormais, c’est de savoir comment cette réponse a été, ou n’a pas été utilisée par nos dirigeants politiques. Si mes informations ont été jugées inexactes, je comprends (mais dans ce cas, je serais très curieux de savoir pour quelles raisons). Si cependant mes informations ont été ignorées parce qu’elles ne correspondaient pas à certaines idées préconçues sur l’Irak, alors on peut légitimement penser que nous sommes entrés en guerre sur base de faux prétextes. (Il faut se rappeler que dans son apparition médiatique de Mars, Mr. Cheney avait dit que Saddam Hussein était « encore en train d’essayer de produire des armes nucléaires »). Au moins, le Congrès, qui a autorisé le recours à la force sur l’ordre du président, voudrait savoir si les affirmations sur l’Irak étaient justifiées. I was convinced before the war that the threat of weapons of mass destruction in the hands of Saddam Hussein required a vigorous and sustained international response to disarm him. Iraq possessed and had used chemical weapons; it had an active biological weapons program and quite possibly a nuclear research program -- all of which were in violation of United Nations resolutions. Having encountered Mr. Hussein and his thugs in the run-up to the Persian Gulf war of 1991, I was only too aware of the dangers he posed.

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J’étais convaincu avant la guerre que la menace d’armes de destruction massives dans les mains de Saddam Hussein requérait une réponse vigoureuse et soutenue de la communauté internationale pour désarmer l’Irak. L’Irak avait possédé et utilisé des armes chimiques ; l’Irak avait un programme d’armes biologiques et probablement un programme de recherche nucléaire (ce qui constituait une violation des résolutions des Nations Unies). Ayant rencontré Mr. Hussein et ses sbires dans la perspective de la guerre du Golfe de 1991, j’étais seulement trop conscient des dangers qu’il constituait. But were these dangers the same ones the administration told us about? We have to find out. America's foreign policy depends on the sanctity of its information. For this reason, questioning the selective use of intelligence to justify the war in Iraq is neither idle sniping nor ''revisionist history,'' as Mr. Bush has suggested. The act of war is the last option of a democracy, taken when there is a grave threat to our national security. More than 200 American soldiers have lost their lives in Iraq already. We have a duty to ensure that their sacrifice came for the right reasons. Mais est-ce que ces dangers étaient les mêmes que ceux que l’administration nous a exposés ? Nous devons savoir. La politique étrangère américaine dépend de la fiabilité de ses informations. Pour cette raison, se poser la question de l’utilisation sélective des renseignements pour justifier une guerre en Irak n’est pas une remarque vaine, ni même une « histoire révisionniste », comme l’a suggéré Mr. Bush. L’acte de guerre est la dernière option de la démocratie, qui intervient lorsqu’il y a une grave menace pour notre sécurité nationale. Plus de 200 soldats ont déjà perdus la vie en Irak. Nous avons le devoir de veiller à ce que leur sacrifice ait été fait pour les bonnes raisons.

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