http://www.francesoir.fr/culture/mois-de-la-photo-les-petits-endroits-quil-ne-faut-pasmanquer.

48550: Mois de la Photo - Les petits endroits qu'il ne faut pas manquer
Stéphanie Villeroy 03/11/10 à 18h40 À l'occasion du Mois de la Photo 2010 de Paris, qui a débuté depuis ce 1er novembre, FranceSoir.fr a sélectionné les lieux d'exposition à ne pas manquer. Une occasion de découvrir des artistes plus ou moins avertis et des galeries de la capitale méconnues.

Les rendez-vous du Mois de la Photo ©Françoise Huguier À l'occasion du Mois de la Photo 2010 de Paris, qui a débuté depuis ce 1er novembre, FranceSoir.fr a sélectionné les lieux et les artistes méconnus à ne pas manquer. (Photo de l'exposition "Kommunalka" de Françoise Huguier, au Pavillon Carré de Baudoin, du 5 novembre 2010 au 8 janvier 2011). Les appartements communautaires de Saint-Pétersbourg ©Françoise Huguier François Huguier s'est penchée sur un type de logement soviétique appelé « Kommunalka ». Pour mieux réaliser son reportage, elle a loué une chambre dans un de ces appartements à Saint-Pétersbourg et y a séjourné régulièrement. (Photo : "Appartements communautaires, 3 lavabos", 2002-2007). Les anciens talents de la Cité internationale des Arts ©Dolorès Marat La Cité internationale des Arts présente une collection d'œuvres de quinze photographes étrangers ou français qui sont autrefois passés par cet établissement artistique, montrant ainsi plusieurs générations d’artistes photographes de différents pays. (Photo de Dolorès Marat, 1997, présentée à la Cité internationale des arts du 10 novembre au 19 décembre 2010). Les anonymes d'Amérique du Nord ©Anthony Hernandez Le BAL, nouveau lieu d'exposition, dédié exclusivement au documentaire dans toutes ses formes (photos, vidéos...) présente son premier thème : l'anonymat en Amérique du Nord dans les usines, les villes et le long des highways. (Photo : Denver ave.& Slauson blvd.Looking west, 1978, présentée au BAL du 18 septembre au 19 décembre 2010). La photographie contemporaine roumaine ©Andrei Bogdan Bordeianu L'Institut culturel roumain présente les travaux de jeunes talents roumains ayant chacun leur vision de leur pays et leur pratique photographique. La photographie contemporaine roumaine ©Raluca Ionescu Paysages urbains avec toutes ses incongruités ou quotidien vécu à la limite de l’hilarité, ces photos reflètent une vie sociale post-totalitaire depuis la fin, en 1989, du régime communiste et de ses années Caucescu. La photographie contemporaine roumaine ©Michele Bressan “Ne tourne pas la tête !”, photographie roumaine contemporaine, du 1er au 30 novembre 2010 à l'Institut culturel roumain, 1 rue de l’exposition, 75007 Paris. Entrez dans le diaporama ci-dessus Le Mois de la Photo fête son trentième anniversaire en 2010. En réalité, il se tient tous les deux ans à Paris depuis presque soixante ans et rassemble des dizaines d'expositions qui ont soit débuté le 1er novembre comme la manifestation, avant ou qui débuteront dans quelques jours. Certaines

expositions se poursuivent aussi jusqu'en 2011. Ce qui n'est pas plus mal car il y a beaucoup à voir... Outre, les grands pontes de la photo actuellement exposés à Paris et qui entrent dans le cadre du Mois de la photo tels que Larry Clark au Musée d'Art Moderne de la Ville, André Kertész au Jeu de Paume ou encore Raymond Depardon à la BNF, nous avons choisi de vous présenter (dans le diaporama ci-dessus) le travail de photographes avertis et de jeunes talents qu'il ne faut pas manquer en cette édition 2010. Cette année le thème est « Paris collectionne ». France Soir.fr fait donc un zoom sur les œuvres inédites ou rarement vues et dont regorgent les galeries parisiennes. (Ci-dessous : plus d'informations sur notre sélection diaporama)

Les appartements communautaires de Saint-Pétersbourg
Françoise Huguier, photo-reporter française pour la presse quotidienne dans les années 80 et passionnée d'Afrique à la suite de plusieurs voyages, a décidé de se pencher, ici, sur un type de logement soviétique appelé « Kommunalka » (appartements communautaires). C’est au cours d’un premier voyage en 1991, alors qu’elle faisait étape à Saint-Pétersbourg, qu’elle avait été frappée par ce mode si particulier de cohabitation. L’envie de découvrir et d’explorer cette forme urbaine de proximité et de coexistences l'a forcée à louer une chambre dans un de ces appartements et d’y séjourner régulièrement. Les toutes premières journées de Françoise Huguier, au cœur de cet appartement communautaire de Saint-Pétersbourg, ont été particulièrement déroutantes. "Françoise Huguier : Kommunalka", du 5 novembre 2010 au 8 janvier 2011 au Pavillon Carré de Baudoin, 121 rue de ménilmontant, Paris XXe.

Les anciens talents de la Cité internationale des Arts
La Maison Européenne de la Photo (MEP), dont le directeur est cette année directeur artistique du Mois de la Photo, vient de racheter à la Cité internationale des Arts une collection d'œuvres de quinze photographes étrangers ou français qui sont autrefois passés par cet établissement artistique. Ils s'y voyaient offrir une résidence et un accès au laboratoire photo durant trois mois à deux ans. Cette exposition, qui restera à la Cité des Arts, nous donne ainsi à voir plusieurs générations d’artistes photographes de différents pays pour qui ce passage a servi de tremplin vers le monde parisien de la photo. Dolorès Marat (dont une photo est présentée dans le diaporama) est née et travaille à Paris. Toutes ses images fonctionnent sur le même système : susciter et provoquer l'imaginaire avec des objets, des lieux et des personnages anodins qu'elle transforme de manière fantomatique. "De la Cité internationale des arts à la Maison Européenne de la Photographie", du 10 novembre au 19 décembre 2010 à la Cité internationale des arts, 18 rue de l’hôtel de ville, Paris IVe.

Les anonymes d'Amérique du Nord
Le grand Raymond Depardon et ses amis de l'agence Magnum sont à l'origine de l'ouverture du BAL, nouveau lieu d'exposition, dédié exclusivement au documentaire dans toutes ses formes (photos, vidéos...). L'espace présente, en ce moment, son premier thème : l'anonymat en Amérique du Nord. Les photographes (de jeunes talents) évoquent une solitude extrême à l'ère de la consommation de masse en pleine usine, ville ou sur des routes et des stations services isolées. "Anonymes", du 18 septembre au 19 décembre 2010 au BAL, 6 impasse de la défense, Paris XVIIIe.

La photographie contemporaine roumaine
L'Institut culturel roumain présente les travaux de jeunes talents roumains, ayant chacun leur vision de leur pays et leur pratique photographique. Paysages urbains avec toutes leurs incongruités et quotidiens vécus à la limite de l’hilarité reflètent une vie sociale post-totalitaire depuis la fin du régime communiste et les années Caucescu en 1989. “Ne tourne pas la tête !”, photographie roumaine contemporaine, du 1er au 30 novembre 2010 à l'Institut culturel roumain, 1 rue de l’exposition, Paris VIIe.

L'Afrique des années 70
Dans les années 70, la photographie en Afrique se tourne vers l'esthétisme et elle se décline aujourd’hui sur un registre résolument contemporain. Malick Sidibé ou Seidou Keita conseillent leurs modèles sur la tenue, le décor, la pose, et discutent longuement avant de prendre le cliché. Pour ces deux photographes, leurs chroniques sont celles d’un présent universel : ce sont souvent des visages « masques » qui seront transmis aux générations futures. Ici, pas de spontaneïté, mais le rituel de la pose. "Le Rituel de la pose - L’Afrique en noir et blanc dans les années 1970", du 1er au 27 novembre 2010 au Musée des arts derniers, 28 rue St-Gilles, Paris IIIe.

Des reportages de guerre pas comme les autres
Le travail de Laurent Van der Stockt a souvent été repris dans la presse internationale que ce soit pour couvrir le conflit en Tchétchénie, en Bosnie, en Afghanistan ou en République Démocratique du Congo. Son art est maîtrisé de la couleur jusqu'au cadre. En plein conflit et dans l'instantanéité de la guerre, naissent des portraits photographiques de soldats, de prisonniers ou de civils très différents de ce que l'on a l'habitude de voir dans la presse. En Irak, il cherche par exemple la femme militaire endormie comme un bébé dans son campement. En septembre 2009, il décide à l'occasion d'une exposition qui lui était consacrée à la MEP, qu'aucune légende n'accompagnera ses photos. Ce photographe ne veut pas être considéré comme un reporter de guerre, même si tout dans son parcours prouve le contraire. "Laurent van der Stockt", du 27 octobre au 27 novembre 2010 au Petit endroit, 14 rue portefoin, Paris IIIe.

http://www.telerama.fr/scenes/paris-objectif-monde,61845.php EXPOS A PARIS MOIS DE LA PHOTO 2010

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Paris, objectif monde
LE FIL ARTS ET SCENES - Pour la 30e fois, novembre, à Paris, est le Mois de la photo. Nous y reviendrons régulièrement en vous présentant des images qui nous touchent. Pour commencer, dix trésors “autour de l’extrême”, empruntés à la Maison européenne de la

photographie, que les organisateurs de la manifestation, en guise de fil conducteur, ont choisi de confronter à leur propre sélection. Pas de thématique pour le Mois de la photo 2010. Et l'on a envie de dire : tant mieux ! Pour les galeries, musées et centres d'art associés à la manifestation, point de contorsions inutiles pour essayer de coller coûte que coûte à un sujet. Un simple fil conducteur guide la programmation des cinquante-sept lieux qui participent à cette édition : la collection de la Maison européenne de la photographie, riche de 20 000 œuvres contemporaines. « C'est une façon de montrer aux Parisiens des extraits de cette collection, qui est aussi la leur, déclare Jean-Luc Monterosso, directeur de la MEP. Et de confronter, le temps d'un festival, ces images avec d'autres, dans tous ces lieux de la capitale qui soutiennent depuis toujours la photographie. Le projet a été formidablement accueilli. Chacun, conservateur ou galeriste, est venu emprunter un “vintage” rare (L'Enfant flou, de JeanPhilippe Charbonnier), une série encore jamais montrée (la donation de Harry Callahan à la MEP), ou encore des photos de Rineke Dijkstra, de Manuel Esclusa ou de John Phal (pour les présenter aux côtés des précieuses archives du musée national de la Marine). Finalement, cela a révélé de nouveaux désirs : exploiter des trésors oubliés, revisiter une œuvre, ou confronter tirages anciens et nouveaux... Pour les 30 ans du Mois de la photo, nous sommes conviés à une découverte, autour et par la photographie. » Pour l'exposition présentée à la MEP, il a quand même bien fallu choisir un thème, afin de sélectionner deux cent cinquante pièces dans la collection. Jean-Luc Monterosso nous convie donc à une rencontre « Autour de l'extrême » : « Pas par provocation gratuite. L'extrême est une constante de la création contemporaine. En repoussant les limites sociales, esthétiques, politiques, il permet de résister contre l'insignifiance consensuelle. » Autour de l'extrême, du 10 nov. au 30 jan., du. mer au dim. 11h-20h, Maison européenne de la photographie, 5-7 rue de Fourcy, 4e, 01-44-78-75-00. (4-7 €, entrée libre mer. à partir de 17h).

Bergen-Duinhuis d'Ellen Kooi, 2009 / Courtesy Les Filles du Calvaire - Paris Ellen Kooi : “Approcher une atmosphère” Au-delà du trouble que provoquent les compositions d'Ellen Kooi, habitées par d'étranges personnages suspendus entre ciel et terre, il y domine l'attention portée au paysage. Venue du théâtre, elle garde le goût de la mise en scène, y ajoutant une pointe de féerie et d'absurdité. « Parfois, je suis intéressée par le jeu entre les personnages et d'autres fois j'ai envie de m'approcher au plus près d'une atmosphère. » Après avoir utilisé des procédés techniques (montage et saturation des couleurs) pour accentuer l'effet de déréalisation, elle confesse aujourd'hui rechercher des couleurs proches des tons naturels ; ses images léchées n'en sont que plus mystérieuses. Out of sight/Hors de vue, d'Ellen Kooi, du 17 nov. au 22 déc., du mar. au dim. 15h-19h, Institut néerlandais, 121, rue de Lille, 7e, 01-53-59-12-40. (2, 4 €).

Mac Adams : ce violent objet du design A la fin des années 60, l'Anglais Mac Adams renouvelle, en noir et blanc et avec une économie de moyens, le genre narratif. Avec les images extraites de la série « Post-Modern Tragedies » (19861989), réalisées en couleurs, il met en scène des collisions hybrides entre objets design du quotidien et images violentes. Comme cette bouilloire au bec en forme de canon, photographiée sur fond neutre comme une pub conventionnelle, dans laquelle se reflète un enfant, un revolver à la main. Une totale opposition entre ces revêtements métalliques parfaits et la situation dérangeante de l'image. « Je ne suis pas un photographe documentaire, dit Mac Adams. Je voulais, au cours de cette période marquée par les politiques de Reagan et de Thatcher, voir si j'étais capable de construire une situation susceptible de refléter l'époque et ses contradictions. » Mac Adams, du 9 nov. au 30 nov., du lun. au ven. 15h-19h, galerie Serge Aboukrat, 7, rue Furstemberg, 6e, 01-44-07-02-98. Entrée libre. Jean-Philippe Charbonnier : clichés accidentels La photographie de L'Enfant flou, prise en 1947 par Jean-Philippe Charbonnier, demeure un mystère. Personne ne sut techniquement expliquer le flou de l'image et la seule présence nette du réverbère, à l'arrière-plan... Elle fut, à son époque, considérée comme une photo ratée, mais restait une des préférées de son auteur, qui y retrouvait un peu de lui, enfant solitaire, négligé par son père. Extraite des collections de la MEP, elle rejoint, dans cette exposition, d'autres clichés, accidentels, échappés des planches-contacts de célèbres photographes. Autour de l'enfant flou de Jean-Philippe Charbonnier, du 28 oct. au 4 déc., du mar. au sam. 14h19h, galerie Agathe Gaillard, 3, rue du Pont-Louis-Philippe, 4e, 01-42-77-38-24. Entrée libre. François Méchain : paysages politiques La galerie Michèle Chomette, 30 ans d'âge, comme le Mois de la photo, présente une rétrospective de l'œuvre de François Méchain, l'un des premiers artistes à être rentré dans les collections de la MEP. Sculpteur, François Méchain construit, seul, ses installations éphémères : une colline de troncs d'arbres au Canada, des monticules de lauze et de paille à Rodez, des échelles aux arbres... avec, pour finalité, de les photographier sous un angle précis, avec rigueur. Ces créations s'offrent comme autant d'images poétiques ou éminemment politiques, notamment dans les plus récentes, présentées aujourd'hui. Pour exemple : la pièce Aller simple montre un long volume de la taille d'un conteneur maritime, recouvert de plastique noir, posé sur le quai du port de Bordeaux, qui forme une ligne orientée vers les Antilles. « L'histoire persiste dans la conscience, et l'artiste essaie de nouer son travail à ce qui fut et demeure. Son geste aménage les conditions spatiales d'un passé soudain redevenu présent, écrit François Méchain. Il est toujours souhaitable d'interroger cette fameuse complexité du monde et de tenter de réfléchir à nos destinées dans le grand bric-à-brac de l'Histoire. » Le Fil 1980-2010, de François Méchain, du 5 nov. au 18 déc., du mer. au sam. 14h-20h, galerie Michèle Chomette, 24, rue Beaubourg, 3e, 01-42-78-05-62. Entrée libre. Henri Foucault : la sculpture-photographie Si, pour Henri Foucault, le premier geste artistique fut en volume, il eut rapidement envie de passer au dessin. Puis, un jour, il plaque quelques fils de fer sous un agrandisseur. Et par l'effet de la solarisation, un volume se dessine. Son vocabulaire est pendant un temps assez minimal : il étudie, par exemple, les polyèdres dans tous leurs états. Au fil de ses expérimentations, il oriente ensuite son travail vers une recherche sur la lumière, avant que ne se pose la question de la représentation humaine. Avec le photogramme, empreinte directe du corps sur l'émulsion sensible, le détail disparaît au bénéfice d'une forme luminescente aux nuances de gris onctueux. Aujourd'hui, Henri Foucault entame la surface du papier photo, la perfore, la cloute de cristaux colorés, transformant ainsi les corps en esquisses irradiées. La « photographie » devient volume, se donne à voir et à toucher. Se rapprocherait-il d'« un monde parfait », comme l'indique le titre de son exposition, où sculpture et photographie ne font qu'un ? Un monde parfait, photographies et installations d'Henri Foucault, du 28 oct. au 4 déc., du mar. au sam. 11h-19h, galerie Baudoin Lebon, 38, rue Sainte-Croix-de-la-Bretonnerie, 4e, 01-42-72-09-10. Entrée libre.

Argentine, 2008, de Jacques Borgetto / Jacques Borgetto Jacques Borgetto : l’usage du monde Ils ont fait de beaux voyages, Sophie Zénon, Jacques Borgetto, Françoise Nuñez et Bernard Plossu. Chacun rapportant un peu de soi : une douce mélancolie dans les paysages panoramiques collectés en Asie par Sophie Zénon ; une balade sentimentale, du Mexique à l'Andalousie, pour Bernard Plossu et Françoise Nuñez... Quant à Jacques Borgetto, pour qui le voyage fut le premier prétexte à la photographie, il revient à chaque fois du Tibet ou d'Amérique latine avec des images aux noirs et blancs profonds, sculptés par la lumière. Autant d'instants brefs, suspendus dans le temps, comme cette image prise dans un village mennonite, en Argentine... Nous avons fait un très beau voyage, du 10 nov. au 15 déc., du mar. au dim. 14h30-19h30, jeu. jusqu'à 21h30, Espace photographique de l'hôtel de Sauroy, 58, rue Charlot, 3e, 01-42-72-16-76. Entrée libre.

Françoise Huguier : l'URSS bleu-vert-rouge « Parlez-nous de l'esthétisme de ces appartements », demande un jeune journaliste russe à Françoise Huguier, qui vient de consacrer, avec Kommounalki, un livre (1) et un film à la vie dans les appartements collectifs de Saint-Pétersbourg. En réponse, la photographe évoque les bleus, les verts et cette pointe de rouge qui vient toujours ponctuer le décor. Ou encore la disposition des objets, dans les chambres, les cuisines, où chacun a sa gazinière, ses casseroles et son sac-poubelle... Un fatras brut, coloré, qui tient de la sculpture. « Par cette question banale, ce jeune homme avoue finalement ne pas connaître cette esthétique des années 70, ni le passé de l'ex-URSS, confesse Françoise Huguier. Comme si cette génération n'avait aucune connaissance de l'histoire de son pays, même la plus récente. » A côté des superbes photographies chroniquant le quotidien de ces habitants singuliers qui vivent sous un mode alternatif, en marge du grand bond économique de la Russie, seront présentés lampes, bonnet de bain, téléphone, boîte en fer... Autant d'échos d'un monde qui perdure en huis clos, loin de Moscou. (1) L'album est paru aux éd. Actes Sud, 42 €. Kommunalka, de Françoise Huguier, du 5 nov. au 8 jan., du mar. au sam. 11h-18h, pavillon Carré de Baudoin, 121, rue de Ménilmontant, 20e, 01-58-53-55-40. Entrée libre. Sally Mann : le temps passe et trépasse Depuis sa naissance, à Lexington, en 1951, Sally Mann n'a jamais quitté le Sud des Etats-Unis. Là, depuis les années 80, elle chronique les relations tendres et l'identité naissante de ses filles adolescentes : une vie en somme, sa vie. Elle use de mises en scène élaborées ou, au contraire, laisse le hasard se glisser dans son cadre, utilise des techniques de tirages à l'ancienne, des virages sépia qui confèrent à ses clichés une aura intemporelle. Depuis 2000, Sally Mann se consacre à sa série What remains, une méditation sur la fuite du temps et la mort : champ de bataille de la guerre de

Sécession, portrait en gros plan de ses enfants, devenus jeunes adultes, et de Larry, son mari. Elle photographie le corps de ce dernier dans les moindres détails, jusqu'à cette image qui n'est pas sans évoquer une photo mortuaire. Sally Mann, jusqu'au 31 déc., du mar. au sam. 11h-19h, galerie Karsten Greve, 5, rue Debelleyme, 3e, 01-42-77-19-37. Entrée libre.

Athènes, les gens du voyage de Didier Ben Loulou. / Courtesy Hagalleria Didier Ben Loulou : les nouveaux métèques Après avoir travaillé quinze ans sur Jérusalem, le photographe s'est retrouvé par hasard à Athènes, l'autre berceau de la culture européenne. « Ville étrange ! Je ne savais pas par quel bout la prendre. Puis j'ai été happé par le phénomène de l'immigration clandestine. Toutes ces communautés venant d'Afrique, de Turquie ou des pays de l'Est, qui se retrouvent là dans de tragiques conditions, avec l'espoir de rejoindre le Nord. Je suis allé à la rencontre de ces métèques, qui, selon la définition originelle, n'avaient pas de droit de vote en Grèce. J'ai marché discrètement à côté de ces nouveaux nomades en proie à toutes les exploitations ou tombés sous la coupe des mafias. » Cette fois, son cadre a pris plus de distance, restant attaché à l'humain, mais aussi aux paysages hantés par les ruines de cette antique cité. Athènes, les gens du voyage, de Didier Ben Loulou, du 2 nov. au 31 déc., du mar. au sam. 14h-19h, Hagalleria, 25, rue Dauphine, 6e, 01-43-54-82-53. Entrée libre. Tio Fotografer : la photo suédoise Le collectif suédois Tio Fotografer (dix photographes) voit le jour en 1958. Ses membres, nés entre 1910 et 1929, travaillent dans les domaines aussi divers que la mode, la télévision ou le documentaire. Cette passionnante exposition révèle un pan de l'histoire de la photographie d'après guerre et nous remet en mémoire des noms qui contribuèrent à la réputation mondiale de la photographie suédoise. Tio Fotografer, le collectif, du 10 nov. au 23 jan., du mar. au dim. 12h-18h, Institut suédois, 11, rue Payenne, 3e, 01-44-78-80-20. Entrée libre.

Photographie roumaine contemporaine : l’implication dans la critique sociale Les douze photographes roumains présentés dans l'exposition « Ne tourne pas la tête » se revendiquent plutôt du photojournalisme. Même si Cosmin Bumbut est passé par la mode et la publicité, si Silviu Ghetie est devenu photographe par hasard et si Larisa Sitar est diplômée de l'Université nationale d'arts de Bucarest... « Très inspirée par le cinéma, la photographie contemporaine roumaine est guidée par l'engagement, l'implication dans une forte critique sociale », affirme Mihai Oroveanu, commissaire de l'exposition. Ne tourne pas la tête !, photographie contemporaine roumaine, du 1er au 30 nov., du lun. au ven. 9h13h et 14h-18h, Institut culturel roumain, 1, rue de l'Exposition, 7e, 01-47-05-15-31. Entrée libre. . Frédérique Chapuis Télérama n° 3172 Le programme complet du Mois de la photo

http://next.liberation.fr/culture/01012299804-selection Repères | 2 novembre 2010

Notre sélection du Mois de la photo
L’Enfant flou de Jean-Philippe Charbonnier est une énigme. A part un réverbère très net, tout est flou sur cette image de 1947. Autour de ce «cadeau du ciel», un puzzle d’expériences similaires, de Claude Alexandre à Colette Urbajtel sous le titre Le hasard profite aux esprits préparés citant Pasteur. > Galerie Agathe Gaillard, jusqu’au 6 décembre. Mihai Oroveanu et Oana Tanase présentent une sélection large d’auteurs roumains. Ne tourne pas la tête ! cherche à cerner «l’esthétique crue d’une réalité instantanée» doublée d’un exotisme revendiqué. > Institut culturel roumain, jusqu’au 30 novembre. Hommage à l’Allemand Herbert List (1903-1975), un classique attachant de l’histoire de la photographie, auteur entre autres du célébrissime cliché de l’Homme au chien à Portofino (1936). > Goethe Institut, jusqu’au 30 novembre. Le site d’Angkor en 108 tirages modernes, de 1860 à 1960, sélectionnés par Isabelle Poujol et Gilles Béguin. Ou comment les temples, sanctuaires et reliefs enracinés dans cette ex-métropole d’Asie reprennent vie grâce aux archéologues français. > Musée Cernuschi, jusqu’au 2 janvier. C’est la troisième exposition personnelle du Bamakois Mohamed Camara, remarqué pour sa série Chambres maliennes, et doté depuis d’un catalogue publié

par les éditions de l’Œil. Un travail sensible, où la lumière n’a pas seulement le beau rôle. > Galerie Pierre Brullé, du 6 novembre au 4 décembre. L’histoire d’un collectif de photographes suédois, Tio Fotografer/Dix photographes, créé le 10 octobre 1958. L’exposition retrace l’itinéraire de ces opérateurs du réel, curieux des autres et de leurs collègues français. Une proposition de Hasse Persson, directeur du musée d’art de Boras.> Institut suédois, du 10 novembre au 23 janvier. Avec Marines, du document à l’œuvre, Angelina Meslem organise un dialogue entre les collections du musée national de la Marine et celles de la MEP. Une résonance, avec des tirages de tous bords : Pierre Verger, Emmanuel Sougez, Rineke Dijkstra... > Musée national de la Marine, du 17 novembre au 28 février. Irène Attinger réunit quinze vidéastes et photographes d’Amérique latine dont les Brésiliens Vik Muniz, Sebastiáo Salgado et Thiago Rocha Pitta. L’ idée : montrer le panache des éditeurs latino-américains qui seront à Paris, le 19 novembre, pour partager leurs expériences. > Maison de l’Amérique latine, du 19 novembre au 28 janvier.

http://www.evene.fr/livres/livre/collectif-mois-de-la-photo-2010-43898.php : jeudi 04 novembre

Mois de la photo 2010 de Collectif [Beaux-Arts]

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Depuis sa création en 1980, le Mois de la photo a fortement contribué à faire de Paris une des grandes capitales de la photographie. En 2008, c'est autour du thème de la photographie européenne, entre tradition et mutation, que s'organise le festival. A côté de grands noms, on pourra découvrir de jeunes photographes prometteurs. À travers textes et photographies, le catalogue du Mois de la Photo 2010 retrace la programmation de cette importante édition, où se côtoient, parmi tant d'autres, Dieter Appelt, Alexandra Boulat, Harry Callahan, Larry Clark, Thibaut Cuisset, Raymond Depardon, Mario Giacomelli, Nils Udo... La critique [evene] par Guillaume Jan Pour ses trente ans, la biennale parisienne a choisi d’explorer ses archives. Les galeries, les musées et les centres d’art ont pu puiser dans les 20 000 images que la MEP mettait à leur disposition. Exhumées, mises en confrontation avec des travaux parallèles, regroupées autour d’un thème commun, ces photos donnent lieu à cinquante-huit expositions, présentées tout l’automne à Paris. Derrière son intrigante couverture (réalisée par l’artiste brésilien Vik Muniz), le catalogue du festival regorge de surprises. On retrouve des icônes, des classiques oubliés, mais aussi des contemporains méconnus, comme cette exposition « Ne tourne pas la tête » de treize photographes roumains qui présentent un travail incisif et ironique sur la Roumanie d’aujourd’hui qui a dû « s’adapter » au monde capitaliste. Les cinquante-huit expositions sont proposées, chacune avec un texte explicatif, qui donne envie d’aller voir les expositions, comme les « locomotives » que sont Raymond Depardon, André Kertész ou Larry Clark. Mais ces textes incitent également à s’intéresser aux travaux d’artistes moins illustres, comme les quatorze photographes de l’exposition France 14, exposés à la Bibliothèque Nationale à côté de « La France de Raymond Depardon » et qui répondent à la même interrogation : qu’est-ce qui persiste du terroir traditionnel dans l’univers périurbain de notre hexagone ? En feuilletant ce livre épais de 320 photographies, on s’arrête sur les « post-modern tragedies » de Mac Adams. Ce photographe anglais s’intéresse aux marques de la violence dans la banalité du quotidien. On revoit avec plaisir les grandes plages truffées de détails de l’italien Massimo Vitali ou les énigmatiques noirs et blancs tirés des errances européennes de Michael Ackerman. L’ouvrage se clôt sur un historique du festival, qui rappelle les évolutions considérables du medium photographique depuis 1980 : multiplication des lieux de diffusion, révolution technique du numérique, développement du marché… Voir toutes les critiques

http://www.concerts.fr/Actu/26-10-2010-agenda-les-incontournables-du-mois :

Agenda : les incontournables du mois de novembre
par Emilie Soler, 29/10/2010
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En novembre, pas question de céder à l'appel du froid et donc de la couette ! On sort et on se fait plaisir. Un mois basé sur la photo mais pas seulement. Avec aussi un festival de musique et un salon d'art contemporain, la rédaction vous a concocté une programmation anti-déprime.

Ce mois-ci, la photo est mise à l'honneur dans la capitale. Cinquante-huit expositions sont affichées dans la ville avec pour thème "Paris collectionne" pour le mois européen de la photo. A ne pas rater "Ne tourne pas la tête", à l'institut culturel roumain, qui dévoile des instants volés par une douzaine de photographes roumains ou encore "Marines", au musée national de la Marine, qui vous plongera dans des fonds inconnus. On parle toujours de photo avec le Salon de la photo du 4 au 8 novembre et Paris Photo du 18 au 21. Le premier se déroule à la Porte de Versailles. Vous aurez quelques jours pour découvrir et rencontrer de nouveaux talents du 9ème art, avec l'entrée à 10 €. C'est au Carroussel du Louvre que vous retrouverez l'exposition Paris Photo. Cette dernière rassemble des talents venus des quatre coins du Monde avec l'Europe centrale comme thème. 18 € l'entrée, 9 € étudiant. musique maintenant, avec le Festival Les Inrocks. Les amoureux du rock seront ravis, car des artistes confirmés ou en devenir, se croiseront sur les scènes parisiennes. Rendez-vous du 3 au 6 novembre à la Boule Noire, du 4 au 7 à la Cigale et le 8 au Zénith. Dépêchez-vous de réserver pour les dates précédentes car le 4 octobre, au Casino de Paris, c'est déjà complet ! Avec les deux jours fériés du mois, c'est l'occasion rêvée pour programmer quelques sorties culturelles. Bienvenue au Salon d'Automne à l'Espace Champerret. C'est l'endroit idéal pour mêler la découverte de peintures, sculptures et toutes les tendances artistiques mais aussi des livres, l'architecture et encore plein d'autres choses. Du 10 au 16 novembre. 10 € l'entrée. A noter dans vos agendas, le Batofar propose des soirées tout au long du mois avec notamment les Robots in Disguise en live le 27 novembre, alors sortez ! Et pour terminer, juste pour ne pas oublier, il y a aussi le Beaujolais Nouveau qui arrive le 18 novembre.

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