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Thèse d'actuariat
5pVXPp
Cadre : ENSAE
Année : 2003
Auteurs : Benoit COURMONT et Christophe IZART
Sous Ia Direction de : Franck LE VALLOIS
Détermination d'un pIan de
réassurance optimaI pour une société
d'assurance non-vie
1. Introduction
En 2002, la Commission de Contrôle des Assurances a publié un rapport sur les cessions en réassurance des
sociétés françaises d’assurance non-vie. Cette étude a mis en avant que des sociétés de chiffres d’affaires
similaires avaient des programmes de réassurance très différents. L’objectif de notre mémoire a été
d’expliquer ces écarts en cherchant un plan de réassurance optimal et en comparant celui-ci aux traités
effectivement souscrits.
Nous avons considéré une société d’assurance non-vie. Cette dernière dispose de fonds propres
apportés par les actionnaires, qui en attendent une rémunération qui représente une charge pour la société.
Par ailleurs, l’assureur peut céder une partie de ses risques à un réassureur. Il échange alors une partie de la
charge relative au besoin de fonds propres contre une charge de réassurance. La détermination d’un plan
optimal de réassurance consiste à minimiser la charge total qui pèse sur l’assureur.
Nous présentons dans un premier temps le programme d’optimisation lorsque la société ne souscrit
qu’un seul risque. Nous distinguons les différentes formes de réassurance : proportionnelle, non
proportionnelle ainsi que le mélange de ces deux types. Nous voyons ensuite les modifications induites dans
ce programme d’optimisation lorsque l’assureur fait face à deux risques corrélés. Enfin, nous appliquons
notre modèle à deux sociétés d’assurance françaises afin de comparer nos résultats à leurs traités.
2. Réassurance optimale pour un risque
2.1 Programme d`optimisation et contraintes
Le programme d’optimisation d’une compagnie d’assurance est le résultat de la minimisation d’un coût
global, somme du coût de la réassurance et du coût du capital. Le coût de la réassurance est défini par
l’espérance de profit cédé au réassureur. Le coût du capital est la différence entre la rémunération attendue
par l’actionnaire et les produits financiers résultant du placement des fonds propres.
La société est en outre soumise à deux types de contraintes :
• une contrainte réglementaire, la marge de solvabilité, imposant un niveau de fonds propres minimum
aux entreprises d’assurance,
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• une contrainte économique de type probabilité de ruine.
Cette dernière contrainte est évaluée sous l’hypothèse que la charge de sinistres conservés a une
distribution normale. Nous étudierons la pertinence de cette hypothèse dans la suite.
2.2 Application à différentes formes de traités
Nous avons résolu notre programme numériquement pour trois formes de réassurance :
• Réassurance non proportionnelle
Nous présentons les résultats obtenus pour un traité stop loss et pour un traité en excédent de sinistre.
Un traité en stop loss protège le résultat de la compagnie. Ce type de traité se définit par une priorité,
montant à partir duquel la charge de sinistre est supporté par le réassureur, et un plafond, montant
maximum sur lequel s’engage le réassureur. Pour un plafond fixé, nous déterminons la priorité et le
capital qui minimisent le coût global de la compagnie d’assurance. Nous étudions également la
sensibilité de notre modèle aux différents paramètres. Notons ici que la contrainte de probabilité de
ruine est plus contraignante que la contrainte réglementaire.
Le traité en excédent de sinistre protège la compagnie contre un sinistre (ou un événement) trop
important. De même que précédemment, nous déterminons un couple optimum (capital, priorité).
Pour cela, nous supposons que la charge de sinistre suit une loi de Pareto et que le nombre de
sinistres suit une loi de Poisson. Dans cette partie, nous étudions également la pertinence de
l’hypothèse de normalité concernant la probabilité de ruine pour conclure que celle-ci n’a pas une
influence forte sur nos résultats.
• Réassurance proportionnelle
L’assureur cède au réassureur un pourcentage fixé de ses primes, et le même pourcentage de ses
risques. En faisant l’hypothèse de saturation de la contrainte de probabilité de ruine nous résolvons
analytiquement notre programme d’optimisation. Nous montrons en particulier que, dans ce cadre,
soit l’assureur ne se réassure pas du tout, soit il cède l’intégralité de son risque. Cependant, les
hypothèses formulées précédemment cessent d’être vérifiées lorsque la part cédée est proche de
100%. Afin de contourner cette difficulté, nous avons résolu le programme numériquement pour
obtenir un optimum.
• Mélange proportionnelle – non-proportionnelle
Nous nous sommes limités au cas rencontré le plus fréquemment sur le marché. Le traité fait
intervenir d’abord la réassurance proportionnelle puis la non-proportionnelle. Nous reprenons ici le
modèle développé dans les parties précédentes.
Nous obtenons des résultats proches de ceux obtenus par Centeno, en résolvant un programme
légèrement différent. Nous montrons que la part cédée en réassurance proportionnelle doit être
proche de zéro. Ceci explique en partie pourquoi les traités de réassurance du marché sont
essentiellement des traités en non-proportionnelle. Par la suite nous ne nous intéresserons plus qu’à
ce type de traités.
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3. Réassurance optimale pour deux risques corrélés
Lorsqu’une compagnie d’assurance assure plusieurs risques, ceux-ci peuvent être corrélés. C’est le cas par
exemple des branches responsabilité civile automobile et dommages automobile. Nous faisons l’hypothèse
que la corrélation des risques n’a pas d’impact sur le coût de la réassurance. Les contraintes doivent quant à
elles être modifiées. Celles-ci portent sur les fonds propres globaux, et non par branche. Par ailleurs, il est
délicat d’attribuer catégoriquement à chaque branche une part des fonds propres.
Il existe plusieurs moyens de prendre en compte la corrélation entre les risques. Notre approche de ce
problème a été uniquement théorique puisque les données dont nous disposions ne nous permettaient pas de
mettre en œuvre notre programme.
La première solution est d’utiliser une distribution bivariée pour la charge de sinistre. Cependant cette
solution est imparfaite. En effet, si l’on choisit une distribution de Pareto bivariée pour prendre en compte les
queues de distribution, alors les distributions marginales sont nécessairement des distributions de Pareto. En
outre, l’utilisation de distributions bivariées limite le champ des valeurs possibles pour les coefficients de
corrélation. Nous avons donc préféré l’utilisation de copules à celle de distributions bivariées.
L’utilisation des copules est parfaitement adaptée à notre étude. On peut en effet choisir
indépendamment la copule, qui décrit la corrélation, et les lois marginales de sinistres. Les copules
archimédiennes nous ont permis de prendre en compte les asymétries entre les dépendances existant entre les
gros sinistres et celles entre les petits sinistres.
4. Application à deux sociétés du marché
Nous présentons les résultats que nous avons obtenus pour deux sociétés d’assurance non-vie du marché
français appartenant au même groupe d’assurance. Le traité de réassurance est négocié au niveau du groupe
et les deux compagnies sont donc soumises au même traité malgré leurs différences. Notre but est de
comparer celui-ci avec l’optimum.
Les deux compagnies considérées ont souscrit un traité en excèdent de sinistre.
4.1 Raffinements du modèle
Afin de traiter nos données, nous avons supposé que la distribution des sinistres était divisée en deux : les
petits et les gros sinistres. Ils n’ont pas la même distribution mais leurs nombres suivent des lois de Poisson.
Nous étudions alors les modifications apportées et estimons les nouveaux paramètres correspondants à ce
modèle.
La seconde amélioration concerne la prise en compte des boni / mali de liquidation. Ceux-ci ont en
effet une influence DSULRUL on négligeable sur l’optimum de réassurance. Nous proposons donc une manière
de les prendre en compte dans le programme d’optimisation en modifiant la contrainte de probabilité de
ruine.
4.2 Programme optimal pour les deux sociétés
Nous présentons les résultats obtenus pour quatre risques : dommages automobile, responsabilité civile
générale, catastrophes naturelles et dommages aux biens de particuliers. Les résultats obtenus sont proches
du traité de réassurance pour l’une des deux compagnies mais assez éloignés pour l’autre. Ceci est naturel
puisque les deux sociétés sont très différentes en terme de chiffres d’affaires. Se pose donc la question de la
pertinence d’un traité de réassurance négocié au niveau du groupe.
Nous présentons également les résultats obtenus en introduisant les boni / mali de liquidation.
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5. Conclusion
Nous avons montré ici comment pouvait être déterminé un traité de réassurance optimal pour une société
d’assurance non-vie. Nous l’avons fait tout d’abord sous l’hypothèse simplificatrice que la compagnie ne
souscrivait qu’un seul risque. Sous cette hypothèse, nous avons vu comment déterminer l’optimum selon que
la couverture était proportionnelle ou non. Nous avons également montré que la souscription d’un traité en
proportionnelle, qu’il soit combiné ou non à un traité non-proportionnelle, n’était pas optimal dans notre
approche.
En ce qui concerne la dépendance des risques, nous avons vu que la meilleur solution pour les prendre
en compte était l’utilisation de copules. Cependant, nos données ne nous ont pas permis de mettre en œuvre
nos résultats et de tester notre modèle. L’objectif de cette partie était notamment de trouver un traité global
optimal et non risque par risque.
Enfin, nous avons présenté nos résultats pour deux sociétés du marché français. Nous avons mis en
évidence qu’un traité commun aux deux sociétés n’était pas optimal pour les deux compagnies. Nous avons
également étudié la sensibilité de notre modèle à la probabilité de ruine DSULRUL ainsi qu’à l’introduction des
boni / mali de liquidation.
Notre travail a donc permis d’obtenir un outil d’optimisation du programme de réassurance d’une
société non-vie. Certaines spécificités des traités de réassurance, telles que les tranches ou les reconstitutions
limitées, n’ont pas été prises en compte et pourraient être introduites dans des travaux futurs.

Par la suite nous ne nous intéresserons plus qu’ à ce type de traités. soit l’ assureur ne se réassure pas du tout. et un plafond. les hypothèses formulées précédemment cessent d’ être vérifiées lorsque la part cédée est proche de 100%. nous supposons que la charge de sinistre suit une loi de Pareto et que le nombre de sinistres suit une loi de Poisson. 2 . Nous étudions également la sensibilité de notre modèle aux différents paramètres. Pour cela. De même que précédemment. Nous montrons en particulier que. nous déterminons un couple optimum (capital. Cette dernière contrainte est évaluée sous l’ hypothèse que la charge de sinistres conservés a une distribution normale. Ce type de traité se définit par une priorité. Pour un plafond fixé.  $SSOLFDWLRQ j GLIIpUHQWHV IRUPHV GH WUDLWpV Nous avons résolu notre programme numériquement pour trois formes de réassurance : • Réassurance non proportionnelle Nous présentons les résultats obtenus pour un traité stop loss et pour un traité en excédent de sinistre. Nous obtenons des résultats proches de ceux obtenus par Centeno. Le traité en excédent de sinistre protège la compagnie contre un sinistre (ou un événement) trop important. En faisant l’ hypothèse de saturation de la contrainte de probabilité de ruine nous résolvons analytiquement notre programme d’ optimisation. montant maximum sur lequel s’ engage le réassureur. nous déterminons la priorité et le capital qui minimisent le coût global de la compagnie d’ assurance. nous avons résolu le programme numériquement pour obtenir un optimum. dans ce cadre. • Mélange proportionnelle – non-proportionnelle Nous nous sommes limités au cas rencontré le plus fréquemment sur le marché. soit il cède l’ intégralité de son risque. Un traité en stop loss protège le résultat de la compagnie. Ceci explique en partie pourquoi les traités de réassurance du marché sont essentiellement des traités en non-proportionnelle. nous étudions également la pertinence de l’ hypothèse de normalité concernant la probabilité de ruine pour conclure que celle-ci n’ a pas une influence forte sur nos résultats. Afin de contourner cette difficulté. et le même pourcentage de ses risques. Le traité fait intervenir d’ abord la réassurance proportionnelle puis la non-proportionnelle. Nous reprenons ici le modèle développé dans les parties précédentes.• une contrainte économique de type probabilité de ruine. • Réassurance proportionnelle L’ assureur cède au réassureur un pourcentage fixé de ses primes. Cependant. Notons ici que la contrainte de probabilité de ruine est plus contraignante que la contrainte réglementaire. Nous étudierons la pertinence de cette hypothèse dans la suite. montant à partir duquel la charge de sinistre est supporté par le réassureur. Dans cette partie. en résolvant un programme légèrement différent. Nous montrons que la part cédée en réassurance proportionnelle doit être proche de zéro. priorité).

nous avons supposé que la distribution des sinistres était divisée en deux : les petits et les gros sinistres. Les deux compagnies considérées ont souscrit un traité en excèdent de sinistre. 5pDVVXUDQFH RSWLPDOH SRXU GHX[ ULVTXHV FRUUpOpV Lorsqu’ une compagnie d’ assurance assure plusieurs risques. Nous avons donc préféré l’ utilisation de copules à celle de distributions bivariées. Ils n’ ont pas la même distribution mais leurs nombres suivent des lois de Poisson. En outre. l’ utilisation de distributions bivariées limite le champ des valeurs possibles pour les coefficients de corrélation. Par ailleurs. Nous faisons l’ hypothèse que la corrélation des risques n’ a pas d’ impact sur le coût de la réassurance. Ceux-ci ont en effet une influence D SULRUL on négligeable sur l’ optimum de réassurance. Il existe plusieurs moyens de prendre en compte la corrélation entre les risques. Les contraintes doivent quant à elles être modifiées. Nous étudions alors les modifications apportées et estimons les nouveaux paramètres correspondants à ce modèle.  $SSOLFDWLRQ j GHX[ VRFLpWpV GX PDUFKp Nous présentons les résultats que nous avons obtenus pour deux sociétés d’ assurance non-vie du marché français appartenant au même groupe d’ assurance. responsabilité civile générale. Notre but est de comparer celui-ci avec l’ optimum. C’ est le cas par exemple des branches responsabilité civile automobile et dommages automobile. L’ utilisation des copules est parfaitement adaptée à notre étude. il est délicat d’ attribuer catégoriquement à chaque branche une part des fonds propres. 3 . si l’ on choisit une distribution de Pareto bivariée pour prendre en compte les queues de distribution. et les lois marginales de sinistres. La première solution est d’ utiliser une distribution bivariée pour la charge de sinistre. Le traité de réassurance est négocié au niveau du groupe et les deux compagnies sont donc soumises au même traité malgré leurs différences. qui décrit la corrélation. Cependant cette solution est imparfaite. Notre approche de ce problème a été uniquement théorique puisque les données dont nous disposions ne nous permettaient pas de mettre en œuvre notre programme. alors les distributions marginales sont nécessairement des distributions de Pareto. Les copules archimédiennes nous ont permis de prendre en compte les asymétries entre les dépendances existant entre les gros sinistres et celles entre les petits sinistres.  5DIILQHPHQWV GX PRGqOH Afin de traiter nos données. Nous présentons également les résultats obtenus en introduisant les boni / mali de liquidation. On peut en effet choisir indépendamment la copule. Nous proposons donc une manière de les prendre en compte dans le programme d’ optimisation en modifiant la contrainte de probabilité de ruine.  3URJUDPPH RSWLPDO SRXU OHV GHX[ VRFLpWpV Nous présentons les résultats obtenus pour quatre risques : dommages automobile. catastrophes naturelles et dommages aux biens de particuliers. Les résultats obtenus sont proches du traité de réassurance pour l’ une des deux compagnies mais assez éloignés pour l’ autre. ceux-ci peuvent être corrélés. La seconde amélioration concerne la prise en compte des boni / mali de liquidation. et non par branche. Se pose donc la question de la pertinence d’ un traité de réassurance négocié au niveau du groupe. Celles-ci portent sur les fonds propres globaux. En effet. Ceci est naturel puisque les deux sociétés sont très différentes en terme de chiffres d’ affaires.

nous avons vu comment déterminer l’ optimum selon que la couverture était proportionnelle ou non. nos données ne nous ont pas permis de mettre en œuvre nos résultats et de tester notre modèle. qu’ il soit combiné ou non à un traité non-proportionnelle. L’ objectif de cette partie était notamment de trouver un traité global optimal et non risque par risque. n’ était pas optimal dans notre approche. Notre travail a donc permis d’ obtenir un outil d’ optimisation du programme de réassurance d’ une société non-vie. Nous avons mis en évidence qu’ un traité commun aux deux sociétés n’ était pas optimal pour les deux compagnies. nous avons vu que la meilleur solution pour les prendre en compte était l’ utilisation de copules. Sous cette hypothèse. n’ ont pas été prises en compte et pourraient être introduites dans des travaux futurs. Nous l’ avons fait tout d’ abord sous l’ hypothèse simplificatrice que la compagnie ne souscrivait qu’ un seul risque. Certaines spécificités des traités de réassurance. 4 . Cependant. En ce qui concerne la dépendance des risques. Nous avons également montré que la souscription d’ un traité en proportionnelle. Enfin. Nous avons également étudié la sensibilité de notre modèle à la probabilité de ruine D SULRUL ainsi qu’ à l’ introduction des boni / mali de liquidation. nous avons présenté nos résultats pour deux sociétés du marché français. telles que les tranches ou les reconstitutions limitées. &RQFOXVLRQ Nous avons montré ici comment pouvait être déterminé un traité de réassurance optimal pour une société d’ assurance non-vie.