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REPUBLIQUE DU MALI

MINISTERE DES MINES DE L’HYDRAULIQUE ET DE L’ENERGIE DIRECTION NATIONALE DE L’HYDRAULIQUE ET DE L’ENERGIE

ETUDE DE FACTIBILITE ET D’IMPACT DU BARRAGE DE TOSSAYE

RAPPORT DE FACTIBILITE DU SCENARIO DE DEVELOPPEMENT DE LA BOUCLE DU NIGER

RESUME ET CONCLUSIONS

mali020.doc - DND (RMF - HLE – 17/12/1997)

doc . AVANT-PROJET DU BARRAGE DE TOSSAYE ET DE SES OUVRAGES ANNEXES 6 4. IMPACTS SOCIO-ECONOMIQUES DU PROJET 10 6. DIAGNOSTIC DE LA SITUATION ACTUELLE ET PERSPECTIVES 4 3.SOMMAIRE Page 1.HLE – 17/12/1997) . LE PROJET DE DEVELOPPEMENT POUR LA BOUCLE DU NIGER 8 5.DND (RMF . ETUDE ECONOMIQUE ET FINANCIERE 13 mali020. LA ZONE D’ETUDE 2 2. IMPACT SUR L’ENVIRONNEMENT 11 7.

mali020. A l’issue de cette première phase.doc . le développement de l’élevage pour l’exportation. Bien plus qu’une simple étude de faisabilité d’un projet de barrage. le présent rapport concerne la factibilité d’un projet de développement de la Boucle du Niger reposant sur la régulation du cours du fleuve Niger permise par la construction d’un barrageseuil à Tossaye. Le rapport est articulé en 7 chapitres principaux qui sont résumés ci-après. Il constitue l’aboutissement de 16 mois d’enquêtes.DND (RMF .1 REPUBLIQUE DU MALI MINISTERE DES MINES DE L’HYDRAULIQUE ET DE L’ENERGIE DIRECTION NATIONALE DE L’HYDRAULIQUE ET DE L’ENERGIE ETUDE DE FACTIBILITE ET D’IMPACT DU BARRAGE DE TOSSAYE RAPPORT DE FACTIBILITE DU SCENARIO DE DEVELOPPEMENT DE LA BOUCLE DU NIGER RESUME ET CONCLUSIONS L’étude de Factibilité et d’Impact du Barrage de Tossaye a fait l’objet d’un premier rapport remis en février 1997 et intitulé « Schémas de Développement et d’Aménagement de la Boucle du Niger ». il est apparu que le scénario comprenant la réalisation d’un barrage-seuil à Tossaye présentait les meilleures garanties pour le développement durable des deux Régions du Nord du pays. C’est l’étude de ce scénario qui fait l’objet du présent rapport de factibilité. de reconnaissance et d’étude sectorielles validées au fur et à mesure par le Ministère des Mines de l’Energie et de l’Hydraulique et présente la factibilité du projet de développement et du barrage-seuil de Tossaye pour le développement durable des régions nord du Mali par la réhabilitation de l’environnement et la lutte contre la désertification.HLE – 17/12/1997) . l’amélioration de la production piscicole et la disponibilité d’énergie hydro-électrique. le développement des cultures irriguées et l’autosuffisance alimentaire.

HLE – 17/12/1997) . les dépression de Tiouaz et Kakas dans le Gourma et la vallée fossile du Tilemsi au nord de Gao.2 LA ZONE D’ETUDE La zone d’étude. l’objectif étant de sécuriser les systèmes de production agro-pastorale basés pour l’essentiel sur le régime de crue et de décrue du fleuve. la gestion du barrage étant définie pour recréer un rythme de marnage des eaux le plus proche possible du régime naturel. le système des lacs Télé et Faguibine en amont de Tombouctou.1 REGION DE TOMBOUCTOU REGION DE GAO Système du lac Faguibine Tombouctou Bamba Tossaye Vallée du Tilemsi Gao 200 km Diré 83 km Dépression du Gourma Delta Central 125 km 128 km 150 km limite régionale Ansongo CARTE SCHEMATIQUE DE LA BOUCLE DU NIGER République du Niger mali020. - - Schéma 2. La zone à l’aval du défilé de Tossaye jusqu’à Ansongo qui bénéficie du soutien d’étiage pour le développement des cultures irriguées de contre-saison et la sécurisation d’un débit d’étiage supérieur à 75 m3/s pour la République du Niger. Les dépressions latérales de part et d’autre du fleuve notamment. ou zone d’influence du barrage-seuil de Tossaye.doc .DND (RMF . s'étend du Delta Central à la frontière de la République du Niger. et s’analyse en trois grandes zones : La zone à l’amont du site de Tossaye jusqu’à Diré est sous l’influence de la retenue du barrage qui permettra de reconstituer chaque année une crue moyenne garantie.

Ces populations sont fortement rurales (70%) avec 69% dans le secteur primaire (agriculture.DND (RMF . répartis en cinq unités morphopédologiques : La plaine alluviale inondable de 1 à 3 km de large (194 000 ha) La plaine alluviale non inondable (67 000 ha) Les hautes terrasses irrigables (43 000 ha) Le plaines du système Faguibine Les dépressions du Gourma (aménageables sur 47 000 ha) La vallée fossile du Tilemsi (irrigable sur 66 000 ha) Les conditions naturelles de la zone d’étude sont celles d’une zone subdésertique.doc .HLE – 17/12/1997) . mali020. l'appauvrissement des nappes phréatiques et la réduction du couvert végétal. la diminution des zones d’inondation. La péjoration climatique des 25 dernières années a eu un impact très négatif sur le milieu naturel entraînant l’ensablement des chenaux. L’unité de base (la famille) comporte en moyenne 8 personnes dont 4 actifs. élevage) et le nomadisme est important (27%). La population concernée est de 700 000 habitants soit plus de 70% de la population totale des régions de Gao et de Tombouctou avec un taux de croissance naturel de 3%.3 L’inventaire des terres a permis de chiffrer à 417 000 hectares le potentiel aménageable théorique net de la zone d’étude.

- La production céréalière qui en résulte tourne autour de 88 000 tonnes en moyenne annuelle avec des écarts importants liés à la pluviométrie et à l’ampleur de la crue du fleuve. La pêche.5 tonnes de riz paddy à l’hectare pour un coût de réalisation de 1.DND (RMF . La moitié des bourgoutières (12 500 ha sur 25 000) ont été abandonnées ou reconverties à la riziculture du fait de la dégradation du régime des crues et des conditions d’inondation des plaines alluviales.4 DIAGNOSTIC DE LA SITUATION ACTUELLE ET PERSPECTIVES Les activités productives de la zone d'étude sont essentiellement celles du secteur primaire : agriculture. On dénombre en moyenne près d’un bovin et deux ovins/caprin par habitant pour la fourniture de lait. L’élevage est une activité essentielle dans la zone du projet et le système pastoral est de type migratoire à court rayon de déplacement. est directement proportionnelle à la surface d’inondation en période de crue avec une productivité de l’ordre de 50 kg/ha et une production annuelle moyenne de l’ordre de 8 000 tonnes. tant en terres qu’en main d’oeuvre. Les pâturages de saison sèche sont localisés le long de la vallée dans les bourgoutières (pâturages d’Echinocloa Stagnina) et ont connu une forte régression. soit environ 100 000 tonnes/an.2 millions de FCFA/ha. élevage et pêche. ainsi que l’exportation sur pied vers les pays limitrophes. qui concerne directement environ 30 000 personnes. Ceci est dû à un facteur limitant absolu qui est le niveau de crue du fleuve. Les périmètre irrigués par pompage (7 000 ha actuellement) de coût d’investissement élevé (6 millions de FCFA/ha) pour des rendements théoriques de 4 à 5 tonnes de riz paddy à l’hectare. Mais elle a fortement souffert de la période de sécheresse.HLE – 17/12/1997) .doc . Le déficit céréalier avoisinerait 50% de la demande locale. Les cultures en submersion contrôlée (42 000 ha actuellement) qui permettent des rendement de 1. Mais la principale caractéristique de cette agriculture est la sous-utilisation de son potentiel. la thésaurisation et la production de viande. mali020. dont la plus ou moins grande maîtrise détermine trois systèmes de production : Les cultures en submersion naturelle avec des rendements aléatoires de l’ordre de 0. L’agriculture est une agriculture de subsistance entièrement dépendante de l’eau du fleuve. d’importants dysfonctionnements d’organisation (notamment pour les périmètres irrigués) et des problèmes croissants de gestion foncière. La plus grande partie de la production est commercialisée en frais (60%) le reste sous forme de poisson séché ou fumé. Le marché est loin d’être saturé.4 tonne de riz flottant par hectare.2 à 2. auquel s’ajoutent un faible niveau d’équipement.

Le tourisme embryonnaire à Gao et Tombouctou.5 Les autres secteurs d’activités sont peu développés. L’artisanat est important mais participe surtout du secteur informel. l’essentiel se fait par le fleuve qui n’est navigable que 5 mois par an sur le bief Mopti-Gao. à l’exception d’une unité d’exploitation des mines de phosphates du Tilemsi d’une capacité de 30 000 tonnes/an. et de sécuriser un débit d'étiage minimum de 75 m3/s pour la République du Niger. seul un ouvrage de contrôle des débits au droit du seuil de Tossaye permettrait d'envisager le développement durable de la zone du projet par : 1.doc . Le développement des périmètres irrigués en contresaison est en effet d’ores et déjà condamné en raison de la faiblesse des débits d’étiage. Les perspectives de développement sans barrage sont très limitées : on ne peut guère espérer qu'une progression des périmètres de submersion contrôlée a un rythme identique à celui observé sur les dix dernières années (2 800 ha/an) et une certaine régénération des bourgoutières au rythme de 900 ha/an. la recharge des nappes phréatiques et l’extension des zones d’épandage qui contribueront de manière notable à la réhabilitation des écosystèmes le long de la vallée. comme l’a choisi le Gouvernement de la République du Mali.HLE – 17/12/1997) . la réduction de la pression sur les plaines alluviales inondables pour le développement et la régénération des bourgoutières. 2. La sécurisation du niveau de crue et des conditions d’inondation en amont (de Bamba à Diré) afin de permettre la levée du facteur limitant sur les systèmes de production par submersion et leur extension.DND (RMF . Quant au transport et au commerce. En conséquence. mali020. Le renforcement des débits d’étiage à l’aval permettant le développement des périmètres en maîtrise totale de l’eau et des cultures de contre-saison. l’élevage et la pêche resteront stagnant à leur niveau actuel et le trafic fluvial devrait suivre une croissance proportionnelle à la population. actuellement à l’arrêt pour des problèmes de commercialisation. La pression sur les écosystèmes naturels de la vallée sera proportionnelle à l’accroissement de la population et du cheptel et aggravée par la réduction des capacités de charge due à la dégradation des conditions climatiques et du régime de crue du fleuve. C’est pourquoi. le déficit alimentaire persistant maintiendra les populations dans une dépendance forte vis à vis du reste du pays et des importations. Le transport local est assuré par pirogues et pinasses.

de s’assurer de la factibilité technique et du coût de réalisation d’un barrage-seuil au droit du site de Tossaye. Le barrage calé sur une barre de quartzite en amont du défilé de Tossaye (site n° ) 4 sera constitué. Le soutien d’étiage et la garantie d’un débit minimum de saison sèche de 75 m3/s à la frontière de la République du Niger. La continuité du transport fluvial et routier par la création d’un noeud de jonction entre le trafic fluvial majoritaire à l’amont (Tombouctou-Tossaye) et le trafic routier sur le tronçon Tossaye-Gao renforcé par la réhabilitation de la route et la création d’un port de pêche justifié par l’accroissement de la production piscicole et la disponibilité d’énergie.DND (RMF .HLE – 17/12/1997) .6 AVANT-PROJET DU BARRAGE DE TOSSAYE ET DE SES OUVRAGES ANNEXES Il convenait. Le barrage de Tossaye est un ouvrage à buts multiples qui sera géré pour assurer les fonctions suivantes: La sécurisation de la ressource en eau par le contrôle permanent du plan d’eau pour la reproduction du marnage naturel du fleuve permettant de sécuriser à l’amont les cultures traditionnelles de submersion et de décrue avec l’affranchissement de l’aléa climatique et hydrologique d’une part . et d’autre part d'accroître de manière significative la ressource en eau en contre-saison à l’amont comme à l’aval du barrage. par: . La production d’énergie hydro-électrique comme sous produit de la gestion des lâchures et de la cote de retenue à l’amont.75 est de 3 milliards de m3 permettant de satisfaire à terme la demande en eau pour l’irrigation et de sécuriser un débit d’étiage de 75 m3/s pour la République du Niger.doc . Le rapport sur le Choix du Site du Barrage remis à l’Administration dès le mois d’octobre 1996 complété par la campagne de reconnaissances a permis d’évaluer de manière satisfaisante les conditions de fondation et de réalisation d’un ouvrage sur le site amont du défilé de Tossaye. Une digue en enrochement à noyau étanche de 800 m de long fermant le bras principal rive gauche à l’amont de la grande île - mali020.40 et 258. avant l’étude de factibilité économique du projet de développement axé sur la réalisation d’un ouvrage permettant de pallier les obstacles à un développement durable. - - Les principales caractéristiques de l’ouvrage sont les suivantes : La capacité utile de la retenue entre les cotes 254. à partir de la rive gauche du fleuve.

7 . . Manantali (Mali). . Bourem et Gao. . . Le coût de réalisation est estimé sur la base d’aménagement réalisé ou en cours de réalisation dans des conditions similaires en Afrique : Garafiri (Guinée). mali020. Un évacuateur de crue d’une capacité de 3 300 m3/s comportant 10 passes vannées. Un quai de 100 m de long par 30 m de large comportant une cale de déchargement pour les pinasses.DND (RMF . . Tekeze et Gojeb (Ethiopie). Une ligne 60 kV vers Taoussa.doc . Une ligne 60 kV vers Bamba. 20 MUSD pour les équipements électromécaniques et 8 MUSD pour la supervision et le contrôle des travaux. Une centrale hydro-électrique de 20 MW de puissance installée pour un productible annuel de 90 Gwh équipée en première phase de 2 groupes de 4 MW. . Le programme de construction s’étend sur trois ans de l’an 2000 à 2002. Ce coût de réalisation est de 88 millions de dollars US dont 60 MUSD pour le Génie Civil. Une écluse de 12 m de large combinée avec le quai pour l’accostage et le franchissement des navires. Un ouvrage de raccordement à l’appui rive droite constitué d’un remblai d’enrochement à noyau étanche.HLE – 17/12/1997) .

8 à 3. pêche).. à terme. seule activité où la zone de projet possède un véritable « avantage comparatif » sur ses voisins. Quant aux possibilités pour le tourisme de devenir économiquement significatif. transport.4 à 1. Ceci implique les rythmes d’aménagement suivants : pour la submersion contrôlée (84 000 hectares nouveaux). l’activité piscicole verrait sa production progresser à terme de plus de 60 % et sa part commercialisée de doubler (de 4 000 à 7 800 tonnes/an). artisanat. la production céréalière à terme serait décuplée par rapport au niveau moyen actuel. Bien évidemment ancré sur l’axe que représente la vallée du fleuve. élevage..) devront fournir des emplois à la moitié des actifs de la zone de projet . à un horizon de 30 ans. - Ce rythme assez élevé d’aménagement permettra à terme de doubler la superficie des terres à la disposition de chaque famille (de 1. la progression de la production fourragère (bourgou et fourrage irrigué). 139 000 hectares nouveaux en 30 ans. Au plan de l’utilisation des terres. en particulier. Compte tenu des assolements. la mise en valeur des terres de la zone du projet permettrait d’employer à terme la quasi totalité de la main d’œuvre disponible en milieu rural. soit. artisanat de services. accompagnée des mesures prophylactiques et organisationnelles adéquates. la priorité étant d’atteindre l’autosuffisance alimentaire.) et tertiaire (commerce. les activités des secteurs secondaire (production d’électricité. permettrait d’envisager une croissance du cheptel de l’ordre de 3% par an et un quadruplement des exportations (de 17 400 à 80 000 UBT). De son côté. concerne 1 million de personnes aujourd’hui. transformation des produits agricoles.. dans ce dernier secteur.2 ha/famille). mais 2 millions à terme. pour les périmètres irrigués (45 000 hectares nouveaux). A raison de 4 actifs par famille. il est permis de croire à un développement marqué de l’exportation du bétail. elles sont réelles mais mettront sans doute de longues années à se réaliser. il est d’abord un projet de développement des activités primaires (agriculture..doc . Mais. compte tenu des 49 000 ha existants et d’une perte de 3 000 ha à l’amont du barrage.8 LE PROJET DE DEVELOPPEMENT POUR LA BOUCLE DU NIGER Le projet de développement proposé pour la Boucle du Niger. il est prévu d’accroître progressivement le rythme de 700 ha/an les 5 premières années à 1 300 ha/an les 10 années suivantes et à 1 900 ha/an les 15 dernières années.. des perspectives d’amélioration des rendements et de la réduction significative du risque de défaillance de la ressource en eau.5 ha) et de tripler la surface irriguée en maîtrise totale de l’eau (de 0. réactivation des mines de phosphate. mali020. nationaux et internationaux.HLE – 17/12/1997) .. et compte tenu des perspectives démographiques. il est prévu de maintenir le rythme actuel d’environ 2 800 ha par an. avec un effort particulier pour la régénération des bourgoutières (1 000 ha/an) . ce qui assurerait très largement l’auto-suffisance alimentaire de la zone de projet. le projet propose donc un objectif à terme de 185 000 hectares aménagés (sur un potentiel théorique de 417 000 ha).DND (RMF . En outre.

mali020. elles devraient connaître un certain développement induit en amont et en aval du secteur primaire : l’artisanat se développera sans doute dans le domaine agro-alimentaire (outillage. notamment par l’extension des infrastructures routières (Pont de Gao sur le fleuve Niger. Dans ce schéma de développement. on peut penser que la production hydroélectrique jouera un rôle clé dans leur développement : sur une demande et une production énergétique de l’ordre de 135 Gwh/an à terme. modeste mais générale. devrait également être perçue auprès de tous les agents économiques en bénéficiant directement : irriguants. route GaoAnsongo-Tillabéri-Niamey) et par la complémentarité fleuve-route au niveau du port pluvial et de l’écluse de Tossaye. les ouvrages pourraient ainsi être confiés en concession. Quant aux autres activités secondaires et tertiaires. transformation des produits agricoles) et le développement du commerce ira de pair avec celui du transport. admis par tous et au service de tous. est primordial : une fois réalisés. le barrage à une société d’économie mixte dotée de l’autonomie de gestion et les aménagements hydro-agricoles aux groupements d'irriguants concernés. mécanisation agricole. à la fois comme facteur et comme bénéficiaire de ce développement. Le secteur des transports est appelé lui aussi à jouer un grand rôle dans le développement de la Boucle du Niger. de la part commercialisée des productions locales et de la progression du pouvoir d’achat des populations. l’hydro-électricité produite par l’usine de Tossaye en représenterait en effet les 2/3 (90 Gwh/an).doc .HLE – 17/12/1997) . mais aussi éleveurs et pêcheurs. la fixation d’un cadre institutionnel.DND (RMF . des actions d’accompagnement sont indispensables : un effort tout particulier de vulgarisation/formation. En outre. route Gao-Bourem. la mise à disposition de moyens de crédit adéquats et la mise à niveau de l’équipement de la zone en infrastructures publiques.9 Concernant les autres secteurs de l’activité économique. Une redevance de « disponibilité de l’eau ».

et les petits propriétaires terriens pour lesquels il s’agira d'accroître leur indépendance en ayant accès à d’avantage de terre. En effet. Il est à noter qu’il s’agit d’un déplacement latéral de l’habitat et des infrastructures villageoises situés aux abords immédiats du fleuve et non d’un déplacement de terroir villageois. des perspectives de développement et de l’impact direct de la construction du barrage de Tossaye sur les populations.doc .DND (RMF . Le taux d’activité agricole qui est de 42% actuellement serait de l’ordre de 87% à terme. les impacts socio-économiques du projet seraient les suivants : A court terme. Le taux d’activité de la population rurale serait proche du plein emploi. des infrastructures routières. - - - mali020. Le coût de ce recasement est estimé à 7 MUSD. Une évolution probable de la stratification ethnique et inter-ethnique basée sur un mode inégalitaire d’accès à la terre et aux moyens de production. Les revenus monétaires qui stagnent actuellement autour de 50 000 FCFA/an et par famille (100 USD/an/famille) donc largement en deçà du seuil de pauvreté se trouveraient décuplés à terme avec un revenu monétaire net moyen par famille de 500 000 FCFA/an (1 000 USD/an/famille). les paysans sans terre pour lesquels l’opportunité sera donnée de conquérir un droit d’accès à la terre et de se libérer des différents modes de servage et d’affermage. La gestion foncière des enjeux contradictoires et nécessairement incompatibles. les équilibres inter-ethniques ancestraux basés sur la répartition inégalitaire de la propriété foncière risquent d’être remis en cause par la sécurisation et l’extension des ressources terre-eau. sera délicate entre les grands propriétaires terriens qui chercheront à maintenir et à valoriser des privilèges exclusifs. et la meilleure disponibilité en eau et en énergie contribueront à l’amélioration des conditions de vie des populations.10 IMPACTS SOCIO-ECONOMIQUES DU PROJET Compte tenu des perspectives démographiques dans la zone du projet. Des mesures sanitaires adéquates devront être mises en oeuvre afin de réduire les risques de développement des maladies hydriques. par la superposition du droit foncier positif et du droit coutumier. le déplacement et le recasement d’environ 15 000 personnes localisées aux abords immédiats du fleuve sur le bief Tossaye-Bamba.HLE – 17/12/1997) . La réalisation des infrastructures sanitaires et sociales.

75 afin d’améliorer et de sécuriser le marnage naturel du fleuve à l’amont. mali020. Cependant. Les hautes terrasses et les systèmes dunaires dépendent essentiellement de la pluviométrie qui était de 240 mm avant 1964 et qui a connu une baisse continue à partir de 1965. D’autre part. contribuera au relèvement des nappes alluviales et à la reprise végétale favorable des Acacia sp et Hyphaena thebaica. L’echinocloa stagnina délimite le lit mineur et les zones exondées sont occupées par mimosa pigra et les vétiveraies. balanites aegyptiaca et leptadénia pyrotechnica. ziziphus mauritania et piliostigma reticulata). - Les unités écologiques des plaines inondables et des basses terrasses sont fortement dépendantes des conditions de crue du fleuve Niger qui a connu une forte baisse d’hydraulicité au cours des 25 dernières années pendant lesquels les apports annuels ont été de l’ordre de 15 à 20 Milliards de m3. La retenue du barrage de Tossaye sera gérée entre les cotes 254. Les limnigrammes types pour différents biefs tenant compte de la gestion attendue du barrage et de l’effet de la courbe de remous ont permis d’évaluer l’impact du barrage sur les écosystèmes : A l’aval du barrage de Tossaye.DND (RMF . la réduction de 20 cm de la pointe de crue due au laminage entraînera l’exondation permanente des parties hautes de la plaine alluviale et pourra avoir une influence négative sa végétation marginale.doc .11 IMPACT SUR L’ENVIRONNEMENT Les écosystèmes naturels de la zone du projet sont stratifiés le long de la vallée de la manière suivante : La plaine inondable à sols hydromorphes supporte un important couvert végétal dominé par Oryza longstamina et Vetiveria nigritiana. de perturber le moins possible la crue à l’aval du barrage et de renforcer les débits d’étiage.HLE – 17/12/1997) . Les apports moyens sur la période 1924-1970 ont été en moyenne de 35 Milliards de m3. Les systèmes dunaires orientées ouest-sud-est et nord sud sont dominés par acacia sp. Les basses terrasses sont à majorité couvertes de vétiveria nigritiana et sont bordées par des îlots très dégradés de palmiers doum. le soutien d’étiage permettant de reconstituer l’hydraulicité du fleuve à hauteur des années décennales humides favorisera directement Echinochloa stagnina et oriza longstamina.4 et 258.. On constate une stabilisation autour de 210 mm depuis 1990. Les hautes terrasses sont à végétation dominante constituée de steppe arbustive (balanite aegyptiaca. la garantie d’un débit d’étiage supérieur à 75 m3/s pour la République du Niger contribue à la préservation de la ressource en eau pour les pays situés à l’aval.

doc .12 - A l’amont du barrage. mali020. le retour à des conditions d’inondation annuelle de plus de 57% d’un potentiel de 430 000 ha de plaines qui ne sont soumises actuellement aux crues du fleuve que pour 17 % permettra la régénération et l’extension importante de la végétation naturelle de vétiveraie et de palmeraies.DND (RMF . Le relèvement de la nappe phréatique qui sera affleurante ou sub-affleurante sur les hautes terrasses permettra la reprise de la végétation hydrophile et d’inhiber largement le processus d’érosion éolienne et de désertification. et de contribuer ainsi à l’arrêt du processus de désertification et à la préservation de la ressource en eau transfrontalière. Le barrage de Tossaye par la sécurisation et le renforcement du régime naturel du fleuve permettra de régénérer le potentiel écologique de la vallée.HLE – 17/12/1997) .

emplois. est basée sur la méthode des prix de référence utilisée par la plupart des organisations internationales. aménagements hydroagricoles. le calcul de l’avantage net différentiel (« cash-flow différentiel ») et le calcul de trois indicateurs : la Valeur Actualisée Nette et le Ratio Avantages/Coûts. moindres importations. énergie.HLE – 17/12/1997) . des charges récurrentes et de leur échelonnement dans le temps (études complémentaires. après avoir établi le système des prix de référence . évaluation économique proprement dite.DND (RMF . inventaire des coûts d’investissement.3) et un Taux Interne de Rentabilité supérieur à 13% . évaluation des productions supplémentaires obtenues par la sécurisation du système Faguibine) et non quantifiables (alimentation améliorée.Gittinger).13 ETUDE ECONOMIQUE ET FINANCIERE L’évaluation économique du projet.doc . impacts stratégiques et géopolitiques) . actions d’accompagnement. quantifiables (productions primaires. consistant à juger de son opportunité du point de vue de la collectivité malienne tout entière. - mali020. effets induits amont et aval. On a ainsi suivi. les étapes suivantes : 1) 2) délimitation du projet dans l’espace (zone du projet) et dans le temps (30 ans) . qui passe par l’établissement des chroniques de coûts et d’avantages des deux situations (avec et sans projet) sur la période de 30 ans. environnement. valorisation des coûts et des avantages. pour les deux situations avec projet et sans projet. ouvrages proprement dits. tous deux reposant sur le choix d’un taux d’actualisation approprié (estimé en général comme proche du taux d’intérêt des capitaux internationaux à long terme) et le Taux de Rentabilité Interne . L’établissement des prix de référence résulte essentiellement de l’application empirique des principes de celle préconisée par la Banque Mondiale (P. identification des avantages. un Ratio Avantages/Coûts supérieur à l’unité (1. avec une création de richesse nette (Valeur Actualisée Nette) de 100 milliards de FCFA (170 MUSD). l’agriculture (44%) et l’élevage (43%) contribuent de façon à peu près identique à cette création de richesses nouvelles pour le pays . recasement et compensations) . Les principales conclusions de cette méthode appliquée au projet de développement de la Boucle du Niger sont les suivantes : la rentabilité économique du projet semble bien établie. 3) 4) 5) 6) analyse de sensibilité de la rentabilité du projet à la variation de divers paramètres clés.

DND (RMF . 271 et 262 millions d’US Dollars) . l’essentiel des investissements physiques serait financé par quatre prêts internationaux à conditions « douces » (successivement 130. L’analyse financière du projet consiste à examiner la rentabilité du projet en termes financiers réels pour les principaux agents économiques concernés .HLE – 17/12/1997) . la redevance générale de « disponibilité de l’eau ». mais pourrait aller jusqu'à 45 FCFA/kwh pour assurer un autofinancement satisfaisant. pour compte du gestionnaire de l’ouvrage. Les unités de production du secteur primaire (familles) parviennent à satisfaire leurs besoins alimentaires et contribuent à l’équilibre céréalier de la zone . dont les grandes lignes seraient les suivantes : les études préalables seraient financées par un don de la communauté internationale . . Compte tenu des « capacités contributives » des uns et des autres. mali020. la SOGET. outre leur rôle de maître d’ouvrage et de concédant des aménagements. la vente d’électricité à l’EDM : le prix de cession de l’électricité pourrait être inférieur à 20 FCFA/kwh si l’objectif est simplement de couvrir les coûts de production.14 - la rentabilité du projet est particulièrement sensible aux variations des coûts d’investissement (notamment des aménagements hydragricoles). les communes rurales et l’Etat. grâce à : . 192. ne doit pas être considéré comme inaccessible : à titre de comparaison. L’Etat devra investir environ 100 MUSD sur trois ans pour la réalisation du barrage et s’engager dans un rythme d’investissement de 14 milliards de FCFA par an pendant 30 ans pour les aménagements hydroagricoles . Les communes rurales. la main d’œuvre rurale est proche du plein emploi et les revenus monétaires dégagés par la commercialisation des productions sont décuplés à terme (500 000 FCFA/famille/an). le gestionnaire du barrage. qui lui laisserait un solde excédentaire pouvant être rétrocédé aux communes rurales et correspondant à l’aménagement de 100 ha par an en moyenne . devront collecter la redevance « disponibilité de l’eau » auprès des unités de production familiales bénéficiaires de la vallée. ce rythme. Le gestionnaire de l’ouvrage (la SOGET) parvient très facilement à équilibrer ses comptes. l’Etat a investi sur les dix dernières années environ 8 milliards de FCFA par an dans les deux Régions du Nord.doc . permettant en particulier de financer intégralement les équipements hydrauliques complémentaires prévus pour faire face à l’augmentation de la demande. ce sont ici les producteurs du secteur primaire. mais bien moins aux hypothèses faites sur les rendements agricoles ou sur le rythme de réalisation des investissements. pour être soutenu. un plan de financement peut être esquissé.

pourrait être pris en charge : en partie par l’Etat (remboursement du prêt de 130 MUSD pour les ouvrages initiaux) en partie par les unités de production familiales bénéficiaires du projet (les trois autres prêts). - Le service de la dette internationale. quant à lui. l’Etat pourvoierait aux besoins initiaux du crédit à court et long terme.doc .HLE – 17/12/1997) .15 - les équipements électriques futurs seraient pris en charge directement par la SOGET et EDM.DND (RMF . sous forme d’une taxe foncière assise sur les surfaces aménagées (environ 100 000 FCFA par exploitation agricole et par an) et perçue par les communes rurales.1 de la page suivante récapitule l’essentiel des données et résultats du projet. chacun pour ce qui les concerne et sans mettre en danger l’équilibre de leurs comptes . Le tableau 0. mali020.

6 133 52 185 1. par famille moyenne 42 7 49 0. (crédit) Total investissements Financement des investissements Don international Autofinancement SOGET Autofinancement EDM Prêt international A (ouvrages) Prêt international B (aménagemts) Prêt international C (aménagemts) Prêt international D (aménagemts) Budget national malien Service de la dette Prêt A -> Budget national malien Prêts B+C+D -> Communes rurales Participation exploitat. exportés (1000) 14 Prod. (1000 t) Riz 42 Sorgho 5 Blé Maraîchage Fourrage Bourgou Autosuffisance céréalière 23% Productions animales Croissance cheptel bovin Croissance cheptel ovin/c. Equipements électr.DND (RMF .HLE – 17/12/1997) . Analyse financière (MM FCFA) Coût réel d'investissement Etudes préalables Ouvrages et 1° act.16 Tableau 0. futurs Aménagmts hydroagricoles Act. Bovins exportés (1000) 15 Ovins/c.1 : RESUME DU PROJET 1997 1998 1999 2000 2001 2002 1998-02 2003-07 2008-17 2018-30 2030 Σ M US $ Popul. agricoles FCFA Taxe foncière / ha / an FCFA soit.6 416 33 13 25 219 288 102% 100% 25% 68 76 13 45% 43% 5% 8% 5 2 6 25 2 2 25 15 2 17 25 17 2 18 25 34 2 36 25 70 8 79 127 44 19 64 180 136 84 220 573 71 258 330 1 369 323 370 692 2 249 13. de la zone (1000hab) Aménagements (1000 ha) Submersion Irrigation 965 2 104 Intensité culturale en irrigué Productions agric.5% 556 637 1 194 3 878 5 18 20 37 5 75 3 49 1 53 18 125 14 157 16 247 262 5 5 18 20 37 81 5 5 75 37 421 15 553 5 10 26 75 111 157 152 15 553 59 122 124 9 130 63 725 26 953 9 18 45 130 192 271 262 26 953 102 210 213 2 1 18 20 37 75 49 8 10 62 62 14 157 22 21 16 95 152 262 37 101 5 18 20 37 81 1 53 70 000 100 000 mali020. primaire de la zone Agriculture 24% Elevage 68% Pêche 8% Energie 1% Analyse économique (MM FCFA) Investissements Fonctionnement Avantages Taux Rentab. d'accompagn.d'acc. Interne Eco.doc . piscicole (1000 t) 8 Prod.