Macro-Economie

2ème année de DEUG de Sciences Economiques UVSQ Année Universitaire 2003-2004

Thème : Introduction à la Macro-Economie et le Circuit Economique
L’idée du cours est de fournir : (1) Une définition de la macroéconomie. (2) Les développements de la macro-économie, à partir de la notion de circuit économique, de comptabilité nationale mais surtout à partir des travaux de Keynes. (3) Eléments de base de la comptabilité nationale.

I.

Définitions
(définition issue du Dictionnaire d’analyse économique de Bernard

Qu’est-ce que la macroéconomie ?
Guerrien) :

La macroéconomie est une « approche théorique qui consiste à analyser l’économie d’un pays d’un point de vue global, à travers les relations qui peuvent exister entre ces agrégats, tels que le PIB, le niveau des prix ou de l’emploi, la masse monétaire etc. »
En d’autres termes, à la différence de la microéconomie qui s’intéresse au consommateur et à l’entreprise, la macroéconomie étudie la consommation de l’ensemble des ménages et à la production de toutes les entreprises. La macroéconomie raisonne sur des groupes d’agents économiques (producteurs, consommateurs…) et sur des agrégats (PIB, consommation, investissement…). Elle poursuit quatre objectifs : Déterminer les variables permettant d’expliquer le comportement des groupes d’agents ; Etudier les relations entre les variables afin de déterminer l’existence de rapports stables, voire de lois, entre ces variables et dégager les conditions de réalisation d’un équilibre entre les agrégats économiques ; Analyser les principaux déséquilibres qui peuvent apparaître entre les agrégats et rechercher les causes de ces déséquilibres ; Etudier les politiques économiques et les moyens à mettre en œuvre pour atteindre certains buts économiques fixés par la société. Si, on attribue souvent la paternité de la macroéconomie à John Maynard Keynes (économiste du début du 20ème siècle), on retrouve des racines analytiques chez les Physiocrates au 18ème avec le Tableau économique de Quesnay en 1758 par exemple).

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II.

Le Circuit Macro-Economique

Avant de présenter le circuit économique, il convient de préciser un certain nombre de concepts fondamentaux afin d’avoir une appréciation globale des échanges qui s’instaurent entre les divers pôles de décision d’une nation, à savoir les acteurs économiques et les marchés.

1. Les acteurs économiques
Dans une économie nationale, les acteurs ou agents économiques sont très nombreux. De manière synthétique, on peut les regrouper en cinq catégories : Les entreprises (ou les sociétés non financières) : Elles ont pour fonction économique principale la production de biens économiques et de services à but lucratif ; Les ménages : Ils offrent aux entreprises des facteurs de production (le travail par exemple), moyennant un revenu qui leur permet de consommer ; Par convention, les entreprises individuelles, c’est-à-dire celles qui n’ont pas d’autre personnalité juridique que celle des exploitants. Les administrations : La fonction principale des administrations est la fourniture de services à but non lucratif. L’état et les administrations de la sécurité sociale sont les deux plus importantes administrations. Les sociétés financières : Elles regroupent les institutions financières et les entreprises d’assurance et de capitalisation, dont le fonction principale est d’assurer et de financer l’économie On trouve les banques (banque de France, banque de second rang), les intermédiaires financiers non bancaires (caisses de dépôts et de consignations, institutions financières spécialisées, les sociétés mutualistes à l’exception de la sécurité sociale…) L’extérieur : L’extérieur regroupe l’ensemble des agents résidant à l’étranger et ayant des relations avec l’économie nationale (notamment au niveau des importations et des exportations).

2. Les marchés
Les agents économiques effectuent des transactions sur 4 grands marchés : Le marché des biens et des services : c’est celui où de déterminent la production nationale, la demande (par exemple celle des biens de consommation) et le niveau des prix. Le marché des facteurs de production : le marché du travail est le plus important marché des facteurs de production. Il permet de déterminer le niveau des salaires, l’emploi et le chômage. Le marché des capitaux : sur ce marché s’établit le niveau des taux d’intérêt et le prix des différents actifs financiers. Le marché des changes : il permet d’échanger la monnaie nationale contre l’ensemble des autres devises et de déterminer la valeur du taux de change, c’est-à-dire le nombre d’unités de monnaie étrangère que l’on peut obtenir pour une unité de monnaie nationale.

3. Les opérations sur les biens et services
La production : au sens économique le plus large, est productive toute activité qui permet de satisfaire un besoin d’au moins un individu. Au sens comptable, on ne peut enregistrer que les productions ayant une valeur monétaire mesurable. La mesure comptable de la production inclue donc les biens et services marchands, évalués à leur prix de vente, et les services non marchands, évalués par leurs coûts de production. Echappent à la mesure le travail bénévole, le travail clandestin, le travail domestique… La consommation : utilisation immédiate de ressources (biens, services, temps) qui disparaissent dans le processus de consommation. La consommation finale est l’utilisation immédiate des biens et services en vue de satisfaire les besoins des individus. La consommation intermédiaire est l’utilisation immédiate des biens et de services dans un processus de production d’autres biens et de services. L’investissement : c’est une augmentation du stock de capital au cours d’une période donnée.

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Valeur ajoutée brute : différence entre la production (au sens comptable) et l’ensemble des consommation intermédiaire qui ont contribué à la production. La production intérieure brute (PIB) : est la somme des valeurs ajoutées brutes (des différents agents). C’est un indicateur pertinent pour mesurer la production à l’échelle nationale. De manière simplifiée, la liaison entre les agents économiques effectuant des transactions sur les principaux marchés sont étudiées dans un circuit économique. Nous suivrons trois étapes pour expliciter le schéma simplifié du circuit économique :

Premier cas : une économie à deux agents
Prenons, dans un premier exemple, le cas d’une économie à deux agents : les entreprises et les ménages. Deux cas sont successivement traités : (1) les ménages consomment tout leur revenu ; (2) ils constituent une épargne. 1. les ménages consomment tout leur revenu. On va considérer une économie dans laquelle les ménages consomment tout ce qu’il gagne et les entreprises versent sous forme de revenus, la totalité de la valeur de la production. Il est possible de tracer un schéma présentant les liaisons et les échanges entre les entreprises et les ménages. Par exemple, les entreprises produisent et vendent des biens et des services (pain, automobile…) pour un montant de 1000 euros. MARCHE
Offre de travail DES FACTEURS

MENAGES

ENTREPRISES

Biens et services

MARCHE DES BIENS ET DES SERVICES

Production

Dépenses de consommation = 1000

Cette production représente un flux réel de biens et services. Les ménages achètent ces biens et services grâce aux revenus de Y = 1000 euros versés par les entreprises. Ces achats sont appelés la dépense de consommation ou de la demande de consommation ; ils constituent un flux monétaire. Pour produire des biens de consommation d’une valeur de C =1000, les entreprises ont besoin de facteurs de production (seul ici le travail est pris en considération). Les ménages vendent leur force de travail en contrepartie d’un revenu de Y = 1000 qui leur permet de consommer la production des entreprises. La vente de la force de travail est un flux réel ; le revenu perçu est un flux monétaire.

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Compte tenu des hypothèses retenues (les ménages consomment tout leur revenu ; les entreprises versent sous forme de salaires, la totalité de la valeur de leur production), on a les égalités suivantes : Revenu Y = valeur du travail fourni Revenu Y = Production des biens et services Revenu Y = Dépenses de consommation C On peut donc écrire Y = C (en valeur monétaire) Production = Consommation Revenu = Consommation Et donc par déduction, Production = Revenu

Le circuit des échanges peut donc être appréhendé sous deux optiques différentes : celle de la production et celle du revenu. L’optique de la production ou du produit ne prend en considération que les flux réels : Production (offre de biens et services) = valeurs monétaires des facteurs (offre de facteurs) L’optique du revenu ne prend en considération que les flux monétaires : Revenu= valeurs monétaires des dépenses de consommation. La consommation telle qu’elle vient d’être présentée, est une consommation finale. Elle concerne des biens et des services vendus sur le marché, mais qui ne font l’objet d’une revente pour être incorporé dans un produit plus élaboré. Il est également supposé dans cet exemple qu’un bien ou un service final est un bien ou un service vendu sur un marché, mais non revendu.

2. Deuxième exemple : L’épargne et l’investissement
Supposons maintenant que les ménages ne dépensent pas tout leur revenu. En économie, ce qui n’est pas consommé est épargné : Epargne = Non-consommation Avec cette épargne, les ménages peuvent : Acheter des actions et des obligations émises par les sociétés non financières. Ces dernières utilisent cette épargne pour acheter des biens d’investissement (terrains, machines, équipements…). Placer cette non consommation dans des sociétés financières (banques, compagnies d’assurance). Elle sera (cette non consommation placée) prêtée aux entreprises qui ont besoin d’investir.

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MARCHE
Offre de travail DES FACTEURS Revenu = 1000

MARCHE DES CAPITAUX MENAGES
Epargne = 250 Investissement = 250 Biens et services

ENTREPRISES

MARCHE DES BIENS ET DES SERVICES

Production

Dépenses de consommation = 750

En reprenant l’exemple précédent, Le revenu des ménages se décompose en deux emplois : C = 750 en consommation et S = 250 en épargne ; L’épargne investie (directement sous forme d’achat d’actions ou d’obligations nouvellement émises par les sociétés non financières ou indirectement sous forme de placements auprès des sociétés financières) sert aux entreprises à acheter des biens d’investissement pour un montant de 250. Si les dépenses de consommation constituent une demande de la part des ménages, l’investissement constitue lui aussi une demande mais elle émane des entreprises. Les biens d’investissement sont des biens « finals » car ils sont achetés sur un marché, et ne sont pas revendus. Les investissements sont des biens achetés par les entreprises pour produire d’autres biens (notamment des biens de consommation). Ils viennent grossir régulièrement le stock de capital des firmes. On peut ainsi distinguer deux catégories d’investissement : L’investissement en capital fixe : achat de bâtiments et de machines… ; La formation de stocks (variation de stocks) : ce sont des produits non utilisés ou non vendus à la fin d’une période donnée (matières premières, biens de consommation) ; ils sont considérés comme un investissement car les entreprises ont de l’argent immobilisé (« investi »). En reprenant les deux optiques distinguées précédemment, à savoir « production » et « revenu », nous pouvons écrire : PRODUCTION Demande de biens de consommation : C Demande de biens d’investissement : I =Y= REVENU

=Y=

Achat de biens de consommation : C Epargne : S

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Ou en d’autres termes, C+I =Y= C+S En reprenant les chiffres, on a : Cette égalité signifie que : Les biens de consommation et d’investissement est égale à la demande de ces deux catégories de biens ; La valeur de la production est égale aux revenus distribués pour assurer la rémunération des facteurs de production ; Les revenus sont employés à l’achat de biens de consommation et à la constitution de l’épargne (non-consommation). Cette relation peut être transformée afin de faire apparaître l’égalité suivante : I=Y-C=S I=S Cette égalité signifie que les investissements sont financés par la constitution d’une épargne générée par les entreprises ou les ménages. L’épargne des entreprises est directement utilisée pour l’autofinancement des investissements. Celle des ménages doit être empruntée pour assurer le financement des investissements en l’absence d’autofinancement à 100%, hypothèse retenue dans notre circuit simplifié. 750 + 250 = 1000 = 750 + 250

Deuxième cas : une économie à trois agents
Deuxième cas, la situation où l’on fait intervenir un troisième agent : l’Etat.
Offre de travail

MARCHE
DES FACTEURS Revenu = 1000

Impôts = 150 Dépenses publiques = 100

Transferts = 50

MENAGES
Epargne. = 250

ETAT MARCHE
DES CAPITAUX Invest. = 250

ENTREPRISES

MARCHE
Biens et services DES BIENS ET DES SERVICES

Invest. = 250

Dépenses de consommation = 650

L’Etat a dans cet exemple, la possibilité de prélever des impôts et taxes uniquement sur les ménages : T= 150 ; L’Etat effectue deux types de dépenses : Des achats de biens et services aux entreprises (fournitures de bureau, avions, automobiles…). Ces achats sont appelés les dépenses publiques ou demande publique, génèrent une activité de production et sont à l’origine d’une distribution des revenus : G = 100 ; Des paiements de transferts aux ménages (indemnités de chômage, allocations familiales, etc.) sans la production en contrepartie de biens et de services : F = 50 ;
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Au total, l’Etat modifie la situation des ménages pour un montant net de -150 + 50 = 100. En supposant que seule la consommation est affectée, cette dernière passe à 650. Les deux optiques « production », « revenu » sont désormais : Production Demande de biens de consommation : C Demande de biens d’investissement : I Demande publique : G C+I+G = Y=C+S+T-F En reprenant l’exemple chiffré, nous avons 650 + 250 + 100 = 1000 = 650 + 250 + 150 - 50 L’intégration de l’Etat modifie les égalités du circuit des échanges. La production fait maintenant l’objet de trois emplois ou trois types de demande finale : Y=C+I+G Le revenu issu de la production et des transferts est employé pour les achats de biens de consommation, le paiement des impôts et la constitution de l’épargne : Y+F=C+T+S =Y= REVENU + Achat de biens de consommation : C + Epargne : S + Impôts : T - Transferts : F

=Y=

Troisième cas : une économie ouverte sur l’extérieur Dans le cadre de l’économie simplifiée qui sert de base au raisonnement, ne sont prises en considération que les exportations et les importations, c’est-à-dire les échanges de biens et de services entre la nation et l’ensemble des autres pays. Les exportations (X) sont des biens et services produits sur le territoire national et vendus à l’extérieur. Elles créent des revenus pour l’économie nationale, mais elles ne font pas partie des dépenses de consommation ou d’investissement intérieures. Elles constituent la demande étrangère. Les exportations sont un emploi de la production nationale. Les importations (M) sont des biens et services qui viennent grossir la production nationale mais qui créent pas de revenus dans l’économie nationale. L’introduction des relations commerciales avec le reste du monde modifie le circuit des échanges : Y+M=C+I+G+X Production totale = Demande finale totale Offre totale = Demande globale Si les exportations sont supérieures aux importations, l’effet net (X-M) constitue un accroissement de la demande de la production et du revenu intérieurs (du pays). Les exportations nettes (X - M) sont alors une composante de la demande finale : Y = C + I + G + (X - M)
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IV. La comptabilité nationale
La comptabilité nationale est une technique de synthèse statistique qui vise à fournir une représentation quantifiée d’un système productif. Elle vise à fournir une représentation, pour une année civile, quantifiée d’un système productif. Elle fournie trois formes d’information : Les comptes d’agents : qui retracent les opérations de 6 acteurs : les ménages, les administrations publiques, les sociétés financières , les sociétés non financières, les institutions sans but lucratif au service des ménages et le reste du monde ; Les comptes d’opérations : qui retracent les trois grands types d’opérations réalisées par l’ensemble des agents : (1) opérations sur biens et services ; (2) les opérations de répartition et (3) les opérations financières : Les tableaux de synthèse : qui présente l’activité économique sous forme de Tableau Entrée-Sortie (TES) ; le Tableau Economique d’Ensemble (TEE) et le Tableau des Opérations Financières (TOF). En 1995, les pays de l’Union Européenne ont adopté le système européen de comptes (SEC 95) alignés sur les normes mondiales et obligatoires pour tous les Etats membres. Le Tableau Economique d’Ensemble permet d’analyser le rôle respectif des agents dans l’économie et donne l’accès à la connaissance des grandeurs macroéconomiques nationales. L’intérêt de TEE est de montrer la provenance du revenu national (ici de la production nationale), puis l’ensemble des opérations de répartition du revenu entre les différents acteurs économiques, de redistribution (impôts, transferts) et d’affectation du revenu (consommation, investissement, dépenses publiques…).

Le Tableau Economique d’Ensemble
A partir des différents exemples des circuits économiques réalisés, il est possible de dresser un Tableau Economique d’Ensemble, qui présente une image synthétique de l’activité économique en juxtaposant les agents économiques (en colonne) et les opérations (en ligne). Emplois
Entreprises Ménages Administration RDM Entreprises

Ressources
Ménages Administration RDM

Opérations Biens et services Consommation Investissement Production Exportation Importation Opérations Répartitions Impôts

650 250 100 1 000

150 1 000 50** 1 050*

150

Revenu
Opérations financières Capacité Besoin

TOTAL

1 250

800

150

-

1 000

1 050

150

-

*Revenu obtenu par le consommateur du fait de son travail (pour une valeur 1 000) et le transfert (d’une valeur de 50), **Source : INSEE
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Quelques chiffres pour l’économie française
AGREGATS PIB Importations Total des emplois finals Consommation (ménages + administrations) Investissement (Formation Brute de Capital Fixe) Exportations ANNEE 2001, (EN MILLIARDS D’EUROS) 1 463,7 385,6 1 849,3 1 013,2 + 133,2 = 1 146,4 295,6 408,6

Bibliographie : Bosserelle E., 2000, « Economie Générale », Collection Les fondamentaux, Hachette. Vanoli A., 2001, “Une histoire de la comptabilité nationale”, Repères, La Découverte.

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