m AGENT

SECRET

LA REVOLUTION ET L'EMPIRE

LE COMTE D'ANTRAIGUES

L'auteur

ot los éditeurs

dériarent réserver leurs droits de reproducet à l'étranger.

tion et de traduction en

France

Ce volume
librairie)

a

été

déposé au ministère de lintérieur

section de

la

en janvier 1893.

PARIS.

TYP.

DE

E.

PLON, ^0URR1T ET C'% RUE GàRA>ClÈRE, 8.

-

^

^ï-

'^i'SîS^-'Sî-^

Hél.oift.lmp.Le

I.E

COMTE D'ANTRAIGUES

(1795)

d'après un portrait appartenaxit à M. le Comte dAlbon

NOURRIT et G% IMPRIMEURS-ÉDITEURS 10 RUE GARANCIERE. PLON. 1893 Tous droits réservés .m AGENT SECRET SOUS LA REVOLUTION ET L'EMPIRE // LE COMTE D'ANTRAIGUES LEONCE PINGAUD Ouvrage accompagné de trois portraits en héliogravure PARIS LIBRAIRIE PLON E.

S /r^^ ..

ce même nom et à de d'Antraigues.I. fit afficher « répandre comme preuve delà conspiration royale».A.T. à côté du dixième Bulletin de Grande armée.N. un Mémoire sur la États généraux se partagea brochure de Sieyès sur le la faveur avec état. il fameuse : le tiers était signé comte D.A.E. 18 le Directoire.U. rupture entre la France En la et juillet 1812. la fructidor. Le personnage qui apparaît ainsi d'une façon in- . pro- noncé avec menaces parle Premier Consul à Paris. sert à caracla tériser un des prétextes de et la Russie. \q Moniteur enregistre comme un événement important. l'assassinat du comte d'Antraigues de sa femme.R. réfugiés en Angleterre. pour justifier le et coup d'État du partout_.S. En l'an V. parmi les innombrables les écrits qui sollicitaient l'opinion. le Pièce trouvée à Venise dans portefeuille de d'Antraigues En 1803. et répété à Dresde Pétersbourg.INTRODUCTION A la veille de 1789.G.

Ses brochures. mais beaucoup ont été détruits par d'autres ont été après sa lui de son vivant. s'il était possible les réunir dans leur intégrité. on croyait saisir partout. Ses papiers. en toute circonstance. une bibliothèque à notre ministère des Affaires toutes les séries complètes elles n'en étrangères. Nos Archives natio- nales conservent le talie. Les lettres ou mémoires qu'il a répandus pendant vingt ans à travers l'Europe dorment aux archives de Moscou. de Vienne^ au Record Office British au Muséum de Londres. dispersés par un héritier négligent ou épurés par des mains intéressées aies détruire. lèveraient tous les voiles de sa vie. publiées en divers pays. sont pour la plupart anonymes et quelques-unes fort rares ou introuvables. pendant les grandes années de la Révolution cl de l'Empire.2 INTRODUCTION et là. Sous la république. Ses correspondances eussent rempli . termiltente et toujours inattendue. à deux exceptions près. pillage par mort mis au des curieux. mais assez mal connu. et de Pétersbourg. çà sur la scène politique. bien que aient disparu. remplissent pas moins dix-sept volumes. et la fameux portefeuille enlevé en bibliothèque de Dijon quelques dossiers I . plus tard Napoléon le nommait dès de qu'il daignait s'inquiéter de ceux qui n'avaient pas fléchi devant lui. la trace de ce dangereux conspirateur et . a été de son vivant assez justement apprécié.

INTRODUCTION 3 de famille dont possession. En 789. et. des hypo- thèses qu'ils suggèrent. . lettré et senet ami de Jean-Jacques Rousseau 1 attaché à une reine de coulisses. sur ses D'Antraigues appartient. il se révèle comme un voyageur curieux. il devient au service de sa province et de son ordre un publiciste et un homme politique. Ceux que nous avons réunis forment déjà un ensemble considérable. le fils de d'Antraigues était resté en Nous ne nous Qattons pas et d'avoir tout découvert. : par à trois l'ancien régime. par suite du mystère qu'il a laissé planer à dessein sur ses actions écrits. et c'est un gascon des Cévennes. Sous le règne de Louis XVI. L'homme dont ils émanent n'a cessé d'écrire. la Révolution. périodes diverses l'Empire. des assertions controversées ou exagérées qu'ils contiennent. ailleurs la tradition a passé vite à l'état de légende. comme sa vie. après avoir joui quelques il instants d'une popularité éclatante et équivoque. et difficile à interpréter. souvent dupe de ses propres mensonges. à cause des lacunes qu'ils offrent. peut-être intarissable. l'on retrouvera probablement encore beaucoup d'ouvrages dus à cette plume de lettres. Son pays natal a conservé sur lui quelques souvenirs intéressants. un gentilhomme sible.

fournissant aux cabinets et aux ministres des idées. consacre à cause de la contre- révolution royaliste ses talents et son esprit d'intrigue. se transforme en un politicien cosmopolite. et serviteur il payé de toutes mains. a France il qu'il ne reverra plus. sous il le couvert d'une légation espagnole ou russe. après son évasion. va d'abord de Venise à Vienne. en Italie. des renseignements. mis en présence de Bonaparte. de Dresde à Londres. puis de Vienne à Dresde. utile parfois. En est rejoint à Trieste et fait prisonnier par ses compatriotes. traversée à la et par des aventures romanesques des préoccupations littéraires. et son attitude pendant sa captivité paraît. Son odyssée mystérieuse fois famélique. Dès 1790. Traité en faux il frère par les chefs de l'émigration. tissant son inextricable et impuissante toile d'araignée autour de la France. importun le plus souvent aux hommes d'État autrichiens russes ou anglais qui l'emploient. il et ses conseils. la et. 4 INTRODUCTION se montre aux États généraux le et à l'Assemblée et constituante défenseur impuissant bientôt il découragé du quitté la vieil ordre de choses. des plans de manifestes et et de négociations. Pendant cinq ans. au delà des frontières. se clôt .. loin prodigue de aux Bourbons ses informations 1797. assez suspecte pour faire tomber sur lui la disgrâce de son maître. Serviteur de la réaction européenne.

p. on l'a lui avoir « accordé une confiance drôles « (1) ». des humiliations. les plus puissants n'ont pas combattre.. 120. lui « le un « intrigant déhonté et Razoumovsky (5) » . III. (G. la Famille Razoumovsky (en russe). France. sauf quelques satisfactions passagères d'amour-propre. (A.INTRODUCTION 5 par une catastrophe tragique et a été en définitive stérile. Souvenirs manuscrits. d'Antraigues ont été durs à son endroit. p. comme celle des hommes qui ont toujours lutté. Golovkine. (4j Th. que des déceptions. f. 2. 437. et n'ont jamais voulu avouer leur défaite. Précis de mes opérations.. Bonaparte l'a traité de «polisson» et d'« insolent». 88 à la fin du 1" volume. Elle se qu'elle recommande aussi par les grands événements a traversés. Golovkine a vu en (4) ». etc. toujours été vaincus. Vertrauliche Briefe des Freiherrn von Thugut. (1) (2) . Certaines chancelleries ont apprécié sa Note de d'Avaray.) (5) Wassiltchikov. note (3) VivENOT. les contemporains de demeure inséparable. et la réputation équi- voque qui demeure attachée à son nom. charlatan « (2) a été un véritable »^ pour . appelé la fieur des il Pour l'Espagnol d'Azara. P. après absolue. par les vies illustres dont elle Certes. vol. 596.) Froment. t. Cette vie est pourtant intéressante. l'Autrichien Thugut un coquin fieffé (3) » En Russie. et. F. Elle n'a valu à d'Antraigues. plus mauvais sujet qui existe sur le globe les plus habiles ont et cependant mis à profit ses dédaigné de le talents. autour de Louis XVIIl.

A l'étranger. des temps amis et admirateurs il fidèles. Archives de i\roscou. partout des a gardé en tout sincères. est donc en un certain sens l'histoire d'une caste. Archives de Cour et d'État. de Thugut et de Cobenzl. de Panine et de Czartoryski. A. la royauté des Bourbons poursuivie par la république triomphante. En France a connu. d'Armfeltet de Canning. à Vienne. les principales sources de mon travail Archives des Affaires étrangères de France. de publicistes et tout d'hommes d'État de pays. On trouvera signalées ainsi. de la reine Marie-Caro- line de Naples. correspondant ou l'auxiliaire de Louis XYÏIÎ. Mirabeau les et l'abbé Maury. d'un parti. de diplomates. qui est celle d'un aventurier politique et littéraire. La noblesse française à la fin de l'ancien régime. A. d'une époque. . sous le couvert de d'Antraigues. A.6 INTRODUCTION « plume de et feu ». il a été le confident. Rousseau et Bernardin de Saint-Pierre. remplissent ce livre. dans mes : notes. il S'il s'est fait beaucoup d'ennemis. tels sont les êtres de raison qui. sans être consi- déré trop au-dessous d'eux. de Jean de Millier et de Gentz. Sa vie. F. certains salons ont cru à son élol'ont quence proclamé un grand homme. V. pendant vingt dernières années de le sa vie. l'Europe aux prises avec l'empire napoléonien. M.

C. à Londres. Saxe. concours em- directeur général des Archives^ et pressé de mon compatriote M. Muséum. qui si connaît bien toute la période révolutionnaire et impériale. R. Russie. de 1794 à 1797. O. Exe. Emilio Motta^ bibliothécaire à Milan. 1806. P. 7 A. Fondet de Montus- saint. mes recherches ont été le le facilitées par haute bienveillance de S. Record British Office. B. de A la Moscou. dont je demeure profondément reconnaissant. M. baron Bûhler. D. Frédéric Masson. professeur à l'Institut Sainte-Catherine. elle m'a une libéralité spontanée. à Londres. B. de 1802 à 1803 à 1804). M. France^ 628-644 (papiers de d'Antraigues). Parmi je les collections particulières oi^i j'ai puisé. P. une haute sympathie pour mon œuvre. M. . dois surtout mentionner celle où j'avais déjà recueilli les éléments de la Correspondance intime du comte de Vaudreuil été ouverte avec et constante et du comte d'Artois . Les volumes des Archives des affaires étrangères qui m'ont principalement servi sont les volumes et .INTRODUCTION Archives de Saint-Pétersbourg". M. général tous les en volumes du fonds dit Bourbons puis certaines séries de la correspondance [Venise. Collections particulières. Bibliothèque publique de Dijon. le marquis d'Albon.

Doize. Henry VasChadenède. J'ai reçu en outre beaucoup de communications intéressantes des compatriotes de d'Antraigues. .8 INTRODUCTION m'ont aidé à éclaircir quelques points obscurs entre tous dans la vie que j'avais à raconter. . Mazon. . Firmin Boissin. MM. à chalde. Sainl-Mouline-Prunet (Ardèche) à Toulouse . àVals-les-Bains baron de la à Saint-Chaptes (Gard) Haymond de Gigord. Antraigues le . de à Largentière . je prie tous ici mes obligeants collabora- teurs d'agréer mes remerciements. à .

Excursion en Egypte et au Sinaï. Le château de la Bastide. n.— D'Antraigues ennemi des prêtres et des rois. — Un ami inconnu de Premières années (1753-1778). — Années de service militaire. Voyage en Orient (1778-1779). — Ses amis à l'étranger. Bernardin de Saint- Ses bonnes fortunes. La SaintLeur correspondance. — Relations avec philosophes. HubertJ^ D'Antraigues en Vivarais. les publicistes. Versailles. éducation de d'Antraigues. — Son caractère dépeint par sa mère. La princesse Alexandrine Ghika. les gens de lettres Pierre. — Le Vivarais au siècle. Caractère des récits de d'Antraigues sur l'Orient libertinage et libre pensée. Retour en France par la Pologne et l'Autriche. Le châtelain. xviii" La les Jean-Jacques Rousseau. — — Naissance. — — — — — — : in. — — — — — — — La belle Henriette. Mirabeau. Montgolfîer.UN AGENT SECRET sous LA RÉVOLUTION ET L'EMPIRE LE COMTE D'ANTRMGUES CHAPITRE PREMIER D'ANTRAIGUES JUSQU'EN 1789 I. Son départ pour l'Orient. Vie à Paris et en province (1779-1788). . jeunesse. ses occupations. famille d'Antraigues. — D'Antraigues exclu de — : Ses rapports avec les savants. Malesherbes. ses revenus. Séjour à Constantinople.

la région montagneuse située autour d'Aubenas seigneuriales dominaient les ses résidences vallées abruptes. Jacques Roure y souleva les paysans. De temps immémorial. et faisant la guerre aux chartriers aux titres féodaux. tait la famille d'Antraigues habi. ont perpétué hommes. au plus beau temps du règne du grand roi. par les les troubles révolutions. sillonnées de chaussées basaltiques et labou- . Dès 1783. Sous Louis XY. les et bouleversements primitifs leurs luttes. Dans ce pays. entre ses étroites frontières. profondément remué par de la nature. avant-garde vers le nord de la France méridionale.10 CHAPITRE PREMIER I PREMIÈRES ANNÉES (1753-1778) Louis-Emmanuel-Henri-Alexandre de Launai. et des désordres renouvelés du moyen âge y de Grands-Jours tels appelèrent les rigueurs que ceux d'Auverles « gne au siècle précédent. une physionomie et un caractère les à part. comte d'Antraigues. Cette contrée. soulevés contre la rapacité des gens de loi. a toujours eu. hommes maset qués » qui s'y répandent. Les guerres religieu- ses du XYi^ siècle y furent longues et acharnées. Antoine Court en sortit pour relever les chaires protestantes au désert. était originaire du Yivarais. précèdent de six ans la Jacquerie rurale contemporaine delà Révolution.

la Généalogie d la fin (2) avant 1396. 391-392. Sa mère et son grand-père mafut ternel achevèrent son éducation.) cette famille. dernière héritière des d'Antraigues. Launai. le le décembre 1753. pp. cette famille était rentrée dans l'église catholique. dire vrai « diable au des paysans. et en 16G8 obtint l'érection de sa terre d'Antraigues en comté.PREMIÈRES ANNÉES (1753-1778) 11 rées par des coulées de lave éteinte. L'enfant compléta ses études à art. . épousait une de l'intendant du Languedoc. France protesta7ife. 271. 2. — « On ne peut rien assurer sur titres. mais f3) On a dit que l'abbé Maury avait été un de ses maîtres Maury n'avait que sept ans de plus que lui.. t. tro-Dame (GG. Cabinet des Y. Sophie de Saint-Priest. âgée de quinze ans. 6). la réputation d'un tyranneau féodal. et passa seulement quel. qui a sa petite place dans l'histoire littéraire provinciale teur (1) comme au- et traducteur (3). les son petit-fils servit avec honneur dans armées de Louis XIV. f. p.Nat. Archives communales de Montpellier. écrit Ghérin. huguenot de gion. V. Là. »(Bibl. Vers la fin de ce siècle. Louis d'Antraigues perdit son père avant d'arriver à l'âge d'homme. leurs biens et leur nom Son fils Jacques laissa ». p. t. et recueillit (l). chanoine de Troyes. peut-être suisse d'origine. 2. du volume. en 1763. Cf.J De ce mariage naquit à Montpellier. où la Yolane et la Bezorgue viennent unir leurs eaux à celles de l'Ardèche. t. financier de profession. personnage singulier dont on va lire la vie (2). En 17^32. VI. IX. épousa Marie de Cayres. le même ouvrage. son chef.5. sous le règne d'Henri IV. Jules-Alexandre. un certain Trophime reli- de Launai. son précepteur l'abbé Maydieu. Registres de la paroisse No. qui des filles touchait à la soixantaine. 376. Haag. En revanche.

Un sentimentprécoced'indépendance en importuns ou en ennemis ses pa- lui faisait traiter rents les plus proches. D. Paris.12 CHAPITRE PREMIER d'Harcourt. en tète à tète avec les historiens et les philosophes de l'antiquité. Jeune. (Mme je Viennois précepteur de sa jeune sœur. il nullement aristocratique. encore peu de temps avant de mourir. durant n'a jamais été ni plus heureux ni mieux à sa place que devant une table de travail. il Doué d'une un caractère pre. Vieux. et intelligence vive. l'accusant . difficile. des enseignements de l'antiquité grecque et romaine. La vieille comtesse d'Antraigues. au colJège comme et tous ses contemporains. repassait mentalement les défauts insupportables çait de loin « de son fils et les lui : dénon- avec une tendre et amère franchise je pouvais Ah î si vous refondre. d'orgueil et d'égoïsme rêt personnel de mais quelque intétoujours par les part et d'autre finit réconcilier. — . il emprunta à Plutarque à Cicéron la passion théorique de la liberté et l'horreur de toutes les tyrannies. d'ambition. sa mère. de toute autre manière de l'esprit à lèche-doigt. depuis à d'Antraigues. sa nois. et s'y imprégna. révéla de bonne heure dont le fonds était l'amour-pro- un penchant marqué à tout tourner au tragique et à l'exagération.) comme Mme de Viennois. 14 juillet 180G. mais que temps dans sa famille B. ses écrits il leur devait encore dans un goût de et citations et d'allusions quelque et peu pédantesque sa vie agitée. son oncle et protecteur le sœur M°'^ de Vien- comte de Saint-Priest Avec ce dernier il se brouilla plus d'une fois. je vous pétrirais .

vous ne vous contentez pas de mépriserle genre humain.. De votre vie vous n'avez connu les attentions que pour les femmes dont les derniè- vous étiez amoureux (1).. Il suffit que vous ayez promis .. » D'Antraigues entra dans le monde durant res années du règne de Louis XV. 4 janvier 1804.PREMIÈRES ANNÉES (1753-1778) 13 sur toute chose amour-propre raisonnable sans le moindre orgueil. novembre 1802. Vous êtes toujours en garde contre des ennemis que vous n'avez pas et vous vous rongez à combattre des chimères. (B. Quelques-uns se mêlaient. vous en seriez très en cosi mais l'on m'accusait de quelque chose relatif à vous.) Est modus in rébus. de Saint-Priest à son . 18 mars. avec la prétention de devenir à leur tour auteurs ou inventeurs. Je vous crois presque toujours agité .. Si vous aviez eu par moitié en jugement ce que vous avez en esprit. aux philosophes et aux économistes. 25 mai et 18 octobre 1803. aux savants. Les jeunes gentils- hommes ses contemporains commençaient à perdre. du mal de moi.. se battre au loin pour la gloire de la Russie ou la liberté de l'Amérique. Toutefois (1) 10 — M'"' d'Antraigues mère à son fils. Si l'on disait lère. et vous les méprisez. en désespoir de cause. nous aurions été vous et moi plus heureux.. D. quelque chose pour ne pas le tenir... mais vous haïssez les trois quarts de ceux que vous connaissez.... cet esprit militaire qui avait été la raison d'être de leur caste. 25 mai 1803..7 mars.... On cite ceux qui allèrent bientôt après. vous le croiriez. avec l'occasion de combattre. disait fréquemment et inutilement l'intendant petit-fils.

et de bon cœur quand même. pp. au début de leur carrière.. Fils de soldat. à Verdun louse.) dans son régiment (du baron de Talleyrand). joint à une terreur invincible qu'il a toujours éprouvée à l'aspect d'une épée bors du fourreau. M-os d'Antraigues mère à son 23 novembre 1802. 11 et à Tou- se fit mettre. o4-o3. Il aurait donc. Précis Cf.. quand sortit. il fut placé comme sous-lieuil tenant aux carabiniers. après une provocail tion en duel à laquelle Il avait refusé de répondre (2). Pourtant il servit encore quelques années comme capitaine au Royal-Piémont- cavalerie. Ses ennemis ont raconté depuis dû quitter son régiment. (2) « J'iynorais que M. 84. lui disait tuteur Saint-Pricst (1) soit que vous vous négligiez dans fils. avait servi — secrets. dispensés de porter l'épée. 74. d'iVnlraigues entra à quatorze ans aux gardes du corps .14 CHAPITRE PREMIER ceux-là même no se croyaient point. en lui rendait réforme. à seize. dès qu'il le put décemment. etc. et nous le trouvons successivement en garni- son aux deux bouts de la France.. au seul accès de joie expansive qu'il en ait trahi durant sa morose jeunesse (1). dit à l'état militaire un « adieu que sa famille trouvait prématuré: lez Vous ne vouson oncle et du service que par acquit. p. dans des circonstances fâcheuses. sous prétexte que sa santé sible l'usage qu'il avait impos- du ciieval. l'avaient forcé de quitter le service pour philosopliersans danger dans le château de ses pères.. (B. D. d'A.) . l'é- a su si bien depuis éviter toute occasion de tirer pée qu'on doit accorder quelque créance à cette accusation.. j'ignorais que son amour pour les belles-lettres. sauf à se livrer. MontgaillarDj it7émo/re5 de mes opérations. » (Froment. .

vous per- drez toute considération dans le monde. du Rouergue ou d'aillui leurs. ne pouvait se rattachera aucune des familles homonymes de la sienne. 642). les belles-lettres suppléent à cela. » Dans sa jeunesse. En 1775. oii il venait consulter sur sa santé Tissot. d'Antraigues eût encore fait meilétait leure figure à Versailles qu'à l'armée. Vous croyez que l'esprit. parce qu'il n'y en a pas pour qui ne tient à rien. en voyages et en plaisirs. célèbres. le célèbre (1) méde- Saiut-Priest à d'Antraigues. l'avaient porté. Depuis. ter ne fut point admis à monet. citoyen de la grande république lettres.. ses ennemis ont contesté son titre et jusqu'à son nom. la deux favorites duchesse de de Launay marquise de Verneuil et la Phalaris. F. . constituent une des sources les plus importantes pour Priest à son neveu. 8 février 1777. et vous vous trompez (1). dans l'émigration. Son nom connu de longue date dans le monde de la cour. Les lettres au nombre de plus de cent (A. ses parchemins n'ayant pas il été reconnus d'une antiquité suffisante. foi ou d'ignorance. originaires du Forez. Ce qui demeure exact. biographie de d'Antraigues. dans les il carrosses du roi. soit (17o3-lT78) 15 que vous l'abandonniez. bien qu'il montrât à l'occasion une gé- néalogie remontant en ligne directe à l'an 1300. et Un des compagnons de guerre d'Henri IV.PREMIÈRES ANNÉES votre métier. mais le comte d'Antraigues. Sa vie jusqu'en 1789 se passa en études. la de SaintFrance. se fit par dépit autant que des par goût. alors toute-puissante. on le trouve en Suisse. C'était faire acte de mauvaise c'est que.

de 1771 à 1778. qui a dressé dans son Histoire de la vie et des œuvres deJ. Il s'était lié avec l'auteur du Contrat social. aujourd'hui perdues. passèrent inaperçues pour les contemporains. Il s'est dernier ami. pieux catholique qui philo- eut le privilège de ne jamais porter sophe genevois. Rousseau. Au retour de ce voyap^e. mais son admiration allèrent plus volontiers à Jean-Jacques Rousseau.etlui donna. et il l'a été en effet. l'hospitalité de Voltaire. Il reçut de lui à ce titre plus de deux cents lettres. ses dernières vues sur la politique et la religion. Leurs relations. leur ami le commun. et recueillit. une longue liste des personnes ayant été en relations suivies ou même passagères avec Rousseau. ne nomme pas d'Anlraiaues. bien qu'étroites. et conseils . probaet blement à Bourgoin le dans la région du Lyonnais. mais il fréquemment dans sa mansarde de la rue Plâ- trière.16 • CHAPITRE PREMIER il cin (le Lausanne. en signe d'amitié. Rous- seau n'épargna point au jeune gentilhomme les injustes soupçons dont il il était coutumier envers ses meilles rebuffades leurs amis. les il refusa d'aller continuerauprès de en Vi- varais. le dernier disciple de Jean-Jacques. lui prodigua comme lui. ou ombrage au chez Anglanier de Saint-Germain. un dessin de Lesueur (1) Musset-Pathay. . chez marquis de la Tourette. et reçut trois mois à Ferney cette visite rapporta de une belle édition illustrée de la Pucelle^ et ses soins cadeau du patriarche.-J. dans des pages qui ont également disparu. les « rêveries d'un le reçut promeneur solitaire ». car d'Antrai- gues a été dit le le seul à nous les faire connaître (1).

» sa (2) Hamel. dans un il monde et sous l'empire d'autres opinions. qui a passé en vente à Paris le 15 : (1) juin 1878. sur quel- que théâtre seau de société. Jusqu'à la autre tera fin de sa vie. un Il traité périmentale. résolut d'en aller recueillir sur place les éléments. ce qui augmenterait mes besoins. 1. Italie . en attendant qu'il léguât quelques-uns de ses manuscrits. vail suggéra à d'Antraigues et lui il d'un tra- semblable sur l'empire turc. dans ses Considérations sur de politique exl'idée gouvernement de Pologne. t.PREMIERES ANNEES représentant la mort de Socrate lui (1753-1778) 17 (1). Peut-être avait-il interprété à Lyon. res- un admirateur indulgent de Rousseau il lui adres- sera mentalement l'apostrophe qui s'est trouvée un jour sous la plume de Robespierre : « Je t'ai vu dans tes derniers jours. Le jeune homme fit mieux. » Rousseau le lui aurait offert en disant: « Ce dessin pourrait me donner l'envie d'en posséder d'autres. D'Antraigues lui offrit en retour il un portrait o\i était représenté sous le costume allégorique de Pyg- malion. social. porte sur marge ces mots de la main de d'Antraigues « Ce dessin de Lesueur m'a été donné le 14 mars 1774 par J. regret d'une liaison brisée se joignirent à la curioCe dessin. 22. la . et ce souvenir est pour moi la source d'une joie orgueilleuse (2). Histoire de Robespierre. Rousseau. » Rousseau venait le d'écrire. 2 . des traduc- tions de Salluste et de Tacite et une suite du Contrat. en traça même le plan. scène lyrique et de Rousainsi intitulée Pygmalion voulut-il rap- peler à l'auteur une circonstance qui avait décidé ou consacré leur amitié. qui l'avait reçu de Ms"" le prince de Gonti en 1770. Il méditait depuis quelque temps un voyage en le un amour contrarié. . p.-J.

nommé ambassadeur lieu à du roi auprès de Ce voyage donna qui est le un livre^ demeuré manuscrit. le jeune ami de Rousseau rele mode philosophique le thème huguenot de et Fraîice-Tiirquie. patrie. pas plus Il qu'entre le sujet et l'esclave. un peu plus ouvertement que ses illustres contempo- rains. ses récits clairement sa pensée.YiHivQ. Là. sur l'Orient révèle La première page de prend sur la. il frein se demande en conséquence: . et premier de son auteur en date. II VOYAGE EN ORIE. à l'âge de vingt-cinq ans.18 CFIAl'lTRE PREMIER Il silo pour réloignci* encore davantage de son pays. le il royaume de Louis XVI se considère l'Orient décrépit ne voit point de difTérence.NT (1778-1779) D'Antraigues. contre le christianisme et la monarchie française. concevant la politique selon le le Contrat social :\b. se posait en homme de la nature. et même. le se décida à suivre en Orient son oncle Priest. comte de Saintla Porte. l'amour selon la Nouvelle Héloïse il déclamait volon- tiers contre la superstition et le despotisme_. en étendue peut-être en intérêt. cl . religion selon Vicaire Savoî/a?'d. depuis comme sans sont le seul que dans son pays une certaine urbanité de mœurs et la constance de quelques usages du despotisme.

. H. et il catéchisme philosophique. à les vices des un peuple habitue à tous hideux tableau de Est-il superflu. à lui. le la servitude et delà tyrannie?. Deux pourtant on le voit cher à ses contemplations esthétiques ou à ses reciier(l) V.. à la fin du volume. Par un singulier hasard. . le 11 juin 1778.VOYAGE EN ORIENT « (1778-1779) 19 Est-il inutile d'offrir à un peuple léger. premier ouvrage peinture de de d'Antraigues n'a plus de valeur comme n'ajoute rien aux publications de esprit. âmes faibles. insouciant. devant Cythère.. demeure donc uniquement intéressant C(jmme et des témoignage des pensées pendant la croyances de l'auteur (1). 1. et le apprendre à adorer cette il ferme à laquelle doit. la Bihliogi'ap/ae. sinon la j) au moins moyen de la recouvTer? le Comme l'Orient. d'Antraigues s'était embarqué à Toulon sur le vaisseau le Caton. et comme il croyait alors une âme dix- romaine. du dernier républicain de L'homme du îles huitième siècle reparut bien vite en après. il ne manqua pas de saluer de loin la mémoire l'antiquité. Il alla songer à Phidias dans carrières de Paros et à Homère fois sur l'emplacement des s'arra- ruines de Troie. du paganisme élégant des les Grecs le ressaisirent. travers les les souvenirs des beaux-arts. la première côte qu'il entrevit dans la Méditerranée se fut celle d'Utique. môme date de Il même dues à Savary et à Choiseul-Gouf- fier. la reli- en l'avertissant des écueils que lui gion sème sous ses pas. Quelques jours de l'Archipel. première période de sa vie la Quelques semaines avant mort de son maître. de philosophie rude liberté.

La princesse Ghika. le jeune ni voyageur ne paraît avec son oncle. Bel exemple de fidélité. Il mais en s'aidant de la plus singulière collaboration. L'image qui lui arrachait encore des larmes dansla grotte d'Antiparos s'effaça au spectacle de Constanti- nople pour ne plus reparaître. qui n'était. Pour faire honneur à cette chère mémoire. les institutions del'em- pire turc. Son le ombrageux mit vite. et après quelques semaines de réclusion forcée la peste. tourmenté par de pressentiments. apprit la fin sou- il aurait même reçu une lettre d'atristes dieux que son illustre ami. pense alors à la femme aimée.20 CHAPITRE PREMIER il chos crudités. lui aurait adressée trois jours avant de il mourir. dira-t- on. qu'il vient de perdre. et il dit avoir été accueilli par elle comme il son sigisbé en titre. à l'écart. et grave son nom sur un bloc d'albùtre. les monuments et les mœurs il de Constanti- nople. commença ses études politiques et sociales. en curieux et en homme de plaisir qu'il était. la princesse Alexandrine Ghika. à cause de étudia. qu'un composé des grâces d'Aspasie et des vices de Sapho. de son propre aveu. avait fait . et de son plein gré. Peu de temps après son daine de Rousseau : arrivée. a osé nous vanter sa vertu vertu étrange. il à Thérapia. Usant du jargon à : la mode. caractère ni avoir vécu en bonne intelligence avec ses autres compatriotes. Malgré ses liens avec l'ambassade française. venait de se lier avec unebelle Grecque. a belle et honneste valoir dame » selon la formule de Brantôme. incon- nue pour nous.

: sur l'ambassadeur anglais Ainslies « Son esprit est à cheval sur son caractère. fille probablement de Roxane (en français Alexandrine) Rangabé. avec une liberté assez indiscrète. entremêlait sa vie active et voluptueuse de distractions intelligentes. et tra sous un déguisement dans les lieux interdits à cette époque aux chrétiens. a-l-il inventé ou exagéré une partie des faits qu'il raconte. les bains publics. dit » Le prince de Ligne pas mieux (1). à peu près comme un bon n'eût écuyer sur une rosse.VOYAGE EN ORIENT au sérail (1778-1779) 21 ses séductions et son esprit d'intrigue. Connaissant mieux que le grec. prince de Valachie. et fut initié. de Jacques Rizo-Rangabé. . ou acceptait une disser- main sur les usages des anciens Égyptiens. mais peut-être. et ari'ière-petile-fille de Constantin Brancovano. cité par d'Antraigues. le Enfin elle cultivait à ses heures satirique. et demandait à Plutai-que » les souvenirs de la le français « vie inimitable deCléopàtre. D'Antraigues a parlé d'elle. tels que les Il mosquées et les jar- dins du sérail. les bibliothèques. et pouvait par conséquent être âgée de trente à trentecinq ans. autant (1) Il D'Antraigues ne nous donne aucun renseignement sur sa famille. s'agit Elle avait épousé Alexandre Ghika. qui fut lui-même prince de Valachie de 1766 à 1768. Grâce à cette rouée d'Orient. eut le spectacle de Sainte-Sophie illu- minée pendant les nuits du Ramazan. par fatuité ou par désir de donner à ses récits une teinte romanesque. au elle fond de son kiosque de Thérapia. bon mot précieux et comme ce jugement. elle se laissait lire les par son amant un mémoire sur tation de sa hiéroglyphes. à mainte page de son Voyage. Il parcourut péné- les bazars. décapité à Constantinople en 1714. l'ami de Rousseau put visiter Constantinople à fond et en tous sens.

D'Alexandrie au Caire. sans pouvoir atteindre Thèbes. du Caire à Suez la dispersa sans Tépuiser. etd'Antraigues conquit oii sur le Nil cette réputation géographique qui devait pré- céder dans les salons parisiens. sa réputation politique. Le Marseillais gallon. après avoir fait escale à il Chio. au pied des Pyramides lisation et des autres monuments de la vieille civi- égyptienne. la porta en Egypte. qu'il parcourut en observateur attentif aux moindres détails de mœurs. vernaient qu'il le pays et dont il eut audience sur le Nil. ayant ras- sasié sa curiosité à Constantinople.22 CIIAPITHE PREMIER IV'lro. noire voyageur. auprès des et au Sinaï. ainsi qu'un Diodore de Sicileégalemcnt complet. Dès le printemps de 1779. dans les villes et les villages. où il fut arrêté par des partis armés. L'Egypte et lui servit çà et là d'interprète et était déjà à la mode en France. dans les couvents. visité Smyrne et les ruines (j d'Éphèse. l'accueillit avec empressement de guide. Le mai^ reprit le che- . qu'un lùiropoon pouvait aux honlcux socrcls du harem impérial. il pachas qui gou. oii oii il il cherchait quelque manuscrit précieux. qu'il contempla avec le désir de contrôler les assertions des voyageurs anciens et moMa- dernes. il était de retour à Constantinople. et affirme avoir découvert et inutile- ment offert d'acheterunTite-Livecompleten arabe. d'Hérodote et de Thévenot. et remonta en bateau jusqu'à Antinoopolis. la fin Avant de l'année. l'hellénisme faisait concurrence à l'américanisme. alors sans titre le principal représentant de la France dansces contrées.

celui . Un jour leur conducteur ou cavasse. Cette petite troupe cheminait en trois carrosses. autant de mal à l'empire de » Sa Hautesse que la dévastation des Infidèles. en chargeant brulalement la foule empressée autour do leurs voitures. un voyage à la fois pittoresque et sentimental. la et les jouissances d'une liaison près de : témoin cette page « La princesse et moi nous ces retraites étions à cheval. suivie de nombreux bagages. Nos voyageurs étaient donc gens d'importance. empressés de parcourir sauvages et délicieuses. On lé's recevait filles avec pompe à l'entrée des villages. des jeunes venaient jeter du froment sous et les pieds de leurs chevaux en signe de bienvenue. fait à Constantinople. Il avait pour . un attaet ché de l'ambassade française. C'était pourtant. chés à la des présents arrales misère des populations attendaient à chaque étape.VOYAGE EN ORIENT (1778-1779) 23 min de la France par terre. avec un firman et une escorte accordés par Sa Hautesse. flanquée de son aumônier. compagnons de voyage un bourgeois de Suède hollandais l'envoyé en Turquie. en dépit de ces malencontreux épi- sodes. enfin la princesse Ghika. Le chant du rossignol. « écrasa et fit expirer une écrivait la femme sous princesse Notre voyage. au milieu de la plus sin- gulière caravane. qui se plut à reconduire. son amant jusqu'en Pologne. leurs yeux. D'Antraigues goûtait chemin faisant les beautés de nature orientale finir. qui avaient droit à tous les hommages et se croyaient permises toutes les licences.

fallut y renoncer. dit-elle. le La : princesse détacha son ruban et « pendit à un arbre C'est. on le voit. cieuse. un hommage plus de moi entre mais au moins quelque chose Ainsi restera dans ce désert. permettait à personne de Effectivement. et souhaité en vain d'aller en pèlerinage à la tombe d'O- . je ne sens que je les ouvre. » Cette habituée du sérail. D'Antraigues se peint dans une et de ces réunions. rempli de voleurs. et on ne perdre les voitures de vue. de loin nous en vîmes une troupe postée sur une éminence. disait la première. lisant quelques pages de Rousseau déclamant la dernière lettre qu'il a les reçue de et le lui. salon sous la elle tente ou dans le taudis qui les abritait oubliait alors ou faisait oublier les fatigues de la journée et les incommodités du gîte. Après avoir traversé Balkans Danube. » la belle c'était toujours. elle tenait . Phanariote et le jeune voyageur. je ne ma quand vois plus que ce qui me reste. était une pré- Le soir. un échange la fidélité d'effusions où la pensée de survivant à : une je séparation prochaine n'entrait pour rien « Quand ferme perte . à la halte. qui s'enfuit à notre approche. que je fais une offrande aux nymphes offrir du pays. les yeux. J'aurais voulu leur digne d'elles. bosquet de il mais le vainement nous bois étant le désirâmes.9A (le CFIAPITRE l'REMIER tous les autres habitants des bois nous rappelaient des jours plus heureux. Nous les bois mourions d'envie de de retrouver dans ces nous écarter dans et vastes solitudes le palais d'Armide ou le Julie.

et pensait avec colère qu'il avait dû mettre sous scellés. Cette ville lui plut peu. les Lubomirski. Il s'indigna. d'Antraigues trouva à son chevet une lettre d'adieux en style d'héroïde. Un matin. présenta à Kaunitz et l'amles dans il meilleures sociétés. il en démêla sur place les origines. ces conquérants russes. croyait sentir partout autour de lui l'esprit de superstition et de routine. A Varsovie. reprit en Pologne et en Allemagne le cours de ses observations philosophi- ques. avec une colère que ne par- tageaient certainement pas ses amis parisiens. contre le démembrement de 1772 au roi de Prusse. transformés trop aisément par Voltaire et ses disciples en libérateurs de l'Orient. notre voyageur vint à Vienne. où ils se dispersèrent. les Czartoryski. ré- digée par la princesse en vue de lui épargner l'épreuve d'une dernière entrevue. dans leurs fa- palais et leurs maisons de plaisance les principales milles du royaume.VOYAGE EN ORIENT vide. et visita il obtint audience du roi Stanislas. l'idole . à Léopol. le cœur corrompu qui jamais existé ». à cause de leurs excès ou de leurs fautes. et bien qu'il en attribuât la principale responsabilité il se plut à montrer la « Sémil'àmc ramis du Nord. après avoir bassadeur de France le visité les fameuses salines oii de Wicliczka. Une fois sa il douleur de cir- constance exhalée et apaisée. Déjà en Turquie avait dénoncé.Auguste. les (1778-1779] 25 voyageurs arrivèrent en Pologne. politiques et économiques. les Potocki. De Pologne. des philosophes. à son entrée dans l'empire. le plus il comme ait la plus atroce. les œuvres .

son belles tempérament exubérant toujours prompt aux phrases. un paysan coupable d'avoir disputé son cheval à des eunuques . au milieu dos siens. les lettres Los notes prises écrites d'Egypte ou do Pologne à ses amis de Constantinople composent un recueil qui devait former partie de ses la première mémoires. apte à vérifier amateur sur place les connaissances accroître. sur sa route. et les il et a étudiéprincipalementlos institutions là mœurs. un autre jour il a aperçu le grand-visir bàtonnant et clouant par l'oroille contre sa porte un boulanger poids. nullement à les hommes. Au point de vue et littéraire. . Les d'aulrui. L'érudition qui s'y intelligent. sont toutes peintes avec indulgence. dans les derniers mois de 1779.2G CHAPITRE PREMIER de l{ousscau. tantôt violentes. aux caresses. et surtout les la Français. do avec une succession de scènes tantôt oii il voluptueuses. se met souvent en . et la colère soupçonné d'avoir vendu à faux là s'est ici et emparée de son ànio. Turcsample matière à gémir Un jour il a vu pendre dans sa maison. et Ce philosophe armé contre toute tyrannie politique religieuse a trouvé chezles et à s'irriter. depuis princesse Ghika jusqu'à la dernière odalisque. c'est une œuvre médiocre étale est colle d'un incohérente. les femmes. scène. aux accès factices de tendresse ou d'indignation. Il regagna enlin la France Bavière. y sont assez maltraités. Sans négliger les ruines les manuscrits. L'auteur a visité l'Orient l'âme pleine dos pensées de Jean-Jacques. sauf à on recouvrer l'usage hors des étals de la par la dévote impératrice.

doit être satisfait. » il Au couvent de Saint- Macaire. l'obligation qu'il en Iji doit avoir lui pèse. lui faut l'avouer. devant l'autel de quelque monastère. l'hospitalité la plus touchante. il l'ac- compagne de sa Heureux du moins quand rencontre sous 1 le turban un sceptique irrévérencieux à sa manière En allant du . il a trouvé. mais à toute religion révélée. et parmi les chrétiens les Latins autant que les Grecs. en présence d'une Egyptienne écrasant sous ses piedsl'enfantdont on vient de lui enlever'" la subsistance. et s'il il semble que sa gratitude sera moins lourde pitié. c'est la pitié qui l'emporte. boutade : il les salue de cette « Si il Dieu aime les estomacs à jeun et les cris discordants. Il n'estime saint Antoine qu'à cause de la Tentation de Callot. Tl ne se souvint jamais de sa religion au milieu des Infidèles que pour re- marquer combien fessaient. spectacle s'écrie-t-il. il estimait le Koran bien plus favorable que l'Évangile à l'épanouissement des facultés et des passions humaines. mais ces soins l'é- tonnent.VOYAGE EN ORIENT (1778-1779) 27 Ailleurs. méprisait les chrétiens comme les Turcs. et quant aux moines contemporains. Hostile non seulement aux couvents. à se prosterner devant des reliques. la plus empressée. ne l'oublions pas. elle valait d'avanies à ceux qui la pro- Lui-même se considérait sérieusement comme humilié lorsqu'on l'obligeait. ? » peut n'être pas athée devant un D'Antraigues était alors. et précipitée de ce : fait dans le Nil par ceux-mêmes qui l'ont dépouillée « Quel tel homme. Il le plus fervent des libres penseurs.

tien. c'est avec une gravité : ironique qu'il se transforme en disciple du Prophète « En la voyant pleurer. ciel mon cœur. ? » ne peux-tu causer de toutes ces bagatelles deux. autant Il paraît indulgent pour les vices de la société. mais que dans le que j'espérais la voir. Ce tu rencontres toi a valu cette réplique « Quand un Turc qui ne croit pas plus en Mahomet que en Jésus-Christ. d'abord répondu. et me répéta ses regrets de ce que j'étais chré- Je lui fis dire qu'elle se consolât. Turquie sans me conc'était que je n'osais l'avouer. Autant d'Antraigues juge condamnables les abus des il gouvernements. à Mecque même. font assaut de blas- phèmes et de plaisanteries sacrilèges contre le culte de leurs ancêtres.28 CHAPITRE PREMIER il Cairo à l'ancienne Héliopolis. sous Et tous prétexte de s'éclairer. elle me dit qu'elle m'aimerait long- temps. voqué par lui » toute une caisse de liqueurs fortes. elle me dit qu'elle me promettait de courir dans » mes bras au jour du grand jugement. je fus prêt à répandre des pleurs. devant une odalisque avec laquelle s'est il mis en frais de galanterie. mais musulman au fond de la que je n'avais pu vivre dans vertir. pro- sur la question a-t-il : religieuse : « Je qui n'en lui parle jamais. . Elle se livra à toute sa joie. Je baisai sa main. Par contre. se délecte dans ces histoires de harem et si si fréquemment racontées goûtées au dix-huitième siècle. a fait route avec un la nnusulman esprit-fort qui vient de consommer. musulmans ou chrétiens. que j'étais chré- tien à l'extérieur.

lui a envoyé le lendemain quelques menus cadeaux pliments et . IVontesquieu. ne comprend pas que les lois violent la justice. et si ne proteste que du bout des lèvres la nature. D'Antraigues a été lui-même. celui ait de la princesse Gliika mis à part. que de notre temps le romancier (1)11 serait bellis Pierre Loti a consacrées à « Azyadé ». enveloppé dans les formes d'un jargon chez un lecteur sentimental. aux pages romanesques.VOYAGE EN ORIENT Personnellement. en a été remerciée par de merveilleux comtels sont les seuls souvenirs galants. plus étonnée que char- mée par l'aspect de ce Franc au teint pâle et aux yeux éteints. sème sur les ta- bleaux licencieux ses railleries contre les religions positives. dans un entrevue convenue d'avance. En revanche. . par la bouche des orientaux qu'il pro- mène à travers la France de son temps. mais vécues. et ses bonnes fortunes auraient roses qu'on lui été toutes platoniques. il il a parlé avec une liberté complaisante de certaines corruptions propres au monde oriental . les mœurs violent Le réalisme de ses peintures. il serait demeuré fidèle à sa princesse. mais serait difficilement accepté du lecteur. à Constantinople et au Caire. que d'Antraigues conservés pour le public de son séjour sur le Bosphore. avec qui. Un bouquet de qu'il a jeté en passant et a tendrement baisé.même aujourd'hui (1). leurs légendes et leurs cérémonies. s'explique de Diderot. une sultane bazar. A l'en croire. une mais muette. une sorte au moins piquant de comparer ces récits. peut-être emquant au fond et certainement licencieux quant à la forme. des il (1778-1779) 29 n'accepta qu'à moitié la liberté mœurs orientales.

philooiîil sophique et romanesque. AParis. partagea sa vie entre Paris et ses domaines du Vivarais. il fréquentait des amis puissants. s'était logé au coin de la rue en vue des Champs-Elysées. a consigné les souvenirs de son voyage en Orient. en mémo temps (jue corlains . vingt ans plus tard. tels que d'Angiviller. qu'il brevet et le rang de colonel de cavalerie. sa comme une récompense due à le campagne scientifique. et il recherchait. de Miromesnil. les Poli- gnac il et leur inséparable commensal Yaudreuil. toute sa vie le goût des avait et il garda honneurs qu'elle procure. descriptif et déclamatoire.30 CIIAl'ITRE l'REMlER ciircLicii d'Usbck OU do Rica : ou plutôt encore coîur. Sans il plus reparaître au régiment. chez le spirituel vicomte do Ségur. libertin d'esprit et de que Lantier. on le lui attribuer peut déjà au vu du vaste recueil. A la cour. d'Antraigues réussit à obtenir. faisait voyager en héros de boudoir à travers la Grèce et l'Asie. bien il abhorrât la profession des armes. le surintendant des bâtiments. il a été cet Anténor. fut Ce dernier nom lui donné par ses adversaires politiques en 1789. III VIE A PARIS ET EN PROVINCE (1779-1788) Rentré en France.

très goûté dans les salons pour sa conversation. surtout contre la concurrence de Pilàtre de Rozier. salua avec enthousiasme de son mieux les . on le voit Rome de Lisle pour . Tandis que Faujas de Saint-Fond publiait deux volumes on l'honneur des ballons.VIE A PARIS ET EN PROVINCE (1779-1788) 31 gentilshommes d'esprit hardi gens de lettres. indignation. des triom- phes politiques. 11 lui convenait d'être et de paraître encyclopédique dans ses aspirations s'aboucher et ses études. les soutenait de sa parole et de son crédit. De belle figure et de noble prestance. et et de mœurs faciles. apprendre de à mesurer l'altitude de ses montagnes il un autre jour. et il non sans frayeur. de là il passe à des cours de chirurgie. dans l'atelier de Greuze. les airs à il se hasardait.. il à sa grande qu'il dési- se vit marchander la somme . il se sentait attiré vers tous les genres de curiosité. de leur accorder une subvention importante. Enfin il pressait Galonné et. avec lui le physicien Un jour. elles se poursuivirent à Paris l'année suivante. dans Il le cabinet d'estampes et de médailles et favorisa d'Hennin. les circonstances aidant. dans côté d'eux. travaux de ses compatriotes. recueille au Jardin des Plantes les savants aperçus de Buffon sur les races humaines. les frères Montgolfîer Les premières expériences aérostatiques avaient eu lieu en présence des États du Vivarais (juin 1783) . de jouissance ou d'ambition. et ses succès comme homme du monde et bel-esprit sem- blaient lui présager. d'Antraigues talité offrait l'hospi- aux inventeurs. les de théâtre de finances.

16 avril (1784) (C. pp. Pièce intitulée Avant -propos. D'Antraigues à M"» Saint-Huberly. (2) (3) De Loménie. 111. qui lui était offerte en et.AF. A son retour. — Mi- . Les rapports de sa famille avec celle de Talleyrand lui firent connaître dès 1779 l'abbé de Périgord. facilité Son remuant comme sa de mœurs l'asle socièrent à ces gens épicuriens et affairés qui s'initiaient aux secrets de la liante finance auprès do Panchaud. Un était peu plus tard. t. et chercha à faire dé- noncer à l'ordre des avocats des sceaux. le futur diplomate. en appeler devant le Conseil d'Etat du jugement qui avait prononcé contre lui la séparation de corps avec sa femme.. par lecomte cTAntraigues.). à cause d'une pièce diffamatoire qui y était contenue. estima prudent de il gagner l'Angleterre. (1) Arch. C'est une de celles qui furent saisies à Trieste eni797. Mirabeau sa requête en appel rejetée. L'opi- nion publique lui était peu favorable . au commencement de 1784. déclinant l'hospitalité il Vivarais. D'Antraigues se fit dans les salons où il avait accès le défenseur officieux de Mirabeau. 621-622. mais il l'acte arbitraire du garde eut beau déployer le zèle qu'on eût vit pu attendre d'une amitié déjà ancienne. Nat. compatriote et le rival de Necker (2). il se lia avec Mirabeau . et le garde des sceaux supprimait un mémoire rédigé en sa faveur. celui-ci venu à Paris. P. trois ans après. III.82 rail CHAPITRE PREMIER par un ministre plus accessible aux courtisans qu'aux hommes esprit de science (1). les Mirabeau. .44. rendait à son nouvel ami ce témoignage qu'il lui devait en partie les consolations et la fin de son exil (3).

et plus tard. le « il l'entendit » un jour accuser dans sa personne gens de qualité. Dans Laharpe le camp philosophique. par l'indifférence. et nardin comme encore il lui un des derniers inté- amis de Rousseau rêts un défenseur théorique des ici populaires. sous la Terreur. comme un héritage. ses les plus précieux. écrivit à l'ombrageux écrivain une lettre propre à la fois à le désarmer et à le confondre. dix c'étaient des réflexions. uote). en cahiers in-folio. ami des lui fit livres et des études spéculatives. lui envoyait à papiers Venise et lui léguait. Il y mêlait avec un art consommé excuses et les leçons. 28 avril 1787 (dans l'Adresse à l'ordre de blesse la no- de France.VIE A PARIS ET EN PROVINCE (1779-1788) 33 Parmi la société les mag-istrats. et il appelait et était le bienvenu auprès de d'Alembert et du groupe des Encyclopédistes. d'Antraigues cultivait surtout de Malesherbes. les critiques et les : hommages. sur X Esprit des lois de il Montes- quieu. récriminations Il lui despotisme des en coûtait d'accueillir de telles comme Vaudreuil accueillait les boutades de Il Chamfort. Mais se trouvait en face d'un caractère difficile et défiant. comme lui révolutionnaire en pensée. d'Antraigues Chamfort ses amis. 47. et concluait ainsi « Il faut conserver le souvenir de ce rabeau à d'Antraigues. p. qu'il serait Malesherbes cadeau d'un manuscrit intéressant de connaître. et bien qu'il eût offert à Bernardin un autographe et le portrait de leur maître commun. 3 . Il se montra particulièrement empressé auprès de Berde Saint-Pierre. et qui serait à les citer tout entière.

Veuillez n'avoir aucun regret de ce qui s'est passé entre nous. des sujets communs d'étude il mirent en correspondance avec l'historien Robertson. » Le « vertueux). En Pologne. Adieu. P. Saint-Pierre ne tint pas devant ce ten- dre réquisitoire. et nous y retrouverons. dont a souvent parlé. avait le connu le comte SéverinPotocki.» mon cœur me Il ramènera où vous habitez Se souvenant que son maître avait que des Européens. mais nous nous rons encorepar nos ouvrages.. qui vint à son tour x4. vous aimer et être aimé de aime- vous. Veuillez croire qu'il n'existe pas un homme qui vous estime plus sincèrement que moi désiré et qui ait autant vous connaître. et sa réponse. Le ciel ne l'a pas voulu. Montpellier. il parie de son vieil ami de trente-quatre . duchesse de hire. lui valut cette réplique. je sens que (1). je l'espère. écrite au le moment d'un départ pour Vivarais : « A mon retour. avait pu admirer et peutDevons- être courtiser la célèbre Georgina. et neplusnous voir. avec de nouveaux motifs pour nous estimer. (2) Dans une lettre de 1803. de nouveaux regrets de n'avoir pu nous aimer. le il En Angleterre même. mais dont les noms ne sont pas venus jusqu'à nous (1) (2) et 17 février D'Antraigues à Bernardin de Saint-Pierre. de tout temps rendezil vous d'une colonie anglaise. d'Antraigues ses relations autant écrit : n'y a plus s'était fait Européen pai' il que par ses voyages.. que nous n'avons pas. y trouva des amis chers à son cœur entre tous. 34 CHAPITRE l'RKMIER qui nous plut dans l'un et l'autre.). voir en Vivarais. vertueux Saint-Pierre.. 23 janvier 1789 (G.

bientôt divorcée. les et person- un jour aux yeux de Chateaubriand charmes de fille la célèbre et imaginaire Lucile.. j'ai ignoré. mariage. mais rap- pelez-vous M"^" de Montalembert.. et de manière à en imposer toire. (1) M"»» Il s'agit probablement du duc de Richniond fils.. mais d'une physionomie fort expressive. (né en 1784. de musiciens ambulants.VIE A PARIS ET EN PROVINCE (1779-1788) 35 La <i sensibilité » était une des vertus essentielles du au philosophe. et cependant était alors en liaison avouée avec Saint-Huberty. Point belle. qui On nifia inspira un madrigal au lieutenant Bonaparte.. rendu malade à (1). compromis de la la manière la plus fâcheuse. Elles vous ont fortune. » mort. railord duc de R. Née à Strasbourg. Marie-Antoinette Clavel avait été la femme.. encore celle-là n'était pas méchante. et exposé à vous faire tuer Certaines indications discrètes de sa correspondance le montrent vers 1788 à la l'adorateur préféré d'une grande dame appartenant Cour ]\|me et même à l'entourage familier de Marie-Antoiil nette. sur la scène elle était sans rivale dans les opéras de Gluck pour l'expression de son chant. mort en 1806)...)- . d'un aventurier nommé Saint-Huberty. Elle vous coûta votre argent. le souvenir à l'his- Sur ce sujet : délicat. D. la comtesse de B. la lar- ans. sans fait compter tout ce que perdre état. D'Antraigues exerça la sienne un pou hasard. a écrit un volume sur cette reine de théâtre. (la il faut entendre encore sa mère faillit « L'Anglaise duchesse de Devonshire?) à vous faire devenir fou. première chanteuse de l'Opéra. d'Antraigues mère à son 22 octobre 1796 (B.

pp. » (Lettre du 17 juillet 1784. dans t. que Mirabeau a aimé. 647. on l'appelait.. succéda. libertin mélomane qui adressait à la fois ses hommages lui à la ses femme et à la cantatrice. il disait-il. lui reconnaissait le jugement il pratique dont manquait lui-même. Dans le monde. mérite une mention parmi D'Antraigues. se dit attiré vers la Saint-Huberty et retenu l'artiste auprès d'elle parla simplicité de célèbre autant que par les séductions de la femme aimable. Avec ses camarades elle se montrait peu accommodante par sa . jalousie et son humeur capricieuse elle tyrannisait et troublait la république de l'Opéra. Vente du 9 mai 1892. Sapho. 36 CHAPITRE PREMIER et la geur de son jeu noblesse de ses attitudes. III. qui est chez femmes. raconte — . Mirabeau seul. comme un rasoir aux mains sain. 621-623. d'autographes Gharavay. et demeura de longues années sousle charme de cette domination impérieuse et familière (2). on les oublie. ses Mémoires. qui premiers adorateurs (1). Gâtai. entre Sophie de Monnier et M'"» de Nehra. il est vrai. . par admirer les talents . le il d'un sens enfant. Ar- mide. en la les confondant avec héroïnes ou les divinités fabuleuses qu'elle personnifiait à la scène. parce qu'elle a une belle âme. tour à tour Didon.) (1) De LoMÉxiE. jusqu'à mériter d'être mise à la Force. « une comédienne laide. et cela vaut mieux que les talents les plus distingués. quand on la connaît. Leurs premières relations paraissent dater de 1783 Brissot. aux dépens de laquelle il a trop vécu » (2) « M"" Saint-Huberty est une femme dont on commence. les Mirabeau. Sans apprécier en elle l'esprit proprement les dit. Ses galanteries n'allèrent pas toutefois jusqu'au scandale éclatant et permanent. mais riche.

De Bordeaux ou de Metz. De son côté.VIE A PARIS ET EN PROVINCE elles (1779-1788) 37 devinrent intimes vers la fin de l'année suivante. Un fils en naquit. fragments conservés au moins sous la plume delà chanteuse. 189. La Saint-Huberty semble avoir été sincèrement attachée à cet dompté et qu'elle appelait : « homme qu'elle avait Mon bien-aimé si tu si m'obéis. d'Antraigues. p. Les deux amants. la Saint-Huherly.il volontiers et savait l'intéresser aux inventions de Montgolfier comme aux imaginations de Bernardin de Saint- Pierre. mais très incomplets et parfois inexacts. d'anecdotes ou malignes. la Saint-Huberty no par- (1) De GoxcoL'RT. de nouvelles locales surtout aux la approches de Révolution. la Saint-Huberty faisait chaque année des tournées théâtrales en province les : delà une correspondance dont offrent. sont . était à sa l'initiait maîtresse une sorte d'éducateur intellectuel. amoureuses plus câlines que tendres tantôt en tantôt en italien. » De fréquentes absences de la tendresse part et d'autre ravivèrent de cette liaison. D'Antraigues remplit la lui dernière partie de ce livre. D'Antraigues se retirait durant de longs mois dans ses terres. et enfin de protestations français. un sin- gulier libres mélange de descriptions pittoresques. qui mourut jeune. malgré leurs invocations à la vertu copiées dans la Nouvelle Iléloise. durant ses voyages. Les renseignements recueillis sur curieux. ou vilain ours mal léché tu regimbes (1). étaient évidemment des gens de morale peu scrupuleuse. Le Pygmalion mansarde do Rousseau vint qui figurait jadis dans la orner le boudoir de l'artiste.

avait visité l'Allemagne et la Pologne. g-rand amateur. mondaines restât absolument comte de Turconi. (2) De Concourt. Gli Uomini illmlri délia Comasca ITT. traduit un livre sur la constitution anglaise. de celles qui encombrent de leurs souvenirs les pages indiscrètes des mémoires ou des nouvelles à la main. paraît avoir été pendant plusieurs années le témoin autorisé de ces gcntilliomme tête-à-tête. qu'on voudrait croire désintéressé. Ce Turconi était un italien. 265-266. ainsi que d'Antrai- gues. et heureusement. sait d'Antraigues de son côté ne suppofidélité pas pour lui-même et pour les autres qu'une selon les convenances inflexible. . Elle fut durable. les danseuses du théâtre de Lyon ou diffère les villageoises du Yivarais. pp. bien mieux.38 lait CHAPITRE PREMIER point à son ar^orateur préféré le langage d'Alceste et ou de Pénélope. même. tentation d'y venir prendre gîte (2). en toutes choses. et la n'a pas dû dissimuler bien soigneusement à les rivales Saint-Huberty passagères donnait parmi les nobles dames de Paris. de la Saint-Huberty l'avait gratifiée d'une agréable maison de campagne à Groslay. et d'Antrai- gues ne protestait point. il cédait à la Cette délicatesse liaison vulgaire que blesse caprice. en sciences Il comme en voyages. Leur liaison n'en pas moins. diocesi. aboutit (1) Giovio. la Saint-Huberty. p. et on le disait pas- sionné pour philosophale l'alchimie (1). et la recherche de la pierre Cet admirateur. dans une née d'un lui une complicité survenant en France tiers. il est inconnue en comme qu'il lui en Orient. qui habitait Un certain alors Paris.

Fabras. lorsque. il se disait avant baron de Jaujac. de la même main. de Bruget et de la Bastide. et les murs semblaient se prolonger sous terre avec parois à pic.VIE A PARIS ET EN PROVINCE (1779-1788) 39 à un mariage de le raison. Asperjoc. La Souche. vait sur ébréchée du volcan éteint d'Aizac fermait milieu de ce cirque naturel. Genestelle. traversantle grossier pontde pierre qui y donne (1) J'emprunte V Ardèclie . où il séjournait le plus souvent. seigneur d'Aizac. trémité supérieure d'une gorge tortueuse et sauvage. véritable ermitage féodal situé à l'ex- hameau du même nom. deMayras. Ju- vinas. jour oij elle fut rompue violemment. Mcrcuer et autres places (1) ». Prades. Ailhou. Saint-Andéol. co-scigneur de Vais. Lachamp-Rosas. Dans ses terres. de . {Arch. ses quatre tours carrées et de ses dominait de ar- deux ponts-levis més de canons de parade ses le lit encaissé du torrent. habitait de préférence près d'un le dernier. d'An- traigues n'était plus le tout « même homme. l'œil De ne rencontrait que blocs degranit. Aujourd'hui encore. le Au château les s'éle- une sorte de promontoire formé par Il der- nières coulées d'un autre ancien volcan. par la mort. Entre ses châteaux de il Castre vieille. Mézillac. clairsemée des mûriers et des châtaigniers et la coupe rugueuse ^'horizon. Saint-Cergues de Prades^ Nicigles. tapissées de plantes sauvages. et parut consacrée encore vingt ans après.) cette nomenclature ù un acte de 1776. dép.monceauxde scories et de lave et mal déguisés sous la verdure sombre . du roc basaltique qui supportait tout l'édiflce. sur la Bezorgue. là.

Album du Vivarais. avait su introduire à la Bastide les Il agréments des jardins chantés par Delille. qui date de 1842. avait dirigé et discipliné le les eaux. Ce dessin. pi. on croirait visiter repaire abandonné de quelque baron malfaisant et rebelle au peuple au roi (1). malgré sa philosophie. (Comm. et longeant un reste d'avenue en pente. dessiné des allées sur flanc escarpé de la montagne. en Il en philanthrope. Yami des hommes^ ce féodal se comportait dans l'intérieur de lettré. jouissait d'une galerie de tableaux.) absolument exact alors . pierres éparses sur l'emplacement du château lorsqu'on parcourt ces terrasses croulantes sur lesquelles une pauvre filature de soie a conservé le la vie et le travail humain. (2) Arrêt (imprimé) du 13 mai 1785. d'un cabinet d'histoire naturelle. son logis en mondain. et à ce que ses trois jours . : n'est plus les débiis de tours encore debout ont disparu. sans oublier un ermitage.40 CHAPITRE PREMIER accès. à l'exemple du marquis de Mirabeau. Le châtelain du dernier était très attaché siècle. à passer le premier à l'ofïrande ou aux processions. 24. planté des bosquets. par M. vendanges précédassent toutes autres de mais. le avait fait homologuer de nou- veau devant fiques (2). Mazon. d'une riche (1) Du Boys. on arrive à l'informe amas de détruit . Parlement de Toulouse ses droits honori- Il se plaisait toujours à recevoir le premier l'aspersion ou l'encens. à certaines prérogatives qu'il tenait de il la coutume féodale. il veillait à ce l^r que les chiens i^^ de ses vassaux fussent enfermés du l'intérêt mai au août dans de ses récoltes et de son gibier. Il en souvenir de Jean-Jacques.

tel qu'il existait Le château de ser à cette autre au siécls dernier. Soulavie. Doize.par M. dans (Ms. l'homme sensible les et mélancolique peut y faire rêves les plus extraordi- naires.) Cf. Les souvenirs de son voyage l'entouraient. le natura- a de quoi faire de belles études. t. L'Arioste était sans doute dans un lieu et pareil lorsqu'il créa les aventures singulières admi- rables de son Roland (1). 7 juin 1889. mais sans cesse reculée. la Bastide. » Confiné dans son cabinet la plus grande partie de ses journées. E. décrite avec tant de charme et de couleur par M. et le poète le plus froid y trouve de quoi monter son imagination. . Second livide du journal de mes voyages. II. Rousse. Histoire naturelle de la p. écrivait un visiteur. 469. comm. triote de un article signé France le Papen- VArdeche. tantôt remuait de plus vivants (1) Faujas ue Saixt-Fond. B' Francus. liste « et aux curiosités minéralogiques rap- Ici. revit et corrigea en vue d'une publication possible. 7 janvier 1887. (Réponse au discours de réception de M. ou d'histoire avec des religieux et du voisinage. De nombreux le hôtes se succédaient près de lui. dans l'automne de 1785. Tantôt châtelain s'entretenait de géologie avec Faujas de le Saint-Fond.VIE A PARIS ET EN PROVINCE (1779-1788) 41 bibliothèque. . caire à Antraigues . celle des Vogué. le peintre y trouve les plus curieux points de vue. fait demeure seigneuriale de la région. ould'hisalors vi- fameux abbé Soulavie. le tout. d'Antraigues rédigea en 1780 les derniers il chapitres de son voyage en Orient.-M de Vogué à V Académie française. savant dauphinois. et méridionale. depuis les riches pelisses reçues de la Cour ottomane jusqu'aux momies portées d'Egypte. dom Lobi toiro naturelle avec le dom il des Gouttes.

F.200 livres. bête. Ma- losse. faisant l'impertinente. une gratification de 1. de Jaujac. patriotes comme la Révolution de 1789 en fit tant connaître. quelle douceur goùtiez-vous à tide? Bas.. Tout en d'une ardente piété.uncle ces prêtres philosophes. Russie. il Sans exercer aucune fonction publique. de Prades fait. car n'y a jamais eu d'Université à avait-il contribué à la transville Tournon. comme et propriétaire. » ques (1) et peut-être vous-même par la nécessité Dans son Mémoire sur d'un enseignemeyit national en 18 février 1803. Vous n'y voyiez pas et un homme de mérite des une maîtresse fort sotte et ennuyeux des bavards. s'étaitmôlé spontanément à diverses entreprises utiles à la prospérité du Vivarais. lui et les écarts de De écrivait-elle encore la longtemps après. Il dit quelque part 1" (1) avoir été chargé ». famille avec elle se livrant aux pratiques s'occupait des affaires de la une sollicitude que les mauvais procédés ne décourageaient pas. c'est qu'il exploitait avec succès. (2) M"" d'Antraigues mère à son fils. au château de Laulagnct. par Louis XVI de former il «Université de Tournon Pure gasconnade. philanthropes. France. vol. reçut de ce à deux reprises.42 CHAPITRE PREMIER têtc-à-lète problèmes en avec le prieur de Nieigles. 633.) Cette lettre est la seule de M'"^ d'Antraigues qui se trouve aux . mais peut-être formation du collège de cette en école militaire. tourmentant vos domestises prétentions (2). des États du Vivarais. (A. Sa mère vivait retirée non loin de la Bastide. I Ce qui est plus certain. Elle se bornait à accuser tout bas dans son la conduite : fils « la sécheresse du cœur sang-froid. les et qu'il mines de Nieigles.

il n'est aucun service lui. le « la belle Henriette. dans son lorsqu'il songeait à ce temps de sa vie. « puis l'avait installée à la Bastide en qualité de lingère» Elle s'asseyait à sa table. (1) D'Antraigues à sa mère. qui remplissait l'inter- règne de sa rivale parisienne. (B. C'est en Vivarais. recom- mence sa vie en s'en occupant sans cesse. . au à la Ribliothèque de Dijon. toutes les autres. et qu'elle était aimée de tous.. exil agité de Dresde.VIE A PARIS ET EN PROVINCE (1779-1788) 43 Cette Saint-Hiiberty rustique. c'est sur ce pays qu'errent ses pensées. d'Antraigues : s'attendrissait volontiers « Tout ce qu'il a vu. Il n'a aucun désir de le revoir par la certitude de n'y retrouver aucun habitant dont l'esprit lui plût. La renommée populaire. c'est là qu'est rivé son cœur. mais il aime à s'en occuper. qu'il ne lui rende sans être trop sévère avec Qui n'a pas eu besoin d'indul» gence en ces temps de délire (1)? Au moment de sa plus grande prospérité. et avait carte blancbe au château. D. d'Antrainombre de prés de cent. disait-il en parlant de lui-môme. il aimé l'environne. 1 février 1804. moins sévère envers elle affirme qu'elle usait au profit que la dame deLaulagnet. fait. des vassaux de son infiuence sur le seigneur. » avait fait core dans pays.. Son maître lui donner quel- que éducation dans un pensionnat de Montélimart. lée était une paysanne appedit-on en- Marianne André. Vingt ans plus tard.) . et dès qu'il peut lui tomber sous la main un être de ce pays. sont Affaires étrangères. Ne croyez pas qu'il pense à Paris cela ne lui arrive jamais.

vivait alors consumait sur place à son les exemple un homme qui tés ressemble par étrange- du caractère D'Antraigues et de écrit la conduite. in-8. d'Antraigues.750 francs. Gomm. sans Marianne André.) M. Roure. commençait seulement à s'ouvrir pour ches d'une révolution générale. aux appro- Non loin de lui. André et à Marie Jeanny. que d'Antraigues jugeait déjà close. née à Freycenet Ce testament.000 livres aux de la Bastide.44 CHAPITRR PREMIER giies avait des revenus consistant presque entièrement (1). et pauvres de ses paroisses et à l'église accordait des pensions viagères à tous ses serviteurs. Il distribuait près reconnaissance de 24. et vivait sous le poids de dettes le de famille s'élevant au delà de 300. n'oubliait aucun des legs la dictés par les convenances de sa situation.) Ce testament est des Pièces justificatives Notice sur 1882. dont suit le détail. Dans testament sa qu'il rédigea en 1782. Il en redevances féodales livres de rente jouissait de quarante mille au plus. publiée par 70 p. le comte de MontloTessier (1) fils à : « Dans un vieux calepin de père écrit de sa main je trouve article par article que son revenu de 1780 à 1790 s'élevait annuellement à 38. œuvre sans doute d'un jour de maladie et de mélancolie. après avoir attribué à d'usage et institué sa sœur pour héil mère la légitime ritière universelle. (Privas. fille à (2) feu Jean ».008 francs. ne devait pas être mis à exécution. de la Doize. lui. » Dans cette somme. et cette carrière. et l'humanité.000 livres. Vasclialde. depuis l'homme d'affaires au valet de oublier a chambre. (Lettre (2) mon du 10 septembre la 4" 1824. par M. les redevances seigneuriales entrent pour 27. . dans et une bicoque seigneuriale d'Ause lui vergne.

et une haine con- centrée. vivace. par défendre monarcliic et la religion sans les servir utilement ni l'une ni l'autre. et en face de la Révolution la de l'Empire. certains seront à moments pour leur parti une puissance. et sans mériter leur gratitude. (1779-1788) 4o Durant sa triste jeunesse. la passion du travail intellectuel poussé en tous sens et à outrance. Après avoir sacrifié dans leur jeunesse. . contre le despotisme de Versailles.VIE A PARIS ET EN PROVINCE sier. avant d'en devenir sur leurs vieux jours l'effroi et presque le scandale. comme son voisin du Vivarais. finiront. ils se tiendront obstinément à part de tous par leurs opinions et leur attitude. L'un et l'autre s'instruisent et s'arment à l'écart pour les lut- tes politiques qui se préparent. le second au philosophisme. et A l'Assemblée constituante ils en émigration. Montlosier a eu. le preils mier au jansénisme.

.

III. Ses La vérification des pouvoirs. I LE MÉMOIRE SUR LES ÉTATS GÉNÉRAUX (1788) Au était pied des Cévennes comme à Paris. La Chambre de la noblesse . peuple. le fé- cendie de la Bastide. — Ses répliques. D'Antraigues commissaire de la le vote par ordre ou par tête. revenSa doctrine du gouvernement direct par le dications pratiques. Double caractère do son livre théories générales. Gonféreuces enti-e les ordres. — Départ pour la Suisse. — — — — : — — : — — — — — — — — — — l'Assemblée constituante.CHAPITRE DEUXIEME D'ANTRAIGUES DÉPUTÉ I. D'Antraigues mal vu à la II. (1789-1790). — Débats du H mars à son sujet. L'Assemblée des trois ordres du Vivarais. — Sou attitude passive. Le Mémoire sur les États généraux (1788). — Pillage et in- L'Assemblée constituante contre d'Antraigues. Une apologiede Necker. D'Antraigues entre à noblesse. contre les États du Languedoc. D'AntraiIl est élu député. Son mémoire contre les Etats du Cour sa popularité passagère. — Ses travaux dans seûiblée sur les Droits de l'homme. — Dernières relations avec Mirabeau. franchises du Vivarais contre la Cour. — Discours a l'Asveto royal. — Brochures sur les questions du jour. — Lettre du 6 vrier 1790. Sa conception traditionnelle et féodale de la liberté. gues rédige le cahier de la noblesse. premiers actes aux États généraux. d'Antraigues les sa- un mécontent. — Nombreuses brochures — Anténor.1788-1789). les Comités. D'Antraigues défenseur des Origines du Mémoire sur les Etats. Après avoir déclamé dans . Languedoc. — Royalistes et révolutionnaires en Vivarais.

Plus heu- reux que les Turcs. et il la crise prochaine la conduite des s'emporte contre Montesquieu et sa théorie ce soi-disant frein sur l'honneur. des moyens pour recouvrer la liberté sans recourir à la voie extrême. s'écrie-t-il. en toutes lettres. Que la nation se pénètre de l'absolue nécessité de rassembler les États généraux. abattant les ordres et les privilèges dit-il : « La noblesse héréditaire. le virent attiser les passions de l'émigration.. L'honneur les armerait contre leur patrie pour soutenir la volonté d'un despote . s'ils avaient connu ces pages.» Quel beau jeu auraient eu contre lui ceux qui. Il prévoit et il flétrit par avance dans nobles. estunfléau quidévore ma patrie. » C'est selon lui la seule supériorité des Orientaux sur les chrétiens de ne la pas connaître. ditait mé- au milieu de ses vassaux sur l'émancipation des . Les Etats qu'il sont bien ceux qu'on verra à l'œuvre en 1789. perdues au milieu dune des- . nous avons eu jadis des assemblées la générales oii nation réunie par ses représentants opposait à la royauté de redoutables barrières. écrivait-il en 1785. et enrichissait de voyages de a nouvelles tirades contre la tyrannie le crois II est pour nous. hommes il songeait à la liberté des déserts il arabes et ses récits : des montagnes helléniques.. et qu'elle sente qu'il » n'est que ce rêve seul moyen d'éviter la tyrannie. (( des monarchies : L'honneur aussi. je encore. conduirait les nobles sur les foyers de leurs pères. de leurs citoyens.48 CHAPITRE DEUXIÈME il Ions contre les despotes de l'Asie et de l'Afrique. de l'insurrection. plus tard. mais légitime.

— M'"e Necker à d'Antraigues.). bien lui consacra. et. une brochure apolofait gétique. 4 . et de pages ajoutées par l'auteur lors de la revision de son ouvrage ea 1783. fhe Napo- léon Muséum. il avait risqué une première il et timide ma- nifestation de ses sentiments. s'ils avaient pu : lui opposer les lignes suivantes. 146}. par conséquent populaire (2). 28 mars 1782 (dans Sainsbcrv. comme s'il pouvait en exister quand celui qui doit la conserver commande à cent mille nobles » prêts à cimenter de leur sang le trône des tyrans (1) ? Dès 1781. P. antérieures à 1789 « Que voulez-vous donc nous ? dire avec vos lois fondamentales donc. 21 février 1782 (C. sans se nommer. entouré d'une popularité bruyante et presque factieuse. (2) D'Antraigues (à M-^^ Saint-Huberty). ces lois dont tout le Où sont-elles? Citez-les monde parle et que personne notre ne connaît? Vous vous avilissez jusqu'à louer constitution.LE MÉMOIRE SUR LES ÉTATS GÉNÉRAUX cription de l'Orient ! (1788) 49 Et plus encore ceux qui l'entendi- rent pendant dix ans vanter l'ancienne constitution française. en réponse à je ne sais quel libelle. Necker venait contrôle général avec les apparences de la disgrâce. citations qui précèdent sont extraites du manuscrit des (1) Les Voyages en Orient. L'auteur obtint peu de frais les félicitations du ministre déchu et la réputation d'un publiciste suspect au pouvoir. avait pris place. écrivain. Cet ouvrage parut assez et fut assez répandu pour que donnât ainsi à le premier ministre Maurepas en or- la saisie et la mise au pilon. p. D'Antraigues alla le voir dans sa retraite près de Montpellier. la comme parmi ceux qui préparaient les Révolution en critiquant de quitter le abus de la monarchie.

l'arrivée de Loménie-Brienne aux affaires (2) devenu l'approbateur intrépide des rait hommes en place. en terie même (1). des (1) a II commença et M. » (D'Antraigues au baron delaChadenéde. avec une parfaite désinvolture. s'il eût daigné descendre en lui-même. sous son enveloppe un gentilhomme de province. 8 mail787. 254. —G. t. moires. nous le voyons devenir. C'était son ami Vaudreuil. qui et imiter souriait aux épigrammes frondeuses de Ghamfort.. ce parfait courtisan. donnait à l'entourage royal la primeur du Mariage de Figaro. auteur très (3) « On était si las de la cour et des ministres que la plupart deg » nobles étaient ce qu'on a appelé depuis démocrates. citoyen du monde.ÛÛO suspect. » (Mémoile IV. Necker à se faire connaître par des brochures pour continua sous M. P.) Ces mémoires ont été rédigés dans mais compatriote de d'Antraigues et on no peut mieux informé à son égard. livres. le descendant légitime des frondeurs. comte en emporta dOO. il restait néanmoins. il n'attendait que l'occasion pour s'épancher et en idées générales en sentences de haute métaphysi- que politique.) (FEnniÈREs. un g:rand partisan de Galonné.) cabinet de Soulavie. D'Antraigues fit mieux : il publia en 1788 un la livre applaudi avec fureur par ceux qui préparaient chute de l'ancien régime. philosophique. Il est l'ami intime de mon oncle et fort attaché à mes amis dans ce pays-ci.. temps qu'un des familiers de Galonné tombé.50 CHAPITRE DEUXIÈME Pendantles années suivantes. il la co- Polignac salua avec espoir . p. de Galonné. par d'autres brochures si le bien payées qu'un jour res de Maurepas. Il se fût reconnu. (2) « Enfin l'archevêque dcToulouse est chef du conseil des finances. Mé- . enviant tout bas lo sort des nobles de cour et haïssant leur des- potisme (3). Disciple de Rousseau. il demeu- en théorie l'adversaire du gouvernement.

personnifiée dans les Etats. 5. on va voir avec quelle har- diesse et quel éclat. en proie à l'esprit de corps. le Contre cette prétention. chaque chef-lieu de bailliage. les gentilshommes à non barons. mouvement. il s'indigiiait des abus locaux comme de la tyrannie géné- Or. naturel. Cette assemblée. p. De rale. la Cour des aides de Montles Parlement de Toulouse. de vingt-trois barons investis héré- ditairement de leurs mandats depuis 1560. histori- pp. des barons du moyen âge. 307-30'J. disait-on. Il Il avait également à cœur les franchises du Vivarais. était regardée comme bon illégale en droit.LE MÉMOIRE SUR LES ÉTATS GÉNÉRAUX (1788) 51 huguenots. composée de vingt-trois évèques. Trouvé. Essai. . que la a affirmé avoir combattu certaines entreprises. assemblée allait. ministre de (1) que sur Mémoire sur les États généraux. né en Languedoc. du baron do Breteuil. voire des Icudes mérovingiens. les États généraux du Languedoc. en fait. l. D'Antrai- gues se jeta dans la mêlée. nous ignorons. — Cf. Il leur fallait tout prix obtenir la nomination des députés par les trois ordres réunis à. t. élire les députés des trois ordres aux États généraux. tout se mit en pellier. que voyait-il autour de lui? Le Languedoc était gouverné par une oligarchie toute-puissante. membres du tiers état. comme absolument soumise Elle au plaisir royal : avait beau administrer avec sagesse elle passait pour un simple bureau d'en« registrement. plus. habitant le Vivarais. des consuls ou maires non électifs de quelques villes. l'ennemi éternel de l'ennemi Cette l'esprit public (1) ».

allait les Les Droits de l'homme étant à mode. On plexes voit maintenant quels sentiments divers et agitaient compour d'Antraigues. la chute de Brienneet leretourdeNecker aux Factums. brochures pleuvaient. maison du contre les droits et les intérêts de ses avait. » sa conduite basse et avide D'Antraigues estimait humiliante pour les gens du Vivarais l'obligation de porter leurs causes en appel devant le présidial de et Nîmes non devant le Parlement de Toulouse . remontrances. France. entretenant l'agitation dans les esprits. F. Ce furent d'abord l'exil des Parlements. lorsqu'il la devint toute la France un des boutefeux de Révolution prola chaine. il souffrait pour lui-même de ne étaient en effet. graves que les souffrir eût été une lâcheté je le forçai aies réparer par la crainte que je ne publiasse (1). appelés alors par toutle . etc. D'Antrai- (1) Réflexions sw notre position. vol. a-t-il écrit. et par surcroît de tous les Français. en faveur des électeurs du Vivarais et du Languedoc. fermés à gentilshommes. monde les remparts des libertés publiques puis l'annonce des États généraux. douze barons héréditaires y avaient seuls entrée.52 CHAPITRE DEUXIÈME roi. allu- mant à certains jours l'émeute dans les rues. 634. affaires. journaux. (A. Pendant l'été de 1788. torts si « II mon pays des ..) . les événements précurseurs d'une grande crise se précipitaient. la foule des point siéger aux États. avec une sincérité de circonstance. fait à compatriotes. Ceux-ci comme ceux du Languedoc. il invoquer.

par la fièvre générale. Du jour au lendemain. en Dauphiné. le prieur Ma- losse. p. juin et juillet 1 7 8 8 s o n . surtout à à la noblesse Mirabeau à d'Antraigues. (2) A l'ordre de la noblesse du Vivarais. et peut-être aussi sa sœur |M'"'' de Viennois. Mémo iï^e sur les Etats généra ux les . est en effet républicain. «-Atteint. — M""= d'Antraigues mère à son fils. . sa conduite. 8. à la veur d'un anonyme transparent^ l'auteur fut célèbre. pendant les mois de mai. Cet audacieux sujet dénie à (1) un roi. au fond de son château. et Les pages qui provoquèrent le plus les applaudisse- ments ou le scandale sont celles qu'il devait contredire et ou expliquer dans ses écrits ultérieurs.17 août 1788 [AdSi'&X Adresse de France.LE MÉMOIRE SUR LES ÉTATS GÉNÉRAUX (178S) n3 gues entendait non loin de lui. 27 mai 1802.et rédigea. il maudit à son tour Brienne. Il fut imprimé à Avignon. note). l'on peut désigner de ce nom tout adversaire d'un régime absolu. Sa première démentir par : phrase est celle-ci « Ce fut sans doute pour donner aux plus héroïques vertus une patrie digne d'elles » que Il le peuple voulut qu'il y eut si des républiques. 44. et son autre ami Mira- beau lui écrivait : « Les États généraux sont devenus inévitables. quatorze éditions de son livre se succédèrent . écrits qui fa- distingué au milieu des innombrables sollicitaient l'opinion. p. il avait vu son ami d'Esprémesnil saisi sur son siège par la force armée. les députés le rassemblés à Vizille parler haut pour pays et pour la France entière . le u rs dro its et la manière de convoquer Son ami . autant qu'ils sont nécessaires pour rétablir notre constitution monarcliif|ue(l). eurent part à cet ouvrage et vite (2).

sans Celle-là. Ne pourraient-ils pas. il serait ab- solument inutile de rassembler les représentants de la nation. se gouvernant par elles-mêmes. (1) « Si votre doctrine était adoptée. p. l'admirait. et réunis. comme lui. précipitèrent la Révolution (2). Il serait alors beaucoup plus simple de n'envoyer que des cahiers. des pouvoirs sans limites. en cas hors de France. la noblesse ». pour ceux qui vont renouveler la France. les illusions qui se produisirent à l'Assemblée nationale. il avait même reçu en héritage de son maître un écrit consacré aux états démocratiques non représentatifs. il l'intermédiaire de députés élus. changeant le siège de la tyrannie. Après lui.[réunies sur un territoire restreint. Il faut leur conférer et pourun tempsfixé d'avance (1). Aussi craint-il. que dans les plus sublimes talents des députés.U un cours des foyers CHAPITRE DEUXIEME roi héréditaire. sur la foi de Jean-Jacques. quement cialement « a une espèce de nation particulière et so- un épouvantable l'air si fléau ». qui disait un jour au club . et qui. après l'avoir brisé Sur ce thème. dirait-on. Mais sa républitout que est dans l'on veut. né bon. loin de leurs élec- teurs. 230. « (Nouvelles observations sur les États généraux.La7idsd'Uri. et ? exercer à leur tour le despotisme. les oublis. se croire à l'abri de tout contrôle. Il l'avait vue en Suisse. Il appelle les politi- de corruption. les entraîne- ments. d'Antraigues jamais . lui disait Mounier. au milieu de [a. le pouvoir législatif. est inépuisable. des mandats strictementimpératifs.) (2) Il se rencontre ici avec Robespierre. il manifeste plus de confiance dans la droiture du simple citoyen. c'est-à-dire chez gemeinde de Schwyz ou des populations simples. etne variera il pressent.

. et il le moyen âge. Louis Xll Henri IV. le style il s'exprimait prestel que dans de « La Vicomterie ou de et autre pamphlétaire jacobin. justicier vieille de cinq siècles. mais avec toute livre était la for- une bibliothèque. la féodalité. la France. 11 avait écrit non seulement avec Rousseau. quel et privilèges sinon. Mazarin les détruisit. avait été le les gouvernement en France. deux rois seulement. p. . fùt-elle une assemblée de sages. au ici moins sous descendants de Hugues Capet? C'est les que d'Antraigues. 212. était représentatif.LE MÉxMOIRE SUR LES ÉTATS GÉNÉRAUX (1788) S5 Ennemi du gouvernement gues 1789. » Il faut débourhonnailler (1) Mémoire sur lesÈtats généraux. c'est toujours le despotisme. d'Antrai- donc hostile par avance au mouvement de qu'il Bien mieux. se posait en érudit. non. Je ne connais rien d'aussi effrayant que est l'idée d'un pouvoir illimité remis à une assemblée nombreuse qui au-dessus des lois. si » maintenez nos droits Or. étaient épargnés dans les périodes postérieures. L'épigraphe de son mule hautaine. long règne de (1). Contre les derniers Bourbons. Dans et barbare. et Etienne Marcel. c'était un tenant du passé. s'écriait alors d'Esprémesnil. quoi 11 en dît alors. » ait Louis XIV acheva : de gangrener toutes les âmes despotisme n'ait des Jacobins « Que le qu'une tète ou qu'il en sept cents. laissant formules tranchantes et abstraites. depuis si hostile à la Révolu- — tion. par laquelle : le d'Aragon s'engageait envers son roi d'obéir à votre « Nous vous promettons gouvernement. malgré ses en tète- déclamations contre à-tète. Richelieu avait courbé tous les le courages. période honteuse ne discernait qu'un héros. familier avec les vieilles lois et les vieux auteurs. restait féodal dans l'âme.

. à force do lire. a existé la constitution française. une remon- trance oiiil avait juxtaposé les maximes philosophiques et les citations savantes.. Beaumanoir. De l'époque présente faut rétrograder. ces conservateurs intermittents de la chose publique. puisque je le veux. Il demandait. faut rap- peler Clotaire déclarant ne pouvoir rien faire sansle il consentement de ses leudes. d'Antraigues était déjà plutôt avec les l'école dogmatiques de historique et parlementaire . c'est d'Esprémosnil. antérieurement à lui. celle de Charlemagne. à l'époque idéale. politiquement parlant. et son dernier témoin. Cette thèse est devenue celle des publicistesde l'émigration. En somme. consultez Grégoire de Tours. Aimoin. d'An- traiguesa déployé au service de ce paradoxe une érudition très variée et quelque peu confuse. Boulainvilliers lui servent de cor- tège. dit-il. celui qu'il apostrophe avec une éloquence émue. Avant eux. qui depuis. alors un tribun populaire. Bodin. sur le ton des publicistes à la il avait mode. la vraie. la seule constitution française. Pour la trouver. sous forme de . qu'avec les défenseurs des Droits de l'homme rédigé. aux cours souveraines. remontrances c'est là plus récentes des que sont les titres imprescriptibles des libertés nationales. Philippe Pot. . l'a enfin découverte. justice : Au doux Louis XVI II s'oubliant à dire en » il lit de « C'est légal. les Capitulaires reportez-vous aux décisions des États généraux. D'Antraigues.56 CHAPITRE DEUXIÈME Au-dessus de ce gouvernement. lorsqu'ils prétendaient opposer aux constitutions de 1791 et de l'an III l'antique.

commandant et les aux passions. Mirabeau pourtant prédisait avec plus de raison son propre avenir. A grand la renfort de textes. Cette tendance s'accuse il particulièrement dans les dernières pages.. 24C-247. . unissant les cœurs. pour il clore et recommander son véhément plaidoyer. instrument de despotisme.. les résolutions espérances. 2S1.» A la faveur de telles déclarations. faut donc que nombre de ses députés égale au Il moins celui des deux autres ordres cune sorte de désordre qui ne quillité funeste réunis. . il démontre la nécessité d'en- lever à des États illégaux comme ceux du Languedoc la nomination des députés de province. Puis. et il songeait. peuple est Il la base de l'État le il est l'État lui-même. Mémoire sur les (1) États généraux. purement défensive la liberté contre l'étranger la presse. Il fait de nouvelles avances au parti des réformes. une armée : « il citoyenne ». l'auteur se voyait déjà jouant un grand rôle.. il réclame sans réserves a de s'écrie : Le tiers état est le peuple. un prédi- prochaine assemblée un homme cateur infaillible de la science politique. pour dénoncer abus qui vous oppriment. pp. sa thèse oii déve- d'intérêt local. propose de substituer à l'armée royale. par voie de digression.. loppe. n'est au soit préférable à la tran- que procure le pouvoir absolu (1).LE MÉMOIRE SUR LES ÉTATS GÉNÉRAUX (1788) S7 révolution. il moins à Mirabeau qu'à lui-même quand la voyait se levant dans éloquent. et le . j'imagine. en disant vers le à ses compatriotes : même temps « Quelque grande voix s'élèvera la nation » dans les la grande assemblée de . une restauration.

Au milieu de l'enivrement de son succès. qui ne vint pas (2). la leUre de Boissy-d'Anglas. aurait dit alors est le maître de m'interdire l'entrée de s'il son palais .)) factieuse. Ils'empressa de le féliciter. il attendait peut-être contre sa personne une lettre de cachet. p. » (Dans la revue /a Révolution française. Discours de Ganion dans le Moniteur du 9 brumaire an IV. Pour toute réponse son oncle l'invita à cesser jusqu'à nouvel ordre ses relations avec lui.S8 CITAPITIU'] DEUXIÈME II LA CHAMBRE DE LA NOBLESSE (1788-1789) A sur et cause de ses digressions étourdies ou calculées plus inspiration véritable. après la réunion des trois oi'dres du Haut« Je rne conduis bien.) . I. et j'irai aux États généraux ou à la Vivarais (1) (2) : Bastille peut-être. Qu'avait-il à craindre de la Correspondance secrète publiée par de Lescure. Cf. l'auteur apprit que son oncle Saint-Priest venait de prendre place dans les conseils si de la couronne. II. il Tout plein de sa gloire annonçait. p. « Le roi.mais là restreindre m'envoyait un ordre qui pût hors de ma liberté. le qu'en raison de son les Mémoire la Etats généraux fut'jugé diversement à Cour parmi ceux qui régentaient alors l'opinion. 125. t. 313. i. et Louis XVI lui trer à Versailles : fit défendre de se mond'Antraigues. je me croirais en droit de no pas lui obéir(l). comme la présence de Saint-Priest auprès du roi eût pu donner quelque crédit à ses propres idées.

I. . Atout le monde apparaissait ques. à du Yivarais réunis ils Annonay rendirent un arrêté par lequel réclamaient un nombre suffisant de députés aux Etats généraux. Le 28 octobre 1788. — Lettre à M. le comte d'Anlraigues. etc. on récitait avec componction autour du buste de Necker laCredo d'An^ra2^we5 (1). il jouissait impunément.LA CHAMBRE DE LA NOBLESSE (1788-1789) 59 Cour? Avec dehors il tout le monde. Son compatriote Soulavie lui dédiait (il a depuis effacé son nom) une brochure intitulée ÏAiHstocratie enchaînée et surveillée par la îiation et le roi. et d'associer ainsi deux bruyants transfuges du clergé et de la noblesse à leurs revendications.. Dans certains conciliabules. Ils se rassemblèrent et Là récla- de nouveau à Privas du 17 au 19 décembre. (2) Procès-verbal de rassemblée générale des trois ordres du Vivarais. et pour forme d'administration accordée au Dauphiné (2). D'Antraigues. chez ses voisins du Dauphiné. mèrent pour l'assemblée future leur province la le vote par tète. t. comme l'émule do Publicola et des Graccomme un des bienfaiteurs politiques de la nation régénérée. élus par eux. de sa part de souveraineté. propagea dans sa province l'agitation qui. (1) Mémoires de Co}idorcet. Mirabeau lui demandait des conseils au moment de se présenter à la députation. p. Les électeurs parisiens du tiers parlaient de le mettre sur leur liste à côté de l'abbé Sieyès. fort de cette popularité. 263. en d'elle. aux chefslieux de leurs deux sénéchaussées. hardies. 2. avait abouti les aux assemblées de à des résolutions trois ordres Vizille et de si Romans. p.

que l'existence politique de immémorial. dans toute la France. ils ne sont point obligatoires pour nous. les députés seraient élus par les électeurs de chacun des trois ordres. . lança un second méles moire expressément dirigé contre États du Lanet guedoc . Nat. et en ce cas. AA 44.) le 30 décembre. » L'arrêt 'du conseil du . in-8. sur la foi de ses déclarations. A part sa haine contre les États du Languedoc. même Puis. — Bourg Saint- Andéol. comme un des meneurs futurs de la déjà il révolution bourgeoise. les 17. un tenue à Privas article essentiel i9 décembre 1789 de l'ancienne consti(lire J788). (Arch.. 24 janvier lui donna satisfaction il décida que. aucun des sentiments qui l'avaient inspiré ne survivait en lui. au chef-lieu de chaque D'Antraigues était toujours regardé. et tandis que le Parlement de Toulouse la Cour des aides de Montpellier continuaient à dénoncer cette assemblée comme illégale. Sa noblesse ne remontait de temps pas bien haut: il ne s'en rappelait pas moins tout à coup la noblesse était. le choix libre de nos représentants dans chacune de nos sénéchaussées. Guillet.60 CHAPITRE DEUXIÈME D'Antraigues avait sig-nc leur arrêté. ou nous n'aurons pas de représentants légaux aux États généraux. (1) lien envoie copie à Paris n» 326. s'écriait-il. lui la déclarait inhabile : à élire les députés aux États généraux « Ou nous aurons. il le fit (1). mais reniait presque ouvertement son Mémoire. bailliage. ne coopérant point à leurs décrets. imprimer à Paris. 148 pp. et présenter aux ministres il revenant à sa polémique locale. 18.

revinrent ainsi ment. imp. (Gomm. lOS p.LA CEÎAMBRE DE LA NOBLESSE tution. ne voulait pas entrer. par M. déga(1) Delichères. Mazou]. durant les premiers jours de 1789. les ordres du Bas-Vivarais réunis à des Villeneuve-de-Berg procédèrent à la confection cahiers et à la nomination des députés. D'Antraigues avait sans doute rassuré ses collègues de la noblesse . même comédie ses compatriotes voulaient faire . Dans sa pro- vince. Guillet. et se figurait concession réduire au silence. sur la valeur de son soi-disant manifeste car il fut choisi par eux comme secrétaire de son ordre. Beaucoup de nobles. à la son exemple. par l'avis du roi) le mandat qui lui était offert le tiers état : de Paris. et par (2). consé- quent chargé de la rédaction du cahier Ce cahier. du Bas-Vi26 mars 1789. d'Aubenas (2) Procès-verbal de l'assemblée générale des trois ordres varais. tenue àVilleneuve-de-Berg le déol. à l'adoration solli- du passé. D'Antraigues se décida à décliner (il avait cité en secret. — Bourg Saint-An- . et Sieyès. Histoire ms. qui naguère tonnaient contre Cour dans brusque- les clubs élégants de l'époque. des rangs où fuge. qu'il est curieux de parcourir après le fameux Mémoire^ nous présente le programme politique de l'auteur réduit à des proportions raisonnables. il Eùt-il conçu l'espoir de devenir un porte-drapeau. de lui un député des communes il les remercia (1). dans les prochains États. il comme Mirabeau dans passerait bon gré malgré pour un trans- Le 26 mars. il accordait d'avance au tiers par cette de tous devant l'impôt. les ennemis de l'ancien régime. assure-t-il. in-4. l'égalité (1788-1789) 61 Comme Necker.

militaire ou administratif. 177-182. fondé sur pératif. Elle comprend la destruction et la re- fonte des États du Lang^uedoc et du Vivarais. des lettres de cachet. D'un l'autre. cette les le réformes désirables. l. La seconde mentionne terpréter. La première les en d'autres termes spécifie réformes nécessaires. la suppression des privilèges judiciaires et môme provinciaux si elle est universelle. son style et ses idées y sont reconnais- Ce programme. le concours des États au vote des subsides. la doctrine du mandat imcontient en deux parties. des emprunts et des lois en général. figurent Dans dernière catégorie diverses mesures secondaires. député sous forme d'instructions que appliquer devra méditer. . celles que le député devra solliciter et voter atout prix. vue systématique et chimérique (1). se divise les pouvoirs. de l'ordre financier. avec la dernière énergie contre l'établissement possible d'une commission intermédiaire de l'assemblée. judiciaire. la responsabilité des l'abolition ministres. in- au gré des circonstances. réclame la cessation des et proteste pouvoirs des députés au bout d'une année. (1) Ce cahier est imprimé dans les Archives parlementaires. Le cahier (et ici surtout on reconnaît la marque du rédacteur il principal. et enfin l'adhésion de la noblesse au principe de l'égalité devant l'impôt. la liberté réglée de la presse. se défie des États généraux. VI> pp. et favorables tant à l'ordre de la noblesse qu'à la province du Vivarais.62 CHAPITRE DEUXIÈME gc de toute bout à sablés.

Ceux du tiers étaient Espic. votre vie n'a été et d'actes utiles . après un arrangement entre les prétentions en pré(1). l'avocat Espic. D'Antraigues fut cependant et nommé (4 avril). il lui vinrent en- core d'Espic et de les accueillit par ces mots. Histoire ms. cVAubenas. d'autre part fit ressortir la principale réforme consentie par son ordre. La noblesse avait à nommer deux lui députés. Le 28 mars il alla à de ses collègues donner acte à ses compatriotes du de cette renonciation. (1) Delichères. Madier de Montjau (de Bourg Saint-Andéol). l'égalité devant l'impôt saire : cette renonciation lui paraissait nécesprivila tête pour prévenir toute attaque ultérieure aux lèges politiques de la noblesse. La seconde place fut l'objet de débats pas- sionnés. province sa régénération prochaine. archidiacre de Viviers. et l'abbé de Pampelonne. qui montraient bien cette fois le fond de sa pen- étaient Ghouvet. — avocat à Privas. Dubois-Maurin et Defrance. deux concurrents redoutables.LA CHAMBRE DE LA NOBLESSE (1788-1789) 63 D'Antraig-iies avait gardé avec intention le silence sur la question du vote par tète. avocat à Aubenas. sence Les plus chauds compliments ses amis. et sur l'abolition de il certains droits féodaux. Arriva le moment des élections. lui disait « Depuis plusieurs travaux précieux la années. . tiers Le 2 avril. quun tissu de la nation vous doit ses lumières. de Jovyac. et nous une re» connaissance éternelle. et d'Antraigues trouvait devant les comtes de Vogué manœuvrer adroitement. Vogué passa au premier tour de scrutin. : venant à son tour le haranguer. curé de Ses collègues du clergé Ghomeyras. Il et lui fallait pour évincer l'un d'eux.

en dépit de l'affirmation célèbre de Sieyès. àl'instar des bergers de Florian. et que là. fut répondu verbalement il qu'il n'y avait plus de préventions contre lui. une preuve authentique de sa rentrée en il grâce. une solidarité entre les privilégiés et le tiers. où ses foncil commissaire de la noblesse l'appelaient. et l'obtint quelques semaines après lorsque. qui lui assurait l'oubli de ses déclamations téméraires et invo- quait pour l'avenir ses services. risait. Se sachant exclu il du palais. qui dès cet instant sont à jamais unis à ceux de notre ordre. avant de se séparer. demanda à ne Il lui point assister à la présen- tation des députés. mais lait lui fal- davantage. ils vèrent leurs initiales sur un noyer.» C'était vouloir établir. et demeurait condamné aux travaux reste de sa vie. re- çut enfin une lettre écrite de la part de la reine. On conte encore dans le pays qu'à son départ de la Bastide la belle Henriette l'accompagna jusqu'au pont gra- de Chastagnet. L'unique pensée du nouveau député.64 CHAPITRE DEUXIEME sée: « Mon collègue et moi concourrons avec vos dépu- tés à la défense des droits du peuple. en prenant lan- gue avec ses collègues. que la loi auto- mais quel'opinion publique avaitdétruite d'avance. il ne devait plus il revoir ni Marianne André ni le Vivarais. après. Il forcés de la politique pour le arriva à Versailles le 26 avril. D'Antraigues fermait sur cet adieu idyllique la première partie de son existence . le ayant refusé de pénétrer dans tions de château. il Peu de jours se mit en route pour Paris. était pour la destruction de .

la fusion des ordres dans une Assemblée nationale. soixante-dix-huit députés de sa province. sans distinction d'ordres. rification des trois ordres faite La vé- par chacun des dans sa chambre. sans trop savoir tre des prétentions si comment l'établir en- opposées. voulant consoler les Etats de cette pro- vince de n'avoir pas désigné les députés aux Etats gé- néraux. et dans un dis- cours très applaudi posa la question en ces termes qui : «A ce demander roi ladestruction de cette assemblée illégale? ? » Au ou aux États généraux La majorité adopta dernier parti. La Chambre du clergé souhaitait la conciliation. une députation tirée de leur sein. quatre jours après la séance royale. fut mise en discussion. le 6 mai. le surlende- main. Ce débat d'intérêt local ne devait pas même être in- troduit. il réunit chez lui. en validant. dès sentait bien. . l'archevêque de Narbonne. ou en commun? LaChamet le bre de la noblesse était du premier avis. Il (1788-1789) 65 se souvenait que le gouvernement. qui tenait à la constitution des États généraux. une défense des États du Languedoc rédigée par leur président-né. pen- dant la tenue de l'Assemblée. 237 de ses le membres elle comme tiers état. et d'Antraigues se fit nommer un des huit commissaires chargés de la réplique. donna .LA CHAMBRE DE LA >JOBLESSE l'administration du Languedoc. leur avait promis d'appeler à Versailles. Dès le 10 mai. Dans une seconde réunion. que la vérification en commun aurait pour conséquence nécessaire la dé- libération en commun. car un autre bien plus grave venait de pouvoirs serait-elle surgir.

. les d'Antraigues. dans il commune (1).GG CHAPITRE DEUXIÈME Au milieu de ses collègues. à la résistance.. Mais autant dans son Mémoire avait été agressif contre certains abus provinciaux et contre la plupart des institutions existantes par croît. pour les droits mieux affirmer de l'ordre de la noblesse. Il cours pour l'avenir sa profession de la solution y la demandait que. en . Sa voix fut entendue toutefois ses collègues. on lui écrivait les pour l'exhorter à venir prendre place seul. se mit. tête avec Boutliillier. consenautres débattre avec les représentants des ordres la question de vérification des pouvoirs. (I) Lellre ch Louis d'Antraigues à des. le parti de la On le croyait si bien encore de cœur avec était populaire que sa défection et attendue comme un exemple. Bien qu'élu M. Luxembourg.^ p. sur- autant il allait se montrer attaché à l'ensemble d'usages mal définis et de précédents souvent surannés qui composaient l'ancienne constitution . et que la Chambre. les précédents fus- sent maintenus. 18. . D'Antraigues fut un des commissaires nommés. jusqu'à du différend sur délibération par ordre ou par tête. oubliant soudain évoques et les barons languedociens. Cazalès. qui fut et prononça le 10 mai un disfoi. rédigeât aussitôt un règlement spécial à son usage. sur la salle bancs de son ordre. attes- tant leur existence tirent à comme corps indépendant. Il s'en tint donc à cette idée que la séparation des ordres ayant veto l'un sur l'autre dans les États était un des principes essentiels de la monarchie.

le 22. Ces concessions illusoires et ces théories subtiles tiers. sur la motion de Bouthillier. A une seconde élection. . se fit autoriser à annoncer que la noblesse. — Défenseurs » du peuple. la il vérification séparée. passa ravant-dcruici' (IGl vois sur 225). 23 et 25 mai ne purent Le 28. il leur expose que la liberté dans la constitution même des divi- sions du pouvoir national qui. n'est autre chose que l'anarchie. qui. que loi constitutive par ordre était de la monarchie. s'il refuse. et paierait tout impôt consenti dans disait-il. maintiendrons ses plus justes droits. c'est nous qui. qui tendent à la démocratie. renonçait à ses privilèges pécuniaires. et les attaques du pouvoir du peuple. en maintenant la constitution. Ce sera. eût dû s'en souvenir.LA CHAMBRE DE LA NOBLESSE le dernier. les Deux conférences tenues aboutir. ne pouvaient arrêter les prétentions du Les conféle il (1) Il obtint 81 voix sur 237 votants. dit-il encore. n'avaient pas sauvé leurs privilèges aux yeux du roi par une concession semblable. La veille des conférences. laire. il (1788-1789) 67 prit parmi eux un rôle prépondérant il (1). 7 juin. dans un grand empire. qui tend au despotisme. les Etats votant par ordre. nous retrouvons d'Antraigues exiiortant ses collègues à tenir doit être cherchée « bon . et condescendre au vœu popu- rendre le tiers responsable de l'inaction des cette États. arrêtent l'impulsion du pouvoir exécutif. en échange de concession. la Et en efTet le même jour une Chambre de la noblesse déla délibération clara. alternativement obstacles et médiateurs. suivant le conseil donné par Necker le 5 mai. Les États du Languedoc.

Un mémoire de d'Antraigues.68 CHAPITRK DEUXIÈME reprirent cependant le 30 mai sur le désir de reiices Louis XVI. des opinions » il signalait « la tyrannie il prête à succéder au despotisme. . disait-il.Mirabeau Seizième lettre à mes conmiettans. la protestation de la Chambre de la noblesse adressée au roi (19 juin). p. » Aussi ne s'associa-t-il point aux suprêmes proordre. approuvé par 89 membres. en supprimant la division des ordres. où celui-ci avait colligé les précédents de 1355. de 1614. jour où quarante-six sur les gentilshommes allèrent prendre séance bancs des communes. la déclaration royale du23. 34. l'honneur de leur ordre vaincu il par des protestations qui n'étaient pas sans mais qui restèrent sans écho. puis concluait en prêchant la résignation aux volontés du roi: «S'il faut sacrifier sa vie Bacrifier tout aux principes. dernière fanfare en couvrait la retraite valeur. il faut ce qui ne les altère pas au désir de la paix. et beaucoup d'abus. les commissaires de la noblesse n'ayant accueilli un plan conciliatoire de Necker qu'avec des restrictions inacceptables. qui. de 1588. a été publié pai. On des sait les événements qui suivirent :1a constitution communes en Assemblée nationale (17 juin). maintenait enfin le serment du Jeu de Paume. Les conférences furent de nouveau rompues le 9 juin. d'Antraigues sonnait devant ses collègues comme une . de 15(30. attestées par l'arrêté du 3 juil- testations de son let (1). il n'adhéra même pas aux déclarations réser- (1) dans la Cet arrêté. Le 25. servit de base à une discussion de plusieurs jours sans résultats.

aux projets qui autour de foi lui. Sur ce point de départ des réformes à politique. {Arc/i. alors que Louis XVIII. » (Lettre publiée dans le Bas-Vivarais.) Cf. et je trouve qu'il y a dans la constitution française des choses qui et qui seraient me déplaisent. en 1799. d'Antraigues. se croyant près de son triomphe.LA CHAMBRE DE LA NOBLESSE (1788-1780) 09 vatoires déposées le 30 juin par plus de cent de ses collègues. n'en restait pas moins hautement incrédule aux s'agitaient théories constitutionnelles. le 13*' Il et prit bureau (1). Le jour. Nat. écrivait-il à son oncle Saint-Priest. de seigneur de province et de par- une constitution ticulier que je suis. sincère le demeurait à ses yeux accomplir. laissa. le 1" juillet. Son cahier il l'autorisant à se résigner aux faits accomplis. AA 49. valider de nouveau ses place dans pouvoirs par l'Assemblée nationale. me ferait pair de France ou autre chose. mieux pour moi. dans l'ancienne constitution. Sa ou alfectée. les délibérations approbatives de la noblesse du Vivarais. fidèle à son libéralisme aristocratique. il même écrivait à ses électeurs sentirais plutôt à perdre la vie nM39. traçait un il plan de gouvernement où : se relâchait quelque peu de sa formule primitive L'ancien régime moins les abus. mais dans les autres les mêmes désirs plus : «Soyez sûrs que je conque de trahir les intérêts de mon ordre. il dogme ne variera ja- mais. dans les États généraux transformés. continuait à tenir pour non avenue la fusion des ordres : « J'ai aussi tout comme un autre l'esprit novateur.) . qui me gênent. autrement en général qui. 20 décembre 1873.. me paraîtrait comme j'ai (1) trouvé commode pour moi.

que je n'en vois résulter que que je le chaos. puis d'avoir reçu des m'assassiner. écrire comme Sieyès et parler comme le prémesnil? Parmi les vainqueurs du jour. » III l'assemblée constituante (1789-1790) D'Antraigues entrait à l'A ssemblée nationale précédé par cette renommée équivoque quelui avaient créée Chambre de la noblesse. je ne vois que tyrannie fatale à tous (1). 24 septembre 1799 (A.. dans l'espace de mois. la clameur fut générale contre lui. c'est de cœur de et d'esprit me soumets aux anciennes lois milier. suc- cessivement son manifeste révolutionnaire de 1788 et ses récents discours dans la Comqueld'Es- ment ques même homme avait-il pu.). et que béir. Hors delà. Cette brusque volte-face. dit. partout trouve la volonté non d'oet mais de créer. . Si on devrait se presser. et sont ma mon patrie.. cette amende honorable faite à l'ancien régime expirant exasIl s'est pérèrent ses admirateurs de la veille. (1) F. qui héritage me protègent sans m'hucomme celui de tous mes concitoyens. aurait-il vanté del'on veut je menaces de mort. car craindrais qu'un squirre au foie n'eût seul la gloire de D'Antraigues à Saint-Priest.70 CHAPITRE DEUXIÈME j'ai qu'à moi.

le projet qu'il développe sont très sincères dans le moment.1790) 71 m'avoir vaincu.. Les auteurs de la Galerie des Etats généraux dessinè- rent. entre les vœux soutenus de l'ambition et nerf du caractère.L'ASSEMBLÉE CONSTITUANTE (1789. alors il ils mettent contre eux la voix publiqu'il les condamne. les unes écrites sur un ton pathétique. les autres ironiques ou indignées. donnant pour raison Quels sont ne doit pas soutenir des gens qui ne savent pas eux- mêmes se maintenir. (Il) épouse ardeur les intérêts de ceux qui jouent un certain rôle. le portrait suivant. entre la franchise et le besoin de s'épan- cher. mais cependant au-dessus de son style. N'ayant pas une manière de voir prodigieuse- .. de l'esprit à dose ordinaire. . entre les déclamations contre la Cour et l'éloigne- ment senti de ce genre de vie. s'abattit sur lui.. les moyens d'Anté- nor? Rien de bien saillant. que chacun reconnut républicain. mais si par maladresse ou par imprudence que. : « Anténor est né courtisan et se croit Lui-môme n'est pas encore bien siir de ce av'ec qu'il pense. avec leur malice ordinaire. Il y a pour les observateurs une nuance très senet le sible entre une imagination montée courage de le l'àme. Le courage qu'il montre... mais plusieurs choses au- dessus du médiocre. une éloquence verbeuse.. mais il sera un jour tout aussi sincère en les détrui- sant.. le zèle qu'il déploie. un titre de plus à l'intérêt d'autrui vie. Nul ne songeait à attenter à sa mais un déluge de brochures. c'était Il aimait à accuser sa mauvaise santé. Eh bien! toutes ces dif- férences sont au désavantage « d' Anténor.

grand écuyer de France. les (1) prinle Galerie des États généraux. on lui montre un autre ordre de choses. d'avoir exécuté son et surtout et ami de la veille dans sa Sixième. vous n'êtes ni gentil- homme. rien )> un citoyen le actif. dans les Chevaux au manège. ci-devant (c'était Rivarol) crayonna sur même modèle une esquisse ironique dans le Petit dictionnaire des g i^ands hommes . le prince de Lambesc.. et l'entraîne dans un parti tout opposé . oii il du comte de Mirabeau au comte crûment au destinataire : « Votre généalogie est fausse. 8 et 9. elle agit avec de nouvelles forces. 1. oublie que les contradictions perdent . il s'enflamme. la discussion étend ses idées. dans sa Huitième lettre à mes commettans. et qui débute ainsi « Ce cheval croyait être républicain.72 CHAPITRE DEUXIÈME il ment étendue. et comme il la manie de briller est sa passion dominante. : etc. détruit ses premières opérations. s'agite l'instant où il est plus éclairé arrive. « D'une main plus légère. pp. on croyait reconnaître redoutable tribun de la Constituante. » talent le plus décidé à plus forte raison. Mirabeau proIl lui suffisait testa publiquement. à l'aide de citations bien choisies. 1.. un homme dans l'opinion publique . disait et un inconnu hardi répandit certaine Lettre d'Antraigiies. il n'est que courtisan. etc. )) . sous ce titre VInconstant.. » A le certains traits de ce pamphlet. qu'elles tueraient le (1). lui se livre de bonne il foi à ce que l'objet : présente. ni l'auteur du livre qui a fait votre réputation. agrandit sa ma- nière de voir : alors son imagination s'échauffe plus encore. et votre talent emprunté . 104-109. d'avoir mis en « regard. Ce portrait est : déve- loppement de celui qu'on trouve. ouvrage trouvé dans le portefeuille de M. pp.

Aces face. dans plusieurs brochures. d'Antraigues essayade faire La tâcbe dépassait ses forces . et la préoccule pation de sa défense à cet égard la il poursuivra jusqu'à fin de sa vie. et fut peut-être alors à lui rendre bon témoignage. comment en déchaînée ? Il effet détourner de sa personne cette puissance offensive de l'opinion qu'il avait si facilement contre d'autres et de plus redoutables que lui n'entendait ni avoir abandonné la cause des libertés publiques ni être en contradiction avec lui-même. les abus de pouvoir de Brienne avait égaré sa plume Il et outré l'expression de sa véritable n'avait prétendu . attaquer parmi les nobles le que les gens de cour dans présent. Dès lors. entre autres suLeltre de Louis d'Antraigues.. d'Antraigues en 1788 ». et fessait avoir appris con- parle spectacle d'une grande assemfaire blée ce que la méditation solitaire n'avait pu lui connaître (1) (1). En définitive. et . d'Antraigues en 1789 A rencontre de Mirabeau. le défenseur des droits populaires. s'attacha à expliquer. il demeurait député de la etc. d'un mot. » et les principes de M. il saluait encore lui. attaques multiples. il affirmait servir le peuple en résistant à ses caprices. sans oser écrire son nom en toutes lettres. pp. V.L'ASSEMBLEE CONSTITUANTE cipes de (1789-1790) 73 « M. 3ti-39. soutint que le ressenti- ment contre pensée. publiés à cette époque. Dans ses Vœux d'un en solitaire.. ou plutôt à atténuer certaines Il assertions de son Blémoire. Bernardin de Saint-Pierre ne se crut pas dégagé de ses liens envers l'auteur du Mémoire sur le seul les Etats généraux.

Le 3 août. On voit bien l'esprit qui l'animait. être considéré suffisait. Mirabeau se prononçait pour un veto suspensif . en constatant de septembre 1809 son sa lettre p. Quelques jours après. dans Guiijiermy . d'Antraigues soutint courageuseElle ment le maintien absolu delà prérogative royale. do toute-puissance de l'opinion et des lois immuables de la nature. elle peut être défendra le peuple à l'oc- casion contre la tyrannie de ses représentants. toujours prêt à se retrancher derrière les volontés de ses commettants. D'Antraigues fut jugé tout simplement Il un défenseur hypocrite du despotisme. par des raisons d'appa- rence toute démocratique qu'il défend le veto absolu. publique . Les idées politiques d'alors n'admettaient pas. s'apitoie sur la misère et enfin le 2 septembre. pour comme tel. Papiers d'un émic/ré.74 GIIAPITRK DEUXIÈME noblesse. Sieyès rejetait tout veto. celles d'au- jourd'hui admettent à peine cette possibilité d'un ré- férendum royal. ou mieux un homme qui se résigne avec peine à dépouiller les apparences d'un homme il nouveau. disait-il. 209. législateur dépaysé. de ne pas consentir à faire table rase de toutes les institutions. dans il une discussion de finances. majorité. lorsqu'on discute il la Déclaration des droits. était comme si Rousseau toujours son guide. essaie de faire chorus avec la parle de la majesté du peuple et de la crainte la du despotisme. D'Antraigues est en effet à l'Assemblée nationale un d'autrefois. ouvrant la discusc'est sion sur le veto royal. utile. .

il Quant à fidèle se tint à l'écart.\hVhés'daiit plus désormais. et ensuite pour ne pas être complice de ce qu'il jugeait être la ruine de l'ancienne constitution. de Marguerittes. Il a allégué. L'existence politique de la noblesse. Un autre gentilhomme. le prétexte de sa santé. nom parmi le L'insuffisance de ses moyens. etc. Après les journées d'octobre. un des secrétaires. son rôle tout désigné dans cette pièce c'était à lui de demander la suppression des États du Languedoc. a-t-il une comédie préparée d'avance par des meneurs malgré lui. Go-67. pour Texpli: quer^ des raisons d'ordre très secondaire dit. firent qui. accomplit cette mission d'Antraigues. demanda (1) (2) s'organisa encore au mois d'août. D'Antraigues. peut-être aussi dépit de n'être pas écouté l'écartèrent il de la tribune. Il obtint gain de cause. pp. entre son maintien mise en action téméraire et hâtive du Cont/^at socia/ . c'était. et par suite la propriété féodale.. avait pourtant . qui prétendait présenter au roi le cahier des doléances delà province. on ne retrouve ceux des orateurs de l'Assemblée. d'abord pour être « à son cahier. Depuis plus son le mois de septembre 1789. rédigea sans doute les protestations (23 août) des membres de ce club contre la commission intermédiaire des États. car le roi fit Lettre de Louis' d'Antraigues. le baron (2). lui paraissait un des articles fondamentaux et la de cette constitution. Une nouvelle réunion des députés du Languedoc savoir (3 septembre) qu'il ne recevrait aucune députation des Étals. . modifier le règlement et changer brusquement Il le président pourarriver à leurs fins (1). qui lui interdisait toute adhésion par ac- clamation ».L'ASSEMBLÉE CONSTITUANTE (1789-]790) 73 absence à la nuit du 4 août.

la situation des possesseurs de la fiefs. fut mêlé à certaines intrigues parlementaires. en l'u- sant. Toutefois il se réduisit dès lors au rôle de témoin . Au comité féodal. par M. absent des il parut dans les comités. 29 octobre (1789) Comm. soumit plusieurs mémoires destinés à atténuer la portée des décrets du 4 août. que ses amis croyaient la seule propre à finir. surtout en Vivarais. Sa nature séances. Talleyrand avait proposé d'annuler ces mandats. iln'en pouvait plus guère tenir d'autre. chargés d'organiser département de Au côté droit. Selon lui. cette politique et pratiqua pour son compte du pis-aller. » (D'Antraigues au notaire Vigne. mais je languedociennes. même sur le décret de confiscation des biens du clergé (1). se reprenait à croire que l'Assem- blée venue à résipiscence abrogerait ses premiers décrets.70 CHAPITRE DEUXIÈME et des il un passeport. et à améliorer. lorsqu'on discuta la ques- suis utile ù nos assemblées (1) « Je reste ici sans y voter. la Révolution. il lui défendait d'être inactif . Sieyès avait réclamé au moins pour les scrupuleux la liberté de s'abstenir dans les votes. avec son opinion sur les mandats impératifs. à l'exemple de Mounier constitutionnels : premiers quand il il l'eut en main.) . où il il ne siégeait plus que pour la forme. D'Antraigues s'abstint. sorte d'autonomie aussi se laissa-t-il le nommer un des commissaires l'Ardèche. se décida à attendre encore . Il n'oubliait pas non plus qu'à rais gagnait destruction des provinces le Viva- son indépendance du Languedoc et une . Vaschalde.

L'ASSKMBLÉE CONSTITUANTE
tion des

(1789-1790)

77

deux Chambres, Mirabeau vint

le

trouver,

exploita son attachement superstitieux aux vieux privilèges de la noblesse, et obtint implicitement de lui,

contre la future
souhaitait (i).

Chambre des pairs,
peu plus tard, mais de

le vote négatif qu'il

Un

ceci

nous semble plus

difficile à croire,

la part

de Mirabeau toutes les

audaces sont croyables,

Mirabeau aurait songé à

donner Calonne pour successeur à Nocker. Avec Talleyrand,
il

aurait
cette

demandé

à son

ancien

ami de re-

commander
droit.

combinaison aux membres du côté

D'Antraigues aurait subordonné son concours à

une acceptation de Calonne, qui ne vint pas. En tout
cas, cette singulière négociation

termina ses relations

avec l'homme qui
l'Assemblée
(2).

était alors le

maître tout-puissant de

Disgracié en quelque sorte et tenu à distance par la

majorité de ses collègues, d'Antraigues

fit

de nouveau

appel à l'opinion publique dans des brochures.

De

cette

époque datent son Mémoire
dats impératifs,
esprit,

pour la défense des

man-

développement d'une thèse chère à son
;

mais désormais discréditée sans retour ses Obseroii

vations sur le divorce,

l'ami de la Saint-Huberty trahit
;

ses préoccupations intimes
velle division

quelques pages sur

la

nou-

du royaume,

et enfin

deux Discours ano-

nymes, antérieurs au départ du duc d'Orléans pour l'Angleterre
;

car l'auteur, en appréciant dans son ensemble

Mirabeau,

De Loménie, les Adresse à la Jioblesse de France, pp. 44-48. t. V, pp. 44-45. M. de (2) Réflexions sur notre position que je soumets au jugement de Las Casas, etc. (A. F., France, vol. 634, f. 14 et suiv.)
(1)

78

CFIAPITRE DEUXIÈME

l'œuvre législative en élaboration,
l'influence
tées.

accuse

vivement

du Palais-Royal sur ces réformes précipiil

En
si

outre,

écrivait

sur place, au jour le jour,
crise,

comme

l'on eût touché à la fin de la

une

his-

toire vivante, malheureusement perdue pour nous, delà

première année de
vait-il à

la Révolution.

«

Je

me

porte, écri-

un de

ses compatriotes, aussi bien que l'on peut
travaille dix heures par jour sans
(1).

se porter

quand on

avoir pu demander de vacances

»

Aces occupations
mais
dont

variées

il

faut joindre ses relations
le détail

clandestines avec la Cour, dont
l'existence
paraît

nous échappe,
Depuis
les

certaine.

journées d'octobre,

le roi s'était

résigné à la pensée de

ruiner la Révolution par ses propres excès,

comme

à la

perspective de faire intervenir l'étranger dans ses affaires. Il

envoyait l'agent secret Fonbrune en mission
il

à Madrid, et

commençait à signer sans observations
aucunes
les décrets les plus hardis
lui

ni restrictions

de
fait

l'Assemblée. D'Antraigues s'est vanté de

avoir

sur ce dernier point des représentations inutiles. Bien

mieux,

le 4 février

1790, Louis

XVI

se présentait so-

lennellement à l'Assemblée, et y adhérait à tous les décrets

rendus ou à rendre.

A

la suite de cette manifes^
la nation, à la loi,

tation, le
fut exigé

serment de fidélité à
de tous les députés.

au

roi,

D'Antraigues

était alors

plus que jamais dans une situation fausse,

impossible
s'accrépar

à garder;
(l)

le bruit

de ses intrigues avec
notaire

la

Cour

D'Antraigues

au

Vigne,

20

août

1789.

(Gomm.

M. Vaschalde.)

L'ASSEMBLÉE CONSTITUANTE
ditait.

(lT8iJ-1790)

79

Dans

le

procès intenté au marquis de Favras,

qui avait pour but de pénétrer les entreprises supposées

des amis de l'ancien régime contre

le

régime nouveau,
:

un témoin avait attribué ces paroles
traigues et l'abbé

à l'accusé

«

M. d'An-

Maury sont

à nous, et
»

nous savons com-

ment conquérir Mirabeau(l).

En réponse à cette incul-

pation, d'Antraigues allait disant qu'il ne demandait qu'à

comparaître, à rendre témoignage à l'innocence de Favras
;

et

secrètement
Il

il

se préparait à se dérober à

une
so-

situation gênante.

avait beau lire dans le

Contrat

cial qu'on ne quitte pas sa patrie lorsqu'elle a besoin

de nous

:

sa seule patrie

était

désormais

le roi,

et

il

estimait ne plus pouvoir le servir utilement qu'au delà

des frontières. Depuis un mois,

il

était

muni d'un nouserment

veau congé, nécessaire, disait-il, à sa santé ébranlée. Le
6 février 1790, lorsque son tour vint de prêter le

civique,

il

l'envoya par

écrit, et à la fin

de sa lettre ré-

serva son droit de dénoncer ultérieurement les imperfections

du nouveau pacte

social. Cette protestation, si

discrète qu'elle fût, contre l'infaillibilité de l'Assemblée

excita de vifs

murmures. Malouet

et

Charles de Lameth
Il fut

eurent beau essayer de prendre sa défense.
cidé, sur la

dé-

motion de Goupilleau, que

le

serment de ce

député irrévérencieux ne serait reçu qu'après avoir été
prêté verbalement, à la tribune.

Quelques jours après,

le

27 février, sans autre répli-

que, d'Antraigues partait pour Lausanne. Sa sortie de

(1)

Correspondance secrète publiée par de Lescure,

t.

II,

p. 418.

80

CHAPITRE DEUXIÈME
lieu à
.

France donna encore

un incident parlementaire.
forme d'une

Le
lui

11 mars,

Populus,

député de l'Ain, déposa contre
la

un acte d'accusation sous

lettre si-

gnée Durand, aubergiste à Bourg. D'Antraigues, passant
dans cette
ville, avait

détourné ce citoyen de verser sa
:

contribution patriotique

«

Nous touchons à
dit,

la

banque-

route et à la guerre civile, lui avait-il
argent.
»

gardez votre

Ces mots, rapportés à la municipalité de
le

Bourg, provoquèrent une enquête dont

procès-verbal

remplit plus de deux cents pages. D'Antraigues envoya

de Lausanne une défense assez embarrassée, où, sans
nier les propos qu'on
lui, attribuait,
il

s'appliquait à en

restreindre la portée

;

tout en revendiquant la liberté de

son opinion,

il

protestait rester

soumis à

la loi.

L'af-

faire n'eut pas d'autres suites.

Son congé expiré, d'Antraigues
sceaux pour en
de réponse,
le

écrivit

au garde des
et,

solliciter le

renouvellement,

faute

prolongea indéfiniment. Désespéré de la
il

marche des événements, Ce

trouvait dans sa santé

un

prétexte plausible à sa retraite.
qu'il pensait

de l'immense révolution légale en
il

voie de s'accomplir,

essaya de

le dire

par sa brochure

Quelle est la situation de l'Assemblée nationale? Là,
tout en proclamant de

nouveau l'ancien régime un despri-

potisme vermoulu, en appelant mêmel'abolition des
vilèges

un

bienfait,

il

montrait désormais aux prises deux

partis, l'un qu'on accusait

de vouloir tout détruire, l'autre
Il

qui

était

censé vouloir tout arrêter.

proposait, à

l'exemple de Cazalès, de sauver

les institutions

encore

L'ASSEMBLEE CONSTITUANTE

{i789-1790)

81

debout

comme

les

réformes acquises, d'appeler une

autre législature, desdéputés chargés de reviseren 1791

l'œuvre compromise
fidèle à

et
il

avortée dès 1789. Fier d'être resté
n'en tressaillait pas moins de loin

son mandat,

au spectacle de l'enthousiasme monarchique réveillé par
les fêtes

de la Fédération.

Il

se disait prêt à repasser,

s'il le fallait, le

seuil de l'Assemblée.

Le 21 mai

1790,

il

envoya son adhésion à

la Déclaration

du côté droit toupublique

chantla religion (17 avril),

et sa protestation

contre tous les actes de l'Assemblée, datée du lende-

main de

la clôture des séances, atteste qu'il s'était re-

gardé jusqu'au bout
Bas-Vivarais.

comme

député de la noblesse du

Quant

à la

masse de ses compatriotes, à ceux qui
ils le trai-

l'acclamaient encore au printemps de 1789,
taient depuis

longtemps en adversaire décidé de
ils

la

Ré-

volution, et

l'atteignirent là

ils

pouvaient, c'est-

à-dire dans ses revenus et ses propriétés. Déjà, en août

1789, on parlait de lui dans son bailliage

comme

d'un

conspirateur préparant avec lareine et
le

le

comte d'Artois
son
Il

retour du despotisme (1)
tiers, lui

;

les

lettres d'Espic,

collègue du

confirmèrent cette réputation.

eut beau adresser à la municipalité

d'Aizac (dont dé-

pendait la Bastide) sa déclaration pour la contribution
patriotique
et,
;

ses redevances ne lui furent plus

payées,

faute d'oser poursuivre

ses débiteurs,

il

dut vivre à

Paris aux dépens de

ses amis. Bientôt, pour protéger

{{)

Arthur Young, Voyages en France, 19 août 1789.

82

CHAPITRE DEUXIÈME

SCS

domaines

et

maintenir la paix publique,
la

il

fallut
et

envoyer des détachements de troupes à
Antraigues.

Bastide

à

Les deux

tiers

de son revenu se compo-

saient de cens remboursables, en vertu

même
la

des dé-

crets de l'Assemblée. Ces décrets furent volontairement

oubliés, et

ceux qui

firent afficher

en public

défense

de les exécuter restèrent impunis. Partout, à Jaujac, à

Mayras, à Antraigues, l'ancien seigneur avait été mis
hors la
et les
loi,

ses agents et ses fermiers étaient menacés,

communautés

qui retenaient ses cens les impo-

saient au taux le plus rigoureux, faisant ainsi payer au

propriétaire dépossédé la taxe sur

un revenu

qu'elles

refusaient d'acquitter.
soit

D'Antraigues réclama en vain^
soit

auprès du Directoire de l'Ardèche,
et,

auprès des

ministres du roi,
d'acquitter sa

se

disant

désormais hors d'état
il

contribution patriotique,

requit ironi-

quement

les officiers

municipaux d'Aizac de placer son

nom

sur la liste des pauvres de la
il

commune (1). Quant
la nation,

à ses créanciers,

les

renvoya sans façon à
(2).

maîtresse de ses biens

L'Ardèche
l'agitation

était alors
;

un des principaux centres de
jadis

royaliste

les partis

aux prises sous

l'enseigne catholique ou protestante

y renaissaient au

gré des passions politiques

;

la résistance à la

Révolu-

tion s'y affirma d'une manière passive, mais énergique,
(1)

Déclaration

datée

de
écrit

Parme,

19

février

1791.

(Gomm. par

M. Mazon.) d'Antraigues, (2) « M.

Marcha
l'i

l'iiomme d'affaires Viguier à M. de novembre 1792), est dans l'impossibilité de payer ses créanciers la nation s'est emparée de ses biens; c'est à elle l'aire face aux dettes. » (Comm. par M. Raymond de Gigord.)
Saiat-Pierrcville (21
j

L'ASSEMBLÉE CONSTITUANTE

(1789-1790)

83

par les trois fédérations armées dites du camp de Jalès,
qui se succédèrent de

1790 à 1792. D'Antraigues n'in-

tervint pas directement

dans leur formation.

On

lui
;

a attribué à tort la

rédaction

du manifeste de

1791

mais un de ses
était

hommes

d'affaires, l'avocat Viguier,

un des principaux meneurs de l'entreprise;
s'y associait

lui-

même
de

par des pouvoirs envoyés à l'abbé
agitateurs,
et ce

la Bastide,

un des

par
fut

des renseigne-

ments transmis à Coblence,

en partie d'après

ses avis que les princes ajournèrent

(l*^""

décembre 1791)
la

toute prise d'armes

en Vivarais, jusqu'à

formation

attendue d'une_coalition entre les États du sud de l'Europe, sous la protection de la Russie (1), D'Antraigues
avait sur l'insurrection de ses

compatriotes la

môme

opinion que
les princes
il

le

maréchal de camp Conway, désigné par
la diriger, et,

pour

qui de
:

Chambéry, où
n'est au fond

se tenait immobile, lui écrivait
»

«

Ce

qu'une chimère.

De

sa participation à ces complots inoffensifs, d'An-

traigues fut

néanmoins puni sans
au

pitié

par ses anciens

vassaux.

Déjà^

lendemain

de

l'événement

de

Varennes,

la municipalité d'Aizac avait fait enlever les
la porte

deux canons qui gardaient

de la Bastide.

Au

printemps de 1792, la Jacquerie rurale déchaînée dans
le

Vivarais s'en prit surtout, sur des ordres secrets venus,

disait-on,

du cénacle orléaniste de Paris, à d'Antraigues,

à tout ce qui,

hommes

et

choses, lui tenait de
les

près.
ar-

Les paysans envahirent ses châteaux,
(1)

hommes

A.

F.,

France, vol. 636,

f.

76.

84

CHAPITRE DEUXIÈME
leviers,

mes de

de marteaux, de pioches, les femmes
et

munies de sacs

de paniers pour emporter

le butin.

A
ne

Castrevieille et

au Bruget,

ils

se contentèrent d'a-

battre les
fut

tours; à Laulagnet (28 mars), tout ce qui
;

pas volé fut brisé ou brûlé

on n'épargna pas
;

plus les objets d'art que les meubles et les provisions

on anéantit jusqu'aux portes

et

aux fenêtres. Les com-

missaires du département arrivèrent pour les contenir
(c'était l'usage alors)

quand

tout étaitfini.

Une

partie des

pillards

poussa ensuite

le cri

de

:

«A

la Bastide

!»Un des commissaires,
des menaces

Gleizal, le futur
lui

conventionnel, essaya

de les arrêter; on
:

répondit

par des insultes
tocrate
;

et

«

Vous

êtes

un

aris-

vous nous cachez

les décrets qui
;

ordonnent
la lan;

la démolition des châteaux

on vous mettra à
brigands

terne.
étaient

»

Deux
cinq

cents de ces

partirent

ils

cents le lendemain, venus de
ils

tous
la
;

les

villages
tide.

environnants, quand

assaillirent

Bas-

La journée
le feu.

se passa à piller le château

le soir,
;

on y mit

L'incendie dura toute la nuit

si

bien

qu'on se demandait jusqu'à Aubenas, à la vue de l'horizon enflammé,
éteint
si

ce n'était

pas

quelque cratère
les

qui se

ranimait.

Le lendemain,
ceux

gens des
se
et

villages voisins, entre

autres

d'Antraigues,

rassemblèrent sous prétexte de chasser les pillards,
vinrent achever l'œuvre de dévastation
(1)

et

de ruine

(1).

Simon Bhugal,
t.
I,

la Jacquerie

dans

le

Vivarais (dans la Revue de
2, 4, 9 avril

In Révolution,

pp. 369-366). Cf. Viguier à d'Antraigues,

1792. (A. F., France, vol. 643.)

CHAPITRE TROISIÈME
D'ANTRAIGUES AGENT ROYALISTE
I.

Premières intrigues (1790-1792). Séjour à Lausanne. Mariage. Naissance d'un fils. Brochures contre-révolutionnaires. Point cV accommodement L'Adresse à la noblesse de France. Un manuscrit de Jean-Jacques. Premières menées de d'Antraigues. Las Casas. L'Avis aux Suisses. Projets d'intervention espagnole. Relations avec Galonné. Jugement sur la cour de Coblence.
.

— —


II.

Les agences de Paris et de Venise (1792-1796). D'Antraigues attaché à la légation espagnole de Venise. Établissement dans cette ville. L'agence Brotier à Paris. Rapports avec les agents étrangers. Lizakévitch et Golovkine. Fin du service espagnol. D'Antraigues au service russe Mordvinov. Les émigrés à Venise. Vie intime. L'abbé Dufour, Goujon. Correspondance avec M'" d'Antraigues mère. Noël et Lallemant. (1793-1795). III. Travail à l'intérieur de la France Intrigues en Corse, en Languedoc, en Vivarais. — Tentative sur la frontière du Les agents de Paris et Louis XVIII. Jura. Le manifeste de juilLe roi sera-t-il reconnu? Fin de l'agence Brotier. let 1795. Gamon. Le parti espagnol et le parti anglais en Vendée. D'Antraigues, Puisaye et Charette.

— —

— —

;

— —

IV. D'Antraigues et ses

ennemis.

Défauts de sa situation et de son caractère.
révolution.

— —

Le Rapport désintéressemenL Les accusateurs, Montlosier, Froment, d'Avaray. Opinion de Louis XVIII. D'Antraigues entre ses deux maîtres. Les papiers de Malesherbes.

— D'Antraigues jugé par sa mère. — — Le Maral de la contrede Saint-Just. — Manque de véracité, de —

PREMIÈRES INTRIGUES (1790-1792)

Le premier séjour de d'Antraigues à

l'étranger fut

86

CHAPITRE TROISIÈME
ville

une campagne, près de cette

de Lausanne où

le

soin

de sa santé l'avait [amené déjà quinze ans auparavant.
Il

y demeura jusque vers

la fin

de 1790,

et

y régla de

la façon la plus inattendue ses affaires domestiques.

A

sa mère, alarmée de sa longue liaison avec laSaintil

Huberty,

avait dit

un

joiu'

:

«

J'épouserai cette

femme

dès qu'elle sera suffisamment riche et pourra quitter le
théâtre. »

Oron ne

lui payait plus ses cens, et les droits
:

seigneuriaux étaient abolis sans indemnité
devenait pauvre.
Il était sorti

lui-même

de France avec quelques

centaines de louis, sans espoir de plus jamais recevoir

un

sol

de ses vassaux affranchis.

La Saint-Huberty,

tout porte à le croire, mit à profit cette situation pour se
faire

donner un

nom

en échange de l'aisance matérielle
amant. Elle
alla
le

qu'elle

assurait à son

chercher,

comme
La
dans

le rappelait plus tard

avec amertume M™= d'An-

traigues mère, et arriva à

Lausanne en mai 1790.

jalousie entrait peut-être aussi pour quelque chose
cette

démarche. Cette grande dame de Versailles,
pouvaitpas ignorer, venait de deve-

cette rivale qu'elle ne

nir A-euve

;

M"^ Saint-Huberty craignit-elle qu'on n^es-

sayât de légitimer cette liaison par un mariage? Peut-être
prit-elle les devants,
lier

enlevant ainsi à la

fois à

son cavaet le tort

servant

et le

mérite d'un retour au devoir,

d'une suprême
dis

infidélité

dont

elle eût été victime.

Tan-

que

la

grande dame

restait en

France, l'actrice passa
1790, d'Antraigues
elle

la frontière.

Dans

l'automne de

quitta Lausanne, et se réfugia avec

à l'extrémité

de la Suisse, dans les bailliages italiens sujets d'Uri, à

PREMIÈRES INTRIGUES
Mendrisio.
Ils

(1790-1792)

87

habitèrent

dans

cette

bourgade une

maison appartenant,

comme

celle de Groslay, à leur
(1).

ami

commun
dans

le

comte Turconi

Le 29 décembre,

leur mariage fut béni, avec dispense de publications de

bans,

l'église

du village de Castello San Pietro.
le

D'Antraigues savait

chagrin

qu'il allait

causer à sa
et

mère
tenue

;

aussi
secrète

cette

union devait-elle être

fut-ello

pendant plusieurs années.

La

Saintdéfi-

Huberty revint à Paris l'année suivante arranger
nitivement ses afTaires,
afin de cacher

puis, au printemps de

1792,

une grossesse déjà avancée,
(2).

elle alla s'é-

tablir à

Milan

Le 26 juin,

elle

mit au monde, dans

cette ville

ou aux environs,

un

fils.

Une femme de
néanmoins

chambre déclara comme
baptisé sous le

sien l'enfant, qui fut

nom

paternel.
où. la

Tels furent les débuts de ce singulier ménage,

bénédiction du prêtre mit la régularité, sinon la paix.

Tout en aimant sincèrement

celle qui portait

désormais

son nom, d'Antraigues ne se crut pas toujours astreint
à une fidélité rigoureuse.
Il

eût été tenu, en raison
à une réserve de

même

du choix

qu'il avait

fait,

nature à

(1) De GoNCODRT, la Saint-Hubert y, pp. 21G-220. Barthélémy, t. III, p. 376. Turconi a aujourd'hui sa statue à Mendrisio
;


il

Kaolek, Papiers de
a été
le

bienfaiteur
était

de cette

ville

et le

fondateur de son hôpital. Son habitation
Il

à

Loverciano, près de Castello San Pietro.
(2)

mourut

à Paris en 180o.

«Depuis avant-hier nous possédons à Milan

M. d'Antraigues...

tous ses pas jusqu'à cette heure ont été quelques visites à des Français,
et tout le reste

un mois,

M"' Saint-Huberti, qui, depuis jeune docteur Moscati, comme son ancien amant. Il parait que la visite n'est que pour elle, mais à bon compte, il est surveillé... » (L'archiduc Ferdinand à l'empereur A. V.) Léopold, 11 février 1792.
l'actrice
le

du temps chez

est ici

malade, logée chez

88

CHAPITRE TROISIÈME

relever l'un et l'autre aux yeux du
il

monde

;

et

cependant
les

paraît avoir

donné à sa femme, dans sa maison,
Tl

rivales les plus vulgaires.

ne faut

malheureusement

jamais

ni nulle
soit

part chercher dans cette vie quelque

chose qui

absolument droit ou absolument pur.
des idées infati-

L'intellig-ence est brillante, l'activité

gable, mais

l'élévation du cœur, la fermeté

du caractère,

la dignité de la conduite sont trop souvent absentes.

A

l'étranger, d'Antraigues fut d'abord
il

un

publiciste

contre-révolutionnaire, puis

devint

un des nombreux
dans leurs négo-

émissaires de Louis
ciations

XVI

et des princes

plus ou moins

secrètes

avec les puissances

étrangères.

De 1790
vint jamais

à 1792,

il

annonça à grand

bruit la publi-

cation d'un compte rendu à ses commettants, qui ne
;

l'avenir de

la

monarchie
et
il

le

préoccupait

plus que son

propre passé,

développa dans une

série de brochures les récriminations, les plaintes, les

protestations du

parti

royaliste.

Ces

écrits,

imprimés
en

non sans peine en
France,
et

Italie,

pénétraient difficilement

opposaient un faible contrepoids à

la publicité

des journaux et des pamphlets révolutionnaires. Quel-

ques-uns furent traduits en italien

et

devaient servir à

combattre

la

propagande, déjà sensible à l'étranger,

des idées françaises.

D'unbout à l'autre de ces ouvrages improvisés on trouve
retournées en tous sens deux ou trois pensées
tivité et
:

la caproi,

par conséquent la déchéance morale du

l'excellence de l'ancienne constitution, la responsabilité

PREMIÈRES INTRIGUES

(1700-1792)

89

des philosophes dans l'œuvre de 1789, et surtout
faillibilité

l'in-

de l'auteur mise en regard des erreurs de ses
tiennent

antagonistes politiques. Les personnes y

au

moins autant déplace que

les théories et les discussions

de principes. D'Antraigues se disait sans doute

comme
valeur

Burke

:

ne séparons jamais dans une question

la

intrinsèque de cette

question et la valeur morale des

hommes
Parmi

qui s'identifient avec elle.
les

meneurs de

la Constituante,

il

s'en

prit

surtout à ses anciennes connaissances, à Necker, à Tal-

leyrand, à Mirabeau. Necker est àses yeux

«

leplushabile

des financiers au milieu des gens de lettres, et
très supérieuren littérature,
Il

un homme
(1
)

au milieu des financiers

»

s'est fait l'héritier,

l'exécuteur testamentaire de la
C'est lui
qui, sous l'empire de

secte encyclopédique.

ses préjugés huguenots, a frappé à la fois la
et la religion, a

monarchie

appelé les curés aux élections, a divisé
et

ainsi l'ordre

du clergé

assuré

le

succès du tiers

état.

Mirabeau
personne

est

un renégat qui a porté plus haut que
et qui depuis...

l'autorité royale,

Talleyrand
:

est l'apostat dont ce
«

même

Mirabeau écrivait autrefois
il

Pour de
il

l'argent,

il

vendrait son àme, et

aurait raison,

car

troquerait son fumier contre de

l'or. »

Derrière euxd'Antraigues distingue en passant certaines figures insupportables à son souvenir, les

Lameth,
prend

Target, Camus, Volney, le duc d'Orléans.
et ici

Il

s'en

lui,

surtout, — l'homme des Cévennes reparaissait en — aux députés calvinistes en portant à
qui,
la tri(1)

Dénonciation aux Français catholiques, pp. 41-42.

90

CHAPITRE TROISIÈME
les griefs

bunc

de leurs coreligionnaires,
il

lui

semblaient

avoir rallumé la guerre civile:

peint en noir Rabaut
«

Saint-Etienne

et traite

Barnave de
il

Néron

(1) ».

A

ce groupe réprouvé
le

a joint après coup

Loménie
1791

de Brienne,

despote légal de 1788, devenu en
celui-ci
il

un évèque parjure. Sur
au

dirige

une invective
il

en style direct, une pliilippique cicéronienne;
la leçon

lui fait

nom

de l'Église, et se réjouit

hautement de

ce que l'ancien ministre ait volontairement perdu l'oc-

casion de se réhabiliter devant les

hommes, en repousd' accommodement

sant la Constitution civile du clergé.

Entre toutes, les brochures Point

et Adresse à la noblesse de France ï\veni de leur auteur
le

porte-voix de l'émigration naissante.

La première

fut écrite

pendant

l'été

de 1791, entre l'événement de
de l'Assemblée constituante.

Yarennes

et la dispersion

Les Feuillants débordés par leurs amis de gauche voulaient se rapprocher de leurs

ennemis de droite,

quitte à

transiger avec eux et à refondre dans

un sens monarils

chique

la constitution

inachevée; mais

persistaient à
la des-

considérer
truction de

comme

définitives la ruine
et

du clergé,

la noblesse

des Parlements, sauf à dis-

cuter la création éventuelle d'une
cet

chambre des

pairs.

A

ultimatum suppliant d'Antraigues répliqua par une
fin

hautaine

de non-recevoir et par la menace d'une inIl fit

vasion européenne.
sives, le

lire,

en cinq éditions succesdont

code de

la politique enfantine et violente

(i)

Dénonciation aux Français catholif/ues, pp. 101-105,

IT

ii

CREDIT

et dénonça la conspiration ourdie de longue date par les philosophes contre le trône et l'autel. la vérité historique. cherchait à reli- par des considérations tirées de l'intérêt l' gieux. était il confessait que la raison d'être du pouvoir royal l'intérêt simplement de tous. la loi et Ne lui parlez pas d'une cham- bre haute. la coalition des impies. l'ennemi des rois. l'anglaise ne lui parlez plus surtout des républiques il confédérées dont la France est menacée. et du fâcheux pis-aller d'une constitution à . c'est que Bru- tus. titieux ni de Son royalisme . Des pensées religieuses autant que profanes alimentaient sa verve.PREMIÈRES INTRIGUES le (1790-1792) 91 manifeste de Brunswick devait être la suprême expression. depuis il comme du parla en docteur de l'Église des affaires du clergé. n'avait rien de supers- mystique il niait la doctrine du droit di- vin. s'il croit main- et s'il est encore ré- admire Brutus. à la tribune de Assemblée. des jansé- . sous prétexte de il défendre l'ancienne Constitution. présente et le comme le soutien nécessaire de la monarciiie l'Etat fondement de un ordre de citoyens qui vient de disparaître dans dans la société. — était et ici le politique rétablissait — au fond un conservateur et un aristocrate. tenant leur existence chimérique. publicain en théorie. Déj'à. Tel est aussi blesse de le sens général de son Adresse à la ?io- France (novembre IIQ!) où. il avait parlé en libre penseur pénitent du catholicisme plus ferme appui des empii-es. et les arguments qui il parlent au la fortifier cœur faisant défaut à sa thèse.

le avait donné de sages conseils aux Polonais dans son Jugement sur la Polysynodie^ sur de toucher à la danger monarchie française... jusque dans la division en dé- partements.92 CFiAPiTRi-: ïroisii-:me nistes et des protestants. naguère fertile en déclamations et en sarcasmes contre le christianisme. les Pères et les conciles. ce excusaLilleConfî^at social. sa véIl nération envers Jean-Jacques.) deMendrisio. schisme constitutionnel sousl'enveloppedu schisme anglican. (Arch. se souvenait roman d'un beau génie . que l'auteur et insisté. dont se humble. Il était honteux pour (1) lui des commentaires d'un Robespierre et lettre datée deshom- Minute de 44. d'Antraigues restait fidèle à son passé par un seul sentiment. ne craignait pas d'insé- rer son apologie dans des écrits en faveur de la religion et de la monarchie. parlait même elle. Nat. éprouvait le besoin de l'écrire. comme huguenot et il il était devenu de la religion du roi triomphant. à l'occasion de conIl était fesser sa foi et de la religion mourir pour devenu de son aïeul de la monarchie tombée. de le présenter en ennemi des EnIl il cyclopédistes et des athées. oii il dans il les synodes huguenots du xvi« Entre temps exécutait le composait une vie d'Henri YIII. dissertait sur le thème si largement développé depuis le par l'abbé Barruel. 18 octobre 1791. même au pape. très obéissant et très dévot fils (1) Au milieu de ses palinodies raisonnées. C'est ainsi que cet esprit-fort. AF III. il voyait la réalisation des plans combinés siècle. disait « le très ». Il citait Nouveau Testament. .

60. traite dédaigne ou il hait ses collaborateurs. Obligé de ne peut attester les qualités traet vailler sans bruit. on peut craindre qu'il n'en ait mis à profit sous son nom les principaux passages. par conséquent l'espoir du succès et le droit il aux récompenses. presque de traîtres. Du rôle de publiciste à celui d'agent royaliste la transition était insensible. (1) Quelle esl la siluation de l'Assemblée nationale. est un personnage à part. p. Il négocie. d'Antraigues l'eut bientôt franchie. pour la cause d'un roi détrôné. d'intrigants. et qu'il n'ait voulu se dérober ainsi à une trop juste accu- sation de plagiat. il l'opposé de tout cela.PREMIÈRES INTRIGUES (1790-1792) 93 mages de l'Assemblée nationale. Un agent. mais c'est d'ordinaire qu'il la un important. près à aggraver encore la crise présente Tel est du moins le motif qu'il a invoqué. la clairvoyance. note complém. les de brouillons. lui seul ayant la probité. dans la langue et les usages de l'émigra- tion. que les théo- du moment n'en tirassent des conséquences pro(1). il Ecrivain ou homme voyage d'action par certains côtés. mais si l'on songe que l'ouvrage détruit par lui développait sa thèse favorite sur l'inanité des formes parlementaires et la nécessité des mandats impératifs. riciens il craignait. est par il certains autres plaide. disait-il. d'autant plus pénétré de sa valeur croit supérieure à sa situation et à celle de Il son maître. et il se décida alors à détruire un manuscrit complémentaire du Contrat social qu'il possédait.. .

plus haut encore. une sorte trouve l'agent En bas. servent aux secrets desseins des ciiancelleries étrangères. il En répandant beaucoup pouvoir conduire de ceux les croit évéil nements. s'il en trouve. des mémoires dont ses supérieurs d'occasion ne tiennent guère compte. sauf à tifier descendre dans présent. se purement vénal. au sens moderne du mot. il propoli- clama bien haut son dévouement à tique dont le roi patrie. n'entrait pour Lapatrie. leur rend leur dédain par toutes les formes de titude. Ses idées. est l'agent qui touche au diplomate. maître delà veille moyennant salaire plus haut. est un mot vide de sens quand ce . Il un sauveur dans l'avenir. est l'agent qu'une con- viction sincère d'accord avec ses intérêts a mis au ser- vice d'un homme ou d'un parti . se consument dans écho en des publications anonymes. peu estimé d'ailleurs qu'il sert. prêt à tout. d'argent et d'encre. l'ingra- calomnies. même à trahir son . Dans ce métier. des articles sans Europe. s'il en a. plaintes amères et même vulgaires tentatives de chantage. au moins en paroles.94 CHAPITRE TROISIÈME les inoyons qu'il s'attribue que par des s'estime le indiscrétions ou des exagérations.a-t-il écrit. qui s'autorise. probité. afin de jus- ces visées. « un système n'était qu'une des pièces. Ses talents. et où la rien. de certaines traditions. de certains principes. D'Antraigues se rangea parmi ces derniers . au rôle d'espion. où l'intelligence est parfois la en rai- son inverse de de hiérarchie. il y a des degrés.

PREMIÈRES INTRIGUES (1790-1792) 95 mot aux n'offre pas la réunion des . était venue dans le pays de Vaud épouser Benil jamin Micheli. seigneur de Dullit. Add. La patrie bornée territoires ne dit rien au cœur des lois. et son restaient cachés à Mendrisio. ses hommes. Parmi les adversaires de la France nouvelle. M. le Milanais et la Suisse une existence agitée. » et on n'aime des morts que Ce théoricien de la monarchie française commença Il de 1790 à 1792 sa carrière de politicien cosmopolite. quant à il déguisé sous le la nom de Marco-Paolo Philiberti. Xole datée de 1796.. (B. cesse était comme mouche bourdonnant sans sur la frontière française aux oreilles des Piémontais. c'est idolâtrie absurde. des parents pour l'accueinir et en y trouva donc même temps l'idée du pseudonyme qui favorisa le secret de ses correspondances et de ses incessants voyages. son arrière-grand'lante. ses habi- tudes. f. en d'autres (1) termes il n'admettait au combat contre la Révolurasïi. et s'épuisant à faire franchir les Alpes et le Jura au coche embourbé et disloqué de la contre- révolution. il se montra d'abord partisan du système intérieur. lois sous lesquelles on a vécu voilà ce qui forme la patrie. errante et mystérieuse.) . Sa fils femme lui. aimer Égyp- la patrie quand une elle perd ses usages. Un siècle au- paravant. La France sans roi n'est pour moi qu'un cadavre leurs souvenirs (1). mena alors entre le Piémont. 62. des Suisses ou des émigrés. Philiberte d'Antraigues. c'est celle des tiens qui adoraient des brutes.SObb.

(1) A l'exemple des émigrés Quelle nst la situation de l'Assemblée nationale. IT. Las Casas a tenu pendant quelques années une grande place dans lui très la vie de d'Antraigues. . avait dépêché Fonbrune en mission secrète auprès de son cousin Charles IV. deux fois séculaires. » Enfin tête il déclarait que la en se mettant à la de « croisade monarchique. qu'en veut la pohtique des cours. c'est à la prépondérance de la maison de Bourbon en Europe Ainsi pensait Louis ». il jusqu'à sa mort. Il voyait dans cette intervention de puissances liées au roi par la Paix perpétuelle de 1516 ou le Pacte de famille de 1761 un moyen de neuet traliser l'influence des ennemis naturels héréditaires de la France. sous la et par ce canal faire passer à Ma- parure de son éloquence. à côté de ses compatriotes. « Ils (nos ennemis) ne seront pas assez impolitiques pour distraire nous du soin de nous déchirer de nos propres mains en nous présentant des armes étrangères qui pourront nous asservir l'Espagne. dès le lendemain des journées d'octobre. lui Il se lia avec en Italie d'une amitié étroite. Il protestait encore contretoute immixtion des grandes puissances européennes dans nos affaires. et alliés des que les princes parents nos clients Bourbons et aussi les Suisses. disait-il car ce n'est avec raison. l'envoyé espagnol à Venise. et resta attaché français. XVI qui. les demandes du roi prisonnier. D'Antraigues dut de son côté s'aboucher avec Las Casas. pas à nous seuls. (1). se relèverait elle-même. drid.96 CHAPITRE TROISIÈME tion. p.

1791 (A. 1-"' juillet 1794.PREMIÈRES INTRIGUES (1790-1792) 97 poussait en matière politique Tardeur jusqu'à l'aveug-le- ment. presque toutes intéressantes par le fond et la forme. ayant son Agnès Sorel à ses côtés. » î Le duc d'Enghien ajoutera « Ce sont des dieux » La correspon(1) Las Casas à d'Antraigues. F.)dance de Las Casas avec d'Antraigues. prisonnière au Temple. dans le secret de sa correspondance. sauf à murmurer à l'oreille de son ami : a Croyez- vous de bonne foi que notre noble armée en ble ? que notre cher soit capa- comte d'Artois. sous le diplomate et l'homme de parti. les préjugés inséparables de sa situation. Le tout pourra finir guerre de religion entre deux partis qui n'en ont au- cune (1). il s'écrie « Ce ne sont plus des hom: mes (2). un sceptique jetant par-dessus bord. F.. y avait en lui. (2) — France. 637-(i39.) Las Casas à d'Antraigues. 10 déc. 11 et parfois aussi la liberté jusqu'à l'irrévérence. 7 . soit homme à faire la conquête de la France comme Charles (VII) cwec sa garde ? bleue. vol. Il souhaitait en public le succès des paladins de Coblence et leur entrée triomphante à Paris. Maîtresse en tète et confesseur en queue la N'y aura-t-il pas des cruautés horribles de part des royalistes ? et Tout ce qui vengeances est à et Coblence ne parle ne dit que des par une du sang. A la pensée des marins légendaires : du Vengeur. » Il poussait les illusions de l'émigration jus« qu'à craindre pour la régence » du comte de Pro- vence les intrigues et il de Marie-Antoinette. qui va de 1791 à 1798. se surprenait à admirer ses adversaires plus que ses amis. (A. comprend plusieurs centaines de lettres.

France. qu'ils l'empêchèrent d'aller où voulait Quant à eux. d'Antraigues s'était obligé à réclamer pour les étrangers au service du roi le serment de ne jamais porter les armes contre les citoyens. pp. etc... G3r. Il il s'employait à obtenir d'eux un serment (1) répandait. sous le pseudonyme 75. F. contraire. donner à Coblence une mission directe pour Naples voulut l'accomplir.. dont royaliste en les événements avaient fait Il le chef du parti Languedoc. les Alpes étales Pyrénées.98 CflAl'lTRF:: TUOlSlIvME A eux (Jeux. le dénoncèrent comme nuisant par son il action isolée au plan général. une note f. Précis de mes opérations. — Cf. sur leurs brisées 1 Ce fut le cas de Froment. 91. Malheur à qui voulait marcher dans leur sillon. l'amusèrent et lui firent perdre et agir si bien il son temps (1). 60-61. 65. malveillante remise sur Froment à d'Antraigues par Solliès. selon les intentions secrètes de Louis Ja politique XVI. 71-73. vol. conseiller à la cour des aides de Montpellier (A. D'Antraigues et Las Casas. et malgré ses apparences de soumission ils de bon vouloir. comme émigré. ne jugeant pas assez souple pour travailler sous leur rection. et de provoquer triple démonstration militaire sur le Jura. un bourgeois remuant de Nîmes. et quand se présenta à eux. Froment. . Comme député. d'Aulraigues et Las Casas prétendirent conduire. il quand il se heurta partout à de le di- sourdes résistances. étrangère de l'émigration naissante ils étaient secondés et couverts auprès des princes par les conseils discrets de Bernis et de Vaudreuil. leur rêve une était de décider l'intervention des puissances voisines de la France. eut l'imprudence de se faire .) .

où le roi viendrait au devant d'eux. M. tant qu'elle n'aurait pas l'assurance du désintéressement complet de Charles IV au sujet des res de France (2). belli l'entrée d'un seul Espagnol armé pendant elle se refusait à terminer le conflit entre elle et le cabinet de Madrid au sujet de la baie de Nootka. ses premières négociations se résument dans un mémoire adressé au ministre Florida-Blanca. où il proposait de lier la mise en liberté de Louis la renouvellement des capitulations avec l'entend dès la fin XVI au France. et A. . 12/23 mars 1793 (A. affai- — Lizakévitch (2) Correspondance intime de Vaudreuilet du comte d'Artois. t. puis sur Toulouse. lorsque Flo- rida-Blanca fit savoir que l'Angleterre considérait comme un casus en France. voulait prendre à son service (1). On encore de 1790 annoncer que tout Berne est il acquis à la cause royale . portant les conclusions suivantes les : Louis XYI. (1) Mémoire du 16 novembre 1804 (A.). Ce projet était adopté et l'expédition résolue. avait besoin d'un noyau de troupes étrangères propre à rallier ses Il sujets et soldats fidèles.). I. désià rant comprimer factieux et octroyer librement son peuple une constitution raisonnable.000 Espagnols marchassent sur Perpignan. V. A et Madrid.et deux ans après était employé par Las Casas à solliciter des cantons cathol'Espagne. son ylt^/5 aux Suisses. demandait qu'en novembre 1790 24. 331. (chargé d'affaires russe à Gènes) au comte Osterinau. P.p.PREMIÈRES liSTRIGUES (1790-1792) 99 d'Henry-Alexandre Stauffach. liques une levée de douze mille hommes que alors en guerre ouverte avec la France.

D'Antraigues dut alors regarder surtout du côté de Coblence. Elle avait organisé dès 1791 une correspon- dance secrète à Paris. La cour de Madrid restait inerte. 371). p. un réformateur guère vanté militaire dont d'Antraigues avait na- les plans. citée par Vaudreuil t. et s'employer à seconder sur les Alpes l'offensive qui se préparait sur le Rhin (1) On peut croire que la lettre du 10 mai 1791. pour les malheurs des Bourbons de France. Cette correspondance aux frais du gouver- nement espagnol languit lorsque d'Aranda eut remplacé Florida-Blanca à la tête des affaires étrangères (février 1792). frère de Nîmois. apparte- . nait déjà à cette correspondance.un avocat jadis mêlé la rédigè- aux intrigues de l'opposition parlementaire. même en paroles.. gouverneur de l'agitateur Catalogne. rent les premiers avec l'assentiment du prisonnier des Tuileries (1). durent se disperser et émigrer avant d'avoir tiré l'épée. I. chargé de solliciter un concours quelconque au mouvement militaire qu'on supposait en préparation à Perpignan. n'étant soutenus ni par peuple ni par leurs propres soldats. sans se montrer indifférente. qui jusqu'à la mort de Louis XVI circula directement de cette ville à Madrid. Despomelles. écrivant au comte d'Artois [Correspondance. etc. et Lemaître. Mais ce sit mouvement se rédui- à un complot d'officiers le qui.100 CHAPITRE TROISIÈME D'Antraigues essaya au moins de mettre à profit les dispositions des royalistes sur cecôtédes frontières françaises. D'Aranda était un sceptique qui ne se piquait pas de sympathies. l'abbé Froment. En novembre 1791 il expédiait auprès de Lascy.

à saisir une besogne faite par un autre. et tous ces importants. on les devine ou on et nuit imagine. I. qu'on sache que l'on a s'agite plus qu'on n'a l'air Si pas. On intrigue à Coblence. Sérent et Vaudreuil.. mais présentant une atmosphère bourdonCf.. comme on on ne se fait intriguait à Ver- sailles.[172.PREMIÈRES INTRIGUES contre les (d':90-1792) 101 monarchiens et les républicains de Paris. Bref. p.. Io3. Correspondance in- time de Vaudreuil et du comte d' Ar lois . les on épie des on secrets. c'est une vraie peste pour notre dans (1) parti que ces agitateurs d'affaires nageant le vide.. qui se préoccupaient moins de restaurer la monarchie que de s'y préparer une bonne place au lende- main de « la restauration. Lui de son côté se mit à exalter Galonné et ses plans chimériques de restauration.340. Il s'associa aux accusations qui représen- taient Marie-Antoinette comme impatiente de ressaisir son pouvoir de 1787. ses services n'avaient pas (1). d'abord A Coblence. été acceptés sans appréhensions Deux de ses amis. the Napoléon Mu- . i. et la lettre du comte d'Artois du séum. Les plus médiocres sont : les plus diligents à se montrer ils cherchent à supplanter. courtisans ou vaches. On donne de l'importance. l'air les confie et on se remue jour pour avoir d'être utile. et Breteuil comme l'instrument d'une réaction où dominerait l'influence autrichienne. 2 janvier 1792 (dans Sainsbury. bien en cour auprès du comte d'Artois. Il n'en appréciait pas moins avec sévérité l'entourage bra- des princes. on pour avoir de faire. lui obtinrent cependant la confiance. fait et On veut. 161). si on fait. fait. 27 août 1790.pp. Las Casas à d'Antraigues.

car elle constitua les roya- réfugiés la à l'étranger en parti politique. n'ait prononcé sa propre sentence. L'ami de Las Casas se rebelles » voyait déjà prenant à dos les « chassés de dernières Paris. )> En peignant ainsi ses les jaco- émules. 12 juillet 1792.. et se repliant vers le midi avec leurs espérances. dans de devenir un grand personnage. France. en les jugeant aussi dangereux que bins.) . d'Antraigues ne voyait pas qu'il était déjà leur meilleur modèle. D'Antraigues put se croire. F. l'été de 1792. France. et qui.102 CHAPITRE TROISIÈME et nante piquante parfois (1). en accusant les autres. vol. sans les anéantir. II LES AGENCES DE VENISE ET DE PARIS (1792-1 TOC) Les désastres de la coalition en 1792 avaient brisé. les espérances des émigrés. près A la veille d'entrer en Champagne avec « les Prussiens. F.) (2) Caloniio à d'Antraigues. vol. (A. 634. Galonné lui écrivait: Les princes ontplusde remercîments à vous » faire que d'instructions à vous donner (2). (A. L'exécution de Louis listes XYI les ranima. 630. Réflexions sur noire position etc.. ayant dans (1) personne du comte de Provence un chef décoré . Il n'est pas un des faiseurs de l'émi- gration qui n'ait dénoncé et déploré l'esprit d'intrigue.

le Italie. Depuis plusieurs mois.. Il était recom- mandé d'avance à Monsieur par certain Mémoire sur la régence publié au lendemain du 21 janvier (1). d'Anlraigues à faire le sien. ment Cbarles IV à Toulon auprès du prince S'il eût cru son nouveau conseiller.. il s'était fait désigner pour représenter diplomatiquefrançais. Toulon » au nom de Louis XVII. de Las Casas a engagé M.000 III et on lui octroya depuis une pension de réaux. d'Antraigues voulut faire bénéficier de sa nouvelle situation son ancien maître. » (Louis XVIII à Flachslanden. de plus. régent ac- courut d'AIlemag'ne établir en avec la pensée de s'y comme dans une il capitale provisoire. puis (14 janvier 1795) la croix de Cbarles des lettres de naturalisation espagnole. date. ses menées diploma- Godoï ayant succédé comme miavait déclaré était nistre à d'Aranda. l'Espagne la guerre officiel- à la France. lorsque d'Antrai- lui offrit directement ses conseils et ses services. Ainsi couvert. dut s'arrêter à Turin.LES AGENCES DE VENISE ET DE PARIS 1792-1790) 103 successivement des s'étant insurp^é titres de régent et de « roi. d'Antraigues abritait publi- quement sous un pavillon étranger tiques et politiques. C. et renoncer à l'espoir Incertain du len- de remettre le pied sur le sol français.) — . La ville étant retombée au pouvoir des républicains (5 septem- bre 1793). L'ami de Las Casas entré lement dans 1793) : la légation espagnole de Venise (25 juin 50. P. gues il venait d'arriver à Vérone. s. C'est pour répondre à ce mémoire que M. Monsieur eût alors à tout prix renversé les obstacles qui le retenaient (1) « Le baron de Brcleiiil a fait passer à la cour de Madrid un mémoire contre mes droits à la régence. demain.

le baron de Batz. Monsieur désirait avant tout se donner un semblant de représentation auprès des gouvernements reconnaissance formelle italiens. et eût passé Il dans bon gré mal gré il en Espagne. La première croix de Saint-Louis donna fut attribuée à ce publiciste de qualité qui n'avait jamais tiré l'épée. peut-être parce qu'il était tenté moins que personne de la conquérir selon les règles. Le che- valier de Poulpry alla en son nom sonder le terrain à Venise (1). et a mis au bout de sa plume. sous la protection de l'Espagne. d'Antraigues y fut ensuite ciiargé définitiIl vement de ses intérêts. y vécut. 2 mars 1793. n'osa ou ne put suivre l'avis. et sut les braver impunément jusque dans leur capitale.. tout ce d'éloquence et qu'il avait de courage.104 CHAPITRE TROISIÈME les États vénitiens. Venise. Au lieu d'aller à l'armée de il Condé justifier cette mar» que de faveur. Batz allait té- mérairement chercher les jacobins ciiez eux. HéDia à Lebrun. f. Le contraste est complet entre lui et un autre grand conspirateur de l'époque. se mit à la disposition du « régent pour une campagne diplomatique. s'est tenu tou- jours aussi loin que possible de leur atteinte. F. puis de la Russie. F. D'Antraigues. (A. 102. secrètement reconnu. et arriver ainsi à une et efficace de son titre. 250. à l'exemple du comte d'Artois. vol. D'Antraigues souhaitait entre toutes cette distinction. à distance. mais en récompensa qu'il l'auteur.) . mais ignoré et dédaigné en apparence par un gouverla nement légalement en paix avec nait le rôle à défaut (1) Convention. Il te- du rang.

628. déjà connues. par Gênes. G41. de Pons. tantôt à un habitant de la lé- Bellinzona ou de Mendrisio. lors de sa campagne. il y loua une « roi maison. vol. les transmettait. Le vaguemestre de gation espagnole allait les prendre à la poste. après en avoir pris connaisà Barcelone et à sance. après que la guerre eut fermé la barrière des hermétiquement Pyrénées. devint. en Toscane. France.LES AGENCES DE VENISE ET DE PARIS (1792-1796) lOS Arrivé à Venise en novembre 1793. S. dans Siciles. et se w. tantôt directement à Venise à « Marco-Paolo Philiberti ». Il le comte de Chas- tellux. Les lettres étaient adressées de France. en 1809. F. (A. maître. D'Antraigues les mettait en état d'être lues. 23 et suiv. if. attirant à lui la corresponles dance des agents royalistes en Piémont. contre d'Àvaray. l'abbé de Jons. où les inquisiteurs d'Etat avaient donné des ordres spéciaux pour leur remise immédiate. vol. et Las Casas. donna comme Tout caractère le représentant du lui de France il officiel étant refusé.) . sous son titre espagnol.. de concert avec Puisaye. Madrid (1). une sorte de secréDeux- taire d'État du « régent » . puis Lavilleurnois et Du- vernede Presles. et aux plus mau- (1) Tout le mécanisme de cette agence de Paris a été décrit par d'Antraigues dans des pièces qu'il rédigea bien plus tard. l'abbé fut surtout l'intermédiaire principal de la correspondance entre la cour de et ses ag'ents Madrid de Paris. couvertes de lignes apparentes en style jacobin et consacrées à des nouvelles sans intérêt.. 275-279. L'abbé Brotier et Sourdat. Ils s'étaient joints à Despomelles et à Le- envoyaient de longues pages écrites en encre et sympathique quelquefois de plus en chiffres.

et leur jalousie les empêcheront touMallet du Pan. c'était aussi ce style qu'on employait utile à pour annoncer sans y paraître ce qu'on jugeait faire savoir. p. inopportunes ou simplement banales. et s'il . : moins perspicaces qu'ils ne voulaient de paille qui paraître c'étaient un peu « des hommes voient des clochers dans la lune (1)«. p. Les ingrédients chimiques qui les ont révélés un instant aux yeux de d'Anlraigues les ont fait disparaître et presque totalement aux nôtres. t. m'emporte mais les ne fît aller à vau l'eau la république vues personnelles des puissances. ce semble. qui n'est qu'une maussade et incohérente démocratie. au point qu'il ne puisse passer aucun courrier dans le pays qu'il no saisisse au moins de ses papiers que celui-là. diable . c'est un terrible homme qu'il pouvait gagner un le jour la confiance de ces imbéciles de rois. t. II. Cf. D'Antrailes gues n'oubliait pas de faire ressortir passages à sa louange le 7 : « Il est bien inconvenable. Mémoires (1) el Correspondance. Leurs lettres se composaient. etde considérations prétentieuses. 214. Il est difficile d'apprécier aujourd'hui exactement la valeur de ces informations. II.lOG CEIAPITRE PREMIER vais moments. n'ont laissé subsister que la prose de convention destiles dissimuler. leur mons- trueuse coalition. du même Correspondance avec la cour de Vienne. 217. Brotier et ses collaborateurs étaient née à moins influents. se laissait-il écrire pluviôse an II. d'on-dit recueillis au hasard ou empruntés auxjournaux. que ce mâtin d'Antraigues en soit con- tinuellement aux trousses des Jacobins Italie. .

die Klagen der undankbaren Emigranten ûbcr : OEsterreich. De l'Autriche il n'attendait rien. noXe 88 à lafin du 1" volume. en Vendée et en Bre- tagne. de la Russie pour les princes français. pendant les années 1792 et et 1793. Lizakévitch à Gênes. effi- Las Casas lui servit d'introducteur auprès des représentants de cette puissance. une correspondance très active. leur ministre à Venise.LES AGENCES DE VENISE ET DE PARIS (1792-1796) 107 jours de suivre les Mallet du conseils d'un grand « homme! » » Comme s'était il Pan à Berne. semant l'argent. curieuse par les l'Autriche à genoux de(1) Von ihni stammt das berûhmte Wort vant l'or de l'Angleterre. cin Emigrant der schlimmsten sorte. et entretenait-il une correspondance suivie avec Drake. réduisant l'art de la diplo- matie à un Delenda Carthago conivQ France. Lizakévitch. sa cour. un rôle analogue à celui de Wickham la intriguant. toutefois il lui fallait admettre l'utilité de leur concours dans la Méditerranée. consul à Livourne. se fiait peu aux Anglais. (Vivenot. D'Antraigues cherchait avant tout à capter la bienveillance.) : . qui commence par ces mots Der beriiclitigte Graf Antraigues. le grand homme mis en rapports avec les agents étrangers dont préjugeait les sympathies pour sa cause ou souhaitait la coopération. coupables selon lui de favo- riser indistinctement les royalistes purs et les consti- tionnels . Italie Drake jouait en à Berne. Aussi était-il empressé auprès de Worsley. entretenait avec.. placé près de la frontière française. Vertrauliche Brie fe des Frelherrnvon Tliugut. Golovkine à Naples. et en toute occasion signalait la politique indécise et égoïste de cette puissance au sujet des affaires de France Il (1). plus hautement annoncée que sérieusement cace. etc.

se ménageaient sans scrupule des alliés contre l'autocratie russe. une des instructions . comme plus tard Bonaparte. lorsque Sémonville arriva à Gênes. Lizakévitch faisait suivre pas à pas l'envoyé français. siège de Toulon. Il fit passer en au diplomate russe des pièces sait qu'il avait surprises on ne comment . il offrait d'y provoquer une révolte analogue à celle de Pugatchev. Son rôle devint important. parmi les courtisans mécontents ou les paysans rebelles. De Venise. secrètes adressées de Paris à Sémonville des lettres de Félix Hénin. et d'y le pays. qu'on tùt à Pétersil D'Antraigues avait d'abord prié bourg l'origine de ces révélations. torisa Lizakévitch à prononcer son nom. qui lui-même peu de temps après être envoyé à Cons- tantinople. . avec une indiscrétion qu'explique seule son ignorance des usages du pays. épiant l'occasion favorable pour gagner Constantinople. et enfin un plan de guerre civile à l'intérieur de la Russie signé Angely. L'auteur de ce plan à la Convention disait avoir vécu dans rentrer. et y exciter le Divan contre la Russie. comme jadis Louis XV. auet.108 CHAPITRE TROISIÈME détails qu'elle le renferme sur et les troubles les de Marseille. puis se ravisa. en général événements di^ Midi. il sollicita et une récompense réservée aux saufavoris^ le portrait de la souveraine ! veurs de l'État aux On ne lui adressa môme pas un remerciement banal. et travaillait de son mieux à empêcher son départ et à lui pénétrer ses projets. d'Antraigues porta effet ap- un concours inattendu et utile. allait le chargé d'affaires républicain à Venise. Les républicains de 1792.

Lizakéwitcli à Osterrnan. il espérait devenir et un intermédiaire II. 3 ot 14 novembre 1793 — Ex- posé de ma conduite aoec la cour de Russie (par d'Antraigues) (A. il pensa se faire valoir en demandant à cet homme si bien et le informé des détails sur (1) l'intérieur de la France (A. la cour de Madrid signait D'Antraigues. vrier. . où certains amis l'attiraient. En fé- Las Casas était transféré de Venise à Londres. plus simple de trouva changer de déguisement sans changer suggéra à Louis XVIII l'idée de de résidence. Déçu. Ce ministre avait entendu parler favorablement de lui à la cour des Deux-Siciles . F. sans être découragé. sans fut Bâle avec la sa . lorsque l'Espagne se fut retirée de la coalition. il Modeste par calcul présomptueux par nature.LES AGENCES DE VENISE ET DE PARIS et plus tard il (1792-1796) 109 se plaig-naitavec et amertume de ce silence. Il deman- der son agrégation à la légation russe de Venise. d'Antraigues tourna de nouveau ses espérances du côté de Ja Russie en 1795. et il monde ou était tout juste et un de ces instruments qu'ils ^dédaignent dont les puissants se servent.).). république. important entre son maître Catherine il De là l'empressement avec lequel répondit aux avances de Golovkine. rejettent après s'en être servis (1). Dans ce nouveau poste. sous quel pavillon remercié de s'abriter? Il services allait-il disait ^bien être attendu à Londres. comme il Cazalès il mais au lieu de servir un cabinet dont dénonçait depuis deux ans les vues égoïstes. avoir renoncé à ses nouvelle nationalité. M. en la paix à avril. le s'i- maginait être une puissance occulte dans diplomatique.

Azara Froment. — à d'Antraigues. — — Go- note. mai et août 1795 (A. M. (Lettre citée par Froment dans ses Observations sur la Russie par rapport à la Révolution de France. et ne se résigna à le présenter D'Autraigues à Golovkiue.). Mordvinov. nouveau chef. d'éloges et de promesses on lui il laissait espérer entre autres ce grade de colonel dont avait joui en France. à F. » Il sollicitait en conséquence pour lui quelque distinc(1). 1795. p. ayant reçus. f. vol. les salut pu- avec lit la Turquie et la Pologne. 1797 . 31 janvier 1797 (A..no CHAPITRE TROISIÈME parti royaliste. Louis XYIII adressa au ministre russe àVenise. 2 mars 1796. 16. Il pepsait en attendant recevoir un accueil bienveil- lant de son tiré. Mordvinov ne parut pas goûter cet auxiliaire inattendu : il attendit quatre rendre régulièrela fonction qu'il devait lui reconnaître. sur les relations blic il du Comité de et. au Sénat vénitien que France. (2. tion flatteuse ou quelque marque de bienveillance La recommandation Le 25 août Catherine vint à point et porta ses fruits. qu'il savait vivant assez re- en tête-à-tète avec une danseuse comme lui-même mois pour avec l'ex-reine de l'Opéra. en part à l'impératrice dans deux lettres confiden« tielles : C'est. il accréditait d'Antraigues auprès delui. lovkine à l'impératrice Catherine.). F. 9 décembre 1796. le 64).) Saint'Priest (A.). Il janvier D'Antraigues à Mordvinov. Le nouvel attaché recevait en des lettres pleines même temps de Pétersbourg . unelettre oiijavecl'autorisaLion de II. un des meilleurs serviteurs du différent des petits faiseurs dont ce prince est entouré. (A. ajoutait-il en parlant de son corresponroi de France. fort dant. M. et qui flattait son amour-propre plus encore qu'un titre diplomatique (2). 034.

a toujours mis le plus grand zèle à me communiquer pour : notre cour impériale les nouvelles utiles qu'il recevait de sa (A. au moins momentanéD'Antraigues ment. L'homme relevait au premier abord l'une et l'autre la par sa grande mine. M. et sa En eff"et. voir et s'entre- Venise donnait alors certains l'appelaient asile à de nombreux émigrés .LES AGENCES DE VEXISE ET DE PARIS (1702-1796) 111 jour (11 avril 1796) où passeport pour Vérone il dut demander en son nom un (1). » . qui. encombrant les salons et la place sant les gazettes d'articles contre la Convention. On y compta Saint-Marc. son domicile à la légation russe. par séduction de ses manières. malgré faveur apparente auprès de et sen- Louis XVIII. et n'agréèrent le près l'avoir obligé à transporter. le garda néanmoins ses entrées chez successeur de Las le Casas. un nouveau Coblence.) 1797) 11 écrit à Osterman (24 janvier gues. qui venait volontiers tenir avec lui. au au ministre Delacroix. Campos. appréciait au moins en lui un informateur utile. remplis- un moment jusqu'à huit cents Français. tait n'avoir pas leur confiance. son renom littéraire et sa D'Antraigues. recherchait peu ses compatriotes. st. existe un portrait de lui qui nous semble dater de cette dire do l'euvoyé français Lallemant (Lettre (1) Mordvinov. sa situation à demeurait précaire mission ressemblait fort une aventure. faisait sur son compte des rapports peu avantageux. et les boutiques d'estampes représentant les défaites.) patrie. floréal au IIIj. de leur côté nouvel attaché qu'a- firent des façons. Les Vénitiens. des républicains. « Le comte d'Antrai(v.. Il par l'étourdissante assurance de son langage.. vraies ou fausses. partout fêtés.

. assez semblable à celui des D'Antraigues. La figure est sur une épaisse cravate blanciie encadrée elle- même dans un ample manteau noir à collet droit. leur entregent. la Saint-Huberty. sans jamais affronter son ennemi. le regard calme et fin et nez droit. pp. et Louis XVIII était lui avait octroyé cordon de Saint-Michel. Il avaient pour la chrétienté avait leur zèle. 2o3-2j7. vivait ce- pendant sous son le toit. sée. le : CHAPITRE TROISIÈME le front élevé et dégarni. intrigues et son ménage d'apparence louche comme sa mission. Elle reçue à la légation espagnole.U2 époque fier. Les auxiliaires du soi-disant diplomate ne prédisposaient pas non plus en sa faveur. lui manquait leur humilité. ressemblait autrement que par ce détail de costume aux premiers compagnons du blessé de Pampelune. ne portant pas son nom. et fréquentait d'autre part le monde des arts et des théâtres (1). leur habileté à mêler la politique et la religion. Sa femme. ainsi qu'ils mutilée par la Réforme. leur passion d'embrasser l'Europe entière dans leurs desseins il . et fait oublier ce qu'a de lourd la partie inférieure. Il la pureté de leurs mœurs et ses et à l'occasion leur abritait derrière les lagu- nes vénitiennes. de tout son talent il guerroyait de toute sa penla pour monarchie en proie à fait la Révolution. en fin grands Jésuites du xvi" siècle. de compte. C'était d'abord un (4) Les passages des lettres de Las Casas à d'Antraigues relatifs au séjour de M"» Saint-Huberty à Venise ont été publiés par De Goncourt. tout le haut du visage accuse une intelligence de vulgaire portée et déliée et active. courage.

etc. comme il put. auquel il ne manque rien pour pouvoir être déclaré fou. Minoja.) le jésuitisme. correspondance italienne. Marseillais faillit d'hu- pétulante et provoquante il amener un en in- diplomatique entre Venise et la France sultant bruyamment sur la place Saint-Marc l'intertri- prète Venture. » 8 . à sio. par se croire un personnage. et se venil gea en traité traitant un jour son patron comme avait Venture. un jour d'automne de 1792.. au milieu d'une société grave et presque mystique. L'affaire fut étouffée par les nistre espagnol. chargé de la M"* d'Aritraigues mère fils. qu'il rencontra portant la cocarde colore. écrivait (12 mars d'Azara. Précis de mes opérations. où l'on priait pour la la double restauration de (1). comme tous les agents subalternes. Un jeune homme d'origine piémontaise était échappé au siège de Toulon. 121. par les plus basses médisances. p.LES AGENCES DE VENISE ET DE PARIS (1792-1796) 113 abbé famélique nommé Dufour. et par abuser des secrets qu'on lui avait confiés ou qu'il avait surpris. Dufour fut chassé. et puis de récriminations violentes. pauvre hère que d'Anerrant et traigues avait recueilli mendiant. se vengea. Entre son maître et lui il y eut échange de lettres aigres-douces. Compagnie de Jésus «Femme la et de la monarchie française (1) 1794) le vieux diplomate voltairien plus intrigante qui existe au monde. . la porte de sa maison de Mendrifinit Ce Dufour. Un meur conflit autre auxiliaire était Goujon. à la tête desquels s'est mis le nouveau cardinal Maury. bons offices du mi- mais Goujon fut congédié. Ils ont appelé à leur secours (Dans Froment. écrivait réguhèrement à son Elle vivait à Rome sous la protection de l'ambassade espagnole. Elle tient chez elle une espèce de club des émigrés les plus marquants.

114 CHAPITRE TROISIÈME loin elle Do sermonnait son fils avec l'anlorité de son titre et d'une affection survivant à tous les mécomptes. avait. par crainte de lui percer le cœur. Gens qui la trouvent et beaucoup vue ayant con- servé l'esprit de son premier état (l. . Elle reconnaissait volontiers lui devoir le pain de cha- que jour. Dela vérité. d'Antraigues. faites En épousant méchante (i). mais vous conviendrez que s'il question d'une autre. vous vous l'ont des ennemis. 22 octobre 179G (B. en cinq ou six ans de célébrité. » ses querelles. de vertes se- monces : n'est pas juste d'exiger des autres qu'ils voient des mêmes yeux que vous M"* pour elle de Saint-Huberty. il puis.. et qu'ils aient considération et estime.). vous seriez loin de croire et le million. soyez-en sûr.. Vous jureriez sur son témoignage que vous êtes sa seule fai- blesse était . affichée Son principal grief était cette liaison qu'elle ignorait être avec la Saint-Huberty. fort les écarts embarrassé pour avouer expliquait apparents de sa conduite par des nécessités financières ou se répandait en phrases vagues qui lui valaient. et était fière des services qu'elle . interrogé par elle sur le bruit qui courait de son mariage. cela peut être.. D. lui voyait rendre au parti royaliste elle lui parlait cependant à cœur ouvert. à Ivrée. A leur dernière entrevue. solennellement et étourdiment tout'nié.^ M-= D'Antraigues uicrc à sou fils. de vous persuader qu'elle avait gagné que vous dites qu'elle a perdu presque en totalité. comme à un pécheur « Il scandaleux. devenue une union légitime.. et n'épargnait pas plus l'homme privé que l'agent politique.

Papiers de Barthélémy. C'est une ai « vous moi nous donner dont je ne vous : aflfaire finie.) . éloignerait fait se résignant à la M™® Saint-Huproposition fut berty de sa maison. venu exprès de Vérone. C'était en 1793 l'exle abbé Noël. pp. Vous m'estimez. qui pourchassait le surveillait et le comme l'émissaire des princes français et comme un ment adversaire dangereux.LES AGENCES DE VENISE ET DE PARIS (171)2-1796) 115 Un moment. (B. jamais parlé . otO-oJl. pour Sénat. d'Antraigues passer de Rome à Venise. » Et elle concluait tout maternellement et Vivons au moins en paix faire comme amis. (1) (2) M'" D'Antraigues mère à son fils. L'accueil tel qu'elle à sa répliqua : a Vous devez ni croire que pour rien ni au monde je n'aurais voulu en spectacle. » L'auxiliaire de Mordvinov trouvait en face de lui un représentant de la Convention. III. t.. croyait main dans les attentats perpétrés (2). de le concert avec Las Casas et Worsley. Cette double machination avorta. signalait en il insérait dans les gazettes des notes où il lui l'ex-révolutionnaire et le tenant d'une vieille actrice. 10 septembre (1796) IvAULEK. Elle supposait que son recevoir. M'"'' se croyant menacée par l'approche des manifesta l'intention de fils. si nous ne pouvons et je mieux. une était for- note où l'expulsion du ministre de France mellement demandée.. 11 gouverne- savait que d'Antraigues avait reçu la il visite de saisir sa d'Avaray. Français. D'Antraigues riposta en préparant. D. moi je vous aime vous aimerai jusqu'à mon dernier soupir (1). plutôt toléré qu'accueilli par vénitien. en Valteline obtenir contre Maret et Sémonville Ne pouvant son renvoi.

fonctionnaire de l'ancien jadis régime. Le collaborateur avec lu (1) V. qui. Il plus fut l'interprète des injonctions et réussit à menaçantes du Directoire. consul à Naples. Louis XVIII de Vérone. officielle En lieu définitive la présentation qui avait eu la couvrait désormais l'adversaire militant de république. par sa conduite son caractère. Le Sénat éluda une réponse affirmative en promettant de négocier à Pétersbourg l'éloignement du soi-disant Russe.116 CHAPITRE TROISIÈME les Vénitiens désirant à la fois ne pas se brouiller avec la France et ne pas décourager ses ennemis. sa correspoudanco miiiislie des Ailaires étrangères . A trois reprises réclama l'expulsion de d'Antraigues (1). et ne permettait plus au gouvernement vénitien de céder. possédait plus d'autorité et inspirait de confiance. contre il faire éloigner Il agit le moins heureusement le serviteurque contre maître. III TRAVAIL A l'intérieur DE LA FRANCE (1793-1795) La en légation de France à Venise ne se trompait guère attribuant à les d'Antraigues un des premiers rôles parmi meneurs de l'émigration. Il fallut sa chute pour forcer au gîte l'hôte gênant qu'il avait accueilli. A ot Noël succéda Lallemant.

le futur auteur du poème de la Navigation. fit tenir entreautresle modèle d'unepétilion àCharlesIV. ou mémoires. (Vannelet à d'Anlraigues. il et.TRAVAIL A r. 23. 631. en hostilité ouverte avec guerre civile. les Pièces (2) Affaires de Corse en 1794.25 lettres 1" partie. vol. son imagination l'entraînant plus loin. en 1795 et 1796. L'offensive qu'il pouvait. il suggérait au prince de Condé de Delacroix.) Il s'inquiéta devoir lui auprès de Drake s'installer à Venise. voyait déjà les vainqueurs tendant les mains sur les bords de l'Ardèche et du Rhône à ses compatriotes. Cette la île.) Lettre de Louis XVIII aux agents de Paris (25 février 1796). F. F. Venise. était livrée à la y sou- tint de ses conseils les chefs du parti royaliste. 252. (A. et réussit à placer pour l'espionner Esménard. notamIl lui ment Buttafuoco.) 117 de Las Casas et de Mordvinov était avant tout et serviteur (1) ». destinée à être répandue dans oii les Corses dé- claraient se défier des Anglais et des Russes. p. principalement ses lettres des 23 floréal 2 prairial an IV. vol. serviteur de la monarchie française. France.. 2 juillet 1798. V. a jugé voir digne de la plus extrême confiance il On va dans quelle mesure se préoccupait de la justifier. II. dans relatives à la conspiration de Brotier. à la fédération de Ja- lès reconstituée.'[NTÉRIRUR DE LA FRANCE officiel ( I7. (A. Aussi se mèla-t-il d'abord aux affaires de la Corse. (1) — A. pouvait sans trop de témérité supposer une invasion lieureuse des Espagnols en Roussillon et en Languedoc.. en l'an les révolutionnaires avait seconder contre pour but les parties méridio- nales de la France. l'ex-correspondantde Rousseau.13-170:.) . l'île. il La guerre se faisant alors sur les Pyrénées. et solliciter la protection de la cour de Madrid (2). Il Convention. comme s'il eût été au lendemain de la se faire et victoire.

(1) V. Nous connaissons quelques-uns des agents qui tra- vaillaient sous sa direction dans cette contrée. qui pour d'Antraigues lui-même devait une leçon inutile . et faisait la guerre à des tés ombres aussi vivement qu'aux formidables le « réali» du présent. pour mettre à l'insolente suil prématie des barons. il oublia et perdit un portefeuille conte- nant la liste de ses principaux coopérateurs. son collègue aux États généraux. » Il n'avait point oublié et sup- posait encore possible dans l'ancien régime restauré le rétablissement des états provinciaux. Boudou. (1). Il l'ex-maire d'Arles. écrivait-il. D'Apchier devait amener avec lui sur les Pyrénées les officiers du régiment de Vivarais réfugiés à Constance. Elle est dite par erreur adressée au comte de^jla Chapelle. dans la Révolution française. IX. En s'embarquant pour Barcelone. afin de ne pas léser les droits de la noblesse. les réunir sous la Loys de la Chavanne eût voulu ses soins il main d'un homme placé par auprès du généralissime espagnol Ricardos. il commit et une de ces étourderies familières fatales aux émiêtre grés. une lettre de ce t. Ledit por- tefeuille fut porté au ministre de la république à Gênes. dernier à d'Antraigues. le marquis d'Apchier. son ancien homme d'afiaires. . désigné pour ce dernier poste un ancien et avait officier de gen- dai'merie. p. que vous serez pour maintenir fin la soumission et la paix. de Toulouse. utile « C'est là surtout. 83.us CHAPITRE TROISIÈME g-ouvernciir du nommer lui Languedoc. aussi priait-il sans sourire régent de ne rien statuer prématurément au sujet du Languedoc. Viguier.

L'ancien député de la noblesse se considérait en Vi(1) D'Antriiiyues au marquis d'Apchier. devenu évêque D'Antraigues la reçut et la parvenir entre les mains du pape. constitutionnel de l'Ardèche. et néanmoins il jugeait leur présence dans le Yivarais insurgé pro- pre à contenir les passions religieuses. f. qui n'attendait pour agir qu'un noyau de troupes réglées.. Les excès de la venla geance iraient à des bornes embarrassantes pour politique (1) ». Il )'avait rêvé. de Las Casas l'avait cru. à empêcher les protestants d'être victimes de la réaction monarchique. M..) . s'étonna do voir paraître tout à coup sur terre do France M. vol. M. Précis dévies opérations. et l'on niss. Après tous ces beaux projets. « 38. F.. 104. 634. la On été sacrifié. des mesures trop ostensiblement sévères. etc. qui avait réussi à muni d'une lettre du comte d'Artois. p. dissi- C'est du moins ce que raconte avec une joie non se glisser..TRAVAIL A L'INTÉRIEUR DE LA FRANGE et la (1793-1793) 119 mission de d'Apchier avorta ainsi dès le début. mulée Froment. mains de leur auteur qu'un résultat acquis ce fut la rétractation de son cousin l'évêque de Viviers.. fit Savines. camp de Ricarcourage D'Antraigues comptait avec raison que le des Espagnols dans leur guerre offensive serait doublé par leur haine contre l'impiété française. disait. . (A. sans magasins. cour de Madrid n'en l'avait pas douté. Ricardos à la tête d'une poignée d'Espagnols. 22 août 1793. Golovkine. les je ne vois guère entre .) — Fkoment. sans moyens de retraite. » (Souvenirs du comte Th.il. France. Ricardos avait sait tous les malheurs qui suivirent. avait rêvé dans son lit un grand rassemblement au camp de Jalès. dans le dos. C'est que le comte d'Antraigues. Il « ne faudrait pas contre ceux-ci.

Quelques ecclésiastiques se prêtèrent à ses vues. Il bords du Doubs trouvait là de nombreux réfugiés.120 CHAPITRE TROISIÈMP. Il débris de la Petite Vendée comtoise. Les patriotes de leur côté soupçonnaient sa main dans tout mouvement révolutionnaire. de ses collections. restait présent à pensée de ses compatriotes. dans une pièce officielle. et surtout de ceux auxquels d'affaires jusqu'à il s'in- téressait. de rechercher le sortdeses terriers. à défaut d'intrigues politiques. il dépêchait secrè- tement parmi eux un émissaire chargé de renouer. affirmait-il. et distribuèrent des brochures et des proclamations (1) « au nom de Dieu et de laYiergeMaric». vint alors secrètement dans la principauté de Neuchâtel. Mazon. de ses livres. En 1795. Un juge de paix en l'an YI désigne même il expressément. par M. 1^'" Lettre de Flauguergues. et se le figuraient volontiers caché au milieu d'eux. à la Chaux de Fonds. juge de paix à Viviers.) . (Ma- cantonales de Neuchdlel. à la de Franche-Comté et des cantons Suisses. ventùse an VI. l'asile où le suppose (1). 8 juin. (Gomm. varais et il comme un absent toujours à la la veille de rentrer. républicains ou royalistes. L'action de d'Antraigues se manifeste en 1795 la lisière Il sur un autre point des frontières françaises. et emporter le fort de Joux le gouvernement bernois lui avait promis. les munitions nécessaires. — Archives est signalée en juin 1794. et jusqu'au village des Planchettes. les fils de ses anciens sou- venirs. surprendre postes de la frontière. former en corps de troupes. sur les (2). depuis ses hommes la belle Henriette. voir se eût voulu les les .) (2) Sa présence à la Chaux de Fonds nuels du Conseil d'Etat.

Celui-ci put se un instant une Sauzay. sans perdre son premier caractère. . les transmettait à d'Avaray à Flachslanden bulletins . qui les communiquait au cabinet de Londres. Enfin il expédiait directement les instructions lui de Monsieur. le L'agence de correspondance montée par cabinet espagnol avait passé. au service du « régent de France ». et par Zug. d'appeler d'Antraigues auprès de croire J. 270-273. moins de combattre que de revoir leur patrie D'An- traigues disparut promptement du pays. et de- meurèrent exclusivement les serviteurs de Louis XVIIl. rédigées par lui sur des canevas dont on il donnait la substance . Un de ses premiers actes fut lui.TRAVAIL A L'INTÉRIEUR DE LA FRANCE (1793-179. mais devait faire connaître à Madrid toute la correspondance échangée entre Vé- rone et Paris. révolutionnaire (1) de persécution dans le Dou/js. où on le trouve au mois d'octobre. Monsieur venait de prendre ce nom avec le titre royal. après la paix de Bàle.Ï) 121 La Terreur était finie. t. et d'Antraigues. auprès des hommes mais officiellement. activité s'exerça d'une il revint en Italie. Il entre et Paris et Vérone. Brotier le et ses amis furent remerciés par ministère espagnol. En juillet 1795. intermédiaire de cette agence entre le devint Paris et Madrid. sauf certaines parties réservées il les envoyait en outre à Drake. reçus de France. qui y représentaient le secrètement. efficace à Son Paris manière plus même. Depuis quelques jours. Histoire sorte de la premier ministre. parti royaliste. les paysans fugitifs se souciaient (1).V pp.

annon- çait ses (1) vengeances sous le nom de justice. D'Anà donna certainement son concours l'élabo- ration du premier manifeste de Louis à ses sujets. certaines fois Oôservatio?is qui étaient à une critique de la politique et européenne. . Des corrections fort importantes de sa main existent sur (1). un projet de ce genre émané du cabinet royal Ces corrections atténuent ou suppriment certaines décla- rations qu'il désapprouvait. lorsqu'il prit théorique- ment possession de traigues la couronne de France.. vol. des brochures tionnels et jacobins étaient et oiî constituligne. F. les expressions de nature à blesser certains . des royalistes un anathème au nom purs. la seule constitution possible à octroyer aux Français. Tout ce qu'il obtint. tel était. moins les abus. mis sur môme la royauté. qu'il jugeait au moins imce fut prudentes ou inopportunes. Ces sentiments exclusifs étaient ceux de Louis XVITI. France. esprits ce fut l'assurance d'un pardon individuel à ceux des régicides qui rendraient des services im- portants. jugés pires que les Jacobins. aux constitutionnels de 1791. et une fois le texte définitif de la Déclaration adopté. surtout jeté. A. l'autorisation de retranclier. il le commenta la et le oii fit com- menter dans des factums. au lendemain Il du la 9 Thermidor. 639. L'ancien régime. dans l'édition la destinée à France. D'Antraigues sur ce point était d'accord avec son maître.i'22 CHAPITRH TROISIÈME avait publié l'année précédente. d'après ce manifeste. de la politique anglaise. se croyant près du triomphe.

et le roi. Quellen zur Ges- cliichle cler deiiischen Kaiserpolilik Osterreichs. août 1793 (dans Zeissberg. plus expansive. sance de son et pendant longtemps. Ne de fait. et sans succès. où lui le prince partait pour l'Allemagne insinué qu'il pourrait et d'Antraigues porter au oreille. longdéfinitive pas lieu. t. n'eut en finit Mordvinov par recevoir des lettres de créance à l'adresse de qu'il le Louis XVIII. appréciant d'autre part les démarches faites dans le môme (1) sens par le jeune duc Louis-Philippe auprès de 8 Thngut à Cobenzl. mais un hasard mit entre ses mains seulement dut apprécier les lendemain du jour . il pouvant être roi s'appliquait à obtenir. connaître à Vérone son désir de voir effacer les souvenirs récents et sanglants laissés par son mari. sur le le pousser. ayant aller fit les quartier général de Condé. temps retardée. La première tentative à laquelle d'Antraigues concourut eut lieu à Milan. La fit duchesse douairière d'Orléans. au moins en paroles. la seule préoccupation de Louis titre XYIII fut la reconnais- par les puissances européennes. auprès de l'archiduc Ferdinand (1). à Venise. restée en France. . p. quoique aussi peu sincère que les autres souverains dans son zèle pour les Bourbons. faute de mieux.TRAVAIL A L'INTÉRIEUR DE LA FRANGE (1793-1795) 123 La première. Cette démarche. la consécration de son droit. 320). dûment au- chemin de Vérone. Puis le prince songea à Catherine II. le Russe la sourde La seule reconnaissance obtenue alors par LouisXVIII se produisit sous les formes d'une réconciliation. Mordvinov venait justement d'acquérir en d'Antraigues un auxiliaire inattendu chargé de torisé. V.

l'Angle- terre et l'émigration française. craignant il les indiscrétions (2). 17 août 1795. d'un de ses hommes d'affaires. traigues eut la direction de ce service ses correspon- dants n'eussent pas voulu être en relations directes les avec conseillers de plus il Louis XVIII. Dans une lettre à Lemaître (10 octobre 1795). (3) f. en transmettant. vol. Catherine chargea d'Antraigues d'annoncer à son (1). vol. et Brotier avait cessé quelques mois la plume. les communications. qui fut interceptée etlue àla tribune. son ancien collègue. Despomelles auparavant de tenir s'était déjà depuis longtemps.424 CHAPITRE TROISIÈME II. cousin que tout était oublié L'agence Brotier fonctionna tant bien que mal au service royal jusqu'au printemps de elle 1797. (A. D'Antraigues à d'Avaray. le cas de Méjean. 360). époque où ses fut découverte. F. d'Antraigues parle de Gamon comme d'un homme qu'il dont il souhaite le retour au royalisme. dérobé Duverne de Presles. Tel paraît avoir été triote. mais n'a pas encore su parti. atteindre. son compaet de Madier de Montjau. 588. De en était d'autres. lefils de Gamon. 11 mai 1796.. 609. mais dont mesurait à son gré. sur la cour de Vérone (dans Lebox. France.) Bayard à Wickham. Jusqu'au bout d'An. p. trahie par un de membres.) . France. qui sié- geait à la Convention au milieu des Girondins et des Thermidoriens. Gamontravaillaitdéjà cependantpourle car la il avait facilité l'entrée et la diffusion en France de (3). 83.. (A. Compromis (1) (2) F. connus à les Vérone. première Déclaration de Louis XVIIÏ Louis XVIII à d'Antraigues.

J'exigeai qu'il me fit l'ordonnât par lettre toute écrite de sa utile. quelques semaines après le 9 Thermidor. enfin Louis XVIII. et désira bonne cause. les plus un des agents dan- gereux de la coalition. écrivait plus tard son correspondant. V. le conventionnel Louchet. homme m'ordonna le 14 janvier 1796 de lui écrire. « C'est un homme de génie. et cette guerre » serment impie « le prononcé dans la Chambre de traigues (1) la ». ce monstre a voté la mort de Louis XVI. cédait aux instances qui lui étaient faites. il m'écrivit. il le le 20 janvier 1796. avait rappelé la faite à la « guerre implacable selon lui datait du Révolution.). je refusai de lui ré- pondre.TRAVAIL A L'INTÉRIEUR DE LA FRANCE par la découverte de cette pièce. mon maître. (A. il parut déchiré de remords. l'aurait Il a été moins pourtant qu'il ne pu (2). récla- mant le maintien du régime terroriste. Trois mois après. son nom figurait sur les papiers suspects trouvés chez Robespierre. d'Antraig-ues passait pour il (i7'. » On ne peut que conjecturer les tentatives faites alors à la pour ramener (1) monarchie certains autres conven30 juillet 1739.)3-179o) 125 protesta bien haut. Lettre de Campos du les papiers trouvés chez Robespierre. main. croyant que cet pouvait lui être utile. . ou" servir la en le semblant. et entrait en relations directes avec Tagenco de Venise. (2) D'Aulraigues à Thugut. noblesse par ci-devant comte d'An- Gamon 1789 affirma solennellement avoir en- couru depuis la haine de son compatriote et ne il pas devoir cesser de la mériter. mais un cœur atroce. pièce L. 3 juin 1798 dans Courtois. Rapport sur Moniteur du 3 fructi- — dor an II. Un il an après ce fit forfait.

Vendée. mais ses sympathies les moyens Par ses soins agents de Paris établirent des communications directes avec Charette. triomphante sur toutes ses frontières. et l'Espagne qui. comme que duc de La Vauguyon auprès de Louis XVIII. et derrière ceux-ci. La Vendée étail un champ où l'on pouvait encore nuire à la république. le cabinet britannique. dévoué intérêts de l'Espagne. D'Antraigues. Londres? A côté des deux princes s'agitaient deux il- lustres faiseurs.126 CHAl'lTRI^ TROISIÈME tionnels. aux Tout au plus disait-il l'Angleterre pourrait être utile à ceux qu'il soupçonnait d'être sous la et ses main des Anglais étaient ailleurs. lorsque le mieux l'expédition de Quiberon . sur la demande ils des chefs vendéens. en faisant la paix avec la république^. Serait-ce l'Es- comme le voulait Louis XVIII? Serait-ce l'Angleterre. comme le voulait le comte d'Artois. en établirent en dehors de avec l'Espagne. Vérone lui. qui se préparait à jeter les émigrés sur la côte de Quiberon. fut. Pour y paraître. désastre fut connu à en Vérone et à Venise. et ils donnèrent et la la facilité d'en ils établir de directes entre aussi. les Bourbons avaient besoin d'un secours étranger. tels que Tallion et Cambacérès. . avait gardé Charette comme le « dessous de cartes d. Sous cette double influence. contrarièrent de leur puis. là d'Antraigues. réfugié à pagne. On sait mieux ce qui fut fait en vue d'établir des relations suivies avec iCS royalistes de l'Ouest. ici et là on chercha à faire : peser sur Puisaye la principale responsabilité « Quand un . dans cette lutte d'influence. ici Puisaye.

vol. d'autant plus qu'en voulant faire le héros doit faire oublier que le moment d'avant il était moucheur un drôle de chandelles. victime de ce conflit. (A. écrivit d'Avaray. la fin Vers de 1795. — {B. pourvu qu'il s'il put défendre sa cause. D'Antraigues en sorte d'être l'intermédiaire unique. qu'un chiffon de d'An- D'Avaray à d'Antraigues. rone (1) : « Je n'ai jamais reçu. F„ France. 31 août 179o. et se disant toujours content. et pour qu'on n'en doutât pas Cette correspondance était à citer et à retenir. l'adversaire impitoyable du second. D'Autraigues à d'Avaray. 521. Devant ses juges. M. Papiers de Puisaye.TRAVAIL A L'INTÉRIEUR DE LA FRANCE (1793-1795) 127 misérable intrigant entreprend de monter sur un grand théâtre. 83. se voyait octroyer en même et temps par Louis XYIII un brevet de généralissime le par comte d'Artois un brevet de général en chef avec lui : que trois autres partageaient d'ailleurs. » Etd'Antraigues de répliquer en promettant d'écrire en conséquence aux agents de Paris : «Ah! fiez-vous à moi. Charette. et le oii d'Antraigues sera.) .. il faut qu'il y joue un grand il rôle . 588. cette d'accord avec premier. les espérances du cabinet royal fit se concentraient sur Charette. vol. LXXXV. indispensable entrelechef vendéen et Louis XYIIL Ici encore il y avait lutte d'in- fluence entre la coterie espagnole et la coterie anglaise. f. f. en vue du et conflit qui renaîtra treize ans plus tard entre Puisaye fois^ d'Avaray. » qu'il est réellement.j'ai fait pour fallait ma consolation tout ce qu'il pour le rendre ce (1). 27 août 1793. au- dessus de ces misères. Pour Puisaye. à qui il Le comte Joseph de Puisaye est faut casserle col. n'était interrogé pas en correspondance avec Védit-il.

je l'Angleterre et elle l'a ne l'a pas voulu lorsqu'elle le pouvait. On pêcher d'agir. quoiqu'il dit le la jalousie de ses entours n'a jamais permis que d'autres membres de sa famille y allassent. avec de des intrigues. que j'étais seul correspondant près Louis XVIII. Nous ignorons si. et fut brisée par la capture et l'exécution Dix ans plus tard. . et saisis sur mon ami son le imprimés. comme on Charette fit passer par la voie de Ve: nise d'assez dures vérités à son maître mais nous savons lui que d'Antraigues avait imaginé il de envoyer un homme tint à sa dévotion.). de Ciiarette. et qu'il attendue. Cette nouvelle intrigue se quelques mois à peine. On a vu par général Charette. Ja y eut davantage. plus. plupart nous l'a dit. on fausses promesses et a trompé. on a égorgé. jamais voulu y et aller. Oui. et a vu que je n'ai pu y faire agir ni emTa que j'ai prévu sa mort. royauté qu'en Vendée salut . auquel aurait lui-même donné sou- des lettres de créance. (1) Mémoire du 16 novembre 1804.428 CHAPITRE TROISIÈME » Il Iraigues. l'intermédiaire de cette inutile cor- respondance revenait avec amertume sur ces affaires. Louis ait tenté lorsqu'elle ne le pouvait XVIII n'a contraire. sachant qu'elle arriverait. « ne restait d'asile à la eût pu en devenir le le dis. tout ce parti de la les papiers Vendée. et tristes pour accuser les : maladresses Il et les hypo- crisies du cabinet royal . au prince Czartoryski (A P. Enfin. ce moyen on ne l'a pas voulu. une série de lettres dont sont parvenues. mais ne voulant » plus vivre dans un sièclequ'il avaitapprisàmépriser(l).

le sans-gène de ses procédés. la facilité de plume. sentiments haineux et vindicatifs. elle résu- mait dans ces mots les pensées que cet enfant toujours ingrat et toujours aimé lui inspirait : « Il n'y a que . et. au milieu de vaincus dispensés et démoralisés. un vaincu. non du courag-e ou de l'éloquence. de savoir reconnaître ses lui comme pour donner l'exemple. au su de ses démêlés incessants avec ses supérieurs et ses inférieurs. et voulait s'expliquer le expliquer à lui-même nombre et l'achar- nement de ses ennemis. Sa mère seiller était pour lui un censeur sévère et un conet impatiemment écouté. l'exagération de ses opinions et la vivacité de sa polémique. d'aimer la paix.D'ANTRAIGUES ET SES ENNEMIS 129 IV D ANTRAIGUKS ET SES KNNEMIS L'envie s'attaque promptement et avec succès aux dominations qui sont le fruit. D'Antraigues avait pour lui l'activité. indulgence égoïste pour d'indignes admirateurs. Manque de franchise de sang-froid. plein de confiance et d'illusions. mais de l'intrigue. il avait contre lui sa suffisance. l'im- puissance finale de toutes ses tentatives. torts. une réelle dextérité d'autant plus qu'il était à s'imposer aux hommes. elle notait ainsi tout et lui cela dans son fils. Elle lui demandait.

se sont crus ainsi destinés à relever le trône D'Antraigues avait à son service un et cela incontestable talent d'écrivain. propres par conséquent à discréditer également sa personne et son parti.. selon l'interlocuteur ou le correspondant . et écartait de son ou brisait quiconque. et d'Antraigues. lui. et ce que : pour vous depuis votre naissance je vous pardonne de tout mon cœur. qui tenaient à sa position et aussi à son caractère. d'hommes plus naïvement les lettrés infatués d'euxpartis- mêmes que Il mêlés aux entreprises des leur suffit d'avoir parlé éloquemment des restaura- tions ou des révolutions dans le passé et dans l'avenir pour croire de les faire. qu'ils les ont faites ou qu'ils sont capables Au sentiment excessif de sa valeur. on le sait. étalés ou mal dissimulés. »Mais elle était la seiile à pardonner.130 CHAPITRE TROISIEME fait Dieu seul qui connaisse tout ce que vous avez contre moi depuis que vous avez j'ai fait et souffert l'âge de raison. Dans ses relations quotidiennes. d'Antraigues joignait certains défauts. dans la situation à la fois importante et équivoque qu'il s'était faite. du jour au lendemain. pour peu qu'ils eussent d'argent à leur portée ou d'hommes à leur ! suite. n'y a pas. suffisait 11 à lui persuader ses aptitudes d'homme d'État. même à Venise. avait attiré sur sa tête bon nombre d'inimitiés qui ne désar- maient pas.. voulait agir en dehors de Combien d'émi- grés. Et comment en eût-il été autrement?Il avait concentré les affaires avec affectation dans sa main toutes parti en Italie.

au de moins à demi voix « S'il fallait faire le sacrifice . On : lui attribuait ce mot « Je serai le Marat de la contretêtes et celles des » il révolution . Non seu- ne démentait pas ces paroles. L'écrivain rable. de raconter même cohime un trait de génie quelque d' autrui. l'homme contrariait en lui le politique. et n'exposait point au feu cette croix de Saint-Louis conquise uniquement à la pointe de sa plume sur un roi plus sensible aux phrases bien tournées qu'aux vertus guerrières. il déclarait que le plus le grand crime de la Révolution avait été commis non le 21 janvier 1793 sur la place Louis XV. Il comme l'homme était facilement vulnéses avait d'abord une tendance à exagérer opinions royalistes. ses petites habiletés. En 1793. Par certains côtés. il s'écouter leur désir de convaincre les continuait à se tenir loin des baïonnettes républicaines. à faire valoir ses moyens ou à en déguiser la faiblesse. je ferai tomber cent mille les modérés comme Montlosier lement il premières. dans un entretien ou une lettre. à répliquer aux menaces jacobines par des menaces en sens contraire. lui fallait être également habile. dans ses Observations sur la conduite des puissances coalisées. ne pouvait se dé- fendre de faire valoir son crédit. mais : disait. Il il était indiscret ou réservé à outrance. mais 23 juin 1789 au Jeu de Paume. Il piège tendu à la crédulité ou à la vanité était de ceux qui confondent avec leur complaisance à autres.D'ANTRAIGUES ET SES ENNEMIS 131 auquel il avait affaire. Enfin. Au milieu des séductions il de ses manières et de son langage.

la Con- vention et la république. l'opinion en joignait d'autres. il n'y aurait pas à hésiter Il (1). mss. » avait.. pour discréditer. celui de la mystification. quer sous son propre nom.) . n'auront datée de 1796. Mémoires seerets. Add. Le genre auquel appartient cettepublication consiste àplacer sous un nom contemporain. A ces reproches. son souvenait-il écrivait et je manque de désintéressement. au même degré que le goût de l'exagération. faute de preuves. 8035.l'^S CHAPITRE TROISIÈME vingt millions de Français pour établir la monarchie sur les deux ou trois millions qui restent. se plut à l'employer contre la Révolution. vous leur ferai des histoires qui ni (1) MoNTGAiLLARD. au devant desquels il courait étour- diment. plus ou moins ironique de senti- ments qu'on estime inutiles ou dangereux à communi. fondés. f. Ne de : se lui plus ce que la Saint-Huberty un jour « Prête-moi un peu de ton toupet. vrai ou supposé. Certain qu'il fit Rapport de Saint-Just imprimer en 1794 en est la preuve. sur des indices sérieux. comme le les patriarche de Ferney s'était caché derrière le docteur Akakia et Jérôme Carré. l'expression plus ou moins voilée. 62. Ce genre n'était pasnouveau Voltaire en avait usé et abusé dans sa guerre de phlets contre ses pam- ennemis personnels D'Antraigues et contre la reli- gion chrétienne. Ses correspondants ou ses subordonnés accusaient tout bas son manque de véracité. par soi-disant aveux d'un député montagnard. 89. — Note (B_ M. et se cacha derrière Saint-Just. p.

Il maniait et beaucoup d'argent. a Notice sur les généraux Pichegru Moreau. On signalait son écriture presque illisible.D'ANTRAIGUES ET SES ENNEMIS père ni 133 mère (1). (1) ("2) De Concourt. la Sainl-Hiiberii/. pliquait ap- à sa façon le précepte évangélique. confiait Il disposait des sommes qu'on lui le sans se soucier d'en rendre compte par menu. S'il n'avait ja- donnait quelquefois de sa poche c'était aux émigrés pauvres. l'on tenait pour un signe d'hypocrisie ou d'impuissance rile réelle l'abondance sté- de ses confidences épistolaires. I. Verlraii- liche Briefe des Freiherrn von Thugut. ses mots tracés involon- à la hâte et inachevés taire comme un témoignage et de dissimulation. « faiseurs qui ont toujours. pour une glose ingénieuse et romanesque du Moniteur ou d'autres papiers français (2). 139. » Tel de ses bulletins passait aux yeux des gens méfiants pour une faits collection do inventés. n'est pas tout : Ce on le soupçonnait d'être de ces d'eux. devinés ou puisés à des sources sans valeur. laissant toujours ignorer à sa main droite ce que sa main gau- che avait donné. (3) p. 27 novembre 1794 (dans Vivenot. comme disait l'un abuser un œil sur le papier et l'autre braqué sur le coffre-fort du gouvernement qu'ils veulent (3) ». louis p. opérait des virements dont sa bourse mais à souffrir. et Fauche-Bokel. sait à la caisse royale comme un il prêt qu'il fai- et dont se remboursait avec usure (4). 119. p. recevait de plusieurs mains. 157). Thugut à Golloredo. t. (4) Je leur ai donné depuis 1791 jusqu'au 1" janvier 1798 1G23 .

France. avec bon nombre d'agents fini mystérieux comme Il d'Antraigues avait par s'aliéner presque tous les chefs apparents et importants de son parti. après avoir épuisé les prétextes et les délais. ne croyaient plus à une restauration possible de Louis XVIII. dans les rangs de la légation russe. Azara. c'était Mallet du En Pan . s'étant De nombreux Ne travaillant pas au grand jour et commis lui. Maury.131 CHAPITRE TROISIEME Comment on lui s'étonner dès lors qu'il ? ait inspiré peu de confiance aux étrangers A Vienne. t. 96-97. pp. les « à lui lorsqu'il stigmatisait les ». A. qui gémissaient sur la « folie de Vérone (1) » et qui. de jésuite. croyant encore à la monarchie. 1«'' septembre 1798. A Venise même. Lally-Tollendal. 594.. c'était le groupe qui suivait Malouet. chienne. — II. et écri- romanciers brochuriers incendiaires « vait en propres termes: On devrait comprendre que d'or. Montlosier. le gouverneur-général Lasle cy flairait quelque chose de louche dans verbiage de ses lettres. en Angleterre. Mallet du « Pan pensait ». Ceux-là accusaient l'influence néfaste du faiseur de Venise. Mémoires correspondance. » (D'Antraigues à vol. vieux voltairien. F. on l'a vu.. A Barcelone. royalistes faisaient écho à ces plaintes. y avait d'abord au loin les modérés par principes ou par habileté. 384. et ne l'admettait qu'à regret. Suisse. ïhugut dénonçait la avec raison un ennemi de politique autrile qualifiait A Rome.) et Mallet du Pax. Mordvinov redoutait cet auxiliaire incommode. (1) f. ..

F. s'obstinait à vouloir étayer sier écrivait à la un monceau de ruines. Lally enfin désignait d'Antraigues comme un Le des obstacles à tout accommodement avec mieux les maîtres de la France (2).) Je le Défense des émigrés français de Lally gues fait allusion. 594. » Il lui était pénible de s'entendre demander des faveur un conseils qu'on ne suivait pas. lui disait-il. d'Antraigues il moi. Montloadresse une brochure intitulée et même : Des effets de la violence de la modératlcm dans se les affaires de disait-il. si France de tels » On hommes « demande quelquefois. Ayant à : féliciter un écrivain royaliste d'un de ses ouvrages « Si le roi. presque dure. c'est à . a gardé jusqu'ici le silence.D'ANTRAIGUES ET SES ENNEMIS la confiance et à 13a ne peut être commune à M. lettre à du moins ce qu'affirme d'Antraigues dans n'ai une Maury du la 6 février 1798. sont atroces. (A. faut jeter les miennes au feu sans les lire (1). France. sous prétexte de reconstruire l'édifice monarciiique. Mémoires C'est et Correspondance. p. vol. publiciste ainsi accusé rendait de son cette hostilité à ses accusateurs. qui. et si l'on entend suivre ses directions. mais penche néanMontlosier s'é- moins vers les nouveautés politiques.. et de voir en homme qui. 171. ou simple- ment imprudents. II. au lieu de rendre justice à ce servi- (1) (2) Mallet du Pan. d'être regardé » tant plaint à Vérone lui fit comme un suspect. t. cause de vos louanges à Mallet du Pan cet homme n'est sans doute pas enil tièrement dévoué aux Jacobins. d'Antraigues par ordre une réponse hautaine. pas retrouvé dans passage auquel d'Antrai- .

MoNTGAiLLARD. le laissait sous le coup d'une clémence dédaigneuse (1). Servant deux souverains. se regardait d'abord. au contraire. comme Esqu'il pagnol.) 72. f. le Comte de Monllosier. vol. . Il était il en revanche telle affaire. D'Antraigues à Godoï (1795). il lui faisait hommage d'une boîte plus ou moins authentique ayant appartenu à une vic- time de la Révolution. (A. d'Antraigues tirait avantage de sa position équivoque. pauvre et tou- jours incertain du lendemain. p. qu'un dévouement Il diminué à l'autre.— Cf. Contre ses ennemis de tout bord. à des rancunes provoquées par ses allures blessantes et son désir de rapporter tout à lui.. sous prétexte qu'il devait craindre les indiscrétions. On a déjà vu l'attitude de Goujon et de l'abbé Dufour. 88. sijepuis de moitié à l'un et dire. en vertu de sa situation officielle. il ne donnait. Frmce. qui convoitait encore la direction exclusive des royalistes dans le Midi. quitte à se souvenir aux bons était moments vraiment né Français.136 CfîAPITBE TROISIEME leur capricieux. pour se faire bien venir du premier. ne put supporter longtemps longuement auprès de Las Casas. il était aussi en butte à des inimitiés sourdes. F. telle correspondance dont ne daignait pas instruire Louis XVIII. et ne se savait pas sa desservi auprès de tutelle et l'accusa lui. car Charles IV régulièrement . Aussi. l'archevêque d'Arles (2). mais fidèle. 634. servait un souverain sans couronne. Mémoires secrets. il et le payait à Vérone. était roi. Froment. Puis à roccasion il fai- (1) (2) Bardoux. Parmi ses auxiliaires immédiats.

les plaît. Ma foi.. me l'a : écrit cinq fois de sa il main. à Brotier. disait-il un jour à Flachslanden. par de menues attentions ce qu'il appelait sa et flattait petite vanité.. mais de ce côté il ne s'abandonna jamais. cette défiance. dû en adoucir rois n'ai- certains termes au passage même déchus.. On lui savoir un jour de Vérone qu'un mémoire do Brotier était rédigé avec une sincérité trop rude. les et il ne faut pas se lier d'avance mains. soit par les tions de ses envieux. îa. Quel reproche singulier fait-on à cet homme roi de suivre les ordres du roi littéralement il ? Le m'a ordonné de lui tout dire. D'Antraigues au baron de Flachslanden.. car y a telle circonstance où nous pourrions être bien aises de retirer cette correspon- dance à nous-mêmes. 589.. février 1796. En répondant il faut accabler d'Antraigues d'éloges. qu'il aurait . (1). fal- adoucir. f. vol. Ces moyens en dessous me paraissent plus dégoûtants encore que la Révolution... (1. il machina- ne garda pas longtemps la con- Louis XVIÏI estimait ses services économiques.. » Soit par l'effet de ses défauts. et survint dès le D'Avaray partageait premier jour pour battre en brèche (1) un 11 rival possible.) . fiance. ment entendre que ce qui leur € Et lui de riposter: Je voudrais voir ces messieurs à Paris échappés de guillotine la comme Brotier et voir leurs raisonne- ments. France. il mais ne rien dire de bien positif. et quand on lui dit tout lait C'est trop fort. je ne suis pas un enlumineur.D'ANTRAIGUES ET SES ENNEMIS sait étalage 137 fit de son absolue franchise.. F.

à la place du duc d'Havre (1). Un peu plus tard. mais était présenté tout bas à son faire ren- maître comme un serviteur incommode. traigues était averti de ces l'engageait à s'y menées par Las Casas. accorda : une pension et des éloges au secrétaire renvoyé lui « Le roi et moi. secrètement sollicité par d'Avaray. qu'il savait médiocre et inoflensif.. du probe soustraire et avenir en avait l'oreille Angleterre. fùt-il loin comme Puisaye. cher- cha d'abord à exiler d'Antraigues à Madrid en qualité de représentant du roi. il Quand lui fallut porter devant Louis XVIII sa misérable parut l'approu- querelle avec l'abbé Dufour. donnons extérieure- ment toute espèce de (1) f. raison. bon à trerdansle néant dès qu'on n'en auraitplusjbesoin. vol. parce qu'à Paris et en Venfût le canal il qu'il des communica- Vérone. fùt-il de Monsieur. F. au contraire. (A. mais le jugement à porter France. Il se soutenait parce qu'on avait besoin de dée on tenait à ce tions avec lui. le prince ver. et dont il sentait grandir la faveur.) .. lui semblait avoir usurpé à son détriment cette place de conseiller toutpuissant et intime qu'il convoitait. 3 février 17'J4. heureusement il et loyal baron de Flachslanden. qu'iljugeait prétentieux et incapable. écrivait d'Avaray.138 CHAPITRE TROISIÈME sait On que ce personnage. D'Avaray à d'Antraigues. n'a jamais supporté qu'un près comme La Vauguyon. 630. Il eût quelque influence sérieuse sur son maître. 87. il fit valoir contre lui les lettres àLemaître D'Anqui surprises et lues à la tribune de la Convention. puis. D'Avaray. ami sincère mais exclusif autre.

et Louis XYIII lui disait: « Vous m'avez rap- porté les choses comme vous les avez vues. L'agence Brotier avait mis entre ses mains undossier de la plus haute importance.) . avec mission de traigues. paraît-il. entre autres Il les transmettre à d'An- tenait à conserver à l'his- son plan de défense de Louis XVL que le s'y trouvait aussi. et je crois que vous avez bien vu.. et le » Saint-Priest se défiait aussi lui menagait de cesser avec toute correspondance.D'ANTRAIGUES ET SES ENNEMIS serait trop sévère. l'écart ses petits papiers. vol. f. 011 l'on 139 dans les circonstances comme celle- a besoin des grands talents qu'a malheureu- sement cet et homme.. 10 août 1798. 8 octobre 1796. F. et aussi par des avis précis de Las Casas. dans l'intérêt de ses ambitions royale re- cachées. » Flachslanden lui-même. Ce magistrat avant de mourir avait pu confier à une de ses amies. d'Antrai- gues se taisait. trois énormes portefeuilles papiers contenant les de Malesherbes. M™" Blondel. C32. (A. vol. et ci.) D'Antraigues à Maury.. deslettres attestant comte de Provence avait. certaines pièces qu'il toire. France. 594. de son neveu. 3o8. desservi. 143. puis convenait de la vérité de ses propos. l'ac- gourmandait l'accusateur verbalement dans le tête-à-tête et par lettre. Ainsi averti par maint indice. peut-être trahi la cause présentée par son frère.. tout ce qu'on peut faire est les drôles et de se intri- prévenir gants armer en secret contre (1). en entendant Froment cuser. (1) On voit d'ici l'avantage que — D'Avaray àCrussol.f. du sort qui mais préparait à l'attendait. (M.

^40 CHAPITRE TROISIÈME à d'Antraigues pouvait en tirer prince devenu roi.) — Dulaure. 1815. Cette arme. malgré ses me- naces répétées de s'en servir. est difficile d'ajouter foi à ces allégations les régicides. au moins entre le comte de Pro- vence et le roi. Il il l'a laissée dans le est certain que Louis XVI et ses frères. eurent un système différent de politique contre-révolutionnaire. [Monileur du Causes secrètes des excès de la Révo- (1) Lettre de 30 germinal an VI. chure inspirée par Napoléon. etrédigéeparDulaure Les seconds accusaient tout bas ce conspirateur sourRousseau au rédacteur du Moniteur. ill'a souvent brandie sans jamais en blesser cependant son royal maître. broeh. durant lesCent-jours dans certaine bro(1). in-8 de 144 p. . jusqu'à sa mort. et par les émigrés pour qui le comte de Provence était un dépositaire tant soit peu infidèle de la pure doctrine monarchique. et prétendirent agir chacun à part. puisque. elles ont été surtout répandues par désireux d'atténuer leur responsabilité en étendant le nombre de leurs complices. lution. l'occasion contre ce était Ce legs d'un ancien ami une arme propre à servir sa vengeance en cas de disgrâce. fourreau. Paris. On en est venu à supposer que à la fin le pre- mier n'était Il pas étranger même tragique du : se- cond. Les premiers ont apporté leurs dénonciations dès l'an et les répétaient VI avec le député Rousseau. était On a voulu en conclure que cette divergence née d'une antipathie personnelle. et on serait tenté de pen- ser qu'elle n'était point aussi redoutable qu'il voulait bien le dire. après 1789.

.D'ANTRAIGUES ET SES ENNEMIS 141 nois qui avait poussé et sacrifié Favras. eussent apporté un élément solide. peut-être aussi. D'Antraigues savait évidemment la vérité à cet égard peut-être. pleuré hypocri- tement Louis XVI et surtout Louis XVII les papiers . à la discussion d'une question qui appartient encore au domaine de la légende. authentique. dans laprofondeur de son ressentiment contre lui. s'est-il abstenu de révéler l'inanité des accu- sations. par respect insurmontablepourla royauté. . Il est fâcheux que de Malesherbes aient été détruits ou n'aient ils pas été retrouvés jusqu'à présent. n'at-il pas osé dire dans quelle mesure le roi était coupable .

I .

. Publication de la conversation le D'Avaray décide la dis=ISFructidor. dans lesÉtats pontificaux. Entrevues de d'Antraigues Colère de Boet du général en chef. — D'Antraigueset : La Vauguyon. — Bernadotte et Mordvinov. Le général Boulard. — Préparatifs — Sortie de Milan. — La conversation avec Montgaillard. La Saint-Huberty et M™« Bonaparte. Ses menées auprès de d'Antraigues. — Ouverture de son portefeuille. — D'Antraigues déclare son mariage. — Son entrevue du l"juin avec Bonaparte. les — Ce qu'on pense au loin du prisonnier : Louis XVIII. dans français. ministres Delacroix et Talleyrand. naparte. Lettre à Boissy-d'Anglas. — Caractère probable de cette pièce. naire russe ? émigré français ou fonctionau dehors. Montgaillard (1796). — Son arrestation à Trieste. D'Antraigues à Vienne. et d'être élu aux Cinq-Cents. La conversation du 4 décembre 1796. — est conduit à Milan. — — — D'Antraigues guetté par Ville— Sa fuite do Venise devant les Français.CHAPITRE QUATRIEME D'ANTRAIGUES ET BONAPARTE I. de près avec Kilmaine. est-il La captivité. — — D'Antraigues — Ses réclamations. L'évasion. D'Antraigues menacé par Bonaparte. L'arrestation. — — — — . Montgaillard son passon arrivée en Italie. sé. Départ de Montgaillard. La disgrâce. — Elle est envoyée à Paris.— Accusations de Montgaillard Ses efforts pour grâce de d'Antraigues. tard. Comment il est traité par l'empereur Paul I" et l'ambassadeur russe Razoumovsky. Le porteteuille (1797). ses protestations — — — — — IV. Entretien avec ce dernier. D'Antraigues s'abouche de loin avec Carnot. — Comment son auteur est traité par Bonaparte. Son refus de l'cntrer en France. camp — — — — II. Il III. le — Intrigues à Naples. — Louis — XVIIl quitteVérone. d'évasion. se l'éconcilier avec Louis XVIII Ses rapports avec La Fare et le cardinal Maury. — — .

celui qu'il recommandemeura des dait encore en partant au ministre russe ses intérêts. sement repoussées. Bonaparte y remporta ses foudroyantes victoires le Piémont fut contraint à lapaix. la Lombardie conquise. transmises par Mordvinov. 279). lui. Au premier moment. un émigré gascon. sommé gouvernement lui-même sous coup des passer en injonctions françaises. .144 CHAPITRE QUATRIÈME MONTUAILLARD (1796) En 1796. dut quitter Vérone Allemagne. Autour d'une révolution. Louis XVIII. furent dédaigneules Alpes. la plupart des états italiens furent et menacés de l'invasion de s'éloigner par le et le de la ruine. chargé de faire valoir tant auprès Français émigrés que des ennemis publics ou secrets de la France. p. taire On lui adjoignait seulement comme secré. (1). sur les conseils de d'Antraigues. Le prince passa sans bruit et son principal agent en Italie. vénitien. l'Italie devint le tiiéâtre et la principal do la lutte entre le Directoire coalition européenne. Marrenx de Montgaillard (1) Louis XVIII à Mordvinov. . mais celles-ci. il accouru en toute hâte près de avait cru possible de résister ou tout au moins de faire ses conditions. 20 avril 1796 (dans d'HÉRissoN.

L'enthousiasme catholique à exploiter en Italie lui semblait bon comme en Espagne. et vont de 1796 à 1S03. et appuyés par cours deNaples il de Rome. qui en France voulait alors faire des prêtres les miss'attachait volontiers sionnaires de la cause royale. main- tint ainsi la cour de Naples dans les rangs de la coali- tion (1). devenu de Louis XVIIL il souhaitait alors. et eût voulu provoquer un retour les offensif des Autrichiens. et conduite par secrétaire de la légation napolitaine à Venise.iMO-XTGAILLARD (1796) -145 homme laborieux et honnête. et. avec le duc de le principal conseiller Il La Vauguyon. D'Antraigues la vrit. octobre 1888). Depuis la mort du baron de Flachslanden. il non content deluiexposcrses spéculationspolitiques. Depuis Tannée précédente. d'Antraigues correspondit activement. dans les voies de la résistance à outrance. donnant par là à la lutte la couleur d'une guerre de religion. fit découet désavouer le négociateur parla reine. le comte Boulay de la Meurtlie a publié à la suite de son travail presque toutes les lettres de Marie-Caroline à d'Antraigues conservées aux Archives des affaires étrangères. (1) BouLAV DE LA Meurthe. Elles sont au nombre de quatorze. la poussait Une négociation la secrète en vue d'un arrangement avec le roi le république avait été entamée par Ferdinand à l'insu de sa femme. Quclc/ues lettres de Marie-Caroline dans la Revue d'histoire diplomatique. M. lu . avait acquis la confiance delà reine des Deux-Siciles. et sur le ton de la conflance. Il eût voulu profiter de cet incident pour hâter la forle mation d'une ligue austro-italienne où devait entrer pape. qui (levait occuper ce poste jusqu'en 1802. et Louis XYIII. Marie-Caroline.

« f. 8 octobre 179G. le reste de la nation. 4° édition. était naturel de vouloir tenterle vainqueur d'Arcole. France.) 2" octobre 17'JC. qu'on répandit comme l'œuvre du cardinal Bor- gia (1). ce qu'écrivait Cacault à|Bonaparte le 2:2 septembre . depuis peu le plus illustre et déjà le plus puissant. France. D'Antraigues n'était pas plus heureux dans ses essais pour débaucher les troupes françaises.) (2) Louis X VIll à d'Antraignes.) Cf. D'Antraigues à La Vauguyon. F. Il même une fait réponse crut avoir beaucoup en se pro- (1) 634.. Louis XVIII et le duc de à La Vauguyon envoyèrent l'agence de Venise l'ordre formel de s'aboucher avec Bonaparte et ses principaux lieutenants (2). et on se promettait de grands Il résultats de cette négociation. F.(A. L'année précédente partie avait été liée avec Pichegru sur le Rhin.» (Dans Dahu. t. D'Antraigues rédigea donc un appel à la guerre sainte. 113.lir. VIII. — Les fous appellent celte ligue la dernière ressource de l'Italie. p. 229. de gré ou de force. Histoire de Venise. C'était une idée arrêtée chez les chefs de l'émigration qu'ils ne viendraient à bout de la Révolution qu'en attirant à eux les géné- raux républicains. vol. .. CHAl'ITllI': QUATRIÈME devait lui procurer à une combinaison dont la le résultat reconnaissance de son titre de fils aîné deFEg-lise par Pic YI. mais avait affaire à un homme trop confiant dans sa propre fortune pour obtenir de lui quelque promesse ou à ses insinuations. Oû'j.(A. Mais en quelques semaines tout fut changé par le traité que la cour de Naples subit à Paris môme (10 octobre 1796). ceux qui leur donneraient lesarmées. vol. et par les armées. D'Antraigues était fait mieux que peril sonne pour semblable besogne.

le mûiiio au même. jamais. » Mais déjà d'Antraigues relations avec était entré contre son gré en l'homme qui devait se jeter à la traverse vis-à-vis de ses desseins et le compromettre il de tous.) Un autre extrait de cette correspondance. qui nous était déjà connue par les Mémoires i'u-és des papiers dun hoiivne cVElat. elles apportent quelques échos des conversations de Bonaparte. a passé dans une dépêche de Mordvinov à Osteriuan. l'entrevur de Donupartc à Bologne avec le ministre prussien Luccliesini. ajoutèrent « Il nous faut. et signée Montgaillard. 13 octobre 1796. : » lui fut-il si répondu.. une . 634. révèlent par conséquent ses sentiments et ses espérances les : « Rappcllorez-vous général autrichien et d'autres Bourbons? lui aurait dit un jour le Clonard. Les lettres de Boulard ne nous sont connues que par de rares extraits communiqués depuis à d'autres par d'Antraigues . {kl. vol. (A. jadis avocat dans une bourgade du Vivarais. France. — Non. plus long et plus curieux.) Cf.MONTGAILLARD (1790) 147 curant et en se conservant les moyens de l'aborder.M. Boulard utile n'était avoir surpris point de Fétat-major de Bonaparte. race nouvelle qui nous doive le trône l'ancienne nous exterminerait (1).F.. vol.tilO. mais être en ce moment décourage (1) D'Antraigues à La Vauguyon. nous avons un prince. . En mars 1795^ avait reçu une datée de Rheinfelden près Bàle. lettre amis et ennemis. avec des détails nouveaux. 1" iiuirs 1797 (A. mais il parait à l'adjudant-général Marmont plus d'une information * . alors général à l'armée de Bonaparte. L'auteur disait avoir servi le roi jusque-là de son ar- gent et de sa plume.) On y trouve racontée. Tout se borna à une correspondance avec un sien compatriote nommé Boulard. du 14/2o mars 1797.

cert avec Fauche-Borel. les plus répugnants de a l'époque révolud'esprit et Cet l'air homme. de Cleruionl-Ferrand. Montgaillard est un prostitué. de Montgaillard. dit-on. il avait suivi avec il cette carrière d'espion à double face où est devenu un des types tionnaire. été en Angleterre donner au gouvernement tous les renseignements les plus importants. la fleur des drôles.. Il est parti de Bruxelles et a.. » (D'EspiNcii. il (2) « Depuis quelque temps (juin 1794. bossu étincelant et d'audace. qui a l'ait la campagne de 1792. XI.. en Angleterre et auprès de de Mercy Pitt. un jour d'Autraigues appartient Cette . il envoyait à d'Autraigues deux brochures de sa titre composition.. et aux Pays-Bas en Allemagne auprès de Trautmansdorf.. il A l'époque où. comme à un certificat de fidélité de certificat lui fut accordé. prétend depuis ce temps avoir été initié dans tous les secrets des Jacobins . En réalité. lequel est arrive à Bruxelles et y a été recherché par tout le monde pour avoir des détails exacts sur ce qui se passe en France. Ce Montgaillard. au milieu des hommes et a appelé des partis. de con- tentait de corrompre Piche- gru. l'inutilité la part de Louis XVIII..) . à Paris autour des bu- reaux du Comité de salut pubhc. vol. qualification bien plutôt à Montgaillard était politiquement parlant... D'Avaray. emporté par lajalousie. gais du diable boiteux d'un juif portu- (1). continuait à se glisser. Histoire duxix' siècle. Journal ms. avec une souplesse égale à son cynisme. d'Autraigues un viveur. » avait rôdé un peu partout. — Bibl. faisant consister son indépendance dans la succession Il et la variété de ses servitudes intéressées (2).. s'est ècliappé de Paris un certain M..148 CHAPITRE QUATRIEME tenté de s'établir à Venise et comme précepteur ou succès bibliothécaire.iL. Le mais avec des avis bien sentis sur (1) de sa pré- I MicHELET.

tout comme Il le représentant de Louis XVIII. de l'aider à tenter au profit (1) Un mùmoire sous les yeux de Louis XVIII (A. f. vol. d'Angleterre. actif etutile. Pichegru (1). visite clandestine. du roi. ainsi qu'il avait s'en vantait du moins. s'étaient inquiétés de son arrivée. France. avec croyait capable de gagner Boc^ag-né. on acceptait même comme on le des motifs de s'appuyer sur lui ses relations. il les républicains. . Montgaillard apparut cependant à Venise à l'été la fin de de 1796. A Blankenbourg. (1790) 149 On redoutait ce nouveau faiseur. l'abbé qui se disait vicaire-général de Bordeaux. et le faisaient observer par la police. l'étalage de l'exaspérait par il ses relations et de ses projets. qui passa certainement F. il fatiguer d'Antraigues de ses récits.MONTGAILLARD sence en Italie. Sa première Lallemant : visite fut poui* le mim'stre il <le France. Il était accompagné d'un autre aventurier. du Montet. parle de moyens avec toute sympathie et confiance. on faisait cas de ses talents et de ses moyens délivrance de on l'avait employé à Madame Royale . les ministres d'Autriche. lui de- mandait. comme lui avide d'argent et prodigue desecrets politiques fort peu sérieux.. escorté de du Montet. Il avait alors l'attitude d'un royaliste fidèle. de Russie. 336). car allait prendre des instructions pour celle qui devait suivre. ainsi qu'à Drake. n'en vint pas moins. De son propre aveu. et naparte. la résidence actuelle . soupçonnées ou à demi avouées. sur un terrain déjà occupé par des hommes en possession exclusive de la confiance royale. 593. ses plans ot de ses de la main de Courvoisier.

fixer sur le papier. (1) Mallet du Pan". Afin de capter la confiance de d'Antraigues. ce qu'il avait entendu. et c'est trop pour vous. Il joignit peut-être à son récit. du Pan affirme avoir reçu de à plusieurs reprises. tions il Comité de salut des négociaet lui raconta par le le menu le détail nouées entre prince de Condé Pichegru l'année précédente. Tusago alors de le au sortir d'une conversation. et on loin rédigé de sa verra plus main et sur l'heure celui qu'il eut avec p. sous ce prétexte.iO ClIAPITRK OUATUIKME (111110 restauration monarcliiquc l'ambition et. 'M-. Ce n'était pas la première ni la dernière fois qu'il se livrait ainsi. verbale- ment et par écrit. t. 321. D'Antraigues lui-même avait noté ses entretiens avec Rousseau. car JV^^llet lui. Joseph de Maisle tre. après l'avoir régalé de quelet le ques anecdotes sur Robespierre public. vivement intéressé. t. Mémoires et correspondance. de semblables confidences le (1). : il sollicitait de l'un 12. II. il s'ouvrit à lui. lui fut-il répondu. Talleyrand les paroles à Erfurth s'empresse d'écrire échangées entre Napoléon etGœthe. le 4 dé- cembre. dialogue auquel on avait pris ou moine assisté en témoin muet. H. comme nous verrons plus loin. part. — Cor- .000 livres « C'est trop peu pour Bona» parte. de l'autre 24. s'en rend compte plume à la main. s'empressa de noter. le lendemain de C'était l'entretien. sortant à Venise d'une entrevue avec la cardinal Maury. respondance avec la cour de Vlerne. D'Antraigues. p. quelque histoire plus ou moins authentique sur les rapports tentés ou à tenter avec Bonaparte.t.000. de Bona- parte.

L'abbé du Montet. en quête de dupes plus derrière lui en faciles. et disparut à son tour au mois de mai 1797 (1). Il le cas échéant. se donner des armes. Au (1) Fauche-Borel a raconté l'histoire dos relations de Montgaillard et de d'Antraigues dans une longue note de son livre Précis de 7nes opérations. une pièce de conviction fatale à son parti et à lui-même. pp. Il la réputation du narrateur et l'étrangeté du pensait du moins recueillir une page intéres- sante etinconnuede l'histoiredela contre-révolution. d'Antraigues ne (ju'espérait son auteur. Montgaillard cria bien haut qu'on l'empêchait de rendre au roi les plus grands services. étant données récit. il paya point au prix refusa d'ouvrir le moindre crédit à un homme qui n'exhihait aucun pouvoir en règle émané de Louis XYIII ou des Anglais. resté criant misère. Ce que Montgaillard avait traigues. la Tout en classant dans écrite de son ses archives confidence la émule en intrigues. finit par extorquer une dizaine de louis à d'Antraigues. il dit sans réserve à d'An- l'avait fait entendre (cette réserve entrait et le dans son double jeu) à Lallemant. en 1802. y figuraient. averti plutôt qu'instruit. contre tous ceux qui ne se doutait guère qu'il rédigeait un et politique document historique important. avait cherché avec ardeur en France et en Italie la trace des menées royalistes. puis repartit pour l'Allemagne au milieu de décembre. Ainsi rchuté. etc. 52-62).MONTGAILLARD (1790) 151 Cliampagny à Vienne. 117-159. Ce qne lui racontait Montgaillard en 1796 pouvait lui paraître suspect. et donné les pièces justificatives de cette note dans sa Notice sur les généraux Pichegru et Moreau. . Directoire. (pp.

la saisie de ses papiers. la première mesure à prendre était l'arrestation « de d'Antraigues. c'estqu'àce s'il l'eiît même moment de d'Antraigues eût pu. 25. pour être remis ensuite au Directoire (1). et soit il il avait déjà intercepté ses par Lallemant. Bonaparte. l'agence royale de Paris verte. livra et d'Antrai- les secrets de la correspondance de Venise. mal protégé par la . g-ues put dès lors pressentir à divers indices le péril qui le menaçait. . Bonaparte . ceux qui aiguisaient au seuil des chancelleries. également au fait des menées de d'Antraigues lettres. cet avait dû apprendre qu'entre les mains de les émigré de la devaient se trouver les secrets « et preuves conspiration royale ». p. entrer au Conseil des Cinq-Cents et travailler légalement à la ruine la république. soit par Montgaillard. 4' édition. » la en relâchant consignation desdits papiers entre les mains du ministre de France. à l'écart. décou- Duverne de Presles. Mallet du Pan. tout en battant n'oubliait pas les généraux autrichiens.i:. les armes de la coalition. ensuite sa personne. Sur sa de- mande impérieuse. D'après pièce. (1) Les élections de ije l'an t. neutralité helvétique. voulu. C'est de son cabinetque le 9 avril semble par les celte parti un ultimatum menaçant présenté patriotes de Venise à leur gouvernement. Hisloire Voiise. Un fait étrange et ignoré. V devaient avoir Dau».2 CHAPITRE quatrième fut printemps de 17U7. VI. était cliassé de Berne Drake se dérobait prudemment à l'approche des était Français et se réfugiait à Udine. dans ses déclarations.

De France. se préparaient à y prendre part. n'étant pas sur la liste des émigrés. sans doute du Vivarais. à la bonne heure.. il Elle le conjura de ne point affronter où rencontrerait des « ferme hommes comme un roc». soit au désintéressement présumé de son une mêlée fils. Elle se mit en route pour la France en février 1797. » D'Antraigues.(roi). Sa mère. ce qu'elle pourrait des biens fonds de la famille. se pré- non moins inattendues dont on va . afin de revendiquer. eût probablement après le 18 Fructidor suivi Pichegru en Guyane. exposé en Italie à la il vengeance de ses compatriotes républicains. Quant à d'Antraigues. avec l'as- sentiment tacite de Louis XVIII. En restant émigré. il eût-il été élu.. était incapable de com- prendre une transaction qui lui semblait fatale. il deman- da conseil à sa mère. de tenir — Lepauvrex\. il méconnaissait souvent les mais dont il appréciait fort le jugement à l'occa- sion. après un instant d'hésitation. droit et loyal. se prendra à toutes les branches. laisser faire les intrigants. faut rester pur.. sous couvert de la législation en vigueur. céda à ces conseils. se le décida à rentrer. dont avis. de compte à demi avec les adversaires du jacobinisme.. droite et entière.MOTs'TGAILLARD lieu le l^"" (170fi) 153 prairial (20 mai). et les royalistes. Il mais ses sujets ont leur honneur à conserver. Celle-ci. soit au caractère. ajoutait- elle. tels « que Talleyrand. on sollicita l'ancien député de la noblesse de se faire rayer et d'an- noncer sa candidature. parait les épreuves lire le récit. La pensée de ressaisir en rentrant quelques débris de sa fortune le tenta .

F. les soulèvements. MoNTGAiLLARD. tout ce qui donnait prétexte aux menaces de Bonaparte. qui en cette affaire paraît avoir montré beaucoup d'initiative et d'activité. Villetard à Delacroix [17 lloréal f. sauf à déclarer ensuite à Pétersbourg qu'il avait fallu céder à la force (2).iU GlIAPITRF-: OUATRIIvME II l'aRRKSTATION.. Venise. Le chargé d'affaires Villetard. A la légation de France.R PORTRFKl'ILLF. en il dut songer peu de temps après à mettre sûreté sa peril sonne et ses papiers. les assassinats de la Terre-Ferme. Mémoires sscrels. on nisé le considérait comme ayant orga- « les croisades religieuses. (1797) L'invasion des Etats vénitiens et la destruction do la vieille république eurent lieu au mois de mai 1797. an V. et on guettait ses correspondances comme uneimportante conquête. empêcha Yilletard de tenter cette soustraction par ses propres (1) (2) moyens. 190. poussait le gouvernement vénitien à les faire saisir. L'armée française approchant. pressentant les événements. H9. 6 mai 1797). avait sollicité pour l'année suivante un asile en Russie. qui précéda seulement de quatre jours l'entrée de nos troupes.) . l. 253. p. vol. d'Antraigues. Le tumulte démo- cratique du 12 mai. le Dès mois de janvier. (A. les massacres des hôpi- taux (1) ». le savait sans doute.

Mordvinov française. la « agentd'un émigré français imaginaire héritier de couronne de (1) D'Anti'aigues à Maiiry. geait avec sûreté.L'ARRESTATION. voulait gagner un pays encore le reste aux mains des impériaux. les Français étaient aux portes de Venise. ni qui lui prédisait son arrestation imminente. F. — au moins ledisait et voulait littéraires et — que des ouvrages purement (1).. il la légation Avec parmi lesquelles d'An- traigues et sa femme. 594.. (A. s'éloigner par mer.) . d'Antraigues avait réussi à faire passer à la légation d'Autriche une caisse contenant ses principales correspondances. si l'on bandonner son poste Qui ne me tend pas un piège pour m'isoler et m'arrêter plus faci- lement? Le 15 mai. 9 Je (lois croire qu'il novembre 1798. on annonçait pour lelendemain l'occupation de fit demander deux passeports à six personnes. France. qui l'engamettre en insistance à partir seul et à se il A l'un et à l'autre et se dit : s'entêta à opposer les ordres de Louis XVIII. — A. n'écouta ni Campos. espérait être couvert jusqu'au bout par le paIl villon russe. (Imai. sur de sa légation devait Ville- un bâtiment autrichien. (110. ('crits » F. les éléments de son travail courant il Quant à sa per- sonne. 31 me mandait positivement France. le croire. LE PORTEFEUILLE (1797) 15o De son côté. vol. (L'abbé de Pons au mai 1797. pensait-il. prêt à mourir plutôt que d'asait. car roi. tard envoya les passeports. en spécifiant qu'aucun d'eux ne pourrait servir au nommé d'Antraigues. vol.) il — le « a brûlé les le outres que les siens. la ville. Mordvinov. il garda seulement il trois por- ne contenant. tefeuilles.

comme me fait qui vous dites ministre de Russie? Mordvinov. mais là. on aura pour vous tousles égards que comporte la circonstance. leurs voitures. vol. et je proteste hautement contre l'indignité du traitement qu'on gens. et à Trieste occupée par général Ber- nadette. et le dialogue suivant s'engagea Berxadottk. encouragés par cet accueil. ouatrikme France » Puis se doutant bien que cette restriction serait regardée comme non avenue. Le If» mai. crurent pouvoir traverser Trieste . 421. mais il doit se trouver dans votre suite une personne (1) A. f. le constate mon passeport. — Est-ce vous. Monsieur. Mordvinov et sa suite durent descendre. le général Bernadotte se montra à eux au état milieu d'un nombreux : major. il expédia à toutes le les frontières. le soir du 21 mai. sans ils qu'on voulût examiner leurs passeports. . arrê- tées devant la principale auberge. — Oui. Les premiers jours. Monsieur. tout alla bien : les postes français laissaient passer et les même comblaient d'attentions voyageurs. subir au mépris du droit des Bernadotte. Venise. Ceux-ci. le signalement de l'homme qu'il voulait à tout prix atteindre. furent entourées de soldats.. et quartier général. F.^56 rjiAPiTRr: (1 >. furent aussitôt conduits au Là. 253. d'Antraigues et sa famille quittèrent Ve- nise à la suite du ministre russe. — Quoique vous soyez le ministre d'une puissance ennemie de la république française.

2 •^ Ûj QO ro en e 55.2 O ro O o c ^1 r3 " 3 rs £ 5" r B eu o 3 CI ^3 2 3 §3" a ? 11 . n 5.

.

déclarer le — Je vous somme. et je afin dois envoyer un courrier à S. qu'on et être ambassadeur de Louis XVllI notre ennemi. Monsieur. — J'ai avec moi un conseiller un secrétaire de légation. Monsieur. manquez au souverain qui a daigné le placer près de moi. dit ceci ne peut regarder comte d'iVntraigues. BeRxN'adotte. sommes nous usons de ce MuRDViNov. pour lequel je réclame les égards que le droit des gens assure à tous les mem- bres d'une mission publique. le — Mais. déclare qu'il est arrêté. l'empereur. de l'informer de ce qui marrive.L'ARRESTATION. . MoRuvLNOv. LE PORTEFEUILLE (1797) 157 suspecte à mon gouvernement. M. En retenant M. en conséquence je vous fort. de nom de la personne que voilà (en montrant d'Antraiguesj. cour. eût ici. un gentilhomme attaché à ma me mission. vous mon égard. je n'ai qu'à réitérer testation ma pro- contre le procédé indigne dont on use à d'Antraigues. Le passe- port du ministre de France ne spécifie aucune exception pour les personnes attachées à ma légation. C'est M. de celles qui la Voudriez-vous me et dire les caractères composent? MuRDVLNOv. le comte de Launay d'Antraigues. Bernadotte. il S'il eût été le plus nous fait tous fusiller. un consul-général et un major. si — Je croirais manquer à nom mon la dignité de je caciiais le d'une personne attachée à ma ma mission d'ordre exprès de souverain. maintenant que nous le droit-là. — Puisque vous déclarez vous-même user du droit du plus fort.

et vous êtes maître de ainsi demeurer ou de continuer votre route. si Un seul saisir portefeuille. 14/2u mai (A. Avertie à temps d'avoir à en anéantir deux. lui dit-on. était un maigre butin. (1).). fermé à clé. Ses en tous lui. le que vous jugerez à propos D'Antraigues. ne manqua pas l'occasion de se dire hautement Russe et dévoué à l'empereur de Russie. se croyant engagé par (1) la re- dépùciie de Ce dialogue est emprunté presque textuellement à une longue Mordvinov datée de Fiumc. j'agis d'ordre exprès à votre personne. et le propriétaire y apposa son cachet. malles furent fouillées sens. moins surveillée que trois put seu- lement détourner avait eu les portefeuilles que son mari l'imprudence d'emporter. l'arrestation — Sachez donc que. et désirent partager D'Antraigues à son tour. M. puis elle livra le plus lard possible celui qui restait. j'ai de mon gouvernement.Iô8 CHAPITRE QUATRIÈME Beunauuttk. M""^ Saint-Huberty. il Autorisée faire ses adieux à Mordvinov. gros qu'il fût. » femme et son « Ils quitter. quand on pensait toute une bi- bliothèque. et qu'elle croyait exclusivement rempli d'opuscules lit- téraires et de pièces insignifiantes. pour ce qui est de de M. instance sa Comme fils : il recommandait avec ne veulent pas vous votre sort. On y mit cependant les scellés. Quant prescrit qu'il soit fourni à vous et à votre suite un lo- gement convenable à l'auberge. » aussitôt après son arrestation. d'Anlraigues. apprit qu'il partirait pour Milan dans retenues et quelques heures. . elle jeta au feu ou pétrit s'}^ dans l'eau tous les papiers qui trouvaient.

: préil senta aux assistants la comtesse d'Antraigues puis demanda pour suivre. et oii habita une chambre voûtée avec un facavaient dû se le jour. à son arrivée à Milan. fils deux pelotons de dragons. rendît son portefeuille et qu'on le demandait qu'on Trieste. ne lui manquèrent pas pendant voyage. ramenât à Le 27 au soir. son portefeuille à ses sur les genoux d'un officier. Pour démêler les incidenls . sujet une première protestation . soir. sentant d'ailleurs que M™'' Saiut-Huberty. décida à la déclarer comme sa elle vint lui faire ses femme Quand et adieux. frais elle et son enfant l'autorisation de qu'il le On y consentit. Sa femme son lui fils loger en Ici il ville. Sa femme et son le précédaient dans une première voiture. comme il employé et lui payé par un souverain étranger.L'ARKESTATION. qui dura 26 mai. entre côtés. son premier logis fut une étroite cellule. Bernadotte ils lui avait promis des égards personnels le le . tionnaire à sa porte. LE PORTEFEUILLE (1797) 159 connaissance. pour titres le servir dans sa captivité. d'Antrai- six jours. dans un couvent transformé en le prison. où eut l'honneur fatal à sa réputation d'être mis face à face du vainqueur delltalie. sous forme de au général en chef. il lui tendit la main. il Le lendemain. se légitime. A son passage à Vérone. à condition paierait les du voyage. et grillée. sauf à être réunis à lui durant commence pour une période de trois mois. devait avoir d'autres et que le souvenir de ses talents de ses succès. Le même d'Antraigues partait en poste. lettre gues rédigea. on conduisit à la citadelle.

Mais le lendemain. autre façon d'esprit et d'imagination vérité. au contraire. datée « n°10 apeus » . les contradictions. cet épisode qui se lie de si près. les mensonges palpables foisonnent. à l'histoire générale de la Révolution. semblent rendre assez justement dans l'ensemble tude qu'il avait eue l'atti- envers son prisonnier. commode pour un homme et de farder de masquer la Dans ses écrits à ce sujet.160 CIIAFITRK QUATRIEME et les conséquences de sa captivité. lettres et la conversations seconde se compose des mémoires émanés de d'Antraigues lui-même. Ce double dossier laisse dans l'ombre plus d'une particularité à laquelle tirées. une nouvelle missive lui arriva. postérieurs de vingt ans. il donna un ordre en ce sens du cachot à son chef d'état-major Berthier. les récits de Napoléon. n'est pas La correspondance complète . l'auteur se plaignait d'être victime d'un guetqu'il tel n'en avait pas trouvé dans les déserts . fut d'expédier le Le 30 mai. La première pensée de Bonaparte captif à Paris. nous avons deux séries de documents: la première comprend la corres- pondance officielle de Bonaparte. D'Antrai- gues. Nousespérons néanmoins avoir éclairci. a multiplié les détails sur cet incident capital de sa vie. les et les indications et les semées par Napoléon dans dictées de Sainte-Hélène. soit du caractèredes hommes. autant qu'il peut l'être. soit on doit suppléer par des conjectures vraisemblance des faits de la dans leur succession logique. en l'an Y. au milieu d'omissions voulues et d'inexactitudes peut-être involontaires.

il son but. comme un plus tard s'en attribuer les bénéfices. on trouva narré des conversations tenues avec Montgaillard l'année précédente. était fut le capable moins de résister à un interlocuteur puissant et irrité que de hasarder sous le coup de l'amour-propre surexcité quelet que boutade ou quelque bravade. se donner apparences d'avoir servi la république sauf à la tel était dominer ensuite. Leur entrevue dura plusieurs heures. en voiture. à son quartier général de Monbello. Au milieu de liasses insignifiantes. à ce moment 11 il devait craindre et pour sa liberté et pour sa vie. Quel en caractère? D'Antraigues. et pour mieux y parvenir. à l'examen en cette assister à l'inventaire de son portefeuille et à de ses papiers. lettres de Jeanlit- Jacques Rousseau. on le sait. ses il voulait les autant que possible attirer entre mains pièces justificatives de cet attentat. pensa que d'Antraigues serait mieux entre ses mains qu'entre celles de Barras. dissertations philosophiques ou téraires. Perdre les rival tel que Pichegru. minutes de documents remontant à l'ancien le régime. il demandait à être réuni à sa famille. dans la nuit môme (l"!" juin). Impatient d'obtenir le commentaire verbal des papiers qu'il venait de saisir. il fit venir le prisonnier.L'ARRESTATION."ORTEFEUILLE (1797) 161 de l'Arabie . Bonaparte pressentait le coup d'État préparé alors à Paris contre les Conseils. briserles scellés et sauter la serrure du portefeuille. LE . affaire les Bonaparte ne jugeait pas d'usage plus formes opportunes à Il fit Milan qu'elles ne l'avaient été à Trieste. Voici .

Prévenant ou relevant les protestations du prisonnier. tragediante se flatta . leurs . vous faire traduire devant un conseil de guerre comme embaucheur (1). V. 1 et 6.162 CHAPITRE QUATRIÈME faite donc. et toute critique interlocuteurs. mais les officiers finir. et me débarrasser de vous le il Puis. . Je pourrais. Nous ne devons aucun égard à son souverain ni à d'autres. et On ne nous rend pas nos nous sommes dupes. en leur expo- sant ses rêves d'avenir. ministres sont des coquins ou des imbéciles dans leurs armées les soldats sont bons. et ils sont battus. méconouvert tents. effrayé. de l'argent. après cette explosion. avec celui moment Bonaparte tenait à Melzi et à Miot. devait mal supporter une discussion (1) Loi du la 4 nivôse an IV. des témoignages des deux comment les clioses ont pu se passer. — II est assez curieux île constater qu'au même ressemblance de ce langage. Son interlocuteur. Si elle faits pouvait être arrêtée. des places. le ministre de Russie eût été arrêté lui-môme. Vous vous avez trop d'esprit pour ne pas comprendre que vous êtes attaché à une cause perdue. aii. Bonaparte débuta par une vive sortie destinée à l'inti- mider : « Si j'avais été à Trieste. me convenait. La révolution est faite en Europe. procédés d'honnêteté. fit commediante. les Mémoires de ce dernier. J'ai . hardi la plume à la main. il faut qu'elle ait son cours. tels que le retour en France. en retour si de quelques confidences. parce que cela m'a plu les armées ne connaissent pas s'il les formes d'un tribunal. c'eût été par des rois lui pour en imposer. Tout cela va votre portefeuille. tout césarien. » de mon armée. après avoir il fit entrevoir des avantages positifs. mais ces rois n'existent nulle part.

Quand lui-même il sortit de ce tête-à-tête. il s'apercevra du rôle qu'il a étourdiment accepté. 23 juin personnels. si- gnez ces papiers (1) « comme me extraits de votre portefeuille. . probablement parce qu'il (1). liation. qui le conduira à attitude. et il lui aurait dit : « Tenez. Le général aurait mis sous ses yeux quatre cahiers conte- nant des extraits de soi-disant lettres de Pichegru. rédigés de façon à perdre tous ses rivaux. ré- véla les affaires de son parti en exagérant complaisam- ment son rôle. je ne . jointe et ce sera la pensée decette humi- au désir de rentrer en grâce auprès des royalistes. « » que le (Mémoire du j'ai éprouvé des témoignages rendre la justice qui m'est due. il se disait content l'était de Bonaparte. à y introduire le spectacle de sa tance à résis- une proposition déshonorante. De la part se du général en chef. Il et de son héfaire oublier roïsme invincible. En refusant à offert tout ce lui inspirer. d'intérêt. il m'a désir de m'être personm^llement agréable pouvait 4 juin. LE PORTEFEUILLE (17'J7) 163 verbale. Eperdu devant celte parole tranchante et menaçante. à composer après coup son » ne faire ressortir que la partie «tragique de l'entretien. fit peut-être certaine promessedont nous parlerons tout à l'heure. une con- versation ou plutôt une altercation avec Bonaparte. alors de Plus tard. la imagina en efTet. puis exalté lui par l'importance que semblaient donner des avances succédant à des défis. du prince de Condé.L'ARRESTATION. pour conversation trop réelle avec Montgaillard.) Pour les » procédés particuliers et (A Boissy d'Anglas. il se laissa aller à sa faconde. surtout en de semblables circonstances. que m'en louer. de Flachslanden.) peux. bref fut joué ou crut utile d'être joué.

(2) BouRRiEXXE. Vous serez réintégré dans vos biens. Est-ce bien cellele là qui est venue de Trieste à Monbello? Bonaparte. 1" juin. alors qu'on avait sous la main une pièce suffisante pour perdre Pichegru ? Mais d'autre part qu'était-ce que cette pièce? Celle qui est d'hui venue de Monbello à Paris. n'exhiba point il la pièce accusatrice. mais est probable qu'il arracha à l'auteur l'aveu de son authenticité. voit d'ici l'invraisemblance de ces allégations. mais incontestable- ment de la main de d'Antraigues (1). comprend au recto et seize pages in-4. Mémoires. il avait ses raisons pour agir ainsi.164 ClIAl'ITKb: QUATRIÈME je VOUS le conseille. On Comment supposer qu'en vingt-quatre heures ces cahiers remplis de lettres apocryphes eussent été rédigés dans les bu- reaux de l'état-major. dans l'entourage du général. sans signature enfin. t. écrites la au verso. le toutà mi-marge. cet aveu était considéré comme certain (2). sansnote comme sans rature. le Seulement (et ici nous entrons dans domaine de l'hypothèse pure) cette conversation se divisait peut- (1) Oa peut constater do plus à la 3' et à la 5« page la reprise d'une rédaction interrompue. lettres vous toucherez cent mille écus que voici en de change sur la maison Cambiaso de Gènes. I. peut-être » serez-vous employé à quelque ambassade. d'Antraigues les gnant jusqu'au bout séductions et les menaces. long-ue dispute s'en Une assez dédai- serait suivie. . Les jours suivants. je l'admets. plus trois lignes sur dix-septièmepage. et qui est aujour- aux Archives nationales.

La a première en suppose une seconde.^91. d'absurdités il de faussetés vous voyez quel rôle fait (Montgaillard) qu'il vous jouera vous-même. A. et d'une version nouvelle le d'Antraigues. ou doucereuse. sous prétexte qu'on l'avait extraite de (1) son portefeuille sans . qui n'est pas difficile de deviner disparu. Plus tard d'Antraigues. faite il aurait payé par cette transcription de souvenir. aussi désireuxdelivrer au Directoire les pages inculpant Pichegru que de suppri- mer du celles qui avaient trait à lui. avoir avec vous (1). fait promettre à son prisonnier la rédaction et partielle. dans ce cas.qui n'étaient guère propres à être mises sous les yeux des Directeurs.» Or rien de tout cela n'existe dans le texte actuel de la roi. obéissant à une invitation impérieuse . aurait même laissé au début quelques anecdotes sur les coryphées de laTerreur. connu. aurait. D'Antraigues écrivait à son geôlier le 12 juin. Vous voyez traité prétend vous avoirvu. et la afin de don- ner le change sur l'origine destination et oublié du docuavec in- ment. la rançon de sa prochaine délivrance. î. l'autre à Bonaparte. dans une lettre destinée à l'impression et : « Dans ce roman rempli de rêveries. Bonaparte. F.. dans l'entrevue l^"" juin. il fois ce service rendu aurait repris toute son assurance pour nier publiquement la pièce originale. conversation. LE PORTEFEUILLE être en (1797) 165 deux parties distinctes. il comment ni pourquoi. France i voL 125 et suiv* . Puis une tention. sous coup de la peur. Seu- lement. parlé.L'ARRESTATION. qu'il fût présent.s'adressant au citait sa première conversation avec Montgaillard. l'une relative à Piche- gru.

le il passe de la citadelle dans un palais Il de Milan. à moins qu'on ne l'aie lu et me présente. est consigné là. d'Antrai- gues paraît évidemment payé de quelque service rendu. il est transféré du cachot n° 10 dans un appartecitadelle. chez par billet marquis Andreoli.166 CHAPITRE QUATRIÈME Cette conjecture paraîtra peut-être subtile. avec un officier et de planton et douze soldats à sa porte des sentinelles aux issues. comme il n'en Quelques heures plus tard. Couthaud. à minuit. » que je ne signé : à chaque page. feuille ? — Non. de logement. mais elle me semble seule pouvoir expliquer. en présence de cerou de certains témoignages authentiques. après quelques questions insignifiantes posées en présence de témoins. avait jamais vus de sa vie. Et sur l'insistance de Couthaud « Je déclare que la pièce est . je eu devant moi qu'un aventurier du nom de Royer trai je ne reconnaîle pas ce cahier. lui est-il répondu. puis : « Voulez-vous reconnaître cahiercontenant vos conversations avecMontgaillardest écrit de votre main et a été trouvé dans votre porten'ai . ment plus vaste de la sa où il pourra habiter avec femme et son fils. C'est une première prime accordée à ses indiscrétions. les tains faits assertions contradictoires des uns. se ménage qu'un un tête-à-tête. l'adjudant-général lui Couthaud se présente pour faire subir un nouvel interrogatoire. Le 4. dit-il. Le 7. le silence voulu des autres. Dès le lendemain de l'entrevue du 1*' juin. et recevoir les soins nécessaires à sa santé. mais dans des appartements dorés.

» et (1797) 167 je n'en veux reconnaître aucune sans la Ainsi voilà un document qu'il récuse. Maury On (1 septembre 1798) : «Ils en ont a composé sur f. Cette pièce qu'il disait fausse à Couthaud. espérait sans doute Par ces affirmations contradictoires atténuer ou détruire aux yeux des royalistes la valeur de la conversation^ faire douter de son importance ceux qui ne l'auraient point vue. LE PORTEFEUILLE fausse. où Bourrienne put la lire et en prendre copie. 594. celui oij Bona- parte était mis en scène et que voulait pas lui montrer paraissait sauver à ? par conséquent on ne Cette équivoque habile sincérité. et soupçonner de faux la seconde édition expurgée qui Celle-ci.) . quant à son origine et quant à son auteur. tantôt écrites sur trois colonnes. il lui lui-même sa propre et l'a devoir sauver sa situation devant ses amis. (1) Remarquer ce qu'il écrit à trois ». France. qu'on n'avait était pourtant son œuvre (1).. mais pages c'était alors une ébauche de Elle est trois ou quatre inachevées. cette pièce celle K. avec des annotations multiples de sa main {contradictions.). devenue ensuite un manuscrit de neuf pages.il l'avouait quelques jours plus tard. supprimé plus des qu'on a imprimée. (A. car continuée. vol. quarts. sur la table de Bonaparte.. traînait aucun motif de cacher. tantôt écrites et critiques à mi-marge. puis un opuscule de trente-trois (celui-ci pourrait bien être vraiment la pièce trouvée à Trieste).L'ARRESTATION. Mais alors ses réponses ne visaient-elles pas le texte original. chacune contenant une version différente des soi-disant révélations il de Montgaillard. 384 et suiv. faussetés^ etc. voir..

Berthier répugnait-il secrètement. mais des pièces manuscrites il qu'il aurait saisies. Sur les douze pièces du dossier transmis à Paris. demment dont il avait intérêt à se taire sur sur ce qu'elles contenaient relativement à lui. pas un mot. La signature manque à la douzième.\]i\o\ih\'\ ne se conçoit guère ici. se fortifie pour nous et du silence systématique qu'a toujours gardé Bonaparte sur la conversation. à Monbello ou à Milan. Napoléon a parlé de ses « longues conversations le » avec d'Antraigues. car c'était la seule pièce vraiment importante à authentiquer. le principal témoin de l'entrevue du de l'état-major . avant de les faire passer aux mains de Barras. de la substitution imposée et convenue d'une pièce à une autre. il et sur la façon les avait accommodées à ses vues. demandé compte à son interlocuteur. oii il se donne beau rôle . qui est justement la conve7'satio7i. à contri- buer à la perte de Pichegru? Ou bien aurait-il été retedélicate ? Ber- nu par un sentiment d'une nature plus thier avait été. ne l'oublions pas. onze ont été signées et paraphées par Berthier. dans cette affaire ren- . et dont aurait. Évielles. et il était initié à tous les secrets aurait-il voulu ne pas consacrer par sa il signature l'authenticité d'une pièce dont les véritables origines? Il suffit connaissait d'indiquer cette question insoluble. malgré ses démonstrations jacobines. fait Notons un dernier caractéristique.d68 CIIAIMTRI': OUATRIÈME Cetlo hypothèse d'une combina z loue à l'italienne. et de la conduite tenue par le chef d'état-major Berthier- Plusieurs fois à Sainte-Hélène. l'''' juin. comme tant d'autres.

devait sans retard être expédiée à Paris la . paraît-il. LE PORTEFEUILLE (1797) 1G9 due mystérieuse à dessein par tous ceux qui y furent mêlés. propres. là seulement elle avait une valeur sérieuse. On trouve de plus dans ce dossier. Kilmaine ma- nifesta. la liste des papiers soustraits dans le portefeuille. Celte liste correspond exactement aux pièces contenues dans le dossier des Archives nationales (AF III. à la faire ressortir. d'après une note à lui remise par d'Antraigues. On plaça entre d'autres papiers sans valeur. des scrupules feuille en recevant un porteet le dont les scellés avaient été rompus conte- nu épuré à huis-clos. Dès le 6. 44). les pièces saisies à la fin de juin. avec charge de le restituer à son propriétaire. Fauche-Borel a publié. mais écrite entièrement de sa main. copies lettres. . et un billet envoyé de la part de Bonaparte eu l'an XII pour prescrire un nouvel examendes pièces. gouverneur de Lombardie. mais sans numérotage. fragments de comptes. ce semble. la pièce trouvée ou non dans le portefeuille de d'Antraigues. le portefeuille ainsi allégé avait été remis au la général Kilmaine.L'ARHESTATION. Quoi qu'il en soit. (1) Dans les pièces justificatives de sa Notice sur les généraux Pichegru et Moreuu. et ce fut Bonaparte lui-même qui remit l'objet quelques jours plus tard (11 juin) entre les mains de M™* d'Antraigues. de le vieux mémoires ou minutes de vieilles et 10 juin ce singulier dossier destiné au Directoire partait pour Paris (1).

lui Un des principaux agents de Louis XVIII avait livré plus ou moins . droit. Or. résultait des réponses de l'inculpé que ces car il lois ne lui étaient pas applicables. Bonaparte de lui reconnaître un caractère public au service de l'étranger. il de le lui appliquer l'une ou l'autre remettre en liberté. Bonaparte l'avait fait interroger dès le juin par l'adjudant-général Il Landrieux. fallait terre conquise. . D'Antraigues ne pouvait ni être traduit militaire. chef de la police secrète de l'armée. volontairement les secrets importants du parti tait il res- à décider de son sort. Bonaparte conclut en ce sens.i'Q CHAPITRE QUATRIÈME III LA CAPTIVITÉ Bonaparte était arrivé à ses fins. en envoyant l'interrogatoire à Paris. attaché à une légation Français émigré. en russe. la n'avait jamais porté les armes contre France. et ne pouvait lui s'il refuser la protection du droit des gens. Pour savoir échappait d'autre part aux lois contre les l^'' émigrés. en fait. Faute de prendre l'un ou l'autre qualification. ni comme émigré devant une commission guerre devant un conseil de comme espion saisi en parti. D'après les pièces reétait contraint mises entre ses mains. ce complice inattendu du Directoire se présentait à ses anciens compatriotes avec un double caractère.

n"' 2337 et 2570 le signe Reubell. Naf. mandait éventuellement une recommandation auprès (1) Arch. Ses lettres allaient trouver sa mère à Flo- rence. V:>-2. Ce mémoire est imprimé dans 1° Peltier. Barras. lorsque. le duc d'Havre à Madrid. le 7 juin.. par mesure de police militaire. et prenait Bonaparte. aux agents anglais répandus en France (2). Marrenx-Montgaillard à Venise. dans la lutte prochaine contre les Conseils. la Franco et l'Eule rope à témoin de l'injustice de sa détention. Dès 4 juin. (31). Lo premier arrêté est second Carnot. à la nouvelle de l'arrestation. Il semblait utile de garder sous les verroux un homme qui pouvait de- venir. Paris pendant Vannée 2° Souvenirs d'un émigré (par Laporte). distribuer au au prince de Condé. un otage précieux.. Directoireprescrivait à le deux reprises de ne point relâcher prisonnier. Bar- thélémy. . AF. 173. vol. Cependant d'Antraig-ues. (2) il!)t. : — 293. En attendant.LA CAPTIVITE C'est ce Hl des relations que pressentait le ministre extérieures Delacroix. Il faisait assurer Louis XVIII qu'on n'avait et lui de- trouvé sur lui aucune pièce compromettante. confiné au palais Andreoli. p. à Turin. usait aussitôt des facilités dont il jouissait pour sa cor- respondance. Barras. p. jusqu'à de nouvelles circonlui stances et à des ordres ultérieursM). XIV. dant de le faire au plus tôt imprimer. ce sujet . il avait composé un mémoire qu'il réussissait à transmettre à l'abbé de Pons. en recommanroi. III. il demandait une enquête sur place à que confirme Bonaparte dans sa le et c'est ce réponse du 19. la Réveillère.

sa tactique était autre. Les réclamations écrites bales lui coûtaient peu trois . Pen- dant deux mois la police française chercha inutilement Montgaillard à travers plus tard vanté. Du côté de Bonaparte. la Toscane. Pour obtenir sa liberté personnelle. demandait auda- cieusement à être confronté avec l'aventurier qui avait pris ce nom. de cet im- pertinent mensonge (1).172 CIIAIMTUK QUATlîlK.Ml'] Il de l'envoyé de Prusse à Paris. il rédigeait le 12 une note où il essayait d'atténuer la portée des pièces soustraites. après avoir déclaré (8 juin) qu'il ne répondrait plus à aucun interrogatoire. indiquait Livourne comme le lieu de sa rési- dence. savait bien qu'à Blanà saisir la preuve écrite kenbourg on n'arriveraitjainais de son imprudence ou de sa trahison. et se rejetait sur la qualité pré- sumée de son interlocuteur eu aflaire . supposer qu'il fût resté Français. comme D'Antraigues à Louis XVIII. traitez Il « Vous me (1) en émigré. et requérait Bonaparte de l'y faire arrêter. et à se sentait sur le droit un comme Russe. 4 février 1798 (A. se disait proet la tégé par la Déclaration des droits de l'homme Constitution de l'an III. . il Comme dans évitait de s'expliquer au su- jet de la conversation.). D'Antraigues s'est comme d'un trait d'habileté. sa réponse à Couthaud. F. Là rain solide. sachant Montgaillard en Alleil magne. il niait et il de nouveau avoir au vrai Montgaillard. il invoquait il public. ou ver- il en a avoué onze pendant ses répétait avec raison je : mois de captivité. quand me réclame. Seulement. il il n'avait pas ter- besoin de ces subterfuges.

La Saint- Huberty amena quelques-uns de ces rapprochements. encore causé . La Saint-Hu- devenue comtesse d'Antraigues et décorée du cor- donde Saint-Michel. alla voir l'ex-grande dame lui . Depuis l'entrevue du juin. il est certain toutefois qu'il y eut entre eux des entrevues passagères. doute auprès do Joséphine qu'il . d'Antraigues ne paraît plus avoir rencontré Bonaparte dans un tête-à-tète pré- paré par son tout-puissanl interlocuteur. rencon- tra plus d'une fois l'hôte du palais Andreoli mais que qu'il at- pouvait-il répondre à ses réclamations.étaitdevenuesocialementson égale. 1T3 vous me regardez comme prisonnier de guerre. de lajuridiction suprême du Directoire . comme pouvant Ce fut sans fournir l'occasion d'interpellations directes ou d'insinuations indirectes à son prisonnier. L'ex-vicomtesse de Beauharnais tenait alors à Milan une espèce de cour . sinon tendait.LA CAPTIVITÉ étranger. quand je le fait demande à être jugé sur » 1*'' d'émigration par les tribunaux. Il est difficile de déterminer où et à quel moment ils se revirent. et Bonaparte toléra ces visites. ou qu'il a (1) D'Antraigues écrit à Maiiry (21 juillet 1798) avec Bonaparte quatre heures le 13 juillet. même avec empressement. par suite de ses relations avec M'"^ Bonaparte. L'ancienne ciianteuse. comme plus tard à la Malmai- son et aux Tuileries. là. dans l'intérêt de son mari. un ordre du Directoire. ce qui était exact. où la conversation dégénérait assez vite en altercation violente (1). les émigrés étaient accueillis avec courtoisie et berty. presque fortuites.

. si vous écrivez encore. vol. — compte-rendu de sa captivité adressé à Mordv'inov.. il se ferait laquais de quelque bourgeois honnête. : se serait écrié «Je reverrai avec plaisir une ville que je considère » toujours comme appartenant à mon est roi. : Bonaparte pouvait « écrire.) (1) D'Antraigues à Maury. F. . confondue. se croit S'il dit ailleurs que d'Antraigues cherciia à France. j'aperçus une parte porte presque cachéepar un lit au fond de la chambre. Bonaparte aului était ... rait accueilli Le 13 juillet.. liberté? Dans ces entretiens. étonnée.» l'opinion en France. ce qui vaudrait encore mieux que de fois. qu'il ne \ouIait jias ma mort.. L'insolence de cet homme inconcevable oii il il me menace presque de le maître.. et je vis M. se bornait à assurer qu'il n'était pas Dans : sanguinaire.174 CHAPITRE QUATRIÈME lui laisser il bien rable entrevoir qu'au premier moment favo- le mettrait de son propre mouvement en dut être. Sa femme. 21 le juillet 1798. {A. général comme le l^juin.» Quel- quefois on répliquait à ses grossièretés par des impertinences. . l'é- migré tantôt abondant en protestations sans péril sur sa situation. 594. D'Antraigues se vante d'avoir dit que si l'em- pereur de Russie refusait ses services. je vous au cachot à la citadelle (1).. le 3 juillet. d'Antraigues raconte l'incident suivant d'une de ses visites à M"" Bona« Au milieu d'une de ces ardentes discussions. f. En tout cas. un nouveau mémoire qui : présenté par ces mots « Allez vous faire f. tantôt caressant et tantôt violent par système. au Directoire . » . sur lesquels le nous avons au plus quelques indications. Une autre il sous la menace d'être transféréà Paris. servir un des cinq Directeurs. .. Bonaparte se ravalant au rùle d'un espion surprenant lui-même les plaintes d'un homme qu'il voulait tôt ou tard faire égorger. tantôt complaisant par vanité et indiscret lorsqu'il s'agissait d'autrui.

D'An- traigues. Une de ces entrevues faillit tourner au tragique. ne plus que les injures et les menaces. il 175 avoue implicitement avoir su interlocuteur. tantôt en annonçant triomphe de Barras comme aune inévitable. comme est-il vos passeports en sont un dans la main de vos ministres et de vos généraux? Enfin le code de vos lois conforme à la déclaration de : M. Il rédigea à l'adresse de alors président des son compatriote Boissy d'Anglas. liberté que celle qui. lui-même des le fasciner son exciter sa parole par lui confidences sans portée. Bernadotte devant et le ministre de Russie que justice raison ne font rien. s'aban- donnant à sa verve. avait pris le parti d'in- téresser à lui ceux qui en France détenaient une portion de la puissance publique. en se se rappelait remémorant leurs orageux entretiens.LA CAPTIVITÉ lui plaire. qu'il s'agit seulement de la force ? Quelle étrange et timide. selon son habitude. : il faisait tourner la plaidoirie en accusation « Avez-vous détruit les lettres de cachet. séduire son prisonnier et ce dernier à son tour. à la fois les ombrageuse craint même opinions et les écrits. sur ou en avez. en désespoir de cause. une lettre où. qui va fouiller des portefeuilles et y chercher les et briser les serrures . Cinq-Cents. plus que d'avoir voulu Plus tard. il ne se souvenait .vous étendu l'usage sur ceux à qui cinq jours auparavant vos ministres accordaient garantie et passeport ? Vos lois sur la liberté des person- nes sont-elles un leurre dans la main du Directoire. tantôt en se lais- sant croire favorable restauration monarchique. les étrangers.

Ce double dossier à destination de Paris messager qui partait de Neuchâtel fut confié à un pour Mendrisio.. je ne sache pas !» que personne ait décrété qu'on l'aimât (1) Ces apostrophes véhémentes étaient destinées à la puhlicité. ramenée à tils d'actrice tragique. Bonaparte la reçut avec une sortie virulente contre ce scélérat.. iîS F III. D'Antraigues mit des copies de cette lettre et de son mémoire du 4 juin dans un nouveau paquet à l'adresse de Fauche-Borel. Puis voyant M™''d'Antraigues entrer chez sa femme. au bout de deux jours transmis par celui-ci au général en chef (26 juin). et. à six heures votre mari sortira de prison. quoique muni d'un passeport en règle. » La Saint-Huberty crut cette ses instincts menace sincère. on le jeta en prison. entra dans une viofut la lente colère. son et paquet fut envoyé à Landrieux. elle jeta son jeune juin 1797. {Arch. Celui-ci.) . Depuis Néron. 44. fut arrêté au sortir de Corne.. Nat.176 CHAPITRE QUATRIEME si secrets des consciences pour voir l'iiomme à qui elle a ravi état. je vous l'enverrai à onze avec dix balles dans le ventre. à la vue de ces pièces. (1) D'Antraigues à Boissy d'Aiiglas. ce coquin qui récompensait ses bontés en le dénonçant. et qui osait parler de loi et de justice au milieu d'une armée: « Peut-être demain et. avec recommandation d'im- primer et le tout. propriété et patrie a pour elle des sentiments de iiaine ou de mépris !. subit Landrieux en première victime et deux jours de prison pour son retard à informer ses supérieurs de l'affaire. Cet homme. territoire non loin du suisse. A.

voi- Bonaparte accourut. visites. essaya de la calmer. il le voilà ressusle » a soif de notre sang. lui sine. et qu'elle pourrait lui nuire. Madame. si la lutte qui se préparait à Paris tournait contre le Directoire. » M""® A ses cris. Il pouvait recevoir à son gré des de près ses sorties. et mais la police surveillait . Factice ou non. vous conseille de me faire fusiller. Il dit Robespierre mort. Seulement il donna des ordres sé- vères pour que M'"« Saint-Huberty fût retenue à Milan et pour que toutes ses lettres et celles de son mari saisi fussent à l'avenir interceptées. La Saint- Huberty raconta ce qui venait de se passer^ et Bona: parte la rejoignant. Le nouveau dossier mois de à Côme prit à son tour le chemin de Paris. aggravée d'autre part par l'interruption de sa correspondance. la colère de Bonaparte était déjà la tombée . plaignit en termes plus saisies. elle reprit ses invectives « Vous m'aviez cité. et. car je vous assassinerai partout oij je pourrai. le D'Antraigues passa tout juillet dans une demi-captivité. il s'avisait que mort de son prisonnier lui était inutile. car je vais à Paris et j'y obtiendrai justice. fera bien de répandre. et fit Il se mesurés du contenu des lettres môme entendre que la décision qu'il était obligé de maintenir jusqu'à nouvel ordre n'aurait plus rien de rigoureux. l'entraîna dans une pièce l'embrassant.LA GAI'TIVITÉ qui le 177 l'accompagnait au-devant de lui : « Pourquoi ne pas joindriez-vous pas à son père ? n'est-il mûr pour cette boucherie? » Et tandis que l'enfant éperdu s'atta: chait en criant à la botte du général ajouta-t-elle. je « Quant à moi.

Bernadotte et Kilmaine (1). deux passeports. dit même son portrait en couleurs. Du côté de la lui avait France^ par un prêtre émigré de Grenoble que amené son hôte. surtout du côté de il Suisse. dehors de Milan il aurait même pris sa revanche de les l'arrestation de son messager en interceptant dans louis bailliages italiens et en payant trente-quatre lettre une adressée par Bonaparte à Barras. dont la expédia à Neuchâtel mère et la femme du la prison- nier devaient user pour venir à Paris implorer le transfert de leurs fils et mari au Temple. Peu à peu renoua ou se créa des intelligences en . Directoire. il serait rentré en rapports et à Turin Il avec l'abbé de Pons aurait par cette Stackelberg. voie parvenir à Paris. et avait été transmis aux portes de la ville tières de la aux fronla Lombardie. des avis propres à éclairer la majorité des Conseils et la minorité du. iJ si l'on peut s'en fier à son propre témoignage. s'était arrêtée à Turin. qui avait quitté Rome en route pour la France. Bien mieux. écrivit à Carnot le 14 juillet que le coup d'État se pré- parait. l"^' bcptembru 1708. attendant le moment (1) D'Antruigues à Maury. fait le ministre russe.178 CHAPITRE QUATRIÈME il son signalement. Carnot. resta inerte. favorable. retenu par des scrupules de légalité. Déjà vieille comtesse d'Antraigues. mais néanmoins voyant dans la séquestration illégale de d'Antraigues il un moyen de nuire à Bonaparte. avec des pièces utiles à sa défense. . qu'il était urgent de prendre l'offensive contre Barras et de faire arrêter Bonaparte par ses ennemis secrets.

s'entretenir avec lui. au milongue relation que d'Antraigues a rédigée de sa captivité. D'autres épiaient l'occasion de lui témoigner leurs sympathies secrètes. d'Antraigues ayant eu à subir quelques vexations de la part du poste Ce portrait de Bonaparte est jeté. . Quelques-uns. d'Antraigues. surl'esprit des officiers. s'excuser du qu'ils avaient pris. A. t. épiant de moindres paroles. voyant à sa porte une sentinelle en qui ils avaient confiance. rédigeait le journal de sa captivité.. vol. et les il avait cherché à surprendre les opinions de ses dispositions gardiens. son carac- tère et ses projets. (A. Bonaparte et son pp. France. et qui porte la date du 31 octol^-e 1797. notant tout ce qui pouvait ses habitudes. » Déjà..LA CAPTIVITE 179 Pendant ce temps. recueillait des observations surBonaparte. pendant son passage à la citadelle. vinrent. Les officiers jacobins ne lui ca- chaient pas leur satisfaction de le savoir à leur merci. 120-144. pour occuper son temps il et sa plume. ils ouvraient leur bourse et offraient lui faisaient de toute façon leurs services. 034. (1) lieu de la — temps. veut maîtriser la France et par la France l'Europe (1). sa physionomie. Des soldats comprendre qu'ils fermeraient les yeux sur sa fuite. par voie de disgression. Il comptait les hommes dévoués ou . III. Après sa translation au palais Andreoli. F. M.. à ce parti qu'il raconte. lui il terminait portrait qu'il traçait de « Il par ces mots prophétiques (Il) détruira Barras ou l'asservira.) Il a été imprimé dans Jung. sur la discipline de l'armée. secrètement hostiles au général en chef celui-ci les et. jusque dans le : déplaire dans ses origines.

ses plaintes amenèrent près de le le général Kilmaine. V. ce était acquis . d'Antraigues reçut D'Antraigues à Thugut. Il craindre dans un avenir prochain les entreprises de Bonaparte. et vouloir se ménager parmi les adversaires de il la république des connaissances utiles. Vous ne savez pas toutes les obligations que vous lui devez. royaliste dans l'àme.). le chef d'état-major Vignolles et commandant delà place. qui de loin s'intéressait à liste et l'ancien ami de Jean-Jacques. Il était : rendre républicain. Devant ses compagnons. comme président de co conseil. et fait Il avait eu un avance- ment rapide avantages sans le le une grande fortune en France.) . 27 (2) « novembre 1798.180 CHAPITRE QUATRIÈME lui préposé à sa garde. entre Bonaparte et d'Antraigues. et ce ne fut qu'à sa résistance à se prêtera ses vues. confidences politiques. à sa merci il se vantait en effet plus tard de lui avoir (2). Bonaparte sans lui vous eût mis au Conseil de guerre. V. avec ses semblait condoléances. que vous avez dû de n'y être pas jugé. il en dès 1797 au point oii en étaient les maréchaux de l'empire en 1812. En attendant tenait se créait des titres à la gratitude de celui qu'il . Ces maintenaient au service de la république. n'est pas là tout en disant de qu'il LouisXVIII » « Ce l'homme nous faut (1). paraît avoir joué un rôle assez singu- lier. ménagé un ses tète-à-tête avec lui. Son seul désir était de conserver. Cet officier 'avait épousé une Irlandaise très royatoujours philosophe. 20 août 1798 (A. à qu'il avait la faveur d'une paix prochaine. épargné de comparaître devant un conseil de guerre Quelques semaines plus (1) tard. » (Vannelet à d'Antraigues. Kilmaine. Kilmaine parla à s'étant d'Antraigues avec froideur et il dureté. puis. lui fît. — A.

Alors M. du gé- néral Vignollcs et du général la Dumas. Kilmaine. parla fortement en faveur du duc d'Orléans. la 14 juillet. l'on persistait à vouloir réunir l'action du pouvoir exécutif dans une qu'il seule serait main. et que. on ne pouvait ignorer foi. comme si étant propre à devenir le chef de la république. Ce dernier. — Moi.LA CAPTIVITÉ de nouveau la visite de cet officier. plupart des généraux avaient porté des toasts menaçants. j'eus la visite de M.. à la veille d'une révolution en France. Ceux qui pensaient autrement se tenaient à l'écart. même le à Milan.. Le 16 juillet. dans conversation. à une fête patriotique. il donne un aperçu curieux de « l'état des esprits dans l'armée. Plaçons ici le seul extrait du journal de d'Antraigues pendant sacaptivité qui nous conservé . duc d'Orléans . me dit-il. même lui en sa forme républi- que lui. 181 On se sentait bien.. Kilmaine se mêla de la conversation. Dumas. signé des adresses furibondes et déclamatoires qui encourageaient le Directoire dans les préparatifs de son attentat. mais ne se taisaient pas absolument. comme on va ait été le voir. outre son intérêt. Les raisons la en donnait étaient (ju'il l'homme de Ré- volution. qu'il avait afl'ectionné la Révolution de bonne caine. je ne le m'en accommoderais sous aucun rapport. Je — Mais vous. Il avait été s'il content de toutes ses dispositions. me demanda lui n'étajtpas vrai que tous les royalistes modérés s'accomrépondis que moderaient de M. n'existant que par elle. le duc d'Orléans. je l'ignorais. qui avait été à un des trois envoyés pour causer avec Hambourg. et dit que M.

Dumouriez pensait de ait dit. Kilmaine pour Paris. LA DISGRACE Dans sa prison dorée de Milan. « Quatre jours après cette conversation. quoi qu'il en que jamais cet . mais que l'armée serait très opposée à ces folies. sort. Quelques- uns insinuaient qu'il s'était fait prendre pour s'abou- (1) D'Antraigues à Thugut. et il j'allai me reparla de la conversation du 16.182 CHAPITRE QUATRIÈME était un liomme au-dessous du médiocre. au moment du départ de M. et voyait Louis XVIII s'inquiétait vivement de son dans sa captivité une cause presque inévitable d'inci- dents fâcheux et de surprises désagréables. 17 octobre ITilT (A. et que Berthier. excepté à Sieyès à Reubell. était odieux à tous. V. . et qu'il l'avait examiné jugé . devait avoir donné ses idées à M. les idées et me dit qu'il y avait quelques généraux dans de Dumas. et même sur ses talents. » IV L EVASION. homme et ne pouvait rien être en France il au lieu de rallier les partis. que M. d'Antraigues de loin les attirait regards de ses amis et de ses ennemis. Bonaparte (1). le 21 juillet. Vignolles fut de son avis.). lui dire adieu. qui avait souvent apprécié le duc d'Orléans.

il un projet le d'arrêté pour sa mise en liberté. c'était Bonaparte était alors près de quitter Milan. en raison de son titre droit des gens.L'EVASION. La nouvelle était fausse. et Louis XVIII s'employa de délivrance d'un serviteur important et Il son mieux à la jugé toujours fidèle. Thugut promit d'assez rendrait mauvaise grâce d'agir. et Ne recela vant aucune instruction de Paris. demanda au cabinet autrichien d'introduire cette affaire dans les conférences qui se tenaient à Udine pour la paix. sur l'avis péremptoire de Bona- parte. celle-là pour durer. en sa qualité de vieille connaissance de rendit le mauvais lui service de faire renvoyer l'affaire pour plus ample informé au ministère ajourner indéfiniment la décision de la justice. russe. avait essayé de prendre et d'imposer au Directoire une résolution équitable et définitive. Ses assurances étant restées sans effet. d'Antraigues. Il avait rédigé un rapport déchargeant d'Antraigues du et fait d'émigration d'espionnage et le déclarant. lui On lui répliqua en montrant les gazettes qui annon- çaient la translation de d'Antraigues à Paris. couvert par le avait joint A ce rapport. préparée. au ministère. Seulement 18 juillet Talleyrand remplaça Delacroix et. importuné par présence d'un homme dont il avait tiré tout ce qu'il . en insinuant qu'il ainsi le bien pour le mal. ce qui était vrai. Si prompts que fussent était trop forte les émigrés aux illusions. c'est que le ministre Delacroix. LA DISGRACE 183 cher plus facilement avec le conquérant de Venise. Saint-Priest hasarda une nouvelle démarche.

Les circonstances étaient favoil rables: le général en chef étant absent. donner sa parole d'honneur de ne il pas s'évader. au commencement d'août. Le 29 août au et s'enferma dans sa chambre. le une distance inoffensive D'Antraiguesdut bien. il lui laissa soupçonner. comme Russe. entendre de loin les haranil gues jacobines des généraux. . n'était plus surveillé que d'une façon nonchalante et intermittente par des agents dont Kilmaine. risa à aller librement par toute la ville. put. et qu'il triomphe deBarras. n'écoutait même plit pas les rapports. mais protestait aussitôt n'avoir pas agi librement. transféré en France. et Il notamment à la bibliothèque Brera. lui fit peut-être en- tendre à mots couverts par Joséphine qu'on fermerait les yeux sur les préparatifs de son évasion. puis sur l'évasion elle-même. son ami secret. g-ardaient à transporta les soldats qui (1). En conséquence. il procura l'auto- de nouveaux adoucissements à sa détention. expérience de la (1) ViguoUes 2 août (15 lluTinidor) {Archives guerre). et regardait cette promesse Bientôt il comme illusoire. vieille la Saint-Huberty employa sa à Bertliier. songea dès lors à fuir. après le se laissa dire qu'un coup imminent à Paris.i8i CJI A PITRE QUATRIÈME il voulait. Néanmoins il prépara et accom- son évasion comme soir. il s'il eût été sévèrement gardé et eût couru en s'écliappant risque de la vie. le 14 juillet. d'État révolutionnaire était serait. ne lui interdisant que les proet il menades publiques. Il déporté peut-être ensuite à Rochefort et en Guyane.

. tirai un ma poche... Affublé d'une soutanelle et d'une perruque ecclésiastiques... il Les portes de Milan ouvraient à cinq heures. plaçai sur un banc à la porte de l'église. les vastes appartements du palais. le mon Je me parti . j'en trouve toutes les portes fermées. Nous partons. mais m'avait fallu sortir à quatre pour dérouter les espions de M. Elle ne me reconnut ni me regarda. il dit une sensibilité exaltée par la peur.. me la désigne do loin. îl faisait déjà grand jour. la barbe longue et la adieu aux siens avec « figure barbouillée de bistre. Je m'avance donc seul à cette église. a-t-il écrit. et je trouvai porte du jardin devant la petite mon fidèle guide. Je pris aussitôt je ne pouvais m'éloigner sans me perdre. contre la place pour n'avoir pas visage de tourné cacher. En effet il me conduit en vue de cette église. Bonaparte. des lunettes sur le nez. l'air me Mais en même temps je me mis une paire de lunettes bréviaire de vertes sur le nez. je passe ne devant la garde des charrois militaires qui gardait aussi ma maison.. je sortis sans avoir été aperçu. w Mon conducteur m'avait assuré qu'à quatre heures du matin on ouvrirait une église de Milan appelée San Celso et qu'on y dirait la messe à l'aube du jour..L'ÉVASION. Traversant seul. . et J'at- commençai à prier avec beaucoup d'attention. LA DISGRACE d'actrice à le déguiser et à le rendre 185 méconnaissable. Nous convenons que je me placerai et dans le premier confessionnal à droite en entrant. lui me quitte et se rend pour préparer ma petite car- riole. et épier l'ouverture des portes. logés dans « la maison.

et le visite à M™*" matin le elle avait Bonaparte pour jour la même. à Innsbriick. 14 septembre (28 fructidor). je monte en voilure. maison Son oii il fils.) CL la France vue de l'armée d'Italie. chef Berthier. elle avait fait de- mander un passeport annoncé sa à Kilmaine. Ce journal n'eut que dix-huit numéros.. ïi° —Le XI. tendis tronte-sopt minutes je j'y les portes s'ouvrirent. 2 vendémiaire Dans une lettre à an VI. dans avait été en nourrice. envoyé aux environs de Milan. quelques jours après. M. par conséquent hors d'état de se montrer pendant plusieurs jours. L'avant-veille. dans le portefeuille de d'Antrai- publiée diU. A peine étais placé que j'aperçus mon i. La gues « pièce trouvée ». fut conduit ensuite à et. Elle-même vêtue en paysanne. {Archives de la guerre. Ce fut là que leur arriva la nouvelle du 18 Fructidor. un panier sortit ensuite de Milan. et le 14. (1) Vignolles à d'état-major par intérim (Dessoles) à Vignolles. d'Antrai- . put ga- gner ainsi sans être poursuivi Côme. Je le suis.uide » au fond de Il l'église. y eut ordre d'imprimer les feuilles françaises de (1). afin.. Besborodko du 28 octobre 1797 (A. 4 septembre (18 fructidor). Moniteur^ répandue en brochure. puis Bellinzona. toute la famille réunie en Tyrol. d'al- ler chercher de l'argent à Trieste. Milan les pièces relatives à cette affaire M"^ d'Antraigues avait raconté d'elle et persuadé autour que son mari était malade.18G CFIAPITRE QUATRIÈME . disait-elle.). d'herbes à la main. et me précipitai dans le confessionnal désigné. absolument inaperçu. Menétait drisio. fut Son Ce départ paraît avoir passé fut seulement le 4 septembre que son évasion il dénoncée à dans la place.

Venise ». en avait laissé Terreur. 133. t. en nom retentir même temps que répandait la nou- velle de sa délivrance. plus intacte . I. 8-11. de Berthier. Bien que tronquée faisait cette pièce de son auteur un délateur illustre. supprimé premières la peu agréables aux survivants de lu certains mots. le Ils voulaient croire à un faux commis par Directoire pour « les perdre. LA DISGRACE 187 placardée dans toutes les villes. p. . 79-83. et ce rédacteur pour d'autres est Mont- gaillard. D'Antraipartout. avait enfin déclaré le tout trouvé « à et. A Milan même. ajouté d'autorité la signature et altérée. (1) AppeÀ à la nation française. et la Déclaration de Fauclie-Borel dans le Spectateur du Nord. » Lemorer il appelle la conversation un soliloque dont fait honneur à l'imagination de son rédacteur (1). qui a voulu ainsi se venger de l'accueil reçu à l'af- Venise. en France et se gues entendit son eu Europe. avait mal d'autres en blanc. est vrai.L'ÉVASION. républicains ou gués proteste contre rautheiiticité des pièces publiées dans ce journal et dans d'autres gazettes. Parmi les fructidorisés.— Cf. Camille Jorchw. ceux qui s'intéressaient à faire insinuaient que le prisonnier avait payé d'avance et lui d'une manière peu honorable pour les plus indulgents sa délivrance . pp. Le iS Fructidor (par Gallais). avait démontré à la masse des fanatiques et des badauds la lég-itimité du il coup d'État. — oct. on devine l'impression. 21. elle n'était le scribe chargé de la transcrire les pour l'Imprimerie Nationale avait pag'es. Y>p. député du Rhône à ses commettants. parmi les témoins. 1797. tant en Allemagne qu'en Italie. Sous cette forme.p. ce qui est plus grave.

14 septembre 1797 (dans de Baraxte. D'après le second. Souvenirs cfim émigré (pav le Laporte). transcrite par Berthier. p. (2) mémoire de du Montet. A Blankembourg. les scènes de Milan. la Il ne connaissait. — f. Montgaillard et l'abbé du Montet excitaient aussi de loin contre lui l'opinion. et le temps passé à la déchiffrer expliquait le délai écoulé entre sa saisie et le 18 Fructidor (2). On parut le croire un moment : Louis XVIII se réjouit publiquement de voir délivré ce serviteur ardent et fidèle (3) . 276 et suiv. Mémoires. évadé avec l'aveu de ses geôliers. Le prisonnier avait certifié n'avoir livré aucune pièce com- promettante. la con- versation aurait été écrite en cbiffres. traitée par Bonaparte d'ineptie. d'après des conjectures et des témoignages subalternes.. 29). d' autrui. vol. qui contile nuait à qu'il Hambourg. 592. Selon le premier. 110. qui prétendait reconstituer. mais en même temps il (1) Sahkazin (général). XVIII au comte de Saint-Priest.188 CHAPITRE QUAÏRIKMK le disaient émigrés. L'interminable est p. . près du ministre Roberjot. dont F. France. Lettres et instructions de Louis Louis XVIII à Saiut-Priest. premier cahier manque. et l'auteur avait reçu pour ce service mille ducats et un passeport. sa personne innportant peu depuis la saisie de son portefeuille (1). 69. disait-il. la conversation avait été dictée par Bonaparte. et devenu libre avait formellement renouvelé (13 septembre) cette assurance. conversation que comme l'œuvre contredite et réfutée par lui à chaque ligne. (3) aux A. métier avait exercé à Venise auprès de Lallemant. p. on ne savait trop que penser.

les apparences ne sont pas pour cri n'y a qu'un laver(2). l'assentiment du cabinet royal. lettre propre à lui arra- cher une explication nette Bonaparte. avant il d'imprimer. de Montgaillard Fauche voulait avoir. III. Imprimez autant que donc. devait bien se garder de répondre. n'y a c'est ce papier maudit qui a perdu Pichegru et ses amis. à laquelle d'Antraigues. lui disait-il. publiez qu'elle concerne Bonaparte Picliegru. il aura bien de la peine à se DeNeuchâtel. il de perfidie.\.L'EVASION. vraie ou fausse. et qu'on a tronqué des faits pour choisir une victime entre deux généraux vendus au royalisme. partie.:29 seplembiv France. et son t. où figurait en toutes lettres. temps. Bonaparte 1797. D'Avaray jugea cette fois l'homme qu'il détestait pris fait au piège. certainement altérée. (. (1) Cette lettre est imprimée dans Jdng. coupable de lâcheté lui. Cette lettre.) . pp. comme enlevée dans le portefeuille. disait-il. car pas à en douter. une « conversation avec M. prétend vous avoir pris une pièce. coupable en tout cas d'avoir restauration. {-) L'abbé lie Jons au Roi. 610. et dans le premier cas. ». » contre lui. vol. des témoi- gnages fâcheux surgirent de divers côtés écrivait l'abbé de Jons. et envoyé en manquer la Guyane les meilleurs servi- teurs du roi. LA DISGRACE lui fit 189 écrire par d'Avaray une (1). on le comprend.Fauche-Borelfaisaitsavoir qu'il avait reçu de d'Antraigues pour l'impression une déchi- ration datée du 29 août. 196-11)8. qu'il ne soit et : c Je tremble.I'\. Peut-être aussi lettres adressées jadis avait-il connu certaines par d'Antraigues à Montgaillard.

vint-il dire à Louis XVIII. par étourderie. ff. une pièce dont le parti royaliste (1) s'il : le secret il de tout « Ou mérite les petites maisons. F. vous a menti en affirmant n'avoir livré aucun papier compromettant. vol. une fois captif. » Il s'empressa il de « casser le col vait fait à à ce rival éventuel. Il a payé cher cette imprudence ou il cette erreur. qu'avec son amour-propre indomptable n'a jamais voulu avouer. L'a-t-il. p.T ov?x'^. i. ou par une lui laissait in- concevable erreur de jugement. » a livré ce secret pour se tirer d'affaire Ce dilemme de d'Avaray semble résumer et de Mallet du Pan nous la question. . en bliant au milieu de papiers inoffensifs.'Mc>noiresel correspondance. avec une légèreté in- concevable.t90 CHAPITRE QUATRIÈME il OÙ était personnellement très maltraité. D'Antraigues a laissé tomle récit ber entre les mains des républicains tretiens avec de ses enl'ou- Montgaillard.) (2) 'Slxi. ou mérite la corde (2). France. 178 et 355. qui ne voir et dans cette pièce qu'une œuvre d'intérêt rétrospectif quasi-littéraire. 594. 321. II.. D'Antraigues. A Trieste a gardé dans son portefeuille. (A. et développés par Gourvoisier dans une consultation spéciale qu'il rédigea par ordre. il a été capable d'une telle imprus'il dence. com- mentée ou modifiée au gré d'un vainqueur menaçant? Ceci restera un mystère historique qu'aucun des initiés Ce sont là les (1) deux griefs spécifiés par Louis XVIII dans sa lettre à d'Antraigues du 24 février 1798. et comme l'a- Puisaye à La Vauguyon.VE. antérieure- ment il il confessait au public tout le contraire. alors qu'il mettait en sûreté ou détruisait tant de papiers était celui importants.

Celui qui était de sa part l'objet d'une telle lui.-J. lorsqu'il arriva à était déjà condamné. et ses yeux étincelaient au souvenir de l'iiumiliatiou qu'il avait subie. le dompté. et recevoir l'expression de ses volonle Ce fidèle est. Las Casas après J. on eût dit en France hors la loi. Depuis lors. Rousseau et avant lui Armfelt. lors de son arrestation. Il prouvait une fois de plus qu'on rejette volontiers sur autrui les conséquences des fautes contraire. d'Antraigues fut mis subitement par Louis XVIII hors la confiance. il parvint à les retrou- ver seulement à Vienne. LA DISGRACE 191 n'avait intérêt à dévoiler. Après un court il séjour àlnnsbriick. bien des années sanj^ lui après. séjourna alternativement dans cette Toutefois il ville et reparut encore en Italie dans l'automne de 1798. à la recher- che des papiers qu'il avait dû. lui fut enlevé 27 no- vembre. confier à la légation d'Autriche. Quoi qu'il en soit. ami atteint d'une maladie mortelle. était venu à Trieste. une des rares personnes qui aient accordé . se souvenait plus Au tard uniquement d'avoir il bravé. à Gratz. Il venait revoir à Padoue Las Casas. à ce que Napoléon pardonnait moins ses adversaires. En tout cas. tés particulières. Vienne (10 octobre). à il la chancellerie. d'Antraigues sentait le monter au vi- sage. Gela ressort de l'acharnement avec lequel poursuivit d'Antraigues à Dresde. Bonaparte été qu'on a soi-même commises. Toute correspondance avec Il lui fut du jour au lendemain interrompue.L'ÉVASION. haine avait peut-être fléchi un il moment ni deet vant c'est mais n'avait été ni fasciné.

Sur un nouveau plaidoyer de sa part. deIl venus ses ennemis. dont devait jouir encore près de dix années. et plaider les cô- tés accessoires de la question. Ce souvenir était ma- lencontreux. ne voyait plus venir écrivit. il XVIII et de l'empereur Paul. emporter la conver- sation dans ses papiers. sa disgrâce. en date du 24 février. arriva une lettre royale. S'il était entré en relasur les tions avec Montgaillard. trois lignes lui annonçant sans autre explication l'interdiction de toute correspondance avec lui. aucune nouvelle. Quatre sous prétexte de rendre compte de sa conduite. ordres exprès de La Vauguyon. ne savait trop alors ce qu'il devait il il De Blankembourg. Depuis lors il ne il tint plus à l'Espagne que par une pension. continuait cependant à voir l'agent . et lui défendant de publier quoi que ce fût à ce sujet. alors un des conseillers du prince. avec les motifs à l'appui. Bref. La Vauguyon 11 avait subi avant lui la était plus hardi. Du côté du roi Louis titre. tort. Ce ne fut qu'au comoncle mencement de février 1798 qu'il reçut de son Saint-Priest. et qu'il ail aimées jusqu'à la fin. (ju'il avança. c'était. lui notifiant. rappelait-il. ses deux maîtres en attendre.192 et GHAIMTHE QUATRIÈME inspiré pleine confiance. D'Antraigues eut beau se débattre. car disgrâce royale. pour le bien du service. et il soutint n'avoir aucun il annonça un mémoire autobiographique où devait mettre en lumière ses services et l'ingratitude dont il avait été payé par l'injustice de ses maîtres. en réalité pour obtenir une réponse propre à le rassurer. ce qui avait dû. fois.

. et qu'il m'ou- blie. se plaisait de son côté à renouveler les angoisses de La Fare. je me justifie- de la manière la plus publique.. et faisait attester sa fidélité inviolable aux bons princi- pes. F.. vol. ([d. 612. ni que le roi ne parle de moi en bien ni en mal. que les princes (le comte d'Artois et le prince fait de Condé) le savaient innocent et lui avaient exprimer leurs senti- ments (1) (1). non la vérité. vol. — La Fareau roi.. reçut enfin (13 mars 1798) une : déclaration où on lisait « Je serai toute ma c'est vie un sujet fidèle. Il un passeport à destination de Londres. 634. le cas échéant. La Fare. il semblait qu'en Angleterre dût être Il affranchi de toute dépendance et de toute réserve. le devoir reste...) .L'EVASION. f. Russe et sous la protection de la Russie. le zèle à le remplir n'est plus. on savait sa plume redoutable mettait-on le mot d'ordre à aussi translui Hambourg pour ville. Tout ce que je demande aujourd'hui. D'Antraiguesà La Fare. Ces promesses hautaines et conditionnelles no rassu- raient pas pleinement la cour de Mittau. une Il promesse de se taire. Si j'apprenais qu'en secret on la certitude et la me » déshonore. conformément aux intentions royales.l67. 21 août 179S. LA DISGRACE 193 du roi à Vienne. dès que j'en aurais rais preuve. 18. Qu'il dît ou . et faire fermer les imprimeries de cotte refuser. France. l'ancien évêque de Nancy.) 13 28 août. et de lui arracher.(A. La Fare de son côté s'efforçait de le calmer. f. rappelait en se disant provoqué par les calomnies de ses enIl nemis ou qu'il était les indiscrétions de ses amis.

se réconcilia avec mais^ les autres royalistes accusèrent à l'envi ses intel- ligences avec Bonaparte. les parents Saint-Priest. à confondre lui-même. il demander les circonstances et les motifs de sa disgrâce. oiî il venait d'arriver. Presque tous les émigrés le considéraient comme un traître. lui fît le cardinal Maury. en une liasse sur laquelle d'Avaray : implacable se borna à écrire pour toute remarque « Garants de la duplicité de la fleur des drôles. contenaient des révélations accablantes pour le frère et successeur de Louis XVI. le bailli de Crussol. son neveu à Naples. d'Avaray. présentant des Bourbons à térêt d'un vieil ami. il demeurait et il demeurera jus- qu'à la fin de sa vie tenté de faire payer sa disgrâce par une publication propre à d'Avaray lettres et à le justifier la fois. que ces papiers. Maury. il se piquait de . sinon parti. il ne voulut rien promettre à avant de prendre un qu'il le préviendrait rappela avec l'accent de la menace qu'il déles papiers tenait toujours de Malesherbes. Quant à lui. Si son oncle Saint-Priest s'était prudemment tenu d'intervenir en sa faveur. En 1799.194 Il CHAPITRE QUATRIÈME avait eu oifct gardé des amis dans le camp royaabsre- liste. mis en sûreté en Angleterre. D'Antraigues répliqua par une série de lettres fort vives contre ses ennemis personnels. lui portait tout l'in- De Venise. afin de mettre à profit tant de pour de sa femme le crédit subsislui . l'abbé de Jons. Sur la publication il annoncée de sa défense. » Désormais d'Antraigues ne comptait plus comme serviteur actif du roi. disait-il. Maury transmit ses à Mittau. Rome.

(A. répli- qua d'Antraigues. » — (Leltre à l'empereur A. mais à il côté de Mordvinov. où avait rejoint Mordvinov.) (2) « Iloiume d'un esprit inquiet brouillon. et 592. Vienne était de na- ture à irriter Bonaparte. avait trouvé un ennemi auquel il ne s'attendait pas. d'Antraigues resteà D'Antraigues à f.) . le compliquer mal à propos 3/14 octobre 1797. Razoumovsky venu et avait son opinion faite sur le nouveau le tenait il pour un aventurier. avait représenté au cabinet autrichien à que la présence de cet homme (2).L'EVASION. les affaires. M. France. le traitaient guère mieux que les royail A son arrivée à Vienne. et de (1). prisonniers? Ils les jacobins fusillent-ils les devraient les réunir et les laisser ensem- ble. F. i" septembre 1797. — Détrompez-vous. et : les « défendait à l'occasion lui disait comme des compatriotes Pourquoi donc. sans cesse occupe de projets et d'intrigues qui ne peuvent que compromettre les cours et Paul. A l'annonce de son arrivée. Maury. qui n'ont d'activité qu'en famille. certificat il avait bien obtenu de ce diplomate un approbateur de sa conduite à Venise. en quelques jo-urs ceux-ci auraient imité les arai- gnées et se seraient mangés. LA DISGRACE 19o générosité. 3. vol. un jour ironiémigrés quement Thugut. » rares exceptions n'infirment pas la règle Les Russes ne listes français. et à sa cour qu'elle pourrait nuire aux intérêts russes la décision suivante (1) : Paul P"^ lui répondit par l'étran- Si M. ambassa- deur de Russie à Vienne. leurs vices sontdes vices domestiques. mais qu'on fait me cite un ! contre eux chez l'étranger et envers l'étranger Leur conduite sous ce rapport est inattaquable.. le comte Razoumovsky.

et bientôt son zèle il connais- sances variées dont faisait étalage eurent effacé les mauvaises impressions de Paul I" à son endroit. sans qu'il puisse séjourner ni à Moscou. D'Antraigues y un effetparticulier de l'hostilité toujours active de d'Avaray. et celle-ci fut payait les arré- doublée l'année sui- . vante. Cette mesure tes était g-énérale et atteignaittous les agents royalisvit en Italie payés par la Russie. lui à la sollicitation de Saint-Priest. lui tint On ne pas rigueur sur son traitement.196 CHAPITRE QUATRIÈME . ni à Pétersbourg. Se croyant victime des calomnies républicaines. SCS appointemonts seront supprimés s'il vient en Russie. Sa reil quête ayant été rejetée. et en appela de l'autocrate mal informé à l'autocrate il mieux informé: demanda lapermission de porter à Pé- tersbourgsajustiflcation verbale. ger.poursonactivité brouilles lonne etpour embarras qu'elle faisait craindre. s'établir se dit empêché par sa santé de et les dans le Nord. un passeportlui sera délivré pour Riga. qu'il il ne voulait pas comprendre étaitredoutépourlui-même. on rages de sa pension. dès janvier 1798.

— Le Directoire et son entourage. de d'Antraigues Armfelt. La disgrâce de Panine. la — L'Orient. le En adressant disait 12 mars 1798. ses moyens d'information. tionnaire en Italie.CHAPITRE CINQUIÈME D'ANTRAIGUES A VIENNE ET A DRESDE I. Rôle de Jean de Millier et de Gentz. une dernière protestation contre sa disgrâce. d'Antraigues ne devoir plus travailler que pour la royauté en coalisés contre général. de II. Disgrâce momentanée. — THUGUT. Démêlés et brouille avec Kalytchov remplace Razoumovsky. III.Champagny. Dresde. — Sieyès à Berlin. pour la cause des souverains . — Séjour — — — — — : — — — — — — — — — — — — — Mémoire de d'Antraigues sur Louis XVIII. — Thugut. —Razoumovsky. — Relations avec Thugut. Son entrevue secrète avec d'Antraigues. — Établissement en Au— La correspondance de Vannelet. — A Vienne (1800-1802). propagande révolu- l'Autriche. d'Antraigues. VANNELET (1798-1800) à Louis XVIII. A Dresde (1802-1804). — Finances et diplomatie de la république. I A VIENNE. — L'ambassadeur français Ghampagny. — Vannelet collaborateur àGratz. D'Antraigues et Cobenzl. Jean de MùUer. Travaux pour l'empereur Paul. Retour de RazouNouveaux démêlés. Nouveaux amis Alexandre I" mystifié. Ses rapports secrets avec Vienne. — Passé de l'auteur.— Czartoryski. A Vienne triche. Brouille avec Marie-Caroline. Vannelet. ïhugut. Cobenzl. toryski. (1798-1800). Marie-Caroline à Vienne. Ses premières relations dans cette ville. Panine et CzarD'Antraigues conseiller d'État. — L'espionnage politique en l'an VI. D'Antraigues quitte ^Vienne pour movsky.

ses amis de et lui avaient Londres l'appelaient à eux seport (1).198 CHAPITRE CINQUIÈME la Révolution française. De plus. russes ou anglais. sous une double enseigne. teur de l'empereur et celui d'observateur pensionné du roi . devenir. D'Antraigues espérait. à Venise. dans les emplois secrets. envoyé un pas- Puis des avis lui vinrent de France. de France. contre la France sa première il patrie. Le premier ministre Thugut. en demeurant à Vienne. . Il oubliait alors une consid»^- ration qui lui en imposait quelques années auparavant. y avait connu son oncle de Saintil Priest devait montrer quelque indulgence à ceux qui vivent. plissait à Constantinople un doublerôle. lier partie était entré dans ses babitudes de . était se prit alors à penser que l'Autriche encore le pays le plus propice aune entreprise de reportaffc diplomatique et acceptable profitable à sa bourse pour son amouralors qu'il remcelui de servi- propre. Après son aventure de Milan» eut la tentation de passer en Angleterre. des basses œuvres de la politique. il un personnage. à savoir : que la politique des cours en voulait surtout à la prépondérance de la maison de Bourbon en Eu- rope. (1) s'ar- D'Antraigues à Maury. et il devait rester désormais à la solde de ses protecteurs de circonstance. qui lui dénoncèrent ce projet sécurité de sa comme aux éventuellement fatal Il à la mère et intérêts des siens. avec des politiques de toute nation il croyait par là se donner de l'importance les et ne réussissait qu'à accumuler il soupçons. ^o avril 1798. autricbiens. à la faveur de ces souvenirs. Déjà.

mais. » Gela n'est point d'un ton héroïque chevaleresque. THUGUT. le salut de l'Europe et des vieilles monar- Ayant une ainsi endossé. Ses relations avec Thugut ne durèrent guère plus d'une année. je ne peux être employé dans celte affaire. ajoutait-il. écrivait-il à s'il le Thugut faut.. et que ce plus tard possible que j'en sois le martyr. le 21 août 1798. pour se rendre utile.. je préfère de soit le mais beaucoup en être le défenseur. « et pensait reprendre sa correspondance.A VIENNE. d'essayer de gagner Kilmaine. étant né Français et suspect . Il lui insinua d'abord. et que d'ailleurs les vieilles opinions étaient vivait dans un temps où peu en faveur. il répondait que les circonstances changent les il opinions. ce ma haine. j'en deviendrai leraartyr. une haine bien nourrie et immortelle. sa patrie officielle. ne se point arrêter par la pensée de son hostilité antérieure à la chancellerie aulique. sans il quitter l'uniforme laissait russe. alors à la tête d'une armée sur le Rhin . exclu de son parti. et ma patrie. Je veux jusqu'à je pourrai mon dernier soupir faire tout le mal que fut aux brigands du pays qui de sera l'unique occupation ma vie. La cause à laquelle Votre Excellence dévoue sa vie talents est la ses mienne. et de Naples. mais d'Antraigues. A ceux qui osaient lui reprocher cette pali- nodie. n'avait plus que ses passions personnelles pour guide : et il les déguisait sous une formule commode chies. sera l'héritage le plus intact que je léguerai à ni mon fils. livrée autrichienne. VANNELET rêtait à (1798-1800) 199 mi-chemin do oii il la Russie.

de leur date teur. Celui-ci se tiplie les détails et aussi de la personne de leur auà met en scène sur son passé. faut un Allemand ou un Anglais. Une vingtaine de ces lettres (la la dernière de . le chaque instant. et qui lui parle fit La mort de Kilmaine évanouir ce projet. surprit connaître au cabinet autrichien d'une et façon sûre et précise les secrets de l'administration de la diplomatie françaises. à vrai dire.). mul- ses occupations ou ses relations. à distance et fît et. première est du 15mars 1798. mars 1799) subsistent aux Archives de Vienne (2) elles tirent leur intérêt des sujets très variés qu'elles traitent à bâtons rompus. . Michel la dernière lettre de celle-ci : Mallet est du 26 février 1798. et leur a laissé un accent personnel indéniable. D'Antraigues servit mieux Thugut par les renseigne- ments qu'il lui fournit sur l'intérieur delà France. Il re- constitua en efiet au profit de cet homme et d'État l'anil cienne agence de Paris. résumait dans un seul bien informé. mais se cache sous nom évidemment sup- (1) (2) Note à Thugut. tout aussi chimérique que ceux qui avaient visé Pichegru ou 3Ioreau. d'un caractère ouvert. Elles du Pan publii'e par commencent juste quand finit la Correspondance de M. se Cette agence. homme.200 CHAPITRE CIXQUIÉxME Il par mes services antérieurs auprès de Louis XVIII. V. D'Antraigues en les transcrivant n'a retranché que les passages se rapportent à ses affaires de famille. dans son sens (1). en 1798 1799. A. 20 août 1798 (A. mais dans un homme dont les lettres paraissent être arrivées à nous sans interpola- tions ni modifications appréciables.

était un des administrateurs Caisse des comptes courants. 011 ne fit que passer. Sous il le Directoire. sept jours avant le 21 janvier. et gardait avec billet daté du Temple. deux millions placé au centre des confondu parmi savait joindre les agioteurs et les seurs.A VIENNE. Vannelet triote. THUGUT. part. il avait eu l'art de devenir riche Lui-même fourniscelui de évaluait sa fortune à affaires. 11 avait comles les acti- mencé sa Montpellier. devenu un de homme la de finances. Depuis. où Louis XVI l'appelait le meilleur de ses serviteurs. avec les révélations dont il aies mains pleines. dans bureaux de l'intendant de Saint-Priest. l'ancien magis- de Montpellier devenu la membre de la Convention. Après à paix de Bâle. Oublions un instant d'Antraigues. et était pour d'Antraigues peut-être un compavieil sans aucun doute un carrière publique à ami. il des princes émi- s'insinua auprès la des maîtres du jour. il était fierté demeuré un vement fidèle au roi. resté royaliste de principes. Ce lui fut un titre pour entrer au ministère des relations extérieuil res. et puissant. à l'administration des biens nationaux trat et fut secrétaire de Bonnier. il au talent de tout savoir . mais détaché grés. Pendant premiers temps de la Révolution. VANNELET (1798-1800) 201 posé de Vannelet. et allons chercher derrière lui. son mystérieux et indiscret cor- respondant. . prit pendant Terreur. Au milieu des ruines politiques et particulières. on l'envoya en mission secrète intérêts privés Berlin afin d'y régler les la du roi de Prusse dans nouvelle république batave.

et A Auteuil. le cas échéant. Guillemardet de Madrid. Reu- bell aimait à causer avec lui des affaires de la Trésorerie. Mallet du Pan. se et rencontrait avec les réfugiés polonais Dombrowski il Kosciuzko. et qu'eux-mêmes savent avec adresse se renfermer dans la leurs laborieux services (1). et les profits solides le tentaient bien autre- ment que les dehors de la réputation et du pouvoir. et tait Merlin sans succès se disait son ami. besoin des articles secrets vait de au des traités. à la succession du secrétaire-général La- garde. Sieyès lui écri- Berlin. à jaloux pardonnent beaucoup parce qu'ils leur sont nécessaires. Mémoires correspondance. Bonnier du congrès deRastadt. se montre con- versant avec (1) ministre Schérer. » Il sphère de aimait à remuer plus qu'àparaître. Il fréquen- Talleyrand. Il connaissait de longue date Treilhard . ministre de Prusse à Paris.202 CHAPITRE CINQUIEME n'être jamais soupçonné. Sandoz. II. Ses moyens Il d'information ne laissaient rien àdésirer l'oreille avait si bien du Directoire qu'il aspirait. prenait facilement naissance des instructions envoyées à nos agents. avec et Kilmaine. était de sa société. alors ministre des relations extérieures. qui t. p. et comme un conet do ses neveux était chargé de il la correspondance avec une partie de l'Allemagne. sauf à accuser la vénalité du personnage. à insinuer ses idées plus qu'à les traduire en actes. où il habitait à côté de il Mm^ Helvétius de l'ex-comtesse de Boufflers. . C'était évidemment « un de ces hommes qui les intelligents et partis les plus précieux en administration.M3. Au le ministère de la guerre.

. la parcourt France entière. l'agence Brotier. Ils avaient des complices dans les administrations et les états-majors. avait été la déjà l'intermédiaire Gamon comme lement figure « il dans correspondance de Vannelet » le plus grand génie de l'époque. et accueille secrète- ment les émissaires anglais (2). venus en France par Ham- bourg Ces (1) « hommes ne travaillaient pas pour Louis XVIII . au lendemain des élections de l'an VI. est com- missaire du Directoire près du bureau central de police à Paris . correspondu avec d'Antraigues à une époque postérieure. mais avec son assentiil ment. » (2) : Gamon. connaît Pléville-Le Peley et Boug-ain Un de ses anciens employés. en atten- dant il organise la révolte passive. au temps de (1). notamment àBerlin etàNaples. Piquenard. étudiant l'esprit public et les le chances d'une insurrection contre gouvernement. Cet homme le si habile à masquer son jeu faisait partie d'un groupe de mécontents en conspiration permanente contre gouvernement et en relations également per- manentes'avecl'étranger. avec Bonaparte. dans la douleur et les remords dont il vous rend le dépositaire. et leurs rapports avec Londres sem- blent bien continuer ceux dont Gamon. VANNELET lui a (1798-1800) 203 montré une il lettre de Dumouriez. Je fais savoir tout cela à Grenville ce semble.A VIENNE.. ville. à la marine. On lit dans une lettre de M™« d'Antraigues mère à son fils du 5 février 1801 « Le fils (Gamon). . THUGUT. Non seu- loge chez Vannelet. Vannelet paraît donc armé de toutes pièces avec succès sa patrie et pour traliir renseigner au mieux son ami. a encore » (27 novembre 1798).

et s'occupait du règlement de ses intérêts privés avec sa sœur (1) et sa famille maternelle. im- possible. il soubaite un béros libérateur. L'ayant connu enfant. et appelle leur auteur un dangereux ennemi du gouvernement. continuait à fréquenter leurs amis et le compatriotes. Vannelet se vante d'avoir il rendu de se nombreux services aux émigrés. plans de connaît les Sieyès contre le Directoire. « il voyait toujours en lui le Benjamin » de l'intendant de Saint-Priest. un monarque tenant et son autorité d'une constitution. Un parent de d'Antrai- Lettre du 20 juin 1798 (A.204 ils CHAPITRE CINQUIÈME paraissent ignorer l'existence de cette Agence de était à Paris le principal Souabe. . dont Royer-Collard représentant. tionale consacrerait le génie dont la volonté na« Il est et la gloire. » comme En attendant de meilleurs jours. V. écrit d'Antraigues à Tbugut. Vannelet était uni à son correspondant de Vienne par de communs souvenirs et de communes Il haines. pour lui. Il l'avait lui-même son mieux auprès du Directoire pendant sa captivité. et voir ce qu'il désire (1). mais il peut avoir certitude des préventions. mais souvient aussi d'avoir prédit à d'Antraigues en 1790 l'ingratitude probable des princes dresse et . affirme que personne en Il France ne pense plus aux Bourbons.). d'avoir plus d'esprit et de talent que celui qui m'écrit. des préjugés. Bernardin de Saint-Pierre et général servi de Boulard comme Gamon. il veillait de loin sur sa mère rentrée à Montpellier. il accuse Louis XYIII de malaet de fourberie.

Voyez par exemple ce raconte de leurs débats. t. y a eu menaces. je l'ai et vu et entendu. on ne croira jamais ce qui s'y est passé du 7 au 8 de ce mois. Il et les nuances de leurs caractères divergences de qu'il leurs volontés. après le rejet par les Conseils de l'impôt sur le sel : <t Le feu a été au Directoire la nuit . note dont les trace un long et malveillant portrait (1). il Mais j'y étais. comme Lenoir-Laroche il crayonne en passant cet ex-ministre de la police. (3) Ici aussi dance avec la y a lieu de comparer avec Mallet du Pan. (Correspoîicour de Vienne. {Correspondance avec la cour de Vienne. Mallet du Pan. Milan avec un agent de la propagande révolution(3).) Lettre du 5 mars il 1799.) . La question des finances. II. qui appelle Treilhard « l'un des douze scélérats ». le Vaudois Mfcheli de Dullit. le coups de pied de poing donnés à Merlin par bossu La Réveillère. t. et enfin six heures de débats de croclie- teurs(2). 306. naire pire. scribe louche et venimeux rédigeant une diatribe contre les papes. les Il observait de près membres du il Directoire. » Puis le témoin implacable passe delà salle du conseil dans l'antichambre valet à tout faire et y rencontre quelque . 288. Lenoir-Laroche devait la finir comte de l'Em- dans chambre des pairs de Louis XVIII. p. était l'intermédiaire de leur correspondance. au lendemain de tant de (1) Cf. VANNELET (1798-1800) 20o gues. (2) p. les plus prononcés qu'ait faitéclore la Révolution Il. THUGUT. principalement Treilhard. corle secrétaire respondant à Londres avec et à d'un ministre.A VIENNE. Les principales communications de Vannelet portent sur les finances et la diplomatie.

au milieu de la succession des banque- routes et du déluge des assignats.(1). . » donc que que le la guerre pourvût à ce déficit gros- sissant. des « arrachées aux pays finances. était pour le Directoire une question de vie ou de mort. ? « Il y a 232 caisses dépendantes de la Tréla Il y a six mois que Il mieux en règle n'a 11 brumaire an jamais rendu de comptes. vivent ossements sait tout de la Hollande. ni les départements à Depuis quatre ans n'avait-il pas dû payer quatre fois la facture totale de la réparation des chemins en Provence et en Dauphiné sorerie. une mission dans ce pays pour hâter la rentrée des taxes de guerre. Il fallait quart de sa .206 CHAPITRE CINQUIEME confiscations. et gouvernement vécût des contributions conquis ou à conquérir. qui est elle-même ruinée. la totalité d'un Il y en a qui depuis 1794 n'en le y avait VI an de revenu en arriéré. Depuis la Conle vention l'impôt direct n'a jamais produit valeur nominale.. conférant souvent avec pouvait fournir sur les opérations quotidiennes Il de la Trésorerie les renseignements les plus précis. et il » Il a reçu.. 171)8 a levé Lettres des 21 décembre etb mars 1799.. l'esprit public. et. il Ramel. Vannelet voyait à l'œuvre le ministre lui. ce que la Suisse envahie a fourni. savait les contributions directes partout de les villes dix-huit mois en arrière. (1) s'est contenté d'étudier il en repassant en Alsace. ne laissant rien arriver aux Paris. départements. et mettre un peu d'orIl dre dans l'administration. dit Nos encore Vannelet. durant l'automne de 1798. ont jamais rendu.

a dû fournir une partie des fonds pour la descente man- quée en Angleterre il et pour l'expédition d'Égypte_. et courait alors au-devant delà coalition euétait entraîné ropéenne. avec la volonté de travailler au maintien de la paix. que je ne donnerai pas 24 sols La France bell. » « Assurez à d'Antraigues. écrit-il (1).000 francs. étant seul franchement pour était un système pacifique. THUGUT. à la le Vannelet vieille (1) était partisan mode du française. . secondé timidement par La Réveillère. Sieyès était parti récemment pour Berlin.A VIENNE. car de l'alliance prussienne. la et prudemment de plus grande partie de sa fortune. Sieyès tenait régulièrement Lettre 18 avril 1798. VANNELET (1798-1800) 207 beaucoup de séquestres et pu alléger ainsi la misère des honnêtes gens. Vannelet. la voyant venir» placer 1. mais 1 a esquivé l'ordre d'envoyer et.500.400 louis aux émissaires en Toscane. en Angleterre en Amérique. s'est avisé de rejeter cette dépense sur rieures : les fonds du ministère dos relations extéPitt. ici du moins l'inten- un certain point l'abus de confiance. Vannelet avait surpris ses instructions et les avait fait passer aux ministres de Frédéric-Guillaume tion explique à . la guerre générale s'occupait proche. Dans les états de finances dressés pour l'an VII il a lu les recettes escomptées sur les invasions et à prochaines. . contre-cœur il tire de sa caisse les Il sommes destinées à la propagande révolutionnaire. LeDirectoire par Barras et Reu- Merlin. sur l'injonction d'expédier deux millions il de numéraire en Irlande.

expliquaitàson tour à d'Antraigues comment Sieyès une neu- avait àgrand'peine assuré vis-à-vis do la France tralité provisoire et peu sincère. il annonçait certaines nouvelles qui. entre divers chefs de l'armée prus- sienne. est d'une admirable justesse « Cet homme nous fera plus (1). Bonaparte n'étaient là que des proil préférait l'envoyer en Corse. des secrets véritables. ou des preuves de la complicité d'Azara. Ainsi.208 CHAPITRE CINQUIÈME efforts tentés au courant des et il en vue de cette alliance. rait Ce Vannelet les recueillait en passant. selon lui. . . une prédiction transportée : sur ses successeurs. vraies lors- qu'il les surprenait. et il ajoutait au sujet de Frédéric-Guillaume qui. que Vannelet apportait des informations précieuses. confor- mément aux conjectures hasardées de l'ambassadeur. à l'en croire. jets. l'ambassadeur espa(1) Lettre du 29 novembre 1798. Merlin et Reubell avaient résolu de reléguer le pape à Malte. alors le principal champ do Parfois bataille de la Révolution et de l'ancien régi- me. comptait plus sur le million de pensions secrètes réparti depuis deux ans. il aune révolution imminente en Prusse. mais aussi des faits s'empa- accomplis. par exemple des aveux du général Berthier sur l'impopularité du régime républicain à Rome. se trouvaient fausses quelques jours après. il avait tenu et lul'ordre d'arrêter le grand-duc puis l'affaire avait été remiseet en définitive abandonnée. » de mal en temps et lieu qu'aucun de nos ennemis C'était particulièrement sur l'Italie. un jour l'invasion de la Toscane avait été décidée. par l'effet des circonstances. 11 ne croyait pas.

furent envoyés]pour arrêter les malversations faire sis des états-majors. et dénonçait Bionval il Gaudran. ainsi il spécifia leurs travers. qui concluaient àl'impossibilité d'un soulèvement. leurs (1) que la conduite à tenir à leur Lettre du 21 janvier 1799. soit par mes agents. adressait à Paris. 14 . chargés d'agiter la Sicile. car révèle dès le21 avril 1798 renversement projeté du royaume de Sardaip^ne. successeur de Garât. l'évoque de Tarente. lorsque trois commissaires. et les instructions en oriçinal remises à Lacombe Saint-Michel. de le mettre à la question et de il pen- dre sans miséricorde. Vannelet lui désignait les agents de la propagande républicaine dans le royaume. Quelques jours après rendait compte de leurs rapports. propre à faire retrouver sa trace. si recommandait expressément. naguère en correspondance avec Bonaparte.d'An- traigues était instruit à souhait par un « homme qui lui Soit par moi. l'envoyé français près de la cour des Deux-Siciles. Enfin. rien de ce qui peut servir cette famille désolée ne sera négli- gé (1). Senovert etLliomond. été choi- sur sa recommandation faiblesses. D'autres il prévoyait juste. fois le il (1798-1800) 209 dans la chule du gouvernement papal. qui s'accomplit en décembre. THUGUT. VANNELET gnol. Il travaillait à distance. on parvenait à le sai- sir cet émissaire. Marchi qui de Milan. Comme écrivait : correspondant des Bourbons de NapIes. Abrial. l'écriture de et communiquait même une page de Gaudran. il eut soin de remarquer que deux d'entre eux avaient .» Il recevait copie des lettres que Garât.A VIENNE.

était Sur l'Autriche même. Faujas de Saint-Fond. Il instruit à pouvait. raconte sastre comment le est arrivée à Paris la nouvelle du dé- d'Aboukir.210 CHAPITRE CINQUIÈME si égard. Godin. apprendre à secrétaire. Une expédition révolutionnaire contre la Corse se prépare. parte s'étonne que Bonala puisse d'Egypte communiquer avec France. mais depuis quinze mois cette conquête sur le tapis . que le publiciste strasbourgeois . si drogman on l'arrêtait. rédigeait toutes . Malte a été surprise par Bonaparte allant en Egypte. Thugut qu'un simple les dépêches de l'ambassadeur français Bernadotte vieil qu'un ami à lui. voyageant alors en Allemagne. par où. était Vannelet a fait prévenir sept semaines à il l'avance le grand-maître. qui. révélerait les intelligences de ce personnage avec la Porte. Cet espion de haute volée a l'œil ouvert sur toute la Méditerranée. Vannelet a réussi à se pro- curer la liste de ces individus. indique à quelle date. entre autres choses. sous les ordres de Lapoype. et taires de l'ordre peut nommer les digni- qui ont préparé par leur trahison la Il chute de l'imprenable citadelle. l'on voulait rendre leur action insensible. et il la fait passer à Vienne. par quels moyens mieux Directoire a reçu des nouvelles d'E- gypte. Il signale les officiers français et indique certain envoyés à Passwan-Oglou. afin de saisir et d'expulser les chefs de famille suspects d'in- telligence avec les Anglais. d'Antraigues souhait. et ne comprend pas que les Anglais n'interceptent pas la roule. faisait métier d'espion sous prétexte d'études géologiques.

re- cevait la note des frais de la propagande française dans l'état vénitien. un rapport de d'Arçon sur Mantoue et les places fortes de la Cisalpine. Vannelet lents et respecte à la fois ses ta- son caractère. race d'indiscrets et de calomniateurs dont les lettres sont lues à Paris et font la risée de tous. où le gouvernement ne l'accueillerait pas « comme on achète un cheval qu'on paie pour ses années de jeunesse. Il le considère comme une il puisserait sance. sous peine do compromettre ses parents restés en France. Il l'exhorte à écarter de lui et à mé- priser les émigrés.A VIENNE. à la charge de le jeter à la voirie dès qu'il est épuisé » . et promet de faire passer à d'An- .. dont « il a reçu en communication les pre- miers chapitres: Tacite. Rousseau et tient du moins à rectifier et à compléter beaucoup de détails. En attendant. des noms et des chiffres qui révélaient l'état de nos armées en Italie et de nos forces navales dans la Méditerranée. et l'exhorte à se retirer en Prusse. Enfin il se réjouit de lui voir reprendre son histoire de la Révolution. entre autres du bailli de Crussol. et jusqu'à un canevas de manifeste pour la coalition. VANNELET (1798-1800) 211 Koch abusait de son intimité avec Cobenzl les secrets de la politique pour surIl prendre autrichienne.-J. le conjure de ne pas aller en Angleterre. d'An- traigues a sa place. où reçu avec les égards qu'il mérite. Il se juge assez influent à Berlin pour ménager il là à son ami un hono- rable asile. Il lui offre les moyens de se venger de ses adversaires. » Il C'est écrit comme J.. THUGUT. si Au milieu de faits et de personnages divers.

un résumé de l'histoire des finances depuis le renvoi de d'Orléans Cambon. à Gratz. qu'une jseule fois en comme homme d'affaires de M'"® de Talleyrand. mais se plaignant. un mémoire sur le duc récemment présenté par Laclos à Reubell. le 1804. Chaque . « La préface. Quant à l'auteur de ce chefla disgrâce royale et d'œuvre. II A VIENNE. sous nom qu'il s'était donné. finit pour nous auprintempsde 1799. ajoute-t-il. Cette correspondance. suivant son tude. de son isolement et de ses tristes entours. élo- quents morceaux que écrit qui inspire tant vus de ma On n'a rien d'amour pour » la royauté. le il pourra se consoler de avec souvenir de l'amitié deMalesherbes de la confiance de Charette.212 CHAPITRE CINQUIEME traigucs. des lettres originales soustraites àLouisXYIII et qu'il peut soustraire à son tour au milieu du désordre des archives. est j'aie un des plus vie. CHAMP AGNY (1800-1802) Une établi. Yannelet n'apparaît plus dans les papiers de d'Antraigues. fois en Autriche. folio deux volumes in- de matériaux. afin de ne porter habi- ombrage àpersonne. — RAZOUMOYSKY. par la voie de l'Angleterre. interrompue par la guerre générale. d'Antraigues s'était d'abord un peu à contre-cœur. Cela est d'une beauté parfaite.

II. eut bientôt accaparé l'action et l'influence fut au détriment de Razoumovsky.A VIENNE. plus A tait ce moment. aux abords de la chancellerie l'affût autrichienne et de l'ambassade russe. y fut ensuite revêtu de la qualité de ministre pour les affaires de Malte (Paul P'" s'était il déclaré grand-maître de l'ordre). il est facile de le de- viner. tantôt sur l'accession dos Suisses cà la coalition. V. et il lui était égard de tenir sa parole rejoint. Kalytchev ordres. il s'installa définitivement à Vienne. 16 novembre 1804. au prinla santé temps de 1799. en donnant pour prétexte de sa femme. et (2). RAZOUMOVSKY. (2) et III. travailler d'Antraigues sous ses On avaitexigé qu'il n'eût aucune correspondance indirecte directe ni facile à cet avec Louis XVIII. c'étaient d'ordinaire de ces nouvelles qui sont dans toutes (1) les bouches. 5. . qui la rappelé et lui céda place à la fin de l'année. d'Antraigues fournit à la chancellerie russe plusieurs mémoires. envoyé en Autriche sous prétexte d'affaires militaires. 13. Razoumovsky n'était et ambassadeur que de nom. la Bibliographie. rédigea des bulletins réguliers sur la cour de Vienne Ce que contenaient ces bulletins. Marrenx-Montde gaillard l'avait et continuait à lui servir secrétaire. Tout différent de son préfit décesseur. (1). Kalytchev. à velles à saisir de nou- ou de services à rendre. A ce double titre. En 1799. 14. tantôt sur les affaires de Tordre de Malte. CHAMPAGNY (1800-1802) 213 mois il venait à Vienne. ou que leurs auteurs sont seuls D'Antraigues à Czarloryski. Enfin. pressen- sa propre disgrâce. au lieu de desservir les autres.

il le traita comme un in- dividu sans conséquence et sans mandat. Thugut ne voulut pas laisser à cet officieux la satisfaction d'avoir contribué à l'apaisement du différend. la pro- dont Kourakine seul acceptait sans critique venance. D'Antraigues ayant communiqué les éclaircissements réclamés par cabinet de Vienne sousla forme d'une lettre adressée le à lui-môme par Kalytchev : « C'est une confidence. des propos soi-disant et émanés do Thiigut. lui la communiquer En présence de et d'autre Thugut estima piquantde faire retomber sur par mauvaise humeur suscitée de part cette désagréable affaire. d'Antraigues se trouvèrent à l'expression. insinuer que paration à Paul le fond l'Autriche devait une ré- P% insister sur le caractère spécial de cette affaire qui exigeait des formes à part et excusait en tout cas son intervention spontanée. » êtes sous ses ordres. A une lui première entrevue. Un salut de pavillon oublié dans rade d'Ancône avait été pour l'empereur Paul un prétexte de donner carrière à sa colère contre son Kalytchev et derrière lui allié de Vienne. je no vois en cela rien Son interlocuteur eut beau vouloir entrer dans de la question. portée d'en ce dernier.214 CHAPITRE CINQUIÈME à conimitre. ré- pliqua le ministre. Il persista à ne pas se déclarer instruit de ce qu'il falhiit pour un rap- . L'auteur do ces chroniques: chercha à se poser en oii la négociateur officiel. de lui qui est votre chef à vous qu* d'officiel. au moment brouille momenla tanée entre laRussie etl'Autriche aciiovaitde dissoudre la coalition.

Add. de Au printemps furent brouille.... combien il aimait à raconter les tentations. F. 162. » (B.000 fit en Hongrie. une mission qu'il devait cependant accepter au prix d'une . En 1806. 11 y eut Pendant plusieurs mois. faire On lui ofïrait (et ici l'homme habile à florins et des terres se valoir reparaît) 500.. 1" janvier 1803 (A. à l'en croire. Russie et l'Autriche. RAZOUMOVSKY. On a vu déjà..000 livres. vol. f.. le traitant devant qui voulait l'entendre de de Séjan et de fléau de l'Europe.). ff. il écrit encore à un personnage politique anglais « En 1799 et en 1801 on m'a offert 400. France.A VIENNE. pour consentir à légaliser la vente (de mes biens) aux pro(2) : — priétaires actuels. D'Antraigues l'in- digné.) . mss. et offrit Thugut changea alors de procédés bages à son interlocuteur de cabinet autrichien. offertes à sa vénalité. se 11 sans am- le prendre à la solde du s'agissait pour d'Antraigues de la conformer dans sa correspondance aux vues de tout en restant cour de Vienne. d'Antraigues resta 6. lui disait-on. maigre pension deux ans plus tard lui et et ce fut dès lors entre (2). P. 1800 les relations la diplomatiques rompues entre sinon guerre.etd'Antraigues dépité dutprendre congé (1). repoussa de très haut. D'Antraigues àCzartoryski. vraies ou fausses. rien que d'honorable. service ostensiblement au n'avait alliés de la Russie.. deux empires étant ou sur le point de le redevenir. les par ordre à agents (1) officiels partis. Il Thugut une rupture complète ne cessa de le décrier. GHAMPAGNY (1 800-1 S02) 2i5 prochement. 31230.34. on sous le le vit reparaître et il même prétexte à la chancellerie. M. aurait même essayé de faire entendre des vérités très dures. A. La les tâche. Quelques semaines plus tard. 228-230. par plus d'un exemple.

Il s'agissait de connaître.216 ClIAliTlU': Cl. quelques jours avant sa mort. lui Il ceux qu'il frappait alors suspendit le paiement de sa pension. gie à Roumianzov le 14 juillet 1809. à Londres avec une partie de ses papiers . et il poursuivit sa tàclie avec d'auvif ré- tant plus d'ardeur qu'il y trouvait matière à quisitoire contre Il un Razoumovsky. et le fit écrivit donc tout un volume passer. » . vrier le 28 fé- 1801. 13. par les vicissitudes des relations entre les deux empires pendant l'année 1799 (2). cite ce passage d'une lettre qui lui aurait étéadressée par l'empereur Paul le 21 novembre 1800 « Il est impossible d'être plus instruit que vous l'êtes et de mettre plus de talent et de zèle à servir son souverain. sauf à faire passer quinze cents ducats destinés à l'indemniser des frais de ses Rostoptchine à'd'Anfraigues. D'Antraigues. l'empereur comprit d'Antraigues parmi de sa disgrâce. 111. C'étaient sans doute des travaux de ce genre qui faisaient dire à Rostoptchine : « Jamais » personne n'a servi l'empereur Paul comme lui. Continuez. Laissez-moi le soin de {'. de s'y maintenir le plus longtemps possible Au commencement de été spécialement faire il préparait un travail d'un intérêt à la fois actuel et rétrospectif. en atten- dant une autorisation d'imprimer. qui lui avait commandé parPaul^^ un récit suivi. adressant son apolola Biàlioi/vaphie. Toutes les pièces nécessaires lui avaient été en- voyées à cet effet. son ennemi personnel. 19 juillet 1800. Et cependant. — : ' votre avenir.) (2^V. il tenait à ne pas être désarmé par quelque soustraction possible de la part de ses nom- breux adversaires. car je me plais à écar ter les soucis et les peines de ceux qui à de grands talents réunissent et à un pareil dévouement à mes États ma personne. On lui enjoignit (1). même 1801.MjriKMK Vienne.

etd'ajouter. Méinoh-es. 198-200. Marie-Ca- roline sollicita de (1) nouveau t. (2). pp. Brouillé avec Thugut. comme s'ileùttrouvé làun encouragement. en tout cas. ses conseils.000 roubles spontanément ferts pour la continuation de cette correspondance. (2) Ordre du 1" avril 1801. avec ce savoir-faire peu scrupuleux qui le ca- ractérisait. la con- reconnaissance restaient entières. P. charme de de Kourakine le protégeait aussi en attendant Czartoryski. d'Antraigues demeurait néanmoins une sorte de perla sonnage politique européen. CHAMPAGNY (1800-1802) 217 services antérieurs. Le vice-chancelier était le alors Panine. . — qu'il refusait 300. » ait été la il dupe de cette préten- due générosité. Ce congé inattendu parvint à d'An- traigues avec la nouvelle de l'assassinat de Paul. Du côté de Naples. : ment. d'accuser réception de cette lettre antidatée et adressée à somme dans une l'empereur défunt.A VIENNE. au moment Fauche-Bûrel. rétablit sa pension. et la quelques mois plus tard (27 août 1801) la porta à doubla et 600 ducats. Lui aussitôt. fiance. en hostilité avecRazoumovsky. qui paraît avoir été toujours sous l'émigré français loin.). était — ce qui découofIl un mensonge aussi énorme que difficile à vrir. contresigné Panine (A. RAZOUMOVSKY. En racontant plus tard cette il ajoutait avec une impertinente désinvolture « C'est ainsi qu'il faut savoir captiver l'attention et l'intérêt des souverains pour les mieux servir Je doute qu'Alexandre (1). comptait donner ainsi idée de son au nouvel empereur une haute et aussi importance de son désintéressemystification. III.

et vait-elle. Son ancien correspondant devint alors un de ses négociateurs officieux. et l'employa directement. quand elle fut elle-même arrivée à Vienne (août 1800). L'un et l'autre s'efforcèrent de rendre moins oné- reuse à l'état napolitain la et. Quand à la reine. etvous seul. et provisoirement par une pension équivalente au revenu de cette elle commanderie . ne m'avez jamais m'avez toujours elle dit la vérité.218 CHAPITRE CINQUIÈME d'entror clans cette nouvelle coalition être la dont elle devait lui écri- première victime : « Vous. et elle » appela la Saint-Hu- berty « ma chère comtesse avec autant d'abandon qu'elle avait traité d'amie lady Hamilton. des objections qui ne pré- valurent pas contre la frayeur d'Acton et de son maître. ne put continuer une correspondance dont elle faisait grand cas. aigris et irrités et le sentiment de leur défaite de leur impuissance. flattée. leurs haines. D'Antraigues flatté manœuvra de son mieux pour la membres du conseil impérial. paix imposée par Bonaparte là au roi Ferdinand. n'eurent plus qu'à nourrir en commun Parmi les personnes que la politique ou simplement le bel-esprit avait mis en rapports à Vienne avec d'An- . comme en 1796. mais elle manifesta sa gratitude à l'auteur par la collation en expectative d'une commanderie de l'ordre constantinien en Sicile. servir auprès des les bruits il de paix fournit entre Naples et la France vinrent jusqu'à lui. par ils déçus encore. Elle était venue avec l'espoir d'associer plus étroite- ment les intérêts de son mari à ceux de l'empereur son gendre. » Réfugiée à Palerme en^ 1799.

en disgrâce. GHAMPAGNY (1800-1802) 219 * traigues. ce qu'avait été la Las Casas dans première. dans les camps. allez parer la belle tête de génie et d'état. En croyant les aimer toutes à la folie. plaire par ses sentiments devait lui comme par la singularité do et sa vie. Armfelt fut pour la dans seconde période de sa vie d'émigré. ses exploits. général et soldat Les combats sont pour lui ses plus beaux jours de fùto. on peut citer le prince de Ligne. mon De cet honuiie de cœur. en tout cas. reprit vingt femmes à la fois. la venait en tous. A la cour.A VIENNE. Elof Tegner apubliécn 1884 àStockholm une biographie compléle le d' Armfelt. J'extrais de son livre (t. surtout le lui. L'histoire gravera sa bonté. Il avait exercé de hauts emplois de l'homme dans son pays. Il y avait en lui de l'aventurier de l'homme à et bonnes fortunes. Allemagne représenter un prince n'avait seul entre (i). Chez Mars comme à Gythère il dut tout à l'audace. Allez. Ministre sans tromper. autant que du diplomate d'État. y avait été condamné à mort pour crimes puis réintégré dans ses honneurs après sie. Il prit. De Charles douze aimant la musique et l'éclat. politiques. II. lecoadjuteur de Mayence Dalberg- . Il sait mettre sa gloire à cesser d'en avoir. ! : . pas encore fléchi devant France A côté de ce grand seigneur figure. p. les ministres de et Naples et de Bavière (Giansante et Wickemburg). ministre de Suède Armfelt. en faveur. 397) cette lui prince do Ligue envoya ù Arinfolt en : luisant pièce de vers que cadeau d'uu cas- que casque. Il un exil en Rusqui. Peut-être l'avait-il il vu à Paris vingt ans auparavant. parmi les nou- (1)M. L'honneur et la candeur reluisent sur sa face . Et l'amour écrira le roman de sa vie. Il est toujours le même ami de son devoir. RAZOUMOVSKY. quitta.

cà goût des honneurs dispude société. traigues s'estimaient Millier et d'An- de grands hommes méconnus. et rendaient à leurs contemporains mépris pour mépris « Avec qui me moquer du fois ! siècle. était attaché la chancellerie d'État. Entre eux. le un écrivain que l'ambition. taient à la littérature et Millier. ce demeurant du xvhp siècle mit en et l'adver- commun saire avec l'ancien ami do Jean-Jacques de Bonaparte ses goûts littéraires et ses haines Il lui politiques. F. avec qui maudire tant do perversité (1) » En 1802. Jean de ses l'esprit Ce Suisse de Schaffouse. de Paris. Jean do Millier était un des yeux sur la ta- par lesquels le correspondant de Paul autricliiens. I"" lisait ble des ministres lettres. à côté de vices rappelant par son plus mauvais côté l'ancienne Grèce. il Dans ses propos et ses se posait en Romain d'autrefois en face des et il faux Romains. salué depuis par titre compatriotes du d'historien national. ils : assujettis à des tàciies au-dessous de leur génie. . rendit de près les services que Van- nelet rendait de loin. et allait un peu ad honores à devenir directeur de la bibliothèque impériale.2:20 CHAPITRE CINQUIÈME voiles connaissances de d'Antraigues. dissi- mulait tant bien que mal. Égale- ment familier avec la culture française et avec la cul- ture germanique. nn professeur. 12 juillet ISOG (A.). les instincts faméliques de l'Allemand. écrit le premier au second une séparé de lui. tribuns ou consuls. (1) Jean de Mûllor ù d'Autraigues. au moment où d'Antraignes succombait sous les coups réunis de Razoumovsky et de Thugut.

. des jours heureux de l'en- Nous nous embrassâmes de bon cœur.. Il et ne pouvait s'empôclier de la reconnaître. conquérait d'emblée. embras- guerres politiques n'ont pu éteindre les et souvenirs de votre amitié fance.A VIENNE.. main : Mes enfants. vint au devant de moi tenant Chamla les pagny par sez-vous . Le nom passé des inter- locuteurs. secrètement et à leur aise. l'expression de leurs sentiments personnels mêlée à celle de leurs antipathies et de leurs espérances politiques. de l'ambassadeur français. la nuit même. Champagny. Cependant l'abbé Maydieu. presque un de ses le compatriotes. vint représenter à Vienne cabinet des Tuileries. nous dit-il. il les mit en face l'un de l'autre. habitait Vienne. le contresigner son récit par le vieux prêtre qui avait été et le témoin de l'entretien. en raison de précieux souvenirs. CHAMPAGNY son ancienne patrie venait à ses lui. Cliampa- . et à ne point afTectueuses leur an- cienne liaison. dans et fit stadt. mais efficace. il (lSOO-1802) 221 sous la figure d'un de compagnons d'enfance. un soir dans sa petite cliambre du faubourg de LéopoldD'Antraigues confia au papier sur place. un de ses collègues auxÉtats généraux. la date même de leur entretien donnent un intérêt et une couleur caractéristiques au dialogue qu'on va lire a : Dès que j'entrai dans la chambre à dix heures du soir. RAZOUMOVSKY. Maydieu. jadis leur précepteur à tous deux. la sympathie discrète. d'avril.. Après la paix de Lunéville. Leur situation réciproque les con- damnait à ne se voir qu'en maison affirmer par des démonstrations tierce. les paroles échangées entre eux.

ne vous laisse pour l'avenir aucune sûreté.. et : con- même les pièces en lui disant il C'est un monstre et un « scélérat... Alors est me dit . : Bonaparte un tyran il a des manières insuppor. voilà de grandes rois. mais j'espère que vous ne vous en êtes pas aperçu. et cupez deux pages dans mes instructions. a un caractère très décidé. qu'il ne faudrait que cent mille et qu'il écus pour me racquérir un million. Il et m'écouta avec plus tendre intérêt me donna des nouvelles du Vivarais. cela m'intéresse toujours plus que vielle « sort de la Europe. apercevrez jamais. qualités avec la vieille Europe et ses pauvres Bo- .222 CHAPITRE CINQUIÈME dit : gny me Mon cher comte. Alors je fiai ni ne vous en lui lui exposai tout. H y a de sa part une liaine per- sonnelle. tables pour tout ce qui l'entoure son ambition n'est et il pas satisfaite.. 11 il veut être roi de France. qui. et parte. et m'exprima le désir avec beaucoup de délicatesse d'y racheter de m'y revoir et mes terres. lui Je exposai le détail de ma position avec le une en- tière franchise.. ma résolution de ne jamais rentrer en France sans un obéir. avant tout parlons de le vous.. Je tifs lui exprimai ma reconnaissance. Il m'a beauvous oc- coup parlé de vous à différentes reprises. il le sera. roi auquel je puisse honorablement mes motifs particuliers de haine contre Bona- Alors il me dit :. avait ces cent mille écus à ma disposition sans intérêts pendant vingt ans. les mo- de mon refus. et ose . avec son caractère ambitieux et hautain.

. Le parti qui porte là est bien décidé à ... il appelle le médecin. D'antraigues.. mais . Il monte sa vie. — Mais Oh! il se mariera ou bien il appel- lera ses frères à lui succéder? Champagny. D'Antraigles.. Sans cela tout qu'il Bonaparte. Il (1800-1802) 223 et il en rendra d'i- assouplira cette nation qui est en démence la et toujours prête à devenir atroce. et cela en la supposant a ce qu'il faut pour l'opération qui nous il est nécessaire. — Mais la France est-elle assez vile pour souffrir un Corse? Champagny. le s'il danger passé et l'ordre rétabli. CHAMPAGNY imparte a rendu de grands services nappréciables.... des cachots. malgré tout ce le va faire... fondera une monarchie. pas pour sa famille. ce n'est pas avilissement absoelle besoin un peu. lu.A VIENNE. à moins qu'il ne périsse durant le les premières années de son règne. en faisant et la guerre au dehors avec des armées. — Mais il Bonaparte fondera donc une monarchie? CuAiiPAGNY.. n'a rien de ce qu'il nous faut il quand l'ordre sera rétabli. et c'est alors qu'on songera à l'ave- D'Antraigues. ce sera tout au plus sur le trône pendant assez courte.. sera dans cent ans reconnu pour sauveur de la France. RAZOUMOVSKY. cela est impossible. mais aura rendu le règne à son successeur nir. c'est lassitude. peut opérer à son gré à présent... — Oui. facile. c'est — Oui. et guerre au dedans avec des juges est perdu. — ils ne lui succéderont pas.

car je suis parlementaire. Français . de 200 personnes au plus dans chaque chambre.. — Oli ! monarchie absolue c'est et moyens d'en réprimer qui nous l'abus. mais non pas cepenlui faire dant sans laisser des moyens à nos enfants de sentir la nécessité d'être juste.. que la charte qui le fera roi .. Champagny. communes dans l'autre. mon cher comte. sera un frein suffisant aux plus grands abus. D'Antraigl'es.. . c'est-à-dire les que plusieurs départe- ments reformeront semblées anciennes provinces. car comme corps interméet pour les parlements on n'en veut plus. jour. qui doit subsister diaire. sous et vous et moi nous vivrons un un monarque absolu. où prendrez-vous un roi? Champagny... Ces as- administratives enverront des députés pour former l'assemblée nationale en noblesse et le deux chambres. j'en suis fâché. vous ne connaissiez que l'histoire. sont des rêves. Cet avis est celui de la majorité du Sénat conservateur. Cette assemblée. un chemin pire que ceux ont abusés en Aviverais. D'Antraigues. — Mais Il quand vous en serez venus là après la mort de Bonaparte. — Oh ! non. les la clergé dans une... il sera possible de pré- venir les grands excès par des assemblées provinciales et départementales. les Grecs et les Romains de Cela est fini. car toutes nos idées..224 CIIAI'ITRr: CIXQL'IKME ne faire en le couronnant qu'une monarchie absolue..... cile — Cela n'est ordinairement pas faut si diffi- à trouver. il faut une monarchie absolue. les nous n'avons pas connu en Yivarais avec tout votre talent.

ne serait pas une raison... a décidé de la Canclaux il a pour jamais fixé mienne. Parlez ? quel est son caractère D'Antraigues. il et on ne mot pour ce qui n'existe pas. c'est là la garantie. cela n'est qu'un Il dit pardonil mot sans garantie. S'il vit cinquante ans. maltraité. celle de La conduite de Louis XVIII . dit — Il n'a pas de caractère. caractère connaissez-vous ? Champagny. qu'il vous garantit de toute vengeance. nera. D'Antraigues. Tout ce qui l'a sera oublié. vous faudrait le pouvez avoir une paix de cinquante ans. forcer à la guerre pour la lui faire entreprendre.. à cet — Oh faux ! quel lâche homme et Je vous déclare que je n'en parlerai jamais sans passion. mais n'importe. je suis l'ami de Favras ainsi que Canclaux. mais je conviens que faut.. Son égoïsme profond. et tout ce qu'il craindra 15 sera .A VIENNE. vous l'avez traité ensuite . GII4MPAGNY soit assez (1800-1802) 225 puissante pour que nous soyons bien avec faut avant tout qu'il y ait un un roi de médiocre talent.. tout cela s'il avait le caractère qu'il nous clair.... RAZOUMOVSKY.. supposons Bonaparte ! devenu que inutile. vous a trahi. mais ousuivi bliera tout. il vous l'avez vu. servi. Il homme de fer pour aplanir les difflcultés.. mal- eh bien ! quel est le caractère de ce mi- sérable? Quant à moi. — Eh bien!.. et plusieurs trouvent que Bonaparte est cet homme-là. ou assassiné Croyez-vous l'on puisse revenir à Louis XVIII?. raisonné et fortifié par l'habitude. Mais a des qualités et des défauts. ou mort. et les uns et les autres la me il paraissent convenir à France...

le duc d'Enghien et le fait duc d'Orléans. mais il n'aime personne. on le préférerait à tous les autres de sa lui. or ceux qu'il ramènera en France. mais il les (détruira) à ? C'est la Il moindre menace. une grande table. en même temps de donner les conseils les plus timides et des raisons Il plausibles pour s'y abandonner.. ménage. Il finir une monarchie par une France appelle son le faut que la roi et non qu'il vienne à il elle. et plutôt même décidés à ciioisir un Bourbon qu'un autre. la faction qui l'a fait périr existe de ses chefs famille. mais je n'ai vu ba- lancer qu'entre deux personnes.. et toujours et ce favori un favori. de généraux. Tout ce qu'il désirera de vous. c'est un beau palais. Or qui peut menacer n'a ni vous. — 11 ne vaudrait pas la peine de telle chute. des ministres prévoir cet événement.. il les comblera si on le laisse faire. Si ceux qui l'ont condamné dans n'existent la plupart plus. aussi vous en obtiendrez toutes les concessions que vous voudrez. donc vous serez tout royalistes émigrés rien.. Le seul moyen qu'il de le flatter sera d'exalter et son courage parce lui en manque. J'ai vu y a quinze mois une quantité de sénateurs. mais on préfère Enghien à On l'a mènie que pressenti à ce sujet.226 CHAPITRE CINQUIEME élevé.. Champagxy. qu'elle place et non qu'il se replace... un luxe extérieur. n'aura d'enfants. livré à est faible... Le père du duc d'Orléans nous a trop de mal... moyens de pressés Nous ne pouvons être si .. pas plus qu'un autre. . Barthélémy a eu des le faire tàter.. caressé. et c'est et vous qui serez à crainles dre ..

et qui ait une couronne parce que pour finir la j'ai cette place. (1800-1802) 227 l'a car Bonaparte est loin d'avoir fini l'objet qui fait placer... — Aucune pour eux-mêmes.. mais pour repos de l'Europe je désire le re- tour du principe. Et puis. Champagny. et lui seul peut en finir. . mais on ne cherchera à emploiera pas on les méprise. — Mais réfléchissez qu'on ne lait pas une révolution pour obéir aux vaincus. et où que je sois. — Je le n'aime pas Louis XVIII. on . UAZOUMOVSKY. toujours la France. ni ne rentrerai en France s'il y règne. D'Antraigues. suis il fasse des roi proclamations admirables.. il faut donc ses Révolution un roi créé par il elle. Mais on les priver de tous les gens de talent qu'ils peuvent avoir... Je ne doute pas qu'au bout de votre plume Louis XVIII ne mais. CllAMl'AGNY lui. sans cela faut se battre jus(ju'à lafin des siècles. mais comme ou moins.. — Avez-vous ? quelque envie de faire rentrer les émigrés Champagny. j'aimerai son bonheur me consolera de ne plus y vivre.. et on ne s'investit pas de dignités pour les leur céder. D'Antraigues. — Vous ? croyez donc que nous nous reverrons en France . qui soit roi parce nous faut un que je propriétaire. D'Antraigues. . Ja- mais je ne le servirai... on ne prend pas leurs propriétés pour les leur rendre. leurs familles sont en France et que quel({ues-unes les désirent ou plus les les laissera rentrer. tirant droits des nôtres.A VIENiNE.

F. 2 mai 1805 (A. qui. £5 D'Antraigues à Cobenzl.. et je suis trop atlaclié à votre sœur pour n'eu opposé pas nourrir l'espoir. A.. il deux si l'émigré parut ignorer l'ambassa- sut retrouver autour de lui. On devine profit (ju'ii tirait de cette trahison pour sa propre correspondance. nécessaiet clandestines. ne m'a tromest pé. France. encore en secret Celte conversation. entre les rement intermittentes Toutefois. — — . aux A. deux mois avant la proclamation lui du consulat à vie. ignore quelle fut la suite des relations. Je n'ai jamais exigé de voir l'original dont il faisait l'extrait qu'il ne m'ait procuré cette satisfaction. parmi les secréfamille. — Je ]c désire trop pour ne pas le croire. (2). A Dresde.V. Ces dates qui l'encadrent elles-mêmes un suffisant commentaire.. » plus ardent à vous y ap- peler Telle était la conversation qui se poursuivait dans un faubourf^de Vienne entre le représentant et l'ennemi perle sonnel du Premier Consul.. un jour après l'amnistie solennelle cordée aux émigrés. (2) a Jamais depuis dix-huit mois ce Posuel. deur.228 CHAI'ITIŒ CINQUIEME Champagny.). écrite tout entière de la main de d'Antraigues. fol. se rendant à Berlin. P. sont par On amis. neuf jours après Te Deum ac- du concordat.. Personne ne serait plus et. que je connais depuis vingt ans et qui est tout dévoué à mon beau-frère. n'y était personne ne serait (1). taires. C34. un ami de sa nommé le Posuel. 240 et suiv. il continua à être renseigné par ce allait Posuel. vol. » (D'Antraigues à Czartoryski..) janvier 1803.. pas. et il obtint par lui conmiunication des pièces rédigées ou reçues à l'ambassade française. trois le voir (1) ans après.. s'il que moi à vous y voir sous Bonaparte.

d'Anlraig-ues fut surpris par une : désagréable nouvelle Razouuiovsky allait revenir en Autriche toujours comme ambassadeur. Ce . où était transféré Kalytchev. lui eùtparculièrement convenu (1). COBENZL (1802-1804) Au milieu (le 1801. que jamais les neseraisemployé sous devenir? ordres de Razoumovsky. GZARTORYSKl. par un situation officielle.^ vol.. une sorte de les siens. ses libéralités et jusqu'à ses dettes faisaient de lui par leur importance un per- sonnage. 20 juin et buiv. car et si l'on m'écoute. changement de résidence. GZARïORYSKI. écrivait-il à Pétersbourg. en secret tracassé et espionné. celle de Stockholm. tirer môme à Vienne. estx\utrichien autant que Russe. Que Un simple sujet russe à et Vienne. (A. sa On m'a je vais-je promis. D'Antraigues voulut au moins parti de sa déconvenue pour améliorer. d'Antraigues faire partie d'une demandait en conséquence à autre légation. G34. je rival honteux. GORENZL (1802-1804) 229 [II A DRESDE. {{) il Mémoire sur Razoumovsky. diplomate se considérait là comm(^ dans son pays ses alliances de famille. ses relations desociété. 235 .e. en apparence protégé. il sera forcé d'agir en un sens op- posé à celui de ses propres dépêches. F. Si mes rapports confirment s'ils deviens inutile il . L'ambassadeur verra en moi un surveillant. un censeur. ce qui est probable.A DRESDE. les contredisent.) 1801. Franr.

le comte de Saurau. V. Dès que Panine eut quitté les affaires (30 sep- tembre 1801). Wassiltchikov. 402. le Sa position devenait insoute- nable entre lui et le cabinet autricbien. écrit le 3 mars 1802 Kotcboubey à Razoubeaucoup de peine.230 Il CHAPITRE CINQUIÈME vit bientôt arriver Razouinovsky. sauf à y continuer sa correspondance. 10 28 no\einbre 1801 (A. et un ministre qui voulait rester pour sa cour le canal unique des infor- mations. t. et le o juin. et je n'a pas laissé que de coûter vous supplie de n'en parler à qui que ce à la reine de Naples. qui avait rompu avec traitait en espion russe. p.). n'agissait pas moins dans le sens désiré parson interlocuteur. movsky. lu Famille Ruzoïnnovsfcy. éloignement paraîtrait lière de donna pour excuse que cet l'effet Il d'une vengeance particu- Razoumovsky. Marrenx-Montgaillard profita de (1) (2) Saurau à Gobenzl.» Le G mai 1802. sans qn'il eût été donné suite à sa requête. rial. prenait la la route de Dresde. . et à « Cet arattendre son procbain passage en Angleterre : rangement. une bague en diamants. car ilobtintqu'onautoriserait le protégé de Kourakine et de Panine à s'établir à Dresde. soit. décoration tant de d'Antraigues recevait. à écrire sait quel conte et à gâter toute Je suis bien de votre avis que l'on n'a jamais poussé plus loin les mystifications (2). Il pas même Dieu serait bomme l'affaire. au lieu de fois sollicitée et si la longuement il atten- due. ambassadeur impé- demanda (1). III. officieusement l'éloignement de d'Antrai- gues Le vice-cbancelier Kotcboubey refusa par et amour-propre national.

était celle de l'Europe qui rappelait le plus . Le jeune Metternich. à mi-chemin do Vienne Paris et de Pétershourg-. 23 juin (802. L'électeur catholique penchait vers l'Autriche. tous les fils centre cij devaient aboutir des coalitions futures. le principal auxiliaire de Talleyrand. prélude de son départ pour Russie. et la fera occuper par Durant. son ministère protestant vers la Prusse. débutant dans la diplo- matie à Dresde comme représentatitdola cour de Vienne. et pour rentrer en France.A DRESDE. sous un prétexte de famille. par sa situation. GZARTORYSKI. mo- ment de remanier à son gré A son arrivée à Dresde. Dresde et était. COBENZL (1802-1804) 231 circonstance pour accepter. observait de loin Berlin et Pétersbourg. au vue social. les idées et les usages antérieurs à 1789 le c'était aussi. muni d'une Ligne. D'Antraigues demeura en Saxe de juin 1802 à juillet 1806. informapoint de La cour saxonne. . d'Antraigues laissa croire à la un séjour momentané. se hasarda chez les ministres de (1) La Rochefoucauld à Talleyrand. puis il lettre de recommandation du prince de Hanovre. l'amnistie consulaire. un les de Berlin. puis il s'installa en Il homme décidé ou résigné à une longue résidence (1). au toute l'Allemagne. alla voir le ministre anglais. de endroit merveilleusement placé pour concentrer tions et les nouvelles. Napoléon à son tourreconnaîtra l'importance de cette position diplomatique. et préparait la formation d'ime ligue défensive jugée nécessaire contre la France. au point de vue politique.

mais un général tout neuf dans la carrière diplomatique. Bientôt fut tenu bon gré mal gré lequel il pour un personnage politique avec compter. il par ordre ou pour vint à Dresde. relations avec chaque diplomate mesurait ses l'état un tel homme à caire des relations de son gouvernement avec il gou- vernement français. se distraire. au moins celui de conseiller d'État. et il il y rencontra ce corres- pondant de Vienne dont cié les informations Il avait plus d'une fois appréaffaires. une heureuse circonstance n'eût affermi et consacré sa nouvelle situation. et une com- mission qui satisfît les curieux et déroutât les malveil- . Voyageant à l'étranger. y fut bientôt nommé. Panine venait de quitter le ministère des affaires étrangères. néces- de lui donner un crradecon- venable. se laissa arracher par et lui des notions utiles sur la Russie le sur l'empereur. Depuis ses retentissantes aventures de Milan. il était nécessairement moins considéré comme serviteur de la Russie que et comme ennemi du plus ou moins préle Premier Consul. place de fallait On se demanda s'il n'allait pas occuper la ministre de Russie. mission avouée. lui victime de l'impératrice-mère. de Prusse. saire. Khanikov. de lui D'Antraigues sans fût resté à côté si sans titre officiel. alors vacante. et recommanda vivement tant au premier ministre Il était saxon Loss qu'à son cousin Kourakine. écrivit-il à ce dernier.232 CHAPITRE CINQUIEME d'Autriche. pendant son passage aux fut séduit par sa conversation. qui ne pardonnait pas d'avoir préparé indirectement la fin tragique du règne précédent.

pp. qui avant tout haïssait Bonaparte. Czartoryski. Cf. Alexandre /" et Napoléon I". et celui-ci devint prince Adam peu à peu le véritable ministre dirigeant. j1/émo(>es. GzAHTORYSKi. dans son refuge de Dresde. Woronzov eut pour adjoint un jeune le Polonais. I. ami personnel de l'empereur. dirigée contre les royalistes français en même temps que contre ses compatriotes. en la lisant. Czartoryski attira bientôt à lui la correspondance de d'Antraigues. 488. se défiait de (1) Panine à Kourakine. etne cessaplus delui témoigner sa confiance. COBENZL lants (1). le et quiconque excitait l'empereur contre lui Premier Consul semblaitun auxiliaire utile (2). 286. utile à faire entendre. Kouraaffaires étrangères kine était remplacé au ministère des par Al. Khanikov. d'abord un dut donc rang dans la hiérarchie. miers par intérêt Il était porté vers les pre- bien entendu pour les seconds.A DRESDE. l'opinion de l'empereur Alexandre en 1809 dans Tatischefk. 8/20 septembre 1802.sans autorité etsans expérience. Le ministre russe savait qu'une alliance avec la France ne pouvait se faire qu'au détriment de la Pologne. et il celui de con- seiller d'État (15 fier décembre 1802). Ce Français. Woronzov. lui D'Antraigues. comme Panine. (1802-1804) 233 A ce moment même (septembre 1802). il se rappelaitla convention dulÛoctobre 1801. t. essaya de justile par une correspondance nourrie et intéressante semblantde faveur qu'il rencontrait enfin à Pétersbourg. GZARTORYSKI. (2) p. lui semblait bon à laisser parler. il se prit. de sympathie pour son auteur. Ml. .

à cause du nombre des locasorties. Il avait même ainsi réussi à au passage les lettres que Laforest.) — Un certain Zabiello le mettait au courant de la correspondance que La Rochefoucauld. 20 mai et 22 septembre 1805 fA. il avait re- trouvé de vieilles et précieuses connaissances. mais en somme D'Antraigues étendait donc de près ou de novre. V. entretenait avec de Dresde. A Paris.234 CIIAPITRR CINQUIÈME lui et lui aurait rendu à l'occasion un mauvais service. . mais de celles qui allaient de Constantinople à Paris par saisir la voie de Vienne. issues. réponses. vit passer La Rochefoucauld. il A Dresde même. Durant et de Moustier. il fut tenu régulièrement par des agents bien choisis au courant de la correspondance avec Paris et avec Vienne (1). dont nous apprécierons plus loin àla légation de France. il loin ses relations à son gré. écrivait à Champagny. les oii informations. A Ha- entretenait des espions autour de l'état-major de l'armée française d'occupation. 11 il que les s'était logé dans une vaste maison à deux était difficile. oii taires. transféré à l'ambassade la léfiralion de Vienne. lui livrer les carPosuel Jean deMuUer continuaient à secrets de l'ambassade française et de la chancellerie autrichienne. Par Posuel il avait connaissance non seuet Tal- lement des pièces échangées entre Champagny leyrand. ministre de France à Berlin. C'était surtout de cette dernière ville qu'il tirait les meilleurs moyens de et se faire écouter à Pétersbourg. le laissait faire. de surveiller les entrées et les deux jardins isolés servaient à ses rendez-vous avec lescour- (1) D'Antrai^uos à Cobenzl.

sait On pen- récompenser suffisamment d'Antraigues en accueil- lant des demandes d'ordre secondaire présentées par lui de quelque petit souverain au nom comme et l'électeur de Salzbourg. Deux- mais il fit servir sans scrupule celle-ci à sa cor_ F. regagna son domicile le lendemain. Un jour.A DRESDE. vol. en prenant à pas la pré- caution de rentrer en ville à pied et comptés. CZARTORYSKI. (1). sa correspondance avec la reine des Siciles (1) . elle ne valait à son auteur aucune considération. Comme il n'entrait ni dans son caractère. ni dans ses la habitudes d'être créature d'un seul il homme. 9 février 1804.. qui en nourrissaient les meilleures pages. un de ces courriers n'ayant Dresde. rendait Ce qui la précieuse. et /] 802-1804) 235 dont il dépouillait les dépê- ches au passage. avait repris à son arrivée à Dresde. ou de quelque ami en disgrâce il comme en vint Mouraviev. comme De s'il fût revenu de quelque promenade sa correspondance confidentielle avec la chancel- lerie russe. 633. et était simplement tolérée. il pu par hasard faire relais à le rejoignit de il nuit à Meissen: et après avoir passé là deux heures. CORENZL riers qu'il avait g-ag^nés. car des commérages sans portée ou développe des plans chimériques. D'Antraigues à Czartorvski. ministre de Russie à Madrid. la partie originale est elle relate peu intéressante. à se figurer à certains il moments que qu'il la confiance dont trop jouissait était telle devait craindre une grande responsabilité. France. c'étaient ces analyses ou extraits dérobés par avance aux archives autrichiennes ou françaises. l'inter- prète d'une seule politique.) . (A.

le nouveau chancelier autrichien afin Cobenzl envoya Stadion à Pétersbourg. aucune nouvelle directe ni indirecte de la reine de Naplcs. » généreux. le il se trouva mêlé.) « — 20 janvier 18UG. D'Antraigues s'était avisé de rappeler au tout- puissant ministre Acton qu'on lui il avait promis en 1794 une pension. Cette indiscrétion par être connue et valut à son auteur une leçon bien méritée. pour compte de l'Autriche. Si vous publiez cette que vous m'en enverrez quelque de ce ton. les voies à de frayer une nouvelle coalition. l'assurait de ses éternels sentiments (1) Sous le coup de cette algarade. d'autant plus que. aux tentatives de cette puis- sance en vue d'un rapprochement avec la la Russie. restée impayée. {Reoue d'histoire Depuis 1802 jusqu'à co jour. cepen- De toute façon. et qu'il en userait. et je ne lui ai jamais écrit. pp.) . trouvait mieux son intérêt à s'occuper des affaires du Nord. Désirant se rendre diplomatique.236 CHAPITRE CINQUIÈME finit rcspondance avec Pétersbourg. j'espère tion. jamais je n'ai écrit ni reçu aucune lettre. Après paix de Lunéville. lui adressa sur sa ten: chantage une verte mercuriale ni « Gela n'est nullement honnête pièce. entrant à son tour dans tative do débat. 5oo-556. (1) Lettre du 26 décembre 1802. elle édi- Puis après une page le lui faisait espérer paiement de sa pension avec « arrérages. d'Antraigues laissa la reine tenait il tomber une correspondance que dant à poursuivre (1). et ». an. Acton riposta en lui dénonçant ses trahisons épistolaires. » (D'Antraigues à Czartoryski' 1888. peu de temps après. insinuait en outre qu'il possédait certaines pièces fâcheuses pour la réputation du favori et de sa souveraine. le et la reine.

sonnel à d'autres idées. et sachant d'Antraigues en faveur auprès de cet les relations homme d'État. que son alors à toute politique. Mùller. 123. vait fortement compromis etplusqu'à moitiéruiné. mais défiant vis-à-vis du nouvel empire il français. Une liaison suspecte l'a- avec un jeune fripon.etcet principal biographe déclare étranger homme. Gentz. Cette correspondance. la bibliothèque devenu conservateur de rarement à im- périale. un autre grand factotum diploet matique. sa con- duite privée le mettait à la fois à l'écart des affaires et à la merci de ses protecteurs (1). et lui octroyer une pension de mille dncats. il rétabh't lui avec ce dernier fit rompues par Thugut. Vers le même temps. et s'y employer à une tâche semblable. pour racheter le scan- dale attaché à son vices. note de les pièces justificatives primé dans d'avril 1804 à octobre 1805. à rendre n'importe quels ser- donc chargé de décider d'Antraigues à agir le àPétersbourg dans sens du système autrichien. Cet auteur a imde son livre (pp. devait passer à Berlin. (1) FouRMEK.A DRKSDE. comprend quarante-huit lettres. était prêt. quittait la Prusse s'établissait à Vienne. CZARTORYSKl. Il fut nom. 224-233) quelques parties de la correspondance entre Cobenzl et d'Antraigues. Cette mission accomplie.. Geniz und Cobenzl. Cet adorateur de la Révolution française à ses débuts. . suivie d'un procès entre eux. expédia Jean de Mûller. désabusé maintenant ou ramené par intérêt per. aux archives de Vienne. travaillait la chancellerie. sys- tème défensif. COBENZL (1802-1804) 237 Czartoryski favorable. passait au service autricliion il s'efforçait de préparer par ses écrits l'accord de l'Au- triche et de la Prusse pour le relèvement de l'Alle- la p.

Toute sa diplomatie était au bout il quoique Russe sans arrière-pensée. Il n'eut aucune relation de con- séquence. Or d'An : « Ce Metternich ne m'est le 1" mars 1805 guère connu mais en croyant que ses principes sont bons. s'épanchait auprès de Cobenzl commede C7. envoyait des mémoires sur la Saxe ou Bavière. » Ailleurs (à Czartoryski. pour la restauration de Louis XVIII.238 CHAPITRE CINQUIÈME ol aussi il magne. il comme en n'en croyait pas moins bien faire Il pour les intérêts du second. avec Metternich de sa plume. ministre d'Angleterre à Stockholm. vA qui constituent pour nous les préli- minaires compliqués lition. et s'entendit avec lui en vue d'une action commune. 5 septembre 1803) il accuse Metternich d'avoir excité La Rochefoucauld contre lui. et. traigues écrit à Cobenzl : . A l'un et à l'autre la . Pierrepoint. en lui rapportant les bruits qui accusaient ce (1) raient abouciiés Selon Mousticr (17 mars 1803). ministre de Russie à Berlin. l'envoyé extraordinaire venu de Londres en Prusse. et mj^stérieux de la troisième coa- Ses lettres allaient trouver Harrowby. Alopéus. y vit d'Antraigues. d'Antraigues usa son temps et son encre dans des négociations qui ressemblaient à des complots. ou les états de et s'il l'armée française du Hanovre dénonçait au pre- mier Stackelberg. ministre russe à La Haye. avec lequel était entré en correspondance. d'Antraigues et Metternich se sedeux ans auparavant par les soins d'Arnifelt. Il traversa Dresde alors.artoryski. poussait Cobenzl avant. comme on (1). je n'ai pas grande idée de ses talents. Pendant plus d'un an.en où l'indiscrétion eût été il s'efforçant de s'arrêter au point qualifiée de trahison. le croyait à la légation française. hostile à l'Autriche.

s'efforçait il de faire triompher le système défensif d'Alexandre. place à Traulmansdorf et à Stahremberg à Péters- bourg. GOBENZL (1802-1804) 239 ministre de faiblesse devant la France. jusqu'ici complètement obscur. des débuts du P''. devaient céder . GZARÏORYSKI. il qu'il aimait des intrigues ourdies a rendu sans s'en douter service à l'histoire. en avertissant contre lui. un jour. Razoumovsky poussait cabinet de Vienne à l'action. Czartoryski. règne d'Alexandre Son ami Panine avait géré. Cobenzl Colloredo. seule profitable aux Anglais cente. et bien que par un de ses attachés. d'accord à Londres avec l'ambassadeur russe Woronzov. à Vienne même avec il Gentz. Par dévouement envers Czartoryski comme et par haine envers Razoule movsky. offensif. de façon à ce que la guerre fût successive- ment provoquée par Napoléon avec toute chance de succès. entretînt ryski. néannrioins. Sa resté lettre du 13 novembre 1804 éclaire un incident. générale qui devait et partout précipiter le A la Vienne. timide et hésitant. il une correspondance particulière avec Czartoétait l'artisan d'une révolution ministérielle conflit. menacés d'une des- Ses rancunes personnelles étaient la ici d'accord avec le cause qu'il défendait.A DRESDE. suspects de ménage- ments pour l'ambition française. devait avoir pour successeur Panine ou Markov. Mallia. en . c'est-à-dire la Il et conduite contre lui combattait le système le conti- guerre immédiate sur nent. ministres d'Antraigues souhaitait maintien des celui en place.

puis. faible le celui-ci par écrit ses souverain. Il avait eu 1 imprudence de communiquer à impressions sur indécis. dans un moment d'expansion. Woronzov. d'un ton assez embarrassé et avec toutes sortes de tions.nlraigues. ne lui eût. Telle était la confidence que d'Antraigues. cette fois frappé d'une irrémédiable disgrâce. révélé la vérité. vexé peut-être de ne pas trou- ver Panine assez docile à ses conseils. ambassadeur à Londres. Panine devait sa chute à son intime ami. dans du soupour avoir spond'assister les autocraties. On devine le reste. il disparaissait de nouveau de la scène poli- tique au bout de quelques mois. Quelle était la cause secrète ca- chée derrière cette cause apparente et commune. disait-on. la colère verain? Quelques-uns dirent que c'était tanément dissuadé l'envoyé français Duroc au couronnement: puis on se tut. faisait connaître à Czartoryski. Simon Woronzov. avec la France est de fardeau est au-dessus mais que le . deux mois avant il mort de ce prince. à toutes les disgrâces. que la guerre nécessité absolue . circonlocu- au moment : oii (II) Panine. voulait redevenir ministre « pense. Rappelé de l'exil et réintégré dans son ancien poste aussitôt après l'avènement de l'empereur Alexandre. et le secret fût resté si entre Alexandre et son sujet disgracié. ajoutait-il. ren- contrant à Dresde d'A. le collège des aiïaires étran- gères sous la le règne de PaulP''. avait été privé subitement de ses fonctions. celui-ci. défiant d'accuser le caractère et de l'empereur.240 CHAPITRE CINQUIEME qualité de vice-chancclier. avait envoyé la lettre à Alexandre.

que vous savez que Prusse a des préventions contre vous. L'année suivante. C'est ainsi que d'Antraigues. Czartoryski il paru. oublier pouvait. COBENZL de VOS moyens. Armfelt En venait lui proposer une entrevue avec Gustave IV qu'il dut d'abord. Un jour il était par des hommes 1803. la (1802-1804) 241 comme étranger et pis qu'étranger à Russie. une des recherché d'État. d'un moment ou sentir toutle poids. trop heureux encore s'il pouvait. serait mis à l'écart. les circonstances avaient changé lui. que vous avez cru finir tout ceci par des notes. le roi de Suède vint le à Dresde. ferme de Courlande. décliner. sous le sités coup des néces- du moment. oublié dans quelque l'histoire. Dans les deux et vous voit attaqué aisément » avec avantage dans l'opinion de l'empereur. l'infernale politique le tenait alors plus il que jamais rivé à une chaîne dont àl'autre. s'aboucha avec en fit devant public son confident et son conseiller intime.A DRESDE. à la faveur d'une pension de retraite. revenir aux sciences. CZARTORYSKl. toussesmoyens lui manqueraient àla fois. comme un la procès par écrit . que la chose est au point'qu'il faudra en venir ou à une guerre sans moyens ou à cas. Au lendcnuiiii ic . que vous n'avez pris aucun moyen de la soutenir. sacrifiait . par ordre.. comme même par et puissance souverains. et .. il honte de céder à Bonaparte. son protecteur de la veille dis- au protecteur présent il sentait que. parce que et vous ne la faites aucune alliance. à à quelqu'une de ces recherches spéculatives qu'il n'eût jamais dû quitter ! En effet.

). Ainsi faisait inviter à diner chez un ami certain messager équivoque de passage à Dresde. cette reconnaissance portait en substance n'eût servi à rien frénésie en face d'un peuple livré à la démocratique. que partout ailleurs de là la : question posée par CzarSerait-il utile toryski à son correspondant ou dangereconnaître reux aux puissances ? européennes de Louis XVIII La réponse qu'il reçut. le 6 unit les cours novembre 1804. 30 novembre 1804 (A. l'interlocuteur des tètes et couronnées . et qui fut com: muniquée au cabinet de Vienne. Jusqu'ici. il s'emparait de son portefeuille. V. Bourbons gues n'y pensait plus guère de Louis XYIII mais en Russie avaient toujours été mieux reconnus . sans qu'il restât aucune trace de ce vol cet momentané . en examinait toutes les pièces. Bonaparte. puis remettait le tout enplace_. 11 n'était pas scrupuleux à égard à Milan. était-il ? du moins D'Antrailes droits restauration des . en lui dépit de ses belles protestations.242 CHAPITRE CINQUIEME de ces bonnes fortunes politiques. et d'Antraigues put pas été étranger à ce résultat. à la faveur de cette absence. avait donné l'exemple. Dans ces combinaisons diplomatiques conduites en vue de l'abaissement de question de la la France. secrète Enfin. . était réduit à des métiers clandestins subalternes il déchiffrait des papiers soustraits il ou les soustrayait lui-niènie. Aujourd'hui la France est revenue à ces principes (1) mo- D'Antraigues à Cobenzl. (1). une convention de Russie et d'Autriche en vue d'une croire n'avoir coalition prochaine.

eux-mêmes Il les ont : étaiilis. Louis XVIll a certaines qualités avouées de l'esprit. On a remarqué que les plans de réorganisation eules ropéenne agités alors dans conseils de l'empereur de Russie étaient la première ébauche des traités de 1815. et A. mss. travailler faut lui. ait tracé sans s'en douter trois des principaux articles de la Charte de 1814. GOBENZL (1802-1804) 243 narclliques qui sont laloi des grands empires. (1) Mémoire du 16 les mêmes idées dans son ff. des intentions il enfin et surtout Il est roi.Add. pour lui sans faire souscrire trois conditions: l'état à conserver à l'armée. mais en non seule- ment en bon Français. l'existence légale des biens nationaux. de sincères de clémence il . M. novembre 1804. peuple nanti des biens nationaux. (A. CZARTORYSKI. LesJaco- bins sente. il est également remarquable que dans ce mé- moire. d'Antraigues. tous. depuis déposé aux archives russes et autrichiennes.) Il reviendra sur octobreJlSOG. raisonnant politique. donc et lui connaître.. V.A DRESDE. .) mémoire à Canniug du lo 136 et suiv. P. bl230. beaucoup de connaissances. (B. Bonaparte les repréle a trois appuis l'armée née de la Révolution. l'amnistie (1). daté de 1804. les révolutionnaires jaloux de s'assurer l'impunité de leurs crimes. mais le re- est à la merci de ses serviteurs.

.

CHAPITRE SIXIEME LA FRANCE EN I. — Rôle — Le Vami Protestation de la Russie. : — — : — — Molirenlieini. Rentrée en grâce deFouché de Caulaincourt. — Le roi de Suède Gustave IV. — L'ami. la police secrète à l'étranger. I l'ami et l'amie de paris Entre la Russie et l'Autriche. ses pasBorthier et les Bourbons. — Opinions de Berthier et de Joséphine . Caractère de ses révélations 2' l'amie de Paris. Caractère de la conspiration les complices. i8o4 — Les amis de d'Antraigues en France. — sur la politique extérieure. un intermédiaire . rus- cabinet noir. lin de la Son successeur. — — — — chegru. L'ami et l'amie de Paris. Ses sentiments. sa conduite. leur importance pour Czartoryski. — — — — — IV. Nassau-Siegen et Choiseul-Gouffier. son caractère. — Un monologue de Sieyés. son attitude. police de et de Vamie. III. Réflexions de d'Antraigues. La colonie russe. Mort de ïami. Gomment finit Pisions. Crainlcsde Bonaparte etdeJoséphine. doux Sentiments de son entourage pour lui. Modes de transmission. — — — . correspondance. Ce qu'on sait de lui — Les correspondants 1° Vairù de Paris. Un récit inédit de l'arrestation et de la mort du duc d'Engliien. à côté des diplomates était rede- avoués. scènes caractéristiques. ses moyens d'informations. Talleyrand. Les ministres étrangers à Paris. Bonaparte ses violences II. La conspiration de 1804. — — — . d'Antraigues venu. Va/nie. — ContreLes préparatifs contre l'Angleterre. — Possibilité d'une révolution intérieure en Russie encouragements donnés. L'organisation de la maison impériale. — — . — Desseins de Napoléon. sophile. La politique française en 1804. Le Premier Consul et sa cour. anglomane. — M"" Bonaparte.

sauf à en dissiet muler l'origine précise. il se les appropriait. sans chercher. dépeignaient Bonaparte. l'un. par son canal comment embus- qués au seuil des Tuileries. parmi ses anciennes connaissances de Montpellier. il nous semble curieux d'apprendre des témoins hostiles. au moment à l'empire. il transmit un bulletin sous forme et servit la chancellerie russe. Cambacérès. oii la république cédait fut le la place D'Antraigues et porte-parole seul de teur ces il révélations en Russie. pas se souvenir tout haut de l'autre. l'ancien évêque de Troyos de Barrai. Bien qu'exilé à perpétuité parte. était devenu évêque de Meaux. comme édi- en porte le mérite et la responsabilité faire devant l'histoire. plus que ne Czartoryski. ne daignait lui . et épistolairequi amusa qui est intéressant à plus d'un titre. son entourage. à la même époque. il et mis hors la loi par Bona- devait àses origines et à ses relations de jeunesse de ne pas être oublié de plusieurs de ses parents ou compatriotes. Etienne Mé- . devenu le second personnage de l'État. nous les regarderons l'a fait comme siennes.246 CHAPITRE SIXIÈME lutilité. tile Ce n'est donc pas une digression inules pièces justifica- que de les parcourir. qui appartenaient à l'administration ou à la cour consulaire. Son oncle. à en déterminer les sources. A tout prendre. dont Czartoryski apprét-iail mais dont l'action restait à distance insensible. son gouvernement^ sa situation en France et en Europe. comme tives de sa polémique contre le gouvernement français. En les recueillant. De Paris à Pétersbourg.

L'AMI ET L'AMIE DE PARIS

247

Jean, alors
Seine,
le

secrétaire

général de la préfecture de la
;

défendait au moins à demi voix (i)

les

fils

de

deux de

ses serviteurs,

DuclauxetDelmas, entraient en

1802, un peu sur sa recommandation secrète, au Corps
lép^islatif.

Le général Suchet,
soie à

le

frère

de

son ancien
terres, et
et ses ser-

marchand de
lui faisait

Lyon, avait vécu sur ses
en 1804 ses respects

encore

offrir

vices.

Le général Mathieu Dumas, un autre compatriote,

devait aussi l'avoir connu. D'autres s'exposèrent pour
lui être utiles, etlui
lité. Il les

témoignèrent activement leur
ses lettres à Czartoryski,

fidé-

nomme, dans

Vami

et

ïamie de Paris.

Le premier, ainsique Yannelet,
teur, et
il

avait eu pourprotec-

s'en vante à plusieurs reprises, le grand'père

de d'Antraigues à Montpellier. Est-ce vraiment Yannelet
qui reparaîtici, et qui a toujours l'oreille des puissants,

sous

le

Consulat

comme
si,

sous

le

Directoire

?

On

serait

tenté de le croire,

à certain endroit, l'ami ne dési-

gnait Yannelet

comme une

de

ses connaissances.

En

tout cas lui-même a fait sa fortune dans l'administration militaire en qualité de fournisseur et

commissaire

ordonnateur,
officiel,

et

il

jouit, sur ses vieux jours, sans titre
;

de la confiance de Talleyrand

il

sert d'aide et
et élevé

de suppléant à un

homme

qu'il a

formé

Du-

(1) Ce Méjean était de longue date en relations avec d'Antraigues. Étant secrétaire du club des Jacobins en 1793, il avait su dérober en faire passer à son compatriote, moyen nant vingt-cinq louis, le plat détaillé d'Angoly pour exciter la guerre civile en Russie. (V. plus haut

p. 50.) C'est

du moins

ce

que raconte Lizakévitch dans une de ses dé-

pêches à Osterman. (A. M.)

248

CIIAl'ITRE SIXIÈME

rant,

premier commis des relations extrérieues.
il

Comme
du

Yannelet,

a

rompu avec

ses premières affections pol'oubli

litiques depuis la

mort de Louis XVI, mais
ni indulgent, ni

passé ne

l'a

rendu

même

sympalliiquo
désir

auxhommesetauxchosesdu présent. Seulemenlau
bien entendu de l'avenir de ses
il

de conserver les millions qu'il possède se joint un souci
fils.

Comme Vanncil

let,

aime intriguer par delà

les frontières,

profite

et

il

abuse de sa situation pour insinuer au loin des
plus

idées

favorables à l'ancien

équilibre

européen
il

qu'à la grandeur actuelle de la France; car
il

croit et

dit

qu'une Angleterre puissante est nécessaire, afin
lui
et cliez

d'empêcher Bonaparte d'être un fléau chez
les autres.
tit-fils

Comme

Vannelet,

il

veut être utile au peconnaît depuis

de son ancien protecteur, qu'il

1772. llveilleà la tranquillité de sa mère, etil fait sur
sa

recommandation rendre leurs biens
Il

à d'anciens émi-

grés.

se propose de lui fournir, avec des pièces utiles,

des thèmes exacts pour ses aperçus politiques, de fa-

çon à ce que

l'exilé puisse

sortir

de pair en Russie
lui

et

forcer la faveur.

Même

il

lui

promet de

communi-

quer,

comme

des modèles, les exposés

classiques de

Richelieu qui sont aux archives. Enfin ses lettres sont

du

même

ton et du

même

style

que celles du mystérieux

correspondant de l'an VI.

Dès 1802,

cet

homme

écrivait à d'Antraigues (1).

En

possession de relations multiples, habile à surprendre
(1) «

Latour, ami de Fox, dont je vous ai parlé en 1802.

»

(Lettre

des 10-22 juillet 1803.)

L'AMI ET L'AMIE DE PARIS
les

249

secrets d'autrui,

il

les livrait volontiers,

mais

il

n'a-

vait pas l'orgueil d'être cru à la légère, et

quand

il

n'a
le

pas vu la pièce qu'il

cite

ou
:

le fait qu'il

raconte,

il

mentionneexpressément
dire, ce n'est plus

«

De vous

dire ce

que

j'ai

ouï

un service à vous rendre,
.

c'est

bavar-

der

comme un

gazetier (1)

»

Et de

fait

il

prétendait

corriger les assertions

controuvées

et

intéressées des

journaux, révéler à Dresde les vérités qu'on voulait
cacher à Paris. Ce n'était assurément pas un
de ces

agents vénaux, sans scrupules d'aucun genre, qui cher-

chent à gagner leur salaire en acceptant ou en imagi-

nant les premières nouvelles venues. Assez riche pour
être désintéressé,
il

tenait

à garder en haut lieu une
et

influence utile à la conservation de sa fortune,

non

seulement ne voulait rien recevoir du cabinet lusse,
mais tenait à n'être pas connu de
vulgaire, soit iionte secrète,
il

lui (2). Soit

prudence

ne négligeait aucune prérôle.

caution de nature
circonstances
veille
lui

à dissimuler son

Dès que

les

lui

paraissent périlleuses,

comme
s'il lui

à la

de l'arrestation
plus.
Il

de Moreau,

il

supplie qu'on ne
savait

répond

proteste à son ami que
les

la

moindre relation avec
il

princes français et leurs
11

agents,

cesserait aussitôt toute correspondance.

croit

que certaines parties de ses

lettres n'arrivent pas jus-

qu'à Pétersbourg-, et que ses récits sont transmis
(1)

seu-

(2) «

qu'il

L'amt à d'Antraigues, 16-22 juillet 1803. Cet homme ne reçoit.ne recevra, ne veut rien et nous a déclaré ne voudra jamais rien de l'empereur de Russie. Sa fortune est de
il est aisé de concevoir sa modéra(D'Antraiguesà Gzartoryski, 3 mars 1804).

près de deux millions, et dès lors
tion. »

2S0

CHAPITRE SIXIÈME
Il lui

lement en anal3-sos.
et les faits

arrive de spécifier les détails
être

qui ne doivent pas
;

communiqués

à

Czartoryski
laisse-t-il

aussi,

parlant de

l'abondance du cœur,

passer çà et là des notions sur lui-même,
(1).

propres à trahir son incognito
bliait

L'intermédiaire ou-

ces
il

recommandations

et ces

confidences personce
qu'il

nelles,

transcrivait sans choix tout
qu'il

avait

reçu.

Il

semble

eût voulu, en se

montrant plus

exact que discret, dissiper certaines défiances que son
caractère connu autorisait.

On
on
le

l'avait

d'abord soupçonné de

mettre dans les
et

bulletins parisiens quelque
lui

peu de son imagination,

avait

fait

entendre poliment.

A

plusieurs
lit

reprises, Czartoryski lui
lettres

annonce que l'empereur
satisfaction;

ses
il

avec intérêt

et

mais un jour

ajoute

qu'on y trouve des

informations empreintes
Aussitôt d'Antraigues de

d'une

exagération évidente.
:

protester

«

J'ai

souvent eu envie de les remanier...
et très agréable,

Cela m'eût été fort aisé

mais je ne

me

le suis

pas permis

(2). »

Il

est singulier qu'en trahissant ainsi

son corresponil

dant par un soi-disant scrupule de conscience, tenu en

ait

même

temps à

le

protéger contre d'indiscrètes
de
1805, Czartoryski, près
lui

démarches.

Au printemps

d'envoyer Novosiltsov traiter avec Napoléon, voulut
(1) «

Ceci est pour vous et ne doit point parvenir au prince Gzarto-

r3^ski. »

1804)

(Lettre du 19 février 1805.) 11 ne veut pas (Lettre du 31 mai que d'Antraigues transmette en Russie les détails de la conspiration Pichegru-Moreau, qui ne regardent nullement ce pays. (2) D'Antraigues à Czartoryski, 2 mars 1804 (A. F.).

L'AMI ET

LAMIE DE PARIS

251

ménager une entrevue avec son mystérieux
D'Antraigues annonça
qu'il ferait les

auxiliaire.

ouvertures néces-

saires, mais que sans doute celles-ci n'aboutiraient pas.

La

négociation,

si

elle

fut tentée,

ne

fut

pas suivie
{{).

(l'effet,

Novosiltsov s'étant arrêté en route, à Berlin

Ce

n'est pas là le seul cas
ait été

la curiosité intéressée
Il

de Gzartoryski

mise en défaut.

arriva au jeune

ministre de faire poser des questions à

ïami dePatHS
n'est-il

:

Le consul de France
bard
n'a-t-il

à

Moscou, Lesseps,

pas

un agent politique secret? Le ministre prussien Lompas révélé à

Bonaparte

les

ouvertures

secrètes faites à Berlin par la Russie?

Ne pourrait-on

obtenir une page

de l'écriture du drogman Fonton?

Et ses demandes tantôt ne sont pas transmises, tantôt

ne reçoivent aucune réponse, ou sont accueillies par un
refus formel que dicte une prudence bien entendue.

Ce

qu'il recevait

pouvait déjà satisfaire sa curiosité.

Nous trouvons en
moire de

effet

parmi

les

annexes des

lettres de

Paris des états d'effectifs de l'armée française, un mé-

Talleyrand lu en

Conseil

de

cabinet

le

5 février 1803 (à condition que cette pièce ne fût point

publiée)

(2),

des

rapports

de

Laforesl,

nn'nistre

à à

Berlin,

des lettres de

La Rocliefoucauld,
la

ministre

Dresde, des parties de

correspondance d'Hédouville,

(1)

Gzartoryski à d'Aiitraigues, 2 avril 180d.— D'Antraigues à Gzarto-

ryski, 6

mai
le

{A. P.).

niquée par
(2)

destinataire au

La première de ces pièces a été depuis commugouvernement anglais; on en trouve un
Office,

extrait (en anglais)
C'est le

au Record

France, vol. 87.

rapport sur

la constitution
liv. III

du royaume

d'Italie

que

cite

Thiers au

commencement du

do son Histoire de l'Empire.

252

CHAPITRE SIXIÈME

ministre à Pétersbourg.
faire passer

En

février

1804, VafJii a pu

un relevé diplomatique complet, en d'autres

termes les extraits importants des dépèches des agents
français à l'étranger, faits par Durant et Talleyrand et

mis chaque mois sous
il

les

yeux du Premier Consul;

et

promet que,

si

ces pièces reviennent des Tuileries au

ministère avec des notes du maître, ces notes prendront
aussi le
lait

chemin de Dresde. L'année suivante,
le

il

tâte et

causer par ordre

Saxon Schulenbourg, ancien
et candidat

chargé d'affaires en Russie,
en

au

même emploi
détaillé

France;

il

obtient de lui
qu'il

un portrait
de

de

Czartoryski.

s'empresse

communiquer au

modèle. Cet
autour de
lui,

homme
la

avait certainement des complices

entre autres deux frères Simon, employés

aux bureaux de

guerre

et

des relations extérieures;

ceux-ci pratiquaient dès 1804 le métier qui coûta la
vie à leur collègue Michel, l'espion du colonel Tcher-

nylchev, en 1812

(1).

D'Antraigues recevait d'une autre source des infor-

mations d'un caractère moins grave, curieuses pourtant, sur la société et la

cour consulaires.

En septembre

1802, celle qui avait

failli

l'épouser douze ans aupara-

vant rentra avec lui en relations épistolaires. N'ayant
pas

émigré,

elle

avait conservé
le délai

sa fortune presque

intacte.
nistie

Au moment où

pour profiter de l'amà

accordée aux émigrés

allait expirer, elle offrit

(1)

A. F.,

France, vol.

631,

f.

152.

d'Antraigues) aux

ministres

anglais

le 10

Communication faite avril 1811, annexe

Cp<ir

n"

3,

(R. 0., France, vol. 87.)

L'AMI ET L'AMIE DE PARIS

253

son ancien adorateur de .négocier pour

lui

une rentrée
l'inutilité

en France. D'Antraigues savait d'avance
semblables démarches,
fidèle,
il

de

et,

en remerciant cette amie
qu'elle jugerait

la pria

de

lui

écrire tout ce

intéressant à faire connaître.

La dame

accepta, sous la

seule condition que la légation russe de Paris ne serait

point au

fait

de sa correspondance; en revanche, comme

elle connaissait

r«m/,

elle

s'arrangea de façon à ce que
celles

ses lettres servissent de

complément à

du vieux
les

bureaucrate.

A

lui les

révélations politiques, à elle
la

anecdotes de salon, les commérages élégants,
nique intime de cette société hybride qui
la
allait

chro-

former
ou

cour du nouvel empereur. Bons mots d'autrui

conseils personnels, elle jetait tout au hasard dans ses
lettres, qu'elle écrivait à la diable,

avec la pensée que

quelques-uns de ses récits amuseraient l'empereur de
Russie.

Remariée depuis plusieurs années,

elle avait

sous son
M'"*^

nouveau nom un accès journalier auprès de
naparte, et semble être
M'""'

Bo-

une de ces dames peintes par
le rez-de-

de Rémusat, qui fréquentaient volontiers

chaussée des Tuileries, sauf à paraître ignorer qu'au

premier étage vivait
ainsi accès,

le

maître de
et

la

France. Elle avait

mais fortuitement

irrégulièrement, au-

près du Premier Consul, Elle ne l'aime ni ne le hait,

mais

le

supporte

comme

le

garant de la paix

publique

et de sa sécurité personnelle.

Par

suite de ses liaisons

avec une tante de M™* Bonaparte, M™* de Copons, veuve
d'un magistrat de Perpignan, elle recueille à distance

254

CHAPITRE SIXIÈME
secrets qu'elle

Il'S

n'a pu

surprendre par elle-même

dans
les

l'intérieur des Tuileries. Elle
et

ne regrette point
le

Bourbons,
la

partage

contre

comte do ProSi
elle

vence
tant

répulsion de

la feue reine. c'est

admire
qu'il

Georges Cadoudal,

un peu parce

est
lui

mécontent des princes. La Déclaration de Calmar
semble bonne à
faire des
«

papillottcs », et

si

par halui la

sard Louis XVIII était

rétabli,

apportant

avec

promesse d'une paix générale

et stable,

elle se procla-

merait sa fidèle sujette, puis s'exilerait pour toujours

en Russie.

En

ce

moment, son horreur de
régime
la

la

guerre

comme

ses instincts d'ancien

rendent hostile
;

à l'établissement impérial

qui se prépare

elle refuse

d'accepter de Joséphine des présents qui engageraient
safidélité, et elle fuit à la

campagne pour ne pas être

té-

moin des premières solennités de l'Empire. Enhn,

trait

commun
mot de

avec Va/ni,

elle

ne voudrait pas qu'un seul

ses révélations fût
et

communiqué aux Bourbons.
les courriers officiels fran^

Entre Paris

Dresde, la correspondance était assurée

du secret; car elle passait par
çais, alors fréquents, à

cause des conférences de Ratisfaisait

bonne au sujet des sécularisations. D'Antraigues la
prendre à Francfort
;

pour

lui,

il

écrivait directement

à Paris, mais, comme jadis Brotier,en un style à double
sens, et à l'adresse d'intermédiaires (1). Entre Dresde
(1) Ces intermédiaires, qui n'étaient pas au courant des réponses adressées de Paris, furent, depuis avril 1803, le général Suchet, Molinier-Montplanqua, avoué au tribunal de cassation, et Limodin, com-

missaire à la préfecture de police

1

(L'ami à d'Antraigues, 19 février-

1" mars 1805).

L'AMI ET L'AMIE

DE PARIS

235

etPétersbourg,il y eut au début des indiscrétions commises, les lettres transcrites en blanc ayant été ouvertes

etluesau passage, principalement àBorlin. Elles furent
alors en partie chiffrées, et des

courriers spéciaux les

portèrent jusqu'à la première poste russe, à Radziwilov.

En

1804, un secrétaire fut attaché par Czartoryski à

cette étrange officine

pour aider aux déchiffrements

et

aux transcriptions,
tiquait la

pour s'assurer qu'on y pradiscrétion, cette vertu suprême des diplomaet aussi

tes. C'était

un jeune

homme employé

auparavant à

la

légation russe de Madrid, le baron
la

deMohrenheim, dont

mère

habitait Dresde.
le singulier
«

Mohrenheim paraît avoir aimé
patron qu'on
lui avait

sincèrement

momen-

tanément donné:
appartenir

Je veux,

lui écrivait-il

un jour, vous

à votre disposition
(jue, je

comme un fils appartient à son père, jemets mon service, ma fortune et ma vie
sala vôtre (1).
Il s'était
»

vous jure, je serais trop heureux de pouvoir
au bonheur elàla durée de
l'été

crifier

Dans

de 1804, Va?m mourut.

souvenu

à la dernière heure que

cinquante mille francs, jadis

prêtés par le père de d'Antraigues, avaient été le

compar

mencement de
codicille,

sa

fortune, et

il

les

restitua
intérêts

au

fils

en

les

accompagnant des

jusqu'au
s'il

25 février 1804. D'Antraigues refusa ce legs,
l'en croire,

faut

sous prétexte

qu'il

ne voulait rien recevoir
français
;

d'un serviteur du gouvernement

il

accepta

Molireaheim à d'Antraigues, 21 janvier 1805. (A. F., Frcmce, vol. D'Antraigues à son tour fait à Czartoryski l'éloge de Mohrenheim. (Id., vol. 633, f. 60.)
(1)

040.)

256

CFIAI'ITUE SIXIÈME

seulement des héritiers une collection de classiques
grecs, à titre de souvenir.

Le

lils

de

ïamt

était,

à ce qu'il paraît, encore mieux
les

que son père, à portée de connaître
server les événements.
la

hommes

et d'obil

Quelques mois encore,

tint

plume, par piété

filiale,

par reconnaissance hérédi-

taire,
il,

par cette conviction également héréditaire, disait(1)».

que* sans l'Angleterre laFranceseraitun enfer
était riche et fier

Lui aussi

de sa richesse

;

il

pouvait
lui

faireau départementoùil servait des avances qui

rap-

portaient jusqu'à 12 p. 100.11 plaçait avec succès dans les

fonctionspubliques ses parentset amisduDauphinéet du

Languedoc. Aussi

tenait-il

au secret

le

plus absolu sur
oià

ses relations à l'extérieur.
il

Du

côté de l'Angleterre,

était

en rapports indirects avec
il

le sous-secrétaire d'État
il

Hammond,
ni être
les

n'avaitjamais été trahi;
la

exigeait de son

correspondant de Saxe

même

discrétion, ne voulant

connu du cabinet russe
Il

ni servir à

aucun degré

Bourbons.

envoya à Dresde, entre autres pièces,
la

de substantiels mémoires sur

Bavière
il

et

la

Saxe

dans leurs rapports avec
lettres des

la

France;

joignait à ses

exemplaires du Moniteur avec des

commen-

taires écrits

en

chiffres, à l'encre

sympathique, sur les

marges. Sa correspondance, que nous avons considérée

comme

inséparable de celle de
oii,

son

père,

continua

jusqu'au temps

la guerre approchant, les

communi-

cations devinrent trop difficiles, les relations troppéril-

(1)

L'«w2 ù d'Antraigues, 19 fcvrier-1" mars 180o.

LAMI ET

L'AiMlE

DE PARIS

257

Jeuses,et où l'on ne dut plus entendre, à Dresde

comme

à Paris, que
Le bruit des lourds canons roulant vers Austerlitz
(1).

11

y a évidemment, dans ce jour ouvert par des Franà des étrangers,

çais

à des ennemis, sur

les

plans

secrets de la diplomatie française

un spectacle offensant
qu'on les comprend
la

pour

la loyauté et l'honnêteté telles

en tous pays.

Ceux qui, eu égard à
le

différence des

temps, hésiteraient à prononcer
nieront pas l'abus de confiance.

mot de trahison ne
ce siècle,

Au début de

lorsque l'idée de la France supérieure aux partis n'était
pas acceptée de tous, la délicatesse de conscience
faitde patriotisme étaitinconnueaux

en

hommesqui avaient

traversé, tantôt dans un

camp, tantôt dans un autre, au

gré de leurs intérêts ou de leurs affections du moment,
les crises successives
l'essai méritoire

de la Révolution
et

;

et,

même

après

de pacification
il

d'union tenté par le
faits

Premier Consul,

se

trouva des esprits mal

et

hardis pour découvrir et

saper les côtés faibles

du

nouveau régime, pour combattre, sans

affectation trop

prononcée de royalisme ou de républicanisme, l'oppression delà France par Bonaparte, l'oppression de l'Europe
V. Hugo, Regard jeté dans une

(1)

mansarde (dans

les

Rayons

el les

Ombres).
Cette correspondance a-t-elle continué encore en ISOe? D'Antraigues

raconte, dans une lettre à Ganning (B. M.), qu'il a

pu communiquer à

l'empereur Alexandre l'opinion du général Mathieu Dumas sur l'armée « J'ai encore ici cette opinion, russe, après la bataille d'Austerlitz
:

qu'un de mes amis en France est venu à bout de se procurer envoyée. »
17

et

m'a

258

CHAPITRE SIXIÈME

par la France, Ceux-là s'inspiraient de l'esprit philoso-

phique en vogue dans

la

génération précédente, et quel-

quefois de sentiments moins avouahles. Ce que

Yaml
quatre

de Paris faisait'par intermédiaire et secrètement auprès
d'Alexandre, son patron

Talleyrand

le

faisait

ans plus tard, presque ouvertement, à l'entrevue d'Erfurth.
tant,

Pour ne point aimer Napoléon, Benjamin Consdi

Moreau, Pozzo

Borgo

se croyaient

quittes de

tout devoir envers la France. Ce patriotisme à outrance
qui est devenu, et
il

faut

nous en

féliciter, la loi

de nos
contra-

générations, s'effaçait à leurs
riait leurs

yeux dès

qu'il

conceptions ou leurs animosités politiques,
Corneille,
:

et, s'ils lisaient

ils

préféraient au vieil Horace

Cinna s'écriant
La
Ils

perfidie est noble envers la tyrannie.
Il

trahissaient en paroles, en attendant mieux.

est
ils

malheureux pour leur mémoire qu'en
aient vaincu,

définitive

car leur œuvre, qui aboutit

en

1814,

demeure tristement inséparable pour nous de l'invasion
et

du démembrement de

la patrie.

II

LE PREMIER CONSUL ET SA COUR

Essayons de
faits

tirer

de cette correspondance quelques
qu'ils n'étaient

nouveaux, d'autant plus précieux

LE PREMIER CONSUL ET SA COUR

2j9

point destinés au public. Ce qui servait secrèleuient à
l'instruction d'un

ministre et

d'un souverain ne doit

point être perdu pour l'histoire.

Bonaparte

est

évidemment par lui-même, par
le

les ins-

truments de son pouvoir, par ses actes,
sujet de
cette

principal

correspondance. L'a?ni a recueilli plus

volontiers les traits de son caractère, l'amie les manifestations de l'opinion à son endroit.

Selon Vami^

le

maître du jour est un

homme

violent,

brutal, entrant en fureur à la

moindre contradiction,
le

jusqu'à avoir
fruit tres,

la fièvre

;

on ne peut
S'il

conseiller avec

que par surprise.
il

s'empare des idées des auet n'en

croit ensuite qu'elles lui sont venues,

veut plus démordre. Voici deux scènes significatives,
ajouter à tant d'autres,
prêt à s'insurger,
o\i s'est trahi le

Corse, toujours

même

contre l'impossible.

La première
faisait

a eu

lieu

en

juillet

1803.

Bonaparte

discuter en sa présence

un plan de descente
;

en Angleterre. Ce plan souleva de graves objections
Berthier exprima

fortement les
la fin

siennes.

«

J'y étais

avec Talleyrand. J'entendis
thier, et vis la fureur

du discours de Berfut horrible
;

de Bonaparte. Elle
il

sa

femme

vint, la
fois
il

Leclerc vint aussi;

était

hors de

lui, et

deux

présenta le poing fermé à Berthier.
et

J'étais tout

ému,

Talleyrand aussi, mais Berthier

souriait de colère et le planta là...

Le secret a couvert

cette incartade et bien d'autres (1). »

La seconde
(1)

scène

s'est

passée à Fontainebleau, le

L'ami à d'Antraigues,

l()-22 juillet 1803.

ont été excessives. on lui prouve. papiers sur table. les nombreux papiers de la correspon- dance de Turquie qu'il avait parcourus. 000 hommes. il Ramond étant devenu muet de terreur. inculpant cet état-major ou plutôt le neveu de Berthier. Bonaparte s'était persuadé. et le a écrit à Bernadotte l'a pris. que de- puis son départ pour Milan on devait avoir porté l'armée de Hanovre. arriva Murât avecRamond. j'ai été prié de les donner. lendemain. leur luxe. et devant treize personnes. peut être Ces explications. pire. qui en effet est prodigieux. toutes sans exception résolues à les en prévenir.. les et contre qui ? contre son intime ami Berthier. par l'envoi successif des conscrits. et le 14 juillet. Jamais tigre enragé n'a été menaces. la peur a envoyé un autre . fois l'avait deux menacé de la main.. j'ai repris le portefeuille.. comme il à un laquais. je ne sais pourquoi. à28. A ces états étaient joints des rapports de nos espions.... appor- Hanovre qu'il avait demandé. Pendant que j'étais chez lui à ranger. et le travail étant bien en ordre. Ramondtout éperdu ne mis sous les savait ce qu'il faisait. mais parce que l'état des magasins et la possibilité de les sustenter exige qu'on n'y envoie que ce qui nourri. Les jurements. le que cela produit dans 11 pays.000 hommes. Cela l'a remis en furie. contre Bernadotte. queleOjuilletiln'yavaitenHanovreque 12. sur la fin (lu travail.^60 - CHAPITRE SIXIÈME « 14 juillet 1805. je lui ai yeux que ce n'est pas par oubli ni négligence que l'on n'a pas doublé cette armée. chef d'un des bureaux de tant l'état de l'armée de Berthier. celui de ce qu'on nomme et l'effet la cour du maréchal.

qu'il 261 comme on dont a intérêt ne soit pas rejoint. Dans l'armée. Leur antipathie est partagée par les ministres. Ce » sont tous desj. Sa femme le redoute à la pensée de ses fréquentes colères. la mais il n'en est pas l'idole. ne sachant qui mettre à sa place. il mit les deux poings sur la table en fureur. excepté Joseph et Élisa. par les Parisiens. intéressant ici d'apprendre quel tableau de la Il peut paraître : « On croit la Franco M"» d'Antraigues mère présentait alors h son fds France toujours en révolution.. et les soldats le détestent. voulant lui expliquer tout ce détail des magasins qui forment l'obstacle aune plus grande quantité de troupes. qui déplorent ses violences.. Bonaparte est le maître incontesté de France. et le soutiennent par égoïsme (2). les uns et les autres se sentent solidaires de lui. les généraux.. et me dit : Je ne veux pas être ? mené par des gens de plume. les généraux employés successivement dans chaque pays les commandants de province. Voilà un fait témoin. le crime est réprimé c'est un changement de dynastie. eu ma part aussi. On revient peu les préfets sont absolument les intenà peuaux anciennes institutions dants.... les colonels lui sont attachés. le se: . et Bernadotto j'ai été recevra la dont j'ai lettre. mais. . (1) (2) L'ami à d'Antraigues.LE PREMIER CONSUL ET SA COUR courrier arrêter le premier. Toutefois. au contraire. La paix règne. . les poissardes ne lui ménagent pas les leries grossières. ne le peu- vent souffrir. Ses frères et ses sœurs. entendez-vous bien f. il ne le sera pas. Le pouvoir suprême réside en un seul . dont les les sentiments sont poussés jusqu'à la rage. même phénomène.. Si sont pour la plupart à genoux rail- gens de grand nom devant lui. car. ce n'est plus cela. 15 juillet 1803. et je les mettrai à la raison (1).. Pour Vamie.

il me clairement. mais non gêner soit civiles. et tout des favoris qui sont ses maîtres. Les ils Bourbons ou leur sont à charge ou à mépris: n'en veulent pas. mais n'y en a pas voulussent détruire ce qui est. leurs enfants.. et enragé. la Révolution.. commence à accepter dos places les pères s'y refuseraient. La noblesse. et est convaincu qu'un Bourbon remontera sur que cela ne peut aller à plus de quelques l'a dit années . .. on regarde le Premier . « il D'après n'y a plus d'esprit révolutionnaire. On « le subit en espérant mieux. et qu'il passe pour incapable de conduire la barque. Ceux qui sont employés sont bien payés et par préférence aux autres. qui sans cola n'ont d'autre parti à prendre que de mener leurs charrues ou celles des autres. mais c'est le Vami lui et moi nous disons que mépris qu'on a pour qui le rendodieux. Mais il devient fol si vous lui parlez de Louis XVIII. et je le dois. Louis XVTII ils le couvrent de boue Bonaparte d«' ne saurait être renversé palais. jamais liomrae moins communicatif et plus respecté et craint. Berthier le trône. Il mais il y a la nécessité de tenir à n'existe peut-être pas le vingtième de il la France qui mille qui voulût ce qui a été fait..) (I) L'ami à d'Antraigues... et qu'on croit qu'il referait une révolution qu'on en a tant de peur cret do l'État est impénétrable. Je mets toute le passion à part. faux. la que par une révolution tort Les Anglais ont cru à que la rupture de lui por- paix d'Amiens et l'interruption du commerce teraient un coup mortel. C'est qu'on le croit livré à un poltron..262 CHAPITRE SIXIÈME l'ûtm/. » (Lettre du 7 février 1804.. Il y a encore bien du mal mais quand on le compare à ce qu'on a éprouvé. 16-22 juillet 1803. méchant. (1) ». soit militaires . Consal comme un libérateur. puisque je ne frir peux souf- depuis dix-sept ans.

LE PREMIER CONSUL ET SA COUR 203 que. le second ployer. Cet le homme. cecelui de l'in- a de grands.. j'en ai frémi . .. d'esprit. un amour de sa place qui qu'il a le rend vraiment fou dès peur de déplaire. D'Orléans. lui de vouloir très déterminément. peut pas revenir sur lui. le coup rapide. Talleyrand et Joséphine. un très grand acquit. je vous jure. d'ajourner sa volonté. On ne . ditpremier. de très grands talents. le fils de l'assasil sin de la reine! J'en frissonne encore. tention de la faire exécuter. il m'a dit: s'il en revient un.. on fer s'il consentirait à voir régner Luci- promettait que l'on ne reverrait plus de révo- lution. Derrière l'am* et l'am/e apparaissent. comme source principale de renseignements. a prodigieusement d'oeil . qui emploie son ex- périence acquise sous les tituer et à il.. il n'y a que d'Orléans en état de régner dans toute la famille. qu'il sans jamais perdre Il a des haines invétérées pense nuit et jour à 'satisfaire. Jugez si ce mot m'a effrayée. Son frère est méprisé aussi Les émigrés de l'Angleterre ont rendu et les et Berry détestable en racontant sa vie crapuleuse excès de sa brutalité. mais qu'il le me l'a » répété si souvent que je vois bien pense (1).. Celle contre l'An(Il) gleterre est l'âme de sa vie. régimes déchus à en cons« en faire vivre un nouveau. de l'ex-conseiller de Barras. de production qui embrouille tout ce (1) L'fl?>iie un ù d'Antraigues.. L'«/??i est depuis 18001e témoin quotidien de l'ex-évé- que. 6-11 décenibro 1804. la il conception nette. de l'audace dans la tète la faiblesse mais a de au cœur. une vivacité qu'il écrit. Enfin Berthier m'a dit le mot.

que rétablirait serait le parti généraux que le Directoire. Voilà son travail pour une note de quatre lignes et pour un mémoire de cent pages. carolingien qui allait lui échoir.2fi'i CHAPITRE SlXIlLME l'argent intarissable. est chef sur des profits en affaires.. Il dit les corrections ou les écrit on met au net.. y aurait un bouleversement.. travaille et fait rigoureusement et travailler. Il est commode Il à Bona- parte pour son insensibilité: faire.. et finit ainsi son travail.. et cela est vrai. le modèle a posé journellement sans le savoir devant un homme peu bienveillant intéressé à le surprendre dans ses diverses attitudes. yeux pour ce qui . à présent avec Vami ou Hauterive ou Chevalier. où Bonaparte était exalté dans son ambition par le titre césarien. Son amour-propre Il est de et trouver des raisons à tout. réunit ses idées. toute sa sagacité est de deviner ce que veut Bonaparte et d'y soumettre toutes ses pensées (1). il il peut tout lui dire et lui n'a ni honneur ni rancune.. A ce moment surtout. méthode et . souffre des contradictions non pas pour changer. le . Il leur dit tout ce qu'il veut. Toute son étude. et les écrit mais avec peu de beaucoup de confusion. ministre des relations extérieures était une puissance (1) 1803. mais pour y parer. aime ses aises et redoute à la mort travail long et de bureau. 19 février et 1" mars — A ces traits sont joints des détails sur sa manière de travail« Il fait son plan. 16-22 juillet 1803. >> . Il s'enferme avec Durant.. ler : Vami à d'Antraigues.. il n'aime pas Bonaparte il en a affreusement peur.. mais il croit que. Bonaparte des perdu. et lui alors perdu. > Ce car portrait doit être vrai dans ses moindres et et détails. Alors celui avec qui il l'a fait va le rédiger à mi-marge et le lui lit.. il il amour de aime la débauche la le plus raffinée. mais il fait largement payer ferme les .

sauf à critiquer en petit comité son opinion de commande : Ce sont. à tous les secrets de la politique. la montre vivant mais sans auprès de son mari jour et nuit. avait la habiles du ministre. se plai- sant davantage il à dominer. disait-il. car aimait la richesse et les jouissances qu'elle donne. est Ce que Talleyrand pour Vami. et les fortifié cadeaux mais la à sa femme avaient le fai- en lui ce désir. même faits sous un maître. Joséphine l'est pour i'«m/e. et ses petits soupers. sachant que Premier Consul affectait de mépriser ou de dédaigner les souverains de l'Europe. Tête sans cervelle. suite. elle est du moins fidèle à ses affec- . excitait ces sentiments les traits dans des rapports oij il révélait que nos ambassadeurs.LE PREMIER CONSUL ET SA COUR il 265 avait une cour. à le la politique courante. prompte à rire ou à pleurer. peur d'être chassé le sait quand même abonder dans sens contraire. Talleyrand. les généraux et Fouché qui ont pertoujours avoir des suadé au Premier Consul qu'il faut motifs d'intervenir en Amérique. et initiée. eux-mêmes courtisans recueillaient à cette intention. Aussi met-elle presque constamment en scène M""' Bonaparte. comme naguère au club. Son dévouement au gouvernement consulaire pour seule raison d'être ses convictions arrêtées sur nullité et la il désunion des partis opposants. afin d'envoyer là tous les suspects de l'armée. Vénal. ses thés après le spectacle étaient d'autant plus recherchés qu'on s'y initiait. était peut-être servile à il un plus haut degré. Ainsi eût voulu arranger les affaires entre l'Espagne et les États-Unis.

jamais.. Le ridicule est au delà et de toute croyance.. elle voit quand son beau. elle n'a fait Jamais que parer les coups... couronnée à côté de son mari? Cette incertitude laron- (1) L'amie à d'Antraigues. elle était la petite Beauharses . contre l'avis de tous. avec sa naïve immoralité de créole.frère Murât.266 CHAPITRE SIXIÈME lions et à ses relations. Elle vous dit quelquefois de ces phrases qui vous étonnent. Elle parle sans gêne du bon temps où nais. à force de l'entendre dire à Bonaparte. 6-11 décembre 1804. n'y a pas d'exemple qu'elle ait jamais . presque timide avec ses ancien- nes connaissances. » Sajournée se partage entre des conversations futiles ou galantes. . « Tout a été placé de force dans sa tète. un de ses princi- paux ennemis. ou quand apprend que Joseph. Sera- de la répudier t-elle. On croit tenir le fil de quelque chose. et des larmes que font couler les duretés de Bonaparte ou la peur des complots. jamais. Mais on est tout attrapé de voir qu'elle ne sent pas il la force de ce qu'elle dit.. a proposé de l'envoyer régner à Parme..... et elle réussit. Il y a des moments où de cruelles anxiétés l'assiègent. et. en femme étonnée em- barrassée de sa grandeur présente. elle nommé et gouverneur de Paris. espèce de délire l'intempérance de propos une (1). On lui peut tout dire. elle ne se ménage point pour obtenir les places et les grâces. rapporté un mot à son mari. nomme et anciens amants comme Scipion du Roure ouCresnay plus souvent elle se lamente. excepté de Talleyrand. son autre beau-frère.

veutôter aux souverains la chemise.lui fait passer de l'argent quand elle en manque. Fou- ché a obtenu. puis. » vous leur laissez. Joséphine soutient atout prix Fouché contre Talleyrand. au grand déplaisir de son rival. présents qu'elle destine à ses nouvelles égales les reines étran- gères. A ce moment tre. QlYamie ne négligeait pas d'écouter ce qui se disait dans l'entourage du maîElle raconte avec une joie maligne les marchan- dages clandestins qui ont accompagné l'organisation de la maison impériale. Crussol comme grand-maître de . Talleyrand n'en a pas moins recours à et le 7 nouvelle impératrice. Elle condition. Bonaparte eût voulu d'anciens noms les dans charges de cour. sauf à en de- mander à son tour sous un prétexte à Bonaparte. avec sa frivolité étourdie. d'avoir à l'étranger une police répondant à lui seul et de lui à Bonaparte la seul. bellan. destiné par Bonaparte a accepté. et elle alors : rit môme comme êtes une folle si Vamie lui dit « il Vous vous partagé les rôles avec et votre la mari. c'est qu'on ne fasse pas venir à Paris Lucien. qu'elle accuse d'avoir et empoisonné sa première femme.Lb" PREMIER CONSUL ET SA COUR 267 géra jusqu'à la dernière heure. afin qu'elle décide à un divorce son beau-frère Lucien. mais à une au gouvernement de l'Italie.par l'entremise de M""' de Copons. l'empire était fait. solliciter décembre (1804) il est venu son intervention. Laval comme grand-chamla garde-robe. etFouché. dont elle-même a beaucoup à se plaindre. elle oubliera un moment ses craintes devant une tunique de gaze ou un carton de dentelles.

Gallo. tout. palais. une (M'"' 15. n'est pas un coquin. mais plus . espionnant déblatérant de Talleyrand. dame d'honneur. dans la nuit du 12 au 13 juillet.000 francs de plus de La Rochefoucauld avait cette condition à cœurj être maintenu pour un temps indéterminé dans une . et même à l'occasion contre « Bunau. et se trompent souvent.000 francs destinés à acquitter les dettes de la famille. n'ayant oiî pas accès à ce cabinet du Premier Consul tout vient aboutir. d'Antraigues. grande situation hors de France Ce tableau de plet. est tenu pour un « imbécile obséquieux. des Ils tirent d'un peu par- propos de salon le et des bruits populaires. a su se dérober à qu'elle redoulait en allant passer un honneur en Suisse. quoique parente de Joséphine. bien M""*^ comme dame du deux mois que nièce ded'Antraigues. M'^^deLa Rochefoucauld.000 francs de traitement pour 400. leurs français.268 CHAPITRE SIXIÈME la princesse de Lorraine-Vaudémont d'Albon. enc'est le voyé de Saxe. Ils sont aussi peu considérés qu'imparfaitement instruits. empressé à faire des cadeaux à toutcequi porte jupe auprès des ministres ses collègues au profit ». ses informations sur gouvernement ils prin- cipes et ses projets. s'est faitprier pour devenir enfin.000 francs d'augmentation de et pension de 12. si la cour consulaire ne serait pas comles principaux repré- nous n'y voyions figurer sentants de l'Europe à Paris. cédé moyenelle. sou mari doit recevoir le rang de commandant dans la Légion d'honneur. traitement. elle a nant 100. désignée commme grande- maîtresse. l'envoyé de Naples.

celui du banquier L'ami à d'Antraigues. est aussi de cœur et d'âme avec le gouvernement consulaire. » tremblant qu'on ne lui donne un successeur encore plus docile que lui envers la France et se dépensant en flatteries intéressées. parlent liberté et constitution dans (1) le salon de La Reynie ou dans juillet 1803. Markov avait quitté Paris. dît de lui à Talleyrand : Voyez combien est supérieur à vous. ni mais le vilain n'a ni bouche éperon ». ayant Bonaparte par son attitude hautaine. ambas- sadeur d'Espagne. ministre de Prusse. Markov les parti. osez. et toutefois mérité que le Premier Consul. et montre quelque habileté quelque connaissance de la à Talleyrand. le l'a-t-il fait honnêtement exclure. dit-il ne faut que cela dans ce siècle! » La Russie irrité n'était alors plus représentée dans ce groupe cosmopolite. il situation: « Osez. 16-22 . Ils louent galerie d'aspect étourdiment le gouvernement les et son chef. restait à Paris une colonie russe. Seul entre tous ses le collègues a eu le talent de se glisser dans cercle intime de M"'' de Talleyrand. en dépit de ses vices.LE PREMIER CONSUL ET SA COUR vil 269 des hommes (1). dans un moment d'huil meur. ce qui avait désespéré l'ex-évêque et fait il pleurer sa femme à chaudes larmes. traité n'en est pas moins o comme un il chien dans tous les bureaux. et frayent en même temps avec survi- vants du Jacobinisme. Azara. dont principaux membres nous apparaissent dans une peu édifiant. et clabaude dans les salons il contre les vieilles monarchies. encore auboutde peu de temps Beurnonville Lucchesini.

aaussi organisé chez elle impunément la Russie . Il y a aussi la princesse Michel Galitzine. parce qu'on n'a pas graissé la main à sa femme (1) ». figure Parmi ces étrangers un revenant de Versailles. un véritable commerce de contrebande pour elle et ses associés (M"^^ de Talleyrand est du nombre) y gagnent 20 0/0. « mais Talleyrand a juré son grand juron qu'il ferafermer cette boutique. et qui emploie son talent épistolaire à dénigrer l'empereur Alexandre et son entourage.270 CHAPITRE SIXIEME Récamier. médisant de Czartoryski. ne l'oublions pas. Là un prince Obolensky raconte du grand-duc Constantin «des choses à faire frissonner » . extravagante. fille d'un correspondant de Voltaire. intri- chez elle. se vante bien gante. Une princesse Dolgorouky.30. à d'Antraigues. puis empochant silencieuse- ment les profits clandestins l'afïaire que Talleyrand lui a pro- curés dans (1) L'(uni des sécularisations. une M"i® Demidov appelle tout haut Bonaparte le Dieu de l'Europe. dont follement éprise. Ladite dame. M™* Divow a obtenu la tailler la per- mission écrite de Bonaparte de laisser banque francs chez elle moyennant une redevance de . bien que l'am^ ait fait fermer par ordre le salon de jeu qui se tenait indiscrète. haut d'avoir fait nommer elle est ministre à Berlin le jeune Metternich. qui est en liaison avec Caulaincourt. 16-22 juillet 1803. une Schouvalov. Nassau-Siegen. comme si on était encore en 1790. . jadis célébré par les madrigaux héroï ques du prince de Ligne : on le voit passer à l'écart.000 par semestre à la police.

l'hellénisant Choiseul-Gouffier. Pour des motifs divers. républicains s'unissaient secrètement en vue d'empêcher nastie. qui depuis cinq . constitutionnels. se sentait entouré d'ennemis conjurés contre lui dans effort. il paie en anecdotes malignes sur Alexandre le droit qu'on lui laisse d'espionner pour le compte de son sur nouveau souverain. il ne veut point entendre parcomptait faire de son plus ler de lui. d'Antraigues et Czartoryski prêtaient une attention passion- née à ce qui se passait alors en France.LA CONSPIRATION DE C'est presque aussi 1804 271 un Russe que l'aacien ambassa- deur de Louis XVI. Telle est du moins l'opinion son compte au ministère des relations extérieures. écrit Va77iie. près de couronne. III LA co^s['n\A'i'in>' Di-: IHOi Au tableau de la cour consulaire se joint le récit de la crise qui faillit emporter tout le régime. et le la proclamation d'une quatrième dysaisir la Premier Consul. qui vieil le ami un serviteur du nouveau régime. Bonaparte le traite de drôle. Émigrés. lors de l'é- tablissement de l'empire. et Talleyrand. un suprême a Ah! le plaisant maître. après dix ans passés à revenir de Constantinople parla Neva. n'ose plus voir qu'en secret.

car y a deux portes dans sa chambre à coucher. Suivent des détails d'em- sur les précautions prises contre des tentatives poisonnement (1). avait dit au Premier Consul : « Je ne veux pas si votre place. à toutes les portes des chambres est. Pardonnez. qu'on éveille dans son afin qu'il le change fois deux ou trois fois par nuit . à moi et à la Brienne. je sais ne dort pas par la Bonaparte. On savait à l'étranger. par la même voie. on le réveille chaque que l'ordre passe. qui meurt d'envie de dormir et n'en dort pas davantage. et chaque deux heu- res on relève les postes avec unmotd'ordre qui revient lit à Bonaparte. par- Les portes sont barricadées. Depuis le mois de Il septembre. à Saint-Cloud. trop confiant peut-être dans sa popularité militaire. mais (1) vous L'amie à d'Antraigues. la frayeur de l'assassinat a redoublé. à Paris. fait se garder la nuit par une garde inconnue sous les or- dres de Duroc seul. de catastrophe Moreau était le successeur inévitable que celui-ci. et deux gardes dans la chambre à coucher il môme. qu'en cas . . parce que je lui demandais sil n'existait donc plus pour elle de trop dans une moments où deux témoins » fussent de chambre à coucher.272 CHAPITRE SIXIÈME suite 1 mois ne dort jamais deux heures de Vous croyez qu'il queje n'en sais rien. je veux rester tranquille. elle nous les dit moitié pleurant et moitié riant. Monsieur. 4 février 1804. auprès tout. Voilà ce qu'elle m'a confié dans le plus grand secret. Cette garde que l'on ne voit pas est dans tous où il les cabinets. Ces déplorables misères. des deux portes.

dans le ministère. Talley» rand. « enfoncé plus que tout ». Real enfin. en vue de conclure la le nouveau gouvernement. jus- que dans les assemblées politiques. espagnol.000 livres en or à Hervas. La conspiration Pichegru-Georges-Moreau alors. Suchet et Dessoles.LA CONSPIRATION DE m'attaquez. aux armées. et Josépliine était loin d'être rassurée elle souhaitait déjà que Moreau vainqueur la laissât vivre elle dans la retraite . et 200. le tremblait extérieure- ment devant ennemis Consul et intérieurement devant des qu'il ignorait. Georges seul tenant lui. et firent connaître à Dresde les scènes qu'ils avaient le pu surprendre du mystérieux drame. une foule de gens effectivement ou moralement complices. puis. tous les secrets. en prévision de l'avenir. se taisaient. Les autres serviteurs. et en huit jours » vous ou moi nous ne serons plus. deux généraux enchef.300. se formait \Jami et ['a?me en suivirent de près les péripé- ties. « le plus insigne poltron. h'ami montre complot organisé par paix avec le les Anglais. je connais 1804 273 mes forces. sans gêner en rien sur les institutions à établir. vingt-trois sénateurs. Il autre par des lettres de sa main à Pichegru affirme 18 . Une lutte décisive s'enga. geait donc.000 à cette si chargé d'affaires qui médisait même amie largement sur son compte. sentant venir l'orage et cherchant des yeux le maître à venir. LecourbeetMacdonald. enfin derrière eux. le remettait 1. et marchant parallèlement à Pichegru Moreau. na- guère empressés à dénoncer. le second uni au premier par son désir de relever le titre royal au profit du duc d'Orléans.

et lu l'ordre a la tenu du Premier Consul de donner torture à Pichegru. a envoyé ainsi Je crois quant à moi. qui l'a compromis par une déposition il dans laquelle citadelle a dit qu'il (d'Enghien) devait s'emparer de la d'Huningue. devenu inspecteur de police. a fait croire l'a Dumouriez au Grand-Juge. qui toute vivante et frémissante. ce qui. — et Durant pense de même le ainsi que Talleyrand. dans celle le plan les conjurés devaient il que dans d'Huningue devait laisser pour commandant que c'était M. qui nous écrit. et seront transportés en Angle- De de ses rapports à ce sujet. et fait partir sa lettre en môme temps que celles qui an- nonceront la nouvelle à nos agents à l'étranger. Enfin il suit de près l'inventaire des papiers et saisis.. 11 note l'arrestation de Moreau dès qu'elle est décidée. en me semble une page même temps qu'un doil cument historique de premier ordre. que lui livrer. C'est Lajolais incidente. que . qui ont été en définitive soustraits terre. mal écrit. mais est aussi le plus imprudent des hommes. c'est une abomination.274 CHAPITRE SIXIEME le vrai que le dénonciateur a été. et a pu parcourir ceux de Moreau de Pichegru. Il prince de Carency.. — que Lajolais a reçu du Grand- Juge l'ordre de compromettre le duc d'Enghien. Thumery. comme au 18 faire Fructidor. j'extrais le récit textuel l'affaire du duc d'Enghien. a. C'est unehorreur. Usait que Georges est venu jusqu'au milieu de Paris protégé par des agents de police. puis de celle de Strasbourg.

Bonaveux. dont un était une espèce de secrétaire. à ce que m'a assuré Duroc lui-même. était pâle comme un mort. je vous le jure sur de fortes re- mon le honneur. nommé Popp... la lui elle est encore dans est bureau. lui ordonnant de lui envoyer paquet fait. Lui sorti. Strasbourg. ni moi. et quand Caud'a- laincourt partit. maître de .. je l'aurai.. signée le remise au Pre- mier Consul qu'après départ de M. le magistrat de sûreté de ce pays. ami intime de M.. ordonnant de faire ex- pédier la lettre et de la dit lui porter à signer. l'intimo écrite par le conseiller Fourcroy qui devenu fit confident de Bonaparte.. et La lettre ne fut mise au net.LA CONSPIRATION DE 1804 275 Premier Consul voulait enlever déjà depuis plusieurs semaines. Enfin. je l'aurai le parte lui dit et le : Je le veux. le d'écrire la let- après la déposition secrète et incidente Consul manda Talleyrand tre. l'électeur de le Bade . qu'il l'expédierait lui-même. et il leur dit ce qui venait d'arriver. il et lui ordonna que vous avez vue imprimée. à remit toute faite . qu'il avait deux cassettes de papiers. Duran t ne lui avant l'ex- mot. oii il il est du commissariat de la devait se rendre dans peu de jours. et à l'instant môme pédition de la lettre. Talleyrand lui présentations. On savait par deux de ses valets. avait au moins trois postes vance « . je renvoya. nous envoyâmes chercher mon neguerre à veu. En arrivant à Strasbourg. M. frère cadet de celui que vous avez vu en Egypte consul de France. de Lajolais. Talleyrand vint luiil même chez Durant. envoya un homme sûr à Kehl au nommé Trident...

Le duc a reçu ce vingt-neuf heures avant d'être arrêté. Le Consul ira à lui devant moi : Ordonnez au général qui dans sa chambre. s'il Ettenheim qu'on le fusille le y avait résistance. Là rendus devant moi. Welschinger. ce Je trouvai le Consul avec Caulaincourt. Durant malade la signature. Il a été remis à l'inventaire l'arrivée du duc à Strasbourg. l'un et l'autre fort si opposés à Tal- cette arrestation. les ordres furent officiers On envoya trois en même temps sur la route de Paris à Stras- (1) C'est là la confirmation du fait rapports par Nougarède de Fayet. après l'avoir à on l'a habillé. et était c'est alors que je vis que d'Enghien dit perdu. et vous ferez fusiller partout où vous verrez un mouvement pour nous l'enlever. 234. il et n'en a pas tenu compte. .. Celle-ci Vous billet n'avez pas une minute à perdre. fait lever. t. mais tous deux le effrayés que leyrand qui fut me fait. La lettre de Talleyrand mise au net. Talley- rand était avec Chaptal. p. quand. Cf. l'a déchiré et tribunal criminel non compris dans l'inventaire sommaire. qui expédia à l'instant une estafette à Etlenlieim. Nous avons la consolation d'avoir fait « l'impossible entre Dieu et nous (1). H. l'avait sur lui. Lajolais vous a est arrêtée. compromis que M"^^ de Reich.276 CHAPITRE SIXIÈME poste. Ze duc d'Enghien. Ainsi vous voyez que ce malheureux jeune homme a été infatué et n'a pas voulu s'échapper. pour ce fait comme pour le reste du récit. chargea de porter paquet au Consul. ne put la porter à je la portai. Le magistrat chef du a saisi le billet. On disait au duc ainsi : Partez à l'instant. Reclierc/ies historiques sur le procès et la condamnation du duc d'Enghien. II.

Caulaincourt. si. 1804 277 se relever quand on le con- L'ordre était qu'il fut mené à Paris et retiré de la citadelle de Strasbourg la nuit. n'a pu consentir. que Duroc et Mortier avaient refusée. Mené à Paris onze fois s'est arrêté pour des quarts d'heure au plus pour des besoins. disait votre vénérable grand'père.. s'en lui chargea non seulement avec joie. a J'oubliais s'il que le Consul répéta plusieurs averti et qu'il fois : Cau- laincourt. Duroc. et je bien vu en cette occasion. ils mentent au sujet de l'électeur de Bade. Vous avez lu dans le Moniteur l'exécution des Seulement il ordres. Il y avait en ce moment dans son cabinet Bertliier. promettez-leur 3. « était infatué. Régnier et moi. il au moins je l'ignore. ils le tuent sur place en quelque lieu rencontrent. — mais cela je . M. envoyez quinze cavaliers à toute bride après lui. « On n'apprend à connaître les hommes l'ai qu'à l'user. que j'avais toujours cru que j'aurais parié devoir un bon et aimable garçon. cela est très exact.000 louis s'ils le saisissent. puis- que. lorsqu'il a reçu la lettre de Talleyrand. Ce furent ses dernières paroles. il A StrasIl bourg n'a pas eu le temps de se reconnaître. d'Enghien était à deux lieues enfoncé en terre de France. et 1. mais jamais on n'a voulu le laisser dormir. ne le pouvant qu'ils le saisir. n'a pas été maltraité. sortant par la porte de secours du côté de Saverne. était s'enfuît. et refuser cette mission.500. il mais la tête tournait déplaisir de rendre service.LA CONSPIRATION DE bourj^ à postes fixes pour duirait ici. jour et nuit. Cau- laincourt. m'ajoute..

Quand on lut les c'est-à-dire des milifit préambules. au moins on il mena dans la salle. le y avait il du monde. Enfin Il l'é- on rouvrit les portes pour lui lire sa sentence. il a été d'abord au Temple. reprit ses forces. l'œil ferme. tience. Voyons. mais très pâle. ne puis — qu'on ne . mais quand voulut parler. Alors a paru ému. voyons. Arrivé à Paris. n'y avait pas de bouille lon.278 CHAPITRE SIXIEME le croire. Alors il Hulin. et « demanda était Pendant ce temps. il et quatre gendarmes avec carrosse le conduire aussitôt à Vincennes.» et on l'a le Là il s'endormit. refus. Alors eut des mouvements d'impaà boire. On on lui a donné du vin. le laissait pas dormir en voiture exprès afin de l'empêcher d'être en état de ré- pondre à ses juges je ne crois pas « cela. cru. couta sans mot dire. presque convulsifs. notre amie chez M™® Bona- . et j'avais pour être témoins de nant de gendarmerie envoyé un lieute- nommé Lemonnier. refus. mais et le matin Berthier y avait été avec Murât y avait laissé le deux capitaines de Murât pour arrivant. et parce qu'il n'en il fatigue. Il voude envoyer sa bague à il la princesse Rohan. lui disant que il con- de guerre était assemblé. D'Enghien a dit demandé: «Mais queveut-on? — Vous juger. un verre de vin ou pouvait plus de un bouillon. taires. Talleyrand nous avait chargés d'envoyer des gens tout. on sortir tout monde. as- — Mais et dit: « sur quoi? — Sur ce que vous avez voulu » sassiner le Premier Consul. tout de suite En y a demandé un lit. et seil « lui a refusé de dormir. lut écrire. le lieutenant de gendarmerie aussi.

Bonaparte envoyé f. M™*' s'est jetée aux pieds de son mari pour otage. superbe au Consul il . et il l'a engagé à porter sa Bonaparte lettre au Con- sul. lettres. pierre et se faire le lui a dit qu'il serait le Robesl'a Marat de en toutes la France. — Eh ! que me font les souverains ? C'est pour qu'ils ne le ré- clament pas Alors elle qu'il sera exécuté.. Je le supplier de garder le duc ce qu'elle a dit comme elle- vous rapporte l'a écrit elle-même à notre amie. et à l'appuyer. Je vous jure devant Dieu qu'elle y a fait tout ce qu'il est possible de fairelet- Je vous dirai plus. qui est cié venu lui dire le duc d'Enghien avait été supplifusil tirés de quatorze coups de à la fois.. — Mais qu'a-t-il fait ? » lui juraà r«m/e que Bonaparte le a lancé un coup de pied sur « genou. Jo- seph est venu. il n'a pas eu le courage de par- a écrit . lui dit le Consul. Joseph est entré alors.. Hulin me : dit et répéta que Bonaparte ! avait dit ces seuls mots Un de moins C'est bon. qui Elle lui à mesure en rentrant chez demanda donc de garder d'Enghien comme « otage : Eh! f. . excepté Hulin.. il a fait prier Joseph de le venir voir. il s'est enfermé à la Malmaison sans qui que ce à Paris. Tl tout le monde que le croyant a défendu qu'on laissât approcher personne. Talleyrand a écrit à ce sujet une tre ler. et est sorti.. puis soit. Il lui a parlé avec un courage de lion.LA CONSPIRATION DE 1804 279 parte pour l'engager à le sauver. peut-être trop. et a ordonné l'exécution. de quoi vous mêlez- vous ? Je n'ai pas besoin d'otage. et vous en tirerez parti. — Mais les souve- rains le réclameront.

dit Hulin. qui mais voulu dire à Talleyrand ce clos. . que Hulin lui-même lui me dit dit hier chez Decrès que d'Enghien avait demandé un confes- seur. ce qu'il avait dit à huis- qui me persuade que l'on fabrique sur cela flétrir quelque infamie pour faire périr quelqu'un ou sa mémoire. et si sûr que je vous supplie de n'en faire aucun usage public qu'après ma mort ou un changement ici de maître. grenadier de n'ose parler. garde cela. assisté de Rœderer et de Ségur. parce que j'en suis sur. Je le crois « J'oubliais . il a été étranglé. Uam'i continue en ces termes « : Autant j'ai desdétails sûrs sur le duc d'Enghien. c'est que depuis cinq jours il cou- chait au Temple la et y entrait vêtu en gendarme ou en . Personne même à Talleyrand.280 CHAPITRE SIX[ÈME «Voilà. ait Il est faux que garde ou la gendarmerie sait fourni le bourreau. auIl tant j'en ai peu sur Pichegru. Ce que l'on sait à cet égard. 19 avril 1S04. c'est que Ré(1) Vami à d'Antraigues. — Je » au nez. Et que lui avez-vous lui ai ri répondu? il Decrès. tout ce quejesais et vous garantis être vrai. C'est Bonaparte. qui en a fait lui-même l'inventaire. excepté Hulin. mais ce qui a donné lieu à la méprise. nous le savons. qui n'ose pas trop s'informer. cela est sûr : mais est impossible de bien savoir la comment. Monsieur. nous verrons. On n'a rien trouvé d'essentiel dans les papiers de la victime. Talleyrand très positivement qu'il a été étranglé par Sanson le bourreau. et s'en est passé (1). Je défie qui que n'a ja- ce soit d'être plus instruit.

nUamiea.. mais que son but était le ren- la tyrannie actuelle. elle : dénonce un mot malheureux <i de la future impératrice Je ne sais pourquoi le public nous boude. B force nous est d'y On efforts vient de voir l'c/mz'e intercédant pour le duc d'En- ghien. n'ayant pas voulu d'avocat. qui réussi. ami de Régnier. auraitdit Joséphine en sortant d'un théâtre où elle et son mari avaient été accueillis par un pro- fond silence. qui a entendu Talleyrand causer à fond avec Lagarde. déplus fermé sa porte le à Caulaincourt. paraît-il. et . hier encore bienvenu dans son chân'a consenti teau avec les officiers do son régiment. Dans ce temps-ci on ne peut être trop curieux. sa défense le portée au Consul. cela n'est là. 11 a demandé plume. Pichegru a subi quatre terrogatoires. et s'est mis à composer sa défense au tribunal. car ceci est une querelle particulière entre nous et les Bourbons. Elle rend encore témoignage à Joséphine de ses pour obtenir la grâce de Georges. papiers ont été saisis. Tout à coup ses papier. encre. mais il a déclaré avoir voulu délivrer la France de la tyrannie actuelle et lui rendre un . et lendemain il a été étranglé. l'eût très bien traitée. et pour sauver s'il Moreau.LA CONSPIRATION DE gnier a décidé cette 1804 281 mesure. : et puisque rester Talleyrand s'en tient aussi. dans lesquels il in- n'a compromis qui que ce soit. eut En revanche. gouvernement stable qu'étant militaire il n'avait pas d'idée fixe sur le gouvernement versement de à établir. Je ne le sais que par Rcinhard. Nous n'en savons quant pas prudent à présent pas davantage..

Voici une autre cause que bulletins de Vamie. Mettons en regard de cette disgrâce. la rentrée en faveur d'un personnage aussi important que peu considéré.282 CHAPITRE SIXIÈME sur les sollicitations expresses. Bonaparte Il écrire parle Grand-Juge. . 2 juin 1804. et de les faire fusiller. qui l'engagèrent à (1) h'amie à d'Anlraigues. Il me l'a fait lire. Fouché. de les faire juger par les officiers comme l'infortuné d'Enghien. et s'est justifié en une partie que d'honneur que voici. Caulaincourt ne se la lui fit fiant pas à cette promesse. Bonaparte en fut détourné par Real et Régnier. Je lui dis : faut la publier. elle ne voulaitpoint voir. lacouleurde son uni- forme. avoir consenti à la détruire et avoir dit qu'elle n'existait plus (1). médit ne l'avoir conservée que pour moi. tres. « a essayé. écrit-elle il à cette occasion. » La grande dame de garnison le avait poussé l'expression de sa colère contre lui jusqu'à demander et obtenir qu'on changeât régiment dont il était colonel . Les historiens attribuent à son zèle pour l'établissement de la mo- narchie impériale son rappel au ministère de la police. Il à la lui rouvrir que réitérées venues des Tuileries. d'ordre tout privé. l'avis « spécifient avec détails les et Lorsqu'on arrêta Moreau d'au- de Fouché fut de les disperser dans les dé- partements. Il pâlit. de se justifier. si Bonaparte lui promit sa parole il d'Engliien était arrêté serait enfermé jusqu'à la paix au château de Pierre-Encise à qu'il Lyon sans y fût connu. môme de loin.

Ici par- on n'en dira pas le mot. du moins de l'attentat commis contre le droit des gens. qui n'avait plus guère à ménagerie Premier Consul. accusant la violation germanique. Talleyrand répliqua de son mieux. a rappelé Fouché (1). les juges étant de son choix. fit parvenir en Allemagne et en France une note en du territoire style comminatoire. c'est fait. et la Russie. Talleyrand fut du môme avis. C'est clair. mais elle sera connue charge dans ma tournée annuelle aux frontières. Je me (1) L'amie à d'Antraigues. c'est noble. L'événement a été entièrement contraire.. depuis quinze ans. résolu à ne plus il jamais donner de spectacle de cette nature. devait être sûr que lorsqu'on ferait enfin le procès ces gens-là. le l'a public. et le public et l'armée ont été constamment contre les juges. et l'espoir tout serait combiné de manière à ce que soit par leurs aveux. » L'Europe s'émut. c'est raisonné. excepté ces sots de Polignac. soit par la promesse de leur grâce. c'est beau. ne se doutant guère qu'un dessus son épaule traigues : homme qui lisait par- écriv^ait de la dépèche russe à d'An- « C'est une pièce superbe.LA CONSPIRATION DE 1804 283 en faire une affaire d'éclat pour établir l'opinion de sa justice. Il s'y rendit. et. M juillet 1804. . sinon du meurtre juridique accompli.. et l'armée a appuyé . lui nous n'en avons pas une seule à comparer. Ils se sont défendus comme des lions. Bonaparte a failli tuer Real de colère il excédé de coups devant sa femme. ne contrediraient à rien. il et que d'ailleurs.

était alors Le premier. y rendait hommage à la mémoire dans la du duc d'Enghien. Il imprimer à Dresde nom d'auteur. le (1) France à l'équilibre européen. comme atteintes Alexandre et et ses conseillers. 30 . et s'attachait à justifier. s'imaginant. tout en réprouvant il les projets d'assassinat contre Bonaparte. survivants du xvin" plus Européens que Français. que l'accord de la Russie do l'Angleterre préviendrait de nouvelles la de la part de lui.284 CHAPITRE SIXIÈME la de répandre sur une ligne de 380 lieues. en fait de polisiècle. tout Russe de cœur. tout tint à exprimer ses sentile en gardant une réserve inspirée par désir de ne point engager le gouvernement russe. IV LA POLITIQUE FRANÇAISE EN 1804 Uami tique et Vamie de Paris des étaient. lui et de ne point attirer de nouveau sur fit l'attention du et gouvernement publier. L'ami à d'Autraigues. des Réflexions dirigées surtout contre le Grand-Juge Régnier . anglomane. le rôle et le but de l'Angleterre. D'Antraigues de son côté ments. sans français. » Elle doit influer sur l'opinion (1). sous la rubrique de Londres. Selon cabinet de Londres était servi à Paris par bon juillet 1804. étrangère. récente conjuration.

dément de loin le jeune souverain de la Russie. admire profonle . était l'intermédiaire ordinaire de ces communications. Ils la combattaient par ces moyens souterrains du dont les affidés de la police secrète. et n'eussent les rien voulu accepter d'eux. Ils appartenaient eux- mêmes. et àl'encontre des intérêts français. Ceux-là. et néanmoins. en sa qualité de elle femme. avis propres à contrecarrer les desseins Un certain Latour. de propos délibéré.LA POLITIQUE FRANÇAISE EN 1804 28S nombre de gens en et place. Suchet. et a pour lui cet engouement voisin de l'idolâtrie dont se targuèrent plus tard. à cette mystérieuse engeance . sont les instruments ordinaires. et en dénonçant . entre tant d'autres. seul elle digne représentant à ses yeux de la cause des rois l'appelle « notre ange ». dans les il armées et les bu- reaux. ils réussissaient à les secrets la du cabinet consulaire et faisaient passer au delà de Manche des du maître. — comme pensant Anglais Masséna. des mondaines comme M™* de Ghoiseul- Gouffier et des mystiques comme M^^ elle de Kriidener. sans surprendre se faire connaître. plus parle sentiment que par la raison. h'amie se laisse guider. — détestaient cite ainsi Sieyès. mal parler de son On voit dès lors dans quel esprit critique l'un et l'autre envisageaient la politique étrangère de Bona- parte. Elle se dit forte de faire enfermer au Temple avant un mois quiconque oserait devant héros. celui qui écoute dans un salon comme celui qui travaille à l'ombre cabinet noir ou s'embusque sur la grande route. ancien ami de Fox.

arrêtent au passage de cabinet dont ils les courriers ont payé la trahison. Le directeur de cette machine est Lavalette. » en est la cheville ouvrière. Ils ont les chiffres qu'on a pu voler chez les ministres étrangers. d'une façon précise et minutieuse. . tantôt dépouille les lettres d'un individu. Argental. de Talleyrand et de Berthier. un diable en en méchanceté. déguisés en brigands. esprit. »: un bon diable a Anson. Luis- le-bois Vitry-le-François. Ce moyen est encore plus fréquemment employé en Italie. et. tantôt ouvre toutes cellesqui sont mises à la poste le môme « jour. ils les révèlent. on a mis aux ordres de nos représentants à Ratisbonne et à Cassel des gendarmes d'élite qui. Mayence pour la l'Allemagne. Pontarlier pour la Suisse. mais ne rendant compte qu'au premier. Au- cune de leurs stations n'est près de Paris. Un bureau de quarante-quatre employés. recevant des ordres de Bonaparte. ils ouvrent les paquets et prennent les empreintes des dépèches. arrêtent et dévalisent les courriers de la malle et autres. Sijean et Saint-Jean-de-Luz pour l'Espagne.286 CHAPITRE SIXIÈME à (l'Antraigues les espions de Talleyrand à l'étranger. plusieurs ministres faisant suivre leurs courriers tes. En Allemagne. (à partir d'octobre 1803) Ponthierry. à l'histoire. assistés d'un commis de Talleyrand. Voici d'abord des détails sur l'organisation secrète des postes et la surveillance des correspondances en- voyées hors de France. deux ou trois pos- Ce sont (?). en fourberie. déjà receveur général en 1788. et Tour du Pin Modane pour l'Italie.

Des dénonciations ou des révélations précises corroboraient de temps à autre ces indications générales. nacli portant les qu'il livrait sans le moinalmaoiî Vami les avait résumés dans les un au crayon rouge bureaux de poste Anglais entretenaient de leur côté des agents sûrs. Chodkiewicz. dre scrupule. re- commandait à la surveillance de Czartoryski un secréde taire de la légation russe à Madrid. sur il la de- mande du cabinet russe. une feuille du manuscrit. lisait les lettres adressées au ministère des relations extérieures par le compositeur Boïeldieu.LA POLITIQUE FRANÇAISE EN 1804 287 Tous ces renseignements. Va?nie signale un certain Coini. s'était mis en route avec mission de préparer une insurrection en Pologne et en Lithuanie. publiés le Mercure de Ratisbomie. Entre temps. étaient sans de sottes anecdotes et de plats com- mérages. pleines de leur signature. De son côté.il annonçait qu'un colonel polonais au service de France. A l'en croire. soupçonné d'avoir livré à notre ambassadeur le chiffredesacorrespondance. Vami avait noté certains articles malveillants pour la Russie. qu'il serait curieux de relire aujourd'hui à cause portée. de vérifier cette et attribués à Drake. alors maîtrede chapelle à Saint-Pétersbourg. était possible. Partout il suivait les opérations Il des espions français. chargé de s'insinuer dans l'intimilé du ministre russe à Cons- . les annulant ainsi d'avance. ces lettres. il et afin dernière supposition s'il promettait de faire soustraire. l'émigré Lam- bert. Dans son dans zèle pour l'alliance anglo-russe.

. et soit il essentiel ou que Souza ne pas accepté par l'empereur. et un séjour de deux France une paix mois en Angleterre seraient pour de cent années. » la En il a remis au Directoire des . 18 octobre 1804. ne convient pas au prince Czartoryski. de Souza ayant été transféré à Saint-Pétersbourg. Tl s'y avec la complicité de Talleyrand. cette politique est Le fond de un mépris absolu pour l'Europe conles tinentale. M..» Sortant de ces régions souterraines. on la fait attaquer en route par de faux voleurs. mémoires contre juge possible et cette entreprise aujourd'hui entête. la politique française triomphante. Bonaparte ne redoute personne. ou bien M'"'' de Flaliaut. ou que sa arrivée. désignera l'endroit où sont les papiers à prendre. ajoute le Vamie.288 CHAPITRE SIXIÈME lantinople. contre sa femme lamente ou Berthier qui multiplie (1) les objections straté- Uamie ii d'Antraigues. contre l'avis plus ou moins qui se dissimulé de son entourage. femme soit démasquée dès son On si peut faire mieux. hormis Anglais: mais comment les réduire? Il accumule pour et les vaincre chez lui eux de formidables préparatifs. il la même facile. nous voyons se développer. alors valet de chambre se fera connaître à lui à Pétersbourg et servira à éclairer la marche de cette scélérate (1). ladite dame est part munie des instructions de Talleyrand. : on a entendu dire i Une descente 1797. au lendemain de la rupture de la paix d'Amiens. placer dans sa suite un valet qui.» Si ce parti. ministre de Portugal à Paris. l'ancienne maî- tresse de Talleyrand de venue la femme du comte de Souza.

les militaires. où de risques . que et la faveur de ce jeune homme ne durera que. œuvre de Vaivre. voudraient détourner l'élan des ils armées vers l'Allemagne. venus dénoncer. chef du bureau des colonies. l'im- possibilité d'une insurrection immédiate dans leur pays. Bonaparte en à se : repentir des premières avances laites à Alexandre pas. s'enricin'raient à moins les autres estiment qu'en cas de succès ce serait toute tales : une nouvelle suite d'entreprises continenla les villes iianséatiques occupées. les Boulogne. l'empereur. Les adversaires secrets de l'expédition se sont hâtés de transmettre ces projets à Londres en l'un par deux messages. Parmi ces traîtres obscurs.LA POLITIQUE FRANÇAISE EN giques. élaborée sur des renseignements erronés. Naples conquise. qu'il sait lié à espère pas. y pousse activement. avec preuves à l'appui. le 5 Prusse ranles Irlan- çonnée. est Quant à la Russie. Puis dais sont décembre. que la Russie se faires de l'Europe la Perse. les uns. jugé 19 . Kotchoubey paraissant devoir succéder comme chancelier à Alexandre Woronzov. délibérant à l'hôtel de Massiac en présence d'un délégué des rela- tions extérieures. et a promis une insurrection en Irlande pour le mois de janvier 1804. » Il « Je ne veux môle plus des af- que je ne me mêle des affaires de ne caciie pas son aversion pour Czartol'Angleterre. par la Hollande. l'autre. été présenté par lui et Un plan général d'invasion a le 11 juillet discuté en conseil 1803. presque sous yeux du Consul. parfois il ryski. s'est-il écrié. 1804 289 Un comité de réfugiés irlandais. on y a joint un plan sur Jersey.

et citait une lettre écrite par Pahlen à un de ses amis de d'une Pétersbourg. En Russie. il insistait sur le mécontentement de la noblesse. avec cet homme. ne Bonaparte goût des que pour amener une révolution ministérielle. en vint (disait-il un jour à raconter à mots couverts disposé à recométait vrai? voulait-il flatter?) que Pahlen. le meur- trier de Paul P% était mécontent . Plus souvent fût-ce le gouvernement français pensait. obtint que Durant réclamerait d'Hédouville de nouveaux éclaircissements. Angely. le cas échéant. au il faisait parvenir directement Premier Consul des renseignements plus explicites. Par Champagny . n'accentuera pas son attitude hostile. à qui Bonaparte l'avait indirectement rappelée. ou au moins le désir d'entretenir des intelligences avec les mécontents de chaque pays. en 1740 et en 1762. Hédouville. avait voulu renouer en 1793. impératrice ou qui concluait à la proclamation à l'installation d'une régence. en tout cas au renversement de l'empereur actuel et à l'anarchie. et Talleyrand avaient l'autre le complots au deiiors. et qu'un aventurier obscur.290 CHAPITRE SIXIÈME sans énergie et sans vues élevées. ils trouvaient à cet égard une tradition et Breteuil toute faite. On devine en quel émoi fut Ya?ni. et mencer l'attentat de 1801 et que lui-même en mesure de s'entendre. La réponse ayant paru encore insuffisante. lorsqu'il eut vent Il de ces nouvelles. celle que La Chétardie avaient suivie sous l'ancien régime. ce fut Talleyrand qui . à et favoriser une révolution l'un dynastique.

donnaitune certaine importance à ces projets. les relations diplomatiques furent et la Russie. s'était repris à l'idée d'opérer une . D'Antraigues eut à ce la moment la pensée d'emporter faveur impériale par quelque démonstration palpable Il offrit de zèle. Sur ces entrefaites. Au (1) Gzartoryâki à d'Antraigues. pour confesser de près il se convainquit que Bonaparte. rompues entre la France Hédouville revint le la à Paris. pour se rendre important lui-même. à vrai dire. . et ce qu'il reçut transmis textuellement par Vami à d'Antraigues le 10 mars. qu'on n'accepterait pas sa proposition. de concert avec Panine. On lui dispo- répondit en effet qu'on n'oublierait jamais cet acte uniles que de dévouement. La légation de France avait avec cet homme des rapports directs. on lui enjoignit môme de ne pas s'éloigner de Dresde (1). aussitôt avec lui. et Vami s'aboucha . P. d'aller secrètement à Paris et de s'y emparer des pièces qui établissaient le concert supposé Il entre Pahlen et Hédouville. mais que sait moyens dont il et suffisaient pour acquérir ces preuves. à veille d'une guerre. joué par l'un et l'autre. total.LA POLITIQUE FRANÇAISE EN 1804 291 l'interrogea à son tour dans l'apostille autographe d'une lettre fut envoyée par la voie de Berlin. il croyait une révolution nouvelle très praticable. et paraissaitdisposer d'un puissant parti. 8 avril 1804 (A. devait bien penser. qui pouvaient aboutir à une action commune. diversion révolutionnaire en Russie et aussi en Suède et que Talleyrand. dans une aventure politique qui avait abouti contre son gré à un meurtre.). Pahlen en voulait à Alexandre de l'avoir en 1801 poussé.

à cause des rapports et de ses envoyés défavorables à l'électeur. tout changé dans ses disposi30 juillet Va?tii « Au nom du ciel. vaise réception faite cour. conférait fréquemment.292 CHAPITRE SIXIÈME il ne distinguait que des menées sans résultats proba- bles. qui lui servaitd'espion dansla société russe. même temps il ranimait les espérances des il Vénitiens naguère livrés par lui à l'empereur. Bonaparte. alors sous l'influence de ces conet Il était évidemment seils que Talleyrand a formulés et résumés dans son 17 octobre 180J). et lui fitenfin avouer que ses relations avecPahlense bornaient à des lettres échan- gées entre ses secrétaires et un médecin français nom- mé Lavite. de la maude au couple Lavalette dans cette petit roi A celui qu'il ». même de son ministre. La Flesselle. près de devenir empereur. le Il Concordat et auquel il allait demander jugeait mal de la Saxe. agissait déjà en maître de l'Europe. « De son » côté Va/nie étaitéperdueà lapensée deson ange en proie à quelque guet-apens aristocratique. sauf sur le pape dont avait le obtenu sacre. il allectait d'appeler le « Prusse prétendait arracher une soumission abso- lue sous forme d'alliance offensive etdéfensive. écrivait le . fameux inutile mémorandum du était Mais dès tions : 1804. Il s'exprimait avec la dernière il liberté sur les souverains. avait fait venir et logeait à Versailles un certain Foscarini. triche au contraire il A TAuEn faisait entendre qu'il s'entendrait volontiers avec elle pour le partage de la Turquie. avec lequel un de ses à l'iosu affidés. Elleinvita Hédouville à dîner.

exalté par les rapports de Shée. Cette singulière négociation n'eut bien entendu pas de lendemain. » La Suède. C'en pour que Massias. paroles malsonnantes contre la Russie. mais ment Joséphine elle dit agit fortement àTalleyrand qu'on voulait rendre son mari l'horet qu'elle s'en reur de tous les peuples. n'importe. Talleyrand. que l'on (la Russie) 1804 293 forme une alliance avec l'Autriche. le chargé d'affaires franlui le vînt trouver par ordre et le insinuât entre autres choses que moment était venu de recommen- cer Charles Xïl. soucieux à ce moment de lui plaire. fit si bien que quelques jours . engagezla Russie par pitié pour ces sots à signer l'alliance qui seule peut les sauver. Non seuleen sens contraire. aux portes de la France chez son beaulà il père l'électeur de Bade. Gustave IV recommença à attaquer par voie diplomatique sulaire. avait gardé une attitude obstinément était Le roi Gustave IV venu. qu'ils soient attaqués?. à le gouvernement conle dénoncer en particulier ses projets contre fut alors Danemark. préfet de Strasbourg. excité par Berthier. C'est parce qu'on ne craint que cela qu'il faut le faire. hostile. ofïensiveou défensive. elle. Je vous en supplie. cela est égal pour l'effet.. parla devant sa femme de faire subir à l'impru- dent monarque le sort du duc d'Enghien. au printemps de la même année. Ces maudits ministres autrichiens ignorent-ils que l'hiver ne se passera pas sans .LA POLITIQUE FRANÇAISE EN à d'Antraigues. Ce que Bonaparte. si prendrait à lui un pareil attentat avait lieu. mais avait laissé échap- per des fut assez çais.

théâtre. nul n'en une conversation vivante et doutait. ment on le se demandait quels en seraient résultats. Elle ajoute tué personne au Temple. au Une nouvelle guerre de conquête était donc immimoment de l'avènement Napoléon seule. une fois sespapiers confisqués. : puis Va?ni et Fouché intervinrent l'un et l'autre le pauvre homme en fut quitte pour un séjour au Temple et (1). Un agent suédois nommé Ackerblad payer pour son souverain. Gustave IV occupa de nouveau les politiques à cause de ses imprudences de langage après la proclamation de l'Empire . Le premier mot de Bonaparte de le faire jeter fut un ordre à Bicètre et fusiller dans la nuit môme. C'était un vieillard où la inoffensif. Ces cachots sont dans une cour sous des Molineux sont les piliers. « J'ai (1) vu l'abbé Sieyès en société chez une à d'Antraigues. les Amis ou ennemis. M""^ Ber: Vamic 6-U dûcembre ait faux qu'excepté Pichegru on Bicètre que l'on « II est 1804. les passions secrèet les per- tes des révolutionnaires spectives d'avenir. dans le pa- roxysme de son amour-propre qu'il blessé.294 CHAPITRE SIXIÈME après le meurtrier du duc d'Enghien ne pensait plus au roi de Suède. mais qui pas fut trouvé porteur de lettres France n'était ménagée. du nouvel empereur montre quelles étaient autour devenus courtisans. on entendit alors Joséphine. les prétextes. mais c'est ^ mène les malheureux. chefs de cette cour. » et on les fusille dans l'intérieur Ilulin et du cachot. il fut remis en liberté nente. . Voici à cet égard caractéristique. qui met en scène un des grands et per- sonnages do l'époque. laisser entendre pourrait être détrôné et tué comme faillit son père. les espérances.

. outre le milliard distrait des biens nationaux pourla dotation de la Légion d'honneur et la londation des sénabiens 460 millions le toreries. parce qu'on avait été forcé. des pillards qu'on pouvait tous acheter sans bourse délier.. et qu'il faut aller au devant de l'argent. absorbent et au delà l'ar- ce qui restait d'invendu. qui tremble de la guerre. que ne veut pas seulement entendre paril ler do politique. car sait ce que fît c'est. en leur donnant comme aux l'avait dit chiens un dos leurs pour faire curée et . à celui résolu par pension de la mère de Bonaparte.LA POLITIQUE FRANÇAISE EN nard. et nous que le paiement de l'armée réduite au pied de paix était encore au-dessus des moyens de finance de la France. la paix. Ce sont y de lâches filous qu'on mène à la potence.. 1804 295 sœur de la mère de M""" Récamier. Malgré cela il faut payer mée. et y a deux ans qu'elle être assez fol est inévitable. une autre armée d'employés. la paix. qu'il au Directoire il ne s'en rétractait pas avec Bonaparte. et qu'il n'y a pas un roi en Europe à qui on ne . et. lui pourcela l'aller cherciier .. justice en l'envoyant aux galères que c'étaient des gueux. . ce qui est pire. Comment quand on dans peut-on pour vouloir ? Il est attaché au gouvernement dit entra alors les détails. ainsi que le douaire delà Bonaparte fixé depuis hier à3 mil- lions en revenus sur fonds déterre. de réserver sur ces mêmes nombre pour les apanages des princes français. et qui. à qui l'avait répété ce même jour. La pauvre demanda : vieille si Bernard. en . dès que aurait porté leur et la cou- ronnement Bonaparte. Il se il lui nous aurions moqua d'elle et lui dit Il faut la guerre.

Donc guerre est inévitable. me dit : « Il un beau bref que je pré- pare pour forcer l'Espagne à s'emparer de toutes les richesses mobilières des églises que j'évalue à 140 millions au plus bas. « Je lui dis qu'on les avait dit brouillés. que qu'il voulait. ne se mêlait pas de cela. lui dis-je. paraît que c'est là ce dont dit. oui. mais qu'il ne savait pas où lui commencer ni quand commencer. maisje n'ai pu retenir tout ce qu'il je cela m'est étranger. et par dire: Oui.296 CHAPITRE SIXIÈME allant. et c'est le solide 1 de la farce que ce verra que l'entrée difficile. se volent encore dans les poches les uns des autres. mais ne refuserait jamais ses avis à son ami Talleyrand.. ne voulait se mêler de rien. que Bonaparte était maître de la paix ou de la guerre gissait de savoir si . Jl se mit à sourire. . — On » en pendra. Il il revint à parler finances. vieux sot vient jouer de la ici.. brouillés il pour les cafés de Paris. que tout ce naparte connût et qu'il le c'était que Bo- principe de la nécessité de la guerre. La bête il France si il est belle. » J'insistai sur l'Eslui pagne. d'un rire de tigre. qu'il en était qu'il convaincu. qu'il ne s'agissait pas de politique. Seulement remarquai ce qu'il dit sur l'Espagne : «Le Pape nous apporte l'Espagne. — Mais. on dit ce peuple dévot. dit-il. s'occupe. qu'il s'a- Bonaparte peut exister sans guerre France. la et qu'il tenait dans tré l'état oii est la pour démon- que non. pour leur ùter le goût du martyre. il se révoltera. il mais la retraite Je veux périr de sa vie revoit fera Rome. Que Tal- leyrand y était bien résolu.

. et seul côté faible de Bo- naparte. » toute hors de moi et je crusprudent de m'en il Berthier. car. mais de sens rassis : d'humeur calme. car fallait faire si. que homme ne se forcés. IS ûctobre 1804.000 et hommes qui composaient la garnison de Berlin de Postdaui Mollendorf convenait sûr. un militaire.. et répondait que de cent ans on n'aurait entendu par- ler de ce pays que dans la Gazette de Hambourg. . dit qu'on ne poule vait être parfait. il était d'une figure ef- froyable. soit disait-il « Nous cet sommes un jour àl'am/e. sur les 23. ses armées se seraient fondues en entrant en qu'il savait qu'alors campagne. ces si misé- rables rois l'eussent vite adoré que nous aurions été vous etmoi. et est vrai. Il La pauvre Bernard que voilà l'écoutait comme un ora- parla de la Prusse avec fureur.LA POLITIQUE FRANÇAISE EN « 1^04 LOT Ce monstre me faisait peur. et qu'à présent il s'en mordait les doigts. sans plus tergiver- L'«>«ieà d'Antraigucjs. qu'en où il l'avait laissée.000 dontilétait les Que pour la Russie fallait envoyer deux frères . il eût suivi son avis relle à la qu'il fallait alors chercber une quel'état Prusse et marcher. J'étais aller(l). cle. sa conduite en Prusse et en Russie.. d'en faire autant à Paris. Je don- nerais dix ans de (1) ma vie pour que. ne pense guère autrement bien heureux. qu'il n'avait il que 3. qu'il avait manqué le moment d'écraser l'une et de mettre l'autre il bien bas. à présent par la guerre ce qu'il aurait fait sans cela tout de suite après la paix de Lunéville. pas déifié. ad patres et établir une régence de la douairière avait offert qu'il qu'il alors d'aller ambassadeur en Russie. s'ill'eût fait.

marchât avec 120. Il fait il demander la paix par la Prusse et l'Au- mais ne l'aura qu'à bonne enseigne. Talleyrand lui disait à elle-même nous faut telle. Czartoryski ne peut plus la conduire.000 hommes sur le la Prusse. triche. ni en Turquie. y sera. nous faut là-bas Kourakine. C-H drcembre 1804. insolent de sa part. (1) » L'amie il d'Anlraigues. car de républiques. une paix solide. que personne ne pourra troubler. et il cela ne sera pas. » : Un moment « Il après. le Holstein et la Saxe. Avant un an.) et aussitôt établît son plan en en six mois nous aurions mis à la raison tous ces drôles- tendre à ce sujet: La nouvelle impératrice est aussi intéressante à en« La Russie ne veut pas la guerre. à celui d'Alle- magne là (1). et cela est fort Les Bonapartes étaient déjà de grands seigneurs quand ses ancêtres étaient des gens de rien. et que dans môme moment il déItalie . et la guerre seule peut la donner Je suis sûr que l'année 1806 sera l'année climatérique d'une paix sûre. Bonaparte n'en veut plus nulle part: nous les détruirons toutes avant peu. L'empereur Alexandre est cause que nous ne sommes reconnus ni en Russie.. Bonaparte a donné sa parole à Berthier devant moi qu'il fera dé- trôner ou tuer le roi de Suède comme son père. ni en Suède. clarât la guerre à l'empereur de Russie. Les rois et seront attachés à Bona- parte. . elle mais veut être comme Bonaparte et il en Europe.298 CHAPITRE SIXIÈME il ser. Nous les détrônerons nous en ferons d'autres. tout sera fini.

gues. militante contre l'esprit révolutionnaire. Son succès. — Un portrait d'Alexandre l"' Bernardin de Saint-Pierre. — Les Mémoires de Montgaiiiard. — Comment l'auteur fut I récompensé.'i — — — — : — gion grecque? traigues mère : — Correspondance avec Vamie de Paris. Fersen. Markov et Bonaparte. PréScène du 2a sepsentation de d'Antraigues à la cour de Dresde. Un pampblet érudit et allégorique. D'Antraigues a-t-il embrassé la reliEducation du jeune Jules. — — IV. tion. — Opinion des comme — Ses services — — — Collaboration à l'organisation des universités russes. LA ROCHEFOrCAULD (1 803-1804) si Celte agence d'informations. Vie de famille et de société. — leyrand. II. et — et Jugements travaux littéraires. D'Antraigues. — Interdiction — — — — — — — — lèvement. La Mission du secrétaire Mohrenheim. Une Université unique. sa part dans l'exalta- — — coali- — — — — tion de l'esprit prussien. Jean de Millier à Berlin. — Préludes de la troisième — Bo- D'Antraigues et Novosiltsov. — M"" d'Anet ses dernières lettres. précieuse pour le . Entrevue avec Faucbe-Borel^ Louis de Prusse. Scène du 14 février 1804. sa mort. La Saint-Huberty princesse Troubetskoi. III. conseiller de légation. [Relations mondaines. opinions et conduite. Vie littéraire. Russes et des Saxons sur d'Antraicorrespondant du ministère de l'instruction publique. La politique prussienne Le XVIII" livre de Polybe (ISOoi. Son Mémoire sur l'enseignement national. Notes des 15 et 23 décembre contre lui. La Rochefoucauld (1803-1804). ses développements. naparte.CHAPITRE SEPTIÈME D'ANTRAIGUES A DRESDE I. Essai d'enRésistance de Gzartoryski. . Projet d'établissement Weimar. (suite) Soupçons de Bonaparte et de Taldu port de la croix de Saint-Louis. Son cadre. tembre 1803 aux Tuileries.

voir chez eux. 13 mai 1804. l'ancien agent royaliste de Souabe. 0442. ministre à Berlin.:^nO CHAPITRE SEPTIÈME constituait le principal attentat de et gouvernement russe. La police ajoutait à assez mal renseignée. en rela- tions. ou avec Beningsen.» conseil mais on devait supposer seulement son action clandestine. Bonaparte F'. qui eussent voulu le à rencontre de certains Russes. Des recherches faites pour saisir sa corres- pondance avec Paris. elle le signalait. le disaient Des rapports venus de Pétersbourg à maintenu Dresde par l'influence anglaise. Gentz d'Autriche. F. rendu inoffensif dans quelque position subalterne. . l'assassin de Paulpr. de l'Allemagne. ce qui était une double erreur. pour le compte de Louis XVIIl. fi416. Drake et d'autres anglais de diverses parties secrète à l'étranger. qu'on soupçonnait. 6371. était le confident politique de Czartoryski et frapper à sa porte on avait vu venir à Dresde Armfelt agents de Suède. des paroles telles le que celles-ci : « Plutôt servir dey d'Alger dans ses bagnes que Bonaparte dans son '. ces notions des renseignements de pure fantaisie. .. Arch. faute d'en pouvoir mesurer les moyens et l'éten- due. ti- De (1) ces données erronées et confuses. Nat. —A. avec Lamare. d'Antraigues à l'existence du gouvernement français. cet attentat demeurait inconnu à Paris. qu'il On savait bien par Laforest.. et on la jugeait plus efficace qu'elle n'était. Saxe. On pouvait re- procher à son auteur une attitude d'opposant irréconciliable. n'eurent aucun résultat (1). 25 juillet et o septembre 1803. Correspondance.

disait-il.LA ROCHEFOUCAULD rait les (1803-1804) 301 conséquences Il les plus malveillantes pour son ancien prisonnier. l'eût employé dans diplomatie à Vienne. de la cour de Pétersbourg Talleyrand. invariablement docile à son nouveau même en pensée. que d'Antraigues y aura envoyé quelqu'un d'Angleterre. et qui allait faire Hamde bourg. il eût reçu sa la soumission. L'homme qui pour- chassait Drake Spencer Smith à Munich. à de 1803. d'Antraigues. il en était réduit à lui at- tribuer. maître. entre autres un soi-disant Discours du Premier Consul par Gazette au Conseil d'Etat inséré dans et reproduit le Courrier de Londres la comme unepièce authentique (1). attribuait à son ancien ami toute page énergique imprimée en Europe contre Bonaparte cet (Ij : « Si la paix dure. guerre a lieu. disait-il à Talley- rand. 20 vi'ndùiniairo an XII [lo oclubre 1803). en Suisse la fin ou à Constantinople. d Faute de preuves. croyait retrouver ailleurs l'action ou Ainsi. du Vernèenlever Rumbolt à guesàRome. à la nouvelle d'une : la trace certaine fer- mentation en Vendée «Vous verrez. elle doit être contrainte Journal de Paris. . seul avait été irrité de voir en lui le membre marquant s'il de la Constituante réfractaire à la loi d'amnistie. disait-il. la Si la Russie doit chasser homme. De plus. sur la foi de correspondances saisies en Hano- vre. certaines publications antifrançaises de Londres. lui le le le Pre- mier Consul sentait se nouer autour de de complots royalistes destinés à de l'Empire. et il réseau lui fermer chemin voulait atteindre ses ennemis jusque dans les capitales et étrangères.

la lutte était engagée entre lui et le gouvernement français. eut plein succès. et avec au nouveau gouvernement. Qu'il aille en Amérique. la se montra avec croixdeSaint-Louis à la boutonnière. Dès son il arrivée. Khanikov. compter sur l'appui de la chancellerie russe. appuyée sur une note précise et impérative de Talleyrand. Sa con» duite est d'un mauvais exemple en Europe. s'empressa de dénoncer cet étalage d'une décoration abolie. Quoi d'Antraigues dut faire disparaître sa qu'il en soit. je n'en veux plus rien et je n'en mais. Il propre à le servir avec plus de zèle quede tact. A Vienne. et sa réclamation. A Dresde. grâce à la tolérance confiante et à la surveillance discrète deCliam- pagny. » mais dû cesser d'être Le ministre de France en Saxe Rochefoucauld. ajoutait-il. quand ils voudront me rappeler ce que j'ai été. ils me trouveront ce qu'ils n'auraient ja(1). éclat était Alexandre de La rallié homme d'ancienne noblesse. le mais son chef immédiat. croix. C'était s'avouer : toujours Français. écrivait-il à Czarparle pas. F. tout changea. o septembre 1803. d'Antraigues avait vécu en paix. ne la soutenait que pour forme.) . Une défense fut formulée en termes et généraux par le gouvernement saxon. et cela flattait son amour-propre. toryski. vu son titre officiel et sa nouvelle nationa- lité. Il devait. et par sa faute. et de plus émigré irréconciliable « Je ne suis plus rien à la France. et ne l'avertit pas des premières démarches (1) D'Aiiliiiigues à Czartoryski. impatient de se faire valoir. (A.302 CHAPITRE SEPTIÈME le de chasser à la paix.

et '.ntraigues. comme à M™e Bonaparte. Le 25 septembre 1803. présenté il officiellement à la cour. du reste. qui manifeste indécemment son animosité contre la France. malgré les insinuations de La Rochefoucauld.LA ROCHEFOUCAULD tentées contre lui. désormais. au cours d'une réception diplomatique aux Tuileries. (1603-1804) 303 Khanikovétait un ancien militaire. et m'invective dans des pamphlets de sa production ? — Mon maître. répondit froidement Bunau. n'est Cet homme. ministre prussien à Paris le faisait expressément savoir La cour de Dresde ami de Paris. redoutait l'esprit comme les manèges précise. quoi qu'on en il de toute marque nationale : souhaitait presque ouvertement son départ disait-il.' de cet ancien agent secret. peu il façonné aux usages diplomatiques. le Premier Consul interpella vivement BunaUjl'envoyédeSaxe: « Comment votre maître garde-t-il à sa solde des polissons tels que d'x4. D'Antraigues oublia vite l'humiliation subie. et d'autre part traité se vit soudain de loin par Bonaparte lui-même comme venait de l'être l'Angleterre dans la personne de son ambassadeur lord Whitworth. n'a jamais eu de polissons à sa solde. ne demande qu'à se laisser forcer la main et à reconduire. car il fut. car l'électeur se sentait à la discré- tion de son puissant premier minisconflit Loss craignait toute occasion de propre à mettre en péril la dignité de son souverain. et le auquel il ne rend aucun compte. » Même à Berlin. et la faction polonaise. et le nourrissait les mêmes tre sentiments. soutenu queparCzartoryski chancelier (Al. Woronzov). le on supportait impatiemment son voisinage. dépouillé dît. .

— les lui Et vous ferez bien. Christin. France.J 304 CHAPITRE SEPTIÈME est attaché à la légation russe. Bonaparte tourna le dos et passa (1). répli. F. je les ferai arrêter et je les tiendrai au cachot. me recevoir ainsi (2) Dût-il être sacrifié d'être par Czartoryski comme il venait humilié par Bulletin envoyù Khanikov 1/13 octobre ^A. » ajouta Markov sur un ton où assistants crurent distinguer de l'ironie. d'Antraigues Bona- parte se retourna aussitôt vers Markov.) . qua Markov. (2) D'Antraisiies à Jean de Muller.). par ces mots : le Premier Consul le termina « Partout où je trouverai de pareils polis- sons. 27 octobre 1803. Puis l'entretien ayant continué au sujet d'un autre réfugié au service russe. sujets une conduite — M. 633. » M. P. (A. 12 octobre. l'électeur affecta de ne point fait fit lui adresser la parole. les réprimerait. Le malheureux prince se sentait sous l'œil de l'envoyé français. — vol.. L'effet de cette scène se fit bientôt sentir à Dresde. d'Antraigues étant allé à la suite de sa légation à la réception de la cour. F.. est depuis longtemps à notre service il si » l'empereur connaissait ses libelles. de la part d'un de ses d'Antraigues. D'Antraigues ne put : s'empêcher de dire à un de ses voisins été le juge oserait-il « Si j'eusse du roi son cousin au lieu de ? » lui rester fidèle. Le 23 octobre. 602. (A. f. et ce qu'il ne qu'à lui ce jour-là. (1) Dépêche de de Paris à Louis XVIII. le ministre de Russie : « Pourquoi l'empereur protègc-t-il un ? 11 homme qui écrit des libelles contre la France d'être aurait lieu mécontent si j'autorisais pareille. vol. ce qu'il n'avait jamais à aucune des personnes présentées. France. 115.

Le prele deux ukases du même mier accordait à et Markov cordon de Saint-André et un traitement de 40. dépendance il pure- ment nominale il devait. et attaché avec traitement à la légation de Russie en Saxe. ordonnait une levée de deux hommes sur mille . 4 décembre. regards significatifs. la rupture entre la France et la Russie. Quoiqu'il pensât de son importance. était le jeune Jules d'Antraigues. âgé de douze ans. s'était Il échangea avec La Rochefoucauld. se plaignit à Markov Talleyrand de la façon dont il avait été reçu et interpellé et aux Tuileries.LA ROCHEFOUCAULD l'électeur.000 roubles. sous la protection de Khanikov. s'envenimer entre Markov et Bonaparte. le nouveau conseiller de légation fut présenté à la cour. Quelques semaines après. le conflit allait désormais passer par-dessus sa tête. et le savait. qui des placé aussi près que possible de l'électeur. Talleyrand répondit avec vivacité. dispense d'âge admis avec comme iunker Le au ministère des Affaires étrangères. c'était un défi précur- seur de la guerre. rester maître de sa correspondance. mais celte . selon ses désirs constants et en compensation de ses épreuves. et expliquer^ avec d'autres inci- dents. pendant une réception du corps di- plomatique. Le second accordait à d'Antraigues le titre de conseiller de légation attaché à la misétait sion de Dresde. jour vinrent de Russie. deux répliques d'inégale importance. il (1803-1801) 305 se voyait alors transféré en Angleterre. et ne fut pas trop surpris de voir le prince détourner la tête avec affectation devant son 20 .

selon lui. dans l'intérêt de sa personne lui comme dans ce- de sa mission. il faut qu'il parte la ou que je parte. pasunRusse. Les jours suivants. ré- mais un anti-français. la cour s'abstint envers lui des politesses faites d'iiabitude aux les félicitations de étrangers. Malgré commande que lui apporta la colonie russe. dame d'honneur de Joséphine. Dans une nou- velle note impérative au cabinet saxon (15 décembre). Le correspondant de Gzartoryski se trouvait ainsi instruit au jour le jour et à souhait. il invoqua l'article l^"" du traité de Lunéville . effet Talleyrand poussait en contre lui. » Savait-il que sa femme. paril tout où le rencontrait. l'entrée d'un ex-agent des Bourbons dans le corps di- plomatique constituait une infraction à ce « traité. le voyait déjà avec effroi contraint par l'insuccès de ses démar- ches à se démettre et à revenir près d'elle? Il ignorait en tout cas qu'un de ses secrétaires. dont il était séparé depuis dix ans. une politesse hautaine qui parut à tous une façon tranquille de le braver. C'était comme si le Premier Consul accréditait à Londres ou . livrait à d'Antraigues toute la légation et le correspondance échangée entre mi- nistère des relations extérieures. Il affecta d'autant plus envers l'envoyé de France. sa situation demeurait équivoque etembarrassée. La Rochefoucauld s'exas- pérait devant cette figure muette et ironique qu'il continuait à rencontrer partout: « Ce n'est pétait-il.306 CHAPITRE SEPTIEME salut. vivement son offensive à Dresde et à Pétersbourg. entraîné par certains souvenirs la de famille. dans les salons ou à la table de Khanikov.

Sa réponse : toute prête d'Antraigues avait été récompensé uniqueservices rendus à l'instruction publique . presque de l'Empire. CorresponTalleyrand à Ilédouville. postérieure de dix demandait formellement l'expulsion. du prince Ivan jours. et Khanikov. et rejeta adroitement sur le la responsabilité et la solution et 12 exigence des plus embarrassantes pour son souverain. et il entrait dans ses vues d'accentuer le mauvais vouloir envers Bonaparte. Delacroix tard au Sénat de Venise . sur l'insistance de la cour de Dresde. il gouvernement russe l'affaire. de Cinq mois après (11 mai 1804). et Une seconde note. F. comme un rasiis belli. pas été soulevée àl'im- proviste. Czartoryski prenait alors en main la direction effective des affaires. La Roche- foucauld insistait encore pour qu'on ne tînt nul compte du droit des gens. ment pour d'ailleurs si une entente à son égard eût étébien plus facile. devant la dièlc Comment Loss parvint à éluder une se déroba.entrelePremierConsuletMarkov(2). Saxe. la question se fût débattue en audience privée. La Russie céderait-elle? Los ministres de France et de Saxe unirent leurs efforts à Pétersbourg. entre et n'eût l'empereur etHédouville. sept ans auparavant. (A. (1) Talleyrand à Bunau.LA ROCHEFOUCAULD à Berlin (1803-1804) :!0T quelque Russe descendu des sectateurs (1) ».avecéclat. Talleyrand parlaient au cabinet de Dresde du et Yillelo La Rochefoucauld môme ton que. était même dans des questions secondaires.. dance. ils menaçaient de porter différend. on le devine. 7 décembre 1803. 14 décembre 1803.) (2) — Hédouville ù Tal- . en écrivit de son côté.

l'électeur a fait demander en Russie son rappel. Joséphine disait le « naïvement : Si il traigues a été mis au courant de la conjuration. des complots. de Venise. III.. — L'empereur deLunéville. Bonaparte et d'autant plus fut blessé qu'il la dans son amour-propre. » Bonaparte recherchera la secrétairerie d'État les pièces propres et à témoigner contre son adversaire ressuscité. (A. Correspondance. . puis.) t. la conversatio?i essaya d'ob- tenir de Fauche-Borel. promettez-vous de « Eh bien ! s'écria Bona- vous débarrasser de ce d'Ande l'impunité qui assassinats ! traigues est ? Vous voyez les suites lui accordée. prisonnier au Temple. puisqu'il est né Français. der cet émigré dans ses états. des aveux compromettants pour l'auteur la réception (1). devait nous fît la révéler. était présent et subit : par contre coup. fait des — Nous avons l'impossible . s'il le j'invoque le traité et j'exige » que l'électeur fasse sortir cet homme de Dresde.308 CHAPITRE SEPTIÈME Cette explication n'ayant pas été donnée officielle- ment et un peu publiquement. D'Oubril. (1) janvier et 7 février 1804. Mémoires. F. à il diplomatique du 14 février 1804. que d'Antraigues. Russie. 89. était vivement lui sous le coup de l'irritation produite en par conspiration Georges-Pichegru-Moreau. l'algarade parte. Fauche-Bokel. mais moi. avait introduit Pichegru dans plot de Georges. àTimproviste. inter- pella derechef Bunau. p. le chargé d'affaires qui en silence. Il s'imagina. Et se tournant leyrand. remplaçait Markov. au nom comd'An- de Louis XVIII. sur je ne sais quels indices. il sur la principale. de Russie peut garveut.

: enlèvement des pa- enlèvement de fut la personne. P. continuait à travailler contre la poli- A ce moment. Fouché proposait au Premier Consul d'user contre cet adversaire impuni du procédé naguère employé contre Rumbolt piers. qui n'y est que pour tramer des complots. à et Alexandre un nouveau refus. Un il officier de l'ar- mée de Hanovre et avait Il expédié sous un déguisement se à Dresde. se demandant toutefois. malgré les instances réitérées et impérieuses de La Rochefoucauld s'abritant derrière la Russie. qui avait ordre d'invoquer son intervention personnelle dans l'affaire. cabinet le de Dresde. » authentiques de ses intrigues Cet essai d'intimidation ne pouvait guère réussir. d'Antraigues put demeurer à Dresde. s'assura que l'enlèvement des papiers était impossi(l) Oubril à Woronzov.LA ROCHEFOUCAULD vers le ministre de Bavière : (1803-1804) 309 « C'est comme M. dans il ces ténèbres où tique française. et n'allait chaque jour. Czarto- ryski pensait la dignité de son maître engagée désor- mais à ne rien céder. La rupture des relations la diplomatiques survenue peu de temps après entre France et la Russie épargna au Premier Consul de nouvelles réclamations. et l'empereur refusa une audience à ITédouville.). lI)/27 février (A. si quelque embûche nouvelle pas s'ouvrir sous ses pieds à l'improviste. renvoi. et y demeura trois jours. et celle-ci derrière le droit des gens. en effet. justement commandé la place de Milan en 1797. nommait Sagot. Je me réserve de demander son (1). . Drake avec preuves à Munich.

de quelque manière qu'on doive s'y prendre. qui est en France. alors à la solde de la police secrets. répondra (1) L'amie i\ d'Antrait^iic?. que l'en- lèvement de la personne n'était guère plus praticable. et on se con- tenta de déchaîner contre d'Antraiguesun pamphlétaire? ce Montgaillard dont il avait été la dupe et peut-être le complice. avec de la hardiesse et de n'était point arrêté Fouché la célérité. à cause du passage forcé sur le territoire prussien. il consulaire. 18 octobie 1804. et en attendant sa mère. le Un duel de plume allait et le s'engager entre premier auteur rédacteur de la la partie n'é- fameuse tait coiivei^sation sur Pichegru. sept visaient d'Antraigues et leurs relations en ans auparavant. et on ne fait pas la guerre pour un corps mort (1). d'Antraigues disparaîtra. disait-il. Montgaillard. . ayant des armes chez lui. En définitive. y parvenir.310 CHAPITRE SEPTIEME ble. d'Antraigues logeant au milieu delaville^ dans une et maison en vue. par cette pensée qu'un sem: blable attentat pouvait hâter la rupture de la paix On aurait fusillé le prisonnier. en quelque lieu qu'il soit. D'Antraigues piqué au vif laissa entendre qu'il répliquerait lui avait jadis « Si en publiant les lettres où Montgaillard raconté ses pourparlers avec Bonaparte: écrié le Pre- ces lettres paraissent. publia ses Mémoires y dénonçait. ce projet fut abandonné. se serait alors mier Consul. et ses pages les plus vives Italie. les agents des princes français et de l'Angleterre. qu'en cas de guerre avec la Prusse et la Russie. on pourrait. sans rien cacher de ses trahisons successives. mais pas égale.

Ses relations. habile à atti- rer les renseignements de toutes parts et à les répandre ensuite. souvent au profit d'un intérêt personnel à leur possesseur. II VIE LITTERAIRE En se voyant poursuivi avec une telle ténacité par Bonaparte. l'opinion à son endroit demeurait à la suite de en somme flottante. d'Antraigues pouvait toujours croire à son importance. En Russie. il D'Antraigues à Czartoryski. demeuraient élevées et qui n'estimaient pas son et ceux même en lui caractère redoutaient une agence concentrée en un seul homme. sans accroître sa considération. P. ni améliorer sa fortune. » . 8/20 février 1806. parfois aussi au détriment de la vérité. ses ressentiments et ses haines. et Razoumovsky Sa double de Kotchoubey. (1) (2) A Dresde. . Mohrenlieim à d'Antraigues. plutôt même. aux deux bouts de étendues .VIE LITTERAIRE 311 pour ce fait seul de sa conduite. l'Eu- rope. Ces menaces arrê- tèrent toute réplique celui qui en était l'objet protesta in petto ^rès de Czartoryski (1). ouvertement hostile à Paris et à (2). correspondance Vienne soutenait seuleson crédit auprès du jeune ami d'Alexandre. 12 juillet 1804 (A.). et continuaà épancher dans des correspondances privées. plus actives que jamais.

servait couvrait contre la France. L'importance même lui. avec une certaine de fort compétence dûment acquise.". le titre de correspondant du ministère de l'instruction publique. ses correspondances. Ce gentilhomme et. A. et il prit fort au sérieux ses fonctions. le vide autour de Les Saxons évitaient de partagés qu'ils étaient entre le désir d'affirmer leur indé- pendance et la crainte de déplaire à Bonaparte. qu'il se donnait accroissait le voir. un étranger. Russes ou Sale xons. d'Antraigues se (1) « C'est au seul d'Anlraigues nir quelque chose de leur despotisme. F. Dans tout philosophe il selon la formule du dixet huitième siècle y a un pédagogue. Les Russes craignaient ils comme par l'es- une puissance occulte et dangereuse. et.) (De Moustier à Tallcyrand. Aussi accusait-il en Russie l'absence complète d'égards du gouvernement comme un motif permanent de souhaiter son En attendant. une autre collaboration. et il exerce ici un véritable 31 mars iSO. — . sous main congédier de l'appartement le faisait oii il élaborait commodément saxon départ.M2 était CHAPITRE SEPTIEME pour tous ceux qui l'approchaient. Il avait reçu. électorale le trouvait à bout de par-dessi moyens diplomatiques pour l'éloigner. La cour plus qu'importun. un fort ordre questions étranger d'ordinaire à sa caste et dédaigné d'elle. au commencement de 1803. d'un genre tout à expliquer la protection dont on le particulier. » que les Russes s'adressent pour obtegouvernement. finirent dénoncer à voix haute l'aventurier. à voix basse pion ({).. il abordait avec plaisir faut le dire.

des projets furent demandés à certains hom - mes dont on gne et préjugeait la compétence.VIE LITTERAIRE 313 souvenait d'avoir étudié et admiré VEmile^ soit qu'il qu'il exposât ses idées générales sur l'instruction. Aussitôt après la création . D'Antraigues collabora de loin. étudier les grands établissements des mémoires. Un général. songeait. soit qu'il pour son pays d'adoption. celle de Yilna toryski secondait avec zèle ce réorganisée. une commission dite constituée à Pétersbourg. en Allema- en France. l'empire divisé en six arron- dissements scolaires. soit observât les méthodes d'enseignement en usage autour recrutât des professeurs en Allemagne Il était de lui. les Universités de des écoles Kharkov et de Dorpat fondées. lui étaient familières. Le nouvel empereur Alexandre. lui avait offert de diriger l'éducale Ces sortes de vanteries. et de diverses manières. comme Frédéric de Prusse et son aïeule la grande Catherine. jugé assez fort sur ces sans paraître mentir. nous savons. que l'empereur Paul tion d'un de ses fils. Czar- mouvement. fut envoyé à Paris pour y d'instruction. à répandre autour de lui les «lumières». et lui permettaient de faire était porté à douter' valoir à la fois deux choses dont on son crédit et son désintéressement. à ce grand travail. et pouvait prétendre. Hitrov. espérant pro- curer par là aux provinces polonaises de la Russie une renaissance de l'esprit particulariste et de la vie nationale. On vit en quelques années un ministère de l'instruction publique créé. matières. poussé par ses jeunes conseillers.

Deux méthodes : se pré- pour son développement l'une consiste les à procurer d'abord l'instruction aux ignorantes. artisans de désordre par croît .314 CHAPITRE SEPTIÈME il du ministèrn de rinstruction publique. Cette tâche leur est encore plus facile dans les la pays qui. pour la Russie. hôtes des cours ou convives de sentent M'°* Geoffrin. pourvu qu'on ne le demande pas en à ces grands seigneurs II. . vanil'a- teux et despotes. cosmopolites. à commencer par les écoles et à finir par les Universités. modèrent. doit avoir un caractère national. et il caractère est facile à déterminer. lu- eût plaidé pour le progrès indéfini des la politique mières. comme Russie. sauf à l'élever en classes plus l'étendant toujours. Ce existe en Russie. le fassent tourner autant que possible à leur profit. etne sont point en proie aux expérimentations pédantes des demi-savants. qui. La diffusion des connaissances n'a produit selon lui que de faux docteurs. mais lui avaitfait de son âge mûr contrariait et il oublier la philosophiede ses jeunes ans. à tous ses degrés. et les était maintenantporté à accuser la gens de était lettres. Dans ces conditions. il faut que souverains par prudence dirigent ce mouvement. au temps de Catherine se pro- menaient de capitale capitale. . ont conservé l'ignorance heureuse des peuples primitifs. essaya de faire dans son Mémoire sur t enseignement national Autrefois ce que il Rousseau avait fait pour la Pologne. l'enseignement. surles le mais comme elle est irrésistible. par qui France tombée de narchie intellectuelle dans l'anarchie morale et légale.

Suivent des détails pratiques ces établissements. foyer qui finira par étendre sa lumière. qui consiste à faire aimer aux Russes leurs institutions traditionnelles. étendant ses rameaux dans tout l'empire sous la forme de Facultés. est bien plus encore la défense des heureux de la terre contre . au xviii''. la jusque dans les moindres hameaux. dit-il plus loin. qui consisteà former des Russes. l'organisation de Parmi les Facultés. les pauvres et les riches. l'esprit la humain avait tout à conquérir. placée sous le regard de l'empereur. ot enfin moyens. L'enseignement religieux réclame est l'état •< C'est ce problème (le respect de la propriété) qui est devenu de la société dans toute l'Europe. affaiblie mais directe. l'unité des principes. Au X® siècle. et par-dessus tout l'autocratie l'unité de . Cet enseignement doit réunir l'unité de vues. juge suprême des doctrines et des méthodes d'enseignement. et non des Grecs ou des Romains. Russie peut d'emblée emprunter à ses voi- sins les éléments de son haut enseignement. de collèges sur et d'écoles. Bien que ait première pour elle l'autorité des précédents et l'exla périence. car do 1790 sur l'utilité de- meure fidèle à sa thèse de la reli- gion. Celle-ci sera réalisée par l'organisa- tion d'une Université unique. d'Antraigues se prononce pour seconde. » La religion. d'Antraigues il donne la première place à celle de théologie. Même il voit dès 1803 la question sociale s'imposant à toute l'Euqu'il rope (1) « (1). qui est la consolation de tous les honiiuGs.VIE LITTERAIRE l'autre consiste à créer de toutes 315 pièces l'Université. jusqu'à ce qu'elle se suffise à elle-même. au et les moins comme médiatrice entre les gouvernants gouvernés.

car il indiquait comme les bases qu'allait choisir pour son œuvre le créateur de r « Université de France sa mère. Vieux-Russe. celle-ci veillera à ce qu'on n'y enseigne que les connaissances utiles au peuple. Le ministère russe de l'instruction publique se conforma à ses idées en com- mençant son œuvre scolaire par l'organisation du haut enseignement. et dans les livres approuvés par elle. car il purement moral vajusqu aen exclure est toute spéculation. même et sur les précepteurs privés. Si jamais la foi et la religion s'éteignaient. puiser dans votre lui écrivait elle pourrait si plan. toute controverse. Pour les collèges des pensionnats.i:)ir. un précurseur de plus sûres les Napoléon P"" . ce Dans mémoire. d'Antraigues.316 CHAPITRE SRPTIÈMF: et pratique. mais les là il s'en tint à la tradition qu'avait invasions de la misère et du désc '. ne croyait pas bien dire. qui y perdront leurs habitudes exotiques et y prendront la marque nationale. Elle gardera. un droit d'approbation (( de surveillance. Les écoles primaires enfin seront établies par l'Université. et Dans le droit. croyez-vous qu'il y aurait une grande distance de 'js palais à vos tombeaux ? » . et souiiaite qu'on se borne au commentaire delà législation écrite. redoute la partie abstraite méta- physique. ayant soin d'écarter les ». Notre gouvernement. ce qui assu- rément contre l'esprit il grec et selon la politique russe. mais ceux-ci il recommande seulement accessibles aux classes élevées. tout en parlant en élait. sans le savoir. ». celui-ci chargé en outre delà censure des livres. perroquets encvclopédiques ministre de l'instruction Elle sera surveillée par et le publique son conseil.

le y plaça du moins pour la médecine Viennois Franket le Saxon Titius. D'Antraigues était très fier de son œuvre. . en Angleterre. celle du 17 juillet 1803 (A. comme abaissant l'enseignement la collation . et Frédéric de l'éco- nomie politique. pédagogiques. Stord^ que ses convictions catholiques rendaient suspect dans une ville toute luthérienne. pour laphilosophie il et les mathématiques un brave maître de pension de Dresde.VIE LITTERAIRE 317 inaugurée la création. Parmi ses (1) (2) lettres à Gzartoryski. à sa mère. I.) est particulière- ment intéressante sur ces questions. 4 septembre 1803. comme on dirait aujourd'hui. s'occupa seulement de leur recruter des pro- fesseurs. « titre à de prochaines faveurs. Il fournissait en outre des renseignements pratiques. il la com- muniqua en Autriche. sur les écoles et les uni- versités de son voisinage. l'adressa et même hautes qu'il comme un en vint. et encore ses soins à cet égard se bornèrent-ils à l'Université de Yilna. et ce qui reste de sa corres- pondance à cet égard prouve la variété Il était de ses observahostile à l'insti- tions et de ses connaissances (2). En réalité. 143) analyse ses Observations sur l'Université de Leipzig. il re- commandait de bourses de voyage aux étulors diants. p. BoGDAXOviTCH (Hislolre du règne de l'empereur Alexandre /"s t. de l'Université de Moscou en 1755. tution des privât docenten rétribués par leurs élèves. P. en revanche. à l'allemande. à la tète au moins à dire en Russie il des universités (1) ». suivant un usage dès pratiqué en Angle- D'Antraigues à l'amie. Il eût voulu y voir Jean Gentz de Millier enseigner l'histoire. était il sinon à croire.

Quant aux écrivains plus jeunes. ses plus chers compagnons Les écrivains favoris de sa jeunesse ne l'attiraient Il plus guère. un autre lit jour il envoyait àPétersbourg modèle d'un nou- veau mécanique à l'usage des cliniques de médecine. Je ne fais pas plus de cas de ceux disait-il peu de temps après la mort du » cé- lèbre écrivain.318 CHAPITRE SEPTIÈME terre. . on est condamné à la médiocrité (1) ». politique. disait-il. Homme de lettres bien plus sa table qu'homme de travail. (1) écrivent dans un goût nouveau. puisqu'il avait renié leurs doctrines. il ne tage : les appréciait pas davanle « J'ai le bonheur de ne plus comprendre Ils style de ces messieurs. l'éviier 1804. il passait sa journée à entouré de quelques milliers fidèles et de volumes qui étaient ses d'exil. que je n'en fais de sa moralité. la ou un fragment inédit d'Aristole découvert dans bibliothèque de Dresde. connaissance des langues vi- mais ne répudiait pas à leur profit celle des a langues classiques. sans lesquelles. I!» D'Anlraigues à Xanûc. la recommandait aussi vantes. dait gar- encore rancune à Rivarol. Ses services s'étendaient aux travaux et aux études de tout genre. Un jour il se chargeait d'examiner des cabinets de tableaux ou des recueils d'estampes dont ou offrait l'acquisition au gouvernement russe le . Sa propre expérience lui avait fait comprendre Il l'utilité d'un séjour à l'étranger pour la jeunesse. à insérée « cause de l'esquisse malicieuse dans le Petit Dictionnaire des grands hommes: qu'il loue.

Il annonçait la avait publication d'une traduction de Salluste que lui léguée Rousseau.. Il continuait sa vie d'Henri VIII commencée en lui laisser 1791. et il s'occupait d'études (3). et à l'histoire mon ami. Il historiques sur Cromwell Louis XI songeait à reprendre ses Mémoires. lui à ses talents (2).) III. et celle-ci lui répondait avec l'autorité de son : titre. 27 décembre 1803. les mémoires politiques. f. elle ne vous flat- coup sûr vous mettriez l'inverse dans entre nous soit dit. f. la Bibliographie. vol. vol. . et l'auteur traitait de hautl'auteur deCorm/ze.-J. mais vous ne voulez que des époques sans toucher au moral.. de Wer{het\ décoré d'une particule et d'un semblait étaler des ridicules égaux titre ministériel. qui. 18 janvier 1804. 633. 4. de votre vie. France. demandait à cet effet à sa mère de l'aider à recueillir ses souvenirs d'enfance. (A. l'Évangile a bien raison de l'autre celui- nous promettre que les sots sont heureux dans monde. que je sache. Goo. 19. il multipliait les plans d'ouvrages historiques ou littérai- res comme J. France. Voyez.. terait pas. 17. vu jour. de son âge et de son vieux bon sens « Je ferai la note que vous désirez. F. puisque ci (i). sera (1) (2) D'Antraigues à. V. (A. F.. L'amour-propre le faisant se suffire à lui-même.VIE LITTERAIRE et si ce 319 goût est de l'esprit. 16. que l'empereur Paul il avait refusé de publier.) D'Antraigues à Jean de MûUer.. traduction qui en le définitive n'a jamais. » leur il bonheur commence dès était resté Comme en il en fait de roman à la Nouvelle Héloïse. (3) 134.

il était rentré en relations avec des écrivains à la Révolution. apportait ce livre fin morceau. » loiilc On pourrait s'en amuser. lui envoyait des notes sur les versités françaises. l'auteur l'a sans doute supprimé par crainte. mais on n'y croira pas. tenir à anciennes uniarriva de faire A son tour. échappés achevaient de vivre ou se reprenaient à écrire.320 CHAPITRE SEPTIÈME à votre louange. avait connus. c'est de lui. au milieu de son Harmonies de la nature^ à la du chapitre où montrait la Providence éternelle maintenant son empire àtravers les désordres de la Révolution (1). A (ju'il Paris. . et (1) aura Uamie à d'Antraigues. revenu comme lui de ses chimères philoso- phiques. 4 février 1804. » il lui r^m/c un « portrait do l'empereur Alexandre. Bernardin de Saint-Pierre le priait de revoir en manuscrit quelques chapitres de ses Harmonies de la nature. avant l'impression. de s'écrier : Bernardin de Saint-Pierre. l'y trouverait On ne plus aujourd'hui. A certain moment. adroien préparation /es il tement ajusté. la proclama égale aux meilleures pages de Rousseau. il il en prit copie. Quelques jours après. » Pour mieux attester son admiration. lui aura semil blé trop hardi de publier l'éloge d'Alexandre. elle la présenta à son commensal du jour. au il len- demain d'Austerlitz ou de la Moskowa. qui n'eut lieu qu'après sa mort en 1814. et Ua?)îie reçut et lut cette page avec enthousiasme. fait Après l'avoir transcrire sur vélin en lettres d'or et encadrer. Laharpe. et celui-ci « Il n'y a que d'Antraigues en état d'écrire ainsi. et qui.

LE COMTE D Aî\ JES (1806: d'après un dessin de sa main pnartenant au Prince Lobanow-Rosto\vsky K j'LON NOURKiT aCfEDIT .

.

attirés Il par la réputation de l'ancienne chanteuse. se montrait plus ou moins ouverte- ment. plus nombreux (1) 1 que ses années (1) Ce fut chez d'Antraigues que la prinprincesse Gatherine-Frédérique-Wilhehiiine-Béuigne. Narischkine. le mari de la Saint-Huberty recevait les artistes de l'Opéra buffa. et chez lui. de Cour- .VIE DE SOCIÉTÉ ET DE FAMILLE 321 enlevé de son livre ce hors-d'œuvre éloquent. qui tenaient la tête de la colonie russe. une maison où un autre couple était de déclassés venu trouver un refuge. Strogonov. qui jurait peut-être. et par son style et par son sujet. au moins durant les premiers temps de son séjour. habitait. Étrange femme assurément que cette sœur de la duchesse de Dino. chez M^^^Léontier. selon les circonstances. chez les ministres des puissances en guerre ou en délicatesse avec la France.qui compta trois maris parmi ses amants. c'étaient le prince Basile Troubetskoï et la princesse de Rohancelle-ci Guéménée. On le vit. en 1805. fille du dernierduc deCourlande. étaient conformes à Il la nature de sa vie publique et de sa situation privée. à Dresde. au milieu de douces et sentimentales descriptions. III VIE DE SOCIETE ET DE FAMILLE Les relations mondaines de d'Antraigues. en instance de divorce pour épouser celui-là.

) On trouve dans de Falloux. mais lui plai- d'entendre dire qu'elle avait dirigé la musique de la feue reine. La Saint-Huberty ne sait voyait plus alors l'Opéra de il Paris que dans ses lointains souvenirs. lors de la formation de la maison impé- riale. Wien. cesse connut Troubetskoïet s'amouracha de lui là qu'elle fêta ce fut par avance ses secondes noces dans une soirée intime. quel que soit leur âge. où elle eût été attachée à la duchesse d'York et eût dirigé une Académie de chant. se rappelant son ancien avait daigné accepter un rôle (1). Saxe. elle se fît [catholique pour obtenir du pape l'annulation de son troisième mariage. oii M™' d'An- trai^ues.) (2) De GoxcounT. 239. épousa : 1* le prince [de Rohan-Gué- divorça le 7 mars 1805. filles laude. la où elle eût présidé aux concerts de cour et enseigné la musique à tentations la famille impériale. p. égayée par un proverbe état . F. 11 y eut depuis intimité entre les deux ménages. de Russie. duchesse de Sagan. En 1827. Mémoires d'un royaliste. in-8.322 CHAPITRE SEPTIÈME . A Paris on s'é- souvenu. et son mari ne put se faire à l'idée qu'elle serait tait de nouveau à la solde de quelqu'un. l'ainée des quatre du dernier duc de Gourlande. 1888. ia Saint-Uuberlij.. Des propositions lui parve- naient d'Angleterre. 2* le prince Basile Troumai 1805). divorça on 1806. 3» le comte de Schulembourg. (1 vol. Elle mourut le 29 novembre 1839. . Corres- pondance. d'Anne-Antoinette de Saint-Huberty. Witzembourg (8 octobre 1819). et ce souvenir venait de lui valoir encore une pension autrichienne (2). le récit d'une ménée (23 juillet i800) (o betskoï piquante entrevue entre (1) le prince de (13 Rohan et le prioce Troubetskoï. Joséphine. On a publié sa correspondance avec le comte Lichnowsky en 1826 et 1827. Elle sut résister à ces si puissantes sur les artistes. De Moustier à Talleyrand février 1805). . née le 8 février 1781. (A.

On croyait (1) Vamie croire. pénétrait par tousles pores. trône. sur fils les destinées de l'Europe. et cela me fait craindre une banqueroute de sa part. la plume à la main. » de 1789 : « Il : faut qu'elle vienne reprendre sa place « » puis en riant Que dira crAntraigues(l)? » Eût-elle donné suite à cette idée. sans jamais avoir une foi solide et à toute épreuve. Replié sur lui-même. . Je me suis donc résolu à ce qu'en ce genre il n'eût d'autre maître que moi. la haine était au-dessous de lui il se borne au peut mépris. il don- nait à son une leçon de religion (2). comme àGratz. — Bonaparte. répliqua-t-elle en souriant. 2 juin 1804. lui disait-on un jour. » Si d'Antraigues commençait à supporter avec impalui tience le caractère dominateur de sa femme. depuis son élévation au . dans un pays le oij l'ennui.VIE DE SOCIÉTÉ ET DE FAMILLE 323 qui voulait continuer la tradition de Versailles. avec des peines indicibles qu'on revient à . après de longuesheures solitaires passées à spéculer. avait dit en lisant son nom sur le « pied du palais . ilse façonnait à cette vie qu'il avait si de famille longtemps dédaignée. car nous lui avons donné une telle mise de fonds intérêts delà qu'il ne pourra qu'il tient même jamais payer les somme de nous en ce genre. il defils meurait uni dans une affection ardente pour leur unique. Celle-ci regardait la fidélité à l'ancien régime comme : un de ses devoirs tant professionnels que conjugaux « Bonaparte. a déclaré qu'il vous laissait tranquille. elle eût trouvé rebelle l'ancienne reine de l'Opéra. facilement le faire. l'héritier do leur aventureuse fortune. Le soir. Gela l'amuse au point que hier pour avoir été un peu mutin sa mère l'a privé do sa (2) « C'est . parce que. à d'Anti'aigues.

et il en a pleuré à chaudes larmes.le demande de famille dans n» du 11 : . ? Lui eùt-il fait célébrer la messe devant le jour anni- versaire de sa naissance? Eùt-il protesté. . n'ayant pas marché derrière Robespierre. le démenti inséré à la (1) Journal des Débats du — ventôse. Cf. peu à peu en de remords envers sa mère fils. mais à ses amis de France. il en était foi venu à croire s'é- en elle. qui lança sans doute cette nouvelle à l'instigation du gouvernement français. ne pas vouloir que son fds cessât d'être catholique? A force d'écrire en faveur de l'Eglise.) pluviôse au X. fidélité à ses il attestait une premières croyances qui. au moins partiellement. eût changé de religion. L'ami lui écrit (14 février 1804) » « votre volonté bien juste de garder votre religion. en sa qualité de devait assister à certaines cérémonies du culte grec. 16 octobre 1803. faite tait réveillée. la et se fortifiait de ses pères lui. D'ailleurs eùt-il recueilli chez lui. qui de Vienne à Dresde lui. ressemblait un retour(l). D'Antrai- leçou de religion. . étant donné l'éclat momentané de fort à s'il ses opinions philosophiques. et de sollicitude envers son Il prenait rang parmi les élèves de Jean-Jacques fini qui. fonctionnaire russe.324 CHAPITRE SEPTIÈME alors. son ancien précepteur l'abbé l'avait suivi Maydieu. » (D'Antraigues à sa mère. On a dit qu'une page de catéchisme relue au déclin de la vie est plus saine pour l'âme que les plus brillants souvenirs. il Sans doute. la . d'après le Journal des Débats. à sa mère. dans ses instructions à son secrétaire partant pour Pétersbourg. qu'il avait passé à la communion orthodoxe. D'Antraigues est remercié par sa mère (17 juillet 1802) de la déclaration formelle du catholicisme qu'il lui a envoyée. ont par suivre de loin Chateaubriand.

de tendres et chères images. un esprit vulgaire et offrait plus qu'une un caractère difficile. mais évoquait sans embarras. au milieu de ses sou- Un compatriote du Vivarais. catéchisme à son pour lequel il souhaitait un sort plus calme que le sien. pouvait désormais. nelui beauté flétrie. jour à Leipzig. D'autres triste fois. Evidem- ment lapensée do cette femme distinguée faisaittortdans qui portait son sonesprità cette autre femme nom. il"se dérobait aux préoccupations de son métier et de son morne intérieur en se réfugiant. Alors. parée du cordon de Saint-Michel. qu'il rencontra un le ravit. De son côté d'Antraigues la ramenait par l'imagination dans ce logis de la rue deMiromesnil où ils s'étaient connus. ledostournéà sa maussade et impérieuse moitié. le etcefutpendanttroisjours entre intarissable. qui trahit pour nous l'intimité d'autrefois. voyageur et l'exilé une causerie L'amie de Paris était aussi une correspondante aimée qui non seulement transmettait de précieux renseignements. elle répliquait: « Auriez-vous osé me gronder en 1788?» Ou » bienellelaissaittomberau milieu de quelquegravedissertation un :« Jene sais si je/e développe bien mesidées. et qui.VIE DE SOCIETE ET DE FAMILLE 325 gues éprouvait épeler le la justesse de cette pensée en faisant fils. Enréponseàjenesais quels reproches. il parlait à cette fidèle amie de ses misères présentes: fils il lui donnait des conseils sur l'éducation d'un qu'elle avait eu d'un premier mariage . en passant. le autant qu'il venirs. il lui écrivait des pages : éloquentes et senties « Je vous plains de toute comme celle qu'on va lire mon âme d'être obligée de .

— Correspondance t. j'y étranger par mes manières que par mes opinions. Eh bien! croyez-vous que j'aie pour cela cessé d'aimer la France?je l'aime plus que je ne l'aimais quand j'étais Français. p. et nous n'y trouverons que le squelette ensanglanté do notre ancienne patrie. et vous nourrirez le et c'est ainsi que fait conserverez cette sensibilité qui charme de « la vie. Dès que je suis seul. si j'y allais. votre cœur et votre esprit puis- sent vous retrouver.. je l'aime davantage. Vous trouverez et personnes qui vous valent. serais tout aussi et que. elle est finie pour nous. par conséquent la société qu'elle doit l'être à vous paraîtra bientôt aussi insipide toute personne qui a un cœur sensible et qui avoue n'enavoirpas perdu croyez-en un le souvenir. 8 juillet 1795. » (Le comte de Vaudreuil au marquis de Vaudreuii. homme qui ne cessera de désirer votre bonheur alors même que vous lui ôtez l'espoir d'y contribuer.SiîG CIIAF'ITRE SEPTIÈME à présent peu de craindre la solitude. : Ne craignez pas les regrets du fois plus temps passé vous leur trouverez mille de charmes qu'aux distractions présentes. D'après ce quemeracontenttous ceux qui viennent je vois qu'il du pays que vous habitez. Victoire. l'a il ne et sent tout le prix d'un objet que lorsqu'il qu'il n'y tient perdu que par ses regrets et ses souvenirs (1). je le répète. 232. II.. intime du comte de Vaudreuil et du comte d'Artois. Croyez-moi. et très sûrement.) . ménagez-vous tous les jours des instants de solitude où votre âme. car tel est le cœur humain. alors je me retrouve au milieu du (1) a Tout ce qui regarde la France est illusoire. n'y existe plus pour nous de contemporains.

j'aimerais la mieux la briser contre un mur.VIE DE SOCIETE ET DE FAMILLE 327 pays où je suis né. des souvenirs. Tout ce qui peut me ramener au pays que rir vu moumille y est rassemblé. et malgré vos injustices. l'objet le plus à y retrouver. Bruce. le dessin de mes châteaux. et parcourir en étranger ce pays où je naquis et que j'ai vu mourir pour moi. d'Antraigues écrivait à sa mère j'ai vécu. mais colle où et mon « Oui..). choses enfin qui m'en ont été envoyées avant qu'elles disparussent. temps. et On ne s'éprend pas pour des pierres des rochers. le et mon imagination s'aide de mes peupler de tout ce qui me fut jadis si La France actuelle ne m'est rien. y baiser les mains de la meilleure des mères. me renfermer il et aviver mes réminiscen- Dans ce cabinet Dans le ne tiendrait qu'à vous seule d'y : (1) j'aime la France. a Si vous pouviez voir mon cabinet. c'est pour e.t moi (1). — B. D. on en trouve partout. c'était pour y chercher des regrets. celui vous pourriez qui j'ai juger par cela seul du cœur de l'habite. ce sont ceux qui le y vivaient avec moi qui font vous êtes sûrement charme du paysage que que j'aime j'aime à revenir habiter avec eux. et je ne être de cette nouvelle veux pas absolument des autorités France ni courber ma tête sous que j'ai j'ai vu naître. y revoir. Lorsque voulu revoir nouvelle France. » (25 décembre 1803. souvenirs pour cher. Voilà ce qui compose le mobilier du lieu oii j'aime à venir ces. un pays inconnu C'est pour que je veux ne jamais connaître je moi l'Ethiopie dont le récit ne cherche à avoir quelque idée que par des voyages de M. je mourrai en la chérissant cœur n'en a pas fini. . mais celle qui le a péri et à laquelle j'ai et le survécu sera toujours premier dernier objet de mes plus ten- dres souvenirs.. Je ne dois rien • mémo à celle qui a détruit celle que je regrette. il y retourne sans cesse.

Celle-ci. de cœur et de sens A côté de détails sur les biens recouvrés en Vivarais. ce qui avait étépourelle unehumiliation et unsoulagement (1). monotones d'expression. L'humiliation subie. sur leCette quel elle avait déjà eu tant à gémir. révèlent néanmoins dans leur auteur une pratique. elle. . sur les domaines à faire valoir et les réparations à opérer. écrites sou- profit du premier propriétaire. et devant la mort qui s'approche pour femme d'une grande piété et d'une grande sévérité de mœurs gardait la bonne moitié de ses pensées pour ce fils condamné à un perpétuel exil. mais bien ressemblant. femme pleine d'autorité. Ses vent dans la langue énigmatique familière aux émigrés. horriblement incorrectes par le style et l'orthographe. elle ne pensait plus qu'au bonheur (1) LeUre du 24 décembre 1799. . les conseils prudents. Acxordez-moi votre portrait. Je voudrais : pouvoir penser serais que vous verriez le mien avec plaisir content de le combien je mettre à il vos pieds!» De dans ]\jraes sa mère recevait aussi régulièrement des nou- velles. les expressions de sa rési- gnation chrétienne devant l'avenir incertain pour ceux qu'elle chérit. rentrée à en France dès 1797. elle jette pêle-mêle les tendres repro- ches..3 28 CHAPITRE SEPTIÈME embellir mon existence. Elle avait appris son mariage par le public. essayait de les accroître au lettres. et débris.. Les lois contre l'émigration lui avaient valu ces quelques débris de la fortune de son elle fils. vivait auprès de ses sœurs la retraite Montpellier (leBoucaud et d' Axât..

633. (A.VIE DE SOCIÉTÉ ET DE FAMILLE 329 d'une famille qui était la sienne. avec un passeport obtenu à Vienne par l'entremise attentive et discrète de Jean deMûller et de Champagny. Elle ne paraît pas avoir jamais cru aux pro- fondes convictions de l'émigré transformé dans certains de ses écrits en Père de l'Église. la mère d'un enfant destiné Elle rir . D'Antraigues àCzartoryski. Puis ce fut la Saint-Huberty qui dut amener l'enfant en France. elle ne pas froisser la compagne légitime de son à perpétuer sa race. commeailleursen servi- ces pratiques. d'un voyage à Vienne. vol. La pensée pouvait avoir payé d'une conversion à l'orthodoxie grecque les faveurs de la Russie la mettait hors d'elle-même. F. elle a toujours dans ses lettres quelques mots qui trahissent de sa part une secrète victoire sur l'amour-propre tenait à fils. et plus elle continuait à lui foi.. Elle l'exhortait au respect envers le Saint-Siège. 2 mars 1804. en 1801 . France. et devança (1) f. Lors des bruits répandus à cet égard.) . elle sollicita de sa part un démenti public. Pour sa belle-fille. 36. Ce projet futabandonné. . soit qu'il crai- de la part des siens quelque procédé désobligeant (1) fils pour sa femme M""* d'Antraigues écrivant à son dépensait en ser- mons son inaltérable tendresse. souhaiter la foi. malgré le Concordat conclu avec Bonaparte. soit que d'Antraigues hésitât à se séparer de son gnît fils. encore que la qu'il l'humilité et la charité. eût voulu voir Jules d'Antraigues avant de et il mou- avait été question pour elle.

330 CHAPITRE SEPTIÈME laisser planer sur son môme ce démenti. D'après cet arrêté. Parfois. Cette somme représentait la pension viagère de 2. je sais combien il y avait d'ennuyeux. Aux lettres de sa mère. il subissait la nostalgie il de la expri- jeunesse lointaine et de la première patrie.. d'Antraigues répondait assez des communications lui lui lui Il irrégulièrement. M"'« d'Antraigues était née à Grenoble le 2S juil- montant des créances de M'" d'Antraigues sur l'Etat. 6 d. ennuyeux serait reçu par moi à bras ouverts. en vertu des lois d'alors.. et et il mot douloureux charmant. mère de l'émigré. reconnaissait ses services actuels en lui donnant pleins pouvoirs pour ses affaires. . la difficulté servant d'excuse. a(in do ne pas nom le soupçon d'une apostasie. 14. à prendre sur les biens de son fils. avait Il fixé le la 1. laissait croire vrai ce disait-elle. Dieu n'a pas voulu que (I) Le préfet de rArdèclie. en ratifiant d'avance ses actes. et mait ses regrets avec croire sincère. àqui l'âge de samère n'avait pas vu verser une larme depuis quinze ans. et le plus mais cela n'en éloigne pas mes souvenirs. J'aime gratis. par arrêté du 27 fructidor an IX.600 1. en était venu à s'attendrir. une vivacité que dans sa nous devons même bouche. sentait du moins avoir payé par l'indiflérence il et l'ingra- titude les services rendus. en laissante sa disposition ce qu'elle avait pu recueillir de leur ancienne fortunefl).. qu'elle tenait de son contrat de mariage. à pleurer devant l'évocation de certains souvenirs : «Vous auriez pitié do le moi 011 si vous étiez témoin do mes regrets sur et temps nous étions à Laulagnet à la Bastide.602 était alloué à letl737. Certes. et le legs fait par elle à son mari de la jouissance du domaine de Laulagnet. Cethomme. 16 s. en lui écrivant.

afin pas rompu avec France. tant qu'il n'aurait lui.. Si elle pouvait voir mon cœur. D. Quelques nouvelles passèrent encore de part et d'autre par l'entre- mise des amis de Paris. échange d'adieux de béné- Au milieu de ses spéculations politiques. La vieille comtesse s'éteignit à Montpellier le et 19 avril 1800.. la pensée. Sa situation la semblait.. de ses dis- tractions studieuses ou intimes.. sans qu'il y eût entre elle son et fils. Bonaparte fils. puis un peu plus tard quelques lettres. et Czartoryski pou- (1) D'Antraigues à sa mère. d'Antraigues souhaitait obtenir ailleurs qu'à Dresde une place indépendante. (B. mes trouverait trop veng-ée du passé par regrets M).. fit Au printemps de i804. ne ferait rien pour et qu'il le de ne pas accélérer la rupture. au- trement que par dictions.VIE DE SOCIETE ET DE FAMILLE 331 nous ne nous revoyions pas. l'unique amie qui ai me reste en ce qu'elle monde. il : Et « Adieu.) . nous nous entendrions. Que de choses à nous dire! Ma femme ne me comprend elle pas sur une multitude de mes anciens souvenirs. subordon- née à faveur de Czartoryski. Je n'en jamais eu de véritable elle se » seule. ajoutait me croit fol d'y penser et » d'en pleurer. mais nous. le Il repos de sa vieillesse se disait d'autre àrécompen- partque l'empereur la Alexandre. défendre à de son M"^6 d'Antraigues d'écrire à son et celui-ci côté dut se taire pour ne pas la compromettre. IG septembre 1803. avec raison. et propre à assurer ser ses services. se réconciliait sacrifierait lui s'il avec elle..

n'ayant pu obtenir d'aller il fit plaider lui-même sa cause. et les accusations d'espionnage colportées contre lui. las de n'avoir été récompensé d'un travail que par des la promesses . lui eût plu de figurer à cette cour lettrée. en proportion avec ses talents et ses services. mais seulement une lettre de cabinet qui l'accréditât comme sujet et protégé de l'empereur. Sa femme possédait à et. et sans doute aussi sur son patron. et des fissent marques publiques de faveur. celui-ci se pour présenter son rapport de affaires traitées d'année sur les avec son concours. admise à la cour. qui poursuites de tomber et les Bonaparte. remplacer sur sa poitrine la . bien que n'ayant pas le grade requis de seiller d'État con- actuel ». la cour grand-ducale de l'Athènes allemande Weimar : considérée comme Il Gœthe et Schiller s'y rencontraient avec Benjamin Constant et M™^ de Staël. pouvaient en quelques D'Antraigues se disait difficile marches être à Dresde. Non était loin de lui. Weimar une maison. elle eût été au moins comme artiste. hors de portée des armes françaises. çais. H ne demandait pas une situation officielle dans ce pays. qui La guerre le était imminente.332 CHAPITRE SEPTIÈME vait d'un jour à l'autre céder la place à quelque Russe ennemi à outrance des étrangers. Il « eût voulu. parvenir ses doléances rendait à Pétersbourg fin par Mohrenheim. Czarto- ryski fitla sourde oreille à sa requête. il sollicitait une place. et les Fran- occupaient Hanovre. Au commencement de 1805. entre les beaux-esprits de la France et de l'Al- lemagne.

N'avait-il pas sous les et tant yeux Richelieu. retraite de son protecteur ne parvînt jusqu'à d'avril. était trop La question délicate pour qu'on lui en parlât ouverte- ment. des difficultés insurmontables? Son mari le savait si bien qu'il n'avait pas même essayé de l'introduire à la cour de Dresde. elle n'échappait sans doute pas à sa pénétration. ce doit être et reprit sa tâche souterraine avec une ardeur qu'avivait sa vieille haine contre Bonaparte. Quelle était la cour où les antécédents de M. et ses craintes pour l'avenir croissaient de jour en jour. n'avait excusa Czartoryski qui. disait-il. )) « il Tant qu'on sert. le car il ne se passait guère de semaine où bruit de la lui. Langeron d'autres émigrés honorés P*" de la faveur impériale? Alexandre est peut-être le de tous les souverains russes celui qui a eu moins de préventions envers les étrangers.'°^° d'Antraigues n'eussent soulevé. outre son passé équivoque et son caractère le difficile. pour sa présentation. Certes.VIE DE SOCIETE ET DE FAMILLE 333 croix de Saint-Louis dont on l'avait dépouillé par quelque cordon de Saint-Stanislas ou de Sainte-Anne. son mariage. : Puis. . qui condamnait à des emplois subalternes et inavoués. Mais d'Antraigues avait contre lui. porteur de nouvelles peu satisfaisantes. d'Antraigues se trompait en attribuant ses mécomptes à son origine. après un mouvement de toutes ses d'humeur forces. A la fin Mohrenheim reparut à Dresde. pu vaincre en cette circonstance les l'antipatiiie du souverain pour premier étrangers. D'Antraigues les reçut Il avec plus de calme qu'on ne l'eût supposé.

comme au temps et du cardinal de Fleury.334 CHAPITRE SEPTIÈME iliic mais de parli-pris voulait pas y arrêter sa pensée. IV LE XVIIl* LIVRK DE l'ULYBE (1803) a La Prusse. la Prusse périra sur les cendres de l'Europe comme qu'ils animaux qu'on écrase sur les blessures ont faites. » La cour de : Berlin était deux tendances l'une hostile par sentiment. avec la différence que la mort de ces reptiles guérit la blessure et que la perte de la Prusse ne nous guérira de rien alors disputée entre (1). G février 1798. refusait son appui armé à la coalition eurofaire péenne. A Paris. temps après encore çais il long- s'est trouvé des historiens franutilité. . et pour en vanter la la haute pour regretter napoléonien que monarchie de Frédéric et l'empire (1) D'Antraigues au cardinal Maury. un agrandissement pacifique du royaume compte à demi avec France. des partisans résolus. Lombard la etHaugAvilz. l'alliance prussienne avait. de hommes d'État. payer sa neutralité par Depuis. l'autre sympathique et elle par intérêt à la France. dans l'espoir de se le Directoire. ces écrivait d'Antraigues en 1798. elle avait continué ce jeu. perdra l'Europe. deux de ses principaux estimaient possible.

approprié aux circonstances. que hantaient les souvenirs de l'ancienne cour.LE XVII^ LIVRE DE POLYBE(180o) 335 n'aientpoinlprélendude concerta la suprématie du continent (Ij. au moment oii Lombard venait à Bruxelles tenter le Premier Consul : « La Prusse sera dégraissée. Agent ne tenait était placé pointles fils des négociations. rallier à ces maintenant travailler à et. (A. Ainsi furent posées les premières bases de la troisième coalition. V. (1). MûUer travaillait dans le même sens à Berlin. D'Antraigues. après s'être employée allait la réconciliation de l'Autriche et de la Russie.) . Metternich. Talleyrand seul. il daires de l'Allemagne (2). L'exécution du duc d'Enghien rejeta subitement le cabinet de Berlin du côté de la Russie. On lui attrihuait cette parole en 1803. b avril 18Uo. sans rapports aucuns tout avec l'envoyé du Consulat autrichien de l'Empire.Thïers. ces deux puis- sances se lièrent l'une à l'autre sous certaines condi- tions par la double déclaration du 24 mai 1804. de l'alliance autrichienne. possible. D'Aalraigues à Cobcnzl. toutefois plus de deux années devaient s'écouler et la décla- avant l'avènement du ministre Hardenberg ration de guerre à la France. penchait vers un renouvellement. s'il était deux puis- sances la Prusse. puisque trop d'embon» point la rend trop drue. Censuré ostensiblement pour ses livres à Vienne. Histoire {•2j et XIX. maisàDresde il à souhait pour les embrouiller et les serrer en indestructibles. liv. les États seconofficieux. nœuds Sous un titre habilement choisi d'historiographe.

dePétersbourgàVienneDolgorouky. et proclamait le qu'il aimerait mieux vivre à Astra(1). que dans ce lettré famélique taisait alors éta- lage de ses principes. Plus peureux encore que vaniteux. et finirent par tenter la Prusse. de pousser le roi par insinuation dans une politique antifrançaise. » (13 septembre 1804. il ne laissait pas déminer lui rédi- l'influence des ministres pacifiques. lin. Lombard à Vienne. denberg.336 CHAPITRE SEPTIEME entier en apparence à l'étude et à l'exaltation des sou- venirs du grand Frédéric. plutôt qu'à ceux laissent prendre tout ce qu'ils ont. les voyages diplomatiques ou moins se succédèrent. il écrivait à d'Antraigues : ces mots. dès commence- ment de 1805. passer par Har- et allait voir M"* de Souza. jurait de les défendre jusqu'à la mort. De Berlin Zastrow va à Pétersbourg. De Pétersbourg à Berlin viennent Winzinge- rodeetNovosiltsov.) y a si . annoncer Pendant toute à d'Antraigues les bonnes dis- positions de la cour de Berlin. geait il même des consultations politiques en qu'il faisait réplique aux mémoires de Lombard. cette année. plus efficaces. plus ou moins secrets. D'autre part. qui laissaient prévoir son reur Bonaparte changement de parti pas de se concilier beaucoup de « L'empe- suffrages» parce qui se qu'il fère de s'attacher à celui qui peu de ressources dans l'autre parti qu'enfin l'on préprend et qui peut donner. khan que sous sceptre deBonaparte Ses conseils. le Novosiltsov attendit en Prusse moment d'aller tenter auprès de Napoléon cette fameuse mission médiatrice (1) Lettre du 9 novembre ne laisse 1804. de passage à Berquelques nouvelles uti- dans l'espoir de tirer d'elle les. appuyés de bien d'autres. le l'ambassadeur russe Alopéus put. n'ayant de force l'esprit.

C'était en vain qu'il dénonçait Dolgorouky. mais languissait fort. V.LE qui n'était XVIII» LIVRE DE POLYBE (1803) 337 qu'un ultimatum déguisé. :il mai 1803. car de- puis l'arrangement conclu avec la Russie. » Sa correspondance continuait avec Vienne. et les lettres qu'il recommandait de brûler étaient jetées dédaigneusement dans le sépulcre des ar- chives. dans l'intérêt de l'AutricIie. quel qu'il pas en état de persua- der Bonaparte ni de discuter avec son conseil Tal- leyrand (1). royaliste de naissance. Prussien de (1) D'AiilraigLies à Gobeazl. il forcer (Napoléon) à entendre raison. les états qu'il envoyait. et l'oblige à des sacrifices qui doivent avec son caractère . où on les retrouve encore. coupe les nerfs de son existence et de ses moyens. ilnecroyaitpas au succès disait-il. (A. afin d'eflectifs Il de l'armée française en Hanovre. quilui en faisait franche: ment confidence. ou de réveiller l'attention. lui paraître l'im- possible absolu illusion sur les personnes. Français de langue. y a il- illusion sur les choses. lusion sur les choses. sait-il. parce soit. parce que ce qu'on lui demande renverse tout son système de politique. au moins elle du côté de Cobenzl. reçut alors la visite d'un de ses vieux complices. D'Antraigues fut chargé par Alexandre de composer un mémoire destiné à servir d'instruction sur divers points à Novosiltsov : mais tout comme Czartoryski. le « Si on veut. d'Antraigues sollicitait sans cesse des réponses toujours ajournées ou éludées. et illusion sur les personnes. di- ou Razoumovsky dans son intérêt propre.) 22 . n'est que Novosiltsov.

en invectivant Montgaillard le et Bonaparte avec une violence que temps n'avait pas amortie. et l'autre s'attachèrent à se faire Fauche en rappelant ses négociations avec Pid'Antraigues chegru. où il avait passé trois ans. il avait fini par arracher aux bureaux de tefois. Lucchesini. plaçant tout l'espoir de son parti dans l'armée et (1) L'ami à d'Antraigues. en lui donnantl'assu- I ranco que son intervention en faveur de Fauche serait agréée. l'imprimeur neuciiâtelois Fauche-Borel. la police l'ordre de sa mise en liberté. Trois fois Va?ni lui avait sauvé la vie sans qu'il s'en doutât. et. s'il était possible. soucieux avant tout de plaire aux Tuileries. i" mars 180û. qu'il ne connaissait pas encore personnellement. voulut servir de la I nouveau. et le lui laissa interdire le força ainsi à se réfugier en Prusse Fauche. et quand il il dut fournir un passeport séjour de (1). Puis ce dernier disserta sur la situation de l'Europe. ses ne voulant pas être connus de fait libérateurs avaient agir la cour de Berlin. il pour pénétrer à ce sujet s'aboucha avec d'Antrai- les dispositions des cours. Fauche venait de Paris et de la prison du Temple. Il demanda un rendez-vous et qui fut accueilli avec emde pressement nous avons par lui le récit détaillé leur entrevue. L'un valoir.3â8 CHAPITRE SEPTIÈME cœur. puis. arrivé à Berlin au milieu des préparatifs do la coalition. cause de Louis XVIII. . de concert avec I Va- mie et M™« de Copons. Toului. s'était refusé à prendre l'initiative d'une sem- blable démarche. gues. sous l'invisible et pourtant efficace protection de d'Antraigues. au prisonnier délivré. Neuchâtel.

qui dès il lors se faisait valoir auprès de tous les partis. (B. Suzannet et d'Andigné. car se disaient ca- pables de détruire Bonaparte après l'avoir élevé et soutenu. D'An- digné . Mieux que ces revenants. vinrent frapper à la porte de d'Antraigues. mais de ne il le voir qu'en caet maintenant lui demandait une entrevue. M. Finalement. des conversations ayant Add. accepta. il donna à son in- terlocuteur une lettre de siltsov.3.s. Dans le courant de deux anciens chefs ven- déens. avait été récemment en relations avec Fouché. lui faisait connaître des pièces. et pro- duisait des notes à lui écrites par ce Montgaillard de haute volée.LE XVIII« LIVRE DE POLYBE (180o) 33» la nation prussiennes. (1) Note à Vansillarl. loi. f. sans organisation réelle. ancien correspondant de l'agence Brotier . ol230. ménager. deux lieutenants de Charette. représentants d'une faction clandestine. Le ministre prussien à Dresde le ordre de chette . sans espérances immédiates. d'Antraigues appréciait la politique belliqueuse alors les interprètes de en passe de l'emporter à avait eu jadis Berlin. D'Andigné et Suzannet venaient seuleet ment s'informer des la Russie. six ans plus tard. dispositions de l'Allemagne qu'ils de non pas comptassent sur l'étranger ils pour faire triompher leur cause.. employa et perdit en peu de jours le transfuge qui dès 1806 s'offrait à 180. On sait comment elle. 011 il recommandation pour Novotrois notes Fauche devait en user pour remettre apportait sous certaines conditions le concours du général Moreau à la coalition.) . nis. la Russie. et cela en dehors do toute ingérence étrangère (1).

d'Armfelt. qui renouvela près de lui. d'An- traigues gardait le silence. » Puis ce furent les agents anglais. . Publicistes et la mission diplomates déblayaient à la sourdine. Cf. Jackson. Depuis longtemps.340 CHAPITRE SEPTIEME future alliance austro-prussienne. Sous le coup des poursuites de Bonaparte. en ce point central de l'Allemagne. au nom de Gustave lY. Markov à son tour y fut six semaines. Taylor. et pour compte delà Russie de l'Autriche. qui se réuni- rent en conciliabule chez l'émigré français. par divers articles et brochures. G avril 1804. trait à la Le prince Louis (le Prusse. son Frag- ment du XVIII" livre de Polybe. l'année suivante. que j'aspire à sa succession. King. se montrait en public dans sa compagnie. écrivait-il à sa mère. prenait part en 1804. à Czarloryski. blié depuis il déclarait à tout venant n'avoir rien pu: son arrivée à Dresde « Je vous jure sur l'honneur. le terrain qui allait être occupé et ensanglanté par les armées. l'ardent ennemi des Français. mais je ne désire plus que lire les gazettes et cultiver mes terres. et rendit lui faisant l'éloge de Czartoryski hommage « On : à son crédit en croit. vint s'asseoir à sa table. à Xamie. lui dit-il. le lançait à l'adresse de la Prusse. 19 novembre et 25 décembre 1803. comme écrivain politique. Fersen. d'après un (1) A ÎSI'u» d'Anlraigues mère. aux polémiques de il la presse antifrançaise.» Malgré ces beaux il serments. qu'aucun écrit anony- me no sortira jamais de maplume(l). 28 dèconibre. passant quelques jours à Dresde. et. En apparence il ne s'agit ici que d'un texte grec im- portant restitué et traduit par un amateur.

désespéré devoir. l'em- pire d'Occident se rétablir. nous apdes paraissent aujourd'hui.) . roi de Sy- Cette délibération a pour objet l'acceptation ou le rejet de l'alliance proposée par le roi Philippe de Maroi. comparait des la politique de Napoléon en Europe à la politique Romains il en Asie après leur conquête de la Grèce. La société d'alors. Ce texte délibération en trois discours le contient le récit d'une tenus dans le conseil d'Antiochus rie.LE XVIII» LIVRE DE POLYBE (1805) 341 papyrus original retrouvé au mont Athos. et souhaitait que le développement de cette comparaison présenté avec art pùtservir d'avertissemeutauxsouverains(l). Grand. qui tournaient ils tantôt à la polémique. élevée dans le culte des anciens. Deux conseillers du Polycrate et Callisthène. je voug enverrai son écrit dans les premiers jours de juin. Une de V ami de Paris en avait évidemment suggéré Celui-ci. J'ai fait détruit le monde an- engager l'historien Ferrand par-dessous main à développer sans se compromettre cette époque de l'histoire. (1) Vous savez vous-même que 5 (le les Romains ont laissé subsister les Sélfucides encore 127 ans après mémoire du rapport lu de Magnésie. tantôt à l'adulation. Callisthène et Annibal pour pousser à la guerre. avec l'empire français. il l'a fait. Le résultat du par Talleyrand au Conseil le o février la bataille ISOo) est précisément cet infernal système qui a cien. Cette prétendue restitution d'un texte perdu était une page allégorique d'histoire contemporaine. cédoine contre les Romains. 19 février-!" mars 1805. et son hôte illustre Annibal y prennent part. » {Vami à d'Antrajgues. comme jeux d'hommes d'esprit ou des « exercices de pédants. goûtait fort ces rapprochements historiques. Polycrate pour recommander la neutralité. selon notre humeur. lettre l'idée.

Dans le conseil d'Antiochus (Frédéricfai- Guillaume). Lally avait lolinus d'après Tite-Live. Quintus Capi- aux Romains et Mallet du Pan. et voici la fiction qu'il imagina. Callisthène(Hardeaberg)au contraire parle énergiquement dans le sens de la guerre. avec deux et voyageurs célèbres. s'use- veut se persuader que les forces des Romains ront d'elles-mêmes. d'histoire Il traça donc un soi-disant tableau grecque qui nous semble. ceux-ci à la veille de la guerre qui doit décider de leur délivrance ou de leur asservis- sement complet. un chef-d'œuvre de pédantisme. par la composition d'une sorte de le centon historique.Un amateur érudit.342 CHAPITRE SEPTIÈME fait parler. d'autre part les Macédoniens (Autrichiens) et les Syriens (Prussiens). à la recherche des manuscrits précieux. d'après Sallusto. D'Antraigues s'avisa de choisir Polybe pour interprète de ses rancunes et de ses espérances politiques. il Dans sa jeunesse avait visité les couvents grecs de il l'Orient. et appelle à son aide.yeùt découvert et acheté à grand'peine un fragment du xvni^ livre perdu de Polybe. Polycrate (Lombard) recommande assez blement un système de temporisation et et de neutralité. l'ingéniosité des allusions mise à part. avait mis sous soi-disant « couvert d'une des prin- société d'auteurs latins » le récit cipaux événements de la révolution française. Héron de Villefosse. était vraisemblable qu'il fût allé au mont Athos. Mithridateauroi desParthesArsace. par une prosopopée imitée de Rous- . Cet ouvrage met en scène d'une part les Romains (Français). d'Ansse de Villoison Savary.

il Sévèrement poursuivi parla police fran- réjouit de et les compagnie les hobereaux bran- debourgeois émigrés irréconciliables restés en approbation par Prusse cette (2). Cf. » seau. pp. » (1) Arch. Czartoryski tempéra son : remarque à moitié ironique « Si. Cf. F. 12 avril 1806 (A. (2) Mémoires tirés des papiers d'un homme d'Etat (Hardenber^ï). Nat. 217. et un certain bruit dans monde des salons des chancelleries. (3) Czartoryski à d'Antraigues. France en Saxe. le fondateur de la monarchie « Et etc. une lettre de Fouché (19 décembre 1805) au directeur général des postes. — 227-230. on n'est » étranger à aucun des grands intérêts de l'univers. t. Falche-Borel. 288. en envoyant l'ouvrage à Paris (22 . pp. et apprenez enfin à haïr Rome . III. Ce pamphlet. F' 64uo. si ta grande âme. publiée Berlin par les soins de Fauche" Borel.). (Frédéric le Grand). 278-281.. traduit fit également en anglais le en italien. traduit en allemand et hautement recommandé et par Gentz. IX. au lieu de vous cacher derrière Polybe. 117-118..LE XVIIIe LIVRE DE POLYBE : (1803) 343 toi. — Le ministre de novembre 1805). lisez Alexandre et les Russes : « Lorsqu'on commande aux Parthes. la moitié de vos lecteurs vous eût moins admiré (3). 202. a Rome vous hait tous également. ina trouvé asile les voque moins que la les intérêts et du pays oii il haine légitime Il universelle contre oppres- seurs du monde. personnelles qui représente les idées de l'auteur. » aux vaincus de il la veille. 3/emoire5. F^ 6458. Nicanor Annibal. perfide stigmatise la politique insatiable et : du Sénat (Convention) s'écrie-t-il. Id. montre dans le lointain invincibles Arsace et ses Parthes. çaise (1). vous eussiez parlé clairement. t. p. aux combattants du lendecoaime des auxiliaires main.

revues tion oratoire par et augmentées. s'exprime ainsi: . mais on ne dit pas qu'Arsace se soit montré fort sensible à. roi de Cappadoce(le ducdeBruns- wick) et du ministre Héraclide (Haugwitz) puis. non seulement oubliait ses devoirs envers la France. puis une troisième édition de son ouvrage. s'exprimant de l'abondande du cœur. Il y continuait sa en traçant fic- une fiction historique.. mais il excitait contre elle ceux qui étaient dès lors et devaient rester nos piresennemis. se trahis- sant enfin sous le politique et l'écrivain. en commentant celte phrase féroce.344 CHAPITRE SEPTIÈME succès factice. être le contemporain d'aucun roi légitime il faut qu'il les tue ou qu'on le tue(l). Cette pièce est. 31230. Add. mais se distribuent mystérieusement entre les affidés. ce sentiment céleste ». ne peut . il donnait pour conclusion à trois son pénible pastiche deux ou quentes : pages vraiment élo- il analysait et décrivait la haine avecla clair- voyance et la passion que le mystique auteur de Vlmi: tation a mises à décrire l'amour l'homme. d'Antraiguos publia à Exalto par son Londres une seconde. M. Je n'en recherche un exemplaire que pour pouvoir entretenir M. L'auteur a eu grand soin d'en faire hommage à l'empereur de Russie à son passage à Dresde.. On m'a parlé d'un autre pamphlet du même auteur qui doit être une réplique à la réponse faite à la note de la cour de Vienne du 3 septembre. ces plaies adulations. il dissertait sur la haine. » (1) B. dit-on. mss. 165. toujours sous le « couvert de Polybe. » D'Antraigues. « le pédant. f. les portraits d'Ariarathe. faisait valoir Bonaparte. lui écrivait alors Markov. écrite dans le style e avec les expressions dégoii tantes du Courrier de Londres..il a ainsi pour sa part donné l'éveil à cette landwehr patrio- « Ces e7o72<e?i/es protestations ne se vendent pas ici. et cette fois. de Loss.

paroles. lui adressa en passant quelques Ce Quelques semaines plus tard. Avant eux. l'émigré d'Antraigues. d'amuser. et l'émigré La Maisonfort. il témoigna de- rechef et inutilement qu'il le désir d'être employé autrement ne l'avait été jusque-là. l'Autriche terrassée. etenallantrejoindreson l'empereur François. Alexandre s'arrêta à Dresde. Les la légation l'attendaient personnes attachées à saluer dans pour était le son antichambre. le Fritz. émule de Jean de Mûller et de Kotzebue. octobre 1805. sur éternelle. donner le ton aux insulteurs de Napoléon tombé. au lendemain d'Iéna. tombeau du vieux une amitié L'auteur ne recueillit point de cette publication singulière les avantages qu'il avait espérés. D'Antraigues du nombre. En venant de Berlin. Il protestait avoir d'autres talents que celui do transcrire les lettres d'autrui (la correspondance de Paris venait de cesser). dans son Tableau politique de V Europe imprimé en Allemagne en 1813. la Prusse ramenée pour quelques ins- . L'émigré La Rochele Aymon rédiger après ïilsitt règlement de la cavalerie prussienne. eut le triste avantage de développer les sentiments dont Stein et Scharnhorst ont été les plus ardents interprètes. môme allié et par d'ingénieuses fictions. y reçut à sa table tous les Russes de distinction. Ce fut avec des phrases inspirées par et le roi le le faux Polybe qu'Alexandre I" l'''' de Prusse se jurèrent.LE XVIII' LIVRE DE POLYBE (1805) 345 tique qui. fonda sur la haine de la France l'esprit national allait allemand. la Russie était vaincue. les souverains et leurs ministres. et l'empereur fut tout.

amis ou ennemis. il mena- cé du côté de Berlin.. carcelales acquitterait de tout.. que de moi. puis tre on placerait sur ma tombe trois ou qua- grosses calomnies. les morts ne parlent plus. France. on m'en- terrerait. (A. Si je n'avais femme et enfant. Je suis trop à des rois. Impuissant à Vienne et à Pétersbourg.. vol. ils disait-il..) . Ils être utile voudraient bien que je fusse mort... f. F. importun à Dresde. 86.346 CHAPITRE SEPTIÈME tants aux pieds de Napoléon. G33. je vous fît avoue que je ne serais pas fâché que Dieu leur ce petit plaisir.. ces car ne savent que mêmes dans royaliste pour pénibles circonstances. ils n'écrivent plus. Fragment de (1) lettre à. car » mon siècle m'ennuie. accusait de ses propres décep- tions les souverains qu'il avait fatigués « doses conseils: de ne savoir faire d'eux- 1 Ils s'excusent à leurs faire yeux... je suis las d'y exister (1). et le hardi intriganl qui avait travaillé à la conclusion de celte alliance fou- droyée à Austerlitz se sentait de nouveau surle continent à la merci de tous.

— — — — ÉTABLISSEMENT EN ANGLETERRE (1806-1807) « Il n'y a que l'Angleterre. — — — — — — — — lesley. Correspondance avec cour de Vienne. Leurs projets. Voilà ma place. D'Antraigues éconduit par Welléans. causes probables. II. Complot avorté contre d'Avaray. D'Antraigues au serDresde. Liaison avec Puisaye. à Jean de Mviller et d'Angiviller. — — — — — — — vice anglais. D'Antraigues autorisé à passer en Angleterre. parler. La double catastrophe du 22juillet. écrivait Malletdu oiî l'on Il Pan en 1798. — m. II. penser et agir. Appréciation générale. Russie. . Nouvelles espérances du cùté de la — — — Pressentiments d'une fin tragique. Puisaye. Correspondance avec Arnifelt. D'Antraigues et Fauche-Borel. Visites Arrivée à Londres. Disgrâce en Russie. liloque L'assassinat (1812).— Bruits répandus. puisse écrire. 420. D'Antraigues et le duc d'OrLes affaires de France. Dangers du séjour à Etablissement en Angleterre (1806-1807). ses prétextes. Les Bourbons (1806-1811). Ganning et lord Granville.— Le sodu !=' janvier 1812.CHAPITRE HUITIEME D'ANTRAIGUES EN ANGLETERRE I. p. Intrigues contre Louis XVIII arrivant en Angleterre. Lorenzo. Jugements des contemporains. Période d'isolement et d'abandon. ses causes. Posilion prise entre Nicolaï et Strogonov. » la continuer la lutte (1) Mallet du Pan était mort depuis t. n'y en a plus d'autre pour quiconque veut (1).

Wickham. Taylor. lui écrivait-on de » « Si vous êtes dans Pa- vous serez fusillé les vingt-quatre heures.. La ail- crainte de tomber entre les mains de ses compatriotes l'emporta sur l'appréhension de ne pouvoir servir (1) 37e bulletin de la Grande armée. une nouvelle campagne diplomatique commencer contre lui. d'An- Le était trop ingénieux interprète de Polybe comprit. . Dès lors Français à quelques étapes de voyait en perspective des scènes reet nouvelées de Trieste plus tragique ris. de Fersen. traigues baron d'Armfelt. le (1). dans le Monileur du 5 janvier 1806. dont la retraite prévue. et former un comité d'encre sympathique avec Drake. à cette allait il sommation. Dresde.348 CHAPITRE HUITIÈME et ses dans cet asile inviolable. » elle pourra y appeler. ouvrant le lut le bul- Moniteur que envoyait Xami de Paris^ y la chute impérial annonçant à l'Europe des Bour: bons de Naples. : de Milan. Il savait d'autre part la guerre prochaine et les il en Allemagne. ce bulletin se terminait par ces mots « Qu'elle (la reine Marie-Caroline) aille à Londres augle menter nombre des intrigants.. lui d'Antraigues. MM. relégué d'avance sur la Tamise par l'imS'il résistait placable vendetta de Napoléon. l'un après l'autre fuir et émules devaient y venir le braver maître du continent européen. Spencer Smith. si elle le juge convenable. avec un dénouement pris. et coltc fois pour la soutenir n'aurait plus derrière était lui Czartoryski. Un letin jour de janvier 180G. il poussé.

étaient facilités turalisation (1). Les ministres anglais. Czartoryski.(B. à publier des brochures et des articles dans les journaux pour éclairer l'opinion publique. écrivit donc aussitôt à l'empereur (12 janvier) pour et il solliciter un changement de résidence.ÉTABLISSEMENT EN ANGLETERRE leurs aussi Il (1806-1807) 349 bien qu'à Dresde. en y joignant des comparaisons historiques. (1) Yansittart à f. d'Antraigues devrait fournir un mémoire sur la manière la plus convenable de relever la monarchie autrichienne. sauf à vivre à Londres ou dans rons. et y sollicitait en ce moment même privilèges des lettres de denization. s'efforça d'assurer après lui la situation de son fidèle et intime correspondant.230. M. car en était venu à dire .» L'Angleterre était un pays dont il connaissait la langue. 1" janvier 1806. 31.M. « Tout plutôt que de redevenir Français. De plus. tout prêts à l'accueillir.) (2) M. . un mémoire sur la situation de l'Angleterre et un autre sur celle de l'Europe en général. n'eut pas de peine^ on le pense bien. et cette était sincère. où il il avait gardé de vieux amis. à faire appuyer sa requête par le g-ouvernement saxon. mss. fond. » (Gzartorysici à l'empereur Alexansouvent. à envoyer au ministère des mémoires sur les événements. Add. ce qu'onlui donnait. à venir faire par- même Au directement des lettres au cabinet impé- rial (2). 123. à lui ménager des pour ses travaux politiques. lui il Il indiquait Londres comme fois la il résidence qui convenait davantage. au moment de quitter les affaires. d'AutraiyuL's serait chargé d'envoyer tous les mois ou plus s'il le pouvait. son pays d'adoption. c'était une retraite d'Antraigues. Il lit autoriser d'Antraigues à s'établir les envi- en Angleterre. c'est-à-dire les d'une demi-napensait-il..

Jean de Mûller à Berlin. d'Angiviller à Hambourg. avec ses adieux. d'Antraigues à Roumianzov. s'il ne voulait pas être enlevé comme allait l'être Nuremberg. témoignages les plus expressifs d'amitié et de re- connaissance. de plus sa était pension annuelle fils doublée. — . heureux Postdam et de le revoir. d'/iist. 8/20 332. les et lui adressait à lui-même. et son autorisé à le suivre. Palm. d'Antraigues quitta Dresde avec sa famille. honorable due. était déjà bien loin sur la route Londres Avant de ami de quitter le continent. t. dre. coupable. P. à d'Antraigues. 14 juillet 1809. chargé d'affaires russe chaudement au baron de à Londres. Le premier. à ses services. Au lieu de ce brevet de colonel qu'il attendait depuis dix ans. laissant croire à ses amis qu'il partait pour la Russie . de Russie. Il était temps. (1) Saint-Priest à d'Antraigues. mais simplement vendu des brochures contre Napoléon. non d'avoir écrit. disait-on. et en visite chez les illustrations du jour. il revit au passage un la veille et un ami d'autrefois. Le2 août. ses papiers avaient déjà passé la mer quelques mois auun pauvre libraire de paravant. mais celui-ci (1). Çzartoryski le recommandait Nicolaï.350 CHAPITRE HUITIÈME et agréable. 12 avril 1806 (cité dans la lettre de A. 2 février 1807. tout en restant attaché à la lé- gation de Dresde.) mars 1806. A leur de entrée à Dresde. en signe de satisfaction. son voyage payé. et fusillé.). p. XGII. on lui envoyait une bague. les Français recherchèrent en effet le fugitif. — Çzartoryski {Recueil de la Soc. part comme à son dé- de Vienne. Enfin. le conduisit en pèlerinage à à Sans-Souci.

192. D'Angiviller.) Le 5 octobre. persévérants! Dites cela à nos contemporains qui ont des voir (2) (1) . fanatiques infatigables. voyait déjà les la peuples soulevés de plan Sprée au Rhin. Le présent fut aussil'objet de leurs entretiens. 7 octobre 1806. intrigants au suprême degré. Que de millions de Juifs faufdés dans les secrets de toutes les familles. (A. vol. vol. Jean de Millier.Le second évoqua devant lui les souvenirs de Versailles et de l'ancien régime. émigré irréconciliable n'osait croire au et néanmoins à bout d'illusions.) (2) Jean de Muller à d'Antraigues.Jean de Muller -t .) : — . 029. à d'Autraigues. et traçait. France. » Le 20 novembre il obtenait une audience de Napoléon.ÉTABLISSENENT EN ANGLETERRE (1806-1807) 3ol chczHumboldtetchez Ancillon. idéologue et Allemand par rimagination. (W. Dans sa haine contre Na- poléon^ il ne pouvait lui pardonner d'avoir permis la il réunion du Sanhédrin israélite à Paris. 10. et se mettait à son service.. octobre 180G. succès de la Prusse. au même. de campagne des Prussiens en 1813 Un passage curieux de ses dernières lettres à d'An- traigues mérite d'être relevé. et avouait que les rois Napoléon entendait mieux ses intérêts que tous de l'Europe. à la veille d'Iéna. yeux pour ne point » D'Angiviller f. et à demandait son ami de prêcher : la croisade contre les Juifs proté- gés du Corse Juifs « Quel souverain peut ne pas chasser les ou ne pas exiger d'eux de n'avoir aucune commu- nication avec cet institut sous peine irrémissible de la vie? C'est pis que les jésuites. F. « Dans f. 30 septembre. il écrivait encore à d'Antraigues tous les pays je vivrai et mourrai dans et pour les principes que nous nous connaissons. 041. maîtres d'une grande partie du numéraire. (A. F.. le (1).

toujours tendue. D'Antraigues parvint sous divers prétextes à se frayer accès jusqu'à cet ami de Czartoryski. suivi le de près. puis le les premiè- res démarches du personnage glissait mirent en défiance. D'Antraigues se remettait à la légation y des paquets à l'adresse du roi Gustave IV. il s'était partagé entre le roi de (1) Nicolaï à S. Celui-ci fit au nouveau l'en- comme à un agent diplomatique régulier. disait- on. d'Antraigues arriva à Le 1804. 327 et 377. Depuis la époque de la retraite de Simon Woronzov. il imposait presque ses avis au ministère anglais. dési- rant en quelque sorte ignorer ce que recevait sa mai a gauche. marquis de Douglas. Londres. pp. obtenir Russie n'était plus représentée en Angleterre que par un chargé venu. par un envoyé anglais. et obtenait par ordre exprès venu de Stockholm l'usage du chiffre de cette légation. à Dresde. comme Razoumovsky flaira Vienne et Khanikov un auxiliaire gênant dans cet intrigant cosmo- polite. Nicolaï. d'affaires. 17 septembre 1806 et 27 janvier 1807. Deux envoyés extraordinaires de Russie se succé- daient alors à Londres. do Suède. t. et le tint à l'écart (1). et le comte Alopéus. Woronzov. A Venise. Le publiciste à deux faces subsistait en lui. alors qu'il demandait à être présenté à la cour comme gentilhomme à russe. ce dernier venant de Berlin. XXII. effets à la trée libre de ses douane. Il s'offrait en même sa temps.) . Archives Woronzov.352 CHAPITRE HUITIÈME 3 septembre. main droite toujours active. le comte Paul Strogonov. Le premier allait rentrer à Pétersbourg.

n'avait pas de secrets pour il avait été mêlé aux plus délicates négociations.. et portée à 1. 12 juin 1807 (R. comme il allait une de plusl'éprouvcr. Le roi et un autre ministre. à fois sa Londres il essayer de mériter à la pension russe et une pension anglaise. entre autres à celle du divorce entre . demandèrent à Nicolaï Que vient faire cet homme rendre en Angleterre? Cependant l'espérance utile lui fît de le octroyer sur les fonds sterling secrets une pension de 50 livres par mois. venait de le dénoncer expressément au lord Foreign Office (1).ETABLISSEMENT EN ANGLETERRE (1806-1807) 353 Madrid et le roi in partions de Vérone. vol..) 23 — . s'était fait valoir Dès ici et le lendemain de son arrivée. vol.000 livres par an (2). France. àDresde. à l'en . Il pouvait enfin se dire à demi Anglais.) (2) Note de lord Howick. 0. le grand-duc Constantin et sa femme il correspondait directement avec le cabinet impérial. Bientôt on l'en- tendit se targuer d'avoir conquis et déprime abord l'accès laconfiance du premier ministre lord Granville: mais et son passé n'était que trop connu. tâche infiniment délicate et promptement équivoque. fatale à ses intérêts et à fois sa réputation. (1) Froment au sous-secrétaire d'État sir Frederick Vincent. et certains diplomates usaient de son inter- médiaire pour faire parvenir leurs avis au souverain. entre et le cabinet le cabinet de Vienne allait de Pétersbourg. 18 oc- tobre 1806. (R. Froment. : Howick. 7a. France. croire. par son affi- liation à la Société royale de Londres. qui fut plus tard presque doublée. il là La lui Russie. son an- cien émule. 0. 76. avec son aplomb ordinaire.

le destinataire de sa corres- pondance tère. dres. et presse Canning de transmettre par son canal un plan de finances propre à faire qu'ils doivent connaître aux Russes de leurs les subsides alliés. redoute ses anciens correspondants Lizakéwitch etStackelberg.. vol. cesseur de Czartoryski. y avait alors entre le roi George et l'empe- reur Alexandre communauté étroite d'intérêts et de pé- d'Antraigues ne croyait sans doute trahir personne en se plaçant au point de vue anglais pour apprécier ce qui se passait sur le continent. beau-frère de son ami En attendant. C'est ainsi qu'on l'entend spontanément faire con- naître ses préférences sur le choix du diplomate destiné à remplacer S. Il Woronzov à l'ambassade russe de Lond'Italie. et quasi-officielle. de la Vistule à la Neva. et il essaie de faire partager sa conviction à Londres.j 3S4 CHAPITRE HUITIÈME il Comme rils. lui semble manquer de carac- se rendre et la suspect par son antipathie avouée pour la Suède Prusse. la paix que avec Napoléon ait moins de chances de se con- clure.et insinue au cabinet anglais de demander directement comme persona grata et il Stro- gonov. encore attendre l'attitude Bien mieux. voir Markov afin arriver aux affaires sous l'influence anglaise. 11 voudrait. . 88. {U. il prend d'un homme en mesure de le suc- désigner des conseillers à Alexandre. ministre à Madrid Troubetskoï. D'Antraigues au sous-secrétaire d'État Culling Charles Smith. Budberg. 5 octobre 1811. aimerait fort être l'interil médiaire important entre les deux pays.

même prochaine. lui rappelait On l'étonnerait bien il si on que dans sa jeunesse.. n'aimaitpour31230. voit déjà les Vieux-Russespronational de testant contre la paix dans leur sanctuaire Moscou. (1) AGaaning et à Granville (nov. C'est ce qu'il faut à tout prix éviter.l75etsuiv. tres à il n'oubliait pas les anciens. sur place. montrent informations les comment d'autrui. mss. A cette cause il il recrutait des le vieux champions de toute qu'il ori- gine. M. (B. 1806). et néanmoins s'empressant d'en jouir dans lui l'auberge cosmopolite de Paris. y rallia Dumouriez. AdJ. flétri les a gémi sur le partage de 1772 et en a auteurs (1). une cour.ETABLISSEMENT EN ANGLETERRE (1806-1807) 3oo Celui qui disposait ainsi des ambassades et des ministères n'hésitait pas à offrir au marquis de Douglas des ton de véritables instrucrelatifs à renseignements rédigés sur tions diplomatiques . Tout en s'acquittant ainsi envers ses nouveaux protecteurs. il savait s'informer et juger les Il déclare Alexandre toujours hanté par rêves généreux du commencement de son règne. ff.) . le et ces renseignements. et Il écrivait des let- Pétersbourg des articles dans le Courrier d'Angleterre en faveur de la cause toujours pendante sur les champs debataille do la Prusseetde la Pologne. si Napoléon ne des tente pas la restauration de la Pologne et l'éviction Russes propriétaires desstarosties confisquées. à un pays qu'il n'avait jamais vus. et oii prêt à renier le partage de laPologne et qu'il à terminer une guerre il désapprouve du fond du cœur Il n'a trouvé que des humiliations. Cette paix semble malgré tout possible.

l'alliance conclue soudain entre le vainqueur le vaincu. M. furent pour d'Antraigues le la ruine de ses S'il espérances et présage de sa disgrâce. demanda gues. lui écrivait Roumianzov. un de ses fidèles remplacer Razoumovsky à l'ambassade de Vienne. ne livre point l'intérêt de son empire aux passions d'un étranger.. qu'on ferait surgir au besoin un prétexte. Roumianzov prêt à céder.. au nouvel ami de son maître. la rupture fut en Russie. au milieu de l'armée prussienne en déroute. six mois après. adjurait Canning de dépêcher Dumouriez sur le continent. sa complète disgrâce : « S. à peine arrivé Aussi lorsque Caulaincourt. protecteurs. et celui qu'il il concernait n'en fut que plus surpris quand apprit. Comme preuve de bonne volonté. on montra un ordre préparé. le était tout comme chef immédiat aux affaires étranet comte Nicolas Roumianzov. et de ne plus envoyer de lettres. 356 CHAPITRE HUITIEME tant guère. on lui conservait néanmoins jusqu'à nouvel avis Cet ordre ne parvint pas à ses titres et traitements. gères. il de toutes relations avec d'Antrai- lui répondu qu'on n'attendait qu'une occa- sion. Elle prescrit à ses ministres de . devait subir. il voyait Kourakine. Le 14 octobre (jour où se livrait la bataille d'Iéna) il transmettait un nriémoire clans lequel le vainla carte les queur de Jemmapes s'ingéniait à battre sur rivaux heureux qui l'avaient fait oublier à la tête des il armées françaises. au moins dans les questions secondaires. La paix de et Tilsitt. destination. prescrivant à d'Antraigues de congédierson secrétaire. Quelques jours après.

le avait adressé à 12 février 1808. Quoi qu'il en soit. Kourakine ayant été signataires du traité de Tilsitt. tant sur le col- lège des affaires étrangères que l'instruction publique. sur le ministère de Que s'était-il passé ? D'après Armfelt. L'année sui. et la nouvelle politi- Kourakine. peut-être personnelle- ment blessante pour Kourakine. d'Antraigues envoyait une longue lettre de protestation et de réclamations qui resta sans réponse. malgré une promesse formelle. écbus de ses appointements depuis quatorze mois. » D'Antraigues eut beau protester. affirmer était que son traitement moins une rémunération de ses services actuels qu'une récompense de ses servicespassés. et vous deux le traitement que vous devez à ses bontés (1). s'irrita de ce qu'il avait écrit à l'empereur une lettre qui n'avait point passé par ses mains. à qui elle fut commuun des niquée par le destinataire. vante. l'aurait pour se venger transmise à son maître. P. en lui les quartiers retenant. personnage aussi vain que médiocre. A en croire Roumianzov lui-même. .). Elle vous déainsi gage de son service retire à tous que M. de que russe. à pareille date. (i) vu l'absence de la pièce incri- Roumianzov à d'Antraigues. cette lettre contenait sans doute une critique acerbe. qui faisait à d'Antrai- gues l'honneur de l'appeler son plus grand ennemi. votre lils. 14 juillet 1808 (A. et qu'Alexandre lui montra dans un moment d'expansion. On le punit de cette réclamation. iRoumianzov. d'Antraigues Kourakine.ÉTABLISSEMENT EN ANGLETERRE cesser toute (1806-1807) 357 correspondance avec vous. une lettre confidentielle de nature à choquer l'empereur.

est difficile de juger délit. Cette supposition. Ce n'est qu'à Dresde qu'il eût pu surprendre un secret aussi im- portant : et lorsque les deux empereurs se rencontrèrent il sur le Niémen. et tachait à l'Angleterre s'at- devenue l'ennemie du maître qu'il eût voulu garder. La véritable cause était la contradiction qu'on supposait désormais à et d'Antraigues entre ses sentiments ses devoirs. et privé des relations propres à sait une semblable aubaine. En lettre définitive. révélait à Czartoryski l'indiscrétion épistolaire qui avait causé la disgrâce de Panine. acceptée les biographes.^iS CHAPITRE HUITIEME il minée. Un bruit singulier se répandit alors : il aurait vendu au gouvernement anglais. il ne se doutait guère qu'il serait lui. il Il continuait à haïr le nouvel ami d'Alexandre. la copie des articles secrets du traité fait de Tilsitt. comme un acquis par tous ne supporte pas l'examen. L'oîi voit si la peine était en pro- portion avec le seulement que d'Antrai- gues tombait dans un piège où d'autres étaient déjà avec sa connivence et : tombés sous ses yeux. Panine il à la cour de Russie. même té- moin La Vauguyon auprès de Louis XVIII. ne supportait pas la critique. quatre ans auparavant. Alexandre I^'". en retour d'une forte pension. serviteur officieux et subalterne. Lorsque. tout libéral qu'il voulait paraître.^. ou une trop vive adressée à un ami indiscret. était déjà depuis de longs mois en lui valoir Angleterre. Qui d'ailleurs si cette lé- . victime d'un caprice du même genre. le prétexte de cette exécution fut ou une lettre témérairement écrite au souverain.

consultations sur les affaires do France. 039.ÉTABLISSEMENT EN ANGLETERRE (1806-1807) 359 g-ende n'a pas été inventée pour justifier.. on trouve dans ses papiers un exposé des mesures à prendre contre l'éventualité d'une expédition franco-russe en Inde. (A. ni faire enregistrer au Sénat l'ukase qui confirmait légalement la disgrâce de cien conseiller l'an- de légation. outre ses articles dans r'ier cV Angleterre^ Cour- journal pour lequel il était l'inter- médiaire des subventions ministérielles.) . glais de Candie et de l'Archipel Mais l'Espagne atti- (1) Ces pièces paraissent l'œuvre d'un de ses correspondants anglais. France. d'Antraigues perdit aussi le dernier lien qui le rattachait à l'Espagne. F. vol. lui les et probablement avec disparurent pour Il bénéfices de sa naturalisa- tion espagnole. le dont nous reparlerons. des lettres sur l'opportunité d'une occupation par les An(1). mais il même de l'espoir reçut de l'empereur en secret des commissions et des gratifications. aux yeux de certaines gens. Mohrenlieim subit aussi et fut privé une défaveur apparente. Ainsi détaché malgré lui de la Russie. la facilité avec laquelle on avait sacrifié d'Antraigues aux ressentiments toujours vivaces trahit de Napoléon? Ce qui au moins de la part d'Alexandre qu'il quelque regret. quelque arrière-pensée. n'avait plus qu'à se vouer exclusivefit ment au service anglais. Outre ses et c'est ce qu'il pendant les cinq années qui lui restaient à vivre. c'est ne voulut jamais ni signer. d'un emploi. Il se vit supprimer (janvier 1807) la pension dont il jouissait à elle Madrid depuis 1793. Leckie.

France. vieille et il censurait tout bas. anglaise « appelait la politique un tissu d'inso- lences et de violences pires que celles du Il suffisait qu'il Corse (1) ». voyait s'accomplir contre la les il France impériale. les uns implorant sarecommandation les autres. gardait sa clientèle dans le menu peuple des émigrés irréconciliables. il Demeuré. (A. les maîtres qu'il avait osé se donner. de faire passer leurs demandes de les secours. quoi en dît. selon une habitude. .360 CHAPITRE HUITIEME rait surtout sa qu'il pensée. royaliste et Français. vol. pour leurs élucubrations politiques. Nous verrons plus resser le loin comment chercha à y intéqu'il duc d'Orléans. 11 décembre 1810. il se souvenait des espérances avait fondées sur l'enthousiasme religieux des il Espagnols en face de la France révolutionnaire. F. Disgracié il même par rois sans couronne. . le priant plus nombreux.) Marie-Caroline. pût arriver au seuil des ministres pour devenir la Providence de ceux qui ne parvenaient 11 était pas à dépasser l'antichambre. et essayait d'associer à cette cause populaire la cause des rois de l'Europe et en particulier celle il des Bourbons. à 34. f. le protecteur de ses compatriotes. (1) D'Antraigues tioo.

n'était pas à Londres depuis une semaine. et « avec un corps russe flanqué tenter quehjue de Monténégrins hardi en qu'il faut Italie : d'Albanais.). D'Antraigues au général de Budberg. . celle ou préférablement être de Beningsen. m'envisager. n'est coup Ce point en prince. et se disant qu'il ne fallait qu'un homme il pour donner une àme à (1) la résistance des Espagnols. que son vieil ami Yaudreuil le conduisait chez lecomte d'Artois. et le pria de transmettre en Russie son désir ardent de servir n'importe où européenne. Le duc d'Orla coalition léans vint le voir. » veut s'y faire une réputa- D'Antraigues savourait presque comme des hommages personnels la paix continentale Il de telles propositions. LES BOURBONS (1807-1811) 361 II PUISAYE. P. d'Antraigues se mit en qu'il rapport avec les princes français y trouvait éta- Sa situation vis-à-vis de Louis XVIII ne Il lui était point un titre à leur défaveur. disait-il. auxquelles suite. II souhaitait rejoindre l'armée suédoise. tion (1). arrivé en Angleterre. oumieux encore et envoyé en Dalmatie.PUISAYE. 14 octobre 18UG (A. ne permit pas de donner avait oublié depuis longtemps ses diatribes contre Philippe-Égalité. LES BOURBONS (1807-1811) A peine blis. au contraire. mais en militaire qui aime paset qui sionnément son métier.

.) Il écrit : lui donner.) . publiées le inopinément en 1841. il partageait cet emplo^ qui jadis avait avec un autre exilé. je l'ai rendue peu à peu inutile. destinée à établir sa réMémoire sur les affaires de Sicile. juré comme lui le haine aux rois et glorifié \Q. et s'y loir heurta à l'indifférence des Cortès et au mauvais vou- de l'Angleterre. à ce point que chaque matin il allait causer avec lui en tôte-à-tête. France. le duc d'Orléans. Il est particulièrement curieux. où il était venu épouser sa cousine Marie- Amélie. d'Antraigues devint son correspondant attitré pour les affaires de France .Co?ilrat sol'état cial k la tribune.3G2 CHAPITRE HUITIÈME croyait avoir trouvé cet homme dans le duc d'Orléans. Les lettres qu'il reçut alors de lui. vol. H août 1810. » [Ici. s'ingéra dans les affaires de Sicile (1). d'Antraigues se réconcilia de loin avec la reine Marie-Caroline. Grâce àlui du moins. Henri Larivière. il ne les acependantjamais désavouées. et avec la reine. 88. premier sans doute en date (octobre 1806).. De Palerme. vol. Lorsque Canning arriva au ministère des Affaires étrangères. Un de ses mémoires sur de la France.. Dans cette œuvre. J'ai cessé cette correspondance depuis huit mois avec M. ont pu sur trône constitutionnel de France embarrasser leurdestinataire.. 0. au sous-secrétaire d'Etat Smith le 5 octobre 1811 « Je vous ai confié il y a plusieurs mois des lettres de la reine de Sicile. (R. et d'autrepart se fitl'inter- médiaire officieux du duc auprès des ministres anglais. est d'une époque on l'auteur se vantait d'avoir la confiance entière do Can- ning. ce prince vint à deux reprises en Espagne. avec respect. mais en lui en faisant sentir l'inutilité par sur ceux à l'insignifiance de mes réponses. je n'ai pas eu une seule instruction sur le conseil qu'elle me demandait et (1) 80.

ses ressentiments. le (1) V. le prôna en revanche auprès de Canning et de Budberg. . vainqueur de Jemet mapes Il et le vaincudeQiiiberon. des haïs et qui se désespéraient hommes qu'il avait jadis comme lui de n'avoir pas le occupé ou gardé le premier rang. et posait avec une clair- voyance divinatoire les bases nécessaires d'une restauration royale. le cours de ses traditions nationales (1). 40. et ressaisir.PUISAYE. l. osant dire encore en 1807 qu'il disposait de deux cent mille hommes en Bretagne. jusqu'à ses vanteries. III. la Bibliographie. social à l'abri d'un pacte nouveau. 372. la France seule devait se délivrer de son tyran. etregardaitau contraire l'accommodement nécessaireavec ceux qu'il jugeaitlesplus comme Il coupables :les régicides et les acquéreurs de biens nationaux. ne croyait plus d'autre part que l'Europe pût venir à bout de la France par les armes. LES BOURBONS (1807-18H) 363 putation sur ce nouveau théâtre. et s'entendit proclamer par (2).. la obtint par le premier accès dans les bureaux de guerre. Mémoires. (2) FAUCHE-BouEr. outre ses vieux amis d'émigration. Dumouriez Puisaye. Il n'en était plus à dire :Pointd'accommode- ment. du Il aspirait à la direction exclusive parti royaliste. d'Antraigues reproduisait les vues etles arguments développés deux ans aupa- ravant à Pétersbourg et à Vienne. t. saturéde mécomptes. ses ambitions. comme d'Antraigues. un fier aventurier do haute mine et de pli langage. D'Antraigues avait rencontré à Londres. p. rem- néanmoins d'illusions. lui le seul homme capable de sauver l'Europe Puisaye était.

le seul qui. 7 mars 1808. mais je vous ai rendu jus- car je n'ai cessé de comme un étranger chez des sauvages Fuir les sauvages d'Europe. ni vous ni moi nous ne le verrons. Puisaye (1) f. 641 239. France.etillui écrivait le destinataire eût le 7 mars 1808 ces lignes que pu : lui renvoyer signées de sa main pour toute réponse la « Je crois bien fermement que dernière heure de l'Europe a sonné. et que le temps approche les curieux du Nouveau-Monde viendront arts chercher les débris de l'industrie et des capitales.aller rétablir leur fortune chez les sauvages d'Amérique.. sur tout le continent eu- ropéen. n'eût pas alors fléchi devant Napoléon. les sur les ruines de nos comme nous avons et d'Alexandrie. mon espèce. été les chercher sur cel- d'Athènes Ce temps. fut en agité entre effet un projet eux vers la fin de 1807.) . Vous m'avez en quelque façon vous considérer (1). mais vous savez aussi bien que moi que c'est le cercle tracé à la grande fourmilière que le nous avons l'impertinence d'appeler monde. vol... Tout mon chagrin est d'avoir été condamné à une longue vie oii je n'ai dans un siècle eu à voir que de petites cho- ses et de petits esprits. » réconcilié avec tice. que l'Amérique oii héritera de ses dépouilles. Il s'agissait de de- mander des terres au prince héréditaire de Portugal réfugié au Brésil. (A.3fU CHAPITRE HUITIEME rapprochaient au moins pour un conspirateur de Venise. le et 11 moment de l'ancien se plut à oublier comment nouveau venu l'avait desservi auprès de Louis XVIII de d'Avaray. Puisaye à d'Aatraigues. F.

405-408. Encore un rêve et qui évanoui aussitôt que conçu. LES BOURBONS les (1807-1811) 36b eût mises en culture. (1) Fauche-Bohel. où se trouvent plusieurs lettres de Fauciie. une en particulier du 12 décembre 1809 au ministre des affaires étrangères. d'Antraigues remit sous les yeux de Fauche les pièces qui constataient sa disgrâce. «Il est roi de et laissa cependant échapper cette parole: France. La boîte du fut acceptée. désir invincible céda la place au chimères. comme son serviteur disgra- de la paix deTilsitt. à défaut d'autre projet raisonnable. Cf. 255-257. comme jadis comte d'Artois. victime. et l'un et titres et ainsi transférer leurs leurs noms à des domaines créés par eux. venait de quitter Mittau. France. 79. de poursuivre les vieilles de satisfaire les vieilles rancunes. Mé>noires.PUISAYE. fût-il unebuse. Vivement sollicité par lui d'abjurer ses ressentiments. III. qui est une dénonciation formelle contre d'Antraigues. Parmi ceux-ci était Fauche-Borel.[. .» Le bon Fauche se retira. d'Antraigues fût resté à Londres comme représentant de l'autre devaient l'entreprise. conçut celui de réconcilier le roi et le « traître » de Milan (1). rebelle pénitent portrait de Louis envoya au une magnifique boîte en or ornée du XVI. cié. je la le servirai. roi aux ministres anqu'il fallait L'un et l'autre insinuèrent à Ganning le réléguer Louis XVIÏI.330-334. et se préparait à rejoindre ses derniers fidèles sur le sol anglais. tout joyeux de conversion il qu'il croyait avoir opérée. Record Office. pp. parla de sa dignité blessée avec la colère du premier jour. qui. Louis XVIII. vol. Dans sa satisfaction. mais le donataire n'en consulta pas moins exclusivement Puisaye. lorsqu'il s'agit de parler glais.

Alopéus était alors le principal représentant de la lui Russie à Londres. dans listes et des Stuarts. tout leur jeu consistait à vou- loir diriger. Par d'Antraigues fit passer à Pétersbourg une relation de l'arrivée de Louis XVIII en Angleterre. les ressources.). et cause de sa pétulance de sa nullité. 21 nov. qu'on croit avoir en- traîné le roi et aussi à sans conseil ni sans en avoir prévenu. Selon lui. ajoutait-il. sans son chef naturel et légitime. un parti à qui les forces. Roya- ennemis du roi. Mais à c'est il dire vrai. à ici M. le publiait dans un article (non signé) du Courrier d'Angleterre. d'Avaray. ceux-ci avaient cru pressentir quelque entreprise du cabinet britannique sur le sol français. ne fùtcJiargéde sujet et son intraitable en- la conduite de l'affaire. faisant bien ressortir l'impopularité de la cause royale parmi les Anglais. — et il invoquait l'autorité de à son oncle Saint-Priest.366 CHAPITRE HUITIEME le palais délaissé en Ecosse. — ce prince avait cédé aux sollicitations de d'Avaray. son nemi. un autre disgracié réfugié Stockholm. il Ce que d'Antraigues disait à demi voix en Russie. que cet homme. on s'exagère ce que conduit le roi. On en veut surtout. trompé lui-môme par des correspondants Imaginatifs tels que Fauche-Borel et Danican. 1807 (A. disait-il. et le roi accourait pour empêcher que Puisaye. l'avenir semblaient manquer désormais. . (1) sans doute est il mais n'a ni ta- Cet article annexe à une dépêche d'AIopéua à Roumianzov. la nécessité pour le ministère de tenir Louis XVIII absolument à l'écart. P.

138. à faire connaître subies ». LES BOURBONS leiils. t. l'on pense à de nullité oi^i tombés les partisans des Bourbons en 1808. d'Antraigues se défîait-il avec raison d'agents suspects par leur avidité ainsi que par l'étalage de leur jours d'accord avec Puisaye. d'Antraigues et dePuisaye (2) t. était soudoyé par la police impériale. au moment delà mort du comte. n'osant ni ne pouvant articuler une parole C'était parler en familier dévoué du (1). ill. Mémoires. dans une brochure. pp. d'Antraigues eût voulu supplanter Fauche dans la correspondance avec si les royalistes français l'état : ambiétaient tion étrange. après avoir dénoncé en vain son implacable adversaire. 412. je vivrai » et fidèle sujet de l'empereur de Russie. 55. Je suis désinvolture : Tout cela ne mourrai me regarde Russe. Fauche-Borel. Du moins zèle. 39. Puis quand Fauche le somma il de faire honneur à ses pro- messes et de seconder l'établissement près de Londres de leur ancien maître.. en au public. « répondit avec pas. N'ayant pu le décider à passer en rique. ni connaissances..l\. ni (1807-1811) 367 vues. qu'il allait Malgré cette qualité. et avec des il ministres anglais. Mémoires. et aussi l'instrument trop docile du cabinet royal. leur homme de confiance à Paris. et à ce fait caractéristique que Perlet. parluiadelapart (1) (2) 1812. Fauche-Bohel. 41. d'ailleurs bientôt perdre. les persécutions deMM. p. il Amé- réussit à le faire éloigner de Londres et relé- guer à Oxford. . il Tou- poursuivit en Fauche- Borel leur dupe. 26. Foreign Office. en deux minutes serait aux abois. ni moyens. en était encore réduit. et Fauche.PUISAYE.

Crussol. France. et encore. des pièces destinées à ruiner le crédit et sans faute. Flachslanden sur Gamon et intrigues. en le confiant à son complice. Les deux les le amis (on serait tenté de dire reculaient pas. ce de d'Avaray. Lettre de Flachslanden qui m'apprend que l'imprudence d'Avaray a perdu M"« de Tourzel. Id. ray. dressée par lui-même {A. Flachslanden pour négocier Gamon. Id. sur l'offre de l'argent de ma femme. Contre Éloge La Vauguyon. lettres relisant de |Vieilles pour en extraire quelques lignes compromettantes (1).F. Avaray sur son frère. il reproche d'abus en vint à protester contre l'usage que faire Puisaye voulait de telle ou telle pièce il chiffrée. qui allait publier le sixième volume de ses Mémoires. . Id. et il l'honneur de d'Ava- se mit à l'œuvre. fouillant dans ses dossiers. Flachslanden sur la nécessité de tout dire contre d'Avaray.368 CHAPITRE HUITIÈME fut le tour Après Fauche. redoutait-il avec raison de confiance. affirmait-il. changer «des conversations en dépositions de justice (1) Voici la liste. Disgrâce de d'Antraigues. Id. l'accusa de ». 630. sa tête celui devant la pensée qu'ils appelaient de blesser par-dessus toujours leur légitime souverain. 84). vol. la f. pour atteindre deux compères) ne tout-puissant favori. et à en réserver après coup l'interprétation.. brouillerie. Id. des pièces qu'il avait recueillies et dont ses papiers : plupart se retrouvent dans Lettre de d'Avaray pour chasser d'Havre et me mettre à sa place. Ce qu'il découvrit était le en somme assez insignifiant. la cour de Vienne et M. de Noailles. Lettre de Las Casas sur les intrigues. de d'Avaray pour perdre Puisaye. D'An- traigues promit à Puisaye.

. Puis et sa il ne cessa plus de répandre dans sa conversation fiel correspondance son « inépuisable sur celui qu'il appelait Apis.. chemin du trône. pp. Jepréférerais être victime de et Bonaparte que sujet de d'Avaray 11 de Blacas (i) . Vitellius. qui Une enquête cryphe fut ordonnée par Louis XVIII . rilité qui attestaient la pué- de ses : attaques comme celles des moyens de la défense « On voyait l'ombre d'un cocher En frotter i> l'ombre d'un carrosse. (1) (2) GuiLHEUMY. envers une vingtaine de sujets qui composent son ?.. fin de la campagne... peuple rait les il Comme il peuplerait la Bastille et fertiliseSi haïr est le échafauds !. agit ainsi en Angleterre Hartwell.PUISAYE. dont il était revêtu depuis neuf ans.. Midas. en écrivant en tête des conclusions de l'enquête ces lignes. Papiers d'un émigré. 24 . D'Antraigucs usa de représailles à huis-clos. affirmait avoir entre les mains des : lettres dévoi- lant des trames abominables disait-il.. la prin- cipale pièce produite par d'Antraigues fut déclarée apo: d'Avaray. C'estun chef-d'œuvre de bêtise. 208-210. LES BOURBONS (1807-1811) 369 Aussi se brouillèrent-ils avant la avorta piteusement. fut lancées contre autorisé à porter le titre de duc. ». que j'attaquerai sera venu (2). est sur la grande route. 2o juillet 1812 (G. s'il — Qu'eùt-il à donc fait sur et le trône.. Bertrand de Moleviile au comte de la Châtre. proclamé innocent des accusations lui. « C'est avec ces armes. le roi » corps à corps quand le moment en le Dès 1809 ilavait remis sur avec ses métier le mémoire qui devait faire valoir.

devait avoir six cents s'il pages. L'ouvrage. son agent près du cabinet anglais : « Ne manquez pas surtout d'informer lesley) le ministre (le marquis de Wel- du rôle que M. Comme Panincen Russie. les Bourbons et la Rmsie. été a imprimé. mais Wellesley. Ce qui en subsiste prouve offrir l'empressement obstiné de l'officieux éconduit à des avis qu'on dédaignait et des moyens d'informations dont on profitait sans en savoir gré à leurauteur.d'après les document» originaux.^. — Toute cette affaire a été parfaitement élucidée dans une étude de M. ne pouvant at- teindre autrement son complice. et éluda toutes les demandes d'audience. qui deux mois aupara le recevoir. tantôt dissertant sur l'administration lettres de ce pays. afin qu'il puisse un pareil homme (i). Daudet. mais. écrivit au comte de la Châtre. t-il il eût supprimé sa pension. A cet Lettre du 1" mars 1809 citOe par E. Canning resta jusqu'à la fin pour l'émigré français un protecteur bienveillant . composée . extrait des papiers de Malesherbes. et Louis XVIII. et former son testament politique. il n'a jamais paru. eût pu. » L'avis fut écouté.) . de Gonlades. d'Antraigues a joué dans cette juger delà confiance que mérite affaire.370 CHAPITRE HUITIÈME propres mérites. D'Antraigues essaya de se mêler des affaires de Sicile. tantôt communiquant des (1) de Marie-Caroline. la liste des lieutenants gé- Puisaye avait été rayé de néraux au service royal. (Correspondant du 10 octobre 1883. Tout au plus toléra- une correspondance intermittente entre lui et le sous-secrétaire d'état Smith. lui vaut avait consenti à ferma désormais S'il sa porte. 327. l'ingratitude du maître.

Sans il accueillait les on-dit suspects et les con- (1) « le serais à l'heure qu'il est pourri ainsi secours pécuniaire que votre zèle amical m'a procuré. Armfelt était. je que les miens dans la misère. l'Angleterre sous prétexte de le D'Antraigues. 88). vol.) reconstituer cette correspondance d'Armfelt et de d'Antraif?ues en joignant aux lettres qui sont à nos Archives des affaires étrangères {France. en somme. D. se livrait dans le tête-à-tête épistolaire . 7o. après l'annexion Celui-ci. LES BOURBONS (1807-18H) 371 égard des il se recommandait du duc d'Orléans de Russie. oubliait qu'il avait été le confident de Gzartoryski. celui qui se prêtait davantage. » (Armfelt à d'Antraigues. détaché d'ailleurs delà Suède depuis l'arrivée de Bernadotte. 630. Russie. à des complots aristocra- tiques ou princiers. On peut vol. le pays est singulier que la du monde où sont les idées d'autorité et de conservation sociale aujourd'hui le moins contestées. au sujet affaires se recommandait d'Armfelt. pensée des étrangers. devenu Russe de la Finlande. à des opérations de diplomatie interlope il rêvait un fils retour des Wasa au trône par la il proclamation du de Gustave IV. 0. qui cherchait à extorquer quelques centaines de livres paran à lui être utile (1). sous Napoléon comme dans la sous Louis XV. dans sa haine contre chancelier russe. 80) et du 2 septembre IBM (id. un intrigant besogneux. ait été.. vol. au siècle dernier. et Vienne. Russie. France .1 celles des 7 et 26 novembre 1810 (R. — B. cause immédiate de grands change- ments politiques.. l'alliance A Pétersbourg.PUISAYE. il . sans scrupules. la voulait trouver dans française cause déterminante d'une proIl chaine révolution de palais. vol. 13 mars 1810.

tout avait successivement contribué depuis son exil à faire le vide autour de lui. sa disgrâce en Russie. d'Antraigues avait fini par devenir un isolé. faire en était venu. à côté de ce s'était groupe minuscule d'émigrés irréconciliables qui concentré à Londres. par amour-propre. Il présentait Roumianzov comme le plus grand obstacle à une politique meilleure. avec double espoir de servir ses propres rancunes et défaire valoir son importance. Les marques d'intérêt qu'il continuait à effet. et il un mérite de l'éloignement qu'il ren- . son mariage. 372 CHAPITRE HUITIÈME le jecLures malveillantes d'Armfelt. recevoir de Canning restaient sans commu- nications de pièces au Foreign Office étaient accueillies. Sur l'une de ses lettres. on écrits encore ces mots : au crayon de la main de Wellesley None to be given III l'assassinat (1812) Pendant les dernières années de sa vie. Son caractère. en guerre ouverte avec la petite cour d'Hartwell. à se inspirait. A moitié brouillé avec Puisaye. d'où la mort venait cependant de il faire dispa- raître d'Avaray.. ses demandes d'instructions ne reçurent jamais de lit réponse. ainsi avait-il fait et quelques années auparavant pour Budberg Ses pour Kazoumovsky.

Ainsi déçu dans ses espérances politiques.L'ASSASSINAT dait inaccessibles (1812) 373 son logement de Londres. avait comme les individus qu'il avait aimés. d'Antraigues. et Arsace » aspiraità partager avec lui l'empire du monde. lui. ne se résignait pas à . convertis à de l'entourage leur tour par le succès. et venait de mourir conseiller de Jérôme Bonaparte. Sa femme. et ne rouvrait plus le cof- où elle avait enfermé les lettres de son seigneur jadis bien-aimé. i'ami de Prtr/*. Retrouvait-il du moins dans ses souvenirs. Gamon . Les souverains servis. L'Autriche livrait à Napoléon une de ses . Le cardinal Maury. archiduchesses la Prusse » était abattue aux pieds du le redoutable a « Scipion dénoncé par faux Polybe. semblaient renier ses idées et accuser sa conduite. son cot- tage de Barnes Terrace. général La Suède adoptait pour son futur souverain le qui l'avait arrêté. en parloin. pensation à ses amertumes belle Sa mère enlaidie. que d'Antraigues Westphalie. vieillie et aigrie. avait félicité officiellement Napoléon et l'amie sur ses victoires. qui se reposait sur un siège de magistrat des orages révolutionnaires. était La un Henriette. En Allemagne. rien entendre. vieillie et avait épousé garde champêtre qui fret la battait. à Trieste. ne voulant rien voir des émigrés. le mari de la Saint-Huberty l'était encore dans ses affections pri- vées. courant le passé ou en errant au ? quelque commorte. Jean de roi de Millier avait ouverte- ment trahi sa cause. faisaient partie impérial. au nom de la république.

. D'Antraigues nous a révélé ses tristesses intimes par un fragment de piers. et les caprices de son humeur retombaient sur l'homme qui n'avait pas réussi à lui donner. très rares. Elle a de grandes qualités très belles. môme clans le monde. et au moment de leur mort n'habitait plus avec eux. et écrit le l^"" « Confessions » trouvé dans ses pa- janvier de cette année 1812. Je suis mené sister ne peux pas réje voie aux persécutions. Leur fils touchait à sa vingtième année . Je ne puis croire que 1813 sans me séparer de la ma femme. à moins que Dieu ne daigne m'accorder grâce de mourir ou me donne si j'ai une patience surnaturelle. il échappait à ses parents sous je ne sais quelles influences. et me rend la vie bien amère. les Nous citons seulement principaux passages de ce soliloque incohérent et désespéré. ai C'est ainsi à peu près que je les toutes et finies depuis 1790 (29 décembre). hors du théâtre. si injurieux. jointe à pension du gouvernement anglais. j'en suis cruellement châtié.. de l'importance et de la considération. si violent. Le ton qu'elle a six fait pris depuis mois est si rude. page vivante et plus honorable à la mémoire de son auteur que tant de pages de polémiques stériles mortes « et oubliées avant cette lui : Je commence année en versant des pleurs.374 CHAPITRE HUITIÈME n'être plus. mais son caractère est insupportable. la une grande faute en l'épousant sans permission de ma sainte mère. une artiste célèbre. que. qui devait être la dernière de sa vie. la quoique sa fortune personnelle.. On la disait avare... assurât au ménage une certaine aisance.

Lorsqu'il recommençait ainsi à vivre solitairement de la vie du cœur. la grâce d'être bon catholique. Au commencela ment de 1812. de conserver le ma femme de mourir sans souffrir. lui par la tyrannie s'il qu'elle prétendra exercer sur comme à avait six ans. Je prévois effroi. la force. politique. 243-247. Je me borne à demander Dieu la résignation. Note de sa main en tête du recueil des lettres de gues mère (B.). et celle de protéger mon fils. (1) (2) M'"^ d'Antrai- . la Saint-Huherly. d'Antraigues pouvait. lettres de sa il avait ainsi exhalé secrè- recherchait dans ses papiers les relisait. pp. où on laissera au fils moins en paix. les poursuivant ainsi un examen de conscience suprême avec ce guide vénéré et jadis si souvent méconnu (2). les ressources. D. Il le retour de me mon ami Jules avec sera une nouvelle cause de malheur pour lui et moi.. personne ne doutait plus de prochaine entre la rupture Russie et la France.-- Le lendemain du jour où tement ses plaintes. Je et le temps de me supplie de ne pas qu'il me réduire à la misère et de me conserver ce m'a accordé rois que j'ai bien dû servir et gagné près de ces misérables que j'ai que j'ai » eu le malheur de servir il (l). L'empereur Alexandre était ramené peu à peu. il en pleurant. par l'ambition exclu- De GoxcouRT.L'ASSASSINAT et (1812) 375 mon et intérieur plus cruel que le tombeau. la il dernière reçue. puis les jours suivants à son réveil repassait une à une. mais en ayant préparer. toujours mère.. croire de nouveau à comme écrivain l'avenir.

parla avec éloges et regrets de son ancien correspondant. Panine lui indirecte. 1812. qui n'avait pas encore faisait parlé. services. A défaut du maître. tcliine se s'il proposer une correspondance dont Armfelt serait l'intermédiaire. mais on offrait un but immédiat à son lui disait activité le : Réunissez toutes vos idées. que vous dirigerez Le gues bruit de cette nouvelle situation fut-il pour quelles que chose dans allait causes de l'attentat auquel d'Antraiil succomber? est impossible de l'affirmer . Armfelt faisait pressentir à son ami moment où leurs illusions obstinées se changeraient en espérances certaines. On recommandait à d'Antraigues de ne point prendre les devants. au moment oij la grande armée française pénétrait en Russie. Ces belles assurances prirent corps en juin 1812. de l'employer. bien décoré. (1) Annfelt à d'Antraigues. F. Rostopsouvenait hautement de lui. d'Antraigues reçut l'annonce d'une rentrée en grâce probable auprès d'Alexandre. (A.:i76 CEIAPITRE HUITIKME sive et toujours offensive de Napoléon. Personne alors n'était inutile pour combattre Napoléon. dès et s'engagea à réclamer de nouveau ses le que Roumianzov aurait quitté ministère desaffaires étrangères. effet On vous enverra un bon Russe.) Cette lettre n'est . Armfelt. revenait au pouvoir. 1" juin qu'une copio delà main de d'Antraigues. sur une insinuation faite en temps opportun par Armfelt. entre la Russie et l'Angleterre. vers les senti- MUMiLs el vers la politique du commencement de son le règne. xllexandre. et se promettait. pour plan d'un traité de commerce à cet (1). Vers la de lui fin de 1811.

on ne comment. allait-il voir la plir s'accom- jusqu'au bout ? Il lui échappa de dire plusieurs fois qu'il pressentait quelque grand malheur dans sa (1) (B. 95. Jusque dans les temps pouvait retrouver de lugubres avertissements pour ses avait dit en Egypte tes : vieux jours. vol. 9. on oubliant d'abaisser le marcbepied de sa voiture. il était obsédé par de tristes pensées.L'ASSASSINAT toiijours est-il (1812) 377 que durant l'été de 1812. — Fauche- . et 42. il croyait deviner autour de lui d'invisi- redoutables il ennemis. LXXXVIII. avec dureté par l'épouse prophétie qu'il s'était choisie. IV. môme cabinet. maison. p. Mémoires. D'Antraigues en vint à supposer un attentat prémédité contre sa per- sonne. M. BoiiEL. le feu prit. là journa- se trouva beureusement pour aider à sauver les papiers les plus précieux.) Papiers Puisaye. lui avait fait faire une loin- chute qui l'avait blessé tains de sa jeunesse. parce que son domestique. depuis plusieurs années. faire avait été la victime d'accidents propres à lui supposer un système assidu de malveillance juillet 1807. Un peu plus fard. Peu considéré. il (1). espionné sous son bles et toit. et un ami. I. Déjà. Un sorcier lui « Dans ce monde tu seras infâme. femmes » le seront infidèles et tes bâtards t'assassitraité neront. En des voleurs avaient été surpris dans sa maison et mis en fuite au moment où ils allaient piller sait son cabinet. malgré ce retour apparent de la fortune. et de nnênrie qu'il se sentait opprimé. aux le alentours de ce liste Peltier. Ce malheur tï. active organisé autour de sa personne.

à son maître. quand un domestique veille. Il allait et n'eut pas à réjouir de nos désastres. 855. F^ 6455). et l'Annual Régis 1er {voL LIV. Elle tomba à ses pieds et fait expira presque aussitôt. courant à travers il fumée jusqu'à la chambre du comte. nommé Lorenzo. qui précipité de son siège à la poursuite de l'assassin. puis.. Moniteur de 1812. . Le cocher. mit un instant en émoi (1) le monde politique à Londres. face la première sur son lit. la Ce crime mystérieux. congédié lui et lui tira de la surgit à quelques pas de effleura les un coupde pistolet qui lui la cheveux. tomba où il vécut encore une s'était le vingtaine de minutes. détacha d'une panoplie qu'il un poignard. tenir à Dresde sa cour plénière de rois pour achever cueil de sa la il entrait et en Russie l'é- conquête de l'Europe fortune. trouva étendu tête fracassée aux pieds de sa principale victime. il partir suite pour Londres de sa descendait son escalier à la femme italien déjà montée en voiture. remonta en chancelant il et en la perdant tout son sang jusqu'à sa chambre. frappa au- dessus du cœur il se jeta ensuite sur M""^ d'Antraigues lui qui rentrait au bruit de la détonation.878 CHAPITRE HUITIÈME le arriva 22 juillet 1812. fol. Une enquête In judi- Récit de l'abbé Péricaud (Arrh. inattendu. d'un coup de pistolet (1). 870. Nul. D'Antraigues. Napoléon venait de . pp. après avoir quelques pas dans la rue. 897. revint . 94-95). Cf. et enfonça son poignard dans le sein. y trouver prodigieuse D'Antraigues avait il gémi sans scrupules sur nos moins les victoires: ne vit pas du se \ flammes du Kremlin.

et qu'il avait dans l'impossibilité de nuire. Tout au plus aurait-il pu dire que l'empereur savait son contre lui vieil ennemi prêt à reprendre pour le compte des Russes ses armes favovoulu mettre ce revenant importun rites. n'avait pas été étrangère cette mesure. permis de croire que Louis XVIII. mais le sentiment filial parlait plus haut en lui qu'une conviction raisonnée. le Le gouvernement est fit mettre provisoirement la séquestre sur les nombreux papiers entassés dans il maison mortuaire. sans la discuter. quelle avait été la cause Plusieurs se demandèrent première de cet attentat. D'autres firent remarquer que Lorenzo. Jules d'Antraigues n'a ja- mais cessé d'accuser Napoléon du meurtre de son père. promettantes cette il suffit de mentionner.L'ASSASSINAT ciaire. (1812) 379 où comparut le cocher. comment expliquer suicide de le ? l'homme qui leur aurait servi d'instrument Une autre supposition d'Antraigues plus plausible se fit jour. était-elle simplement domestique? Quelques-uns soupçonnèrent les ministres anglais d'avoir fait disparaître un homme dont ils craignaient je ne sais quelles révélations com. unique témoin. prévenu par Bertrand do Moleville. déserteur bien être de l'armée française en Espagne. Était-elle politique. Mais à supposer Wellesley ou Napoléon derrière l'assassin. pouvait affidé un de la police impériale. Lo- renzo était simplement chargé de tenir l'emploi que lui-même avait autrefois tenu à Vienne . aboutit à déclarer constant le double assassinat et le suicide de l'assassin. imputation sans preuves et sans vraisemblance.

il quinze jours avant le avait alarmé tout monde par un travailler. D'Antraigues était tombé sous le coup d'une vengeance particulière. certains papiers. auparavant bre des le comme deux mois Chamtrois ministre Perceval à la porte de la Communes. Un émigré. . qui se tua quelques années après. Il avait paru exaspéré par . Lorenzo se crut découvert et pensa prévenir le scandale par un crime qui et lui fit l'épouvanta une fois commis. était son intermédiaire auprès de Fouclié. Ceux qui mettaient la politique hors de cause s'en tenaient à une conjecture aussi probable. se donner la mort. et le fils une tète de la maison avait écrit l'ex- pour qu'on s'en défiât. 11 coup de pistolet tiré au hasard. à charge de restitution. c'est-à-dire de soustraire dans les dossiers de son maître et de commu- niquer à la police française. trême parcimonie de sa maîtresse d'être congédié. l'avant-veille du une lettre qu'il avait aussitôt brûlée et 22 juillet. à moitié dérangée. D'An- traigues ayant un jour cherché inutilement les pièces absentes. et assurément plus vraisemblable.380 CHAPITRE HUITIÈME à et Dresde au profit de la Russie. Mais que contenait saura jamais On n'en savait et on n'en davantage. avec des signes d'agitatiou cette lettre? de trouble (1). A l'appui de ces on affirmait l'avoir vu recevoir. 28 juillet 1812. après avoir visé la place où son maître s'asseyait d'ordinaire pour était (J) donc plus simple (je ne dis pas plus sûr) de voir Morninrj Chronicle. dires. Lorenzo n'avait passé que C'était mois au service de ses futures victimes.

même : de ses derniers amis.) (Puisaye . Les mystères d'une politique sans scru- pules n'ont été pour rien dans ce dénouement vulgai- rement tragique. tirant sur leur ennemi à couvert. A. D'Antraigues ne fut guère regretté. d'Antraigues avait disparu dans une embûche homicide. qui pouvaient espérer de lui quelques services. d'un domestique chassé. et l'abbé Péricaud lui envoya une relation du meurtre qui deaffaire. le principal meure. sur cette étrange à consulter. manifestèrent leurs voulut connaître sympathies. P. Davenport. Bertrand de Moleville était brouillé avec lui. le duc et la duchesse d'Orléans. 7 septembre 1812. L'Espagnol le tombé au coin d'un bois ou dans (1) Cl fossé de la route pouvait du » Their end à R. En France.— G. s'embusquant à l'écart. Il avait combattu par la plume. se gardant bien d'attaquer en face. lias atoned for llicir uumerous mischiefs. et accusa « l'infamie » delà conduite Puisaye par(1). si puis affolé au spectacle de cette vengeance horrible- ment satisfaite. Champagny la fin avec quelques détails de son ancien ami. terminant deux vies jouées plutôt qu'écoulées devant le public des théâtres et des cours. la de ses méfaits et de leur sanglante expiation Seuls peut-être. document Quel qu'ait été le mobile du crime. un peu comme et ces guérillas quidéfendaient alors l'Espagne.L'ASSASSINAT (1812) 381 dans l'assassinat du couple d'Antraigues l'effet de la vengeance d'un Italien exalté. expiation depuis dix ans dans mystérieuse de celles la presse à la qu'il dressait puissance française et à la gloire de Na- poléon.

. » . trompette s.382 CHAPITRE HUITIEME serait pas inutile à l'indé- moins croire que sa mort ne pendance de son pays. perdu ni une occasion. .Néau temps des Enil cyclopédistes. pourrait à son tour écra- ser l'infâme ». et. D'Antraigues. les Français de la guillotine et le sabre. conseiller des Bourbons exilés. avait été le la plume conduisait à-tête avec monde. sans se résigner jamais. trompé. qu'ils spéculent. se montra plein de talents et de ressources. même temps indiscrci. la génération nouvelle.). (1) D'Antraigues à l'empereur Paul. dre le en droit de se rende toutes mes même témoignage? je n'ai « J'ai intrigué a-t-il écrit forces. exploitent d'autant rêts mieux au gré de leurs intéfolles ou de leur imagination. il oublia volontairement que beaucoup de ses compagnons défendaient au prix de leur sang la cause des rois féra devenir parmi cien. et on sait qu'à la racine de toute intrigue il y a beaucoup de vanité et d'égoïsme. il s'était figuré qu'en tête<r son écritoire. lutter avec succès contre la Convention et contre Bonaparte. et il dut voir. un Intrigant donc. sur de 11 chimères ou de vaines espérances. comme on disait de certains. longtemps persuadé que il trompeur. un jour à l'emni pereur Paul instant (1). 11 décembre 1797 (A. mais en mécontent de « tout. affairé. de tous mes moyens. puis condottiere politique était-il au service de l'ancien régime européen. il pré- eux le type par excellence du politi- c'est-à-dire de ces hommes qui vivent des ambiet qui les tions et des malheurs d'autrui. avec anéantir la vieille France et F.

qui demeurait chargé de s'il était protéger sa mémoire. toute la mode rale pratique de la vie qu'on vient de lire. oublié en Italie et en Allemagne. dans ses tristes vicissitudes. laissait derrière Russie. Le fils d'Antraigues et delà Saint-Huberty se débattit jusqu'à il sa mort sous le poids d'un lourd héritage. les frivolités. tant de voyages. possible. les tures qui avaient composé en France et hors de France l'existence tourmentée de ses parents. tant de relapolitique et de la littéra- tions avec les maîtres de la rature dans toute l'Europe. d'Antraigues. élevé avec et une constante sollicitude. quelques mois après catastrophe du . Il qu'il appelait sa cause son sang avait vécu d'illusions. par donner lui-même à ce et sa vie. les contradictions. de relever. bien à contre-cœur. fortune de leur nom. contient. de vingt ans. la La vie de cet enfant. proscrit de France. vivant maison paternelle. Il finit. sous la des influences qui amenèrent. CONCLUSION Après tant d'écrits. disgracié en Angleterre.CONCLUSION 383 dompter la vieille Europe. ce semble. En 1812. à peine toléré en lui un orphelin qu'il avait beaucoup aimé. paya cher aven- les illusions. loin de la c'était un jeune homme et. puis uniquement de haine.

. il il écriil l'empereur Alexandre. sans oser. (A. où savait rencontrer encore des se fit amitiés dévouées. s'il rendre par l'adminis- tration quelques biens invendus et les deux canons de parade qui gardaient jadis la porte de la Bastide. 21 juillet _1816. dont souhaitait redevenir le sujet. services de son père : sa supplique resta sans se décida à rentrer en A il la fin de 1816. seule héritière de dame Marie-Jeanne- . Après vit à chute de Napoléon. on lui opposa les dé- chéances légales prononcées contre son père comme les émigré (1) (2). en rappelant Dumouriez à Jules f. mais il eut beau se récla- mer des réponse.) C'est ce qui résulte d'une sommation à o lui faite le . (2) 157. il ne Il put recouvrer la fortune territoriale de perdit les son père. F. vol. et là. Dans sa même. peut-être sans pouvoir poser sa candidature. se proposait de revendiquer. procès qu'il intenta à certaines com- munes. de sa famille. s'il de jouer un rcMe politique il Jeune. et (1). comme écrasé par la fatalité qui avait faussé il la destinée de son père. HUmÈMK 22 son mariage avec une Irlandaise proteslanic. inexpérimenté. il France. de maladres- ses et d'épreuves. D'autres lui disputèrent. par tous les les biens moyens légaux. d'Aiitraigues. la miss Fitz-Gérald. Dès lors. France. 632. était possible.384 CHAPITRE juillet. traîna çà et là une vie qui ne fut qu'une longue suite d'expédients. Les créanciers du feu comte famille l'atta- quèrent.5 mars 1821 par sa tante M"' de Viennois. trouvait à Paris un roi à qui Il son nom rappelait les plus désagréables souvenirs. il vint dans l'Ardèche. et se flatta en vain de parvenir à la députation. même. dont avait été.

25 . (1) Lettre à Tessier (s. même mélancoliquement dès 1818. raya obstinément lorsqu'il le lut sur tat nom du « traître » une liste de candidats au Conseil d'Éofficielle.000 au général de BéIhisy et 185. à Montgivroux près de Sézanne en Champagne. d'héritier légitime : « Déboires.à payer dans la huitaine la somme de 2oo. le le duc deBlacas. dans des spéculations malheureuses. Le roi.CONCLUSION circonstances du mariage clandestin célébré en la qualité 385 1790. 74. les inscriptions hypothécaires prises contre lui au seul bureau de Largentière (Ardèche) le montrent débiteur de 372. qui jugeait sa dignité intéressée le pas pardonner. et femme à une séparation de biens lui-même. ou à quelque autre place Jules d'Antraigues eut sa part dans le milliard des émigrés. 35 cent. à Sophie Guignard Saint-Priest. le mauvais état de ses finances obligeait sa (2).. traverses. implacables. qui poursuile fils il vent sur leur haine contre le père (1).000 au général Guyot.l221. On le trouve transportant successivement son domicile. voyait vendre par autorité de justice son mobilier ainsi que la bibliothèque paternelle. vengea duc d'Avaray et fit échouer les démarches du jeune à ne homme. » En 1823.787 fr. les plus justes. Dès 1827. à Cachan près de Paris. sous le coup do je ne sais quelles nécessités.000 à M" de Viennois. dont 70. date) (Comm.. alla à Naples réclamer la pension dont Marie-Caroline avait jadis gratifié son fidèle conseiller: l'ambassadeur de Louis XVIII.. avec ce qui lui restait de fortune. l'année sui- vante. (2) A cette date. tout m'a été sus- par des gens puissants. Doize). par M. » d'avoii. 15 sols 14 deniers. promptement engloutie. obstacles à tous écrivait-il cité mes desseins.

puis publiées par la Galette de le roi France (1). nouveau en Angleterre. >> Après 1830. est difficile de suivre çà et là les traces dérobées avec soin de cette existence qui lui était une perpétuelle humiliation. dut au contraire subir de ce côté des mécomptes pénibles pour son amour- propre. qu'il ait cherché dans l'ivresse. et qui l'avait accueilli lui- même fité autrefois . et dont il voulait faire un on de et Au milieu de ses épreuves. en dépit de ses souvenirs de famille. trouvait aux Tuileries un prince qui avait été l'ami de son père. lia se alors à Dijon avec les notabilités bonapartistes. il ne paraît pas cependant avoir proIl du changement de règne. . s'acheva sa vie. qui montraient des Français. des lettres répandues d'abord à Londres. à vingt-cinq ans de distance. et s'employa. car ce furent de ses mains que sortirent. après la tentative de Boulogne. a-t-il écrit quelque part.386 CHAPITRE HUITIÈME Nicc^ puis de où. ma vie sans il môme sourire. craignant d'être le compromis dans procès qui suivit. et ne reIl vint dans son pays qu'après la révolution de 1848. à la (1> Nodu 18 janvier 1841. animé contre laFrance nouvelle de toutes les passions de l'émigration. la Contemporaine. il repassa en Angleterre. et comprend qu'il ait failli devenir fou de chagrin l'oubli désespoir. en tout cas. Il aurait fait vers la même époque la connais- sance du prince Louis-Napoléon. par l'entremise d'une aventurière en renom. impénétrable mystère. Il et enfin à Dijon. songé au suicide six ans de : « J'ai passé.

iils l'autre.200 francs sur sa cas- sette. d'un avocat do Privas. était rédacteur du journal de la préfut fecture. était venu à Dijon comme percepHenri de Lagarde. ma- réchal Vaillant. Jules d'Antraigues se ( laissa faire. l'un. Ils rappelaient que leur protégé. lui servaient une petite pension. Il inventa ou crut avoir inventé des macliines pour le . teur des finances . Il 387 s'excusait en disant que l'avènement de Napoléon de ses III réalisait un vœux les plus cliers. Ils rédigèrent une pétition à l'empereur qui le appuyée et présentée par un Dijonnais iniluent. et qui parlait l'italien. avait imploré du premier Bonaparte la grâce de son père. qui avait parcouru dans sa jeunesse presque toute l'Europe. sauf à cacher c'était là encore une tradi- tion qu'il de famille) à ses amis de la veille les secours réclamait de ses protecteurs III du moment. le conne- Gamon. veu du conventionnel. deuxcompatriotesde son père trouvèrent par un singulier hasard à portée de naître et de compatir à son infortune. était et doué dune intelligence vive. Cet héritier d'un nom célèbre. par égard pour son nom. intervalles des études variées l'enlevèrent par aux tracas de ses affaires et au sentiment de ses épreuves. Napo- léon accorda une pension de 1. l'anglais et l'allemand. se Sous lesecond empire. Quelques légitimistes dijonnais.CONCLUSION reslauration de la dynastie napoléonienne. l'union intime des nations anglaise et française. plus de soixante ans auparavant. peut-être aussi par sympathie pour un ennemi de la famille d'Orléans.

écrits ou prononcés à peu prés de même. inscrit dans le ^e/^merusse. quiproquos. Plus tard rédigea un Dictionnaire des ho- mophones anglais rieuse. qui mourut ayant mérité sous forme d'aumône avait pardon des royalistes suivant (1) II lui donné le sous-titre : Préservatif contre les méprises. devait l'emporter. œuvre bizarre.. en tout cas inutiles à sa il fortune. résultant de l'emploi tant par les uns que par les autres d'une foule de termes communs aux deux langues. et français. fallait qu'il reconnût une manière de fraple per dont avait donné secret à ses rares connais- sances. comme et publicistc avaient piteusement avorté. — par un iroquois-canadien. dans une petite maison du faubourg Saint-Pierre. — au profit comme aux dépens des races celto-saxonnes et néo-latines des deux côtés de la Manclie et de l'Atlantique. leur racine ou leur prononciation. comme le inventeur. . dont les desseins comme homme politique. 388 CHAPITRE HUITIÈME et la fonctionnement des moulins fort marche des navires. énormités et coq-à-l'àne des Anglaisen français. Ce singulier ouvrage est resté manuscrit (1) Jules d'Antraigues passa ses derniers jours à Dijon. et des Français en anglais. bien que leur véritable signification soit très difTérente. voué à une solitude farouche il il et humiliée. lorsque sa quelques mois. Il était déjà souffrant de la maladie qui . Pour qu'il ouvrît sa porte. élevé en Allemagne et en Angleterre. mais cu- où il expliquait dans l'une et l'autre langue les sens divers des mots usités des deux côtés de la et Manche d'apparence identique par leur composition. peu pratiques sans doute. femme mourut il lui survécut Avec ce malheureux homme. mystérieula sement baptisé aux confins de Suisse et de l'Italie. marié avec une Irlandaise.

s'éteignit. . le 12 août 1861. le commune du cimetière de nom des Launay d'Antraigues. et qu'on la fosse ensevelit sans bruit dans Dijon.CONCLUSION la 889 reconnaissance d'un Napoléon.

.

député aux États généraux. député de comte la noblesse. éditions de cet ouvrag-e parurent en — Mémoire Deux 1788. comte D. le comte d'Antraig-ues. 2° Lettre à titre de baronnie de la pro- M. 1789.S. la sur les États généraux.. un certain nombre de broNous citerons les suivantes : cliures furent publiées contre lui. pour la noblesse. .N- T. qui peut servir à un grand nombre d'autres députés de la le Avis à M. —A mémoire de M. le comte d'AntraiAmsterdam. écrite par un de ses amis /l" Un plébéien à M. qui est de 1789 (279 p. sur le chisme de 1789. la première sans le nom d'auteur.A. D'Antraig-ues ayant renié émis dans cet ouvrage lo comme député les principes qu'il avait comme publiciste. dans la sénéchaussée de Villeneuve-de-Berg en Vivarais. le 3» Lettre d'A. à M. noblesse et du clergé. le comte d'Antraig-ues sur son apostasie.'jo la noblesse et sur son arrêté inconstitutionnel du 28 le mai Coup d'oeil approfondi sur gues et les États généraux. 8 juin 1789. 8 p.. signées Emile.BlBLIOGRAriIIE OUVRAGES IMPRIMES I. le . député de la noblesse le aux États généraux.U. signées : L'ami du peuple. .) par M. porte : comte d'Ant.G. 20 p.R. Une troisième. comte d'Antraigues.E.. leurs droits et manière de les convoquer.I. la seconde portant : par M. Les lignes qui précèdent indiquent que l'auteur est bourguiernon. par un baron en vince du Languedoc (16 p.). 87 p.A..

Les notes des pages 5o et 76 font allusion à l'arrêté rendu le 17 décembre par les trois ordres du Vivarais Cet ouvrage a donc été publié entre cette date et celle de l'élection des députés aux Etats généraux (avril 178g). 28 p. n° i. — Discours prononcé dans l'Assemblée nationale . portée dans cette chambre. Ce discours est suivi d'un autre. BIBLIOGRAPHIE M. 6. de messieurs les commissaires concilia- teurs de Tordre de la noblesse. la — Discours prononcé dans blesse. 112 p. par M. — Mémoire sur la constitution le des États de la pro- vince de Languedoc. le comte d'Antraigues. le p. (Pièces verbaux imprimés de séance. le jeudi 28 iG p. 2.) annexées à pp.392 60 Lettre de i5 p. fut lu le 3o la lu à la première conférence chez Monseigneur sceaux. la prononcé la veille. — Motion p. chambre de et sulv. à l'assemblée des députés des trois ordres de 4. déla noblesse. signé Godescart-Delisle. par M. i4 comte d'Antraigues. par le comte d'Antraigues. la noblesse. dansla chambre de le 11 mai 1789. puté aux États généraux. quand les danger qui menace la liprovinces sont régies par des d'Antraigues. Ce mémoire est une réplique à un mémoire en faveur des barons du Languedoc. a été inséré dans les procèsla noblesse. États inconstitutionnels. chambre de la nomai 1789. qui la 19® garde des mai. le vendredi 22 mai dans Cette motion est suivie d'un discours prononcé à l'appui la chambre de 5. et sur berté publique. avocat. — Discours prononcé par le comte d'Antraigues. le comte imprimé en Vivarais. par le comte d'Antraigues. le 1789. 18 Ce mémoire. — Mémoire sur la vérification des pouvoirs. province de Languedoc. le 28 mai. 166 7. le comte de Mirabeau à M. 3. : .

le mercredi 2 septembre 1789. i5. les rédacteurs du Journal de Paris. Versailles. — Discours sur la sanction royale. du 4 août 1789. imp. a été rédigée par d'Antraigues. i8 p. Mazon. Pierres. Imp. au sujet de la forme de l'emprunt de 30 millions. — Lettre de M. le comte d'Antraigues à M. 8 p. par M. i4. Versailles. — Observations Paris_. par le comte d'Antraigues. 2 p. d'Antraigues. Baudouin. Datée du 26 janvier 1790. 77 p. 11. sur le divorce. . par le comte p. 25 août 1789. Pierres. (Comm. proposée par le Comité de constitution. G février 1790. prononcé dans nationale. Elle figure 9. Cette pièce. 6 8. i3. l'Assemblée par le comte d'Antraigues. Nationale. par le comte d'An- traigues. Datée de Paris. Daté à 10. le pré- sident de l'Assemblée nationale.BIBLIOGRAPHIE 393 comte d'Antraigues. de Languedoc à l'Assemblée nationale. par le imp. p.imp. 28 12. imp. Versailles.) secrétaire de la réunion. Baudouin. Pierres. le comte d'Antraigues à MM. 55 — Observations sur la nouvelle division du le royaume. 3 p. la fin : Versailles. par comte d'Antraigues. — Extrait de l'arrêté des représentants delà province députés. 11 p. imp. — Mémoire sur le rachat des droits féodaux décla- rés rachetables par l'arrêté de l'Assemblée nationale. Versailles. Versailles. du 23 août 1789. p. — Lettre de M. le dimanche 9 août 1789. signée de 66 au milieu de ses brochures dans un volume lui ayant appartenu. — Mémoire sur les mandats impératifs.

oie. elle fii^ure dans une facture de cet imprimeur à la date du G octobre 1790. Fcuillantistes l'empereur et le et autres. 1790. BIBLIOGRAPHIE — Quelle est la situation de l'Assemblée nationale? avril 1790. et nommément du titre suivant nouveau plan d'accommodement que devait proposer M. 3i7 Cette brochure.. avec raison.394 iG. dre Audainel (anagramme de de Launai). dans le cabinet et sous les yeux de M. : ambassadeur des Jacobinistes. Elle eut cinq éditions. août 1 791. des dé- moyens employés par l'Assemblée nationale pour truire en France la religion catholique. 53 p. datée de Lausanne. les réponses qui lui furent faites. I à Ferrare. dre Audainel (comte d'Entraigues). de *** (Sérent). p. — —Point d'accommodement. (Las Casas à d'Antraigues. 17. par le comte d'Antraigues. Imprimée à Ncuchàtel. d'après Froment (Précis de mes opérai ions. fut composée à Turin. à LL.. 19. et imprimée. 69). qu'il doit à ses p. l'abbé Louis. Cette lettre est datée de Lausanne. je citerai : A Henri-Alexan- dre Audainel sur sa brochure de Point d'accommodement. chez Fauche. qui est de 1792. 80 do l'éditeur est du 3i août. 4 août 1790. La cinquième (i30 p. A l'ordre de la noblesse du Bas-Vivarais. et Go p.. 20.). 3o Cette brochure est communément. par M. attribuée àd'An- traiçues. 2G7 L'ouvrage 1791est signé à la dernière page et daté de Paris 20 mars . septembre et octobre 1791-) Parmi lO p. — Lettre de Louis d'Antraigues à M. Paris. porte le sousRevue et augmentée par l'auteur. après beaucoup de difficultés. et l'avertissement 18. des. Henri-Alexanp. son député aux États généraux. MM. sur le compte commettans de sa conduite aux États généraux. par Henri-Alexanp. roi de Prusse. — Dénonciation aux Français catholiques. Cette brochure fut traduite en italien par ce titre : un certain Garcia sous 17 Non v'ha nggiastamenio.

ce lo mai 1 791. 8 octobre 1791. député de l'ordre de la noblesse du Bas-Vivarais aux États généraux. comte d'Antraigues. 395 — Henri-Alexandre Aiidainel (comte d'Antraigues)à p. f I.BIBLIOGRAPHIE 9. par 24. fut arrêtée et saisie à la frontière française. Datée du 25 novembre 1791. put enfin avoir italien. archevêque de Sens. Alexandre Stauffach. Histoire de la persécu. : Etienne-Charles de Loménie. du canton de Schwitz. en français et en (Las Casas à d'Antraigues. Elle suscita des Observations sur l'Adresse à l'ordre de la no- blesse de France de M.Sauzay. (J. à Reg^^ùo. Emmanuel-Louis-Henri- Alexandre de Launai d'Entraigues. 1792. l'un de ses députés Paris. Las Casas en parle aussi dans une lettre « du 5 novembre. le comte d'Antraigues. deMontlosior. Daté du iT) Calonne écrit à l'auteur le « Votre divin ouvrage sur . — Exposé de notre antique et seule légale constitumars 1792. par Henri-Alexandre Stauffach. Bologne.1. à lieu à Trieste. 1792. par M. Paris.. 34 L'ouvrag-e est daté à la fin Orléans. 9: En quel état est le Roi aujourd'hui 20 octobre 1791 ? » Une autre brochure. — aux États généraux de 1789. — Protestation de M. L'impression. pp. 72 p.). Emmanuel-Louis-Henri. et datée du i^'' octobre 1791. 12 juillet : tion française. approbation. interdite à Venise. Imprimée à Milan 23. tion révolutionnaire dans le département du Doubs. intitulée Réponse d'un loyal Suisse à Henri etc.0. ainsi que la précédente. La date est indiquée à la p. la est moins une réplique qu'une main. 489-890 -2. 4o Le chevalier de pour la lui Baume écrit à d'Antraigues (i3 : décembre 1791) là accuser réception de cet opuscule style toujours « » On reconnaît bien lui trempe de votre profond. i35 p. peut-être partie de même Adresse à Tordre de la noblesse de France. le — Avis aux Suisses sur leur position envers p.) Cette brochure. 25. à Ferrare. (49 p.Alexandre de Launai. la Roi de France.

et de les pousser par la crainte et par le dépit dans le parti de la coalition. 26. I. p. je prendrai sur soit moi d'en faire l'impression de manière qu'il pas possible d'en tracer la source.. Chalier. . plus mauvaise encore que méchante. 179. piège est si grossier et la . relativement aux dépenses par les États neutres.396 BIBLIOGRAPHIE plus notre antique et seule lég'ale constitution française m'a fait le grand plaisir... oncle du roi et régent de France. » Jacob. Fauche-Borel. — Lettre du comte d'Antraigues à MM***. 80 p. Paris (Neuchâtel). de France.. fût imprimé elles et rendu public peut-être plus qu'il est possible ce sera un moyen d'indisposer de la les puissances neutres.. l'envoyé républicain àVenise.. dans ses Mémoires portants fragments..pp. 27. Je crois serait de le la plus grande utilité que ce discours . — Rapport fait par Saint-Just au écrit à Comité de salut pufaites blic à Paris. Vous avez fait voir que vous saviez réunir la pureté la » correcte du style le tempéré avec brûlante véhémence du style le plus élevé et plus énergique."^. sur plusieurs éclaircisse- mens qui lui ont été demandés touchant notre antique l'éditeur et seule légale constitution. Paris. . Mai 1794. est La lettre est datée du du 2 juillet. Si vous êtes de mon ne avis. (t. et l'avertissement de — Mémoire fils sur la régence de Louis-Stanislas-XaGG vier. et de semer entre défiance des agents de la Convention. notre détresse que atrocités gratuites nous ne pouvons plus cacher eussent été très propres à accréditer les que lelibelliste éhonté met dans la bouche de SaintMais le Just contre nous en particulier. commis- saires de la noblesse de B. 3 juin 1792. 160-164). 1792. est d'inquié- puissances sur les dispositions du gouvernement français à leur égard. en parle en ces termes: « Lebut de cette ter les satire. en cite d'im- 28.. l'abandon très connu où nous sommes. Pour peu que le libelle eût été fabriqué avec un peu d'art. dirigée contre tous les agents de la République dans les pays neutres. Drake de d'Antraigues le 25 avril lygA • «Je n'ai encore rien vu (]u'il j)lus intéressant ((uelc discours de Saint-Just..

sur l'état de la France. Zatta.BIBLIOGRAPHIE diatribe croit si 397 platement dégoûtante que personne ne s'y est trompe. Del'imp. de 12). trovata a Venezia. — Directoire exécutif.) [as] C.Ie4juin 1797 ».. i8 la constitution Ouvrage postérieur à 3 1 . mano. an V de république. L'avant-propos est daté du i^'' octobre 1794. du Directoire exécutif. 1797. III p. a été imprimé dans Ce mémoire. logis n»io.le 22 mai 1797. l'an III (V. parut à Milan dans il la publication Gl'ordini del gênerai Bonaparte alla proclama di Direttorio di Parigi. — Observations sur la conduite des puissances coalisées. — Réflexions sur la conjuration dénoncée à Paris .. Cette pièce. t. s'est fabriquée dans l'atelier d'Antraigues. Un exemplaire fut envoyé quelques jours après au Comité de salut public. daté de «aufort de Milan. de L.000 exemplaires. p. Hambourg-. attaché à la légation de le dre de Launai Russie à Venise. pp. par M. insérée au Moniteur des 22 suivante : et 23 fructidor. arrêté sous les yeux du ministre de Russie à Trieste. » (2G prairial an II — i4 juin 1794). 295-312. 173. On de que cette .5) (ju'on en répandra en France 12. 42 p. Pièce trouvée à Venise dans la le portefeuille de d'Antraigues et écrite entière- ment de sa main. 32. Souvenirs d'an émigré de ijgj à iSon (par Laporte). général Ber- nadette. 10 p. 29. [Mémoires et Correspondance. par le de la comte d'Antraigues. Mallet du Pan apprécie sévèrement l'ouvrage dans une de ses 30. noblesse — 1795. 33. député de l'ordre aux États généraux de 1789. p. — Lettre du comte d'Antraigues à M. relativi la congiura del 2 et 3 corrente (settembre 18 fruttidorj e famosa corrispondenza del d'Antraigues. et détenu dans le fort de Milan. [asas] lettres. scritta intieramente di sua Dalle stampe del cittadino G. — Mémoire du comte Emmanuel-Henri-Louis Alexand'Antraigues.D'Andigné écrit à d'Antraigues (4 mai 179. œuvre de ténèbres .

. 217). Une traduction italienne fut imprimée à Bas- sano. p. et fournit des notes^ qu'Adam Mûller. dans l'exemplaire de l'auteur (Bibl. imprimeur du roi. et extrait : bliques par le Noir de la Roche-Mathanasius. Cet ouvrage eut trois éditions.398 BIBLIOGRAPHIE par le Grand-Juge le 27 pluviôse (17 mars 1804) et les événements siibséquens. Extrait des papiers anglais. trouvé dans Atlios. 3G 34. III. et Fallot de Barbafoin. — Traduction d'un le Polybe. — Requête des bourgeois de la ville d'Anspach à le roi p. 36. également datée Gentz présida ainsi de Londres. Elle est sous la rubrique de Londres et sous la date de 1806. : On lit à la fin L'original est entre les gucs. avec les observations d'un magistrat d'Anspach. imp. Harpei% 1806. Harper. 80 p. le bulletin de la grande du armée XXXVII. . fut imprimée à Berlin chez Decker. évèque de Gand. allemande. de l'ouvrage précédent. et contient 106 p. p. La seconde porte à la première page le nom de d'Antraigues. 20 Réuni à la 3* édition — Londres. La troisième (102 p. fragment du XVIIP livre d?monastère Sainte-Laure au mont mains du comte d'Antrai- — 1800. — Londres (Dresde). et La première dut paraître vers la fin de i8o5. Traduit de l'allemand. Boothby est l'auteur de la traduction anglaise. portant le nom et les titres de l'auteur. ci-devant bénédictin. 8 Cet opuscule. fut envoyé par d'Antraigues à retrouve dans sa correspondance. 35. — Modèle d'éloquence sacrée donné aux écoles pul'Institut national. auteur de cette traduction. et s'y suivant.). de Dijon). ainsi que St-Pétersbourg. plus une note additionnelle de 2 p. est éditeurs. à la traduction Un avis des tout en maintenant la supercherie. Imprimé par ordre de Moniteur du n» 5 janvier 1806 p. imp. t. Sa Majesté de Prusse. indique les clefs. par les soins de Fauche (Fauche-Borel Mémoires.

10 octobre 1806. reur de Russie de « Les Observations sur conduite de d'Oubril sont de main de maître. et le refus de l'empele ratifier (Londres. trois pu retrouver de ces articles. sur Louis Bonaparte 3f).23o. 106. 38. octobre 1806. 3» Sur Louis XVIII (i8 novembre 1807). : se compose de une introduction sur le gouvernement ottoman j . J'ai 1° Articles dans le Courrier d'Angleterre. III Extrait des Mémoires de Saint Simon. 2° Observations sur la note circulaire du prince primat de la Con- fédération rhénane (3o septembre i8o6). 3i. — Voyages : en Orient. » (Armfelt à d'Antraigues. 2 vol. la Bibliotiièque Cet ouvrage existe à plaire 1° le de Dijon en double exem- brouillon autographe. Il in-4°. pp. et un article de 1810. —8 p. p. 399 — — Avis. Muséum (Add. petit in-4°.) Il OUVRAGES MANUSCRITS I. °"^ D'autres documents sig-nalent un article du 3 novembre 1807 ^^ trouve un éloge d'Alexandre P"". i56 et suiv. i8o6j. 2° une mise au net en 2 vol. mss. dans ses Mémoires 4o.) a été imprimé par Fauche-Borel (t. et de plus irrécusables. en manuscrit au British Ce mémoire.BIBLIOGRAPHIE 37. donné à Londres aux ministres de Sa Majesté Britannique. Tome du supplément. qui ff.sur le traité qu'il a signé le 20 juillet. bien plus récente et assez incorrecte. 32 p.d'Oubril. 3oi-32i). III. — Mémoire sur la situation de la France et sur son le 15 est avenir. — Observations sur la la conduite de M. envoyés par lui en Russie! Observations sur l'abdication de l'empereur roi des Romains (g septembre i8oG).

) — — Mon opinion sur la manière de profiter des dis- positions de l'intérieur (1795).) Considérations sur l'ordre de Malthe et sur les différents actes émanés du prieuré de Russie le 26 août le 1798 au sujet du grand-maitre de cet ordre. (Archives des affaires étrangères. (Archives des affaires étrangères. et dans ces premiers instants de sa douleur. . à M. de Las Casas pour être communiquées de toute confiance. et que sont adressées sur Varsovie Vienne. de sa paix avec la France (Archives des affaires étrangères. 634. 2. France. — Réflexions sur notre position que je soumets au jugement de M. Munich et Bavière n'ont pas été transcrites. 034. vol. 634. princesse n'offraient rien qui put faire suite dans n'étaient remplies mes mémoires elles que des regrets que causait son absence au mortel les trop heureux qu'elle daignait aimer. vol. 3. Cinq premières lettres écrites à la . Deux dernières lettres annoncées sur du retour par Varsovie. 034. ordres exprès de princesse le décidèrent à continuer ses observations.) . y a ici une lacune. . datée du Caire quinze cahiers de lettres à la princesse Ghika sur l'Egypte dix lettres à un grec nommé Coutouli et contenant le récit d'un . Enfin les il ne songeait pas à observer la pays qu'il parcourait. ff- 74-8i. » Suivent sept lettres contenant le récit Cracovie sur la et Vienne. 400 BIBLIOGRAPHIE une relation du voyage de Marseille à Constantinople et du séjour à Constantinople une dissertation sur les anciens Egyptiens. vol. ff- 82-108. s'il le croit utile. par frère Alexandre Linnos. i4-25. If- i83-i'o0. vol.) — Apologie de l'Espagne à l'occasion (1790). c'est à elle Il dit ensuite d'Antraigues. (Archives des afl'aiics étrangères. 4. s'étant séparée de les lettres moi à Léopol. voyage de Constantinople à Léopol (Pologne) « La princesse Ghika. 5. le comte de Florida-Blanca (1792). espagnol de la castellenie d'Emporté ou grand prieuré d'Espagne à Madrid (1798). France. Finance. France.. ff.

ff.) Ce mémoire est daté du 16 octobre 1802.' l'un sur « l'utilité des livres qui complètent la grande instruction nationale ». en 4806. (Archives de Cour et d'Etat. 24 octobre 1798. l'autre sur les Académies et les Sociétés savantes. à Saint-Pétersbourg. (British — Add. etpréff. 7. 175 et suiv. serait-il utile. est accompag'né d'une lettre d'envoi à Thug'ut.) Le ms. — Épître dédicatoire aux mânes de Louis XVI. et aux Archives des affaires aux Archives de Cour et d'État. existe en double copie étrangères. mss. datée de Gratz.) Ce mémoire à Vienne. St-Pétersbourg-. : si. .) 26 . 3i 280. — Mémoire sur la question . [annelet]. nuisible ou dangereux pourlespuissancesde l'Europedereconnaître Louis XVIII? (16 novembre i8o4. V. France.) — Mémoire sur la nécessité d'un enseignement national en Russie. 401 — Essai sur les motifs qui pourraient former roi. et les moyens de les rattacher à l'Université. face pour le journal de Cléry (1799)(Archives des affaires étrang'ères. Il ne paraît pas que ces mémoires aient été envoyés ou même composés. 10. dans les circon- stances actuelles la guerre continentale s'établissait contre la France. Vienne. 221-225.BIBLIOGRAPHIE 6. 8. L'auteur annonce à la fin deux mémoires complémentaires. 9. un manifeste pour l'empereur et d'après les idées de M. vol. 634. — Mémoire sur la Russie Muséum. Quel est le meilleur mode d'ensei- gnement national? (Archives du ministère de l'Instruction publique.

. l'histoire D'Antraigues paraît avoir mis en roman de ses premières s'in- amours. 2. je rendue générale. j'ai Mme Moreton. Necker. V. Sur note : une de M. où j'avais mis en notice sentiments dont elle lui donnait l'idée. . 28 p. Littérature. 1. cahier de moi sur les ouvrages du P.. premières brochures politiques de la p. adressant son mémoire sur les États du Languedoc « Je joins à cet envoi un mémoire pour soutenir sa demande. the Napoléon Muséum. (V. Il dit. Necker.-J. la plupart sont a parlé restés manuscrits. : et lui furent ensuite rendus. Nous suivante tous ceux dont et il avons réuni dans comme ayant été composés ou entrepris. dont la trace nous échappe. Houbigant. : dans ses Voyages en Orient. une Montpellier. d'Antraigues écrit àBernardin de Saint-Pierre. 3. 5o. — Mémoire pour M""» Moreton (1789). datée de mars 1782. — les I Œuvres de jeunesse. Mon lui l'ai pays ayant voulu reçu l'ordre de prêter ma plume. dans Sainsbury.402 BIBLIOGRAPHIE III OUVRAGES NON RETROUVÉS Parmi les innombrables la liste écrits de d'Anlraigues. -Rousseau. .» et pour rendre sa Cause intéressante. et beaucoup paraissent perdus pour nous. Politique. i46. — Œuvres de jeunesse. » Parmi 1° les papiers qui furent saisis dans son portefeuille à Trieste. d'une sultane qui « téressait à lui Elle fit traduire une histoire et française les jadis écrite en des temps plu heureux. Le en lui 17 février 1789. la Nous en connaissons par son titre au moins Lettre d'an Genevois à ses concitoyens au sujet de la retraite de lettre de Mm« Necker à M. Mes conversations avec J.) d'Antraigues. il signale les écrits suivants Un Un cahier de ma main et sur les différences et les similitudes de la la langue grecque écrite 20 3° de langue parlée .

le remis à Las Casas. — Histoire de le la Révolution française écrite alors (i 789-1 790).. . et et la la mon . plus remit au roi un : Dans haut certaines Réflexions adressées à la cour de 2). pp. —Discours prononcé au club des Jacobins contre les Suisses. avec continuation ajoutée.. n'en plus parler. je relirai de sang'-froid. devenu ministre dit-il. fait le des. désir de la pour l'examiner de sang. . contre Breteuil (1789). Vaudreuil. Ceux aux(juels qui l'ont lue. dans une préface que à ce sujet. il juger.4o-4i. de mon œuvre. mais je dus lui remettre. lui adressée et sont d'avis qu'il faut en ajourner la publica- tion. à Vannelet.. D'Antraigues l'annonce dans sa Lettre de Louis d'Antraigues à M. p. qui l'avait demandé. Celui-ci lui en parle assez qu'il y avait longuement dans ses des 21 décembre 1798 et 5 mars 1799. à mes commettans d'Antraigues le 2 1 (1790). t. elle qu'elle fut écrite.BIBLIOGRAPHIE 4.. septembre. par l'entremise de Villedeuil. de son Mémoire sur D'Antraig'ues l'annonce dans l'avertissement le rachat des droits féodaux 6. 8. 403 — Mémoire II..froid 1798. — Compte-rendu dit-il. Si la mort termine sera telle ma vie avant que j'aie pu la corriger. dans une time du comte de Vaudreuil signale comme fait et du 3i mai 1791 (Correspondance indu comte d'Artois. 5. Il l'a jusqu'au : passer manuscrit en Angleterre publiée t i*"" mars 1790. les pièces orig-inales de Le Roi me demanda de M. J'y énumérais. I. — Mémoire sur les dangers d'une seconde législa- ture (1791). et en a Dans quelques années. — Mémoire sur la féodalité en Vivarais (1790). tous les torts que Breteuil s'était donnés (probablement dans 1 des affaires relatives au Vivarais) en 78G . d'Antraig-ues raconte qu'en juillet 1789 il mémoire contre le baron de Breteuil. » En lettres la communiqua. dans quelle position elle relire j'ai faite fut écrite. Madrid (V. pré- voyant cet événement. pour elle était Le vicomte de Digoine lui écrit à accuser réception de cette pièce. mais. je ne cache pas. 376). 7. lettre et 9.

m'ajouta-t-il. dans une lettre du 27 octobre. et donne 1er les détails suivants sur son travail : « Il fut fait par l'ordre de Paul sur les pièces qu'il envoyait le ou celles prises aux archives. chez Fauche-Borel .) 10. p. » qu'on parviendra nous armer contre (Froment. tirée à dix mille exemplaires. comme vous I^'". AF. Portraits. les relations de la — Mémoire sur Russie et de l'Autriche en 1799. y aura des additions où il sera fait Louis XVIII. lui conseille de garder l'anonyme. et sur la conduite des puissances à leur égard (1794). il proles mettait la réfutation. nat. 44. au nom de l'empereur.. à la date du décembre . — Sur la (1796). traigues la permission de publier un ouvrage sur II composé à Vienne et mis en dépôt en Angleterre. 84. guerre de religion à faire déclarer par le pape Le 7 octobre. en cherchant à nous faire peur les révolutionnaires.. d'Antraigues remercie Kourakine. — Mémoire sur les royalistes français émigrés. d'Antraigues tendu discours Suisses. Le 8 août 1802. de son III. Cité par A.. l'édition française. avait me confia qu'il avait découvert que et M. dit-il (Arch. 11. faite Mémoire sur Etats généraux. composé. où par lui-même. d'Antraigues annonce à La Vauguyon que cet écrit et sera traduit en italien et en allemand. Kourakine. Bachelin» Deux 12. roi. sur leur droit d'asyle. Dans mention du cet écrit. — Lettre à l'abbé de Fontenay (7 avril 1792). guerre de religion aur a été déclarée.. baron d'Erlach. Imprimé à Neuchatel. fut. verrez par la lettre privative de la main de Paul lettres dans 7 le recueil de ses qu'on a sûrement conservé.. Cette lettre au directeur du Journal général de France.404 BIBLIOGRAPHIE le «M. approuve il Les additions qui la le concernent ne devront être connues en France que lorsque i3. fait imprimer répandre un pré- prononcé au club à des Jacobins pour soulever les Ce n'est pas. octroie àd'Ance sujet. Précis de mes opérations^ etc. p.. 08. Le i3 septembre. n° 75). placardé en Lorabardie à Rome.

» du 22 novembre. spécial sur Razoumovsky (20 juin 1801) qui est i4- cité p. — Mémoire sur la Suisse (1799)lettre Saint-Priest en accuse réception dans une à d'Antraigues la du Ce mémoire avait été composé sur Kalytchev. D'ailleurs. Il 405 s'ensuit que l'ouvragée est spécialement dirii^'é sur Ra- zoumovsky et contre lui nominalement . il faut. et je lui serait n'en ferai jamais. 3 octobre i8o3. de nouveau jugée inopporil n'en fut plus parlé. 6 juillet. mais par accessoire est la conduite l'objet principal de Razoumovsky 1er et ses torts. est Ce travail distinct du mémoire 229. sans douteaprès lecture. Il faut que je sois mon nom ne nommé ma- pour que Razoumovsky sache toujours où faire venir ici me prendre. trouvent bien nécessairement. J'aurais pu lettre Dans une voie en Russie seulement une copie : l'anéantir en envoyant cet écrit à Paul l'îi'qui me l'ordonnait. mais sa publication y fut.BIBLIOGRAPHIE 1800 V.) i4 août. Dans cet ouvrage. mais je n'en ai pas eu le courage. que je conserve de quoi le rendre à jamais muet. car autrement il faudrait refondre l'ouvrag'e pour donner une autre forme.. . iG. (Lettre du même. mes remords. 10. à Czartoryski. d'Antraigues écrit à : Le l'on Mûller) « Je travaille à mettre en ordre un de la vie va imprimer à Londres. demande de — Observations sur lUniversité de Leipzig (i8o3). » L'ouvrage dut être en tune. un de ses amis (sans doute mes ouvrages que de Henri VIIL J'ai écrit cet ou- vrage en 1791 et on m'a fourni des matériaux incroyables par leur . s'il lassait par trop ma patience. Je vais par voie sûre. en conséquence de ses ordres adresse Dans cette manière il est de toute impossibilité de le publier sans me nommer. car je sen- que j'allais me venger. et sùi*ement pas par la poste. lettre D'Antraigues en annonce l'envoi à Czartoryski par une 29 août i8o3. il ajoute qu'il en« Car comme il (Razoumovsky) est le plus vain et le plus impudent des hommes.. que les affaires de Vienne s'y . ce nuscrit en cinq cahiers in-folio de 24 pages par cahier. puisqu'il occupe une place où il peut m'attaquer. . l'ouvrage sans qu'un libelle. J'eus peur de . et effet envoyé à Saint-Pétersbourg. du — Histoire d'Henri VIII (1791-1803). je et lui rends compte à Paul la parole. tais . st.

et ajoute « Voilà le plan de ce que d'Antraigues a terminé estafette et cette nuit. Enfin l'amitié l'exige. la . et. 20. et qui sera envoyé lundi par pour être corrigé par l'empereur Alexandre et par Czartoryski. cela serait déjà mains de tout le monde.406 BIBLIOGRAPHIE cl leur qualité. C'est la seule que je publie du recueil de plus de 200 que j'ai. i4 janvier i8o5.. « — Salluste traduit par J.. de Cromwell. J'y ajoute. va lentement. 8 avril i8o5. puis traduit en langue du pays et dans ses divers dialectes. » (Lettre à. Je crois que cet ouvrage grand bruit on m'a fourni les matériaux les plus précieux. si j'y étais. 4 septembre i8o3. Hume. et la seule aussi que je puisse publier sans nuire ni compromettre personne. sur l'Histoire d'Angleterre de M. Je croyais ces gens-là plus habiles. Rousseau à moi en 1771. ler février. « pense à y ajouter un discours préliminaire où le tableau se poser à côté de l'histoire du passé et les petits xviii^et xix^ siècles se hommes des comparer à ceux du xvi*.) 19. d'Antraigues en trace plan. car je voulais m'excuser à mes yeux de l'audace de traiter un sujet qui avait occupé David Hume : c'est lorsque j'ai eu tout lu que j'ai j'efface.» — Histoire de Cromwell (i8o3). à Londres un ouvrage de moi sur fera le On va imprimer protectorat . du présent pourra grands 17.-J. tels que des lettres inédites et en grand nombre du Protecteur à ses plus intimes amis. de mon ami J.. » (Czartoryski à d'Antraigues. Cela est parfait et détaillé comme on ne sau- mieux. » . « — Mémoire la sur la Bavière (1800).. de vous exprimer sa pleine approbation son entière satisfaction sur votre mémoire de rait Bavière. L'empereur m'enjoint expressément.-J. et mon cher comte..) 18. lettre à : Dans une le Cobenzl. lettre cité dans une de d'Antraigues à Cobenzl. tout vérifier avant de prendre plume. que dans les j'ai permis d'im- primer à Londres. et je le censure à présent. .-J. J'ai laissé mûrir et dormir l'ouvrag-e près de huit ans.) — Projet de manifeste pour la guerre de 1805. et je écrit. noml)rc J'ai voulu tout voir. Mon par J. mais très intéressante. » {A l'amie de Paris. La préface sera composée d'une lettre fort longue. Salluste traduit Rousseau (i8o5). va mal. du 12 avril i8o5. Rousseau.

de Russie. avec M..) — Sur Louis XVIII et les émigrés (1809).) — Mémoire politique à remettre le i5 juillet I*'. 20 mai's 180O. 12 avril 1806. (A. juin 1807. quijugera Louis XVIIII. J'ai à peu près fin du xviiic. Louis XVIII et les émigrés sont . teurs. d'Avaray. «(D'Antraiguesà Budberg. 3o décembre 180G. secrétaire particulier de l'empe. qui a traduit avec le plus grand en anglais. Envoyé 1807 à Engel.) . » l'objet de mon travail. cents pages.) — Mémoire le 7 avril sur le changement de ministère en Angleterre. M. James Macdonald. je n'ajouterai pas un mot à la fin de l'ouvrage.. d'Hist. P.) (180G). —Le le XXIVe livre de Polybe suite « J'ai composé une au xviiie livre terminé xxive livre que j'annonçais à la du Polybe. citée dans Guilheu. « Il 407 — Vie de Louis XI (i8oC). (A. le rapport de Czartoryski à l'empereur. XCII.. et succès 23. Envoyé 24. J'y parle peu de . 1807. M. Gentz ici il le traduira le en allemand . Malesherbes.. Envoyé 25..) — Mémoire le 21 sur l'Autriche. manuscrit à Prague. où On veut le traduire parmi ceuxqui m'ont demandé d'être mes traduc. Papiers d'un é/nif/ré. reur Alexandre 27. le xviiie livre. p. . XI (l'empereur) accepte volontiers la dédicace de la vie de Louis » que vous avezachevée.) — Observations sur le renouvellement du traité de commerce entre la Russie et l'Angleterre. son secrétaire est et la lui porter j'ai..BIBLIOGRAPHIE 21. P. (Lettre d'avril 1809.. (Recueil Soc. (A.. p.my. pour prendre copie sur est. 2o3. (A. Cela aura six . P. « Je travailleà l'écrit sur mes services pour le roi Louis XVI de 1790 jusqu'à 1797. le i3 mai 1807. Ce sera Louis XVI. Envoyé 26. de la (Czartoryski à d'Antraig'ues.) Cf. choisi M. 332. Avant les le i5 mai il sera fini. J'aurai 5oo exemplaires sous clef. t.. P. à S. 22.

38 Second discours d'un membre de l'Assemblée nationale à ses co-députés. BIBLIOGRAPHIE — Histoire de le l'Empire de Russie depuis 1792 jus- qu'en 1809.. dénoncés à De Timp. 1790. IV OUVRAGES DOUTEUX OU APOCRYPHES I.•>. bons^ Français. de l'imprimerie d'un royaliste. No 17 de la Bibliographie dressée par M. — Des monstres ravagent tout. à la suite de sa notice sur d'Antraigues. io4p. 3. de l'imprimerie d'un N° 20 de 5. — Bon Dieu! qu'ils sont bêtes. ou fragments des registres d'un club de Paris. 35 p. Ces deux opuscules [Dict. — 1789.— Paris.408 . démasqués. — Discours d'un membre p. d'un — . — Les Cromwels français l'Europe et à tous les royaliste. ouvrage à la fin de sa vie. la L'enfer dicte nos royaliste. on en prospectus au vol LXXXIX des Papiers de Piiisaye (British Muséum). — 1790. de l'Assemblée nationale à ses codéputés. Mentionné 4. 22 p. comme douteux ces Français. lois. à d'Antraigues par Barbier sont attribués —Le pouret le contre sur la Révolution de France. Bibliographie dressée par M. Vaschalde. des anonymes). Vaschalde. 2. D'Antraigues trouve travaillait à cet . par Vaschalde. 1790. — 1790^ 40 p.8. — Paris.

même année. Lui est attribué par p.) 7. i5o-i5ij. Cette pièce a été attribuée à Courvoisier. 1807. 409 comme douteux par M. exécutif (Paris.. Attribué également par Froment {id. à la suite de Montesquiou. — Dialogue entre un général autrichien et un com- missaire en chef de l'armée française en Bavière. Attribué également par Froment {id. Lui est attribué par l'auteur anonyme de V Histoire du Directoire t.^. an IX. etc. 8. Buisson. secrétaire du cabinet de Louis XVIII été d'Antraigues n'aurait la fait que prêter son nom.. — . II. de Condorcet à M.BIBLIOGRAPHIE Mentionné 6. note des pp. 112). — Justification de — la noblesse savoisienne. O9. Vaschalde . d'Aranda. — Lettre d'un ancien curé du diocèse de Paris à ses paroissiens. Elle a de l'écrit réimprimée 10. No 34 de la Bibliographie dressée par M . 11. 1790. Vaschalde. Londres. — Manifeste du — Lettre camp de Jalès(i79i). Froment [Précis de mes opérations. 112). Lettre d'un émigré royaliste à l'auteur constitu- tionnel du Coup d'œil sur la Révolution française (Montesquieu). 9. p.

.

seigneur de Picheron. Pacy en Bourgogne. ministre protestant. de \ / i Fay-Golonne. / . seigneur de Melmont. — D'argent.NOTICE GÉNÉALOGIQUE Armes. fdle de François. Louis de Launay. le 20 nov. et un écusson en abîme portant d'or à un N" du père. éciiyer. i55o Jeanne de seign. Lig-ny et Tully. écuyer. au chef de France lion de gueules. semé de Jleurs de lis de gueules. Antoine de Launay. Ep. 1 .

St-Lager. de St-Privat. La Bastide. Louise de Launay. décapité au Pont- Saint-Esprit en iG33.. Marie de Cayres. . et fut créé maréchal de camp en testament est de l'année i664.Ep. Philiberte le 21 déc. La Bastide.. gouverneur de Marvela jols et Chirac comme qu'il son père.. I de Launay. seign.. 1647. Henri de Launay. et de Marie de dame de Peyres.. de La Champ. coseigneur d'Antraigues. baron d'Antraigues. et de de Pierre. Fut enfermé à Bastille à cause de ses démêlés avec l'évêque de était bailli Mende pendant du Gévaudan. premier baron de Sarah Guéri. gouverneur des villes et châteaux de Marvejols. Aizac. rency. Génestelle. IV 5. Juvinas. seign. d'Arpajon. Chirac.412 NOTICE GÉNÉALOGIQUE 111 3 . veuve de Samuel de Beaumanoir et fille d'Antoine de Cayres. Elle apporta à son mari les terres d'Antraigues. Asperjoc. du Gévaudan (iSgi). St-Privat. et Combattit vaillamment contre le général autrichien Gallas. Henri de Launay. G. ^'^^ i633. sans postérité. 4. Trophime traig-ues. Quellenc. mariée à Charles fils Faret de Fournès. bailli du Gévaudan (1G20). La Champ-Raphaël. comme de complice de Montmo- Jeanne. capitaine de chevau-légers (1O25). Jacques de Launay. Asperjoc. Grèzes (iSgS). le 2g mai. g-entilhomme de la chambre de Louis XIII. de Picheron g-entilhomme ordinaire de bailli la et d'Anchambre du Roi (i58o). dit fille de Samuel d'Arpajon d'Eléonore de Combret. Ep.

t^lisabethdeRoux. mort à Maëstricht des blessures reçues i*'" le juillet 1O75 au combat de Leuwe. C'est au moment de contracter ce second mariage que Louis dut abjurer le protestantisme. procureur général en chambre des Ils comptes de Paris. Protestant comme 1677. . de St-Lager. Devenu comte d'Antraigues après mort de ses trois frères aînés. ses aïeux. de Marvejols (Lozère). fille 2° en 1690. 20 kilom. qui assista au mariage de son frère 1708.. Ep. et nièce de la maréchale de Schomberg. au mois de 068. 1OG8. d'Antraic^ues.NOTICE GENEALOGIQUE 413 . capitaine d'Harcourt. maréchal de sept. 1670. 12. seign. dit Louis de Launay. Alexandre. au régiment Charles. mort en 1676 des blessures reçues dans les guerres de Flandre. d'un fief situé d'abord de Chirac (nom emprunté près de Marvejols et venant de Phili- berte d'Arpajon. de Pervérange. seign. la religion catholique. Trélans. par jugement sou- verain en date du i6 déc. assassiné en Frédéric. Gaspard. Ep. ainsi que ses frères. Trophime obtint. II. la et de Basoges. seign. et du marquis de la Wespierre de Claudine- Charlotte d'Aumale. selon l'orthographe moderne. Louis en 1677. de Pierre comte de Trélan ( i ) et de Marie de Retz de Villeneuve. est un village à (i) Treslan. la Néen il i643. 1 camp. l'érection de la terre d'Antraigues au titre de comté. à Paris. de Madeleine Barentin. lO le 10 juillet Marie-Suzanne de la "Wespierre fille deLiembrune. le fille 20 août d'Henri Girard de Basoges. ou. qui testa en sa faveur en i684). sa mère. ne laissèrent pas d'enfants. Tous ses enfants firent profession de 1 . Fut maintenu dans sa noblesse. Isabeaude Tué le [10 juin 1676 dans un combat près de Cambrai. prit du service dans : les gardes du Roi Guillaume en Hollande.

seign. mariée. Philiberte. et de Marie de Ginestoux de Monldardier. à Benjamin de Micheli. morte sans alliance. elle obtint. de St-Vincent-les-Daudrans.414 NOTICE GÉNÉALOGIQUE Marie-Marguerite. mourut le testa- héritier de son frère lui. Laulagnet. Marie. baron de le le Bruget. de Choisinet. Ce second mariage du marquis de Choisinet fut stérile. 10 St. dans ment de 1709. marq. né en i64o. mariée à Nicolas de Leyris. coseiçneur et des . né en fils mort i3 février 1762. de de Chirac Marvejols. le marquis de Choisinet. fils d'AIdebert Rochevallier. du 20 mai i685. mariée. Frédéric (du i*"" lit). de Claude-FranJaujac . à Trophime villes seigri. Fit et un second testament le 3o la même année non marié. héritière Alexandre. Gros. Lespéron. mariée à Christophe de de son frère la Tour des Bains de 1702. devient commandant de bataillon au rég-iment de tué à la bataille de fut Nerwinde en 1693. et 200 Suisses au service de France. seiçn. çois. de Jean de Silhol et de Jeanne de Vesc. le i5 avril lOSg.Jules. par arrêt du Conseil d'Etat tenu à Versailles le i5 mai 1694. Eléonore. Devenue veuve. et Phélis de Launay hérita de son . mariée. qui leva une compagnie franche de Reynold. mais mort avant Marguerite-Phélis (du i«r lit). la permission de jouir pour elle et les siens et de tous les biens adventifs fils la situés en France de conserver à son com- pagnie de son défunt mari. Louise.Vidal. . St-Alban en Montagne et de Françoise d'Hautefort de Lestrange. née en iGSy. VI Alexandre-Jules (du i^"" lit). en 1G88. 1709. juillet 1732. le Silhol. à Jean de fils Bouchel. de Seguin de Borne. Testa le 28 fcv.

Aizac. et y mourut sans enfants en 1750. le Mort à Montpellier le 18 février 17G5. Ep. à Castel San Pietro (Italie) ReineAnne-Antoinette Clavel. née à la Bastide le i5 oct. . né en 1698.ooo liv. intendant du Languedoc. Dans son testament mystique. celui de Fabras "*" du marquis de Monten Rouergue. Asperjoc. coseigneur Colombier.Alexandre de Launay. le 415 elle acheta et le château et \ domaine de le Castrevieille liv. à Annet de Rocher^ seign. mariage avec Thérèse d'Ozil de St. . Sceautres. la marquise de Choisinet). . 1753. Souche. Il se fixa à Villeneuve de Berg. 1727. son frère consanguin. veuve de Claude Croisille. 000 d'Antraig'ucs Emmanuel-Henri-Louis i5. née le i5 août 1701. et de Sophie de Barrai de Montferrat. Ep. VII Emmanuel-Henri-Louis-Alexandre de Launay. capitaine. déshérité à cause de son 16. Elle vallat. le 8 sept.Vincent. Mézilhac. dit de St-Huberti. Guignard de St-Priest. et à son neveu pour prix de 55.NOTICE GÉNÉALOGIQUE mari. chev. Jules. 25 mars 1752 Marie-Jeanne-Sophie de dotée de So. (filleule Marie-Marguerite-Félicie-Sophie de a tante. en date du 25 mai 1763. mariée. Mariage stérile..de St-Louis. le Gros.. Marthe-Marie (du 2^ lit). Raphaël. il 10 se qualifie baron de Jaujac. le 29 déc. Ailhon Prunet. né à Montpellier le 25 déc. comte d'Antraigues. Fabras et St-Girgues La Champ La de Vais. Assassinés tous les deux près le 16 de Londres. Génestelle. Louis-Alexandre (du 2e lit). comte laissa ses biens à Jules-Alexandre de Launay (n" 16). seigneur de Juvinas. comte d'Antraigues (du 2« lit). Nieigles. vicomte de St-Priest. Meyras. de Jean-Emmanuel de fille Guignard. (n» 17). Le 26 janvier 1741. de Prat et de la Baume. 22 juillet 1812. 1790.

le 10 janvier 1818. le 17 février 1776. mariée à Paris. né en 1765. .416 NOTICE GÉNÉALOGIQUE 1755. Mort à Dijon le 1861. dans du milliard des Emigrés.baptiséle 28 juin dans la l'église de Greco. mort le dernier de ce nom à Scptême (Isère). né à Milan ou aux environs le 26 juin i792. Ep. sans postérité. dont il fut séparé judiciairement le 25août 1827.. avec une \ dot de lOo. à Jean-Jacques marquis de / Viennois. en 181 3 LydiaSophia-Rosa-Henrica Fitz-Gerald. morte le i" fé12 août vrier 1861.ooo liv. 16 ( 1 VIII Pierre-Antoine-Emmanuel-Jules.000 fr. Porté pour l'état dit somme de 226.

334. Avaray (comte d'). 108. 331. 375. 104. agent révolutionnaire. agent royaliste. 338. Bernardin de Saint-I'ierre.379. Albon (M"" d'). 301.' 336. 86. ingénieur. 341. 121. 313. 320. ministre des étrangères de Russie. 333. 219. 366. 314. 374-375. évoque deMeaux. 3S3-389. Adrial. 330. 384. 51-52. 293. 73. 379. 293. 309. BouLARD (général). 103-106. 323. 12". Bonaparte (Joseph). 115.TABLE DES NOMS PROPRES B Directoire. compositeur de que. 305. 268. 33. 101. 241.376. 297298. 137. BouDou. 343. 137-138. suédois. Brotier (abbé). 194. BOUGAINVILLE. Anson. 294. d'). 281-282. Bernard (M"). 134. AcKERBLAD. ministre d'Espagne à Brunswick (duc de). empereur do Russie. 277-273. 20:5. 209. 266. agent royaliste. 300. 279. 168. Angelv. BioNVAL. 275.246. 284-285. 325. 262-263. 171. affaires BuDBEUG. 284-283. 345. Amie de Paris (!'). 153. BouFFLERS (comtesse de). 129-130. BCVFON. 173-177. 320. 338. 352. Aranda 100.stre de Russie à Berlin. 147. 187. Antraigues (Jules d'). Andignl. général russe. 260. 183-184. Amide Paris (V). 279. 31 27 . 361. 368-369. 222-224. 294. Batz (baron do). 202. 292-295. 165. Azara (d'). 267. Beningsen. 371. 204. 118-119. 238.203. 375376. 148. Bonaparte (Lucien). 269.37. 259-261. ministre espagnol. Rome et à Paris. 261. Bernadotte (général). 204. 348. 209. 300. 383. 357-359. 288-291. 373. 247-252. 186. 113-115. (d'). 28C. 175. 119. 287. 373. 118. 273. Antraigues mère (M"« d'). 272. Armfelt. 97. 363.H-13. 378-379. minisire Artois (comte 193. BoissY d'Anglas. Breteuil (baron de). 152. 156-159. 178. 331. Arçon (d'). agent Suédois. 255-250. 208. 328-331.260261 373 33-34. 35. 289. directeur des postes. Iflû168-171. 372. Beutiiier (maréchal). agent royaliste. Behry (duc de). 1::4. 217. Bonaparte. musi- Angiviller (d'). 279. 252-254. (d'). 292.208. 316. 3. 189-190. Alexandre I. agent révolutionnaire Blacas (duc de). 146-147. 87.42. agent du Barral (de). 287. 381. 369. 366. 127. 210. BoïELDiEu. 263. 303304.329. 337. 208. 355. 30. 308. 230. Apchiek (marquis d'). 350-351. 290-291. 331. Bertrand de Moleville. 121. Alopébs (çomte\mini.

138139. géologue. agent Devoxshire (duchesse Divow DoLGOROUKv DOLGOROUKY de). 331333. Gharles IV. 20-21. agent révolutionnaire. 267. Ghodkiewicz (colonel). 100. général polonais. DuMOURiEz. 29. 267.-i!8-339. 353-356. Frank. Chastellux (comte de). 121. 329.50-252. m. 252. c Gadoudal (Georges). G B> Decrès (amiral). Delacroix. DoMBROwsKi. 253. 105. Caxn'ixg. 338. 343. Duroc (général). 270. de). 289. député. 337. Choiseul-Gouffier (comte de). FoNTON. Calon. ministre de Russie à Naples.308. 381. Garât. Drake. 287. conventionnel. 282-283. 373. 34. F0URCR0Y. 83. 124-125. ministre de Naples à Paris. 247. 99. 166. 300. DuvERNE DE Presles. Cambacérès. 107. Gamon (neveu). 246. FLORiDA-BLANCA. 290. 270. 348. affaires Demipov 124. 178. roi d'Espagne. 102. 130 139. 268. ministre 336. 23-23. Campos. ministre de Saxe à Paris. 353. 273. 343. 268. Gai. 183. Champagnv.09. 103. agent DiMAS Gleizal. drogman. 309-310. GouTHAUD. 290. 251. 23. Catherine II.41. roj'alis le. premier commis aux re- lations extérieures. 226. (M""=). Charette.. 63. 210. 189. 124. ministre espagnol. Gamon. HO. 317. 304 305. anglais. Flachslanden (baron de). 171. 340. ministre autrichien. conventionnel. agent vénitien. 109-110. BUTTAFUOCO. 307. 31-32. 127-128. CoiNi. 287. (général).TABLE DES NOMS PROPRES BuxAu. 100. 117. 349-350. secrétaire d'ambassade . 81. 103. 365-367. agent royaliste. 363. 274. agent anglais.lo. 300. 365. . Electeur de Saxe. député. agent royaliste. 31. royaliste. (prince). FoucHÉ. 240. 337. 277. GoDiN. CoxsTAXTJN (grand-duc). CoxDÉ (prince de). Froment (abbé). Gentz (Frédéric Ghika 270. Delmas. ministre de France à Naples. 98. maréchal de camp. DucLAUx. Golovkine. (M""=. 121. 247. 348. 135. 117-118. Espic.". 387. 308. 3. Durant. 272. 123. 112-113. 2. 271. (princesse).ministre espagnol.ne. 203. 287.273. 132. Despomelles. 356. Gaudran. 340. 270. agent royaliste. 105. 247. 343. espion français. CoBENZL.276-277. Foscarini. 339. Garnot. GoDoï. 3j4. 210. 202. 336-337. 221-228. 84. ministre d'Espagne ù Venise. 254. Ferdinand (archiduc). Goxway. Faujas de Saint-Fond. Copoxs(M'" de). Carexcv (prince de). 152. 193. 270. ministre suédois. GAnLAiNcouRT. (M°«). député aux Etats généraux. 362-363. 303. 317. 274-280. adjudant-général. GzARTORYSKi (princc Adam\ 233. 280. minisire des étrangères. 136. professeur à Vilua. 274. 203. 181-182. 77. Galitzine (princesse). DuFOUR (abbé). . F Fauche - Borel. 209. 292. ExGHiEN (duc d'). Fersen. 353. 240-i42.281-282. 230239. 237-239. Froment.294. 379.

229. Berlin. 113. Gl-stave IV. 342. agent du Directoire. 293-294. agent royaliste. nunistro d'Angleterre à Berlin. Jackson. 131. consul de France à Mos- cou. ministre de Franco à Venise. 33. prussien. 307. 321. 199-200. La Roche-Aymox. KiLMAiNE (i^-énéial). lieutenant de gendarmerie.381. premier commis des Hexnin. 343. 263-267. 292. 149. 233. 107. député aux Etats'géuéraux. Josiîphixe (impératrice^. La Fare. Lascy. 203. . agent royaliste. gouverneur de Catalogne. 336-337. Léoxtiev (M""). 333. 107-108. 344 Laxdrieux. ministre anglais. La Maisoxfort. 274. 43-44 . 2S1. 340. La Vauguyox (duc 192. diplomate russe. 143-146.-. 79. 191. KoscRSKO. de). prus- La Rochefoucauld. LizAKÉviTCH. 217. 320. 108.33. 333-336. 230. 340. agent anglais. 219. 187. 306. 323. Héron de Villefosse. Lemoxnier. 268. ministre de France à Naples. Lavalette. Helvétius (M"'=). HuLi. 109. Lesseps. 232-233. 307. 290-292. député. 04 302-303. 103. 138. afTaires étrangères. Henriette 373. Ghanville (lord). 286. envoyé do Russie Vienne. LoMÉxiE DE Briexxe. 100. 31 GciLLEMAUDET. Lombard. Ligne (prince de). 343. 278. 286. 209. ministre 289. 238. 176. 2 H. Kalytghiîv. agent roj'aliste. 'JO. (la belle) . 189. 298. 307. ministre de France à Lagarde (Henri 294. 133. 205. ambassadcur do France à Madrid. de). 334. LoRENzo. agent royaliste. ministre anglais. Laforest. 113. ministre de Venise.v (général). Las Casas. Lemerer. 184. Cardinal. Lemaitre. 177. Lapoype (général). ministre prussien. 251. Saxe. La Flesselle. adjudant-général. Havre (duc d'). roi de Suéde. Haugwitz. H IIardexberg. France en Saxe. ministre prussien. 210. 202. Lacomde-Saixt-Michel. La Rochefoucauld (M"* de). KocH. 173.tre de Russie en 180-182. Lexoir-Laroche. russe. Lhomoxd. 31. général sien. GoupiLLEAu. 334. 342. 231. 207. 171. JoNs (abbé de). domestique do d'Antraigues. HÉNiN (Félix). 134. 231. Hédouville. La Réveillère. agent royaliste. 231. 209. KûTCHOUBEY. 116. 362. 202. 103.TABLE DES NOMS PROPRES Goujox. 193. 273. tl9 GUEUZE. 292. agent royaliste. 202. 100. 202. Khanikov. 300. 3. Directeur. 293. 378-. Lallemant. agent anglais. 308. iiiirii. . Lajolais.109. KiNG. diplomate :i32-233. russe. 234. 342. 103. HowicK (lord). 334-336. Lally-Tollexdal. 302-303. 210. Laharpe. 279. 279-2Ï0. 213-214. 231. ministre de 231. 342. Lambert (de). France à ministre Harrowby. KoURAKiXE. 30. ministre do Russie à Gênes. à Lavilleurxols. ministre de Franco en Russie. ministre d'Espagne à Venise^ 96-99. Larivière (Henri). 170.

. Pons (abbé de). 105. 124. 58. 263. . 280-281. 2'. 165. 182-1. 340. 207208. ministre anglais. 333. Pierrepoint. 254.'". 238. Markov. Marie-Antoinette. 363- MoNTLosiER (comte 136. 273. Marie-Caroline. 308.. 188. 68. 307. 329.361-862. 309-370. Narischkine (M--"). 3S1. 350. 205. 22. prieur de Nieigles. 32.135- PuisÀye (comte de). 75. 336-337. Russie à. 31. 203. MONTGOLI-IER. NicoLAï. 350-351.j3. 149.239-240. 231. 304. Orléans (duchesse d'). Maury Paul Péricaud (abbé). 172. du). ministre d'Autriche en Saxe et en Prusse. 217-218. 338. Malosse. Panine (comte). Mallet du Pan. PouLPRY (chevalier de).42. Mouraviev. 150. 237. 303. secrétaire de la préfecture de police. TADLE DES NOMS PROPRES Loss. MiciiELi DE Dullit. 89. PoTOCKi (Séverin). 373. 262-263. 134-135. . Magallon. Louis XVI. PopuLus. 144. chargé d'alTaires russe à Paris. Peltier. Mortier (général). 242-243.130-141. 57. 354. Louis XVIII. Pichegru. 290-292. Pahlen (comte). 379. ministre de Russie à Madrid. 19". 89. 220. 121123. ministre de France à Bude. 134. 362. 310. Mathieu Dumas (général).333. O Obolensky (prince). jMahhenx-Montgaillard. 342. PosuEL. PiQUENARD. 3653G6. 33. ministre d'Angleterre Metternich. NovosiltsoVj 250-251. 101.178. 14i-l46. MoHRENHEiM 359. 144. 270. secrétaire d'ambassade à Vienne. Diaire d'Arles. reine des DouxSi ciles. 332- MoNTET (uMjé 188. 99. M Madier de Mon'tjau. 339. 371. Maydieu (abbé) . 230. OuBRiL(d'). 291. LuccHEsixi. député aux Etats généraux. Merlin. 190-192. 49. i03. 195. 372. chargé d'affaires russe eu Angleterre. loi.127. 379. secrétaire de d'Autraigues. Mirabeau. ministre de Venise. 209. Louis de Prusse (prince). 78. MûLLER (. 118. 36. LoYs DE LA Ghavaxxe. 104. 352-353. 194. R3.213. 324. 308. 234. I. 333. i09-H0. dl2. 255. 140. 216. agent révolutionnaire 209. 123. J71. 147-151. 247. 386. 340. de). 373. 270. 152. Perceval. 305. 270. 232. 34. 171. 188. 381. 273. financier. 235. 202. 226. ministre do Russie à Paris. 97. 155- Moreau (général). 221. JV 386-387. 56. ministre de Prusse à Paris. 225227. précepteur de d'Autraigues. 238. 77. 113. Massias. 32. 44-45. 80. agent rovaliste. Directeur. 377. MiNojA.lean de). MoRDviNov. journaliste. 126-127. 272-273. 205. 247. 293. !. 158. 64.171. Nassau-Siegen (prince de). 234. H. (abbé). secrétaire de d'Autraigues. agent rovaliste.S3. Pléville LE Peley. en Suède. 317. 321. 125. député aux Etats généraux. Panchaud. 217. 110. député aux Etats généraux. 72. Méjean (Etienne). Marguerittes (baron de). 370. Orléans (duc d'). Napoléon Necker. Malesherbes. 23o-2:j6. ministre saxon. 115. (bai'on de). 270. 370. 143. 139-141. 277. 344. 123. 381. III. Montgaillard. Marchi. Noël. 203. ministre de France à Venise. 347.

Tallevrand. Saint-Hcberty (M""^). Venture. 274. 16. employés au ministère de la guerre. 387. 38. 207-208. 278-279. professeur à Vilna. 183. 213. ScHKRER (général). 32.53. 251-252. Russie ù Vienne. agent royaliste. 317. 230. Vogué (comte Voltaire. 366. Séren't (duc de). diplomatc russe. 370. 200-212. 361. 63. . Stackelberg. 229-230. 378. Directoire. 373-374. TiTius. 281. miniaire des Onanccs. 118. 3. 293. 340. 372. 112. 139. 247. 247. 50. 301-302. agent du 209. 1S4. Directeur. Villetard. 218. 309. 305-307. Shée. 115. 370. évèquc de '. 269-270. Simon (frères). Soulavie (abbé). nise. préfet du Bas-Rhin. 206. 214-213. Directeur. Razoumovsky . 158-159. 317.5-3S. 289. 202. 195. 107. Viennois (M^e de). Sieyès. 263-267. Schulemdourg (comte de). 321. Vaudreuil (comte 101. 183. Strogoxov (M^'î). 59. ministre 18. RoMÉ DE l'Isle. 98. W WiNziNGERODE. 16-17. REAL. 176-177. 83. 132. Saint-Just. 336. SouzA (M"» de). anglais. 207-208. ministre des affaires étrangères en Russie. ROSTOPTCHINE. 298. Sain't-Priest (comte de). !H4. 134. 89. de). 332. 336. 202. WoRONzov 303. 100. £52. 317. 290-293. 318. 275276. ministre d'Angleterre à Venise. 339. ministre de Prusse à Paris. Vannelet. 273. 14. 194. 352. Sexovert. Rouan (princesse de). 30. S Sagot (colonel). sous-secrétaire d'Etat ani^dais. 183. - Jacques). 41. grand-juge. d'Autriche 119. 115. 283. de).351. chargé d'affaires à Ve- Savines. 87. agent anglais. 195. RiVAROL. TiiUGUT. 321-323. WoRONZOV (Simon). de). 154-155. 288. 277. (Alexandre). Vaillant (maréchaD. 202. ambassadeur en Russie. 11.TABLE DES NOMS PROPRES 421 R Ramei. 178. Treilhard. 294-297. 372. 334. 186.Viviers. 202. 192. 1G9. Viguier. ministre de Russie à Madrid. Strogonov (comte Paul). interprète. SucHET (général). Wellesley (marquis 11. 238. 108. V 86-88. 132. 28:i. 204. 239-240. 273.92-93. 336. Sémonville.. 282-283. RÉGNIER . 3o0-3o7. Sourdat. 198-200. 173. 232. Zastrow. Reubell. 202. 260. Saurau. 180-182. Ramon-d. Taylor. professeur à Vilna. Vignolles (général). Worsley. 233. 113. Storl. 31. savant. diplomate prussien. ambassadeur de 216. 321. 296. RouMiANZov. chef vendéen. TuRcoNi (comte de). diplomate russe. 333. 202. ministre autrichien. 103. Sandoz. Rousseau (Jean 20. 247-248. Smith. 376. 38. 205. Suzanxet. 337.

.

Séjour à Constantinople. La Le Vivarais au xvm« siècle. revendications pratiques. des rois. Années de service mi. D'Antraigues ennemi des prêtres et Voyage en Orient (1778-1771)). Leur correspondance.— Excursion en Egypte et au Sinaï. Malesherbes. Bernardin de SaintLa SaintPierre. Ses rapports avec les savants. Double caractère de son livre théories générales. Premières années (1753-1778). : — Versailles. D'Antraigues en Vivarais. D'Antraigues défenseur des franchises du Vivarais contre la Cour. Le Mémoire sur les États Généraux (1788). Mirabeau. Son caractère dépeint par sa mère. Ses bonnes fortunes. jeunesse. contre les litats du Languedoc. — — — Caractère des en France par la Pologne et l'Autriche. 18 de d'Antraigues sur l'Orient libertinage et libre pensée. gues. Le châtelain. CHAPITRE PREMIER d'antraigues jusqu'en 1789 I. — La belle — — — Henriette 30 CHAPITRE DEUXIÈME d'antraigues député I. Une apologie deNecker. — Relations avec les philosophes. Son départ pour l'Orient. Ses amis à l'étranger. Huberty. La princesse Alexandrine Ghika. les publicistes. — Un ami inconnu de 10 Jean. — Retour récits III. éducation de d'Antraifamille d'Antraigues. Le château de la Bastide. Origines du Mémoire sur les Élats. ses reve- — — — : — — nus. — — Sa conception traditionnelle et féodale de la liberté 47 . ses occupations. Sa doctrine du gouvernement direct par le peu- — — — — : ple. les gens de lettres Montgolfier. — — — — — litaire. Naissance.Jacques Rousseau II. D'Antraigues exclu de Vie à Paris et en province (1779-1788).TABLE DES MATIÈRES INTRODUCTION.

L'Assemblée des trois ordres du Vivarais. — Noèl et Lallemant Travail à l'intérieur de la France (1793-1795). Relations avec Calonne. Montlosier. — Le roi sera-t-il reconnu? — Fin de l'agence Brotier. — Le parti espagnol et let Les agences de Paris et de Venise (1792-179G). Son mémoire contre les États du Languedoc. d'Ade désintéressement. le veto royal. — Vie intime. tre-révolution. 129 maîtres. Point Naissance d'unlils. La vériGcation des pouvoirs. en Vivarais. — Anlénor. varay. — Les émigrés à Venise. Mordvinov. — D'Antraigues au service russe. froment. d'accommodement. — Tentative sur la frontière du Jura. Ses Il est premiers actes aux Etats généraux. D'Antraigues rédige le cahier de la noblesse. — Les papiers de Malesherbes — — — — — — — . Premières menées de d'Antraigues. — L'abbé Dufour. Brochures sur les questions du jour.— 424 TABLE DES MATIÈRES n. Le Marat de la conDéfauts de sa situation et de son caractère. Etablissement dans cette ville. D'Antraigues entre à — — — — — — — — — l'Assemblée constituante 111. — Ses répliques. La Chambre de la noblesse (1788-1789). en Languedoc. Rapports avec les agents étran- le traigues. — Discours à l'AsL'Assemblée constituante (1789-1790). Manque de véracité. Conférences entre les ordres. Goujon. — — — gers. Séjour à Lausanne. Premières intrigues (1790-1792).. — D'Antraigues attaciié àla légation espagnole de Venise. Ses travaux dans Comités. — Le manifeste de juil1795. — Lizakévitch et Golovkine. — Correspondance avec 102 M'"^ d'Antraigues mère. — parti anglais en Vendée. Débats du 11 mars à son sujet. Jugement sur la cour de Coblence. Brocliures contre-révolutionnaires.— D'Antraigues mal vu àla Cour: sa popularité passagère. — Intrigues en Corse. III. — — — II. Mariage. — Les agents de Paris et Louis XVIII. Pillage et in- — — — — — — — — cendie de la Bastide 70 CHAPITRE TROISIÈME D ANTRAIGUES AGENT ROYALISTE I. les semblée sur les Droits de l'iiomme. Les accusateurs. L'Adresse à la noblesse de France Un manuscrit de Jean-Jacques. le vote par ordre ou par tête. D'Antraigues commissaire de la noblesse. Le Rapport de Sainl-Just. 85 — — — — — — — — . L'agence Brotier àParis. Las Casas.. D'Antraigues et ses ennemis. 116 — D'Antraigues jugé par sa mère. — Fin du service espagnol. 58 — Nombreuses brochures contre d'Antraigues. — D'AnGamon. Son attitude passive. — Dernières relations avec Mirabeau. Puisaye et Charette [V. élu député. Lettre du 6 février 1790. U Avis aux Suisses Projets d'intervention espagnole. D'Antraigues entre ses deux Opinion de Louis XVllI. Départ pour la Suisse. Royalistes et révolutionnaires en Vivarais.

Ses efforts pour se réconcilier avec Louis XVIII.Vérone. Montgaillard (1796). de près avec Kilmaine. D'Antraigues déclare son à Trieste. Lettre à Boissy-d'Anglas. Entretien avec ce dernier 170 La captivité. Villetard. — est-il émigré français ou fonctionSes réclamations. — La correspondance de Vannelet. D'Antraigues s'abouche de loin avec Carnot. — Sieyés à Berlin. Il est Son entrevue du 1" juin mariage. collaborateur triche. Accusations de Montgaillard. Départ de Montgaillard. — Finances et diplomatie de la république. tion avec Montgaillard. — Relations avec Thugut. les ministres Delacroix et Talleyrand. parte 1 o4 L'arrestation. D'Avaray décide la disgrâce de d'Antraigues. Ouverture de son portefeuille. naire russe? — — D'Antraigues — — — — — IV. —Établissement en Au- de d'Antraigues 28 197 . l'Autriche. — Passé de l'auteur. Montgaillard. Préparatifs Publication de la. La Saint-Huberty et M™= Bonaparte. son arrivée en Italie. Louis XVIII quitte . — L'espionnage politique en l'an VL — Le Directoire et son entourage. conduit à Milan. ses moyens d'information. ses protestations au dehors. Vannelet. L'évasion. A Vienne (1798-1800). Entrevues de d'Antraigues et du général en chef. La conversation du 4 décembre 1796. — — — Sa fuite Le portefeuille — — — — — — — — • III. Le général Boulard. conversation le d'évasion. Elle Comment son auteur est traité par Bonaest envoyée à Paris. L'Orient. —^Son arrestation Bernadette et Mordvinov. passé. et d'être élu aux Cinq-Cents 144 et — — — — — — — — D'Antraigues guetté par (1797). D'Antraigues Intrigues à Naples. — Vannelet. — — II. Sortie de Milan. Colère de Bonaparte. Ce qu'on pense au loin du prisonnier Louis XVIII. avec Bonaparte. 18 Fructidor. la propagande révolutionnaire en Italie. La conversaCaractère probable de cette pièce. dans les Etats pontificaux.TABLE DES MATIÈRES 42 CHAPITRE QUATRIÈME d'aNTRAIGUES et BONAPARTE I. La disgrâce. dans le camp français. son Ses menées auprès de d'Antraiguos. D'Antraigues à Vienne. Son refus de rentrer en France. La Vauguyon. Thugut. Ses rapports avec La Fare et le cardinal Maurj'. Comment il est traité par l'empereur Paul I" et l'ambassadeur russe Razoumovsky 182 : — — — — — — — — — — CHAPITRE CINQUIÈME d'aNTRAIGUES a vienne et a DRESDE I. de Venise devant les Français. D'Antraigues menacé par Bonaparte.

— — — — — — — — . et et 22'J CHAPITRE SIXIÈME L. 238 russe. ses violences. Kalytclic'v Thugut. Comment finit Pil'arrestation et do la mort du duc d'Enghien. m. 2" Caractère de ses révélations leur importance pour Czartoryski Vamle de Paris. — — — — . Un récit inédit de Caractère de la conspiration les complices. Sonentrevue secrète avec d'Antraigues. — Nouveaux démêlés. Mohrenheim — Les Lami et l'amie — : — — — : . CobenzL ville. —ISami. — A Vienne (1800-180^). deux scènes caractéristiques. L'ambassadeur français Champagny. — D'Antraigues etCobenzl. police de Y ami et de Yamie. Mort deYami. ses passions. Ce qu'on sait de lui. correspondants {"Vami de Paris. — D'Antraigues quitte Vienne pour — Panine Dresde. 212 — — rcmjilacc Razoumovsky. — La disgrâce de Panine— Mémoire de d'Antraigues sur Louis XYIII Dresde {! 802-180 4). rusContreLe cabinet noir. Champagny. Talleyrand. Ses sentiments. — D'Antraigues conseiller d'Etat. anglomane Yamie. la police secrète à l'étranger. Rôle de Jean de Miïller de Gentz. Dcniêlûs — — Séjourà Gratz et brouille — — avec — : — — . son attitude. Alexandre I" mystifié. La colonie Les ministres étrangers à Paris. sur la politique extérieure 284 . — La politique française en 1804. Rentrée en grâce de Fouché. Modes de transmission lin de la 2ib correspondance.i2fi TABLE DES MATIÈRES II. Nouveaux amis de d'Antraigucs Armfelt. Bnithier et les Bourbons. cbegru. ses moyens d'informations. — Sesrapports secrets avec Vienne. Les préparatifs contre l'Angleterre. Czartoryski. 271 Protestation de la Russie. Rôle de Caulaincourt. Razoumovsky. Son successeur. maison impériale. — . Jean de Mûller.V FRANCE EN l8o4 I. Desseins de Napoléon. L'organisation de la M"= Bonaparte. — de Bonaparte et de Joséphine. Marie-Caroline à Vienne. Les amis de d'Antraigues en France. Le roi de Suéde Gustave IVUn monologue de Sieyès. son caractère. A — Retour de Razoumovsky. Disgrâce momentanée. — — III. — Possibilité d'une révolution intérieure en Russie encouragements donnés. Bonaparte Le Premier Consul et sa cour. — Brouille avec Marie-Caroline. : La conspiration de — Craintes — — — — — — IV. Travaux pour l'omperour Paul. I\é flexions de d'Antraigues 1804. sa conduite. — Opinions de Berthier et de Joséphine sopliile. Nassau-Siegen et Choiseul-Gouffier . Sentiments de son entourage pour lui. de Paris. — Ses premières relations dans cette Czartoryski. — — — II.

Interdiction du port de la croix de Saint-Louis. princesse Troubctskoï. Scènedul4 février 1804. D'Antraigues à Novosiltsov. Arrivée à Londres. D'Antraigues et le duc d'OrPuisaye. D'Antraigues au sergrâce en Russie. 321 traigues mère ses dernièi'es lettres. Markov et Bonaparte. Projet d'établissement à Weimar. Résistance de Gzartoryski. Préludes de la troisième coalition. Ses services comme correspondant du ministère do l'instruction publique. Son cadre. Les Mémoires de Montgaillard — — — — — — — — — — — II. Les Bourbons (lSOO-1811). ses développements. Position à Jean de Mûller et d'Angiviller. Leurs Liaison avec Puisaye. 311 — — Vie de famille et de société. Entrevue avec Fauche-Borel. Présentation de d'Antraigues à la cour de Dresde. D'Antraigues autorisé à passer en Angleterre. D'Antraigues a-t-il embrassé la religion grecque ? M'"° d'AnCorrespondance avec l'amie de Paris. Le XVIir livre dePolybe (1805). ses prétextes. ses causes. Un portrail d'Alexandre 1'' et Bernardin de et travaux littéraires. La Saint-Huberty opinions et conduite. Un pamphlet érudit et allégorique. Son succès. Education du jeune Jules. sa part dans l'exaltation de l'esprit prussien. Comment l'auteur fut récompensé. Jean deMulIer à Berlin. La Rochefoucauld (1803-1804). Essai d'en299 lèvement. Les affaires de France. leyrand. gues. — — — — . Une Université unique. Mission du secrétaire Mohrenhcim. Soupçons de Bonaparte et deTal. vice anglais 347 — — — — — — — II. Disprise entre Nicolaï et Strogonov. Dangers du séjour à Visites Dresde. Jugements G ollaboration à l'organisation des universités russes. sa mort — — — — : — — — : Lu politique prussienneet BonaIV.TABLE DES MATIÈRES 427 CHAPITRE SEPTIÈME d'aNTRAIGUES a DRESDE (sulte) I. Canning et lord Granville. Notes des 15 et 25 décembre contre lui. — — — — — — — Saint-Pierre III. Opinion des Russes et des Saxon» sur d'AntraiVie littéraire. parte. Etablissement en Angleterre (lSOG-1807). Louis de Prusse. Scène du 25 septembre 1803 aux Tuileries. léans. Son Mémoire sur l'enseignement national. 334 — — — — — — — — — CHAPITRE HUITIÈME d'aNTRAIGUES en ANGLETERRE I. militante contre l'esprit révolutionnaire. Fersen. La Relations mondaines. D'Antraigues conseiller de légation.

Complot avorté contre d'Avaray. et — Intrigues — m. L'assassinat (1812). D'Antraigues lesley — — — * 361 Le soPériode d'isolement et d'abandon. TABLE DES MATIERES contre Louis XVIII arrivant en Angleterre. La Pressentiments d'une lin tragique. Fauche-Borel.1 428 projets. D'Antraigues éconduitpar WelCorrespondance avec Armfelt. Bruits répandus. 372 bles. Jugements descontemporains. causes probadouble catastrophe du 22 juillet.— Appréciationgénérale. Nouvelles espérances du côté de la liloque <lu l*" janvier 1812. Russie. 383 39 411 NOTICE GÉNÉALOGIQUE TABLE DES NOMS PROPRES 417 5à O ^ 1 . Lorenzo. — — — — — — — — CONCLUSION BIBLIOGRAPHIE .

.

.

PLEASE DO NOT REMOVE CARDS OR SLIPS FROM THIS POCKET UNIVERSITY OF TORONTO LIBRARY DC me A58P5 1893 Cl ROBA .

Sign up to vote on this title
UsefulNot useful