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Outre-mer, paillotes, fraude au CO2 : les dérives

Etienne Lefebvre 09/02/2012, 07 h 00

Nombre d'irrégularités sont relevées dans la gestion des plages du Languedoc (ici, la GrandeMotte). La TVA sur les quotas de CO2 a donné lieu à une vaste escroquerie, faute de vigilance.

La Cour des comptes épingle cette année les aides aux agriculteurs, les aides fiscales à l'outre-mer, la gestion des plages du Languedoc ou encore les retraites des fonctionnaires en Nouvelle-Calédonie.
Fraude aux quotas de CO2 : 1,6 milliard de perdus « La fraude à la TVA sur les quotas de CO2 est la fraude fiscale la plus importante jamais enregistrée en France en un temps aussi bref », relève la Cour des comptes. Le rapport pointe les pour la France et 5 milliards pour l'Union européenne en raison d'une mafia organisée. La cour défauts de la réglementation communautaire. En 2008 et 2009, 1,6 milliard d'euros ont été perdus reproche aussi à la place de marché BlueNext et à son actionnaire, la Caisse des Dépôts, d'avoir

manqué de vigilance. Le contrôle de l'identité des candidats au marché était insuffisant et les procédures d'agrément lacunaires.

Outre-mer : une aide fiscale à abroger Les aides fiscales à l'outre-mer sont violemment critiquées. Le dispositif Girardin, qui permet de déduire de ses impôts jusqu'à 70 % de ses investissements productifs ou immobiliers, ne profite que peu à l'économie outre-mer. Son coût a pourtant doublé : il représente 1,3 milliard d'euros en 2011. Le problème est que 40 % de ces subventions sont captés par les ménages qui bénéficient de la niche, sans bénéfice pour l'économie locale. La Cour des comptes suggère d'abroger cet avantage fiscal. Agriculture : Des aides d'urgence inadaptées La Cour est très sévère à l'égard des aides versées par l'Etat aux agriculteurs. Elles sont «

inadaptées aux besoins et constituent même des freins à de nécessaires évolutions structurelles ». La Cour épingle spécifiquement les aides d'urgence versées entre 2006 et 2010 pour pallier la efficacité, alors qu'elles portent sur des montants substantiels (1,6 milliard en cinq ans). « des règles européennes ». Nouvelle-Calédonie : des retraites trop avantageuses Bien que l'âge légal de la retraite soit fixé, comme en métropole avant la réforme Sarkozy, à 60 ans, l'âge effectif des départs dans la fonction publique de Nouvelle-Calédonie « est en réalité fonctionnaires néo-calédoniens peuvent en effet prendre leur retraite à partir de 50 ans après bien moindre » : 55 ans et demi pour les femmes, 57 ans et demi pour les hommes (en 2009). Les avoir cotisé 30 ans « et même parfois seulement 24 ans après prise en compte de l'ensemble des bonifications d'âge et de service ». Age de la retraite, montant des cotisations et des pensions, « une réforme d'ensemble doit être entreprise sans tarder », dit la Cour. Languedoc-Roussillon : l'anarchie sur les plages Mauvaise gestion par les villes, à qui la concession coûte plus qu'elle ne rapporte, non-respect des emplacements, horaires et règlements ignorés : le tableau des plages du Languedoc-Roussillon dressé par la Cour est sombre. « Dans la plupart des communes examinées, l'attribution des soustraités de concession se fait dans des conditions de concurrence qui conduisent à renouveler les proches de la municipalité. Dans cette ville et également à La Grande-Motte, les paillotes ont développé des activités non autorisées -ventes de vêtements, repas d'affaires, mariages, délégataires précédents », affirme le rapport. Au Grau-du-Roi, des contrats ont été attribués à des disparition d'une bonne partie des aides européennes. Elle dénonce l'absence d'évaluation de leur Emiettées et versées à contretemps », ces aides comportent parfois « des irrégularités au regard

discothèques, massages... Lors des contrôles, les inspecteurs constatent régulièrement que les surfaces autorisées ne sont pas respectées et que la bande des 5 mètres qui doit normalement permettre aux vacanciers de rejoindre la plage est encombrée. L'examen des comptes « fait limitées pour les collectivités ». apparaître qu'il s'agit d'une activité lucrative pour les exploitants mais aux retombées financières

Le projet informatique désastreux des Hôpitaux de Marseille L'Assistance publique-Hôpitaux de Marseille (AP-HM) « a conçu un projet trop ambitieux qu'il n'a pas été en mesure de maîtriser » pour informatiser les dossiers de ses patients. « Lancé en 2005, ce projet a connu de nombreux retards et, fin 2011, n'a toujours pas abouti, malgré les moyens financiers et humains importants mis en oeuvre pour sa réalisation », constate la Cour. Il a entraîné « au moins 14 millions d'euros de dépenses largement, voire totalement inutiles ». Justice : l'aide aux victimes trop opaque Difficultés à obtenir les indemnisations décidées par le juge, accès restreint aux informations s'agissant de l'application de la peine : la place des victimes dans le système pénal reste très en deçà des attentes. Le ministère de la Justice a confié à un réseau d'associations l'accompagnement des victimes, or seulement 14 % d'entre elles y font appel. En cause : « la faiblesse du pilotage du % pour 2012. La complexité des dispositifs de recouvrement des dommages et intérêts est en outre dissuasive et les barèmes individualisés conduisent à « d'importantes disparités ». réseau associatif par la chancellerie et les juridictions ». Leur budget a par ailleurs été réduit de 10

Article Original: http://www.lesechos.fr/economie-politique/france/actu/0201888090474-outre-mer-paillotes-fraudeau-co2-les-derives-286619.php Le journal Les Echos et ses sites associés sont les titulaires exclusifs de tous les droits de propriété intellectuelle.

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