2012

Conservation des archives audiovisuelles

Réalisé par : ELKHAL Moussa NINISS Yassine

    Conserver des supports fragiles  Conserver les appareils permettant la lecture des documents  é é  niveaux de la conservation  mesures pour la conservation de certains supports     é .

L’archivage connaît depuis peu un regain d’intérêt remarquable alors que cette question ne déborde traditionnellement pas des communautés d’experts et spécialistes où elle est traitée. la définition des documents audiovisuels comprend ainsi « les enregistrements visuels (avec ou sans bande son). lié à leur activité sociale et économique. La définition professionnelle proposée par l’UNESCO en 1998 est semblable : « Constituent des documents audiovisuels les œuvres comprenant des images et / ou des sons reproductibles réunis sur un support matériel dont : . Des définitions plus complètes ont été forgées au fil des années pour permettre de cerner précisément ce type d’archives. indépendamment de leur support physique et du procédé d’enregistrement utilisé (…) . Alors que les producteurs et consommateurs de contenus partageaient jusqu’ici un même cadre technologique reportant au-delà de leurs préoccupations les problèmes relevant de la préservation et de la transmission de leurs contenus. publiées par l'UNESCO en 1991. Mais la mutation numérique généralisée que nous vivons permet de poser dans le temps court de la gestion des collections des questions habituellement abordées dans le temps long de la mémoire et de ses archives. indépendamment de leur support physique et du procédé d’enregistrement utilisé ». Dans les Questions juridiques aux archives audiovisuelles. mais aussi la pérennisation dans le temps de la transmission de ces mêmes contenus. les enregistrements sonores. Les archives audiovisuelles se définissent comme des « documents contenant des enregistrements sonores et des images en mouvement ». la succession débridée des formats et outils numériques dans un rythme sans cesse croissant amène les usagers du numérique à envisager non seulement la communication des documents dans l’espace de l’échange.

ou encore de la diffusion. . quel que soit le principe qui a présidé à leur création (production à des fins de communication. Une dégradation avancée qui se traduit par un « bruit » a été constatée sur les VHS de plus de quinze ans. Ces définitions introduisent un paramètre fondamental : pour que ces archives soient lisibles. ou encore des bandes magnétiques sensibles à leur environnement.le contenu visuel présente une durée linéaire . plus ou moins sophistiqué. de même que le V2000 ou le Bétamax. la perception et la compréhension exigent le recours à un dispositif technique . ne répondent pas . Les procédés numériques. Les formats mis au point successivement par les fabricants sont aujourd’hui parfois obsolètes ou illisibles car les appareils de lecture ne sont plus fabriqués ou ont disparu très vite. 2-1 Conserver des supports fragiles Les documents compris dans les collections des archives sont le reflet des évolutions techniques particulièrement nombreuses au cours du « premier siècle » de l’image animée : il s’agit de supports qui peuvent être fragiles et instables chimiquement. ou l’acétate de cellulose menacé du syndrome du vinaigre. que leur contenu soit accessible. Nous entendrons désormais par archives audiovisuelles tous les types de documents correspondant aux définitions ci-dessus.. l’usage d’un dispositif technique de lecture. activité administrative…). comme le nitrate ce cellulose interdit à la projection depuis 1951. remplacés par de nouvelles générations.le but est de communiquer ce contenu et non d’utiliser la technique mise en œuvre à d’autres fins ». la transmission. est indispensable. Le format vidéo 1 pouce est ainsi obsolète.l’enregistrement. . s’ils offrent de formidables possibilités dans le domaine de la retouche ou de la restauration de l’image.

qui permettra l’accès au contenu. il faut non seulement sauvegarder les supports des données. En clair. comme il a été souligné lors du dernier congrès de la Fédération internationale des archives du Film à Tokyo. L’entretien d’un parc d’appareils anciens est coûteux et peut sembler anachronique aux yeux des décideurs. plus ou moins sophistiqué et standardisé. plus attirés par les nouveautés technologiques. cassettes et autres supports. suivant la norme de compression numérique pour les séquences vidéo établie par le Moving Picture Expert Group. mais aussi ce dispositif technique. la transmission. pour permettre d’assurer la diffusion des images à partir de fichiers informatiques Mpeg. outre les bobines. de savoir conserver non seulement les supports des données audiovisuelles mais aussi de documenter leur contexte de création et de production technique. Il revient aux institutions patrimoniales. Or les impératifs du marché technologique ne sont pas ceux de la conservation.encore à toutes les exigences de pérennité pour une conservation satisfaisante. la seule solution est le transfert sur un support et dans un format plus fiables ou plus répandus. 2-2 Conserver les appareils permettant la lecture des documents Les données audiovisuelles sont des données dont « l’enregistrement. é . Pour garantir la pérennité des archives audiovisuelles. et certains appareils ou leurs pièces détachées se sont raréfiés. la 7numérisation par le télécinéma. Pour pallier ces sauts technologiques ou ces menaces intrinsèques aux supports. la perception et la compréhension exigent le recours à un dispositif technique ». nous devons collecter et maintenir en état de fonctionnement les projecteurs et magnétoscopes des différentes générations.

qui peut être transféré sur un autre support. des restrictions d'accès. 1. . une coopération internationale. des conditions de fabrication : "en général". et en particulier sur des séries de fabrication. des technologies d'enregistrement. des expériences complémentaires. l'accès au contenu.3-1 niveaux de la conservation : La conservation se pose à 3 niveaux principaux en plus du niveau de base :    le support physique original. pour certains supports. le contenu du document. et stables. Il faut alors réaliser une copie de consultation. sur un type de support. Cela demande   une veille technologique documentaire des recherches. Niveau de base Celui de la connaissance des supports.1 La conservation des supports originaux Cette opération demande :  des conditions de conditionnement et de stockage : température et hygrométrie adaptées à chaque "famille" de supports.. . ou en tout cas limiter les fonctionnalités de lecture du support original pour en limiter l'usure. c'est à dire l'assurance de pouvoir à long terme lire le support original ou son substitut. 3.. faisant appel à des connaissances dans le domaine des sciences "dures" : Physique et Chimie.   des vérifications régulières pour suivre l'évolution de "l'état de santé" des documents. et la documentation textuelle associée. et dans les domaines des sciences sociales : Perception.  des échanges d'information..

.). conduit à des questions éthiques majeures. dans les collections patrimoniales..3 La conservation du contenu C'est à dire son transfert sur un autre support. Il faut choisir.1. leur consultation les détruit.2 Le maintien en condition opérationnel des équipements de lecture  relativement facile pour les "vieux" supports mécaniques : o o pour des consultations de type "réserve". coûts financiers pour les transferts et les migrations de données. c'est le cas notamment des supports anciens. . Mais peut se poser alors le coût de cette "fuite en avant" pour des collections de masse. de vérification. o intérêt culturel du document : ainsi une bibliothèque nationale s'attachera à conserver prioritairement les créations nationales. Et en tous cas établir des priorités Les priorités sont établies selon des critères   de rareté. .  la problématique peut être différente pour les technologies informatiques qui autorisent des "migrations" régulières. les institutions se trouvent toutes confrontées à des problèmes de coûts : coûts en personnel pour les opérations de maintenance. et en tout cas pour réaliser les transferts. 3.3. les disques pyral. Sélections et priorités Étant données les masses à traiter.1. techniques : les supports en danger parce que : o o ils s'auto-détruisent (les films nitrate.  d'intérêt du contenu documentaire : o originalité de l'œuvre (ainsi on conservera prioritairement les créations vidéo plutôt que les éditions vidéos de films de cinéma dont la pellicule est conservée par ailleurs) .

. Ainsi il sera établi des critères d'échantillonnage pour les documents répétitifs ( les jeux à la télévision. . • Copier sur un support offrant les meilleurs garantis de durée tant du point de vue de ses qualités matérielles (physico-chimiques) que celle de son format • Repiquer sur bande magnétique (analogique ¼ de pouce) ou transférer sur disque optique enregistrable (CD-R) • Transférer sur dispositif de stockage numérique de grande capacité.. peut offrir des solutions intéressantes en terme de sauvegarde de l’information et de communication Salissures Dépôt de matière extérieure au support Débris d’origine minérale ou végétale Fumées industrielles Matière grasse provenant des empreintes digitales Matières adhésives Produits résultant de l’altération des matériaux originaux Réactions chimiques Formation de particules Salissures hygroscopiques Moisissures Nettoyage Elimination de la poussière .Il est aussi possible de recourir à l'échantillonnage.) 3-2 mesures pour la conservation de certains supports pendant une durée supérieure à celle de l’existence du support. en réseau .

le disque risque de glisserPendant les déplacements. pour le disque. l’étiquette et les inscriptions qui y sont portées . éviter les chocs et les frottements Risques de rayures Ne pas exposer inutilement les disques à l’air ambiant Les replacer dans leur pochette après usage Pochettes individuelles à matériaux stables (papier non acide. Usage de chiffon doux et non pelucheux ou brosse spéciale très souple  Application dans le sens des sillons  Eviter les matériaux générateurs de charges électrostatiques qui attirent les poussières  Utiliser une brosse à fibres de carbone ou filet d’eau distillée qui élimine les charges électriques  L’eau courante étant déconseillée du fait de la présence de calcaire et de sels minéraux formant un dépôt au séchage Dissolution de matière grâce  Recours à des agents mouillants  Eviter les produits agressifs  S’assurer de l’innocuité du traitement.  Certaines traitent les disques à l’unité  D’autres utilisent un bain à ultrasons  La disparité de composition des disques impose la pratique d’essais préalables Manipulation et conditionnement Le disque doit être maintenu par la partie étiquetée et le bord comme point d’appui Le port de gants n’est pas recommandé. avant son application  Utiliser des produits spéciaux pour les disques microsillons ou en laque  Etape finale du séchage  Les machines de nettoyage restent d’une utilisation délicate. polyéthylène) .

 Climatisation souhaitable pour maintenir les conditions thermo-Hygrométriques voisines de 18° C ± 2° C et 40 % HR ± 5 %  Filtration des poussières  Eloignement des sources de chaleur  Les magasins de stockage doivent répondre à un certain nombre de critères afin d’éviter l’introduction de la poussière : Rideaux. moquette et tissus sont à éviter dans les aires de stockage  Luminaires sans diffusion de rayons ultraviolets  Contrôle de la lumière ambiante (conditions analogues à celles des documents en papier et en carton)  L’Interdiction de fumer. introduire des aliments et boissons reste impérative  Les risques d’incendie sont à considérer en relation avec le volume de documents stocké  Tenir compte de leur propriété de combustion  Les matériaux organiques produisent des gaz particulièrement toxiques  Mesures de prévention : mise en place de moyens de détection précoce du feu et de déclanchement automatique d’agents d’extinction adaptés  Plan et disposition d’évacuation du personnel  Implication des Services compétents de lutte contre les incendies  Contrôle de qualité de nouveaux exemplaires de disques à l’entrée dans l’unité documentaire .  Rangés directement sur les étagères compartimentées. les disques doivent être stockés en position verticale. Etagères (bois ou métal) conçus pour supporter le poids élevé des disques.  Capacité de résistance des sols vérifiée.Conditions de stockage  Après conditionnement dans leur pochette. par taille homogène.

. Le droit moral de l'auteur Quand il y a modification de l'œuvre. elle aussi implicite ou explicite de l'usage par les chercheurs. 3. et la tolérance. initialement limité au lieu d'archivage. de nombreux défauts peuvent être détectés visuellement 3 natures de droits sont mises en cause dans les opérations de conservation que nous avons décrites : 1. 2. C'est également au nom du droit moral qu'un interprète peut s'estimer lésé par un traitement du signal sonore. se trouve étendu et moins contrôlable. Ou si des accords avec les ayants-droit ne sont pas établis. pourrait être remise en cause si des "critères d'accès" n'étaient pas définis. le transfert des documents aux fins de conservation de l'original. Le droit de représentation La question découle naturellement des transferts. Contrôle régulier sur des échantillons. les législations tolèrent. implicitement ou explicitement dans les textes de dépôt légal. et notamment des transferts numériques : cette technologie rend possible et incite à la multi consultation et à la téléconsultation. Le droit de reproduction Il devrait être acquis à chaque transfert. On connaît la polémique sur la colorisation des films. Cependant. L'accès aux documents.

Guinée…)  Archives africaines : certains pays africains ont décidé de confier leurs négatifs au CCM pour conservation comme par exemple la Côte d'Ivoire.Cas du Centre Cinématographique Marocain Présentation du Centre Cinématographique Marocain(CCM) Le Centre Cinématographique Marocain (CCM). histoire. Type de fonds Le fonds du CCM contient plus de 400 documentaires. Côte d'Ivoire.  Les cartes professionnelles  Les visas d’exploitation des films  Les autorisations d’exercice aux producteurs et distributeurs (CINEMA. tourisme. la Libye. le Mali et le Sénégal. et il veille à l’application de la législation et la réglementation concernant tous les métiers du secteur. VIDEO. sport …)  Courts et longs métrages : plus de 160 longs métrages et 300 courts métrages  Coproductions CCM : plus de 25 longs métrages coproduits avec les pays d'Afrique et du Maghreb (Tunisie. armée. Le CCM délivre :  Les autorisations de tournage de films. a été créé le 9 janvier 1944 et réorganisé en 1977 suivant le Dahir portant loi n° 1-77-230 du (19 septembre 1977) Il a pour rôle principal l’organisation et la promotion de l’industrie cinématographique au Maroc. Mali. VCD). totalisant plus de 150 heures d'enregistrements qui datent de 1947 et qui traitent des thématiques variées (villes. Sénégal. aux exploitants de salles de cinéma et aux clubs vidéo. DVD. art. .

1 table de transfert en VHS. la date. matériel informatique et un laboratoire et auditorium CCM à disposition pour tous travaux de transfert TC.  Répertoriage : le répertoriage se selon certain nombre de critères : l'état physique. 2 enrouleuses. Ces locaux sont équipés d'un système d'alarme. 6°C à 12°C pour les copies de films négatifs . des extincteurs de feu et d'un système de climatisation et de déshumidification permettant de purifier l'air et réduire l'humidité offrant les conditions suivantes : 22°C pour les copies de films positifs .Locaux de conservation Pour ce qui est des locaux de conservation. plastification. 3 tables de visionnage. rayures. Service des archives Le service des archives a 5 rôles principaux :  Identification des contenus : les sujets d'actualités cinématographiques (environ 25 000 sujets) sont identifiés selon le titre. réparation (perfo. Le matériel utilisé se compose principalement de boites plastiques. changement des étiquettes. 2 tables manuelles. l'analyse chimique.  Restauration et sauvegarde : contrôle de la bobine. nettoyage. le support. l’intervenant … ces données sont saisies dans des disques durs pour des besoins de recherche documentaire. 3 skotcheuses. encodage. 45% à 55% de taux d'humidité. classement. ces archives sont conservées dans deux salles distinctes : une salle réservée aux négatifs (Blockhaus) et une autre réservée aux copies positives. collures…).  Classement  Conservation . lavage ou tirage.

00 Minute 3 000. Cette opération consiste à passer de la copie positive à la copie internégative. Tarifs désignation Consultation sur place de visionnage Droits d'exploitation culturels / 5ans Droit d'exploitation au Maroc Droit d'exploitation internationaux / 5ans Minute 5000. ces copies serons réalisées par transfert télécinéma à . Actions futures : Cinq actions sont envisagées :  Construction d'une base de données documentaire : création d'une base de données pour l'ensemble des sujets d'actualités cinématographique et utilisation d'un système SGBD. Objectif : faciliter la recherche documentaire.  Création de contre-types : il s'agit d'établir des contre-types de copies positives dont le négatif n'existe pas. Coût de l'opération 150 000 DH/heure  Numérisation à basse résolution des archives filmées : il s'agit de numériser les archives filmées en constituant des copies numériques à des fins de consultation et de communication des contenus .Consultation des archives Toute demande de recherche documentaire est traitée dans l'immédiat.00 Minute 1000.00 Unité Document Prix en DH 50.B : prix des travaux de reproduction conforme aux tarifs laboratoire.00 N.

Trois dimensions déterminent aujourd'hui le sort des archives audiovisuelles : leur masse. préserver. d'associer des métadonnées de description. Où il s'agit de numériser les contenus. De nouvelles fonctionnalités seront intégrées au système (identification. protection des droits. facturation)  Passage à la HD et restauration numérique : non existence aujourd'hui d'une norme internationale numérique en remplacement du 35mm-16mm . Les serveurs et l'internet se retrouvent désormais systématiquement au cœur du système de l'archive. leur essentielle fragilité et la révolution numérique. Volume des archives 1600 heures  Mise en réseau des fichiers numériques (valorisation) : cette phase concerne la mise en ligne sur Internet des fichiers numériques en vue d'élargir l'accès aux contenus. très probablement on s'oriente vers la norme DCI (2k). de créer de grandes bases de données et de mettre en ligne. Archiver. des réponses numériques s'imposent dans les esprits et dans les politiques depuis une dizaine d'années. contrôle d'accès.partir des films 35mm et 16mm. Face au défi. . Coût 4000 DH/heure. décrire et communiquer sont devenus des problématiques technologiques.

org/webworld/publications/philof/philof4.ma/ .institut-national-audiovisuel.pdf  http://www.ccm.unesco.fr/IMG/pdf/JE_intervention1_VChalleat.htm  http://adeda78.fr/actualites/webzine/prestocentre.html  http://www.Webographie  http://www.free.

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