ROD 2011/07/NC du 13 octobre 2011

RAPPORT D'OBSERVATIONS DEFINITIVES ETABLI A LA SUITE DE L'EXAMEN DE LA GESTION DU REGIME D’AIDE FISCALE AUX AUX INVESTISSEMENTS DE LA NOUVELLE-CALEDONIE

-=oOo=EXERCICES 2002 et suivants -=oOo=-

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Résumé
La chambre a examiné la gestion du régime d’aide fiscale aux investissements mis en œuvre par le gouvernement de la Nouvelle-Calédonie, dénommé « défiscalisation ». Les trois présidents du gouvernement ayant répondu au rapport ont indiqué qu’ils acquiesçaient globalement à ses principales conclusions et recommandations. Le dispositif, créé par une loi du pays en 2002 et modifié en 2008, consiste à faire financer la réalisation d’un investissement par des contribuables, qui bénéficient d’une réduction d’impôt, puis à rétrocéder une partie de ce gain fiscal à l’opérateur du projet, lorsqu’il leur rachète l’investissement, une fois achevé. L’aide peut atteindre 42% du coût d’un projet. En 2003, l’article 26 de la loi nationale dite « Girardin » a rendu ce dispositif cumulable avec la défiscalisation métropolitaine qui peut apporter une aide représentant 31% du coût d’un investissement. Il a, ainsi, été créé un dispositif de « double défiscalisation » pouvant financer jusqu’à 73% (42% + 31%) du coût d’un projet. A l’examen du seul mécanisme propre à la Nouvelle-Calédonie, la chambre a certes observé un impact économique indéniable, quoique mitigé, mais elle a également constaté une maîtrise imparfaite et un dispositif d’évaluation perfectible du dispositif, ainsi qu’un coût non négligeable qui pèse budgétairement sur les collectivités calédoniennes. 1) La maîtrise du dispositif et son évaluation Le dispositif est affecté au soutien des investissements productifs dans certains secteurs économiques prioritaires. Toutefois, la seule filière réellement bénéficiaire sur toute la période a été l’hôtellerie qui a concentré, à elle seule, 50% de la dépense consacrée à la défiscalisation. Le reste a été orienté vers des secteurs très divers, ainsi qu’au financement d’équipements destinés à des services publics industriels et commerciaux, alors que pour ces derniers, une fixation de tarifs adaptés ou le versement de subventions directes aurait probablement été un moyen de financement plus efficient. En outre, même si une logique de limitation des secteurs éligibles a été initiée en 2010 par voie de circulaire, il demeure qu’ils sont encore théoriquement au nombre de 19 aujourd’hui. S’agissant des procédures appliquées, la chambre note qu’elles ont comporté dès l’origine la nécessité d’un agrément préalable et d’autres garanties, qui se sont avérés relativement efficaces pour permettre le montage financier des projets et leur achèvement, mais elle déplore encore certains effets d’aubaine néfastes au dispositif. La chambre estime donc que des améliorations sont encore possibles et elle recommande, comme elle l’avait d’ailleurs déjà fait en 2008, la création d’un comité administratif chargé de piloter l’instruction des demandes et d’émettre un avis sur ces dernières avant la décision gouvernementale. Enfin, la juridiction note qu’une véritable évaluation pérenne n’a pas été mise en place, ni même un suivi régulier des résultats, ce qui a pour conséquence une relative insuffisance dans la mesure de l’impact économique réel du dispositif. Elle observe cependant avec satisfaction que deux audits ont été diligentés par le gouvernement, l’un en 2005 et l’autre en 2010. De plus, elle constate que la direction des services fiscaux dispose de projets de tableaux de bord, et des informations nécessaires pour les servir qui pourraient être mis en œuvre rapidement. Dès lors, la chambre estime souhaitable qu’un pilotage permanent soit organisé afin, notamment, que le Congrès de Nouvelle-Calédonie puisse être destinataire d’une synthèse annuelle sur la défiscalisation décrivant l’impact constaté du dispositif. 2

2) Le poids budgétaire du dispositif et le coût des intermédiaires La dépense fiscale relative à la défiscalisation s’est élevée à 30,8 MdF CFP pour un volume d’investissement de 62,3 MdF CFP. Par le jeu de la clé de répartition fiscale en vigueur, elle a été supportée par le territoire, les trois provinces et les 33 communes, ce qui a modéré son poids relatif pour chacune de ces collectivités, qui s’est situé entre 2,1% et 3,3% de leurs recettes annuelles de fonctionnement. En intégrant le coût de la défiscalisation métropolitaine sous agrément dont ces projets ont également bénéficié, soit environ 30 MdF CFP, on peut estimer que les 62,3 MdF CFP d’investissements aidés ont généré une dépense fiscale totale supérieure à 60 MdF CFP en Nouvelle-Calédonie. Une part importante de la défiscalisation locale a bénéficié aux intermédiaires. Ainsi, sur les 30,8 MdF précités, 10,3 MdF sont allés aux contribuables, 2,3 MdF aux cabinets d’ingénierie, et seulement 18,2 MdF aux opérateurs des projets. Le coût des intermédiaires a donc globalement représenté 40% de la dépense fiscale sur la période. La chambre relève toutefois que ce pourcentage a évolué à la baisse puisqu’il était de 45% sous l’empire de la loi de 2002, pour passer à 35% sous la loi de 2008, ce qui est néanmoins encore élevé. En outre, les gains fiscaux ont été répartis entre un petit nombre de contribuables, 46 d’entre eux - sur 340 ayant bénéficié de 71% du total de ces gains. Bien plus, certaines entreprises sont parvenues, en toute légalité, à bénéficier à la fois de l’aide fiscale en qualité d’opérateur et du gain fiscal en qualité de bailleur de fonds. Or, compte tenu de la bonne situation du secteur bancaire et du financement des entreprises en Nouvelle-Calédonie, le recours à ces bailleurs de fonds pour financer la réalisation de projets pourrait éventuellement être abandonné. En effet, les banques dans leur fonctionnement classique, pourraient certainement assurer sans difficulté ce rôle, l’aide publique pouvant alors être directement versée à l’opérateur. C’est pourquoi la chambre recommande la mise en place d’un crédit d’impôt remboursable bénéficiant directement à l’opérateur. Elle a évalué à 6,7 MdF CFP l’économie que ce mécanisme aurait permis au cours de la période 2002-2010. En outre, ce système éliminerait les effets d’aubaine constatés. 3) L’impact économique du dispositif Sur la base des données disponibles, la chambre observe que le dispositif a prouvé sa capacité à créer de l’emploi et de l’activité puisque sur 71 projets agréés, trois seulement n’ont pas été mis en œuvre et que les 68 autres projets existent toujours. Toutefois, leurs résultats d’exploitation ne sont pas particulièrement bons, notamment dans la filière hôtelière, l’aquaculture et la pêche. Il n’est donc aujourd’hui pas possible de considérer que leur pérennité économique à long terme soit assurée. En outre, force est de constater que le dispositif n’a pas véritablement contribué au rééquilibrage, les provinces Nord et des Iles ayant bénéficié d’une faible partie de la dépense fiscale consacrée à la défiscalisation. Au total, la chambre souhaite que les responsables locaux poursuivent la réflexion déjà engagée pour faire de la défiscalisation un meilleur outil de politique économique, en définissant pour le long terme un nombre réduit de secteurs prioritaires, en rendant obligatoires des plans concertés de développement pour chacun d’entre eux, en renforçant les capacités d’instruction des services notamment sur le diagnostic économique des projets, en réservant plutôt le dispositif aux projets situés hors de la zone urbanisée du Grand Nouméa et en articulant mieux le dispositif avec les autres outils d’aide aux entreprises.

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Sommaire :
INTRODUCTION …………………………………………………………………...……6 1 L’EVOLUTION DU CADRE JURIDIQUE ET DE LA MISE EN ŒUVRE DU DISPOSITIF ............................................................................................................................. 6
1.1
1.1.1

LES REGIMES DE DEFISCALISATION ET LES AUTRES AIDES AUX ENTREPRISES .......................6
Le régime local de défiscalisation, le dispositif national et la double défiscalisation ................ 6
1.1.1.1 La défiscalisation locale .........................................................................................................................6 1.1.1.1.1 Le fonctionnement et le niveau de l’aide fiscale ...............................................................................6 1.1.1.1.2 Les secteurs aidés et leur évolution depuis 2002...............................................................................8 1.1.1.1.3 Les mécanismes de garantie..............................................................................................................9 1.1.1.1.4 La base éligible d’un projet et les retraitements de base éligible ....................................................10 1.1.1.1.5 Le crédit d’impôt et le niveau de rétrocession.................................................................................11 1.1.1.1.6 Les autres modalités de mise en œuvre ...........................................................................................12 1.1.1.1.7 Le rôle du cabinet de défiscalisation ...............................................................................................13 1.1.1.2 La défiscalisation métropolitaine .........................................................................................................14 1.1.1.3 La « double défiscalisation »................................................................................................................15

1.1.2

L’articulation du dispositif avec les autres régimes d’aide aux entreprises............................. 16

1.2

1.1.2.1 L’échelon provincial ............................................................................................................................16 1.1.2.2 Les organismes de financement de l’économie ....................................................................................18 1.1.2.3 Les allègements de taxes à l’importation .............................................................................................19 1.1.2.4 La défiscalisation des investissements directs......................................................................................19 1.1.2.5 La coordination des autres régimes d’aides..........................................................................................20 1.1.2.5.1 L’imposition allégée des entreprises dont le chiffre d’affaires est inférieur à 200 MF CFP ...........20 1.1.2.5.2 Les régimes fiscaux privilégiés du secteur de la métallurgie ..........................................................20 LA MISE EN ŒUVRE DU DISPOSITIF DE 2002 A 2010..............................................................21

1.2.1
1.2.1.1 1.2.1.2 1.2.1.3 1.2.1.4

Les caractéristiques des décisions d’agrément......................................................................... 21
Le montant des bases éligibles ............................................................................................................22 Le rythme annuel des décisions............................................................................................................23 Du montant total de l’investissement à la base éligible........................................................................24 La géographie des décisions d’agrément..............................................................................................24

1.2.2

Répartition des décisions d’agrément par projets et par secteurs ............................................ 24

1.2.2.1 Du nombre de décisions au nombre effectif de projets aidés ...............................................................24 1.2.2.1.1 La répartition des projets par secteur économique ..........................................................................25

1.2.3
1.2.3.1

Les aides reçues par les projets agréés .................................................................................... 26
Les autres aides allouées aux projets défiscalisés.................................................................................27

1.2.4

Le fonctionnement du dispositif métropolitain.......................................................................... 27

2

UN DISPOSITIF PERFECTIBLE, DES SOLUTIONS ENVISAGEABLES .......... 28
2.1
2.1.1

UN DISPOSITIF PERFECTIBLE .................................................................................................28
Les résultats et les coûts du dispositif....................................................................................... 28
2.1.1.1 Les effets économiques du dispositif....................................................................................................28 2.1.1.1.1 Les effets sur l’activité et l’emploi..................................................................................................28 2.1.1.1.2 Les résultats d’exploitation des projets aidés ..................................................................................29 2.1.1.1.3 Le « retour fiscal » ..........................................................................................................................30 2.1.1.2 Les coûts du dispositif..........................................................................................................................31 2.1.1.2.1 La répartition de la dépense fiscale .................................................................................................31 2.1.1.2.2 Les gains élevés des bailleurs de fonds...........................................................................................32 2.1.1.2.3 La concentration des réductions d’impôts.......................................................................................34 2.1.1.2.4 La rémunération des cabinets de défiscalisation .............................................................................35 2.1.1.3 Les effets d’aubaine .............................................................................................................................36 2.1.1.3.1 Le financement en tant que bailleurs de fonds par une ou plusieurs sociétés d’un projet d’une de leur filiale 36 2.1.1.3.2 L’octroi de l’agrément à des promoteurs qui sont intervenus comme bailleur de fonds sur un autre programme agréé .................................................................................................................................................36

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2.1.1.3.3 Le financement par la défiscalisation d’un projet pour lequel l’opérateur dispose d’une capacité propre et suffisante de financement .....................................................................................................................37 2.1.1.3.4 La participation des cabinets de défiscalisation en tant que bailleur ou opérateur ..........................37 2.1.1.4 La cohérence entre le dispositif et la politique d’aménagement du territoire .......................................38

2.1.2

La stratégie, les objectifs et le pilotage du dispositif ................................................................ 39

2.2

2.1.2.1 La stratégie et les objectifs du dispositif ..............................................................................................39 2.1.2.2 La réorientation récente du dispositif ...................................................................................................40 2.1.2.3 Le poids budgétaire du dispositif .........................................................................................................41 2.1.2.4 L’évaluation du dispositif.....................................................................................................................41 2.1.2.5 La nécessité d’un encadrement rigoureux du dispositif........................................................................42 LES SOLUTIONS ENVISAGEABLES ..........................................................................................43

2.2.1

La mise en œuvre d’un pilotage effectif du dispositif................................................................ 43

2.2.1.1 La définition des objectifs du dispositif ...............................................................................................43 2.2.1.1.1 L’exclusion de la zone urbanisée du Grand Nouméa. .....................................................................43 2.2.1.1.2 La définition de secteurs prioritaires et de plans de développement sectoriels ...............................43 2.2.1.2 Le suivi, l’évaluation et le contrôle du dispositif..................................................................................44 2.2.1.3 La maîtrise du coût budgétaire de la défiscalisation.............................................................................45 2.2.1.3.1 L’absence de nécessité de recourir aux bailleurs de fonds ..............................................................45 2.2.1.3.2 La mise en place d’un dispositif de crédit d’impôt remboursable...................................................46 2.2.1.3.3 Les autres éléments pouvant contribuer à une diminution du coût du dispositif .............................47

2.2.2

Le renforcement de la procédure d’instructions....................................................................... 48

2.2.2.1 Le renforcement des moyens de l’instruction.......................................................................................48 2.2.2.1.1 La présentation et l’analyse des comptes prévisionnels ..................................................................48 2.2.2.1.2 La lutte contre les effets d’aubaine et de proximité affectant certaines demandes ..........................48 2.2.2.2 Le renforcement du circuit d’instruction ..............................................................................................49 2.2.2.2.1 Le circuit actuel ..............................................................................................................................49 2.2.2.2.2 La gestion des délais de l’instruction ..............................................................................................51 2.2.2.2.3 La création d’un comité administratif et d’un avis préalable ..........................................................52

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ANNEXES ....................................................................................................................... 54
3.1 3.2 3.3 3.4 3.5 LISTE DES RECOMMANDATIONS ............................................................................................54 REPARTITION DES DECISIONS D’AGREMENT PAR COMMUNE ................................................57 PROCESSUS D’INSTRUCTION D’UNE DEMANDE D’AGREMENT ..............................................58 RESULTATS D’EXPLOITATION DES PROJETS ..........................................................................59 DEPENSES FISCALES LIEES AU DISPOSITIF : REPARTITION PAR COMMUNE ...........................60

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1

L’évolution du cadre juridique et de la mise en œuvre du dispositif
1.1 Les régimes de défiscalisation et les autres aides aux entreprises

Le régime local de défiscalisation pouvant se cumuler avec le régime national pour former un troisième régime dit de « double défiscalisation », une présentation des trois dispositifs est apparue souhaitable, tout en précisant que le contrôle et l’évaluation du dispositif national sont de la compétence de la Cour des comptes et non de la chambre territoriale des comptes de Nouvelle-Calédonie. Par ailleurs, pour bien appréhender la perspective d’ensemble, il a semblé également utile de décrire l’architecture générale des aides aux entreprises en Nouvelle-Calédonie, la question du cumul et/ou de l’articulation entre tous les dispositifs en vigueur pouvant souvent se poser. 1.1.1 Le régime local de défiscalisation, le dispositif national et la double défiscalisation 1.1.1.1
1.1.1.1.1

La défiscalisation locale
Le fonctionnement et le niveau de l’aide fiscale

Le dispositif initial a été mis en place par la loi du pays du 29 avril 20021, puis réformé par la loi du pays du 3 janvier 2008. Il est fixé par l’article Lp 45 ter 1 du code des impôts de Nouvelle-Calédonie. Sa période de mise en œuvre a été fixée jusqu’au 31 décembre 2006 par la loi de 2002, puis prolongée jusqu’au 31 décembre 2017 par la loi de 2008. Les principes directeurs de cette aide fiscale sont les suivants : - les secteurs économiques éligibles sont délimités ; - l’aide est modulée en fonction de la localisation de l’investissement ; - l’aide finance la période de réalisation de l’investissement ; - le montant minimum du projet pour prétendre à l’aide est de 50 MF CFP; - l’agrément préalable du projet est obligatoire quel que soit le montant. Le mécanisme fait intervenir les contribuables calédoniens. En finançant la réalisation d’un programme d’investissement, lesdits contribuables bénéficient d’une réduction d’impôt. Une partie de cet avantage fiscal est ensuite rétrocédée à l’opérateur du projet, lorsque, à l’achèvement de l’investissement, il rembourse les contribuables. Cette rétrocession peut atteindre 42% du coût total du projet. Celui-ci doit avoir été, au préalable, agréé par le gouvernement2. L’agrément peut se limiter à une partie du projet, dénommée « base éligible ». Bien entendu, les investissements doivent être réalisés sur le territoire calédonien.

Loi du pays n°2.19 du 21 avril 2002 instituant un dispositif d’encouragement à l’investissement et portant diverses mesures d’ordre fiscal, dite « loi Frogier ». La loi du pays n°2008-1 du 3 janvier 2008 relative au régime d’incitation fiscale à l’investissement dite « loi Martin » a modifié divers points de ce dispositif. 2 L’agrément préalable du projet, obligatoire, prend la forme d’un arrêté du gouvernement de la NouvelleCalédonie.

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Les contribuables, bailleurs de fonds du projet, dénommés aussi « investisseurs en défiscalisation » doivent donc résider fiscalement sur le territoire. Ils financent le projet en lieu et place de l’opérateur jusqu’à son achèvement complet, jouant ainsi le rôle de banque. En contrepartie, ils déduisent de l’impôt dont ils sont redevables une partie du financement qu’ils ont apporté. Dans l’exemple ci-après (tableau n°1), au cours de l’année N, une société Y finance le projet d’une entreprise X d’une valeur de 120 MF CFP (soit 1 M €). A l’issue de l’exercice N, elle pourra déduire 72 MF CFP de l’imposition dont elle serait normalement redevable. Cette perte de recettes fiscales pour le gouvernement est dénommée « dépense fiscale ». Ce financement doit être maintenu jusqu’à l’achèvement de l’investissement. Cette période est dénommée période de portage du projet. Elle est au minimum de 6 mois. Elle ne peut se prolonger indéfiniment : en effet, le crédit d’impôt doit avoir pour contrepartie l’achèvement du projet. La loi de 2002 prévoyait qu’elle ne pouvait dépasser 36 mois. Sa durée maximum a été portée à 60 mois par la loi de 2008. La loi impose aux bailleurs de fonds qu’ils rétrocèdent entre 70% et 55% de leur gain fiscal à l’opérateur lorsque celui-ci les rembourse. A l’achèvement du projet, le promoteur les rembourse donc pour un montant inférieur à leur financement de départ. On utilise le terme de rétrocession pour désigner le gain fiscal ainsi transféré à l’opérateur du projet. Dans l’exemple simplifié que présente le tableau n°1, le projet est achevé en moins d’un an. Il génère un gain fiscal de 72 MF CFP et le taux de rétrocession est de 70% : - le promoteur bénéficie d’une rétrocession de 50,4 MF CFP (72 MF x 0,7) ; - le coût de son investissement est donc limité à 69,6 MF CFP ; - de plus son financement n’intervient qu’à l’achèvement du projet. - le bailleur conserve un gain net de 21,6 MF CFP (72-50,4) ;
Tableau n° 1 : Le financement d’un projet en défis calisation (loi du pays du 3 janvier 2008)

Bailleur de fonds En MF CFP Montant du projet (entièrement éligible) Financement en défiscalisation Crédit d'impôt (60%) : gain brut du bailleur Achèvement du projet (moins d’un an) : X rembourse Y. Il bénéficie de 70% du gain fiscal soit : 72 x 0,7 = 50,4. Il ne rembourse que : 120 – 50,4 = 69,6. Bilan de chaque partie au projet Partage des gains entre l’opérateur et le contribuable
Source : Chambre territorial de Nouvelle-Calédonie

Promoteur (entreprise X) 120 Reçoit de Y : 120 ns <= Rembourse Y :

NouvelleCalédonie ns ns Perte : 72

(entreprise Y) ns Finance X : 120 => Gain fiscal : 72

Reçoit de X : 69,6 -120 + 72 +69,6 = Gain de 21,6

69,6 +120-69,6 = Gain de 50,4 -72 Perte : -72

Le dispositif apporte ainsi une aide sur deux plans. En premier lieu, les apports de fonds défiscalisés se substituent aux financements, principalement bancaires, que l’opérateur aurait dû rechercher pour financer la réalisation de son projet, s’il n’avait pas bénéficié du financement des bailleurs. A la différence d’un prêt bancaire, ce financement est gratuit pour l’opérateur car les bailleurs ne facturent pas à l’opérateur un taux d’intérêt.

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En revanche, il n’est pas gratuit pour la puissance publique car les bailleurs sont rémunérés par la partie substantielle du crédit d’impôt qu’ils conservent. Dans l’exemple ci-dessus elle s’élève à 21,6 pour 120 d’apports. En second lieu, l’opérateur bénéficie d’une aide substantielle de 50,4 MF CFP au moment où il rembourse les investisseurs fiscaux. Grâce à ce mécanisme l’opérateur finance son projet à un coût moindre que son coût effectif. En résumé, le dispositif correspond au versement d’une aide de 50,4 MF CFP à l’opérateur, par l’intermédiaire des investisseurs fiscaux, qui bénéficient d’une « rémunération » de 21,6 MF CFP. Le total est égal à la dépense fiscale, soit 72 MF CFP.
1.1.1.1.2 Les secteurs aidés et leur évolution depuis 2002

L’intention du dispositif fut, dès le départ, de développer les investissements productifs dans des secteurs économiques prioritaires. Mais ces secteurs ont évolué depuis 2002. En outre, les conditions de volume financier ont également été modifiées depuis 2002. La loi de 2002 mentionnait 9 secteurs économiques éligibles auxquels étaient associés des conditions de taille du projet : - le secteur de l’hôtellerie, pour lequel le montant éligible maximum était de 3 MdF CFP ; - les énergies renouvelables, la pêche industrielle, l'aquaculture, l'élevage de cervidés, la caféiculture, l'industrie de transformation des produits agricoles locaux et l'industrie de transformation des produits de la pêche, pour lesquels le volume éligible maximum était de 1,5 MdF CFP ; - pour le secteur hôtelier, le montant minimum du projet était de 200 MF hors des communes du Grand Nouméa et de 500 MF CFP pour ces quatre communes. Pour les autres secteurs, ces montants étaient de 50 MF et 100 MF CFP. La loi de 2008 a étendu cette liste à 19 secteurs éligibles : - les énergies renouvelables ; - la recherche et le développement (nouveau secteur) ; - l'hôtellerie touristique ; - les résidences de tourisme classées (nouveau secteur) ; - les villages de vacances classés (nouveau secteur) ; - l'animation touristique, notamment les activités diversifiant l'offre de loisirs sur une destination touristique, ou valorisant un site touristique naturel ou historique (nouveau secteur) ; - les maisons de retraite et les crèches (nouveau secteur) ; - la pêche industrielle ; - l'aquaculture ; - l'élevage des cervidés ; - la caféiculture ; - la sylviculture (nouveau secteur) ; - la production laitière (nouveau secteur) ; 8

- l'industrie de transformation des produits agricoles locaux ; - l'industrie de transformation des produits de la pêche ; - l'industrie de transformation, répondant notamment à des critères issus de la valeur ajoutée de la production, fixés par un arrêté du gouvernement de la Nouvelle-Calédonie ; - l'industrie de transformation liée à la valorisation et au recyclage des déchets, à l'exception des simples activités de tri et de compactage ; - les investissements nécessaires à l'exploitation d'une délégation ou d'une concession de service public local, quel que soit le secteur d'activité ; - les investissements nécessaires à l'exécution d'un marché public de transport terrestre de passagers urbain, suburbain et interurbain. Cet élargissement ayant fait perdre de sa lisibilité au dispositif, une circulaire du président du gouvernement du 18 janvier 2010 a défini quatre secteurs prioritaires parmi les secteurs éligibles de la loi de 2008 : - l’hôtellerie touristique ; - la sylviculture ; - l’industrie de transformation ; - les maisons de retraite. Par ailleurs, la loi de 2008 a simplifié les conditions de taille du projet : le montant minimum d’un programme a été fixé à 50 MF CFP quel que soit le type de projet. Les maxima ont été supprimés : désormais, si le gouvernement envisage d’octroyer l’agrément, lorsque le programme d’investissement excède 5 MdF CFP pour le secteur de l'hôtellerie touristique et 1,5 MdF CFP pour les autres secteurs, le projet d'agrément doit simplement être soumis, pour avis préalable, à la commission des finances et du budget du Congrès. Outre le critère du secteur économique, la loi prévoit que l’agrément ne peut être accordé que si l’investissement présente un « intérêt économique pour la Nouvelle-Calédonie ». Cette notion n’a, cependant, pas été définie plus précisément par la loi, ni par aucun autre texte réglementaire. La circulaire du 18 janvier 2010 précitée a donné de ce critère une première définition qui reste néanmoins incomplète. Enfin, la loi prévoit que le projet doit avoir pour buts principaux « la création ou le maintien d'emplois ou … [le] développement des exportations de la Nouvelle-Calédonie ».
1.1.1.1.3 Les mécanismes de garantie

En premier lieu, le projet doit « garantir la protection des investisseurs et des tiers3 ». Cela signifie que le plan de financement doit être sécurisé tant vis-à-vis des bailleurs de fonds que vis à des vis des autres financeurs du projet. Le défaut partiel ou total de remboursement des tiers qui pourrait découler d’un montage défectueux affecterait sérieusement la crédibilité du dispositif. Il deviendrait, en effet, difficile de trouver par la suite des bailleurs de fonds qui accepteraient d’y participer.

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Point IV de la loi du pays n°2008-1 du 3 janvier 2008 relative au régime d’incitation fiscale à l’investissement.

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En second lieu, l’opérateur doit, dans les trois mois qui suivent l’agrément de sa demande de défiscalisation, fournir l’identification des investisseurs fiscaux, le montant individualisé des financements qu’ils apportent, et leur engagement sur leur durée de portage du projet agréé. Ces éléments figureront sur le certificat administratif que les bailleurs joindront à leur liasse fiscale pour justifier leur réduction d’impôt4. En outre, l’opérateur doit fournir les attestations « de bouclage de financement » ainsi que son « engagement d’achèvement » du projet dans un délai inférieur à 60 mois5. Afin de vérifier ces engagements, l’arrêté du 29 janvier 2008 relatif à l’application de la loi de 2008, a introduit l’obligation pour l’opérateur de fournir à l’administration, dans les douze mois qui suivent la mise en exploitation du programme d’investissement : - le justificatif du coût de l'investissement à concurrence au minimum de la base éligible ; - le justificatif du remboursement des bailleurs de fonds et de la rétrocession effective de l'avantage fiscal ; - la liste des emplois créés. En cas de la non réalisation de tout ou partie du projet, les bailleurs deviennent redevables de tout ou partie de la réduction d’impôt initiale, majorée des intérêts de retard. Par exemple, dans l’hypothèse où l’investissement ne serait pas réalisé, les investisseurs fiscaux, seraient redevables de l’intégralité de leur crédit d’impôt à l’administration fiscale. En 2010, la direction des services fiscaux a procédé ainsi à une reprise de crédit d’impôt de 92 MF CFP, majorée de 16 MF CFP d’intérêts de retard sur un projet de 1,6 MdF CFP agréé en 2006, mais non réalisé pour un montant de 184 MF CFP. Enfin, l’opérateur doit conserver l’affectation de son investissement pendant 5 ans - 15 ans dans le secteur hôtelier - au secteur économique figurant dans l’arrêté d’agrément. Si cette condition cesse d’être respectée par changement ou cessation d’activité, la rétrocession dont il a bénéficié doit être restituée, « au prorata des années restant à courir6 ». Afin de vérifier cette obligation, l’arrêté du 29 janvier 2008 a introduit l’obligation pour l’opérateur de fournir à l’issue de la cinquième année d’exploitation : - la justification du maintien de l'investissement en exploitation ; - la liste des emplois au terme de cette période d'exploitation. En dernier lieu, le projet doit également respecter « toutes les réglementations en matière d'environnement et d'installations classées et, le cas échéant, de classement hôtelier 7».
1.1.1.1.4 La base éligible d’un projet et les retraitements de base éligible

La base éligible du projet correspond à l’actif immobilisé qui figurera au bilan de l’entreprise gérant le programme aidé, mais elle peut être modulée par l’arrêté d’agrément. En effet, celuiPoint VI de la loi du pays n°2008-1 du 3 janvier 2008 relative au régime d’incitation fiscale à l’investissement et article 3 de l’arrêté n° 2008-523/GNC du 29 janvier 2008 relatif à l'application des articles Lp 45 ter 1 et Lp 45 ter 2 du code des impôts 5 Idem et point VIII de la loi du pays du 3 janvier 2008. 6 Point VII de la loi du pays du 3 janvier 2008. 7 Ibid.
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ci arrête le montant de la base éligible. La chambre a constaté qu’entre 2002 et 2010, sur 81 décisions d’agréments, 55 avaient fait l’objet d’un retraitement de leur base par le jeu des dispositions suivantes : 1) Dans le cadre de la loi de 2002 la base éligible maximum par projet était limitée à 1,5 MdF CFP en général et à 3 MdF CFP pour les projets hôteliers. Ceci donnait donc lieu à un écrêtement automatique de la base éligible lorsqu’un projet agréé dépassait l’un ou l’autre de ces montants. Cette disposition a souvent été appliquée. Ces maxima d’éligibilité ont été supprimés par la loi de 2008. 2) la loi de 2008 a prévu que si des fournisseurs réalisant le programme aidé étaient liés au promoteur, leur marge commerciale réalisée grâce au projet devrait être déduite de la base éligible de ce dernier. Cette disposition a été mise en œuvre plusieurs fois pour des montants parfois conséquents8. 4) La loi fixe également que le calcul de la base éligible doit s’entendre : « diminuée du montant des subventions publiques d’investissement ». Il ne peut donc y avoir, a priori, de cumul entre la défiscalisation et d’autres régimes d’aide à l’investissement. Ceci a également donné lieu à des retraitements de base. 5) En dernier lieu, le dispositif prévoit que l’arrêté d'agrément détermine le montant des investissements éligibles, « en fonction de la valeur ajoutée apportée et des retombées fiscales et sociales générées par le programme d'investissement telles qu'elles ressortent de l'instruction ». Cette disposition a permis également de moduler la base éligible.
1.1.1.1.5 Le crédit d’impôt et le niveau de rétrocession

Le niveau du crédit d’impôt est différent selon que le projet est réalisé dans les communes du Grand Nouméa ou à l’extérieur de ces communes9. Dans le premier cas, la loi de 2002 prévoyait que le crédit d’impôt était égal à 50% du financement apporté par le bailleur. La loi de 2008 a réduit cette quotité à 45%. Hors des communes du Grand Nouméa, le taux du crédit d’impôt est resté fixé à 60% depuis 2002. L’allègement d’impôt ne peut dépasser 70% du montant annuel d’impôt qui serait payé dans des conditions normales. Si le crédit d’impôt excède ce montant, le solde est reporté sur les exercices suivants dans la limite de quatre exercices. La rétrocession est la part du gain fiscal que le bailleur rétrocède à l’opérateur lorsque celui-ci lui rembourse son financement initial. Plus elle est importante, plus est élevée l’aide au projet et faible la rémunération des bailleurs de fonds. Le taux de rétrocession a été fixé à 75% du crédit d’impôt par l’article 13 de la loi du pays n° 2003-7 du 21 novembre 2003 portant diverses dispositions d'ordre fiscal. Ce niveau de rétrocession qui peut paraître important ne pénalisait pas les bailleurs, car le montant rétrocédé était admis comme une charge déductible. Ceci réduisait d’un tiers le poids
Projet SOLAR ABONNEMENT (agréé en 2008) : exclusion de la marge réalisée par la SARL SUN RAY, actionnaire à 60% de SOLAR ABONNEMENT SARL, sur la fabrication des chauffe-eau solaires et déduction à ce titre de 108 MF CFP de la base éligible sollicitée. 9 Leurs îlots sont considérés dans le dispositif comme extérieurs aux communes du Grand Nouméa proprement dites.
8

11

financier effectif de la rétrocession : un montant rétrocédé de 100 permettait de réduire l’impôt sur les sociétés de 30 et conduisait donc à diminuer de 100 à 70 le poids financier effectif de la rétrocession. Ceci créait une autre dépense fiscale liée, en sus du crédit d’impôt. La loi de 2008 a supprimé cette déductibilité tout en réduisant le niveau minimum de la rétrocession à 70% si la période de portage est de moins d’un an, 60% pour les projets achevés en moins de 30 mois et 55% au-delà de cette durée. Le tableau n°2 présente les niveaux de crédit d’impôt et de rétrocession, en fonction de la durée de portage et de la zone géographique du programme d’investissement agréé.
Tableau n° 2 : Niveaux de crédit d’impôt et nivea u de rétrocession (loi de 2008)

Opération de 120 MF pour un bailleur Grand Hors Grand Plafonnement de l’avantage fiscal = devant payer 70 MF d’impôt Nouméa Nouméa 70% de l'impôt dû Financement 120 120 Taux du crédit d’impôt et montant (gain fiscal direct de l’opérateur) et imputation de celui-ci Plafonnement = oui pour 2 MF CFP 45% 60% à reporter sur le paiement de Taux du crédit d'impôt Montant du crédit d’impôt : 54 72 l’impôt en N+1 Taux de rétrocession du crédit d’impôt et montant (gain net de l’opérateur) Portage < 12 mois = 70% : 37,8 50,4 12 mois < portage < 30 mois = 60% : 32,4 43,2 Portage >30 mois = 55% : 29,7 39,6
Source : CTC et loi du pays du 3 janvier 2008

1.1.1.1.6

Les autres modalités de mise en œuvre

1) Le dispositif est plutôt destiné aux investisseurs fiscaux ayant le statut de sociétés car le niveau minimum d’investissement est de 10 MF CFP. L’encadré présente ci-après le fonctionnement du dispositif du point de vue du bailleur de fonds.
Le fonctionnement de l’aide fiscale du point de vue du bailleur de fonds Le bailleur de fonds doit apporter au minimum 10 MF CFP. La réduction d’impôt dont bénéficie le bailleur suppose qu’il est certain de payer l’impôt et qu’il en a estimé le montant. Elle ne peut en effet s’imputer que sur l’impôt dû. Le bailleur reçoit un certificat d’investissement de l’administration fiscale attestant des fonds investis dans le projet. Ce certificat, ultérieurement joint à la liasse fiscale du contribuable, lui permettra d’obtenir la réduction d’impôt. Le retour financier a lieu en deux temps. 1) Lors de l’octroi du crédit d’impôt. Le bilan financier de l’opération est, à ce stade, négatif. Le bailleur a, en effet, déboursé plus de fonds qu’il n’en n’a encore reçu. 2) A l’achèvement du projet, le bailleur est remboursé par l’opérateur du financement initial diminué de la rétrocession. Le bilan financier devient alors positif.

2) Les personnes physiques - contribuables à l’impôt sur le revenu - peuvent, néanmoins, accéder au dispositif par le biais d’une société fiscalement transparente, en général une société en nom collectif, qui peut réunir un ou plusieurs contribuables,. Le montant total de crédit d’impôt revenant à cette société est réparti entre les contribuables au prorata de leurs apports respectifs, le minimum d’apports restant de 10 MF CFP. 12

3) Qu’ils soient personne physique ou morale, les bailleurs de fonds peuvent emprunter les sommes qu’ils souhaitent placer en défiscalisation. Le gain fiscal, certes diminué par le coût de l’emprunt, reste cependant substantiel (cf. tableau n°3).
Tableau n° 3 : Gain d’un bailleur de fonds sans em prunt et avec emprunt (loi de 2008)

En MF CFP Montant du projet Origine des fonds Coût des fonds sur un an (7% de 120 = 8,4 MF) Financement en défiscalisation Crédit d’impôt (60%) Un an plus tard : remboursement du bailleur Bilan Gain du bailleur
Source : CTC

Bailleur disposant des fonds 120 Fonds propres Coût fonds : 0 Finance : 120 Gain fiscal : 72 Remboursement : 69,6 -120 + 72 + 69,6 = Gain de 21,6

Bailleur empruntant les fonds 120 Emprunt à 7% Coûts fonds : 8,4 Finance : 120 Gain fiscal : 72 Remboursement : 69,6 -120 + 72 + 69,6 -8,4 = Gain de 13,2

Selon les cabinets de défiscalisation, la proportion de bailleurs de fonds recourant à des crédits relais est élevée. Ceci permet d’optimiser le montant des fonds investis en fonction du volume prévisionnel d’impôt et/ou d’intervenir comme bailleur alors qu’on ne dispose pas de disponibilités où qu’on ne souhaite pas les immobiliser.
1.1.1.1.7 Le rôle du cabinet de défiscalisation

Le montage d’un dossier de demande de défiscalisation et sa mise en œuvre englobent plusieurs approches, économique, juridique, comptable et financière. Le dossier doit permettre de faire apparaître l’intérêt et la viabilité économique du projet. Il doit définir son plan de financement. L’ensemble doit être intégré au sein d’un montage juridique et fiscal. Les contrats fixant les conditions de portage et les conditions de reprise par l’opérateur doivent être prévus. Ce travail relève de cabinets spécialisés en ingénierie financière, dénommés « cabinet de défiscalisation ». Leur rôle consiste dans l’élaboration du dossier en collaboration avec le promoteur, dans la sélection des bailleurs de fonds et ensuite à dialoguer avec l’administration en lui présentant le projet et en répondant à ses demandes dans le cadre de l’instruction de la demande d’agrément. Les cabinets sont rémunérés « au succès », c'est-à-dire uniquement si le projet est agréé. Leur rémunération incombait à l’opérateur dans la première version du dispositif. Elle est, depuis la loi de 2008, obligatoirement à la charge du bailleur de fonds. Elle serait, en moyenne, de 4,5% du montant total de la base éligible, selon les informations disponibles10. Ce chiffre sera pris pour base dans la suite du rapport. En déduisant la rémunération du cabinet, le gain net d’un bailleur s’établit schématiquement comme indiqué au tableau n°4.

Il n’y a pas d’obligation pour les bailleurs de communiquer à l’administration le montant de la rémunération du cabinet responsable du montage du dossier.

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13

Tableau n° 4 :

Gain d’un bailleur de fonds en inté grant la rémunération du cabinet sans emprunt et avec emprunt

En MF CFP Montant du projet Origine des fonds Coût des fonds sur un an (7% de 120 = 8,4 MF CF) Financement en défiscalisation Crédit d'impôt : 60% du financement Remboursement de l’opérateur 2008 : 2002 : Gain fiscal lié à la charge de rétrocession

Bailleur en fonds propres 120 Fonds propres Coût fonds : 0 (or coût d’opportunité) Finance : 120 Gain fiscal : 72 Remboursement : 69,6 Remboursement : 66 Diminution de l’impôt : 0 17,80 Paiement : 5,4 -120 + 72 + 69,6 -5,4= Gain de 16,2 -120 + 72 + 66 + 17,8= Gain de 35,8

Bailleur empruntant les fonds 120 Emprunt à 7% Coûts fonds : 8,4 (charges d’intérêt sur un an) Finance : 120 Gain fiscal : 72 Remboursement : 69,6 Remboursement : 66

2008 : 2002 : Rémunération du cabinet de défiscalisation (4,5% de 120 = 5,4 MF CFP) Bilan 2008 : Gain net du bailleur Bilan 2002 : Gain net du bailleur

Paiement : 5,4 -120 + 72 + 69,6 -8,4 – 5,4 = Gain de 7,8 -120 + 72 + 66 + 17,8 -8,4 = Gain de 30,4

Source : CTC

1.1.1.2

La défiscalisation métropolitaine

L’aide mise en œuvre par le régime métropolitain intervient selon des modalités sensiblement différentes de celle de la défiscalisation locale : - un très large périmètre d’activités ; - aucune modulation géographique ; - le financement des 5 premières années d’exploitation du projet (et non de sa période de réalisation) ; - pas de niveau plancher, ce qui permet de défiscaliser les investissements de faible montant; - de plus la défiscalisation est de droit – pas d’agrément préalable - pour les investissements d’un montant inférieur à 29,8 MF CFP ; - l’agrément préalable est obligatoire au-delà de ce montant. Les investisseurs – obligatoirement métropolitains – acquièrent tout ou partie d’un bien productif outre-mer par le biais d’une structure de portage fiscalement transparente. Ils bénéficient alors d’une réduction d’impôt proportionnelle au montant de leur investissement. Le bien doit être acquis neuf et avant sa mise en exploitation : à la différence du régime local, le financement des bailleurs de fonds intervient une fois l’investissement achevé ; par suite, l’opérateur doit financer la réalisation du projet. Les investisseurs fiscaux doivent détenir le bien pendant cinq années à compter de sa mise en exploitation. A l’issue de cette période, l’opérateur les rembourse : il bénéficie alors d’une rétrocession de l’avantage fiscal c’est à dire que son remboursement est inférieur au montant de l’apport initial des contribuables.

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Afin d’assurer la sécurité de ces derniers, la loi autorise la location du bien ce qui permet des montages où le remboursement se déroule tout au long de la période de défiscalisation sous la forme d’un loyer versé par l’opérateur. : Comme pour la défiscalisation locale, le montage juridico-financier est assuré par un cabinet de défiscalisation. Son rôle inclut également la gestion de la structure de portage de la défiscalisation durant les cinq premières années d’exploitation du bien. Dans le dispositif national , les dispositions sont différentes selon que le bailleur de fonds est une entreprise ou une personne physique. S’il s’agit d’une défiscalisation à l’impôt sur le revenu, le projet est monté en application de l’article 1999 undecies B du code général des impôts. Lorsqu’il s’agit d’une défiscalisation à l’impôt sur les sociétés, le projet relève de l’article 217 undecies du code général des impôts. Les principales dispositions sont résumées dans le tableau n°5 qui schématise le fonctionnement de la défiscalisation métropolitaine pour un projet de 1 M € (120 MF CFP) via l’impôt sur les sociétés et via l’impôt sur le revenu.
Tableau n° 5 : Défiscalisation du régime métropoli tain, principales dispositions11

IS :(article 217 undecies Projet de 120 MF CFP (1 M €) Financement d’un bien productif Crédit d'impôt IS (100% du montant déduit de l'assiette de l'IS à 33,33%) Crédit d'impôt IR : (50% du montant déduit de l’IR) du CGI métropolitain) Financement : 120 Gain fiscal brut : 40 (= 120x0,3333)

IR :(article 199 undecies B du CGI métropolitain) Financement : 120

Gain fiscal brut : 60 (=120x0,5)

Portage du bien pendant 5 ans puis rachat par le promoteur Taux de rétrocession du crédit d’impôt à l'opérateur 75,00% 62,50% Montant de la rétrocession à l'opérateur de : 30 37 Rachat en N+5 par l’opérateur pour un montant de : 90 83 Part conservée par le bailleur 25,00% 37,50% Montant du gain fiscal net du bailleur de : 10 23
Source : CTC, code général des impôts de France métropolitaine

1.1.1.3

La « double défiscalisation »

En 2002, si l’Etat accordait la défiscalisation à un projet bénéficiant de la défiscalisation locale, l’aide fiscale locale – la part rétrocédée du crédit d’impôt - était déduite pour le calcul de l’aide nationale. Depuis 2003, en application de l’article 26 de la loi du 21 juillet 2003 dite « loi Girardin » : « les aides octroyées par la Nouvelle-Calédonie, la Polynésie française, Wallis-et-Futuna, Saint-Pierre-et-Miquelon et Mayotte dans le cadre de leur compétence fiscale propre au titre de projets d'investissements sont sans incidence pour la détermination du montant des dépenses éligibles » à l’aide fiscale métropolitaine. Cette disposition permet, pour un même programme, l’enchaînement des deux régimes selon le processus suivant : 1) Les contribuables calédoniens financent la réalisation du programme ;
11

Les taux de défiscalisation ont été pour la plupart réduit de 10% en 2011 en application du « coup de rabot » fiscal de 10%. Par exemple, en 2011, le crédit d’impôt du régime IR est passé de 50% à 45%. Cette disposition a été mise en œuvre par la loi de finances de 2011. Les taux applicables en l’absence de dispositions spécifiques de cette nature restent ceux indiqués.

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2) Une fois le projet réalisé, il est acquis par l’opérateur (pour une valeur diminuée du montant de la rétrocession) ; 3) Les contribuables métropolitains rachètent alors le projet à l’opérateur pour sa valeur totale ; 4) A l’issue de 5 années d’exploitation, l’opérateur reprend possession de l’investissement en bénéficiant de la rétrocession métropolitaine ; 5) L’opérateur cumule ainsi la rétrocession locale et la rétrocession métropolitaine. Le tableau n°6 schématise les apports financiers permis par le cumul des deux dispositifs : un projet de 120 MF CFP peut bénéficier, par l’application successive des défiscalisations locale puis métropolitaine, de 88 MF CFP d’aides, soit une valeur résiduelle à financer de 32,1 MF CFP. En outre, le cumul des deux régimes permet la prise en charge financière du projet du début de sa construction jusqu’à la cinquième année de son exploitation.
Tableau n° 6 : Présentation schématique du mécanism e de la double défiscalisation métropolitaine

En MF CFP Montant du projet Financement en défiscalisation Crédit d'impôt (60%) Partage du gain fiscal sur la base d’une rétrocession de 70% Remboursement Financement en défiscalisation Crédit d'impôt régime de l’IR (50%) Partage du gain fiscal brut sur la base d’une rétrocession de 62,5% Remboursement Bilan

Bailleurs de fonds (NC) ns Finance : 120 72 Gain fiscal net : 21,6 Reçoit : 69,6
Bailleur de fonds (métropole)

Promoteur 120 Reçoit : 120 ns Subvention : 50,4 Rembourse : 69,6 Reçoit : 120 ns Gain : 37,5 Rembourse : 82,5 Subvention : 87,9

Nouvelle-Calédonie ns ns 72 Perte : 72 Métropole ns 60 Perte : 72 Pertes totales : -132

Paye : 120 60 Gain fiscal net : 22,5 Reçoit : 82,5 Gains fiscaux : 44,1

Source : CTC, loi du pays du 3 janvier 2008 et code général des impôts de France métroolitaine

Il est à noter que l’opérateur recevant 88 MF de subventions et les bailleurs de fonds 44 MF, le coût total des aides fiscales métropolitaine et calédonienne est de 132 MF CFP, soit une valeur supérieure à celle du projet aidé (120 MF CFP). 1.1.2 L’articulation du dispositif avec les autres régimes d’aide aux entreprises

Une présentation générale des aides aux entreprises apparaît utile afin d’examiner, notamment, la question du cumul et de l’articulation entre le dispositif de défiscalisation et les autres régimes d’aide. 1.1.2.1 L’échelon provincial

La chambre estime que l’articulation entre la défiscalisation et l’action des provinces et de leurs SEM pourrait être améliorée. En effet, les trois principales sociétés d’économie mixte des provinces - Promosud, Sofinor et Sodil - financent des projets d’investissements par des prises de participation en actions et par des avances en compte courant d’associés. Promosud a pris des participations dans 69 sociétés entre 1992 et 2008. La SEM Sofinor est actionnaire

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d’un nombre à peu près équivalent de sociétés. La SODIL, via sa filiale SOPARIL détient un portefeuille de 40 participations. En 2008, un régime de défiscalisation a été mis en place par l’article Lp 45 ter 3 du code des impôts afin de faciliter le financement de ces SEM. Les contribuables investissant dans une SEM peuvent bénéficier d’un crédit d’impôt égal à 30% de leurs apports s’ils maintiennent leurs fonds dans la SEM au moins trois ans, de 50% au-delà de 5 ans et de 70% pour une durée de 8 ans et plus. L’apport minimum est de 10 MF CFP et le plafond annuel est de 500 MF CFP par SEM12pour la totalité des apports. En contrepartie, la SEM doit investir les fonds dans les mêmes secteurs que ceux éligibles à la défiscalisation locale. Dans ce cadre, les SEM sont intervenues dans 24 projets ayant également bénéficié de la défiscalisation locale (cf. tableau n°7).
Tableau n° 7 :
Agrément 2006 2009 2007 2002 2008 2010 2004 2009 2006 2004 2006 2006 2006 2007 2005 2009 2005 2010 2008 2005 2002 2004 2004

Actionnariat des SEM provinciales d ans certains projets ayant bénéficié également de la défiscalisation
PROJET SUDILES SEML SAVEXPRESS SUDILES PESCANA Société KONE BETON "SKB" SA SAS BREBISLAIT SELVA SA MAGUENINE-SEO HOTELIERE DU KONIAMBO HOTEL DU KONIAMBO NENGONE VILLAGE DREHU VILLAGE OURE LODGE LE RELAIS PORT BOISE KOU BUGNY SARL HOTELIERE DU CENTRE HOTEL DE TIETI SAS HOTELIERE DE DEVA SOLAR Edwards Abonnement SOLARD EDWARDS ABONNEMENT EOLE PRONY APRIL ECLOSERIE D'EORI Montant total inv. 1 860 570 560 1 428 400 000 218 662 422 338 854 382 217 669 294 502 899 198 215 418 413 409 743 692 73 090 964 791 325 691 291 365 259 296 100 000 278 589 471 628 157 618 493 730 781 963 622 000 1 494 499 346 9 302 464 554 314 649 563 175 763 250 646 311 160 57 834 026 333 952 940 Actionnariat public PROMOSUD (65%) + ICAP (35%) PROMOSUD (53,84%) + Nouméa Paita (8,63%) +CCI (14,85%) PROMOSUD ET SODIL (100%) PROMOSUD (10%) SODEPAR, filiale SOFINOR (49%) FINAGRO, filiale SOFINOR (65%) PROMOSUD (14%) SHN, filiale PROMOSUD (33%) SODEPAR (99,4%) SODEPAR (99,4%) SAEML SODIL (79,14%) + ICAP (13,2%) SAEML SODIL (78,68%) + ICAP (14,89%) PROMOSUD (52%) + ICAP (32%) PROMOSUD (39,37%) + ICAP (34,64%) PROMOSUD (27%) + ICAP (15%) PROMOSUD (10%) SAEML COTE OCEANIENNE (81,08%) PROMOSUD 100% via la SHN PROMOSUD (40%) PROMOSUD (40%) PROMOSUD (13%) via la société BIOTECH PROMOSUD (20%) + ICAP (20%) Groupe SOFINOR (72%)

Source : CTC DSF

Elles ont été simple financeur et/ou opérateur de ces investissements. Gouaro Deva, projet hôtelier d’un montant de 9 MdF CFP agréé à la défiscalisation locale et nationale pour un montant éligible de 6 MdF CFP, cumule ces deux modes d’intervention : Promosud, SEM de la province Sud, finance 30% de ce projet soit 3 MdF CFP, tout en bénéficiant de la défiscalisation en sa qualité de propriétaire de la la SHN (Société des hôtels de Nouméa) qui est l’opérateur de ce projet. Parallèlement à ces actions menées via leurs SEM, les provinces mettent en œuvre des aides aux entreprises sur leur budget propre.

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Montant initial de 300 MF CFP/an/SEM, porté à 500 MF CFP/an/SEM par la loi de 2008.

17

Il serait donc logique, comme le recommandait l’audit du dispositif effectué en 200513 que l’action des provinces et de leurs SEM soit pleinement coordonnée avec celle du gouvernement via la défiscalisation. Par exemple, une coordination sur les mêmes secteurs émergents pourrait renforcer les effets de levier des différents régimes d’aide. Les provinces et leur SEM pourraient, également, participer au comité administratif du dispositif dont la chambre recommande la création14. Recommandation N°1 : La chambre recommande que l’action des provinces et de leurs SEM d’investissement soit mieux articulée avec celle du gouvernement tant par une définition concertée des secteurs prioritaires que par le renforcement de leur participation au processus d’instruction des agréments. 1.1.2.2 Les organismes de financement de l’économie

Il s’agit en premier lieu, des fonds communs de placement à risque agréés qui bénéficient d’un régime propre de défiscalisation15. Celui-ci consiste dans une réduction d’impôt de 50% pour tout apport d’un contribuable à ce type de fonds. Il existe un fonds en activité et un second fonds a déposé une demande d’agrément. L’un des ordonnateurs précise dans sa réponse que, même si cela n’a pas été explicitement prévu par la loi, il ressort des débats tenus au congrès lors du vote de la loi ayant fixé en dernier lieu le régime de ces fonds, que le congrès avait entendu exercer son contrôle sur leur évolution, leur fonctionnement et notamment quels investissements ils réaliseraient. La chambre observe cependant, qu’en l’absence de dispositions impératives, à la différence de ce qui a été mis en place pour les SEM, les investissements de ces fonds n’ont pas été articulés avec les secteurs éligibles à la défiscalisation. S’agissant, en second lieu, des établissements publics, la chambre a relevé, à titre d’exemple, que trois établissements étaient intervenus durant la période considérée dans le soutien aux entreprises dont certaines ont également bénéficié de la défiscalisation : l’Institut calédonien de participation (Icap), l’Office de commercialisation et d’entreposage frigorifique (Ocef) et l’établissement de régulation des prix agricoles (Erpa). L’action de ces établissements croise celle du dispositif. L’ERPA et l’OCEF sont souvent intervenus auprès de sociétés des secteurs aquacoles, de la pêche, de l’agriculture et de l’agroalimentaire agréées à défiscalisation locale. Depuis sa création, l’ICAP est intervenu à hauteur de près de 5 MdF CFP uniquement hors du grand Nouméa et dans de nombreux cas sur des projets également agréés à la défiscalisation. La liste n’est pas exhaustive : l’Agence française de développement, les chambres consulaires, déploient également des aides qui peuvent se cumuler avec l’aide fiscale.

Louis Harris « Synthèses et conclusions de l’étude d’impact de la loi 2002-019 », page 4. Actuellement, un avis obligatoire est rendu par la province concernée lorsqu’un projet sollicitant l’agrément concerne son territoire. Toutefois, dans la pratique, le rôle de ces avis est limité. 15 Ce mode de défiscalisation a été mis en place par la loi du pays n° 2006-14 du 22 décembre 2006 portant diverses dispositions d'ordre fiscal pour favoriser l'investissement dans les entreprises calédoniennes et le développement économique, puis codifié par la loi du 3 janvier 2008 (cf. section 1.1.1.1) à l’article Lp45 ter 5 du code des impôts
14

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Recommandation N°2 : La chambre recommande donc qu’une réflexion soit menée pour permettre une meilleure articulation entre le dispositif de défiscalisation et l’action des organismes de soutien, d’intervention et/ou de régulation économique tels l’ICAP, l’Ocef, l’Erpa, l’AFD, les fonds communs de placement à risque ou les chambres consulaires. 1.1.2.3 Les allègements de taxes à l’importation

Les allègements de taxes d’importation et notamment de la taxe générale à l’importation sont pris en application de la délibération n° 69 CP du 10 octobre 1990. Ils sont attribués sur agrément permanent ou temporaire. Le montant total des exonérations de droits à l’importation et des autres droits indirects a évolué de la manière suivante depuis 2002.
Tableau n° 8 : Droits indirects perçus par la dire ction des douanes de 2003 à 2009

Droits et taxes indirects en MdF CFP Recettes perçues Exonérations Dont exonérations de TGI
Source : Direction des douanes

2003 29,8 5,9 4,7

2004 32,2 6,7 5,6

2005 34,8 9,9 6,3

2006 34,7 11,9 7,8

2007 39,2 11,1 6,9

2008 43,1 11,0 7,8

2009 41,1 11,1 7,8

L’articulation entre les deux régimes est inexistante. Les aides à l’importation reçues par les projets aidés en défiscalisation ne sont d’ailleurs pas comptabilisées. Recommandation N°3 : La chambre recommande qu’une réflexion soit menée sur l’articulation entre le régime d’exonérations de taxes à l’importation issu de la délibération du 10 octobre 1990 et le régime de défiscalisation. 1.1.2.4 La défiscalisation des investissements directs

Un régime de défiscalisation a été mis en œuvre pour les investissements directs d’un montant inférieur à 50 MF CFP : depuis le 1er janvier 200316, les entreprises peuvent déduire de leur l’impôt 15% de leurs dépenses directes d’investissement de la même année - dans la limite de 50% de l’impôt calculé au taux normal - pour des projets ne dépassant pas 50 MF CFP. L’accès à cette disposition est ouvert à presque tous les secteurs productifs17 en dehors du commerce, de l’immobilier et des établissements financiers. Il est mis en œuvre par les entreprises directement sans agrément18. Toutefois, le nombre de projets d’investissement ayant bénéficié de cette disposition, ainsi que le volume de la dépense fiscale en résultant, ne font pas l’objet d’un suivi.
La disposition a été créée par la loi 2002 relative à la défiscalisation (article Lp45 ter 4 du code des impôts) puis elle a été replacée sous l’article Lp45 ter 2-1 par la loi de 2008 relative à la défiscalisation. 17 L’article Lp45 ter 2-1 énumère les secteurs de : « l'industrie, de la pêche, du tourisme, de l'hôtellerie touristique, des énergies renouvelables, de l'agriculture, du bâtiment, des travaux publics, des transports et de l'artisanat de production ». 18 La déduction est opérée directement par l’entreprise, lorsqu’elle calcule et paye le solde de l’impôt sur les sociétés en fin d’exercice fiscal : les pièces précisant la nature et le montant des investissements sont jointes au bordereau de liquidation de l’impôt transmis à l’administration.
16

19

Recommandation N°4 : La chambre recommande qu’un suivi du dispositif de défiscalisation des investissements directs - mis en œuvre par l’article Lp 45 ter 2-1 - soit mis en place par la direction des services fiscaux afin de pouvoir l’évaluer et si nécessaire, l’articuler avec le dispositif de défiscalisation. 1.1.2.5 La coordination des autres régimes d’aides

1.1.2.5.1 L’imposition allégée des entreprises dont le chiffre d’affaires est inférieur à 200 MF CFP

Les articles Lp 45.0 et R 45.0 fixent un taux réduit d’IS à 15% dans la limite de 5 MF CFP de bénéfices, pour les entreprises ayant un chiffre d’affaires inférieur à 200 MF CFP. Le coût de ce régime est disponible depuis 2009. Il a été estimé à 1,1 MdF CFP, soit 4% du produit de l’IS. La taille des sociétés bénéficiaires les exclut a priori du périmètre de la défiscalisation locale. La question de l’articulation entre les dispositifs ne se pose donc pas.
1.1.2.5.2 Les régimes fiscaux privilégiés du secteur de la métallurgie

Les sociétés du secteur métallurgique ne font pas partie du périmètre des investissements éligibles à la défiscalisation locale. Ce choix parait judicieux, car l’importance des investissements et les coûts fiscaux déjà importants correspondant aux régimes d’impostion particuliers consentis aux opérateurs ne justifient probablement pas de les faire bénéficier du dispositif. C’est pourquoi les demandes d'agrément déposées par la SLN en 2008 relatifs à différents projets d’investissement ont fait l’objet d’arrêtés de rejet en 2009. Il est à noter qu’un de ces refus a fait l'objet d'un contentieux et par un jugement du 29 avril 2010, le tribunal administratif de Nouvelle-Calédonie a rejeté la demande de la SLN tendant à annulation du rejet de la demande d'agrément. La société a cependant interjeté appel de cette décision le 30 juillet 2010. Il est précisé, s’agissant de la défiscalisation métropolitaine, que celle-ci a significativement contribué aux projets des usines du Nord et du Sud avec un agrément donné en 2004 pour une base éligible de 50 MdF CFP environ pour l’usine du Sud et un autre pour l’usine du Nord en 2007 pour une base éligible de 65 MdF CFP. De plus, l’ensemble des sociétés du secteur métallurgique et minier participent très significativement au secteur dit du plein droit de la défiscalisation métropolitaine dans des proportions qui ne peuvent être mesurées. Par ailleurs, les articles Lp 45 bis 1 à Lp 45 bis 6 du code des impôts19 prévoient un régime fiscal spécifique pour les entreprises créant une usine de traitement des minerais. En application de ce régime, les groupes construisant actuellement les usines du sud et du nord ont bénéficié des exonérations suivantes : - total cumulé Vale Inco au 31.12.2009 : 17,7 MdF CFP - total cumulé KNS au 31.12.2009 : 9,4 MdF CFP

19

Loi du pays n° 2001-009 du 17 juillet 2001.

20

En outre, les articles Lp8 ter et quater du code des impôts20 exonèrent de l’impôt sur les sociétés les plus-values de réévaluation de titres miniers liées à la construction d’usines ou aux prises de participations effectuées dans le domaine de la métallurgie. Selon la direction des services fiscaux, ces articles ont permis des économies d’impôts à l’occasion des opérations suivantes : - 6 MdF CFP pour la réévaluation des titres miniers de la SAS Koniambo (2006) ; - le même montant – 6 MdF CFP – à l’inscription à l’actif de la SMSP des actions nouvellement émises par la SAS Koniambo (2006) ; - 11,5 MdF CFP à l’occasion d’une nouvelle réévaluation des titres de la SMSP lors du montage du financement de l’usine de Corée (2008). Enfin, l’article Lp 45 bis 10 a créé un crédit d’impôt destiné à financer l’extension de l’activité métallurgique. La SLN a été agréée à ce régime spécifique en 2004 pour son projet d’extension de capacité à 75 000 tonnes : la dépense fiscale totale pour ce dispositif a été de 5,2 milliards. Au total, ainsi que l’indique le tableau n° 10, les exonérations du secteur métallurgique pour les années 2005-2009 auraient représenté environ 56 MdF CFP.
Tableau n° 9 : Aides fiscales au secteur du nickel de 2005 à 2009 Montant des exonérations fiscales en MdF CFP 27,1 23,5 5,2 55,8 Régime fiscal concerné Lp45 bis 1 à Lp45 bis 6 Lp8 ter Lp45 bis 10 Total
Source : Direction des services fiscaux

En novembre 2009, le gouvernement avait envisagé une étude sur la fiscalité du secteur du nickel en Nouvelle-Calédonie afin de : « réévaluer la pertinence de l’équilibre actuel entre le soutien au développement et à la compétitivité du nickel calédonien à l’international d’une part et la maximisation des retombées économiques et fiscales en Nouvelle-Calédonie dans le cadre de la valorisation de ressources finies. » Recommandation N°5 : La chambre note que le gouvernement a maintenu le secteur métallurgique en dehors du périmètre de la défiscalisation. Elle recommande de poursuivre la réflexion engagée sur la fiscalité minière afin qu’un état des lieux complet puisse être effectué dans ce domaine. 1.2 La mise en œuvre du dispositif de 2002 à 2010 Les caractéristiques des décisions d’agrément

1.2.1

De 2002, jusqu’à fin 2010, le dispositif local de défiscalisation a donné lieu à 81 décisions d’agrément. La présente section précise les caractéristiques des investissements agréés et le montant des aides financières qui leurs ont été attribuées.
20

Loi du pays n° 2006-6 du 14 avril 2006.6

21

1.2.1.1

Le montant des bases éligibles

Les montants agréés se sont élevé à 52,5 MdF CFP. Le tableau n°10 présente, par année, les décisions d’agrément, leur montant éligible et leur secteur économique. Les mentions « extension » et «tranche » concernent des investissements agréés au préalable.
Tableau n° 10 : Nom/année Décisions d’agrément et montant de la base éligible Secteur Montant Nom Secteur Hôtellerie Hôtellerie Hôtellerie Hôtellerie Industrie agri. Pêche Hôtellerie Extension Hôtellerie Tranche 3 Hôtellerie Hôtellerie Extension Loc. chauffe-eau sol. Extension Extension Extension (en F CFP) Montant 291 068 800 275 525 336 272 228 908 168 827 872 167 235 490 164 250 000 128 589 471 72 076 394

2010
HOTELIERE DE DEVA JECKO HOTEL LES ORCHIDEES BREBISLAIT CEG TEEPRINT DISTRIBUTION L'AGE DORE Hôtellerie Hôtellerie SP : Maison de retraite (tarif sociaux) Industrie agri. Industrie agro. Industrie text. Maisons de retraite

8 566 575 172 DREHU VILLAGE
6 070 000 000 NENGONE VILLAGE 736 287 129 MONITEL 2 753 361 829 PASSIFLORE 313 233 083 OVOCAL 213 827 204 ARAFURA 252 416 165 OURE LODGE 227 449 762 Hôtelière du Koniambo

2009
Cie N-C Tourisme SAVEXPRESS HELIOS BAY EOLE TOUONGO HOTELIERE DU CENTRE C.S.P NC PREFA MAGUENINE-SEO AZUR SANTE OASIS DE KONE ETV ABEH ECOBOIS CONCEPT Eaux du Mt-Dore MEUREUREU GOWE VEGA Hôtellerie SP : trans. voirie SP : électricité sol. SP : électricité eol. Hôtellerie Tranche 2 Industrie Hôtellerie Maisons de retraite Hôtellerie Industrie métaux SP : Trans. coll. Industrie bois Industrie agro SP : trans. coll. Ind. Pdt entretien

10 546 195 647
2 587 508 669 HOTEL DE TIETI 1 428 400 000 EOLE PRONY 3

2005

4 393 627 371
1 433 831 036 1 312 649 165 671 763 637 480 000 000 140 335 077 112 311 900 84 358 576 95 000 000 63 377 980

1 260 000 000 Appartel de Port Ouemo 925 909 577 KOU BUGNY 919 014 000 PENEIDE DE OUANO 725 717 226 SOLAR Edwards 645 636 396 RELAIS DE KODJEUE 409 743 692 SITPA 500 386 436 ILOT MAITRE 296 666 557 295 546 383 EOLE KAFAETE 2 150 500 000 EOLE KAFAETE 198 966 621 HOTEL DU KONIAMBO 112 810 309 NESSAQUACOLE FARM 51 500 000 ECLOSERIE D'EORI 37 889 781 EUREKA

2004
Tranche 2 SP : électricité eol. Hôtellerie Aquaculture Aquaculture Hôtellerie Industrie agri. Aquaculture

4 806 002 775
1 205 975 457 1 500 000 000 786 825 318 534 600 000 324 047 190 263 338 293 133 382 491 57 834 026

2008
SEREI NO NENGONE CARSUD Société KONE BETON "SKB" ECLOSERIE DE MARA Solar Edwards Abonn. AQUALAGON Pac En. Servi LEXO PV Industrie SP : transports coll. Industrie Aquaculture Loc. chauffe-eau sol. Aquaculture SP : électricité sol. SP : électricité sol.

1 634 053 185 SELVA
394 621 792 APRIL 387 957 485 188 669 294 SDPS 172 613 385 Soc tour. Anse Vata 206 177 802 Soc. Trans Aquacole NC 130 458 171 EOLE PRONY 2 96 685 681 PENEIDE DE OUANO 56 869 575 SITPA

2003
Hôtellerie Hôtellerie Aquaculture Tranche 2 Aquaculture Hôtellerie Aquaculture Aquaculture Hôtellerie Aquaculture Hôtellerie SP : électricité eol. Pêche Hôtellerie Aquaculture

10 748 467 918
3 000 000 000 3 000 000 000 1 223 119 603 1 241 289 000 995 043 268 392 484 475 297 910 000 276 668 025 203 578 712 118 374 835 2 405 732 154 1 214 390 610 646 311 160 338 854 382 121 473 311 84 702 691

2007
HOTEL LE LAGON LE RELAIS PORT BOISE SUDILES MAISON RIDOLFI Hôtellerie Hôtellerie Extension Ind. agro

1 709 067 052 KAPUIDEA
775 361 223 AQUAWA 628 157 618 IMMOB DU PACIFIQUE 218 662 422 SOC POINTE MONOT 86 885 789

2002

2006
SUDILES CSP CSP EOLE MONT MAU SOHOKO MONITEL 3 SP : Trans maritime SP : déchets SP : déchets SP : électricité eol. Hôtellerie Hôtellerie

7 683 630 433 ILOT MAITRE
1 641 908 138 EOLE PRONY 1 231 458 932 PESCANA 1 231 458 932 RELAIS KODJEUE 920 256 156 AQUAMON 663 620 841 455 125 163 81 Projets

Secteurs

52 493 351 707

Source : CTC et direction des services fiscaux

22

1.2.1.2

Le rythme annuel des décisions

Le nombre moyen de dossiers traités a été de 9 par an, pour un montant moyen annuel d’investissements éligibles de 5,8 MdF CFP. Le graphique n°1 montre que trois années (2003, 2006 et 2009) totalisent 40 décisions et 28,9 MdF CFP de bases éligibles.
Graphique n° : Nombre des décisions d’agrément et montant total des bases éligibles par an 1

Nombre d'agréments par an et montant des bases éligibles
12 000 000 000 10 000 000 000 8 000 000 000 6 000 000 000 4 000 000 000 2 000 000 000 7 0 2010
Source : CTC et direction des services fiscaux

16 2009

8 2008

4 2007

14 2006

9 2005

8 2004

10 2003

5 2002

Le graphique n°2 montre la répartition des agréments par montant de base éligible.
Graphique n° : Dossiers agréés et montants éligibl es [sauf projet > 3 MdF CFP (trois cas)] 2
3 000 000 000 2 500 000 000 2 000 000 000 1 500 000 000 1 000 000 000 500 000 000 0 2001

2002

2003

2004

2005

2006

2007

2008

2009

2010

2011

Source : CTC et direction des services fiscaux

La base éligible moyenne ressort à 655 MF CFP et la médiane à 313 MF CFP. Une petite moitié des décisions (36) se situent entre 100 MF et 300 MF CFP et une dizaine sont d’un montant inférieur à 100 MF CFP. Les autres décisions s’échelonnent jusqu’à 6 MdF CFP : les 3 projets les plus importants - non mentionnés dans le graphique - ont été l’hôtel Ramada (3,8 MdF CFP), le complexe de La Promenade (4,8 MdF CFP) chacun agréé pour un montant de 3 MdF CFP, et en 2010, le projet hôtelier de Gouaro Deva (9,3 MdF CFP) agréé pour une valeur de 6,1 MdF CFP. 23

1.2.1.3

Du montant total de l’investissement à la base éligible

Ainsi que l’indique le tableau n° 11, le montant total des investissements ayant bénéficié de l’agrément s’est élevé à 63,5 MdF CFP, alors que celui des bases éligibles, c'est-à-dire ouvrant droit à crédit d’impôt, a été de 52,5 MdF CFP. Cette différence a plusieurs origines. En premier lieu, pour certains investissements, l’agrément n’a pas été sollicité pour la totalité du montant. Pour un total de 63,5 MDF CFP, les bases sollicitées se sont élevé à 59,4 MdF CFP. Par exemple, en 2010, pour le projet hôtelier de Gouaro Deva, l’agrément n’a été sollicité que pour 6,1 MdF CFP alors que le projet est d’un montant de 9,3 MdF CFP, le reste du projet étant pris en charge par Promosud. En second lieu, la base sollicitée a été parfois retraitée : pour 59,4 MdF CFP de bases sollicitées, le gouvernement n’a agréé que 52,5 MdF CFP, notamment en application des dispositions permettant un retraitement de la base éligible (cf. 1.1.1.1.4)
Tableau n° 11 : Montants agréés par an et investis sements correspondants (en F CFP)

Année 2010 2009 2008 2007 2006 2005 2004 2003 2002 TOTAL

Agréments 7 16 8 4 14 9 8 10 5 81

Montants agréés 12 731 170 523 11 972 452 831 2 384 153 434 1 772 007 862 8 916 264 441 4 753 801 156 5 176 869 155 13 384 462 431 2 441 386 154 63 532 567 987

Bases sollicitées 9 269 573 550 11 398 990 555 2 286 702 117 1 770 877 862 8 916 264 441 4 753 801 156 5 176 869 155 13 384 462 431 2 441 386 154 59 398 927 421

Base éligibles 8 566 575 172 10 546 195 647 1 634 053 185 1 709 067 052 7 683 630 433 4 393 627 371 4 806 002 775 10 748 467 918 2 405 732 154 52 493 351 707

Source : CTC et direction des services fiscaux

1.2.1.4

La géographie des décisions d’agrément

Les communes de Nouméa, Mont Dore, Paita et Koné ont représenté 63% du nombre de décisions initiales d’agrément. Si l’on prend pour étalon la masse financière agréée, cinq communes, Nouméa, Mont-Dore, Koné, Bourail et Paita ont représenté 81% du total. On constate ainsi une forte concentration géographique de l’aide fiscale (cf. annexe 3.2). 1.2.2 Répartition des décisions d’agrément par projets et par secteurs Du nombre de décisions au nombre effectif de projets aidés

1.2.2.1

Les 81 décisions d’agrément ont bénéficié à 68 projets. Ceci tient à deux raisons : - 10 agréments ont bénéficié à des projets déjà agréés (extensions ou tranches supplémentaires), ainsi les 81 décisions correspondent-elles à 71 projets ; - sur ces 71 projets agréés, trois n’ont pas été mis en œuvre21.
Deux projets de production électrique photo voltaïque « Lexo PV » (114 MF CFP) et « Pacific Energies Services » (110 MF CFP) ainsi que le projet d’hôtel Jecko d’une valeur de 818 MF CFP ont été abandonnés avant d’avoir commencé à être mis en œuvre.
21

24

1.2.2.1.1

La répartition des projets par secteur économique

L’aide fiscale a été affectée pour plus de la moitié aux secteurs de l’hôtellerie et de l’aquaculture, pour le solde à un ensemble composite de projets. Le tableau n°12 montre que l’hôtellerie et l’aquaculture, avec 36 projets, 37 MdF CFP d’investissements totaux et 30 MdF CFP de bases agréées, ont représenté une grosse moitié des projets. Les 13 projets de services publics ont représenté 33% des montants totaux d’investissement et 32% des bases agréées. Ils ont touché des domaines très divers : une maison de retraite à caractère social, la construction d’unités de production d’électricité photo voltaïque et par éolienne, l’extension de la voie urbaine à péage SAV express, l’achat du Betico 222, l’achat de cars pour le transport public de voyageurs et le financement d’installation de stockage des déchets et ordures ménagères. Les 19 projets restants ont représenté 10% des montants totaux, 9% de la base éligible et ont concerné un large éventail d’activités : usine d’extraction d’essence de bois de santal, location de chauffe-eau solaires, fabrication de produits ménager, achat de bateau de pêche, etc.
Tableau n° 12 : Nombre, montant et base éligible d es projets effectivement mis en œuvre par secteur Montant total agréé par secteur Secteurs et nombre de projets par secteur Développement de la filière touristique Création et développement de la filière aquacole Financement de services publics industriels et commerciaux Création d'entreprises industrielles Création d'entreprises de services Création et développement de la pêche Extension et modernisation d'entreprises industrielles Extension et modernisation d'entreprises de services 2 490 412 813 F 1% 318 489 702 F 1% 5 986 312 058 F 2% 623 384 535 F 1% 13 8 2 2 19 884 680 123 F 2 835 972 426 F 796 755 069 F 503 104 382 F 32% 5% 1% 1% 16 833 315 479 F 2 417 836 163 F 727 836 198 F 503 104 382 F 33% 5% 1% 1% 11 4 553 634 312 F 7% 4 355 706 271 F 8% 25 Montant total des projets par secteur 32 249 984 460 F 52% (sauf trois projets abandonnés) 25 823 936 492 F 50%

TOTAL
Source : direction des services fiscaux et CTC

68

62 300 855 643 F

100%

51 603 609 222 F

100%

Quoique la Sudiles qui est l’opérateur du Betico 2 soit une société privée, les conditions de financement de cette société permettent de considérer qu’elle est, de facto, en charge du service public de la desserte des Iles Loyautés.

22

25

1.2.3
Tableau n° 13 :
PROJET

Les aides reçues par les projets agréés
Montant des aides perçues via les régimes métropolitains et locaux de défiscalisation
Montant du projet Défiscalisation métropolitaine 22 733 686 0 0 0 0 0 149 363 632 0 45 674 578 0 1 804 295 304 77 865 679 368 963 275 0 398 141 259 24 058 661 58 911 879 97 588 015 378 404 991 39 731 658 1 608 708 300 72 972 260 206 603 647 268 676 796 22 350 000 36 904 582 77 762 195 49 885 922 64 686 549 127 355 672 162 006 204 311 503 953 93 449 965 662 845 036 1 285 815 000 51 681 465 60 374 174 280 414 526 84 756 467 280 019 989 45 769 749 93 602 757 49 800 000 623 675 390 52 679 179 225 685 998 79 759 505 1 153 339 630 697 766 022 109 440 000 1 057 909 176 34 518 780 69 514 548 81 530 663 83 005 614 187 393 578 90 390 300 129 945 933 126 278 973 254 731 889 103 525 411 161 856 936 17 350 208 155 525 196 351 087 194 209 040 565 526 578 795 1 233 389 994 Défiscalisation locale (subvention brute) 11 935 281 62 378 753 112 763 910 248 133 780 135 104 338 71 646 675 122 206 608 449 946 000 35 535 247 61 593 750 2 367 600 000 64 946 008 237 308 976 32 582 171 291 661 517 35 513 509 50 018 435 93 097 111 491 967 843 123 986 402 1 080 000 000 62 674 486 203 375 465 479 163 222 21 630 000 41 094 324 80 773 173 75 972 542 89 807 425 182 806 679 235 559 107 345 096 059 112 406 958 655 588 982 1 125 000 000 88 980 151 82 071 143 550 403 822 124 500 611 290 760 459 72 497 622 118 502 232 63 210 000 396 900 000 62 713 309 251 911 364 42 116 963 1 200 093 497 744 228 224 127 070 393 812 154 283 53 268 676 76 342 017 130 980 960 122 503 009 240 570 000 125 122 200 172 092 351 165 741 153 386 505 770 145 821 236 204 806 323 26 025 312 216 000 000 510 920 256 298 629 379 645 223 967 1 217 688 956 Aide total projet 34 668 967 62 378 753 112 763 910 248 133 780 135 104 338 71 646 675 271 570 240 449 946 000 81 209 825 61 593 750 4 171 895 304 142 811 687 606 272 251 32 582 171 689 802 776 59 572 170 108 930 314 190 685 126 870 372 834 163 718 060 2 688 708 300 135 646 746 409 979 112 747 840 018 43 980 000 77 998 906 158 535 368 125 858 464 154 493 974 310 162 351 397 565 311 656 600 012 205 856 923 1 318 434 018 2 410 815 000 140 661 616 142 445 317 830 818 348 209 257 078 570 780 448 118 267 371 212 104 989 113 010 000 1 020 575 390 115 392 488 477 597 362 121 876 468 2 353 433 127 1 441 994 246 236 510 393 1 870 063 459 87 787 456 145 856 565 212 511 623 205 508 623 427 963 578 215 512 500 302 038 284 292 020 126 641 237 659 249 346 647 366 663 259 43 375 520 371 525 196 862 007 450 507 669 944 1 171 802 762 2 451 078 950

(en F CFP)
Aide totale/ montant du projet 17,6% 22,4% 22,4% 25,8% 25,8% 26,3% 29,5% 31,5% 33,3% 37,5% 44,8% 45,4% 45,7% 46,0% 47,2% 49,5% 50,6% 54,4% 55,2% 56,2% 56,4% 56,7% 57,4% 58,5% 59,0% 59,8% 61,2% 61,4% 61,9% 62,4% 63,3% 63,5% 63,6% 63,7% 63,9% 65,0% 65,4% 65,9% 66,6% 66,8% 66,8% 67,3% 68,1% 68,7% 69,0% 69,2% 69,3% 69,3% 69,4% 69,8% 70,2% 71,3% 71,5% 71,8% 71,9% 71,9% 72,3% 73,7% 74,0% 74,2% 74,7% 74,7% 75,0% 75,2% 75,4% 76,5% 78,4% 85,5%

SAS VEGA OURE LODGE SAS BREBISLAIT SARL HOTELIERE DU CENTRE SARL AZUR SANTE SARL L'AGE DORE CARSUD SA SEML SAVEXPRESS SA Sté Industrielle des Eaux du Mt-Dore ARAFURA SAS HOTELIERE DE DEVA SOLAR EDWARDS ABONNEMENT SARL SAS RESIDENCE LES ORCHIDEES MAISON RIDOLFI SARL EOLE TOUONGO AQUAMON SELVA SARL ETV CSP NENGONE VILLAGE SOC TOURISTIQUE ANSE VATA 2 SARL ECOBOIS CONCEPT SAS NC PREFA ILOT MAITRE SARL MEUREUREU GOWE AQUALAGON SARL SARL TEEPRINT DISTRIBUTION PASSIFLORE SARL CEG SITPA LE RELAIS PORT BOISE EOLE MONT MAU SARL OASIS DE KONE CSP SOC DEVELOPPEMENT PACIFIQUE SUD RELAIS KODJEUE Société KONE BETON "SKB" SA SOC TRANS AQUACOLE NC AQUAWA HOTEL LE LAGON ECLOSERIE DE MARA SARL EUREKA SARL ABEH HELIOS BAY OVOCAL APPARTEL DE PORT OUEMO SOLAR EDWARDS ABONNEMENT SARL EOLE PRONY SUDILES PESCANA SAS CNCT SOC POINTE MONOT IMMOB DU PACIFIQUE DREHU VILLAGE MONITEL 2 NESSAQUACOLE FARM KAPUIDEA SA MAGUENINE-SEO SEREI NO NENGONE SARL HOTEL DU KONIAMBO ECLOSERIE D'EORI MONITEL 3 APRIL KOU BUGNY PENEIDE DE OUANO SOHOKO HOTEL DE TIETI EOLE KAFAETE

197 334 480 278 589 471 502 899 198 963 622 000 524 179 374 272 575 695 919 914 970 1 428 400 000 243 520 379 164 250 000 9 302 464 554 314 649 563 1 326 755 568 70 831 470 1 461 677 745 120 356 691 215 418 413 350 400 812 1 576 666 804 291 365 259 4 763 495 000 239 151 404 714 535 859 1 277 768 590 74 500 000 130 458 171 259 207 316 204 951 872 249 458 577 496 771 475 628 157 618 1 034 466 584 323 594 527 2 070 094 472 3 775 000 000 216 316 174 217 669 294 1 260 542 420 314 138 150 854 356 352 176 936 915 315 089 015 166 000 000 1 484 941 404 167 235 490 690 171 247 175 763 250 3 393 680 772 2 079 232 982 338 854 382 2 665 133 929 123 163 406 204 046 712 296 100 000 285 908 462 594 900 248 297 910 000 409 743 692 394 621 792 864 416 655 333 952 940 491 070 888 57 834 026 493 730 781 1 143 441 345 663 620 841 1 494 499 346 2 868 348 822

TOTAL
Source : Direction des services fiscaux et CTC

62 300 855 643 17 279 597 302

19 657 230 372

36 936 827 674

59,3%

26

Les 60 projets23 ayant bénéficié de la double défiscalisation ont représenté 80% du montant total des investissements agréés. L’aide fiscale cumulée – locale et métropolitaine - a atteint en moyenne 61,5% du coût total de ces projets. Ce taux dépasse les 70% pour 18 projets. En revanche, l’aide fiscale n’a représenté que 28% en moyenne du montant des 8 projets n’ayant bénéficié que de la défiscalisation locale. L’impact de la double défiscalisation est donc important, ce qui justifie de subordonner l’agrément local à l’agrément national, comme l’a prévu la loi du 3 janvier 2008. 1.2.3.1 Les autres aides allouées aux projets défiscalisés

A priori, la plupart des projets agréés ont bénéficié de diverses exonérations de droits indirects. Par exemple, les importations effectuées pour réaliser un programme aidé ont, dans la plupart des cas, été exonérées de taxe générale à l’importation. Le montant de ces exonérations n’a toutefois pas été suivi ce qui ne permet pas de chiffrer le montant réel de la dépense fiscale liée au dispositif. Les projets aidés ont pu également bénéficier de subventions directes, d’investissement ou d’exploitation émanant des provinces, du territoire ou d’établissements publics. Aucune récapitulation de ces soutiens n’étant établi, leur montant global n’est pas connu. Recommandation N°6 : A l’instar de ce que le gouvernement demande aux sociétés du secteur métallurgique, la chambre recommande qu’un suivi global des soutiens alloués aux sociétés bénéficiant de la défiscalisation soit mis en place par une disposition obligeant les opérateurs à déclarer à l’administration fiscale l’ensemble des aides dont ils bénéficient tant en phase d’exploitation que d’investissement. 1.2.4 Le fonctionnement du dispositif métropolitain

Pour la période 2002 à 2009, 216 MdF CFP d’investissements ont été agréés sous le régime métropolitain. Durant la même période les agréments au régime local ont représenté 44 MdF CFP24, soit un rapport de 1 à 5.
Tableau n° 14 : Fonctionnement de la défiscalisati on métropolitaine sur agrément en Nouvelle-Calédonie

2002 Nombre de demandes reçues Nombre d’agréments délivrés Montants agréés Rappel (régime local) en M € en MdF en MdF
Source : ministère des finances, bureau des agréments

2003 49 25 87 10,4 10,7

2004 59 31 309 36,9 4,8

2005 57 28 88 10,5 4,4

2006 46 30 152 18,1 7,7

2007 58 45 645 77,0 1,7

2008 71 33 144 17,2 1,6

2009 43 38 222 26,5 10,5

TOTAL 419 248 1808 216 44

36 18 161 19,2 2,4

S’agissant du régime métropolitain hors agrément, non comptabilisé dans ces chiffres, il est souvent avancé qu’il représenterait autant que le secteur sous agrément. Mais cette estimation
Les 8 projets non agréés à la défiscalisation nationale soit n’ont pas sollicité celle-ci (SAV express et deux maisons de retraites privées au tarif non sociaux), soit ont fait l’objet de décisions de refus (5 dossiers). 24 Les chiffres 2010 n’étant pas disponibles pour le régime métropolitain, la chambre a effectué la comparaison jusqu’en 2009.
23

27

est très imprécise : jusqu’en 2007 aucune obligation déclarative relative à ces opérations n’incombait aux bailleurs de fonds ; il n’y avait donc aucun suivi du coût de ce dispositif et de ses orientations. Un recensement a été lancé en 2008 par la création d’une obligation déclarative pour ces opérations. Les premiers résultats, qui restent à consolider et à affiner, montrent qu’en moyenne pour l’outre-mer, le secteur du « plein droit » représenterait des montants plus importants que ceux du secteur sous agrément. En outre, il doit être plus développé en Nouvelle-Calédonie dans la mesure où les investissements réalisés sur le territoire sont, plus que dans le reste de l’outre-mer, consacrés à des engins et des moyens de transport professionnels, qui sont le type même des investissements du secteur du plein droit.

2

Un dispositif perfectible, des solutions envisageables

Un encadrement renforcé du dispositif permettrait de répondre aux défaillances constatées, aussi bien au regard de l’impact économique global que de sa gestion. 2.1 Un dispositif perfectible Les résultats et les coûts du dispositif Les effets économiques du dispositif

2.1.1

2.1.1.1

Le dispositif a prouvé sa capacité à créer de l’activité, mais avec des résultats d’exploitation des projets qui sont décevants au regard des coûts élevés constatés.
2.1.1.1.1 Les effets sur l’activité et l’emploi

L’ensemble des projets commencés ont été achevés et sont toujours en exploitation. Le chiffre d’affaires réalisé par ces projets a été de 16,5 MdF CFP, et le nombre d’emplois affiché s’est élevé à 1 583. Le dispositif a donc, depuis 2002, montré sa capacité à créer des activités nouvelles et des emplois.
Tableau n° 15 : Impact économique des projets par secteurs économiques Chiffre d’affaires global (en F Investissements Secteurs et nombre de projets par secteurs Développement de la filière touristique Ddéveloppement de la filière aquacole Financement de services publics industriels et commerciaux Création d'entreprises industrielles Création d'entreprises de services Création et développement de la pêche Extension et modernisation d'entreprises industrielles Extension et modernisation d'entreprises de services 2 490 412 813 2 40 938 400 5 986 312 058 152 2 680 826 099 13 8 2 2 19 884 680 123 2 835 972 426 796 755 069 503 104 382 466 66 16 45 5 383 280 304 853 393 500 31 463 239 342 714 830 25 11 réalisés (en F CFP) 32 249 984 460 4 553 634 312 686 150 Emplois affichés par secteur CFP) (dernier exercice disponible) 4 502 151 135 2 703 477 010

TOTAL
Source : direction des services fiscaux et CTC

68

62 300 855 643

1583

16 538 244 517

28

Ces effets avérés tiennent, notamment, aux règles d’octroi des agréments, par lesquelles dès 2002 le versement de l’aide fiscale a été subordonné à l’achèvement du projet dans des délais fixés et en incluant de nombreuses garanties et moyens de vérification. En outre, la loi de 2008 a précisé et renforcé les sanctions en cas de non achèvement dans les délais ou de différence entre le coût annoncé et le coût effectif de l’investissement (cf. 1.1.1.1). Dans ce cadre, la direction des services fiscaux vérifie les factures et les dates de réalisation de l’investissement ayant bénéficié d’un agrément. Toutefois, les données relatives à l’emploi n’apparaissent pas suffisamment précises. En première analyse, les données disponibles indiquent 1 583 emplois pour les entreprises aidées. Si l’on ramène ce chiffre à la dépense fiscale de 30,8 MdF CFP (cf. infra 2.1.1.2), le coût ressortirait à 20 MF CFP par emploi. Cependant il est toujours difficile d’avoir une appréciation claire du coût par emploi. En effet, les chiffres cités intègrent des emplois déjà existants dans les entreprises ayant bénéficié d’agrément. Par exemple, les 55 emplois de la SAV express ne sont pas liés à la défiscalisation obtenue par cette société pour financer en partie la construction d’un échangeur, mais à son activité en général. Ainsi, l’impact économique et notamment sur l’emploi des projets de rénovation ou d’extension apparaît difficile à mesurer. Il conviendrait au minimum de distinguer entre emploi créé et emploi préservé. A l’inverse, les chiffres ne comptabilisent pas les emplois indirects. Les fermes éoliennes ne comptabilisent aucun emploi direct, mais génèrent évidemment des emplois de maintenance non mentionnés. De même, tous les emplois induits ne sont pas non plus comptabilisés. Les chantiers de constructions des projets aidés génèrent des emplois dans le secteur du bâtiment et des travaux publics par l’activité économique supplémentaire qu’ils apportent à ce secteur. L’audit de 2010, en suivant cette approche macro sectorielle, a évalué ainsi à 134 les emplois induits.
2.1.1.1.2 Les résultats d’exploitation des projets aidés

Pour le dernier exercice connu, la situation actuelle des projets aidés en termes de résultats d’exploitations est assez contrastée. Une dégradation significative est constatée pour quelques sociétés (cf. annexe 3.2). Le résultat global des 68 sociétés en activité est déficitaire de 329 MF et il est de -3,8 MdF CFP pour le résultat cumulé (cf. tableau n°16). Le déficit des filières hôtelières et de l’aquaculture, ainsi que celui des deux entreprises de pêche sont préoccupants, et d’autant plus si l’on considère que ces sociétés ont bénéficié, en plus de l’aide fiscale, de nombreuses subventions d’exploitation. Il est à noter que les résultats des sociétés gérant des services publics, qui ne relèvent pas d’une logique concurrentielle et dépendent en fait du niveau des tarifs publics (électricité, ordures ménagères, transports collectifs) et des subventions, ne sont pas un indicateur de performance économique.

29

Tableau n° 16 :

Résultats d’exploitation par secte ur économique Chiffre d’affaires par secteur Derniers résultats comptables courants connus par secteur

(en F CFP) Derniers résultats comptables cumulés connus par secteur

Secteurs et nombre de projets par secteurs Développement de la filière touristique Création et développement de la filière aquacole Financement de services publics industriels et commerciaux Création d'entreprises industrielles Création d'entreprises de services Création et développement de la pêche Extension et modernisation d'entreprises de services Extension et modernisation d'entreprises industrielles 5 2 2 13 8 2 11 25

4 502 151 135

-410 700 625

-1 706 199 640

2 703 477 010

-475 261 881

-1 215 024 582

5 383 280 304 853 393 500 31 463 239

192 989 933 41 853 703 -13 912 134

-1 712 271 562 -16 970 674 -12 725 132

342 714 830

-32 580 348

-172 676 932

40 938 400

2 722 442

50 037 729

2 680 826 099

365 681 200

973 252 222

TOTAL
Source : direction des services fiscaux et CTC

68

16 538 244 517

-329 207 710

-3 812 578 571

2.1.1.1.3

Le « retour fiscal »

Le « retour fiscal » correspond au moment où l’ensemble des recettes publiques découlant d’un projet égale le montant du crédit d’impôt concédé par la Nouvelle-Calédonie. Il a été estimé en moyenne à 11 ans par l’audit mené en 2010. L’étude sur le dispositif de 2005 avait mesuré le retour fiscal des premiers projets agréés dans la loi de 2002. Elle indiquait que « selon les secteurs d’activité, le nombre d’années nécessaires pour récupérer le crédit d’impôt attribué variait de 3 à 34 si on considérait l’ensemble des retours, et de 4 à 42 si on ne prenait en compte que les impôts et taxes qui reviennent à la NouvelleCalédonie ». Ces chiffres apparaissent peu fiables car ils ne reposent pas sur les résultats effectifs, mais sur les prévisions figurant dans les dossiers de demande d’agrément. De plus, ils ont été calculés sans tenir compte des autres dépenses publiques ayant bénéficié aux projets. Or, et quoique le défaut de statistiques précises ne permette pas de l’attester formellement, il découle des observations que les projets génèrent peu de recettes fiscales en raison de leurs résultats annuels en moyenne déficitaires. Pour certains projets, si l’on considère les autres aides reçues et l’absence d’impôt payé il est même probable que le coût budgétaire continue d’augmenter tout au long de l’exploitation au lieu de diminuer comme prévu initialement. D’une manière générale, pour l’ensemble des dossiers, les résultats futurs restent aléatoires et la seule mention de résultats prévisionnels optimistes ne paraît pas un critère suffisant pour l’attribution de l’aide fiscale.

30

2.1.1.2
2.1.1.2.1

Les coûts du dispositif
La répartition de la dépense fiscale

Le dispositif apparaît onéreux. Le tableau n° 17 montre que la dépense fiscale a atteint 30,8 MdF CFP et que sur ce montant, les aides dont ont bénéficié les opérateurs n’ont atteint que 18,2 MdF CFP. Au total, les intermédiaires ont donc perçu 12,6 MdF CFP entre 2002 et 2010, sous forme de gains fiscaux pour les bailleurs et d’honoraires pour les cabinets de défiscalisation. Le tableau indique pour chaque année, pour 100 F de dépense fiscale, le pourcentage revenant au projet. Le pourcentage moyen a été de 59% pour l’ensemble de la période. Il s’est situé entre 55% et 57% sous la loi de 2002 et entre 69% et 64% entre 2008 et 2010. Les effets de la réforme de 2008 apparaissent donc nettement : elle a entrainé une forte progression du rendement du dispositif, de 57% en 2007 à 69% en 2008. La baisse constatée du taux en 2009 et 2010 semble due à un allongement de la durée de portage qui a entrainé une diminution de la rétrocession et une augmentation de la rémunération des bailleurs. Après la réforme de 2008, le coût du dispositif est néanmoins resté élevé : une aide de 64 MF CFP à un opérateur générait 36 MF CFP de coûts intermédiaires en 2010. Le coût global du dispositif apparaît donc encore relativement important.
Tableau n° 17 : Dépenses fiscales totales et subven tions effectives (en F. CFP)

Dépenses fiscales Année Crédits d’impôt A
4 513 188 662 4 882 049 579 779 609 739 854 533 527 3 966 521 495 2 410 666 156 2 870 263 417 5 665 345 533 1 220 013 408

Dépenses fiscales totales
25

Total des rémunérations des intermédiaires
1 658 997 391 1 685 965 477 251 039 605 455 912 445 2 040 786 042 1 283 465 685 1 514 764 210 3 067 371 977 657 837 871

Subventions effective des opérateurs F = A-D-E
2 959 900 160 3 338 457 743 548 556 856 569 458 689 2 751 050 648 1 610 286 387 1 936 427 439 3 711 390 795 803 107 910
26

Rendem ent du dispositif F/C
64% 66% 69% 56% 57% 56% 56% 55% 55% 59%

liées bénéficiant aux bailleurs B
105 708 889 142 373 641 19 986 722 170 837 607 825 315 194 483 085 916 580 928 232 1 113 417 238 240 932 373

C = A+B
4 618 897 550 5 024 423 220 799 596 461 1 025 371 134 4 791 836 689 2 893 752 072 3 451 191 649 6 778 762 771 1 460 945 781

2010 2009 2008 2007 2006 2005 2004 2003 2002 2002-2010

27 162 191 515

3 682 585 812

30 844 777 327 12 616 140 702

18 228 636 626

Source : CTC de Nouvelle-Calédonie (données issues de la DSF)

La dépense fiscale totale correspond au total des crédits d’impôts alloués et des dépenses fiscales liées : ces dernières résultent de l’inscription en charge d’exploitation de la rétrocession jusqu’en 2007 puis de la rémunération du cabinet à partir de 2008. 26 Les subventions effectives aux opérateurs correspondent aux crédits d’impôts, diminués de la part non rétrocédée des bailleurs et, jusqu’en 2007, de la rémunération des cabinets qui leur incombait.

25

31

2.1.1.2.2

Les gains élevés des bailleurs de fonds

Le tableau n° 18 précise la formation des gains fiscaux des bailleurs de fonds. Leur gain global net de 6,6 MdF CFP correspond à la part non rétrocédée des crédits d’impôts dont ils ont bénéficié (7,5 MdF CFP) moins les rémunérations – à leur charge depuis 2008 – versées aux cabinets de défiscalisation (0,9 MdF CFP). A ce gain direct net, se sont ajoutés 3,7 MdF CFP de réductions d’impôt supplémentaires : jusqu’en 2007, les bailleurs déduisaient de leur bénéfice imposable la part rétrocédée de leur crédit d’impôt ; depuis 2008, ils déduisent les rémunérations versées aux cabinets. Le total des gains fiscaux s’élève ainsi à 10,3 MdF CFP.
Tableau n° 18 : Rémunération des bailleurs de fond s Gain direct brut = part non rétrocédée A 1 553 288 502 1 543 591 836 231 052 883 208 166 821 869 707 477 602 666 537 717 565 853 1 470 273 682 308 647 551 Versements aux cabinets B 352 362 962 474 578 804 66 622 407 Gain direct net Dépenses fiscales liées bénéficiant aux C= A-B 1 200 925 540 1 069 013 032 164 430 476 208 166 821 869 707 478 602 666 537 717 565 853 1 470 273 682 308 647 551 bailleurs = D 105 708 889 142 373 641 19 986 722 170 837 607 825 315 194 483 085 916 580 928 232 1 113 417 238 240 932 373 (en F CFP) Rémunération totale des bailleurs E= C+D 1 306 634 429 1 211 386 673 184 417 198 379 004 428 1 695 022 672 1 085 752 453 1 298 494 085 2 583 690 920 549 579 924

Année

2010 2009 2008 2007 2006 2005 2004 2003 2002 2002-2010

7 504 961 141

893 564 173

6 611 396 970

3 682 585 812

10 293 982 782

Source : CTC de Nouvelle-Calédonie (données issues de la DSF)

Du point de vue des bailleurs de fonds, la défiscalisation a constitué un moyen d’optimisation fiscale d’une rentabilité exceptionnelle. Le tableau n°1927 montre le rapport entre l’investissement et le gain fiscal net sur un an pour un bailleur investissant en fonds propres, en application des dispositions de la loi de 2002 puis de la loi de 2008.
Tableau n° 19 : Rentabilité du dispositif en 2002 et en 2008

En MF CFP Montant du projet = investissement du bailleur Bilan 2008 : gain net du bailleur Bilan 2002 : gain net du bailleur Taux de rentabilité pour 120 investis sur un an 2008 : 2002 :
Source : CTC de Nouvelle-Calédonie (données issues de la DSF)

Bailleur en fonds propres 120 16,2 35,8 13,5% 29,8%

La rentabilité nette d’impôt maximum sur un an était de l’ordre de 30% en 2002. Elle a été ramenée à 13,5% en 2008, ce qui reste tout de même confortable.

27

Le calcul du gain net du bailleur a été précisé à la section 1.1.1.1 du rapport, tableau n°4.

32

Au surplus, ces taux peuvent être plus élevés si la durée de portage se situe entre 6 mois et un an comme le permet la loi. Par exemple, pour les chiffres indiqués, si la durée de portage était réduite à 6 mois, le taux de rentabilité annuel serait doublé. Ces taux sont d’autant plus intéressants que l’opération est sans aucun risque lorsque le projet est en double défiscalisation car en ce cas, les contribuables métropolitains rachètent le projet à son achèvement et les bailleurs de fonds calédoniens sont automatiquement remboursés. Enfin, par rapport à un placement financier classique, la rémunération est ici nette d’impôt. Ces conditions expliquent que le système reste rentable même si les fonds investis ont été empruntés (tableau n°20). L’avantage de cette solution est de ne pas mobiliser l’épargne du bailleur qui reste libre d’en disposer et/ou qui peut la placer en compte à terme.
Tableau n° 20 : Gain d’un bailleur de fonds en int égrant la rémunération du cabinet avec emprunt

En MF CFP Montant du projet = investissement du bailleur Bilan 2008 : gain net du bailleur Bilan 2002 : gain net du bailleur

Bailleur empruntant les fonds 120 7,8 30,4 Taux de rentabilité pour 120 investis sur un an 6,5% 25,3%

Hypothèse de disponibilités placées en compte à terme Rentabilité annuelle 2,5%

Rentabilité totale 9% 27,8%

2008 : 2002 :
Source : CTC de Nouvelle-Calédonie (données issues de la DSF)

Il est à noter que la loi de 2008 a diminué le coût du dispositif et amélioré son rendement en supprimant la possibilité pour les bailleurs de fond de déduire de leur résultat imposable le montant de la rétrocession et en transférant sur eux la rémunération des opérateurs. Ainsi que l’indique le tableau n°21, cette réforme a bénéficié à la fois aux opérateurs et à la Nouvelle-Calédonie. Pour un projet d’un montant de 120, la dépense fiscale a diminué de 88 à 74 alors que l’aide au projet a augmenté de 48 à 50. La chambre souligne l’influence positive de cette mesure sur le coût du dispositif.
Tableau n° 21 : En MF CFP Répartition de la dépense fiscale dans la loi de 2002 et dans celle de 2008 Bailleurs de fonds Y LOI DE 2002 Montant du projet Financement initial Crédit d'impôt (60%) du bailleur Rétrocession 2002 : 75% 2008 : 70% Déduction de la rétrocession 2002 : oui 2008 : non. Rémunération du cabinet Déduction de la rémunération du cabinet du bénéfice Montant et répartition de la -120 + 72 +66 +16,2 = Sans effet +120-66 -5,4= 5,4x0,30= +1,6 -120+72+69,6 5,4+1,6= +120-69,6 = -72-16,2 Dép. : -1,6 -73,6 Gain (54x0,30) = 16,2 NS -5,4 NS -5,4 NS Dép. : 16,2 Reçoit de X : 66 ns Finance X : 120 => Gain fiscal : 72 120 Reçoit : 120 ns Rembourse Y : <= 66 Reçoit de X : 69,6 Promoteur X Bailleurs de fonds Y LOI DE 2008 ns Finance X : 120 => Gain fiscal : 72 120 Reçoit : 120 Ns Rembourse Y : <= 69,6 Promoteur X N-C 2002 ns ns Dép. fi : 72 N-C 2008 ns ns Dép. fi : 72

dépense fiscale

Gain de 34,2

Gain de 48,6

Gain de 17,8

Gain de 50,4

DF 88,2

DF 73,6

Source : CTC de Nouvelle-Calédonie (données issues de la DSF)

33

2.1.1.2.3

La concentration des réductions d’impôts

De 2002 à 2010, 290 entreprises et 50 contribuables à l’impôt sur le revenu soit au total 340 bailleurs de fonds ont bénéficié du dispositif. Le tableau n°22 indique que l’essentiel des gains fiscaux constatés ont été répartis entre un faible nombre de bailleurs de fonds.
Tableau n° 22 : BAILLEURS
X X X X X X X X X X X X X X X X X X X X X X X X X X X X X X X X X X X X X X X X X X X X X X TOTAL DES APPORTS

Apports des principaux bailleurs de fonds APPORTS
203 564 615 209 689 684 218 250 000 227 228 546 228 175 297 238 522 500 254 531 250 265 439 419 277 377 723 280 313 186 304 447 115 313 777 544 321 376 165 323 553 546 326 333 502 326 735 773 336 648 434 338 709 319 352 044 682 354 375 000 369 661 037 382 500 000 398 612 374 430 875 000 443 688 750 451 780 868 486 247 568 489 471 280 489 794 054 491 733 448 510 970 646 539 445 602 554 215 007 653 477 324 677 867 625 698 679 405 736 875 000 751 996 838 784 697 272 983 014 171 987 293 086 992 245 716 2 112 555 645 2 235 919 995 5 218 784 867 8 647 847 262 37 416 280 248

(en F CFP)

Nombre de projets financés en tout ou partie
5 8 7 5 4 5 6 10 7 8 7 3 8 2 9 8 5 3 6 2 7 5 4 8 2 4 4 8 8 5 9 8 12 15 8 11 4 7 8 5 8 10 15 16 35 35

Source : Direction des services fiscaux

Sur l’ensemble des bailleurs, 80 – dont 2 particuliers - ont investi plus de 100 MF CFP. Le total de leurs apports s’est élevé à environ 42 MdF CFP, soit 80% des apports totaux. Au dessus de 200 MF CFP, on dénombre 46 bailleurs de fonds – exclusivement des entreprises – dont les apports ont atteint 37 MdF CFP, soit 71% du total. Enfin 4 bailleurs dépassent les 2 MdF CFP d’apports. Parmi ceux-ci figurent trois établissements bancaires et une société agroalimentaire. Le total de leurs apports a atteint 18 MdF CFP, soit 35% des apports totaux.

34

Le dispositif se caractérise donc par une rémunération très forte (comparée à d’autres produits), accordée sur le budget de la collectivité et draine un « club d’investisseurs » récurrent et fermé, situation peu favorable à l’équité fiscale.
2.1.1.2.4 La rémunération des cabinets de défiscalisation

L’intervention des cabinets de défiscalisation est quasi-obligatoire car le montage des dossiers de demandes d’agrément vis-à-vis des administrations locale et métropolitaine, puis le suivi de l’exécution des contrats de défiscalisation et leur débouclage nécessitent des compétences techniques que peu d’opérateurs maîtrisent et qu’ils préfèrent le plus souvent sous-traiter à des spécialistes. Selon les informations à disposition de la chambre, la rémunération des cabinets de défiscalisation pour les dossiers de la défiscalisation locale serait, comme nous l’avons déjà indiqué, de l’ordre de 4,5% de la base éligible et n’est versée que si l’agrément est obtenu. Le tableau n°23 montre qu’en se basant forfaitairement sur ce pourcentage, leur chiffre d’affaires 2002-2010 ressort à 2,3 MdF CFP.
Tableau n° 23 : Année 2010 2009 2008 2007 2006 2005 2004 2003 2002 Rémunération des cabinets de défis calisation Base agréée (sauf trois projets abandonnés) 7 830 288 043 10 546 195 647 1 480 497 929 1 709 067 052 7 683 630 433 4 393 627 371 4 806 002 775 10 748 467 918 2 405 732 154 (en F CFP)

Rémunérations des cabinets (4,5% de la base agréée) 352 362 962 474 578 804 66 622 407 76 908 017 345 763 369 197 713 232 216 270 125 483 681 056 108 257 947

2002-2010

51 603 509 322

2 322 157 919

Source : CTC de Nouvelle-Calédonie (données issues de la DSF)

Ce volume d’activité a été partagée entre 5 cabinets dont les tableaux n°24 et 25 donnent les parts de marché respectives en nombre de dossiers agréés, puis en montant de base éligible. Les cabinets Calinvest et SNCIP appartenant au même groupe, le marché est particulièrement concentré. Exprimé en volume de base éligible ou en nombre de dossiers traités, les parts des cabinets Calinvest/SNCIP (28,7 MdF CFP) et I2F (20,9 MdF CFP) apparaissent nettement prépondérantes.
Tableau n° 24 : Répartition des dossiers d’aide à l ’investissement par cabinet de défiscalisation

2002 SNCIP I2F CALINVEST INFI IFC TOTAL 0 2 3 0 0 5

2003 0 4 6 0 0 10

2004 0 8 0 0 0 8

2005 0 4 5 0 0 9

2006 0 7 7 0 0 14

2007 0 1 3 0 0 4

2008 0 5 2 1 0 8

2009 0 8 6 1 1 16

2010 2 3 1 1 0 7

TOTAL 2 42 33 3 1 81

Source : direction des services fiscaux

35

Tableau n° 25 :

Parts de marchés des cabinets de dé fiscalisation dans la défiscalisation locale

(en F CFP)

Cabinets Base éligible

Calinvest 22 350 231 845

+ SNCIP 6 297 449 762

I2F 20 916 771 859

INFI 3 018 594 128

IFC 198 966 621

Source : direction des services fiscaux

2.1.1.3

Les effets d’aubaine

Les opérateurs et les bailleurs de fonds ont bénéficié d’effets d’aubaine auxquels les cabinets de défiscalisation ont pu parfois participer.
2.1.1.3.1 Le financement en tant que bailleurs de fonds par une ou plusieurs sociétés d’un projet d’une de leur filiale

Le financement par un groupe du projet d’une de ses filiales est une pratique courante : les sociétés du groupe internalisent ainsi une partie du coût de financement de l’investissement. Dans le cadre de la défiscalisation, il s’est avéré très avantageux pour ces sociétés d’intervenir comme bailleurs de fonds vis-à-vis d’une filiale, opérateur du projet. A titre d’exemple, un hôtel a été agréé pour un investissement de 2,6 MdF CFP, générant une dépense fiscale de 1,2 MdF CFP, et financé en partie par des sociétés appartenant au même groupe que l’hôtel. A une échelle plus modeste, l’investissement de 220 MF CFP d’une société, qui a été agréé pour 113 MF CFP en 2009, soit une dépense fiscale de 51 MF CFP, a été financé par deux autres sociétés qui appartiennent au même groupe. De même, le projet d’une société d’une valeur de 239 MF CFP, agréé en 2009, a-t-il compté parmi ses bailleurs de fonds deux sociétés dirigées par le même propriétaire que la première. Les sociétés qui envisagent un projet d’investissement ont eu, ainsi, tendance à le faire porter par une filiale en défiscalisation en présentant les autres sociétés du groupe comme bailleurs de fonds. Au niveau du groupe, ceci a permis à la fois de faire diminuer le taux d’imposition et d’alléger le poids financier de l’investissement. Le dispositif actuel ne permet pas de repérer ce type de montage avant l’agrément. En effet, l’identité des bailleurs de fonds n’est pas connue au moment où l’agrément est accordé. Ce n’est qu’après que l’opérateur a fourni l’identification des bailleurs dans les trois mois suivant l’agrément que les liens entre les sociétés peuvent, éventuellement, être découverts.
2.1.1.3.2 L’octroi de l’agrément à des promoteurs qui sont intervenus comme bailleur de fonds sur un autre programme agréé

Il a également été constaté que des entreprises ont été à la fois promoteur d’un projet bénéficiant de l’agrément de défiscalisation, donc bénéficiaire d’une aide publique, et bailleurs de fonds dans d’autres projets et rémunérées comme tel. Il y a eu, ainsi, dans le même laps de temps, captage des fonds publics par la même société en qualité de promoteur (rétrocession) et de bailleur de fonds (crédit d’impôt non rétrocédé). A titre d’exemple, la chambre a relevé le cas d’une société qui a pu investir en décembre 2008 en tant que bailleur de fonds 45 MF CFP sur 2 projets, ce qui lui a fait bénéficier d’un crédit d’impôt de l’ordre de 24 MF CFP et d’un gain net d’environ 15 MF CFP, puis a obtenu trois mois plus tard, pour son propre projet, l’aide fiscale locale pour une rétrocession nette de 12 MF CFP. Elle disposait donc visiblement des moyens de financer son projet sans aucun recours à l’aide publique. De plus, l’investissement ne comportait aucun risque particulier et compte tenu des bénéfices passés de la société, il était facilement bancable. 36

Une autre société a bénéficié d’un agrément en février 2009 concernant un projet de 226 MF CFP pour une nouvelle ligne de production générant un crédit d’impôt de 51 MF CFP et une aide rétrocédée de 36 MF CFP, plus une aide de l’Etat de 46 MF CFP, alors qu’en décembre 2008, elle était intervenue comme bailleur de fonds dans un autre projet en investissant 88 MF CFP ce qui lui avait fait bénéficier d’un crédit d’impôt de 40 MF CFP et d’un gain net fiscal au débouclage du projet de 12 MF CFP. Si de tels montages sont parfaitement légaux, ils ne sont guère souhaitables dans la mesure où les sociétés concernées ont montré par leurs apports qu’elles n’avaient nullement besoin de l’aide fiscale. Ces sociétés ont en quelque sorte instrumentalisé le dispositif dans une optique financière en vue d’optimiser leur fiscalité et leurs coûts de financement.
2.1.1.3.3 Le financement par la défiscalisation d’un projet pour lequel l’opérateur dispose d’une capacité propre et suffisante de financement

Dans certains cas, l’agrément a été accordé pour des projets dont l’opérateur disposait manifestement de fonds propres suffisants. Ainsi, une société a-t-elle sollicité et obtenu la défiscalisation pour ses investissements pour un montant d’aide de 712 MF CFP en 2006, alors qu’elle avait distribué 190 MF CFP de dividendes de 2004 à 2006, qu’elle présentait une capacité d’autofinancement de 463 MF CFP à la fin de l’exercice fiscal 2006- 2007 et que son groupe, une multinationale, avait distribué à ses actionnaires, sur le même exercice, 19,9 MdF CFP de dividendes. La question qui se pose est, en ce cas, de déterminer s’il ne convient pas de réduire la base éligible en accroissant ainsi la participation de l’opérateur au financement de son projet.
2.1.1.3.4 opérateur La participation des cabinets de défiscalisation en tant que bailleur ou

Le tableau n° 26 montre les apports des cabinets de défiscalisation en tant que bailleurs.
Tableau n° 26 : Participations des cabinets de déf iscalisation en tant que bailleurs de fonds

Cabinets I2F CALINVEST SNCIP

Crédit d’impôts (MF) 101 71 58

Apports (MF) 227 160 131

Source : CTC de Nouvelle-Calédonie (données issues de la DSF)

La chambre a également relevé qu’un cabinet a, début 2010, racheté une société dont il avait piloté la défiscalisation quatre ans auparavant. Les interventions des cabinets de défiscalisation dans les opérations qu’ils défiscalisent en qualité d’opérateur ou d’investisseur fiscal n’apparaissent guère souhaitables, car d’une part les cabinets bénéficient d’une asymétrie d’information favorable sur ces projets et d’autre part, ils réduisent ainsi une imposition dont ils sont redevables au titre d’une activité intégralement financée par la puissance publique et dont il serait logique qu’elle retire un retour fiscal.

37

Au total, sur le plan déontologique comme sur celui de l’équité fiscale, la chambre estime que l’immixtion des cabinets d’ingénierie dans les projets agréés comme bailleurs de fonds ou comme opérateur n’apparaît pas satisfaisante. 2.1.1.4 La cohérence entre le dispositif et la politique d’aménagement du territoire Le rééquilibrage est un objectif général des politiques publiques menées sur le territoire. L’article 211 du titre VIII de la loi organique du 19 mars 1999 dénommée, « Le rééquilibrage et le développement économique, social et culturel », précise qu’il s’applique, notamment, à la répartition des fonds publics bénéficiant aux provinces et aux communes. Il a pour objectif de réduire le décalage de développement constaté entre la zone urbanisée du Grand Nouméa et les autres parties du territoire. En application de ce principe, les recettes fiscales sont réparties de façon à ce que les provinces Nord et des Iles, moins peuplées et moins développées, perçoivent - relativement à leur population – une part plus importante que la province Sud. Ainsi, les dotations budgétaires par province et par habitant sont-elles désavantageuses pour la province Sud, ce qui a d’ailleurs été souligné par l’un des anciens ordonnateurs, actuel président de la province Sud, dans sa réponse. La dépense fiscale, qui suit les mêmes principes, a été ainsi répartie entre l’ensemble des collectivités calédoniennes. L’annexe 3.5 indique sa répartition au niveau des 33 communes. Au niveau provincial, on constate que la province Sud et ses communes ont contribué pour 38% au dispositif, la province Nord et ses communes pour 23%, la province des Iles et ses communes pour 13% et le territoire à hauteur de 26%. Or, ainsi que le montre le tableau n°27, la province des Iles et la province Nord (y compris leurs communes) n’ont bénéficié respectivement que de 1% (395 MF CFP) et de 11% (3,3 MdF CFP) des crédits d’impôt du dispositif ; la province Sud ayant bénéficié, pour sa part, de 47% (14,6 MdF CFP) de ceux-ci. A ceci s’ajoute le fait que les bailleurs de fonds et les cabinets de défiscalisation, qui ont bénéficié du solde des crédits d’impôt (41%, soit 12,6 MdF CFP) se situent presque tous dans le Grand Nouméa.
Tableau n° 27 : Répartition de la dépense et des ai des fiscales entre les provinces (territoire exclu)

Dépense fiscale (en F CFP) Province Sud Provinces Nord Province des Iles Collectivité de Nouvelle-Calédonie Bailleurs de fonds Cabinets de défiscalisation Total
Source : CTC de Nouvelle-Calédonie (données issues de la DSF)

Retour = répartition des crédits d’impôts du dispositif (en F CFP) Solde (en F CFP) 2 872 449 193 -4 081 965 261 -3 464 094 472 14 592 331 032 47% 3 241 093 815 11% 395 211 779 1% 0 10 293 982 782 33% 2 322 157 919 8% 30 844 777 327 100%

11 719 881 839 38% 7 323 059 076 24% 3 859 306 250 13% 7 942 530 162 26% ns ns 30 844 777 327 100%

Même si, comme l’indiquent deux des ordonnateurs dans leur réponse, la localisation des projets relève des porteurs de projets alors que la collectivité a cherché, dès 2002, à favoriser la zone hors du Grand Nouméa par un taux de crédit d’impôt plus élevé, le dispositif a néanmoins eu pour effet, en réalité, de privilégier la zone du Grand Nouméa. 38

Or, sur le plan de l’urbanisme, celle-ci est déjà relativement congestionnée et le développement d’activités et l’installation de nouvelles entreprises devraient être dirigés en priorité vers l’extérieur de la zone urbanisée. D’autre part, sur le plan économique, le taux d’aide permis par le dispositif est élevé au regard des caractéristique de la zone du Grand Nouméa. Quoique depuis la loi de 2008, le niveau de l’aide soit plus faible pour cette zone, il demeure de l’ordre des deux tiers de la valeur du projet, si la double défiscalisation est accordée. S’il est nécessaire à la mise en œuvre du projet, un tel taux d’aide indique un problème majeur de rentabilité. S’il ne l’est pas, cela signifie que le projet qui en bénéficie aurait pu être financé sans l’aide fiscale locale et que celle-ci aurait pu être employée plus utilement. En outre, sur le plan juridique, un tel niveau d’aide octroyé à une société en concurrence avec d’autres peut être considéré comme un avantage contraire à la libre concurrence28. 2.1.2 La stratégie, les objectifs et le pilotage du dispositif

Sans stratégie aisément indentifiable, ni objectifs clairement délimités, le dispositif a été mis au service de finalités multiples et au total assez peu cohérentes, ce qui lui a fait perdre une partie de sa lisibilité. En outre, sur le plan du pilotage, le suivi de ses résultats a été intermittent, alors que son poids budgétaire est devenu significatif. 2.1.2.1 La stratégie et les objectifs du dispositif

La logique sectorielle initialement retenue a été affectée par les fluctuations du périmètre des secteurs éligibles. Leur nombre est ainsi passé de 9 en 2002 à 19 en 2008 (cf. section 1.1.1.1). Dans la pratique, comme le souligne l’actuel président du gouvernement dans sa réponse, le secteur de l’hôtellerie a été privilégié tout au long de la période étudiée. D’autres logiques sectorielles ont été mises en œuvre, puis suspendues : l’aquaculture, les énergies renouvelables, la pêche, secteurs anciennement prioritaires, ne le sont plus aujourd’hui. Parallèlement, la loi a fixé d’une part que l’un des buts principaux du programme devrait être la création ou le maintien d'emplois ou le développement des exportations de la NouvelleCalédonie et d’autre part que le projet devrait présenter un « intérêt économique pour la Nouvelle-Calédonie ». Toutefois, ces conditions n’ont pas été définies plus précisément, ce qui s’est traduit dans la pratique par des critères d’agrément flous. Ces fluctuations de secteurs prioritaires et la part assez large d’appréciation discrétionnaire du gouvernement dans ses décisions ont fait perdre de sa cohérence au dispositif. Ceci a entraîné la multiplication de demandes se situant en dehors de la logique sectorielle initiale. Ainsi a-ton enregistré des demandes provenant de sociétés qui bénéficient déjà de régime spécifique de soutien, telles certaines entreprises du secteur de la métallurgie.

A titre d’exemple, la société FREE ENERGY, s’est manifestée pour solliciter une aide financière du gouvernement, dès lors que l’aide publique accordée à son concurrent direct, la société SOLAR ABONNEMENT, au titre de l’aide fiscale à l’investissement, a permis à cette dernière de proposer des prix que les autres entreprises du secteur ne peuvent soutenir.

28

39

Certains projets ont été agréés pour des sociétés existant depuis longtemps et dont les bénéfices annuels étaient élevés, alors que l’objectif de la défiscalisation locale est de soutenir et structurer les investissements productifs dans de nouveaux secteurs en développement et non dans des domaines d’activité arrivés à maturité. L’intervention du dispositif dans le financement des services publics a également constitué une utilisation apparemment peu judicieuse de l’instrument de la défiscalisation. Ainsi, le secteur des éoliennes, avec 4,3 MdF CFP de crédits d’impôts et 9 MdF CFP d’investissements, n’a-t-il créé que très peu d’emploi, alors que le même financement aurait pu être assuré sur le long terme, par un tarif de rachat approprié de l’électricité produite par exemple. De même, la défiscalisation du traitement des déchets aurait permis une réduction de 2,1% du prix de la tonne de déchets, induisant une économie annuelle de 18,5 MF CFP pour les usagers. Mais, il ressort de l’analyse du cabinet d’audit en 2010 que la dépense aurait ainsi pu être étalée sur une cinquantaine d’années, via un système de subventions à l’exploitation. En tout état de cause, l’élargissement du dispositif au financement d’équipements nécessaires à la réalisation de marchés publics ou de services publics délégués a été peu convaincant sur le plan financier. En effet, il a consisté à allouer des aides coûteuses, car impliquant la rémunération des bailleurs de fonds, alors que le même financement aurait pu être direct et/ou pérenne, par la définition de tarifs adaptés et/ou le versement d’une subvention d’équilibre. 2.1.2.2 La réorientation récente du dispositif

Le gouvernement, par une circulaire adoptée en collégialité, datée du 18 janvier 2010, a réorienté le dispositif en fonction d’une logique sectorielle plus précise, tout en amorçant une définition de l’intérêt économique du projet. Il a fixé comme orientation à la défiscalisation locale quatre secteurs économiques : - l’hôtellerie touristique ; - l’industrie de transformation ; - la sylviculture ; - les maisons de retraite. Le critère de sélection de ces secteurs a été, parmi les 19 secteurs éligibles, celui de la capacité à pourvoir des emplois. La circulaire a en outre procédé à une première tentative de définition de l’intérêt économique d’un projet en indiquant que pour respecter l’objectif de rééquilibrage économique du territoire, les projets situés en provinces Nord et des Loyautés ou dans l’intérieur de la province Sud devraient être considérés comme prioritaires. Si la réorientation du dispositif dans une logique de secteurs et de rééquilibrage apparaît pertinente dans son principe, la chambre relève toutefois que les quatre secteurs ont été sélectionnés sans concertation, stratégie ou schéma de développement explicite. En outre, il s’agit de la troisième définition du périmètre d’éligibilité en moins de 9 ans et la circulaire n’a

40

pas de valeur réglementaire, ce qui n’est pas un gage de grande stabilité pour les tiers. Or, ce dispositif doit être stable à moyen terme pour être pleinement efficace29. 2.1.2.3 Le poids budgétaire du dispositif

Grâce au système de répartition, le poids budgétaire du dispositif a été partagé entre l’ensemble des collectivités (tableau n°28). Il représente pour chacune d’entre elle, entre 2 et 3% en moyenne de ses recettes annuelles de fonctionnement. Toutefois, en l’absence de retour fiscal ces dépenses se cumulent avec les années. De plus, le gouvernement et la province Sud connaissent actuellement des tensions budgétaires. Dans ces conditions, des pertes de recettes, mêmes limitées, sont de plus en plus difficilement soutenables.
Tableau n° 28 : Poids budgétaire du dispositif sur les collectivités du territoire

Coll. 2010 2009 2008 2007 2006 2005 2004 2003 2002 Total

Province Sud 1,31 1,42 0,23 0,29 1,36 0,82 0,98 1,92 0,41 8,74 41,65 40,01 48,56 36,79 34,54 35,48 31,51 29,32 25,94 323,8 3,1% 1,19 3,5% 1,29 0,5% 0,21 0,8% 0,26 3,9% 1,23 2,3% 0,75 3,1% 0,89 6,5% 1,75 1,6% 0,38 2,7% 7,94

Territoire 24,63 30,79 45,88 30,82 36,89 27,08 17,23 32,84 15,75 4,8% 4,2% 0,5% 0,8% 3,3% 2,8% 5,2% 5,3% 2,4%

Province Nord 0,86 0,94 0,15 0,19 0,9 0,54 0,65 1,27 0,27 5,77 23,32 22,26 28,18 19,97 19,85 17,71 16,14 15,01 14,85 177,3 3,7% 0,77 4,2% 0,84 0,5% 0,13 1,0% 0,17 4,5% 0,8 3,0% 0,48 4,0% 0,58 8,5% 1,14 1,8% 0,24 3,3% 5,17

Communes ns 38,5 42,88 34,74 33,57 29,25 26,77 26,33 24,97 257,01 ns

Province des Iles 0,48 12,9 12,8 15,82 11,32 11,06 10,23 9,54 8,53 8,47 3,7% 4,1% 0,5% 1,0% 4,5% 2,9% 3,8% 8,3% 1,8% 2,2% 0,52 0,3% 0,08 0,5% 0,11 2,4% 0,5 1,6% 0,3 2,2% 0,36 4,3% 0,71 1,0% 0,15 2,0% 3,29

261,92 3,0%

100,66 3,3%

Source : données de la DSF de Nouvelle-Calédonie etxploitées par la CTC de Nouvelle-Calédonie

Le Conseil d’Etat, dans un avis du 11 janvier 2005, a estimé qu’il n’était pas possible de limiter par la loi le poids budgétaire du dispositif, car ceci pourrait conduire à exclure du régime d’aide fiscale des contribuables remplissant les conditions légales pour en bénéficier. Or la nature du dispositif impose qu’il demeure en permanence ouvert aux projets ayant vocation à en bénéficier, sans référence au coût budgétaire. Aussi, ne semble-t-il pas possible d’inscrire dans la loi les dispositions budgétaires de la circulaire de janvier 2010 qui stipule : « la base potentiellement éligible au crédit d’impôt fera l’objet de réajustements …en fonction de son disponible budgétaire ». 2.1.2.4 L’évaluation du dispositif

Le suivi et l’évaluation du dispositif n’ont pas fait l’objet d’un contrôle continu, même si la chambre a déjà relevé que deux audits généraux ont été commandités par le gouvernement auprès d’auditeurs externes. Elle a également noté la mise en œuvre d’une réforme substantielle en 2008. En outre, la direction des services fiscaux, a effectué un audit budgétaire et financier en juin 2009 et mis en place depuis 2010 un bilan annuel de la cellule des agréments fiscaux.
29

La chambre a relevé le cas d’un opérateur, dont le dossier de demande d’agrément était prêt fin 2009, et qui n’a pu présenter son projet, car son secteur a été rendu inéligible par la circulaire de janvier 2010.

41

Malgré cela, le suivi gouvernemental apparaît encore trop intermittent. Le seul suivi continu est d’ordre budgétaire avec un tableau mentionnant le nombre de projets agréés, le montant de la base éligible et l’impact budgétaire en termes de crédit d’impôt régulièrement transmis au gouvernement pour information par la direction des services fiscaux. Les deux audits précités ont également relevé la faiblesse du suivi. L’audit de 2005 soulignait l’intérêt de se doter « d’outils d’évaluation et de contrôle »30. L’audit de 2010 recommandait de « parfaire les outils de suivi des dossiers »31. A ce jour, le gouvernement ne dispose pas donc pas d’indicateurs suffisants et pérennes pour mesurer pleinement et juger de l’impact du dispositif. La chambre constate cependant que la direction des services fiscaux a pu lui transmettre la plupart des informations pour qu’elle procède à présent à cette analyse, ce qui montre que cette direction possède bien dans les liasses fiscales des entreprises les renseignements nécessaires à une évaluation du dispositif. Toutefois, un suivi permanent par la cellule dédiée de la direction des services fiscaux, serait certainement difficile en l’état actuel de ses moyens, limités à un seul agent. 2.1.2.5 La nécessité d’un encadrement rigoureux du dispositif

Le dispositif peut financer jusqu’au trois quarts d’un projet et étaler le paiement du dernier quart à la charge de l’opérateur sur les premières années de son exploitation. Ceci permet de rendre solvable des projets risqués, qui n’auraient pas été mis en œuvre avec des financements de marché. Pour oser une comparaison, cet instrument a une vocation presque analogue à celle des fonds structurels européens dont le rôle est de créer du développement dans les zones les moins prospères du territoire de l’Union européenne. Dès lors, l’usage de cet outil doit être envisagé en considérant deux risques généralement admis : - le premier est qu’il s’agit d’une ressource rare et chère, ce qui implique de limiter son périmètre d’action aux projets pour lesquels le soutien de la double défiscalisation est indispensable, en écartant les projets pouvant être financés différemment ; - le second est qu’il convient d’éviter d’agréer des projets trop éloignés de la réalité économique qui ne parviendront jamais à la rentabilité et seront ainsi voués soit à être subventionnés en permanence, soit à la faillite. Ni les opérateurs, ni les bailleurs, ni les cabinets de défiscalisation ne peuvent assurer ce rôle, chacune de ces parties au projet ayant plus d’intérêt que de risque à ce qu’un projet soit agréé. Au regard de ces risques, les critères de l’agrément et les conditions d’instruction devraient permettre de filtrer les projets pour lesquels l’octroi de la défiscalisation constituerait une simple aubaine financière ou économique.

30 31

Louis Harris : synthèses et conclusions de l’étude d’impact de la loi 2002-019, page 15. CM International : Evaluation de la politique d’aide fiscale aux investissements indirects, diapositive 93.

42

En second lieu, compte tenu que seule la puissance publique est en position de filtrer, parmi les projets présentés, ceux dont la pérennité économique sera manifestement impossible à atteindre, l’analyse de la rentabilité future des projets devrait être encore plus rigoureuse. 2.2 Les solutions envisageables

La chambre estime que la mise en place d’un meilleur pilotage et de procédures d’instruction renforcés sont souhaitables. La mise en œuvre d’un pilotage effectif devrait comporter une définition plus précise des objectifs du dispositif, un suivi amélioré de ses résultats et une maîtrise de son coût budgétaire. Les procédures devraient dès lors être renforcées tant sur le plan des moyens juridiques de l’instruction que sur celui de son circuit et de ses processus. 2.2.1 La mise en œuvre d’un pilotage effectif du dispositif La définition des objectifs du dispositif

2.2.1.1

Au final, la chambre recommande la poursuite de l’inflexion amorcée depuis 2008 par la modification des dispositions en vigueur, de façon à réserver le dispositif à la seule doubledéfiscalisation, à préciser les zones géographiques visées et à réduire et stabiliser les secteurs économiques éligibles.
2.2.1.1.1 L’exclusion de la zone urbanisée du Grand Nouméa.

Pour un ensemble de raisons tenant à l’aménagement du territoire de la Nouvelle-Calédonie et au fonctionnement de son économie, la zone urbanisée du Grand Nouméa devrait continuer à être tenue à l’écart de ce dispositif. Recommandation N°7 : La chambre recommande de traduire dans les textes de valeur supérieure la disposition de la circulaire du 8 janvier 2010 excluant l’agglomération du Grand Nouméa de la zone d’éligibilité, ce qui permettrait de concentrer le dispositif sur les zones en développement du territoire.
2.2.1.1.2 La définition de secteurs prioritaires et de plans de développement sectoriels

Le fait que les projets soient déficitaires en phase de démarrage n’est pas surprenant puisque l’outil de la défiscalisation vise à créer du développement économique dans des conditions de rentabilité peu favorables ab initio. Il est donc normal qu’en phase initiale d’exploitation, un déficit soit enregistré. Toutefois, ce déficit doit normalement se résorber à moyen puis long terme. Dans cette perspective de montée en charge progressive, un plan stratégique de structuration de filière et de soutien aux opérateurs serait un atout significatif. La cohérence stratégique et le soutien global à un secteur peuvent, en effet, être un facteur important de rentabilité.

43

Or, depuis 2002, la défiscalisation a été mise en œuvre sans concertation très définie, ni politique sectorielle stable. La loi n’a imposé aucune obligation autre que de fixer des secteurs éligibles. Ainsi, ni le développement de la filière aquacole, ni les initiatives dans le domaine de la pêche n’ont été soutenus par l’adoption de plan concerté de structuration et de soutien de ces filières. Une seule exception peut être notée dans le secteur du tourisme avec un plan de développement du tourisme en Nouvelle-Calédonie (PDTNC) publié en 2006. Mais, les collectivités publiques ne se sont pas vraiment approprié ce plan issu d’un audit privé. Par exemple, l’hôtel Le Centre, dans la zone d’activité du Grand Nouméa à Ducos, a été agréé, alors même qu’il ne s’inscrivait pas dans le PDTNC. De plus, ce plan est incomplet. A titre d’exemple, le récent agrément du complexe hôtelier de Gouaro Deva, d’une valeur de près de 10 MdF, va permettre la réalisation d’un projet sur le territoire de la commune de Bourail, actuellement peu équipée sur le plan touristique, grâce au financement de 50% de l’opération par la double défiscalisation. Il illustre la capacité de celle-ci à élargir le champ des possibles et à créer de l’activité dans une zone éloignée du Grand Nouméa. La chambre observe cependant que le projet n’est sous-tendu, ni par un plan spécifique de développement de la formation dans le domaine de l’hôtellerie de luxe, ni par un schéma local de développement urbanistique et rural incluant la commune de Bourail. De tels plans ou schémas pourraient pourtant utilement contribuer à la réussite future de cette opération qui illustre, ainsi, les forces et les faiblesses actuelles du pilotage stratégique du dispositif. Recommandation N°8 : La chambre recommande donc que le dispositif soit orienté sur un nombre limité de secteurs et que ces derniers fassent l’objet de schémas stratégiques et concertés de développement. Dans tous les cas de figure, le secteur des services publics devrait normalement en être exclu car l’équilibre économique de ces activités dépend normalement de la tarification appliquée aux usagers et d’une éventuelle subvention d’équilibre compensant les sujétions de service public. 2.2.1.2 Le suivi, l’évaluation et le contrôle du dispositif

La définition d’objectifs précis, un suivi des résultats et des coûts ainsi que la présentation au congrès d’un rapport annuel portant sur l’impact du dispositif permettraient d’assurer un meilleur pilotage opérationnel. Il serait notamment souhaitable qu’un premier ensemble de données à suivre concerne le montant de l’investissement, le nombre d’emplois, le chiffre d’affaires, la valeur ajoutée, le résultat annuel, l’impôt sur les sociétés et les autres retours fiscaux. Ces données devraient ensuite faire l’objet d’une analyse critique pouvant éclairer et expliquer les résultats constatés. Un second volet devrait continuer à porter sur le coût budgétaire des projets. Chaque projet génère une dépense fiscale directe et d’autres dépenses fiscales indirectes qui devraient être mesurées tout au long de l’exploitation. En outre, un état complet des autres aides – non fiscales - dont bénéficie le projet devrait être tenu : actionnariat public, mesures de protection de marché, financement à taux privilégié, subventions provinciales.

44

Il serait utile que le suivi de l’ensemble de ces éléments devienne une obligation légale à l’instar d’une récente loi du pays du 17 décembre 2010. Cette loi, qui institue un crédit d’impôt bancaire destiné à financer le prêt à taux zéro dans le domaine du logement social, prévoit d’une part que « le gouvernement remet au congrès avant le 1er juillet 2016 un rapport évaluant le coût et l’efficacité du dispositif. Ce rapport formule le cas échéant, des recommandations relatives à la poursuite de ce dispositif ou à son amélioration. », et d’autre part que « le gouvernement fait rapport chaque année au congrès à l’occasion de l’examen du compte administratif, de l’utilisation du crédit d’impôt de l’année ». Des outils existent déjà. Ainsi, lors du présent contrôle, la chambre a constaté qu’il existait des projets d’instruments de suivi au sein de la cellule des agréments. De même, lors de l’audit de 2010, le cabinet a également élaboré un projet de tableau de pilotage en collaboration avec l’administration fiscale. Recommandation N°9 : La chambre recommande que le gouvernement mette en place des instruments de suivi et d’évaluation des résultats et des coûts du dispositif et qu’il propose l’inscription dans une loi du pays de l’obligation d’informer le congrès chaque année sur les résultats du régime local de défiscalisation. Le président précise dans sa réponse que le gouvernement attachera « la plus grande attention à maintenir et développer les outils de suivi les mieux adaptés ». 2.2.1.3 La maîtrise du coût budgétaire de la défiscalisation

L’une des principales mesures à prendre pour stabiliser le coût budgétaire du dispositif et améliorer son efficience pourrait être la mise en place d’une procédure de subvention directe à l’opérateur.
2.2.1.3.1 L’absence de nécessité de recourir aux bailleurs de fonds

La défiscalisation a notamment pour but de compenser les difficultés de financement des entreprises qui caractérisent l’outre-mer en général que sont le manque de fonds propres des entreprises et leurs difficultés d’accès au crédit. L’aide fiscale permet d’orienter l’épargne des bailleurs de fonds vers le financement des entreprises. Les contribuables jouent ainsi le rôle de « banquier » dans un contexte où les banques hésitent à s’engager en raison de l’ensemble des handicaps structurels de l’outre-mer comme l’étroitesse des marchés, l’endettement élevé des acteurs et la faiblesse de leurs fonds propres. Les entreprises et les banques de Nouvelle-Calédonie sont dans une situation différente. Elles disposent généralement de fonds propres suffisants, et on ne relève pas de difficultés d’accès au financement bancaire pour le financement des investissements. Au contraire, les disponibilités placées par les entreprises en compte à terme dans les établissements bancaires du territoire sont abondantes et augmentent tous les ans : « les dépôts à vue des entreprises connaissent une forte progression (+15,4 %, après +4,3 % en 2008) ; laquelle traduit notamment une amélioration de leur trésorerie32 ». La valeur de ces dépôts est passée de 89 MdF CFP en décembre 2006 à 117 MdF CFP en décembre 2009. On

32

Institut d’émission de l’outre-mer : « Nouvelle-Calédonie Rapport annuel 2009 » page 167.

45

enregistre un dynamisme équivalent pour les comptes à terme rémunérés des entreprises qui sont passés de 40 MdF CFP à 62 MdF CFP durant la même période33. S’agissant de l’activité bancaire, le crédit aux entreprises a beaucoup progressé, signe que ce secteur n’est pas marqué par des tensions particulières. Les crédits d’équipements aux entreprises sont ainsi passés de 99 MdF CFP fin 2006 à 206 MdF CFP fin 2009, alors que les crédits d’exploitation, qui peuvent être l’indice d’une tension dans la situation financière des entreprises, sont restés stables durant cette période34. Le taux des créances douteuses est passé de 4,5 % des créances en 2005 à 2,2% en 2009, ce qui est vraiment très faible. Enfin, l’épargne ne tend pas à quitter le territoire, puisque le montant total des actifs financiers des résidents calédoniens est passé de 431 MdF CFP à 563 MdF entre 2006 et 2009. De plus, le solde des investissements directs étrangers est positif ce qui signifie que le territoire exerce un effet attractif sur l’épargne extérieure : « le compte financier du territoire fait apparaître pour 2008 des entrées nettes de capitaux pour un montant de 117 MdF CFP 35». Le secteur bancaire pourrait donc certainement assurer le rôle que tiennent les bailleurs de fonds dans le dispositif actuel de défiscalisation.
2.2.1.3.2 La mise en place d’un dispositif de crédit d’impôt remboursable

La chambre estime que la mise en place d’un dispositif de crédit d’impôt remboursable est envisageable. Le tableau n°29 montre que l’économie aurait donc été de l’ordre de 6,7 MdF CFP, soit plus de 20% du coût total du dispositif (30,8 MdF CFP). Les coûts à la charge de l’opérateur comprendraient la rémunération du cabinet d’ingénierie financière, dont il paraît difficile de s’exonérer compte tenu de la complexité des montages (elle est estimée ici à 4,5% de la base éligible) et les frais financiers bancaires (estimés ici à un maximum de 7%/an de la base éligible). En retenant une durée de portage moyenne d’un an, par rapport à la base éligible de la période 2002-2010, soit 51,6 MdF CFP, ces coûts se seraient élevés à 2,3 MdF CFP pour la rémunération des cabinets et à 3,6 MdF CFP pour les frais financiers, soit 5,9 MdF CFP contre 12,6 MdF CFP dans le dispositif actuel. Pour maintenir le niveau de subvention nette dont les opérateurs ont bénéficié, soit 18,2 MdF CFP, il aurait fallu leur verser une subvention brute de 24,1 MdF CFP, soit 47% de la base éligible (24,5/52,5). Le taux du crédit d’impôt remboursable devrait donc se situer, dans une telle hypothèse, entre 45% et 50% de la base éligible.
Tableau n° 29 : Bilan financier et budgétaire de l a défiscalisation actuelle et du dispositif recommandé

MdF CFP

Bilan du dispositif actuel avec les opérateurs. La période de

Dispositif recommandé La période de construction est financée par les banques 0 2,3

Subventions fiscales aux bailleurs partagés Subvention fiscale directe à l’opérateur. Dispositif Bailleurs Cabinets construction est financée par les bailleurs 10,3 2,3

33 34

Ibid. Page 189. Ibid. Page 190. 35 Ibid. Page 190.

46

Banques Opérateurs Coût budgétaire
Source : CTC

0 18,2 30,8

3,6 18,2 24,1

Au total, le dispositif serait donc moins coûteux pour l’ensemble des collectivités calédoniennes. Il transférerait le financement de la période de construction sur les banques qui bénéficieraient ainsi d’un surplus d’activité. Il serait relativement neutre pour les cabinets de défiscalisation qui continueraient vraisemblablement à proposer aux opérateurs le montage de leur dossier d’agrément. Enfin, l’opérateur serait plus directement impliqué dans le financement dans son projet par rapport au dispositif actuel. Le dispositif pourrait rester basé sur l’agrément préalable du projet et sur la double défiscalisation, dans les mêmes conditions qu’actuellement. Cette réforme allègerait donc sensiblement le coût budgétaire sans remettre en question l’architecture du dispositif. Recommandation N°10 : La chambre recommande donc que le gouvernement étudie la substitution au dispositif actuel d’un système de crédit d’impôt remboursable au promoteur dans lequel le financement de la construction du programme d’investissement serait effectué par les banques par un crédit relais qui serait remboursé à l’achèvement du projet, l’opérateur bénéficiant alors directement du versement de son crédit d’impôt36. L’actuel président répond qu’il « importera au gouvernement d’étudier avec soin les propositions formulées par la chambre et plus particulièrement celle visant à introduire un crédit d’impôt remboursable procurant 100% de l’aide fiscale aux porteurs de projets ».
2.2.1.3.3 dispositif Les autres éléments pouvant contribuer à une diminution du coût du

Dans l’hypothèse où le dispositif actuel de subventionnement, via les bailleurs de fonds, resterait en place, la réorientation de la défiscalisation sur des secteurs définis et selon un zonage géographique cohérent avec le principe de rééquilibrage, devrait entraîner une diminution du nombre de projets présentés et réduire mécaniquement la dépense fiscale. Toujours dans cette hypothèse, pour limiter l’impact budgétaire du dispositif, la chambre recommanderait, en plus de ces mesures, certaines dispositions visant à : - diminuer le crédit d’impôt des bailleurs de fonds tout en augmentant à 75% le taux de rétrocession, ce qui réduirait la dépense fiscale tout en maintenant le taux de subvention à l’opérateur et augmenterait le rendement du dispositif ; - inscrire dans la loi la possibilité d’obliger les bailleurs de fonds à répartir l’imputation du crédit d’impôt sur plusieurs exercices afin de limiter l’impact immédiat de la dépense fiscale.

Préalablement à une évolution vers un système de ce type, il conviendrait de vérifier que le dispositif reste compatible avec la défiscalisation nationale. La chambre estime que l’article 26 de la loi du 26 juillet 2003 devrait le permettre. Ce point devrait toutefois être confirmé.

36

47

2.2.2

Le renforcement de la procédure d’instructions Le renforcement des moyens de l’instruction

2.2.2.1

La direction des services fiscaux, principal service instructeur, devrait être à même de mieux prendre en compte les enjeux propres à chaque dossier en proposant plus facilement des modulations de la base éligible.
2.2.2.1.1 La présentation et l’analyse des comptes prévisionnels

Les modalités de présentation des demandes sont fixées par l’arrêté 2008-523/GNC du 29 janvier 2008. Cet arrêté fixe un ensemble très complet de documents à transmettre à l’appui de la demande d’agrément et qui concernent : - 1. les renseignements généraux sur l’entreprise postulant à l’agrément ; - 2. le descriptif du projet d’investissement ; - 3. les autres coûts liés au projet mais non compris dans la base sollicitée ; - 4. le plan de financement du projet ; - 5. les comptes prévisionnels ; - 6. l’intérêt économique et la valeur ajoutée pour la Nouvelle-Calédonie ; - 7. les coûts de montage ; - 8. diverses informations relatives au montage du projet ; Cependant, pour différentes raisons, tenant à la forme de leur présentation et à leur contenu, les comptes prévisionnels fournis à l’appui des demandes d’agrément ne permettent pas toujours d’appréhender la viabilité économique à moyen terme du projet. D’autre part, la circulaire du 28 janvier 2010 relatif à la gestion du dispositif fixe que dans le secteur de l’industrie de transformation, le programme devra « impérativement respecter » le critère de la valeur ajoutée défini par l’arrêté 2008-525/GNC du 29 janvier 2008. Or, cet arrêté a fixé une méthode homogène de calcul de la valeur ajoutée et a précisé que le programme devra « permettre de créer une valeur ajoutée significative ». Mais il n’a toutefois pas défini à partir de quel niveau la valeur ajoutée créée devient « significative ». Recommandation N°11 : Afin que le gouvernement puisse assurer un filtrage efficace des opérations excessivement risquées et/ou présentant un déficit quasi certain et pérenne d’exploitation, la chambre recommande qu’une réflexion soit engagée pour améliorer, dans le contenu du dossier de demande d’agrément, l’exposition et la compréhension des comptes prévisionnels et que soit fixée une méthode d’évaluation pour apprécier le critère de la valeur ajoutée du projet. Il conviendrait également que l’instruction puisse dégager un coût par emploi.
2.2.2.1.2 La lutte contre les effets d’aubaine et de proximité affectant certaines demandes

Il a été constaté quatre types d’effets d’aubaine et/ou de proximité non souhaitables : - la présence parmi les bailleurs de fonds de sociétés dont l’opérateur du projet est une filiale ; 48

- l’octroi de l’agrément à un opérateur également bailleur de fonds dans d’autres projets. - l’octroi de l’agrément à un opérateur disposant de fonds suffisants pour financer son projet ; - la participation des cabinets de défiscalisation comme bailleur de fonds ou comme associé d’un opérateur Recommandation N°12 : La chambre recommande, si le dispositif continuait d’être organisé sur la base d’un recours aux bailleurs de fonds, de le modifier en introduisant l’obligation d’informer l’administration, préalablement à l’agrément, des liens capitalistiques ou de direction entre les bailleurs et l’opérateur et sur la situation financière de chaque société liée à l’opérateur. Recommandation N°13 : La chambre recommande également que les cabinets de défiscalisation ne puissent intervenir comme bailleur de fonds dans les projets défiscalisés et que le gouvernement engage une réflexion conduisant à limiter leurs possibilités d’intervenir en qualité d’opérateur. Recommandation N°14 : La chambre recommande enfin de créer l’obligation pour les bailleurs de déclarer l’origine de leurs fonds et d’ouvrir la possibilité à l’administration, au cas où ces apports seraient empruntés, de moduler la base éligible du projet. En effet le but du dispositif étant de mobiliser l’épargne des bailleurs, il n’apparaît pas souhaitable que ces derniers empruntent des fonds pour ensuite les apporter au projet. 2.2.2.2 Le renforcement du circuit d’instruction

La procédure d’instruction devrait être mieux balisée et placée sous l’égide d’une commission administrative qui serait chargée d’émettre un avis sur le projet.
2.2.2.2.1 Le circuit actuel

Les dossiers de demandes d’agrément sont déposés à la direction des services fiscaux (DSF). La cellule des agréments de cette direction est chargée d’instruire ces demandes37. Le circuit de l’instruction est fixé par le point IV de l’article Lp45 ter 1 du code des impôts, par l’arrêté n° 2008-523/GNC du 29 janvier 2008 du 29 janvier 2008 relatif à l'application des articles Lp45 ter 1 et Lp45 ter 2 du code des impôts et par l'arrêté n° 2002-2581/GNC du 29 août 2002 fixant les attributions et portant organisation de la DSF (cf. encadré ci-après). L’annexe I présente un schéma du circuit d’instruction.

L'habilitation par le gouvernement de la DSF est fixée par l’article 9 de l’arrêté n° 2002-2581/GNC du 29 août 2002 fixant les attributions et portant organisation de la DSF.

37

49

Arrêté modifié n° 2002-2581/GNC du 29 août 2002 fix ant les attributions et portant organisation de la direction des services fiscaux Article 9 : La cellule des agréments fiscaux, animée par un responsable, est chargée de l’instruction et du suivi des agréments fiscaux délivrés dans le cadre du régime fiscal d’aide à l’investissement prévu aux articles Lp45 ter 1 et Lp45 ter 2 du code des impôts. Elle établit les récépissés de demande d’agrément complète, prévus à l’article Lp 45 ter 1 IV, pour la signature du directeur. La cellule des agréments fiscaux analyse les dossiers déposés par les promoteurs des projets d’investissement, en partenariat avec les directions techniques du gouvernement de la Nouvelle-Calédonie et des provinces compétentes, afin de permettre au gouvernement d’apprécier l’intérêt économique que présente le projet pour la collectivité et de déterminer le montant de la base éligible au dispositif d’aide fiscale. Elle suit le traitement des instructions, notamment par le biais des réunions avec les promoteurs des projets et leur cabinet de défiscalisation et d’ingénierie financière. Elle rédige le rapport d’instruction incluant la synthèse des avis techniques recueillis et prépare les projets de décision d’agrément (ou de rejet) et leurs rapports de présentation motivés, soumis au visa du directeur, pour leur transmission au gouvernement de la Nouvelle-Calédonie. Elle établit les projets de certificats administratifs relatifs au montant du crédit d’impôt, à la période d’imputation et au taux de la rétrocession à reverser à l’entreprise réalisant l’investissement productif, pour signature du directeur. Elle assure le suivi informatique, notamment au plan statistique, de l’évaluation de la dépense fiscale et le suivi du déroulé du projet d’investissement dans le temps, afin d’assurer l’interface informationnelle des services de gestion et de contrôle concernés. Le responsable de la cellule est chargé d’animer celle-ci et de coordonner les travaux des cadres affectés à cette structure.

Lorsque le dossier est exhaustif, un récépissé est délivré par la DSF. En général, la demande n’est pas exhaustive et la direction demande communication de compléments d’information avant de transmettre un récépissé de dossier complet38. La durée moyenne entre le dépôt d’une demande et la transmission du récépissé est de 5 mois environ : une demande d’information complémentaire est transmise en moyenne 3 mois après de dépôt initial de la demande et le récépissé intervient 2 mois plus tard. La délivrance de ce récépissé fait courir un délai de 4 mois dans lequel le gouvernement doit en principe se prononcer39. Durant le traitement de la demande, la DSF doit obligatoirement solliciter l’avis de la province concernée40. A défaut d’avis de la province dans un délai de 3 mois, celui-ci est réputé donné.

L’article 2 de l’arrêté susnommé du 29 janvier 2008 permet si, le dossier ne permet pas « d'apprécier précisément les conditions de réalisation du projet », de rejeter le dossier. Dans la pratique, il n’y a jamais eu de rejet pour ce motif. 39 Article Lp45 ter 1 IV : « Le gouvernement se prononce dans un délai de quatre mois à compter de la date du récépissé d'une demande d'agrément complète. » 40 Article Lp45 ter 1 IV : « Le service instructeur doit consulter les provinces concernées. A défaut de réponse des provinces dans un délai de trois mois, leur avis est réputé donné. »

38

50

En outre, l’article 9 de l’arrêté du 29 août 2002 portant organisation de la direction des services fiscaux précise que la cellule des agréments fiscaux analyse les dossiers en partenariat avec les directions techniques du gouvernement de la Nouvelle-Calédonie. Ces directions sont souvent sollicitées pour émettre un avis sur la demande d’agrément. En connaissance de ce ou de ces avis, la cellule des agréments, en application de l’article 9 de l’arrêté du 29 août 2002 précité, rédige un rapport d’instruction et un projet d’arrêté qui sont transmis au gouvernement.
2.2.2.2.2 La gestion des délais de l’instruction

Ces délais de traitement des dossiers sont parfois considérés comme trop longs par certains acteurs. Toutefois, l’allongement des délais provient en premier lieu de l’absence de pièces requises dans le dossier, ce qui est à l’origine d’échanges parfois nombreux entre l’administration et les cabinets de défiscalisation. Parallèlement, certaines pièces formellement présentes, mais peu satisfaisantes au fond, induisent également des échanges et un allongement des délais. La distinction entre les deux circuits n’est pas forcément apparente pour les cabinets. Il conviendrait, pour apporter plus de clarté à l’instruction des demandes, de distinguer entre les dossiers non exhaustifs (absence de comptes prévisionnels par ex.) et ceux exhaustifs, mais insatisfaisants au fond (comptes prévisionnels fournis mais peu clairs). Recommandation N°15 : La chambre recommande que le dispositif prévoie un traitement spécifique pour les dossiers non exhaustifs : ces derniers devraient pouvoir être retournés au cabinet sans pour autant être rejetés. Dans ce cas de figure, le dossier serait considéré comme non déposé et la véritable date de dépôt interviendrait au retour du dossier exhaustif. Le récépissé relatif au caractère complet du dossier ne porterait donc que sur les dossiers exhaustifs quant à la forme et au fond. En second lieu, les délais sont également liés au temps de prise de décision au niveau gouvernemental, parfois en fonction des aléas politiques ou de l’appréciation qui est faite du dossier. En l’absence d’un avis administratif interne qui permettrait de dater la fin de l’instruction administrative, ce délai purement décisionnel n’est pas mesurable. En dernier lieu, il existe une certaine asymétrie de moyens entre l’administration, qui dispose d’un seul agent à plein temps pour gérer l’ensemble des dossiers, et les cabinets, dont les moyens sont plus importants. Recommandation N°16 : La chambre recommande de doter la cellule des agréments de la direction des services fiscaux de moyens supplémentaires afin qu’elle soit à même d’instruire les dossiers, d’en contrôler la mise en œuvre et d’assurer le pilotage renforcé du dispositif.

51

2.2.2.2.3

La création d’un comité administratif et d’un avis préalable

Aucune procédure particulière n’encadre la consultation des directions techniques qui n’est ni obligatoire ni fléchée en fonction de la nature des projets. Les demandes d’avis technique ne sont d’ailleurs pas systématiques, par exemple lorsque certains dossiers bénéficient dès leur dépôt d’une appréciation politique favorable. Les interlocuteurs techniques ne sont pas toujours bien identifiés (ex: les dossiers relatifs au secteur de l’aquaculture sont confiés à la direction des affaires économiques sans que le service des pêches maritimes soit consulté). Les directions techniques ne sont pas tenues informées des suites données à leurs avis ce qui ôte une part d’intérêt à leur travail d’instruction. Sur le fond, l’absence de documents stratégiques de référence rend leur travail d’évaluation du projet plus difficile. S’agissant des provinces leur participation au dispositif actuel n’apparaît guère probante. L’avis provincial est systématiquement positif. Il intervient souvent après le délai de trois mois (délai moyen de 61 jours) et parfois après que la décision d’agrément soit rendue. Pourtant, leur participation plus active à la procédure d’agrément ne serait pas inutile, notamment pour vérifier que les projets soumis sont en cohérence avec leurs propres stratégies de développement. Au total, la chambre constate, que la procédure de concertation actuelle n’est guère satisfaisante et qu’il manque, notamment, une instance d’échange entre les services concernés. Le récent rapport d’audit sur le dispositif, corroboré par les investigations de la chambre, souligne des chevauchements entre l’instruction administrative des demandes et le circuit de décision. Certains dossiers n’ont pas été beaucoup instruits – par exemple un délai de 8 jours a été constaté entre le dépôt de la demande et l’arrêté d’agrément - car la décision était déjà prise. Le gouvernement a, en effet, sa vision propre du dossier au vu des premiers résultats de l’instruction dont il prend connaissance et par le jeu du cabinet de défiscalisation qui peut jouer un rôle logique de lobbying sur son dossier. Si le fait que le gouvernement dispose d’un avis sur le dossier est parfaitement logique, il serait souhaitable que les résultats propres de l’instruction administrative puissent être formalisés par un avis clôturant l’instruction. A cet égard, la chambre constate que pour la défiscalisation nationale un avis administratif est pris par concertation de l’ensemble des services de l’Etat concernés41 au plan local, puis transmis au secrétariat d’Etat à l’outre-mer chargé d’émettre un avis propre sur le dossier. Ceci permet d’éclairer la prise de décision qui relève du bureau des agréments du ministère de l’économie et des finances, par délégation du ministre. Enfin, dans son rapport du 13 novembre 2008 relatif aux recettes fiscales et douanières du territoire, la chambre avait déjà évoqué l’intérêt de créer une instance administrative chargée de suivre l’instruction des demandes.

Cet avis étant purement interne, il ne peut être envisagé de le communiquer aux services calédoniens chargés de l’instruction du dossier. L’autonomie respective des dispositifs conduit à maintenir des circuits d’instruction séparés.

41

52

Recommandation N°17 : Pour répondre aux insuffisances constatées dans la concertation entre les services et dans la formalisation des résultats de l’instruction administrative, la chambre recommande la mise en place d’un comité administratif qui serait à la fois l’instance de concertation entre les administrations concernées et l’instance chargé d’émettre un avis administratif sur le dossier. Dans sa réponse, l’actuel président indique que le gouvernement attachera la plus grande attention à « maintenir et développer les outils d’instruction les mieux adaptés, en concertation avec les acteurs provinciaux, en capitalisant sur les bonnes pratiques actuelles ».

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3

Annexes
3.1 Liste des recommandations

1) La chambre recommande que l’action des provinces et de leurs SEM d’investissement soit mieux articulée avec celle du gouvernement tant par une définition concertée des secteurs prioritaires que par le renforcement de leur participation au processus d’instruction des agréments. ...........................................18 2) La chambre recommande qu’une réflexion soit menée pour permettre une meilleure articulation entre le dispositif de défiscalisation et l’action des organismes de soutien, d’intervention et/ou de régulation économique tels l’ICAP, l’Ocef, l’Erpa, l’AFD, les fonds communs de placement à risque ou les chambres consulaires. .....19 3) La chambre recommande qu’une réflexion soit menée sur l’articulation entre le régime d’exonérations de taxes à l’importation issu de la délibération du 10 octobre 1990 et le régime de défiscalisation. .........................................................................19 4) La chambre recommande qu’un suivi du dispositif de défiscalisation des investissements directs - mis en œuvre par l’article Lp 45 ter 2-1 - soit mis en place par la direction des services fiscaux afin de pouvoir l’évaluer et si nécessaire, l’articuler avec le dispositif de défiscalisation. ...........................................................20 5) La chambre note que le gouvernement a maintenu le secteur métallurgique en dehors du périmètre de la défiscalisation. Elle recommande de poursuivre la réflexion engagée sur la fiscalité minière afin qu’un état des lieux complet puisse être effectué dans ce domaine. ......................................................................................................21 6) A l’instar de ce que le gouvernement demande aux sociétés du secteur métallurgique, la chambre recommande qu’un suivi global des soutiens alloués aux sociétés bénéficiant de la défiscalisation soit mis en place par une disposition obligeant les opérateurs à déclarer à l’administration fiscale l’ensemble des aides dont ils bénéficient tant en phase d’exploitation que d’investissement......................27 7) La chambre recommande de traduire dans les textes de valeur supérieure la disposition de la circulaire du 8 janvier 2010 excluant l’agglomération du Grand Nouméa de la zone d’éligibilité, ce qui permettrait de concentrer le dispositif sur les zones en développement du territoire. ......................................................................43 8) La chambre recommande que le dispositif soit orienté sur un nombre limité de secteurs et que ces derniers fassent l’objet de schémas stratégiques et concertés de développement. Dans tous les cas de figure, le secteur des services publics devrait normalement en être exclu car l’équilibre économique de ces activités dépend normalement de la tarification appliquée aux usagers et d’une éventuelle subvention d’équilibre compensant les sujétions de service public. ............................................44 9) La chambre recommande que le gouvernement mette en place des instruments de suivi et d’évaluation des résultats et des coûts du dispositif et qu’il propose l’inscription dans une loi du pays de l’obligation d’informer le congrès chaque année sur les résultats du régime local de défiscalisation. ........................................................

54

Réponse de l’ordonnateur ...................................................................................... Le président précise dans sa réponse que le gouvernement attachera« la plus grande attention à maintenir et développer les outils de suivi les mieux adaptés ». .45 10) La chambre recommande donc que le gouvernement étudie la substitution au dispositif actuel d’un système de crédit d’impôt remboursable au promoteur dans lequel le financement de la construction du programme d’investissement serait effectué par les banques par un crédit relais qui serait remboursé à l’achèvement du projet, l’opérateur bénéficiant alors directement du versement de son crédit d’impôt. Réponse de l’ordonnateur ...................................................................................... L’actuel président répond qu’il « importera au gouvernement d’étudier avec soin les propositions formulées par la chambre et plus particulièrement celle visant à introduire un crédit d’impôt remboursable procurant 100% de l’aide fiscale aux porteurs de projets ». ................................................................................................47 11) Afin que le gouvernement puisse assurer un filtrage efficace des opérations excessivement risquées et/ou présentant un déficit quasi certain et pérenne d’exploitation, la chambre recommande qu’une réflexion soit engagée pour améliorer, dans le contenu du dossier de demande d’agrément, l’exposition et la compréhension des comptes prévisionnels et que soit fixée une méthode d’évaluation pour apprécier le critère de la valeur ajoutée du projet. Il conviendrait également que l’instruction puisse dégager un coût par emploi………………………48 12) La chambre recommande, si le dispositif continuait d’être organisé sur la base d’un recours aux bailleurs de fonds, de le modifier en introduisant l’obligation d’informer l’administration, préalablement à l’agrément, des liens capitalistiques ou de direction entre les bailleurs et l’opérateur et sur la situation financière de chaque société liée à l’opérateur.............................................................................................49 13) La chambre recommande également que les cabinets de défiscalisation ne puissent intervenir comme bailleurs de fonds dans les projets défiscalisés et que le gouvernement engage une réflexion conduisant à limiter leurs possibilités d’intervenir en qualité d’opérateur………………………………………………………………………49 14) La chambre recommande enfin de créer l’obligation pour les bailleurs de déclarer l’origine de leurs fonds et d’ouvrir la possibilité à l’administration, au cas où ces apports seraient empruntés, de moduler la base éligible du projet. En effet le but du dispositif étant de mobiliser l’épargne des bailleurs, il n’apparaît pas souhaitable que ces derniers empruntent des fonds pour ensuite les apporter au projet....................49 15) La chambre recommande que le dispositif prévoie un traitement spécifique pour les dossiers non exhaustifs : ces derniers devraient pouvoir être retournés au cabinet sans pour autant être rejetés. Dans ce cas de figure, le dossier serait considéré comme non déposé et la véritable date de dépôt interviendrait au retour du dossier exhaustif. Le récépissé relatif au caractère complet du dossier ne porterait donc que sur les dossiers exhaustifs quant à la forme et au fond.............................................51 16) La chambre recommande de doter la cellule des agréments de la direction des services fiscaux de moyens supplémentaires afin qu’elle soit à même d’instruire les 55

dossiers, d’en contrôler la mise en œuvre et d’assurer le pilotage renforcé du dispositif. ...................................................................................................................51 17) Pour répondre aux insuffisances constatées dans la concertation entre les services et dans la formalisation des résultats de l’instruction administrative, la chambre recommande la mise en place d’un comité administratif qui serait à la fois l’instance de concertation entre les administrations concernées et l’instance chargé d’émettre un avis administratif sur le dossier. .................................................................. Réponse de l’ordonnateur ...................................................................................... Dans sa réponse, l’actuel président indique que le gouvernement attachera la plus grande attention à « maintenir et développer les outils d’instruction les mieux adaptés, en concertation avec les acteurs provinciaux, en capitalisant sur les bonnes pratiques actuelles ». ................................................................................................52

56

3.2

Répartition des décisions d’agrément par commune
Nombre de décisions d’agrément par commune Décisions 1 1 1 1 2 2 2 2 2 3 3 3 23 3 4 8 8 10 15 45 71 En % du nombre de décisions 1% 1% 1% 1% 3% 3% 3% 3% 3% 4% 4% 4% 32% 4% 6% 11% 11% 14% 21% 63% 100%

Tableau n° 30 : Commune BOULOUPARIS POINDIMIE POUEMBOUT SARRAMEA DUMBEA KOUMAC LIFOU MARE MOINDOU BOURAIL LA FOA POYA Sous/total

Pas de rattachement ILE DES PINS KONE PAITA MONT DORE NOUMEA Sous/total Total
Source : CTC et direction des services fiscaux

Tableau n° 31 : Commune POUEMBOUT BOULOUPARIS SARRAMEA DUMBEA MOINDOU LIFOU KOUMAC POYA MARE ILE DES PINS POINDIMIE LA FOA ss/total Non rattaché PAITA BOURAIL KONE MONT DORE NOUMEA ss/total TOTAL

Montant des décisions d’agrément p ar commune Décisions 1 1 1 2 2 2 2 3 2 4 1 3 24 3 8 3 8 10 15 44 71 Investissement 166 000 000 249 458 577 315 089 015 283 399 069 300 100 321 409 839 150 696 022 760 686 548 150 685 987 051 1 398 380 118 1 494 499 346 1 704 174 569 8 389 498 126 2 582 337 364 6 785 349 784 10 231 317 742 7 301 910 636 10 185 298 112 18 056 856 223 52 560 732 497 63 532 567 987 Base agréé 150 500 000 213 827 204 263 338 293 263 921 171 290 988 220 347 938 375 623 953 035 626 078 025 670 147 128 1 224 165 050 1 433 831 036 1 506 445 454 7 615 132 991 2 363 674 942 6 083 668 000 6 928 647 190 6 945 469 501 8 265 093 771 14 291 665 312 42 514 543 774 52 493 351 707

(en F CFP) En % du montant agréé 0,3% 0,4% 0,5% 0,5% 0,6% 0,7% 1,2% 1,2% 1,3% 2,3% 2,7% 2,9% 14,5% 4,5% 11,6% 13,2% 13,2% 15,7% 27,2% 81,0% 100,0%

Source : Direction des services fiscaux

57

3.3

Processus d’instruction d’une demande d’agrément

58

INSTRUCTION D’UNE DEMANDE D’AGREMENT Échéance, Délai Cabinet de défiscalisation DSF Directions techniques Provinces

Processus mis à jour le 08/10/2010 Gouvernement Commission des finances et du budget du Congrès

Dossier de Défisc

Réception du dossier et contrôle formel du dossier

Dossier complet ?

Oui

Rédaction demande avis Réception demande d’avis (facultatif) Réception demande d’avis (obligatoire) Avis réputé formulé si absence de réponse avant 3 mois Inscription GNC Saisine Congrès

Réponse à la demande d’information

Rédaction + envoi demande d’information

Non Rédaction récépissé

M

Réception récépissé demande complète

Etude + Rédaction + envoi Avis

Etude + Rédaction + envoi Avis

Délai de 4 mois entre la réception du récépissé et la décision du gouvernement

Rédaction rapport au gouvernement et projet d’arrêté

Avis

CI > 5 M hôtellerie, 1,5 M autres ?

Oui

Non

Inscription ODJ du Gouvernement

M+4

Arrêté collégialité

3.4

Résultats d’exploitation des projets
REPORT A NOUVEAU N-1 + RESULTAT COMPTABLE N (en F CFP) -845 811 661 -611 786 659 -430 877 911 -319 690 643 -292 704 340 -290 576 451 -284 947 096 -261 383 751 -234 255 371 -233 571 197 -208 980 661 -151 884 476 -147 411 217 -139 730 220 -135 926 343 -127 141 171 -123 246 106 -99 849 293 -90 512 828 -85 427 647 -73 928 386 -69 490 587 -69 053 205 -63 367 482 -58 819 016 -46 884 043 -42 319 643 -36 750 589 -18 608 072 -15 098 321 -9 254 942 -9 033 659 -8 593 728 -8 074 954 -7 927 388 -6 731 390 -6 410 096 -5 993 742 -4 055 086 -2 558 049 -2 137 753 -1 709 506 -1 376 843 -330 721 0 1 062 088 3 719 983 4 527 613 7 840 344 14 757 262 14 846 768 20 911 004 23 280 720 24 570 142 28 311 942 32 645 442 33 343 842 34 444 592 37 048 820 41 535 883 50 037 729 77 110 421 104 575 090 126 408 199 193 158 139 218 503 148 262 218 639 516 785 862 Non disponible non disponible ETP 2009 (estimation DSF/DNS) 28,2 262,0 43,0 0,0 26,9 0,0 5,8 0,0 37,8 70,0 59,5 N/A 40,6 0,0 5,9 19,0 66,2 0,0 11,4 3,7 6,6 0,0 2,3 N/A N/A 19,7 N/A 38,7 4,3 2,0 N/A N/A 14,4 20,5 0,0 N/A 1,5 0,0 2,8 0,0 2,0 0,0 0,0 0,0 0,0 N/A 22,0 6,0 10,6 7,9 0,0 69,8 16,0 1,8 0,0 8,9 6,0 36,0 10,7 11,4 2,0 9,0 26,7 37,2 94,6 21,1 0,0 48,5 54,6 N/A

Entreprise X X X X X X X X X X X X X X X X X X X X X X X X X X X X X X X X X X X X X X X X X X X X X X X X X X X X X X X X X X X X X X X X X X X X X X

59

3.5

Dépenses fiscales liées au dispositif : répartition par commune
(en F CFP)

Provinces Province Iles Province Iles Province Iles Province Nord Province Nord Province Nord Province Nord Province Nord Province Nord Province Nord Province Nord Province Nord Province Nord Province Nord Province Nord Province Nord Province Nord Province Nord Province Nord Province Nord Province Sud Province Sud Province Sud Province Sud Province Sud Province Sud Province Sud Province Sud Province Sud Province Sud Province Sud Province Sud Province Sud TOTAL

Communes LIFOU MARE OUVEA BELEP CANALA HIENGHENE HOUAILOU KAALA-GOMEN KONE KOUAOUA KOUMAC OUEGOA POINDIMIE PONERIHOUEN POUEBO POUEMBOUT POUM POYA TOUHO VOH BOULOUPARIS BOURAIL DUMBEA FARINO ILE DES PINS LA FOA MOINDOU MONT-DORE NOUMEA PAITA SARRAMEA THIO YATE

Dépenses fiscales 314 955 550 214 894 414 126 093 609 38 095 309 112 810 579 125 946 830 132 325 887 83 888 434 133 917 917 56 645 858 92 416 486 99 850 779 126 244 185 89 493 422 67 914 637 75 287 628 67 058 148 100 107 320 67 889 491 112 904 038 64 493 066 136 330 510 337 769 285 21 065 550 54 510 258 100 905 966 37 300 192 394 640 467 1 436 986 492 267 911 751 20 739 693 95 212 804 72 151 668 5 278 758 227

60