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économie

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Samedi 4 février 2012

AvecXstrata,Glencoreconforte son accès aux minerais
La fusion donnera naissance au quatrième groupe minier mondial

L

e groupe minier Xstrata a confirmé, jeudi 2 février, « avoir été approché par Glencore et être en discussion » avec lui pour une « fusion entre égaux », formule qui permettrait d’unir – sans sortie d’argent – ces deux groupes suisses, domiciliés dans le canton de Zoug, et spécialisés dans les matières premières. Glencore a précisé qu’il n’y avait aucune « certitude qu’une quelconque offre serait faite » par lui d’ici au 1er mars, date limite pour concrétiser l’opération selon les règles de la Bourse de Londres. Ces précautions de langage ne trompent personne sur la détermination d’Ivan Glasenberg, le patron de Glencore, premier négociant mondial de produits de base, à absorber Xstrata, quatrième mineur mondial, dont il détient déjà 34 % du capital. Depuis un an, Glencore n’avaitil pas déposé le nom de domaine Glenstrata ? D’autre part, l’introduction du très opaque Glencore sur les Bourses de Londres et d’Hongkong lui avait rapporté 10 milliards de dollars en mai 2011. M. Glasenberg entend utiliser cette « puissance de feu supérieu-

re » pour acheter des confrères. Il s’en est d’ailleurs servi pour acquérir,en août 2011, le péruvien Marcobre et ses mines de cuivre, pour 475 millions de dollars. Glencore, présent dans le négoce des matières premières minérales, énergétiques (pétrole, charbon) et agricoles ou dans les mines, comme dans les ports et dans une flotte minéralière, compléterait idéalement sa panoplie avec Xstrata, qui exploite des mines, du Congo à la NouvelleCalédonie. Une bonne affaire, puisqu’il est plus simple de racheter ses concurrents que d’ouvrir une mine, opération qui coûte 10 milliards de dollars au bas mot.

17 milliards de bénéfices Glencore contrôle 60 % du zinc mondial, 50 % du cuivre, 30 % de l’aluminium, 25 % du charbon vapeur, 10 % des céréales et 3 % du pétrole. La fusion doperait sa force de frappe en créant le quatrième groupe minier mondial avec une capitalisation de 99 milliards de dollars (75 milliards d’euros), derrière l’anglo-australien BHP Billiton (191 milliards), le brésilien Vale (135 milliards) et l’anglo-australien

Rio Tinto (121 milliards), mais devant le britannique Anglo-American (52 milliards). Selon Credit Suisse, qui, dans une étude publiée en octobre 2011, avait prédit cette fusion, celle-ci permettrait au nouvel ensemble de réaliser un chiffre d’affaires de 228 milliards de dollars et un bénéfice d’exploitation de 17 milliards. Cette perspective a fait bondir le cours des actions de Glencore (+ 6,9 %) et de Xstrata (9,9 %), à Londres, le 2 février. Rien ne semble s’opposer à l’opération. Les autorités de la concurrence ne devraient rien trouver à redire à un mariage qui, à la différence du projet de rapprochement avorté dans le fer entre BHP Billiton et Rio Tinto, ne crée aucun monopole. La sulfureuse réputationdu fondateur de Glencore, Marc Rich, condamné par la justice américaine, les intrigues du trader en Russie ou en Asie pour faire monter les cours des céréales, ou la scanda-

La mine de nickel de Koniambo, en Nouvelle-Calédonie, détenue à 49 % par Xstrata. JULIEN THOMAZO/PHOTONONSTOP

leuse fermeture de sa filiale Metaleurop dans le Pas-de-Calais semblent oubliées depuis l’introduction en Bourse. La prochaine cible de « Glenstrata » pourrait être Anglo-American, qui avait échappé à Xstrata en

2009. La proie semble à portée de la bourse de la nouvelle entité et les marchés applaudiraient les synergies qui en résulteraient. Reste une inconnue. Mick Davis, patron de Xstrata, appelé à être le patron du nouveau géant,

et Ivan Glasenberg, qui deviendrait son adjoint, parviendront-ils à faire cohabiter leurs fortes personnalités comme ils l’ont fait jadis sur les bancs de la même école sud-africaine ? p
Alain Faujas

Les mines sud-africaines ne devraient pas être nationalisées
Johannesburg Correspondance

La direction du Congrès national africain (ANC), le parti au pouvoir, devait discuter et adopter ce weekend un rapport d’un trio d’experts préconisant d’écarter l’idée de nationalisation des mines. Selon le quotidien économique sud-africain, Business Day, qui a révélé en partie, jeudi 2 février, le contenu du document, il serait inconstitutionnel de procéder à des « saisies d’avoirs » sans compensation, et l’Etat n’a pas les moyens d’acheter au prix du marché des participations majoritaires dans les compagnies minières, qui lui coûteraient, selon l’étude, quelque 1 000 milliards de rands (99 milliards d’euros). L’Afrique du Sud est le premier producteur mondial de platine, de chrome et de manganèse, et se place au quatrième rang pour l’or et les diamants. Chez les géants du secteur – Anglo American ou AngloGold Ashanti –, on va pouvoir respirer. « 30 % des opérateurs miniers présents dans le pays reportent leurs futurs investissements en attendant une décision sur la nationalisation », relève Allan Reid, directeur chez Cliffe Dekker Hofmeyr, une société sud-africaine de conseil juridique. Les discussions vont toutefois se poursuivre jusqu’au congrès de l’ANC prévu en décembre, qui tranchera définitivement la question. Le débat avait été lancé en juillet 2009 par le président de la Ligue de la jeunesse de l’ANC (Ancyl), Julius Malema, qui revendique une meilleure redistribution entre la riche minorité blanche et la vaste majorité noire dont le niveau de vie a peu progressé. Mais le dirigeant populaire et populiste a été suspendu de ses fonctions en novembre 2011, et la ministre des mines a toujours répété qu’il n’y aurait pas de nationalisation « de son vivant ». Afin d’accroître les ressources financières de l’Etat, le rapport recommande toutefois une hausse des taxes et des royalties sur les produits miniers, ainsi que des incitations à transformer davantage de minerais sur place. « Depuis une dizaine d’années, on assiste au renforcement de la

réglementation qui pèse sur les compagnies minières, estime Allan Reid. Il n’y a pas de nationalisation, mais un lent processus d’expropriation sur les droits miniers. » L’Afrique du Sud a bâti sa puissance économique sur ses richesses minières, mais elle a perdu de son attrait auprès des investisseurs. En 2006, le pays était classé au 37e rang pour le climat des affaires, selon une étude de l’Institut sud-africain des relations raciales (Sairr), réputé pour son orientation libérale. En 2010, il avait chuté à la 67e place. Le secteur minier – qui représente près de 10 % de la richesse nationale sud-africaine et 15 % des exportations – était en récession les trois premiers trimestres de l’année 2011.

D É C O U V E RT E R E C H E R C H E C L A R I N S

Multi-Régénérante Jour
Plus loin dans l’efficacité, Clarins réinvente la fermeté.

Lepaysabâtisa puissanceéconomique sursesrichesses minières,maisaperdu desonattraitauprès desinvestisseurs
Alors que la croissance sud-africaine vient d’être révisée de plus d’un point à la baisse par le FMI (2,5 % en 2012), les observateurs mettent en cause l’incertitude liée au débat sur la nationalisation, mais aussi la lenteur de l’administration à accorder des permis de prospection et d’exploitation, les grèves à répétition, un code du travail protecteur, des difficultés à acheminer les minerais vers les ports, un manque de personnel qualifié, les risques de coupures de courant. « L’annonce, en novembre dernier, de la prise de contrôle par Anglo American du diamantaire De Beers pour 4 milliards d’euros a marqué les esprits, rappelle Jonathan Snyman, chercheur au Sairr. Mais de plus en plus de compagnies se tournent désormais vers des pays voisins comme le Mozambique, l’Angola, la Zambie qui ont retrouvé une stabilité politique, et offrent une main-d’œuvre moins chère et plus flexible et un potentiel minier plus élevé. » p
Sébastien Hervieu

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