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Titre 1

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CHAPITRE 2 : LE FONCTIONNEMENT INSTITUTIONNEL DE L UE
C¶est l¶aspect de la constitution européenne déjà étudié. Cependant, il faut prendre en compte les évolutions du T de Lisbonne.

Section 1 : Les institutions de l¶UE
C¶est l¶article 13 du TUE l¶UE dispose d¶un cadre institutionnel de nature à (Parlement, Conseil, Conseil euro, Commission, BCE et Cour des comptes). Chaque institution agit dans les limites des attributions qui lui sont conférées dans les traités et conformément aux procédures. On peut tirer un certain nombre de conclusions : L¶ordre d¶énumération n¶est pas neutre : on aurait pu faire figurer le Conseil en premier dans la mesure où il est l¶organe d¶impulsion. Pourtant, c¶est le Parlement qui figure en premier ; car c¶est l¶organe le plus démocratique (il est élu au SUD). Cet article consacre le T de L car avant le T de L, toutes ces institutions n¶étaient pas décrites comme telles : c¶est le cas de la commission et de la BCE. A l¶inverse, le Comité éco et social et le Comité des régions ne figurent pas, dans l¶article 13 en tant qu¶institution de l¶UE. Ils jouent le rôle d¶organe consultatif. Ils peuvent être sollicités facultativement ou obligatoirement. Le T de L modifie, pour eux deux, les règles de composition et institue un mandat de 5 ans. La CJCE devient la CJUE conséquence de l¶absorption de la CE par l¶Union telle qu¶elle résulte du T de L. L¶article 13 renvoie aux articles 14 à 19 du TUE pour les dispositions relatives à la composition et aux constitutions de la composition de l¶UE. Elle renvoie aussi au TFUE pour les dispositions relatives à leur fonctionnement : article 223 à 309.

§1 ± Le parlement européen
Il est organisé à l¶article 14 TUE. Il est composé des citoyens de l¶UE. Jusqu¶à présent on partait du principe que les parlementaires représentaient les peuples des Etats. On dit aujourd¶hui qu¶ils représentent les citoyens des Etats. Le nombre des parlementaires par Etat est fixé selon la règle de la dégressivité proportionnelle : ce système permet de ne pas appliquer une stricte proportionnalité (et donc de garantir un minimum). Plus l¶Etat aura de population plus il a de député et plus chacun des députés représente d¶habitants. Cela, car la proportionnalité n¶est pas exactement stricte. Aven le T de L, le plafond des membres est passé de 732 à 750. Le seuil minimum de sièges part Etat est passé de 4 à 6. Le maximum est passé de 99 à 96. Le nombre de député européen par EM n¶est pas directement fixé par traité car cela renvoie à une décision du Conseil euro qui doit être adoptée à l¶unanimité, sur initiative du PE, et avec son approbation. Dans le T de L, on remplace « approbation » par « élection » du président de la Commission. Mais cette élection ne peut se faire que sur la base du candidat proposé par le Conseil européen, et approuvé par le PE. Le président de la commission et le président du PE sont donc de la même majorité. Mais cela est difficile car le président de la Commission doit être élu à la majorité absolue des membres du PE alors que précédemment, il ne pouvait l¶être que par une majorité simple. Le président de la Commission sera donc d¶autant plus de la même sensibilité politique que celle du PE. Le TFUE prévoit le fonctionnement du PE, dont l¶élection (art 234 TFUE). Le PE a la possibilité de censure (art. 17 TUE). C¶est sur le plan législatif que le PE voit le plus son influence progresser. En effet, il devient très explicitement colégislateur de l¶UE (art. 14 TUE : « Le PE exerce conjointement avec le conseil, les fonctions législatives et budgétaires ».) Remarque : On peut dire que c¶est comme si le PE était la chambre basse d¶un système parlementaire bicaméral qui serait de plus en plus égalitaire. Le Conseil serait la chambre haute.

§2 ± Le conseil européen
La principale modification du T de L est que le conseil devient une institution. Le nouveau statut entraine la disparition du Conseil de l¶UE réuni au niveau des chefs d¶Etats ou de gouvernement. Cette formation était jusqu¶à présent compétente pour désigner le candidat à la présidence de l¶UE. L¶élévation au rang d¶institution a pour conséquence de rendre à la CJUE de connaître des recours dirigés contres les actes du conseil européen ; à l¶exception de ceux relatifs à la PESC. Sous le T de L, les actes du conseil européen ne pouvaient en effet pas faire l¶objet ni d¶un recours en indemnité (tranché par une ordonnance du Tribunal de première instance T-346-03 Krikordian et réaffirmé dans une ordonnance de la CJ, 15 jan 1995, Roansky C 253-94-P). L¶article 230 du Traité CE visait les actes des institutions. Le CE n¶étant pas une institution, on en a déduit que cet acte ne pouvait pas être contesté devant le juge communautaire.  Attributions : L¶article 15 du TUE modifié dispose que le Conseil européen « donne à l¶union les impulsions nécessaires à son développement et en définit les orientations et les prioriés politiques générales ». L¶article précise que le CE n¶exerce pas de fonction législative. Cela rassure les Etats qui auraient pu avoir peur que le triangle décisionnel soit déséquilibré ; alors même que l¶équilibre était le propre de la méthode communautaire. Mais le T de L prévoit des exceptions à la non -immixtion dans la sphère législative. Le CE peut être amené à se prononcer en matière pénale, sur le fondement des art 82 et 83 du TFUE, ou en matière de sécurité sociale (article 48) au cas où il serait saisi en appel par un Etat qui s¶poserait à une proposition dans ces domaines c¶est la clause d¶emergency break. En pratique, le conseil exerçait déjà ce rôle d¶arbitre (par ex. : pour la politique agricole commune) Le conseil joue donc plus que jamais un rôle politique qui va au-delà de ses attributions officielles.  Compositions et règles de fonctionnement : Il est composé des chefs d¶Etat et de gouvernement. Il intègre le nouveau Haut représentant de l¶UE pour les Affaires étrangères et la politique de la sécurité et qui siège au conseil européen : Catherine Ashton (article 18 TUE). La présidence est un mandat de 2 ans et demi ; aujourd¶hui tenue par Van Rompuy. Il est élu par le CE à la majorité qualifiée. En complémentarité avec le Haut représentant pour les AEPS, il doit favoriser l¶émergence de consensus.

Le T de L prévoit que le CE doit se réunir au moins 4 fois par an (avant : 2 fois seulement). Il ne doit pas y avoir d¶opposition formelle pour qu¶une disposition soit votée : c¶est le principe du consensus. Cependant, ce principe comprend des exceptions le CE se prononce parfois à la majorité qualifiée (Ex. : élection du président du CE ; art. 15 / désignation du HRAE / désignation du président de la BCE) ou même à la majorité simple (Ex. : refus de convoquer une convention pour réviser les traités ; art. 48).

§3 ± Le Conseil
On l¶appelle parfois le Conseil des ministres ou le Conseil de l¶UE. C¶est l¶institution intergouvernementale qui représente les intérêts des Etats quand la Commission défend l¶intérêt général de l¶UE et que le PE assure la représentation des citoyens. Le conseil exerce le pouvoir législatif et budgétaire seul (càd le plus souvent) ou avec le parlement. Il a une fonction exécutive complémentaire alors que normalement, ce sont les EM qui exécutent le droit communautaire (dit alors droit communautaire dérivé). Conclusion : pouvoir budgétaire de plus en plus avec le PE + fonction exécutive de mise en uvre du droit communautaire dès lors que des mesures doivent être prises pour permettre l¶application, dans le EM, des actes juridiques européens. On qualifie souvent la fonction exécutive de comitologie par référence à la pratique selon laquelle le Conseil déléguait cette fonction à la Commission par le recours à de multiples comités d¶experts composés de représentants des EM. (C¶est le cas où une directive nécessite un règlement d¶application à l¶échelle européenne). Le Conseil occupe une place traditionnelle et prépondérante dans la prise des décisions les plus importantes de la PESC et de la coopération judiciaire en matière pénale. Le T de L a modifié certaines de ces attributions traditionnelles ; particulièrement s¶agissant du processus décisionnel. A la fois pour le processus législatif que pour le processus exécutif. A ± L¶organisation du conseil Le conseil continue à fonctionner à travers plusieurs formations. Par contre, le traité institue un Conseil affaires étrangères qui permettra de décharger la principale formation du conseil (dit « Affaires générales ») afin qu¶elle se recentre sur ces missions de planification et de coordinations avec l¶appui du COREPER. Le T de L maintient la présidence semestrielle et tournante du Conseil. Dans sa formation « Affaires étrangères » le conseil est présidé par la HR pour les AE. Dans ce domaine, il y a donc d¶avantage de continuité. Au final, il est toujours aussi difficile après qu¶avant Lisbonne de répondre avec certitude à la question de Kissinger de « quel numéro de téléphone » pour lui, on ne sait pas à qui s¶adresser. B ± Le fonctionnement Un des points les plus discuté demeure la question des modes de votation du conseil et de la détermination de ma majorité qualifiée. Sur ce point, le traité procède à l¶élargissement sensible du champ d¶application de la majorité qualifiée. Cela signifie, en d¶autres termes, la réduction corrélative des sujets soumis à un droit de vote à l¶unanimité. Le Conseil statue, en règle, à la majorité qualifiée ; sauf dans les cas où le traité en dispose autrement. Le traité étend la majorité qualifiée au domaine de la PESC pour lequel l¶unanimité reste la règle ; essentiellement lorsqu¶il s¶agit de prendre des dispositions mettant en uvre les décisions du Conseil européen qu¶on veut appliquer. Idem pour les politique d¶immigration : avant, on avait l¶unanimité mais on utilise maintenant la MQ. Des compétences d¶appui apparaissent selon le principe de la majorité qualifiée : Ex. : politique européenne de l¶énergie (art. 194 TFUE). Avant le T de L, l¶Union intervenait déjà dans ce domaine, mais le faisait en vertu de la clause de flexibilité (ancien article 308 CE). Elle intervenait alors à l¶unanimité. Aujourd¶hui, le fondement est autre et on utilise la majorité qualifiée. Dire que le vote à lieu à l¶unanimité vaut reconnaissance d¶un droit de véto dont disposent les Etats. Aujourd¶hui, l¶abandon de ce droit est délicat à obtenir car les Etats ne veulent pas y renoncer dans des domaines ayant trait à leur souveraineté. Deux mécanismes ont été imaginés par le T de L : La clause passerelle générale : o permet au Conseil européen statuant à l¶unanimité d¶adopter une décision autorisant le Conseil à statuer à la majorité qualifiée, dans un domaine jusqu¶alors régit par l¶unanimité. o permet de passe d¶une procédure législative spéciale à une procédure ordinaire (= la codécision) (art. 38). La clause de frein d¶urgence, ou clause de secours : Elle permet d¶étendre la majorité qualifiée à trois nouveaux domaines : o les mesures de coordination des régimes de sécurité sociale des travailleurs migrants, o mesures de la coopération judiciaire en matière pénale (art. 83) et o le rapprochement des matières pénales (art. 82). La clause permet à un EM de faire appel devant le Conseil européen si il estime que les principes fondamentaux de son système de sécurité sociale ou de son système de sécurité juridique sont menacés. Dans ce cas, la procédure législative est suspendue, le Conseil européen doit débattre dans un délai de 4 mois. Au terme du délai, le Conseil euro peut : o pour le domaine des articles 82 et 83 (questions de coopération judiciaire en matière pénale et de rapprochement des normes) : le Conseil peut renvoyer le projet au Conseil qui renvoie la procédure mais doit tenir compte : cette possibilité ne s¶applique que pour les articles 82 et 83. En cas de désaccord persistant, les EM intéressés, si ils sont au moins 9 pourront s¶engager si ils le souhaitent, dans la voie d¶une coopération renforcée. o pour le domaine de la sécurité sociale (article 48) : le Conseil peut demander à la Commission de revoir sa proposition. Pour autant, le T de L ne se contente pas d¶élargir le champ d¶application de la majorité qualifiée ; mais applique sa raison d¶être à la définition de ce qu¶est la majorité qualifiée. L¶ancien article 205 du traité CE fondait le système du vote pondéré. Depuis 2004, la majorité qualifiée est atteinte si elle correspond à 91% du nombre total de voies attribuées à chaque Etat. Toutefois, tout membre du Conseil peut toujours demander à ce qu¶il soit vérifié à ce que les EM qui composent la majorité représentent au moins 62% des habitants l¶UE. (Ex. : demande faite par l¶Allemagne lors de la négociation du Traité de Nice) permet de rétablir le pouvoir des Etats les plus peuplés. difficile de faire adopter une décision.

La décision de la majorité qualifiée à considérablement évolué avec le T de L. L¶article 16 § 4 prévoit qu¶une majorité qualifiée est atteinte lorsqu¶une décision rassemble 55% des EM et représentant au moins 65% de la population sachant qu¶à titre exceptionnel, une majoration à 75% des 55% pourra s¶appliquer toutes les fois où le conseil ne statuera pas sur une proposions de la Commission ou du Haut Repré ARPS (mais ce cas est rare donc la majoration est rare). Désormais 10% des coalitions permettent de réaliser une majorité qualifiée. Avec le Traité de Nice, ce même pourcentage était de 2. On a donc plus de chances de faire voter un texte renforce la capacité décisionnelle du Conseil. Cette double majorité modifie l¶influence relative des EM car elle change la répartition du pouvoir au bénéfice des Etats les plus peuplés et les moins peuplés. En effet, elle donne lieu au phénomène de « transfert aux extrêmes » ; au détriment des Etat moyens (Etats moyens comme le Portugal, la République Tchèque, l¶Espagne et de la Pologne). L¶entrée en vigueur de la règle de double majorité se fait progressivement ; conformément aux dispositions combinées de l¶article 3 du protocole et de la déclaration n°7 annexée au traité.   Jusqu¶au premier novembre 2014, le système de pondération des voies de Lisbonne et de Nice continue à s¶appliquer. Entre novembre 2014 et le 1er mars 2017, la nouvelle règle de double majorité s¶applique mais jusqu¶au 31 mars 2017, lorsqu¶une délibération devra être prise à ma majorité qualifiée, tout EM pourra exiger que le vote se produise selon les règles de l¶ancien système de pondération. En outre, la déclaration n°7 prévoit la réaction du Compromis de Ionannina. Réunion des MAE pour prévoir les nouvelles arrivées. Le compromis prévoit que si les membres représentants un certain nombre de voies légèrement inférieures à la minorité de blocage indiquent leur intention de s¶opposer à la prise d¶une décision par le Conseil à la majorité qualifiée ; alors le Conseil fera tout ce qui est en son pouvoir pour aboutir, dans un délai raisonnable, à une solution satisfaisante qui puisse être adoptée à la MQ. Le T de Nice avait supprimé ce compromis mais il sera officiellement réactivé à partir de 2014 (dans la période 2014-2017) et va donc permettre aux EM représentant au moins ¾ de la population ou ¾ des EM nécessaires pour constituer une minorité de blocage de différer le vote d¶un acte du conseil devant statuer à la majorité qualifiée. On ne peut pas parler d¶un droit de véto, mais d¶un « droit de recherche de consensus ». A partir du 1er avril 2017, la règle de double majorité deviendra obligatoire et les EM ne pourront plus exiger le retour à la pondération des voies. Par contre, à titre de compensation, le Compromis de Ioannina sera maintenu ; ses seuils de déclanchement étant même rabaissés à 55% de la pop et 55% des Etats nécessaires à une minorité de blocage. 

§4 ± La Commission
C¶est une institution originale qui n¶a pas d¶équivalent dans aucune OI. Cela tient à son pouvoir d¶initiative qui fait d¶elle l¶élément central de la méthode communautaire. Dans le cadre de l¶ancien appui communautaire, le Conseil ne pouvait décider que si il était saisi d¶une proposition de la commission et ne pouvait l¶amender contre son avis qu¶à l¶unanimité. En revanche, la commission doit partager son pouvoir d¶initiative avec les EM dans le cadre de l¶union éco et monétaire, de la PESC et dans le domaine de la coopération policière et judiciaire en matière pénale. Ce cadre général n¶a pas entrainé de fusion des procédures. Le pouvoir d¶initiative parallèle des EM a été confirmé dans certains domaines et a même été élargi à la BCE dans le cadre de l¶UE économique et monétaire. En fait, la principale modification apportée par le T de L concerne la règle de composition de la Commission puisqu¶au terme d¶une période transitoire garantissant un commissaire par EM (Michel BARNIER = commissaire au marché intérieur). La Commission sera, dès le 1er nov 2014 composée aux 2/3 des EM choisis selon un système de rotation des EM.

Section 2 : Le processus décisionnel relatif au droit dérivé
Le processus décisionnel au sein de l¶UE est particulièrement complexe. Cette complexité peut être appréhendée comme le reflet des équilibres, souvent délicats, que les traités ont souhaité instaurer entre les institutions en fonction des matières traitées. Le principe est donc que des procédures différentes s¶appliquent selon la matière du traité. Le domaine de la PESC et celui de la coopération sont les plus intergouvernementaux dans le sens où ils privilégient les EM par rapport au Parlement européen (qui est défavorisé). Le T de L contribue à une amélioration dans ces matières. Ex. : le nouvel espace dit de liberté, sécurité et justice contrôle la politique de contrôle aux frontières, la coopération judiciaire civile et, désormais, la coopération civile et judicaire en matière pénale. Le nouvel espace « Liberté sécurité et justice » étend ainsi la procédure de codécision à de nombreux domaines, sous réserve de l¶introduction de la clause de frein d¶urgence. Le processus de la PESC, reste, lui très intergouvernemental : aucun acte législatif ne peut être adopté dans cette matière. Précédemment, au sein même du premier pilier, les procédures variaient : En fonction des politiques mises en uvre En fonction de la nature des actes adoptés. Habituellement, on distinguait donc la procédure législative, de la procédure budgétaire, de la procédure d¶adoption des accords internationaux et de la procédure d¶adoption des simples mesures d¶exécution.

§1 ± Le processus décisionnel matière législative
A l¶origine, la commission proposait et le Conseil statuait soit à l¶unanimité, soit à la majorité qualifiée. La Communauté accordait donc un rôle législatif quasi exclusif au représentant des Etats, réunis au sein du Conseil. Seulement après, la Communauté a complexifié les procédures afin d¶associer progressivement le PE au processus de décision. Aujourd¶hui, pour adopter un acte législatif, les procédures peuvent, selon les matières en cause, imposer au Conseil : de statuer soit à l¶unanimité, soit à la majorité qualifiée, de statuer seul ou avec le PE, qui peut être impliqué à différents degrés de la procédure.  L¶avis : Précédemment, le Conseil se contentait de demander un avis PE et, lorsque ces avis étaient formulés, la Commission pouvait, ou non, en tenir compte ; mais ce n¶était pas une obligation : il s¶agissait d¶une simple consultation pour avis. Le fait pour le Conseil d¶adopter un acte sans consulter le PE était cause de nullité (Arrêt Roquet Frères).    L¶avis conforme : Dans la procédure de l¶avis conforme, l¶accord du PE est obligatoire. Si il rejette le texte, la Commission devait changer son texte jusqu¶à que le PE l¶accepte. La coopération : C¶est le cas où le PE amende le texte qui est réexaminé par la Commission. Le PE a un pouvoir fort, même si il n¶a pas de réel pouvoir décisionnel. La codécision : Elle est tellement rependue qu¶on l¶appelle la procédure législative ordinaire (art. 289 TFUE). Elle revient à donner au PE le pouvoir d¶empêcher une décision qui nécessite le vote du PE et du Conseil. La Commission jour le rôle de la recherche du compromis.

Conclusion : Chacune de ces procédures se distingue par le degré d¶implication du PE dans le processus décisionnel. On voit que l¶influence du PE va grandissante jusqu¶à la réelle codécision. Le T de L s¶inscrit pleinement dans cette tendance en supprimant la procédure de coopération et en généralisant la codécision. La procédure de codécision est appelée « procédure législative ordinaire ». La consultation et l¶approbation sont les « procédures spéciales ». Le T de L impose par elles la simple consultation du PE dans une cinquantaine de domaines : aides d¶Etat (art. 109 TFUE), certains aspects de la politique de l¶environnement (surtout les aspects financiers, comme la taxe Carbonne). Dans certains cas le T de L continue d¶exiger moins que la procédure législative ordinaire en supprimant le droit d¶amendement du PE, mais en exigeant plus qu¶une simple consultation le PE a un droit de véto. On peut donc dire que la procédure d¶approbation continue de s¶appliquer (Ex. : investiture du président, conclusion des accords internationaux les plus importants, en vue de l¶activation de la clause de flexibilité : art. 352 TFUE).

L¶autonomie législative de la commission :
Sous le traité CE, avant le T de L, la Commission disposait qu¶une réelle autonomie dans l¶usage de son pouvoir d¶initiative législative. Elle était d¶autant plus important qu¶au terme de l¶ancien article 250 § 1 TCE, « Lorsqu¶en vertu du présent traité, un acte du conseil est prit sur proposition de la commission, un acte constituant amendement de la proposition qu¶en statuant à l¶unanimité. ». (Sous réserve d¶une procédure de conciliation, qui existe toujours et qui peut intervenir en vertu de l¶art. 251 §5) L¶ancien article 250 § 2 du TCE disposait « Tant que le Conseil n¶a pas statué, la Commission peut modifier sa proposition tout au long des procédures conduisant à l¶adoption d¶un acte communautaire. » en disposant que la Commission peut modifier la proposition tant que le Conseil n¶a pas statuer, le TCE permet à la Commission de retirer le texte jusqu¶à ce moment. Ce principe fondamental lié est intégralement reprit au nouvel article 293 TCE. Il explique la puissance institutionnelle considérable de la Commission. Il permet également de comprendre l¶un des enjeux majeurs de l¶initiative législative sur le plan juridique : cet enjeu est celui du choix par la Commission de la base juridique de la disposition du traité sur laquelle elle va décider de fonder la compétence de l¶UE pour adopter la mesure concernée.

La question de la base juridique des actes adoptés :
Nous avons déjà évoqué l¶enjeu de la base juridique lors de l¶examen de la structuration de l¶UE en piliers. Alors on a démontré que ce choix avait des conséquences majeures quant à la procédure à suivre pour adopter l¶acte et donc quand au mode de votation au sein du conseil et au sein du PE.

Aujourd¶hui, même si il n¶y a plus de piliers, la question du choix de la base est toujours problématique. En effet, un même texte peut souvent relever, selon l¶angle sous lequel il est abordé, de différents articles de traités on parle de concurrence des bases juridiques. Cette concurrence est à l¶origine de nombreux contentieux. La CJ considère à ce titre que le choix de la base juridique d¶un texte ou d¶une proposition ne peut pas dépendre de la seule conviction de la Commission. La CJ considère que ce choix doit être fondé sur des éléments objectifs : le but et le contenu de l¶acte.

C¶est le sens de l¶arrêt de la CJCE, 26 mars 1986, « Commission c/ Conseil », Affaire 15-86 dite des « Préférences généralisées » Question de droit : doit-on s¶appuyer sur la politique commerciale commune ou sur la clause de flexibilité ? A cette occasion, la CJ met en avant la nécessité d¶un contrôle de la Commission.

La JP de la CJCE évolue au cours du temps. Dans l¶hyp d¶une double base juridique potentielle, la Cour préconisait un cumul des bases juridiques en disant que « Dans la mesure où la compétence d¶une institution repose sur deux dispositions du traités, celle-ci est tenue d¶adopter les actes correspondants sur le fondement des deux dispositions en cause. ». + redis ensuite comme ‡ CJCE, 27 sept 1988, « Commission c/ Conseil » Affaire 165-87 ou encore ‡ CJCE, 30 mai 1989 « RU c/ Conseil » affaire 56-88 dite « Affaire Erasmus ». Aujourd¶hui, la CJCE semble être en faveur d¶une seule base juridique qui doit être choisie en se fondant sur la finalité de la composante principale ou prépondérante. CJCE, 11 juin 1991, Affaire C389 « Affaire du dioxyde de titane », « Commission c/ Conseil » En l¶espèce, il s¶agit d¶une directive qui présentait à la fois le caractère d¶une action en matière environnementale (art. 175 TCE) et d¶une mesure d¶harmonisation ayant pour objet l¶établissement et le fonctionnement du marché intérieur (au sens de l¶ancien article 95 TCE). Dans les deux cas, les objectifs de l¶UE étaient atteints. La Cour a estimé que l¶utilisation d¶une double base juridique entrainerait le recours à deux procédures incompatibles et que cela « viderait de sa substance la procédure de coopération qui était prévue ». Effectivement, une procédure de coopération aurait due être mise en place dès lors qu¶on aurait choisi de s¶appuyer sur l¶article 95 TCE. Or l¶article 175 TCE ne demandaient pas cette procédure. La CJCE conclu, pour des raisins procédurales, et non pour des raisons objectives, « qu¶une seule base juridique devait ainsi être retenue : celle de l¶article 95 TCE car elle permettait la mise en uvre d¶une procédure de coopération. ». Aujourd¶hui il n¶y aurait plus cet exemple depuis le T de L. On peut généraliser en disant que cette JP répond à un raisonnement ternaire :  Si l¶un des objectifs poursuivi par l¶acte communautaire apparaît prépondérant, alors la base juridique sera celle correspondant à cet objectif sachant que dès lors qu¶il existe, dans le traité, une disposition plus spécifique pouvant constituer la base juridique de l¶acte en cause, celui-ci devra être fondé sur cette disposition.  Si plusieurs objectifs apparaissent indissociables et qu¶aucun n¶est prépondérant, on envisage le recours à des baes juridiques différentes. Cela n¶a pas forcément de graves conséquences car cela n¶implique pas systématiquement que d¶autres procédures soient utilisées. Si ces bases juridiques différentes, il conviendra de retenir pour base juridique exclusive, la procédure qui est la plus favorable aux droits du Parlement. (C¶est la procédure la plus démocratique) 

§2 ± Le processus décisionnel en matière d¶exécution des actes normatif de l¶Union Européenne
La CJCE, arrêt du 21 sept 1983 « Milchkontor » Affaires 205 à 215-82 : « Conformément aux principes généraux à la base du système institutionnel de la communauté et qui régissent les relations entre la Communauté et les EM ; il appartient aux EM en vertu de l¶art 10 du TCE (art 4 du TUE), d¶assurer, sur leur territoire, l¶exécution des règlementations communautaires pour autant que le droit communautaire, y compris les principes généraux de celui-ci, ne comportent pas de règles communes à cet effet.

Les actes d¶exécution (= mesures de mise en uvre des actes juridiques européens) sont adoptées par les EM. Cela se traduit par le fait que l¶UE ne dispose pas d¶une administration déconcentrée : il appartient aux EM. Ainsi, il revient aux administrations nationales d¶effectuer la mise en uvre du droit de l¶UE. Cela est aussi la conséquence du principe de subsidiarité. Pour autant, si la compétence juridique d¶exécution appartient aux EM, il n¶est pas exclu que certains actes d¶application du droit communautaire dérivé soient nécessaires à l¶échelle européenne. Cela, dans une recherche d¶uniformité et pour éviter d¶éventuelles distordions de concurrence, discriminations entre ressortissants communautaires etc Pour ces raisons, dans ce cas et dans ce seul cas, les institutions communautaires auront compétence à intervenir. L¶article 222 TCE prévoyait que : « Le conseil confère à la Commission, dans les actes qu¶il adopte, les compétences d¶exécutions des règles qu¶il établit. ». Il ajoute que le Conseil peut soumettre l¶exercice de ces compétences à certaines modalités et peut également se réserver, dans des cas spécifiques d¶exercer directement des compétences d¶exécution. L¶article 211 TCE exprime que « La Commission exerce les compétences que le conseil lui confère pour l¶exécution des règles qu¶il établit. ». De cela, il ressortait un système au terme duquel le Conseil, compétent pour l¶exécution des actes communautaires, en déléguer l¶exercice à la Commission ; cela, selon des modalités qu¶il restait libre de définir. Le rôle des comités est d¶instaurer un dialogue entre les administrations nationales et la Commission.

Les évolutions de la méthode de la comitologie :
Depuis 1997, les relations entre la Commission et les Comités sont régies par des modèles préalablement établis par une décision du Conseil on parle de décision comitologie.

 

Depuis 1997, la décision garantit au PE un droit de regard sur la mise en uvre des actes législatifs adoptés en codécision. Une décision du Conseil du 28 juin 1999 remplace cette de 1987 au bénéfice du Parlement en simplifiant la procédure de comitologie. La décision du 17 juillet 2006 introduit un nouveau type de modalité d¶exercice des compétence d¶exécution à travers la procédure de règlementation avec contrôle qui place les deux pouvoirs législatifs à égalité dans le processus de législation et de contrôle. Conclusion : en mettant à bout ces 3 décision, on a une organisation avec 4 grands types de comités : Les comités consultatifs : consistent simplement à émettre des avis dont la Commission peut, ou non, tenir compte. Les comités de gestion : donnent d¶avantage de prérogatives aux Etats puisqu¶ils émettent des avis préalables. Si ces avis ne sont pas suivis, les Etats peuvent éventuellement prendre une décision différente de la commission. Les comités de règlementation : sont dans la même lignée que les précédents. Dans la mesure où le Parlement européen intervient dans ce domaine, cette procédure est plus démocratique ; mais le Conseil peut toujours d¶opposer. Les comités de règlementation avec contrôle (introduits en 2006 avec la dernière règlementation sur la comitologie). Ils doivent permettre au PE d¶effectuer un contrôle préalable à l¶adoption de mesure de portée générale ayant pour objet de modifier des éléments non essentiels d¶un acte adopté en codécision. L¶idée est de prévenir le fait qu¶un acte d¶exécution élaboré par la Commission ne modifie les termes d¶un acte adopté en codécision. Question : En quoi le T de L modifie t-il le processus décisionnel en matière d¶acte d¶exécution ? Le T conforte chacun des 3 éléments majeurs qui régit l¶exécution des actes communautaires : Nouvel article 291 § 1 TFUE dispose que les EM prennent toutes les mesures de droit interne nécessaires pour la mise en actes juridiquement contraignants de l¶UE cet article réaffirme la compétence de principe des EM. -

uvre des

Nouvel article 291 § 2 dispose que « Lorsque des conditions uniformes d¶exécution des actes juridiquement contraignants de l¶UE, son nécessaires, ces actes confèrent des compétences d¶exécution à la commission, ou dans des cas spécifiques dûment justifiés ainsi que dans les cas prévu aux art. 24 et 26 TUE. ». Se faisant, le T de L affirme désormais la compétence de principe de la Commission et le caractère de plus en plus exceptionnel de l¶intervention du Conseil. Cela ne change pas le principe car l¶article 291 § 3 précise qu¶ « Aux fins du §2, le PE et le Conseil, statuant par voie de règlement, établissent au préalable les règles et les principes généraux relatifs aux modalités de contrôle par les EM de l¶exercice des compétences d¶exécution par la Commission. » on voit que le T de L renvoie, à un acte législatif adopté en codécision, le soin de fixer les règles de la procédure de la comitologie. Il n¶y a pas d¶autres changements majeurs.