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RAPPORT TECHNIQUE SUR LES MACHINES "BULL"
JANVIER 1932 par G.BOLLE, Ancien élève de l'Ecole Polytechnique, Chef de Division de la Comptabilité des chemins de Fer du P.L.M.
(voir informations sur Mr G. Bolle en fin de ce document)

Annexe 2

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POINÇONNEUSES Il existe actuellement la poinçonneuse à main, analogue aux poinçonneuses à main étrangères, mais qui leur sera supérieure à partir de Janvier 1932, l'échappement à crémaillère devant être remplacé par un échappement par roue dentée donnant plus de régularité. On nous a montré les maquettes réelles des poinçonneuses à alimentation et à éjection automatiques et relais mécanique entre le dispositif de perforation et les touches pour adoucir celles-ci. Ces machines, en tant que petites machines à manipulation simplifiée, n'ont pas d'homologues dans les machines étrangères. Les maquettes sont en service d'essai depuis deux mois, et les essais ayant été concluants, on prépare l'outillage pour la fabrication en série. Les machines avec relais électro-magnétique entre le dispositif de perforation et les touches servent de base dans l'étude d'une machine automatique complète, c'est-à-dire avec répétition des constantes et possibilité de synchronisation immédiate avec une machine a écrire ou comptable. L'étude en est terminée et la maquette réelle en cours de mise au point. TRIEUSE La trieuse horizontale à 400 cartes-minute est une machine à commande électromagnétique à un seul électro-aimant ; une chaîne sans fin prend les cartes à la sortie du magasin d'alimentation et après le balai de contact pour les conduire au-dessus des 13 cases de réception. Le mouvement de cette chaîne est en synchronisation avec celui de la patine d'alimentation, c'est-à-dire que sa position dépend de celle de la carte sous le balai : selon la perforation, c'est-à-

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dire selon le moment où le circuit électrique est fermé, une des traverses que porte la chaîne occupe une position telle qu'un taquet déterminé de cette traverse ( le taquet correspondant à la perforation ), est mis, ( par une barre horizontale faisant un certain angle avec la traverse et commandée par l'électro-aimant au moment du contact), en position telle qu'il ouvrira sa case, c'est-à-dire celle qui correspond à la perforation, quand la traverse et la carte l'auront atteinte. Cette trieuse procède donc uniquement d'une synchronisation entre les mouvements des deux pièces et, comme la synchronisation est obtenue par engrenage, cette machine semble très sûre. D'autre part, les cartes successives se trouvent, lorsqu'elles sont entraînées par la chaîne sans fin, presque jointives, et leur vitesse d'entraînement et, par conséquent, celle de tous les organes, se trouve être, sinon 3 fois, tout au moins 2 fois plus faible que dans les trieuses mécaniques , où les cartes successives sont à une distance de 3 cartes les unes des autres, pour un même rendement de 400 cartes à la minute. Le résultat évident est l'usure des pièces de 2 à 3 fois plus faible que dans les trieuses mécaniques et une différence considérable en faveur de cette trieuse, :par rapport aux trieuses mécaniques, dans le bruit. Cependant, elle est encore moins silencieuse que les trieuses électriques connues à ce jour. Il faut signaler que la trieuse a été conçue pour pouvoir adapter des compteurs (un par case et un général) d'une façon aussi simple que possible, pour avoir une sécurité non encore obtenue jusqu'ici : ils sont pour cela, en regard des cases et actionnés mécaniquement sans choc par un dispositif d'une conception ingénieuse donnant une course régulière. TABULATRICES Tabulatrice non imprimante Tabulatrice à 3 totalisateurs et 3 compteurs de cartes 45 colonnes "stop automatique", c'est à dire arrêt par changement de perforation. Sélection automatique, c'est à dire possibilité de ne totaliser que les cartes correspondant à certaines caractéristiques de perforation, sans tri préalable, avec séparation à volonté des cartes sélectionnées. C'est la tabulatrice du brevet BULL 1922 dont 17 exemplaires, fabriqués par BULL lui même de 1923 à 1925, date de son décès, ont été livrés à la clientèle en Norvège, au Danemark, en Finlande et en Suisse, où elles fonctionnent encore aujourd'hui. C'est également la tabulatrice, à la présentation extérieure près, fabriquée de 1928 à 1930 par la Société EGLI, de Zürich, qui construit les "MADAS" et les "MILLIONNAIRE". Les machines suisses ont été livrées à la clientèle en Suisse, et le stock de pièces fabriquées transféré à Paris lors de la

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constitution de la Société française. Il résulte de cet exposé que cette machine a fait ses preuves, tant au point de vue de ses possibilités techniques, que de la qualité de sa construction. Cette machine, qui possède tous les avantages des machines non-imprimantes perfectionnées (arrêt automatique, grande vitesse : 135 cartes-minute, grande capacité des totalisateurs), constitue une nouveauté grâce à son dispositif de sélection. Tabulatrice non imprimante La Société française H.W. EGLI BULL a été fondée en mars 1931 pour le développement des programmes de fabrication des trieuses horizontales et des tabulatrices imprimantes, d'après les brevets de M. KNUTSEN qui avait été le collaborateur de M.BULL en Norvège. M.KNUTSEN, engagé par la Société française comme ingénieur en chef, a estimé qu'il devait adopter, pour la partie qui ne constitue pas à proprement parler l'impression de la tabulatrice imprimante, la conception de la tabulatrice non-imprimante, machine éprouvée. C'est pourquoi les premières machines imprimantes, dont 3 exemplaires ont été déjà livrés à la clientèle, sont des tabulatrices à 3 totalisateurs, contrôle automatique (transformation du "stop automatique ") et dispositif de sélection. Ces machines tournent à 130 cartesminute en "listing" et en "tabulating". Il y a tout particulièrement lieu d'insister sur le dispositif d'impression d'une conception entièrement nouvelle et permettant les plus grandes vitesses en "listing". Alors que, dans toutes les machines étrangères, tant électriques que mécaniques, l'impression se fait par levée d'un secteur porte caractères et la frappe des marteaux sur un caractère, ces mouvements de secteur et de marteau étant essentiellement alternatifs, l'impression, dans les machines 'BULL" se fait par la pression sur le papier, à un certain moment de sa rotation, moment déterminé par la perforation de la carte, d'une roue porte caractères tournant d'une façon continue en synchronisation avec le passage des cartes. Les roues porte-caractères sont contiguës et permettent une impression moins large et une plus grande facilité de disposition des rubriques qu'avec les tabulatrices étrangères comportant des blocs de 9 à 10 secteurs d'impression séparés par des intervalles quelquefois très larges. Le programme de fabrication prévoit la construction de machines à plus grande capacité et impression alphabétique. Actuellement, sont en cours de fabrication (les études et dessins d'ensemble sont terminés et nous les avons vus) les pièces destinées à des tabulatrices 45 colonnes, 6 totalisateurs, 77 roues d'impression

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numérique contiguës, contrôle automatique et dispositif de sélection, avec possibilité d'adjoindre ultérieurement des roues d'impression alphabétique. Les études de l'impression alphabétique avec les 26 lettres et le point semblent très poussées, certains assemblages ont été réalisés, ce qui laisse prévoir que la mise au point définitive ne saurait tarder. L'usine annonce que, prochainement, des machines à grande capacité (80 colonnes) seront mises en chantier sans autre modification dans la construction, par rapport aux 45 colonnes, que le changement des ponts de support des brosses-balais et des balais eux-mêmes. CONCLUSION : En résumé, les machines "BULL" réunissent d'ores et déjà, des caractéristiques qui les classent en tête de tous les appareils de même ordre qui les ont précédées. On peut dire qu'elles ont fait leurs preuves : outre les premiers modèles mis en service dont il est parlé ci-dessus, nous avons vu fonctionner aux ASSURANCES SOCIALES 2 tabulatrices à 3 totalisateurs tournant à 130 tours-minute en "listing" comme en "tabulating". De plus, une tabulatrice de même modèle doit être prochainement mise à l'essai dans l'atelier de mécanographie P.L.M. Les nouveaux modèles à 6 totalisateurs tourneront probablement plus vite encore et seront montés avec un soin tout particulier pour que les opérateurs aient toutes facilités à les servir grâce à un ensemble de dispositifs réalisés par l'atelier de l'Avenue Gambetta sur le conseil d'usagers consultés spécialement à cet effet. Simplicité de conception, bas prix, vitesse considérable obtenue par l'impression au moyen de roues porte-caractères à rotation continue, d'où rendement abaissant encore le coût des équipements, souplesse remarquable de la tabulatrice, fabrication aussi soignée que les études qui la précèdent, telles sont les qualités qui doivent assurer aux machines "BULL" une supériorité incontestable et un marché de plus en plus étendu. G.BOLLE
Information sur Mr G.Bolle, figurant dans le mémorandum rédigé par Emile Genon en Septembre 1932 à propos des accords entre Egli Bull et Aussedat (voir Annexe 4) : M.Georges BOLLE, Ingénieur-chef de la Division de la Comptabilité aux Chemins de Fer du P.L.M. Président du Comité des Statistiques et de la Comptabilité Mécanique (Section de la Confédération Générale de la Production Française), et depuis peu de temps Président du Comité Mécanographique Inter Réseaux qui vient d'être créé au Siège du Contrôle Commun des Chemins de Fer. C'est à M.BOLLE que la Société EGLI-BULL doit d'avoir fait la connaissance de son beau-frère M.Marcel BASSOT, et de son fils Jacques, qui ont souscrit 500.000F à l'augmentation de capital du 16 avril dernier et repris récemment du titre à

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l'A.T.E.I.C. (M. Marcel BASSOT, ancien élève de l'Ecole Polytechnique, industriel retiré des affaires, est l'un des deux Vice-Présidents d'EGLI-BULL ; son fils Jacques, docteur en droit, est Secrétaire du Conseil de la Société et, par ailleurs, futur Administrateur de l'A.T.E.I.C.).

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