LES CONFÉRENCES DE LA SOCIÉTÉ DE GÉOGRAPHIE DE LYON SAISON 1950-1951 par M.

Laferrère Le programme de cette année a fait la part très large aux documents photographiques en noir et en couleurs, extraits des collections personnelles de M. le Recteur A. Allix pour la Sardaigne et la Suède, de M. Gibert pour la Norvège. M. Gaignebet, Professeur au Lycée de Toulon, a assuré la présentation de vues très remarquables sur les villes espagnoles. Les Sociétaires ont également apprécié la forme littéraire et artistique d'évocations aussi éloignées que les archipels océaniens et la forêt canadienne. L'histoire extraordinaire d'André Ropiteau, séduit par le mirage tahitien, fut racontée avec beaucoup de verve par le R. P. Patrick O'Reilly, Secrétaire Général de la Société des Océanistes, qui insista sur le rôle de l'exotisme en géographie: les ouvrages et les collections rassemblés par ce voyageur solitaire de Г entre-deux-guerres ont, en effet, une réelle valeur scientifique. Monseigneur Félix Antoine Savard, Doyen de la Faculté des Lettres de l'Université Laval de Québec, sut décrire la vie de la forêt au Canada français avec toute l'expérience de l'ancien desservant d'une paroisse de défricheurs et de pionniers et la poésie du romancier de l'« Abattis » ou de « Menaud, Maître Draveur ». Les projections en couleurs qui accompagnaient cet exposé, étaient d'une qualité exceptionnelle. Deux séances furent réservées aux problèmes de l'Union Française. Employeurs et chefs du personnel s'étaient joints à l'auditoire habituel pour écouter M. J.-J. Rager,

Docteur de l'Université d'Alger, spécialiste de l'émigration des musulmans algériens. Cartes et graphiques illustraient les principaux caractères de ces déplacements parfois massifs mais temporaires, qui intéressent au premier chef la région lyonnaise. On en connaît les causes profondes: l'accroissement démographique considérable des Musulmans d'Algérie, la surpopulation des montagnes cultivées comme les Kabylies, mais aussi un certain besoin d'évasion des cadres sociaux traditionnels. M.. Rager plaide avec conviction en faveur de la formation professionnelle des travailleurs nord-africains. M. Charles-André Julien, Professeur à la Sorbonně, Conseiller de l'Union Française, retraça dans un style très direct l'évolution des idées et de la politique de l'Empire de l'Union Française. Il fournit quelques exemples pittoresques illustrant l'échec du concept abstrait de l'assimilation et expliqua rapidement la genèse et le fonctionnement des organismes actuellement en place. Deux voyageurs firent part à la Société de leurs impressions. Me Paul Bouchet, Avocat à la Cour, de retour des Indes, a mesuré les résultats d'un travail tenace d'unification politique qui n'a pu résoudre du même coup, d'inquiétants problèmes économiques et sociaux, tels que l'analphabétisme et la famine. M. du Jonchay a recueilli quelques images pittoresques sur les contrastes européens et africains dans la vie quotidienne de l'Afrique Noire, insistant plus particulièrement sur les récents aspects urbains et industriels de la Guinée française, du Libéria, de la Nigeria et du Cameroun.